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3 avril 2013 3 03 /04 /avril /2013 16:14

 

La crise larvée des pays du Golfe

LE MONDE | 01.04.2013 à 14h34 • Mis à jour le 01.04.2013 à 15h36 Hugo Micheron (Spécialiste du Moyen-Orient, diplômé du King's College de Londres et de Sciences Po Aix)

 

 

Richissime Etat gazier du Golfe, le Qatar a été épargné par la vague de contestation qui a soufflé sur le monde arabe et se pose en champion des soulèvements antigouvernementaux.

Des pays du Golfe, on ne voit en ce début d'année que le Qatar et ses nouvelles vitrines françaises : le récent rachat du Paris-Saint-Germain et les investissements dans les banlieues.

Pourtant à Bahreïn, deux ans après l'écrasement de la révolution par les chars saoudiens, les manifestations en faveur de la démocratie continuent. Par-delà le débat créé par les placements qataris, les tensions dont Bahreïn est l'épicentre sont révélatrices d'un séisme en devenir. La capacité des pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG : Arabie saoudite, Bahreïn, Emirats arabes uni, Koweït, Oman, Qatar) à poursuivre durablement leur expansion internationale est incertaine.

Derrière leur force de frappe financière couve en effet le dérèglement d'un modèle économique rentier, dont les prémices sont perceptibles dans les crises énergétique, de l'emploi et fiscale auxquelles ils font face.

La question énergétique est particulièrement emblématique, car la région est un carrefour planétaire en la matière. Cette situation ne l'empêche pourtant pas de faire face à des pénuries d'électricité. La consommation domestique a en effet explosé durant la dernière décennie. Entre 2000 et 2009, les demandes de gaz naturel et de pétrole ont par exemple augmenté de 29 % et de 41 % au Koweït.

DES SUBVENTIONS COLOSSALES

Cet emballement est lié à la croissance rapide du pouvoir d'achat et a été permis par les subventions colossales dans ce secteur  – de 1,2 % du produit intérieur brut (PIB) au Qatar à 7 % en Arabie saoudite. Ainsi, les pays du Golfe sont devenus les plus grands consommateurs d'énergie au monde par habitant, sans même être industrialisés.

Un Qatari, un Emirati ou un Koweïti consomment en moyenne deux fois plus qu'un Européen tandis que l'Arabie saoudite a les mêmes besoins énergétiques que l'Allemagne, 4e puissance industrielle mondiale et deux fois et demie plus peuplée. Si la tendance se poursuit, le royaume consommera en 2028 l'équivalent de 8,3 millions de barils de pétrole par jour, soit plus qu'il n'en exportait en 2009.

Pour répondre à pareille expansion de la demande interne, les pays du Golfe seraient contraints de produire 80 %d'énergie en plus d'ici à 2015 par rapport au niveau de 2008, objectif qu'ils sont très loin d'être en phase d'accomplir.

La situation de l'emploi est tout aussi préoccupante. Premier indicateur en berne, la productivité des travailleurs nationaux a continuellement décliné depuis 1970, alors même que la richesse n'a fait que croître dans la région grâce aux exportations de pétrole et de gaz.

Dans le même temps, le secteur des hydrocarbures n'a créé qu'un nombre marginal d'emplois. Les taux de croissance deux à trois fois supérieurs à la moyenne internationale n'ont pas empêché une augmentation constante du chômage. A l'exception du Qatar, il frappe aujourd'hui entre 10 % et 20 % de la population active de la région.

UNE SITUATION INTENABLE

Contraintes d'embaucher en masse dans la fonction publique pour compenser le manque d'opportunités, ces monarchies font aujourd'hui face à un phénomène de saturation bureaucratique. Ces créations de poste pouvaient se justifier dans les années 1980 alors que la région était trois fois moins peuplée.

Cette situation est aujourd'hui intenable : l'Etat emploie 90 % des nationaux au Qatar ou au Koweït, plus des trois quarts en Arabie saoudite. Bahreïn s'est même doté d'un appareil technocratique pour traiter les dossiers urgents à la place du gouvernement, véritable mastodonte paralysé par le poids d'une administration surdéveloppée.

En outre, activer cette soupape ne suffira plus pour combler le manque de travail car, dans les vingt prochaines années, pas moins de 4 millions d'emplois devront être créés dans la région, selon la Banque mondiale.

La responsabilité en incombera donc aux entreprises privées. Cependant, elles se montrent déjà aujourd'hui incapables de relever ce défi. Elles ne créent que 82 000 nouveaux postes par an, soit moins du quart des besoins actuels.

Le secteur marchand est, de plus, très peu attractif pour les nationaux du Golfe, car les rémunérations dans le public sont, pour des raisons clientélistes, déconnectées de la réalité économique.

A titre d'exemple, aux Emirats arabes unis (EAU), le salaire mensuel moyen dans le privé s'élève à 700 dollars, mais il atteint 5 500 dollars dans l'administration. Il est ainsi devenu rationnel pour les diplômés du Golfe de rejoindre les listes d'attente pour entrer dans la fonction publique, quitte à vivre pendant plusieurs années sur le salaire d'un proche, plutôt que d'accepter un poste dans le privé.

En conséquence, ce sont les travailleurs expatriés, en constante augmentation, qui viennent compenser le manque de candidats autochtones, au point de représenter aujourd'hui plus des deux tiers de la population active du CCG.

Les mesures mises en place par les autorités, à l'image de l'imposition de quotas de nationaux par entreprise, ne permettent pas de répondre aux besoins d'embauche des citoyens.

ACHETER LA PAIX SOCIALE

Le tableau s'assombrit encore si l'on tient compte des tendances budgétaires. Dans les six pays du CCG, les dépenses publiques augmentent à un rythme incontrôlé.Cela est dû à la forte croissance de la population bénéficiaire et aux pratiques de ces régimes autoritaires, qui redistribuent une partie de la rente pour acheter la paix sociale. L'Etat saoudien, exemple le plus révélateur, dépense quatre fois plus aujourd'hui qu'à la fin des années 1990.

A l'heure actuelle, si le baril de pétrole venait à chuter au-dessous de 40 dollars, les finances publiques seraient déficitaires dans les six pays du CCG. Déjà, Bahreïn et Oman puisent dans leurs réserves pour financer une partie de leurs dépenses.

Aux EAU, le point d'équilibre budgétaire est garanti, selon l'Institut international de la finance, avec un baril de pétrole à 85 dollars.

 Il en va de même en Arabie saoudite, où il pourrait grimper jusqu'à 115 dollars d'ici à 2015 si les dépenses publiques continuent d'augmenter au rythme prévisible de 4 % par an. Dans un tel scénario, le royaume aura épuisé ses réserves de capital placées à l'étranger avant la fin de la décennie.

Au Qatar et au Koweït, l'équilibre budgétaire est encore raisonnablement garanti par un baril de pétrole à 50 dollars, mais ce niveau a doublé depuis 2003. Les situations varient donc d'un pays à l'autre, mais les trajectoires engagées sont similaires.

Ce constat de crise latente des pays du CCG est habituellement minimisé au motif que les régimes ont lancé d'ambitieux programmes de modernisation économique. Or, s'il est vrai que depuis 2008 les monarchies ont fait preuve de réformisme, les politiques mises en place sont toutes de nature à consolider les structures rentières existantes.

La production agricole et manufacturière reste atone, représentant, comme en 2000, 11 % du PIB régional. Le Golfe continue d'importer quasiment tous types de biens : des pistaches aux Hummer, en passant par les climatiseurs et les panneaux solaires. De même, à l'exception de Bahreïn, les Etats du CCG sont importateurs nets de services.

Si l'immobilier, la construction, le tourisme, la logistique, la finance voire l'industrie pétrochimique ont le vent en poupe, leur dynamisme n'est qu'apparent. Les économies du Golfe sont en effet sous perfusion des réinvestissements de la manne financière qui s'élevaient, en 2011, à 2 400 milliards de dollars, soit deux fois le PIB régional.

DES PROJETS EXUBÉRANTS FLEURISSENT

Malgré ces sommes astronomiques, ces activités n'arrivent pas à dynamiser le marché de l'emploi.Dans de telles conditions, il n'est pas interdit de s'interroger sur la pertinence des projets exubérants qui fleurissent dans la région : pistes de ski en plein désert, îlots artificiels recréant la carte du monde à Dubaï, complexe hôtelier sous-marin aux EAU.

La stratégie de multiplication des flux de rentes, notamment par les placements des fonds souverains à l'étranger, permettra certainement de fournir un apport financier substantiel à ces pays ; voire, comme le prévoit le Qatar, de générer à l'horizon 2030 des revenus équivalents à ceux des hydrocarbures aujourd'hui.

Pour autant, à l'image de l'argent du pétrole actuellement, ces nouvelles ressources ne répondront ni au besoin d'emplois, ni à l'emballement de la dépense publique et de la consommation énergétique.

La confiance affichée par les élites du Golfe en leur capacité à transformer le système rentier en des économies postindustrialisées peut être mise en doute. Si ces pays ont pu, grâce aux pétrodollars, importer en cinquante ans les standards de vie occidentaux pour une partie de leurs concitoyens, jeter les bases d'une économie productive en moins d'une génération est une mission autrement plus compliquée.

Les débats actuels autour du développement économique et politique du Golfe sous-estiment donc la profondeur des enjeux domestiques et surévaluent la capacité des régimes à y répondre.

Alors que les tendances lourdes engagées dans le Golfe font courir le risque d'un effondrement généralisé de leur modèle rentier, l'heure est, dans les médias ou au sein des institutions internationales, à l'engouement pour des réformes pourtant conduites dans une opacité quasi totale.

Les mobilisations populaires de 2011 à Bahreïn, Oman et en Arabie saoudite en soulignent déjà les limites. Les programmes de développement mis en place dans le Golfe ne sont pas viables et ne préparent pas l'ère de l'après-pétrole. L'absence de solution concrète apportée par les élites vieillissantes de ces pétromonarchies pose problème : comment croire que le Golfe demeure à l'abri des bouleversements profonds qui secouent le monde arabe depuis deux ans ?

Hugo Micheron (Spécialiste du Moyen-Orient, diplômé du King's College de Londres et de Sciences Po Aix)

Hugo Micheron

Diplômé du King's College de Londres et de Sciences Po Aix, spécialiste du Moyen-Orient et auteur d'un travail de recherche sur les programmes de développement des pays du Golfe intitulé : "An immobile development process. Analysing current structural evolutions of Arab Gulf rentier states toward a sustainable economic growth". Ses travaux portent sur les évolutions économiques et politiques des pays du Moyen-Orient. Il a vécu en Syrie entre 2008 et 2009.

 

http://www.lemonde.fr/idees/article/2013/04/01/la-crise-larvee-des-pays-du-golfe_3151438_3232.html

29 mars 2013 5 29 /03 /mars /2013 02:04

Le piège mortel de la course à la compétitivité

Posted: 27 Mar 2013 11:55 PM PDT

 

« Compétitivité, compétitivité, compétitivité » disent aujourd’hui tous les cabris de la pensée unique politico-médiatique. Opposition comme majorité en font l’horizon indépassable pour lutter contre la montée du chômage, qui a atteint un nouveau record. Encore une erreur tragique.
Il n’y a pas d’alternative ?



Hier sur RTL, Laurence Parisot a lourdement insisté sur la nécessité de « baisser les coûts de production ». Elle a qualifié le crédit d’impôt de 20 milliards mis en place par le gouvernement suite au rapport Gallois de « première étape », appelant à « un acte deux du plan de compétitivité » et à « continuer à travailler inlassablement sur la baisse des coûts de production ». Le Medef voit son message parfaitement relayé par une UMP qui ne fait pas dans la nuance sur le sujet.
Mais cette thématique de la compétitivité n’est pas le seul apanage de la droite et du patronat. Le Parti Socialiste a largement sacrifié à ce débat, en demandant à Louis Gallois un rapport sur le sujet et en s’empressant d’en appliquer la plupart des conclusions, à la surprise générale. D’ailleurs, il s’agit d’un des trois objectifs majeurs du président annoncés lors de sa conférence de presse de novembre, avec le désendettement et la réorientation (sic) de l’Europe.
Et les médias dits de gauche embrayent sans le moindre recul. Le Monde titre sur le fait qu’en « Allemagne, le travail (est) près d’un tiers plus cher que la moyenne européenne ». Le quotidien en arrive à présenter une hausse moyenne du pouvoir d’achat de 0,6% (hausse des salaires de 2,6% contre 2% d’inflation) comme un risque pour nos voisins d’outre-Rhin ! En effet, le salaire horaire moyen ressort à 31 euros, contre 23,5 en moyenne dans l’UE, et 3,7 en Bulgarie.
Une course sans fin et mortifère

Mais par quelle monstruosité des personnes dites de gauche peuvent finir par adhérer et même promouvoir un discours de régression sociale où les salaires deviennent l’ennemi de la production et où leur baisse devient un objectif. Tout cela montre le pourrissement de la pensée « socialiste » par des préceptes néolibéraux moisis. Le PS d’aujourd’hui est bien moins progressiste que certains patrons, comme Henry Ford, qui avait compris l’intérêt d’augmenter les salaires !

Comment le journaliste qui a écrit le papier du Monde ne peut pas se rendre compte de la logique mortifère de cette course à la compétitivité ? Car à partir du moment où la moyenne est à 23,5 euros, il est bien évident que cela nous imposera de baisser les salaires, comme le recommandent The Economist ou Goldman Sachs. Mais si toute l’Europe se met à baisser ses salaires (ce qui a commencé, comme le montre la baisse du pouvoir d’achat en France en 2012, pour la première fois depuis 1984), personne n’y gagnera et au final, la demande baissera et nous serons en dépression.
C’est ce que Paul Krugman a dénoncé dans un blog, où il fait un sort aux politiques de dévaluation interne et affirme qu’une sortie de la monnaie unique serait bien préférable. Bien sûr, la compétitivité n’est pas une notion entièrement négative. Elle a son importance pour le développement économique. Mais aujourd’hui, les salariés des pays dits riches ne peuvent pas gagner en pouvoir d’achat dans ce contexte d’anarchie commerciale déloyale. Les gouvernements doivent créer les conditions pour que les gains de productivité puissent à nouveau profiter aux salariés dans nos pays.

Le débat actuel sur la compétitivité est totalement hallucinant. La course à la compétitivité nous propulse dans une course sans fin à la régression sociale. Il est incroyable que même ce qu’on appelle la gauche y fonce aujourd’hui tête baissée, sacrifiant la population pour un dogme néolibéral mal digéré.

29 mars 2013 5 29 /03 /mars /2013 01:24

 

Commerce et agriculture

Réforme bancaire : Ces banques françaises qui spéculent sur la faim

le 12 février 2013

Selon un rapport publié le 12 février par Oxfam France, les principales banques françaises possédaient en 2012 au moins 18 fonds leur permettant de spéculer pour plus de 2,5 milliards d’euros sur les marchés de matières premières. La BNP Paribas, à elle seule, possédait plus de la moitié de ces fonds, pour un montant total de 1,4 milliard d’euros. Dans le cadre de la réforme bancaire dont l’examen commence aujourd’hui à l’Assemblée nationale, Oxfam France demande aux parlementaires de mettre un terme à la spéculation sur les matières premières agricoles des acteurs financiers français.

Dans son rapport intitulé Réforme bancaire : ces banques françaises qui spéculent sur la faim, Oxfam France établit un classement des différentes banques françaises qui spéculent le plus sur les matières premières. Au terme de recherches effectuées pour le compte d’Oxfam par le cabinet néerlandais indépendant Profundo, il apparaît que la BNP Paribas arrive largement en tête de ce classement, suivie par Natixis (groupe Banque populaire/Caisse d’Epargne), la Société générale, et le Crédit agricole. La compagnie d’assurance Axa figure elle aussi parmi les acteurs proposant de tels fonds spéculatifs. Oxfam

"Les banque françaises, au premier rang desquelles BNP Paribas, participent à l’insécurité alimentaire mondiale croissante en spéculant sur les marchés de matières premières agricoles, a déclaré Clara Jamart, d’Oxfam France. Ces banques proposent à leurs clients des outils financiers destinés à parier sur la faim. Face aux conséquences des flambées des prix alimentaires à répétition, ces groupes doivent mettent fin à leurs activités de spéculation sur les matières premières agricoles."

Il faut agir maintenant. Les marchés de matières premières agricoles, désormais considérés comme rentables par les spéculateurs, se financiarisent en effet massivement, et entrainent régulièrement des pics de prix alimentaires tels que ceux qu’on a pu observer en 2008, 2010 et 2012. Entre février 2005 et février 2008, les prix alimentaires ont augmenté de 83%, enregistrant des hausses records de 191% pour des denrées de base comme le blé. Ces violentes fluctuations des prix touchent sévèrement les ménages les plus pauvres des pays du Sud, qui peuvent consacrer jusqu’à 75% de leur budget à l’alimentation.

"L’évolution des pratiques est inquiétante : c’est depuis la crise alimentaire de 2008 que la majorité des fonds permettant de spéculer sur les matières premières agricoles ont été créés en France. Au niveau mondial, la tendance est la même : le montant total de ces fonds représentait 90 milliards de dollars en 2011, contre moins de 10 milliards en 2004. La réforme bancaire française doit être bien plus ambitieuse et être l’occasion d’y mettre un terme" poursuit Clara Jamart.

Oxfam France considère que les propositions de réforme du gouvernement en matière de spéculation alimentaire et agricole ne vont pas assez loin, et demande au gouvernement et au parlement d’inclure dans le projet de loi de séparation et de régulation des activités bancaire l’interdiction de toute forme de spéculation sur les matières premières agricoles, que les institutions financières agissent avec leurs fonds propres – ce qui est déjà inclus dans le projet actuel – ou pour le compte de leurs clients. Les opérations correspondant à un besoin légitime de couverture des risques liés à l’activité agricole sur les marchés physiques ne seraient pas touchées par cette interdiction.

Oxfam France lance aujourd’hui une nouvelle campagne intitulée Banques : la faim leur profite bien. Cette campagne, qui durera jusqu’en juin, vise à interpeller les PDG des grandes banques françaises afin qu’ils mettent fin aux activités bancaires qui nuisent à la sécurité alimentaires des populations du Sud.


Contact presse :
Pierre Motin, 01 77 35 76 10 / 06 12 12 63 94 pmotin@oxfamfrance.org

Aller plus loin

http://www.oxfamfrance.org/Reforme-bancaire-ces-banques,1605

13 février 2013 3 13 /02 /février /2013 04:21

 

 

Ce que le scandale Findus révèle de l'infiltration des mafias en Europe

Alors que la France se lance dans une traque au terrorisme industriel suite à l'affaire Findus, les mafias dorment en paix. Une large partie de ce que nous consommons est pourtant infiltrée par ces groupes criminels.


 
Le scandale de la viande de cheval dans les produits Findus révèle les failles d'un système agroalimentaire mondialisé dominé par des logiques financières.

Le scandale de la viande de cheval dans les produits Findus révèle les failles d'un système agroalimentaire mondialisé dominé par des logiques financières. Crédit Reuters

Atlantico : Alors que les autorités sanitaires cherchent toujours les coupables de ce remplacement de la viande de bœuf par du cheval, le scandale reste commercial et non pas sanitaire. Pour autant, les différentes mafias sont depuis longtemps insérées dans divers activités industrialo-commerciales. Quelles sont aujourd’hui les principales filières agro-alimentaires ayant été touchées ?

Stéphane Quéré : Si les exemples sont nombreux, l’Italie est de loin la grande championne en Europe de l’Ouest des crises sanitaires liées aux activités mafieuses. La situation italienne est d’ailleurs assez problématique pour ses voisins puisque ces activités débordent souvent dans le reste de l’Europe notamment en France. En 2008, 70 millions de litres de vin en provenance d’Italie se sont avérés constitués de seulement 20 à 30% de vin, le reste étant du sucre, de l’eau mais aussi de l’acide sulfurique et chlorhydrique. De la même façon, de grands groupes industriels italiens supposément liés aux oligarques russes et à la mafia napolitaine ont acheté des produits laitiers périmés en provenance d’Inde ou de Chine, sous de faux étiquetages néo-zélandais et australiens, et en ont fait des fromages revendus notamment en France. De cette affaire ont également découlé des problèmes de produits laitiers en France autour de beurre frelaté utilisé par de grands groupes industriels normands, mais aussi des mayonnaises faites à base de matières grasses dangereuses.

De manière plus indirecte mais tout aussi dangereuse, le traitement des déchets par les mafias pose aussi de graves problèmes agro-alimentaires. L’Italie, où c’est un domaine traditionnellement mafieux, manque d’incinérateurs et de décharges. Ces dernières sont donc compensées par des décharges sauvages qui, à terme, laissent des produits s’écouler dans le sol puis dans les eaux et provoquent des intoxications indirectes comme celle du lait de bufflonne dont on a pas mal parlé et qui est le constituant essentiel de la célèbre mozzarella. Ces "éco-mafias" n’agissent pas uniquement dans la région de Naples et en Calabre : ont été coulés des bateaux remplis de déchets chimiques envoyés dans le sud par les riches industriels du nord pour des raisons économiques. A terme, cela contamine les poissons dont se nourrissent les Calabrais. On a constaté dans ces régions une augmentation significative du nombre de cancers et maladies liées aux contaminations.

Pire encore, toujours en Campanie,  on estime à un millier le nombre de fours à pain illégaux qui sont alimentés par les déchets fournis par la mafia napolitaine. Ce nouveau marché est directement lié à la forte augmentation des prix des matières premières. Dans le même genre, il est tristement important de parler des alcools de contrefaçon comme la fameuse vodka à l’anti-gel qui se vend en Russie. Enfin, il existe ce que l’on appelle les « viandes de brousse » qui consiste en l’importation illégale d’animaux souvent venus d’Afrique à des fins gastronomiques. Cela se passe bien sûr sans contrôle sanitaire et peut provoquer de légères épidémies qui  restent en général d’une ampleur limitée à cause de l’aspect communautaire de la chose.

Quelles sont les autres activités industrielles dans lesquelles la présence mafieuse implique des risques sanitaires ?

Au-delà des questions agro-alimentaires, les activités dangereuses appartiennent en grande partie à ce que l’on appelle les « contrefaçons dangereuses » qui diffèrent du fait d’acheter un sac à main d’une marque célèbre qui bien qu’illégal n’est pas en soi dangereux. Si par exemple, vous achetez des cigarettes de contrefaçon, vous vous exposez à consommer des produits ne correspondant pas aux normes sanitaires européennes dans lesquelles sont présentes de très fortes quantités de produits chimiques. Plus largement, arrivent d’Asie et d’Europe de l’Est par conteneurs dans les ports européens de très nombreux produits dangereux comme des disjoncteurs provoquant des risques d’incendie ou encore des jouets pouvant obstruer les organes respiratoires des enfants. Encore plus dangereux à grande échelle, entrent sur le territoire des équipements de contrefaçons pour voitures et pour avions, des freins défectueux ou des capots ne se rétractant pas comme prévu qui peuvent provoquer des accidents très lourds. Ces produits ne sont pas l’apanage de mafias particulières sur notre territoire et sont diffusés par différents groupes criminels établis.


En savoir plus sur http://www.atlantico.fr/decryptage/que-scandale-findus-revele-infiltration-mafias-en-europe-stephane-quere-636220.html#Q66yVRWE8QdEV5Yw.99

 

Du cheval dans mes lasagnes, et autres histoires de conséquences inattendues

 

Pour la sécurité alimentaire: je suggère une commission d’enquête au président du Parlement européen

by Patrick Le Hyaric

 

 

Suite au scandale alimentaire qui a touché ces derniers jours l'Union européenne, avec la découverte de viande de cheval vendue pour de la viande bovine, après avoir transité par une multitude d'intermédiaires dans plusieurs pays européens, j'ai sugéré au Président du Parlement européen, Martin Schultz, de saisir les commissions environnement, santé publique, sécurité alimentaire, agriculture [...]

Lire la suite

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11 février 2013 1 11 /02 /février /2013 23:15

France-USA : les tirs amis de la guerre économique

lundi 11 février 2013

Tags : Amesys , Vupen

 

Affaires Vulpen et Amesys : les attaques sournoises des Etats-Unis contre des intérêts économiques français

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La guerre économique contemporaine est régie par un nouveau type de rapports de force que l’on peut résumer par la formule suivante : un allié est aussi un adversaire. Autrement dit, les Etats-Unis peuvent soutenir l’action militaire de la France au Mali mais aussi dans le même temps tenter d’affaiblir des entreprises françaises dans un secteur donné pour avoir la suprématie en termes de technologie et de marché.

Le buzz déclenché sur Internet par ces sociétés et leurs actions en justice sont destinées à paralyser des concurrents et à nuire à leur positionnement commercial

L’industrie de la sécurité informatique est aujourd’hui un des terrains de prédilection, non pas de l’ami mais de l’adversaire américain. Pour conserver le contrôle sur ce domaine stratégique, ils n’hésitent pas à recourir à des attaques informationnelles. Le mode opératoire est simple et efficace. Des entreprises innovantes européennes ou asiatiques sont prises à partie soit le biais par de médias et/ou des acteurs de la société civile. Ces derniers légitiment leur campagne de dénigrement en prenant le prétexte de la défense de la démocratie. Le buzz qu’ils déclenchent sur Internet est parfois relayé par des actions en justice destinées à paralyser leurs cibles et à nuire à leur positionnement commercial. Notons au passage que l’administration américaine se garde bien d’apparaître dans ce type de manipulation.

Deux affaires ont défrayé récemment la chronique : Amesys et Vupen.
En 2011, le Wall Street Journal sort un papier sur Amesys, filiale de la société française Bull, qui est mise au pilori pour avoir vendu à Kadhafi un système de surveillance électronique utilisé par le régime pour réprimer sa population. Ce scoop incite des associations à porter plainte contre Amesys devant un tribunal français. Cette affaire rappelle la manière dont NSN, filiale Siemens et Nokia, a été impliquée en 2009 dans un scandale équivalent. NSN était accusée d’avoir livré à Téhéran un système de surveillance des opérateurs téléphoniques et d’Internet. Une fois de plus, des journaux américains étaient à la manœuvre, secondés par des internautes allemands pour la résonance.

En 2012, la petite société informatique française Vupen a été prise à partie par un groupe d’activistes américains (American Civil Liberties Union) qui protestait contre la vente de bouts de code permettant d’exploiter une vulnérabilité dans un réseau informatique. Cette campagne était bien entendu relayée par des medias américains.
Il existe un point commun à tous ces cas de figure : aucune campagne d’amplitude similaire n’affecte les sociétés concurrentes américaines qui ont le même type d’activités et qui peuvent être accusées d’avoir vendu dans le passé des produits équivalents à des régimes non démocratiques.

 

http://www.lesinfluences.fr/France-USA-les-tirs-amis-de-la.html#.URlklHJHQzc.twitter

8 février 2013 5 08 /02 /février /2013 02:57

Afrique: le continent spolié !

Les migrants du Bounty ? 

Pourquoi les métropoles européennes sont-elles pleines d’africaines et d’africains au regard hagard, au sourire contrit, désemparés – mendiant pauvrement, vendant à la tire, «bossant» durement, le balai à la main, la pelle au bout du bras, fouillant la benne à ordures derrière le restaurant ? Quel désespoir incommensurable a bien pu chasser ces êtres admirables hors de leur patrie ensoleillée – qu’ils apprécient tant ­– et les pousser sur les chemins de l’exil pleins de périls pour aboutir sous le pont Mirabeau, sur la Grande Place, derrière le Parthénon, autour du Colisée, sur Piccadilly Circus et face au Reijks Museum ?    

 

Par: Robert Bibeau

Par: Robert Bibeau


Leur exode risqué s’est amorcé il y a quelques années au Sénégal, en Côte d’Ivoire, en RDC, au Burkina, au Kenya, en Somalie, au Mali ou au Rwanda, peu importe; il a toujours débuté là où leur vie était menacée, puis par monts et par vaux, à pied, en car, en train ou en bateau, la longue caravane des déshérités s’est ébranlée laissant ça et là son tribut d’éclopés, d’affamés, d’épuisés, de morts vivants, dans le grand désert brûlant, sur les chemins de brousse mal famée, dans l’océan déchaîné jusqu’à Ceuta l’insolente, Tripoli la décadente, Alexandrie l’énigmatique ou Tunis la tragique.

Là, les derniers rescapés de ces sentiers de souffrance se feront offrir à gros prix par un passeur bandit de compléter la traversée du continent – de la faim – vers un illusoire paradis pour démunis où ils iront grossir les rangs des exclus de la prospérité tapageuse et surfaite. Nul ne sait encore sur ce rafiot de la mort qu’au bout de ce chemin de Calvaire sur les flots mortifères, la dernière épreuve sera d’être arraisonnée avant que d’être retourné sur leur chemin d’amertume !

 

Dans les pages qui suivent nous allons répondre à une question simple et complexe, à savoir : « Pourquoi tant d’immigrants africains affrontent le désert, l’océan et la mer, les garde-côtes et les passeurs tueurs pour migrer vers l’Europe ce continent de malheur ? ».

 

C’est que dans les pays africains de misère, où les compagnies minières pillent le minerai précieux et cher alors qu’elles n’abandonnent rien aux crève-la-faim, si bien qu’après avoir travaillé pour presque rien dans ces charniers d’enfer les fils de l’Afrique, s’ils n’y sont pas trépassé, entreprennent la traversée de la jungle, des savanes, des déserts, des barbelés, de la mer meurtrière afin d’aller gagner quelques deniers à expédier à la parenté restée sous le tir des troupiers et sous les bombes anti-personnel des terrassiers, ou sur la plantation de café-exporté, mal payé, ou au fond d’un trou de mine-assassine.

 

Le pillage du coltan 

Nous ferons la démonstration de ce crime sanglant à partir de l’exemple du coltan. Le coltan (métal rare, indispensable à la fabrication de cellulaires et de  téléviseurs) est extirpé des puits de mines artisanales en République Démocratique du Congo (80 % des réserves mondiales), puis, aussitôt exproprié et exporté vers les usines de transformation d’Europe, d’Amérique et surtout d’Asie (1).

 

C’est la transformation industrielle du minerai qui crée de la valeur et de la plus-value d’où les capitalistes tirent leurs  profits industriels et marchands et l’État ses impôts et ses taxes (le kilo de coltan traité se vend 500 $ sur le marché). L’extraction minière du coltan rapporte très peu. Le salaire d’un mineur de la mort dans la province du Kivu (RDC) se situe entre 10$ et 50$ par semaine, ce qui est tout de même le quadruple du salaire congolais moyen (10$-50$ par mois). Un mineur extrayant en moyenne 1 kilo de coltan par jour, 7 jours par semaine, reçoit donc pour sa peine un salaire hebdomadaire médian de 35$ contre une production de 7 kilos x 500$ = 3 500$, soit un pourcent de la valeur de la marchandise. Vous croyez que l’Afrique reçoit sa juste part des richesses qu’on lui vole ?

 

Cessons de distribuer la charité aux africains mal-aimés. Cessons de leur prêter de l’argent pour s’endetter pour l’éternité et laissons-les bénéficier de leurs richesses continentales et ils seront prospères, croyez-vous ? Non évidemment ! Pourquoi ? Parce que tout dépend de quelle classe sociale s’approprie ces richesses privées ou collectives !  Nous y reviendrons plus avant.

 

Sachez qu’en moyenne chaque kilo de coltan coûte la vie à deux enfants mineurs au Kivu-Congo ravageur, peu importe la langue, l’ethnie ou la religion de ces jeunes souffre- douleurs. Ces enfants meurent sous les éboulis dans des mines artisanales délabrées. L’internationalisme de l’exploitation capitaliste sévit dans ce pays dans toute son ignominie.

 

Les troupes du Rwanda, de l’Ouganda et du Burundi – armées et financées par des multinationales des nouvelles technologies comme Apple, Nikon, Sony, Nokia, Ericsson et autres monopoles occidentaux – occupent la région du Kivu afin d’y exproprier le coltan exploité par de misérables flibustiers armés avec la complicité des généraux – seigneurs de guerre congolais, rwandais et ougandais. Le corsaire du coltan Laurent Nkunda, vous connaissez ? On en parle encore au journal télé (2). Le Premier Ministre canadien Stephen Harper a-t-il dénoncé ces magouilles lors de sa visite à Kinshasa récemment ? Aucunement !

 

L’échauffourée tribale et nationaliste n’est ici que le Gris-gris de pays conquis et des  petit-bourgeois européens et américains aigris chantant le salut de la patrie par le sang des Partisans. La journaliste Belge Colette Braeckman constate ceci :

 

« A Kivu, une vingtaine d'avions chargés de minerais décollent chaque jour pour le Rwanda (qui selon l’ONU a empoché 250 millions $ de la vente de coltan NDLR). On peut y croiser des enfants qui travaillaient dans les mines et qui se sont échappés. Ils vous racontent comment ils se sont fait kidnapper sur le chemin de l'école. Tout le monde le sait, mais personne ne fait rien, même pas les Nations unies.  Ce trafic ne va pas s'arrêter de sitôt. L'armée congolaise n'est pas efficace - c'est un héritage de Mobutu - et les généraux bénéficient aussi de ce business. Ils disent aller à Kivu pour faire la guerre, mais ils y vont aussi pour s'enrichir. Chaque faction, l'armée congolaise, les milices tutsies, etc. tous profitent de cette situation et n'ont pas intérêt à la changer. » (3).

 

En corollaire de ces salaires de misère, chacun se rappellera de l’assassinat de 34 mineurs Sud-africains – soi-disant libérés de l’apartheid – par la police raciste d’Afrique du Sud pour cause de grève ouvrière visant à hausser un salaire de 400 euros par mois tout compté. Ça s’appelle  mourir de faim en peinant durement (4).

 

De tels salaires de crève-la-faim n’assurent même pas la reproduction élargie de la force de travail. En d’autres termes, plus l’ouvrier africain travaille et plus il s’approche de la mort par lente inanition. Ces salaires n’assurent pas non plus l’édification d’un marché national consistant sur lequel s’appuierait la bourgeoisie marchande locale pour assurer l’accumulation primitive du capital constant (CC) puis l’investissement en usines (CV) et le « Take off » capitalistique industriel moderne (5). 

 

Il en résulte que dans la division internationale du travail induite par l’impérialisme occidental dominant (du moins jusqu’à présent), l’Afrique a toujours obtenu le rôle de fournisseur de matières premières. Au début, à titre de fournisseurs de bêtes de somme – esclaves valant moins que leur poids de céréales – puis fournisseur de bois précieux et de denrées alimentaires spoliés sur des plantations expropriées aux autochtones comptant pour moins que rien dans ce marché. Enfin, on assiste aujourd’hui à la spoliation des minéraux rares (dont le coltan), des pierres précieuses et du pétrole (10% des réserves mondiales) dont les peuples locaux ne tirent pratiquement aucun bénéfice.

 

Les pilleurs étrangers protégés par leurs serviteurs nationaux 

Un service de garde chiourme des intérêts locaux des compagnies impérialistes étrangères (dont canadiennes) est assuré par une caste de prédateurs – rois nègres cravatés, généraux de carnaval en képi – entourés de meurtriers, de repris de justice et de corsaires déguisés en militaires – mis au service de clans négriers appointés par quelques grandes entreprises monopolistes – les dits monopoles miniers – solidement abouchés aux ambassades occidentales de leur pays d’origine affectées dans ces contrées saignées à blanc.

 

Tant que le président-nègre local accomplit correctement son travail d’adjudant et tant qu’il réfrène ses appétits de gourmand – n’espérant jamais devenir aussi gros que le bœuf de la fable – et tant qu’il sait embrasser la main qui le maintient sur son trône de paille – sa réélection « démocratique » est assurée. Que le goinfre noir prétentieux tente un jour de redresser l’échine et de s’affranchir de cette tutelle dominatrice; qu’il manigance quelque nouvelle alliance avec une nouvelle puissance (pensons à Gbagbo en Côte d’Ivoire ou à Kadhafi en Libye ou à Kabila en RDC) et alors, les foudres de l’enfer « démocratique » de l’Occident hypocrite s’abattent sur le récalcitrant en tourment. L’élection hier encore « démocratique » est aussitôt invalidée par l’Élysée – la Maison Blanche – le 10 Downing Street ou le Reichstag allemand – la dite « communauté internationale » et l’opposant complaisant décrété gagnant sur-le-champ. 

 

Le « démocrate » devient tyran, l’ami et l’allié d’hier devient usurpateur et les bombardiers et les drones téléguidés depuis les capitales occidentales fauchent soudainement les vies du peuple ainsi que le palais princier tout à coup outrancier après trente années tolérées au milieu de cette misère mortifère.

 

Un polichinelle d’un autre clan sera juché pour un temps sur le trône chambranlant – quelques criminels de guerre seront promus généraux d’opérette, les malfrats – garde – du corps de ce prétendant deviendront officiers d’intendance, chargés d’assurer la loyauté de ce  nouveau métayer de la corvée présidentielle – qui consiste essentiellement à signer les décrets de prospection et d’exploitation des claims miniers, pétroliers et forestiers et les contrats d’achat d’armements afin d’assurer la reproduction élargie du pouvoir compradore soumis.

 

La petite et la moyenne bourgeoisie africaine «socialiste»

L’économie nationale des pays africains étant dominée et spoliée par les pays impérialistes occidentaux, la petite et la moyenne bourgeoisie nationale africaine, fragile et instable, n’a souvent pas grand accès aux prébendes, aux bakchichs, aux postes administratifs, gouvernementaux, judiciaires et militaires lucratifs, ni à la propriété foncière réservée à la grande bourgeoisie compradore. Ces fragments de classes sont donc aigris et menacés de paupérisation et d’éradication tout comme leurs cousins nord-américain et européen. La tentation est alors très grande pour ces sections de classes moribondes de lancer leur peuple dans la révolte aventurière sous le sceau frauduleux du « socialisme » – l’Angola, l’Algérie, l’Éthiopie sont de ces pays qui ont connu de ces guerres « populaires » pour asseoir le pouvoir de charlatans et de leurs sectes de prétendants moyens et petits bourgeois. On sait aujourd’hui ce qu’il advint de ces tyrans pseudo-socialistes

 

Parfois, le néo-colonisateur ne laisse pas assez à boire et à manger, pas suffisamment de prébendes alléchantes pour satisfaire tous les larbins locaux vainqueurs du précédent gouvernement si bien que le partage du butin devient source de conflits sanglants entre pirates intra-tribaux – intra-muros. C’est ce qui se produit en ce moment à Abidjan entre Ouattara l’adjudant et ses sergents d’apparat dont certains ont été abandonnés dans le caniveau au Ghana et au Burkina Faso d’où les assassinats récents à la frontière du domaine convoité et contesté. Le prolétariat n’a rien à faire de ces guerres entre hyènes.

 

L’AFRICOM mène la charge

Notez que les puissances impérialistes occidentales ne font pas confiance à cette engeance de larbins locaux pour maintenir l’ordre et le pouvoir de leur maître sur ces contrées convoitées. Aussi, les États-Unis ont-ils imaginé une superstructure militaire contraignante – L’AFRICOM – pour représenter ses intérêts dans la région – et pour embrigader, contrôler et entraîner ces va-nu-pieds déguisés en armée de métier. L’AFRICOM organise et supervise les efforts de guerre et de maintien de l’État de guerre permanente, d’extraction des ressources naturelles et de spoliation du travail salarié et de sa plus-value. Pour ne pas avoir accepté d’embrigader son armée dans l’agression en préparation au Nord du Mali le Président de Mauritanie a bien failli y laisser la vie. Il semble qu’après l’attentat à demi réussi, il ait enfin compris. L’attaque contre le Mali  aura bien lieu, supervisée par l’AFRICOM et menée par la chair à canon régionale (6). 

 

En 2007, le conseiller du département d’État étasunien, le Dr J. Peter Pham, a affirmé que les objectifs stratégiques d’AFRICOM consistaient à « protéger l’accès aux hydrocarbures et autres ressources stratégiques abondantes en Afrique. [La] tâche [d’AFRICOM] consiste à protéger la vulnérabilité de ces richesses naturelles et s’assurer qu’aucune tierce partie comme la Chine, l’Inde, le Japon ou la Russie obtiennent des monopoles ou des traitements de faveur. (Nile Bowie, COVERT OPS IN NIGERIA: Fertile Ground for US Sponsored Balkanization, Global Research, 11 avril 2012.) (7).

 

Une solution aux problèmes africains ?

Par les temps qui courent, les peuples africains, loin de se reprendre en main et de mener à bien leurs luttes de libération contre la domination néocoloniale impérialiste, et surtout contre leur bourgeoisie compradore nationale organisée en castes autour de généraux – seigneurs de guerre complaisants – laissent plutôt tous ces vauriens offrir leur service d’homme de main aux différentes puissances hégémoniques.

 

Aujourd’hui en Afrique, certaines des anciennes puissances coloniales sont réapparues sur le devant de la scène, concurremment à leur allié et concurrent étatsunien, face à la Chine, nouvelle superpuissance ascendante. En 2012, la Chine est devenue le premier partenaire commercial de l’Afrique devant les USA et la France. La Chine impérialiste a construit le siège social de l’Union Africaine, elle investit chaque année des milliards de dollars en projets routiers et ferroviaires. Elle exploite les mines et le pétrole et change la donne en construisant des usines – clés en main – en Éthiopie notamment, créant ainsi un prolétariat africain au Nord du Continent, complément au prolétariat de l’Afrique du Sud. Ce sont là d’excellentes nouvelles pour la classe révolutionnaire africaine qui voit ainsi grossir ses rangs (8). Si vous souhaitez combattre les sectes religieuses intégristes, construisez des usines en Afrique.

 

Voilà, résumées en quelques pages, les causes fondamentales du misérable exode africain vers l’hémisphère Nord. Les puissances impérialistes occidentales absorbant l’usufruit des ressources naturelles et expropriant une large part de la plus-value ouvrière et paysanne ainsi que les profits et les revenus des États croupions, il ne reste pratiquement rien pour la survie de ces pays. Aussi, plutôt que de se laisser mourir les africains suivent la trace de leurs richesses jusqu’au Nord de la Méditerranée.

 

Peut-on changer ce désordre des choses ? Oui, certainement ! Il revient aux ouvriers et aux employés, mineurs, travailleurs des champs, métayers et artisans de s’organiser en parti politique révolutionnaire indépendant de l’aristocratie bureaucratique locale, aussi loin que possible de la petite et de la moyenne bourgeoisie nationale – fuyant comme la peste les intellectuels hâbleurs et pédants – pour diriger leurs coups meurtriers visant à renverser les commettants locaux de la classe capitaliste monopoliste internationale (9).   

 

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(1)  L’exploitation du coltan http://www.umoya.org 

http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9publique_d%C3%A9mocratique_du_Congo

(2)  http://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_du_Kivu

(3)  Colette Braeckman  http://observers.france24.com/fr/content/20081112-coltan-minerai-sang-congo

(4)  Afrique du Sud (2012).  http://fr.wikipedia.org/wiki/Gr%C3%A8ve_des_mineurs_%C3%A0_Marikana

(5)  Robert Bibeau. La crise économique dans tous ses méfaits. (2012).

http://les7duquebec.org/7-au-front/la-crise-economique-dans-tous-ses-mefaits/

(6)  Exemple récent du coup d’État avorté en Mauritanie http://kassataya.com/mauritanie/vacance-du-pouvoir-qui-dirige-maintenant-le-pays

(7)  Julie Lévesque. (2012). Guerres secrètes des États-Unis en Afrique.

 http://www.mondialisation.ca/la-guerre-secrete-des-etats-unis-en-afrique/5308437

(8)  Vincent Gouysse 2011-2012 : Reprise de la crise. (2012). http://www.marxisme.fr/reprise_de_la_crise.htm  La Chine avance ses pions en Afrique.(2012).   http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/la-chine-avance-ses-pions-en-121877 La Chine en Afrique  http://www.refletsdechine.com/apres-la-france-afric-la-chine-en-afrique.html

(9)  http://haratine.blogspot.fr/2012/04/la-bourse-des-esclaves.html http://www.afrohistorama.info/ http://kassataya.com/mauritanie/vacance-du-pouvoir-qui-dirige-maintenant-le-pays  Le Parti Sadi. (2012). http://www.partisadi.net/2012/10/%c2%ab-faisons-payer-les-riches-%c2%bb-les-partis-%c2%ab-socialisants%c2%bb-au-pouvoir/

 

http://www.fr.alakhbar.info/5142-0-Afrique-le-continent-spolie.html

14 janvier 2013 1 14 /01 /janvier /2013 04:07

  http://www.alterinfo.net/La-politique-exterieure-des-Etats-Unis-et-le-concept-de-false-flag_a25070.html

La politique extérieure des Etats-Unis et le concept de 'false flag'

 

18 septembre 2006

 

TERRORISME

 Terrorisme d'État sous faux drapeau,

esquisse d'une bibliographie


http://mai68.org/ag/1056.htm
http://cronstadt.org/ag/1056.htm
http://kalachnikov.org/ag/1056.htm
http://www.chez.com/vlr/ag/1056.htm


    Un ami m'ayant demandé une bibliographie sur la manipulation du terrorisme par l'État, voici ce que je lui aie répondu :

     

    J'ai appris beaucoup de choses sur le site :

    http://members.tripod.com/hlv-vlr

    Un livre qui soit complet sur le terrorisme manipulé par l'État, il est impossible que ça existe. Il existe plusieurs livres traitant chacun d'un sujet.


    Dont le plus important et le plus brillant est peut-être : « Le Reichstag brûle » écrit par Edouard Calic publié chez Stock en 1969. Je ne sais pas s'il a été réédité, mais à Paris tout se trouve. Il existe une place avec plein de marchands de livres d'occasion. Je sais plus où c'est et je ne sais plus les jours dans la semaine. N'importe quel libraire de Paris devrait pouvoir te le dire. Sinon, va à la Librairie Parallèles 47, rue St Honoré 75001 Paris tel. 01 42 33 62 70. Ils t'aideront sûrement et sauront peut-être plein de choses.


    Il faut bien sûr lire aussi Guy Debord :

    http://mai68.org/textes/preface/preface.htm


    Et les Livres de Gianfranco Sanguinetti « Véridique rapport » (absolument indispensable) chez Champs libre en 1976 Et « Du terrorisme et de l'État » (à lire à tout prix même si le début est un peu pompeux et chiant)


    Le Véridique rapport, avec un extrait concernant le terrorisme, est présenté ici :

    http://mai68.org/ag/727.htm


    Il y a bien sûr l'indispensable témoignage de Boris Savinkov « Souvenirs d'un terroriste » dont la traduction fut publiée en français une première fois par Payot en 1931, et republié en 1982 par Champs Libre. Boris Savinkov raconte comment il fut manipulé par un agent des services secrets du Tzar pour commettre des attentats terroristes !


    Un livre très important aussi est celui de Roger Faligot "Guerre spéciale en europe" ("le laboratoire irlandais") chez Flammarion publié en 1980, qui décrit très bien les faux groupes de guérilla (comme al-Qaïda) et qui est plein de références.


    Parmi les livres qui essaient un peu d'être complet (mais c'est impossible) il y a « Les provocations Policières » de Bernard Thomas Chez Fayard en 1972 dans la collection nommée "Grands documents contemporains" tenue par Constantin Melnick. Je ne sais pas ce que vaut ce livre je ne l'ai pas lu.


    Un livre plus récent que je n'ai pas lu non plus (sauf le dernier chapitre sur Guernica) et qui cherche d'après son titre à être plus ou moins complet est « Complots » de Pierre Bellemare et Jérôme Equer, livre publié chez Albin Michel en 2006. Mais, même s'ils confirment ce que je dis sur Guernica, je préfère mon propre texte :


    http://mai68.org/journal/N54/17mai2001.htm

     
        do
        http://mai68.org

 

 

Post-scriptum :

1°) Il est inutile de te parler de Meyssan, ni de ma page :

http://mai68.org/pages-speciales/911/911.htm


2°) J'ai eu en main aussi le livre d'un policier de la fin du 19ème siècle ou du début du 20ème siècle et qui explique comment il a manipulé un anarchiste pour lui faire envoyer une bombe dans le parlement français. Mais je n'ai pas ce livre et je ne me souviens ni du nom du policier qui a manipulé Auguste Vaillant, ni de l'éditeur. Il existe, je l'ai lu. C'est tout ce que je puis dire... Si quelqu'un en sait plus qu'il m'écrive, merci.

 

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28 octobre 2012 7 28 /10 /octobre /2012 23:14

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Le Nain ou le Géant,

le changement c’est maintenant!

 

 

On aurait pu croire qu’un gouvernement de gauche arrêterait les exactions commises par le grand capital via les directives assassines de l’Union Européenne. Il n’en est rien, on dirait même que Sarkozy est de retour !

 La valse des restructurations, c'est-à-dire la désindustrialisation de notre pays, c'est-à-dire pour le dire plus clairement, le pillage systématique de nos richesses, s’applique toujours avec la même violence inadmissible.

Camiva, Gandrange, Rio Tinto, Coca-Cola France, Fralib, Peugeot, Renault, etc…, la liste n’est hélas pas exhaustive, témoignent chacun à leur façon de la violence de la guerre économique lancée contre notre pays.

A cela il faut ajouter un autre pillage, celui des deniers publics par le biais des PPP (Partenariats  Publics Privés). Le plus bel exemple en ce moment de ce comportement de rapace est sans nul doute ce qui se passe à « Notre Dame des Landes ». Près de Nantes une opposition farouche contre la construction d’un nouvel aéroport s’est constituée contre ce qui semble être un gouffre financier. Ce projet a le mérite par contre de satisfaire les appétits du groupe Vinci. Les forces de police tentent de déloger les habitants de cette zone par la force malgré une résistance non violente exemplaire.

   

 Tous ces faits semblent n’avoir aucun point commun. A y regarder de près, ils sont tous liés par la volonté de détruire le tissu industriel et agricole français afin d’assurer une rente aux financiers avides et jamais repus.

 

 Hélas les institutions européennes, malgré un habillage grossier de bien être des peuples, sont le bras armé de ce capitalisme du désastre. Les pertes de souveraineté successives n’ont eu d’autres buts que de permettre à ces hordes  barbares, fidèles soldats de  l’ultralibéralisme, d’installer la stratégie du choc dans les différents pays européens.

   

La Grèce, l’Espagne, le Portugal, l’Italie, l’Irlande, la France, la Bulgarie, la Roumanie, les pays Baltes, etc…, subissent de plein fouet la stratégie du chaos.

   

La chute dans la misère des populations semble être la solution finale, afin de créer à nouveau des camps de travail, où les nouveaux esclaves seront obligés de travailler dans des conditions épouvantables pour le plus grand bonheur de cette caste d’hyper privilégiés qui n’ont d’humain que leur apparence.

 

 Ils sont les 0,1% qui sans aucune gêne, expulsent de leur maison des millions d’américains (étatsuniens), réduisent les peuples européens à l’esclavage, organisent le pillage des ressources naturelles en Afrique, au Moyen Orient et ailleurs.


La guerre économique se transforme en guerre tout court, avec ses cortèges d’horreurs et de destructions, aux portes de l’empire. La guerre menée en Syrie est à cet égard symptomatique, le pilonnage d’artillerie est remplacé par un pilonnage médiatique afin de réduire les résistances et de permettre l’assaut final.

 

Pour en revenir à la situation française, il est sidérant de constater que le changement de majorité n’a pas infléchi la tendance mortifère mise en place par le précédent président, Nicolas Sarkozy.

 La police, les préfets, les juges, les autorités de l’état, sont toujours au service de puissants intérêts privés. Dans le cas de « Camiva », la justice ordonne 1000 euros d’amende contre les syndicalistes qui défendent leur outil de production, le préfet menace de poursuite ces derniers sous le fallacieux prétexte « d’entrave à l’ordre public ». A « Notre Dame des Landes » la police mène le siège contre les résistants locaux.

 

On se croirait dans l’ère du sarkozysme triomphant ! Le changement de paradigme tant attendu ne vient pas, les leviers de l’état sont au service exclusif des intérêts particuliers et plus précisément des ultrariches qu’ils soient français ou non. Une prime est donné aux extracommunautaires, Rio Tinto, Coca Cola, Arcelor Mittal, …

 

Je pense que François Hollande est bien conscient de cette situation et qu’il attend le moment le plus propice pour imposer le changement. Il disait lors de la campagne des présidentielles, « le changement c’est maintenant ». Mais pour s’opposer avec efficacité au pouvoir occulte des puissants de ce monde, il a besoin de sentir la colère monter afin de lui donner la légitimité et la force de l’action.

 

Je crois comme Emmanuel Todd, qu’il faut sortir au plus vite de l’Union Européenne et de l’Euro au risque de disparaître en tant que peuple souverain. Je partage son point de vue lorsqu’il dit : « Au bout du quinquennat, François Hollande sera soit un géant soit un nain ».

 


Lucien PONS

28 octobre 2012 7 28 /10 /octobre /2012 21:45

 

Dimanche 28 octobre 2012

Le bon temps des coloniesIl y a un an, l'OTAN achevait l’opération « Unified Protector » en éliminant par la main de ses barbouzes Mouammar Kadhafi, et laissait derrière elle les ruines de l'État libyen, démoli par plus de 10.000 frappes. Et les séquelles sont nombreuses. Les fractures qui ont été mises en avant par l’attaquant pour saper les fondements de la Jamahiriya, se sont aujourd’hui étendues.

 

À Bani Walid, encerclée et bombardée par les milices de Misrata, il y a maintenant toute une population qui résiste. Tripoli ne contrôle qu'une petite partie de la « nouvelle Libye » en proie à des affrontements armés entre les milices, à des assassinats et disparitions. Selon le président Mohamed Magarief, cela est dû à des « retards et négligences » dans la formation d'une armée nationale. Rien d’inquiétant car le problème est en passe d’être résolu. Pas à Tripoli mais à Washington.

 

Les États-Unis, après avoir ordonné l'opération « Unified Protector », s’enquièrent aujourd’hui de protéger la « nouvelle Libye » en la dotant d’une armée. Le Pentagone et le Département d'État travaillent d’arrache-pied pour former une « unité d’élite » de 500 hommes qui devraient constituer en quelque sorte le noyau autour duquel se formerait la future armée. Le financement initial de cette opération est de huit millions de dollars, somme résultant en partie de la réduction de l'aide apportée au Pakistan dans le cadre des « opérations anti-terroristes ». La mission officielle de cette « unité d'élite » dont la formation a déjà été approuvée par le Congrès sera de « combattre et vaincre les organisations terroristes et les violences qui en découlent ».

 

Les hommes qui intégreront cette unité d’élite font l’objet d’une sélection draconienne des responsables du Pentagone, du Département d'État et de la CIA, sélection visant à évaluer leur capacité physique et leur manière de raisonner (en clair, l'attitude adoptée vis-à-vis des Etats-Unis). Ne pas parler la langue anglaise s’avèrera rédhibitoire puisque les ordres seront donnés en anglais. Ces recrues seront en fait formées et entraînées par les forces spéciales américaines récemment envoyées en Libye après un séjour au Pakistan ou au Yémen.

 

Nous assistons là à une manœuvre stratégique de haut vol. Ces troupes recrutées, formées et contrôlées par le Pentagone appartiendront officiellement à la nouvelle armée libyenne, mais elles joueront concrètement le rôle que jouaient les troupes coloniales indigènes en leur temps.

 

D’autre part, la formation de cette armée va prendre des années. Le déploiement des forces spéciales américaines en Libye sera par conséquent tout sauf transitoire. Les États-Unis disposeront donc en Libye de leurs propres bases militaires, couplées à celles qui existent déjà en Sicile. Aujourd'hui, Benghazi et d'autres villes sont déjà survolées par des drones décollant de Sigonella et guidés par les États-Unis. Les bases serviront non seulement à des opérations en Libye, mais aussi dans d'autres parties du continent africain et au Moyen-Orient (des milices libyennes ne sont-elles pas déjà infiltrées en Syrie ?).

 

Enfin, les États-Unis disposeront d'un instrument de pouvoir (militaire, politique et économique) qui leur fournira un accès préférentiel au pétrole libyen. Mais quid des alliés européens ? Ils seront probablement appelés à renforcer le dispositif mis en place… mais toujours sous commandement américain. La France, forte d’une expérience coloniale séculaire, pourrait apporter une contribution importante, notamment dans l’approche qu’a l’armée française des populations autochtones. Ce qui n’a jamais été à vrai dire le point fort des Américains…

 

À tout bien comparer, le « bon temps » des colonies n’est finalement pas si loin…

 

Capitaine Martin

 

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Les dernières colonies françaises soumises à la « règle d’or » des libéraux franco-européens

Les dernières colonies françaises soumises à la « règle d’or » des libéraux franco-européens

Source : lepalima

Une large majorité des députés de  l’Assemblée Nationale française  (en particulier les socialistes et l’UMP) a récemment voté en faveur du Traité sur la Stabilité, la Coordination et la Gouvernance (TCSG). Le Front de Gauche, les députés patriotes martiniquais et mêmes certains socialistes, à l’instar de Henri EMMANUELLI, se sont prononcés contre.

 Lire la suite.

20 octobre 2012 6 20 /10 /octobre /2012 15:42

 

Une mère accouche sur l'A20 et perd son bébé, Hollande demande une enquête

Publié le 20/10/2012 | 11:02 , mis à jour le 20/10/2012 | 13:37
Capture d'écran de l'hôpital de Brive (Corrèze), où se rendait une femme contrainte d'accoucher sur l'autoroute, causant la mort du nourrisson, vendredi 19 octobre 2012.

Capture d'écran de l'hôpital de Brive (Corrèze), où se rendait une femme contrainte d'accoucher sur l'autoroute, causant la mort du nourrisson, vendredi 19 octobre 2012.

(GOOGLE MAPS / FTVI)
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SANTE - Devant le congrès de la Mutualité française réuni à Nice, le président de la République, François Hollande, a demandé samedi 20 octobre une enquête administrative à la suite du drame survenu la veille dans le Lot.

Une mère a perdu son enfant en le mettant au monde dans sa voiture sur l'autoroute A-20, alors qu'elle faisait route vers une maternité de Brive, en Corrèze, faute d'établissement capable de la recevoir dans le nord du département du Lot, où elle réside.

 

"Le drame qui s'est produit hier (...) nous appelle une nouvelle fois, encore, à ne rien accepter en matière de désert médical", a déclaré le chef de l'Etat. "C'est pourquoi j'ai demandé à la ministre des Affaires sociales [Marisol Touraine] de diligenter une enquête administrative pour tout connaître des conditions de ce drame", a-t-il poursuivi.

 

Un peu plus tôt, déjà, le président de la région Midi-Pyrénées, Martin Malvy, avait demandé à l'Agence régionale de santé (ARS) que la lumière soit faite sur cet accouchement. "Ce drame se serait-il produit s'il y avait eu une maternité plus proche ?" s'est-il interrogé avant de poursuivre: "Nous avons dit les risques liés à la fermeture de la maternité. Une enquête sera évidemment diligentée. Je demande expressément à l'Agence régionale de santé de nous en transmettre les conclusions intégrales".  

En attendant, FTVi vous explique comment on en est arrivé là. 

Dans le Lot, 30 minutes pour rejoindre une maternité

 

Le Lot a perdu en 2009 sa maternité de Figeac, et celle de Gourdon quelques années plus tôt. Le département de 170 000 habitants, ne compte plus qu'une seule maternité, à Cahors. 

 

Résultat, selon une étude de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES), citée par La Dépêche du midi, il figure "parmi les huit départements dans lesquels 'plus de la moitié des femmes accouchent à une demi-heure ou plus de leur domicile alors que moins de 15 % sont dans ce cas en Île-de-France et dans le département du Nord'".

C'est pourquoi François Hollande a également répété samedi un de ses engagements formulés pendant la campagne: "aucun Français ne doit se trouver à plus de 30 minutes de soins d'urgence"

Le Lot n'est pas un cas isolé

ISelon Michel Antony, président de la Coordination nationale pour la défense des hôpitaux et maternités de proximité, le Lot n'est pas un cas isolé. D'après lui, entre huit et neuf départements ne disposent plus que d'une seule maternité, et la région parisienne et le Sud-Est ne sont pas épargnés, à l'image des menaces pesant sur la maternité des Lilas ou de la fermeture en mars de la maternité de La Seyne-sur-Mer (Var).

Les politiques publiques mises en cause

Pour cette Coordination, le drame de l'A-20 illustre "l'aspect néfaste des regroupements de maternité". Et d'exiger un "moratoire sur les fermetures de maternités". 

Interrogé sur France Info, le président du syndicat national des gynécologues obstétriciens, Jean Marty, a lui aussi mis en cause les politiques publiques."La désertification médicale, dont on s'étonne, c'est effectivement la conséquence de cet abandon par l'administration de tout ce qui n'est pas les pas grosses structure, explique-t-il. On sait, que lorsqu'une maternité ferme, toutes les compétences médicales (...), tous les praticiens qui ont travaillé dans cette maternité, ne vont pas travailler dans les structures qui regroupent les maternités fermées."   

UFC-Que Choisir avait tiré la sonnette d'alarme

Dans une étude publiée mardi, l'association de consommateurs UFC-Que choisir a couplé les disparités géographiques liées aux déserts médicaux et aux dépassements d'honoraires. Pour quatre spécialités médicales, dont la gynécologie, l'association avait dénoncé, carte à l'appuie, "l'intolérable fracture sanitaire" en France.

 
Une inquiétude partagée samedi par François Hollande : "dans certaines zones rurales, dans certains quartiers difficiles, il est devenu compliqué et parfois même impossible d'avoir recours à certains spécialistes dans une durée raisonnable, voire de trouver un généraliste, et même d'accéder en temps utile à des structures de soins", a-t-il déclaré devant le Congrès de la Mutualité française.

FTVi

 

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