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6 janvier 2013 7 06 /01 /janvier /2013 00:26

 

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dans Conflits / par La rédaction / dans 5 janvier 2013 à 23 h 06 min /

Un interview de Norman Finkelstein

par KEN KLIPPENSTEIN, CounterPunch


 

carte-de-la-palestine-en-2010Ken Klippenstein: Quel est à votre avis l’impact du Printemps Arabe sur les droits des Palestiniens?

 Norman Finkelstein: Le processus n’est pas terminé. Les résultats semblaient plus encourageants dans la phase initiale que maintenant. Peut-être que la phase actuelle va évoluer pour donner quelque chose de mieux, mais en ce moment, je dirais, si je peux utiliser le terme « démocratie », que la démocratie recule. L’axe réactionnaire du Qatar et de l’Arabie Saoudite, soutenu bien sûr par les Etats-Unis parvient actuellement à la faire reculer. Les évènements en Egypte de ces derniers mois n’ont pas été encourageants ni porteurs d’espoir. En ce moment le Qatar donne beaucoup d’argent aux Frères Musulmans, et cela n’est pas une bonne chose. En Syrie, ce qui a commencé comme la suite du Printemps Arabe avec des manifestations pacifiques pour faire tomber la dictature de Bashar a évolué en ce que certains personnes appellent une guerre civile. Mais je ne pense pas qu’il s’agisse vraiment d’une guerre civile parce qu’il ne me semble pas que la population du pays ait encore son mot à dire sur ce qui se passe. C’est devenu une guerre par procuration dans laquelle beaucoup de puissances régionales et mondiales comme l’Arabie Saoudite, le Qatar, la Turquie et l’Iran jouent un rôle funeste. Et puis la Russie soutient un camp et les Etats-Unis l’autre et ce sont probablement eux qui tirent les ficelles. Et puis il y a évidemment les Anglais et les Français. Alors l’avenir de la Syrie pour le moment ne semble pas brillant; on semble s’acheminer vers un beau désastre.

Le Printemps Arabe a bien commencé mais maintenant il recule. Quant à son impact sur la Palestine, on dirait qu’il est passé à côté d’elle. Il a eu un impact indirect sur Israël-Palestine à cause du nouveau rôle joué par l’Égypte et la Turquie: les États-Unis doivent en tenir compte dans toutes leurs décisions. Cela limite et contrôle les actions d’Israël. Concrètement, cela signifie qu’Israël ne pourrait pas refaire ce qu’il a fait en 2008-2009, à savoir l’Operation Cast Lead qui a consisté en un massacre intensif du peuple palestinien et la destruction de ses infrastructures civiles. La Turquie et l’Égypte ont tous les deux signifié à Washington qu’ils ne resteraient pas les bras croisés si Israël réitérait l’Operation Cast Lead. C’est pourquoi la dernière « opération » israélienne a été plus limitée et qu’au final ils n’ont pas réussi à l’emporter militairement et que dans les faits les Palestiniens, en l’occurrence les Gazaouis, ont empêché les Israéliens d’atteindre leurs objectifs. Mais pour ce qui est de mettre fin à l’occupation en mobilisant la population palestinienne pour des actions massives comme on l’a vu en Égypte, le Printemps Arabe est passé à côté. Il y a à cela plusieurs raisons : il y a le fait que les Palestiniens sont découragés et désespérés et qu’ils ne croient plus qu’il soit possible de modifier ou d’améliorer leur situation; il y a la répression sécuritaire qu’Israël a mis en place par l’intermédiaire de l’Autorité Palestinienne; et ajouté à cela, il y a – et c’est sans doute le plus évident – le fait que les Palestiniens n’ont pas de direction unie et qu’il n’y a en fait personne qui dirige les Palestiniens.

KK: Quel rôle pensez-vous que les États-Unis d’après guerre ont joué dans la création de l’état hébreu? Quels étaient à votre avis les motivations des décideurs étasuniens?

NF: Il y a eu de nombreux ouvrages académiques sur la question. J’en ai lu beaucoup quand j’ai écrit mon livre Knowing Too Much dont j’ai consacré une bonne partie à essayer de détruire les illusions de mes lecteurs dans ce domaine.

D’une manière générale, le président Truman, à l’époque, recherchait le vote des Juifs. Il est avéré qu’il voulait que les Juifs le financent, de façon à gagner l’élection de 1948. Il avait donc de bonnes raisons de soutenir le Plan de Partage de la Palestine de 1947 et de reconnaître Israël en 1948. Mais surtout, il n’y avait pas d’intérêt étasunien significatif en jeu et c’est la raison pour laquelle il a pris ces initiatives. A l’époque les seuls intérêts significatifs des États-Unis au Moyen Orient étaient leurs investissements en Arabie Saoudite et dans l’industrie du pétrole saoudienne. Le dirigeant saoudien, le roi saoudien, avait dit aux Etats-Unis qu’il ne verrait pas d’inconvénient à ce qu’ils reconnaissent Israël ni à ce qu’ils soutiennent Israël, à condition que les États-Unis n’interviennent pas militairement si un conflit éclatait dans la région suite à la partition de la Palestine ou à la création d’Israël. Et c’est exactement ce que l’Administration étasunienne a fait : elle a soutenu le Plan de Partage, reconnu Israël et puis Truman à imposé tout de suite un embargo sur les armes à tous les pays du Moyen-Orient. Il a donc suivi à la lettre les termes de l’accord conclu avec l’Arabie Saoudite. En fait, à l’époque, George Marshall (le secrétaire d’État) et toutes les agences étasuniennes dans leur ensemble, pensaient que, si une guerre éclatait, ce serait les Arabes qui la gagneraient. C’était une erreur, mais ils le croyaient quand même. Mais cette croyance n’a pas empêché Truman d’imposer un embargo sur les armes et de déclarer qu’il n’enverrait pas de troupes là-bas.

Alors en fin de compte ce qui est arrivé c’est que, comme les intérêts vitaux des États-Unis n’étaient pas en jeu et que Truman en tirait un bénéfice électoral, il a soutenu le lobby sioniste dans la création d’un état juif ; mais aussitôt que cela est entré en contradiction avec les intérêts fondamentaux des États-Unis, il a cessé de le soutenir.

KK: Pensez-vous que Morsi et les Frères Musulmans vont soutenir davantage la Palestine que le régime égyptien précédent?

NF: Je pense que le tableau sera contrasté. Le gouvernement égyptien actuel veut rester en bons termes avec les États-Unis ; il a besoin de « l’aide étrangère » étasunienne qui consiste principalement en des transferts militaires ; il a aussi besoin des prêts du FMI qui dépendent du bon vouloir des États-Unis. Et donc d’une manière générale les dirigeants égyptiens essayeront de garder de bonnes relations avec les États-Unis. Mais d’un autre côté, à cause de leur position idéologique et afin de garder le soutien populaire, il leur faudra adopter une ligne plus ferme en ce qui concerne Israël. Ils ne collaboreront donc pas comme Moubarak l’avait fait; mais il y aura des limites significatives à ce qu’ils pourront faire pour la Palestine.

KK: Quel rôle pensez-vous que l’Égypte a joué dans la récente victoire du Hamas (suite à l’opération Pilier de Défense).

NF: Je pense que le rôle principal que l’Égypte et la Turquie ont joué a été de dire très tôt à Barack Obama qu’ils ne tolèreraient pas une réplique de l’Operation Cast Lead ni une invasion terrestre israélienne. Israël, empêché de semer la mort et la destruction tous azimut selon sa stratégie habituelle, ne pouvait donc pas gagner.

KK: Vous savez certainement qu’Israël menace de construire des nouvelles colonies en Cisjordanie, ce qui serait une catastrophe pour la cause palestinienne. Que peut-on faire pour empêcher cela ?

NF: Le problème est qu’on ne peut pas faire grand chose. Il faut que les Palestiniens prennent l’initiative. Il y a des gens qui essaient de faire obstacle à la puissance israélienne. Les Européens, au moins verbalement, font pression sur Israël de manière plus ferme. Les États-Unis font un peu pression ; peut-être que ça limitera l’expansion des colonies. Ce qui serait une bonne chose. Mais en fin de compte ce qu’il faut, c’est mettre un terme à l’occupation. Je crois que pour qu’une pression extérieure de quelque importante puisse s’exercer, il faudrait qu’un mouvement pacifique de masse se développe dans les Territoires Palestiniens Occupés et qu’il soit soutenu par un mouvement de solidarité comme le Mouvement de Solidarité Internationale. Je pense que c’est la combinaison des deux qui obligera Israël à se retirer de Palestine.

KK: Vous dites que Pilier de Défense a été une « défaite retentissante pour Israël ». Pouvez-vous nous expliquer pourquoi vous pensez que c’est une défaite pour Israël et une victoire pour les Palestiniens.

NF: Il est facile de comprendre pourquoi c’est une défaite. Le but d’Israël était, comme il l’a dit lui même, de restaurer sa capacité de dissuasion: c’est à dire, de terroriser les Arabes en général et les Palestiniens en particulier. Quand tout a été fini, il était évident par la liesse qui régnait à Gaza et la mine déconfite des trois leader israéliens (Lieberman, Barak et Netanyahu) qui, pendant leur conférence de presse, faisaient penser à Huck Finn1  assistant à ses propres funérailles, qu’ils n’avaient pas réussi à terroriser davantage les Palestiniens.

KK: Peut-on comparer les roquettes lancées par le Hamas sur Israël avec les armes qu’Israël a l’habitude d’utiliser contre Gaza?

NF: On parle beaucoup des armes perfectionnées que le Hamas a utilisées. Je n’y crois pas un seul instant. La différence entre une roquette et un missile est que la roquette n’a pas de système de guidage tandis que le missile en a un. Quand une roquette est lancée, on connaît sa trajectoire et on peut la détruire. Mais on ne connaît pas la trajectoire d’un missile parce qu’il est guidé. En fait le Hamas a utilisé des roquettes très primitives -même pas des roquettes d’ailleurs, plutôt des pétards et des chandelles romaines. Les roquettes de courte portée que le Hamas a lancées n’ont pratiquement eu aucun impact et celles de longue portée qui ont atteint les secteurs de Tel Aviv et de Jérusalem ne comportaient pas d’explosifs. Enlever les explosifs était la seule manière de leur permettre d’aller aussi loin. Aussi, à peu de choses près, les armes que le Hamas a utilisées étaient les mêmes que celles qu’il avait pendant l’Operation Cast Lead.

KK: Vous vous êtes impliqué dans les efforts de désinvestissement (BDS : Boycott, Divestment, Sanctions)) . Quelles autres méthodes recommandez-vous aux habitants des États-Unis pour mettre fin aux brutalités des Israéliens envers les Palestiniens?

NF: Il n’y a pas de solution magique. Tout ce qu’on fait déjà – s’organiser, informer, boycotter, sanctionner – il faut continuer à le faire. Mais je pense que c’est aux Palestiniens qu’il revient de relever le véritable défi. Nous ne pouvons jouer qu’un rôle auxiliaire. Nous ne pouvons pas libérer les Palestiniens, ce qui de toutes façons ne serait pas une bonne chose. Si on libère quelqu’un, on en fait simplement la victime d’une autre force extérieure. Les gens doivent se libérer eux-mêmes parce que la libération ne se fait pas en un seul coup. Il faut faire preuve d’une vigilance éternelle. Autrement vous changez seulement de maître. Aussi le mieux que nous pouvons faire est de tenir le rôle d’auxiliaires.

Ken Klippenstein vit à Madison, Wisconsin, où il tient le website de gauche : whiterosereader.org.

Pour consulter l’original suivre ce lien.

Traduction : Dominique Muselet


Notes :

  1. Les aventures de Tom Sawyer, par Mark Twain. []

Tags: Impérialisme, Palestine, Sionisme, Syrie

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3 janvier 2013 4 03 /01 /janvier /2013 05:05


http://www.contrepoints.org/2012/10/10/100091-letat-ne-fera-aucune-economie-en-2013

Mercredi 2 janvier 2013

L'Irlande prend la présidence tournante de l'Union européenne et les commentaires sur la réussite irlandaise ne vont pas manquer de fleurir dans une certaine presse aux ordres..!

Elle repose, sera-t-il expliqué, sur un redressement financier résultant d'un choc de compétitivité favorisant les exportations.(sic).

Le modèle même qui est proposé à l'ensemble de l'Union européenne..cela tombe bien !

 

De quoi s'agit-il en réalité ?

Le gouvernement irlandais a cherché le salut en poursuivant sa stratégie de tête de pont vers la zone euro destinée aux entreprises transnationales. Ce sont ces dernières qui créent les flux financiers comptabilisés comme des exportations, et le choc de compétitivité provient de la baisse des salaires, de la chute des prix de l'immobilier de bureau, et surtout du maintien d'une fiscalité avantageuse. L'Etat ayant supporté les pertes colossales des banques,

( suite à l'explosion de la bulle immobilière irlandaise notamment , et comme l'avait souligné alors le ministre des finances italien: Trémonti : la question des créances à haut risque détenues par les banques comme facteur de risque.. lire mon billet du 23/01/2011 :Les causes de la crise irlandaise),

a vu sa dette exploser et, dans le cadre d'un plan de sauvetage, la rembourse en appliquant des mesures d'austérité ayant plongé le pays dans la récession, généré un chômage de près de 15% et contribué à une nouvelle vague d'émigration.

 

De quoi demain sera-t-il fait ?

Le gouvernement irlandais cherche à transférer aux banques la dette qu'il a contractée en les restructurant et la nationalisant, en application de la stratégie adoptée au dernier sommet européen de juin, mais les allemands et la BCE font obstacle. Le succès irlandais, c'est celui tout relatif d'une stratégie de transfert de la dette privée, ni plus ni moins. Et non pas celui d'une relance économique, car le flux des exportations irlandaises diminue au fur et à mesure que la zone euro s'enfonce dans la récession..!

 

Joseph Stiglitz a choisi la quotidien Handelsblatt pour faire entendre sa musique dissonante. Il avertit que "le vrai risque" pour l'économie mondiale se trouve en Europe, et rejette à la fois la pacte budgétaire et le palliatif temporaire que représenterait l'achat de titres souverains par la BCE. Ajoutant que si celle-ci fait de la poursuite des politiques d'austérité une conditions de ses financements, cela aura pour conséquence d'aggraver l'état du malade.Il conclut en se déclarant favorable à un "pacte de croissance" sans lui donner de contenu.

 

Ce thème va rebondir, repris en Italie au sortir de ses prochaines élections de février, soutenu pas le président de la République portugaise qui prend ses distances avec son premier ministre, défendu par le gouvernement irlandais qui connaît les limites du renouveau de son miracle.! Le mot est doté de pouvoirs magiques, comme tant d'autres dès qu'il s'agit d'économie, mais ce n'est pas une petite affaire que de lui donner de la consistance..!

 

Confronté à cette situation, le premier ministre japonais n'hésite pas pour sa part à voir les choses en très grand, ce qui implique, lorsque l'on veut dépenser vite beaucoup de crédits, une politique de grands travaux. Elle aura en l'occurrence comme justification partielle : la restauration des dégâts du Tsunami (car pour ceux de Fukushima, l'argent ne peut plus grand chose). Mais un précédent a existé au Japon, dont les résultats n'ont pas été à la hauteur des espérances: la trappe à liquidité est très profonde !

 

Quels sont les gisements de croissance en Europe ?

De quelles productions parle-t-on pour quels marchés, qui ne peuvent être trouvés qu'en dehors d'une Union européenne toute entière secouée par la crise ? La course à la dévaluation compétitive qui se généralise ne peut pas faire que des gagnants, elle tend même pour l'instant à ne produire que des perdants. La boîte à outils est remplie d'instruments devenus inutiles. L'exemple irlandais est là pour montrer la vacuité de politiques reposant sur des calculs de la croissance qui datent du temps où elle ne pouvait que progresser, comme les prix de l'immobilier...


ce Jour : CAC40 + 2,55%   FOOTSIE + 3,81%....

en raison d'un accord permettant de collecter 20% de la somme qu'il faudrait en réalité réunir aux Etats-Unis...

très clairvoyants les marchés...!!!

 

par François Leclerc

 

http://millesime.over-blog.com

  .

 

Voir aussi : 

 

Tous nos voeux de Grand Soir

rupturetranquille.over-blog.com/article-meilleurs-voeux-du-forum-...

les meilleurs titres dans la presse et les blog cette semaine

N'hésitez pas faire circuler !

 

.2013Je

2013, année de tous les dangers

http://legrandreveil.wordpress.com/2013/01/03/2013-annee-de-tous-les-dangers/

(ou cliquer sur l'image)

 

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3 janvier 2013 4 03 /01 /janvier /2013 04:45

 

Résistance politique: En savoir plus sur la société, l’État, la désobéissance civile et la commune libre pour mieux agir
Résistance politique: En savoir plus sur la société, l’État, la désobéissance civile et la commune libre pour mieux agir

Mercredi 2 Janvier 2013

 

Bienvenus à notre première publication pour 2013. Nous pensons qu’il est essentiel pour mieux agir individuellement et collectivement pour le bien commun, d’en savoir plus sur la société, l’État, les dogmes et les mythes qui les entourent ainsi que les solutions possibles au marasme dont nous sommes à la fois les témoins et les victimes…


Petits précis donc pour aider à mieux analyser et agir. Nous avons divisé ce long essai en plusieurs parties qui seront publiées à intervalle régulier.


Aujourd’hui 1er Janvier 2013, 1ère partie: La Société
– Résistance 71 –
 
Petits précis sur la société, l’état, la désobéissance civile et la commune volontaire autogérée, solution au marasme systémique actuel
 
par Résistance 71
 
Le 1er Janvier 2013
 
 
Nous allons essayer ici de briser les clichés et les fallacies du martelage sociologique incessant depuis le XVIIème siècle et les thèses pseudo-scientifiques d’un certain Malthus sur la “surpopulation”, relayées par la suite au travers des théories du darwinisme-social erronées et mortifères, le tout concernant la société et l’état dans leur sens consensuel et très peu souvent remis en cause.


Que nous dit le consensus ethno-sociologique

depuis près de 400 ans ?


Pour résumer, que l’évolution a favorisé les plus aptes pour la survie, que cette loi immuable de la nature se transfère dans la société humaine, régit par la loi du plus fort, la survie du plus apte (Herbert Spencer, Thomas Huxley, XIXème siècle) et qu’en conséquence directe, l’inégalité au sein de l’humanité est “naturelle”, inéluctable et que les humains dans leur vaste majorité sont inaptes à comprendre ce qui est juste et bon pour eux et à prendre des décisions appropriés et durables et qu’il leur faut être dirigés en permanence par une “élite eclairée”, qui les guidera vers la “lumière de la civilisation”. Que cette “direction” peut prendre la forme de monarchie absolue, de monarchie constitutionnelle, d’états religieux ou séculiers, qui se sont succédés au cours de l’Histoire, forme de pouvoir “naturellement” dirigée par la minorité des plus aptes à diriger et à prendre les décisions “justes” pour l’ensemble des participants de la société. Bref,. Nous sommes, depuis le XVIème siècle, qui a vu l’avènement des états-nations sous la forme de la monarchie de droit divin dite monarchie absolue, sous la houlette au mieux d’une oligarchie, au pire d’une ploutocratie qui dirige les sociétés non pas en vue du bien commun, de la quête du bonheur pour tous, mais en vue exclusive de la préservation de ses privilèges et de la consolidation de son pouvoir monopoliste oppresseur, exploiteur et coercitif.
Ceci est devenu limpide depuis longtemps pour ceux qui sont attentifs aux développement de nos sociétés au cours de l’Histoire, et depuis 2008, évident également pour bon nombre de gens en analysant leur vie quotidienne au sein d’une société en crise systémique depuis les quatre dernières années.


Nous allons essayer de mieux faire comprendre cet état de fait en utilisant les écrits de gens comme Henry David Thoreau, Howard Zinn, Pierre Kropotkine, Pierre Clastres, Gaston Leval et des textes comme la constitution des cinq nations iroquoises, qui est la constitution la plus ancienne de l’humanité, écrite, d’après les experts aux alentours  de l’an 1000 et faire entrevoir où la solution au mal sociétaire qui nous afflige toutes et tous pourrait se trouver. Nous allons étudier ce que les auteurs sus-mentionnés ont à nous dire objectivement après analyse scientifique des aspects de la société, de l’état, de la désobéissance civile et de modèles de remplacement du modèle “inéluctable” non-inéluctable produit et imposé par la minorité afin de contrôler la majorité.
Dans un premier temps nous verrons ce que nous dit sur la société et l’état, Pierre Clastres, ethnologue et anthropologue français de renommée internationale, dont les travaux en anthropologie politique ont révolutionné les concepts existant sur l’évolution des sociétés et l’origine (ou plutôt la non-origine) de l’État. Puis nous verrons ce que nous disent des penseurs comme Kropotkine et Leval sur l’état, Zinn et Thoreau sur la désobéissance civile vue comme un outil de transformation de la société vers un absolu de justice et d’égalité sociales et politiques, pour finalement entrevoir avec Proudhon, Kropotkine et Murray Bookchin, comment la société pourrait décemment évoluer vers un modèle égalitaire, non pyramidal et anti-autoritaire, dans un futur proche.


Dans “La Société contre l’État” (Editions de Minuit, 1974), Pierre Clastres nous fait part des résultats de ses recherches qui montrent, à l’encontre des dogmes établis, que “la société primitive” n’est pas une société en devenir, une société en cours de développement et “d’étatisation” (l’avènement de l’État dans l’Histoire étant vu pour certains, comme le philosophe Hegel et d’autres, comme la réalisation de la Raison dans l’Histoire, impliquant la fin de celle-ci), mais au contraire une société qui refuse l’état et le pouvoir coercitif. Il nous dit (p.19) que “les peuples sans écriture ne sont donc pas moins adultes que les sociétés lettrées. Leur histoire est aussi profonde que la nôtre et à moins de racisme, il n’est aucune raison de les juger incapables de réfléchir à leur propre expérience et d’inventer à leurs problèmes des solutions appropriées.” Dans l’ultime chapitre du livre (p.163) ils nous confirment que: “Il n’y a donc pas de hiérarchie dans le champ de la technique, il n’y a pas de technologie supérieure ni inférieure; on ne peut mesurer un équipement technologique qu’à sa capacité de satisfaire, en un milieu donné, les besins de la société.” Plus bas à la page 19, Clastres stipule que la vision et le jugement porté sur les “sociétés archaïques” n’est qu’une vue de l’esprit, déformée par le miroir de l’ethnocentrisme et de la pensée occidentale dominante, il dit: “L’obstacle épistémologique que la ‘politicologie’ n’a pas su jusqu’à présent surmonter, nous avons cru le déceler dans l’ethnocentrisme culturel de la pensée occidentale, lui-même lié à une vision exotique des sociétés non occidentales. Si l’on s’obstine à réfléchir sur le pouvoir à partir de la certitude que sa forme véritable se trouve réalisée dans notre culture, si l’on persiste à faire de cette forme la mesure de toutes les autres, voire même leur télos, alors assurément on renonce à la cohérence du discours et on laisse se dégrader la science en opinion. La science de l’Homme n’est peut-être pas nécessaire.”
 

 

La société prime l’État, qui n’est pas la condition sine qua non du développement. Les sociétés ont existé avant l’état et sont inhérentes à la grégarité humaine (vie en groupe) au contraire de l’état qui est la forme aboutie et perfectionnée de la coercition et de l’exploitation de la vaste majorité par la minorité oligarchique. Plus loin dans son étude Clastres nous dit (p.131):
Il y a évènement historique lorsque, aboli de ce qui les sépare et donc les voue à l’inexistence, pouvoir et parole s’établissent dans l’acte même de leur rencontre. Toute prise de pouvoir est aussi un gain de parole. Il va de soi que tout cela concerne en premier lieu les sociétés fondées sur la division: maîtres-esclaves, seigneurs-sujets, dirigeants-citoyens, etc. La marque primordiale de cette division, son lieu privilégié de déploiement, c’est le fait massif, irréductible, peut-être irréversible, d’un pouvoir détaché de la société globale en ce que quelques membres seulement le détiennent, d’un pouvoir qui, séparé de la société, s’exerce sur elle et au besoin, contre elle. Ce qui est désigné ici c’est l’ensemble des sociétés à État, depuis les despotismes les plus archaïques, jusqu’aux états totalitaires les plus modernes, en passant par les sociétés démocratiques dont l’appareil d’État, pour être libéral, n’en demeure pas moins le maître lointain de la violence légitime.”
Un peu plus loin (p.134), il assène: “Dans la société primitive, dans la société sans État, ce n’est pas du côté du chef que se trouve le pouvoir: il en résulte que sa parole ne peut pas être parole de pouvoir, d’autorité, de commandement. Un ordre: voilà bien ce qu’un chef ne saurait donner, voilà bien le genre de plénitude refusée à sa parole. Au delà du refus d’obéissance que ne manquerait pas de provoquer une telle tentative d’un chef oublieux de son devoir, ne tarderait pas à se poser le problème de sa reconnaissance… La société primitive est le lieu du refus d’un pouvoir séparé, parce qu’elle-même et non le chef est le lieu réel du pouvoir.
La société primitive sait par nature, que la violence est l’essence du pouvoir.  En ce savoir s’enracine le souci de maintenir constamment à l’écart l’un de l’autre le pouvoir et l’institution, le commandement et le chef. C’est le champ même de la parole qui assure la démarcation et trace la ligne de partage. En contraignant le chef à se mouvoir seulement dans l’élément de la parole, c’est à dire dans l’extrême opposé de la violence, la tribu s’assure que toutes les choses restent à leur place, que l’axe du pouvoir se rabat sur le corps exclusif de la société et que nul déplacement des forces ne viendra bouleverser l’ordre social. Le devoir de parole du chef, ce flux constant de parole vide qu’il doit à la tribu, c’est sa dette infinie, la garantie qui interdit à l’homme de parole de devenir homme de pouvoir.


Peut-on être plus explicite ? La “société primitive” mérite t’elle le mépris ethnocentriste au mieux, raciste au pire, que l’occident dogmatisé à dessein lui octroie depuis l’avènement de la pseudo-science du darwinisme-social ? Qui est vraiment “primitif” ?
L’apogée de son étude intervient dans le dernier chapitre qui porte le titre du livre (p.161). Là, Clastres nous livre l’essence même de l’antagonisme entre la société et l’état résultant de ses recherches ethno-anthropologiques, ainsi qu’une définition révisée du travail: “Les sociétés primitives sont des sociétés sans état: ce jugement de fait, en lui-même exact, dissimule en vérité une opinion, un jugement de valeur qui grève dès lors le possibilité de continuer une anthropologie politique comme science rigoureuse. Ce qui en fait est énoncé est que, les sociétés primitives sont ‘privées de quelque chose’: l’État, qui leur est, comme toute autre société, la nôtre par exemple, nécessaire. Ces sociétés sont donc ‘incomplètes’. Elles ne sont pas tout à fait de vraies sociétés; elles ne sont pas policées; elles subsistent peut-être dans l’expérience douloureuse d’un manque, le manque d’État, qu’elles tenteraient toujours mais en vain de combler. Plus ou moins confusément, c’est bien cela que disent les chroniques des voyageurs ou les travaux des chercheurs: on ne peut pas penser la société sans l’État. L’État est le destin de toute société. On décèle dans cette démarche un ancrage ethnocentriste d’autant plus solide qu’il est le plus souvent inconscient.
[...] Ces sociétés seraient, dit-on, condamnées à une économie de subsistance pour cause d’infériorité technologique. Cet argument n’est fondé, on vient de le voir, ni en droit ni en fait, ni en droit car il n’y a pas d’échelle abstraite sur laquelle nous pouvons mesurer les ‘intensités technologiques’: l’équipement technique d’une société n’est pas comparable directement à celui d’une autre différente, on ne peut opposer le fusil à l’arc ; ni en fait donc puisque l’archéologie, l’ethnographie, la botanique etc, nous démontrent précisément la puissance de rentabilité et d’efficacité des technologies sauvages. Donc si les sociétés primitives reposent sur une économie de subsistance, ce n’est pas faute de savoir-faire technique. Voilà justement la vraie question: l´économie de ces sociétés est-elle vraiment une économie de subsistance ?
[...] Dans la société primitive, société par essence égalitaire, les hommes sont maîtres de leur activité, maîtres de la circulation des produits de cette activité: ils n’agissent que pour eux-mêmes, quand bien même la loi d’échange des biens médiatise le rapport direct de l’homme à son produit. Tout est bouleversé par conséquent, lorsque l’activité de production est détournée de son but initial, lorsque, au lieu de produire seulement pour lui-même, l’homme primitif produit aussi pour les autres, sans échange et sans réciprocité. C’est alors que l’on peut parler de travail: quand la règle égalitaire d’échange cesse de constituer le ‘code civil’ de la société, quand l’activité de production vise à satisfaire les besoins des autres, quant à la règle échangiste se substitue la terreur de la dette. C’est bien là en effet qu’elle s’inscrit la différence entre le Sauvage amazonien et l’Indien de l’empire inca. Le premier produit en somme pour vivre, tandis que le second travaille en plus, pour faire vivre les autres, ceux qui ne travaillent pas, les maîtres qui lui disent: il faut payer ce que tu nous dois, il faut éternellement rembourser la dette à notre égard.
[...] La division majeure de la société, celle qui fonde toutes les autres, y compris sans doute la division du travail, c’est la nouvelle disposition verticale entre la base et le sommet, c’est la grande coupure politique entre détenteurs de la force, qu’elle soit guerrière ou religieuse et assujettis à cette force. La relation politique de pouvoir précède et fonde la relation économique d’exploitation. Avant d’être économique, l’aliénation est politique, le pouvoir est avant le travail, l’économique est une dérive du politique, l’émergence de l’État détermine l’apparition des classes.”


Plus loin dans ce dernier chapitre, Clastres analyse les différences fondamentales entre la “société primitive” sans état et la “société étatique”. C’est ainsi que nous apprenons que:
…L’apparition de l’État a opéré le grand partage typologique entre Sauvages et Civilisés, elle a inscrit l’ineffaçable coupure dans l’au-delà de laquelle tout est changé, car le Temps devient l’Histoire.
[...] Le continent américain illustre clairement l’autonomie respective de l’économie et de la société. Des groupes de chasseurs-pêcheurs-collecteurs, nomades ou non, présentent les mêmes propriétés socio-politiques que leurs voisins agriculteurs sédentaires: ‘infrastructures’ différentes, ‘superstructure’ identique. Inversement, , les sociétés méso-américaines, sociétés impériales, sociétés à État, étaient tributaires d’une agriculture qui, plus intensive qu’ailleurs, n’en demeurait pas moins, du point de vue de son niveau technique, très semblable à celle des tribus ‘sauvages’ de la forêt tropicale: “infrastructure” identique, “superstructures’ différentes, piuisqu’en un cas il s’agit de sociétés sans État et dans l’autre d’États achevés.
C’est donc bien la coupure politique qui est décisive et non le changement économique. La véritable révolution dans la protohistoire de l’humanité, ce n’est pas celle du néolithique, puisqu’elle peut très bien laisser intacte l’ancienne organisation sociale, c’est la révolution politique, c’est cette apparition mystérieuse, irréversible, mortelle pour les sociétés primitives de ce que nous connaissons sous le nom de l’État.
[...] L’État dit-on, est l’instrument qui permet à la classe dominante d’exercer sa domination violente sur les classes dominées. Soit. Pour qu’il y ait apparition de l’État, il faut donc qu’il y ait auparavant division de la société en classes sociales antagonistes, liées entre elles par des relations d’exploitation. Donc la structure de la société, la division en classes, devrait précéder l’émergence de la machine étatique. Observons au passage la fragilité de cette conception purement instrumentale de l’État. Si la société est organisée par des oppresseurs capables d’exploiter des opprimés, c’est que cette capacité d’imposer l’aliénation repose sur l’usage d’une force, c’est à dire sur ce qui fait la substance même de l’État, son ‘monopole de la violence physique légitime’… Ce que l’on sait maintenant des sociétés primitives ne permet plus de rechercher au niveau de l’économique, l’origine du politique. Ce n’est pas sur ce sol là que s’enracine l’arbre généalogique de l’État. Il n’y a rien, dans le fonctionnement économique d’une société primitive, d’une société sans État, rien qui permette l’introduction de la différence entre plus riches et plus pauvres, car personne n’y éprouve le désir baroque de faire, posséder, paraître, plus que son voisin. La capacité, égale chez tous, de satisfaire les besoins matériels et l’échange des biens et services, qui empêchent constamment l’accumulation privée des biens, rendent tout simplement impossible l’éclosion d’un tel désir, désir de possession qui est en fait désir de pouvoir. La société primitive, première société d’abondance, ne laisse aucune place au désir de surabondance. Les sociétés primitives sont des sociétés sans État parce que l’État y est impossible.
[...] Une société est primitive s’il lui fait défaut le roi, comme source légitime de la loi, c’est à dire la machine étatique. Inversement, toute société non primitive est une société à État, peu importe le régime socio-économique en vigueur. C’est pour cela que l’on peut regrouper en une seule classe les grands despotismes archaïques, rois, empereurs de Chine, ou des Andes, ou Pharaons, les monarchies plus récentes, l’État c’est moi, ou les systèmes sociaux contemporains, que le capitalisme y soit libéral comme en Europe occidentale ou d’État comme ailleurs..
Il n’y a donc pas de roi dans la tribu, mais un chef qui n’est pas un chef d’État. Qu’est-ce que cela signifie ? Simplement que le chef ne dispose d’aucune autorité, d’aucun pouvoir de coercition, d’aucun moyen de donner un ordre. Le chef n’est pas un commandant, les gens de la tribu n’ont aucun devoir d’obéissance. L’espace de la chefferie n’est pas le lieu du pouvoir et la figure (bien mal nommée) du ‘chef’ sauvage ne préfigure en rien celle d’un futur despote. Ce n’est certainement pas de la chefferie primitive que peut se déduire l’appareil étatique en général.
[...] Ce que nous montrent les ‘sauvages’, c’est l’effort permanent pour empêcher les chefs d’être chefs, c’est le refus de l’unification, c’est le travail de conjuration de l’Un, de l’État. L’histoire des peuples qui ont une histoire est, dit-on, l’histoire de la lutte des classes. L’histoire des peuples sans histoire, c’est, dira t’on avec autant de vérité au moins, l’histoire de leur lutte contre l’État.”
 

 

L’anthropologie politique classique pense que l’évolution des sociétés passe des fonctions primitives de sociétés “incomplètes » vers des sociétés complètes étatisées; Pierre Clastres dans sa trop courte carrière (maître de recherche au CNRS), a prouvé qu’il n’en était rien et que les sociétés dites “primitives” luttent de fait incessamment contre leur division, contre l’instauration du pouvoir et donc l’émergence de l’État. Elles savent instinctivement que pouvoir, coercition et violence fonctionnent ensemble pour la perte de leur paradigme égalitaire.
Pierre Clastres était un spécialiste des sociétés indiennes d’Amérique du sud qu’il étudia sur le terrain pendant plusieurs années, essentiellement au Paraguay et au Brésil chez les indiens Guayaki, Guarani, Chulupi, Yanomami et les Guaranis du Brésil, entre 1963 et 1974 (pas de manière continuelle).
Qu’en est-il des “sociétés primitives” d’Amérique du Nord ?
L’ethnographie générale semble corroborer les résultats des recherches de Clastres. Ici n’est ni le lieu ni le moment d’en faire une étude détaillée, mais nous pouvons néanmoins analyser brièvement une société établie de longue date (900 Ap. J.C), qui s’est structurée dès le XIème siècle en une confédération de cinq nations, régie par la plus vieille constitution de l’histoire de l’humanité, constitution datée de manière non précise par les historiens aux alentours de l’an 1000. Il s’agit de la Confédération des cinq nations iroquoises (Seneca, Cayuga, Onondaga, Oneida, Mohawk auxquelles est venue se greffer une sixième nation en 1745: la nation Tuscarora, qui est un membre adopté et non votant de la ligue iroquoise), confédération qui est régie par Kaianerekowa Hotinonsionne ou “La grande loi de la paix du peuple de la longue cabane” (117 articles). Il est à noter que Benjamin Franklin se servit de la constitution iroquoise comme d’une inspiration pour la rédaction de la constitution américaine et qu’elle servît aussi de base à la rédaction de la charte des Nations-Unies.
Comme beaucoup de nations natives nord-américaines (pas toutes néanmoins), la société iroquoise est une société matriarcale où les femmes ont une prédominance certaine (ce sont elles qui choisissent les chefs de clan et de nation, qui peuvent aussi les révoquer à tout moment) et où la propriété privée n’existe traditionnellement pas. Les produits des récoltes, chasses, pêches, ainsi que ceux résultant du commerce d’échange, étaient partagés au sein de la communauté. Si la constitution iroquoise établit une certaine hiérarchie des nations, elle prévoit néanmoins que toute décision impliquant la ligue ne peut se prendre qu’au cours de réunions du conseil des chefs des nations et doit être décidée à l’unanimité (pas de dictature de la majorité, tare bien connue de notre système pseudo-démocratique), cf. articles 8, 9 et 10 de la constitution iroquoise.
De fait, comme le souligne le professeur d’anthropologie Dean R. Snow, de l’université de l’état de Pennsylvanie dans son ouvrage “The Iroquois”, la constitution qui unit les cinq (six) nations iroquoises est essentiellement un pacte de non agression, plus qu’une véritable unité politique.
Ainsi cinq nations majeures se sont unies depuis plus de 1000 ans et ont scellé leur confrérie au moyen d’une constitution qui les réunit dans une confédération. Quoiqu’il en soit, les Iroquois ont traditionnellement évité l’écueil de l’étatisation en maintenant la dilution du pouvoir au sein du corps de leurs délégués (chefs nommés et révoqués par les femmes des clans) et par essence de chaque membre de leur population. C’est le pouvoir colonial qui, des Britanniques aux Américains indépendants en passant par les Canadiens à la fin du XIXème siècle, a forcé une division de la société iroquoise, comme de toutes les nations natives, en imposant une hiérarchisation de la représentation sur un modèle occidental. Nous retrouvons bien là les travers ethnocentristes et coercitifs inhérents à l’arrogance occidentale comme l’avait fort justement souligné Clastres. Ce n’est pas par hasard si les gouvernements coloniaux américain et canadien ne traitent officiellement avec les nations natives qu’au travers leur institution du Bureau des Affaires Indiennes et des chefs élus, seuls reconnus par les administrations de ces pays, bafouant le principe même du refus de la division inhérent à toutes les nations autochtones.
Nous avons observé grâce à Pierre Clastres que les rapports de la société et de l’état sont des rapports antagonistes et non pas des rapports harmonieux évolutifs, qu’en est-il du point de vue historique dans nos sociétés occidentales ?


A suivre…

 

Les partis ont-ils fait leur temps ?

  UNE DEMOCRATIE A BOUT DE SOUFFLE « L’Humanité, que nous voulions ou non, est en marche », dit Christian Maurel. Et il poursuit : «  Nous avons le plus grand besoin d’une « science politique » bien différente de [...]


Lire la suite

 

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On lira sur ce sujet les propositions générales que faisait Roger Garaudy en 1980: http://rogergaraudy.blogspot.fr/2012/12/la-nouvelle-communaute-humaine.html
La nouvelle communauté humaine: suggestions pour une démocratie, éduquer pour inventer le futur

 

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3 janvier 2013 4 03 /01 /janvier /2013 04:39

 

 

Sombre avenir pour l’Etat nation… annonce d’une accélération de la crise ?

imfc


 

En Octobre 2012, lors d’une réunion annuelle à Tokyo avec des technocrates et des représentants des finances publiques, les représentants du FMI ont déclaré que l’institution supranationale allait voir son rôle accru dans l’économie mondiale. Au cours du développement de la crise, il semble que les politiciens sont de plus en plus incapables de résoudre les problèmes, et cette incapacité constitue un danger pour l’économie mondiale. Il serait donc logique de TRANSFÉRER la direction du contrôle des richesses des nations  souveraines des dirigeants politiques au FMI.

La seconde étape de la crise est-elle annoncée ?


Si cette option était écartée, prévient la présidence du FMI, l’on risque de voir les investisseurs étrangers refuser de financer les déficits. Le message est donc d’une clarté extraordinaire ! Reste à ce que la crise passe la transition actuelle dans laquelle nous sommes depuis 2008 et permette d’avancer sur le chemin de l’Europe technocratique avant de passer à autre chose… de plus désagréable et qui justifierait l’intervention des pièces supranationales du cartel des banquiers oligarchiques… comme le FMI et la BIS. C’est juste une supposition de LIESI…


Les problèmes fiscaux aux Etats-Unis sont un des exemples cités traduisant l’incapacité des politiciens des Etats nations à agir dans le sens qui satisfassent les « investisseurs internationaux ». En outre, les contribuables à ponctionner maigrissent puisque le chômage explose et les bons alimentaires se multiplient.


Parrains-NYCC.

 

Il est tout de même curieux de voir des rapprochements entre la situation américaine et celle de certains autres pays comme l’Espagne et la Grèce. Cela signifie que les néoconservateurs favorables à l’Empire US et à une vision unipolaire n’ont plus la main… Les Etats-Unis finissent de vivre des jours heureux : l’avenir s’annonce bien sombre pour cette puissance aux pieds d’argile.

 

http://liesidotorg.wordpress.com/page/3/

 

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2 janvier 2013 3 02 /01 /janvier /2013 05:32

 

« Rayer des pays de la carte » :

Qui déroute les «États en déroute»?

Washington « œuvre à la destruction » d’une très longue liste de pays
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Une dangereuse rumeur s’est propagée à travers le monde et elle pourrait avoir des conséquences catastrophiques. La légende veut que le président iranien ait menacé de détruire Israël ou, pour citer les propos déformés, dit « Israël doit être rayé de la carte ». Contrairement à la croyance populaire, il n’a jamais fait cette déclaration […] (Arash Norouzi, Wiped off The Map: The Rumor of the Century, janvier 2007.)

 

Les États-Unis ont attaqué directement ou indirectement environ 44 pays à travers le monde depuis août 1945, certains d’entre eux à plusieurs reprises. Le but affiché de ces interventions militaires était d’effectuer un « changement de régime ». Pour justifier et dissimuler ce qui correspondait à des actions unilatérales et illégales, on a invariablement évoqué les « droits humains » et la « démocratie ». (Professeur Eric Waddell, The United States’ Global Military Crusade (1945- ), Global Research, février 2007)


« Voici un memo du Pentagone qui décrit comment nous allons anéantir sept pays en cinq ans en commençant par l’Irak, ensuite la Syrie, le Liban, la Somalie, le Soudan et pour terminer, l’Iran ». J’ai dit « Est-il classifié? » Il a dit « Oui monsieur. » J’ai répondu : « Alors ne me le montrez pas. » (General Wesley Clark, Democracy Now, 2 mars 2007.)


Washington « œuvre à la destruction » d’une très longue liste de pays.


Qui « raye des pays de la carte? » L’Iran ou les États-Unis?


Durant une période appelée euphémiquement l’« après-guerre » – de 1945 à aujourd’hui – les États-Unis ont directement ou indirectement attaqué plus de 40 pays.

Alors que les principes de la politique étrangère des États-Unis prétendent « propager la démocratie », l’interventionnisme étasunien, par des moyens militaires et des opérations clandestines, a donné lieu à la déstabilisation totale et la partition de pays souverains.

Détruire des pays fait partie d’un projet impérial des États-Unis, un processus de domination mondiale. De plus, selon des sources officielles, les États-Unis ont en tout 737 bases militaires à l’étranger (données de 2005).


 

Le concept d’« État en déroute »



Dans son rapport « Global Trends » (Tendances mondiales, décembre 2012), le National Intelligence Council (NIC), situé à Washington, « prédit » que 15 pays en Afrique, en Asie et au Moyen-Orient deviendront des « États en déroute » d’ici 2030 en raison de leurs « conflits potentiels et leurs ennuis environnementaux ».

La liste des pays dans le rapport de 2012 du NIC comprend l’Afghanistan, le Pakistan, le Bangladesh, le Tchad, le Niger, le Nigeria, le Mali, le Kenya, le Burundi, l’Éthiopie, le Rwanda, la Somalie, la République démocratique du Congo, le Malawi, Haïti et le Yémen. (voir p  39)

Dans le rapport de 2005, publié au début du second terme de Bush, le NIC avait prévu que le Pakistan deviendrait un « État en déroute » d’ici 2015 « car il sera affecté par la guerre civile, la talibanisation totale et la lutte pour le contrôle de ses armes nucléaires ».

Le Pakistan a été comparé à la Yougoslavie, découpée en sept États par procuration après une décennie de « guerres civiles » parrainées par les États-Unis et l’OTAN.

Le NIC prévoyait pour le Pakistan « un destin à la yougoslave […], un pays déchiré par la guerre civile, des bains de sang et des rivalités interprovinciales ». (Energy Compass, 2 mars 2005.)

Bien qu’il affirme que les États en déroute « servent de refuge aux extrémistes politiques et religieux » (p. 143), le rapport ne reconnaît pas que depuis les années 1970, les États-Unis et leurs alliés ont secrètement soutenu des organisations religieuses extrémistes afin de déstabiliser des États-nations laïques et souverains. Et le Pakistan et l’Afghanistan étaient des États laïcs dans les années 1970.

Un « statut d’État en déroute » à la yougoslave ou à la somalienne n’est pas le résultat de divisions sociales internes, mais un objectif stratégique mis en œuvre par des opérations clandestines et des actions militaires.


 

Fund for Peace, dont le siège est à Washington et le mandat consiste à promouvoir « une sécurité durable par la recherche », publie (annuellement) un « Index des États en déroute » basé sur une évaluation des risques (voir la carte ci-dessous). Trente-trois pays (compris dans les catégories Alerte [rouge] et Avertissement [orange]) sont identifiés comme étant des « États en déroute ».

Selon Fund for Peace, les États en déroute sont également des « cibles pour les terroristes liés à Al-Qaïda ».

Le classement annuel des pays par Fund for Peace et Foreign Policy indiquant les symptômes des États en déroute/fragiles est publié au moment où le monde s’inquiète de plus en plus du sanctuaire étatique au nord du Mali où s’établissent des extrémistes liés à Al-Qaïda pour l’expansion du djihad.

Inutile de dire que l’histoire d’Al-Qaïda comme élément du renseignement étasunien, son rôle dans la division des factions et l’instabilité au Moyen-Orient, en Asie centrale et en Afrique subsaharienne n’est pas mentionnée. Les activités des unités djihadistes d’Al-Qaïda dans la plupart de ces pays relèvent d’un programme clandestin diabolique du renseignement.


 

 

Les États « faibles » et « en déroute » : une menace pour les États-Unis

Selon une logique tordue du Congrès étasunien, les « États en déroute plus faibles » constituent une menace pour la sécurité des États-Unis : « [P]lusieurs menaces [émanent] d’États décrits soit comme étant faibles, fragiles, vulnérables, défaillants, précaires, en déroute, en crise ou déstructurés ».


Lorsque la Guerre froide a pris fin au début des années 1990, les analystes ont pris conscience de l’émergence d’un environnement de sécurité internationale dans lequel les États faibles et défaillants devenaient des véhicules pour le crime organisé international, des voies pour la prolifération nucléaire et des points chauds pour les conflits civils et les urgences humanitaires. Les menaces potentielles à la sécurité nationale des États-Unis que posent les États faibles et défaillants est devenue davantage évidente avec les attentats du 11-Septembre 2001 contre les États-Unis commis par Al-Qaïda, organisés par Oussama ben Laden à partir du refuge offert par l’Afghanistan. Les événements du 11-Septembre 2001 ont poussé le président George W. Bush à déclarer dans la Stratégie de sécurité nationale des États-Unis de 2002 que les « États faibles comme l’Afghanistan peuvent poser un danger aussi grand pour nos intérêts nationaux que les États forts ». (Weak and Failing States: Evolving Security, Threats and U.S. Policy, Rapport du CRS pour le Congrès des États-Unis, Washington, 2008.)


Dans ce rapport du CRS du Congrès, on ne mentionne toutefois pas que « les points chauds du crime organisé et les conflits civils » sont le résultat d’opérations clandestines du renseignement  étasunien.

Fait amplement documenté, l’économie afghane de la drogue, générant plus de 90 pour cent des réserves mondiales d’héroïne, est liée à une opération de blanchiment d’argent de plusieurs milliards de dollars impliquant de grandes institutions financières. Le commerce de la drogue en provenance de l’Afghanistan est protégé par le CIA et des forces d’occupation des États-Unis et de l’OTAN.


La Syrie qualifiée d’« État en déroute »


Les atrocités commises contre la population syrienne par l’Armée syrienne libre (ASL), appuyée par les États-Unis et l’OTAN, créent les conditions favorisant une guerre confessionnelle.


L’extrémisme confessionnel favorise le démantèlement de l’État-nation qu’est la Syrie ainsi que la fin du gouvernement central à Damas.

Le but de la politique étrangère de Washington est de transformer la Syrie en ce que le NIC appelle un « État en déroute ».

Le changement de régime implique le maintien d’un gouvernement central. Alors que la crise syrienne se développe, l’objectif ultime n’est plus le « changement de régime », mais la destruction et la partition de la Syrie en tant qu’État-nation.

La stratégie des États, de l’OTAN et d’Israël consiste à diviser le pays en trois États faibles. De récents reportages indiquent que si Bachar Al-Assad  « refuse de démissionner, la Syrie « deviendra un État en déroute comme la Somalie ».


L’un des possibles « scénarios de démantèlement » rapporté par la presse israélienne est la formation d’États, séparés et « indépendants », sunnite, alaouite-chiite, kurde et druze.

Selon le major-général Yair Golan des Forces de défense d’Israël (FDI), « la Syrie est dans une guerre civile qui fera d’elle un État en déroute où se propagera le terrorisme » et les FDI analysent actuellement « comment la Syrie se démantèlerait ». (Reuters, 31 mai 2012.)

En novembre l’ambassadeur de la paix des Nations Unies Lakhdar Brahimi a laissé entendre que la Syrie deviendrait « une nouvelle Somalie […] mettant en garde contre un scénario où les seigneurs de guerre et les milices remplissent un vide laissé par l’effondrement de l’État ». (Reuters, 22 novembre 2012.)


« Ce que je crains est pire […], que l’État s’effondre et que la Syrie se transforme en Somalie. »

 « Je crois que si l’on ne s’occupe pas de cette question correctement, la partition ne sera pas le problème mais plutôt la « Somalisation » : l’effondrement de l’État et l’émergence de seigneurs de guerre, de milices et de groupes de combattants. » (Ibid.)

Ce que l’envoyé de l’ONU a omis de mentionner est que le démantèlement de la Somalie était délibéré. Il faisait partie d’un projet militaire et du renseignement des États-Unis, désormais appliqué à plusieurs pays ciblés du Moyen-Orient, de l’Afrique et de l’Asie qualifiés d’« États en déroute ».

 

Voici la question principale : qui déroute les États en déroute? Qui les « anéantit »?

 

Le démantèlement planifié de la Syrie en tant qu’État souverain relève d’un plan régional intégré d’ordre militaire et des services de renseignement comprenant le Liban, l’Iran et le Pakistan. Selon les « prédictions » du NIC, le démantèlement du Pakistan devrait se produire au cours des trois prochaines années.


Michel Chossudovsky


Article original: “Wiping Countries Off the Map”: Who’s Failing the “Failed States”, publié le 29 décembre 2012.

Traduction Julie Lévesque pour Mondialisation.ca

 

Michel Chossudovsky est directeur du Centre de recherche sur la mondialisation et professeur émérite de sciences économiques à l’Université d’Ottawa. Il est l’auteur de Guerre et mondialisation, La vérité derrière le 11 septembre et de la Mondialisation de la pauvreté et nouvel ordre mondial (best-seller international publié en plus de 20 langues).

 

http://www.mondialisation.ca/rayer-des-pays-de-la-carte-qui-deroute-les-etats-en-deroute/5317556

 

 

Guerre et mondialisation

 

 

Trouvé sur un site,

 

http://fr.novopress.info/128833/frappe-aerienne-sur-une-soit-disant-boulangerie-en-syrie-anatomie-dune-enieme-desinformation-mediatique/

 

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2 janvier 2013 3 02 /01 /janvier /2013 05:26

 

 

http://www.alterinfo.net/La-Russie-incarnation-du-reve-gaulliste-au-21eme-siecle_a83924.html


La Russie: incarnation du rêve gaulliste au 21ème siècle?
De la Russie extrêmement gaulliste

22/11/2012


Nous signalons un commentaire, que nous jugeons excellent et éclairant, d’Alexandre Latsa, sur Novosti, le 21 novembre 2012. Il s’agit de «La Russie: incarnation du rêve gaulliste au 21ème siècle?», qui présente l’évolution de la Russie sous l’impulsion de Poutine comme absolument gaulliste, fondée essentiellement sur le principe de la souveraineté.


 

C’est une évolution que nous-mêmes observions et saluons, le 19 mai 2006, sous le titre de «La Russie régénérée, premier événement important du XXIème siècle».

L’observation supplémentaire que nous faisons est que cette tendance s’est poursuivie et accentuée, signe de l’importance et de la résilience (mot qui nous convient à cet égard) de cette conception chez Poutine, – et de cette conception perse, en général.

Dans la première partie du texte, après avoir rappelé l’évolution française depuis de Gaulle, Latsa définit la situation actuelle de la France (et des pays de l’UE qui aurait eu ou qui aurait pu avoir une prétention à la souveraineté).

Le constat est net, tout comme il est incontestable, en actant la complète débâcle de la souveraineté, en complète contradiction avec les conceptions gaullistes qui sont, à notre sens, l’application ferme et évidente des conceptions structurelles et principielles nécessaires à l’affirmation identitaire antiSystème.

C’est, aujourd’hui, le constat de la France dans ses basses eaux, emportée dans une de ses plus basses périodes, une de ces périodes comme ce pays en a connu plusieurs dans son Histoire mais aujourd’hui dans une situation générale (crise terminale du Système) elle-même totalement catastrophique.

«…Les souverainistes, de droite comme de gauche, s’expriment en gros de la même manière: Un bipartisme institutionnel de convenance, permettant une alternance totalement factice (les leaders des principaux partis de droite et de gauche étant d’accord sur presque tout) s’est mis en place pendant que les transferts de souveraineté de l’état français, se sont accentués en direction des instances communautaires, que ce soit sur un plan politique, économique, financier ou encore de contrôle des frontières.

Tout cela a contribué à ce que la France d’aujourd’hui ne puisse finalement plus être considérée comme une nation, tant elle est désormais totalement dépourvue de souveraineté, et ce alors que la souveraineté est l’attribut le plus essentiel de l’état. Peut-on imaginer une nation souveraine sans état souverain?

»La France de De Gaulle avait pourtant parfaitement traduit la parfaite et réalisable alchimie entre le maintien de la souveraineté nationale et la constitution d’une Europe forte: l’Europe des nations et des états. Le Général souhaitait une Europe des patries centrée sur le couple franco-allemand et tournée vers la Russie et non pas vers le binôme Anglo-saxon, Amérique / Angleterre.

L’idée de De Gaulle était simple : l’Europe devait se baser sur la coopération et sans organe supranational et reposer sur la totale souveraineté des états, en clair l’opposé absolu du processus fédéral d’intégration en cours via l’Union Européenne.

»La plupart des droits souverains des états sont en voie de totale disparition en Europe. Lesquels? Tant celui de contrôler ses frontières, de battre monnaie, de rendre justice ou de décider de faire ou non la guerre. Malheureusement pour les peuples européens, leurs élites politiques se sont volontairement engagées dans un système politique où elles n’ont même plus la maîtrise de leurs budgets.

On pourrait longuement discuter du pourquoi et comment en est-on arrivé la. De Gaulle avait pourtant résumé la situation, alors qu’à la fin de sa carrière ce bipartisme impuissant se profilait déjà. Il avait dit:

  • “le drame de la France c’est que la gauche n’est plus populaire, et que la droite n’est plus nationale”.»

Vient ensuite, sous la plume de Latsa, la description actuelle de la Russie de Poutine.

Dans l’environnement international catastrophique qu’on a dit, la Russie affirme une position principielle remarquable de fermeté et de rigueur. Nous devrions revenir sur ce thème, notamment pour dire combien cette fermeté et cette rigueur russes constituent un acte admirable, mais également un acte qu’il faut mesurer pour bien en apprécier l’avenir en fonction de ce cadre de cette “situation générale (crise terminale du Système) elle-même totalement catastrophique”.

Nous pensons en effet que l’appréciation en fonction de l’ensemble de la situation du monde est un complément absolument nécessaire au constat de l’affirmation souveraine de la Russie, pour en nuancer nécessairement la situation, moins en fonction d’une appréciation du “tout ou rien” (elle se poursuivra ou elle échouera) qu’en fonction de son effet antiSystème dans le cadre de l’effondrement du Système.

«Alors que l’intégration européenne s’est faite en dissolvant la souveraineté des états, la Russie depuis le début de ce siècle semble pour l’instant suivre une autre voix. On a beaucoup parlé dans les médias étrangers de la « méthode forte à la Russe », du non respect des droits de l’homme et aussi de la violence avec laquelle l’état a fait la guerre en Tchétchénie. Mais on a peu parlé du fait que cette guerre était avant un conflit interne et régional de restauration de la souveraineté fédérale pour écraser le risque séparatiste. Un risque séparatiste qui guette nombre d’états européens aujourd’hui.

On parle également trop peu de la politique économique russe avec son refus obsessionnel de l’endettement extérieur, pourtant nul ne doute que les générations futures en Russie sauront remercier leurs élus politiques d’aujourd’hui, au moins à ce sujet.

»Quand aux hommes d’affaires emprisonnés pour des détournements (certains des fameux oligarques), ils illustrent un message assez clair: en Russie aujourd’hui, malgré tous les travers que cela peut engendrer, c’est le politique qui prime sur l’économie et non l’inverse. A ce titre, la leçon de Pikalevo de 2009 pourrait faire office de Jurisprudence.

Les gigantesques plans de restructuration de l’armée ou le fait que les deux plus grosses compagnies énergétiques de la planète soient nationalisées traduisent du reste bien le fait que l’état russe souhaite rester entièrement souverain face aux capitalistes russes mais aussi face aux compagnies multinationales.

Quand au “multipartisme à la russe”, qui se traduit par la gouvernance d’une seule structure politique, trans-courants, mais que l’on pourrait appeler le parti de la majorité, on pourrait le comparer au parti Gaulliste en France, au moment de la fondation de la 5° république.

»Une comparaison qui n’est pas nouvelle, car le visionnaire Emmanuel Todd envisageait dès 2002 cette perspective d’un gaullisme à la russe dans son ouvrage ‘Après l’empire’:

  • “A l’heure du débat sur la globalisation et l’interdépendance universelle, la Russie pourrait émerger, selon un scénario intégrant toutes les hypothèses les plus favorables, comme une démocratie immense, équilibrant ses comptes extérieurs et pourvue d’une autonomie énergétique, bref, dans un monde dominé par les États-Unis, l’incarnation d’un rêve gaulliste”.»

 

dedefensa.org

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2 janvier 2013 3 02 /01 /janvier /2013 05:16

 

mardi 1 janvier 2013

La véritable raison de la chute de DSK par Thierry Meyssan
Thierry Meyssan et DSK (les autres vidéos sur le site)
 
Pour aller plus loin :
Austérité les populations paient à la place des spéculateurs
Fin du dollar - Myret Zaki ( extrait )
 
 
Le président de l´union européenne a signé en novembre 2012  ICI, et un accord de libre échange qui servira de transfert de fond aux états unis.
Quelque soit la monnaie, le type de régime politique, les occidentaux sont sommés de payer des dettes Ad vitam æternam, du berceau au tombeau...
Les nombreux suicides et expatriations ne sont pas le fruit du hasard. 
Nul doute que tout sera mis en oeuvre pour réduire le chômage, tout, absolument tout ...
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"M.E.S : la mise en esclavage de l'Europe ! Coup d'état dans 17 pays simultanément
Le Mécanisme européen de stabilité (MES) est le dispositif permanent de gestion des crises. 
Un fonds permanent de renflouement de l’euro doté de pouvoirs exorbitants.
 
Les élites européennes sont prêtes à nous endetter à 77% pour sauver l'UE. 
Tout le système financier peut basculer en quelques jours.

Fillon a déclaré qu'il faut "une gouvernance économique européenne", ce qui veut dire que des technocrates financiers, non élus, auront le pouvoir des choix économique des pays.

Ils sont prêts à endetter les peuples pour sauver les banques. 
L'union européenne s'apprête à faire passer le « mécanisme européen de stabilité » : M.E.S, l'Union des dettes, dans l'ignorance des peuples et sans qu'ils aient leur mot à dire. 
Les oligarchies veulent à tout prix le finaliser, le mettre en œuvre, et ceci sans retour possible.

Le 11 juillet 2011 le traité était signé. 
Le lendemain aucuns journaux Français ou étrangers ne titraient sur cette signature. 
La traduction de ce texte en français date du 15 octobre 2011.

Les parlements des 17 pays de la zone euro l'ont ratifié. 

Le « MES » est créé sous clause de DUREE ILLIMITEE – et un Etat signataire n’a aucune possibilité de sortir du processus. 
Nous appartiendrons à jamais aux Banques, inconditionnellement et irrévocablement, nous serons les garants et cautions des dettes auprès des banques, lesquelles ont un intérêt majeur à ce que cet endettement ne prenne jamais fin.

Le MES contrôle sur tous les budgets des Etats membres, toute imposition et taxation, droits de douane et TVA acquittés doivent lui être « restitués »….

La bureaucratie Bruxelloise arrive à adapter les traités à toute vitesse pour effectuer ce coup d'état dans 17 pays simultanément
LE MES NOUS MET EN ESCLAVAGE POUR 4.000 MILLIARDS. Ad vitam æternam
4000 milliards d'euros, serons nécessaire pour sauver les banques européennes.
Et c'est nous tous qui allons payer. Le mécanisme va nous mettre en esclavage absolu par la dette, l'UE a créé un traité hors la loi, AVEC IMMUNITE DIPLOMATIQUE, Si le MES passe, nous sommes tous mort économiquement. 
C’est une dictature au seul bénéfice du Cartel. Le MES est le nouveau dictateur européen. Il peut simplement exiger des pays de la zone euro de payer des milliards d'euros sous 7 jours.


Imaginez une autorité nouvelle qui demande, quand elle le veut, aux Etats de payer dans les 7 jours des montants non plafonnés. Une autorité qui peut accuser sans être accusée. Une autorité dont les dirigeants et employés bénéficient de l’immunité. Une autorité qui ne peut pas être attaquée par les tribunaux. Des gouvernements qui ne peuvent plus revenir sur les engagements pris par leurs prédécesseurs auprès de cette autorité. Une autorité non élue qui détiendrait dans une seule main les caisses des Etats européens. 


Et bien cette autorité est en cours de création. Elle s’appelle le MES, le Mécanisme Européen de Stabilité qui devrait entrer en vigueur en 2013

Vous n’en avez jamais entendu parler ? HaOui s’est procuré la version anglaise de ce traité en cours de ratification et vous propose en exclusivité sa traduction, car opacité oblige, sa version française n’est pas diffusée…


Extraits du projet de traité en cours de ratification


Article 3 
Objet L’objet du MES est de mobiliser des fonds et fournir une assistance financière, sous stricte conditionnalité de politique économique, au profit des Membres du MES qui connaissent ou sont menacées par des problèmes de financement grave, si cela s’avère indispensable pour sauvegarder la stabilité financière de la zone euro dans son ensemble. A cet effet, le MES est en droit de lever des fonds par émission d’instruments financiers ou en concluant des accords financiers ou autres arrangements avec les Membres du MES, les institutions financières ou d’autres tiers.

Article 8
 Capital social 1. Le capital social s’élève à 700 milliards d’euros (EUR 700 000 000 000).

Article 9
 Appels du capital [...] Les Membres du MES, irrévocablement et inconditionnellement, s’engagent à payer sur demande l’appel de capital effectué par le Directeur Général conformément au présent paragraphe, cet appel devant être payé dans les sept (7) jours suivant la réception de ladite demande.

Article 10
 Les changements dans le capital social 1. Le Conseil des Gouverneurs [...] peut décider du changement du capital social et de la modification de l’article 8 et l’annexe 2 en conséquence.

Article 27
 Le statut juridique du MES, les immunités et privilèges

2. Le MES a la pleine personnalité juridique, il doit avoir la pleine capacité juridique:
(A) pour acquérir et aliéner des biens immobiliers et mobiliers;
(B) pour contracter;­
(C) pour ester en justice et
(D) pour entrer dans un accord cadre et / ou des protocoles nécessaires pour s’assurer que ses statuts, privilèges et immunités sont reconnus et mis en vigueur.

3. Le MES, ses biens, fonds et avoirs, où qu’ils se trouvent et quel qu’en soit le détenteur, jouissent de l’immunité de toute forme de procédure judiciaire, sauf dans la mesure où le MES renonce expressément à son immunité dans le but de toute procédure ou par les conditions de tout contrat, y compris la documentation sur les instruments financiers.

4. La propriété, le financement et les actifs du MES, où qu’ils se trouvent et quel qu’en soit le lieu, sont exempts de perquisition, réquisition, confiscation, expropriation ou de toute autre forme de saisie, de prise ou forclusion par action de l’exécutif, judiciaire, administrative ou législative.
Article 30
Immunités des personnes

  1. Gouverneurs, Gouverneurs suppléants, Directeurs, Directeurs suppléants, le Directeur Général et membres du personnel doivent être à l’abri de poursuites à l’égard des actes accomplis par eux dans leur qualité officielle et jouissent de l’inviolabilité à l’égard de leurs papiers officiels et documents, sauf lorsque le Conseil des Gouverneurs renonce expressément à cette immunité." 
 Source : Ici
"La Fabuleuse Histoire du Dollar".
 
 
Eh oui, on ne change pas une équipe qui gagne !

 

Les Vidéos sur le site,

 

La véritable raison de la chute de DSK par Thierry Meyssan


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2 janvier 2013 3 02 /01 /janvier /2013 04:43

 

Hugo Chavez

Pendant que le Président vénézuélien Hugo Chávez, en traitement à Cuba, lutte pour la vie, la presse libérale des deux côtés de l’Atlantique (entre autres « El Pais ») n’a cessé d’attaquer son gouvernement. Sa victoire significative (avec 12 points d’avance sur son adversaire) mérite d’être analysée avec sérieux, faits à l’appui. Il faut remarquer d’abord que Chavez a remporté les élections malgré le cancer et malgré les attaques permanentes des médias privés locaux et internationaux (qu’on pense au traitement médiatique de Syriza lors des élections en Grèce). Il faut prendre en compte un autre fait peu étudié, qui est l’existence d’une carte électorale extrêmement favorable aux classes moyennes et supérieures, avec des barrières géographiques et des difficultés d’accès pour le monde du travail.

Un des facteurs principaux de la popularité du gouvernement Chávez et du raz-de-marée victorieux d’octobre 2012 est la réduction de la pauvreté, qu’a rendue possible le retour dans le giron de l’État de la compagnie nationale pétrolière PDVSA. Ses ressources abondantes, au lieu de bénéficier à une petite classe de rentiers comme c’était le cas sous le gouvernement précédent, ont permis de construire les infrastructures nécessaires et d’investir dans la création de services publics dont les vénézuéliens avaient un cruel besoin  Pendant la dernière période, le gouvernement a augmenté les dépenses sociales de 60.6%, pour un montant total de 772 milliards de dollars [i].

 

 

De même que la santé ne saurait se définir seulement par l’absence de maladie, la pauvreté ne se définit pas seulement par l’absence de revenus. Les deux phénomènes – santé et pauvreté – sont corrélés et multi-factoriels, déterminés par une série de processus sociaux. Pour réaliser un état des lieux objectif des progrès réels obtenus par la Révolution Bolivarienne dans les 13 dernières années, il est essentiel de réunir certaines données-clefs déterminantes en matière de santé et de pauvreté : éducation, inégalité, emploi et revenu, soins de santé, sécurité alimentaire, sécurité sociale et services publics.

En ce qui concerne les déterminants sociaux des indicateurs de la santé, le Venezuela est à présent le pays de la région qui connaît le plus bas niveau d’inégalité (mesuré par le Coefficient Gini) : il a réduit l’inégalité de 54%, la pauvreté de 44%, du niveau de 70.8% (1996) à 21% (2010). Et l’extrême pauvreté est passée de 40% (1996) à 7.3% (2010). Près de 20 millions de personnes ont bénéficié des programmes gouvernementaux de lutte contre la pauvreté, appelés “Missions”. A l’heure actuelle 2.1 millions de personnes âgées perçoivent des pensions de vieillesse – soit 66% de la population. Seules 387.000 personnes recevaient des pensions avant le gouvernement actuel.

L’éducation est un déterminant crucial de la santé comme de la pauvreté et le gouvernement bolivarien a mis un accent particulier sur l’enseignement en le finançant à hauteur de 6% du PIB. L’UNESCO a reconnu que l’analphabétisme a été éliminé et le Venezuela est le troisième pays de la région dont la population lit le plus. L’éducation est gratuite des classes maternelles jusqu’à l’université; 72% des enfants sont accueillis dans l’enseignement maternel public et 85% des enfants en âge scolaire vont à l’école. Il y a des milliers d’écoles reconstruites, parmi lesquelles 10 nouvelles universités. Le Venezuela occupe la deuxième place latino-américaine et la cinquième place mondiale en proportion d’étudiants universitaires. Actuellement un vénézuélien sur quatre participe à un programme éducatif [ii]. Il est intéresant de noter que le Venezuela se trouve maintenant au même niveau que la Finlande en tant que cinquuième pays avec la population la plus heureuse du monde [iii] .

Avant le gouvernement Chavez, en 1998, 21% de la population était mal nourrie. Le Venezuela a maintenant établi un réseau de distribution d’aliment subsidiés parmi lesquels des épiceries et des supermarchés. Tandis quèn 1980 90% de la nourriture était importée, aujourd’hui on n’en importe que 30%. La « Mission Agro-Venezuela » a remis 454.238 crédits aux producteurs ruraux. Rien qu’en 2012, 39.000 d’entre eux ont reçu des crédits. Cinq millions de vénézuéliens reçoivent de la nourriture gratuite, quatre millions d’entre eux sont des enfants scolarisés, et des cantines publiques nourrissent 900.000 personnes. La réforme agraire et les politiques de soutien à la production agricole ont fait augmenter la production nationale de nourriture. Les résultats de toutes ces mesures en faveur de la sécurité alimentaire est qu’aujourd’hui la malnutrition n’est plus que de 5%, et que la malnutrition infantile qui était de 7.7% en 1990 est aujourd’hui de 2.9%. Sous tous les aspects, c’est une impressionnante réussite en matière de santé.

Voici quelques unes des données les plus importantes sur les soins de santé et sur la santé publique [iv],[v],[vi]:

  • Le taux de mortalité infantile est passé de 25 pour 1000 (1990) à seulement 13/1000 (2010);
  • 96% de la population dispose à présent d’eau potable (ce fut un des objectifs de la révolution);
  • En 1998, on comptait 18 médecins pour 10.000 habitants, on en compte actuellement 58 pour mille, et le système public de santé en emploie 95.000;
  • S’il a fallu plusieurs décennies aux gouvernements antérieurs pour construire 5.081 cliniques, en 13 ans à peine le gouvernement bolivarien en a construit 13.721 (soit une augmentation de 169.6%);
  • La « Mission Barrio Adentro » (qui est le programme de soins de santé primaire organisé avec l’aide de plus de 8.300 médecins cubains) a sauvé environ 1,4 millions de vies dans 7.000 cliniques et a effectué 500 millions de consultations;
  • En 2011 seulement, 67.000 vénézuéliens ont reçu gratuitement des médicaments coûteux pour 139 pathologies dont le cancer, l’hépatite, l’ostéoporose, la schizophrénie, parmi d’autres; il y a maintenant 34 centres de désintoxication ;
  • En 6 ans 19.840 personnes sans domicile fixe ont reçu l’appui d’un programme spécial (« Mission Negra Hipolita »); Il n’y a pas pratiquement plus d’enfants des rues.
  • Le Venezuela possède à présent la plus grande unité de soins intensifs de la région.
  • Un réseau de pharmacies publiques vend des médicaments subventionnés, ce qui permet à la population de réaliser des économies de 34 à 40%.
  • 51.000 personnes ont été traitées à Cuba pour des soins oculaires spécifiques et le programme “Mision Milagro” a restauré la vision de 1,5 millions de vénézuéliens.

On trouve un exemple d’une réponse rapide aux besoins réels de la population lorsqu’entre la fin de 2010 et le début de 2011 de fortes pluies tropicales ont privé 100.000 personnes de foyer. Celles-ci ont été immédiatement relogées dans toutes sortes d’immeubles publics, des ministères, ou des hôtels. En un an et demi le gouvernement a construit 250.000 logements.

Bien entendu le gouvernement n’a pas encore surmonté tous les problèmes sociaux mais malgré tous les défauts et toutes les erreurs, la population le considère comme un allié. Une partie de cette équation est la participation politique intense qui singularise la démocratie vénézuélienne : près de 40.000 conseils communaux et les premières communes jouent un rôle déterminant dans la réponse aux besoins sociaux locaux, dans le suivi des mesures et permettent aux citoyens d’être acteurs des changements.[vii]

Un solide succès économique.

L’économie vénézuélienne a de faibles dettes, de grandes quantités de pétrole et de fortes réserves monétaires. Pourtant les économistes qui s’opposent au président Chávez répètent ad nauseam que l’économie vénézuélienne n’est pas «soutenable» et prédisent son écroulement lorsque cesseront les revenus pétroliers. Il est amusant de noter qu’ils ne font pas ces prédictions pour des économies pétrolìères comme le Canada ou l’Arabie Saoudite. Ils éludent le fait qu’au Venezuela la réserve de 500 milliards de barils est la plus grande du monde, et ils considèrent que les investissements sociaux sont une perte ou un effort futile. Et ce, alors que durant ces treize dernières années le gouvernement bolivarien a construit un économie plus diversifiée, à travers une infrastructure industrielle et agricole que les gouvernements précédents avaient négligée pendant 40 ans, et que son économie continue à se fortifier et à croître, même dans le contexte de la crise globale.

Une indication de la diversification progressive de l’économie est le fait que l’État obtient aujourd’hui presque autant de revenus à travers les impôts qu’à travers le pétrole, ayant renforcé son système fiscal et redistributif. En une seule décennie l’État a obtenu 251.694 millions de dollars sous la forme de taxes, un montant superieur à son revenu pétrolier annuel.

Les plus importantes étapes économiques de ces dix dernières années comprennent la réduction du chômage de 11.3% à 6.4% (décembre 2012); la multiplication par deux du nombre de personne bénéficiant de la sécurité sociale ; la réduction de la dette publique de 20.7% à 14.3% du PIB et la multiplication des coopératives, ce qui a renforcé les économies authentiquement locales.

En général l’économie vénézuélienne a crû de 47.4% dans ces dix dernières années [viii]. De nombreuses nations européennes pourraient envier de tels chiffres. Selon des économistes qui ont étudié en détail l’économie du Venezuela pendant les dernières années, “les prédictions de la faillite économique, des crises de la dette ou de la balance des paiements, et d’autres pronostics sombres et comme beaucoup de prévisions réalisées tout au long du processus, se sont régulièrement révélées fausses… La croissance économique actuelle du Venezuela est soutenable et pourrait se poursuivre et même passer à un niveau supérieur pendant plusieurs années.”[ix] .

Selon “Global Finance” et le “World Factbook” de la CIA , l’économie vénézuélienne présente les indicateurs suivants [x]: taux de chômage de 8%; 45,5% de dette publique gouvernementale comme pourcentage du PIB (par contraste le même pourcentage est de 82.5% dans l’Union Européenne); une croissance réelle du PIB par habitant qui atteint 13.070 dollars. En 2011, l’économie vénézuélienne a défié toutes les previsions en croissant de 4.2 % et de 5.6 % dans la première moitié de 2012. Son rapport dette/PIB est beaucoup plus bas que celui des États-Unis et du Royaume Uni et meilleur que celui des pays européens; l’inflation qui fut endémique pendant plusieurs décennies, atteignant des taux de 80%, a suivi une courbe descendante depuis quatre ans, atteignant 13.7%  pour le dernier trimestre de 2012. Mème le « Wall Street Journal » rapporte que le marché boursier du Venezuela est de loin le plus performant du monde, battant son record historique en octobre 2012, et les bons du Venezuela sont parmi les plus performants dans les marchés émergents.

La victoire de Hugo Chavez a eu un impact dans le monde entier ; dans son propre pays mais aussi dans toute l’Amérique Latine où des gouvernements progressistes ont été élus, il est perçu comme celui qui a lancé le changement radical et la transformation de l’ordre global. Sa victoire est d’autant plus significative si on considère l’important soutien financier et stratégique que les agences états-uniennes et leurs alliés apportent aux partis d’opposition et à leurs médias. Depuis 2002, Washington a fait parvenir 100 millions de dollars aux groupes d’opposition du Venezuela et, rien que pour l’élection de 2012, a distribué 40 à 50 millions de dollars. [xi]  La population vénézuélienne a surmonté le barrage de propagande des médias qui à 85 % sont privés (et font 95 % d’audience nationale). [xii]

La marée progressiste dans la région a permis d’initier pour la première fois la construction d’une véritable indépendance de l’Amérique du Sud avec des organisations fédératrices telles que la Banque du Sud, la CELAC, l’ALBA, PETROSUR, PETROCARIBE, UNASUR, MERCOSUR, TELESUR, le SUCRE comme monnaie alternative au dollar, proposées au départ par le président du Venezuela et qui ont démontré au reste du monde qu’il y a, au 21ème siècle, des alternatives économiques et sociales [xiii] et un modèle de développement différent du capitalisme global. Le contraste est frappant entre une Europe qui subit des niveaux élevés de dette, alors qu’en Amérique Latine ils sont faibles et continuent à baisser.

Les changements au Venezuela ne sont pas abstraits. Le gouvernement du Président Chávez a amélioré de manière significative les conditions de vie des Vénézuéliens et les a engagés dans une dynamique de participation politique pour les approfondir [xiv]. Le nouveau modèle de développement socialiste a eu un impact phénoménal dans toute l’Amérique Latine, y compris récemment vis-à-vis de la Colombie. Les gouvernements progressistes de gauche ou du centre maintenant majoritaires dans la région voient dans le Venezuela le catalyseur qui a insufflé dans la région plus de démocratie, plus de souveraineté nationale et plus de progrès économique et social.[xv].

Nulle rhétorique néo-libérale ne peut éluder ces faits. Des dizaines d’experts en opinion peuvent continuer à discuter sur Internet de si la Révolution bolivarienne est socialiste ou non, si elle est révolutionnaire ou réformiste (elle est probablement les deux à la fois). Il n’empêche que ces réussites substantielles demeurent. C’est ce qui rend furieux ses opposants tant à l’intérieur du pays que dans les pays néo-coloniaux. L’“objectif” et “empirique” « The Economist » ne publiera pas ces données, préférant prédire une fois de plus la déroute imminente de l’économie vénézuélienne. “El Pais”, en Espagne, préfèrera citer un des architectes du Caracazo (le massacre de 3000 personnes à Caracas qui protestaient en 1989 contre les mesures d’austérité, dix ans avant la révolution bolivarienne) : l’ex-ministre des finances Moises Naim, connu pour son obsession anti-chaviste. Mais aucun d’eux ne peut nier l’Indice de Développement Humain des Nations Unies qui situe le Venezuela à la 61ème place sur 176 pays, avec une avancée de sept places en 10 ans. Une raison de plus pour comprendre que la Révolution Bolivarienne va survivre à la présidence du leader vénézuélien.


Les auteurs :

- Carles Muntaner est Professeur d’Infirmerie, de Santé Publique et de Psychiatrie à l’Université de Toronto. Il a travaillé sur les aspects de la santé publique de la Révolution Bolivarienne depuis plus de dix ans. Voir notamment “Muntaner C, Chung H, Mahmood Q and Armada F. “History Is Not Over. The Bolivarian Revolution, Barrio Adentro and Health Care in Venezuela.” In T Ponniah and J Eastwood The Revolution in Venezuela. Harvard: HUP, 2011

- María Páez Victor est une sociologue vénézuélienne, spécialisée en santé et en médecine.

- Joan Benach est professeur de Santé Publique à l’Universitat Pompeu Fabra, Barcelona. Il a collaboré à de nombreuses études sur les politiques de santé publique de la Révolution Bolivarienne.

Traduction de l’anglais : Thierry Deronne

 

Notes :

[i] Páez Victor, Maria. “Why Do Venezuelan Women Vote for Chavez?” Counterpunch, 24 April 2012

http://www.counterpunch.org/2012/04/24/why-do-venezuelan-women-vote-for-chavez/print

[ii] Venezuela en Noticias, Venezuela en Noticias <venezuelaennoticias@minci.gob.ve> Venezuela en Noticias, Venezuela en Noticias venezuelaennoticias@minci.gob.ve

[iii] Gallup Poll 2010

[iv] Muntaner C, Chung H, Mahmood Q and Armada F. “History Is Not Over. The Bolivarian Revolution, Barrio Adentro and Health Care in Venezuela.” In T Ponniah and J Eastwood The Revolution in Venezuela. Harvard: HUP, 2011 pp 225-256; see also 4, Muntaner et al 2011, 5, Armada et al 2009; 6, Zakrison et al 2012

[v] Armada, F., Muntaner, C., & Navarro, V. (2001). “Health and social security reforms in latin america: The convergence of the world health organization, the world bank, and transnational corporations.” International Journal of Health Services, 31(4), 729-768.

[vi] Zakrison TL, Armada F, Rai N, Muntaner C. ”The politics of avoidable blindnessin Latin America–surgery, solidarity, and solutions: the case of Misión Milagro.”Int J Health Serv. 2012;42(3):425-37.

[vii] Ismi, Asad. “The Bolivarian Revolution Gives Real Power to the People.” The Canadian Centre for Policy Alternatives Monitor , December 2009/January. http://www.policyalternatives.ca/publications/monitor/latin-american-revolution-part-iv

[viii] Carmona, Adrián. “Algunos datos sobre Venezuela”, Rebelión, March 2012

[ix] . Weisbrot, Mark and Johnston, Jake.  “Venezuela’s Economic Recovery: Is It Sustainable?”  Center for Economic and Policy Research, Washington, D.C., September 2012. En France la palme des prédictions erronées sur la faillite économique du Venezuela revient sans doute à Jean-Pierre Langelier, dont l’aversion pour Chavez a tenu lieu d’information dans « Le Monde ».

[x] Hunziker , Robert. “Venezuela and the Wonders of Equality”.  October 15th, 2012

[xi] Golinger, Eva. “US$20 million for the Venezuelan Opposition in 2012”, http://www.chavezcode.com/2011/08/us-20-million-for-venezuelan-opposition.html

[xii] Páez Victor, Maria. “Chavez wins Over Powerful Foreign Conglomerate Against Him”, Periódico América Latina, 11 October, 2012

[xiii] Milne,Seumas.  “The Chávez Victory Will be Felt Far Beyond Latin America” , Associate Editor, The Guardian, October 9, 2012:

[xiv] Alvarado, Carlos, César Arismendi, Francisco Armada, Gustavo Bergonzoli, Radamés Borroto, Pedro Luis Castellanos, Arachu Castro, Pablo Feal, José Manuel García, Renato d´A. Gusmão, Silvino Hernández, María Esperanza Martínez, Edgar Medina, Wolfram Metzger, Carles Muntaner, Aldo Muñoz, Standard Núñez, Juan Carlos Pérez, and Sarai Vivas. 2006. “Mission Barrio Adentro: The Right to Health and Social Inclusion in Venezuela”. Caracas: PAHO/Venezuela.

[xv] Weisbrot, Mark.”Why Chávez Was Re-elected”. New York Times. Oct 10th 2012

[xv] A Paris, sur un mode plus folklorique, on a Alexandre Adler, Renée Frégosi etc..  A noter que parmi les plus féroces opposants à la révolution bolivarienne, on compte des vénézuéliens partis vivre en Europe en emportant des capitaux acquis au dépens de l’État vénézuélien, des années 70 aux années 90.


Source (original en anglais): CounterPunch

 

http://venezuelainfos.wordpress.com/2012/12/24/les-facteurs-sociaux-de-la-victoire-de-chavez-par-carles-muntaner-joan-benach-maria-paez-victor/

 

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http://www.cbparis.net/article-les-facteurs-sociaux-de-la-victoire-de-chavez-113833485.html 

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1 janvier 2013 2 01 /01 /janvier /2013 01:59

 

 

 

 

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Oulala.net, après avoir copié 100 fois : « Je suis un conspirationniste qui s'ignore » ; après avoir pris quelques semaines de vacances (forcées ?) s'en est revenu au cœur du monde des vivants et des contestataires. Puisqu’il est bien reconnu que pour se sentir vivant, il faut être contestataire et ne s'en laisser conter par personne.

 

(..) Cette information, qui ne reflète pas forcément les idées de ses administrateurs,  devrait permettre aux lecteurs de se forger une opinion plus éclairée sur le monde - en équilibre - dans lequel nous vivons.


S'il plait, encore, aux serviteurs zélés du système, de l'ordre établi, de la presse dominante, de la pensée unique, des atlantistes et de tout ce qui compose l'Empire, de nous affubler des qualificatifs spécialement crées par ceux qui ont en charge d'organiser la désinformation, qu'ils ne se gênent point, nous saurons leur répondre. Peut-être même que nous les ignorerons pour ne pas leur donner plus d'importance qu'ils n'en ont réellement (...) sans oublier que « Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l'orage » (1) !


L'année 2013 sera ce que nous en ferons. Nous vous la souhaitons rebelle !


Bien cordialement,

La rédaction.

 

1 – Jean Jaurès


www.oulala.info

 

Tags : Conspirationniste, rebelle, atlantistes, solidarité, voisins, Système, Pensée unique, Médias dominants, rebellion

 


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Rappel : Tous les non-alignés sur la Pensée Unique mensongère, sont discrédités par les Atlantistes larbins au Pouvoir, dans les Médias, sur Wikipedia, etc, et traités de "conspirationnistes", de "racistes", d' "antisémites" et même de "négationnistes", pendant qu'on y est ! Quand on est larbin, on ne recule devant rien pour avoir les miettes du Système, son susucre, on fait même le beau et le con !

 


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Et moi,

  •                                                                      Le blog d' Eva, R-sistons à l'intolérable

 

je vous souhaite une année résistante et solidaire !

(eva-chantal)

 

SOLIDARITE, RAPPEL SUR CE SITE :

 

L'avenir est aux voisins solidaires !

Alcudia (Espagne), la ville où Maire et Police résistent contre les expulsions

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30 décembre 2012 7 30 /12 /décembre /2012 16:24
Syrie. Incroyable barbarie des amis de François Hollande : Un chrétien décapité…..

(Tous les jours, des Chrétiens d'Orient, bien intégrés dans le pays du "dictateur" Bachar-el-Assad et même partageant le pouvoir, sont aujourd'hui traités ainsi dans la Syrie "libérée", "démocratisée", par les amis fanatiques des sayanims Hollande-Fabius. C'est ça le changement ? Même politique du temps des sayanims Sarkozy-Kouchner. En France, les néoconservateurs au service des intérêts américains et israéliens sont au pouvoir ! Note de Chantal Dupille. NB :  Je rappelle que la France, aujourd'hui, soutient, arme, forme, finance les djihadistes en Syrie pour chasser le patriote Bachar-el-Assad refusant de partir afin de maintenir l'unité du pays seule garante du pluralisme et de la laïcité. Je rappelle aussi que le "dictateur" Bachar-el-Assad demande des Elections en Syrie et qu'il ne partira que s'il est désavoué par son peuple) 


Publié le 30 décembre 2012

CHRETIENS D'ORIENT

CHRETIENS D’ORIENT


…Parce que chrétien !


Diantre !

L’incroyable barbarie des amis de François Hollande se poursuit sans relâche et personne en Occident, hormis ce médias australien, n’est prêt à révéler les atrocités de ces barbares d’Allah qui profanent la mémoire du prophète, violent les règles élémentaires de l’Islam. Cette affaire se passe de commentaire. En Syrie désormais, les villages chrétiens sont envahis par des terroristes qui les chassent de leurs maisons, les hommes toujours enlevés pour l’exigence d’une rançon… etc. Est-ce ça la révolution, la démocratie qu’ils réclameraient ? Que nenni.

  

Andrei Arbashe est un jeune homme, chrétien, qui venait de se marier et dont l femme attend un heureux évènement: la naissance de leur premier enfant. Hélas, il est tombé aux mains des soi disant rebelles syriens, des terroristes de multiples nationalités qui n’ont rien à voir avec la Syrie. Comme le rapporte le journal australien The Australian News (article payant), les terroristes n’ont pas seulement décapité le jeune homme parce qu’il était chrétien mais, ils ont donné sa dépouille aux chiens, le privant de sépulture.

 

A l’allure où vont les choses, ceux qui organisent le génocide des chrétiens en Syrie, la France, l’Angleterre, les Etats-Unis, le Qatar, l’Arabie saoudite, méritent un Nuremberg bis. Trop c’est trop. On leur tend la main, ils disent non. Leur envie réside à la destruction pure et simple de la Syrie. Mais, pour quel but ??? Où sont donc les journalistes ? Comment peuvent-t-ils rester silencieux face à ceux qui refusent la paix et qu’ils continuent de soutenir ?


«Ils l’ont décapité, coupé en morceaux et nourri les chiens avec sa dépouille», a déclaré Agnès-Mariam de la Croix, mère supérieure du couvent de Saint-Jacques-le-Mutilé entre Damas et Homs.

 

http://allainjules.com/2012/12/30/scoop-syrie-incroyable-barbarie-des-amis-de-francois-hollande-un-chretien-decapitee/

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