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12 décembre 2012 3 12 /12 /décembre /2012 00:03
État de Palestine, Islamophobie et aliénation

 

L'objectif est de faire croire aux populations qu'elles sont totalement libres de leur choix. Ainsi l'aliéné, tout en souffrant de sa condition, œuvre lui-même à sa propre domination.

 

Pour pérenniser sa domination, l'oppresseur a trois méthodes. La plus radicale est certainement l'extermination. C'est celle qu'utilisa (et utilise encore) l'"homme blanc" en Amérique du Nord et du Sud et en Océanie pour "nettoyer" ces vastes territoires et se les approprier entièrement.

L'aliénation est la deuxième méthode. Elle est beaucoup plus efficace car elle permet de se préserver du "coût politique" de l'organisation d'un génocide et elle exerce une violence sur les esprits et les cœurs qui est évidemment moins visible que l'extermination de toute une population.

C'est, en particulier, ce que nous vivons actuellement dans notre système productiviste qui engendre des travailleurs serviles et des consommateurs aliénés. L'objectif est de faire croire aux populations qu'elles sont totalement libres de leur choix. Ainsi l'aliéné, tout en souffrant de sa condition, œuvre lui-même à sa propre domination. Il est le premier à défendre cette société de consommation qui ne reconnaît que l'épaisseur de son portefeuille et il est le premier à aduler son travail qui le martyrise au quotidien.

L'objectif, le summum, c'est de parvenir à ce que l'aliéné observe et comprenne le monde à travers les lunettes de la "vérité" subjective du système dominant qui devient la réalité objective du dominé.

Arrivés à ce niveau d'aliénation, les contradictions et aberrations évidentes ne nous choquent plus, nous n'arrivons même plus à les percevoir. Les populations du Nord sont les premiers consommateurs d'anxiolytiques, nous sommes les premiers consommateurs de drogues cultivées dans les pays du Sud que nous contrôlons (Aghanistan, 80 % de l'héroïne mondiale), nous fournissons la quasi totalité des armes utilisées dans tous les conflits importants de l'hémisphère Sud ; mais malgré ces horreurs qui constituent notre quotidien, l'Occident n'a aucune gêne à se revendiquer du "belle héritage des siècles des Lumières".

La France et l'Occident en général nous parlent d'amour, de liberté, de démocratie, d'égalité, de paix, de laïcité, du primat de l'individu ou de la raison, etc. Mais la réalité du monde, c'est la haine, le non-droit, l'injustice, la guerre, le racisme, l'individualisme et l'égoïsme.

Le fil de l'actualité, nous le prouve tous les jours, notre quotidien vient nous confirmer dans notre chair ce qu'on pressentait de plus en plus clairement dans nos cœurs : les idéaux dits "universels" proclamés ne sont que la paravent à des logiques d'intérêt et de domination.

Mais on fait semblant de ne pas voir, et au lieu de poser publiquement et sans complexe notre différence pour résister et réformer, on continue à vouloir se revendiquer de cette "nation" égoïste, de cette "république" discriminante, à vouloir réclamer notre place... Nous aussi.

Notre aliénation ne nous permet même plus de comprendre qu'aujourd'hui ces idées des Lumières aveuglent plus qu'elles n'éclairent. Et que si, quelques siècles auparavant, elles ont permis l'émancipation, aujourd'hui elles justifient l'oppression.

Car il ne faut pas être trompé par l'éloquence même sincère des discours pompeux de l'aliéné sur la compatibilité d'un Islam avec la République et ses idéaux. En fait, toute sa rhétorique est basée sur l'affectif. Il a besoin que son combat soit reconnu. Sa lutte n'est plus dans le changement graduelle des réalités pour imposer le respect, il n'est que dans la demande de reconnaissance publique, à travers ces symboles et gratifications qui lui permettent de se sentir aimé.

Sur un autre registre mais toujours avec cette même vision aliénée de notre réalité, on applaudit à la reconnaissance à l'ONU d'un état de Palestine qui n'existe plus dans la réalité à cause de... cette même ONU qui s'est empressé de reconnaître l'état sioniste le 14 mai 1948. Soixante-quatre années de colonisations plus tard, l'ONU reconnaît (en partie) l'existence d'un État palestinien qui n'existe pas du fait de ces soixante-quatre années de déni permanent. Une véritable farce !

On aurait préféré que cette instance internationale reste fidèle à ses propres statuts et reconnaisse la légitimité de la résistance armée du peuple palestinien face à l'oppression sioniste, qu'il reconnaisse qu'il y a un agresseur et un agressé, un colonisateur et un colonisé, un état oppresseur et un peuple opprimé, un état occupant et une résistance populaire.

On applaudit quand l'ONU reconnaît la légalité d'un état palestinien qui est fictif et on se tait docilement quand il se refuse à reconnaître la légitimité d'une résistance qui, elle, est pourtant bien réelle.

Néanmoins, l'aliénation comme le mensonge n'existe jamais de manière générale et permanente au sein d'une même population. Et cela reste un véritable souci pour le système dominant car des peuples les plus aliénés, des populations les plus martyrisées peuvent émerger les résistances les plus nobles et les luttes les plus émancipatrices.

Alors, quand l'extermination n'est plus politiquement possible et que l'aliénation n'est plus intellectuellement suffisante, il reste l'arme de l'émotion, la peur. Si l'aliénation est la méthode de domination la plus efficace, la peur est certainement la plus subtile.

La peur permet de réduire à néant les petites velléités de résistances qui persistent quand l'aliénation se généralise. Quand la peur nous taraude, la raison se tait et les passions se déchaînent.

Entretenir la domination, c'est entretenir un climat de peur. L'écroulement brutal du bloc communiste a été une véritable catastrophe pour l'impérialisme américain. Comment allons-nous justifier la présence des bases "yankee" en Europe, en Allemagne, au Japon et dans le reste du monde ? Comment justifier l'OTAN ? Comment justifier les énormes budgets militaires occidentaux ?

Car officiellement cela se justifiait par la peur des puissances communistes qui risquaient de mettre en péril les belles démocraties occidentales. Dans la réalité, c'est durant cette "guerre froide", dans la peur de la guerre atomique que s'est justifiée l'américanisation de tout l'Occident (Europe et Japon), préalable à l'occidentalisation du monde (ou mondialisation).

Aujourd'hui pour pérenniser l'impérialisme collectif occidental qui ne veut jamais s'avouer, on a besoin d'un ennemi qui doit faire peur. Car la peur réduit au silence les peuples, fait se soumettre les consciences des justes aux actes les plus ignobles.

L'Islam a donc pris la relève du bloc communiste pour entretenir cette peur. Pour rendre l'entreprise plus crédible, les services de renseignement occidentaux, israéliens et arabes ont infiltré et parfois ont pris le contrôle des organisations terroristes qui par leurs attentats aveugles ont permis la promulgation de lois liberticides et sécuritaires dans les pays du Nord et le déclenchement de nouvelles guerres impériales dans les pays du Sud.

L'entreprise de domination a besoin de la peur pour se pérenniser, l'ennemi choisi après le communisme est l'islam. Entretenir la peur à travers l'Islam est ce que nous appelons l'islamophobie.

Le problème dans notre discours aliéné sur la question de l'islamophobie est de croire que le sujet du débat est l'Islam. Ce qui conduit certains à croire que c'est notre visibilité trop provoquante qu'il faudrait revoir, ou qu'il faudrait la compenser par un attachement beaucoup plus visible et expressif à cette nation et à ses valeurs.

En fait quand on parle islamophobie, l'Islam n'est pas le vrai sujet du débat, il n'en est que l'objet. L'Islam est utilisé pour créer cette peur qui permet de mettre sous contrôle sa propre population bien au-delà des simples musulmans.

Pour l'impérialisme collectif occidental, l'entretien d'un climat de peur au sein de sa population est une nécessité structurelle, et donc l'entretien d'un climat islamophobe est intrinsèque à une nation qui n'a pas encore renoncé à ses alliances impérialistes.  

C'est la raison pour laquelle, je pense, qu'il est contre-productif de faire appel à la Nation ou à sa République pour combattre toutes les discriminations auxquelles nous faisons face. Tout au contraire, il serait peut être beaucoup plus judicieux de mettre en débat ces concepts de "Nation" ou de "République" au lieu de les accepter comme une évidence quasi naturelle.

Nous avons besoin d'être respectés, pas nécessairement d'être aimés. Notre islam doit être serein mais décomplexé. C'est en assumant sereinement notre visibilité et en posant avec pertinence le cadre des enjeux que nous mériterons le respect, même de ceux qui peuvent ne pas nous aimer.

 

http://oumma.com/15077/etat-de-palestine-islamophobie-alienation?utm_source=Oumma+Media&utm_campaign=a453c8e058-RSS_EMAIL_CAMPAIGN&utm_medium=email

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11 décembre 2012 2 11 /12 /décembre /2012 11:45

 

 

Chavez n'a plus que deux ou trois mois à vivre (médecin)
Ria Novosti
Mardi 11 Décembre 2012


Chavez n'a plus que deux ou trois mois à vivre (médecin)

Le président vénézuélien Hugo Chavez, atteint d'une récidive de son cancer, n'a plus que deux ou trois mois à vivre, a déclaré la radio colombienne RCN le médecin vénézuélien Jose Rafael Marquina résidant aux Etats-Unis.
"Il ne reste au président que deux ou trois mois. Malheureusement, l'issue fatale aura lieu en avril", a fait savoir M.Marquina.
Ces informations proviennent selon lui de sources proches des médecins qui soignent le leader vénézuélien à La Havane comme à Caracas.
Hugo Chavez, 58 ans, a subi ses premiers traitements contre le cancer à Cuba en juin 2011, avant de subir une rechute en février. Depuis, il a affirmé être complètement guéri du cancer et a été réélu à la présidence en octobre pour un mandat de six ans.
Cependant, la semaine dernière, M.Chavez a annoncé qu'il devait subir une nouvelle intervention chirurgicale à cause de l'apparition de nouvelles cellules malignes. Lundi 10 décembre, il s'est rendu à Cuba pour être opéré.
"La maladie a pris une forme agressive, le président souffre de métastases dans la zone lombaire, et la compression nerveuse risque d'entraîner une paralysie", a expliqué le médecin vénézuélien.
Selon lui, si l'opération elle-même ne présente aucun risque pour la santé de M.Chavez, des complications graves pourraient se présenter dans un délai de 72 heures suivant l'intervention.

Ria Novosti

 

http://www.alterinfo.net/Chavez-n-a-plus-que-deux-ou-trois-mois-a-vivre-medecin_a84603.html

 

1.Posté par bky le 11/12/2012 10:16 

Même si l'issue est fatale, pour toujours M. Chavez restera à jamais le symbole de la résistance à l'empire du mal. Un soutient pour les causes justes. Il a davantage fait pour la cause arabe et en particulier palestinienne que la majorité des pseudo frères. On te regrette déjà ! Commandant Chavez !

 

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11 décembre 2012 2 11 /12 /décembre /2012 11:40

 

Une question de bon sens

Lors du 11 septembre 2001, on a tout de même assisté durant quelques heures à une coup d’état opéré par l’armée américaine. Les militaires sont allés chercher presque la totalité des membres du Congrès pour, officiellement, les protéger.


foxnewspatriotact

Deux jours après, le 13 septembre, les médias annoncent que le PATRIOT ACT a été déposé au Congrès pour être voté. Il ne s’agit pas de quelques feuillets mais d’un gros document contenant de très nombreux feuillets. Question : les juristes néo-conservateurs issus de l’Ecole de Chicago, pépinière d’endoctrinement au concept du Futur Reich US, ont-ils rédigé ce gros pavé en quatre jours et nuits ?

Non.


En fait, la préparation du document consistant en le PATRIOT ACT a demandé au moins DEUX ANNÉES de discussion et rédaction en « interne ». Par conséquent, ceux qui ont ordonné ce programme ‘juridique’ avaient quelque chose derrière la tête. Une fois, prêts, restait à trouver l’événement catalyseur…

Comment se fait-il que les rédacteurs du PATRIOT ACT aient pressenti la nécessité de rédiger un tel document dans un silence total puisque rien n’a fuité avant le jour J ?

Ensuite ? Le complexe militaro-industriel fait accepter au président de façade qu’est G.W. Bush le plan de grand remodelage du Moyen-Orient. Le général Clark, fossoyeur (sur ordre) de la Yougoslavie, débarque voir ses amis au Pentagone. Il attendra six longues années avant de se confesser publiquement.

 

Aujourd’hui ?

La loi du hasard frappe la SYRIE… Les deux prochains numéros de LIESI analyseront la manière dont les groupes oligarchiques mettent en scène la prochaine guerre mondiale.

 
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Publié par le 11 décembre 2012 dans Non classé

 

LE technocrate italien du cartel décide de quitte le poste de commandement de Rome

Le 8 décembre 2012, le technocrate Mario Monti, l’homme des sociétés secrètes qui a ruiné des millions d’italiens pour satisfaire Marché S.A., a confirmé ce que nous disions dans l’un des précédents numéros de LIESI : à savoir sa démission. Les excuses rapportées par le technocrate officiant pour le cartel bancaire sont un prétexte.

mario monti goldman sach

« J’ai mûri la conviction qu’on ne pouvait pas continuer à aller ainsi de l’avant », a-t-il confié au directeur du plus grand quotidien italien, le Corriere della Sera. Le journal italien rapporte que le pauvre technocrate a été « particulièrement offensé par les déclarations du secrétaire général du PDL, Angelino Alfano, lorsque ce parti a décidé de ne pas voter le texte (budget) s’attaquant aux coûts de la politique en Italie.« Nous n’aimons pas le chemin qu’a pris notre économie », avait notamment déclaré M. Alfano. Pour M. Monti, même si ce parti s’est seulement abstenu, il s’agissait d’une véritable motion de défiance à son égard. « Je me suis senti profondément indigné de lire ces paroles », a-t-il dit ».

Ces jérémiades sont pour le petit écran et la presse propagandiste. La réalité, comme nous le rapportions il y a plusieurs semaines dans la lettre LIESI, est que Mario Monti entend dégager avant le paradigme qui sera introduit après mai-juin 2013 par les forces faisant le Marché.

Le vide politique ouvert en Italie a permis à Silvio Berlusconi de s’engager dans la course pour occuper la place. Le célèbre politicien qui rêve de revanche ferait mieux de réfléchir à deux fois au coup que lui préparent ceux qui l’ont évincé il y a quelques mois. Les propos rapportés par la presse européenne donnent le futur prétexte pour couler l’Italie… face à la TEMPÊTE.

navireitalietempete

« Le pire qui puisse arriver à l’Italie serait de retomber dans une crise politique qui briserait l’élan des réformes engagées par Mario Monti. Ce risque, la Botte le doit ironiquement à celui (Berlusconi) que les marchés financiers ont chassé du pouvoir en novembre 2011. » (Les Echos)

« Le nouveau coup du Caïman pourrait faire monter la température sur les taux italiens et pénaliser un pays qui avait su donner des gages sérieux pour écarter les dangers d’une dérive à la grecque », déplore Christophe Lucet dans Sud-Ouest.

« Avec Berlusconi, l’Italie reviendrait allonger la liste des grands sinistrés après la Grèce, l’Espagne et le Portugal », ajoute Ivan Drapeau dans La Charente libre.

 

BANCO POPULARE et les métaux précieux

En attendant BANCO POPULARE donne des signaux plutôt inquiétants… Et pourquoi pas de nouvelles dégradations pour l’ITALIE de la part des agences de notation travaillant pour MARCHE S.A ?

En attendant, il se passe quelque chose sur les métaux précieux… certaines mains sont contraintes de racheter des positions short. Ce qui s’est passé vendredi après-midi est intéressant.

A l’examen de certains graphiques des quatre plus grosses banques d’affaires américaines, quelques explications pourraient être trouvées. Surveillons et attendons…

 
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Publié par le 10 décembre 2012 dans Non classé

 

Des politiques sous pression à cause des règles qu’ils ont promues

Dans l’une de ses dernières chroniques, Jacques Attali écrit un certain nombre de choses. Il évoque la menace de nationalisation brandie par Arnaud Montebourg. Sa réponse ? « Avant de menacer de nationaliser des entreprises privées, les hommes politiques devraient commencer par nationaliser l’Etat; c’est-à-dire le mettre au service de la Nation et non de leurs ambitions politiciennes ou médiatiques. »

mondialisationLe groupe UMP/PS n’a-t-il pas fait le choix de la mondialisation, des frontières ouvertes, des délocalisations ? N’ont-ils pas voté pour tous ces traités qui réclament plus d’Europe et moins de souveraineté nationale ? Quand on décide de détruire les vitres des fenêtres d’une maison, doit-on s’étonner du fait qu’un air glacial y circule en plein hiver ?

Le résultat aujourd’hui est que les gouvernements ne pèsent plus grand-chose face aux mastodontes du Marché. On veut plus d’Europe mais le Parlement européen n’est-il pas sous le contrôle de plusieurs lobbyistes ?

A quoi cela sert-il de dire à l’un des acteurs du Marché qu’il n’est pas le bienvenu en France alors que l’Etat est atrophié, sans colonne vertébrale, avec des dirigeants qui ont refusé sciemment tout projet intelligent pour freiner la mondialisation ? L’idéologie qui consiste pour ce pouvoir sans pouvoir à illusionner les travailleurs de France sur des espoirs sans consistance, peut-il s’avérer politiquement suicidaire ?

 
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Publié par le 10 décembre 2012 dans Non classé

 

Marc Fiorentino lance un cri d’alarme et la Russie s’exprime pour la Syrie

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Curieuse fin d’année où le financier très médiatique Marc Fiorentino annonce des temps très difficiles pour l’économie française.

Dans l’un de ses éditoriaux, Marc Fiorentino dresse ce constat :

« Il règne une ambiance étrange. Tous les indicateurs de terrain, venant des chefs de petites entreprises entre autres, indiquent que l’économie française est dans une situation extrêmement inquiétante. Consommation en baisse et chômage en hausse. Mais il n’y a pas de sentiment d’urgence, on est une fois de plus dans le déni. Je pense qu’il est temps de lancer un cri d’alarme.

Hausse du chômage, prévision de récession : la situation de l’économie française m’inquiète.

Au-delà des chiffres officiels qui sont publiés, la réalité sur le terrain est assez effrayante. Le principal moteur de la croissance française, la consommation, est à l’arrêt. Le non alimentaire, et notamment l’habillement, le textile est en baisse de 15% à 30% et même les dépenses alimentaires sont en baisse de 5%. Et je suis frappé par l’absence totale de sentiment d’urgence. Le gouvernement, et même les médias, continuent à fonctionner comme si nous traversions juste une période difficile alors que nous sommes au bord du précipice.

Ce qui me faire dire cela c’est que notre commerce extérieur est en lambeaux avec un déficit record, la consommation est à l’arrêt et les investissements sont en chute libre. Les entreprises, et surtout les TPE, les PME et même les entreprises intermédiaires dont le marché est franco français sont dans la situation la plus difficile que j’ai pu observer en 30 ans de carrière. Plus de financement bancaire, plus d’investisseurs en capitaux ni en bourse compte tenu de la fiscalité, et des chiffres d’affaires en baisse. Le nombre des procédures de sauvegarde, redressements judiciaires et faillites explose.

Et j’ai le sentiment qu’on n’en parle pas assez. J’ai l’impression qu’on est une fois de plus dans le déni. On vient de passer un mois dans un psychodrame sur les 600 emplois de Florange, alors qu’on perd 60,000 emplois par mois. Je me demande quel niveau le chômage et la décroissance doivent atteindre pour qu’on réagisse. Il faut lancer un cri d’alarme : le secteur privé français est au bord du gouffre et nous n’avons plus les moyens de financer le secteur public ».

 

Tentative par les puissances occidentales de répéter le scénario libyen avec la Syrie

Lavrov0Tandis que l’Occident cherche à imposer sa manière de définir la démonocratie en Syrie, la Russie vient de répondre en la personne du responsable de sa diplomatie : Sergueï Lavrov. Au cours d’une table ronde La Russie et le monde en évolution il a précisé aux diplomaties occidentales qu’elles ne devaient pas rêver à une répétition du scénario libyen :

« Nous n’admettrons pas que l’expérience libyenne soit reproduite en Syrie ». « Malheureusement, nos partenaires occidentaux se sont écartés des ententes de Genève et prônent le départ (du président syrien) Bachar el-Assad ». « Nous ne menons aucune négociation concernant le sort d’Assad. Toutes les tentatives de présenter la situation autrement sont assez malpropres, et cela même pour les diplomaties des pays connus par leurs aspirations à  défigurer les faits en leur faveur ».

Difficile d’être plus clair pour le ministre russe des Affaires étrangères à l’égard des puissances occidentales, dont le jeu malfaisant devra nécessairement être payé un jour, car les nations n’ont pas d’éternité.

 

 
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Publié par le 9 décembre 2012 dans Non classé

 

France : ‘cherche dirigeants compétents et consciencieux’

affiche-laceree-election-presidentielle-Sarkozy-Holland

Les cinq années de présidence Sarkozy ont suscité tant de dégoût et de rancœur que beaucoup ont espéré dans l’arrivée de la gauche caviar. Le bilan des quelques mois de présidence de F. Hollande, celui que Jacques Attali compare à Louis XVI, est une catastrophe. La France continue de s’enfoncer et les autres pays ne font pas vraiment mieux. Les Etats-Unis par exemple, confirment l’issue du débat électoral de la dernière présidentielle : il n’y a pas eu de débats de fond et par conséquent aucune amélioration n’est à attendre. Les politiciens sont soucieux de préserver la vitrine, de faire les courbettes aux banquiers qui font LE MARCHE, mais il n’y aura aucune politique ambitieuse, rien ! Hollande demande du temps, Obama… idem.

Angela Merkel, elle, est confrontée à de prochaines élections en automne 2013. Que revendique t-elle ? De l’austérité. Le moyen de relancer l’économie ? Garder l’euro et poursuivre l’austérité. Avec son ministre des Finances, ils ont un même refrain : l’examen des budgets nationaux et la mise en place de structures supranationales capables de brider les directions fiscales des Etats.

Pendant ce temps, le chômage explose, surtout chez les jeunes. Pauvre jeunesse sacrifiée par le principe de la financiarisation à tout va de l’économie. Au-delà de l’économie, ce qui se prépare au Moyen-Orient est terrifiant. Nous y consacrerons un nouveau numéro de LIESI car il y a une logique de blocs et l’intelligence qui se joue des acteurs dominants est bien celle qui terrifiait ce visionnaire du devenir de l’Ouest qu’était Alexandre Soljenitsyne.

Le système politique classique glisse vers le déni de réalité : l’UMP implose et le PS est secoué de scandales où l’on voit que ceux qui critiquent le ‘bizness’, ces prétendus moralisateurs haineux d’autrui, qui se prétendent porteurs d’une certaine morale, n’ont aucune leçon à donner aux autres car l’examen de conscience sur leurs actions privées devrait les rendre plus que confus. On apprend ainsi que des socialistes ont pu avoir des comptes en Suisse. Et si c’était l’arbre qui cache la forêt ? Au delà des scandales il y a les haines dissimulées.

Les haines recuites ne sont pas une exclusivité de l’UMP

« Cela fait six mois que je bosse sur ce dossier. En trois jours, Ayrault a tout salopé. » Comme tout un chacun, Montebourg a appris, en regardant le Premier ministre à la télévision, le contenu de l’accord signé le 30 novembre entre le gouvernement et ArcelorMittal. Furieux et vexé de ne même pas avoir été cité par Ayrault, à l’inverse de Moscovici, le ministre du Redressement productif a laissé ses collaborateurs en plan et s’est réfugié dans ses appartements.

Le lendemain matin, il se pointe à l’Elysée, l’air tragique : « J’ai été désavoué, donc je démissionne. »

En fait, selon Libé (3/12), qui a confessé Monteboug, celui-ci a mis son portefeuille dans la balance : « J’ai dit au président de la République que si rien n’était  fait avant ce soir pour réparer les dégâts sur cette question de nationalisation, je ne resterais pas au gouvernement…« 

Finalement, comme on sait, il restera. En sortant du bureau présidentiel, le ministre du Redressement productif s’arrête dans le bureau d’Aquilino Morelle, conseiller politique de l’Elysée. En présence d’Emmanuel Macron, secrétaire général adjoint de l’Elysée, il téléphone à Ayrault. Les deux hommes s’invectivent. Il y a longtemps que ces deux là se détestent, depuis 2007 au moins, et cette affaire de Florange agit comme un révélateur.

Source : http://resistanceinventerre.wordpress.com/2012/12/06/a-quoi-sert-montebourg/

Ces événements sont-ils le fruit du pur hasard ? On peut raisonnablement en douter car si l’on prend de la hauteur, il y a dans ce déroulement une logique froide, machiavélique, et chacun sait où ce courant de l’histoire nous mène.

 
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Publié par le 9 décembre 2012 dans Non classé

 

La comédie humaine

Par Menthalo -

potemkin-villagePour ceux que l’histoire n’a pas passionné lorsqu’ils étaient jeunes, sans doute parce qu’ils avaient des professeurs ternes et sans imagination, il faut sans doute rappeler ce qu’est un « Village Potemkine« .  Catherine II, tsarine de toutes les russies était réputée pour son appétit pour les hommes. Après le Prince Orlov, son favori fut Gregori Potemkine, un officier de la garde à cheval, qui avait participé au coup d’état qui avait détrôné Pierre III pour mettre son épouse sur le trône. Potemkine va vite accéder à de hautes responsabilités, devenir Président du Conseil militaire et l’homme le plus puissant de Russie. Nous sommes au siècle des Lumières. Catherine II veut mieux connaitre le pays sur lequel elle règne et demande à Potemkine d’organiser un voyage pour le lui faire découvrir. Il va mettre en scène pour la tsarine un pays imaginaire. Une partie de ce voyage va se dérouler sur l’un des plus longs fleuves d’Europe, le Dniepr. Potemkine a rassemblé une flottille pour que le voyage soit le plus agréable possible, avec la cour, des musiciens et des comédiens pour que la « Croisière s’amuse ». Sur les rives du fleuve, il a créé de faux villages, aux couleurs riantes, pour que la tsarine ait une image positive des régions qu’elle traverse, aussi pauvres soient elles en réalité.

Rien n’a changé dans les mœurs politique au cours des siècles, sauf que ceux qu’on cherche à tromper peuvent être tour à tour les dirigeants, les industriels ou les masses.

L’un de mes lecteurs s’élevait contre mes propos précédents, quant à l’utilité de manipuler la bourse à la hausse pour créer un climat d’euphorie. A juste titre, les masses laborieuses ne suivent pas la bourse et la hausse d’icelle ne va pas amener Pierrot ou Mohamed à se payer un gueuleton avec Mireille ou Yasmina. Cette manipulation des indices vise les entrepreneurs. Une bourse qui monte, c’est la perspective de marchés positifs, de commandes qui vont se multiplier (publiques et privées). L’entrepreneur va donc investir pour essayer d’être plus performant et compétitif dans les domaines pointus, qui seront porteurs demain. A l’inverse, une bourse en berne, l’amènera à repousser à plus tard les investissements, la formation, etc. Si l’entrepreneur est euphorique, Pierrot et Mohamed vont avoir du boulot, Mireille et Yasmina iront peut être suivre une formation et au final, ils ne serreront pas trop les cordons de la bourse familiale, donnant ainsi vie au commerce en jouant leur rôle de consommateurs du bout de la chaine.  Comme quoi, le chef d’orchestre Greenspan fait bien danser les poulbots au bal popu. CQFD.

Draghi

Euro-Dollar

Sans aucune imagination, les robots-traders continuent le mouvement attendu avec une parfaite symétrie. Draghi est intervenu pile-poil au bon moment pour amener le mouvement de baisse que l’on pouvait anticiper. Admirez la similitude ente la bougie Verte de l’autre côté de l’ETEi  et la bougie rouge d’hier. Draghi est donc un acteur économique, au sens comédien du terme. Il joue un rôle sur la scène. Souvenez-vous de ce que disait Jim Grant sur Bloomberg sur le rôle des gouverneurs de Banque Centrale aujourd’hui, qui doivent d’abord être « manipulateurs de marché », « experts en propagande » et « tuteurs de la gent financière » et que c’est pour cela, qu’il fallait être sorti de Goldman Sachs pour remplir au mieux ce rôle.

Goldman Sachs doit avoir une filiale secrète à Broadway ou Hollywood, du genre   »cours Laurent », permettant de former des artistes au rôle d’amuseur de la galerie financière.

Euro-7-12

Lorsque l’Euro sera revenu à 1,28 plusieurs scénarios s’ouvriront. Le plus probable, c’est que les cours essaieront de revenir vers 1,32 pour parfaire la symétrie. A 1,32  soit les cours partiront vers les plus hauts, soit ils iront d’abord  vers les 1,22 /1,21  pour parfaire une figure en Epaule-Tête-Epaule inversée  mieux visible sur un graphique hebdomadaire.  Ces mouvements de l’Euro décideront alors des autres marchés. Sur le fond, la Chine détrône systématiquement le rôle international du Dollar, qui devrait perdre de sa valeur relative. Dernièrement, la Chine a créé une bourse internationale du pétrole en RMB, supprimant le quasi monopole du Dollar sur l’une des valeurs phares de l’économie. Ce que nous attendions depuis plus de 18 mois pour le mythique marché de l’or et de l’argent, le fameux PAGE, acronyme de Pan Asian Gold Exchange, a finalement été lancé sur le pétrole. De la même façon la Chine a lancé un concurrent du Baltic Dry Index, pour donner le cours du fret international.

 

Toute cette gigantesque comédie n’est pas une saynète en un acte, prévue pour se jouer en dix minutes, en une semaine ou 18 mois. Cela se rapproche plus de la « Longue Marche » de Mao Tse Tung et des plans quinquennaux. C’est pourquoi, il faut vous armer de patience. La transition entre le système purement fiduciaire actuel et le système suivant va impliquer que les Banques Centrales du Monde rechargent leurs entrepôts en Métaux Précieux, si on va comme je le crois vers ce « Bancor » réclamé par la Chine, cf la partie prospective de « Histoire de l’Argent »

Quant à la Bourse, qui monte vers les sommets, réjouissons nous pour Pierrot et Mohamed, Mireille et Yasmina, en se souvenant que « la Roche Tarpéienne est proche du Capitole ».

Ne jouez pas à ce casino.

 

Orange Pressée

Vous vous souvenez que la direction de France Telecom avait mis en place le plan NeXt, pour essayer de dégouter 22.000 fonctionnaires et les pousser à démissionner. Quelques suicides plus tard, on peut se demander si ces Messieurs de la Finance n’ont pas mis en place un Plan B. France Telecom tient encore près de 40% du marché. En provoquant sa chute en bourse, la société aurait de plus en plus de mal à se financer, d’autant plus que l’UE interdit désormais à l’Etat de s’immiscer dans les affaires privées. Sa capitalisation boursière ayant fondu, France Telecom va être sorti du CAC et de ce fait, pour tous les fonds d’investissements internationaux, elle va perdre de la visibilité et sa liquidité actuelle. Il est donc urgent pour eux de vendre cette ligne d’action.  France Telecom va perdre sa capacité d’investissement et sera poussée dans les cordes jusqu’à la faillite.

Une telle société a t’elle droit à faire faillite ? Je ne le sais pas, mais nous sommes dans un nouveau paradigme, même si la branche socialiste de l’UMPS est aux manettes. (Une autre comédie toute de faux-semblant, comme le divorce Fillon-Copé.)  Au final, les sociétés privées vont récupérer les structures de FT (centres répartiteurs, etc.), laissant les fonctionnaires s’accrocher à une coquille vide.

Attendez quelques mois et vous verrez que cette analyse est peut être visionnaire.

Il va y avoir de la friture sur la ligne, les papy syndicalistes vont faire de la résistance.

Orange-pressee

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11 décembre 2012 2 11 /12 /décembre /2012 11:32

 

Ingérence impérialiste en Syrie: La Russie dit « Niet » à la Libye II.. Point barre !…

11 décembre 2012

http://lesmoutonsenrages.fr/wp-content/uploads/2012/12/SyriaRussiaFlag.jpg 

 

 

On ne peut être plus clair ! La Russie dit Niet !… Ce sera Niet ! L’intox aux « armes chimiques » ne fonctionnera pas. La diplomatie russe triomphe et met en échec l’empire. Les accords de Genève (russo-américain) sur la Syrie doivent être approuvés à l’ONU en Février, juste après le sacre d’Obama 1er. L’empire a six semaines pour forcer la guerre, Poutine a dit que « la Russie défendra la Syrie jusque dans les rues de Moscou ». Pour attaquer la Syrie, il faut imposer un « zone d’exclusion aérienne », contre une nation équipée de S300 russes, il y a en ce moment une quinzaine de navires qui déchargent vivres, denrées, matières premières dans le port syrien de Tartous (enclave et port méditerranéen russe, que la Russie ne lâchera pas…).

Alors messieurs les guignols de l’Organisation Terroriste de l’Atlantique Nord ? Le jeu en vaut-il la chandelle ?… Le temps ne joue absolument plus pour les criminels de l’OTAN, c’est une certitude…

– Résistance 71 –


Le ministre russe des affaires étrangères Sergeï Lavrov dit que la Russie ne permettra pas un scénario Libyen en Syrie

url de l’article original: presstv.ir

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

Le ministre russe des affaires étrangères Sergeï Lavrov a exprimé la forte opposition de Moscou à la répétition d’un scénario libyen en Syrie dévastée par un conflit, insistant que le Kremlin ne permettra pas une telle chose de se reproduire.

“Nous ne permettrons pas que l’expérience libyenne se reproduise en Syrie. Malheureusement, nos partenaires occidentaux ne sont plus en phase avec les accords de Genève et recherchent le départ du président syrien Bachar Al-Assad”, cite l’agence RIA Novosti des dires de Lavrov ce Dimanche.

Il a continué en faisant remarquer que la Russie n’a pas été impliquée dans quelques pourparlers que ce soient concernant le futur d’Al-Assad, réfutant les spéculations que Moscou se préparait au départ du leader syrien.

“Nous ne tenons aucun pourpaler sur le destin d’Al-Assad”, a dit Lavrov. “Toute tentative de présenter la situation de manière différente est plutôt fourbe, même pour la diplomatiie de ces pays qui sont connus pour passer leur temps à déformer les faits pour leurs intérêts propres.”

Il a insisté sur le fait que la priorité était de mettre un terme aux troubles en Syrie et non pas de discuter de la destinée d’un seul homme.

Le ministre des affaires étrangères russe a ajouté que le Kremlin ne s’accrochait pas à un leader individuel en Syrie, disant: “Notre position sur la Syrie est connue de tous. Moscou ne colle pas à Assad ou tout autre figure de la scène politique syrienne.”

La Syrie est victime de troubles depuis Mars 2011. Beaucoup de personnes, incluant un large nombre de personnel des forces de sécurité, ont été tuées dans les évènements.

Le gouvernement syrien dit que le chaos est orchestré du dehors du pays et il y a de nombreux rapports qu’un très grand nombre des militants combattant contre le régime sont des citoyens de nations étrangères.


Source: Resistance 71


http://lesmoutonsenrages.fr/2012/12/11/ingerence-imperialiste-en-syrie-la-russie-dit-niet-a-la-libye-ii-point-barre/#more-35129

 

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11 décembre 2012 2 11 /12 /décembre /2012 11:29

 

 

 

UE-prix-nobel.jpgLe Comité a décidé d'attribuer le Prix Nobel de la Paix à l'Union Européenne. Est-ce de l'humour noir ?

L'UE n'est pas une force de paix internationale, elle a même été, avec ses pays membres et l'OTAN, actrice des conflits internationaux majeurs de la période.
En son sein, qu'a-t-elle fait pour aider Chypre, face à l'occupation illégale du nord de l'île par la Turquie ? Frontex et les murs de l'Europe forteresse respecteraient les droits de l'Homme?

Enfin, la concurrence, l'austérité et les confiscations de souveraineté - illustrées aujourd'hui par le Traité budgétaire - conduisent à de nouvelles divisions des peuples, à leur appauvrissement et au désespoir.


Nous savons - c'est l'histoire de l'Europe - que cela peut mener au pire.


Il n'y a pas lieu de redorer le blason d'une construction européenne dont l'échec est cuisant.  


Pierre Laurent,
Secrétaire national du PCF

 

L’UE, prix Nobel du ridicule

(blog gaulliste libre)

Posted: 10 Dec 2012 11:55 PM PST

 

Hier, le prix Nobel de la paix a été remis à l’UE. Mais par-delà les ridicules contorsions protocolaires entre les différents présidents de l’UE, le comité Nobel s’est lourdement discrédité au moment où l’intégration européenne ne cesse de renforcer les tensions entre peuples européens.

La nouvelle erreur du comité Nobel

Mais que se passe-t-il au sein du comité Nobel ? Ont-ils perdu la tête ? On pouvait déjà le croire quand il avait accordé à Barack Obama le prix Nobel de la paix, peu après son élection, et alors qu’il n’avait pas fait grand chose. Et avec le recul, même s’il est vrai qu’il a mis en œuvre le départ d’Irak et qu’il a entamé celui d’Afghanistan, cette distinction est pour le moins paradoxal pour un homme qui n’a pas fermé Guantanamo ni particulièrement œuvré pour la paix dans le monde.

Mais après ce premier couac très critiqué, le comité Nobel a décerné à l’Union Européenne le prix Nobel de la paix cet automne, déclenchant à nouveau une polémique. Même si je trouve totalement abusif un tel prix, le comité Nobel s’est en plus trompé d’époque. Autant avant la crise de la zone euro, un tel prix était davantage défendable, autant aujourd’hui cela est définitivement ridicule, quand les Grecs accueillent Angela Merkel avec des pancartes « Quatrième Reich »…



Aujourd’hui, les peuples européens se déchirent, embourbés qu’ils sont dans une construction européenne qui emmène leur économie vers le fond, qui sape leurs démocraties et sert les grands lobbys. La Grande Bretagne se rapproche chaque jour de la sortie, comme le rapporte le dernier dossier de The Economist. Les pays créditeurs suggèrent aux pays créanciers une vente de leur patrimoine. Et ces derniers dénoncent la mainmise de l’Allemagne, comme Il Giornale en Italie.



Quand l’Union Européenne est nue

Bref, alors que la crise de la zone euro sème la discorde entre les européens, divisés sur les modalités des plans d’aide aux créanciers des pays en difficulté, les plans de restructuration ou même l’union bancaire, il est totalement ubuesque de donner une telle récompense à l’Union Européenne. Mais par-delà ce problème de tempo, on peut également soutenir qu’un tel prix relève d’une lecture extrêmement hâtive et biaisée de l’histoire récente de l’Europe depuis la fin de la guerre.


En effet, il est totalement abusif d’attribuer au projet européen la responsabilité de la paix. S’il a pu y contribuer, d’autres facteurs, bien plus importants, ont joué. Déjà, la prospérité économique et les horreurs de la guerre ont été un puissant ferment de paix. Et surtout, l’arme atomique a joué un rôle majeur dans la paix du continent, de même que l’équilibre de la Guerre Froide jusque dans les années 1980. Bref, il est totalement ridicule de distinguer de la sorte l’UE.

N’en déplaise aux eurolâtres du Taurillon, toujours prompts à des procès en sorcellerie ridicules, les inventeurs de la bombe atomique ont une responsabilité sans doute bien plus grande dans le fait que notre continent soit resté en paix. Mais il est sans doute difficile pour eux de remettre en cause le dernier bienfait de cette Union Européenne dont il n’est plus possible de dire aujourd’hui qu’elle a apporté croissance et emplois. D’où la crispation à défendre ce ridicule prix Nobel.

Ce faisant, les techno-hiérarques de l’UE démontrent une nouvelle fois leur coupure d’avec la réalité. Au moment où le chômage et la misère s’envolent en Europe, le spectacle de cette auto-congratulation totalement ridicule est d’une furieuse indécence.
.
Note d'eva :
Et la guerre contre la Yougoslavie pour disloquer
cet Etat communiste ami de la Russie,
et offrir le Kosovo aux Etats-Unis
(plus grosse base militaire américaine au Kosovo) ?
.
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10 décembre 2012 1 10 /12 /décembre /2012 18:56
Syrie : la véritable feuille de route en 13 points des traîtres syriens à la solde de l’impérialisme et des monarchies du Golfe

vendredi 7 décembre 2012, par Comité Valmy


Les nouveaux fantoches : La bourgeoise, l’islamiste radical et le Doriot syrien

Editorial de Noureddine Merdaci


"« Protocole » de Doha" paru le jeudi 6 décembre dans le quotidien national algérien L’Expression"


Il faudra sans doute attendre encore des mois, certainement des années, avant que ne soit reconstitué le processus par lequel la Syrie s’est retrouvée piégée dans cette guerre civile. A l’évidence, Damas n’en a pas mesuré la dangerosité, non seulement pour le régime en place mais, singulièrement, pour la Syrie qui risque de disparaître en tant qu’Etat national. Or, le voile commence à se lever sur les circonstances du « conclave » qui s’est tenu à Doha au début du mois de novembre dernier, qui a vu une « opposition » hétéroclite, divisée, sans programme et sans perspective, se donner un chef, Ahmed Moez Al-Khatib et se former en « coalition ».


Mais pour arriver à ce résultat, les « opposants » syriens ont été sommés par le Qatar de « trouver » un accord, sine qua non, avant de sortir de la salle mise à leur disposition, affirment des sources proches du dossier. Autant dire que les « opposants syriens » avaient le « revolver » sur la tempe pour arriver à cet accord minimum. Le Premier ministre qatari, Cheikh Hamad bin Jassim bin Jaber al-Thani, y veillait personnellement. En réalité, la « révolte » en Syrie, totalement prise en charge par des pays étrangers et leurs services de renseignements, a été une guerre par procuration contre l’Etat national syrien, laquelle guerre n’avait besoin de « Syriens de service » que pour servir de « couleur locale ».


En Syrie ce sont des combattants venus de nombreux pays arabes, des éléments d’Al Qaîda, des djihadistes d’Afghanistan, de la Somalie et autre Pakistan, bien armés, qui tuent la population civile syrienne et se battent contre l’armée syrienne aux côtés d’une poignée de déserteurs. Donc, à Doha, il fallait « unifier » l’opposition dont la crédibilité était mise en doute y compris par l’un de ses principaux bailleurs de fonds, les Etats-Unis qui ont pesé de tout leur poids pour redonner un semblant de cohérence et de visibilité à une opposition créée de toutes pièces par la France, le Qatar et les Etats-Unis, notamment, appuyée par la Turquie laquelle a obtenu de l’Otan l’installation sur son territoire de missiles « Patriot » aux frontières avec la Syrie. Doha aura donc été un recentrage de la rébellion qui n’arrivait pas à concrétiser les objectifs que lui ont tracés ses commanditaires.


On comprend en fait, le pourquoi de la chose lorsque l’on connaît les clauses du « Protocole » de Doha, dont nous avons pu consulter le document, formulé en treize points qui se détermine comme suit :


« 1- réduction du nombre des soldats de l’armée syrienne à 50 000 ;


2- la Syrie ne pourra faire valoir son droit à sa souveraineté sur le Golan que par les moyens politiques. Les deux parties signeront des accords de paix sous l’égide des Etats-Unis et du Qatar ;


3- la Syrie doit se débarrasser, sous la supervision des Etats-Unis, de toutes ses armes chimiques et bactériologiques et de la totalité de ses missiles. Cette opération doit se dérouler sur les terres de Jordanie ;


4- annulation de toute revendication de souveraineté sur Liwa Iskandaroun et désistement au profit de la Turquie de certains villages frontaliers habités par les Turkmènes dans les « mouhafadhas » d’Alep et d’Idlib ;


5- renvoi de tous les membres du Parti des travailleurs du Kurdistan, ceux recherchés par la Turquie lui seront livrés. Inscription de ce parti sur la liste des organisations terroristes ;


6- annulation de tous les accords et conventions signés avec la Russie et la Chine dans les domaines des forages du sous-sol et de l’armement ;


7- permettre le passage à travers le territoire syrien d’un gazoduc qatari à destination de la Turquie puis de l’Europe ;


8- permettre le passage à travers le territoire syrien des conduites d’eau en provenance du barrage Atatürk et à destination d’Israël ;


9- le Qatar et les Emirats arabes unis s’engagent à reconstruire ce qui a été détruit par la guerre en Syrie à la condition que leurs sociétés aient l’exclusivité de la reconstruction et de l’exploitation du pétrole et gaz syrien ;


10- gel des relations avec l’Iran, la Russie et la Chine ;


11- rompre les relations avec Hezbollah et les mouvements de résistance palestinienne ;


12- le régime syrien sera islamique et non salafiste ;


13- le présent accord entrera en application dès la prise du pouvoir » (par l’opposition, Ndlr). Fin de citation.


C’est là le prix des pressions étrangères et de la démission et de la traîtrise arabes. Un prix fort, exorbitant pour la Syrie, que des personnes se disant « Syriennes » ont avalisé. En fait, cet accord, ou plutôt ce « Protocole » constitue donc le prix que l’opposition syrienne aura à payer une fois installée au pouvoir à Damas, comme le précise l’article 13 dudit « accord de Doha ». Ainsi, chacun des parrains de la « révolte du peuple syrien » s’est servi selon ses voeux et demandes.


- Les Etats-Unis en désarmant la Syrie et en l’éloignant de ses amis,

- la Turquie en récupérant des villages syriens et en rectifiant à son profit la frontière,

- le Qatar en s’octroyant la « reconstruction » du pays

- et l’Arabie Saoudite par la mise en place d’un régime islamiste à sa dévotion.

 

C’est là en réalité une castration en règle de la Syrie, dépouillée de sa souveraineté dans le même canevas qu’ont été pour l’Egypte les accords de Camp David en 1979.

 

De fait, c’est à peine si on n’exige pas de « l’opposition » – portée à bout de bras par le Qatar – la reconnaissance immédiate d’Israël, dont on prévoit cependant (article 2 de l’accord de Doha), un règlement négocié. Un partage du magot syrien.

 

Nulle part il n’est question de démocratie, de liberté, de droits de l’homme, de construction d’une nouvelle Syrie où les Syriens, quelles que soient leur ethnie, religion et croyance, jouiraient des mêmes droits.

 

Or, chacun des « parrains » s’est d’abord servi et a pris ce qu’il voulait. Pour ceux qui connaissent l’histoire mouvementée du Proche-Orient ottoman, tout s’explique et Doha n’a été que le point de non-retour d’une opposition syrienne qui n’avait pas voix au chapitre. Elle n’était là que pour justifier la « syrianité » des événements.


On l’a bien vu au Caire avec le nouveau « patron » de la « coalition » Ahmed Moez al-Khatib venu dans les bagages de Cheikh Hamad bin Jassim bin Jaber al-Thani à la réunion de la Ligue arabe qui eut lieu à la mi-novembre. En Syrie, le processus activé pour la Libye est dépassé et fait désormais craindre une déstabilisation générale du monde, voire sa fragmentation comme des « experts » civils et militaires américains y travaillent sans désemparer. A méditer !

Noureddine Merdaci


* Le titre est de la rédaction d’Alger républicain

 

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article3049

 

 

Sur ce site :

 

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10 décembre 2012 1 10 /12 /décembre /2012 16:42

 

 

A partir de la situation la plus difficile - en ville, sans électricité et sans provisions - apprenez à « assurer » en toutes circonstances. Que vous soyez en milieu urbain ou en pleine campagne, en France ou à l'étranger, chez vous ou en randonnée, ce petit manuel plein d’humour et d’idées se glisse dans votre poche : c’est le guide tous terrains tous pays dont vous avez toujours rêvé.

Ecrit par un globe-trotter des missions humanitaires habitué aux situations extrêmes, il vous enseigne comment « boire l’eau de la Seine » dès demain, manger et vous soigner avec un minimum de moyens. Sous forme de dialogue, des réponses écologiques et sympas, simples et faciles à mémoriser, qui vous permettront désormais de voyager léger. A lire avec vos enfants et avec les amis dont vous désirez … qu’ils survivent avec vous !

 

 

Date de parution mars 2009
Editeur Larousse
Collection France et ses trésors

Voir les caractéristiques

Un potager sur mon balcon

(Auteur) - Guide (cartonné). Paru en 03/2009

Coups de cœur des Libraires (3)
9€55
http://livre.fnac.com/a2526939/Collectif-Un-potager-sur-mon-balcon?Origin=EF_GOOGLE_PS_LIV&LGWCODE=2526939;19139;53

J'aime ce site,

parce qu'il est utile

pour les sportifs

comme pour les prévoyants.

Et c'est donc un bon tuyau ! (eva)



S
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(cliquer sur l'image)

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10 décembre 2012 1 10 /12 /décembre /2012 15:49
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Www.ameinfo.com/iran/

 

 

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www.must-web.com/Photos-Images/iran-resimleri...

 

 

 

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Www.3jokes.com/images/2008/07/iran_photos_1.htm

Ne dites pas à BHL que j’aime l’Iran (JUBIL PROD)
07 déc

En France, ceux qui n’ont pas visité l’Iran, ont une opinion très négative de ce pays : dictature, pays de terroristes gouverné par des fascistes, danger pour les peuples laïcs d’occident … d’où vient cet imaginaire, cette idée d’une menace perpétuelle qui viendrait d’Iran


Dans les faits, l’Iran n’a jamais proféré aucune menace sur les peuples. Malgré cela, les médias dominants véhiculent une image très négative de ce pays. Les occidentaux qui se croient libre de penser, sont en fait victimes sans le savoir d’une propagande acharnée sur ce pays.


C’est en tous cas ce que tente de démontrer cette vidéo en proposant un parallèle entre différentes interventions propagandistes, et une découverte plus objective de l’Iran.

 

 

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10 décembre 2012 1 10 /12 /décembre /2012 15:45

 

Des agriculteurs retraités de l’Aisne accusés d’offense au chef de l’Etat pour quelques miettes de pain….


10 déc

Pour le sensibiliser à leurs difficiles conditions de vie, d’anciens agriculteurs axonais ont envoyé des lettres accompagnées de miettes de pain au Président de la République. Une plainte a été déposée par l’Elysée.

 

 

Henri Carton, président de section des anciens exploitants agricoles de l’Aisne, est visé par cette plainte pour offense au chef de l’État. A 73 ans, il n’a pourtant pas l’impression d’avoir commis un acte répréhensible.

Et pourtant, cet honorable retraité de la terre a déclenché avec quelques-uns de ces camarades une « affaire d’Etat ». Les expéditeurs sont l’objet d’une enquête menée par le parquet de Paris. Henri Carton a même eu l’honneur d’une visite d’agents des Renseignements généraux, avec présentation des photocopies des lettres délictueuses.

Pour bien comprendre les choses un petit retour en arrière s’impose
Lors de la dernière campagne présidentielle, les anciens exploitants ont envoyé des pétitions à tous les candidats. Le candidat François Hollande leur avait répondu.

« Et c’était pour se rappeler à son bon souvenir, que début novembre l’association départementale des anciens exploitants agricoles de l’Aisne avec le feu vert de leur délégation nationale a décidé d’envoyer 500 lettres au Président de la République », explique Henri Carton. « L’idée des miettes c’est pour dire que lorsque le gâteau est partagé, il ne reste que les miettes pour les retraités. »

Et M. Carton de souligner qu’ils n’avaient pas le sentiment d’offenser qui que ce soit : « les auteurs des courriers écrivaient ce qu’ils voulaient, ils indiquaient leur nom et leur adresse et leur nombre d’enfants. »

Une action symbolique
« Il faut trouver des idées pour se faire remarquer », explique l’ancien agriculteur, responsable syndical dans sept départements du Nord. « Comme symbole, c’était pas mal, le pain sec et les miettes. Au départ, on pensait mettre uniquement du pain sec mais c’était un peu compliqué. Donc avec nos doléances, il n’y a eu que des miettes dans les lettres. »
Les miettes de trop
« Hier, [ jeudi 6 décembre] lors de la manifestation des agriculteurs à Laon, nous avons vu le préfet de l’Aisne, pour qui l’affaire était classée. Mais aujourd’hui j’ai été contacté par le commissariat de la ville préfecture, où je suis convoqué, révèle Henri Carton. Ils ont en leur possession des photocopies de huit lettres d’anciens exploitants de l’Aisne. »

Cependant, Henri Carton n’est pas inquiet ; pour lui la réaction de l’Elysée est disproportionnée. « Je ne vois pas où est l’outrage. » Et de poursuivre, « au moins cette affaire de miettes aura le mérite de faire parler de nous. »

 

L’offense au Président de la République

L’offense au président de la République est un délit prévu par l’article 26 de la loi sur la liberté de la presse du 29 juillet 18814, défini par le fait d’offenser le Président de la République.

Initialement puni de trois mois à un an d’emprisonnement et/ou de 300 à 300 000 francs d’amende, les peines planchers ont été supprimées par la loi du 16 décembre 1992, puis la loi du 15 juin 2000 a supprimé la peine de prison pour ne laisser que l’amende, qui a ensuite été convertie à 45 000 euros par l’ordonnance du 19 septembre 2000.

http://picardie.france3.fr/2012/12/07/des-anciens-agriculteurs-sont-accuses-d-offense-au-chef-de-l-etat-pour-lui-avoir-envoye-des-lettres-avec-des-miettes-de-pain-160427.html

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10 décembre 2012 1 10 /12 /décembre /2012 07:37

 

patchwork-300x177.jpg

Par Thierry Brugvin *


 

En novembre, la campagne annuelle « alimenterre », bas son plein. Elle nous rappelle, que des millions d’être humains ne mangent pas à leur faim et cela risque encore d’empirer avec la croissance de la population mondiale, qui a atteint les 7 milliards en novembre 2011. Début, 2011 une nouvelle crise alimentaire à sévit à l’échelle internationale en particulier en Algérie. En 2010, c’était dans la corne de l’Afrique, l’année 2008, fut celle de la crise économique et des émeutes de la faim dans les pays du Sud.

Mais ces crises alimentaires doivent aussi nous faire prendre conscience que l’alimentation est un enjeu géopolitique, un objet de spéculation pour les marchés financiers, une source de profit pour les transnationales et un enjeu de pouvoir pour les Etats dans les relations internationales.

Le développement des agrocarburants contribue à affamer les plus malnutris.

En 2009, il y avait 6,8 milliards d’habitants sur Terre et déjà 1,02 milliard de personnes en situation de malnutrition, selon un rapport de la FAO, soit 1,5 personne sur 10 sur la terre1. Selon Jean Ziegler, « la mortalité due à la sous-alimentation représentait 58 % de la mortalité totale en 2006. Dans le monde, environ 62 millions de personnes, toutes causes de décès confondues, meurent chaque année. En 2006, plus de 36 millions sont mortes de faim ou de maladies dues aux carences en micronutriments »2.

En 2011, le problème de la famine actuellement ne relève pas de carences dans la production, puisque l’agriculture produit suffisamment. La première cause de la malnutrition réside en réalité, principalement, dans un manque de solvabilité des plus pauvres, du fait d’une redistribution insuffisante des richesses. En effet, le BIT estimait, à 23%, la part de la population des pays à bas salaire qui était condamnée à survivre avec 1 dollar par jour3. La malnutrition s’explique ensuite par la spéculation sur les matières premières alimentaires, l’utilisation d’agrocarburants et le gaspillage de la nourriture. Selon la FAO et l’institut Suédois SIWI, plus de 50% de la production mondiale de la production mondiale annuelle de nourriture était gaspillée, en 20084. Les problèmes de famines dans le monde pourraient donc déjà être éradiqués, par le seul moyen d’une meilleure gestion de la distribution et de la solvabilité des consommateurs. La première cause de ce gaspillage réside, dans la grande distribution, car ses dirigeants préfèrent jeter à la poubelle la nourriture dont la date de péremption est dépassée, plutôt que de risquer un scandale sanitaire. La restauration collective contribue aussi à ce gaspillage, car une large partie de ce qui est produit n’est pas consommée. Enfin, les individus jettent aussi beaucoup de nourriture. Selon l’ADEME, en un an, chaque Français jette en moyenne 7 kg de produits encore emballés, non entamés.5

Concernant les pratiques de la restauration (notamment collective), France Nature environnement précise que le gaspillage s’explique « par la quantité de nourritures servies non ajustées aux besoins des clients, plats ne correspondant pas au goût des clients, gestion des stocks, organisation en cuisine centrale, etc. (…).Dans la région bruxelloise, par exemple : le gaspillage alimentaire est composé de 48% de produits entamés (problème de gestion des quantités achetées), dont en grosse majorité le pain, les pâtisseries, les biscuits, les fruits et légumes; 27% de produits périmés (problème de gestion des dates de péremption), surtout les fruits et les légumes puis les produits de viande, les produits laitiers et les plats cuisinés; 25% de restes cuisinés (…). Dans les pays les plus pauvres, la majorité des pertes a lieu avant d’atteindre le consommateur : 15 à 35% dans les champs et 10 à 15% au moment de la fabrication, du transport et du stockage. Dans les pays riches, la production est plus efficace, mais les citoyens jettent beaucoup d’aliments »6. Le gaspillage de céréales, de légumes et de viandes accroît non seulement le coût des denrées alimentaires, mais leur production inutile augmente aussi la consommation d’eau déjà insuffisante, l’empreinte écologique, le niveau de CO2, le réchauffement climatique…

Le combustible des automobiles au Nord contre la nourriture au Sud ?

Concernant la consommation journalière de pétrole, un Chinois en consomme de 0,5 à 1,1 litres, un américain de 11 à 12 litres, soit près de 12 fois plus7. Or, Jacques Diouf, le directeur de la FAO, précisait qu’il y avait déjà 100 millions de tonnes de céréales transformées en carburant en 20068. Jean Ziegler souligne qu’il faut 232 kg de maïs nécessaire pour faire un plein de cinquante litres d’éthanol. Cette quantité de maïs représente assez de calories pour faire vivre un enfant pendant un an9.

Un rapport confidentiel de la Banque mondiale, obtenu par le Guardian, affirme que Don Mitchell, un économiste réputé de la Banque mondiale, « a calculé le prix d’un panier de denrées entre janvier 2002 et février 2008 et mesuré une hausse globale de 140%. Prenant en compte la ’’chaîne des conséquences’’, Mitchell estime que sur les 140% d’accroissement, 35% sont imputables à la hausse des prix de l’énergie, des engrais et à la faiblesse du dollar, et 75% aux agrocarburants. Le rapport ’’affirme que la production des biocarburants a désorganisé le marché des produits alimentaires de trois façons majeures. D’abord [la demande pour les biocarburants] détourne le blé vers l’éthanol et non vers l’alimentation. Ensuite, à l’heure actuelle, presque un tiers du maïs produit aux Etats-Unis sert à la production d’éthanol et environ la moitié des huiles végétales (colza, tournesol, etc.) sont utilisées pour le biodiesel. Et finalement, cette dynamique haussière a attiré la spéculation sur les céréales ’’ »10.

Jacques Berthelot estime que « les États-Unis sont indubitablement les principaux responsables de la flambée des prix agricoles et des émeutes de la faim actuelles, par les objectifs déments qu’ils se sont fixés pour la production de biocarburants et parce que, comme on l’a vu, ce sont les prix des grains des États-Unis qui font les prix mondiaux sur lesquels les autres pays exportateurs s’alignent »11. Cependant, les Européens ne sont pas en reste.

Les transnationales Européennes et Américaines ont demandé à leurs gouvernements de les subventionner pour la production d’agrocarburants, afin qu’ils deviennent rentables, concernant le soja, la betterave (transformés en biodiesel), les céréales ou la canne à sucre (sous forme d’éthanol). C’est pourquoi, depuis avril 2008, tous les carburants essence et diesel en Grande-Bretagne ont inclus 2,5% de biocarburants. L’UE a envisagé de relever cet objectif à 10% en 2020 »12.

En 2007, les biocarburants représentaient 2,6 % de l’ensemble des carburants utilisés dans les transports routiers en Europe13. Au nom de la sécurité énergétique, en mars 2007, lors du Conseil des ministres européens, il a été « décidé que les agrocarburants devraient représenter 5,75 % en 2010, puis au moins 10% de la consommation d’essence et de gazole des transports, dans chaque État membre (…). Mais, la France a choisi d’aller plus loin que ces objectifs européens »14. Par conséquent, chaque fois qu’un Européen fait un kilomètre en voiture, il brûle actuellement des agrocarburants qui auraient pu être utilisés pour l’alimentation des plus malnutris.

Dans son rapport prospectif sur l’alimentation pour les années 2007-2016, la FAO prévoit une augmentation de 20 à 50% du prix des denrées alimentaires. Selon l’IFPRL, « un institut spécialisé sur les questions d’alimentation et d’agriculture, qui a étudié plus directement l’impact du développement des agrocarburants sur les prix alimentaires, on peut s’attendre à des hausses significatives de nombreuses denrées alimentaires à l’horizon 2020, par exemple de 16 à 30% pour le blé selon les scénarios, ou encore de 54 à 135% pour le manioc, et de 23 à 41% pour le maïs, en raison du développement des agrocarburants »15.

Compte tenu du fait que les agrocarburants n’ont pas bonne presse chez les militants écologistes et les associations pour la justice sociale, ils sont abusivement dénommés biocarburants par ses promoteurs plutôt qu’agrocarburants. Or, ils n’ont rien de ’’bio’’, puisqu’ils poussent dopés aux engrais et aux pesticides. De plus, des entreprises, telles Sofiprotéol (et sa filiale Oléosud) ou des fondations, telles Farm réalisent des projets de développement d’agriculture vivrière. Ceci, dans le but de tenter de rendre plus acceptable, par l’opinion publique, le développement des agrocarburants. Ces derniers accroissent directement le prix des céréales dont dépendent les populations plus pauvres pour se nourrir. La fondation Farm mobilise aussi des mécènes (BASF agro, Syngenta, Tereos, Progosa), qui sont des géants agro-industriels ou pétrochimiques, qui cherchent à se racheter une image plus acceptable.

Les pays les plus riches et les grandes entreprises des pays industrialisés achètent des terres au détriment de l’agriculture vivrière locale.

Les locations (à très long terme) et ces achats de terre par des agro-industriels visent, à cultiver des agrocarburants ou les céréales qui manquent dans leur pays. À travers ces réformes foncières de nature néolibérale, il s’agit d’ouvrir le marché des terres agricoles aux entreprises occidentales notamment, afin que les plus riches puissent s’octroyer les ressources agricoles déficitaires dans les pays développés. L’ONU estimait en 2008, que 60 millions depersonnes sont menacées d’expropriation du fait de l’expansion des cultures destinées aux agrocarburants, dont cinq millions de ces personnes se trouvant en Indonésie16. En 2008, le rapport du Grain évaluait déjà, à 40 milliards d’ha,la surperficie des terres, qui avaient été achetées par des transnationales17. Des populations locales sont parfois expulsées, le prix des terres augmente, alors que les terres agricoles accessibles aux petits paysans manquent dans certains pays, tel au Brésil, où les mouvements des « paysans sans terre » militent contre cette situation.

A Madagascar, « le sud-coréen Daewoo Logistics s’est lancé dans la culture de maïs et la production d’huile de palme, où le groupe bénéficie d’une licence d’exploitation de terres immenses pour une durée de quatre-vingt-dix-neuf ans. Un accord signé avec le gouvernement, en juillet 2008, lui accorde 1,3 millions d’hectares de terres, soit l’équivalent de la moitié des terres arables de la Grande Île. Les Sud-Coréens comptent, de ce fait, renforcer la sécurité alimentaire de leur pays, quatrième plus gros importateur de maïs »18. Alors que le pays ne produit pas suffisamment de denrées alimentaires pour se nourrir, la population s’insurge. Ainsi, en décembre 2008, le maire d’Antananarivo, Andry Rajoelina, appelle à une grève générale, contre le président de la République de Madagascar, Marc Ravalomanana. En mars 2009, Rajoelina chassera Ravalomanana du pouvoir, pour y prendre sa place. Généralement, ces achats de terres se font discrètement entre les pouvoirs publics et des transnationales, la population n’est pas informée et donc ne se révolte pas.

Manger moins de viande favoriserait la protection de la planète et favoriserait l’accès à la nourriture pour tous.

Or, actuellement, à la croissance des agrocarburants, s’ajoute la croissance de la consommation de protéines animales, avec le rapide développement des pays émergents (Chine, Inde, Brésil…), ce qui vient encore limiter le stock de protéines végétales disponibles. Mais, l’usage de ces dernières par rapport aux protéines animales, dans la redistribution des ressources alimentaires mondiales, semble sous-estimé par les populations des pays industrialisés et aussi par les organisations internationales. Comme le précise Pierre Parodi, les protéines végétales nécessitent sept fois moins de terre cultivée pour les produire que les protéines animales. Cela permet donc de produire sept fois plus de protéines sous forme de céréales, pour l’ensemble de l’humanité. De plus, il ajoute qu’il est tout à fait possible de se nourrir, sans aucun apport animal, lorsque les céréales sont associées aux légumineuses dans l’alimentation. Ces associations font d’ailleurs partie des traditions de nombreux peuples comme la semoule de couscous mélangée aux pois chiches en Afrique du Nord (Parodi, 1964 : 30).19

Néanmoins, même si ce mode d’alimentation est sain et nutritif, il peut être perçu comme une alimentation au rabais, si les Occidentaux ne l’adoptent pas eux-mêmes. Or, si le nombre de végétariens augmente dans les pays du Nord, il reste relativement peu important. Enfin, l’élevage intensif de bovins produit du méthane, car les vaches lorsqu’elles digèrent en renvoient dans l’atmosphère de grandes quantités. En Europe, cela représente près de 10% de l’ensemble gaz à effet de serre, selon l’Agence européenne pour l’environnement (2008). En France, les bovins rejettent, à eux seuls, 26 millions de tonnes de CO2 et le stockage de leurs déjections, 12 millions de tonnes, soit 38 millions. Soit, prêt de 3 fois plus que les 14 raffineries de pétrole qui émettent 13 millions de tonnes de CO2, selon la Caisse des dépôts20. Mais dans la mesure où les Occidentaux importent de la viande, les conséquences d’une consommation carnée sont plus importantes encore en terme d’émission de CO2. De plus, l’élevage s’opère parfois, au prix de large déforestation comme au Brésil, ce qui renforce encore le réchauffement climatique.

Le néolibéralisme mondialisé favorise la concurrence des transnationales agricoles au détriment des pays les plus fragiles.

Marx explique, que la pauvreté, l’exploitation des travailleurs permet leur domination et leur aliénation, qui limitent leur capacité à se former et donc leur capacité à tenir leur rôle de citoyen, c’est à dire à défendre la démocratie. Avant, de trouver d’éventuelles causes, relevant de l’illégalité, il faut en effet, chercher les causes de la pauvreté des pays en développement dans l’analyse marxiste notamment. Cette dernière explique les inégalités principalement par le rôle des infrastructures économiques, des rapports sociaux de production, les inégalités des termes de l’échange, la division internationale du travail entre le centre et la périphérie (Emmanuel, 1969)21, renforcé par une ouverture « forcée » des marchés nationaux au nom du néolibéralisme, en particulier par l’OMC, appuyé par les institutions de Bretton-Woods. Le capitalisme libéral mondialisé est fondé en particulier sur l’avantage comparatif et la division internationale du travail, en particulier l’échange de produits primaires en provenance des pays en voie de développement contre des produits manufacturés exportés par les pays développés (Ricardo)22. Ces politiques néolibérales permettent aux transnationales agricoles d’écouler leurs produits agricoles dans les PED. Or, elles sont fortement industrialisées et subventionnées par leurs Etats. C’est pourquoi la concurrence est inégale. Ainsi en écoulant par exemple, du blé, des ailes de poulet ou du lait à très bas prix, elles font disparaître les petits paysans locaux qui ne peuvent assumer la concurrence. Le chômage s’accroît et le pays perd son autonomie alimentaire. De même la privatisation des services publics sous la pression de l’OMC et de la Banque Mondiale, permet aux transnationales du Nord, de racheter à bas prix les entreprises publiques. Le pays perd alors son autonomie au plan économique.

A l’inverse certains courants, cherchent à développer l’autonomie locale et nationale, avant d’échanger et donc à exercer une « relocalisation sélective » de la production favorable à la fois à la baisse de la pollution liée aux transports, mais surtout une autonomie économique, alimentaire, technologique, conditions d’un développement souverain, donc autonome.

Ainsi, en répondant aux besoins des populations, en stimulant par exemple la production des cultures vivrières, en permettant l’éducation de base, en répondant aux besoins locaux avant de suivre la demande internationale, le pays devient ainsi plus autonome et peut assurer sa croissance à long terme. Mais, pousser trop loin ces trois principes du développement poussent vers certains excès. Trop de « self reliance » conduit à l’autarcie sclérosante, l’exacerbation de l’identité culturelle pousse vers un nationalisme destructeur et la satisfaction des besoins essentiels devient à nouveau un moyen de conserver les privilèges des plus riches, avec un système à deux vitesses. La vigilance et le discernement restent donc nécessaires, lorsque l’on s’appuie sur ces trois piliers du développement.

Le monopole du contrôle des semences devient une arme alimentaire et commerciale.

Bill Gates investit des millions dans une chambre forte une île perdue dans l’Arctique « Il investit des dizaines de millions avec la Fondation Rockefeller, Monsanto Corporation, la Fondation Syngenta et le gouvernement de Norvège, entre autres, dans ce qui est appelé ’’arche de Noé végétale’’. Officiellement, le projet est appelé chambre forte à semences mondiales de Svalbard, sur l’île norvégienne de Spitsbergen. La chambre forte (…) contiendra jusqu’à trois millions de variétés différentes de semences du monde entier, « de sorte que la diversité végétale puisse être préservée pour l’avenir, » selon le gouvernement norvégien. (…) Quel avenir, prévu par les sponsors de l’arche de Noé végétale, menacerait la disponibilité actuelle des semences, leur quasi totalité étant déjà bien à l’abri dans des chambres fortes aux quatre coins du monde ? Le premier point remarquable est qui parraine l’arche de Noé végétale. Ceux qui s’unissent aux Norvégiens sont, comme noté, la Fondation Bill & Melinda Gates ; le géant étasunien de l’agro-alimentaire DuPont/Pioneer Hi-Bred, l’un des plus grands propriétaires de brevets d’organismes génétiquement modifiés (OGM), de semences de plantes et de produits apparentés de l’agrochimie ; Syngenta, à travers sa fondation, la principale compagnie suisse de semences OGM et de produits de l’agrochimie ; la Fondation Rockefeller, le groupe privé qui a créé la révolution génétique, avec plus de 100 millions de dollars de semences depuis les années 70 ; le CGIAR, le réseau mondial créé par la Fondation Rockefeller pour promouvoir son idéal de pureté génétique à travers la conversion de l’agriculture (…). En 1971, l’IRRI de la Fondation Rockefeller, à créer avec la fondation Ford, le CGIAR (…). Pour garantir un impact maximum, le CGIAR a impliqué l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO), le Programme des Nations Unies pour le Développement et la Banque Mondiale. Ainsi, à travers l’influence soigneusement planifiée de ses ressources initiales, au début des années 70 la Fondation Rockefeller était à même de façonner la politique agricole mondiale. Et elle ne s’en est pas privé (…). La Révolution Verte visait à résoudre à grande échelle le problème de la faim dans le monde, au Mexique, en Inde et dans d’autres pays choisis où travaillait Rockefeller (…). En réalité, comme il est apparu des années plus tard, la Révolution Verte était une brillante manigance de la famille Rockefeller pour développer un agro-alimentaire mondialisé qu’elle pourrait ensuite monopoliser, tout comme elle l’avait fait dans le monde de l’industrie pétrolière en commençant un demi-siècle auparavant. Comme Henry Kissinger l’avait déclaré dans les années 70 : ’’Si vous contrôlez le pétrole vous contrôlez le pays ; si vous contrôlez l’alimentation, vous contrôlez la population’’(…). Les OGM nommés terminator force les agriculteurs à retourner chaque année chez Monsanto ou d’autres semenciers OGM pour obtenir de nouvelles semences de riz, de soja, de maïs, de blé, de toutes les principales cultures dont ils ont besoin pour nourrir la population. Si c’était largement adopté dans le monde, on pourrait peut-être en une dizaine d’années faire de la majorité des producteurs de nourriture du monde de nouveaux serfs féodaux, asservis à trois ou quatre géants semenciers comme Monsanto, DuPont ou Dow Chemical. Ces compagnies privées (…) n’ont guère d’antécédent sans taches en termes de gestion de la vie humaine. Elles ont développé et multiplié des innovations du style dioxine, PCB, Agent Orange (…) utilisé au Vietnam notamment 23 » explique Engdhal.

L’eugénisme et le contrôle de l’alimentation sont parfois conçus comme un instrument au service du malthusianisme.

Or, le contrôle alimentaire est un instrument de la « discipline des corps , telle que la qualifie Foucault dans Surveiller et Punir (1975)24 . Cette dernière prend des formes variées : l’organisations du travail dans l’entreprise, la surveillance des prisonniers, le respect de la discipline par les soldats vis-à-vis de leur hiérarchie… la discipline des populations en représente le volet global.

En effet, une part de l’élite blanche mondiale, considère qu’un des grands dangers, vis à vis de son pouvoir, réside dans « l’arme démographique », c’est à dire la puissance conférée, par la masse des individus. En effet, c’est une menace militaire (une armée de millions d’hommes), mais aussi une menace sur les ressources (alimentaires, matières premières…) puisque leur consommation potentielle, peut entrer en concurrence avec celle des plus riches.

Malthus est un démographe qui est devenu célèbre en 1798 en publiant son « Essai sur le principe de population». Il y explique que le frein le plus terrible à l’accroissement de la population est la misère, conséquence inéluctable du principe de population. De même, les institutions ne sont que peu responsables de la misère de beaucoup d’hommes. La société ne peut qu’être inégalitaire, composée de propriétaires et de travailleurs. S’il en était autrement, si la propriété était supprimée, si chacun partageait avec son voisin, si tout le monde était nourri correctement, la population augmenterait encore plus rapidement et dépasserait les subsistances disponibles. Donc, compte tenu du fait que « la population augmente plus vite que les subsistances, il ne faut surtout pas courir le risque d’un accroissement de la population en aidant les pauvres »  (Malthus,1798)25

Kissinger a présenté en 1974 des moyens visant à contrôler le nombre de la population des PED,. Dans le Rapport Kissinger » (1974) on peut lire que les pays du Nord sont menacés par les pays du Sud, car bien qu’ils soient pauvres, ils sont beaucoup plus peuplés. D’où, la nécessité impérieuse de contenir, c’est-à-dire brider la croissance démographique du Sud, afin que le pouvoir des pays industrialisés ne soient pas un jour menacé par « l’arme démographique ». Le rapport du National Security Council, préparé en 1974, sous la direction d’Henry Kissinger, fut déclassifié en 1980 et tenu secret jusqu’en 1989. Kissinger y mentionnait ceci : «Serons-nous contraints de faire des choix sur les pays que nous devrons raisonnablement aider, et si c’est le cas, les efforts de contrôle de la population devraient-ils être un critère pour une telle aide ? (…) Les Etats-Unis sont-ils prêts à accepter un rationnement de la nourriture, pour aider les gens qui ne peuvent/veulent contrôler leur taux de reproduction de population ? (…) Il est vital que les dirigeants des pays les moins développés ne voient pas, dans la volonté de développer et de renforcer un engagement de leur part [pour la réduction de population], une politique des pays industrialisés pour maintenir leur pouvoir ou pour détourner les ressources naturelles en faveur des pays ‘riches’. Une telle perception pourrait créer de sérieuses répercussions défavorables au projet de stabilité des populations » (Kissinger, 1974 : 82)26.

La stratégie Malthusienne néolibérale s’oppose aux politiques sociales en matière de démographie. En 2009, il y a 1,2 milliards de personnes qui souffrent de malnutrition dans le monde et 6 millions de morts dus à la malnutrition dans le monde chaque année27, soit près d’un dixième de la population française, ou l’équivalent du nombre des personnes juives assassinées dans les camps nazis en 1939-45, tous les ans… Dans la mesure, ou l’humanité disposent encore de suffisamment de nourriture disponible sur la terre, ces décès peuvent être considérés comme un choix politique de les laisser mourir. En effet, en 2008, les gouvernements des pays les plus industrialisés ont mis en place des plans de sauvetage des banques et des sociétés d’assurance qui représentent ensemble plus de 20 fois la somme de 80 milliards de dollars nécessaires selon l’ONU pour satisfaire les besoins essentiels de la population mondiale28.

Selon le FNUAP, si le taux de natalité mondiale descendait à 4/1000, le nombre de personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté pourrait descendre de 2,4 % (FNUAP 2002)29. Cette prévision n’a de valeur que s’il n’y avait bien sur, pas de changement de politique économique. Car, c’est d’abord les choix relatifs à la répartition des richesses, bien avant la question de la démographie, qui permet de faire varier le nombre de personne vivant sous le seuil de pauvreté.

Plus, la population mondiale, va continuer à croître, plus il y a un risque que cette situation s’aggrave. En 1994, on estimait « qu’au rythme actuel rythme de 1,6% par an, une grandeur double en 44 ans. S’il devait se maintenir, les 5,63 milliards d’hommes deviendraient 11,3 milliards en 2038, 22,5 milliards en 2082, etc30.. En 2009, les démographes estimaient, qu’en 2050, la population mondiale devrait atteindre les 9 milliards d’individus (AFP, 2009)31. L’O.N.U. prévoit que la population mondiale serait « seulement » de 8,3 milliards en 2025. Une stabilisation aux alentours de 11 à 12 milliards à la fin du XXIe siècle est son hypothèse » centrale (Population et société, 1994)32.

Or, on observe différentes attitudes face à la croissance de la population mondiale. Certains experts estiment qu’à 9 milliards, voir jusqu’à 11 milliards, la terre pourrait nourrir toute l’humanité. D’autres estiment au contraire qu’il serait préférable de revenir à un nombre très restreint et ce d’autant plus que les ressources non renouvelables tendent à disparaître.

Il existe finalement deux grandes stratégies, pour réduire la natalité mondiale afin de nourrir plus facilement l’ensemble des terriens..

Les stratégies mathusiennes néolibérales visant à agir contre le développement de la natalité à travers divers procédés (contraception, planning familiale…), sans redistribuer les richesses. Les plus extrêmes préconisent même des solutions qui se rapproche des thèses eugénistes, tel que l’absence de soins de santé pour les plus pauvres ou la « suppression » des individus et ce qu’ils considèrent comme les « races » inférieures. Dans les PED par exemple, l’absence de prise en charge des traitements du SIDA aboutit à cette situation. Or, le laisser-faire du malthusianisme néolibéral, réside finalement dans le choix politique des nations les plus riches, consistant à ne pas organiser un financement mondial de la santé.

A l’inverse, les politiques sociales qui visent redistribution des revenus, afin de favoriser l’éducation, l’émancipation des femmes, la lutte contre la discrimination à l’égard des femmes et leur autonomie personnelle, professionnelle et leur retraite. En effet, les démographes tel Emmanuel Todd, observent que plus les femmes sont instruites, moins elles mettent au monde un nombre important d’enfants. Cela s’explique notamment par une meilleure connaissance des systèmes de contraception la capacité à les intégrer et une plus grande autonomie de la femme, vis à vis de son époux et de la tradition. Mais, réunir ces conditions cela suppose aussi: des emplois et des revenus suffisants, des terres accessibles pour leur permettre de vivre de leurs revenus. Ces ressources permettant aux parents d’envoyer les enfants à l’école, afin de s’instruire afin de s’émanciper. De même la création d’un système de retraite par répartition limite la natalité. Sinon les parents font beaucoup d’enfants, afin qu’ils y en survivent suffisamment pour les aider durant leurs vieux jours.

Contrôler les institutions de protection de la santé et de l’alimentation permet de favoriser les intérêts du capitalisme pharmaceutique.

En 1906, est signé le Food and Drug Act, puis en 1927 est créé la Food, Drug, and Insecticide Administration. Elle est renommée, en 1930, du nom de Food and Drug Administration – (FDA : Administration de l’alimentation et des médicaments). Le vétérinaire Burroughs qui travaillait pour la FDA affirme que « le dossier fourni par Monsanto (à la FDA) était aussi haut que moi […] Or, le règlement de la FDA nous impose de ne pas dépasser un délai de cent quatre-vingts jours pour analyser les données (…). En fait, c’est une technique des entreprises pour décourager un examen minutieux : elles envoient des tonnes de papiers,en espérant que vous vous contenterez de les survoler (…). Burroughs, quand il a vu que des « données manquaient », demande à l’entreprise de « revoir sa copie » (…). « Il est d’abord suivi dans sa requête par la FDA, avant de se trouver « mis sur la touche » (…). « On m’a bloqué l’accès aux données que j’avais moi-même demandées, jusqu’à ce que je sois complètement dépossédé du dossier. Et puis, le 3 novembre 1989, mon chef m’a raccompagné à la porte, c’était fini pour moi [licencié] (…) pour incompétence». « L’agence a sciemment fermé les yeux, sur les données dérangeantes, parce qu’elle voulait protéger les intérêts de la société, en favorisant au plus vite la mise sur le marché de l’hormone transgénique…» 33

Alfred N. Richards préside l’Académie Nationale des Sciences à Washington. Or, il est un des administrateurs et des actionnaires principaux de Merck et Co, un des piliers du capitalisme pharmaceutique34. Par conséquent, on relève à nouveau un conflit d’intérêts entre les intérêts privés et publics, qui se révèle défavorable à l’intérêt général, et défavorable aux médecines naturelles, telles que la phytothérapie, ou l’homéopathie.

L’OMS a créé, en 1963, la Commission du Codex Alimentarius. Elle a pour fonction de définir des normes alimentaires (normalisation) en vue d’assurer la sécurité alimentaire et les échanges internationaux. Les directives ont donc un impact majeur, sur le commerce alimentaire et la concurrence, entre les industriels du secteur alimentaire et pharmaceutique. « La Commission du Codex ayant adopté, lors de sa session de juillet 1995, à l’initiative de certains pays anglo-saxons, des limites maximales de résidus pour cinq hormones naturelles interdites dans la Communauté, les Etats-Unis et le Canada attaquèrent, devant l’OMC, les mesures communautaires interdisant l’importation des viandes d’animaux traités avec ces hormones. En août 1997, l’OMC donna tort à la Communauté en estimant que la réglementation communautaire était non fondée et discriminatoire »35. En représailles, « depuis le 29 juillet 1999, les Etats-Unis imposent des droits de douane de 100% sur des produits gastronomiques européens représentant une valeur globale de 116.8 millions US dollars »36. On voit donc, à travers cet exemple, que les enjeux financiers sont énormes, autour du Codex alimentarius et plus généralement de la législation internationale, notamment à l’OMC.

Le 13 mars 2002, le parlement européen a adopté des lois conformes au codex alimentarius, qui favorise la pharmacopée chimique au détriment des thérapies naturelles et des suppléments alimentaires. Le lobbying habituel des représentants des transnationales envers les députés européens a donc été efficace. Bien que la commission européenne ait reçu une pétition signée par 438 millions de personnes qui protestaient contre cette nouvelle directive européenne, elle a néanmoins été adoptée. Cette dernière est entrée en application depuis juillet 2005 et vise progressivement à faire disparaître les médecines naturelles, telle l’acupuncture.

Codex alimentarius, qui devrait être un moyen de protection de la santé, se montre en réalité très laxiste concernant les pesticides, les hormones, et les antibiotiques dans la nourriture. Par exemple, l’aflatoxine est une des substances les plus cancérigènes pour l’être humain. Elle est issue d’une moisissure produite dans les denrées mal récoltées et mal stockées, qui est notamment présente dans le lait, les arachides, les amandes et d’autres nourritures. En 2008, le Codex Alimentarius a défini un taux maximal d’aflatoxines totales de 10 µg/kg dans les amandes, noisettes et pistaches prêtes à la consommation, ce qui représente un taux supérieur à celui actuellement en vigueur dans l’UE fixé dans le règlement (CE) n°1881/2006 de la Commission, qui limite le taux d’aflatoxines à 4 µg/kg totales37. Le taux maximum d’aflatoxines est donc de 60% supérieur dans le Codex. En effet, l’imposition d’un niveau maximum de 4 µg/kg d’aflatoxines limiterait le commerce international, donc les profits des transnationales.

En plus de l’égoïsme d’une production agricole au service des profits avant d’être au service des peuples, les transnationales et les Etats dominants ont bien compris tout le pouvoir économique et politique offert par l’arme alimentaire et ils n’hésitent pas à en user. Seul les peuples conscients de ces stratégies sont à même de tenter de les faire cesser.

* Thierry Brugvin (Thierry.brugvin@free.fr) est sociologue et auteur notamment du livre Les mécanismes illégaux du pouvoir, ThebookEdition, 2009.

1 FAO, Rapport de la FAO sur la faim, L’état de l’insécurité alimentaire dans le monde, 2009.

2 ZIEGLER Jean, L’Empire de la honte, Fayard, 2007 p.130.

3 BIT, L’heure de l’égalité au travail, Rapport global en vertu du suivi de la déclaration de l’OIT relative aux principes et droits fondamentaux au travail, Conférence internationale du travail, 91 session, Genève, 2003 a.

4 LUNDQVIST, J., C. DE FRAITURE AND D. MOLDEN. Saving Water: From Field to Fork – Curbing Losses and Wastage in the Food Chain. SIWI Policy Brief. SIWI, 2008

5 ADEME, Campagne nationale de caractérisation des ordures ménagères, 2009

6 FRANCE NATURE ENVIRONNEMENT, Pôle Industrie Produits Service, Réseau déchets, Gaspillage alimentaire ? Comment agir ? Mars 2010

7 ARIES Paul, Décroissance et gratuité, Moins de biens, plus de liens, Golias, 2010.

8 DIOUF Jacques, directeur général de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, FAO, juillet 2007

9 ZIEGLER Jean, L’Empire de la honte, Fayard, 2007.

10CHAKRABORTTY Aditya, Secret report: biofuel caused food crisis Internal World Bank study delivers blow to plant energy drive, The Guardian, 3 juillet, 2008.

11 BERTHELOT Jacques « Démêler le vrai du faux dans la flambée des prix agricoles mondiaux » du 15 juillet 2008, p. 32, http://www.cadtm.org/IMG/pdf/Berthelotlevraidufauxdanslaflambeedesprixagricolesmondiaux.pdf

12CHAKRABORTTY Aditya, Secret report: biofuel caused food crisis Internal World Bank study delivers blow to plant energy drive, The Guardian, 3 juillet, 2008.

13 SYSTÈMES SOLAIRES le journal des énergies renouvelables N° 185 – 2008

14 DEFI POUR LA TERRE, Les Agrocarburants, http://www.defipourlaterre.org/fraise/pdf/PFUE-agrocarburant.pdf

15 IFPRI International Food Policy Research Institute (IFPRI), in Défi pour la terre, Les agrocarburants, 2010.

16 FORUM PERMANENT DES NATIONS UNIES sur les questions indigènes, 2008

17 GRAIN, Main basse sur les terres agricoles en pleine crise alimentaire et financière, Octobre 2008.

18COURRIER INTERNATIONAL, Daewoo gagne le gros lot, 20 nov. 2008

19 PARODI Pierre, Efficacité des moyens pauvres dans l’aide au tiers monde, l’Arche, La Borie Noble, 1964, p30.

20Caisse des dépôts, Agriculture et réduction des émissions de gaz à effet de serre, notes d’études n°6, sept. 2005.

21Emmanuel Arrighi, 1969, L’échange inégal. Essai sur les antagonismes dans les rapports économiques internationaux, Maspero.

22 RICARDO David, Principes de l’économie politique et de l’impôt, 1817

23 ENGDAHLF. William, « L’« arche de Noé végétale » en Arctique », Mondialisation.ca, 15 février 2008, F. William Engdahl est auteur de Seeds of Destruction, the Hidden Agenda of Genetic Manipulationde Seeds of Destruction, the Hidden Agenda of Genetic Manipulation (graines de destruction, les projets secrets du génie génétique) qui vient d’être publié par Global Research

24 FOUCAULT Michel, 1975, Surveiller et punir , Naissance de la prison, Paris, Gallimard.

25MALTHUS Thomas Robert, 1798, Essai sur le principe de population en tant qu’il influe sur le progrès de la société Londres, 1ère éd. traduite par Eric Vilquin. Paris, I.N.E.D., 1980 parSchooyans, 2000.

26 KISSINGER H., December 10, 1974, The Kissinger Report, NSSM 200, National Security Study Memorandum, Implications of Worldwide Population Growth For U.S. Security and Overseas Interests, Declassified on december 31, 1980.

27 ENCYCLO-ECOLO, 2009, Population mondiale, http://www.encyclo-ecolo.com/Population_mondiale

28 TOUSSAINT Eric, 2009, Pistes alternatives pour financer un développement humain durable et socialement juste, http://www.cadtm.org/IMG/pdf/Pistes_alternatives_EricT_CTB_CF_2008-2.pdf

29 FNUAP, (Fond des nations Unis pour la population), 2002, Rapport du FNUAP 2002 : FNUAP.

30 POPULATION ET SOCIETE, oct 1994, Bulletin Mensuel d’Information de l’Institut National d’Études Démographiques, INED, n° 294.

31 AFP, Des experts appellent à freiner la croissance de la population mondiale, 21/09/2009.

32 POPULATION ET SOCIETE, oct 1994.

33 ROBIN Marie-Monique, Le Monde selon Monsanto, , L’affaire de l’hormone de croissance bovine: la Food and Drug Administration sous influence (chap. 5), 2008, p.102 à 105.

34 BEALLE Morris A, The Drug Story, Columbia Pub. Co; 1949.

35 BIZET Jean (Sénateur), Rapport d’information sur le codex alimentarius, N° 450, Annexe au procès-verbal de la séance du 29 juin 2000.

36 http://www.fromag.com/actu1.html

37 EFSA (Autorité européenne de sécurité des aliments), Les aflatoxines dans les denrées alimentaires ;http://www.efsa.europa.eu/EFSA/efsa_locale-1178620753816_1211902632818.htm

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  • : Le blog d' Eva, R-sistons à la crise
  • : Tout sur la crise financière, économique, sanitaire, sociale, morale etc. Infos et analyses d'actualité. Et conseils, tuyaux, pour s'adapter à la crise, éventuellement au chaos, et même survivre en cas de guerre le cas échéant. Et des pistes, des alternatives au Système, pas forcément utopiques. A défaut de le changer ! Un blog d'utilité publique.
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