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19 avril 2009 7 19 /04 /avril /2009 02:42


Faces cachées & Apparences
6 commentaires 
Flexi-sécurité = foutaise

Loi de modernisation du contrat de travail =
loi de régression sociale

 
Gérard FILOCHE
métro, boulot Mac Do, dodo

Accord prétendument majoritaire de 4 syndicats sur 5 le 11 janvier 2007 = mensonge

Nous voilà, dans tous les médias, dans le langage officiel, en présence d’un mot fabriqué, quasi grotesque car aussi paradoxal qu’incompréhensible : « flexisécurité ».

Allez dire aux millions de salariés qu’ils vont être « flexisécurisés » par une « loi de modernisation du contrat de travail », vous éveillerez la certitude légitime qu’on va les rouler dans la farine. Alors autant utiliser des mots simples, que les communicants ne pourront renier : flexicurité = foutaise !

Tout ce qui est dit sur la loi que François Fillon et Xavier Bertrand font voter au Parlement repose sur des manipulations, de la désinformation volontaire, pour masquer une offensive scélérate anti droit du travail !

Il ne s’agit pas d’une loi de modernisation mais de régression sociale ;

Première foutaise : qu’on ne nous dise pas qu’elle a été approuvée par 4 syndicats sur 5. Car là commence la foutaise : il existe 8 syndicats d’importance et non pas 5. Et les 4 syndicats signataires sont-ils majoritaires ? Contrairement à ce que dit toute la vulgate médiatique, ce n’est pas certain.

En France, à cause d’une loi Fillon du 4 mai 2004, on prétend qu’un accord est « majoritaire » quand il obtient la signature d’une majorité de syndicats même si ces syndicats représentent une minorité de salariés par rapport à ceux qui ne signent pas l’accord. En fait c’est un vote « par ordre » et non pas « par tête » comme avant la Révolution française. C’est comme au temps où le clergé et la noblesse l’emportaient par deux voix contre une, contre le tiers-état. C’est la procédure antidémocratique que Fillon a imaginé pour fausser les négociations syndicales : c’est purement archaïque, scandaleux, mais c’est hélas, comme cela que la droite fait fonctionner notre pays. C’est comme si, pour adopter une loi au Parlement, on comptait le nombre de groupes parlementaires qui la votent et non pas le nombre de députés. Dans la métallurgie, par exemple, FO, CFTC et CGC signent les accords avec l’UIMM, tandis que CGT et CFDT les refusent : ces accords sont réputés « majoritaires » alors que FO, CGC, CFTC représentent moins de 20 % des voix aux élections professionnelles de la branche et CFDT et CGT qui représentent 80 % sont minoritaires.

Pourquoi parle-t-on de 4 syndicats sur 5 alors qu’il y en a huit dans le pays ? Pas parce qu’ils ont obtenu plus de voix de la part des salariés ! Justement non, ça n’a rien à voir avec les voix qu’ils ont obtenues, ni avec l’audience réelle qui est la leur. C’est seulement parce qu’ils figurent sur une « liste » d’un vieil « arrêté » datant de 1966 ! À l’époque, cinq syndicats ont été retenus sur une liste officielle : CGT, CFDT, FO, CFTC, CGC. La liste de ces cinq syndicats qui sont seuls à bénéficier d’une « présomption irréfragable de représentativité » n’a jamais été mise à jour : ainsi ni la FSU, ni l’UNSA, ni Solidaires n’y figurent. Pourtant ces syndicats sont devenus plus représentatifs que la CFTC ou la CGC par exemple. S’en tenir aux « cinq » syndicats « officiellement représentatifs » de la liste pour déterminer si un accord est majoritaire ou non, est donc une fiction. Mais ça ne fait rien, la mystification est reprise sans le moindre état d’âme, la moindre honnêteté par les rédac’s chefs des médias officiels.

On vous ment sciemment : puisque quatre syndicats ont signé l’accord du 11 janvier 2007, le pouvoir prétend qu’il devrait automatiquement devenir une loi que chaque élu du peuple au Parlement est censé voter, et les salariés devraient s’incliner puisque cela provient d’une « majorité de leurs syndicats ». Foutaise encore !

Il n’y a pas de légitimité à cet accord, et les quatre syndicats qui l’ont signé ne peuvent pas prouver qu’ils représentent une majorité. Et, de surcroît, leur propre base n’a même pas été consultée : on pourrait gager que si elle l’était, une telle régression serait rejetée.

De quoi s’agit-il ? De 4 grandes régressions et de 17 capitulations moindres mais tout aussi défavorables aux salariés :

Quatre grandes régressions :

a) Commençons par un des aspects les moins soulignés mais les plus choquants : il y aurait un plafonnement des indemnités de licenciement pour les salariés. Le chiffre de 9 mois de salaires aurait été avancé. Comment peut-on oser proposer cela dans un pays où les émoluments des patrons incluent des retraites chapeaux, des parachutes dorés, des stocks options parmi les plus élevés d’Europe ? Dans un pays où il y a de telles fraudes en matière de licenciements abusifs que des salariés se voient spoliés gravement toute leur carrière, parfois toute leur vie ? Dans un pays ou il y a des centaines de milliers de licenciements abusifs, sans cause réelle et sérieuse, pendants aux prud’hommes ? Des employeurs sans scrupule, seulement pour hausser leurs profits, pourront donc mieux « virer » des salariés ayant 20 ou 30 ans de bons et loyaux services sans le payer trop cher !

b) Des ruptures de contrats individuelles pourront avoir lieu en échappant à tout droit collectif du licenciement : l’employeur et le salarié pourront négocier des ruptures individuelles de gré à gré. Ce qui caractérise le contrat de travail est un « lien de subordination juridique permanente ». Dans ce cadre d’employeur à subordonné, c’est toujours le salarié qui sera dans un rapport de forces défavorable. C’est « la séparabilité » comme aime à le dire Laurence Parisot : un « divorce à l’amiable » ! Sauf que c’est toujours le même qui part avec les meubles ! Et la loi prétend que, passé 15 jours après la signature de l’accord, celui-ci sera « homologué » par les autorités administratives, et il n’y aura plus aucun recours, pas de prud’hommes, pas de regret, pas d’appel. Spectaculaire recul du droit protégeant les salariés : licenciement sans encadrement juridique et sans recours.

c) Les périodes d’essai seraient « allongées ». Depuis que la droite a perdu sur le CNE (contrat nouvelle embauche) et le CPE (contrat première embauche), elle ne cesse de regretter ces projets inhumains (condamnés par toutes les déclarations des droits de l’homme et la convention n° 158 de l’OIT) ou l’employeur pouvait licencier sans motif. Alors elle allonge au maximum les périodes d’essai d’un mois ou de quatre mois, jusqu’à huit mois, presque la moitié d’un CNE. Qu’est ce qui justifie qu’un employeur vous garde huit mois « à l’essai » ? Rien, absolument rien, sauf la volonté de vous laisser plus longtemps à merci, soumis, « virable » du jour au lendemain, sans motif !

d) D’incroyables contrats de 18 à 36 mois, « CDD à termes incertains » soumis à une obligation jusqu’à 18 mois, mais pouvant être rompus comme un CNE pendant 18 autres mois, vont être imposés aux cadres. C’est une vie de précarité qui attend ainsi des centaines de milliers de cadres : la fin du contrat dépendra de la fin de la mission, de la tâche, de l’objectif à atteindre, et elle pourra être anticipée dans la deuxième partie de ce contrat atypique. Longue certitude mais sans avenir pendant 18 mois, incertitude quotidienne et fragilité pendant 18 autres mois… et l’on recommence. Façon d’empêcher les cadres de défendre leurs droits, leurs carrières, de les empêcher de s’organiser, de se syndiquer en les vulnérabilisant au maximum. De tels contrats dérogatoires au CDI, seront-ils exportés à d’autres populations de salariés que les cadres ?

17 capitulations petites et grandes contenues dans l’accord du 11 janvier 2007 :

La liste des renoncements que les quatre organisations syndicales de salariés ont osé signer est encore plus vaste :

1/ Acceptation du principe de l’utilité des emplois précaires (article 1 de l’accord)

2/ Acceptation du principe que ce sont les freins au licenciement qui freinent les embauches ! (article 12)

3/ Acceptation d’interventions « plus systématiques » des patrons dans les écoles (article 2)

4/ Acceptation du principe selon lequel l’insuffisance de ces interventions serait source de l’échec scolaire (article 2)

5/ Acceptation du remplacement du service public de l’orientation professionnelle par les patrons (article 2)

6/ Acceptation de la transformation des stages pédagogiques en « périodes d’essai » (article 3)

7/ Acceptation du remplacement progressif des qualifications (sanctionnées par des diplômes nationaux) par des « compétences » individuelles que le salarié ou futur salarié essaiera de vendre (« passeport formation », « VAE », « bilan d’étape professionnel ») (articles 3, 6, 7)

8/ Acceptation de la disparition progressive du contrat d’apprentissage comme contrat de travail réduit à la seule composante formation professionnelle (article 3)

9/ Acceptation de l’individualisation et de la culpabilisation des futurs licenciés et des déjà licenciés, demandeurs d’emploi. Le chômage et la précarité c’est votre faute, pas assez de compétences, pas assez souples, pas assez mobiles, pas assez motivés pour rechercher le travail absent (articles 3, 6, 7, 8, 18)

10/ Acceptation du démantèlement des statuts (et des garanties qui vont avec) en effaçant les frontières entre eux (privé/public, salarié/indépendant) (article 8)

11/ Acceptation de la suppression d’une des garanties essentielles du contrat de travail : désormais, ce qui n’est pas écrit dans le contrat de travail, le patron pourra le modifier unilatéralement sans l’accord du salarié ; acceptation, cela va ensemble, que soit réduite l’obligation d’information actuelle des salariés, dès leur embauche, sur ses droits issus de la convention collective (article 11)

12/ Acceptation que le reçu pour solde de tout compte signé soit libératoire au bout de 6 mois, ce qui retire au salarié des possibilités de recours aux prud’hommes (article 11) 13/ Acceptation d’un préavis du salarié avant de saisir les prud’hommes, ce qui permettra toutes les pressions, comme pour le droit de grève (article 11)

14/ Acceptation du principe de non-responsabilité de l’entreprise pour les licenciements des salariés pour cause de maladie. (article 13)

15/ Acceptation de considérer que la démission d’un salarié est établie dès qu’il ne répond pas à une demande de l’employeur de reprendre le travail. Ainsi un employeur ne serait plus responsable de la rupture du contrat de travail lorsque qu’un salarié qui refuse de ne pas être payé ou d’être harcelé ne reprendra pas le travail. (article 16)

16/ Acceptation d’une indemnisation individualisée du chômage (article 16)

17/ Acceptation de l’illégalité des sociétés de portage et acceptation du marchandage organisé dans ce cadre, qui permettra aux entreprises d’intérim (encore elles) le retour à l’esclavage (des « salariés » « à leur compte », où la durée légale du travail a disparu, les tarifs minimums - SMIC et salaires conventionnels - auront disparu, que du bonheur). (article 19)

Ces régressions ne sont exigées par rien dans notre pays ni par les nécessités de l’emploi, ni par celles de la productivité, ni par celles de l’économie : le pays n’a jamais été aussi riche, le taux de productivité horaire est le plus élevé au monde, les bénéfices n’ont jamais été aussi faramineux ! C’est par pur fanatisme idéologique des partisans du Medef et de la droite néo-libérale conservatrice au pouvoir, dans leurs efforts pour démanteler progressivement, pan par pan, le droit du travail. Cela vise uniquement à baisser le coût du travail en affaiblissant les capacités juridiques des salariés de se défendre.

On nous vend l’idée que les 4 syndicats qui ont signé ce maudit accord, l’ont fait pour empêcher que cela ne soit encore pire sous les coups de boutoirs des députés ultra-libéraux. Cette excuse ne vaut rien : « je collabore un peu avec la droite pour empêcher les effets les plus néfastes de sa politique », c’est un raisonnement vieux comme les vaincus qui affaiblit les mobilisations, nourrit les renoncements. Mais gageons que les salariés, trompés, pas consultés, trouveront quand même la voie de la résistance sinon de la contre-attaque : il y a de l’explosion sociale dans l’air.

L’autre « foutaise » autour de cet accord et de cette loi de « modernisation du contrat de travail », c’est de nous vendre une pseudo idéologie trés curieusement nommée « flexisécurité » : certains manieurs d’idées creuses croient avoir trouvé au Danemark un « modèle » pour cela.

C’est totalement faux, le Danemark n’a rien, mais absolument rien à voir avec les récits qui en sont faits, et aucune transposition avec la France, contrairement aux clichés qu’on entend ici et là, n’est possible.

D’abord, parce que l’économie danoise n’a pas grand-chose à voir avec l’économie française. La population active y est dix fois moins importante qu’en France, et, à l’exception de Lego et de Karlsberg, l’économie danoise est une économie de PME. Le Danemark compte 9 millions d’habitants, parmi lesquels 600 000 à 700 000 salariés changent effectivement d’emploi chaque année, soit 30 % en 2003. Or, en France, la mobilité est déjà supérieure à celle du Danemark puisque 40 % des salariés changent d’emploi chaque année…

Ensuite, parce que si l’on compare le taux d’emplois supplémentaires entre 1994 et 2004 – 10,7 % en France contre 5,5 % au Danemark – on constate que la « flexisécurité » n’a pas favorisé la création d’emplois. Si le chiffre du chômage a été divisé par deux, c’est sous l’effet des modalités de comptabilisation du nombre de chômeurs qui a diminué au rythme de l’augmentation du nombre de préretraités, de stagiaires en formation, de salariés déclarés « inaptes » ou en congés sabbatiques. Le Danemark dénombre ainsi 190 000 chômeurs officiels, soit 4,6 % de la population active, mais au total ce sont 475 000 personnes (16 %) qui sont « retirées » de l’emploi. Si l’on adoptait cette méthode, cela voudrait dire 2,25 millions de préretraités en France au lieu de 79 000 !

Enfin, parce que le budget de l’État danois atteint 49,8 % du PIB contre 45,7 % en France en 2003 et que le patronat danois acceptait, jusqu’alors et contrairement au Medef, de véritables compromis sociaux. C’est ce qui explique que si les entreprises ont la liberté de licencier (quasiment sans préavis et sans indemnités), les salariés qui ont perdu leur emploi peuvent bénéficier pendant quatre ans d’une allocation (plafonnée à 22 900 euros) égale à 90 % de leur salaire. Pour cela, ils doivent répondre à des obligations de recherche d’emploi, sinon l’allocation est réduite ou supprimée. Si Nicolas Sarkozy entend transposer cette dernière clause en envisageant « deux refus d’emploi maximum » à capacité professionnelle égale, la différence réside toutefois dans les 21 000 agents chargés de former et accompagner les chômeurs au Danemark, soit un pour neuf chômeurs. Pour atteindre le même rapport en France, il faudrait 250 000 agents alors que l’ANPE n’en a que 28 000. Ce système coûte 4,49 % de son PIB au Danemark qui dépense 2,7 fois plus que la France pour chaque chômeur. À effort comparable, cela représenterait 7,84 % du PIB français, soit trois fois plus qu’aujourd’hui…

Alors pourquoi ces stupides emballements autour de la promotion du « modèle » danois ? Dans un seul but : faire accepter aux salariés français d’être licenciés abusivement sans protester en échange d’un hypothétique droit au reclassement que le gouvernement n’a aucunement la volonté de mettre en place.

Gérard Filoche, inspecteur du travail depuis 1985, est militant syndical et politique, socialiste. Il a notamment publié "Pour en finir avec le chômage de masse" (La Découverte), "Carnets d’un inspecteur du travail" (Ramsay), "La vie, la santé, l’amour sont précaires. Pourquoi le travail ne le serait-il pas ?" (Jean-Claude Gawsevitch).

Il est rédacteur en chef de la revue Démocratie et Socialisme.

http://www.legrandsoir.info/article6285.html

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19 avril 2009 7 19 /04 /avril /2009 02:22

Analyses
2 commentaires 17 mars 2008

De  la  crise  financière
à la crise de l’humanité.

Vincent PRESUMEY

La terre promise de la nouvelle jeunesse du capital est désormais gangrenée par les contradictions du capital. Les Etats-Unis n’arrivent plus à être ce qu’ils sont, le coeur du système mondial, et celui-ci ne présente pas d’alternative. La fin de l’URSS les avait privés de leur partenaire-adversaire. Pour arriver à être seuls la "superpuissance", il leur a fallu le terrorisme, Ben Laden et la "guerre sans fin". Celle-ci ne leur a pas rendu leurs capacités : ils ne sont plus le principal foyer de développement de la productivité du capital et le gendarme du monde s’est affirmé comme premier foyer de désordre mondial, craint et méprisé par les chefs des puissances capitalistes secondaires. La crise des subprimes et sa combinaison présente avec la crise politique du leadership US et du leadership mondial montre qu’ils sont en train d’arriver dans le mur annoncé. Allumer de nouvelles guerres peut être une tentation pour en sortir mais ni une attaque en Iran, ni une attaque de la Colombie contre ses voisins, ni un éclatement de la Bolivie, ni une réoccupation de Gaza par l’armée israélienne, ni une java humanitaire au Darfour, ni une apocalypse dans les zones tribales du Pakistan, ni ... , n’offrent les moyens réels de réaffirmer le leadership, tout au contraire -à moins d’envisager des guerres de bien plus grand calibre à l’issue totalement incertaine !



Du mardi 11 au vendredi 14 mars : répétition aggravée d’un scénario rebattu.

Il y a quelques semaines, G.W. Bush avait annoncé un "plan de relance" de l’économie nord-américaine qui, aprés avoir été salué par Sarkozy, faisait flop. Ce plan ne faisait que répéter les recettes appliquées depuis des années (baisses d’impôts et hausses des dépenses militaires) qui ont précisément construit toutes les conditions techniques de la crise financière et bancaire actuelle en Amérique et en Europe. Une forte baisse des taux d’intérêts de la Fed (la Banque centrale US) le complétait pourtant. Il n’empéche, c’était le flop, les "marchés" ne retrouvaient pas la "confiance". Ces messieurs réunissant leur forum de Davos au même moment, un cri unanime en émanait, qui pourrait passer pour original de la part de financiers "libéraux" : " De l’Etat ! de l’intervention ! de la protection ! de la régulation ! de la gouvernance ! et même de la morale, s’il-vous-plaît ! ". "Les marchés ont besoin d’une seule chose : d’un leadership, que ce soit au niveau régional ou mondial. Mais il semble faire cruellement défaut ces jours-ci." (John Studzinsky, conseiller en chef de Blackstone, probablement le plus puissant fonds d’investissement du monde).

L’intérêt de la deuxième semaine de ce mois de mars 2008, dans la marche de cette crise, est que "les marchés" et leurs augures ont une fois de plus tenté, avec apparemment une grande force de conviction, d’affirmer que cette fois-ci, ça y était, la gouvernance était au rendez-vous. Le nouveau flop est venu en ... trois jours.

Mardi 11 mars, était annoncée la bonne nouvelle faisant repartir les bourses à la hausse : la Fed décidait des mesures de refinancement des banques "à guichet ouvert", d’un montant supérieur à toutes les interventions précédentes opérées depuis un an (environ 400 milliards de dollars), le message, éminemment politique, étant : le refinancement des mauvaises créances par l’Etat, le rachat des dettes, l’injection massive dans les circuits financiers de liquidités par les Etats, leurs interventions, via les banques centrales, comme prêteurs en dernier ressort, ne manqueront pas à l’appel. La nationalisation de la banque Northern Rock en Grande-Bretagne, pour faire payer par l’Etat et les contribuables les créances de ces messieurs, était d’ailleurs intervenue quelques semaines plus tôt. Pour conforter le retournement espéré de la "confiance", John Lipsky, directeur général adjoint (de Dominique Strauss-Kahn) au FMI (Fonds Monétaire International) déclarait explicitement à Washington que le FMI monterait en première ligne avec en perspective "l’utilisation potentielle de fonds publics pour conforter les systèmes financiers".

Dans ce genre d’opérations, les augures, gourous et autres sorciers ont un rôle à jouer. C’est ainsi qu’Edmund Phelps, prix Nobel d’économie, jusque là critique de la Fed, proclamait que cette fois-ci, le message politique (au delà du montant des sommes engagées) donnait le signal du retour en force du leadersphip perdu (La Tribune du 14 mars). Méthode Coué. Mais quand un gourou pessimiste répond au gourou se voulant optimiste, on reste dans les mêmes recettes, car ils n’en ont pas d’autres : Patrick Arthus, sceptique français répondant à l’américain dans La Tribune, estimait que ces mesures ne suffiraient pas et préconisait que non seulement les banques centrales fassent "préteurs en dernier ressort", mais aussi "acheteurs en dernier ressort" en achetant les actifs pourris des banques "à leur valeur économique", sans décôte. Ce qui revient au même : c’est toujours de l’injection de moyens monétaires "en dernier ressort" pour "sauver" puis "rassurer" ces pauvres, si pauvres, marchés financiers. Car en somme, Patrick Arthus voudrait que les banques centrales des Etats soient encore plus généreuses envers ces pauvres banques, alors que c’est ce que fait déjà la Fed en échangeant des bons du Trésor US contre les titres douteux et en mettant des fonds similaires à disposition de la Banque Centrale Européenne (BCE) de Francfort et des banques centrales suisse, britannique et canadienne pour qu’elles en fassent autant envers les filiales étrangères des banques nord-américaines.

Au moment où le quotidien économique français publiait cet échange, la chose était de toute façon en train d’être réglée sur le terrain.

La bonne nouvelle datait donc de mardi. Mercredi le dollar remontait, ou disons qu’il stoppait provisoirement sa chute. Mais Jeudi, le fonds d’investissement Carlyle Capital Corporation (CCC), récemment créé (2006) pour spéculer sur les crédits immobiliers nord-américains, annonçait sa faillitte avec une dette de 17 milliards de dollars. La "confiance" en prenait un coup. Puis, le vendredi, on apprenait que la Fed avait mis des fonds d’urgence à disposition de Bear Stearns, la cinquième banque d’investissement nord-américaine fondée en 1923, et deuxième émetteur de crédits hypothécaires en 2007, menacée de faillitte et dont l’action venait de s’effondrer de 46%. Ces fonds étaient mis à disposition par la médiation de la banque JP Morgan dont l’action perdait elle-même 4%, son rôle d’intermédiaire dans cette affaire suscitant des inquiétudes. Lehman Brothers, une vénérable institution de la finance nord-américaine, voyait aussi son action perdre 14,6%.

Ces deux faillittes ou presque faillittes viennent de loin : la crise est remontée des subprimes aux banques et des banques aux entreprises financières spécialisées dans le rehaussement des crédits, pour atteintre le saint du saint du capital financier, les fonds d’investissements tels qu’ils se sont rénovés et sophistiqués encore plus depuis le début des années 2000.

La faillitte de CCC est caractéristique de la dimension de "confiance" de la crise, "confiance" non seulement financière, mais aussi, et même de plus en plus, politique.

Elle met en effet en cause la fiabilité du géant mondial qui est derrière CCC, le groupe Carlyle, même si celui-ci rappelle que le CCC n’est que l’un des 60 fonds gérant ses 81 milliards de dollars d’actifs (oui mais ce petit "soixantième" avait dit-on 17 milliards de pertes ...). Carlyle, créé en 1987, a systématiquement associé -et arrosé- des pointures du pouvoir politique dans de nombreux pays, à commencer par les Etats-Unis où les intérêts de la famille Bush lui sont étroitement liés. Au coeur de la connexion entre finance mondialisée et complexe militaro-industriel US, il est présidé par l’ancien patron d’IBM aprés l’avoir été par l’ancien directeur adjoint de la CIA. Il a un petit peu fait parler de lui (dans le film de Mickey Moore Fahrenheit 9/11) pour avoir réuni, le 11 septembre 2001, dans une même salle, ses grands investisseurs dont Bush senior et Shafik Ben Laden, demi-frère d’Oussama. Il fait aussi dans la spéculation immobilière sur les tours et les bureaux des centre-villes et des quartiers d’affaires, et a acheté à la France les locaux de l’Imprimerie nationale en 2003 pour 85 millions d’euros, y faisant faire pour 120 millions de travaux et revendant le tout à l’Etat, pour en faire les locaux des Affaires étrangères, 376,5 millions en 2007 (cf. L’Humanité du 17 juillet 2007). La réalité est comme une mauvaise fiction, n’est-ce pas ? Cerise sur ce gâteau douteux : un autre demi-frère, de Nicolas Sarkozy cette fois-ci, Olivier Sarkozy, est devenu co-directeur financier du groupe début mars 2008. Les supersticieux pourront en déduire que le nom de Sarkozy s’est mis à porter la poisse ...

A chaque jour son affaire. Jeudi Carlyle, vendredi Bear Stearms.

Ce qui est intéressant dans ce dernier cas, c’est que la "confiance" des "marchés" a en fait été cassée par la mise en oeuvre, apparemment déterminée, le vendredi, de l’orientation politique annoncée le mardi et censée avoir jusque là "rassuré" les mêmes marchés. G.W. Bush avait même trouvé moyen de féliciter au passage la Fed pour son intervention du vendredi. En fait il s’agit d’une intervention en catastrophe pour éviter une panique : Alan Schwarz, directeur de Bear Stearns, blufait encore en début de semaine en affirmant n’avoir aucun problème de liquidité, alors que sa faillitte menace d’une réaction en chaine dans le secteur de la finance la plus sophistiquée, celui des produits dérivés de crédit, les Credits Defaults Swaps, qui représentent -pense-t’on- environ 42 500 milliards de dollars. Cette intervention répond donc au principe Too big to fall (trop gros pour tomber) et fait écho à la dernière grande intervention de ce type, celle d’octobre 1998 lorsque la Fed avait secouru le fond LTCM (Long Term Capital Management). Cela avait correspondu à la fin, à l’époque, de la "crise asiatique" et amorçait le " boom de l’an 2000".

Or, l’intervention actuelle semble ne pas devoir marquer de retournement de tendance. La pyramide mondiale des crédits apparaît comme rongée jusqu’à la moelle par les créances douteuses massivement diffusées partout à partir des Etats-Unis. On pourra toujours essayer de faire croire que c’est la faute aux prolétaires et petites gens d’Amérique, emprunteurs et gogos imprévoyants ; en fait, toute la "croissance" des 7 dernières années a été construite sur l’endettement des ménages nord-américains, et son dégonflage par pétarade et dégazage doit logiquement durer plusieurs années : ceci ouvre au plan mondial la perspective d’une crise de crédit et d’un krach rampant de l’immobilier assortis de scandales et de coups bas analogues à ce que le seul Japon a connu pendant la plus grande partie des années 1990. L’analogie a justement pour limite le fait qu’il s’agissait alors du Japon et que là il s’agit de la planète entière, ce qui change tout.

Dernière minute, ça s’accéléère : JP Morgan a finalement racheté Bearr Stearns, pas sur que ce soit une bonne affaire. Ce dimanche la Fed, dont la décision n’était annoncée que pour mardi, a encore baissé d’un quart de point son taux d’intérêt. Le dollar a accéléré brutalement sa chute, l’euro passant à 1,59 dollar et les bourses asiatiques décrochent à l’ouverture ...



Christine Lagarde, ministre de l’Economie, des Finances et de l’Emploi, août 2007.



Finance et crise politique mondiale.

Le développement de la crise n’est pas linéaire et ne saurait être résumé seulement par les reculs boursiers, qui eux-mêmes avancent par à-coups séparés de pauses voire de hausses. Il prend de plus en plus la forme d’un processus à la fois financier et politique.

Car c’est bien, comme le disait John Studzinsky à Davos, de "leadership" qu’il est question.

Remarquons que la France tient une place particulière dans ce développement : les opérations de la Société Générale et les questions autour de la tentative de tout mettre sur le dos d’un trader "de base" (auquel on a laissé prendre des positions entraînant la perte de plus de 4 milliards d’euros ! ), Jérome Kerviel, ont rythmé l’accélération de la crise en Europe, mais la crise conjointe de l’exécutif sarkozyste "bling-bling" et de la puissante et lucrative organisation patronale qu’est le Medef en guerre apparente avec sa maison-mère historique, l’UIMM (Union des Industries et des Métiers de la Métallurgie) ne forment certes pas son maillon le moins intéressant, le moins bariolé ... et le moins opaque.

Mais la connexion entre Etats, gouvernements, banques et machineries financières marque aussi les étapes de la crise en Grande-Bretagne, autour de Northern Rock, et en Allemagne, où une guerre intestine et peu transparente sévit pour restructurer les relations entre Länder et banques, la Dresdner Bank, autre vieille institution menacée, tentant de séparer sa branche mouillée dans les subprimes de ses autres activités, séparation vertueuse mais tardive qui va dans le sens des recommandations des moralisateurs des marchés financiers (cf. ma critique des propositions "antilibérales" de séparation entre banques commerciales et banques d’investissement dans Retour sur la crise financière, www.legrandsoir.info). Les révélations sur les systèmes organisés (et dont l’existence ne faisait aucun doute) de fraude fiscale basée au Liechtenstein entrent dans ce cadre (au fait, elles touchent aussi la France, nous dit-on : Md. Lagarde a juré que sur les 200 fraudeurs français aucun n’est un "grand nom" et personne semble-t’il n’a émis de doute ! ...).

Mais c’est finalement au niveau international, donc au sommet, que la crise se concentre comme crise du leadership nord-américain. A cet égard, le parallélisme pertinent entre sphère politico-médiatique et sphère financière est le suivant : la marche de la crise, rythmée par les "gestes" de la Fed suivis inexorablement de reculs toujours plus approfondis, offre un rythme cyclique que l’on retrouve dans l’aggravation régulière, de caucus en super thuesday et de super thuesday en caucus, d’une véritable impasse politique pour la sortie de l’ère Bush lors des présidentielles aux Etats-Unis. Le candidat républicain Mac Cain veut continer Bush sans en assumer l’héritage et les deux candidatures démocrates se neutralisent l’une l’autre, entre le faux et impossible retour à l’avant-Bush, l’avant 11-septembre (Hillary Clinton) et la fuite en avant vers l’inconnu, peut-être le retrait d’Irak mais la guerre ailleurs, au Pakistan par exemple (Obama), aucune faction capitaliste états-unienne n’offrant de perspective politique qu’il s’agisse de continuer ce qui a commencé sous Bush -la "guerre sans fin", la croissance par la dette ...- ou qu’il s’agisse de rompre avec elle, parce qu’ils n’ont pas d’alternative.

La terre promise de la nouvelle jeunesse du capital est désormais gangrenée par les contradictions du capital. Les Etats-Unis n’arrivent plus à être ce qu’ils sont, le coeur du système mondial, et celui-ci ne présente pas d’alternative. La fin de l’URSS les avait privés de leur partenaire-adversaire. Pour arriver à être seuls la "superpuissance", il leur a fallu le terrorisme, Ben Laden et la "guerre sans fin". Celle-ci ne leur a pas rendu leurs capacités : ils ne sont plus le principal foyer de développement de la productivité du capital et le gendarme du monde s’est affirmé comme premier foyer de désordre mondial, craint et méprisé par les chefs des puissances capitalistes secondaires. La crise des subprimes et sa combinaison présente avec la crise politique du leadership US et du leadership mondial montre qu’ils sont en train d’arriver dans le mur annoncé. Allumer de nouvelles guerres peut être une tentation pour en sortir mais ni une attaque en Iran, ni une attaque de la Colombie contre ses voisins, ni un éclatement de la Bolivie, ni une réoccupation de Gaza par l’armée israélienne, ni une java humanitaire au Darfour, ni une apocalypse dans les zones tribales du Pakistan, ni ... , n’offrent les moyens réels de réaffirmer le leadership, tout au contraire -à moins d’envisager des guerres de bien plus grand calibre à l’issue totalement incertaine ! C’est d’ailleurs pour cela que quoi qu’ils y pensent beaucoup, ils ne se sont pas (encore) lancés, aprés l’Afghanistan et l’Irak et aprés l’échec de l’opération israélienne au Liban de l’été 2006, dans une opération guerrière d’importance majeure. C’est que cela fait déjà plusieurs années qu’ils pratiquent la fuite en avant pour sortir de l’impasse. Et la fuite en avant les ramène à l’impasse, à un niveau supérieur.


La question monétaire.

Tout ce qui précède se concentre donc logiquement dans la question du cours du dollar, puisque celui-ci est à la fois la monnaie des Etats-Unis, la principale monnaie des échanges internationaux, dans laquelle sont libellés les principales réserves des banques centrales de tous les pays "qui comptent". Les pertes de la crise des subprimes sont le plus souvent facturées en dollars. La baisse du dollar est la manifestation directe, mais atténuée -jusque là- de la crise de leadership de l’impérialisme nord-américain. La force militaire et la pompe à crédit ne peuvent pas tout éternellement ; ils finissent pas se retourner en leurs contraires. Nous n’en sommes pas à la fuite généralisée devant le dollar, mais bien envers lui à l’inquiétude, voire la panique (titre de The Economist datant déjà du 29 novembre 2007).

Selon François Chesnais (La chute du dollar, un aspect peu discuté de la crise en cours, in La lettre de Carré rouge de janvier 2008) cette baisse a commencé avant la crise dite des subprimes qui l’amplifie, dés 2006, et ne saurait être comprise sans lien avec le déficit commercial abyssal des Etats-Unis que renforce et qui entraîne le transfert "vers l’Asie et vers la Chine en particulier d’une partie de la base manufacturière des Etats-Unis", leur domination technologique ne subsistant plus que "dans les télécommunications et dans certains secteurs de la chimie et de la biotechnologie", Microsoft par exemple créant en Chine ses nouveaux centres technologiques. Tout récemment, le choix de l’armée des Etats-Unis de passer commande à EADS plutôt qu’à Boeing pour 35 milliards de dollars d’avions ravitailleurs confirme cette situation nouvelle dont on n’a pas encore pleinement pris conscience.

Le déficit commercial US est à l’origine de la présence d’importantes réserves de bons du Trésor US dans les mains de nombreuses banques centrales et en particulier de celle de Chine.

L’hypothèse d’une vente massive de ces avoirs, de leur remplacement par d’autres devises notamment l’euro, est régulièrement évoquée. Il convient ici d’écarter toute vision fantasmatique dans laquelle la Chine, quelque part encore "communiste", pourrait préparer l’emploi de cette bombe atomique financière remplaçant celle de Mao, contre le tigre de papier et de subprimes de Wall Street. En réalité les hiérarques du "parti communiste chinois" n’ont pas la moindre envie de couper la branche sur laquelle eux-mêmes sont assis et ils coopéreraient volontiers au sauvetage du dollar à condition bien sûr de ne pas devoir payer un prix trop élevé. C’est là que se pose le vrai problème, non seulement au pouvoir chinois, mais aux autres banques centrales des pays asiatiques, aux fonds d’Etat des pays du golfe, et aux grands investisseurs extérieurs aux Etats-Unis d’une façon générale : "... comment procéder au regard d’une monnaie de réserve qui a perdu plus de 25% de sa valeur en cinq ans" (Chesnais, op. cit.), ce qui constitue déjà -déjà- "la plus grande annulation de dette jamais pratiquée dans l’histoire du capitalisme depuis la révolution industrielle" (les emprunts franco-russes jamais remboursés par les méchants bolcheviks, c’est une goutte d’eau à côté ! ) ?

Autrement dit il existe bel et bien un seuil, que personne ne connaît, où c’est non pas l’ardeur anti-américaine de tel régime post-communiste ou nationaliste qui peut pousser à couler le dollar, mais bien la crise du capitalisme mondial concentrée aux Etats-Unis elle-même qui pourrait contraindre les possesseurs de réserves en devise dollar à chercher à s’en défaire. Cependant la Chine ou quelque autre Etat que ce soit ne se résoudrait qu’en ultime recours à faire imploser ses propres réserves de change. En attendant elle soutient de fait le dollar, comme tout le monde depuis 1971.

Vendredi 14 mars, le dollar repartant à la baisse, franchissait les seuils de plus de 1,56 euro et de la parité avec le franc suisse, passant même en dessous de ce dernier, des 100 yens japonais et d’un peu moins des 7,1 yuans chinois. Ce ne sont pas les autres monnaies qui montent mais bien le dollar qui baisse.

La réévaluation du yen d’environ 19% par rapport au dollar depuis juin 2007 pose la question du "yen carry trade", l’un des grands circuits financiers mondiaux qui consiste dans l’achat d’actifs financiers en yen pour les revendre en dollars, américains mais aussi australiens ou néo-zélandais, pour profiter de l’important différentiel de taux d’intérêts. La sous-évaluation du yuan chinois -qui vaut beaucoup plus que le yen aujourd’hui- est beaucoup moins importante que dans les accusations proférées par les Etats-Unis.

Au niveau des réserves de change, les chiffres montrent que seul l’euro peut en fait rivaliser avec le dollar : il y a probablement au moment présent environ 64% de dollars dans les réserves des banques centrales, en légère baisse car les 66,4% avaient été atteints en 2006, prés de 27% d’euros, en hausse tendancielle, 4% en livres sterling, 3 à 4% en yens.

Mais de là à dire, comme on l’entend souvent, que l’euro est appelé à remplacer le dollar, il y a une marge. "La récente progression de l’euro face au dollar et aux autres principales devises ne reflète pas la solidité relative des économies concernées", déclarait un connaisseur, le premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker le 3 mars dernier.

La conséquence réelle de la hausse de l’euro par rapport au dollar, c’est-à-dire de la baisse du dollar par rapport à l’euro, c’est la pénalisation des exportations des pays de la zone euro. Il ne faut d’autre part jamais oublier, comme c’est généralement le cas, que la zone euro est une juxtaposition d’Etats et de bourgeoisies nationales dont les principales sont celles d’Allemagne et de France, et dont les intérêts ne coïncident pas nécessairement. De plus, l’impérialisme britannique, dont la place financière londonienne de la City reste, associée aux Etats-Unis -et aux places asiatiques de Singapour et Hong-Kong qu’elle a historiquement couvées- le coeur du cirtuit financier mondial, n’en fait toujours pas partie. Le fond du problème est que cette unification, pour ne pas coûter trop cher aux bourgeoisies européennes, devrait être payée par l’achévement de la destruction des systèmes de protection sociale et des services publics et une réduction encore drastique des salaires dans les principaux pays d’Europe. La mise en concurrence des salariés d’Europe occidentale avec ceux des pays d’Europe centrale et orientale doit y concourrir mais, au moment où des grèves éclatent dans les usines Renault en Roumanie et où les électeurs hongrois repoussent massivement par référendum les mesures de privatisation de la santé et de l’école, on voit que ce n’est pas si simple.

On doit d’ailleurs remarquer que malgré tout, les bons du Trésor US quand la bourse baisse sont encore des valeurs refuges plus recherchées que ceux d’Europe : en 2007, selon l’indice obligataire de Merryl Linch, ils auraient rapporté 9% contre seulement 3% pour les emprunts d’Etat allemands qui font référence dans la zone euro, soit moins que l’inflation dans cette zone.

Pour toutes ces raisons, si l’on rencontre de plus en plus dans les commentaires de la presse économiques des comparaisons entre le lent et inexorable déclin de la livre sterling du début du XX° siècle à Bretton Woods (1944) et la situation du dollar aujourd’hui, on peut aussi constater que ces commentaires ne sont pas en mesure d’affirmer quelle monnaie de réserve dominante pourrait lui succéder comme lui-même avait fini par le faire par rapport à la livre, mais s’orientent vers une hypothétique répartition des rôles entre dollar et euro plus les monnaies asiatiques avec la Chine en "régulateur". Autrement dit, sans bien s’en rendre compte, ils sont incapables de définir un ordre impérialiste mondial stable et unifié faisant suite à la crise du leadership actuel. Ce qui reflète l’impasse.


Le retour de l’or.

"Cette crise est plus profonde que les autres, elle remet en cause tout le système." (Dominiqué Sénéquier, présidente d’Axa Private Equity). Un aspect particulièrement spectaculaire, un symptôme manifeste qu’il "se passe quelque chose", c’est le cours de l’or. Selon Eric Israelewitz (édito de La Tribune du 14 mars 2008), "L’once d’or à 1000 dollars, ce n’est pas seulement un record, ni un nouveau seuil qui est franchi, c’est aussi le reflet d’un tournant dans la crise que vit la finance mondiale depuis l’été dernier."

Ce prix élevé ne peut en effet pas être expliqué par le marché de l’or en tant que tel. Le dernier pic de l’or, je vais y revenir, remonte à 1979-1980. Depuis il a baissé jusqu’à la fin des années 1990,est encore tombé à 253 dollars l’once en 2001, puis il est reparti à la hausse à partir de 2002, montant d’environ 300 dollars l’once jusqu’à atteindre les 700 en 2006, fluctuant à nouveau légèrement à la baisse et repartant résolument à la hausse à partir de mi-2007. Ces variations étaient expliquées d’une part par le marché proprement dit, les "classes moyennes" chinoise et indienne ayant, conformément à une tradition ancienne, une forte tendance à thésauriser dans les bijoux, d’autre part par un rôle persistant de "valeur refuge" comparable aux vieilles pierres ou aux oeuvres d’art. Ce genre d’explication ne tient plus avec la hausse qui se produit depuis un semestre. Le 25 février dernier, le Trésor US a donné son feu vert à une vente massive d’or du FMI, cela n’a pas fait baisser les cours, qui ont atteint les 1045 dollars l’once le 13 mars. Ajoutons qu’en 2007 la Chine est devenue le premier producteur, passant devant l’Afrique du Sud dont les mines sont de plus en plus coûteuses à exploiter et dangereuses.

"Il se passe quelque chose".

Il se passe que nous avons affaire à quelque chose de plus qu’une "valeur refuge" parmi d’autres.

Historiquement, l’or a été l’incarnation sociale de la valeur sur le marché mondial lorsque le mode de production capitaliste s’est imposé à l’échelle de la planète, à l’époque de l’ "étalon or" à la fin du XIX° siècle. Ce rôle de l’or, accompagné de l’argent à un rang beaucoup plus secondaire, découlait de sa place historique remontant à l’Antiquité, et plus précisément s’inscrivait dans le système monétaire fondé sur la convertibilité en or des monnaies dominantes, d’abord la livre sterling, convertibilité assurée par les banques centrales dont le modèle était la Banque d’Angleterre fondée en 1694, coordonnant leurs interventions. Ce système se généralise aprés 1870 dans la période d’affirmation de l’impérialisme et du colonialisme ; la haute finance (Karl Polanyi, La grande transformation, 1944) semble le régenter. La circulation monétaire et la conversion des monnaies, au plan mondial comme européen, n’ont jamais été aussi faciles -infiniment plus qu’aujourd’hui malgré tout ce que l’on entend sur l’Europe et sur la mondialisation ...

Marx a écrit Le Capital dans le contexte de cette affirmation internationale, alors que les sphères nationales de la circulation monétaire, elles, devenaient celles des signes de valeur ou numéraires, les billets à cours forcé garantis par l’Etat, et la petite monnaie d’appoint en cuivre, d’une part, des papiers de crédit d’autre part, tous suppléants des marchandises monétaires véritables qu’étaient les métaux précieux. Ce qui lui permettait d’écrire :

"A sa sortie de la sphère intérieure de la circulation, l’argent [au sens de monnaie, pas de métal] dépouille les formes locales qu’il y avait revêtues, forme de numéraire, de monnaie d’appoint, d’étalon des prix, de signe des valeurs, pour retourner à sa forme primitive de barre ou lingot. C’est dans le commerce entre nations que la valeur des marchandises se réalise universellement. C’est là aussi que leur figure valeur leur fait vis-à-vis, sous l’aspect de monnaie universelle -monnaie du monde (Money of the world) comme l’appelle James Steuart, monnaie de la grande république commerçante, comme disait aprés lui Adam Smith. C’est sur le marché du monde que la monnaie fonctionne dans toute la force du terme, comme la marchandise dont la forme naturelle est en même temps l’incarnation sociale du travail humain en général. Sa manière d’être y devient adéquate à son idée." (Le Capital, livre I, première section, 1867).

Cette affirmation ne doit pas être comprise de manière fétichiste, comme si l’or, ou l’or et l’argent, par on ne sait quelle vertu magique, devaient nécessairement en tout temps et tout lieu être l’ "incarnation sociale de la valeur" dans le mode de production capitaliste. Il s’agit plutôt du constat de ce qui était en train de se produire au moment même où Marx écrivait : le marché mondial capitaliste réalisait concrétement, pour son bon fonctionnement, l’essence de la monnaie comme marchandise spéciale dressée comme équivalent en valeur des autres marchandises dont les fonctions, de plus en plus assurées par des substituts garantis par l’Etat ou fournis par les banques au niveau national (crédit commercial), étaient unifiées dans les métaux précieux au plan international, leur permettant d’être les étalons des monnaies nationales.

L’époque des guerres et des révolutions à partir de 1905-1914 a mis fin à ce système en un peu plus de deux décennies. La non convertibilité de la livre sterling (1931) et la fragmentation du marché mondial en zones dominées chacune par telle ou telle puissance impérialiste, conduisant à la guerre, marquent cette dislocation. La seconde guerre mondiale conduit à la reconstitution du marché mondial unifié (sauf le "bloc soviétique" et la Chine) avec le système de Bretton Woods (1944), dans lequel le dollar nord-américain devient la monnaie nettement dominante des échanges internationaux tout en restant la monnaie nationale américaine, étalonnée en or au ratio de 35 dollars l’once. Depuis les Acts pris par Roosevelt à partir de 1932, suite à la débâcle du système mondial de l’étalon or, ce dollar est à la fois un signe de valeur à cours forcé et un instrument de crédit (la Fed l’émet pour ré-escompter les chèques rapportant un intérêt aux banques commerciales). L’on est donc sorti de l’époque de Marx et de Bagehot (le penseur de la Banque d’Angleterre vers 1870) où le moyen des réglements internationaux était par excellence monnaie, et l’on est entré dans l’époque où cet argent est, de plus en plus, du capital-argent. Le dollar est en partie un signe de valeur à cours forcé, cette fois au niveau international, et en partie un titre de crédit (plus exactement un signe de valeur représentant des titres de crédit) et pour partie un suppléant de la marchandise monétaire or, maintenue comme référence ultime.

Cette situation prend à son tour officiellement fin le 15 août 1971, quand le président Nixon annonce la suppression de la convertibilité du dollar en or, donc achève d’imposer le cours forcé du dollar à l’échelle mondiale, et ouvre la phase de flottement des monnaies qui va profiter de manière décisive à la finance et aux politiques bientôt dites "néolibérales". Ce tournant s’achève à la fin de la décennie. Celle-ci voit justement une explosion du cours de l’or, qui culminera à 850 dollars l’once le 1°janvier 1980. Cette ascension suivait avec un décallage l’inflation des engagements à court terme en dollars et pouvait donc être interprétée comme une chute du dollar et une réaffirmation du rôle de l’or comme marchandise monnaie représentant "le travail humain en général". Mais elle fut brisée, par une lutte âpre qui dura plusieurs mois, lancée comme un véritable coup d’Etat monétaire par Paul Volcker, le patron monétariste et néolibéral de la Fed, qui le 6 octobre 1979 déserte sans explication l’assemblée inquiète du FMI, qui se tenait à Singapour, pour annoncer, de Washington, qu’il instaure un nouveau régime monétaire pour casser l’inflation quel que soit le prix à payer. La hausse brutale des taux d’intérêts lancée alors par la Fed arrive à stopper l’ascention de l’or, à redresser le dollar, à donner le cadre des politiques monétaires de tous les pays capitalistes, notamment de la vague de "réformes" lancées par Margaret Thatcher et par Ronald Reagan, qui reprend la politique de la Fed et des Chicago boys qui fut donc imposée avant même son élection le 4 novembre 1980.

Les années 1979-1980 ont donc vu une certaine "fièvre de l’or" s’emballer et s’échouer. Elles présentent aussi ce point commun avec le moment présent que la dite "fièvre" s’est communiquée à l’argent et même à d’autres métaux, comme le cuivre (qui est historiquement le troisième métal monétaire) et aux pierres précieuses -c’est l’époque de l’affaire des diamants de Bokassa donnés au président français Giscard d’Estaing ! La spéculation des milliardaires texans Hunt, qui tentèrent d’accaparer les réserves mondiales d’argent, qui s’achève en krach, faillites et scandale le 27 mars 1980 à Wall Street, peut être considérée comme l’épilogue de cet épisode.

C’est donc le "coup" de 1980 qui inaugure véritablement ce que l’on appellera ensuite la "globalization" et en français "mondialisation" (termes dépourvus de toute exactitude et dont la fonction est idéologique). Les moyens de paiement internationaux étaient du capital-argent, et poursuivant leur évolution ils vont de plus en plus être du capital fictif. Les métaux précieux dans tout cela semblent être refoulés aux oubliettes de l’histoire à côté des pendeloques préhistoriques. Ainsi semble prendre corps la ligne définie lors des accords monétaires de la Jamaïque en 1976, où les nouveaux statuts adoptés pour le FMI, remplaçant l’accord de Bretton Woods, interdisaient explicitement de définir les parites monétaires en or. Le fait d’une telle interdiction (nouvel article 4 des statuts du FMI) montre pourtant bien, comme par antithèse, que l’or est toujours là ...

Toujours est-il qu’officiellement et dans tous les commentaires courants, idées reçues et cours d’économie, on ne se posait pas plus de questions : depuis les années 1970, qu’on date la chose du 15 août 1971, des changes flottants, des accords de la Jamaïque, ou du coup de Paul Volcker, les monnaies ont, parait-il, une valeur qui se définit "les unes par rapport aux autres". Conception, il faut le dire, tout aussi fétichiste que celle qui voudrait que les monnaies "reposent sur l’or". Au fétichisme de la chose dure et touchable se substitue le fétichisme du flux de signes impalpables garantis soit par la volonté des Etats souverains, soit par la magie des marchés.

Ce passage avait été conceptualisé précédemment par le jeune Milton Friedmann, dans un article d’une incontestable audace théorique, The case for flexible exchange rate (1951), plaidoyer pour des changes flottants, pour un "système" monétaire international comparable en fait à ce que serait un système de crédit intérieur sans banque centrale, avec une création monétaire totalement privée (ce qui n’a jamais existé, puisque même le système actuel de changes flottants international repose sur les Etats et leurs banques centrales). Friedmann permettait à l’orthodoxie monétaire bourgeoise, opposée au keynésianisme, de se dégager de son fétichisme de l’or.

En termes psychanalytiques, on passe d’une représentation excrémentielle (les pièces comme petites crottes) à une représentation urinaire (les "flux" financiers et la "liquidité" du marché) ...

En France nous avons la variante non "néolibérale" de cette conception désormais dominante : la monnaie reposerait, non plus sur une "chose", et une "chose" extérieure comme l’or, mais sur la combinaison de confiance et de violence qu’engendre la société prise comme un tout, totalité que représente l’Etat :

"En se détachant complétement du métal, les sociétés ont coupé toutes les amarres symboliques qui pouvaient encore arrimer la confiance à des croyances dans un garant universel extérieur au système monétaire. La monnaie poursuit sa trajectoire vers une représentation conforme à son essence : un opérateur social objectivé dans des nombres. Le système qui le fait fonctionner est une construction institutionnelle ..." (Michel Aglietta, André Orléan, La monnaie entre violence et confiance, Odile Jacob, 2002).

Une société fondée sur la généralisation de la marchandise, dans laquelle les produits du travail doivent donc tous prendre la forme de marchandises, ne peut cependant pas représenter la valeur de celles-ci, le temps de travail socialement moyen nécessaire à leur production, dans des "opérateurs sociaux objectivés dans des nombres", des symboles politiques, en somme, pas plus qu’elle ne le peut dans des "bons du travail" qui supposent en fait que la production ne soit plus marchande, ni non plus d’ailleurs que dans un "garant universel extérieur" qu’il s’agisse d’or ou de n’importe quoi. Elle doit la représenter, pour l’échange entre producteurs indépendants et isolés les uns des autres, dans une marchandise équivalent, la monnaie, qui par là devient plus et autre chose qu’une simple marchandise, et par laquelle les autres marchandises sont des marchandises. L’évolution historique de la monnaie dans le capitalisme, depuis l’étalon or jusqu’au dollar et aux produits dérivés de crédit, traduit certes une tentative factuelle, inconsciente, de sortir de ce cadre, de même que le crédit traduit une tendance impuissante à s’émanciper de la contrainte de la valeur reposant sur le travail moyen socialement nécessaire, mais l’obligation de manifester la valeur dans une marchandise équivalent est inhérente aux relations sur lesquelles repose ce mode de production de la vie sociale et qu’il reproduit.

D’où le statut particulier de l’or, qui n’est certes pas automatiquement et magiquement l’ "incarnation sociale de la valeur" mais qui, on le voit, encore en 2008, 28 ans aprés le coup d’Etat monétaire de Paul Volcker, 31 ans aprés sa "démonétisation" officielle, 37 ans aprés l’instauration de sa non-convertibilité en dollar, a décidemment de beaux restes !

Pour qu’une chose pareille se passe, et paraisse devoir s’accentuer, il fallait non seulement que le dollar baisse et que le leadership nord-américain soit en crise, mais il fallait qu’il n’y ait pas d’autre monnaie ou système de coopération entre monnaies, susceptible de s’installer pacifiquement sur les ruines de l’ordre actuel, et qu’à moyen terme les bons du Trésor US apparaissent de moins en moins comme des valeurs refuges. Le pied de nez du métal jaune est un symptôme fort de l’impasse du mode de production.




L’inflation du XXI° siècle a commencé.

Nous l’avons dit au passage, à la hausse de l’or est associée celle d’autres matières premières métalliques. Son caractère historiquement monétaire et sa fonction de réserve de valeur se retrouvent à un degré moindre avec l’argent, le cuivre et occasionellement d’autres métaux ou pierreries. Mais la hausse des métaux en général participe d’un autre phénomène, qui marque lui aussi le moment présent : la hausse de toutes les matières premières, métalliques, énergétiques et alimentaires. Il s’agit là d’un fait d’une extrême importance, d’une donnée structurelle.

La combinaison actuelle des paramêtres rend les analyses parfois embrouillées. Il est facile de dissocier les facteurs et beaucoup ne s’en privent pas : ainsi, il y aurait d’un côté l’affaire des prêts hypothécaires nord-américains, malencontreuse spéculation ; d’un autre côté la lutte monétaire entre grandes puissances (dollar, euro, yuan, yen, livre sterling) ; et par dessus tout cela la hausse des matières premières dûe à des causes écologiques (le réchauffement climatique) et démographico-économique (l’apparition de grands marchés de consommation en Chine, en Inde et au Brésil). Si l’on ajoute au tableau le fait que cette "inflation" apparaît sur un terrain globalement déflationniste, les exportations de produits manufacturés et la formation de marchés du travail géants en Chine et en Inde tirant à la baisse, au plan mondial, les prix industriels et les salaires, il finit par sembler singulièrement embrouillé. Ainsi s’expliqueraient les hésitations des banques centrales, tiraillées entre des exigences contradictoires, "lutte contre l’inflation" d’un côté (censé appeler la hausse des taux d’intérêts), déflation latente de l’autre, phénomènes spéculatifs, etc.

Tout est en réalité lié. La crise financière et bancaire renvoie à la croissance par l’endettement et les déficits commercial et budgétaire nord-américains, aboutissant à une étape qualitativement nouvelle dans la crise de l’ordre impérialiste mondial et du leadership des Etats-Unis. Le poumon de ce système en crise depuis une décennie a été fourni par la plus-value produite par les prolétaires chinois surtout, indiens et ceux des pays dits "émergents". Cet essor n’a pas été celui d’un capitalisme rajeuni ou nouvellement apparu, mais il a été une formidable expansion du parasitisme financier, des prélévements rentiers et fonciers, de la collusion voire de l’identité fréquente, dans le cas chinois surtout, entre capitalistes chefs de l’appareil d’Etat et maîtres des terrains et des bâtiments, de la suffocation urbaine et de la dévastation environnementale. C’est simultanément, dans un double mouvement combiné qui a rythmé toute l’année 2007, qu’il produit la crise de crédit actuelle et la hausse structurelle des prix des matières premières de toutes sortes.

Cette hausse est structurelle car il ne s’agit pas d’une inflation causée au départ par la création monétaire, mais bien de la combinaison entre l’effet sur les prix d’une demande accrue, par la démographie et surtout par les marchés chinois et indien, et d’une hausse de la valeur due à plusieurs difficultés de production, conséquences de la crise climatique et des pénuries d’eau dans le cas des produits agricoles, et du coût plus élevé de l’extraction pour répondre à la demande dans le cas des produits miniers. Mais sur ces bases, elle est fortement accrue par la "spéculation". Le doute justifié sur un nombre croissant de produits financiers pousse les "investisseurs" (ce terme ne désigne plus les "entrepreneurs" mais les agences d’investissement de capital sur les marchés financiers) à "diversifier leurs actifs" dans le cadre même de la recherche de "valeurs refuge" et de "qualité" et à introduire à côté des obligations d’Etat, de l’or et des matières premières, y compris agricoles (même le bétail bovin vient d’apparaître dans cette utilisation).

Rien de "naturel" et d’inéluctable dans tout cela. Mais rien de rassurant, au contraire. La perspective de pénuries alimentaires -on appelle ça, historiquement : la famine- et énergétiques dans un climat de plus en plus chaud avec des zones de désertification justifierait un tournant radical dans la production, d’abord, au lieu de culpabiliser les consommateurs : une réduction drastique de la consommation pétrolière que le mode de production capitaliste, qui a fait jouer à la combustion énergétique un rôle clef dans les économies de capital constant, ne peut pas opérer, bien qu’elle n’ait rien d’impossible en soi. (N.d.l.r Une réponse à la crise mondiale des prix alimentaires : l’agriculture familiale durable peut nourrir le monde.)

A la place, l’anticipation des difficultés à venir alimente un mouvement spéculatif qui pousse les prix des produits de consommation de base à la hausse. Le délire pyromane est atteint avec la production de biocarburants au Brésil, qui aggrave l’effet de serre, réduit les surfaces nourricières et pousse les prix alimentaries à la hausse. Dans cette situation, le plus écologique des mots-d’ordre, c’est le blocage des prix du blé, du riz, du maïs, du lait et de la viande, et la hausse des salaires, car ce n’est pas la satisfaction des besoins humains qui détruit la planête, mais leur négation par la dynamique d’auto-accroissement continue du capital.

Vincent Présumey, 17 mars 2008.



http://www.legrandsoir.info/article6185.html
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11 avril 2009 6 11 /04 /avril /2009 02:34

publié par
liliM Hier 18H57

9 avril 2009


Témoignage du professeur Vadrot, enseignant à Paris 8


Je suis inquiet, très, très inquiet...

Vendredi dernier, à titre de solidarité avec mes collègues enseignants de l'Université de Paris 8 engagés, en tant que titulaires et chercheurs de  l'Éducation Nationale, dans une opposition difficile à Valérie Pécresse, j'ai décidé de tenir mon cours sur la biodiversité et l'origine de la protection des espèces et des espaces, que je donne habituellement dans les locaux du département de Géographie (où j'enseigne depuis 20 ans), dans l'espace du Jardin des Plantes (Muséum National d'Histoire Naturelle), là où fut inventée la protection de la nature. Une façon, avec ce « cours hors les murs », de faire découvrir ces lieux aux étudiants et d'être solidaire avec la grogne actuelle mais sans les pénaliser avant leurs partiels.

Mardi, arrivé à 14 h 30, avant les étudiants, j'ai eu la surprise de me voir interpellé dés l'entrée franchie par le chef du service de sécurité, tout en constatant que les deux portes du 36 rue Geoffroy Saint Hilaire était gardées par des vigiles...?

Les étudiants, qui se baladent déjà dans le jardin, reviennent vers l'entrée, le lieu du rendez vous. Le cours se fait donc, pendant une heure et demie, dans la rue, devant l¹entrée du Muséum. Un cours qui porte sur l'histoire du Muséum, lhistoire de la protection de la nature, sur Buffon.

A la fin du cours, je demande à nouveau à entrer pour effectuer une visite commentée du jardin. Nouveau refus, seuls les étudiants peuvent entrer, pas leur enseignant. Ils entrent et, je décide de tenter ma chance par une autre grille, rue de Buffon. Où je retrouve des membres du service de sécurité qui, possédant manifestement mon signalement, comme les premiers, m'interdisent à nouveau l'entrée.

Évidemment, je finis pas me fâcher et exige, sous peine de bousculer les vigiles, la présence du Directeur de la surveillance du Jardin des Plantes. Comme le scandale menace, il finit par arriver. D'abord parfaitement méprisant, il finit pas me réciter mon CV et le contenu de mon blog. Cela commence à ressembler à un procès politique, avec descriptions de mes opinions, faits et gestes. D'autres enseignants du département de Géographie, dont le Directeur Olivier Archambeau, président du Club des Explorateurs, Alain Bué et Christian Weiss, insistent et menacent d¹un scandale. Le directeur de la Surveillance, qui me dit agir au nom du Directeur du Muséum (où je pensais être honorablement connu), commençant sans doute à discerner le ridicule de sa situation, finit par nous faire une proposition incroyable, du genre de celle que j'ai pu entendre autrefois, comme journaliste, en Union soviétique :

- Écoutez, si vous me promettez de ne pas parler de politique à vos étudiants et aux autres professeurs, je vous laisse entrer et rejoindre les étudiants...

Je promets et évidemment ne tiendrais pas cette promesse, tant le propos est absurde.

J'entre donc avec l'horrible certitude que, sur ordre du directeur et probablement du ministère de l'Éducation Nationale, je viens de faire l'objet d'une « interdiction politique ». Pour la première fois de mon existence, en France.

Je n'ai réalisé que plus tard, après la fin de la visite se terminant au labyrinthe du Jardin des Plantes, à quel point cet incident était  extra-ordinaire et révélateur d¹un glissement angoissant de notre société.

Rétrospectivement, j'ai eu peur, très peur...

CM Vadrot

Source : torapamavoa

Image ajoutée par liliM

http://www.dazibaoueb.fr/article.php?art=3109




Commentaire


Cet article est bel et bien lisible sur le blog de Claude-Marie Vadrot à cette adresse :
http://www.mediapart.fr/club/blog/claude-marie-vadrot

Et malheureusement, je crains que ce ne soit la triste réalité ...
Commentaire n° 1 posté par Vivi hier à 14h34


Visitez le blog de Vivi ! Surtout ! Eva (cliquez sur Vivi)



Info ? Hoax

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10 avril 2009 5 10 /04 /avril /2009 23:37
Etat sioniste, réactionnaire à l’échelle mondiale
ISRAEL, agent de la contre-révolution mondiale.

COMAGUER

L’État sioniste n’est pas seulement le bourreau du peuple palestinien, il est aussi un rouage important de la contre révolution mondiale orchestrée par les USA. La lutte acharnée du peuple palestinien contre l’Etat sioniste, qu’elle commence à faire vaciller, est un point clé de la lutte mondiale contre la catastrophe capitaliste en cours


En confirmant à Gaza, de la plus sinistre manière, que l’Etat sioniste n’a jamais eu qu’une politique : éliminer toute présence palestinienne de la terre de Palestine, il révèle au monde entier sa réalité d’Etat guerrier, raciste et réactionnaire. Les souffrances qu’il inflige au peuple palestinien expriment l’horrible réalité de cet Etat (fondé par l’ONU et qui insulte l’ONU en permanence)

Etat guerrier

En guerre permanente, Israël - 6 millions d’habitants soit 1 millième de la population mondiale - est un important acteur de l’économie mondiale des armes : 6° importateur et 12° exportateur. Encore ces chiffres sont-ils sujets à caution dans la mesure où l’extrême imbrication du complexe militaro-industriel étasunien et de son petit frère israélien (imbrication voulue et organisée par le pouvoir étasunien) peut brouiller les chiffres. Par exemple : General Dynamics, un des grands producteurs d’armes US, est propriété à 25 % d’ELBIT, second producteur d’armes israélien. Faut-il imputer 25 % des ventes d’armes du premier à l’Etat du second ? Armes de destruction massive : Israël possède autant d’armes nucléaires que l’Inde et le Pakistan réunis. Israël dispose d’armes chimiques et bactériologiques, Israël consacre 9% de son PIB à la guerre : un des chiffres les plus élevés du monde.

Etat réactionnaire à activité mondiale

En guerre depuis 60 ans contre les Palestiniens et contre les Etats voisins qui, à un moment ou à un autre, ont essayé de les soutenir, Israël a développé des techniques et des industries de guerre qu’il vend dans le monde entier. Cette activité permanente et constitutive de l’Etat sioniste prend diverses formes :

- vente de matériel de guerre ou de surveillance policière ou d’espionnage

- formation de personnel pour la lutte antiguérilla

- encadrement de milices paramilitaires dans des pays où le régime en place est menacé par des révoltes populaires.

Quelques exemples parmi de nombreux autres :

- Colombie : le savoir faire sioniste a été mis au service du narco-président URIBE pour l’aider à détruire la guérilla des Farc

- Géorgie : les conseillers militaires israéliens ont préparé l’armée géorgienne à l’attaque de l’Ossétie du sud et de l’Abkhazie et ont installé sur le sol géorgien des bases de missiles pouvant atteindre l’Iran

- Azerbaïdjan : entraînement des officiers en Israël

- Inde : Israël est le second fournisseur d’armes de l’Inde et des groupes hindous fondamentalistes sont formés par des agents israéliens pour organiser des actions terroristes meurtrières contre la population musulmane

- Pakistan : l’opération actuelle de déstabilisation du pays a pour objectif final la destruction de l’armement nucléaire pakistanais que les sionistes ont baptisé : « la bombe atomique islamique » et les services secrets israéliens y jouent un rôle très actif

- Sri-lanka : des conseillers israéliens aident le gouvernement de Colombo dans sa lutte d’extermination des rebelles tamouls

- Soudan : les conseillers israéliens ont formé les rébellions du Sud du pays pour les aider à faire tomber le régime de Khartoum qui a toujours soutenu les palestiniens

- Etats-Unis : la surveillance du mur de 3500 kms séparant les USA du Mexique est assurée par du matériel israélien.

Il arrive souvent qu’Israël fasse en coulisse la sale besogne d’armer des contre-révolutionnaires quand les USA veulent « garder les mains propres ». On se souvient que dans l’opération secrète de l’Iran-gate, des intermédiaires israéliens fournirent des armes US à l’Iran pour éviter que l’Irak ne gagne la guerre et qu’avec l’argent de la vente ces mêmes intermédiaires, à la demande des Etats-Unis, livrèrent des armes aux contre révolutionnaires nicaraguayens.

Ce commerce de la mort est d’autant plus florissant, ces outils et ces techniques s’exportent d’autant mieux qu’elles ont été expérimentées sur cibles palestiniennes vivantes.

Seule la défaite de l’Etat sioniste peut mettre un terme à ce commerce sanglant.

L’État sioniste n’est pas seulement le bourreau du peuple palestinien, il est aussi un rouage important de la contre révolution mondiale orchestrée par les USA.

La lutte acharnée du peuple palestinien contre l’Etat sioniste, qu’elle commence à faire vaciller, est un point clé de la lutte mondiale contre la catastrophe capitaliste en cours.

comaguer@orange.fr

Comité comprendre et agir contre la guerre, Marseille

http://www.legrandsoir.info/spip.php?article7861

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10 avril 2009 5 10 /04 /avril /2009 22:58

François Ruffin : « Il se déroule un bras de fer entre le Capital et le Travail, la force du premier qui fait plier le second. » - Interview par Article11

François RUFFIN
« La lutte des classes existe, et c’est la mienne qui est en train de la remporter. » Warren Buffet, milliardaire.


Ce livre, vous devriez l’acheter. Parce qu’il fait un bien fou. Parce qu’il démontre combien les jocrisses et les tartuffes nous ont enfumés pour mieux nous plumer. Parce qu’il est comme un long coup de poing, aussi brutal que travaillé en profondeur, venant secouer tant de positions acquises et de discours convenus.

Pour mieux vous en convaincre, Article11 a interviewé François Ruffin. Un long entretien, accordé dans un troquet de la Gare du Nord. Le voici :


Dans ton livre, tu te définis comme « un social-démocrate à l’ancienne », mais ton propos semble en réalité beaucoup plus ancré à gauche.


Le discours que je développe dans le livre, celui qui tient pour central le conflit entre le travail et le capital, a longtemps été un discours tenu par toute la gauche, de Jaurès au Mitterrand des années 1970. Les diatribes de Mitterrand sur les « maîtres de l’argent » étaient plus violentes que les prises de position actuelles de Besancenot. Et si je remonte plus loin en arrière, Jaurès, que Peillon ou Strauss-Kahn s’évertuent aujourd’hui à présenter comme un centriste, regardait Gracchus Babeuf ou Robespierre comme les premiers émancipateurs du prolétariat français. Alors qu’ils sont aujourd’hui figures interdites…

Bref, la gauche a glissé à droite, les sociaux-démocrates sont devenus sociaux-libéraux. Ce qui, au fond, n’est pas l’essentiel. L’important, c’est ce constat : le Parti Socialiste ne parle plus de confrontation de classe. Et je pose que ce silence est une dénégation du réel : la lutte des classes existe évidemment toujours.


Ton livre s’appuie notamment sur une formule étonnante du milliardaire américain Warren Buffett : « La lutte des classes existe, et c’est la mienne qui est en train de la remporter. » C’est important, que ce soit lui qui l’énonce et pas Arlette Laguillier ?


Ce sentiment d’une guerre des classes à l’oeuvre, je le partage avec de nombreuses personnes. Mais celles-ci ont peur de l’évoquer, par crainte d’être taxées de gauchisme démagogique. Que ce soit Warren Buffett qui en parle permet en partie de passer outre cette accusation.

Plus largement : c’est toujours chez l’adversaire qu’on trouve les armes les plus contondantes. Citer Warren Buffett plutôt qu’Arlette, le Financial Times plutôt que l’Humanité Dimanche rend mon discours plus percutant. Avec une question : si même eux, gens et médias de droite, reconnaissent l’existence de la lutte des classes, pourquoi la gauche de gouvernement ne l’énonce plus ?

A la fin du livre, je cite un article du Financial Times de mai 2008, expliquant notamment que « l’inégalité de revenus a émergé comme une question politique hautement conflictuelle dans beaucoup de pays, pendant que la dernière vague de mondialisation créait une superclasse de riches ». Un article paru alors même que le PS adoptait une nouvelle déclaration de principe, aussi indolore qu’incolore. C’est révélateur.


Tu vis à Amiens, une ville ouvrière, depuis toujours, ou presque. Tu penses que ça joue dans ton analyse ?


Il ne faut pas se tromper : Amiens reste traditionnellement ancrée à gauche, mais la ville a changé, notamment à cause de la volonté de l’ancien maire, Gilles de Robien, de gentrifier le centre et d’y attirer les cadres. Mais je crois, en effet, qu’il existe un clivage essentiel entre les principaux pôles urbains français et le reste du territoire. La campagne et la grande majorité de la province sont des mondes sous-représentés, sans visibilité et qui n’exercent aucun pouvoir. Pourtant, ils existent.

Plus précisément : quand je viens à Paris, je ne rencontre pas d’ouvrier et je peux facilement croire que les usines ont disparu. Je pense que ce n’est pas sans influence sur le discours des médias et des politiques, qui résident ici dans leur grande majorité.


Il y a un oubli du monde réel ?


Exactement. Jaurès disait qu’il fallait « partir du réel pour aller à l’idéal », que c’était une nécessité politique. Aujourd’hui au Parti Socialiste, il n’y a plus ni sens du réel ni idéal. On peut prendre l’exemple de Peillon, que je cite longuement dans le livre : il a tenté de se faire élire dans le Vimeu, terre traditionnellement ouvrière, mais n’y a jamais habité, non plus qu’il n’a mis les pieds à la bourse du travail locale. Il n’a pas été élu, mais ça ne change pas grand chose : de toute façon, il truste sans cesse les médias. La démocratie médiatique a remplacé la démocratie représentative.

On pourrait citer Ségolène Royal aussi, qui a débuté très jeune sa carrière d’apparatchik, sous l’aile de Mitterrand. Au fond, le PS n’est plus rien d’autre qu’un parti d’apparatchik…

Pour revenir à Jaurès : il n’aurait jamais été si à gauche s’il n’avait pas fréquenté les ouvriers et mineurs de Carmaux. Ça lui a filé la rage, d’être aux côtés de ces gens. On est très très loin de Peillon, qui a pourtant écrit un ouvrage incroyable et illisible sur Jaurès, usant d’une grille de lecture philosophique totalement anachronique.


Tu démontres aussi comment a été gommée toute figure représentative du capital : si la lutte des classes semble obérée, c’est parce que l’adversaire n’est jamais nommé en tant que tel


C’est frappant : on nous montre en permanence les vaincus, les victimes, qu’ils soient salariés en colère, licenciés économiques, etc… Mais il n’y a jamais personne pour dire que ce qui leur est pris profite à d’autres. Il y a pourtant un lien d’évidence, très logique, que les médias et les politiques s’emploient à rendre complexe. Ce n’est rien d’autre qu’un vaste enfumage.

Un exemple : au moment de l’annonce du plan Power 8 chez Airbus et de ses 10 000 licenciements, personne n’a dit qu’il s’agissait de délocaliser pour que Lagardère gagne davantage d’argent. Par contre, on a entendu qu’il fallait se caler sur Boeing ou que c’était un contre-coup de l’Euro. C’était des mensonges autant qu’une manière d’habiller les mots de coton, de départir la réalité de sa violence. C’est pour ça qu’il faut le dire et le redire : ce qui va en plus aux actionnaires est pris aux salariés. Toujours.

De même, quand Bernard Arnault, grand patron de LVMH et l’une des plus grosses fortunes françaises, voit son assemblée d’actionnaires troublée par l’intrusion de salariés sur le point d’être licenciés [4], il ne dit pas les choses, botte vaguement en touche. Quand, comme lui, on a pour soi la force des choses, on n’a pas besoin d’avoir en plus la force des mots. Le silence suffit.

Tu expliques aussi comment de faux coupables en viennent à être désignés…

Cet affrontement du capital et du travail est tellement habillé de mots et d’euphémismes que les victimes de la guerre des classes ne voient plus la massue qui s’abat sur elles et se cherchent d’autres responsables. Je cite Patrick Lehingue, professeur de sciences politiques à Amiens, qui explique qu’il « n’y a pas 40 façons, pour les gens, de classer en juste/injuste. Soit c’est le riche contre le pauvre (…), soit c’est le dedans contre le dehors, les Français contre les étrangers, les jeunes contre les vieux ». A partir du moment où la gauche abandonne le conflit principal, celui des classes, ce sont les conflits secondaires qui sont réanimés. Et la droite en joue à merveille, par exemple en opposant à propos de la question des retraites jeunes et vieux, salariés du public contre ceux du privé.

Chronologiquement, cette substitution des responsables se vérifie parfaitement : en 1983 Mitterrand abandonne la dialectique de classe, en 84 Le Pen se taille la vedette à la télé et cartonne à plus de 10% des voix aux élections européennes. Il y a un lien évident de cause à effet : les gens ne se disent plus qu’ils sont au chômage à cause des patrons, mais à cause de l’arabe qui bosse en bas de chez eux…


Le livre a été publié alors même qu’éclatait la crise financière. Elle conforte ton constat ?


Bien sûr. Pendant la crise, la guerre des classes continue. Alors même qu’il injecte des dizaines de milliards d’euros pour sauver les banques, le gouvernement procède en catimini au déremboursement de médicaments pour économiser quelques millions. C’est la même chose pour le travail le dimanche… On va utiliser la crise pour justifier les réformes, ce qui va contribuer à alimenter la guerre des classes.


Rien ne change, donc. Et le PS ?


Je constate qu’avec la crise, il passe une couche de vernis anti-libéral sur son discours. Il y a quelques jours, Ségolène Royal a osé déclarer : « Depuis le temps que les socialistes disent que le capitalisme va finir par s’auto-détruire, eh bien, nous y voilà. » [5] C’est faux, bien entendu : ni elle ni ses collègues ne l’ont jamais dit… De la même façon que Strauss-Kahn n’avait jamais dénoncé « l’anarchie financière » auparavant, qu’Hollande n’avait pas non plus pointé « la faillite du système libéral »…

Je note aussi que ce discours est à nouveau marqué de l’absence d’adversaires, qu’il reste englobant et généralisateur. Il fait surtout l’impasse sur la responsabilité de ceux qui ont installé le système en cause : la libéralisation est pourtant l’oeuvre de Bérégovoy, les privatisations ont été effectuées par Jospin… Et ceux-là même qui avaient contribué à mettre en place ce système, les Lamy, Minc ou DSK, prétendent maintenant qu’ils en avaient toujours été les adversaires. Je trouve cela très inquiétant, comme si ces gens se nourrissaient de tout et de son contraire sans jamais risquer de perdre leurs places.

C’est aussi lourd d’enseignement sur notre capacité d’amnésie…

Oui, c’est comme si l’absence de pensée du PS, sorte d’animal mou qui encaisse tous les coups (21 avril 2002, 29 mai 2005, 6 mai 2007), était complètement acceptée. Il y a une amnésie permanente produite par le système médiatique contre laquelle personne ne peut lutter. Un événement chasse l’autre. La crise financière aura largement fini de faire les gros titres dans trois mois, alors même que ses effets commenceront réellement à se faire sentir. La crise est aussi un produit médiatique.


Ton bouquin, tu le vois comment ?


C’est un livre écrit à la masse, au hachoir, qui ne fait pas de détails. C’est un livre fait pour cogner, pas pour proposer. C’est une arme, qui peut moisir dans les stocks de Fayard et ne plus en sortir ou bien aider des gens à formuler ce qu’ils pensent, ce qu’ils pressentent. J’espère que ce livre sera utile aux militants communistes qui s’interrogent sur Marie-Georges Buffet, laquelle ne prononce plus jamais les mots de lutte des classes, ainsi qu’à quelques socialistes et aux militants du Nouveau Parti Anticapitaliste.

Je voudrais souligner que c’est un livre populiste, aussi. Pas au sens où ils l’entendent, mais à celui qu’en avaient les démocrates américains : jusque dans les années 1970, ceux-ci opposaient le « little guy » au « big business », une rhétorique nommée « populiste », mais sans forcément de connotation négative. Au sens, aussi, qu’en donne Le Petit Robert : « Ecole littéraire qui cherche, dans les romans, à dépeindre avec réalisme la vie des gens du peuple. »

C’est très révélateur, d’ailleurs : dans les éditos de Jacques Julliard, dans la bouche des militants des Verts ou socialistes, dans la petite bourgeoisie culturelle, le mot populisme est devenu péjoratif après que la gauche ait abandonné la référence à la lutte des classes. Comme s’il s’agissait d’en faire une insulte créant un clivage politique entre les classes populaires et la petite bourgeoisie… Moi, j’assume : j’ai un discours très clivé sur les peuples travailleurs et les maîtres du Cac 40 et je le revendique !

Pour finir, on pense quand même avec son époque... Tu sais, j’avais 18 ans en 1993. Et ça a vraiment été le creux de la vague politique : c’était la fin du communisme, les socialistes se prenaient une déculottée et se noyaient dans les affaires, les grandes idéologies s’effondraient… A cette époque, tu étais un incroyable has-been si tu parlais du rapport capital-travail. Et en toute honnêteté, je n’aurais pas écrit ce livre alors, pas comme ça.

Quinze années se sont écoulées depuis, une nouvelle histoire peut s’écrire, des mots retrouvent leur sens et leur force. Et cette évidence d’une guerre des classes en cours, que pointe Warren Buffett, que je démontre à mon tour, c’est une intuition qui traîne maintenant dans bien des têtes. Il faut ne plus craindre de l’énoncer, de nommer les ennemis, pour bâtir une gauche décomplexée. L’occasion nous est offerte : ces jours-ci, les esprits mûrissent à vitesse grand V.


PUBLIE PAR ARTICLE11 :
http://www.article11.info/spip/spip.php?article154



http://www.legrandsoir.info/spip.php?article7315
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9 avril 2009 4 09 /04 /avril /2009 10:22
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Camps d’internement du Homeland Security
& du FEMA en cas troubles civils


de François Marginean
les7duquebec


Le pouvoir exécutif qui se permet d’envoyer un homme en prison sans formuler aucune charge connue par la loi et particulièrement de lui dénier le droit au jugement par ses pairs, est des plus odieux et constitue la fondation de tout gouvernement totalitaire, que ce soit nazi ou communiste.“  - Winston Churchill, Nov. 21, 1943


Cette semaine, nous allons essayer de prendre de la hauteur pour pouvoir faire émerger une meilleure vue d’ensemble, mettre les choses en perspective et ainsi connecter les points ensemble. Nous avons vu dans les semaines passées quelles étaient les causes véritables de la crise économique, comment le système bancaire fractionnaire fonctionne, comment les banquiers privés créent de l’argent ex-nihilo pour se la redonner, ou l’inventent magiquement par technique d’assouplissement quantitatif.

 Il y a tellement d’argent créé que la Fed double la masse monétaire à tous les trois ans, dépréciant ainsi le dollar américain par la même mesure, ou si vous préférez, entrainant
une inflation proportionnelle.  De plus, nous avons exploré comment ces fraudes, ce vol des contribuables au profit des banques privées, des financiers de Wall Street et des multinationales risquent de dégénérer en révoltes à travers le monde, dès que la population comprendra qui sont les réels artisans et responsables de la Grande Dépression 2.0 que nous ne faisons que commencer à vraiment sentir les effets.(...)

Lire l'article :
http://les7duquebec.wordpress.com/2009/04/07/homeland-securitycamps-d%e2%80%99internement-du/

http://bridge.over-blog.org/article-30023141.html


ARTICLE  COMPLET  ICI :

 

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Le pouvoir exécutif qui se permet d’envoyer un homme en prison sans formuler aucune charge connue par la loi et particulièrement de lui dénier le droit au jugement par ses pairs, est des plus odieux et constitue la fondation de tout gouvernement totalitaire, que ce soit nazi ou communiste.“  - Winston Churchill, Nov. 21, 1943

Cette semaine, nous allons essayer de prendre de la hauteur pour pouvoir faire émerger une meilleure vue d’ensemble, mettre les choses en perspective et ainsi connecter les points ensemble. Nous avons vu dans les semaines passées quelles étaient les causes véritables de la crise économique, comment le système bancaire fractionnaire fonctionne, comment les banquiers privés créent de l’argent ex-nihilo pour se la redonner, ou l’inventent magiquement par technique d’assouplissement quantitatif. Il y a tellement d’argent créé que la Fed double la masse monétaire à tous les trois ans, dépréciant ainsi le dollar américain par la même mesure, ou si vous préférez, entrainant une inflation proportionnelle.  De plus, nous avons exploré comment ces fraudes, ce vol des contribuables au profit des banques privées, des financiers de Wall Street et des multinationales risquent de dégénérer en révoltes à travers le monde, dès que la population comprendra qui sont les réels artisans et responsables de la Grande Dépression 2.0 que nous ne faisons que commencer à vraiment sentir les effets.

En fait, cela a déjà débuté. Les gouvernements de la Lettonie, de l’Islande et de la République Tchèque ont déjà été renversé par la population en colère d’être jeté soudainement dans la misère causé par l’insouciance de leur gouvernement et de leur institutions financières. Les peuples d’Europe ont commencé à réaliser ce que quelques décennies d’idéologues globalistes européens leur a apporté: effritement de leur démocratie et liberté. Il est maintenant illégal - ILLÉGAL - pour les différents gouvernements d’Europe de mettre en priorité les besoins et intérêts de leur propre population. Dire que la prochaine étape sera d’unifier le bloc européen avec celui de l’Amérique. Le dernier gouvernement en Thaïlande a perdu le pouvoir pour des raisons semblables que le trio européen. Trois millions de Français sont descendus dans la rue pour manifester leur mécontentement envers Sarkozy et demander plus de mesures pour les protéger contre la crise économique. Les villages de fortune réapparaissent aux États-Unis sous formes de tentes remplies de gens sans abris ayant tout perdu, tel un spectre de la Grande Dépression de 1929. Un record de 32,2 millions d’Américains ont besoin d’assistance alimentaire, soit un Américain sur dix. Les fonds pensions sont en voie de disparaitre. Même les immigrants retournent chez eux! Un adulte sur 37, soit 7,3 millions d’américains sont pris dans le système de justice américain, dont 1,5 million en prison. Le système de correction criminelle a coûté 47$ milliards en 2008, un budget grandissant plus rapidement que celui de l’éducation, des transports et de l’assistance publique.

Le système financier américain est insolvable. Les États-Unis sont en banqueroute, c’est la fin annoncée. La banque centrale privée, la Fed, est ruinée. Soit le gouvernement américain fera défaut sur sa dette extérieure, ou nous verrons des niveaux d’hyperinflation spectaculaires prendre place.

Nous avons aussi vu que de cette crise, le pouvoir financier veut faire émerger une gouvernance mondiale, nommée en leurs propres mots, un nouvel ordre mondial. Nous savons que cette coterie d’internationalistes, de globalistes, n’hésitent pas à employer la violence et le terrorisme pour parvenir à leur fins. Les faits historiques sont incontestables. La guerre en Irak le prouve encore. L’axe du mal anglo-saxon financier ne recule devant rien pour imposer son hégémonie. On contrôle par la peur et on effraie avec de faux ennemis. On mène une guerre contre le terrorisme pour justifier les mesures répressives et la suppression de nos droits et libertés. La menace pèse, disent-ils.

Pendant ce temps, on passe des lois et des mesures de type état policier. Peu à peu, on se rend compte que l’ennemi d’État est la population en général, la dissidence politique est caractérisée de terroriste et donc interdite selon la nouvelle législation nommée The Military Commissions Act passée en toute vitesse avant les élections de 2006. On cherche à repérer de futurs-potentiels-probables terroristes jusque chez les enfants. La preuve de ce revirement de situation est l’étendu du système de surveillance à la Big Brother qui s’est peu à peu installé dans nos pays occidentaux pour surveiller non pas seulement les “terroristes” étrangers, mais bien toute la population intérieure aussi.

Espionner les Étasuniens : la banque de données de Big Brother

Relativement à la question de l’internement et de protestations massives, on peut se demander comment se fera la collecte d’informations sur les citoyens étasuniens.

Comment les individus à travers les États-Unis seront-ils catégorisés ?

Quels sont les critères du Departement of Homeland Security ?

Dans un rapport de 2004 du Homeland Security Council initulé Planning Scenarios, pertaining to the defense of the Homeland (Planification de scénarios relatifs à la défense du pays), on identifiait les catégories suivantes de «conspirateurs» potentiels :

«les terroristes [islamiques] étrangers»;

«les groupes nationaux radicaux» [groupes antiguerres et des droits de la personne];

«les adversaires soutenus par des États» [«les États voyous» et les «pays instables»];

«les individus mécontents» [les travailleurs activistes et les syndicats].

En juin l’an dernier, l’administration Bush a émis une Directive présidentielle de Sécurité nationale (NSPD 59- HSPD 24) intitulée Biometrics for Identification and Screening to Enhance National Security (La biométrie pour l’identification et la surveillance afin d’améliorer la Sécurité nationale). (Pour plus de détails voir Michel Chossudovsky, “Big Brother” Presidential Directive: “Biometrics for Identification and Screening to Enhance National Security”, Mondialisation.ca, juin 2008)

Les procédures correspondant à cette directive, adoptée sans débat public ni l’approbation du Congrès, ont une portée considérable. Elles sont liées à la question des troubles civils et font également partie de la logique derrière l’établissement des camps d’internement FEMA sous HR 645.

NSPD 59 (Biometrics for Identification and Screening to Enhance National Security) va bien au-delà de la question précise de l’identification biométrique. Elle recommande la collecte et le stockage d’informations «liées à la biométrie», c’est-à-dire, d’informations sur la vie privée des citoyens étasuniens, dans les détails, le tout étant effectué «selon la loi».

«Les données contextuelles complétant les données biométriques incluent des informations sur le lieu et la date de naissance, la citoyenneté, l’adresse actuelle et les précédentes, l’emploi actuel et les antécédents de travail, le numéro de téléphone actuel et les précédents, l’utilisation des services gouvernementaux et les rapports d’impôts. D’autres données contextuelles peuvent comprendre les historiques bancaires et de cartes de crédit, et les casiers judiciaires aux niveaux local, fédéral et des États, ainsi que des décisions judiciaires et autres dossiers publics faisant état de conflits juridiques, des dossiers relatifs à la garde d’enfant, au mariage ou au divorce.» (Voir Jerome Corsi, juin 2008)

Cette directive utilise le 11 septembre et la «guerre mondiale au terrorisme» comme justification totale pour mener une chasse aux sorcières contre les citoyens dissidents, créant simultanément un climat de peur et d’intimidation à travers le pays.

Elle réclame également l’intégration de diverses banques de données, ainsi qu’une coopération entre les agences concernant le partage d’informations, dans le but de centraliser tôt ou tard les informations sur les citoyens étasuniens.

En des termes prudents, NSDP 59 «établit un cadre» afin de permettre au gouvernement fédéral et ses différents services de police et de renseignement ce qui suit :

«l’utilisation de méthodes et de procédures mutuelles compatibles dans la collecte, le stockage, l’utilisation, l’analyse et le partage d’informations biométriques et d’informations biographiques et contextuelles correspondantes de manière appropriée et légales, en respectant la confidentialité des renseignements des individus et leurs garanties juridiques selon la loi des États-Unis»

La directive NSPD 59 recommande «des actions et un calendrier afférent dans le but d’améliorer le processus actuel d’identification et de surveillance axé sur les terroristes en élargissant l’utilisation de la biométrie».

Les procédures incluses dans la NSDP 59 correspondent à une décision prise en juin 2005, laquelle consistait à créer un «service d’espionnage national», sous les auspices du FBI. (Pour plus de détails voir Michel Chossudovsky, Bush Administration creates “Secret State Police, 30 juin 2005)

En travaillant main dans la main avec le Homeland Security (DHS), le projet de «Département de renseignement national» combinerait le contre-terrorisme et les opérations d’espionnage et de renseignement du FBI dans un seul service.

Sous les auspices du FBI, le nouveau département aurait l’autorité de «saisir les biens de personnes suspectées d’aider à la prolifération des armes de destruction massives». Il pourrait «espionner aux États-Unis les terroristes présumés ou les personnes possédant des renseignements cruciaux, même si l’on ne soupçonne pas qu’elles pourraient commettre un crime». (NBC Tonight, 29 juin 2005). (Source)

Quelle est donc la solution à la Grande Dépression? Réprimer les troubles civils.

Créer un chaos social total pour ainsi justifier l’imposition de la loi martiale et de suspendre la Constitution. De multiples camps de détentions sous le FEMA sont mis en place (Voir document officiel en PDF), des exercices militaires et policiers sont menés mensuellement et l’on pratique à saisir les armes, fouiller les maisons et imposer un couvre-feu. L’Armée US commence à acheter de l’équipement anti-émeute. 20 000 soldats revenant de l’Irak seront réaffectés à des missions de maintient de la paix dans les rues des États-Unis.

Des unités de combat assignées au pays.

Durant les derniers mois de l’administration Bush, avant les élections présidentielles de novembre 2008, le Département de la Défense a ordonné le rappel de l’Irak de la 3rd Infantry’s 1st Brigade Combat Team (BCT). La relocalisation d’une unité de combat d’un théâtre de guerre à l’ensemble du pays fait partie intégrante de l’agenda du Homeland Security. Le BCT a été assigné au soutien des activités de maintien de l’ordre aux États-Unis.

L’unité de combat BCT était attachée au US Army North, la composante de l’Armée du US Northern Command (USNORTHCOM). La 1st BCT et d’autres unités de combat pourraient être appelées à exercer des fonctions militaires spécifiques en cas de troubles civils.

Les soldats de la 1st BCT apprendront à utiliser «les premières mesures inoffensives développées par l’Armée», affirmait le commandant de la 1st BTC, le colonel Roger Cloutier, en faisant référence à l’équipement de contrôle des foules et de la circulation et aux armes inoffensives conçues pour maîtriser des individus désobéissants ou dangereux sans les tuer. (Voir Gina Cavallaro, Brigade homeland tours start Oct. 1, Army Times, 8 septembre 2008).

L’évolution du scénario de la sécurité nationale se caractérise par le croisement des instituions civiles et militaires.

- des unités de combat de l’Armée travaillant de concert avec les autorités chargées de l’application de loi et ayant pour mission de réprimer «les troubles civils».

- la constitution de nouveaux camps d’internement sous juridiction civile situés dans des installations militaires étasuniennes.

Les camps d’internement FEMA font partie du plan Continuity of Government (Continuité du gouvernement, COG), lequel serait mis en place si l’on déclarait la loi martiale.

Ces camps sont conçus pour «protéger le gouvernement» contre les citoyens, en enfermant les manifestants ainsi que les activistes qui pourraient contester la légitimité de l’agenda économique, militaire ou de sécurité nationale du gouvernement. (Source)

La Section 1042 du National Defense Authorization Act (NDAA) de 2007, “Use of the Armed Forces in Major Public Emergencies“, donne au pouvoir exécutif le pouvoir d’invoquer la loi martiale. Pour la première fois en plus d’un siècle, le président des États-Unis est autorisé à utiliser les militaires en réponse à “un désastre naturel, une éventuelle diffusion de maladies, une attaque terroriste ou n’importe quelle autre condition que le président juge être suffisamment violente pour empêcher le maintient de l’ordre public par les officiels de l’État.“

The Military Commissions Act of 2006, donne le pouvoir d’emprisonner indéfiniment quiconque donne de l’argent à une organisation charitable qui s’avère être sur la liste des organisations “terroristes”, ou qui s’oppose aux politiques du gouvernement. La loi demande des procès secrets autant pour les citoyens que les non-citoyens.

En 2007, la Maison Blanche aussi mis en place le National Security Presidential Directive 51 (NSPD-51), pour assurer la “continuité de gouvernement”.

La NSPD 51 accorde des pouvoirs sans précédent à la Présidence et au Département de la Sécurité Intérieure, annulant le gouvernement constitutionnel. Elle autorise le président en exercice à déclarer une «urgence nationale» sans l’approbation du Congrès. L’application de la NSPD 51 conduirait à la fermeture de facto de la législature (Congrès et Sénat) et à la militarisation de la justice et de l’application de la loi. (Source)

U.S. Rep. Jane Harman, D-Venice (Los Angeles County) avait trouvé une façon d’élargir la guerre contre le terrorisme à l’intérieur du pays avec son projet de loi intitulé Violent Radicalization and Homegrown Terrorism Prevention Act of 2007 (HR1955), qui avait pour but de mettre en place une commission devant “examiner et rapporter sur les faits et causes” de la violence liée à l’idéologie radicale et extrémiste pour ensuite apporter des recommandations législatives pour la combattre. Cette loi avait pour objectif  la prévention d’un nouveau type crime: la pensée criminelle. (Voir cette source)

Donc, comment le gouvernement des États-Unis va-t-il affronter une catastrophe sociale imminente, demande Michel Chossudovsky, professeur en économie à l’Université d’Ottawa et directeur du Centre de la recherche sur la mondialisation? Voici un autre extrait de son dernier article que je vous recommande de lire en intégralité: Les États-Unis se préparent pour l’implosion sociale.

La solution consiste à réprimer l’agitation sociale. La méthode choisie, héritée de l’administration Bush sortante, comprend le renforcement de l’appareil de sécurité intérieure (Homeland Security) et la militarisation des institutions civiles.

L’administration sortante en a jeté les bases. Diverse législations «antiterroristes» (dont le Patriot Act) ainsi que des directives présidentielles ont été mises en place depuis 2001, en invoquant la plupart du temps le prétexte de la «guerre mondiale au terrorisme».

Les camps d’internement du Homeland Security

Relativement à la question des troubles civils, on envisage également un système cohésif de camps de détention sous la juridiction du Pentagone et du Homeland Security.

Un projet de loi intitulée National Emergency Centers Establishment Act (HR 645) (Acte de constitution de centres nationaux de secours d’urgence) a été présenté au Congrès en janvier. Celui-ci exige la mise en place de six centres d’urgence nationale dans des installations militaires existantes dans des régions importantes du pays.

Le but officiel des «centres d’urgence nationale» est de fournir «de l’assistance médicale et humanitaire ainsi qu’un hébergement temporaire aux individus et aux familles délocalisés en raison d’une urgence ou d’un désastre important». HR 645 stipule que les camps peuvent être utilisés pour «satisfaire d’autres besoins appropriés, selon ce qu’en juge le secrétaire du Homeland Security».

Il n’y a pratiquement pas eu de couverture médiatique du HR 645.

Ces «installations civiles» sur des bases militaires étasuniennes seraient établies en coopération avec l’Armée étatsunienne. Nous assistons en fait à la militarisation des installations d’internement de FEMA, ayant Guantanamo comme modèle.

En vertu de l’urgence nationale, toute personne arrêtée et internée dans un camp FEMA situé sur une base militaire serait, selon toute probabilité, de facto sous juridiction militaire: la justice civile et la loi, y compris l’habeas corpus, ne s’appliqueraient plus.

HR 645 est directement lié à la crise économique et à d’éventuelles manifestations d’envergure à travers le pays. Ce projet de loi constitue un pas de plus vers la militarisation du maintien de l’ordre et l’abrogation du Posse Comitatus Act.


Selon les termes du député Ron Paul :

«[…] les centres de fusion, la militarisation policière, les caméras de surveillance et le commandement militaire national ne suffisent pas […]. Même si nous savons que les installations de détention sont déjà en place, ils veulent maintenant légaliser la construction de camps FEMA sur des bases militaires en invoquant l’éternelle excuse populaire voulant que ces installations puissent servir en cas d’urgence nationale. La fausse économie fondée sur la dette se détériorant jour après jour, l’éventualité de troubles civils menace de plus en plus l’establishment. L’on a qu’à penser à l’Islande, à la Grèce et à d’autres pays pour savoir ce qui pourrait se produire aux États-Unis. (Daily Paul, septembre 2008, souligné par l’auteur)

Les camps d’internement proposés devraient être vus comme étant liés au processus élargi de militarisation des institutions civiles. La construction de ces camps a précédé la présentation de HR 645 (Constitution de centres de secours d’urgence) en janvier 2009. Selon divers reportages (non confirmés), il existe quelque 800 camps de prisonniers FEMA dans différentes régions des États-Unis. De plus, depuis les années 1980, l’Armée étasunienne a développé des «tactiques, des techniques et des procédures» pour réprimer la dissidence civile, lesquels seraient utilisés advenant des protestations massives (le manuel de campagne de l’Armée étasunienne 19-15 sous Operation Garden Plot, intitulé «Civil Disturbances» ou «Troubles publics», a été émis en 1985)

Au début de 2006, des recettes fiscales étaient allouées à la construction de camps  d’internement modernes. En janvier 2006, Kellogg Brown and Roots, une filiale de Halliburton à l’époque, a décroché un contrat de 385 millions de dollars du Département de l’immigration et des douanes (ICE) du Homeland Security :

«Le contrat, effectif immédiatement [janvier 2006], prévoit l’établissement d’installations de détention et de traitement temporaires afin d’augmenter le nombre d’installations servant aux opérations de mise sous garde et de renvoi de l’ICE (Detention and Removal Operations (DRO)), advenant l’arrivée massive d’immigrants aux États-Unis en cas d’urgence ou de soutenir le développement rapide de nouveaux programmes.

Quels sont ces nouveaux programmes en développement rapide auxquels on fait allusion dans ce document? Qu’avaient-ils en tête lorsque les auteurs ont écrit cette phrase nébuleuse, mais aux lourdes conséquences? Comment le gouvernement définira-t-il “une urgence nationale”, une notion plutôt large et vague pour définir des mesures qui résulteront en l’internement d’un segment plus ou moins large de la population et la suspension de la Constitution?

Le contrat prévoit également le soutien à la détention d’immigrants dédié à d’autres organisations gouvernementales en cas d’immigration d’urgence, ainsi que la conception d’un plan en réponse à une urgence nationale, comme un désastre naturel. (KBR, 24 janvier 2006 souligné par l’auteur)»

Les médias étasuniens restent muets sur le sujet des camps d’internement en sol américain. Alors qu’ils reconnaissent simplement le contrat de plusieurs millions de dollars à la filiale de Halliburton, les reportages se sont concentrés sur le possible «dépassement des coûts» (semblables à ceux de KBR en Iraq ).

Quels sont l’intention politique et le but de ces camps? L’utilisation potentielle de ces camps d’internement pour la détention de citoyens étasuniens advenant la déclaration de la loi martiale ne font pas l’objet de débat ou de discussion dans les médias.

La question à se poser dès lors, est de savoir si les autorités ne veulent pas justement que la population se révolte pour leur donner le prétexte d’imposer leur appareil répressif déjà préparé en coulisse. Surveillez les agents provocateurs comme au sommet du PSP à Montebello où la Sureté du Québec a dû admettre que certains de ses agents s’étaient déguisés en manifestants légitimes pour semer la pagaille et faire de la casse. Méfiez-vous de ceux qui vous inciteront à la violence et au vandalisme. C’est exactement ce que les autorités aimeraient voir. Restez calmes et paisibles. Si vous décidiez de manifester, tenez-vous loin des possibles éléments provocateurs. Au lieu de laisser la population placer le blâme sur les épaules des vrais responsables de la crise (vrais criminels & terroristes) et chercher de véritables solutions, les autorités essaieront de la faire paraitre illégitime et de la démoniser pour ensuite instaurer cet état policier ainsi que cette gouvernance mondiale si recherchée par les amateurs du nouvel ordre mondial. La meilleure action est la révolution intérieure, l’incarnation d’un nouveau paradigme de pensée, un mouvement pour la vérité et pour le respect de la vie qui est sans leader puisque que cela devra s’effectuer individu par individu s’affranchissant anonymement de ses chaines pour retrouver sa pleine souveraineté et liberté.

 



François Marginean


http://les7duquebec.wordpress.com/2009/04/07/homeland-securitycamps-d%e2%80%99internement-du/

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8 avril 2009 3 08 /04 /avril /2009 22:28

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Mes amis,

Je découvre à l'instant le texte du site Syti.net,
il rejoint tout ce que je vous écris sans cesse
- j'ai notamment encore récemment attiré votre attention
sur le fait que ceux qui ont confisqué le pouvoir à notre détriment,
ne sont pas élus démocratiquement.

Les Etats sont condamnés,
ils étaient garants d'une certaine autonomie.
Les politiques n'auront bientôt plus aucun pouvoir.
La classe moyenne est appelée à disparaître : 
Resteront seulement les plus nantis,
et leurs laquais notamment au sein de la Police ou dans les Médias
(qui depuis quelques années ont, sauf exception, cessé tout vrai débat,
toute information réelle, tout sujet d'investigation...)
- et les plus pauvres, promis à un nouveau servage, "moderne", 
ou destinés à devenir la chair à canons des multinationales de l'Armement.
De toutes façons, la mort de 60 à 80 % d'entre nous
est déjà programmée : Misère, désespoir, guerres en tous genres,
suicides, faim, maladies "modernes", etc... ou prison
pour les plus réfractaires à cette monstruosité planétaire.

Le site Syti net est prophétique, et bien renseigné.
Il est crédible, de toutes façons tous les signes
vont dans le même sens. C'est comme un puzzle,
dont tous les morceaux se mettent progressivement en place.

Comment échapper à l'horreur programmée
par quelques fous à l'appétit insatiable ?

Une course de vitesse est engagée entre l'Empire ennemi de nos vies,
qui s'est adjoint les services de dirigeants européens
enrôlés de gré ou par nécessité,
et le reste du monde, avec des Etats
comme la Chine ou la Russie, qui ont compris la perversité
des Anglo-Saxons et de leurs alliés israéliens ou européens.
On murmure que des bombes sont prêtes à être larguées
sur les futurs géants (avant qu'ils n'aient en le temps de s'organiser),
dont la Défense pourrait être neutralisée sans avertissement.
Sans doute ces futurs rivaux se préparent-ils,
en armant leurs alliés un peu partout
(Etats arabes comme l'Iran ou la Syrie,
ou latino-américains, par exemple).
Seuls ces Super-Etats peuvent nous éviter le pire,
en rééquilibrant la Puissance des Prédateurs de l'Occident.
Comme du temps (béni, finalement !) de la Guerre froide...

Autre solution pour éviter le pire en train de se tramer contre nous tous, l'union rapide, déterminée, totale, de tous les peuples,
via Internet par exemple, 
tous Syndicats, Partis, Associations, etc, confondus.
Les peuples ont le nombre pour eux.
C'est leur unique atout !

Mes amis, le compte à rebours a commencé.

Vite, réagissons avant que la machine infernale
ne se mette en route, une dictature planétaire de l'Argent
qui nous condamne tous à plus ou moins brève échéance !

Alerte ! Les temps sont comptés,
la course de vitesse a commencé !

Eva


TAGS : Démocratie, Dictature, Syndicats, Partis, Associations, l'Empire, Anglo-Saxons, Israéliens, Européens, Russie, Chine, Latino-Américains, Etats Arabes, Syrie, Iran, Occident, Médias, peuples...



Publication complète :
http://r-sistons.over-blog.com/article-30002614.html


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Voici le texte du site Syti.net




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1
Le pouvoir a déjà changé de mains

 

Les véritables maîtres du monde ne sont plus les gouvernements, mais les dirigeants de groupes multinationaux financiers ou industriels, et d’institutions internationales opaques (FMI, Banque mondiale, OCDE, OMC, banques centrales). Or ces dirigeants ne sont pas élus, malgré l’impact de leurs décisions sur la vie des populations.

Le pouvoir de ces organisations s’exerce sur une dimension planétaire, alors que le pouvoir des états est limité à une dimension nationale.

Par ailleurs, le poids des sociétés multinationales dans les flux financiers a depuis longtemps dépassé celui des États.

A dimension transnationale, plus riches que les États, mais aussi principales sources de financement des partis politiques de toutes tendances et dans la plupart des pays, ces organisations sont de fait au dessus des lois et du pouvoir politique, au dessus de la démocratie.

Voici une liste des chiffres d’affaires de certaines multinationales, comparés avec le PIB des États. Elle en dit long sur la puissance planétaire que ces sociétés sont en train d’acquérir.

Une puissance toujours plus démesurée, du fait de l’accélération des fusions entre multinationales.

Chiffres d’affaires ou PIB, en milliards de dollars

General Motors
178,2

Singapour
96,3

Danemark
161,1

Toyota
95,2

Thaïlande
157,3

Israel
92

Ford
153,5

General Electric
90,8

Norvège
153,4

Philippines
83,1

Mitsui & Co
142,8

IBM
78,5

Pologne
135,7

NTT
77

Afrique du Sud
129,1

Axa - UAP
76,9

Mitsubishi
129

Egypte
75,2

Royal Dutch Shell
128,1

Chili
74,3

Itoshu
126,7

Irlande
72

Arabie Saoudite
125,3

Daimler-Benz
71,5

Exxon (Esso)
122,4

British Petroleum
71,2

Wall Mart
119,3

Venezuela
67,3

Ford
100,1

Groupe Volkswagen
65,3

Grèce
119,1

Nouvelle Zélande
65

Finlande
116,2

Unilever
43,7

Marubeni
11,2

Pakistan
41,9

Sumimoto
109,3

Nestle
38,4

Malaisie
97,5

Sony
34,4

Portugal
97,4

Nigeria
29,6

Ensemble des 5 plus grandes firmes
526,1

Proche-Orient et Afrique du Nord
454,5

Asie du Sud
297,4

Afrique Sub-Saharienne
269,9

Chiffres de 1999 et 1992
Sources: Banque Mondiale (World Development Repport 1998-1999), Forbes, The Nation, Institut de recherche des Nations Unies pour le développement social (States of Disarray, Genève, 1995),Courrier International, Le Monde Diplomatique


2
L’illusion démocratique


La démocratie a déjà cessé d’être une réalité.

Les responsables des organisations qui exerçent le pouvoir réel ne sont pas élus, et le public n’est pas informé de leurs décisions.

La marge d’action des états est de plus en plus réduite par des accords économiques internationaux pour lesquels les citoyens n’ont été ni consultés, ni informés.

Tous ces traités élaborés ces cinq dernières années (GATT, OMC, AMI, NTM, NAFTA) visent un but unique: le transfert du pouvoir des états vers des organisations non-élues, au moyen d’un processus appelé “mondialisation”.

Une suspension proclamée de la démocratie n’aurait pas manqué de provoquer une révolution. C’est pourquoi il a été décidé de maintenir une démocratie de façade, et de déplacer le pouvoir réel vers de nouveaux centres.

Les citoyens continuent à voter, mais leur vote a été vidé de tout contenu. Ils votent pour des responsables qui n’ont plus de pouvoir réel.

Et c’est bien parce qu’il n’y a plus rien à décider que les programmes politiques de “droite” et de “gauche” en sont venus à tant se ressembler dans tous les pays occidentaux.

Pour résumer, nous n’avons pas le choix du plat mais nous avons le choix de la sauce. Le plat s’appelle “nouvel esclavage”, avec sauce de droite pimentée ou sauce de gauche aigre-douce.

3
La disparition de l’information


Depuis le début des années 90, l’information a progressivement disparu des médias destinés au grand-public.

Comme les élections, les journaux télévisés continuent d’exister, mais ils ont été vidés de leur contenu.

Un journal télévisé contient au maximum 2 à 3 minutes d’information véritable. Le reste est constitué de sujets “magazine”, de reportages anecdotiques, de faits divers, de micro-trottoirs et de reality-shows sur la vie quotidienne.

Les analyses par des journalistes spécialisés, ainsi que les émissions d’information ont été presque totalement éliminés.

L’information se réduit désormais à la presse écrite, lue par une minorité de personnes.

La disparition de l’information est le signe tangible que notre régime politique a déjà changé de nature.


4
Stratégies et objectifs pour le contrôle du monde


Les responsables du pouvoir économique sont quasiment tous issus du même monde, des mêmes milieux sociaux. Il se connaissent, se rencontrent, partagent les mêmes vues et les mêmes intérêts.

Ils partagent donc tout naturellement la même vision de ce que devrait être le monde idéal futur.

Il est dès lors naturel qu’ils s’accordent sur une stratégie et synchronisent leurs actions respectives vers des objectifs communs, en induisant des situations économiques favorables à la réalisation de leurs objectifs, à savoir:

Affaiblissement des états et du pouvoir politique. Déréglementation. Privatisation des services publics.

Désengagement total des états de l’économie, y compris des secteurs de l’éducation, de la recherche, et à terme de la police et de l’armée, destinés à devenir des secteurs exploitables par des entreprises privées.

Endettement des états au moyen de la corruption, des travaux publics inutiles, des subventions données aux entreprises sans contrepartie, ou des dépenses militaires. Lorsqu’une montagne de dettes a été accumulée, les gouvernements sont contraints aux privatisations et au démantèlement des services publics. Plus un gouvernement est sous le contrôle des “Maîtres du Monde”, et plus il fait augmenter la dette de son pays.

Précarisation des emplois et maintien d’un niveau de chômage élevé, entretenu grâce aux délocalisations et à la mondialisation du marché du travail. Ceci accroît la pression économique sur les salariés, qui sont alors prêts à accepter n’importe quel salaire ou conditions de travail.

Réduction des aides sociales, pour accroître la motivation du chômeur à accepter n’importe quel travail à n’importe quel salaire. Des aides sociales trop élevées empêchent le chômage de faire pression efficacement sur le marché du travail.

Empêcher la montée des revendications salariales dans le Tiers-Monde, en y maintenant des régimes totalitaires ou corrompus. Si les travailleurs du Tiers Monde étaient mieux rémunérés, cela briserait le principe même des délocalisations et du levier qu’elles exercent sur le marché du travail et la société en occident. Ceci est donc un verrou stratégique essentiel qui doit être préservé à tout prix. La fameuse “crise asiatique” de 1998 a été déclenchée dans le but de préserver ce verrou.


5
Les attributs du pouvoir


Les organisations multinationales privées se dotent progressivement de tous les attributs de la puissance des états: réseaux de communication, satellites, services de renseignements, fichiers sur les individus, institutions judiciaires (établies par l’OMC et l’AMI, accord grâce auquel une multinationale pourra traîner un état devant une cours de justice internationale spéciale).

L’étape suivante -et ultime- pour ces organisations sera d’obtenir la part de pouvoir militaire et policier qui correspond à leur nouvelle puissance, en créant leurs propres forces armées, car les armées et polices nationales ne sont pas adaptées à la défense de leurs intérêts dans le monde.

A terme, les armées sont appelées à devenir des entreprises privées, des prestataires de services travaillant sous contrat avec les états, aussi bien qu’avec n’importe quel client privé capable de payer leurs services. Mais à l’étape ultime du plan, ces armées privées serviront les intérêts des grandes multinationales, et attaqueront les états qui ne se plieront pas aux règles du nouvel ordre économique.

En attendant, ce rôle est assumé par l’armée des Etats-Unis, le pays le mieux contrôlé par les multinationales.

Notes:

1 - Armées privées
Les armées privées existent déjà au Etats-Unis. Il s’agit des sociétés DynCorp, CACI, et MPRI, prototypes des futures armées privées. Dyncorp est intervenu dans de nombreuses régions où les États-Unis souhaitaient intervenir militairement sans en porter la responsabilité directe (en Amérique du Sud, au Soudan, au Koweït, en Indonésie, au Kosovo, en Irak…). Fin 2002, Dyncorp a été rachetée par Computer Sciences Corporation, l’une des plus importantes sociétés américaines de services informatiques. En Mai 2004, Dyncorp et MPRI ont été impliquées dans les tortures sur les prisonniers irakiens. Les armées privées (appelées “sous-traitants” par le Pentagone) représentent 10% des effectifs américains envoyés en Irak.

2 - Satellites
Microsoft a finalement renoncé à son projet Teledesic, un réseau de 288 satellites de communication qui devaient constituer un maillage tout autour de la planète. Mais d’autres compagnies multinationales s’apprêtent à créer des réseaux de satellites de communication similaires. Des satellites d’observation privés sont également déjà en place. Deux sociétés commercialisent des images à haute résolution de tout lieu de la planète susceptible d’intéresser les acheteurs.

3 - Fichiers privés
De nombreuses sociétés fondées ces dernières années (principalement aux Etats-Unis) sont spécialisées dans la collecte d’informations individuelles, officiellement à des fins commerciales. Mais ces fichiers privés commencent à rassembler des millions de profils individuels très précis de consommateurs répartis dans l’ensemble des pays occidentaux. Les informations de ces fichiers sont vendues à quiconque souhaite les acheter.


6
La vraie réalité de l’argent


L’argent est aujourd’hui essentiellement virtuel. Il a pour réalité une suite de 0 et de 1 dans les ordinateurs des banques. La majeure partie du commerce mondial a lieu sans monnaie-papier, et seulement 10% des transactions financières quotidiennes correspondent à des échanges économiques dans le “monde réel”.

Les marchés financiers eux-mêmes constituent un système de création d’argent virtuel, de profit non-basé sur une création de richesses réelles. Grâce au jeu des marchés financiers (qui permet de transformer en bénéfices les oscillations des cours), les investisseurs avisés peuvent être déclarés plus riches, par une simple circulation d’électrons dans des ordinateurs. Cette création d’argent sans création de richesses économiques correspondantes est la définition même de la création artificielle de monnaie. Ce que la loi interdit aux faux-monnayeurs, et ce que l’orthodoxie économique libérale interdit aux états, est donc possible et légal pour un nombre restreint de bénéficiaires.

Si l’on veut comprendre ce qu’est réellement l’argent et ce à quoi il sert, il suffit d’inverser le vieil adage “le temps c’est de l’argent”.

L’argent, c’est du temps.

L’argent est ce qui permet d’acheter le temps des autres, le temps qui a été nécessaire à produire les produits ou les services que l’on consomme

L’argent, le temps, et les esclaves

Techniquement, l’argent est une unité de calcul intermédiaire pour échanger du temps contre du temps, sans que le temps des uns et des autres puisse être comparé directement. Car chaque conversion entre l’argent et le temps se fait sur la base d’une estimation subjective, qui varie selon le rapport de force économique et informationnel entre l’acheteur et le vendeur.

Dans la pratique, ce rapport de force est toujours défavorable au consommateur-salarié.

Lorsqu’un individu moyen achète un produit, il paye le temps qui a été nécéssaire pour fabriquer ce produit à un prix bien plus élevé que le salaire qui lui est payé pour une fraction équivalente de son propre temps.

Par exemple, chez les grands constructeurs automobiles, une voiture est produite en une journée de travail (soit en 8 heures) par 20 salariés (y compris le travail des commerciaux et le travail inclus dans les fournitures et les équipements de production utilisés). Le salaire journalier de chaque salarié devrait donc être égal à 1/20è du prix de la voiture, soit 1000 euros si la voiture vaut 20.000 euros. Ce qui fait un salaire mensuel théorique de 22.000 euros (sur la base de 22 jours travaillés par mois). Pour la plupart des salariés, on est très loin du compte.

Lorsqu’un salarié occidental donne 10 heures de son temps, il reçoit seulement l’équivalent d’une heure. Pour un salarié du Tiers Monde, le rapport tombe à 1000 heures contre une.

Ce système est la version moderne de l’esclavage.

Les bénéficiaires du temps volé aux salariés sont les entreprises et leurs dirigeants (dont le salaire est plus de 100 fois celui d’un employé ordinaire), mais aussi les états dès lors que l’argent prélevé par les impots et les taxes n’est pas utilisé dans le sens de l’intérêt général.


7
Le point de non-retour écologique va être franchi


Il est évident que nous commençons à nous heurter aux limites écologiques de l’activité économique.

Un système économique libéral, dont le but est la recherche du profit à court-terme pour des intérêts particuliers, ne peut prendre en compte les coûts à long-terme tels que la dégradation de l’environnement.

Les modèles économiques actuels sont également inaptes à estimer à sa juste valeur la “production” de la nature, indispensable à notre survie: production d’oxygène, fixation du gaz carbonique par les forêts et les océans, régulation de la température, protection contre les rayonnements solaires, recyclage chimique, répartition des pluies, production d’eau potable, production d’aliments, etc.

Si nos modèles économiques intégraient le coût réel de la destruction de la nature, de la pollution, des modifications climatiques, cela changerait radicalement notre estimation de ce qui est “rentable” et de ce qui ne l’est pas.

 

La production de la nature a été évaluée à 55.000 milliards de dollars par an par un groupe de scientifiques de l’Institute for Ecological Economics de l’Université du Maryland en 1997.


8
La destruction de la nature est voulue


La disparition de la nature est inévitable, car elle est voulue par le nouveau pouvoir économique. Pourquoi?

Pour 3 raisons:

1- La disparition de la nature et l’augmentation de la pollution vont rendre les individus encore plus dépendants du système économique pour leur survie, et vont permettre de générer de nouveaux profits (avec notamment une consommation accrue de médicaments et de prestations médicales…).

2- Par ailleurs, la nature constitue une référence d’un autre ordre, celui de l’univers. La contemplation de la beauté et de la perfection de cet ordre est subversive: elle amène l’individu à rejeter la laideur des environnements urbanisés, et à douter de l’ordre social qui doit demeurer la seule référence.
L’urbanisation de l’environnement permet de placer les populations dans un espace totalement controlé, surveillé, et où l’individu est totalement immergé dans une projection de l’ordre social.

3 - Enfin, la contemplation de la nature incite au rêve et intensifie la vie intérieure des individus, développant leur sensibilité propre, et donc leur libre-arbitre.
Ils cessent dès lors d’être fascinés par les marchandises, ils se détournent des programmes télévisés destinés à les abrutir et à contrôler leur esprit. Délivrés de leurs chaînes, ils commencent à imaginer une autre société possible, fondée sur d’autres valeurs que le profit et l’argent.

Tout ce qui peut amener les individus à penser et à vivre par eux-mêmes est potentiellement subversif. Le plus grand danger pour l’ordre social est la spiritualité car elle amène l’individu à bouleverser son système de valeurs et donc son comportement, au détriment des valeurs et comportements précédemment implantés par le conditionnement social.

Pour la stabilité du “nouvel ordre social”, tout ce qui peut stimuler l’éveil spirituel doit être éliminé.


9
Les alternatives de la dernière chance


Pour ne pas être définitivement exclus du jeu, les contre-pouvoirs au pouvoir économique (syndicats, associations de consommateurs, mouvements écologistes) doivent répondre en se plaçant sur le même niveau d’organisation, au niveau mondial et non plus national, en unifiant et en synchronisant leurs actions, à l’échelle de groupes d’états pesant un poids suffisant dans les flux économiques mondiaux.

Il leur reste peu de temps pour réagir, car tous les moyens de contrôle nécessaires à une future dictature mondiale sont désormais en place.


10
2000 ans d’histoire


Durant ces deux derniers millénaires, la civilisation sera passée par quatre ères successives marquant quatre formes de pouvoir politique:

1 - L’ère des tribus

Pouvoir exercé selon la force (et plus rarement selon la sagesse ou la connaissance).
Comme chez les groupes d’animaux, le pouvoir revient au “mâle dominant”.

2 - L’ère des empires et des royaumes

Pouvoir héréditaire. Naissance de la notion d’état.

3 - L’ère des états-nations

Ere ouverte par la monarchie parlementaire en Grande-Bretagne en 1689, par la révolution française en 1789, et par la fondation des Etats-Unis.

Dans un état-nation, le pouvoir n’est plus héréditaire mais exercé par des dirigeants censés représenter le peuple, et désignés par des élections (état-nation démocratique), ou par un système de cooptation au sein d’un parti unique (état-nation totalitaire).

4 - L’ère des conglomérats économiques

Ere initiée à partir de 1954, mise en place au cours des années 70 et 80, et pleinement opérationnelle à partir des années 90.

Le pouvoir n’y est plus de type représentatif ou électif, et il n’est plus localisé géographiquement (contrairement aux tribus, aux royaumes, et aux états-nations).

Il est exercé directement par ceux qui contrôlent le système financier et la production des marchandises. Les instruments de ce pouvoir sont le contrôle de la technologie, de l’énergie, de la monnaie, et de l’information.

Comme tout nouveau pouvoir, il s’érige en remplacement du pouvoir précédent, voué à disparaître.

Enfin, ce nouveau pouvoir est global, planétaire. Il n’a donc ni alternative, ni échappatoire. Il constitue un nouveau niveau d’organisation de la civilisation, une sorte de super-organisme.

La résolution des grands problèmes écologiques économiques et sociaux nécessite effectivement l’avènement d’une forme de pouvoir global. De même, l’unification du monde par l’économie et le déclin des états-nations ont été décidés en partie pour une noble cause: rendre impossible une nouvelle guerre mondiale qui, à l’ère atomique, signifierait la fin de la civilisation.

Mais la question est de savoir au service de quels objectifs et de quels intérêts ce pouvoir global doit-il être, par qui doit-il être exercé, et par quels contre-pouvoirs doit-il être contrôlé et équilibré.

La mondialisation (ou “globalisation”) n’est pas négative en elle-même. Potentiellement, elle peut permettre l’établissement d’une paix mondiale durable et une meilleure gestion des ressources. Mais si elle continue d’être organisée au bénéfice d’une élite et si elle conserve son orientation néo-libérale actuelle, elle ne tardera pas à engendrer un nouveau type de totalitarisme, la marchandisation intégrale des êtres vivants, la destruction totale de la nature, et des formes inédites d’esclavage.

Sylvain Timsit
© Syti.Net 1998



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REFLEXIONS SUR LA NOTION DE POUVOIR



Quelques citations à méditer…


“En politique, rien n’arrive par hasard. Chaque fois qu’un évènement survient, on peut être certain qu’il avait été prévu pour se dérouler ainsi.”

Franklin D. Roosevelt
Président des Etats Unis de 1932 à 1945


“Le monde se divise en trois catégories de gens: un très petit nombre qui fait se produire les événements, un groupe un peu plus important qui veille à leur exécution et les regarde s’accomplir, et enfin une vaste majorité qui ne sait jamais ce qui s’est produit en réalité.”

Nicholas Murray Butler
Président de la Pilgrim Society, membre de la Carnegie, membre du CFR (Council on Foreign Relations)


“Le monde est gouverné par des personnages très différents de ce qui est imaginé par ceux qui ne sont pas derrière le rideau.”

Benjamin Disraeli
Premier Ministre Britannique de 1874 à 1880


“Nous sommes reconnaissants au Washington Post, au New York Times, Time Magazine et d’autres grandes publications dont les directeurs ont assisté à nos réunions et respecté leurs promesses de discrétion depuis presque 40 ans. Il nous aurait été impossible de développer nos plans pour le monde si nous avions été assujettis à l’exposition publique durant toutes ces années. Mais le monde est maintenant plus sophistiqué et préparé à entrer dans un gouvernement mondial. La souveraineté supranationale d’une élite intellectuelle et de banquiers mondiaux est assurément préférable à l’autodétermination nationale pratiquée dans les siècles passés.”

David Rockefeller
Président et fondateur du Groupe de Bilderberg et de la Commission Trilatérale. Président du CFR.
Propos tenus à la rénion du Groupe de Bilderberg à Baden Baden en 1991


“Quelque chose doit remplacer les gouvernements, et le pouvoir privé me semble l’entité adéquate pour le faire.”

David Rockefeller
Interview dans Newseek en février 1999


“Aujourd’hui, l’Amérique serait outrée si les troupes des Nations Unies entraient dans Los Angeles pour restaurer l’ordre. Demain ils en seront reconnaissants! Ceci est particulièrement vrai s’il leur était dit qu’un danger extérieur, qu’il soit réel ou promulgué, menace leur existence. C’est alors que les peuples du monde demanderont à être délivrés de ce mal. L’unique chose que tous les hommes craignent est l’inconnu. Confrontés à ce scénario, les droits individuels seront volontairement abandonnés au profit de la garantie de leur bien-être assuré par le gouvernement mondial.”

Henry Kissinger
Membre du Groupe de Bilderberg, de la Commission Trilatérale et du CF


“Nous aurons un gouvernement mondial, que cela plaise ou non. La seule question sera de savoir si il sera créé par conquête ou par consentement.”

Paul Warburg


“Nous sommes à la veille d’une transformation globale. Tout ce dont nous avons besoin est la bonne crise majeure, et les nations vont accepter le Nouvel Ordre Mondial.”

David Rockefeller


“Je suis inquiet pour la sécurité de notre belle nation; pas tant à cause d’une quelconque menace de l’extérieur, mais d’avantage à cause des forces incidieuses qui y opèrent de l’intérieur.”

Général Douglas MacArthur
Commandant suprême des forces alliées dans le Pacifique durant la Seconde Guerre mondiale


“La direction du Bureau du Président a été utilisée pour fomenter un complot pour anéantir la liberté des Américains, et avant que je ne quitte le Bureau, je dois informer les citoyens de ces conditions.”

John Fitzgerald Kennedy
dans un discours fait à l’Université Columbia le 12 novembre 1963, dix jours avant son assassinat


“Le but des Rockefeller et de leurs alliés est de créer un gouvernement mondial unique combinant le Supercapitalisme et le Communisme sous la même bannière, et sous leur contrôle. (…) Est-ce que j’entends par là qu’il s’agit d’une conspiration? Oui, en effet. Je suis convaincu qu’il y a un tel complot, d’envergure internationale, en planification depuis plusieurs générations, et de nature incroyablement maléfique.”

Lawrence Patton McDonald
Congressiste américain tué dans l’attaque d’un vol de la Korean Airlines. Message public diffusé en 1976


“Seuls les plus petits secrets ont besoin d’être protégés. Les plus gros sont gardés par l’incrédulité publique.”

Marshall McLuhan
Auteur et chercheur canadien (1911-1980)


“Tous les êtres humains trébuchent un jour sur la vérité. La plupart se relèvent rapidement, secouent leurs vêtements et retournent à leurs préoccupations, comme si de rien n’était.”

Winston Churchill
Premier Ministre de la Grande-Bretagne de 1940 à 1945 et de 1951 à 1955


“L’ennemi numéro 1 de tout État est l’homme qui est capable de penser par lui-même sans considération de la pensée unique. Presque inévitablement il parviendra alors à la conclusion que l’État sous lequel il vit est malhonnête, insensé et insupportable, ainsi, si cet homme est idéaliste il voudra le changer. S’il ne l’est pas, il témoignera suffisamment de sa découverte pour générer la révolte des idéalistes contre l’État.”

Henry Louis Mencken
Journaliste, écrivain et libre penseur, l’un des écrivains américains les plus influents du 20e siècle (1880-1956)



Quelques chiffres à méditer…


Selon un rapport du Programme des Nations-Unies pour le Développement (PNUD):

Les 3 personnes les plus riches du monde sont aussi riches que les 48 pays les plus pauvres.

Les avoirs des 84 personnes les plus riches dépasse le produit intérieur brut de la Chine avec ses 1,2 milliards d’habitants.

Les 225 personnes les plus riches disposent d’une fortune équivalente au revenu annuel cumulé des 47% d’individus les plus pauvres de la planète, soit plus de 3 milliards de personnes.

Selon le même organe des Nations-Unies, il suffirait de moins de 4% de la richesse cumulée de ces 225 plus grosses fortunes mondiales (évaluées à plus de 1000 milliards de dollars) pour donner à toute la population du globe l’accès aux besoins de base et aux services élémentaires: santé, éducation, alimentation.

Rapport ONU - PNUD 1998 - disponible chez Economica, 49, rue Héricart, 75015 Paris

Autres chiffres:

122 entreprises sont à l’origine de 80% de toutes les émissions de dioxyde de carbone

Pour sa fabrication, un yacht de luxe nécéssite 200.000 heures de travail, soit 96 années de travail d’une personne (8 heures par jour, 5 jours sur 7). Ainsi, avec ce qu’il gagne en quelques jours, un milliardaire peut s’approprier la vie entière d’un autre être humain.

Aux Etats-Unis, les 100 plus importants PDG gagnent chacun en moyenne 1000 fois plus que leurs salariés “ordinaires”

La fortune personnelle de Bill Gates (50 milliards de dollars) est égale à la fortune cumulée des 106 millions d’Américains les plus pauvres…

Le budget militaire américain de la seule année 2004 a été de 480 milliards de dollars, ce qui représente une dépense de 27.342 dollars par heure depuis la naissance du Christ.

En 2002, George W. Bush a décidé une hausse des dépenses militaires de 40 milliards de dollars.
Cette seule augmentation du budget militaire américain représente exactement la somme qui serait nécéssaire pour résoudre définitivement le problème de la faim dans le monde. (selon les estimations de l’ONU)


Source: Syti.net -    Mécanopolis.org  Merci Charlotte, mamie sceptix

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8 avril 2009 3 08 /04 /avril /2009 22:22
 

Alerte, en Suède
un programme de réduction
de la population
à l’échelle du pays :


La technologie HAARP disséminée sur tout le territoire suédois à travers  les compteurs électriques domestiques !

La Suède possède aujourd’hui la plus puissante et redoutable arme au monde

Dans chaque maison est implantée une « Energybox » .

Premières conséquences :
 
De nombreux troubles physiques et psychiques chez les personnes, pertes de sommeil, de fréquentes mais courtes coupures de courant électrique, des ampoules explosent, le téléphone mobile est partiellement détruit, les téléphones fixes ne marchent plus, la puissance et le rayonnement du  réseau électrique ont considérablement augmenté, les ordinateurs rendent l’âme, la circulation des mails et internet vacillent, les lampes vacillent tout  le temps, etc.

Les personnes sensibles ou allergiques à l’électricité n’en peuvent plus et se sentent mourir. Beaucoup de personnes présentent déjà des troubles  de comportement et des altérations de la conscience spécialement dans le  domaine de la pensée.

Ca semble très bien marcher, déjà des pubs pour l’Energybox apparaissent  dans d’autres pays de l’UE. L’Allemagne et la Hollande vont bientôt en  être équipées.

Nous devons absolument refuser cette boîte et en informer nos proches, nos voisins

3G (UMTS) n’est fondamentalement qu’un système d’arme et les téléphones  portables qu’un épiphénomène (un camouflage !)

Sources :
http://www.fraktali.biz <http://www.fraktali.biz/>

 www.ing-monderkamp.de (-..)

mitgeteilt von : Dr (..)

25. 01. 2009, Suède : Avez-vous remarqué les spots publicitaires «  Maintenant je paie – maintenant je ne paie pas ? » Ensuite est suggéré que  par une technique nouvelle de lecture du compteur, on peut réduire sa  facture d’électricité. Ce que fait déjà le bon vieux compteur. De ce qui  suit et ce qui est la vraie raison de ces objets, c’est une surveillance  accrue et des atteintes à la santé pouvant aller jusqu’à la mort  (programme de réduction de la population). Toutes deux nous viennent des  USA.


En Suède, extension de la technologie HAARP
à travers les compteurs  électriques domestiques.

Une expérience de contrôle des consciences à l’échelle d’un pays : la  Suède !
S’il vous plaît, diffusez ce texte autant que vous pouvez, parce que  partout il est effacé ou les fichiers sont attaqués... Tout ce qui concerne les chemtrails, HAARP,  et tout particulièrement les Energybox a été effacé.

Le gouvernement suédois parle d’une loi qui doit sortir en 2009. Cette loi  prévoit qu’on ne doive plus payer que ce qui est strictement consommé en  électricité. (Ils sont trop bons !) Peu de temps après, les employés des  compagnies fournisseurs d’électricité se sont présentés chez les gens avec  un papier disant qu’il fallait implanter une petite calculatrice digitale  avec émetteur dans chaque maison. On l’utilise une fois par semaine pour  savoir sa consommation d’électricité afin de ne pas trop payer. Bizarre  cette attention soudaine portée à nos dépenses d’électricité ! Ils ne  veulent plus de notre argent ?

Dans un grand nombre de cas, personne n’a rien expliqué, ils ont  simplement placé la boîte dans la maison.

 ’’Energybox’’
Vocabulaire et explications :  FRA : (Försvarets Radio Anstalt) une sorte de système Echelon pour la Défense suédoise. Le « Grand frère » qui voit tout, sait tout, entend  tout, quel ‘’heureux hasard’’, vient juste d’être doté d’un super ordinateur par le gouvernement suédois (encore des gens biens).

LOIS : Un nouveau système HAARP implanté dans tout le sud de la Suède. C’est  LE PLUS GRAND SYSTEME HAARP DU MONDE ( High-Frequency Active Auroral  Research Project) est relié au sytème LOFAR en Europe centrale et Icecat  au Nord. Ces dispositifs sont encore très peu connus dans le monde mais  vont jouer un très grand rôle dans l’avenir de l’humanité (voir  Nostradamus qui en parle).

Lois couvrant tout le sud de la Suède, c’est un  réseau de dizaines de puissantes antennes reliées entre elles.
 Les systèmes Haarp ont toujours un arrière plan militaire.

Une directive de l’Otan (nouveau) : le gouvernement suédois a « loué » une  bonne partie du nord de la Suède à l’Otan pour y expérimenter des systèmes  d’armes nouvelles ‘exotiques‘ sans que les militaires suédois y aient un  droit de regard… Y sont testées toutes sortes de techniques du type  micro-ondes pulsées, chemtrails, nanotechniques et autres. Bien évidemment  aussi sur les populations car certaines de ces armes ne peuvent être  testées que sur des humains.

A propos d’Energybox, tous sont équipés et personne ne sait ce que c’est  et quelle est sa fonction réelle : « L’ Energybox on l’a reçu sans nous y  intéresser, sans poser de questions, sans comprendre » L’électricité  internet (pas l’internet par l’électricité qui fut stoppée par les  compagnies travaillant dans les bandes passantes larges- en particulier  les 3G vont se trouver en concurrence). L’Energybox possède un émetteur  GPRS et sa fréquence est un mélange de GSM et 3G (UMTS). C’est à bande  large et donc toujours active. (Et pas seulement les quelques secondes  durant la semaine où on l’utilise comme nous le raconte les électriciens.)   Les émissions sont très proches de celles des radars (!). L’information n’est  pas envoyée à la compagnie fournisseur d’électricité mais à l’internet (?)

L’Energybox est cependant un système double et contient aussi un « Eshelon  Meter » (un mètre –étalon ?) (ne pas confondre avec Echelon), un système  PLC de l’entreprise Televent. Ce système PLC est celui qu’on nous aurait  fourni si on nous avait livré l’internet par l’électricité (internet à  haut débit et peu chère). Il modifie tant le courant électrique qu’il est  plus facile d’envoyer de l’information. De ce fait on n’est non seulement  irradié directement par les ondes 3G de l’émetteur, mais aussi par les  ondes micrométriques du type radar qui sont présentes dans toute l’installation  électrique transformant la maison en un champ électromagnétique à haute  fréquence pulsée. C’est aussi la raison pour laquelle on a transformé le  système électrique en système de communication branché sur internet. (La  première maison internet du monde et beaucoup peuvent/vont mourir de ces  expositions aux rayonnements permanents.)

Pourquoi internet, pourquoi une implantation aussi ‘secrète’ dans les  maisons, pourquoi transformer le réseau électrique en système de communication ? Très simple ! 3G (UMTS) n’est à la base qu’un système d’arme  et les portables 3G ne sont qu’un leurre. 3G vient des USA importé par les  militaires US en Europe (comme bien d’autres systèmes mobiles). On est  loin de la téléphonie, il s’agit en fait d’arriver à implanter ces boîtes  dans les maisons. (Aussi pour l’irradiation mais c’est un autre sujet). La  maison ne rayonne pas seulement en 3G (UMTS) mais elle est aussi reliée à  l’internet. Refuser cette boîte ne sert à rien si les maisons alentours  sont toutes équipées et pulsent des ondes UMTS dans votre maison. En  principe un seul émetteur suffit pour « polluer » tout un ensemble de  maisons reliées à un même transformateur (on a besoin d’un filtre  électrique qui éloigne les micro-ondes).

Nous avons absolument le droit de refuser cette boîte pour la bonne raison  que cette loi dont on nous parle n’existe pas. Ni de loi sur l’exposition  forcée. Ils se garderont bien d’en vouloir porter la responsabilité. La  loi dont on parle n’est pas faite pour les utilisateurs, mais s’applique  aux distributeurs d’électricité afin d’implanter ces boîtes dans les  maisons.

La vraie raison pour laquelle on transforme notre réseau électrique en  réseau d’information est d’aboutir à un contrôle totalitaire. Ainsi le  réseau électrique se retrouve soumis à une autre loi, celle sur les  communications. Notre si entreprenant gouvernement a beaucoup œuvré dans  ce sens ces derniers temps. Cette loi donne le droit à FRA de surveiller  toutes les communications. De ce fait les mails sont lus, les conversations téléphoniques écoutées, fax et toutes formes de  communications sont ainsi surveillées. Maintenant nos maisons tombent sous  le coup de cette loi.

En fait tout ordinateur, base de données, banque, hôpital, police,  militaire, serveur est sous surveillance car relié à l’internet par le réseau électrique et donc susceptible d’espionnage et ouvert à toutes  sortes d’attaques. Il n’existe aucun pare-feu, aucun anti-virus qui puisse  empêcher une intrusion extérieure car elle viendrait par le réseau  électrique. De même à quel « serveur » est reliée la maison est une question restée dans l’ombre.> >

Pour ceux qui s’y connaissent un peu dans le domaine des micro-ondes ou  des techniques sur les fréquences, ils peuvent facilement imaginer les  autres possibilités de contrôle offertes par ces systèmes. Avec des ELF,  ULF modifiées il est très facile de voir chaque pièce de la maison en 3D,  d’écouter toutes les conversations et même d’influencer les ondes du  cerveau humain. (Un contrôle unique et à distance de toute la Suède ?)

Ceux qui s’intéressent aux chemtrails savent qu’ils contiennent du baryum.  Or c’est ce baryum qui est répandu sur les grandes installations sportives  pour rendre les gens visibles sur les écrans radar et même pour voir ce qu’ils  ont dans leurs poches.

Nous sommes dans la plus grande expérimentation sur le contrôle cérébral  humain que le monde ait connu. C’est pourquoi ce dispositif n’est testé  pour l’instant qu’en Suède et en Finlande. Ces deux pays ont toujours été  officiellement des champs d’expérimentation des micro-ondes. Si tout se  passe bien, alors tous les autres pays en seront équipés. Nous devons  absolument refuser cette boîte et le faire savoir autour de nous, amis,  voisins etc.

Rendez la boîte car il n’existe rien qui vous oblige à l’avoir dans votre  maison. Aucune loi ni contrainte… Rien !! Il faut aussi très vite faire  circuler l’information pour faire savoir ce que représente réellement  cette Energybox !!! Très peu savent que c’est un émetteur 3G internet et  qu’elle pollue toute la maison et le réseau électrique alentour. Ecrivez  tant que vous pouvez aux journaux, aux télévisions, et autres médias,diffusez l’information par internet. Il reste peu de temps (trop tard déjà pour la Suède). Aidez à la diffusion de cette information, posez des questions aux députés, aux gouvernements, aux compagnies d’électricité etc. Si on ne stoppe pas ce système en Suède, alors tous les pays y auront droit (Connected People – Connected Houses).

Il existe une relation directe entre cette boîte, LOIS, chemtrails, FRA,
Echelon et le fait qu’une partie de la Suède soit louée à l’Otan. La Suède
est devenue un pays des plus importants du point de vue militaire de par
la géographie, par les tests de l’Otan et par LOIS. La petite boîte
Energybox n’est rien d’autre qu’une partie du Patriotact américain qui a
migré tout naturellement en Suède dans les bagages des troupes américaines
de l’Otan.

Ceci est le début du contrôle total des maisons et de la conscience
humaine. Les ondes 3G et l’Energybox appartiennent fondamentalement à ces
nouveaux systèmes d’armes qui sont testées sur nous.


Essayez de comprendre ce que vous avez dans votre maison et de la responsabilité que cela représente pour le monde entier. Si nous, nous ne le stoppons pas qui le fera ? Cherchez des informations, réfléchissez, faites-vous une opinion et diffusez -les. En réalité nous sommes déjà soumis à différentes attaques !

L’argent ne nous protège pas ! Aidez à stopper l’Energybox et l’ »European
Mindcontrol Program »

En Allemagne une grande enquête a démontrée que pratiquement TOUS ceux qui
ont été exposés aux rayonnements 3G présentent une modification dans la
moelle épinière. COMME UN DEBUT DE LEUCEMIE !

Nouvelles :

1) Cela semble bien marcher, on commence à voir des publicités pour l’Energybox dans d’autres pays de l’UE. L’Allemagne et la Hollande en seront bientôt équipées.

2) LOIS est maintenant opérationnel et
quelques soi-disant catastrophes
naturelles
de ces derniers temps sont en relation directe avec ce nouveau
« super-système »

3)
Une nouvelle loi suédoise promulguée par le gouvernement suédois
dispose qu’on peut maintenant retirer aux gens des « choses vitales »

(sic) comme la TV, le téléphone, la radio etc. C’est pourquoi on commence
dans le pays à démonter les réseaux des téléphones fixes. En remplacement
chacun doit acquérir une installation mobile individuelle (un mât sur la
maison et une base sous le lit. Si vous n’en voulez pas, vous n’avez tout
simplement plus de téléphone. Beaucoup de personnes âgées n’ont déjà plus
de téléphone, tout simplement parce qu’elles ne comprennent pas le
fonctionnement du portable et ne peuvent en cas d’urgence pas appeler une
ambulance. Ca ne ressemble pas fondamentalement à un meurtre ? D’abord une
irradiation forcée puis aucun téléphone en cas d’urgence.) Malheureusement
la femme politique auprès de qui on pourrait se plaindre ou demander de l’aide
n’est autre que la plus grande actionnaire de l’entreprise qui fabrique
ces installations mobiles. LA SUEDE EST UN PAYS FANTASTIQUE !!!

4) Il est maintenant interdit d’analyser l’Energybox et on ne parle plus
du système PLC.

5) La loi sur la FRA est passée et à partir du 1er janvier 2009
officiellement TOUT peut être écouté. Les 12 points qui doivent protéger
le citoyen doivent, dit-on, être votés plus tard ( ?) Hitler disait déjà
la même chose.

6) Le compteur digital augmente la facture d’environ 10%.

7) Environ deux semaines avant le tremblement de terre, dans le sud de la
Suède il y a eu une grosse détonation qui fit vaciller les maisons. On
nous dit que c’était un éclair particulièrement puissant qu’un pilote
aurait pu voir depuis la Norvège. Quelques jours avant le tremblement de
terre, le nord de la Suède connut la plus grande coupure de courant
électrique (ainsi que le téléphone) que l’on ait connue. Elle dura une
semaine. Cette coupure n’avait pas à voir directement avec LOIS mais
seulement indirectement (Box et logs sont interconnectés). On venait de
mettre en route sur le nord de la Suède la nouvelle électricité PLC. Cette
nouvelle électricité pose beaucoup de problèmes aux transformateurs qui ne
la laissent pas bien passer.
Durant la nuit précédant le tremblement de
terre, des avions sont passés de nuit et ont procédé à des épandages
(chemtrails).


En temps normal, dans le nord de la Suède il n’y a pas d’épandage
de nuit, mais uniquement pour contrôler la météo. Puis est survenu le
tremblement de terre. Ce tremblement de terre et l’éclair étaient dus à
une baisse d’énergie (ou réaction ?) initiée par le système LOIS. Nous
avons eu beaucoup de chances, on aurait pu avoir la même catastrophe qu’à
Tchernobyl et on aurait eu un « rayonnant Noël ».

La Suède possède maintenant la plus puissante, la plus forte et terrible
arme au monde et les expériences ont vraiment commencé cet été
.

Ce n’est pas le premier ni dernier tremblement de terre car avec LOIS on
a la possibilité de contrôler l’ensemble du champ électromagnétique
terrestre. Et bien sûr on va l’essayer, c’est comme écrit plus haut, un
élément qui va jouer un très grand rôle dans l’avenir de l’humanité… en l’occurrence un « non –avenir ». D’après Nostradamus, un des rares qui ait su quelque chose à propos de LOIS, ces systèmes et les expériences associées vont dérégler le champ électromagnétique terrestre. Et après – Bonne Nuit !

8) Depuis la grande coupure, on note des changements dans le réseau
électrique . Tout est sur une autre fréquence et on remarque cela avec beaucoup d’appareils.


Publication complète :
http://r-sistons.over-blog.com/article-30002614.html

 

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8 avril 2009 3 08 /04 /avril /2009 06:49

L’Amérique fait une poussée de populisme
Montée des eaux / jeudi 26 mars par Doug Ireland
 

L'Amérique gronde. Contre les dirigeants le scandale de l’assureur AIG. Contre la crise que l’administration Obama peine à enrayer. Et si une révolution était en marche ?

Aux Etats-Unis, le mot « populiste » n’a pas la même connotation péjorative qu’en France et en Europe. Outre-atlantique, le mot renvoie au mouvement populiste réformiste de la fin du XIXème siècle, une alliance de fermiers et de travailleurs contre les élites, les banques et les trusts née dans les plaines de l’Amérique profonde et le Far West pendant la «  Grande Dépression » (1873 -1897).

Ayant élu six sénateurs et quarante-cinq membres à la Chambre des représentants, le mouvement populiste a finalement trouvé sa figure de proue en la personne de l’anti-impérialiste William Jennings Bryan du Nebraska. Candidat présidentiel (malheureux) du Parti démocrate en 1896 et à deux reprises consécutives, cet orateur hors pair a su incarner la colère populaire au cours d’un discours prononcé lors de la convention démocrate et devenu célèbre. Bryan avait déclaré : « You shall not press down upon the brow of labor this crown of thorns, you shall not crucify mankind upon a cross of gold ! » («  Vous n’enfoncerez pas sur la tête des travailleurs cette couronne d’épines, vous ne crucifierez pas l’humanité sur une croix d’or ! »)

La fièvre populiste gagne les allées du pouvoir

Aujourd’hui, dans l’Amérique en crise de 2009, les allées du pouvoir sont de nouveau secouées par la fièvre populiste. Une colère populaire dont Barack Obama ne semble pas avoir bien mesuré l’ampleur ni la profondeur.

La fureur contre les bonus payés à ses dirigeants par le géant de l’assurance AIG, qui a reçu 185 milliards de dollars de subsides du gouvernement fédéral, symbolise cette nouvelle fièvre populiste. AIG a été mis sur la paille par le jeu de Ponzi de ses dirigeants et ces messieurs ont cru bon de s’auto-récompenser à hauteur de 218 millions de dollars pour leur comportement malhonnête. Avec des bonus tirés de l’argent des contribuables ! Ces derniers en sont révoltés et ont même manifesté devant les luxueuses villas des responsables de l’assureur dans une banlieue huppée du Connecticut.

Obama et la fièvre populiste
© Oliv’

Les membres de la Chambre des représentants, qui sont obligés de se présenter tous les deux ans devant les électeurs et qui ont bien plus l’œil rivé sur l’opinion publique que les sénateurs (élus tous les six ans) ont réagi à cette exaspération populiste.

La semaine dernière, ils ont voté par une écrasante majorité de 328 voix contre 93 une loi qui taxe les bonus des dirigeants d’AIG à hauteur de 90 %. Au Sénat en revanche, où la Maison Blanche a fait un lobbying de tous les diables contre, la mesure n’est pas passée.

Mais comme l’a écrit le New York Times le 22 mars, «  le tumulte populiste d’aujourd’hui va bien au-delà d’AIG et pourrait marquer un tournant… ». Avec la crise engendrée par des fraudes massives que le gouvernement n’a pas détectées, les citoyens américains se sentent trahis par toutes les institutions du pays.

Les ennemis d’hier sont ceux d’aujourd’hui

L’hebdomadaire Newsweek de cette semaine consacre un numéro spécial à la montée du populisme à laquelle on assiste. Pour l’excellent historien Michael Kazin (auteur entre autres d’une biographie de William Jennings Bryan), qui y participe, « quand les premiers populistes étaient sortis des petites villes et des centres miniers à la fin du XIXème siècle, ils ciblaient le même groupe qu’aujourd’hui, celui que les Américains jugent responsable de l’évaporation de la valeur de leurs actions et de la perte de leurs emplois : les magnats de l’économie qui ont trahi le public… Le populisme aux Etats-Unis reste au fond ce qu’il a toujours été, une protestation de gens ordinaires qui veulent que le système s’en tienne à ses idéaux, c’est-à-dire un traitement juste et honnête du marché et un gouvernement qui penche en faveur des masses populaires sans beaucoup d’argent. »

Mais l’équipe économique du président Obama, qui joue au centre-droite, ne répond guère aux attentes populaires. Les révélations selon lesquelles son secrétaire au Trésor, Timothy Geithner, a longuement œuvré à protéger les bonus des dirigeants d’AIG, et saboté un amendement au Sénat visant à empêcher ce type de bonus pour les entreprises que le gouvernement aide massivement ont révulsé plus d’un citoyen. Geithner l’a d’ailleurs reconnu et, en dépit des appels à renvoyer le secrétaire au Trésor des commentateurs comme de bien des membres du Congrès, Obama le soutient plus que jamais.

L’équipe Obama acoquinée avec Wall Street ?

Cette semaine, Geithner a fini par dévoiler son plan, longtemps attendu, pour sauver le système bancaire. Mais, comme l’écrit à juste titre le Prix Nobel d’économie Paul Krugman, par ailleurs chroniqueur économique au New York Times, le plan de Geithner est « plus que décevant, il me rempli carrément de désespoir. » Krugman a mille fois raison de penser que Geithner «  a persuadé le président Obama de recycler la politique de l’administration Bush et le plan Paulson… C’est comme si le président était fermement décidé à confirmer la perception grandissante que lui et son équipe économique sont déconnectés de la réalité, que leur vision n’est plus éclairée à cause de leurs liens excessifs avec Wall Street ». De plus, souligne Krugman, «  le plan Geithner ne peut pas marcher ! » ; il est même « financièrement abracadabrant » !

Bonus délirants : AIG ne ferait pas figure d’exception

Quant au chouchou des barons de Wall Street, Geithner, il cherche, comme l’a dit sur la chaîne MSNBC l’économiste progressiste Robert Reich (ancien Ministre du Travail de Bill Clinton), à «  sauver certaines des grandes banques » dirigées par ses amis, au lieu « de tenter de reformer le système bancaire. » Bien vu, surtout quand on sait que toutes les grandes banques qui ont déjà reçu des subsides du contribuable dans les précédents « plans de sauvetage » refusent de dire si elles ont, elles aussi, octroyé de généreux bonus à leurs dirigeants.

C’est le cas de Goldman Sachs (10 milliards de dollars de subsides), Morgan Stanley (10 milliards), Citigroup (45 milliards), Wells Fargo (25 milliards), JPMorgan Chase (25 milliards) et PNC Financial Services (7,6 milliards). Selon les experts, dans certains de ces groupes, le total des bonus dépasse de beaucoup ceux d’AIG ! Quand cette information sera connue, elle ne manquera pas d’ajouter de l’huile sur le feu et d’alimenter le ressentiment populiste…

En attendant, le contribuable lambda contemple tout ébaudi la dette énorme que lui fait supporter le budget d’Obama — non pas les 7 000 milliards de dollars que l’administration a prédit sur la base de pronostics naïvement roses — mais une dette quasi-incompréhensible de 9 300 milliards, selon le Congressional Budget Office, une officine d’études budgétaires du Congrès. Très peu de cet argent sera affecté à la création d’emplois, ce qui rend, encore une fois, l’opinion publique folle de rage.

Risques de dérives droitières

Si le nouveau populisme n’as pas encore trouvé son William Jennings Brian, le mois dernier, au Congrès, plusieurs dizaines de membres démocrates de la Chambre des représentants ont formé un « caucus populiste » (groupe parlementaire). Leur objectif : agir pour un programme économique plus osé qui profitera aux classes moyennes et ouvrières.

Mais l’Histoire nous enseigne que si les « classes possédantes » empêchent le populisme de s’exprimer et de s’épanouir, il peut potentiellement en découler une vilaine dérive droitière. L’aventure populiste du XIXème siècle, vaincue par les riches barons du Parti républicain, s’est d’ailleurs terminée dans une frustration qui a dégénéré en racisme.

La timidité de Barack Obama et son refus d’oser un programme économique digne de ce nom en dépit de la formidable popularité personnelle dont il jouit dans les sondages jusqu’ici, est en train de décevoir plus d’un Américain.

Le programme économique d’Obama jugé faiblard

Dans un excellent article de l’influent et iconoclaste mensuel The Washington Monthly, l’économiste James K. Galbraith (ancien directeur du Joint Economic Commitee du Congrès, professeur à l’Université du Texas, et fils du mondialement célèbre économiste John Kenneth Galbraith) estime que nous sommes déjà en train de nous démener dans la première phase d’une nouvelle « Grande Dépression ».

Et Galbraith de déclarer que le programme d’Obama est trop insuffisant pour arrêter et inverser la tendance. On entend d’ailleurs le même son de cloche chez l’économiste Nouriel Roubini, professeur à l’Université de New York, qui avait prédit avec un sacré temps d’avance et dans le détail la crise actuelle.

En singeant la politique économique de George W. Bush après tant de promesses de « changement » Barack Obama risque d’encourager le cynisme à son égard et de se retrouver emporté par la nouvelle vague de populisme. Pire, s’il s’avère que nous sommes réellement dans une nouvelle « Grande Dépression » que le programme du nouveau président ne parvient pas à enrayer, il se pourrait bien qu’Obama soit l’accoucheur involontaire d’un virulent populisme de droite.

Sondages mitigés pour Obama

Les commentateurs qui ont prédit la fin du parti républicain après la victoire d’Obama l’année dernière avaient tort. Déjà, un sondage effectué la semaine passée pour la National Public Radio (radio du service public) et demandant pour quel parti voteraient les électeurs si l’élection législative de 2010 avait lieu aujourd’hui, montre que les deux grands partis sont à égalité : 42% pour les Démocrates et 42 % pour les Républicains.

Si 63% des citoyens se disent « personnellement satisfaits » d’Obama dans un sondage Gallup publié le 24 mars, le pays est en revanche divisé sur la façon dont le président gère le scandale d’AIG. En effet, 41% l’approuvent contre 42 % qui pensent le contraire, comme l’a révélé un sondage de la chaîne de télévision CBS en date du 23 mars.

Un signal en guise de sonnette d’alarme qui inquiète au plus haut point une Maison Blanche à la manoeuvre pour dépassionner le débat sur AIG. Et pousse à s’interroger : si Obama continue d’imiter la politique économique vouée à l’échec de Bush, les électeurs, sous l’emprise du populisme, voteront-ils pour un second mandat du président ?

A lire ou relire sur Bakchich.info

Arrivé en pleine crise et porteur de tant d’espoir, le nouveau président Barack Obama a presque une vocation de martyr économique.
L’ancien patron de la webcampagne de Ségolène Royal Benoît Thieulin était allé pêcher aux Etats-Unis les recettes du succès d’Obama. Et les livre à Parlons net, le club de la presse dont « Bakchich » est (…)
L’investiture de Barack Obama a rassemblé hier 1,9 million d’admirateurs à Washington. L’occasion de prononcer un discours plein de beaux sentiments que ses actes commencent déjà à contredire.
Les dernières nominations de Barack Obama à son nouveau gouvernement, la semaine dernière, indiquent que son équipe penche de plus en plus à droite.


http://www.bakchich.info/L-Amerique-fait-une-poussee-de,07184.html
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8 avril 2009 3 08 /04 /avril /2009 06:30

L’INFLUENCE DES LOBBIES
SUR LA POLITIQUE INTERNATIONALE :
Des actions non democratiques à l’illegalité



Au sein de ces différentes organisations, sous couvert d’un discours sur la « bonne gouvernance », les dirigeants libéraux privatisent les instances démocratiques en privilégiant le dialogue avec les entreprises au détriment des peuples, de leurs représentants, des ONG.



L’INFLUENCE DES LOBBIES SUR LA POLITIQUE INTERNATIONALE : Des actions non democratiques a l’illegalité

 

L’INFLUENCE DES LOBBIES

SUR LA POLITIQUE INTERNATIONALE

Des actions non democratiques a l’illegalité

 

Thierry.brugvin@free.fr (1)

http://thierry.brugvin.over-blog.com/

 

Au sein de ces différentes organisations, sous couvert d’un discours sur la « bonne gouvernance », les dirigeants libéraux privatisent les instances démocratiques en privilégiant le dialogue avec les entreprises au détriment des peuples, de leurs représentants, des ONG. Ces différents mécanismes sont mis en œuvre notamment par des pratiques de lobbying non démocratique, mais qui restent pour une large part légales. Cependant, il y a un autre champ qui lui est encore moins analysé, il s’agit de la dimension illégale des pratiques des lobbies nationaux et internationaux. Ce sont donc les différentes formes lobbying politique et économique non démocratique, inégale et aussi illégale que nous allons analyser dans cet article. Nous présenterons donc les différents types et formes d’actions des lobbies, certains réseaux les lobbies, la proximité  des lobbies d'extrême droite et des élites internationales et enfin la puissance des lobbies industriels à l’ONU.

 

LES DIFFERENTES TYPES DE LOBBIES

« La polysémie de l’expression est encore renforcée par l’utilisation de termes souvent interchangeables, comme « groupes d’intérêt" (2), « lobbies », et groupes de pression (3). (Grossmann, 2005 : (4) Certains auteurs tel Grossman, qualifient indifféremment de lobbies, les représentants des entreprises, les syndicats patronaux, les syndicats de salariés, ou les associations. Mais nous écarterons ces dernières ainsi que les syndicats de salariés, de cette définition et nous qualifierons leurs activités de plaidoyer associatif ou syndical, car les intérêts défendus sont d’une autre nature.

Parmi les groupes exerçants une activité de lobbying, il faut y ajouter aussi de nombreux bureaux d’études (CEPS, EPC), de cabinets de conseils, d’agences de relations publiques ou d’affaires publiques, car certains travaillent et sont financés par les transnationales, afin d’exercer une influence sur les décisions des élus politiques.

 

 Le lobbying participatif

Le lobbying participatif consiste à entretenir des contacts étroits avec les personnels politiques, individuellement ou dans le cadre de groupes de travail, au prétexte de les assister dans leur tâche législative ou décisionnelle. Ainsi, ils en viennent souvent à rédiger des lois, qui sont ensuite votées par les élus politiques, ce qui épargne probablement du temps et du travail à ces derniers, mais nuit à l’indépendance des pouvoirs publics. Par exemple au niveau européen, un des plus puissant est l’ERT (European Round Table), fondé en 1983, il était consitué de 45 « capitaine d’industries », dirigeants de transnationales européenne (5) Parmi les firmes représentées on comptait dans les années 80, BP, Fiat, Nestlé, Nokia, Philips, Renault, Shell, Solvay, Total, Unilever… Parmi les membres qui sont membres de l’ERT, ou qui y ont appartenu, il y a notamment : Thierry Breton (France Télecom), Antony Burgmans (Unilever),  Thierry Desmarest (TotalFinaElf), Bertrand Collomb, (Lafarge et président du Conseil des affaires pour le développement durable (WBCSD), de 2003 à 2005 et il finance l’ONG WWF à hauteur de 1 million d’Euro par an), Louis Schweitzer (Renault), Peter Sutherland (BP et ancien Dirigeant du Gatt, président d’honneur de la commission Trilatérale)… (Balanya, 2005 : 58).

Les chiffres varient mais la Commission Européenne évaluait à 3000 les lobbies en relation avec elle, en 1992, en 2003 Greenwood (2003)(6) en dénombrait autour de 1500 (mais il y intégrait les associations et les syndicats). Leurs nombres dépassent donc très largement celui des députés européens. En  2008, Bruxelles comptait à présent 15 000 lobbyistes (7) selon Siim Kallas, le commissaire européen chargé des affaires administratives, d'audit, et de fraude. Certaines sources estiment qu’il y aurait jusqu’à 20 000 (European Agenda, 04/2008 : 17) 26.Kallas estime par ailleurs que l'activité des lobbies et des 2 600 grands groupes d'intérêt qui disposent de bureaux dans la capitale européenne draine un budget « de 60 à 90 millions d'euros » (Kallas, 2008). Or, selon l'estimation de Roberta Baskin, directrice de l'ONG Centre for Public Integrity, à Washington les groupes de pression disposent de bien plus encore, car ils chaque année, ils reçoivent quelque 2 milliards de dollars (Baskin, 2008) (8)

 

Le lobbying idéologique

Il s’agit de l’action des groupes de réflexions, des think tanks, telle l’institut Thomas More en France, ou la Société du Mont Pèlerin à l’étranger dont était membre Hayek et qui est a été à l’origine de l’essor du néolibéralisme. Ils ont pour but d’exercer une influence l’idéologie, pour qu’elle devienne hégémonique comme l’explique Gramsci. Fukuyama a ainsi tenté de persuader le monde que le capitalisme était la fin de l’histoire.

 

Les lobbies mixtes : privés et publics (associations professionnelles » ou de « cercles)

On les qualifie aussi « d’associations professionnelles » ou de « cercles », car elles réunissant des élites économiques et politiques. Au plan international il y a notamment les rencontres de Davos, les Bilderberg, la Trilatérale et au plan national par exemple, club de l’horloge, le club Vauban, le Siècle…. Ce dernier à été créé en 1944. En sein s’y rencontrent les élites médiatiques, politiques et économiques françaises, tel Alain de Pouzilhac (Havas), Serge July (Libération) ou Patrick Poivre d'Arvor (TF1). Du côté des élites économiques on trouve notamment Bébéar (ancien PDG d'AXA), Maurice Lévy (Publicis), Jean-Marie Messier (ancien membre), Louis Schweitzer (président du conseil d'administration de Renault), Ernest-Antoine Seillière (ancien président du MEDEF)· Ce « cercle », compte des élites politiques de gauche (Alain Fabius, Martine Aubry, Lionel Jospin) et de droite (François Bayrou (Modem), Jean François Copé, Rachida Dati) (La république de lettre, 01-2008) qui sont donc amenés à se rencontrer et à partager leurs idées, lors de réunions hebdomadaires à Paris. Il se crée alors une sorte de fraternité des élites, une certaine connivence idéologique et une « pensée unique » en quelque sorte.

Le lobbying co-gestionnaire ou la privatisation de l’intérêt général dans les pouvoirs publics

On peut éventuellement qualifier la délégation de service public comme une forme de lobbying. En effet, c’est une perte de l’intérêt général et collusion d’intérêts,  entre le secteur privé et le publique, dans régulation déléguée aux acteurs privés par les pouvoirs publics (secteurs des industries d’armement, aérospatiales, de la gestion de l’eau, de l’électricité…).

 

Le plaidoyer associatif : Bingos, Gongos et associations civiques

On devrait peut être plutôt qualifier le lobbying associatif de plaidoyer associatif, pour le distinguer de celui des entreprises. On peut distinguer trois grandes formes d’associations exerçant une activité de plaidoyer :

a) les BINGOS : ce sont les Bizness No Governemental’s Organizations, organisations à vocation économique mais pas lucratif (MEDEF, UNICE…)

B) les GONGOS : ce sont les GOvernemental’s No Governemental’s Organizations, organisations vivant en grande partie des subventions publiques. À ce titre, elles sont plus ou moins indépendantes.

D) les associations citoyennes (ou civiques) : elles doivent avoir un intérêt public et général vers les plus défavorisés ; être à but non lucratif ; ne pas représenter des acteurs économiques ou étatiques; être indépendantes économiquement vis à vis de ceux qu’elle entend réguler, contrôler et surtout. Mais le critère qui leur donne le plus de légitimité pour représenter l’intérêt général et qui est le plus objectif pour les différencier des deux autres types d’associations est le nombre de leurs adhérents.

Certaines associations (ONG) de dimension internationale (OXFAM, le CICR, le WWF, Greenpeace) disposent des capacités financières pour rémunérer des lobbyistes à titre permanent ou à temps partiel pour intervenir dans les instituions internationales afin défendre leurs revendications.

 

LES DIFFERENTES FORMES DE LOBBYING

Les relations de proximité entre les acteurs économiques avec les gouvernements

Les élites économiques rencontrent souvent les élites politiques. Durant ces rencontres, ils parlent autant de politique que d’affaires, c’est donc des moments propices pour communiquer leurs idées politiques. En plus de leur image forte liée à leur puissance économique, ces dirigeants pèsent directement sur les décisions des dirigeants politiques, car en échange de leurs prêts, ou investissement, ils sont en situation de les assortir de conditions politiques (plus de libéralisme: moins d’impôts, de réglementations...). Lorsque le milliardaire Waleed Bin Tatal a rencontré Jacques Chirac en 2005, il a fait un don de 100 millions de $ au musée du Louvre, pour développer les arts islamiques (M6, 2005) (9) 

 

Le  pouvoir des propriétaires des grandes banques vis-à-vis des élus politiques

Les banques et les propriétaires des grandes banques (Rockefeller, Rothschild, Morgan...) représentent un des pivots du pouvoir mondial. D’une part parce que ces propriétaires disposent de sommes énormes : Le magazine Forbes décomptait 1125 milliardaires en 2008. (Kroll, 2008)(10)Ceci leur permet d'acheter potentiellement absolument, tout ce qui peut servir leur objectif de puissance: entreprises, médias, biens divers. Mais de plus, ils ont la capacité de corrompre les dirigeants politiques, qui sont susceptibles de se laissent soudoyer.

 

Exploiter grâce à la menace des dirigeants politiques

Il existe plusieurs formes de menaces exercées par les dirigeants d'entreprises privés pour obtenir des lois servant leurs intérêts. Il y a notamment la menace de retrait des capitaux investis dans les entreprises ou dans les marchés financiers nationaux. Certains dirigeants d'entreprise influents, expriment parfois, leurs désaccords catastrophés : nous allons tous faire faillite ou perdre des marchés, cela va créer du chômage… Ce qui influe grandement sur les élus craignant de ne pas être réélus par leurs électeurs déçus.

Il y a ensuite les menaces de délocalisation, de lock out (même si on le fait relativement peu dans la pratique). Parfois la menace de délocalisation est utilisée aussi par les dirigeants politiques qui savent que les délocalisations vers les PED ne représentent qu’une danger mineur, proportionnellement à la hausse de la productivité, ou aux importations européennes (Wood, 1998) (11)

 

Le soutien des Etats aux intérêts des grands capitalistes

L’Etat sert les intérêts des ETN, notamment pour des raisons d’indépendance énergétique nationale. M. Dominique Perreau, directeur des affaires économiques et financières au ministère des Affaires étrangères a déclaré que généralement "le ministre des Affaires étrangères use de son influence pour défendre les projets des compagnies françaises car l'Etat doit veiller à la sécurité des approvisionnements en pétrole et gaz naturel" (Aubert, 1999).

A l'ouverture, le 27 août, de la XVIe conférence des ambassadeurs de France, le président Nicolas Sarkozy a nettement réorienté l'aide au développement "pour soutenir en priorité le secteur privé » affirme-t-il (Glaser, 2008). Comment souvent avec N. Sarkosy, il affirme tout haut et de manière décomplexée ce qui se passait autrefois dans l’ombre. A cette même conférence.

Son secrétaire d'Etat à la coopération, Alain Joyandet, (qui est aussi un ancien dirigeant d'une entreprise de presse) lui emboîte le pas, il « n'attend plus que le feu vert du Conseil d'Etat pour devenir le vrai patron de l'Agence française de développement (AFD), la tirelire de la politique africaine. Il a d'entrée de jeu déclaré qu'il n'avait pas peur d'être confondu avec le secrétaire d'Etat au commerce extérieur (…). Alain Joyandet a en outre proposé aux dirigeants d'entreprise de les informer en amont des projets qui seront financés par l'aide française. Ils seront également associés à un nouveau "comité des engagements" et - à condition qu'ils ne viennent pas danser au "bal des pleureuses", selon l'expression du ministre -, ils bénéficieront d'un soutien politique (…) » (Glaser, 2008) (12)

Les présidents de la république jouent aussi le rôle de VIP pour les grandes transnationales de leur pays. Chirac était accompagné de plusieurs PDG, lors de son voyage en Chine, en octobre 2006. Nicolas Sarkozy fit de même et a ramené pour  20 milliards d'euros de contrats pour  les entreprises françaises, lors de son voyage en Chine en 2007(Les Echos, 26:/11/2007) (13) 

Une large partie du soutien de la cellule africaine de l'Elysée, vis à vis des dictateurs, des guerres, des déploiements de l'armée française, etc. vise à protéger les intérêts des entreprises françaises.

Les gouvernements et les ministères sont parfois doublés par des officines parallèles. C'est le cas du réseau Foccart, travaillant pour Elf, qui dirigeait en sous main tout la politique africaine de la France. Le soutien de l’Etat aux transnationales renforce leur capacité d’exploitation légale et illégale. La cellule africaine de l’Elysée, le Ministère des Affaires Etrangères, de l’identité nationale et de la coopération... qui devraient normalement fonctionner dans la légalité ne respectent pas toujours l’Etat de droit. Par exemple, les observateurs du ministère de la coopération qui ont cautionné les élections truquées au Tchad en mai 2006 (Survie, 2005) (14)

 

S’allier les services d’un élu grâce  aux commissions et rétro-commissions

Les commissions sont illégales lorsqu'elles ne sont pas déclarées et que par conséquent elles échappent aux services des impôts des pays concernés. Les commissions et rétro-commissions sont aussi illégales lorsqu'elles rémunèrent un élu ou un administrateur des pouvoirs publics, afin de biaiser un appel d'offre. Cela peut permettre de formuler l'appel d'offre en le l’orientant pour privilégier un candidat, pour obtenir un contrat, au détriment d'autres concurrents ou de l'intérêt des pouvoirs publics de sa nation. A travers ce mécanisme l'acheteur, les intermédiaires et le vendeur s'enrichissent au détriment des pouvoirs publics et des populations, qui paient le coût de la surfacturation.

Loik Le Floch Prigent, affirme lui-même dans un livre intitulé “Affaires Elf, affaires d’Etat” (2001), faisant le bilan de son procès, que “l’activité industrielle classique s’accompagne nécessairement de mécanismes qui permettent le financement d’opérations opaques (...). Au sein du groupe (Elf) qui fait deux cents milliards de francs de chiffre d’affaires par an, le volume de ces opérations (occultes) varie de trois cents à huit cents millions de francs). (...) Elf dépensait notamment ces fonds pour obtenir “des permis de forage” dans les pays ou la société n’était pas encore implantée.

L’ensemble de ces commissions versées aux officiels du pays, via des intermédiaires, était d’un certaine façon le prolongement de la politique étrangère de la France, notamment dans les pays africains et c’est la raison pour laquelle le président d’Elf en informait la présidence de la république (française), ainsi que les ministres des Finances et du Budget” (Prigent,  55-56) (15) “Disons que le président d’Elf est à la fois le président d’une société pétrolière et ministre bis de la Coopération. Et c’est justement parce ce que cette société avait un objet politique et diplomatique en Afrique qu’elle a de tout temps financé les services secrets (...). Elf a servi au financement du parti gaulliste, et a même été créé pour ça...” (...). Puis ce fut le tour du parti socialiste. Certaines de ces affaires ont défrayé la chronique judiciaire (affaire Dumas, Deviers Joncourt, Sirven, Elf Thomson, avions renifleurs, affaires des frégates, etc.). (Prigent, 2001 : 54-55 et 63-64). “L’ensemble de la classe politique savait qu’Elf faisait du financement politique”. Les rétro-commissions servaient “à mettre sous influence celui qui les percevait. Au cas où... Au cas une affaire comme l’affaire Elf leur péterait à la figure. Si tout le monde se sert du gâteau, plus personne ne plus rien dire.” (Prigent, 2001, 66-67).

Dans le Figaro et le Parisien, les représentants de l’Elysée ont  réagi aux déclarations de Loik Le Floch Prigent de mai 2001,  en affirmant qu’à présent le système avait changé depuis 1995. Cela confirmait donc le fait ce système avait bel et bien existé et donc que l’Elysée en avait bien eu connaissance, sans y mettre fin. On le voit, les intérêts des Etats, siègant notamment au sein des la Banque Mondiale, sont fortement liés à ceux de leurs grandes entreprises transnationales. Car il en va des intérêts nationaux, tels qu’ils sont envisagés par les gouvernements nationaux et les partis politiques dominants. Il s’agit d’une lutte politico-économique entre Etats via leurs entreprises, pour s’assurer entre autres, une indépendance énergétique et se disputer les parts du marché mondial. C’est pourquoi les pouvoirs publics nationaux et  organisations internationales où elles siègent, sont relativement peu regardant sur les pratiques des entreprises qu’elles subventionnent.

 

 

S’appuyer sur les transnationales pour contrôler un Etat

Les Etats utilisent aussi leurs entreprises (ou certaines ONG) pour asseoir leur influence. En fait, les transnationales et les Etats s’appuient souvent l’un et l’autre, dans le cadre d’un échange réciproque.

Elf-Total va tenter de contrôler les pays visés. Pour cela ces dirigeants vont entreprendre différentes actions illégales ou anti-démocratiques: corruption des dirigeants politiques, co-organisation de scrutins truqués, financement de polices politiques, de gardes dictatoriales... Dans le cadre la guerre froide, Elf-Total servira  au gouvernement, comme instrument pour éviter la propagation du communisme. Ainsi, des firmes françaises, telle Elf-Total chargée d’approvisionner la France en matières stratégiques, sont investies par les services secrets. De plus Elf-Total a aussi largement utilisé les services secrets et  le lobby militaire pour aboutir à ses fins (Verschave, 2003) (16)

Lorsque les dirigeants nationaux, tel Reagan, Bush, De Gaulle, Chirac, Mitterrand ou Sarkozy, disent parfois servir la défense de la grandeur nationale, c’est avant tout pour s'assurer à leur nation, un pouvoir d'influence dans les négociations internationales (diplomaties,  institutions internationales. La France a ainsi réussi à placer Pascal Lamy à la tête de l'OMC le 1er septembre 2005.

De même la promotion de la langue nationale (la francophonie) est utilisée comme un instrument hégémonique et commercial. En effet, plus une langue est parlée dans le monde, plus l’influence politique et commerciale du pays peut s’accroître.  Enfin, un des buts de la néo-colonisation est aussi de  conserver un cortège d'États clients (un réservoir de votes) permettant à la France d'occuper une position importante dans les institutions internationales, tel l’ONU.

 

 

LES RESEAUX LES LOBBIES ET LES ASSOCIATIONS PROFESSIONNELLES :

UN DES NOMBREUX LEVIERS DE LA GOUVERNANCE

Les associations professionnelles contribuant à l'élaboration des politiques internationales

Les associations professionnelles (lobbies) exercent une influence parfois plus puissante sur les élus, que les électeurs eux-mêmes. En effet, de par leur position sociale, “ leur capital économique, social, culturel, symbolique ", tels que les définit Bourdieu, certains de ces individus, groupes ou lignées, influencent de façon plus ou moins indirecte, une part des décisions politiques et économiques internationales. Quelques-uns sont des leaders politiques de premier plan. Mais la plupart d'entre eux sont généralement inconnus du grand public, bien qu’ils occupent des postes hauts placés dans le secteur professionnel ou politique. Parmi, ces différentes organisations ont peu citer parmi les plus connus: CFR, Trilatérale, Bilderberg, WBRound Table, Bohemian Grove, Skulls&bones... Or ces réseaux exercent une influence parfois plus puissante sur les élus que les électeurs eux-mêmes.

Gramsci (1975) a souligné le rôle des intellectuels dans l'hégémonie idéologique et la puissance des think thanks. Ces derniers sont des sortes de club de réflexion qui diffusent des idées. Les think thanks les plus influents, actuellement mettent la puissance de leurs idées et leurs meilleurs intellectuels au service de l’idéologie, des politiques des classes dominantes. Le sociologue français, Michel Crozier a ainsi réalisé, avec Samuel Huntington, un rapport  en 1975, pour la trilatérale (Crozier) (17)

Les dirigeants de la CCI, tel Maucher, ceux de l’ERT, et, des ETN telles Nestlé, Shell ou Unilever participent régulièrement aux rencontres de Davos et du groupe Bilderberg (Balanya, 2005). C'est dans ces lieux où se forgent les idées néo-libérales au plan mondial que ces derniers se réunissent tous les ans (Gill, 1990 : 127).

le groupe Bilderberg, fut créé en 1954, grâce à un cofinancement de Unilever et de la CIA.  Selon le politologue Stephen Gill, Il a pour but “d’encourager des discussions ouvertes et confidentielles (...) entre les nations de l’axe atlantique" (Gill, 1990 : 127)(18) en particulier les Etats-Unis et l’Europe de l’Ouest. Selon un ancien délégué du groupe, le consensus élaboré au sein de ce forum sert de base à l’évolution des politiques internationales. Bilderberg “compose la toile de fond des politiques qui sont mises en place par la suite. Ainsi, le Forum économique mondial à Davos en février, les rencontres Bilderberg et du G8 en avril-mai et la conférence annuelle du FMI et de la Banque Mondiale en septembre. Une sorte de consensus international émerge (...). Ce consensus devient la toile de fond des communiqués du G8; il inspire le FMI lorsqu’il impose le programme de réajustement à l’Indonésie, et la politique que le Président américain propose au congrès” (Armstrong, 1998) (19)


David Rockefeller fut le fondateur du Bilderberg, puis de la Commission Trilatérale. "Ces deux lobbies sont les véritables architectes de la mondialisation néo-libérale” selon M. R. Jennar (2005) (20) D. Rockefeller a déclaré à Newsweek international, “quelque chose doit remplacer les gouvernements et le pouvoir privé me semble l’entité adéquate pour le faire” (Rockefeller, 1999). “Ce même personnage avait déclaré huit ans plus tôt devant la Commission Trilatérale: la souveraineté supranationale d’une élite intellectuelle et de banquiers est préférable au principe d’autodétermination des peuples” (Jennar, 2005 : 17). En effet, ces derniers sont considérés par certaines élites, tels les certains experts de la gouvernance européenne comme “ignorants, émotifs et versatiles, comme nous le rapporte Hermet (2003 : 16) (21)C’est donc, pour leur éviter de commettre des erreurs nuisant à l'intérêt du peuple lui même, que les élites proposent d’ériger la gouvernance, par les seuls experts et les élites économiques et politiques.

La vision de Nietzsche illustre bien celles de certaines élites, tel Rockefeller. Pour Nietzsche, la démocratie est un fléau pour l'humanité, car elle inaugure le pouvoir de la masse, du peuple ignorant (Nietzsche, 1976). Spencer, un contemporain de Darwin, considérait que la loi du plus fort était une loi naturelle, qui devait s'appliquer aux sociétés humaines. Ne favoriser que les élites est préférable pour le développement de l'humanité, car c'est le sens de l'évolution naturelle, la sélection naturelle du plus fort sur le plus faible. Par conséquent,  l'aide sociale, les services sociaux, l'école publique, sont nuisibles à l'humanité, car ils viennent gaspiller des ressources nécessaires pour développer les qualités des élites (Spencer, 1889) (22)

Romano Prodi figure notamment parmi ces élites. En 2006, il dirige  l’Italie, or il a été auparavant membre du comité de direction du groupe Bilderberg. Avec Pascal Lamy, actuel directeur de l’OMC et autrefois représentant de l’UE à l’OMC, ils ont à participer aux réunions du groupe Bilderberg en 2001 et 2003.

 

Passage régulier d’un statut de représentant d’un intérêt particulier à celui de défenseur de l’intérêt général

Tous les ans, les représentants de BP, Exxon, Shell, Unilever se rendent à la réunion annuelle du groupe Bilderberg (Balanya : 2005 :292). En 1997, son comité de direction était notamment composé  de Peter Sutherland (ex-directeur du Gatt), du PDG de BP, d’Henry Kissinger, de James Wolfensohn (ex-directeur de la Banque Mondiale), d’Etienne Davigon...

Ce dernier illustre l'omniprésence de ces réseaux privés et de ces élites non-élues dans l'élaboration des politiques internationales par les pouvoirs publics. Il présidait le Groupe Bilderberg en 1999 et était membre du comité directeur en 1997 (Balanya, 2005 : 293-292). Il a été membre de l’ERT (European Roundtable) et  commissaire européen à l’Industrie de 1977 à 1994 (Balanya, 2005 : 68).  Ce passage régulier d’un statut de représentant d’un intérêt particulier à celui de défenseur de l’intérêt général n’est pas véritablement compatible, puisque leurs intérêts sont généralement contradictoires.

Quant à la Commission Trilatérale, elle a été créée en 1973, par les membres du groupe Bilderberg. Selon Stephen Gill, elle a été conçue comme une structure plus formelle et efficace que le groupe Bilderberg visant à propager les mêmes idées néo-libérales, c’est à dire celles du “Consensus de Washington” (Gill, 1990). David Korten ajoute que David Rockfeller fut aussi le principal instigateur de la commission Trilatérale, dont il tient la présidence durant les années 80. A la même époque, il présidait le Conseil pour les relations extérieures (Concil Foreign Relations (CFR)) qui regroupe des dirigeants d’entreprise des Etats Unis qui “contrôle plus de la moitié des richesses du pays” (Korten, 1995) (23)

Parmi les dirigeants les plus connus figurent  Jimmy Carter, Bill Clinton, Georges Bush, Alan Greespan, Paolo Fresco (Fiat), Daniel Jansen (Solvay), Bjorn Svedberg (Ericsson), Etienne Davignon (24) Selon Stephen Gill, les membres de la Commission Trilatérale cherchent aussi à y déterminer les politiques économiques qui seront adoptées aux niveaux nationaux et internationaux par les dirigeants politiques. Or, les entreprises à vocation nationale et les organisations de travailleurs y sont sous représentées (Gill, 1990). Précisons cependant, que le pouvoir des réseaux et des lobbies, n’est pas si important que certains voudraient le penser. S’ils disparaissaient, cela n’aurait qu’un impact relatif, dans la mesure, ou il ne sont qu’un aspect, parmi une bonne dizaine d’autres formes de gouvernance non démocratique.

 

La puissance des réseaux contre la démocratie ?

     Après sa victoire aux élections présidentielles, Nicolas Sarkosy invite au Fouquet's, un palace parisien, les membres les plus proches de son réseau. On y trouvait notamment: B. Arnault, Bolloré, Dassault, Decaux, Bouygues (Parain d'un de ses fils), Desseigne (Barrière), Bernheim (Generali), Desmarais (Power Corporation), Kron (Alsthom), Frère (Suez), Proglio (Véolia)... (Chemin, 2005) (25) De même au mariage de la fille de Bernard Arnaud, le 22 septembre 2005j, le magasine Paris Match, rapporte que 6 ministres en exercice étaient présents. Michel  et Monique Pinçon, dans leur livre sur les grandes fortunes, montre que la richesse ne repose pas seulement sur l'argent mais sur des réseaux sociaux et un capital de privilèges socioculturels transmis par des dynasties familiales (2006). Cet aspect dynastique n'est pas sans rappeler les pratiques de la noblesse et de la royauté. Les privilèges officiels de l'aristocratie ont disparu pour la plupart (excepté pour certaines familles royales), mais cette pratique dynastique se perpétue, au plan social, économique et souvent même sur le plan du sang (mariage entre nobles).

Parallèlement aux réseaux politiques, on trouve des réseaux économiques. Par exemple dans les relations entre la France et l’Afrique, les réseaux les plus influents sont ceux d’Elf-Total, Bolloré-Rivaud, Bouygues, Castel… Les réseaux religieux et ésotériques ont aussi leur place. Il y a notamment les groupes catholiques, le Vatican, l’Opus Dei, la Loge P2…

Le réseau francs-maçons, en France et dans le monde, contribue parfois à limiter l'impartialité des juges. Le magistrat, Eric de Montgolfier, a dénoncé certains agissements, puis en janvier 2004, le magistrat Bernard Bacou décide de saisir lui-même le conseil supérieur de la magistrature au sujet de doyen des juges d’instruction du tribunal de Nice, en l’accusant d’impartialité et de solidarité criminelle entre des prévenus et lui-même. En effet, ce juge était membre des francs-maçons et jugeait une affaire dans laquelle l'accusé était lui même membre des francs-maçons. Or un des premiers serments de la franc-maçonnerie est le serment de solidarité (Etchegoin, 2004) (26)

 

La proximité  des réseaux d'extrème droite et des élites internationales

L'idéologie fasciste: un capitalisme totalitaire

Parmi les hauts dirigeants économiques et politiques mondiaux, on relève une proportion importante de personnalités favorables aux idées d'extrême droite (royaliste, fasciste, nazie...). Ces dernières convergent autour de différents points communs. L'idée centrale repose sur une vision naturaliste, d'un darwinisme social, d'un monde naturellement hiérarchisé.

Ce serait donc une erreur de chercher, comme le font les communistes, à égaliser les conditions des hommes. Ainsi, ils estiment que les décisions ne doivent pas être prises par le peuple (suffrage universel, démocratie parlementaire) mais qu'il faut confier le gouvernement aux seules élites politiques et économiques (les grands capitalistes), car disposant seuls des compétences nécessaires (Pannekoek, 1998).

Chez les nazis, il  a de plus l'idée d'une hiérarchie entre les races. La race blanche supérieure est élue par Dieu, pour diriger le monde. D'où la nécessité de la recherche de la pureté du sang (droit du sang) pour protéger un groupe (dynastie monarchique, race blanche, race aryenne...), que l'on retrouve dans le noblesse (le sang bleu) et la monarchie... (Hitler, 1925) (27)

 

L’influence des  réseaux d'extrême droite en France et dans le Monde

Des commissions parlementaires, en Italie, en Suisse et en Belgique ont mis en lumière  l'existence des réseaux Stay Behind (Gladio en Italie) crées par la CIA après la 2e guerre mondiale, afin d'exfiltrer les anciens nazis, tel Klaus Barbie, dont les compétences pouvaient leur être utiles (Erdman, 1991) (28)  Le service action des services secrets français  (le 11e Choc du Sdece) a chapeauté les  membres du réseau Stay Behind français. Ce dernier a longtemps été commandé par le général Paul Aussaresses, dépendant en fait de l'OTAN, par le biais du colonel Foccard. Parmi ces membres on retrouve François de Grossouvre (DGSE, puis conseiller de Mitterand) (Verschave,  2003, 34).

La CIA s'est aussi appuyée sur des sectes à l'idéologie d'extrême droite (temple solaire avec Joseph di Mambro, Luc Jouret (Agent secret Belge) (Deloire: 1999) (29)Le très secret OPC (Bureau pour la coordination politique) des Etats Unis, dirigea différents réseaux dont les Stay Behind, provoqua le prise de pouvoir des juntes latino-américaines (généralement à l'idéologie d'extrême droite), utilisa les hautes instances franc-maçonnes notamment à travers la la Loge P2 (dont fit parti Silvio Berlusconi), la mafia, le Vatican  (Ganser, 2007) (30) Michele Sindona fut le banquier en chef de la Mafia et aussi le fondé de pouvoir du pape Paul VI. Roberto Calvi prit le relais avant d'être pendu. L'exfiltration d'Europe de certains agents fascistes fut réalisée par le Saint Siège, sous la responsabilité de Mgr Giovanni Battista Montini (le futur Paul VI). Depuis sa création la CIA entretient des relations privilégiées avec le Saint siège. Après le dernier Consistoire, ce fut par le biais du Cardinal Avery Dulles, lui même fils de John F. Dulles (Verschave, 2003 : 37).

Les frères Dulles étant eux-mêmes cousins des Rockefeller, puis John F.Dulles fut président la Rockefeller Fondation. Il fut directeur dans les années 30 de la Colidated Slesian Steel Compagny dont l'industriel nazi Friedrich Flick possédait 66%)  (Bureau d'Etudes, 2004) (31)

Pour créer son réseau européen, Allen Dulles s'appuya sur la Grande Loge Suisse Alpina. Cette loge franc-maçonne élitiste, dont Jacques Chirac semble être membre (FXV, NC, 36). En France, le représentant en France de l'Opus Dei, fut Geoffroy Chodron de Courcel (l'oncle de Bernadette Chirac) (Verschave, 2003 : 47).

 

L’idéologie d'extrême droite au sein des réseaux internationaux

Il existe plusieurs associations professionnelles qui réunissent les élites politiques et économiques et contribuent à  dresser les grandes orientations mondiales comme le CFR, la trilatérale ou le groupe Bilderberg. Ce dernier a été lancé en 1954  par David Rockefeller et le prince Bernard des Pays Bas, qui est un ancien officier SS et un espion allemand pour le compte du département d'espionnage NW7 opérant au sein de l'entreprise IG Farben qui participait au fonctionnement d'Auschwitz (Sutton, Antony, 1980 : 182) (32)

Allen Dulles, qui n'hésite pas à collaborer avec d'anciens nazis, est membre de la société secrète "Skull and Bones" (le crâne et des os) dont font partie John Kerry (le candidat au présidentielle US de 2003), les Bush grand père Prescott, père et fils (même s'ils n'affichent pas officiellement ce type d'idéologie). Durant l'initiation, explique Robbins, les nouveaux adeptes "découvrent les décors du tombeau constitué d'objets et notamment d'emblèmes nazis gardés comme des reliques" (Robbins, 2005) (33)

Jusqu'en 1936, plus de 100 firmes américaines furent impliquées dans le financement de l'armée allemande fasciste. Il y avait notamment General Motors, Ford, Du Pont.  En France, de nombreuses entreprises telles, Schneider en France ont financé le fascisme allemand avant et pendant la guerre, ou encore l’entreprise Renault qui a été nationalisée après la guerre pour avoir collaboré avec les occupants nazis.

Les membres des Skull and Bones sont présents à la CIA et "dominent les institutions financières comme J.P Morgan, Morgan Stanley, BB Harriman, qui comptaient à une époque plus d'un tiers de membres appartenant à Skull & Bones parmi ses associés. C'est à travers ces compagnies que les Skull & Bones ont apporté leur appui financier à Adolf Hitler, car la société suivait à l'époque la doctrine nazie et aujourd’hui néo-nazie (Robbins,  2005 :15).

 

L’idéologie d'extrême droite au sein des réseaux des élites françaises

En France, par exemple on observe une convergence idéologique autour des idées d'extrême droite dans plusieurs organisations françaises. La proportion des partisans de l'extrême droite est  plus importante au sein de l'armée, des services secrets (la DRM (Direction des renseignements militaires), la RDPS, la DGSE). De même une large partie des mercenaires français défend des idées d'extrême droite. Cette proximité idéologique facilite le passage entre les groupuscules fascistes et ces instances. Par exemple, François de Courcelles a été un  haut gradé dans l'armée, au sein de la DGSE, puis il a travaillé pour François Mitterrand, comme garde du corps pour Madame Pinjeot (la seconde femme de François Mitterrand), puis comme responsable du DPS (le service de sécurité du Front National) et enfin comme conseiller d'un président africain (Verschave, 2000) (34) La proximité des deux acronymes DPS et RDPS n'est pas le fruit du hasard. Les membres du DPS souhaitant ainsi montrer leur filiation au RDPS. Ainsi, on observe une continuité idéologique autour des idées de d'extrême droite au sein de l'armée, en particulier les hautes instances de l'Etat Major militaire.

De même le SAC (le service d'action Civique) a été créé en 1959 par Foccart et Pasqua (dont il devient le vice président en 1967) avec Etienne Léandri (Verschave, 2000, 418) et au service des intérêts de De Gaulle. Il a regroupé un large partie d'anciens collaborateurs de l'Allemagne Nazie tel Paul Touvier (Verschave, 2003 : 34). Lorsque Charles Pasqua est devenu ministre de l'intérieur  en 1992, L'influence des réseaux d'extrême droite s'est renforcée.

Jean Charles Marchiani était au bureau du RPF (présidé par Pasqua), et a conduit un temps liste du FN à Toulon (Nice Matin, 4 janvier 2000). Il est pro-algérie française, catholique de droite. Il a été aussi membre de la DGSE jusqu'en 1969, préfet, conseiller de Charles Pasqua lorsqu'il était ministre de l'intérieure (Verschave, 2000 : 429). En 2008, il demande l'amnistie présidentielle pour échapper aux sanctions pénales qu'ils doit assumer (il est notamment accusé d'avoir reçu des commissions illégales dans les ventes d'armes (Thomson, Falcone).

 

 

LA PUISSANCE DES LOBBIES INDUSTRIELS A L’ONU

La dépendance financière de l’OMS et de l’UNICEF vis à vis de entreprises privées

Nous allons voir que l’ONU et l’OMS subissent parfois de graves dérives. Or,  l’Etat français dispose d’une part non négligeable de responsabilité dans la mesure où il est représenté au sein du conseil d’administration de l’OMS et qu’il dispose du droit de veto au conseil de sécurité de l’ONU. Ce dernier s’avère l’organe le plus puissant de l’ONU, mais aussi le moins démocratique.

Malgré ses faiblesses, l’ONU est parvenue à de grandes réussites au service des plus pauvres. Pourtant, l’ONU, du fait de son influence, est l’objet de tentative de contrôle de la part des Etats dominants et de leurs transnationales, au sein du conseil de sécurité et de chacune de ses agences.

Christian Joly rappelle les positions des organisations de solidarité internationale vis-à-vis de l'OMS : celles ci "continuent à voir la main des multinationales dans divers programmes de l'organisation. La collaboration de l'OMS, avec les firmes multinationales, est considérée comme une soumission aux lois du marché, au détriment de la satisfaction des besoins des populations » (Joly,:244-245) (35) Or, à la différence du financement par l’impôt, le partenariat et le mécénat des organisations internationales publiques par des intérêts privés, tel Rockefeller, portent le risque de fausser les décisions, au détriment de l’intérêt général, de l’indépendance des pouvoirs publics. Le 19 juillet 2002, l'UNICEF et la multinationale MacDonald's ont annoncé leur collaboration, dans la création de la première Journée mondiale des enfants de Mac Donald's (Balanya, 2005 : 363).

 

 

Le lobby nucléaire aux commandes de l’AIEA et de l’OMS

 « Depuis la signature, le 28 mai 1959, de l'Accord OMS-AIEA (WHA 12-40), l'OMS paraît soumise à l'Agence Internationale de l'Energie Atomique (AIEA), pour ce qui concerne les risques liés à la radioactivité artificielle, notamment dans l'étude des conséquences sanitaires de l'explosion de Tchernobyl. Professionnels de la santé » (www.Independentwho, 2/12/ 2007).

Cet accord du 28 mai 1959 contraint l’OMS, avant toute déclaration publique portant sur les problèmes de santé liés au nucléaire, à consulter auparavant l’AIEA, afin de « régler la question d’un commun accord ». L’article III « prévoit de prendre certaines mesures restrictives pour sauvegarder le caractère confidentiel de certains documents ». L’AIEA est elle même sous l’influence de l’industrie nucléaire civile (Areva) et militaire (www.Independentwho, 22/03/2007).

« Pour les projets de recherche, "régler la question d'un commun accord" avec l’AIEA, conduit à censurer l’expression de l'OMS, dans le domaine des accidents nucléaires (…). 

Ceci explique qu’en 1995, l’AIEA contestait les morts et les cancers de la thyroïde chez les enfants vivant à proximité de Tchernobyl. Sous la pression des chercheurs et des associations, à partir de 1996, les chiffres officiels commencent à évoluer.  Or, « Le Médecin chef de la Fédération de Russie signalait, en 2001, que 10% des 184.000 liquidateurs russes étaient décédés et qu'un tiers était invalide. L'Ukraine a fourni 260.000 liquidateurs. Selon le communiqué de presse de l'ambassade d'Ukraine à Paris, publié le 25 avril 2005, 94,2% d'entre eux étaient malades en 2004. « Lors des Conférences de Kiev en 2001, on apprenait que 10% de ces travailleurs sélectionnés étaient décédés (la moitié étant de jeunes militaires) et qu'un tiers était gravement invalide, leur situation se détériorant rapidement » (www.Independantwho,2007). Enfin, selon Alla Yarochinskaga il y a eu « 70 000 mineurs dont la plupart sont morts en plaçant des tuyaux de refroidissement sous la dalle du réacteur pour éviter une explosion thermonucléaire » (Yarochinskaga, 2004).

 

Les lobbies du tabac et de l’amiante mettent l’OMS sous pression

Parallèlement aux lobbies nucléaires, les lobbies du tabac et de l’amiante ont exercé une influence considérable sur l’OMS. Une série de procès contre les industriels du tabac s’est tenue aux Etats-Unis. Par exemple, Entre 1996 et 2003 sur 40 procès jugés, 12 procès ont été perdus par l’industrie du tabac, pour un montant de 377 millions $ d’amende, contre Philip Morris (groupe Altria) et Brown & Williamson. « Ces procès lancés aux États-Unis contre des fabricants de tabac, dans les années 1990, ont permis de découvrir des millions de documents internes et confidentiels révélant les comportements délinquants de l’industrie du tabac. Ces documents ont dévoilé les stratégies des industriels du tabac pour contrer les politiques de santé publique. Ils ont, en effet, délibérément caché qu'ils savaient depuis les années 1960 que la cigarette était nocive, que la nicotine engendrait une dépendance physique importante et qu’ils jouaient sur la teneur en nicotine des cigarettes pour en augmenter les effets » (Toxic-corp, 2007).

Gro Harlem Bruntland, lorsqu’elle dirigeait l’OMS en 2000, a demandé un rapport sur le rôle de l’industrie du tabac. Ce rapport, publié le 2 août 2000, accuse l’industrie du tabac d’être "active, organisée et calculatrice" de "saper son action pour la santé", de "subversion" de l’OMS. En effet, la liste des stratégies adoptées est longue. « L’industrie du tabac aurait donc tenté d'influencer les membres de l'OMS, en leur offrant des emplois et ainsi tirer avantage de leurs contacts avec l'Organisation pour influencer le contrôle du tabac par celle-ci,  faire pression sur les budgets de l'OMS consacrés à ce contrôle, infiltration, espionnage, propagande, falsification,  campagnes de dénigrement,  financements philanthropiques pour gagner les faveurs de l'OMS, (ex : campagnes de vaccination), utilisation d'autres agences de l'ONU ou de la Banque mondiale pour obtenir des informations ou faire pression sur l'OMS » (Zeltner, 2000).

 

 

Le contrôle des naissances  au FNUAP et à l’OMS, sous l’influence des lobbies

Selon Malthus, compte tenu du fait que « la population augmente plus vite que les subsistances, il ne faut surtout pas courir le risque d'un accroissement de la population en aidant les pauvres »  (Malthus, 1798). Galton, cousin de Charles Darwin, applique cette théorie aux hommes. Il crée, en 1883, le mot eugénique (art de bien engendrer). Selon Galton il faut intervenir pour favoriser la procréation des plus doués, c'est-à-dire de ceux qui réussissent - et, parallèlement, freiner la procréation des pauvres, c'est-à-dire de ceux qui échouent, qui ne devraient pas survivre (Galton, 1989).

Dès la fin du XIXème siècle, des voix s'élèvent en Angleterre pour demander la stérilisation des sujets porteurs de défauts. A cette époque, l’américaine Margaret Sanger (1879-1966) recommande la stérilisation des faibles d'esprit, des gens atteints de maladies héréditaires, sinon aux Etats-Unis et au plan international, les races autres que la race blanche, occidentale, anglo-saxonne risquent d'envahir le monde. Sanger a forgé l'expression Birth Control (contrôle des naissances) et en a largement propagé l’idée, dans un perspective féminisme, néo-malthusianiste et eugéniste. Cependant, comme Malthus et Galton, Margaret Sanger ne remet pas en question les inégalités sociales. Leur conception s’oppose donc à une politique sociale de stabilisation démographique fondée sur une répartition des richesses, permettant l’accès à l’éducation, à l’emploi pour tous et à l’émancipation des femmes.



Dès 1913, Rockefeller  finance des recherches sur le contrôle des naissances  et crée également la plus grosse organisation privée qui va s'occuper entre autres de contrôle de la population: la Rockefeller Foundation (Rockefeller, 2008). 
John D. Rockefeller III  fondera « le Population Council en 1952 (Population Concil, 2008) qui influencera jusqu’à aujourd’hui les programmes démographiques de l’ONU, tel le FNUAP. Enfin l’Assemblée générale des Nations Unies a également accepté les 8,5 millions de dollars qu’offrait John D. Rockefeller Jr. à l’organisation pour qu’elle puisse acheter le terrain où elle se trouve actuellement » (ONU, 2008) : ainsi cette organisation sera installée de manière permanente aux États-Unis.

Sir Julian S. Huxley (1887-1975), a été vice-président de l’Eugenics Society de 1937 à 1944, puis  Premier Secrétaire Général de l’UNESCO, de 1946 à 1948 et à nouveau président de l’Eugenics Society de 1959 à 1962. Il fut d’autre part le fondateur du World Wildlife Fund (WWF) (Cavanaugh-O'keefe, 1995). Ce dernier déclara au sujet des populations les plus pauvres que « bien trop fréquemment, ils doivent être assistés par des fonds publics, et deviennent un fardeau, pour la communauté (…), des tests d’intelligence et autres ont révélé qu’ils ont un Q.I. très bas; (...) Ici encore, la stérilisation volontaire pourrait être utile » (Huxley, 1946).

Le Rapport Kissinger de 1974 expose la politique des Etats Unis de l’époque. Il affirme que les pays du Nord sont menacés par les pays du Sud, pauvres, mais beaucoup plus peuplés. D'où, la nécessité impérieuse de contenir, c'est-à-dire brider la croissance démographique du Sud. On observe ainsi, des similarités entre les rapports actuels du FNUAP et le rapport Kissinger, établi en 1974. Y-aurait-t-il des parentés idéologiques ou non ?

L’influence des lobbies industriels, à l’ONU, ne se limite pas à l’OMS ou au FNUAP. L’affaire «du programme pétrole contre nourriture » de l’ONU a éclaté, en janvier 2004. Dans son dernier rapport, le 7 septembre, la Commission d’enquête indépendante mise en place, en avril 2004, par Kofi Annan, a dénoncé une conduite «illicite, non éthique et corrompue» au sein de l'ONU et blâmé le secrétaire général Kofi Annan, lui-même, pour ses négligences et ses erreurs. «Notre mission était de chercher des fautes de gestion, dans le programme «pétrole contre nourriture» et des preuves de corruption au sein de l'ONU et par des entreprises sous contrat. «Malheureusement, nous avons trouvé les deux», a déploré son président, Paul Volcker (Rosett, . « Dans un précédent rapport, en août, la Commission avait établi que le Chypriote Benon Sevan, lorsqu’il était responsable du programme «pétrole contre nourriture», avait empoché près de 150 000 dollars en pots-de-vin » (Mauriac, 2005).

 

Le global  compact de l’ONU : une privatisation de la régulation des normes sociales

Le Global Compact est un instrument qui contribue au développement de la bonne gouvernance néolibérale. Au cours du Forum Mondial de l’Economie de Davos, le 31 Janvier 1999, Kofi Annan, le Secrétaire Général des Nations Unies, a proposé au monde des affaires, de mettre en oeuvre le Global Compact (le pacte global). Plus de 3 700 entreprises venant de 120 pays différents, adhéraient en 2007 au Global Compact. Parmi les dix principes du Global Compact, deux  concernent les droits de l’homme, quatre sont destinés aux droits des travailleurs, trois concernent l’environnement et le dixième porte sur la lutte contre la corruption. Le Global Compact étant une forme de  code de conduite élaboré par les pouvoirs publics internationaux. Les transnationales, telle Nike, Nestlé, ou Total qui l’ont adopté s’engage volontairement à le respecter, mais il n’est prévu de dispositif de vérification, ni de sanction.

Cette politique de nature néo-libérale se décline sous de multiples formes. Par exemple, le “partenariat” avec les ETN se développe aussi dans le secteur de l’environnement, comme on a pu l’observer au sommet de Johannesburg, sur le développement durable, en 2002. Le choix consiste à déléguer, aux acteurs économiques privés, certaines des fonctions traditionnellement dévolues au service public (service des eaux, retraitement des déchets, production énergétique..). D’une part, cela représente une orientation de politique économique très spécifique. Mais d’autre part, cela transforme la nature même des organisations internationales publiques qui deviennent des partenaires des entreprises privées, plutôt que des autorités de régulation au service du peuple et de l’intérêt général.

En effet, même si elles n’appliquent pas le Global Compact, les entreprises disposent du droit de placer le logo de l’ONU, sur leurs documents publicitaires. D’après Joshua Karliner et Kenny Bruno (2000) qui travaillent pour le Transnational Ressource & Action Center, à lobbying Francisco: “Le Global Compact permet en fait à des sociétés connues pour leurs violations des droits humains et de l’environnement, de “bleuir” leur image, en se drapant dans la bannière des Nations Unies. C’est un “blue Wash” à peu de frais, car rien ne les empêchera de continuer à produire sans améliorer leur pratique, dans la mesure où il n’existe pas de système de contrôle. C’est pourquoi ces ONG estiment que soutenir ainsi certaines ETN, peut se révéler nuisible pour l’image, la crédibilité et même la légitimité de l’ONU. Les Nations Unies ont autorisé les ETN Nike et Shell notamment, à adhérer au Global Compact, alors qu’elles enfreignent régulièrement leurs propres codes de conduite et les normes sociales et environnementales.

 

 

Si le capitalisme économique et politique peut expliquer la situation mondiale actuelle d'inégalité extrême, le libéralisme (avec sa dérégulation) ne vient que le renforcer, en accentuant encore les tendances vers le non respect des règles de certains des élites (la corruption).

Ainsi, si le  capitalisme libéral n'est pas la cause première des inégalités, il vient largement renforcer les faiblesses humaines (le besoin compulsif de pouvoir), le manque de démocratie et la tentation de la corruption et de l'illégalité à travers ses lobbies. Ces derniers agissant souvent de manière non démocratique et parfois même de manière illégale.

 

 

 


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BOURIEU Pierre, PASSERON J. C. , 1972, La reproduction,  Paris, Minuit.

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(...)

ZIEGLER Jean, 2005, L'empire de la Honte, Ed. Fayard.

 

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