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18 mars 2013 1 18 /03 /mars /2013 13:17
par François Asselineau (son site) dimanche 17 mars 2013 - 139 réactions
Racket général sur les comptes bancaires à Chypre pour sauver les banques et l’euro

Le racket général sur les comptes bancaires à Chypre crée un précédent qui pourra servir dans d'autres pays de l'Eurozone

Voici 4 mois, le 15 novembre 2012, j’avais alerté mes lecteurs sur l’inquiétante situation financière de Chypre. Je l’avais même qualifiée de « nouveau cadavre dans le placard » et j’avais souligné qu’elle constituait « une redoutable quadrature du cercle pour les dirigeants de l’UE ».

 

Eh bien l’on vient d’apprendre, le 16 mars 2013 au matin, que les dirigeants de l’Union européenne, en concertation avec les dirigeants chypriotes et le FMI, ont fini par trouver une solution. Et quelle solution !

En fait d’aide, les bailleurs de fonds (Union européenne, Banque centrale européenne et FMI) sont en réalité convenus d’un plan de secours de 10 milliards d’euros dont le volet essentiel consiste en un véritable racket sur les comptes bancaires détenus par des particuliers à Chypre.

 

UN RACKET SANS PRÉCÉDENT SUR LES COMPTES BANCAIRES DES PARTICULIERS

Le racket, qualifié de « prélèvement » ou de « taxe exceptionnelle » dans la langue de bois des dictateurs qui ont mis la main sur le continent européen, va être opéré directement par les banques chypriotes sur chaque compte bancaire de particulier. C’est-à-dire sur à peu près chaque Chypriote adulte et chaque étranger disposant d’un compte bancaire dans l’île.

Le barème du racket est le suivant :

1°) pour toute somme inférieure à 100 000 €, le « prélèvement » sera de 6,7 %.

Pour prendre des exemples concrets :

  • un Chypriote possédant 7000 € d’économie sur un compte à vue, ou sur un compte d’épargne, va se voir racketter (« prélever » selon la langue de bois européiste) la somme de 469 €.
  • un titulaire de plan d’épargne ayant mis de côté 40 000 € pour s’acheter un appartement se verra racketter de 2 680 €.
  • même un étudiant ou un chômeur désargenté, n’ayant en tout et pour tout que 500 € sur leurs comptes, seront rackettés de 33,50 € chacun.

2°) pour toute somme supérieure à 100 000 €, le « prélèvement » sera de 9,9 %.

Pour prendre des exemples concrets :

  • un couple titulaire d’un plan d’épargne logement ayant mis de côté 185 000 € pour s’acheter une maison se verra racketter de 15 115 €. [(100 000 x 6,7% = 6 700) + (85 000 x 9,9% = 8 415) = 15 115 €]
  • un particulier fortuné disposant de 2 000 000 € sur des comptes rémunérés, se verra quant à lui racketter de 194 800 € [(100 000 x 6,7% = 6 700) + (1 900 000 x 9,9% = 188 100) = 194 800 €]

Ce dernier exemple donne à penser que les oligarques euro-atlantistes se sont offerts un plaisir de gourmet cynique et pervers : celui de placer Vladimir Poutine dans l’embarras. Car, puisque ce « prélèvement » vise tous les titulaires de comptes bancaires à Chypre, il concerne également les Russes, riches oligarques ou moins riches, qui ont ouvert un compte dans cette île proche du monde slave à la fois géographiquement et culturellement (pour sa fidélité au christianisme orthodoxe). Et qui l’ont ouvert dans la banque RCB, détenue par la Fédération de Russie et dirigée par des proches du Kremlin.

Parmi les gros déposants dans des banques chypriotes figurent des riches particuliers russes, attirés par les promesses de rentabilité de la Russian Commercial Bank (Cyprus). Ici une affiche publicitaire le long d'une route près du port chypriote de Limassol.

Parmi les gros déposants dans des banques chypriotes figurent des riches particuliers russes, attirés par les promesses de rentabilité de la Russian Commercial Bank (Cyprus). Ici une affiche publicitaire le long d’une route près du port chypriote de Limassol.

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Comme le montre cette saisie d’écran la banque russe propose à ses clients un taux de rendement garanti de 4,25% sur ses dépôts, à condition de déposer un minimum de 50 000 € sur le compte. Le racket organisé par l’UE, la BCE et le FMI revient à ponctionner 3 350 € sur un tel dépôt de 50 000 €…

La Russian Commercial Bank Cyprus (RCB) est une filiale du groupe public russe VTB, possédé à 75,5 % par la Fédération de Russie . Les dirigeants de l’oligarchie euro-atlantiste ont dû prendre un malin plaisir à imaginer la tête des dirigeants russes devant ce vol organisé pour prétendument « sauver l’euro ».

 

3°) En outre, il est institué une retenue à la source sur les intérêts procurés par ce qui restera des dépôts bancaires.

Les organisateurs de toute cette opération estiment qu’elle devrait rapporter 5,8 milliards d’euros.

Il faut noter que ce  vol organisé sur les dépôts des particuliers est une mesure sans aucun précédent. Les ministres des finances de la zone euro n’avaient pas soumis la Grèce, l’Irlande, le Portugal ni l’Espagne à une telle clause.

Atmosphère très cordiale à Bruxelles le 14 mars 2013 : les dirigeants européistes de Chypre et les dirigeants de l'UE rient de bon cœur du racket général sur les comptes bancaires des particuliers à Chypre dont ils viennent de convenir.

Atmosphère très cordiale à Bruxelles le 14 mars 2013 : les dirigeants européistes de Chypre et les dirigeants de l’UE rient de bon cœur du racket général sur les comptes bancaires des particuliers à Chypre dont ils viennent de convenir.

De gauche à droite : M. Nicos ANASTASIADES, Président de la République de Chypre, M. Herman VAN ROMPUY, Président du Conseil européen, et M. Michael SARRIS, ministre des finances de la République de Chypre. Tous ces messieurs semblent savourer l'idée du racket organisé sur les déposants chypriotes. Le ministre des finances de Chypre paraît même avoir du mal à ne pas éclater de rire.

De gauche à droite : M. Nicos ANASTASIADES, Président de la République de Chypre, M. Herman VAN ROMPUY, Président du Conseil européen, et M. Michael SARRIS, ministre des finances de la République de Chypre. Tous ces messieurs semblent savourer l’idée du racket organisé sur les déposants chypriotes. Le ministre des finances de Chypre paraît même avoir du mal à ne pas éclater de rire.

largarde_fmi_uprL’entrevue, le lendemain 15 mars, entre la franco-américaine Christine LAGARDE et le ministre des finances chypriote Michael SARRIS n’est pas moins détendue et hilare.

 

Sans la moindre vergogne, l’un et l’autre ne cachent pas leur joie de la solution qu’ils ont concoctée : renflouer les banques et «  sauver l’euro » en se servant directement sur les comptes bancaires des particuliers, il faut avouer que c’est à mourir de rire lorsque l’on appartient au monde feutré de l’oligarchie financière.

On notera que ce racket ne concerne évidemment pas Christine LAGARDE. Elle n’a pas la sottise de déposer sur un compte bancaire à Chypre les substantielles économies que lui procure son salaire annuel de Directrice générale du FMI, qui s’élevait à 380.939 € en 2011 (31 745 € / mois) et qui n’est pas soumis à l’impôt sur le revenu (sans doute environ 35 000 € / mois net d’impôts en 2013).

 

LES 4 OBJECTIFS DE CE RACKET SANS PRÉCÉDENT

Le racket sans précédent organisé par l’UE, la BCE et le FMI sur l’ensemble des comptes bancaires de particuliers ouverts à Chypre obéit à trois objectifs explicites, et probablement à un quatrième objectif implicite :

  • 1°) renflouer conjointement l’État chypriote et les banques chypriotes au bord de la faillite.

Au lieu que l’État chypriote garantisse les dépôts des épargnants, il donne l’équivalent des pertes aux banques qui vont les utiliser pour rembourser leurs créanciers (parmi lesquelles il figure notamment des banques chypriotes et non-chypriotes). 

  • 2°) limiter les pertes de banques non-chypriotes qui auraient prêté à Chypre.

En évitant la faillite de l’État chypriote et des banques chypriotes, la mesure vise en second lieu à limiter les pertes de banques non-chypriotes qui auraient prêté à Chypre. Y compris, bien entendu, d’éventuelles banques françaises.

  • 3°) « sauver l’euro »

Si l’on rackette tous les particuliers qui ont des dépôts à Chypre, c’est en définitive pour que Chypre ne soit pas considéré comme “en défaut” et c’est en définitive, encore et toujours, pour prétendument « sauver l’euro ». Je rappelle néanmoins que l’euro n’est, de toute façon, pas viable sur long terme. Cette grandiose extorsion de fonds opérée sur les patrimoines des déposants chypriotes ne servira, au mieux, qu’à prolonger l’agonie… et à renflouer les banques.

  • 4°) lancer un ballon d’essai pour tester l’acceptabilité sociale d’un tel vol organisé

Cet objectif n’est évidemment pas mis sur la table par les responsables européistes. Cependant, il se murmure dans les couloirs de la Commission européenne et de la BCE que ce dispositif testé à Chypre aura valeur de test. Un tabou vient d’être brisé, qui est celui de la protection des déposants et des épargnants. Les dirigeants du monde politique et bancaire vont maintenant observer si la population chypriote va laisser ou non ce racket se produire sans réagir. C’est dire si la suite des événements va être importante.

UNE OPÉRATION DE RACKET VICIEUSEMENT PRÉMÉDITÉE EN FONCTION DU CALENDRIER LITURGIQUE ORTHODOXE

Comme nous l’enseignent les films et les enquêtes de police, l’organisation des grands hold-up par des gangs mafieux n’est jamais laissée au hasard. Tout y est toujours minutieusement planifié.

Il en a été de même pour cette opération de racket : son organisation et son calendrier ont été conçus de façon particulièrement vicieuse.

En effet, l’accord entre l’UE, le FMI, la BCE et les autorités chypriotes a été conclu, non pas « dans la nuit de vendredi à samedi » comme l’affirme le journal Le Monde mais dans les journées des 14 et 15 mars.

Cet accord n’a été présenté comme arraché au cours de la nuit qu’à des fins de mise en scène. C’est ce qui a permis de n’annoncer publiquement la « taxe exceptionnelle » que le samedi 16 mars au matin, afin que les habitants de l’île méditerranéenne ne l’apprennent qu’à leur réveil en ce début de week-end.

De la sorte, les Chypriotes se sont retrouvés coincés car ils ont trouvé les banques fermées lorsqu’ils s’y sont précipités pour y sortir le maximum de numéraire. Des files d’attente se sont constituées devant les distributeurs de billets mais la plupart des automates avaient déjà été mis hors d’état de fonctionnement. 

Mieux calculé encore, les Chypriotes ont également réalisé qu’ils ne pourraient pas sortir d’argent ni le dimanche 17 mars ni même le lundi 18. Car lundi est une journée exceptionnellement fermée, du fait du calendrier orthodoxe qui fixe, cette année, au 18 mars la date mobile du « lundi pur » (Καθαρά Δευτέρα en grec).

carnaval_chypre

Le « lundi pur » est une fête mobile du calendrier liturgique orthodoxe. il se situe quarante jours avant le Samedi de Lazare, veille des Rameaux, et 48 jours avant la Pâque orthodoxe. C’est la date qui marque, après le dimanche de Carnaval, le début du Grand Carême. C’est aussi la date qui représente traditionnellement le début du printemps. À cette occasion, les Chypriotes, comme les Grecs, partent pique-niquer et consomment du pain azyme, pendant que les enfants jouent au cerf-volant.

L'affaire avait été parfaitement calculée et préméditée car lundi 18 mars est le jour où tombe, en 2013, le "lundi pur" de la religion orthodoxe. Les banques chypriotes resteront donc fermées jusqu'à mardi 19, ce qui offre le temps suffisant aux équipes d'informaticiens des banques d'opérer le « prélèvement » sur chaque compte au cours du week-end.

L’affaire avait été parfaitement calculée et préméditée car lundi 18 mars est le jour où tombe, en 2013, le “lundi pur” de la religion orthodoxe. Les banques chypriotes resteront donc fermées jusqu’à mardi 19, ce qui offre le temps suffisant aux équipes d’informaticiens des banques d’opérer le « prélèvement » sur chaque compte au cours du week-end.

Dès l'annonce du racket officiel, les titulaires de comptes bancaires n'ont plus été en mesure de retirer leur argent.

Dès l’annonce du racket officiel, les titulaires de comptes bancaires n’ont plus été en mesure de retirer leur argent.

Photo prise par un internaute chypriote samedi 16 mars au matin. L'automate de sa banque ne délivre plus d'argent et affiche le message : « Votre transaction a été annulée en raison d'un problème technique. Ce Distributeur Automatique ne permet pas de retraits d'argent pour le moment. »

Photo prise par un internaute chypriote samedi 16 mars au matin. L’automate de sa banque ne délivre plus d’argent et affiche le message : « Votre transaction a été annulée en raison d’un problème technique. Ce Distributeur Automatique ne permet pas de retraits d’argent pour le moment. »

 

LA SITUATION POLITIQUE ET SOCIALE VA-T-ELLE DÉGÉNÉRER ? 

Le « lundi pur » est une journée où l’on est censé se défaire de ses conduites pécheresses et où l’on doit faire preuve de pardon.

Toute la question est donc de savoir si les Chypriotes vont “pardonner” à leurs autorités politiques et financières le racket qui va être opéré, ce jour-là, sur leurs comptes bancaires ?

Les premières réactions enregistrées samedi ont montré que la population était sous le choc et scandalisée. Mais, aussitôt, tout l’appareil de désinformation politique et médiatique européiste s’est mis en branle pour diffuser son poison.

Dès son retour de Bruxelles, le président chypriote Nicos Anastasiades, responsable européiste “de droite” élu le mois dernier, a ainsi souligné dans un communiqué le prétendu « risque d’effondrement » du système bancaire à défaut d’accord sur un prêt pour l’île au bord de la faillite.

En prenant des airs de Tartuffe pour souligner plaintivement qu’il s’agissait d’un plan « douloureux », il a ensuite repris la sempiternelle thématique de toutes les dictatures, à savoir qu’il n’y aurait bien entendu pas d’alternative : « La solution que nous avons choisie est douloureuse, mais c’était la seule qui nous permettait de continuer nos vies sans remous. »

Comme nous l’a révélé l’exemple islandais – une île d’une taille assez comparable à Chypre -, et comme nous l’enseigne le président Ólafur Grímsson, il y a pourtant toujours une alternative : celle qui consiste à prendre le parti du peuple et de laisser les banques faire faillite.

Quoi qu’il en soit, les autorités chypriotes croisent les doigts. Elles espèrent qu’avec la complicité habituelle de la “gauche” européiste et le matraquage médiatique non moins habituel, les Chypriotes accepteront ce coup de force contre leurs dépôts et leurs économies, dans le but, proclamé, prétendument grandiose et incontestable, de « sauver l’euro ». 

Avant d’entrer en vigueur, la « taxe exceptionnelle »  doit être ratifiée par le parlement, et cela avant la réouverture des banques mardi, puisque le lundi est jour férié à Chypre. Il faut donc faire vite : M. Anastasiades a annoncé qu’il rencontrerait des dirigeants de partis politiques de l’île et qu’il se rendrait dimanche matin au Parlement où une Assemblée plénière, prévue en milieu de matinée, devrait entériner le racket.

Des appels à manifester ont été lancés, notamment par le candidat déçu aux élections présidentielles de février, George Lillikas, qui avait fait campagne contre le plan de sauvetage. Ce dernier a appelé à une mobilisation générale pour mardi, le lendemain du « lundi pur ».  

Mais ne sera-t-il déjà pas trop tard pour réagir puisque les comptes bancaires auront été déjà rackettés au profit des banques ?

 

LA CRÉATION D’UN PRÉCÉDENT QUI POURRA ÊTRE APPLIQUÉ À D’AUTRES PEUPLES DE LA ZONE EURO, ET NOTAMMENT AUX FRANÇAIS

L’extorsion de fonds que les autorités publiques comptent opérer sur les détenteurs de comptes bancaires à Chypre pourrait bien avoir un contrecoup sur les déposants italiens et espagnols. Car s’ils ne sont pas bêtes, ils devraient comprendre qu’un tel racket risque aussi de leur être imposé prochainement sans crier gare. Juste avant le lundi de Pâques par exemple…

Il sera donc intéressant de voir si l’affaire chypriote ne provoque pas un “bank run” important en Espagne et en Italie au cours des prochaines semaines.

Quant aux Français, ils auraient bien tort de croire les assurances que ne vont pas manquer de leur débiter leurs grands médias, à savoir qu’une telle disposition serait impossible en France, etc. Car l’opération chypriote revêt aussi l’allure d’un ballon d’essai. Ses concepteurs, au FMI, à la BCE et à la Commission, seront très attentifs à ses suites, car cela va leur permettre de tester l’acceptabilité sociale “grandeur nature” d’un racket sur les épargnants dans le but de « sauver l’euro ».

Si cette acceptabilité sociale se révèle assez facile à obtenir – en clair, si les Chypriotes se laissent plumer sans réagir violemment, ou bien en préférant s’écharper selon le clivage droite-gauche plutôt que de faire front commun-, le racket pourra être envisagé pour d’autres peuples. Et pourquoi pas pour les épargnants français le moment venu ?

Il faut donc bien comprendre que les Français ne sont pas à l’abri du même type de racket. Car une fois qu’une semblable mesure aura été mise en œuvre, un tabou essentiel aura sauté : celui de la protection de l’épargne publique. Et les autorités politiques et bancaires européistes pourront ensuite se prévaloir du précédent ainsi créé. 

 

COMMENT SE PRÉMUNIR INDIVIDUELLEMENT D’UN ÉVENTUEL RACKET “À LA CHYPRIOTE” ?

Pour être honnête, il n’y a pas de bonne solution. Tant que la France restera dans la zone euro et dans la catastrophe économique, financière et monétaire qu’elle engendre, on ne peut envisager que des expédients.

Quels expédients ?

À l’heure actuelle – et sans que cela soit d’ailleurs une certitude -, les seuls comptes bancaires a priori en sécurité et non susceptibles d’un pareil racket sont ceux qui sont localisés en Allemagne, aux Pays-Bas, au Luxembourg et en Finlande. C’est-à-dire dans les 4 États membres de la zone euro qui sont en excédent sur le système Target 2. [je renvoie ici à ma conférence sur “la tragédie de l’euro“.

  • 1°) Le premier expédient consiste donc à ouvrir des comptes bancaires dans ces 4 États. Mais avec toutes les difficultés d’ordre pratique que cela engendre, sans parler du caractère détestable que représente l’idée d’aller “planquer son argent” à l’étranger.
  • 2°) Pour les particuliers français qui ne veulent pas ouvrir des comptes bancaires dans ces 4 États, le deuxième expédient consiste à vider régulièrement leur compte (par exemple après chaque virement mensuel de salaire), à louer des coffres dans leur banque ordinaire, et à y entreposer leur argent liquide. Je signale au passage que ce type de comportement, bien que peu habituel, a déjà été noté secrètement en France il y a environ deux ans, sans que les médias, bien entendu, n’en informent l’opinion publique pour ne pas l’inquiéter.

Un tel expédient présente de nombreux inconvénients : outre qu’il entraîne le coût de location d’un coffre, il pose des problèmes matériels constants dans la vie quotidienne. Car les paiements par chèque, par carte bancaire ou par prélèvements automatiques sont de très loin les plus commodes et les plus usités. Vider son compte et placer toutes les liquidités dans un coffre bancaire peut aussi se révéler très handicapant en cas de fermeture des banques.

  • 3°) Enfin, le troisième expédient consiste à vider ses comptes bancaires comme dans le cas précédent, mais à conserver le liquide chez soi. Bien entendu, il s’ajoute alors, aux inconvénients énumérés précédemment, le risque supplémentaire de se faire voler.

En somme, les expédients ne sont guère satisfaisants et c’est bien là tout le problème. La vie contemporaine et la bancarisation des particuliers sont telles que, même si ce n’est pas impossible, il est néanmoins très gênant de ne pas avoir un compte bancaire en état de fonctionnement.

C’est justement pour cela que les Chypriotes viennent de se retrouver piégés.

 

CONCLUSION : UN RACKET SEMBLABLE POURRA ÊTRE IMPOSÉ AUX FRANÇAIS S’ILS NE RENVOIENT PAS DOS-A-DOS Mme LE PEN ET M. MÉLENCHON

Quitte à faire grincer les quelques dents habituelles, je conclurai en insistant sur le fait que le « plan de com’ » pour faire accepter aux Français un éventuel racket sur leurs épargnes et comptes bancaires ne sera pas sorcier à mettre en place. Il est même déjà tout prêt puisque l’oligarchie euro-atlantiste qui dirige la France et ses médias l’a déjà utilisé de nombreuses fois. Elle pourra le ressortir à l’identique.

Pour neutraliser toute contestation efficace contre un racket des déposants, ce « plan de com’ » consistera tout bonnement, et comme à l’accoutumée :

1°) à m’interdire totalement d’antenne radio et télé ; mais plus le nombre d’adhérents de l’UPR augmente et plus cette interdiction devient difficile à tenir. 

2°) mais à ouvrir largement les studios de télévision et de radios aux deux compères habituels de la pseudo “opposition au système” – Mme Le Pen et M. Mélenchon – , pour qu’ils exécutent le ballet bien réglé destiné à casser toute vraie remise en cause de la situation : 

  • d’un côté, les médias feront venir sur tous les plateaux Mme Le Pen, dont l’incompétence technique et la truculence seront comme d’habitude parfaites pour discréditer les idées qu’on la chargera de salir. Elle s’indignera à haute voix du vol programmé sur les petits épargnants pour cause d’euro, mais elle en profitera, par la même occasion, pour tempêter contre la viande hallal, ou pour réclamer le rétablissement de la peine de mort, ou pour aller faire un entrechat avec des néo-nazis autrichiens en prenant ensuite des airs de Sainte Nitouche. Ce mélange des genres délibéré et cet amalgame seront bien entendu faits pour discréditer l’idée même de sortir de l’euro aux yeux de 80 % des Français. C’est le rôle qui a été dévolu par le système à la famille Le Pen. Un rôle – ô combien reluisant – qu’elle accepte de remplir sans coup férir depuis 31 ans, en échange de la médiatisation tonitruante que les commanditaires lui accordent.
  • de l’autre côté, les médias feront venir également sur tous les plateaux M. Mélenchon. Lequel, selon le même ballet bien réglé, prendra appui sur les propos de Mme Le Pen pour faire croire de nouveau à ses électeurs qu’être contre l’euro serait être d’extrême-droite. Il affirmera, avec l’enflure stylistique qu’on lui connaît, que les déclarations de Mme Le Pen sont la preuve que « prôner la sortie de l’euro relève du maréchalisme », comme il l’affirma le 26 juin 2011 sur la radio Europe 1. Il vocifèrera comme un matamore que l’UE « vient de porter un mauvais coup contre le monde du travail et les petits épargnants » . Et il en conclura, comme le fait la gauche européiste depuis un demi-siècle, qu’il faut non pas sortir de la construction européenne ni de l’euro mais « se rassembler autour d’une véritable force de progrès seule à même de faire changer l’Europe. »

Pour se remémorer le sketch Mélenchon-Le Pen, cf. notre analyse que nous avons mise en ligne depuis déjà plus de 2 ans et qui n’a pas pris une ride.


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Avec un « plan de com’ » aussi bien huilé, permettant de bien diviser les Français, l’oligarchie financière et bancaire euro-atlantiste pourra continuer à dormir sur ses deux oreilles.

Elle rira encore aux éclats, derrière les portes capitonnées de ses antichambres, en pensant à la facilité avec laquelle on peut mener le peuple français par le bout du nez. Et le plumer sans qu’il y comprenne quoi que ce soit, et en croyant en plus que la France est une démocratie pluraliste où toutes les opinions ont droit de cité !

Comme l’auront compris les lecteurs, la seule solution pour déjouer ce plan bien rôdé, c’est de comprendre enfin en quoi il consiste, et d’en tirer les conséquences : il faut renvoyer dos-à-dos les faux opposants, qui entretiennent délibérément un clivage droite-gauche devenu inopérant, et qui empêchent de ce fait de rassembler les Français sur un programme de salut national.

En bref, il faut laisser de côté ces opposants de connivence, épuisés de roueries et de manipulations pluri-décennales, et se rassembler à l’UPR.

Bien sûr, certains seront furieux de lire cette conclusion. Mais au fond d’eux-mêmes, ils savent bien que, s’ils acceptent enfin d’arrêter de rêver, il n’y a pas d’autre solution viable que celle que je leur propose : un mouvement situé en dehors du clivage droite-gauche pour rassembler provisoirement une majorité de Français d’accord pour sortir au plus vite du piège à rat dans lequel on a enfermé la France.

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François ASSELINEAU

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URGENT : MERCI DE FAIRE SUIVRE CE MESSAGE A TOUS VOS CONTACTS

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Bonjour Eva,

Plusieurs lecteurs m'ont écrit car ils regrettaient que je ne diffusait quasiment plus d'informations sur la situation économique (surtout depuis que le blog Liesi a fermé ses portes).

J'ai donc souhaité demander votre aide.

Hier soir, je passais en revue la presse internationale et j'ai été choqué à quel point la Plus Grande Crise du Siècle s'accélère :

  • L'Italie à 2 doigts de sortir de l'Euro si Beppe Grillo passe aux commandes de la Chambre du Conseil : je me rends souvent en Italie et je fréquente de nombreuses personnes de la classe moyenne qui préfèrent largement avoir un comique pour Président plutôt que le liquidateur bancaire, Mario Monti...
  • Pour les américains, la France est le pays de la révolte sociale et de l'enfer des affaires; et que les réformes coûteront plus chers qu'en Italie pour sauver le pays.

Plus le méga-dépression économique vous montre son vrai visage, plus la press-titution vous aveugle avec des faits divers (d'hiver) météorologiques et les bonnes nouvelles de l'économie qui va bien "car la bourse monte avec des billets de Monopoly".

Compte tenu du débordement d'informations et le fait qu'il n'y ait que 24h dans une journée, j'ai besoin de votre aide :

  • Si vous avez un blog ou un site => publiez vos articles et votre lien sur Gold-up !
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Les 3700 abonnés du blog se réjouiront de vous lire, Eva !

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Rédigez simplement votre article sur un document au format texte ou Word et il sera diffusé sur le blog (s'il correspond à la ligne éditoriale de Gold-up) !

Répondez tout de suite à cet email Eva, car le temps presse...

 

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17 mars 2013 7 17 /03 /mars /2013 03:10

Un journaliste qui dit la vérité sur BFM et que l’on n’a jamais revu

 

Voici un (ex?) journaliste sur BFM Tv qui non seulement a compris

l'arnaque du système monétaire dans lequel nous vivons,

mais qui en plus l'explique à l'antenne! 

Depuis on ne l'a plus revu, probablement relégué à la photocopieuse... 

Le journaliste s’appellerait Philippe Salvador

et il aurait lui-même (ou pas) quitté BFM il y a quelques mois.


 

 

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25 février 2013 1 25 /02 /février /2013 14:16

Alerte !

La Commission Européenne aura un droit de veto sur les budgets nationaux

 

Les parasites fiscaux, produits de l’anarchie néolibérale

Posted: 24 Feb 2013 10:55 PM PST

 

The Economist consacre un dossier passionnant de 16 pages sur les parasites fiscaux dans son numéro du 16 février. L’occasion de mieux comprendre l’ampleur du phénomène, leur mode de fonctionnement, mais aussi de saisir qu’en dépit de grandes déclarations, pas grand chose n’a changé…

Opacité et basse pression fiscale
Voilà le trait commun à l’ensemble des parasites fiscaux. Ils sont utilisés aussi bien par de riches particuliers qui veulent payer moins d’impôt que par des multinationales qui pratiquent la désertion fiscale (plutôt que de l’optimisation fiscale). Enfin, ils sont une destination de choix pour l’argent sale qui peut s’y recycler en toute discrétion. Même The Economist souligne que « l’argent y est envoyé principalement pour le protéger des taxes, compromettant la collecte dans le pays d’origine du client, où il continue de profiter des services payés par les impôts tout en y échappant ».


Il y a beaucoup de parasites fiscaux. Naturellement, on pense à la Suisse, à Monaco, aux petites îles britanniques ou des Caraïbes, mais ce n’est pas tout. Tout d’abord, en Asie du Sud-Est, Singapour et Hong Kong se sont placés sur ce marché. En Europe, le Luxembourg, mais aussi la Belgique jouent aussi ce rôle. Pire, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis peuvent également être considérés comme des parasites fiscaux. En effet, l’Etat du Delaware présente une densité d’entreprises proche des îles Caïmans, du fait de la possibilité de créer une entreprise sans papier d’identité…


Assez logiquement, l’évaluation des montants en jeu est très variable. Pour le BCG, ce serait 8 000 milliards de dollars (sur 123 000) de la richesse privée qui y serait placée. Mais le Tax Justice Network, conseillé par l’ancien chef économiste de McKinsey, avance le chiffre de 21 000 milliards de dollars. Un économiste du FMI estime que 30% des investissements étrangers sont effectués via des parasites fiscaux (près de 10 000 milliards de dollars ont été investis en Chine depuis les îles vierges britanniques !). On estime que jusqu’à 7% de la base fiscale est perdue ! En France, on parle de 4 à 6%.
L’horreur néolibérale

La concurrence entre parasites consacre la loi du plus fort : The Economist rapporte qu’à Jersey, la crise financière a poussé les autorités à introduire une sorte de TVA à 5% pour combler les déficits et il était hors de question de remettre en question la fiscalité zéro de la plupart des entreprises ! Pourtant, l’hebdomadaire conclut en disant que « l’harmonisation des règles financières semble plus lointaine que jamais. Et temps qu’il y aura des différences dans les taux nationaux de taxes, les standards de réglementation et les lois sur la confidentialité, il y aura des opportunités ».



Ce faisant, le journal des élites globalisées fait mine de penser que l’on ne peut pas faire grand chose. Il est vrai que dans le cadre qu’il recommande, où règne la circulation anarchique et non contrôlée des capitaux, des biens et des personnes, il est impossible de faire pression sur les parasites fiscaux. A partir du moment où l’on part du principe qu’il ne faut pas mettre la moindre restriction aux mouvements de l’argent, il sera extrêmement difficile de mettre fin à cette course au moins-disant fiscal.
Mais de manière très intéressante, l’OCDE vient de publier un rapport à l’attention du G20 qui dénonce l’optimisation fiscale des multinationales. Il faut dire que dans des temps de disette budgétaire, il est logique que les Etats se soucient de la désertion fiscale des grandes entreprises qui profitent de la déréglementation pour déplacer leurs profits là où les taxes sont les plus basses. Il suffit de mettre la propriété intellectuelle de l’entreprise dans un parasite fiscal et la rémunérer fortement ou alors jouer sur les prix de transferts entre les différentes filiales, comme le rapporte cet article du Point.

On constate que depuis 2008, les Etats adoptent un ton beaucoup plus critiques à l’égard des parasites fiscaux. Certaines actions ont été lancées mais sont-elles véritablement à la hauteur des promesses des dirigeants qui les ont faites ? Sinon, que faut-il faire ? Réponse demain.

 

 

 

Le divorce entre le couple Allemagne/France se confirme

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Lors du dernier sommet du G-VAIN à Moscou, on s’est rendu compte que le sujet de la guerre monétaire est devenu TABOU. Il est interdit d’évoquer par exemple la surévaluation de la monnaie européenne, qui annihile tous les efforts des pays européens pour redresser leur économie. A ce titre, des dirigeants européens s’inquiètent de voir François Hollande chercher à fédérer les mécontents de la zone euro pour affaiblir, voire renverser, tout le dogme du redressement budgétaire, imposé depuis trois ans par Angela Merkel et ses alliés du Nord. Mais les voisins du Nord commencent à avoir des problèmes de ralentissement sérieux. Et que dire des pays de l’Est dont certains comme la Hongrie ou la Tchéquie ?

Alors, tout cela va-t-il nous mener à un changement de cap ? NIET.

L’Allemagne de Merkel joue (pour le moment) le jeu avec Bruxelles, directement sous la coupe des lobbies de Wall Street. Or ces puissances veulent la peau des Européens. Certains au sein de la zone sur de l’euro ont déjà perçu le vent de l’histoire et préparent discrètement le scénario de guerre civile en se préoccupant déjà de la manière de gérer des milliers de cadavres dans les rues… Mais chut… nous n’avons rien dit.

 

Ailleurs sur ce site,

http://liesidotorg.wordpress.com/

 

Les jours se suivent et ne se ressemblent pas. Le flot des dernières statistiques de l’économie de la zone euro met à nu le jeu de communication perfide de Mario Draghi en faveur des stratégies financières que veulent mener ses patrons officieux américains. Mario Draghi apparaît de plus en plus comme l’agent ennemi au service des intérêts de la mafia de Wall Street pour torpiller l’Europe et conditionner une batterie d’éléments en faveur d’une explosion sociale. Bien sûr, restons objectifs, il est relayé pour ce faire par d’autres électrons au service de ce plan : des politiciens de nationalités différentes et bien connus des lecteurs européens de LIESI.

La « reprise économique » de Mario Draghi et sa communication plaidant pour un renforcement de l’euro font contraste avec les publications des informations macro-économiques des pays de la zone euro.

La presse économique européenne tend désormais à mettre en évidence le fait que les politiques d’austérité conduisent la zone euro vers le mur et la vitesse que prend cette perspective risque de rendre très difficile un changement de cap. Les mesures d’injection monétaires se sont faites au détriment de l’économie réelle et alimentent la bulle des produits dérivés, fragilisant donc les banques. La solution monétaire des banques centrales ne peut donc plus être utilisée pour l’économie réelle. La presse confidentielle anglo-saxonne (lettres confidentielles auxquelles nous sommes abonnés) cite de plus en plus de déclarations de banquiers européens évoquant une « faillite de la BCE » à cause de ses produits toxiques gonflant démesurément au fil des mois.

Question chiffre : le recul de 0,6 % sur un trimestre de la richesse de la zone euro est la troisième plus forte dégringolade enregistrée depuis 1995, autrement dit, depuis qu’Eurostat a commencé à réaliser des statistiques sur l’Union économique et monétaire. Pour le Portugal on compare la récession actuelle à celle de 1975, et pas une éclaircie pour le moment à attendre. Lisbonne est déjà visitée par les technocrates de Bruxelles qui insistent désormais pour une restructuration du secteur bancaire.

Le cas de la zone euro Nord, à l’abri jusqu’ici, est terminé !


NRC Handelsblad annonce que l’« économie (des Pays-bas) tombe en récession pour la troisième fois » depuis le début de la crise de la dette en 2008. Certains politiciens du Nord de la zone euro chuchotent en faveur d’un assouplissement de la rigueur budgétaire imposée par Bruxelles. La chancelière Merkel est inflexible (..)

 

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23 février 2013 6 23 /02 /février /2013 02:46

 

Que faire face à la crise financière ?

  • Gauche du PS

    14/02/2013 - Agnès Rousseaux, Ivan du Roy

    Réforme bancaire minimaliste, future loi pour l’emploi très défavorable aux salariés, justice fiscale retardée… L’aile gauche du Parti socialiste commence à s’impatienter. « Le gouvernement n’assume pas le rapport de force avec ceux qui n’ont pas intérêt au changement », critique Emmanuel Maurel, tête de file de la gauche du parti, qui compte 22 députés. Il appelle les parlementaires à largement améliorer les projets de loi. Et invite écologistes et Front de gauche à « élaborer ensemble les réformes de la seconde partie du quinquennat ». Entretien.

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  • Bérézina socialiste

    11/02/2013 - Agnès Rousseaux

    C’était l’une des réformes les plus attendues du quinquennat : réguler le secteur financier en imposant de nouvelles règles aux banques françaises. Et notamment séparer leurs activités spéculatives des activités utiles à l’économie, aux entreprises et aux ménages. Objectif : prévenir une nouvelle crise financière. Sauf que le gouvernement Ayrault n’a pas osé heurter les intérêts privés des puissantes banques françaises. L’intérêt des citoyens et de la démocratie a, lui, été soldé. Explications.

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  • Grève

    13/11/2012 - Rédaction

    Ce 14 novembre, la Confédération européenne des syndicats appelle à une journée d’action européenne contre l’austérité, alors qu’une grève générale sera menée en Espagne, au Portugal et en Grèce. En France, des manifestations se dérouleront dans toutes les villes (voir la carte des rassemblements ci-dessous). Basta ! relaie les différents appels, dont celui du Collectif pour un audit citoyen de la dette publique.

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  • Contrôle social

  • Indignés

    12/07/2012 - Sophie Chapelle

    Où en est la contestation sociale en Grèce ? Un an après l’occupation de la place Syntagma, devant le Parlement athénien, de nouvelles formes de résistance populaire ont émergé : services sociaux auto-organisés dans les quartiers, ventes de produits agricoles contournant la grande distribution, ou audit citoyen sur les dépenses publiques… La journaliste grecque Ira Sinigalia dresse pour Basta ! le bilan d’un mouvement en devenir, malgré la répression policière et le retour de l’extrême droite.

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  • Espagne

    13/06/2012 - Nathalie Pédestarres

    C’est peut-être un tournant dans la bataille qui oppose les citoyens, frappés par les plans d’austérité, aux responsables des faillites bancaires, sauvés par l’argent public en toute impunité. En Espagne, une plateforme réunissant avocats, juristes et journalistes s’est donné pour mission d’enquêter sur les responsabilités des politiques et des banquiers dans la crise financière. Une première action en justice devrait être lancée contre l’ancien PDG de Bankia, grâce au soutien de milliers de citoyens.

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  • Néolibéralisme

    01/06/2012 - Nolwenn Weiler

    En se disant davantage préoccupée par les conditions déplorables de scolarisation des enfants nigériens que par la brutale austérité qui frappe les Grecs, Christine Lagarde a soulevé l’indignation. Mais le mépris avec lequel la directrice générale du FMI considère la Grèce vaut aussi pour le Niger : deuxième pays le plus pauvre du monde, embourbé depuis vingt ans dans une situation désastreuse à cause des plans d’ajustement structurels, qui y ont notamment détruit l’école publique.

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  • Spéculation

    29/05/2012 - Emmanuel Haddad

    Bientôt un Las Vegas au cœur de l’Europe ? Le magnat états-unien Sheldon Adelson veut exporter les recettes qui ont fait sa fortune : des casinos géants. En échange de milliers de créations d’emplois, il exige la révision du droit du travail, de la protection sociale et même la remise en cause de la loi de prévention sur le blanchiment d’argent… Le projet Eurovegas verra-t-il le jour dans une Espagne déjà traumatisée par l’éclatement de la bulle immobilière ?

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  • Crise de l’euro

    15/05/2012 - Rachel Knaebel

    Depuis le début de la crise de l’euro, le gouvernement d’Angela Merkel impose une politique d’austérité généralisée, avec l’accord d’une partie des sociaux-démocrates. Comment réagissent les intellectuels de gauche allemands ? Qu’attendent-ils de la France avec la victoire de François Hollande ? Entretien avec Birgit Mahnkopf, politologue, professeur à l’École supérieure d’économie et de droit de Berlin, membre du comité scientifique d’Attac Allemagne.

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  • Emprunts toxiques

    26/04/2012 - Sophie Chapelle

    Villes et collectivités se sont vu refourguer des emprunts toxiques, aggravant leur endettement. Pour éviter de se voir dicter leurs politiques locales par la finance, plusieurs municipalités ont contre-attaqué : contrat rompu avec les agences de notation, banques assignées en justice… À Aubagne, à Saint-Étienne ou en Seine-Saint-Denis, la révolte a commencé.

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  • Face à la crise

    23/04/2012 - Ivan du Roy

    Si la gauche est victorieuse le 7 mai, quelles marges de manœuvre pourra-t-elle se donner face à la pression des marchés financiers ? Pierre Khalfa, coprésident de la Fondation Copernic, le « think tank » de la gauche de la gauche, distille quelques conseils à François Hollande pour éviter que la récession et l’austérité ne plombent le début de son éventuel mandat.

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  • Programme économique

    19/04/2012 - Agnès Rousseaux

    130 milliards d’euros, tel serait le coût de l’ensemble des mesures que souhaitent mettre en œuvre Jean-Luc Mélenchon et le Front de gauche. Suppression des niches fiscales, augmentation des impôts pour les plus fortunés, emprunt auprès de la Banque de France, mais aussi aide aux PME pour amortir le coût d’un Smic à 1 700 euros… L’économiste du Parti de gauche Jacques Généreux répond à nos interrogations. Interview filmée.

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06/09/2012 - Agnès Rousseaux

Emprunt, crédit, créanciers, débiteurs, déficits, remboursement, taux d’endettement, « pacte budgétaire »… La dette est partout, elle a envahi nos vies. Or la dette n’est pas seulement économique, elle est avant tout une construction politique. Elle n’est pas une conséquence malheureuse de la crise : elle est au cœur du projet néolibéral et permet de renforcer le contrôle des individus et des sociétés. « Le remboursement de la dette, c’est une appropriation du temps. Et le temps, c’est la vie », nous explique le sociologue et philosophe Maurizio Lazzarato (La Fabrique de l’homme endetté). Entretien.

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19 février 2013 2 19 /02 /février /2013 07:38

 

 

 

http://tvmag.lefigaro.fr/programme-tv/dossier/162/emission/les-guignols-de-l-info.html?photo=793

 

 

 


La démission du Pape, un coup marketing mais aussi le Qatar, une vraie nation de Football, ne ratez pas les meilleures images des guignols dans Les Guignols de l'info de la semaine !

La semaine des Guignols - Semaine du 11/02/2012
Le meilleur des Guignols de la semaine
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14 février 2013 4 14 /02 /février /2013 16:59

 

 

euro fort euro faible avantages inconvénients

http://www.retaill-and-co.fr/leconomie-vulgarisee/item/euro-fort-euro-faible-avantages-inconvenients-dollar-parite-taux.html


 

Sur C dans l'Air, émission de FAUX débats (unissant toujours des invités du MEME bord), on fait la promotion de l'euro fort, à l'unisson. La TV est un instrument de PROPAGANDE contre les intérêts des peuples ! (eva)

 

Posted: 13 Feb 2013 10:55 PM PST

 

En quelques semaines, la montée de l’euro a totalement annulé les effets du plan de compétiitvité du gouvernement, poussant le président de la République à se plaindre de son appréciation pour la forme. Pourtant, quelques huluberlus soutiennent qu’il n’y a pas de problème !
Déni de réalité
Alors que tous les experts sont d’accord pour constater la surévaluation de l’euro, quelques eurobéats contestent ce fait avec une mauvaise foi délirante, qui en dit long sur le déni de réalité des partisans de cette Europe. Le papier de Jean Pisani-Ferry de l’institut Bruegel est stupéfiant. Tout d’abord, il commence par soutenir que l’euro a été plus cher dans le passé et que donc « Berlin a raison : il n’y a pas le feu ». On pourrait objecter que l’euro est tombé à 0,82 dollar…
Ensuite, il soutient que « la sous-évaluation (sic) reflétait des anticipations d’éclatement de l’union monétaire. Ne regrettons pas qu’elle se corrige ». L’auteur affirme aussi que « la BCE mène une politique de liquidité hétérodoxe mais sa politique monétaire reste plutôt orthodoxe ». En clair, la BCE n’aide que les banques et se fiche des conséquences d’un taux de change élevé pour l’emploi. De manière stupéfiante, il soutient que « la zone euro est relativement peu ouverte (elle exporte et importe de l’ordre d’un quart de son PIB) : l’impact des variations du change est donc limité ».
Jean Pisani-Ferry en est donc réduit à espérer que la BCE prenne en compte le change dans ses décisions et appelle à une coordination internationale bien illusoire vues les politiques menées aux Etats-Unis et au Japon. La même soupe est servie par Captaine Economics, qui soutient que l’euro n’est pas si cher, que notre problème est plus un problème de compétitivité, et que les dévaluations, c’est mal… Il s’appuie sur un papier de Patrick Artus, qui a été mieux inspiré, d’autant plus que son graphique montre que les périodes de croissance en Europe correspondent à un euro bon marché.


Une calamité économique

Bien sûr, François Hollande et Pierre Moscovici ont exprimé leur mécontentement vis-à-vis de l’appréciation de la monnaie unique. Mais ce mécontentement est purement formel. Il ne débouchera sur rien, exactement comme quand Nicolas Sarkozy s’en plaignait en 2007. Car l’ancien président n’a pas utilisé la négociation du traité de Lisbonne pour changer quoique ce soit à la gestion de la monnaie unique et au final, c’est sous son mandat que l’euro a atteint la valeur délirante de 1,6 dollars.

Il faut rappeler ici que les économistes estiment que la juste valeur de l’euro se situe entre 1 et 1,15 dollars, et que la monnaie unique était tombée à 0,82 dollar peu après sa création, ce qui avait permis à l’Europe de connaître sa plus forte période de croissance depuis la fin des années 1980. Plus récemment, The Economist a de nouveau rappelé la surévaluation de la monnaie unique européenne à travers son indice Big Mac. Bref, l’euro est trop cher pour notre économie.
Car le problème est que l’appréciation de l’euro est désastreuse pour nos exportateurs qui perdent d’un coût tous leurs efforts pour contenir leurs prix. The Economist y voit un des deux dangers majeurs pour l’Europe. Jacques Sapir a estimé qu’une appréciation de l’euro coûtait 1 point de croissance. Pire, le problème est aussi que fondamentalement, les différents pays de la zone euro ont besoin de parités différentes, comme l’a souligné une récente étude de la Deutsche Bank.

Comme en 2008, où il a plongé l’Europe dans la récession avant même les Etats-Unis, l’euro cher est un danger mortel pour nos économies. Il est incroyable que certains refusent de l’admettre, d’autant plus que d’autres méthodes d’évaluation concluent à une surévaluation encore plus importante.


site gaullistelibre.com

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27 janvier 2013 7 27 /01 /janvier /2013 02:55

 

Extraits d'un formidable article :
AUX SOURCES DU CHAOS MONDIAL ACTUEL :
L'usure, axe central de l'histoire de l'Occident


Aline de Diéguez
Mercredi 23 Janvier 2013
AUX SOURCES DU CHAOS MONDIAL ACTUEL : L'usure, axe central de l'histoire de l'Occident

AUX SOURCES DU CHAOS MONDIAL ACTUEL


" La chose la plus difficile au monde est de suivre à la trace n'importe quelle idée jusqu'à sa source. " ( Edward Mandell HOUSE )
Première Partie
1ère Partie :Du Système de la Réserve fédérale au camp de concentration de Gaza
 

L'usure, axe central de l'histoire de l'Occident

Que peuvent les lois, là où seul l'argent est roi ? "
Pétrone

" Si la population comprenait le système bancaire, je crois qu'il y aurait une révolution avant demain matin . "
L'industriel Henry Ford.

(..)

1 - La colère de Jésus contre les usuriers du temple de Jérusalem triangle.gif
(..)

Ce vacarme attira " les chefs des prêtres et les scribes, ainsi que les notables et les sacrificateurs".

Au spectacle de ce sacrilège, qui portait une atteinte décisive à leurs propres finances, "ils cherchèrent les moyens de le faire périr" .

 

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“Jésus chassant les marchands du Temple” (1635) Gravure de Rembrandt (1606-1669)

 

 

"Et Jésus entra dans le temple de Dieu, et il chassa tous ceux qui vendaient et qui achetaient dans le temple; et il renversa les tables des changeurs, et les sièges de ceux qui vendaient des pigeons. il leur dit: il est écrit: Ma maison sera appelée une maison de prière; mais vous en avez fait une caverne de brigands." Matthieu 21, 12-13

" Ils arrivèrent à Jérusalem, et Jésus entra dans le temple. Il se mit à chasser ceux qui vendaient et qui achetaient dans le temple; il renversa les tables des changeurs, et les sièges des vendeurs de pigeons; et il ne laissait personne transporter aucun objet à travers le temple. Et il enseignait et disait: N'est-il pas écrit: Ma maison sera appelée une maison de prière pour toutes les nations? Mais vous, vous en avez fait une caverne de voleurs.
Les principaux sacrificateurs et les scribes, l'ayant entendu, cherchèrent les moyens de le faire périr; car ils le craignaient, parce que toute la foule était frappée de sa doctrine. Quand le soir fut venu, Jésus sortit de la ville.
" Marc 11, 15-19

"Comme la Pâque des Juifs approchait, Jésus monta à Jérusalem. Il trouva installés dans le Temple les marchands de boeufs, de brebis et de colombes, et les changeurs. Il fit un fouet avec des cordes, et les chassa tous du Temple ainsi que leurs brebis et leurs boeufs; il jeta par terre la monnaie des changeurs, renversa leurs comptoirs, et dit aux marchands de colombes : « Enlevez cela d’ici. Ne faites pas de la maison de mon Père une maison de trafic. » Jean 2, 13-16

"Jésus entra dans le Temple, et se mit à expulser les marchands. Il leur déclarait : « L'Écriture dit : Ma maison sera une maison de prière. Or vous, vous en avez fait une caverne de bandits. » Il était chaque jour dans le Temple pour enseigner. Les chefs des prêtres et les scribes, ainsi que les notables, cherchaient à le faire mourir. Luc, 19, 45-47

 

 
(..)

2 - A mort, le contestataire du système usuraire du temple! triangle.gif


Dans les premières pages d'un ouvrage paru en 1923 et critiquant le système monétaire créé aux Etats-Unis le 23 décembre 1913 , The True Function of Money & the False Foundation of Our Banking System Bank, non traduit en français (La véritable fonction de la monnaie et les fondements frauduleux de notre système bancaire) ouvrage largement antérieur à celui de Eustace Mullins - Secrets of the Federal Reserve , The London Connection , 1952 - Frederick Raphael Burch est le premier historien à avoir analysé cette contestation révolutionnaire d'un système financier fondé sur une fraude et à la comparer à la création d'un autre système frauduleux, lequel sévit depuis un siècle, et dont le monde continue de subir les conséquences désastreuses, la création de la Réserve Fédérale (FED) et l'invention de la monnaie privée des banquiers, le dollar.

 

"Jesus Christ dared to oppose the "money changers" and for that he was murdered. "As long as Christ confined his teachings to the realm of morality and righteousness, He was undisturbed; it was not until He assailed the established economic system and 'cast out' the profiteers and 'overthrew the tables of the money changers,' that He was doomed." [2] Jesus accused the "money changers" of turning the Temple into a "den of thieves." (...) The day after Jesus challenged the money system, He was interrogated. The next day, He was betrayed. The following day, He was tried, and on the fourth day He was executed."
Jesus-Christ osa s'opposer aux "changeurs de monnaie", et pour cela, il fut assassiné. Aussi longtemps que le Christ limitait son enseignement au domaine de la morale et de la justice, il ne fut pas dérangé; il ne le fut pas jusqu'à ce qu'il s'en prît au système économique établi et renversât les tables des changeurs, c'est à cause de cela qu'il fut condamné. Jésus a accusé « les changeurs de monnaie» d'avoir transformé le Temple en « une caverne de voleurs». (...) Le lendemain de sa contestation du système monétaire, il fut interrogé. Le jour suivant il fut trahi, jugé le jour d'après et le quatrième jour, il fut exécuté."
Frederick Raphael Burch, The True Function of Money & the False Foundation of Our Banking System Bank, 1923

 

(..) C'est la coalition de tous les profiteurs qui gravitaient autour et dans le temple qui a abouti à l'élimination expéditive du trublion.    (..)

Car c'est précisément la crucifixion qui s'ensuivit du courageux contempteur de la première magouille bancaire violemment dénoncée - et le miracle de la résurrection du mort proclamée trois jours après - qui fut la pierre d'angle et le point de départ du christianisme. (..) Un court billet dans le Monde daté du 5 janvier 2013 signale que les terminaux de paiement par carte de crédit dans l'Etat du Vatican viennent d'être désactivés et que la Banque d'Italie interdit le Vatican de carte de crédit. Motif invoqué par la filiale de la Deutsche Bank qui gère le terminal de paiements par carte de ce mini-Etat: insuffisance en matière de lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme.

Jésus, prends ton fouet et reviens, les "changeurs" se sont installés dans les caves de ta propre maison et l'ont transformée en une "caverne de voleurs"!

 

3 - Le Talmud traduit en anglais: l'édition Soncino triangle.gif


Une description extraordinairement précise du rituel des sacrifices en vigueur dans le temple du temps de sa splendeur hérodienne existe aujourd'hui, et sa source incontestable est accessible à tous: la Mishnah.

Je rappelle que la Mishnah est présentée comme la transcription intégrale de la fameuse "loi orale" , censée avoir été directement dictée par Jahvé à un Moïse - dont il est avéré qu'il n'a jamais existé ailleurs que dans les cerveaux des rédacteurs de la "loi écrite" ou Thora - et dont le contenu a été caché à la masse des fidèles durant deux millénaires. C'est pourquoi elle s'intitule Mishnah, qui signifie répétition - répétition de la "loi orale", donc des paroles de Jahvé lui-même. (..)Là, ses membres avaient pris la décision de commencer à transcrire cette " loi orale" par écrit afin que rien ne s'en perdît. Il faut donc en conclure que le rituel des sacrifices tel qu'il se déroulait alors dans le temple avait été conçu et énoncé par Jahvé en personne.

J'ai longuement décrit les circonstances de la rédaction des deux Talmud - celui dit "de Jérusalem" et celui beaucoup plus abondant dit "de Babylone" dans le chapitre intitulé Petite généalogie du ghetto appelé Israël .

(..)

 

4 - Le déroulement des sacrifices dans le temple de Jérusalem triangle.gif

(..)

Lors de la création de l'Etat d'Israël en 1948 ce même rabbin Epstein a déploré que la restauration du rituel des sacrifices sanglants rencontrât, pour le moment encore soupirait-il, des problèmes pratiques! Mais ils sont nombreux, ajoutait-il, les juifs qui attendent que l'Etat s'empare du Mont du Temple, démantèle les lieux saints musulmans et érige le Troisième Temple sur le site.

C'est donc au nombreux versets du Talmud que nous devons les renseignements précieux qui nous sont parvenus sur la manière dont se déroulait le rituel des sacrifices.

Il en existait de nombreuses catégories: ils étaient soit obligatoires, soit volontaires. Il y avait des sacrifices collectifs engagés au nom de toute la communauté qui se divisaient entre ceux qui étaient réalisés tôt le matin et ceux qui se déroulaient l'après-midi, chacun avec un rituel différent. A ceux-là s'ajoutaient les sacrifices supplémentaires pour les Sabbats, les Nouvelles Lunes, les Fêtes ou le Jour du Grand Pardon.

Quant aux sacrifices individuels, (..) Là encore chaque type de sacrifice possédait son rituel spécifique.

 

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Sacrifice expiatoire d'un bouc (illustration)

 

(..)

A Jahvé le sang, aux prêtres la viande dont ils faisaient commerce. De tous temps, le prêtre vit de l'autel. (..)

 

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The National Sin Offering (illustration from the 1890 Holman Bible)

 

De même est codifiée la manière de recevoir et de présenter la part qui est dévolue à chacun. (..)

On voit que le sort établit une hiérarchie et que les parts sont loin d'être équivalentes.

Les mains de tous ces "prêtres" sont couvertes de sang.(..)

Voir : Un Enfant est mort

Toute cette boucherie se déroulait dans un environnement d'un luxe inouï. (..)

Le temple était le lieu de la richesse maximale et il ne devait s'y manifester aucun signe de pauvreté. (Babylonian Talmud, Tractate Tamid 31b Soncino 1961 Edition, page 26)

Il était inévitable que dans un tel environnement, un spirituel révolté qui vient crier: "Ne faites pas de la maison de mon Père une maison de trafic" ne pouvait que passer pour un agitateur écervelé et pour un destructeur irresponsable de l'ordre religieux et social établi - donc pour un "terroriste" - et, faute de cul de basse-fosse et de Guantanamo, à l'époque, afin de le faire disparaître du monde des vivants, il était inévitable qu'il soit exécuté. C'est bien pourquoi "les principaux sacrificateurs et les scribes, l'ayant entendu, cherchèrent les moyens de le faire périr".

 

5 - L'alliance du sang et de l'argent triangle.gif


La partie la plus intéressante de l'ouvrage de Jacques Attali intitulé Les Juifs, le Monde et l'Argent - les majuscules des substantifs sont de l'auteur - concerne l'analyse étymologique des mots hébreux, ce qu'il appelle joliment un "voyage sémantique" . "On ne peut rien comprendre à la pensée juive, en particulier à son rapport à l'argent, si l'on ne s'intéresse pas au sens des choses tel que le révèle la généalogie des mots qui les désignent." (p. 37)

(..)

J'en viens à l'analyse qu'il fait du mot argent au sens de "richesse", présent trois cent cinquante fois dans la Thora (..) La Bible l'exprime en toutes lettres: "L'argent et le désir sont indissolubles et insatiables. Celui qui aime l'argent n'est pas rassasié par l'argent, et celui qui aime les richesses n'en profite pas. C'est encore là une vanité." L'Eccésiaste, 5-10

Mais l'argent, c'est aussi la monnaie, c'est-à-dire le numéraire bien concret, celui qu'on tient dans la main et qu'on peut manipuler. Et là, les correspondances sont saisissantes au point qu'on pense irrésistiblement au poème de Baudelaire, à ses "forêts de symboles" et à la "ténébreuse et profonde unité" des symboles qui ont jailli du cerveau humain.

  (..) Sang et monnaies sont donc un seul et même vocable. Attali insiste sur cette rencontre sémantique particulièrement révélatrice (..)


C'est donc au coeur même du vocabulaire hébreu que surgissent tout à coup les tables des "changeurs" et les flots de sang des sacrifices de bestiaux évoqués ci-dessus. La superposition de sang et de la monnaie en un seul et même vocable interchangeable ouvre d'un seul mouvement la porte d'accès à la chambre des sacrificateurs et aux usuriers qui tentaient d'extorquer le plus d'argent possible aux pauvres pèlerins qui croyaient que le temple était une "maison de prière" et qui se retrouvaient dans une "caverne de brigands".

Lorsque le temple sera détruit, que cesseront les égorgements religieux de bestiaux et que les ruisseaux de sang tariront à Jérusalem, l'argent demeurera orphelin de son lien psychologique avec les sacrifices, c'est-à-dire avec le noyau dur de son rituel. Attali en est conscient : "Le peuple juif, écrit-il, fait de la monnaie l'instrument unique et universel d'échange, tout comme il fait de son Dieu l'instrument unique et universel de la transcendance." (p. 41)

 

6 - Petite généalogie du mot "juif" triangle.gif


Jacques Attali parle, comme d'une évidence, d'un "peuple juif" . De même, 1er novembre 2012, le Président de la République, François Hollande, commémorant la tuerie de quatre citoyens franco-israéliens par un jeune djihadiste français, a affirmé, lors d'une cérémonie d'une cordialité touchante à l'égard du chef d'un gouvernement d'extrême droite israélien en campagne électorale en France, M. Benjamin Netanyahou, que : "Les Juifs de France doivent savoir que la République met tout en œuvre pour les protéger. La garantie de leur sécurité est une cause nationale. Elle n'est pas l'affaire des Juifs mais celle des Français dans leur ensemble".
 

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B. Netanyahu et F. Hollande, lors d'un point presse commun, le 31 octobre 2012 (CHAMUSSY/SIPA)

 

Ce qui frappe dans la déclaration officielle du Président Hollande telle qu'elle a été rapportée par la presse écrite, c'est la répétition du mot "Juifs" et de l'expression "Juifs de France". Quant à la majuscule qui habille le mot "Juif", elle confère à ce groupe le statut d'ethnie ou de peuplade étrangère. (..)

Voir - 5 - La théocratie ethnique dans le chaudron de l'histoire

Le titre actuel, La guerre des Juifs, est un anachronisme, Ioudaikou n'a jamais voulu dire "des Juifs". Il s'agit de la même racine que dans le latin Iudaeus, c'est-à-dire Judéen. D'ailleurs cette guerre s'est déroulée à Jérusalem, donc en Judée.

 

 

"Mal nommer les choses, c'est ajouter au malheur du monde". Albert Camus.

 

 

7 - Le mot "juif" entre officiellement dans le vocabulaire français triangle.gif


Le mot "juif", avec ou sans majuscule, est relativement récent dans un texte écrit français. (..)

 

 

(..) L'espace chrétien et l'espace social se superposant, les Juifs se sont trouvés inintégrables dans des sociétés purement chrétiennes.

 

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Chany (Yonne) Rue des Juifs

 

.

 

 

(..)

Pour Thomas d'Aquin, les Juifs étaient des étrangers de l'intérieur, "ceux qui sont dehors" - c'est-à-dire hors de la chrétienté. Mais les marquages vestimentaires et les couvre-chef ont progressivement été abandonnés et ont disparu en Europe à partir du XVIe siècle, hormis à Venise, où l'obligation du port du chapeau fut maintenue jusqu'au XVIIIe siècle.

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Gravure: à droite, Juif portant le Judenhut

 

(..)  le discours du Président François Hollande est chargé jusqu'à la gueule d'une idéologie politique calquée sur la narration imaginaire de son hôte du moment. Parler de "Juifs de France" aujourd'hui, c'est retrouver spontanément l'esprit ségrégationniste et les catégories mentales du haut Moyen-Age - celles des talmudistes de cette époque - mais qui demeurent encore et toujours celles des talmudistes d'aujourd'hui, rebaptisés sionistes.

 
8 - Les juifs et la spécialisation financière triangle.gif
 

Pendant que les sociétés chrétiennes se structuraient, et malgré les mesures discriminatoires dont elles étaient l'objet, plus ou moins sporadiquement, plus ou moins violemment selon les lieux et les souverains, d'importantes colonies juives s'étaient installées en France, en Allemagne, puis en Europe centrale, en Bohême, en Hongrie, en Pologne et en Angleterre - l'Espagne est un cas à part, l'immigration judéenne y était présente depuis plusieurs siècles, avant même l'arrivée de l'islam.

Les groupes qui ne reconnaissaient pas l'Evangile et les décisions conciliaires étaient donc automatiquement exclus du grand mouvement de refonte politique de la société. Comme ces groupes ne pouvaient intégrer aucune corporation existante ou en constituer une nouvelle, puisque toutes étaient d'obédience chrétienne, ils ne pouvait donc subsister que par la pratique d'un métier particulier et interdit aux chrétiens ou par des pratiques frauduleuses, telles que décrites et dénoncées par Etienne Boileau dans sa compilation des métiers règlementés à Paris.

Parmi les innombrables ouvrages sur l'histoire des Juifs ou l'histoire de l'antisémitisme européen, l'ouvrage de Bernard Lazare - L'antisémitisme - que j'ai cité à plusieurs reprises dans les chapitres précédents, occupe une place particulière. Cet auteur est l'un des rares qui ne se contente pas de se lamenter sur le rejet dont ces groupes humains liés par la Thora et le Talmud ont fait l'objet en Europe de l'ouest et de les présenter en victimes d'une méchanceté incompréhensible de la part des chrétiens. Ce sociologue et historien de l'antisémitisme présente les analyses qui permettent de comprendre les raisons qui ont conduit à deux mouvements sociaux antagonistes: rejet de la part des sociétés-hôtes et de repli sur soi des groupes immigrés qui refusaient catégoriquement l'assimilation - puisque cela aurait signifié l'abandon de leur religion, donc de leur identité - tout en profitant des avantages économiques des pays d'accueil.

Dans la Palestine devenue terre conquise par les immigrés juifs, la situation est inversée, puisque le moindre sapin de Noël est considéré comme une profanation et une provocation: "Le Rabbinat interdit aux hôtels -sous peine de leur retirer leur licence de kashrut - de décorer leurs halls avec du houx et d'installer, à Dieu ne plaise, le plus petit arbre de Noël lumineux dans un coin de l'entrée". [1] On voit qu'un groupe dominant n'échappe pas à la tentation totalitaire. Sa tyrannie est d'autant plus agressive que sa politique est ouvertement idéologique ou, pire encore, théologique et colonisatrice.

La dispersion des communautés, mais néanmoins étroitement rattachées à l'exilarque de Babylonie, puis d'Espagne, avait offert des conditions particulièrement favorables au développement du commerce et notamment du commerce des esclaves d'un très haut rapport, auquel vint s'ajouter un commerce de produits d'exportation et d'importation ce qui permit à quelques-uns d'amasser des richesses considérables. Très rapidement, cette richesse fut transférée vers l'activité la plus lucrative de toutes, le prêt à intérêt qui devint progressivement l'usure. Comme l'écrit Jacques Attali dans son ouvrage Les Juifs, le monde et l'argent, Histoire économique du peuple juif , déjà cité, "pour les Juifs, tirer un intérêt de l'argent n'est pas immoral. (…) L'argent est, comme le bétail, une richesse fertile, et le temps est un espace à valoriser. " ( p. 120)

 

 
"Peuple énergique, vivace, d'un orgueil infini, se considérant comme supérieur aux autres nations, le peuple juif voulut être une puissance. Il avait instinctivement le goût de la domination puisque, par ses origines, par sa religion, par la qualité de race élue qu'il s'était de tout temps attribuée, il se croyait placé au-dessus de tous. (...) L'or leur donna un pouvoir que toutes les lois politiques et religieuses leur refusaient. Détenteurs de l'or, ils devenaient les maîtres de leurs maîtres, ils les dominaient ."
Bernard Lazare, Histoire de l'antisémitisme
 

 

C'est donc à partir de cette période que les Juifs entrèrent dans une catégorisation professionnelle spécifique et que leur présence fut associée aux métiers de changeur, de prêteur, d'usurier. Jacques Attali fait d'ailleurs un éloge dithyrambique de cette spécialisation dans son ouvrage de 2002 . "Je me suis toujours demandé ce qu'il y avait de fondé dans tout ce qui était raconté, y compris le pire, sur le rapport des juifs au monde et à l'argent. J'ai voulu aborder cette question de front, avec franchise et honnêteté, à travers une longue enquête historique, et ma conclusion est que les juifs ont toutes les raisons d'être fiers de cette partie de leur histoire." Et il ajoute: "Certains sages considèrent que prêter aux non-juifs est un devoir, pour les aider à s'enrichir " et que "d'autres s'inquiètent de voir les juifs prendre le risque d'être haïs pour services rendus". [L'orthographe du mot "juif", tantôt avec, tantôt sans majuscule, est toujours celle de l'auteur]

Il faut lire Attali pour prendre la mesure d'un mélange de lucidité et d'une bonne conscience à couper au couteau. Ainsi, il écrit tranquillement: "Comme les prêts sont de très courte durée - un an ou moins - et à des taux d'intérêt très élevés, de l'ordre de 50 à 80%, l'accumulation va très vite". Il est clair qu'à un taux pareil, le "service rendu" coûte vraiment cher au malheureux emprunteur qui y a recours et qui a peu de chances, lui, de "s'enrichir". En revanche, l'enrichissement du prêteur est, en effet, ultra rapide.

Pour se faire une idée de la manière concrète dont les "services" des prêteurs juifs étaient rendus sur le terrain, la plongée dans la somme du grand auteur russe, Alexandre Soljenitsyne, est capitale. Citant L'Histoire du peuple juif en Russie de H. Hessen (2 tomes, Léningrad 1925), le prix Nobel de littérature montre qu'en Russie et en Pologne - c'est-à-dire les pays dans lesquels la population juive était la plus importante - de nombreux membres de cette communauté exerçaient légalement la fonction de bouilleurs de cru et de cabaretiers en plus de celle de prêteurs d'argent: "Ils parcouraient les villages surtout à l'automne, au moment des récoltes, (…) faisaient boire les paysans et leurs proches, collectaient leurs dettes et les privaient de leur dernière subsistance ". (Alexandre Soljenitsyne, Deux siècles ensemble, t I, p. 54)

Lorsqu'un fait politico-social s'impose, la société invente le vocabulaire qui permet de le désigner. C'est ainsi qu'il n'était pas nécessaire à l'auteur du XIIIe siècle de préciser le métier que recouvrait le mot "Juifs" dans une recension des Métiers et corporations de la ville de Paris.

Mais, le rejet de l'assimilation ne relevait pas de la seule volonté et responsabilité des chrétiens. De leur côté, au nom de la pureté de la loi, les rabbins qui encadraient les communautés usèrent de tous les moyens, y compris les plus violents et les plus cruels physiquement, afin d'empêcher que leurs ouailles se joignent à l'homogénéisation des nations en formation.

Voir : XIII - Et les Kazars entrèrent dans l'histoire …
 
" Quant à la masse des Juifs, elle était entièrement tombée sous le joug des obscurantistes. Elle était désormais séparée du monde, tout horizon lui était fermé; elle n'avait plus, pour alimenter son esprit, que les futiles commentaires talmudiques, les discussions oiseuses et médiocres sur la loi. (...) Par une telle éducation, le Juif ne perdit pas seulement toute spontanéité, toute intellectualité : il vit diminuer et s'affaiblir sa moralité."
Bernard Lazare, Histoire de l'antisémitisme
 

Le début du IIe millénaire correspond donc à un grand tournant de l'histoire des communautés exilées: ce fut le moment où le peuple de la loi oublia la parole de ses prophètes et s'enferma dans une bigoterie obscurantiste. Ce repli religieux signe la véritable naissance sociale d'un talmudisme pinailleur, héritier direct du pharisaïsme le plus rigoureux, qui établissait une séparation drastique entre les "Juifs" et les "Gentils" sur le territoire de ces derniers et créait une double exclusion. Les fantasmes et les accusations réciproques pouvaient désormais s'en donner à coeur joie.

 

9 - L'Eglise catholique et l'usure triangle.gif

 

A l'origine, le christianisme ne pouvait pas renier l'insurrection morale de son fondateur contre les malhonnêtetés financières. Ainsi, les premiers Pères de l'Eglise condamnent vigoureusement aussi bien le prêt à intérêt que l'usure, ce qui, dans leur esprit, était une seule et même chose:

Ambroise (340-397), évêque de Milan : "Qu'est-ce que le prêt à intérêt, sinon tuer un homme?"

Pour Jean Chrysostome (344-407) "Rien n'est plus honteux, ni plus cruel que l'usure."

Saint Léon, le pape contemporain du sac de Rome par les Vandales en 451 renchérit : "C'est une avarice injuste et insolente que celle qui se flatte de rendre service au prochain alors qu'elle le trompe... Celui-là jouira du repos éternel qui entre autres règles d'une conduite pieuse n'aura pas prêté son argent à usure... tandis que celui qui s'enrichit au détriment d'autrui, mérite en retour la peine éternelle."

En 1311, au Concile de Vienne, le pape Clément V déclarait nulle et vaine toute la législation civile en faveur de l'usure, et "si quelqu'un tombe dans cette erreur d'oser audacieusement affirmer que ce n'est pas un péché que de faire l'usure, nous décrétons qu'il sera puni comme hérétique et nous ordonnons à tous les ordinaires et inquisiteurs de procéder vigoureusement contre tous ceux qui seront soupçonnés de cette hérésie."

Mais cette position radicale s'est peu à peu émoussée. La chair est faible, la tentation trop grande, si bien que l'Eglise, en mère compréhensive, a cherché - et a trouvé - des moyens détournés afin d'atténuer la rudesse de ses principes. Les principes continueront d'être proclamés, mais la casuistique a permis de tourner le droit canon, et cela d'autant plus rapidement que les demandeurs étaient géographiquement proches du centre du pouvoir temporel de l'Eglise. Ainsi, dès le Moyen Age, il existait à Venise, Gênes, Pise et Florence de grandes banques tenues par des catholiques qui pratiquaient le prêt à intérêt. Contrairement à ce qu'ont prétendu certains historiens, la Réforme protestante n'a rien à voir avec la question de la liberté des activités bancaires: il existait en Allemagne à l'époque de Luther de grandes familles de banquiers catholiques, notamment à Nuremberg: les Fugger, les Hochstetter, les Bielser, par exemple, n'ont pas adhéré à la Réforme et sont restés catholiques et banquiers.

Les juristes de la Curie ont donc inventé les notions lucrum cessans, qui reconnaît le manque à gagner, le damnum emergens par lequel la personne qui bénéficie d'un prêt gracieux "indemnise" le prêteur pour le tort que ce dernier a subi d'avoir été privé de son argent durant un certain temps et le periculum sortis qui couvre le risque de ne pas être remboursé à temps. Bref, il s'agit de rien de moins que d'une forme déguisée de l'usure - seul le vocabulaire est changé, mais non la réalité.

La situation demeurait variable selon les régions et les pays, néanmoins une hiérarchie sociale s'était créée très rapidement entre les prêteurs: alors que les marchands italiens et germaniques devenus des banquiers prêtaient aux plus riches, notamment aux aristocrates et aux princes, à l'origine les Juifs prêtaient surtout aux petites gens, commerçants, artisans, agriculteurs. De plus l'équipement des candidats aux croisades offrit à ces prêteurs un vaste public sur lequel ils purent exercer leur commerce. Il faudra attendre quelques siècles avant que se créent les puissants établissements bancaires contemporains dont je parlerai ci-dessous.

La question de l'exonération des intérêts de ces dettes s'était d'ailleurs très rapidement posée. Ainsi, à la veille de la deuxième croisade, l'abbé de Cluny, Pierre dit le Vénérable (1092-1156) déplorait que les Juifs fussent en train de s'enrichir au détriment des chrétiens. Dans une lettre adressée au roi Louis VII, en 1146, il proposa de les dépouiller de leurs biens "mal acquis" afin de financer, grâce aux richesses de ces impies, la deuxième expédition en Palestine, alors en préparation, en vue de délivrer Jérusalem des Turcs seldjoukides qui, contrairement aux Arabes abassides, refusaient les pèlerinages chrétiens. Il est d'ailleurs l'auteur d'un Adversus Iudœorum inveteratam duritiem (Contre la dureté invétérée des judaïques).

(..)Une encyclique du pape Benoît XIV, Vix Pervenit adressée le 1er novembre 1745 aux évêques d'Italie, rappelle que l'usure est interdite, quel que soit son taux. L'argumentation en est intéressante: l'argent prêté ne peut pas "travailler" tout seul, donc rapporter un bénéfice, à celui qui, l'ayant prêté, n'en est plus le détenteur, car l'argent n'est pas productif en soi. L'encyclique qualifie de péché le gain, même modeste, produit par l'usure et invite le transgresseur à se confesser. Mais grâce à tous les aménagements ajoutés - tels que décrits ci-dessus - l'Eglise s'empresse de préciser qu'il ne s'agit pas d'une interdiction absolue, mais d'une question de "discernement pastoral".

Mais, dans toute l'Europe, seul le royaume de France suivait la position officielle de l'Eglise, qui n'était évidemment pas appliquée dans les pays protestants. (..)

La Révolution française, prenant le contre-pied des rois de France, légalisait le prêt à intérêt le 3 décembre 1789 et le 6 Floréal de l'an II, la Convention décrétait que l'argent est une marchandise comme une autre et qu'on peut la louer, rejoignant ainsi à la fois les positions protestante et juive.

Cette autorisation officielle provoqua une montée en flèche des taux, si bien que les conventionnels furent très rapidement contraints de plafonner le taux légal dénommé désormais prêt à intérêt - au-delà de ce taux, commencerait l'usure. Telle est la position officielle de l'Etat de nos jours encore.

Les catholiques étaient bien embarrassés, car, en dépit des aménagements de la casuistique, le prêt à intérêt continuait d'être moralement interdit. Durant tout le XIXe siècle, les autorités religieuses se sont contorsionnées dans des formulations alambiquées, coincées entre une pratique tolérée et un interdit officiel. (..) Mais s'appuyant sur la commode notion de lucrum cessans, l'Eglise continuait de louvoyer et recommandait aux confesseurs le "bon sens pastoral" et donc l'autorisation d'absolution des prêteurs.

Il faudra attendre le 15 mai 1891 pour le pape Léon XIII (1810-1903) publiât l'encyclique Rerum novarum (Des choses nouvelles) qui constatait le bouleversement économique et social intervenu depuis le début du siècle. Au nom de la protection des pauvres, il condamnait avec une grande fermeté "l'usure dévorante" pratiquée par "des hommes avides de gain et d'une insatiable cupidité", c'est-à-dire un taux d'intérêt trop élevé par lequel des prêteurs sans scrupules exploitent les pauvres, mais pas le principe de l'intérêt modéré.

Avec les encycliques Quadragesimo Anno du pape Pie XI, publiée le 15 mai 1931, puis Populorum progressio du pape Paul VI en 1967 et enfin Centesimus Annus de 1991, publiée pour le centenaire de l'encyclique Rerum Novarum par le pape Jean-Paul II, les critiques ne portent plus sur l'usure, ni même sur le prêt à intérêt, dorénavant un fait accompli, mais - déjà - sur la "grande finance" , la spéculation et la manipulation des taux de change. Les têtes pensantes du Vatican avaient lucidement intégré que le problème ne se situait plus au niveau individuel, mais avait passé au niveau des Etats.

 

10 - Les modernes "changeurs du temple" et leur système usuraire triangle.gif

 

Les temps sont accomplis et les changeurs frauduleux chassés du temple de Jérusalem à coups de fouet sont de retour. Ils ont édifié des temples de verre et d'acier d'où ils dirigent les sacrifices que les humains rendent à leur puissance. Les particuliers et les Etats sont leurs domestiques et tremblent devant leurs oukazes.

Je m'en vais vous mander la ruse la plus mirobolente (..)  ses inventeurs règnent en souverains sur le monde entier: ils ont transformé du papier en or.

Un mécanisme monétaire particulièrement astucieux leur permet de serrer le cou de leurs victimes: l'argent-dette. Les Etats deviennent alors des zombies obéissants à leurs injonctions. En effet, l'argent que les banques centrales mettaient autrefois à la disposition des Etats n'était chargé d'aucun intérêt. Une bonne gestion supposait que les rentrées fiscales - reflet de la richesse produite - couvraient le montant avancé par la banque centrale. L'inflation résultait d'une rupture de cet équilibre: elle signifiait que la richesse produite était insuffisante par rapport à la somme utilisée pour les besoins du fonctionnement de l'Etat.

De même que le demi-shekel du temple était vendu au triple ou au quadruple de sa valeur faciale, désormais, l'argent dont l'Etat a besoin afin d'assurer son fonctionnement est "emprunté" auprès de banques privées qui le font venir au monde par un simple jeu d'écriture, mais se font rembourser de la valeur faciale augmentée d'intérêts qu'ils fixent librement et dont le taux varie en fonction de la crédibilité du débiteur, avec du véritable argent, celui d'une richesse nationale produite par le travail des citoyens. Les citoyens sont devenus les mécènes des banquiers.

Ce système a été officialisé aux Etats-Unis avec la création le 23 décembre 1913 de la redoutable et envahissante mante religieuse financière qu'est la Réserve Fédérale. Pour imposer un mécanisme aussi frauduleux, les modernes "changeurs du temple" ont manifesté durant le siècle qui a précédé cet exploit une patience, une ruse et une capacité de corruption du personnel politique et médiatique particulièrement remarquables, que j'ai décrites minutieusement dans deux textes:

- Aux sources de l'escroquerie de la Réserve Fédérale - Le machiavélisme des hécatonchires de la finance internationale
- Du Système de la Réserve fédérale au camp de concentration de Gaza : Le rôle d'une éminence grise: le Colonel House ,

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La FED dévore le monde

A partir de l'archétype de fonctionnement qu'est celui de la Réserve Fédérale, il est facile comprendre le mécanisme de l'endettement universel des Etats, de l'appauvrissement des citoyens et de l'enrichissement exponentiel des banquiers, les véritables usuriers des temps modernes.

Le principe de la monnaie-dette a été étendu à la France par le Président Georges Pompidou qui fit modifier l’article 25 de la loi 73-7 du 3 janvier 1973 en interdisant à la Banque de France de faire crédit à l’État, condamnant la France à se tourner vers des banques privées et à payer des intérêts: « Le Trésor public ne peut être présentateur de ses propres effets à l’escompte de la banque de France». Avant cette loi, quand l’État empruntait de l’argent, il le faisait auprès de la banque de France, qui, lui appartenant, lui prêtait sans intérêt. Ancien employé de la banque Rothschild, le Président Pompidou remerciait ainsi son ancien employeur. Ainsi naquit la dette perpétuelle de la France. Aujourd'hui, 93% de la dette française est attribuable aux intérêts compensés.

Les dettes des Etats deviennent des océans impossibles à écluser et les nations sont ficelées au bon vouloir d'institutions privées, de plus en plus arrogantes, de plus en plus gourmandes, de plus en plus opulentes face à des citoyens de plus en plus harassés, pressés, harcelés par des dirigeants eux-mêmes apeurés et tremblants devant leurs nouveaux maîtres, les "changeurs" des temples de la finance internationale.

 

11 - Les "changeurs du temple" et la nouvelle crucifixion du prophète galiléen triangle.gif

 

Il est aisé d'imaginer le scandale qu'un nouveau Jésus provoquerait aujourd'hui si, avec un fouet de cordes nouées, il chassait des repaires dans lesquels ils se sont enkystés les nouveaux banksters et autres "barons voleurs" des temples de la nouvelle religion mondiale, celle du "Roi-Dollar". Il renverserait avec colère les tables des faux-monnayeurs qui officient dans le temple de la Réserve Fédérale, mais dont les grands prêtres sont tapis dans les coulisses des banques anglaises de la City de Londres, ou dans ses annexes, les cavernes de la pieuvre Goldman Sachs qui étend ses tentacules jusqu'en Europe. Voilà qui permettrait de comprendre l'immensité du scandale que fut l'acte fondateur du prophète galiléen (Jésus).

On écrirait alors que tant qu'il limitait son enseignement à prôner la Démocratie et la Liberté, à disserter avec éloquence sur les avantages des "institutions démocratiques", à faire rêver ses auditeurs "de paix et de sécurité dans le monde", ce trublion bavard ne dérangeait personne; mais le jour où il s'en était pris au noyau dur de la foi démocratique, tapi dans les souterrains du système - la pompe à finances qu'est l'invention d'une monnaie-dette au service des grandes banques privées et son masque mondialiste - il fut arrêté, jugé et exécuté, ou plutôt enfermé prestement, et à vie, dans le cul de basse-fosse de Guantanamo, tellement le forfait de ce "terroriste" aurait été jugé impardonnable.

A l'image de celle qui a frappé le prophète galiléen, une malédiction particulière s'est étrangement acharnée sur tous les présidents américains qui ont tenté, même modestement, de modifier dans le sens des intérêts collectifs de la nation américaine ou de remettre en cause le système monétaire et bancaire inventé par les banquiers de la City et mis en place par leurs filiales à Wall Street, et cela avant même la création de la Réserve Fédérale.

Je rappelle que l'un des premiers présidents des Etats-Unis, Andrew Jackson (1767 - 1845) avait traité les banquiers anglais de "vipères" et leurs établissements de repaires de "voleurs": "Vous êtes une bande de vipères, de voleurs et j'ai l'intention de vous expulser et par le Dieu Éternel, je vous expulserai". (..)

Durant sa campagne pour un second mandat à la présidence (de 1829 à 1837), son slogan "Jackson and no Bank", annonçait clairement la couleur. A l'époque déjà, il s'agissait - et cela dès la naissance des Etats-Unis d'Amérique - de soustraire le système monétaire américain à la rapacité des banquiers privés de la City de Londres dominée par la famille Rothschid.
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President Jackson destroying the Bank of the United States (BUS). Lithograph, 1828

 

En 1824, il écrivait également: "Je suis l'un de ceux qui ne croient pas que la dette nationale soit une bénédiction... C'est une manoeuvre destinée à ériger autour de l'administration une aristocratie de l'argent, dangereuse pour les libertés du pays." - [Lettre d'Andrew Jackson à L.H Coleman of Warrington, N.C le 29 avril 1824.]

Dès le début de son premier mandat, il a transféré une partie des fonds gouvernementaux de la deuxième Bank of the United States - banque privée, comme son nom ne l'indique pas et contrôlée la City de Londres - dans des banques qui n'étaient pas encore sous la houlette des Rothschild. Il faillit payer de sa vie cet acte "héroïque" au service de la nation américaine (..)

"Il est regrettable que les riches et les puissants orientent les décisions du gouvernement en direction de leurs projets égoïstes.


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Richard Lawrence tire deux coups de revolver sur le président Andrew Jackson mais le rate.

 

Le président Abraham Lincoln (1809-1865) , qui avait fait imprimer des Greenbacks - une monnaie créée par une banque centrale et exempte d'intérêt - n'aura pas bénéficié de la même protection de la divine providence. Au moment de la guerre de Sécession, les banquiers anglais imposaient un taux de trente (30%) à quarante pour cent (40%). Scandalisé par ce taux usuraire, le Président Lincoln a tenté de redonner une indépendance financière à la nation.

Mais il n'a pas pu mener sa réforme à son terme. Il a été tué dans une loge de théâtre (..)

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Assassinat du Président Abraham Lincoln

"Le pouvoir des financiers tyrannise la nation en temps de paix - écrivait-il - et conspire contre elle dans les temps d'adversité. Il est plus despotique qu'une monarchie, plus insolent qu'une dictature , plus égoïste qu'une bureaucratie. Il dénonce, comme ennemis publics , tous ceux qui s'interrogent sur ses méthodes ou mettent ses crimes en lumière. J'ai deux grands ennemis : l'armée du sud en face et les banquiers en arrière. Et des deux, ce sont les banquiers qui sont mes pires ennemis."

Il aurait ajouté ces paroles prémonitoires : "Je vois dans un proche avenir se préparer une crise qui me fait trembler pour la sécurité de mon pays. […] Le pouvoir de l'argent essaiera de prolonger son règne jusqu'à ce que toute la richesse soit concentrée entre quelques mains . " (Letter from Lincoln to Col. Wm. F. Elkins, Nov. 21, 1864).


La malchance avait continué de s'acharner sur les hommes politiques américains et le président Abraham Garfield, avait lui aussi été assassiné le 2 juillet 1881 après avoir fait une déclaration sur les problèmes de la monnaie.

"Celui qui contrôle le volume de l'argent de notre pays est le maître absolu de toute notre industrie et de tout notre commerce... Et quand vous réalisez que la totalité du système est aisément contrôlable, d'une manière ou d'une autre, par quelques individus puissants à sa tête, vous n'avez plus à vous à interroger sur l'origne des périodes d'inflation et de dépression."

12 - Apothéose des usuriers triangle.gif

Après avoir bafoué la Constitution américaine signée à Philadelphie en 1787 qui stipule en son article 1, section 8, § 5, que "c'est au Congrès qu'appartiendra le droit de frapper l'argent et d'en régler la valeur" et permis que ce droit régalien qui fonde la souveraineté d'une nation soit dévolu aux filiales un consortium de financiers privés, incrustés depuis plusieurs siècles en Angleterre, les Etats-Unis sont devenus, après la fin de la première guerre, les modèles économiques du reste de la planète. Cette situation s'est encore aggravée après la fin de la seconde guerre mondiale, qui a transformé l'Europe en un véritable satellite politique, économique et financier de l'Amérique, que sa soumission volontaire contraint de subir les conséquences des turpitudes des financiers américains et des crises que provoque leur voracité.

C'est pourquoi il est important d'analyser les mécanismes par lesquels le système usuraire créé le 23 décembre 1913 a volontairement généré des crises qui ont appauvri les nations, tout en enrichissant une poignée de banquiers, et de comprendre comment ce mécanisme, localisé à l'origine dans la sphère anglo-saxonne, est devenu une pompe aspirante de la richesse mondiale.

 


"En politique, rien n'arrive par hasard. Chaque fois qu'un événement survient, on peut être certain qu'il avait été prévu pour se dérouler ainsi." Président Franklin Delano Roosevelt (Conspiration ? Moi j'appelle cela plan, note de C.D.).

 


La création de la Réserve Fédérale - qui ne "fédère", entre elles que les banques régionales qui la composent et que les banquiers ont essaimées, pour des raisons de commodité et d'efficacité sur l'ensemble du territoire de la "nation indispensable" - signe le retour en majesté des "changeurs" et l'érection en grande pompe d'un troisième temple, à la gloire de la finance internationale et apatride. Le 23 décembre 1913 marque la renaissance, sous sa forme modernisée, de l'activité à la fois frauduleuse et officielle, des vendeurs des demi-shekels dans le temple de Jérusalem qui, après un siècle entier de mensonges, de manoeuvres et corruptions divers sont parvenus à accoucher du monstre dévoreur des richesses de la planète et même à faire oublier leurs turpitudes et à devenir des personnages puissants et respectés.

 

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13 - Mécanismes par lesquels les nouveaux "changeurs du temple" pillent la richesse des nations triangle.gif

 

L'objectif claironné lors de la création de la FED était de stabiliser l'économie et de mettre fin aux crises en série qui avaient émaillé la fin du XIXe siècle.

Voir - Aux sources de l'escroquerie de la Réserve Fédérale - Le machiavélisme des hécatonchires de la finance internationale , §5: Les crises monétaires successives : 1869 - 1873 - 1893 - 1901 - 1907.
- Du Système de la Réserve fédérale au camp de concentration de Gaza : Le rôle d'une éminence grise: le Colonel House ,

Il faut savoir qu'à l'époque, quatre types de coupures étaient en circulation:

Les billets, appelés Legal Tender Notes ou United State Notes (UNS) , étaient imprimés depuis le Legal Tender Act de 1862 d'Abraham Lincol, par le département du Trésor des Etats-Unis.

 

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Federal Reserve Note FNS ( Argent nominal - Fiat currency - correspondant à une dette du montant inscrit sur le billet - Le sceau de la FED est vert , à gauche du billet


Cette variété de billets en circulation fut pain bénit pour nos modernes "changeurs du temple" modernes installés dorénavant au coeur de l'Etat. Leur objectif était évidemment d'imposer leur propre monnaie - simple reçu de dette - et d'éliminer les vestiges de l'indépendance de l'Etat.

Dès le lendemain de sa création, les banquiers de la FED mirent leurs pieds dans les pas des barons voleurs des crises
monétaires antérieures. Entre 1916 et 1920, l'institution imprima des montagnes de sa propre monnaie, présentant ses Federal Reserve Note (FNS) comme équivalents aux United State Note (UNS) ce qui lui permit de doubler la masse monétaire en circulation. (..)

.

 

Après l'afflux, le reflux. Sous prétexte de "surchauffe" et conformément au fonctionnement de l'accordéon, une brusque compression fut imposée en 1920, ainsi qu'un brutal appel au remboursement des prêts. Les motifs, comme toujours, semblaient parfaitement rationnels: il fallait bien lutter, n'est-ce pas, contre l'inflation, même si celle-ci était précisément provoquée par la générosité calculée dont avaient fait preuve ces mêmes honorables banquiers.

Une banqueroute de cinq mille quatre cents (5400) banques privées s'ensuivit, qui provoqua également la ruine des emprunteurs, contraints de rembourser sur le champ. De nombreux débiteurs aliénèrent leurs "certificats" - opération particulièrement rentable pour la FED, qui vit l'or et l'argent de l'Etat migrer dans les coffres de la City via ses filiales américaines.

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Le bouquet final fut offert par le Congrès qui, en 1920, vota le "Independant Treasury Act of 1920", une décision qui, en fait "d'indépendance" aliénait le "Treasury Department of the United States government", c'est-à-dire la trésorerie américaine gouvernementale au profit du consortium privé composé des banques suivantes: (..)

Regrets exprimés par le Président Wilson dans son message d'adieu (1921) .

Il constate qu'il a livré la nation à des intérêts privés qui ont tué la liberté et l'indépendance du gouvernement légal des Etats-Unis. Une lucidité tardive d'un Président qui n'avait pas compris qu'il travaillait à l'appropriation du pays par un consortium de banquiers internationaux liés entre eux par des liens familiaux.
Voir: Du Système de la Réserve fédérale au camp de concentration de Gaza : Le rôle d'une éminence grise: le Colonel House ,
"Une grande nation industrielle est contrôlée par son système de crédit. Notre système de crédit est privatisé et concentré. Par conséquent, toutes nos activités sont entre les mains de quelques hommes (..)

14 - Modus operandi des "changeurs du temple": d'une crise à la suivante triangle.gif

Mais ce n'était-là qu'un hors-d'oeuvre et une mise en bouche avant le grand exploit de 1929. En dix ans, deux crises, celle de 1920 et surtout celle de 1929, ont dévasté les marchés boursiers intérieurs et provoqué une catastrophe mondiale. Le mécanisme est chaque fois d'une simplicité enfantine. (..)


Il est impossible de traiter en quelques mots le krach boursier de 1929 et l'enchaînement des catastrophes qu'il engendra. Mais il est certain que ce déraillement économico-financier est la conséquence directe d'une politique chaotique de la Réserve Fédérale (..)

 

 

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1929 - Krach - New-York

(..)
Il est d'autant plus judicieux de rappeler le commentaire du Président Roosevelt - "En politique, rien n'arrive par hasard. Chaque fois qu'un événement survient, on peut être certain qu'il avait été prévu pour se dérouler ainsi" - que la Réserve fédérale, par un des ces mouvements d'accordéon dont elle est coutumière, a brusquement contracté l'offre monétaire, créant une dépression catastrophique qui a contaminé l'Europe et provoqué la faillite de 11.630 banques sur un total de 26.401 aux Etats-Unis. Du coup, les banquiers centraux ont pu acheter à des prix dérisoires des banques rivales et des pans entiers de l'économie.

Le 23 mai 1933, dans un discours retentissant de vingt-cinq minutes devant la Chambre des Représentants, un membre du Congrès, Louis T. McFadden, a porté des accusations formelles contre le Conseil des gouverneurs de la Réserve fédérale, contre le Contrôleur de la monnaie et contre le Secrétaire duTrésor, les accusant d'actes criminels, de complot contre la nation, de fraude et de trahison. Il accusait ces responsables politiques et les banquiers de la Réserve fédérale d'avoir délibérément provoqué la "Grande Dépression".


(..) Une fois de plus, la mystérieuse calamité qui s'abat sur les contestataires des usuriers a frappé. (..)

15 - Ils l'ont tué... triangle.gif

La dernière tentative moderne de renverser les tables des changeurs-usuriers de la religion du Dieu-dollar fut celle du président John Fitzgerald Kennedy assassiné à Dallas le 22 novembre 1963. Il était allé si loin dans sa volonté de lutte contre les banksters et la réalisation de son projet était déjà si avancée que son père, inquiet l'avait mis en garde: "Si tu le fais, ils te tueront".

RAPPEL

 

4 - John Fitzgerald Kennedy et la nouvelle tentative de réforme monétaire triangle.gif

 

In - Aux sources de l'escroquerie de la Réserve Fédérale - Le machiavélisme des hécatonchires de la finance international e #4

Il est impossible de ne pas évoquer, à la suite de celle du Président Lincoln, la tentative du Président John Fitzgerald Kennedy de dépouiller la FED de sa puissance , tellement elle lui est parallèle. Elle eut lieu un siècle exactement après celle de Lincoln. (..)

Les 26 volumes du rapport Warren n'ont pas réussi à apporter une explication crédible à l'assassinat du Président Kennedy à Dallas le 26 novembre 1963, cinq mois après sa réforme monétaire. Il n'est nul besoin d'être un "complotiste" primaire ou secondaire pour n'accorder qu'un crédit poli à la thèse officielle, non pas seulement à cause de l'analyse des conditions de l'exécution, mais parce que le fait que tous les témoins oculaires de l'événement soient morts dans les deux ans; que la disparition ou l'élimination de 400 personnes en relations même lointaines avec cet événement - y compris le personnel médical de l'hôpital Parkow où Kennedy a été admis, du portier au personnel médical, ainsi que des proches du tireur accusé, Lee Harvey Oswald - que tous ces événements soient le fruit du hasard relève d'un pourcentage de probabilités si infinitésimal qu'il est proche du zéro absolu. Le calcul des probabilités devient un juge plus efficace que n'importe quelle vérité officielle.

De puissants comploteurs ont donc sévi, y compris longtemps encore après le crime initial. Parmi les innombrables pistes avancées par les uns et par les autres, la piste monétaire était évidemment tentante . Elle fut relativement peu explorée au début de l'enquête. Cependant beaucoup la tiennent pour d'autant plus avérée qu'ils rapportent une phrase du père du Président, Joseph Kennedy, lorsqu'il apprit la décision de réforme monétaire de son fils : " Si tu le fais, ils te tueront".

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Le Président John Fitzgerald Kennedy (1917-1963)

Le message semble, une nouvelle fois, avoir été reçu cinq sur cinq par le Vice-Président Lyndon B. Johnson, devenu Président par la grâce de cet assassinat. Comme son homonyme Andrew Johnson un siècle auparavant, et avec une célérité particulièrement remarquable, il suspendit la décision monétaire prise le 4 juin 1963 par le Président assassiné alors que le cadavre de ce dernier n'était pas encore froid
(..)

Cet assassinat était peut-être un avertissement aux futurs Présidents qui auraient voulu emboîter le pas à Abraham Lincoln et à John Fitzgerald Kennedy et priver les banquiers de leur rente en éliminant le système de la monnaie-dette. John Fitzgerald Kennedy aurait payé de sa vie cette provocation à la puissance de la finance internationale... le Président Abraham Garfield avait lui aussi été assassiné le 2 juillet 1881 après avoir fait une déclaration sur les problèmes de la monnaie. (5) Que de coïncidences !

Depuis le Président Kennedy, aucun successeur ne s'est avisé d'apporter la moindre réforme au fonctionnement de la FED.

Peut-être faudra-t-il encore vingt-six autres volumes d'enquête pour éclaircir cette énigme historique.

(..)

16 - Ultime tentative de balayer la poussière sous le tapis triangle.gif

En 1991, le célèbre réalisateur américain, Oliver Stone, nouveau Sherlock Holmes, s'est lancé dans l'arène et s'est donné pour but d'élucider les causes de l'assassinat de John F. Kennedy (..)

L'argent du fonds Rothschild s'est révélé d'une efficacité remarquable dans sa capacité à inciter un réalisateur célèbre à concevoir une opération hollywoodienne de fixation des soupçons dans une certaine direction.(..) Hollywood écrit et impose sa vérité, laquelle devient progressivement LA vérité. Celui qui paie, commande.

Il est étonnant que le fait le plus troublant de tous, plus troublant même que celui de l'impossibilité, aujourd'hui encore, de connaître avec certitude l'identité du tueur est, comme je l'ai noté ci-dessus - celui de constater que quatre cents (je dis bien 400) personnes en relations même lointaines avec cet événement - y compris le personnel médical de l'hôpital Parkow où Kennedy a été admis, du portier au personnel médical, ainsi que des proches du tireur accusé, Lee Harvey Oswald, sont mortes en deux ans et que les autorités officielles ne se sont pas penchées sur cet évènement proprement stupéfiant.

Il est également extraordinaire qu'aucun des innombrables Sherlock Homes, amateurs ou professionnels, qui ont analysé le crime, la loupe à la main et le nez sur le macadam, ne se soit penché sur ces "coïncidences-là" et n'a osé prendre l'enquête à revers. Or, il est impossible, statistiquement, d'attribuer au hasard ou à des circonstances naturelles l'élimination systématique de la totalité des témoins, même les plus mineurs, liés à cette affaire .

Cette preuve statistique signe irréfutablement l'existence d'un complot de très grande ampleur. Quels sont le commanditaire ou le groupe disposant du personnel, des moyens financiers et du pouvoir suffisants afin de réaliser un tel "exploit" dans un laps de temps aussi court et cela de manière à ce que tout paraisse globalement naturel? L'élucidation de l'assassinat du Président Kennedy est au bout de cette enquête-là.

Allons, M. Oliver Stone, encore un effort!

 

NOTE

(1) Jonathan Cook : http://www.legrandsoir.info/les-sapins-de-noel-terrorisent-les-israeliens-counterpunch.html

 

Bibliographie

 

 

EXTRAITS de ce formidable article (je vous conseille de lire les articles de cette philosphe-dessinatrice de talent)

 

http://www.alterinfo.net/AUX-SOURCES-DU-CHAOS-MONDIAL-ACTUEL-L-usure-axe-central-de-l-histoire-de-l-Occident_a86004.html

 

Le 23 janvier 2013

 

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La philosophe Aline Mariali de Dieguez
et ses dessins
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23 janvier 2013 3 23 /01 /janvier /2013 05:41

 

Pendant que la Grèce souffre, Goldman Sachs se remplit les poches

Alors que la Grèce sombre chaque jour un peu plus dans l'austérité et subit une véritable saignée, les responsables de cette crise ne sont eux pas inquiétés, mieux : Ils font des bénéfices records et arrosent leurs salariés de prime de rendement.


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Chômage record pour la Grèce et bénéfice record de ses bourreaux.

Le 10 Janvier 2013, l’Autorité des statistiques grecques a publié les dernières statistiques mensuelles du chômage. Ces statistiques ont révélé que le taux de chômage officiel a continué de s’aggraver rapidement en Grèce en octobre 2012 par rapport à septembre 2012, frappant 26,8% de la population active contre 26,0% le mois précédent, et 19,7% un an auparavant.

Le nombre officiel de chômeurs a augmenté de 368.102 personnes par rapport au mois de septembre 2011, ce qui représente une hausse de +37,7 % en un an.

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Soupes populaires et augmentation des fouilles dans les poubelles

Autre statistique : Le chômage touche 30,4% des femmes grecques pour 24,1% des hommes. Il est elevé chez les jeunes Grecs puisqu’il touche 56,6% des 15-24 ans et 34,1% des 25 à 34 ans. Mais les victimes sont surtout les retraités, dont les pensions ont été considérablement réduites voire supprimées. Nous nous souvenons tous de ce retraité qui s'était suicidé l'an dernier et avait provoqué une vague de manifestation et d'indignation. Ce genre de drame humain n'est hélas pas rare puisque le taux de suicides en Grèce a augmenté de 45% en un an. "Je ne trouve pas d'autre solution qu'une fin digne, avant que je ne commence à chercher dans les poubelles pour me nourrir." avait écrit le retraité qui s'est suicidé. Quelle tristesse de voir que le suicide est le dernier moyen de s'en sortir en gardant sa dignité.

Le retraité n'avait pas tort puisque la Grèce se paupérise et sombre peu à peu dans la misère, ainsi il n'est pas surprenant de voir une multiplication des soupes populaires et même de voir des grecs fouiller dans les poubelles pour se nourrir.

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Goldman Sachs et le scandale du maquillage des comptes publics

Piqure de rappel avant d'aller plus loin : la banque américaine aurait proposé, en 2001, à la Grèce des outils financiers – notamment au travers de « swaps de devises » – , pour lui permettre de camoufler artificiellement l’ampleur de sa dette publique tout en dissimulant les transactions, le but de ces maquillages était de permettre l'entrée de la Grèce dans l'Euro.

Le siège social de Goldman Sachs

Après avoir gagné près de 300 millions de dollars de commissions pour avoir donné ces "conseils", Goldman Sachs a continué son emprise sur la Grèce en installant par un putsch Lukas Papademos, ancien directeur de la banque centrale grecque et nommé donc premier ministre.

Salaire moyen de 400 000 dollars par personne

Et bien la banque américaine a annoncé le 16 janvier 2013 un bénéfice doublé par rapport à 2012 et même 2011, avec un chiffre d’affaires en très forte hausse qui a augmenté de + 19 % en un an, soit un bénéfice net annuel de 7,3 milliards de dollars.

Goldman Sachs a décidé de faire profiter ses employés de prime de rendement élévé, puisque le salaire moyen est de 400 000 dollars par personne cette année, soit 26 000 euros de salaire par mois en moyenne, somme coquette n'est-ce pas ?

L'Europe pendant ce temps traverse une grave crise, et la Grèce n'est pas un phénonème isolée, au Portugal et en Espagne la paupérisation progresse*, les jeunes sont obligés de partir pour trouver du travail. Il faut sortir au plus vite de cette Europe des banquiers avant que la France ne subisse le même sort.

* Voir cet article : http://www.20minutes.fr/monde/espagne/1057737-espagne-nouveaux-visages-pauvrete

 

édit : Apparement les images ne passent pas entièrement, vous pouvez les retrouver en entier sur mon blog http://bartolomey63dlr.overblog.com...



Sur le même thème

http://www.agoravox.fr/actualites/europe/article/pendant-que-la-grece-souffre-129258
par Bartolomey 63 lundi 21 janvier 2013 - 72 réactions
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3 janvier 2013 4 03 /01 /janvier /2013 04:39

 

 

Sombre avenir pour l’Etat nation… annonce d’une accélération de la crise ?

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En Octobre 2012, lors d’une réunion annuelle à Tokyo avec des technocrates et des représentants des finances publiques, les représentants du FMI ont déclaré que l’institution supranationale allait voir son rôle accru dans l’économie mondiale. Au cours du développement de la crise, il semble que les politiciens sont de plus en plus incapables de résoudre les problèmes, et cette incapacité constitue un danger pour l’économie mondiale. Il serait donc logique de TRANSFÉRER la direction du contrôle des richesses des nations  souveraines des dirigeants politiques au FMI.

La seconde étape de la crise est-elle annoncée ?


Si cette option était écartée, prévient la présidence du FMI, l’on risque de voir les investisseurs étrangers refuser de financer les déficits. Le message est donc d’une clarté extraordinaire ! Reste à ce que la crise passe la transition actuelle dans laquelle nous sommes depuis 2008 et permette d’avancer sur le chemin de l’Europe technocratique avant de passer à autre chose… de plus désagréable et qui justifierait l’intervention des pièces supranationales du cartel des banquiers oligarchiques… comme le FMI et la BIS. C’est juste une supposition de LIESI…


Les problèmes fiscaux aux Etats-Unis sont un des exemples cités traduisant l’incapacité des politiciens des Etats nations à agir dans le sens qui satisfassent les « investisseurs internationaux ». En outre, les contribuables à ponctionner maigrissent puisque le chômage explose et les bons alimentaires se multiplient.


Parrains-NYCC.

 

Il est tout de même curieux de voir des rapprochements entre la situation américaine et celle de certains autres pays comme l’Espagne et la Grèce. Cela signifie que les néoconservateurs favorables à l’Empire US et à une vision unipolaire n’ont plus la main… Les Etats-Unis finissent de vivre des jours heureux : l’avenir s’annonce bien sombre pour cette puissance aux pieds d’argile.

 

http://liesidotorg.wordpress.com/page/3/

 

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26 décembre 2012 3 26 /12 /décembre /2012 05:14
L'euro est-il une monnaie commune ou une monnaie unique ?
L’euro est-il une monnaie commune ou une monnaie unique ?

La plupart des Français pensent que l’euro est une monnaie unique. Or, ce n’est pas le cas, nous allons le voir ci-dessous.  Il n’y a pas qu’en France que l’opinion générale se trompe sur ce sujet ; quel que soit le pays, pratiquement tout le monde – y compris les dirigeants politiques et économiques – est convaincu que l’euro est une monnaie unique. Pourquoi n’est-ce pas exact ?
Les lettres figurant sur chacun des billets en euro témoignent du lieu de fabrication, c’est-à-dire du pays d’origine. Elles ne correspondent pas à des créances sur chacun des pays en question. Cela tendrait à accréditer l’idée « euro = monnaie unique », mais la situation est plus compliquée et il faut regarder les choses dans le détail.

Les billets en euro – pris dans leur globalité – sont des créances sur chacune des banques faisant parti du système européen de banques centrales (SEBC), et cela au prorata de leur part dans le SEBC. Les billets sont donc des créances sur la Banque centrale européenne (BCE) à hauteur de 8 % de leur masse, les 92 % restants étant ventilés en créances sur les 17 banques centrales nationales.

Ce qui est vrai au niveau « macro » est faux au niveau « micro » : nonobstant le point précédent, chaque billet pris individuellement n’est pas attribuable à une banque centrale nationale en particulier.

Le système européen force toute banque centrale nationale (BCN) à accepter tout billet comme si c’était « les siens ». Chaque billet est donc une créance sur la BCN à laquelle il est présenté.

Les documents précis sur ces questions sont très difficiles à trouver. C’est dû au fait qu’il s’agit de sujets hyper-techniques et sur lesquels règne une volonté de confidentialité pesante. Tout est fait pour que 99,999 % des gens n’y comprennent rien, y compris des spécialistes. Le point que nous venons d’aborder est néanmoins clarifié sans ambiguïté dans le paragraphe 5 du document (en anglais) suivant :

http://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=CELEX:32001D0913:EN:HTML
http://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=CELEX:32001D0913:EN:HTML

Voici ce que dit ce paragraphe :

« All euro banknotes should be subject to identical acceptance and processing requirements by the Euro­ system members irrespective of which member put them into circulation. »

Traduction en français :

« Tous les billets en euro doivent être soumis aux mêmes critères de recevabilité et de traitement par les membres de l’Eurosystème, quel que soit le membre qui les a mis en circulation. »

Par conséquent, un billet présenté à la Bundesbank, quelle que soit sa provenance, est accepté et donne lieu a un crédit sur un compte à la Bundesbank, qui est une créance sur la Bundesbank et sur elle seule.

Par ailleurs, les billets ne représentent qu’une partie des euros en circulation. Les euros qui ne sont pas sous forme de billets ou de pièces sont également des créances sur chacune des banques centrales nationales, au prorata de leur part dans le SEBC, et ne sont donc pas des créances sur la BCE. Si nous parlons d’euro monnaie centrale, on a environ 900 milliards d’euros de billets, et environ 200 milliards d’euros de comptes courants correspondant aux réserves obligatoires, et peut-être 500 milliards d’euros en surplus.

Il faut donc insister sur un point aussi important que méconnu : les billets en euro ne sont pas des créances sur la BCE, mais sur l’Eurosystème.
 

Remarque annexe : les billets en euro portent la signature du Président de la BCE mais cette signature est seulement décorative, tout comme l’étrange signe du « copyright » (©) qui figure juste avant la mention « BCE ECB EZB EKT EKP » qui désigne la BCE. Cette mention du « copyright » n’est pas un hasard : elle témoigne d’une prise de distance juridique. Elle ne figurait pas du tout sur les billets en francs, où la mention « Banque de France » signifiait bien que le billet était une créance sur la Banque de France.

L’euro est donc bel et bien une « monnaie commune » et non pas une « monnaie unique » car il n’y a pas une Banque centrale unique. C’est d’ailleurs le distinguo que font les Allemands entre « Gemeinsame Währung » (utilisé pour désigner l’euro) et « Einheitliche Währung » (utilisé pour désigner le Mark après la fusion du Mark est-allemand avec le Mark ouest-allemand).

Cependant, le terme de « monnaie commune » lui-même est doublement ambigu car :

- d’une part, la plupart des gens le confondent avec le terme de « monnaie unique » ;

- d’autre part, certains faux experts (Mme Le Pen et M. Dupont-Aignan, par exemple) le confondent avec le système de changes variables autour d’un cours pivot, comme l’était le « serpent monétaire » de naguère.

Pour être plus précis, nous devrions utiliser une autre expression, plus longue et plus lourde mais dénuée d’ambiguïtés : l’euro est un système de monnaies homonymes liées entre elles par un lien de change fixe de 1 pour 1 (« peg »).

S’agissant de la fuite des capitaux entre les États de la zone euro, nous vous renvoyons au système Target 2, qui est bien expliqué sur la notice Wikipedia en allemand, avec un superbe graphique divergent qui signe l’explosion de l’euro (cette notice n’est curieusement pas du tout aussi précise et claire sur Wikipédia en français). Pour faire simple, Target 2 est le système de paiement qui permet actuellement aux banques de l’Union européenne de transférer des fonds en temps réel par-delà les frontières des États membres, et cela de façon illimitée et au taux de change de 1 pour 1.

En conclusion générale, il est vrai de dire que la marque distinctive par pays que l’on trouve sur les billets en euro et  la qualification juridique de la créance ne sont pas corrélées. En revanche, il est faux de dire qu’un euro est une « créance sur la BCE ». Un euro est une « créance sur l’Eurosystème (ou SEBC) », lequel compte la BCE et 17 banques centrales nationales (BCN).

Ce point est décisif car si l’on confond l’un et l’autre, on ne peut pas comprendre ce qui se passe en ce moment, notamment en Allemagne (voir notre texte « Pourquoi l’Allemagne envisage de sortir de l’euro ? »), et on ne peut pas non plus comprendre l’entrée en divergence de Target 2.

 

http://www.u-p-r.fr/vos-questions-nos-reponses/l_euro/euro-monnaie-commune-ou-unique

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