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17 août 2011 3 17 /08 /août /2011 21:58

 

Syrie : Entre conflits armés et dialogue
Mère Agnès-Mariam de la Croix témoigne de ce qui se passe en Syrie

 

par Mère Agnès-Mariam de la Croix

 

17 aout 2011


Mère Agnès-Mariam de la Croix (*), Supérieure du couvent de Saint Jacques l’Intercis, en Syrie, développe et complète ici ce qu’elle avait affirmé dans un précédent témoignage sur les évènements qui déchirent ce pays.

Syrie_entre_conflits_texte.jpgLe monastère Saint Jacques l’Intercis appartient à l’éparchie grecque melkite catholique de Homs, Hama et Yabroud. Il est situé 2 km à l’Ouest du village de Qâra. Cet édifice du Vème siècle à l’histoire prestigieuse et mouvementée était une ruine lorsque nous entreprîmes de le restaurer en 1994.

Aujourd’hui il abrite une communauté d’une quinzaine de membres appartenant à huit nationalités différentes. Ce lieu est devenu un centre spirituel international qui accueille plus de 15 000 personnes par an de tous horizons dont le dixième y passe au moins une nuit.

La communauté cherche à revenir aux sources du monachisme antiochien dans une perspective d’unité : celle de la personne humaine et celle de l’humanité, dans le mystère du Corps Mystique. Elle vit au jour le jour l’ici et le maintenant au Nom du Christ. Tendue de l’avant dans une attente eschatologique de Celui qui vient, elle veut préparer ses voies, en ramenant le cœur des pères vers leurs enfants et le cœur des enfants vers leurs. La Syrie est notre patrie d’adoption. Nous sommes engagés à servir dans la charité du Christ et la solidarité qu’elle inspire, ouvrant nos portes aux familles nécessiteuses quelle que soit leur appartenance. Notre communauté vient en aide à des personnes de tous bords, chrétiens et musulmans. Nous le faisons à travers des microcrédits, un service-conseil quotidien qui n’exclut pas l’hébergement gratuit, un réseau local de relations publiques pour trouver des solutions à des problèmes qui nous dépassent.

Actuellement nous essayons de suivre au jour le jour les souffrances de nos frères et sœurs confrontés soudainement à une situation sociale des plus difficiles et qui se dirige vers la précarité. J’aimerais répéter que nous ne sommes pas engagés politiquement mais spirituellement, d’après les valeurs de l’Evangile. Solidaires avec nos frères syriens, toutes confessions confondues, sans négliger de militer pour les droits des minorités.

* * *

Dans un article précédent j’ai essayé de décrypter les événements qui frappent la Syrie. Publié sur le net par un site chrétien cet article a été traduit en anglais, arabe et italien et repris sur des dizaines de sites aux tendances les plus diverses : d’informations catholiques, orientalistes, progressistes, antimondialistes, situés en France, Italie, Belgique, Suisse, Liban, Etats-Unis, Canada, Palestine, Syrie, Israël, Afrique du Nord et j’en passe.

D’aucuns ont désavoué mon témoignage. Ils ont récusé la possibilité que je dise vrai, parce que je m’écartais de l’opinion la plus courante. Un commentateur a conclu que mon article : « déploie une argumentation politique si élaborée qu’il pourrait s’agir d’un faux ». C’est la première fois de ma vie que je me penche sur un tel sujet aussi je trouve cette appréciation bien flatteuse.

Un autre commentateur a écrit vingt pages pour remettre en cause chacune de mes assertions et en a pris prétexte pour s’en prendre avec une verve implacable, tout à la fois, à des sites antimondialistes et anti atlantistes (surtout le site Voltaire.net dont il assure à tort que je fais partie), à l’Eglise catholique, au Pape, à M. Sarkozy et aux services de renseignements français avec qui, affirme-t-il, je suis de connivence. Si bien que tout le soin que j’avais apporté à fonder mon argumentation sur des sources précises n’a pas été prise en considération. En définitive j’ai bien noté qu’il est risqué de fournir une version différente de celle donnée par les pouvoirs médiatiques et politiques. Assurément, on est mieux accepté si on utilise la langue de bois. Mais le faire n’est-ce pas verser dans l’hypocrisie ? Et se taire n’est-ce pas de l’absentéisme coupable ? En tous les cas, telle est notre option : être sincères car seule la vérité rend libre.

Comment informer lorsque la désinformation s’impose ?

Il est impératif d’être bien renseignés sur une situation donnée [1] pour pouvoir se positionner en conséquence. Sinon, comment accomplir notre devoir de personnes consacrées au service de l’Eglise dans ce pays ? Or les sources principales d’information qui font autorité et jouissent d’un monopole absolu déforment l’information et nous induisent en erreur, instaurant un malentendu de taille. C’est notre dilemme : la grande presse internationale jouit d’une telle crédibilité que tout témoignage qui la contredit est relativisé, y compris le nôtre qui s’appuie pourtant sur une expérience vécue. Si notre témoignage ne passe pas par les voies officielles de l’information il est inaudible et quasi inutile. Je l’ai expérimenté en transmettant à qui de droit la mise en garde que les chrétiens de Qâra avaient reçue dernièrement et que j’insère plus loin dans cet article, j’ai constaté que l’unique réaction a été : « Où est la vérité ? ». Cette position timorée me rappelle un incident significatif. Une de nos fondatrices subit jadis un malaise cardiaque et fut transportée à l’hôpital où l’électrocardiogramme n’enregistra aucune anomalie. Les médecins nous rassurèrent mais, à peine arrivée au monastère, elle eut une attaque fatale et succomba sous nos yeux. Rappelé d’urgence, le médecin qui venait de la congédier brandissait l’électrocardiogramme pour assurer que la religieuse n’avait rien. Malgré l’information fournie par son appareil de contrôle, notre sœur est décédée. Je crains que le même scénario ne se répète aujourd’hui dans le domaine des événements sociopolitiques. Qu’à force d’être soumis à un système de désinformation, on ne se laisse berner jusqu’à un point de non retour [2].

La faute de la désinformation retombe, dit-on, sur le régime syrien qui empêche le libre accès des médias. C’est vrai. Mais faudrait-il pour cela punir la population et ne plus l’entendre en bloquant son témoignage et en refusant de le diffuser ?

Car aujourd’hui en Syrie, pour être bien renseigné, il ne suffit plus de suivre les nouvelles servies par les chaînes satellitaires internationales. Est requise une synthèse qui s’appuie sur la comparaison entre une variété de sources parmi lesquelles les témoins oculaires ont un rôle privilégié. Nous l’avons constaté sans cesse : la réalité qui se vit ici est différente de ce que transmettent les médias. Ces chaînes n’accompagnent pas l’évènement, elles le précèdent pour le provoquer. Heureusement, de plus en plus de gens accusent cette information de parti pris et de falsification. Nous encourageons nos lecteurs à être plus critiques à l’égard des médias. Les versions des télévisions syriennes pro-régime s’accordent plus avec la réalité. Nous avons essayé de nous documenter en temps réel en téléphonant à des proches sur les lieux mêmes des incidents décrits : la situation ressemblait plus à ce qu’en disait la télévision syrienne qu’à celle propagée par Al Jazzirah, BBC ou France 24, Al Hurra ou Al Arabia à travers des montages et autres compilations audio-visuelles mensongères et de mauvaise qualité [3].

La théorisation qui paralyse

Si la désinformation dénature l’évènement et le fausse, la théorisation le relativise et le rend inconsistant : ce sont les péroraisons des théoriciens politiques ou éthiques de tout acabit qui nous étourdissent par des raisonnements émis à froid sur ce que devrait être la situation en Syrie, alors que le sang coule dans la rue et que le pire est à nos portes. Que diriez-vous si, devant un feu qui embrase votre demeure, les volontaires du quartier s’attardaient à débattre sur les tenants et les aboutissants de la réforme sociale des sapeurs-pompiers et comment elle affecte la nature du feu qui est en passe de vous dévorer ? Ou si, pour toute réaction devant votre fils assassiné de sang-froid, vos voisins se désintéressaient de vous parce que la presse n’a pas encore parlé de ce crime pour condamner celui qui l’a perpétré ? Les slogans faussement humanitaires anesthésient la conscience des auditeurs et favorisent le glissement vers une logique vindicative aveugle qui, somme toute, ne sert que la cause de l’injustice. C’est par fidélité aux victimes, quelles qu’elles soient, que nous ne voulons pas théoriser. En vérité nous sommes scandalisés par la légèreté avec laquelle certains intellectuels ou autres personnes de référence abordent les évènements dramatiques en Syrie. Croyant bien faire, ils ont une approche manichéenne qui s’aligne sur la vision de Leo Strauss propagée par les médias [4]. D’après cette vision, il y aurait en Syrie d’un côté les « bons » personnifiés par l’opposition - prise en bloc - qui réclame la « démocratie ». De l’autre côté il y aurait les « méchants » : c’est-à-dire le régime lui-même mais aussi la masse de ceux qui ne participent pas aux manifestations des « bons » [5]. La victimisation de l’opposition la pousse à encourager la chute du régime par la force, sans se préoccuper de la recrudescence de la violence et des retombées de ce cycle mortifère sur une population déjà saignée à blanc. C’est la simplification du sujet qui rend plus facile la manipulation médiatique et contribue à favoriser le malentendu [6]. La situation, elle, est autrement complexe et délicate. Le but du présent article est d’informer à partir de ce que nous, nos parents, nos connaissances ou amis vivons en Syrie, au fil des évènements qui se recoupent et s’éclairent. Depuis mon dernier article ces évènements m’ont donné raison, n’en déplaise à ceux qui m’ont critiquée.

Évolution de la situation en Syrie

Aujourd’hui il ne fait aucun doute qu’il y a ingérence étrangère, refusée fièrement par une partie de l’opposition. Aujourd’hui il ne fait aucun doute que l’opposition s’est muée en divers endroits en une insurrection armée qui commet des atrocités contre la population civile et contre les forces de l’ordre et l’armée. Enfin, aujourd’hui, l’exacerbation du clivage confessionnel est une triste réalité. Ces trois facteurs convergent pour réanimer le spectre de l’affrontement interconfessionnel, voire de la guerre civile. J’aimerais m’arrêter sur ces points :

Ingérence étrangère : l’impensable alliance entre les grandes puissances et des mouvements armés fondamentalistes

Ahuris nous assistons à un stratagème destructeur : telles grandes puissances, à grand renfort d’endoctrinement médiatique, jouent sur la corde du fondamentalisme religieux pour mettre en relief les différences qui séparent alors que les points communs qui unissent sont bien plus nombreux. La position de certains pays par rapport à la Syrie constitue pour nous un dépaysement surréaliste en regard du bon voisinage arabe et méditerranéen. Par exemple nous ne sommes pas habitués à une France belliqueuse, menant d’un bras de fer une incursion guerrière en Libye et marquant la rupture avec la Syrie. Ceci est culturellement inexplicable : que la France, qui sait découvrir et accueillir les cultures les plus variées, favorise l’extrémisme et ressuscite les vieux démons des clivages confessionnels. D’ailleurs dans les prises de position de la France c’est le côté culturel qui a été sacrifié puisque les grands centres culturels français en Syrie comme l’IFEAD et l’IFPO ont été fermés. Même surprise désabusée avec les Etats-Unis. N’ont-ils pas envahi l’Afghanistan pour se défaire d’Al Qaeda ? Comment pouvons-nous voir aujourd’hui les fondamentalistes les plus farouches proclamer leur sympathie et solliciter l’aide des États-Unis ? C’est le monde à l’envers.

La visite des ambassadeurs US et français à Hama a été vécue chez nous comme une démarche injustifiable. Cette ville est, bien sûr, le symbole d’une répression sanglante que personne n’approuve. Mais Hama est aussi le porte-flambeau de l’idéologie islamiste qui cherche à faire tomber les régimes nationalistes arabes au profit d’une transformation confessionnelle islamisante de l’espace politique. Que cherche l’Occident ? La liberté ou l’islamisme ? Ou est-ce la liberté donnée à l’islamisme ? Or cet islamisme nous savons qu’il s’oppose comme l’onagre biblique autant aux musulmans modérés qu’aux non-musulmans. Pourquoi abonder dans son sens ? On n’y comprend plus rien.

Pourquoi les Occidentaux encouragent-ils une insurrection armée, confessionnelle et fondamentaliste de surcroît, qui risque de s’étendre comme une tache d’huile ? Aucune explication ne saurait légitimer une telle attitude. Aussi, l’ingérence subversive des puissances occidentales ou arabes dans les affaires internes du pays est-elle vigoureusement dénoncée par les autorités religieuses. Le 16 juin, les évêques de Damas ont publié un communiqué déplorant cette ingérence et appelant à l’unité nationale et au dialogue [7].

C’est aussi ce qui ressort de la lettre ouverte que le P. Elie Zahlawi a adressée au Premier Ministre français Alain Juppé le 30 juillet 2011 [8]. De son côté le Patriarche maronite Mar Béchara Boutros Raï a une lecture plus globale de la situation. Il dénonce le « projet du Nouveau Moyen-Orient qui est à l’œuvre pour morceler le monde arabe dans le but qu’Israël vive en paix en en sécurité » [9]. D’après cette lecture, les évènements en Syrie sont mis à profit pour un remodelage géopolitique sur fond d’affrontement interconfessionnel. Certains d’entre nous ont fait l’expérience de ces manipulations au Liban durant la guerre civile, expérience partagée par nos frères et sœurs irakiens, boutés hors de leur pays et présents par milliers à Damas. La tendance mondialiste qui prévaut c’est de promouvoir le choc des civilisations pour asseoir la légitimité des regroupements ethniques ou confessionnels qui, à leur tour, légitiment l’existence d’Israël [10].

Opposition pacifique ou insurrection armée ?

La Syrie vit depuis des mois des coups d’État larvés car ce remodelage ne peut être instauré sans la force des armes. L’insurrection armée en Syrie est une tumeur inoculée qu’on cherche à faire crever un peu partout dans le pays au gré des clivages confessionnels ou tribaux, avec son cortège de haine, de vengeances, de victimes et de désastres socio-économiques. Cette situation ouvre la voie à la loi du plus fort et marginalise les justes réclamations des Syriens pour un changement sociopolitique rationnel et en profondeur. Elle est dénoncée autant par les Syriens de l’opposition que par ceux qui sont restés fidèles à ce que le régime a de sécurisant et qui sont, reconnaissons-le, l’immense majorité qui a joui d’une réelle stabilité civile. En disant cela, je n’exonère pas le régime de ses responsabilités éthiques pour avoir été totalitaire et oppressif avec les dissidents ou pour avoir laissé proliférer la corruption et le clientélisme.

Dans la plus récente de ses interviews l’intellectuel syrien dissident Borhan Ghalioun, professeur à la Sorbonne, insiste sur le fait que « l’opposition rejette avec véhémence l’intervention militaire ou tout usage de la force, la sédition ou le sectarisme » [11].

Le Blog de Joshua Landis [12] a enfin reconnu que l’opposition était devenue une insurrection armée, démentant les allégations des chaînes satellitaires selon lesquelles les soldats tués l’ont été par leurs pairs parce qu’ils refusaient de tirer sur les manifestants.

« Aujourd’hui, une vidéo corrobore la version gouvernementale des événements : les soldats stationnés en ville furent attaqués par une opposition organisée et armée. Voici une vidéo montrant certains de ces soldats avant qu’ils ne soient tués :

http://www.youtube.com/watch ?featur...

Les premières minutes de celle-ci montrent les soldats après qu’ils aient été tués :

http://www.youtube.com/watch ?v=CoFg...

Voici la vidéo originale, non éditée, des corps avant qu’ils ne soient placés sur les camions :

http://www.youtube.com/verify_age ?n...

Dans l’affrontement d’Hama, la vidéo montrant des corps jetés depuis un pont dans une rivière a été sujette à controverses. Cette vidéo, faite en comparant les vues du pont de Google Earth avec ce qu’on aperçoit dans la vidéo prouve que le film est récent, provient de Hama, et montre des éléments d’opposition jetant des corps de soldats depuis le pont autoroutier dans la rivière ‘Asi, au nord de Hama, sur l’autoroute vers Alep. »

Cette insurrection reçoit depuis plusieurs années des armes par les frontières très perméables avec le Liban, la Turquie, la Jordanie ou l’Irak. Cette contrebande juteuse a joui de la permissivité des douaniers qui en profitaient. Aujourd’hui on le regrette vivement. Le 6 août, j’ai lu dans les journaux libanais que l’armée libanaise a intercepté une livraison de mille fusils à destination de la Syrie de la part de particuliers sunnites, basés à Beyrouth Ouest, près du lieu où le Premier Ministre Hariri a été assassiné. Les personnes interpellées ont avoué qu’elles en étaient à leur trentième livraison de fusils : cela ferait, rien que pour ce poste de contrebande, trente mille fusils.

La majorité des musulmans et des chrétiens syriens se sont d’abord tenus à l’écart du mouvement de contestation pour diverses raisons, puis ils l’ont boycotté, et enfin certains s’y sont opposés. C’est face à la violence croissante des manifestants que les citoyens, à travers les comités populaires, se sont armés pour défendre leurs quartiers. Les manifestations ont eu très tôt un double visage : un visage pacifiste de façade destiné à faire la vedette dans les médias [13] à travers les vidéo-montages bricolés et autres messages pathétiques de (faux) témoins en retransmission audio, et un visage occulte anarchiste, où des activistes ou des agents infiltrés sont chargés de semer la pagaille et de provoquer la violence. Vivre au jour le jour les revendications de certaines couches de la société syrienne peut donner une idée des « dessous » occultes que recouvrent les manifestations qui ont dépassé le cadre des revendications légitimes en faveur d’une réforme civile, pour instaurer par le vandalisme un régime de terreur propice à un remodelage religieux à caractère islamique sunnite, comme c’est le cas dans la région de Tal Khalakh en symbiose avec les villages haririens du Liban Nord, à Jisr El Chagour au Nord, à Daraa au Sud, dans la Jezzirah, à Hama fief de l’opposition ultra-sunnite, à Abou Kamal près de la frontière irakienne ou à Deir Ezzor, enclave multiethnique où l’embrasement intertribal pourrait affecter le tissu social syrien [14]. Les manifestations se sont transformées en un mouvement insurrectionnel armé et subversif qui s’en prend même aux musulmans récalcitrants qui subissent menaces et exactions.

À Hama, beaucoup de gens, chrétiens y compris, n’ont pu quitter la ville à temps. Les pauvres sont restés chez eux pour garder le peu qu’ils possèdent et faute de lieu où se réfugier. Tant que le téléphone n’était pas coupé on nous informait d’une situation des plus précaires, bien différente de celle retransmise au même moment par les médias. « On entend des tirs un peu partout. Ce ne sont pas les tirs de l’armée qui n’est pas encore entrée mais ceux des gangs armés qui, le visage couvert, circulent partout sur leurs motos ou dans leur 4x4, et imposent la loi martiale. Les quartiers islamistes de Hader, Arb’in, Qoussour, Jisr el Mazareb et autres sont devenus des places fortes retranchées avec force blocs de béton, pylônes d’électricité, et tout autre matériel récupéré. Hama a proclamé sa mutinerie et son indépendance de la République Arabe Syrienne. Deviendra-t-elle une autre Bengazi ? Ce sont ces barricades qui seront les lieux de l’affrontement avec l’armée. Une véritable guerre des rues. Hier déjà un colonel a été tué et sept soldats. Les insurgés ont brûlé tous les bâtiments gouvernementaux y inclus le club des officiers. Sur Facebook le Hama News Network [15] informe que l’hôpital Hourani dont la propriétaire, Fida’, est une dissidente, distribue des armes aux insurgés ».

L’insurrection de Hama a eu des retombées inquiétantes dans sa propre province. Le dimanche 1er août, un téléphone de la ville de Mhardeh, grecque orthodoxe en sa totalité, nous alerte que des centaines d’hommes et d’adolescents ont déferlé dans la ville, armés de fusils, de machettes et de bâtons. Ils tirent en l’air et avancent en brûlant des pneus, en saccageant les magasins et en incendiant les voitures et les motos. Ils proviennent des villages sunnites de Seijar, Treimseh, Me’rzâv, Jdeideh autour de Mhardeh. Les prêtres ont fermé les églises, sacrifiant les services liturgiques dominicaux. Tout le monde est terré chez soi. La population réclame l’intervention des forces de l’ordre. Police et services secrets sont en petit nombre dans une région qui n’a jamais connu de troubles. Ils demandent à la population de se protéger comme elle peut. Les hommes montent sur les toits et font face aux assaillants avec leurs fusils. Des rixes s’ensuivent. Les assaillants sont repoussés vers midi. Le soir une réunion entre les Imams de ces villages et les curés de Mhardeh ne donne aucun résultat. Les Imams reconnaissent qu’ils sont impuissants à contrôler leurs ouailles qui représentent pourtant chez eux un faible pourcentage de la population sunnite (entre 5 et 7%). Le lendemain, 2 août, les gens de Mhardeh peuvent faire leur constat : c’est pour distraire l’armée qui investissait Hama que les villages sunnites des alentours s’en sont pris à leur village. On compte plusieurs blessés. Même scénario pour le village chrétien de Sqailbiyyeh : les sunnites de Qalaat Al Maddiq ont essayé de s’y introduire pour créer des troubles, mais la population les en a empêchés. De ces incidents dramatiques, aucun mot n’a été dit sur les chaînes satellitaires.

La guerre confessionnelle, une réalité qui pointe

Les incitations à l’insurrection sur base confessionnelle produisent un glissement dangereux dans les relations sociales. Une anecdote vécue montre combien les esprits faibles sont perméables au matraquage des médias :

Un bijoutier du nom de N.L. [16] nous raconte qu’une dame chrétienne de Jdeidet Artouz était à Damas pour faire des emplettes. Surchargée, elle prend un taxi pour la déposer au terminal des minibus en direction de son domicile. En chemin elle contacte avec son portable son mari pour lui dire où elle est. Quand elle a terminé sa conversation le chauffeur de taxi se retourne pour l’invectiver : « Vous, les chrétiens, ne durerez que deux mois, le régime va tomber et votre manière de vous habiller ne survivra plus en Syrie ». La dame, craignant le pire, voulut quitter ce taxi mais le chauffeur refusa de s’arrêter. Elle appela au secours par la fenêtre. Un policier la vit et poursuivit le taxi. Le chauffeur fut remis à la sécurité pour intimidation confessionnelle.

La tendance est assez répandue pour qu’à Mazzeh, avenue chic de Damas, des chrétiennes prennent le parti de porter le tchador, suprême démission, de peur d’être molestées par les islamistes. Dans les milieux fondamentalistes on réclame que la première dame, qui est sunnite, porte le tchador.

Ceux qui ne comprennent pas l’arabe ne pourront pas se rendre compte par eux-mêmes comment, à l’orchestration habile des médias « professionnels » s’ajoutent des stations satellitaires islamistes émettant d’Égypte ou d’Arabie Saoudite, comme Al Wissâl ou Safa, pour haranguer les sunnites à l’insurrection confessionnelle. L’étoile de ces émissions est un imam wahhabite qui s’appelle Cheikh ‘Ar’our. Il s’agit d’un officier de l’armée syrienne relevé de ses fonctions suite à un scandale de mœurs. Il s’est transformé en un prédicateur de l’Islam le plus fondamentaliste, basé en Arabie Séoudite.

Cette situation passe très vite de l’anecdote passagère à la gravité d’un conflit, larvé mais redoutable

Nous avons su par des témoins fiables que dans les régions où coexistent les sunnites et les alaouites (entre Tartous et Lattaquieh) la population est armée. Il faut préciser que les sunnites sont nombreux sur le littoral tandis que les alaouites vivent dans les villages en hauteur. Dans ces régions les civils dressent des barrages aux abords de leurs villages ou quartiers pour s’enquérir sur l’identité confessionnelle du passant. S’il s’avère qu’il est d’une autre confession que la leur il subit des sévices. Le régime contient jusqu’à présent les alaouites. Ce sont les insurgés sunnites qui défient les lois de la convivialité. Nous venons de savoir que la contagion confessionnelle a gagné Damas ; le frère d’une de nos résidentes, de confession Alaouite, chauffeur de taxi, a été pris dans une manifestation aux abords de Damas. Les manifestants lui ont demandé de montrer ses papiers et, en voyant qu’il était alaouite, ils l’ont battu et ont brisé sa voiture. Même scénario à Qusayr, dans la région de Homs où les chrétiens ont dû se défendre des manifestants sunnites qui faisaient des incursions tapageuses et hostiles dans leurs quartiers. Là aussi les forces de l’ordre n’ont pas bougé car elles étaient débordées. Ce n’est que la semaine passée que l’armée est intervenue à Qusayr pour instaurer le calme.

Lorsque, durant les manifestations de Homs, le désormais célèbre slogan a été scandé : « les Alaouites au tombeau et les chrétiens à Beyrouth » (Al 3alawiyé Bil tâbût wil massihiyé 3a Beyrouth), et le sinistre cri de ralliement à la guerre de religion a retenti : « Debout, allons au Djihad » (hayya 3alla ljihâd), on a cru à une effervescence passagère. Malheureusement, aujourd’hui, en dehors des remous des manifestations, certains musulmans fanatisés ne craignent plus de manifester ouvertement aux chrétiens leur antipathie viscérale et leur disent ouvertement : « préparez-vous, votre fin est proche ». Le tabou confessionnel imposé par le régime Baathiste sous peine de graves sanctions avait assuré à la Syrie une stabilité sociale enviable pendant des décennies. Des chaînes satellitaires comme Al Jazirah ou Al Arabiya ont contribué directement à inoculer la mentalité discriminatoire confessionnelle. Invité en permanence, le Cheikh Al Qaradawi n’a pas mâché ses mots, invitant les musulmans à s’insurger contre les « infidèles », y-inclus par la force des armes, des fatwas, ou bulles légales, ont « permis » aux musulmans de verser le sang des « infidèles », les Kuffâr (musulmans modérés, alaouites et chrétiens), de violer leurs femmes et de kidnapper leurs enfants.

Certains villages sunnites dressent des barrages sur la route internationale Alep-Hama et arrêtent voitures et autobus. Ils vérifient l’identité des voyageurs et molestent les alaouites allant jusqu’à les battre ou les tuer. C’est ainsi qu’une femme alaouite avec sa fille ont été torturées à mort. A Hama trois enfants alaouites on été sauvagement mutilés. L’émissaire turc a vu leurs dépouilles de ses yeux. Dans les faubourgs de Homs, un jeune chrétien du nom de Gayyath Al Turk de Kfarram a été kidnappé dans la rue Hadarat par les Salafistes, torturé puis dépecé ; on l’a mis dans un sac sur lequel on a écrit le nom musulman de « Ahmad » de sorte que la communauté musulmane croie que ce sont les alaouites qui ont perpétré ce crime et s’en venge. L’intention était d’ attiser la haine confessionnelle. Le 2 août dans l’après-midi, Bassam Nakhlé, un petit commerçant du village de Yabroud, à 30 km de chez nous, a été froidement abattu à côté de chez lui par des islamistes montés sur des motos. On a bien senti que le mot d’ordre de s’en prendre aux chrétiens était désormais lancé. Par qui ? Nous ne pouvons pas le certifier.

Les syndromes de la vague antichrétienne ont touché notre petit village de Qâra. Le 30 juillet, j’ai reçu cette lettre manuscrite signée par un sunnite de Qâra. Je la traduis aussi fidèlement que possible.

« A la respectable Dame du monastère Saint Jacques

Nous vous informons, Madame, qu’il existe dans la ville de Qâra un groupe de terroristes qui n’ont ni foi ni loi qui instiguent au nom de l’Islam à tuer et à expulser nos frères chrétiens. De ces gens l’Islam est innocent et nous autres nous n’acceptons pas ces instigations qui proviennent d’une Fatwa (décret légal islamique) impie où on leur dit que les chrétiens n’ont ni foi ni loi et qu’ils sont des impies, qu’il nous faut les expulser de la ville de Qâra, brûler leurs maisons et violer toute femme parmi les leurs. Ils sont en train de monter le plus grand nombre (possible) de manifestant pour qu’ils puissent commencer à brûler les maisons des chrétiens ainsi que leurs églises et le monastère et ils ont l’intention de couper la route internationale, de saccager les propriétés publiques et privées et veulent agresser toute personne qui appuie Monsieur le Président et de s’en prendre aux chrétiens. Nous, dans la ville de Qâra, nous contrecarrons ces impies et nous sommes innocents d’eux jusqu’au jour du jugement. Chrétiens et musulmans, nous formons un seul rang face à ces traîtres et nous regrettons de rapporter ces faits avec de telles paroles mais la nécessité n’a pas de loi. Ces personnes sont : Abou N .Al M. et ses fils, le grand instigateur (suivent huit autres noms). Ils disent aussi que le monastère, celui de Saint Jacques, revient de droit aux gens de Qâra (…) il faut donc qu’on rende le monastère aux habitants de Qâra, en d’autres termes aux musulmans et non aux chrétiens.

De plus, lorsqu’une manifestation est sortie pour appuyer Monsieur le Président ils avaient planifié de brûler les maisons de ceux qui ont répandu du riz et des sucreries sur la manifestation mais ils se sont rétractés à cause de leur nombre réduit, mais ils assurent : « dès que nous aurons un nombre plus élevé de manifestants nous voulons brûler leurs maisons pour qu’ils apprennent à ne (pas) répandre les roses et le riz sur les traîtres », suivant leurs propres termes, puisque d’après eux celui qui appuie Monsieur le Président est un traître. Toutes ces choses proviennent d’instigateurs qui payent l’argent et donnent des armes à ces chômeurs ou ces recherchés par la justice et nous, en leur nom, nous nous excusons auprès de vous, nos honorables et illustres frères. ».
Signé Amjad L.

Nous connaissons les personnes mentionnées : ce sont des islamistes qui vivaient de contrebande. Leur Imam lançait des messages incendiaires envers les chrétiens durant les prêches du vendredi (ce qui amenait les gens de la sécurité à les remettre au pas). Amjad nous précise que ce groupuscule reçoit de l’argent en provenance des Émirats et le distribuent pour que les enfants et les femmes viennent grossir leurs rangs dans leurs manifestations hebdomadaires.

Cette mise en garde à notre encontre avait été précédée par deux incidents : Fin juin, des inconnus sur des motos, interceptés par les caméras de la paroisse, ont jeté des cocktails Molotov sur deux maisons chrétiennes à Qâra. Le même jour, des malfaisants avaient coupé tous les arbres d’un terrain appartenant à un chrétien aux abords de notre monastère. De concert avec le curé du village et les victimes de ces attentats, nous avons décidé de nous taire pour ne pas attiser les tensions, nous limitant à transmettre les faits aux autorités concernées. Quelle que soit sa teneur véritable, cette lettre permet de jauger à quel point les esprits sont surchauffés et nous alerte pour prévoir le pire : qu’à un moment donné des esprits faibles et influençables perdent le contrôle d’eux-mêmes.

A Qâra, c’est devenu un rituel qui se répète chaque semaine. Au sortir de la mosquée le vendredi, une cinquantaine de personnes font le tour du village pour scander des slogans indécents contre le Président Bashar El Assad et proclamer leur allégeance au Cheikh Aaraour dont nous avons déjà parlé. Depuis quatre mois ils chantent à tue-tête, parfaitement impunis : « Bonne Nouvelle, bonne nouvelle pour toi Aaraour, notre Bashar s’est révélé être un sarsour » c’est-à-dire un cafard (Absher absher ya Aaraour, Basharna tole’sarsour). Ils ont vandalisé la mosaïque qui représente feu le Président Hafez El Assad à l’entrée du village. De temps en temps les forces de l’ordre arrêtent les instigateurs et entendent leurs dépositions puis les relaxent. Le chef des gendarmes explique « ce sont de pauvres bougres ». La situation à Qâra, où transparaît la bonhomie de la population locale, forces de l’ordre comprises, ne correspond pas au tableau qui en est brossé sur le site « Syrian revolution 2011 » qui rapporte :

« Province de Damas : Qâra : Urgent : les intrépides de Qâra ont fait descendre le prédicateur de la grande mosquée de son pupitre et ont interrompu son discours….et cela à cause de sa lâcheté et de sa servilité…et ils mettent en garde les prédicateurs de ne pas faire comme lui car sinon ils auront le même sort…Les indépendants continuent à occuper les rues de Qâra en grand nombre pour faire tomber le régime » [17]

Or les manifestants de Qâra sont en trop petit nombre (quelques centaines sur vingt trois mille habitants) pour faire quoi que ce soit de représentatif. Au contraire, ce sont eux qui reçoivent souvent des semonces de la part de leurs parents ou amis. Le Cheikh Mouhammad Omar qui a été victime de leur discrimination est la personnalité musulmane la plus en vue. Le village en sa majorité a désapprouvé l’intervention intempestive de la poignée des opposants.

Scénario similaire à Jdeidet Artouz, dans la banlieue de Damas. Des nouvelles circulaient dans les médias au sujet de grosses manifestations et de l’intervention musclée des forces de l’ordre. Ce jour même je rencontre fortuitement le curé du la cité. Il était étonné de mon émoi : « Les manifestations les plus nombreuses chez nous ne réunissent qu’une centaine de personnes dont plus de la moitié sont des étrangers venus d’autres villages. Les forces de l’ordre n’ont pas à s’opposer. Elles laissent faire et ce nombre insignifiant n’a d’autre alternative que de se disperser ».

En fait, chez nous comme à Damas ou à Alep, les stratagèmes pour galvaniser la vindicte sunnite contre le régime « alaouite » ne prennent pas. Du moins jusqu’à présent [18]. C’est une minorité qui s’engage dans le mouvement de contestation au point de descendre dans la rue.

Je dois ajouter que le 11 août des membres de l’opposition de Qâra ont demandé à me voir. Ils avaient eu vent de la mise en garde qui nous était parvenue et ils venaient nous rassurer : « Cette lettre est le fait des services secrets, nous et les chrétiens nous sommes une seule famille, jamais nous ne vous ferons le moindre mal. Nous réclamons pour vous et pour nous la liberté, l’égalité des chances, la justice, la fin de la corruption ». Je leur ai dit que ces réclamations étaient sacrées mais qu’il fallait prendre la bonne voie pour les obtenir. Ils ont promis de revenir plus nombreux.

Malgré les paroles d’apaisement que nous avons entendues de la part des opposants, ce même jour les manifestants ont exprimé leur irritation face aux chrétiens qui ne partagent pas leur engagement à faire tomber le régime. Les slogans étaient franchement confessionnels. La minorité des opposants de Qâra rejoint en cela les opposants de Daraa, Homs, Banias ou Hama qui sommaient les chrétiens de manifester avec eux ou de partir . Pour les chrétiens qui sont malmenés parce qu’ils ne participent pas aux manifestations, la réponse est limpide : « comment voulez-vous qu’on participe lorsque vos slogans sont confessionnels, nous n’y trouvons pas notre place de citoyens à part entière ».

Nos concitoyens de Qâra sont solidaires de leurs frères martyrisés à Daraa, Hama, Jisr El Chaghour, Tel Khalakh. Ils affirment, et cette version est intéressante parce qu’elle rejoint la nôtre, que les manifestations étaient pacifiques mais que des intrus ont tiré simultanément sur les forces de sécurité et sur les manifestants. Ces derniers se sont « défendus » en massacrant les forces de l’ordre et en leur volant leurs armes. Au Liban, la guerre « civile » a été entretenue pendant des années grâce à des « intrus » qui tiraient sur les uns et les autres pour attiser leurs rancœurs mutuelles et les inciter à l’affrontement idéologique et confessionnel.

Les opposants de Qâra, comme la majorité des opposants en Syrie sont, comme les qualifient les américains, des personnes rurales à la culture restreinte. Il est facile de les enrôler par des arguments fallacieux qu’ils adoptent par rectitude d’intention sans voir où mène le mouvement insurrectionnel. Même dérapage à bon escient de la part de syriens qui vivent à l’étranger, tel le petit groupe qui réclamait le départ du « sanguinaire » Bashar El Assad le 12 août devant le consulat syrien de Genève. Vivant hors de la Syrie ils ne se rendent pas compte que la situation est autrement compliquée et dangereuse.

Pour nous, la solidarité de nos frères sunnites de Qâra nous touche, qu’ils soient loyaux ou opposants. En renouvelant notre foi en le Seigneur Jésus-Christ qui est Maître de l’histoire nous avons renouvelé notre choix de demeurer en Syrie. Mais comme pour les moines de Tibhérine nous savons que, dans une situation de confusion comme celle qui régnait alors en Algérie et celle qui règne aujourd’hui en Syrie, l’irréparable peut se produire pour nous à n’importe quel moment, sans qu’on sache exactement qui l’a perpétré et pour quel motif. Cela semble bien loin de nous actuellement où la sagesse des Syriens, leur cohésion nationale et leur bon sens leur fait dépasser, à part des cas ponctuels, les instigations à la guerre civile et confessionnelle. Cependant cette dernière se profile à l’horizon comme une menace probable.

Devant la crainte fondée d’une velléité internationale de consécration de l’islamisme en Syrie j’ai pensé qu’il était important d’étayer ces considérations par une rétrospective sur l’histoire des chrétiens en Orient. Ceci devrait également permettre de mieux comprendre la position des chrétiens en Syrie. Je me dois de rappeler que je ne suis pas le porte-parole des chrétiens et que mon témoignage et mon analyse n’engagent que moi-même.

La présence chrétienne au Moyen-Orient

Les chrétiens orientaux [19] ont été polarisés par une appartenance ambivalente : d’un côté à leur Orient ancestral et au monde arabe, de l’autre à l’Occident « protecteur », Europe ou États-Unis.

Le nombre de chrétiens diminue continuellement en Orient. Cela est dû à l’exode, à l’émigration et, depuis le siècle dernier, à une natalité réduite. Certains accusent la conquête islamique d’avoir compliqué la vie des chrétiens en Orient. Il ne faut pas oublier cependant que des communautés chrétiennes divisées entre elles ont préféré faire alliance avec leurs frères sémites ismaéliens plutôt que de vivre sous la botte des byzantins gréco-romains. A d’autres époques, les chrétiens ont cherché à être « protégés » par des puissances étrangères. Les maronites et les arméniens ont collaboré avec les Croisés puis avec les cités marchandes de Venise et de Gêne. Plus tard, les orthodoxes avaient l’appui de la Russie, avant la chute du Tsar ; les catholiques avaient celui de la France. Les communautés issues de la Réforme protestante ont compté avec l’appui des anglicans britanniques et des évangélisateurs américains. Ce protectionnisme n’a jamais été sans des retombées dramatiques au détriment des chrétientés autochtones.

Malgré leurs accointances privilégiées avec l’étranger, les chrétiens ont été le plus souvent trahis et livrés au gré des avantages politiques de leurs protecteurs [20]. Depuis l’ère coloniale occidentale, les chrétiens sont les laissés-pour-compte. Ils savent désormais que la prunelle des yeux de l’Occident c’est Israël et que, tout ce qui peut contribuer à réduire la présence palestinienne et à museler la résistance, est le point de mire des grands de ce monde. Les chrétiens, déjà exsangues, seront les premiers à payer le prix du sang et de l’exode dans les soubresauts de l’histoire contemporaine, au gré des intérêts des grandes puissances.

Ils ont fait l’expérience des dessous sournois du remodelage géopolitique du Moyen-Orient dont ils sont une des victimes. De larges franges des chrétiens de Syrie sont des réfugiés qui ont vécu des situations graves de déstabilisation ou même de persécutions : Arméniens, Syriaques et Assyriens rescapés du grand génocide au début du XXème siècle, Palestiniens réfugiés de la Nakba de 1948, Libanais transfuges de la guerre de 1975 et de celle de 2006, chrétiens d’Irak victimes des guerres du Golf et de la tactique sournoise du chaos créateur où ils n’avaient pas de place [21].

Fils de communautés persécutées et réfugiées les chrétiens sont confortés par leur appartenance à leurs Églises qui sont toutes « ethniques », à part les latins et les melkites.

Pionniers de la renaissance arabe, résistance culturelle à l’occupant turc, au XVIIème siècle, à partir des villes d’Alep et de Damas, relayées par la montagne libanaise les chrétiens se sont aussi engagés dans la résistance armée contre le colonialisme français et britannique et ont contribué à fonder plusieurs états arabes modernes du Proche-Orient dont la Syrie où ils sont près de deux millions.

En Irak et en Syrie les chrétiens ont jouit d’une réelle sécurité sous le régime Baathiste. Fondé par Michel Aflaq, un chrétien, ce parti a la particularité d’être laïc. Pour les chrétiens, la laïcité est un excellent moyen d’assurer l’égalité entre tous les citoyens indépendamment de leur appartenance religieuse.

Le Printemps arabe, quel bilan à ce jour pour les chrétiens ?

La réforme du « printemps arabe » qui inquiète la majorité des Syriens en général et les chrétiens en particulier est la montée en puissance du fondamentalisme islamique sous tacite bénédiction internationale.

Les révolutions « réussies », en Égypte ou en Tunisie, ont fait chuter les régimes incriminés et leurs chefs honnis, mais n’ont-elles pas contribué à livrer ces pays à l’inconnu et au vide ? Le chaos qui s’instaure est confié à la « garde » de l’armée mais, la plupart des analystes le soulignent, il ne profitera qu’aux mouvements islamiques : frères musulmans, salafistes ou Al Qaïdah, organisés depuis des années, avec une base disciplinée et qui se disent prêts à négocier avec Israël. Les derniers évènements sur la Place Tahrir au Caire confirment notre analyse : il y a bien eu affrontements entre l’Armée et les groupes fondamentalistes.

L’entente est désormais affichée entre les États-Unis et les frères musulmans [22]. Même les talibans sont recyclés après la « mort médiatique » de Ben Laden. Le nouveau leader d’Al Qaeda, le médecin égyptien Ayman Al Zawahiri, a proclamé sa solidarité avec le mouvement pro-démocratique syrien, haranguant les protestataires dans une vidéo postée sur un site web jihadiste le mercredi 27 juillet, en leur disant qu’ils font partie d’une révolution plus globale pour libérer les terres musulmanes [23]. Les partis islamistes, modérés ou extrémistes, militent en faveur d’un retour à la « pureté » de l’application du Coran dans la vie civile. Ce fondamentalisme va du rigorisme dogmatique des frères musulmans au fanatisme vindicatif des salafistes. Il s’oppose à des régimes mis en place après la deuxième guerre mondiale, issus de la « renaissance arabe » et prônant le panarabisme, considéré aujourd’hui comme mort. Ces régimes, de tendance socialiste, ont remplacé des monarchies plantées à la hâte par les colonialistes. Ils se voulaient populaires et « laïcs » comme le régime Baathiste. Si ce régime venait à tomber, la majorité sunnite qui viendra au pouvoir démontre vouloir implanter la Sharia islamique, au détriment des libertés de croyance et des droits civiques des non-chrétiens. De semaine en semaine, le printemps arabe en Syrie part chaque vendredi de l’enceinte échauffée des mosquées pour s’exprimer avec haine dans des termes ultrareligieux et sectaires où les citoyens appartenant à d’autres confessions ne se retrouvent pas.

Avec l’instauration de ce qu’une communauté chrétienne a nommé par euphémisme une société « moins laïque » [24], les chrétiens seront non seulement dépourvus du droit à un statut civil équivalent à celui de leurs frères musulmans comme c’est le cas partout dans le monde musulman sauf au Liban et en Turquie [25], mais ils seront réduits au rang de citoyens de seconde zone, les dhimmis, taxés par l’État pour être rachetés et protégés de l’anathème traditionnel qui juge que les infidèles sont dignes de la peine de mort et, par conséquent, doivent se racheter par la capitation. C’est pourquoi les minorités, et même les musulmans modérés, regardent avec scepticisme le « printemps arabe », n’en déplaise à ceux qui acclament la révolution arabe les yeux fermés ou qui la théorisent les yeux grands ouverts.

Déjà les constitutions des régimes arabes qui se disent « laïcs » sont basées sur la loi coranique. Pour les chrétiens les articles de la loi qui ont trait au statut civil ont été une atteinte permanente à leur liberté de culte et de conscience. En vertu de ces lois tout chrétien peut se convertir à l’Islam mais jamais l’inverse. Le musulman ne peut pas se convertir au christianisme et, s’il le fait, son statut civil ne pourra jamais changer. Le musulman qui se convertit est mort civilement. Cependant, les constitutions de ces régimes sont rédigées en termes civils et non pas religieux. Ils prônent l’égalité des citoyens, musulmans et chrétiens confondus, devant la loi, ce qui, à part le statut civil, fut un énorme bienfait pour les chrétiens. Dans notre monastère, nous profitons du dialogue national pour demander à l’État de changer la clause de la Constitution ayant trait au statut civil de sorte que le même traitement assuré par la loi aux musulmans soit désormais assuré aux chrétiens [26]. Nous comptons d’ailleurs appuyer la requête en justice d’une jeune musulmane qui a décidé d’embrasser le christianisme et qui voudrait que cela soit inscrit sur ses papiers d’identité. Elle sera la première à le faire en Syrie à l’instar d’un jeune sunnite Turc qui a obtenu l’année passée gain de cause auprès du Tribunal des affaires civiles d’Ankara. Cette fille est appuyée par ses propres parents qui, bien que sunnites pratiquants, ont fini par comprendre et respecter son libre choix.

La Majorité et ses droits démocratiques

Y-a-t-il des chrétiens qui désirent faire chuter le régime ? Oui, mais ils sont une minorité. Il s’agit d’intellectuels théoriciens qui ont vécu hors du pays, ou de simples citoyens qui ont subi pour une raison ou une autre les exactions injustes du régime.

La plupart des chrétiens et des musulmans de Syrie ne veulent pas la chute brutale du régime mais une réforme en profondeur. Pourquoi ignorer ou diaboliser cette « grande majorité » qui est une réalité démocratique ? Lorsque plus d’un million de personnes, jeunes et vieux, hommes et femmes et enfants, manifestent à Damas, ce n’est pas un trompe-l’œil du régime. C’est une valeur sociale qui a droit au respect de la communauté internationale. Elle ne peut être abordée dédaigneusement parce qu’elle n’est pas « politiquement correcte ». La société syrienne devrait être comprise d’après les principes qui régissent l’Orient depuis des millénaires et qui établissent l’harmonie entre les contraires grâces aux intérêts claniques des grandes tribus. Cette réalité est indépassable. On ne peut « aider » le peuple syrien à obtenir les justes réformes qu’il revendique par une immixtion insistante et tapageuse qui rend précaires les subtils équilibres confessionnels et claniques traditionnels. Ce serait le chaos qui ne peut être « créateur », sauf si on cherche à tout détruire pour rebâtir une société artificielle qui tient mentalement mais qui ne « prend pas » socio-culturellement, comme c’est le cas en Irak.

Les régimes laïcs qualifiés de « totalitaires » qui sont nés dans la mouvance du panarabisme se sont en fait ancrés, comme les anciennes oligarchies monarchiques, dans le système clanique et tribal infiniment complexe du Moyen-Orient. Une stabilité évidente en a résulté qui n’exclut pas les dérapages, la corruption ou l’injustice. Ce ne sont pas les dérapages, parfois gravissimes, que nous défendons, mais le respect des affinités et des équilibres socioculturels du tissu social multiforme de l’Orient de manière à préserver le droit des minorités et l’égalité des chances entre tous.

En conclusion

Nous sommes cœur et âme avec les justes revendications de tout citoyen pour la liberté civique, la fin du totalitarisme d’État et de la corruption. Nous souhaitons la démocratie, l’impartialité de la justice et des réformes économiques et sociales conséquentes. Mais nous sommes conscients – et c’est là où nous nous heurtons à beaucoup d’incompréhension - que ces revendications peuvent devenir un cheval de Troie pour diverses entités nationales ou politiques afin de provoquer une déstabilisation dangereuse à partir de clivages confessionnels et claniques très subtils. Il s’ensuivrait une guerre civile confessionnelle qui en est à ses premiers syndromes, où l’élément sunnite fondamentaliste (frères musulmans, salafistes, Al Qaeda) serait le fer de lance pour galvaniser les esprits faibles « contre » les alaouites, les chrétiens, les druzes, les kurdes et tous les autres. Le terrible massacre de trois familles alaouites à Homs depuis un mois en est un triste exemple. On cherchait à provoquer la revanche des alaouites pour attiser la spirale de la violence et faire sombrer le pays dans le chaos de la guerre civile. Au bout du chemin ce serait le morcellement de la Syrie en des factions ethnico-religieuses antagonistes comme en Irak.

Mais la Syrie est loin de l’effondrement. Les foyers d’où l’on cherche à attiser les antagonismes confessionnels sont isolés et contrôlés, parfois au prix du sang lorsqu’il y a une résistance armée, au fur et à mesure que la population prise en otage fait appel à l’armée. Le peuple syrien est composite : sunnites, alaouites, chiites, chrétiens, druzes, arabes, kurdes, turkmènes, caucasiens, et j’en passe. Il n’est pas facile de maintenir une telle mosaïque dans la cohérence et la paix civile. Le parti Baath l’a obtenu en respectant les règles qui président aux structures tribales et claniques de l’Orient. Cependant ce régime était to

talitaire et corrompu. Aujourd’hui une saine autocritique est à l’œuvre publiquement et des lois sont promulguées, obtenues par une saine opposition, pour les réformes souhaitées. Nous préférons cette voie tant qu’il y a de l’espoir.

Notre vœu c’est que tous favorisent le dialogue inter-syrien, en vue de réformes conséquentes, dans le cadre d’une prise de responsabilité efficace même si elle est lente. Les italiens disent « chi va piano va sano e va lontano » (celui qui va lentement va sainement et va loin), en bon français nous dirions « qui veut voyager loin ménage sa monture ».

C’est dans cette optique que nous avons accepté d’accueillir dans notre monastère, choisi parce qu’il est un espace universel et non partisan, un groupe d’opposants sunnites, alaouites, kurdes et druzes qui ont voulu rencontrer des chrétiens, prêtres et laïcs. Cette réunion a eu lieu le 30 mai et il en est résulté à l’usage des autorités un communiqué qui stipulait ce qui suit : « Devant l’ingérence étrangère et la manipulation faite aux justes revendications de l’opposition, nous trouvons que le meilleur moyen pour aboutir aux réformes souhaitées n’est plus le recours à la rue mais le dialogue confiant et serein, sans compromission avec les erreurs passées ». Le gouvernement et quelques membres de l’opposition ont opté un mois plus tard pour cette même voie qui s’est concrétisée par les deux jours préparatoires au dialogue national des 10 et 11 juillet 2011, ainsi que par une série de lois qui continuent d’être promulguées et qui étaient impensables avant les manifestations. Les manifestations pacifiques ont donc été déterminantes mais elles deviennent stériles si elles sont subversives et violentes.

Je me rallie à l’avis de Camille Otrakji, analyste syrien vivant à Montréal : « Je pense qu’une nette majorité de Syriens soutient plusieurs des revendications des manifestants pacifiques. D’un autre côté, seule une petite minorité de Syriens est prête à prendre le risque de déstabiliser son pays pour obtenir un total changement de régime, au terme d’un conflit douloureux » [27].

Boycotté et décrié par ceux qui théorisent ou qui instrumentalisent, ce dialogue est l’unique issue. Il est proposé par la grande majorité des responsables religieux de la nation auxquels nous nous joignons. Nous prions pour que la communauté internationale l’encourage, que le peuple syrien s’y engage et pour qu’il porte les fruits escomptés de modernisation, démocratie et pacification [28].

Agnès-Mariam de la Croix, higoumène
France Catholique, 15 août 2011.
http://www.maryakub.org/

(*) Mère Agnès-Mariam de la Croix est de nationalité libanaise et française. Son père est réfugié palestinien de 1948. Elle a vécu la guerre civile du Liban et travaille en Syrie depuis dix sept ans.

Source :
http://www.france-catholique.fr/SYRIE-ENTRE-CONFLITS-ARMES-ET.html

 

Notes

 

[1] L’article de Pierre Khalaf, chercheur au Centre d’Etudes Stratégiques Arabes et Internationales à Beyrouth, « La tendance générale », est une excellente analyse de la situation en Syrie. De plus le blog http://www.infosyrie.fr/ est idéal pour se refaire une information.

[2] Même le Vatican s’appuie sur elles. Nous ne reviendrons pas sur le sujet de l’information tendancieuse, nous l’avons traité dans l’article précédent. Vous pourrez le retrouver sur beaucoup de sites en tapant sur le moteur de recherche : « au crible des informations tendancieuses ».

[3] Le comble de la désinformation c’est, à mon avis, l’interview accordé par Al Jazirah à Gaëtan Vannay le 5 août 2011. Ce radio journaliste prétend avoir été à Hama à l’insu des autorités syriennes. Il dit qu’il n’y a rien vu d’anormal, pas de miliciens ni de gangs armés. Or, les familles chrétiennes amies qui vivent à Hama et n’avaient pas encore pu quitter la ville la même semaine où M. Vannay dit avoir visité la ville, donnent une description terrifiante à l’opposée de la sienne. La fiction devient évidente lorsque M. Vannay rapporte avoir été empêché de se rendre à Homs parce qu’il a été « reconnu » à un barrage de sécurité dont il a pu s’échapper. Les barrages volants des forces de l’ordre sont une nouvelle donne. Pour reconnaître une personne fichée il faut qu’ils examinent ses papiers d’identité. A supposer que M. Vannay ait exhibé ses papiers et qu’il ait été « reconnu » parce qu’il était parmi les personnes recherchées il n’aurait jamais pu quitter la Syrie. On aurait bien aimé d’un professionnel qu’il montre le tampon d’entrée en Syrie pour nous convaincre d’avoir au moins mis les pieds dans ce pays à l’époque dont il relate les évènements.

[4] Maître de la théorie néoconservatrice binaire : les élites évitent la détérioration de la société libérale dans le nihilisme en lui assignant, sans y croire forcément, le « bien » qui est le leur en contraste avec le « mal » qui n’est pas le leur.

[5] Nous sommes étonnées que la communauté Al Khalil dans sa dernière circulaire entre activement dans cette vision simpliste et va jusqu’à accuser la majorité des Syriens qui ne participent pas aux manifestations d’être impliquée, « avant tout du point de vue moral, dans la dérive répressive ».

[6] N’est-ce pas ainsi que nous avons vécu l’invasion de l’Irak, galvanisés par la menace planétaire des armes de destruction massive, allant jusqu’à sonner les cloches lorsque les « bons » yankees sont enfin entrés à Bagdad et que le « méchant » Saddam Hussein a été destitué ? Mais aujourd’hui, après 15 ans, quel constat ? Les millions de morts, ne pourront pas parler, eux dont le nombre continue de grossir avec les attentats quotidiens. Mais qu’en disent ceux qui voient leur pays démembré en cantons confessionnels, qu’en disent les milliers de réfugiés, chrétiens en tête, qui pour survivre, ont été obligés de partir après avoir vécu des exactions sans nom ? Comme d’habitude lorsque leurs supputations se sont révélées fallacieuses, les théoriciens ont laissé la place à un silence gêné.

[7] Lorsque les puissances s’immiscent dans les affaires syriennes elles ne prennent même pas la peine de faire intervenir des personnalités crédibles : que le roi d’Arabie Saoudite ou celui du Bahrein se scandalisent de ce qu’ils disent se passer en Syrie prête à confusion lorsqu’on sait avec quelle cruauté ces deux pays ont traité l’opposition.

[8] Curé d’une importante paroisse à Damas et fondateur de la Chorale de la Joie qui compte 500 personnes. Voici ce qu’il écrit : « Prêtre arabe de Syrie, je viens d’apprendre à l’instant votre déclaration aux États-Unis, touchant la légitimité de notre Président de la République. En tant que Syrien, je ne puis rester silencieux face à une telle ingérence dans les affaires de mon pays. Professeur d’Université, vous n’êtes pas censé ignorer que la légitimité d’un Président de République dépend du consensus de son peuple uniquement, et non de l’arbitraire d’une puissance quelconqueMinistre des Affaires Étrangères d’un pays comme la France, vous êtes censé savoir que la Syrie est un État Souverain, membre fondateur des Nations-Unies. Mais, porte-parole grisé de certains maîtres du monde actuel, vous croyez pouvoir décider à volonté du sort des autres pays, dont la Syrie. »

[9] Allocution dans l’école des Sœurs du Rosaire à Byblos, juillet 2011. Les politologues parlent d’un accord secret pour un nouveau découpage géopolitique du Moyen-Orient comme un Sykes-Picot II, à 95 ans de distance du premier.

[10] Le Moyen-Orient est-il appelé à être découpé en une mosaïque de regroupements ethniques ou confessionnels ? C’est une théorie du complot récusée par beaucoup mais qui s’implante pourtant dans le réel : l’Iran Shiite et ses satellites face à l’Arabie Wahhabite et ses satellites, l’Arménie, le Sud Soudan comme enclaves chrétiennes indépendantes, mais bientôt le pays copte avec pour capitale Alexandrie, la nubie, distincte de l’Egypte, le Kurdistan, l’Alaouistan, l’Ismaelistan, etc. Au Liban il était question de créer le canton Maronite ou Maronistan, etc… Nous disions souvent durant la guerre du Liban : « cette guerre civile est un essai de laboratoire. Elle sera exportée ». Elle l’a été dans les Balkans dans et autour de l’ancienne Yougoslavie, qui ont été libanisés, c’est-à-dire découpés en clivages ethnico-confessionnels, et qui sait si un jour l’Europe sera balkanisée ?

[11] Dans www.jadiliyya.com

[12] http://www.joshualandis.com/blog/ ?p=11181

[13] L’affiche publiée par le journal Le Monde, en date du 25 mars, titrant « chrétiens et musulmans ensemble pour le Vendredi Saint » est une manipulation médiatique qui n’a eu aucune incidence notable dans la réalité.

[14] Devant l’investissement de la ville par des miliciens armés instaurant la loi martiale, les chefs des principales tribus arabes (les 3ashâer) ont réclamé l’intervention de l’armée.

[15] شبكة أخبار حماة

[16] On m’a critiqué de ne rapporter que les initiales des témoins. Il faut avoir à l’esprit que les personnes qui s’expriment craignent des représailles dans une situation à la sécurité précaire. Dans cet article je mettrai de préférence des pseudonymes.

[17] ريف دمشق : قارة : عاجل : قام أشاوس قارة بإنزال خطيب جامع الكبير من على منبره و قطع خطبته .. وذلك بسبب تخاذله وخنوعه .. وهم يحذرون خطباء ألا ينحوانحوه .. وإلا فسيكون لهم نفس مصيره .. و ما زال الأحرار بأعداد ضخمة في شوارعقارة يسقطون النظام .
http://www.syriarevolution.com/

[18] Les récentes prises de positions du roi d’Arabie Saoudite et des autres monarques arabes ainsi que des responsables turcs pèseront bien sûr dans l’opinion publique sunnite.

[19] La plupart appartiennent aux patriarcats d’Antioche ou de Jérusalem. Ce sont les descendants de civilisations antiques et de prestigieux royaumes : les syriaques sont de souche araméenne. À eux se sont joint les Ghassanides, tribus arabes du Yémen. Les grecs- orthodoxes ou catholiques- sont de souche byzantine. Les maronites sont des syriaques latinisés installés au Liban, les assyriens et chaldéens sont Irakiens et Perses, les Arméniens sont le premier royaume devenu chrétien au monde, ils sont des rescapées du grand génocide perpétré par les ottomans et les kurdes. Les latins appartiennent au patriarcat latin de Jérusalem et se sont propagés en Orient à la faveur des croisades.

[20] La guerre de Crimée est un exemple de l’écartèlement géopolitique auquel peuvent être soumis des chrétiens d’un même pays mais appartenant à des traditions dogmatiques différentes.

[21] Malgré les évènements dramatiques qui frappent la Syrie les Irakiens continuent à venir en Syrie jouir d’une stabilité qui n’existe plus chez eux.

[22] Le dossier des frères musulmans est confié au monitoring de la Turquie.

[23] Blog de Joshua Landis du 30 juillet 2011. En Libye ce sont les rebelles du Conseil National de Transition qui interrogent le conseiller juridique d’Al Qaeda Abou Mislim Al Jazairi sur la légalité d’une coopération avec les forces de l’OTAN. La réponse est arrivée sur le site du journal algérien Al Shourouk : « c’est une entorse aux lois de l’Islam qui enseignent de boycotter les impies, mais c’est un moyen de se débarrasser de Kaddafi ». Il est désormais attesté que les rebelles libyens appartiennent en grande majorité à Al Qaeda.

[24] Communauté Al Khalil, circulaire « appel syrien » du 18 juillet 2011.

[25] C’est vrai que la Turquie du Parti du développement, d’allégeance sunnite, joue la carte de la tolérance religieuse en vue de rentrer dans l’Union européenne mais il est utile de rappeler que les chrétiens et les kurdes y sont soumis à des tracasseries sans fin que le gouvernement cautionne en privé mais qu’il dénonce en public.

[26] En conclusion, au regard de la gravité de la situation, au nom de tous ceux qui ont versé leur sang, nous implorons les Syriens de tous bords, à se mobiliser sans tarder pour construire un dialogue national sincère en vue d’une issue à cette crise.

[27] http://www.infosyrie.fr/ du 31 mail 2011, comme je l’ai dit tout ce site est précieux pour une contre-information plus nécessaire que jamais.

[28] Le dialogue inter-syrien est la conclusion des « méditations sur les évènements actuels en Syrie », des pères jésuites de Syrie : « En conclusion, au regard de la gravité de la situation, au nom de tous ceux qui ont versé leur sang, nous implorons les Syriens de tous bords, à se mobiliser sans tarder pour construire un dialogue national sincère en vue d’une issue à cette crise », 3 juin 2011.

 

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=26045

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17 août 2011 3 17 /08 /août /2011 21:50

Les États-Unis ont tenté de s’emparer lundi dernier d’1 500 000 000 de dollars appartenant à l’État libyen, mais en ont été empêchés in extremis par l’Afrique du Sud. Les documents produits lors de cet épisode, et que révèle le Réseau Voltaire, attestent que les membres du CNT et leurs fonctionnaires sont directement salariés par un organe US.


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Susan E. Rice, représentante permanente des États-Unis à l’ONU.
©UN Photo/Paulo Filgueiras
Le 17 aout 2011
Washington tente de voler 1,5 milliard de dollars pour payer ses salariés du CNT
La main dans le sac




Mardi 9 août 2011, Sana Khan, secrétaire du Comité des sanctions mis en place par la résolution 1970 du Conseil de sécurité, a transmis aux membres du Comité un avis émanant de l’ambassadrice Susan Rice, représentante permanente des États-Unis à l’ONU.

Dans cette missive, dont le Réseau Voltaire s’est procuré une copie [document téléchargeable au bas de cette page], Washington informe le Comité de son intention de dégeler 1 500 000 000 de dollars appartenant à la Banque centrale de Libye, à l’Autorité libyenne d’investissement, à la Banque étrangère de Libye, au Portefeuille d’investissement libyen en Afrique et à la Compagnie nationale libyenne du pétrole.

Arguant que ce dégel est légal lorsque les fonds sont destinés à des fins humanitaires ou civiles (article 19 de la Résolution 1970 [1]), Washington indique qu’il affectera unilatéralement cette somme comme suit :

- 500 000 000 de dollars à des organisations humanitaires de son choix « pour répondre aux besoins humanitaires actuels et à ceux que l’on peut anticiper, dans la ligne de l’appel des Nations Unies et de ses mises à jour prévisibles » ;

- 500 000 000 de dollars à « des sociétés d’approvisionnement en fuel et en biens humanitaires nécessaires  » ;

- 500 000 000 de dollars au Temporary Financial Mechanism (TFM) pour « payer les salaires et les dépenses de fonctionnement des fonctionnaires libyens, des dépenses alimentaires, de l’électricité et d’autres achats humanitaires  ». Sur cette somme, 100 000 000 de dollars seront provisionnées afin d’être ultérieurement affectés aux besoins humanitaires des Libyens dans les zones non contrôlées par le Conseil de transition nationale (CNT) lorsque celui-ci aura établi « un mécanisme crédible, transparent et effectif » pour les leur transmettre.

En clair, les États-Unis ont informé le Comité des sanctions de leur intention de s’emparer 1,5 milliard de dollars qu’ils attribueraient pour un tiers à leurs propres services humanitaires (USAID…), pour un second tiers à leurs propres multinationales (Exxon, Halliburton etc.), et pour le restant au TFM, un bureau du LIEM, lequel n’est qu’un organe officieux créé par Washington et avalisé par le Groupe de contact pour administrer la Libye [2].

Washington a fait savoir qu’il considérerait avoir l’accord tacite du Comité des sanctions dans les cinq jours suivant la réception de sa notification.

Malheureusement, la Libye ne pouvait pas s’opposer à ce vol, car elle n’est pas représentée à ce Comité. En effet, son ancien ambassadeur a fait défection, et —en violation de l’Accord de siège— le Département d’État n’a toujours pas délivré de visa à son nouvel ambassadeur.

Washington entendait bien profiter de cette absence forcée pour s’emparer du butin. Au demeurant, la France a déjà ouvert une brèche en volant 128 millions de dollars dans les mêmes conditions.

C’est en définitive le représentant permanent de l’Afrique du Sud, l’ambassadeur Baso Sangqu, qui a fait obstacle à la manœuvre.

Outre la rapacité des États-Unis, cet invraisemblable épisode confirme que l’auto-proclamée « Libye libre » de Benghazi et Misrata n’est pas gouvernée par le Conseil national de transition (CNT). Celui-ci n’est qu’une façade, au demeurant fort lézardée. L’Est de la Libye, contrôlé par l’OTAN, est administré par le Libyan Information Exchange Mechanism (LIEM), un organe informel, sans personnalité juridique, mis en place à Naples par les seuls États-Unis, même si certains de ses employés sont des Italiens.

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Les fonds que l’on présente comme attribués au CNT sont en réalités remis au LIEM qui les utilise pour salarier les membres du CNT et leurs fonctionnaires. La différence est de taille : le Conseil national de transition n’a pas de politique propre, il se contente d’exécuter la politique des États-Unis. Et c’est bien normal lorsque l’on sait que le CNT n’a pas été formé lors des événements de Benghazi, mais plusieurs années avant à Londres comme un gouvernement provisoire en exil.

Par conséquent, l’action militaire des États-Unis et de leurs alliés de l’OTAN ou du Conseil de coopération du Golfe n’a pas pour objectif de mettre en œuvre la protection des civils prévue par la résolution 1973, et encore moins la « libération des Libyens », mais bien la colonisation du pays.


Documents joints

 

 

Fac similé du document original du Comité des sanctions des Nations Unies


(PDF - 4.5 Mo)

[1] « Résolution 1970 sur la Libye », Réseau Voltaire, 26 février 2011.
[2] « Libye : Washington prépare sa revanche », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 21 juillet 2011.


Thierry MeyssanThierry Meyssan
: Intellectuel français, président-fondateur du Réseau Voltaire et de la conférence Axis for Peace. Il publie des analyses de politique étrangère dans la presse arabe, latino-américaine et russe. Dernier ouvrage en français : L’Effroyable imposture : Tome 2, Manipulations et désinformations (éd. JP Bertand, 2007).


Thierry Meyssan est un collaborateur régulier de Mondialisation.ca.  Articles de Thierry Meyssan publiés par Mondialisation.ca

 

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=viewArticle&code=MEY20110817&articleId=26049

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17 août 2011 3 17 /08 /août /2011 20:00

 

Coup d’Etat en Europe

Ils avancent avec leurs gros sabots mais malheureusement on les a sur la tête.

On a bien deviné avec l'histoire de Standard and Poor's qu'il y avait de la magouille dans l'air. Les Etats-Unis, vu leur dette, méritaient depuis longtemps un DDD. Pourquoi tout ce bin’s à la suite de ce AA+ généreux, cette inquiétude, cet effroi, ce krack terrible qui devait s'en suivre, ces bourses qui devaient flamber, la catastrophe universelle qui devait créer un jeudi noir, un vendredi noir, un week-end noir, des suicides peut-être à Wall street !

Et puis rien du tout, les marchés qui baissent à midi, remontent le soir, simple effet d'annonce pour cacher quoi ?

Qui était au cœur de ce schmilblick ? La cause cachée de tant de désordre ? Hé bien nous le savons à présent : l'Europe. Notre Europe. Que nous venons de perdre ce soir. Deuil.

Cela fait déjà un moment que nos alliés Zuniens veulent l'Europe à leur botte. Avec leur créature, le Sarkome dont on ne guérit pas, ils ont réussi à nous entraîner en Afghanistan, en Libye où nos soldats meurent pour le grand capital.

 

Mais cette Europe il la leur fallait totalement. Avec tous ses peuples, toutes ses richesses, toute sa liberté. (Ou ce qu’il en restait) Pour la saigner à blanc.


C'est presque fait.

Ils inventent donc un désordre financier qu’ils montent de toute pièce. Curieusement, alors que ce sont les US qui sont dénoncés pour mauvaise gestion, c’est l’Europe qui est montrée du doigt. C’est elle, trop sociale, qui inquiète les marchés qui veulent plus de rigueur. Dans la tourmente l’Espagne et l’Italie se font déposséder. Mais ce n’est que le début de la grande manœuvre.

 

Hier Sarkozy rencontrait Merkel. "Il ne faut rien attendre de spectaculaire" à l'issue de cette réunion, a dit Steffen Seibert, porte-parole de Merkel, lors d'une conférence de presse. Alors là, celui-là, je lui décerne sans hésiter le grand prix international du faux-cul et des fourbes !

Ah ! C'est sûr, un coup d'Etat qui prive de liberté tout un continent, ce n'est pas spectaculaire ! 

 

Voilà comment l'affaire nous est présentée, au mot près, par toute la presse alignée. Lisez le nouvel obs, le monde, le figaro, le point, l'express, c'est le même article.

A l'issue d'un sommet bilatéral à l'Elysée, mardi 16 août, prévue depuis des semaines, Nicolas Sarkozy et la chancelière allemande, Angela Merkel, ont donné une conférence de presse Nicolas Sarkozy a réaffirmé "la volonté absolue de la France de respecter ses engagements" et a déclaré être "confiant sur les perspectives économiques de la zone euro et du monde" alors que la hausse du PIB de la France a pratiquement calé au deuxième trimestre.

Dans le même temps, le couple franco-allemand a annoncé plusieurs propositions sur la gouvernance de la zone euro. Voici les principales :

- Gouvernance de la zone euro

La France et l'Allemagne vont proposer à leurs partenaires européens la création d'un "véritable gouvernement de la zone euro". Les deux dirigeants ont proposé que ce nouveau poste, dont le titulaire sera nommé pour deux ans et demi, revienne à l'actuel président de l'Union européenne Herman Van Rompuy. Cette proposition sera formulée dans une lettre qui sera adressée dès mercredi matin à Herman Van Rompuy.

 

Demander aux Européens s'ils veulent de Van Rompuy, l'homme non élu, l'adoubé du Bilderberg comme président, personne n'y songe une seconde. N’est-ce pas à eux, en priorité, qu’il faut envoyer une lettre ? Ne vivons-nous pas dans un pays où nos dirigeants sont élus ? N’est-ce pas le cas de tous les pays Européens ? 


Ne vous cassez plus la tête à décider pour qui vous allez voter en 2012, cela n'a aucun importance. Notre président de la République n'aura aucun pouvoir ni sur les finances du pays, ni sur les budgets essentiels. Toute décision viendra de « Rompisch », l’homme qui dort sur nos tas d’or… 

 

Deuxième étape : Sarkozy allait avoir du mal à faire passer sa règle d'or ? Le problème est réglé :

- Règle d'or avant l'été 2012

La France et l'Allemagne vont proposer que les 17 pays membres de la zone euro adoptent la "règle d'or" sur l'équilibre budgétaire avant l'été 2012. Le Premier ministre François Fillon prendra les "contacts nécessaires" avec les différentes forces politiques françaises pour voir si un consensus est possible pour faire adopter cette "règle d'or", a précisé le chef de l'Etat français.

Que veut dire "si un consensus est possible » ? Ou ils disent « oui » ou on les met dans des wagons ? N'est-il pas au contraire entendu qu'aucune majorité de députés Français ne veut se prononcer pour cette fameuse règle d’or ? Ensuite, une petite fantaisie pour faire croire que Sarkozy, Merkel et Van Rompoy sont décidés à brider la liberté des spéculateurs. On imagine à quel point cette mesure sera compensée par d'autres.

L'Europe va instaurer à partir de septembre une taxe sur les transactions financières. Les deux dirigeants n'ont pas précisé les modalités de cette mesure.

Une des possibilités, popularisée par l'économiste James Tobin, consiste à taxer à un taux très faible les mouvements internationaux de capitaux.

"Rien n'est précisé" ouf ! Et ce sera à un taux très faible. (Borloo proposait 0,01 et Aubry 0,05 ! Précisons aussi que si cette taxe n’est pas adoptée « partout dans le monde », elle ne le sera nulle part. Voilà les spéculateurs rassurés.) Cette taxe sur les transactions financières est une "nécessité évidente", a déclaré la chancelière allemande alors que des marchés financiers fébriles attendaient d'être rassurés sur la crise de la dette publique des pays de la zone euro.

L'essentiel se trouve à la fin : "rassurer les marchés financiers » en leur indiquant qu'ils vont pourvoir se nourrir sur la bête sans aucun état d'âme. Toute l'Europe offerte à leur voracité !

Il ne leur viendrait pas à l’idée de rassurer les marchés où l’on vend les aubergines au prix du caviar ?

Je voudrais faire une parenthèse au sujet de Martine Aubry, qui a quand même l'air très au courant de ce qui se passe en haut lieu. (On en parle aux repas du Siècle ?) Dans un premier temps, dans une tribune sur Libération, elle appelle de tous ses vœux cette fameuse gouvernance de l'Euro. Qu’elle n’en voie pas les dangers ne plaide pas en sa faveur.

 

Ensuite, deux jours, après elle propose un projet politique qu'elle souhaite appliquer si elle est élue et qui est, ma foi, franchement de gauche.

Et Martine, tu nous prends pour des demeurés ? S'il y a une gouvernance euro tu pourras bien avoir tous les programmes que tu voudras, tu ne seras bonne qu'à inaugurer les prisons et les cimetières ! Et tous les autres politiques au même régime !

 

Pourquoi voter ?

 

Comment s’appelle ce régime, déjà, où les responsables d’un pays se nomment entre eux et où le peuple, sur les décisions les plus importantes, n’est pas consulté ?

Dictature, non ?

Pauvre Europe. Démocratie violée. Vendue.

Au beau milieu du mois d’août…

 Ah ! Ce sont des stratèges !

Et nous ? Ne valons-nous pas mieux que des singes ? Où est passé l’esprit de courage et de liberté de notre histoire ?

 

Ariane Walter mercredi 17 août 2011

 

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coup-d-etat-en-europe-99098

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17 août 2011 3 17 /08 /août /2011 19:56
Menteurs, voleurs, tricheurs : tout est bon pour les voyous de la dette !

C’est le 3 janvier 1973 que la France adopte la loi Pompidou-Giscard d’Estaing lui interdisant d'emprunter à la Banque de France et l'obligeant à le faire auprès des banques privées avec intérêts. C’est le début de l'ère de la dette. Les marchés ont donc la clé du financement des États.
 
Cette privatisation du crédit public est inscrite dans les textes européens à l’article 104 du traité de Maastricht : « Il est interdit à la BCE et aux autres banques centrales des états membres, ci-après dénommées -banques centrales nationales- d’accorder des découverts ou tout autre type de crédit aux institutions ou organes de la Communauté, aux administrations centrales, aux autorités régionales ou locales, aux autres autorités publiques, aux autres organismes ou entreprises publics des Etats membres ; l’acquisition directe auprès d’eux par la BCE ou les banques centrales nationales, des instruments de leur dette est également interdite ».
 
Ainsi, les Etats sont à la botte des banques privées et depuis, l’addition est plutôt lourde !
 
L’ouvrage de Holbecq et Deruder « La dette publique, une affaire rentable »[1] nous renseigne. On y apprend « qu’au total entre les années 1980 et la fin de l’année 2006, nous avons payé 1 142 milliards d’euros d’intérêts ». C’était en 2006 ! Aujourd’hui cela dépasse les 1300 milliards.
 
Les auteurs expliquent que « si nous n’avions pas emprunté ces sommes sur les marchés monétaires, c'est-à-dire si nous avions pu créer notre monnaie comme avant, […] la dette qui était de 229 milliards d’euros au début 1980 serait inexistante aujourd’hui ».
[2]
« les amis de l’équipe », d’encaisser quelques 50 milliards d’intérêts par an. Il suffit pour enrichir encore davantage les amis des amis que la note d’un pays soit dégradée par d’autres amis pour que les taux d’intérêts augmentent, aggravent encore davantage la dette du pays et augmentent en conséquence le bénéfice des préteurs.

 

C’est pour payer ces intérêts que les gouvernements d’Europe et les partisans du libéralisme débridé demandent aux peuples de se serrer la ceinture.
 
Les « économistes atterrés » expliquent qu’il s’agit d’un mécanisme de transfert de richesses des contribuables ordinaires vers les rentiers. Ces politiques fiscales « anti-redistributives » ont donc aggravé à la fois et les inégalités sociales et les déficits publics.
 
Comme l’ont bien montré Bruno Tinel et Franck Van de Velde, « le conflit générationnel opportunément mis en avant sur le mode bêlant de « la dette que nous allons léguer à nos enfants » a surtout pour fonction de masquer le conflit fondamental entre les moins riches, qui, par leurs impôts, payent le service de la dette, et les plus riches, qui en détiennent les titres. »[3]
 
Le temps est venu de ne plus applaudir et de libérer le monde de ces prédateurs et de tous ceux qui les soutiennent ! L’homme politique doit être clair et loyal pour être respecté ! (Ils ne sont pas tous comme Sarkozy et ses amis)
Il doit s’engager pour redonner le droit des Etats d’emprunter directement auprès de la banque centrale, soit par l’Europe, soit directement en dénonçant les traités qui interdisent cela !
 
Préparez le programme ! Je prépare le bulletin. Si ce dernier ne peut s’exprimer, la démocratie sera balayée !
Garnier Denis vendredi 12 août 2011


[1] André-Jacques Holbecq se dit être un « économiste citoyen » et Pierre Derudder était chef d’entreprise et consacre ses recherches pour mettre l’économie et l’argent au service de l’homme. « La dette publique une affaire rentable » - Editions Yves Michel 2008 - préface d’Etienne Chouard 
[2] 62 % de la dette de l’Etat est détenue par des non-résidents, c’est à dire des entités financières (Etats, fonds, banques, etc.) ne résidant pas ‘fiscalement’ en France.
[3] Bruno Tinel - Maître de conférences à l’université Paris-I (Panthéon-Sorbonne) Franck Van de Velde - Maître de conférences à l’université de sciences et de technologie Lille-I « Le Monde Diplomatique » – juillet 2008

http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/menteurs-voleurs-tricheurs-tout-98891
__________________
Crise : l'autre stratégie pour en sortir
Publié le 17-08-11

Equité sociale, maîtrise de la finance, réhabilitation du rôle des Etats... C'est le modèle dont les puissants ne veulent pas, parce qu'il porte atteinte à leurs intérêts. Par Laurent Joffrin

Il y a dans cette crise une vaste entourloupe en cours, masquée par le tumulte des marchés et la noria des réunions d'urgence : les idées qui nous gouvernent depuis trente ans s'effondrent sous nos yeux, mais ceux qui les défendent sont toujours en place et font prévaloir leurs vues.

Dans le brouillard de l'événement, sous les apparences de la dure nécessité, les féodalités financières et les classes dirigeantes imposent progressivement aux gouvernements un programme de fer qui préserve leurs intérêts, alors même que leur influence sur la planète apparaît maintenant à tous pour ce qu'elle est : une désastreuse sacralisation de l'argent fou.

D'expédients en mesures transitoires, de replâtrage en improvisation, les gouvernements conscients des enjeux mais incapables de s'unir sur une stratégie se dirigent lentement vers les solutions préconisées par les maîtres de l'argent : maintien du pouvoir des marchés, refus des réformes de structure de la finance et de la banque, coupes dans les dépenses publiques pour rembourser la dette. Autrement dit, protection des possédants et austérité pour les peuples.

On concède une mesure d'équité, on annonce de courageuses réformes pour plus tard, on trouve ici une rustine nouvelle ou là une béquille de fière apparence. Mais, en fait, les dogmes les plus usés sont toujours actifs : moins d'Etat, moins d'impôts, moins de salaires, plus de bonus. Le système financier qui a conduit la planète à la plus grande crise depuis 1929 restera en place.

Pourtant d'autres solutions existent, qui n'ont rien de farfelu ni de démagogique, avancées par des forces politiques importantes et par des experts reconnus.

Elles sont diverses, parfois contradictoires, elles émanent de courants idéologiques variés et ne sont pas toujours réunies dans un plan opérationnel et cohérent. Mais en les examinant sérieusement, on peut dégager une stratégie alternative à celle du monde de la finance, stratégie qui demande elle aussi des efforts, qui comporte sa part de risque, mais qui a le mérite de satisfaire à la fois à une meilleure équité et de tenir compte du nouvel état de la planète.

La première en urgence consiste, selon l'expression consacrée, à "monétiser les dettes souveraines", c'est-à-dire à financer une part des dépenses de l'Etat avec des prêts consentis par la Banque centrale européenne. Techniquement, la BCE déciderait d'acheter aux Etats les obligations qu'ils émettent pour se financer. Autrement dit, au lieu d'emprunter sur les marchés, les Etats emprunteraient auprès de la Banque, qui accorderait des conditions plus favorables. Comme la BCE achète ces titres en créant de la monnaie, on parle de "monétiser la dette".

Economiste chez Natixis, un temps conseiller du PS, Patrick Artus en est l'opiniâtre avocat. Sous des formes variées, on retrouve cette proposition dans le discours de la gauche américaine ou encore chez les experts du mouvement vert ou chez les économistes critiques. Certes, l'innovation risquerait de conduire Jean- Claude Trichet, le président de la BCE obsédé par le risque inflationniste, à une immolation par le feu. Mais elle soulagerait les finances publiques, elle rassurerait les créanciers, certains d'être remboursés, et elle éviterait aux peuples une austérité socialement insupportable.

Les orthodoxes, bien sûr, crieront au scandale. Les crédits ouverts sont autant de liquidités nouvelles. On crée de la monnaie ? Voici revenu le spectre horrifique de la planche à billets et de l'inflation ! Sauf qu'Artus a depuis longtemps répondu à cet argument : il y a inflation si les liquidités nouvelles créent, par excès de la demande sur l'offre, des tensions sur les marchés de biens et de services qui pousseraient les prix vers le haut. En période de récession ou de croissance lente, cette éventualité est improbable : une partie des capacités de production est inemployée ; si la demande augmente, l'offre peut suivre sans tension sur les prix.

Il y a un risque ? Certes. Mais rappelons que l'autre solution, celle des banquiers, consiste à exiger une livre de chair des classes moyennes et populaires et à programmer une récession de plusieurs années, qui ruinera encore plus sûrement les finances publiques, comme on le voit en Grèce...

Cette médication de court terme, dont il faut évidemment user avec prudence, permettrait seulement d'amortir le choc de la dette. Elle devrait être relayée par une réforme fiscale audacieuse, qui permettrait d'accroître la contribution des classes riches, si longtemps favorisées par le reaganisme planétaire, et assurerait aux Etats les moyens de faire face à leurs engagements. Là aussi les propositions existent. On en trouve de fort judicieuses chez Obama ou encore dans les projets des candidats socialistes à l'élection présidentielle française. Berlusconi soi-même vient de taxer un peu plus les riches... C'est le sabotage politique des conservateurs - les Tea Party américains par exemple - qui empêche leur mise en oeuvre. Ces mesures devraient évidemment être couplées avec une réforme des marchés financiers : séparation entre banques de spéculation et banques civilisées, réduction des paradis fiscaux, taxation légère des transactions financières dont on parle depuis vingt ans sans jamais rien faire, etc.

Tout cela débouche sur un modèle de développement différent : équité sociale, maîtrise de la finance, promotion de l'industrie et de la technologie sous contrainte écologique, réhabilitation du rôle des Etats démocratiques, seuls légitimes à décider d'une stratégie collective. Un modèle dont les puissants ne veulent pas, parce qu'il porte atteinte à leurs intérêts. Ainsi le destin des peuples se joue peut-être dans leur dos, dans la torpeur de l'été, au fil des discussions discrètes qui réunissent politiques et représentants de l'oligarchie. Laissera-t-on faire ?

Laurent Joffrin - Le Nouvel Observateur

Article à paraître dans l'hebdomadaire du 18 août 2011
http://tempsreel.nouvelobs.com//actualite/laurent-joffrin/20110817.OBS8670/crise-l-autre-strategie-pour-en-sortir.html




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17 août 2011 3 17 /08 /août /2011 02:49

http://www.grip.org/fr/siteweb/images//HOMEPAGE/pelindaba.jpg

http://www.lesmotsontunsens.com/a-contre-courant-l-afrique-se-rue-sur-le-nucleaire-10989

 

 

Près des deux tiers de la population de l’Afrique subsaharienne vit sans électricité. Pour y remédier, les gouvernements africains se tournent vers le nucléaire.

Alors que la Suisse et l’Allemagne veulent débrancher leurs centrales atomiques, l’Afrique voit dans le nucléaire son avenir énergétique.

 

 

 [Article complet : lecourrier.ch]

(Article référencé sur le site "Les mots ont un sens")

 

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17 août 2011 3 17 /08 /août /2011 02:38
50ème anniversaire du mur de Berlin :
une analyse plus approfondie
par Victor Grossman,

samedi 13 août 2011, par Comité Valmy


50ème anniversaire du mur de Berlin :
une analyse plus approfondie
au-delà de la propagande officielle,
par le correspondant du Morning Star à Berlin

Cette année, la chaîne publique Berlinoise nous a bourré le crâne chaque jour déjà un mois avant l’anniversaire du mur de Berlin. Chaque soir, depuis fin juillet, elle livrait une interview avec quelqu’un, à peu près n’importe qui, qui pouvait nous raconter une histoire émouvante sur le Mur. Chaque jour, on nous montrait les bonnes vieilles et familières photos d’évasions, des images de ruines du mur et une pléthore de cérémonies.

Ai-je l’air cynique ? Le mur de Berlin était un édifice tragique, un grand nombre de personnes en ont souffert et beaucoup sont morts en rapport avec son existence. Chaque décès était une perte amère. Il est impossible d’enjoliver sa mémoire, comme n’importe qui a vécu tout près de lui peut en offrir un témoignage poignant.

Pour quiconque qui pousse l’analyse plus loin, cependant, certaines questions appellent encore des réponses. Pourquoi a-t-il été construit ? Et pourquoi, après tant d’années, est-il de façon si peu commune mis encore sous le feu des projecteurs ? La presse ici a très largement oublié les tragédies liées à l’époque Nazie dans les quelques années qui ont suivi 1945.

Le mur a été construit en désespoir de cause, la seule méthode que les dirigeants est-allemands pouvaient trouver pour arrêter l’hémorragie de la population de l’Est vers l’Ouest. Je trouve plusieurs explications principales à cette hécatombe dramatique.

Premièrement, la quasi totalité de ceux qui dans le tiers-est de l’Allemagne étaient impliqués dans les crimes de guerre ou les autres brutalités Nazie, estimant avec raison qu’ils seraient bien plus en sécurité sous la coupe occidentale que sous celle Soviétique, ont décampé aussi vite que possible. Voilà ce que firent ceux qui mus par la haine la plus forte et la plus profonde envers les Communistes et les Russes, qui a été attisée avec tant de force par Hitler et sa bande, les hommes les plus mouillés dans le massacre systématique des Communistes et des Russes. Par bien des aspects, l’Allemagne de l’Est a eu la chance de perdre ces gens, mais ils ne comptaient pas que des troupes d’assaut et des agents de la Gestapo mais aussi une forte part de techniciens, managers et spécialistes de toute sorte.

Deuxièmement, l’économie est-allemande ravagée par la guerre était désavantagée dès le départ. Elle était depuis longtemps une région économiquement plus faible ; même où il existait une industrie, elle était largement dépendante des matières premières issues des régions cédées à la Pologne ou des sources ouest-allemandes de fer, de charbon et d’autres matières premières. Plus important encore, les puissances victorieuses avaient convenu que l’Allemagne de l’Ouest devrait payer des réparations aux pays occidentaux, l’Allemagne de l’Est à l’Union soviétique et à la Pologne. Mais les pays occidentaux plus riches avaient subi des dégâts beaucoup moins importants. Le paiement des réparations cessa bien vite alors que les États-Unis, qui n’avaient subi aucun dégât, utilisait sa puissante économie pour accroître rapidement ses investissements dans le cadre du plan Marshall, contribuant à réaliser ce que l’on connaît comme le « miracle économique » ouest-allemand.

L’Allemagne de l’est, de son côté (et après 1949 la République démocratie allemande, ou RDA), ne pouvait pas être exemptée des réparations à la Pologne et à l’Union soviétique dont les économies, moins développées avant la guerre et détruites de façon inimaginable par les Nazis, avaient besoin désespérément des machines Allemandes et d’autres produits. Donc, pendant huit années capitales, l’Allemagne de l’Est eut à supporter le poids de plus de 90% des réparations.

La RDA a été contrainte de relever la tête par ses propres moyens – et c’est exactement ce qu’elle fit, comme des économistes impartiaux l’ont souligné. Elle a rapidement atteint les niveaux d’avant-guerre, industrialisé des régions arriérées figées dans l’ère féodale, mis en place de nouvelles industries et donné la terre aux pauvres paysans et à ceux venant des provinces de l’Est perdues.

En 40 années d’existence, elle a été capable d’offrir le plein emploi, une couverture médicale et une éducation de la petite enfance au doctorat complètement gratuites, des crèches gratuites et des progrès importants vers la réalisation du difficile objectif de l’égalité pour les femmes, avec le planning familial et l’avortement légal. Elle a grandement réduit l’écart entre riches et pauvres et a presque éliminé totalement la pauvreté. Pour moi, de telles réalisations, extraordinaires si on les analyse depuis notre perspective actuelle, ont représenté une expérience marquante dans la voie vers le socialisme.

Mais en dépit de ces réalisations, nombreux furent ceux qui tentèrent de partir ! Et quand leur nombre ne cessa de croître, ce Mur terrible fut construit.

Fondamentalement, c’était un cercle vicieux. Berlin-Ouest était aidé à coup de milliards afin d’impressionner et de gagner les citoyens de RDA. Une propagande extrêmement efficace, reposant sur tous les biens de la culture consumériste Américaine, élaborée à partir des procédés très subtiles de l’industrie publicitaire, était articulée à d’innombrables encouragements à l’émigration, visant en particulier une nouvelle génération d’experts est-allemands tout juste formés.

Ma femme, travaillant dans un hôpital, connaissait un jeune spécialiste Ouest-Berlinois qui parlait régulièrement aux docteurs et les encourageait à « fuir à l’Ouest ». Former un docteur en RDA signifiait investir jusqu’à un demi-million de marks ; de telles pertes ont provoqué des trous, douloureux économiquement et parfois aussi de façon très littérale.

Les médias occidentaux en appelaient constamment aux sentiments nationaux allemands : « Nous ne sommes qu’un peuple, frères et sœurs ! » Mais chaque tentative orientale tendant vers une sorte d’unification neutraliste ou au moins de confédération a été repoussée, en réalité ignorée. La stratégie était « Tout ou rien ». C’est seulement après que l’Allemagne de l’Ouest a mis sur pied une nouvelle armée intégrée à l’OTAN que la RDA a abandonné ses efforts.

C’est là qu’opère le cercle vicieux. Le parti et les autorités gouvernementales de RDA ne pourraient jamais trouver les antidotes adéquats à l’attraction magnétique croissante pour les biens de consommation occidentaux et la culture Américanisée et l’exode de docteurs bien formés, d’ingénieurs et d’artisans qualifiés. Il y avait des efforts louables : le meilleur de l’opéra, de la danse, des théâtres magnifiques, des activités culturelles et sportives pour tous les âges et tous les goûts.

Mais les dirigeants étaient héritiers de leur propre éducation politique, en grande partie forgée dans les actions politiques anti-Nazies des années 1920, 1930 et 1940. Menacés par les conséquences de l’offensive occidentale, ils ont ressenti la nécessité de prendre des mesures énergiques.

Presque tous les pays sévissent contre l’opposition qu’ils considèrent menaçante. Les États-Unis actuels en offrent suffisamment d’exemples. Mais en RDA, en partie en raison de la proximité d’une menace qui n’offrait aucune barrière protectrice naturelle, en partie aussi à cause des conceptions bornées de dirigeants vieillissants se concevant comme omniscients et infaillibles – et l’existence de couches opportunistes et carriéristes renforça ces conceptions – leur « répression » fit plus de mal que de bien.

En conséquence, le flux qui n’avait rien d’extraordinaire de personnes vers une économie perçue comme plus prospère s’était renforcé de ceux qui ne pouvaient pas accepter les pressions d’une direction de plus en plus coupée de sa population. Constatant que l’Église luthérienne ouest-allemande aidait souvent les dissidents de RDA, le gouvernement a souvent pris des mesures répressives contre des membres et des dirigeants de l’Église présentés comme fauteurs de troubles, tandis qu’il finançait dans le même temps l’Église de bien des façons.

Tout en soutenant avec libéralité les arts, le théâtre et le cinéma, elle était souvent méfiante envers ce qu’elle voyait comme une opposition de mèche avec l’Allemagne de l’Ouest, venant grossir les rangs de ceux qui désiraient partir. Le Mur était une réponse désespérée à ce véritable cercle vicieux. De façon peut-être surprenante, pendant des années il a permis de grands progrès et même fut une source de satisfaction accrue de la part de tous ceux qui étaient les moins directement concernés.

Vers la fin, ces tendances souvent contradictoires ont subi les conséquences de la lutte de la RDA pour ne pas être trop à la traîne dans la révolution électronique transformant les économies capitalistes avancées. Mais avec aucune aide même de la part de ses alliés Soviétique ou de l’Est, et exclue de l’essentiel du développement occidental, elle a été contrainte d’investir des milliards dans une vaine compétition avec Sony ou IBM, ainsi que dans un gigantesque programme de logement et dans son appareil militaire de défense. En fin de compte, cela s’est avéré trop pour elle.

Juste avant que le Mur ne soit construit, les flots de ceux qui partaient, craignant que ce ne soit leur derrière chance, ont menacé la RDA d’écroulement. Le gouvernement ouest-allemand, depuis Bonn, était à l’affût d’une telle opportunité. Mais toute étincelle dans cette situation tendue pouvait mener facilement au conflit ; avec les forces américaines et Soviétiques possédant l’arme atomique, que les événements prennent une tournure catastrophique était tout sauf une idée fantaisiste. On cite parfois le président Kennedy affirmant que le Mur « n’est pas une bonne solution mais que c’est mille fois mieux que la guerre ».

Mais pourquoi est-ce que lorsque les anniversaires offrent l’occasion de gloser sur les défauts et les erreurs de l’ancienne RDA, comme le Mur, ceux-ci ne sont ni oubliés ni pardonnés, mais au contraire on les rappelle en martelant le cerveau des gens sans cesse, chaque jour et chaque soir ?

Pour moi, la réponse me paraît évidente. Avec la RDA hors-jeu, les dirigeants d’une République fédérale élargie n’avaient plus besoin de services sociaux et de niveaux de vie suffisamment attractifs pour soutenir la comparaison avec la RDA. Les 21 dernières années ont vu une dégradation constante. Les soins médicaux et dentaires sont de plus en plus chers, payer l’éducation des enfants est une lutte permanente, l’âge de départ à la retraite a été relevé à 67 ans, la TVA et les loyers ont connu une escalade alarmante.

Alors que l’Allemagne connaît un peu moins le chômage que la plupart des pays, grâce à sa position dominante dans l’exportation de biens à haute valeur ajoutée, de plus en plus de gens sont contraints à des emplois précaires, temporaires et payés une misère. Un sentiment de sécurité, conditionnant des décisions sur le mariage, les enfants, le logement entre autres, est quelque chose de rare. Le patronat n’a plus à craindre la moindre compétition avec la RDA. Et cette absence d’une RDA concurrente, faisant constamment l’éloge de la paix, a permis à l’Allemagne d’envoyer des troupes, des navires et des avions de guerre en Serbie, au Liban et en Afghanistan.

La situation pourrie actuellement pousse les gens à se souvenir des meilleurs aspects de la RDA, en particulier dans les domaines du contrôle des loyers, de la garde d’enfants, des soins médicaux et dentaires et surtout de la sécurité de l’emploi et concernant son avenir. Avec l’économie actuelle confrontée à des évolutions inquiétantes dans les années à venir, les dirigeants économiques et politiques craignent de telles conceptions dangereuses. Et cela explique leur message constant, une déformation selon laquelle la RDA n’était que le Mur et rien d’autre, ce socialisme abominable n’était pas seulement un échec, il était aussi mauvais, peut-être même pire, que la dictature fasciste d’Hitler. Et c’est ce qu’on nous sert en Allemagne tous les jours, puissance trois ou quatre pendant les périodes de commémoration.

Traduction JC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article1752

 


        Le commencement de la fin par Frédéric Lordon - http://www.comite-valmy.org/spip.php?article1760

        RIA Novosti et Corée du nord : sur une étrange ambiguïté - http://www.comite-valmy.org/spip.php?article1744

        Les journalistes qui pratiquent la propagande de guerre devront rendre des comptes - Thierry Meyssan
        http://www.comite-valmy.org/spip.php?article1759

        L’Europe, ou les Europes, en construction ? Ou en déconstruction ? Samir Amin
        http://www.comite-valmy.org/spip.php?article1711

        La Norvège dans un monde multipolaire - Comaguer - http://www.comite-valmy.org/spip.php?article1757

        La Libye et la fin des illusions occidentales - Thierry Meyssan - http://www.comite-valmy.org/spip.php?article1758

        Falsification par un éditeur allemand livre Reines d’Afrique de Sylvia Serbin
        http://www.comite-valmy.org/spip.php?article1754

        Le plus gros détenteur de la dette américaine n’est plus la Chine, c’est... par Marc Fiorentino, La Tribune
        http://www.comite-valmy.org/spip.php?article1755

        Face à Marine Le Pen et à ses propos, suffit-il de dire qu’elle est "facho" ? par Jean LEVY
        http://www.comite-valmy.org/spip.php?article1756

        Bernard Houdin, conseiller du président Gbagbo - À propos des exactions en Côte d’Ivoire : "Soit Ouattara est un         menteur, soit il est disqualifié pour gouverner"
        http://www.comite-valmy.org/spip.php?article1753
      
       
50ème anniversaire du mur de Berlin : une analyse plus approfondie
          http://www.comite-valmy.org/spip.php?article1752

        L’Euro s’effondrera par Stefan Homburg -       
http://www.comite-valmy.org/spip.php?article1751

        Le collier de la reine, un tribut de vassalité à un suzerain ? René Naba
        http://www.comite-valmy.org/spip.php?article1750

        Libye : selon un ex-rebelle, ils ont perdu la guerre.
Pravda.ru - http://www.comite-valmy.org/spip.php?article1749

        Israël, Etat juif ? Doutes français - par Alain Gresh - http://www.comite-valmy.org/spip.php?article1748

        Quand David cassait les vitrines - Marco D’Eramo - http://www.comite-valmy.org/spip.php?article1747

        Le « Grand Charles » est fatigué des Libyens - Par Ahmed Halfaoui
        http://www.comite-valmy.org/spip.php?article1746

        L' OTAN tourne le dos à sa mission - Thierry Meyssan - http://www.comite-valmy.org/spip.php?article1745

        L'affaire "Renault" Comaguer et Annie Lacroix - Riz - http://www.comite-valmy.org/spip.php?article1743

        Des élus français en visite chez le colonel Kadhafi - http://www.comite-valmy.org/spip.php?article1742

        UNESCO : la Directrice générale déplore l’attaque de l’OTAN sur la télévision publique libyenne
        http://www.comite-valmy.org/spip.php?article1741

        Défaite de l’Occident en Libye et déclin idéologique - Jean-Paul Pougala
        http://www.comite-valmy.org/spip.php?article1736

        Tant qu’il y a de la guerre il y a de l’espoir - Manlio Dinucci - http://www.comite-valmy.org/spip.php?article1739

        Affaire Christine Lagarde : En quoi, de nos jours, le « détournement de biens publics » serait-il un délit ?  J Lévy
        http://www.comite-valmy.org/spip.php?article1737

        Adresse du Président Laurent Gbagbo aux Ivoiriens - http://www.comite-valmy.org/spip.php?article1738

        Démocratie, réveille toi,la bourse est devenue folle -André Bellon
        http://www.comite-valmy.org/spip.php?article1735

        Du Trocadéro à la place Victor Hugo, pour l’indépendance de la Côte d’Ivoire et la libération de Gbagbo
        http://www.comite-valmy.org/spip.php?breve594

        Nucléaire : le secrétaire du Conseil de sécurité russe arrive en Iran
        http://www.comite-valmy.org/spip.php?breve596

 

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17 août 2011 3 17 /08 /août /2011 02:36


Les banlieues : des échecs successifs de nos politiques…Les banlieues : des échecs successifs de nos politiques…

Les banlieues françaises prises en otages par les politiques…


Il y a un lieu qui concentre tous les problèmes et les fantasmes de la société française. Ce lieu est appelé « banlieues ». C’est là que se concentrent à la fois toutes les inégalités et toutes les promesses non tenues. C’est aussi là que se mesurent tous les échecs de la société française : chômage de masse (surtout pour les jeunes), échec scolaire (mais à quoi sert une réussite scolaire qui condamne à la précarité en attendant le licenciement ?), discriminations de toutes sortes, etc. Il y a ainsi un département – la Seine Saint Denis – dont le numéro minéralogique (prononcé le « neuf trois ») équivaut, quand on y habite, à la relégation, aux ghettos aux États-Unis…
 
Pourtant, les « plans » dits sociaux n’ont pas manqué : des milliards d’euros y seraient attribués depuis des années. Et rien ne change, et la situation empire avec tous les effets de la crise. Les politiques ont tous un nouveau plan (surtout à la veille des élections) pour résoudre ce problème. Le problème est que cela dure depuis plus de vingt ans. Alors, incapacité des uns, mauvaise volonté des autres ?  Ce qui n’est pas vu est pourtant simple : la majorité de ces habitants en exclusion provient de l’ancien Empire colonial français. Et en fait, la discrimination sur laquelle a fonctionné le colonialisme outre-mer a continué, sous des formes plus sournoises, dans l’Hexagone. C’est ce passé colonial qui « ne passe pas », pour reprendre une expression utilisée dans un autre contexte, qui crée cette situation devant laquelle les tenants du républicanisme français s’avouent impuissants (nombreux sont les rapports officiels qui emploient le terme « impuissants », voir Le Monde du 16 octobre 2010).

Cette impuissance est masquée par les grands discours sur la « laïcité », sur « l’intégration » et sur le « pacte républicain » : autant de mots qui nous ramènent à une époque où la République fonctionnait relativement bien dans la France métropolitaine, mais ne traversait pas la Méditerranée. Dans les colonies situées au sud de la Méditerranée, le préfet, dit républicain, était remplacé par le gouverneur colonial qui n’avait pas à faire à des citoyens formatés par Jules Ferry, mais tout simplement à des colonisés qu’on appelait Indigènes. Cette fracture s’est perpétuée avec l’immigration et ses descendants. Et les « élites », tant à l’UMP qu’au PS, ne veulent pas le voir, ce qui en fait un véritable parti unique : le Parti Unique des Élites (PUE). Cela développe forcément une dérive communautaire avec toutes les conséquences que l’on sait.
 
La dérive communautaire va continuer d’autant plus qu’elle semble souhaitée, au plus haut niveau. Pour beaucoup, l’exemple serait New York qu’ils appellent la « Ville Monde ». Il s’agit tout simplement d’un ensemble avec son gouvernement à côté (Washington, solidement tenu en main par le lobby sioniste) et sa Bourse (Wall Street, dominée par le même lobby). Nous avons là le sommet de la pyramide. Et puis en-dessous, des communautés juxtaposées qui s’opposent ou que l’on oppose sciemment, conditionnées au quotidien par tous les médias qui, curieusement, sont aussi sous la coupe du lobby sioniste !

Pour le sommet de la pyramide, il s’agit de poursuivre la politique de domination, et la défense d’Israël en est une clé de voûte. Quant au reste (couche moyenne appauvrie, communautés ethniques entassées les unes à côté des autres), la seule perspective qui leur est offerte est la lutte pour la survie. La France n’en est pas encore tout à fait là, mais les politiques menées par les différents gouvernements nous y conduisent. On a pu voir, depuis quelques mois, comment le pouvoir et ses complices savent utiliser la stigmatisation, en particulier à l’encontre du Musulman. Mais pour le bénéfice de qui ?  De ce lobby sioniste qui a assujetti notre pays…

Nous ne prétendons pas avoir de solutions miracles, et encore moins un catalogue de promesses (les Français savent ce qu’elles valent). Mais nous voulons tout simplement poser une question. Qui gouverne VRAIMENT notre pays ?  Les citoyens, comme le prétend la Constitution, ou ce lobby qui convoque et donne ses instructions (qui sont des ordres) à la classe politique ?  La question est simple et les solutions dépendent de sa réponse. Voilà des questions que ne poseront jamais les partis du système : le CRIF ne leur permettra pas de les poser. Qui les posera alors afin de susciter un vrai débat ? (..)

 

 

http://www.partiantisioniste.com/communications/nos-banlieues-prises-en-otages-par-nos-politiques-0564.html

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17 août 2011 3 17 /08 /août /2011 01:56
L’utilité (politique) de la vidéosurveillance
Par Laurent Mucchielli| 10 août 2011
 

Mettre des caméras dans tous les coins de la ville, ça ne sert à rien. Si ce n’est à soigner son image auprès des électeurs. Le sociologue Laurent Mucchielli s’interroge sur ce qui pousse de plus en plus d’élus locaux, de droite comme de gauche, à se laisser tenter par la vidéosurveillance.


Les études scientifiques démontrent à la fois le peu d’efficacité et le coût exorbitant de la vidéosurveillance. Et pourtant les communes – grandes ou petites – continuent às’équiper de plus en plus. Comportement irrationnel des élus ? Du point de vue de la performance du dispositif, c’est évident. Mais l’effet de mode et les attitudes conformistes ne suffisent pas à expliquer que cela se développe à ce point.

D’autres formes de rationalité sont à l’oeuvre. Il faut donc inverser la question et se demander quelles « bonnes raisons » ont les élus locaux d’agir ainsi. On comprend alors assez vite que la vidéosurveillance, ça sert aussi, et parfois même avant tout, à faire de la politique auprès de ses électeurs.

Sachant que le mythe du progrès par la technologie est très répandu et que les élus et leurs services techniques ne sont généralement pas informés de l’existence des critiques scientifiques de la vidéosurveillance, on ne voit pas pourquoi ils y résisteraient. En réalité, deux constats les poussent même fortement à adhérer au dispositif et à le retourner à leur avantage (politique).

Pourquoi résister  ?

Premièrement, il s’agit quasiment d’une injonction de l’Etat qui exerce une très forte pression sur les élus locaux par le biais des préfets bien sûr, mais aussi de la hiérarchie policière et gendarmique sommée en quelque sorte de se transformer en représentant de commerce des marchands de caméras.

Ainsi, par exemple, un article du journal Sud Ouest (le 16 octobre 2010) nous apprend que, l’avant-veille, lors de la séance inaugurale du Conseil intercommunal de sécurité et de prévention de la délinquance de Saint- André-de-Cubzac (commune de 9 000 habitants en Gironde), le sous-préfet a réclamé l’installation de la vidéosurveillance, soutenu par le (nouveau) capitaine de gendarmerie.

Le maire (PS) résiste toutefois, persuadé qu’il est (et il a raison) qu’il vaut mieux « renforcer les moyens humains et embaucher un nouveau garde champêtre ». Beaucoup d’autres n’ont pas résisté, même lorsqu’ils partagent l’analyse.

Deuxièmement, malgré les critiques des associations de défense des libertés publiques, la vidéosurveillance est pour le moment acceptée par la majorité de la population. La plupart des gens y sont assez indifférents, une minorité (à fort sentiment d’insécurité) la soutient même activement (les commerçants, les personnes âgées). Pourquoi donc s’y opposer ? Pourquoi, même, ne pas en profiter, récupérer l’idée à son avantage et s’en servir activement auprès de ses électeurs ? C’est ce que les maires sont de plus en plus nombreux à faire.

Faits divers

La vidéosurveillance sert en effet à faire de la politique auprès de ses électeurs. Pour ne fâcher personne, nous prendrons un exemple dans chaque bord politique.

A gauche d’abord. La ville de Montpellier est équipée depuis dix ans de la vidéosurveillance. En 2009, elle comptait 114 caméras, essentiellement dans le centre-ville et dans le quartier de la Mosson où se trouve son grand stade de football. Madame le maire (Hélène Mandroux, socialiste, qui a succédé à Georges Frêche) compte-t-elle développer encore le système ? La tentation de l’usage politique pourrait l’en décider.

On le comprend en lisant le communiqué de presse de la mairie publié le 30 septembre qui dit ceci : « En marge de son déplacement dans le quartier Hôpitaux-Facultés, Hélène Mandroux a rencontré aujourd’hui, en tête-à-tête, Annick Neumuller, la mère de Ludmilla, assassinée cet été dans le bureau de tabac de la rue des Tilleuls. A l’occasion de cette visite, les commerçants du centre commercial La Colombière lui ont également remis une copie de la lettre adressée à la Mairie. Hélène Mandroux les a informés que la Ville mettait à l’étude l’installation d’une caméra dans ce quartier dans le cadre du déploiement de la vidéosurveillance à Montpellier. » Mettra t-on une caméra dans chaque lieu de survenance d’un dramatique fait divers médiatisé ?

A droite maintenant, où certains semblent prêts à tout pour tirer parti de la mode actuelle. Jugez plutôt. Située à une vingtaine de kilomètres au nord de Lyon et au sud de Villefranche-sur- Saône, voici la commune de Chazay d’Azergues, 4 000 habitants, paisible gros village de la région du Beaujolais des Pierres dorées.

Jusqu’au ridicule

Le magazine Lyon Capitale et le site internet Rue 89 nous apprennent le premier octobre 2010 que le maire, Alain Martinet (UMP), y a fait installer 37 caméras de vidéosurveillance. Avec un taux qui approche donc 1 caméra pour 100 habitants, Chazay d’Azergues se trouve ainsi être désormais la commune la plus vidéosurveillée de France. Rien ne doit échapper à l’oeil des caméras selon le maire, pas même l’école primaire (6 caméras), ni l’école maternelle (3 caméras) ni même la crèche que surveillent 6 caméras !

Le système se trouve ainsi poussé jusqu’à la caricature et au ridicule. Or pourquoi une telle aberration, sinon parce que ce maire pense que ses électeurs lui en seront reconnaissants et que c’est donc une bonne opération politique pour lui ?

 

 

http://www.regards.fr/societe/l-utilite-politique-de-la

 

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Mettre des caméras dans tous les coins de la ville, ça ne sert à rien. Si ce n’est à soigner son image auprès des électeurs.

Le sociologue Laurent Mucchielli s’interroge sur ce qui pousse de plus en plus d’élus locaux, de droite comme de gauche, à se laisser tenter par la vidéosurveillance.

 [Article complet : regards.fr]

(Article référencé sur le site "Les mots ont un sens")

 

 

Note d'eva :

 

Et pour mieux faire passer la pilule, les communiquants ont débaptisé la vidéo-surveillance : C'est désormais de la vidéo-protection ! De qui se moque-t-on ? eva R-sistons

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17 août 2011 3 17 /08 /août /2011 01:41


Banqueroute : à qui le tour ?

Banqueroute : A qui le tour ?


C'est fait !  La majorité socialiste au pouvoir à Athènes a voté le plan draconien de rigueur, imposé au peuple grec par les dirigeants de l’Union Européenne et par M. Strauss-Kahn (FMI), sous peine d’acculer la Grèce à la banqueroute.

De quoi s’agit-il ?  D’un surendettement organisé par les grandes banques mondiales, avec le soutien et la complicité des dirigeants politiques à leur service.

Cette fois, c’est tout un peuple qui est pris en otage par la grande finance internationale, pour le plus grand profit de ceux qui l’ont enfermé dans cette situation. De la crise bancaire de 2008, nous sommes passés à la faillite des Etats. On parle ouvertement des prochaines victimes qui pourraient être l’Espagne, le Portugal et toute l’Europe occidentale. Le prix à payer pour cette crise de toute la zone euro est connu : non seulement le chômage et la pauvreté pour les populations, mais surtout une faillite globale de tout un continent. Nous entrons en Europe dans une période de convulsions (luttes sociales, émeutes, guerres ethniques provoquées, etc.) dont personne ne peut prévoir les conséquences.

Au-delà des causes économiques, cette crise a une cause politique bien plus profonde : la soumission depuis longtemps de nos dirigeants à l’USraël, dont les deux armes principales sont le dollar et les frappes militaires.

Déjà, lors de sa conférence de presse du 04 février 1965, le Général de Gaulle avait dénoncé les « privilèges exorbitant du dollar » ainsi que tout le système monétaire international fondé sur le billet vert. Récemment aux conférences de l’OPEP, des dirigeants politiques de premier plan tels le Président iranien Mahmoud Ahmadinejad ou le Président vénézuélien Hugo Chavez ont, à plusieurs reprises, proposé qu’une partie importante des transactions pétrolières soit effectuée en euros. Ceci devait permettre, comme le souhaitait M. de Gaulle en son temps, de libérer en partie l’économie européenne de la tutelle du dollar et du lobby qui le gère. Peine perdue, les alliés de l’USraël (dont l’Arabie Saoudite) s’y sont toujours opposés.

Nous avons à faire à un système bancaire mondial, interconnecté, dont les racines et les liens se trouvent depuis longtemps dans ce qu’il est convenu d’appeler le sionisme.  Il n’est peut-être pas vain de faire un parallèle entre l’aggravation de la crise de l’Etat d’Israël, et l’aggravation de la crise du système monétaire international…

La contagion de la crise grecque à toute la zone euro est maintenant inéluctable. Nous ne nous hasarderons à aucun pronostic quant aux délais. Mais il reste une certitude : la misère et le malheur pour les populations innocentes ; une fuite en avant : peut-être la guerre pour le lobby.

Terminons en faisant remarquer que le dirigeant du FMI (Fond Monétaire International) chargé d’étrangler les peuples au profit de la grande banque internationale n’est autre que le socialiste Dominique Strauss-Kahn. Celui-là même qui, selon ses propres dires, se demande chaque jour ce qu’il peut faire pour Israël !  Curieux hasard, certains médias sionistes le verraient comme candidat à l’Elysée en 2012, face à l’autre candidat du lobby sioniste Nicolas Sarkozy. Les Français pourraient alors choisir « démocratiquement » entre la peste et le choléra…

Mais d’ici 2012, y aura-t-il encore une France ou bien une succursale du lobby administrée par un syndic en faillite ?  Tout maintenant peut aller très vite !

 

Yahia Gouasmi
Président du Parti Anti Sioniste

 

 

http://www.partiantisioniste.com/communications/banqueroute-a-qui-le-tour-0404.html

 

 

Sur ce site, Appel lancé pour 2012  :

 

Communiqué du Parti Anti Sioniste : Paris, capitale de l'antisionisme !


Chers adhérents, chers sympathisants, chers amis,

Nous vous lançons aujourd'hui un appel à la coopération. Nous appelons toutes les compétences antisionistes à participer, avec nous, à la grande bataille que nous allons mener pour les élections présidentielles de 2012.

Nous avons besoin, afin de renforcer nos équipes, de conseillers en communication audiovisuelle, de conseillers en relations internationales, de conseillers aux affaires sociales, de conseillers juridiques, d’experts comptables, d’informaticiens, de secrétaires de direction… Toutes les compétences – sionistes s’abstenir – seront les bienvenues ! Formons la meilleure équipe qui soit, et posons ensemble les bases de ce qui sera le phare de la Résistance.

Nous vous informons que, très prochainement, le Parti Anti Sioniste ouvrira ses bureaux à Paris. Adressez-nous, dès maintenant, vos réponses par mail à l’adresse suivante : elections@partiantisioniste.com (affaire suivie par Sandrine D).


Yahia Gouasmi
Président du Parti Anti Sioniste

 

http://www.partiantisioniste.com/communications/communique-paris-capitale-de-l-antisionisme-0837.html

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16 août 2011 2 16 /08 /août /2011 20:50

 

A la Découverte de la Shungite

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Qu’est-ce que la shungite?

 

C’est l’un des minerais les plus anciens de la Terre, vieux de plus de deux milliards d’années. La composition moléculaire de son carbone faite de fullerènes naturels rend cette roche unique dans le monde minéral. Son nom vient de Shunga, nom du village où la pierre aurait été découverte la première fois. En Russie, elle est aussi nommée Aspid, d’autres parle d’elle comme la «pierre de vie» ou la «pierre de guérison».

 

A quoi ressemble la shungite?

 

Communément, la shungite a une couleur d’un noir mat et velouté. Très souvent, des veines blanches de quartz et dorées de chalcopyrite sont apparentes.

 

Où trouve-t-on des gisements de shungite?

 

Le gisement le plus important découvert dans le monde se situe dans le sud de la république de Carélie, en Russie, région attenante à la Finlande. Il existerait des traces de shungite en Autriche, en Inde et en Afrique.

 

Quelle est l’origine de la shungite?

 

Présente dans la croûte terrestre, plusieurs hypothèses quant à son origine sont proposées:

 

- Sa formation pourrait être due à la sédimentation de micro-organismes primitifs vivant dans une baie peu profonde d’un ancien océan.

 

- Elle serait les restes d’une météorite venant des débris de la planète Phaeton (planète hypothétique ayant orbitée entre Mars et Jupiter et maintenant détruite). Cette planète est aussi appelée Mallona.

 

- Elle pourrait être issue de roches volcaniques (elles ont les mêmes caractéristiques de forme et de structure).

 

Quelle est la composition de la shungite?

 

Sa composition n’a pas encore été entièrement élucidée, des recherches sont toujours en cours. Il est établi qu’elle contient pratiquement tous les éléments du tableau de Mendeleïev. Mais elle n’est pas radioactive et ne contient pas de métaux lourds.

 

Les données connues, en fonction du résultat d'une analyse commandée par la direction de Minerales do Brasil, sont:

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- Carbone: de 20 à 95 %
- Silicium: de 5 à 60 %
- Aluminium: jusqu'à 4 %
- Fer: moins de 3,5 %
- Magnésium: jusqu'à 3,5 %
- Potassium: jusqu'à 12 %
- Soufre: jusqu'à 1,2 %
- Calcium: jusqu'à 0,58 %
- Phosphore: jusqu'à 0,34 %
- Et beaucoup d’autres micro- et macro-éléments.

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A ce sujet il faut souligner une polémique. Certains ont, en effet, déclaré que l'Eau de Shungite n'était pas recommandable à cause de la présence d'aluminium et de soufre dans la shungite.

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La question doit donc être examinée. A ces critiques contre la shungite les partisans de la shungite répondent, en substance, ce qui suit:

 

L'aluminium que contient la shungite est, bien sûr, un aluminium naturel, et, qui plus est, est l'un des principaux constituants de la croute terrestre. C’est le troisième élément le plus abondant dans la croûte terrestre (8 % de la masse) après l'oxygène et le silicium.

Cet aluminium naturel, qui est aussi l'un des principaux composant de l'argile thérapeutique avec le zinc et la silice, est un nutriment et un remède sans pareil notamment dans les cas d'atonie cérébrale, de troubles nerveux et ceux du sommeil.

La couverture des besoins quotidiens en aluminium est assurée par une alimentation équilibrée ou par supplémentation. Nombre d'aliments contiennent de l'aluminium (coquillages, végétaux, etc..), mais, pour notre bien être et notre santé, l'on trouve les teneurs les plus interessantes dans les algues, la levure alimentaire et la pomme.

En revanche, la cuisson des aliments dans des récipients et casseroles en aluminium traité de manière industrielle (ce processus de fabrication industrielle artificiel n'est donc pas bio-compatible) libère cet élément en grandes quantités dans les fluides et les tissus corps et devient difficile à éliminer. Ce type d'aluminium non naturel est, en effet, reconnu pour ses effets neurotoxiques.

L'aluminium naturel contenu dans la shungite, l'argile et certains aliments ne représente donc pas de danger pour la santé présente ou future au contraire. Il en va de même avec les nano-particules ou les éléments mono-atomiques. En effet, ceux-ci, dans leur état naturel, stimulent l'immunité, la santé du corps de l'âme et de l'espritn alors que ces même éléments artificiels sont sources de maladies dégénératives et de mort.
Sur le forum "Le pouvoir des pierres" les auteurs parlent de l'aspect "dangereux" de la shungite puisque (sic) "elle contient, entre autres éléments toxiques,l'aluminium et le souffre, d'autant plus que la pierre est friable". Il n'y a pas plus "friable" que l'argile que l'on utilise pour la confection du lait d'argile, puisqu'il est en poudre... Et le lait d'argile, au contraire, est efficace aussi bien pour se détoxiner que pour se détoxiquer...

Pour le soufre il en va de même. Particulièrement présent dans les graines germées, il est indispensable au transport de l’oxygène dans les cellules, le soufre est normalement disponible dans notre alimentation quotidienne. Depuis un demi-siècle, les pesticides et le raffinage des aliments ont pratiquement éliminé toute trace de soufre de notre nourriture. La carence ainsi créée pourrait être à l’origine de bon nombre de pathologies modernes. Le souffre naturel récemment redécouvert et qui porte le nom de MSM (Méthyl-Sulfonyl-Méthane) [à ne pas confondre avec le MMS!], que l'on trouve dans nombre de produits diététiques est bon notamment pour: la peau, l'hypertension, le cholestérol, la protection des infections, les maladies digestives, le diabète, les parasites, la dépression, la recoloration des cheveux gris, les glaucomes, les gencives, les migraines, la régénération du foie après hépatite C, etc…

Y a-t-il vraiment des fullerènes dans la shungite?
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Là aussi existe une polémique. Alors que les marchands de shungite évoquent généralement la présence de fullerènes (nano-carbone) dans leur shungite, certains dénigreurs affirment qu'il n'y en aurait pas ou peu ou pas souvent. Sur la composition et la présence de fullerènes, il existe, en effet, de nombreux gisements de shungite en Russie - et notamment sur les bord de la Mer Noire - qui ne bénéficient pas de la même composition de celle que l'on peut trouver en Carélie. Le monde scientifique est, là-dessus, partagé; il faut dire que les enjeux économiques ne sont pas négilgeabes... Il est donc important de vérifier que la sunghite que l'on achète vient bien de Carélie.

Les connaissances et l'utilisation de la shungite en Russie remonte à plusieurs siècles, ses bienfaits recensés et transmis de génération en génération, comme par hasard, recoupent les bienfaits générés par la majorité des composants jugés dangeureux par certains comme le nano-carbone, l'aluminium ou le souffre. En dernier ressort, c'est, comme toujours, à chacun de faire ses recherches, d'écouter son ressenti et de suivre sa propre intuition.

La shungite serait-elle radio-active?

La shungite n'est pas radio-active. Les mesures au compteur Geiger montrent même une légère réduction de la radioactivité ambiante. Voir la vidéo suivante:

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Shungite cristallisée
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D'après certains tests et aussi en fonction de ressentis subjectifs,  la shungite cristallisée possèderait des qualités énergétiques et de résonances décuplés par rapport à la shungite dite "classique".

Ces capacités particulières en plus de celles de la shungite qui sont plus connues, lui permet d'entrer en résonance avec certaines couches internes de la Terre, qu'il faut pouvoir gérer d'un point de vue intérieur. En effet, surtout en Occident nous ne sommes pas habitué à "composer" et intégrer certaines composantes des profondeurs qui sont en résonance actives avec nos propres profondeurs subconscientes et inconscientes. Ces couches sont en correspondance et en résonance avec les zones sombres de notre être.

Ces zones instinctives dynamiques porteuses de nos peurs, haines, pulsions ou encore fantasmes, sont rarement abordées et expérimentées  par l'être humain occidental. ces zones sont aussi en rapport avec les forces naturelles parmi les plus puissantes de la Nature (éruptions volcaniques, tremblements de terre, raz de marée etc.). Cette pierre doit donc être nettoyée souvent en fonction de la puissance des forces avec lesquelles elle a été mis en contact de manière subjective ou naturelle.

Elle n'est pas forcément à utiliser par tout le monde. Il ne s'agit pas là d'une pierre d'agrément, mais d'une pierre de travail intérieur ou spirituel qui nous interpelle en permanence sur l'ouverture et la qualité de rayonnement de cette partie fondamentale de l'Être que l'on appelle le Cœur.

Quelles sont les propriétés de la shungite?


Les données ci-dessous sont issues des recherches scientifiques russes menées, depuis les années soixante, dans le but de valider les propriétés de la shungite sur la santé humaine (Académie des sciences médicales de l’Ukraine, colloque de Petrozavodsk octobre 2006, et différents sanatoriums). Les scientifiques ont déclaré unanimement que ce minerai a des propriétés extraordinaires. Elle agit en fonction des besoins de chacun et en résonnance avec les personnes en présence. Pierre fortement yin, elle favorise la mise à la terre, permet de rééquilibrer le chakra racine et de réaligner les différents corps énergétiques. Elle concentre et reconstitue toue chose saine pour un être humain, absorbe et dissout toute chose qui fait courir un risque aux personnes et aux êtres vivants.

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Certains parlent d’elle comme d’une pierre «intelligente», qui stimule notre propre organisme et réactive notre intelligence cellulaire.

 

Voici les propriétés actuellement décrites de la shungite:

 

- Densité : 2,1-2,4 g/cm3.

- Porosité: plus de 5 %.

- Résistance à la pression: 1000-1200 Kt/cm3.

- Conductibilité du courant électrique : 1/1 500 ohm/m.

- Coefficient de conduction de la chaleur: 5 Watt/m2 oК.

- Développement de la surface intérieure des couches: plus de 20 m2/g.

- Activité importante d’adsorption (fixation superficielle des molécules d'un gaz ou d'un liquide) de substance organique ou inorganique.

- Les particules de shungite, indépendamment de leur taille, ont des qualités bipolaires. Elles ont donc une grande adhérence et peuvent être facilement mélangées avec d’autres substances.

- Elle possède de très puissantes propriétés bactéricides.

- Elle structure l’eau et lui transmet des propriétés guérisseuses.

 

Quels sont les usages connus de la shungite?


Elle peut être utilisée sous diverses formes:


- Neutralisation des ondes électromagnétiques. Ses propriétés d’adsorption s’étendent sur plusieurs couches électroniques. Elle représente, par conséquent, un bouclier parfait contre les radiations géopathologiques et les ondes électromagnétiques (téléphonie mobile, ordinateur, wifi…).


- Elle peut être portée sur soi et favorise l’ancrage à la Terre, la Protection, le rétablissement de la tension artérielle, du flux d’énergie vitale, et aide à recharger et maintenir la vitalité du corps humain.


- Associée à de l’eau, elle créée une solution colloïdale de fullerènes hydratés. Au contact de la shungite, l’eau est nettoyée, purifiée et dynamisée. Cette eau de shungite apporte à l’individu un équilibre et un mieux être dans de nombreuses situations. La condition générale s’améliore, la pression nerveuse disparaît, l’apport d’énergie et de vitalité est immédiat. Elle est recommandée pour soutenir et soulager l’organisme dans de nombreuses maladies (maux de tête, rhumatisme, problème de l’appareil respiratoire, digestif…).

 

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Quelques faits historiques et anecdotes contemporaines


L’eau du lac Onega, en Russie, est d’une étonnante pureté. C’est le résultat de milliers d’années d’interaction de l’eau et de la shungite.

 

Au dix-huitième siècle, l’empereur Pierre 1er buvait régulièrement de l’eau de shungite, il est dit que cela lui conféra une puissance légendaire. Durant la guerre l’opposant aux Suédois, il ordonna que dans chaque pot d’eau de ces soldats fût mis une pierre de shungite, son armée fut ainsi protégée des effets sanitaires néfastes de l’été.

 

Conscient des qualités de ce minerai, il créa la première station thermale de Russie. Cette eau appelée «Eau Martiale» en l’honneur du dieu de la guerre Mars, étaient surtout proposée en cure pour les soldats et les blessés.

 

La célèbre cathédrale russe Isaac de Saint Petersburg est entourée sur tout son périmètre par une plinthe de shungite de vingt-cinq centimètres de haut.

 

Les militaires russes utilisent la pierre pour protéger les bunkers de contrôle stratégique contre les impulsions électromagnétiques qui pourraient endommager leurs appareils électroniques.


Des chambres de shungite sont construites depuis 1996. Ces pièces ont leurs murs, plancher et plafond fabriqués en béton associé à du sable de shungite. Elles sont utilisées dans certaines thérapies de maladie mentale et parfois en soutien à des chocs psychologiques comme lors de la prise d’otages de l’école de Beslan en 2004.

 

La shungite et vous


La pierre de shungite est disponible sous différentes formes:

 

- Pour purifier et dynamiser l’eau: pierres concassées de shungite.

 

- A porter sur soi: pendentif, boucles d’oreilles, pierre roulée de petite taille, ceinture, genouillère, coussin ou intégrée dans des orgonites et palets Vitalité comme le palet protection personnelle/aura.

 

- Pour la maison et le jardin: pierre roulée de différentes dimensions, sphère de trois à quinze centimètres de diamètre, plaque carrée polie, pastille adhésive pour le téléphone, rondelle aimantée pour l’électroménager…

 

Ell est aussi intégrée dans différentes fabrications, certaines spécialement créées pour les espaces à forte présence d’ondes électromagnétiques (cône EM, palets EM…).

 

Remarque: Pour les personnes très intéressées par le sujet il y a aussi une vidéo à voir en bas de l'article, sur la page originale ci-dessous:

 

 

Source: http://www.lasantenaturelle.net/88/la-sante-naturelle.html

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