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29 janvier 2012 7 29 /01 /janvier /2012 01:39

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TGE : les maîtres du jeu

 

janvier 28th, 2012

 

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Sébastien est un collaborateur débordé. Rattaché à la branche « banque » du n° 3 mondial de la bancassurance, il est en charge du projet « dépendance 2020 » dont l’objectif est de créer une gamme de produits destinée aux plus de 60 ans qui souhaitent s’assurer contre la « perte de dépendance », pour reprendre le jargon en usage qui définit ainsi différentes formes de sénilité.

Afin de faire aboutir ce projet, Sébastien doit coordonner et faire travailler ensemble, sur un mode non hiérarchique, des services ou départements aussi divers que l’actuariat, la direction des services informatiques, la direction commerciale, sans oublier le marketing, les RH, la formation… bref, un véritable casse-tête !

Las ! À moins de deux mois du lancement de la gamme des produits dont il a la charge, Sébastien apprend incidemment que la branche « assurances » de son groupe prépare un projet similaire, devant être lancé au même moment. D’où réunions, conflits internes, problèmes d’ego et de préséance dus au fait que la branche « banque », rachetée il y a 5 ans, a toujours été considérée comme le parent pauvre du groupe… en résumé, des milliers d’heures de travail effectuées en pure perte pour arriver à la conclusion que le système d’information, pourtant refait à neuf, ne permet pas de visualiser et de coordonner effectivement les projets du groupe. D’où demande de modification du système, etc.

On pourrait développer cet exemple ad nauseam. Il semble sans doute familier à ceux qui travaillent dans une TGE (très grande entreprise), où les dysfonctionnements de ce type sont légion. Quels enseignements en tirer ?


Cronos

Les structures comportant plusieurs dizaines de milliers, voire plusieurs centaines de milliers de collaborateurs ne datent pas d’aujourd’hui.  Mais, jusqu’à une date récente, elles comportaient une caractéristique commune : elles émanaient quasiment toutes de l’État. À ce titre, elles ne s’étaient pas construites en un jour mais, strate après strate, à l’issue d’un processus qui s’était déroulé sur plusieurs dizaines d’années, voire plusieurs siècles.

Cet échafaudage lent, cette sédimentation par étapes, générait certes des lourdeurs, « n’optimisait pas la productivité », pour employer une expression contemporaine, mais garantissait une pérennité, une efficacité minimale qui permettait, à travers l’établissement de routines, d’assurer stabilité et continuité.

Rien de tel avec les TGE. Ce n’est d’ailleurs par leur rôle. Fruits du capitalisme financier, elles grandissent à coups de fusions-acquisitions-regroupements à une vitesse sans cesse croissante. À l’exception de la tête – nous y reviendrons plus loin – leur structure est constamment en phase de réorganisation-restructuration. En un mot, leur vitesse de croissance, d’évolution et de transformation est, dans la plupart des cas, supérieure aux capacités d’adaptation de la plupart des individus qui la composent.

Pas étonnant, dans ces conditions, que ces mêmes individus soient stressés et démotivés, et ce quelle que soit leur fonction : employés, cadres intermédiaires ou cadres supérieurs (nous laissons de côté, pour l’instant, la question des dirigeants). Ils ne savent plus à quel saint se vouer, de quoi sera fait le lendemain, doivent constamment améliorer leur performance et contribuer à générer plus de cash à « iso-personnel », pour employer un terme de novlangue fort en usage, tout en suppléant l’absentéisme de leurs collègues ou collaborateurs qui craquent sous la pression.

On pourrait allonger cette liste sur plusieurs paragraphes. En résumé, sur le plan humain, le système est constamment au bord de la rupture et tient en combinant pressurage de l’encadrement intermédiaire, pompage dans le réservoir inépuisable de stagiaires qui pallient les absences ou le sous-effectif structurel des employés, recours aux « auto-entrepreneurs » qui sont, le plus souvent, d’anciens collaborateurs chassés de l’entreprise pour y être réintégrés fort temporairement et au coup par coup, en fonction des projets en cours, enfin acceptation d’un turn-over élevé, ce qui ne pose pas de problème particulier vu la masse de chômeurs qui se pressent à la porte.

Présenté ainsi, le système semble particulièrement inefficace. Sur le plan humain, il n’aboutit qu’à broyer les individus, « dévorés » l’un après l’autre par l’entreprise, comme Cronos-Saturne dévorait ses enfants. Plus l’entreprise veut être « performante », plus elle veut s’adapter rapidement à son environnement, plus elle va demander aux individus d’évoluer rapidement. S’adapter ou périr, telle pourrait être, sous une formulation un peu grandiloquente, la ligne de conduite que doivent adopter ceux qui veulent « survivre ».


Darwin

Ce système destructeur sur le plan humain est-il pour autant efficace sur le plan organisationnel ? À première vue, on est tenté de répondre par la négative : comment une organisation pourrait-elle être efficace alors qu’elle « flingue » autant les individus ?

La réponse ne laisse pourtant aucun doute : c’est parce qu’elle « flingue » les individus que l’organisation est terriblement efficace. À travers ce processus de destruction-restructuration, elle a mis en place, en son propre sein, une méthode de sélection naturelle particulièrement efficiente qui lui permet, en se délestant rapidement de tous ceux qui ne sont pas suffisamment « évolutifs », malléables et adaptables, de maximiser sa performance, son adaptation à l’environnement… et sa rentabilité.

Dans l’exemple ci-dessus, le fait que Sébastien et son équipe de projet aient effectué en pure perte des milliers d’heures de travail n’a, en définitive, pas une grande importance. Le principal, c’est de « sortir » le plus vite possible le produit le plus performant et le plus rentable, pas de récompenser, fidéliser ou conforter des collaborateurs. Si deux équipes se sont battues en interne pour réaliser le même projet, eh bien que le meilleur gagne ! Quant à l’autre, vae victis

Mais alors, quid de l’expérience ? Le système ne risque-t-il pas d’« éjecter » hors de l’entreprise les collaborateurs les plus expérimentés ?

Aucune importance, ou plutôt de moins en moins d’importance. L’expérience, qui constitue un atout dans un monde stable ou à évolution lente, car elle permet de répéter des processus ou des « tactiques » qui ont fait leurs preuves, devient un « boulet » au fur et à mesure que la vitesse d’évolution s’accélère. Ce que souhaite l’entreprise, ce n’est pas conserver des « anciens combattants », ceux qui ont gagné les guerres économiques d’hier (même si cet « hier » a, tout au plus, une dizaine d’années), c’est de disposer des combattants pour gagner les guerres de demain, dans un environnement qui a totalement changé.

À ce moment-là, l’expérience n’est plus un atout. Ce qui compte, c’est l’adaptabilité et la compréhension de la nouvelle situation, non la référence à des repères qui ont disparu. Exit donc les anciens combattants quadra - et a fortiori quinqua – génaires !

Un autre élément milite en faveur d’une « éjection » rapide des « anciens combattants » : leur coût. Il était justifié par l’expérience. Celle-ci ayant de moins en moins de valeur, il est alors préférable d’embaucher « deux soldats de 25 ans pour le prix d’un de 50 ans », pour caricaturer à peine. La justification financière rejoint ici la nécessité organisationnelle.


Crésus

La finance, parlons-en justement. Nous avons souligné dans de nombreux billets (et nous ne sommes aujourd’hui pas les seuls, c’est pratiquement devenu un lien commun) la financiarisation excessive des entreprises, devenues des « machines à générer du profit » dont ne bénéficient que les actionnaires et une poignée de cadres dirigeants.

C’est en effet, vu de l’intérieur de l’entreprise, un symptôme de plus en plus marqué : la coupure absolue – tant en termes de rémunération que de centres d’intérêt, de priorités, de culture, etc. – entre une équipe dirigeante, isolée non seulement du monde mais aussi de la réalité de l’entreprise, et le « reste »…

Dans ce contexte, l’espoir des cadres supérieurs, c’est d’accéder au « Saint des Saints », à une position de cadre dirigeant qui leur permettra de « passer à la caisse » et d’en « récolter un max » le plus vite possible, au cas où, au cas où la fête s’arrêterait, au cas où ils seraient éjectés de l’assiette au beurre. L’espoir des autres, de ceux qui ne pourront jamais accéder à ce type de poste, c’est de conserver leur job, de ne pas être remerciés lors de la prochaine restructuration.

Ce détachement de la « tête » du reste du « corps », son insensibilité à son corps, lui permet de prendre des décisions d’amputation sans ciller, sans souffrir. On est évidemment très loin du « patron paternaliste » qui considérait ses employés comme ses « enfants » et qui, à condition que ceux-ci soient sages et obéissants, acceptait de les « protéger » en échange de leur soumission.

Il ne s’agit pas ici de regretter un quelconque « bon vieux temps » idéalisé mais de souligner le changement radical qui s’est opéré dans la nature des rapports sociaux, conséquence logique d’une évolution vers la financiarisation, la « boursiarisation » des entreprises.


Cronos, Darwin, Crésus : avec de tels « maîtres du jeu », le « système TGE » est d’une efficacité redoutable. Face à lui, les structures des États-nations ressemblent à des dinosaures, à des bizarretés d’une autre époque qui n’attendent qu’une pichenette pour s’écrouler.

C’est d’ailleurs ce qui va se passer. Nous ne reviendrons pas ici sur la liste des symptômes avant-coureurs de cette dégringolade des États-nations et vous renvoyons à la liste des billets en bas de cet article. Nous allons, dès la semaine prochaine, nous concentrer sur un autre aspect de la question : quelles conséquences cette chute des États-nations va-t-elle avoir pour les TGE ?


Lundi
© La Lettre du Lundi 2012

Sur la dégringolade des États-nations :


Les illusions perdues
Avec nos enfants, à bord du Titanic
« Communication sécuritaire » et évolution du rôle de l’État
De Mégara à Wall Street
À vendre : Éducation nationale, mauvais état, mais fort potentiel
2050 : l’odyssée du servage
L’alpha et l’oméga
Le Second Empire
Le « mal américain »
τραγῳδία… tragôidía… tragédie

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27 janvier 2012 5 27 /01 /janvier /2012 22:14
http://www.lepoint.fr/images/2012/01/26/fraise-espagne-droits-homme_489342_113x76.JPG
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La fraise espagnole, un cauchemar social
jeudi 26 janvier 2012

 

Des fraises en hiver : fabriqué par la publicité, ce rêve de consommateur est, on le sait, un cauchemar écologique, aussi bien pour l’eau massivement gaspillée que pour les pesticides employés dans la production. On sait moins qu’il est aussi, pour ceux qui produisent ces fraises sous les serres andalouses, un cauchemar social. Une mission d’enquête mandatée par la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) rendait aujourd’hui son rapport sur les conditions de travail des quelque 50 000 personnes qui constituent la main-d’œuvre de cette cette production saisonnière.

Majoritairement composée de travailleurs migrants, et surtout de femmes, cette population est régie par le système de la contratación en origen, qui permet aux patrons, en accord avec la Région et les syndicats, de « recruter “à la source” dans leur pays d’origine quelques milliers de personnes qui seront convoyées puis réparties dans les plantations où elles travailleront jusqu’à la fin de la saison de la fraise, s’engageant à revenir dans leur pays dès la fin de leur contrat ».

Depuis que la Pologne, la Bulgarie et la Roumanie sont entrées dans l’Union européenne, « le recrutement à la source concerne désormais des travailleuses marocaines. Ce système original est souvent érigé en exemple des avantages de la migration circulaire, un modèle promu par les institutions de l’UE afin de pourvoir aux besoins en main-d’œuvre de l’Europe tout en garantissant la non-installation des migrants sur son sol », souligne le rapport.

Mais, sur le terrain, les enquêteurs de la FIDH ont découvert « un certain nombre de problèmes psycho-sociaux dans la communauté des travailleuses marocaines. Par exemple, les femmes enceintes font tout pour dissimuler leur grossesse à leur employeur car elles craignent de devoir arrêter de travailler et donc renoncer à la saison. Lorsqu’elles sont malades, ces femmes hésitent aussi à se rendre dans les centres de santé et à en informer leur employeur ». Les « critères de sélection » des employeurs sont, constate le rapport, « sexistes et paternalistes ». Ainsi, « pour la fraise et encore plus pour la framboise, les doigts de la femme et sa délicatesse supposée conviendraient mieux. [Le programme] prévoyait de manière non explicite le recrutement en priorité de mères d’enfants en bas âge — une clause supposée empêcher leur évasion pendant la durée ou à la fin du contrat ».

Bien souvent, les ouvrières ne disposent pas d’une copie de leur contrat de travail, et certaines se voient confisquer leur passeport, ce qui les contraint à rester, loin de tout, cloîtrées sur leur lieu de travail. D’autant, insiste le rapport, que l’aspect temporaire des contrats, combiné au désintérêt des syndicats majoritaires espagnols comme des syndicats marocains, conduisent à une « absence » complète de représentation syndicale.

Quant aux conditions d’hébergement, elles sont parfois carcérales, « en dessous de toute norme. Il s’agit généralement de baraques en préfabriqué éloignées de plusieurs dizaines de kilomètres des zones urbaines et où le minimum en matière d’hygiène n’est pas respecté ».

« Le système même d’embauche de travailleurs à l’étranger — ce qu’Emmanuel Terray a décrit par l’expression “délocalisation sur place” — qui dépendent entièrement de cet employeur pour revenir travailler sur le territoire espagnol et qui ne disposent d’aucune représentation syndicale, empêche tout type de revendication, précise la FIDH, et explique le consentement des travailleurs à des conditions de travail pourtant en deçà des normes nationales et internationales, a fortiori dans une période de crise économique ».

« Conditions de travail dans les plantations de fraises à Huelva (Espagne) », le rapport de la FIDH (PDF).

Dans « Le Monde diplomatique »
  • « Florissante industrie de l’agriculture biologique », Philippe Baqué, février 2011.
    Comment le mouvement bio, lancé par des militants soucieux de défendre la petite paysannerie tout en rejetant les logiques productivistes, risque de s’échouer sur les têtes de gondole des supermarchés.
  • « Dans les champs de la Bekaa », Lucile Garçon et Rami Zurayk, septembre 2010.
    Attirés par de meilleurs salaires, des travailleurs syriens franchissent la montagne frontalière pour s’établir dans la plaine libanaise de la Bekaa. Précaire, leur séjour peut durer quelques mois ou plusieurs années…
  • « Et pour quelques tomates de plus », Aurel et Pierre Daum, mars 2010.
    Nos habitudes de consommation ne sont pas sans conséquences. Dans un kilo de tomates, en hiver, on trouvera : un goût insipide, de l’exploitation, de la pollution, des profits et, in fine, une réflexion sur… la mondialisation des échanges commerciaux.
  • « Colère des paysannes de l’Atlas marocain », Cécile Raimbeau, avril 2009.
    Depuis que de grandes exploitations de primeurs ou d’agrumes et des industries du secteur cosmétique tirent profit de la plaine du Souss, de plus en plus de paysannes berbères sont acculées à trimer comme ouvrières agricoles dans des conditions déplorables.
  • « Travailleurs saisonniers : cueille ou crève », Romain Fantin, Lettres de... (Les blogs du Diplo), 18 août 2009.
    Bienvenue à Castleton, une petite ferme perdue au fin fond de l’Ecosse, à 4 km du hameau le plus proche et à 40 km d’Aberdeen. Ici, deux cents étudiants, presque tous d’Europe de l’Est, viennent cueillir des fraises pendant les deux ou trois mois d’été. (...)
Toujours disponible
  • « We feed the world - le marché de la faim », d’Erwin Wagenhofer
    Ce documentaire permet de comprendre les causes profondes de la crise alimentaire ; il explique comment, alors que tous les experts reconnaissent que la planète est capable de nourrir l’ensemble de ses habitants, la famine et la misère rurale persistent.
    Disponible dans la boutique en ligne.
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26 janvier 2012 4 26 /01 /janvier /2012 20:01


Intégrisme marchand et démocratie
 
Les partisans de notre système économique, les intégristes marchands, affirment sans cesse qu'il est le garant de notre démocratie. C'est faux à moins de définir ce qu'est notre démocratie (démoctature ?).
En effet, le lobbying intense, les pressions, voire la liquidation pure et simple, sont souvent au menu des multinationales.
Le cas du gaz de schiste devrait éclairer ceux qui sont sourds et aveugles.
 
En effet, la fracturation des roches contenant les gaz de schiste implique pour fonctionner l'injection de nombreux produits chimiques qui empoisonnent littéralement les nappes phréatiques.
En réalisant une étude sur le gaz à la demande de l'Algérie (http://www.lemaghrebdz.com/lire.php?id=25621), j'ai découvert des documents particulièrement instructifs dont voici quelques extraits:
 
"Une des tendances les plus prometteuses dans l'approvisionnement énergétique des États-Unis est le développement des nouvelles technologies d'extraction de gaz naturel, des gisements de schiste et d'autres sources non conventionnelles.
 
Les réserves nationales de gaz naturel ont augmenté de manière exponentielle ces dernières années. L'accès fiable à ce combustible fossile à combustion plus propre pourrait améliorer notre indépendance énergétique et réduire notre dépendance...
 
Comme l'industrie du pétrole et du gaz applique cette technologie à de nombreux puits dans plusieurs parties du pays, il est important de s'assurer que le processus est sûr et respecte l'environnement.
Les organisations environnementales, des groupes de santé publique, et les collectivités locales ont exprimé des préoccupations concernant l'impact potentiel de l'injection de fluides de fracturation hydraulique dans les puits situés dans ou à proximité des sources souterraines d'eau potable. D'autres ont soulevé des préoccupations au sujet de la quantité d'eau nécessaire à la fracturation hydraulique des puits de pétrole et de gaz et l'élimination des produits contaminant les eaux usées provenant des opérations de fracturation...
 
En 2003, l'EPA a conclu un protocole d'accord volontaire (MOA) avec les trois plus grandes entreprises de fracturation hydraulique, Halliburton, BJ Services, et Schlumberger, pour éliminer le diesel des fluides de fracturation hydraulique injecté dans des puits situés dans certains souterrains contenant des sources d'eau potable. En dehors de la MOA, il n'existe pratiquement aucune réglementation fédérale des fracturations hydrauliques. En 2005, le Congrès a exempté la pratique de la fracturation hydraulique de la Safe Drinking Water Act (LSEP), sauf lorsque les fluides injectés contenaient du diesel...
 
Les compagnies de gaz peuvent utiliser des additifs et des produits chimiques en plus du diesel dans la fracturation hydraulique, mais les régulateurs fédéraux n'ont aucune autorité pour limiter les types et les volumes de ces substances. En effet, les compagnies pétrolières et gazières n'ont pas besoin de rapporter aux autorités fédérales de réglementation sur ce que contiennent leurs fluides de fracturation ni où ils sont utilisés.
 
En tant que Président du Comité de la Chambre sur la surveillance et la réforme du gouvernement au dernier Congrès, le président Waxman a demandé et obtenu quelques données de Halliburton, BJ Services, et Schlumberger sur les produits chimiques utilisés dans leurs fluides de fracturation. Selon ces données, deux de ces entreprises ont utilisé du carburant diesel comme un fluide de fracturation entre 2005 et 2007. Halliburton a déclaré utiliser plus de 807,000 gallons (un gallon = 3,78 litres)à base de gazole fluide, une violation potentielle de la MOA. BJ Services a déclaré utiliser 1,700 gallons de diesel fluide utilisés dans la fracturation de gaz dans l'Arkansas et l'Oklahoma. Dans une lettre au Comité de surveillance, BJ Services a reconnu que ces événements étaient «en violation de la MOA. Les entreprises ont également indiqué qu'elles ont utilisé d'autres produits chimiques dans leurs fluides de fracturation - tels que le benzène, le toluène, l'éthylbenzène, et les xylènes - qui pourraient présenter des risques environnementaux ainsi que pour la santé humaine."
 
Pour résumer, aucun contrôle, juste un protocole d'accord volontaire dont on sait qu'il n'est pas suivi, injections de produits hautement dangereux dans les nappes phréatiques, preuves à l'appui, etc.
L'intégrisme marchand a vaincu la démocratie... Pour le moment...
 
Source : http://www.bctwa.org/FrkC-Congress-Feb18-2010.pdf

 

http://gillesbonafi.skyrock.com/3064818153-Integrisme-marchand-et-democratie.html 

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26 janvier 2012 4 26 /01 /janvier /2012 13:24

 

Jeudi 26 janvier 2012  

Travail gratuit : le nouveau rêve de tout libéral (ou capitaliste, ça revient au même dans les faits malgré les dénégations des zozos en question) : déconnecter le travail de la rémunération et du capital. Précarité en hausse, stages qui s’enchainent dans l’espoir de trouver un travail rémunéré au prix “normal.“

A se demander si on ne voit pas naître une nouvelle classe sociale le précariat, à coté du salariat . Et si cette situation ne profite pas involontairement ou volontairement à certains salariés qui exploitent ainsi leur semblables pour éviter de tomber sous des sanctions ou de ne plus progresser dans leur carrière (en gros: font de la lèche et exploitent les stagiaires ni vu ni connu). Ce qui devait faire penser aux marxistes que la classe ouvrière ou le prolétariat (qui inclue pour eux les cadres) peuvent très bien se cannibaliser et toujours dans un même sens : les plus faibles en premier.

Ce phénomène insidieux associé à l’apparition d’une nouvelle aristocratie aboutira si rien n’est fait à uneploutocratie où les salariés mettront leur force de travail en vente dans des marchés aux enchères… Vous allez voir que cela existe déjà !

France : Stages et RSA
 
Nous avons eu le STO 2.0 pour le RSA présenté par la droite sociale influencée par la droite populaire, qui elle même copie les droites “à droite” de l’union européenne dans un mouvement anti-assistanat qui est en fait chargé de transformer le travailleur ou chômeur pauvre en bouc émissaire. Comme le fait d’ailleurs le troll Mistral depuis qu’il un blog à son effigie.

On trouve des stages non payant avant 2 mois, bizarrement c’est la limite pour beaucoup de stagiaires… Forcément, le stage ne devient payant qu’au bout de 2 mois…  Là encore on trouve ça dans des secteurs d’activité comme le luxe, la mode. Constaté par moi même en discutant avec de jeunes twitteurs. Terrible façon de commencer dans la vie active, surtout quand on approche 30 ans !

Et que dire, des blogeurs qui travaillent gratuitement pour un site de presse qui lui bénéficie des subventions d’état pour ses salariés.

On trouve aussi des stagiaires dans les métiers “intellos” : communication, médias, cinéma et qui ne sont pas rémunérés , avec auto-conviction “je dois faire mes preuves” qui fait que la victime se convainc du rôle bénéfique pour tous de son expérience. Terrible constat qui aurait captivé Pavlov : Le salarié se met lui même dans le costume de l’esclave et porte sur lui la faute de la situation “je dois” et courre à la gamelle qui est alors presque vide.

Tout ce qu’on sait , c’est que  leur nombre serai passé de 800 000 à 1,2 millions en 4 ans (2010), + 50% . On peut donc saluer l’effort de l’UMP et du MEDEF . Tout ça c’est du travail gratuit ou presque, une façon ignoble de réduire le coût du travail.

USA, le pire du meilleur de l’horreur :

Avec des stagiaires qui payent pour avoir un stage gratuit : ça s’est vu aux USA. Bien sûr dans le luxe, ou entreprises “très réputées”. Ainsi, Disney aux USA : 7000 stagiaires qui viennent de partout, travailler payé au lance-pierre et sans  protection sociale. Disney a même conclu des accords avec des lycées et universités :

 Pour monter un projet de cette taille, nous avions besoin de l’aide des universités (..) Outre le nombre, l’impératif était de pouvoir obtenir une main-d’œuvre flexible susceptible d’être ajustée aux fluctuations [saisonnières].

Flexible veut donc dire payé à coup de lance-pierre ! Pour les complices locaux dans l’enseignement supérieur, tout ça se justifie :

“Son principal effet est d’améliorer l’estime de soi des étudiants.”

Terrible non ? Le message est clair : Ne pas être payé à la valeur du travail, se taire et en cadeau faire un beau sourire à l’employeur et à ses clients devenus complices  et assimiler son propre rôle d’esclave sous payé. Pensez-y quand vous irez visiter Mickey au USA. En France Disney l’annonce sur son site WEB: plus de 1000 apprentis et stagiaires accueillis chaque année. Mais le pire est à venir, voilà ce que j’ai trouvé  dans Courrier International n°1075, qui proposait un dossier sur le sujet, avec un extrait de la  London Review of Books :

Il existe même un marché où l’on peut acheter des stages aux enchères. Une place chez Versace a ainsi récemment atteint 5 000 dollars ; des droits de blogging temporaires au Huffington Post ont été adjugés pour 13 000 dollars ; et quelqu’un a même été prêt à débourser 42 500 dollars pour travailler quelques jours à Vogue.

Dream Careers, une boîte californienne, vend chaque année 2 000 stages dans le monde entier. On peut acheter huit semaines l’été pour 8 000 dollars (pour Londres, ce sera 9 500 dollars). La valeur pédagogique de ces stages reste pourtant à démontrer, qu’ils soient organisés par Dream Careers ou par une université.  

On le voit marché du luxe, ou des communications. Avec des noms connus, comme le Huffington Post. Présenté comme un modèle par les adeptes des médias en mode pure player, on voit qu’il y a de drôles de pratiques autour de ce modèle.

Royaume-Uni : Déguiser un emploi en stage c’est illégal.

Selon le guardian qui a enquêté , une enquête réalisée par Yougov pour internocracy nous apprend que près de un dirigeant sur cinq reconnait prendre des stagiaires pour réduire ses couts de main-d’oeuvre. Là bas des stagiaires font condamner les employeurs .. à se faire payer le salaire minimal et des congés payés . Pour l’employeur en cause le discours est entendu partout : Si les publications sont sanctionnées pour avoir aidé des bénévoles à acquérir l’expérience qui leur manque, les offres de stages vont se raréfier.

Or dans le monde salarié, la formation sur le tas, ça existe depuis des années. les périodes d’essai aussi, ainsi que la formation continue des salariés. Mais là encore ce que veulent ces entrepreneurs, c’est profiter gratuitement de personnel formés par des études supérieures et qui acceptent de travailler sans être payés. Et là encore ça concerne des agences Web, des entreprises 2.0, des agences de communication ou autres… Un mouvement Cashback for Interns a donc été lancé: 37% des stages ne sont pas rémunérés ou sous le minimum légal.

Selon le Guardian “Si la gauche européenne ne répond pas aux aspirations des salariés les plus fragiles et les plus exposés à la crise, c’est l’extrême-droite qui s’en chargera. Il faut réinventer la trinité progressiste de l’égalité, de la liberté et de la fraternité.“.

On notera que pour le quotidien anglais, la devise de la Révolution française est à ré-inventer. Et que ce message s’adresse aussi à notre gauche à nous !

Espagne : J’ai vu une vidéo sur I>télé avec des témoignages de CDD non payés. Ah zut la vidéo n’est plus disponible… comme c’est dommage. Idem pour la Grèce, si des manifestants demandent à être payés, d’après vous , c’est pour quelle raison ?

Mexique : un nouveau modèle libéral? Faire travailler les enfants gratuitement

Au Mexique, parmi les 3, 470 millions d’enfants qui travaillent, 70% ne reçoivent aucun salaire et seulement un cinquième de ceux qui les emploient leur donnent une rémunération quotidienne. Ces chiffres furent dénoncés à l’occasion de la table ronde « No a la explotación laboral, compartamos la mirada y unamos nuestras voces » organisée hier par diverses Organisations Non-Gouvernementales.

Au Portugal près de 300’000 Portugais doivent cumuler les emplois pour joindre les deux bouts. Phénomène qui touche aussi les classes moyennes.

Voilà une vidéo, qui explique que la bas 40% des employés sont précaires.

Italie : le gouvernement fait travailler gratuitement des stagiaires dans les services gouvernementaux. Avec de terribles aveux.

“Il arrive que le responsable aille se promener et que le stagiaire élabore un document à sa place – des indicateurs de performance, des indicateurs de bilan, un journal officiel, des décrets-lois, des communiqués de presse, des notes aux médias…,

Et comme en France, le ministre explique qu’il faut bien sûr empêcher tout ça. Et bizarrement on a trouvé aussi des membres de cette administration dénoncer les faineants ! Tout en faisant travailler des stagiaires sans les payer.  Et ce qu’on pourrait trouver ça en France ? je me le demande.

Autre forme de travail gratuit qui est apparue chez nous : l’externalisation ouverte c’est à dire l’utilisation du savoir-faire des internautes pour effectuer des tâches traditionnellement effectuées par des salariés. L’opérateur télécom Bouygues-Télécom l’a ainsi fait avec son offre “B&YOU” où le service après vente est .. assurée par les clients eux même. Version raccourcie, et moins glorieuse du cas du Huffington Post qui a rapporté 315 millions de dollars à sa créatrice alors qu’une grande partie du contenu et de la réputation du site venait du travail de bénévoles. Tout ça sous le vocable de crowdsourcing. Qu’on présente comme un management de la connaissance, alors que ce n’est que la transformation en capital .. du travail gratuit de tiers. D’après vous d’où vient la valorisation boursière de Facebook ou d’autres sites du même genre qui s’approprient vos contenus ?

les mêmes entreprises adeptes de ce travail gratuit font aussi des efforts considérables pour ne pas payer d’impôts. Ainsi Amazon qui dépend énormément des avis des lecteurs et de leur comportement d’achats pour son système de conseil de lectures (donc crowdsourcing) menace de quitter les états US qui oseraient le taxer !

On le voit, nos top winners décideurs au somment de la société, dirigeants d’entreprises profitables ont trouvé un bon moyen de réduire le cout du travail et ce un peu partout dans l’OCDE ou zone “occidentale” : Faire travailler gratuitement des salariés formés, et bientôt les faire payer pour travailler gratuitement en copiant le modèle US. Et qu’on ne compte pas sur l’OCDE pour être honnête en critiquant (serait-ce possible), par ce que l’organisation bras armée du libéralismepropose des stages non rémunérés… pour établir des notes et participer à la rédaction de rapports .. de l’OCDE.

Sarkopipo

Source 

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26 janvier 2012 4 26 /01 /janvier /2012 13:20

 

Mercredi 25 janvier 2012 3 25 /01 /Jan /2012 22:27

 

Grèce: les "nouveaux pauvres" ne se comptent plus...

 

pauvres.jpg Le vice-ministre de la Santé Markos Bolaris, le maire d'Athènes, George Kaminis, des représentants de l'archidiocèse d'Athènes ainsi que le Comité national pour les droits de l'homme ont présenté des preuves choquantes et de dimension énorme du phénomène des sans-abri autour de la capitale Athènes.


C’est une évidence, la crise économique a non seulement contraint les anciens sans-abri à retourner dans la rue mais elle a également créé une nouvelle catégorie de sans-abri, qui étaient autrefois aisée, une nouvelle population qui cherche maintenant un endroit où vivre, où manger, où dormir, en réclamant la charité.


Le nombre de ces  « nouveaux sans-abri » reste encore difficile en raison de l'absence de preuve substantielle. Toutefois, nous pouvons affirmer que ces chiffres sont largement en hausse, tandis que la Grèce connaît sa quatrième année de récession, avec de nombreuses familles directement touchées par les difficultés financières et les mesures d'austérité sévères. Cela est frappant et inquiétant en particulier dans la capitale grecque, où le problème semble devenu incontrôlable.


Dans plus de 50 sites autour d'Athènes dorment les "nouveaux sans-abri» - On y trouve des chômeurs, des familles avec enfants de super-endettés  et des retraités, tous dorment dans des cartons, sous des couvertures, et chaque jour tous attendent n'attendent qu'une seule chose: manger grâce à l'aide des banques alimentaires.


En plus de cela, un grand nombre d'immigrants illégaux et autres toxicomanes sont aussi à compter parmi les personnes sans-abri d'Athènes.


 Svetlana Antonovitch pour WikiStrike


 Source: Reporter Grec

  http://www.wikistrike.com/article-50-camps-de-pauvres-autour-d-athenes-97903316.html

 

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Décidément, c'est la fête en grèce ! Des maraîchers grecs, dont les légumes soupçonnés d’être pollués au chrome se vendent mal, ont distribué gratuitement mercredi des tonnes de leurs produits sur la place centrale d’Athènes.

Des centaines de Grecs ont patienté des heures pour recevoir gratuitement carottes, oignons ou pommes de terre.

Des centaines de Grecs ont patienté des heures pour recevoir gratuitement carottes, oignons ou pommes de terre. Image: Keystone

Les producteurs, venus du département de Béotie, au nord d’Athènes, dans une zone irriguée par les eaux de la rivière Asopos, dont la pollution au chrome hexavalent avait été révélée en 2009, ont expliqué aux médias vouloir défendre l’honneur de leur production.


Alors que selon les organisations de défense de l’environnement, les promesses gouvernementales d’un assainissement de la région et d’un contrôle des rejets des usines locales sont restées lettre morte, les légumes de cette région sont de fait boudés par les consommateurs avertis ou suffisamment argentés pour privilégier le bio.

Personnes âgées et migrants

Des centaines d’habitants de la capitale, surtout des personnes âgées et des migrants, se sont rassemblés devant les étals au fur et à mesure que l’information circulait, patientant des heures pour recevoir gratuitement carottes, oignons ou pommes de terre, a constaté un photographe.

Au total, les producteurs ont indiqué avoir distribué 17 tonnes de leurs produits, et en réserver trois autres pour des associations philanthropiques.

Une étude épidémiologique, mais dont les résultats ne sont pas attendus avant dix ans, a été lancée dans la région pour juger des retombées sanitaires de cette affaire de pollution, évoquant celle popularisée par le film hollywoodien «Erin Brockovich», incarnée par Julia Roberts.

De premières études avaient aussi attesté de concentrations importantes de métaux lourds dans les légumes locaux cultivés en terre.

 Source: Tribune de Genève


 A lire aussi sur WikiStrike: 

Les Grecs sont en train d’abattre les arbres de leurs forêts pour se chauffer

 

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19 janvier 2012 4 19 /01 /janvier /2012 11:17

 

Contre le déclassement, changer de système

by Patrick Le Hyaric

 

 

 

Que les dirigeants des pays européens aient pu laisser trois agences de notations, liées aux milieux d’affaires, peser sur les orientations politiques et économiques, constitue une démission sans nom, une forfaiture. Voici que l’une de ces sévères "notatrices", liée au capital nord-américain, sanctionne la politique de M. Sarkozy. Preuve que le Président de la République ne protège pas la France. Preuve aussi que ses discours sur " la moralisation du capitalisme" ne sont que du vent.

Pourtant, c’est ce même M. Sarkozy qui avait répété ces dernières années que la notation dite "triple A" était si précieuse que pour la préserver il a, contre l’opinion majoritaire des citoyens français, démembré le droit à la retraite à 60 ans, abaissé les niveaux de protection sociale, attaqué violemment les services publics, obligé les familles populaires à se serrer toujours plus la ceinture.

Preuve vient d’être administrée que rentrer dans le jeu des marchés financiers et tenter de répondre sans cesse à leurs exigences revient à placer nos concitoyens dans une broyeuse sans fin de leur salaire, de leur retraite, de leurs droits sociaux, démocratiques et politiques. Une réflexion nouvelle vient immédiatement à l'esprit : il ne peut y avoir de réponse authentiquement de gauche si on se moule dans le modèle du capitalisme financiarisé et mondialisé. Plus le pouvoir de droite et les dirigeants européens imposent l’austérité, plus la finance en réclame et plus la crise s'aggrave. Quelle que soit la couleur politique des gouvernants qui l'appliquent, parce qu'ils font souffrir leurs populations, ces dernières les chassent à la première occasion comme dernièrement en Grèce et en Espagne. Mais en guise de changement, les Grecs et les Espagnols ont maintenant encore plus d'austérité, avec plus de chômage et de précarité, certes avec des têtes nouvelles au sommet des Etats. De cette vis sans fin vers le malheur et la désespérance, il est plus que temps de sortir. C'est pour y contribuer qu'existent le Front de gauche et son candidat Jean-Luc Mélenchon.

Eux seuls ont le courage et l'honnêteté de dire que l’austérité n’est pas le moyen de réduire les dettes. Elle en produit et les aggrave sans cesse. M. Sarkozy, ce  grand pourfendeur de déficits, aura réussi cet incroyable et pitoyable exploit de créer à lui seul autant de dettes que les quatre Présidents de la République qui l’ont précédé. Lorsqu’il s’est installé au Palais de l’Elysée en 2007, l’endettement du pays était de 700 milliards d’euros. Aujourd’hui il est de 1600 milliards. Non pas parce qu’il a amélioré les services publics ou la protection sociale. Il les a dégradés. Par contre, il a multiplié les cadeaux aux plus fortunés et au grand capital, tout en réduisant l’activité économique. Il voudrait nous faire croire qu'il n'est pour rien dans la dégradation de la note qu'il présentait encore il y a peu comme une catastrophe à éviter à tout prix, devenue de peu d'importance aujourd'hui qu'elle est là. N'en déplaise à cet illusionniste, la chose est grave. Très grave. Dans l’actuel système, elle oblige notre pays à emprunter à des taux d’intérêt plus élevés. Tout risque encore d’augmenter, avec des  souffrances sociales insupportables.

Le Premier ministre, comme d'habitude, appelle à un tour de vis supplémentaire au nom de la "compétitivité ". Avec d’un côté, une ponction sur le consommateur avec "la TVA-vie chère". De l’autre, une diminution des salaires. Certains ministres proposent même de supprimer la cinquième semaine de congés payés. Or, dans toute l’Europe l’expérience montre que plus l’austérité est sévère, plus la crise s’aggrave et plus les difficultés s’accumulent, plus la dette grossit. Elle augmente parce que l’économie est étouffée et que les banques ponctionnent des intérêts sur cette dette devenue insupportable pour les Etats et la société toute entière.

S’attaquer à la dette appelle de tourner le dos à ces choix. C’est en effet le développement économique et social qui permettra des rentrées financières et de relancer la production et l’emploi. Il faut une réforme fiscale progressiste pour la justice et une transformation  du système bancaire qui doit cesser d’être un outil de pompage des ressources du travail, des Etats, des collectivités territoriales et des institutions publiques. Il s'agit de mettre ces outils au service du développement humain, social et écologique grâce à l’utilisation d’un crédit peu cher, dès lors qu’il sert le travail, la création, le progrès social et écologique. Pour y parvenir, -condition d’une indispensable souveraineté économique- il devient nécessaire que le système bancaire soit sous contrôle citoyen. Autrement dit, il est indispensable de socialiser les banques et les institutions financières, tout en menant bataille en Europe pour changer le rôle de la Banque centrale européenne de telle sorte qu’elle se mette au service du bien commun et non plus de la rapacité des fonds financiers des banques privées.

C’est l’opposé de ce que tentent d’imposer M. Sarkozy et Mme Merkel avec le projet d’un nouveau traité européen austéritaire. M. Sarkozy avait déclaré qu’il était le point de départ d’une « nouvelle Europe ». Il n’a pas dit pour qui ! Pour les voraces de la finance ? Certainement ! On voit mieux aujourd'hui la nocivité des orientations euro-capitalistes de ce texte, aggravant considérablement les critères antisociaux du traité de Lisbonne, déjà majoritairement rejeté en 2005 par le non au référendum. Le caractère dérisoire des sommets franco-allemands à répétition saute aux yeux. M. Sarkozy y aligne nos droits sociaux sur les choix extrêmement durs que subissent les travailleurs allemands, sans pour autant enrayer la crise, bien au contraire

Ce n’est pas en livrant la France, pieds et poings liés à la finance qu’on en sortira. C’est en engageant un processus populaire et démocratique qui s'en émancipe en misant sur "l'humain d'abord".



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17 janvier 2012 2 17 /01 /janvier /2012 06:31
 
http://www.pcf.fr/sites/default/files/imagecache/image/allemagne.jpghttp://www.pcf.fr/sites/default/files/imagecache/image/allemagne.jpg
Le mirage dangereux du modèle allemand

Par Christine Bierre, rédactrice en chef de Nouvelle Solidarité

16 janvier 2012 (Nouvelle Solidarité) — Comment imposer une austérité brutale sans l’avouer à l’électorat, voilà l’équation impossible pour les candidats présidentiels des principaux partis en France. Comment séduire les électeurs tout en leur promettant du sang, de la sueur et des larmes ?

Un certain nombre d’entre eux ont trouvé la parade : utiliser le mirage de la croissance allemande pour faire avaler la potion amère. Mirage, car les excédents commerciaux énormes qu’affiche notre voisin ces dernières années, dépassant souvent les 130 milliards d’euros, contre un déficit abyssal français qui, en 2011, pourrait être compris entre 70 et 75 milliards euros, cachent en fait une politique antisociale criminelle.


Parmi les candidats qui prônent ouvertement ce modèle allemand, François Bayrou qui, dans son dernier ouvrage 2012, état d’urgence, propose un Agenda 2012-2020, fortement inspirée de l’Agenda 2010 des réformes néolibérales adoptée par le gouvernement de Gerhard Schröder en Allemagne en 2003.

 

François Hollande aussi, qui, dans un discours devant le congrès du SPD en décembre dernier, fit l’éloge de ces réformes en Allemagne, ajoutant « qu’en France, elles ont peut-être trop tardé ».

 

Quant à Nicolas Sarkozy, qui avait déclaré en 2008 à l’égard de l’Allemagne : « Vous êtes un modèle, on va faire tout comme vous », il vient de recevoir le satisfecit de Gerhard Schröder lui-même. Reçu à l’Elysée en décembre dernier, ce dernier déclara que « les réformes entreprises par Nicolas Sarkozy vont dans la bonne direction, en particulier en ce qui concerne les retraites. »


Un certain nombre d’études publiées en France en 2011 montrent que ce modèle allemand, adopté pour faire face aux difficultés accumulées par l’Allemagne du fait du poids de sa réunification, n’est rien d’autre qu’une précarisation massive et froidement organisée du travail, avec à la clé une explosion du travail à temps partiel.


Jacques Sapir a été parmi les premiers à montrer, début 2011, que les excédents mirobolants de la balance commerciale allemande ne venaient pas d’une augmentation de ses exportations vers les pays de l’Asie-Pacifique, qui avaient plutôt tendance à se tasser, mais de la très forte augmentation de ses exportations vers la zone euro, dont la cause est la baisse très importante de ses coûts salariaux. En effet, 75 % des exportations allemandes se font désormais dans la zone euro !

 

En cause, les réformes Hartz, du nom de leur auteur, Peter Harz, l’ancien directeur des ressources humaines chez Volkswagen, ainsi que de l’Agenda 2010, le tout mis en œuvre par le gouvernement de coalition SPD-Verts que dirigea Schröder entre 1998 et 2005. Selon Arnaud Lechevalier, qui avait écrit sur ce sujet dans Alternatives Economiques en mars 2011, ainsi que d’autres économistes, c’est pour faire face à une baisse importante de la balance commerciale dans les années 1991-2000, provoquée par l’augmentation des coûts salariaux et les fortes dépenses publiques dues à la réunification, que l’Allemagne a mis en place ces réformes.


Selon Lechevalier, « une politique de maîtrise drastique des dépenses publiques et sociales a été mise en place, accompagnée, dans le cadre des quatre lois dites Hartz votées entre 2002 et 2004, par un changement de l’organisation et des conditions de l’indemnisation du chômage et par la promotion de formes d’emplois atypiques ». Résultat : le nombre de chômeurs indemnisés a chuté de 80 % en 1995 à 35 % en 2008, beaucoup de chômeurs de plus d’un an ayant été tout simplement basculés sur l’assistance sociale.

 

Bruno Amable, professeur d’économie à Paris I, cite dans Libération du 3 janvier un rapport de l’Agence fédérale pour l’emploi, selon lequel un travailleur sur quatre qui perd son emploi en Allemagne passe directement à l’assistance sociale, avec une aide de seulement 364 € par mois pour une personne seule. C’est le résultat du durcissement des conditions de l’indemnisation du chômage organisé par ces réformes, dont la conséquence est que même quelqu’un ayant travaillé douze mois au cours des deux ans précédant le licenciement – condition pour toucher une allocation chômage pleine – peut basculer dans l’assistance si l’indemnisation correspondant à 60 % du salaire net n’est pas assez pour assurer sa survie.


C’est le cas lorsque ces personnes ont multiplié les emplois à temps partiel, ce qui selon Bruno Amable était l’objectif même des réformes de 2004 puisqu’elles ont levé les limitations à la durée et au cumul d’emplois par intérim !


L’ensemble du système est donc fait pour pousser les travailleurs dans la « spirale de la loose », le fait de plonger dans l’univers de l’assistance sociale organisée par la loi Harz IV incitant fortement les chômeurs à accepter des emplois encore plus précaires, de peur de ne plus en trouver du tout.

 

Et ces emplois, ce sont les mini-jobs, des emplois payés moins de 400 € par mois, exonérés des cotisations sociales salariées même s’ils donnent lieu à une couverture réduite. 2,5 millions de personnes travaillent actuellement dans cette Allemagne jadis paradis industriel, pour 5 € de l’heure, alors que le SMIC horaire en France est de 9 € ! Sans oublier les « boulots » à 1 €, simple condition minimale pour bénéficier de l’assistance sociale.


Selon Lechevalier, on ne travaille pas plus en Allemagne aujourd’hui que dans les années 90. Un nombre de « boulots » en baisse est simplement partagé entre un plus grand nombre, grâce à l’explosion de temps partiel et aux petits boulots qui concerneraient en particulier les femmes. Ainsi, un emploi sur trois n’est ni à temps plein ni à durée indéterminée, et un emploi sur dix serait un mini-job.

 

A cela s’ajoutent les délocalisations massives des entreprises allemandes dans les pays d’Europe centrale et orientale, en vue de comprimer les coûts. Pour ce qui est de l’industrie, Lechevalier se livre a une étude du coût salarial unitaire dans les entreprises allemandes, c’est-à-dire, a coût du travail nécessaire pour produire un euro de richesse.

GIF - 17.3 ko
Evolution du coût réel du travail par emploi, de la productivité par emploi et du coût salarial unitaire dans l’industrie, base 100 en 1990
Source : Alternatives Economiques

Un tableau comparatif des coûts réels du travail, de la productivité et du coût salarial unitaire entre la France et l’Allemagne, permet de montrer qu’alors que les premiers deux critères sont comparables entre les deux pays, « la singularité allemande tient à l’évolution du cout salarial ». Ce coût qui avait fortement augmenté pour cause de la réunification, « n’a cessé de baisser depuis (2000) a un rythme sans équivalent dans l’Union européenne », dit Lechevalier pour qui « l’industrie allemande a réalisé ainsi l’équivalent d’une dévaluation de près de 20% depuis 1995 ».


Qu’on est loin du modèle allemand et français de forte croissance de la période 1945 – 1974, tirée de l’avant par un effort public dirigé vers la recherche scientifique, les applications industrielles novatrices, les grands projets d’infrastructures et le plein emploi qualifié. Seul ce modèle, précédé d’une mise en faillite contrôlée des instruments toxiques nous permettra de sauver l’Europe en cette heure grave.

 

http://www.solidariteetprogres.org/Le-mirage-dangereux-du-modele-allemand_08488

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16 janvier 2012 1 16 /01 /janvier /2012 22:31
http://media.paperblog.fr/i/327/3272190/avons-classe-politique-pourrie-deurope-L-1.jpeg

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Introduction d'eva R-sistons
Un article choc !
A lire absolument par tous
pour comprendre les rouages secrets diaboliques
des pouvoirs en place !
Et leurs répercussions jusque dans nos BANLIEUES...

 

Le Qatar, un chancre qui pourrit tout, Etats souverains, politiques, révolutions populaires, économie, sport, et même banlieues (mais tout n'est-il pas pourri au sommet, d'ailleurs ?)... et qui est à la pointe des guerres et des jolies "démocraties" dont le socle, par la grâce des magiciens Sarkozy, Cameron, Obama, Netanyahou, Erdogan, et autres BHL, devient... fanatiquement islamiste. Comprenne qui pourra ! L'argent justifie tout, et les habitués de Neuilly et du Fouquet's se fichent de savoir comment le pouvoir est obtenu et conservé, et avec qui, du moment que leurs coffre-forts sont bien remplis, et qu'ils peuvent aller se dorer sur les plages les plus belles, souvent d'ailleurs aux frais des contribuables, de nous donc.
D'un côté on fustige les Musulmans, de l'autre on favorise l'accession de leurs éléments les plus radicaux, comme en Tunisie ou en Libye, bientôt en Syrie - pour ensuite susciter le rejet et le choc de civilisations qui profitera d'abord, comme d'habitude, à tous les Industriels de Mort. Lisez jusqu'au bout cet article: Vous verrez à quel point la politique est pourrie, et à quel point les politiciens sont corrompus, et donc ne vous étonnez pas si le monde va mal, très mal... Eva R-sistons

 

Le Qatar, fer de lance de la diplomatie étasunienne, et la France plurielle
Léon Camus

dimanche 15 janvier 2012, par Comité Valmy


 

Le Qatar qézaco 1 ?


Unique pays wahhabite hors l’Arabie saoudite, l’émirat qatari est une péninsule de 11 437 Km2 soit un peu plus que la Corse, indépendant depuis 1971, peuplé d’un million et demi d’habitants dont seuls 200 000 sont des qataris de souche ! Pétrole et gaz naturel y abondant (3e producteur mondial), le revenu par tête de pipe y est l’un des plus élevés au monde, nul ne payant d’impôts, tous disposent de transports et d’un système de santé gratuits… aucun Qatari - parce que riche avant de naître - ne se voit donc contraint de travailler pour gagner son pain à la sueur de son front, la main d’œuvre servile s’en charge.


Une pétro-monarchie absolue [dirigée depuis 1995 par l’émir (commandeur) Hamad bin Khalifa al-Thani, lequel a déposé son père en profitant de son séjour en Suisse, ce dernier ayant au préalable évincé son cousin en fév. 1972] sans parti politique et moins encore sans l’esquisse d’une once de symbole démocratique, les révolutions arabes n’ont apparemment en rien affecté le pouvoir… même s’il existe de tout évidence des contre-pouvoirs actifs dans la péninsule comme semble l’indiquer un coup d’État avorté en juillet 2009. Un pays où les quatre cinquième de la population n’étant pas des nationaux, les minorités iranienne, chiite, pakistanaise, arabe pourraient quelque jour avoir la velléité de réclamer les droits élémentaires dont elles se voient privées aujourd’hui.


Al-Jazira - La Péninsule.


Fort d’une réserve de 700 mds de $ en fonds souverain, l’émirat à eu l’astuce géniale de se doter en 1996 d’un prodigieux outil d’influence international avec la CNN du Monde arabe, al-Jazira la bien nommée puisque son nom signifie l’île… chaîne de télévision d’information en continu - anglo et arabophone - al-Jezira est sans contestation possible le canal satellite le plus influent du monde musulman. Il n’en demeure pas moins qu’al-Jazira couvre tous les pays sauf un… le Qatar !


Mais le temps est désormais révolu où les Yanks faisaient bombarder et assassiner ses journalistes 2, depuis tout est rentré dans l’ordre du Meilleur des Mondes Globaux, et comme WikiLeaks nous le confirme, al-Jezira s’est opportunément placé sous la bannière étoilée et gratifiante de la diplomatie armée nord-américaine… ce qui ne l’empêche nullement de relayer les communiqués d’Al-Qaïda, assurant par ce biais à la nébuleuse terroriste un canal de communication hors pair. L’Émir à ce propos, en janvier 2010, admettait benoîtement devant le Conseil de coopération du Golfe, que l’outil politique al-Jezira lui était utile à se ménager les bonne grâces de l’organisation takfiriste ! Mais al-Qaïda et la CIA, n’est-ce pas du pareil au même 3 ?


Quand le « Printemps arabe » se déclenche, le Qatar dispose ainsi de tous les atouts pour y jouer un rôle déterminant : une chaîne satellitaire suivie par 50 millions de téléspectateurs, des soutes pleines à craquer de pétrodollars et des liens étroits avec les futurs dirigeants islamistes durs qui vont s’imposer à l’issue de processus démocratiques destinés à donner le change.


Al-Jazira est basée, à Doha, la capitale du Qatar. C’est également le Qatar qui a « hébergé » le CentCom, le commandement opérationnel américain ayant supervisé l’invasion de l’Irak en mars 2003.

 

Tête de pont et fer de lance de la diplomatie armée nord-américaine.

 

En vertu d’accords de défense signés en juin 1992, nous trouvons à une quarantaine de Km de Doha, el-Oudeid, principale base aérienne des É-U dans la région sur laquelle se trouve prépositionnés quelque 120 chasseurs bombardiers F-16 et divers autres aéronefs de combat. L’armée américaine dispose là d’une formidable capacité de « projection » sur l’ensemble du Proche-Orient, le Bassin de la Mer Caspienne et l’Asie centrale… C’est à partir d’El Oudeid que les É-U ont, en mars 2003, bombardé l’Irak. Le Qatar est donc, à ce titre et de toute évidence, un État de première ligne dans la stratégie de conquête et suprématie holistique conduite depuis 1991 par les ÉUA 4.

 

Une politique fourre-tout d’influence tous azimuts...

 

« L’émir n’est pas un grand démocrate, mais il a été parmi les premiers [dans le monde arabe] à comprendre qu’il fallait aller dans le sens de l’histoire ». Anonymous !


Alors Doha s’efforce, avec l’aide assidue du Département d’État, de mener un jeu diplomatique subtil consistant à être dans tous les camps simultanément. En février 2010, le Qatar signe un pacte de défense avec la Syrie et l’Iran et se fait le tour operator avec le président syrien Bachar el-Assad - contre lequel l’Émirat conspire activement à l’heure et militairement parlant - de la visite triomphale que le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad fera au Liban en juil. 2010… L’émir s’est quant à lui rendu en Israël lors d’une visite discrète la même année, en mars selon Wikileaks.

 

En ce qui regarde les transferts de fonds au profit des organisations djihadistes [New-York Times « Follow the Money » 8 déc.2010] et de tous les islamistes, des plus modérés aux plus radicaux, tel le parti tunisien islamiste Ennahda en la personne de son chef Rached Ghannouchi, le Qatar ferait preuve de beaucoup de laisser-aller, laisser-faire, pour ne pas parler d’une bienveillante indulgence... « Ici je puis défendre ma cause sans contrainte… Le Qatar m’assure une liberté d’action et une large couverture médiatique internationale » dira le fondateur du FIS algérien, Abassi Madani, réfugié à Doha depuis 2003 et souvent reçu au palais. Qui ne doute d’ailleurs que l’Algérie à bout de souffle, ne perde rien pour attendre ?!


Égypte, Tunisie, Libye, Syrie... un rôle central dans les révolutions arabes.


Lors de la révolution de palais de 1995, les gardes du corps égyptiens qui assuraient la protection rapprochée de l’émir déchu s’étaient vilainement battus jusqu’au bout. Al-Thani s’est alors convaincu qu’ils avaient suivi des ordres pris au Caire… Hosni Moubarak sera par conséquent la première cible de l’Émirat à l’heure des révoltes arabes. De son côté, le Raïs égyptien Moubarak n’appréciait guère que le Qatar multiplie les missions de bons offices au Liban ou au Soudan, sa chasse gardée diplomatique. Dès les premières émeutes populaires au Caire, al-Jazira prend fait et cause pour la foule.

 

Au fait des méthodes et techniques éprouvées empruntées aux journalistes occidentaux, les correspondants d’al-Jezira gonflent outrageusement le nombre des manifestants et la violence de la répression, suscitant un surcroît de colère et de révolte dans les opinions publiques arabes par le truchement de son auditoratLe prédicateur islamiste, vedette de la chaîne, l’Égyptien Youssef al-Qaradawi, exilé à Doha depuis cinq décennies, animateur de l’émission à très large audience « La Charia et la Vie » excite alors les foules à bouter dehors le « Pharaon » ... La messe est dite !


Passons rapidement sur la Tunisie. Une chose est certaine : le financement d’Ennahda, nouveau parti islamiste au pouvoir par le Qatar est un secret de Polichinelle. Le 2 janvier dernier, Rached Ghannouchi son chef -qui se déplace considérablement sans excepter les États-Unis of course -et apporte un soutien sans réserve à la noble cause du Conseil national syrien - était à nouveau reçu au Qatar appelé à lui fournir les moyens nécessaires pour « que la Tunisie nouvelle puisse devenir un exemple en matière de progrès et de démocratie authentique sur la base des valeurs de l’Islam et de ses enseignements ». Pourquoi pas, mais que ce message soit envoyé depuis le Qatar, bastion du radicalisme wahhabite, laisse quand même songeur, pour ne pas dire pantois !


Pour ce qui est le Libye, le cas est exemplaire. Selon le Figaro 6 novembre 2011, Doha aurait engagé 5000 commandos des Forces spéciales qataries sur le front libyen ! Il ne s’est donc pas agi d’un soulèvement populaire, voire d’une cruelle guerre civile, mais bien – comme tout le laissait supposer - d’une intervention armée extérieure et d’une guerre sans uniforme ! « Chargées d’épauler les rebelles, les troupes de Doha se sont d’abord déployées à Tobrouk puis ensuite à l’ouest dans le djebel Nefoussa, où le chef d’état-major qatarien, le général Hamad ben Ali al-Attyiah s’est rendu à plusieurs reprises ». La participation du Qatar au cours de l’intervention menée contre la Jamahiriya libyenne, aura été ainsi particulièrement plus conséquente qu’avouée et ne se sera pas limitée au soutien logistique et aérien revendiqué de prime abord… l’émirat ayant mis quand même à disposition de l’Otan huit Mirage 2000 sur les douze qu’ils possèdent ! Mais les guerres modernes ne sont-elles pas avant toute chose, voire essentiellement, des guerres du mensonge, ne serait-ce que par omission ?


D’après d’autres sources [27-12-2011 Le Nouvel Observateur] : « Les Qatariens sont arrivés avec des valises remplies d’argent, ce qui leur permit de retourner des tribus », ajoutons de recapitaliser les groupes et factions djihadistes [notamment les surgeons du Groupe islamique combattant en Libye - GIGL] en sommeil depuis leur répression par Kadhafi il y a une petite dizaine d’années, mais dont certains éléments libérés en 2008 on joué un rôle central dans la chute de la Jamahiriya, tel Abdelhakim Belhaj, chef de troupes de chocs qui firent tomber Tripoli, puis commandant militaire de la capitale libyenne avant de partir – selon toute vraisemblance 5.


Dans un entretien accordé à la chaîne panarabe Al Arabiya, le président démissionnaire du bureau exécutif du Conseil national de transition libyen, Mahmoud Jibril, avait corroboré que les pétrodollars qataris avaient servi à alimenter « les rivalités et les motifs de désaccords existant entre les rebelles et les divers courants gérant l’après Kadhafi, dans le but explicite de diviser et de monter les uns contre les autres les frères libyens » 6. Au total ce sont 400 millions de $ qui auraient été versés par l’émirat. Quand on aime, on ne compte pas !


Pour ne pas conclure sur le très sanieux chapitre libyen, il s’agit de garder en mémoire que les Qataris ont largement favorisé, approvisionné et abondé les groupes islamistes 7. Dans le Djebel Nefoussa, au sud de Tripoli, les Moukhabarat, les services spéciaux qataris en liaison directe avec leur Cheikh, ont présidé à la distribution très sélective des missiles antichars généreusement offerts par la France. Ce n’est pas moins de neuf cargaisons qui furent ainsi réparties au seul profit des combattants islamistes. Une partie des armes devait par la suite s’évanouir dans la nature en complément des « 10 000 missiles sol-air » engloutis dans les sables libyens selon l’amiral Giampaolo Di Paola, chef du Comité militaire de l’Otan assurant la coordination entre les différents états-majors opérationnels en Libye.


Or, à présent, c’est le Qatar - qui sait apparemment à merveille tirer les marrons du feu - qui a pris le relais de l’Otan sur le sol libyen, en assurant la suite des opérations puisque contrairement à ce que n’en dit pas la grande presse, la situation y est encore loin d’être complètement stabilisée… État de fait qui confirme indirectement le rôle central que le Qatar a occupé dans le déroulement des opérations d’une guerre qui n’a jamais dit son nom 8 !


Désormais, il sera parfaitement loisible de voir dans le Qatar un « acteur majeur » de la scène orientale et plus encore, à travers les liens politiques et économiques tissés avec la France, un protagoniste de l’espace euroméditerranéen. « Un cas unique ! Nous avons assisté à la naissance d’une puissance régionale de la taille d’une tête d’épingle » s’était exclamé le chantre belliciste Bernard-Henri Lévy… et même une « puissance internationale » faudrait-il ajouter en tant que - ultima ratio - bras armé du Pentagone et agitateur au service du Département d’État dans les banlieues du Tiers-Monde hexagonal.


Reste qu’il est parfaitement cocasse – et pas uniquement pour les esprits chagrins – de voir une monarchie réellement absolue, animée par un puritanisme religieux fanatique, œuvrer au triomphe de la démocratie… ou de ce que l’on nomme tel !


Le PSG, les banlieues, l’émir et le Sarkoland.


Depuis quelques années Washington s’immisce insidieusement, sournoisement mais sûrement dans les affaires intérieures françaises, notamment celles de nos périphéries et autres « banlieues », sous couvert de nous donner des leçons de démocratie plurielle et en accusant aimablement les Frenchies d’être d’infâmes « réacs » pratiquant d’odieuses exclusions à l’égard du sel de la terre… C’est ce modèle made in America qu’entendent aujourd’hui appliquer également les Qataris bien décidés à déverser les millions par brassées sur nos gentils discriminés sous le regard attendri des supporteurs du PSG. Le Qatar, micro État et vibrion polymorphe, a en effet racheté la majorité du capital du PSG tout en intervenant militairement aux côtés de l’Otan pour démocratiser la Libye, et bientôt la Syrie – c’est-à-dire l’offrir aux islamistes radicaux - et en se faisant désigner dans la foulée, contre monnaie sonnante et trébuchante il va de soi, comme organisateur en 2022 de la Coupe du monde de football !


Des banlieues « céfrans » choyées et convoitées.


Le Qatar a depuis longtemps emboîté le pas aux Yanks en matière d’ingérence dans les affaires intérieures hexagonales : son ambassadeur n’a-t-il pas annoncé en décembre la création d’un fonds d’investissement de 50 millions € en vu de financer des projets économiques portés par des habitants des banlieues de France ? Dix élus périurbains - cinq hommes, cinq femmes, parité oblige – ont de la sorte été invités au Qatar où ils ont été reçus à l’instar de chefs d’État (futurs peut-être) par l’émir Cheikh Hamad Ben Khalifa Al Thani dans le but officiel d’établir des partenariats économiques entre l’émirat et les quartiers populaires où des entrepreneurs se disent « victimes de discrimination et bloqués » 9.


Le Qatar en France : un État dans l’État et le généreux financier de nos politiques.


Une question se pose crûment : les fonds souverains qataris sont-ils en passe d’acheter la France en pièces détachées à l’instar de ces organisations sionistes qui s’implantèrent en Palestine - pour finir par y créer un État, pour l’heure toujours sans frontières ! - en rachetant morceau par morceau, des terres, des lopins, des domaines, des champs et des maisons à qui voulaient leur vendre ?


Commençons par l’achat en gros et en détail de notre classe politique. Des faits et ils sont évocateurs ! Nos politiques sont tous autant qu’ils sont, de modernes jet-setteurs passant le plus clair de leurs temps dans les avions pour aller se dorer la pilule qui à Marrakech, qui en Tunisie (Alliot-Marie), qui en Égypte (Juppé) et ne parlons pas de notre agité-du-bocal ! En vrac parmi les habitués de l’émirat : Villepin, Delanoë, Douste-Blazy, Dati, Royal, Amara, Guéant, Debré, Larcher, Védrine, Mitterrand, Morin, Chevènement, Baudis, Lang 10. Pas un qui manque à l’appel !


Trois semaines après son élection, en 2007, le premier chef d’État arabe reçu à l’Élysée est l’émir al-Thani. Celui-ci, le 14 juillet suivant, assistait au défilé de nos troupes au côté du président de la République. Lorsque M. Sarkozy occupait la place Beauvau, il avait eu à connaître de la formation des forces de sécurité qataries, d’où des contacts privilégiés… Ce serait par ailleurs le Qatar qui serait intervenu de façon décisive dans la libération en août 2009 du libyen al-Megrahi, l’un des auteurs présumés de l’attentat de Lockerbie, puis surtout, en juillet 2007, dans celle des infirmières bulgares détenues en Libye ; pourtant, curieusement, ce furent Cécilia Sarkozy et son mari qui en récoltèrent tous les lauriers.


De la même mauvaise manière quand le président français - en bonne compagnie : celle du Premier ministre britannique David Cameron et du plumitif Bernard-Henri Lévy alors promu Ministre bis des Affaires étrangères et de la Guerre - paradent à Tripoli le 14 septembre, après la mort ignominieuse - pour les vainqueurs – du Raïs déchu, le grand allié qatari est exclu du triomphe… Et il en concevra un ressentiment durable à l’égard du chef de l’État français 11. Précisons que le Qatar joua un rôle discret, pour ne pas dire occulté - mais essentiel car unique dans le monde arabe - dans la destruction libératoire de la Lybie assortie de ses 150 000 morts « humanitaires », lesquels auront évité, il est vrai, par leur sacrifice « un véritable bain de sang » 12 ! Il en sera vraisemblablement de même, lorsque les nouveaux Alliés anglo-franco-turco-quataris en auront fini avec la Syrie, mais la démocratie est à ce prix et l’on ne peut faire d’omelette sans casser des œufs, n’est-ce pas ?


Pour revenir à la noria de personnalités françaises qui vont chercher quelque fraîcheur à l’ombres des méga buildings et palmiers qataris, réservons une mention spéciale aux membres ou ex membres du gouvernement : Claude Guéant missi dominici de M. Sarkozy, Fadela Amara et Rachida Dati qui, lorsque cette dernière était encore Garde des sceaux, se rendait deux ou trois fois par mois à Doha ! Il est vrai, ceci expliquant cela, que sa sœur est ou était l’une des proches collaboratrices du procureur général du Qatar… On comprend mieux ainsi les bâillements de la susdite sur les travées du Parlement européen de Strasbourg et ses savoureux fourchages de langue dus évidemment aux décalages horaires ! Chirac président effectua neuf visites officielles dans l’émirat, un client avantageux et assidu du cabinet de conseil de l’ancien Premier ministre Villepin dont les déplacements se font apparemment sur les avions personnels de l’émir !


On jugera également du poids de l’émirat dans la vie politique française, sachant qu’à partir de 2008 il s’est vu octroyer des privilèges fiscaux tout à fait exorbitants - par la grâce des votes de la Chambre et du Sénat – afin de faciliter ses investissements dans notre belle République bananière 13. Ainsi les investissements immobiliers qataris ne sont pas imposables sur les plus-values et ses ressortissants en France ne sont pas astreints à l’ISF durant les cinq premières années de résidence.

 

Notons que le groupe d’amitié France/Qatar ne compte pas moins de 49 députés à l’Assemblée nationale... en contrepartie Doha a passé avec Paris des accords pour la formation de ses marins et de ses policiers, ce pourquoi le Qatar devrait voir la création d’annexes de certaines de nos grandes Écoles telles HEC, Saint-Cyr ou l’École nationale de la magistrature… mais de là à dire que le palais de Élysée et celui de Doha seraient cul et chemise, subsiste un pas que nous ne saurions franchir !


Quant aux liens économiques…


Les entreprises françaises sont comme de bien entendu représentées en force dans l’émirat, au premier rang desquelles Total, GDF-Suez (5,8%), EDF, Veolia, Vinci, Air Liquide, EADS, Technip… Reste que le Qatar en tant que détenteur d’un prodigieux fonds souverain – la Qatar Investment Authority - dont les avoirs tournent autour de 700 milliards de dollars, s’intéresse de près à nos secteurs stratégiques : par exemple le groupe d’industries de défense et de presse Lagardère (7,6 %), Veolia (5%), de Suez Environnement (1%), Vinci (5,8%), ou la compagnie maritime d’affrètement CMA CGM, et plus encore à Areva et au nucléaire. Fin 2010, ce n’est qu’in extremis que fut bloquée par le gouvernement – et non par la présidence évidemment - l’entrée du Qatar dans le capital du groupe nucléaire français. Un activisme boursier et des offres d’achat représentatifs de l’agressivité et du volontarisme des mercenaires de l’ingénierie financière qui conseillent la famille régnante du Qatar ou œuvrent au service de ses hommes d’affaires.


Un cas intéressant : l’immobilier et le patrimoine.


L’immobilier donne également une assez bonne mesure de l’influence et des ambitions qatarie en Hexagonie : l’émir possède personnellement à Marnes-la-Coquette, dans les Hauts-de-Seine, une résidence couvrant 4.000 m2 ainsi que l’hôtel d’Évreux, place Vendôme, assorti des deux autres hôtels particuliers y attenant. Quant au fonds souverain émirati, il s’est octroyé à Paris plusieurs grands hôtels tels le Royal Monceau... ou encore le Majestic de Cannes.


Plus emblématique encore, le cas de l’Hôtel Lambert, fleuron du patrimoine parisien du XVIIe siècle sis à la pointe est de l’île Saint-Louis, acquis en 2007 des mains des héritiers de Guy de Rothschild par le propre frère de l’émir et dont les travaux de « restauration » (lire aménagement façon pétromonarchique) ont fait beaucoup de bruit, et pour cause. Des travaux considérables et illégaux qui ont suscité une polémique, or pour l’étouffer, Christine Albanel ministre de la Culture (dont le digne prédécesseur, Jean-Jacques Aillagon, faisait accrocher en sept. 2008 un homard rouge géant à Versailles au plafond de la Salle des batailles), s’est à l’époque bien gardée de saisir la Commission nationale des monuments historiques mais avait créé de toutes pièces un Comité scientifique ad hoc… Passez muscade !

 

2012 l’année du Qatar en France ?

 

D’un côté l’émirat comble de bonheur des supporteurs du PSG en recrutant joueurs et entraîneur à prix d’or, de l’autre, il offre à Arnaud Lagardère une magnifique assurance-vie en devenant le premier actionnaire de l’empire familial (7,6 %) ! Quant à la chaîne qatari al-Jazira, celle-ci vient d’acquérir la majeure partie des droits de retransmission de la Ligue des champions de 2012 à 2015, soit quatre lots sur cinq relatifs aux droits audiovisuels de la Ligue des champions pour la France sur la période 2012-2015. 14


Amorcé en 2006, le rachat du PSG par Qatar Sports Investments, a conclu au final quinze ans de rapprochement et d’intrication d’intérêts politiques et économiques entre la France et le Qatar 15. À l’origine, Jacques Chirac avait eu l’habileté – ou un pragmatisme en béton teinté d’un franc mépris pour l’état de droit en général - d’avoir été en 1995 le premier chef d’État a reconnaître officiellement l’émir al-Thani qui venait justement de pousser dehors son propre père parce que jugé inapte à la gestion de son micro et richissime royaume… Quant à Nicolas Sarkozy, il a pour sa part, en quelque sorte, assuré la continuité du service public – certes d’abord au profit du despotisme sportif - en se démenant pour faire aboutir la reprise du club par l’émirat. Chantal Jouanno, alors ministre des Sports, avait failli payer cher et se faire virer pour avoir déclaré publiquement - la folle - qu’elle eût préféré des investisseurs français !!


Pour compléter le tout, Doha a obtenu – à coup de dessous de tables ! - l’organisation de la Coupe du Monde 2022. Le recrutement de Zinedine Zidane – il aurait reçu dit-on entre un et dix millions €… ce que l’intéressé s’est bien gardé de contredire - en tant qu’ambassadeur d’un pays n’ayant jamais organisé un tournoi international de ce type et de cette envergure, aura été aussi un maître coup en matière de communication. Au demeurant, le Royaume-Uni et l’Allemagne auront contesté une décision - pourtant rationnelle selon les critères en vigueur de nos jours : la loi d’airain du pognon - et demandé de façon assez peu réaliste que le choix en faveur de Doha soit réexaminé… Qui vivra verra !


Notons que l’intérêt du Qatar pour le « foot » déborde largement la Coupe du monde, l’acquisition du PSG et d’une brochettes de joueurs peoplisés et dorés sur tranche parce que mieux payés que les plus super traders de salle de marchés… Ainsi les clubs de football européens deviennent des proies qui tombent les unes après les autres : Malaga en Espagne et le FC Barcelone, maintenant le Paris Saint-Germain avons-nous dit, le seul grand club de la capitale française dont Nicolas Sarkozy - comme par hasard – est, ou est supposé être, un fervent supporteur.

 

Alors, le PSG, les banlieues, l’Émir et le Sarkoland ?!

 

Que recherche le Qatar en France ? L’analyse de sa stratégie d’influence reste à faire, à commencer par comprendre quels sont les effets directs et indirects que recherche le Qatar par le biais d’un tel activisme ? Activisme d’ailleurs irréductible à une simple compulsion frénétique… Au fond le Qatar n’est-il pas une sorte de chancre se nourrissant des chairs mortes qui l’entourent ? Au demeurant force est de constater que la présence et l’influence du Qatar en France grandissent de façon démesurée.

 

L’annonce d’un fonds d’investissement au profit exclusif des banlieues, « oubliées et délaissées », intervient quelques jours à peine après l’acquisition par le Qatar, via la chaîne al-Jazira Sport, de quatre des cinq lots des droits audiovisuels de la Ligue des champions pour la France sur la période 2012-2015. Il se répète enfin, et de façon particulièrement insistante, que l’Élysée n’aurait pas ménagé ses efforts – comme si cela constituait une priorité dans la conjoncture actuelle ! - pour convaincre l’émir de donner au PSG les moyens de ses nouvelles ambitions. Mais en contrepartie de quoi ?


Washington en terrain conquis : politique d’ingérence et d’influence !


Les banlieues françaises sont aujourd’hui des cibles prioritaires de l’influence culturelle américaine… au vu au su de tous et sans que nul ne songe à s’en offusquer, bien au contraire. Le Japon, l’Inde et la Chine se partagent à vil prix les dépouilles de notre ex empire industriel, la Grande Amérique quant à elle, nous passe sur le ventre et guigne les faveurs de nos banlieues musulmanes. Tout cela est cependant en parfaite cohérence avec la vague de pouvoirs islamistes militants qui s’installent inexorablement sur le pourtour méditerranéen avec la bénédiction ou l’aide de Washington et de son bras armé qatari.


Depuis le printemps 2008 l’Administration américaine envoie, par le truchement de sa représentation diplomatique à Paris, ses chasseurs de talentsrecruter des Young leadersou leur équivalent dans les banlieues françaises, mais dorénavant non plus parmi les futures élites autochtones. Des actions dites d’influence culturelle qui sont largement montées en puissance avec l’arrivée à Paris d’un nouvel ambassadeur en août 2009 16.


Dès 2008 les Américains s’intéressent en effet à nos banlieues et surtout à leurs responsables musulmans : des séjours dans l’Amérique de Bush et d’Obama, son digne successeur, sont organisés au profit d’associatifs qui en reviennent conquis. Une opération de séduction qui vise aussi ceux qui sont entrés dans notre paysage existentiel sous la dénomination de « Jeunes », éléments phares de nos cités, entrepreneurs intrépides et capitalistes naturels qui prospèrent dans l’économie noire et les trafics illicites ( ?) de drogues réputées douces. Des lycéens et des collégiens du 9-3 ont été à ce titre généreusement invités à dîner par l’ambassadeur d’alors, Craig Robert Stapleton et son épouse dans l’imposant hôtel particulier du Faubourg-Saint-Honoré abritant l’ambassade des ÉUA.


Le maire communiste de Vénissieux, banlieue lyonnaise, André Gérin se déclarait encore à cette époque « curieux de connaître la posture du gouvernement français et du président de la République sur ces actions. Un problème se pose d’un point de vue de l’autorité de nos institutions et de l’indépendance de la France vis-à-vis des États-Unis ». Une bonne question restée depuis sans réponse et c’est bien là que le bât blesse.


En mars 2008 un colloque « Médias et nouvelles générations urbaines : exclusion ou intégration ? » organisé en partenariat avec l’ambassade américaine et le groupe de média américain Trace, nous apportait quelques éléments de réponses en illustrant la collusion sans équivoque entre le Département d’État et nos institutionnels : y figuraient entre autres, Jean-Louis Missika (vice président de Free et ancien haut fonctionnaire du Secrétariat général du gouvernement), Robert Namias (président de l’information de TF1) et Philippe Tassi (directeur général de Médiamétrie), et Claude Grunitzky, Français d’origine togolaise habitant à New York, fondateur de la chaîne de culture urbaine Trace TV et auteur de « Transculturalismes » ayant fait carrière sur la promotion des métissages urbains… « Les États-Unis [disait-il] savent que le rêve américain est bien présent dans les consciences collectives [des banlieues] et veulent l’entretenir… Les évènements à l’ambassade rue du Faubourg-Saint-Honoré sont fréquents où sont invitées des personnalités culturelles, souvent Africaines, issues de l’immigration, qui s’expriment sur les États-Unis » !


À présent, merci au décrié Wikileaks 17 qui a rendu public un rapport du 19 janvier 2010 destiné à Mme Clinton, Secrétariat d’État américain et rédigé par l’actuel ambassadeur des É-U en France, Charles Rivkin, sous le titre évocateur « Embassy Paris. Minority engagement strategy - Stratégie d’engagement envers les minorités » dont le chapitre 4 se propose de « lancer un programme agressif de mobilisation de la jeunesse[des banlieues] ». En substance : « l’Ambassade de Paris met en œuvre une stratégie d’approche des Minorités notamment musulmane… Notre objectif est de mobiliser la population française à tous les niveaux afin d’amplifier les efforts de la France pour réaliser ses propres idéaux égalitaires, ce qui par suite fera progresser les intérêts nationaux américains. Alors que la France est à juste titre fière de son rôle moteur dans la conception des idéaux démocratiques et dans la promotion des droits de l’homme et de l’État de droit, les institutions françaises ne se sont pas montrées elles-mêmes assez souples pour s’adapter à une démographie de plus en plus hétérodoxe ».


Le 2 avril 2010, Charles Rivkin 18 en déplacement à Bondy à la rencontre des jeunes de banlieue, leur déclarait solennellement « Chez moi, c’est différent. Tu peux être africain, indien, mais tu es avant tout américain. […] J’aime parler avec tous les Français. Je sais, et je suis sûr, que le prochain leader français est en banlieue ». On appréciera (diversement) la prétention – voire l’arrogance – américaine à nous donner des leçons de savoir-vivre républicain. Mais cela vient de loin, les GI’s débarqués sur les côtes normandes, quand ils ne lutinaient pas les french girls après avoir carbonisé les villages au phosphore, jetaient nos camembert car ceux-ci entraient, à leur grand dégoût dans la catégorie du « putride » !


« Rééduquer, réinformer le public français me semble être la tâche la plus fondamentale aussi bien que la plus urgente pour la politique démocratique américaine en France, et dans ce domaine presque rien d’efficace n’a encore été fait ». Ainsi donc s’exprimait Sydney Hook, membre fondateur en 1950 à Paris du Congrès pour la Liberté de la Culture l’un des faux-nez de la CIA, dans le rapport de 1949 « Report on the International Day of Resistance to Dictatorship and War » ! L’Amérique ne nous avait pas seulement envahis, selon sa propre terminologie qui n’a jamais mentionné une quelconque « libération », elle entendait en outre nous « rééduquer »… elle y est d’ailleurs presque parvenu vu l’actuelle atonie de la France populaire.


Bref, l’immixtion dans la nos affaires et nos zones périurbaines ainsi que le but clairement affiché d’y découvrir les prochains Obama « rebeu », est impressionnant pour qui n’est pas totalement aveuglé en raison d’une contemplation trop assidue et addictive du cyclope télévisuel. Plus précisément, il s’agit d’un exercice inédit de soft power - autrement dit une opération minutieusement planifiée, suivie et évaluée de manipulation des minorités ethno-confessionnelles - qui ne saurait se développer sans la complicité active, ou la veulerie, de nos dirigeants et des oppositions compradores.


Autre temps, autres mœurs. Autrefois chasser en plein jour en terre étrangère eut été difficilement imaginable et même dangereux : un État étranger court-circuitant les institutions d’un pays pour venir recruter sans intermédiaire ses agents d’influence, incroyable et jamais vu mais aujourd’hui banal - notre siècle n’est-il pas celui de tous les miracles ? - dans un pays lobotomisé, alcoolisé au Vingt Heure et apparemment – ce qu’à Dieu ne plaise - en état de quasi mort cérébrale.

 

 

Notes

(1) Locution du pays d’Oc « Qu’es aquò ? « Qu’est-ce ? »

(2) Wiki. Les locaux de la chaîne sont bombardés par les Etats-Unis à deux reprises : une première fois en Afghanistan, la seconde fois en Irak. Un journaliste, Tarik Ayyoub, trouve la mort à Bagdad sous les bombes libératirce. Le Daily Mirror annonce le 22 nov. 2005 à la Une que le président G.W. Bush avait eu l’intention de faire la source mère dans ses locaux de Doha ce à quoi se serait opposé le Premier ministre anglais Tony Blair. En déc. 2001, un autre journaliste de la chaîne de nationalité soudanaise, est arrêté en Afghanistan et emprisonné à partir de juin 2002 à Guantanamo, il sera libéré six ans plus tard en juillet 2008 sans qu’aucune charge n’ait été retenue contre lui.

(3) Donald Rumsfeld, Secrétaire à la Défense sous George Walker Bush, s’était fait remarquer à ce propos en saluant « la parfaite et excellente coopération entre le Qatar et les É-U dans la guerre contre le terrorisme » !

(4) Le Qatar hébergeait également le « CentCom », à savoir le commandement opérationnel ayant supervisé l’invasion de l’Irak. Quant au nombre de militaires américains stationnés au Qatar, ils seraient plus de 10 000 hommes, dont 5 000 présents sur la base d’el-Oudeid !

(5) cf. Réseau Voltaire - combattre avec l’Armée syrienne Libre contre le nationalisme arabe et laïc de Syrie

(6) 18-11-2011 Alger. Le Temps « Mahmoud Jibril accuse le Qatar d’alimenter la zizanie »

(7) A commencer par ceux d’Abdelhakim Belhaj, d’Ismael Salabi, la Katiba des Martyrs d’Abu Salim, dirigée par Abu Sofiane Qumu, un ancien de Guantanamo ou encore la Katiba Obaida Ibn Jarrah, soupçonné d’avoir assassiné, le 27 juillet 2011, le général Abdul Younes. Cf. Ibid. NouvelObs

(8) Slate Afrique 07/12/2011

(9) Le Point.fr - Publié le 09/12/2011

(10) On lira l’article très fouillé - mais cependant muet sur certains points cruciaux - auquel nous avons emprunté une grande partie des matériaux utilisés ici : « Comment le Qatar a acheté la France (et s’est payé sa classe politique) ». Eric Leser 6 juin 2011. Slate.fr

(11) 27-12-2011 Le Nouvel Observateur

(12) Alain Juppé 22 mars et 16 sept. 2011 Le Point.fr

(13) http://www.bladi.net/forum/183275-france-accorde-exoneration-dimpots-avoirs-qatar/

(14) Ibid. Slate juin 2011 « Comment le Qatar a acheté la France (et s’est payé sa classe politique) »

(15) « PSG-Qatar » Le Nouvel Observateur 5 août 2011

(16) le Parisien 21 avril et 22 Avril 2008 Marianne 2 « Banlieues : OPA américaine sur les beurs et les blacks »

(17) 27 fév. 2011

(18) Jeudi 16 septembre 2010- Gestion des Risques Interculturels

Source : http://www.geopolintel.fr/article445.html#nb10

samedi 14 janvier 2012

 

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article2172

 

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En Syrie comme en France, le chemin de la souveraineté et de l’indépendance mène à la liberté

En Syrie comme en France, Le chemin de la souveraineté et de l’indépendance mène à la liberté et au progrès démocratique et social par Claude Beaulieu (Président du Comité Valmy). lundi 16 janvier…

 

Pour lire la suite cliquez ici

 

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15 janvier 2012 7 15 /01 /janvier /2012 21:41
Destruction massive par la faim ! Jean Ziegler se livre pour nous..

 

L’entretien avec Jean Ziegler, l’ancien rapporteur spécial des Nations Unies pour le droit à l’alimentation, ne cède aucune place au doute : chaque enfant qui meurt de faim dans le monde est un enfant assassiné. Et il n’y a aucune fatalité à ce que le scandale de la sous alimentation continue à être le premier fléau de l’humanité.


 

1) Voilà des années que vous dénoncez les crimes de la faim, notamment dans vos deux derniers ouvrages. Quel est le principal apport de Destruction massive ? Est-ce une nouvelle urgence par rapport à la situation du monde ? 

Le massacre annuel de dizaines de millions d’être humains par la faim est le scandale de notre siècle. Toutes les cinq secondes, un enfant âgé de moins de dix ans meurt de faim, 37 000 personnes meurent de faim tous les jours et 1 milliard – sur les 7 milliards que nous sommes – sont mutilés par la sous-alimentation permanente Et cela sur une planète qui déborde de richesses !

Le même rapport sur l’insécurité alimentaire dans le monde de la FAO qui donne les chiffres des victimes dit que l’agriculture mondiale dans l’étape actuelle de ses forces de production pourrait nourrir normalement (2 200 calories/ individu adulte par jour) 12 milliards d’êtres humains, donc presque le double de l’humanité actuelle.

Au seuil de ce nouveau millénaire, il n’existe donc aucune fatalité, aucun manque objectif. Un enfant qui meurt de faim est assassiné.
Pendant huit ans, j’ai été rapporteur spécial des Nations unies pour le droit à l’alimentation. Ce livre est le récit de mes combats, de mes échecs, des mes occasionnelles et fragiles victoires, de mes trahisons aussi.

Vous me posez la question de la « nouvelle urgence ».

Le lien entre dette souveraine en Europe et meurtre collectif par la faim de millions de personnes dans l’hémisphère sud est évident : les États européens ont dû verser des dizaines de milliards d’euros à leurs banquiers défaillants et ont biffé, par contre, leurs contributions au PAM.

Le Programme alimentaire mondial (PAM) est en charge de l’aide alimentaire d’urgence. Il ne peut acheter suffisamment de nourriture. Le PAM a perdu la moitié de son budget annuel qui n’est, aujourd’hui, plus que de 3,2 milliards de dollars contre 6 milliards en 2008.


Dans les 5 pays de la Corne de l’Afrique – Érythrée, Éthiopie, Djibouti, Somalie, Kenya (du nord) – 12 millions d’êtres humains sont actuellement au bord de la destruction par la faim. Une sécheresse durable ravage la région.

Depuis avril 2011, des dizaines de milliers d’enfants, d’hommes et de femmes sont morts de faim. Les 17 camps d’accueil d’urgence ouverts par l’ONU doivent refuser chaque jour des centaines de familles affamées qui sortent le matin de la brume après, souvent, des jours et des nuits de marche.


 

2) Une poignée d’entreprises multinationales contrôlent le marché de l’alimentation. Comment en finir avec ce système qui affame des peuples entiers ?

 

Une dizaine de sociétés transcontinentales privées dominent presque complètement le marché alimentaire. Elles fixent les prix, contrôlent les stocks et condamnent les pauvres puisque seul ceux qui ont de l’argent ont accès à la nourriture. L’année dernière, par exemple, Cargill a contrôlé plus de 26 % de tout le blé commercialisé dans le monde.


Ensuite, ces trusts disposent d’organisations mercenaires : l’Organisation mondiale du commerce, le Fonds monétaire international et la Banque mondiale. Ce sont les trois cavaliers de l’Apocalypse. S’ils reconnaissent que la faim est terrible, ils estiment que toute intervention dans le marché est un péché. À leurs yeux, réclamer, par exemple, une réforme agraire, un salaire minimum ou le subventionnement des aliments de base pour sauver des vies est une hérésie.


Selon les grands trusts qui, ensemble, contrôlent 85 % du marché alimentaire mondial, la faim ne sera vaincue qu’avec la libéralisation totale du marché et la privatisation de tous les secteurs publics.


Cette théorie néolibérale est meurtrière et obscurantiste. L’Union soviétique a implosé en 1991.

Jusque-là, un homme sur trois vivait sous un régime communiste et le mode de production capitaliste était limité régionalement. Mais en vingt ans, le capitalisme financier s’est répandu comme un feu de brousse à travers le monde. Il a engendré une instance unique de régulation : le marché mondial, la soi-disant main invisible.


 

Les États ont perdu de leur souveraineté et la pyramide des martyrs a augmenté. Si les néolibéraux avaient raison, la libéralisation et la privatisation auraient dû résorber la faim. Or, c’est le contraire qui s’est produit. La pyramide des martyrs ne cesse de grandir. Le meurtre collectif par la faim devient chaque jour plus effrayant.

L’ONU devrait soumettre à un contrôle social étroit les pieuvres transcontinentales du commerce agroalimentaire.

 

3) Y a-t-il des raisons d’espérer ? La crise ne révèle-t-elle pas une vraie capacité d’indignation citoyenne et de réaction face aux excès ultra libéraux ?

(…)

Pour lire la suite, cliquer ICI


Auteur : Yannick BOUCHER


Source : www.lavoixeco.com partagé avec Sauve-La-Terre

 

http://lesmoutonsenrages.fr/2012/01/15/destruction-massive-par-la-faim-jean-ziegler-se-livre-pour-nous/#comment-54321

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RAVAGES DU LIBRE-ÉCHANGE

AU BURKINA FASO,

ZOOM SUR LES COOPÉRATIVES

Par le Mouvement politique d’éducation populaire (M’PEP).

Le 15 janvier 2012.


Pour accéder à la vidéo réalisée lors de l’université d’automne du M’PEP, cliquez ici :
http://www.m-pep.org/spip.php?article2435


Avec la révolution conservatrice, le libre-échange a envahi le monde. En Afrique de l’Ouest, la Chine achète des terres cultivables, la culture du coton est gangrénée par Monsento, l’artisanat local et le textile sont concurrencés notamment par des acteurs chinois. Ce qui fut considéré comme la bouée de sauvetage par des coopératives – le commerce équitable – est désormais atone. Car la plupart des structures de commerce équitable, implantées dans les pays occidentaux, font eux aussi « jouer la concurrence »... Des coopératives, au Burkina Faso, tentent de se réorganiser pour ne pas sombrer. C’est le cas de la CFAM (Coopérative de femmes en arts ménagers).

La CFAM a été créée en 1975 par madame Angèle Konaté qui recevait chez elle des femmes désireuses de promouvoir l’artisanat féminin au Burkina Faso. Après plusieurs années de fonctionnement dans un cadre informel, le groupe s’est constitué en coopérative en 1983 pour un meilleur encadrement de ses activités et pour une commercialisation plus efficace de ses produits. La coopérative compte aujourd’hui plus de 60 membres.

(…)

 

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Pour voir la suite, cliquez ici : http://www.m-pep.org/spip.php?article2435

L’intervenante est Angèle Konate-Mevi, initiatrice de la coopérative CFAM (1975).

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15 janvier 2012 7 15 /01 /janvier /2012 16:17
Vendredi 13 janvier 2012 5 13 /01 /Jan /2012 19:52

Standard & Pauvre’s s’attaque à la Sécurité sociale

 

0000000000000000000000000000000000000000000000000000000.PNG Rappelez-vous d'un article de Bastamag datant de décembre 2011. Aujourd'hui, nous apprenons que la France perd son triple A, demain S&P vous fera passer à la caisse...


PAR AGNÈS ROUSSEAUX 


Assistance publique-Hôpitaux de Paris, Unedic, Réseau ferré de France, Caisse des dépôts et consignations... De nombreuses structures publiques sont sous la menace d’une dégradation de leur notation financière par l’agence Standard & Poor’s. Comme si tout ce qui relevait de l’intérêt général devait être éradiqué au profit de la spéculation.

L’agence Standard and Poor’s semble partie en croisade : après avoir placé« sous surveillance avec implication négative » le triple A de la France, en même temps que les notes de 15 pays  de la zone euro le 5 décembre, puis sous surveillance négative le Fonds européen de stabilité financière (FESF) le 6 décembre, l’agence de notation a menacé de dégrader la note de régions et de grandes villes françaises. Le 7 décembre, elle envisageait de baisser les notes de la Ville de Paris et de la région Île-de-France. Ce même jour, elle plaçait « sous surveillance avec implication négative » les notes de plusieurs organismes publics français : la Caisse d’amortissement de la dette sociale (Cades), l’Agence française de développement, l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), la Caisse nationale des autoroutes, l’Unedic, le Réseau ferré de France (RFF)… L’agence de notation cible ainsi la protection sociale, la santé, les transports publics et la coopération internationale, estimant que ces organismes dépendent de l’État et seraient donc mécaniquement touchés par une dégradation du triple A de la France.

La Caisse des dépôts et consignations (CDC), elle aussi menacée d’une dégradation de son triple A, rappelle dans un communiqué qu’elle dispose d’une « situation de solvabilité très solide, nettement supérieure à celle requise par les normes bancaires, et adaptée à sa mission d’investisseur de long terme et de protection des dépôts réglementés ». La décision de Standard and Poor’s pourrait pénaliser la CDC dans son rôle de soutien financier à l’économie française (sauvetage de la banque Dexia, financement des collectivités locales...). Alors qu’elle a réalisé en 2010 un bénéfice net 2,1 milliards d’euros, en progression de 8,6 %.

La Caisse d’amortissement de la dette sociale (Cades) s’étonne également de cette décision, alors qu’une loi organique protège ses ressources jusqu’en 2025, prévoyant que toute nouvelle dette reçue par la Cades soit accompagnée de ressources nouvelles [1]. La menace de Standard and Poor’s provoquera un enchérissement du crédit pour ces structures publiques, ce qui diminuera leurs ressources et donc, entre autres, alourdira la dette de la Sécurité sociale ou affaiblira leurs capacités d’action. En s’attaquant à des organismes dépendants de l’État mais dont les finances semblent saines, Standard and Poor’s donne un signal clair aux marchés financiers : feu vert à la spéculation sur tous les leviers financiers de l’État !

Agnès Rousseaux


Source 

Notes

[1] Chaque année, le Conseil constitutionnel vérifie que les ressources qui lui sont affectées sont suffisantes pour qu’elle puisse mener ses missions. Le remboursement de la Cades est notamment garanti par le produit de la contribution pour le remboursement de la dette sociale (CRDS) et par un prélèvement sur la contribution sociale généralisée (CSG).

 Source: bastamag


http://www.wikistrike.com/article-standard-pauvre-s-s-attaque-a-la-securite-sociale-97054004.html

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