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24 novembre 2011 4 24 /11 /novembre /2011 10:41

 

 

 

http://www.stephane.info/res/article/faillite_france/le_jour_ou_la_france_a_fait_faillite.jpg 

http://www.stephane.info/res/article/faillite_france/le_jour_ou_la_france_a_fait_faillite.jpg

 

Extraits (Chronique Agora)

 

Nous vous avons envoyé il y a quelques jours un message sur l'état actuel de la France.http://fr.mc276.mail.yahoo.com/mc/welcome?.tm=1322065145#Papier%20%C3%A0%20lettres%20(fond%20du%20mail)

La faillite de la France est proche. Voici pourquoi. Voici les conséquences

 

Depuis, rien n'a changé... bien au contraire : la situation est encore plus pressante. Les gouvernements n'avancent pas, les marchés flanchent.

 

ATTENTION : ce rapport peut heurter les lecteurs trop sensibles.
A lire avec prudence.

 

Le pire est à venir. Je suis convaincue que la crise que nous traversons aujourd'hui affectera profondément notre niveau de vie en France et notre rang dans le monde.


Nul ne devrait ignorer ce qui menace le plus gravement la France aujourd'hui : elle-même... et l'état de ses finances publiques.


Je crois à 100% que nous, les Français, nous ne sommes qu'au premier stade d'une crise qui ébranlera les fondations mêmes de l'Europe, de notre nation... et de votre patrimoine.


A l'heure où vous lisez cette lettre, tout s'accélère encore et encore, et bien plus vite que je ne l'avais initialement prévu. La vitesse d'accumulation de l'endettement public français est telle que nous frôlons le surendettement et le défaut de paiement. C'est pourquoi il m'a paru urgent de faire une mise à jour de mon premier signal d'alerte paru juste avant la dégradation de la note américaine.


Regardez ce qui se passe autour de nous. La catastrophe n'est pas imminente, elle a déjà commencé.


Les émeutes de la faim qui ont engendré les révolutions arabes depuis février 2011 se propagent à leur manière dans notre monde occidental. Après le printemps arabe, voici "l'automne occidental"...


A leur tour, ce sont la Grèce, l'Italie, le Portugal, l'Espagne, le Royaume-Uni et même Israël qui sont frappés par de grandes manifestations de la jeunesse en colère. Ces révoltes entraînent dans leur sillage morts et destruction.


Que dire de la France ? Avant même l'irruption de la première crise financière de 2008, le bilan des émeutes de 2005 dans nos banlieues s'élevait à plus de 10 000 véhicules incendiés, des centaines de bâtiments publics de première nécessité calcinés, vandalisés ou pillés, soit au total un coût de plus de 200 millions d'euros.


Rappelons qu'à la même époque, en novembre 2005, Standard & Poor's mettait la France "en bas de la catégorie AAA", déplorant déjà le poids des déficits et de la dette. Ceci n'est rien en proportion de ce qui arrive.


A l'heure où je vous écris, le compte à rebours a commencé. Moody's a menacé d'abaisser notre note à moyen terme (c'est-à-dire dans une échéance de trois à 12 mois). La France deviendrait ainsi le nouveau grand pays, après les Etats-Unis, à perdre son précieux AAA.

Eh oui, nous y sommes.

 

TOUTES LES CONDITIONS SONT REUNIES POUR UNE BANQUEROUTE GENERALE


Et alors ? Il y a belle lurette que l'annonce de la future faillite nationale fait la Une des plus grands journaux français, me direz-vous. Oui, mais ce que les médias grand public ne comprennent précisément pas, c'est qu'il ne s'agit pas que d'une faillite financière. Ce que nous allons affronter est bien pire. Le problème financier n'est qu'une partie de l'iceberg. Derrière se cache un Titanic en plein naufrage : les fondements mêmes de notre société, aussi bien politiques que sociaux.

 


En dépit de ce que l'on essaie de nous faire croire, les problèmes actuels que nous rencontrons au niveau européen et à l'échelle nationale ne peuvent être résolus sans une réduction radicale de notre niveau de vie. Le plan d'austérité annoncé par le gouvernement n'est qu'un arbre qui cache la forêt -- ou plutôt le précipice -- qui nous attend.


A vrai dire, la plupart des gens n'ont AUCUNE IDEE de ce qui se passe actuellement.

 

CA N'ARRIVE PAS QU'AUX AUTRES 


Or, aujourd'hui, nous vivons une situation exceptionnelle, que j'ai appelée la Crise 2.


La Crise 2 est la crise du crédit souverain subprime, tandis que la Crise 1 était la crise du crédit subprime. Lors de la Crise 1, les Etats sont venus au secours des banques et du système financier en perdition. Autrement dit, la dette privée a été transformée en dette publique.


"Le monde est au bord du gouffre par la faute d'un système irresponsable", déclarait le premier ministre François Fillon en 2008. Trois ans après, nous basculons dans ce même gouffre par la faute de la politique de ces gouvernants.


Qui viendra au secours des Etats en perdition dans la Crise 2 ?

Pas les banques : elles n'ont pas réussi à se refaire une santé.

Alors qui paiera ?


Il n'y a plus possibilité de repêchage. Autrement dit, les politiques économiques menées depuis trois ans aux Etats-Unis et en Europe vont entraîner la faillite complète des Etats.


Dans une tribune publiée en août dernier dans Les Echos, l'économiste Kenneth Rogoff est le premier à le reconnaître : "le vrai problème n'est autre que l'endettement catastrophique qui touche l'économie à l'échelle mondiale".


Si seulement c'était si simple ! Personnellement, j'aimerais qu'il en soit ainsi. L'endettement est catastrophique, les défauts de paiement se généralisent et les Etats font faillite. Et alors, qu'est-ce que cela change?


Le hic, c'est que tout est étroitement lié. La faillite de l'Etat. Nos épargnes. Nos retraites. Nos économies. Notre niveau de vie. Tout cela sera profondément affecté par la débâcle qui ne cesse de s'étendre. Et pour beaucoup de gens, les conséquences seront dramatiques.


Des milliards d'euros d'épargne privée disparaîtront. Les personnes âgées verront leurs retraites si diminuées qu'ils devront s'en remettre à la bonne volonté -- et surtout au porte-monnaie -- de leurs enfants pour ne pas finir à la soupe populaire. Et que dire de leurs propres enfants ? Ils n'auront même plus, pour la plupart, de travail ou de source de revenu fixe.


Ne comptez plus sur les autorités pour utiliser les leviers traditionnels pour maîtriser l'inflation dans les années à venir : les commandes ne répondront plus.


Très peu de solutions resteront alors sur la table : la ruine, la guerre... ou bien encore réquisitionner votre épargne, celle qui est gentiment blottie dans vos contrats d'assurance-vie.


Les défauts de paiement ont déjà commencé en Islande, en Irlande, au Portugal, en Grèce, en Espagne... A quand le tour de la France ?

 

  Les lendemains ne chantent plus. Les populations des pays occidentaux peinent encore à comprendre que les promesses qu'on leur a faites en termes de retraite ou de protection sociale perdent toute valeur si leur propre gouvernement fait banqueroute.

 

En fait, l'état actuel de la France rend notre pays particulièrement vulnérable au pire des scénarios. Attention, il ne s'agit pas d'une aimable fiction à prendre à la légère mais bel et bien de la situation actuelle à haut risque.

 

LA REALITE DEPASSE AUJOURD'HUI LA FICTION


Rappelez-vous, en août dernier : la fiction économique du Monde, Terminus pour l'euro, faisait perdre la tête aux marchés boursiers et plonger l'action de la Société Générale de 14,7%.


Le patron de hedge fund John Paulson expliquait que le "risque majeur pour l'Europe est la fragilité de son secteur bancaire" et sa "dépendance" aux "fonds monétaires américains. [...]


Je vous laisse imaginer la fragilité de ces géants aux pieds d'argile -- ces grandes banques françaises sur lesquelles s'appuie entre autres notre économie -- qu'une simple fausse information d'un média grand public suffit à ébranler.

 

Les événements pourraient s'enchaîner rapidement.

 

Nous sommes en eaux troubles, et vous devez prendre les mesures nécessaires pour vous protéger, si ce n'est déjà fait.

 

Nous assistons aux premières secousses qui vont ébranler tous les acquis sociaux et politiques en France.

 

J'imagine qu'en dépit des récents événements dont nous sommes témoins, vous pourriez encore penser en lisant mes mots : "impossible... cela n'arrivera pas... pas ici. Après tout, nous ne sommes pas autant surendettés que les Américains... L'Etat est peut-être proche de la faillite, mais pas les ménages. Notre taux d'épargne national est l'un des plus élevés au monde... Et puis, nous sommes tout de même la cinquième puissance économique mondiale. Notre pays est profondément enraciné dans la démocratie et la stabilité"...

 

Les finances catastrophique des Etats-Unis... la faillite sans cesse repoussée de la Grèce... l'épidémie des crises financières du Portugal à l'Espagne, de l'Irlande à l'Italie, et les plans de sauvetage à répétition mis en place par l'Europe, portés par le couple franco-allemand... l'hégémonie grandissante de la Chine, non, tout ceci n'est pas le plus menaçant.

Le plus grand danger aujourd'hui pour la France, c'est la France elle-même.

  

AH, CA IRA, CA IRA... A LA BANQUEROUTE !


Comme en 1789, notre organisation économique et sociale va connaître un séisme provoqué par des années et des années d'inconscience. C'est le même scénario d'un Etat au bout du rouleau qui est en train de se mettre en place. Car, nous aussi, nous vivons depuis bien trop longtemps à crédit.


Les chiffres parlent d'eux-mêmes :

  • La dette publique de la France est de 1 692,7 milliards d'euros.

  • Le remboursement de la dette publique, en son état actuel, ne correspond pas moins à six années de travail des Français, soit 20 000 euros par tête.

  • Si l'on compare la dette de l'Etat aux recettes budgétaires, il ne faudrait pas moins de cinq années de recettes pour la rembourser à 100%.

  • On est loin du compte quand on sait que les impôts sur le revenu que nous payons tous servent à hauteur de plus de 80% au seul remboursement des intérêts de la dette.

  • Pire, dans les deux ans qui viennent, la France doit trouver sur les marchés environ 600 milliards d'euros, dont 429 milliards d'euros de refinancement de vieilles dettes.

 

Autrement dit, nous sommes en train d'approcher du moment où l'Etat français ne parviendra même plus à payer les intérêts de la dette. Ceci entraînera inévitablement une dégradation de notre note souveraine et une disparition des emprunteurs... soit l'équation suivante :

Fin du remboursement des intérêts = impossibilité de nouveaux emprunts = les caisses sont vides = banqueroute !

Le directeur de la banque de France, Christian Noyer, le confirme dans Le Figaro : "en 30 ans et de nombreuses dévaluations, nous n'avons jamais affiché un budget en excédent et donc nous n'avons jamais pu réduire notre stock de dette !"

 

PRIS AU PIEGE DU CREDIT REVOLVING


Ce n'est pas moi qui le dis, mais Jean Arthuis, actuel Président de la Commission des finances du Sénat. Dans son dernier livre paru en mars 2011, Finances publiques, Sept mesures d'urgence pour éviter la faillite, il écrit :


"La France emprunte plus de 800 millions d'euros par jour pour payer ses dépenses courantes et rembourser notre dette, comme un ménage surendetté pris au piège du crédit revolving. [...] La charge des intérêts de la dette atteint 45 milliards d'euros : c'est le premier poste de dépense du budget de l'Etat [...] Et elle s'alourdira encore dans les années à venir, à cause de l'effet boule de neige".

 

Il est toujours plus simple de vivre à crédit que d'augmenter les impôts... surtout quand ceux-ci sont déjà au maximum de ce qui peut être prélevé !

 

La pression fiscale est déjà à son maximum.

Dans de telles conditions, les impôts ne peuvent être relevés sans provoquer des fuites de capitaux et des diplômés vers l'étranger. Cela découragerait encore plus l'activité économique, déjà loin d'être compétitive. Taxer davantage risquerait de bloquer plus encore la croissance (et donc d'abaisser les recettes).

 

Depuis 1975, les divers gouvernements ont donc pioché dans le panier dépenses sans se soucier de remplir celui des recettes.


Le problème, c'est que nous ne pouvons plus avoir recours à la planche à billets comme autrefois. Avec l'introduction de l'euro, nous avons transféré ce pouvoir à la Banque centrale européenne (BCE) et à Jean-Claude Trichet/Mario Draghi. Il ne reste plus qu'à emprunter... sans limite.


Mais que faire lorsque vous ne pouvez plus taxer davantage et que plus personne ne veut vous prêter ? C'est simple : l'Etat s'effondre et c'est la Révolution.


La situation actuelle rappelle en effet de près l'enchaînement des circonstances qui ont conduit à 1789. A défaut de BCE, la monnaie était alors indexée sur l'or. Impossible donc pour le roi d'imprimer de la monnaie... et lorsque les caisses de l'Etat se sont retrouvées vides, il n'a pas pu sauver sa tête.

 

Selon mes calculs, basés sur les données publiques du ministère des Finances et de la Cour des Compte, nous sommes aujourd'hui à la veille d'une telle rupture.

 

LA FUITE EN AVANT


"Personne ne s'attend à ce que la France chute dans un mois", a déclaré l'économiste français Bertrand Lemennicier, professeur à l'Université Panthéon-Assas-Paris sur la chaîne de télévision américaine CBN News le 26 novembre 2010. "Mais nous sommes au bord du gouffre. Nous ne savons pas la date. Je veux dire que cela peut arriver du jour au lendemain, comme en Grèce".


Cette date, moi, j'ose vous la donner. Certes, nous ne savons pas encore quand la France sera en cessation exacte de paiement. Mais ce que nous pouvons surveiller, c'est le taux auquel nos créditeurs acceptent de nous prêter de l'argent -- c'est-à-dire l'évolution des rendements de nos obligations souveraines. Dès qu'ils dépassent les 6%, un pays bascule dans l'insolvabilité. C'est ce qui s'est produit en Irlande, en Grèce, au Portugal, en Italie... et qui risque de se passer en France.


A l'heure où j'écris ces lignes, ce taux est à 3,51%. Autrement dit, nous n'avons pas une grande marge de sécurité avant les 6%... Et je pense que tout pourrait aller très vite : sans croissance et sans accroissement des recettes fiscales, nous n'avons aucune solution pour combler nos déficits et rassurer nos créanciers. Et à quelques mois de l'échéance électorale de 2012, quel politicien aura assez de tripes pour regarder la situation en face ? Prédire la crise, annoncer des mesures d'austérité, inciter la population à se serrer la ceinture... comment se faire élire sur un tel programme ?

 

Il faudrait une volonté politique considérable pour renverser la situation ; au lieu de cela, l'élection présidentielle de 2012 ne servira sans doute qu'à révéler nos faiblesses.

Nous sommes piégés.


Il n'y a pas de solution. 


Il est certain que "faire l'autruche" est une solution plus confortable... mais pas forcément plus sûre.

 

Il est crucial pour vous de comprendre les risques énormes auxquels vous êtes désormais exposé. Parce que la faillite imminente de l'Etat français signifie tout simplement votre propre faillite. Des millions d'euros d'épargne vont disparaître. Ce désastre bouleversera votre activité et pourrait même vous mettre au chômage. Il touchera de manière drastique votre épargne, vos investissements et votre retraite.

 

Quant à moi, je suis certaine plus que jamais que la faillite à venir est inévitable.


En d'autres termes :

serez-vous préparé ?


Voyez-vous, je peux vous dire avec presque 100% de certitude que la plupart des Français ne sauront pas quoi faire lorsque les prix des biens de première nécessité comme le lait, le pain ou l'essence atteindront des pics records jamais vus... Ils ne sauront pas quoi faire lorsque les banques fermeront... et que leurs cartes bancaires ne fonctionneront plus... Quand ils ne seront plus autorisés à acheter de l'or ou des monnaies étrangères... Quand la Sécurité sociale, les allocations, le salaire des fonctionnaires, etc. s'effondreront totalement.


Notre manière de vivre en France va changer -- en fait, pour la plupart d'entre nous, c'est déjà le cas. C'est seulement le commencement. Il y a déjà plus de huit millions de pauvres en France. Entre sept et 20 millions de Français vivent dans la précarité. Un sondage TNS-Sofrès révélait déjà en 2008 que plus de 60% des Français ont déjà peur de devenir SDF : ils n'ont peut-être pas tort...


Etrangement, c'est du côté de la presse étrangère qu'on trouve les données plus précises. En juillet 2011, le Financial Times analysait ainsi le désarroi des classes moyennes en France dont le niveau de vie n'a pas augmenté depuis plus de trente ans.


C'est simple, depuis 40 ans, les courbes de croissance se sont arrêtées, pire aujourd'hui la principale tendance est au déclin.

 

Dès 2007 (il y a plus de quatre ans !), voici ce que disait François Fillon, notre Premier ministre : "Je suis à la tête d'un Etat qui est depuis 15 ans en déficit chronique, je suis à la tête d'un Etat qui n'a jamais voté un budget en équilibre depuis 25 ans. Ca ne peut pas durer".

 

Pour être plus précis, depuis 37 ans, la dette en France n'a jamais diminué.

 

DERNIER BUDGET FRANCAIS A L'EQUILIBRE : 1973

 

 

C'est en 1973 que le dernier budget à l'équilibre a été voté en France. Ensuite, quelle que soit leur couleur politique, les divers gouvernements ont contribué à tour de rôle à élargir le trou de la dette. De 1974 (élection de Valéry Giscard d'Estaing) à aujourd'hui, la dette française est passée de 21,2% du PIB à 84,7%. Il est toujours plus simple d'endetter un pays que d'augmenter les impôts...


En moins de 10 ans, la dette a doublé. En 2007, elle était à 1 208,9 milliards d'euros.

Pendant les années Sarkozy, la crise a éclaté, entraînant dans son sillage baisse des recettes fiscales. Qu'importe, l'Etat renfloue les banques, les dépenses flambent et le déficit public atteint les 106,2 milliards d'euros pour la seule année 2008.

 

L'heure du Grand emprunt a sonné. En 2009, l'Etat lève ainsi sur le marché pas moins de 173,9 milliards d'euros. Pour exemple, cela correspond aux postes actuels de dépenses de l'enseignement, de l'armée, de la police, de la justice, de Bercy et du ministère de l'emploi.


A vrai dire, la crise de 2008 n'a été qu'un prétexte pour accélérer la mauvaise gestion financière du gouvernement français et notre déficit public. Le gouvernement a ainsi poursuivi selon Thomas Piketty, professeur à l'Ecole d'économie de Paris s'exprimant dans Le Monde du 24 juin 2009, sa "fuite en avant vers l'endettement".


Aujourd'hui, la dette publique de la France est de 1 535,5 milliards d'euros. Selon Gilles Carrez, député du Val-de-Marne et rapporteur du budget, l'Etat va devoir lever 220 milliards d'euros, dont 100 milliards rien que pour rembourser le capital de la dette qui arrive à échéance ! (Il faut se mettre en faillite et sortir du Système, faire comme l'Islande, il faut sortir de l'euro, que l'Etat frappe sa monnaie et se prête à lui-même sans intérêts. Tant que le Cartel bancaire dirigera le monde et le rackettera, nous sommes perdus... note d'eva)


A vrai dire, si l'on voulait réellement endiguer l'hémorragie de la dette, il faudrait réduire sérieusement toutes les dépenses et couper les budgets de tout le service public, c'est-à-dire :


- fermer tous les écoles, hôpitaux, commissariats et tribunaux ;
- licencier tous les professeurs, le personnel hospitalier, les policiers, les magistrats ;
- ne plus collecter les impôts et couper toutes les subventions ;
- vendre aux enchères les routes et les hôpitaux...


On aperçoit vite l'absurdité d'une telle logique -- d'autant qu'elle ne permettrait même pas de maintenir le budget en équilibre et encore moins de rembourser les dettes.

 

EN 2011, LA SECURITE SOCIALE FRANCAISE A BESOIN D'EMPRUNTER LA MEME SOMME QUE LE PORTUGAL ET L'AUTRICHE REUNIS


C'est en tout cas ce que révèle La Tribune du 11 janvier 2011. La Sécurité sociale empruntera sur l'ensemble de 2011 entre 30 à 35 milliards d'euros (..) pour être capable de faire face à nos dépenses de santé. Ces dettes accumulées n'arrangeront en rien l'état de notre "Sécu".


C'est simple, selon la Cour des Comptes, sa "situation financière deviendra rapidement intenable". Son rapport public annuel 2010 tirait déjà la sonnette d'alarme : "à un tel niveau de déficit, l'équilibre ne pourra être rétabli sans une remise en cause du niveau de protection sociale".


Autrement dit, les remboursements de médicaments baisseront de plus en plus jusqu'à disparaître... La prise en charge des personnes dépendantes ou âgées diminuera de jour en jour jusqu'à devenir nulle... Nous nous approcherons d'un système à l'américaine où seuls ceux qui auront mis de l'argent de côté pour leurs frais médicaux seront protégés et survivront en bonne santé.


Les autres essaieront d'éviter comme ils le peuvent maladies, accidents et vieillesse. La différence entre les Américains et nous, c'est que nous aurons été taxés pour un service que nous n'aurons jamais. C'est cela la faillite de l'Etat-Providence !


N'attendez pas d'être à la charge de votre famille, vos enfants ou de vos petits-enfants.

 

LA DETTE EST DEUX FOIS PLUS GRANDE QUE VOUS NE LE PENSEZ

   

Il reste aux medias beaucoup de chemin à parcourir pour bien prendre la dimension du problème et conclure à la faillite publique.


La dette publique de la France selon les critères de Masstricht est aujourd'hui de 1 692,7 milliards d'euros. Selon mes estimations, basées sur des données publiques accessibles, elle a déjà atteint quasiment le DOUBLE de ce montant.


En effet, ils sont peu à comprendre -- et admirer -- la créativité comptable de l'Etat, qui lui permet de cacher la taille réelle de la dette officielle. C'est ce que l'économiste Bernard Marois de HEC a surnommé "l'économie Shadok" : on bouche des trous pour en recreuser d'autres ailleurs.


De nombreux organismes ont été créés pour dégonfler les chiffres de la dette française. Autrement dit, au vu et yeux de tous, le gouvernement fait ce que les virtuoses de la finance appellent du hors bilan (Des milliards n'apparaissent pas dans les comptes publics, note d'eva)


On peut aussi se demander pourquoi la retraite des fonctionnaires n'est pas provisionnée.  Pour l'instant, Bruxelles n'a pas demandé à la France des les intégrer dans sa dette publique

 

Maintenant que nous avons toutes ces données, refaisons les comptes... ou plutôt, voyons ce qui n'y figure PAS : 1500,7 milliards d'euros !


 

A cela s'ajoutent les montants des taux d'intérêts, l'accumulation de la dette et tout ce qui nous est encore dissimulé. On nous dit que la dette publique de la France est de 1 692,7 milliards d'euros. Selon les calculs ci-dessus, elle est quasiment double, soit plus de 3193,4 milliards d'euros ! 

 

Dans un article du Monde, daté du 27 avril 2010, Denis Dessus, vice-président de l'ordre des architectes, dénonce ces manoeuvres grossières de nos politiques pour nous cacher l'ampleur du désastre. Selon lui, "ces Etats se conduisent comme des ménages surendettés qui trichent sur leurs déclarations pour continuer à emprunter".

   

DEMENTI N°1 : LES ETATS FONT BEL ET BIEN FAILLITE...
LA PREUVE ? 240 RUINES ETATIQUES RECENTES


Le plus gros mensonge utilisé par nos dirigeants serait qu'un Etat ne peut pas faire faillite. Jacques Attali, l'actuel président de Commission pour la libération de la croissance française, prouve tout le contraire dans l'un de ses essais intitulé Tous ruinés dans 10 ans.

Il y recense pas moins de 240 défaillances d'Etats dans l'histoire économique récente : l'Allemagne en 1923, l'Angleterre dans les années 70, la Yougoslavie en 1995, la Russie en 1998 ou bien encore l'Argentine en 2002.


Vous pensez peut-être que cela ne pourrait pas se produire chez nous ? Pourtant cela s'est inévitablement produit chaque fois qu'un pays est allé trop loin dans l'endettement -- qu'il soit développé ou émergent, grand ou petit.


Comment cela se manifeste-t-il concrètement ? Prenons un exemple proche, celui de l'Angleterre en 1970. Voici les témoignages issus d'une émission sur la BBC :

 

John Blackburn, de Wetherby, raconte :
J'étais ingénieur à l'usine électrique d'Huddersfield à cette époque. Une partie de mon job consistait à couper l'électricité des différents quartiers de la ville, selon une grille définie par les autorités. Combien de fois, le soir, j'ai été obligé de couper l'électricité chez moi avant de rentrer manger à la lueur d'une bougie.....

 

Imaginez... l'Angleterre avait dominé le monde pendant 150 ans. Mais la mauvaise gestion de ses fonds publics et de sa monnaie (offerte aux grands banquiers, note d'eva. Il faudrait quand même le dire un jour !) l'a conduite au fond du gouffre en quelques années.


Vous pensez que cela ne peut arriver en France ? Vous n'êtes pas le seul et c'est peut-être là le principal problème : l'indifférence généralisée.


Il poursuit : "en fait, si l'Etat fait défaut sur sa dette, cela aura des répercussions sur l'ensemble de l'économie. [...] Les banques seront obligées de fermer et l'Etat sera obligé de contingenter les retraits puisqu'il n'y aura plus assez d'argent dans le circuit. C'est ce qui arrivera. Ce n'est pas de la science-fiction, puisque c'est ce qui s'est passé en Argentine".


Pour rappel, plusieurs mois de crises, de manifestation et d'émeutes de la faim avaient conduit le président de l'Argentine à déclarer la faillite du pays le 24 décembre 2001. 10 ans plus tard, l'Argentine n'a toujours pas directement accès aux marchés. Et les trois quarts des créanciers ont dû accepter à terme une réduction de créance d'environ 70%... Le même processus est actuellement en marche en France. En clair, cela signifie tout simplement que votre épargne n'est plus en sécurité.

 

 

DEMENTI N°2 : LE POURCENTAGE PIB/ENDETTEMENT EST BON - FAUX : LES CHIFFRES SONT PIPES


Il est absurde de raisonner seulement en ratio de dette rapportée à la production nationale de richesse. Tout simplement parce que le PIB n'est pas le revenu de l'Etat ! Faut-il en rappeler les trois raisons simples et évidentes ?.....

 

Qu'est-ce qui me permet d'écrire que les dépenses publiques n'apportent aucune richesse et ne rapporteront rien ? C'est très simple : si ces dépenses étaient de vrais investissements, il viendrait un moment où ils devraient rapporter, un moment où le retour sur investissement se verrait. Donc la dette devrait diminuer. (Par définition les dépenses publiques, nécessaires, n'ont pas à être rentables. Ca suffit, le critère unique de rentabilité ! C'est la dette qui doit être supprimée... le Cartel bancaire ne doit pas régenter les affaires du monde à son seul profit ! Note d'eva)


Sauf que les véritables recettes d'un Etat sont uniquement ses recettes fiscales. Or en France, année après année, les dépenses de l'Etat excèdent ses recettes fiscales de 20%.

 

Structure moyenne du budget de l'Etat depuis 1975 

Recettes 80%

Dépenses 100%

Déficit 20%

 

 

Pour avoir une idée claire de la situation de la France, il faut donc comparer sa dette à ses recettes fiscales. En 2010, les recettes fiscales s'élevaient à 271,8 milliards d'euros. Notre dette aujourd'hui est de 1 692,7 milliards d'euros. Notre ratio dette sur recette fiscale est donc supérieur à six.

Vous voyez que lorsque vous raisonnez de cette façon, vous êtes très loin de la limite dite "vertueuse" institutionnalisée par le traité de Maastricht. Je rappelle qu'elle fixe le ratio dette sur PIB à hauteur de 3%. C'est une escroquerie intellectuelle que de présenter les comptes publics de cette façon car on minimise le problème.


Qu'importe, me direz-vous, l'Etat est riche de ses actifs publics, autrement dit de son patrimoine immobilier, ses universités, ses hôpitaux, etc. Si l'on va au bout du raisonnement, il faudrait donc vendre ces actifs pour encaisser leur véritable valeur.

Encore une fois, Philippe Herlin démontre le danger et l'irresponsabilité d'un tel scénario.

Imaginons...


"L'Etat pour payer tout ou partie de sa dette revend les terrains, les écoles, les routes à des investisseurs et à des fonds de placement qui s'empressent alors logiquement de les louer à leurs occupants... Les Français deviendraient locataires de leur propre pays ! Des locataires floués puisqu'ils auraient, par leurs impôts, contribué à la construction et à l'entretien de ces équipements".


Pour Philippe Herlin, les seuls actifs que nous puissions comptabiliser sont les 847 milliards d'euros d'actifs financiers de l'Etat... dont plus de la moitié est constitué des actions des entreprises publiques.

 

TOUT DOIT DISPARAITRE (MAIS A QUEL PRIX ?!)


En dépit de cette logique insensée, l'Etat ne s'est pas gêné pour vendre ce qui ne lui appartenait pas. Les privatisations sont appelées à la rescousse pour renflouer les caisses dans l'urgence...


L'effet est certes immédiat pour rééquilibrer le budget... mais à long terme cela réduit les revenus perçus par l'Etat et creuse le déficit.


Le début de la grande liquidation ? 1986. Cette année-là, le gouvernement Chirac vend Saint-Gobain, TF1, la Société Générale, Havas, Matra ou bien encore le groupe Suez. Le mouvement s'accélère peu à peu. Avec Balladur, les Français peuvent dire au revoir à des entreprises aussi importantes que Rhône-Poulenc, Elf-Aquitaine, Renault ou Total. Puis, les gouvernements se suivent au même rythme que s'enchaînent les privatisations : Péchiney, Crédit lyonnais, France Telecom, Thomson, Bull, etc.


Et quand les entreprises publiques commencent à manquer, l'Etat n'hésite pas à vendre aux plus offrants les voies terrestres, aériennes et spatiales avec l'ouverture des capitaux des Autoroutes du Sud, du Nord et de l'Est, de Paris-Rhin-Rhône, d'Air France, des aéroports de Paris et de l'Aérospatiale. C'est tout simplement le scénario des "Français locataires floués" qui est en marche.


C'est ce que nous explique un lauréat du Conseil supérieur de l'Ordre national des experts-comptables. "La vente des sociétés concessionnaires d'autoroutes en 2004-2006 répond à cette même logique de dilapidation du patrimoine, et à l'assurance pour le Français de payer éternellement des péages élevés, alors qu'en restant dans le domaine public, une fois les emprunts liés à leur construction remboursés, seuls les frais de maintenance auraient pesé sur les usagers", explique Philippe Herlin dans son livre.


Ce n'est pas tout. Selon le même expert, Jean Roux, les privatisations opérées depuis 1987 auraient été faites à la moitié de la valeur des entreprises. Elles ont rapporté de 1984 à 2002 au total 90 milliards d'euros... elles auraient dû rapporter deux fois plus !

 

Il ne faut pas être un gestionnaire de patrimoine avisé pour conclure : "vendre les 'bijoux de famille' pour maintenir son train de vie, c'est dilapider son capital sans aucunement réduire ses dettes".


Malheureusement, le bon sens n'est pas ce qu'il y a de plus partagé parmi les gouvernements. Pour preuve, quand les caisses sont vides, l'Etat français n'hésite pas non plus à vendre son or. En 2004, le stock d'or de la France s'élevait à 3 024,6 tonnes. Le ministre des Finances d'alors, Nicolas Sarkozy, décide de se débarrasser de 19% de nos stocks -- qui représentaient encore à cette époque la troisième réserve mondiale (après les Etats-Unis et l'Allemagne) et surtout une garantie sûre pour l'ensemble de nos créanciers.


Résultat des courses ? En 2011, il nous reste 2 435,4 tonnes. Sur sept ans, la Banque de France a donc vendu 589,2 tonnes d'or. Vendues contre des devises que les Etats émetteurs impriment à volonté par des opérations dites de quantitative easing : dollars, yens, livres sterling et même francs suisses. Des devises qui se dévaluent au fur et à mesure qu'on les multiplie. Entre 2004 et 2011, le prix de l'once d'or en euro est passé de 330 euros à 1 200 euros.


Au final, ces ventes auront coûté à la France près de 16,5 milliards d'euros, si l'on prend en compte ce que nous avons vendu (589,2 tonnes soit 18,943 millions d'onces) et la différence de cours (1 200 - 330 = 870 euros).

 

GRANDE BRADERIE DU PATRIMOINE FRANÇAIS


"Il ne reste que les bijoux de famille : les immeubles où sont installés les ministères et leurs service",nous rappelle Jean Roux. Que fait l'Etat ? Il vend donc ses biens immeubles.


Marianne, le 10 juin 2010, ajoute :

"La France va vendre aux enchères, avant 2013, 1 700 propriétés immobilières. Une grande braderie destinée à faire entrer de l'argent frais... pour rassurer les marchés. Ce qui ne suffira évidemment pas".


Après l'immobilier, vient le patrimoine culturel et artistique que le monde nous envie, ce que l'on appelle les biens meubles. Mais comme l'Etat ne peut pas, officiellement, vendre le contenu des musées, nos dirigeants inventent d'ingénieuses combines en favorisant des "prêts payants". Le Louvre a commencé à Atlanta, où des grands tableaux de Poussin, de Raphaël ou de Murillo, ont été déposés dans la riche cité de Coca-Cola en échange de 13 millions d'euros.


Autrement dit, nos oeuvres d'art sont désormais utilisées comme monnaie d'échange. Sous prétexte d'un "partenariat culturel" avec les Emirats Arabes, le Louvre s'est engagé à prêter 300 tableaux dans les premières années à l'antenne Louvre Abou Dabi puis 250 et 200 chefs-d'oeuvre de son patrimoine.


La France est ainsi parvenue à récupérer un milliard d'euros sur 30 ans. Officiellement, c'est un simple prêt. Sans la moindre garantie, en cas de nouveaux conflits dans cette zone, que ces oeuvres soient rendues aux Français. Et si vous désirez un jour les revoir, vous devrez payer, en plus de vos droits d'entrée, votre billet d'avion aller-retour...


Pourtant liquider notre précieux patrimoine que nous envie le monde entier ne suffira pas à renflouer les caisses de l'Etat. C'est ce qu'affirme l'économiste Pascal Gobry, ancien administrateur de l'INSEE : "même s'il vendait à des Japonais au prix fort le château de Versailles, la tour Eiffel, le musée du Louvre, tout son patrimoine, l'Etat français ne pourrait honorer ses engagements de retraite et de salaires".


En vérité, l'Etat ne veut pas le dire mais l'Etat s'en va, comme un jeune adolescent irresponsable, les poings dans ses poches crevées... Et quand il ne peut plus racler les fonds de tiroir, il appelle en toute urgence les vieux sages du Sénat.

 

NOEL DERNIER, L'ETAT A DU EMPRUNTER D'URGENCE POUR PAYER LES FONCTIONNAIRES 930 millions d'euros (Le postulat de base de cet article est erroné. Le problème ne vient pas des fonctionnaires, mais des gangsters de la haute Finance, note d'eva)

 

L'EFFET DOMINO DE L'EUROPE


Vous persistez à croire que les Etats ne font pas faillite et, en l'occurrence, sûrement pas en Europe. Un plan de sauvetage viendra toujours nous sauver, me direz-vous. Cela n'a-t-il pas été le cas pour l'Irlande? Aujourd'hui encore, pour la Grèce. Bref, nous en avons la preuve tous les jours sous nos yeux. Dormons tranquilles, le Fonds européen de stabilité financière (CQFD : l'Allemagne) nous protègera.


Sauf que... "Le mécanisme de soutien mis en place pour sauver la Grèce est calibré pour venir en aide à d'autres 'petits pays' en difficulté, éventuellement pour l'Espagne mais sûrement pas pour l'Italie et a fortiori pour la France", expliquait François-Xavier Chauchat, expert-Europe chez Gavekal, dans un article du Nouvel Economiste du 6 juillet 2010. Selon lui, cela sera alors "le saut total dans l'inconnu".

Autrement dit, il n'y aura plus personne pour venir nous sauver. Car personne n'en aura plus les moyens. La débâcle du dernier G20, en novembre 2011, en est l'exemple parfait.


D'autant que... A votre avis, qui finance la dette grecque ? Ce sont les plus grandes banques françaises, à savoir BNP Paribas, la Société Générale et le Crédit Agricole. Elles sont donc les plus exposées à manquer de liquidités et à faire défaut (avec les économies que vous leur avez confiées...).


Ce n'est pas tout. Selon Arnold Chassagnon, professeur d'économie à l'Ecole d'économie de Paris et à l'université de Tours, dans un entretien publié par Le Monde en septembre dernier, "les banques aujourd'hui exposées à une dégradation de leur note ont été particulièrement actives en Europe, investissant en Grèce, mais aussi en Italie, au Portugal, en Espagne... A l'époque, elles pariaient sur le développement européen et on les louait pour cette initiative".Autrement dit, elles possèdent aussi une partie de la dette des autres pays méditerranéens.


Certes, elles n'ont pas tout placé là : mais elles demeurent impliquées dans des montages financiers complexes avec des effets de levier parfois énormes (ce qui veut dire qu'elles prêtent huit à 10 fois les fonds qu'elles possèdent). Autrement dit, une perte de quelques milliards d'euros suffirait à provoquer des faillites en chaîne.


Si la Grèce fait défaut, ce serait l'effet domino à travers tout notre système financier européen, et donc la fin de l'euro.


Nous serons alors au cinquième épisode des 10 étapes de la future apocalypse financière prédits par le conseiller d'Etat honoraire Jacques Attali dans L'Express le 11 septembre 2011 : "La crise s'étend à la France, quand on réalise que sa situation financière n'est même pas aussi bonne que celle de l'Italie (dont le budget, hors service de la dette, est en excédent, à la différence de celui de la France), et quand on mesure que ses banques et compagnies d'assurances portent une large part de la dette publique des pays périphériques et détiennent encore massivement des actifs toxiques, sans valeur aujourd'hui. On arrive ensuite à la sixième étape : "Pour éviter l'effondrement de ces banques, on cherche des actionnaires, privés ou publics. En vain : il faut trouver, pour les seules banques françaises, l'équivalent de 7% du PIB".


Nous arriverons sans tarder à l'épisode final : l'effondrement du système financier occidental, une grande dépression, un chômage généralisé, et à terme, la remise en cause, même, de la démocratie. (L'UE est déjà une dictature, celle du Cartel bancaire, note d'eva). Votre épargne n'est plus en sécurité !

 

 

ET MAINTENANT L'EFFET BOULE DE NEIGE AVEC LE MAUVAIS ETAT DE L'ECONOMIE REELLE


Les banques françaises sont en déroute et leur capitalisation boursière a fondu. La Poste a vu son bénéfice net plonger de 21,2% au premier semestre 2011 (en raison de la perte de valeur de ses titres grecs). La Société Générale est en chute de 60% depuis le début de l'année et la valorisation actuelle de la BNP intègre une recapitalisation de 30 milliards d'euros. Dexia a été recapitalisée dans l'urgence.


Les prévisions économiques et budgétaires sont sombres pour le reste de l'économie française.


"Bercy anticipe un déficit commercial de 75 milliards", indique Les Echos du 29 septembre. C'est encore plus désastreux qu'en 2008, année de l'éclatement de la crise du crédit subprime où il n'était que de 56 milliards.


Le déficit budgétaire de la France se montait à 102,9 milliards à fin septembre 2011 (Et on ne touche pas aux niches fiscales comme celle de Copé ! Et Sarkozy dépense plus que la Reine d'Angleterre, par ex 37.000 euros pour sa chambre d'hôtel du G20, et il ne paie pas d'impôts ! Voilà le vrai Sarkozy ! Note d'eva). Sur l'ensemble de l'année, le gouvernement table sur 95,5 milliards. Mais "la charge effective des intérêts de la dette progresse fin août de 4,5 milliards par rapport à la même date un an plus tôt", note Le Monde. L'objectif fixé par Bercy d'un déficit de 6% du PIB pour 2011 ne sera probablement pas atteint.


La croissance escomptée en 2011 et 2012 sera de 1% au lieu des 2% et 2,25% prévus jusqu'à présent. Et encore il n'est pas sûr que ces estimations tiennent compte de la crise économique...ou de la Grande Contraction mondiale à venir...


Pire, selon une étude de Stephen Cecchetti de la Banque des règlements internationaux (BRI), "aussi inquiétante que puisse être une dette publique qui dépasse 100% du PIB, un danger encore plus menaçant pour les finances publiques vient du vieillissement rapide de la population".


Pour mesurer l'effort budgétaire alors exigé, la BRI a effectué des projections. Cette détérioration fera grimper le fardeau de la dette à 150% du PIB en France. Nous sommes bien au delà de la barre des 100% du PIB pénalisant la croissance.


Ceci provoquera un ralentissement permanent de la croissance économique, de la productivité et de l'épargne. Les recettes de l'Etat seront inférieures et les dépenses plus élevées. Le problème structurel de la dépendance ne fait que commencer.


La Cour des comptes : "L'emballement de la dette peut inquiéter les ménages et entreprises et entraîner des réflexes de précaution préjudiciables à la croissance".


La part de l'Etat dans l'économie française est déjà très lourde. Plus de dépenses publiques ne seraient pas efficaces. Autrement dit, la faillite devient inévitable.

 

L'AUSTERITE PRECIPITERA LA CRISE

 

En 2008, à Toulon, Nicolas Sarkozy jurait nous devoir "la vérité : dans la situation où se trouve l'économie, je ne conduirai pas une politique d'austérité parce que l'austérité aggraverait la récession". Puis en août dernier : l'annonce de mesures d'austérité, présentées comme inévitables... avant d'en rajouter une couche début novembre 2011.


Car c'est là tout le paradoxe : si vous diminuez les dépenses de l'Etat, l'économie souffre. Le budget des ménages est réduit. L'économie souffre encore davantage. L'Etat a moins de revenus. Il réduit davantage ses dépenses étatiques... et la faillite arrive encore plus vite! Le point de non retour est atteint.

Vers qui se tourner alors ? Les riches ? Sauf qu'il y a un tout petit problème...

 

LA FRANCE S'EST VENDUE AUX ETRANGERS


Même notre dette publique ne nous appartient plus... puisqu'elle est détenue à 65% par des investisseurs étrangers. L'Agence France Trésor vante cette diversification des acheteurs. Cela doit nous inquiéter. "Qui sont ces étrangers ?" me demandez-vous... Impossible d'en savoir davantage en raison de la loi interdisant la divulgation de cette information. Les SVT (spécialistes en valeur du Trésor, sorte de grossistes en dette) gardent secret le nom de leurs acquéreurs.


Parce que sa dette est placée sur des marchés internationaux, la France est d'autant plus vulnérable. La Grèce ou le Portugal, qui avaient également une dette majoritairement située à l'étranger, en ont déjà payé les conséquences. Encore une fois, nous sommes les premiers à être sur la liste d'attente.

 

Et pour l'avenir se profile...

 

LE CHAOS

 

"Une faillite entraîne un appauvrissement instantané du pays. Un Etat qui fait défaut, ce n'est pas seulement un fait économique, c'est aussi un drame social", souligne Marc-Albert Chaigneau.


 

Si l'Etat n'est plus capable de payer ses factures, cela signifie concrètement la mise à la porte de sept millions de fonctionnaires. Un Français sur cinq sera au chômage ! Et cela entraînera inévitablement la fin de toute croissance mais aussi de votre protection sociale et même civile. Notre démocratie, votre santé et votre sécurité sont sérieusement en danger.

 

 

CHOISISSEZ ENTRE L'EXODE URBAIN OU LES EMEUTES DE LA FAIM

 

Si vous parlez aux témoins de la Grande dépression encore vivants, leurs récits ont une chose en commun : ceux qui étaient à la campagne s'en tiraient mieux que les autres.

Ma propre mère (née en 1923 et élevée en province) me racontait que les retours à la ferme se sont multipliés lors de la crise de 1929. Le citadin qui réapprenait vite comment gagner son vivre et son couvert. "On a vu réapparaître la vraie solidarité, pas celle du Secours populaire, celle de la solidarité rurale".


Bien sûr, de nos jours c'est impossible. L'agriculture est bien trop mécanisée. Aujourd'hui, il n'y a plus qu'un million d'exploitants agricoles en France, représentant à peine 4% de la population active. Ils étaient 10 millions d'actifs agricoles en 1945...


De plus, l'agriculture de subsistance a été remplacée par une agriculture modernisée, liée à l'industrie agroalimentaire, et dépendante d'un approvisionnement permanent en pétrole pour les machines, et en engrais chimiques et pesticides.


Cela va dire que si notre système social venait à disparaître, des millions de citadins se retrouveraient sans aucune solution de repli. Et le monde agricole serait aussi profondément ébranlé.


De graves troubles sociaux éclateraient immédiatement, avec, à la clé, des émeutes, des pillages, le retour au couvre-feu et l'intervention de l'armée -- si elle existe encore... La guerre civile serait à nos portes. Nous serions piégés.

 

A ce moment-là, j'espère que vous aurez pris vos précautions.


Même si nous n'en arrivons pas à des situations aussi extrêmes, il est aujourd'hui évident que l'augmentation de la population mondiale va provoquer dans les années à venir une hausse considérable des prix des denrées alimentaires.


C'est ce qu'annonce déjà la FAO (l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture). Se nourrir coûtera encore plus cher au cours des prochaines années en raison des prix élevés des produits alimentaires de base, de la forte diminution des stocks et de la faible production de la plupart des cultures.


Ajoutez à cela la volatilité et la hausse des matières premières qui vous obligeront à abandonner voiture et autres conforts modernes... et vous aurez une idée de la chute du niveau de vie en France dans les années à venir. L'appauvrissement sera généralisé. La classe moyenne, pilier de la démocratie, se diluera au profit d'une classe pauvre. C'est alors l'ordre social qui sera profondément bouleversé et la démocratie menacée.


LE LIVRET A OU LA DESTRUCTION LENTE ET INSIDIEUSE DE VOTRE POUVOIR D'ACHAT


Tel est le paradoxe actuel. Si le gouvernement est une cigale, les Français sont des fourmis. Avec 17% de leurs revenus épargnés, les Français font figure d'exception. A titre d'exemple, le taux d'épargne est de 5% au Royaume-Uni, suite à la crise financière. C'est simple, l'épargne des Français représente aujourd'hui environ 5 000 milliards d'euros, pour un PIB d'un peu moins de 2 000 milliards d'euros et une dette publique de quasiment 1 700 milliards.

Le placement le plus plébiscité est le Livret A.

Le problème, c'est que notre vénérable Livret n'est de loin pas aussi sûr que se l'imaginent les millions de Français qui en possèdent un.


C'est ce que nous prouve Valentin Petkantchin, de l'Institut Molinari, dans un article pour le site 24h Gold. Son propos est direct et clair : cessons de croire que le Livret A est une valeur refuge. En fait, c'est même tout le contraire -- il détruit votre pouvoir d'achat au lieu de le préserver.

 

Mais le taux du Livret A a été augmenté en août 2011, me direz-vous : il est passé de 2% à 2,25%. Sauf que cette augmentation compense à peine l'inflation !  

M. Petkantchin poursuit en indiquant que tant les prix à la production que les prix à la consommation sont dans une tendance haussière ; par ailleurs, explique-t-il, la création monétaire à laquelle se livre la BCE dilue la valeur -- et donc le pouvoir d'achat -- de chaque euro en circulation.


"En matière de Livret A", déclare encore Valentin Petkantchin, "ne faudrait-il pas plutôt parler de 'prélèvement' opéré par l'Etat grâce à l'inflation que de rendement ? Et les Français accepteraient-il de perdre ainsi du pouvoir d'achat s'ils découvraient que la garantie des dépôts offerte par l'Etat lui-même n'est peut-être qu'un leurre ?"

 

Au vu de toutes ces données, vous comprendrez aisément pourquoi la note de la France est sérieusement menacée aujourd'hui. D'ailleurs, peut-être, à l'heure où vous lisez ce message, a-t-elle déjà chuté, entraînant dans son sillage ces conséquences terribles que les Français ne veulent pas voir aujourd'hui. Agissez avant qu'il ne soit trop tard.

 

PERTE DU TRIPLE AAA = HAUSSE DES TAUX D'INTERET = L'ETAT METTRA LA CLEF SOUS LA PORTE


De votre côté, vous pourrez dire au revoir aux taux d'emprunt de 3,5 ou 4% pour acheter de l'immobilier. Seuls seront qui auront des liquidités pourront encore se doter d'un patrimoine. Quant à l'Etat français, il sera tout simplement pris au piège. Ce n'est pas moi qui l'affirme mais notre ministre du Budget, Valérie Pécresse, qui déclarait à la fin de l'été dernier : "si on le perdait (le triple A), immédiatement on emprunterait plus cher, nos taux d'intérêt augmenteraient et ça nous coûterait à peu près cinq milliards d'euros par an. C'est le budget du ministère de la Justice"... 


On ferme un premier ministère puis encore un autre jusqu'à mettre la clef sous la porte de l'Elysée...

Il suffirait que les taux remontent à 4 ou 5%, comme c'était encore le cas en 1998, pour que la charge de la dette soit multipliée par deux, asphyxiant instantanément notre gouvernement. Et je ne vous parle même pas de hausses comme celle que nous avons connue en 1980 où nous sommes passés de 5,8 à 12%. Dans de tels cas, ce serait l'intégralité du budget de l'Etat français qui s'effondrerait tel un château de cartes.


Cette hausse peut se produire à tout instant. Peut-être a-t-elle déjà eu lieu à l'heure où vous lisez ces lignes.

 

Les effets d'une telle hausse seraient dévastateurs. Les robinets seraient immédiatement coupés pour les écoles, les hôpitaux, les forces de l'ordre, etc. Tous les fonctionnaires seraient à la rue. Tout comme la Grèce, nous serions mis sous tutelle des autorités européennes et du

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23 novembre 2011 3 23 /11 /novembre /2011 17:01
Quand Danielle Mitterrand avoue que le chef de l’Etat n’a pas LE pouvoir
23 nov

La veuve de l’ancien président socialiste avait été admise vendredi à l’hôpital Georges-Pompidou, pour des problèmes d’insuffisance respiratoire, problèmes dont elle souffrait depuis plusieurs mois. Placée en coma artificiel dimanche, elle était depuis dans un état « stationnaire ». Danielle Mitterrand était « très fatiguée » depuis plusieurs mois, mais était apparue en public le 21 octobre à l’anniversaire des 25 ans de sa fondation. Elle est décédée.

Danielle Mitterrand sera inhumée à Cluny en Saône-et-Loire où se trouve sa maison familiale, selon sa fondation. C’est aussi là qu’elle rencontra le capitaine Morland, alias François Mitterrand, qui repose à Jarnac.

D’une manière générale, les socialistes cherchent à maquiller les rapports qu’ils nourrissent officieusement avec les puissances d’argent. Les Mitterrand pensaient que leur arrivée au pouvoir, en mai 1981, leur permettrait de réaliser le « paradis » sur terre. Comme tous les hommes politiques parvenus au « sommet du pouvoir », François Mitterrand a vite déchanté. Il a compris que le VERITABLE POUVOIR n’appartient pas au chef de l’Etat.

 

Confidences de Danielle Mitterrand sur le POUVOIR

« Mai 1981 fut un mois de grande activité, car c’était la préparation de l’arrivée au pouvoir de François. J’essayais d’apporter tout ce qu’il y a de meilleur en moi, pour que ce rêve d’avoir une société socialiste, quoique à l’européenne, devienne réalité. Mais bien vite j’ai commencé à voir que cette France juste et équitable ne pouvait pas s’établir. Alors je  demandais à François : ‘‘Pourquoi maintenant que tu en as le pouvoir ne fais-tu pas ce que tu avais promis ?’’ Il me répondait qu’il n’avait pas le pouvoir d’affronter la Banque mondiale, le capitalisme, le néolibéralisme. Qu’il avait gagné un gouvernement mais non pas le pouvoir. J’appris ainsi qu’être le gouvernement, être président, ne sert pas à grand-chose dans ces sociétés sujettes, soumises au capitalisme. J’ai vécu l’expérience directement durant quatorze ans. Même s’il essayait d’éviter le côté le plus négatif du capitalisme, les rêves ont commencé à se briser très rapidement. […]

[…] Durant la célébration du Bicentenaire de la Déclaration des droits de l’Homme – juillet 1989 – j’ai pu voir jusqu’à quel point nous étions soumis aux Etat-Unis. L’Etat français n’invita pas plusieurs dignitaires, en particulier des Latino-Américains. Comme par hasard, c’était ces pays-là que Washington voulait détruire. […] Je me rappelle avoir dit à François : ‘‘Jusqu’à quel point allons-nous être dépendants de l’humeur des Etats-Unis, ne pas pouvoir choisir nos invités pour nos festivités… ?’’ Ce fut une honte. […]

En France, on élit et les élus font des lois qu’ils n’ont jamais proposées et dont nous n’avons jamais voulu. […] La France est-elle une démocratie ? Une puissance mondiale ? Je le dis en tant que Française : cela ne veut rien dire ».

 

La France… une démocratie ? Cela ne veut rien dire

Voilà un témoignage plutôt intéressant Les nains qui cherchent à conquérir l’Elysée et briller dans les G-VAIN devraient méditer sur les propos de D. Mitterrand.

« Vanité des vanités, dit l’Ecclésiaste, vanité des vanités, tout est vanité. »

http://liesidotorg.wordpress.com/2011/11/23/quand-danielle-mitterrand-avoue-que-le-chef-de-letat-na-pas-le-pouvoir/

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23 novembre 2011 3 23 /11 /novembre /2011 15:28
Les think tanks, source d’expertise ou influence ?
Les think tanks, source d’expertise ou influence ?
Remonter le fil de la pensée unique pour en dévoiler les causes inavouables : tel était le but de la rencontre « Les Think Tanks, source d’expertise ou influence ? » organisée par l’association Adéquations le 15 novembre 2011 à l’Assemblée nationale. Ce débat s’inscrit dans le cadre d’un cycle de quatre séminaires intitulé « Le développement soutenable est-il soluble dans le lobbying, les conflits d’intérêts, les expertises biaisées ? » à quelques mois de la Conférence internationale de Rio+20.
 

Auteurs du livre Un pouvoir sous influence – Quand les think tanks confisquent la démocratie, paru aux éditions Armand Colin en octobre 2011, Roger Lenglet et Olivier Vilain ont partagé avec les participant-es leurs travaux d’investigation sur la réalité des think tanks, instituts et autres fondations politiques apparues en France dans les années 2000 (et près d’un quart de siècle auparavant en Angleterre et aux Etats-Unis).
Les think tanks sont défiscalisés à 66 % quand ils sont reconnus d’utilité publique et, dans leur grande majorité, ils sont financés par les entreprises du CAC 40 et des agences de lobbying. Leurs rapports et réflexions influencent fortement les décideurs politiques, qu’ils soient UMP ou PS, alors que leur contenu est très similaire. «  Les nuances sont savamment entretenues, mais ils sont d’accord sur l’essentiel, à savoir une orientation économique néolibérale  » a résumé la journaliste indépendante et productrice de l’émission liberté sur paroles sur Aligre FM, Eugénie Barbezat, qui animait les débats.
« Capture du débat public », « industrialisation des idées », « prêt-à-porter de la pensée » : Roger Lenglet et Olivier Vilain n’ont pas mâché leurs mots pour dénoncer les procédés des think tanks qui, sous couvert de se présenter comme des « contre-pouvoirs », visent à la fabrication d’un consensus international, européen et national protégeant les intérêts des multinationales sur des thématiques aussi sensibles que le chômage, le droit du travail, les retraites, le système de santé, le logement ou la place de l’État, dans la perspective de privatiser les services publics…
Etude de cas : la dette. On assiste aujourd’hui à une véritable stratégie de manipulation de l’opinion publique, afin d’imposer ce thème comme celui qui conditionne tous les autres problèmes. La dette est ainsi présentée comme l’indiscutable évidence qu’il faut réduire drastiquement les dépenses publiques. Non seulement ce discours consensuel se garde bien de pointer les véritables acteurs du déficit public, mais il présente toute vision alternative comme irresponsable. « Il s’agit d’une véritable entreprise de guerre, a alerté Roger Lenglet, visant à détricoter le programme que le Conseil national de la Résistance a mis en œuvre après la guerre : un système de protection sociale fondé sur la solidarité et la justice, l’égal accès de tous à des soins de qualité quels que soient les revenus, la non lucrativité des services publics, une retraite par répartition, l’indemnisation du chômage, la liberté de grève, la limitation de la durée quotidienne du travail, etc. ».
D’une manière générale, en effet, les think tanks se sont développés dans le cadre de la remobilisation, à partir des années 50, de la pensée libérale et de l’organisation des grands « capitaines » d’industrie capitaliste pour contrer l’Etat keynésien.
Autre exemple de dispositif garantissant l’intérêt général ciblé : le principe de précaution, dans le collimateur des think tanks depuis quelques années, surtout depuis qu’il a été constitutionnalisé en France avec la Charte de l’environnement. Le principe de précaution, institué depuis la Conférence de Rio en 1992, renforce la responsabilité des industries et fournit un argument juridique aux victimes, en cas de procès. De nombreux think tanks ont pour objectif d’obtenir sa suppression, notamment par une désinformation sur la définition même de ce principe, l’accusant de mettre en péril la recherche, de freiner notre économie et de miner « la libération de la croissance », opposant sans cesse « innovation » et « précaution » etc.
Alors que les lobbies et agences de lobbying n’ont pas toujours bonne presse, les think tanks en revanche sont valorisés – et valorisants pour ceux qui s’inspirent de leur production – car ils s’appuient sur des leaders d’opinions, journalistes, universitaires, experts auto-proclamés en tout genre, souvent appointés par des grands groupes financiers ou cédant à des promesses de pouvoir. En réalité agences de lobbying et think tanks participent d’une même sphère de l’influence : ainsi certaines agences proposent précisément à leurs clients de créer un think tank ad hoc ou d’engager un partenariat avec un think tank existant…
Les propositions de réformes ou les avis des think tanks sont de plus en plus cités dans les medias, et, d’après l’enquête faite par les auteurs, les parlementaires mentionnent désormais sans cesse les travaux de think tanks, en séance ou dans leurs rapports, dévoilant l’origine de leurs interventions. Ces rapports produits par des think tanks qui se plagient les uns les autres frappent généralement pourtant par leur médiocrité, et la « novlangue » qu’ils propagent prête bien souvent à rire. L’exemple a été cité de l’expression « nutrigalette » ou de « matière valorisées agronomiquement » pour désigner les « boues toxiques ». Ce qui n’est pas sans rappeler le terme d’« usage contrôlé de l’amiante » pour « maintien du commerce de l’amiante » dans les pays qui n’ont toujours pas interdit ce commerce.
Pourquoi si peu de lucidité des élus ? ont questionné les participant-es à ce séminaire. Là encore, la réponse des auteurs de Un pouvoir sous influence – Quand les think tanks confisquent la démocratie est décapante : parce que tout à leur entreprise de communication, la plupart des politiques consacrent aujourd’hui davantage de temps à leurs prestations mediatiques qu’à consulter experts indépendants, associations à but non lucratif et syndicalistes de terrain. « Pourquoi les décideurs politiques républicains ne dénoncent-ils pas la perte du contrôle de la décision publique ? » déplore Olivier Vilain. Par exemple, pourquoi ne pas interroger la légitimité des rencontres ultra confidentielles du club Bilderberg, un think tank international très puissant qui rassemble personnalités politiques, industriels, banquiers et rédacteurs en chef de la grande presse ?
Face à cette « délocalisation du cerveau des politiques », permise et encouragée par la délégation du travail législatif au secteur privé, les auteurs proposent de limiter et d’encadrer les thinks tanks par une loi. Pour enrayer cette confiscation de la démocratie, ils appellent le législateur à soutenir par des financements publics les recherches souvent très pointues et les propositions des réseaux d’expertise associative et citoyenne, vrais contre-pouvoirs qui échappent au financement des entreprises. Ils demandent également qu’une transparence totale des comptes et des « parrainages » soient imposée aux think tanks.
Yveline Nicolas, coordinatrice d’Adéquations, a rappelé également une caractéristique peu soulignée des think tanks : leur composition très majoritairement masculine. Elle a cité les interventions des féministes du groupe d’action La Barbe, qui portant pour l’occasion une barbe postiche, s’invitent régulièrement dans les manifestations de think tanks pour les « féliciter » de leur absence de parité et de l’acharnement dont ils témoignent à accaparer le pouvoir. Ainsi, en 2010, les intervenants du « Premier Forum annuel des Think tanks », étaient presque tous des hommes (6 femmes sur 25 intervenants). Yveline Nicolas note que le 2ème Forum du 19 novembre 2011 qui rassemble 23 think tanks ne voit guère de progression : « sur 29 intervenants, 8 femmes (mais dont 3 sont là pour animer des tables rondes) ».
Enfin, les participant-es ont échangé sur différentes initiatives intéressantes : le livre de Séverine Tessier et François Gargan Corruption, Stop ou encore ? Manifeste pour l’action citoyenne ; les Prix Pinocchio du développement durable décernés par les Amis de la Terre pour illustrer et dénoncer les impacts négatifs de certaines entreprises françaises, en totale contradiction avec le concept de développement durable qu’elles utilisent abondamment ; la campagne « Pour le droit à la souveraineté alimentaire, Non aux royalties sur les semences paysanne » ; la rubrique Comment évolue la démocratie en France, veille sur les évolutions institutionnelles et juridiques sur le site d’Adéquations. Au niveau européen, la coalition citoyenne Alter EU lance une campagne contre le « pantouflage » de fonctionnaires et responsables des institutions européennes qui aussitôt leurs fonctions quittées sont embauchés dans des cabinets de lobbying et industries, qui profitent ainsi de leurs réseaux et informations.


Le prochain séminaire aura lieu le 13 décembre à l’Assemblée nationale et portera sur le thème « Une agriculture, une alimentation, une nutrition durables sont-elles encore possibles ? »
- Information : http://www.adequations.org/spip.php?article1715
http://www.alterinfo.net/Les-think-tanks-source-d-expertise-ou-influence_a66870.html
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23 novembre 2011 3 23 /11 /novembre /2011 15:15

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Les disciples de Goebbels à l’œuvre contre la Syrie

par Domenico Losurdo

Le 22 novembre 2011
Le blog de Domenico Losurdo

Quelle est la nature du conflit qui investit la Syrie depuis quelques mois ? Je voudrais avec cet article inviter tous ceux qui ont à cœur la cause de la paix et de la démocratie dans les rapports internationaux à se poser quelques questions élémentaires, auxquelles, de mon côté, j’essaierai de répondre en laissant la parole à des organes de presse et journalistes qu’on ne peut suspecter de complicité avec les dirigeants de Damas.

 

1. Il convient en premier lieu de se demander quelle était la condition du pays moyen-oriental avant l’arrivée au pouvoir, en 1970, des Assad (père puis fils) et du régime actuel. Eh bien avant cette date, « la république syrienne était un Etat faible et instable, une arène pour les rivalités régionales et internationales » ; les événements des derniers mois signifient le retour à la « situation précédant 1970 ». En ces termes s’exprime Itamar Rabinovitch, ancien ambassadeur d’Israël à Washington, dans The International Herald Tribune du 19-20 novembre 2011. Nous pouvons tirer une première conclusion : la révolte appuyée en premier lieu par les USA et l’Union européenne risque de ramener la Syrie dans une condition semi-coloniale.

 

2. Les condamnations et les sanctions de l’Occident et son aspiration au changement de régime en Syrie sont-elles inspirées par l’indignation pour la « brutale répression » de manifestations pacifiques dont le pouvoir  se serait rendu responsable? En réalité, en 2005 déjà, « George W. Bush désirait renverser Bachar al Assad, alors premier ministre »[1]. C’est ce que rapporte encore l’ex-ambassadeur israélien à Washington, lequel ajoute que la politique de regime change en Syrie est maintenant celle que poursuit aussi le gouvernement de Tel Aviv : il convient d’en finir avec un groupe dirigeant qui appuie depuis Damas « le Hezbollah au Liban et le Hamas en Syrie » et qui a des liens étroits avec Téhéran. Oui, « profondément préoccupé par la menace iranienne, Israël pense qu’enlever la brique syrienne du mur iranien pourrait déboucher sur une nouvelle phase de la politique régionale. Il est clair que soit le Hezbollah soit le Hamas avancent à présent avec davantage de prudence ». Donc, la cible de la révolte et des manœuvres qui lui sont connexes n’est pas seulement la Syrie, mais aussi la Palestine, le Liban et l’Iran : il s’agit d’asséner un coup décisif à la cause du peuple palestinien et de consolider la domination néo-coloniale d’Israël et de l’Occident dans une aire d’importance géopolitique et géo-économique décisive.

 

3. Comment poursuivre cet objectif ? Guido Olimpio nous l’explique dans le Corriere della Sera du 29 octobre : à Antakya (Antioche), dans une région turque frontalière de la Syrie, est déjà à l’œuvre « l’Armée syrienne libre, une organisation qui mène la lutte armée contre le régime d’Assad ». C’est une armée qui a l’usufruit des armes et de l’assistance militaire de la Turquie. De plus -ajoute Olimpio- (dans le Corriere della Sera du 13 novembre) Ankara « a exercé des menaces contre la création d’une zone tampon de trente kilomètres en terre syrienne ». Donc, le gouvernement de Damas non seulement doit faire face à une révolte armée, mais une révolte armée appuyée par un pays qui dispose d’un dispositif militaire de première importance, qui est membre de l'OTAN et qui menace d’envahir la Syrie. Quelles qu’aient été les erreurs et les fautes de ses dirigeants, ce petit pays est à présent l’objet d’une agression militaire. Depuis des années en forte croissance économique, la Turquie depuis quelques temps montrait des signes d’impatience à l’égard de la domination exercée au Moyen-Orient par Israël et les USA. Obama répond à cette impatience en poussant les dirigeants d’Ankara à un sous-impérialisme néo-ottoman, contrôlé évidemment par Washington.

 

4. Comme il résulte des analyses et témoignages que j’ai rapportés, la Syrie est contrainte à lutter dans des conditions assez difficiles pour garder son indépendance, elle doit dores et déjà affronter une formidable puissance économique, politique et militaire. De plus, l’OTAN menace, directement ou indirectement, les dirigeants de Damas de leur infliger le lynchage et l’assassinat qui ont scellé la mort de Kadhafi. L’infamie de l’agression devrait être claire pour tous ceux qui sont disposés à accomplir un ne serait-ce que modeste effort intellectuel. Si ce n’est que, se prévalant de sa terrible puissance de feu multimédiatique et des nouvelles technologies de manipulations rendues possibles par Internet, l’Occident présente la crise syrienne en cours comme l’exercice d’une violence brutale et gratuite contre les manifestants pacifiques et non-violents. Il ne fait aucun doute que Goebbels, le maléfique et brillant ministre du Troisième Reich, a fait école ; il convient même de reconnaître que ses disciples à Washington et Bruxelles ont même à présent dépassé leur maître jamais oublié.

 

Publié lundi 21 novembre 2011 sur le blog de l’auteur

http://domenicolosurdo.blogspot.com/

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio


[1] Erreur dans la déclaration de l’ambassadeur israélien : Bachar al Assad n’a jamais été premier ministre, mais directement président de la République, à la mort de son père. NdT.


 

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Exemple de désinformation,
sur le faux journal de gauche, le Nouvelobs,
et mon commentaire :

Alors que l'ONU vient de condamner la répression en Syrie, plusieurs dizaines de personnes ont trouvé la mort mardi lors de perquisitions.

Au cours de la seule journée de mardi, la répression menée par les forces du régime contre la contestation en Syrie a fait au moins 33 morts, selon un dernier bilan fourni par les militants eux-mêmes mercredi 23 novembre. Parmi les victimes figurent six enfants et adolescents.

Bonjour

Le Nouvelobs (faux journal de gauche) organe au service du Nouvel Ordre Mondial anglo-saxon, ultra-libéral et va-t-en guerres, fait l'apologie de la Pensée unique. Il oublie donc de dire que les morts sont le fait des agents de l'Etranger, quelques opposants au régime syrien certes mais surtout islamistes sunnites, et davantage encore, agents de la CIA déstabilisateurs au service des anglo-saxons et d'Israël (la France a d'ailleurs reconnu que ses Services secrets finançaient la rébellion). L'Armée syrienne doit aussi protéger son pays attaqué de l'extérieur, réprimer les agitateurs payés par l'Etranger (pour prendre le pouvoir et... l'offrir à l'Occident qui en a besoin avant d'attaquer l'Iran puis la Russie et la Chine !). Ne cédons pas à la propagande de la Presse Officielle, de Droite comme de Gôche. Ouvrons les yeux sur la réalité ! 

eva journaliste d'investigation, attachée à la vérité

http://sos-crise.over-blog.com

Je cite souvent ce site Les MOTSONTUNSENS (sur mes blogs au TOP) je déplore juste quelques erreurs d'interprétation.
La vraie info est là :

Sommaire de la lutte pour la libération du territoire.

Tiré à part 

L'ancien vice-président réclame une intervention militaire internationale.

La Syrie est en danger… Des drones américains déployés en Turquie. 

Les grandes manœuvres pour renverser le président Assad.

La Guerre Humanitaire de la NED et de la FIDH en Syrie.

Scénarios de guerre contre la Syrie ??.  

Paroles & action du président.

 Bachar al-Assad se dit prêt à combattre et à mourir s’il devait affronter des forces étrangères. 

Assad dit qu'il ne "s'inclinera pas" et s'en prend à la Ligue arabe.

Résistance

Analyse  

Delphine Jaen : La Russie va-t-elle lâcher Bachar el-Assad ?  

1 Lutte pour la libération du territoire

a) Politique Syrienne  

Sur le terrain 

La Syrie a rempli la plupart des conditions du plan de la Ligue arabe  

Des Canons ... pas du beurre

Les grandes manœuvres

Des bases pour entrainement de mercenaires contre la Syrie...  

b)  Politique des USA

Des Canons ... pas du beurre

Pierre Khalaf : Bruit de bottes en Turquie et subversion des pro-américains au Liban et en Syrie.

c) Pays Arabes & voisins

2 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos.

2-1 Vidéo : Le chef des rebelles syriens avoue être financé par la CIA .

2-2 Vidéo : comite-valmy :  Alerte Syrie

2-3 Vidéo : rencontre Sarkozy-Bechara Raï,

2-4 Gilles Munier, répond à Barbier de L’Express.

3 Brèves

3-1 Le chercheur russe Youri Zinine : «La décision de la Ligue arabe sur la Syrie sert les objectifs des forces extrémistes.»

3-2 Moscou freine pour l’explosion du Proche-Orient.

4 Dossier

4-1 Des navires russes en direction de la Syrie ?  

5 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net

5-1 Louis Denghien : Un regard anglo-saxon, autorisé et honnête sur le drame syrien.

5-2 T. Slimani : Al-Mouallem : « Le projet du protocole de la ligue comprend des clauses qui violent la souveraineté nationale ».

5-3 Ahmad Badreddine Hassoune - Mufti de Syrie  - : « L’opposition a tenté de me séduire ».  

5-4 Comite-valmy : SAUVER LA PAIX EN RÉTABLISSANT LA VÉRITÉ

 

 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

 

 

 

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23 novembre 2011 3 23 /11 /novembre /2011 14:57

 

http://sciencescitoyennes.org/wp-content/uploads/2011/09/AlainBraillon.jpg

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La recherche … une sacrée loterie? La honte!

Bridging the gap between research and practice American Journal of Medicine 2011;124:e15 

 

FCA: Le système anti fraude américain et l’industrie du médicament

http://www.mja.com.au/public/issues/195_10_211111/letters_211111_fm-9.html MJA 2011; 195: 585 

 

Ca fait un tabac 

TOX-bacco: call a spade a spade! Drug and Alcohol Today 2011;11:90-3

Searching For An Indicator Of The Influence Of The Tobacco Lobby On Politicians American Journal of Preventive Medicine 2011;41:e29

 

Consentement et dépistage: une exception française

Cancer Screening And Informed Consent. A New French Exception? Prev Med. 2011 Jul 22

 

Et un article de soutien dans  l’Indépendant, dans un n° de début novembre.

http://www.lindependant.fr/2011/11/05/sale-temps-pour-les-experts-independants,80871.php

 

N’hésitez pas à diffuser, merci

A+

Alain Braillon  http://braillon.net/alain/

 


Médecin des hôpitaux (reçu au concours national avec 150/150) viré du CHU d’Amiens par le Ministère de la santé contre l’avis de plus de 70% des membres de la Commission Statutaire Nationale. Mon chef de service, le Pr Gérard DUBOIS, président de la Commission Addiction à l'Académie Nationale de Médecine, est poursuivi en correctionnelle par la Confédération des buralistes.

 

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18.09.2011

La santé publique dans tous ses états: Questions au Dr Alain Braillon, un expert trop indépendant (II)

Ceci est la deuxième partie de l'interview que j'ai faite avec le Dr Alain Braillon (voir « La santé publique dans tous ses états: questions au Dr Alain Braillon, un expert trop indépendant (I))

pour Pharmacritique éducation thérapeutique rôle du patient,empowerment relation médecin patient,autonomie empowerment des patients,martin winckler claude béraud relation médecin patient,patients usagers esprit critique,médiator scandales sanitaires réactions,xavier bertrand médiator projet de loi médicament,sécurité sanitaire pharmacovigilance projet de loi sécurité médi,santé publique budget indépendance expertise,déontologie expertise indépendance experts,conflits d'intérêts lobbying industrie pharmaceutique,alain braillon santé publique,contrat d'amélioration des pratiques individuelles capi critique,médecine générale vaccination grippe a h1n1,médecine générale politique de santé publique,myofasciite à macrophages vaccin hépatite b,tarification à l'activité t2a hôpital public,cmu refus de la cmlui testing accès aux soins,médecine préventive abus de prévention,médicalisation surmédicalisation dr knock,médecine libérale médecine hsopitalière,hépatite b transmission mère enfantet la Fondation Sciences Citoyennes. (La première partie est sur cette page, car le format blog ne permet pas de textes longs). Photo: Magali Delporte / Viva.

 

Elena Pasca: L’un des objectifs en fonction desquels les médecins généralistes signataires du CAPI obtiendront leur prime à la performance, c’est le taux de mammographies. Qu’en pensez-vous ?

Alain Braillon: L’Assurance Maladie a décidé de donner un bonus financier aux médecins s’ils remplissent certains objectifs. C’est le CAPI [NdR : contrat d’amélioration des pratiques individuelles]. Parmi ces objectifs, il y a le pourcentage de femmes de 50 à 70 ans qui aura participé au dépistage du cancer du sein.

Cette initiative pose d’abord deux problèmes :


Sur le fond :

Vouloir améliorer la qualité des soins, c’est une bonne initiative. Mais croire que les bonus financiers sont la panacée, c’est très naïf. Il n’y a pas de solution simple à un problème complexe, surtout dans un système à la dérive. De plus, les analyses de ce type de démarche qui a été initiée il y a bien longtemps par d’autres pays sont disponibles ; elles sont souvent décevantes, encore plus quand on s’intéresse au long terme.

Surtout, il faut s’interroger sur cette conception très particulière de la qualité. En effet, l’Assurance Maladie donnera une prime aux médecins qui, somme toute, font normalement leur travail, mais gardera au sein du système des médecins qui n’atteignent pas les objectifs de qualité !

Sur la forme :

Les critères de qualité choisis par l’Assurance Maladie sont très contestables. Le dépistage du cancer du sein n’est qu’un exemple parmi les autres critères. L’intérêt du dépistage du cancer du sein a été bien démontré par des études anciennes. Cependant, le bénéfice du dépistage dans la pratique quotidienne fait actuellement l’objet de discussions très animées. De nombreuses analyses mettent en doute la pertinence réelle du bénéfice du dépistage sur la mortalité. Ce n’est pas la première fois où, en médecine, on observe une discordance entre les résultats obtenus dans les conditions de recherche / expérimentation et les résultats lors de l’application dans la vie. 

Surtout, et c’est indiscutable, on est maintenant conscient de l’importance du surdiagnostic, qui a été sous-estimé. Comme pour la prostate, la présence de cellules anormales n’indique pas forcément une évolution vers un cancer qui fera parler de lui. Le Pr M Baum, qui a été le promoteur de ce dépistage en Angleterre, milite maintenant pour une meilleure information des femmes sur les risques liés au surdiagnostic. C’est d’autant plus nécessaire que, comme pour la prostate, on assiste là encore à une campagne d’information qui préfère le sensationnel et la peur à l’information objective; le style de cette désinformation est connu : « Une femme sur 8 est actuellement touchée par le cancer du sein, et ce chiffre pourrait grimper à une sur 7 d'ici vingt ans. » En réalité, le cancer du sein représente 4,4% (ou 1/23) des causes de décès chez la femme. Les plus grands progrès ont été faits pour les traitements, en termes de tolérance et d’efficacité.

Mais, plus grave, l’Assurance Maladie avait déjà voulu augmenter la participation au dépistage organisé du cancer du sein. En 2007, dans la convention signée entre l’Assurance Maladie et les médecins généralistes on trouve : “le médecin traitant … attire l’attention de la patiente sur les bénéfices d’un dépistage … développe une information positive sur le dépistage…qui doit s’inscrire parmi les actes naturels de simple surveillance… afin de lever les éventuelles réticences de ses patientes”. C’est nier un principe fondamental de la médecine. Les soins doivent faire l’objet d’un consentement éclairé après une information adaptée. C’est vrai pour les malades à qui l’on propose un traitement, et encore plus pour les sujets sains à qui l’on propose une prise en charge qu’ils n’ont pas demandée.

Cet objectif de vouloir faire du chiffre à tout prix n’a rien à voir avec la qualité des soins.

Il y a d’autres réserves sur le CAPI. En effet, 31% de la prime à la performance concernera les indicateurs d’efficience de la prescription de médicaments. François Pesty a bien montré que, sur ce point aussi, le CAPI a de bonnes intentions, mais que les critères retenus ne permettent pas de garantir que le versement de la prime correspondrait à une pratique de qualité.

 

N’y a-t-il pas un dévoiement de la fonction sociale de la médecine, lorsqu’on l’assimile à de la médecine préventive, au sens de David Sackett ? Comment la médecine de santé publique, dont la prévention est la raison d’être, peut-elle éviter l’abus de prévention ?

La médecine des pays développés est devenue une médecine consumériste. Par de nombreux aspects, la santé en est quasiment au stade de bien capitalistique. La prévention, et d’une façon plus générale la santé publique, n’a pas échappé à cette dérive sociétale. Ce n’est pas une découverte récente.

C’est en 1923 que Jules Romains publie Knock. Grâce à une stratégie développée avec la complicité d’autres notables, un village est mis en coupe réglée par le Dr Knock. Tous les moyens lui sont bons pour transformer les solides paysans, jusque-là en parfaite santé, en malades qui sont d’autant plus graves que leur maladie est silencieuse. « Les gens bien portants sont des malades qui s’ignorent. »

La justification de la prise en charge médicale, c’est que le rapport entre le bénéfice et le risque soit positif. Naturellement, plus la maladie est patente et grave, plus le bénéfice attendu est important et simple à obtenir. Le bénéfice est espéré pour tous ceux qui seront traités (même si le traitement n’a jamais 100% d’efficacité). C’est différent lorsque la maladie est moins avancée (à un stade précoce) et encore plus lorsque l’on est proche d’une situation normale (dépistage). Dans ce dernier cas, non seulement le bénéfice sera plus faible et ne concernera qu’un nombre très réduit de personnes (et on aura tendance à surestimer ce bénéfice, car certains qui sont étiquetés « malades » n’auraient en fait jamais développé les complications de la maladie, c’est le surdiagnostic), alors qu’on  intervient sur une large population qui ne tirera aucun bénéfice, mais qui sera soumise aux risques. A l’extrême, schématiquement, c’est un peu comme une loterie : les gains d’un très petit nombre ne que sont le résultat des pertes d’une grande masse.

D’une façon générale, l’action de prévention est plus délicate, et ce d’autant plus que souvent les personnes que l’on veut cibler dans la population soumise à l’action de prévention sont les personnes qui sont les plus difficiles à atteindre. C’est par exemple le cas du problème de l’obésité. Quelques actions ont fait la preuve de leur efficacité sur le long terme pour combattre cette épidémie. Mais l’obésité est fortement liée aux conditions socio-économiques, elle touche principalement les classes les moins favorisées. Ainsi dans la vraie vie, non seulement les actions sont moins efficaces dans les classes les moins favorisées, car elles sont mal adaptées à leur situation, mais aussi il est plus difficile de faire participer ces classes moins favorisées à ces actions. 

Cela dit de nombreuses actions de prévention sont très efficaces. Qu’il s’agisse de la simple hygiène dentaire à l’éradication de la variole.

Il n’y a pas de recette miracle pour éviter les abus, surtout que le problème n’est pas spécifique de la prévention. Et les abus ne sont que l’un des aspects des dysfonctionnements du système. On est dans un système qui peut associer, pour un même domaine, à la fois d’une part des gaspillages ou une surmédicalisation et d’autre part une insuffisance de prise en charge. La responsabilité est partagée : les politiques, les administrations en charge de la santé, les professionnels de santé et leurs instances représentatives, et enfin il ne faut pas les oublier, les citoyens. Car ce sont les citoyens qui élisent les politiques ! Et les citoyens ont toujours la capacité de faire évoluer positivement le système de santé comme tout autre système. Certaines associations de patients comme celles contre le SIDA ou contre le cancer ont profondément modifié les pratiques médicales, et même les concepts. Ce n’est pas nouveau, cela a commencé avec les Alcooliques Anonymes il y a près d’un siècle. Certes, cela demande un investissement de chacun. Mais actuellement, de nombreuses associations de malades vivent de financements et sponsorings privés, en particulier ceux des industriels de santé, et non des cotisations de leurs membres. Ces associations sont sous influence maintenant et, sans s’en rendre compte, ont aliéné leur indépendance.

 

Quel serait le rôle de la médecine générale, en termes de prévention et de santé publique, dans un système rationnel et coût/efficace de santé ?

Le système a la fâcheuse habitude de se décharger sur la médecine générale pour lui faire assumer toutes les tâches difficiles qu’il n’arrive pas à organiser. Il faut arrêter de charger le médecin généraliste, et il faut lui donner les conditions d’un exercice convenable. La consultation classique vient de passer de 22 à 23 €. Le prix n'avait pas augmenté depuis trois ans ! Qui peut penser qu’un tel système favorise plus la qualité que la quantité ?

Comment espérer que notre système de santé puisse être rationnel ou « cout/efficace », sans formation continue indépendante et sans évaluation ? Il ne faut pas oublier que la Formation Médicale Continue obligatoire promise par les Ordonnances dites Juppé de 1996 n’est toujours pas en place, malgré différents textes de lois. Il en est de même pour l’évaluation des pratiques professionnelles, débutée timidement en 1999 pour la médecine libérale et sous la responsabilité de la Haute Autorité de Santé depuis 2005. Fin 2009, le dispositif bureaucratique que la Haute Autorité de Santé a mis en place a implosé. Il faut tout recommencer à zéro. Fin 2011, un nouveau décret est toujours en attente pour construire un nouveau dispositif…

Le médecin généraliste a certainement un rôle important pour la prévention et la santé publique, mais le cardiologue ou l’hépatologue a un rôle certes différent, mais tout aussi important. Prévention et santé publique sont des disciplines transversales qui nécessitent l’implication de la plupart des spécialités médicales.

Pour en revenir au rôle spécifique donné au généraliste, je suis un peu pessimiste. En effet, la vaccination anti grippale avait été assurée jusqu’alors par eux avec satisfaction. Lors de l’épidémie de grippe H1N1, la ministre de la Santé, Madame Bachelot les a pourtant exclus de la campagne de vaccination. La logistique a été organisée par les responsables des espaces verts des préfectures, les populations devaient aller dans des gymnases pour se faire vacciner par des élèves infirmières qui ne savaient que faire en cas de problème médical, si tant est qu’elles aient pu connaître les antécédents médicaux de personnes dont elles ignoraient tout. Bien tardivement, en décembre 2009, le ministère de la Santé a admis que les médecins généralistes pouvaient être utiles … pour les personnes ne pouvant se déplacer dans les vaccinodromes. Le ministère a écrit une procédure de 10 pages pour expliquer au médecin généraliste ce qu’il devait faire et comment (voir cet article) ! C’est incroyable, mais tristement vrai. Rappelons qu’il s’agissait de pratiquer une simple injection de vaccin !

Dans ce contexte, il est difficile de penser qu’en France le respect et la confiance des généralistes envers leur ministère de tutelle soit ce qu’il doit être dans un pays normal. Mais soyons positif, au 18 août 2011, la France a terminé de détruire la moitié du stock des vaccins livrés et inutilisés. Il n’y a plus que 9 millions de doses à détruire et l’on aura tout oublié.

 

Les syndicats de généralistes ont négocié le prix des vaccinations, sans remettre en cause son utilité. Que pensez-vous des démarches corporatistes majoritaires, du refus du testing pour la CMU, du secteur optionnel et des dépassements d’honoraires, des déserts médicaux… ?

Sur un plan général, il y a deux points en préambule.

Le terme « négociation » peut sembler abusif quand on connaît le pouvoir de l’Assurance Maladie et l’éclatement des syndicats médicaux qui sont balkanisés.

Un syndicat a pour but de défendre les intérêts professionnels et économiques de ses membres. Le Medef défend les intérêts de patrons, le syndicat du livre les intérêts des ouvriers du livre et des journalistes, etc. On ne peut espérer autre chose. En plus, le corporatisme est une maladie bien française qui atteint même les grands corps de l’Etat.

Je ne connais pas spécifiquement les exemples évoqués. Mais il y a plusieurs éléments de réponses.

Je ne pense pas que cela soit aux syndicats médicaux de discuter de l’utilité des vaccinations ou des autres points mentionnés.

Schématiquement, il y a deux types de testing, soit « scientifique » pour mesurer l’importance réelle d’un problème, soit ciblé et dit « judiciaire » pour documenter le problème en vue de poursuite devant les tribunaux. Sauf exception, les procédures de testing ne sont pas utilisées par nos institutions, contrairement à d’autres pays. C’est bien dommage, c’est à la fois la politique de l’autruche (on n’évalue pas) et la politique de l’impunité (on ne poursuit pas). Mais il  y a eu par exemple l’organisation d’un testing  décidée par le Procureur de la République du Parquet de Châlons-en-Champagne en octobre 2009, dans le cadre des actions menées par le pôle anti-discrimination. Les faits étaient patents, il s’agissait d’une discothèque qui faisait l’objet de plaintes répétées pour discrimination raciale. La Licra et des associations locales ont préparé le testing avec le parquet. La sanction a été entre autres  une amende de 20 000 €. Mais cet exemple, c’est l’arbre qui cache le désert. En plus, les testings sont compliqués à mettre en œuvre et ne sont analysés que comme une pré-constitution ou un élément de preuve.

Les dépassements d’honoraires ont des causes profondes et anciennes avec des responsabilités multiples. Cela ne les justifie pas pour autant. Ce qui est indiscutable, c’est que le problème a été ignoré délibérément par les différents acteurs ou responsables qui ont laissé filer. Il y a eu des rapports, mais rien n’a été fait. Le résultat n’est pas une surprise : de plus en plus de médecins exigent des dépassements d’honoraires, et le dépassement moyen est passé entre 1990 et 2010 de 25% à 54% du tarif de la Sécurité Sociale. En d’autres termes, les principes fondateurs sur lesquels repose le système sont dans les faits remis en cause. La situation ne va que s’aggraver. Cerise sur le gâteau : dépassement d’honoraire ne veut pas dire soins pertinents ou de meilleure qualité. Il n’y a aucune évaluation de la qualité et des résultats. Evidement, beaucoup de médecins sont choqués par le niveau des dépassements.

Sur la démographie médicale et les déserts médicaux, il faut relativiser !  La France fait partie des pays d’Europe où il y a beaucoup de médecins. La densité baisse, mais on très très loin de la pénurie et il y a des marges manœuvres importantes : on peut toujours limiter la charge administrative des médecins qui occupe environ  20 % de leur temps, on peut améliorer la pertinence des pratiques et limiter les actes inutiles ; enfin, la délégation de certaines tâches peut être organisée (mais pas n’importe comment et dans la précipitation), etc.

Il est incontestable que d’importantes disparités existent tant entre les différentes régions qu’à l’intérieur d’une même région. C’est incompréhensible et injustifiable. Cela révèle l’incapacité totale du système, d’abord à anticiper et ensuite à prendre les mesures nécessaires. Les mesures sont simples, l’installation des pharmaciens est régulée depuis longtemps, et pour les infirmières, c’est chose faite depuis peu.

Enfin il faut noter deux choses. D’abord, la demande de médecine de proximité est une spécificité assez française et l’attitude des Allemands est très différente. Surtout, pour les urgences il y a un maillage extraordinaire grâce au SAMU.

En conclusion, l’immeuble ne brûle pas encore, mais le feu couve depuis longtemps, pourtant, chaque locataire attend qu’un autre que lui appelle les pompiers, le syndic prévoit de convoquer une assemblée générale et le propriétaire est en vacances...

 

Que pensez-vous de l'opposition entre la médecine libérale, de terrain, et celle hospitalo-universitaire, "l'ennemie du système de santé", selon Martin Winckler ?  

Je ne connais pas grand-chose au foot, mais cela doit être un peu pareil, il vaut mieux essayer de jouer collectif.

Ce qui est inquiétant, c’est qu’actuellement la division est un mode de gouvernance, comme l’avait proposé Machiavel. Pour les Unions Régionales des Médecins Libéraux avant 2010, il n’y avait que deux collèges électoraux, généralistes et spécialistes. C’était un de trop, puisque les généralistes sont devenus statutairement des spécialistes. Pourtant, la réforme organisant les élections professionnelles en 2010 a créé un troisième collège, celui des médecins spécialistes de bloc opératoire (anesthésistes, chirurgiens, gynécologues-obstétriciens). C’est d’autant plus absurde que depuis longtemps, les interventions par des spécialistes médicaux se développent, et pas seulement dans les blocs opératoires mais aussi dans les salles de radiologies ou d’endoscopie. On a l’impression d’une segmentation bureaucratique du corps médical par un technocrate placé en hibernation en 1950 et malheureusement réveillé en 2010.

Plus sérieusement, il faut être inquiet des oppositions qui risquent de se développer entre les professionnels de santé : médecin, pharmacien, sage-femme, infirmier … En particulier, la mode est aux délégations de tâches. Elles sont décrétées par les tutelles, sans concertation suffisante et sans les précautions indispensables : les formations nécessaires ne sont pas en place, les expérimentations et les évaluations ne sont pas prévues, le champ des responsabilités respectives n’est pas défini, les outils nécessaire au suivi et à la continuité des soins sont absents.

La réflexion de Martin Winckler sur le corps des médecins universitaires est pertinente. Mais ce n'est pas spécifique à la santé. En France, l'université est en difficulté, mais les élites (comme ailleurs) n'ont pas d'intérêt à changer le système ou n’en ont pas beaucoup la possibilité.La carrière hospitalo-universitaire est une aberration. C'est mission impossible: il faut être tout à la fois soignant, enseignant, chercheur et administrateur (sans compter une activité privée que certains développent en parallèle pour l’industrie pharmaceutique). Problème de temps, problème de compétences spécifiques très différentes. On peut rencontrer quelques-uns capables de faire tout cela à la fois, mais cela se compte sur les doigts de la main d'un ajusteur. Quand j'étais aux Etats-Unis, celui qui avait pris les fonctions de chef de service du département de pharmacologie avait arrêté ses fonctions cliniques pendant ce mandat. C’est naturel là-bas. En France, je ne connais pas beaucoup d’exemples comparables. On accumule les postes et les fonctions. Mais là encore, ce n'est pas spécifique à la médecine. Il suffit de voir le cumul des mandats politique ; et la conduite de ceux qui se disent contre est encore plus édifiante.

Sur l’opposition entre secteur public et secteur privé, chacun à ses contraintes, ses avantages et ses inconvénients. Schématiquement, et ce n'est pas propre à la santé, on a besoin du public pour le long terme, du privé pour le court terme. Les deux systèmes sont complémentaires et doivent coexister. Ils doivent aussi être régulés. Tout système, qu'il soit public ou privé, dérape s'il n'y a pas de régulation et de contre-pouvoir. Depuis un moment, on impose au public des objectifs à court terme et on fait croire que le privé va remplir les objectifs de long terme. Le résultat est évident. Il ne faut pas demander à une chienne de faire des chats.

 

La tarification à l'activité, déjà décriée dans l'ensemble, ne risque-t-elle pas d'entraver encore plus la médecine de santé publique, dont les actions s'inscrivent dans la durée?

La tarification à l’activité (T2A) n’est qu’un outil. Il ne faut pas la diaboliser en soi. Hélas, elle a été construite à la va-vite (pourtant, c’est dès 1986 que la nécessité d’une comptabilité analytique a été reconnue, mais l’administration hospitalière n’a pas suivi. La T2A est lourde à mettre en œuvre, et elle détourne les médecins de leur activité normale auprès des malades pour les transformer en codeurs-opérateurs de saisie. Elle valorise les actes techniques au détriment du temps passé auprès des malades ou pour analyser les cas complexes et organiser les soins. Elle est totalement déconnectée de la pertinence ou de la qualité des soins. Ce qui compte, c’est de réduire le coût apparent et immédiat.

Ainsi, certaines structures de soins utilisent la complexité de la nomenclature pour faire en deux étapes ce qui pourrait être fait en une seule, car cela rapporte plus. Le malade est non seulement obligé de multiplier les déplacements, mais il est soumis inutilement à des risques supplémentaires, et les délais peuvent eux aussi être néfastes.

Les actions de santé publique, les consultations longues, les prises en charges complexes sont dévalorisées par la tarification à l’activité. Les victimes de la T2A sont faciles à identifier.

 

Vous avez travaillé sur la prévention de la transmission du virus de l’hépatite B de la mère à l’enfant. Que répondez-vous à ceux qui remettent en cause ce vaccin et parlent de myofasciite à macrophages ?

Ce sont deux sujets différents, mais qui ont de nombreux points communs.

La question de base est la même: les vaccinations peuvent-elles induire une réponse immunitaire aberrante et être la cause de maladies ? On peut l’envisager, mais les études prospectives et rétrospectives qui ont été menées ont échoué à démonter une telle association.

L’autre point commun est que dans les deux cas, l’attitude française est une exception face à l’attitude de la communauté scientifique internationale.

La myofasciite à macrophages a été identifiée en 1993 par une équipe française. Une série de 14 malades sur 5 ans dans 5 centres spécialisés a été publiée dans le Lancet en 1998. Les symptômes cliniques sont très vagues, fatigue et douleurs musculaires ou articulaires. Ils sont fréquents dans la population générale qui n’a pas été vaccinée. Les lésions de myofasciite qui ont été décrites à l’examen histologique chez ces patients sont assez particulières, mais elles peuvent quand même être observées aussi au cours de certaines maladies générales. Les lésions histologiques, si elles sont certes très inhabituelles, ne sont pas spécifiques. Vouloir faire le lien entre les adjuvants (en particulier l’aluminium) contenus dans de nombreux vaccins et une maladie aux symptômes vagues et sans lésion spécifique est difficile. Ce qui est certain, c’est que les cas décrits sont exceptionnels et que l’on n’a jamais observé d’épidémie de myofasciite à macrophages, ou plus généralement de myopathie inflammatoire, après les campagnes de vaccination massive, qui ont été nombreuses.

Pour le vaccin contre l’hépatite B, les très nombreuses études qui ont été faites dans différents pays ont permis d’éliminer la responsabilité de ce vaccin dans la survenue de sclérose en plaques. Que des personnes aient développé une sclérose en plaque après une vaccination, c’est arrivé, mais d’autres sont aussi tombées dans leur escalier ou ont eu un accident de voiture. Mais il n’y a pas de relation de cause à effet. Un conseil pratique : si vous avez des adolescents, faites-les vacciner contre l’hépatite B. Le risque d’une contamination sexuelle ou lors de l’usage de drogues est plus sérieux que vous ne le pensez.

La France est encore une fois en ce domaine une exception. Non seulement la couverture vaccinale contre l’hépatite B y est plus basse que tous les pays comparables en Europe, mais elle est lanterne rouge dans le monde. Les exceptions en santé, ce n’est jamais bon.

Qu’il y ait un lobby pro vaccin qui en rajoute parfois pour maximiser un retour sur investissement, c’est un peu naturel. Qu’il y ait des difficultés à mettre en place des campagnes de vaccinations qui ciblent au mieux les populations à protéger, c’est incontournable. Qu’il y ait des questions et des inquiétudes sur le rapport bénéfice/risque des vaccins, c’est indispensable. Que certains en profitent pour faire leur fond de commerce, c’est inacceptable.

Mais ce n’est pas nouveau. Il y a eu par exemple la scandaleuse affaire Andrew Wakefield, du nom de celui qui avait signé en premier auteur cet article publié, avec une douzaine de scientifiques, en 1998 dans le Lancet. Le vaccin contre la rougeole, les oreillons et la rubéole aurait été responsable de cas d’autisme avec des troubles intestinaux. Il a fallu attendre 2011 pour que l’on s’aperçoive qu’il s’agissait d’une supercherie frauduleuse. Mais les dégâts qui ont résulté de cette affaire, en termes de perte de confiance et de couverture vaccinale et donc en terme de morbi/mortalité, ont été considérables. Malheureusement, ils perdureront encore longtemps. (Voir A new French paradox: HBV vaccination J Hepatol. 2009;51:597-8 et Viral hepatitis and public health Gastroenterol Clin Biol. 2010;34:419-20 (article en français)).

 

Comment évaluez-vous le projet de loi de Xavier Bertrand réformant la chaîne du médicament? Quelles mesures essentielles ajouteriez-vous?

Il y a eu de grands effets de manches et une campagne de communication très habile. Pour le reste, il faudra juger sur les faits : la loi votée, les décrets d’applications parus et la réalité de la mise en œuvre. On en est encore bien loin. Cependant, il y a de quoi être inquiet.

La France accumule depuis des années les scandales : sang contaminé, hormone de croissance, amiante, grippe H1N1, chlordécone, Médiator... Une telle fréquence et une telle intensité sont inconnues dans les autres pays développés.

Ce n’est pas un toilettage technique qui va résoudre un problème global, et encore moins le changement de nom de l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé (Afssaps) en Agence Nationale de Sécurité du Médicament (ANSM).

Les Assises du médicament ont été organisées d’une manière très particulière. Par exemple, la députée Catherine Lemorton, auteur d’un remarquable rapport parlementaire sur le médicament en 2008, n’était pas invitée aux Assises. Elle a dû s’imposer. Le déroulement des Assisses a fait l’objet de nombreux dysfonctionnements, et de nombreuses personnalités ont préféré les quitter pour ne pas cautionner ce qui s’apparentait à une mascarade.

Des évaluations du projet de loi sont disponibles, celle de la revue Prescrire ou celle de Sciences Citoyennes en particulier.

Il faut aussi noter les effets d’annonce, comme la promesse que les nouveaux médicaments seront dans l'obligation de démontrer un progrès thérapeutique par rapport aux médicaments déjà disponibles. Le dispositif actuel le permet, il n’est pas besoin d’une nouvelle loi en ce domaine.

De plus, d’une façon générale, les responsables des problèmes sont-ils les mieux placés pour les résoudre ? (The Mediator scandal. Is there a smoke screen? Lancet 2011;377:2003-4) D’autant plus qu’il y a aussi les conflits d’intérêts dévoilés par la presse (Rue 89, Le Monde… Le Canard Enchaîné a aussi documenté des conflits d’intérêts plus anciens).

Le système existant est-il en capacité de s’auto-réformer ? Les solutions ne sont pas techniques, comme on voudrait le faire croire. Chaque type d’organisation à ses avantages et ses inconvénients. Il manque une réelle volonté et de la cohérence. Un exemple simple et concret : les produits homéopathiques ne sont que de l’eau et du sucre, mais ils sont pourtant remboursés par la Sécurité sociale et les mutuelles. Il n’y a que des preuves de leur totale absence d’efficacité ! En France, l’Afssaps a même réussi à lancer des alertes sanitaires pour des produits homéopathiques ! (Homoeopathic remedies and drug-regulatory authorities Lancet. 2010 23;375:279-80) C’est incroyable, une exception française, là encore. En Angleterre, les produits homéopathiques ne sont plus remboursés depuis plusieurs années.

C’est surtout l’arsenal juridique qui est en cause et favorise l’impunité. Les actions de groupes (class actions aux Etats-Unis) ne sont pas possible en France. Les citoyens sont à la merci des grands groupes industriels et la bataille devant les tribunaux est trop inégale. Quant à l’administration, elle est protégée par un droit spécifique : le droit administratif.

Mais ce qui peut rendre pessimiste pour l’avenir, c’est que parmi les très nombreux experts des quatre principales commissions en cause dans le scandale du Médiator, aucun n’a démissionné ou fait son mea culpa après les révélations. Certains ont même mené des campagnes de dénigrement de l’action d’Irène Frachon, et les extraits de leurs mails publiés par le Canard Enchaîné sont loin d’être ceux qui sont les plus abjects.

Le scandale du Médiator n’est pas véritablement un accident. Toute la politique d’évaluation est à revoir, non seulement pour les médicaments, mais aussi pour les dispositifs médicaux. La France n’est pas seulement en retard sur les autres pays, elle roule aussi à contresens. (Medical Devices Approval Process a New French Exception? Presse Médicale. 2011;40:446-8 (article en français)

Au-delà, c’est toute la politique du médicament qui est à revoir. Pourquoi les Français sont-ils les plus forts consommateurs de médicaments en Europe ?

Le Médiator, c’est l’arbre qui cache la forêt.

 

Les scandales sanitaires se suivent et se ressemblent, mais la mentalité suiviste et passive de bon nombre d’usagers ne change pas. Pourquoi n'y a-t-il pas le même esprit critique que dans les pays anglo-saxons ?

En effet, dans les pays anglo-saxons les citoyens sont plus actifs, plus responsables, mieux organisés. Ils attendent moins du système et plus de leur action. Les élites sont en règle générale aussi plus responsables de leur rôle social, et pas seulement concernées par leur situation.

Dans ces pays, les dispositions légales pour protéger les lanceurs d’alerte, pour favoriser les actions de groupe et pour la transparence des décisions publiques sont anciennes et surtout appliquées.

Que ce soit vis-à-vis des pays du Nord de l’Europe, de l’Allemagne, de l’Angleterre ou même des Etats-Unis, la comparaison n’est pas flatteuse pour les Français.

Cette différence est très profonde, et si l’on fait la comparaison dans d’autres domaines, par exemple entre la peinture française et la peinture américaine, c’est un peu la même chose : il y a celle des impressionnistes et celle de Norman Rockwell. Mais si l’impressionnisme en peinture, c’est bien, c’est autre chose pour la politique publique.

Je ne suis ni anthropologue, ni sociologue, je n’ai pas la clé. Mais une explication généralement avancée est l’opposition entre la culture protestante et la culture catholique. Au-delà de la théologie, plus simplement, avec des épisodes comme la St Barthélémy ou la révocation de l’édit de Nantes, il est normal que les protestants aient appris à se méfier de l’Etat.

Quoiqu’il en soit, on voit se développer en France des organisations non gouvernementales indépendantes qui ont des objectifs concrets et des stratégies sur le long terme qui dépassent les intérêts catégoriels ou les vieux dogmes. Le système ne va pas bien, et on ne peut demander à ceux qui s’y sont adaptés pour arriver aux manettes de le faire évoluer. Mais on ne peut nier que les citoyens sont aussi responsables du système dans lequel ils vivent.

La situation devient schizophrénique, le système a décroché, les incohérences se développent et ce qui domine, ce sont les effets de manche et l’immobilisme ou les rustines. Un tel système s’effondre toujours de lui-même ; on ne peut prédire quand, mais cela arrive du jour au lendemain, sans prévenir. Un peu comme pour le mur de Berlin. Honecker, lui, avait dans ses cartons plein de projets … dont un pour rénover et consolider le mur.

Il faut être optimiste, cela ne peut plus durer comme cela très longtemps.

 

Si l’empowerment n’existe pas en France, n’est-ce pas aussi parce que la corporation médicale préfère garder son emprise, qu’il n’y a pas d’éducation à la santé dans une relation médecin-patient équilibrée, telle que la théorisent Martin Winckler et Claude Béraud ?

Il n’y a que du bien à dire de ces articles de Claude Béraud et Martin Winckler sur la relation médecin malade.

Il y a différentes manières d’analyser l’empowerment en santé.

Il faut d’abord constater que l’on utilise un terme anglo-saxon ! Ce n’est pas anodin. Est-ce si difficile de trouver un mot dans la langue française pour définir « La prise en charge de l'individu par lui-même ». Autonomie? C’est un concept qui a pris de l’importance  dans le domaine de la santé au début des années 80, et il a fallu attendre  plus de 15 ans pour qu’il apparaisse dans une revue médicale française indexée. On cumule pauvreté conceptuelle, paresse sémantique et inertie. Mais c’est vrai que le développement de l’autonomie dans un pays qui est vu par beaucoup comme un pays d’assistés n’est pas chose évidente.

Dans la relation médecin - malade, le champ de l’autonomie est vaste, cela va de la prise de décision du traitement à sa mise en œuvre. 

Bien entendu, la prise d’une décision doit être partagée avec le malade. Il faut informer des bénéfices et des risques des différentes possibilités. C’est plus simple à dire qu’à faire. La médecine n’est pas une science exacte, l’information prend beaucoup de temps, elle doit être adaptée à la situation de chaque malade. Or on est dans un système de prise en charge de plus en plus éclaté entre les spécialistes et où le process de type industriel est devenu le credo. En plus, l’enseignement dispensé sur la relation médecin malade est quasi nul, et ce n’est pas un critère évalué lors des examens. Donc il y a encore des trésors d’amélioration.

Pour la mise en œuvre du traitement, le développement de l’autonomie, c’est aussi l’éducation thérapeutique. C’est un principe ancien appliqué depuis longtemps par exemple par les diabétologues ou encore pour les traitements anti-coagulants. Cela est à l’évidence une bonne chose, si on améliore le résultat thérapeutique et on ne transfère pas au malade une charge top lourde. Hélas, le résultat attendu est loin d’être toujours obtenu, et c’est en particulier trop souvent le cas quand on évalue les choses sur le long terme. Quant à la charge que l’on transfère sur le malade, elle n’est pas négligeable. A l’extrême, la situation des aidants familiaux pour les malades atteints d’Alzheimer montre bien comment le système de santé se décharge de ses missions sur des tiers. L’éducation thérapeutique est difficile, c’est un vrai métier, dans certaines situations elle peut apporter un vrai plus en terme de résultat, en particulier en terme de mortalité, mais ce n’est pas la panacée comme certains le croient. On a la chance d’avoir quelques très bons spécialistes, comme Catherine Tourette Turgis, mais il y a hélas pas mal de gourous.

 

Entre surdépistages et fichages divers, normalisation des comportements et réduction de la diversité, la santé publique ne risque-t-elle pas de devenir un outil de contrôle social, avec les médecins comme gardiens de l’ordre ?

Virchow a déclaré au milieu du XIXème : « La Médecine est une science sociale, et la politique n'est rien de plus que la médecine pratiquée en grand. » C’est remarquable, car à cette époque la santé publique n’existait pas et qu’en plus il était pathologiste. Il  ne s’occupait pas directement des malades, mais il étudiait les lésions des tissus et des cellules en cherchant comment elles pouvaient expliquer les maladies. Là aussi, c’était un pionnier.

Il y a des risques de dérapages, c’est incontestable. Par la nature même de son objet : l’intervention sociale. Aussi, par son importance et le pouvoir qu’elle représente, car la santé, c’est plus de 11% du Produit intérieur brut.

L’épidémiologie est indispensable pour la santé. Le remboursement par l’assurance maladie implique aussi le recueil de données personnelles. Tout cela n’est pas exempt de risque. Les dispositions qui existent pour protéger ces données semblent assez bien adaptées. Mais il faut rester très vigilant, les techniques sont très évolutives et pour certains intérêts, l’accès aux données individuelles de santé peut être source de profits considérables.

Oui, la santé publique intervient dans le comportement des individus. Oui, cela peut être coercitif, comme l’obligation de porter la ceinture de sécurité, avec un système répressif. A l’époque, que de cris d'orfraie sur l’atteinte aux droits fondamentaux ! La réalité, c’est des morts évitées, tout comme les traumatismes graves du crâne et de la face. Idem du port obligatoire du casque pour les motards. Pourtant, Claude Got qui est à l’origine des progrès en matière de sécurité routière, le combat de sa vie, a été présenté comme le « chef des ayatollahs ».

Il y a aussi les mesures directes d’interdiction, comme celle de fumer dans les lieux publics. Elle est indispensable pour protéger les non fumeurs des complications du tabagisme passif. Ces complications sont graves et indiscutables, il n’y a que les cigarettiers pour les contester et ils n’ont pas hésité à financer des chercheurs à leur solde pour semer le doute.

L’interdiction de la vente aux mineurs est une autre mesure. Un fumeur sur deux décède d’une maladie liée au tabac, l’industrie doit donc trouver en permanence de nouveaux clients. Quoi de mieux que les jeunes pour remplacer les 60 000 consommateurs de tabac qui meurent chaque année. Ils sont une cible parfaite, particulièrement vulnérable. Ils sont plus sensibles aux messages promotionnels et l’industrie du tabac à même développé des produits adaptés comme les cigarettes légères puis les bonbons. Enfin, plus on commence jeune à fumer, plus la dépendance s’installe rapidement et profondément. (Voir ici).

Il y a une chose bien établie quand on doit pratiquer la médecine, c’est de ne pas juger le malade sur la base de normes sociales ou culturelles et le stigmatiser. Un médecin est là pour l’aider pas pour juger. Je pense que tous les médecins y sont attachés au plus haut point dans leur pratique quotidienne. C’est la même chose en santé publique. En plus, stigmatiser ou faire appel à la morale n’est pas efficace.

En réalité, le problème est tout différent, mais tout aussi inquiétant. Les conclusions des recherches médicales ne sont pas mises en œuvre par la société pour des raisons doctrinales. On le voit avec le retard qu’il y a eu à la mise en place des programmes d’échanges de seringue pour les toxicomanes. Ces échanges permettent d’éviter la transmission du SIDA ou des hépatites. Idem pour la mise en place des programmes de substitution par la méthadone : en 1984 en Hollande, en 1986 au Danemark, en Grande Bretagne et en Allemagne ;  en France, c’est 1992, deux ans après l’Italie. C’est l’opposition de certains, pour des raisons purement doctrinales, qui a retardé ces mesures. Les médecins et certaines de leurs instances se sont mobilisés pour ces mesures, mais comme les associations militantes, cela n’a pas suffi.

On constate donc que, pour des raisons purement doctrinales, la société française est incapable d’être à l’heure au rendez-vous avec l’efficacité, même quand celle-ci est scientifiquement démontrée. C’est le cas de plus en plus souvent, pas seulement dans le domaine de la santé publique.

La difficulté qu’il y a avoir un débat scientifique serein en France est aussi illustré par l’exemple de  l'expertise collective « Psychothérapie, trois approches évaluées », publiée en 2004 par l’Inserm. Le 5 février 2OO5, Philippe Douste-Blazy, ministre de la Santé, fait retirer ce rapport du site internet du ministère. Il cédait ainsi à la pression de ceux qui avaient vu leur approche contestée dans ce rapport. (Voir cette page).

 

Voyez-vous des raisons d’espérer, malgré tout ?

Il est incontestable que la situation générale n’est pas ce qu’elle devrait être, sur de nombreux aspects, qu’ils soient sociaux ou économiques. Années après années, la situation se dégrade, et l’on voit des plus en plus de pays qui progressent et font mieux que nous. Selon les indicateurs internationaux, pour la majorité des domaines évalués, la France ne se place plus dans les premiers pays, mais dans la partie moyenne/médiocre des pays d’Europe. Trop souvent, c’est l’élargissement de l’Europe à des anciens pays du bloc soviétique qui nous évite d’être lanterne rouge.

La France fait partie des pays très riches, elle a des atouts formidables. Si les Français espèrent que cela va s’arranger tout seul ou attendent l’homme providentiel, on continuera à dévaler la pente. S’ils sont plus nombreux à comprendre qu’ils ont une part de responsabilité dans la situation actuelle et s’engagent personnellement, chacun dans la mesure de ses moyens, pour que la situation s’améliore, la situation s’améliorera. Mais on ne peut avoir le beurre, l’argent du beurre, le troupeau … et la fermière.

 

[Edition et relecture par Elena Pasca]

 

Quelques articles consacrés à l’éviction d’Alain Braillon :

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23 novembre 2011 3 23 /11 /novembre /2011 14:45

http://www.lesjeunesrussisants.fr/SITE/GEOGRAPHIE/CARTES/CARTES_CAUCASE/CARTE_LA_POUDRIERE_DU_CAUCASE.jpg

http://www.lesjeunesrussisants.fr/SITE/GEOGRAPHIE/CARTES/CARTES_CAUCASE/CARTE_LA_POUDRIERE_DU_CAUCASE.jpg

 

 

Alexandre Latsa
12:17 23/11/2011
"Un autre regard sur la Russie"
par Alexandre Latsa

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Dans mon avant dernière tribune, j’ai abordé la situation de certains groupuscules radicaux russes qui prônent la sécession d’avec certaines républiques musulmanes du nord du Caucase russe pour supprimer le fardeau financier qu’elles feraient peser sur la fédération de Russie. Ces partisans de la sécession territoriale avancent des arguments qui sont que certaines républiques caucasiennes sont plus qu’instables, mais que surtout elles se dépeupleraient de leur population russe orthodoxe et qu’ainsi leur appartenance à la fédération de Russie devrait être remise en cause. C’est surtout la Tchétchénie qui est visée. Dans la population de Tchétchénie, il y avait 23,1 % de russes avant le recensement de 1989, il n’en reste que 3,7% aujourd’hui. Le phénomène Kadyrov (on dit qu’il aime ce surnom) dirige la république d’une main de fer depuis 2007, en y ayant réinstauré un régime hybride, mélange de traditionalisme Tchétchène et de rigueur religieuse, le tout subventionné par Moscou. Cette vidéo récente montre des images de la capitale Tchétchène reconstruite et même si la vidéo est en russe, les images sont vraiment spectaculaires. Aujourd’hui, le centre ville de Grozny est d’une beauté à couper le souffle. Pour autant, si on peut reconnaître que Ramzan Kadyrov a réellement pacifié la république (contrairement à sa turbulente voisine le Daghestan) on ne peut que sourire lorsque celui-ci affirme que le budget des luxueuses festivités de son 35ème anniversaire en octobre dernier lui a été fourni par "Allah".

Il est évident aujourd’hui qu’un morcellement du Caucase russe pourrait déclencher des affrontements multiples dans l’ensemble du Caucase, et dans tous les pays limitrophes. Cette région est stratégique pour la fédération de Russie, et on n’imagine pas qui, à part la fédération de Russie, serait capable d’y maintenir la paix et la sécurité.  C’est tellement vrai que le Caucase est aujourd’hui et a toujours été un objectif géopolitique prioritaire, pour la Russie comme pour les occidentaux. Dès la première partie du 19ème siècle, pendant que le grand jeu faisait rage en Asie centrale (pour aboutir notamment à la création de l’Afghanistan), l’Angleterre avait bien compris l’importance et la menace pour elle des récentes conquêtes russes aux dépens de l’empire Ottoman dans la région du Caucase. Elles ouvraient en effet à la Russie l’accès à la mer noire et à la méditerranée, aux détroits,  et à une position géostratégique renforcée. L’Angleterre (puissance maritime) a donc tenté de déstabiliser la Russie notamment par des livraisons d’armes dans le Caucase ou par la création de comités Tchétchènes et Tcherkesses lors du congrès de Paris en 1856, après la guerre de Crimée. Le but était déjà clair, créer et soutenir un front Caucasien pour repousser l’empire russe (puissance continentale) loin des mers. Cette mosaïque de peuples, dans le Caucase, restera au cours du 20 ème siècle une sorte de ventre mou de l’impérium russe. Dès le début du 20 ème siècle du reste, des responsables des républiques musulmanes de Russie, principalement dans le Caucase et en Asie centrale, tenteront d’organiser la bataille vers leur indépendance avec le soutien de l’occident. C’est la naissance du “Prométhéisme“, un mouvement peu connu qui à travers le siècle va lutter pour réveiller les identités et encourager les séparatismes, afin d’affaiblir la Russie. Le prométhéisme aura son centre névralgique en Pologne, comme viennent de le démontrer certaines archives déclassifiées. Elles démontrent en effet "l’existence d'une unité spéciale chargée de travailler avec les minorités nationales sur le territoire de l'URSS (…) et ce fin de déstabiliser la situation en Ukraine, dans la région de la Volga et au Caucase, ainsi que de démembrer et d'anéantir l'Union Soviétique".

Les Bolcheviques ne pouvaient pas tolérer ces tendances au morcellement du territoire et en 1922, les principaux responsables politiques indépendantistes (Ukrainiens, Georgiens, Bachkirs, Tatars, Azéris...) s’exilent dans deux directions différentes: une première vague vers Istanbul, qui contribuera à développer la "conscience turque" au sein du mouvement et une seconde vague vers l’Europe notamment en France et en Allemagne pré-nazie. La France est déjà qualifiée à cette époque par le Bachkir Zeki Velidov  de "centre de combat" contre la Russie. En 1924, à Berlin, une rencontre a lieu entre Velidov et un officiel polonais qui lui explique une idée polonaise: Lancer un mouvement des "indigènes de Russie" pour aider ces peuples à obtenir leur indépendance.

Ensuite, la revue Prométhée se développera dans de nombreux pays (France, Allemagne, Angleterre, Tchécoslovaquie, Pologne, Turquie ou Roumanie) mais la montée du nazisme en Allemagne change la donne et après le pacte Germano-Soviétique le mouvement se déclare "anti nazi et anti soviétique". Les prométhéens se rangeront du côté de l’Angleterre et de la Pologne, contre l’Allemagne et l’URSS. Dès lors le mouvement bénéficiera de forts soutiens financiers en Pologne ou de soutiens politiques en France, avec par exemple la création du comité France-orient sous le parrainage du président du sénat Paul Doumer. Le principal projet du comité sera la création d’une fédération du Caucase sur le modèle helvétique. Mais ce projet n’aboutira jamais, la Société Des Nations reconnaissant finalement les frontières de l’URSS et surtout les tenants de ce prométhéisme se révélant incapables de s’unir.  En 1939, la perte de la Pologne fut un choc pour le mouvement qui fut rapidement happé par l’Allemagne hitlérienne. Les stratèges nazis envisagèrent eux aussi un éventuel morcellement de l’URSS en petites entités, plus faciles à contrôler. Les Allemands créeront notamment une légion Turkestan constituée de Tatars et de Turkestanais mais celle-ci disparaîtra dans l’échec de l’offensive allemande à l’est. A la fin de la guerre, l’URSS est plus forte que jamais et les Prométhéens se tournent vers l’Amérique avec la création d’une "ligue prométhéenne de la charte de l’Atlantique". Le mouvement deviendra un pion made in USA de lutte contre l’URSS pendant la guerre froide via la création d’organisations tel que "l’Institute for the study of URSS" ou "l’American Commitee for Liberation of Bolchevism".

La grande confusion idéologique qui ressort de cette période amènera au développement d’une ligne "prométhéenne" qui se définira par défaut comme défendant un projet fondé sur le nationalisme ethnico-régional en Eurasie. Ce projet de démembrement de la Russie en de multiples entités a été pensé tant par des stratèges nazis comme Alfred Rosenberg en 1939, que par des stratèges Américains comme Zbigniew Brezinski dans son ouvrage le grand échiquier publié en 1997. Alors ce n’est pas une surprise si ces idées de découpage de la Russie « pour le bien des peuples » sont aujourd’hui reprises tant par des groupuscules néo-nazis que par les porte-voix de l’influence occidentale.
En Russie, il y a une multitude de peuples éparpillés sur un immense territoire. L’organisation du pays est  un modèle  de société fédérale unique au monde. On voit que les appels à la destruction de ce modèle de société unique ne sont pas une nouveauté, ils sont le dernier épisode d’une histoire commencée au 19° siècle.
*
Les lecteurs souhaitant en savoir plus sur le Prométhéisme peuvent lire cette analyse très instructive en Français.

 

L’opinion de l’auteur ne coïncide pas forcément avec la position de la rédaction.

 

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23 novembre 2011 3 23 /11 /novembre /2011 14:34
Signé AAA

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Le serial killer international connu désormais sous la mystérieuse signature AAA, et désigné sous le qualificatif de ‘le marché’, par les autorités, vient de faire sa sixième victime, un espagnol répondant au nom de José Luis Zapatéro.

Après un Irlandais, Brian Cowen, une slovaque, Ivéta Radicova, un portugais, José Socratés, un Grec, Georges Papandréou, et, il y a quelques jours seulement, un italien, Silvio Berlusconi, c’est donc en Espagne, que le tueur en série vient encore de frapper, poursuivant sa monstrueuse litanie d’homicides sans frontières.

Sur la scène du crime, les enquêteurs ont pu relever des indices flagrants pas mêmes dissimulés revendiquant ainsi un sentiment de totale impunité et de provocation malsaine : même signature, mêmes empreintes, mêmes traces ADN, dans un même scénario inlassablement répété, pour les mêmes mobiles crapuleux – viol démocratique monomaniaque et accaparement de bien public par le chantage et le racket systématique.

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D’après les criminologues, le profil psychologique du tueur serait celui d’un prédateur froid, déterminé, calculateur, répétant obsessionnellement le même mode opératoire (l’autopsie en cours devrait nous le confirmer), dans un sentiment de domination et de toute puissance.

Prévenant à l’avance ses victimes qu’il menace publiquement de dégrader par des messages subtilement distillés dans les grands médias, il jouirait de la peur et de l’humiliation de ses cibles désignées, comme prendrait plaisir à terroriser la population pour mieux la contraindre et la contrôler dans un délire mégalomane de ‘maître du monde’ et d’omnipotence.

Les préméditations méticuleuses de ce psychopathe cupide et multi récidiviste seraient le cadre de son empreinte psychologique, sa "signature" criminelle.

Dans les six affaires jusqu’à présent étrangement non élucidées, cinq victimes étaient de même typologie : homme politique mâle caucasien démocratiquement élu. Seule une femme, la slovaque Ivéta Radicova, semble pour l’instant échapper au portrait type. Pour la police pourtant, il ne fait aucun doute qu’elle fut la proie du même assassin.

Aemxh1WCMAAiag1.jpg

Si, d’après certaines indiscrétions persistantes, il se murmure que la prochaine victime pourrait être française, la France, pays provisoirement épargné, semblerait vivre aujourd’hui dans une curieuse psychose allant du syndrome de Sotckholm à un état schizophrène fait de soulagement et d’anxiété.

D'après les responsables de l’ordre mondial, l’enquête progresserait et l’interpellation du dangereux individu serait inéluctable. On peut regretter toutefois que les investigations policières aient été confiées à des services dépendants directement des marchés.

Certains enquêteurs nous déclarant sous le manteau, qu’ils n'excluaient pas qu’il puisse y avoir des complicités au plus haut niveau.

 

tgb

 

http://rue-affre.20minutes-blogs.fr/archive/2011/11/21/signe-aaa.html

 

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23 novembre 2011 3 23 /11 /novembre /2011 14:28
U. S. A . - Du «gendarme du monde» au semeur de violence

 

 

yaltaC'est à la fin de la seconde guerre mondiale que les USA, jusque-là cantonnés dans un attentisme se résumant à être le pourvoyeur de tous les belligérants, ont "choisi leur camp", ou plus exactement l'ont fabriqué. Une raison pourrait être que Yalta, bien loin de contenter les militaires, les a irrités en raison de la prestation assez faible de leur président. Malade, Roosevelt a mal supporté le choc d'un Staline au sommet de sa puissance. Car cette guerre, c'est son pays qui l'avait gagnée, au prix de cinq millions de citoyens soviétiques. C'est même pour éviter que les troupes de Moscou n'envahissent plus de terrain, que les bombes de Hiroshima et Nagasaki ont précipité une capitulation nippone inéluctable.
De là est née la Guerre Froide, ainsi (mal) nommée parce que les deux grands protagonistes ont continué à guerroyer, mais par l'entremise d'autres acteurs, d'autres pays, d'autres diplomaties. D'un côté, dès 1949 les USA ont fédéré une "défense commune" avec la plupart des pays de l'Europe de l'ouest (l'OTAN), de l'autre en 1955 les Russes ont dû mettre en place avec les pays de l'Europe de l'est, généralement slaves, un traité similaire appelé Pacte de Varsovie, pour se défendre de ce consortium soit-disant défensif.
Dès 1950 est survenu le conflit coréen, conflit interne mettant aux prises ceux du nord, plus ou moins alliés aux Russes et aux Chinois, avec ceux du sud, mollement soutenus par quelques troupes US. Ce n'est qu'à la fin de cette boucherie (trois millions de morts) que l'aide US a permis de rétablir en 1953 la situation du départ, soit une scission au niveau du 38e parallèle.
enfants-napalmCette "affaire" classée, sans doute le conglomérat militaro-industriel US avait-il besoin d'autres débouchés. Les troupes françaises ayant été battues "à la régulière" par les troupes du très fin Giap, en 1959 les contingents de GI's ont débarqué au Viêt-Nam pour les remplacer, avec de très gros moyens matériels. Peine perdue, les pertes sont devenues inacceptables et les USA, ayant perdu 58700 hommes, ont dû abandonner le terrain aux Vietnamiens. Pour ceux-ci, la victoire fut amère : sans doute pas loin de cinq millions de victimes, y compris celles de l'Agent Orange qui a agi à retardement. Sept millions de bombes auront été déversées, soit deux fois le total de tous les bombardements de la seconde guerre mondiale
Entretemps, s'était ouverte la crise de Cuba en 1961, avec la désastreuse tentative d'envahissement de l'île par des opposants à Castro, à la Baie des Cochons. S'en est suivie l'affaire des missiles nucléaires qui étaient sensés menacer les USA depuis le territoire cubain, installés par les Russes. Depuis ce temps-là, toujours attisée par les opposants de Miami, chassés de leur île qu'ils avaient mise en coupe réglée avant l'arrivée de Castro, l'attitude US est absolument odieuse. Elle maintient envers et contre tous un blocus sauvage de l'île, qui réussit malgré tout à survivre, et à prodiguer à ses habitants éducation et soins de santé.
La doctrine de Monroe est toujours d'actualité à Washington. Un gouvernement social et démocratique s'est-il installé au Chili ? Puissamment aidé par des "conseillers" US et leurs dollars, le 11 septembre 1973 le général Pinochet prend le pouvoir, et le président Allende n'a d'autre choix que de se suicider. Des dizaines de milliers d'autres auront moins de chance, et périront ou souffriront sous la torture. Pinochet ayant passé la main à un gouvernement plus démocratique le 11 mars 1990, la situation économique du pays reste malgré tout désastreuse, en raison des conseillers économiques de la tristement célèbre "école de Chicago", de Milton Friedman. D'une certaine façon, c'est encore l'influence du grand voisin du nord qui plombe pour longtemps ce pays.
Pendant ce temps-là, à la corne de l'Afrique les USA se rapprochaient vers 1978 du général Barre, en Somalie. La famine régnant dans ce pays, les US tentèrent de remettre l'ordre dans ce pays ayant une position stratégique (les français y possédaient depuis longtemps une base à Djibouti). Ils échouent en 1993, et c'est l'ONU qui prend la relève. En 2004 un gouvernement "de transition" fait ce qu'il peut, c'est-à-dire rien, et la famine est revenue. Mais désormais ce sont les USA qui possèdent une base à Djibouti.
En 1982, les USA s'intéressent à nouveau à "leur" continent protégé. Leur cible, les sandinistes du Nicaragua, qui, ô horreur, rétablissent une politique sociale avec Daniel Ortega, élu en 1984. Les "contras", opposants soutenus et armés par Ronald Reagan, lui firent une véritable guerre jusqu'en 1990 où il laissa son poste à l'opposition. Cela ne l'empêchera pas de revenir en 2006 pour reprendre la politique sociale que les néolibéraux avaient allègrement démantelée pendant son absence.
Mais que se passait-il en Asie ? En 1980 les Russes avaient pris ouvertement position pour un nouveau gouvernement en Afghanistan, et apportaient du même coup éducation, droit des femmes, choses très mal vues dans ce pays conservateur. Mais en 1986 les USA, prêts à contrer là encore les Russes, entraînèrent et armèrent les factions extrémistes religieuses, et les Russes, en pleine Perestroïka, durent repartir en 1989. Le pays se retrouvait en pleine guerre civile, entre les forces tadjikes du nord (Massoud), les Talibans ("étudiants de la religion"), et les Moudjahidines armés et entraînés par des "conseillers" (tiens, encore) US. Petit à petit, ce sont les Talibans qui prendront les choses en main partout. Mais ayant détruit des statues monumentales bouddhistes, inscrites à l'UNESCO, ils attireront sur eux l'attention internationale. Qui va arriver ? Les USA bien sûr. Ils vont attaquer les Talibans, chez qui s'était réfugié Oussama ben Laden, un de leurs agents originaire d'Arabie saoudite qui ne leur plaisait plus. Ils vont remettre au goût du jour (probablement pour assurer certains financements) la culture du pavot, que les talibans avaient éradiquée. Ils voudraient bien partir de ce pays où des attentats multiples se multiplient contre eux. En tout cas, ce n'est pas une réussite. Une de plus ? La dernière ?
Pas du tout. Nous sommes en Europe en 1999, Tito mort l'ex-Yougoslavie est en proie au chaos. Les US vont arriver jouer les bons offices, et créent une enclave ethnique nommée Kosovo. Ne connaissant rien à la complexité balkanique, ils vont accumuler les gaffes . Le Kosovo est-il serbe, ou albanais ? En créant ce bout de terre entre les deux pays, les soldats US vont pratiquement se retrouver entre deux feux. Pour le moment l'affaire paraît s'être apaisée, au prix de milliers de morts et de disparus, en particulier civils. Un grand moment d'humanité, ce conflit.
Humanité ? Pourquoi donc Hugo Chávez, régulièrement élu en 1998 à la tête du Venezuela, subit-il un coup d'État en 2002 ? Le pronuciamento fait long feu, deux jours plus tard le gouvernement est rétabli. Qui donc put tirer les ficelles de cette tentative ? Chavéz malgré sa très large avance électorale doit se mesurer constamment à une opposition très riche, possédant la plupart des médias, et bien entendu soutenue par des fonds qui sentent peut-être le pavot afghan.
irakDeux ans plus tard l'Irak, affaibli par un embargo extrêmement sévère, punition de son envahissement du Koweit en 1990, est envahi sans sommation à son tour par... les USA, bien sûr ! En 2003 les prétextes sont aussi effrayants que ridicules : le pays "surarmé, producteur d'armes de destruction massive" mourait de faim en raison de l'embargo. Depuis, tous les habitants du pays, comme en Afghanistan, font une vie d'enfer à ces occupants qui peinent à partir. Vouloir imposer une démocratie "à l'occidentale" à des peuples aux valeurs tribales n'a bien entendu aucun sens. Seul bilan : les zones cultivées sont redevenues soit des déserts, soit des marécages. Le pays n'a plus ni infrastructures, ni eau. Washington peut être fier.
Pourtant il continue. Quand en 2006 Rafael Correa est élu à la tête de l'Équateur (nous revenons en Amérique), des policiers se mutinent en 2010, soutenus semble-t-il par des agitateurs venus de plus au nord. Il est vrai que Correa a fait écrire en 2007 une nouvelle Constitution où la droite libérale n'a plus le "beau rôle". Un pays de plus qui échappe à la tutelle US, c'est quelque chose qui fait désordre ! Attendons-nous à de nouvelles tentatives contre la démocratie équatorienne.
Pendant ce temps-là, en 2008 une occasion d'affaiblir la Russie, qui a réussi à émerger de ses profonds changements consécutifs à la chute de l'URSS, se présente en Géorgie. Il s'agit de contestations de frontières portées par l'Ossétie du sud et l'Abkhazie , provinces qui autrefois étaient russes avant des rectifications de frontières imposées par Staline. Bien entendu des conseillers US viendront prêter main-forte au président Saakachvili. Celui-ci se discréditera dans l'affaire, en attaquant le premier. Ses troupes seront balayées par celles de Russie, mieux organisées. Encore une occasion ratée pour Washington.
Alors, pourquoi ne pas se rabattre à nouveau sur le continent de Monroe ? En 2009 le président très régulièrement élu Zelaya est chassé de son pays le Honduras, et c'est un appareil militaire US qui l'emmène en exil. Depuis, les réformes sociales périclitent bien entendu. Et une immense base militaire a été concédée par le nouveau président fantoche aux troupes des USA et à leur aviation.
La corne de l'Afrique était oubliée. Pas certain. Voilà que le Soudan du sud décide de faire sécession, sans l'accord de la capitale située au nord bien sûr. La scission est actée par la "communauté internationale" en 2010. Le sud est riche en pétrole. Mais pour le sortir du pays, il faut passer par le nord. Des heurts pourraient bien reprendre en raison de ce "détail". Qui était le soutien intéressé ? Les USA bien sûr.
Pour l'étape suivante, en mars 2011 ils joueront plus fin, et ce sont leurs "alliés" britanniques, français, italiens qui déstabiliseront, bombarderont, envahiront la Libye, toujours à la recherche du pétrole naturellement. Seuls quelques "conseillers" US viendront les appuyer, en toute amitié bien sûr. L'assassinat du président Kadhafi, sans autre justification que la certitude qu'il pouvait en dire trop, vient ternir le bilan, ainsi qu'une pléthore de massacres de civils par les bombardements.
boursePuisque le sort des armes est défavorable à un pays qui en possède la moitié de l'arsenal mondial, il se tournera pour le moment dans la finance. Et quoi de mieux que "les amis" pour leur faire les poches ? "Les Marchés" lancent donc une attaque sauvage sur l'Europe, d'abord en Islande dont les habitants réussissent jusqu'à présent à rejeter les diktats des banques.
En Irlande le bilan n'est pas bon, l'avenir dira si une austérité drastique ne rendra pas ce pays exsangue et affamé comme il le fut pendant la première moitié du XXe siècle.
La Grèce, desservie par une très longue hégémonie de la droite libérale, à partir de la dictature des colonels, est maintenant attaquée par des créanciers US dont le plus féroce, le banquier Goldman Sachs, avait aidé les gouvernements de droite à truquer les chiffres. Le socialiste Papandreou, qui avait découvert et dénoncé la fraude, est aussi celui qui a dû démissionner. L'avenir est sombre pour un pays dont les habitants sont extrêmement pauvres - excepté les religieux et les armateurs, qui ne payent pas d'impôts. Et n'en paieront toujours pas.
Au Portugal, désormais ce sont les ressortissants de l'ancienne colonie de l'Angola qui investissent chez lui. Le pays ne possède plus rien, pressuré par la Dette que des banques bien intentionnées lui ont donnée comme perspective d'avenir. L'Espagne embourbée dans un programme immobilier et de chemins de fer rapides pléthorique en est au même point. Le socialiste Zapatero, qui vient de quitter le pouvoir au bénéfice de la droite, n'a pas du tout redressé la barre. Les Marchés sont aux aguets. Les vautours sont là.
L'Italie a réussi à faire démissionner son incroyable premier ministre qui l'a enfoncée dans la dette. Le nouveau Premier, Carlo Monti, est justement un ancien de Godman Sachs. Bon appétit !
Restera la France, qui va voter dans quelques mois : les médias ne lui proposent bien entendu que deux candidats (et les partis qui vont avec) : un néolibéral, et un néolibéral. On applaudit. La dette réussira bien à se creuser là aussi, au bénéfice.. disons de New York et Londres, cette fois.
Mais comme les USA aiment bien avoir plusieurs fers au feu, depuis un bon moment maintenant ils ont lancé une offensive d'une violence inouïe dans les médias, pour discréditer Bachar el Assad en Syrie : sans doute est-ce la prochaine proie, qui fera tomber une opposition au $Y$T€M et permettra à tous les réfugiés irakiens de retrouver les affres de la faim loin d'un chez-eux qui n'existe plus.
Le but n'est-il pas d'affaiblir l'Iran, un pays qui n'attaque pas, qui ne demande rien, qu'on lui laisse la paix. Mais l'aigle US ne l'entend pas ainsi. Il veut le monde entier sous sa coupe, et après ce coup-là n'oserait-il pas attaquer la Russie, ou même sa bête noire la Chine ?
Sachant que ce pays grandiloquent, assoiffé de sang, est aussi de loin le plus endetté de la planète, le plus pollueur de très loin, le plus militarisé, le plus... il est permis de s'inquiéter pour notre avenir à tous. Ce ne sont pas ses habitants qui sont responsables : gavés de propagande dès le biberon, confinés dans une ignorance totale des problèmes du monde, souvent endettés gravement, quand ils ne sont pas à la rue, ils sont eux aussi les victimes.
C'est un groupe de quelques centaines, voire milliers de personnes, qui tient ainsi à la gorge le monde. Ne cherchez pas les fous dans les asiles : ce sont eux qui vivent dans les palaces, les limousines, les jets, et les cocktails de Washington. La planète est à leurs pieds, mais ils ne la voient pas. Ne pourrait-on briser leur piédestal ?
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23 novembre 2011 3 23 /11 /novembre /2011 14:10

http://www.lelitteraire.com/IMG/jpg/eglisecatho_communiste.jpg

http://alainindependant.canalblog.com/archives/2011/11/23/22775943.html

 
Les évêques viennent de publier un texte à l’approche des échéances de 2012. Analyse
Le Conseil permanent de la Conférence des évêques de France a publié le 3 octobre dernier un texte intitulé “Elections, un vote pour quelle société ?” La question est bonne. Et il faudrait que ce soit à cette question que l’on réponde autant que possible lors des échéances électorales de 2012. Dans ce texte court, composé d’un propos général et d’éléments de discernement thématiques, on note ce souci de “rappeler la haute importance que l’Eglise, depuis ses origines, reconnaît à la fonction politique”. Dans une période où la politique est décriée et livre parfois un spectacle assez misérable avec l’aide des médias, la chose est plus qu’appréciable. Reste à en être digne.
Ce texte est manifestement le résultat de compromis entre différentes sensibilités et s’il paraît difficile d’en tirer des leçons précises pour le vote, nombre de points peuvent alimenter le débat politique. Qu’est-ce qui guide la démarche de balayage d’un certain nombre de préoccupations proposée ? “De sa contemplation du Christ, l’Église tire une vision cohérente de la personne en toutes ses dimensions, inséparables les unes des autres. Cette vision peut servir de guide et de mesure aux projets qu’une société doit se donner.”
Comment les chrétiens doivent-ils se déterminer ?
Notant qu’une “crise globale” touche tous les pays occidentaux depuis plusieurs dizaines d’années”, les évêques pointent trois facteurs de transformation à l’oeuvre : le formidable développement des techniques scientifiques, la fin d’une certaine homogénéité culturelle de nos sociétés, et l’évolution du rapport aux droits et aux devoirs. “Ces transformations interrogent, disent-ils, la conception que l’on se fait de l’homme, de sa dignité et de sa vocation”. Alors comment donc les chrétiens doivent-ils se déterminer ? Pas “par l’habitude, l’appartenance à une classe sociale ou la poursuite d’intérêts particuliers”. Mais “viser ce qui
pourra rendre notre pays plus agréable à vivre et plus humain pour tous”. Si le texte n’exclut pas que s’opèrent des choix inédits, il invite à “ne pas attendre du pouvoir politique plus qu’il ne peut donner”, invitant également “chacun à reconsidérer sa manière de vivre”. Parmi les différents points d’attention que les auteurs appellent chacun à hiérarchiser, on commence d’abord par la bioéthique, l’avortement et la famille.
Et plutôt pas pour y développer des avancées sur le discours traditionnel de l’Eglise. Cette manière de faire de ces sujets le coeur des préoccupations de l’Eglise interroge. Mais on notera par la suite que dans les cités, “une politique purement répressive ne saurait suffire ni résoudre les problèmes de fond” ; que “l‘équilibre de la société exige la correction des écarts disproportionnés de richesse” ; que “tout homme a le droit d’émigrer pour améliorer sa situation, même s’il est regrettable que tous ne puissent pas survivre dans leurs pays”, même si “une régulation des migrations est nécessaire”.
A propos de laïcité, le Conseil permanent affirme que “les catholiques n’entendent pas être des citoyens interdits de parole dans la société démocratique” et souhaite “une application apaisée et ouverte des lois et des règlements qui définissent le pacte laïc de notre commune République”. A propos d’Europe, on notera cette formule à nos yeux énigmatique : “le marché unique est un beau projet dans la mesure où il est sous-tendu par une vision  spirituelle de l’homme”.
Quel message de fond ?
Au-delà des affirmations qui peuvent se contredire d’après nous, on a donc du mal à savoir réellement ce qu’il faut retenir comme message fort. Sans doute ce sentiment est-il renforcé par le caractère résolument raisonnable et mesuré du propos, qui tranche avec le sentiment de révolte que nous éprouvons face aux souffrances aiguës endurées par notre peuple. N’y a-t-il pas besoin de ruptures franches pour stopper la dégringolade sociale et retrouver du sens ? Au fond, ce sentiment qui semble se dégager à la lecture du texte n’est-il pas lié au fait qu’il existe chez ses auteurs un doute, et même peut-être plus une conviction à propos de la possibilité pour la politique d’influer fortement sur le mouvement du monde. Dans une annexe reprenant quelques extraits de textes récents, on trouve quelques clefs pour comprendre l’état d’esprit plus général des responsables de l’Eglise catholique. Ainsi, cette citation de l’encyclique Deus caritas est, datant de 2006 : “l’Église ne peut ni ne doit prendre en main la bataille politique pour édifier une société la plus juste possible [...], elle ne peut ni ne doit non plus rester à l’écart dans la lutte pour la justice. Elle doit s’insérer en elle par la voie de l’argumentation rationnelle et elle doit réveiller les forces spirituelles, sans lesquelles la justice, qui requiert aussi des renoncements, ne peut s’affirmer ni se développer “.
Un ami prêtre à qui je soumettais mes quelques réflexions regrettait que “l’Eglise abandonne le terrain de sa vocation profonde, qui est prophétique”, c’est-à-dire, « dénoncer au nom même de Dieu ce qui porte atteinte à la grandeur de l’homme ».
De quoi discuter ?
La place de l’humain, si l’on veut regrouper sous ce vocable tout ce qui se rapporte à la vie, à la dimension culturelle, relationnelle et spirituelle des choses, apparaît donc comme étant la question centrale.
Reste à savoir où l’humain est blessé dans notre société actuelle. Reste à savoir ce que signifie respecter l’humain, et là peut sans doute s’ouvrir une discussion intéressante. La hiérarchisation des sujets que le texte laisse à l’appréciation du lecteur pourrait faire partie de ce débat : où l’humain est-il le plus blessé ? Marchandisé à outrance, on reconnaîtra qu’il est mutilé par bien des aspects, pas uniquement concrets et sociaux. Alors, pour prendre quelques exemples, l’humain est-il blessé lorsque deux êtres de même sexe s’aiment d’amour, ou bien est-il blessé lorsque cet amour est condamné ? L’humain est-il blessé
lorsqu’une femme décide qu’une relation sexuelle ne doit pas nécessairement déboucher sur l’enfantement ou bien lorsqu’on la culpabilise si elle refuse de mettre au monde un enfant qu’elle n’a pas désiré ?
L’union durable au sein des couples est une option que l’on peut légitimement défendre, mais faut-il pour autant stigmatiser celles et ceux, nombreux, pour qui la vie ne s’est pas écrite ainsi, l’eussent-ils pour certains souhaité de tout leur coeur ?
Quelle que soit l’histoire personnelle de chacune et chacun, c’est le même droit à vivre qui doit s’appliquer. Et l’Eglise sait fort bien au quotidien accompagner celles et ceux qui
cherchent leur voie, celles et ceux qui souffrent. On a parfois le sentiment d’un hiatus avec ces éléments de discours présentés comme identitaires. Parmi les arêtes que l’on pourrait discuter se trouve également l’idée selon laquelle des renoncements individuels sont nécessaires pour parvenir à une société plus juste et apaisée. On y ajoutera le souci de construire “une destinée commune” et de répondre à la crise de sens provoquée par le consumérisme, l’individualisme, et “une confiance excessive en l’économie libérale”. Faire société, lorsque les inégalités, la misère, la peur (du lendemain ou de l’autre) sont inscrites dans l’organisation du monde, est une question grand ouverte. Et il est vrai que l’intérêt général n’est pas la somme des intérêts particuliers. Il faut donc construire l’intérêt général et la justice dans le débat politique. La justice suppose des droits. Et parler de droits, si cela
peut sans doute établir des “libertés individuelles”, c’est d’abord parler de droits collectifs, acquis pour chacune et chacun - entre parenthèses, à quels devoirs se réfère-t-on lorsque l’on met en miroir les droits et les devoirs ? Où sont les responsabilités dans les situations des hommes et des femmes ? Or, dans le dialogue avec l’Eglise et avec les croyants, nous
savons pouvoir nous retrouver sur “le respect de la dignité de toute personne humaine, l’attention particulière aux plus faibles, le développement des coopérations avec d’autres pays, et la recherche de la justice et de la paix pour tous les peuples”, évoquées comme fondamentaux dans ce texte. Aussi, la question est-elle de savoir si le monde est simplement composé d’individus ayant des efforts à faire sur eux-mêmes ou bien s’il existe une organisation de la société résultant de choix conscients et un affrontement de classes avec des tenants du capitalisme déterminés à imposer leur domination sur l’immense majorité.
Cette analyse-là - c’est un vieux débat - est-elle contradictoire avec la volonté de réconciliation chrétienne et la réaffirmation de la responsabilité individuelle (plutôt que les devoirs) ? La façon dont le voile a été levé sur les agissements et les motivations des marchés financiers, avec les conséquences que l’on connaît, ne permet-elle pas de clarifier un peu mieux notre regard sur le monde ? On a donc envie de poursuivre le débat. Car il est clair qu’il faut refonder l’organisation de la société sur d’autres bases. C’est en tout cas notre ambition lorsque nous disons “l’humain d’abord”. Construire d’autres relations, apaisées et rayonnantes, entre les hommes et les femmes parce que l’on fera reculer les pulsions de domination, ou encore la mal-vie et les inégalités.
PS : Que l’on considère ce propos comme une considération pour la parole rendue publique et une manière d’entrer en dialogue.
P. D

Ce texte est publié sur le blogue de "Citoyen du monde, écrivain, compositeur, militant, fils, père, frère... aussi secrétaire départemental du Parti communiste dans les Bouches-du-Rhône, et conseiller municipal du Rove." Un responsable communiste issu de la JOC. Sur son blogue on trouvera aussi le n°2 du bulletin du PCF "La Rose et le Réséda": le "dialogue" chrétiens-communistes se poursuit donc...
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23 novembre 2011 3 23 /11 /novembre /2011 14:09

Excusez-moi, il y a eu un problème technique à la publication, j'ai dû re-publier le post, sous un autre titre (pour Google). Le précédent titre était : Marianne faux journal progressiste - Fausse presse de gauche (eva R-sistons)

.

Les listes de juifs du bon docteur Prasquier (article paru sur Marianne, suite, mon commentaire censuré) 

Incroyable mais vrai : dans un éditorial lamentable, le Président du CRIF dresse la liste des juifs évincés par les investitures du PS.



Les listes de juifs du bon docteur Prasquier

 

article ici :

 

http://www.marianne2.fr/Les-listes-de-juifs-du-bon-docteur-Prasquier_a212599.html

 

 

 

Marianne est un faux hebdo progressiste qui n'aime pas voir la vérité en face; Comme tous les pseudo journaux de gauche (NouvelObs, Libération, etc) il relaie la pensée unique sous un vernis de gôche, pour induire en erreur les lecteurs, pour mieux les conditionner.

 

L'accessoire oui (on défend le modèle social, par ex),  l'essentiel (l'ultra-libéralisme) non ! En d'autres termes, comme au NouvelObs, on va mettre en avant la Gauche molle, libérale, de Hollande, et on va taire les projets de démondialisation de Montebourg.

 

On va défendre les Roms, mais en même temps, on va faire de la propagande, insidieusement, pour les guerres impérialistes génocidaires du Nouvel Ordre Mondial anglo-saxon et sioniste ! Comme en Libye, ou en Syrie.. C'est une imposture !

 

Et donc, parce que j'ai osé dire la vérité, à savoir que la France est un pays occupé (par les sionistes et par leurs alliés Anglo-saxons), mon commentaire est censuré ! C'est la preuve, comme je le dis toujours, que les Médias sont eux-mêmes occupés (par les ennemis du peuple, supporters de la mondialisation ultra-libérale et va-t-en guerres, notamment sionistes), et que la vérité ne doit pas se savoir !

 

Citoyens, alerte ! La presse de gauche est une imposture, sous un vernis de gauche elle véhicule en réalité la Pensée unique militaro-financière au service du Nouvel Ordre Mondial !

 

Eva R-sistons à la Pensée unique militaro-financière contre les peuples

 

 

115.Posté par Eva R-SISTONS le 21/11/2011 21:52
Ce commentaire a été modéré par l'équipe de rédaction. Merci de bien vouloir respecter la charte des commentaires de Marianne http://www.marianne2.fr/Reglement-pour-les-commentaires_a16.html http://sos-crise.over-blog.com

 

 

Le commentaire censuré dans la France anti-démocratique,

Médias lanternes rouges d'Europe !

 

Loin de tout antisémitisme §, j'ai osé dire (en bravant la Pensée officielle) sur mes blogs (au TOP, près de 3 millions de visites à eux tous) que la France était occupée par un seul groupe, au détriment de la diversité. Il faut croire que cette analyse était juste car elle a été citée par le très influent LIESI (Bulletin trimestriel), études stratégiques internationales

eva R-sistons, journaliste-écrivain

http://sos-crise.over-blog.com

§ Pour moi, une seule race, humaine.
Plusieurs influences dans ma vie. Vraiment multiples, me poussant à l'ouverture et à la tolérance ! Mais soif de Justice, d'équité
NB Je suis en partie d'origine juive, mais esprit libre

 

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