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7 juin 2011 2 07 /06 /juin /2011 15:47
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La coprésidente d'Attac candidate à la direction générale du FMI


Le FMI joue un rôle décisif dans la régulation – ou plutôt l’absence de régulation – de la finance internationale. C’est pourquoi l’association Attac a décidé de proposer une candidature pour succéder à Dominique Strauss-Kahn.
Aurélie Trouvé, 31 ans, est maître de conférences en sciences économiques et coprésidente d'Attac depuis quatre ans. Elle est spécialiste des marchés agricoles, actuellement l’un des domaines de prédilection de la spéculation financière internationale. Elle bénéficie du soutien technique et politique du Conseil scientifique d’Attac, qui comporte de nombreux économistes spécialistes des questions financières. Si elle ne bénéficie pas encore du soutien officiel d’États, sa candidature suscitera l’intérêt de tous ceux, gouvernants ou citoyens, qui désirent remettre l’industrie financière à sa place, celle de soutien aux initiatives de l’économie réelle.
Depuis l’éclatement de la crise financière en 2008, ni le G20, ni le FMI, pas plus que le comité de Bâle ou les autorités nationales de régulation financière, n’ont pris de mesures pour réduire significativement l’instabilité des marchés financiers internationaux. La spéculation fait aujourd’hui rage sur les matières premières et les titres des dettes publiques.
Avec Dominique Strauss-Kahn, la politique du FMI a consisté, comme par le passé, à défendre inconditionnellement les intérêts des créanciers des États endettés, en imposant à ces derniers des plans d’austérité brutaux : Hongrie, Ukraine et Lettonie en 2008, Islande en 2009, Grèce, Espagne, Portugal, Irlande en 2010… Les banques et les fonds d’investissement sont les principaux bénéficiaires de politiques qui détruisent les solidarités sociales et mènent l’Union européenne au bord du gouffre.
Tout indique que Christine Lagarde fera encore pire que Dominique Strauss-Kahn. Christine Lagarde a été à la tête d'une technostructure du Ministère de l'Economie (Direction Générale du Trésor et Direction du Budget), composée de fonctionnaires ultralibéraux acquis aux intérêts financiers. C'est ainsi que la France a refusé en 2010 de soutenir l'Allemagne sur la question de l'interdiction de la spéculation sur les CDS (vente à nu à découvert). Les représentants de la France à Bruxelles ont toujours freiné les maigres initiatives de la Commission sur la régulation financière. Sur la question de la taxation des transactions financières, malgré le discours apparemment offensif de Nicolas Sarkozy, le ministère de Christine Lagarde s'est toujours refusé à produire des notes et études préparant une décision, et la France ne s'est jamais engagée réellement auprès de ses partenaires de l'Union européenne ou de l'Eurogroupe.
Aurélie Trouvé propose une réorientation fondamentale du FMI, partant du principe que la stabilité financière mondiale est un bien public qui doit être démocratiquement géré par la communauté internationale dans son ensemble. Son programme pour le FMI comporte donc :
- l’arrêt des plans d’austérité, et la mise en place d’une taxe sur les transactions financières et d’une stricte régulation des transactions sur les produits dérivés
- la coordination des politiques économiques au plan international, amenant les pays présentant des déséquilibres excessifs (Chine, Allemagne, Japon du côté des pays excédentaires, États-Unis du côté des pays déficitaires) à se rééquilibrer de façon coordonnée par des ajustements des taux de change ainsi que des politiques budgétaires et salariales actives ;
- le développement d’une monnaie internationale basée sur un panier des principales devises, comme alternative au dollar ;
- l’émission de Droits de tirage spéciaux pour aider les pays en difficulté durant la période de réduction des déséquilibres internationaux ou face à des chocs conjoncturels imprévus ;
- la démocratisation du FMI, par l’élargissement de son Conseil d’administration à tous les pays de la planète et l’intégration du FMI dans le système onusien, avec une voix pour chacun des 187 pays membres du Fonds : il s’agit d’en finir avec le pouvoir exclusif des grandes puissances.
C’est sur cette base qu’Attac a envoyé hier 1er juin 2011 au FMI la candidature officielle de Mme Aurélie Trouvé, 31 ans, économiste. Toute candidature doit être présentée par un des gouverneurs et administrateurs du FMI. L'association Attac compte sur le fair play de Christine Lagarde, actuel gouverneur du FMI pour la France.

Attac France,
Paris, le 6 juin 2011
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7 juin 2011 2 07 /06 /juin /2011 13:07
J'ai trouvé ce post, paru avant la chute de DSK. Mais qui révèle le rôle des banksters en politique : Via le Nouvel Ordre Mondial ! Eva
DSK sera encore plus dangereux que Sarkozy.

 

Un duo d'enfer...


Et ce n’est pas peu dire! Sarkozy c’est l’esprit fasciste, le contrôle absolu sur les pouvoirs, les petites fiches sur tout le monde pour pouvoir tout contrôler, les magouilles financières, l’atlantisme forcené, le mépris populaire, et j’en passe. Mais DSK ce sera encore pire pour la France! Si c’est possible…DSK c’est Sarkozy puissance 10. Pour les femmes, le pognon, le bling-bling, Israël et…le nouvel ordre mondial. DSK c’est un apôtre de la gouvernance mondiale.

On l’a vu lors de la dernière réunion de Francfort. Francfort c’est d’ailleurs le lieu où s’est constitué les bases du nouvel ordre mondial.  Francfort c’est proche du lieu de la création des Illuminati d’Adam Weisshaupt, le lieu d’origine de la famille Rothschild (bouclier rouge en allemand) et là où s’est retrouvé pendant quelques années Jacob Frank le père du Frankisme ( a l’origine du sionisme de combat). C’est donc de là que la stratégie mondiale de domination s’est engagée en infiltrant les réseaux juifs et francs-maçons qui étaient au cœur du pouvoir financier et politique. Voilà pour le clin d’œil géographique. Il n’est donc pas étonnant de retrouver DSK dans une réunion dans ce haut lieu de la finance mondiale qu’est Francfort.

Car voyez-vous DSK ce n’est pas Sarkozy. DSK c’est la social-démocratie, le libéralisme financier et l’internationale socialiste. Il est tout à fait dans cette mouvance qui a pour objectif l’établissement d’un gouvernement mondial pour répondre aux crises globales. C’est-à-dire passer au-dessus des nations pour imposer un ordre mondial qui sera obligatoirement dominé par les banksters et les grandes firmes. Sarkozy est d’abord là pour les basses besognes, celles qui ne demandent aucune moralité, de mentir sans vergogne, de manipuler les masses dormantes, de pratiquer le story-telling, et il est moins intelligent, moins déterminé et surtout moins au parfum. Sarkozy on le sait capable des coups tordus pas de mener une stratégie au niveau mondiale. Il a essayé une fois élu et aujourd’hui il ne se trouve même plus dans les personnalités qui comptent sur le planète c’est dire la chute!

L’ordre mondial aura donc besoin de quelqu’un de plus subtil et de plus déterminé pour la France. Quoi de mieux que DSK qui est au fait des rouages les plus intimes. Lui l’homme de Bilderberg, lui dont son ami Kessler, ex-président du Siècle, prône le libéralisme débridé, lui qui a fait la preuve partout où il est passé de sa propension au libéralisme. Comment croire une seconde qu’il serait socialiste? C’est en tout cas ce que tente de nous faire croire le parti socialiste.

Le pire c’est qu’il croit avoir verrouillé les primaires socialistes en intégrant Royal et Fabius dans ce mortifère pacte de Marrakech. Martine Aubry a confirmé ce que dit Royal depuis des mois, ce pacte présentera une candidature unique. Si c’est le cas alors c’est la fin du PS j’en suis persuadé. 2007 a pu faire illusion par la candidature de Royal qui était apparue comme un renouvellement de la politique. Plus grave encore ce serait la mort du socialisme tel qu’on l’envisage: humaniste et tourné vers le peuple. La social-démocratie n’a qu’une peur celle du peuple. Elle n’a pas confiance et craint le jugement populaire. C’est bien pourquoi ils œuvrent à le priver de démocratie le plus possible. Par l’européisme forcené, par l’atlantisme débridé et par une gouvernance mondial espérée. Cela contre la souveraineté des peuples qu’est le socialisme. Alors sans conteste DSK sera encore pire que Sarkozy. D’ailleurs ils sont déjà tous les deux au travail depuis 2007 pour mettre en œuvre ce plan global. En France le sale boulot aura été fait par le premier étage de la fusée: Nicolas Sarkozy; la mise sur orbite devra se faire par DSK, ou au pire un autre membre du pacte de Marrakech, qui aura pour objectif continuer à gommer les nations sans relâche pour nous mettre entre les mains des banksters et ainsi assurer leur suprématie éternelle sur le peuple. Mais à nous il nous reste encore une conscience alors tout n’est peut-être pas encore perdu…

En attendant DSK et Sarkozy vont avoir un an pour travailler ouvertement ensemble à la destruction de la nation France.

 

 

http://lesouffledivin.fr/2010/11/25/dsk-sera-encore-plus-dangereux-que-sarkozy/

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7 juin 2011 2 07 /06 /juin /2011 04:30

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Dernière mn :

TOUS  NON-COUPABLES !

Honte à eux !

par eva R-sistons

 

Un Grand de ce (bas) monde est accusé d'harcèlement sexuel

envers une petite femme de ménage noire

veuve élevant avec dignité son enfant,

- non coupable !

Les Grands de ce (bas) monde orchestrent la démoncratie

contre nos libertés et contre nos Droits,

même les plus élémentaires,

même le plus élémentaire, celui de vivre,

- non coupables !

Les Grands de ce (bas) monde déclarent des guerres partout

pour devenir encore plus grands et puissants,

occupant les pays pour mieux les ruiner et les piller,

- non coupables !

Les Grands de ce (bas) monde empoisonnent notre air, notre santé,

notre alimentation, et la nature et les animaux, et même notre sous-sol,

- non coupables !

Les Grands de ce (bas) monde détruisent nos protections sociales,

notre Droit du Travail, nos services publics, nos Etats,

nos Nations, nos territoires, nos campagnes, nos paysans,

et même les peuples premiers,

- non coupables !

Les Grands Bush, Blair, Chesney, Rumsfeld, Cameron,

Obama, Sarkozy, Berlusconi, Ouattara...

s'ingèrent partout en bafouant toutes les règles internationales

et la souveraineté des Etats, pour servir la City et Wall-Street,

- non coupables !

 

NON COUPABLES NON COUPABLES NON COUPABLES...

Y en a marre ! Basta !


http://img.teva.fr/03E8000000150269-photo-dvd-dr-jekyll-and-mr-hyde-1931.jpg

http://img.teva.fr/

 

Prenons en mains notre destin,

et ne remplaçons pas,

comme au Portugal et bientôt en Espagne,

un homme de "gôche" par un homme d'ultra-droite

qui piétinera encore davantage les intérêts des peuples

pour honorer le Dieu Marché broyeur de vies !

Démocratie directe, maintenant !

 

http://img.over-blog.com/300x374/2/47/37/13/Dossier-9---4-10/D10--juin-10/resister-NOM.jpg

 

Tous coupables, tous coupables, tous coupables

devant les peuples,

en avant, citoyens, brisons nos chaînes !

Eva R-sistons


http://2.bp.blogspot.com/-HinIIiHj7f0/TePTNxG_HZI/AAAAAAAAIm4/L9aXbT9R9nw/s1600/25038.jpg

http://img.over-blog.com/150x150/1/59/74/30/imagesblog2/imagesblog3/imagesblog4/dsk-prison-copie-1.png

http://img.over-blog.com/150x150/1/59/74/30/imagesblog2

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Une visite s'impose ici :

 

Toi aussi… par J RISACHER

 

 

 

Agressions sexuelles « halal » par YDEL

 

 

http://libresdessins.wordpress.com/author/dessinpressehumour/

 

 

Le programme de Sarkozy :

 

Carla1.jpg
Le programme de DSK :
 
DSK12.jpg

 

 

 

 

 

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7 juin 2011 2 07 /06 /juin /2011 04:20

Alimentation : la nouvelle guerre mondiale ?


Alimentation : la nouvelle guerre mondiale?

 

 

Selon l’ONG internationale Oxfam,  face à l’augmentation de la démographie mondiale et aux changements climatiques, le prix des aliments de base risquent de doubler autour de 2030. Pour les experts, une nouvelle guerre mondiale est à redouter : la guerre pour les ressources.

Le blé sera l’un des aliments les plus touchés avec une hausse de 120 à 180%. « Il est temps que les dirigeants politiques agissent » avertit Oxfam.

L’ONG appelle les décideurs de réguler d’avantage les marchés alimentaires et de créer une organisation internationale pour lutter contre les changements climatiques.

 « A mon avis toutes les données à notre disposition sont éloquentes : nous sommes à court de ressources. En commençant déjà par le pétrole. Toutes les autres ressources vont nous manquer dans un avenir très proche. Quand je dis nous,  je parle de presque toute la communauté internationale,  nous ne sommes absolument prêts à ce genre de tournant. Notre civilisation repose sur la consommation des ressources non renouvelables. Lorsqu’il n’y en aura plus, on devra faire face à la panique et au drame. La plus grande tentation qu’il y aura alors, ce sera de recourir à la force pour s’emparer des ressources là où il y en restera. Bref, il y aura une guerre », soutient le publiciste italien, Giulietto Chiesa.

Oxfam  propose au G20, qui réunit les grands pays développés et en voie de développement, de réformer le système alimentaire mondial. Les experts considèrent qu’il faut moins subventionner l’agriculture dans les pays développés qui est fortement industrialisée et aider d’avantage les petits agriculteurs des pays émergents. Oxfam propose également d’encadrer d’avantage les opérations spéculatives avec les produits alimentaires de la bourse.

A la veille de la conférence internationale sur le climat qui devrait avoir lieu en décembre prochain en Afrique du Sud, Oxfam avance l’idée d’une organisation internationale de lutte contre les changements climatiques. L’autre mesure proposée est d’instaurer de nouvelles règles de régulation sur les marchés alimentaires du monde. Oxfam insiste tout particulièrement sur la nécessité d’augmenter les stocks de nourriture, d’investir dans les petites et moyennes productions agricoles, d’arrêter de cultiver les espèces végétales destinées à la production du biocarburant et de rendre plus transparents les marchés alimentaires.    


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7 juin 2011 2 07 /06 /juin /2011 04:04
Deutschland über alles ?

Un reportage de FR3 au journal de midi du 3 juin 2011 a mis en évidence une monstruosité juridique stupéfiante qui permet à organisme public, le Jugendamt, de retirer leurs enfants à des parents qui voudraient les emmener résider hors du territoire allemand.


L'affaire révélée par FR3 avait déjà provoqué une manifestation de protestation à Strasbourg le 8 mai dernier, dont on trouve un compte-rendu dans "Les Dernières Nouvelles d'Alsace" du lendemain.

Une jeune mère allemande mariée à un français vivait sans histoire avec lui et leurs deux filles de 5 et 8 ans, nées en France mais scolarisées en Allemagne, à Kehl, en face de Strasbourg. Un soir de décembre 2007, elle n'a pas pu récupérer ses enfants à l'école. L'aînée ayant fait part de l'intention des parents de déménager à Strasbourg, les deux fillettes ont illico été confiées au Jugendamt, l'office allemand d'assistance à l'enfance et placées dans des familles d'accueil sans jugement et sans en avertir au préalable les parents.
Pendant six mois, le couple s'est ruiné en frais d'avocats pour tenter, bien inutilement, de récupérer leurs enfants aux quels on disait pis que pendre de leurs parents. Tout juste pouvaient-ils les voir une fois la semaine, en présence de tiers et en ne parlant que l'allemand. A l'occasion d'une exceptionnelle visite sans témoin, le père en a profité pour les emmener subrepticement en France en leur faisant franchir une passerelle sur le Rhin. Les parents ont inutilement intenté un procès au Jugendamt qui a, en revanche, obtenu la condamnation du mari par la justice allemande à 90 jours de prison ou 4000 euros d'amende. (source : DNA du 9/5/2011)

Cette affaire est loin d'être exceptionnelle et le Jugendamt se montre particulièrement nocif en cas de divorce des parents. Le CEED - Conseil Européen des Enfants du Divorce 
(association de parents, enfants et grand-parents victimes d'enlèvements et de rapts internationaux d'enfants) s'épuise à défendre les victimes de la germanisation forcée des enfants bi-nationaux. Il a tenu une conférence de presse à Düsseldorf pour appuyer l'appel d'une mère polonaise, lectrice dans une université allemande, arrêtée en Pologne par les autorités polonaises à la demande des autorités allemandes, afin que son jeune enfant soit renvoyé en Allemagne. Un fils qu'elle n'a plus revu pendant de nombreuses années, comme tous les autres parents dans cette situation, jusqu'au moment où le CEED est intervenu.

"L'Allemagne, qui perdra 15 millions d'habitants au cours des 50 prochaines années, déclare la CEED, a instrumentalisé ses administrations de justice familiale à l'insu de ses partenaires en Europe pour conserver – sous couvert de sa Loi et de ses procédures secrètes – tout enfant de tout parent non-allemand en Allemagne et de le germaniser. Sous couvert de sa loi, l’Allemagne confisque les enfants de TOUS les étrangers, leur argent et leur héritage. La Commission Européenne couvre ces pratiques.
Les juristes de la famille et les fonctionnaires exercent un chantage à l’amour parental sur les parents non-allemands. Ils les criminalisent et les condamnent intentionnellement pour les assigner à résidence dans le pays,exploiter leur force de travail, en les menaçant de perdre leurs enfants, s'ils ne se soumettent pas à l'ordre allemand.
Pire, ils se servent des instruments communautaires (règlements européens 2201/2003, 4/2009) et SIS II (Interpol et Europol) pour exiger de ses partenaires – bien naïfs – l’exécution de sa politique au sein de leur juridiction respective, sans qu'ils ne soient autorisés à vérifier les procédures allemandes secrètes et malhonnêtes, dont l'unique objet est de protéger le
Kindeswohl allemand, l'intérêt supérieur de la communauté des Allemands en matière d'enfants."


On fera remarquer au passage que le Jugendamt est un organisme datant de la période nazie et qui a seulement changé de nom après la guerre. Son but avoué est de maintenir à tout prix les enfants de bi-nationaux dans la patrie allemande. Il touche pour cela environ 160€ par jour de l'État pour chaque enfant pris en charge.

Les états membres de l’UE ont signé des accords prévoyant l’exécution de décisions judiciaires sur la base de la "confiance mutuelle". Les juristes allemands en abusent et utilisent les instruments communautaires pour imposer le droit allemand à toute l'Europe. Aujourd’hui, la France applique ce droit et ses décisions discriminatoires contre les intérêts de ses ressortissants. L’Allemagne a déjà été condamnée à ce sujet par la Cour Européenne des Droits de l’Homme sans pour autant rien changer à ses pratiques. (source : CEED)

C'est cela aussi, l'Europe. Était-ce ce qu'avaient imaginé ses fondateurs ?

 Jean MOUROT

 

http://www.agoravox.fr/actualites/europe/article/deutchland-uber-alles-95338?utm_source=feedburner&utm_medium=email&utm_campaign=Feed%3A+agoravox%2FgEOF+%28AgoraVox+-+le+journal+citoyen%29

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7 juin 2011 2 07 /06 /juin /2011 03:41

http://www.breizatao.com/wp-content/uploads/2010/08/etat-providence.jpg

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L'Etat-providence a signé son propre arrêt de mort !

 

 

A présent, c'est chacun pour soi.

D'ici deux ans, une poignée de Français
pourraient être jusqu'à 4 fois plus riche
-- tous les autres risquent de voir leur pouvoir d'achat
laminé par l'inflation.

Je vous aurais prévenu.

Donnez-vous une chance de faire partie des rescapés
en poursuivant votre lecture...

 

 

 

Cher Lecteur,

Fini de rêvasser ! L'heure est grave.

Je préfère vous le dire tout de suite : ce que je vais annoncer aujourd'hui ne va pas plaire à tout le monde. Je vais peut-être heurter vos convictions mais je me dois de vous dire la vérité.

Si je ne pensais pas sincèrement que les Etats-providence étaient en train de nous conduire tout droit à la potence, je ne serais pas en train de vous écrire aujourd'hui...

Seulement voilà... nous sommes désormais face à une situation intenable.

Pour dire les choses clairement, j'estime que d'ici deux ans maximum, votre pouvoir d'achat et votre épargne seront laminés par l'inflation -- et personne ne pourra rien y faire.

Retraités, salariés, étudiants, chômeurs... tout le monde va payer !

Pourquoi ? Parce que les politiques économiques menées depuis deux ans aux Etats-Unis et en Europe vont entraîner la faillite complète des Etats-providence.

Autrement dit, ne comptez pas sur eux pour utiliser leurs traditionnels leviers pour réduire l'inflation dans les années à venir : les commandes ne répondront plus.

La période que nous allons traverser sera pire qu'en 1980 ou en 2000, avec une inflation impossible à maitriser, qui va réduire votre pouvoir d'achat et vos économies drastiquement.

Et bien sûr, personne ne vous préviendra avant que la marée ne vous emporte.

Souvenez-vous du passage à l'euro : vous avez réalisé un jour que vos revenus ne permettaient plus de payer autant de choses qu'avant... et il était trop tard.

C'est pour cela que je vous écris aujourd'hui. Ce genre de situation a déjà eu lieu en France et prend systématiquement tout le monde par surprise : par manque d'informations.

Alors je prends les devants. Dans ce message, je vous révèlerai mon "arme anti-inflation" qui a pris près de 450% ces 10 dernières années et pourrait encore doubler, voire tripler.

Je vous révèlerai tous les secrets pour en profiter, très simplement.

Et j'ai bien d'autres solutions à vous proposer ! Ces deux dernières années, je les ai passées à mettre en place des stratégies pour placer votre argent sur des actifs solides, des placements sûrs et variés -- et voici le bilan entre janvier 2009 et janvier 2011 :

Chacune de mes recommandations a rapporté 30,5% en moyenne -- avec parfois des gains de 136% voire 263% : de quoi traverser serein une période d'inflation de 10 ou même 20% !

Jusque-là, seule une poignée de particuliers a pu profiter de mon travail -- 700 environ -- pour se mettre à l'abri. J'aimerais vous inviter à les rejoindre dès la fin de ce message.

S'il vous plaît : ne manquez pas cette occasion... ne restez pas les bras croisés par confiance aveugle en l'Etat-providence... ou pire -- par résignation !

Croyez-moi, je pourrais très bien rester chez moi à me protéger toute seule : organiser une "résistance" à mon niveau prend beaucoup de temps et d'énergie.

Mais je n'ai pas travaillé toute ma vie pour que mon épargne et mon pouvoir d'achat diminue comme peau de chagrin et j'imagine que vous non plus.

En tant que lecteur des Publications Agora, je pense que vous êtes plus à même de comprendre ce qu'il se passe que quiconque. Ne laissez pas passer cette chance.

Je vais tout vous expliquer dans ce message et vous donner une solution clé en main. Ensuite, eh bien... libre à vous de me suivre ou d'attendre le raz-de-marée !

 

La fuite en avant de l'Etat-providence...

Je me présente, je m'appelle Simone Wapler.

Cela fait 10 ans que je travaille dans la presse financière et que j'annonce, souvent avec une longueur d'avance, les grands bouleversements économiques.

Vous m'avez peut-être déjà entendue sur BFM... vue sur France 5... et c'est vrai que la plupart du temps, j'annonce des catastrophes !

Que voulez-vous, c'est l'époque qui veut ça : bulle des dot.com... crise des subprime... crise du crédit... bulle obligataire... A peine une crise se fait oublier que déjà une autre se prépare.

Et voilà qu'aujourd'hui je crie à la faillite des Etats !

Avant de vous révéler le pot aux roses, dissipons un possible malentendu : je ne suis pas foncièrement contre l'Etat Providence. En soi, la question politique m'importe peu.

Je raisonne en Investisseur. Pour moi, l'Etat n'a rien à faire avec la Finance. Et il n'aurait jamais dû mettre le premier doigt dans l'engrenage du "sauvetage" à tout va.

Maintenant, c'est trop tard : le risque de faillite s'est déplacé des banques vers les Etats.

 

Voyez-vous, mon point de vue est que les Etats-providence ont signé leur arrêt de mort le jour où ils ont décidé de venir en aide aux banques en employant des stratégies inefficaces :

Politique des taux bas et émission monétaire.

Vous avez là le cocktail de choc pour gonfler la masse monétaire avec de l'argent-dette -- des promesses -- sans avoir aucune garantie quant au remboursement de toutes ces dettes !

Dans la tête d'un banquier central, 1 $ de dette produit 1,5 $ de croissance. A ce rythme en effet, le remboursement ne devrait être qu'une simple formalité... en théorie.

Mais voilà ce qu'il s'est passé en pratique :

Les banques centrales ont baissé les taux d'intérêt pour permettre aux banques de contracter des crédits sans entrave et irriguer l'économie d'argent virtuel.

Manque de chance ou de flair, l'argent a inondé massivement les marchés des matières premières et les émergents -- peu ou pas l'économie interne. Un coup pour rien.

Puis elles ont lancé les fameux Quantitative Easing I et II -- assouplissements quantitatifs.

La première passe consistait à sauver les banques, en leur proposant d'une part des crédits à taux ridicules pour éponger leurs bilans et d'autre part de récupérer leurs actifs pourris.

Avec 1 700 milliards de dollars tout frais dans le circuit, les banques ont repris du poil de la bête -- mais les marchés ont très vite boudé la qualité des obligations émises par les Etats.

Retournement de situation : le sauveur commence à regretter sa bravoure...

Les banques centrales ont alors décidé d'imprimer encore plus de billets de manière à payer leurs dettes avec encore plus de dettes -- 1 000 milliards de plus pour le Quantitative Easing 2.

Le résultat : ces milliards de dollars sont sortis de la planche à billets sur la seule bonne foi d'une reprise de l'économie... un jour ou l'autre.

Le bilan de cette politique économique est simple : en 2010, les Etats-Unis ont connu une croissance de 2,9%. Le PIB américain a augmenté de 541 milliards de dollars.

Cela signifie que 1 700 milliards de dettes (du QE1) ont permis de produire 541 Mds de croissance. Je vous épargne le calcul : 1 $ de croissance = 3,14 $ de dette.

Je le répète, cette situation est intenable.

Aujourd'hui, nos Etats sont au bord de la faillite, avec une dette astronomique : 14 000 milliards de dollars rien qu'aux Etats-Unis, par exemple. Le ratio d'endettement des pays du G20 est supérieur à 100% du PIB ! Pensez-vous qu'ils vont rembourser un jour ? Bien sûr que non !

Leur seule solution : laisser filer l'inflation... pour éponger les dettes.

C'est là que s'achève l'histoire de l'Etat-providence sauveur des banques et des citoyens. Il va se faire oublier pendant un temps. Notamment de ses créditeurs qu'il ne remboursera pas -- et de tous les retraités qui vont payer l'addition.

Eh oui... parce que cette opération va frapper plus particulièrement ceux qui n'ont pas de salaires ajustables... et qui ne sortiront pas dans la rue pour sauver leur pouvoir d'achat !

Mais aujourd'hui, grâce à ce message, vous êtes informé. Vous allez bientôt pouvoir prendre votre avenir financier en main -- sans attendre l'aide des Etats-providence !

Réagir seul, à votre niveau, n'est pas si compliqué qu'il n'y paraît. Je vais vous en dire plus sur les solutions qui s'offrent à nous et vous révéler mon "arme anti-inflation" favorite...

 

 

suite ici :

 

La fin de l'Etat-Providence... et ce qu'elle signifie pour VOUS

 

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7 juin 2011 2 07 /06 /juin /2011 03:21

 

 

 

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L'euro en crise terminale


L’épisode du nouveau « sauvetage » de la Grèce n’a rien réglé. Désormais, et quoique que puissent en dirent les Présidents et Premiers Ministres réunis à Deauville pour le G8, le défaut sur la dette (pardon la « restructuration ») est inéluctable. La situation n’est à l'évidence plus tenable ni pour la Grèce, qui ne peut s’infliger une austérité aussi drastique, ni pour l’Europe qui ne peut mettre la Grèce sous perfusion sans courir le risque de voir d’autres pays demander le même traitement. Les pays de la zone Euro sont très loin de constituer une « zone monétaire optimale ». Les divergences structurelles entre les économies qui la composent, qui étaient déjà importantes au départ, se sont en fait accrues depuis 2002-2003. Si une sortie de l’Euro poserait des problèmes à l’économie française, il faut aussi avoir l’honnêteté de dire que des solutions existent et, surtout, il faut comparer l’ampleur de ces problèmes à ceux qui nous attendent si nous restons dans la zone Euro : surcroît d'austérité, faible croissance, poursuite de la désindustrialisation. Sortir de l'euro produira certes un traumatisme, mais ce dernier sera plus politique qu’économique. Elle est la seule qui nous offre une perspective de croissance. L'analyse de Jacques Sapir.



Le défaut sur la dette grecque est inévitable

 

 

Cette tribune est une publication originale sur Marianne2.fr

La crise de l’Euro s’accélère. L’épisode du nouveau « sauvetage » de la Grèce n’a rien réglé. Désormais, et quoique que puissent en dirent les Présidents et Premiers Ministres réunis à Deauville pour le G8, le défaut sur la dette (pardon la « restructuration ») est inéluctable. L’absence d’accord politique sur les nouvelles mesures d’austérité est compréhensible, et ne fera qu’accélérer le cours des événements. Nous voyons les troubles sociaux monter en Espagne. Même l’Italie commencer à inquiéter les marchés ; le taux d’intérêt sur sa dette à 10 ans avait atteint le lundi 23 mai 4,86%.  La Belgique est dorénavant source d’inquiétude et pourrait voir dans les semaines qui viennent sa note baisser. La marche vers la crise terminale se poursuit avec le déclenchement d'un processus de contagion :
 
Graphique 1 : Effet de contagion de la crise (Source : Reuters)

 

Graphique sur le site (..), trop long, non accepté par over-blog... note d'eva


La Grèce sera probablement le premier des maillons de la chaîne de l’Euro à sauter. Les taux sur les bonds du Trésor à 10 ans ont atteint 16,81%. De plus, les taux d’intérêt sur les bonds du Trésor à deux ans sont montés à 26,1%, un chiffre astronomique qui ne fait sens que parce que les opérateurs du marché s’attendent à ce que la Grèce fasse défaut dans un délai de moins de deux ans en dépit du plan de privatisation. Ceci entraînera très probablement une nouvelle crise au Portugal et en Irlande.

Pourquoi la Grèce va faire défaut et pourquoi doit-elle faire défaut ?

La situation de la Grèce est inextricable en raison de l’ampleur de sa dette, qui était de 703 milliards d’Euros (soit 296% du PIB), dont 293 milliards pour la dette publique, 120  milliards de dettes des entreprises financières, 165 milliards des entreprises non financières et 123 milliards pour les ménages au 31 décembre 2009. Depuis elle a atteint les 780 milliards. La dette publique qui se montait à 122% du PIB fin 2009 atteint à la fin du premier trimestre 2011 142,5% du PIB. Le déficit budgétaire est estimé entre 9% et 10%.

Si le taux d’intérêt moyen sur la dette publique était ramené à 3,5% par an, la charge des intérêts représenterait 5,15% à la fin de 2011. La Grèce va avoir un taux de croissance du PIB sur l’année 2011 de -1,5% en termes réels. Si l’on estime l’inflation à 3,5%, la croissance nominale (et non réelle) devrait être de 2%. Le budget devrait donc dégager un excédent primaire égal à la charge des intérêts (5,15%) diminuée de la croissance nominale (2%) simplement pour stabiliser le poids de la dette en pourcentage du PIB, soit 3,15%. Compte tenu du déficit actuel, cela impliquerait, au minimum, un choc d’ajustement budgétaire de 12% à 13%.
Cependant, certaines des hypothèses de ce calcul sont d’ores et déjà trop optimistes. Le nouveau plan d’austérité va faire chuter la croissance de manière importante, et la réduction du taux d’intérêt à 3,5% n’est pas acquise. On peut donc tabler sur un choc de 15%. Par ailleurs, si l’inflation – en augmentant le PIB nominal – peut soulager la pression de la dette, elle dégrade encore plus la compétitivité de la Grèce.

Il est donc clair que la situation n’est plus tenable, ni pour la Grèce, qui ne peut s’infliger une austérité aussi drastique, ni pour l’Europe qui ne peut mettre la Grèce sous perfusion sans courir le risque de voir d’autres pays demander le même traitement.
Un défaut sur la dette est donc inévitable et ne signifie pas la fin du monde. Cependant, il entraînera la sortie de la Grèce de la zone Euro afin de pouvoir dévaluer et retrouver sa compétitivité, car un défaut sans une dévaluation n’a pas de sens. Compte tenu de la structure du commerce extérieur de la Grèce (dont seulement 35% se fait avec la zone Euro) et des sources de revenus de l’économie de ce pays (le tourisme, les exportations vers les pays arabes et les revenus de la flotte de commerce) une forte dévaluation apparaît comme la moins mauvaise des solutions.

Bien entendu, elle provoquera une crise bancaire interne, mais les autres choses dont on menace la Grèce (comme l’interruption de l’aide Européenne ou l’impossibilité d’aller sur les marchés financiers) sont d’ores et déjà des réalités. La Grèce ne pourra pas retourner sur les marchés pour y emprunter avant au moins 2015 et l’aide a vu les fonds structurels baisser de manière importante ces dernières années. Si la sortie de l’Euro posera certainement des problèmes importants, le choc social sera cependant bien moins important que dans l’austérité continue que la Grèce devrait s’imposer pour plusieurs années si elle voulait à tout prix rester dans l’Euro.
Dans ces conditions, le plus vite une telle décision sera prise, le mieux cela vaudra pour la population et l’économie.

Dans ce contexte, l’Espagne pourrait suivre rapidement. Le taux d’intérêt sur ses bonds du Trésor à 10 ans atteint déjà 5,53%. Le pourcentage des dettes aux banques qui ne sont pas remboursées atteint déjà 6,2%. Avec la fin  massive et programmée des allocations chômages on atteindra vraisemblablement les 9% vers la fin de l’année. Le gouvernement n’aura pas d’autres solutions que de recapitaliser massivement le système bancaire, ce qui fera exploser la dette publique. Devant les tensions sur les taux d’intérêts qui atteindront alors les sommets Grecs ou Irlandais, l’Espagne devra demander à bénéficier du Fond Européen de Stabilité Financière, dont les moyens sont déjà accaparés par la Grèce, l’Irlande (dont les taux à 10 ans sont remontés à 10,86%) et le Portugal.
Ce dernier pays continue de se débattre dans une récession, maintenant aggravée par les mesures  qui sont soi-disant conçues pour le sauver. Il devra certainement demander une nouvelle aide à la fin de 2011. Les notations de ces pays se dégradent donc en conséquence  alors que le coût d’une assurance contre un défaut (CDS à 5 ans) monte :
 
 
Note des pays en fonction des agences (Source : reuters)

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Un certain nombre d’économistes et d’hommes politiques de gauche comme de droite reconnaissent que le statu quo européen actuel n’est plus possible ni défendable. Il nous conduit tout droit à des surenchères sans fin dans l’austérité et, par ses effets cumulés à l’échelle européenne, à une dépression d’une ampleur encore inconnue. Cependant, effrayés semble-t-il par leur propre audace, ces hommes politiques se refusent à tirer les conséquences logiques de leurs analyses.
La question se focalisant autour d’une possible sortie de l’Euro, sur laquelle j’ai rédigé en avril 2011 un document de travail, je voudrais envisager les problèmes que cette dernière soulève, ainsi que les solutions qui sont possibles, mis aussi mettre ces problèmes en regard de ceux qui nous attendent si nous restons dans l’Euro. Ceci me conduira alors à aborder le problème de la coopération (et de la non-coopération) sur lequel bien des bêtises sont dites avec le plus grand naturel.
Enfin, il faut se poser la question de savoir quelle est la « meilleure » des solution théoriquement possible, mais aussi si une telle solution est pratiquement possible. La politique est, comme la guerre, un art tout en opportunité.
 

 

Notes, liens sur le site (..)

Sortie ou rester dans l'euro : rapport coûts/avantages
I. Les problèmes que pose une sortie de l’Euro

Ces problèmes se concentrent sur les trois points suivants :
- le poids de la dette détenue par des non-résidents (environ 65%);
- l’évolution du pouvoir d’achat des ménages;
- le risque de spéculation pour une monnaie nouvellement recréée.


En fait, j’ai déjà fourni des esquisses de solutions à ces différents problèmes dans mon document de travail « S’il faut sortir de l’Euro… ». Je constate, pour le déplorer, que des personnes comme Francis Wurtz n’ont retenu que mes mises en garde et non les solutions. L’honnêteté minimale aurait consisté à présenter les deux au lecteur et de mettre mon texte en lien. Mais c’est probablement trop demander à quelqu’un dont le passé de stalinien est bien connu.

Prenons tout d’abord le cas de la dette. La dette détenue par les non-résidents se monte à 832 milliards d’Euros. Entre les rachats auxquels le Trésor procèderait avant la sortie de l’Euro, et ceux auxquels les banques françaises seront obligées de procéder pour tenir la contrainte mensuelle du « plancher d’effets publics », il est possible de faire tomber à 400 milliards d’euros la dette détenue par les non-résidents en l’espace de 3 mois. Par ailleurs, la hausse des taux d’intérêt sur les titres déjà émis à laquelle la France serait confrontée dès la mise en œuvre des mesures préparatoires à une sortie de l’Euro prend techniquement la forme d’une baisse de la valeur de revente du titre.

Dans la mesure où nous n’aurions plus à nous financer par des opérations de marchés (sur les marchés internationaux) et que le marché français serait isolé des autres marchés, la hausse des taux signifiant une baisse de la valeur de revente. Ceci permettrait de racheter plus de titres. Au total, au jour de la sortie de l’Euro ne resteraient entre les mains des non-résidents que probablement 300 milliards de titres déjà émis. Si nous acceptons l’idée d’une dévaluation de la monnaie nationale retrouvée (le Franc ?) de 25%, ceci impliquerait un alourdissement de la dette de 75 milliards de Francs (300 milliards d’Euros étant alors équivalent à 375 milliards de Francs). On est donc très loin des prévisions catastrophiques voire apocalyptiques qui sont faites par certains.

Pour la dette des entreprises, ceci ne devrait poser un problème que pour les entreprises de taille moyenne. Les petites entreprises sont endettées sur le marché interne du crédit, et les grandes entreprises font une partie de leurs revenus hors de France. Il faudrait trouver des solutions adaptées qui pourraient aller du rachat de la dette à des titres de substitution émis par une caisse publique.

Vient ensuite la question du pouvoir d’achat. Il est dégradé par deux effets distincts, d’une part le renchérissement des biens importés et d’autre part un phénomène probable d’inflation interne qui serait engendrée par la rupture du carcan imposant à notre économie une inflation qui, en réalité, est inférieure à son taux structurel.
Sur le premier type d’effet, on peut fortement l’atténuer par une modification de la fiscalité sur les carburants. Il conviendrait aussi d’instaurer un contrôle des marges de la grande distribution et l’établissement de circuits commerciaux « courts » favorisant les producteurs français. Il importe de surveiller étroitement le système commercial « centralisé » français. Une prise de contrôle de centrales d’achat ou à tout le moins un contrôle strict sur leur activité pourrait être nécessaire. Ces mesures seraient aussi efficaces, en partie, contre le second type d’effet, qui concerne l’inflation non plus importée mais cette fois-ci engendrée. Pour cette dernière il est clair que des mesures de type « échelle mobile » pourraient dans un premier temps être réintroduite pour certains salaires (les plus faibles).

Globalement, il est certain qu’il y aura un choc de pouvoir d’achat, mais ce choc sera court (car l’économie repartira rapidement et avec elle les rémunérations) et il pourrait être en grande partie combattue par des mesures fiscales et réglementaires visant à obtenir une meilleure répartition de la richesse nationale. La convocation d’une « Conférence Nationale sur les Rémunérations » entre le gouvernement, les syndicats et le patronat s'imposerait. Cette conférence aurait pour but d’orienter cette répartition et de lui donner un cadre légal.

Enfin, quant à la question de la spéculation, elle est largement traitée dans mon document de travail déjà cité. Disons rapidement que l’introduction d’un contrôle strict sur les mouvements de capitaux à court et moyen terme la suppression du marché de certains produits dérivés et diverses autres mesures visant à définanciariser l’économie aboutiraient à une impossibilité technique de la spéculation. D’ailleurs, on le constate tous les jours, il n’y a aucune spéculation sur le Yuan chinois qui est convertible mais dans un cadre très structuré et réglementé.

Il est donc clair qu’une sortie de l’Euro poserait des problèmes à l’économie française, mais il faut aussi avoir l’honnêteté de dire que des solutions existent et, surtout, il faut comparer l’ampleur de ces problèmes à ceux qui nous attendent si nous restons dans la zone Euro. En fait, s’il existe une réelle volonté pour sortir de l’Euro, on peut tabler sur l'existence de cette même volonté pour faire face aux problèmes que poserait cette sortie.

II.    Le coût du maintien dans la zone Euro.

Ces coûts se concentrent sur trois processus auxquels nous sommes déjà soumis et qui n’iront qu’en se renforçant dans les prochaines années. D‘ailleurs, une partie de mes contradicteurs reconnaissent que la situation actuelle, issue de la logique du Traité de Maastricht, est incompatible avec ce qu’ils appellent une « ambition sociale ».

(a) Un surcroît d’austérité
Cette austérité est inévitable en raison des chocs budgétaires qu’il faudrait s’auto-imposer pour sauver l’Euro. Si nous voulons simplement stabiliser le poids de notre dette en pourcentage du Produit Intérieur Brut, il nous faudra appliquer un choc budgétaire compris entre 6% et 7,5% du PIB. Un choc identique attend l’Italie, tandis que le Portugal et L’Espagne devront s’infliger un choc de 10% et la Grèce de près de 17%. Notons que le choc d’une dévaluation sur la consommation est estimé (si rien n’est fait dans le domaine fiscal pour l’amoindrir) à 2% du PIB dans le cas d’une dévaluation de 25%. En fait, le choc apparaît nettement plus important si nous devons rester dans la zone Euro et son impact sur le pouvoir d’achat des ménages sera considérable.

(b) Une faible croissance
Les diverses études qui ont été faites montrent que la surévaluation (ou appréciation) de l’Euro coûte 1% de croissance par tranche de 10% de surévaluation par rapport au  taux de change qui, pour notre pays, correspondrait à l’équilibre.
Certes, actuellement (20 mai) l’Euro baisse…Mais, avec plus de 1,43 dollars contre 1 Euro, nous sommes encore très loin dans l’appréciation. En fait, on peut estimer que l’Euro est surévalué d’au moins 25%. Quelles auraient été les conséquences d’une dévaluation ? Pour 2011 cela signifierait que nous aurions un taux de croissance de 4% à 4,5% au lieu des 1,7%-2% que l’on attend. On conçoit immédiatement les implications sur le taux de chômage, mais aussi sur les salaires.

(d)    La poursuite de la désindustrialisation
Si la croissance en volume est un élément important, le contenu de cette dernière l’est aussi. En fait, compte tenu des gains de productivité que l’on connaît en France, il faudrait que l’on ait une croissance sensiblement supérieure à 3% pour que le phénomène de la désindustrialisation s’arrête.
Les causes de cette dernière sont connues : la différence des coûts salariaux entre la France et les pays émergents où la productivité progresse très fortement depuis une quinzaine d’années. Or, non seulement l’Euro s’est apprécié par rapport au Dollar, mais il s’est apprécié bien plus par rapport aux monnaies de certains des pays émergents. Ajoutons à cela l’ouverture pratiquement totale à la concurrence internationale. En fait, la question de la protection relative du marché intérieur et de la pénétration sur les autres marchés combine la question des droits de douane et celle du taux de change.
Si l’on s’en tient uniquement à ce dernier, on voit que ce n’est pas seulement le volume de croissance qu’il pénalise mais aussi le contenu de cette dernière. Avec un Euro fort, et une absence de droits de douane, nous sommes condamnés à perdre notre tissu industriel. Or, l’industrie est une activité qui engendre une structure des salaires qui est assez différente de celle des services à la personne et du commerce. Autrement dit nous sommes condamnés avec le taux de change tel que nous le connaissons à voir l’emploi se polariser entre un petit nombre de positions très bien payées (dans la finance et dans les services associés comme la communication) et le plus grand nombre réduits à gagner le SMIC où peu s’en faut.
En fait, ce processus a été entamé lors de la politique dite « de Franc Fort » menée en son temps par Pierre Bérégovoy.

Les coûts de notre inscription dans la zone Euro apparaissent ainsi bien supérieurs aux coûts de notre sortie éventuelle. Ce n’est pas un hasard si la zone Euro a connu le taux de croissance le plus faible de tous les pays développés. Un peu d’honnêteté aboutirait à le reconnaître. Mais, on peut alors soulever un autre problème : l’Euro n’est-il pas la seule formule de coopération entre pays européens ?

(..)

La sortie de l'euro, traumatisante mais inévitable
Manifestants grecs brûlant le drapeau européen
Manifestants grecs brûlant le drapeau européen

I. Coopération et non coopération parmi les nations.

On entend ou on lit souvent des formules affligeantes telles que « l’Euro c’est paix sur le continent européen » ou encore « l’Euro, c’est l’Europe ». Ce sont des injures à l’intelligence qui montrent un mépris de l’histoire et de ses réalités.
La paix sur le continent européen n’est que partielle. On l’a vu dans les Balkans. Mais, si la paix est par contre bien établie en Europe occidentale, on le doit à la combinaison de deux faits, la dissuasion nucléaire et la réconciliation franco-allemande, elle-même fruit du travail que les Allemands ont réalisé sur leur propre histoire. Rien de tout cela n’est lié, de près ou de loin, à l’Euro. Par ailleurs, n’oublions pas que sur les 27 pays de l’Union européenne seuls 13 d’entre eux font partie de la zone Euro.
Une fois litière faite de ces contrevérités, on peut tenter une analyse dépassionnée de la question de la coopération et du conflit.

L’union monétaire est présentée comme une avancée dans la voie de la coopération entre États européens, ce qu’elle est indiscutablement. Mais, est-elle viable dans sa forme actuelle ? Les pays de la zone Euro sont très loin de constituer une « zone monétaire optimale ». Les divergences structurelles entre les économies qui la composent, qui étaient déjà importantes au départ, se sont en fait accrues depuis 2002-2003. Il faudrait un effort budgétaire considérable de la part des plus riches pour harmoniser cette zone.
On tend alors à nous présenter la coopération comme un bien en soi face à la possibilité d’un conflit. Mais, c’est oublier que dans la réalité, coopération et conflit sont étroitement liés. En fait, le conflit fait partie intégrante de la coopération, tout comme on constate que des formes résiduelles de coopération subsistent au sein des formes les plus violentes des conflits. Si la théorie des jeux a popularisé les notions de « jeu à somme nulle » ou de « gagnant-gagnant » il faut se souvenir qu’elle décrit un univers unidimensionnel, où les agents ont des préférences stables. La réalité est encore une fois bien différente. La coopération ne s’établit pas seulement quand des acteurs, ou des pays, constatent qu’ils ont un intérêt à coopérer. Elle s’établit aussi quand ces mêmes acteurs ou pays ont les moyens de « punir » un pays qui détournerait le processus de coopération à son seul profit. Autrement dit, la menace permanente d’un recours au conflit est le véritable ciment de la coopération. Car, si une situation de conflit est assurément inférieure à une situation de coopération, cette même situation de conflit est bien souvent supérieure à une forme de coopération capturée par un ou quelques acteurs. Or, c’est très précisément la situation actuelle dans la zone Euro.
L’Allemagne a détourné le mécanisme à son profit, ce que montrent les statistiques du commerce extérieur allemand. Pour l’année 2009 l’excédent de la balance commerciale était de 140 milliards d’Euros pour l’Allemagne dont 82,6 milliards au détriment de ses partenaires de la zone Euro et 115,8 milliards au détriment de l’Union Européenne (soit 33,2 milliards au détriment des pays de l’union ne faisant pas partie de la Zone Euro). À titre d’exemple, le solde commercial allemand montre un excédent de 27,3 milliards d’Euros avec la France mais de seulement 18,1 milliards d’Euro par rapport aux Etats-Unis, et ce en dépit de la taille respective des économies et des populations.

Nous sommes donc confrontés au véritable problème qui gît sous la notion de « coopération ». Les relations franco-allemandes seront-elles à terme renforcées ou affaiblies par la zone Euro ?
Je n’ai pas utilisé le terme de « couple franco-allemand » à dessein. Ce terme, si fréquent sous la plume et dans la bouche de responsables français est quasi-inexistant outre-rhin. Si les relations franco-allemandes ont nourri bien des fantasmes, ce furent – et ce sont – essentiellement des fantasmes français.
Si nous restons dans la zone Euro, la population française ressentira chaque mois un peu plus la dureté de la contrainte imposée par l’Allemagne. Le sentiment anti-allemand grandira jusqu’à rendre difficilement gérable les relations entre nos deux pays. Si nous acceptons maintenant de nous décentrer et de prendre le point de vue allemand, nous devons considérer qu’il est celui d’une population entrée dans un déclin non plus relatif mais absolu. Il est impératif pour les Allemands, s’ils veulent maintenir leur niveau de vie dans le futur, qu’aucune charge nouvelle ne vienne s’ajouter aux budgets publics. La dynamique démographique de la France rend possible le maintien d’une structure de répartition intergénérationnelle quand la structure démographique de l’Allemagne lui impose d’adopter une structure patrimoniale.
Or, le maintien de la zone Euro exigerait, pour colmater les brèches déjà ouverte, mais aussi pour éviter que de nouvelles ne s’ouvrent, que l’Allemagne dégage entre 3,5% et 4% de son PIB tous les ans pour subventionner les pays du sud et, dans une certaine mesure, la France. Encore une fois, un minimum d’honnêteté impose de constater que l’Allemagne ne pourra pas consentir un tel effort, et l’on aurait tort de lui en vouloir. Mais, c’est aussi pourquoi elle  a imposé à ses partenaires le trop fameux « pacte de compétitivité » qui n’a de pacte que le nom et qui n’est autre qu’un engagement des autres pays à mettre en œuvre une austérité drastique.
Le maintien dans l’Euro est une politique qui porte en elle les ingrédients pour un renouveau du conflit franco-allemand. Au contraire, une sortie de l’Euro, qu’il s’agisse de la France ou de l’Allemagne, permettrait de dédramatiser ces relations.

Ceci ne signifie pas qu’il faille jeter à la rivière l’idée d’une coordination dans le domaine monétaire.
Cette coordination peut cependant prendre bien d’autres formes que celle de la monnaie unique dont les contraintes l’emportent sur les avantages. Cependant, une importante leçon des trente dernières années doit être tirée. La coordination ne pourra fonctionner que si nous construisons sérieusement des stratégies nous permettant, le cas échéant, de « punir » nos partenaires ou à tout le moins de les convaincre de notre résolution à ne pas accepter des politiques par trop contraires à nos intérêts. Il ne suffit pas de dire à la cantonade « je veux coopérer » pour obtenir satisfaction. Cette stratégie-là ne fonctionne que dans le monde des bisounours.
Inversement, le refus temporaire de la coopération, le choix délibéré du conflit, peut permettre de reconstruire une attitude crédible sur la base de laquelle une négociation ultérieure peut aboutir. La France en a donné l’exemple en 1965 avec la « politique de la chaise vide » qui devait aboutir au fameux « compromis de Luxembourg ».
Dès lors, le principe de la coordination monétaire pourrait être plus fructueusement appliqué une fois que la crédibilité de la France aurait été restaurée par des mesures qui, si elles entament un conflit, laissent aussi la porte ouverte aux négociations et à la reprise du processus de coordination, mais sur d’autres bases.

Ainsi, la coopération est certainement quelque chose à rechercher mais ce n’est pas en la fétichisant, en prétendant exclure du cadre de la vie politique la réalité du conflit, que l’on peut y parvenir. Ceux qui disent très fort aujourd’hui qu’il faut sauvegarder la coopération à tout pris et que pour cela il faut résister à toute tentation de sortir de la zone Euro prennent la responsabilité devant l’histoire et devant les peuples, de rendre la poursuite d’une politique de coopération impossible et de réactiver l’antagonisme franco-allemand.
L’Europe a finalement peu à craindre de l’échec de la zone Euro. Ce montage institutionnel fait de bric et de broc et construit dans l’urgence par des politiques aux abois et des technocrates sans légitimité, peut fort bien disparaître. Mais l’Europe à tout à craindre du réveil d’un antagonisme franco-allemand qu’alimenterait le juste ressentiment qui naît de l’oppression des intérêts des uns et des autres.
 
II. La sortie de l’Euro est-elle la seule solution ?

Arrivé à ce point on pourrait penser que la messe est dite et qu’il nous faut absolument sortir de l’Euro. En fait, théoriquement, il reste une solution qui aboutirait à un résultat encore plus intéressant que la sortie.

Si nous pouvions convaincre nos partenaires que la BCE doit financer le rachat par les États d’une partie de la dette (de 60% pour la Grèce, l’Italie et la Belgique, à 50% pour le Portugal et l’Irlande, 40% pour l’Espagne et 30% pour la France et l’Allemagne), la création monétaire nécessaire (entre 1100 et 1300 milliards d’Euros) ferait substantiellement baisser le taux de change de l’Euro face au Dollar et aux monnaies qui sont de fait indexées sur le Dollar. D’une même mesure, nous réglerions le problème de la dette accumulée et une large partie de la dette immédiatement à venir en redonnant un dynamisme à la zone Euro. Ceci offrirait un répit de trois à quatre ans qui pourrait être mis à profit pour faire basculer le système du principe d’une monnaie unique à celui d’une monnaie commune. Rien n’interdit techniquement de s’engager dans une telle voie.

Mais, politiquement, il faut bien voir que l’occasion a été perdue. Une telle stratégie aurait dû être mise en discussion dès les premiers signes de la crise grecque, soit en septembre 2009. Elle aurait dû être mise en œuvre lors de la crise irlandaise ou portugaise. Il n’en a rien été et, désormais, au vue de l’accélération et de la généralisation de la crise, il est trop tard. L’histoire jugera sévèrement le personnel politique européen qui a vécu (et qui vit encore) dans le déni de la crise. Un tel aveuglement vaut révocation…

Une autre solution envisageable serait de procéder à des mesures unilatérales dans le cadre de la zone Euro, par exemple en réquisitionnant la Banque de France pour qu’elle procède à des avances au Trésor public et en réintroduisant à la seule échelle de la France des contrôles sur les mouvements de capitaux. Mais, d’une part, ces mesures risquent d’être insuffisantes pour faire baisser suffisamment le taux de change de l’Euro. D’autre part, si elles sont appliquées avec l’ampleur et la brutalité nécessaires, elles s’avèreront l’antichambre d’une sortie de l’Euro. En effet, aujourd’hui, il y a trop de divergences économiques entre la France et l’Italie et l’Espagne pour que l’on puisse espérer aboutir rapidement à une position commune entre ces trois pays. L’idée d’un « Euro du Sud » qui isolerait l’Allemagne et pourrait pousser ce pays à sortir de la zone Euro, si elle est intellectuellement séduisante, risque de se révéler inapplicable. Encore une fois, nous sommes dans une phase d’accélération de la crise. Cette solution aurait dû être pensée et préparée dès le début de 2010.

Le choix sera donc entre un maintien dans une zone Euro en crise, à un coût considérable en matière d’austérité et de pouvoir d’achat, et sans pouvoir espérer autre chose qu’une rémission, et une sortie de la zone Euro.
Cette solution produira certes un traumatisme, mais ce dernier sera plus politique qu’économique. Elle est la seule qui nous offre une perspective de croissance. Elle n’était pas mon premier choix quand j’ai commencé à tirer le signal d’alarme, que ce soit quant à la dynamique de l’Euro en 2006 ou par rapport à la divergence accélérée que connaissaient les économies de la zone (que j’avais qualifié de manière prémonitoire « d’eurodivergence ») dès le début de 2009.

Une question reste cependant posée : quand surviendra cette crise de la zone Euro ? Les évolutions de la situation en Grèce, mais aussi en Espagne et au Portugal pourraient impliquer que cette crise survienne dès le début de cet automne. Au plus tard, elle aura lieu vers la fin du printemps 2012. Les conséquences politiques pourraient en être bien différentes suivant le moment où cette crise se produira. C’est aussi sans doute la raison pour laquelle le personnel politique français se refuse à accepter l’inévitable et à faire face à la réalité. Mais Lénine disait déjà, il y a de cela presque cent ans, que « les faits sont têtus ». Le principe de réalité finit toujours par s’imposer aux idéologues. Cependant, à trop vouloir nier la réalité, elle se venge…

J.S

Jacques Sapir est économiste, directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales, et à l'Université de Moscou. Il a notamment publié : Les Économistes contre la démocratie (Albin Michel, 2002), Les Trous noirs de la science économique (Seuil, « Points Économie », 2003), Quelle économie pour le XXIe siècle ? (O. Jacob, 2005), La Fin de l’eurolibéralisme (Seuil, 2006) et Le Nouveau XXIe siècle (Seuil, 2008) et La démondialisation (Seuil, 2011).


Vous pourrez lire aussi (par exemple)

Vous avez aimé les farines animales, vous adorerez l'euro, par Philippe de Villiers (Albin Michel, 2001)
La France est-elle finie ?, par Jean-Pierre Chevènement, (Fayard, 2011)
A chaque peuple sa monnaie : contre la monnaie unique, par Georges Berthu, (de Guibert, 1998)
La fin de l'Euro, par Christian Saint-Etienne, (Bourin, 2009, réédition revue et augmentée en 2011)

Dimanche 5 Juin 2011
L'Observatoire De l'Europe
http://www.observatoiredeleurope.com/L-euro-en-crise-terminale_a1494.html
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7 juin 2011 2 07 /06 /juin /2011 03:16
3 gestes pour se protéger des bactéries tueuses Escherichia coli
  • La bactérie E. coli entéro-hémorragique (Eceh) inquiète les Européens
  • Voici les mesures à prendre en cas d'épidémie
Sylviane Passard - Lundi 06 Juin 2011

       
Qu’est-ce que la bactérie Escherichia coli entéro-hémorragique (Eceh) ?

Cette bactérie fait partie des Escherichia  coli producteurs de shigatoxines (STEC), qui sont des bactéries surtout présentes dans le tube digestif des bovins. Elles produisent des toxines qui empêchent nos cellules de synthétiser les protéines. Les infections causées par les STEC entraînent des manifestations cliniques graves : colites hémorragiques mais surtout le syndrome hémolytique et urémique (SHU) pouvant conduire à l’insuffisance rénale chronique ou aigüe. Les sérotypes les plus connus sont E. coli O157: H7, et plus récemment O104 :H4 à l’origine de l’épidémie qui s’est déclenchée en Allemagne.

Quels sont les symptômes?

Les symptômes typiques comprennent des crampes abdominales sévères, l'apparition soudaine d'une diarrhée aqueuse, souvent sanglante, et parfois des vomissements et une fièvre peu élevée. Des complications graves comme la colite hémorragique, le syndrome hémolytique et urémique peuvent survenir.

Combien de temps avant l'apparition des symptômes?

La période d'incubation varie de 1 à 8 jours, mais elle est en général il de 3 à 5 jours.

Quels sont les vecteurs de ces bactéries ?

Il s’agit de :

  • Viande bovine crue (steak tartare) ou mal cuite
  • Fruits et légumes crus, mal lavés
  • Eau contaminée
  • Jus de pomme non pasteurisé
  • Laitages non pasteurisés
  • Coquillages
  • Contact avec des bovins
Une personne peut-elle transmettre la bactérie ?

Oui, le contact de personne à personne, par des mains mal lavées par exemple, peut être en cause. Elle peut se produire notamment dans les collectivités : garderies, hôpitaux, foyers pour personnes âgées.

Comment se protéger ?
  • Bien cuire la viande et surtout la viande de bœuf hachée
  • Choisir des fromages à pâte pressée cuite (type Emmental, Comté, etc.), les fromages fondus à tartiner et les fromages au lait pasteurisé,
  • Laver fruits et légumes avant de les consommer,
  • Emballer et séparer les aliments crus et les aliments prêts à être consommés,
  • Consommer rapidement les restes alimentaires et les plats cuisinés ;
  • Laver au préalable les ustensiles de cuisine qui ont été en contact avec des aliments crus,
  • Bien nettoyer le plan de travail avant de s’en resservir,
  • Laver ses mains avant de manger et en sortant des toilettes,
  • En cas de diarrhée, quelle qu’en soit la cause, éviter de se baigner dans des lieux de baignades publics et de préparer des repas,
  • Ne pas boire de l’eau non traitée (eau de puits, torrents, etc.) et éviter d’en avaler lors de baignades (lac, étang, etc.).
Trois gestes pour se protéger en cas d’épidémie

En cas de développement de l’épidémie, en plus des mesures de précaution déjà évoquées (faire cuire viandes et coquillages), LaNutrition.fr vous conseille de :

  • Plonger légumes et fruits dans deux bains successifs de permanganate de potassium (0,5 g par litre) comme on le fait encore en Afrique (attention, il y a des précautions d’utilisation). Selon les études que nous avons pu consulter, le permanganate de potassium aurait un effet antiseptique réel sur ces bactéries.
  • Prendre, le temps de l’épidémie, des comprimés de vitamine C (500 mg à 1000 mg/j en doses fractionnées) : nous avons retrouvé des études anciennes montrant que l’acide ascorbique réduit de moitié la virulence des bactéries E.coli à shingatoxines.
  • Prendre des probiotiques, bifidobactéries et lactobacilles, qui apportent elles aussi une protection contre les STEC. On les trouve dans les yaourts, mais pour plus de sécurité et pour des concentrations plus élevées, on optera pour des compléments alimentaires, disponibles en pharmacie, magasins diététiques, sur Internet et sur NutriStore ici.

 

http://www.lanutrition.fr/les-news/3-gestes-pour-se-proteger-des-bacteries-tueuses-escherichia-coli.html

 

 

Comment neutraliser une bactérie tueuse?

Assainir les aliments Bactérie tueuse: les scientifiques piétinent La bactérie Escherichia coli entéro-hémorragique O104-H4 a déjà fait 18 morts en Europe, principalement en Allemagne, pays qui…

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7 juin 2011 2 07 /06 /juin /2011 02:26

 

23 05 11 printemps europeen

 

 

 

Alerte, dernière mn ! Le mouvement des Indignés, comme les Révolutions arabes,

sont aussi l'oeuvre de la CIA relayée par les réseaux sociaux, Facebook ou Twitter,

tout sera récupéré au profit des tenants du Nouvel Ordre Mondial,

qui veulent sous leur égide uniformiser le monde,

en écartant les dirigeants indépendants,

ou les "dictateurs" accaparant les ressources des pays

au détriment des multinationales de l'Occident.

Ils seront remplacés par des pions du NOM

(comme en Georgie ou en Afghanistan) 

au seul service des intérêts de l'Occident,

  et bienveillants à l'égard d'Israël.

C'est dans ce cadre que les Indignés s'implantent en Turquie:

Il faut que ce pays soit aux ordres de l'OTAN !

L'Empire veut tout contrôler, Gouvernements et ressources,

tout diriger, tout piller, et après avoir soumis les pays,

le Nouvel Ordre Mondial pourra enfin attaquer Russie et Chine, deux gros morceaux,

avec comme supplétifs de leurs abominations, des citoyens européens.

Les Européens sont aujourd'hui, par la volonté des dirigeants ne les représentant pas,

totalement alignés, soumis, aux Anglo-Saxons. Alerte, nous sommes tous floués !

eva R-sistons

 

 

Voici le Printemps des Français. Appel d'eva R-sistons au Printemps des peuples

Comment s'indigner ? Au coeur du pouvoir - Divina Insidia: Au coeur du NOM

 

 

 

http://fr.academic.ru/pictures/frwiki/72/Honore_Daumier_The_Uprising.jpg

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7 juin 2011 2 07 /06 /juin /2011 00:12
http://www.journeesdelaterre.com/images/RESSOURCES/conscience-et-environnement_pierre-rabhi-1.jpg

http://www.journeesdelaterre.com/images/RESSOURCES/conscience-et-environnement_pierre-rabhi-1.jpg

Pierre Rabhi : "Vivre sobrement, c'est une forme de libération"


 

 

La Une du "Monde Magazine" daté 4 juin 2011.

La Une du "Monde Magazine" daté 4 juin 2011.Le Monde Magazine


Dans un chat sur Le Monde.fr, Pierre Rabhi, philosophe, agriculteur, chantre de la "sobriété heureuse" et de la décroissance, explique que "nous sommes dans le toujours plus, mais jamais dans un retour réaliste à la modération".

Béa : J'ai déjà entendu parler de vous mais n'ai lu aucun de vos ouvrages. Qu'appelez-vous "la sobriété heureuse", que défendez-vous ?

Pierre Rabhi : Cela fait quand même une cinquantaine d'années que je suis en protestation, en quelque sorte, contre un monde et une modernité en particulier qui a cessé de donner de l'importance à la nature et à l'être humain pour donner de l'importance à l'argent, au lucre. La vision qui s'est instaurée, surtout à partir des préceptes de la modernité, a donné à l'être humain démiurge une sorte de pouvoir qui a fait qu'il a instauré un principe qui l'a de plus en plus séparé de la nature, avec une sorte de "hors-sol" appliqué à l'humain et une subordination du vivant.

Nous sommes dans la civilisation de la combustion énergétique, de l'accélération du temps par la thermodynamique, et d'une espèce de rupture grave par rapport à la réalité vivante. Et avec un souci qui n'est pas à la hauteur où il devrait être du destin collectif.

Ainsi, on a une planète avec une société inégalitaire, on a instauré une sorte de féodalité planétaire dans laquelle une minorité humaine accapare le maximum du bien commun au détriment d'une très grande majorité.

Celle-ci est de ce fait dans l'indigence. Les explosions actuelles sociales et toutes les protestations qui se multiplient sont révélatrices de ce malaise global. Il y a donc nécessité de mettre l'humain et la nature au cœur de nos préoccupations. Et tous nos moyens à leur service.

On m'avait poussé à me présenter à l'élection présidentielle de 2002, et notre manifeste mettait bien en avant la subordination du féminin, une éducation qui ne prépare pas l'enfant à avoir son équilibre propre mais à devenir un soldat de l'économie. On a concentré des êtres humains en ville au détriment de l'espace naturel, etc.

Nathnet : La nécessité d'une décroissance est pour moi une évidence ; je ne parviens néanmoins pas à imaginer quel chemin le monde tel qu'il est pourrait emprunter pour entamer cette décroissance. Quel pourrait être ce chemin ?

Le chemin commence déjà par soi-même. Il faut spécifier que pour ce qui me concerne, je ne suis pas seulement dans des théories générales, puisque quand nous avons décidé un retour à la terre en 1961, la question de la modération comme fondement social était l'un des paramètres complètement intégrés dans le projet. La question était : comment vivre sobrement de façon que l'être ne soit pas aliéné par l'avoir ? C'est une forme de libération.

L'autre élément à prendre en compte, c'est que, objectivement, nous n'avons pour vivre qu'une seule planète, cette planète recèle des ressources, ces ressources ne sont pas illimitées, il est donc indispensable que l'humanité s'ajuste à cette réalité.

Et là aussi, au lieu de voir notre planète comme une opportunité extraordinaire, belle et généreuse, nous la voyons comme un gisement de ressources qu'il faut épuiser jusqu'au dernier poisson, jusqu'au dernier arbre. C'est en quelque sorte la sacrifier à la cupidité et au lucre. C'est moralement totalement intolérable.

Stéphane : Ne croyez-vous pas que ce que vous proposez ne peut être accepté et vécu que par une toute petite minorité ? Et que la plupart des gens ne seront pas prêts à faire de grosses concessions par rapport à leurs modes de vie ?

Disons qu'il faut d'abord réajuster les choses. Les disparités mondiales sont considérables. Il y a à peu près un quart de la population mondiale qui est dans une forme de prospérité considérable, et les trois quarts qui sont dans l'indigence, la pauvreté ou la misère absolue.

Donc il y a nécessité d'un réajustement qui soit se fera par l'intelligence et une détermination, une nouvelle civilisation de la modération, soit par la violence.

Nous assistons aujourd'hui à des événements qui sont très significatifs de ce qui peut se généraliser. Et compte tenu du lien qui existe entre les nations, de l'interdépendance compétitive, on peut imaginer un drame planétaire.

Guest : Pensez-vous, si la décroissance devait se produire, qu'elle arriverait plutôt dans un mouvement lent et continu ou au contraire soudain, dû à une catastrophe ou épidémie quelconque amenant l'homme à une prise de conscience du réel ?

Il est temps de mettre en perspective la nécessité absolue de construire un nouveau paradigme sur la réalité que nous observons aujourd'hui. Je n'ai jamais critiqué les politiques pour ce qu'ils sont, ils sont comme tout le monde, empêtrés dans une logique d'une complexité telle qu'elle handicape même les initiatives positives.

Mais si j'ai un reproche à leur faire, c'est de ne pas mettre en perspective, justement, la logique de la modération.

Nous sommes dans le toujours plus, toujours plus, et nous ne sommes jamais dans un retour réaliste à la modération.

Ladigue : Attendez-vous quelque chose de l'Etat et des élections ? Prendrez-vous position pour la primaire écologique entre Eva Joly et Nicolas Hulot ?

FHamy : La candidature de Nicolas Hulot vous convainc-elle ?

Je suis très gêné de donner une réponse à ces questions, car je suis totalement convaincu que la politique, globalement, n'est pas du tout en phase avec les réalités du monde d'aujourd'hui et toutes les mutations gigantesques qui sont en train de se faire, ou ces séismes, pas seulement telluriques mais sociaux. Je ne crois vraiment pas que l'on puisse donner une réponse crédible et durable à l'Histoire sans mettre en question le paradigme de la croissance et de la puissance de l'argent.

Je pense que le monde politique comporte des êtres humains de conscience, mais la complexité du modèle risque d'handicaper leurs aspirations.

Je connais Nicolas Hulot, puisque nous avons écrit un ouvrage ensemble, j'ai beaucoup d'estime pour cet homme. Entre le Nicolas Hulot médiatique et le Nicolas Hulot dans l'intime, j'ai trouvé qu'il y avait une différence, et je suis touché par ce qu'il est en tant qu'être humain.

Donc je n'aurai pas de consigne à donner, je pense que chacun jugera. Par ailleurs, nous avons nous-mêmes, pour 2012, un projet qui mettrait en évidence tout l'effort que fait la société civile pour imaginer et inventer le futur.

Cela prendra la forme d'une sorte d'animation nationale où, avec notre organisation Colibri, nous essaierons d'inciter le maximum de groupes humains ou d'individus à mettre en évidence tout ce qu'ils font pour un changement de société.

Sur quatre critères : il faut changer de paradigme, mettre définitivement et résolument l'humain et la nature au cœur de nos préoccupations ; pour qu'il y ait changement de société, il faut qu'il y ait changement humain, d'où une autre éducation qui ne soit pas seulement dans la compétitivité, mais dans la complémentarité ; la reconnaissance du féminin comme étant une composante très importante de l'histoire et qui ne doit plus être subordonnée ; une belle civilisation de la modération, exalter la beauté de la modération ; quatrième critère, un peu plus délicat mais qu'on ne pourra plus continuer à évacuer : reconnaître le caractère sacré de la vie. Et sur ces critères, nous essayons de faire que ce manifeste ait bien toute cette créativité.

Nous n'entrerons pas, comme je l'ai fait en 2002, dans le rituel politique, les 500 signatures, etc., notre objectif n'étant pas de prendre une place politique, mais de donner la parole à tous ceux qui sont engagés dans la construction d'un monde différent.

Fabrice J : Est-ce que vous prônez également une décroissance démographique, on a du mal à voir comment l'on pourrait allier une décroissance économique et l'extraordinaire boom démographique actuel. Que préconisez-vous en la matière ?

C'est un sujet très désobligeant pour les peuples qui n'ont même pas à manger. Dire que, par exemple, la faim dans le monde est due au surnombre de la population, c'est une ineptie compte tenu qu'il y a 1 milliard d'êtres humains qui connaissent la famine, il y en a 3 milliards qui sont à peine nourris, alors que les ressources existent, alors que la nature a une capacité extraordinaire à la générosité. Je suis moi-même agroécologiste, et j'affirme que nous pouvons nourrir l'ensemble des êtres humains, à la condition que nous en ayons le souci.

On dit parfois que l'Afrique est pauvre ; or l'Afrique représente presque dix fois la superficie de l'Inde, c'est un continent où la population est relativement jeune, qui recèle toutes les richesses possibles, y compris des richesses inutiles que sont les diamants et tout le reste, et je crois qu'elle n'atteint pas le milliard d'individus. Comparée à l'Inde ou à l'Asie, elle serait sous-peuplée.

Donc je ne pourrai jamais admettre cette imposture, si l'on prend en compte les dépenses exorbitantes que nous faisons avec les armements, les destructions de toutes sortes, alors que nous négligeons notre devoir premier, qui est de prendre soin de la vie.

Arnaud : N'êtes-vous pas certaines fois découragé et lassé par la tournure des choses ? Pouvez-vous comprendre certains militants comme Paul Watson (ou José Bové dans une autre mesure) qui ont décidé d'être en protestation mais sous la forme d'actions directes contre ce qu'ils critiquent ?

Bien sûr, je ne suis qu'un être humain, avec mes humeurs, variables. Je pense que toute violence est de la violence. Je comprends aussi – évidemment je ne juge pas – qu'il puisse y avoir des états d'exaspération dans lesquels on ne voit pas d'autres expressions que celle de la réaction dite violente.

Donc je ne juge pas. Je sais aussi que je suis un insurgé depuis déjà cinquante ans, et la meilleure façon de m'insurger a été de tenter de construire d'autres choses, avec une autre logique. Ma réaction repose sur l'engagement pour la Terre – comment nourrir les êtres humains ? – et j'utilise donc l'agroécologie comme moyen d'agir.

Et je le fais avec toute la ferveur et l'énergie que je peux, au Nord, au Sud, et je suis dans une forme de satisfaction humble d'avoir, par exemple, permis à des milliers de paysans du Sud de se nourrir sans dépendre des engrais chimiques, des pesticides de synthèse, et donc de se libérer de l'aliénation qu'impose le système dominant aujourd'hui.

Je ne prétends pas être Dieu, mais je crois beaucoup plus à : comment faire autrement ? et non à la protestation toute simple. Mais je répète, je ne juge pas, je pense que les actions comme celles de José Bové vont contribuer à éveiller, mais chacun là où il est fait ce qu'il peut.

Cath26 : Je souhaite soumettre une idée : faire une proposition à tous les maires des petites communes rurales (et sous d'autres formes aux communes plus importantes) qu'ils mettent à la disposition d'un maraîcher sachant travailler en bio des terrains suffisants pour permettre de fournir les légumes à la cantine et fournir des paniers ou vendre la production sur le marché du village. Qu'en pensez-vous ?

Je ne peux que souscrire à cette idée. Sauf que la problématique aujourd'hui, de l'alimentation mondiale comme de l'alimentation nationale, devrait être traitée comme un des grands paramètres qui influeront sur l'avenir.

Il est absolument anormal qu'un pays vive de transferts et de transits de nourriture à coups d'énergie et sur des milliers de kilomètres, alors qu'un pays comme la France rentre dans la friche. Produire et consommer localement a toujours été pour moi une priorité.

Je m'y suis mis moi-même, d'ailleurs, je ne fais pas que le proclamer. Et la problématique alimentaire mondiale est en train d'entrer dans une phase où une pénurie mondiale n'est absolument pas à exclure.

Donc les initiatives locales sont les bienvenues, mais il faut un plan national qui puisse permettre de repenser de fond en comble cette problématique cruciale.

Le chat : Vous avez dit dans un article publié dans Rue89 qu'"avoir un morceau de terre pour se nourrir est un acte politique et de résistance." Pensez-vous que passer sa vie à cultiver sa terre pour se nourrir est un progrès pour l'homme ?

Non, il ne s'agit pas seulement de passer sa vie à cultiver la terre. J'ai cultivé la terre, même au plan familial, cela ne nous a pas empêchés d'être des musiciens pratiquants, d'écrire des ouvrages, et bien d'autres activités de culture générale. Par ailleurs, il faut surtout se garder de mépriser, comme on l'a trop souvent fait, le travail de la terre. C'est le métier le plus indispensable à la collectivité humaine.

Et c'est un métier qui ouvre à des connaissances absolument extraordinaires, à condition de le faire selon les critères de la vie et pas selon les critères de la chimie et du productivisme.

Mais je suis aujourd'hui en situation d'assumer ma vie avec d'autres activités, et je peux me passer de beaucoup d'activités, sauf celle de travailler la terre tant que je le pourrai, car c'est une source de joie absolument extraordinaire.

Mme Lily Maie Lang : Quel regard portez-vous sur le mouvement des Indignés qui se développe en Espagne et ailleurs ?

Je suis d'accord pour l'indignation, mais l'indignation ne peut pas rester que de l'indignation. Elle peut être source de violences. L'indignation doit être constructive, pas seulement dans la protestation. Je ne me sens pas innocent de l'organisation du monde actuel, donc je ne vois pas, d'un côté, les victimes, et de l'autre, les bourreaux. Ce n'est pas si simple.

Parce qu'il y a nécessité, comme je le disais, d'un changement profond des êtres humains pour que cette protestation puisse véritablement contribuer au changement de la société. Je ne peux pas me contenter de m'indigner et par exemple d'opprimer ma femme, mes enfants ou ma belle-mère...

Donc je n'ai pas de jugement particulier sur l'intention, mais il faut faire très attention à ce que cela peut induire, où finalement on instaure un ordre dans lequel il y a des victimes et des bourreaux. Je participe tous les jours à nourrir les multinationales, puisque je suis dans la consommation. Je pars plutôt du principe de responsabilité partagée que du clivage entre bourreaux et victimes.

Fabien : Pensez-vous qu'une agriculture toute biologique soit la réponse ? N'existe-t-il pas une agriculture "intermédiaire" entre l'agriculture biologique et l'agriculture intensive, qui pourrait prendre le relais de façon plus réaliste ?

John Foy : Comment faire pour changer la façon dont on pratique l'agriculture en France ?

Moi, je pense – et je l'ai prouvé partout – qu'on n'a vraiment pas besoin d'une agriculture qui nécessite des intrants chimiques de synthèse ni une mécanisation trop violente.

Tout cela procède d'une logique dans laquelle la pétrochimie internationale trouve des créneaux intéressants et lucratifs. Je pense vraiment que nous pouvons nous nourrir, nourrir l'ensemble de l'humanité, avec des méthodes écologiques.

J'ai écrit un ouvrage sur des expériences menées dans les zones sahéliennes, qui sont agronomiquement difficiles, et avec des résultats extraordinaires grâce aux méthodes écologiques. Cela a permis de libérer les paysans les plus démunis des intrants chimiques coûteux : il faut à peu près 2 à 2,5 tonnes de pétrole pour produire 1 tonne d'engrais, le pétrole étant indexé sur le dollar, tout paysan qui a recours à ces intrants se trouve intégré à la mondialisation. J'ai donc vu des communautés paysannes pauvres produire des denrées exportables, aboutir à la ruine parce que l'investissement reste relativement invariable et ensuite les produits – arachides, cacao – subissent la loi de l'offre et de la demande du marché, et c'est ce qui a contribué aussi à ruiner un nombre considérable de paysans.

Entre-temps, ils n'ont pas pu produire pour leur alimentation directe et ont été souvent contraints de migrer vers les villes. L'une des raisons de l'augmentation des populations urbaines est liée au fait qu'on ne les a pas aidés à se stabiliser sur leur sol. C'est pourquoi je suis absolument déterminé à poursuivre l'action que je mène depuis déjà une trentaine d'années. Nous avons pour répondre à cela créé une fondation, la fondation Pierre-Rabhi, pour la sécurité, la salubrité et l'autonomie alimentaire des populations.

Il n'y a que de cette façon que l'on peut, avec des techniques que nous maîtrisons, redonner à tous ces êtres souffrants et indigents la dignité, la capacité de répondre à leurs besoins et à ceux de leurs familles, sans aliénation.

Donc j'affirme encore une fois que l'agroécologie est la seule en mesure de répondre à la problématique de l'alimentation, avec des savoirs et des savoir-faire qui mettent en activité l'énergie de la vie elle-même telle qu'elle s'est organisée depuis les origines.

Léo : J'ai le sentiment en vous lisant que vous pronez un changement individuel (comportement, sens des priorités, alimentation, rapport au travail, etc) avant le changement collectif. Vous critiquez aussi le régime des empires commerciaux (corporatocraties). Mais ces empires ont-ils une chance de relâcher leur étreinte sans mobilisation collective ? Je comprends la nécessité des deux (mobilisation individuelle et mobilisation collective), mais comment articulez-vous les deux ?

Baptiste : Vous dites participer à nourrir les multinationales tous les jours, comme nous tous, par la consommation. Dans l'objectif du changement de paradigme que vous prônez, d'où doit venir le déclic ? Des multinationales (peu probables), des consommateurs (la consommation peut-elle être une action avec de véritables conséquences ?) ou bien du politique (vous n'y croyez apparemment pas) ?

Je dirais qu'aujourd'hui il y a deux choses : bien entendu, l'initiative individuelle, et les directives et les options politiques. Il faut les deux, sinon l'évolution ne peut se faire au rythme où elle devrait se faire compte tenu de l'urgence.

En fait, pour moi, tout se résume dans l'option que l'humanité a faite et qui n'est pas, comme je le disais, conforme à la réalité de la vie elle-même et des êtres humains, selon leur nature fondamentale.

Nous ne sommes pas sur cette planète pour produire et consommer indéfiniment pour le PIB et pour le PNB, nous sommes sur cette planète pour la comprendre, en prendre soin en prenant soin de nous-mêmes, et surtout, pour enchanter, pour admirer, pour que la vie ne soit pas un cauchemar, mais un rêve magnifique, poétique et qui nous accomplisse.

 

Chat modéré par Emmanuelle Chevallereau

 

 


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