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8 septembre 2011 4 08 /09 /septembre /2011 00:16

 

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Dossier de Syrie 

n°11                                                29-08

C.De broeder & M.Lemaire

 

Damas affronte une guerre de l'information acharnée.  

 

La Syrie fait face à une guerre acharnée de l'information, a annoncé vendredi à RIA Novosti Yasser Houria, membre de la direction régionale du Baas, le parti au pouvoir dans le pays.
"Nous avons déjà l'occasion de voir des reportages vidéo sur des événements qui n'ont jamais eu lieu en Syrie, se déroulant, le plus probablement, à Yémen. Certaines chaînes télévisées possédant une bonne réputation ont cessé de dire la vérité", a affirmé le responsable. Selon lui, ces chaînes se réfèrent très souvent à des appels téléphoniques de témoins qui prennent des pseudonymes ou préfèrent garder l'anonymat.
M.Houria a déclaré avoir la certitude que l'objectif de la guerre de l'information déchaînée contre son pays était de renverser le régime actuel.
"Depuis le début, il est clair qu'ils veulent exercer une pression sur la position de la Syrie.

La Syrie est un pays souverain qui prend lui-même ses décisions. Aucun parti, aucun pays n'ont le droit de s'ingérer dans nos affaires intérieures", a conclu l'interlocuteur de l'agence.

 


19/08/2011
http://fr.rian.ru/world/20110819/190564135.html

 

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Sommaire de la lutte pour la libération du territoire.

Tiré à part 

La Turquie lâche Al Assad. 

La Syrie a rejeté dimanche le communiqué de la Ligue arabe qui a appelé à mettre fin à « l'effusion de sang dans ce pays ».

   

1 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

1-1 Damas affronte une guerre de l'information acharnée.  

1-2 Matthew Bernabei : "Londres, tout à fait comme Damas". 

 1-3 Thierry Meyssan : Les journalistes qui pratiquent la propagande de guerre devront rendre des comptes.

1-4 Louis Denghien : Journalistes ou propagandistes ?

1-5 Louis Denghien : Du bon usage des guillemets…

2 Dossier

2-1 Mère Agnès-Mariam de la Croix : Entre conflits armés et dialogue…

2-2 Michel Chossudovsky : L’OTAN et la Turquie appuient les rebelles armés en Syrie.

2-3 Guy Delorme : Le Figaro : la révolte introuvable à Damas !

2-4 Rassemblement à Damas dénonçant les ingérences étrangères.

3 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

3-1 Guy Delorme : Syrie/Irak/Iran : un gazoduc très politique. v

3-2 Mensonges médiatiques et réalités de terrain. 

3-4 Louis Denghien : L’ONU au service du NOE (Nouvel Ordre Mondial) ?

3-5 Louis Denghien : ONU : la mascarade continue !

3-6 Ahmed Halfaoui : Mohamed Bouhamidi : « Aggravation des menaces guerrières du capitalisme. »

Annexe (pièce jointe)

Wikipedia : La Syrie. 

 

sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

Rossiïskaïa gazeta : Le renversement du régime syrien à l'ordre du jour à l'ONU.

Le complot des Etats-Unis et d'Israël contre la Syrie a échoué, affirme Téhéran.  

1 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage1

1-1 Guy Delorme : Bachar : le président syrien n'est pas fabriqué aux Etats-Unis ! 

2  Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

 

2-1 Edward Peck : « La Syrie et d'ailleurs le monde arabe en général ne sont absolument pas compris par les Américains » 

2-2 Jacques Vergès : « En Syrie, il faut défendre l’Etat actuel ! ».

2-3 Mireille Delamarre : Qui au Moyen Orient Profiterait de La Chute D’Assad ? Israël …

2-4 Chems Eddine Chitour : Face à la démocratie aéroportée : La Syrie dernier verrou avant l'Iran.

2-5 Michel Chossudovsky : Une « guerre humanitaire » contre la Syrie ?

 

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http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

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8 septembre 2011 4 08 /09 /septembre /2011 00:12

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   La crise économique et sociale s’aggrave en Grèce - http://www.comite-valmy.org/spip.php?article1833

        Un homme non jugé coupable est innocent par Dimitri - http://www.comite-valmy.org/spip.php?article1832

        Pauvre France ! Pôle de Renaissance Communiste en France
        http://www.comite-valmy.org/spip.php?article1831

        Partis communistes en Europe face au projet du PGE par Anthony Crézégut
        http://www.comite-valmy.org/spip.php?article1830

        France / Où va la CGT ? par Michel Strausseisen - http://www.comite-valmy.org/spip.php?article1808

         MORT OU VIVANT, KADHAFI EST DEVENU UN HÉROS AFRICAIN (vidéo)
        http://www.comite-valmy.org/spip.php?article1814

        Honte aux journalistes de radio France-Inter traitant de la Libye - Silvia Cattori
        http://www.comite-valmy.org/spip.php?article1827

        A propos de déclarations de Mme Eva Joly - Communiqué du COURRIEL
        http://www.comite-valmy.org/spip.php?article1817

        Mélenchon est loin de faire l’unanimité au sein du PCF : un exemple en Meurthe-et-Moselle
        http://www.comite-valmy.org/spip.php?article1829

        Sombres perspectives - C. G. Toronto (Canada) - http://www.comite-valmy.org/spip.php?article1826

        Le « gros mot », c’est : ‘lobby’ ou ‘juif’ ? Jean Lévy - http://www.comite-valmy.org/spip.php?article1823

        Europe : le fédéralisme, un plan B illusoire par Marie-Françoise Bechtel
        http://www.comite-valmy.org/spip.php?article1834

        L’Iftar de l’Ambassadeur d’Israël aux États-Unis : une opération de diversion
        http://www.comite-valmy.org/spip.php?article1806

        Libye – Peur sur Tripoli où se terre le CNT parAllain Jules
        http://www.comite-valmy.org/spip.php?article1824

        L’Algérie est hostile à l’intervention militaire de la France dans le Sahel - Antoine Glaser
        http://www.comite-valmy.org/spip.php?article1821

        l’Otan vous est conté ( vidéo) - http://www.comite-valmy.org/spip.php?article1820

        « Notre ordre démocratique et libéral est en danger » http://www.comite-valmy.org/spip.php?article1816

        Ankara décide d’installer un radar otanien - http://www.comite-valmy.org/spip.php?article1828

        L’urgence : mettre hors d’état de nuire les fauteurs de guerre
        http://www.comite-valmy.org/spip.php?article1819

        Printemps arabes made in CIA, Langley, USA - http://www.comite-valmy.org/spip.php?article1796

        Il est l’OR de se réveiller...Ah ! Horreur ! Il en manque ! Franck de Bouvines
        http://www.comite-valmy.org/spip.php?article1813

        Libye - Témoignage d’un ancien lieutenant-colonel russe présent sur place : L’OTAN commet un massacre à Syrte et rase la ville - http://www.comite-valmy.org/spip.php?article1812

        L’armée française a-t-elle livré en Libye des armes qui pourraient, demain,tuer ses soldats en                             Afghanistan? - http://www.comite-valmy.org/spip.php?article1811

        Démolitions & Restaurations Corp - Manlio Dinucci - http://www.comite-valmy.org/spip.php?article1810

        Syrie : le BRICS soutient le projet de résolution russe - http://www.comite-valmy.org/spip.php?article1809

        Chavez : "La tragédie libyenne ne fait que commencer" http://www.comite-valmy.org/spip.php?breve606

http://gaetanpelletier.files.wordpress.com/2011/05/guerres.jpg

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par Rebel Griot
"L’Afrique est la clé du développement économique mondial" ; ce récent titre du Washington Post est d’une honnêteté rafraîchissante, mais pas vraiment un scoop. La main d’oeuvre et les ressources africaines —comme vous le dirait n’importe quel historien économique décent— sont la clé du développement économique mondial depuis des siècles. Quand les Européens ont découvert l’Amérique il y a 500 ans, leur système économique s’est disséminé à vive allure. Les puissances européennes ont pris de plus en plus (...) lire la suite
par Julien Terrié
Depuis quelques années, les agents hospitaliers du « meilleur CHU de France » [3] subissent violemment les restructurations et la mise en place des mécanismes facilitant la casse de l’Hôpital Public. Le paiement à l’acte, l’intéressement des praticiens hospitaliers aux résultats financiers de leur service, les dépassements d’honoraires à l’hôpital, l’installation du privé lucratif dans les locaux hospitaliers compromettent un accès aux soins égalitaire et de qualité. Ils sont aussi la source d’une profonde (...) lire la suite
par Djamel LABIDI
Il fallait s’y attendre : la prise de Tripoli a aiguisé les appétits de l’OTAN envers d’autres pays arabes. Dans les pays arabes, dont l’Algérie, elle a redonné vigueur aux partisans de l’ingérence occidentale. Ayant craint, un moment, l’enlisement de l’OTAN en Libye, ils manifestent d’autant plus leur joie à cet évènement. Ils y voient la confirmation de la justesse de leurs thèses sur "le bien fondé de cette ingérence du moment qu’elle débarrasse la Libye d’un tyran".. Mais peut-on s’en réjouir. (...) lire la suite
par Bernard GENSANE
Pourquoi pas, en effet ? Puisque l’« Europe » nous a désobéi, en ne respectant pas, à trois reprises, la volonté populaire exprimée clairement par référendum, désobéissons-lui. Cela fait cinquante ans que l’ « Europe » sert les intérêts du capitalisme financier, produit des inégalités, déréglemente, détruit le secteur public, engendre de la dette et des déficits, fait supporter aux citoyens les folies (voir la crise des subprimes) des banquiers, au mieux sans la volonté des peuples, au pire contre cette volonté. (...) lire la suite
Le glissement de la démocratie vers le totalitarisme des marchés.
par Anatole BERNARD
Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire ; c’est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe, et de ne pas faire écho, de notre âme, de notre bouche et de nos mains aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques. Jean JAURES. Le dimanche 14 août, dans le cadre du JT 19/20 de FR.3 Sud, le journaliste de service accueille Maxime VIVAS en le présentant par deux fois, avec un accent singulier de reproche, comme « l’auteur controversé » du livre DALAÏ-LAMA. Pas si zen. (...) lire la suite
par Aya Kaniuk & Tamar Goldschmidt
Lundi 1er août 2011, au lever du soleil, les soldats d’occupation ont assassiné Mu’tasem Udwan et Ali Khalifa et gravement blessé Ma’amun Awad. C’était le premier jour du Ramadan. Le meurtre est toujours choquant. Parce qu’ensuite il n’y a plus rien. Mais ce qui m’a le plus choquée c’est que sa mère l’ait vu peu après le meurtre par terre près de la porte de sa maison, sa cervelle répandue sur le sol. C’est comme ça qu’elle l’a trouvé, son fils et quelque part c’est ce qui m’a le plus retournée. Parce que (...) lire la suite
par Thomas C. MOUNTAIN
Après environ 8.000 raids aériens, et une estimation de 4 bombes lancées par attaque, l’OTAN a déjà largué plus de 30.000 bombes sur la Libye. Ca fait pratiquement 200 bombes par jour pendant 6 mois, soit des dizaines de milliers de tonnes d’explosifs puissants. Avec une estimation de 2 Libyens tués par bombe et aucune victime du côté de l’OTAN, les régimes occidentaux ont massacré environ 60.000 Libyens au cours des six derniers mois alors que les rebelles eux-mêmes annoncent 50.000 morts. Une sacrée (...) lire la suite
par Annick MAZIERS
Treize ans après une première immersion au Venezuela, alors gouverné par Rafael Caldera, Annick Maziers est retournée sur place en mai dernier. Impressions sur la République bolivarienne d’Hugo Chavez, sous la forme d’un carnet de route. L’absence temporaire du président Chavez a été l’occasion, pour une bonne partie de la presse mondiale de titrer sur le Venezuela... renforçant l’impression d’un régime dictatorial pour certains, éveillant, pour d’autres, respect et curiosité pour un leader adulé par une (...) lire la suite
Le Rapport Anti-Empire
par William BLUM
« Pourquoi nous attaquez-vous ? Pourquoi tuez-vous nos enfants ? Pourquoi détruisez-vous nos infrastructures ? » - intervention télévisée de Kadhafi, 30 avril 2011 Quelques heures plus tard, l’OTAN frappait Tripoli, tuant le fils de Kadhafi, Saif al-Arab, 29 ans, et trois de ses petites-filles, la plus âgée n’avait pas 12 ans, ainsi que plusieurs amis et voisins. Dans son intervention télévisée, Kadhafi a demandé à l’OTAN un cessez-le-feu pour négocier, après six semaines de bombardements et d’attaques (...) lire la suite
par Georges STANECHY
“La colonisation de la Nouvelle-Calédonie fut l’une des pires qu’il y eut au monde.” - Rosselène Dousset Leenhardt - Ethnologue (1) Notre président vient de passer près de trois jours en Nouvelle-Calédonie. Ouvrant officiellement, le samedi 27 août 2011 à Nouméa, les XIVe Jeux du Pacifique qui se termineront le 10 septembre prochain. Jeux réunissant 22 Etats de la région, essentiellement d’autres îles et archipels. En dépit des bouderies de certains poids-lourds, en termes économiques et politiques, (...) lire la suite
par COMAGUER, Francisco VIELMA
(COMAGUER : ) Nous avons choisi de traduire et de diffuser ci-après l’article d’un sociologue vénézuélien mis en ligne la semaine dernière car il est intéressant à plusieurs titres : - Il souligne que tout pays détenteur d’une matière première stratégique pour la puissance impérialiste dominante et ses alliés est sous surveillance et que selon la politique qu’il mène pour la gestion de cette ressource nationale il va tomber ou non dans la catégorie des « tyrans » ou rester un « ami ». - Le classement (...) lire la suite
par Human Rights Investigations
Human Rights Investigations a exprimé à plusieurs reprises ses inquiétudes concernant l’attitude des rebelles et il est devenu de plus en plus clair que le racisme tient une place centrale dans le conflit en Libye. Tout le monde a maintenant compris que les forces rebelles sont les combattants par procuration de l’OTAN (du Qatar et de l’Union des Emirats Arabes) sur le terrain. Un grand nombre de ces combattants ont été recrutés et motivés par des manipulations psychologiques (psy-ops) destinées à (...) lire la suite
par Juan GELMAN
Le Conseil de Sécurité des Nations Unies a déclaré en 2004 que la crise politique et humanitaire de Haïti a transformé le pays en une menace pour la paix et la sécurité internationale. Un coup d’Etat avait renversé le président Jean Baptiste Aristide, élu en 2004 par 91,69 pour cent de l’électorat et prêtre adepte de la théologie de la libération. Les USA et la France se chargèrent de le “sauver” au moyen d’un véritable enlèvement à bord d’un avion usaméricain qui le laissa en Afrique du Sud. En application (...) lire la suite
par James PETRAS
Les crises qui s’aggravent en Europe et aux USA engendrent des réponses socio-politiques différentes dans la classe ouvrière et dans la classe moyenne. En Europe, et particulièrement dans les pays méditerranéens (Grèce, Espagne, Portugal et Italie), les jeunes chômeurs, les travailleurs et les fonctionnaires du bas de la classe moyenne ont organisé une série de grèves générales, occupé les places publiques et autres formes d’actions directes. En même temps, la classe moyenne, les employés du secteur privé (...) lire la suite
par Catrina STEWART
Catrina Stewart a vu une vidéo qui dévoile toute la brutalité des interrogatoires des jeunes Palestiniens. L’enfant, frêle et de petite taille lutte pour rester éveillé. Sa tête dodeline et à moment donné tombe sur sa poitrine. "Lève la tête ! Lève la tête !" hurle un de ceux qui l’interrogent en le giflant. Mais à ce stade le gamin s’en moque car, depuis qu’il a été arraché à sa famille à la pointe du pistolet à 2H du matin, cela fait 12 heures qu’il ne dort pas. "Laissez-moi partir" supplie-t-il en pleurant, (...) lire la suite
par Frédéric ANDRE
Chili, août 2011 : Alors que les mouvements étudiants sont plus que jamais mobilisés contre la réforme de l’éducation promue par le gouvernement, et alors que se prépare dans le pays une grande grève générale lancée à l’appel des mouvements sociaux chiliens, le président Sebastian Pinera (un milliardaire ultra-libéral qui a succédé à la social-démocrate Michelle Bachelet l’an dernier et qui n’a pas hésité à s’entourer d’anciens hauts responsables du régime de Pinochet) annonce le dépôt d’un projet de loi (...) lire la suite
par Pepe ESCOBAR
Son nom est Abdelhakim Belhaj. Certains au Moyen-orient ont peut-être entendu parler de lui mais en occident et ailleurs son nom est pratiquement inconnu. Alors voici une séance de rattrapage. Parce que l’histoire de comment un agent d’Al-Qaeda a pu se retrouver haut-commandant militaire à Tripoli va – une fois de plus – briser l’immense champ de miroirs qu’est « la guerre contre le terrorisme » et compromettre sérieusement la propagande patiemment concoctée par l’OTAN sur son « intervention (...) lire la suite
par Samuel MOLEAUD
Les entreprises croulent sous les charges, les gens sont bombardés d’impôts et de prélèvements, l’État leur pompe tout ce qu’ils gagnent. Le pouvoir d’achat baisse ainsi que se freine la croissance économique, la dette publique devient insoutenable et donc l’État ne peut plus s’occuper du secteur public. Il doit faire face à une crise de la dette, et doit geler ses dépenses publiques. Il faut que cela change, et il revient à chaque citoyen de se serrer la ceinture pour sortir de la crise. La solution est (...) lire la suite
par Bernard GENSANE
Littérature, droit et morale en France (XIXe-XXe siècle). Paris : Le Seuil, 2011 (750 p.). Ceci est une étude considérable d’une directrice de recherche au CNRS. À une époque où les intellectuels français, malgré les tensions que connaît le monde actuel, ont quasiment disparu de la scène (à l’exception de quelque chemise blanche sur le perron de l’Élysée et d’une épaisse tignasse à France Culture), il est bon qu’une universitaire nous rappelle le long cheminement, les égarements aussi, à l’époque moderne, des (...) lire la suite
La Somalie, malgré les sécheresses, était naguère un pays autosuffisant.
par Esther VIVAS
Nous vivons dans un monde d’abondance. Selon les chiffres de l’Organisation des Nations Unies pour l’Agriculture et l’Alimentation (FAO), on produit aujourd’hui de la nourriture pour 12 milliards de personnes, alors que la planète compte 7 milliards d’êtres humains. De la nourriture, il y en a. Alors pourquoi dans ce cas une personne sur sept dans le monde souffre de la faim ? La menace alimentaire qui touche plus de 10 millions de personnes dans la Corne de l’Afrique remet en lumière la fatalité (...) lire la suite
par Chems Eddine CHITOUR
« Vous me demandez mon avis, monsieur, sur l’expédition de Chine. (...) Il y avait, dans un coin du monde, une merveille du monde : cette merveille s’appelait le palais d’Été. (...) Cette merveille a disparu. Un jour, deux bandits sont entrés dans le palais d’Été. L’un a pillé, l’autre a incendié. (...) L’un des deux vainqueurs a empli ses poches, ce que voyant, l’autre a empli ses coffres ; et l’on est revenu en Europe, bras dessus, bras dessous, en riant.. Nous. Européens, nous sommes les civilisés, et (...) lire la suite
par Rebecca MURRAY
BAGDAD - Rania avait 16 ans quand des officiels l’ont violée pendant la répression de Saddam Hussein du sud shiite de l’Irak en 1991. "Mes frères étaient condamnés à mort et la seule manière de les sauver a été d’offrir mon corps" dit-elle. Rejetée par sa famille pour leur avoir apporté la honte, Rania s’est enfuie à Bagdad et s’est vite retrouvée à travailler dans le quartier de la lanterne rouge de Bagdad. La prostitution et le trafic sexuel se sont répandus comme une épidémie en Irak car la violence de (...) lire la suite
par Robert BIBEAU
Nous abordons aujourd’hui le problème récurrent et fort complexe des déficits publics américains et du gonflement vertigineux de leur dette souveraine. Nous expliquerons le mécanisme économique qui engendre ces déficits et qui suscite le gonflement de leur dette souveraine, le défaut de paiement et la dévaluation du dollar US. Nous verrons que ce processus est inhérent au modèle de développement impérialiste et qu’à terme il engendre la création de gigantesques entreprises multinationales sans patrie, (...) lire la suite
par Jean-Luc GUILMOT
Depuis six mois, les mass médias s’évertuent à entretenir l’idée que les bombardements de l’OTAN sur la Libye visent à protéger des civils de la brutalité des forces de Kadhafi et à leur apporter paix et démocratie. Pour entretenir cette vue des choses, quelques prises de liberté avec l’évocation des faits se sont imposées. Tout d’abord, quelques rappels de faits indiscutés. En dépit des frasques de son dirigeant en place depuis 42 ans – contre 59 ans pour la reine Elisabeth d’Angleterre et 43 ans pour le (...) lire la suite
par Maren MANTOVANI, Michael DEAS
La multinationale française Veolia semblait autrefois inattaquable ; aujourd’hui elle souffre. Elle doit faire face non seulement à la crise économique mondiale mais aussi à l’impact croissant de la campagne du mouvement Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) contre son implication dans les projets d’infrastructures et de transports d’apartheid israéliens. Une fusion récente entre la branche des transports de Veolia et une filiale du principal fond français d’investissement étatique indique que (...) lire la suite
La crise des ânes
par Âneonyme
Un homme portant cravate se présenta un jour dans un village. Monté sur une caisse, il cria à qui voulait l’entendre qu’il achèterait cash 100 euros l’unité tous les ânes qu’on lui proposerait. Les paysans le trouvaient bien un peu étrange mais son prix était très intéressant et ceux qui topaient avec lui repartaient le portefeuille rebondi, la mine réjouie. Il revint le lendemain et offrit cette fois 150 euros par tête, et là encore une grande partie des habitants lui vendit les bêtes. Les jours (...) lire la suite
Combien de temps encore Tanja Nijmeijer, la "Holandesa", trompera-t-elle la grande faucheuse ?
par Loic RAMIREZ
« Hans m’a demandé quel titre je pensais donner au livre que j’écrivais sur Tanja. - Provisoirement je l’ai baptisé “Les sept vies de Tanja Nijmeijer “- lui ai-je répondu. - J’aime ce titre - a-t-il dit - Depuis toute petite elle a su sortir indemne de situations dangereuses » (1) Voilà ce que le journaliste colombien Jorge Enrique Botero a répondu au père de Tanja alias Alexandra, la jeune combattante des FARC de nationalité hollandaise. Depuis mai 2011 on peut trouver en librairie le résultat (...) lire la suite
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Source : COMAGUER Tel est le cas d’un grand navire de croisière en construction à Saint-Nazaire par le chantier STX. En 2010 la compagnie maritime d’Etat libyenne, la GNMTC, qui jusqu’alors ne possédait qu’une (...)

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« Cher peuple iranien, vos enfants ont envoyé leur premier satellite indigène qui a été placé en orbite de la Terre, au nom de Dieu et du douzième imam. » C’est par ce message lancé par le satellite iranien Omid (espoir), le 5 (...)

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Comment ne pas voir dans les analyses et les recommandations de ce groupe de réflexion politique qu’est Terra Nova qui se veut indépendant mais proche du PS, une vaste tentative de nier - avant de la ré-écrire – ce que fut (...)

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Dans ce résumé de 9 min (Mise en lumière du sombre secret d’Al Qaïda), Alex Jones détricote pas en pas le CANULAR Al Qaïda de ces 20 dernières années à la lumière des derniers évènements en Libye, où l’ennemi d’hier (...)

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Nous publions ici copie d’un courrier qu’une auditrice avisée a adressé aux rédacteurs de radio France Inter. Ceci pour leur rappeler que la liberté de la presse n’est pas un droit pour les journalistes mais un droit (...)  image 12

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7 septembre 2011 3 07 /09 /septembre /2011 05:15

Pourquoi la France ne se relèvera pas grâce aux plans de sarkoléon
 

sarko_caricature_soldesAvant même d’entamer la rentrée, sarkoléon nous inflige un nouveau plan d’austérité (12 milliards d’euros d’économies aux dernières nouvelles). Ah bon, parc qu’on n’y était pas déjà, dans l’austérité, depuis quatre ans ? Si, mais on peut faire encore pire que ce qui a déjà été réalisé, ou plutôt détruit, depuis quatre longues, longues années et demi.

 

Si ce n’était si tragique on aurait envie de se rouler par terre de rire. Entendre sarkoléon nous dire de nous serrer la ceinture après quatre ans et demi de gabegie pour les décomplexés et d’austérité pour le commun des mortels, ça fait crisser les oreilles.

Parce que oui, aujourd’hui, avec un déficit public de 135 milliards d’euros fin 2010 (soit 7% du PIB, alors qu’à l’arrive de sarko il était de moins de 4%), et une dette publique à 85% du PIB (soit près de 1.700 milliards d’euros, contre 64% du PIB en 2007), on n’a pas fini de rire.

D’autant que la Croissance, que ces messieurs attendent comme le messie, n’est toujours pas là malgré les prévisions ultra optimistes[1] de Lagarde et consorts, qui relèvent davantage de l’incantation que de la prévision réaliste.

Bref, en lisant le programme électoral de sarko en 2007, on pouvait prévoir sans difficulté qu’on se trouverait exactement dans la situation actuelle[2]. Pas besoin d’être économiste pour comprendre que couper les rentrées d’argent en augmentant les dépenses inutiles allait nous mener droit dans le mur, d’autant plus que la crise subprime se profilait déjà fin 2006.

C’est d’ailleurs pour cela que, mine de rien, l’excité à talonnettes est aujourd’hui en train de défaire une partie de ses mesures phares de 2007. Mesures qu’il a d’ailleurs fait passer trois mois après son arrivée à l’Elysée, en plein milieu de l’été, et juste avant que l’économie mondiale ne sombre réellement. 

Pourquoi il a plombé les comptes090929_dette_500

La base quand on gère un budget, c’est de veiller à équilibrer les dépenses avec les rentrées d’argent. Sarko, lui, s’est permis d’augmenter les dépenses en diminuant les recettes. Enfin, je ne compte pas les PV et autres taxes sur le tabac et l’alcool (qui n’ont jamais été reversés à la sécu et n’ont jamais été compenses par l’Etat). De ce côté en effet, il a bien augmenté les gains. De même que quand il coupe dans les dépenses sociales, mais on va y revenir.

Bref, reprenons. Sarko, donc a d’abord fait perdre pas mal d’argent à l’Etat via tout un train de mesures aussi aberrantes que contre productives.

 - Baisse des droits de succession des riches : coût estimé : 1,7 milliard par an au début, puis après révision de 2011, 700.000 euros par an. Cette mesure, bien évidemment, ne profitait qu’aux riches, puisque les pauvres étaient déjà exonérés (pour le conjoint, l’abattement fiscal s’élevait jusqu’à 76.000 euros).

Là, l’exonération est devenue totale, même pour ceux qui auraient du payer plus de 76.000 euros d’impôts. Donc, qui en profite ? "Environ 90% des successions au profit de l'époux survivant, 80% des successions en ligne directe et 75% de l'ensemble des successions sont déjà exonérés", a souligné le député socialiste Jean-Louis Idiart dans Le Nouvel Observateur au moment où la réforme a été votée, en 2007. Les rentiers seront ravis de la réforme, cela va de soi…

Il y avait aussi dans cette réforme la possibilité de faire des donations de son vivant tous les six ans, de près de 160.000 euros non taxés.

Toutefois, Sarko est en partie revenu sur cette mesure coûteuse et improductive avec sa réforme d’austérité d’août 2011.

 - Augmentation du nombre de niches fiscales : renforcement du CIR (crédit impôt recherche, coût : 4,5 milliards par an), qui procure d’énormes abattements fiscaux aux multinationales qui font travailler les universités pour la recherche qui les intéresse. Ajoutons que le CIR devait permettre aux entreprises d’investir dans la recherche et développement, mais Rhodia, qui a gagné 7 milliards en 2007 et 20 milliards en 2008 a expliqué que l’argent allait servir à «investir au niveau du groupe, soit dans de l’industriel, soit dans de la R &D, soit dans le remboursement de la dette, soit améliorer son résultat net… C’est donc effectivement de la gestion du cash au niveau du groupe ».

Autre exemple parlant : Sanofi aventis, qui a réduit ses effectifs en R&D en 2009 ( au moins 1.100 emplois en moins), mais faisait 5,3 milliards de bénéfice la même année, rémunérant grassement ses actionnaires au passage, Sanofi a été le premier bénéficiaire du CIR (avec 26 millions d’euros reversés par l’Etat en 2008).

Evidemment, au salon du Bourget sarko a précisé qu’il ne reviendrait pas sur cette merveilleuse niche fiscale.

- Exonération des plus-values générées par les titres de participation.

De 2007 à 2010, selon le Conseil des prélèvements obligatoires, 19 dispositifs d’exonération fiscale ont été créés, 10 ont été supprimés.

Et pour terminer avec les niches fiscales, l’Inspection des finances en a recensé 538, représentant… 104 milliards d’euros. Donc s(il cherche de l’argent, on peut lui dire tout de suite où le trouver. Parmi les mesures examinées, 261 niches fiscales et sociales représentant plus de 52 milliards d'euros -sur un montant global de 104 milliards- ne seraient pas utiles, voire seraient économiquement improductives : 125 niches fiscales et 46 niches sociales entreraient dans cette catégorie. On ne va pas s’étendre sur les niches jugées improductives par l’Inspection des finances, car elle considère que le Crédit Impôt recherche tel qu’il est fait est une bonne chose.

Selon l’économiste Thomas Piketty, explique l’hebdomadaire Marianne du 27 août, les cadeaux fiscaux au 1% des Français les plus riches s’élève à 150 milliards d’euros en 10 ans, soit 15 milliards par an. Et on nous reparle encore du « trou de la sécu » ?

GABEGIE806_dans_le_fillon - Fin de l’ISF : la fin de l’ISF est le serpent de mer du mandat de sarkoléon, l’ISF est sa bête noire.

A défaut de le supprimer comme il l’aurait voulu, l’ISF a donc été réduit à la portion congrue, passant de 1,8% à 0,5% des revenus des ultra riches. Et même 0,25% pour ceux qui sont un peu moins que très riches (1,3 à 3 millions d’euros).

En outre, les premiers à payer l’impôt touchent désormais 1,3 million par an, contre 800.000 euros auparavant (300.000 contribuables sur 560.000 sont donc exonérés de cet impôt). Comme l’écrivait le Nouvel Observateur en avril 2011 : « La baisse d'impôt est d'autant plus forte que l'on dispose d'un patrimoine important : elle atteint 38% pour une fortune de 2 millions et 69% pour une de 50 millions! » Coût de ladite réforme : près d’1,6 milliard par an. Compensé en partie par la fin partielle du bouclier fiscal (700 millions d’euros) et l’augmentation de la fiscalité sur les successions (900 millions paraît-il).

- Suppression de l’impôt forfaitaire sur les entreprises : coût de 1,6 milliard d’euros par an.


- Bouclier fiscal : dispositif qui permettait aux ménages de ne pas payer d’impôts au-delà de 50 % de leurs revenus.  Pensons seulement que dans les années 30, les riches américains étaient taxés à plus de 90%, et ils étaient quand-même riches.

Ledit bouclier a été supprimé grâce à l’Europe, qui le trouvait injuste… pour les riches domiciliés hors de France qui n’y avaient pas droit ! En outre, précisait le Figaro en octobre 2010, « les impôts pris en compte dans le «bouclier fiscal» sont uniquement ceux payés dans l'Hexagone, ce qui peut avoir pour conséquence d'influencer des choix d'investissement et donc contrevenir à la libre circulation des capitaux ».

- Exonération d’impôts et de cotisations sociales sur les heures supplémentaires. Coût : 6,5 milliards. Accessoirement, cette mesure a contribué à faire augmenter le chômage, puisqu’au lieu de rendre les heures supplémentaires peu intéressantes comparées à un emploi, elles les ont rendues très attractives, surtout si on imagine que le salarié est déjà un emploi aidé.

A l’époque, on nous a dit que les employés aussi allaient être exonérés, mais la plupart des gens ont oublié qu’ils ne payaient pas d’impôts… Du coup, le bénéfice pour les salariés ne concerne que les plus hauts revenus.

En 2009, par exemple, les patrons d’entreprises de moins de 10 salariés ont été exonérés de la totalité des charges patronales sur les embauches de personnes gagnant moins de 1,6 fois le SMIC, en 2009. Mesure pas trop stupide en temps de crise, mais qui a coûté quand-même 700 millions d’euros.

Mais, avec son délire d’austérité, sarko se demande s’il ne faudrait pas revenir sur cette loi à laquelle il tenait tant récemment. Ca ne fera qu’une de plus.

- Baisses des charges sociales pour les entreprises : 35,3 milliards d’euros par an en 2010. D’après le conseil des prélèvements obligatoires, le nombre de dispositifs d’exonérations a augmenté considérablement et de manière continue entre 2005 et 2010 (+ 45,4 %). Entre 2002 et 2010, le nombre des dépenses fiscales bénéficiant aux entreprises a augmenté de 16,27 %, et leur coût a augmenté de 33% entre 2005 et 2010, soit 8,7 milliards d’euros. Le rapport précise que « L’augmentation constatée entre 2008 et 2009 est imputable à hauteur de 76,9 % à la hausse du coût du crédit impôt recherche : évalué à 1500 M€ en 2008, le coût du dispositif est en effet estimé à 5800 M€ en 2009 (+ 4300 M€) ».

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En fait, on appelle ça « niches fiscales et sociales », mais ça fait moins joli.

Les principaux postes de dépenses pour ces exonérations sont :

  1. la baisse de TVA qui représente 44% du total des exonérations, soit 15,3 milliards d’euros en 2009,
  2. les dispositions communes à l’impôt sur le revenu et à l’impôt sur les sociétés (IR-IS) qui représentent 22,7 % du total (7,88 Mds€),
  3. l’impôt sur les sociétés (IS) soit 9,4 % du total (3,26 Mds€) ; la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE), soit 7,3 % (2,54 Mds€),
  4. les droits d’enregistrement et de timbre (ENR-TIM), soit 7 % (2,44 Mds€),
  5. et les dépenses fiscales applicables aux entreprises en matière de fiscalité locale  qui représentaient 4,1 % du total en 2009.

 

Ci-dessous, le tableau récapitulatif :

tableau_2_d_penses_fiscales_pour_les_entreprises

 - Baisse de la TVA dans la restauration : coût de plus de 3,1 milliards par an.

 - Privatisations.  On se rappelle que GDF qui « ne sera jamais privatisée » marche à grands pas vers la privatisation, tout comme EDF, d’ailleurs, la SNCF, la Poste, France Telecom et tant d’autres. Bon, il ne reste plus grand-chose à privatiser, mais les hôpitaux publics sont très mal barrés, de même que l’éducation et le système carcéral, grâce à la bonne vieille recette « qui veut tuer son chien dit qu’il a la rage ».

Selon l’adage, en effet, rien de tel que couper dans les effectifs, dans les moyens, dans la formation etc. tout en exigeant de la rentabilité, pour ensuite dire qu’un service public est inefficace et serait tellement mieux une fois privatisé. Hélas, nous savons tous que c’est n’importe quoi, pensons aux autoroutes, au prix des transports dits « publics » et à leur qualité en chute libre, aux prix de l’électricité qui ont grimpé en flèche bien avant la crise pétrolière, mais juste après le début de la privatisation d’EDF en 2005, idem pour GDF dont la privatisation (l’ouverture du capital) a commencé en 2004.

En tout cas, pour les hôpitaux « publics » ça commence avec les premiers « partenariats public privé »[3]. Le nabot à talonnettes a d’ailleurs commencé ce travail de sape sur les derniers services publics lors de son bref mais catastrophique passage à Bercy en 2004, pour préparer le budget 2005.

Bref, la liste est longue et de toutes manières c’est l’Europe qui décide puisque la concurrence doit être « libre et non faussée », n’est-ce-pas.

Coût : inchiffrable.

 - Suppression de la taxe professionnelle en 2010 : coût de 28 milliards d’euros par an (dont 8 milliards en moins pour l’Etat[4], le reste en moins pour les collectivités locales).

 - Emplois aidés (ou les fonctionnaires qui n’en ont pas le nom). Coût : 2,5 milliards par an.

Les bas salaires sont souvent exonérés de charges, et finalement supportés par l’Etat. Nombreux sont les gens payés au SMIC qui sont en réalité largement salariés par l’Etat. Et puis, ces mesures constituent une « trappe à bas salaires », incitant les entreprises à ne créer que des emplois mal rémunérés, et cela sur le dos des contribuables. Soit environ 400.000 contrats dénommés Contrat initiative emploi (CIE) dans le privé ou Contrat d'accompagnement dans l'emploi (CAE) dans le public, et subventionnés par l’Etat à hauteur de 70%.

Accessoirement, les emplois aidés ont l’avantage de faire baisser les chiffres du chômage, d’autant qu’ils s’adressent à des gens assez éloignés de l’emploi, comme on dit : chômeurs de longue durée, jeunes sans formation, personnes handicapées, personnes en réinsertion ou des gens aux minimas sociaux.

 

sarko_exalte_mykaiaAugmentation des dépenses

 

Evidemment, couper l’Etat d’une partie des recettes ne plombe pas assez les comptes. Le mieux, c’est encore de faire une ou deux guerres.

La guerre d’Afghanistan, dont personne n’a rien à faire ici puisque nous ne consommons pas d’opium, couterait donc 1,3 million d‘euros par jour, soit 470 millions d’euros en 2010.

En juillet 2009, on en était déjà à 1,3 milliard d’euros pour la guerre en Afghanistan.

La guerre en Libye n’est pas tellement meilleur marché : 53 millions d’euros entre le 19 mars, quand la guerre a commencé, et le 3 mai, quand le ministre de l’Intérieur Longuet a donné les chiffres. Nous sommes au début de septembre, on doit donc avoir largement dépassé les 160 millions d’euros.

Il y a aussi la hausse de moult impôts qui touchent tout le monde, comme la CSG, qui rapportera davantage que la taxe sur les hauts revenus, semble-t-il.

Ainsi, sarko avait prévu d’augmenter les prélèvements obligatoires de 1% du PIB, pour les faire passer de 41,9% du PIB en 2010 à 42,9% en 2011, 43,2% en 2012 et 43,9% en 2014, leur niveau de 2007.

Sauf que cette augmentation, a-t-il précisé, porterait à 37% sur les ménages et à 63% sur les entreprises, puis à 52% contre 48% en 2012, alors que les baisses de charges n’ont concerné quasiment que les entreprises.

Et n’oublions pas les propres dépenses de sarkoléon, sur lesquelles il ne sert à rien de s’étendre, comme ses 170% d’augmentation ou les 7,5 millions qu’il a dépensés pour ses frais officiels de communication en 2009[5]. A cela il faut encore ajouter les frais du SIG, le service d’information du gouvernement.

Juste pour rire, évoquons les 50.000€ de subventions destinés à lui installer des toilettes toutes neuves et une antenne relais au mémorial Charles de Gaulle (22 millions d’euros) qu’il allait visiter sous peu. Cette liste n’est pas exhaustive, mais on peut la compléter par ci par-là[6].

Par ailleurs, le remboursement des intérêts des emprunts (donc uniquement les intérêts de la dette) réalisés sur « les marchés », ce qu’on appelle les « engagements financiers de l’Etat », le quatrième budget de l’Etat[7]: 44,6 milliards prévus au budget de 2010 (contre moins de 41 milliards payés en 2006). Pour 2011, on en serait à 47 milliards[8], plus de 15% du budget de l’Etat.

Et il faut noter que le premier budget de l’Etat, ce sont les remboursements et dégrèvements, c’est-à-dire les cadeaux fiscaux, qui coutent plus de 93 milliards d’euros par an (chiffres prévisionnels de 2010).


Sans oublier l’austérité pour les pauvres, depuis 2007 et même avantlegajanv06_02

Le président du pouvoir d’achat a en effet un lourd passif en matière de destruction des acquis sociaux. Ce qu’il appelle « modernité » est pour nous synonyme de régression :

Restrictions du chômage : la durée des allocations chômage a été restreinte progressivement, de 386 jours en 2005 à 328 jours en 2008. On est à 7 à 23 mois en 2011, soit environ 210 jours au minimum. 

La revalorisation des indemnités chômage étant inférieure à l’inflation, il baisse de toute manière.

Ladite indemnité chômage s’élève à 57,4% du salaire brut de référence, puis à la fin du temps d’indemnisation on passe au RSA, avec 13,57€ par jour au maximum, ou 460€ pour une personne seule. Dans les années 70, les chômeurs touchaient carrément 90% du dernier salaire brut. Mais, il y avait quatre fois moins de chômeurs.

Au final, de plus en plus de chômeurs ne sont plus indemnisés, et se retrouvent au RSA voire sans rien. Parmi les chômeurs dits de longue durée (+ de 2 ans), 62% ne sont pas indemnisés et 46% touchent le RSA.

Radiations du chômage (ex « recalculés »): hausse de 25% des radiations administratives en juillet 2011 alors que le chômage augmente quand-même de plus de 36.000 personnes. En juillet, 197.000 personnes ont été radiées pour défaut d’actualisation, 47.900 ont été radiés pour des problèmes d’ordre administratif[9], et 56.800 autres ont été virés sans qu’on sache pourquoi. Dans quelle catégorie rentrent ceux qui ont refusé trois offres bidons, dont les critères sont élargis d’année en année [10]?

Au total, 301.900 personnes se retrouvent sans ressources ou presque. Et sarko pleure parce que le chômage a augmenté de 36.000 personnes, cherchez l’erreur…

Le processus est exactement le même en Belgique, où le chômage a longtemps baissé exactement dans la même proportion que les « exclusions » des indemnités chômage augmentaient, avant et pendant la crise économique.

Augmentation du prix des médicaments et des consultations médicales : petit à petit, de plus en plus de médicaments sont déremboursés[11], d’autres sont de moins en moins bien remboursés, le ticket modérateur ne cesse d’augmenter.

Les dépassements d’honoraires sur lesquels l’Etat ferme les yeux engendrent une médecine à deux vitesses. Le corollaire de tout cela est que les pauvres n’iront se soigner qu’au dernier moment, avec toutes les complications que cela engendre.

Augmentation des taxes : redevance TV, taxe sur les ordinateurs et clés USB, taxe sur les huiles moteur, taxe Internet, les malus environnementaux… Au final Sarko aurait créé une taxe par mois durant tout son mandat.

reiser    → Taxation des mutuelles : c’est la nouveauté de l’année 2011. Maintenant que tout le monde est obligé d’avoir une complémentaire santé puisque la sécu rembourse de moins en moins, voilà qu’on va se mettre à taxer les mutuelles. On a déjà eu droit à une taxe[12] de 3,5% sur les mutuelles en janvier, et voilà que la taxe passe à 7%. Gain attendu cette augmentation : 1,2 milliard d’euros par an, (en plus du 1,1 milliard gagné avec la réforme de janvier). Alors que la taxe des riches ne rapportera pas plus de 200 millions d’euros…

   → Baisse des allocations familiales : ça se fait subtilement et étape par étapes, mais on enlève des tranches[13], on revalorise moins, et au final les familles touchent moins. Là, ils pensent à donner des allocs dès le 1er enfant, mais en donnant moins pour les enfants. Au final, on peut parier qu’il y aura des économies de bout de chandelle.

Recul du SMIC : c’est une évidence, le SMIC, qui a stagné pendant la crise et augmente beaucoup moins que l’inflation, est donc en recul. Il faut savoir que pour ces messieurs de la BCE occupés à contenir l’inflation, il y a un impératif qui est de contenir l’augmentation des salaires. Pour cela, deux leviers essentiels : un chômage structurel autour de 8%, et des salaires minimum aussi bas que possible[14].  En gros, le SMIC augmente de 8€ mensuels, ce qui est loin de compenser l’augmentation des prix.

RSA : le pire, c’est qu’on pourrait bientôt mettre le RSA dans la colonne des gains pour l’Etat !

Selon Actu Chômage : « les dépenses au titre du RSA "activité" (pour les personnes qui travaillent; le coût du RSA "socle" pour celles qui ne travaillent pas étant pris intégralement en charge par les départements) devaient atteindre 1,4 milliard d'euros en 2009, puis 2,9 milliards en 2010 et 2011 en régime de croisière, sur la base de 2 millions de bénéficiaires. En réalité, on n'en comptait fin 2010 que 667.000, et ce nombre ne progresse que faiblement. Résultat, le coût du RSA "activité" s'établit «seulement» à un peu plus de 1,3 milliard. Soit, peu ou prou, le montant des recettes de la contribution RSA de 1,1% sur les revenus du capital (1,2 milliard) instaurée en 2009, et qui est pourtant plus faible que prévu en raison de la crise. »

En 2009 et 2010, le FNSA (Fonds National des Solidarités Actives) chargé de verser le RSA et d’autres allocations moins importantes était même bénéficiaire. En effet, une bonne partie des gens qui pourraient toucher le RSA ne le demandent pas, et pour ceux qui le demandent, les démarches peuvent durer des mois (il manque toujours un papier dans le dossier, mais on vous le dit au coup par coup évidemment).

Tarifs du gaz, de l’électricité, SNCF, La Poste, et France Telecom, dont l’Etat reste l’un des principaux actionnaires. Plus les actions valent cher, ou plus le bénéfice finit dans la poche des actionnaires comme c’est encore le cas avec France Telecom, plus l’Etat s’en met lui aussi plein les poches. Car il est encore actionnaire majoritaire d’EDF, par exemple, et tient encore un bon pourcentage de parts dans d’autres ex entreprises publiques.

Et cette liste n’est évidemment pas exhaustive.

Il faut aussi préciser que l’idée d’inscrire dans la constitution qu’on ne peut pas avoir de déficit supérieur à 3% du PIB, la fumeuse « règle d’or », n’est pas une idée de sarko, même s’il la propose depuis 2007, mais la dernière lubie des crânes d’œuf de Bruxelles. Eux ont appelé ça le « pacte de compétitivité », et cherchent à l’imposer partout en Europe. Le but ? Que l’Europe prenne en main l’économie des pays qui dépassent les 3% de déficit, en prenant les mesures drastiques qu’on connaît par cœur pour les subir depuis 30 ans : privatisations, baisse des salaires, baisse des dépenses sociales, augmentation des impôts pour les pauvres.

 

Ce qui nous attend150139956_des_petits_trous

D’abord, il faut avoir conscience que les mesures d’austérité sont appliquées partout dans le monde, c’est toujours la même recette, qu’on a déjà répétée : baisse des dépenses sociales, baisse des impôts des riches, privatisations. Ce sont les bonnes vieilles « politiques d’ajustement structurels » du FMI et de la Banque Mondiale, et qui ont coulé tant de pays à travers le monde dans les années 90 et 2000. Et ces mesures sont appliquées partout parce que la décision est prise depuis longtemps, comme en témoignent les textes européens.

Que les gouvernements soient de droite ou de gauche, peu importe : le programme est le même. Parce qu’il y a un consensus des « élites » pour presser le citron (les travailleurs/ consommateurs/ électeurs) au maximum.

Aujourd’hui on nous dit qu’il ne s’agit toujours pas d’austérité, mais si : on accélère seulement le rythme de la casse sociale, et économique. Car, il n’y a aucune raison pour que les recettes appliquées au reste du monde ne donnent pas les mêmes résultats chez nous, c’est-à-dire un appauvrissement durable de 95% de la population.

D’ailleurs on le constate nous-mêmes : depuis le tournant libéral de Mitterrand en 1983, est-ce que les travailleurs se portent mieux ? Certes non, puisque le produit de leur travail sert de plus en plus à rémunérer les actionnaires et à nourrir le marché de la finance qui nous pille encore une fois à chaque crise.

Bref, revenons au plan de sarkoléon.

Il s’agit, nous dit-on, de ramener le déficit public de 5,7 à 4,6% en 2012 et 3% en 2013. Les mêmes objectifs qu’en 2007, mais soit.

-         On va commencer par la taxe la plus débile : celle sur les boissons sucrées, mais pas les jus d’orange. Pourquoi la taxe sur les « repas » du Mc Do est-elle à 5,5% alors ? La taxe sur les sodas, donc sera augmentée à 19,6%. Gain espéré : 120 millions

-         Taxe de 6% en plus sur les alcools forts et le tabac. Depuis 2009, l’augmentation est de 6% par an de toute manière, et la consommation ne baisse pas vraiment, surtout si on tient compte du nombre de fumeurs qui se fournissent à l’étranger, et pas seulement aux frontières. Gain espéré : 600 millions sur le tabac et 340 millions avec l’alcool.

-         Une bonne mesure, dans le tas : limiter le report des déficits dans le bilan des entreprises. Ce système fait de la France un paradis fiscal, et si Total ou Danone ne paient pas un euro d’impôt sur les bénéfices cette année c’est grâce à ce système qui permet, même quand on fait des bénéfices, de rapatrier une partie des pertes afin de les déduire des bénéfices. Certaines multinationales arrivent même à obtenir des crédits d’impôt grâce à ça. Gain espéré : 1,5 milliard en 2012.

-         Augmentation de la taxe sur les mutuelles, mais on en a déjà parlé.

-         Baisse des dépenses de l’Etat de 1milliard.

-         Baisse de 10% des dépenses dans les niches fiscales.

Dont la suppression de l'abattement de 30% sur le bénéfice imposable des entreprises dans les départements d'outre-mer, pour un gain attendu de 100 millions d'euros. Ce qui faisait des DOM des mini paradis fiscaux.

-         Taxe sur les parcs d’attraction : elle passe aussi à 19 ,5%, pour un gain attendu de 90 millions d’euros par an.

-         Fin des dérogations à la CSG : 800 millions espérés.

-         Fin d’autres avantages : Hausse du forfait social de 6% à 8% (400 millions), alignement sur le droit commun des cotisations sociales du secteur de l'énergie (200 millions), harmonisation dans la loi de l'assiette de la contribution sociale de solidarité des sociétés.

-         Heures sup’ : en révisant le calcul des allègements de charges, l’Etat espère gagner 600 millions d’euros par an.

-         Résidence secondaire : fin de l’abattement sur les plus values réalisées lors de la revente d’une résidence secondaire. La taxe arrivera à environ 30% de la plus value. Gain espéré : 2,2 milliards en 2012.

-         Taxe sur les hauts revenus et revenus du capital : il s’agit d’une taxe temporaire (peut-être jusqu’en 2013), de 3%, touchant les revenus supérieurs à 500.000€. Gain espéré : 200 millions d’euros.

Les milliardaires qui appellent à se faire taxer ne nous laissent pas dupes. On a très bien compris qu’ils prenaient les devants afin d‘éviter une vraie taxe, durable et conséquente, comme celles que les plus pauvres se prennent dans la figure depuis quatre ans.

Grâce à leur lobbying, les revenus de plus de 500.000 euros annuels (vous en connaissez beaucoup vous ?) devront allonger la pharamineuse somme de … 3.000 euros par an ! Et encore, cette taxe ne sera qu’exceptionnelle. On peut applaudir… Au final, ça ne sert à rien à part à faire croire au populo qu’il ne sera pas le seul à cracher au bassinet.

 

Comme il ne s’agit pas d’être efficace mais de rassurer « les Marchés », on peut s’attendre à subir le même scénario que l’Irlande il y a deux ans, le Portugal il y a un an, et plein d‘autres pays aujourd’hui. En effet, il y a deux ou trois ans, l’Irlande s’infligeait elle-même un méga cure d’austérité, pour que « les Marchés » la laissent tranquille, mais évidemment ça n’a pas suffi, et l’austérité a du s’amplifier. Même scénario au Portugal où, il y a un an de cela, on espérait encore pouvoir passer entre les mailles du filet en faisant des économies.

Quant à voir revenir la Croissance, il faut avoir conscience que même si elle revient (ce qui ne sera probablement pas le cas dans les mois à venir), elle n’apportera pas plus aux salariés de base que la « Croissance » de la fin des années 90. Celle-là en effet, seuls les spéculateurs et les rentiers l’ont vue passer.

On constate en outre que la politique menée depuis 2007 est totalement improductive, pourtant il n’est pas question de remettre en cause le dogme libéral, on reste dans la doxa et les riches doivent être toujours plus protégés, tandis que la masse peut être saignée à blanc, et c’est le même schéma pour les multinationales et les PME.

La suite, on la connaît : austérité è appauvrissement généralisé de l’Etat et de classes moyennes et pauvres è pas de Croissance è mesures d’austérité encore pires…

La seule question est : jusqu’à quand ?

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[1] Par exemple, la croissance prévue en 2010 était d’abord de 2,5, puis 2%, elle a finalement été de 1,5%. Pour 2009, sarkoléon et ses copains avaient d’abord prévu une baisse du PIB de 1,75%, puis 2, ça a finalement été moins 2,5%. Pour 2011, ils ont d’abord « prévu », ou plutôt espéré 2,5% de croissance, puis 2, et on sera surement en-dessous de 1,5  (on a fait 0,9% au premier trimestre, et 0 au deuxième. Et c’est chaud pour le troisième, vu la crise financière qui nous est tombé dessus). Lagarde avait même « prévu » -en lisant dans les entrailles de poulet ?- 2,25% de croissance du PIB en 2012 (après avoir d’abord prévu 2,5, soyons fous). Aujourd’hui on envisage un glorieux 1,75%… Autant dire qu’on est mal barrés.
[2] On pouvait aussi prévoir que GDF serait privatisée, qu’il y aurait encore des gens à mourir de froid dans la rue, que la retraite à 60 ans allait être un vieux souvenir etc.
 [3] C’est-à-dire que l’Etat qui n’a pas d’argent fait construire, voire gérer un bâtiment contre une rente sur 30 ans en général. Ca se fait beaucoup pour les prisons, avec moult dérives à la clé.
[4] Evidemment, quand il a parlé de cette idée, sarko n’a parlé que d’un coût de 8 milliards.
[5] Le double de 2008, dont 250.000€ pour télé sarko, le site de l’Elysée et 50.000 € pour le site de la fondation de Carla. Pour sa com’, il a une équipe de 15 personnes, do nt le salaire moyen est de 3.500€ net par mois. Les sondages commandés via le Figaro parfois (cf. Canard Enchaîné de je ne sais plus quand), ont coûté 3,28 millions d’euros cette année-là. Il a aussi son propre service audio visuel, composé de 24 personnes, pour, notamment, porter son pupitre (avec estrade ?). Par ailleurs, avec 1.045 employés à l’Elysée (87 cuisiniers 44 chauffeurs…), il battrait la Reine d’Angleterre, qui en aurait deux fois moins… Rien que pour les fleurs, il y en aurait pour 280.000€ par an. Marianne écrivait en 2008 que « Hasard du calendrier, ce même jour, Le Canard Enchaîné révélait que les dépenses de l’Elysée ont augmenté de 8,4% de 2006 à 2007. Des dépenses qui comprennent la réfection du Château, une progression du personnel élyséen de 957 à 1045 personnes soit une hausse de 10,9 %. «Les voyages officiels ont été multipliés par trois» écrit également Le Canard ».
[6] Toutefois, il faut faire attention : quand on voit que les dépenses de l’Elysée baissent, c’est en grande partie parce que lesdites dépenses ont été transférées à d’autres ministères, ainsi que le relève la Cour des Comptes d’année en année ;
[7] Après les cadeaux fiscaux (93 milliards), l’Education (61 milliards), et la recherche (dont les subventions au privé) et l’enseignement supérieur (46 milliards).
[8] Mais on n’avait prévu que 45,3 milliards d’euros au budget 2011 pour le remboursement des intérêts de la dette.
[9] Contre 48.900 en janvier, 44.000 en février, 45.000 en mars, 48.100 en avril, puis 36.800 en mai (-23,5%), 38.300 en juin (+4,1%).
[10] Aujourd’hui, au bout de 3 mois de chômage, l’emploi proposé n’est plus obligé de « s’inscrire » dans le « projet professionnel », ni d’être rémunéré aussi bien que le salaire antérieur. Après 3 mois, la personne ne peut plus refuser un emploi dans ses compétences, dans sa zone de recherche et à 95% du dernier salaire, et après 6 mois ça passe à un job à 80% du dernier salaire, « et situé à 30 km de son domicile ou à une heure de transport en commun ». Au bout d’un an, ça devient n’importe quoi : « après un an sans emploi, une offre sera considérée comme raisonnable si l'emploi proposé est rémunéré à un salaire supérieur à l'allocation-chômage avec les mêmes dispositions sur la distance entre le lieu de travail et le domicile et le temps de transport ».
[11] D’ailleurs, l’Etat préfère dérembourser des médicaments utiles qu’on continuera à acheter, et continuer à rembourser des médicaments inutiles qu’on n’achèterait plus autrement.
[12] La taxe spéciale sur les activités d'assurance (TSCA), passée très discrètement en janvier.
[13] Encore une fois, en présentant cette super réforme, Fillon a dit que c’était mieux : revaloriser à 14 ans au lieu de 16 ans, c’est génial. Sauf que maintenant il n’y a plus la revalorisation à 11 ans. Au final, l’Etat aurait réalisé 138 millions d’euros d’économies par an avec cette mesure.

[14] L’Europe a d’ailleurs enjoint la France à baisser ledit SMIC, jugé trop élevé. Les belges, quant à eux, devraient arrêter d’indexer les salaires sur les prix. C’est le dernier pays à le faire, et si la Belgique est moins dans la mouise que la France, c’est en partie parce que les salaires sont pu augmenter, et favoriser la consommation intérieure.
 
http://dondevamos.canalblog.com/archives/2011/09/01/21915397.html

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7 septembre 2011 3 07 /09 /septembre /2011 04:42

Sarko85


http://laplote.blogs.courrierinternational.com/

 

Libye, petits arrangements entre amis, par Laplote

 

 

 

(..) Tous les jours, on peut voir les images des massacres en Libye avec la même propagande mensongère -que celle de Goebbels- qui tend à nous faire croire que la France et l'OTAN sont venus libérer un pays. Ce qui est faux. Ils sont venus bombarder un pays, le transformer en champ de ruines et assassiner ses habitants avec la complicité de rebelles qui ne sont rien d'autres que des mercenaires payés -c'est-à-dire Al Qaïda- par nos Etats. Nous avons les preuves de ce que je dis (..)

 

Video - Chavez : La Tragédie Lybienne ne fait que commencer + Français... souvenez-vous du Peuple Allemand

 

 

 

  Sur ce blog, voir aussi :

 

Sur le sujet, voir aussi :

 

http://canempechepasnicolas.over-blog.com/article-libye-ce-qui-se-passera-apres-kadhafi-ce-qu-il-s-y-passe-en-ce-moment-par-me-ceccaldi-vide-83229584.html

 

 

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7 septembre 2011 3 07 /09 /septembre /2011 04:34
La République islamique d’Iran vole au secours de la Grèce

mardi 6 septembre 2011
par La rédaction
Alors que le FMI, la BCE et l’UE semble s’être entendu pour faire de la Grèce la victime expiatoire de la faillite de la monnaie unique, va-t-on voir l’Iran perturber ce jeu de massacre européen ? C’est ce que laisse croire cette dépêche de l’agence de presse iranienne IRNA :
Mehmanparast : « l’Iran joue un rôle clé dans la résolution des problèmes mondiaux »

Téhéran, 6 Septembre IRNA - Iran

Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Ramin Mehmanparast a vivement critiqué la dualité des politiques de l’Occident sur la question des droits de l’Homme, ce mardi. Il a ajouté que la République islamique d’Iran avait réussi à neutraliser toutes les sanctions occidentales.

« Le République islamique d’Iran joue un rôle prépondérant dans la résolution des problèmes régionaux et mondiaux, » a t-il dit.

Mehmanparast s’est entretenu avec Grigoris Delavekouras, son homologue grec à Athènes, alors qu’une délégation iranienne politique est actuellement en visite en Grèce.

« La République islamique d’Iran est prête à élargir les liens et la coopération avec la Grèce, » a t-il dit.

Le fonctionnaire grec, pour sa part, a déclaré que « la Grèce attache une importance au rôle important de l’Iran et demande que les pourparlers continuent entre les deux parties. »

Se référant aux liens historiques et profondément enracinés et à la coopération entre l’Iran et la Grèce, il a dit « qu’il y a d’amples potentiels dans divers secteurs et que ceux-ci devraient être utilisées pour renforcer la coopération entre les deux pays. »



Reproduction autorisée avec le lien : La République islamique d’Iran vole au secours de la Grèce


 

Mehmanparast : Iran plays key role in solving global problems

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7 septembre 2011 3 07 /09 /septembre /2011 04:28

 

 

 

http://www.pebfox.com/ACTU/11.09.05.gif

http://www.pebfox.com/ACTU/11.09.05.gif

 

Anxiété, dépression, dépendance, insomnie, démence… Les troubles du cerveau et les maladies mentales affectent chaque année 38,2% des Européens, soit près de 165 millions de personnes, selon une étude publiée par le Collège européen de neuropsychopharmacologie.

L’enquête porte sur l’ensemble des populations, des enfants de 2 ans aux personnes âgées de plus de 80 ans, dans 30 pays européens (UE, Suisse, Islande, Norvège), soit un total de 514 millions d’habitants.


 [Article complet : sciencesetavenir.fr]

 

(Article référencé sur le site "Les mots ont un sens")

 

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7 septembre 2011 3 07 /09 /septembre /2011 04:21

 

 

Démolition contrôlée
L’art de la guerre

par Manlio Dinucci

Le 6 septembre 2011

Que penseriez-vous si la police, après une explosion suspecte qui aurait fait écrouler une maison en tuant les gens qui y habitaient, avant toute chose enlevait et détruisait tout ce qui reste ? C’est ce qu’ont fait, il y a dix ans, les autorités étasuniennes : elles ordonnèrent d’enlever immédiatement les structures en acier des tours écroulées le 11 septembre à New York. Aucun doute, dans la version officielle, que la cause ne fût l’incendie provoqué par l’impact des avions détournés par les terroristes. Les trois cent mille tonnes d’acier des tours furent en grande partie recyclées dans des fonderies asiatiques, sauf 24 tonnes données à la société Northrop Grumman (un des plus gros contractuels militaires du Pentagone) pour construire un navire-symbole, le New-York : le premier d’une nouvelle génération d’unités d’assaut amphibie pour la guerre globale au terrorisme, justifiée par l’attaque contre les tours jumelles qu’on a montrée en mondovision directe. Par contre, pas un gramme d’acier ne fût donné aux ingénieurs spécialistes de structures qui avaient demandé à examiner les colonnes et travées, pour en re-assembler quelques sections, afin de déterminer avec  certitude la cause de l’écroulement. « Une telle décision -déclara Frederick Mowrer de l’Université du Maryland, professeur d’ingénierie pour la protection contre les incendies- compromet toute enquête sur les écroulements. Je juge très inquiétante la rapidité avec laquelle ont été enlevées et recyclées des preuves potentiellement importantes » (The New York Times, 25 décembre 2001). Aucune tour de ce type, en fait, ne s’est jamais écroulée à cause d’un incendie. Le carburant des avions n’aurait pas pu développer une chaleur capable de fondre les massives colonnes d’acier et, de plus, ce carburant a brûlé en majeure partie à l’extérieur des tours si bien que, à l’intérieur du point d’impact, on voit des gens indemnes. La dynamique de l’écroulement des Tours jumelles et de la tour 7 (qui n’a même pas été touchée par les avions) -soutiennent différents experts- rappelle une démolition contrôlée, provoquée par des explosifs situés à l’intérieur. Pour avoir soutenu ceci, le professeur Steven Jones, enseignant de physique, a été expulsé de l’Université Brigham Young (Utah). Il ne s’est cependant pas désisté. Avec une équipe dont font partie aussi des scientifiques d’autres pays, il a publié en 2009, sur la revue The Open Chemical Physics Journal (qui soumet à une révision scientifique tous ses articles à publier), une étude fondée sur l’analyse d’échantillons de poudre prélevés à Ground Zero. Ceux-ci révèlent la présence de thermite, une substance non explosive qui produit une réaction chimique à une température de 2.500 degrés Celsius, en capacité de fondre l’acier, en le coupant comme un couteau chauffé coupe le beurre. On voit sur une photo une colonne d’acier tranchée net, en diagonale, avec des coulures semblables à celles d’une bougie. Et, comme la thermite n’a pas besoin d’air pour brûler, la réaction continua pendant plusieurs jours à développer de la chaleur sous les décombres, alors que les pompiers les refroidissaient par des jets d’eau continus. C’est sur ces preuves et d’autres, toutes scientifiques, que se fonde l’étude du professeur Steven Jones qui a mis au défi les scientifiques soutenant la version officielle de réfuter la sienne. Ces derniers ont cependant refusé de la lire, en disant qu’ils n’avaient pas le temps de le faire. Mais la version officielle est en train de s’écrouler de la façon dont se sont écroulées les tours : comme un château de cartes.

 
Steven Jones

Edition de mardi 6 septembre 2011 de il manifesto

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=26410

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7 septembre 2011 3 07 /09 /septembre /2011 04:06

http://actualite.portail.free.fr/france/02-07-2011/l-ue-debloque-l-aide-a-la-grece-planche-sur-un-second-plan/l-ue-debloque-l-aide-a-la-grece-planche.jpg

http://actualite.portail.free.fr/france/02-07-2011/l-ue-debloque-l-aide-a-la-grece-planche-sur-un-second-plan/l-ue-debloque-l-aide-a-la-grece-planche.jpg

 

LCP :


DUPONT-AIGNAN : l’aide à la Grèce, 15 milliards d(euros par la fenêtre

http://www.lcp.fr/actualites/politique/18414-dupont-aignan-l-aide-a-la-grece-15-milliards-d-euros-par-la-fenetre

 

Discours de Nicolas Dupont-Aignan à la Tribune de l’Assemblée Nationale le 6 septembre 2011


"Nous vivons un moment unique dans cet hémicycle.

 

Au moment où l’Europe s’enfonce dans la crise, où l’agonie de l’euro se poursuit et s’aggrave, où les peuples qui souffrent grondent, vous nous présentez un projet de loi de finances rectificative surréaliste.

D’un côté 12 milliards de rigueur supplémentaire principalement pour les classes moyennes.

De l’autre côté 15 milliards d’euros jetés par la fenêtre"

 

 

Lire la suite:

http://www.debout-la-republique.fr/Discours-de-NDA-a-l-Assemblee.html

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7 septembre 2011 3 07 /09 /septembre /2011 03:53
Vendredi 2 septembre 2011

Je reproduis ici le témoignage d'un ex-travailleur du nucléaire, HIRAI Norio, rédigé un an avant sa mort d'un cancer en 1997. Il a été traduit par Mme Tomomi Dufils en avril 2011 et m'a été transmis par Gabriel Dufils que je remercie.

 

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"Je ne suis pas militant contre les centrales nucléaires. J’ai travaillé pendant 20 ans dans des centrales nucléaires. Il y a toujours des polémiques sur les centrales nucléaires où les personnes disent qu’ils sont pour ou contre, ou alors que c’est dangereux ou pas. Mais aujourd’hui, je veux simplement vous raconter ce qui se passe dans les centrales. Vous allez comprendre qu’il y a une grande différence entre la réalité et l’idée que vous en avez. Vous allez en même temps découvrir que les centrales nucléaires irradient tous les jours de plus en plus de personnes et sont à l’origine de discriminations. Vous allez certainement découvrir des choses que vous n’avez jamais entendues. S’il vous plaît, lisez mes textes jusqu’à la fin et réfléchissez par vous-même. Quand on parle des centrales nucléaires, beaucoup de gens parlent du plan de construction. Mais personne ne parle des travaux effectués. Sans connaître le chantier, on ne peut pas savoir la réalité des centrales.

 

J’ai fait ma formation de tuyauteur dans les ensembles industriels et les grandes usines chimiques. J’ai été embauché pour participer à la construction des centrales nucléaires à la fin de mes vingtièmes années, puis j’ai longtemps travaillé comme chef de chantier. Je connais presque tout sur les centrales nucléaires, plus qu’un simple employé ne pourrait jamais savoir.  

 

La sécurité, une perspective chimérique

 

L’année dernière, le 17 Janvier 1995, il y eut un grand tremblement de terre à Kobe. Et le peuple japonais a commencé à s’inquiéter si les tremblements de terre ne présentaient pas de danger pour les centrales nucléaires japonaises. Résisteront-elles vraiment contre tous les tremblements de terre ? Ce n’est pas du tout sûr. Le gouvernement et les compagnies d’électricité soulignent que les centrales sont bien conçues et construites sur des sols bien stables. Mais c’est une perspective chimérique. 

 

Le lendemain du séisme, je me suis rendu à Kobé. Les nombreuses relations entre les dégâts à Kobé et la problématique des centrales nucléaires m’ont dérouté. Jusqu’à ce jour, qui avait imaginé que les rails du Shinkansen et les poteaux de l’autoroute pourraient tomber ? En général, nous imaginons que les constructions des centrales nucléaires, du Shinkansen ou des autoroutes sont soumises à des contrôles rigoureux de l’administration. Mais à Kobe, nous avons découvert des coffrages laissés dans les poteaux en béton du Shinkansen. Les armatures de l’autoroute avaient été mal soudées. Elles ont toutes été disloquées avec le séisme. Pourquoi une telle chose s’est-elle produite ? Parce qu’on a accordé trop d’importance au plan, au bureau, mais on a négligé la surveillance sur le chantier. Si ce ne fut pas la cause directe, on peut dire que cette négligence a provoqué l’ampleur de la catastrophe.

 

Les centrales nucléaires construites par des gens sans qualification

 

Comme pour les constructions de Kobe, il y a aussi trop d’erreurs humaines dans les centrales nucléaires. Par exemple, connecter des tuyaux en laissant des outils à l’intérieur. Il n’y a pas beaucoup d’ouvriers très compétents. Ils n’arrivent pas à suivre parfaitement un plan de construction bien conçu. Ce plan chimérique part de l’idée que ce sont des ouvriers experts qui le réalisent, mais nous ne nous sommes jamais posé des questions sur la qualité des ouvriers et leurs conditions de travail.

 

Pour les centrales nucléaires comme pour les autres chantiers, la main d’oeuvre et même les inspecteurs sont constitués par des gens sans qualification suffisante. (cf. Les clochards du nucléaire) C’est compréhensible qu’un grave accident se produise dans les centrales nucléaires, les Shinkansen ou sur les autoroutes. La conception du plan des centrales nucléaires est bien faite. Il y a de nombreuses mesures de protection et de secours de prises. Si il y a quelque chose qui fonctionne mal, ça s’arrête comme il faut. Mais ce n’est qu’au niveau du plan. Les travaux de construction mal faits fragilisent ce plan.

 

Par exemple, pour construire une maison, même si le plan est dessiné par un dessinateur de première qualité, si elle est construite par des charpentiers et des plâtriers qui ne sont pas compétents, on aura des fuites d’eau et des cloisons mal installées. Malheureusement cette maison ce sont les centrales nucléaires japonaises. (cf. chantier de l'EPR de Flamanville) Avant, il y avait toujours un contre maître qu’on appelle « Bôshin » pour superviser les travaux.Il avait encore plus d’expérience que le chef de chantier qui était moins âgé que lui. Le Bôshin était fier de son travail et il considérait l’accident et la négligence comme une honte. Il savait bien sûr la dangerosité de l’accident. Depuis environ 10 ans, il n’y a plus de manœuvres compétents. On ne demande aucune expérience au moment du recrutement. Les ouvriers sans compétence ne savent pas le danger de l’accident. Ils ne savent même pas quels sont les travaux non réglementaires et mal faits.C’est la réalité des centrales nucléaires japonaises. Par exemple à la centrale de Fukushima de TEPCO, nous avons démarré la centrale en laissant un bout de fil de fer et on a échappé de peu à un grave accident qui aurait pu avoir une répercussion sur le monde entier. L’ouvrier savait qu’il avait fait tomber ce fil de fer mais il ne savait pas à quel point la conséquence de son acte était dangereuse. Dans ce sens, une centrale nucléaire toute neuve construite par ces gens incompétents est aussi bien dangereuse qu’une vieille centrale.   

 

Depuis qu’il n’y a plus beaucoup d’ouvriers compétents, on a standardisé la construction des centrales. Ça veut dire qu’ils ne regardent plus le plan mais ils montent simplement des pièces préfabriquées en usine, en assemblant la pièce numéro1 avec la pièce numéro2 comme dans jeu de dominos. Alors ils ne savent plus ce qu’ils sont en train de construire et à quel point ces travaux doivent être précis.C’est une des raisons pour lesquelles le nombre d’accidents et de pannes augmente dans les centrales nucléaires.

 

Dans la centrale nucléaire, il y a aussi le problème de l’irradiation qui empêche de former les successeurs.Quand on travaille dans la centrale nucléaire, il fait très sombre et chaud et avec la protection c’est impossible de parler. Alors les ouvriers se communiquent par gestes. Comment peuvent ils dans ces conditions transmettre leurs savoir faire?  En plus, on envoie d’abord les gens compétents travailler et ils s’exposent très vite à la quantité de radioactivité annuelle autorisée et ne peuvent plus travailler, ça accentue encore l’incompétence des ouvriers. Par exemple pour les soudeurs, ils fatiguent leurs yeux en travaillant. Après 30ans, ils ne peuvent plus faire de travaux précis et ils ne trouvent plus d’embauche dans la pétrochimie. Et c’est comme ça qu’ils arrivent aux centrales nucléaires. Vous avez peut-être une fausse image comme quoi les centrales nucléaires sont quelque chose de très sophistiqué. Mais ce n’est pas une construction aussi sûre qu’on l’imagine. Je pense que vous avez bien compris pourquoi les centrales nucléaires sont construites par des gens incompétents et que ça ira de pire en pire.

 

Les contrôles et les inspecteurs d’apparence

 

Vous pensez peut-être que les contrôles rigoureux évitent des problèmes même si les ouvriers des chantiers ne sont pas assez compétents. Mais ces systèmes de contrôle sont encore problématiques. Pour les contrôles japonais, les inspecteurs viennent vérifier la construction déjà achevée. C’est la raison pour laquelle ça ne marche pas. Il faut venir regarder les travaux en cours, sur place.

 

Les inspecteurs doivent être spécialistes de la soudure s’ils sont les inspecteurs pour la soudure. Et ils doivent être capables de montrer le travail correct aux manœuvres, en disant : Non, il ne faut pas faire comme ça. Regardez comment je fais. S’ils ne savent pas comment faire les travaux, comment ils peuvent faire des contrôles corrects? En l’état actuel, ils auditionnent l’entreprise qui a commandé la construction et celle qui l’effectue, et ils leur demandent de fournir les papiers nécessaires. Voilà le système de l’inspection aujourd’hui.

 

Il y a quelques années, on a eu des accidents dans les centrales nucléaires très souvent. Alors le gouvernement a décidé d’envoyer des conseillers de  sécurité spécialisés dans chaque centrale nucléaire pour donner l’autorisation du démarrage après la construction ou du redémarrage après les contrôles réguliers. Je savais que ces conseillers ne connaissaient pas grande chose du nucléaire mais je n’imaginais pas à quel point. Quand j’ai fait une conférence à Mito, il y a un homme du Ministère de la science et la technologie qui s’est présenté en public en disant : « Je me sens tellement mal à l’aise d’avouer ce fait, mais je ne connais rien du nucléaire », et il a continué: « De la peur d’être irradiés, les inspecteurs n’ont pas voulu travailler dans les centrales en marche. Comme on vient de supprimer des places dans le ministère de l’agriculture avec le remaniement gouvernemental, ils ont envoyé des fonctionnaires qui donnaient des conseils aux éleveurs du ver à soie ou de la sériole, sans aucune formation. Voilà pourquoi les conseillers qui n’y connaissent rien du tout, donnent l’autorisation du démarrage dans toutes les centrales. Le conseiller de la centrale de Mihama, contrôlait la qualité du riz jusqu’à il y a 3 mois. »

 

Cet homme a raconté une telle histoire en donnant les noms de ces conseillers. Est-ce que vous pouvez avoir confiance en l’autorisation de démarrage accordée par tous ces gens qui connaissent rien ? Quand il y a eu un grave accident dans la centrale de Fukushima de TEPCO qui a entraîné le démarrage du système de refroidissement de secours, le quotidien Yomiuri a publié un article ‘le conseiller spécialisé n’a pas pu participer à l’équipe de la centrale ’. Effectivement c’était le journal qui lui a appris la nouvelle de ce grave accident le lendemain matin. Pourquoi le conseiller n’était au courant de rien ? Parce que tous les gens de TEPCO savaient qu’il n’y connaissait rien du tout. Dans la pagaille totale, ils n’avaient pas le temps de lui expliquer de A jusqu’à Z. Donc l’équipe ne lui a même pas demandé de venir sur place.

 

Au-dessous de ces fonctionnaires irresponsables du ministère, dans la hiérarchie nucléaire, il y a le service de l’inspection nucléaire. Ce sont des gens du Ministère du Commerce et de l’Industrie (Meti) qui ont pris leur retraite et sont embauchés dans ce service. Ils occupent des postes importants et enrichissent le service en demandant des contrats à des anciens subordonnés. Ils n’ont jamais travaillé dans ce domaine. Ils possèdent tous les pouvoirs sur l’inspection de la centrale nucléaire et on ne peut rien faire sans leur autorisation bien qu’ils n’y connaissent rien. Ils viennent au contrôle mais, bien sûr, ils ne font que regarder. Malheureusement, ils ont quand même un pouvoir colossal. Encore au-dessous de la hiérarchie, il y a les compagnies d’électricité et les trois fabricants de réacteurs nucléaires qui suivent : Hitachi, Toshiba et Mitsubishi. Moi, j’ai travaillé chez Hitachi. Après les fabricants, il y a encore des sous-traitants de la construction dont j’ai parlé tout à l’heure. ça veut dire qu’au dessus des fabricants, ils ne sont pas compétents et au dessous des fabricants non plus, il n’y a  pas beaucoup de gens compétents. C’est aussi pour cela que les compagnies d’électricité ne peuvent pas expliquer les détails au moment des accidents. 

Je disais toujours, avant et après ma retraite, qu’il faut que ce soient des organismes compétents et indépendants qui s’occupent de l’inspection mais non pas des entreprises nationalisées ou des services où les anciens fonctionnaires du ministère travaillent. Et indépendants de l’influence du Ministère du Commerce et de l’Industrie qui préconise l’installation des centrales nucléaires. Je revendiquais toujours des conseillers qui ont de l’expérience et des inspecteurs qui contrôlent et expliquent sur le chantier pour trouver des mauvaises soudures ou des travaux mal faits. Mais jusqu’à aujourd’hui, rien n’a changé. Vous voyez à quel point les centrales nucléaires japonaises sont administrées avec irresponsabilité et approximation !

 

 

Le Japon à l'envers
Lundi 5 septembre 2011
 
Le plan antisismique bâclé

Après le grand séisme de Kobé, on a très vite vérifié le plan antisismique de toutes les centrales nucléaires du Japon. Le résultat absurde publié en septembre 1995 disait que toutes les centrales résisteront aux tremblements de terre de n’importe quel niveau. Au moins pour celles dont je me suis occupé pour mon travail, les premières centrales nucléaires on n’avait pas prévu le grand tremblement de terre. C’est aberrant de confondre les nouvelles et les vieilles centrales pour leur résistance contre les tremblements de terre, en disant de n’importe quel niveau. En 1993 quand il y a eu le séisme de degré 4, la centrale numéro 1 d’Onagawa s’est arrêtée automatiquement suite à l’augmentation subite de la puissance.C’était un accident très grave.  Très grave parce que la centrale qui a été construite en 1984 pour que ça s’arrête à un degré de sismicité 5 s’est arrêtée avant d’atteindre le niveau. C’est comme si le blocage du frein a arrêté la voiture subitement sur l’autoroute sans appuyer sur le frein. Tohoku EPC ne reconnaît pas la gravité de la chose en disant «tant mieux si ça s’est arrêté ».Mais l’affaire n’est pas si simple. Si l’arrêt s’est effectué au degré 4 bien qu’il avait été conçu pour que ça s’arrête au degré 5, on ne peut pas nier la possibilité que ça ne s’arrête pas au degré 5. C’est un signe qu’il y a des choses qui ne fonctionnent pas comme prévu.    
La centrale de Fukushima s’est arrêtée également d’une façon imprévisible au moment du séisme en 1987. Au Japon, il y a 10 centrales qui sont du même modèle. C’est vraiment terrifiant quand on pense au danger que les tremblements de terre présentent vis-à-vis des centrales nucléaires.
Le contrôle régulier est fait également par les gens incompétents 
On arrête à peu près tous les ans les réacteurs pour procéder au contrôle régulier. Dans le réacteur nucléaire, la pression de l’eau chaude et de la vapeur monte de 70 à 150 atmosphères, mais ce n’est pas une simple eau chaude car la température monte jusqu’à 300 degrés, elle circule très vite et use les tuyauteries. Au moment du contrôle régulier, on ne peut pas éviter la nécessité de changer des tuyaux et des soupapes qui sont des fois usés jusqu’à la moitié de leur épaisseur. Mais l’irradiation accompagne inéluctablement cette procédure.
Le démarrage du réacteur émet plein de radioactivité et de radiations. Les gens qui y travaillent subissent des radiations. Avant de se rendre auprès du réacteur, ils se déshabillent et se mettent en combinaison de protection. Peut-être vous imaginez que cette combinaison protège le corps de la radioactivité mais en réalité, ce n’est pas le cas. La preuve, on place le radiamètre, sous la combinaison, sur le gilet. La combinaison de protection est un simple vêtement de travail qui sert à ne pas emporter la radioactivité à l’extérieur mais il ne protège pas les manoeuvres de l’irradiation. Donc après le travail, les manoeuvres doivent se mettre en slip pour vérifier s’ils ne sont pas contaminés. Si la radioactivité reste uniquement sur la peau, c’est ce qu’on appelle la contamination externe, on peut l’enlever presque entièrement avec la douche. Ils se lavent minutieusement jusqu’à ce qu’ils ne soient plus radioactifs avant de sortir dehors.     
Les manoeuvres mettent aussi des chaussures qui ont été préparées par l’entreprise mais on n’est pas sûr de trouver la bonne taille. Alors, leurs pas sont mal assurés. En plus ils doivent mettre un masque qui couvre la tête. Ils travaillent avec ces combinaisons et l’angoisse de la radioactivité. Pratiquement, personne ne peut faire de bon travail avec  cet équipement. C’est complètement différent d’un chantier normal. En plus, plus de 95% des personnes qui s’occupent de ce travail n’ont aucune expérience. Ce sont des agriculteurs et des pêcheurs désoeuvrés en dehors de la saison. Ces gens qui n’ont pas d’expérience, travaillent sans savoir le danger que ça représente.
 Par exemple, pour serrer une cheville avec un écrou, on dit au manœuvre « serrez la en diagonale, sinon ça fuit. ». L’opération se déroule dans une zone de radiations contrôlées, un endroit très dangereux plein de rayonnements. Les manoeuvres amènent le radiamètre. Mais comme la quantité de radiations varie d’une pièce à l’autre, la durée du temps acceptable en minutes  change chaque fois.
Avant de rentrer au chantier, on explique aux ouvriers le travail d’aujourd’hui et la durée de ce travail décidée en fonction de la quantité autorisée journalière d’irradiation. S’ils vont travailler au chantier où on peut rester 20 minutes, on leur donne une minuterie qui sonne au bout de 20 minutes en disant « Vous devez sortir quand ça sonne. ». Mais ils ne sont pas munis d’une montre car elle serait polluée par la radioactivité. Ils doivent donc deviner le temps restant. C’est comme ça qu' on les envoie au travail. Là-bas, ils n’arrivent pas à se concentrer pour serrer la cheville car ils se demandent toujours combien de temps est déjà passé. Est ce que c’est 10 minutes ? Ou peut-être déjà 15 minutes ? Ils ont très peur de l’alarme de la minuterie, ça les fait plus que sursauter. Le bruit de l’alarme est assez fort pour rendre tout pâle quelqu’un qui ne l’a pas jamais entendue. Quand ça sonne, ils ont déjà reçu une irradiation équivalente à des dizaines de radiographies. C’est bien normal qu’ils ne puissent pas fournir des prestations assez correctes comme tout simplement serrer des chevilles en diagonale. Pouvez-vous imaginer les conséquences ?

Le déversement de radioactivité dans la mer

Le contrôle régulier se fait souvent en hiver. Mais à la fin du contrôle, on verse dans la mer des tonnes d’eau contaminée par la radioactivité. Honnêtement, il n’y a pas beaucoup de poissons pêchés en bordure des îles nipponnes que l’on peut manger sans craindre le risque de la contamination radioactive. La mer du Japon est déjà contaminée par la radioactivité. Ce n’est pas uniquement au moment du contrôle régulier que l’on effectue le rejet d’eau irradiée dans la mer. Pour baisser la température que la centrale dégage, au Japon, on utilise l’eau de la mer. Elle devient de l’eau chaude qui contient de la radioactivité. Ainsi on rejette des tonnes d’eau par minute à la mer. 
Même s’il y a des accidents dans les centrales nucléaires, les autorités déclarent immédiatement qu’il y n’a aucun problème. D’ailleurs, les compagnies d’électricité essayent de les cacher. Avec la population japonaise très peu sensible à ce sujet, la mer du Japon se pollue sans cesse. On lave d’abord les vêtements de protection couverts de radioactivité à l’eau. On la déverse également dans la mer. La quantité de la radiation mesurée à l’orifice d’évacuation est très élevée. Savez-vous que des sites d’élevage de poisson se trouvent à proximité? Ainsi, les gens qui cherchent la nourriture de bonne qualité doivent être intéressés par la sûreté des centrales nucléaires. Si on n’agit pas tout de suite, on ne pourra plus trouver de poissons qui ne sont pas contaminés. 
Il y a quelques années, à l ‘exposé du procès qui demandait l’arrêt de la centrale de Shiga dans la préfecture de Ishikawa, une vieille colporteuse de 80 années toute déconcertée, a raconté cette histoire. « Je ne connaissais rien de la centrale nucléaire jusqu’à maintenant. Mais aujourd’hui, une jeune dame qui était toujours fidèle a refusé mes algues. Elle m’a dit, Je suis désolée mais je ne peux plus acheter vos algues. La centrale de Shiga a démarré aujourd’hui. Je ne connaissais rien au nucléaire, mais maintenant je sais ce que c’est. Qu’est ce que je vais devenir alors ? » Même aujourd’hui, on continue de polluer la mer du Japon sans que vous le sachiez.

Le plus horrible, c’est l’irradiation interne ( la contamination )

Dans le bâtiment de la centrale, tout devient radioactif et émet des radiations. Parce que les radiations peuvent traverser même une paroi de fer d’une grande épaisseur. Les radioéléments qu’on reçoit sur la peau : la contamination externe c’est horrible, mais le pire c’est la contamination interne.
Par exemple, la poussière. Une simple poussière qui se trouve n’importe où devient radioactive dans une centrale nucléaire à cause de la radioactivité qu’elle reçoit. Le fait d’inspirer cette poussière radioactive par le nez ou la bouche, c’est de la contamination interne. En faisant le nettoyage dans la centrale, on est exposé le plus, au danger de la contamination interne. Avec cette contamination interne on reçoit les radiations de l’intérieur du corps c’est beaucoup plus dangereux que l’irradiation externe, car le corps est en contact direct avec la source des radiations. Les radioéléments sont évacués du corps au bout de environ 3 jours par la voie transpiratoire et urinaire. Mais pendant ces 3 jours, ils restent dans le corps. En plus, quand on parle d’élimination, c’est un langage humain, il en reste toujours un peu, et ça c’est très dangereux. Même si ce sont des petites quantités à la fois, elles s’accumulent dans le corps.
Vous devez le savoir, si vous avez déjà visité une centrale nucléaire, c’est très bien nettoyé où il y a des accès au public. Peut-être le guide vous a même vanté « regardez, comme c’est propre. ». Mais c’est bien normal. Ça serait dangereux s’il y avait de la poussière radioactive dans l’air. Moi, j’ai développé un cancer à cause de la contamination interne que j’ai reçu plus que cent fois. Quand le docteur m’a diagnostiqué un cancer, j’avais très peur. Mais je me suis rappelé ce que ma mère disait toujours « rien est plus grand que la mort. » ça m’a donné envie de faire quelque chose. Alors, j’ai décidé de mettre au jour tout ce que je connais des centrales nucléaires.

Rien à voir avec le chantier normal

La radioactivité s’accumule. Même si ce sont des petites quantités, si vous travaillez 10 ans dans une centrale, vous accumulez la radioactivité de 10 ans et c’est très dangereux. Le règlement pris par le gouvernement exige de ne pas dépasser la limite de 50 millisiverts (mSv) par an. ça veut dire que l’on peut tout faire si on respecte cette limitation.
Par exemple, les travaux au moment du contrôle régulier demandent environ 3 mois. Donc on divise la limite de 50 mSv par cette durée des travaux pour avoir la limite autorisée journalière. Mais, dans un endroit où il y a beaucoup de radiations, on ne peut travailler que 5 à 7 minutes par jour. On ne peut pas faire grand chose avec si peu de temps. Alors on rassemble les temps de travail sur 3 jours ou une semaine afin de travailler 10 ou 20 minutes de suite, bien que ce soit une méthode inadmissible. Au moins, si les ouvriers savaient qu’il y a un grand risque de leucémie ou du cancer..... Mais les compagnies d’électricité n’avertissent d’aucun de ces risques.
Une fois, une grande vis qui se trouvait sur le réacteur s’est desserrée quand la centrale nucléaire était en plein fonctionnement. Comme la centrale émet une colossale quantité de radioactivité en état de marche, on a préparé 30 personnes pour serrer une seule vis. Ils ont fait la queue devant la porte. Ils devaient courir jusqu’à la vis qui se situait à environ 7 mètres de là. Après 3 secondes, l’alarme sonnait. Il y eu même des ouvriers qui ont passé tout leur temps ouvrable en cherchant la clé. Finalement, ça a coûté 4 millions de yens, l’équivalent de salaire de 160 personnes, pour faire uniquement quelques tours de vis. Vous vous demandez peut-être pourquoi on n’a pas arrêté la centrale pour serrer la vis. Mais la compagnie d’électricité veut l’éviter autant que possible car l’arrêt d’une journée de la centrale lui cause des milliards de perte. La radioactivité est quelque chose de très dangereux, mais pour l’entreprise, l’intérêt financier passe avant la sécurité  humaine.

Le lavage de cerveau « absolument sûr » qui dure 5 heures

Les gens qui travaillent où il y a de la radioactivité s’appellent les ouvriers nucléaires. Au Japon, 270 000 personnes ont déjà travaillé comme ouvriers nucléaires, dont la plupart dans les centrales nucléaires. Ainsi, 90 000 personnes y travaillent aujourd’hui. Tous ces gens assurent le fonctionnement des centrales nucléaires, comme le contrôle régulier qui a le lieu une fois par an, en subissant de la radioactivité.
 Avant de commencer à travailler dans les centrales nucléaires, on donne aux ouvriers 5 heures de cours de formation sur la sécurité face aux radiations. Le but de ces cours est tout d’abord d’atténuer leur angoisse. On ne leur dit jamais qu’il y a des dangers. L’Etat surveille la quantité de la radioactivité et donc il n’y a pas de danger, « les anti-nucléaires parlent du risque de cancer et de la leucémie à cause de la radioactivité mais ce sont que des gros mensonges, si on respecte bien les normes imposées par le gouvernement il n’y a aucun problème. » Un tel lavage de cerveau dure 5 heures.
Les compagnies d’électricité procèdent à ce lavage de cerveau également avec les gens qui habitent à côté des centrales. Elles font venir les personnes connues pour faire des conférences, elles donnent des cours de cuisine, ou insèrent des encarts publicitaires imprimés en couleur dans les journaux. Peut-être les accidents dans les centrales angoissent les habitants, mais grâce à toutes ces propagandes de l’Agence de sécurité nucléaire, ils ne peuvent pas penser autrement que « nous ne pouvons pas nous passer du nucléaire pour avoir suffisamment d’électricité. » 
Moi-même, pendant presque 20 ans en tant que responsable de terrain, j’ai procédé au lavage des cerveaux, une plus grande manipulation mentale que celles d’Asahara et d’Oume, vis à vis des ouvriers. Je ne sais pas combien de personnes j’ai tué. Il y a des gens qui me demandent si les ouvriers ne sont pas inquiets. Mais comme ils ne sont pas avertis des dangers de la radioactivité ou de la contamination, la plupart ne sont pas inquiets. Ils ne pensent même pas que c’est à cause de leur travail dans les centrales, quand ils tombent malades. Tous les ouvriers sont irradiés quotidiennement. Le travail des responsables consiste de cacher cette réalité à ceux-ci et à l’extérieur de la centrale. Si les ouvriers ou même n’importe qui s’inquiète du problème de l’irradiation, vous n’êtes pas digne d’être responsable sur place. Ainsi, sont les conditions de travail dans les centrales nucléaires.
J’ai exercé un tel travail longtemps. Il m’arrivait souvent que je ne pouvais plus le supporter sans aide de l’alcool et j’en buvais de plus en plus. Ainsi, je me posais souvent des questions. Pourquoi, et pour qui, il faut vivre des jours plein de mensonges ? Au bout de 20 ans, je me suis aperçu que mon corps lui même était déjà gravement détruit par les radiations.

Qui va sauver les ouvriers du nucléaire?

Une fois, dans la centrale de Fukushima de TEPCO, un ouvrier s’est blessé gravement le front avec un polissoir automatique. Comme il saignait beaucoup, on a appelé l’ambulance pour l’emporter à l’hôpital de toute urgence. Pourtant, ce blessé était plein de radioactivité. TEPCO s’est tellement précipité qu’ils n’ont pas ôté ses combinaisons de protection ni l’on lavé à l’eau. Les secouristes connaissant peu de la contamination radioactive, alors ils l’ont fait entrer dans l’hôpital sans enlever la radioactivité. Les secouristes ont été contaminés, l’ambulance a été contaminée, le docteur et les infirmières ont été contaminés, et les clients de l’hôpital ont été contaminés, et ils sont sortis de l’hôpital avec de la radioactivité..... Cet événement a pris une telle ampleur qu’il a mis une ville entière dans la panique. Ils voulaient tout simplement sauver aussi vite que possible un homme qui portait une grande blessure. Mais comme la radioactivité ne se voit pas, personne n’a eu le temps de penser à la contamination radioactive. Avec une seule personne, c’était déjà une grande panique. Si un grand nombre d’habitants devenait contaminé par la radioactivité à cause d’un grave accident, qu’est ce que ça pourrait donner? Pouvez-vous l’imaginer? Vous devez vous sentir concerné. Il s’agit de tout le monde au Japon.

L’accident de la centrale Mihama a été une mauvaise surprise

J’ignore si vous ne le savez pas ou si vous n’êtes pas simplement intéressés, mais les centrales nucléaires japonaises ont déjà connu plusieurs accidents qui doivent faire peur à tout le monde. Ils pourraient être équivalents à ceux de Three Mile Island et de Tchernobyl. Par exemple, en 1989 dans la centrale de Fukushima Daini, la pompe de recyclage a volé en éclats. C’était un accident qui n’était jamais été arrivé dans le monde jusqu’à alors. Ainsi, l’accident de la centrale de Mihama de la compagnie d'électricité du Kansai en 1991, avec l’éclatement d’une canalisation, a été un accident très grave. Il a rejeté une énorme quantité de radioactivité directement dans l’air et dans la mer.
L’accident de Tchernobyl ne m’a pas beaucoup surpris. En construisant des centrales nucléaires, je savais qu’on ne peut pas éviter une telle catastrophe.  "Par hasard, c’est arrivé à Tchernobyl. Par hasard, ce n’est pas arrivé au Japon." c’est ce que j’ai pensé. Mais au moment de l’accident de Mihama, la peur a fait flageoler mes jambes et je ne pouvais pas me lever de ma chaise. On peut dire que cet accident a été très grave car on a du démarrer le système de refroidissement de secours à la main. Ce système de refroidissement est le dernier rempart pour protéger la sécurité de la centrale nucléaire. Si ce système ne marche pas, il ne reste plus rien à faire. Cet accident où il a fallu utiliser le système de refroidissement de secours est pour moi comme un autocar qui roule à 100km par heure sur l’autoroute avec 120 millions personnes à bord, dont le frein de service ne fonctionne pas, ni le frein à main, et enfin on réussi à l’arrêter en le précipitant contre le rocher.
 Au moment de l’accident, l’eau radioactive qui se trouvait dans le réacteur s’est échappée dans la mer et on était sur le point que le coeur se retrouve à sec. Toutes les soupapes de sécurité, autrement dit les innombrables  mesures de précautions dont le Japon était fier, n’ont pas donné suffisamment d’effet et un autre Tchernobyl aurait pu se produire à 0,7 seconde près. Heureusement, un ouvrier expérimenté était là, bien que ç’était le samedi. Le système d’arrêt automatique n’ayant pas fonctionné, c’est lui qui a jugé la gravité de la situation et arrêté manuellement le réacteur. Ainsi, on a échappé de justesse à un grave accident qui aurait pu concerner le monde entier. On peut dire que tous les Japonais, ou même, tous les hommes du monde on eu vraiment de la chance ce jour-là.
Cet accident a été causé par une mauvaise installation d’une des entretoises qui sert à tenir les milliers de tuyaux d’un diamètre de 2mm pour qu’ils ne se touchent pas à cause de la vibration. C’était un défaut de construction. Cet accident a en même temps dévoilé l’incertitude des contrôles systématiques, car personne n’a remarqué cette mauvaise installation pendant plus de 20 ans. On s’est également aperçu que les ouvriers du chantier pratiquaient des choses que le concepteur n’a jamais pu imaginer comme, si c’est trop long on le coupe, si c’est trop court on l’allonge.

L’accident de Monju

 
Le 8 décembre 1995 à Kouga du département de Fukui, il y a eu un accident grave, Une fuite de sodium dans le surrégénérateur de Monju, du Centre de recherche des réacteurs et des combustibles nucléaires. ça faisait déjà plusieurs fois qu’on avait des accidents à Monju. D’ailleurs, on m’a appelé au chantier de Monju, 6 fois car mes anciens subordonnés y sont devenus  directeurs ou superviseurs ou ouvriers de la construction de Monju et ils m’appelaient chaque fois qu’ils avaient des problèmes. A l’époque, j’avais déjà pris ma retraite,mais je ne pouvais pas laisser tomber car je savais que même qu’un seul accident est inacceptable dans les centrales nucléaires. 
 
Un jour, on m’a demandé de venir au chantier de Monju, car ils n’arrivaient pas à emboîter les tuyaux. En arrivant, j’ai bien constaté que tous les tuyaux qui sont préfabriqués comme ceux qui sont faits sur commande étaient de la bonne taille et installés en respectant le plan.  Mais ils ne pouvaient tout de même pas les emboîter. J’ai beaucoup réfléchi mais je n’arrivais pas à trouver la cause. En cherchant toute la nuit, j’ai enfin compris. Monju était construit par plusieurs fabricants comme Hitachi, Toshiba, Mitsubishi et Fuji. Et chaque fabricant employait des normes de plan différentes.
Pour dessiner les plans, chez Hitachi où j’ai travaillé, on négligeait moins que 0,5mm. Mais chez Toshiba et Mitsubishi, on l’arrondissait à la valeur supérieure. Et chez Nihongenken on arrondissait à la valeur inférieure. Ce n’est que 0,5mm, mais quand il y a 100 fois, ça fait une grande différence. C’est pour cela que on ne pouvait pas emboîter les tuyaux bien que tous respectaient le plan. Comme ça n’allait pas, on leur a fait refaire des pièces. C’était le prestige du pays qui était en jeu. Pour ça, on ne dépensait jamais trop d’argent.
Pourquoi une telle chose est arrivée? Parce que chaque entreprise gardait ses savoir-faire et ses propres informations. Ils n’ont pas discuté pour se mettre d’accord sur la façon de traiter ces 0,5mm, pour garder leurs secrets. Je suppose aussi qu’ils n’ont rien discuté sur le thermomètre qui a été la cause directe de l’accident de 1995.
Dans n’importe quel ensemble industriel, on installe le même type de thermomètre dans les tuyauteries. Mais je n’ai jamais vu de thermomètre qui était aussi long que celui de Monju. Je suis sûr qu’il y avait quelqu’un qui avait remarqué que c’était dangereux au moment de la construction. Mais  il n’a rien dit car ce n’était pas son entreprise qui s’en occupait et il n’en était pas responsable. Le fabricant du surrégénérateur était formé d’une équipe composite comme le Centre de recherche, lui même était une équipe composite des compagnies d’électricité. Dans une condition pareille, l’accident est inéluctable. Je ne vois pas comment ça ne pouvait pas arriver.
Ce qui est encore incroyable, c’est que le gouvernement ne le reconnaît toujours pas comme un accident bien que ça a été un accident très grave. Il a expliqué que «il y a eu un phénomène » comme pour l’accident de la centrale de Mihama. Peu après l’accident de Monju, j’ai été appelé par le Conseil Général de Fukui. Dans le département, on compte 15 réacteurs nucléaires. Ce sont les députés du parti Libéral-Démocrate qui les ont acceptés et je leur disais toujours « Si il y a un accident, ce sera de votre faute. Ceux qui étaient contre le nucléaire ne sont pas responsables. » Et bien cette fois-ci, ils m’ont demandé conseil en disant « Cette fois, on a décidé de se battre contre le Centre de recherche. On ne peut plus fermer les yeux ». Je leur ai dit d’abord « C’est un accident. Il ne faut pas se laisser duper par le mot phénomène ». A la télévision, au moment du compte rendu fait par le Centre de recherche au Conseil Général, le porte-parole du Centre a employé le mot « le phénomène de cette fois-ci », et aussitôt un député a crié « Non, c’est un accident !!». Mais, si on n’avait rien dit, le Centre et le gouvernement l’auraient passé comme un simple phénomène. Non seulement les riverains, mais aussi tout le monde doit faire attention à ce mot qui présente les choses à la légère. Les peuples comprennent les choses d’une façon complètement différente quand on dit un accident, ou un phénomène. C’est parce que le gouvernement joue avec les mots que le peuple japonais n’est pas sensible au risque d’accident nucléaire, c’est une tromperie.
Le plutonium japonais dans les armes nucléaires françaises ?
Le plutonium qu’on utilise dans le surrégénérateur de Monju est extrait, sur  commande du Japon, à partir du recyclage effectué en France. Le recyclage du combustible nucléaire consiste à extraire du plutonium des déchets d’uranium, déjà brûlés dans les centrales. Le plutonium est une matière que l’on peut produire uniquement de manière artificielle.
A Monju, on utilise environ 1,4 tonnes de plutonium (à la fois dans le réacteur). La bombe de Nagasaki contenait environ 8kg de plutonium. Alors, combien de bombes nucléaires peut-on produire à partir du plutonium de Monju ? Le plutonium est une matière très dangereuse qui est capable de provoquer le cancer des poumons à partir de quantités très faibles. Sa demi-vie radioactive est de 24000 ans, presque l’éternité (pour nous). C’est ainsi que l’on a choisi  le mot Pluton : le nom du roi des Enfers, pour sa racine. On a bien raison de le considérer comme la matière la plus dangereuse du monde.
Mais combien de gens savent qu’il y a une grande probabilité pour que le plutonium japonais ait été utilisé dans les essais nucléaires français effectués dans le Pacifique Sud jusqu’en 1995?  Dans le centre de recyclage français, ils ne distinguent pas le plutonium destiné aux armes nucléaires du plutonium à utiliser dans les centrales. C’est donc quasiment sûr que du plutonium japonais a été utilisé dans les essais nucléaires. C’est la raison pour laquelle le gouvernement japonais ne pouvait pas déclarer ouvertement son opposition contre les essais nucléaires français. Si le Japon voulait arrêter la France, c’était très facile. Il lui suffisait de renoncer au contrat de recyclage. Mais il n’en a rien fait.
Le marché du recyclage nucléaire prend la deuxième place dans l’ensemble des transactions commerciales entre ces deux pays. A quoi cela sert de crier « non aux essais nucléaires » sans savoir cette réalité?  Le Japon avance son statut de seul pays irradié. Mais nous avons certainement contribué indirectement à irradier les habitants de Tahiti et à contaminer l’Océan Pacifique. La communauté internationale a déjà abandonné le plutonium. Il n’y a que le Japon qui persiste à essayer de produire de l’électricité avec une matière si dangereuse. Ils essaient maintenant d’utiliser le combustible MOX, mélange d’uranium et de plutonium, dans les réacteurs ordinaires. Mais c’est excessivement dangereux, c’est un peu comme brûler de l’essence dans un chauffage à fioul. Les centrales n’ont pas été conçues pour brûler du plutonium. La fission nucléaire du plutonium dégage beaucoup plus d’énergie que celle de l’uranium. C’est pour cette raison qu’on l’utilise pour fabriquer la bombe atomique. Le Japon est un pays qui ne possède pas beaucoup de ressources énergétiques naturelles. Mais cela ne justifie pas une telle erreur. Si l'on n'arrête pas les centrales nucléaires, si l'on n'abandonne pas la plutonium, le nombre de gens irradiés va augmenter partout dans le monde.
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7 septembre 2011 3 07 /09 /septembre /2011 03:46
Révoltes arabes : diplomatie 2.0 ?

6 sept

par Alexandre Latsa pour RIA Novotsi

 

Alors que les évènements en Libye ont visiblement définitivement basculé avec la chute du leader libyen Mouammar Kadhafi, tous les regards sont désormais braqués sur la Syrie de Bachar el-Assad. Durant les sept premiers mois de l’année 2011, face au printemps, puis à l’été arabe, la diplomatie russe a souvent semblé hésitante alors que de nombreux observateurs s’attendaient à des positions tranchées, dans la continuité d’une certaine ligne diplomatique bien éprouvée.

Bien au contraire, la Russie a eu une position attentiste et prudente, dans laquelle il n’a pas été facile de discerner une quelconque ligne directrice. L’affaire libyenne a même provoqué un début de confusion dans la diplomatie russe : en effet, le Premier ministre russe, en mars dernier, avait assimilé l’opération militaire occidentale en Libye a une croisade alors que le président avait déclaré, dès le lendemain, que le terme de croisade était inadapté et inacceptable. Nombre de spécialistes et observateurs, à ce moment là, ont imaginé que c’était le début des hostilités entre les deux hommes en vue de l’élection présidentielle russe de 2012, mais également l’apparition au grand jour de deux courants d’idées qui pourraient s’affronter, au cœur du pouvoir russe. Le jour suivant, le porte-parole du Kremlin avait affirmé que les propos du président Medvedev n’étaient  pas destinés au Premier ministre mais qu’il s’agissait d’une réponse à une déclaration du guide libyen qui avait aussi accusé les occidentaux de mener une croisade contre son pays.

Pour autant, l’absence d’utilisation du droit de veto par la Russie, au moment de la résolution 1973 de l’ONU est un fait concret, qui a été interprété comme un replacement diplomatique de la Russie. Aujourd’hui, alors que la Syrie, considérée comme proche de Moscou, est face à une situation chaotique, et que certains leaders politiques ont déjà affirmé que le pays est le suivant sur la liste, que pourrait-il se passer ? Quelle pourrait être la position de la Russie en cas de vote d’une résolution de l’ONU contre le régime syrien ? Plus globalement, quelles conclusions peut-on tirer des prises de position diplomatiques russes récentes à propos des évènements dans le monde arabe ?

Tout d’abord il faut écarter ce mythe selon lequel il y aurait une liste d’États autoritaires destinés à subir des révolutions démocratiques inévitables, certaines de renverser les pouvoirs en place. Le mécanisme des révolutions organisées (révolutions de couleurs) qui ont eu lieu en Eurasie, puis plus récemment en Tunisie ou en Egypte par exemple, n’a pas réussi partout. Un certain nombre d’États politiquement et économiquement solides n’ont pas succombé aux manifestations de masse et aux désordres organisés, que l’on pense à la Russie, à la Biélorussie, à l’Iran, au Venezuela ou encore à la Chine. Par ailleurs, il faut remarquer que les révolutions qui ont eu lieu en Tunisie et en Egypte ont rapidement débouché sur des problèmes économiques importants et n’ont pas encore livré de résultats clairs en matière de gains démocratiques. Mais les évènements en Libye ou en Syrie n’ont plus rien à voir avec ces mécanismes de tentatives de révoltes non violentes. Il s’agit de rebellions organisées, militarisées (par plusieurs puissances occidentales dans le cas de la Libye), et basées sur des oppositions tribales, ethniques, ou religieuses. La diversité des situations a fait que la Russie n’est pas le seul État à faire preuve de prudence face aux évènements qui secouent le monde arabe.

La Russie avait voté la résolution 1970 de l’ONU (embargo sur les armes). Elle était opposée au vote de la résolution 1973, mais s’est abstenue plutôt que de faire veto. En agissant ainsi, la Russie ne s’est pas du tout isolée comme l’a très bien noté l’analyste Eugene Ivanov. Au contraire, elle a rejoint un groupe d’abstentionnistes, composé de la Chine, l’Allemagne, le Brésil mais également l’Inde. Une ligne BRIC[S] élargie à l’Allemagne, moteur de l’Europe. Cette coïncidence entre les positions de la Russie et de l’Allemagne est un fait nouveau et intéressant, surtout au moment ou la France s’alignait sur les positions anglo-saxonnes et guerroyait aux cotés de l’Angleterre, puis de l’OTAN.

Bien sur la personnalité du guide libyen, indéfendable sur la scène internationale, a surement incité les États qui étaient opposés à l’intervention militaire, comme la Russie ou la Chine, à ne pas prendre position plus fermement. Pour la Russie, la perte financière potentielle sur les contrats engagés avec le gouvernement Kadhafi n’a visiblement pas justifié de froisser une partie de la communauté internationale avec laquelle la Russie est en négociation sur des sujets très sensibles, comme l’entrée dans l’OMC ou le bouclier anti-missiles en Europe. En outre, les représentants de l’opposition libyenne viennent d’affirmer qu’ils envisageaient de coopérer avec les pays industrialisés, y compris la Russie et la Chine, au nom de la renaissance et du redressement de la Libye.

La Syrie est sans doute un autre cas de figure. Pendant le mois d’août, la Russie et la Chine se sont opposées au vote de la résolution proposée par le Conseil des droits de l’homme. Mieux la Russie est à l’origine d’une nouvelle résolution, soutenue par le groupe BRIC[S], ce qui montre qu’elle entend ne pas être écartée du dossier syrien. Aujourd’hui, la ligne officielle russe est celle du soutien au pouvoir syrien. Ce soutien de la Russie à  la Syrie est interprété de diverses manières. Fidélité à un allié de longue date, ou désir d’éviter une déstabilisation de la région, Liban et Israël compris.

Pour autant, en Libye comme en Syrie, la Russie a envoyé ses représentants discuter des le début avec l’opposition. Toujours pendant le mois d’août, le président russe a fermement incité le leader syrien à réformer le système politique du pays, emboitant ainsi le pas à la Turquie (un allié de longue date de la Syrie et de la Russie) mais aussi à la Ligue Arabe, qui a également fermement condamné la répression excessive des manifestations. Cet alignement sur les prises de position de la Ligue Arabe montre que Moscou est sorti du dogmatisme postsoviétique de défense systématique des leaders historiques, en étant prête à collaborer avec une certaine ligne médiane et modérée, représentée par la Ligue Arabe.

Traduction de cette récente politique pragmatique développée par les autorités russes dans la région : La turbine de la centrale nucléaire de Bouchehr (construite par la Russie) en Iran a été testée avec succès mardi 23 août. Dans le même temps ou presque, Téhéran a affirmé soutenir l’initiative russe de relance des négociations entre l’Iran et les grandes puissances du groupe 5+1 sur le programme nucléaire controversé de Téhéran, négociations pourtant dans l’impasse depuis de nombreux mois.


Alexandre Latsa

 

 
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