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17 février 2011 4 17 /02 /février /2011 08:29
La crise actuelle du microcrédit dans l’Inde et les suicides de femmes, sont l’aboutissement du surendettement mis en place par le grand capital pour maintenir dans l’asservissement gouvernements et populations du tiers monde depuis 50 ans. Un outil essentiel de la conquête. Après le retrait des armées d’occupation et les indépendances proclamées, la question était : comment assurer la continuité de l’extractivisme des ressources naturelles qui avait fait la fortune des pays européens mais surtout de leurs capitalistes depuis 5 siècles ?
Sans le maintien de l’importation des minerais, pétrole et produits agricoles à des prix si bas qu’il faut plutôt parler de pillage que d’achat, bien peu des grandes sociétés occidentales auraient pu continuer à générer les fortunes incroyables que détiennent leurs actionnaires aujourd’hui. La transformation de ces matières premières exclusivement au nord et la vente de biens de consommation de masse qui en sont issus sont à l’origine de la pauvreté d’un côté, et de la surconsommation et du gâchis de l’autre : injustice sociale et désastre environnemental.
L’instauration du système dette dès les premiers jours des indépendances, les assassinats des élus démocrates et la corruption des autres ont maintenu ces pays enchaînés en pérennisant le pouvoir exorbitant du Nord sur le Sud. Pour rembourser ces dettes majoritairement illégitimes les pays les moins développés ont été contraints de poursuivre l’exportation de matières premières non transformées et de maintenir leurs peuples à travailler pour des prix de journées incapables de nourrir leur famille décemment. Depuis les indépendances, la libéralisation imposée par le trio FMI-BM-OMC a entrainé : la disparition des barrières douanières protégeant les petits producteurs face aux mastodontes et aux produits subventionnés du Nord, les privatisations à vil prix des grandes entreprises publiques et la liberté de circulation des capitaux avec le libre rapatriement des bénéfices. Ces mesures ont chroniquement affaibli les états du Sud et appauvri leurs populations. Or, la croissance du PIB (produit intérieur brut) - 5% en Afrique voire 8% pour l’Inde - tant vanté par les adeptes de l’économie libérale, ne rend pas compte de la réalité vécue par la majorité de ses habitants. Pour avoir une idée du Revenu National Brut (RNB), celui qui va rester dans le pays pour y être réparti, il faut déduire des chiffres du PIB dont on nous rabat les oreilles, les revenus nets versés à l’étranger. Sans taxes douanières et après privatisation internationale de l’exploitation des ressources naturelles, avec des ETN (entreprises transnationales) quasiment pas taxées, ce qui reste du PIB pour faire fonctionner les services publics de santé, d’éducation et les investissements dans les infrastructures est extrêmement faible.
Avec de nouveaux prêts, les institutions financières internationales les ont poussés à rembourser des dettes odieuses, qui n’ont jamais servi aux investissements et au développement de leurs pays, mais plutôt à corrompre leurs décideurs et à enrichir les transnationales s’arrogeant les marchés publics locaux. Ainsi, la dérégulation économique, qualifiée du mot « Consensus » de Washington par les plus forts, a été imposée au forceps financier aux plus faibles, délicatement nommé plan d’ajustement structurel. Elle a permis de maintenir le Tiers-monde dans le sous-développement. Car, en plus d’exporter de plus en plus de matières premières dont les prix baissaient, ces pays devaient exporter une partie importante des devises obtenues pour tenter de sortir du surendettement. Le libre échange, avec concurrence faussée et étranglement des dépenses entrainant le sous financement des services publics, leur a été imposé par le trio FMI-BM-OMC. Le but affiché : doper l’économie et dégager les sommes ponctionnées dans le budget pour rembourser les créanciers majoritairement étrangers. En réalité, la fin cachée, et la réalité le prouve, a été le développement des profits d’une petite oligarchie financière internationale au détriment de celui de la justice sociale et du bonheur des peuples. C’est ce que vivent les populations du Nord depuis quelques années. Pour faire face au surendettement organisé des états, renforcé depuis peu par le sauvetage des banques, les gouvernements réduisent lourdement les dépenses publiques en préparant en sous main leurs privatisations. Le FMI et l’OMC sont devenus presque aussi influents sur les politiques du Nord que sur celles du Sud.
Si faim et pauvreté ont reculé dans la Chine capitaliste et dictatoriale, plus de la moitié des humains vivent encore en 2011 dans une très grande pauvreté, (moins de 2 dollars par jour) sans parler des affamés dont le nombre va de nouveau augmenter avec la montée insupportable des cours des céréales en ce début d’année.
Depuis longtemps, pour s’entraider en cas de problèmes graves et assurer la sécurité de leur famille, les femmes ont su créer des tontines en Afrique ou des groupes de protections et de crédits en Inde. Ces diverses formes de microfinance mutualiste se sont construites sur des bases populaires et autonomes. Elles offraient un réel début d’indépendance aux femmes et leur permettaient d’échapper aux préteurs privés pratiquant des taux d’intérêts usuraires pouvant aller jusqu’à 5% par jour dans les cas ultimes, spécifiquement en Inde.
C’est bien l’extrême pauvreté du Bangla Desh, résultat d’un partage de plus inégal des biens communs de la planète qui a permis à la Grameen Bank de se créer comme institution de microcrédit et de grandir aussi rapidement. L’intention était socialement intéressante, mais comment imaginer qu’en prêtant des sommes d’argent minimes à des femmes on va lutter contre la pauvreté globale dont les causes sont exogènes. Surtout quand les frais de remboursement sont 5 à 10 fois plus élevés qu’en Europe. Les chercheurs Roesch, Servet, Guérin et Morvant écrivent dans Le Monde du 13.12.2010 à propos du sud de l’Inde : « Nos recherches établissent que les taux des prêteurs privés (…) les plus fréquents sont autour de 3 à 5 % par mois (soit 36 à 60% par an) (…) le taux effectif est très proche de celui des IMF (institutions de microfinance) actuellement sur la sellette. » Ce qui contredit la communication des IMF qui ont toujours mis en avant le plus bas niveau de leurs taux par rapport aux préteurs privés qu’elles qualifient volontiers d’usuriers. La réussite de Muhammad Yunus, créateur de la Grameen Bank, a encouragé les grands organismes financiers de la planète à creuser ce filon en finançant ou créant d’autres agences de microcrédit. « …investir dans une institution de microfinance donne une rentabilité des capitaux propres de plus de 20 %, un remboursement des prêts à 99 % et tout cela en permettant aux pauvres, et en particulier aux femmes, de créer leurs propres entreprises (….) Toutes nos enquêtes montrent que 90 % de la population d’Andhra Pradesh en Inde est endettée et ne survit qu’en passant d’un crédit à l’autre. Les familles prennent du crédit auprès des IMF non parce qu’elles ont "confiance" mais parce qu’elles ne peuvent pas faire autrement. Elles remboursent à 100 % non par "confiance" mais parce qu’elles ont besoin de renouveler le crédit pour vivre. Très souvent elles prennent un crédit pour rembourser un autre.  » En langage financier cela s’appelle de la cavalerie, c’est une spirale infernale dont on ne peut jamais sortir. Elle est par contre très profitable aux prêteurs. C’est exactement ce qui est arrivé aux PED après la grande crise de la dette des années 80. L’emprunteur se trouvant contraint de rembourser deux créanciers différents pour la même somme empruntée, risque de doubler les intérêts à payer. Quand les prêteurs, institutionnels ou privés, ne contrôlent pas le niveau d’endettement d’une femme indienne avant de lui octroyer un nouveau prêt qui, comme les précédents n’est pas destiné à un investissement productif mais tout simplement à faire face à un état de pauvreté insupportable, la vanne du surendettement est ouverte et le flot des drames qui vont en découler sera impossible à endiguer sans une aide extérieure ou une intervention de l’Etat. La pression insupportable des agents de certaines IMF sur de nombreuses femmes indiennes, déjà dans l’impasse du surendettement, ne peut que les pousser au suicide. « C’est la première fois qu’un parti politique appelle au non-remboursement et cet appel vise plus particulièrement les deux plus grosses et plus connues institutions de microfinance d’Inde : SKS et Spandana. Elles sont accusées de pratiquer des taux d’intérêt "usuraires" et de pousser au suicide les pauvres femmes qui n’arrivent pas à rembourser. (…) Depuis des années, le microcrédit est présenté comme destiné à financer la création de micro-entreprises par des familles pauvres. Des recherches approfondies sur l’utilisation du crédit et le mode de gestion de ces crédits, notamment par une équipe IRD - Cirad ont mis en évidence que près de huit prêts sur dix sont utilisés comme crédits à la consommation, pour des dépenses de santé, pour l’habitat ou pour des dépenses d’éducation. » LEMONDE.FR | 15.11.10 Libération titre le 10.02.11 : « Chez les paysans indiens, le surendettement tue » 17.000 d’entre eux se sont suicidés en 2009, depuis 10 ans plus de 150.000. Si les IMF ne sont pas directement en cause, les marchands qui vendent à crédit engrais, pesticides et semences hybrides aux paysans pratiquent eux aussi une forme de microcrédit. Et celui qui subit une mauvaise récolte, due à des dérèglements climatiques ou d’autres causes imprévues comme des attaques d’insectes sur le coton OGM, ne peut rapidement plus s’en sortir avec des semences de plus en plus chères qu’il doit racheter chaque année à son marchand ainsi que les intrants chimiques dont les prix augmentent avec celui du pétrole.
Depuis les injonctions du FMI dans les années 90 pour une dérégulation financière en Inde, les banques agricoles publiques ont disparu. De nombreux mouvements altermondialistes soutiennent le passage vers une agro-écologie moderne, sans intrants chimiques, avec des semences paysannes échangées comme cela se faisait depuis des millénaires. Ce qui est une part de la revendication pour la souveraineté alimentaire. Par fierté et pour délivrer leurs familles enchaînées par des dettes impayables, le paysan indien -souvent en avalant un pesticide qui a causé sa perte- ou la femme indienne, préfèrent mette fin à leurs jours. En France, où plus d’un paysan se suicide chaque jour, le surendettement est la cause prépondérante même si elle n’est pas la seule.


Mardi 15 Février 2011

 

http://www.cadtm.org/Microfinance-surendettement-et http://www.cadtm.org/Microfinance-surendettement-et

 

http://www.alterinfo.net/Microfinance-surendettement-et-suicides-de-femmes_a55228.html

 

 

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16 février 2011 3 16 /02 /février /2011 18:30
Le couple Alliot-Marie se défend d'avoir profité du camp Ben Ali

http://www.capital.fr/a-la-une/actualites/le-couple-alliot-marie-se-defend-d-avoir-profite-du-camp-ben-ali-572447

 

L'actualité A la Une

Le 15/02/2011 à 21:57 - Mis à jour le 16/02/2011 à 09:46

Le père d'Alliot-Marie aurait investi dans l'immobilier tunisien

Le père d'Alliot-Marie aurait investi dans l'immobilier tunisien 

 

©REA

 

PARIS (Reuters) - Les parents de Michèle Alliot-Marie ont confirmé mardi avoir acheté, pendant les vacances avec leur fille en Tunisie, une société civile immobilière à l'homme d'affaires tunisien Aziz Miled.

Pour le Canard Enchaîné, qui révèle ce contrat dans son édition de mercredi, la famille Alliot-Marie faisait ainsi "des affaires" avec un proche de l'ex-président Ben Ali "en pleine révolution tunisienne".

La ministre des Affaires étrangères s'était déjà retrouvée sur la sellette pour avoir utilisé, pour deux aller-retours durant ses vacances de fin d'année, le jet privé d'Aziz Miled, dont les relations avec le camp de Ben Ali font l'objet d'interprétations diverses.

"Je ne peux concevoir que l'on puisse s'attaquer à la famille des politiques, et dans le cas présent à mes parents", a-t-elle réagi dans un communiqué.

"Quand on a fini de passer ma vie, y compris privée, au peigne fin c'est sur celle de mes parents qu'on enquête !", a-t-elle ajouté, estimant que "la vie privée" de ces derniers "leur appartient".

Dans un communiqué publié mardi soir, Bernard Marie assume l'entière responsabilité de cette transaction et du voyage en Tunisie.

"À l'occasion des vacances de Noël, j'ai proposé à ma fille que nous nous rendions en Tunisie, plutôt qu'en Dordogne comme nous l'avions initialement prévu", dit-il, précisant avoir réglé lui-même la note de l'hôtel détenu par Aziz Miled, qui l'avait convaincu par téléphone d'y passer ses vacances.

Le Quai d'Orsay n'a pas produit jusqu'ici les notes d'hôtel, la chef de la diplomatie jugeant inconvenant de réclamer à ses parents, "qui ont 92 ans, de produire les factures".

Bernard Marie ajoute que l'achat de la SCI, propriétaire d'un appartement en construction, était engagé depuis l'été.

"Ce séjour à Tabarka à Noël m'a donné l'occasion de faire certifier les signatures de mon épouse et de moi-même sur l'acte de cession de parts sociales", dit-il.

Un peu plus tôt sur Europe 1, il précisait : Aziz Miled "m'avait dit 'voilà, je fais opération (...) vous devriez prendre une option sur un truc comme ça, comme ça prendra de la valeur en 2012 quand ça sera construit, vous pourrez faire une bonne affaire'".

DÉJÀ MISE EN CAUSE

Mise en cause pour ses vacances tunisiennes, trois semaines avant la chute du régime Ben Ali, Michèle Alliot-Marie avait elle-même indiqué avoir voyagé avec ses parents lors de la trêve de fin d'année.

Elle a également reconnu avoir pris place à bord d'un jet privé d'Aziz Miled le temps de deux aller-retours, pour se rendre dans une station balnéaire et faire une excursion avec sa famille.

Elle a cependant affirmé que l'homme d'affaires n'était pas proche du clan Ben Ali mais "une victime" de l'entourage de l'ancien président, qui aurait capté des parts de certaines de ses sociétés.

Les parents de Michèle Alliot-Marie possédaient déjà 13% de la SCI d'Aziz Miled et le rachat a été finalisé le 30 décembre, précise le Canard Enchaîné.

Le montant exact de la transaction inscrite dans le registre municipal de Tabarka et dont il publie des extraits n'est pas connu, car seule la valeur nominale des parts y figure, dit l'hebdomadaire.

Celle-ci se monte à 755.000 dinars, soit 325.000 euros, mais la somme réellement payée peut selon le journal être supérieure.

Le Premier ministre, François Fillon, avait réaffirmé le 8 février son soutien à Michèle Alliot-Marie avant de révéler lui-même avoir séjourné en Egypte aux frais des autorités lors de son séjour de fin d'année dans ce pays.

Selon le Canard enchaîné, François Fillon est un "récidiviste" car il avait déjà effectué un séjour privé - prolongeant une visite officielle - avec sa famille en Egypte, aux frais du gouvernement, en 2008.

Depuis la répétition de polémiques liées aux invitations par des autorités étrangères, le président Nicolas Sarkozy a demandé à ses ministres de privilégier désormais la France pour passer leurs vacances. Tout voyage à l'invitation d'autorités étrangères devra obtenir l'aval de l'Elysée.

Gérard Bon et Clément Guillou, édité par Nicole Dupont

© 2011 Reuters - Tous droits de reproduction réservés par Reuters.

 

Lien : http://www.capital.fr/a-la-une/actualites/le-pere-d-alliot-marie-aurait-investi-dans-l-immobilier-tunisien-576247?xtor=EPR-226

 

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L'actualité A la Une

Le 15/02/2011 à 17:31 - Mis à jour le 15/02/2011 à 18:05

La Banque mondiale s'alarme de l'envolée des prix alimentaires

La Banque mondiale s'alarme de l'envolée des prix alimentaires

La Banque mondiale s'alarme de l'envolée des prix alimentaires

© REA

 

WASHINGTON (Reuters) - La hausse des prix alimentaires a plongé 44 millions de personnes supplémentaires dans la misère dans les pays du tiers monde au cours des huit derniers mois, a déclaré mardi la Banque mondiale.

Son président, Robert Zoellick, a estimé que les prix alimentaires avaient atteint un "niveau dangereux". Ces hausses de prix sont, dit-il, "vivement préoccupantes".

Les prix des denrées alimentaires de base ont augmenté en moyenne de 15% d'octobre 2010 à janvier 2011, et ils sont seulement de 3% inférieurs au pic atteint en 2008 lors de la précédente crise des prix alimentaires.

Contrairement à la situation de 2007-2008, la hausse des prix ne concerne pas toutes les régions du monde. En Asie, dans certaines parties d'Amérique latine et en Europe de l'Est, l'augmentation des prix alimente les pressions inflationnistes. En Afrique subsaharienne en revanche, les bonnes récoltes de denrées de base évitent pour l'instant une flambée des prix.

"La hausse des cours du maïs, du sucre et du pétrole contribue à l'augmentation des prix de divers types de produits alimentaires, même si le prix du maïs est en grande partie stable en Afrique subsaharienne", déclare la Banque mondiale dans son actualisation du rapport sur les prix alimentaires.

Lesley Wroughton, Eric Faye pour le service français

© 2011 Reuters - Tous droits de reproduction réservés par Reuters.

 

Lien : http://www.capital.fr/a-la-une/actualites/la-banque-mondiale-s-alarme-de-l-envolee-des-prix-alimentaires-576120?xtor=EPR-226

 

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L'actualité Bourse

Le 16/02/2011 à 08:48 - Mis à jour le 16/02/2011 à 09:05

Société Générale a quadruplé son bénéfice au quatrième trimestre

 

(AOF) - http://www.capital.fr/extension/cap/design/cap/images/greenarrowUp.pngSociété Générale
51.29 | +4.96% | 16/02/2011 - 12h36 Cours - Actualités | Consensus | Société
Conseil Premium
http://www.capital.mdgms.com/charts/bourse.chart?ID_NOTATION=1544924Ajouter à la liste des valeurs Ajouter au portefeuille Créer une alerte Cliquez ici !Société Générale (GLE 51.29 +4.96%) a quadruplé son résultat net au quatrième trimestre 2010 à 874 millions d'euros. Les analystes interrogés par Reuters misaient sur un bénéfice de 869 millions. Le produit net bancaire a progressé de 33,6% à 6,857 milliards tandis que les provisions pour mauvaises créances ont reculé de 42,3%. Sur l'ensemble de l'année 2010, le bénéfice net a quasiment sextuplé, à 3,917 milliards d'euros. Le PNB A grimpé de 21,6% à 26,418 milliards. La deuxième banque française par la capitalisation boursière confirmé son objectif de réaliser un bénéfice net de 6 milliards d'euros en 2012.

Signe de sa confiance, Société Générale a prévu de verser un dividende de 1,75 euro par action, contre 0,25 euro en 2009. Ce versement sera proposé au choix en actions du groupe.

Enfin, la banque a réaffirmé qu'elle n'aurait pas besoin d'augmentation de capital pour respecter les nouvelles règles prudentielles.

En 2010, le ratio Tier 1 (Bâle II) s'est établi à 10,6%. Le Core Tier 1 atteint 8,6%.

© 2011 AOF - Tous droits de reproduction réservés par AOF.

 

Lien : http://www.capital.fr/bourse/actualites/societe-generale-a-quadruple-son-benefice-au-quatrieme-trimestre-576361?xtor=EPR-226

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16 février 2011 3 16 /02 /février /2011 05:09

  La hausse des prix alimentaires a fait tomber entre juin et décembre 44 millions de personnes dans le monde sous le seuil de l'extrême pauvreté, a affirmé mardi la Banque mondiale.

 

4,6% en 10 jours ... Ca s'appelle de l'hyperinflation. Ils en ont une vraie en Asie, avec la hausse des salaires qui va avec. Et ils l'exportent.

Fioul: +36% en allemagne par rapport à l'année dernière
Pneus: +25%
Volailles: +20%

Hausse annoncée de l'acier pour les prochains mois: +40% (tt.com)
...Nouveau facteur d'augmentation des prix, La peur des "révolutions":

L'Algérie a acheté 200.000 tonnes de blé la semaine dernière (elkhabar), l'Arabie saoudite a déclaré vouloir également passer de grosses commandes, le Bengladesh a triplé ses importations de riz, l'Indonésie a acheté 820.000 tonnes de riz à la Thailande ...

D'après les analystes, plusieurs gouvernements sont en train de remplir leurs reserves par peur de protestations politiques.

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Prix alimentaires: 44 millions de personnes de plus dans l'extrême pauvreté

La hausse des prix alimentaires a fait passer entre juin et décembre 44 millions de personnes dans le monde sous le seuil de l'extrême pauvreté, a affirmé mardi la Banque mondiale.
L'institution a réalisé cette estimation grâce à des statistiques sur les revenus et dépenses des ménages réalisées dans les pays à revenus bas à moyens.
Le seuil de l'extême pauvreté est défini par des dépenses de 1,25 dollar par jour et par personne. D'après les dernières estimations en date de la Banque mondiale, 1,2 milliard de personnes dans le monde vivent sous ce seuil.
"Les prix de l'alimentation continuent à augmenter dans le monde. L'indice des prix alimentaires de la Banque mondiale a augmenté de 15% entre octobre 2010 et janvier 2011, et n'est que 3% en dessous de son pic de 2008", a indiqué l'institution dans un communiqué.
"Les six derniers mois ont vu des hausses marquées des cours mondiaux du blé, du maïs, du sucre et des huiles alimentaires, et une hausse relativement moins forte de ceux du riz", a-t-elle détaillé.
Ces hausses profitent aux agriculteurs et à certains pays exportateurs. Mais pour la Banque mondiale, leur effet sur l'ensemble de la population de la planète est négatif: elles n'ont sorti que 24 millions de personnes de l'extrême pauvreté, tandis qu'elles y plongeaient 68 millions d'autres.
Les prix de l'alimentation s'étaient déjà emballés au premier semestre 2008. D'après la Banque mondiale, ils ne sont aujourd'hui plus qu'à 3% du pic observé à l'été 2008.
Dans un article publié en décembre 2008, les économistes de l'institution estimaient alors que 105 millions de personnes avaient été poussées sous le seuil d'extrême pauvreté, fixé à l'époque à un dollar par jour et par personne


http://www.elwatan.com/depeches/prix-alimentaires-44-millions-de-personnes-de-plus-dans-l-extreme-pauvrete-15-02-2011-111912_167.php

▪ "La Corée du Nord fait appel aux gouvernements étrangers pour obtenir des aides alimentaires", titrait un article du Guardian jeudi dernier.

"Cette approche directe de capitales étrangères, lancée en décembre, est extrêmement inhabituelle pour ce régime insulaire et totalitaire, qui négocie généralement les livraisons d'aide alimentaire avec des organisations internationales comme le Programme alimentaire mondial (WFP)".

Mauvaises récoltes, hiver très rigoureux... la Corée du Nord, où les famines sont fréquentes, est en situation plus difficile que d'habitude. Elle ne peut plus compter sur son voisin chinois, qui lui sert parfois de fournisseur de dernier recours, nous explique le Guardian, parce que l'Empire du Milieu lui-même est dans une situation de crise alimentaire.

"Dans le monde entier, les marchés émergents ont un gros problème avec la hausse des prix alimentaires", a écrit le mois dernier Chris aux lecteurs de sa lettre, Capital & Crisis. Et ce problème va sans doute empirer si l'on en juge son développement.

Le US Grains Council prévoit que les importations chinoises de maïs vont être multipliées par sept en seulement un an -- passant de 1,3 million de tonnes métriques en 2010-2011 à neuf millions en 2011-2012.

Neuf millions de tonnes doubleraient le record précédent de 4,3 millions établi il y a 15 ans après une récolte catastrophique. Si cela se confirme, les facteurs de ces chiffres élevés sont au nombre de trois :

La Chine a été frappée par la sécheresse l'année dernière.

Mais la classe moyenne en augmentation dans le pays exige plus de viande... et la plupart du bétail et des porcs sont nourris au maïs.

Pire, la Chine a réduit ses stocks. "Nous avons appris que le gouvernement garde normalement des stocks à hauteur de 30%" de la demande annuelle, observe Terry Vinduska, président de l'US Grains Council, "mais ils sont actuellement à peine supérieurs à 5%".

"En Chine, les gens consacrent 50% de leurs suppléments en dollars à la nourriture", continue Chris. "En Inde, c'est plutôt 70%. La hausse des prix de l'alimentation est plus fortement ressentie sur ces marchés" qu'en Occident.

Les prix augmentent plus vite dans ces deux marchés. "En Inde, les prix de l'alimentation ont augmenté de 18% et sont à leur plus haut depuis un an. Même problème en Chine. Les prix ont augmenté de 5%, rien qu'en novembre".

"Dans le monde entier, cette hausse des prix alimentaires pose un gros problème aux marchés émergents. Le président de l'Indonésie essaie de faire en sorte que les gens cultivent eux-mêmes leurs propres piments. Et le gouvernement sud-coréen a récemment remis sur le marché ses réserves de secours de chou, de porc, de maquereaux, de radis et d'autres denrées alimentaires de base".

"Le boom des marchés émergents ne va pas aller bien loin face à une crise alimentaire ; si la Chine et l'Inde et le reste ralentissent, cela aura un gros impact sur toutes les actions et les matières premières les plus sensibles à la croissance des marchés émergents".

Nous surveillerons le prix des denrées alimentaires

 

http://www.elwatan.com/depeches/prix-alimentaires-44-millions-de-personnes-de-plus-dans-l-extreme-pauvrete-15-02-2011-111912_167.php

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15 février 2011 2 15 /02 /février /2011 02:43
Lundi 14 février 2011 1 14 /02 /Fév /2011 16:47
Le blogueur associé Hexaconso se penche sur ces entreprises françaises qui continuent, tant bien que mal, de fabriquer en France. Mais pour combien de temps ?



Sale temps pour les entreprises adeptes du Made in France. En ce mois de février, ce sont coup sur coup deux entreprises qui se voient sanctionnées : l’une est en redressement, l’autre en liquidation.


Clayeux, la dernière marque de mode enfantine Made in France en liquidation

Le 1er février, c’est pour Clayeux que le couperet est tombé. Liquidation ! Clayeux était la dernière grande marque de mode enfantine à fabriquer encore en France près de 70% de ses collections. Une page qui se tourne après 60 ans d’histoire.

Déjà entre juillet 2008 et janvier 2010, la société avait connu un plan de redressement judiciaire, entraînant au passage la perte de 61 salariés. L’orage semblait être passé avec notamment une augmentation de capital et un contrat de distribution prévoyant l’ouverture de 30 boutiques en Chine. Il y a deux mois et demi, le chiffre d’affaires publié était même de nouveau en hausse de 11 % (sur le 1er semestre de l’exercice). Mais cela n’aura pas suffit à assurer la pérennité de l’entreprise.

Contre vents et marées, Clayeux avait réussi à sauvegarder une fabrication française, notamment pour ses modèles en maille, véritable ADN de la marque, et avait acquis une réputation « haut de gamme » allant bien au-delà de nos frontières. L’entreprise misait d’ailleurs sur le développement de boutiques à l’étranger, notamment en Chine et en Russie où le haut de gamme « Made in France » fait recette, pour développer ses marchés.

Sur le site historique de Montceau-les-Mines, plus de 90 personnes travaillent encore en production, encore au moins pour les trois mois qui viennent. Après ? L’entreprise cherche un repreneur, et pour le tribunal de commerce de Chalon, l’emploi sera l’un des critères déterminants. Mais encore faudrait-il qu’il y ait un repreneur, et surtout, que celui-ci ne rachète pas juste la marque, pour en délocaliser la fabrication dans un pays où la main d’œuvre serait bien meilleur marché !


Comment on laisse crever les PME Made in France
HB Henriot, bols bretons contre bols chinois

Autre secteur d’activité, autre région, mais même difficulté à faire face à la concurrence asiatique : la faïencerie HB Henriot. Trois siècles d’histoire en Bretagne, des produits encore et toujours fabriqués à Quimper et décorés à la main, mais une situation qui devient difficile à tenir. Le fameux bol prénom à oreilles, par exemple, que tout le monde ou presque a un jour ramené de Bretagne. Le modèle authentique HB Henriot, entièrement réalisé et décoré à la main, est vendu 34 euros. Le même fabriqué en Chine ? 3 euros !!! Tout est dit !

Plusieurs fois dans le passé, la faïencerie avait eu à faire face à de graves difficultés, mais à chaque fois, elle avait réussi à repartir. Aujourd’hui, tous les espoirs résident dans un éventuel repreneur, capable de maintenir une production et des emplois en France. Et à Quimper, personne ne veut voir disparaître ce symbole. La mairie qui a déjà acheté une partie des locaux tient à garder ce savoir-faire local. « On ne va pas se lamenter sur l’effondrement du marché. On compte bien trouver un repreneur qui relance cette activité. C’est une priorité », a assuré à Europe1.fr Marc Andro, vice-président de Quimper Communauté en charge du développement économique.

Il se murmure que parmi les candidats qui pourraient se manifester figure Armor Lux, entreprise de confection, elle aussi quimpéroise. Mais pour le moment le local de l’étape ne confirme pas la rumeur et se laisse le temps d’étudier le dossier. Profitons-en pour rappeler qu’Armor Lux possède deux usines à Quimper et une usine à Troyes qui fabriquent environ un tiers des modèles Armor Lux, le reste venant de pays à la main d’œuvre meilleur marché, dont la Tunisie par exemple. Mais ne cherchez pas, le site internet d’Armor Lux ne parle que de ses usines françaises. Le reste est pudiquement passé sous silence… Ah tiens, au fait, c’est aussi en Tunisie qu’Armor Lux sous-traite la fabrication des uniformes destinés à la Police nationale ou à la Poste !


Lire d'autres articles d'Hexaconso sur son blog.

Marianne2

 

http://panier-de-crabes.over-blog.com/article-comment-on-laisse-crever-les-pme-made-in-france-67187633.html

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13 février 2011 7 13 /02 /février /2011 03:44
La barbarie de l'Occident - article à lire absolument, à relayer.  J'avoue que je préparais pour hier ce même type d'article, mais comme il est sorti ici, j'ai laissé tomber (note d'eva)
Le profit avant l'homme
http://www.mollat.com/livres/noam-chomsky-profit-avant-homme-9782264038128.html
(illustration placée par eva)

 

Les gouvernements : la corruption généralisée, que l’on a longtemps cru être la marque de quelques républiques bananières ou dictatures exotiques (dépenses faramineuses et inutiles, salaires cachés, avantages abusifs, ambition dévorante des politiciens, mépris des besoins élémentaires de la population, pour ne parler que des sociétés les moins pourries), est de plus en plus visible. La population reste pourtant apathique devant cette situation. L’explosion « d’affaires » (en France au début 2010) rend les « puissants » un peu fébriles mais ils savent aussi qu’ils ont les moyens d’enrayer les révélations trop dommageables. Le profit interdit toute avancée concrète et pourtant urgente, en ce début de siècle, face à la pollution atmosphérique et ses conséquences sur l’environnement et le climat. La population est sous contrôle et va se rendormir bientôt.

L’industrie du tabac : 100 millions de mort au XXe siècle, 1 milliard prévu au XXIe, si les choses continuent ainsi. Les entreprises qui prospèrent sur ce crime légal (parfois comparées aux « familles » de la mafia dans leur organisation) ont menti pendant des décennies (en 1964, le ministère de la santé en France déclarait dans un document officiel interne « nous ne pourrons pas cacher plus longtemps les dangers du tabac »), et continuent de le faire, sur les méfaits de la consommation de cigarettes et, plus grave encore, sur le fait qu’ils ciblent les enfants dans le but d’augmenter le nombre de consommateurs. Leur production ne répond pas à une demande, ils l’ont créée. La population reste soumise à ce carnage, sans réaction, voire avec le sentiment que c’est leur « liberté » de continuer à se suicider avec un produit dont ils n’ont aucun besoin mais que l’on a rendu indispensable pour 1 milliard et demi de personnes.

Le commerce de la nourriture : La confiance en ce qui arrive dans nos assiettes diminue de jour en jour. Les poisons que l’on a pu trouver dans les aliments, parfois intentionnellement utilisés (huile de tournesol en provenance d’Ukraine contaminée aux hydrocarbures de façon volontaire en 2008, viande recyclée (poulets à la dioxine, viandes périmées reconditionnées) et fromages avariés (mozzarella contenant des vers et des excréments en provenance d’Italie, sur deux ans)). La maltraitance des animaux (massacre rituels de dauphins au japon, torture de chiens en Chine pour « assaisonner la viande », poulets, porcs en batterie dans des états de santé et de souffrance inimaginables). Aucun de ces scandales n’a rien changé. La population reste une victime consentante. La démonstration des méfaits de la nourriture de type « fast food » a été magistralement faite par le film « Supersize me », mais tout en révélant que les addictions aux produits dangereux sont telles que la réflexion des victimes est rendue impossible. C’est un suicide collectif. Même la nourriture biologique est aujourd’hui suspectée (soja contenant de la mélamine en provenance de Chine, arachides contaminées dans une fausse entreprise bio). Il n’est pas un domaine qui ne soit affecté par la course au profit qui privilégie le gain financier sur la santé (voire la survie) des consommateurs.

Les laboratoires pharmaceutiques : Un des chercheurs américains les plus réputés aux États-Unis a manipulé toutes les données de ses recherches qui ont servies à la diffusion d’un médicament antidouleur, une autre firme connaissait, sans le dire, les effets secondaires tragiques d’un de ses médicaments, d’autres médicaments se sont révélés mortels faute d’avoir suivi les protocoles de vérifications, certains antidépresseurs seraient à l'origine de "folies criminelles", on soupçonne que la diffusion mondiale de l’H.I.V serait due à une campagne sans précautions (quelques scientifiques inconscients) contre la polio dans l’ancien Congo Belge à la fin des années 1950, environ 70% des résultats des tests cliniques des médicaments ne sont jamais publiés, le commerce des vaccins (avec sa cohorte de massacres, tous officiellement relativisés, au XXe siècle : désastre de Lübeck, vaccin contre l’hépatite B, Thiomersal, Gardasil, problèmes d’autisme attribués à l’usage du RRO, sels d’aluminium contenu dans certains vaccins) et en particulier le récent scandale mondial de la vaccination contre la gripette H1N1. L’industrie pharmaceutique est un des commerces les plus corrompus et les plus cyniques que notre société a produit ces dernières décennies. Plus pervers que les « barbares » désignés dans nos livres d’histoire, elle masque son crime derrière l’étiquette de la santé.

L’exploitation continue des pays du Tiers-Monde : D’abord à travers un colonialisme présenté comme légitime sur des bases simplement racistes, puis maintenant de manière moins visible entre les mains des multinationales, les pays du « sud » sont exploités en particulier en rapatriant leurs ressources naturelles vers les pays du « profit ». Un aspect local, loin des yeux du grand public mais parmi les plus douloureux de ce système, est l’exploitation des enfants dans le circuit du travail. Les famines, les massacres ethniques laissent indifférent un monde obnubilé par les fluctuations des « marchés financiers ».

Le commerce de la guerre : La guerre serait un élément incontournable de la nature humaine. Elle est devenue un des commerces les plus profitables. Les dépenses militaires s’élèvent aujourd’hui à 2 trillions de dollars par an dans les périodes « fastes ». Les ventes d'armes des 100 plus importantes compagnies ont augmenté de 15% au début du XXIe siècle. Qu’il y ait des gens qui meurent pour satisfaire ce besoin de profit semble laisser la plupart indifférent, alors que ce seul profit mériterait une révolution à lui seul. Quand nous savons, de plus, que de nombreuses guerres sont provoquées par les profiteurs eux-mêmes pour des raisons inavouées toujours liées à l’exploitation de ressources naturelles, à l’intrusion intéressée d’un pays dans une région du monde où il souhaite s’installer ou au simple besoin de renflouer des caisses en exacerbant des rivalités locales dans des pays souvent inconnus du grand public, il ne reste plus beaucoup de place pour les notions de paix et de compassion ensevelies sous des tonnes de justifications ignobles et aseptisées.

Servitude et cynisme des médias : les grands médias traditionnels sont au service du profit exclusivement. La déontologie journalistique est restée sur le papier. L’information est biaisée, parcellaire, manipulatoire, et les diffamations et calomnies sont quotidiennes, laissant des familles, des individus irrémédiablement salis par un système de désinformation généralisé qui se substitue en permanence à la Justice en désignant des coupables et des victimes sans la moindre enquête, au fil des humeurs et des croyances collectives. Le pouvoir, toujours menacé par une réelle « liberté de la presse », tend à garder ou à chercher un contrôle important des grands réseaux d’information protégeant les profiteurs et stigmatisant les profités.

Répression des alternatives : Pire encore, toutes les alternatives à cette société corrompue sont combattues de telle manière à faire croire à la population (par le biais des médias) que les tentatives de s’extraire de ce marasme catastrophique sont sectaires ou terroristes. Partout où l’on prononce le mot « secte » ou « terrorisme » aujourd’hui, la peur générée est suffisante pour bloquer tout esprit critique des citoyens qui ne sont alors plus des êtres doués de conscience, mais des machines à consommer pour le plus grand profit de quelques-uns. Ceux qui sortent de cet enclos sont suspectés de causer un « trouble à l’ordre public » et sont rapidement muselés.

Il reste peu d’espace dans le monde qui ne soit affecté par cette course criminelle au profit. Même les alternatives, qui n’ont souvent à leur crédit que l’enthousiasme de la jeunesse et la faiblesse de leurs ressources, subissent des dérives parce que les militants qui les animent ont été formatés comme leurs ennemis à céder aux sirènes du profit dès que leur activité commence à produire quelques revenus financiers mais également à réagir avec violence face à la contradiction, perpétuant l’esprit de guerre et de compétition qui préside à la course au profit, dans un cercle vicieux qui n’a encore jamais été brisé.

La corruption de notre civilisation est évidente, entière et profonde. Sans une véritable révolution intérieure, l’humanité sera toujours divisée entre les profiteurs et leurs victimes consentantes, dans un pathétique simulacre de civilisation.

Mais sommes-nous capables d’une révolution intérieure ?
T. Vissac



Auteur : Marc Lafontan - Source : Au bout de la route

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11 février 2011 5 11 /02 /février /2011 05:25

 

 

 

http://www.cgt-ch-larochelle.fr/Archives/Annee_2010/Cgt_une4.html

 

 

Emouvant appel au secours. J'ai d'autres témoignages oraux d'infirmières qui confirment.


Ca se passe comme ça dans les CHU au 21ème siécle !!!!


'Je  suis assez catastrophée en ce moment, car dans aucun média,  aucune presse, même dans les discours de nos chers  politiques, personne ne parle de ce qui se passe du côté de  l'hôpital public... Et pourtant, moi qui le vis de  l'intérieur, je vous garantis qu'il y a de quoi sauter au  plafond (peut-être autant que les fautes d'orthographe dans  ce mail, je m'en  excuse...!).

 

Tout  ce qui va suivre est un peu compliqué, peut-être, mais  nécessaire pour vous expliquer ce qui se passe sur le  terrain.
 

 Je  suis infirmière dans un service de Médecine adulte (Médecine  interne et thérapeutique, pavillon 5, hôpital Bellevue à  St-Etienne) avec une capacité d'accueil de 21 patients, dont  95% est muté directement des urgences. Autrement dit, la  plupart ne sont pas encore très stabilisés sur le plan  médical et ont donc besoin d'une surveillance étroite et  efficace de la part des infirmiers et aide-soignants. Les  femmes de ménage (ASH) ont elles aussi un rôle important,  car au détour d'un couloir ou pendant qu'elles nettoient une  chambre, elles peuvent être les premiers signaux d'alarme  d'un patient en détresse. Sans parler de leur travail  primordial pour assurer l'hygiène des services, rôle majeur  dans la lutte des infections  nosocomiales.
 

Nos  équipes s'organisent ainsi : (les équipes de jour et de nuit  sont indépendantes, je ne travaille que le jour  matin-soir)


> > > > > > > > 2  infirmières + 2 aide-soignantes + 1 ASH le  matin
> > > > > > > > 2  infirmières + 2 aide-soignantes + 1 ASH le  soir
> > > > > > > > 1  infirmière + 1 aide-soignante la  nuit
 

Ceci  est ce qu'on appelle le service minimum, autrement dit,  c'est le minimum réglementaire pour assurer la sécurité des  patients. Or il faut savoir que nous n'avons jamais de  personnel en plus et que la tendance actuelle est de nous  faire tourner en sous-effectif de manière presque  systématique les soirs et les week-end, soit un seul  infirmier pour 21 patients.

 

Depuis  2 mois, une de mes collègues infirmières a démissionné et  n'est pas remplacée, une autre est en arrêt de travail qui  risque d'être prolongé et n'est pas non plus  remplacée. Nous ne sommes donc plus que 6 infirmiers au lieu  de 8 à assurer un roulement sur 4 semaines, jours de  semaine, week-end et fériés compris. Alors nous effectuons 1  puis 2 puis 3 week-end supplémentaires (nous en travaillons  déjà 2 sur 4 habituellement) et ainsi de suite pour que le  service tourne, avec des jours de repos qui sautent et des  alternances de rythme incessantes. Si bien qu' il devient  impossible de prévoir quoi que ce soit en dehors de la vie  au CHU, sous peine de devoir annuler au dernier moment pour  cause : boulot!
 

Samedi  dernier, une autre collègue s'est arrêtée  et, étant la seule infirmière du soir, il n'y avait donc  personne pour prendre la relève du matin... C'est un  infirmier des urgences qui a été détaché de son service pour  venir dans le nôtre, qui a assuré les soins de nos 21  patients, alors qu'il ne les connaissait pas, et qui a dû  faire face en plus à une situation d'urgence vitale de l'un d'eux...

 

Une  des ASH est arrêtée depuis 1 an en étant remplacée de  manière très ponctuelle, obligeant les 3 ASH restantes du  service à se partager un roulement sur 4 semaines, jours de  semaine, week-end et fériés compris. Leur tâche est de  nettoyer à elles seules, tous les jours, la totalité des 16  chambres du service de fond en comble (vitres, mobilier,  murs, WC), les bureaux médicaux, les pièces de vie (office,  douche, WC, couloirs), la salle de  soins...

 

Il  faut savoir que le CHU de St-Etienne est en pleine  réorganisation, puisqu'un gros complexe est en fin de  construction à l'hôpital Nord, promettant parait-il des  technologies de pointe, des locaux modernes et surtout des  soins efficaces et de  qualité...

 

Alors  expliquez-moi comment être à la hauteur de ces exigences  quand le personnel est déjà largement en sous-effectif?  L'hôpital refuse d'embaucher, car déficit budgétaire, mais  préfère faire appel à l'intérim, qui coûte plus cher que des  contractuels...

 

Hier,  j'étais normalement en 'repos' et j'ai passé une bonne  partie de ma journée à démarcher la Médecine du Travail, les  syndicats et à parler avec notre chef de service, pour  essayer de trouver des solutions pour que notre direction  nous entende...

 

Nous  sommes par chance soutenus par notre chef de service, qui  connaît la valeur de notre travail et sait que nous ne  protestons pas pour rien. Il nous connaît suffisamment pour  lui même remuer ciel et terre pour qu'on s'occupe du sort  des soignants à l'hôpital. Il nous soutient par ce que lui-même est très inquiet de la situation et voit notre  gouvernement asphyxier le service public hospitalier, or lui  a choisi de travailler au CHU par foi en ce service public  et dans le respect du serment d'  Hippocrate.

 

Je  dors très mal et pour être honnête je pense au boulot  constamment. J'ai peur que le stress me fasse oublier un  soin, que la pression m' empêche de prendre le temps avec un  patient déprimé, que la fatigue me fasse faire un mauvais  calcul de dose, administrer un produit au mauvais patient...  J'ai peur que ce métier que j'aime me transforme en  assassin, involontaireme nt, par ce qu'on aura laissé la  situation se dégrader. Parce que nous sommes tous  responsables : je suis l'infirmière d'aujourd'hui mais nous  sommes tous les patients de demain. VOUS pouvez être au bout  de ma seringue, ou votre mari, votre enfant, votre Je  vis l'insécurité dans mon travail, alors que je le maîtrise  pourtant. Mais je suis humaine avant  tout.

 

Vous  serez ceux qui pâtirez du manque de soignants dans les  services : je n'aurai pas pu prendre le temps de vous donner  des nouvelles du patient que vous aimez, je n'aurais pas pu  gérer 2 situations d'urgence à la fois... Faut-il attendre  qu'il y ait des morts pour réagir et prendre conscience de  ce qui se passe dans les  hôpitaux???

 

Aujourd'hui,  j'ai besoin de vous. Merci de bien vouloir transférer ce  mail de manière la plus large possible, pour informer le  plus de monde possible. Si vous connaissez des personnes du  monde hospitalier, journalistique, politique ou autre,  n'hésitez pas à les solliciter. 

 

Il  faut se mobiliser en masse pour être plus efficace, moi  toute seule, je n'intéresse personne.'

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7 février 2011 1 07 /02 /février /2011 19:34
Appartement visible... à la loupe
Publié le 07/02/2011

La crise, vous en avez déjà subi les conséquences, mais maintenant que vous voulez devenir propriétaire, vous vous rendez compte que c'est en m2 que vous allez devoir mesurer son ampleur...

Selon les chiffres sur l'évolution du pouvoir d'achat immobilier publiés le 1er février par Empruntis, en douze ans, la surface achetable a diminué de 70 %. ça signifie qu'à Paris, par exemple, la situation d'aujourd'hui est aussi tendue qu'en 2008, au plus fort de la crise. Un exemple ? En 1998, avec un crédit sur 25 ans pour lequel vous remboursiez 1000 € par mois, vous pouviez financer à peu près 77 m2, soit un bel appartement pour une famille. Cette année, avec les mêmes conditions financières, vous pouvez acheter... 27 m2. Si vous êtes quatre, ça fait un peu plus de 6 m2 par personne. Fantastique.

à ce rythme-là, dans dix ans, vous pourrez sans aucun problème acheter un sublime duplex de 12 m2 avec un très beau saloncuisinesalleàmangersalledebains (pardon, les espaces coûtent cher) et une somptueuse chambre de 9 m2 pour quatre. Le bonheur non ?

C'est ce qu'on appelle la loi de l'offre et de la demande, mais ce qu'on se demande justement, c'est si on n'est pas un peu tombé sur la tête. Une chambre de 5 m2 est proposée en ce moment dans Paris pour 39 000 €, un studio de 7 m2 pour 50 000 euros. A ce tarif-là, vous dormez debout dans le placard de l'entrée et vous prenez votre douche dans l'évier de la cuisine. C'est du délire.

Seule solution, vous éloigner des grandes villes, devenues inaccessibles, partir de plus en plus loin ou alors rêver que si tout le monde déserte les métropoles, les prix se mettent à chuter. Vous pourriez alors quitter les villages devenus hors de prix pour vous installer dans un 130 m2 en plein centre qu'on vous aurait supplié d'acheter pour 20 000 €. ça aussi c'est du délire, mais allez savoir pourquoi, vous préférez celui-là...

 

Olivier Marin

 

http://www.explorimmo.com/edito/ledito-dolivier-marin/detail/article/appartement-visible-a-la-loupe.html#xtor=EPR-86-[newsletters_edito]

 


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7 février 2011 1 07 /02 /février /2011 05:49

Autoroutes : des profits à fond la caisse, grâce à l'Etat

Emmanuel Lévy - Marianne | Samedi 5 Février 2011 à 05:01 | Lu 11227 fois


Privatisées à vil prix, il y a cinq ans, les autoroutes se sont transformées en cash machine pour leur actionnaires, les géants du BTP. C'est un autre anniversaire qu'ils fêtent aujourd'hui. Il y a un an, sous couvert d'écologie, leur concession était prolongée d'un an. A la clé: deux milliards d'euros supplémentaires dans leurs poche, et une baisse de leur effectif. Un cas typique de greenwashing...


Autoroutes : des profits à fond la caisse, grâce à l'Etat

« C’est une bonne question ! » Tellement bonne que Jean Mesqui, le délégué général de l’Association des sociétés françaises d’autoroutes (ASFA) n’y répondra pas. Interrogé récemment par TF1 sur les bénéfices réalisés par les autoroutes désormais privatisées, il ne souhaitait visiblement rien dire.  Quelques jours plus tard, un porte-parole de l’ASFA opposera le même refus à Marianne.


Qu’importe ! Selon nos informations et nos calculs, nous pouvons révéler ce que l’ASFA cherche tant à cacher : sur 10 euros payés par un automobiliste lors de son passage au péage, 1,4 va dans les poches des actionnaires. 14%. Un taux de profit en hausse d’un point par rapport à 2005, lorsque l’ASFA communiquait encore sur la rentabilité. Avant la privatisation… 

 

Pourquoi cette soudaine pudeur des émirs du bitume ? La réponse tient dans ce chiffre, que Marianne a calculé à partir, notamment, des documents officiels des sociétés, comme Vinci, Eiffage, ou l’espagnole Albertis: 1,3 milliard d’euros de profits en 2009.  Difficile d’assumer, sans rougir, ce gros milliard, quand la récession rogne le pouvoir d’achat des Français. Délicat également de justifier la politique qui a permis un tel résultat : le prix moyen du kilomètre facturé à l’automobiliste est passé de 10,13 centimes en 2005 à 11,30 centimes en 2009 (derniers chiffres disponibles). Résultat: le ticket de péage affiche une progression de 11,5% en quatre ans, presque deux fois plus rapide que celle de l’inflation, légèrement supérieure à 6 % sur la même période. 

 

Le ticket n’est pas le seul levier sur lequel les sociétés ont joué pour faire carburer leur rentabilité. Dans le même temps, elles ont massivement dégraissé leur personnel. Depuis la privatisation, l’effectif total du secteur a fondu de 10 %, pour se situer légèrement au-dessus des 16 000 salariés. Moins de personnel, donc moins de coût, conjugués à des tarifs en hausse : sans surprise, le bénéfice réalisé sur chaque kilomètre facturé s’est amélioré de 20 %, entre 2005 et 2009 pour atteindre 1,58 centimes. Et comme le trafic a continué d’augmenter durant cette période, le bénéfice total des sociétés d’autoroutes a fait un bond en avant de 30 % ! 


1,58 centimes de bénéf sur chaque kilomètre
Ventilation d'un ticket de péage à 10 euros. (source: ASFA, calculs Marianne)
Ventilation d'un ticket de péage à 10 euros. (source: ASFA, calculs Marianne)

De quoi expliquer le mutisme embarrassé de l’AFSA,  quelques jours avant la nouvelle hausse des tarifs des péages, effective depuis le 1er fevrier : + 2,24 % en moyenne. Déroutante litanie de chiffres, dont on comprend que leur révélation risque de faire crisser les dents des automobilistes….  

 

Comme celles de tous les Français, d’ailleurs, car, depuis 2005, la privatisation des autoroutes va de scandale en scandale. A commencer par le prix de leur cession - 14,8 milliards d’euros - alors dénoncé par Marianne.  « Mon client était alors prêt à payer 40% de plus pour s’offrir APRR », les autoroutes Paris-Rhin-Rhône, nous confiait le banquier Bernard Migus. Le client de cet influent banquier, patron de la banque d’affaire Ixis ? Eiffage, le groupe de BTP qui, avec son partenaire australien Macquarie, s’est finalement offert les 2 240 km de la société APRR. Voilà de quoi corroborer l’évaluation de la Cour des Comptes du véritable prix des ces « bijoux de famille » : 22 milliards d’euros. Loin des 14,8 milliards d’euros demandés par le gouvernement Villepin.


L'escroquerie du «verdissement des autoroutes»: un cadeau de 2 milliards d'euros...

Merci Dominique ! Mais merci également Jean-Louis… Car, fin 2009, le ministre de l’Ecologie et des Transports, Jean-Louis Borloo a fait, discrètement,  un joli cadeau aux sociétés d’autoroutes en prolongeant d’un an la durée de leur concession, qui courent, selon les cas, jusqu’aux alentours de 2030.  Un an de plus, c’est autant de profits garantis, de l’ordre de deux milliards. Il y a bien sûr une contrepartie : les sociétés se sont engagés à investir un milliard d’euros en faveur de l’environnement au cours des trois prochaines années. 

 

Mais l’examen attentif des dépenses de ce « paquet vert » éclaire la véritable nature de l’accord. Seuls 3% des sommes prévues sont destinées à la sauvegarde de la biodiversité, le reste relevant d’un contrat léonin, qui chouchoute les intérêts des autoroutes. « On a rien vu de ce tour de passe-passe », se désole un député socialiste,  membre de la Commission des finances de l’Assemblée.  

 

Ainsi, sous couvert de réduire les bouchons aux péages, qui sont responsables d’émission de gaz à effet de serre, les autoroutiers ont prévu d’investir 800 millions dans des portiques automatiques. Vinci Autoroutes va par exemple, créer 172 voies sans arrêt, à raison de 3,3 millions d’euros pièce, ces équipements mangeront 84 % de l’enveloppe verte de Vinci Autoroutes. Cette automatisation, rendue possible grâce au télépéage, permet surtout de réduire les emplois et d’augmenter le rendement des autoroutes. « On a demandé à l’Etat de subventionner des pertes d’emplois. Pire, le personnel remplacé par les portiques est parti en préretraite, à moitié pris en charge par l’Etat ! », s’emporte Bernard Jean coordinateur CGT de la branche.  

Le reste de l’enveloppe du « paquet vert » est à l’avenant. Sanef (filiale d’Albertis) s’engage ainsi à la création d’un  « écopôle », en clair un nouveau bâtiment regroupant ses services techniques, mais qui sera, c’est bien le moins, labelisé haute qualité environnementale. 

 

Il y a mieux : 200 millions d’euros ne sont pas détaillés dans l’accord. Et pour cause, « écologiquement, ça n’est pas très parlant », finit par lâcher l’ASFA. De quoi s’agit-il ? De programmes visant à fluidifier la circulation. Autrement dit, des systèmes d’informations qui, sur la base du calcul de la vitesse optimale du trafic, informent les automobilistes. Une circulation plus fluide, c’est certes du CO2 en moins, mais surtout du trafic en plus !


...plus de rentabilité pour ces cash machine

Bref, autant d’investissements qui, sous couvert d’écologie, vont en réalité booster les comptes d’exploitation des sociétés d’autoroutes. Voilà qui rapproche d’autant la date  – sévèrement tenue secrète par les intéressés – à partir de laquelle, leurs emprunts ayant été remboursés, l’essentiel du péage ira directement dans la poche des actionnaires. « Nous estimons que pour ASF, dès 2028, la quasi totalité des emprunts aura été remboursée », explique-t-on à la CGT. Avec la prolongation de la concession d’un an obtenue l’année derniére, Vinci ne devra rendre les 2 700 kilométres de bitume à l’Etat qu’en 2033. La cash machine tournera donc à plein pendant 5 ans. 

 

On comprend dés lors que les BTPistes veuillent garder pour eux seuls la manne. Depuis la privatisation, ils n’ont eu de cesse de sortir les sociétés d’autoroutes de la cotation boursière. Dès l’opération finalisée, Vinci rafle le maigre flottant (en fait les actions éparpillées lors de l’ouverture du capital d’ASF sous le gouvernement Jospin). Seul maître à bord, une fois acquis les 100% d’ASF, Vinci alors dirigé par Antoine Zacharias, ne tardera pas à se verser un dividende exceptionnel de 3,3 milliards d’euros, le tout financé par un endettement massif d’ASF. C’est cette opération hyper rentable pour Vinci qui pousse Antoine Zaccharias à la faute. Certain de son bon droit, en tout cas d’avoir enrichie ses actionnaires, le patron demandera une prime de 8 millions d’euros, la demande de trop qui lui coûtera son poste. 

 

Triple bénéfice pour cette sortie de la bourse: primo la totalité des résultats de la manne autoroutière irrigue les comptes de leur proprio ; secundo la sortie de la cotation en bourse évite l’obligation de publier des informations détaillées sur les comptes ; tertio, en maintenant un fort endettement de leur filiale les BTPistes jouent à plein l’effet levier financier et fiscal.   

 

Pas question donc de partager, ni d’exhiber en dehors des présentations officielles devant les analystes l’incroyable puits de pétrole dont ils ont les robinets.  

 

Les voilà gagnants sur tous les plans : ils ont acheté les autoroutes à un prix sous-évalué et ont obtenu une prolongation de leur concession dont ils tireront des bénéfices leur permettant de réduire leurs dépenses de personnel... 

 

Pour se refaire, Bercy a, un temps, envisagé d'augmenter les taxes sur les autoroutes. Dans la loi de finance initiale pour 2009, la redevance domaniale, que doivent acquitter ces entreprises occupant le domaine public, devait  passait de 170 millions d'euros à 475 millions, soit une hausse de 280 %. Raté. L'intense lobbying des émirs du bitume a eut raison de cette initiative. C'est pourtant sur le dos d'une autre taxe que les autoroutiers mettent une partie (0,3%) de l'augmentation de 2,4% de leur tarif. Pas question en effet de toucher à leur précieux résultats

 

http://www.marianne2.fr/Autoroutes%C2%A0-des-profits-a-fond-la-caisse-grace-a-l-Etat_a202438.html

 

http://www.lesmotsontunsens.com/autoroutes-des-profits-a-fond-la-caisse-grace-a-l-etat-9061

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6 février 2011 7 06 /02 /février /2011 15:26

Prise de pouvoir en douceur

Article placé le 05 fév 2011, par Mecanopolis

 

De nombreux Etats européens doivent affronter de sérieuses difficultés finan­cières et s’efforcent d’éviter la banqueroute par de sévères mesures d’économies. On économise partout. S’il y a toujours moins d’argent à disposition pour les administrations, il faut bien trouver des solutions pour réduire les dépenses et faire des économies. Il y a cependant le risque que les pays européens concernés cherchent à privatiser, sans trop réfléchir, des parts de leur administration, ce qui est une aubaine pour les firmes à l’affût de gains: p. ex. pour la fondation Bertels­mann.


Une filiale de Bertelsmann, Arvato, se vante d’avoir repris dans une commune anglaise certaines tâches et d’en avoir personnellement tiré un bénéfice de 25 millions d’euros. Dans ce type de conception, on prive des pans entiers de l’administration du contrôle démocratique, pour les remettre à une entreprise privée, par exemple la perception des impôts. On prétend être plus performant, alors qu’en vérité il s’agit surtout d’un maximum de profit pour le clan Bertelsmann. L’Etat se débarrasse ainsi d’une bonne part de ses tâches, en les remettant en mains privées, croyant ainsi faire des économies. Cependant, ce qui est perdu de cette manière ne se rattrape que très difficilement.


On trouve des situations équivalentes en Allemagne, avec des conséquences désastreuses pour les communes concernées. En Suisse aussi, on trouve déjà des imbrications avec la fondation Bertelsmann. Il est impérieux d’avoir l’œil ouvert, afin d’éviter que des communes du pays ne tombent dans les griffes de Bertelsmann.

Thomas Schuler démontre dans son livre «Bertelsmann Republik Deutschland» comment une fondation, qui devrait être d’utilité publique, se développe en une entreprise de l’économie privée, au détriment de la communauté. L’auteur, qui a poursuivi des recherches approfondies et les présente d’un ton sérieux, dévoile les combines de l’empire Bertelsmann.

Ci-dessous, vous trouverez d’abord un résumé de l’auteur lui-même donnant un excellent aperçu de son livre en entier. Dans notre édition de la semaine prochaine nous publierons un chapitre entier de cet ouvrage dans lequel l’attention est attirée sur les grands dangers qui découlent des conceptions et de la manière d’agir de Bertelsmann, soit de déposer en mains privées des pans entiers de l’administration. Il va de soi qu’il est recommandé de lire le livre en entier.

Bertelsmann Republik Deutschland

Par Thomas Schuler

On peut classer en deux catégories les his­toires concernant les fondations. Selon les uns, les fondateurs de fondations d’intérêt public sont des héros de la société civile, qui font don de leur fortune. Pour d’autres, il s’agit de fraudeurs du fisc, l’argent dû étant caché en Suisse ou au Lichtenstein à l’aide de fondations familiales à intérêt personnel. Mais de quelle manière une fondation d’intérêt public peut-elle servir des intérêts privés ?

J’ai étudié cette question sur la base de la fondation Bertelsmann, une entreprise importante et de grande influence, comprenant 330 collaborateurs et un budget annuel de 65 millions d’euros. On pourrait la caractériser comme étant une université privée, ayant ses entrées dans les élites politiques et sociales. En tant que fondation opérante, elle ne promeut pas de projets, elle ne poursuit que ses propres projets (750 depuis 1977). Le fondateur d’après-guerre de Bertelsmann, Reinhard Mohn, mourut le 3 octobre 2009. Pour lui, l’œuvre de sa vie ne fut pas son entreprise (comprenant RTL, Arvato, Gruner+Jahr, Random House), mais sa fondation. Grâce à elle, il espérait reporter sur l’Etat et la société les succès de son entreprise. Tout devait être mesurable, afin de favoriser la concurrence. Ce qui avait fait le succès de Bertelsmann devait être appliqué à tout le pays. Son but était une «République allemande Bertelsmann». Mohn n’a lui-même jamais utilisé ce terme, mais il rend le sens de ses réflexions.

La fondation Bertelsmann est un centre du pouvoir, permettant à la famille Mohn (qui possède encore 23% de la Bertelsmann SA, et contrôle toujours la fondation) de se rapprocher de la politique, d’y prendre de l’influence et d’entretenir son entreprise. La fondation a même pu influencer la politique dans son propre domaine, en organisant un grand nombre d’activités diverses, notamment des forums et la publication de textes concernant la nature des fondations. Finalement, le gouvernement rouge-vert [celui de Schröder et consorts, ndt.] ne concrétisa que des propositions ne causant pas de tort à la fondation. La fondation est essentiellement, pour la famille Mohn, un instrument de financement et de direction, lui permettant de maintenir et de réinvestir les bénéfices de l’entreprise. Alors même que la fondation possède presque le 80% de l’entreprise, elle ne reçoit qu’un dividende correspondant à une participation minoritaire. La fondation n’a pratiquement rien reçu des sept milliards d’euros provenant de la vente des parts AOL.

Les fondations n’ont pas de légitimité démocratique. Personne ne les élit. Et personne ne peut les destituer. Elles ne doivent répondre à personne. Cela cause quelque difficulté à une fondation qui souhaite prendre de l’influence en politique. C’est pourquoi la fondation Bertelsmann travaille si volontiers avec le président de la République fédérale allemande. Elle offre de l’argent pour des projets et lui doit lui procurer une légitimation allant au-delà des partis.

Afin de démontrer la façon dont la fondation acquiert de l’influence à Berlin, j’ai cherché des projets qui permettent d’expliquer et de prouver de manière exemplaire son entrée dans les sphères politiques. Une recherche scientifique concernant le président de la République fédérale Roman Herzog en est un exemple. L’auteur Michael Jochum avait eu pendant quatre ans ses entrées auprès des collaborateurs de Herzog et avait pu participer à tous ses rendez-vous. Il discutait régulièrement les plans du président avec celui-ci. Finalement, il prétendit même avoir suggéré le mot-clé «Ruck» utilisé par Herzog dans son célèbre discours qui provoqua le changement à Berlin et les réformes du gouvernement rose-vert. Un entretien avec Wilhelm Staudacher, l’ancien secrétaire d’Etat de Herzog, démontre à quel point le collaborateur de la fondation Bertelsmann était intégré dans l’entourage du président. Selon Staudacher: «Jochum participait à tout.» Toutefois, Jochum n’a jamais publié la biographie prévue de Herzog. Son projet a donc échoué, mais la fondation Bertelsmann a néanmoins profité de ses entrées. Cette publication ratée ne fut pas la seule entrée; à maintes reprises, on invita Herzog, tant d’ailleurs ses prédécesseurs que ses successeurs, à Gütersloh [siège de la Bertelsmann SA et de la fondation, ndt.], afin de faire confirmer dans leurs discours le caractère d’utilité publique de la fondation.

Contrairement à ce qu’on prétend, la fondation n’agit pas en toute indépendance, mais en accord avec les patrons de l’entreprise et de la famille. En 1999, j’avais, en tant que reporter de la «Berliner Zeitung», entrepris des recherches pour démontrer que la fondation, lors de la réforme de l’instance de surveillance de la radiodiffusion il y a dix ans, n’agissait indépendamment qu’en surface, mais qu’en fait elle suivait les intérêts de la filiale RTL et de l’entreprise Bertelsmann, et lors de la réunion décisive à Gütersloh j’avais pu rassembler des impressions et des écrits importants. Une directive écrite de Mark Wössner, alors président du conseil de la fondation et président du conseil de surveillance de l’entreprise, est un document important qui démontre les conflits d’intérêts. Il écrivait à certains collaborateurs de la fondation que cette dernière devait se coordonner avec l’entreprise afin de rassembler des arguments «en notre faveur», c’est-à-dire en faveur de la radiodiffusion privée. On m’a fourni ce document qu’après la clôture rédactionnelle du livre, mais je l’ai utilisé pour un article paru dans le «Spiegel».

La réforme de la radiodiffusion est du passé. Mais y a-t-il d’autres projets actuels de la fondation avec des conflits d’intérêts? Par exemple lorsqu’on s’adresse aux hommes politiques pour exprimer ses souhaits et ses attentes? C’est ainsi que l’entreprise et la fondation invitèrent en 2004 la nouvelle Commission européenne pour insister sur le fait qu’on était fort intéressé par l’extension de l’UE pour s’ouvrir de nouveaux marchés. La fondation organisa de nombreuses réunions en faveur de l’élargissement de l’UE et milita pour l’adhésion de la Croatie. Liz Mohn se rendit à Zagreb pour y rencontrer le Premier ministre croate. Bertelsmann invita le Premier ministre à Gütersloh et à Berlin. La même année, la filiale RTL obtint une licence de télévision étatique pour la Croatie. Etait-ce un hasard?

La délocalisation de travaux administratifs est tout aussi problématique. La fondation donna le conseil et l’entreprise en fit une grosse affaire. Le projet pilote en Alle­magne est intitulé «Würzburg integriert», c’est lui qui doit permettre à Arvato d’ouvrir de nouveaux marchés. Le fait de se mêler de la réforme des fondations représente en fin de compte aussi un danger. On en parlera plus tard.

Je décris l’influence en politique en prenant comme exemple la réforme du marché du travail, portant le nom de Hartz IV. La fondation prépara le terrain à l’aide d’un rapport pour le Bündnis für Arbeit [Alliance pour le travail] et, sur mandat de la chancellerie d’Etat, elle organisa et participa aux travaux de la Commission Hartz. Un exposé critique de Helga Spindler, spécialiste en droit du travail, est considéré comme correct par les collaborateurs de la fondation Bertelsmann, lors de discussions à huis-clos. Sur demande, un membre de la commission Hartz, professeur de politique et expert en questions de marché du travail, Günther Schmid, décrit les prises d’influence de la fondation sur les réformes. Il raconte aussi que la fondation a organisé des voyages à l’étranger dans les lieux qui se prêtaient favorablement comme modèles pour les réformes. Les membres de la commission furent impressionnés, selon le souvenir de Schmid. Quand je le confronte aux contradictions du rapport sur le marché du travail de la fondation avec ses propres études, il accepte de s’entretenir sur les défauts et les imprécisions dans les comparaisons de la fondation entre les pays.

Konrad Schily, le fondateur et président pendant de nombreuses années de la première université privée de Witten/Herdecke, s’entretint avec moi de la promotion de Brigitte Mohn en 1993 – une question délicate. Brigitte Mohn n’avait étudié aucune des branches proposées à Witten. Elle ne put obtenir son doctorat que grâce au fait que, sous la direction de Reinhard Mohn, président du directoire, le droit à ce grade avait été étendu au Studium fundamentale (une sorte d’étude de base). Schily raconte que Reinhard Mohn s’informait avec impatience pour savoir pourquoi la promotion de sa fille durait pareillement – cela alors même qu’elle n’y a travaillé au total qu’un an. Un porte-parole de l’université confirme que Brigitte Mohn fut la première étudiante à bénéficier d’une telle promotion suite au Studium fundamentale. En 2003, la fondation avait fait savoir que Mohn avait soutenu l’université au cours des années avec 35,1 millions d’euros. Ce qui pose questions, c’est le fait que le mentor et expert de la promotion de sa fille fut mis au bénéfice d’un contrat de conseiller, quelques mois plus tard. Il fournit encore un projet de plusieurs années au deuxième expert. Ni l’université ni la fondation ne sont prêtes à confirmer ce contrat de conseiller. Il n’y eut de confirmation qu’après que la question fût posée sur mandat du «Spiegel».

Selon ses dires, Antje Vollmer, politicienne des Verts, voulut corriger les erreurs et les anomalies, apparaissant par exemple dans le peu de dividendes versés, en entreprenant une réforme du droit des fondations. Elle voulait contraindre les grandes fondations, telles Bertelsmann et Bosch, à verser plus d’argent. Elle avait espéré rencontrer quelque compréhension et soutien de la part des fondations – en vain. La fondation Bertelsmann s’engagea à fond dans ce débat sur la réforme, mais n’accorda aucune attention au projet de Vollmer, pas même une critique. En revanche, elle mit en avant d’autres aspects. Ce fut, une fois de plus, une confusion des intérêts publics et privés. J’en déduis que la fondation avait trop gagné en pouvoir sous le gouvernement de Gerhard Schröder, ce qui empêchait ce dernier d’entreprendre les réformes nécessaires. Ce point de vue est partagé par les avocats spécialisés en fondations.

Finalement, je me suis posé la question de savoir si la fondation était capable d’entreprendre des réformes. Quelles sont ses réactions par rapport à ses propres erreurs? Quelle est sa propre efficacité, cette parole ma­gique tant utilisée pour justifier les réformes qu’elle propose à d’autres? Place-t-elle l’argent des contribuables qu’elle a à disposition de manière efficace? J’ai posé ces questions à Gerd Wixforth, ancien président de la commune de Gütersloh, qui, ayant pris sa retraite en 1999, travailla pendant cinq ans comme conseiller dans la fondation. Selon lui, l’efficacité de la fondation est un mythe, auquel il avait cru pendant des décennies, mais qui se révéla faux, vu de près. «J’ai cru pendant de nombreuses années que la fondation était remarquablement organisée; mais quelle ne fut pas ma surprise de constater un désordre tel que personne n’était au courant de rien. Le principe de délégation des pouvoirs ne fonctionne absolument pas.» Des collaborateurs le confirment lors d’évaluations internes.

La fondation est d’intérêt public et exempte d’impôts. Cela pose la question de savoir dans quelle mesure la fondation Bertelsmann répond à sa mission de bien public. Est-ce qu’une fondation qui influence la vie poli­tique – et c’est bien le cas présent – peut rester une affaire privée de la famille Mohn? Je ne le pense pas. Mais, il est vrai que la collectivité n’a rien à dire en Allemagne en ce qui concerne les fondations – au contraire des Etats-Unis. Les mécènes aiment mettre en avant qu’un homme comme Reinhard Mohn a fait cadeau à la communauté de presque toute sa fortune. Ce n’est toutefois qu’une habile formule de propagande. En vérité, les fondations n’appartiennent qu’à elles-mêmes. La question qui se pose est de savoir qui détient le contrôle. Dans le cas de la fondation Bertelsmann ce n’est pas la collectivité, mais la famille Mohn qui assure son pouvoir au travers d’un système de fondation compliqué. Le véritable pouvoir est détenu par une petite Sàrl [société à responsabilité limitée] tenue solidement en main par Liz Mohn.

En 1986, Reinhard Mohn a écrit dans son livre «Erfolg durch Partnerschaft» [Succès grâce au partenariat] que «le but essentiel» de la création de la fondation en 1977, avait été «d’éviter au financement dans sa continuité, d’être soumis à l’impôt sur les successions». La fondation devait permettre d’éviter que les héritiers se trouvent obligés de vendre une partie de l’entreprise. On estime l’économie de la famille Mohn, en ce qui concerne l’impôt sur la succession, à deux milliards d’euros. Jusqu’à présent, la fondation n’a versé dans ses projets que 900 millions d’euros. On tente de minimiser, voire d’occulter la déclaration de Mohn en ce qui concerne l’impôt sur les successions. On fait semblant de ne voir que le caractère d’intérêt public. En vérité, Mohn a déclaré en 1998 dans le manuel officiel des fondations que la fondation s’engageait «uniquement en faveur des intérêts supérieurs de la société».

Uniquement pour les intérêts supérieurs de la collectivité? La famille a modifié les statuts plus de 20 fois afin d’assurer son influence pour tous les temps et ne pas devoir composer avec la promesse d’indépendance de la fondation. Pourquoi ne serait-elle indépendante que des partis politiques (comme elle le prétend)? Pourquoi pas indépendante de l’entreprise Bertelsmann SA et de la famille possédante Mohn?

Les recherchent mènent à des exigences concrètes. Les entreprises ne devraient pas se trouver essentiellement en possession d’une fondation d’intérêt public, exempte d’impôts et menée secrètement par elle. La direction d’une fondation ne peut être identique à celle (ou au conseil de surveillance ou de contrôle) de l’entreprise à laquelle elle participe – comme c’est actuellement le cas chez Bertelsmann. Les membres du conseil d’une fondation ne peuvent pas être en même temps membres du conseil de surveillance de la fondation (comme c’est le cas actuellement de Liz Mohn). Le dividende doit être rattaché plus sérieusement au bénéfice. Finalement, la fondation doit être indépendante des héritiers du fondateur de la fondation. Chez Bertelsmann c’est le contraire.

Que va appliquer la politique dans ce cas? Arrivera-t-elle à imposer une réforme? C’est bien la question centrale du cas Bertelsmann. Est-ce que les politiciens sauront faire preuve de courage pour imposer une réforme et mener à terme le travail d’Antje Vollmer? En septembre 2010, cette dernière s’est exprimée face à la «tageszeitung», en réaction à la parution de mon livre, de la manière suivante: «La fondation exerce une grande influence sur la politique. Ce n’est pas illégal, mais le monde politique devrait en avoir conscience et ne pas faire croire que la fondation Bertelsmann n’est qu’une institution neutre, orientée vers le seul bien public.» De ce fait, le monde politique est tenu particulièrement d’entreprendre une réforme du système des fondations. Vollmer déclare: «Du fait qu’il y a actuellement un beaucoup plus grand nombre de fondations, il faut que la Fédération des fondations allemandes en débatte. Il y a 15 ans, il ne s’agissait que d’un club très exclusif, du fait qu’il n’y avait que peu de ces fondations citoyennes. Mais en outre, il est nécessaire que quelqu’un du monde politique se sente responsable et s’occupe sérieusement de cette affaire pendant un certain temps. Les moyens sont connus: il suffirait de reprendre le modèle américain des 20% et d’imposer des versements de divi­dendes minimaux pour mettre des bâtons dans les roues de Bertelsmann.» Toutefois, on en est toujours à at­tendre qu’il se passe quelque chose au niveau politique.

Lors de la parution de mon livre, Gunter Thielen, directeur de la fondation, annonça une mise en examen de droit pour s’en prendre à mon livre, mais semble-t-il sans grand succès. Du coup, la fondation s’en prit à moi et à mon livre sur son propre site Internet. Mais dans ses commentaires la fondation Bertelsmann n’entre pas en matière sur le contenu du livre. Il semble qu’elle n’a pas d’arguments pour contrer les questions soulevées. Peter Rawert, professeur de droit des fondations de Hambourg confirme mes critiques et estime dans un article de la «Frankfurter Allgemeine Zeitung» que Bertelsmann profite de lacunes dans le droit des fondations. Selon lui la construction de la fondation Bertelsmann est un «système hybride» du fait qu’elle poursuit des intérêts privés sous couvert de bien public. C’est pour lui le «vrai scandale de l’affaire Bertels­mann».


Thomas Schuler, pour Horizons & Débats

Thomas Schuler vit comme journaliste indépendant à Munich. En 2004, il a publié l’ouvrage «Die Mohns» décrivant les propriétaires de l’entreprise Bertelsmann SA. «Bertelsmann Republik Deutschland. Eine Stiftung macht Politik.» est paru en 2010 aux Editions Campus.

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2 février 2011 3 02 /02 /février /2011 22:24

 

sarkozymerkel

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Beaucoup,  notamment à gauche, voient dans l’Europe le moyen de dompter les marchés et pour cette raison, ils sont partisans de « plus d’Europe » ou d’une Europe sociale. Ils n’ont pas compris que cette Europe n’a jamais servi que les intérêts du marché et qu’elle ne fera jamais rien d’autre.

 

Naïveté et réalité

Il est tout de même assez incroyable de pouvoir encore croire que cette Union Européenne pourrait être un moyen de domestiquer les marchés alors que depuis 25 ans au moins, elle démontre systématiquement le contraire. Juste en raisonnant par l’absurde, on serait bien incapable de citer aujourd’hui un seul exemple concret de protection. Les plans d’austérité européens démontrent bien aujourd’hui que cette Europe ne nous protège ni de la crise ni de la spéculation.

Aujourd’hui, l’Europe protège les créanciers (refusant la moindre restructuration des dettes souveraines contrairement aux idées avancées par l’Allemagne ou The Economist, qui ne sont pas des farfelus). Elle impose des cures d’austérité violentes aux peuples pour qu’ils honorent rubis sur ongle les créances d’un système financier que la collectivité vient pourtant tout juste de sauver de ses excès il y a un peu plus de deux ans, sauvetage en partie responsable du niveau des dettes.

 

Une alliance durable

Les évènements récents ont sans doute ouvert les yeux de beaucoup qui ont compris que cette Europe ne défend jamais les peuples mais les asservis à une finance dont elle n’a rien fait pour corriger les excès. Car le problème est plus profond. Il est structurel. Il est dans les gènes (fondamentalement néolibéraux) de cette Europe, éclaboussant tous les traités, qui sanctifient la « concurrence libre et non faussée ». Cette Europe est fondamentalement au service des marchés.

C’est elle qui cherche à permettre un nivellement social et salarial par le bas avec la directive Bolkenstein. C’est elle qui cherche à tout prix à imposer les OGM à des peuples qui n’en veulent pas, ou qui promeut l’utilisation de farines animales. C’est elle qui impose l’ouverture des marchés sans réciprocité, laissant rentrer les voitures japonaises et coréennes alors que le Japon et la Corée restent fermés aux automobiles européennes. C’est elle qui impose la libéralisation des mouvements de capitaux qui profitent aux plus riches, aux multinationales et aux mafieux.

C’est cette Europe qui a imposé une privatisation complète de la création monétaire au service de la finance, qui peut emprunter à 1% à la Banque Centrale Européenne et prêter ensuite à 3 ou 7% aux Etats, tout en refourguant à cette même BCE leurs créances les plus douteuses. C’est cette Europe qui a imposé le dogme d’un euro cher qui ne profite qu’à une minorité et qui a amplifié le mouvement de délocalisations des emplois, envoyant des millions de travailleurs au chômage.

 

Tout casser pour toute recommencer

C’est pourquoi il est totalement hallucinant de voir le Parti Communiste défendre l’euro, l’outil de l’asservissement des peuples et des travailleurs européens au grand capital, pour reprendre leur jargon. Bien sûr, l’idée européenne est belle et elle porte en elle de belles promesses, la possibilité de construire des projets utiles pour l’ensemble des pays européens. Mais comment ne pas voir que cette Europe là ne se fera pas dans le cadre actuel ?

Il n’y a pas trente-six solutions aujourd’hui. Le cadre des traités actuels est tellement néolibéral qu’il faut le balayer entièrement pour reconstruire une organisation européenne au service des peuples qui la composent. Vouloir modifier les traités existants pour les orienter dans un sens plus conforme à l’intérêt général est illusoire car les modifications se feraient à partir d’une base de textes dont l’orientation est fondamentalement mauvaise, antisociale et dogmatiquement néolibérale.

Cette Europe n’est pas un moyen de nous protéger des marchés. Au contraire, c’est le moyen s’asservir les peuples aux marchés. D’ailleurs, c’est bien pourquoi les marchés souhaitent le renforcement de ses pouvoirs puisque cela lierait les peuples plus fermement encore


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