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17 décembre 2011 6 17 /12 /décembre /2011 23:10

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Après le capitalisme (1)

 

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Dans le billet du 11 décembre, De la nature intime du capitalisme, nous avons tenté de répondre à la question « Un capitalisme à visage humain est-il possible ? » avant de conclure par la négative, compte tenu des exigences quasi-insurmontables que suppose une telle évolution.
  
Alors, quelle autre « solution », s’il en existe une ? Tenter d’y répondre suppose de prendre un peu de recul.
  
  
Homo economicus
  
Dans le précédent billet, nous avions noté que le système économico-social dénommé « capitalisme », qui a véritablement décollé lors de la révolution industrielle, se caractérise par une primauté essentiellement basée sur l’argent, par opposition à l’Ancien Régime, où la primauté était essentiellement basée sur la naissance.
  
Cette primauté de l’argent a sous-tendu la quasi-totalité des idéologies et mouvements de pensée des deux derniers siècles. Libéralisme économique vs socialisme ou marxisme a été le combat dominant de la fin du XIXe à la fin du XXe siècle : dans les deux cas, tout tourne autour de la distribution de la richesse matérielle dans la société et de l’opportunité de réguler ou non cette distribution.
  
Certains ne manquent d’ailleurs pas de souligner que cette place centrale qu’occupe la répartition de la richesse a fait de l’homme moderne un homo economicus. Il est non seulement devenu une « machine à consommer » (plus ou moins, en fonction de ses moyens financiers), mais aussi et surtout la quasi-totalité de la réflexion « sociétale » tourne autour de modèles économiques, fussent-ils « alternatifs ».
  
La « quête du bonheur » d’homo economicus se résume en la quête d’un « Graal économique », la recherche d’une société économique parfaite où la félicité de tous serait assurée. Partant de ce postulat, toutes les questions de l’existence sont examinées sous un prisme essentiellement, voire exclusivement, économique.
  
Cette tendance devrait se poursuivre jusqu’à l’absurde et à la marchandisation totale d’homo economicus, d’une part en tant que force de travail « atomisée » (voir Rêve de HAL), d’autre part en tant qu’être vivant, d’où notre hostilité à toute forme d’euthanasie, laquelle constituerait un élément déclencheur de cette évolution (voir La boîte de Pandore).
  
Lorsqu’il aura atteint un niveau de concentration des richesses insupportable mais surtout intenable, c’est-à-dire lorsqu’une majorité d’hommes ne reconnaîtront plus la détention de biens immatériels comme source de « richesse » (en d’autres termes, je détiens une entreprise parce que j’en suis le principal actionnaire. Mais, le jour où la majorité des individus considère les actions comme un bout de papier sans valeur, un peu comme de l’emprunt russe, alors tout bascule), le système économico-social basé sur la primauté de l’argent – le capitalisme – s’effondrera. Mais pour être remplacé par quoi ? Quelle « primauté » s’imposera alors ?
  
Un autre paradigme ?
  
Répondre aujourd’hui à cette question est non seulement difficile mais assurément hasardeux. Nous allons essayer de le faire mais en privilégiant l’étude de plusieurs scénarios ou tendances et en estimant leur probabilité de réalisation.
  
Trois points importants cependant :

● la future « primauté » est certainement déjà en germe dans nos sociétés, que ce soit au sein de la société dite « occidentale » ou dans d’autres sociétés, un peu comme le christianisme était déjà en germe – avec beaucoup d’autres « mouvements » concurrents – dans l’Empire romain décadent ;

● les scénarios que nous allons évoquer ne sont pas exclusifs l’un de l’autre. Ils peuvent cohabiter dans des zones géographiques différentes, voire à l’intérieur d’une même zone. Cette juxtaposition pourrait d’ailleurs renforcer l’impression de chaos qui ne manquera pas d’accompagner l’écroulement du système existant ;

● le « c’est impossible, ça n’arrivera jamais » n’existe pas en histoire. Que le catholicisme devienne un jour religion d’État des territoires conquis par Rome aurait semblé totalement absurde à un Romain du Ier siècle ; que la tête d’un roi de France puisse tomber dans un panier était inimaginable pour un Français de 1750 ; plus près de nous, qu’un noir devienne Président des États-Unis était impensable pour l’Américain moyen des années 1950.


Scénario n° 1 : la primauté de la force
  
La primauté de la force se taille la part du lion dans l’histoire, symbolisée très tôt par la fable d’Ésope, Le loup et l’agneau. Elle pourrait, sans doute plus rapidement qu’on ne l’imagine, se substituer à la primauté de l’argent.
  
Comment ce transfert pourrait-il s’opérer ? Forçons un peu le trait pour imaginer un scénario-type.
  
M. A… possède une fortune de plusieurs milliards d’euros. Il passe sa vie « entre New York et Singapour », comme le dit la chanson, achetant et vendant toutes sortes de biens, essentiellement immatériels : actions d’entreprises, obligations d’États, contrats à terme, etc. Il est entouré de banquiers, d’avocats d’affaires et d’un staff à dominante juridico-économique. Il a bien deux ou trois gardes du corps, mais pas plus. Il tire son pouvoir – sa primauté – de la détention d’un argent essentiellement virtuel.
  
Dans un contexte de concentration du capital et de baisse du rendement de l’argent lié à la « finitude » des ressources terrestres et à l’appauvrissement de la quasi-totalité de la population, la détention d’un énorme capital virtuel va avoir de moins en moins de « sens ». Pour que tous ces actifs immatériels aient de la valeur, il faut qu’il existe à la surface du globe une « masse critique » d’individus qui leur accordent de la valeur, aux yeux desquels ces actifs soient désirables. Pour raisonner par l’absurde, si un homme seul détient la totalité des actifs immatériels de la planète, ceux-ci ont une valeur infinie… ou pas de valeur du tout.
  
Nous n’en arriverons évidemment pas à cette situation extrême mais plutôt à une phase où les « capitalistes », réalisant la fragilité et perdant confiance en la solidité de leurs actifs immatériels, vont chercher à les transformer en biens tangibles détenus et protégés par la force.
  
Comment ? Par exemple, en achetant ou en s’emparant (le premier, car les retardataires ne seront pas servis !) d’une zone géographique ou d’un territoire que l’on fait alors contrôler par une armée privée (voir De Mégara à Wall Street). Ce faisant, la primauté de l’argent se trouve remplacée par la primauté de la force. La principale menace qui pèse alors sur notre « ex-capitaliste » n’est plus l’autre capitaliste qui pouvait le battre au Monopoly boursier mais le « seigneur » du territoire voisin qui convoite ses terres ou ses usines, voire le commandant de son armée privée qui se verrait bien « calife à la place du calife ».

En d’autres termes, nous passerions d’un rapport dominant/dominé (ou maître/esclave) basé sur l’argent à un rapport identique basé sur la force, dans une société « re-primitivisée ».
  
Ce fut en partie – en partie seulement – la primauté qui s’établit à la fin de l’Empire romain. Débris de l’armée romaine et tribus barbares dominaient alors par la force, remplaçant l’ancienne primauté basée sur le droit, la philosophie, l’argent ou la religion qui caractérisait la société romaine traditionnelle.
  
On trouve aujourd’hui les prémices de ce scénario « primauté de la force » dans plusieurs types de situations et/ou de zones géographiques :


● les « non-États », par exemple ceux situés dans la corne de l’Afrique, où la kalachnikov fait la loi ;

● les « démocraties sous contrôle », type Russie, où primauté de la force et primauté de l’argent s’interpénètrent ou se concurrencent, selon les circonstances ;

● certaines zones dites « de non-droit », situées au cœur des nations occidentales : ghettos nord-américains, favelas sud-américaines ou certaines banlieues européennes. La dégénérescence des États-nations qui va accompagner la phase ultime du capitalisme pourrait bien accélérer ce scénario : des caïds locaux, lointains héritiers des chefs barbares des IVe et Ve siècles, s’assurent par la force d’une emprise plus ou moins grande sur un territoire géographique donné.


Ce scénario d’une « primauté de la force » nous semble être le plus probable lors d’une première étape, celle de la dégringolade des États-nations puis du système capitaliste lui-même. Pourquoi ? Parce qu’il est un grand « classique » de l’effondrement des civilisations : « l’explosion » du capitalisme laissera homo economicus nu et, dans la plupart des cas, dépourvu de repères et d’alternatives. Le recours à la force – la primauté de la force – apparaîtra alors comme la solution la plus « évidente » dans un contexte de désagrégation des normes sociales.
  
Mais ce ne sera pas la seule. Il existe d’autres alternatives, que nous aborderons dans un prochain billet.
  
  
Lundi
© La Lettre du Lundi 2011

 

 

Mon commentaire :

 

eva R-sistons Says:

 

Bonjour

 

je ne suis pas d’accord avec la fin de ce post. En effet, les pays sont mal choisis. Plutôt que la Russie avec ses oligarques - depuis l’imposition du capitalisme par l’Occident - mais aujourd’hui au service de tous via de grands dirigeants comme Poutine qui aime son pays et qui a recréé une classe moyenne, plutôt, donc, je parlerai de tous les Etats conquis par l’Occident militaro-financier, Irak, Libye etc, dépecés, pillés etc… Et Rothschild qui achète des pans entiers de pays ? Comment va-t-il les défendre contre les affamés, comment va-t-il exploiter les richesses à son profit à la barbe des autochtones dans la misère ?

 

Eva

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12 décembre 2011 1 12 /12 /décembre /2011 06:40

http://bakchich-old.static.ddz.fr/IMG/jpg_paradisfiscaux.jpg

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Samedi 10 décembre 2011

Les explications dans nos médias sous influence, sont toujours les mêmes :

La Grande Bretagne est un electron libre, les britanniques sont des solitaires, ils sont dedans mais uniquement quand çà les arrangent, mais on les aime comme cà !

 

Et puis pas question de réduire à la portion congrue la City qui draine une bonne partie des capitaux mondiaux qui autrement iraient ailleurs. La City est une institution inaltérable, on ne pourrait même pas imaginer de taxer les transactions financières sur la base de 0,001 % . La taxe Tobin ne passera pas, qu'on se le dise..choking.

Alors, vous pensez, accepter ce nouveau pacte qui mettrait sous tutelle l'ensemble des politiques des Etats signataires reviendrait pour les anglais à se couper un jambe.

 

Toutes ces foutaises servent à amuser la galerie, à gaver de miel une opinion peu regardante mais le diable se cache dans les détails et les détails en Grande Bretagne s'appellent les Paradis Fiscaux.

 

Rien de ce qu'on veut nous faire croire sur la soi-disant singularité anglaise n'est le reflet de la réalité. La City n'est pas une institution flairant bon la respectabilité et la tradition, non ce pays est rien moins qu'un repaire de brigands de par sa place financière respectée de tous, qui n'est autre qu'un tripot où convergent la plupart des flux de blanchiment d'argent sale.

 

Si Cameron n'a pas voulu signer le compromis c'est qu'il n'en avait pas le pouvoir. Car le pouvoir britannique n'appartient pas au gouvernement ni au premier ministre, pas même au peuple. Le pouvoir appartient à la City.

La vrai raison du singularisme, de la puissance en sous-main, c'est la City qui participe à l'enrichissement des oligarchies mondiales.

 

Pourquoi alors la Grande Bretagne reste-t-elle dans la C.E.E ?

C'est un trop gros morceau d'Europe pour rester en dehors des institutions, et pour mieux disperser les soupçons même si en réalité elle se trouve en dehors de la Communauté dès que sa solidarité est réellement mise à contribution.

 

De plus, le fait que la respectable Grande-Bretagne soit la garante des territoires de fraude généralisée et de dépendances pratiques au business occulte permet à ceux-ci d'échapper aux listes noires ou grises censées répertorier les Paradis Fiscaux.

 

En fait ce qui se trouve dans la Communauté, c'est la Grande Bretagne proprement-dite, mais surtout pas la City qui dicte le comportement du gouvernement dès lors que la menace d'une intrusion extérieure se fait jour.

 

C'est exactement ce qui se passe en ce moment où les gouvernements européens s'ingénient à trouver des solutions miracles à une crise qui n'est pas du tout une crise des dettes souveraines comme on veut bien nous l'expliquer, mais une conséquence du pillage systématique des richesses par une pompe aspirante à l'échelle planétaire et dont le coeur opérationnel se trouve à la City à Londres.

 

La Grande Bretagne c'est la majorité des paradis fiscaux du monde, c'est Jersey, Gernesay, les îles Caïmans, Anguilla, Gibraltar, les ïles Bermudes, Montserrat, les ïles Turques et Caïques, les îles Vierges britanniques, l'ïle de Man etc...

 

Suite au désistement anglais, à ce cavalier seul qui pourrait passer pour une bravade de plus, les journaux insulaires jouent les veuves effarouchées. The Guardian s'attarde sur l'isolement éventuel du Royaume Uni vis-à-vis du reste de l'Europe estimant qu'avec cette décision "Cameron met à plat 50 ans de politique étrangère".

et le quotidien d'ajouter "plus rien ne sera comme avant". De son côté, The Times, quotidien de centre droit, écrit à demi-mots que ce sont "les pays européens qui ont tourné le dos à Cameron" plutôt que le contraire.

 

Les anglais tournent autour du pot, tout le monde sait la triste vérité, mais ne pipe mot. Le pire c'est que nos médias font de même estimant qu'il ne serait de l'intérêt de personne de révéler l'horreur absolue des mécanismes financiers continentaux qui subtilisent à l'impôt donc aux deniers publics ce qui ne serait qu'un juste rétribution. Car nos médias appartiennent à des multinationales qui profitent du système et ne veulent surtout pas ébranler l'échafaudage.

 

Alors on explique que les vraies coupables, ce sont les petits qui bénéficient de lois sociales trop laxistes, ce sont les smicards qui coûtent plus que les fourmis chinoises, ce sont les 35 heures, la sécurité sociale, l'école publique. Alors on tranche dans le lard,on exploite la peur du lendemain, on badigeonne le futur de coupe budgétaire, de restrictions, d'augmentation du chômage, on crétinise le peuple pour mieux le contraindre et l'exploiter.


extrait d'un article de Provola

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4 décembre 2011 7 04 /12 /décembre /2011 14:02

http://www.madinin-art.net/images/afrique_pillee.jpg

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En Afrique, le pillage des richesses va de concert

avec les paradis fiscaux  

03/12/2011




Un membre du Parlement britannique, Eric Joyce, chef de la commission interpartis consacrée à l’Afrique des Grands Lacs, a rendu public un rapport dans lequel il livre son estimation du montant des sommes détournées par le pouvoir congolais dans le cadre de cession d’actifs miniers : 5,5 milliards de dollars (4,2 milliards d’euros). Il met en ligne des contrats cachés jusqu’ici et décrit ce qu’il qualifie de “façon de procéder systématique, consistant à brader des actifs miniers congolais à des compagnies écran, presque toutes enregistrées aux Iles Vierges (…) avant de les céder à des proches”. Certaines de ces sociétés ont été associées à l’homme d’affaires israélien Dan Gertler, qui avait déjà reçu du père de l’actuel chef de l’Etat la concession de la commercialisation de l’ensemble des diamants congolais. (Source : Le Monde) C’est un exemple de ce qui se pratique un peu partout, pas seulement en Afrique.

Les sociétés écrans (ou fictives) sont créées pour empêcher de remonter à certaines Familles. De telle manière qu’il est très difficile de savoir qui contrôle REELLEMENT telle ou telle grande Firme qui, habilement, emploie des pointures de la politique, devenues de simples “représentants”, voire des employés chargés de mettre en œuvre un scénario “sociétal”… Pourquoi pensez-vous à Goldman Sachs? Voir le dernier numéro (243) de LIESI sur le rôle de GS… et ses “employés”; dont l’un d’eux vient d’être nommé à la tête de la BCE… rien que ça.

http://liesidotorg.wordpress.com/2011/12/02/en-afrique-le-pillage-des-richesses-va-de-concert-avec-les-paradis-fiscaux/

http://www.alterinfo.net/notes/En-Afrique-le-pillage-des-richesses-va-de-concert-avec-les-paradis-fiscaux_b3502271.html

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2 décembre 2011 5 02 /12 /décembre /2011 14:35
http://www.librairie-publico.com/IMG/jpg/La_strategie_du_choc308.jpg
http://www.librairie-publico.com/IMG/jpg/La_strategie_du_choc308.jpg
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La stratégie du choc
de Naomi Klein,
la stratégie appliquée aujourd'hui
à l'Europe

 

Tout aujourd'hui nous pousse à accepter comme inéluctable les désastres à venir.
 
Tout est enclin à façonner notre conscient et notre inconscient afin de détruire notre vivre ensemble pour offrir aux ultrariches et aux entreprises transnationales nos biens communs que sont les services publics.
 
La santé, l'éducation, le logement, les retraites,...jusqu'à nos infrastructures que sont les bâtiments publics, les routes, les ports ... Tous ces biens sont sur le point d'être bradés aux bandits de grand chemin que sont les "investisseurs"  et "lémarchés".
 
Ces nouveaux dictateurs sont sur le point de remporter la victoire décisive sur les peuples d'Europe. Tout est orchestré pour que nous ne puissions pas envisager d'autres solutions.
 
Le ballet médiatique permanent impose la vision totalitaire des experts autoproclamés de tout poil qui émargent auprès des puissants.
 
Monsieur Sarkozy travesti en "Superman" ou en" Captain América" * s'agite de sommet en sommet pour sauver le monde.
 
En fait l'actuel président est très actif mais dans un tout autre domaine. Il s'acharne à détruire notre modèle social mis en place à la Libération dans une France ruinée et pillée. A cette époque, des hommes courageux et déterminés avaient, au péril de leur vie, combattu la barbarie nazie et élaboré le programme du "Conseil National de la Résistance" destiné à construire "Les jours heureux" que nous avons cru inattaquables.
 
Notre hyper-président nous propose comme inéluctable la fin de la République, la fin de la France en tant qu'état et en tant que nation organisée. Notre seule chance serait de s'arrimer à l'Allemagne afin de devenir un quelconque "Lander".
 
Nous avons le devoir de regarder ces propositions pour ce qu'elles sont et non pas croire stupidement les boniments que l'on nous assène. 
 
Le blog d'Olivier Berruyer "les crises.fr" vient de publier ce 2 décembre une information:"La stratégie du choc de Naomi klein".
 
Je vous parle très souvent du  livre et du film de cette universitaire américaine. Nous devrions tous connaître son travail afin d'échapper au pillage qui se prépare.
 
Je vous communique le lien ci-dessous, mais pour ceux qui n'auraient pas immédiatement le temps je vous propose quelques minutes édifiantes. L'interview de Naomi Klein au Grand Journal de Canal+ après la sortie du film. 

Je n'ai pas pu m'empêcher d'extraire quelques morceaux choisis.
  • Après le passage de Katrina à la Nouvelle-Orléans, quand les gens étaient dans la panique la plus totale et avaient besoin de secours, un rapport du gouvernement de Washington disait:"Solution: Economie de Marché". Suite à l'ouragan ils envisageaient de privatiser les logements, la santé, l'éducation et c'est ce qu'ils ont fait.
  • La France a beaucoup résisté à cette orthodoxie économique, elle a préservé son modèle social.
  • Monsieur Sarkozy à quelque chose de très ambitieux à l'esprit, il veut faire mieux que Margaret Thatcher.
  • Je suis animée par un certain espoir, car cette stratégie est conçue pour tirer parti de nos moments de faiblesse, de nos moments de peur. Cette stratégie ne peut fonctionner  que si l'on ne sait pas qu'elle est à l'oeuvre. Dès lors qu'on l'a dévoilé et que l'on sait qu'elle est à la manoeuvre alors on peut agir...
Vous retrouverez ces extraits dans l'interview de Canal+.
 
 
 
Voici le texte intégral avec le film dans le billet d'Olivier Berruyer
 
.
 
 
Dans le cas où l'accès au film serait difficile voici un lien direct
 

http://youtu.be/MKeiChMRWTU

 

 

En complément, l'intervention dArnaud Montebourg sur LCP le 1° décembre 2011.

 

http://didr06.blogspot.com/2011/11/arnaud-montebourg-invite-de-lcp.html?spref=fb

 

Bonne lecture.
 
 
 
Dans cette période difficile où tous les scénari sont possibles,
je vous invite à agir, si vous le désirez.
Faire circuler cela à vos contacts.
 Assister à toutes les conférences et manifestations pour faire reculer la barbarie qui s'installe.

Par exemple le samedi 3 novembre à 18h,  
salle de la FSGT  27, rue Smolett  à Nice",
une conférence

"Pour sortir de la dette faut-il sortir de l'euro? "  
Par Jacques NIKONOFF
.

Lucien PONS

 

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28 novembre 2011 1 28 /11 /novembre /2011 00:35
http://a7.idata.over-blog.com/0/42/89/70/autre-monde.jpg
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Dimanche 27 novembre 2011
Un texte de 1946...d'une brûlante actualité, au même titre que le programme du Conseil national de la Résistance.
Source : Mouvement Politique d'éducation populaire M'PEP    http://www.m-pep.org/

Le libre-échange est une croyance fanatique. Ses évangélistes, notamment regroupés au sein de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), ont condamné à mort des milliers d’habitants des pays pauvres. Les politiques qu’ils ont imposées ont provoqué, parfois de façon effroyable, l’aggravation des inégalités entre pays et à l’intérieur de chaque pays. Contrairement à ce que prétend la théorie du libre-échange, nulle part l’augmentation du commerce international n’a permis de « tirer » la croissance économique dans chaque pays, pas plus que la suppression des barrières douanières (« libéralisation » dans le langage de l’OMC).

Le libre-échange est une domination monstrueuse et hypocrite des riches des pays riches sur le reste de la planète. La Grande-Bretagne et les Etats-Unis, aujourd’hui fanatiques du libre-échange, étaient hier protectionnistes. Ce n’est qu’une fois leur position dominante acquise sur le plan industriel qu’ils sont devenus libre-échangistes. Avec le libre-échange, les pays africains, par exemple, n’auront jamais d’agriculture permettant l’autosuffisance et la souveraineté alimentaires, jamais d’industrie pharmaceutique, sidérurgique ou chimique, etc. Lorsque près de 2 milliards de personnes vivent avec moins de 2 dollars par jour, l’expansion du commerce n’a aucun sens. Que vont-elles pouvoir acheter de plus ? Seule l’aide publique au développement, et non le commerce libre-échangiste, est susceptible de réduire puis de supprimer cette pauvreté effroyable. De même que la « financiarisation » de l’économie, la « marchandisation » de toute activité humaine au travers du libre-échange ne sert que les ambitions hégémoniques de l’oligarchie des multinationales.

Le libre-échange est un des principaux piliers de l’idéologie néolibérale. La mondialisation néolibérale, à cet égard, peut être définie comme la réorganisation du travail à l’échelle planétaire, afin de redresser les profits et la productivité, grâce à la libre circulation des marchandises, des capitaux, des services et de la main-d’oeuvre. Le libre-échange a été érigé en tabou. Ceux qui le combattent et qui considèrent que la nation a un rôle à jouer sont qualifiés de nationalistes ou souverainistes ; ceux qui considèrent qu’il faut respecter la souveraineté populaire sont accusés de populistes ; ceux qui considèrent que l’Etat doit réguler les marchés sont stigmatisés comme étatistes ; et ceux qui critiquent le libre-échange sont jugés protectionnistes.

Face au libre-échange, les alternatives proposées par les gouvernements ou les organisations sociales (partis politiques, syndicats, associations) ne sont pas à la hauteur. Elles se limitent, au mieux, à réclamer une réforme démocratique de l’Organisation mondiale du commerce. Une telle réforme, bien sûr, si elle advenait, serait un grand pas en avant. Cependant la question principale n’est pas celle du fonctionnement de l’OMC, mais celle du fonctionnement du commerce international lui-même. C’est le libre-échange qu’il faut frapper au cœur. Or, à cet égard, aucune alternative systémique n’est véritablement proposée pour l’instant et mise en débat afin d’irriguer les luttes sociales et les politiques publiques.

Le moment est venu de briser ce tabou. Telle est la raison de l’exhumation du texte de la Charte de La Havane dont le contenu est susceptible de stimuler les esprits les plus aplatis.

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, un vaste bilan des relations internationales est opéré par les gouvernements victorieux. Les économies européennes sont largement détruites, il faut quasiment tout reconstruire dans plusieurs pays. Les grandes puissances cherchent alors à élaborer des instruments internationaux permettant d’éviter le retour du chaos économique et des guerres commerciales qui avaient caractérisé la décennie de l’avant-guerre. La crise de 1929, en effet, avait entraîné la montée du protectionnisme, l’effondrement du commerce mondial et contribué à précipiter le monde dans la tourmente.

La coopération économique est établie comme l’un des buts et principes de l’ONU, cette dernière reconnaissant les fondements économiques de la paix dans l’article 55 de la Charte des Nations Unies. Déclare-t-on la guerre à ses partenaires commerciaux ? L’ONU s’attelle donc à la reconstruction d’un ordre économique international cohérent. Il fallait créer une institution chargée de maintenir la stabilité monétaire internationale, en prévenant la course aux dévaluations. C’est dans ce but que fut créé le Fonds monétaire international (FMI). A ses côtés, la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD), appelée Banque mondiale, fut chargée du financement de ce double objectif défini dans son titre. Le troisième pilier devait être une organisation internationale du commerce.

Tout débute en 1946 quand, sous les auspices du Conseil économique et social des Nations unies, est convoquée la Conférence de La Havane en vue d’élaborer la charte constitutive d’une organisation internationale du commerce.

Ce projet très ambitieux, qui vise à la création de cette organisation en tant qu’institution spécialisée de l’ONU, ne verra malheureusement jamais le jour. Même si 53 nations l’ont signée, aucune n’a jamais ratifié la Charte qui est devenue lettre morte après avoir été discrètement retirée à l’étape de son examen par le Sénat américain. C’est donc en dehors du cadre onusien que le système commercial multilatéral va s’organiser.

Le Conseil économique et social des Nations Unies, par une résolution en date du 18 février 1946, décidait de convoquer une « Conférence internationale sur le commerce et l’emploi en vue de favoriser le développement de la production, des échanges et de la consommation des marchandises ». La Conférence s’est réunie à La Havane (Cuba) du 21 novembre 1947 au 24 mars 1948. Elle a arrêté le texte de la Charte de La Havane « instituant une Organisation internationale du commerce » (OIC), qui a été soumis aux gouvernements représentés à la Conférence.

Elle a donné lieu à trois documents :

  • L’Acte final

  • La Charte de La Havane instituant une Organisation internationale du commerce, et ses annexes

  • Les résolutions adoptées par la Conférence

Sans attendre la fin des négociations, 23 Etats décidaient, en 1947, de détacher le chapitre du projet de Charte relatif aux échanges de produits manufacturés et d’en faire l’Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT). Accident historique, le GATT restera, jusqu’en 1994, le seul instrument multilatéral régissant le commerce mondial. De 1948 à 1994, ce même terme a également désigné l’organisation internationale provisoire destinée à gérer cet accord.

Le rôle le plus visible du GATT au cours de ses quelques décennies d’existence aura été celui de l’organisation de « cycles » périodiques de négociations en vue d’abaisser les barrières douanières, d’obtenir des « concessions » et de régler d’autres questions commerciales.

Huit cycles ou « rounds » se sont tenus sous l’égide du GATT jusqu’à la création de l’OMC, à la suite de l’Uruguay round, lors de la conférence de Marrakech le 15 avril 1994. Jusqu’au milieu des années soixante, les différends commerciaux entre pays sont peu nombreux. On assiste à une diminution progressive des tarifs douaniers sur les produits industriels (mais sur eux seuls) : ils passent de 40 % au lendemain de la Seconde Guerre mondiale à 5 % environ à notre époque. Un certain consensus règne alors pour plusieurs raisons : les Etats-Unis dominent le monde et ne se sentent pas menacés par un quelconque concurrent commercial. Le capitalisme (les « Trente Glorieuses ») est alors encadré (ou régulé), les Etats interviennent fortement dans l’économie, la croissance est élevée, le chômage très faible. Les Pays en voie de développement (PVD) obtiennent des concessions, car dans le contexte de la guerre froide, les pays occidentaux veulent éviter leur basculement dans le camp soviétique. Le libre-échangisme est très modéré et il ne touche que peu de secteurs.

L’Uruguay Round (1986-93), convoqué sur une idée de Ronald Reagan, va consacrer la fin du libre-échangisme modéré et consensuel, tandis que le triomphe de l’idéologie néolibérale sera favorisé par l’écroulement des Pays de l’Est. Ce long cycle voit s’affronter les Etats-Unis, la Communauté économique européenne (CEE) et le Japon entre eux, mais va aussi voir monter la pression du groupe des PVD oubliés de la prospérité. L’objectif est de supprimer les mesures protectionnistes non tarifaires (autres que les tarifs douaniers) et étendre les mesures libre-échangistes à toutes les activités.

Cette généralisation de la libéralisation du commerce international ne rendait que plus urgente la recherche d’alternatives. C’est en ce sens que la Charte de La Havane présente autant d’intérêt puisqu’elle envisageait les relations commerciales internationales d’un tout autre point de vue. Sa lecture est un véritable bain de jouvence ! Elle devrait fournir aux militants altermondialistes, aux organisations syndicales et politiques, aux élus et fonctionnaires concernés par ces questions une matière particulièrement riche pour renouveler leurs conceptions du commerce international et du développement. Ils devraient donc lire cette Charte toutes affaires cessantes !

L’Organisation internationale du commerce que voulait créer la Charte de La Havane était partie intégrante de l’ONU

Seule l’ONU donne, ou plus exactement devrait donner au système international sa légitimité. Elle est, ou elle devrait être la pierre angulaire du système des organisations internationales. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale c’est donc logiquement dans le cadre politique et juridique de l’ONU que s’est engagée la réflexion sur l’Organisation internationale du commerce. La Charte de La Havane a été élaborée et négociée dans un comité de l’ONU. Même si l’OIC n’a jamais vu le jour, il faut rappeler que c’est l’ONU qui a convoqué la Conférence de La Havane, a aidé à la préparer, puis a ultérieurement fourni le personnel du premier secrétariat du GATT. Une des revendications de la mouvance altermondialiste, d’ailleurs, est l’intégration de l’OMC dans le cadre onusien.

Dans cette perspective le texte de la Charte de La Havane montre comment le FMI, la BIRD, l’OIC, l’OIT pouvaient collaborer.

La Charte de La Havane est probablement le premier texte international à évoquer le développement

La question des liens entre commerce et développement a été évoquée pour la première fois à la Conférence de La Havane par les pays d’Amérique latine. Plus tard, l’accession à l’indépendance des pays en développement d’Afrique et d’Asie, à la suite de la Conférence de Bandung de 1955, a relancé une dynamique mondiale visant à créer un système commercial international qui favorise le développement économique et social. C’est pour réaliser cet objectif que la Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement (CNUCED) a été créée en 1964. La Charte de La Havane propose une approche qui se situe aux antipodes des conceptions actuelles du commerce international. Pour elle ce commerce ne peut avoir qu’un seul objet : le développement de chaque pays considéré individuellement, dans un cadre de relations internationales fondées sur la coopération et non sur la concurrence.

La Charte de La Havane ne sépare pas le commerce international et emploi

La Conférence de La Havane a tenté de traiter une question essentielle : l’articulation entre le commerce et l’emploi. C’est pourquoi elle s’intitulait « Conférence internationale sur le commerce et l’emploi ». A l’époque, tout le monde croyait au plein emploi. Aujourd’hui, cet objectif a non seulement été abandonné, mais le chômage est devenu la « variable d’ajustement » de l’économie.

On ne trouvera jamais, d’ailleurs, dans la littérature de l’OMC, l’objectif du plein emploi comme raison du commerce international. L’article 1 de la Charte de La Havane, qui en fixe l’objet, est particulièrement clair : « Atteindre les objectifs fixés par la Charte des Nations Unies, particulièrement le relèvement des niveaux de vie, le plein emploi et les conditions de progrès et de développement. »

On croit rêver !
L’article 2 précise que « les Etats membres reconnaissent qu’il n’est pas uniquement de leur intérêt national de prévenir le chômage et le sous-emploi [...] mais que la prévention du chômage et du sous-emploi est également une condition nécessaire pour [...] le développement des échanges internationaux, et, par conséquent, pour assurer le bien-être de tous les autres pays. »

Ainsi « les Etats membres reconnaissent que, si la prévention du chômage et du sous-emploi dépend, au premier chef, de mesures intérieures, prises individuellement par chaque pays, ces mesures devraient être complétées par une action concertée, entreprise sous les auspices du Conseil économique et social des Nations Unies et avec la collaboration des organisations intergouvernementales qualifiées... »

A quand une réunion sur le plein emploi organisée par l’OMC ?

Un principe fondamental : celui de l’équilibre de la balance des paiements

Ce principe est le plus important de la Charte de La Havane et lui donne sa charpente. Il signifie qu’aucun pays ne doit être en situation structurelle d’excédent ou de déficit de sa balance des paiements. Autrement dit, pour simplifier, dans les échanges commerciaux bilatéraux entre pays, c’est la règle « je t’achète autant que tu m’achètes » qui doit prévaloir.

La balance des paiements retrace l’ensemble des relations entre les agents économiques résidents et les non-résidents (activités sur le territoire national d’une durée inférieure à un an ou agents économiques à l’étranger). Elle mesure l’ensemble des échanges économiques : flux de marchandises, de services et de capitaux.

Pour chaque flux, il y a une opération « réelle » et une opération monétaire. Si j’achète des voitures anglaises, ces voitures (flux réels) entrent en France et des capitaux (flux monétaires) en sortent pour effectuer le paiement. L’importation est inscrite au débit (sortie) de la balance commerciale alors qu’une exportation est inscrite au crédit (entrée). Quand on importe, il y a une baisse des avoirs de réserve (sorties de devises) ; quand on exporte, il y a une augmentation des avoirs de réserve (entrées de devises).

On confond souvent balance des paiements et balance commerciale. La balance commerciale correspond seulement aux flux de biens (la balance des services retraçant les flux de services).

Ce qu’il y a de radicalement nouveau dans la Charte de La Havane par rapport à la situation actuelle, c’est la recherche de l’équilibre de la balance des paiements comme principe général.

Ainsi l’article 3 énonce-t-il que « les Etats membres chercheront à éviter les mesures qui auraient pour effet de mettre en difficulté la balance des paiements d’autres pays. » Autrement dit, la « priorité aux exportations », qui est le mot d’ordre général de tous les pays, et particulièrement de la France depuis l’alignement de 1982-1983 sur les politiques néolibérales, ne saurait être une politique acceptable pour l’OIC. En effet, cette « priorité aux exportations » affiche clairement son ambition : créer chez soi un excédent structurel de la balance des paiements. Comme on n’exporte pas sur la lune et qu’il faut bien que d’autres pays achètent ce qui est exporté, il est créé chez eux un déficit structurel. Une telle situation, par définition, ne peut que déséquilibrer le commerce international et en faire un lieu d’affrontement au lieu d’en faire un outil de coopération..

C’est pourquoi l’article 4 de la Charte de La Havane parle du « rétablissement de l’équilibre interne de la balance des paiements » comme d’un objectif fondamental de l’OIC.

L’article 6 envisage ainsi des « mesures de protection en faveur des Etats membres exposés à une pression inflationniste ou déflationniste extérieure. » Même chose pour l’article 21 qui détaille les « restrictions destinées à protéger la balance des paiements ». Par « restrictions » il faut entendre la méthode des contingents, les licences ou les permis d’importation sans fixation de contingents. Tout Etat membre de l’OIC pourra, par exemple, en vue de sauvegarder sa position financière extérieure et sa balance des paiements, « restreindre le volume ou la valeur des marchandises dont il autorise l’importation ». C’est parfaitement logique : pour rééquilibrer une balance des paiements déficitaire, l’un des moyens principaux est la limitation des importations. Bien entendu ces mesures protectionnistes sont encadrées par la Charte de La Havane et ne sont autorisées que dans les cas suivants :

  • pour s’opposer à la menace imminente d’une « baisse importante de ses réserves monétaires ou pour mettre fin à cette baisse » ;

  • pour augmenter ses réserves monétaires « suivant un taux d’accroissement raisonnable, dans le cas où elles seraient très basses. »

Ces mesures, en outre, doivent faire l’objet d’une gestion collective et solidaire au sein de l’OIC. L’Etat membre qui applique des restrictions « les atténuera progressivement jusqu’à suppression complète, au fur et à mesure que sa position financière extérieure s’améliorera ». Cette disposition n’est d’ailleurs pas interprétée dans la Charte de La Havane comme obligeant un Etat membre concerné à atténuer ou à supprimer ces restrictions si cela devait créer une situation qui justifierait de nouvelles restrictions.

De la même manière la Charte de La Havane indique que ses Etats membres doivent reconnaître mutuellement les politiques nationales qu’ils mènent à propos « de la réalisation et du maintien du plein emploi productif », du « développement des ressources industrielles et des autres ressources économiques », de l’ « élévation des niveaux de productivité ». Chaque Etat doit donc « considérer que la demande de devises étrangères au titre des importations et des autres paiements courants » peut consommer une part importante des ressources d’un autre Etat pour se procurer des devises étrangères « au point d’exercer sur ses réserves monétaires une pression justifiant l’établissement ou le maintien de restrictions ». Dès lors chaque Etat est invité à accepter des mesures protectionnistes venant des pays concernés.

Celles-ci seront le résultat d’une négociation et non d’une décision unilatérale. Dès lors, tout Etat membre qui envisage d’appliquer des restrictions à ses importations devra, avant de les établir (ou si les circonstances ne permettent pas une consultation préalable, immédiatement après les avoir établies), « entrer en consultation avec l’OIC sur la nature des difficultés qu’il éprouve dans sa balance des paiements, sur les autres correctifs qui peuvent s’offrir à lui ainsi que sur la répercussion possible de ces mesures sur l’économie des autres Etats membres. »

Inversement, tout Etat membre qui considère qu’un autre Etat membre applique des restrictions d’une manière incompatible avec ses propres intérêts, « pourra soumettre la question à l’OIC pour discussion. L’Etat membre qui applique ces restrictions participera à la discussion. Si, au vu des faits avancés par l’Etat membre qui a recours à cette procédure, il apparaît à l’OIC que le commerce de cet Etat membre subit un préjudice, elle présentera ses observations aux parties en vue de parvenir à un règlement de l’affaire satisfaisant pour les parties et pour l’Organisation. Si la question ne peut être réglée et si l’Organisation décide que les restrictions sont appliquées d’une manière incompatible, l’Organisation recommandera la suppression ou la modification de ces restrictions. Si les restrictions ne sont pas supprimées ou modifiées dans les soixante jours, conformément à la recommandation de l’Organisation, celle-ci pourra autoriser un ou plusieurs autres Etat membres à suspendre à l’égard de l’Etat membre qui applique les restrictions, tels engagements ou concessions résultant de la présente Charte ou de son application qu’elle spécifiera. »

Contrairement à une idée reçue, des mesures protectionnistes ne sont pas synonymes de relations conflictuelles entre Etats. Ni de créatrices d’une dynamique de repli du commerce international, aboutissant peu à peu à des formes d’autarcie. Le contenu de la Charte de La Havane montre que le protectionnisme ne peut fonctionner qu’à condition d’être universaliste.

Des normes de travail équitables

L’article 7 de la Charte prévoit que « les Etats membres reconnaissent que les mesures relatives à l’emploi doivent pleinement tenir compte des droits qui sont reconnus aux travailleurs par des déclarations, des conventions et des accords intergouvernementaux. Ils reconnaissent que tous les pays ont un intérêt commun à la réalisation et au maintien de normes équitables de travail en rapport avec la productivité de la main-d’oeuvre et, de ce fait, aux conditions de rémunération et de travail meilleures que cette productivité rend possibles. Les Etats membres reconnaissent que l’existence de conditions de travail non équitables, particulièrement dans les secteurs de la production travaillant pour l’exportation, crée des difficultés aux échanges internationaux. En conséquence, chaque Etat membre prendra toutes les mesures appropriées et pratiquement réalisables en vue de faire disparaître ces conditions sur son territoire. »

Cet article prévoit aussi que « les Etats membres qui font également partie de l’Organisation internationale du travail collaboreront avec cette Organisation, afin de mettre cet engagement à exécution » et que l’Organisation internationale du commerce « consultera l’Organisation internationale du travail et collaborera avec elle. »

Nous sommes à des années-lumière des conceptions et pratiques de l’OMC ! Avec cet article, les « maquilladoras » et autres « zones économiques spéciales » dans lesquelles les travailleurs et le plus souvent les travailleuses sont surexploités ne pourraient exister. Le dumping social serait interdit. Au lieu de l’hypocrite « clause sociale » que certains gouvernements - et même des syndicalistes ! - arborent pour masquer leurs renoncements, la Charte de La Havane permettrait de combattre efficacement le dumping social.

La coopération économique remplace la concurrence

Dans son article 10, la Charte de La Havane traite de la coopération en vue du développement économique et de la reconstruction nécessaires de l’après-guerre : « les Etats membres coopéreront entre eux, avec le Conseil économique et social des Nations Unies, avec l’OIT, ainsi qu’avec les autres organisations intergouvernementales compétentes, en vue de faciliter et de favoriser le développement industriel et le développement économique général ainsi que la reconstruction des pays dont l’économie a été dévastée par la guerre. »

Cet article conserve une parfaite actualité et serait valable, plus que jamais, dans la période actuelle. La mondialisation néolibérale, en effet, a ravagé certains pays comme aurait pu le faire une guerre... Il n’est donc pas extravaguant de parler de « reconstruction », même si pour la plupart des pays pauvres il convient de parler de « construction ».

Le contrôle des mouvements de capitaux

L’article 12 a un côté irréel quand on le compare à la réalité actuelle de la globalisation financière. Selon cet article, en effet, un Etat membre de l’OIC a le droit :

  • de prendre toutes mesures appropriées de sauvegarde nécessaires pour assurer que les investissements étrangers « ne serviront pas de base à une ingérence dans ses affaires intérieures ou sa politique nationale » ;

  • de déterminer s’il « autorisera, à l’avenir, les investissements étrangers, et dans quelle mesure et à quelles conditions il les autorisera » ;

  • de prescrire et d’appliquer « des conditions équitables en ce qui concerne la propriété des investissements existants et à venir ». Avec la Charte de La Havane, chaque Etat peut donc contrôler, en toute légalité, certains des mouvements de capitaux ! Qu’il s’agisse d’investissements de portefeuille ou d’investissements directs étrangers, la Charte de La Havane donne les outils juridiques pour s’opposer aux offres publiques d’achats (OPA), fusions et acquisitions transfrontalières ou à la pénétration du capital des entreprises cotées par les fonds de placement américains.

Les aides de l’Etat sont autorisées

Selon la théorie du libre-échange, tous les obstacles au développement du commerce doivent être supprimés. Parmi ces derniers se trouve évidemment l’Etat, notamment par les subventions qu’il peut accorder à l’économie.

Prenant le contre-pied exact de cette théorie, l’article 13 de la Charte précise que « les Etats membres reconnaissent que, pour faciliter l’établissement, le développement ou la reconstruction de certaines branches d’activité industrielle ou agricole, il peut être nécessaire de faire appel à une aide spéciale de l’Etat et que, dans certaines circonstances, l’octroi de cette aide sous la forme de mesures de protection est justifié. »

Là encore nous croyons rêver tellement le formatage des esprits, après plus de vingt ans de néolibéralisme, a fait douter de cette évidence. L’article 14 explique que « tout Etat membre pourra maintenir une mesure de protection non discriminatoire affectant les importations qu’il aura prise en vue de la création, du développement ou de la reconstruction de telle ou telle branche d’activité industrielle ou agricole ».

Prenons un exemple pour illustrer la portée considérable de cet article. Aujourd’hui, les pays africains les plus pauvres ne disposent pas d’une industrie pharmaceutique. Avec le libre-échange, n’ayant aucun avantage compétitif en ce domaine, ils sont voués éternellement à l’importation de médicaments et de matériel médical. Ajoutons que parallèlement le libre-échange de la main d’œuvre se traduit par des départs massifs de médecins africains vers les pays occidentaux ! Avec la Charte de La Havane, ces pays pourraient réduire leurs importations de médicaments, progressivement, au fur et à mesure qu’ils constituent leur propre industrie pharmaceutique...

Des accords préférentiels sont possibles

La plupart du temps, le bilatéralisme tel qu’il se développe aujourd’hui en marge du système de l’OMC va bien plus loin, en matière de libre-échangisme, que les accords de l’OMC. Le bilatéralisme, en tant que principe, n’est cependant pas en cause. Tout dépend de son contenu. La Charte de La Havane prévoyait ce cas de figure, dans un cadre coopératif.

Son article 15 énonce en effet que « les Etats membres reconnaissent que des circonstances spéciales, notamment le besoin de développement économique ou de reconstruction, peuvent justifier la conclusion de nouveaux accords préférentiels entre deux ou plusieurs pays, en considération des programmes de développement économique ou de reconstruction d’un ou de plusieurs d’entre eux. »

Autorisation de subventions

L’affaire des subventions américaines et européennes à leurs exportations agricoles, rendant leurs prix souvent inférieurs aux productions locales des pays pauvres, a suscité une réprobation mondiale justifiée. C’est la raison pour laquelle nombreux sont ceux, particulièrement au sein de la mouvance altermondialiste, qui demandent la suppression de ces subventions. Il ne faudrait toutefois pas considérer que toute subvention à un secteur économique est mauvaise en soi. Dans certaines circonstances de telles subventions sont indispensables. C’est ce qu’explique l’article 18 de la Charte : « les dispositions du présent article n’interdiront pas l’attribution aux seuls producteurs nationaux de subventions, y compris les subventions provenant du produit des taxes ou impositions intérieures [...] et les subventions dans la forme d’achat de produits nationaux par les pouvoirs publics ou pour leur compte. Les Etats membres reconnaissent que le contrôle des prix intérieurs par fixation de maxima [...] peut avoir des effets préjudiciables pour les intérêts des Etats membres qui fournissent des produits importés. En conséquence, les Etats membres qui appliquent de telles mesures prendront en considération les intérêts des Etats membres exportateurs en vue d’éviter ces effets préjudiciables, dans toute la mesure où il sera possible de le faire. »

L’article 25 apporte des précisions : si un Etat membre accorde ou maintient une subvention quelconque, y compris toute forme de protection des revenus ou de soutien des prix, qui a directement ou indirectement pour effet soit de maintenir ou d’accroître ses exportations d’un produit, soit de réduire les importations d’un produit sur son territoire ou d’empêcher une augmentation des importations d’un produit, « cet Etat membre fera connaître par écrit à l’OIC la portée et la nature de cette subvention, les effets qu’il en attend sur le volume du ou des produits affectés qu’il importe ou exporte ainsi que les circonstances qui rendent la subvention nécessaire ». Parallèlement, dans tous le cas où un Etat membre estimerait qu’une telle subvention porte ou menace de porter un préjudice sérieux à ses intérêts, des négociations s’ouvriront entre les Etats concernés « pour étudier la possibilité de limiter la subvention. »

En clair, chaque Etat est fondé - et autorisé - à subventionner des secteurs économiques en vue de stabiliser les prix et les revenus des producteurs.

Interdiction du dumping

Le dumping, fiscal ou social, a pour but de « conquérir » des parts de marché en proposant, dans un pays et pour un même produit, des prix plus bas que ceux en vigueur.

L’article 26 de la Charte interdit formellement ce genre de pratique : « aucun Etat membre n’accordera directement ou indirectement de subvention à l’exportation d’un produit quelconque, n’établira ni ne maintiendra d’autre système, lorsque cette subvention ou ce système aurait pour résultat la vente de ce produit à l’exportation à un prix inférieur au prix comparable demandé pour le produit similaire aux acheteurs du marché intérieur ».

Au moins c’est clair ! Si de telles mesures avaient été appliquées nous n’aurions pas assisté à la disparition presque complète de secteurs économiques comme le textile, la chaussure, l’ameublement...

Des mesures spéciales pour la production cinématographique

L’article 19 traite des « réglementations quantitatives intérieures » sur les films cinématographiques. Afin de permettre une production nationale, il organise un système de « contingents à l’écran » où un temps de projection est réservé aux productions nationales. En voici un extrait : « toute réglementation de cette sorte prendra la forme de contingents à l’écran qui seront gérés conformément aux conditions et prescriptions suivantes : les contingents à l’écran pourront comporter l’obligation de projeter, pour une période déterminée d’au moins un an, des films d’origine nationale pendant une fraction minimum du temps total de projection effectivement utilisé pour la présentation commerciale des films de toute origine ; ces contingents seront fixés d’après le temps annuel de projection de chaque salle ou d’après son équivalent. »

Possibilités de « restrictions quantitatives »

La Charte prévoit déjà la possibilité de « restrictions quantitatives » dans le but d’équilibrer la balance des paiements d’un pays qui en aurait besoin. L’article 20 reprend cette idée, mais pour d’autres raisons que la recherche de l’équilibre de la balance des paiements. Après avoir indiqué qu’il fallait les éliminer, il les définit ainsi : « prohibitions ou restrictions à l’importation d’un produit du territoire d’un autre Etat membre, à l’exportation ou à la vente pour l’exportation d’un produit destiné au territoire d’un autre Etat membre, autres que des droits de douane, des taxes ou autres redevances, que l’application en soit faite au moyen de contingents, de licences d’importation ou d’exportation ou de tout autre procédé ». Un pays peut avoir recours à des restrictions quantitatives dans les circonstances suivantes :

  • pendant la durée nécessaire pour prévenir une « pénurie grave de produits alimentaires ou d’autres produits essentiels pour l’Etat membre exportateur ou pour remédier à cette pénurie » ;

  • concernant les produits de l’agriculture ou des pêcheries, « quand elles sont nécessaires à l’application de mesures gouvernementales ayant effectivement pour résultat : de restreindre la quantité du produit national similaire qui peut être mise en vente ou produite ou, s’il n’y a pas de production nationale substantielle du produit similaire, celle d’un produit national de l’agriculture ou des pêcheries auquel le produit importé peut être directement substitué » ;

  • de résorber un excédent temporaire du produit national similaire ou, s’il n’y a pas de production nationale substantielle du produit similaire, d’un produit national de l’agriculture ou des pêcheries auquel le produit importé peut être directement substitué, « en mettant cet excédent à la disposition de certains groupes de consommateurs du pays, à titre gratuit, ou à des prix inférieurs au cours du marché » ;

  • de restreindre la quantité qui peut être produite de tout produit d’origine animale dont la production dépend directement, en totalité ou pour la majeure partie, du produit importé, « lorsque la production nationale de ce dernier est relativement négligeable ».

En ce qui concerne les restrictions à l’importation, elles sont autorisées si elles frappent « l’importation de produits qui ne peuvent être fournis par la production nationale que pendant une partie de l’année ».

Au total, « tout Etat membre qui se propose d’établir des restrictions à l’importation d’un produit devra, afin d’éviter de porter préjudice sans nécessité aux intérêts des pays exportateurs, en aviser par écrit, aussi longtemps que possible à l’avance, l’OIC et les Etats membres intéressés de façon substantielle à la fourniture de ce produit, avant l’entrée en vigueur des restrictions ».

Autrement dit, les réalités sociales et économiques concrètes peuvent impliquer des séquences de politiques protectionnistes négociées collectivement.

Les produits de base ne sont pas considérés comme des marchandises banales

Pour les militants altermondialistes, les « produits de base » (blé, riz, mil...) ne peuvent être considérés comme des marchandises ordinaires, négociables sur des marchés ordinaires. C’est pourquoi l’article 27 de la Charte de La Havane fait des « produits de base » une catégorie particulière. Il considère qu’un « système destiné à stabiliser soit le prix intérieur d’un produit de base soit la recette brute des producteurs nationaux d’un produit de ce genre, indépendamment des mouvements des prix à l’exportation, qui a parfois pour résultat la vente de ce produit à l’exportation à un prix inférieur au prix comparable demandé pour un produit similaire aux acheteurs du marché intérieur, ne sera pas considéré comme une forme de subvention à l’exportation ».

Il faut également mentionner l’article 28 qui stipule que « tout Etat membre qui accorde, sous une forme quelconque, une subvention ayant directement ou indirectement pour effet de maintenir ou d’accroître ses exportations d’un produit de base, n’administrera pas cette subvention de façon à conserver ou à se procurer une part du commerce mondial de ce produit supérieure à la part équitable qui lui revient. »

Incroyable ! La « conquête » de parts de marché est réprouvée par la Charte de La Havane !

Enfin, conformément aux dispositions de l’article 25, « l’Etat membre qui accorde cette subvention en fera connaître sans retard à l’OIC la portée et la nature, ainsi que les effets qu’il en attend sur le volume de ses exportations du produit et les circonstances qui rendent la subvention nécessaire. L’Etat membre entrera sans retard en consultation avec tout autre Etat membre qui estimera que la subvention porte ou menace de porter un préjudice sérieux à ses intérêts. Si ces consultations n’aboutissent pas à un accord dans un délai raisonnable, l’OIC établira ce qui constitue une part équitable du commerce mondial de ce produit ; l’Etat membre qui accorde la subvention se conformera à cette décision. »

En prenant cette décision « l’OIC tiendra compte de tout facteur qui a pu ou qui peut influer sur le commerce mondial de ce produit ; elle prendra particulièrement en considération les points suivants :

  • la part de l’Etat membre dans le commerce mondial du produit en question « pendant une période représentative antérieure » ;

  • le fait que la part de l’Etat membre dans le commerce mondial de ce produit est si faible que la subvention n’exercera vraisemblablement qu’une « influence négligeable » sur ce commerce ;

  • l’importance que présente le commerce extérieur de ce produit pour l’économie de l’Etat membre qui accorde la subvention et pour celle des Etats membres affectés de façon substantielle par cette subvention ;

  • l’intérêt qu’il y a à faciliter l’accroissement progressif de la production destinée à l’exportation dans les régions qui peuvent approvisionner le marché mondial en ce produit de la façon la plus efficace et la plus économique et par conséquent à limiter les subventions et les autres mesures qui rendent cet accroissement difficile.

Finalement, l’actualité de la Charte de La Havane reste intacte. Sortie de l’oubli, son contenu peut alimenter les débats - ou plutôt les lancer - sur ce qui reste probablement le plus étrange tabou qui frappe les économistes comme les responsables politiques. Dans ce débat, la prochaine étape devra porter sur les initiatives devant être prises par les Etats, individuellement et en petits groupes.

Lisez vite la Charte de La Havane !

Jacques Nikonoff,
le 26 octobre 2006.

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22 novembre 2011 2 22 /11 /novembre /2011 17:55

http://www.youtube.com/watch?v=jRF1Q3nfikg&feature=player_embedded#!

Les politiciens et les parlements sont incapables de gouverner

car ils sont tous achetés par les banques

Nous exigeons une assemblée constituante

et un audit international des dettes publiques  mondiales

 

 

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21 novembre 2011 1 21 /11 /novembre /2011 05:28
Le secret des Sept Soeurs (vidéo)

10 oct

Il était une fois… les Sept Soeurs.

http://mecanoblog.files.wordpress.com/2011/10/august_2011_f3_bigoil.jpg?w=463&h=302

 

Cette série de quatre documentaires d’environ 50 minutes retrace l’histoire des Sept Sœurs, le cartel des plus grandes compagnies pétrolières et de leurs manipulations pour s’emparer du pétrole mondial.

 

Retracer l’histoire du pétrole… vaste sujet. Comment vous êtes-vous lancé dans une telle aventure ?

Arnaud Hamelin : C’était un véritable challenge ! L’idée de ce film est née au cours d’un banal déjeuner. Il se trouve que Frédéric Tonolli et moi-même faisons partie des rares personnes à connaître l’accord d’Achnacarry qui, en 1928, marque la création d’un cartel international visant à partager entre ses membres les réserves mondiales de pétrole. Après une partie de chasse en Ecosse, les magnats du pétrole de l’époque se sont entendus dans le plus grand secret… Ce cartel, qui va dominer la planète durant un siècle, est encore omniprésent. Dans les nouvelles zones d’exploitation, il y a toujours une, voire plusieurs des Sept Sœurs présentes. C’est leur histoire, véritable et inavouable, que nous avons voulu raconter.

Comment avez-vous pensé votre récit ?

Arnaud Hamelin : Nous avons découpé Le Secret des Sept Sœurs de telle manière que chaque film puisse être vu indépendamment des autres. Raconter à chaque fois le début de l’histoire, c’est-à-dire le fameux rendez-vous à Achnacarry, permet d’avoir des unitaires qui font partie d’un ensemble et d’entrer tout de suite dans le vif du sujet. L’idée était de retracer l’histoire du pétrole sur un siècle avec ses innombrables dérapages, ce qui, convenons-en, n’a rien de simple. Pour rendre le sujet plus compréhensible, nous avons choisi de le faire de manière chronologique, mais en nous intéressant à chaque fois à une partie différente du globe. Ainsi, le premier épisode, Tempêtes et fortunes du désert, nous emmène au Moyen-Orient (Iran, Irak, Arabie saoudite…), où tout a commencé ; Safari dans l’eldorado noir plante le décor en Afrique (au Gabon, en Libye, au Nigeria, en Algérie…) ; La Danse de l’ours analyse plus particulièrement l’histoire du pétrole en Russie et dans les anciennes républiques soviétiques (Azerbaïdjan, Géorgie) ; Le Temps des mensonges constitue la fin de l’exposé et revient sur la guerre économique que se livrent aujourd’hui les Etats-Unis, la Chine et la Russie pour la conquête de nouveaux marchés et de nouveaux territoires à exploiter.

Le film est jalonné de témoignages d’experts. Comment les avez-vous choisis et avez-vous essuyé des refus ?

Arnaud Hamelin : Pour un producteur, ce film a été un pari difficile et périlleux. C’est un projet d’envergure qui nous a demandé deux ans et demi de travail. Trouver les bons interlocuteurs n’a pas été de tout repos. Nous ne souhaitions pas donner la parole à des « stars ». Nous voulions des gens qui sachent de quoi ils parlent et qui fassent avancer nos propos. Et nous avons réussi à obtenir l’accord de quasiment tous ceux que nous avons approchés. Leur qualité et celle de leurs interventions valaient bien les attentes et les doutes… Cheikh Yamani, l’ancien ministre saoudien du Pétrole, par exemple, apporte un témoignage exceptionnel. C’est quelqu’un qui a une vision très moderne de la question.

Dans le film, vous utilisez à la fois le récit à la première personne et le commentaire…

Arnaud Hamelin : Au départ, notre idée était de réaliser un road-movie mondial sur le pétrole. Frédéric Tonnoli, dont les qualités de réalisateur ne sont plus à démontrer — il a reçu notamment le prix Albert-Londres —, devait partir à la rencontre des populations dans une vingtaine de pays ; mais il n’est pas un expert en matière de pétrole. La double écriture s’est donc imposée naturellement. En parallèle des déplacements de Frédéric Tonolli, nous avons décidé d’insérer un commentaire qui soit à la fois le prolongement du road-movie et le lien entre ce dernier, la géopolitique, la géoéconomie et la géostratégie. Cela nous semblait essentiel pour éclairer au mieux nos propos. Ce qui nous intéressait, c’était de montrer le côté sociologique de l’affaire, de s’interroger sur ce que le pétrole a apporté aux populations locales. Finalement, pas grand-chose…

Propos recueillis par Beatriz Loiseau pour France 5.

Episode 1 : Tempêtes et fortunes du désert

 

 

 

 

Episode 2 : Safari dans l’eldorado noir

 

 

 

 

 

 

Episode 3 : La danse de l’ours

 

 

 

 

 

 

Episode 4 : Le temps des mensonges

 

 

 

 

 

 

Lien : http://mecanoblog.wordpress.com/2011/10/10/le-secret-des-sept-soeurs-video/

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1 novembre 2011 2 01 /11 /novembre /2011 19:18

 

 

13000 entreprises décryptées et notées

 



L'évaluation éthique des entreprises

 

 

 

Par l'étude de leur activité depuis 1998, date de la création de transnationale.org
[cliquez sur le rating pour la méthode et le nombre pour les données] :


Humain 18

Travail 34

Emploi -70% /1998

Ventes 379 Mds $.€ /an

Profit 370 Mds $.€ /1998

Salaire56076 *min.

Paradis 44

Fraude 24

Pollution 13

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27 octobre 2011 4 27 /10 /octobre /2011 06:37
Emploi et absurde


A 25 ans trop jeune, à 35 ans trop vieux, à 30 ans manquant d'expérience, à 40 ans en ayant trop, le chercheur d'emploi a toujours tout faux.
linternationale
Du haut de leur mansuétude, les multinationales du Profit leur laissent tomber de temps en temps un boulot, le plus précaire et inhumain possible, avec des horaires qui empêchent toute concertation entre ces travailleurs en miettes.
Et pour les rares qui trouvent un CDI (malgré tout, il en existe encore), la hiérarchie fait tout ce qu'elle peut pour les dégoûter, afin qu'ils partent d'eux-mêmes, et laissent la place à un autre. La culture d'entreprise, l'esprit de corps, la solidarité sont balayés au nom d'un hypothétique profit pour les actionnaires. "Les chefs" participent à leur corps défendant, ou pas, à une course absurde à la nihilisation de l'efficacité, avec pour prétexte justement une plus grande efficacité. La culture du management est celle de l'absurde. Jarry s'en délecterait, Breton, Courteline également : c'est dire le niveau de bêtise auquel nous en arrivons maintenant.
Quel est le plus à plaindre : l'employé-ouvrier esclave, robot au service d'un $Y$TEM qui le tue, ou celui qui recherche désespérément ce genre d'emploi "pour vivre" ?
Quant aux preneurs d'otage, aux armes le plus souvent fictives, ils sont simplement un tout petit peu plus désespérés que les autres. C'est alors que certains s'immolent en public, en criant "C'est pour vous !". Violence suprême, que les manieurs de langages, fussent-ils ministres, esquivent d'un haussement d'épaule.
"Ses yeux avaient pris la couleur de la terre. C'est pourquoi Johan Moritz fut admis à l'infirmerie du camp" (Georgiu, "La Vingt-Cinquième Heure")


La coque était puante et noire
 Les gardiens comme des loups
 Tant de misère, de désespoir
 Avaient de quoi vous rendre fou
 Avaient de quoi vous rendre fou
(Greame Allwright, "La Ligne Holworth") 

La vingt-cinquième heure, celle où il n'y a plus d'espoir, est-elle donc arrivée ? L'humanité en arrive-t-elle à sa chute, sous son propre poids de maltraitances inter-individus que l'on n'observe nulle part ailleurs dans le monde animal ? Ou ces manifestations d'Indignés, partout dans le monde, sont-elles les ferments d'une nouvelle donne, ferments d'autant plus efficaces qu'ils ne sont pas (ou pas encore) contrôlés par les alliés et suppôts du $Y$TEM que sont politiciens, syndicalistes, ONG au financement interlope ?


" Debout, les damnés de la terre ! ! ! "

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12 octobre 2011 3 12 /10 /octobre /2011 06:35
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Ainsi, le Sénat a basculé à gauche. On se réjouit de voir que la haute assemblée ne soit plus le reflet de la bourgeoisie provinciale, ni la maison de retraite des anciens ministres et des anciens députés.

On se met à imaginer que le futur président de la République disposera, sinon d'une assemblée qui l'appuiera mais, au moins, qui ne lui mettra pas de bâtons dans les roues. Au cours de ses septennats, le Président Mitterrand a dû revoir à la baisse ses envies de reformes, notamment en ce qui concerne les institutions. Cette fois, son lointain successeur, ne rencontrera pas ces obstacles. Pourtant, on peut douter qu'en cas d'accession de la gauche au pouvoir, elle en profitera pour se lancer dans un vaste programme de rénovation et de transformations. Ce qui fait penser qu'il ne se passera pas grand chose et que la gauche au pouvoir ne profitera pas de l'occasion, ce sont les antécédents.

D'abord, justement, dans les années 1981 et 1982, Mitterrand pouvait tout se permettre. Tous les analystes sont d'accord sur ce point et n'ont pas attendu pour le dire. Il était porté par un courant qu'on n'avait plus connu depuis des années. Il répondait aux impatients qu'il avait sept ans pour accomplir son programme, les fameuses 110 propositions et qu'il fallait aussi penser à ceux qui n'avaient pas voté pour lui. Las, après les échecs dus, principalement, aux bâtons mis dans les roues par les financiers (déjà), les patrons, le Sénat et le Conseil Constitutionnel, après les premières déceptions, la gauche a renoncé progressivement à tout. Le tournant de 1983 a vu le renoncement à ce pourquoi les électeurs s'étaient prononcés massivement en faveur du changement. Si c'était pour faire à peine mieux que les autres, on pouvait les garder ou les rappeler. C'est ce qui s'est passé.

Autre précédent favorable, M. Jospin gagne l'élection législative de 1997 et se fait acclamer à la tribune de l'Internationale socialiste qui, heureux hasard, se réunit quelques jours plus tard. À cette époque, on ne comptait pas moins de 14 pays sur 15 membres de l'Union européenne dont les gouvernements appartenaient à l'Internationale socialiste. Il n'a jamais été question pour eux de commencer un début ni même une tentative pour harmoniser les législations européennes en matière sociale et fiscale notamment. Ils n'ont même jamais évoqué cette possibilité et prouver au monde entier qu'une Europe qui faisait encore rêver nombre de peuples du monde pouvait proposer une alternative sociale à l'ultra libéralisme funeste dont les ravages commençaient à se faire sentir. Au contraire, on aurait dit que les principaux gouvernements de gauche de l'UE mettaient un point d'honneur à montrer qu'ils pouvaient être aussi libéralistes que les autres. Sans même parler de Tony Blair à cause de l'insularité britannique proverbiale, M. Jospin a procédé à davantage de privatisations que la droite au pouvoir. Il a également mis en place les structures facilitant les privatisations de ce qui demeurait dans le giron de l'État ainsi que la mise en concurrence des services publics. Ses successeurs en ont largement profité et ne manquent pas de le rappeler quand la gauche fait mine de protester.

Il y a gros à parier qu'un Président de gauche se montrera aussi timoré que ses prédécesseurs et ne profitera nullement d'un Sénat favorable et d'un Conseil Constitutionnel qui ne lui sera pas systématiquement hostile comme dans les années 1980. On peut même penser que la gauche profitera de l'opinion favorable qui suit forcément des élections pour faire avaler des mesures impopulaires. On nous rabâchera qu'il faut garder la note de la France et rien ne sera trop dur pour la population pour y parvenir.

Il est bien évident que, quelque soit le prochain Président de la République et sa majorité, il devra faire face à une situation qui n'a jamais été aussi mauvaise. Les cinq ans qui auront précédé, ont vu une régression dans tous les domaines et la vie d'une grande partie de la population s'est détériorée. Les classes moyennes qui, traditionnellement, poussaient aux réformes à mesure qu'elles gravissaient l'échelle sociale, impulsaient un dynamisme dont tout le monde profitait et qui entretenait l'espoir que les générations à venir connaitraient une situation encore meilleure. Aujourd'hui, c'est tout le contraire. Les classes moyennes voient leurs effectifs s'éroder, tomber dans la précarité et le chômage, et vivent avec l'angoisse de voir les générations à venir connaître la misère.


Dans un tel contexte, quelque soit le futur Président, il aura du mal. Il devra affronter une opposition de droite systématique, comme à son habitude et relayée par les financiers et les patrons. De plus, il devra affronter ses propres partisans qui lui reprocheront de ne pas mettre en œuvre la politique qu'ils ont plébiscitée. Comme si ça ne suffisait pas, les structures de l'UE contrecarreront tout ce qui ne leur convient pas. Lorsqu'un gouvernement passe au cran supérieur dans l'ultra libéralisme, les institutions européennes s'empressent de l'imposer aux autres. Si ça va dans le sens de la protection sociale et de la solidarité, elles brandiront toutes les avatars de leur technocratie et sortiront tout l'arsenal répressif. Le Parlement européen n'aura aucun moyen de l'en empêcher quand bien même serait-ce son souhait.


Dès lors, l'avenir est tout tracé. La droite revancharde et toujours plus libéraliste l'emportera cinq ans plus tard et le peu que la gauche aura pu faire passer sera effacé. S'il n'y a pas un changement radical, l'Europe s'enfoncera toujours plus dans le marasme. Tandis que le reste du monde sortira la tête de l'eau, que les pays émergents attireront les derniers damnés de la Terre, imposeront le dynamisme de leur jeunesse, l'UE s'accrochera aux vieilles lunes de l'ultra libéralisme, aux théories fumeuses de Milton Friedman et de son École de Chicago et leur cortège d'échecs patents qui ruinent les ménages et les entreprises, au sournoiseries du barrisme.   


Les jours qui précèdent la primaire au PS, nous donnent déjà une indication. On loue les candidats qui soi-disant tiennent un langage de vérité plutôt que de faire rêver. On apprécie ceux qui, d'une façon ou d'une autre annoncent du sang et des larmes plutôt que des lendemains qui chantent ; pour reprendre des expressions célèbres en leurs temps.

En clair, il ne faudra pas attendre une politique de gauche mais bien un alignement sur les diktats de la Commission européenne, de la BCE et sous le regard des agences de notation qu'on n'a pas trop vues lorsque les banques ont failli.

Les peuples sont prêts à accepter du sang et des larmes encore que, quand ça fait plus de trente ans, y en a marre. Mais bon, on veut bien encore faire un effort et consentir des sacrifices. Pour cela, il faut encore avoir le sentiment que ça sert à quelque chose et que ce sang et ces larmes construiront des lendemains meilleurs à défaut de chanter. Quand on en bave depuis trente ans, qu'on voit que les jeunes vont en baver encore plus, on ne demande pas encore à chanter tous les jours. Seulement, quand on se dit que, encore une fois, ce sont toujours les mêmes qui vont s'en mettre plein le gosier, là, ça casse. Alors, les candidats de gauche feraient bien de regarder ce qui se passe en Grèce avant de mettre les citoyens au garde-à-vous devant les agences de notation. À bon entendeur.


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