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17 avril 2009 5 17 /04 /avril /2009 01:03

Article de Jean-Pierre Chevènement, paru dans la revue "Hors les murs" des anciens élèves de l'ENA, avril 2009. 



Finie l’ère du tout marché, du principe de la concurrence libre et non faussée, de l’interdiction des aides d’Etat, de la prohibition des déficits et des endettements excessifs ! Depuis l’automne 2008, la « main invisible » censée réaliser l’optimum social pourvu que l’autorité publique ne s’en mêlât point n’inspire plus confiance. Les dieux du Marché sont tombés de leurs autels. Les grands prêtres se sont tu. La foule qui se prosternait à l’énoncé de vérités éternelles qui tombaient de leurs bouches a déserté leurs temples.


L’Etat est revenu avec ses gros sabots pour assurer plans de refinancement et plans de relance face à la dépression. C’est celle-ci qui a conduit, en catastrophe, les politiques, libéraux de doctrine ou fraîchement convertis, à changer de pied devant les foules éberluées.


« A situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles ». C’est par centaines de milliards de dollars ou d’euros que s’énoncent les plans destinés à sauver les banques de la faillite. Les pays anglo-saxons ne reculent pas devant les nationalisations. D’autres, de tradition moins libérale, comme la France, se bornent paradoxalement à prêter à leurs banques à des taux presque usuraires pour qu’elles continuent de financer l’économie à des taux bien inférieurs.
Comprenne qui pourra : La plus grande de nos banques par exemple qui continue de déclarer des bénéfices, s’endette à grands frais auprès de l’Etat et rachète dans le même temps des activités bancaires dans les pays voisins. Dans tout cela flotte comme un air d’improvisation. Les doctrinaires du désendettement public viennent maintenant expliquer qu’il y a « la bonne dette » à côté de la mauvaise, et que l’explosion des déficits n’est en fait qu’une illusion d’optique. Après les plans de refinancement viennent les plans de relance, dont l’effet paraît nul, tant le bruit sourd d’un effondrement continu monte des profondeurs de l’économie : deux millions et demi d’emplois supprimés aux Etats-Unis en quelques mois. Un million de chômeurs supplémentaires en Espagne en moins d’un an. En un trimestre, les ventes et la production d’automobiles plongent presque partout de 40 %.


Une chose cependant devrait frapper les esprits : si leurs effets ne sont pas encore visibles, les plans de relance ont été annoncés partout par les autorités nationales, à l’instar des Etats-Unis. En Europe, c’est le Président en exercice de l’Union Européenne, Nicolas Sarkozy, qui a pris l’initiative de lancer son plan à travers une instance qui ne s’était jamais encore réunie, le G4, c’est-à-dire les quatre principales économies européennes, puis le G16, instance tout aussi improvisée puisqu’elle consistait à faire entrer la Grande-Bretagne dans l’Eurogroupe. Il en a résulté deux choses : un montage qui juxtaposait les plans nationaux et qu’approuva in fine l’Union à vingt-sept, et enfin l’initiative d’un G20 imposée à un G.W. Bush finissant. Il est vrai qu’une relance coordonnée répondait à l’intérêt bien compris des Etats-Unis. Dans cette affaire, non seulement Nicolas Sarkozy, mais aussi Gordon Brown et l’Administration américaine elle-même, ont donné l’exemple d’une réactivité inattendue de la part de dirigeants présumés libéraux. C’est en tout cas dans le cadre national que des décisions d’une ampleur jamais vue depuis des décennies ont été prises. L’Union à vingt-sept et le G20 n’ont été que de vastes mises en scène. De bout en bout, les décisions ont été nationales, y compris dans l’Allemagne de Mme Merkel, au départ la plus réticente à agir dans un cadre européen ou même tout simplement multilatéral. 


Les décisions ont été nationales pour une raison toute simple : la nation reste le seul cadre démocratique où des gouvernants appuyés sur l’opinion publique et sur le Parlement ont la légitimité pour agir avec force à l’échelle requise. La Commission européenne a disparu dans un trou de souris. Le FMI fait des communiqués. Les textes européens ont été « suspendus ». Le retour du politique s’est donc fait dans un cadre national. Seuls jusqu’alors des responsables politiques portés sur la théorie, c’est-à-dire isolés, avaient osé soutenir que les marchés financiers n’étaient pas l’horizon de l’humanité mais que les peuples et les nations restaient les permanences de l’Histoire. Depuis près de trois décennies, la « doxa » libérale avait réussi à diaboliser l’intervention de l’Etat dans l’économie et à ringardiser l’idée même d’une politique industrielle. 


Mais dans l’immense désarroi qui s’est emparé des esprits après la chute des géants de la finance de Wall Street, on s’est tourné d’emblée et comme instinctivement, vers les pouvoirs qui trouvaient leur source dans le vouloir-vivre des nations. Celles-ci qu’on avait démonisées comme l’origine des pires fléaux, retrouvaient leurs couleurs. Certes il ne s’agit pas d’un retour au nationalisme, perversion de l’idée de nation, mais simplement de la réaffirmation du rôle démocratique des nations qui, au début du XXIe siècle, partagent d’ailleurs les mêmes valeurs et les mêmes principes.


Le retour à la nation a des raisons plus prosaïques : C’est qu’il allait falloir payer. On se tournait vers le citoyen. On se tournait aussi vers le contribuable. Seul l’Etat en effet pouvait offrir une garantie pour les prêteurs. Lui seul paraissait assez armé pour tirer des traites sur l’avenir.


Mais quel avenir ? Arrivés à ce point, les thuriféraires du libéralisme hésitent. Leur voix tremble. Ils veulent se rassurer. Il ne saurait, bien évidemment, à leurs yeux, n’être question que d’ouvrir une « parenthèse interventionniste » comme il y eut pour d’autres, jadis, en 1983, une « parenthèse libérale ». Ils se refusent encore à réglementer, à prendre des participations publiques au capital des entreprises, à fixer des plafonds aux rémunérations. Ils préfèrent s’en remettre aux codes de bonne conduite qu’on laisse aux patrons le soin d’élaborer. La faiblesse de cette position commence à apparaître.


Car on devine que la crise sera longue et profonde. Immenses sont les problèmes qui restent irrésolus : réglementation des hedge funds et des banques en général, prohibition des paradis fiscaux, politique des revenus, parités monétaires, programmes publics et politiques industrielles capables de soutenir une relance enfin efficace, etc.


Le retour du politique prendra du temps, lui aussi. Il s’avance à tâtons et ne sait encore la forme qu’il prendra. Une chose est sûre : il faudra inventer ou réinventer l’Etat, développer les capacités d’anticipation, de prévision et de programmation, articuler le renouveau du civisme à de nouvelles formes de patriotisme, trouver des formes de coordinations encore inédites à l’échelle internationale, penser une Europe à géométrie variable, des institutions économiques et monétaires mondiales, associant aux vieux pays riches les puissances émergentes, sans oublier – espérons-le – les pays qui n’émergent pas.


Surtout il faudra donner forme humaine au retour du politique : recréer l’espoir en pensant le monde avec trente ans d’avance. Déjà on devine que d’immenses investissements sont nécessaires pour préparer l’après-pétrole, limiter l’émission de gaz à effet de serre, nourrir l’humanité, économiser les biens rares : eau, air, sols, et que l’idée de service public garde toute sa force pour faire de la santé, de l’éducation, de la culture et de la recherche les vraies priorités du développement humain. Ces priorités, pourtant incontestables, ne s’imposeront pas d’elles-mêmes. Pour dépasser les concurrences et les tensions inévitables et préparer un monde réellement meilleur, on ne fera pas l’impasse des luttes et de la conscience, bref de ce qu’on appelle « la politique ».


.
http://www.marcfievet.com/article-30166163.html
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16 avril 2009 4 16 /04 /avril /2009 22:23

Jacques Daudon





Serres le 17 avril 2009

 

Comment avec rigueur et simplicité
supprimer la récession
ou crise économique actuelle
pour se diriger
UNIS
paisiblement
mais avec détermination
vers un MONDE de justice

 

Juste un mot avant le petit exposé: Les Economistes ressemblent étrangement aux médecins au niveau du jargon face aux citoyens et patients. Leurs néologismes et leur façon de compliquer les règles du jeu ont comme but, tout autant que le Latin des sganarelles de cacher leur relative ignorance et d'embrouiller les Béotiens. Emprunteurs et patients sont encore leurs victimes, mais tant va la cruche à l'eau qu'à la fin elle se brise ! Il n'y en a plus pour très longtemps.


Pose concrète du problème


Prenons un cas particulier que chacun connaît bien : La crise automobile.

Un constructeur X ne peut épuiser sa production. Des milliers de voitures encombrent ses parcs et la vente est impossible, pas de preneurs !

1 – Si le stock ne s'écoule pas la raison est simple, les potentiels acquéreurs manquent de liquidités pour acheter et épuiser les surplus.

2 – L'Economie de marché, impose une production continuelle (le capital investi doit rapporter un maximum dans un temps mini). Imposteur elle n'accepte pas l'équilibre de la production La demande nationale est pourtant facile à calculer. La crise est cernée. On sait pourquoi !


Conséquences


1 – Le constructeur perd de l'argent, les actions baissent, la trésorerie fond. Il s'oblige aux emprunts dans un premier temps, puis le mal empire puisque l'intérêt des emprunts est reporté sur le prix de vente. Il n'est même plus concurrentiel.

2 – Devant la mévente, le constructeur met ses ouvriers en chômage technique.

3 – Ces derniers privés d'une partie de leur salaire paralysent les échanges. Voilà la récession brièvement mais rigoureusement exprimée.


Résolution du problème


En appliquant l'hypothèse émise sur le site :
http://daudon.free.fr/page338.html le règlement de la crise s'établit de la manière suivante :


1 – Afin que les stocks puisent s'écouler l'Etat évaluant la valeur marchande de ces produits commercialisables créé la contrepartie en monnaie de cette valeur. En conséquence, en divisant ce montant en euros par le nombre de familles, chaque famille recevra une somme lui permettant, d'additionner cet argent aux sommes mises de côté pour l'achat considéré. L'argent circule la crise est stoppée.

2 – Durant le chômage technique dû à l'arrêt momentanée des chaînes de fabrication, les employés de la firme automobile pourront vivre convenablement puisque d'après le principe édicté dans http://daudon.free.fr/page338.html la valeur de la production nationale est partagée entre tout citoyen par émission monétaire gratuite. Tenir compte que les produits alimentaires sont présents sur le marché car, agriculteurs, maraîchers, arboriculteurs, éleveurs divers, de par leurs productions créent une" richesse alimentaire". Cette production étant évidemment génératrice d'émission monétaire correspondant à la valeur de la production à partager entre tous.


Ainsi se règle d'une manière simple, juste et rigoureuse la récession qui résulte de principes non seulement désuets mais malhonnêtes, puisque les principaux bénéficiaires de la crise ne sont que des sociétés bancaires privées ne générant aucune richesse.


NB – Cette étude succincte n'a pas la prétention de résoudre le problème de la récession dans ses plus petits détail mais a le mérite d'expliquer les causes principales qui permettront à tout public de se faire une idée de l'ampleur de la désinformation scolaire, livresque, étatique et journalistique, désinformation évidemment voulue et servant un système ayant établi depuis la nuit des temps les règles du jeu économiques en leur stricte faveur.



Auteur de l'article : J.Daudon, Président des Français Progressistes

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