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22 novembre 2011 2 22 /11 /novembre /2011 17:41
La Chronique Agora
 

 

Paris, Mardi 22 novembre 2011


L'Allemagne risque bel et bien de sortir de l'euro
Charles Sannat

 

 

 

▪ Telle est, en tout cas, l'information du Docteur Pippa Malmgren, ancienne conseiller économique du président américain. Entre rumeurs de plus en plus insistantes et désinformation... il est difficile d'y voir clair. Simone Wapler avait essayé d'analyser une première rumeur sur le sujet.

Suite aux premières déclarations de Mario Draghi, j'ai expliqué que la sortie de l'Allemagne de la Zone était une éventualité étant donné que la seule solution serait la planche à billets... ce que refuse l'Allemagne.

"Nous attendons pour les prochains mois la mise en marche de la planche à billets. Si les attaques se poursuivent contre l'Italie, ce sera la seule solution envisageable. Jusqu'à présent les Allemands refusent totalement cette solution. Si la situation s'aggrave, ils devront accepter le recours à la planche à billets, ou... sortir de l'euro. La sortie de l'Allemagne de l'euro est le scénario le moins envisagé et pourtant à notre sens c'est celui qui a le plus de chance de se produire".

D'un point de vue purement intellectuel, la sortie de l'Allemagne de la Zone euro serait une hypothèse relativement "élégante" bien que ce soit celle dont on parle paradoxalement le moins. Et pourtant... (..)

 

Selon Docteur Pippa Malmgren, les Allemands sortiront de la monnaie unique dès que la survie de la Zone euro sera irrémédiablement compromise par exemple avec la faillite de l'Italie qui, hélas, se profile dangereusement à l'horizon. Si la Grèce était "sauvable" -- avec une dette de seulement 350 milliards d'euros --, avec l'Italie nous sommes dans un tout autre ordre de grandeur puisque la dette italienne avoisine les 2 000 milliards d'euros.

L'ensemble des pays de la Zone euro souhaite pouvoir monétiser les dettes souveraines -- à savoir faire fonctionner la "planche à billets" comme c'est le cas au Royaume-Uni, aux Etats-Unis ou encore au Japon. Des pays qui, bien que plus endettés que nous, ne sont pas inquiétés par les marchés.

▪ Or, comme je vous le disais plus haut, de cette solution, les Allemands ne veulent pas. Pour une raison simple. La dernière fois que l'Allemagne a utilisé la "planche à billets" c'était dans les années 20. Le résultat ?

Une hyperinflation tellement violente que l'Allemagne fut ruinée, ouvrant la porte à l'avènement du nazisme et à la Deuxième Guerre mondiale. En 1945, l'Allemagne est détruite, humiliée, coupée en deux, sous occupation étrangère et responsable du plus abject des génocides... Bref un bilan lourd et traumatisant qui, dans l'esprit collectif allemand, a pour cause originelle... une utilisation abusive de la "planche à billets".


Or si la BCE ne monétise pas, l'ensemble des autres pays européens court à la catastrophe et à la faillite. Une sortie de l'Allemagne de la Zone euro permettrait à l'ensemble des autres pays d'utiliser les mêmes armes monétaires que l'ensemble des autres pays comme le Japon ou les Etats-Unis. L'Allemagne garderait quant à elle le contrôle strict de sa nouvelle monnaie. Pour nos amis allemands, l'inflation est un poison.

 

Ce qui est sûr c'est que l'Italie sonne l'heure de vérité pour l'Europe et la Zone euro.

 

Retrouvez-nous en ligne sur :
http://www.publications-agora.fr
http://www.la-chronique-agora.com

 

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DÉBAT À BRUXELLES LE 24 NOVEMBRE :

« SORTIR DE L’EURO... POUR S’EN SORTIR ? »

Grand débat organisé par Attac-Bruxelles sur le thème :

« SORTIR DE L’EURO... POUR S’EN SORTIR ? »

Avec Jacques NIKONOFF

Porte-parole du Mouvement politique d’éducation populaire (M’PEP), ancien président d’Attac-France

Autour de son livre « Sortons de l’euro ! Restituer au peuple la souveraineté monétaire »

 

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19 novembre 2011 6 19 /11 /novembre /2011 19:01
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L'usure, ce mal qui ronge nos sociétés

usure.gif« Ô les croyants ! Ne pratiquez pas l'usure en multipliant démesurément votre argent. Et craignez Dieu afin que vous réussissiez ! » Coran 3-130


« Ô vous qui croyez ! Ne vous dépossédez pas les uns les autres de vos biens par des procédés malhonnêtes ! Que vos échanges soient fondés sur des transactions librement consenties. N'attentez pas non plus à vos jours, car Dieu est plein de compassion pour vous.


Quiconque agira de la sorte en usant de méchanceté et d'injustice sera par Nous précipité dans l'Enfer, chose si aisée pour le Seigneur. Si vous évitez de commettre les péchés les plus graves qui vous sont interdits, Nous effacerons vos péchés véniels et Nous faciliterons grandement votre accès au Paradis. » Coran, 4/29 à 31


« Donne à chacun ce qui lui est dû, qu'il soit proche parent, pauvre ou étranger. C'est la meilleure façon d'agir pour ceux qui cherchent à être agréables à Dieu. Et ce sont ceux-là qui connaîtront  le vrai bonheur.


L'argent que vous prêtez à usure dans l'espoir de vous enrichir au détriment des biens de vos semblables ne vous sera d'aucun profit auprès de votre Seigneur ; mais l'argent que vous donnez comme Zakât, en cherchant la Satisfaction de Dieu, multipliera votre récompense. » Coran 30/39

 

 

« Ceux qui pratiquent l'usure se présenteront, le Jour de la Résurrection, comme des aliénés possédés par le démon et ce, pour avoir affirmé que l'usure est une forme de vente, alors que Dieu a permis la vente et a interdit l'usure. Celui qui, instruit par cet avertissement, aura renoncé à cette pratique pourra conserver ses acquis usuraires antérieurs et son cas relèvera du Seigneur ; mais les récidivistes seront voués au Feu éternel. Dieu réduira à néant le profit usuraire et fera fructifier le mérite des aumônes. Dieu n'aime le négateur qui persiste dans le péché.


Ceux qui croient, font le bien, observent la salât et s'acquittent de la zakât auront leur récompense auprès de leur Seigneur et seront à l'abri de toute crainte et de toute peine.


Ô vous qui croyez ! Craignez votre Seigneur et renoncez à tout reliquat d'intérêt usuraire, si vous êtes des croyants sincères. Et si vous ne le faites pas, attendez-vous à la guerre de la part de Dieu et de Son Prophète. Mais si vous vous repentez, vos capitaux vous resteront acquis. Ainsi vous ne léserez personne et vous ne serez point lésés. Si votre débiteur est dans la gêne, accordez-lui un délai jusqu'à ce qu'il soit en mesure de se libérer de sa dette. Si vous pouviez savoir pourtant quel mérite vous auriez en lui consentant une remise gracieuse, totale ou partielle !


Redoutez le Jour où vous serez tous amenés à comparaître devant Dieu, et où chacun sera largement rétribué selon ses œuvres, sans subir la moindre injustice. » Coran 2/275 à 281

 

 

http://regardsdefemmesmusulmanes.blog.tdg.ch/archive/2011/10/02/l-usure-ce-mal-qui-range-les-societes.html
(Tribune de Genève)
The_fight_against_Usury.png

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(Tribune de Genève)
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18 novembre 2011 5 18 /11 /novembre /2011 19:30

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France 2012 :
LA FAILLITE

 

Cher Concitoyen,


Selon moi, l'année 2012 marquera un tournant dans l'Histoire de France.


Notre pays, déjà en déclin, devrait voir sa chute s'accélérer et son rang dans le monde se dégrader. Nous pourrions même basculer dans un chaos social et économique tel que nous n'en avons pas connu depuis 1968... voire depuis la Révolution de 1789.


Ne vous y trompez pas : la faillite de la France est proche. Et elle est bien réelle.


Si mes prévisions se réalisent, elle commencera avec les élections présidentielles de mai 2012. Mais le processus pourrait même s'enclencher avant, comme nous le verrons dans quelques lignes.


Si je vous écris aujourd'hui, c'est pour tirer la sonnette d'alarme.


En tant que citoyen français, vous avez le droit de savoir ce qui se passe... mais aussi de connaître les mesures qui pourraient vous aider à vous protéger.


Parce qu'il ne faut jamais perdre de vue une chose très importante : dans des périodes aussi troublées que celles que nous vivons en ce moment, des fortunes se défont... et se font.

Tandis que certains voient leur épargne partir en fumée, d'autres parviennent à protéger leur patrimoine -- et même à l'accroître. (..)



Avant ça, j'aimerais que vous compreniez une chose très importante. Ce que vous allez découvrir dans ce message ne sont pas de simples prophéties d'oiseaux de malheur, qui n'ont aucune chance de se réaliser.

Si vous pensez que nos dirigeants ont le pouvoir de tout régler d'un coup de baguette magique, vous pouvez arrêter votre lecture ici... et tant pis pour vous.

Les chiffres que je vais vous révéler sont réels. Ce sont des données publiques, accessibles à tous. Il suffit de voir au-delà de la langue de bois et du politiquement correct pour s'apercevoir que ces informations pointent tous vers une réalité implacable.(..)

 

Il faut dire que nous avons un long historique de prévisions auxquelles bien peu de gens croyaient... et qui font aujourd'hui la Une des journaux.

 

Des années passées à servir la cause
des investisseurs particuliers et épargnants individuels


(..) C'est simple, nous avons été parmi les premiers à nous intéresser à l'or et à prédire sa hausse continue. Nous avons annoncé avant qu'ils ne fassent la une des journaux grand public l'explosion de la bulle internet en 2000... les dérèglements financiers mondiaux de l'après-11 septembre 2001... la bulle des junk bonds de 2001...la bulle immobilière américaine en 2007... Et j'en passe, la liste serait trop longue (..)

 

 

Le pire est à venir. Je suis convaincue que la crise que nous traversons aujourd'hui affectera profondément notre niveau de vie en France et notre rang dans le monde.

 

Quatre critères objectifs pour une faillite annoncée

 

Savez-vous à quand remonte le dernier budget à l'équilibre de notre pays ?


1973. La France est dans le rouge depuis plus d'une génération ! De 1974 (élection de Valéry Giscard d'Estaing) à aujourd'hui, la dette française est passée de 21,2% du PIB à 86,2% du PIB.


Tenez, un graphique vaut mieux qu'un long discours :


Graphique de la dette en milliards d'euros

Source : INSEE

Ce sont désormais 1 692,7 milliards d'euros de dette que nous nous traînons... soit plus de 26 000 euros à rembourser pour chaque homme, femme et enfant habitant notre pays.

Et c'est terrible à dire, mais ce n'est pas le plus grave.

Non : ce qui est en train de couler notre pays aussi sûrement qu'un boulet entraîne un corps sous les eaux, ce sont les intérêts sur cette dette.


 

Critère de faillite n°1 :

 
Savez-vous à quoi servent vraiment vos impôts ?


C'est logique : chaque fois que notre déficit s'aggrave, l'Etat doit emprunter de l'argent. Et qui dit emprunt, dit intérêts. Plus la somme empruntée est conséquente, plus les emprunts sont élevés.


Or actuellement, l'emprunt est colossal... et les intérêts sont gigantesques.


Quelques chiffres pour vous donner la mesure du problème :

  • En 2010, les intérêts se montaient à plus de 42,5 milliards d'euros.

  • En 1980, il fallait un tiers des impôts sur le revenu pour s'acquitter de ces intérêts.

  • En 2004, c'était l'intégralité de nos impôts qui passait dans ces remboursements !

Désormais, vos impôts ne servent plus à assurer un service public digne de ce nom. Education, recherche, défense, infrastructures, logements... tous les services de l'Etat sont financés à crédit -- tandis que le produit de votre travail est taxé de plus en plus lourdement pour rembourser une dette qui s'alourdit d'année en année.


Nous sommes entrés dans un cercle vicieux... et nous ne pourrons pas en sortir sans d'immenses sacrifices.

 

Voyez-vous, un gouvernement ne peut pas s'approprier toute la richesse de la France. Il faut bien qu'il vous reste de quoi vous nourrir, vous vêtir, vous loger.


Pour payer ses dettes et rembourser, l'Etat ne peut donc prendre que sur ses recettes : ce qu'il prélève comme impôt sur les entreprises et ses citoyens.


En 2010, les recettes fiscales s'élevaient à 271,8 milliards d'euros.


Rappelez-vous à combien se monte notre dette : 1 692,7 milliards d'euros. Il faudrait donc à l'Etat plus de cinq années de recette pour rembourser la dette nationale, ceci en arrêtant tout service public : plus de justice, de police, d'école, d'armée, de musées, d'hôpitaux, de médecins... ni même de fonctionnaires pour faire rentrer les impôts ! Et ce n'est pas tout...

 

 

Critère de faillite n°2 :

 
Où diable notre gouvernement va-t-il trouver
33% de recettes fiscales supplémentaires ?


Comme tout contribuable, vous avez dû recevoir avec votre déclaration de revenus la note annuelle "Budget 2011 - A quoi servent nos impôts ?" (Bonne question...)


Cette note détaille avec précision la répartition des dépenses publiques -- je la reprends ci-dessous ligne par ligne :


Dépenses en milliards d'euros

363,4

Enseignement et recherche

87,0

Collectivités territoriales

58,0

Charge de la dette

45,4

Défense

37,4

Union européenne

18,2

Sécurité

16,8

Solidarité, insertion et égalités de chances

12,4

Gestion des finances publiques et des ressources humaines

11,7

Travail et emploi

11,6

Ecologie et développement durable

9,5

Ville et logement

7,6

Justice

7,1

Autres missions

40,7

 

Et voici maintenant, toujours selon la même source, les recettes de l'Etat français :


Recettes en milliards d'euros

271,8

TVA

130,9

Impôt sur le revenu

52,2

Impôt sur les sociétés

44,8

Taxe d'Importation des Produits Pétroliers (TIPP)

14,1

Autres recettes fiscales

12,9

Autres recettes

16,9

 

 

C'est parfaitement clair : le remboursement de la dette est devenu le troisième poste de dépenses de l'Etat. Il absorbe 16,5% des recettes et 80% de l'impôt sur le revenu.


Vous avez noté que j'ai également surligné le poste "Union européenne". Tout simplement parce qu'il devrait exploser cette année compte tenu de la faillite de la Grèce et du renforcement du tristement célèbre FESF... pour lequel la France va contribuer à hauteur de 159 milliards d'euros (alors qu'elle n'a pas un sou en poche !)


Le calcul est simple : notre déficit fiscal se monte à :

(363,4 – 271,8)/271,8 milliards d'euros...

... soit 33,7% des recettes fiscales.


Il faut trouver un tiers de recettes fiscales supplémentaires.


Et n'oubliez pas le plus important ! Même si nous trouvions ces milliards supplémentaires, nous n'aurons même pas commencé à rembourser le principal. Nous aurons simplement arrêté l'hémorragie.


Où trouver un tiers de recettes fiscales en plus ?

 


 

Critère de faillite n°3 :

 
Pour tondre un mouton,
encore faut-il qu'il lui reste de la laine sur le dos...


La pression fiscale en France est déjà l'une des plus élevée d'Europe. Les dépenses publiques de notre pays représentent 54% du PIB. Ces dépenses publiques sont financées par les impôts. La pression fiscale est donc de 54%.


Selon l'étude de l'Institut Economique Molinari et d'Ernst & Young :

Le taux d'imposition réel du salarié moyen augmente dans l'Union européenne de 0,24% en 2011. Il est passé de 43,99% en 2010 à 44,23%, en grande partie en raison de l'augmentation de la TVA dans 13 états membres depuis 2009.


Dans six pays, plus de la moitié des revenus liés au travail sont prélevés au titre des impôts et taxes retenus dans le périmètre de notre étude (Belgique, Hongrie, France, Autriche, Allemagne, Suède).

Le graphique ci-dessous est très clair à cet égard :


Graphique des impôts en Europe

 

Pour classer la pression fiscale qui s'exerce sur les salariés, l'Institut Molinari a également procédé au calcul du "jour de libération fiscale" -- c'est-à-dire le jour de l'année civile où vous commencez à travailler pour votre compte.

Le constat est sans appel : un Français ne travaille que pour l'Etat jusqu'au 26 juillet de l'année civile !

Plus de la moitié de votre année se passe à travailler pour le gouvernement... sans que votre labeur ne vous rapporte quoi que ce soit.


Et ne vous faites pas d'illusions : ce n'est pas parce que vous faites déjà partie des citoyens les plus taxés du monde que l'Etat ne va pas augmenter sa pression : il y va de sa survie, après tout...

Les deux plans d'austérité annoncés depuis le début de l'année en sont la preuve. Soyez prêt à travailler encore plus... pour payer plus.


 

Préparez-vous à l'écrasement de la classe moyenne


Eh bien, clament pas mal de personnes bien intentionnées, il n'y a qu'à taxer les plus riches ! Avec toutes ces niches fiscales, c'est bien le diable si on ne débusque pas assez de milliards pour résoudre nos problèmes !

Détrompez-vous.


Déjà, la notion de "riches" est franchement fluctuante.

Selon l'INSEE en 2009, si vous aviez plus de 2 987 euros par mois de revenus net, vous faisiez partie des riches.


Selon François Hollande, lors de la campagne présidentielle de 2007 était riche celui qui disposait de plus de 4 000 euros / mois de revenus.

 

Pour le moment, vous êtes considéré comme riche à partir de 250 000 euros par an de revenus imposables. C'est en tout cas le seuil qu'a arrêté le gouvernement en 2011.


Mais surtout, le calcul est implacable... Selon la chaîne télévisée TF1, voici ce que donne l'idée d'une taxe de 3% sur les revenus des présumés riches :


Revenus annuels
en euros

Nombre de foyers touchés

Recette fiscale annuelle en millions d'euros

500 000 euros

30 000

200

150 000 euros

300 000

1 500

 

Taxer les riches procurerait donc entre 200 millions et 1,5 milliards d'euros de recettes...


C'est dérisoire : n'oubliez pas que nous parlons d'une dette de 1 692,7 milliards dont les seuls intérêts nous coûtent plus de 45 milliards !


Supposons maintenant que l'Etat confisque 90% des revenus des présumés riches gagnant plus de 150 000 euros. Ils verraient leurs revenus disponibles ramenés à 15 000 euros annuels, soit 1 250 euros par mois, donc sous le SMIC (1 350 euros par mois).


Malgré cette confiscation, l'Etat n'encaisserait que 45 milliards d'euros, pas tout à fait de quoi faire face aux intérêts de sa dette... qui grossirait encore.

Il faudra trouver d'autres riches... Et le moyen le plus simple consistera à abaisser toujours plus le seuil de richesse.


De cette manière, la France pourrait ne compter bientôt que des riches, donc taxables. Les pauvres, eux, auront disparu des statistiques, de la même façon qu'on raye les chômeurs découragés des statistiques de l'emploi.

En pratique, ce serait tout simplement l'écrasement de la classe moyenne : elle deviendrait la victime systématique des politiques d'austérité, provoquant son appauvrissement... Tandis que les plus modestes, ployant eux aussi sous le fardeau fiscal, seraient bien en peine de grimper dans l'échelle sociale. Il est d'ailleurs dramatique de constater que la jeune génération actuelle est la première depuis le 20ème siècle à savoir que son niveau de vie ne sera pas supérieur à celui de ses aînés.


Un pays sans classe  moyenne est un pays pauvre. Un pays dont la classe moyenne diminue est un pays qui s'appauvrit !


 

Et la croissance, alors ?


Honnêtement, j'ai hésité à ajouter ce chapitre. Parce qu'il me semblait presque indécent de parler de "croissance" dans le contexte actuel.


Il est vrai que, classiquement, la seule autre façon de rembourser les dettes serait que l'Etat augmente ses recettes fiscales grâce à la croissance.

Mais quelle croissance ? Elle était de -0,1% au deuxième trimestre 2011, et se traîne péniblement à +0,4 au troisième trimestre. Elle devrait être de... 0,0% (tout rond) au quatrième trimestre.


Et on l'attend à -- royalement -- 0,5% en 2012. C'est avec ça (et 4,2 millions de chômeurs) qu'on va regonfler notre budget national ?

Soyons sérieux.

Année après année, les budgets de la France ont été élaborés comme si le baby boom et les gains de productivité de l'automatisation puis de l'informatisation étaient éternellement garantis. Ce n'est pas le cas. La population vieillit ; les gains de productivité sont désormais marginaux.


Jamais un pays n'est devenu riche en levant des impôts. Mais comme l'absence de croissance ne permet pas d'augmenter les recettes, c'est la seule voie possible. Hélas, partant d'une pression fiscale record, elle deviendra vite insoutenable.


 

Critère de faillite n°4 :

 
Le secteur public pèse trop dans la balance


A cette situation, l'Etat rajoute un handicap bien français : des pans entiers de l'économie qui restent sous contrôle étatique.


Ceci est également mauvais pour la croissance (..)


 

L'arithmétique est implacable : pour se tirer d'affaire, la croissance doit dépasser le déficit ! Dès que la croissance est inférieure au déficit, l'insolvabilité augmente.

Là, je vais devoir vous infliger un peu de mathématiques. Mais le raisonnement est simple... et il est très important.

Imaginez :

- Un ratio dette/PIB aux environ de 80% (la réalité est pire).

- Un déficit de 3% (ce qui est devenu inaccessible -- pour l'instant, on espère déjà réduire le chiffre actuel, qui est de 11%).

- Une croissance du PIB de 3% -- ce qui est devenu un Graal, puisqu'on sait que la croissance de la Zone euro sera inférieure à 1,5%.

Nous partons donc d'un PIB de 100 qui devient 103. La dette (qui valait 80) passe à 83 puisque le déficit vaut 3.

Votre ratio dette sur PIB devient 83 ÷ 103 = 80,58. Ou encore 80,58% comme vous l'avez appris sur les bancs de l'école primaire.

Ces chiffres vous prouvent qu'il faudrait une croissance de l'ordre de 4% (supérieure au déficit de 3%) pour nous tirer d'affaire ! Nous n'avons pas connu une telle croissance depuis 30 ans !!

Et nos problèmes pourraient bien être multipliés dans les mois (voire les semaines) qui viennent...

 

 

Taux d'intérêt : catastrophe en vue...


Jusqu'à présent, nous avons "de la chance" : les créditeurs de l'Etat français ne réclament qu'un taux d'intérêt de 3,5% environ.

Mais ne vous leurrez pas : ça ne va pas durer. Et les conséquences pourraient être catastrophiques.

Si notre taux moyen d'emprunt n'augmentait ne serait-ce que de 0,5% -- c'est-à-dire à 4% --, plus de la totalité des recettes de l'impôt sur le revenu passerait dans la charge de la dette.


Chaque 1% d'intérêt supplémentaire nous coûterait 15 milliards d'euros -- le tiers de la recette de l'impôt sur le revenu.

Faut-il vous rappeler que la situation de la France est extrêmement précaire en ce qui concerne les taux d'intérêt ?

Le 18 octobre 2011, l'agence Moody's a indiqué qu'elle avait la France à l'oeil... et qu'elle pourrait la placer sous "surveillance négative" d'ici début 2012. En règle générale, sauf redressement spectaculaire, la surveillance négative précède de quelques mois la dégradation de la note.


(..) Croyez-moi, la perte de notre triple A n'est plus une vague idée -- c'est une hypothèse dont les journaux parlent de plus en plus. Un tel événement propulserait immédiatement les taux à plus de 6%, comme cela a été le cas pour la Grèce, l'Irlande, le Portugal et l'Italie. Cela nous coûterait donc 30 milliards d'euros !

Il faut en être conscient : la France est un zombie financier, tout juste capable de faire face aux remboursements des intérêts de sa dette, mais incapable d'assumer le remboursement du principal.

Nous sommes déjà financièrement MORTS.


La situation a désormais dépassé le stade auquel elle était politiquement gérable. Nous ne pouvons plus redresser La trajectoire grâce à un effort prolongé collectivement supportable.


Jusqu'au 18 octobre, date à laquelle Moody's a mis sous surveillance la France, les marchés avaient encore les yeux tournés vers l'Irlande, la Grèce, l'Espagne, le Portugal. Nous avions encore un petit temps d'avance. Ce n'est plus le cas.


A présent, la situation va empirer, et surtout, va s'accélérer. Il est plus que temps de réagir et de mettre votre patrimoine à l'abri dans les plus brefs délais.


C'est URGENT -- c'est même une question de mois.


 

31 mars 2012 :
Début du compte à rebours de la faillite ?


Sortie de la Grèce de la Zone euro... aggravation de la situation en Italie... crise bancaire façon Dexia... Si un seul de ces phénomènes se produisait, cela suffirait à faire basculer la situation (et selon moi, ce n'est pas une question de "si", mais bien une question de "quand").


Au fur et à mesure que la contamination se ferait, le processus de défauts en cascade irait en s'accélérant. Après la Grèce, l'Irlande, le Portugal, il y aurait de moins en moins de volontaires pour des plans de sauvetage douteux. Acheter du temps coûtera de plus en plus cher.


Le 25 septembre 2011, le Sunday Telegraph rapportait des "bruits de couloir" du FMI concernant un plan en trois étapes :

- Recapitalisation des banques allemandes et françaises en danger
- Puis grossir le fonds de sauvetage européen FESF
- Puis laisser la Grèce faire défaut

A peine quelques semaines plus tard, la France et l'Allemagne se mettaient enfin d'accord sur la nécessité de recapitaliser les banques, et de passer la capacité du FESF de 400 à plus de 1200 milliards d'euros.


Notez déjà une chose très importante : ce beau plan ne peut voir le jour que si la France conserve son triple A. Car les capacités d'emprunt du FESF ne tiennent qu'à la note de la France et celle de l'Allemagne. Or, en ce qui concerne la France, rien n'est moins sûr.


Je suis convaincue que le début de la campagne présidentielle de 2012 -- qui commence officiellement début avril prochain, pourrait servir de détonateur à cette bombe, dont la mèche est de plus en plus courte.


Eh oui ! Quel politicien aura assez de tripes pour regarder la situation en face ? Prédire la crise, annoncer des mesures d'austérité, inciter la population à se serrer la ceinture... comment se faire élire sur un tel programme ?

Il apparaîtra au grand jour que tous les politiques ont en commun une chose : une impuissance à régler un problème qu'ils ont fait naître et grossir. Ils ne contrôlent plus la situation.

La route vers le redressement financier sera une route vers l'enfer. La démagogie voudra que l'on sacrifie "les riches", c'est-à-dire la classe moyenne.

Et si l'on en juge par la manière dont les choses se sont passées dans d'autres pays, vous pouvez probablement vous attendre à de nouvelles mesures d'austérité... voire un passage sous la tutelle du FMI et de l'Union européenne.

Et tout cela pourrait naturellement s'accompagner de manifestations et de scènes d'émeutes comme on en a constaté à Athènes, en Italie ou à Londres.


Comment saurez-vous que l'engrenage de la faillite est lancé ?


 

Surveillez ces 4 symptômes avant-coureurs


1 - La fin du Triple A

 
J'ai déjà parlé des conséquences d'une dégradation de la note française : elles seraient catastrophiques. Or cette menace se précise. Il faut savoir que...

... un "changement de perspective" conduit une fois sur trois à une dégradation de la note dans les 12 à 24 mois qui suivent.


... une "mise sous surveillance négative" signifie que la note peut se retrouver dégradée dans un délai de trois mois.

Nous sommes au bord du gouffre, et les choses pourraient aller très vite si notre note était abaissée.


Surveillez les communiqués des agences de notation comme du lait sur le feu (..)


2 - Attention aux augmentations de capital de nos banques...

 
Le 22 septembre 2011, une note du FMI chiffrait les pertes potentielles des grandes banques européennes à 200 milliards – 300 milliards d'euros en incluant les banques locales des six pays en difficulté notoire : Grèce, Portugal, Irlande, Belgique, Italie, Espagne.


(Au passage, rappelez-vous que cinq milliards d'euros -- et un trader nommé Jérôme Kerviel -- ont suffi à mettre en danger la finance européenne lors de la faillite de Lehman Brothers).

Les banques seront obligées de se recapitaliser. Mais n'oubliez pas qu'elles seront en concurrence directe avec les Etats sur le marché obligataire, pour lever des fonds qui se font de plus en plus rares.

Là encore, je ne peux que vous conseiller de garder un oeil sur ces augmentations de capital : au moindre signe de difficultés, renforcez immédiatement vos mesures de protection financière.


3 - ... sans parler du placement de nos obligations d'Etat !

 
Là encore, c'est un signal de faillite fort : le jour où le marché rechignera à nous prêter de l'argent en achetant nos obligations souveraines.


Nos dettes souveraines sont détenues à 65% par des étrangers ; nous sommes donc dépendants de leur bon vouloir à continuer d'acheter nos titres -- et donc financer nos déficits.

Or avez-vous remarqué que ces derniers temps, malgré leurs belles promesses, les fonds souverains chinois ou qatari ne sont pas si pressés d'acheter notre papier ?

Si le FESF n'attire pas les foules empressées, cela laisse mal augurer des prochaines levées de fonds de l'Etat français qui est –- répétons-le -– garant du FESF.


4 - Le seuil fatal des 6%

 
Là encore, nous avons vu cela plus en détail il y a quelques lignes. Dès l'instant où le rendement de l'emprunt dépasse les 6%, la situation bascule.

Le seuil a été fatal à la Grèce et au Portugal. Il a plongé l'Italie dans la tourmente. C'est à ce niveau que le point de non retour est officiellement atteint et que l'on appelle le FMI à la rescousse.

Dans notre cas, il en coûterait 30 milliards d'euros supplémentaires.


Nous en sommes à 3,71% à l'heure où j'écris ces lignes. Comme je vous le disais plus haut, les signes de basculement se multiplient. Nous sommes sur le fil du rasoir : restez attentif à tout frémissement à la hausse de cet indicateur extrêmement important

.

Il est vital de vous tenir informé, afin de pouvoir agir rapidement et efficacement en cas de faillite déclarée de notre pays.


Parce que, comprenez-moi bien, les conséquences potentielles sont dramatiques pour vous, votre argent et votre mode de vie. Elles vont au-delà de l'inévitable effondrement du CAC 40, ou même de l'inflation galopante qui s'ensuivrait, laminant votre pouvoir d'achat.

 

Etes-vous vraiment prêt ?


La conséquence la plus immédiate et la plus visible serait bien sûr une augmentation radicale de la pression fiscale. Elle est déjà entamée : si vous êtes fumeur ou si vous buvez des boissons sucrées, vous en avez une petite idée... Sans parler des multiples autres mesures d'austérité qui nous ont été imposées depuis le début de l'année.


Regardez aussi ce qui s'est passé au Royaume-Uni : le pays a augmenté sa TVA de 2,5 points au 4 janvier 2011 pour faire face à son déficit. Nos politiques en parlent déjà eux aussi : "pour arriver aux 40 milliards de recette supplémentaires nécessaires, j'ai la conviction qu'un augmentation de deux points de la TVA s'imposera", estimait le centriste François Bayrou dans Le Point du 11 août 2010.

Augmentation de la TVA, réduction des niches fiscales, recul de l'âge de la retraite, redéfinition du niveau de "richesse" pour augmenter le niveau de taxation des classes moyennes... Je pense que nous pouvons nous attendre à tout cela dans les mois qui viennent.

Nos dirigeants n'auront pas le choix : ce sera l'austérité... ou la Grèce. Je pense même qu'ils pourraient aller plus loin.

 

Le jour où votre épargne sera réquisitionnée


Ce n'est pas inédit. En 1914, par exemple, la Nation en avait appelé au civisme de ses concitoyens pour déposer leur or à la Banque de France afin de participer à l'effort de guerre.

 

Plus récemment, Henri Regnault, professeur d'économie à l'université de Pau, a évoqué l'idée d'un gel des contrats d'assurance vie dans son Journal de Crise numéro 16 :

"La dette souveraine n'est plus gérable en mode 'marché', elle va passer en mode 'administré'. Cela ne sera pas sans conséquence pour votre épargne", explique-t-il.

Une telle mesure aurait deux avantages pour un gouvernement aux abois : nationaliser ce gisement d'épargne et éviter une faillite d'un assureur incapable d'assumer de trop nombreuses sorties. Avouez que c'est diablement tentant !

"Ce ne sont pas tant nos liquidités qui seront rationnées... encore que... si ça tourne vraiment très mal on ne peut pas l'exclure. Mais, plus sûrement, c'est notre épargne longue (assurance-vie, fonds de pension, et bien des formes de placements collectifs aux noms variables suivant les pays) qui risque d'être corralisée, parquée dans des enclos à créances souveraines dont nous ne pourrons sortir qu'à petite dose... une fois tondus [...]", écrit Henri Regnault.

 

Bien sûr, on n'appellerait pas ça une réquisition ou une confiscation. On ferait seulement un "appel au civisme", au "devoir citoyen"... qui consiste à payer pour les années de mauvaise gestion de nos gouvernants.


Vous trouvez que j'exagère, que tout ceci n'est qu'élucubrations anxiogènes ?

Regardez ce qui se passe en Grèce, ou à nos frontières, en Italie et en Espagne.


Voyez la détresse sociale engendrée par des politiques d'austérité drastiques mises en place en catastrophe.


Pensez au taux de chômage à deux chiffres chez les jeunes, au mécontentement qui bouillonne et monte parmi les populations.


N'oubliez pas les bouleversements politiques qui ont également eu lieu (souvent au mépris des règles les plus élémentaires de la démocratie).

Et surtout... gardez en tête les manifestations qui se multiplient partout dans le monde... les grèves qui paralysent la Grèce... les scènes d'émeute et de pillages à Londres.


La France n'en est pas si loin qu'on veut bien nous le faire croire.


Et il vous faut dès maintenant penser à organiser votre patrimoine pour affronter au mieux tout ceci.


Il y a tout de même une bonne nouvelle : il existe...

 

 

Une arme secrète contre le chaos qui menace


Mieux encore : cette arme secrète, vous pouvez vous la procurer aujourd'hui même, simplement et rapidement.

Voyez-vous, dans les temps de crise aiguë, l'avantage va à celui qui possède un atout essentiel -- l'information.

Et plus précisément, la BONNE information, au BON moment.

En matière d'investissement et de préservation du patrimoine, il faut savoir ce qui se passe vraiment... comprendre et décrypter les informations qui arrivent... et parvenir à en anticiper les conséquences pour vous.(..)

 

 

 

Il s'agit tout simplement de miser sur des choses tangibles -- des actifs qui ne s'évaporent pas en temps de crise... et qui sont indispensables au fonctionnement de nos sociétés modernes, ralentissement ou pas. Je veux parler bien entendu des matières premières... mais pas n'importe lesquelles (..).

 

Chronique Agora

 

 

http://a10.idata.over-blog.com/329x500/0/54/09/82/Livres-2/--La-France-en-faillite---de-Philippe-HERLIN.jpg

 

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18 novembre 2011 5 18 /11 /novembre /2011 18:54
Ô toi Milton Friedman, merci pour tous tes bienfaits
Je ne pouvais manquer de répercuter ici un appel qui a été envoyé à des personnalités, politiciens, journalistes, économistes... qui soutiennent le $Y$T€M dont nos pays meurent.


Merci Annie, à qui j'ai emprunté ce texte pour le transmettre à mon tour.

Milton Friedman
Milton Friedman
Tu es mort le 16 novembre 2006. Tu nous laisses des cadeaux magnifiques qui nous font penser à toi tous les jours que Dieu nous donne. Malheureusement, comme nous le rappelle si bien les Tea Party aux Etats-Unis nous n’avons pas su appliquer jusqu’au bout les préceptes si bien réfléchis et pensés par toi, malgré tous les efforts déjà effectués par Ronald Reagan, Margaret Thatcher, Pierre Beregovoy.
Aussi la communauté a pensé, en ton honneur, faire une lettre de remerciement à tous ceux qui t’honorent, pas jusqu’au bout et sans les résultats escomptés, ils sont :
Margareth Thatcher
Margareth Thatcher
Ronald Reagan
Ronald Reagan

Jean Quatremer, Eric Le Boucher, Sophie De Menthon, Laurence Parisot, Jean-François Copé, Michel Godet, Agnès Verdier-Molinié, Alain Madelin, H16, Jean-Michel Aphatie, Hervé Novelli, Laurent Wauquiez, Hugues Serraf, Jacques Attali, Jean-Marc Sylvestre, Franz-Olivier Giesbert, Pascal Salin et Monique Canto-Sperber; liste non close.
Voici la lettre :

Madame, Monsieur,
Vous vous définissez vous-même comme étant de sensibilité « libérale » sur le plan économique et c’est bien évidemment votre droit le plus strict. Vous ne verrez donc pas d’inconvénients à être sollicité afin de répondre à une simple question.
Nous, blogueurs et citoyens de sensibilité de gauche, sommes depuis une bonne trentaine d’années face à votre discours nous assurant que le libéralisme économique – ou néolibéralisme si vous préférez – va être rien moins qu’une promesse de bonheur et de liberté pour tout un chacun, humbles comme aisés, et qu’un passage, certes douloureux, mais que vous nous assurez « nécessaire », par une période de temps plus ou moins difficile où serait mise en place une sévère, mais juste « rigueur » économique, finira, à terme, par porter des fruits dont tout le monde sans exception profitera… Disons le net : nous sommes sceptiques.
Non pas que nous mettions en doute votre bonne foi quant à ces affirmations : votre sur-présence médiatique depuis tant d’années nous a convaincu de votre sincérité. Mais tout de même, tout le monde finit par se demander, à force :
Parce que dans un pays comprenant 8 millions de personnes en dessous du seuil de pauvreté et des salariés pressurés comme des citrons en permanence, et où malheureusement il semble bien qu’une fraction fort malhonnête de personnes trouvent à s’enrichir en se contentant de siéger dans des conseils d’administration, il est quelque peu délicat de percevoir les bienfaits de ces fameux « marchés » que vous défendez pourtant mordicus en dépit du bon sens.
Comme toujours, vous répondrez à cela qu’il faut « poursuivre les réformes » parce qu’on a « pas assez libéralisé » ; mais soyons sérieux : il vous faut clairement admettre que vous vous êtes plantés. Qu’en 30 ans vous n’avez pas été foutus de faire quelque chose de bien. Et que le néolibéralisme n’a conduit qu’une fraction infime de gens très riches à encore plus s’enrichir au détriment de tous les autres.
Notre question sera donc : pourquoi ne pas admettre que votre idéologie est nuisible pour la majorité, que vous vous êtes plantés, et que dans l’intérêt général vis-à-vis duquel vos idées sont objectivement nuisibles, il serait mieux que vous laissiez tomber et passiez à autre chose ?
Dans l’attente de votre réponse, veuillez Madame Monsieur agréer l’expression de nos salutations distinguées.

et nous rajoutons un paragraphe spécialement dédié à ceux-ci :
Pierre Beregovoy, Delors, DSK, Lamy, Valls, la fondation Saint-Simon, Terra Nova, Hollande est en bonne voie, rejoint récemment par les Verts qui font tous les efforts possibles, mais nous en oublions sans doute.

Trop théorique, la démonstration aurait mérité de pointer quelques mesures phares, par exemple la loi n°73-7 du 3 janvier 1973 sur la Banque de France, les lois libéralisant les marchés financiers en France entre 83 et 86, ou le traité de Lisbonne, soit autant d’éléments qui impactent nos vies…
Trop sectaire, curieusement aucun-e politique de gauche n’est cité-e dans la liste. Parce que l’idéologie néo-libérale, il n’y a pas que la droite et le centre, hélas… Nos ami-e-s sociaux-démocrates ont activement participé à l’édification du paradis néo-libéral qui porte les doux noms de la mondialisation, forcément heureuse,du libre-échange sans entrave, ou de l’Europe sociale qui protège.
Pour conclure cette digression, ajoutons qu’en 2012, il faudra non seulement se débarrasser de Sarkozy, de la droite extrême mais aussi de tous ceux qui collaborent à l’ordre néo-libéral…

sur une idée des pas perdus, et de Monolecte.

 

http://bab007-babelouest.blogspot.com/2011/11/o-toi-milton-friedman-merci-pour-tous.html

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16 novembre 2011 3 16 /11 /novembre /2011 19:35
Crise de l'euro: la fin de la France ?
Tribune de Jean-Pierre Chevènement parue dans Les Echos, mercredi 16 novembre 2011.

http://www.marianne2.fr/photo/art/imagette_16_9/939180-1114170.jpg?v=1316522836

http://www.marianne2.fr/photo/art/imagette_16_9/939180-1114170.jpg?v=1316522836

Crise de l'euro: la fin de la France ?
Le sort de la monnaie unique se joue en Italie. Ce pays doit lever 300 milliards d'euros en 2012 à un taux qui dépasse 6 %. Intenable.

Le remplacement d'hommes politiques élus par des technocrates européens non élus, MM. Monti en Italie comme Papadémos en Grèce (à quand M. Trichet à Matignon ?) ne réglera rien.

En effet, les ressources disponibles du Fonds européen de stabilisation financière (FESF), soit 250 milliards d'euros, sont radicalement insuffisantes pour faire face à la montagne de dettes des pays « sous tension » (plus de 3.000 milliards d'euros) et particulièrement au risque d'un défaut italien.

Le fameux « effet de levier » évoqué par le sommet européen de Bruxelles du 24 octobre 2011 pour multiplier les ressources du FESF par cinq a fait long feu : le « véhicule spécial » qui devait embarquer des « émergents » (Chine, Brésil, etc.) pour venir au secours de la monnaie unique est rentré vide du sommet du G20 à Cannes.

Après l'Italie, la France est en première ligne, compte tenu de la forte exposition des banques françaises dans la péninsule.

Le gouvernement français a fait une proposition intéressante : transformer le FESF en banque, pour l'adosser aux ressources théoriquement illimitées de la Banque centrale européenne. C'eût été le seul moyen de casser la spéculation pour, ensuite, relancer la croissance sur notre continent.


Devant le refus allemand, la proposition française a été malheureusement retirée. Ceux qui nous parlent de « saut fédéral » nous dissimulent qu'il débouche sur un espace disciplinaire et une mise sous tutelle que les peuples n'accepteront pas, car les technocrates européens ne pourront pas supprimer les élections En fait, nul ne veut voir que le vice constitutif de la monnaie unique est d'avoir méconnu les réalités nationales : on ne peut pas transférer la souveraineté monétaire de dix-sept pays si différents par leurs structures économiques, politiques et mentales à une Banque centrale indépendante calquée sur le modèle de la Bundesbank allemande. Là est le péché contre l'esprit. Et tant qu'on n'aura pas pris en compte les réalités nationales on ne résoudra pas durablement la crise de l'euro.

Il n'y a aujourd'hui que deux chemins : soit on change l'architecture de la monnaie unique en étendant les prérogatives de la Banque centrale, soit on essaie de rectifier l'erreur initiale en revenant à l'idée de monnaie commune autrefois prônée par Pierre Bérégovoy.

Si la position du gouvernement allemand sur le rôle de la Banque centrale demeure inchangée, nous allons vers une dissociation de la zone euro à laquelle il vaudrait mieux se préparer pour en limiter les effets négatifs et ainsi préserver l'unité du marché européen. C'est le sens de la proposition que j'ai faite d'une mutation de l'euro de monnaie unique en monnaie commune. L'euro redeviendrait ce qu'était l'ECU, c'est-à-dire un panier de monnaies nationales dont les parités seraient périodiquement négociées pour tenir compte des écarts de compétitivité entre les pays. L'euro resterait la monnaie de transaction pour les échanges extérieurs. Les monnaies nationales seraient réservées aux échanges internes. Ainsi, un pôle européen respectueux des nations prendrait forme entre les Etats-Unis et la Chine. Le cours de l'euro serait fixé par les marchés. Il serait sans doute moins surévalué qu'aujourd'hui : cela redonnerait de l'air à la croissance et à l'investissement en Europe.

Le risque majeur pour la France, si l'Italie et l'Espagne devaient reprendre leur liberté monétaire, serait de rester collée à l'Allemagne dans une petite zone euro réduite à un noyau dur - Allemagne, Benelux, Autriche, France, comme le proposaient, en 1994, MM. Schäuble et Lammers.

Ce qui reste de l'industrie française ne résisterait pas à une nouvelle surévaluation de l'euro, conjuguée avec la dévaluation compétitive des pays du Sud. Or, malheureusement, les discours du président de la République (« il faut en tout point imiter l'Allemagne ») aussi bien que le tropisme des européistes benêts au sein du Parti socialiste nous enfermeraient dans ce cul-de-sac historique : la France, ayant abandonné sa base productive, deviendrait un parc d'attractions à l'extrémité du continent eurasiatique, où viendraient se reposer des guerriers économiques fatigués, allemands, chinois, japonais, américains, etc. Elle sortirait de l'Histoire. Je demande fermement que les candidats qui ambitionnent d'exercer la plus haute charge de l'Etat refusent clairement la perspective de cette petite zone euro qui serait tout simplement la fin de la France.

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Source : LesEchos.fr




Mots-clés : allemagne, bce, euro, europe, industrie, italie
Rédigé par Jean Pierre Chevenement le Mercredi 16 Novembre 2011 à 08:14 | Lu 668 fois
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16/11/2011
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16 novembre 2011 3 16 /11 /novembre /2011 15:01
Pourquoi une fin du monde
le 21 décembre 2012 ?.

.

 

Nous nous sommes posé la question de savoir pourquoi était véhiculée l’idée de fin du monde pour le 21 décembre 2012. Tout d’abord nous avons cru qu’il s’agissait d’une date issue du calendrier Maya. Manque de chance, la fin du calendrier Maya se situe le 28 octobre 2011. En somme, nous vivons déjà la nouvelle ère. Le 21 décembre 2012 correspond au solstice d’hiver, soit la nuit la plus longue de l’année. C’est une symbolique d’initié qui n’a rien à voir avec les Maya. Alors pourquoi cette date ?


Au lieu de rechercher des raisons ésotériques, il faut en revenir à plus de pragmatisme. Nous avions évoqué dans Morphéus l’usurpation en 1913 de la souveraineté monétaire US par le cartel bancaire. Fut établi alors un bail de 99 ans, qui remettait le destin de la Réserve Fédérale américaine entre les mains de ces faux-monnayeurs. Or, l’échéance de ce bail se termine le 22 décembre 2012. En clair, le 21 décembre 2012 quand minuit aura sonné, ce sera la fin du monde pour le cartel bancaire privé. Soit il aura mis en place un système mondialisé de contrôle total de la monnaie au-dessus de toutes les banques centrales (type BRI), soit il perdra le contrôle total, libérant enfin la souveraineté monétaire des peuples.


On peut comprendre que des banques à coût de milliards de dollars, lancent des films et séries hollywoodiennes de fin du monde. Sans doute pour rappeler à leurs agents du Nouvel Ordre Mondial que tout peut être perdu le 21 décembre 2012, s’ils ne font pas leur besogne.


Frédéric Morin

http://www.morpheus.fr/spip.php?article175

Fins du monde,début de la rigolade - Stratégie de la diversion - L'info en France

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14 novembre 2011 1 14 /11 /novembre /2011 02:50

La Turquie donnerait-elle le LA ?

La Turquie décide d’évacuer de Syrie les familles de ses diplomates et ses personnels non-essentiels, a annoncé l’agence de presse officielle turque Anatolie. Cette décision a été prise pour des raisons de sécurité, suite à des manifestations violentes qui ont visé plusieurs bâtiments diplomatiques turcs en Syrie, hier soir, ont précisé des sources diplomatiques à Anatolie. La situation prend une tournure des plus inquiétantes dans la région.

 
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Publié par le 13 novembre 2011 in Non classé

 

Les monnaies à venir

Par Menthalo –

Jim Sinclair

Mercredi 9 novembre, Jim Sinclair avait exposé ses vues sur son blog, jsmineset :

« L’or va être réintroduit dans le système monétaire, il n’y a aucun doute à ce sujet. Il va y avoir une monnaie mondiale supranationale fait d’un panier des principales devises avec une sorte de M3 mondiale garantie par l’or. Cette monnaie virtuelle mondiale garantie par l’or ne sera échangée que par des banques centrales. C’est ce qui explique la tendance haussière de l’or depuis 248$ et simultanément la désinformation continue des médias dominants sur la bulle de l’or. »

Jeudi 10 novembre, la compagnie d’exploration aurifère de Jim Sinclair, Tanzanian Royalty Exploration (TNX.to) a été très violemment attaquée en bourse, chutant de 3,58$ à 1,59$, une baisse de 56%, alors que Sinclair dit qu’il n’y a aucun fait pouvant justifier une baisse de l’action.

Mise en garde du Cartel ? … ou problème de « credit crunch » d’un hedge fund ou d’un broker ?


Bob Chapman

Bob Chapman a révèlé il y a deux semaines, ce que des banquiers de très haut niveau, participant aux réunions de la Fed lui auraient confié. La Fed se prépare à imprimer un nouveau Dollar. Le timing pour la sortie de ce nouveau dollar serait pour la fin 2012. Chapman pense plus probablement 18 mois. La vidéo montre un billet de One dollar émis par la Fed et non pas par le Trésor… qui ressemble à l’un de nos billets. La Fed anticiperait que le Dollar ne soit plus une monnaie de Réserve dans 18 mois, peut-être moins. Il vont donc officiellement dévaluer dans un délai d’un an.

Bix Weir

Cette nouvelle monnaie serait une autre monnaie fiduciaire, qui n’aurait rien à voir apparemment avec le Billet de 100 Dollars, que Bix Weir et le Gata annoncent comme une monnaie probablement garantie par l’or.


On peut imaginer que ce billet de 1 dollar soit strictement à usage intérieur, par opposition à un Dollar international (ci-dessus)

Cette monnaie pourrait n’être que temporaire, comme le DM imprimé par l’Allemagne, alors que les plans pour un Euro du Nord garanti par des MP ou MPx sont d’ores et déjà arrêtés. Mais ce DM pourrait être lui aussi qu’une monnaie à usage intérieur, l’Euro du Nord étant, lui, la monnaie internationale.

Pour mémoire, Mercredi 9 novembre, Reuters communiquait que Sarko et Merkel étaient en négociation quant à l’Euro-du-Nord depuis plusieurs mois.

Pour nous, ce n’est pas un scoop. Jim Willie qui en parle depuis deux ans, dit que cet euro serait garanti par l’or, l’argent et le pétrole, évoquant même des accords avec la Russie, dont la monnaie serait garantie par ses immenses réserves de gaz et de pétrole.

Cette divulgation de Reuters signifie que Sarko frappe encore à la porte, alors qu’on l’a déjà jeté par la fenêtre plusieurs fois. La France a trop tendance à vouloir gouverner et elle est trop éloignée des sociétés germaniques. Certains voudraient donc que la France prenne la tête de l’Euro du Sud, ce serait l’euthanasie rapide du contribuable français.

Nouvel article de « Express.co.uk » le 11/11/11 annonçant « la mort de l’euro: complot secret pour détruire la monnaie » qui décrit l’éclatement programmé de l’Euro et un véritable armaguedon bancaire.

http://www.express.co.uk/posts/view/283060

Le point important de cette révélation de Bob Chapman, c’est la CONFIRMATION D’UN TIMING, celui de la violente dévaluation monétaire fin 2012-début 2013 et donc, immanquablement une très forte hausse des métaux précieux durant cette période.
Cette hausse concernera également les matières premières (pétrole, gaz, cuivre, métaux, … et les terres agricoles), qui sont moins faciles à stocker et à négocier. Quant à l’immobilier bâti, la paupérisation des populations devrait amener une réduction de la demande et un abaissement des loyers.

Il est intéressant de souligner, que l’OMC et ses manipulateurs font en sorte d’appauvrir les exploitants agricoles et forestiers, alors même que le prix des forêts s’envole et que le prix des denrées alimentaires va bientôt exploser à la hausse sur les marchés internationaux.

Pour revenir à Jim Sinclair et à l’Or, il est probable que l’or sera un jour réservé aux Banques Centrales. Celles-ci encourageront les particuliers à vendre à cours forcé. Rien de nouveau sous le soleil, c’est un fait récurrent de l’Histoire universelle. Est-ce que cela ne va pas donner plus de valeur encore au Silver, si les investisseurs sont obligés de se détourner de l’or ?

Cette phase néo-communiste n’est pas destinée à durer, il faut seulement réussir à passer un violent orage historique. Alors sortez les bottes et le suroit, préparez-vous à chanter et danser sous la pluie. Soyez dans l’allégresse : « après la pluie viendra le beau temps ».

 
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Publié par le 13 novembre 2011 in Non classé

 

L’immobilier chinois

D’après les confidences faites à la rédaction de LIESI, il n’y a pas qu’un scénario dramatique sur les marchés financiers qui s’esquisse et se réalisera indubitablement. Des sources évoquent également un réel effondrement de l’immobilier dans les grandes villes françaises. Bien sûr, d’aucuns tournent ces informations en dérision et nous avons d’ailleurs préféré ne rien publier sur le blog de ce point de vue. Voilà une traduction qu’un lecteur nous communique pour en faire profiter les visiteurs du blog.

HONG KONG (MarketWatch) — Le prix des maisons chinoises a baissé en septembre, première chute d’une telle ampleur cette année, tandis que les ventes ont fortement chuté pendant le congé de la Semaine Dorée, la semaine dernière, une période qui représente traditionnellement un pic dans les ventes immobilières. La région a émis des rapports citant les données de l’Indice Immobilier Chinois, qui suit les prix des maisons de 100 villes. Ils indiquent que le marché a baissé de 0,03% en septembre. En revanche, si on se réfère à l’évolution sur l’année, le prix des maisons neuves a augmenté de 6,2% en septembre, comparés à la hausse de 6,9% en août, selon l’Indice. Pendant ce temps, les transactions de la Semaine Dorée ont fortement chuté par rapport à l’an dernier, selon le suivi de 20 villes par l’Académie de l’Indice Chinois, citée dans les recherches de Merril Lynch, et de Bank of America. Les ventes ont baissé de 44% par rapport à l’an dernier, tandis que l’ex-hot spot immobilier Shenzhen a enregistré une chute d’activité de 90%, et que Ningbo et Shanghaï ont vu leurs ventes baisser respectivement de 78 et 73%. Cependant, Merril Lynch a mis en garde contre le fait d’accorder trop de crédit à ces chiffres, en disant que « les données ont été clairement déformées, car les ventes de maisons ont explosé en octobre l’année dernière par crainte de l’inflation ».

 
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Publié par le 12 novembre 2011 in Non classé

 

Comment les banques manipulent leurs résultats

La publication des résultats trimestriels des banques françaises est l’occasion de s’arranger un peu avec la vérité des chiffres. Voici un article de Philippe Herlin qui remet les pendules à l’heure… 

Par Philippe Herlin – Les banques françaises publient en ce moment leurs résultats trimestriels, une certaine « opération vérité » se produit sur la dette grecque, dont la valeur est ramenée à son prix de marché. Ainsi BNP Paribas annonce une baisse de 71% de son bénéfice net sur le troisième trimestre, à 541 millions d’euros. Mais le groupe s’empresse aussitôt d’ajouter qu’en faisant abstraction de cet élément exceptionnel, le bénéfice se serait élevé à 1,952 milliard d’euros, en hausse de 2,4% sur le trimestre précédent. Voilà qui semble rassurant. Mais lorsque l’on regarde les comptes plus en détail, on découvre un élément pour le moins étonnant, une « réévaluation de la dette propre » qui concourt aux résultats à hauteur de 786 millions d’euros. Ce mécanisme est couramment utilisé par les banques américaines et européennes, et il est d’une profonde perversité. Expliquons-en le fonctionnement.

Entourloupe

Si vous voulez emprunter de l’argent, vous allez voir votre banquier. Vous empruntez 100, et vous remboursez au cours du temps 100 + les intérêts : logique. Mais une grande entreprise ou une banque peut s’y prendre autrement : elle émet des obligations. Elle émet 100 d’obligations sur le marché, elle empoche donc 100 en cash, et s’engage à verser un coupon (les intérêts) tous les ans et à rembourser les 100 à l’échéance. Ces obligations sont cotées sur les marchés financiers (ce sont les « obligations corporates », d’entreprises), tout comme celles des Etats. Mais si les investisseurs doutent de la capacité de la banque à rembourser les obligations qu’elle a émises, leur prix va chuter. Et l’obligation, au lieu de valoir 100, ne vaut plus, mettons, que 60. Et là commence la stupéfiante entourloupe : la banque a donc émis, et empoché, 100. L’obligation ne vaut plus que 60, elle la rachète à ce prix, et réalise donc un bénéfice net de 40. C’est magique !


Mais en réalité ça ne se passe même pas comme cela. Si le prix de sa dette baisse autant, cela signifie que la banque connaît de graves difficultés, et c’est effectivement le cas depuis la crise de 2008. Les bilans sont remplis d’actifs toxiques et de créances douteuses, et c’est tellement vrai que les banques ne se prêtent plus d’argent entre elles (le marché interbancaire est quasiment bloqué) et se refinancent auprès de la BCE. Conséquence, la banque n’a même pas les moyens de sortir 60 en cash pour racheter sa dette. Pas grave, elle fait « comme si » et inscrit 40 en recettes dans son compte de résultat ! Enorme.

Plus tu perds, plus tu gagnes

C’est comme si la Grèce, constatant que sa dette de 350 milliards d’euros ne cote plus que la moitié sur les marchés, décidait d’inscrire 175 milliards de recettes à son budget. Ca ferait rire tout le monde, et c’est pourtant ce que font les banques américaines et européennes depuis la crise de 2008 pour enjoliver leurs résultats, et accessoirement verser des bonus au passage. Avec ce mécanisme, plus la situation de la banque se détériore, plus elle peut augmenter ses recettes avec de l’argent virtuel. C’est le capitalisme inversé, plus tu perds, plus tu gagnes ! Cette véritable manipulation est bien sûr avalisée par les « normes comptables internationales », et l’on voit une fois de plus comment la collusion entre le big business, les normes étatiques et l’ingénierie financière détruisent le capitalisme de l’intérieur.

Ce procédé devrait être interdit. En réalité, BNP Paribas n’aurait pas dû annoncer un bénéfice de 541 millions d’euros mais une perte de 245 millions d’euros (541 – 786). C’est moins joli bien sûr. Et cela interdit le versement de bonus aux dirigeants. Très embêtant effectivement. Cela veut surtout dire que la situation réelle des banques dans le monde est bien plus grave qu’elles ne le disent. (Source)

C’est une escroquerie institutionnelle

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13 novembre 2011 7 13 /11 /novembre /2011 15:10

 

Exclusivité Wikistrike : mutinerie d’un banquier suisse qui parle pour les peuples…


 

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Il n’existe à mon sens aucune justification pour recapitaliser les banques qui ont des BFI, j’accuse directement Messieurs Oueda, Pennebreau et Prot pour avoir autorisé leurs traders à acheter des bonds grecs et  portugais en lorgnant sur des coupons impossibles à tenir pour ces pays.

On ne peut pas être à la fois contribuable, redevable d’une des impositions les plus sévères au monde et regarder monsieur Pennebreau avec ses 2 millions de bonus annuel faire dans la défiscalisation pour son argent personnel et demander à l’Etat d’emprunter en son nom pour la BNP, la SG ou Casa et faire rembourser le contribuable, le même contribuable devant se justifier pour obtenir un prêt.

Avec la généralisation des titres électroniques, n’importe quelle entreprise peut parfaitement envisager de passer sa trésorerie en Tbill Allemand ou TBill US. Les titres s’échangeant maintenant par tranche de 100 Euro, rien ne justifie l’utilisation des banques. D’ailleurs l’expérience s’est avérée concluante pour mes clients qui envisagent très sérieusement d’y passer aussi. Garantie de paiement, valeur électronique, pas de coût de transaction et de portage, etc…

Les banques françaises sont risiblement au bord du gouffre, leur capacité de se refinancer en USD est très fortement remise en cause (Voir Bloomberg), leur refinancement en euro est de plus en plus cher ( Markit CDS 1Y CSD 2Y +50% ), leur business model est cassé, au lieu de se concentrer sur leur métier de base qui est de prêter de l’argent, elles se sont concentrées sur les outils de levier. Conclusion à part la BNP, les banques françaises sont parmi les plus nulles en Fixed Income dans le monde. Les quants (ingénieurs financiers) formés via Nicole Elkarhoui, Loreli, et désormais les écoles d’ingénieur option fi-mat sont tous axés sur le marché des actions et les produits de corrélation, aucun investisseur n’est intéressé.

Mieux encore, la déferlante de CV de la Société Générale sur le marché, de 2000 CV de calyon, la BFI de casa, montre l’étendue des dégâts à la face du monde. Donc recapitaliser les banques françaises est un non-sens, on sauvera BNP qui reste une banque avec un business model correct et les autres qui se sont fourvoyées disparaitront.

Pour information, la dette française est désormais le premier budget de la nation, la faute aux collectivités en premier lieu, et la faute aux français d’avoir élu pendant trente ans les mêmes personnes incapables de gérer un budget.

30 000 maires continuent de pratiquer le mode de gestion à l’Enarque, être en débit a la fin de l’année sinon on a moins l’année suivante.

 

« Il n’y a pas de paix, pas même relative, il n’y a que des états de transition entre la consommation d’une ressource et sa recherche lorsqu’elle est épuisée. »

 

Le pire reste à venir, toute personne un tant soi peu intelligente a déjà entendu les sirènes du Brésil qui eux rentrent dans leur trente glorieuse. D’un côté la France rentrant dans le chaos, merci à Valéry Giscard d’Estaing pour n’avoir jamais cru a une Europe fédérale, d’un autre côté la Corée du Sud, le brésil et le Venezuela qui vont connaitre leur trente glorieuse…Le Venezuela aussi si les Etats-Unis d’Amérique n’en font pas la « Libye d’Amérique du Sud » pour voler son pétrole…

Maintenant une chose importante.

Exemple de salaires en France (en euro):


Ministre  10000-50000/mois


Chercheur CNRS  3000-5000/mois


Chercheur ENS  4000-6000/mois


Quants  coulant les banques  6000-20000/mois


Salaire Assistante pédiatre Maternelle  2000-2500/mois

 

Salaire des spécialistes Stato réacteur en France   5000-7000/mois (Missile ASMP-2)


Salaire de leur concurrent aux USA   40000-90000 USD/mois

 

Salaire des spécialistes de la sécurité au Ministère des finances (hacké en début d’année)   3500-5000/mois


Salaire du spécialiste de la sécurité DGA-SAN (Secteur Sous Marin nucléaire français)   3000-4000/mois


Salaire du spécialiste de la sécurité du même secteur en Chine converti en Euro (30000/mois), aux USA (15000/mois)

 

Salaires d’un paysan   1000/mois sans subvention

 

Il n’y a pas d’allégeance, il y a simplement un état de fait, la dette française, ce sont les allemands et les américains qui la possèdent. Sans tourner autour du pot, le sacrifice de millions de gens qui ont combattu le III Reich et le grand pardon obtenu ont été souillé par nos élus par leur arrivisme et leur imbécillité. Un comble, lorsque l’on sait qu’un grand nombre d’entre eux ont souffert de la perte d’un grand parent pendant la 2eme guerre mondiale.

Il n’y a pas de paix, pas même relative, il n’y a que des états de transition entre la consommation d’une ressource et sa recherche lorsqu’elle est épuisée. Chaque niveaux de confort rend donc asymétrique les relations entre groupe, une paix s’installe lorsque les niveaux d’asymétrie sont élevés, ainsi on peut comprendre que la France et les pays africains n’ont aucune raison de se faire la guerre, par contre la Russie et la chine qui pillent du bois et les matières premières ont des niveaux de confort plus ou moins symétriques, chose qui dessine les contours d’un conflit inéluctable à long terme.


La France qui a perdu son industrie et l’Allemagne qui a tout misé dessus rentrent tout deux dans une phase d’asymétrie, bien au contraire des relations franco-britanniques se mettant en concurrence. L’Angleterre ayant déjà compris cela a d’ailleurs pris le soin de tirer les premiers, la géostratégie et la géopolitique telles qu’elles sont enseignées à l’ENA et science po sont dépassées par la puissance de l’anglais et des médias.

Voici le côté risible de l’histoire de France de nos jours, 3 hedge found possédant à tout casser 5% de la dette françaises, mais utilisant les fonds d’émirats arabes et autres nabad, mettent à terre le système européen simplement en attaquant la France…


Lorsque L’Angleterre a découvert sa dette, PIIGS a été crée… Les HF anglais s’arment en fixed income avec les meilleurs quants. Les clients des banques découvrent l’arnaque des RMBS et des CDOs. Les banques centrales commencent à encaisser les coups. 450 faillites américaines plus tard, un tas de cendres se répand dans toute la finance mondiale. Naissance des actifs Toxic. Découverte d’une bombe atomique en France, les collectivités locales se sont crues à Wall Street et vous avez 3000 imbéciles de maires qui ont acheté des Produits dérivés de merde (DEXIA, SG, BNP, CALYON, GOLDMAN SACHS, JPM).

Premier procès contre DEXIA (on ne nommera pas le héro national qui a quand même cru bon de demander à un vrai juriste et un audit pourquoi il se fait truffer…). Bloomberg stoppe la cotation des communes car plus personne ne contribue sur ce que peut valoir un emprunt de commune. Explosion des CDS nationaux (plus de contrib = prix libre = c’est la fête pour les Hedge Fund). Tous les Hedge Fund américains et anglais font haro sur l’Europe.


Le maillon faible la Grèce. La cible visée la France… Les français sont la merde de l’Europe trop cons pour s’en rendre compte comme disent les luxembourgeois et un certain J… Début de la campagne de presse des médias anglais (Lobby, Rumeur, Publicité sur les produits de forex…)

Découverte que les medias anglais et leurs journalistes sont intouchables par la justice française par la SG et AMF (Ceci dit, l’AMF c’est tout de même le seul régulateur au monde a autorisé LVMH à prendre 17% du capital de Hermes sans que les seuils de 5%, 10% et 15% ne soient déclenchés sur un marché d’actions. On croyait que l’AMF était capable de détecter des Jérôme Kerviel, ben non, c’est toujours un régulateur de brousse, j’allais dire à technologie africaine pour rigoler, mais je me suis souvenu que l’Afrique du sud a un régulateur correct, ma blague ne pouvait donc pas marcher, j’aurais pu comparer l’AMF a un régulateur de marche ivoirien ou mexicain).


« Il n’y a pas des élus au service du peuple, mais un peuple rendant service à des élus… »

 

La stratégie anti-française commence à payer, CDS1Y sur la France +15% en 1 mois. Arrivé du premier renouvellement de la dette française (Refinancement +2bips). Séparation définitive du spread de la France et de l’Allemagne, naissance de l’Europe à deux vitesses, les préteurs au nord et les emprunteurs au sud…

3 hedge fund anglais sont visés pour fausse rumeur (Affaire classé sans suite)…


2 journaux anglais taclés pour fausse rumeur (Affaire en cours, mais de tout façon, l’AMF sera incapable de faire quoique ce soit, l’annonce sur Bloomberg apparait, le mal est fait, 2 jours plus tard Siemens fait une annonce). Siemens et un tabloïd allemand lance simultanément deux messages (le premier retire 1/2 milliard de la SG, le deuxième lance une cotation EURDEM). Alerte de Moodys/Fitch/SP sur la SG, les agences se penchent sur les banques françaises, c’est le début de la fin. Casa annonce 1800 licenciements de sa filiale BFI Calyon. 2000 CV de la Société General inondent le marché.

En se rappelant que 90% de l’argent français est détenu par 10% de français (Rothschild, Orléans, *cought* cought , j’ai rien dit ), il suffit de faire donnant donnant avec les prêteurs ( on annule l’imposition sur les domaines générant des revenus touristiques de toutes les grands argentiers français ( Rothschild, bourbon, Orléans, etc..) en échange d’un préremboursement haircute a 50%.

Soit donc la dette de la France ramenée a 50%...

Il n’y a rien à comprendre chers compatriotes, sinon que l’Etat (Gouvernement + Senat + Conseil d’Etat + Assemblée nationale) soit donc 3000 personnes en gros, sont à licencier. TOUS. SANS EXCEPTION…

Il n’y a pas de révolution sanglante à faire, ni même écouter les informations et descendre dans la rue, il y a un devoir pour les jeunes d’aller convaincre les retraités et leur parents, que leur vote est soit une alliance entre générations, soit une déclaration de guerre. Cela suppose un grand respect entre chaque acteur de la société.
Les choses anormales qui se déroulent lors des votes, révèlent que le vote anonyme est une tromperie. On vit dans la défiance, dans le mensonge et la manipulation. Ce qui bien sur sert de socle à de nombreux élus, il n’y a pas des élus au service du peuple, mais un peuple rendant service à des élus…

Voici ce qui devrait vous alerter, les votes de personnes mises sous tutelles, les votes de personnes en maison de retraite ne pouvant se déplacer, les votes de retraité conditionné à leur prise en charge par la mairie ou la région.


Ce n’est donc pas un monde des affaires, c’est tout simplement que le système de suffrage universel anonyme permet des dérives trop faciles pour être viable à long terme dans une société corrompue par les budgets.

Vous pouvez rapidement comprendre qu’ un boulanger pourrait avoir du mal à comprendre un budget de financement de sous-marin nucléaire sur 10 ans, présenté comme cela, je pourrais faire reculer la candidature de 99% des français, pourtant personne n’en est moins capable, vous ne feriez pas plus ou moins d’erreur qu’un polytechnicien major de sa promo. La difficulté étant pour le quidam moyen de comprendre qu’un président est de fait et par construction « manipulé ».

On présente à François Hollande des conseils et des avertissements sur la recapitalisation des banques. D’un coté vous avez les banques avec dans leur portefeuille des OAT et des BTANs émis par le trésor français (la dette) et de l’autre l’Etat qui va emprunter pour payer ses coupons aux même banques.

L’Etat français emprunte en distribuant des OAT (emprunt long terme).
Les banques achètent ses tickets OAT (vous pouvez vous aussi en acheter).

Voila un exemple :


François Mitterrand : Emprunt 100 milliard d’EURO. Tous les ans l’Etat se doit de payer 10 milliard d’intérêts. Au bout d’un an, la « grande idée » de Jacques Attali a été d’emprunter à court terme pour payer les coupons et faire fonctionner la planche à billet au bon moment.

Donc on se retrouve avec 100 milliards d’emprunts en 1981, 10 milliards à payer en 1982 mais on emprunte à court terme à 5% (BTAN moins d’un an), donc on paye 10 milliards et on doit rembourser 5 milliards dans l’année suivante…

Donc on refait la manip :

En caisse en :


1981 = 100 milliard (tous les ans faut sortir 10 milliard d’Intérêts)
1982 = -10 milliard IR de 1981+10milliard d’emprunt BTAN 5%
1983 = -10 IR de 1981 – 10.5 BTAN de 82 + 20.5 de BTAN à 5% 83
1984 = -10 IR (81)-20.75 BTAN 83 + 30.75 etc…

2011 = -10 IR (81)-294.32 BTAN 2010 + 300.32 BTAN 2011

Lorsque que c’est trop voyant on fait un coup de planche à billet de la banque de France, on permet ainsi aux banques d’avoir des liquidités pour acheter une nouvelle émission…

Conclusion, nous n’avons jamais rembourser un centime de dette, et maintenant que l’euro existe et que le yuan menace d’être réévaluer, la monnaie de singe de l’Etat français que sont leur OAT,BTF,BTAN etc… se retrouvent avec une valeur de 0, ou en lettres « zéro » si vous préférez, on aura beau dire ce qu’on voudra, ce que l’Etat français est en train de vendre sur les marchés en ce moment c’est la capacité des français à se faire tondre en impôts jusqu’à la mort, et à lancer des pronostics pour savoir combien de temps les français vont attendre pour se révolter. Pour la Révolution française ce fut quand le pain devint trop cher pour les pauvres. RIEN d’AUTRE.

 

Cordialement,

D**.

 

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11 novembre 2011 5 11 /11 /novembre /2011 22:27

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http://www.goubelle.net/5-categorie-10593085.html

 

 

"La clé est sous le paillasson" 

Eric Fry

 

 

▪ Papandréou à Merkel : "la clé est sous le paillasson".

Comme des propriétaires totalement insolvables, les Grecs se soustraient tout simplement à leurs obligations et disent à leurs créditeurs : "c'est à vous".

S'il est vrai que les Grecs ne sont pas encore partis, le Premier ministre Georges Papandréou, lui, est parti aujourd'hui... et c'est là la première étape.

"Attendez un peu !" me direz-vous. "Les Grecs ne sont-ils pas parvenus à faire émerger un accord politique pour sauver le renflouement ce week-end ? Papandréou n'a-t-il pas accepté de se retirer afin de permettre à un gouvernement intérimaire de coalition de garantir le plan de sauvetage de l'Union européenne à 130 milliards d'euros ?"

Réponse : oui, si vous croyez ce que raconte la presse américaine ou européenne ; pas du tout, si l'on en croit la presse grecque... ou si vous écoutez votre bon sens.

 

(..)

 

Papandréou ne s'est pas retiré pour "céder la place au plan de sauvetage". Il s'est retiré pour sortir du champ de bataille. Comme le dit hier le journal grec Ekathimerini, "n'oublions pas ce qui a provoqué l'effort malheureux et paniqué de Georges Papandréou pour se décharger du poids du gouvernement en appelant à un référendum : le besoin de réformes radicales, la colère populaire que cela a provoqué et la violence sporadique de groupes peu importants mais tenaces..."

Personne ne veut être le "candidat de l'austérité". Faire de la politique, c'est distribuer des cadeaux, pas les enlever. Papandréou a bien compris cette réalité et ne veut rien avoir à faire avec elle.

"Ce n'est pas une coïncidence", continue Ekathimerini. "Les deux fois où Papandréou a essayé de rejeter le fardeau gouvernemental, c'était durant les manifestations monstres et les violences qui les ont accompagnées. En juin dernier, au cours du débat parlementaire sur les nouvelles mesures d'austérité -- qui se sont accompagnées de violents affrontements sur la Place Syntagma -- Papandréou a soudain déclaré à Antonis Samaras, leader du parti Nouvelle Démocratie, qu'il démissionnerait de son poste de Premier ministre afin de laisser la place à un gouvernement d'unité nationale.

La seconde fois a eu lieu à la suite des manifestations du 28 octobre et de l'annulation du défilé militaire à Thessalonique, juste après un accord avec nos partenaires européens et le FMI pour effacer une grande partie de notre dette".


Sans surprise, Papandréou a préféré rendre les clés et exaspérer les créditeurs de la Grèce plutôt que de payer et exaspérer son propre peuple.

Publiquement, la plupart des hommes politiques grecs continuent à parler comme si le pays allait continuer à rembourser ses dettes. Mais cela est facile à dire tant que leurs créditeurs continuent à allonger de l'argent frais. Attendons de voir quand la source sera épuisée.

C'est à ce moment que les Grecs s'en iront et qu'ils mettront la clé sous le paillasson.

▪ Mais ne plaignez pas les Grecs. Les "chargés de la saisie" ne peuvent ni les expulser ni rentrer en possession de quoi que ce soit. Les prêteurs auraient dû demander des gages mais ils ne l'ont pas fait. Ce qui signifie que les emprunteurs grecs peuvent "garder leur maison" même après avoir fait faillite, tandis que les prêteurs devront faire une croix sur leurs mauvais prêts... exactement comme pour un défaut sur emprunt immobilier.

Pourquoi alors la Grèce ne devrait-elle pas mettre la clé sous le paillasson ? C'est ce qu'ont fait des millions d'emprunteurs américains depuis l'éclatement de la bulle immobilière. Le capitalisme c'est exactement cela : des échanges libres de capitaux et/ou de services entre adultes consentants. Parfois ces échanges produisent de la richesse et parfois des pertes. C'est cela le capitalisme.

Lorsqu'une banque prête de l'argent à un acheteur immobilier, elle comprend qu'elle recevra soit des intérêts mensuels... soit la maison elle-même. L'emprunteur comprend qu'il doit soit payer des paiements mensuels... soit donner la maison à la banque. C'est le deal. Il s'agit d'un contrat, pas d'une obligation morale.

La finance souveraine n'est guère différente. Lorsqu'une banque prête de l'argent à un emprunteur souverain, la banque comprend qu'elle recevra le paiement des intérêts aussi longtemps que l'emprunteur souverain restera solvable. Après cela, rien. C'est le deal. Il s'agit d'un contrat, pas d'une obligation morale.

Ce n'est pas la faute de l'emprunteur souverain si la banque n'a pas exigé de gage avant d'augmenter le montant du prêt. C'est la responsabilité du prêteur de garantir ses prêts, pas celle de l'emprunteur.

La plupart des Grecs dans la rue sont conscients de cette réalité, c'est pourquoi ils préfèrent la faillite à l'austérité. Clairement, Papandréou est sur la même longueur d'onde, c'est pourquoi il a demandé un référendum national sur le renflouement. Il savait que le peuple voulait mettre la clé sous le paillasson et n'avait aucun intérêt à l'empêcher de le faire.

Mais les banquiers du nord de l'Europe avaient tout intérêt à empêcher les Grecs de rendre les clés, c'est pourquoi ils ont fait pression sur Papandréou pour qu'il annule le référendum. C'est ce qu'il a fait, à contrecoeur... puis s'est retiré.

Cela pourrait être un événement qui "sauvera le plan de sauvetage grec", comme le rapportait la presse américaine. Mais c'est également un événement qui rapproche un peu plus la Grèce d'une faillite inévitable.

 

 

Retrouvez-nous en ligne sur :
http://www.publications-agora.fr
http://www.la-chronique-agora.com

 

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τραγῳδία… tragôidía… tragédie

 

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Les récents épisodes de la tragédie grecque ont eu pour principal effet de mettre en lumière, de révéler la nature profonde, les craintes et ambitions des différents protagonistes qui y ont participé.
  
bild2.jpgD’un côté Angela Merkel et la presse allemande – le journal populaire Bild notamment (voir ci-contre une accroche d’article de ce journal que l’on pourrait traduire par « Vendez vos îles, Grecs ruinés, et l’Acropole par la même occasion ! ») – qui traitent Papandréou et les Grecs avec tout le mépris, le dédain et la condescendance dont ils sont capables.
  
obama-and-sarkozy2.jpgAu centre, se voulant le plus visible possible, le Prince-Président, soufflé d’orgueil et bouffi de suffisance, qui s’auto-congratule et se considère comme un des dirigeants les plus importants de la planète. Convoquant Papandréou pour le morigéner comme on le fait d’un laquais désobéissant, il roucoule comme une colombe dès qu’Obama lui manifeste la moindre attention.
 
dallara-and-barroso2.jpgDans la coulisse, le lobby bancaire, mené par Charles Dallara, directeur général de l’Institute of International Finance, qui s’affaire pour que les décisions politiques cadrent avec ses intérêts
  
Sans oublier tous ceux qui exhortent les Grecs à sortir de l’Union européenne et à abandonner l’euro, rêvant – pour des raisons parfois peu avouables – de précipiter la chute de la monnaie unique.
  
  
Quelques rappels
  
En premier lieu, ne soyons pas trop étonnés par ce qui se déroule aujourd’hui. Ce scénario, nous l’avions envisagé et décrit dès cet été dans deux billets, Les marches d’Odessa et Timeo Danaos. Nous vous proposons de les relire car, rédigés « à froid » avant le déclenchement de la crise grecque, ils sont vierges de l’influence de la pression du quotidien, qui perturbe bien plus souvent l’analyse qu’elle ne l’éclaire.
  
En second lieu, rappelons le deal proposé à la Grèce le 27 octobre par le trio Merkel-Sarkozy-Dallara :

• les banques renoncent, sur la base du volontariat, à la moitié de leurs créances sur la dette publique grecque ;

• un nouveau prêt de 100 milliards d’euros est accordé, sous conditions, à la Grèce d’ici 2014. Les conditions ? Plan d’austérité draconien, privatisations en série et contrôle permanent de la politique budgétaire grecque par une « troïka » composée de représentants de l’Union européenne, de la BCE et du FMI. En clair, une mise sous tutelle économique de la Grèce par des institutions chargées de pérenniser la structure du système financier actuel.

Ceci posé, quels enseignements tirer des événements de ces derniers jours ?
  
  
Un recul démocratique majeur
  
Papandréou, qui voulait faire ratifier par référendum l’accord ci-dessus mentionné, a du bien vite faire machine arrière devant la réaction et les menaces du lobby bancaire et du couple Merkel-Sarkozy (comme le dit servilement Paris Match, « il s’était attiré les foudres des Dieux européens, le président de la République française Nicolas Sarkozy et la chancelière allemande Angela Merkel »). On ne peut dire aujourd’hui si cet accord aurait été ou non ratifié par le peuple, celui-ci n’ayant plus son mot à dire sur des décisions qui vont changer complètement le sort et l’avenir du pays.
  
  
Une première victoire du lobby bancaire et financier…
  

À l’inverse, on peut affirmer qu’une bataille importante a été gagnée par le lobby bancaire dans sa volonté de soumettre le politique à ses intérêts. Le meilleur indicateur a été l’évolution en Bourse des actions des banques : à la hausse lorsque l’accord du 27 octobre a été conclu, elles ont plongé à l’annonce du référendum avant de remonter quand Papandréou a jeté l’éponge.
  
De façon très révélatrice, très significative, la plupart des commentateurs ont présenté cet abandon du référendum comme une bonne nouvelle, un « soulagement », se faisant l’écho d’un Christian Estrosi qui avait jugé le recours au peuple « totalement irresponsable ». Ces réactions montrent à quelle vitesse nous sommes en train de sortir du modèle républicain que nous avons connu pour entrer dans une « démocratie sous contrôle », à la russe ou à la chinoise.
  
  
… en attendant la prochaine
  

Nous en verrons une nouvelle preuve lors des prochaines « crises » qui ne manqueront pas de toucher l’Italie, l’Irlande ou le Portugal… en attendant la France. Dans tous les cas, le discours adressé aux citoyens sera le même que celui qui a été tenu aux Grecs : « tenez-vous à carreau, acceptez ce que nous vous proposons et dîtes merci, sinon ce sera pire encore. »

*        *
*

Lorsque nous avons commencé la rédaction des premiers billets de La Lettre du Lundi il y a près de trois ans, nous nous étions alors définis comme « extrêmement préoccupés par l’évolution que prennent nos institutions, l’économie, les relations sociales et désireux d’offrir aux lecteurs de La Lettre un point de vue et une analyse que l’on ne retrouve pas souvent dans les médias grand public ».
  
Au fil de nos billets, nous n’avons cessé de vous alerter sur ce qui était en train de se préparer : importance croissante des lobbies et, plus particulièrement, du lobby financier ; faillite, mise sous tutelle, voire quasi-disparition des États-nations ; transfert des compétences régaliennes aux TGE (très grandes entreprises) ; accélération du développement des inégalités ; naissance d’une nouvelle aristocratie tirant sa puissance d’une incroyable concentration des richesses ; marchandisation de l’ensemble des activités humaines et de l’homme lui-même ; régressions démocratiques majeures dans les pays occidentaux.
  
Ce qui se préparait est maintenant une réalité. Ce qui arrive aujourd’hui aux Grecs nous arrivera demain, se généralisera demain : ce n’est que la première étape d’un processus qui ne s’arrêtera pas. Pardonnez-nous de nous « auto-citer » une fois de plus mais, pour reprendre l’image utilisée dans Les marches d’Odessa, le landau a commencé sa descente. Pour l’arrêter, il n’y aurait qu’une solution dont la probabilité d’occurrence est quasi-nulle : dynamiter l’escalier.
  
 
Lundi
© La Lettre du Lundi 2011

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11 novembre 2011 5 11 /11 /novembre /2011 17:38
eurogenflor-armee-UE.jpeg
http://euro-police.noblogs.org/gallery/3874/IMG_4537.jpeg
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Rappel. « Je pense que les institutions bancaires sont plus dangereuses pour nos libertés que des armées entières prêtes au combat. Si le peuple américain permet un jour que des banques privées contrôlent leur monnaie, les banques et toutes les institutions qui fleuriront autour des banques priveront les gens de toute possession, d’abord par l’inflation, ensuite par la récession, jusqu’au jour où leurs enfants se réveilleront, sans maison et sans toit, sur la terre que leurs parents ont conquis » Thomas Jefferson (1802)

Fallait oser !


Mettre à la tête de la BCE Mario Draghi, ancien collaborateur de Goldman Sachs, l’institution même qui maquilla les comptes de la Grèce tout en spéculant contre elle, est une putain de riche idée ou une idée de putain riche.

Donner à la maladie le statut du médecin, n’est-ce pas finalement le principe même du vaccin. Se soigner par le virus ?

Et c’est Lucas Papademos, ex-vice-président de la Banque centrale européenne (2002-2010) et ex-gouverneur de la Banque centrale grecque (1994-2002), bras droit de Jean-Claude Trichet qui est pressenti à Athènes comme futur premier ministre.

Et c’est l’économiste Mario Monti, ancien commissaire européen, qui est pressenti comme président du conseil à Rome.

Et c’est le malade, pressenti pour soigner.

Et que les agences de notation dégradent le AAA français et c’est Nabot premier qui bouffe le thermomètre, et qu’elles maintiennent le AAA et c’est François Normal qui se le carre dans l’oignon. Nonobstant le fait que l’on a du bêtement se priver des services programmés d’un brillant patron de FMI, qui se le cala sous l’aisselle pour causes de spéculation précoce.

Trichet président !

Que les marchés, mieux que les peuples, aient chassé du pouvoir Socratès au Portugal, Papandréou en Grèce, bientôt Zapatero en Espagne ou Berlusconi en Italie, montre combien la ploutocratie du crédit revolver revolving est balèze !

Du multipartisme donc au bipartisme de bon aloi, de la coalition à l’union nationale voici venir enfin le triomphe de la pensée unique débarrassée de ses fioritures démocratiques pour l’avènement d’un despotisme éclairé versus BEP comptable.

Il n’y a pas le choix.

Et ce sont les états mis sous tutelle, et les peuples mis sous surveillance et les démocraties mises en parenthèses le temps d’une petite phase totalitaire puissamment glycériné du suppositoire.

Et ce sont tous les Diafoirus de la doxa compétitive, du fascisme bancaire, les techniciens de la calculette titrisée, les experts du subprime visionnaire, fort de leur compétence avérée dans le carnage, qui vont pouvoir à coups de scalpels infectés, charcuter, achever puis autopsier ‘l’état providence’ et bousiller l’ultime potion qui les sauva même du coma.

Bienvenue donc en la dictature financière du pompier pyromane, du médecin légiste, du chirurgien pochtron, sous le regard clinique de Bruxelles, vers un suicide collectif sur ordonnance.

Ou

Comment mourir en bonne santé par la purge et la saignée.

Comment sauver les marchés en saignant les peuples à blanc.

Patientes, patients, chers cadavres citoyens, avalez donc vermifuges et comprimés, mettez à la diète votre bulletin de vote, que votre sang impur abreuve les sillons de l’économie de marché libre et non faussée.

Souscrivez à la thérapie par les plantes des pieds devant.

Rendez vous à la morgue des pseudo-puissants.

Quant au choix des figurants 2012, tapez A, tapez B, si ça vous amuse..

l’appel téléphonique étant naturellement surtaxé pour cause de rigueur.

T
 
 
 
D'autres éléments pour compléter  cette information.
 
  • INDIGNES DE FRANCE  (Un article de Judith Bernard,  journaliste chroniqueuse à Arrêt Sur Image).
Reportage (honteux) sur les (valeureux) Indignés de la Défense.

J’écris dans le RER qui me ramène de la station «Grande Arche de la Défense», où résiste tant bien que mal la mobilisation des Indignés de France. Enfin disons d’Ile de France. Et puis disons esquisse de mobilisation : à peine un commencement, peut-être déjà la fin, et surtout l’impression d’un immense écart, douloureux, pathétique, entre la grandeur du principe, de l’enjeu, du propos, et les dimensions dérisoires de l’événement…

Bref, disons plutôt la vérité : j’écris dans la honte. ( Suite dans le lien ci-dessous)

 
 
 
 
 
 
  • Grèce, Italie : L’Empire européen installe ses nouveaux proconsuls. 9 novembre 2011.     (Un texte du PRCF)
 

Nul ne pleurera la démission acquise ou imminente de Georges Papandréou, le « socialiste » le plus haï des Grecs, ni celle de Silvio Berlusconi, le fascisant milliardaire à scandales que l’oligarchie italienne avait installé à sa tête toute honte bue. Quant au peuple français, il n'a pas les moyens de pavoiser, lui qui a porté à sa tête en 2007 un « président de la République » qui, pour complaire à ses maîtres de la finance, n’a cessé de ridiculiser la France et de violer les principes républicains et constitutionnels…

Mais la méthode utilisée pour chasser les marionnettes « nationales » en place et en mettre d’autres moins usées est significative de la dictature oligarchique de plus en plus cynique qu’est ouvertement l’Union européenne du traité de Lisbonne.

Il aura suffi qu’Angela Merkel, suivie  par son vassal Sarkozy, convoque Papandréou à Cannes, qu’elle humilie publiquement le peuple grec en la personne de son premier ministre, pour que le lamentable président de l’Internationale socialiste qu’est Papandréou (ce que les médias acquis au PS comme France-Inter ne signalent jamais à leurs auditeurs) se couche immédiatement en renonçant à son référendum, pour qu’il démissionne et pour qu’il mette prestement en place un « gouvernement d’union nationale » avec la Nouvelle démocratie (droite) et peut-être même avec l’extrême droite du LAOS : but unique, « sauver l’euro » en étranglant les Grecs et mettre un terme à l’insurrection populaire en marche en tentant d’isoler le PC grec et le PAME, forces principales de la résistance........

Pour lire la suite:  Reportez-vous au document joint.

 

 

Lucien Pons

 

 

COMITE VALMY

L’impossible gestion de l’Euro - Samir Amin

mercredi 28 juillet 2010, par Comité Valmy

Nous relayons cette analyse de Samir Amin avec lequel nous observons régulièrement des convergences de vision stratégique. C’est encore le cas avec cet article dans lequel il préconise la constitution de blocs historiques alternatifs "anti-oligarchiques", objectif qui nous apparait de la même nature que celle de notre démarche d’union du peuple de France.

Fleurus.


 

1. Il n’y a pas de monnaie sans Etat.

 

Ensemble, Etat et monnaie constituent dans le capitalisme le moyen de la gestion de l’intérêt général du capital, transcendant les intérêts particuliers des segments du capital en concurrence. La dogmatique en cours imaginant un capitalisme géré par le « marché », voire sans Etat (réduit à ses fonctions minimales de gardien de l’ordre), ne repose ni sur une lecture sérieuse de l’histoire du capitalisme réel, ni sur une théorie à prétention « scientifique » capable de démontrer que la gestion par le marché produit – même tendanciellement – un équilibre quelconque (a fortiori « optimal »).

Or l’Euro a été crée en l’absence d’un Etat européen, substitut aux Etats nationaux, dont les fonctions essentielles de gestionnaires des intérêts généraux du capital étaient elles mêmes en voie d’abolition. Le dogme d’une monnaie « indépendante » de l’Etat exprime cette absurdité. « L’Europe » politique n’existe pas. En dépit de l’imaginaire naïf appelant à dépasser le principe de la souveraineté, les Etats nationaux demeurent seuls légitimes. Il n’y a pas de maturité politique qui ferait accepter par le peuple d’une quelconque des nations historiques dont l’Europe est constituée le résultat d’un « vote européen ». On peut le souhaiter ; il reste qu’il faudra attendre encore longtemps pour qu’une légitimité européenne émerge.

L’Europe économique et sociale n’existe pas d’avantage. Une Europe de 25 ou 30 Etats reste une région profondément inégale dans son développement capitaliste. Les groupes oligopolistiques qui contrôlent désormais l’ensemble de l’économie (et au-delà la politique courante et la culture politique) de la région sont des groupes qui ont une « nationalité » déterminée par celle de leurs dirigeants majeurs. Ce sont des groupes qui sont principalement britanniques, allemands, français, accessoirement néerlandais, suédois, espagnols, italiens. L’Europe de l’Est et en partie celle du Sud sont dans un rapport à l’Europe du nord ouest et du centre analogue à celui qui commande dans les Amériques la relation entre l’Amérique latine et les Etats Unis. L’Europe n’est guère dans ces conditions qu’un marché commun, voire unique, lui-même partie du marché global du capitalisme tardif des oligopoles généralisés, mondialisés et financiarisés. L’Europe est, de ce point de vue, ai-je écrit, la « région la plus mondialisée » du système global. De cette réalité, renforcée par l’impossible Europe politique, découle une diversité des niveaux de salaires réels et des systèmes de solidarité sociale comme des fiscalités qui ne peut être abolie dans le cadre des institutions européennes telles qu’elles sont.

 

2. La création de l’Euro a donc mis la charrue avant les bœufs.

 

Les politiciens qui en ont décidé ainsi l’ont d’ailleurs parfois avoué, en prétendant que l’opération contraindrait « l’Europe » à inventer son Etat transnational, replaçant par là même les bœufs devant la charrue. Ce miracle n’a pas eu lieu ; et tout laisse entendre qu’il n’aura pas lieu. J’avais eu l’occasion dés la fin des années 1990 d’exprimer mes doutes sur cette manœuvre. L’expression (« placer la charrue avant les bœufs »), qui fut la mienne a été récemment reprise par un haut responsable de la création de l’euro, lequel, en l’occurrence, m’avait fait part de sa certitude que mon jugement était pessimiste sans raison. Un système absurde de ce genre ne pouvait donner l’apparence de fonctionner sans grave accroc, ai-je écrit, que tant que la conjoncture générale demeurait facile et favorable. Il fallait donc s’attendre à ce qui est arrivé : dès lors qu’une « crise » (fut-elle dans un premier temps d’apparence financière) frappait le système, la gestion de l’Euro devait s’avérer impossible, incapable de permettre des réponses cohérentes et efficaces.

La crise en cours est appelée à durer, voire à s’approfondir. Ses effets sont différents, et souvent inégaux, d’un pays européen à l’autre. Les réponses sociales et politiques aux défis qu’ils constituent pour les classes populaires, les classes moyennes, les systèmes de pouvoirs politiques, sont et seront de ce fait différentes d’un pays à l’autre. La gestion de ces conflits appelés à se développer est impossible en l’absence d’un Etat européen, réel et légitime ; et l’instrument monétaire de cette gestion n’existe pas.

Les réponses données par les institutions européennes (BCE incluse) à la « crise » (grecque entre autre) sont de ce fait absurdes, et appelées à faire faillite. Ces réponses se résument dans un seul terme – austérité partout, pour tous – et sont analogues aux réponses données par les gouvernements en place en 1929-1930. Et de la même manière que les réponses des années 1930 ont aggravé la crise réelle, celles préconisées aujourd’hui par Bruxelles produiront le même résultat.

 

3. Ce qu’il aurait été possible de faire au cours des années 1990 aurait dû être défini dans le cadre de la mise en place d’un « serpent monétaire européen ».

 

Chaque nation européenne, demeurée de fait souveraine, aurait donc géré son économie et sa monnaie selon ses possibilités et ses besoins, même limités par l’ouverture commerciale (le marché commun). L’interdépendance aurait été institutionnalisée par le serpent monétaire : les monnaies nationales auraient été échangées à taux fixes (ou relativement fixes), révisés de temps à autre par des ajustements négociés (dévaluations ou réévaluations).

Une perspective – longue – d’un « durcissement du serpent » (préparant peut être l’adoption d’une monnaie commune) aurait alors été ouverte. Le progrès dans cette direction aurait été mesuré par la convergence – lente, progressive – de l’efficacité des systèmes de production, des salaires réels et des avantages sociaux. Autrement dit le serpent aurait facilité – et non handicapé – une progression possible par convergence vers le haut. Celle-ci aurait exigé des politiques nationales différenciées se donnant ces objectifs, et les moyens de ces politiques, entre autre le contrôle des flux financiers, lequel implique le refus de l’absurde intégration financière dérégulée et sans frontières.

 

4. La crise de l’Euro en cours pourrait fournir l’occasion d’un abandon du système absurde de gestion de cette monnaie illusoire et la mise en place d’un serpent monétaire européen en consonance avec les possibilités réelles des pays concernés.

 

La Grèce et l’Espagne pourraient amorcer le mouvement en décidant : (i) de sortir (« provisoirement ») de l’Euro ; (ii) de dévaluer ; (iii) d’instaurer le contrôle des changes, au moins en ce qui concerne les flux financiers. Ces pays seraient alors en position de force pour négocier véritablement le rééchelonnement de leurs dettes, après audit, répudiation des dettes associées à des opérations de corruption ou de spéculation (auxquelles les oligopoles étrangers ont participé et dont ils ont tiré même de beaux bénéfices !). L’exemple, j’en suis persuadé, ferait école.

 

5. Malheureusement la probabilité d’une sortie de crise par ces moyens est probablement proche de zéro.

 

Car le choix de la gestion de l’euro « indépendant des Etats » et le respect sacro-saint de la « loi des marchés financiers » ne sont pas les produits d’une pensée théorique absurde. Ils conviennent parfaitement au maintien des oligopoles aux postes de commande. Ils constituent des pièces de la construction européenne d’ensemble, conçue elle-même exclusivement et intégralement pour rendre impossible la remise en cause du pouvoir économique et politique exercé par ces oligopoles, à leur seul bénéfice.

Dans un article publié sur de nombreux sites web, intitulé « Open letter by G. Papandréou to A. Merkel », les auteurs grecs de cette lettre imaginaire comparent l’arrogance de l’Allemagne d’hier et d’aujourd’hui. Par deux fois au XX ième siècle les classes dirigeantes de ce pays ont poursuivi le projet chimérique de façonner l’Europe par des moyens militaires, chaque fois surestimés. Leur objectif de leadership d’une Europe conçue comme « une zone mark », n’est il pas à son tour fondé sur une surestimation de la supériorité de l’économie allemande, en fait relative et fragile ?

Une sortie de la crise ne serait possible que si et dans la mesure où une gauche radicale osait prendre l’initiative politique de la constitution de blocs historiques alternatifs « anti-oligarchiques ». L’Europe sera de gauche ou ne sera pas, ai-je écrit. Le ralliement des gauches électorales européennes à l’idée que « l’Europe telle qu’elle est vaut mieux que pas d’Europe » ne permet pas de sortir de l’impasse, ce qui exige la déconstruction des institutions et des traités européens. A défaut donc le système de l’Euro, et derrière lui celui de « l’Europe » tel qu’il est, s’enfonceront dans un chaos dont l’issue est imprévisible. Tous les « scénarios » peuvent alors être imaginés, y compris celui qu’on prétend vouloir éviter, celui de renaissance de projets d’ultra droite. Dans ces conditions pour les Etats Unis, la survie d’une Union Européenne parfaitement impuissante ou son éclatement ne changent pas grand-chose. L’idée d’une Europe unie et puissante contraignant Washington à tenir compte de ses points de vue et de ses intérêts relève de l’illusion.

6. J’ai donné à cette réflexion un caractère concis, pour éviter les redites, m’étant étendu sur différents aspects de l’impasse européenne dans des écrits antérieurs :

L’hégémonisme des Etats-Unis et l’effacement du projet européen, section II, 2000

Au-delà du capitalisme sénile, chapitre VI, 2002

Le virus libéral, chapitre V, 2003

Pour un monde multipolaire, chapitre I, 2005

La crise, sortir de la crise du capitalisme ou sortir du capitalisme en crise ? , chapitre I, 2008

Samir Amin est directeur du Forum du Tiers-Monde

07.06.2010 - www.pambazuka.org


Publié par le Comité Valmy le 20 juin 2010

Répondre à cet article

2 Messages de forum

  • 27 juin 2010 21:28, par Jean-Michel DARIOSECQ

    En effet, il semble logique qu’une monnaie unique nécessite une politique monétaire et économique cohérente, donc une direction politique unique et des conditions économiques (productivité, salaires, protection sociale) semblables.

    Or ce n’est pas le cas, l’Allemagne faisant cavalier seul depuis 10 ans (en utilisant ses voisins de l’Est comme sous-traitants sous-payés et leurs immigrés comme sous-salariés) et tous les Etats tirant à hue et à dia.

    Mais attention, c’est un argument qui peut être (et est déjà) utilisé par les européistes qui voudraient renforcer la "gouvernance" supranationale et hors d’atteinte de la démocratie élective. Le contrôle a priori des budgets nationaux par la Commission est un pas dans ce sens !

    A ceux-là, il faut répondre que ce gouvernement financier européen est en réalité impossible avec le traité, qui comme les précédents, ne repose pas sur la coopération mais sur la "concurrence". Officiellement, celle-ci est "libre et non faussée" mais en réalité, elle est volontairement faussée par différents dumpings (social, fiscal, écologique). Et non seulement le traité n’impose pas, mais même il interdit toute harmonisation !

    Une "gouvernance" économico-financière européenne ne serait donc qu’une façon d’imposer des plans d’austérité à tous les peuples, et pour les gouvernements nationaux de se défausser davantage sur "Bruxelles".

    Pour sortir de ce scénario catastrophe, il faut donc d’abord que chaque pays sorte de l’Euro et retrouve la liberté de mener sa propre politique monétaire (en particulier dévaluation de sa monnaie pour rééquilibrer ses exportations), à l’intérieur d’un "serpent monétaire" avec des parités fixes et négociées (et non soumises aux "marchés").

    Ce qui n’empêcherait pas d’avoir, en plus des monnaies nationales, une monnaie commune (mais pas unique) comme l’a été l’Ecu avant l’Euro. Et bien sûr aussi un contrôle des changes, qui ne pénaliserait ni le tourisme ni les vrais échanges commerciaux mais viserait les mouvements spéculatifs.

    De plus, il faut aussi absolument que chaque Etat retrouve, à l’intérieur de ses frontières, le droit d’emprunter à taux d’intérêt zéro à sa propre banque centrale, donc de se passer des banques privées (et des agences de notation). Pour surtout ne pas avoir d’intérêts injustifiés à payer, qui constituent le plus gros poids de toutes les dettes publiques.

    Cette possibilité traditionnelle pour le Trésor d’emprunter à la Banque centrale a été interdite en France par une loi du 03 janvier 1973 (Pompidou président, Giscard premier ministre). Et cette interdiction a été généralisée à toute l’UE par le traité de Maastricht en 1992, puis reprise par les suivants (actuellement article 123 du traité de Lisbonne).

    Finalement, ce n’est donc pas avec des rafistolages qu’on sortira de la catastrophe, mais en sortant à la fois de l’Euro et du traité. Mais comme ce dernier ne peut être modifié qu’à l’unanimité (et que d’ailleurs personne chez les eurocrates n’envisage de le modifier), cela signifie sortir aussi de l’Union Européenne. De profundis.

    Mais quelle force politique aura le courage de proposer ce programme ? Alors que tous les appareils (mais pas les électeurs et pas non plus tous les militants) sont maintenant devenus européistes convaincus (il est vrai qu’avec un siège de député européen qui ne sert à rien mais qui est payé 7000 euros par mois, on ne va pas cracher dans la soupe...).

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