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17 mars 2013 7 17 /03 /mars /2013 22:50

 

 

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http://www.newzilla.net/2012/12/20/l%E2%80%99integralite-de-vos-tweets-bientot-consultables-sur-votre-ordinateur/

 

 

Tweets, tweetons !

 

Par eva R-sistons

 

 

Depuis quelques jours, je me suis mise aux tweets. Il y a peu encore, j'annonçais juste la parution de mes articles. Eh bien, les tweets, c'est super ! On peut commenter l'actualité ou la désinformation en direct, à chaud ! Et je ne m'en prive pas, d'ailleurs c'est super vivant et drôle. Je me marre, j'informe, je tire la langue aux Médias et aux Elus aux ordres. De quoi ulcérer tous les "bien pensants", tous les adeptes de la Pensée si unique inspirée par les libéraux, les fans des banksters ou des Mario en tous genres et de leur Europe vampire, les inconditionnels des gaz qui vous explosent à la figure ou des guerres bien sanguinaires, les fous du Nouvel Ordre Mondial et de la future société orwelienne, et j'en passe, j'en passe. Je suis résolument non-alignée, libre penseuse, impertinente, et c'est ainsi. Ca plaît, ou ça ne plaît pas. Mais avec les tweets, je me régale, chaque fois que les Médias désinforment ou crachent leur propagande, je suis là pour relayer, dénoncer, inciter à rétablir la vérité. 

 

Ma dernière abonnée est une certaine Sylvie, bienvenue à elle, elle a publié peu de tweets mais tous sont délicieusement pertinents et donc impertinents. Et j'ai pioché sur sa page l'article joint, l'interview de Bachar sur l'excellent blog de Siliva Cattori, que je dédie à toutes les Euterpia esclaves de la Pensée unique atlantiste et sioniste au mépris de leurs intérêts surtout à long terme.

 

Cet interview, je l'ai loupé le 6 mars, car j'étais en pleine tempête dans le Sud, à deux doigts d'avoir ma voiture ensevelie sous une trombe d'eau et emportée vers des récifs inconnus. Eh oui, ce jour-là j'ai démarré quelques mn avant que ma voiture ne soit sous... 3 mètres d'eau ! Il faut dans des circonstances comme ça avoir l'estomac bien accroché, ou une foi solide ("Les grandes eaux ne te submergeront pas", promesse de Dieu). Donc, grâce à Sylvie je découvre maintenant ce texte, que les amoureux de la Pensée vraiment non-alignée liront avec délices.

 

Et dans mes tweets, voici ce que j'écris sur les pseudos dictateurs, populistes ou conspirationnistes. De quoi donner la migraine à tous les manipulés, à tous les conditionnés par la Pensée unique distillée par nos médias prostitués orchestrés par les ultra-libéraux, les européistes, les atlantistes, les sionistes, et autres bandits...

 

J'adore la spontanéité, l'instantanéité des tweets...

 

A bentôt, votre "eva" (Chantal Dupille)

Tweet, tweetons ! Par Chantal Dupille - Je me suis mise aux tweets, j'aime ça

 

NB Assurément, ceux qui en ont marre d'être roulés ou ceux qui vomissent la Pensée officielle, aimeront mes tweets dérangeants. Mais sincères, non partisans et honnêtes, eux ! Et appuyés sur un approfondissement des Médias et de l'Actualité...

 

https://twitter.com/rsistons

 

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  1. BRAVO pour tes tweets,ta clairvoyance,on voudrait TOUS COMME toi ! Alors le monde changerait.. d'abord les médias: Ne pouvant + duper !

  2. Et après avoir traités de conspirationnistes, dictateurs, populistes les non-alignés, Occident et médias se prétendent encore démocratiques?

  3. Qui est "conspirationniste, facho, raciste et même nazi" (!)? Un journaliste, écrivain, militant.. non-aligné sur Pensée Unique, libre-penseur

  4. Qu'est-ce qu'un populiste (Poutine, Chavez, Mélenchon..) pour Occident ? Un dirigeant insoumis, défendant peuple, méfiant vis-à-vis USA..

 

Qu'est-ce qu'un dictateur (Poutine,Bachar..) pour Occident? Une personne refusant de se soumettre à ses diktats, patriote, liberté choix...!


 

Le président syrien répond
aux questions du Sunday Times

« Si quelqu’un veut « vraiment » – et j’insiste sur le mot vraiment – aider la Syrie et aider à la cessation de la violence dans notre pays, il ne peut faire qu’une seule chose ; il peut se rendre en Turquie et s’asseoir avec Erdogan pour lui dire de stopper la contrebande de terroristes vers la Syrie, d’arrêter d’envoyer des armes, de cesser de fournir un soutien logistique aux terroristes. Il peut aussi aller en Arabie saoudite et au Qatar pour leur dire de cesser de financer les terroristes en Syrie. C’est la seule chose que n’importe qui pourrait faire en ce qui concerne le versant externe de notre problème, mais nul étranger ne peut s’occuper du versant interne. »


6 mars 2013

Syria_president_Alassad_s_interview_text La journaliste Hala Jaber du Sunday Times avec le président syrien, Bachar Al-Assad, à Damas.

Vidéo : Extrait de l’entrevue en anglais


Sunday Times : Monsieur le Président, votre récente offre de « dialogue politique » a été fermement rejetée par ces mêmes groupes que vous devez pacifier pour mettre fin à la violence : les rebelles armés et la Coalition nationale syrienne, principale alliance de l’opposition. Vous offrez donc un rameau d’olivier à la seule opposition loyaliste, en majorité interne, qui renonce à la lutte armée et reconnaît effectivement la légitimité de votre leadership. Avec qui êtes-vous vraiment prêt à dialoguer ?

Le président Assad : Pour plus de précision, permettez-moi de commencer par corriger certaines idées fausses qui circulent et qui sont sous-entendues dans votre question.

Sunday Times : Bien.

Le président Assad : Premièrement, lorsque j’ai annoncé « le plan » [1], j’ai dit que je m’adressais à ceux que le dialogue intéresse, parce que vous ne pouvez proposer un plan reposant sur le dialogue à qui ne croit pas au dialogue. J’ai donc été très clair sur cette question.

Deuxièmement, ce « dialogue ouvert » ne doit pas avoir lieu entre certains groupes exclusifs, mais entre tous les Syriens et à tous les niveaux. C’est un dialogue qui porte sur l’avenir de la Syrie. Nous sommes 23 millions de Syriens et nous avons tous le droit de participer à la construction de l’avenir du pays. Certains peuvent le regarder comme un dialogue entre le gouvernement et certains groupes de l’opposition « externe ou interne ». C’est, en fait, une façon très superficielle de le voir. Il est beaucoup plus global et concerne chaque Syrien et tous les aspects de la vie syrienne. L’avenir de la Syrie ne peut être déterminé par ses seuls dirigeants, mais par les ambitions et les aspirations de tout son peuple.

L’autre aspect de ce dialogue est qu’il ouvre la porte aux groupes armés pour qu’ils déposent leurs armes. D’ailleurs, nous avons accordé plus d’une amnistie pour faciliter cela. C’est la seule façon d’installer le dialogue avec ces groupes. Cela avait commencé, avant même l’annonce du plan, certains ayant déjà rendu les armes et repris le cours de leur vie normale. Mais, ce « plan » rend le processus plus méthodique, publiquement annoncé et clair.

Concernant l’opposition, une autre erreur de l’Occident consiste à mettre toutes les entités, mêmes hétérogènes, dans le même panier ; comme si tout ce qui s’oppose au gouvernement est dans cette opposition. Nous nous devons d’être clairs sur ce point. Nous avons une opposition correspondant à des entités politiques et nous avons des terroristes armés. Nous pouvons engager le dialogue avec l’opposition, mais nous ne pouvons pas engager le dialogue avec les terroristes ; nous luttons contre le terrorisme !

Une phrase revient souvent [en Occident] : « l’opposition de l’intérieur de la Syrie » ou « l’opposition interne loyale envers le gouvernement »… Les groupes d’opposition devraient être patriotes et loyaux envers la Syrie ! L’opposition interne et externe ne relèvent pas d’une localisation géographique, mais de leurs racines, de leurs ressources, et de leurs représentants. Sont-elles enracinées dans la terre syrienne ? Représentent-elles le peuple syrien et les intérêts syriens ou les intérêts d’un gouvernement étranger ? C’est notre façon de regarder le dialogue, c’est ainsi que nous l’avons commencé, et c’est ainsi que nous allons le poursuivre.

Sunday Times : La plupart l’ont rejeté, du moins si nous parlons des opposants de l’extérieur qui sont devenus « l’organisation saluée en tant qu’Opposition » avec, fondamentalement, le monde entier derrière eux. La plupart l’ont en effet rejeté et certains de ces opposants ont décrit votre offre comme une « perte de temps » ; d’autres ont déclaré qu’il s’agissait d’une « rhétorique creuse » fondée sur un manque de confiance ; William Hague, ministre britannique des Affaires étrangères, considérant qu’elle allait « au-delà de l’hypocrisie », les Américains disant que vous étiez dans un ” déni de la réalité “ !

Le président Assad : Je ne ferai aucun commentaire sur ce que ces soi-disant organisations, extérieures à la Syrie, ont dit. Ces organisations ne sont pas indépendantes. En tant que Syriens, nous sommes indépendants et nous devons répondre à des organisations indépendantes, ce qui n’est pas leur cas. Alors, intéressons-nous aux autres allégations.

À propos du « déni de la réalité » : la Syrie se bat contre les adversaires et les ennemis depuis deux ans ; vous ne pouvez pas le faire si vous n’avez pas le soutien du peuple. Le peuple ne vous soutiendra pas si vous êtes détaché de la réalité. Au Royaume-Uni, une étude récente montre qu’une proportion non négligeable de britanniques demandent à leur gouvernement de « rester en dehors de la Syrie » et pensent pas qu’il ne devrait pas fournir du matériel militaire aux rebelles en Syrie. En dépit de cela, le gouvernement britannique continue de pousser l’Union européenne à lever son embargo sur les armes en direction des rebelles en Syrie, et à entreprendre de leur livrer des « armes lourdes ». Etre ainsi détaché de votre propre opinion publique, c’est ce que j’appelle un « déni de la réalité » !

Ils vont plus loin encore lorsqu’ils déclarent qu’ils veulent envoyer une « aide militaire » qu’ils présentent comme « non létales » ; alors que les renseignements, l’assistance financière et en moyens de communication fournis, sont quand même létaux ! Les événements du 11 Septembre n’ont pas été commis par des « aides létales ». C’est l’utilisation et l’entrainement à une technologie non-létale qui ont causé les atrocités. Le gouvernement britannique veut envoyer une aide militaire aux « groupes modérés », en sachant très bien que ces groupes modérés n’existent pas en Syrie. Maintenant, nous savons tous que nous combattons Al-Qaïda ou Jabhat al-Nusra – qui est une émanation d’Al-Qaïda – et d’autres groupes d’individus endoctrinés par des idéologies extrémistes. C’est cela qui est « au-delà de l’hypocrisie » !

Ce qui est « au-delà de l’hypocrisie » est que vous parliez de « liberté d’expression » quand vous bannissez la diffusion des chaines de télévision syriennes par les satellites européens ; quand vous pleurez pour quelqu’un qui a été tué par des terroristes en Syrie, tout en empêchant le Conseil de sécurité de prononcer une déclaration dénonçant un attentat suicide, tel celui qui a eu lieu la semaine dernière à Damas, alors que vous y étiez, et où trois cents Syriens dont des femmes et des enfants ont été tués ou blessés… tous des civils ! C’est au-delà de l’hypocrisie quand vous prêchez les droits de l’homme et que vous allez, en Irak, en Afghanistan et en Libye, tuer des centaines de milliers de personnes dans des guerres illégales. C’est au-delà de l’hypocrisie quand vous parlez de démocratie et que vos alliés les plus proches sont les pires régimes autocratiques du monde et appartiennent aux siècles médiévaux. C’est cela l’hypocrisie !

Sunday Times : Mais vous vous référez toujours aux personnes qui se battent ici [en Syrie] comme à des terroristes, acceptez-vous, même si certains sont de Jabhat al-Nusra ou affiliés à Al-Qaïda, qu’il en existe d’autres qui sont de l’ASL [Armée Syrienne Libre] ou sous l’égide de l’ASL ? Acceptez-vous que certains soient des déserteurs et que certains autres soient simplement des gens ordinaires qui ont initié une frange de la rébellion ? Ceux-là ne sont pas des terroristes ; ce sont des gens qui se battent pour ce qu’ils croient être bon pour le moment.

Le président Assad : Quand nous disons que nous combattons Al-Qaïda, nous voulons dire que le groupe terroriste principal et le plus dangereux est Al-Qaïda. J’ai dit lors de plusieurs interviews et discours que ce n’est pas le seul groupe présent en Syrie. Le spectre va des petits criminels, aux trafiquants de drogue, aux groupes qui kidnappent et tuent juste pour de l’argent, jusqu’aux mercenaires et rebelles armés. Il est clair que ceux-là n’ont ni programme politique ni aucune motivation idéologique.

La soi-disant « Armée Syrienne libre » n’est pas l’entité que l’Occident voudrait faire croire à vos lecteurs. Il y a des centaines de petits groupes tels que définis par les organismes internationaux qui travaillent avec Annan et Al-Ibrahimi. Il ne s’agit en aucun cas d’une entité, il n’y a pas de leadership, il n’y a pas de hiérarchie ; mais différents gangs oeuvrant pour diverses raisons. L’ « Armée syrienne libre » est tout simplement le titre, le parapluie utilisé pour légitimer ces groupes.

Cela ne veut pas dire qu’i il n’y avait pas un mouvement spontané au tout début du conflit. Il y avait des gens qui voulaient des changements en Syrie et je l’ai moi même publiquement reconnu à plusieurs reprises. C’est pourquoi j’ai dit que le dialogue n’est pas pour le conflit en soi mais concerne l’avenir de la Syrie, parce que beaucoup de groupes persistent dans leur volonté de changement et sont désormais contre les terroristes. Ils continuent à s’opposer au gouvernement, mais ne portent pas d’armes. Que vous ayez des besoins légitimes ne rend pas vos armes légitimes !

Sunday Times : Dans votre plan en 3 étapes, la première parle de la cessation de la violence. Manifestement, il y a d’une part l’armée et d’autre part les combattants. Or, dans le cas de l’armée vous avez une hiérarchie et donc si vous voulez un cessez-le-feu, il y a un commandant qui peut le contrôler. Mais quand vous proposez la cessation de la violence ou du feu, comment pouvez-vous supposer la même chose pour autant de groupes rebelles que vous dites si dispersés et sans direction unifiée ? C’est donc l’une des exigences de votre plan qui parait fondamentalement impossible. Ensuite, vous parlez de référendum, mais étant donné le grand nombre de personnes déplacées à l’intérieur et à l’extérieur de vos frontières dont beaucoup sont l’épine dorsale de l’opposition, il ne semble pas que les résultats de ce référendum puissent être justes. Enfin, la troisième étape de votre plan concernant les élections législatives, espérées avant 2014, fait que la liste des réalisations à atteindre d’ici là est fort longue ! Dès lors, quelles sont vos véritables conditions pour que le dialogue se tienne, et est ce que certaines de vos conditions suggérées ou offertes ne sont pas impossibles à réaliser ?

Le président Assad : Cela dépend de la façon dont nous regardons la situation. Tout d’abord, disons que l’article principal du plan est le dialogue, lequel dialogue décidera du calendrier de tout le reste, dont les procédures et les détails de ce même plan. Le premier article implique la cessation de la violence. Si nous ne pouvons pas arrêter cette violence, comment pourrions-nous parvenir aux autres articles tels que le référendum et les élections, et ainsi de suite ? Mais dire que vous ne pouvez pas arrêter la violence n’est pas une raison pour ne rien faire. Oui, il ya beaucoup de groupes sans réel leadership comme je les ai décrits, mais nous savons que leur véritable leadership se situe dans ces pays qui les financent et leur fournissent armes et équipements ; principalement la Turquie, le Qatar et l’Arabie saoudite. Si des pays tiers veulent vraiment aider le processus planifié, ils doivent faire pression sur ces pays afin qu’ils cessent d’approvisionner les terroristes. Comme tout autre État souverain, nous ne négocierons pas avec des terroristes !

Sunday Times : Vos critiques disent que d’authentiques et véritables négociations pourraient mener à votre chute et à celle de votre gouvernement ou régime, que vous le savez, et que c’est pour cela que vous proposez des scénarios pratiquement irréalisables pour le dialogue et les négociations.

Le président Assad : En fait, je ne sais pas cela, je sais son contraire ! Restons logiques et réalistes. Si tel était le cas, ces ennemis, adversaires ou opposants devraient pousser au dialogue puisqu’ils estiment qu’il leur offrira ma chute. En réalité, ils font tout le contraire. Ils empêchent les « organisations de l’opposition extérieures à la Syrie » de participer au dialogue, car je pense qu’ils croient l’exact opposé de ce qu’ils disent et savent que ce dialogue n’amènera pas ma chute, mais fera que la Syrie en sortira vraiment plus forte. Ceci pour le premier aspect.

Le deuxième aspect est que l’ensemble du dialogue porte sur la Syrie, sur l’avenir de la Syrie et aussi sur le terrorisme ; non sur les postes et les personnalités. Par conséquent, ils feraient mieux de ne pas détourner l’attention du peuple en parlant de ce dialogue et de ce qu’il pourrait apporter ou non au président. Je ne le fais pas moi-même. En fin de compte, c’est une contradiction. Ce qu’ils disent est en contradiction avec ce qu’ils font !

Sunday Times : Vous avez bien dit que s’ils poussaient au dialogue, ils pourraient entrainer votre chute ?

Le président Assad : Non, vu ce qu’ils déclarent pouvoir amener ma chute, j’ai dit : pourquoi ne viendraient-ils pas au dialogue ? Ils disent que le dialogue conduira à la chute du président et moi, je les invite au dialogue. Pourquoi n’acceptent-ils pas un dialogue pour s’offrir ma chute ? La réponse est évidente. C’est pourquoi j’ai dit qu’ils se contredisent !

Sunday Times : Monsieur le Président, John Kerry, un homme que vous connaissez bien, a commencé une tournée qui le mènera ce week-end en Arabie saoudite, au Qatar et en Turquie où il leur parlera des moyens de « faciliter votre éviction ». En début de semaine, il a déclaré à Londres comme à Berlin que le président Assad devait partir et aussi qu’une de ses premières actions serait d’élaborer des propositions diplomatiques pour vous persuader d’abandonner le pouvoir. L’inviteriez-vous à Damas pour en discuter ? Que lui diriez-vous ? Quel serait votre message du moment, étant donné ses déclarations et ce qu’il s’est préparé à dire à ses alliés lors de sa visite de cette fin de semaine ? Et, si possible, comment le décririez-vous en fonction de vos relations dans le passé ?

Le président Assad : Je préfère décrire les politiques plutôt que de décrire les personnes. Aussi, il est encore trop tôt pour le juger. Il est à seulement quelques semaines de sa nomination en tant que secrétaire d’État. Mais, avant tout, le point que vous avez évoqué est lié à des questions ou à des affaires internes syriennes. Aucun sujet syrien de cet ordre ne sera soulevé avec des personnes étrangères. Nous n’en discutons qu’entre syriens et en Syrie. Je ne vais donc pas en discuter avec quiconque qui viendrait de l’étranger. Nous avons des amis et nous discutons de nos problèmes avec les amis. Nous écoutons leurs conseils, mais finalement la décision est nôtre et il nous appartient, en tant que syriens, de penser ou de faire ce qui est bon pour notre pays.

Si quelqu’un veut « vraiment » – et j’insiste sur le mot vraiment – aider la Syrie et aider à la cessation de la violence dans notre pays, il ne peut faire qu’une seule chose ; il peut se rendre en Turquie et s’asseoir avec Erdogan pour lui dire de stopper la contrebande de terroristes vers la Syrie, d’arrêter d’envoyer des armes, de cesser de fournir un soutien logistique aux terroristes. Il peut aussi aller en Arabie saoudite et au Qatar pour leur dire de cesser de financer les terroristes en Syrie. C’est la seule chose que n’importe qui pourrait faire en ce qui concerne le versant externe de notre problème, mais nul étranger ne peut s’occuper du versant interne.

Sunday Times : Alors, quel est votre message à Kerry ?

Le président Assad : Il est très clair. Il faut comprendre que ce que je dis aujourd’hui, n’est pas un message adressé à Kerry seulement, mais à tous ceux qui parlent de la question syrienne : seul le peuple syrien peut dire au président de rester ou de quitter, de venir ou de partir. Je le dis clairement afin que tous les autres ne perdent pas leur temps et sachent sur quoi se concentrer.

Sunday Times : Quel rôle, le cas échéant, voyez-vous pour la Grande-Bretagne au niveau du processus de paix en Syrie ? Y a-t-il eu des contacts informels avec les Britanniques ? Quelle est votre réaction devant le soutien de Cameron à l’opposition ? Que lui diriez-vous si vous étiez assis en face de lui en ce moment, surtout que la Grande-Bretagne appelle à l’armement des rebelles ?

Le président Assad : Il n’y a pas de contact entre la Syrie et la Grande-Bretagne depuis longtemps. Si nous parlons de son rôle, nous ne pouvons pas le séparer de sa crédibilité, comme nous ne pouvons pas séparer sa crédibilité, elle-même, de l’histoire de ce pays. Pour être franc, maintenant que je parle à une journaliste britannique et à un public britannique, la Grande-Bretagne a joué un fameux rôle [dans notre région], un rôle non constructif dans plusieurs domaines et depuis des décennies, certains diraient depuis des siècles ! Je vous dis ici la perception que nous en avons dans notre région.

Le problème avec ce gouvernement est que sa rhétorique superficielle et immature ne fait que souligner cette tradition de harcèlement et d’hégémonie. Franchement, comment peut-on s’attendre à ce que nous demandions à la Grande-Bretagne de jouer un rôle en Syrie alors qu’elle est déterminée à militariser le problème ? Comment pourrions-nous leur demander de jouer un rôle pour que la situation s’améliore et se stabilise ? Comment pourrions-nous nous attendre à ce qu’ils contribuent à atténuer la violence, alors qu’ils veulent envoyer des fournitures militaires aux terroristes et n’essayent même pas de faciliter le dialogue entre les Syriens ? Ce ne serait pas logique. Je pense qu’ils travaillent contre nous et contre les propres intérêts du Royaume-Uni. Ce gouvernement agit d’une manière naïve, confuse et peu réaliste. Si les Britanniques veulent jouer un rôle, ils devraient changer cela et agir d’une manière plus raisonnable et responsable. D’ici-là, nous n’attendons pas qu’un pyromane se comporte en pompier !

Sunday Times : En 2011, vous aviez dit que vous ne gaspillerez pas votre temps à parler avec les meneurs de l’opposition. Je parle ici des organisations externes dont vous aviez, en fait, à peine reconnu l’existence. Qu’est-ce qui vous a récemment fait changer d’avis ? Quel type de pourparlers avez-vous, le cas échéant, avec les rebelles qui sont un facteur et une composante majeure dans cette crise ? Ce, d’autant plus que votre ministre des Affaires étrangères, Mouallem, a déclaré plus tôt dans la semaine et lors de sa visite en Russie que le gouvernement est ouvert à des discussions avec l’opposition armée. Pouvez-vous préciser ?

Le président Assad : En réalité, je n’ai pas changé d’avis. Encore une fois, ce plan ne leur est pas destiné, mais à tout Syrien qui accepte le dialogue. Donc, cette dernière initiative ne traduit pas un changement d’avis.

Ensuite, depuis le premier jour de cette crise, commencée il y a deux ans, nous avons dit que nous étions prêts au dialogue ; rien n’a changé depuis. Nous avons une position très cohérente à l’égard du dialogue. Certains pourraient comprendre que j’ai changé d’avis parce que je n’ai pas reconnu la première entité [de l’opposition], alors que je reconnaitrais la seconde entité. Je n’ai reconnu ni l’une, ni l’autre. Plus important encore, le peuple syrien ne les reconnait pas et ne les prend pas au sérieux. Lorsqu’ un produit échoue sur le marché, ils le retirent. Ils changent son nom, changent son emballage avant de le rélancer. Il n’empêche qu’il est toujours défectueux. La première et la deuxième organisation de l’opposition sont un seul et même produit avec un emballage différent.

Concernant la déclaration de notre ministre, M. Moallem, elle était des plus claires. Une part de notre initiative est que nous sommes prêts à négocier avec quiconque, y compris avec les rebelles qui déposent leurs armes. Nous ne traiterons pas avec des terroristes déterminés à garder leurs armes pour terroriser la population, tuer des civils, attaquer les lieux publics ou les entreprises privées, et détruire le pays.

Sunday Times : Monsieur le Président, le monde regarde la Syrie et voit un pays en cours de destruction, avec au moins 70 000 morts, plus de 3 millions de personnes déplacées, et des divisions sectaires de plus en plus profondes. Beaucoup de gens autour du monde vous blâment. Qu’est-ce que vous leur répondez ? Êtes-vous à blâmer pour ce qui s’est passé dans le pays que vous dirigez ?

Le président Assad : Vous donnez ces chiffres comme s’il s’agissait d’un tableau numérique, alors que certains acteurs les utilisent pour faire avancer leur agenda politique, et c’est malheureusement la réalité. Pour nous Syriens et indépendamment de leur exactitude, chacun de ces chiffres représente un homme, une femme ou un enfant syriens. Quand vous parlez de milliers de victimes, nous voyons des milliers de familles qui ont perdu des êtres chers dont ils porteront le deuil pendant des années et des années. Personne ne peut éprouver cette douleur plus que nous-mêmes !

Si nous nous penchons sur la question des agendas politiques, nous devons nous poser des questions plus importantes. Comment ces chiffres ont-ils été vérifiés ? Combien de combattants étrangers représentent-ils ? Combien y a t-il de combattants âgés de 20 à 30 ans ? Combien d’entre eux étaient des civils, des femmes ou des enfants, tous innocents ? La situation sur le terrain fait qu’il est presque impossible d’obtenir des réponses précises à ces questions.

Nous savons tous combien ont été manipulés, dans le passé, les chiffres de morts et de blessés pour ouvrir la voie à des « interventions humanitaires ». Le gouvernement libyen a récemment annoncé que le nombre de morts « avant l’invasion » de la Libye a été exagéré ; ils ont parlé de cinq mille victimes de part et d’autre tandis que les chiffres qui ont circulé à l’époque [de l’invasion] parlaient de dizaines de milliers de personnes.

Les Britanniques et les Étasuniens, présents physiquement en Irak pendant la guerre, ont été incapables de fournir des chiffres précis sur les victimes tuées du fait de leur invasion. Soudain, voilà que ces mêmes sources sont capables de décompter très précisément les victimes syriennes. C’est un étrange paradoxe !

C’est en toute simplicité que je vous dis que ces chiffres n’existent pas dans la réalité. Ils font partie de leur réalité virtuelle, celle qu’ils veulent créer pour faire avancer leur agenda et pousser vers une intervention militaire, sous couvert d’une intervention humanitaire !

Sunday Times : Si je puis me permettre de revenir sur ce point en particulier, même si les chiffres sont exagérés et pas vraiment précis, ils sont corroborés par des groupes syriens et quoi qu’il en soit, il n’en demeure pas moins que des milliers de syriens ont été tués. Certains étaient des combattants, mais d’autres étaient des civils. Certains sont morts lors d’offensives militaires menées, par exemple, par l’artillerie ou l’aviation sur certains secteurs. Donc, même si nous ne nous basions pas sur des chiffres exacts, ils continuent à vous blâmer pour les civils tués lors d’offensives de l’armée. Acceptez-vous cela ?

Le président Assad : Tout d’abord, nous ne pouvons pas parler de leur nombre sans citer des noms. Les personnes qui ont été tuées ont des noms. Ensuite, pourquoi sont-ils morts ? Où et comment ont-ils été tués ? Qui les a tués ? Les bandes armées, les groupes terroristes, les criminels, les kidnappeurs, l’Armée, qui les a tués ?

Sunday Times : Une combinaison de toutes ces opérations.

Le président Assad : C’est, en effet, une combinaison ; mais il semble que vous laissez entendre qu’une seule personne est responsable de la situation actuelle et de toutes les pertes en vies humaines. Dès le premier jour, la situation en Syrie a été influencée par les dynamiques militaire et politique, le tout évoluant très rapidement. Dans de telles situations, vous avez les catalyseurs et les obstacles. Supposer qu’un côté est responsable de tous les obstacles alors qu’un autre est responsable de toutes les catalyses est absurde.

Beaucoup trop de civils innocents sont morts et beaucoup trop de Syriens sont dans la souffrance. Comme je l’ai déjà dit, personne n’est plus en peine que les Syriens eux-mêmes et c’est pourquoi nous incitons à un dialogue national. Je ne suis pas dans une affaire de blâme, mais si vous parlez de ma responsabilité, il est clair que j’ai la responsabilité constitutionnelle de garder la Syrie et son peuple à l’abri des terroristes et des groupes radicaux.

Sunday Times : Quel est le rôle d’Al-Qaïda et d’autres djihadistes et quelles menaces représentent-ils pour la région et l’Europe ? Craignez-vous que la Syrie ne se transforme en quelque chose de semblable à la Tchétchénie il y a quelques années ? Êtes-vous préoccupé par le sort des minorités si vous perdiez cette guerre, ou encore par une guerre sectaire comme en Irak ?

Le président Assad : Le rôle d’Al-Qaïda en Syrie est comme le rôle d’Al-Qaïda partout ailleurs dans le monde ; assassinat, décapitation, torture, interdiction des enfants d’aller à l’école parce que, comme vous le savez, l’idéologie d’Al-Qaïda prospère là où il y a de l’ignorance. Ils tentent de s’infiltrer dans la société avec leurs sombres idéologies extrémistes, et ils réussissent !

Si vous deviez vous inquiéter pour quoi que ce soit en Syrie, ce n’est pas pour les « minorités » qu’il faudrait vous inquiéter. C’est une vision trop superficielle car la Syrie est un creuset de religions, de confessions, d’ethnies et d’idéologies qui, ensemble, forment un mélange homogène sans rapport avec des proportions ou des pourcentages. Nous devrions plutôt nous inquiéter pour la majorité des Syriens modérés qui, si nous ne combattons pas cet extrémisme, pourraient devenir la minorité. Alors la Syrie cessera d’exister !

Si vous envisagez votre inquiétude dans ce dernier sens, vous auriez du souci à vous faire pour le Moyen-Orient, parce que nous sommes le dernier bastion de la laïcité dans la région. Et si vous admettez cela, alors le monde entier devra s’inquiéter pour sa stabilité. Voilà la réalité telle que nous la voyons.

Sunday Times : Jusqu’à quel point Al-qaïda est-elle menaçante aujourd’hui ?

Le président Assad : Elle est menaçante par son idéologie plus que par ses assassinats. Certes les attentats sont dangereux, mais ce qui est tout aussi irréversible est la dangerosité de son idéologie. Nous avons mis en garde contre ceci depuis de nombreuses années, même avant le conflit, et nous avons eu à faire avec cette idéologie depuis les années soixante-dix. Nous étions les premiers de la région à faire face à ces terroristes qui ont revêtu le prétendu manteau de l’Islam.

Nous n’avons cessé d’avertir de cela, surtout pendant la décennie de l’invasion et de l’occupation de l’Afghanistan et de l’Irak. L’Occident se contente de réagir face à une situation donnée, mais n’agit pas. Nous devons commencer par traiter l’idéologie. Une guerre contre le terrorisme sans s’attaquer à l’idéologie ne mènera nulle part et ne fera qu’empirer les choses. Elle est une menace et un danger non seulement pour la Syrie, mais pour toute la région.

Sunday Times : Récemment, et notamment hier, il a été rapporté que des responsables US auraient déclaré que la décision de ne pas armer les rebelles pourrait être révisée. Si cela devait arriver quelles seront, selon vous, les conséquences en Syrie et dans la région ? Que diriez-vous pour mettre en garde contre cela, maintenant qu’ils parlent d’équiper « directement » les rebelles avec des véhicules blindés et des gilets de protection en plus d’assurer leur entrainement militaire.

Le président Assad : Vous savez que le crime ne concerne pas uniquement la victime et le criminel, mais aussi le complice et le soutien , qu’il s’agisse d’un soutien moral ou logistique. J’ai dit à plusieurs reprises que la Syrie se trouvait sur une « ligne de faille » géographiquement, politiquement, socialement et idéologiquement. Par conséquent, jouer sur cette ligne aura de graves répercussions dans tout le Moyen-Orient. Aujourd’hui, la situation est-elle meilleure en Libye ? Au Mali ? En Tunisie ? En Egypte ? N’importe quelle intervention n’améliorera pas les choses, elles iront de pire en pire. L’Europe, les États-Unis et d’autres vont tôt ou tard payer le prix de l’instabilité dans cette région, ce qu’ils n’ont pas prévu.

Sunday Times : Quel est votre message à Israël après ses raids aériens sur la Syrie ? Userez-vous de représailles ? Comment répondrez-vous à une future attaque, d’autant plus qu’Israël a déclaré qu’il attaquerait de nouveau s’il pensait devoir le faire ?

Le président Assad : À chaque fois la Syrie a riposté, mais à sa façon et pas nécessairement du tac au tac. Nous avons riposté à notre manière et les Israéliens savent ce que nous voulons dire.

Sunday Times : Pouvez-vous développer ?

Le président Assad : Oui. Riposte ne veut pas dire missile pour missile ou balle pour balle. Notre manière de riposter n’a pas à être annoncée ; les Israéliens savent de quoi je parle.

Sunday Times : Pouvez-vous nous dire comment ?

Le président Assad : Nous n’avons pas à faire ce genre d’annonce.

Sunday Times : J’ai rencontré un garçon de sept ans en Jordanie…

Le président Assad : Un garçon syrien ?

Sunday Times : Un garçon syrien qui avait perdu un bras et une jambe par un tir de missile dans Herak. Cinq enfants de sa famille avaient été tués dans cette explosion. En tant que père, que pouvez-vous dire à ce petit garçon ? Pourquoi tant de civils innocents sont-ils morts sous des frappes aériennes, parfois des bombardements de l’armée et parfois, je cite, sous « les fusillades des chabiha » ?

Le président Assad : Quel est son nom ?

Sunday Times : J’ai son nom … Je vous le donnerai plus tard.

Le président Assad : Comme je l’ai déjà dit, toutes les victimes de cette crise ont un nom et chaque victime a une famille. Par exemple, le petit Saber a cinq ans et a perdu une jambe, sa mère ainsi que d’autres membres de sa famille alors qu’il ne faisait que prendre son petit déjeuner à son domicile familial. Le petit Rayan a quatre ans, il a vu ses deux frères se faire égorger parce qu’ils avaient participé à une manifestation. Aucune de ces familles n’avait d’affiliations politiques.

Les enfants sont le maillon le plus fragile dans n’importe quelle société et, malheureusement, ils paient souvent le plus lourd tribut en cas de conflit. En tant que père de jeunes enfants, je sais ce que c’est que de voir son enfant touché par une légère blessure, alors que dire en cas de graves blessures ou de décès ; la pire des choses qui puisse arriver à une famille que toute la famille ?

Dans tous les conflits, vous vivez de tels événements douloureux qui affectent toute la société ; et c’est justement la raison majeure qui nous incite fortement à lutter contre le terrorisme. Les véritables humanistes qui ressentent notre douleur face à ceux que nous avons perdus, et face à nos enfants, devraient encourager leurs gouvernements à interdire la contrebande d’armes et de terroristes et à empêcher les terroristes de recevoir des fournitures militaires de tous les pays.

Sunday Times : Monsieur le Président, la nuit, quand vous êtes couché dans votre lit, entendez-vous les explosions à Damas ? Comme tant d’autres syriens, êtes-vous inquiet pour votre famille ? Craignez-vous qu’à un moment donné votre propre sécurité soit menacée ?

Le président Assad : Je vois les choses tout à fait différemment. Quelqu’un peut-il être sûr que lui et sa famille puissent rester à l’abri quand tout le pays est en danger ? En réalité, NON ! Si votre pays n’est pas en sûreté, vous ne pouvez pas être en sûreté. Ainsi, au lieu de vous soucier de vous-même et de votre famille, vous devez vous soucier de chaque citoyen et de chaque famille de votre pays. C’est donc une relation mutuelle.

Sunday Times : Vous savez les préoccupations internationales concernant les armes chimiques de la Syrie. Est-il possible que votre armée les utilise en dernier ressort contre vos adversaires ? Des rapports suggèrent qu’ils ont été déplacés à plusieurs reprises. Si oui, pourquoi ? Partagez-vous la crainte internationale de les voir tomber aux mains des rebelles islamistes ? Quel est le pire qui puisse arriver ?

Le président Assad : Tout ce qui a été mentionné dans les médias ou par les déclarations rhéthoriciennes de responsables politiques, sur les armes chimiques syriennes, relève de la spéculation. Nous n’avons jamais discuté, et nous ne discuterons jamais de nos armements avec qui que ce soit. Ce dont le monde devrait se soucier c’est des matières chimiques arrivées entre les mains des terroristes. Des séquences vidéos ont déjà été diffusées les montrant en train de tester des matières toxiques sur des animaux, et aussi en train de menacer le peuple syrien de mourir de cette façon ! Nous avons partagé ce matériel vidéo avec d’autres pays. C’est là-dessus que le monde devrait se concentrer au lieu de gaspiller ses efforts à créer des titres insaisissables sur les armes chimiques syriennes pour justifier n’importe quelle intervention en Syrie.

Sunday Times : Je sais que vous ne dites pas si ces armes sont en lieu sûr ou non. Il n’empêche que des craintes existent sur le fait que certains puissent se les approprier.

Le président Assad : C’est l’ambiguïté constructive. Aucun pays ne parle de ses capacités en la matière.

Sunday Times : Un autre sujet est aussi très commenté : Quels sont les rôles du Hezbollah, de l’Iran et de la Russie dans la guerre sur le terrain ? Savez-vous s’il y a des combattants du Hezbollah en Syrie et que font-ils ? Quelles armes vous sont livrées par vos alliés russes et iraniens, et quels sortes d’autres soutiens vous apportent-ils ?

Le président Assad : La position de la Russie est très claire en matière d’armement. Les russes fournissent à la Syrie des armes défensives, en conformité avec le droit international. Le Hezbollah, l’Iran et la Russie soutiennent la Syrie dans sa lutte contre le terrorisme. La Russie a été très constructive, l’Iran nous a très favorablement soutenus, et le rôle du Hezbollah est de défendre le Liban non la Syrie. Nous sommes un pays de 23 millions d’habitants avec une armée nationale forte et des forces de police. Nous n’avons pas besoin de combattants étrangers pour défendre notre pays. La question qui devrait nous être posée concernerait plutôt le rôle d’ autres pays – le Qatar, la Turquie, l’Arabie saoudite, la France, le Royaume-Uni, et les Etats-Unis, – qui soutiennent le terrorisme en Syrie, directement ou indirectement, politiquement ou militairement.

Sunday Times : Un autre sujet est aussi très commenté : Quels sont les rôles du Hezbollah, de l’Iran et de la Russie dans la guerre sur le terrain ? Savez-vous s’il y a des combattants du Hezbollah en Syrie et que font-ils ? Quelles armes vous sont livrées par vos alliés russes et iraniens, et quels sortes d’autres soutiens vous apportent-ils ?

Le président Assad : La position de la Russie est très claire en matière d’armement. Les russes fournissent à la Syrie des armes défensives, en conformité avec le droit international. Le Hezbollah, l’Iran et la Russie soutiennent la Syrie dans sa lutte contre le terrorisme. La Russie a été très constructive, l’Iran nous a très favorablement soutenus, et le rôle du Hezbollah est de défendre le Liban non la Syrie. Nous sommes un pays de 23 millions d’habitants avec une armée nationale forte et des forces de police. Nous n’avons pas besoin de combattants étrangers pour défendre notre pays. La question qui devrait nous être posée concernerait plutôt le rôle d’ autres pays – le Qatar, la Turquie, l’Arabie saoudite, la France, le Royaume-Uni, et les Etats-Unis, – qui soutiennent le terrorisme en Syrie, directement ou indirectement, politiquement ou militairement.

Sunday Times : Monsieur le Président, permettez-moi de vous interroger sur votre propre position. Le ministre russe des Affaires étrangères, M. Lavrov, a récemment déclaré que Lakhdar Ibrahimi s’était plaint du peu de flexibilité de votre régime et que, même si vous semblez ne jamais dire NON, vous ne semblez jamais dire OUI. Pensez-vous qu’un règlement négocié soit possible tant que vous resterez président, question que beaucoup de gens se posent ?

Le président Assad : N’attendez pas d’un politicien qu’il vous réponde par un oui ou par un non dans un sens absolu, quoiqu’il ne s’agisse pas de questions à choix multiples où vous cochez la bonne ou la mauvaise réponse. En revanche vous pouvez attendre d’un politicien qu’il vous parle d’une vision. La nôtre est très claire. Nous avons proposé un plan. Celui qui veut travailler avec nous, peut le faire sur la base de ce plan. C’est très clair et il est inutile de perdre son temps. Ceci dit, votre question traduit « la personnalisation du problème syrien » prêchée par les médias occidentaux pour laisser croire que l’ensemble du conflit relève du président et de son propre avenir.

Si ce prétexte est correct, mon départ ferait cesser les combats ; ce qui est clairement absurde. Les précédents récents, en Libye, au Yémen et en Égypte en témoignent. Ce qui les motive est d’essayer de se soustraire à l’essentiel du problème : le dialogue, les réformes et la lutte contre le terrorisme. L’héritage de leurs interventions dans notre région a été le chaos, la destruction et le désastre. Par conséquent, comment peuvent-ils justifier une nouvelle intervention ? Ils ne le peuvent pas ! Alors, ils se concentrent sur le blâme du président, poussent à son départ, font douter de sa crédibilité, se demandent s’il vit dans une bulle, et prétendent qu’il est dans le déni de la réalité. C’est ainsi que le point de focalisation du conflit devient le président !

Sunday Times : Certains fonctionnaires étrangers ont appelé à vous juger pour crimes de guerre devant la Cour pénale internationale en tant que personne responsable, en dernier ressort, des exactions de l’armée ? Craignez-vous les poursuites par cette Cour, ou d’autres poursuites futures lors d’éventuels procès en Syrie ?

Le président Assad : Chaque fois qu’un problème lié à l’ONU est soulevé, vous soulevez la question de sa crédibilité. Nous savons tous que ces vingt dernières années, et particulièrement suite à l’effondrement de l’Union soviétique, l’ONU et toutes les organisations qui en dépendent sont, sans exceptions, les victimes de l’hégémonie au lieu d’être des bastions de la justice. Elles sont devenues des outils politisés pour créer l’instabilité et attaquer des pays souverains, ce qui est contraire la Charte de l’ONU ! Maintenant, la question que nous devons nous poser : vont-ils juger les dirigeants US et britanniques pour avoir attaqué l’Irak en 2003 et avoir fauché plus d’un demi-million de vies sans parler des orphelins, des handicapés, des défigurés et malformés ? Vont-ils juger les US, les britanniques, les français et d’autres qui se sont rendus, l’année dernière, en Libye sans résolution de l’ONU pour faucher à nouveau des centaines de vies ? Ils ne vont pas le faire. La réponse est très claire.

Par ailleurs, savez-vous que l’envoi de mercenaires dans tout pays est un crime de guerre selon les principes de Nuremberg et conformément à la Charte de Londres de 1945. Vont-ils juger Erdogan devant ce même tribunal parce qu’il a envoyé des mercenaires en Syrie ? Vont-ils faire de même avec les Saoudiens et les Qataris ? Si nous avions les bonnes réponses à ces questions, nous pourrions continuer à parler des organisations pour la paix et de leur crédibilité.

Ma réponse à moi est très brève : lorsque des personnes défendent leur pays, ils ne tiennent compte de rien d’autre !

Sunday Times : Regarder en arrière est une chose merveilleuse, Monsieur le Président. Si vous pouviez remonter le temps deux ans en arrière, auriez-vous géré les choses différemment ? Croyez-vous qu’il y a des choses qui auraient pu ou auraient dû être faites d’une autre manière ? Quelles sont les erreurs commises par vos partisans que vous penseriez rectifier ?

Le président Assad : Vous pouvez poser cette question à un président qui serait le seul responsable du cours des événements. Dans notre cas, en Syrie, nous savons qu’interviennent de nombreux acteurs extérieurs. Partant de ce présent, vous devez juger rétrospectivement chacun des acteurs. Avec le recul, vous devez demander à M. Erdogan : auriez-vous envoyé des terroristes pour tuer des Syriens et leur auriez-vous procuré toutes sortes de soutien logistique ? Avec le recul, vous devez demander au Qatar et à l’Arabie saoudite : auriez-vous financé des terroristes, des réseaux d’Al-qaïda ou toute autre organisation terroriste pour tuer des Syriens ? Avec le même recul, vous devriez poser les mêmes questions aux fonctionnaires US et européens : auriez-vous offert un parapluie politique aux terroristes qui tuent des civils innocents en Syrie ?

En Syrie, nous avons pris deux décisions. La première consiste à lancer le dialogue, la seconde consiste à lutter contre le terrorisme. Si, avec le recul, vous de

mandez à n’importe quel Syrien : diriez-vous NON au dialogue et OUI au terrorisme ? Je ne pense pas qu’une seule personne, saine d’esprit, serait d’accord. Donc, avec le recul, je pense que nous avons commencé par le dialogue et que nous allons continuer le dialogue. Avec le recul, nous avons dit que nous allons lutter contre le terrorisme et nous allons continuer à combattre le terrorisme.

Sunday Times : Avez-vous jamais pensé vivre en exil si les choses en arrivaient jusque là ? Et est-ce que vous quitteriez votre pays si cela devait augmenter les chances de paix en Syrie ?

Le président Assad : Encore une fois, il ne s’agit pas du président. Je ne pense pas que n’importe quel patriote ou citoyen pourrait songer à vivre hors de son pays.

Sunday Times : Vous ne quitterez jamais ?

Le président Assad : Nul patriote ne peut songer à vivre hors de son pays. Je suis comme n’importe quel autre syrien patriote.

Sunday Times : Jusqu’à quel point avez-vous été secoué par la bombe qui a tué certains de vos plus hauts généraux l’été dernier, y compris votre beau-frère ?

Le président Assad : Vous avez mentionné mon beau-frère, mais ce n’est pas une affaire de famille. Lorsque des hauts fonctionnaires sont assassinés c’est une affaire nationale ! Un tel crime, vous rend plus déterminé à combattre le terrorisme. Cela ne concerne pas ce que vous ressentez, mais plutôt ce que vous devez faire. Nous sommes plus déterminés dans notre lutte contre le terrorisme.

Sunday Times : Pour finir, Monsieur le Président, puis-je vous interroger sur ma collègue, Marie Colvin, qui a été tuée lors du bombardement par l’opposition d’un centre de médias de Bab Amr, le 22 Février de l’année dernière. A-t-elle été ciblée, comme certains l’ont suggéré, parce qu’elle avait condamné les destructions sur les télévisions américaines et britanniques ? Ou bien a-t-elle simplement manqué de chance ? Avez-vous entendu parler de sa mort à l’époque et, si oui, quelle a été votre réaction ?

Le président Assad : Bien sûr, j’en ai entendu parler par les médias. Quand un journaliste se rend dans les zones de conflit, comme vous le faites en ce moment même, pour couvrir un événement et le transmettre au monde, je pense que c’est un travail très courageux. Toute personne honnête, qu’il s’agisse de responsables ou de membres du gouvernement, devrait soutenir les efforts des journalistes car cela aidera à faire la lumière sur ce qui se passe sur le terrain et démontera la propagande là où elle existe. Malheureusement, dans la plupart des conflits un journaliste a payé le prix ultime. C’est toujours triste quand un journaliste est tué parce que les journalistes ne sont partie prenante et ne font même pas partie du problème. Ils cherchent juste à couvrir l’événement.

Il y a une guerre médiatique contre la Syrie pour empêcher que la vérité ne soit connue du monde extérieur. Quatorze journalistes syriens ont aussi été tués depuis le début de la crise, et tous ne sont pas tombés sur le champ de bataille. Certains ont été ciblés à leur domicile en dehors des heures de travail, kidnappés, torturés, puis assassinés. D’autres sont toujours portés disparus. Plusieurs bâtiments de la télévision syrienne ont été attaqués par les terroristes et leurs bombes. Et, actuellement les chaines de télévision syriennes sont interdites de diffusion par les systèmes satellitaires européens.

On sait maintenant comment les rebelles ont utilisé les journalistes dans leur propre intérêt. Il ya eu le cas du journaliste britannique qui a réussi à s’échapper…

Sunday Times : Alex Thompson ?

Le président Assad : Oui. Il a été dirigé vers un piège mortel par les terroristes dans le but d’accuser l’armée syrienne de sa mort. C’est pourquoi il est important d’entrer légalement dans le pays, d’avoir un visa. Ce ne fut pas le cas pour Marie Colvin. Nous ne savons pas pourquoi et ce n’est toujours pas clair. Si vous entrez illégalement, vous ne pouvez pas attendre de l’État qu’il soit responsable.

Contrairement à la croyance populaire, depuis le début de la crise des centaines de journalistes de partout dans le monde, y compris vous, ont obtenu un visa d’entrée en Syrie et ont rendu compte librement, à partir de la Syrie, sans interférences dans leur travail et sans obstacles contre leurs missions.

Sunday Times : Je vous remercie.

Le président Assad : Merci à vous.

Texte traduit de l’anglais par Mouna Alno-Nakhal pour Mondialisation.ca (05.03.2013) :
http://www.mondialisation.ca/entrevue-integrale-du-president-syrien-avec-le-sunday-time/5325236

Texte original en anglais (03.03.2013)


http://www.sana-syria.com/eng/21/2013/03/04/470326.htm

 

http://www.silviacattori.net/article4279.html

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17 mars 2013 7 17 /03 /mars /2013 14:39

http://www.marianne.net/blogsecretdefense/Un-militaire-francais-tue-au-Mali_a984.html

Un militaire français tué au Mali
Je dédie cette parution au jeune soldat français mort aujourd'hui non pas comme le prétend l'hypocrite Hollande "pour un idéal", alors que la France s'allie avec les pires terroristes pour accomplir ses funestes desseins au service des multinationales comme des intérêts étrangers à notre pays. Il laisse une épouse enceinte. Voilà le vrai visage de ces guerres immondes... J'ai écrit un tweet pour rappeler le changement de nature des guerres coloniales de la France: "Les guerres COLONIALES ont changé de nature: Avant la France construisait écoles ou routes.. et servait SES intérêts. Désormais elle bombarde les pays pour servir des intérêts étrangers.." https://twitter.com/rsistons (chantal dupille, pseudo eva R-sistons)


Introduction d'eva R-sistons :

Poutine rejette le "droit" d'ingérence dans les affaires intérieures des Etats, il est un rempart contre la guerre mondiale : Il défend la paix (la Russie connaît mieux que quiconque le prix des guerres, sous Napoléon et Hitler), le monde multipolaire, l'union UE-Russie.. .

Une UE liée à la Russie (sur plans culturel, économique, géopolitique..) est un contre-poids à l'hyper-puissance atlantiste, un mur contre la soif "usraélienne" (USA + Israël, mais aussi GB) de dominer le monde au prix éventuel d'une guerre mondiale barbare et sanguinaire.

Souvenons-nous : L'époque de la guerre "froide" nous a préservés de la guerre "chaude", l'équilibre de la "terreur" a garanti la paix. En sabordant les 2 blocs, le monde s'est retrouvé avec un bloc unique hégémonique imposant sans limites ses guerres, ses déstabilisations, ses destructions... et ce bloc imposera aussi un jour sa guerre mondiale contre ceux qui se mettent en travers de sa puissance (Iran, Russie, Chine etc). Et ce conflit aura assurément pour théâtre majeur l'Europe créée par les USA seulement pour servir ses intérêts (voir les formidables vidéos de François Asselineau sur "L'Europe c'est la guerre", l'Europe créée par Etats-Unis...) économiques, militaires et géostratégiques (bases militaires, guerres par procuration comme contre Yougoslavie, Mali, Libye, Syrie, Côte d'Ivoire, etc, et demain contre l'Iran avec une UE embrigadée notamment via les sayanim Sarkozy-Kouchner-Hollande-Fabius décrétant notre participation à toutes les sales guerres néo-coloniales de l'OTAN, illégales et illégitimes).

La guerre contre l'Iran, nucléaire, sera l'étincelle qui mettra le feu aux poudres, elle dégénérera en guerre mondiale. Les politiques ne pensent pas aux conséquences de leurs actes, alors que les militaires, eux, connaissent le prix de la vie. Et le duo Hollande-Fabius, d'abord à l'écoute des désirs d'Israël, engagera la France dans cette guerre obsessionnellement voulue par le gouvernement fascisant de Tel-Aviv ; Ce sont des apprentis-sorciers qui loin de servir notre pays, le mettent en péril. L'image de la France a totalement changé : Nous sommes désormais considérés comme les va-t-en guerres que nous sommes devenus sous les Sarkozy-Hollande-Fabius. Notre DEVOIR est d'en prendre conscience ! Et ensuite, de dénoncer ces immondes politiques cupides et messianiques.


En ce qui concerne la France gouvernée depuis Sarkozy par les successeurs de Bush : Notre soumission à Tel-Aviv, notre association contre-nature avec les Anglo-Saxons et notre intégration dans l'OTAN conduit notre pays - aujourd'hui tête de proue des guerres néoconservatrices "Usraéliennes" par procuration - droit dans le mur; les dommages collatéraux de ces liens incestueux seront terribles avec les centrales nucléaires sur notre sol. Une vraie poudrière, prête à exploser !

L'Europe doit se souvenir du visionnaire Gl de Gaulle qui pour le maintien de la paix, plaidait pour une Europe de l'Atlantique à l'Oural (1). Dans le giron atlantiste, nous serons condamnés à des guerres permanentes, meurtrières, néo-coloniales, impériales, hors-la-loi, jusqu'à la grande "boucherie" finale, nucléaire et mondiale. Vite, tournons-nous vers la Russie de Poutine, c'est notre intérêt vital, de la France comme de l'Europe ! Pour la paix, d'abord, ce bien le plus précieux...

Chantal Dupille (pseudo Eva R-sistons)

(1) L'Europe de l'Atlantique à l'Oural - charles-de-gaulle.org

 

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TAGS : Russie, Poutine, France, UE, guerre, paix, colonialisme, Etats-Unis, Israël, GB, sayanim, Bush, néoconservateur, Hollande, Sarkozy, Fabius, Kouchner, Oural, Atlantique, de Gaulle, OTAN, François Asselineau, Napoléon, Hitler
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http://www.rmc.fr/editorial/262796/la-syrie-au-programme-dun-sommet-entre-la-russie-et-lue/.
Vladimir poutine accueille un sommet sur la syrie © Reuters

 
Mardi 6 mars 2012
Election de Poutine : Une Chance pour la Russie et le Monde…

 

 

Je fais partie de ceux qui ont été très heureux, ravis, enchantés, de l’élection de Poutine. En plus : au premier tour !

 

Sans être surpris. Ni de l’ampleur de son succès, ni de la fureur des occidentaux. Il fallait être à la solde de l’industrie de la propagande pour ne pas voir, ou reconnaître, la formidable popularité de Poutine en Russie. Un des rares en France à en témoigner, timidement face aux pressions ambiantes, fut Sylvain Tesson qui a vécu à plusieurs reprises dans la Russie profonde. (*)

 

Poutine n’est pas l’homme providentiel qui va sauver l’humanité. Tout simplement, un Homme d’Etat. Ce qui est déjà : énorme ! Pas un homme au pouvoir, en Occident, ne lui arrive à la cheville. Que dis-je : à la plante des pieds !...

 

Dans le meilleur des cas, ce ne sont que clowns pour shows télévisés à la Berlusconi ou Obama. Dans le pire, des psychopathes rêvant de détruire pays et nations en les pillant. Les candidats “milliardaires-républicains” aux primaires de l’élection présidentielle américaine, sombrant dans la surenchère belliciste et sanguinaire, révèlent l'étendue de ce désastre intellectuel et politique. Sans parler des « déglingués », drogués de violence et de paranoïa, dirigeant l’entité sioniste…

 

La campagne calomniatrice précédant et suivant son élection dans tous les médias, français et occidentaux dans leur ensemble, m’a particulièrement amusé. Les plus acharnés, en France, étant TV et radios du "service public" : JT, documentaires, émissions « culturelles ». Un implacable matraquage, à grandes louches de lamentations démocratiques. Ô rage ! Ô désespoir !  Le tyran est de retour !

 

Incapables de la moindre diversité ou équilibre dans l’information, de regrouper dans un panel des anti-Poutine hystériques, mais aussi des observateurs plus « objectifs ». Ce n’était que diffamation à jets continus : système Poutine, mafia Poutine, nouveau tsar, empereur, autocrate, etc. Conscience professionnelle ? Déontologie ? Aucune notion… Normal, vu l’état de notre “société de la désinformation”, corrompue de cynisme.

 

Manœuvres de déstabilisation et tentatives d’assassinat des occidentaux vont se multiplier, Poutine le sait. Ce qui l’encourage d’autant à poursuivre son œuvre de redressement, économique, politique et militaire, de la Russie. C’est une chance pour ce pays. Mais, aussi, pour les autres.

 

Incontestablement, l’équilibre mondial a besoin d’une Russie forte et prospère, pivot de stabilité entre Europe, Moyen-Orient et Asie. Sa pondération, mesure, sens des responsabilités, sont un atout pour la paix sur notre planète. Des fous veulent l’entraîner dans la guerre. Il fera tout pour l’éviter. S’il y arrive, nous lui en serons tous redevables.

 

A l’occasion de cette élection, des lecteurs m’ont demandé de republier le portrait de Poutine que j’avais rédigé dans un texte relativement ancien, au plus fort d’une campagne de dénigrement à son encontre : Poutine – Frankenstein et les Prédateurs. Du 20 avril 2007, cinq ans ! Ce que je fais volontiers, sans pouvoir cependant reproduire d’intéressants commentaires qui avaient été échangés à cette occasion (sur le “problème tchétchène”, notamment). D’après eux, il n’aurait pas pris une ride… Je les remercie de leur gentillesse et de leur intérêt.

 

(*)  Je recommande la lecture de son récent et très beau livre, poétique et documenté, sur son séjour de 6 mois au bord du lac Baïkal : Dans les forêts de Sibérie, Gallimard, 2011.

 

 

 

 

Poutine : Frankenstein et les Prédateurs...

 

 

Un spectacle qui me ravit, c'est celui des grandes orgues de la propagande.

Entendre et voir tous ces médias à l’unisson, sans fausse note, au même instant, soufflant, sous les doigts de leurs maîtres, dans les tuyaux vides du mensonge et de la calomnie : fascinant !… Les partitions changent. Mais, connaissant son public, comme tout bon organiste, la propagande va et vient sur les classiques de son répertoire. Poutine, est une de ses partitions favorites. C’est, aussi, une de mes mélodies préférées…

Mélodie, de la complicité politique et médiatique, dans cette relation fusionnelle de la manipulation de l’information, au service des intérêts économiques de leurs commanditaires. A lire, écouter tous ces médias et politiciens, Poutine serait un monstre. Ne respectant aucune des libertés publiques élémentaires, pratiquant l’assassinat politique, méprisant les règles d'or d’une économie libérale qui est censée servir de trame aux relations internationales, etc.  Bref, c’est tout juste si Poutine n’a pas remplacé Staline dans la représentation, les stéréotypes et les postures "démocratiques" des médias occidentaux.

Poutine serait : Frankenstein !...

Ce déchaînement sonore est trop fort pour ne pas dissimuler, en contrepoint, des mouvements plus subtils. Livrons nous à un petit exercice de musicographie, et décryptons ces belles envolées… Décrypter est un régal !

En fait, la fureur de cette campagne de désinformation est fondée sur la frustration occidentale à l’encontre de la volonté d’un homme, s’appuyant sur une nouvelle génération de responsables russes, décidé à sortir la Russie de la profonde crise de la fin du XX° siècle. La conséquence immédiate est que les immenses projets de prédation, planifiés par le Big Business occidental à la suite de l’effondrement du régime communiste se sont, malgré d’excellents débuts, trouvés rapidement bloqués par un homme : Poutine. D’où les campagnes hystériques se crispant sur cinq dénis :



1. Le déni d’un homme.
 

Tout opposant à l’hégémonie occidentale a droit automatiquement au qualificatif de "terroriste", dès lors qu’il possède un pouvoir potentiel de résistance. Difficile de mettre Poutine sur une de ces listes.  Alors, le plus simple est de le faire passer pour un criminel. Rien que cela… Autocrate et assassin.

Frankenstein, vous dis-je !

Pourtant, c’est un homme qui a été régulièrement élu à la tête de son pays, dans un gouvernement légitime. A deux reprises. Et les sondages, y compris ceux supervisés par l’université d’Aberdeen (Ecosse), montrent un taux moyen de satisfaction de ses concitoyens, par rapport, à son action de 70%, en moyenne. Il n’y en a pas beaucoup sur cette planète…

Il pratique couramment plusieurs langues, dont l’allemand qu’il maîtrise parfaitement. De même que tous les rouages de la Géopolitique. Gros travailleur, il connaît ses dossiers sur le bout des doigts.

Il est vrai qu’il a tout pour agacer : il ne boit pas, ne fume pas. Ceinture noire de judo, il le pratique tous les matins, une heure, avant de commencer à travailler. Pire : il est d’une rigoureuse intégrité. L’horreur : il se fait une haute idée de l’indépendance et de l’avenir de son pays !...

Atypique. Nos "Al Capone" dirigeant la « Communauté Internationale », et protégeant les pires dictatures en Afrique, en Amérique du sud ou au Moyen Orient, n’en peuvent plus !…  Poutine ?  Un « Chavez » cool… Il ne manquait plus que cela… Un cauchemar !



2.
Le déni d’un redressement politique
.

La stratégie de l’Occident, à la chute du communisme était de faire éclater l’ex-URSS en une multitude d’Etats, d’entretenir des conflits à ses frontières pour la paralyser, et de piller les énormes ressources de son sous-sol en installant et protégeant des gouvernement corrompus. A l’exemple de ce qui se fait de mieux sous d’autres latitudes. Cela a failli réussir, comme le montre très clairement Joseph Stiglitz (1) : l’instabilité économique associée à une corruption organisée et à la mise en place d’une mafia, servant d’intermédiaires aux intérêts occidentaux, a provoqué une violente régression de la Russie. Ce grand pays était au bord de l’anarchie…


i)
Le pillage occidental par le biais de la mafia russe


En fait, les privatisations accélérées, imposées par l’Occident via la Banque Mondiale et le FMI (2), n’avaient pas pour objectif de créer, ou de développer une classe moyenne mais de faire acheter, par les multinationales, pour une bouchée de pain l’essentiel de la richesse du pays : pétrole, gaz, mines (fer, charbon, or, diamant, etc.). Cette opération comportait deux étapes :

=> achats (ou "privatisations", par euphémisme...) par des mafieux à prix ridicules et, la plupart du temps, à crédit et sans apport de fonds personnels...

=> rachats ensuite par des entreprises occidentales des parts à prix ridicules, aussi, mais qui, à l’échelle des transactions, constituaient des fortunes colossales pour des personnes privées.

C’est ainsi que sous Eltsine, des pans entiers des ressources russes ont été bradés à des mafieux, moyennant commissions. Certains, par la suite, s’apprêtant à céder leurs possessions nouvellement acquises avec une confortable marge, notamment dans le gaz et le pétrole, aux grandes multinationales. La Russie allait ainsi voir l’essentiel de ses richesses rachetées à vil prix et possédées par des intérêts étrangers. Schéma classique des privatisations dans la plupart des pays en développement qui n’ont pas la taille critique pour résister. Mais, la Russie n’est pas le Nigeria, l’Arabie Saoudite ou le Gabon...

ii)  L’arrêt du pillage.

Succédant au gouvernement « ultracorrompu » d’Eltsine, la première tâche de Poutine fut de mettre un terme à ce pillage à grande échelle du pays. Il fallait museler la grande mafia en cheville avec les multinationales étrangères. Certains de ces mafieux ont pu être arrêtés, jugés et les transactions en cours bloquées. Ce qui a fait hurler les anglo-saxons au nom du "libéralisme économique" (3), des droits  de l’homme et autres indignations "démocratiques"…  La réaction allait être brutale. Du "grand ami" de l’après 11 Septembre, Poutine, allait immédiatement devenir l’homme à abattre.

Dans ce nettoyage, toujours en cours, un des plus brillants et des plus efficaces collaborateurs de Poutine, Andrei Kozlov, a été assassiné (4). Il avait retiré les licences d’exploitation à 95 banques russes spécialisées dans le blanchiment de ce pillage. Il était en train de décortiquer les implications des multinationales de l’énergie dans le pillage et les détournements de fonds. Malgré cette guerre souterraine et les opérations de déstabilisation organisées par les occidentaux, avec une campagne de dénigrement à l’échelon international, Poutine et son équipe tiennent bon.


iii)
La protection de la mafia russe par les occidentaux.  

Beaucoup de ces gangsters de haut vol se sont réfugiés en Occident, notamment à Londres, où, protégés par la City (milieux financiers) qui gouverne le pays, ils mènent grand train de vie. Cette "protection" atteint des sommets inconnus jusqu’alors.

Exemple : L’un des plus riches, Boris Berezovski, dont la fortune est estimée à environ 2 milliards de $, réfugié à Londres, bénéficie du statut de "réfugié politique"  en tant qu’ "opposant politique"…  Il vient publiquement d’annoncer qu’il finançait un renversement du gouvernement russe par la force ! (5) La Russie demande son extradition pour une multitude de détournements de fonds, notamment au détriment de la compagnie aérienne Aeroflot. Bien sûr, Londres, qui n’hésite pas à envoyer ses ressortissants britanniques à Guantanamo, refuse cette extradition sous prétexte du respect des droits de l’homme….

Imaginons un gangster milliardaire proférant les mêmes menaces, à l’encontre de Blair ou de Bush, ou de tout autre chef d’Etat élu en toute légalité, alors qu’il serait réfugié en Russie. Impensable !  Mais, le contraire pour les Prédateurs : oui.


3. Le déni d’un redressement économique


Délibérément, la Banque Mondiale et le FMI avaient imposé des privatisations accélérées en ignorant une règle de base : avant toute restructuration et privatisation, il est indispensable de mettre en place des organes de contrôle et de régulation indépendants et incorruptibles. Poutine, malgré les difficultés dont l’assassinat de Kozlov donne une idée de l’ampleur, y travaille sans relâche. La hausse des prix du pétrole et du gaz, jointe aux actions d’assainissement de Poutine ont permis à la Russie de rembourser, par anticipation, la totalité de sa dette extérieure. Qui dit mieux ?

La Russie, sous son impulsion, a progressivement renégocié tous les contrats de cession, tant des droits d’exploration et des ventes de ses ressources, avec les multinationales. Dans un rapport d’égal à égal. Un des cas emblématique est l’exploitation des gisements de Sakhaline, projet de plus de 22 milliards de $ que la Russie a renégocié tant avec les compagnies pétrolières, notamment la Shell, qu'avec le consortium des banques internationales (200 banques). Tout cela a rendu fortement impopulaire Poutine au sein de la puissante "communauté financière internationale"…

La Russie a réussi, dans le même temps, à bloquer une des plus grandes catastrophes écologiques (6) qu’allaient accomplir ces compagnies pétrolières dans leur exploitation de la presqu'île de Sakhaline. Détruisant une région entière, à l’exemple des ravages qu’elles ont provoqués au Nigeria.

Frankenstein, vous dis-je !


4.  Le déni d’une Politique étrangère indépendante.

L’union Européenne n’a aucune politique étrangère, si ce n’est de suivre à la lettre les diktats et les aventures guerrières de l’extrême-droite américaine et israélienne. Ce n’est pas le cas de la Russie qui pense qu’un monde unipolaire, dominé par une "hyper puissance" n’est pas l’avenir de l’humanité. Une soi-disant fraction de l’humanité qui dirigerait, sous prétexte qu’elle serait supérieure aux autres, le reste du monde est un modèle qui n’est pas viable.

De plus, Poutine est contre l’attitude occidentale qui privilégie la menace et l’affrontement, au dialogue et à la coopération.  D’où son rôle modérateur dans le traitement des problèmes complexes de la Palestine, du Moyen Orient en général ou de la gestion mondiale de l’énergie. Philosophie politique incompatible avec celle des "néocons".

Dans une formidable action géopolitique, Poutine, s’est rapproché de la Chine, avec qui il a fondé le SCO (7). Lequel va, outre les Etats fondateurs, intégrer à terme : l’Inde, le Pakistan, la Mongolie et… l’Iran ! Se profile, donc, en Asie Centrale, une superpuissance indépendante, capable de résister aux volontés hégémoniques des anciennes puissances coloniales du Moyen Orient et de l’Asie. Et, surtout de résister aux incessantes manœuvres financières, capitalistiques, et militaires  de l’Occident…

Frankenstein, vous dis-je !


5.  Le déni d’une marche vers un Etat libre et démocratique.

Poutine, sait très bien que, pour le déstabiliser, les services spéciaux occidentaux sont prêts à faire assassiner leurs propres agents en Russie… Pour l’accuser, ensuite, d’assassiner ses opposants. Quand on a 70% des russes qui sont pour vous, il est nul besoin de faire assassiner des opposants "médiatiques" (journalistes, et autres figures de composition...) qui émargent, la plupart, sur les livres de paye des services secrets occidentaux, via des associations "bidon". Il connaît trop bien les combats de l’ombre...

La Tchétchénie, me direz-vous ?  Il y travaille. Il a hérité de ce dossier, où la mafia s’est, là encore, longtemps et considérablement enrichie (8), de concert avec les trafiquants d'armes et de pétrole occidentaux. Sachant, là aussi, que via la Georgie frontalière, que les USA veulent faire rentrer à tout prix dans l’OTAN, c’est un flux incessant d’argent et d’armes dans les poches des chefs de guerre pour maintenir une guerre civile à ses frontières. Les mêmes qui ont écrasé sous les bombes Palestine, Irak, Afghanistan ou Liban viennent, à présent, l’entraver dans la recherche de la paix en Tchétchénie. Il y arrivera. Le temps joue en sa faveur…

Entre-temps, la liberté d’expression ne cesse de se développer. En 2000, en Russie, il y avait 20 000 journaux et publications. En 2007, il y en a 46 000. A cela s'ajoutent, 25 millions d’internautes qui peuvent accéder, sans censure, à toutes les informations disponibles sur le net. A cela s’ajoutent encore, les 3 200 société de TV et radios, dont l’Etat ne contrôle que 10% (9).  Alors, qui dit mieux ?


Poutine : Frankenstein ?

C’est, tout simplement : un Homme d’Etat.  Un « Grand »…

Désolé pour les Prédateurs…



(1)  Joseph Stiglitz (Prix Nobel d’Economie 2001). ‘Globalization and its discontents’, Chapter 5 : Who Lost Russia ?, Penguin Books, 2002.
(2)  Joseph Stiglitz. Op. Cit.
(3)  Les principaux supports de la propagande du Big Business débordent de ce type d’articles enflammés : The Economist (UK), The Financial Times (UK), The Wall Street Journal (USA). On les retrouve en  “copier-coller”, chez nos « journalistes-économistes » français…
(4)  Macalister, T., Cobain, I., Tisdall, S., ‘Diplomatic rift as says : give us Berezovsky – Fresh Warrant issued and new inquiry into remarks about overthrow of Putin’, The Guardian, Jeudi 19 Avril, 2007.
(5)  Assassiné le 13 septembre 2006, avec son chauffeur. Il était, à sa mort, Vice Président de la Banque Centrale Fédérale Russe. Il avait 41 ans. Parlant couramment anglais et allemand. Il était père de trois enfants.
(6)  Voir, le formidable travail d’investigation des ONG sur Sakhaline, notamment le rapport :
Van Gelder, J.W. (2006), ‘Involvment of Credit Suisse in the Global Mining and Gas Sectors – A research paper prepared for Berne Declaration and Greenpeace Switzerland’, Profundo, Hollande, Juin 2006.
(7)  Le SCO (Shanghai Cooperation Organization) est une organisation intergouvernementale dont les langues de travail sont le chinois et le russe. Elle a été fondée, le 15 juin 2001, par la Russie, la Chine, le Kazakhstan, le Kyrgystan, le Tajikistan et l’Ouzbekistan.
(8)  Sous Eltsine et ses prédécesseurs, ce conflit était exclusivement géré, y compris sur le plan militaire et avec ses propres troupes, par le Ministère de l’Intérieur… Les enrichissements personnels des gestionnaires de ce conflit, dans les détournements de fonds et les trafics d’armes et de pétrole des différentes mafias, étaient longtemps sans limite…
(9)  Dimitry Peskov, The Guardian, Lundi 16 Avril 2007.

Crédit photos Poutine :   Tickets of Russia.  La photo du milieu est celle d'Andrei Kozlov.

 

http://stanechy.over-blog.com/article-election-de-poutine-une-chance-pour-la-russie-et-le-monde-100924384.html

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17 mars 2013 7 17 /03 /mars /2013 14:29

Retour sur info

Une étude russe qui prouve que les OGM stériliseront l'humanité au bout de 3 Générations

ogm eugenisme russe

On soupçonnait déjà que la perte de la fertilité était au nombre des graves  dégâts occasionnés, une étude récente va dans ce sens. Une étude qui, si elle n'est pas étouffée, pourrait avoir un grand impact sur les décisions à prendre à l'avenir!

En 2009, près de 3% des terres agricoles étaient couvertes d'OGM avec 134 millions d'hectares, selon l'ISAAA, qui, chaque année, fait état des cultures des plantes transgéniques dans le monde. Et le dossier des OGM alimentaires - dont de très nombreuses pages restent encore floues à ce jour - pourrait bien s'alourdir prochainement alors qu'une nouvelle pièce en provenance de Russie est sur le point d'y être ajoutée. 

 

Celle-ci prend la forme d'une étude, dont les résultats les plus frappants viennent d'être présentés à la presse en Russie dans le cadre de l'ouverture dans ce pays des Journées de Défense contre les Risques Environnementaux. Elle est même évoquée par Jeffrey Smith, fondateur de l'Institute for Responsible Technology aux Etats-Unis et auteur de référence dans le monde des OGM avec notamment son ouvrageSeeds of Deception (littéralement «les semences de la tromperie») publié en 2003. Menée conjointement par l'Association Nationale pour la Sécurité Génétique et l'Institut de l'Ecologie et de l'Evolution, cette étude russe a duré deux ans, avec pour cobayes des hamsters de race Campbell, une race qui possède un taux de reproduction élevé. Ainsi, le Dr Alexey Surov et son équipe ont nourri pendant deux ans et d'une manière classique les petits mammifères, à l'exception près que certains d'entre eux ont été plus ou moins nourris avec du soja OGM (importé régulièrement en Europe) résistant à un herbicide.

Au départ, quatre groupes de cinq paires (mâles / femelles) ont été constitués: le premier a été nourri avec des aliments qui ne contenaient pas de soja, le second a, quant à lui, suivi un régime alimentaire qui comportait du soja conventionnel, le troisième a été alimenté avec en complément du soja OGM et enfin le quatrième groupe a eu des plateaux repas dans lesquels la part de soja transgénique était encore plus élevée que dans ceux du troisième.

 

A la fin de cette première phase, l'ensemble des quatre groupes a eu en tout 140 petits. L'étude s'est poursuivie dans une deuxième phase par la sélection de nouvelles paires issues de chacun de ces premiers groupes. Et, dans la logique du déroulement, les nouvelles paires de la deuxième génération ont, elles aussi, eux des petits, créant de fait la troisième et dernière génération de cobayes. Ainsi, il y a eu au final 52 naissances parmi les spécimens de troisième génération qui n'ont pas consommé du tout de soja, 78 parmi ceux qui ont consommé du soja conventionnel.

 

Mais le troisième groupe, celui qui a été nourri avec du soja OGM, n'a eu que 40 petits, dont 25% sont morts. Et, pire, dans le groupe qui a mangé le plus de soja génétiquement modifié, une seule femelle a réussi à donner naissance, soit 16 petits au total, dont 20% sont finalement morts.

 

Ainsi, à la troisième génération, les hamsters qui, pour les besoins de l'étude, ont eu, dans leur menu, une part importante de soja OGM, n'étaient plus capables de se reproduire...

 

Mais une autre surprise de taille a été observée: certains de ces hamsters issus de la troisième génération se sont retrouvés avec des poils ... dans la bouche, un phénomène d'une extrême rareté.

 

Voici, à ce sujet, les photos publiées par Jeffrey Smith, dans son billet

 

Selon Jeffrey Smith, l'étude du Dr Surov et de son équipe pourrait bien «déraciner» une industrie qui vaut plusieurs milliards de dollars. L'affaire est donc à suivre, mais, quoi qu'il en soit, depuis l'introduction en 1996 dans l'environnement et dans la chaîne alimentaire de produits agricoles transgéniques (issus de semences dans lesquelles y sont ajoutées un ou plusieurs gênes étrangers afin de conférer à la plante une propriété spécifique), les risques qui y sont liés restent encore très largement inconnus car très peu observés, faute d'études suffisamment longues et indépendantes, mais aussi à cause du refus des semenciers de publier leurs propres études (sauf sous la contrainte juridique) pour des raisons de stratégies industrielles et commerciales.

 

Aussi surprenant que cela puisse paraître, le principe de précaution, dans ce domaine, semble effectivement illusoire, alors que les incertitudes scientifiques qui demeurent devraient justement le mettre au cœur du processus d'évaluation. Et, d'ailleurs, l'on peut même supposer que cetteabsence de précaution large et de manque de transparence vis-à-vis du public nuisent par la même occasion aux OGM agricoles expérimentaux (de seconde génération) qui ne peuvent pas être évalués dans les meilleures conditions puisque ceux qui sont actuellement sur le marché ne l'ont été que partiellement (voir le proverbe de la «charrue avant les boeufs»...).

 

Car l'ennui, au fond, c'est que nous tous, les consommateurs, sommes au bout de cette chaîne alimentaire: alors finalement dans l'histoire, qui sont réellement les cobayes?

 

http://www.sebastienportal.eu


Source:   www.mediapart.fr/club/blog/sebastien-portal/250410/ogm-l-etude-russe-qui-pourrait-deraciner-une-industrie

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17 mars 2013 7 17 /03 /mars /2013 14:07

Capture d'écran du portfolio sonore réalisé par le Guardian.

Note d'eva: Si, un bilan POUR les Etats-Unis, l'Irak détruit on s'en fout :

Irak: 10 ans après l'invasion, quel bilan pour les Etats-Unis?

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http://www.20minutes.fr/tv/afp-actus/6630

Dans Actualités AFP, le 16 Mars 2013 .

4.400 soldats morts, 32.000 blessés et plus de 800 milliards de dollars : l'Amérique a payé cher sa décision d'envahir l'Irak. Bilan, 10 ans après. Durée: 01:51

Mercredi 13 mars 2013

 

"Partout, dès les quais du port jusqu'au village le plus reculé, dans les rues et au prétoire, l'offense régnait impunie, la misère, la délation, l'humiliation, le mensonge arrogant, le sadisme à peine déguisé. Un peuple et sa culture, objets des pires manœuvres ."

Jean-François Lyotard  (*)

    

 

Dix ans…

 

Le 20 mars 2003 débutait la destruction et l’invasion de l’Irak.

 

Il n’y aura pas de commémoration. Encore moins : débats et remises en cause.

 

Nos médias, politiciens, si friands d’anniversaires, s’efforceront à la discrétion. Eux dont l’obsession du culte des "souvenirs", encensant autosatisfaction, mégalomanie, ou abrutissement, n’a d’égale que celle de l’oubli des faits pouvant ternir leur "Bonne Conscience".

 

C’est ainsi que l’on forge des sociétés amnésiques, analphabètes de l’Histoire, de l’évolution de notre planète. De ses peuples, nations, rapports de force, déclins et renaissances. Qui, un jour, inévitablement, se trouvent, hébétées, tétanisées, écrasées, face à l’irruption impitoyable de ce qu’elles souhaitaient oublier, cacher, nier.

 

Silence. Dans les rangs des oligarques occidentaux. Alignés sur les injonctions de leur suzerain.

 

Le plus éclatant exemple venant de Grande-Bretagne. Par instruction écrite adressée aux membres du gouvernement, le ministre des affaires étrangères britannique, William Hague, modèle de cynisme contemporain, vient d’imposer l’obligation de ne pas mentionner la guerre d’Irak, à l’occasion de ces dix ans (1) :

« Don’t mention the Iraq War…»

 

Ce fut, il est vrai, une des plus abjectes folies de violence collectives commises par les nomenklaturas occidentales. Car, malgré une colossale propagande, les opinions publiques étaient contre ce délire sanguinaire et colonial. Le peuple britannique, un de ceux qui se sont le plus mobilisés contre cette guerre, dont il savait les prétextes non fondés, illégaux et mensongers, dans des manifestations groupant des millions de personnes.

 

Illustrant, ainsi, le complet mépris des castes au pouvoir, sous couvert du soutien de parlements fantoches, à l’égard de la majorité de leurs concitoyens exprimant la volonté d’œuvrer pour un monde de paix.

 

Steve Bell rappelle cette hystérie criminelle et impunie dans une cinglante caricature, tournant en dérision posture et propos de Tony Blair, premier ministre de l’époque. Chef de la majorité « Travailliste », similaire aux PS français, espagnol, italien, belge, etc.  Artisan zélé, vibrionnant, obsédé, de l’engagement des armes britanniques aux ordres du clan Bush.

 

Il y représente le lion britannique, symbole du Royaume Uni, avec le visage de Blair, la crinière carbonisée, sa superbe cabossée, au point d’être réduit en rat. Dans un paysage de désolation où s’accumulent, à l’infini, linceuls et pierres tombales. Affirmant, obstiné et fier de lui, la conviction inébranlable de son génie incompris (2) :

« Cela fait longtemps que j’ai renoncé à convaincre l’opinion qu’envahir l’Irak était la bonne décision »

 

Steve-Bell-28.02.2013-002.jpg

 

Nous ne devons pas l’oublier, même si les médias de la désinformation nous y forcent : ce furent des centaines de milliers de morts, de blessés, de traumatisés, sous des prétextes délirants. Nous le savions. Dès le commencement. A présent, nous en reconnaissons publiquement la réalité, objectivement, placidement, froidement. Tout n’était que tromperie, fabulation : armes de destruction massives inexistantes, armes chimiques introuvables.

 

Dernier artifice rhétorique, avant l’oubli, restait à prétendre qu’il s’agissait de renverser « un affreux dictateur qui tirait sur son peuple ». Fumeuse, abyssale hypocrisie tendant à imposer comme “norme” l’écrasement d’un peuple sous les bombes de l’Occident pour le délivrer de la dictature, en interaction avec la pulvérisation de toutes les infrastructures civiles. Exceptées, pétrolières et gazières, évidemment...

 

Tout en chérissant, protégeant, soutenant, les pires despotismes qui nourrissent ses insatiables spoliations, corruptions, superprofits mirifiques, enrichissements personnels météoriques : moyenâgeuses pétromonarchies du Golfe ou d’Arabie, « régimes parlementaires » mafieux aux élections truquées d’Afrique, d’Amérique ou d’Asie.

 

Toutefois, l’Irak réduit en cendres, occupé, pillé, la saignée fut jugée insuffisante. Dès la fin de l’invasion, les occupants lui inoculèrent la "guerre civile". Méticuleusement organisée, financée, armée, pour en prolonger l’égorgement, l’épuisement, la mise à mort, l’agonie. Une moyenne de 3000 morts par mois (3).

 

Des milliers de torturés pour laminer toute velléité de révolte devant l’horreur de l’occupation, l’immensité des destructions et des pillages. L’information sur la pratique à grande échelle de la torture en Irak, son organisation et sa gestion quasi-"industrielle" par les envahisseurs, commence à émerger malgré la censure. Du côté américain, planificateur de l’horrible. (4)

 

Mais, aussi, chez les britanniques dont beaucoup n’admettent pas, qu’au XXI° siècle, leurs soldats se livrent à des actes d’une telle barbarie. Ici ou là, apparaissent des « commissions d’enquête » officielles ou parlementaires, dont on sait qu’elles sont trop souvent destinées à enterrer les affaires compromettantes pour les gouvernants.

 

A l’exemple d’un autre courageux et lucide caricaturiste, Leon Kuhn, qui détourne, rétablit ou décode, le sens de la médaille accordée aux militaires de son pays revenant de leur séjour en Irak : « War on Terrorism – Expeditionary Medal – Iraq ». La gravure en relief montrant un militaire frappant à coups redoublés avec son poing ganté (gant généralement plombé) un prisonnier Irakien immobilisé dans un filet.

 

Leon-Kuhn-iraq_medal.jpg

 

Avec en légende, une citation de Phil Shiner dénonçant la torture « systématique » des prisonniers Irakiens par l’armée britannique. N’hésitant pas à employer l’expression « pratiques d’Etat » [State practices] !... Combien redoutable pour nos nomenklaturas qui, un jour inéluctablement, auront à rendre compte : gouvernants, parlements et médias.

 

Rappelons que ce juriste londonien se consacre à la défense, qu’il estime n’être qu’à ses débuts, des droits des victimes de « la politique étrangère et de l’armée britanniques » [Britsh foreign policy and military action] (5).

 

Irak… Société détruite, Etat détruit : le Chaos.

 

But ultime. « Mission accomplie ».

 

Effroyable décennie pour une nation, un peuple, à qui étaient promis les bienfaits paradisiaques de « La Démocratie »… C’est devant les morts, les êtres brisés, les générations saccagées, de l’Irak, qu’en ce jour nous nous devons de nous incliner.

 

Dernier hommage, que je souhaite rendre en cette sinistre et silencieuse commémoration.

 

À un homme, intègre, généreux, déterminé, qui a voulu laisser parler sa conscience, prévenir que tout n’était que mensonge dans le déclenchement de cette guerre. Dire la vérité lui a coûté la vie, quatre mois après le début de l’invasion, le 17 juillet 2003 : David Christopher Kelly. Il avait 59 ans.

 

Incroyable, mais vrai. Les oligarques de l’Occident n’honorent pas leurs « dissidents » ! Ni Prix Nobel, ni généreuses récompenses, ni luxueuses sinécures, ni distinctions cinématographiques, littéraires, académiques, médiatiques ou autres. S’ils ne peuvent les réduire au silence …

 

Ils les exécutent.

 

Avec une "discrétion", ou une mise en scène, plus ou moins réussies…

 

David-Kelly.jpg

 

Membre éminent du Ministère de la Défense britannique, c’était un des experts internationaux les plus qualifiés en guerre biologique et en armes de destruction massive. Il avait été détaché comme inspecteur de l'ONU en Irak, où il avait participé à 37 missions.

 

Ses constats, analyses, recherches, avaient forgé une évidence : il n’y avait en Irak aucune arme de destruction massive, nucléaire, chimique ou bactériologique.

 

Il l’avait écrit, l’avait exposé, auprès des organismes et départements spécialisés. Ne pouvant admettre que les "politiques" exigent, des responsables du renseignement et des experts en armement non conventionnel, des contrevérités, ordonnent de procéder à des falsifications de documents. Pour justifier une guerre qui allait entraîner morts et dévastations, aussi atroces qu’incalculables. Non seulement lors de l’invasion, mais encore davantage lors de l’occupation de l’Irak.

 

David Kelly commençait à faire circuler l’information, face au matraquage de la propagande étatique. La partager et la soutenir en dehors du « secret défense ». Auprès de certains journalistes spécialisés, notamment. La Commission des affaires étrangères de la Chambre des Communes (équivalent  de l’Assemblée Nationale) l’avait convoqué (cf. photo), cherchant plus à le mettre en difficulté qu’à écouter ses arguments. Il s’était engagé à donner le détail de ses certitudes et informations, lors des séances ultérieures.

 

Ses prochaines auditions, du fait de son niveau d’expertise et de connaissance sur ce dossier, allaient être “dévastatrices” pour les thèses officielles…

 

Trop.

 

Il a été retrouvé « suicidé ».

 

Près de chez lui, sur un chemin de promenade où il avait l’habitude de marcher pour se détendre. Version officielle : il se serait tailladé le poignet gauche, mais les secouristes n’ont trouvé aucun signe d’hémorragie, ni traces de sang sur le sol ; et, aurait avalé des barbituriques, mais aucune dose mortelle ne fut prouvée…

 

Contradictions et bousculades habituelles du cirque de la désinformation, avec en tête de liste : investigation policière bâclée, simulacre de commission d’enquête (la guignolesque “Commission Hutton”) pour disculper au plus vite le gouvernement Blair. Tout a été fait pour conclure, dans la précipitation, à un « suicide » auquel personne n’a cru : famille, proches, collègues et collaborateurs.

 

David Kelly, considéré comme une solide et brillante personnalité, au parcours professionnel irréprochable, plein d’humour, était tout à la joie de la préparation du mariage de sa fille. Débordant de projets, rien ne prédisposait à une telle « sortie »… Au-delà de son entourage, de nombreux spécialistes du monde médical et des milieux proches du dossier avaient compris qu’il s’agissait d’une élimination.

 

Une avalanche de témoignages, difficilement étouffée par les médias : experts médicaux (6) contredisant les conclusions de l’enquête officielle, députés (7) évoquant ouvertement son assassinat, membres des services de renseignement britanniques (8) confirmant cette « exécution » pour marquer colère et indignation face à une telle imposture politicienne.

 

L’assassinat de David Kelly, victime “collatérale” de l’invasion de l’Irak, est emblématique de la profonde décomposition et de l’hyperviolence du système politique dans nos pays dits « démocratiques ». Dès lors que les intérêts des oligarchies bellicistes et coloniales sont en jeu. “Raison d’Etat”, invoquera-t-on…

 

Fortes de leur impunité, imperturbables, nos nomenklaturas n’en poursuivent pas moins leur obsession criminelle, fanatique, hallucinée, corruptrice, de la destruction et du pillage des peuples et nations. Les uns après les autres. Au gré de leurs délires prédateurs et impératifs du moment…

 
Mensonges, contrevérités, intoxications, désinformations, affabulations, continuent de plus belle. Diaboliser, susciter les peurs dans les pulsions paranoïaques, enflammer la détestation pour la transformer en haine, afin de justifier guerres, atrocités et prédations.
 
Tels des cafards, insensibles avec leurs cousins scorpions aux radiations atomiques dit-on, les officines chargés de véhiculer cette propagande mortifère, travesties en agences de presse “fiables” par nos médias qui en font leurs “sources” (9), se multipliant, pullulant, grouillant…
 

 

 

 

 

 

 

 

 

1.  Nick Hopkins, Don’t mention the Iraq War – William Hague tells cabinet (William Hague demande au gouvernement de ne pas mentionner la guerre d’Irak), vendredi 1er mars 2013, The Guardian,

http://www.guardian.co.uk/politics/2013/feb/28/dont-discuss-iraq-war-william-hague

2.  Steve Bell on the 10th anniversary of the Iraq war – cartoon, The Guardian, 27 février 2013,

http://www.guardian.co.uk/commentisfree/cartoon/2013/feb/27/iraq-war-anniversary-tony-blair-cartoon

3.  Patrick Cockburn, How the World Forgot About Iraq, CounterPunch, 4 mars 2013,
http://www.counterpunch.org/2013/03/04/how-the-world-forgot-about-iraq/

4.  Mahmood, O’Kane, Madlena, T. Smith, Revealed : Pentagon’s link to Iraqi torture centres – General David Petraeus et ‘dirty wars’ veteran behind commando units implicated in detainee abuse,
[Révélation : les centres de torture en Irak  sont une émanation du Pentagone – Le général David Petraeus et un vétéran des ‘sales guerres’ seraient les commanditaires des unités de commando impliquées dans les tortures de prisonniers]

5.  Phil Shiner : ‘We torture people, yet no one admits it’, James Hanning meets Phil Shiner, The Independent, dimanche 2 août 2009,
http://www.independent.co.uk/news/people/profiles/phil-shiner-we-torture-people-yet-no-one-admits-it-1766263.html

6.  David Halpin, Stephen Frost & Searle Sennett, Our doubts about Dr Kelly's suicide, The Guardian, mardi 27 janvier 2004,

http://www.guardian.co.uk/theguardian/2004/jan/27/guardianletters4

7.  Fiona Barton, Iraq whistleblower Dr Kelly WAS murdered to silence him - says MP (Un Député affirme que le Dr Kelly a été assassiné pour avoir dénoncé les mensonges du dossier irakien), 29 octobre 2007, Daily Mail,

http://www.dailymail.co.uk/news/article-488662/Iraq-whistleblower-Dr-Kelly-WAS-murdered-silence-says-MP.html

8.  Simon Aronowitz, Kelly was Murdered' Says UK Intelligence Insider, 23 février 2004,
http://www.prisonplanet.com/022304kellywasmurdered.html

9.  Le plus comique dans ce genre d’arnaque de la désinformation, si le contexte n’était pas aussi cruel, est le fameux Observatoire des Droits de l’Homme en Syrie (OSDH), domicilié à Londres, référence absolue des médias occidentaux. Voici l’évaluation du ministère des affaires étrangères Russe (RIA Novosti - 25 février  2012) :

« Selon les informations dont nous disposons, le personnel de l'Observatoire ne comprend que deux personnes: le directeur et son secrétaire-interprète. L'établissement est dirigé par un certain Rami Abdel Rahmane qui ne possède ni de formation journalistique ou juridique ni même d'instruction secondaire. Dans une interview accordée aux médias en novembre dernier, il a fait savoir qu'il résidait en permanence à Londres, était citoyen britannique et exerçait un métier d'entrepreneur (propriétaire d'un snack-bar) [en fait : un Kebab…] »

Ou encore, celle d’Alain Chouet, ancien responsable de la DGSE et spécialiste du Moyen-Orient :

« … L’OSDH fonctionne sur fonds saoudiens et qataris… » (Marianne – 20 juillet 2012).

Etc.

 

 

(*)  Jean-François Lyotard, Signé Malraux - Biographie, Grasset, 1996, p. 154.

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17 mars 2013 7 17 /03 /mars /2013 13:51

L’arsenal complet contre les observateurs en Syrie
http://www.republicoftogo.com/Toutes-les-rubriques/Diplomatie/L-arsenal-complet-contre-les-observateurs-en-Syrie

Selon le "Los Angeles Times", la CIA envisage de liquider des islamistes radicaux en Syrie. Barack Obama n'aurait pas encore autorisé ces attaques.

http://tempsreel.nouvelobs.com

Ingérence impérialiste et crimes de guerre: La guerre des drones sera t’elle étendue en Syrie ?…

 

Press TV

 

Le 16 Mars 2013,

 

url de l’article original:

http://www.presstv.ir/detail/2013/03/16/293811/us-to-launch-drone-attacks-in-syria/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

La CIA condidère un plan secret contingent pour étendre les assassinats par drones américains à la Syrie, exliquent d’anciens et actuels officiels américains.

Ces officiels disent que le centre pour le contre-terrorisme, qui gère les opérations de drones de la CIA au Pakistan et au Yémen, a récemment demandé à quelques uns de ses agents de collecter plus de renseignement sur le situation en syrie, a rapporté le Los Angelès Times ce Vendredi.

Les officiers de ciblage qui sont basés au QG de la CIA à Langley, Virginie, ont formé une unité au sein des agents du renseignement américian en Irak, pour examiner les menaces potentielles contre “les intérêts américains en Syrie”, a expliqué le rapport.

L’unité travaille de manière étroite avec l’Arabie Saoudite, la Jordanie et d’autres services de renseignement locaux, d’après ce même rapport.

La CIA et la Maison Blanche ont toutes deux refusé de commenter sur cette affaire. D’après le  bureau d’enquêtes de journalisme, basé à Londres, entre 2627 et 3457 personnes ont été tuées par des drones américains au  seul Pakistan depuis 2004.

Quelques anciens membres de la CIA ont exprimé leur scepticisme quant à la nature du plan contingent de Washington, disant qu’il n’y a aucune preuve substantielle de mennaces contre les “intérêts américains” en Syrie.

La nouvelle arrive le même jour de l’échec du sommet des leaders de l’Union Européenne, ceux-ci ne parvnant pas à un accord pour lever l’embargo sur l’armement vers la Syrie pour faciliter le flot d’armes et de munitions aux militants.

Bien que les Etats-Unis clâment publiquement à qui veut l’entendre que leur rôle n’est limité qu’à fournir de la nourriture et des fournitures médicales aux militants anti-gouvernement, le quotidien croate Jutarnji List a révélé le 7 Mars que les Etats-Unis avaient coordonné des transferts d’armement depuis la Croatie vers les militants en Syrie.

D’après l’article, 3000 tonnes d’armes en 75 cargos aériens ont été transférées depuis Zagreb vers les militants en Syrie via la Jordanie et la Turquie. Les armes ont été dites payées par l’Arabie Saoudite à la requête des Etats-Unis.

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17 mars 2013 7 17 /03 /mars /2013 13:40

http://www.courrierinternational.com/magazine/2004/688-zapatisme-altermondialisme-que-faire-apres-dix-ans-de-luttes

couv688.jpg

Résistance politique: Apprenons des mouvement de lutte natifs des Amériques… L’exemple de l’Ejercito Zapatista de Liberaciòn Nacional (EZLN)

A propos de paroles ardentes, de rêves rebelles: L’insurrection indigène

 

Luis Martinez

 

Le 11 Mars 2013

url:

http://www.mondialisation.ca/a-propos-de-paroles-ardentes-et-de-reves-rebelles-linsurrection-indigene/5326252

Original en espagnol:

http://www.rebelion.org/noticia.php?id=163011

 

 

Le 1er janvier 1994, dans le sud-est mexicain, un groupe d’indigènes, le visage recouvert d’un passe-montagne et armés de fusils rustiques, défiait le gouvernement et l’armée du Mexique. Ils réclamaient la terre, du travail, un toit, de la nourriture, la santé, l’éducation, la liberté, l’indépendance, la démocratie et la justice pour les 56 ethnies de la République. La nouvelle d’un soulèvement populaire dans le coin le plus pauvre du pays faisait l’effet d’une douche froide autant sur la classe politique que sur les élites patronales, car à cette époque, l’information qui faisait la une des principaux média était la si fameuse entrée du Mexique dans la « modernité » à travers la signature du Traité de Libre Echange. En plus de souligner une relation asymétrique entre deux pays faisant partie du G8 et leur homologue mexicain, ce traité avait pour objectif la consolidation du modèle néolibéral. C’est pour cette raison que le mouvement néo-zapatiste faisait irruption sur la scène politique afin de dénoncer la comédie néfaste et abjecte préparée par le président de l’époque : Carlos Salinas (du Parti Révolutionnaire Institutionnel, PRI).

Dans un long entretien, publié sous le titre Marcos, le seigneur des miroirs, le sous-commandant insurgé Marcos expliquait : « Nous (les zapatistes) voulions démontrer que l’entrée du Mexique dans le premier monde reposait sur une imposture. Imposture non seulement à l’encontre des indigènes, comme le montra la crise de 1994-1995, mais aussi pour les classes moyennes et les classes laborieuses, comme on les appelait autrefois. Et même pour une frange importante du secteur des entreprises. Notre position coïncide avec la rupture des simulacres, nous disons que la mise en scène instaurée avait commencé à opérer, ou même qu’elle est déjà à l’œuvre dans d’autres pays qui sacrifient une partie importante de leur histoire et d’un secteur social ». [2]

Au début, le gouvernement a essayé de dénaturer non seulement le contenu du soulèvement indigène mais en plus, avec un mépris cinglant pour le monde indigène, il n’a pas hésité à soutenir que le soulèvement était manipulé par des groupes étrangers. Même le prix Nobel de Littérature, Octavio Paz, à l’instar de la grande majorité des membres de l’establishment culturel du pays habitué aux prébendes, aux sinécures et aux privilèges dont ils sont « gavés » [3] par ceux qui dirigent en donnant des ordres, suggérait que le soulèvement répondait à des intérêts extérieurs visant à plonger le pays dans une spirale de violence.

Dès ses premiers communiqués, l’Armée Zapatiste de Libération Nationale (EZLN) se fit remarquer non seulement parce qu’elle était un groupe qui se réclamait de la révolution à une époque de « démocratisation » libérale et de la désintégration de l’Union Soviétique mais du fait de la rhétorique de son discours [4]. Ce groupe de « noctambules » donna l’impression d’arriver en retard dans le débat national et donc, de ne pas comprendre l’esprit des temps nouveaux.

Ironie de l’histoire, cette guérilla surgissait à un moment où était proclamée la fin de la lutte armée en Amérique Latine [5], selon le diagnostic de Jorge Castañeda, un sociologue mexicain, Secrétaire des Relations Extérieures sous le gouvernement de Vicente Fox (du Parti d’Action Nationale, PAN).

Irruption prophétique et espoirs intergalactiques.

 

« L’Eglise des pauvres », comme expression d’un Christianisme de la Libération, a accompagné les mouvements de résistance en Amérique Latine. Le rôle que jouèrent quelques membres du clergé, depuis la lutte contre le pouvoir colonial espagnol jusqu’à la rébellion héroïque contre le néo-libéralisme colonial du XXIème siècle, en passant par les luttes pour l’Indépendance au XIXème siècle et par celles de libération au cours du XXème, fait partie de la mémoire des mouvements d’émancipation latino-américains. Fort de l’antécédent de Vatican II, le noyau prophétique et subversif du Christianisme de la Libération reprit de la vigueur. Les séquelles du travail réalisé par les Communautés Ecclésiales de Base et les réseaux de base eurent un impact fort sur la formation et la configuration du mouvement zapatiste. Avec des emblèmes tels que les mythes messianiques, les stratégies utopiques et traditionnelles, les mouvements sociaux eurent la possibilité de créer et de proposer des projets alternatifs au pouvoir.

Dès qu’il fit irruption, le mouvement néo-zapatiste se montra original et global. Une date significative est le 27 juillet 1996, où Ana María, officier supérieur indigène, dans le discours inaugural qu’elle prononça à l’occasion de la Première Rencontre Intercontinentale pour l’Humanité et contre le Néo-Libéralisme, pointait deux globalisations. D’un côté, celle du capitalisme néo-libéral (d’esprit colonialiste) qui mercantilise tous les aspects de la société, qui homogénéise les gens et qui chosifie la nature et d’un autre, une mondialisation de la résistance, de la lutte et de la rébellion représentée par des peuples, des organisations et des individus qui cherchent à construire des passerelles pour un dialogue symétrique et fédérateur. Unis dans la définition de la problématique mais respectueux des différences. Dans ce sens, Marcos remarquait que « le mouvement indigène zapatiste est un symbole qui se refuse à être sacrifié sur l’autel d’un monde standardisé où toutes les différences sont soit intégrées et cessent d’être des différences ou bien elles sont éliminées. Le mouvement indigène refuse cela et il relève le défi. D’où la sympathie qu’il suscite dans des secteurs à l’origine aussi lointains du monde indigène que le sont les jeunes, les anarchistes, les émigrants, ceux qui ont été arrachés à leur terre, ici et là, en Europe, aux Etats-Unis et au Mexique (…) Nous travaillons à l’instauration d’une société où nous aurons une place sans que cela signifie que nous allons homogénéiser cette société. Nous travaillons à l’instauration de l’idée que tous doivent être des indigènes et que celui qui ne serait pas indigène devra disparaître ». [6]

La lettre de bienvenue que le Commandement lut aux participants de la Rencontre Intercontinentale de 1996 se terminait sur la devise suivante : Planète – Terre. Ce n’est pas un hasard si Naomi Klein reconnut l’importance de ce Meeting comme prémisse fondamentale à la constitution du mouvement altermondialiste et à la mise en marche du Forum Social Mondial en 2001 [7]

D’autre part, le discours éthico-politique néo-zapatiste est novateur dans le domaine linguistique, celui du jargon politique car il déterre les lieux communs. L’importance de la parole dans la lutte nous renvoie à la récupération de la mémoire, outre la charge symbolique de la non-contemporanéité du contemporain. Par exemple, le fait de « commander en obéissant » n’est pas seulement une pratique de résistance, alimentée par la tradition des communautés indigènes, qui « renvoie à un mélange de contenus relatifs au temps, le futur et le passé, l’aurore et le crépuscule ou le crépuscule et l’aurore sociaux » mais en plus, c’est une fusion entre politique et éthique qui s’oppose à la philosophie politique bourgeoise. Dans un autre entretien accordé au sociologue français Yvan Le Bot, Marcos confirme que « pour les zapatistes, les valeurs éthiques sont une référence fondamentale qui compte plus que la realpolitik. Les décisions des zapatistes contournent la realpolitik, car les zapatistes accordent plus de valeur aux implications morales ». [8]

L’élément éthique est incontournable dans le discours et dans la pratique zapatistes. Il est important de rappeler le fameux épisode de la capture par l’EZLN du général Absalon Castellanos Dominguez (militaire et gouverneur de l’état du Chiapas de 1982 à 1988, partisan du PRI) dans sa propriété « El Momón ». Après un jugement populaire, rendu par un tribunal militaire zapatiste, il ne fut pas condamné à l’échafaud mais à « vivre jusqu’au dernier de ses jours dans la honte d’avoir reçu le pardon et la générosité de ceux qu’il a aussi longtemps humiliés, séquestrés, dépouillés, volés et assassinés ». [9] Cette manière de concevoir la justice montre la probité et la stature morale du mouvement zapatiste et le distingue de tout autre type de mouvements sociaux. [10]. Selon l’expression de Walter Benjamin, la violence divine du mouvement zapatiste est encore plus violente et radicale que celle de nombreux groupes terroristes ou fondamentalistes. C’est la violence divine qui s’oppose à la violence structurelle.

La guerre de basse intensité : le massacre d’Actéal.

 

Walter Benjamin écrivit dans la sixième de ses Thèses sur la philosophie de l’Histoire : « Articuler historiquement le passé ne signifie pas le connaître ‘ tel qu’il a été vraiment’. Cela signifie s’emparer d’un souvenir tel qu’il étincelle en un instant de danger… Le seul qui ait le droit d’allumer dans le passé l’étincelle de l’espoir est l’historien traversé par l’idée que même les morts ne seront pas à l’abri de l’ennemi, si ce dernier est vainqueur. Et cet ennemi n’en a pas fini d’être vainqueur ».

Après une importante mobilisation nationale, le gouvernement et les zapatistes acceptent un « cessez-le-feu » et entament les Conversations de Paix, connues aussi comme « Le dialogue de la cathédrale », car elles eurent lieu dans la cathédrale de San Cristóbal de las Casas, avec la médiation de l’évêque Samuel Ruiz, [11] Dans une lettre datée du 16 février 1994, le Comité Clandestin Révolutionnaire Indigène et le Commandement Général de l’EZLN soutenaient : « Le mot de vérité qui vient du plus profond de notre histoire, de notre douleur, des morts qui vivent en nous, combattra avec dignité sur les lèvres de nos chefs. Le canon de nos fusils se taira pour que notre vérité parle avec des mots pour tous, les mots qui se battent dans l’honneur, il n’y aura pas de mensonge dans nos cœurs d’hommes authentiques. A travers notre voix, s’exprimera la voix du plus grand nombre, de ceux qui n’ont rien, de ceux qui sont condamnés au silence et à l’ignorance, qui ont été expulsés de leur terre et de leur histoire par la souveraineté des puissants, la voix de tous les hommes bons qui sillonnent ces espaces de douleur et de rage, celle des enfants et des vieillards qui sont morts dans la solitude et l’abandon, des femmes humiliées, des hommes humbles. A travers notre voix, s’exprimeront les morts, tellement seuls et oubliés, tellement morts et cependant tellement vivants dans notre voix et dans nos actes ».

En juin 1994, l’EZLN lança la Seconde Déclaration de la Forêt Lacandonienne pour exhorter la société civile à former une Convention Nationale Démocratique. On peut y lire que « toutes les formes de luttes permettant de favoriser le passage à la démocratie au Mexique sont nécessaires ». Parallèlement aux Dialogues de Paix, le gouvernement mexicain, à ses trois niveaux, déploya une stratégie de contre-insurrection dans tout l’Etat du Chiapas, et envoya l’armée harceler les communautés en rébellion. A la fin 1994, fut publiée la Troisième Déclaration de la Forêt Lacandonienne où l’EZLN appelle à « la lutte pour la justice, la démocratie et la liberté, par tous les moyens, à tous les niveaux et partout ». Cette Troisième Déclaration a pour contexte la crise économique qui condamna des millions de mexicains à la pauvreté et obligea une grande majorité d’entre eux à émigrer aux Etats-Unis. En outre, en décembre, les zapatistes parvinrent à briser l’encerclement militaire dans 38 municipalités de l’état du Chiapas.

Le 1er janvier 1996, fut publiée la Quatrième Déclaration de la Forêt Lacandonienne qui annonçait la création d’un Front Zapatiste de Libération Nationale (FZLN). Le sous-commandant Marcos prononça ces mots : « La démocratie dans un pays démocratique ne se limite pas à tenir des élections démocratiques. Elle signifie quelque chose de plus profond, à savoir la relation entre gouvernants et gouvernés… Le plus grand défi du Zapatisme est de proclamer qu’il est possible de faire de la politique sans se poser la question du pouvoir. Nous l’affirmons. Et nous parions : quel type de politique conduire sans la référence à la prise du pouvoir ? Quelle est la référence électorale ? La référence des partis politiques. Nous pouvons construire une formation politique sans envisager de prendre le pouvoir. Et nous l’affirmons. Ceci constitua la Quatrième Déclaration de la Forêt Lacandonienne où l’on peut lire : ‘Nous voulons une nouvelle façon de faire de la politique, créons une nouvelle organisation politique’. Pour que cela devienne concret, il faut respecter un processus » [12]

Nous fîmes remarquer qu’en un an, nous en étions à la quatrième Déclaration de la Forêt Lacandonienne. Pendant 12 mois, les zapatistes non seulement durent redéfinir leurs stratégies et leur positionnement sur l’échiquier politique mais aussi ils durent faire face à la guerre « de basse intensité » engagée par le gouvernement colombien. L’un des épisodes les plus ignominieux de cette « guerre de basse intensité » fut le massacre perpétré dans la communauté d’Actéal où, le 22 décembre 1997, furent assassinés 45 indigènes tzotziles, dont des femmes enceintes et des enfants. Le gouvernement de Felipe Calderon (2006-2012) et la majeure partie de la classe politique mexicaine non seulement assurèrent l’impunité aux auteurs intellectuels qui orchestrèrent cette action comme le chef de l’Etat d’alors, Ernesto Cedillo, conseiller de différentes entreprises privées nord-américaines, mais en plus, la Cour Suprême de Justice de la Nation, sous prétexte que le Ministère public avait fabriqué les preuves, ordonna la libération de près de 20 indigènes qui avaient été arrêtés et inculpés pour ce massacre. Ensuite, le 4 novembre, 9 paramilitaires furent libérés.

Il convient de mentionner que le 21 avril 2009, le Centre des Droits de l’Homme Bartolomé de las Casas et l’organisation civile « Les Abeilles » avaient informé de la possible libération de quelques paramilitaires qui avaient dû participer au massacre. Cependant, aussi bien pour la Cour Suprême de Justice que pour les « paladins du système », c’est-à-dire, les avocats du Centre de Recherche et d’Enseignement Economique (C.I.D.E.), l’inconsistance des preuves était un motif pour mettre en œuvre un recours en justice, qui impliquerait à la fin, la libération de 20 détenus. C’est en ce sens que nous pouvons ajouter à la liste des « mercenaires de la justice » [13] les noms de Hugo Eric Flores Cervantes-évangéliste et professeur au CIDE et d’Hector Aguilar Camin, directeur de la revue Nexos qui prirent part à la machination [14].

Dans le cadre d’une « guerre de basse intensité » livrée par l’Armée mexicaine contre les communautés autonomes zapatistes, le 22 décembre 1997, près de 90 paramilitaires proches du PRI firent irruption dans la chapelle où étaient en prières les habitants de la communauté autonome « les Abeilles » et les massacrèrent. Il est important de signaler que le groupe « Les Abeilles » était constitué de sympathisants de la cause zapatiste mais ils n’étaient pas zapatistes au sens strict. Il est évident que le massacre d’Actéal répondait davantage à une politique de contre-insurrection qu’à un « conflit entre indigènes », comme l’affirma le secrétaire du gouvernement et futur candidat PRI à la présidence Francisco Labastide Ochoa. Et même, dans un article publié le 20 décembre 2007, dans le journal mexicain La Jornada, Carlos Montemayor soutenait qu’il s’agissait d’un épisode d’une stratégie de guerre et par conséquent, la logique d’une administration de guerre prenait le pas sur la possibilité d’une solution politique.

Dans un climat d’amnésie délibérée, de répression systématique et de criminalisation des mouvements sociaux au Mexique, nous devons prendre au sérieux l’opinion de Walter Benjamin selon laquelle les morts ne sont pas à l’abri. Le massacre d’Actéal est un chapitre de plus de l’histoire qui nous met en garde contre « l’état d’exception », la règle sous laquelle nous vivons. Il ne faut pas oublier le massacre d’Actéal, il faut se souvenir que ce fut un crime d’Etat évident et donc, il faut agir en conséquence et exiger que les coupables soient châtiés. Pour l’heure, c’est la mémoire de la « dignité » qui les juge et les condamne.

Les douze années tragiques du Parti Action nationale [15]

Le 19 juillet 1998, fut publiée la Cinquième Déclaration de la Forêt Lacandonienne où sont consignées les demandes en matière de terre, de logement, de travail, de pain, de soins médicaux, d’éducation, de démocratie, de justice, de liberté, d’indépendance nationale et de paix dans la dignité. En plus d’exhorter la société civile à une consultation nationale pour la reconnaissance indigène et contre la guerre d’extermination, l’EZLN soulignait l’impérieuse nécessité d’une Réforme constitutionnelle en matière de droits et de culture indigènes et bien sûr, la prise en compte des Accords de San Andrés [16]

Après presque soixante-dix ans d’hégémonie du PRI, le Parti Action Nationale (PAN, parti conservateur et de tendance libérale) accéda à la présidence de la République mexicaine aux élections de 2000, à travers son candidat Vicente Fox [17]. La fameuse « transition vers la démocratie au Mexique » se traduisit par une accentuation et un approfondissement de l’agenda néo – libéral. Sous l’administration Fox, les salaires connurent une chute réelle, la migration vers les Etats-Unis augmenta (il y avait déjà en 2004 plus de 48 millions de mexicains de l’autre côté du rio Bravo), la flexibilité de l’emploi et la précarisation du travail accompagnaient la criminalisation des mouvements sociaux.

 

En février et mars 2001, l’EZLN allait entreprendre la Marche de la Couleur de la Terre et parcourut en 37 jours une distance de 6 mille kilomètres, marche qui se termina au Congrès le 28 mars. Leur but était d’exposer les causes de leur lutte, les requêtes et les exigences des peuples indigènes [18]. Il convient de mentionner que les membres du Parti Action Nationale n’étaient pas présents lorsque le Commandement de l’EZLN prit la parole au Congrès. En effet, depuis quand le noyau créole, constitué de gens bien, était-il un interlocuteur abordable pour les indiens ? Comment cela pouvait-il être possible ? Ces indiens du Chiapas qui remettaient en cause le système de classes !

Le 25 avril 2001 est une date significative pour le repositionnement politique de l’EZLN car ce jour-là, le Sénat approuva, grâce au vote des trois partis les plus importants (PRI, PAN, PRD), une réforme constitutionnelle en matière de droits indigènes. Cependant, cette réforme était radicalement différente de celle qu’avait proposée l’EZLN et trahissait même l’esprit des Accords de San Andrés. La gauche institutionnelle, c’est-à-dire, le Parti de la Révolution Démocratique découvrait finalement le vrai visage de ceux qui en faisaient partie : une ribambelle de profiteurs du Budget Public. Que rêver de mieux qu’un portrait en paroles du PRD fait par le Sous – Commandant Marcos ? :

« Le PRD, le parti des ‘erreurs tactiques’. L’erreur tactique, qui consiste, grâce à des pactes électoraux, à favoriser les affaires de familles déguisées en partis. L’erreur tactique de s’allier avec le PAN dans quelques états et en particulier au PRI. L’erreur tactique de la contre-réforme indigène et des paramilitaires de Zinacantan. L’erreur tactique de Rosario Robles [19) et les vidéos scandaleuses. L’erreur tactique de harceler et d’exercer la répression contre le mouvement estudiantin de la UNAM en 1999 [20]. L’erreur tactique de la ‘Loi Ebrard’ [21] et la ‘loi Monsanto’. L’erreur tactique de la ‘tolérance zéro’ importée de l’extérieur et de poursuivre jeunes, homosexuels et lesbiennes coupables du délit d’être différents. L’erreur tactique de trahir la mémoire de ses morts, d’accepter leurs assassins comme candidats aux élections et de recycler les exclus des candidatures du PRI. L’erreur tactique de convertir des mouvements populaires en bureaucraties partisanes et gouvernementales. L’erreur tactique du manque de clarté face à des mouvements de résistance et de libération dans d’autres pays, de s’incliner face au pouvoir nord-américain et de tout faire pour s’arranger avec les puissants. L’erreur tactique de l’alliance avec le narco – trafic dans le District Fédéral. L’erreur tactique de réclamer de l’argent aux gens en leur disant que c’est pour aider ‘ en sous-main’ les zapatistes. L’erreur tactique de faire une cour indigne aux secteurs les plus réactionnaires du clergé. L’erreur tactique de se servir des morts dans la lutte, comme carte valant impunité pour voler, dépouiller, corrompre, réprimer. L’erreur tactique de courir vers le centre, éperdu de bonheur, avec son chargement d’erreurs tactiques » [23].

Avec la contre-réforme indigène, le Parti de la Révolution Démocratique a démontré qu’il n’était qu’un parti comme tous les autres, sans divergences idéologiques de fond avec le PRI ou le PAN, en ce qui concerne les bagarres pour le budget et pour les charges publiques. Un parti qui s’était adapté à la logique de la démocratie libérale et opportuniste, un parti qui ne rechigne pas à accepter dans ses rangs des transfuges du PRI pour les recycler sur ses listes électorales. Le PRD se convertissait en parti de l’amnésie et de l’ignominie.

Suite à la trahison de la classe politique mexicaine, l’EZLN réalise que cette classe politique n’est pas la solution mais au contraire une partie du problème structurel dont souffre le pays. De sorte qu’en août 2003, les zapatistes créent les Juntas de Buen Gobierno (Ndt : Comités de Bon Gouvernement), réinterprétant ainsi tout un héritage de pratiques d’autonomie et d’autogestion inspirées des formes communautaires du monde indigène et paysan. Cette façon de relier l’autonomie aux formes de résistance aura un fort impact sur la configuration des mouvements sociaux anti – système en Amérique Latine [24]. Il est intéressant de noter cette défiance envers l’ancienne et traditionnelle classe politique de la part des mouvements sociaux dans différents endroits d’Amérique Latine.

Dans un autre ordre d’idées, nous ne devons pas détacher la lutte contre le narco – trafic des stratégies de contre-insurrection, phénomène qui s’est appliqué, et c’est toujours le cas au Mexique, sous le gouvernement de Felipe Calderon (2006-2012). Par exemple, en novembre 2010, la journaliste Laura Castellanos annonça : le « Commandant Ramiro », membre de l’Armée Populaire Révolutionnaire Insurgée (ERPI) fut exécuté au cours d’une opération contre le narco – trafic. Le Secrétariat de la Défense soutint que « le Commandant Ramiro » entretenait des liens avec le narco – trafic, cependant, une telle accusation n’a jamais fait l’objet d’aucun signalement. Dans le même ordre d’idées, Castellanos elle – même a déclaré : « Récemment, un responsable indigène du sud-est du Chiapas a été soupçonné d’entretenir des liens avec un autre groupe de narco – trafic. Il a été arrêté, des photos ont été prises et l’information a été divulguée dans la presse. Cependant, il a été remis en liberté par la suite par manque de preuves crédibles. Le pays passe par un moment très délicat car la seule stratégie qu’ait appliquée Felipe Calderon a été de faire circuler l’armée dans les rues et les zones rurales. Evidemment, cette stratégie a connu un échec retentissant et des plaintes concernant la mort et la torture de civils ont été ignorées. Dans ce contexte, les communautés indigènes qui ont assumé leur autonomie sont plus vulnérables, comme ce fut le cas de celle de Santa Maria Ostula, dans l’état de Michoacan, communauté qui non seulement fait face à une situation socio-économique marginale mais qui subit la violence de groupes paramilitaires liés au narco – trafic. Au cours de ces derniers mois, trois membres de l’organisation paysanne Bienes Comunales Casa del Pueblo (Ndt : Biens Communaux de la Maison du Peuple), entre autres le président Francisco de Asis Verdia Manuel, ont été enlevés et sont portés disparus, et l’on reste sans aucune nouvelle d’eux » [25].

L’accession du Parti Action Nationale à la Présidence de la République a conditionné la nouvelle répartition géographique et par conséquent, a déclenché une lutte intestine parmi les divers groupes criminels du pays. L’évasion, en 2001, de Joaquin Guzman Lœra, mieux connu sous le nom de « El Chapo Guzman » (Ndt : Guzman le Courtaud), chef du « Cartel de Sinaloa », révéla de façon évidente que le gouvernement fédéral s’était tourné vers un groupe criminel spécifique [26]. La classe politique, PRI, PAN, PRD, fait partie du crime organisé et vice-versa.

Sous le mandat de Calderon, l’EZLN a continué de pratiquer sa politique de « commander en obéissant » dans les communautés autonomes. Sans renoncer à engager un dialogue autant pratique que théorique, non seulement avec les principaux mouvements sociaux en Amérique Latine, mais aussi avec des intellectuels comme Pablo Gonzalez Casanova, Sylvia Marcos, Walter Mignolo, Enrique Dussel, Naomi Klein, Jean Robert, Immanuel Wallerstein, Raul Zibechi, John Berger, Gilberto Valdez entre autres, au cours du mois de décembre 2007, dans le cadre du Premier Colloque International In Memoriam de Andrés Aubry. Et deux ans plus tard au Premier Festival Mondial de la « Digna Rabia » qui fut célébré dans la ville de México, dans le Caracol de Oventik (Ndt : village zapatiste) et dans la ville de San Cristobal de las Casas. L’EZLN continua la lutte contre le système capitaliste, dans la mesure de ses possibilités, ainsi que contre les lourds assauts idéologiques de la démocratie représentative. La critique des armes et les armes de la critique, comme Marx aimait à dire, continuent d’être fondamentales dans la pratique zapatiste.

L’autre Politique

A la veille des élections présidentielles de 2006, l’EZLN publia sa Sixième Déclaration de la Forêt Lacandonienne. Sa structure mettait l’accent sur six points fondamentaux : 1) Ce que nous sommes 2) Où nous en sommes maintenant 3) Comment nous voyons le monde 4) Comment nous voyons notre pays, le Mexique 5) Ce que nous voulons faire 6) Comment nous allons le faire.

Dans le document, l’EZLN exposait clairement sa position face aux partis politiques qui « ont approuvé une loi qui ne vaut rien, car ils ont tué et enterré le dialogue et peu importe ce qu’ils décident ou ce qu’ils signent car ils n’ont pas de parole ». [27] Cependant, cette rupture avec la classe politique n’a pas signifié un regard passif, si fréquent parmi les universitaires et les chroniqueurs de pacotille, mais la résistance active et quotidienne dans les municipalités rebelles. La critique du système capitaliste et de sa logique destructrice est centrale dans cette déclaration. Ici réside une différence importante, car si avant l’EZLN s’en prenait à la globalisation néo – libérale, maintenant elle dénonce ouvertement le capitalisme et évidemment, son expression politique : la démocratie libérale bourgeoise.

L’autre politique « depuis le bas et pour le bas » que promeuvent les zapatistes n’est pas une création ex nihilo mais le fruit « de plusieurs siècles de résistance indigène et de l’expérience zapatiste elle-même ». Cela est précisément l’une des principales caractéristiques des mouvements d’émancipation latino-américains car, d’un côté, ils perturbent la politique bourgeoise à l’œuvre depuis le XVIeme siècle et de l’autre, ils minent à la racine la pesante chape de la colonialité du pouvoir. Au moyen de l’organisation horizontale, de l’autogestion comme mode de production, de la décentralisation des décisions (sur le plan politique et moral), de la démocratie « les yeux dans les yeux » et évidemment, d’une autre manière d’établir des rapports avec la nature, les mouvements sociaux latino-américains, en général, et les zapatistes, en particulier, consolident, la longue tradition libertaire des opprimés, tout en apportant de nouvelles expériences.

La colonialité du Pouvoir, lourde structure de domination, se fonde sur l’interaction entre la race, le genre et le travail. Cependant, cette structure, de même que le capitalisme, est l’expression de relations sociales historiques bien précises et donc, elle peut être transformée pour peu que nous modifiions notre réalité, à travers la praxis. Dans les communautés autonomes, on essaye de transformer cette structure de domination. C’est en ce sens que les mots de la Comandanta Hortensia éclairent la décision de démonter la « colonialité du pouvoir » enracinée dans l’imaginaire social. Pour elle, « par exemple, dans l’organisation politique, il y a eu des femmes à la direction de notre organisation, comme au Comité Clandestin Révolutionnaire Indigène (CCRI), des responsables à l’échelon local et régional, ainsi que la nomination de nombreuses compañeras comme suppléantes au CCRI. Les femmes participent déjà aux assemblées villageoises, les femmes sont présentes aussi lors des ateliers politiques ou des assemblées générales, pour élire leurs responsables, par exemple les responsables municipaux, les Assemblées de Bon Gouvernement, des femmes sont agents municipaux, commissaires dans les communautés et les comités d’éducation. Et aussi pour élire les responsables politiques dans la communauté, comme les responsables locaux (…). C’est pour cela que nous les femmes ne devons pas rester à part. Nous devons nous préparer sans cesse. Pour pouvoir continuer et progresser le plus possible à tous les niveaux du travail. Si nous ne le faisons pas, nous qui appartenons encore à ce monde, un monde où nous les femmes n’avons pas de visage, de nom ni de voix pour les capitalistes et les néo – libéraux. Il est donc temps d’exercer et de faire valoir nos droits. Mais pour pouvoir mener à bien tout cela, nous n’avons besoin de rien d’autre que de la volonté, de la détermination, de la force et de l’esprit de rébellion. Nous n’avons pas besoin de demander la permission à personne. Tout ce que nous faisons est bien vrai, je n’invente rien. Nous l’avons démontré lors de la Troisième Rencontre, au Caracol de la Garrucha, il y a un an. Là, nous avons parlé et nous avons expliqué nos activités en tant que femmes. » [28].

Face à l’étonnement de quelques uns mal renseignés, la paresse d’autres un peu perdus et la déception de nombreux arrivistes, l’EZLN a décidé de ne pas se joindre au projet du candidat de la diligente Gauche Institutionnelle : Andrés Manuel Lopez Obrador. Une telle décision valut aux zapatistes de contourner non seulement l’encerclement militaire mais aussi un nouvel encerclement informatif. Il ne fait pas de doute qu’une partie de la classe politique et patronale du pays ne se sentait pas à l’aise avec la popularité croissante, dans certains secteurs de Lopez Obrador. En dépit des manigances et des arguties de Vicente Fox pour discréditer Lopez Obrador, ce dernier sut capitaliser le mécontentement social. Mais en 2005, quelle perception l’EZLN avait-elle de la figure de Lopez Obrador ?

« L’Andrés Manuel Lopez Obrador (AMLO) qui fut propulsé au sommet de la démocratie ‘moderne’ (c’est-à-dire les sondages) grâce à l’absurde campagne du couple présidentiel. Celui qui convertit la mobilisation citoyenne contre cette campagne de discrédit en un acte de promotion et d’exhibitionnisme personnel. Celui qui ne prononça pas, lors de la mobilisation contre le discrédit dont il était l’objet, la phrase qui aurait été réellement souhaitable, à savoir : ‘Aucun dirigeant n’a le droit de prendre la tête d’un mouvement mobilisé pour une cause juste, si c’est pour l’annexer à son projet personnel de recherche du pouvoir et le négocier dans ce but et cela, en cachette de la majorité’. Lui qui appelle à une marche du silence et, loin de le respecter, il l’utilise pour s’adresser au Pouvoir et imposer à tous la parole d’un seul (…). Lui qui a pour principal ‘comité d’appui’ indigène au Chiapas les caciques et les paramilitaires de Zinacantan, ceux-là même qui ont attaqué la marche zapatiste le 10 avril 2004. Lui qui se voit déjà portant l’écharpe présidentielle (…). Lui qui s’est comparé avec Francisco I. Madero, oubliant que la similitude avec Madero ne se limite pas à l’image du démocrate emprisonné par Porfirio Diaz mais qu’elle englobe aussi le Madero qui forma son équipe gouvernementale aux côtés des partisans de Porfirio Diaz lui-même (il fut d’ailleurs trahi par l’un d’entre eux). Et aussi le Madero qui, se détournant des réclamations des pauvres, se consacra au maintien de la même structure économique d’exploitation, d’extorsion et de racisme que celle édifiée par le régime porfiriste. Andrés Manuel Lopez Obrador et les oiseaux de son entourage ont ‘oublié’ ces détails. Et surtout, ils ont ‘oublié’ que face à Madero, les zapatistes ont brandi le Plan d’Ayala. Ce plan à propos duquel Madero a prononcé à peu près ces mots : ‘Publiez-le, afin que tout le monde sache que ce Zapata est fou’. Mais laissons les histoires du passé et les comparaisons. Nous sommes au début du XXIème siècle et non pas du XXème(…). La proposition principale du programme présidentiel d’A.M.L.O. est ‘stabilité macro-économique’, c’est-à-dire, ‘profits croissants pour les riches, misère et dépouillement croissants pour les pauvres et un service d’ordre contrôlant le mécontentement de ces derniers’. Critiquer le projet d’A.M.L.O., ce n’est pas critiquer un projet de gauche, car ce n’est pas le cas, selon les déclarations et les promesses de Lopez Obrador au Pouvoir Suprême. Il a été clair et les seuls à ne pas le voir sont ceux qui ne veulent pas le voir (ou bien que cela n’arrange pas), cependant, ils continuent de le regarder et de le présenter comme un homme de gauche. Le projet d’A.M.L.O. est un projet du centre, comme il le dit lui-même (…). Si Salinas de Gortari fut quand il était au gouvernement, l’artisan exemplaire de la destruction néo-libérale au Mexique, Lopez Obrador veut être le paradygme de l’artisan du réordonnancement néo-libéral. Tel est son programme » [29]

Cela bien connu, après la catastrophe électorale et la fraude de 2006, la diligente Gauche Institutionnelle (qui pour les zapatistes « n’est qu’une gauche de la honte »), au lieu de procéder à une auto – critique sur la manière dont ils se firent rouler par la classe politique elle-même, avec laquelle ils allaient de pair dans des affaires ou dans des projets sur six ans (Ndt : durée du mandat présidentiel), il préféra passer son temps à vilipender le zapatisme [30]. Le président du PRD d’alors Leonel Cota Montaño et quelques « chroniqueurs à sa solde » rendirent coupable l’EZLN de la déroute de Lopez Obrador. Sans se donner le moins du monde la peine de saisir la reconfiguration politique et idéologique des mouvements sociaux, comprendre leurs objectifs (symboliques et matériels), ni réfléchir sur les conséquences que le silence complice (par exemple, celui de Lopez Obrador face au vote en faveur du PRD au Sénat à l’encontre des Accords de San Andrés ou celui de Cota Montaño face à l’hostilité du gouvernement de Juan Sabines, ex-PRI comme le précédent, contre les communautés zapatistes, parmi tant d’autres), silence complice que cette diligente gauche institutionnelle a observé face aux décisions ignominieuses et aux actions abjectes du Pouvoir.

Il est incontestable que les douze années tragiques (Ndt 6 ans x 2) virent s’exacerber le mécontentement, la frustration et le délitement social du fait de la violence structurelle constamment présente et de la justice sociale inexistante, une carence perpétuelle dans les sociétés post – coloniales. Il ne fait aucun doute que les séquelles de la situation sociale actuelle et la production en série de gens bons pour le rebut qu’elle engendre [31], apparaissent clairement dans les niveaux de pauvreté (31 millions de pauvres) et de corruption terribles qui règnent dans le pays (selon ce que laissent transparaître des observations internationales, au cours des six dernières années, le Mexique a rétrogradé de 33 places). Sur cette toile de fond, quelques secteurs de la société mexicaine décidèrent d’appuyer par la voie du Mouvement de Régénération Nationale (MRENA) la candidature réitérée en 2012 d’Andrés Manuel Lopez Obrador [32]. Evidemment, la stridente ritournelle des chroniqueurs de pacotille et des intellectuels organiques de la diligente Gauche Institutionnelle insulta la position de l’EZLN et d’autres mouvements sociaux (comme le Mouvement pour la Paix dans la Justice et la Dignité) qui ne s’alignèrent pas sur la campagne d’A.M.L.O. De nouveau, les indigènes zapatistes ne comprenaient pas ce qui se passait…

Pourquoi, en effet, puisque depuis 2005, l’EZLN, qui avait exposé sa position face à la politique de ceux d’en haut, la politique bourgeoise magique, devait-elle se replier sur un projet qui n’impliquait pas une rupture avec le capital ? Pour quelle raison, si depuis 2001, la diligente Gauche Institutionnelle avait déjà révélé sa position envers le pouvoir et sa faiblesse pour lui, alors qu’elle devait servir de gouvernail aux opprimés ?

La « faible force messianique » depuis la forêt lacandonienne.

Dans son célèbre ouvrage, Das Passagen Werk, Walter Benjamin interprétait la modernité comme « l’époque de l’enfer » [33]. Effectivement, pour Benjamin, l’époque moderne, située dans une temporalité vide, était définie par rapport au marché et à la logique du capital. La raison instrumentale joua le rôle d’une arme pour la domination des peuples et d’outil d’exploitation de la nature. Aujourd’hui, cette raison instrumentale n’est plus seulement un instrument mais une dictature. Le capitalisme comme religion, peut-être la plus féroce, la plus implacable et irrationnelle, qui ne consent aucun type de rédemption, menace de destruction l’Humanité et la Planète. Cependant, la vision prophétique de Benjamin renferme des possibilités de lutte, des moments de résistance, des lueurs d’espoir et de rébellion ; c’est la « faible force messianique » des victimes.

Les dieux de la mort, ceux qui se nourrissent de sang et des « valeurs en usage », ne reconnaissent pas de divinités autres que celles qui contribuent au « processus de valorisation ». Dès le XVIème siècle, les cultures méso-américaines ou pré – hispaniques de l’autre côté de l’Atlantique furent témoins des nouvelles divinités de la modernité : l’or et l’argent. Des millions d’indigènes moururent en extrayant l’or et l’argent des mines qu’ils appelaient : « la bouche de l’enfer ». De même que Moloch, la modernité naissante avait besoin de victimes. C’est alors que commence la longue nuit de 500 ans des peuples originaires. Par conséquent, ce n’est pas un hasard si la lutte des peuples originaires, premières victimes de la modernité, non seulement débouche, depuis un noyau éthico-mystique différent, sur la temporalité homogène et vide mais de plus, qu’elle soit confrontée à la rationalité instrumentale bourgeoise.

Pendant le Minuit de l’Histoire, lorsque l’Antéchrist se levait face à la complaisance des démocraties bourgeoises, deux juifs romantiques révolutionnaires formulèrent l’idée que la tradition des opprimés (W. Benjamin) et la non-contemporanéité des contemporains (E. Bloch) débordent souvent, dans la lutte elle-même, sur la temporalité vide du capital. Cette intuition n’a pas pu trouver de meilleure expression que dans le soulèvement insurrectionnel du sud-est mexicain [34]. En parcourant à cheval les forêts luxuriantes du Chiapas, en traversant les plaines et en vivant dans la forêt, les zapatistes, hommes et femmes, comme des éclairs de l’histoire, venaient interrompre le continuum de l’histoire. Le Ya Basta ! (Ndt : Ça suffit !) était la preuve la plus convaincante que « l’espérance ne nous est donnée que par ceux qui sont sans espoir » [35].

Tandis que la planète entière était dans l’incertitude à cause du présage maya de la fin du monde, le 12 décembre, plus de 40.000 indigènes, les bases d’appui zapatistes, réalisaient une marche du silence en nous montrant qu’ils continuaient à résister dans les montagnes, à lutter pour la justice, à marcher fièrement, à rêver d’un autre monde possible, à nous donner de l’espoir, mais surtout, une grande leçon de dignité.

Luis Martinez Andrade

http://www.rebelion.org/noticia.php?id=163011

Luis Martinez Andrade, sociologue mexicain. En 2009, il reçut le Premier Prix du Concours International d’Essai : « Penser à contre-courant ».

Rebelion a publié cet article avec la permission de l’auteur sous une
licencia de Creative Commons, en respectant sa liberté de le publier sur d’autres sites.

Traduction Simone Bosveuil pour le Grand Soir

Notes de l’auteur :

Je remercie René Rojas et Ali Calderon pour leurs précieux commentaires et leurs observations. Les erreurs et les faiblesses de ce texte sont indiscutablement de ma responsabilité.

[2] Manuel Vázquez Montalbán, Marcos, el señor de los espejos , Aguilar, México, 2000, p. 108

[3] Le terme « maizar » provient de l’action de donner du maïs aux volailles pour les nourrir. En outre, cette expression fait allusion à la cooptation que le gouvernement réalise avec les intellectuels, journalistes ou politiciens de l’opposition en échange d’argent, de postes gouvernementaux ou de faveurs. On raconte que lorsque le général Porfirio Díaz, qui gouverna le pays à neuf reprises et pendant presque trente ans, se sentait attaqué par les critiques de l’un ou l’autre de ses adversaires, il avait coutume de dire : « Ce coq réclame son maïs » dans le but de stimuler l’appareil politique en faveur de son éventuelle cooptation. A l’intérieur de l’éventail de tendances qui existaient pendant la Révolution Mexicaine, se détache particulièrement le Magonisme (courant anarchiste représenté principalement par les frères Ricardo et Enrique Flores Magón et par Práxides Guerrero), le Villisme du Nord (représenté par Francisco Villa) et le Zapatisme du Sud, incarné par la figure de Emiliano Zapata et son Plan de Ayala). Parfois, l’EZLN assimile le rôle de la dictature de Díaz avec celui du Parti de la Révolution Institutionnelle (P.R.I.) et il recourt pour cela à des images et à des termes propres à l’imaginaire paysan.

[4] Pour Enrique Dussel, théologien et philosophe de la libération, les communiqués de l’EZLN sont ancrés dans la mémoire collective car ils accordent un sens au présent, à cette demande de liberté, de justice et de démocratie à laquelle les indigènes intègrent leur sens éthique dans ce que l’on appelle la modernité. Le discours zapatiste est un lieu de mémoire et de rencontre entre diverses visions du monde qui avaient été évacuées du discours politique euro – centré.

[5] Jorge Castañeda, L’utopie désarmée, J. Mortiz-Planeta, Mexico, 1993

[6] Manuel Vazquez Montalban, Marcos, op.cit.p.107

[7] Naomi Klein, Clôtures et fenêtres, Paidos, Barcelone, 2002

[8] Sous-Commandant Marcos / Yvon Le Bot, Le rêve zapatiste, Seuil, p.214

[9] Gloria Muñoz Ramirez, EZLN : 20 y 10, el fuego y las palabras, Rebeldía- La Jornada, México, 2005.

[10] Ong Thong Hoeung : J’ai cru aux Khmers rouges, Bouchet/Chastel, Parie, 2003

[11] En 1959, Samuel Ruiz est nommé Evêque de San Cristobal de Las Casas. Sous l’influence de Vatican II, Samuel Ruiz adopte graduellement des positions plus progressistes, liées à la Théologie de la Libération. Il organise même en 1974 le Congrès Indigène, un événement fondamental pour la prise de conscience des communautés. En août 1995, le gouvernement d’Ernesto Cedillo (PRI) et Jean Paul II parviennent à éloigner Samuel Ruiz de son diocèse et ils nomment à sa place Raul Vera en pensant que ce dernier serait hostile au mouvement zapatiste. Cependant, Raul Vera radicalise sa position et témoigne de la sympathie pour les luttes indigènes. Par la suite, en 1999, Vera est nommé évêque de Saltillo et son travail se centre particulièrement sur la défense des Droits de l’Homme, l’appui aux revendications d’augmentation de salaires des mineurs, l’aide aux immigrants, la lutte contre la discrimination dont souffrent les homosexuels, entre autres.

[12] Manuel Vazquez Montalban, Marcos, op.cit, p.126

[13] Pour le Sous – Commandant Marcos, les « mercenaires de la justice » sont ceux qui pensent que la justice est un phénomène médiatique, au même titre que la politique. Parmi eux, le juge Baltazar Garzon qui « se vante beaucoup de donner la chasse à l’ETA et en réalité, la seule chose à laquelle il ait donné la chasse, c’est la culture basque. Il a interdit des journaux, des journalistes et il présente cela comme un combat contre le terrorisme. » Laura Castellanos, Corte de Caja. Entretien avec le sous-commandant Marcos, Endira, México, 2008, p.105.

[14] Cf Luis Hernandez Navarro, « Justicia a la Carta », La Jornada, mardi 11 août 2009

[15] Au Mexique, on nomme la « Décade tragique » le mouvement armé qui renversa le président Francisco I. Madero et qui dura du 9 au 18 février 1913, c’est-à-dire, dix jours. Ici, par « douzaine tragique » nous nous référons aux deux administrations du gouvernement du PAN de Vicente Fox (2000-2006) et de Felipe Calderon (2006-2012) qui non seulement aggravèrent la pauvreté du pays mais le plongèrent dans une vague de violence sans précédents. Par exemple, la « guerre au narcotrafic » déclarée par Felipe Calderon en 2006 fit plus de 80.000 morts. Sans parler des terribles violations des Droits de l’Homme que cautionnèrent ces deux administrations.

[16] Les Accords de San Andrés sur les Droits et Culture Indigènes ont été signés le 16 février 1996 entre l’EZLN et le gouvernement mexicain avec pour objet la modification de la Constitution et l’incorporation de l’autonomie des Peuples Indigènes du Mexique. Mais en septembre de la même année, l’EZLN se retira de la table des négociations en déclarant que le gouvernement refusait de respecter lesdits Accords. Conformément à l’article 13.2 de la Convention 169 de la OIT, le gouvernement prit sur lui d’effectuer un « nouveau pacte social » avec les peuples indigènes. Malheureusement, le gouvernement ne respecta jamais lesdits Accords.

[17] Pendant sa candidature, Vicente Fox avait déclaré qu’il résoudrait le problème du Chiapas en 15 minutes. Inutile de dire que non seulement il ne le résolut pas mais en plus, il ne retira pas l’armée du Chiapas, ni ne fit cesser les hostilités envers les communautés zapatistes

http://www.pagina12.com.ar/2001/01-01/01-01-10/pag17.htm

[18] Lire Gloria Muñoz Ramirez : « Dix ans après la Marche Couleur de la Terre ».
http://www.jornada.unam.mx/2011/03/12/oja167-marcha.html

[19] Politicienne mexicaine qui, en plus d’être l’une des fondatrices du PRD, fut sa présidente pendant quelque temps. Grâce à ce parti, elle fut chef du gouvernement du District Fédéral (1999-2000). Actuellement, elle fait partie de l’équipe de travail du président Enrique Peña Nieto (PRI).

[20] Entre avril 1999 et avril 2000, le mouvement estudiantin de la UNAM se souleva contre la Modification Générale des Tarifs qui impliquait un pas en avant vers la privatisation de l’Education Secondaire et Supérieure de la Plus Grande Maison d’Etudes du pays. Après avoir tenu de nombreuses assemblées, les étudiants décidèrent de créer le Conseil Général de Grève (CGH) comme interlocuteur avec le Rectorat. La grève universitaire, l’une des plus longues de l’histoire des mouvements estudiantins latino-américains, fut réprouvée par les principaux media du pays. Il y eut même des intellectuels aimant se présenter « en haut » en tant que progressistes et proches du PRD pour critiquer durement le mouvement estudiantin. Cf Arturo Ramirez : Palabra de CGF. El testimonio de los huelguistas. (Ndt. Le témoignage des grévistes), Editions del Milenio, México, 2000. Pour connaître la position de l’EZLN, lire :http://palabra.ezln.org.mx/comunicados/1999/1999_10_08_a.htm

[21] On connaît sous le nom de « Loi Ebrard » la proposition faite par Marcelo Ebrard de modification du Code de Procédure et d’Institutions Electorales dont l’objectif est de cadenasser encore plus l’enregistrement de nouveaux partis politiques. Marcelo Ebrard, ainsi que la grande majorité des politiciens supposés progressistes comme Andrés Manuel Obrador ou Manuel Camacho Solis, commença sa carrière politique au PRI et il passa graduellement à la Gauche Institutionnelle. Il est évident que son glissement vers la Gauche Institutionnelle se fit davantage pour des motifs électoraux qu’idéologiques.

[22] Le sous-commandant Marcos souligne toujours la fonction de l’appareil répressif imposé dans le District Fédéral pendant la gestion d’André Manuel Lopez Obrador, qui avait importé des Etats-Unis la doctrine de la tolérance zéro. Elle fut appliquée par le gouvernement de Marcelo Ebrard (2006-2012). Cf Premier souffle du Festival Mondial de la Digne Rage, 2 janvier 2009. De même qu’en Grèce, en Espagne ou au Chili, les étudiants sont taxés de vandales et de bandits. Le premier acte de gouvernement, dans le District Fédéral, de la part de Miguel Angel Macera Espinosa (PRD) fut la répression du 1er décembre 2012 pendant la cérémonie de prise de fonctions de Enrique Peña Nieto. Il ne faut pas oublier le trio Lopez Obrador – Ebrard – Mancera qui est déjà en train de préparer sa candidature pour 2018, année des prochaines élections présidentielles. Le calendrier du pouvoir et sa temporalité vide démontrent une autre modalité du pouvoir et de l’idéologie libérale bourgeoise.

[23] Sous – Commandant Insurgé Marcos, « L’impossible géometrie ? du pouvoir au Mexique » in Sergio Rodriguez Lascano, La crisis del poder y nosotr@s (Ndt La crise du pouvoir et nous), Rebeldia, Mexico, p.147-148.

[24] Effectivement, les zapatistes ne sont pas les premiers à mener à bien la pratique de l’autogestion car depuis les années 90, le Mouvement des Travailleurs Sans Terre du Brésil (MST) pratique l’auto – gestion sur les terres qu’il occupe ; le mouvement indigène zapatiste imprègne avec ses mythes, ses légendes et ses principes de croyances la production d’autres subjectivités en rapport avec la terre et la nature. Cf Raul Zibechi, Autonomies et émancipations : l’Amérique Latine en mouvement, Bajo Tiera-Sisifo Editions, Mexico, 2008

[25] Entretien publié dans le journal « El Columnista », Puebla, México, 1er juin 2010, p.22, disponible sur http://www.rebelion.org/noticia.php?id=107229

[26] Sur le rapport entre l’administration de Vicente Fox et le Cartel de Sinaloa, consulter Anabel Fernandez, Los Señores del Narco, Grijalbo, México, 2010.

[27]http://enlacezapatista.ezln.org.mx/2005/11/13/sexta-declarac…

[28] « Quinto viento : una digna y femenina rabia » (Ndt Le Cinquième vent, une rage digne et féminine), 4 janvier 2009, México. Disponible sur :http://enlacezapatista.ezln.org.mx/2009/01/05/la-brutalidad-…

[29] Sous – Commandant Insurgé Marcos : La imposible ¿geometria ? del poder en México op cit p. 148-152

[30] Il ne faut pas oublier que le 2 juillet 2006, jour des élections, presque 30% des responsables des bureaux de vote du candidat Lopez Obrador n’étaient pas présents.

[31] Zygmunt Bauman, Wasted Lives. Modernity and its Outcasts, Polity, Cambridge, 2004.

[32] Il n’est pas superflu de mentionner d’une part les pactes d’AMLO avec l’ancienne classe politique, entouré d’une part de René Berajano et de Carlos Imaz, et de l’autre son appui à la candidature au sénat du PRI Manuel Bartlett Diaz. Dans la vie politique mexicaine, Bartlett est lié à la fraude électorale de 1988 (qui porta Carlos Salinas à la présidence) et avec la mort d’un agent de la DEA (Drug Enforcement Administration).
http://articles.latimes.com/1997/oct/26/news/mn-46907/5 Ne pas oublier non plus la proximité entre AMLO et Arturo Nuñez Jimenez (ex PRI, pour changer) que le Sous – Commandant Marcos a toujours identifié comme étant l’un des responsables du massacre d’Actéal. nada.unam.mx/2007/10/02/index.php?article=009n1pol">http://www.jornada.unam.mx/2007/10/02/index.php?article=009n…§ion=politica

[33] Walter Benjamin : Libro de los pasajes, Akal, Madrid, 2005, p. 838-839

[34] Pour Stefan Gandler, philosophe allemand et élève d’Alfred Schmidt, récemment décédé, « Etre révolutionnaire impliquerait donc la capacité de se souvenir, de voir et d’apprendre des générations passées leurs expériences et traditions. L’enlisement dans la prétendue ‘modernité’ nous ferme, au contraire, le chemin vers ce saut du tigre. Les recettes de la gauche réformiste et staliniste dans les ex-colonies pour dépasser d’abord les restes des sociétés traditionnelles, c’est-à-dire, pour ressembler aux sociétés du centre, comme exigence préalable à l’entrée dans un projet de société radicalement moins répugnante, se fondent sur cette fausse conception du rôle des traditions. Les néo-zapatistes constituent peut-être le groupe qui voit le plus clairement la nécessité de ce saut du tigre vers le passé et ce n’est pas un hasard s’ils le font depuis le coin le plus reculé du Mexique, apparemment depuis le lieu le plus éloigné de l’autre société moins répressive ». Stefan Gandler : Fragments de Francfort : essais sur la Théorie Critique, Université Autonome de Querétaro- Siglo XXI, p.79

[35] “Nur um der Hoffnungslosen willen ist uns die Hoffnung gegeben” écrivit Benjamin pendant l’avènement de l’époque fasciste.

Détournement de la science: Escroquerie du réchauffement climatique anthropique… Stagnation des températures depuis 1997…

 

 

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    Jamiltepec se trouve un peu à l’écart, comme en marge, de la route fédérale qui longe la côte du Pacifique. La « urban » ou l’autobus nous laisse au bord de la route, ensuite il faut monter à pied, et la pente est raide et longue, ou prendre un taxi, pour nous trouver projeté dans un monde bien à lui, hors de la grande voie côtière, balnéaire et touristique : le Mexique indien et paysan qui s’accroche, s’agrippe encore à la montagne pour n’effleurer que de la pointe du pied le vaste océan. C’est l’Église paroissiale qui se fait hôtesse et qui reçoit dans une salle attenante les délégués des communautés et communes menacées par le projet du barrage sur le río Verde, une jeune nonne vend des confiseries et des glaces à la porte d’entrée, le curé et les dames de la paroisse au bout d’une longue table nous accueillent avec un sourire sympathique, du café et des petits pains. La journée commence bien même si elle doit commencer sur un mode qui peut paraître déroutant à un Européen farouchement anticlérical : cette union sacrée du curé et de l’instituteur pour la défense des populations contre le Progrès (majuscule, majuscule) – la section syndicale des maîtres d’école, la section 22, étant partie prenante de la résistance à la construction du barrage. Du café et des petits pains peuvent-ils acheter une conscience ? Je dirais que cela dépend des circonstances. (...)

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    Fin d’année en terre zapatiste
    25 janvier, par Vero et Patxi

    Se retrouver au Chiapas, c’est comme un rêve qui devient réalité. Prendre en plein cœur des couleurs, des paysages qui n’existaient que dans nos nuits d’insomnie. Partir dans un bus brinquebalant pour Oventik, Caracol de la Junta de Buen Gobierno, le conseil des zapatistes. Petit matin blême qui hésite entre brume et pluie. Le froid est mordant. Les montagnes ne sont que des silhouettes qui défilent. Au détour d’un virage, le caracol. Un simple panneau « Para todos todo. Nada para nosotros. Municipio Autonomo Rebelde Zapatista ». Zapata sur les murales. Tout en armes et en sourire. Des femmes avec un fusil fleuri par une rose. De l’autre côté du portail, un garde avec un passe-montagne. Comme un film. Déjà vu et revu et pourtant, il suffit de traverser la route. Pour se retrouver de plain-pied dans la réalité. Il est 9 heures. La journée commence à peine...

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    De la guerre et de la vérité
    24 janvier, par Carlos Fazio

    Cela fait quelque temps que la réalité sociale est envahie par la guerre. Et bien que cela se passe maintenant, la dimension atteinte par la « guerre » de Felipe Calderón requiert que l’on en recherche la raison historique. La recherche de la vérité. Comme le dit Horst Kurnitzky, nous vivons à l’époque d’une « contre-Aufklärung ». Une « contra-ilustración », une époque qui, non seulement impose la doctrine d’une économie dirigée par une supposée main invisible et ses formes de gouvernement correspondantes, mais aussi quelques moyens massifs de communication qui opèrent comme monopoles de la « contre-Aufklärung » et qui, avec les formes et les méthodes de la propagande commerciale dirigent les sentiments et les émotions, et déterminent toutes les relations sociales. (...)

  • arton888-5de90.jpg
    Bien le bonjour d’Oaxaca, le 15 janvier 2012
    24 janvier, par Georges Lapierre

    Dans un petit texte intitulé « Dans la gueule du requin », j’avais évoqué la résistance des peuples de l’isthme de Tehuantepec face à la construction démentielle d’un parc d’éoliennes couvrant toute la région, de La Ventosa à San Francisco del Mar (plus de cinq mille aérogénérateurs en formation militaire moulinant l’air de leurs grandes ailes d’acier) et mettant en péril la relation construite entre les habitants (paysans et pêcheurs) et leur environnement. En général nous nous arrêtons à la finalité immédiate de l’investissement capitaliste : la production d’énergie ou l’extraction de matières premières en vue de la production de marchandises. En fait, il s’agit de l’investissement de la vie sociale des gens par la pensée spéculative des marchands capitalistes spéculant sur les échanges marchands à venir. (...)

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17 mars 2013 7 17 /03 /mars /2013 03:11

Le 17 mars à 14 heures place Saint-Michel

- Métro Saint-Michel

L’Union des Patriotes syriens en France organise une manifestation dimanche le 17 mars de 14 heures à 17 heures place Saint-Michel,   suivie d’une marche vers le Panthéon.

 

Nous dénoncerons  la politique honteuse du gouvernement français (socialiste) qui à travers son ministre Fabius veut armer les salafistes terroristes syriens.

 

La France veut d’un côté massacrer les salafistes maliens qu’elle a contribué à  installer  dans le Sahel en détruisant la Libye  et de l’autre côté les soutienir en Syrie.Venez nombreux afin de soutenir nos amis Syriens de France et montrer notre solidarité au peuple syrien .

 

Vive la Syrie souveraine

Vive la Solidarité avec le peuple syrien et son gouvernement

 

http://www.vilistia.info/manifestation-de-soutien-au-peuple-syrien-et-a-son-gouvernement-le-17--a80139924

 

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17 mars 2013 7 17 /03 /mars /2013 03:10

Un journaliste qui dit la vérité sur BFM et que l’on n’a jamais revu

 

Voici un (ex?) journaliste sur BFM Tv qui non seulement a compris

l'arnaque du système monétaire dans lequel nous vivons,

mais qui en plus l'explique à l'antenne! 

Depuis on ne l'a plus revu, probablement relégué à la photocopieuse... 

Le journaliste s’appellerait Philippe Salvador

et il aurait lui-même (ou pas) quitté BFM il y a quelques mois.


 

 

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17 mars 2013 7 17 /03 /mars /2013 03:08
Samedi 16 mars 2013

CHYPRE : l'EUROGROUPE braque les dépôts clients des résidents chypriotes

 

 

 

14290397-la-faillite-metaphorique-de-chypre.jpgDevant la folie des décisions de l'Union Européenne , le bank run s'impose par mesure de prudence absolue . 


AUJOURD'HUI SAMEDI 16 MARS 2013 : l'Union Européenne, au mépris de toute justice , de tout fonctionnement démocratique, de toute équité , vient de décider de ponctionner directement dans les dépôts bancaires des particuliers les montants nécessaires pour permettre aux banquiers mafieux de continuer leur sordide dépeçage des peuples Européens . 


Je dis depuis plusieurs jours que devant les viols répétés des décisions démocratiques , comme celle de l'accord BCE /IRLANDE ou encore comme l'aval du two pack , le règne de l'arbitraire le plus total est devenu le mode de fonctionnement des technocrates de l'Union Européenne . 


Ce qu'ils viennent de décider pour Chypre en est la preuve absolue et il devient impensable pour toute personne sensée de laisser un centime d'épargne dans des banques Européennes soumises  à un arbitraire aussi dément . 
La situation doit vraiment être totalement catastrophique pour les BANQUES US pour qu'ils en soient arrivés à une telle décision car n'oubliez pas que ce sont eux qui imposent systématiquement leurs points de vue à l'Union européenne . D'ailleurs la mine réjouie de Christine Lagarde sur la photo de l'AFP  n'en est qu'une expression de plus . 


LES CREANCIERS , c'est à dire les financiers, ont imposé une TAXE EXCEPTIONNELLE sur les dépôts  de 
6,75% de 0 à 100 000 EUROS 
et de 9,9% au delà de ce seuil .. 


En français , ils se sont servis directement dans les dépôts des clients des banques Chypriotes , pour tous les résidents 


Chypre: consternation après l'accord avec l'UE sur le plan de sauvetage






Chypriotes et résidents étrangers de l'île méditerranéenne étaient sous le choc samedi après l'annonce d'un plan avec l'Union européenne sur un plan de sauvetage de 10 milliards d'euros comprenant une taxe exceptionnelle et sans précédent sur les dépôts bancaires. 
 

"Chypre a choisi la moins douloureuse des solutions", a assuré le ministre chypriote des Finances Michalis Sarris, rappelant qu'une banqueroute de l'île n'était pas à écarter en cas d'échec d'un accord. 
 

Ce même ministre avait pourtant affirmé il y a dix jours qu'une taxe sur les dépôts serait "catastrophique" pour Chypre, alors que le gouvernement considérait aussi comme une ligne rouge dans ses négociations avec l'UE et le Fonds monétaire international (FMI) la hausse de l'imposition sur les entreprises qui fait au final partie du package. 
 

Le Parlement devait voter en principe dimanche sur l'accord avant que les banques ne rouvrent leurs portes mardi matin, lundi étant férié.
 
 

Le président chypriote de droite Nicos Anastasiades, élu le mois dernier, devait regagner l'île à 18H00 GMT en provenance de Bruxelles et s'entretenir dimanche avec le gouvernement, selon l'agence étatique CNA. 
 

Pour réduire leur participation à ce prêt, pour lequel Nicosie demandait 17 milliards, les bailleurs de fonds lui ont demandé d'instaurer une taxe exceptionnelle de 6,75% sur tous les dépôts bancaires en-deçà de 100.000 euros et de 9,9% au-delà de ce seuil, ainsi qu'une retenue à la source sur les intérêts de ces dépôts. 
 
 

Ces prélèvements, censés rapporter 5,8 milliards d'euros, seront appliqués à toutes les personnes résidant sur l'île. Les taxes sur le capital et les intérêts des dépôts seront entièrement compensées par la distribution d'actions, a précisé M. Sarris. 
 

L'île a finalement obtenu un prêt de 10 milliards d'euros, avec une contribution du FMI à hauteur d'un milliard selon une source diplomatique européenne. Au final, la dette chypriote sera de 100% du PIB en 2020. 
 
 

Même si l'accord n'était pas à la Une de la presse en raison de sa conclusion tard dans la nuit à Bruxelles, des tweets de gens en colère se multipliaient samedi sur la Toile. Juste après son annonce, des dizaines de Chypriotes et d'étrangers étaient visibles devant les banques pour retirer de l'argent des distributeurs automatiques. 
 
 

"Désastreux" 
 
 

"C'est une catastrophe", a dit un Chypriote de 45 ans venu retirer de l'argent. "Cela va nous donner envoie de sortir de l'euro", dit un autre, un retraité. Néanmoins ces retraits ne vont pas empêcher la ponction sur leur compte comme l'explique Marios Skandalis, vide-président de l'Institut des comptables publics de Chypre, car selon lui les montants correspondant à la taxe "sont déjà bloqués et ne peuvent plus être transférés".  
 
 

Un dirigeant d'entreprise belge était également très inquiet. "Je ne sais pas encore si ça touche ma société, mais si jamais la mesure s'applique aux sociétés, c'est la faillite pour nous". 
 

"La situation est grave mais pas tragique, il n'y a pas de raison de paniquer", a tenté de rassurer le porte-parole du gouvernement Christos Stylianides. 
 
 

Mais le député du parti Diko (centre-droit) dont la direction a soutenu l'élection de M. Anastasiades, Nicolas Papadopoulos, s'est élevé contre l'accord en le qualifiant de "désastre" pour le système bancaire, un pilier de l'économie du pays. 
 
 

"Avant je pensais que toute solution serait mauvaise pour Chypre, mais ça c'est un cauchemar", a-t-il déclaré à la radio d'Etat. "Je veux qu'un représentant du gouvernement m'explique pourquoi cet accord était la meilleure solution". 
 
 
 
 

"Les Britanniques et les Russes vont penser à deux fois avant de venir prendre leur retraite sous le soleil chypriote", disait par ailleurs un internaute sur un tweet. 
 

Chypre a demandé une aide européenne en juin 2012 après que ses deux principales banques eurent appelé le gouvernement à la rescousse, ayant subi des pertes évaluées à 4,5 milliards de dollars, plombées par la crise grecque. Nicosie devient le cinquième pays de la zone euro à bénéficier d'un programme d'aide internationale. 
 
 

"On ne pénalise pas Chypre", le chef de file de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem. "Nous sommes aux côtés du gouvernement chypriote, c'est ce paquet qui permettra une restructuration du secteur bancaire et rendra la dette durable". 



 

Copyright © 2013 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés.http://www.boursorama.com/actualites/chypre-consternation-apres-l-accord-avec-l-ue-sur-le-plan-de-sauvetage-1bb68d61f03697f422a38cb9f268c952

 
Chypre/aide: colère des épargnants
http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2013/03/16/97002-20130316FILWWW00324-chypr…


 

Aucune banque , ni aucun Etat Européen , n'offre désormais la confiance nécessaire à un quelconque développement économique  puisque l'arbitraire , le vol, l'escroquerie, la spoliation absolue,  les petits arrangements entre amis , le racket avalisé par  une assemblée de NON ELUS , a désormais remplacé tout fonctionnement démocratique . 


Les journalistes ne devraient pas utiliser le mot taxe, mais vol et décision arbitraire : la notion de taxe appartient théoriquement à la démocratie et le budget de la nation , y compris à Chypre, se vote théoriquement au Parlement . Visiblement ce n'est plus le cas Même si le Parlement vote contre  demain, L'aval du Two pack a donné le droit à Bruxelles de procéder à ces vols qualifiés .. vous en avez une parfaite illustration avec ce qui vient de se passer à Chypre .  


Cette décision de fous furieux va entraîner une fuite massive des capitaux hors zone euro donc une aggravation de sa situation économique, sans compter les relations un peu tendues que cela peut entrainer avec la Russie qui compte de nombreux résidents à Chypre. On ne laisse pas un centime dans une zone gérée par l'arbitraire le plus total  .. au mépris de tout fonctionnement démocratique , avec un mépris total des peuples .. 
Vous avez déjà vu des républiques bananières attirer des capitaux ? Moi jamais .. Sauf pour coloniser leurs ressources minières  ou leurs matières premières . 


Mais peut-être était-ce le seul objectif de l'eurogroupe et de Christine Lagarde pour aider ses petits copains banquiers américains. Car ou vont aller se loger les capitaux qui vont quitter la zone euro ? 


Le bank run s'impose  


Caro pour WikiStrike

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17 mars 2013 7 17 /03 /mars /2013 03:04

 

Une politique de défense soumise à l'étranger

http://www.u-p-r.fr/actualite/france/une-politique-de-defense-soumise-a-letranger


Publié le 16 mars 2013
Une politique de défense soumise à l’étranger

porte_avions_de_gaulle_upr

Les jeunes officiers français patriotes et inquiets du devenir de l’armée française, se réclamant de Marc Bloch*, ont enfin obtenu une réponse du chef des armées à la tribune qu’il ont fait paraître sur francetv info : ce sera « l’hypothèse Y » ou bien « l’hypothèse Z ».

Dans la lignée du précédent gouvernement qui avait déjà opéré des coupes claires dans les effectifs de notre défense nationale, l’actuel s’apprête à donner le coup de grâce à l’institution militaire.

L’état-major espère pouvoir limiter les dégâts en défendant l’hypothèse Y, tandis que Bercy soutient avec ardeur l’hypothèse Z afin de tenter de mettre en œuvre les injonctions draconiennes de réduction des dépenses publiques fixées par le chef de l’État lui-même.

* Normalien, historien, membre de la Résistance fusillé le 16 juin 1944 par les Allemands, Marc Bloch fut le fondateur, avec Lucien Febvre, des Annales d’histoire économiques et sociales et l’auteur de plusieurs ouvrages, dont le célèbre L’étrange défaite, sur la débâcle française de 1940.

Des coupes draconiennes en perspective

Dans le cas de l’hypothèse Y, on assisterait à une diminution des effectifs de 30 000 hommes (et corrélativement 15 000 dans le secteur de l’industrie de défense) au prorata des effectifs des différentes armées. En clair, le pouvoir politique refuse de faire des choix stratégiques entre des différentes capacités actuelles des armées, de privilégier telle ou telle capacité.

Or on sait bien que la capacité opérationnelle d’une armée n’est pas proportionnelle à ses effectifs. Il y a des effets de seuil, des points clé en-deçà desquels une capacité peut s’effondrer brutalement faute de cohérence.

Concrètement, une réduction d’environ 13 % des effectifs pourrait provoquer une dégradation bien supérieure à 13 % des capacités opérationnelles de notre armée. En tout état de cause, la capacité de projection de l’armée de terre serait amputée. Serons-nous encore capables d’effectuer une opération d’évacuation de nos ressortissants en toute sécurité dans le cas de troubles soudains dans un pays d’Afrique par exemple ?

La fin de la dissuasion ?

La question du maintien de la composante aérienne de notre dissuasion nucléaire serait posée. Autant dire qu’il n’y aurait plus de dissuasion.

En effet, les différentes composantes ont leurs points forts et leurs points faibles relatifs. Si la composante sous-marine offre une plus grande robustesse de la riposte que la composante aérienne, cette dernière permet, par la gradation ostensible des postures qu’elle peut prendre, une capacité de manœuvre dans le champ diplomatique que les sous-marins n’ont pas car leur emploi est binaire.

La force de dissuasion nucléaire est un ensemble cohérent. Remettre en cause sa seule composante aérienne, c'est remettre en cause l'intégralité de notre force de dissuasion.

La force de dissuasion nucléaire est un ensemble cohérent. Remettre en cause sa seule composante aérienne, c’est remettre en cause l’intégralité de notre force de dissuasion.

En d’autres termes, faire reposer la dissuasion sur une seule composante, ce serait renoncer à une liberté de manœuvre dans le champ diplomatique. Ce serait se restreindre à une forme binaire du « chantage dissuasif », ce serait en bref sacrifier la crédibilité de notre dissuasion.

Cette question est essentielle car elle est avant tout politique. Renoncer à cette possibilité de manœuvre dans le champ diplomatique, c’est renoncer à un facteur de puissance et finalement à la grandeur de la France.

À la poubelle, les symboles de grandeur

Dans le cas de l’hypothèse Z, soutenue par Bercy, on supprimerait 50 000 emplois dans les armées et autant dans l’industrie de défense. En outre, plusieurs programmes ou matériels existants seraient abandonnés, ainsi du porte-avions Charles de Gaulle.

Or, s’il est un fait que la projection de puissance aérienne à partir de la mer est beaucoup plus onéreuse qu’à partir de bases au sol, un porte-avions n’est pas que cela.

C’est également l’affirmation d’un niveau technologique et opérationnel.

C’est aussi un instrument de prestige national. Mais ce mot existe-il encore dans le vocabulaire de politiques nourris au lait de la soumission à l’empire euro-atlantiste ?

Et que dire de l’aspect symbolique de ce renoncement ? Ce fleuron de notre marine nationale porte le nom de l’homme de la France libre, de la France qui se bat, de la France éternelle.

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Quel avenir pour le porte-avions Charles de Gaulle ? Sa vente à l’encan nuirait tragiquement à notre capacité de projection de puissance aérienne ainsi qu’à notre niveau technologique, et elle symboliserait la déchéance de notre nation aux yeux du monde entier.

L’absence de vision stratégique de nos dirigeants

Il n’est pas nécessaire de disséquer l’éventail des abandons que l’hypothèse Z impliquerait. Ce que révèle ce plan, c’est l’absence de vision stratégique de nos dirigeants.

Un seul exemple peut le montrer. La France possède le deuxième territoire maritime du monde. Dans le cadre d’une posture stratégique défensive, globale et permanente par essence, nous devrions nous préoccuper de la maîtrise de cet espace, en particulier de nos zones économiques exclusives (ZEE) qui s’étendent jusqu’à 200 miles nautiques des côtes (environ 370 km).

Nous devrions d’autant plus nous en préoccuper que les écologues annoncent un effondrement de l’écosystème marin et que les ressources halieutiques vont rapidement devenir un enjeu stratégique. Disposer d’une capacité de contrôle et d’intervention dans ces espaces maritimes se révèlera fondamental dans les prochaines années.

La maîtrise des mers est un enjeu est d’autant plus fondamental que la France a la chance inouïe de disposer du deuxième domaine maritime le plus vaste du monde, notamment grâce à nos Départements et Collectivités d’Outre-mer (zones en bleu sur ce planisphère). Il s'agit d'un atout stratégique de tout premier plan en ce XXIe siècle qui voit les ressources halieutiques se faire de plus en plus rares.

La maîtrise des mers est un enjeu est d’autant plus fondamental que la France a la chance inouïe de disposer du deuxième domaine maritime le plus vaste du monde, notamment grâce à nos Départements et Collectivités d’Outre-mer (zones en bleu sur ce planisphère). Il s’agit d’un atout stratégique de tout premier plan en ce XXIe siècle qui voit les ressources halieutiques se faire de plus en plus rares.

La résistance du lobby militaire joue heureusement encore un peu

Aux toutes dernières nouvelles, il semblerait toutefois que, face à la pression des industriels de l’armement et aux échéances électorales, la trajectoire Y pourrait prévaloir. Par des indiscrétions calculées, les autorités laissent entendre qu’un seuil minimal de 30 milliards d’euros par an serait préservé au cours de la loi de programmation militaire.

Mais même si cet arbitrage est celui qui est en définitive retenu, comme c’est probable, il n’en représentera pas moins une diminution très sensible d’un budget déjà exsangue. En outre, il faut savoir que, jusqu’à aujourd’hui, aucune loi de programmation n’a jamais été respectée : de nouvelles coupes ont été imposées au fur et à mesure de son exécution.

On assiste ainsi, au fil du temps, à une dégradation lente et inexorable de notre outil de défense.

Conclusion : La soumission à l’empire euro-atlantiste comme doctrine stratégique

La défense nationale est l’un des piliers essentiels de la souveraineté nationale.

Les young leaders du gouvernement actuel, comme de celui qui l’a précédé, entendent renoncer explicitement à toute forme de souveraineté et ils sacrifient sans vergogne notre armée.

Ce qui ne les empêchent pas, bien au contraire, de mener des aventures guerrières concoctées et planifiées aux États-Unis d’Amérique, et conformément à la doctrine américaine, à apparaître en première ligne tandis que les maîtres restent furtivement en seconde ligne.

 

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Colonel Régis CHAMAGNE (ER)

Responsable National de l’UPR en charge des questions de Défense
Chevalier de la Légion d’Honneur
Officier de l’Ordre du Mérite

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Lire aussi :

 

Vers une apocalypse budgétaire pour les armées françaises

 

La France, c'est la guerre ! Serbie, Kosovo, Afghanistan, Djibouti, Côte d'Ivoire, Libye, Syrie, Mali..

 

 

"La voix de la France a disparu dans le monde"

LE MONDE | 22.02.2011 à 12h03 • Mis à jour le 24.02.2011 à 15h20 Par le groupe "Marly", un collectif qui réunit des diplomates français critiques

 

http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/02/22/on-ne-s-improvise-pas-diplomate_1483517_3232.html#ens_id=1245377

 

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