Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
25 janvier 2011 2 25 /01 /janvier /2011 18:50
Partager cet article
Repost0
25 janvier 2011 2 25 /01 /janvier /2011 16:50

Washington face à la colère du peuple tunisien

 
Mondialisation.ca, Le 24 janvier 2011

 

Alors que les médias occidentaux célèbrent la « Jasmine Revolution », Thierry Meyssan dévoile le plan US pour tenter de stopper la colère du peuple tunisien et conserver cette discrète base arrière de la CIA et de l’OTAN. Selon lui, le phénomène insurrectionnel n’est pas fini et la vraie Révolution, tant redoutée par les Occidentaux, pourrait rapidement commencer.
















Le général William Ward —ancien responsable de la répression dans les Territoires palestiniens devenu commandant de l’Africom— lors d’une cérémonie en mai 2010. L’armée tunisienne a été réduite au minimum, mais le pays sert de base arrière aux opérations « anti-terroristes » régionales et dispose de ports indispensables au contrôle de la Méditerranée par l’OTAN.


Les grandes puissances n’aiment pas les bouleversements politiques qui leur échappent et contrecarrent leurs plans. Les événements qui ont fait vibrer la Tunisie depuis un mois n’échappent pas à cette règle, bien au contraire.

Il est donc pour le moins surprenant que les grands médias internationaux, suppôts indéfectibles du système de domination mondiale, s’enthousiasment soudainement pour la « Révolution du jasmin » et multiplient les enquêtes et reportages sur la fortune des Ben Ali qu’ils ignoraient jusque là malgré leur luxe tapageur. C’est que les Occidentaux courent après une situation qui leur a glissé des mains et qu’ils voudraient récupérer en la décrivant selon leurs souhaits.

Avant toute chose, il convient de rappeler que le régime de Ben Ali était soutenu par les Etats-Unis et Israël, la France et l’Italie.

Considéré par Washington comme un Etat d’importance mineure, la Tunisie était utilisée au plan sécuritaire, plus qu’économique. En 1987, un coup d’Etat soft est organisé pour déposer le président Habib Bourguiba au profit de son ministre de l’Intérieur, Zine el-Abidine Ben Ali. Celui-ci est un agent de la CIA formé à la Senior Intelligence School de Fort Holabird. Selon certains éléments récents, l’Italie et l’Algérie auraient été associés à cette prise de pouvoir [1].

Dès son arrivée au Palais de la République, il met en place une Commission militaire jointe avec le Pentagone. Elle se réunit annuellement, en mai. Ben Ali, qui se méfie de l’armée, la maintient dans un rôle marginal et la sous-équipe, à l’exception du Groupe des Forces spéciales qui s’entraîne avec les militaires US et participe au dispositif « anti-terroriste » régional. Les ports de Bizerte, Sfax, Sousse et Tunis sont ouverts aux navires de l’OTAN et, en 2004, la Tunisie s’insère dans le « Dialogue méditerranéen » de l’Alliance.

Washington n’attendant rien de spécial de ce pays au plan économique, il laisse donc les Ben Ali mettre la Tunisie en coupe réglée. Toute entreprise qui se développe est priée de céder 50 % de son capital et les dividendes qui vont avec. Cependant, les choses virent au vinaigre en 2009, lorsque la famille régnante, passée de la gourmandise à la cupidité, entend soumettre aussi les entrepreneurs états-uniens à son racket.

De son côté, le département d’Etat anticipe sur l’inévitable disparition du président. Le dictateur a soigneusement éliminé ses rivaux et ne dispose pas de successeur. Il faut donc imaginer une relève s’il vient à mourir. Une soixantaine de personnalités susceptibles de jouer un rôle politique ultérieur est recrutée. Chacune reçoit une formation de trois mois à Fort Bragg, puis un salaire mensuel [2]. Le temps passe…

Bien que le président Ben Ali poursuive la rhétorique anti-sioniste en vigueur dans le monde musulman, la Tunisie offre diverses facilités à la colonie juive de Palestine. Les Israéliens d’ascendance tunisienne sont autorisés à voyager et à commercer dans le pays. Ariel Sharon est même invité à Tunis.

La révolte

L’immolation par le feu d’un vendeur ambulant, Mohamed el-Bouzazi, le 17 décembre 2010, après que sa charrette et ses produits aient été saisis par la police, donne le signal des premières émeutes. Les habitants de Sidi Bouzid se reconnaissent dans ce drame personnel et se soulèvent. Les affrontements s’étendent à plusieurs régions, puis à la capitale. Le syndicat UGTT et un collectif d’avocats manifestent scellant sans en avoir conscience l’alliance entre classes populaire et bourgeoisie autour d’une organisation structurée.

Le 28 décembre, le président Ben Ali tente de reprendre les choses en main. Il se rend au chevet du jeune Mohamed el-Bouazizi et s’adresse le soir à la Nation. Mais son discours télévisé exprime son aveuglement. Il dénonce les manifestants comme des extrémistes et des agitateurs stipendiés et annonce une répression féroce. Loin de calmer le jeu, son intervention transforme la révolte populaire en insurrection. Le peuple tunisien ne conteste plus simplement l’injustice sociale, mais le pouvoir politique.





















Le producteur Tarak Ben Ammar, propriétaire de Nessma TV et associé de Silvio Berlusconi. Il est l’oncle de Yasmina Torjman, épouse du ministre français de l’Industrie, Eric Besson.


A Washington, on constate que « notre agent Ben Ali » ne maitrise plus rien. Le Conseil de sécurité nationale Jeffrey Feltman [3] et Colin Kahl [4] s’accordent à considérer que le moment est venu de lâcher ce dictateur usé et d’organiser sa succession avant que l’insurrection ne se transforme en authentique révolution, c’est-à-dire en contestation du système.

Il est décidé de mobiliser des médias, en Tunisie et dans le monde, pour circonscrire l’insurrection. On focalisera l’attention des Tunisiens sur les questions sociales, la corruption des Ben Ali, et la censure de la presse. Tout, pourvu qu’on ne débatte pas des raisons qui ont conduit Washington à installer le dictateur, 23 ans plus tôt, et à le protéger tandis qu’il s’accaparait l’économie nationale.

Le 30 décembre, la chaîne privée Nessma TV défie le régime en diffusant des reportages sur les émeutes et en organisant un débat sur la nécessaire transition démocratique. Nessma TV appartient au groupe italo-tunisien de Tarak Ben Ammar et Silvio Berlusconi. Le message est parfaitement compris par les indécis : le régime est fissuré.

Simultanément, des experts Etats-uniens (mais aussi Serbes et Allemands) sont envoyés en Tunisie pour canaliser l’insurrection. Ce sont eux qui, surfant sur les émotions collectives, tentent d’imposer des slogans dans les manifestations. Selon la technique des prétendues « révolutions » colorées, élaborée par l’Albert Einstein Institution de Gene Sharp [5], ils focalisent l’attention sur le dictateur pour éviter tout débat sur l’avenir politique du pays. C’est le mot d’ordre « Ben Ali dégage ! » [6].



















(Capture d’écran) Le 2 janvier 2010, le groupe Anonymous (un paravent de la CIA) hacke le site internet officiel du Premier ministre et place un message de menace en anglais sur la page d’accueil. Le logo est celui du Parti pirate international, dont le membre tunisien Slim Amanou sera propulsé par l’ambassade US secrétaire d’Etat à la Jeunesse et des Sports du « gouvernement d’union nationale ».


Masqué sous le pseudonyme Anonymous, le cyber-escadron de la CIA —déjà utilisé contre le Zimbabwe et l’Iran— hacke des sites officiels tunisiens et y installe un message de menace en anglais.

L’insurrection

Les Tunisiens continuent spontanément à braver le régime, à descendre en masse dans les rues, et à brûler commissariats de police et magasins appartenant aux Ben Ali. Avec courage, certains d’entre eux payent le prix du sang. Pathétique, le dictateur dépassé se crispe sans comprendre.

Le 13 janvier, il ordonne à l’armée de tirer sur la foule, mais le chef d’état-major de l’armée de terre s’y refuse. Le général Rachid Ammar, qui a été contacté par le commandant de l’Africom, le général William Ward, annonce lui-même au président que Washington lui ordonne de fuir.

En France, le gouvernement Sarkozy n’a pas été prévenu de la décision états-unienne et n’a pas analysé les divers retournements de veste. La ministre des Affaires étrangères, Michèle Alliot-Marie, se propose de sauver le dictateur en lui dépêchant des conseillers en maintien de l’ordre et du matériel pour qu’il se maintienne au pouvoir par des procédés plus propres [7]. Un avion cargo est affrété le vendredi 14. Lorsque les formalités de dédouanement sont finies à Paris, il est trop tard : Ben Ali n’a plus besoin d’aide, il a déjà pris la fuite.

Ses amis d’hier, à Washington et Tel-Aviv, Paris et Rome, lui refusent l’asile. Il échoue à Riyad. Il aurait emporté avec lui 1,5 tonne d’or volée au Trésor public, ce que démentent les autorités encore en place.

 



















Marketing : le logo de la « Jasmine Revolution » apparaît au moment exact de la fuite de Ben Ali. Au centre, on reconnaît le poing levé, symbole ex-communiste utilisé dans toutes les « révolutions » colorées depuis Otpor en Serbie. Vu de Washington, l’important est d’affirmer que les événements sont finis et qu’ils s’inscrivent dans une dynamique internationale libérale. Aussi, le titre est-il inscrit en anglais et le drapeau tunisien est-il réduit à une simple fioriture sur la lettre R.


Du jasmin pour calmer les Tunisiens

Les conseillers en communication stratégique US tentent alors de siffler la fin de la partie, tandis que le Premier ministre sortant compose un gouvernement de continuité. C’est là que les agences de presse lancent l’appellation « Jasmine Revolution » (en anglais s’il vous plaît). Les Tunisiens assurent-elles viennent de réaliser leur « révolution colorée ». Un gouvernement d’union nationale est constitué. Tout est bien qui finit bien.

L’expression « Jasmine Revolution » laisse un goût amer aux Tunisiens les plus âgés : c’est celle que la CIA avait déjà utilisée pour communiquer lors du coup d’Etat de 1987 qui plaça Ben Ali au pouvoir.

La presse occidentale —désormais mieux contrôlée par l’Empire que la presse tunisienne— découvre la fortune mal acquise des Ben Ali quelle ignorait jusque là. On oublie le satisfecit accordé par le directeur du FMI, Dominique Strauss-Kahn aux gestionnaires du pays quelques mois après les émeutes de la faim [8]. Et on oublie le dernier rapport de Transparency International qui affirmait que la Tunisie était moins corrompue que des Etats de l’Union européenne comme l’Italie, la Roumanie et la Grèce [9].

Les miliciens du régime, qui avaient semé la terreur parmi les civils durant les émeutes les obligeant à s’organiser en comités d’auto-défense, disparaissent dans la nuit.

Les Tunisiens que l’on pense dépolitisés et manipulables après des années de dictature s’avèrent fort matures. Ils constatent que le gouvernement de Mohammed Ghannouchi, c’est « du benalisme sans Ben Ali ». Malgré quelques ravalements de façade, les caciques du parti unique (RCD) conservent les ministères régaliens. Les syndicalistes de l’UGTT, refusent de s’associer à la manip états-unienne et démissionnent des postes qu’on leur a attribués.





















Ahmed Néjib Chebbi, un opposant « Made in USA ».



Outre les inamovibles membres du RCD, il reste des gadgets médiatiques et des agents de la CIA. Par la grâce du producteur Tarak Ben Amar (le patron de Nessma TV), la réalisatrice Moufida Tlati devient ministre de la Culture. Moins show-bizz, plus significatif, Ahmed Néjib Chebbi, un pion de la National Endowment for Democracy, devient ministre du Développement régional. Ou encore, l’obscur Slim Amanou, un bloggeur rompu aux méthodes de l’Albert Einstein Institute, devient secrétaire d’Etat à la Jeunesse et des Sports au nom du fantomatique Parti pirate relié à l’auto-proclamé groupe Anonymous.





















Le vrai siège du pouvoir n’est plus au Palais de la République, mais à l’ambassade des Etats-Unis. C’est ici que l’on a composé le gouvernement Ghannouchi. Située hors de Tunis, dans un vaste campus barricadé, l’ambassade est un gigantesque blockhaus hautement sécurisé qui abrite les postes centraux de la CIA et du MEPI pour l’Afrique du Nord et une partie du Levant.


Bien entendu, l’ambassade des Etats-Unis n’a pas sollicité le Parti communiste pour faire partie de ce soi-disant « gouvernement d’union nationale ».

A l’inverse, on prépare le retour de Londres, où il avait obtenu l’asile politique, du leader historique du Parti de la Renaissance (Ennahda), Rached Ghannouchi. Islamiste ex-salafiste, il prêche la compatibilité de l’islam et de la démocratie et prépare depuis longtemps un rapprochement avec le Parti démocrate progressiste de son ami Ahmed Néjib Chebbi, un social-démocrate ex-marxiste. Dans le cas d’un échec du « gouvernement d’union nationale », ce tandem pro-US pourrait fournir une illusion de rechange.

Une nouvelle fois, les Tunisiens se soulèvent, élargissant eux-mêmes le mot d’ordre qu’on leur avait soufflé : « RCD dégage ! ». Dans les communes et les entreprises, ils chassent eux-mêmes les collaborateurs du régime déchu.

Vers la Révolution ?

Contrairement à ce qui a été dit par la presse occidentale, l’insurrection n’est pas encore terminée et la Révolution n’a pas encore commencé. Force est de constater que Washington n’a rien canalisé du tout, hormis les journalistes occidentaux. Plus encore aujourd’hui que fin décembre, la situation est hors de contrôle.


Notes

[1] Déclarations de l’amiral Fulvio Martini, alors chef des services secrets italiens (SISMI).

[2] Témoignage direct recueilli par l’auteur.

[3] Assistant de la Secrétaire d’Etat pour les Affaires proche-orientales.

[4] Assistant adjoint du secrétaire à la Défense pour le Proche-Orient.

[5] « L’Albert Einstein Institution : la non-violence version CIA », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 4 juin 2007.

[6] « La technique du coup d’État coloré », par John Laughland, Réseau Voltaire, 4 janvier 2010.

[7] « Proposition française de soutenir la répression en Tunisie », par Michelle Alliot-Marie, Réseau Voltaire, 12 janvier 2011.

[8] Vidéo.

[9] « Corruption perception index 2010 », Transparency International.


Thierry Meyssan : Analyste politique français, président-fondateur du Réseau Voltaire et de la conférence Axis for Peace. Il publie chaque semaine des chroniques de politique étrangère dans la presse arabe et russe. Dernier ouvrage publié : L’Effroyable imposture 2, éd. JP Bertand (2007).

 

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=22943

 

 

Nasrallah met en garde les Tunisiens contre le complot US



S’adressant au peuple tunisien, sayyed Hassan Nasrallah, a salué son aspiration à la liberté et son action.

Le secrétaire général du Hezbollah libanais a souligné que l’arrivée à Tunis de Jeffrey Feltman, assistant de la secrétaire d’Etat US pour le Proche-Orient, était en soi un signe annonciateur de malheur.

« Le peuple tunisien doit refuser l’ingérence états-unienne » (…) il doit se prémunir « contre le complot que les Etats-unis ourdissent contre sa Révolution ».

(mardi 25 janvier 2010, 15h37)

 

 

http://www.voltairenet.org/article168241.html

Partager cet article
Repost0
25 janvier 2011 2 25 /01 /janvier /2011 15:40

Les médicaments et la responsabilité

En pleine affaire Médiator, voici le Laboratoire Servier condamné par la Cour d’appel de Versailles, ce 20 janvier, pour le dommage subi du fait d’un médicament. Aussitôt, apparaissent les titres proclamant la fin de l’impunité… L’effet de calendrier peut faire illusion, mais la question jugée est bien différente. Essayons une analyse, à partir des règles posées par la Première chambre de la Cour de cassation le 9 juillet 2009 (N° 08-12777), dans la décision qui a défini le cadre de l’arrêt de la Cour d’appel de Versailles. 

Les faitscode%20civil2.jpg

Une patiente a été traitée avec de l’Isoméride entre 1986 et 1988, puis de nouveau en 1993. Son décès est survenu le 31 octobre 1995 des suites d'une hypertension artérielle pulmonaire, alors qu’elle était âgée de 47 ans.

La famille, informée de dangers potentiels de ce médicament, a engagé une procédure en responsabilité civile contre le laboratoire. C’est un litige classique entre un patient et l’assureur de l’entreprise mise en cause. Avant de s’engager dans le procès proprement dit, il faut réunir des éléments de preuve. Pour la part scientifique, la solution pratique est d’obtenir la désignation  d’un expert, par la procédure de référé.

C’est ce qu’a fait la famille de la défunte, et les experts ont dit que l'affection ayant entrainé le décès était en relation directe et certaine avec l'administration de l'Isoméride : « L'association entre la prise de ces anorexigènes (Ponderal retard et Isoméride) et l'hypertension artérielle primitive était considérée comme établie par plusieurs études et en particulier estimée par une étude internationale (Abenhaim, 1996). Le risque relatif était de 6,3, c'est-à-dire que le risque de développer cette maladie était de 6,3 fois plus forte que dans la population normale non exposée à ces médicaments. Des cas d'hypertension artérielle pulmonaire en relation avec la prise de fenfluramine avaient été rapportés dès 1981. Il apparaissait donc que les dangers éventuels de la prise d'Isoméride étaient connus bien antérieurement aux modifications apportées dans le Vidal 1993 ».

Homologuant le rapport d’expertise, les juges ont estimé que la preuve d'un lien de causalité direct et certain entre la prise d'Isoméride et l'HTAP était suffisamment établie, de telle sorte qu’une imputabilité devait être reconnue à l'Isoméride dans la survenance du dommage, à savoir le décès de la patiente.

La causalité, mais pas de faute…

Juridiquement, on trouve alors un dommage certain, le décès, et un double lien de causalité : avec la maladie traitée et avec le médicament. Une sérieuse avancée, mais pour obtenir la reconnaissance de la responsabilité, il manque l’élément clé : la faute.

Le lien de causalité est une relation de type scientifique entre deux faits : le décès et la prise du médicament. Mais pour engager la responsabilité, il faut prouver la faute. Or, où est la faute quand le produit a été conçu après des protocoles de recherche et d’essai reconnus, bénéficie de l’autorisation de mise sur le marché (AMM), et est prescrit par des médecins, et sous leur surveillance ? Chacun sait que le médicament est un produit dangereux, d’où toutes les règles relatives à sa préparation et à son usage. Mais la survenance du risque, risque connu et évalué, ne peut être confondue avec l’existence d’une faute.

A ce stade, la procédure se trouve mal engagée et c’est seulement parce que le droit a supprimé l’exigence de la faute dans ce type d’affaires que le procès a pu être gagné. Pour comprendre, il faut partir des fondamentaux.

Toute la théorie du droit repose sur le principe selon lequel la responsabilité est engagée pour les fautes commises. Les médecins connaissent bien cette règle, sous l’angle de l’obligation de moyens. Le médecin ne s’engage pas à un résultat, qui serait la guérison, mais à mettre en œuvre tous les moyens pour tendre au meilleur résultat possible, et sa responsabilité est engagée s’il a commis une négligence, une abstention ou une maladresse. La jurisprudence considère qu’il a alors manqué à son obligation de moyens, ce qui constitue sa faute et engage sa responsabilité.

De la faute au risque… et à l’assurance

Ce grand classique qu’est la théorie de la faute a été complété au fil du temps par une théorie du risque, partant du constat simple qu’un certain nombre d’activités, bien nécessaires à la vie sociale, présentent un risque réel et connu. Là, s’ouvre une option : si ce risque est trop important, on renoncera à cette activité ; mais si le risque parait acceptable au regard des  bienfaits attendus, il faut alors autoriser l’exploitation sous respect de conditions propres à limiter ce risque et en aménageant le régime de responsabilité.

C’est ainsi que nombre de réglementations interviennent en amont, après une évaluation de ce risque. Tiens, parlons de votre belle auto… L’usage d’une voiture est très dangereux, et la réglementation autorise son usage sous réserve du respect de conditions strictes par le fabriquant et le conducteur. Le même type de régime est retenu pour les médicaments, avec l’AMM, la prescription médicale, la délivrance par le pharmacien et l’administration par l’infirmier. Ces mesures ne font pas disparaitre le risque, mais le rendent acceptable.

La responsabilité pour risquerisques-auto-entrepreneurs.jpg

Si l’utilisateur du produit ou de l’activité dangereuse a commis une faute, sa responsabilité est engagée selon le schéma classique. C’est le cas de l’automobiliste qui cause par inattention un accident : il engage sa responsabilité pour faute. Mais il peut arriver qu’un accident survienne sans qu’aucune faute ne puisse lui être reprochée, par exemple si un enfant courant après son ballon vient heurter une voiture qui roulait avec la plus grande prudence. Entre ici en jeu le régime dérogatoire : on supprime la nécessité de la faute. Suffisent la preuve d’un lien de causalité entre le dommage et le fait d’origine, et dans le même temps on crée une obligation d’assurance. Le paiement de la prime d’assurance est en quelque sorte la contrepartie du risque que l’on crée pour les tiers.

Cette idée d’une responsabilité pour risque s’est installée dans le paysage juridique au cas par cas, parfois par la loi, souvent par la jurisprudence. En droit de la santé, on dispose d’un cas d’école avec les infections nosocomiales. Tant que l’on était sous le régime classique de la faute, le patient prouvait sans trop difficulté que son préjudice était causé par une infection nosocomiale, mais il perdait le procès car il ne parvenait pas à prouver quelle était la faute ayant causé l’infection. Les patients se heurtaient à ce mur opposé par les établissements de santé : « Oui, il s’agit d’une infection nosocomiale, et nous en sommes bien désolés, mais notre assureur ne pourra vous indemniser que si prouvez, et avec certitude, quelle faute dans le fonctionnement de l’hôpital est la cause de l’infection ».

Les juges, confrontés à ces situations iniques, ont fait le premier pas, par de célèbres arrêts du début des années 2000, reconnaissant une présomption de responsabilité à la charge des établissements de santé. Ceux-ci ne pouvaient se libérer qu’en apportant la preuve de leur « innocence », c’est-à-dire d’une cause étrangère. Depuis le législateur est intervenu, créant un régime légal de responsabilité sans faute et instituant une prise en charge par la collectivité, à savoir l’ONIAM (Office National d’Indemnisation des Accidents Médicaux), pour les cas les plus graves.

La généralisation de la responsabilité pour risque

La dernière étape du processus a été, en complément de ces régimes spécifiques, l’adoption d’un régime général de responsabilité pour risque.  L’initiative est venue de l’Europe, avec la directive CEE n° 85/374 du 25 juillet 1985. La France a tardé à transposer cette directive, mais cela a été finalement fait, et se lit dans le Code civil

"Article 1386-1. – Le producteur est responsable du dommage causé par un défaut de son produit, qu'il soit ou non lié par un contrat avec la victime.

"Article 1386-4. – Un produit est défectueux au sens du présent titre lorsqu'il n'offre pas la sécurité à laquelle on peut légitimement s'attendre.

 

"Dans l'appréciation de la sécurité à laquelle on peut légitimement s'attendre, il doit être tenu compte de toutes les circonstances et notamment de la présentation du produit, de l'usage qui peut en être raisonnablement attendu et du moment de sa mise en circulation.
"Un produit ne peut être considéré comme défectueux par le seul fait qu'un autre, plus perfectionné, a été mis postérieurement en circulation".

C’est ce dispositif qui joue pour les médicaments

Dans le système antérieur, le patient devait démonter qu’en l'état des connaissances scientifiques et techniques au moment de la mise en circulation du produit litigieux, il était possible de déceler la défectuosité du produit. La faute était de ne pas avoir décelé ce défaut. Cela revenait à dire que le fait général de la mise en vente était une faute… Bref, l’assurance de perdre le procès.  

Avec le régime nouveau, tout se simplifie. Lisons l’attendu décisif de la Cour de cassation :

« Ayant constaté que l'affection dont avait souffert Nicole X... était en relation directe et certaine avec l'administration de l'Isoméride, ce dont il résultait que la société Les Laboratoires Servier avait manqué à son obligation de fournir un produit exempt de tout défaut de nature à créer un danger pour les personnes et les biens, c'est-à-dire un produit offrant la sécurité à laquelle on pouvait légitimement s'attendre, sans faculté d'exonération pour risque de développement », la cour ne peut que dire la responsabilité du laboratoire engagée. 

Ne cherchez pas la faute,… il n’y en a pas !Code-Dalloz.jpg

« Ayant constaté que l'affection dont avait souffert Nicole X... était en relation directe et certaine avec l'administration de l'Isoméride » : c’est là un fait, sans autre connotation, et il va se soit que sur ce point l’analyse des experts est décisive.

 « … ce dont il résultait que la société Les Laboratoires Servier avait manqué à son obligation de fournir un produit exempt de tout défaut de nature à créer un danger pour les personnes et les biens… » : adieu à l’obligation de moyens et bienvenue à l’obligation de résultat : la survenance du préjudice suffit à engager la responsabilité.

« … c'est-à-dire un produit offrant la sécurité à laquelle on pouvait légitimement s'attendre, sans faculté d'exonération pour risque de développement » : la loi n’est toute fois pas dans l’absolu du risque zéro, car la référence est la sécurité à laquelle on peut légitimement d’attendre. 

Cette affaire a connu de nombreux développements procéduraux car elle est intervenue dans la période où la France était en retard dans la transposition de la directive. Fallait-il appliquer le droit interne, resté bloqué au régime de la faute, ou la directive non rendue applicable. La Cour de cassation a expliqué que le gouvernement n’avait pas le choix, et que le droit applicable était la directive, même non transposée.   

Bien loin du pénal…

Après ces explications, on voit qu’il ne reste rien pour accréditer qu’il aurait été mis fin à une « impunité ».

C’est uniquement parce qu’est applicable le régime de responsabilité civile sans faute que l’indemnisation a été obtenue. Sur le terrain de la faute prouvée, le procès aurait été irrémédiablement perdu. Et il est hors de propos d’évoquer la responsabilité pénale qui ne repose que sur la preuve de la faute.

Une plainte pénale aurait rencontré un autre obstacle. Au civil, le seul interlocuteur est le laboratoire, en tant que personne morale, assisté de son assureur. La loi permet donc d’imputer le risque au laboratoire, qui répond des fautes commise par ses salariés. Mais au pénal, on serait entré dans une série de démonstrations pour rapporter le dommage non à la structure mais aux personnes qui y travaillent. Il s’agirait donc de prouver que c’est la faute de X ou de Y qui a causé le dommage, et ce sans le moindre doute.

Pas de doute… Dans un tel cas, la voie pénale est une illusion.


Lundi 24 Janvier 2011


http://lesactualitesdudroit.20minutes-blogs.fr/ http://lesactualitesdudroit.20minutes-blogs.fr/

 

http://www.alterinfo.net/Les-medicaments-et-la-responsabilite_a54233.html

Partager cet article
Repost0
25 janvier 2011 2 25 /01 /janvier /2011 15:30
Catastrophe, tout va bien !
lundi 24 janvier 2011
par la rédaction
C’est un vraie tuile qui tombe sur le gouvernement : L’impôt sur la fortune rapporte 1 milliard d’euros de plus qu’en 2009, dont 400* millions totalement imprévus. Si gouverner c’est prévoir, apparemment, le ministère du budget n’est pas à 400* millions près.
.

Que faire de tout cet argent ?

Voilà un sacré problème ! Quand tout allait bien, François Fillon avouait être « à la tête d’un pays en faillite », puis Nicolas Sarkozy révélait être pris de vertige devant les « caisses vides » de l’État... Mais je vous parle d’un temps lointain, avant la crise bancaire... Depuis, la situation s’est retournée, il faut gérer l’opulence et distribuer le plus de milliards possibles, aux banques en faillites, aux spéculateurs, à des pays au bord de la ruine...

Ne soyons pas ingrats

Au contraire, remercions les tous :

Grâce à la crise créée par nos amis financiers, plus question de France en faillite ni de caisses vides ! C’est donc bien la moindre des choses que le gouvernement les couvrent de milliards, quitte à faire payer les pauvres.

Ah, si les pauvres étaient plus solidaires...

Ces salauds de pauvres sont d’une ingratitude éhontée :

Ils s’entêtent à ne pas vouloir comprendre qu’il faut absolument une forte récession pour rétablir les fondamentaux si chers aux agences de notations : étant entendu qu’exporter, c’est fini, la seule solution reste la destruction de leur pouvoir d’achat pour cesser d’importer, et envisager sereinement un nouvel ordre mondial où les niveaux de vie auront été nivelés par le bas.

Un chien de troupeau exemplaire

Tout allait pour le mieux, la France était en passe de devenir le chien de troupeau de l’Allemagne, récompensée par quelques bons morceaux pour garder les moutons noirs ou gris dans la prison des peuples européens. Pour plaire au Maître teuton, il fallait simplement adopter sa fiscalité pour montrer le bon exemple, qu’ainsi prises au piège étoilé, les autres nations acceptent de remettre les clés de leurs économies, en application de la seule vraie loi européenne, celle du plus fort.

Patatras !

Les riches se sont encore enrichis trop vite !

Voilà 1 milliard d’euros de recette d’ISF qui compliquent tout. Mais faisons confiance au gouvernement, il va trouver la solution : taxer plus durement les plus-values sur les résidences principales, en élargir l’assiette à toutes les résidences, quel qu’en soit le prix.

Baroin Bois des

J’entends déjà le sinistre du budget, avec sa voix de barointon venir sur les ondes expliquer gravement qu’il faut que « l’opération soit neutre pour les finances de l’État, comme la France s’y est engagée » et défendre farouchement sa politique de faux Robin des Bois, retourné à voler les pauvres pour donner aux riches. Si on ajoute l’effet dévastateur sur le secteur immobilier qui va ainsi se figer, il faut avouer que ce gouvernement aura tout fait pour que la France rejoigne au plus vite le tiers-monde. Si après ça, les Français refusent encore que la politique ne relève plus que de L’union européenne et du FMI, c’est à dégouter de tous leurs efforts que font « ceux qui ont été élus pour résoudre des problèmes ».

 

Conclusion :


Ça sent le jasmin.

Post-scriptum :

* 400 millions, c’était le chiffre officiel ce matin.

 

D’après les dernières mises à jour, il ne resterait plus que 360 millions. Bravo et merci à ceux qui ont déjà réduit de 10% le problème en quelques heures !

 

http://www.decapactu.com/spip/article.php3?id_article=565

Partager cet article
Repost0
25 janvier 2011 2 25 /01 /janvier /2011 15:23

Selon la célèbre formule attribuée à Abraham Lincoln « la démocratie c’est le gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple ». Cette maxime pose une double exigence : le gouvernement doit être organiquement associé au peuple d’une part, et il doit œuvrer dans le sens de l’intérêt général d’autre part.


 

Dans aucun pays capitaliste, il n’existe de démocratie au sens plein du terme. Le pouvoir est invariablement détenu et transmis au sein d’un groupe particulier. Toute une partie de la population se trouve exclue des appareils de pouvoir au bénéfice d’une classe privilégiée qui s’arroge un monopole de savoir, d’éducation, et de la sorte de direction politique et économique.


Il y a un transfert de la souveraineté de la majorité à une minorité qui défend ses intérêts spécifiques.


Dans l’idéal démocratique tel que perçu par Spinoza, l’individu transfert à la société « toute la puissance qui lui appartient de façon à ce qu’elle soit seule à avoir une souveraineté de commandement ». Cet Etat est démocratique en ce sens que chacun concède son pouvoir décisionnel non à un autre individu, ou à groupe déterminé, mais à la société dont il constitue une composante.

Le système représentatif, dans sa forme actuelle, favorise a contrario la confiscation du pouvoir par une classe qui assure sa reproduction en même temps que la domination du capital sur le travail. Pour Noam Chomsky, « la démocratie requiert une classe d’élite pour s’occuper de la prise de décisions et fabriquer l’assentiment de l’ensemble de la population envers des politiques qui sont supposées dépasser ce qu’elle est capable de développer et de décider par elle-même ».

Le suffrage universel ne représente pas l’acte citoyen par excellence mais sa parfaite négation ; dans l’urne, l’électeur se dessaisit de son pouvoir politique jusqu’à la prochaine échéance électorale. Qu’il vote ou qu’il s’abstienne, le système prétend avoir donné à chacun l’occasion d’exprimer sa volonté. Paradoxalement, le vote n’est pas le moment de l’irruption dans l’arène politique de la société entière mais celui de sa dépossession.

Ce qu’on nomme démocratie devrait être nommé en toute rigueur, pour reprendre l’analyse d’Alain Badiou, de capitalo-parlementarisme. Le capitalo-parlementarisme n’est pas un espace de conflictualité, entre mouvements hégémoniques et mouvements contre-hégémoniques, mais un lieu qui institue l’ordre bourgeois et gère l’existant. C’est certes un système multipartiste mais à caractère uniclassiste. La qualification de « démocratie » pour un tel système n’est qu’une mystification aliénante.

Les citoyens n’ont pas dans les faits la même faculté d’agir réellement en politique, ce que confirme la répartition sociale inique du parlement français. Désarmé matériellement culturellement, le prolétariat n’a pas la possibilité d’accéder aux leviers du pouvoir. Déjà Aristote était conscient de l’intérêt de maintenir le peuple à l’écart des affaires publiques : « Il est aussi dans l’intérêt d’un tyran de garder son peuple pauvre, pour qu’il ne puisse pas se protéger par les armes, et qu’il soit si occupé à ses tâches quotidiennes qu’il n’ait pas le temps pour la rébellion ».

Selon une étude récente publiée par l’observatoire des inégalités, employés et ouvriers représentent la moitié de la population active, mais à peine 6 % des députés. De plus, ces élus d’extraction sociale ouvrière ou employée n’exercent plus leur profession d’origine depuis de longues années. A l’inverse, les cadres et professions intellectuelles supérieures représentent 59 % de l’ensemble. Avec les professions libérales, ils forment les trois quarts des députés.

Les dynasties politiques sont l’expression la plus manifeste de ce phénomène de reproduction des élites. Les lignées politiques révèlent majestueusement les vices du système électoral, la compétence réelle ne constituant pas une exigence pour être élu. En pratique, le système intronise les plus habiles en communication-manipulation, pourvus des fonds nécessaires pour se faire valoir. A ce jeu, les héritiers, tout imprégnés de la culture du pouvoir, ont la faculté de compter sur les ressources et les relais sociaux de leurs parents.

Il y a des dynasties politiques aux Etats-Unis comme en Europe, en Afrique comme en Asie ; au niveau national comme au niveau local. Ce phénomène concerne autant le Gabon de Bongo, l’Inde de Gandhi, que la Belgique où les mandats politiques se lèguent de père en fils. Aux Etats-Unis, les aristocraties électives sont légion : Roosevelt, Kennedy, Bush, Clinton,… Le ferment de l’ambition politicienne est l’alliance entre les milieux politiques, économiques et financiers. Il y a en effet une corrélation étroite entre la puissance financière et le pouvoir politique, l’une alimentant l’autre.

L’institution parlementaire est la forme de gouvernement la plus aboutie pour assurer l’hégémonie de la bourgeoisie et priver le peuple de sa prétendue souveraineté. Karl Marx considérait l’Etat comme le résumé officiel de l’antagonisme de classes, comme un instrument d’oppression visant à assurer la domination d’une classe sociale sur une autre dans un mode de production donné. Le système électoral ne sert qu’à sélectionner parmi les membres de la classe dominante lesquels exerceront les fonctions dirigeantes. Dans tous les cas de figure et quelles que soient les résultats des élections, c’est la bourgeoisie en tant que classe qui triomphe.

On ne peut réduire la démocratie à un procédé et confondre ainsi moyen et fin. Pour réaliser la démocratie, il ne faut pas seulement que les décisions soient prises en accord avec la majorité mais qu’elles soient prises pour la majorité. La démocratie ne peut trouver son accomplissement que dans une société où les hommes, librement associés, autodéterminent leurs finalités et exercent activement leur souveraineté, sans s’en faire dépouiller par d’insidieux dispositifs politiques.


Emrah Kaynak

http://www.mecanopolis.org/?p=21581

 

Article placé le 25 jan 2011, par Mecanopolis

Partager cet article
Repost0
25 janvier 2011 2 25 /01 /janvier /2011 15:11

nwo

http://sos-crise.over-blog.com/article-36003444.html

 

Attention: Article déjà publié sur ce site, mais sous la rubrique

"campagne planétaire pour poursuivre l'Elite criminelle".

Vu son succès notamment sur un site comme Alterinfo,

je le reproduis ici sous ce titre, tellement explicite...

Cordialement, votre eva

.

 

Citoyens,

nous sommes tous en danger !

Par eva R-sistons

 

Citoyens, nous sommes tous en danger !

 

Une puissance totalitaire à trois faces

(G.B., Etats-Unis, Israël

- sans parler du toutou français),

menace l'ensemble de l'humanité.

 

Cette puissance maléfique

est en train de prendre le contrôle absolu

de tous les aspects de notre vie,

de manière complètement démente,

 

et pour ne citer que ces derniers exemples :


- environnement :

bientôt des centrales nucléaires sous-marines,

- mental :

avec Total recall par exemple,

ou les manipulations quotidiennes

pour inciter à la haine, au racisme,

au conflit, à la compétition,

au choc de civilisations..

- vie personnelle :

bientôt interdiction de l'alimentation

et de la médecine naturelles,

obligation de recourir aux produits chimiques..

- économique :

disparition de nos emplois,

précarité, flexibilité, salaires réduits,

conditions de travail stressantes,

endettement fou gangrénant toute la société ...

- policier :

vidéo-surveillance, puces électroniques,

contrôles permanents, multiplication de gardes à vue...

- logements :

Inaccessibles par le prix, éloignés,

concentrationnaires,

et les modes de vie modestes ou nomades

seront bientôt interdits

- libertés :

elles sont toutes amputées, jour après jour,

LOPPSI2, lois liberticides...

- médias :

conditionnement total,

parole officielle, communautariste et unique

- social :

toutes les protections

sautent les unes après les autres,

le Droit du Travail est réduit à la peau de chagrin,

le nivellement se fait par le bas,

et les services publics sont appelés à disparaître..

- politique :

confiscation du pouvoir par une oligarchie,

par les lobbies

et par des partis représentant les Grands intérêts

coupés du réel,

des besoins, des souhaits des populations,

absence de concertation pour les grandes décisions..

- militaire :

guerres préventives, permanentes,

totales et bientôt nucléaires..

 

Et l'Occident ose se dire démocratique,

alors qu'il programme

en coulisses crises,

(pour pénaliser les peuples au profit des banksters

soucieux de se construire des bases de survie,

et de financer les guerres juteuses),

pandémies réductrices de population,

et guerres permanentes

déguisées en choc de civilisations ?

 

Alors je pose solennellement la question

à tous les citoyens de la planète

et aux juristes internationaux

attachés au Bien public

et à la survie de l'espèce humaine

dans des conditions satisfaisantes :

 

Qu'attend-on pour lancer une campagne planétaire

pour mettre hors d'état de nuire

les psychopathes qui menacent la vie et les vivants,

en d'autres termes,

qu'attend-on pour traduire en justice

dans un Tribunal Planétaire Populaire

tous les grands criminels

comme Blair, par exemple

(qui appelle aujourd'hui à la guerre contre l'Iran),

comme Bush, Rumsfield,

Cheney, Wolkowitz, Netanyahou,

Rockfeller, Rothschild, Kissinger...

et tant de traîtres à l'humanité ?

 

Il y va de notre avenir,

le voulons-nous appauvri, asservi, misérable ?

Il y va de l'avenir de nos enfants,

il y va de l'avenir de nos animaux et de nos plantes,

il y va de l'avenir de l'humanité,

il y va de l'avenir de la vie sur terre ! 

 

Tous unis en même temps, et déterminés,

nous mettrons hors d'état de nuire

tous les bourreaux de l'humanité !

Ce qui s'est produit à l'échelle d'un pays, la Tunisie,

peut et doit se produire à l'échelle planétaire !

Mondialisons les luttes pour la vie,

pour la liberté, pour la paix !

 

Si nous ne faisons rien,

la vie sera bientôt irrespirable sur terre,

c'est un devoir éthique,

c'est un devoir vital,

de dire non à l'intolérable !

Eux (une poignée de fous au sommet),

ou nous tous !

 

Alors, agissons avant que

les malfaiteurs de l'humanité

ne fassent de nos vies un enfer,

agissons pour que triomphe l'humain

et l'espérance !

 

eva R-sistons 

 http://r-sistons.over-blog.com


un gouvernement mondial? ...Jacques Attali ne nous a-t-il pas parlé d'un gouvernement mondial..."fantasmes intimes du monde oligarchique d'un gouvernement mondial...là ou le krach financier a jusqu’ici échoué, une bonne petite pandémie pourrait précipiter nos dirigeants à accepter la mise en place d’un gouvernement mondial" !
 
http://www.communisme-bolchevisme.net/images/Bush_nato.jpg
 
 
La bête immonde du fascisme de l'oligarchie financiere mondiale qui se terre a Londres depuis des siecles...montre enfin son visage hideux! :
 

La City de Londres appelle à une dictature mondiale  
 
A lire sur:  
http://www.solidariteetprogres.org/article4912.html  
 
– Dans un éditorial publié hier dans le Financial Times,  
Gideon Rachman, chef du secteur politique étrangère du quotidien de la City de Londres, appelle à la création immédiate d’un gouvernement mondial, à condition que la démocratie soit abolie.  
 
Sous le titre « Et maintenant, un gouvernement mondial » annoncé en première page, Rachman confie : « Pour la première fois de ma vie je pense que la formation d’une sorte de gouvernement mondial devient plausible ».  
 
 
Puis il nous détaille le concept : « Un gouvernement mondial serait bien plus qu’une coopération entre nations  
. Ce serait une entité ayant les caractéristiques d’un Etat et soutenu par un code de loi.  
 
L’Union Européenne a déjà mis en place un gouvernement pour 27 pays et peut servir de modèle ».  
 
Puis il évoque le concept sophiste de « souveraineté partagée » ou « souveraineté responsable ».  
Il justifie ensuite l’urgence de sa proposition par les situations de crises financières, climatiques et terroristes.  
 
 
Rachman relève cependant un petit problème dans la réalisation de ce beau projet : un gouvernement mondial n’est pas une idée très populaire ; preuve en est, dit-il, le rejet de l’UE dans les derniers référendums en Europe.  
 
« La gouvernance internationale ne tend à être efficace que lorsqu’elle est anti-démocratique », dit-il avant de  
conclure « Tant que personne ne cassera ce problème, ce plan de gouvernement mondial restera sous clé aux Nations Unies ».  
 
Faute de définir un nouvel horizon pour l’humanité et d’en finir avec le monétarisme et la prédominance des intérêts financiers sur les nations, l’effondrement des économies et le chaos social qu’il engendre pourraient bien être le terreau anti-démocratique de cette utopie

  ...

 

suite de ce post ici :

 

Partager cet article
Repost0
25 janvier 2011 2 25 /01 /janvier /2011 15:00

Regardez vite cette vidéo pour comprendre !

L'Oligarchie n'aime pas que les citoyens découvrent la vérité,

alors la Police de la Pensée risque de vous priver rapidement

de ces informations. Le début est certes un peu ardu,

mais très vite cela devient passionnant ! (note d'eva)

 

 

 

..
Il faut observer les évènements
à l'échelle des millénaires
et même à l'échelle des millions d'années.
L'Histoire nous apprend que toutes les dictatures
et toutes les hégémonies
ont échoué et se sont effondrées.
(Un Lecteur)
Partager cet article
Repost0
25 janvier 2011 2 25 /01 /janvier /2011 03:11

 

Mouvement planétaire, cliquer sur link link 

La démosophie contre le sacrifice des peuples par le Nouvel Ordre Mondial

et Un livre que tout lecteur de ce site doit lire: Démosophie (tout sur le NWO)

L\

 

 

Envoyé par l'auteur de Démosophy :

 

Suite à la lecture de la Démosophie, beaucoup de gens me demandent les noms des familles qui dirigent le monde au dessus des états. Ils ont maintenant entendu parler du Club Bilderberg, de la Trilatérale ou des Illuminatis, mais aimeraient les noms de ces quelques dizaines de familles qui, à elles seules, contrôlent tous ces organismes et supervisent ainsi non seulement tous les gouvernements, mais aussi tous les organismes internationaux (ONU, OTAN, FMI, Banque Mondiale, etc.).
Fritz Springmeier a voulu répondre à cette question en prenant pour hypothèse que les familles les plus puissantes du monde sont à la tête des Illuminatis et des Franc-maçons. Il a publié un ouvrage extrèmement documenté sur ces réseaux secrets et les principaux dirigeants des sectes sataniques en offrant une douzaine de noms des hommes les plus riches de la planète qui seraient ceux qui contrôlent le monde en restant dans l'ombre, et ce, depuis bien plus longtemps qu'on ne l'imagine.

 
Fritz Springmeier a été emprisonné pour une dizaine d'années. Par chance, il se trouve en prison dans le pays le plus démocratique du monde: les USA. Ce qui lui permet d'avoir droit à la visite d'une personne (une seule: sa femme) d'une heure tous les deux ans...

Le système qu'eux mêmes choisirent (en faisant les lois) pour se cacher et pouvoir diriger en restant dans l'ombre et en usant de multiples relations familiales fait que les noms qui apparaissent sont beaucoup plus nombreux que seulement douze. Par exemple, si l'on sait que ceux qui mènent réellement les Etats-Unis sont des gens comme Kissinger, ou actuellement Cheney, Rumsfeld ou Wolfowitz, ils ne font pas partie de ces familles, ils n'en sont que les émissaires (larbins de luxe). Ainsi, il est très difficile de savoir QUI sont les vrais donneurs d'ordre. Ce que l'on sait, c'est qu'ils sont tous banquiers, que leur fortune remonte à plusieurs centaines d'années, et que s'ils sont associés dans le même but de devenir les "maîtres du monde", ils n'hésitent pas à se faire la guerre entre eux, comme ces charognards toujours prêts à se retourner contre leur propre congénères au moindre signe de faiblesse.

Voyons donc qui tire toutes les ficelles de ce "Nouvel Ordre Mondial" en cours d'instauration. Commençons donc nos recherches à partir du plus facile: prenons les plus grandes banques du monde et voyons qui en sont les actionnaires, nous saurons enfin les noms des vrais décideurs, enfin...à vous de juger:

Les entreprises actuellement les plus importantes sont BofA, JPM, Citigroup, Wells Fargo, Goldman Sachs y Morgan Stanley. Il ne reste donc plus qu'à trouver leurs actionnaires.

 
- D'abord BofA: ses actionnaires majoritaires sont State Street Corporation, Vanguard Group, BlackRock, FMR (Fidelity), Paulson, JPM, T.Rowe, Capital World Investors, AXA y Bank of NY Mellon. (Ainsi, JP Morgan est actionnaire de Bank of America!)
- Voyons donc qui est derrière JPM: State Street Corp, Vanguard Group, FMR, Blackrock, T.Rowe, AXA, Capital World Investors, Capital Research Global investors, Northern Trust Corp y Bank of NY Mellon. (Tiens, les mêmes!)
- Voyons maintenant avec Citigroup: State Street Corporation, Vanguard Group, BlackRock, Paulson, FMR, Capital World Investors, JPM, Northern Trust Corporation, Fairholme Capital Mgmt y Bank of NY Mellon.
- Puis Well Fargo: Berkshire Hathaway, FMR, State Street, Vanguard Group, Capital World Investors, Blackrock, Wellington Mgmt, AXA, T.Rowe y David Selected Advisers.
A ce point, un noyau permanent apparait: State Street Corporation, Vanguard Group, BlackRock y FMR (Fidelity) sont présents dans absolument toutes les grandes entités bancaires; pour ne pas les répéter sans cesse, nous les dénommerons les "4 grands".
- Continuons. Golman Sachs: "les 4 grands" +  Wellington, Capital World Investors, AXA, Massachusetts Financial Services y T.Rowe. (pas très varié tout cela!)
- Morgan Stanley: Les "4 grands" + Mitsubishi UFJ, Franklin Resources, AXA, T.Rowe, Bank of NY Mellon, Jennison Associates (un peu plus des mêmes).

Comme nous sommes malins, nous allons donc maintenant chercher à connaître les actionnaires de ces grandes entreprises actionnaires des plus grandes entreprises du monde:

- Bank of NY Mellon: Davis Selected, Massachusetts Financial Services, Capital Research Global Investors, Dodge & Cox, Southeastern Asset Mgmt, et...les "4 grands"!
- State Street Corporation? (l'un des "4 grands"): Massachusetts Financial Services, Capital Research Global Investors, Barrow Hanley, GE, Putnam Investment... et les 4 grands"! (actionnaires d'eux-mèmes!)
Voyons si nous avons plus de chance avec un autre des "4 grands":
- BlackRock: PNC, Barclays et le consortium d'investissement chinois CIC. Et qui est PNC: Fidelity (FMR), BlackRock, State Street Corporación, etc. et derrière Barclays? BlackRock!...et cela continue à l'infini, passant par quelques paradis fiscaux aux Iles Caïmans ou à Bahreïn, domiciliations juridiques dans des îles perdues ou à Monaco, sociétés-écran du Liechtenstein, de Costa Rica ou de Malaisie...une toile d'araignée constante où apparaissent toujours les mêmes noms de société! Un nom de famille? jamais vu!

En résumé: les 8 plus importantes entités financières des Etats-Unis (JP Morgan Chase, Wells Fargo, Bank of America, Citigroup, Goldman Sachs, US Bancorp, Bank of New York Mellon y Morgan Stanley) sont contrôlées à 100% par dix actionnaires, ainsi 4 entreprises sont omniprésentes dans toutes les décisions; par ordre d'importance: Black Rock, State Street, Vanguard y Fidelity.

Accessoirement, le système de la Réserve Fédérale est formé par 12 institutions, essentiellement bancaires, qui sont représentées par un Conseil de Direction de 7 personnes qui décident de la politique monétaire américaine (ce qui revient presqu'à dire "mondiale") lors de réunions des douze membres du  Federal Open Market Committee (FOMC). On conviendra qu'un tel Conseil de Direction représentera plus les intérêts de leurs banques que du système américain. Et plus spécialement des neuf banques précédemment citées...donc des "4 grands" qui sont le dénominateur commun de toutes... Il ne faut pas être grand clerc pour se rendre compte que la Réserve Fédérale est donc contrôlée par 4 entreprises privées: Black Rock Fund Advisors, State Street Global Advisors, Vanguard Group y Fidelity Management. Entreprises qui contrôlent la vie américaine et la politique monétaire mondiale sans aucune sorte de contrôle ou d'elections "démocratiques", ni obligation de clarté...4 entreprises qui ont participé au lancement de la "crise économique mondiale" et s'en sont extraordinairement enrichies!

Terminons ce rapide exposé par quelques unes des plus connues parmi toutes les autres sociétés contrôlées par ce même groupe des "4 grands": Alcoa Inc., Altria Group Inc., American International Group Inc., AT&T Inc., Boeing Co., Caterpillar Inc., Coca-Cola Co., EI DuPont de Nemours & Co., Exxon Mobil Corp., General Electric Co., General Motors Corporation, Hewlett-Packard Co., Home Depot Inc., Honeywell International Inc., Intel Corp., International Business Machines Corp., Johnson & Johnson, JP Morgan Chase & Co., McDonald’s Corp., Merck & Co. Inc., Microsoft Corp., 3M Co., Pfizer Inc., Procter & Gamble Co., United Technologies Corp., Verizon Communications Inc., Wal-Mart Stores Inc.
Time Warner, Walt Disney, Viacom, Rupert Murdoch’s News Corp., CBS Corporation and NBC Universal...


Et en Europe? vous retrouverez ces "4 grands" au contrôle de la majorité des plus importantes sociétés cotées en bourse de chaque pays.

Et les hommes? TOUS, qu'ils soient aux finances, au Trésor, au FMI, à la banque Centrale Européenne, à la Banque Mondiale, dans un pays ou un autre, ou dans l'une quelconque des grandes organisations financières de la planète, TOUS, ont été formés par les "4 grands" et restent leurs employés à vie.

Et qui sont les familles qui tiennent les 4 grands? Après 7 tours du monde entre paradis fiscaux et sociétés-écran, je n'ai toujours pas vu apparaître un seul nom de famille, peut être ferez-vous mieux !

 


 

http://communisme.wordpress.com/category/usa/page/2/


Partager cet article
Repost0
25 janvier 2011 2 25 /01 /janvier /2011 03:07
        ESPOIR ! eva_joly.jpg
 
 

 

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0
25 janvier 2011 2 25 /01 /janvier /2011 03:07

 

 

par Michel Chossudovsky

 

Le 24 janvier 2011

 

Voir la vidéo (2008) « Quand Dominique Strauss-Kahn félicitait Ben Ali pour sa politique modèle... »

Photo : En 2008, « le président Ben Ali a décoré M. Dominique Strauss-Khan des insignes de Grand officier de l’ordre de la République en considération pour ses qualités intellectuelles et ses contributions au renforcement du développement économique à l’échelle mondiale et notamment celles appelant à une meilleure intégration dans le bassin méditerranéen et la prise en compte des aspirations des peuples à la stabilité, la paix et la prospérité.» Source InfoTunisie.com


Les médias occidentaux proclament, en chœur, que le général Zine el-Abidine Ben Ali, ancien président déchu de la Tunisie, est un dictateur.

Le mouvement de protestation tunisien est simplement décrit comme la conséquence d’un régime antidémocratique et autoritaire défiant les normes de la « communauté internationale ».

 

Toutefois, Ben Ali n’était pas un « dictateur ». Les dictateurs décident et dictent. Ben Ali était un serviteur des intérêts économiques occidentaux, un pantin fidèle qui obéissait aux ordres, avec l’appui soutenu de la communauté internationale.

 

L’interférence étrangère dans les affaires intérieures de la Tunisie n’est pas mentionnée dans les reportages médiatiques. Les hausses de prix de la nourriture n’ont pas été « dictées » par le gouvernement Ben Ali, mais imposées par Wall Street et le Fonds monétaire international (FMI).

 

Le rôle du gouvernement Ben Ali a été d’appliquer la médecine économique mortelle du FMI, laquelle, sur une période de plus de 20 ans, a servi à déstabiliser l’économie nationale et à appauvrir la population tunisienne.

 

En tant que chef d’État, Ben Ali n’a pas pris de décision importante. La souveraineté nationale était un souvenir. En 1987, au plus fort de la crise de la dette, le gouvernement nationaliste de gauche d’Habib Bourguiba a été remplacé par un nouveau régime, fermement engagé à adopter des réformes du « marché libre ».

 

La gestion macro-économique sous le commandement du FMI était aux mains des créanciers extérieurs de la Tunisie. Au cours des 23 dernières années, la politique sociale et économique du pays a été dictée par le consensus de Washington.

 

Ben Ali est demeuré au pouvoir, car son gouvernement a obéi et appliqué efficacement les dictats du FMI, tout en servant à la fois les intérêts des États-Unis et ceux de l’Union européenne.

 

Ce système a été implanté dans de nombreux pays.

 

La continuité des réformes fatales du FMI requiert un « changement de régime ». La mise en place d’une marionnette politique assure l’application du programme néolibéral, tout en créant des conditions propices à l’effondrement éventuel d’un gouvernement corrompu et impopulaire ayant servi à appauvrir une population entière.

 

Le mouvement de protestation

 

Ce ne sont pas Wall Street et les institutions financières internationales situées à Washington qui sont la cible directe du mouvement de protestation. L’implosion sociale a été dirigée contre un gouvernement plutôt que contre l’interférence des puissances étrangères dans l’orientation de la politique gouvernementale.

 

Au début, les protestations n’étaient pas le résultat d’un mouvement politique organisé et dirigé contre l’imposition des réformes néolibérales.

 

De plus, des indications laissent croire que le mouvement de protestation a été manipulé dans le but de créer un chaos social, ainsi que d’assurer une continuité politique. Des reportages non corroborés révèlent des actes de répression et d’intimidation par des milices armées dans de grandes zones urbaines.

 

La question qui importe est comment la crise évoluera-t-elle? Comment la question plus large de l’interférence étrangère sera-t-elle abordée par le peuple tunisien?

 

Du point de vue de Washington et de Bruxelles, on prévoit le remplacement d’un régime impopulaire et autoritaire par un nouveau gouvernement fantoche. Des élections sont envisagées sous la supervision de la soi-disant communauté internationale, auquel cas des candidats seraient présélectionnés et approuvés.

 

Si ce processus de changement de régime devait être mis en œuvre pour le compte d’intérêts étrangers, le nouveau gouvernement mandataire assurerait sans doute la continuité du programme politique néolibéral ayant servi à appauvrir la population tunisienne.

 

Le gouvernement transitoire mené par le président intérimaire Fouad Mebazza se trouve actuellement dans une impasse, avec une opposition féroce émanant du mouvement syndical (UGTT). Mebazza a promis de « rompre avec le passé » sans toutefois spécifier si cela signifie l’annulation des réformes économiques néolibérales.

 

Aperçu historique

 

En chœur, les médias ont présenté la crise en Tunisie comme une question de politique intérieure, sans offrir de perspective historique. La présomption veut qu’avec la déposition du « dictateur » et l’installation d’un gouvernement dûment élu, la crise sociale se résoudra tôt ou tard.

 

Les premières « émeutes du pain » en Tunisie remontent à 1984. Le mouvement de protestation de janvier 1984 a été causé par une hausse de 100 pour cent des prix du pain. Cette augmentation a été exigée par le FMI dans le cadre du programme d’ajustement structurel tunisien (PAS). L’élimination de subventions alimentaires était une condition de facto de l’accord de prêt avec le FMI.

 

Le président Habib Bourguiba, qui a joué un rôle historique dans la libération de la Tunisie du colonialisme français, a déclaré un état d’urgence en réaction aux émeutes :

 

Alors que les tirs retentissaient, la police et les troupes d’armée en jeeps et en véhicules blindés de transport de troupes se sont déployées à travers la ville pour réprimer l’« émeute du pain ». La démonstration de force a finalement amené un calme inquiétant, mais seulement après que plus de 50 manifestants et passants furent tués. Ensuite, dans une émission dramatique de cinq minutes diffusée à la radio et à la télévision, Bourguiba a annoncé qu’il annulait la hausse de prix. (Tunisia: Bourguiba Lets Them Eat Bread - TIME, janvier 1984)

 

Après le désaveu du président Bourguiba, la hausse de prix du pain a été annulée. Bourguiba a congédié son ministre de l’Intérieur et a refusé de se conformer aux demandes du consensus de Washington.

 

Le programme néolibéral avait tout de même été établi et avait mené à une inflation galopante et au chômage de masse. Trois ans plus tard, Bourguiba et son gouvernement ont été chassés dans un coup d’État sans effusion de sang, « en raison d’incompétence ». Cela a conduit à l’installation du général Zine el-Abidine Ben Ali comme président en novembre 1987. Ce coup ne visait pas Bourguiba : il était largement destiné à démanteler de façon permanente la structure politique nationaliste établie initialement au milieu des années 1950, tout en privatisant les avoirs de l’État.

 

Le coup militaire a non seulement marqué la fin du nationalisme postcolonial mené par Bourguiba, il a également contribué à affaiblir le rôle de la France. Le gouvernement Ben Ali s’est fermement aligné sur Washington plutôt que Paris.

 

À peine quelques mois après l’installation de Ben Ali comme président en novembre 1987, un accord majeur a été signé avec le FMI. Un accord avait également été conclu avec Bruxelles concernant l’établissement d’un régime de libre-échange avec l’Union européenne. Un programme de privatisation massive sous la supervision du FMI et de la Banque mondiale a aussi été lancé. Avec des salaires horaires de l'ordre de 0,75 euro, la Tunisie était par ailleurs devenue un paradis de main d’œuvre bon marché pour l’Union européenne.

 

Qui est le dictateur?

 

Un examen des documents du FMI suggère que depuis l’inauguration de Ben Ali en 1987 jusqu’à aujourd’hui, son gouvernement s’était fidèlement conformé aux conditionnalités du FMI et de la Banque mondiale, incluant le congédiement de travailleurs du secteur public, l’élimination du contrôle des prix de biens essentiels à la consommation et l’implantation d’un programme de privatisation radical. L’abolition des barrières commerciales ordonnée par la Banque mondiale a favorisé le déclenchement d’une vague de faillites.

 

À la suite de ces bouleversements de l’économie nationale, les remises en espèces provenant des travailleurs tunisiens dans l’Union européenne sont devenues une source de plus en plus importante de recettes en devises.

 

Environ 65 000 Tunisiens vivent à l’étranger. En 2010, le montant total des remises en espèces étaient de l'ordre de 1,960 milliards de dollars, une hausse de 57 % par rapport à 2003. Une grande part de ces remises en devises sera affectée au service de la dette extérieure.

 

L’augmentation spéculative des prix de la nourriture dans le monde

 

En septembre 2010, un accord a été conclu entre Tunis et le FMI, lequel recommandait l’annulation des subventions restantes comme moyen d’atteindre un équilibre fiscal.

 

La prudence fiscale demeure une priorité très importante pour les autorités [tunisiennes], qui, dans l’environnement international actuel, voient également la nécessité de maintenir en 2010 une politique budgétaire d’un grand secours. Au cours de la dernière décennie, les efforts visant à réduire significativement le ratio d’endettement public ne devraient pas être compromis par un politique budgétaire trop laxiste. Les autorités sont engagées à contrôler fermement les dépenses actuelles, incluant les subventions […] (IMF  Tunisia: 2010 Article IV Consultation - Staff Report; Public Information Notice on the Executive Board Discussion; and Statement by the Executive Director for Tunisia http://www.imf.org/external/pubs/ft/scr/2010/cr10282.pdf)

 

Il convient de noter que l’insistance du FMI relativement à l’austérité budgétaire et à l’abolition des subventions coïncide chronologiquement avec une nouvelle augmentation des prix des aliments de base aux bourses de marchandise de London, New York et Chicago. Ces hausses de prix sont en grande partie le résultat des spéculations pratiquées par d’importants intérêts financiers et commerciaux de l’industrie agricole.

 

Ces augmentations des prix des aliments, résultant d’une manipulation pure et simple (plutôt que de la rareté), ont servi à appauvrir des populations partout dans le monde. Ces hausses constituent une nouvelle étape dans le processus d’appauvrissement mondial.

 

« Les médias ont simplement induit l’opinion publique en erreur en ce qui concerne les causes de ces augmentations de prix, en se concentrant presque exclusivement sur les questions des coûts de production, du climat et d’autres facteurs entraînant la réduction des réserves et pouvant contribuer à l’augmentation du prix des produits essentiels. Bien que ces facteurs puissent entrer en jeu, leur pertinence est limitée dans l’explication de la hausse impressionnante et dramatique des prix des produits de base.

 

La montée en flèche des prix des aliments est largement due à la manipulation des marchés. Elle est attribuable aux transactions spéculatives sur les marchés des produits de base. Les prix du grain sont augmentés artificiellement par des opérations spéculatives de grande envergure aux Bourses mercantiles de New York et de Chicago.

 

Les transactions spéculatives sur le blé, le riz ou le maïs peuvent avoir lieu sans qu’il y ait de transactions réelles sur marchandises. Les institutions qui spéculent sur le marché de grains ne sont pas nécessairement impliquées dans la vente et la livraison réelles du grain.

 

Les transactions peuvent utiliser des fonds de l’Index des marchandises, lesquels sont des paris sur le mouvement général à la hausse ou à la baisse des prix des produits de base. Une « option de vente » est un pari que le prix diminuera, une « option d’achat » un pari que le prix augmentera. Par une manipulation concertée, les négociateurs institutionnels et les institutions financières font monter le prix et ensuite placent leurs paris sur un mouvement à la hausse des prix d’un produit en particulier.

.

La spéculation génère de la volatilité sur les marchés. En retour, l’instabilité qui en résulte encourage davantage d’activité spéculative.

 

Les gains sont réalisés lorsque les prix augmentent. Inversement, si le spéculateur vent à découvert, les gains seront enregistrés lors de la chute des prix.

 

Cette récente hausse spéculative du prix des aliments a favorisé un processus mondial de création de la famine d’une ampleur sans précédent. » (Michel Chossudovsky, Global Famine, Global Research, 2 mai 2008, http://www.globalresearch.ca/index.php?context=va&aid=8877)

 

Il y a eu, de 2006 à 2008, une hausse dramatique des prix de tous les produits essentiels, dont le riz, le blé et le maïs. Le prix du riz a triplé en cinq ans, passant d’environ 600 $ la tonne en 2003 à plus de 1800 $ la tonne en mai 2008.

 

(Michel Chossudovsky, http://www.globalresearch.ca/index.php?context=va&aid=9191. Pour plus de détails voir Michel Chossudovsky, chapitre 7, Global Poverty and the Economic Crisis dans Michel Chossudovsky et Andrew Gavin Marshall, éditeurs, The Global Economic Crisis, The Great Depression of the XXI Century, Global Research, Montréal 2010, http://globalresearch.ca/index.php?context=va&aid=20425 )

 

L’augmentation récente du prix du grain est caractérisée par un bond de 32 % enregistré durant la deuxième moitié de 2010 dans l’indice composite des prix alimentaires.

 

La forte hausse des prix du sucre, des céréales et des oléagineux a conduit les prix alimentaires mondiaux à un record en décembre, dépassant les coûts de 2008, lesquels avaient déclenché des émeutes à travers le monde, et suscitant des mises en garde à l’effet que les prix s’aventuraient en terrain dangereux.

 

En décembre, un indice compilé mensuellement par les Nations Unies a battu son record de juin 2008 pour atteindre le niveau le plus élevé depuis la création des registres en 1990. Publié par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (ONUAA) située à Rome, l’indice, qui suit les prix d’un panier de céréales, des oléagineux, des produits laitiers, de la viande et du sucre, a augmenté pendant six mois consécutifs. (Jill Treanor, World food prices enter 'danger territory' to reach record high, The Guardian, 5 janvier 2011)

 

Amère ironie : avec une augmentation du prix des aliments en arrière-plan, le FMI recommande l’annulation des subventions dans le but d’atteindre l’objectif d’austérité budgétaire.

 

Manipulation des données sur la pauvreté et le chômage

 

Il règne un climat de désespoir social, les vies sont brisées.

 

Alors que le mouvement de protestation en Tunisie est visiblement le résultat d’un processus d’appauvrissement de masse, la Banque mondiale soutient que les niveaux de pauvreté ont été réduits grâce aux réformes de libre-marché adoptées par le gouvernement Ben Ali.

 

Selon le rapport de la Banque mondiale sur la Tunisie, le gouvernement tunisien (avec l’appui des institutions de Bretton Woods) a contribué à réduire les niveaux de pauvreté à 7 % (des niveaux nettement plus bas que ceux enregistrés aux États-Unis et dans l’Union européenne).

 

La Tunisie a enregistré des progrès remarquables en matière de croissance équitable, de lutte contre la pauvreté et d’indicateurs sociaux. Son taux de croissance s’est maintenu à 5 % en moyenne au cours des vingt dernières années, avec une progression régulière du revenu par habitant et une augmentation parallèle du bien-être de sa population mise en évidence par un taux de pauvreté qui est parmi les plus bas de la région (7 %).

 

 

La réduction de la pauvreté est attribuable principalement à la progression régulière du revenu par habitant […] L’amélioration du réseau routier rural a joué un rôle particulièrement important en permettant aux populations pauvres vivant dans les campagnes d’accéder aux marchés et aux services urbains. Les programmes de logement ont amélioré les conditions de vie des populations pauvres et permis de dégager des revenus et de l’épargne pour financer des dépenses alimentaires et non alimentaires, ce qui a contribué également à agir favorablement sur l’allégement de la pauvreté. Les subventions alimentaires, qui étaient destinées aux pauvres, quoiqu’elles n’aient pas fonctionné de façon optimale, ont également aidé les habitants pauvres des villes. (Banque mondiale, Note de présentation de la Tunisie)

 

Ces chiffres sur la pauvreté sont de pures fabrications, sans compter l’« analyse » économique et sociale sous-jacente. Ils présentent le libre-marché comme le moteur de réduction de la pauvreté. Le cadre analytique de la Banque mondiale est utilisé pour justifier un processus de « répression économique » appliqué dans plus de 150 pays en développement à travers le monde.

 

Comme seulement 7 % de la population vit dans la pauvreté (comme le suggère l’« estimation » de la Banque mondiale) et que 93 % arrive à satisfaire ses besoins fondamentaux en termes de nourriture, de logement, de santé et d’éducation, il n’y aurait pas de crise en Tunisie.

 

La Banque mondiale participe activement à la manipulation de données et à la déformation de la détresse des Tunisiens. Le taux de chômage officiel est de 14 % et le niveau réel de chômage est beaucoup plus élevé. Le taux de chômage enregistré chez les jeunes est de l’ordre de 30 %. Les services sociaux, dont la santé et l’éducation, se sont effondrés sous le poids des mesures d’austérité économique du FMI et de la Banque mondiale.

 

La Tunisie et le monde

 

Ce qui arrive en Tunisie relève d’un processus économique mondial qui détruit la vie des gens par la manipulation délibérée des forces du marché.

 

De manière plu générale, « les dures réalités économiques et sociales sous-jacentes aux interventions du FMI sont la forte hausse du prix des denrées alimentaires, des famines au niveau local, des mises à pieds massives de travailleurs urbains et de fonctionnaires, ainsi que la destruction des programmes sociaux. Le pouvoir d’achat à l’échelle nationale s’est effondré, des cliniques médicales et des écoles ont été fermées, et des centaines de millions d’enfants sont privés de leur droit à un enseignement primaire ». (Michel Chossudovsky, Global Famine, op cit.)  

Il est nécessaire de diriger le mouvement de protestation non seulement contre le gouvernement mais aussi contre l’ambassade étasunienne, la délégation de l’Union européenne et les missions du FMI et de la Banque mondiale en Tunisie. [M. C. mis à jour le on 22 janvier 2010]

 

Article original en anglais : Tunisia and the IMF's Diktats: How Macro-Economic Policy Triggers Worldwide Poverty and Unemployment, publié le 20 janvier 2011.

Traduit par Julie Lévesque pour Mondialisation.ca.

 

 


Michel Chossudovsky
 est directeur du Centre de recherche sur la mondialisation et professeur émérite de sciences
économiques à l'Université d'Ottawa. Il est l'auteur de Guerre et mondialisation, La vérité derrière le 11 septembre et de la Mondialisation de la pauvreté et nouvel ordre mondial (best-seller international publié en 12 langues).

 

 

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=22939

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le blog d' Eva, R-sistons à la crise
  • : Tout sur la crise financière, économique, sanitaire, sociale, morale etc. Infos et analyses d'actualité. Et conseils, tuyaux, pour s'adapter à la crise, éventuellement au chaos, et même survivre en cas de guerre le cas échéant. Et des pistes, des alternatives au Système, pas forcément utopiques. A défaut de le changer ! Un blog d'utilité publique.
  • Contact

Recherche