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28 mars 2009 6 28 /03 /mars /2009 02:12




Swift transfère illégalement des
données personnelles à Washington

L'institution financière belge géante est accusée par Bruxelles d'avoir violé la législation européenne en transférant aux Etats-Unis des informations au mépris du respect des données personnelles. L'opposition Vieux/Nouveau Continent sur l'importance accordée aux libertés individuelles refait ainsi surface, après l'épisode relatif au transfert des données passagers.(...) la suite de l'article : http://www.lemondeinformatique.fr/actualites/lire-swift-transfere-illegalement-des-donnees-personnelles-a-washington-21468.htm


Il faudra le chiffre de "la bête" 
pour acheter et pour vendre :

http://www.jacquesfortier.com/Zweb/JF/Lectures/PoliceInfo.html 
"Quand le système monétaire tombera... ce sera le 666 System... 
Bruxelles, le quartier général de l'économie européenne, est le lieu 
où se trouve le centre principal de branchement du réseau 
international SWIFT. Ce centre a l'ambition d'étendre ce transfert de 
fonds au niveau international, c'est-à-dire pour tous et dans tous 
les pays....


Mr. Elderman est en train de diriger rapidement les 
efforts en vue d'attribuer à chaque personne sur la terre un numéro 
de 18 chiffres composé de trois séries de six chiffres."...

Un nombre chiffré pourrait être inscrit par tatouage au laser sur le front ou sur le dos de la main.

cette "marque internationale" pourrait en finir avec toutes les monnaies. Aucun individu ne pourrait acheter ou vendre sans avoir l'attribution d'une marque chiffrée...

Les capacités des ordinateurs du réseau SWIFT centralisés à Bruxelles 
sont telles que les initiés l'ont appelé "The Beast" (la Bête)... Ce 
gigantesque ordinateur à Bruxelles appelé la Bête existe depuis la 
fin des années 80.
et aussi
http://eschatologie.free.fr/forum/findumonde/CEcossaismarquebeteetpuce.htm 


La disparition du « papier argent »


L’idée n’est pas neuve, ça fait au moins une quarantaine d’années que les banquiers y songent : créer un système de paiement standardisé unique, pour la Terre entière.
En 1975, le premier vice-président de la FED déclarait :
"Il faut absolument développer un nouveau système électronique d’échange sous peine de voir le système bancaire des Etats-Unis s’étouffer sous une avalanche de chèques".
Dans cette optique fut créé la SWIFT (Society for Worldwide Interbank Financial Telecommunications) en 1973, qui réunissait à ses début 239 banques dans 15 pays (Actuellement sur le site de la SWIFT, on annonce 7600 membres dans 200 pays).

 La capacité de cette gigantesque machine était préalablement établie pour 2 milliards de personnes en 1989. Aujourd’hui le réseau s’est considérablement étendu

Théoriquement, toutes les transactions sont, à un moment ou un autre, enregistrées sur des supers disques durs et conservées des jours, des mois, des années...qui sait ?
L’idéal pour nos amis les banquiers serait donc que tout passe par l’informatique et que disparaissent les chèques et l’argent liquide.


----------------------------------------



Article complet sur :



les données sont explicitement destinées à être traitées par 
les autorités publiques américaines à des fins de sécurité nationale.(...)
http://lobbying.typepad.fr/lamerique_a_bruxelles/2007/07/trouver-le-bon-.html

http://bridge.over-blog.org/article-29543294.html



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27 mars 2009 5 27 /03 /mars /2009 06:16


L’ESCROQUERIE
DES PLANS DE « RELANCE »
DU GOUVERNEMENT ET DU PS



Par le Mouvement politique d’éducation populaire (M’PEP)

Le 23 mars 2009.

ici :

http://www.m-pep.org/spip.php?article1149


Résumé


L’affolement actuel des classes dirigeantes ne tient pas à la crise sociale, puisque celle-ci existe depuis une trentaine d’années et que c’est cette crise sociale, précisément, qui permet le gonflement des profits. Cet affolement tient au fait que les profits, aujourd’hui, sur tous les marchés où l’on peut en faire, sont en baisse : actions, immobilier… Le journal Les Echos (12 mars 2009) a osé un titre incroyable : « Les milliardaires ont perdu en 2008 la moitié de leur fortune ». En effet, il n’y avait plus « que » 793 milliardaires dans le monde en 2008, contre 1 125 en 2007 ! Et la valeur totale de leurs actifs est passée de 4 400 milliards de dollars à 2 400 milliards. Les pauvres ! En France, les résultats des entreprises du CAC 40 ont baissé de 35 % en 2008. Mais rassurons-nous, ils ont encore de quoi augmenter les salaires car ils ont quand même réalisé 65 milliards de bénéfices !


Loin de s’attaquer à l’orgie de profits réalisée ces trois dernières décennies, et qui sont la cause de la crise, le plan de « relance » du gouvernement Sarkozy ne sert en fait qu’à relancer… les profits ! Quant au plan de relance du Parti socialiste, il reste prisonnier de conceptions sociales-libérales périmées…


Pour lire la suite, cliquez ici :


http://www.m-pep.org/spip.php?article1149

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27 mars 2009 5 27 /03 /mars /2009 05:23
Jeudi 26 mars 2009
 
24 mars 2009 - 18:26

 


24 mars 2009 (LPAC) — La livraison du 18 mars de la revue allemande Manager magazin du site allemand de Der Spiegel Online International, nous offre un entretien intéressant avec l’économiste américain non orthodoxe James Galbraith, dont le père, John Kenneth Galbraith, fut un conseiller économique de Franklin Delano Roosevelt.


Après la publication, le 9 mars,
d’un article retentissant intitulé « No Return to Normal » dans le Washington Monthly, Galbraith, constatant l’inefficacité des plans de renflouement et l’incompétence de certains conseillers actuels de l’administration Obama, jette un véritable pavé dans la marre en évoquant, comme LaRouche l’a fait longtemps avant lui, l’inévitabilité de véritables procédures de banqueroute organisée pour les banques et l’ensemble du système financier.


Question : Professeur Galbraith, vous suggérez que les banques plombées par des titres toxiques soient ni plus ni moins déclarées insolvables au lieu d’être secourues avec l’argent du contribuable. Pourquoi ? Que faut-il faire avec les banques qui sombrent ?


Galbraith : Nous avons besoin d’une estimation correcte du niveau des pertes encourues par une banque qui est insolvable dans son fonctionnement. Tant que l’ancienne direction reste en place, il n’existe aucune incitation à fournir les données dont vous avez besoin pour faire un état des lieux. Voilà le premier problème. Le deuxième problème réside dans le fait que lorsqu’une banque est insolvable, les motivations pour une pratique bancaire normale disparaissent. Elles deviennent perverses. La direction qui a failli a de bonnes raisons pour faire des paris colossaux et provoquer des pertes de capitaux, car il semble que les liquidateurs pourraient fermer la banque. Au-delà de ce fait, quand la banque est totalement insolvable, ou lorsqu’une direction est totalement corrompue, on ne résiste plus à la tentation de piller l’organisme, de sortir autant d’argent que possible – sous forme de dividendes et de bonus—avant que l’état réel des comptes ne soit constaté.


Question : Est-ce que c’est quelque chose à laquelle on est confronté actuellement ?


Galbraith : Ces motivations se font jour. Lorsqu’une banque fait face à des pertes qui mettent en danger ses capitaux propres, c’est l’autorité de surveillance qui doit prendre le relais. Cela n’implique pas forcément la fermeture de la banque. La façon de procéder aux Etats-Unis, c’est qu’une banque, fermée le vendredi, peut rouvrir dès lundi en changeant de nom, mais avec une nouvelle direction et doublée d’une équipe d’enquêteurs qui passent les comptes au peigne fin, séparant les opérations viables comme les comptes des particuliers ou des entreprises, avec ceux qui sont sans espoir. Ces derniers sont alors isolés du reste et il faut alors les faire passer par pertes et profits… » (…) « Ensuite, vous morcelez la banque en la divisant en des entités qui présentent, pris séparément, de meilleures perspectives pour redevenir viables. C’est donc un processus de réorganisation et de recapitalisation.

Question : Le changement de direction, est-il le pas le plus important ?

Galbraith : Un changement de direction est essentiel, d’abord parce que ceux qui ont failli sont responsables, qu’ils soient coupables ou pas, et deuxièmement, ensuite, parce que vous avez besoin de gens qui sont en phase avec l’objectif de cette réorganisation. C’est pareil pour un bateau qui touche le fond : quand un bateau touche le fond, on remplace le capitaine, peu importe s’il est à l’origine de l’accident ou pas. Personne ne considère comme bonne l’idée que l’enquête soit dirigée par ceux qui sont sous investigation…


Signer dès maintenant
l’Appel à constituer sans délai une commission d’enquête parlementaire sur la crise financière

Pour en savoir plus :"Pour une vrai commission Pecora et la requisition des banques".

http://www.solidariteetprogres.org/article5260.html

http://panier-de-crabes.over-blog.com/article-29485748.html

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26 mars 2009 4 26 /03 /mars /2009 07:09

Les guerres illégales menées dans les Balkans, en Irak et en Afghanistan ont englouti des sommes énormes qui manquent maintenant dans les caisses de l’Etat britannique. Les fortes dépenses d’armement, qui avaient légèrement baissé après l’effondrement de l’URSS, mais remontent depuis dix ans et atteignent 46 milliards de livres pour 2008 - ce qui en fait le deuxième budget militaire dans le monde -, avoisinent sur vingt ans environ 1 billion (mille milliards) de livres qui manquent aujourd’hui dans les caisses de l’Etat. De plus, les coûts de la guerre actuelle font grimper le budget. Dans les années 2007/08, l’Etat britannique a dépensé pour la guerre en Afghanistan, selon le ministère des Finances, la somme de 1,51 milliard de livres. Ces dépenses vont s’élever pour les années 2008/09 à 2,32 milliards de livres, cela malgré la crise économique.

london

La guerre en Afghanistan dure déjà depuis bientôt 8 ans provoquant une accumulation de coûts. Alors même que les dépenses pour la guerre en Irak ont été réduites de façon infime, passant de 1,46 à 1,4 milliard de livres, il ne faut pas oublier que cette guerre dure depuis 6 ans et que les coûts au début étaient nettement plus élevés. Les chiffres publiés officiellement par le Gouvernement ne comprennent pas les coûts se rattachant aux soldats morts (dédommagements des familles), aux blessés et aux vétérans invalides, ainsi qu’au dédommagement des victimes civiles. Il faut y ajouter les énormes montants que les Etats-Unis ponctionnent aux Etats alliés pour financer leurs guerres, argent qui est enlevé au marché. En estimant à 2 à 3 billions de dollars le coût de la guerre en Irak pour les Etats-Unis, on peut mesurer à peu près l’ampleur de ces montants. Les Britanniques ont, dans le monde entier, 67 000 hommes sur le terrain, ce qui coûte énormément.

La Grande-Bretagne va au-devant de la faillite

En 1982, la Grande Bretagne s’était déjà trouvée à deux doigts d’un effondrement économique et financier. La première dame du pays, Margaret Thatcher, se servit des mêmes combines que les puissants, qu’il s’agisse de rois, de dictateurs ou de présidents «élus», avant et après elle. Pour cacher les diffi­cultés intérieures on se lance dans une guerre, ce qui détourne l’attention du désastre dans le pays. A l’époque ce fut la guerre des Ma­louines. A l’ombre de l’euphorie due à la victoire et de sa nouvelle popularité, la dite dame de fer se lança brutalement contre les mineurs en grève, démantela les syndicats et mena à grands pas la privatisation de toutes les entreprises de l’Etat, ce qui apporta à court terme de l’argent dans les caisses d’une économie épuisée.

25 ans plus tard, l’actuelle crise financière est apparue en automne 2008 par l’effondrement attendu de la banque Northern Rock. Le gouvernement anglais se déclara immédiatement disposé à verser 37 milliards de livres pour empêcher cet effondrement et une panique des épargnants qui se seraient précipités pour retirer leurs dépôts avant que tout ne disparaisse. Gordon Brown apparut comme le sauveur dans la détresse et d’autres pays, comme notamment l’Allemagne, sui­virent son exemple.

La nationalisation des banques a porté un coup sévère à la confiance

Mais ce fut un coup d’épée dans l’eau. La crise financière atteignit d’autres instituts financiers et l’Etat britannique s’en tint à sa façon de procéder, déversant des milliards de livres dans les banques mises en danger du fait de leur pratique d’investissements très fortement spéculatifs. En tout, le gouvernement britannique a étatisé quatre banques et accordé des aides financières à d’autres. Il était vain, dans cette situation tendue, de vouloir trouver des investisseurs privés pour refinancer les pertes des banques. La confiance dans cette place financière de Londres tant prisée se mit à fondre. Tout ce qui a affaire à l’argent et aux finances se trouve en perte de vitesse.

Derrière le Pérou, le Chili et El Salvador

Au début de l’année, le World Economic Forum (WEF) avait placé la Grande-Bretagne derrière le Pérou, le Chili et El Salvador en ce qui concerne la stabilité, alors qu’encore en 2006, le pays se trouvait à la première place. Selon le WEF, les nationalisations ont porté un coup sévère à la confiance. Dans de telles conditions, la crédibilité de l’Etat est sérieusement remise en question, ce qui rend vain la recherche de crédits sur les marchés financiers mondiaux. Le pays se trouve financièrement dans une situation désastreuse. L’Etat britannique qui a déjà bradé toute sa fortune ne peut plus compter y retrouver un appui.

Le sauvetage des banques met à mal les budgets publics

Les milliards de livres injectés dans les banques en difficulté font monter les dettes de l’Etat de façon dramatique. Le déficit budgétaire comporte cette année déjà 118 milliards de livres et ce n’est, à coup sûr, pas fini. Il semble qu’il ne reste que de s’adresser au FMI, suivant l’exemple de l’Islande, de la Hongrie et de l’Ukraine, pour se sortir ra­pidement de la crise. De ce fait, le gestionnaire de fonds spéculatifs, Jim Rogers, conseilla aux investisseurs de vendre tous leurs biens en livres sterling, car le gouvernement ne dirait pas la vérité: «C’en est terminé, je déteste le dire, mais je ne mettrais plus un seul penny en Grande Bretagne.»

On remet en marche la planche à billets

Les nouvelles dettes de la Grande Bretagne se montent pour l’année 2009 à plus de 8% du produit national brut prévu, ce qui fait qu’elles dépassent de loin les critères valables pour l’espace euro. Avant la crise, la Grande-Bretagne avait moins de dettes que la moyenne de l’UE, cela du fait des exportations de pétrole et de gaz. Mais ce n’est plus suffisant car la situation financière s’est détériorée dramatiquement du fait que la dette publique est passée, au cours d’une année, de 600 milliards à 2 billions de livres. Ce qui a incité le journal en ligne anglais dailymail.co.uk à mettre le 20 février comme titre: «Deux billions de livres - la somme affolante de notre dette publique [...], cela signifie 33 000 livres pour chaque homme, chaque femme et chaque enfant du pays.»

La monnaie perd 30% de sa valeur

Du fait de la politique d’endettement exorbitant, la livre sterling a perdu considéra­blement de sa valeur et se trouve presque à égalité avec l’euro. Selon la Banque d’Angleterre, la livre a perdu en l’espace de six mois 30% de sa valeur. Les perspectives pour cet Etat insulaire, autrefois si fier, sont plutôt sombres. Quant tout lâche, il faut recourir à la planche à billets. La Banque d’Angleterre a annoncé vouloir imprimer pour 70 milliards de livres. Nous savons ce que cela signifie, en se rappelant l’inflation démesurée dans l’Allemagne de 1923 : la destruction de fortunes, notamment celles des petits épargnants.

Le monde de la finance de Londres n’a jamais digéré d’avoir perdu le monopole mondial au profit de New York. Risquer d’être supplanté par cette petite Suisse performante éveille des instincts politiques de bas étage. Ce qui faisait partie, au XVIe siècle, de la politique financière britannique, c’est-à-dire que des pirates comme Sir Francis Drake s’attaquaient au nom de sa Majesté britannique aux navires de commerce espagnols et leur ravissaient l’or et l’argent, se retrouve aujourd’hui sous une forme plus développée. Tout est bon pour financer les guerres illégales et dévastatrices, entre autre de menacer la Suisse de la faire placer sur une liste noire, mais prenant par ailleurs en défense les paradis fiscaux des îles de la Manche, de l’île de Man, des îles Cayman et des Bermudes. Au cours de la décennie écoulée, le parti travailliste a tout mis en œuvre pour rendre la place financière de Londres plus attrayante, notamment en limitant les réglementations et en offrant des avantages fiscaux. On agit incontestablement avec deux poids et deux mesures.

C’est d’une perfidie parfaite que de choisir une victime militairement inférieure et de l’attaquer verbalement avec violence, refusant toute autocritique et toute prise de conscience de la faillite annoncée de l’Etat. Vouloir faire de la Suisse un bouc émissaire est une manœuvre malhonnête qui doit être combattue énergiquement.

L’ambassadeur britannique en Suisse a exigé, lors d’une interview au journal «NZZ am Sonntag» du 1er mars 2009, avec toute l’arrogance et l’effronterie propres au monde anglo-saxon, que la Suisse aligne son droit fiscal sur celui de la Grande-Bretagne. C’est pousser le bouchon un peu loin.

L’arrogance effrontée de Gordon Brown dans sa façon de traiter la Suisse, pays souverain, démontre parfaitement que les Anglais ont oublié, au cours des dernières dix années par leur conduite immorale et contraire au droit international, ce qu’est un comportement diplomatique. Le droit du plus fort nous ramène à un chapitre malheureux de l’histoire. Le gouvernement anglais est enfoncé jusqu’au cou dans la crise financière catastrophique qu’il a provoquée lui-même avec son allié, les Etats-Unis.

Il serait bon qu’ils prennent conscience de leur responsabilité et se mettent à chercher des solutions honnêtes, avant de disparaître de par leur gestion désastreuse et leur arrogance.

Lire également : Du 11 septembre à la crise économique : une stratégie pour imposer une « Gouvernance Mondiale »
http://www.mecanopolis.org/?p=4783&type=1

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26 mars 2009 4 26 /03 /mars /2009 06:59
 

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Écoutez l’entrevue (en anglais) de Michel Chossudovsky à l’émission de Bonnie Faulkner Guns and Butter sur les ondes de Pacifica (KPFA): 

AUDIO « La débâcle fiscale des États-Unis – Le budget Obama appauvrira le pays », mars 2009


 

« Nous allons reconstruire, nous ressaisir et les États-Unis d’Amérique en sortiront plus forts. » (Le président Barack Obama, Discours à la nation, 24 février 2009)

« Ceux d’entre nous qui gèrent les deniers publics seront responsable – de dépenser intelligemment, de réformer les mauvaises habitudes et de faire notre travail au grand jour – car c’est le seul moyen de rétablir cette confiance cruciale entre un peuple et son gouvernement. » (Le président Barack Obama, Une nouvelle ère de responsabilité, Budget 2010)


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« Une médecine économique dure » au « visage humain »
 

« De l’espoir au cœur du péril. » Les priorités mentionnées dans le plan économique du président Obama sont la santé, l’éducation, l’énergie renouvelable, l’investissement dans les infrastructures et le transport. Au premier plan figure « une éducation de qualité ». M. Obama a également promis « des soins de santé et plus accessibles et plus abordables », pour tous les Étatsuniens.


À première vue, la proposition budgétaire a toutes les apparences d’un programme expansible, d’un « Second New Deal » axé sur la demande, la création d’emploi, la restauration des programmes sociaux démolis et la relance de l’économie réelle.


La réalité est tout autre. L’espoir de M. Obama est basé sur un gigantesque programme d’austérité. Toute la structure fiscale est anéantie, sens dessus dessous.


Afin d’atteindre les objectifs en cause, une hausse significative des dépenses publiques destinées au programmes sociaux (incluant la santé, l’éducation, le logement et la sécurité sociale) ainsi que l’adoption d’un programme d’investissement public à grande échelle seraient nécessaires. Des changements considérables dans la structure des dépenses publiques seraient également requis, comme le retrait d’une économie de guerre impliquant l’abandon des dépenses liées au militarisme en faveur des programmes publiques.


En vérité, il s’agit de la réduction la plus radicale des dépenses publiques de l’histoire des États-Unis, menant à la dévastation sociale et à l’appauvrissement potentiel de millions de personnes.


L’espoir de Barack Obama sert largement les intérêts de Wall Street, des entrepreneurs oeuvrant dans la défense et des conglomérats du pétrole. En revanche, les « sauvetages » bancaires de MM. Bush et Obama conduisent les États-Unis dans une crise accélérée de la dette publique et les bouleversements économiques et sociaux qu’ils provoquent sont potentiellement dévastateurs.


Soumis au Congrès le 26 février 2009, le budget du président Obama envisage des dépenses de 3,94 billions de dollars pour l’exercice financier 2010 (débutant le 1er octobre 2009), une hausse de 32 pour cent. Selon les estimations préliminaires de l’

Office of Management and Budget, les revenus totaux pour ce même exercice sont de l’ordre de 2,381 billions de dollars.


Le déficit prévu (selon le discours du président) atteint les 1,75 billions, soit presque 12 pour cent du produit intérieur brut (PIB) américain.


La guerre et Wall Street


Il s’agit d’un « budget de guerre ». Les mesures d’austérité frappent tous les principaux programmes de dépenses fédéraux à l’exception 1) de la Défense et la guerre au Moyen-Orient ; 2) du sauvetage bancaire de Wall Street ; 3) des paiements d’intérêts sur l’exorbitante dette publique.


Le budget détourne les recettes fiscales vers le financement de la guerre et légitime leur transfert frauduleux à l’élite financière par le biais des « sauvetages bancaires ».


Le caractère du budget déficitaire n’est pas expansible. Il ne s’agit pas d’un déficit de style keynésien qui stimule l’investissement ainsi que la demande des consommateurs et entraîne la croissance de la production et de l’emploi.


Les « sauvetages bancaires » (impliquant plusieurs initiatives financées par les impôts) constituent une composante des dépenses gouvernementales. Ces renflouements, à la fois ceux de MM. Bush et Obama, sont des « cadeaux » aux principales institutions financières et ne serviront pas à relancer l’économie. Au contraire : ces sauvetages contribuent à financer la restructuration du système bancaire ayant pour effet de concentrer la richesse et centraliser le pouvoir bancaire. 
 

Une grande partie de l’argent subventionnée par le gouvernement américain et dédiée au renflouement sera transférée électroniquement dans divers comptes affiliés, y compris les fonds spéculatifs (hedge funds). Les plus grandes banques des États-Unis utiliseront aussi ces fonds inattendus pour racheter leurs compétiteurs plus faibles, consolidant ainsi leur position. Par conséquent, la tendance qui se dessine est une nouvelle vague de fusions, d’acquisitions et de rachats corporatifs dans l’industrie des services financiers.


Pour leur part, les élites financières consacreront ce volume important de liquidités (paper wealth ou richesse de papier) et les milliards de dollars amassés par le biais de transactions spéculatives au rachat de compagnies dans l’économie réelle (transport aérien, industrie automobile, télécommunications, médias, etc.) et dont la valeur boursière a dégringolé.


Essentiellement, un déficit budgétaire (combiné à des réductions massives dans les programmes sociaux) est nécessaire au financement de ces « dons » aux banques, des dépenses liées à la Défense et du renforcement de la présence militaire au Moyen-Orient. Le budget Obama projette ce qui suit : 


1. Des dépenses militaires de 534 milliards pour l’année 2010, 130 milliards de crédits supplémentaires pour l’exercice 2010 destinés aux guerres d’Irak et d’Afghanistan, ainsi que 75,5 milliards de plus dédié au financement d’urgence à la guerre pour le reste de l’exercice 2009. Les dépenses militaires et la guerre au Moyen-Orient, combinées aux divers budgets additionnels, sont (officiellement) de l’ordre de 739,5 milliards. Toutefois, certaines estimations des agrégats de la Défense et autres dépenses connexes s’élèvent à plus d’un billion de dollars.


2. Un sauvetage financier d’une valeur de 750 milliards annoncé par M. Obama additionné aux 700 milliards déjà alloués par l’administration sortante de George W. Bush en vertu du Troubled Assets Relief Program (TARP) ou Plan de sauvetage des actifs à risque. La somme astronomique de ces deux programmes réunis est 1,45 billions de dollars, financés par le Trésor. Il y a lieu de mentionner que le montant réel « d’aide » financière aux banques est considérablement plus élevé que 1,45 billions. (Voir le tableau 2 ci-dessous.)


3. Le paiement en 2010 des intérêts nets de 164 milliards sur la dette publique non réglée, selon le

Office of Management and Budget.


L’ampleur de cette répartition est étourdissante. Selon un critère du « budget équilibré » – une priorité de la politique économique du gouvernement depuis l’ère Reagan – presque tous les revenus du gouvernement fédéral s’élevant à 2,381 billions serviront à financer le sauvetage bancaire (1,45 billions), la guerre (739  milliards) et le paiement des intérêts de la dette publique (164 milliards). Autrement dit, il ne reste rien pour les autres catégories de dépenses publiques.



TABLEAU 1  Allocations budgétaires à la Défense (Exercice financier (EF) 2009 et 2010), au sauvetage bancaire et aux paiements des intérêts nets de la dette publique (EF 2010)

G$

Défense incluant les allocations supplémentaires ; 534 G$ (EF 2010), 130 G$ supplémentaires (EF 2010), 75,5 G$ en financement d’urgence (EF 2009)                                    

  739,5

*Sauvetage bancaire (TARP plus Obama) 

1450,0

Intérêts nets     

  164,0

TOTAL

2353,5

Total individuel (fédéral) Revenus d’impôts (EF 2010)

1061,0 

Revenu total du gouvernement fédéral (EF 2010)

2381,0 

Source: Énoncé de l’Office of Management and Budget et énoncés officiels. Voir A New Era of Responsibility: The 2010 Budget
Voir aussi Office of Management and Budget

* Les sauvetages bancaires officiels financés par le Trésor. Le décaissement pourrait s’effectuer sur plus d’un exercice financier et la valeur réelle du sauvetage bancaire est considérablement supérieure.



Le déficit budgétaire


Ces trois catégories de dépenses (Défense, sauvetage bancaire, intérêts  sur la dette) engloutiront pratiquement la totalité des revenus gouvernementaux de 2010 s’élevant à 2381 milliards de dollars.


En outre, à titre de comparaison, tous les revenus accumulés par l’impôt fédéral sur le revenu des particuliers (1,061 billions, EF 2010), c’est-à-dire toutes les sommes payées par les particuliers à travers les États-Unis sous forme d’impôts, ne suffiront pas à financer les « cadeaux » aux banques, lesquels atteignent 1,45 billions. Ce montant inclut les 700 milliards (alloués durant l’EF 2009) en vertu du TARP, ainsi que les 750 milliards octroyés par l’administration Obama.


Même si le décaissement du TARP et de la proposition de sauvetage du président Obama se fera lors des exercices 2009 et 2010, ils représentent tout de même presque la moitié des dépenses gouvernementales totales (la moitié du budget Obama de 3,94 billions de dollars pour l’exercice 2010). Celles-ci sont financées par des sources de revenus régulières (2381 milliards), ainsi que par un déficit budgétaire colossal de 1,75 billions, ce qui nécessite ultimement l’émission de bons du Trésor et d’obligations d’État.


La possibilité d’augmenter considérablement la dette publique à court terme en temps de crise constitue un autre problème, particulièrement au moment où les taux d’intérêts sont extrêmement bas.


Le déficit budgétaire est de l’ordre de 1,75 billions. Barack Obama admet qu’il a hérité d’un déficit de 1,3  billions de l’administration Bush. En réalité, le déficit budgétaire est bien plus important.


Les chiffres officiels tendent à sous-estimer la gravité de la mauvaise situation budgétaire. Le déficit budgétaire de 1,75 billions est sujet à caution puisque les divers montants déboursés sous le TARP et autres sauvetages bancaires, incluant les 750 milliards en programmes d’aide aux institutions financières annoncés par M. Obama, ne sont pas comptabilisés dans les dépenses gouvernementales.


« Il n’y a pas eu de demande d’aide formelle, mais elle apparaît dans une rubrique "d’éventuels efforts additionnels de stabilisation financière" selon l’aperçu du budget. Le service du budget a calculé un coût net de 250 milliards pour les contribuables cette année, car il anticipe que ce montant reconstituera en partie, non en totalité, les dépenses visant à aider les sociétés de financement.


Les fonds s’ajouteraient aux 700 milliards du plan de sauvetage approuvé par le Congrès en octobre dernier. Pour l’exercice financier 2010 et ceux qui suivront, la Maison-Blanche ne prévoit aucun soutien financier du genre » (Bloomberg, 27 février 2010)



Effondrement fiscal


Il se produit à l’heure actuelle une crise majeure dans la structure fiscale fédérale. L’attribution de plusieurs milliards de dollars au budget de guerre et aux plans de sauvetage financier a des répercussions sur toutes les autres catégories de dépenses publiques. 

Le plan de sauvetage de 700 milliards de dollars de l’administration Bush en vertu du TARP a été approuvé par le Congrès en octobre. Mais le TARP n’est en fait que la pointe de l’iceberg. Avant que Barack Obama n’entre en fonction, une panoplie d’autres allocations ont été ajoutées aux 700 milliards. En novembre, le plan de renflouement du gouvernement fédéral était évalué à un montant exorbitant de 8,5 billions, ce qui équivaut à plus de 60 % de la dette publique américaine estimée à 14 billions (2007). (Voir le tableau 2 ci-dessous)


Entre-temps, selon la proposition du budget Obama, 634 milliards de dollars sont alloués à un fonds de réserve pour financer des soins de santé universels. De prime abord, cela semble être un gros montant. Il sera toutefois dépensé sur une période de 10 ans : cela signifie un modeste engagement annuel de 63,4 milliards. 


Afin de réduire la montée en flèche du déficit budgétaire, on sabrera les dépenses publiques. Non seulement les programmes de santé et d’éducation demeureront largement sous-financés, ils seront réduits considérablement, réorganisés et privatisés. Cela conduira probablement à la privatisation absolue des services publiques et à la vente d’actifs étatiques, incluant les infrastructures publiques, les services urbains, les autoroutes, les parcs nationaux, etc. La débâcle fiscale mène à la privatisation de l’État.


La crise fiscale est également exacerbée par la réduction des recettes fiscales découlant du déclin de l’économie réelle. Ni les travailleurs au chômage ni les entreprises en faillite ne paient d’impôts. Il s’agit d’un processus cumulatif. La solution à la crise fiscale devient alors la cause d’un effondrement additionnel.



Structure de la dette publique


Cette appropriation à grande échelle de liquidités par une poignée d’institutions financières grâce aux plans de sauvetage bancaires contribue au jour le jour à l’augmentation la dette publique.


Lorsque le Trésor américain alloue 700 milliards de dollars au TARP, ce montant constitue une dépense budgétaire devant inévitablement être financée par la structure des dépenses et les revenus gouvernementaux.


À moins de sabrer dans toutes les autres catégories de dépenses publiques comme la santé, l’éducation et les services sociaux, les diverses dépenses engrangées par les renflouements bancaires nécessiteront un énorme déficit budgétaire, lequel accroîtra en retour la dette publique américaine.
 

Les États-Unis sont le pays le plus endetté de la planète. La dette publique américaine (gouvernement fédéral) est actuellement de l’ordre de 14 billions de dollars. Cela n’inclut pas les dettes publiques des municipalités et des États, qui ne cessent de grimper. 

La dette (fédérale) libellée en dollars américains se compose de bons du Trésor et d’obligations d’État impayés. La dette publique, aussi appelée « dette nationale », constitue la somme d’argent que le gouvernement fédéral doit aux détenteurs des instruments de créance américains..


La solution proposée devient ainsi la cause de la crise. Les 700 milliards du TARP combinés aux 750 milliards d’aide à l’industrie des services financiers n’est que la pointe de l’iceberg. Une panoplie d’autres allocations ont été ajoutées aux 700 milliards déjà déboursés.

 
Article original en anglais, America's Fiscal Collapse,  publié le 2 mars 2009.

Traduction : Julie Lévesque pour Mondialisation.ca.

Tableau 2

 

bailouttable.jpg


Le sauvetage bancaire gouvernemental sous l’administration Bush a été évalué à la somme pharaonique de 8,5 billions de dollars, un montant équivalent à 60 % de la dette brute fédérale de 14,078 billions (2010) (Voir le tableau 2 ci-dessus). Cette somme ne comprend pas « l’aide » aux institutions financières de 750 milliards de dollars additionnels proposée par l’administration Obama dans son budget de 2009. La taille de ces liquidités met en péril la structure même des systèmes fiscal et monétaire, incluant 750 milliards de dollars additionnels.
 

La totalité du renflouement du président Bush (8,5 billions) peut être divisée en fonds accordés par la Réserve fédérale, le Trésor, la Federal Deposit Insurance Corporation et la Federal Housing Authority.


Cette charité aux institutions financières subventionnée par le Trésor et les dépenses gouvernementales sera payée soit par les recettes fiscales ou l’émission d’instruments de créance publics.


L’

Office of Management and Budget considère la sortie d’argent sous le TARP comme faisant partie d’un « programme obligatoire » en vertu d’une loi du Congrès américain. En novembre 2008 on estimait la dette du Trésor, qui comporte le controversé TARP, à 1,1 billions de dollars (voir le tableau 2). Le gouvernement Obama a par ailleurs envisagé d’autres répartitions du Trésor qui contribueront à alourdir le fardeau de la dette publique.


La crise de la dette publique s’intensifie


Le Trésor est-il en mesure de financer ce déficit budgétaire grandissant se chiffrant à 1,75 billions de dollars par l’émission de bons du Trésor et d’obligations gouvernementales ?


Le plus grand déficit budgétaire de l’histoire des États-Unis se conjugue au plus bas taux d’intérêts de son histoire. Le tout combiné au taux d’escompte « près de zéro » pour cent de la Fed, assujettit les marchés pour les obligations gouvernementales et les bons du Trésor libellés en dollars américains.

De plus, la fonction essentielle de l’épargne (au coeur du fonctionnement d’une économie nationale) est en crise


Qui désire investir dans la dette gouvernementale américaine ? Quelle est la demande pour des bons du Trésor à des taux d’intérêts excessivement bas ?


Tableau 3 Taux d’intérêts en pourcentages

 

Titres du Trésor

Mis à jour le 25/02/2009

 

 

Cette semaine

Le mois dernier

L’an dernier

Courbe de taux du Trésor pour un an

0,64

0,43

2,10

Adjudication des bons du Trésor à 91 jours au taux d'escompte moyen

0,300

0,150

2,160

Adjudication des bons du Trésor à 182 jours au taux d'escompte moyen

0,495

0,350

2,070

Courbe de taux du Trésor pour 2 ans

0,95

0,77

2,04

Courbe de taux du Trésor pour 5 ans

1,79

1,58

2,89

Courbe de taux du Trésor pour 10 ans

2,75

2,56

3,85

One-Year MTA

1,633

1,823

4,326

One-Year CMT (Monthly)

0,44

0,49

2,71

 

Source Bankrate.com


Le marché pour les instruments de créance libellés en dollars américains est potentiellement au point mort. Cela signifie que le Trésor n’a pas la capacité de financer ce déficit budgétaire colossal en exploitant la dette publique, ce qui plonge ainsi tout le processus budgétaire dans l’embarras. 


La question est de savoir si la Chine et le Japon continueront d’acheter des instruments de créance libellés en dollars américains. Washington mène une campagne de relations publiques dans le but d’amener les investisseurs à faire l’achat de bons du Trésor et d’obligations d’États.


Le marché de ces créances (à la fois au États-Unis et au niveau international) étant en crise, davantage de pression s’exercera sur le Trésor afin qu’il sabre la totalité des dépenses publiques, qu’il extorque des frais d’utilisation pour les services publics et vende des actifs publics, dont les infrastructures et les institutions d’État. Selon toute probabilité, cette crise pousse à la privatisation de l’État, où les activités qui se trouvaient jusqu’à présent sous juridiction gouvernementale seront transférées au privé.
 

Qui achètera des actifs d’État à des prix défiant toute concurrence ? Les élites financières, lesquelles sont également bénéficiaires des sauvetages bancaires.



La consolidation des banques


Grâce aux renflouements, mais aussi aux fonds de pension, aux épargnes individuelles et autres, un montant faramineux de liquidités


L’objectif officiel des plans de sauvetage est d’alléger le fardeau des banques dû aux mauvaises créances et aux prêts à risque. Ce qui se produit en réalité est que ces énormes sommes d’argent sont utilisées par une poignée d’institutions afin qu’elles consolident leur position dans le commerce bancaire mondial.


Le risque encouru par les banques, résultant principalement du commerce des produits dérivés, est évalué dans les dizaines de billions de dollars, à tel point que les montants et garanties octroyées par le Trésor et la Fed ne résoudront pas la crise. Ils ne sont pas non plus destinés à le faire.


Les médias dominants suggèrent que l’on procède à la nationalisation des banques, conséquemment au TARP. Or, c’est exactement le contraire qui se produit : les banques sont en train de s’emparer de l’État, on privatise l’État. L’instauration d’un système financier unipolaire mondial fait partie d’un projet plus ambitieux des élites financières de Wall Street, visant à jeter les bases d’un gouvernement mondial.


Amère ironie, les bénéficiaires du renflouement du TARP et de l’aide aux institutions financières de 750 milliards proposée par le président Obama, sont les créanciers du gouvernement fédéral. Les banques de Wall Street sont les courtières et les syndicataires de la dette publique américaine, et, même si elles détiennent seulement une portion de celle-ci, elles effectuent des opérations boursières et négocient dans le monde entier avec des instruments de créance libellés en dollars américains.


Ces banques font office de créancières de l’État américain et évaluent la solvabilité du gouvernement ainsi que la cote de la dette publique par le biais de Moody's et de Standard and Poor. Elles contrôlent le Trésor américain, le Federal Reserve Board et le Congrès, supervisent et dictent les politiques budgétaire et monétaire, en s’assurant que l’État agit dans leurs intérêts.


Depuis l’ère Reagan, Wall Street domine la plupart des secteurs de l’économie et des politiques sociales. Il établit l’agenda budgétaire, assurant ainsi la réduction des dépenses publiques. Wall Street prône des budgets équilibrés, mais, en pratique, fait du lobbyisme afin d’éliminer les impôts des entreprises et de leur octroyer des « cadeaux », d’obtenir des déductions aux fins de l’impôts lors de fusions et d’acquisitions, etc., tout cela ayant pour effet d’augmenter la dette publique de façon exponentielle.
 


Des relations circulaires et contradictoires.


La Réserve fédérale américaine est une banque centrale détenue par le privé. Alors que le Federal Reserve Board est un organisme gouvernemental, le mécanisme de création monétaire est contrôlé par 12 banques de la Réserve fédérale ou Federal Reserve Banks, lesquelles appartiennent à des intérêts privés. 


Les actionnaires des banques de la Réserve fédérale (celle de New-York jouant un rôle majeur) font partie des institutions financières les plus puissantes des États-Unis.


Si la Fed peut créer de l’argent « à partir de rien », les dépenses de plusieurs milliards de dollars du Trésor (dont le TARP) l’oblige à contracter une dette publique sous la forme de bons du Trésor et d’obligations d’État. Évidemment, la Fed détiendra une partie de ces bons.


Les institutions financières américaines supervisent la dette publique des États-Unis. Elles sont impliquées dans la vente de ces bons du Trésor et obligations gouvernementales sur les marchés financiers américains et à travers le monde. Mais elles possèdent également une partie de la dette publique, et, à cet égard, elles sont les créancières du gouvernement étatsunien. Une portion de cette dette publique accrue nécessaire au sauvetage des banques sera financée ou vendue par les mêmes institutions financières qui bénéficient du plan de sauvetage.


Il s’agit d’une relation circulaire pernicieuse. Lorsque les banques ont fait pression sur le Trésor pour qu’il les aide sous la forme d’une importante opération de sauvetage, il était entendu dès le départ que les banques aideraient en retour le Trésor à financer les « dons » dont elles bénéficient. 


Afin de financer le renflouement bancaire, le Trésor doit engranger un déficit budgétaire colossal, lequel requiert en retour l’augmentation exorbitante de la dette publique des États-Unis.


L’on a induit l’opinion publique en erreur. Dans un sens, le gouvernement des États-Unis finance son propre endettement : l’argent alloué aux banques est en partie financé par l’emprunt aux banques.


Ces dernières prêtent de l’argent au gouvernement et le Trésor se sert de cet argent pour financer le sauvetage. En revanche, elles imposent des conditions à la gestion de la dette publique étatsunienne : elles dictent la façon dont l’argent doit être dépensé, imposent une « responsabilité fiscale », exigent des réductions massives dans les dépenses publiques ayant pour effet l’effondrement et/ou la privatisation des services publiques. Elles ordonnent la privatisation des infrastructures, des routes, des égouts et des aqueducs, des aires de loisirs, bref, tout est sujet à la privatisation.


Les banques renflouées sont à la fois bénéficiaires et créancières. En tant que créancières, elles obligent le gouvernement a) à sabrer dans les dépenses b) à engranger une dette publique par l’émission de bons du Trésor et d’obligations d’État.


Cette crise de la dette publique est d’autant plus grave puisque le gouvernement fédéral américain ne contrôle pas sa politique monétaire. Toutes les opérations liées à la dette publique passent par la Fed, en charge de la politique monétaire et agissant au nom d’intérêts financiers privés. En tant que tel, le gouvernement n’a aucune autorité sur la création monétaire, ce qui signifie que les opérations liées à la dette publique servent essentiellement les intérêts des banques.



De Bush à Obama : la continuité


Le programme du président Obama pour stimuler l’économie constitue un prolongement du renflouement bancaire de l’administration Bush. La solution politique proposée pour sortir de la crise en devient la cause et il en résulte ultimement davantage de faillites dans l’économie réelle, entraînant l’effritement du niveau de vie des Américains.

Les plans de sauvetage de MM. Bush et Obama sont destinés à la rescousse des institutions financières en difficultés pour assurer le paiement des opérations d’emprunt « interbancaire ». En pratique, d’énormes sommes d’argent transitent par le système bancaire, allant des banques aux fonds spéculatifs, ensuite vers les paradis bancaires pour finalement retourner aux banques. 
 

Le gouvernement et les médias on tendance à mettre l’accent sur la notion ambiguë de « créances interbancaires ». Or, il arrive rarement que l’on identifie les créanciers.


Des transferts de plusieurs milliards de dollars se font électroniquement d’une entité financière à l’autre. Mais où va l’argent ? Qui récolte ces créances de plusieurs milliards, lesquelles sont en grande partie la conséquence de la manipulation financière et du commerce des produits dérivés ?


Certains signes indiquent que les institutions financières transfèrent des milliards de dollars dans leurs fonds spéculatifs affiliés. À partir de ceux-ci, elles peuvent utiliser leur capital monétaire pour l’acquisition d’actifs réels.


Par quels mécanismes financiers complexes ces créances ont-elles été mises en oeuvre ? Où va l’argent du renflouement ? Qui encaisse les milliards provenant du sauvetage gouvernemental ? Ce processus contribue à une concentration de richesse sans précédent.



Mot de la fin


La manipulation financière fait partie intégrante du nouvel ordre mondial : elle constitue un puissant moyen d’accumuler de la richesse. Dans le cadre des ententes politiques actuelles, les responsables de la politique monétaire servent tout à fait délibérément les intérêts des financiers au détriment des travailleurs, entraînant un bouleversement économique, du chômage et la pauvreté généralisée.

Cet article se concentre sur la façon dont la manipulation financière a servi à faire éclater la structure des dépenses publiques des États-Unis.


De manière plus générale, la restructuration des institutions et des marchés financiers mondiaux (combinée au pillage d’économies nationales) a permis l’accumulation de richesses personnelles immenses, dont une partie a été amassée grâce à des transactions strictement spéculatives. 


Cette fuite critique de milliards de dollars émanant de l’épargne des particuliers et des recettes fiscales étatiques paralyse le rôle de l’État en ce qui a trait aux dépenses et incite à l’accumulation d’une dette publique qui ne peut plus être financée par l’émission d’instruments de créance libellés en dollars américains.

Nous assistons au transfert frauduleux et à la confiscation de fonds de pension et d’économies de toute une vie, à l’appropriation frauduleuse des recettes fiscales pour financer les sauvetages bancaires, etc. Afin de comprendre ce qui s’est passé, il faut suivre la trace de l’argent transféré électroniquement pour découvrir où il est allé. C’est la criminalisation du système financier qui est en jeu : l’« escroquerie financière » d’une ampleur inouïe.

Le système monétaire, intégré au processus budgétaire de l’État, a été déstabilisé et la relation fondamentale entre le système monétaire et l’économie réelle est en crise.


La création monétaire « à partir du vide » menace la valeur du dollar américain en tant que monnaie internationale. De même, le financement d’un déficit budgétaire colossal par le biais de créances libellées en dollars américains est compromis en raison des taux d’intérêts extrêmement bas. Aussi, l’épargne des ménages est minée par les taux d’intérêts près de zéro.


Il est question dans cet article d’un aspect fondamental d’un processus de débâcle financière mondiale qui évolue.

Le Système international de paiements interbancaire est en crise et les perspectives économiques sont terrifiantes. Aux États-Unis, au Canada et au sein de l’Union européenne, des faillites se déclarent à un rythme alarmant. Les nivaux nationaux d’exportation ont chuté et atrophié le commerce international et des rapports des économies asiatiques indiquent une hausse massive du chômage. En Chine, dans le bassin de la rivière des Perles dans le sud de la province du Guangdong, où l’économie repose sur l’exportation industrielle de produits usinés, quelque 700 000 travailleurs ont été mis à pieds en janvier (China Morning Post, 6 février 2009) ; au Japon, la production industrielle a chuté de plus de 20 % depuis décembre ; dans les Philippines un pays de 90 millions d’habitants, les exportations ont dégringolé de plus 40 % en décembre.  



Désarmement financier


L’architecture financière mondiale qui prévaut ne permet aucune solution. Il est impossible de mettre en oeuvre des politiques significatives sans réformer radicalement les rouages du système bancaire international.


Il faut restructurer le système monétaire, y compris les fonctions et la propriété de la banque centrale, arrêter et poursuivre les personnes impliquées dans la fraude financière, à la fois au sein du système financier et des agences gouvernementales, geler tous les comptes où des transferts frauduleux ont été déposés, annuler les créances issues de transactions frauduleuses et/ou de la manipulation des cours.


Les gens doivent se mobiliser aux niveaux national et international. Ce combat pour la démocratisation des appareils financier et fiscal doit avoir lieu à grande échelle et englober tous les secteurs de la société, à tous les niveaux et dans tous les pays. Il faut ultimement désarmer l’establishment financier :


-confisquer les actifs obtenus par la fraude et la manipulation financière.

-restituer les épargnes des particuliers par des transferts inverses.

-retourner l’argent du sauvetage au Trésor et geler les activités des fonds spéculatifs. 

-geler la gamme de transactions spéculatives incluant la vente à découvert (short selling) et le commerce des dérivés.


ANNEXE

Documents

Budget du gouvernement des États-Unis

Documents du budget pour l’exercice financier 2010




Tableaux récapitulatifs



Voir aussi :

http://www.budget.gov

http://www.gpoaccess.gov/usbudget/fy10/pdf/fy10-newera.pdf
 

 


 

On peut consulter les tableaux contenus dans l’annexe en cliquant sur les liens ci-dessous : Une nouvelle ère de responsabilité : le budget 2010



a été injecté dans le système financier.





Le « sauvetage bancaire » de l’administration Bush.

Ces instruments de créance sont détenus par les résidents états-uniens par le biais de leurs portefeuilles d’épargne, de leurs compagnies et de leurs institutions financières, leurs agences gouvernementales fédérales. Les gouvernements étrangers et des personnes vivant dans d’autres pays, en possèdent également. Ces instruments n’englobent cependant pas les titres de créance intergouvernementaux ni la dette du fonds en fiducie de la Sécurité sociale. Les types de titres détenus par le public comportent les bons, billets et obligations du Trésor, les TIPS (titres du Trésor protégés contre l’inflation), les obligations d’épargne des États-Unis et les séries de titres des gouvernements municipaux et étatiques



http://panier-de-crabes.over-blog.com/article-29402020.html


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26 mars 2009 4 26 /03 /mars /2009 06:56
Chine
Vers la fin de la suprématie du dollar ?


dollar2.jpg

 

C'est un mouvement historique qui s'amorce.

 

La mise en cause de la suprématie mondiale du dollar.

 

Hier soir, le gouverneur de banque centrale de Chine a publié une tribune (à la fois en mandarin et en anglais) dans laquelle il appelle à la création d'une nouvelle monnaie de réserve pour remplacer le billet vert (le texte est ici).

 

"Le fait qu'une devise nationale serve de monnaie de réserve internationale a fait son temps", écrit-il.

 

Il rappelle que, dans les années 40, Keynes avait lui même proposé la création du "Bancor", une devise internationale dont la valeur serait liée au cours de trente denrées de base.

 

Pourquoi cet appel de Pékin, à quelques jours du sommet du G20?

 

Parce que la banque centrale chinoise détient environ 1000 milliards dollars et qu'elle redoute une chute (déjà amorcée) de la valeur de la devise américaine - notamment à cause du gigantesque plan de relance imaginé par Obama et son équipe.

 

Il s'agit donc pour Pékin, qui ne croit évidemment pas à l'abandon du dollar dans l'immédiat, de peser politiquement sur les négociations de Londres.

 

Reste que la Chine n'a pas la seule à appeler le monde à remplacer le billet vert par une autre monnaie de réserve internationale qui reste à inventer.

 

La semaine dernière, c'était la Russie.

La semaine d'avant, le Kazakhstan.

 

Son président, Nazerbaïev proposait l'adoption de l'"acmetal" -contraction de "acme" (sommet, en anglais) et de "métal".

 

Demain, l'Onu entrera dans le débat.

 

Sa commission d'experts sur la réforme du système financier international, présidée par le prix Nobel Joseph Stiglitz et à laquelle participe l'économiste française Jean Paul Fitoussi, va proposer la création d'une monnaie de réserve internationale qui ressemblerait à feu l'ECU.

 

A l'image de l'ancienne monnaie européenne, il s'agirait d'un panier regroupant les principales devises nationales.

 

La proposition sera-t-elle adoptée?

 

Pas tout de suite.

 

Parce que l'Amérique ne déposera pas les armes sans combattre.

 

Et surtout parce que, malgré tout, le dollar reste, avec l'or, la seule valeur refuge, dont personne ne séparera facilement.

http://globe.blogs.nouvelobs.com/archive/2009/03/24/la-chine-la-russie-et-l-onu-veulent-la-fin-du.html



Dernières Nouvelles du monde :
 
La chute de tours symbolisant la finance mondialisée annonce la fin du nouveau projet babelien

http://www.marcfievet.com/article-29398605.html 




La course aux armements est en train de revenir aux niveaux de la guerre froide
http://panier-de-crabes.over-blog.com/article-29400980.

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24 mars 2009 2 24 /03 /mars /2009 21:08



Le texte date d'il y a un mois.
Mais il est de plus en plus d'actualité !
Alors je vous le propose... Eva




LA DEMANDE POUR L'OR S'ENVOLE :
QUELQUE CHOSE SE PREPARE



19-20 Février 2009 :


La demande mondiale pour l'or est telle, que les mines n'arrivent pas à fournir.

Pourtant, ce n'est pas le bijoutier au coin de la rue qui créé la demande, loin de là !!!


Malgré ça, augmentation de 29% !!!!!

Le Telegraph de Londres nous apprend que "la demande pour les lingots et les pièces a augmenté, elle, de 87%".

Vous voilà clairement avertis. Si vous voulez tout savoir sur l'or, voici le site du
World Gold Council.

Et sur un autre journal, mais je ne me souviens plus lequel, j'ai vu que la Russie a également acheté des centaines de tonnes afin que 10% de sa masse monétaire soit stablisée par l'or.

Idem pour la Chine qui se consitue elle aussi ses stocks (voir archives). Quelque chose se prépare on dirait...

A ce sujet, lisez aussi
cette autre analyse sur l'or de notre ami Ambrose Evans-Pritchard, et vous comprendrez tout: "Gold hits record against euro on fear of Zimbabwean-style response to bank crisis. Gold has surged to an all-time high against the euro, sterling, and a string of Asian currencies on mounting concerns that global authorities are embarking on a "Zimbabwe-style" debasement of the international monetary system". Peut-être qu'on devrait acheter des actions des fabriquants de brouettes.

Vive la
République de Weimar.

Revue de Presse par Pierre Jovanovic ©
www.jovanovic.com

2008-2009
 
http://www.jovanovic.com/blog.htm



D' autres textes sur ce blog :




ON SAUVE LES BANQUES
MAIS PAS LES PETITS INVESTISSEURS
QUI ONT TOUT PERDU,
NI LES PME-PMI



24-25 Mars 2009 :


Plus de 20.000 retraités et investisseurs anglais ne peuvent plus retirer leur argent de divers fonds d'investissements de la marque "CF Arch Cru", pour un montant total de 425 millions de livres. Le
Daily Mail révèle que les gérants n'ont pas assez d'argent pour rembourser tous les clients. Et avec la chute de la bourse de 40%, ce n'est même plus pensable.

Question: cela ne gêne personne au Downing Street de sauver les banques en faillite mais de laisser des retraités ruinés par des fonds devenus insolvables ? Fabuleux... Sachant que tous les clients attendent la moindre occasion pour retirer leur argent d'un coup, comme l'explique
le Financial Times, et vous avez une idée de ce qui pourrait se passer.

Mais l'indécence ne s'arrête pas là: Sarkozy par exemple sauve Heulliez, parce que tous les médias en parlent, mais laisse crever des milliers de PME dont les médias ne parlent pas. C'en est indécent, cette politique.

Revue de Presse par Pierre Jovanovic ©
www.jovanovic.com 2008-2009

Envoyez ce lien à votre banquier et à tous vos amis et relations.



STRAUSS-KAHN
PARLE DE REVOLUTION...
(Eva : Et de guerre !)


24-25 Mars 2009 :


Dominique Strauss-Kahn est d'accord avec le Leap2020. A Genève, il a déclaré que "cette crise va pousser des millions de gens au chômage et dans la pauvreté", et que "la situation est préoccupante, elle risque d'entraîner des troubles sociaux, voire des guerres, et une action urgente est nécessaire pour nettoyer les marchés financiers". SI cela est fait, la situation peut reprendre en 2010. Cette déclaration, à quelques jours de la réunion du G20 est une véritable alerte, faite au moment même où les Américains deversent 1 Trilliard de dollars sur les banques pour les sauver...

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24 mars 2009 2 24 /03 /mars /2009 14:46
Michael HUDSON
dessin : www.unscriptedfeature.com

Le 15 mars, dans l’émission « 60 minutes » de la chaine américaine CBS, le président de la Réserve Fédérale, Ben Bernanke, a eu recours à une fausse analogie, déjà utilisée par le Président Obama dans son quasi-discours sur l’Union. Il a comparé le secteur financier à une maison en train de brûler – pourquoi pas, étant donné que des valeurs immobilières partent en fumée, provoquant faillites, abandons, pillages (du cuivre des câbles électriques et de tout ce qui est récupérable) et évidemment un effondrement de leur valeur. Le problème avec cette analogie est l’emplacement de la maison et son interaction avec les « autres maisons », c’est-à-dire le reste de l’économie.


M. Barnanke a demandé ce qu’il fallait faire lorsqu’un fumeur irresponsable mettait le feu à son lit et provoquait l’incendie de sa maison. Le voisin devrait-il se dire « c’est de sa faute, que la maison brûle » ? Une telle attitude représenterait une menace pour tout le quartier, a expliqué M. Barnanke. En conséquence, a-t-il expliqué, l’économie avait besoin d’un système bancaire et financier solide. Et voici ce qu’il a dit : l’économie ne pourrait sortir de la crise qu’avec encore plus de crédits et de dettes. Pour cela, il faut encore plus de milliards de milliards de dollars fournis par « les voisins » à l’irresponsable qui a mis le feu à sa propre maison. C’est ici que l’analogie présente de sérieuses limites.
 

En regardant l’émission « 60 minutes », mon épouse m’a dit « C’est exactement ce qu’Obama a dit l’autre soir. Qu’est-ce qu’ils font ? Ils se réunissent pour se mettre d’accord sur une métaphore et la diffuser ? » On dirait qu’ils ont trouvé une image qui forcera les américains à soutenir cette politique même s’ils ne l’aiment pas et que beaucoup ont bien envie de voir la maison financière (AIG, Citibank, Bank of America) réduite en cendres.


Qu’y a-t-il de faux dans cette analogie ? Pour commencer, les maisons de la finance sont rarement situées dans les quartiers où vivent la plupart des gens. En fait, ce sont des châteaux, situés aux sommets des collines, dominant les villages plus bas. Ils peuvent partir en fumée et laisser la nature regagner ses droits sur le sommet de la colline, plutôt que de voir le village entier tourner le regard, enchaînés par les dettes, vers ces temples de la finance.
 

Et, s’agissant de la politique US, l’analogie est encore plus fausse. En réalité, le Trésor et la Réserve Fédérale ne sont pas en train « d’éteindre l’incendie ». Ils sont en train de saisir les maisons qui n’ont pas encore brûlé, d’expulser les occupants, et de remettre les biens entre les mains de ceux qui sont coupables d’avoir « mis le feu à leur propre maison ». Le gouvernement n’est pas en train de jouer aux pompiers. « Eteindre le feu » serait effacer les dettes de l’économie – les dettes qui sont en train de « tout brûler ».


Pour M. Bernanke, la « solution » au problème de la dette serait que les banques se remettent à prêter. Il est en train de jeter de l’huile sur le feu. Le gouvernement va prêter aux « voisins en danger » suffisamment d’argent pour que les clients endettés auprès de la « maison financière sur la colline » puissent rembourser les emprunts contractés. Ce n’est pas la maison sur la colline qui brûle, c’est l’argent des voisins (l’argent du contribuable) qui part en fumée.
 

M. Bernanke a expliqué aux téléspectateurs que sa politique visait à aider l’économie à retourner à la « normalité ». Parfaitement en phase avec les propos de M. Paulson l’été dernier, la « normalité » signifie une croissance exponentielle du volume de la dette. Il a parlé d’une relance économique « durable ». Mais « la magie des intérêts composés » n’est pas durable. La métaphore est totalement fausse.


Ensuite M. Bernanke a abandonné le terrain de la métaphore pour fournir une explication totalement fausse sur la balance des paiements et les réunions prévues du Gang des 20 en Europe. Vendredi, le premier ministre Chinois s’est déclaré préoccupé par la santé de l’économie américaine, dans laquelle la Chine a recyclé près de 2 mille milliards de dollars pour empêcher une revalorisation du yuan par rapport au dollar. La crainte est de voir, malgré cet intense recyclage de dollars, le taux de change du dollar baisser encore plus tandis que la balance commerciale poursuit sa courbe et, autre préoccupation, que les dépenses militaires des Etats-Unis continuent d’injecter des dollars dans l’économie mondiale et que la guerre se répand à l’est de l’Irak vers l’Afghanistan et le Pakistan.
 

Selon les explications du président de la Réserve Fédérale Bernanke sur CBS, le marché américain se devait d’être accueillant aux « sauveteurs chinois ». L’image qui est sans cesse rabâchée est que le monde souffre d’un « surplus d’épargne ». Selon cette version, les grandes banques US et Wall Street auraient été littéralement noyés sous l’argent et qu’ils ont été contraints d’en faire quelque chose et de procéder à des placements de plus en plus risqués. « Ils nous ont obligés » est le message sous-jacent qui n’a pas encore été formulée.


On pourrait croire que M. Bernanke ne connait rien de rien à la balance des paiements ou au fonctionnement du système monétaire mondial. Voici ce qui se passe réellement. L’économie US elle-même injecte de « l’épargne » dans les banques centrales étrangères en dépensant à l’étranger dans ses bases militaires. (L’émission « 60 minutes » a montré des engins élévateurs charrier des cargaisons, composées de 40 millions de dollars en devise US, à travers les bâtiments de la Réserve Fédérale de New York, comme ils le faisaient en Irak pour s’acheter des soutiens locaux et des groupes politiques). De même, les consommateurs US achètent plus que le pays n’exporte. Lorsque ce surplus de dollars donné aux banques centrales étrangères est converti en monnaie locale, les banques centrales les rendent à la Banque centrale US – ce qui lui pose un problème.


Rappelez-vous les propos d’un ancien ministre US, John Connolly : « c’est notre déficit, mais c’est leur problème ». Il voulait dire par là que les Etats-Unis dépensaient des fonds (à l’époque, principalement en Asie du Sud-Est) qui finissaient dans les banques centrales étrangères, qui en retour se trouvaient face à un dilemme : si elles laissaient « le marché » gérer ces dollars, leur propre devise grimperait. Ce qui mettrait en danger leurs exportations, et provoquerait du chômage. Alors les gouvernements étrangers ont choisi de recycler leur afflux de dollars, mais sans changer de monnaie – les convertissant principalement en bons du Trésor US puis, lorsque la source a commencé à se tarir, en bons émis par des agences telles que Fannie Mae and Freddie Mac.
 

Ainsi, le « feu » qui se répandait était celui du déficit militaro-commercial des Etats-Unis. Ce qui n’a pas grand-chose à voir avec l’épargne des consommateurs chinois. C’étaient les banques centrales qui faisaient de la pseudo-épargne, en jonglant avec leurs surplus de dollars comme des patates chaudes. On entend rarement un fonctionnaire mentionner le déficit des dépenses militaires. C’est comme si tout avait commencé par l’épargne à l’étranger et puis qu’une décision « selon les règles du libre-marché » avait était prise pour l’introduire dans l’économie US, « le moteur de la croissance mondiale ». En réalité, tout a commencé par le déficit de la balance des paiements US qui a injecté des surplus de dollars dans l’économie – que les banques étrangères sont obligées de recycler, en dollars. (Je parle de ce phénomène dans Super Imperialism : The Economic Strategy of American Empire, and Global Fracture.)


Le surplus de crédit que Wall Street a distribué a été crée à partir de rien. Sur ce point au moins, M. Bernanke a été clair, lorsqu’il a expliqué que le Fed « crée des dépôts » pour ses banques adhérentes tout comme ces banques « créent des dépôts » pour ses propres clients, par un simple click de souris.

Le résultat final est que le public américain est en train de se faire laver le cerveau par un mythe soigneusement construit (sans aucun doute après avoir fait l’objet d’une « étude de marché » auprès « d’échantillons représentatifs de la population » pour choisir les images qui marqueraient le plus les esprits). L’objectif est d’amener le public à se tromper d’analyse sur la nature réelle de l’actuelle crise et de l’amener à soutenir la politique mise en œuvre et convaincre l’électorat.


Mais ce mythe s’appuie sur de fausses analogies, pas sur des réalités économiques. Il vise à faire passer Wall Street pour un pompier et non un pyromane. Il vise à faire passer le Trésor et la Fed comme des protecteurs de nos deniers et non comme des trafiquants qui ont fourgué des milliards de dollars aux banques dont les hasardeux paris ont provoqué la crise.


Au moment où l’émission « 60 minutes » était diffusée, le gouvernement faisait connaître les noms des sociétés du côté de Wall Street qui avaient bénéficié des aides versées par l’Etat pour renflouer AIG. Pour calmer la vague de protestations contre les 160 milliards de dollars versés à AIG, le Trésor a finit par publier les noms des sociétés qui ont finalement touché cette somme lorsqu’AIG s’en est servi pour éponger ses dettes. Confirmant les rumeurs qui circulaient depuis plusieurs mois, la compagnie de M. Paulson, Goldman Sachs, se trouvait en tête de liste en empochant 13 milliards de dollars ! Suivie par Merrill Lynch (7 milliards), Bank of America (5 milliards), Citigroup (2,3 milliards) et la très décriée société de junk-mortgage Wachovia (1,5 milliards). En tant que Secrétaire du Trésor, il s’avère que M. Paulson représentait non pas les intérêts des Etats-Unis mais ceux de sa propre compagnie et de ses voisins de Wall Street.


Ces voisins ont reçu des bons du Trésor lors de transactions “cash-pour-cash”. Le reste de l’économie paiera les intérêts de la dette pendant tout le siécle à venir. C’est cela qui provoque la “déflation par la dette”. Les revenus sont détournés de la consommation de biens et services pour payer les intérêts et taxes. Ainsi, le ministère du Trésor est en train de jeter de l’huile sur le feu, non d’éteindre l’incendie.
 

MICHAEL HUDSON
 

Michael Hudson est un ancien économiste de Wall Street. Professeur de recherches à l’Université du Missouri, Kansas City (UMKC), il est l’auteur de nombreux ouvrages, dont Super Imperialism : The Economic Strategy of American Empire (new ed., Pluto Press, 2002) son site http://www.michael-hudson.com

Traduction VD pour le Grand Soir http://www.legrandsoir.info

Article Original
http://www.counterpunch.org/hudson03172009.html

http://panier-de-crabes.over-blog.com/article-29285023.html

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24 mars 2009 2 24 /03 /mars /2009 14:15

Les guerres illégales menées dans les Balkans, en Irak et en Afghanistan ont englouti des sommes énormes qui manquent maintenant dans les caisses de l’Etat britannique.

Les fortes dépenses d’armement, qui avaient légèrement baissé après l’effondrement de l’URSS, mais remontent depuis dix ans et atteignent 46 milliards de livres pour 2008 - ce qui en fait le deuxième budget militaire dans le monde -, avoisinent sur vingt ans environ 1 billion (mille milliards) de livres qui manquent aujourd’hui dans les caisses de l’Etat. De plus, les coûts de la guerre actuelle font grimper le budget. Dans les années 2007/08, l’Etat britannique a dépensé pour la guerre en Afghanistan, selon le ministère des Finances, la somme de 1,51 milliard de livres. Ces dépenses vont s’élever pour les années 2008/09 à 2,32 milliards de livres, cela malgré la crise économique.



london

La guerre en Afghanistan dure déjà depuis bientôt 8 ans provoquant une accumulation de coûts. Alors même que les dépenses pour la guerre en Irak ont été réduites de façon infime, passant de 1,46 à 1,4 milliard de livres, il ne faut pas oublier que cette guerre dure depuis 6 ans et que les coûts au début étaient nettement plus élevés. Les chiffres publiés officiellement par le Gouvernement ne comprennent pas les coûts se rattachant aux soldats morts (dédommagements des familles), aux blessés et aux vétérans invalides, ainsi qu’au dédommagement des victimes civiles. Il faut y ajouter les énormes montants que les Etats-Unis ponctionnent aux Etats alliés pour financer leurs guerres, argent qui est enlevé au marché. En estimant à 2 à 3 billions de dollars le coût de la guerre en Irak pour les Etats-Unis, on peut mesurer à peu près l’ampleur de ces montants. Les Britanniques ont, dans le monde entier, 67 000 hommes sur le terrain, ce qui coûte énormément.


La Grande-Bretagne
va au-devant de la faillite

 

En 1982, la Grande Bretagne s’était déjà trouvée à deux doigts d’un effondrement économique et financier. La première dame du pays, Margaret Thatcher, se servit des mêmes combines que les puissants, qu’il s’agisse de rois, de dictateurs ou de présidents «élus», avant et après elle. Pour cacher les diffi­cultés intérieures on se lance dans une guerre, ce qui détourne l’attention du désastre dans le pays. A l’époque ce fut la guerre des Ma­louines. A l’ombre de l’euphorie due à la victoire et de sa nouvelle popularité, la dite dame de fer se lança brutalement contre les mineurs en grève, démantela les syndicats et mena à grands pas la privatisation de toutes les entreprises de l’Etat, ce qui apporta à court terme de l’argent dans les caisses d’une économie épuisée.


25 ans plus tard, l’actuelle crise financière est apparue en automne 2008 par l’effondrement attendu de la banque Northern Rock. Le gouvernement anglais se déclara immédiatement disposé à verser 37 milliards de livres pour empêcher cet effondrement et une panique des épargnants qui se seraient précipités pour retirer leurs dépôts avant que tout ne disparaisse. Gordon Brown apparut comme le sauveur dans la détresse et d’autres pays, comme notamment l’Allemagne, sui­virent son exemple.

 

La nationalisation des banques
a porté un coup sévère à la confiance

 

Mais ce fut un coup d’épée dans l’eau. La crise financière atteignit d’autres instituts financiers et l’Etat britannique s’en tint à sa façon de procéder, déversant des milliards de livres dans les banques mises en danger du fait de leur pratique d’investissements très fortement spéculatifs. En tout, le gouvernement britannique a étatisé quatre banques et accordé des aides financières à d’autres. Il était vain, dans cette situation tendue, de vouloir trouver des investisseurs privés pour refinancer les pertes des banques. La confiance dans cette place financière de Londres tant prisée se mit à fondre. Tout ce qui a affaire à l’argent et aux finances se trouve en perte de vitesse.

Derrière le Pérou, le Chili et El Salvador


Au début de l’année, le World Economic Forum (WEF) avait placé la Grande-Bretagne derrière le Pérou, le Chili et El Salvador en ce qui concerne la stabilité, alors qu’encore en 2006, le pays se trouvait à la première place. Selon le WEF, les nationalisations ont porté un coup sévère à la confiance. Dans de telles conditions, la crédibilité de l’Etat est sérieusement remise en question, ce qui rend vain la recherche de crédits sur les marchés financiers mondiaux. Le pays se trouve financièrement dans une situation désastreuse. L’Etat britannique qui a déjà bradé toute sa fortune ne peut plus compter y retrouver un appui.
 


Le sauvetage des banques
met à mal les budgets publics
 


Les milliards de livres injectés dans les banques en difficulté font monter les dettes de l’Etat de façon dramatique. Le déficit budgétaire comporte cette année déjà 118 milliards de livres et ce n’est, à coup sûr, pas fini. Il semble qu’il ne reste que de s’adresser au FMI, suivant l’exemple de l’Islande, de la Hongrie et de l’Ukraine, pour se sortir ra­pidement de la crise. De ce fait, le gestionnaire de fonds spéculatifs, Jim Rogers, conseilla aux investisseurs de vendre tous leurs biens en livres sterling, car le gouvernement ne dirait pas la vérité: «C’en est terminé, je déteste le dire, mais je ne mettrais plus un seul penny en Grande Bretagne.»



On remet en marche
la planche à billets

 

Les nouvelles dettes de la Grande Bretagne se montent pour l’année 2009 à plus de 8% du produit national brut prévu, ce qui fait qu’elles dépassent de loin les critères valables pour l’espace euro. Avant la crise, la Grande-Bretagne avait moins de dettes que la moyenne de l’UE, cela du fait des exportations de pétrole et de gaz. Mais ce n’est plus suffisant car la situation financière s’est détériorée dramatiquement du fait que la dette publique est passée, au cours d’une année, de 600 milliards à 2 billions de livres. Ce qui a incité le journal en ligne anglais dailymail.co.uk à mettre le 20 février comme titre: «Deux billions de livres - la somme affolante de notre dette publique [...], cela signifie 33 000 livres pour chaque homme, chaque femme et chaque enfant du pays.»


La monnaie perd
30% de sa valeur


Du fait de la politique d’endettement exorbitant, la livre sterling a perdu considéra­blement de sa valeur et se trouve presque à égalité avec l’euro. Selon la Banque d’Angleterre, la livre a perdu en l’espace de six mois 30% de sa valeur. Les perspectives pour cet Etat insulaire, autrefois si fier, sont plutôt sombres. Quant tout lâche, il faut recourir à la planche à billets. La Banque d’Angleterre a annoncé vouloir imprimer pour 70 milliards de livres. Nous savons ce que cela signifie, en se rappelant l’inflation démesurée dans l’Allemagne de 1923 : la destruction de fortunes, notamment celles des petits épargnants.


Le monde de la finance de Londres n’a jamais digéré d’avoir perdu le monopole mondial au profit de New York.

Risquer d’être supplanté par cette petite Suisse performante éveille des instincts politiques de bas étage. Ce qui faisait partie, au XVIe siècle, de la politique financière britannique, c’est-à-dire que des pirates comme Sir Francis Drake s’attaquaient au nom de sa Majesté britannique aux navires de commerce espagnols et leur ravissaient l’or et l’argent, se retrouve aujourd’hui sous une forme plus développée. Tout est bon pour financer les guerres illégales et dévastatrices, entre autre de menacer la Suisse de la faire placer sur une liste noire, mais prenant par ailleurs en défense les paradis fiscaux des îles de la Manche, de l’île de Man, des îles Cayman et des Bermudes. Au cours de la décennie écoulée, le parti travailliste a tout mis en œuvre pour rendre la place financière de Londres plus attrayante, notamment en limitant les réglementations et en offrant des avantages fiscaux. On agit incontestablement avec deux poids et deux mesures.
 

C’est d’une perfidie parfaite que de choisir une victime militairement inférieure et de l’attaquer verbalement avec violence, refusant toute autocritique et toute prise de conscience de la faillite annoncée de l’Etat. Vouloir faire de la Suisse un bouc émissaire est une manœuvre malhonnête qui doit être combattue énergiquement.
 

L’ambassadeur britannique en Suisse a exigé, lors d’une interview au journal «NZZ am Sonntag» du 1er mars 2009, avec toute l’arrogance et l’effronterie propres au monde anglo-saxon, que la Suisse aligne son droit fiscal sur celui de la Grande-Bretagne. C’est pousser le bouchon un peu loin.

 

L’arrogance effrontée de Gordon Brown dans sa façon de traiter la Suisse, pays souverain, démontre parfaitement que les Anglais ont oublié, au cours des dernières dix années par leur conduite immorale et contraire au droit international, ce qu’est un comportement diplomatique. Le droit du plus fort nous ramène à un chapitre malheureux de l’histoire. Le gouvernement anglais est enfoncé jusqu’au cou dans la crise financière catastrophique qu’il a provoquée lui-même avec son allié, les Etats-Unis.
 

Il serait bon qu’ils prennent conscience de leur responsabilité et se mettent à chercher des solutions honnêtes, avant de disparaître de par leur gestion désastreuse et leur arrogance.


Lire également :

http://panier-de-crabes.over-blog.com/article-29364353.html

Du 11 septembre à la crise économique : une stratégie pour imposer une « Gouvernance Mondiale »

http://www.mecanopolis.org/?p=4783&type=1
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21 mars 2009 6 21 /03 /mars /2009 03:52

Les fonds spéculatifs s’attaquent à l’agriculture 

Les fonds spéculatifs s’attaquent à l’agriculture


Après avoir provoqué la crise financière, les fonds spéculatifs commencent à s’intéresser au foncier. Du Brésil à l’Indonésie, de Madagascar à l’Ukraine, ils accaparent des millions d’hectares, aux côtés de multinationales ou d’États fortunés en manque de terrains à cultiver. La course à l’accaparement des terres semble lancée. Les petits paysans expropriés et les communautés autochtones réprimées sont les premiers à en subir les conséquences. Et demain ?

par Nadia Djabal



Un nouveau problème alarme les organisations paysannes et non gouvernementales : la course à l’acquisition de vastes surfaces de terres cultivables lancée par des États, des multinationales et, depuis quelques mois, des fonds spéculatifs. L’ONG Grain (pour Genetic Resources Action International), basée à Barcelone, a ainsi mis en place une veille mondiale quotidienne et un blog recensant les articles de presse publiés sur ce sujet.

Rentabilité de 400%

Des millions d’hectares sont actuellement achetés ou loués dans les pays pauvres par des gouvernements, des multinationales et des investisseurs privés. Conséquence de ce vaste mouvement : les terres fertiles sont privatisées et concentrées au main d’un seul propriétaire, avec à la clé l’expulsion des petits exploitants agricoles et la disparition de leurs moyens de subsistance. L’heure est grave, surtout lorsque l’on sait qu’au niveau mondial, la faim est la principale cause de mortalité et qu’elle est liée principalement aux difficultés d’accès à la terre. Mi-septembre 2008, le directeur général de la FAO, le Sénégalais Jacques Diouf a annoncé que 920 millions de personnes souffraient de la faim contre 850 millions avant la flambée des prix. 70% sont des paysans. Dans le même temps, l’aide alimentaire internationale est tombée en 2008 à son niveau le plus bas depuis 40 ans.

Gouvernements, grandes entreprises et fonds spéculatifs n’ont pas les mêmes objectifs. Les premiers - Chine, Corée du Sud, Japon, Inde, Arabie Saoudite, Émirats Arabes Unis, pour les principaux - souhaitent assurer une sécurité alimentaire pour leur population en se lançant dans la production céréalière et de viande plutôt que de recourir aux importations dépendantes des fluctuations des cours mondiaux. Les multinationales et les fonds spéculatifs, crise financière aidant, ont déserté les marchés dérivés pour se tourner vers ce nouvel eldorado. « Dans de nombreux endroits du monde, les prix alimentaires sont élevés et les prix des terres faibles, explique l’ONG Grain. On peut donc clairement gagner de l’argent en prenant le contrôle des meilleurs sols, proches des ressources en eaux. » L’horizon de placement est de 10 ans en moyenne avec bien sûr l’obligation d’exploiter les terres et de construire les silos et les routes nécessaires à l’exportation des récoltes. Les retours sur investissements sont évalués entre 10 et 40 % par an pour les fermes situées en Europe et peuvent atteindre 400 % en Afrique. Ce sont les gouvernements qui, dans un premier temps, négocient les accords de « coopération agricole » avec les pays pourvoyeurs de terres. C’est le secteur privé qui sera chargé de leur mise en œuvre.

Pétrole contre nourriture

La Chine a ainsi acquis 2,1 millions d’hectares (soit l’équivalent de la Slovénie) en Amérique du Sud, en Afrique, en Asie du Sud-Est et en Australie. L’empire du Milieu voit ses surfaces agricoles disparaître à mesure que l’industrie gagne du terrain et sollicite de plus en plus de ressources en eau. Avec des réserves de devises estimées à 1800 milliards de dollars, la Chine a suffisamment d’argent pour honorer la trentaine d’accords de coopération agricole conclus ces dernières années. Du Kazakhstan au Queensland (Australie) et du Mozambique aux Philippines, les entreprises chinoises cultivent riz, soja, maïs, canne à sucre, manioc, sorgho, en échange de technologies, de formation et de fonds de développement d’infrastructures.

Les monarchies du golfe possèdent désormais environ 3 millions d’hectares au Soudan, au Pakistan ou en Indonésie. Suite à l’augmentation des prix alimentaires sur le marché mondial et à la chute du dollar, les pays du Golfe persique ont vu, en cinq ans, la facture de leurs importations bondir de 8 à 20 milliards de dollars. L’Arabie Saoudite a annoncé le 23 février dernier vouloir investir en Afrique du Sud et aux Philippines pour cultiver bananes, mangues, ananas, riz, maïs et viande bovine. Toutes ces denrées seraient destinées au marché saoudien. Israël prépare une visite officielle le 16 mars au Cambodge. « Je pense qu’ils cherchent des terres arables pour faire pousser du riz et des légumes », a commenté Nguon Meng Tech, le directeur général de la chambre de commerce cambodgienne.

Gentlemen farmers ?

Côté entreprises et fonds spéculatifs, l’acquisition de propriétés est une nouveauté. Cette évolution date de quelques mois, lorsque les marchés financiers se sont effondrés. La Deutsche Bank et Goldman Sachs possèdent des fermes et des usines de viande en Chine. La banque d’investissement Morgan Stanley est propriétaire de 40 000 hectares en Ukraine, grenier à blé de l’Europe. Le fonds spéculatif russe Renaissance Capital possède 300 000 hectares, toujours en Ukraine. L’entreprise lituanienne Agrowill, les Suédois Alpcot Agro et Black Earth Farming investissent massivement en Russie. Le fonds d’investissement américain Black Rock vient d’annoncer la constitution d’un fonds spéculatif agricole de 300 millions de dollars, dont 30 millions sont dédiés à des acquisitions de terre. Le britannique Dexio Capital souhaite acheter 1,2 million d’hectares de steppes russes. La société française Louis Dreyfus Commodities qui possède 60 000 hectare au Brésil est actuellement intéressée par l’achat ou la location de terres au Nigeria et en Afrique subsaharienne. La carte de ces récentes acquisitions a été dressée par l’ONG Grain :

« La terre est devenue une ressource rare. Le changement climatique entraîne une désertification à un rythme accéléré. Des centaines de milliers d’hectares de terres arables vont disparaître dans les prochaines années, expliquait au quotidien en ligne Mediapart, Olivier de Schutter, rapporteur spécial des Nations unies pour le droit à l’alimentation. D’autre part, la terre cultivée est épuisée, conséquence d’une agriculture intensive et d’un recours systématique aux engrais chimiques. Parallèlement, la demande de matières premières agricoles progresse, en raison de l’accroissement de la population mondiale, mais aussi de la modification des habitudes alimentaires. » Ce qui est rare étant cher, cela se traduit pour les prévisionnistes des marchés par une augmentation des prix des denrées, par un fructueux placement et par une pression accentuée pour obtenir plus de terres agricoles.

Manne financière pour les pays du Sud ?

Les gouvernements pourvoyeurs de terre voient ce phénomène d’un très bon œil. Ils défendent ces projets en expliquant à leur population que cette manne financière permettra la construction de routes et d’infrastructures. La plupart des accords de coopération comprennent aussi des programmes de recherche en vue d’améliorer les rendements agricoles. Dans un contexte de crise alimentaire mondiale, la rhétorique utilisée est celle du « gagnant-gagnant » qui valorise les politiques de développement. Or, ici, il ne s’agit ni de développement rural ni de souveraineté alimentaire mais de développement agro-industriel. Selon Grain, celui-ci « a engendré pauvreté et destruction de l’environnement et a exacerbé la perte de la biodiversité, la pollution par les produits chimiques agricoles et une contamination des cultures par les organismes génétiquement modifiés ».

Les mauvaises nouvelles n’arrivant jamais seules, la Banque mondiale et la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd) regardent le mouvement avec beaucoup d’intérêt et conseillent aux gouvernements de modifier leur législation foncière pour que les investisseurs étrangers puissent acquérir des terres plus facilement. Pourtant, de nombreux pays cibles sont, à l’instar du Kenya, de la Tanzanie ou de Madagascar, importateurs nets de denrées alimentaires. « Le Cambodge qui loue pour 600 millions de dollars au Qatar et au Koweït a bénéficié du Programme alimentaire mondial de 35 millions de dollars pour soulager la famine », assène Grain.

4% des propriétaires possèdent la moitié des terres

À Madagascar, 600 000 personnes dépendent de l’aide alimentaire. Les récentes émeutes qui ont embrasé l’île ont été déclenchées par l’annonce de la location de 1,3 million d’hectares - la superficie de l’Ile-de-France - pendant 99 ans par l’entreprise Sud-Coréenne Daewoo Logistics qui souhaitait y produire 4 millions de tonnes de maïs et 5 millions de tonnes d’huile de palme par an pour le marché sud-coréen. Pour l’heure, Daewoo a suspendu ses pourparlers avec le gouvernement et ses négociateurs sont partis sans laisser d’adresse. Pour combien de temps ?

L’affaire pose le problème de la propriété de la terre. Dans de nombreux pays africains, et même sud-américains, les titres de propriété n’existent pas |1|. Les exploitants courent donc le risque d’être expropriés d’une terre qu’ils occupent depuis plusieurs générations. Ces paysans sans terre viendront grossir les bidonvilles qui ceinturent les grandes métropoles du tiers-monde. « Il faut explorer des régimes alternatifs de propriété, qui reconnaissent par exemple des droits communaux sur la terre. On pourrait imaginer que les droits des cultivateurs soient reconnus, afin de les protéger de l’expropriation, tout en leur interdisant de vendre leur terre sans l’assentiment préalable de la municipalité ou de la communauté. », ajoute Olivier de Schutter.

Au niveau mondial, 4% des propriétaires fonciers sont à la tête de la moitié des terres cultivées. Pourtant, la kyrielle d’études produites dans le domaine agricole ont prouvé que les petites exploitations sont plus rentables que les grandes exploitations industrielles. Une étude a démontré qu’en Turquie, les fermes familiales de moins d’un hectare produisent proportionnellement vingt fois plus que les exploitations de plus de 10 hectares.

Que deviendront les mouvements qui luttent pour une véritable réforme agraire et pour le droit des populations autochtones ? Au Chili, par exemple, les indiens Mapuche se battent depuis des décennies pour défendre la forêt, qui est leur seul moyen de subsistance. Ils sont en conflit avec les multinationales forestières et sont victimes d’assassinats, d’arrestation, de torture et de surveillance constante. En Indonésie où les mouvements paysans sont criminalisés, ce sont 22 millions de foyers qui ont été chassés de leur terre.

Pour l’heure, Grain s’interroge. Quelles seront les conséquences économiques, sociales et environnementales à long terme de ce phénomène d’accaparement des terres ? Trop tôt pour le dire. Mais cette nouvelle tendance est inquiétante, surtout lorsqu’on connaît les projets de privatisation et de manipulation génétique des semences que caressent certaines multinationales.

Source : Basta !


Notes de bas de page:

|1| Au Brésil, un projet de « cartographie sociale » de l’Amazonie vise, entre autres, à empêcher les expropriations de communauté indienne ou rurale qui occupe une zone. Lire La crise rattrape les indiens d’Amazonie

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URL:
http://www.cadtm.org



http://illusions-de-mouvements.over-blog.com/article-29183523.html
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