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8 mai 2012 2 08 /05 /mai /2012 08:14
Politique étrangère de la France: entre Sarkozy et Hollande.. quelques nuances

G.Hobballah
Lundi 7 Mai 2012


Politique étrangère de la France: entre Sarkozy et Hollande.. quelques nuances


Il est évident que la politique étrangère française du président sortant Nicolas  Sarkozy au Moyen-Orient a été perçue par  l'opinion publique arabe comme arrogante, colonialiste, militariste voire anti-printemps arabe! Et cela ressort clairement de la réaction de la presse arabe qui s'est félicitée de la défaite de Nicolas Sarkozy  face à son rival François Hollande. Voire certains y ont vu comme un soulagement..

Réaction de la presse arabe à la défaite de Sarkozy: bon débarras!
A commencer par la presse syrienne, pour qui   Nicolas Sarkozy et  son ministre des Affaires étrangères Alain Juppé, ont été à la pointe du soutien au mouvement de rébellion armée contre le régime. "Le duo Sarkozy-Juppé dans les poubelles de l'histoire", titre à la Une le quotidien Al-Watan, affirmant : "Ces deux-là ont œuvré durant 15 mois pour trouver un moyen, via le Conseil de sécurité de l'ONU, pour détruire la Syrie, en utilisant de faux prétextes".
"Pour la première fois dans l'histoire des relations bilatérales, la France, sous le règne du duo Sarkozy-Juppé, a fermé son ambassade en Syrie. Elle a accueilli et participé aux réunions contre la Syrie", rappelle Al-Watan.
Dans  l'hebdomadaire marocain Tel Quel, Karim Boukhari, directeur de la publication et de la rédaction écrit:"Jamais, depuis Sarkozy, la France officielle n’a semblé aussi conciliante avec le pouvoir marocain, passant sous silence tous ses manquements. Plus que du temps de Chirac, pourtant ami personnel du souverain marocain, les  intérêts économiques de la France ont pris le pas sur tout le reste. C'est dommage. Même les grands médias de l’Hexagone, journaux et télévisions compris, ont semblé étrangement laudateurs, louant sans réserve "l’évolution" marocaine. Etrange, donc, et surtout décevant. Les démocrates et progressistes marocains ne l’ont pas oublié, tout  au long des années Sarkozy".
Pour sa part, le quotidien algérien El-Watan  souligne  que  " le candidat Hollande est allé au Pont de Clichy le 17 octobre dernier en gage de respect à la mémoire des manifestants algériens assassinés en 1961 par la police française". Et, s'interroge: " Le président Hollande fera-t-il un autre geste le 5 juillet prochain date de la célébration du cinquantième anniversaire de l'indépendance de l'Algérie ? La guerre mémorielle cèdera-t-elle la place à la reconnaissance des crimes coloniaux ?"

De Sarkozy à Hollande: une même politique étrangère pour le ... Moyen-Orient à quelques nuances près!
Toutefois, loin de se laisser berner par un nouveau style, de nouvelles paroles, une nouvelle approche des dossiers chauds, l'opinion publique arabe sait que  la politique étrangère est soumise à des constantes auxquelles aucun président français ne peut déroger: à commencer par la relation d'amitié, quasi-inébranlable (hormis des hauts et des bas normaux dans toute relation)  de la France avec Israël!
Selon Pascal Boniface, directeur de l'Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS), Nicolas Sarkozy et François Hollande  ne sont pas aux antipodes l'un de l'autre..
Ainsi, sur le Proche-Orient les deux candidats ont les mêmes principes : garantir la sécurité d'"Israël", reconnaître un État palestinien peu ou prou dans les frontières de 1967, et le partage de Jérusalem. Considéré comme plus pro-israélien que son concurrent (il a obtenu 83 % des suffrages des Français établis en Israël au premier tour de l'élection présidentielle et plus de 90 au second), Nicolas Sarkozy a pourtant déclaré faire de la création d'un État palestinien une priorité pour un éventuel second mandat. Mais comment y parvenir ? La France a décidé d'avoir de bonnes relations bilatérales avec "Israël", quel que soit l'état du processus de paix. Ceci ne date pas de l'élection de Nicolas Sarkozy, mais d'un tournant pris peu après la guerre d'Irak par Chirac et Villepin.
A ce titre, François Hollande avait annoncé avant son élection,  un voyage en Israël en précisant qu'il prendrait des initiatives pour favoriser, par de nouvelles négociations, la paix et la sécurité entre Israël et la Palestine. Et qu'il soutiendrait la reconnaissance internationale de l'État palestinien"..
Par ailleurs, il avait aussi affirmé qu'il était  "totalement opposé au boycott des produits israéliens, qui est illégal et qui ne sert pas la cause de la paix" selon ses termes.
Sur l'Iran, François Hollande était en accord avec son prédecesseur puisque les deux hommes jugeaient dangereuses toute action militaire contre l'Iran: "Une action militaire unilatérale serait inopportune et dangereuse. Personne ne peut en garantir l’efficacité et chacun en voit bien les risques d’engrenage. La voie diplomatique doit rester ouverte pour amener l’Iran à se conformer à ses obligations internationales en matière de non-prolifération nucléaire. Tous les efforts doivent être mis en œuvre pour parvenir à une issue négociée en lien étroit et constant avec nos partenaires. Je souhaite que le dialogue avec l’Iran se tienne sur des bases solides et sérieuses. Dans le même temps la communauté internationale doit, au travers des sanctions, marquer sa détermination : nous ne pouvons pas laisser l’Iran se doter de l’arme nucléaire", a affirmé M.Hollande.
Interrogé par l'hebdomadaire français le Nouvel Observateur sur s'il fallait armer l’opposition en Syrie, François Hollande a estimé qu' " il y a des moments où le principe de non-ingérence, par ailleurs respectable, ne tient plus.  La communauté internationale doit exercer sa responsabilité de protéger les populations. Dans ce contexte, la coalition qui vient en aide au peuple syrien ne peut évidemment pas alimenter la confrontation militaire directe mais elle doit tout faire, avec l’aide des pays voisins qui y sont prêts, et grâce à la mobilisation de la Ligue arabe, pour venir directement en aide aux populations" .
Concernant l'adhésion de la Turquie en Europe, François Hollande a exprimé les même réserves que Nicolas Sarkozy mais il a en même temps reconnu le rôle stratégique de la Turquie en Syrie : "  L’Union européenne a octroyé à la Turquie le statut de candidat à l’adhésion. Nous devons poursuivre les négociations de bonne foi et laisser les peuples européens et turc décider le moment venu. Ce sera nécessairement un processus long qui n’aboutira pas dans le prochain quinquennat, car les obstacles restent nombreux : la consolidation de la démocratie en Turquie doit être achevée, la question de Chypre doit être résolue, les autorités turques doivent reconnaître la réalité du génocide commis contre le peuple arménien. Il nous faut poursuivre ou plutôt renouer notre dialogue avec la Turquie dans un cadre apaisé : la montée des tensions entretenue à des fins politiciennes par Nicolas Sarkozy depuis cinq ans n’est pas conforme aux intérêts de notre pays, de l’Europe et de la paix. On le voit aujourd’hui alors que le rôle de la Turquie est stratégique en Syrie et dans le contexte des suites des printemps arabes.
Sur l'Afghanistan, il y a un accord entre les deux candidats sur la nécessité du retrait des troupes françaises. La différence est dans le calendrier, beaucoup plus rapide chez Hollande, adaptée au rythme des États-Unis chez Sarkozy. Si François Hollande a dit ne pas remettre en cause la réintégration de la France dans l'OTAN, il hésitera moins à faire valoir la différence de la France. Il devrait marquer son opposition sur l'idée d'un bouclier antimissile. Obama s'y est rallié sur la pression du complexe militaro-industriel, alors qu'il doutait de son utilité, de son efficacité et de son financement. Ce bouclier est contraire à l'idée de dissuasion et relancerait la course aux armements. Hollande  pourrait à cette occasion retrouver la posture de Mitterrand face à la guerre des étoiles de Reagan .
 
Différences de style certes... et de fond aussi?
Cela dit, les différences de style comportent également des différences de fond, Nicolas Sarkozy est plus un homme de "coups", François Hollande est plus un homme de synthèse. Nicolas Sarkozy agit comme un avocat qui traite les dossiers les uns après les autres, avec énergie mais sans nécessairement faire un lien entre eux. François Hollande agit plus comme un architecte qui prend plus de temps pour bâtir une conception d'ensemble.
C’est l’avis de Jean-François Bayart, directeur de recherche au CNRS , qui estime que François Hollande changera de méthode. "Il réhabilitera le ministère des affaires étrangères, sinistré et marginalisé. Il renoncera au classement des civilisations. Il remettra à l'ordre du jour l'aide publique au développement, mais sans guère de moyens pour l'abonder. Il se gardera de recourir aux armes en Afrique subsaharienne et tournera le dos aux réseaux d'influence traditionnels".
"Il maintiendra les sanctions à l'encontre de l'Iran, mais en ménageant certains intérêts français, à l'instar de ce que font les Etats-Unis avec les leurs. Il poursuivra la quête d'un partenariat stratégique, aussi impossible que nécessaire, avec la Russie, mais avec moins de complaisance. Il rééquilibrera la relation avec Israël sans remettre en cause l'amitié de la France. Il se heurtera lui aussi à l'intransigeance de l'Algérie, et se gardera à son tour de dénoncer son jeu trouble dans le Sahara" poursuit J-F Bayart.
 
Or, il faut le dire,  l'islam et l'immigration ont beaucoup été mis en avant dans le combat électoral, ce qui n'a guère contribué à aggrandir l'image de la France,  dans les pays arabo-musulmans ou africains, déjà ternie entre autres par la guerre en Libye et la crise syrienne.
Au contraire, l'opinion publique arabe n'est pas dupe, la victoire de Hollande sur Sarkozy est avant-tout un référendum contre Sarkozy soutenu par un désir profond de changement face à une situation socio-économique insoutenable!
Par conséquent, même si la campagne électorale de François Hollande n'a guère évoqué les grands dossiers internationaux qui concernent notre région, il est clair que la politique moyen-orientale de l'un comme de l'autre restera toujours néocoloniale avec quelques nuances prés, sans doute liées  au style et à la personnalité de chacun!

Al Manar

 

http://www.alterinfo.net/Politique-etrangere-de-la-France-entre-Sarkozy-et-Hollande-quelques-nuances_a75853.html

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8 mai 2012 2 08 /05 /mai /2012 06:59

François Hollande a “gagné un gouvernement mais non pas le pouvoir”…

Quelques heures avant les élections présidentielles françaises, le Financial Times, le journal par excellence de l’establishment, publiait une tribune intitulée

“N’ayez pas peur de la révolution française “.

Cela signifiait-il que les jeux étaient faits ?

Philip Stephens y affirmait qu’avec l’élection française, un vent révolutionnaire allait souffler sur l’Europe. «Mais ce serait une erreur de croire que la Ve République est sur le point d’élire un président révolutionnaire», affirmait-il. En dépit d’un changement de gouvernement, les élites au pouvoir «continueront à vénérer l’austérité. Personne n’osera remettre en cause le catéchisme de l’assainissement budgétaire», prédisait l’éditorialiste.

Inutile de faire de longs commentaires : les mondialistes PS version Flamby sont comme les mondialistes UMP version Sarko : ils servent aux grands banquiers du mondialisme planétaire selon le scénario à appliquer. Le cartel bancaire imprime de temps à autre un coup de balancier à droite ou à gauche selon les nécessités du moment.

DÉSORMAIS, MIEUX VAUT IMPOSER L’AUSTÉRITÉ AVEC LA GAUCHE CAVIAR…

Ces deux partis sont donc toujours appelés à jouer le rôle de la thèse contre l’antithèse, mais la vérité élémentaire est que l’un (UMP) comme l’autre (PS) sont aux ordres du grand capital. Idem pour un Mélenchon, très lié aux plus gros capitalistes du pays: menteur et haineux. Lui, ce sera pour plus tard… espérons le plus tard possible, car le personnage est foncièrement abject et son parti n’a aucune raison d’être dans n’importe quelle démocratie, comme celui du Parti communiste d’ailleurs. Mais les tenants de cette idéologie infernale ont toujours eu les bonnes grâces des financiers de Karl Marx.

Le Financial Times laissait donc entendre que Hollande servirait mieux, désormais, au programme de perestroïka de l’Occident (voir les derniers numéros de LIESI). Nous allons le voir à l’œuvre… et ce ne sera pas triste. Son choix est le suivant : servir les intérêts de ses électeurs ou les intérêts des financiers cosmopolites qui lui ont permis de bien gagner sa vie et de profiter largement des largesses des SCI, où les journalistes assurent qu’il a constitué un très gros magot… comme un bon socialiste qui se respecte.

En conclusion, nous reprenons cette citation que nous avions publié sur ce blog :

« Mai 1981 fut un mois de grande activité, car c’était la préparation de l’arrivée au pouvoir de François. J’essayais d’apporter tout ce qu’il y a de meilleur en moi, pour que ce rêve d’avoir une société socialiste, quoique à l’européenne, devienne réalité. Mais bien vite j’ai commencé à voir que cette France juste et équitable ne pouvait pas s’établir. Alors je  demandais à François : ‘‘Pourquoi maintenant que tu en as le pouvoir ne fais-tu pas ce que tu avais promis ?’’ Il me répondait qu’il n’avait pas le pouvoir d’affronter la Banque mondiale, le capitalisme, le néolibéralisme. Qu’il avait gagné un gouvernement mais non pas le pouvoir. J’appris ainsi qu’être le gouvernement, être président, ne sert pas à grand-chose dans ces sociétés sujettes, soumises au capitalisme. J’ai vécu l’expérience directement durant quatorze ans. Même s’il essayait d’éviter le côté le plus négatif du capitalisme, les rêves ont commencé à se briser très rapidement. […]

[…] Durant la célébration du Bicentenaire de la Déclaration des droits de l’Homme – juillet 1989 – j’ai pu voir jusqu’à quel point nous étions soumis aux Etat-Unis. L’Etat français n’invita pas plusieurs dignitaires, en particulier des Latino-Américains. Comme par hasard, c’était ces pays-là que Washington voulait détruire. […] Je me rappelle avoir dit à François : ‘‘Jusqu’à quel point allons-nous être dépendants de l’humeur des Etats-Unis, ne pas pouvoir choisir nos invités pour nos festivités… ?’’ Ce fut une honte. […]

En France, on élit et les élus font des lois qu’ils n’ont jamais proposées et dont nous n’avons jamais voulu. […] La France est-elle une démocratie ? Une puissance mondiale ? Je le dis en tant que Française : cela ne veut rien dire ».

 

(Source: Quand Danielle Mitterrand avoue que le chef de l’Etat n’a pas LE pouvoir. A relire. Ainsi que  Les marionnettes et Le POUVOIR.)

 

 

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8 mai 2012 2 08 /05 /mai /2012 06:45
GEAB N°64 est disponible! Crise systémique globale : France 2012-2014 - Le grand séisme républicain et son impact international

LEAP/E2020 - Extrait GEAB N°64 (Avril 2012)

Communiqué public GEAB N°64 (15 avril 2012)


GEAB N°64 est disponible! Crise systémique globale : France 2012-2014 - Le grand séisme républicain et son impact international
Comme anticipé par LEAP/E2020 depuis Novembre 2010 (GEAB N°49), le candidat socialiste (1), en l'occurrence François Hollande, emportera l'élection présidentielle française de 2012 (2). La question qui se pose encore concerne le premier tour de cette élection : Nicolas Sarkozy, le président sortant sera-t-il devant ou derrière Marine Le Pen (c'était aussi l'une des composantes de notre anticipation de Novembre 2010) (3) ? Il est donc temps d'anticiper les conséquences de cette élection tant pour la France que pour l'Euroland et l'UE ainsi qu'au niveau mondial (OTAN, G20, Euro-BRICS) car de facto elle est beaucoup plus importante pour l'évolution du monde actuel, en pleine transition du fait de la crise mondiale, que la prochaine élection américaine qui verra s'affronter Barack Obama et Mitt Romney (deux candidats financés massivement par Wall Street) sur fond de paralysie générale du système politique US (4).


La paralysie politique US : répartition des électeurs selon les trois grandes familles - Source : RabaReview, 04/2011
La paralysie politique US : répartition des électeurs selon les trois grandes familles - Source : RabaReview, 04/2011
Dans ce GEAB N°64, outre les conséquences nationales, européennes et internationales importantes de ce grand séisme républicain qui va frapper la France, notre équipe présente une anticipation détaillée sur la prochaine chute du marché immobilier résidentiel canadien. Par ailleurs, nous révélons un instrument méthodologique d'anticipation politique très utile pour décrypter les tentatives de prise de contrôle des opinions publiques. Et nos recommandations concernent ce mois-ci l'évolution des Dollars australien et néo-zélandais, le développement de la grande attaque fiscale contre les placements financiers, l'évolution des marchés boursiers mondiaux et l'évolution radicale prochaine des réactions de l'Euroland face aux attaques spéculatives. Dans ce communiqué public, nous avons choisi de présenter un extrait traitant des conséquences géopolitiques mondiales du changement de pouvoir en France.

Une élection française 2012 beaucoup plus importante géopolitiquement que l'élection US 2012

En effet, pour notre équipe, la victoire de François Hollande va déclencher une série de bouleversements stratégiques qui vont affecter fortement l'Europe et accélérer considérablement les transitions géopolitiques en cours au niveau mondial depuis le début de la crise globale en 2008. En cela, les résultats et les conséquences de l'élection présidentielle française (5) ont beaucoup plus d'importance que ceux de la prochaine élection présidentielle américaine en Novembre 2012. En effet, la France, bien qu'étant un pays beaucoup moins puissant que les Etats-Unis, occupe une position stratégique tant en Europe qu'au niveau mondial (notamment via son rôle intra-européen) qui va en faire un acteur-clé de l'émergence du « monde d'après la crise » pour reprendre le titre du livre de Franck Biancheri. Et l'élection de François Hollande, qui possède une vraie réflexion sur l'Europe et le rôle de la France en Europe et a clairement affirmé son intention d'explorer activement les possibilités de partenariat avec les nouvelles puissances émergentes (BRICS), va consacrer une rupture majeure avec l'absence de vision et de stratégie européenne des cinq ans de présidence de Nicolas Sarkozy marqués essentiellement par une inféodation sans précédent dans l'Histoire récente du pays à la puissance dominante américaine (6) et son intégration sans conditions à un axe Washington/TelAviv sur l'essentiel des grands problèmes géopolitiques (7). La France avait disparu dans le monde depuis cinq ans (8), elle s'apprête à faire un retour fracassant (9) au-delà même de la personnalité du futur président (10).

L'impact de l'élection de François Hollande sur la transition géopolitique globale (2012-2015)

En matière globale, LEAP/E2020 tient à souligner deux tendances marquantes qui vont caractériser les deux premières années du nouveau pouvoir français :
. l'affirmation par la France d'une politique européo-gaullienne (ou mitterando-gaullienne), c'est-à-dire faisant de l'indépendance de la politique extérieure européenne une priorité stratégique
. l'exploration à vitesse accélérée des relations possibles avec les BRICS, notamment dans un contexte de futur partenariat Euro-BRICS.

François Hollande est resté très discret en matière de politique étrangère car, d'une part, elle n'est pas au cœur des préoccupations des Français pour cette élection 2012 et car, d'autre part, on n'annonce pas à l'avance des changements importants dans ce domaine.

Les arguments pour de tels changements étant pléthore et leur mise en œuvre ne risquant pas de générer de difficultés dans l'opinion publique qui, d'une manière générale, s'est sentie trahie par l'inféodation américaniste de la période sarkozienne, il n'y a en effet aucune raison de se précipiter. Comme il l'a annoncé pour la question de la réintégration de la France dans l'organisation militaire intégrée de l'OTAN (11), il s'appuiera sur une évaluation objective des avantages et inconvénients de cette décision. Le résultat est connu d'avance puisque le président sortant n'a rien négocié (et donc rien obtenu) en échange du retour de la France dans cette organisation militaire. Il y aura donc une action en deux temps : l'exigence d'un certain nombre de contreparties en terme de positions militaires clés pour la France au sein de l'OTAN et de la mise en place d'ici 2015 au plus tard d'un pilier européen de défense hors OTAN mais relié à l'OTAN. La France pourra compter sur le soutien de la plupart des pays européens continentaux que les aventures libyenne et afghane ont définitivement convaincus de la nécessité de changements radicaux au sein de l'Alliance atlantique. Moyennant une prise en charge budgétaire accrue de la part des Européens des coûts de leur propre défense, les Etats-Unis, faisant face à des réductions drastiques de leur budget militaire, accepteront bon gré-mal gré. Et seul le Royaume-Uni s'opposera à cette évolution avant de s'y rallier puisqu'il n'a plus les moyens financiers, militaires et diplomatiques de sa politique.


Importations nettes de pétrole (UE, USA, Chine, Japon) (en orange : moyenne 2000-2010 en milliards USD / en rouge : projection 2012 en milliards USD / en bleu : en pourcentage du PNB) - Source : IEA / FT, 03/2012
Importations nettes de pétrole (UE, USA, Chine, Japon) (en orange : moyenne 2000-2010 en milliards USD / en rouge : projection 2012 en milliards USD / en bleu : en pourcentage du PNB) - Source : IEA / FT, 03/2012
En matière globale, à la suite de l'Allemagne déjà bien engagée dans le processus de coopération diplomatique avec les BRICS, la France engagera une approche plus stratégique, avec une logique européenne (eurolandaise) commune, qui visera à formuler des axes communs d'action Euro-BRICS (12) au niveau des organisations internationales (réformes du FMI (13), du Conseil de Sécurité de l'ONU, …) et surtout de réforme fondamentale du système monétaire international (question du remplacement du Dollar US comme pilier du système). Le sommet du G20 à Moscou au premier semestre 2013 marquera la première concrétisation de cette évolution.

En stimulant ces deux seuls changements (et on peut supposer qu'il y en aura d'autres), le nouveau pouvoir français, avec une approche européenne exemplaire, aura ainsi contribué de manière décisive à l'évolution de la gouvernance mondiale post-crise.


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Notes:

(1) L'anticipation de LEAP/E2020 de Novembre 2010 avait été effectuée en fonction de tendances lourdes (rejet populaire massif de la personne de Nicolas Sarkozy, démotivation de l'électorat UMP et forte poussée du Front National), toutes indépendantes de la personne du candidat socialiste, inconnu à l'époque.

(2) Avec des sondages de second tour qui n'ont jamais placé Nicolas Sarkozy en tête et un écart qui se confirme mois après mois (autour de 8%/10%), voire se creuse (13% d'écart dans un récent sondage CSA) au profit de François Hollande, seul un accident tragique pourrait désormais empêcher la victoire du candidat socialiste au soir du 6 Mai.

(3) Nous continuons à estimer que les sondeurs sous-évaluent fortement le score de la candidate du Front National et surévaluent au contraire celui du président sortant. Le sentiment désormais général, et conforté par tous les sondages sans exception, que le candidat de l'UMP ne peut pas sortir vainqueur du second tour affaiblit considérablement la stratégie du « vote utile » Sarkozy dès le premier tour face au « vote inutile » Le Pen. En fait, nous considérons que les derniers jours avant le premier tour vont même voir cette stratégie se retourner au détriment du vote Sarkozy qui de facto est devenu un vote inutile, faute de pouvoir l'emporter au second tour.

(4) Voir à ce propos notre anticipation sur l'évolution des Etats-Unis 2012-2016 (GEAB N°60 ) que nous venons de mettre en accès public en 4 extraits.

(5) Et de l'élection législative qui suivra en Juin prochain.

(6) Comme nous l'avons déjà souligné par le passé, la seule époque qui peut soutenir la comparaison en matière d'abandon de souveraineté en matière de politique internationale est celle du régime de Vichy et son inféodation sans conditions au régime nazi.

(7) Et même sur la formation des futures élites françaises sur le modèle pourtant sans avenir de la « World University Inc ». Source : NewropMag, 12/04/2012

(8) C'est même l'un des intermédiaires dans l'affaire Karachi, Zak Takieddine, qui l'affirme en mettant en avant l'affairisme qui a présidé depuis cinq ans aux décisions stratégiques du pays. En matière d'affairisme, c'est un connaisseur qui parle. Source : Le Point, 26/03/2012

(9) Cela dit, libre à ceux qui, à l'instigation de la City et Wall Street, veulent « lire » dans la crise grecque l'avenir de l'Euroland. LEAP/E2020 estime que désormais c'est plutôt du côté du changement politique français que va s'écrire la suite de l'histoire de l'Euroland et au-delà de la transition géopolitique post-crise.

(10) Car après douze ans de quasi-absence de la France sur les questions européennes pour lesquelles Jacques Chirac n'avait aucune affinité et encore moins de vision stratégique, ces cinq dernières années ont marqué une disparition de facto de la France de la scène internationale et européenne, sauf comme second couteau des Etats-Unis et comme instrument de médiatisation des fanfaronnades de Nicolas Sarkozy jamais suivies d'effets (suppression des paradis fiscaux, taxes sur les transactions financières, etc …). Le pays, ses acteurs, opérateurs, citoyens, s'est donc trouvé coupé de toute capacité de projection à l'échelle européenne et internationale. C'est cette situation qui prendra fin dans moins d'un mois et qui va de ce fait générer une forte ébullition et de nombreuses initiatives, comme une « cocotte-minute » sous pression depuis des années ! Cela explique aussi pourquoi cette élection ne reflète pas un clivage droite-gauche classique mais bien un clivage républicain au sens fort de la « chose publique ».

(11) Décidée par Nicolas Sarkozy sans annonce préalable à son élection et sans aucun débat démocratique.

(12) Par exemple, la Russie vient de remplacer au pied levé les Etats-Unis qui ont déclaré forfait, faute d'argent, pour le projet ExoMars piloté par les Européens. Source : RiaNovosti, 14/04/2012

(13) Un sujet brûlant où les BRICS attendent les Européens. Source : CNBC, 14/04/2012


Dimanche 15 Avril 2012

 

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GEAB N°64 - Sommaire
- Publié le 15 avril 2012 -
Crise systémique globale - France 2012-2014 : Le grand séisme républicain et son impact international
La victoire de François Hollande va déclencher une série de bouleversements stratégiques qui vont affecter fortement l'Europe et accélérer considérablement les transitions géopolitiques en cours au niveau mondial depuis le début de la crise globale en 2008… (page 2)
. Une élection française 2012 beaucoup plus importante géopolitiquement que l'élection US 2012 (page 3)
. La révélation des outrances et de l'affairisme sans précédent de la Présidence Sarkozy vont déclencher une remise en cause brutale du présidentialisme de la V° République (page 3)
. Un séisme institutionnel qui profitera à l'intégration de l'Euroland et renforcera l'intégrité républicaine du pays (page 5)
. L'impact de l'élection de François Hollande sur la politique de l'Euroland (2012-2014) (page 10)
. L'impact de l'élection de François Hollande sur la transition géopolitique globale (2012-2015) (page 12)
Lire communiqué public

Méthodologie d'anticipation politique - Savoir décrypter les tentatives de prise de contrôle des narratifs collectifs
De l'invasion de l'Irak par les Etats-Unis en 2003 en passant par l'attaque anglo-saxonne sur l'Euro de 2010/2011, l'attaque de la Libye en 2011, la tentative de réélection de Nicolas Sarkozy début 2012 et la possible attaque israélo-américaine de l'Iran, ces dernières années ont montré un formidable retour de ce qu'on appelait auparavant l' « agit-prop » (côté soviétique) ou les « psy-ops » (côté US)… (page 14)
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La folie immobilière canadienne, répétition des erreurs américaines – Vers une chute de 15% à 25% des prix à partir de 2013
Dans cette anticipation sur l’évolution du marché immobilier résidentiel canadien, l’équipe de LEAP/E2020 montre que le « miracle » économique n’est qu’un mirage, basé sur un endettement privé excessif ayant provoqué une bulle immobilière massive sur le point d’éclater… (page 18)
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Recommandations stratégiques et opérationnelles
. Dollars AUS et NZ : Deux devises qui changent de camp
. Fiscalité : La grande attaque commence
. Bourses / Economie US : La re(re)chute a bien commencé
. Immobilier résidentiel canadien : Attention à l'effondrement des cours
. Hedge funds de la City / Spéculation contre l'Euro : Les politiques préparent une contre-attaque brutale (page 23)
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Le GlobalEurometre - Résultats & Analyses
Avec 74% des sondés (contre 71% en Mars 2012) s'attendant à une forte baisse du Dollar US dans les mois à venir, on note la poursuite de l'accroissement de la majorité d'opinions négatives sur l'avenir de la devise US… (page 25)
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8 mai 2012 2 08 /05 /mai /2012 06:39
Israël : les juges demandent à l’Etat de raser un quartier de colonisation
(sans commentaire : la Justice doit demeurer indépendante et souveraine dans ses décisions, partout dans le monde, et malgré les pressions, politiques et autres)
Israël : les juges demandent à l’Etat de raser un quartier de colonisation

lundi 7 mai 2012, par La Rédaction d'Al Oufok

La Cour suprême d’Israël a ordonné lundi de démanteler d’ici le 1er juillet un quartier érigé sur des terres palestiniennes privées dans une colonie de Cisjordanie, désavouant le gouvernement de Benjamin Netanyahu.
Les juges ont refusé de surseoir à cette mesure jusqu’au 1er août comme le leur demandait l’Etat d’Israël.
Selon un arrêt de la plus haute institution judiciaire israélienne, les cinq bâtiments de l’Oulpana, un nouveau quartier érigé sans autorisation officielle sur un terrain privé palestinien dans l’implantation de Beit El, près de Ramallah, auraient dû être démolis avant le 1er mai.
Ces habitations hébergent quelque 230 colons, et le mois dernier, l’Etat avait demandé à la Cour suprême de lui octroyer un délai supplémentaire de 90 jours avant de procéder à cette démolition, le temps de trouver une solution juridique permettant de préserver ces immeubles.
L’association israélienne de défense des droits de l’Homme Yesh Din, qui représente les intérêts du propriétaire foncier palestinien, s’est félicité lundi dans un communiqué de la "décision juste" de la Cour suprême.
"Les valeurs sur lesquelles s’appuie la société israélienne vont à présent être testées, et nous espérons sincèrement que cet arrêt va être appliqué sans nouveau délai", a ajouté ce communiqué.
Dimanche dernier, la Cour suprême avait vivement critiqué la demande présentée par l’Etat qu’elle a accusé de procrastination.
Selon le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, la démolition des cinq maisons est "un diktat que le public ne saurait accepter". De nombreux membres de la coalition de droite au pouvoir ont réclamé une solution pour empêcher l’évacuation des colons, une affaire potentiellement explosive qui survient au moment où commence la campagne électorale pour des législatives anticipées.
Aux yeux de la communauté internationale, toutes les colonies dans les Territoires occupés sont illégales, qu’elles aient ou non été autorisées par le gouvernement israélien. Plus de 340.000 colons israéliens vivent en Cisjordanie et plus de 200.000 dans des quartiers de colonisation à Jérusalem-Est.
(07 mai 2012 - Avec les agences de presse)
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8 mai 2012 2 08 /05 /mai /2012 06:36

 

Pierre Rabhi : « Si nous nous accrochons à notre modèle de société, c’est le dépôt de bilan planétaire » (Bastamag)
 



Ecologie



Par Agnès Rousseaux, Ivan du Roy (7 mai 2012)
Et si, après une stressante campagne électorale, on respirait un peu ? Quelle société voulons-nous aujourd’hui construire ? « La croissance est un problème, pas une solution », affirme Pierre Rabhi, paysan-philosophe. Face à la disparition des questions écologiques dans le débat politique, et à la frénésie marchande qui nous a pris en otages, il invite à repenser la vie sur un mode à la fois « sobre et puissant ». Et à inventer, pour éviter des explosions sociales et un chaos généralisé, un autre modèle de civilisation. Entretien.
Basta ! : Vous défendez une société de la sobriété. Les crises actuelles et l’austérité qui menace vont-elles permettre de remettre en question le système économique dans lequel nous vivons ?
Pierre Rabhi [1] : Je ne me réjouis pas de cette situation, mais je me dis finalement que l’être humain a besoin d’entrer dans des impasses pour mieux comprendre. Les impasses peuvent soit finir sur un chaos généralisé, soit permettre d’initier autre chose. Le chaos est tout à fait possible : une sorte de cocotte-minute d’incertitudes et d’inquiétudes est en train de miner les âmes et les consciences. Qu’une seule ville explose et toute la France explose. Le problème aujourd’hui n’est pas de se réjouir de cela, mais de voir ce qu’on peut tirer de cette évolution. Notre modèle de société montre son inadéquation, son incapacité à continuer. Si nous nous y accrochons, ce sera le dépôt de bilan planétaire. Tous les pays émergents veulent vivre à la moderne. Où va-t-on puiser les ressources ? C’est totalement irréaliste. Il y a aujourd’hui à repenser la vie sur un mode qui soit à la fois sobre et puissant. Je crois beaucoup à la puissance de la sobriété. Je ne crois pas à la puissance des comptes en banque. La vraie puissance est dans la capacité d’une communauté humaine à se contenter de peu mais à produire de la joie. Notre société déborde de tout, mais nous sommes un des pays les plus consommateurs d’anxiolytiques, pour réparer les dégâts que produit la « société de la matière » ! Nous sommes une espèce de planète psychiatrique. Combien de souffrances produisons-nous ?

Pendant la campagne électorale, l’écologie a quasiment disparu du débat politique. Qu’en pensez-vous ?
C’est parce que les citoyens ne sont pas véritablement conscients de l’enjeu de l’écologie que nous sommes obligés d’avoir une écologie politique pour lui donner une place au forceps. Dans la réalité, l’écologie concerne absolument tout le monde. Je suis évidemment reconnaissant envers ceux qui essayent de placer l’écologie dans le débat politique. Mais c’est une anomalie. Car l’écologie est une affaire de tous. C’est ce qui détermine l’existence de tout individu, du phénomène de la vie. Nous sommes donc tous concernés.

Selon vous, le progrès technologique nous asservirait ?
La civilisation moderne est la civilisation la plus fragile de toute l’histoire de l’humanité. Plus d’électricité, de pétrole, de télécommunications et la civilisation s’écroule. Elle ne tient sur rien du tout. Le progrès ne libère pas. Plusieurs avancées ont apporté un certain bien-être. Mais ce bien-être n’est pas forcément partagé. Il faut que l’humanité se pose la question : le progrès, pour quoi faire ? Et avant : qu’est-ce que vivre ? S’il s’agit juste de consommer, je n’appelle pas ça la vie, cela n’a aucun intérêt. Nous sommes devenus des brigades de pousseurs de Caddie. Cela me terrifie. Nous sommes revenus au néolithique : nous sommes des cueilleurs, nous passons dans les rayons et nous cueillons. Tout cela n’est pas bon. On a évoqué la décroissance, qui est considérée comme une infamie dans le monde d’aujourd’hui : remettre en cause la croissance ! Au Moyen Âge, j’aurais été brûlé vif.

Peut-on se passer de l’industrie et du progrès technologique sur une planète qui comptera bientôt 9 milliards d’êtres humains ?
Le progrès technologique ne rétablit pas de l’équité dans le monde, au contraire. Une minorité en bénéficie. Ce ne sont pas les pays en voie de développement qui consomment le plus de voitures ou de frigos. C’est un leurre de dire que la planète ne pourra pas suffire, parce que nous serons plus nombreux. C’est une injustice totale : sur 7 milliards d’humains aujourd’hui, la moitié n’a pas accès à la nourriture pendant que les autres se bâfrent et gaspillent à outrance. Un cinquième de l’humanité consomme les 4/5es des ressources produites. Ce serait très pernicieux d’invoquer la démographie pour dire qu’on ne va pas s’en sortir. Non ! Plusieurs milliards d’humains ne s’en sortent déjà pas. Ce ne sont pas les pauvres qui épuisent les ressources. La démographie n’est pas en cause. Je sens cet argument s’insinuer de façon très vicieuse.

Pourquoi, après avoir été ouvrier, avez-vous choisi de devenir paysan ?
J’ai accompli mon retour à la terre, ici en Ardèche, en 1961, parce que je considère que notre système n’a pas d’intérêt. Je n’ai pas envie d’être né pour produire, pour consommer et mourir. C’est une destinée un peu limitée ! Je suis né pour vivre, je suis né pour admirer. Si on doit toute sa vie besogner pour que les poubelles débordent de déchets, cela n’a aucun sens. Il n’y a pas si longtemps, en mai 68, les jeunes défilaient dans les rues pour protester contre la société de consommation. C’était l’excès. Leur intuition était forte : nous ne sommes pas des consommateurs. Les gagneurs d’argent, la frénésie marchande nous ont pris en otages pour faire de nous des gens qui doivent absolument consommer pour faire monter le produit national brut. C’est complètement stupide. Les jeunes disaient : on ne tombe pas amoureux d’un produit national brut ! Ils lançaient des slogans très importants, qui étaient un appel à la vie. Nous ne vivons pas : nous sommes conditionnés, endoctrinés, manipulés, pour n’être que des serviteurs d’un système. Ils ressentaient ce besoin de sursaut de la vie. Depuis, je ne vois plus les jeunes défiler dans la rue pour dire qu’ils ont trop. Nous sommes au contraire entrés dans la phase du manque. Les certitudes d’une idéologie triomphante, c’est terminé ! Aujourd’hui, les jeunes ne savent pas quelle place ils auront et s’ils auront une place dans l’avenir. Ce système-là peut-il encore perdurer ? Non. Il ne faut donc pas s’illusionner et se raconter des histoires : notre système arrive à ses limites. Il faut maintenant que l’imagination se mette en route, pour en créer un autre.

D’où peut venir le changement ? D’abord de chaque individu ou de transformations portées collectivement ?
Vous pouvez manger bio, recycler votre eau, vous chauffer à l’énergie solaire, tout en exploitant votre prochain, ce n’est pas incompatible ! Le changement radical de la société passe par une vision différente de la vie. L’humain et la nature doivent être au cœur de nos préoccupations. Le rôle de l’éducation est souverain : et si on éduquait les enfants au contentement et non à l’avidité permanente ? Une avidité stimulée par la publicité, qui affirme qu’il nous manque toujours quelque chose. Cette civilisation du besoin chronique et permanent, sans cesse ressassé, installe dans les esprits la sensation de manque. Le phénomène de la vie, ce qui fait que nous existons, devrait avoir une place dans l’éducation des enfants. Or nous n’avons que des structures éducatives qui occultent complètement les fondements de la vie pour, le plus vite possible, fabriquer un petit consommateur et un petit producteur pour le futur. Cela en fait un petit ignorant qui s’occupera bien davantage de savoir comment il va avoir un bon boulot malgré la compétitivité.

L’exigence fondamentale, c’est que tout le monde puisse manger, se vêtir, se soigner. Voilà ce qu’une civilisation digne de ce nom devrait pouvoir fournir à tout le monde. Aucun bonheur n’est possible sans la satisfaction des besoins vitaux. Notre civilisation a la prétention de nous libérer alors qu’elle est la civilisation la plus carcérale de l’histoire de l’humanité. De la maternelle à l’Université, nous sommes enfermés, ensuite tout le monde travaille dans des boîtes. Même pour s’amuser on va en boîte, assis dans sa caisse. Enfin, on a la boîte à vieux quand on n’en peut plus, qu’on est usé, avant de nous mettre dans une dernière boîte, la boîte définitive.

Comment convaincre ceux qui profitent le plus de la société de consommation et d’accumulation ?
Qui enrichit ces gens-là ? C’est nous. Ils s’enrichissent parce que des gens insatiables achètent de plus en plus, parce que toute une communauté humaine leur donne les pleins pouvoirs. Ils n’existent que parce que nous les faisons exister. Je ne roule pas en char à bœufs mais en voiture, je pollue malgré moi, j’ai le confort moderne. Ce qui fausse tout, c’est que cela devient prétexte à un enrichissement infini. Ce serait différent si les objets fabriqués par le génie du monde moderne avaient vocation à améliorer la condition humaine. Nous donnons très peu de place à ce qui est indispensable, à ce qui amène véritablement la joie. Et nous ne mettons aucune limite au superflu.

Cela signifie donc s’attaquer aux puissances de l’argent ?
L’argent est noble quand il permet l’échange. C’est plus facile d’avoir quelques billets dans sa poche que de transporter deux kilos de pommes de terre. L’argent n’est pas à récuser dès lors qu’il participe au mécanisme de régulation du bien-être entre tous. Mais quand il régule seulement la richesse, non. Toutes les choses vitales, les biens communs – eau, air, terre, semences – devraient être soustraites à la spéculation. Ceux qui ont de l’argent commettent un hold-up légalisé sur le bien de tous. Un vol illicite mais normalisé par la règle du jeu. L’argent rend l’humanité complètement folle et démente. Aujourd’hui, on achète le bien des générations futures. Je possède de la terre, mais je suis prêt à dire que ce n’est pas la mienne. Je l’ai soignée pour qu’elle soit transmise à mes enfants ou à d’autres gens.

Comment soustraire les biens communs à ceux qui spéculent ?
Admettons qu’on aille jusqu’à la logique extrême : un jour, un petit groupe d’humains hyperriches va posséder la planète. Aux enfants qui arriveront, on leur dira qu’ils sont locataires. Qu’ils doivent payer leur droit d’exister. C’est stupide. C’est navrant. C’est d’une laideur infinie. Parce que j’ai de l’argent, j’ai le droit sur tout… C’est là que le politique devrait réguler. Mais, pour l’instant, les responsables politiques sont là pour maintenir en vie cette inégalité criante. Ils font de l’acharnement thérapeutique sur un modèle moribond. On peut le mettre sous perfusion tant qu’on voudra... on sait très bien qu’il est fini. Le drame serait que tout cela finisse dans le chaos, si on ne met pas en place une nouvelle orientation de la vie.

Il faut changer les règles du jeu démocratique, dites-vous… Pour aller vers quoi ?
On ne peut pas changer un monstre pareil du jour au lendemain. Ce que je regrette, c’est qu’on ne se mette pas sur la voie du changement. Ce modèle a été généré par l’Europe. La première victime de ce nouveau paradigme, cette nouvelle idéologie, c’est l’Europe elle-même. L’Europe était une mosaïque extraordinaire. Tout a été nivelé, standardisé. Et on a exporté ce modèle partout ailleurs, en mettant un coup de peinture « démocratie » là-dessus. Aujourd’hui ce modèle se délite, il n’a aucun moyen d’être réparé. Il faut aller vers autre chose. Ce que propose la société civile : elle est le laboratoire dans lequel est en train de s’élaborer le futur. Partout des gens essayent de faire autrement. Un État intelligent devrait encourager ça. Sinon, cela se fera sous la forme d’explosion sociale. Une grande frange des citoyens sont secourus par les dispositifs de l’État. Cela ne durera pas. Le jour où la société ne pourra plus produire de richesses, où prendra-t-on ce qu’il faut pour soutenir ceux qui sont relégués ? Nous sommes dans un système « pompier-pyromane » : il produit les dégâts et prétend en plus les corriger. On met des rustines au lieu de changer de système : ce n’est pas une posture politique intelligente.

Recueilli par Ivan du Roy et Agnès Rousseaux
Vidéo : Agnès Rousseaux
Photo : Ivan du Roy
Notes
[1] Pierre Rabhi vit en Ardèche, où il a été paysan. Il a crée en 2007 le Mouvement pour la Terre et l’Humanisme appelé ensuite mouvement Colibris. Il est aussi l’inventeur du concept « Oasis en tous lieux » et a lancé en 2012 la campagne Tous Candidats
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8 mai 2012 2 08 /05 /mai /2012 06:03

 

Finalement ...



Celui qui fut le pire président 
de la Veme république  

A ETE ELIMINE



La Nation renoue enfin avec une dignité
perdue pendant cinq années de hontes.


ASPETA est satisfait 
 

Le générique du quinquennat de Nicolas Sarkozy.
2007 - 2012

 

 

FIN

 

 

.

6 mai 2012

 

 

Demain ...
Demain les Français décideront si ils renouvellent le mandat 
de celui qui a détruit l'essentiel des valeurs de la république 
pour construire sur ses décombres un édifice fait de haines
qui n'ont rien à envier à celles odieuses d'une extrême droite 
dont il n'a cessé de flatter les électeurs par ses appels pathétiques.

Demain se scellera pour cinq années le sort de la Nation.

ASPETA espère que ne se renouvellera pas la honte
de 2007 qui a consisté a voir élire un candidat incompétent
populiste et vulgaire qui est parvenu comme prévu

à dénaturer sans vergogne la fonction présidentielle.



 
Ce président-candidat n'a jamais eu aucune limite
 dans la perfidie lors de ses interventions durant sa campagne.

Les mensonges ont succédé aux démagogies
avec un ton de suffisance qui n'a pas semblé être perçu
par assez de ces citoyens dont pourtant il se moque.

C'est tout et son contraire qui est affirmé dans une même phrase
pour fustiger de pratiques boucs émissaires désignés à l'avance
afin de dissimuler l'ensemble de ses incapacités chroniques.

Pas un jour sans une nouvelle ignominie à mettre à son débit
et ce quel que soit le domaine qu'il ait osé aborder,
il n'a honte de rien par stratégie et parvient à ignorer le réel
pour davantage encore humilier ceux qu'il méprise.

Comment est-il possible qu'il ait encore des partisans
si ce n'est par l'osmose d'une aigreur nauséabonde,
lui et les siens sont aussi nuisibles que les pires épidémies
que les sociétés ont subi et conduisent hélas au même résultat.




Ce candidat a des accents de populisme qui ne peut que rappeler
des époques pendant lesquelles l'irréparable fut commis.

Il ment sans retenues afin de canaliser les bassesses les plus sordides
et les utiliser pour le compte de ses projets déments,
nous vivons à travers lui l'obscurantisme abominable des idées
sans autre finalité que la satisfaction de malsaines pulsions.

Il est un pantin visiblement dépressif aux ordres de maitres
qui lui offrent un pouvoir dont il abuse avec arrogance
et ceux qui le soutiennent sont eux des traitres à la nature humaine
et n'ont certainement pas comme excuse leur bêtise incurable.

Ils sont les collaborateurs d'un chaos dans lequel de vulgaires mafieux
conduisent les peuples sans jamais se soucier de véritable politique,
son gouvernement est un ramassis d'absolues incompétences
qui ne devraient pas avoir le droit de conduire notre nation.




Chacun de ses membres est un pathétique acteur raté
de cette mauvaise pièce jouée depuis cinq ans sans aucun succès,
ils ont tous été choisis par un metteur en scène sans aucun talent
parce que trop limité par son triste imaginaire machiavélique.
 
 Les voyous n'ont toujours eu de but que leur intérêt immédiat
et sont prêts à tout entreprendre pour parvenir à le satisfaire,
ce candidat en est une plus qu'évidente représentation,
son quotidien inquiétant de démence et de corruption
a sacrifié notre futur en toute impunité.

Malgré l'insolence de ses arguments il est encore écouté,
la démocratie est donc incontestablement pervertie
puisqu'elle donne une légitimité à l'abominable.




 Il reste maintenant à espérer que cette élection,
ne lui donne pas de nouveau le droit de s'exprimer.

Le peuple serait cette fois inféodé
à la dictature d'une déchéance irréversible,
voulue par une majorité d'adeptes d'un système
dont chacun se souvient des terribles effets.

La France serait précipitée dans un néant
sans aucun autre avenir que la soumission a la félonie,
il serait indigne de la République que soit plébiscité de nouveau
un dirigeant sans scrupules aux visions si mercantiles.

Il est étonnant de constater que des citoyens
soutiennent encore un homme dont le comportement
trahit une attitude malsaine sans équivoque.

Il est troublant que des élus locaux confient leurs signatures
à celui qui n'a cessé de détruire les institutions en leur nom,
et que des personnalités collaborent à ses ambitions glauques
en se soumettant aux arrivismes les plus serviles.







Ce candidat-président manie avec délectation
les mensonges et les mépris pour convaincre le peuple
de renouveler encore une fois son mandat,
pourvu que cela n'arrive pas.

Depuis cinq années ASPETA a tenté d'alerter ses lecteurs
que cette présidence ne pouvait pas convenir
au destin d'une Nation digne de ce nom.

Demain nous saurons si la dignité est rétablie
dans une République qui n'en a plus.


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8 mai 2012 2 08 /05 /mai /2012 05:52

Rouanie-un-coin-de-paradis.jpg

 

 

Suite à mon article sur les placements-terre intéressants en Rouanie, voici un téoignage d'un Français établi là-bas (eva)

 

Si tu lis un peu l'infos parallèle tu vas entendre parler de 2012, et cette spirale que tu connais sur un plan personnel est en définitive une image de ce qui se passe au niveau global, l'important c'est d'être un peu plus conscient et d'être en acceptation, pas seulement avec les mots mais surtout intérieurement, c'est-à-dire que cette situation ne t'affecte pas trop moralement parce que ceci peut-être très préjudiciable pour notre santé = augmentation du stress, panique par rapport aux banques, perte d'emploi, etc.

J'ai pris quelques mesures par rapport à cela notamment, notre maison à la montagne au cas où il faudrait que l'on se retranche un peu loin de la folie...

Voilà pour les nouvelles ici tout est ok parce que j'ai décidé de regarder la partie pleine de la bouteille à moitié vide, mais comme partout la crise se ressent dans toutes les entreprises, seul avantage de la Roumanie par rapport à la France, nous n'avons pas d'autoroute (les chemins de terre sont plus praticables que les routes départementales), pas d'hôpital, pas de service social, très peu d'endettement parce que le FMI trouve que la Roumanie n'est pas solvable, etc. il se pourrait que les derniers de la classe deviennent les premiers...


Et puis ce soir la France s'est dotée d'un Président ou plus exactement d'un président socialiste plein de promesses intenables (Pareil pour Sarko) parce que son pays est déjà ruiné, sans être pessimiste en tous les cas vaut mieux ne pas être réaliste ça fait peur...

Bon courage en tout cas, si tu veux t'échapper un peu je t'invite dans mon petit coin qui connais pas la crise, seul problème (ou avantage) il n'y a pas de route il faut faire 2H30 de marche à pieds, il n'y a pas d'électricité, il y a l'eau chaude (chauffage au bois), la nourriture dans le jardin, les œufs des poules, le fromage de la vache du voisin, et pas d'impôt local, pas de contrôle fiscal, certains disent que c'est un paradis???

Bien le bonjour à vous tous

 

 

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8 mai 2012 2 08 /05 /mai /2012 05:34


Discours de Ségolène Royal
Bastille le 6 mai 2012


Bravo et merci. Peuple de France. Peuple libre ! Peuple fier ! Peuple rebelle ! Peuple rebelle et qui le restera. Avec nous, avec la gauche, le peuple restera au cœur de tout et en avant de tout parce que pendant 5 ans, il a été écarté de tout. Alors continuez à rester debout, à rester en mouvement, à rester vigilant parce que nous voulons être la voix des sans-voix et donner de la visibilité à tous les invisibles qui ont subi pendant 5 ans le pouvoir de la droite et le pouvoir des marchés financiers.


C’est parce que vous, peuple de France, vous resterez vivants, debouts, enthousiastes, fraternels, que nous pourrons construire la République apaisée qui donne à chacun le moyen de maîtriser sa vie et de croire au progrès, et de donner à tous les enfants de France, un avenir et un espoir pour demain, et pour maintenant. Cette fête de la Bastille, cette fête de la Bastille, c’est la fête de la fraternité, de la solidarité. Celle qui a tant manqué pendant ces cinq années.


Merci peuple de France. Merci à vous tous et à vous toutes. Cette victoire c’est la vôtre ! Et nous sommes là pour transformer cette victoire dans un progrès social et humain. Et avec nous, les banques au lieu de commander, vont maintenant obéir. Il y a aura des résistances, vous allez voir. Le pouvoir de l’argent est toujours là. Alors mobilisez-vous pour la campagne des législatives pour donner à la gauche les moyens de transformer et de réussir le changement. Le combat continue, nous sommes ensemble et nous le resterons. Cette énergie populaire, elle est là pour réussir le changement, la justice, le progrès, l’égalité, l’égalité des chances, la France métissée qui est ce soir si nombreuse.

 

 

 

 

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8 mai 2012 2 08 /05 /mai /2012 05:18

"La victoire de Hollande place l'UE dans une zone de turbulences", titre "The Daily Telegraph" du 7 mai 2012 (Capture d'écran)

"La victoire de Hollande place l'UE dans une zone de turbulences", titre "The Daily Telegraph" du 7 mai 2012 (Capture d'écran)
Obs et AFP

 

  • EN IMAGES. La victoire de Hollande fait la Une de la presse

L'élection du socialiste François Hollande à la présidence française devrait marquer un changement pour l'Europe face à la crise, estiment lundi 7 mai au matin la presse européenne et asiatique. La presse internationale prévoit notamment un changement par rapport à la politique du tout-austérité.

En Allemagne, le "Financial Times Deutschland", évoque ainsi un "tournant, particulièrement pour Angela Merkel", la chancelière allemande, apôtre de la rigueur qui n'avait pas caché son soutien au sortant Nicolas Sarkozy. 

"C'est très déplaisant pour Merkel. Pas tant parce qu'Hollande menacerait le sauvetage de l'euro. Mais parce que sa demande de compléter le pacte fiscal par des mesures de croissance touche à la suprématie de la chancelière en Europe", poursuit le quotidien économique.

La Une du journal berlinois "Tagesspiegel" (Capture d'écran)

"Au revoir président bling bling"

Le "Tagesspiegel" berlinois (gauche) voit la France "quitter symboliquement l'Europe du Nord pour le Sud, en termes d'éloignement de la discipline budgétaire", et l'Allemagne rester avec "peu, trop peu, d'alliés". Et "si les marchés perdent confiance en la France, cela affaiblira l'euro".  Mais pour le "Stuttgarter Zeitung", la France à elle seule ne pourra faire fléchir l'Allemagne sur l'austérité : "Aussi importante soit la France pour faire avancer l'Europe, elle n'est pas assez forte pour imposer sa volonté aux autres poids-lourds".

Pour "The Independent" à Londres, la victoire de Hollande "annonce un changement dans la façon dont l'Europe va s'attaquer à la crise de la dette et la façon dont la France va agir dans le monde". "Hollande triomphe face à la politique d'austérité de Sarkozy", juge "The Times" (proche des conservateurs) alors que pour le "Financial Times" "Hollande prend la présidence française, Sarkozy devient la dernière victime du retour de bâton contre les sortants".

"François Hollande a pris le pouvoir en France, inversant la tendance d'une embardée droitière et xénophobe dans la politique européenne," relève de son côté "The Guardian" (proche de l'opposition travailliste), alors que le tabloïd Daily Mail lance "Au revoir président bling bling" en français dans le texte.

Le site du Daily Mail (Capture d'écran)

"Contre 'la chaîne de l'austérité', François Hollande, candidat socialiste, a promis de revenir sur certaines des décisions les plus contestées de Sarkozy [...]. Hollande est l'homme qui promet de transformer l'héritage d'Angela Merkel et adopter une stratégie différente dans la lutte contre la crise et la stabilisation de l'euro", écrit le quotidien économique portugais "Jornal de Negocios" qui affirme en outre qu'à Berlin, Hollande "n'est pas persona non grata, mais presque".

"Hollande prévoit de parler à Merkel dès ce soir [...] pour parler de l'avenir de l'axe franco-allemand", souligne de son côté son concurrent "Diario Economico".

"La France tourne une page"

"Paris change et l'Europe change" : pour l'italien "La Stampa" (centre-droit) "probablement, beaucoup va changer en Europe", tout en avertissant : "on verra comment il tiendra sa promesse" de "rompre le pacte fiscal" européen. 

"La France vire à gauche", pour "le Corriere della Sera" (centre-droit), qui relève que "ces derniers jours, le favori Hollande a su rompre l'isolement en Europe". "Les paroles du président de la BCE Mario Draghi [sur la nécessité de l'objectif de la croissance] semblaient donner raison à la prétention de Hollande d'ajouter un chapitre au traité de stabilité."

"La France tourne une page", affirme le quotidien de centre-gauche "Repubblica", alors que pour le quotidien économique "Il Sole 24 Ore", François Hollande est "un modéré, un social-démocrate, un homme tranquille. Qui veut changer sans bouleverser. Comme il a dit à la City de Londres préoccupée par les attaques contre les riches et la finance : 'je ne suis pas dangereux'".

Le site du "Corriere della Sera" (Capture d'écran)

En Espagne, "El Pais" (centre-gauche), écrit que "la gauche européenne renaît ce 6 mai en France" et que l'élection du candidat socialiste "ouvre une nouvelle étape politique en France comme en Europe", avec notamment la fin du "directoire connu sous le nom de Merkozy" avec "tout l'accent mis sur l'austérité.

Pour "El Mundo" (centre-droit) la présidentielle française a été "très marquée par la pire crise économique et sociale depuis un demi-siècle" et le président élu a pris soin d'appeler la chancelière allemande Angela Merkel et plaider pour "une clause de croissance dans le traité d'austérité européen". Pour le quotidien catalan "El Periódico" (gauche) "l'arrivée de Hollande à l'Elysée ouvre une nouvelle étape de la politique européenne [...] le socialiste "ayant promis de réviser le traité de discipline budgétaire avec des mesures pour la croissance".

Le site d'"El Pais" (Capture d'écran)

"Hollande, président attendu au tournant"

"Le Soir", journal francophone belge de référence, évoque "Hollande, le président attendu au tournant". Et d'avertir : "Après l'épreuve de la conquête, celle du pouvoir. Le vainqueur ne connaîtra pas d'état de grâce". "La Libre Belgique" partage cette opinion, écrivant : "Si le profil de Hollande a rassuré, le nouveau président ne bénéficiera pas d'un état de grâce". Et le journal de souligner que François Hollande "doit son élection en partie à un rejet de la personnalité de Nicolas Sarkozy".

En Suède, pour "le Svenska Dagbladet" (libéral) : "L'austérité ne remporte pas la majorité" et en Finlande, la radio publique YLE juge que "l'arrivée au pouvoir de Hollande n'affectera pas seulement la France mais secouera aussi l'avenir politique de l'ensemble de l'Europe. "L'ère Sarkozy est terminée", annonce le quotidien économique néerlandais "NRC Handelsblad", alors que "De Telegraaf" (populaire) titre "La fête est finie pour Sarkozy".

Le site de "la Libre Belgique" (Capture d'écran)

"République socialiste de France", titre le quotidien russe "Kommersant", en ajoutant que "les Français n'étaient pas contents du bilan du quinquennat de Sarkozy". "Autour de Hollande se sont réunis des forces très différentes, depuis l'extrême-gauche jusqu'aux centristes", souligne le journal.

En Asie, l'agence japonaise Jiji Press estime pour sa part que les succès de François Hollande en France et des partis opposés à l'austérité en Grèce représentent un avertissement sérieux en Europe. "Après ces sévères jugements des électeurs, l'Union européenne devra inévitablement revoir ses caps", ajoute Jiji Press. "L'Asahi Shimbum" titre de son côté : "La France a choisi le changement", tandis que le Mainichi Shimbum souligne que Angela Merkel a adressé ses félicitations à François Hollande.

En Australie, "The Australian" titre sur "l'Europe (qui) cherche à assouplir la misère de l'austérité", "le Sydney Morning Herald" sur "L'Europe ouvre les yeux sur l'après-Sarkozy",

 

suite ici :

 

http://tempsreel.nouvelobs.com/election-presidentielle-2012/20120507.OBS4825/l-election-de-francois-hollande-vue-par-la-presse-etrangere.html#xtor=EPR-126-[NLPresid2012]-20120507

 

 

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8 mai 2012 2 08 /05 /mai /2012 04:57
Lundi 7 mai 2012

Affaire Merah: Plainte contre Sarkozy

 

 

sarkozy_merah_recuperation.jpgLe père de l’un des militaires abattus par Mohamed Merah à Montauban a déposé une plainte contre Nicolas Sarkozy, annonce Le Nouvel Observateur. Albert Chennouf considère en effet que la mort de son fils Abel, le 15 mars, aurait pu être évitée. La plainte, pour non-assistance à personne en danger, vise également Bernard Squarcini, directeur central du renseignement intérieur. 

Interrogé par Le Nouvel Observateur, Albert Chennouf fait part d’un sentiment d’abandon depuis la mort de son fils. « Personne, ni à l’Elysée, ni au ministère de la Défense, ni à celui de l’Intérieur, n’a pris le temps de nous écrire ou de nous passer un coup de fil », dit-il. « L’hypothèse qu’on a éliminé Merah pour qu’il ne parle pas me paraît de plus en plus plausible. Je ne dis pas que les policiers du Raid ont mal fait leur travail. Mais la volonté politique était qu’il meure », juge-t-il par ailleurs.

 http://www.algerie1.com/flash-dactu/affaire-merah-plainte-contre-sarkozy/ 


L'avocate de Merah déposera plainte contre le Raid

 

Me Zahia Mokhtari, l'avocate algérienne mandatée par la famille de Mohamed Merah, tueur de sept personnes à Toulouse et Montauban, a affirmé lundi 7 mai, qu'elle allait déposer officiellement plainte contre le Raid (unité d'élite de la police française) lundi prochain à Paris. L'avocate a déclaré qu'elle était "prête à voyager en France jeudi ou samedi pour entamer la procédure de dépôt de plainte". 

L'avocate a précisé qu'elle avait obtenu son visa du consulat de France à Alger cinq jours auparavant et qu'elle avait bénéficié "de facilités en tant qu'avocate". Pour elle, l'arrivée de François Hollande à la tête de l'État "facilitera l'application de la justice", car il "a toujours dit qu'il veillerait à l'application de la justice et à aplanir les désaccords en suspens entre l'Algérie et la France." 

."Des preuves" 

L'avocate algérienne avait affirmé début avril détenir des preuves de "la liquidation" du tueur de Toulouse. Elle avait évoqué deux vidéos identiques de 20 minutes chacune, probablement filmées par Merah lui même. Ces vidéos prouvent qu'il a été "liquidé" par le Raid. Mohamed Merah, 23 ans, avait été tué le 22 mars lors de l'intervention des policiers du Raid dans son appartement à Toulouse (sud-est), après 32 heures de siège. Les 11, 15 et 19 mars, il avait tué sept personnes: trois parachutistes, trois écoliers et un enseignant juifs à Toulouse et Montauban.

 

Source: LeHuffpost

 

Affaires Bettencourt, Karachi, Kadhafi... Désormais privé d'immunité, l'ex-chef de l'Etat pourrait avoir très vite rendez-vous chez les juges.

 

Pendant cinq ans, il a bénéficié de l'immunité présidentielle. Le 16 juin, Nicolas Sarkozy redeviendra un justiciable ordinaire. Privé, comme c'est l'usage, du statut pénal particulier accordé au chef de l'Etat par l'article 67 de la Constitution un mois après la fin de son mandat, l'ex-président sera désormais à la disposition des juges :

- Des magistrats qu'il a affrontés plus souvent qu'à son tour pendant son quinquennat, et dont il a même projeté de supprimer la fonction pour certains d'entre eux.

-Et des magistrats qui ont montré leur détermination face à son prédécesseur Jacques Chirac, condamné à deux ans de prison avec sursis dans l'affaire des emplois fictifs de la Ville de Paris en décembre dernier.

L'ex-chef de l'Etat aura d'abord à coup sûr affaire à la justice pour des dossiers "secondaires", mais dans lesquels des plaintes ont été déposées nommément contre lui. Mediapart l'a ainsi attaqué fin avril pour dénonciation calomnieuse, après que lui-même a poursuivi le site d'information pour faux suite à la publication d'un document portant sur un éventuel financement de sa campagne de 2007 par le colonel Kadhafi.

Nicolas Sarkozy est également visé par deux plaintes pour violation de la présomption d'innocence par les avocats d'Yvan Colonna, qu'il a qualifié à plusieurs reprises "[d']assassin du préfet Erignac" alors que sa condamnation n'est pas définitive à ce jour, l'ancien berger corse s'étant pourvu en cassation. Ces plaintes étaient bloquées pendant la durée de son mandat, avait décidé le tribunal de grande instance de Paris en juillet 2009 : elles pourront désormais suivre leur cours.

La menace Bettencourt

Mais le nom de Nicolas Sarkozy apparaît aussi et surtout dans plusieurs affaires politico-financières, ce qui faisait dire à Ségolène Royal en mars dernier : "Il a peur parce qu'il va perdre son immunité présidentielle, et on connaît tous les problèmes de corruption qui ont émaillé ces cinq années."

En cause : un éventuel financement de sa campagne de 2007 par le couple Bettencourt et le colonel Kadhafi, et celui de la campagne de 1995 d'Edouard Balladur - dont il était ministre du Budget et porte-parole de campagne - par le biais de possibles rétrocommissions versées dans le cadre de contrats de vente d'armes avec le Pakistan et l'Arabie saoudite.

Le dossier le plus immédiatement menaçant pour Nicolas Sarkozy est sans conteste l'affaire Bettencourt. L'enquête, visant au départ des faits d'abus de faiblesse sur la milliardaire, a rapidement pris un tournant politique avec les accusations de Claire Thibout. L'ex-comptable a affirmé aux juges que Patrice de Maistre, gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt, lui avait demandé de retirer 150.000 euros en liquide à destination de la campagne de 2007 de Nicolas Sarkozy.

Des accusations confirmées par d'autres témoignages, recoupées par les agendas des protagonistes, et coïncidant avec de très importants retraits en liquide sur les comptes en Suisse de la milliardaire. Un faisceau d'indices suffisant pour le juge Jean-Michel Gentil pour justifier une mise en examen de Patrice de Maistre et d'Eric Woerth, trésorier de la campagne de 2007 de Nicolas Sarkozy.

Il ne fait guère de doute que c'est ce dernier qui est visé à travers eux, et que la justice demandera des comptes à l'ancien président. Le juge Gentil a déjà souligné que les "visites du ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy au domicile des Bettencourt pendant la campagne électorale de 2007" rendent "des investigations" "nécessaires", et saisi ses comptes de campagne. Une convocation en vue d'une éventuelle mise en examen paraît inévitable pour l'ex-président.

Le spectre de Kadhafi 

Autre source potentielle de financement gênant de la campagne 2007 de l'ex-président : Mouammar Kadhafi. Les interrogations datent de l'interpellation directe de Nicolas Sarkozy par Saif al islam Kadhafi, le fils du Guide suprême.

C’est nous qui avons financé sa campagne, et nous en avons la preuve. Nous sommes prêts à tout révéler. La première chose que l’on demande à ce clown, c’est de rendre l’argent au peuple libyen. […] Nous avons tous les détails, les comptes bancaires, les documents, et les opérations de transfert. Nous révélerons tout prochainement", lançait-il au chef de l'Etat de l'époque en mars 2011, au début de l'intervention occidentale en Libye.

Si les révélations du clan Kadhafi se sont fait attendre, Mediapart a pris le relais. D'abord en publiant le témoignage d'un ancien proche de l'intermédiaire Ziad Takieddine, affirmant que ce dernier avait mis en place les "modalités de financement" de la campagne de 2007 de Nicolas Sarkozy par le colonel Kadhafi - ce qu'a démenti l'homme d'affaires libanais. 

Puis en dévoilant un document prouvant selon le site d'information que Mouammar Kadhafi avait donné son accord pour financer la campagne à hauteur de 50 millions d'euros. L'authenticité de la note fait débat, et Nicolas Sarkozy a attaqué le site pour faux. Le pure player a répliqué en le poursuivant pour dénonciation calomnieuse comme vu plus haut. La justice enquête simplement sur cet aspect du dossier. Du moins pour le moment.

L'ombre Karachi 

Troisième dossier de financement politique embarrassant pour Nicolas Sarkozy : l'affaire Karachi. Elle concerne cette fois la campagne d'Edouard Balladur en 1995. La justice s'interroge sur la provenance de 10 millions de francs versés en espèces sur le compte de campagne du candidat malheureux à la présidentielle.

L'ancien Premier ministre les a justifiés par la vente de tee shirts et gadgets à son effigie ; les juges van Ruymbeke et Le Loire soupçonnent plutôt un financement illicite par le biais de rétrocommissions liées à des contrats d'armements avec le Pakistan et l'Arabie saoudite.

Le nom de Nicolas Sarkozy apparaît dans le dossier à deux titres : en tant que ministre du Budget du gouvernement Balladur, et en tant que porte-parole et tête pensante de la campagne du candidat en 1995. Ainsi, c'est lui qui a approuvé le volet financement des contrats, et qui a notamment validé la création des sociétés Heine et Eurolux, par lesquelles auraient transité les commissions.

Plusieurs de ses proches ont été mis en examen dans le dossier : Thierry Gaubert, Nicolas Bazire, ainsi que Ziad Takieddine. Une audition de Nicolas Sarkozy par les juges dans ce dossier paraît une suite probable.

Face à ces affaires, Nicolas Sarkozy a crié à la "manipulation politique" et aux "boules puantes". Dès le 16 juin, la justice aura les mains libres pour en juger.

 

Anne-Sophie Hojlo

Par
journaliste Le Nouvel Obs

 

http://tempsreel.nouvelobs.com/

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