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4 juillet 2009 6 04 /07 /juillet /2009 04:24


publié par
roland (Dazibaouebmaster) Avant-hier 11H42

pfPar Olivier Bonnet (Plume de Presse)


Lumineux article signé Philippe Frémeaux dans Alternatives économiques, titré
Le président et les rentiers. Extrait : "Quel jugement porter sur l’annonce d’un grand emprunt d’Etat ? Disons que cela va surtout permettre de maintenir un haut niveau de dépenses publiques sans être accusé d’être indifférent à la montée des déficits. Mais cela ne change rien au résultat : au lieu d’emprunter sur les marchés, on va s’adresser directement aux Français, mais ce seront les mêmes qui, au final, prêteront à l’Etat. Cette mesure est tout à fait cohérente pour un président de droite qui, depuis son élection, a constamment privilégié les titulaires de hauts revenus.

Nicolas Sarkozy était face à un choix très clair : il aurait pu demander un effort de solidarité aux plus aisés, ce qui aurait permis de financer une hausse des dépenses sociales au profit de tous ceux pour qui la crise ne fait que commencer. Il a choisi au contraire de réaffirmer son opposition de principe à toute augmentation des impôts, et lance un grand emprunt dont on sait qu’il sera souscrit par les plus aisés, ceux qui épargnent de toutes façons une large partie de leurs revenus et qui cherchent aujourd’hui des placements sûrs, ayant été échaudés par la chute de la bourse. On va donc emprunter aux plus riches l’argent qu’on se refuse à leur prélever, un emprunt qui devra être remboursé demain par ceux qui payent l’impôt. Nicolas Sarkozy s’inscrit ici dans la lignée des Pinay, des Giscard, en offrant une rente de plus à ceux qui ne manquent déjà de rien."


Source: Plume de Presse

http://www.dazibaoueb.fr/article.php?art=4698

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29 juin 2009 1 29 /06 /juin /2009 02:05
Lutte contre la fraude fiscale ou main mise sur le système financier international ? 
L’affaire UBS : une acte de souveraineté impériale

WASHINGTON A PARTIELLEMENT RÉUSSI À CONTRAINDRE L’UNION DES BANQUES SUISSES (UBS) À VIOLER LA LÉGISLATION HELVÉTIQUE ET À DÉNONCER SES CLIENTS ÉTATS-UNIENS SUSCEPTIBLES DE FRAUDER LE FISC. MALGRÉ LES APPARENCES, OBSERVE LE SOCIOLOGUE JEAN-CLAUDE PAYE, CETTE MANŒUVRE NE VISE PAS À OBTENIR DES INFORMATIONS, CAR WASHINGTON LES DÉTENAIT PROBABLEMENT DÉJÀ, MAIS À CASSER LA PLACE BANCAIRE SUISSE. L’EMPIRE TENTE D’ÉLIMINER PAR LA FORCE LES « PARADIS FISCAUX » QU’IL NE CONTRÔLE PAS, AU PROFIT DES SIENS QU’IL PROTÈGE. 

PAR JEAN-CLAUDE PAYE*


Lutte contre la fraude fiscale ou main mise sur le système financier international ?

Ce qui importe dans l’affaire UBS, ce n’est pas tant ce qui est dit : une action de l’administration états-unienne contre l’évasion fiscale de ses nationaux, que ce qui n’est pas énoncé, à savoir une opération de réorganisation du système financier international par la puissance dominante. 
Le 18 février, la banque suisse UBS a d’abord accepté, au mépris du droit helvétique, de livrer à la justice américaine le nom d’environ 250 clients qu’elle a aidés à échapper au fisc états-unien. Elle a aussi accepté de verser 780 millions de dollars d’amendes [
1]. Cette liste, l’administration américaine aurait pu l’obtenir en respectant la procédure suisse et l’accord précédemment signé entre la Suisse et les USA. 
Afin de couvrir cette procédure, la Finma, l’autorité suisse de surveillance des banques, a utilisé un article de loi prévu pour des situations où une banque est menacée de faillite. Il s’agissait de court-circuiter la voie judiciaire normale et de livrer, sans attendre, les noms des clients. Le problème était, soit de livrer les données, soit de risquer une plainte pénale du Département US de la Justice en tenant compte que, dans le passé, pratiquement aucune entreprise n’a survécu à une telle procédure.

Cependant, malgré cette remise, la justice américaine est revenue à la charge. Elle exige maintenant qu’UBS livre au fisc l’identité de quelque 52 000 clients états-uniens titulaires de « comptes secrets illégaux ». Les comptes incriminés représenteraient un total de 14,8 milliards de dollars. Ces exigences s’appuient sur une plainte, déposée par l’administration US, devant le tribunal civil de Miami. 
Le 20 février, le Tribunal administratif fédéral de la Suisse a communiqué sa décision d’interdire la transmission des données bancaires des clients d’UBS aux autorités fiscales étrangères [
2]. Cependant, les données de 250 clients d’UBS ont d’ores et déjà été transmises. 
L’avocat d’affaires de Washington, George Clarke, pense que « cette liste de clients était sans doute déjà connue par le fisc américain ». On peut supposer que les États-uniens se font remettre une liste de noms qu’ils ont déjà. L’objectif est moins la mise en oeuvre de poursuites fiscales que d’obliger, la banque UBS et les autorités de régulation suisses, à violer leur propre légalité. Il s’agit ainsi d’un véritable acte de souveraineté internationale, dans la mesure ou Washington a la capacité d’imposer une décision qui viole le cadre légal dans lequel elle s’inscrit. 
La réponse positive d’UBS, ainsi que sa légitimation par les autorités de contrôle helvétiques, placent l’administration états-unienne dans une position qui lui permet de formuler de nouvelles exigences, posées de nouveau en dehors de toute légalité. La souveraineté US se définit ainsi, non seulement, comme capacité à poser l’exception, mais surtout à imposer un état d’exception permanent. 
Cette façon de procéder rappelle la manière dont les États-Unis ont obtenu, des autorités européennes, le transfert des données PNR des passagers aériens [
3], ainsi que les informations financières sur les ressortissants de l’Union. Ils ont d’abord posé un acte de force pure, de capture des informations personnelles, en violation du droit européen. Cet action a été ensuite légitimée par des accords signés avec l’Union [4]. 

Le fait que l’administration états-unienne dispose, à travers le serveur de la société Swift situé sur le sol des Etats-Unis [
5], de l’ensemble des informations relatives aux transactions financières internationales, permet de supposer qu’ils ont déjà, en grande partie, les coordonnées, réclamées à USB, des 52 000 fraudeurs du fisc américain.
Rappelons également que les autorités états-uniennes disposent, grâce à Remotegate, d’une entrée spéciale leur permettant de surveiller les échanges interbancaires internes à la Suisse [
6]. 
Le système de cryptage utilisé par la banque ne pourrait pas non plus résister aux investigations de la NSA, l’agence d’espionnage états-unienne étant particulièrement spécialisée en cette matière. Ce n’est pas, non plus, le langage codé utilisé par les gérants d’UBS, par exemples : « orange » pour euro, « vert » pour dollar, « cygne » signifiant un million et une « noix » 250 000, qui pourrait tromper longtemps un enquêteur. 
Dans leurs dernières exigences, l’essentiel, pour les autorités US, est aussi de se faire remettre les informations en violation des procédures juridiques suisses [
7]. Il s’agit de faire abandonner, à cet État, ses prérogatives régaliennes, afin de les transférer à l’administration états-unienne. C’est d’ailleurs en terme de souveraineté que le Conseil fédéral de la Suisse a réagit ce dimanche 22 février, en protestant contre les menaces américaines de mesures unilatérales et en annulant sa participation à une audition au Sénat états-unien, au sujet des questions fiscales et de l’affaire UBS. Cette nouvelle souveraineté US s’inscrit dans une réorganisation du système financier international qui, à travers la lutte contre la fraude fiscale, distingue les « paradis fiscaux », dont la Suisse ferait partie, des centres « offshore », comme, par exemple, les places financières des Caraïbes. Entièrement contrôlées par les autorités états-uniennes, ces dernières pourraient conserver toutes leurs activités, au détriment de leurs concurrents négativement labellisés. 
Les États-Unis et leur satellite des Caraïbes contrôlent un marché de l’« argent gris » presque égal à celui de la Suisse, puisqu’ils viennent en deuxième position, après la place bancaire helvétique, en matière de gestion des « fortunes transfrontalières » [
8]. Suite à l’offensive états-unienne, la Suisse, qui détient encore le tiers du marché de l’épargne mondiale gérée hors du pays de résidence, pourrait rapidement abandonner le terrain à son principal concurrent.

 Jean-Claude Paye

Jean-Claude Paye est sociologue. Derniers ouvrages publiés : La Fin de l’État de droit, La Dispute 2004 ; Global War on Liberty, Telos Press 2007.



[1] « UBS refuse de lever le secret bancaire sur 52 000 comptes illégaux », Le Monde du 20 février 2009.

[2] Jean-Claude Péclet, « Données UBS aux États-Unis : transmission interdite ! », Le Temps, l2 février 2009.

[3] « L’espace aérien sous contrôle impérial », par Jean-Claude Paye, Réseau Voltaire, 13 octobre 2007.

[4] « Vols transatlantiques : les députés européens s’inquiètent des négociations sur l’échange des données », « Communiqué du Parlement européen à propos des vols transatlantiques » « Nouveau communiqué du Parlement européen à propos des vols transatlantiques », 10 septembre, 1er et 16 décembre 2003.

[5] « Les transactions financières internationales sous contrôle états-unien », par Jean-Claude Paye, Réseau Voltaire, 28 avril 2008

[6] « Les États-Unis ont déjà brisé le secret bancaire suisse », par Élisabeth Eckert, 24heures.ch, 11 novembre 2008.

[7] Agathe Duparc, « La justice américaine ouvre une brèche dans le secret bancaire suisse », Le Monde, le 21 février 2009.

[8] Myret Zaki, « UBS ébranle la place financière », Le Temps, 24 février 2009


http://www.voltairenet.org/article159195.html

5 mars 2009 - http://www.marcfievet.com/article-28648900.html

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20 juin 2009 6 20 /06 /juin /2009 22:24


Et si les banquiers n’étaient pas responsables de la crise ?
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par plash75 - 100%- 2 articles sur C4N - 310 hitsflux de ce reporter Flux de ce reporter flux de ce theme Flux de Economie et Argent

           

J’entends déjà le crissement de quelques plumes acerbes après une simple lecture du titre de cet article. Je me vois désolé de ne pas pouvoir offrir aux farouches anticapitalistes des arguments destinés à achever le modèle économique si durement traité ces derniers temps. Enfin, ceux qui veulent voir chez le banquier un personnage irresponsable, dont l’ambition se détermine par le nombre de zéros sur leurs fiche de paye devraient arrêter immédiatement leurs lecture. Car aujourd’hui, ceux que je pointe du doigt sont les politiques qui ont voulu s’engouffrer dans une politique financière fondamentalement inconsciente.

           

Ainsi, les responsables d’hier seraient ils les juges d’aujourd’hui ? Mon intime conviction est que oui. Après tout, souvenez-vous les promesses de campagne de tous les candidats de l’élection présidentielle en 2007. Ne désiraient-ils pas une France de propriétaires ? Nicolas Sarkozy l’actuel président français a, lui-même, introduit l’emprunt revolving permettant d’emprunter à nouveau au fur et à mesure des remboursements. Ainsi, cet objectif de campagne a été réaffirmé pas plus tard qu’au mois d’avril avec le désir de Christine Boutin, ministre du logement, de « faire de la France une France à 70% de propriétaires ». Or qu’est-ce que cette volonté si elle n’est pas appuyée par le système bancaire ?

           
J’ai pris l’exemple de la France parce que celle-ci entame juste ce processus mais les conséquences de cette politique se sont fait ressentir aux Etats-Unis. Ainsi, c’est bien aux Etats-Unis que c’est le plus développé; les taux variables permettant à l’emprunteur un taux bas en période de prospérité économique. On compte actuellement 4/5 des prêts effectués à taux variable, conséquence du surendettement des ménages. Autre problème que cette politique de propriétaires a crée : le mode de rémunération des intermédiaires entre prêteur et bénéficiaire. En effet, la profession de courtier en prêts immobilier s’est multipliée accélérant ainsi l’ampleur du phénomène : ces courtiers sont payés non pas à long terme mais en fonction des accords contractés. Ainsi, le courtier s’intéresse plus à la somme prêtée qu’à la capacité de rembourser. C’est ainsi que des milliers de propriétaires se sont retrouvés dans une impasse financière ayant acquis un bien qu’ils ne pouvaient acquérir.

           
Les politiques de propriétaires sont aussi à l’origine de l’assouplissement des modalités de remboursement. Qu’elle banque américaine respectait encore avant la crise le principe que seul 1/3 des dépenses du ménage devait être consacré au remboursement de leur dette ou encore l’apport minimum normalement de 10% qu’un emprunteur doit fournir pour obtenir un prêt ?

 

           
Ainsi, on a fait de l’institution bancaire une des responsables de la crise alors qu’elle n’a fait que répondre aux attentes de millions de gens désireux d’une propriété. Pourquoi ? Parce qu’il est plus facile de s’attaquer médiatiquement à une institution qui ne remporte pas toutes les sympathies de la population vue comme trop austère ? Parce qu’il est plus facile de pointer du doigt ceux qui gagnent grâce à la finance dans une société où l’on répugne les gens qui ont de l’argent tout en les désirant ? Ou plutôt parce qu’il est difficile d’admettre nos erreurs : la gourmandise et l’orgueil ?


http://www.come4news.com/et-si-les-banquiers-n-etaient-pas-responsables-de-la-crise-884758


Commentaires :
Que de la propagande vous un membre du N.O.N ???? smilies/angry.gif




Que de la propagande ; je ne pense pas , Laury !
"L'amour de l'argent est une racine de tous les maux " Paul , l'Apôtre.

Mais il est vrai que le contigent des banquiers était très important
au dernier BILDERBERG en Grèce, du 14 au 17 mai, à l’Astir Palace
sur la péninsule Vouliagmeni, à 25 kilomètres d’Athènes,
hôtel de luxe classé 5 étoiles à coup sûr particulièrement propice
à la réflexion de la centaine de Bilderbergers invités de par le monde
pour discuter "de choses et d’autres".
La crise économique a été cette année au programme.
Les débats sont secrets !!!!!!!!!


...
La crise est multifactorielle et tout le monde a sa part de responsabilité :
- les politiciens pour faire des lois qui creusent les inégalités et obligent les pauvres à s'endetter plus que de raison pour acquérir un logement qui leur est inaccessible...
- les gens qui s'endettent pour posséder le minimum au lieu de réclamer leurs droits, et participent à ce jeu de l'endettement
- les banquiers qui créent l'argent lors des crédits et fait donc que l'argent est une dette par nature. Une dette qui nécessite des intérêts dont on se demande quel est leur légitimité... Des intérêts qui obligent à octroyer de nouveaux crédits pour créer plus de monnaie et permettre le remboursement des crédits précédents pour que ce système survive... Donc la nécessité de connaître une croissance exponentielle pour que ce système survive en détruisant la planète... Rien de moins !


...
erreur, il n'y a qu'une crise, elle est fomentée d'en haut : les politiques d'aujourd'hui n'en sont pas, ce sont des laquais au service des grands capitalistes qui sponsorisent leurs életions.



...
Vous savez Chretien du Nord, que l'amalgame entre le politique et la finance est moléculaire au sommet de la PYRAMIDE de l'ordre franc-maçonnique.
Molekular Mischung, comme disent les allemands ! (qualité de mélange : moléculaire)

http://www.come4news.com/ce-qu...e-1-771235
http://www.come4news.com/11-se...mment-6242
http://www.come4news.com/la-pi...ment-27510
http://www.come4news.com/nouve...ment-34798
http://www.come4news.com/le-no...ite-267539
http://www.come4news.com/parti...cle-182316
http://www.come4news.com/lordr...ins-262869
http://www.come4news.com/la-li...2008-69287
http://www.come4news.com/hilla...berg-41824



...
Bonsoir Vautier il est un faite que ce qui était prévue par les"Bilderbergs" pratiquement un an après nous somme en plein dans la réalisation de leurs "veux "
Le nouvelle ordre mondial est bien en marche !!!!! smilies/angry.gif smilies/angry.gif smilies/angry.gif



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13 juin 2009 6 13 /06 /juin /2009 18:08


Le mystère des 134 milliards de dollars saisis
à la frontière suisso-italienne
L'Expansion.com -  11/06/2009 18:23:00 
 

Cette somme inimaginable était cachée dans le double fond d'une valise transportée par deux Japonais, sous forme de bons de la Fed. Authentiques ou pas ?

C'est une somme à peine imaginable : 134,5 milliards - oui, milliards - de dollars ont été saisis la semaine dernière à la frontière entre l'Italie et la Suisse.

Un bon du Trésor est un emprunt émis par l'Etat. Il est à court terme - en général moins de deux ans, et en très grosse coupure. Les bons du Trésor sont achetés par les banques et les courtiers en valeurs mobilières, qui les fractionnent et les revendent ensuite au grand public. Ce sont des investissements sûrs, en raison de la qualité de la signature de l'émetteur. La lettre spécialisée Vernimmen estime que "les investisseurs peuvent y trouver une solution relativement intéressante pour des placements de courte durée".

Comme le révélait la presse italienne ces derniers jours, cette somme, qui comprend notamment 249 bons de la Réserve fédérale américaine, d'une valeur nominale de 500 millions de dollars, mais aussi de divers titres d'une valeur de 1 milliard, était cachée dans le double fond d'une valise transportée par deux Japonais. Ces deux derniers ont été arrêtés. L'information n'a pas été relayée par la presse française, et c'est le blog adscriptum qui, semble-t-il, a évoqué l'affaire le premier avant qu'elle ne se diffuse via Twitter.

Les bons sont-ils authentiques ou contrefaits ? C'est la question à laquelle tentent de répondre actuellement les douanes italienne, qui ont confirmé l'information sur leur site Web. Une enquête est en cours en Italie, en Suisse et aux Etats-Unis. Contactées par LExpansion.com, les douanes italiennes confirment la saisie des documents et assurent que les bons sont en cours d'authentification. S'ils sont authentiques, l'Italie touchera le jackpot : la loi prévoit en effet une amende lorsqu'on tente de faire passer de l'argent illégalement dans le pays, au-delà de 10 000 dollars, et cette amende se monte à 40% de la somme saisie. Dans le cas présent, 38 milliards de dollars. De quoi éponger le déficit public du pays. Si les bons saisis sont faux, en revanche, il n'y aura pas de miracle pour les finances italiennes...  

http://www.lexpansion.com/economie/actualite-economique/le-mystere-des-134-milliards-de-dollars-saisis-a-la-frontiere-suisso-italienne_183110.html



134 milliards de dollars en vadrouille…

Deux ressortissants japonais ont été arrêtés le 3 juin en possession de près de cent milliards d’euros en bons du Trésor américains, à la frontière entre l’Italie et la Suisse. Silence radio, ou presque. Pour l'instant. Comme si cela pouvait froisser d'apprendre qu'on peut encore se promèner avec de telles valeurs en Europe, après le fameux G20…

BonsTrésor-DouanesItal-0609 L’histoire s’est déroulée au poste frontière de Chiasso, dans le Tessin, à une cinquantaine de kilomètres au nord de Milan, sur l’axe international qui relie Milan à Bâle.

Les deux hommes disaient n’avoir rien à déclarer à la douane, mais ont été contrôlés. L’une de leurs valises avait un double fond. Ce communiqué des douanes indique qu’il y en avait pour 134,5 milliards de dollars (10 bons Kennedy à un milliard l'un, et 249 bons de la réserve fédérale à 500 millions pièce). Si les bons saisis s’avèrent vrais (voir ici), l’amende encourue est de 40% de la somme, soit, selon ce qu’indiquent les douaniers, 38 milliards d’euros. Dans leur euphorie — ou leur discrétion — les douaniers italiens n'annoncent “que” 38 milliards, et non pas 38,4, ce qui serait plus proche du pourcentage des 96 milliards d'euros que la saisie valait début juin (l'euro a légèrement baissé depuis deux jours).

L’info pour le moins étonnante a été révélée lundi par Jean-Marie Le Ray, et reprise ici par le site de L’Expansion, qui précise que l’amende épongerait le déficit public du pays.

 

Etrangement, la somme de 134,5 milliards de dollars correspond, à « seulement » cent millions de dollars près, à ce qui restait fin avril dans les caisses du Trésor américain (lire ici le dernier paragraphe), lors de l’annonce du plan d’aide américain au secteur financier, ouvert à six assureurs (Prudential, Lincoln National, Allstate, Principal Financial, Hartford Financial et Ameriprise).

 

Il est étonnant qu’une information aussi insolite reste si confidentielle. Toutes proportions gardées, ça pourrait ressembler à cette affaire de livraison de stupéfiants à domicile : nous étions 150 à 200 personnes (outre les effectifs de police et les familles des personnes concernées) à être informées dès le 12 mai au soir, et il n’est pas sorti une… ligne dans Le Parisien.

F. A.

Note du 12 juin 22h



http://menilmontant.numeriblog.fr/mon_weblog/2009/06/134-milliards-de-dollars-en-vadrouille.html


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13 juin 2009 6 13 /06 /juin /2009 05:09
Vendredi 12 juin 2009
la-chronique-agora.com
La hausse du pétrole et de l'or témoigne d'une volonté de se couvrir contre le dollar

Vendredi 12 Juin 2009

Par Simone Wapler (*)


Un baril au-dessus de 70 $, soit une hausse de 93% depuis le point le plus bas qui date, pour le Brent, de juste après Noël et 57% depuis le début de l'année.

Pourtant, les croissances sont en berne, les productions industrielles aussi et les dépenses des ménages itou.

Rappelons quelques chiffres
En Europe, le PIB 2009 devrait chuter de 5,1% à 4,1%. Les Etats-Unis ne vont pas vraiment mieux avec -5,7%. Et le Japon, pour terminer ce déprimant tour de monde de la croissance négative chère à Christine Lagarde : -4%.

C'est vrai qu'en Chine, c'est mieux, puisqu'on est dans le positif, mais là-bas aussi on en est encore au stade du coup de frein.

La consommation chinoise de pétrole ne compense pas l'affaissement de la demande partout ailleurs.

Du côté des ménages, on se sert la ceinture. Les chiffres du chômage, sont encore plus déprimants que ceux de la croissance négative. Je vous les épargne. M. et Mme Michu ne sont pas soumis aux doux critères maastrichtiens de déficits. Ils savent bien qu'ils ne peuvent pas longtemps dépenser plus que ce qu'ils ont.

La cause de la hausse du pétrole est dans la spéculation
Les contrats à terme sur les matières premières attirent de plus en plus d'argent (de dollars). Les fonds de gestion alternative ne possédaient que 500 000 contrats "longs" ou haussiers à fin 2009. Ils en ont maintenant plus de 800 000.

Pourquoi cette spéculation ?
La baisse des taux directeur ne suffit pas à endiguer la récession. La banque centrale américaine a passé la vitesse supérieure : l'impression de dollars par les mesures de rachat des ses propres obligations avec des dollars surgis du néant.

Cette marée nourrit le rebond boursier mais aussi celui des matières premières. Par contrecoup, le dollar baisse. Il est rapidement passé de 1,25 en mars à 1,40.

Que fait un jeune loup de la finance quand il sait que le dollar va baisser et qu'il a beaucoup d'argent à placer ? Il achète du pétrole.

Que fait un vieux crabe de la finance quand il sait que le dollar va baisser et qu'il a beaucoup d'argent à stocker ? Il achète de l'or.

Vieux crabe ou jeune loup, faites comme vous voulez. L'or noir et l'or jaune ont le même combat : celui de la couverture contre le dollar.

Meilleures salutations,

Simone Wapler
Pour la Chronique Agora

(*) Simone Wapler est analyste, journaliste et ingénieur de formation. Elle a déjà contribué à des publications telles que Le Point, Enjeux, Les Echos, Chart's... Spécialisée dans les valeurs industrielles, les matières premières, les énergies, l'or, les minières Simone Wapler est passionnée par et les investissements "tangibles".
Elle analyse chaque mois le secteur aurifère dans la lettre d'investissement Vos Finances - La Lettre du Patrimoine et elle intervient régulièrement dans l'Edito Matières Premières & Devises ou dans différents rapports d'investissements.

Elle est aussi la rédactrice en chef du magazine
MoneyWeek.

 http://www.la-chronique-agora.com/articles/20090612-1885.html

http://bridge.over-blog.org/article-32564782.html
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13 juin 2009 6 13 /06 /juin /2009 04:16
Dees
 
Les blessures du dollar se rouvrent


Mondialisation.ca, Le 11 juin 2009


« Faites attention aux souhaits que vous exprimez, ils pourraient se réaliser ! » Cet adage s’applique parfaitement à la Réserve Fédérale des Etats-Unis, alors que celle-ci entre dans ce qui pourrait s’avérer être une phase entièrement nouvelle et plus dangereuse de la crise économique et financière qui se concentre toujours sur les Etats-Unis – en dépit du rallye boursier en cours à Wall Street et des espoirs croissants que le pire est à présent derrière nous.


La FED désirait que l’aversion hystérique des investisseurs mondiaux pour le risque n’existât pas, laquelle aversion atteignit son point culminant à l’automne 2008, lorsque les grandes banques de Wall Street s’effondrèrent en envoyant des secousses sismiques sur toute la planète. Après tout, la position des responsables de la FED est que cette crise a été essentiellement déclenchée par des investisseurs en proie à la panique, lesquels ont artificiellement entraîné la valeur des actifs financiers innovateurs de l’Amérique bien en dessous de leur valeur réelle, jetant injustement le discrédit sur des quantités massives de tels actifs, en les étiquetant de « toxiques » !

La FED a cru pouvoir insuffler une nouvelle vie à ces actifs et à l’économie américaine basée sur la bulle des actifs, en ouvrant à nouveau les vannes du crédit et en remplaçant la peur des investisseurs par la confiance – ce qui se traduit inévitablement par un plus gros appétit pour le risque. Un certain appétit pour le risque est à présent de retour. Mais le problème est que le dollar américain n’en tire pas bénéfice. A la place, ses blessures ne font que se rouvrir.

A partir du 2 juin dernier, le dollar a atteint son nouveau nadir de 2009 contre presque toutes les devises majeures, lâchant, rien que ce jour-là, un gros pour-cent contre l’euro, faisant complètement fi de la déclaration du Secrétaire au Trésor, Tim Geithner, lors de sa visite en Chine, selon laquelle les Etats-Unis privilégient un dollar fort. Le 27 mai, la courbe du rendement des Bons du Trésor a grimpé vers un nouveau sommet, alors que la différence entre les bons à deux ans et ceux à dix ans a atteint 2,75%, frôlant même les 2,78% le 2 juin.

Les investisseurs mondiaux, aussi bien privés que publics (les banques centrales), expriment plus fort que jamais leurs craintes croissantes d’être exposés au dollar au-delà du court terme. Ils font également part de l’effondrement de leur confiance en cette devise, en tant que réserve sûre, au-delà du court-terme.

Faisons un bref retour en arrière et regardons cette crise mondiale avec recul. Lorsque la bulle immobilière américaine a commencé à éclater en 2006, des actifs financiers innovateurs intrinsèquement risqués, adossés à du papier hypothécaire, ont fini par être présentés pour ce qu’ils étaient réellement (des actifs « toxiques ») et, à la fin juillet 2007, la crise des subprime désormais célèbre est apparue.

La contagion de toxicité s’est répandue pour infecter pratiquement tous les actifs innovateurs de ce genre, effaçant des quantités phénoménales de richesse et plongeant les banques et autres institutions financières étasuniennes dans la crise et la ruine. Les dégâts et la destruction se sont propagés à l’économie réelle, tandis qu’un grippage sévère et persistant a pratiquement fermé le robinet du crédit à tous les niveaux.

Dans cette tempête grossissante, les investisseurs mondiaux paniqués et qui ont horreur du risque se sont débarrassés de ces actifs et de leurs investissements sur les marchés émergents considérés à risque, et ils se sont massivement réfugiés auprès du dollar, le faisant ainsi monter. La FED et les autres banques centrales ont commencé à dépenser des trillons [un trillon = mille milliards] de dollars dans le but de stabiliser le système financier en train de vaciller et de rétablir la confiance qui s’était complètement effondrée. Toutes ces interventions (qui se poursuivent encore aujourd’hui) ont à peine réussi à sauver d’un krach total le système financier mondial.

Ce qui ne présage rien de bon, les investisseurs mondiaux, bien qu’ils eussent salué le dollar comme monnaie refuge pendant la tempête, se sont rués sur les actifs à court-terme, dédaignant visiblement l’ensemble des actifs à plus long terme libellés en dollar. Ce fait constituait une preuve accablante que la perte bien connue d’attraction stratégique mondiale du dollar en tant que valeur refuge n’avait en aucune manière été résolue. Au contraire, elle est ignorée pour l’instant.

Des blessures qui se rouvrent

Maintenant, tandis que l’aversion au risque s’estompe et que l’appétit pour le risque revient, les investisseurs mondiaux réalisent qu’ils ont vendu un peu vite leurs actifs et leurs investissements non libellés en dollars sur les marchés émergents lorsque la crise s’est intensifiée l’année dernière. Les marchés émergents sont largement considérés comme étant ceux qui sortiront en premier de la crise et les actifs sur ces marchés sont à des prix des attrayants. Par conséquent, les investisseurs vendent maintenant leurs dollars pour racheter ces actifs considérés comme étant de meilleurs refuges que le dollar face au retour inévitable de l’inflation de dollars au-delà du court-terme.

Cela fait monter le rendement sur une multitude d’actifs financiers libellés en dollars, tels que les Bons du Trésor et les bons hypothécaires, et renvoie le dollar vers les plus bas de 2009.

Les indices des marchés émergents et les matières premières montent en flèche tandis que les ressources des investisseurs y affluent à nouveau. La dépense excessive de l’Amérique et ses déficits qui atteignent des sommets, la politique monétaire débridée dans cette crise et l’effondrement de la confiance en la FED qui sera réellement incapable de supprimer une telle politique et l’excès de liquidités lorsque cela sera requis, provoquent l’enracinement profond dans l’esprit des investisseurs qu’une inflation de dollars est à prévoir.

La perception irrésistible des investisseurs mondiaux, que la FED, le Trésor et l’Administration sont en train de perdre le contrôle de la situation fiscale aux Etats-Unis et que l’inflation (plus probablement l’hyper-inflation) devient visiblement inévitable, menace d’infliger des dégâts irréversibles aux finances étasuniennes et au dollar lui-même.

Angela Merkel, la chancelière d’Allemagne, a lancé le 2 juin une mise en garde sévère sur ces positions, une mise en garde remarquable pour sa totale honnêteté et sa violation sans précédent de la règle cardinale de la politique allemande, selon laquelle les politiciens allemands ne commentent jamais la politique monétaire de cette banque centrale. Le fait qu’elle ait rompu cette règle indique que Berlin se sent extrêmement préoccupé par la dangereuse et risquée politique monétaire hyper-inflationniste prise dans cette crise. La Chancelière Merkel a lancé son attaque contre la Réserve Fédérale des Etats-Unis, la Banque d’Angleterre et la Banque Centrale Européenne. Voici ce qu’elle a déclaré :

Ce que les autres banques centrales ont fait doit cesser maintenant. Je suis très sceptique à propos de la portée des actions de la FED et sur la façon dont la Banque d’Angleterre a tracé sa propre ligne en Europe.

Même la Banque Centrale Européenne, d’une certaine manière, a cédé à la pression internationale avec son achat d’obligations sécurisées. Nous devons revenir à une politique monétaire indépendante et sensée, autrement, dans dix ans, nous retournerons là où nous en sommes aujourd’hui.

Le 3 juin, le président de la FED en personne, Ben Bernanke, a lancé une mise en garde en disant que les déficits à long-terme menacent la stabilité financière même des Etats-Unis. Il a ajouté :

Ces dernières semaines, le rendement des bons du trésor à long-terme et des crédits hypothécaires à taux fixes ont augmenté […] Ces augmentations semblent refléter les inquiétudes vis-à-vis des déficits fédéraux importants …

Ensuite, il a quelque peu minimisé le rôle de l’inquiétude des investisseurs vis-à-vis de la dépense américaine, cherchant à attribuer l’envolée record des rendements à d’autres facteurs. Il semble que les responsables de la FED ne veulent pas voir la vérité crue et entière sur le fait que les investisseurs mondiaux sont en train de perdre très vite confiance dans la situation fiscale américaine et dans le dollar.

Dans une veine similaire, Richard Fisher, le président de la Banque de la Réserve Fédérale de Dallas, a lancé une mise en garde le 23 mai contre la monétisation de la dette américaine au moyen de l’achat de bons du Trésor, d’instruments financiers et autres actifs par la FED. Il a prévenu que cette politique risquée rend les investisseurs mondiaux de plus en plus nerveux. De plus, il a prévenu que le défi de la FED consiste à rassurer les marchés sur le fait que la FED ne se rend pas elle-même « la servante » de l’extrême prodigalité fiscale, presque comme si la promesse était suffisante en elle-même. Il a déclaré :

Je pense que l’astuce ici est d’assister le fonctionnement des marchés privés sans signaler d’aucune façon ou d’aucune forme que la Réserve Fédérale prendra part à la monétisation de la largesse fiscale, des déficits et du programme de relance.

Mais les investisseurs tirent exactement cette conclusion alors qu’ils jugent la FED, non pas sur ses propos rassurants, mais plutôt sur sa politique et ses actions plus que jamais risquées. Et avec de nouvelles quantités colossales de Bons du Trésor qui inondent le marché, alors que le Trésor émet des trillons de dollars de nouvelle dette rien que pour cette année fiscale, les investisseurs, avant d’acheter ces actifs, exigent des prix plus bas et des rendements plus élevés sur ces titres.

Selon toute probabilité, la FED devra accroître de façon significative ses propres achats de Bons du Trésor à plus long-terme dans un effort visant à empêcher l’envolée des rendements d’échapper à tout contrôle et d’effacer totalement ses efforts à maintenir une politique monétaire hyper-débridée. Mais une telle manœuvre de dépréciation du dollar (l’émission de quantités encore plus énormes de dollars) ne fera que convaincre un peu plus les investisseurs que l’hyper-inflation est inévitable et, ce faisant, réduira encore plus l’attrait actuel pour le dollar, le tirant immédiatement plus bas.

Il semble certain que la FED ne le comprend pas : ses responsables semblent penser, sans aucun doute, qu’ils peuvent rassurer les investisseurs mondiaux, simplement en réitérant les assurances citées ci-dessus, mais sans changer véritablement et sérieusement de direction. Ils n’écoutent absolument pas la sagesse de la mise en garde d’Angela Merkel et de ceux qui pensent comme elle.

La question est de savoir si les banques centrales qui détiennent déjà beaucoup de dollars, à l’instar de la banque centrale chinoise, accroîtront de façon spectaculaire leur exposition au dollar risqué dans un effort d’enrayer son déclin, afin d’empêcher l’érosion de leurs avoirs actuels.

Prenant en considération le niveau record d’angoisse à propos de leur exposition déjà importante au dollar, il semble hautement improbable qu’ils accroîtront maintenant de façon significative leur exposition, lorsque les risques liés au dollar augmentent de façon spectaculaire. Notez le commentaire du 2 juin à ce sujet de l’organe de presse de l’Etat chinois, le China Daily, dans un article intitulé : « Geithner Vend un Dollar Dévalué » :

Une autre raison à la faiblesse du dollar est la sombre perspective à laquelle sont confrontées les finances publiques des Etats-Unis. Les investisseurs sont inquiets des déficits budgétaires records du gouvernement américain. L’administration de Barack Obama pourrait être obligée d’émettre la somme gigantesque de 3.250 milliards de Bons du Trésor pour combler le trou noir financier d’un tel déficit aussi massif. Cela a toute chance de faire fuir les investisseurs en bons du trésor à long-terme libellés en dollars.

Lorsque les taux d’intérêts sont quasiment à zéro et que les options traditionnelles ont été épuisées, la Réserve Fédérale n’a aucun autre choix que de recourir à un « soulagement quantitatif » et d’acheter des Bons du Trésor. Mais elle gonflera l’offre de l’argent de base et accroîtra ainsi le risque d’une dévaluation du dollar. Bien que la dévaluation du dollar puisse être une bonne nouvelle pour les exportations américaines, elle érodera la confiance de l’investisseur et pourrait même conduire à l’effondrement de l’hégémonie du dollar.

Les investisseurs qui ont de la jugeote sont en train précisément de faire ce que Bill Gross, le fondateur du plus gros fonds obligataire du monde, PIMCO (Pacific Investment Management Company), leur a conseillé le 3 juin de faire. Il a prévenu que les finances américaines se détériorent sérieusement et que les investisseurs devraient rapidement diversifier leurs avoirs en dollars avant que les banques centrales ne le fassent inévitablement. Gross a réduit de façon importante ses avoirs en obligations du gouvernement américain de toutes les catégories au sein de son Total Return Fund, suivant ainsi le propre conseil qu’il a prodigué aux investisseurs mondiaux.

Est-ce le début de la fin de cette bulle ?

Bien qu’elle soit encore naissante, la tendance actuelle consistant à vendre ses dollars pour acheter des actifs solides comporte le risque important de se transformer en une véritable débandade dans un avenir plus ou moins proche. Comment ça ? Comment cette tendance croissante à sortir du dollar pour aller vers des actifs solides pourrait-elle commencer à s’auto-alimenter pour devenir une débandade ?

En supposant que le rallye en cours sur les marchés émergents est pour de vrai, comme l’indique fortement l’évidence, alors, chaque dollar vendu pour acheter dans ce rallye affaiblit un peu plus cette devise. Tandis que les investisseurs surveillent attentivement la valeur du dollar en constant déclin, ils chercheront à se prémunir des pertes en vendant des dollars pour des actifs solides, ce qui ne fera qu’accroître un peu plus l’offre de dollars et affaiblira encore plus cette devise.

Peu d’investisseurs auront les tripes pour faire basculer trop loin le dollar si son déclin s’accélère trop vite ou même s’il reste quelque peu progressif et qu’il ne se redresse pas rapidement. Ainsi, le cycle s’auto-alimente, devenant potentiellement une débandade pour sortir du dollar, faisant courir le risque d’un éclatement de la bulle des Bons du Trésor et une catastrophe pour les finances américaine, alors que les rendements et les taux d’intérêt se renforcent, que s’ensuivra un resserrement monétaire hors de tout contrôle et qu’un arrêt encore plus massif du crédit s’agrippera aux Etats-Unis.

Etant donné qu’une telle richesse est à présent placée dans les Bons du Trésor à court-terme, les investisseurs qui refusent de reconduire leurs avoirs dans de nouveaux Bons du Trésor, mais exigent à la place leur remboursement afin d’acheter autre chose, pourraient placer le Trésor des Etats-Unis dans un sacré pétrin si la tendance actuelle naissante se transforme vraiment en quoi que soit ressemblant de près ou de loin à une débandade.

Ce sera en particulier le cas si les investisseurs mondiaux continuent de refuser d’acheter les Bons du Trésor à plus long-terme, refusant ainsi au Trésor une source cruciale de dollars lui permettant d’émettre les remboursements exigés par les investisseurs qui ne reconduisent pas leurs avoirs dans de nouveaux titres ou de nouvelles obligations.

La vraie question ici, lorsque l’on imagine un éclatement possible de la bulle des Bons du Trésor, est de savoir si le cycle en cours de liquidation des dollars entraînant la faiblesse du dollar s’auto-alimentera jusqu’à un degré suffisant où le déclin du dollar s’accélèrera et deviendra désordonné ou si ce déclin pourra rester plus progressif et plus régulier. La réponse à cette question dépend de la psychologie des investisseurs et des évènements qui pourraient l’affecter.

Si une panique sur le dollar se met en route, alors nous assisterons à une débandade et à un éclatement à grande échelle de la bulle des Bons du Trésor, ainsi qu’à une crise concomitante du dollar, à un effondrement renouvelé des finances américaines et à une dépression économique à grande échelle subséquente.

Par conséquent, les enjeux sont extraordinairement élevés pour les Etats-Unis en ce qui concerne le maintien d’une confiance mondiale dans les avoirs en dollars. D’une certaine façon perverse, la crise mondiale que nous avons déjà endurée, une crise qui a émané des Etats-Unis, a produit exactement ce dont le dollar avait besoin – une aversion extrême pour le risque et une ruée massive vers le dollar. Mais cette devise commence maintenant à perdre la course à l’attrait mondial alors que les investisseurs commencent à se tourner vers les actifs solides. Le dollar peut-il contenir ses pertes et maintenir ce qui lui reste d’attrait pour les investisseurs ? Pourrait-il même refaire ses pertes ?

2009 Global Events Magazine, all rights reserved 

Article original en anglais,
Dollar's wounds reopen, Asia Times, le 5 juin 20009.

Traduction : JFG-QuestionsCritiques

W Joseph Stroupe est expert en prévisions stratégiques et il est rédacteur en chef de la publication en ligne Global Events Magazine 

 


 Articles de W Joseph Stroupe publiés par Mondialisation.ca

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=13953

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4 mai 2009 1 04 /05 /mai /2009 23:56
Un G 20 ou un G 2 ?


Est-ce un G 20 ou un tête-à-tête entre Barak Obama et Angela Merkel ? Car en dépit du cabotinage de Nicolas Sarkozy, des effets d’annonce du Président chinois Hu Jintao, ce sont les Etats-Unis et l’Allemagne qui écrivent la partition.



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Deux conceptions s’opposent sur la meilleure façon de sortir de la crise. Washington parie sur une politique jamais vue de création de monnaie. Tirant le bilan de Grande dépression des années trente où la paralysie du crédit avait précipité dans le gouffre l’économie mondiale, les Américains sortent de l’orthodoxie. La Reserve Federal se lance dans l’achat de bons du Trésor. Le processus fonctionne ainsi : l’Etat fédéral émet des obligations pour financer son déficit et ses plans de relance budgétaire, les banques les achètent mais afin d’éviter que toutes les liquidités disparaissent en assurant les fins de mois de l’état, la Fed rachète ces dettes. C’est un peu comme si lorsqu’on se payait une voiture neuve à crédit, et qu’en plus de fournir le véhicule, le concessionnaire reversait à l’acheteur de la main à la main le montant exact du crédit octroyé.



On comprend qu’une telle mesure qui s’apparente à de la cavalerie était pratiquée dans le passé au coup par coup, pour un temps très bref, lors d’un crash financier par exemple. C’est pourtant à ce type de manœuvre d’urgence que se livre régulièrement depuis près de quinze ans la Banque du Japon, et que vient de décider la Fed pour un montant de 300 milliards de dollars.



Berlin, au contraire, est réticent à ouvrir en gros les vannes de ses déficits publics. L’Allemagne a réussi le tour de force à atteindre l’équilibre budgétaire avant la crise. Cette année, à cause de son plan de relance public de 32 milliards d’euros, son déficit public atteindra 1% du PIB (5.5% en France). Derrière cette parcimonie se cache une obsession germanique. Pour les Allemands, l’hyper-inflation des années vingt en sapant la République de Weimar a ouvert la voie à Adolf Hitler. Or, aujourd’hui, la grande incertitude est l’effet qu’auront à terme les injections massives de liquidités. Reverrons-nous l’inflation une fois la reprise en vue ? Ce pourrait être comme survivre à la peste pour succomber du choléra.



Obama et Merkel ont une vision différente de la crise, pour la bonne raison qu’elle est différente dans les deux pays. L'Allemagne connaît une récession provoquée par un choc extérieur, la chute de ses exportations. Ses banques sont en général saines. Une relance budgétaire aurait donc un effet limité. De grands chantiers sont inutiles, le pays est bien équipé en infrastructures. Le soutien aux victimes de la crise est assuré par un système social mis en place de longue date.



Au contraire, les Etats-Unis sont confrontés à un effondrement provoqué par des déficiences intérieures : l’endettement massif des ménages et de l’Etat. Pour amoindrir le choc, qui se paye en millions de chômeurs, Obama a donc tout intérêt à pousser ses partenaires, notamment européens, à faire tourner la planche à billets. Cela reviendrait à transférer, en quelque sorte, sur les autres économies une partie de la demande perdue aux Etats-Unis.


(par Bruno Birolli)


http://crisevousavezditcrises.blogs.nouvelobs.com/archive/2009/04/02/un-g-20-ou-un-g-2.html

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1 mai 2009 5 01 /05 /mai /2009 21:17



Banque . Plumés, les petits épargnants des Caisses d’épargne et des Banques populaires se battent sans relâche pour récupérer une partie de leurs pertes.

C’était l’affaire du siècle. 2,5 millions de petits épargnants clients des Caisses d’épargne et des Banques populaires se sont laissés séduire par leur conseiller clientèle et ont vidé leur livret d’épargne pour acheter des titres Natixis. Comme Marc, designer retraité, qui avait alors placé 4 000 euros de son Livret A dans l’aventure Natixis. « À l’époque, j’avais confiance en la Caisse d’épargne, qui m’apparaissait comme une véritable institution soucieuse de ses clients. Alors quand mon banquier m’a affirmé que j’allais gagner beaucoup d’argent, je lui ai fait confiance, et encore, je n’ai pas placé tout ce qu’il me demandait. Aujourd’hui j’ai quasiment tout perdu. »

En 2006, les grands actionnaires à l’origine de la création de la banque d’investissement prenaient la décision d’introduire en Bourse les actions de leur filiale au prix de 19,55 euros. Moins de deux ans plus tard, elle subit de plein fouet la crise des subprimes : en raison de sa spécialisation dans des activités risquées liées aux marchés. Et, très rapidement, le titre plonge. Et atteignait hier 1,75 euro, transformant ainsi ce qui devait être un placement rentable en « une véritable spoliation », s’indigne Colette Neuville, présidente de l’Association des actionnaires minoritaires (ADAM). « Il s’agit d’une injustice majeure, dans le sens où de très nombreux épargnants comptaient sur cet argent pour compléter leurs petites retraites, effectuer des travaux ou tout simplement payer les études de leurs enfants », développe-t-elle.

Un scandale qui pourrait agiter l’Assemblée nationale des actionnaires de Natixis qui se tient cet après-midi à la Défense à Paris. Pour exprimer leur colère et obtenir des réponses, les actionnaires minoritaires aidés par les associations franchissent pas à pas le parcours du combattant pour obtenir les documents nécessaires afin de se rendre à l’AG ou bien de s’y faire représenter. Toutefois, Colette Neuville est sans illusion : « De toute façon, même si nous sommes quelques milliers à nous rendre à l’assemblée générale, avec la part de capital détenu par les deux grands actionnaires de référence que sont les Caisses d’épargne et les Banques populaires, toutes les résolutions seront votées haut la main. D’autant que toutes les questions de fond, comme la fusion entre les deux caisses ou la nomination de François Pérol à la tête du nouvel attelage, ne sont pas à l’ordre du jour. »

Alors les associations de petits épargnants tentent des actions en justice. Fin février, l’ADAM a déposé une plainte contre X pour « diffusion d’informations trompeuses, présentation de comptes inexacts et répartition de dividendes fictifs et la présentation de faux bilan ». L’objectif est de faire faire le point sur « tout ce qui s’est passé dans cette banque depuis qu’elle a fait appel au public et obtenir des réparations ». Par exemple, la présidente de l’ADAM pense que les deux groupes à l’origine de l’escroquerie « devraient reconnaître une dette envers leurs clients de l’ordre de 10 euros par action vendue ». Dans la foulée, une autre plainte a été déposée fin mars par l’avocat Frederik-Karel Canoy au nom d’une « centaine d’actionnaires ». Elle vise les chefs d’abus de confiance, d’abus de biens sociaux, d’escroquerie, d’informations trompeuses, de publication de faux bilan, de faux et d’usage de faux ainsi que les chefs de complicité et recel de ces infractions.


Clotilde Mathieu


http://www.humanite.fr/2009-04-30_Politique_Chez-Natixis-les-petits-actionnaires-se-rebiffent


http://panier-de-crabes.over-blog.com/article-30889082.html

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30 avril 2009 4 30 /04 /avril /2009 06:50



Mercredi 29 avril 2009
L’arrêté du 24 avril 2009 a été publié ce jour au Journal Officiel de la République Française. Il fixe, à la baisse, le taux de rémunération des livrets de l’épargne réglementée pour les 3 mois à venir.

C’est désormais tous les 3 mois que le gouverneur de la Banque de France peut proposer à Bercy de nouveaux taux d’intérêts pour les livrets, en fonction de l’inflation et des marchés monétaires.

La décision appartient toutefois au ministère qui a décidé, cette fois-ci encore, de ne pas descendre les taux aussi bas que le résultat de la règle de calcul automatique.

 

Ainsi les taux, déjà en baisse en février 2009, seront abaissés à compter du 1er mai 2009, l’inflation annuelle étant à 0,30% et les indices Euribor et Eonia oscillant entre 1% et 1,6% (voir graphique).

 

Les taux à compter du 1er mai 2009 Le Livret A, Livret Bleu et Livret de Développement Durable (LDD, ex-Codevi) passent d’un taux de 2,50% à 1,75%.

 

Le Livret Épargne Populaire (LEP) passe de 3% à 2,25%.

 

Le Compte Épargne Logement (CEL) passe de 1,75% à 1,25%.

 

Le Livret Épargne Entreprise (LEE) passe de 1,75% à 1,25%

 

Ces taux constituent le plus bas niveau de rémunération jamais atteint.

Mercredi 29 avril 2009
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28 avril 2009 2 28 /04 /avril /2009 03:55


http://bridge.over-blog.org/article-28963695.html

 
Que sont les paradis fiscaux selon l'OCDE ?


Un paradis fiscal est une juridiction imposant peu ou pas d'impôts sur les revenus de capitaux et qui présente en plus l'une des trois caractéristiques suivantes : un manque de transparence, un refus de fournir des informations aux autorités étrangères et l'impossibilité d'établir des entreprises fictives. La caractéristique première de ces pays est d'être sous-réglementés en matière financière, de coopération administrative internationale et de prévention, mais aussi au niveau de la détection et répression du blanchiment de capitaux.

 

Les dix critères pour reconnaître un paradis fiscal


Ils permettent d'établir une liste d'environ 80 territoires considérés comme des paradis fiscaux actifs :

  • Une taxation faible ou nulle pour les non-résidents, alors que les habitants de ces territoires n'ont pas ces avantages fiscaux
  • Un secret bancaire renforcé : confidentialité des opérations financières. Comme tous les établissements bancaires, ils ne donnent pas d’informations à propos d'un de leurs clients à un autre client mais ils se distinguent aussi par le fait qu'ils sont obligés, de par leurs lois, de ne pas révéler l'origine, la nature et le nom de leurs clients à leur propre gouvernement; c'est ce qui en fait un paradis pour les fraudeurs du fisc et le blanchiment d'argent criminel
  • Un secret professionnel étendu : contrôle accru du respect de la confidentialité concernant les clients de professions très diverses (avocats, comptables, employés...) même quand leurs clients violent les lois des territoires étrangers.
  • Une procédure d'enregistrement relâchée : les entreprises qui souhaitent s'enregistrer ont une liberté relative aux informations qu'elles doivent donner, leur permettant de dissimuler l'Identité véritable des actionnaires.
  • Une liberté totale des mouvements de capitaux internationaux 
  • Une rapidité d'exécution : implantation d'une entreprise en un temps record
  • Le support d'un grand centre financier : ils sont sur des territoires où les NTIC sont développées, ce qui permet à l'argent de transiter facilement et donc de ne pas rester dans les paradis fiscaux.
  • Une stabilité économique et politique 
  • Une bonne image de marque : l’image ne doit pas être associée à l'idée de corruption ni de blanchiment...
  • Des réseaux d'accords bilatéraux : signatures de conventions avec les grands pays permettant d'éviter une double taxation des filiales des entreprises.

 

Alors qu'est-ce qui a permis l'essor des paradis fiscaux et quel est leur rôle dans la mondialisation ?

 

Nous vous présenterons la place de ces paradis dans l'économie actuelle, leur histoire et les politiques engagées pour lutter contre (ces derniers).

 

I) Au cœur de la mondialisation


 
A) L'ampleur du phénomène

 

L'image des paradis fiscaux est souvent associée au crime, à la fraude fiscale, mais ils font aussi partie intégrante du fonctionnement du capitalisme d'aujourd'hui. 

Le FMI, en 1994, a publié une étude montrant que les paradis fiscaux voient passer environ 50% des flux financiers internationaux, que l'on considère l'actif (prêts et détentions d'actions et d'obligation) ou le passif (dépôts et émissions d'actions et obligations. Les paradis fiscaux représentaient mi-2006 environ la moitié des activités internationales des banques).

Concrètement, quand une banque fait un prêt à l'international, la moitié se dirige vers un paradis fiscal. On estime la masse d'actifs dissimulés à 10 000 milliards de $.


Qu'est ce qu'une place offshore?
 

Le terme offshore est utilisé pour désigner la création d'une entité juridique dans un autre pays que celui où se déroule l'activité, afin d'optimiser la fiscalité (paradis fiscal) ou la gestion financière des capitaux ou, plus récemment, des activités de service (achat, développement, informatique etc...)

 

Les places offshores se répartissent de la façon suivante: 40% à Londres, 30% en Autriche, en Suisse et en Irlande et 30% aux Iles Caïmans dans les petites îles.

 Londres est un paradis fiscal au-delà du fait que ce soit une place très attractive car le territoire offre un service de qualité et est compétitif en la matière.

Londres a réussi à s'imposer comme le premier centre financier international en ouvrant dès 1957 le chemin à la finance offshore contemporaine par la création du marché des eurodollars. 

La surreprésentation des banques étrangères à Londres en est l'illustration : elles détiennent environ 50% des actifs totaux détenus par l'ensemble des banques présentes sur le territoire britannique (contre 20% aux USA et 10% en France). Une étude de 2006 confirme la stratégie agressive de Londres en matière de sous-réglementation pour l'enregistrement des entreprises afin de les attirer. 

Le rapport Peillon-Montebourg de 2001 montre que Londres affiche tous les comportements d'opacité des transactions financières, y compris dans la mauvaise volonté de coopération avec les magistrats étrangers. Si on y ajoute les centres financiers offshores des pays développés, on obtient une image des paradis fiscaux très différente de celle traditionnellement vue des petites îles exotiques (dont les îles les plus importantes appartiennent d'ailleurs au Royaume Uni).

Par rapport aux investissements étrangers, 1/3 des IDE des Firmes Multinationales (FMN) sont en direction des paradis fiscaux. Et pour lutter contre cela, fin 2004, le président G.W Bush a accordé une amnistie fiscale (taux d'imposition de 5,25% au lieu de 35% d'un an aux FMN qui, cachant une partie de leurs profits aux paradis fiscaux, souhaitaient les rapatrier aux USA; de ces rapatriements la majorité venaient de Suisse, du Luxembourg et de Hollande). 

Etonnant de voir que les îles britanniques et celles des caraïbes rassemblées ou les Bermudes seules reçoivent plus d'IDE que la Chine !

De même, 30% des IDE de l'Union Européenne vont vers les paradis fiscaux, ainsi qu’1/3 des IDE français. Les FMN se servent des paradis fiscaux pour établir des filiales qui vont aller investir ailleurs. Elles sont peu taxées par définition et ce sont elles qui feront des profits tandis que leurs propres filiales, sur les territoires initiaux, en feront peu. 

Par exemple, les IDE qui arrivent en Chine n'ont pas pour premier investisseur les USA ni l'Union Européenne, mais Hong-Kong et les îles vierges britanniques. Or dans ces îles vierges, il n’y a pas une seule entreprise. En réalité, ce sont les FMN qui passent par Hong-Kong et ces îles pour avantager la taxation des IDE. 

 

B) Paradis Fiscaux et argent sale

 

Qu'est ce que le blanchiment d'argent? 

C'est un élément des techniques de la criminalité financière. C'est l'action de dissimuler la provenance d'argent acquis de manière illégale (spéculations illégales, activités mafieuses, trafic de drogue, d'armes, corruption…) afin de le réinvestir dans des activités légales (par exemple la construction immobilière…). C'est une étape importante, car sans le blanchiment, les criminels ne pourraient pas utiliser de façon massive ces revenus illégaux sans être repérés.

En amont du blanchiment il y a toujours une infraction sous-jacente, c’est-à-dire une activité dont le revenu est considéré comme de l'argent sale (prostitution, vente illégale de médicaments, trafic de drogue, corruption, détournement de fonds...). 

 

L'argent sale, par définition, est très dur à mesurer. Il était estimé à 1500 milliards de $ en 2005 avec une croissance de 4% par an. Le montant d'argent blanchi représente 2 à 5% du PIB mondial (FMI).

Aujourd’hui les paradis fiscaux cherchent à conquérir d'autres secteurs d'activité où la confidentialité, la faible imposition, l'anonymat et le contrôle réglementaire relâché peuvent servir. 

Ex : Internet (commerce électronique).

Ainsi, les Bermudes ont même inventé en 2000 un code de conduite pour les transactions électroniques, offrant sécurité et confiance aux fournisseurs et aux utilisateurs du e-commerce, comme le sexe en ligne, les jeux, les paris, et les pavillons de complaisance (pavillon et bateaux...).

 

 

II) L’Histoire des paradis fiscaux

L'Histoire des PF est remplie de légendes. 

Ainsi les banquiers suisses veulent nous faire croire qu'ils ont fait du secret bancaire un sanctuaire inviolable pour protéger les avoirs juifs contre les nazis pendant la guerre alors qu'il s'agissait surtout de protéger leurs profits. 

D'autres économistes libéraux avancent une idée selon laquelle les paradis fiscaux sont le fruit de la montée de la pression fiscale liée à la constitution de l'Etat Providence après la seconde Guerre Mondiale, alors que les caractéristiques propres des paradis fiscaux sont nées en réalité à la fin du 19e siècle. 

Même chez les Grecs ou dans l'Empire Romain on trouvait la dissimulation d'actifs financiers dans l'objectif de les faire échapper à l'impôt.

Il y a aussi la façon dont les prêteurs du Moyen-âge ont inventé les techniques de dissimulation permettant de se faire payer des intérêts dans un environnement religieux qui ne le permettait pas. 

Plus tard, en 1673, les mesures de Colbert, ont consisté à désigner un lieu à un commerçant pour stocker des marchandises qui étaient destinées au marché local ou national sans payer d'impôts.

En 1792, Alexander Hamilton, le Premier Ministre des finances des USA a défini une politique publique de soutien au développement industriel dont l'un des éléments consistait à attirer les investissements étrangers en leur proposant déjà des avantages fiscaux.

Plus près de nous encore, le prince Charles III de Monaco autorisa les jeux dont les recettes du casino permirent à la principauté de supprimer l'impôt sur le revenu dès 1869. 

La naissance du paradis fiscal va de pair avec la naissance des Etats-Nations lorsque les gouvernements ont édicté des lois leur permettant de définir leur territoire au sein de frontières strictement limitées (fin 19e). Au même moment se développait une mondialisation économique marquée par une forte mobilité des capitaux.

 

  A) L'émergence de l'offshore : 

 

La construction des caractéristiques de cet espace fictif s'étale sur plusieurs décennies.  Cela commence à la fin du 19ème siècle, aux USA, au moment où le gouvernement a tenté d'imposer des mesures fiscales aux entreprises.

Un avocat de New-York propose alors un plafonnement des impôts à toute société qui viendrait s'installer dans l'Etat du New-Jersey. Cette mesure aura du succès et sera reprise. 

Cet Etat Américain a bâti le premier pilier des paradis fiscaux : la possibilité d'attirer des entreprises uniquement pour des motifs fiscaux.

Par la suite, dans les années 20's, Le Royaume-Uni permit l''enregistrement fictif des entreprises pour des raisons fiscales .

Enfin, la loi bancaire Suisse de 1934 rendant inviolable sous peine de poursuites pénales le secret bancaire contribua à l'émergence des paradis fiscaux. 

En effet, après la Première Guerre Mondiale, les débuts de l'imposition en Europe continentale, les contrôles des mouvements de capitaux en vigueur, la liberté des changes en Suisse et la confidentialité de ces banquiers attiraient de plus en plus de capitaux. (De ce fait), la Suisse devint alors un refuge fiscal. 

Le fait que le secret bancaire soit placé sous protection pénale est un avantage considérable. 

Moins disant fiscale, résidence fictive et secret bancaire renforcé, les trois piliers des paradis fiscaux sont désormais en place mais leur essor date véritablement de la fin des années 60.

Jusqu'à là, les Paradis Fiscaux étaient restés des refuges fiscaux pour les plus fortunés et quelques grosses entreprises. Et cela jusqu'en 1957, avec la création des eurodollars considérés comme l'innovation la plus importante après la création du billet de banque. 

Que sont les eurodollars?

Les eurodollars sont des dollars déposés et prêtés par les banques en dehors du territoire des USA, mais la nouveauté est que la banque d'Angleterre permet que des transactions financières réalisées à Londres entre deux non-résidents dans une devise autre que la livre soit exempte de tout contrôle réglementaire de sa part. Comme ce marché se développe en Angleterre, les autorités monétaires des autres pays ne pourront pas non plus y exercer quelque contrôle que ce soit (premier pas de la mondialisation financière telle que nous la connaissons aujourd’hui : celle d'une circulation des capitaux offshores sans contrôle public).

Les banques vont utiliser ce paradis réglementaire pour échapper aux règles de la régulation nationale de contrôle des changes et de contrôle des banques. 

Un autre facteur important de la montée des paradis fiscaux est la crise du fordisme: les entreprises, à la fin des années 60, sont dans l'obligation d'élaborer de nouvelles stratégies destinées à rétablir leur profitabilité. Il y aura donc un boom des pavillons de complaisance 

(Un pavillon de complaisance est un pays qui permet à des bateaux dont le propriétaire est étranger, de se placer sous leur juridiction, les armateurs choisissant ce pavillon pour son caractère peu contraignant, en matière de fiscalité, de sécurité du navire ou de droit du travail auquel est soumis l'équipage par exemple. En 2001, 63 % de la flotte mondiale de marine marchande navigue sous pavillon de complaisance.), des zones franches et des paradis fiscaux. Cela a constitué l'une des réponses du capitalisme contemporain à la crise structurelle du fordisme.

 

B) Qui sont les utilisateurs des paradis fiscaux?

 

Les riches, car ils permettent d'échapper aux droits de succession et aux pensions alimentaires à payer en cas de divorce. C'est aussi un moyen d'éviter de payer des impôts en enregistrant les sociétés dans les paradis fiscaux (exemple: un footballeur professionnel crée une société à laquelle son salaire sera versé; il devient alors, à son tour, salarié de sa propre entreprise mais ne reçoit qu'une rémunération symbolique qui est rapatriée dans son pays et taxée mais l'essentiel de son revenu reste sur les comptes des paradis fiscaux.)

Les FMN les utilisent par exemple pour dissimuler un niveau élevé d'endettement et présenter des comptes supposés sains. 

Les banques: la BNP a 189 filiales dans les paradis fiscaux, le Crédit agricole, 115 et la Banque Populaire, 90.

Les financiers, les assureurs, les criminels, les fonds d’investissement…

 

III) Quelles sont Les politiques de lutte contre les Paradis Fiscaux ?

 

A) Jusqu’à aujourd’hui

 

En réalité, il suffirait que quelques Etats ou marchés financiers importants (USA, G-B Japon) inscrivent dans leurs lois que toute transaction en provenance ou à destination de ces territoires est illégale. Mais l'activité économique mondiale en serait infectée.

Néanmoins, les politiques publiques pourraient chercher à maîtriser puis diminuer le rôle des places offshores. Elles ont tout de même tenté de le faire par trois fois au cours du dernier siècle. 

Tout d'abord, la SDN (Société des Nations) a, en 1920, encadré l'activité des paradis fiscaux en traitant la double imposition des personnes ou des entreprise qui développaient une activité économique dans un pays différent de celui de leur domicile ou établissement principal. Il y eu beaucoup d'opposition de la part de la Suisse, des Pays-Bas et de l’Allemagne. Ce fut ainsi un échec. 

Ensuite, entre 1960 et 1998, le Comité des affaires fiscales de l'OCDE (Organisation de Coopération et de Développement Economiques) a émis de simples recommandations afin d'encourager les échanges d'informations entre administrations fiscales. De son côté, la Banque Centrale des USA choisit de renforcer les contraintes réglementaires présentes sur les banques de la finance offshore. 

Enfin, les années 1998 à 2000 représentent la phase qui fut la plus intense, avec la publication d'un rapport par le comité sur la concurrence fiscale « dommageable » et condamnant les pratiques fiscales déloyales destinées à attirer les capitaux étrangers. Le but, avant de prendre des mesures, était d'établir une liste noire. Ainsi, 47 paradis fiscaux ont été identifiés fin 99 mais la liste de l'OCDE de 2000 n'en comptait plus que 35. L'arrivée au pouvoir de G-W Bush changea la donne politique de l'OCDE car les USA ne soutinrent pas les efforts visant à dicter à quelque pays que ce soit ses taux d'imposition ou son système fiscal. Ils ne voulaient donc pas harmoniser les systèmes fiscaux. Après le 11 septembre, les USA votèrent le « Patriot Act » qui comportait des mesures contre les pratiques des banques offshores mais uniquement liées à une activité terroriste. 

 

 

Aujourd’hui, depuis 2006, plusieurs pays sont devenus très agressifs en matière de lutte contre la fraude fiscale (l’Australie, la Corée du sud, ainsi que le Royaume-Uni où le premier ministre G. Brown a constitué une unité spéciale anti-fraude même si le Royaume-Uni reste le pays le moins coopératif). 

Au niveau européen, on note quelques avancées : la CJCE (Cour de Justice des Communautés Européennes) a forcé les Etats de l'Union Européenne à modifier leur législation fiscale dans le sens d'une plus grande harmonisation. 

 

La société civile, par leur pression, (ATTAC : Association pour la Taxation des Transactions financières pour l’Aide aux Citoyens) devient aussi de plus en plus influente. 

 

    B) De nos jours:

 

La bonne nouvelle est que l’Union Européenne est aujourd’hui la zone la plus avancée dans la vraie lutte contre les paradis fiscaux. Pour cela, celle-ci dispose de quatre piliers importants :

  • Les Cours de justice des communautés européennes : entre 1985 et 2005, plusieurs cas ont été jugés/estimés et systématiquement, les CJCE donnaient raison au contribuable.  
  • L’harmonisation des assiettes fiscales des impôts sur les sociétés : Si cela avait été mis en place entre 1996 et 2001, rien que pour les FMN Allemandes, l'Allemagne aurait gagné 6% de recettes fiscales supplémentaires.
  • La taxation de l’épargne des non-résidents : 
  • Le code de conduite : contre les pratiques fiscales dommageables au sein de l’Union Européenne. 

 

Qu'attend-t-on du G.20?

 

Le G 20 souligne l’importante divergence entre ceux voulant réglementer l’économie et notamment les paradis fiscaux et les autres qui souhaitent un plan de relance.

Reste que les ministres des finances du G 20, réunis vendredi 13 et samedi 14 dans le sud de l'Angleterre, ont réussi à afficher une unité qui était loin d'être gagnée. Ils ont demandé à ce que les « territoires non-coopératifs » soient identifiés et qu'une « boîte à outil » de mesures pour lutter contre eux soit développée. Craignant d'être placés sur liste noire, les pays européens concernés (la Suisse, l’Autriche, le Luxembourg et l’Andorre) ont annoncé des mesures visant à assouplir leur secret bancaire. Monaco pourrait suivre. Mais il faudra voir si les déclarations se traduisent ou non par une collaboration véritable sans restrictions. 

La Suisse a, par exemple, dit qu'elle pourrait lever le secret bancaire mais seulement au cas par cas et seulement en cas de soupçon de fraude fiscale.

De son côté, Andorre, sous la pression du président Monsieur Sarkozy, qui a menacé de renoncer à sa fonction de « coprince » si la principauté n'obligeait pas les banques à plus de transparence, a promis une réforme avant la fin de l'année.

La pression est d'autant plus forte, qu’Alternatives Economiques a publié une enquête révélant que 100% des entreprises du CAC 40 ont des filiales dans les paradis fiscaux, ce qui leur permet de ne pas payer d'impôts mais également de rémunérer en liquide des personnes qui ont facilité l'obtention de contrats. 

 

L'idée, c'est qu'il faut réglementer les paradis fiscaux et lutter contre l'argent sale, pour permettre aux autre pays d'en finir avec le manque à gagner que représentent ces marchés parallèles.

   D.Perrotin et C.Merlaud

Sources: 

 

  • Le monde 14/03/09
  • Les paradis fiscaux de C.Chavagneux et R.Palan publié chez la découverte 2007
  •  Le Figaro Magazine (week-end du 14 mars)
  • Alternative économique (semaine du 4mars)

    http://www.acturevue.com/#Un_peu_d_economie.I
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