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21 mars 2009 6 21 /03 /mars /2009 03:26


Le scandale de l’année 2008 :
le bouclier fiscal.
Les chiffres officiels du ministère de l’Economie.

jeudi 19 mars 2009

Le scandale de l’année 2008 : le bouclier fiscal.


http://www.lesechos.fr/info/france/4844258.htm


L’Etat a distribué 718 millions d’euros à 13 543 contribuables.


A qui l’Etat a-t-il distribué ces 718 millions d’euros ?


Seulement 17 millions d’euros ont été distribués à des contribuables ayant un revenu fiscal inférieur à 3 263 euros. L’Etat a donné à ces contribuables seulement 1 837 euros en moyenne.


412 millions d’euros ont été distribués à des contribuables ayant un revenu fiscal supérieur à 42 507 euros. L’Etat a donné à ces contribuables 105 903 euros en moyenne.


289 millions d’euros ont été distribués à des contribuables ayant un revenu fiscal supérieur à 42 507 euros et ayant un patrimoine supérieur à 15,6 millions d’euros. L’Etat a donné à ces contribuables 381 782 euros en moyenne.


http://www.lesechos.fr/pop.htm?/medias/2009/0319//4843987.jpg

 

http://bellaciao.org/fr/spip.php?article82509

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LES CADEAUX !!! Pas seulement le bouclier

jeudi 19 mars 2009


LES CADEAUX !!! Pas seulement le bouclier


Loi Tepa : premier bilan En vidant de sa substance l’ISF et en réduisant les droits de succession des plus riches, ... Alternatives Economiques - Mensuel n°272 (Septembre 2008) A qui profitent les cadeaux fiscaux ? La réforme fiscale prévoit une nouvelle réduction de l’impôt sur le revenu, des droits de ... Alternatives Economiques - Mensuel n°260 (Juillet 2007) Les effets du bouclier fiscal Alternatives Economiques - Mensuel n°260 (Juillet 2007) Il n’y a pas que le bouclier fiscal ! Le paquet fiscal, adopté avec la loi Tepa en 2007, aurait coûté 7,7 milliards d’euros en 2008. Et si on prend en compte toutes les mesures mises en oeuvre depuis neuf ans pour alléger la fiscalité des plus riches, le montant perdu chaque année par les finances publiques s’élève à 30 milliards d’euros.

Le gouvernement a rendu public le 16 mars 2009 une estimation du coût du « paquet fiscal » adopté en 2007 pour les finances publiques : celui-ci se serait élevé finalement à 7,7 milliards d’euros en 2008. Dont plus de moitié, 4,3 milliards d’euros, pour les exonérations sociales et fiscales sur les heures supplémentaires (voir notre pétition contre ces exonérations). Dans un contexte où on se demande de plus en plus comment rétablir demain un équilibre des finances publiques mis à mal par les nécessités de la relance, le débat est vif autour de la loi Tepa.

Le gouvernement espère le désamorcer en montrant que les montants concernés sont plus faibles que les chiffres souvent avancés jusque là. Mais, même si le « bouclier fiscal » ne coûte « que » 400 millions d’euros à l’Etat, il a permis aux 3506 contribuables les plus aisés de toucher un chèque de l’Etat de 116 193 euros en moyenne chacun, soit le tiers des impôts qu’ils ont versé. Alors que le revenu médian des ménages français était de 25 136 euros en 2005... Le symbole reste très fort dans le contexte actuel.

Une fois le gros de la crise passé, si on veut rétablir l’équilibre des finances publiques, il ne faudra pas seulement en effet revenir sur ce bouclier fiscal et sur les autres exonérations de la loi Tepa mais aussi sur les multiples réformes menées depuis le début des années 2000 afin d’alléger la fiscalité sur les revenus et les patrimoines des plus riches. C’était, on ne s’en souvient guère, le gouvernement de gauche de Lionel Jospin qui avait lancé ce mouvement. Laurent Fabius, alors ministre des Finances, avait en effet publié une tribune mémorable intitulée « Baisser les impôts pour préparer l’avenir » dans Le Monde du 28 aout 2001. Quant à l’ancien Premier ministre Dominique De Villepin, devenu entre temps un des plus farouches détracteurs du « paquet fiscal », il avait fait adopter une réforme du barème de l’impôt sur le revenu qui avait, à elle seule, entraîné plus de 10 milliards d’euros de pertes fiscales par an. Davantage donc que le paquet fiscal de Nicolas Sarkozy.

Combien cela rapporterait-il aux finances publiques de ramener simplement les impôts au niveau où ils étaient en 2000, avant ces multiples réformes successives ? 30 milliards d’euros par an, soit plus de la moitié du déficit public constaté en 2008.

Comment arrive-t-on à un tel montant ? En 2000, les impôts sur le revenu et le patrimoine des ménages avaient rapporté à l’Etat 13,8 % de ce qu’on appelle leur Revenu disponible brut (RDB) selon les chiffres de l’Insee. En 2007, suite aux différentes réformes fiscales, ce taux n’était plus que de 12 %. Si on était resté à 13,8 % l’Etat aurait eu, cette année là, 22,6 milliards d’euros en plus à sa disposition... Auxquels il faut donc ajouter les 7,7 milliards perdus en plus en 2008 du fait du « paquet fiscal ». Pas étonnant en tout cas, avec de telles politiques, que les déficits publics se soient creusés et la dette se soit envolée, avant même la crise actuelle...


Guillaume Duval


http://bellaciao.org/fr/spip.php?article82510

http://illusions-de-mouvements.over-blog.com/article-29210964.html

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19 mars 2009 4 19 /03 /mars /2009 00:21




C’est la prochaine bombe après les subprimes : les Américains sont surendettés, car ils ont longtemps vécu au-dessus de leurs moyens. Les banques pourraient y perdre 100 milliards de dollars en 2009.

Avec nos six cartes de crédit, nous sommes dans le rouge de plus de 25 000 dollars, soupire Janet Irwin, assistante d’un professeur à l’université d’Atlanta. Sauf miracle, nous n’arriverons pas à faire face.» Cette femme de 46 ans ne sait plus à quel saint se vouer. Elle est prise à la gorge par une série de prêts revolving contractés au fil des années pour offrir des extras à sa famille, comme des vacances en Californie en 2006 ou un écran plat l’an passé. Tant que l’économie tournait rond, elle honorait sans difficulté les 650 dollars de remboursements mensuels. Mais, en février dernier, Mark, son mari, a perdu son poste bien rémunéré de chef de chantier. Depuis, il cumule trois jobs : manutentionnaire le jour, vendeur en grande surface le soir et animateur dans un club de sport le week-end. «Nos revenus ont été divisés par deux, à 2 700 dollars par mois, reprend Janet. Tout juste de quoi régler les traites de la maison, l’électricité, les assurances santé, les dépenses courantes pour nos deux enfants…»


Comme des millions de familles américaines habituées à ne manquer de rien, les Irwin en sont aujourd’hui réduits à mendier la clémence de leurs créanciers. C’est le résultat d’une addiction à une drogue en apparence douce, mais devenue toxique à cause de la crise et du chômage (le pays a perdu 900 000 emplois en décembre) : le crédit à la consommation. Depuis 1996, l’encours total des prêts revolving aux particuliers a plus que doublé aux Etats-Unis, pour approcher aujourd’hui les 1 000 milliards de dollars. Mais, comme dans le cas des subprimes, les fameux crédits immobiliers à l’origine de la crise actuelle, la solvabilité des bénéficiaires n’a pas été vérifiée de très près, à en juger par la hausse spectaculaire des défauts de paiement sur les cartes de crédit : 25 milliards de dollars en 2007, le double en 2008 et au moins 100 milliards cette année, selon une étude récente du cabinet spécialisé Innovest (en France, la proportion d’accidents sur ce type de produit est trois fois plus faible). De quoi fragiliser encore un peu plus la finance américaine, et donc l’économie mondiale…


La bombe à retardement du crédit à la consommation menace d’abord d’exploser au nez de trois des principales banques américaines, déjà mises sous perfusion par le plan Paulson : JPMorgan Chase, Bank of America et Citigroup, qui ont distribué chacune pour plus de 150 milliards d’argent facile. Même American Express, pourtant réputée sélectionner une clientèle plus huppée, est largement exposée : sa capitalisation boursière a fondu de 60% en un an. La célèbre marque aux cartes vertes a obtenu à l’arraché, en novembre, le statut d’établissement bancaire, ce qui l’autorise elle aussi à profiter de l’aide de l’Etat.


Selon le même mécanisme qui a transmis le krach des subprimes à la planète, ce nouveau désastre annoncé risque de nous contaminer. En effet, d’après Innovest, 70% des créances bancaires américaines dans le crédit revolving ont, elles aussi, été «titrisées», c’est-à-dire noyées dans des packages financiers prétendument sûrs, vendus à des hedge funds, des fonds de pension et des banques du monde entier. L’augmentation alarmante des défauts de paiement aux Etats-Unis va donc à coup sûr ricocher dans les comptes des établissements européens. Mais, comme avec l’immobilier il y a dix-huit mois, personne n’est pour l’instant capable de mesurer l’ampleur des dégâts à venir. «Impossible de dire comment les Français seront touchés, observe ainsi l’économiste Marc Touati, directeur général de Global Equities. Mais il pourrait bien y avoir du grabuge.»


Pour comprendre comment on a pu en arriver là, il faut se plonger dans la culture américaine. «Dans ce pays, on n’a jamais eu peur de s’endetter, explique le sociologue Paul Jorion, auteur de “L’Implosion. La finance contre l’économie” (Fayard). A l’époque du Far West, les pionniers mettaient leurs affaires au clou contre un peu de cash. Mais ce qui est longtemps passé pour une preuve d’optimisme est devenu, ces dernières années, le seul moyen pour beaucoup d’Américains de préserver leur niveau de vie.» L’envolée du revolving a en effet coïncidé avec la stagnation des revenus du travail (le salaire moyen n’a progressé que de 4% depuis 1999) et la fonte de l’épargne, qui n’a jamais été aussi basse depuis la Grande Dépression (0,4% des revenus en 2008). Consommer plus sans gagner plus, cela s’appelle vivre au-dessus de ses moyens…


Le problème, c’est que cette frénésie a été largement encouragée par les banques. Ces dix dernières années, le secteur financier a par exemple favorisé le développement du crédit hypothécaire (les «home equity loans»). Concrètement, une famille propriétaire de son logement pouvait décrocher sans le moindre souci des emprunts, sans rapport avec ses revenus, car gagés sur la valeur de sa maison. La martingale a fonctionné tant que durait le boom du marché immobilier : entre 2001 et 2006, la hausse de 80% du prix de la pierre a ainsi permis aux ménages américains de souscrire pour 250 milliards de dollars de crédits revolving supplémentaires. D’autant plus facilement que cette débauche d’argent facile avait l’assentiment des autorités, qui, après les attentats du 11 septembre 2001, étaient soucieuses de soutenir l’économie et appelaient les citoyens à consommer par devoir patriotique.


«On ne peut pourtant pas défier les lois de la gravité économique trop longtemps, et notamment faire croire que la capacité d’endettement des ménages augmentait alors même que leurs revenus stagnaient», dénonce Robert Manning, professeur de finance au Rochester Institute of Technology. En 2005, dans un livre devenu un best-seller, «Credit Card Nation», il annonçait une inéluctable crise immobilière et l’enraiement de la machine.


En outre, l’orgie du revolving n’a pas été réservée à ceux qui avaient une maison à gager via un «home equity loan». Dérégulée sous la présidence Reagan, la finance s’est mise à prêter à n’importe qui. «La moitié des foyers américains reçoivent quatre propositions de crédit par semaine, même s’ils sont déjà dans une situation financière tendue», déplore Danny Schechter, auteur du documentaire «In Debt We Trust» («nous croyons en la dette»), consacré aux dérives du système. C’est le cas de Bernadette, assistante de direction à Pittsburgh : «Au printemps, j’ai eu de gros frais médicaux, payés avec ma carte de crédit. Le jour où je suis rentrée de l’hôpital, je recevais un courrier d’American Express me proposant 10 000 dollars de revolving. Comme j’étais à sec, naturellement, j’ai craqué.» Même les étudiants sont sol¬licités, d’autant plus que de nombreuses universités monnaient leurs coordonnées personnelles aux maisons de crédit ! Selon un sondage de l’association de consommateurs US Pirg, la dette moyenne des jeunes sur les campus dépasse déjà les 2 500 dollars…


Il faut dire que les offres des émetteurs de cartes sont alléchantes. Les taux d’intérêt sont certes élevés (dans les 15% pour les ménages les plus modestes), mais assortis de nombreux bonus : crédit gratuit les trois premiers mois, reprise sans frais des dettes sur d’autres cartes, cadeaux en tout genre (essence, «miles» de compagnies aériennes…) et possibilité d’opter pour des remboursements minimaux, de l’ordre de 100 à 150 dollars mensuels, a priori supportables. Mais le piège se referme vite : «Ces petits versements ne paient pour ainsi dire que les intérêts, et l’on finit par être incapable de rembourser le capital», observe José Garcia, directeur de la recherche du think tank Demos, auteur de plusieurs rapports sur la question. Et gare aux moindres retards de paiement, ne serait-ce que d’un jour, ou aux dépassements d’autorisation de crédit : dans ces cas-là, les pénalités pleuvent (en moyenne 35 dollars par mois) et les taux d’intérêt sont revus à la hausse, jusqu’à dépasser les 30% !


Le Congrès a fini par s’émouvoir de ces pratiques et planche sur un projet de loi interdisant les taux usuraires, comme en France. Face à la crise qui menace, certains établissements, dont Bank of America et American Express, commencent pour leur part à comprendre que pressurer leurs clients au bord du gouffre peut enclencher un cercle vicieux. Les ménages étranglés risquent en effet de se déclarer en faillite personnelle afin d’effacer l’ensemble de leurs dettes (en contrepartie, le crédit facile leur est interdit pendant une dizaine d’années). «Plus de 20% des ménages américains frôlent le surendettement, avertit le professeur Manning. C’est le moment ou jamais de les laisser renégocier.» Un dossier urgent de plus pour la nouvelle administration Obama…


Eric Wattez

© Capital

http://panier-de-crabes.over-blog.com/article-29167663.html

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18 mars 2009 3 18 /03 /mars /2009 04:07



L'or des banques centrales aurait disparu

Source 24hgold.com :

Les banques   centrales pourraient bien ne posséder dans leurs coffres que la   moitié de l’or qu’elles prétendent détenir,   déclare un groupe de veille dans une annonce publiée   récemment dans le Wall Street Journal.

 

Le Gold Anti-Trust   Action Committee (GATA), déclare   que la Réserve Fédérale et   le Trésor américain manipulent subrepticement les   réserves d’or du pays en participant à des leases non-déclarés. Le   GATA pense que la majeure partie de l’or loué de cette   façon ne retournera jamais dans les coffres des banques centrales.

 

« Avec   une demande d’or mondiale si forte, il est devenu impossible de   récupérer la majeure partie de l’or qui a   été loué sans faire énormément augmenter   son prix », déclare le président du GATA, William J.   Murphy III.

 

 « La plupart des   observateurs calcule que les réserves des banques centrales sont   supposées s’élever à environ 30 000 t   d’or dans le monde, mais nous pensons que la quantité d’or   qui s’y trouve réellement est plus proche de 15 000 t   », a affirmé Murphy, « le reste a disparu ».

 

Le   Trésor américain réfute cette affirmation, insistant sur   le fait que les stocks sont contrôlés   régulièrement.

 

« Nous   voulons révéler et stopper la manipulation du marché de   l’or par le Trésor américain et dès à présent   », a déclaré Murphy, ajoutant que « l’objectif de cette   annonce est d’informer les gens du monde de l’investissement de   ce qui se passe dans les coulisses des marchés de l’or et des   marchés financiers américains ». Il a expliqué que   le GATA a décidé de verser 264 000 $ au Wall Street   Journal pour placer une annonce d’une page entière dans   l’édition nationale car la presse financière n’a   pas couvert l’événement.

 

 

L’annonce   s’intitule « Quelqu’un   a-t-il vu notre or ? », et affirme que les réserves   d’or américaines entreposées à Fort Knox ou   à West Point ont gravement diminué car et le Trésor américain   les envoient à l’étranger pour régler des   transactions complexes destinées à étouffer le prix de   l’or.

 

 

 Le GATA déclare également   que la stratégie de manipulation du prix de l’or par le   gouvernement américain a commencé à échouer.

 

 « L’objectif de cette   manipulation est de cacher la mauvaise gestion du dollar américain   afin qu’il conserve sa fonction de monnaie de réserve du monde   », peut-on lire dans cette annonce.

 

 « Le prix récent de   l’or, approchant les 1000 $ l’once, montre que le plan   d’étouffement du prix est en train de vaciller, déclare   le GATA. « Lorsque tout le monde aura compris que les banques centrales   étouffent le prix de l’or, son prix pourrait monter   jusqu’à 3000 $, 5 000 $ l’once, voire plus ».

 

Comme preuve de   la manipulation du prix de l’or par le Trésor américain   et , le GATA cite le   rapport hebdomadaire du Trésor sur la position des réserves   internationales de devises du gouvernement, qui depuis le mois de mai a   inscrit les prêts et les swaps d’or comme une composante des   réserves d’or américaines.

 

 

L’annonce   cite également une déclaration de l’ancien gouverneur de , Alan Greenspan, qui a dit au   Congrès le 24 juillet 1998 que «les banques centrales se   tiennent prêtes à prêter de l’or en cas   d’augmentation de son prix ».

 

 

La déclaration la plus récente du Trésor   américain quant aux positions des réserves internationales   américaines, publié le 24 janvier, fait état de   71 515 000 milliards de dollars de réserves de devises   internationales, dont 11 041 000 milliards de dollars d’or (y   compris les dépôts d’or, et, le cas échéant,   l’or swappé). LIRE LE SUJET ICI

http://lapromo.neufblog.com/leveilleur/2009/03/lor-des-banques.html

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16 mars 2009 1 16 /03 /mars /2009 04:35

Comment sortir de la crise financière ? En luttant contre les « paradis fiscaux » qui en seraient responsables, affirment la chancelière Angela Merkel et le président Barack Obama. Mais ne s’agit-il pas plutôt de rabattre les capitaux disponibles vers l’Union européenne et les États-Unis pour éponger aux frais des particuliers la faillite de ces États dominés par la finance internationale ?
 

« Une fois les rouages de la stratégie du choc compris à fond par le plus grand nombre, les collectivités deviennent plus difficiles à prendre par surprise et à désorienter – bref, elles résistent aux chocs. » 
Naomi Klein, in La stratégie du choc. La montée d’un capitalisme du désastre, p. 556.

Le 22 février à Berlin, lors de la conférence de presse tenue après la préparation au sommet de l’UE du G20, le Premier ministre britannique Gordon Brown a fait une remarque qui laisse songeur : « Nous avons besoin d’un ‹New Deal› mondial […] ». Et concrètement : « Nous sommes conscients que, dans les domaines où passent des flux financiers mondiaux, nous ne nous tirerons pas d’affaire avec des autorités purement nationales, mais que nous avons besoin d’autorités et d’instances de surveillance mondiales, veillant à ce que les institutions financières opérant sur le marché nous révèlent complètement ce qu’elles font. »

Gordon Brown n’a pas dit ce qu’il pensait exactement. Mais l’économiste Wilhelm Henkel, l’un des demandeurs du recours contre l’instauration de l’euro en Allemagne, a exprimé dès le 11 février, dans une interview accordée à la Frankfurter Rundschau, ce que l’on en pensait au niveau de l’UE : « Ce serait la fin de la démocratie des États européens. Un gouvernement économique doté de pouvoirs dictatoriaux remplacerait la constitution et les parlements. »

À la conférence de presse du 22 février, l’organisatrice de la réunion, la chancelière d’Allemagne Angela Merkel, s’est vue demander ce qu’elle considérait comme le résultat le plus tangible de la réunion. Sa réponse : « Comparant ce résultat au plan d’action de Washington, on constate une plus grande clarté dans la poursuite des paradis fiscaux, des ‹taches blanches›, en ce qui concerne les institutions, les produits, mais surtout les diverses places financières. » Après avoir déjà menacé auparavant : « Nous devons développer un mécanisme de sanctions contre ceux qui ne font pas preuve de coopération, qu’il s’agisse de paradis fiscaux ou de domaines à opérations opaques. L’action doit être très concrète. Nous estimons qu’il faut établir des listes d’ici au 2 avril, mais peut-être aussi d’ici la rencontre des ministres des Finances, montrant bien qui a refusé jusqu’alors de participer à cette coopération internationale. » Et l’homme des basses œuvres, le président Sarkozy, de faire écho : « Nous n’accepterons pas que quoi ou qui que ce soit empêche les ambitions du sommet du 2 avril (G20 de Londres consacré à la crise financière) de se réaliser, car elles sont d’une portée historique. Si nous parvenons à couronner ce sommet de succès, nous ouvrirons un nouveau chapitre. » Steg, porte-parole du gouvernement alle­mand, a communiqué le même jour comme résultat du sommet de Berlin que « tous les marchés financiers devaient être soumis à une surveillance ou réglementation adéquates » et que « nous élaborerons des mécanismes de sanction pour mieux prévenir les dangers qui partent des pays non disposés à coopérer, paradis fiscaux compris. »

Sans que la Suisse fût mentionnée dans aucun des communiqués officiels, il était clair que le sommet se dirigeait contre elle. Ce n’était donc pas un hasard que la Frankfurter Rundschau ait titré le 23 février « Härtere Strafen für Steuersünder » (augmentation des peines appliquées aux contribuables en délicatesse avec le fisc) et qu’elle y ait ajouté l’image d’une ville et d’un dra­peau suisses. Ce n’est pas non plus un hasard si Deutschlandfunk, émetteur radio proche du gouvernement allemand, a organisé une discussion, juste le 23 février, à propos d’un livre qui porte le titre abject de « Schurkenstaat Schweiz ? » (La Suisse, État voyou ?) et qui insinue que la Suisse – et non les messieurs et dames de la haute finance de New York et de Londres – aurait provoqué la crise financière mondiale.

En fait : la Suisse dérange ; les grands patrimoines qui y sont déposés suscitent l’envie. Envie surtout d’établissements de la haute finance hors de Suisse, qui ont décidé d’accroître encore leur propre patrimoine au moyen de prélèvements fiscaux et de nouvelles répartitions.

Il faut abandonner l’idée selon laquelle seul le néo-libéralisme sert les intérêts monétaires et les intérêts de puissance de la haute finance en imposant toujours davantage de déréglementations et de privatisations tout en restreignant l’action de l’État. Si cela s’avère opportun, on change d’instrument. Il semble que cet instant soit arrivé, qui marque le passage de la politique de Bush à celle d’Obama.

Les membres de la haute finance n’ont pas de préférence de principe à l’égard d’un régime économique ou social déterminé. Pour eux, il s’agit d’accroître leur profit. Ils l’ont fait dans le capitalisme des États-Unis, le communisme de l’Union soviétique, ainsi que dans le fascisme et le national-socialisme européens. La situation est la même aujourd’hui. On peut le lire notamment dans le livre de C. Edward Griffin : La créature de Jekyll Island. La Réserve fédérale, institut d’émission des États-Unis. Le monstre le plus effroyable que la haute finance internationale ait jamais créé [Titre traduit de la version allemande, cet ouvrage n’a pas été publié en français, ndt.]

Elle a aussi bénéficié de l’action de Franklin D. Roosevelt, président des États-Unis, qui « a opéré dans l’intérêt de la haute finance par son New Deal et par d’autres lois promulguées à partir de 1933 ». On peut le lire dans le livre d’Anthony S. Sutton : Wall Street et Roosevelt [Ouvrage épuisé, version numérique téléchargeable en bas de page].

Ce qui dérange la haute finance, ce sont des États et peuples souverains, dont les citoyens déterminent l’évolution politique ainsi que l’évolution économique et sociale.

Il ne faut donc pas s’étonner qu’un instrument de domination centraliste et dirigiste, violent, empiétant sur les droits individuels et autoritaire ait vu le jour, qui accapare les structures de l’État et en abuse pour faire croire aux peuples que l’on s’occupe de leurs intérêts, alors qu’il s’agit en fait des intérêts de quelques rares personnes. C’est le contraire d’un État de droit et d’un État social libéral et démocratique.

En Europe, ce rôle est attribué à l’UE, sous la férule d’Angela Merkel. Aux États-Unis, le nouveau président, Obama, assumera ce rôle. Ses propositions visant à ré­soudre la crise financière sont analogues à celles de l’UE. Mais les citoyens ne sont pas livrés à ce moloch. Tout Allemand, par exemple, qui proteste maintenant sans hésitation contre les attaques arbitraires que subissent ses voisins suisses sous la conduite de l’Allemagne et contre le rôle de bouc émissaire que l’on veut faire jouer à ces voisins agit en faveur de la liberté de tous les hommes.

Tout Allemand peut aussi se demander qui est responsable du fait que son pays a une quote-part des dépenses publiques et une charge fiscale nettement plus élevées que celles de la Suisse, un taux de chômage trois fois plus haut, de moins bonnes prestations sociales et des citoyens moins satisfaits. Il se peut que cela découle en une certaine mesure d’une politique allemande qui continue de traiter les habitants du pays non comme les citoyens d’une république, mais comme des sujets tenus en laisse. Politique qui fait encore tout pour distraire des manquements considérables qu’elle a commis par le passé.
Documents joints  


« Wall Street and FDR », par Antony C. Sutton, Arlington House Publishers, 1975.

(PDF - 456.6 ko)
  

 Karl Müller
Les articles de cet auteur

 

http://www.voltairenet.org/article159208.html

http://www.marcfievet.com/article-28724923.html

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16 mars 2009 1 16 /03 /mars /2009 01:49



Dimanche 15 mars 2009
Vers l’éclatement de l’euro.

dimanche 15 mars 2009 

Edouard Husson est historien. Il vit et travaille en Allemagne. Il écrit chaque semaine sur le site du journal Marianne une chronique intitulée « Ma semaine allemande ».

Mardi 10 mars 2009.


La grande question est de savoir quel événement se produira en premier : l’effondrement du dollar ou l’éclatement de la zone euro.


L’Allemagne ira sans doute une fois à la rescousse des pays en difficulté, comme l’a annoncé le ministre des Finances Peer Steinbrück, mais elle ne pourra pas le faire plusieurs fois. Les revenus de son commerce extérieur vont continuer à fondre dans les prochains mois. C’est la monnaie américaine qui est actuellement la plus menacée. Un éclatement de la zone euro lui offrirait un répit.


Madame Merkel essaie de reprendre la main, après plusieurs semaines de flottement. Elle fait dire, contre l’avis de Peer Steinbrück il y a deux semaines, qu’il ne sera pas possible de sauver les voisins en situation de détresse financière. Elle ne veut pas d’une baisse de la TVA avant les élections - et les disputes avec la CSU recommencent. On sauvera les banques en difficulté mais non l’industrie.


Il se pourrait donc que la zone euro entre en turbulence plus vite que prévu. C’est en tout cas ce que suggère l’Institut Der Deutschen Wirtschaft de Cologne dans une étude à paraître après-demain.


Edouard Husson.

http://www.marianne2.fr/Le-mur-de-Berlin-est-une-creation-occidentale- !_a176984.html?com#last_comment


http://illusions-de-mouvements.over-blog.com/article-29057948.html

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11 mars 2009 3 11 /03 /mars /2009 05:06



Le système bancaire
US est insolvable,

 par Nouriel Roubini


Roubini met une nouvelle fois en garde contre le risque de récession - voire de dépression - en L, qui semble se confirmer avec une contraction au quatrième trimestre 2008 de 6% du PIB aux USA et en Europe, de 12% au Japon, et de 20% en Corée. Comme la plupart des économistes, il estime que les autorités européennes n’ont pas pris conscience de la gravité des enjeux et font preuve d’une dangereuse frilosité en se refusant à agir résolument et rapidement. La situation américaine n’est pourtant guère meilleure. Sur les 800 milliards du plan de relance d’Obama, 200 seulement seront alloués cette année, sur lesquels une centaine devraient disparaître en épargne des ménages. Au total, l’effet de la relance serait donc inférieur à 1% du PIB en 2009. Mais il y a plus encore, l’économie mondiale ne repartira pas tant que de profondes reconversions n’auront eu lieu tant chez les exportateurs qu’aux USA. La système bâti sur la surconsommation et le déficit américain d’une part, et les économies exportatrices d’autres part, ne repartira pas en l’état, car le désendettement des ménages américains sera un processus long et douloureux. Dans l’immédiat, la restructuration du système financier aux Etats-Unis est plus que jamais nécessaire. Avec le ralentissement économique, les pertes pourraient atteindre 3600 milliards de dollars, estime-t-il. Conclusion : le secteur est en état de faillite, et la nationalisation s’impose, sans quoi les sommes gigantesques apportées par l’Etat ne servent qu’à tenter de protéger les actionnaires et les créanciers, pour le moment en pure perte.



Le système bancaire US est insolvable, par Nouriel Roubini
par Nouriel Roubini, Forbes, 5 mars 2009

L’optimisme relatif de ceux qui affirmaient que le taux de croissance de l’activité économique allait redevenir positif, que l’économie se contractait, mais à un rythme plus lent que dans le quatrième trimestre de 2008, ont été démenti par les chiffres les plus récents. Au quatrième trimestre 2008, le produit intérieur brut a chuté de près de 6% aux États-Unis, 6% dans la zone euro, 8% en Allemagne, 12% au Japon, 16% à Singapour et 20% en Corée du Sud. La situation est donc encore plus terrible en Europe et en Asie qu’aux États-Unis

De fait, il existe un risque croissant de dépression en forme de L, qui serait encore pire que l’actuelle et douloureuse récession mondiale en forme de U. Voici pourquoi :

Tout d’abord, soulignons que la plupart des indicateurs suggèrent que la tendance [1] de l’activité économique est encore fortement négative en Europe et au Japon et proche d’une valeur négative aux États-Unis et en Chine. Certains signaux indiquant qu’elle redevenait positive pour les États-Unis et la Chine se sont avéré être de fausses indications. Aux États-Unis, les indices de la production industrielle Empire State et Philly Fed sont encore en chute libre ; les inscriptions au chômage sont à des niveaux effrayants, suggérant une accélération des destructions d’emplois. L’augmentation des ventes constatée en janvier n’est pas significative - elle manifeste plus un rebond du a des soldes très agressives après un mois de décembre très déprimé plutôt qu’à un redressement durable.

Concernant la Chine, la croissance du crédit est uniquement motivée par la volonté des entreprises d’emprunter à bon marché pour réinvestir dans des placements plus rentables mais pas par celle d’investir, et les prix de l’acier ont repris leur chute. Les plus effrayants de ces chiffres sont ceux du commerce en Asie, avec des exportations en baisse de près de 40% à 50% au Japon, à Taiwan et en Corée.

Même en tenant compte des effets dûs au nouvel an chinois, les exportations et les importations sont en forte baisse en Chine, avec des importations chutant plus (-40%) que les exportations. C’est là un signal de peur, car les importations chinoises sont pour la plupart des matières premières et des intrants intermédiaires. Bien que les exportations chinoises aient diminué de façon beaucoup moins importante que dans le reste de l’Asie, elles pourraient chuter bien plus fortement dans les mois à venir, comme l’indique la forte décrue des importations.

Avec une activité économique qui s’est contractée au premier trimestre 2009 au même rythme qu’au quatrième trimestre 2008, la récession en forme de U pourrait se transformer en quasi-dépression (ou stag déflation) bien plus grave, de la forme d’un L. L’ampleur et la vitesse de cette contraction synchronisée de l’économie mondiale est vraiment sans précédent (au moins depuis la Grande Dépression), avec une chute libre du PIB, du revenu, de la consommation, de la production industrielle, de l’emploi, des exportations, des importations, de l’immobilier et, plus inquiétant encore, de l’investissement dans le monde entier. Désormais, de nombreuses économies dans les pays émergents sont sur le point de traverser une véritable crise financière, à commencer par les pays émergents d’Europe.

La relance monétaire et fiscale devient de plus en plus agressive aux États-Unis et en Chine, mais l’est de moins en moins dans la zone euro et au Japon, où les décideurs sont comme pétrifiés et restent à la traîne. Cependant ces relances ont peu de chances de de déboucher sur reprise économique soutenue. Les politiques d’assouplissement monétaire - même peu orthodoxes - ressemblent à l’action de quelqu’un qui - au lieu de tirer - pousserait sur une corde.

Les problèmes de l’économie sont ceux de l’insolvabilité et de l’octroi de crédit plutôt que celui de l’absence de liquidités. Il existe une excès de capacité dans le logement, l’automobile, les biens de consommation durables et des capacités de production massivement excédentaires, en raison d’années de surinvestissement en Chine, en Asie et dans d’autres marchés émergents. Dans le même temps, les entreprises et les ménages endettés ne réagissent pas à la baisse des taux d’intérêt, et il faudra des années pour résorber ces surplus. La déflation maintient les taux réels élevés même si les taux nominaux sont proche de zéro. Les écarts de taux entre les obligations spéculatives et les bons du Trésor sont encore de 20%, en dépit de cette politique des taux zéro.

La politique budgétaire aux États-Unis et en Chine a également ses limites. Sur les 800 milliards de dollars du plan de relance américain, seulement 200 milliards seront dépensés en 2009, le reste n’étant engagé qu’en 2010 et ultérieurement. Et sur ces 200 milliards, la moitié consiste en des réductions d’impôts qui se traduiront principalement en épargne et non en consommation pour des ménages inquiets pour leur l’emploi et le remboursement de leurs emprunts immobiliers et à la consommation. Sur les 100 milliards de dollars de réduction d’impôt accordés l’an dernier, 30% seulement ont été dépensés et le reste épargné.

Ainsi, compte tenu de l’effondrement de cinq des six composantes de la demande globale : consommation, investissement résidentiel, investissements des entreprises, stocks et exportations, la relance du gouvernement n’aura qu’un très faible effet cette année.

La relance chinoise aura également un impact bien moindre que ne pourrait le laisser croire le chiffre qui fait la une : 480 milliards de dollars. Tout d’abord, l’économie chinoise dépend très fortement des échanges mondiaux, avec un excédent commercial de 12% du PIB, des exportations représentant plus de 40% du PIB, et la plupart des investissements ( près de 50% du PIB) dirigés vers une augmentation de la capacité de production des biens exportés. Le reste de l’investissement va en direction de l’immobilier (en forte diminution aujourd’hui après l’éclatement de la bulle immobilière chinoise) et les investissements dans les infrastructures (la seule composante de l’investissement qui soit en hausse).

Avec des capacités massivement excédentaires dans le secteur industriel et manufacturier, et la fermeture de milliers de firmes, pourquoi les entreprises, qu’elles soient privées ou publiques, investiraient-elles davantage, même si les taux d’intérêt sont au plus bas et le crédit peu cher ? Obliger les banques appartenant à l’Etat à prêter et les entreprises à dépenser et investir davantage ne ferait qu’augmenter le volume des emprunts en difficulté et l’excédent de capacité.

En conséquence, sans une reprise de l’économie américaine et mondiale, il ne peut y avoir un redressement durable de la croissance chinoise. Aux États-Unis, la reprise requiert une baisse de la consommation, une augmentation de l’épargne privée et une réduction des déficits. Cette reprise américaine exigera donc dans le même temps que la croissance de la Chine et d’autres pays excédentaires (Japon, Allemagne, etc) dépende plus de la demande intérieure et moins sur du solde positif des exportations. Mais la croissance de la demande intérieure est anémique dans ces pays excédentaires pour des raisons conjoncturelles et structurelles. Dès lors, une reprise de l’économie mondiale ne peut pas se produire sans un ajustement rapide et ordonnée des déséquilibres des balances courantes au niveau mondial.

Dans le même temps, l’ajustement de la consommation américaine et de l’épargne se poursuit. La consommation des ménages a connu une hausse temporaire et anecdotique en janvier, et leur taux d’épargne a augmenté de 5%. Mais cette augmentation de l’épargne est illusoire. Il y a une différence entre la définition de l’épargne des ménages dans les comptes de la nation (NIA), c’est à dire revenu disponible moins dépenses de consommation, et sa définition économique ou elle est calculée en prenant en compte non seulement l’épargne mais aussi les variations de la valeur patrimoniale, comme par exemple celle des actifs financiers ou le prix d’un bien immobilier.

Dans les années où les marchés boursiers et à l’immobilier étaient à la hausse, ceux qui voyaient d’un bon oeil la forte hausse de la consommation et la baisse de l’épargne affirmaient que l’épargne était sous estimée car on ne tenait pas compte de la variation de la valeur des patrimoines due à l’augmentation de la prix de l’immobilier et des marchés boursiers.

Mais aujourd’hui que le prix des actions a perdu plus de 50% et que les prix de l’immobilier ont baissé de 25% (et baisseront encore de 20%), la destruction de la valeur nette du patrimoine des ménages est devenue dramatique. De fait, si l’on tient compte de forte baisse de la valeur des patrimoines, le taux d’épargne des ménages n’est pas de 5%, comme le suggère la définition officielle du NIA, mais il reste assez fortement négatif.

En d’autres termes, compte tenu de la destruction massive du patrimoine des ménages depuis 2006-07, la mesure de l’épargne de la NIA devra augmenter encore bien plus que ce qu’elle n’est aujourd’hui pour restaurer la situation financière très compromise des ménages. De ce fait, la contraction de la consommation réelle va se poursuivre dans les années à venir, jusqu’à ce que l’ajustement ne soit terminé.

Pour le moment, l’indice Dow Jones est en dessous de 7000, et les indices boursiers américains ont abandonné 20% depuis le début de l’année. J’avais indiqué début janvier que le gain de 25% des marchés boursiers enregistré entre la fin novembre et la fin de l’année était sans lendemain et s’effondrerait à la première annonce de mauvaises nouvelles économiques ou de choc financier. Les mêmes facteurs pousseront encore à la baisse les actions américaines et mondiales pour le reste de l’année, avec la poursuite de la récession en 2010, voire au delà.

On ne peut bien sûr pas exclure un autre rallye à la hausse en 2009, probablement durant le deuxième ou le troisième trimestre. Il pourrait être provoqué par l’amélioration de la tendance de la croissance économique et de l’activité due à un effet temporaire des plans de relance américains et chinois. Mais, après que se soient dissipés à la fin de l’été les effets de la réduction d’impôt, et une fois que les premiers travaux d’infrastructures immédiatement réalisables auront été menés à bien, les effets de la relance retomberont durant le quatrième trimestre, car la plupart des grands projets d’infrastructure prendront des années à démarrer et à être réaliser.

De même façon, en Chine, la relance budgétaire donnera un coup de fouet sans lendemain sur la production destinée au marché intérieur, tandis que le secteur industriel des exportations continuera à se contracter. Mais, compte tenu de la gravité des déséquilibres dans les bilans macroéconomiques, des ménages, de la finance et des entreprises aux États-Unis et dans le monde entier, ce rallye boursier du deuxième ou troisième trimestre sera de courte durée, comme les cinq autres qui ont eu lieu au cours des douze derniers mois.

Pendant ce temps, le massacre sur les marchés financiers et parmi les entreprises du secteur se poursuit. Le débat sur la « nationalisation » des banques est à la limite surréaliste, quand le gouvernement américain a déjà engagé pour le système financier 9 000 milliards sous la forme de garanties, d’investissements, de recapitalisation et de liquidités - (et qu’il a déjà dépensé la somme stupéfiante de 2000 milliards sur ce montant).

Le système financier américain est donc de facto nationalisé, depuis que la Réserve fédérale est devenu le prêteur de premier et de seul recours, plutôt que celui de dernier recours, et que le Trésor américain est devenu le client et le garant de premier et de seul recours. La seule question est de savoir si les banques et les institutions financières devraient être nationalisées également « de jure ».

Mais même dans ce cas, le distinguo se résume à : nationalisation partielle ou entière. Avec 36% de participation (et bientôt plus) dans la banque Citi, le gouvernement américain en est déjà le principal actionnaire. Quel est donc ce non-sens de ne pas nationaliser les banques ? Citi est déjà partiellement nationalisée de fait, la seule question est de savoir si elle doit l’être entièrement.

Idem pour l’assureur AIG, qui a perdu 62 milliards de dollars au quatrième trimestre, 99 milliards sur l’ensemble de l’année 2008 et appartient déjà à 80% à l’Etat. Avec des pertes aussi sidérantes, il devrait être détenu officiellement à 100%. Jusqu’à aujourd’hui, les fonds engagés par la Fed et le Trésor public pour renflouer les actionnaires et les créanciers d’AIG sont passés de 80 milliards de dollars à 162 milliards.

Étant donné que les détenteurs d’actions ordinaires d’AIG sont déjà ruinés (le cours de l’action ne vaut plus rien), le sauvetage d’AIG se transforme en un renflouement de ses créanciers qui sans lui seraient aujourd’hui en faillite. AIG a vendu plus de 500 milliards de contrats toxiques, qui sont des garanties sur les défaillances de crédits (CDS). Les souscripteurs des ces contrats sont les principales banques américaines.

La presse et les analyses produites par les banques suggèrent que Goldman Sachs a obtenu environ 25 milliards de dollars sur les sommes allouées par le gouvernement pour le renflouement d’AIG et que Merrill Lynch a été le deuxième plus grand bienfaiteur des ces largesses. Il ne peut s’agir là que d’estimations puisque le gouvernement tente de dissimuler quels sont les bénéficiaires du renflouement d’AIG. (L’agence Bloomberg devrait peut-être poursuivre la Fed et le Trésor pour les contraindre à divulguer ces informations.)

Mais certaines éléments sont pourtant connus : Lloyd Blankfein de Goldman était le seul dirigeant d’une firme de Wall Street à être présent à la réunion de la Fed de New York lorsque le renflouement d’AIG a été discuté. Cessons donc de jouer : les 162 milliards de dollars du renflouement d’AIG sont un renflouement sans transparence, opaque et sombre des clients d’AIG : Goldman Sachs, Merrill Lynch et d’autres banques nationales et étrangères.

Lorsque le Trésor s’abrite derrière l’excuse du « risque systémique » pour engouffrer encore 30 milliards dans AIG, c’est là une façon polie de dire que sans un tel renflouement (et une autre demi-douzaine de programmes gouvernementaux de sauvetage , tels que les TAF, TSLF, PDCF, TARP , TALF, sans oublier un programme qui a octroyé 170 milliards supplémentaires de crédit pour les banques, avec une pleine garantie des pouvoirs publics), Goldman Sachs et toutes les autres grandes banques américaines seraient aujourd’hui complètement insolvables.

Même avec les 2000 milliards alloués par le gouvernement, la plupart de ces firmes financières sont insolvables. Avec les défauts de paiements sur les crédits qui augmentent - et étant donné les perspectives macroéconomiques - cela signifie que les pertes prévisibles sur les crédits subies par les entreprises financières américaines atteindront les 3600 milliards. Pour le dire simplement, le système financier américain est effectivement insolvable.


Publication originale Forbes, traduction Contre Info

[1] Roubini écrit : la dérivée seconde, que nous avons rendu par tendance pour n’effrayer personne (ndt)


Mardi 10 Mars 2009

http://contreinfo.info/ http://contreinfo.info/

http://illusions-de-mouvements.over-blog.com/article-28866237.html

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11 mars 2009 3 11 /03 /mars /2009 04:45



Partout dans le monde,
les banques sont mortes :
vers la nationalisation
des banques zombies
.


mardi 10 mars 2009 (13h42)


Nationaliser les banques zombies.

Même James Baker, l’ancien secrétaire au Trésor du très libéral Reagan, le dit dans le « Financial Times » en précisant qu’il « abhorre » cette solution mais qu’il n’y a « plus le choix ». La nationalisation de banques comme Citigroup, Royal Bank of Scotland, Lloyds Banking Group et d’autres est quasiment inéluctable. Il faut se pincer, mais c’est pourtant la vérité : ces banques « trop grosses pour s’écrouler », trop fragiles pour survivre et impossibles à restructurer que l’on trouve principalement aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne (mais sûrement ailleurs demain), il va falloir que l’Etat non seulement en détienne une majorité significative du capital mais qu’il en prenne le contrôle opérationnel.

Pourquoi ? Parce qu’elles continuent à s’enfoncer dans un trou noir et qu’à la faveur des différents plans de soutien mis en place depuis un an, leur Etat les soutient déjà à bout de bras et en assume le risque sans se donner les marges de manoeuvre pour agir. D’un point de vue microéconomique, se contenter de participations minoritaires ne suffit pas. Les directions des banques, notamment Citigroup, continuent d’affirmer qu’elles gèrent leur affaire pour leurs actionnaires. Mais le contribuable veut avant tout que la banque irrigue l’économie avec des prêts aux entreprises et aux particuliers. L’intérêt immédiat de l’actionnaire privé est de mettre à l’abri le capital de sa banque.

De même, l’actionnaire privé a intérêt à cacher la réalité des comptes de son établissement. Le contribuable, pas du tout : il sait que le système bancaire ne fonctionnera à nouveau que quand on aura rétabli la confiance dans les banques. Enfin, l’Etat gérerait différemment certains problèmes pour éviter de provoquer une colère publique dont il subit les conséquences : les bonus des traders, la retraite de plusieurs millions de l’ex-patron de RBS... En France, la nomination de François Pérol à la tête de l’Ecureuil-Banque Populaire a ceci de bon que, bien qu’il n’ait que 20 % du capital, l’Etat exercera un vrai contrôle sur le groupe.

D’un point de vue macroéconomique, maintenant, la nationalisation des banques est probablement le seul moyen de trouver un peu de sérénité pour débarrasser les banques de leurs actifs toxiques et de scinder les « mauvaises banques » des « bonnes » banques à l’intérieur d’un même établissement. Aujourd’hui comme au Japon dans les années 1990, ces banques sont des « zombies ». Or ce ménage est le seul espoir - ce n’est malheureusement pas une garantie - pour que le secteur bancaire redevienne le poumon efficace d’une économie qui s’essouffle de plus en plus.

Pour qu’il y ait scission, il faut que l’Etat finance la « bad bank », sans quoi la création d’un tel établissement provoquerait un cataclysme comparable à la chute de Lehman. L’Etat ne le fera pas tant qu’il ne sera pas sérieusement intéressé au redressement de la bonne et de la mauvaise banque. La tentative en cours de l’administration américaine de mettre en place une structure de défaisance des actifs toxiques en impliquant le secteur privé suscite peu d’espoirs. Il paraît toujours aussi impossible de valoriser ces actifs toxiques. « Lorsqu’on aura vu que ce plan ne marche pas, on s’orientera vers la nationalisation », explique Desmond Lachman, de l’American Enterprise Institute.

Si la nationalisation de certaines banques n’a pas déjà eu lieu, c’est avant tout pour des raisons politiques. Nationaliser impose un nouvel investissement de l’Etat et son exposition à tous les risques pris par la banque, qui sont gigantesques. Or en Grande-Bretagne comme aux Etats-Unis, où nationaliser est un anathème en soi, cette idée suscite la répulsion. Timothy Geithner, secrétaire au Trésor, est peut-être déjà convaincu que la nationalisation est inéluctable, mais les élus prêts à assumer de redonner de l’argent aux banquiers ne courent pas les couloirs du Capitole. Ailleurs dans le monde, certains pays ne peuvent tout simplement pas assumer un risque élevé sur leur signature d’Etat souverain car ils pourraient bien ne plus pouvoir se refinancer et tomber en faillite.

Ensuite, nationaliser impose de remplacer le management et il n’est pas si évident de trouver des gens compétents au pied levé.

Enfin, il est possible que les autorités veuillent nationaliser en bloc les banques qui en ont besoin, sous peine de provoquer une « panique » sur celles, jugées fragiles par les marchés, qui ne le seraient pas ou le seraient plus tard.

Ces réserves sont en train de tomber les unes après les autres : le test de solidité mis en place par Tim Geithner sur les 19 banques les plus grosses aux Etats-Unis pourrait être l’occasion d’un wagon de « nationalisations ». Quant à l’argument de la protection des deniers publics, on se rend compte qu’avec un contrôle complet, l’Etat, au moins, participerait au rebond du secteur.

A quel type de nationalisation faut-il donc s’attendre dans les prochains mois ? Certainement pas à des nationalisations définitives. Peu d’économistes y croient. On tentera de procéder à des nationalisations « flash », un peu comme la pasteurisation du jus d’orange. Une fois débarrassé de ses actifs toxiques, le secteur sera vite remis entre des mains privées. « Il faut la voir plutôt comme la restructuration d’une entreprise en faillite, note Desmond Lachman. Cela durera un ou deux ans. »

Peut-être plus longtemps, car une chose est sûre : au cours des dix dernières années, les ménages et les entreprises, surtout les banques, se sont excessivement endettés. Ces excès doivent être corrigés. Restructurer n’est jamais une partie de plaisir. Le dernier exemple de nationalisation aux Etats-Unis n’incite pas à l’optimisme : reprise en 1984, la Continental Illinois, alors seulement la septième banque, n’était remise en état que dix ans plus tard.

http://www.lesechos.fr/info/analyses/4840134-nationaliser-les-banques-zombies.htm

Au Royaume-Uni, Gordon Brown a nationalisé les banques :

Février 2008, la banque Northern Rock est nationalisée.

Septembre 2008, la banque Bradford & Bingley est nationalisée.

Novembre 2008 : la Royal Bank of Scotland est nationalisée.

Mars 2009 : la Lloyds Banking Group est nationalisée.



De : Les Echos

http://bellaciao.org/fr/spip.php?article81908

http://illusions-de-mouvements.over-blog.com/article-28866161.html
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6 mars 2009 5 06 /03 /mars /2009 07:52

Les résultats du 4ème trimestre viennent de confirmer une dure réalité : la crise est plus sévère en Europe qu’aux Etats-Unis puisque le PIB a reculé de 1% outre-Atlantique contre une baisse de 1,5% dans la zone euro comme en Grande-Bretagne. Un paradoxe qui doit amener à se poser des questions sur l’euro.


L’euro, facteur de récession ?

Une zone euro asphyxiée économiquement

Lors du débat sur le traité de Maastricht, ses partisans promettaient un futur économique radieux. Aujourd’hui, ils affirment que l’euro nous protège. Pourtant, alors que la crise est partie des Etats-Unis, que le taux de chômage y a déjà progressé de 3 points, que des millions de ménages ont été expulsés, la récession y est moins forte qu’en Europe. En 2008, le PIB Américain a cru de 1,2% contre 0,8% en zone euro. L’Europe est entrée en récession un trimestre avant et 2009 s’y annonce encore plus mauvais.

Pire, l’examen de l’évolution du PIB est encore plus cruel pour l’Europe en montrant une asphyxie économique progressive. Alors que la croissance était de 2,4% dans les années 80 en France et en Italie et de 2,3% en Allemagne, elle est passée à respectivement à 2%, 1,6% et 2,1% dans les années 90 puis à seulement 1,3%, 0,5% et 0,8% dans les années 2000. Dans le même temps, le Royaume-Uni, en retard dans les années 70, affiche une croissance de 2,7%, 2,5% et 1,8% sur les trois dernières décennies.

Les chiffres qui sont tombés pour le 4ème trimestre sont désastreux pour la zone euro. Alors que le PIB Américain a reculé de 3,8% en rythme annuel, il a baissé de 4,8% en France, de 6% au Royaume Uni, de 7,2% en Italie et de 8,4% en Allemagne. La situation de l’Espagne et de l’Irlande, les anciens champions de la croissance européenne, est encore plus mauvaise avec une baisse du PIB Irlandais qui pourrait atteindre 5% sur 2009 avec un déficit budgétaire de 10%.

Une monnaie unique pour une zone qui ne l’est pas Malheureusement, on peut se demander aujourd’hui si l’euro, loin de nous protéger, n’est pas un handicap pour les économies européennes. En effet, le problème de la zone euro est son hétérogénéité. Dans les années 2000, la majeure partie (Allemagne, France, Italie), avait une croissance et une inflation faibles qui demandaient une politique monétaire accommodante. De l’autre, des pays comme l’Espagne ou l’Irlande, en forte croissance et avec une inflation supérieure, avaient besoin d’une politique monétaire plus restrictive pour éviter la formation de bulles, immobilières notamment.

Résultat, la politique monétaire de la BCE a été une cote mal taillée, une politique trop accommodante pour les pays en forte expansion et trop restrictive pour les pays qui restaient dans une croissance molle. Pire, cette inadéquation a renforcé les écarts entre les pays puisque la politique de la BCE a alors renforcé l’expansion espagnole et irlandaise tout en maintenant l’Allemagne, la France et l’Italie dans cette croissance molle. La même politique était à la fois trop restrictive pour certains et trop laxiste pour d’autres.

Et aujourd’hui, le bilan est encore plus mauvais puisque l’on constate que la croissance de l’Espagne et de l’Irlande était artificiellement soutenue par des taux d’intérêts trop faibles. Résultat, ces pays se réveillent avec une terrible gueule de bois, un effondrement économique qui fait s’envoler le chômage (déjà 14% en Espagne !) alors que les pays qui ont subi une croissance molle pendant les années 2000 souffrent davantage que les Etats-Unis dans cette crise. Tout le monde semble perdre avec l’euro.

Pourquoi l’euro est un facteur de récession

Pire, le principal bénéfice de l’euro, la réduction des écarts de taux, a été annihilé par la crise puisque la Grèce emprunte 2,4 points plus cher que l’Allemagne. En outre, la BCE ne peut pas racheter des emprunts d’Etat pour baisser leur taux, contrairement à ce que font la Fed ou la Banque d’Angleterre. Encore pire, la rigidité induite par la monnaie unique pousse à un nivellement par le bas des salaires (ce que fait l’Allemagne depuis 10 ans) et de la fiscalité, qui a un profond effet dépressif sur les pays les plus riches.

Enfin, le biais globalement restrictif de la BCE provoque une surévaluation de l’euro dévastatrice pour les entreprises exportatrices, ce qui explique que l’Europe soit entrée en récession un trimestre avant les Etats-Unis l’an dernier. Michel Aglietta a calculé que la parité normale de l’euro est 1,07 dollars. Même sous les 1,3 dollars aujourd’hui, l’euro est encore surévalué de 20%, ce qui explique le choix d’Airbus de confier une partie du fuselage de l’A350 à un fournisseur Américain pour l’assembler… en Europe !

La zone euro n’est pas une zone géographique adaptée au partage d’une même monnaie. De nombreux économistes le soutiennent. Résultat, la politique de la BCE asphyxie les uns (France, Allemagne, Italie) et dope artificiellement les autres (Espagne, Irlande) avant un très dur réveil…

Laurent Pinsolle

Source : http://www.lemonde.fr/europe/article/2009/02/13/l-europe-

http://panier-de-crabes.over-blog.com/article-28693067.html...

http://www.observatoiredeleurope.com/L-euro,-facteur-de-recession_a1099.html?preaction=nl&id=10775210&idnl=46589&

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6 mars 2009 5 06 /03 /mars /2009 05:13
L’affaire UBS :
Un acte de souveraineté impériale

WASHINGTON A PARTIELLEMENT RÉUSSI À CONTRAINDRE L’UNION DES BANQUES SUISSES (UBS) À VIOLER LA LÉGISLATION HELVÉTIQUE ET À DÉNONCER SES CLIENTS ÉTATS-UNIENS SUSCEPTIBLES DE FRAUDER LE FISC. MALGRÉ LES APPARENCES, OBSERVE LE SOCIOLOGUE JEAN-CLAUDE PAYE, CETTE MANŒUVRE NE VISE PAS À OBTENIR DES INFORMATIONS, CAR WASHINGTON LES DÉTENAIT PROBABLEMENT DÉJÀ, MAIS À CASSER LA PLACE BANCAIRE SUISSE.

L’EMPIRE TENTE D’ÉLIMINER PAR LA FORCE LES « PARADIS FISCAUX » QU’IL NE CONTRÔLE PAS, AU PROFIT DES SIENS QU’IL PROTÈGE. 


PAR JEAN-CLAUDE PAYE*

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Lutte contre la fraude fiscale ou main mise sur le système financier international ?

Ce qui importe dans l’affaire UBS, ce n’est pas tant ce qui est dit : une action de l’administration états-unienne contre l’évasion fiscale de ses nationaux, que ce qui n’est pas énoncé, à savoir une opération de réorganisation du système financier international par la puissance dominante. 

Le 18 février, la banque suisse UBS a d’abord accepté, au mépris du droit helvétique, de livrer à la justice américaine le nom d’environ 250 clients qu’elle a aidés à échapper au fisc états-unien. Elle a aussi accepté de verser 780 millions de dollars d’amendes [
1]. Cette liste, l’administration américaine aurait pu l’obtenir en respectant la procédure suisse et l’accord précédemment signé entre la Suisse et les USA. 

Afin de couvrir cette procédure, la Finma, l’autorité suisse de surveillance des banques, a utilisé un article de loi prévu pour des situations où une banque est menacée de faillite. Il s’agissait de court-circuiter la voie judiciaire normale et de livrer, sans attendre, les noms des clients. Le problème était, soit de livrer les données, soit de risquer une plainte pénale du Département US de la Justice en tenant compte que, dans le passé, pratiquement aucune entreprise n’a survécu à une telle procédure.


Cependant, malgré cette remise, la justice américaine est revenue à la charge. Elle exige maintenant qu’UBS livre au fisc l’identité de quelque 52 000 clients états-uniens titulaires de « comptes secrets illégaux ». Les comptes incriminés représenteraient un total de 14,8 milliards de dollars. Ces exigences s’appuient sur une plainte, déposée par l’administration US, devant le tribunal civil de Miami. 

Le 20 février, le Tribunal administratif fédéral de la Suisse a communiqué sa décision d’interdire la transmission des données bancaires des clients d’UBS aux autorités fiscales étrangères [
2]. Cependant, les données de 250 clients d’UBS ont d’ores et déjà été transmises. 

L’avocat d’affaires de Washington, George Clarke, pense que « cette liste de clients était sans doute déjà connue par le fisc américain ». On peut supposer que les États-uniens se font remettre une liste de noms qu’ils ont déjà. L’objectif est moins la mise en oeuvre de poursuites fiscales que d’obliger, la banque UBS et les autorités de régulation suisses, à violer leur propre légalité. Il s’agit ainsi d’un véritable acte de souveraineté internationale, dans la mesure ou Washington a la capacité d’imposer une décision qui viole le cadre légal dans lequel elle s’inscrit. 

La réponse positive d’UBS, ainsi que sa légitimation par les autorités de contrôle helvétiques, placent l’administration états-unienne dans une position qui lui permet de formuler de nouvelles exigences, posées de nouveau en dehors de toute légalité. La souveraineté US se définit ainsi, non seulement, comme capacité à poser l’exception, mais surtout à imposer un état d’exception permanent. 

Cette façon de procéder rappelle la manière dont les États-Unis ont obtenu, des autorités européennes, le transfert des données PNR des passagers aériens [
3], ainsi que les informations financières sur les ressortissants de l’Union. Ils ont d’abord posé un acte de force pure, de capture des informations personnelles, en violation du droit européen. Cet action a été ensuite légitimée par des accords signés avec l’Union [4]. 

Le fait que l’administration états-unienne dispose, à travers le serveur de la société Swift situé sur le sol des Etats-Unis [
5], de l’ensemble des informations relatives aux transactions financières internationales, permet de supposer qu’ils ont déjà, en grande partie, les coordonnées, réclamées à USB, des 52 000 fraudeurs du fisc américain.

Rappelons également que les autorités états-uniennes disposent, grâce à Remotegate, d’une entrée spéciale leur permettant de surveiller les échanges interbancaires internes à la Suisse [
6]. 

Le système de cryptage utilisé par la banque ne pourrait pas non plus résister aux investigations de la NSA, l’agence d’espionnage états-unienne étant particulièrement spécialisée en cette matière. Ce n’est pas, non plus, le langage codé utilisé par les gérants d’UBS, par exemples : « orange » pour euro, « vert » pour dollar, « cygne » signifiant un million et une « noix » 250 000, qui pourrait tromper longtemps un enquêteur. 

Dans leurs dernières exigences, l’essentiel, pour les autorités US, est aussi de se faire remettre les informations en violation des procédures juridiques suisses [
7]. Il s’agit de faire abandonner, à cet État, ses prérogatives régaliennes, afin de les transférer à l’administration états-unienne. C’est d’ailleurs en terme de souveraineté que le Conseil fédéral de la Suisse a réagit ce dimanche 22 février, en protestant contre les menaces américaines de mesures unilatérales et en annulant sa participation à une audition au Sénat états-unien, au sujet des questions fiscales et de l’affaire UBS. Cette nouvelle souveraineté US s’inscrit dans une réorganisation du système financier international qui, à travers la lutte contre la fraude fiscale, distingue les « paradis fiscaux », dont la Suisse ferait partie, des centres « offshore », comme, par exemple, les places financières des Caraïbes. Entièrement contrôlées par les autorités états-uniennes, ces dernières pourraient conserver toutes leurs activités, au détriment de leurs concurrents négativement labellisés. 

Les États-Unis et leur satellite des Caraïbes contrôlent un marché de l’« argent gris » presque égal à celui de la Suisse, puisqu’ils viennent en deuxième position, après la place bancaire helvétique, en matière de gestion des « fortunes transfrontalières » [
8]. Suite à l’offensive états-unienne, la Suisse, qui détient encore le tiers du marché de l’épargne mondiale gérée hors du pays de résidence, pourrait rapidement abandonner le terrain à son principal concurrent.

 Jean-Claude Paye

Jean-Claude Paye est sociologue. Derniers ouvrages publiés : La Fin de l’État de droit, La Dispute 2004 ; Global War on Liberty, Telos Press 2007.







[1] « UBS refuse de lever le secret bancaire sur 52 000 comptes illégaux », Le Monde du 20 février 2009.

[2] Jean-Claude Péclet, « Données UBS aux États-Unis : transmission interdite ! », Le Temps, l2 février 2009.

[3] « L’espace aérien sous contrôle impérial », par Jean-Claude Paye, Réseau Voltaire, 13 octobre 2007.

[4] « Vols transatlantiques : les députés européens s’inquiètent des négociations sur l’échange des données », « Communiqué du Parlement européen à propos des vols transatlantiques » « Nouveau communiqué du Parlement européen à propos des vols transatlantiques », 10 septembre, 1er et 16 décembre 2003.

[5] « Les transactions financières internationales sous contrôle états-unien », par Jean-Claude Paye, Réseau Voltaire, 28 avril 2008

[6] « Les États-Unis ont déjà brisé le secret bancaire suisse », par Élisabeth Eckert, 24heures.ch, 11 novembre 2008.

[7] Agathe Duparc, « La justice américaine ouvre une brèche dans le secret bancaire suisse », Le Monde, le 21 février 2009.

[8] Myret Zaki, « UBS ébranle la place financière », Le Temps, 24 février 2009


http://www.voltairenet.org/article159195.html


http://www.marcfievet.com/article-28648900.html
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4 mars 2009 3 04 /03 /mars /2009 19:20



Il est un truisme de dire que la situation catastrophique que nous vivons en ce moment avec la crise économique qui ravage le système est due à la spéculation.
Nous allons voir que la crise actuelle a les mêmes causes que celle de 1929 et qu'après la suppression des barrières érigées à l'époque pour éviter une nouvelle crise il aura fallu moins de 10 ans aux spéculateurs pour refaire les mêmes erreurs et en arriver au même point qu'en 1929 !
Attachez votre ceinture, ça commence...


1929, ETATS-UNIS...

Entre 1921 et 1929, la production industrielle US a augmenté de 50% entrainant avec elle une croissance du Dow Jones de plus de 300%, il atteint son maximum à 380 points.
Ce boom boursier attira comme on pu s'y attendre la spéculation, ce ne sont alors plus les dividendes qui attirent les investisseurs, mais la possibilité de revendre avec une importante plus-value.
Beaucoup de titres sont achetés à crédit à cette fin.
Pour bénéficier d'un fort effet de levier, les investisseurs achètent des actions avec une couverture de seulement 10%, en clair cela signifie que sur 10 $ investis en actions, vous en apportez 1 et vous en empruntez 9 sur le marché court terme.

Dès le début de 1929, l'économie US montre alors des signes de faiblesse avec un recul de la production industrielle de 7% entre mai et octobre, la cause en étant que les capitaux affluent vers la bourse plutôt que vers l'économie réelle.


Le krach

Le jeudi 24 octobre (jeudi noir ou Black Thursday) après quelques jours de ventes massives qui ne sont encore que des prises de bénéfice, le premier vent de panique souffle sur les marchés US, tout le monde veut vendre et le cours du Dow Jones s'effondre de 22% à midi.
Les investisseurs institutionnels tentent de soutenir les cours en investissant du cash réussissant à limiter la baisse à 2%.
La bourse résiste alors jusqu'au lundi suivant 28 octobre (Black Sunday) où les spéculateurs sont obligés de liquider leurs positions pour rembourser leurs emprunts entrainant une chute de l'indice de 13%, il vaut alors 260 points.
Le mardi 29 (noir évidemment) le Dow Jones perd encore 13% pour atteindre 198 points le 13 novembre.
Le Dow Jones a donc fait une chute de 39% entre le 22 octobre et le 13 novembre correspondant à une perte de 30 milliards de $ équivalent à 10 fois le budget de l'état US, plus que toutes les dépenses de la 1ière guerre mondiale.
Dans les mois qui suivirent, les spéculateurs ayant emprunté pour bénéficier de l'effet de levier se retrouvent incapables de rembourser, provoquant des pertes sèches dans les banques qui restreignent le crédit y compris pour les entreprises et les particuliers.
Les banques les plus faibles font faillite et Les épargnants paniquent en se précipitant auprès de leur banque pour retirer leur argent.
Le système s'effondre et se transforme en crise économique en 1931.
le chômage passe de 1.5 Millions à 15 Millions de personnes en 1933.
A la suite de mesures protectionnistes, la crise se propage aux économies occidentales favorisant la montée du nazisme en Allemagne avec les conséquences que l'on connait.
L'économie US ne se reprendra durablement qu'avec l'entrée en guerre des USA en 1941.
=> Les indices boursiers ne reprendront des valeurs comparables à celles précédant la crise de 1929 que vingt-cinq ans plus tard, le pic du 3 septembre 1929 est dépassé le 23 novembre 1954 !


Plus jamais ça !
1933 : Le Glass-Steagall Act
Le Glass-Steagall Act (ou Banking Act) est une mesure anti-libérale votée le 16 juillet 1933 sous l'administration de Franklin Roosevelt qui a pour but d'ériger des barrières de protection légales pour éviter qu'une telle crise se reproduise :
- il instaure une incompatibilité entre les métiers de banque de dépôt et de banque d'investissement, c'est la mesure phare
- il crée le système fédéral d'assurance des dépôts bancaires
- il introduit le plafonnement des taux d'intérêt sur les dépôts bancaires (la Regulation Q)
Séparation des métiers bancaires
Le Glass-Steagall Act distingue deux métiers bancaires :
- la banque de dépôt ou commerciales qui concernent les activités de prêts et de dépôts aux entreprises et aux particuliers
- la banque d'investissement ou d'affaires qui s'occupent des opérations sur titres et valeurs mobilières
Elles sont désormais déclarées incompatibles. Les banques existantes doivent choisir d'abandonner l'un des deux métiers.
L'objectif évident étant qu'on laisse les spéculateurs faire joujou, mais qu'en cas de krach spéculatif, les banques d'affaires boivent le bouillon mais laissent l'économie "réelle" intacte.
Autrement dit, les casseurs cassent leurs jouets mais pas ceux des autres.
A titre d'exemple, JP Morgan choisit la banque commerciale et certains de ses dirigeants fondent Morgan Stanley, banque d'investissement.
Lehman Brothers ferme en 1933 ses activités bancaires pour devenir une maison de titres jusqu'à sa faillite le 15 septembre 2008 qui a provoqué le krach boursier ayant précipité la crise économique actuelle.
A noter que le secrétaire d'état au trésor de l'époque sous l'administration Bush
Henry Paulson n'a pas jugé bon de venir au secours de cet établissement avec les deniers de l'état, certaines mauvaises langues vont même jusqu'à prétendre que c'est parce qu'il était auparavant l'un des dirigeants de Goldman Sachs l'un des principaux concurrents de Lehman Brothers...


70 ans après...

Dans les années 70, les marchés financiers vont connaitre un développement important suite entre autres à des mesures de la
Réserve fédérale américaine (FED) pour éradiquer l'inflation mais les banques US peinent à en profiter car les banques d'investissement restent par nature sous-capitalisées.
C'est ce qui a fait exploser la City londonienne par la création de filiales spéculatives des banques commerciales US à Londres pour contourner la loi de 1933.
1999 : Suppression du Glass-Steagall Act sous l'influence des lobbies
Et comme vous vous en doutez, sous l'administration Clinton qui plus est, le lobby
Fire (Finance, Insurance and Real-Estate) dépensa 200 Millions de $ pour éliminer le Glass-Steagall Act de 1933.
En particulier le secrétaire au trésor Robert Rubin pesa de tout son poids pour l'abrogation de cette loi, ce qui fut réalisé en 1999.
http://www.voltairenet.org/article158650.html
=> Résultat : moins de 10 années plus tard, le système financier est déjà en miettes suite à la fameuse crise des subprimes.


Les subprimes, c'est quoi au fait ?

Les subprimes sont une forme particulière de crédit hypothécaire à taux variables, "subprime mortgage" en anglais.
Pour bien comprendre le concept des subprimes par rapport aux crédits immobiliers à la française, il faut savoir qu'en France les établissements bancaires écartent du marché du crédit les personnes dont la situation professionnelle n'est pas assez stables pour assurer des revenus durables permettant de rembourser les crédits.
Dans le modèle subprime Anglo-saxon, on fait fi de la situation de l'emprunteur et on ne prend en compte que l'adossement hypothécaire du bien.
Dit autrement, en cas d'impossibilité de paiement des dettes, l'emprunteur se voit saisir son bien pour rembourser le prêteur.
Le hic, c'est qu'en cas de chute du prix de l'immobilier, le prêteur ne recouvre qu'en partie le montant du prêt et la différence se retrouve dans la colonne "pertes", et multiplié par des milliers de prêts accordés, on comprend déjà facilement les dépôts de bilan des établissement financiers ayant accordé en masse lesdits prêts.


Quand Sarkozy voulait introduire les subprimes en France

En 2006, notre déjà brillant et visionnaire futur président voulait introduire les subprimes en France.
Extrait d'un discours du 14 septembre 2006 : "...Le crédit hypothécaire permet à 70% des Britaniques et des Américains d'être propriétaires de leurs logements (pas très longtemps - NDA !) contre 56% en France...Je propose de changer les rêgles prudentielles (sic) imposées aux banques, de simplifier le recours à l'hypothèque et d'en réduire le coût"
Source : Le Canard Enchainé du 21/01/2009.
Et il remit ça en 2007 dans le cadre de ses propositions électorales :
http://www.u-m-p.org/propositions/index.php?id=credit_hypothecaire


La crise de 2007/2008

En 2003-2004, la politique de taux bas (2% en 2003) de la FED a incité les investisseurs à proposer massivement à des personnes à très faibles revenus des prêts immobiliers risqués à des taux variables indexés sur celui de la FED, les fameux
Subprimes.
Ces dispositions ont gonflé la demande pour l'accès à la propriété attirant une clientèle à risque.
Cette hausse de la demande s'est traduite par une hausse des prix provoquant une bulle immobilière.
Ces subprimes ont été titrisées, c'est à dire revendus sous forme d'obligations dans le monde de la finance.
Les réhausseurs de crédit ont alors mélangé ces actifs à risques avec d'autres produits moins risqués créant alors les
CDO.
C'est là que les fameuses
Agences de notation financières intervinrent en indiquant des niveaux de risques faibles (note : AAA) pour ces CDO alors qu'ils étaient au contraire très risqués car adossés principalement à une hausse continue de l'immobilier.


Les agences de notation financières

Dans la propagation des actifs dits pourris au monde entier, on notera la responsabilité particulière des agences de notation qui sont en évidence coupables de n'avoir pas pris la mesure des risques associés aux CDS.
Les agences de notations ont pour vocation d'estimer le risque associé à un produit financier par l'attribution d'une note, la note maxi AAA en principe accordée avec parcimonie signifie donc que le produit présente un risque quasi nul.
Ces notes sont alors utilisées par les établissement financiers pour décider des stratégies d'investissements sur les fonds notés.
Curieusement les 3 principales agences globales (Moody's, Standard & Poor's et Fitch Ratings) ont accordé la note maxi à 5000 fonds dont une bonne partie d'entre eux ne vaut aujourd'hui plus un clou.
La responsabilité des agences dans cette crise est donc énorme car ils ont prétendu que des fonds très risqués ne l'étaient pas encourageant les investisseurs mondiaux à les acheter en masse, ce qui a fortement contribué à mondialiser la crise.
Alors de 2 choses l'une, soit ces agences sont remplies d'incompétents, soit ils avaient de bonnes raisons de mettre des notes élevées à ces produits.
Lorsque l'on sait que ce sont les sociétés notées qui financent les agences de notation, on constate immédiatement le conflit d'intérêt.

Voir l'article du "Canard Enchainé" du 17/12/2008.
On se souviendra également que la société Enron avait reçu une bonne note jusqu'à 4 jours avant sa faillite. Lehman Brothers était encore crédité d'un A+ le matin même de sa chute !
Comme on le voit ce système vermoulu de notations est truffé de conflits d'intérêts qui lui non plus n'est pas réglementé, mais le mot réglementation est l'antonyme de libéralisme !
 
Revenons à notre crise,
en 2006, le taux directeur de la FED atteint 5.75% entrainant l'incapacité d'un nombre croissant d'emprunteurs à rembourser leurs emprunts provoquant une levée massive d'hypothèques de la part des organismes prêteurs et un afflux de biens immobiliers sur le marché.
En 2007, près de trois millions de foyers américains étaient en situation de défaut de paiement.
La loi de l'offre et de la demande induit alors une chute de l'immobilier provoquant une première crise financière mondiale déclenchée lors de l'été 2007 vis à vis des créances titrisées, crise qui semblait alors n'être qu'une crise de liquidités.
En 2008, cette crise s'est alors transformée en une autre beaucoup plus grave : une crise de solvabilité.
Car les sommes en jeu correspondant aux actifs dits pourris sont colossales, on parle de 45 000 Milliards de $ soit plus que le PNB mondial !
Les organismes concernés (banques d'affaire ou assurances) principaux possesseurs ou assureurs de ces actifs pourris à leur bilan (Northern Rock, Freddy & Fanny,...) tombèrent virtuellement en faillite et il ne restait plus qu'à les laisser tomber comme
Lehman précipitant la destruction de tout le système bancaire ou à les recapitaliser.
 
Les banques ont la trouille
Les banques ne se faisant alors plus confiance entre elles car ne sachant pas dans quel état exact se trouve sa voisine ont coupé le robinet du crédit interbancaire provoquant un fort ralentissement économique, voire même un blocage du système.
Patatrac !
L'économie réelle est donc entrée dans une spirale de crise, la consommation diminue, les entreprises produisent moins, le chômage augmente diminuant encore la consommation, etc...


En résumé


1929-2008 : les mêmes causes produisent les mêmes effets !
En 1929, les spéculateurs avaient cru que la croissance spéculative serait sans fin et au premier retournement de tendance, le système s'est effondré entrainant avec lui l'économie réelle.
Le Glass-Steagall Act a alors été mis en place pour éviter que cela ne se reproduise.
Dans les années 80, l'effondrement du système collectiviste planifiée a conforté les élites au pouvoir dans leur croyance intégriste à l'autorégulation des marché.
Ils réussirent à faire supprimer les protections mises en place et les mêmes causes produisant les mêmes effets, le système financier s'est à nouveau écroulé entrainant dans sa chute l'économie réelle.


Les états au secours du système

Cela ne se passe pas si mal pour les salopards responsables de cette catastrophe puisque les états sont en train d'éponger sur le dos des peuples les déficits au fur et à mesure qu'ils apparaissent.
De plus aucune contrepartie n'est exigée puisque les états payeurs ne sont pas rentrés dans le capital des banques privées en cours d'effondrement.
Ça tombe bien car l'objectif des spéculateurs et des banquiers qui sont tout de même les premiers responsables de cette folie est de laisser les contribuables payer de leurs poches les pertes abyssales induites par leur incompétence afin de pouvoir le plus tôt possible recommencer de plus belle à jouer au grand casino mondial.
Il est bien connu que quand on perd gros au jeu, il faut vite rejouer pour se refaire !
Cela revient à faire des chèques en blanc (et à crédit sur notre dos) à ceux qui ont mis le système à terre.


Le système peut il être sauvé ?

Ce qui n'est pas rassurant c'est de constater que nul ne semble
capable de prévoir les dégâts à venir et encore moins une sortie de crise montrant ainsi la parfaite maitrise du système par nos grands génies de la finance et de la politique.
Certains comme le site
Leap2020 estiment même que le système ne peut pas être sauvé et que les milliards injectés dans ce dernier ont autant d'effet que de faire du bouche à bouche à un cadavre.


Après les particuliers et les entreprises, ce seront en 2009 les états qui risquent de tomber en faillite...
Donc pour l'instant, on continue d'injecter des milliards...
Une question se pose également, jusqu'à quel point le marché va t'il absorber les colossales émissions obligataires destinées à financer les mesures de sauvetage et de relance ?
Ne va t'on pas vers un krach obligataire ?

http://www.lemonde.fr/economie/article/2009/01/12/la-dette-des-etats-une-nouvelle-bulle-financiere_1140609_3234.html

Et une bonne nouvelle de plus, les banques Européennes sont menacées par les cessation de paiement de la part des pays de l'Est qui sont d'énormes débiteurs pour ces banques.


Que faire concrètement ?

V
ouloir prétendre posséder la clé miracle pour résoudre cette crise mondiale sur laquelle beaucoup d'experts (et de profanes) s'expriment j'ai tout de même retenu quelques propositions qui me semblent pertinentes.
Je distingue 3 axes d'intervention graduels :

- Mesures immédiates pour colmater les brèches béantes du système actuel.
- Légifération au niveau des états pour créer un contre pouvoir à la finance libérale afin de la maitriser.
- Laisser mourir ce système délétère et en reconstruire un cette fois au service des peuples.

Phase 1. Mesures immédiates

Les mesures immédiates conservatoires sont celles auxquelles nous assistons actuellement, elles consistent à tenter de sauver la système actuel en injectant sans réelles contreparties des capitaux publics afin d'éponger les pertes.
Lorsque la spéculation a réalisé d'énormes gains, ces derniers n'ont pas été redistribués vers la collectivité qui en avait cependant grand besoin.
Aujourd'hui, le système est parterre, alors j'aimerais qu'on explique pourquoi les citoyens doivent mettre la main à la poche sans que l'on impose des contreparties à ceux qui sont responsables de cette catastrophe.
C'est très bien résumé dans la formule que l'on trouve partout :
"privatisation des gains et mutualisation des pertes".


Phase 2. Maitriser l'hydre finance en légiférant

Par définition la pensée dominante libérale a laissé toute latitude à la finance depuis 20 ans de faire joujou avec l'argent des autres dans le grand casino mondial.
Maintenant que la fête est finie et que les joueurs se sont auto détruits en entrainant l'économie non financière dans sa chute, il est temps de mettre en place un contre pouvoir pour maitriser la spéculation un peu comme les adultes doivent surveiller des enfants inconscients qui jouent dans un bac à sable.
=> Une première mesure forte pour installer un contre-pouvoir au libéralisme pourrait consister à restaurer le Glass-Steagall Act, mais à l'échelle mondiale puisque les frontières entre États sont abolies du fait de la fameuse mondialisation dont on nous a tant vanté les mérites.


Phase 3. Nouvel Ordre Mondial (NOM)

J'ai volontairement utilisé ce terme sulfureux pour montrer qu'un NOM pourrait aussi être construit afin d'être mis au service de l'humanité.
La
Stratégie du choc très pertinemment dévoilée par Naomi Klein pourrait être pour une fois appliquée pour la bonne cause.
En effet, il faut profiter du fait que le pouvoir financier est à terre pour imposer la mise en place d'un nouveau système qui contrairement à celui qui vient d'exploser sera ,non pas au service de lui même "toujours plus de gains pour un nombre de plus en plus réduit de personnes", mais au service de la collectivité.
Le principe directeur serait comme le suggère
Paul Jorion d'empêcher l'argent de sortir de l'économie car c'est sa seule place.
Ensuite, comme l'a dit
Maurice Allais notre seul prix Nobel Français d'économie, il n'y a pas de raison que les banques continuent de s'engraisser sur le compte des états grâce aux intérêts de la dette, les états à travers leur banque centrale devraient reprendre le pouvoir de frapper de la monnaie, pouvoir qui a été transféré au privé en "loucedé" (voir Maastricht - Article 104).
Lorsque l'on sait que la dette de l'état Français qui est de l'ordre de 1300 Milliards d'Euros, les seuls intérêts de cette dette sont de 50 Milliards environ qui tombent donc directement dans la poche de la finance (passive) à partir du fruits du travail des citoyens (actifs).
Et enfin le recours à l'emprunt pour équilibrer le budget de l'état pourrait être rendu inconstitutionnel, un emprunt sans intérêt à la banque centrale serait donc réservé aux investissements destinés à accroitre le patrimoine public.
Cette mesure limiterait les risques d'une trop grande tentation de faire marcher la planche à billet, méthode génératrice d'instabilité monétaire comme l'a vu dans le passé !
Rendez vous le 02 avril à Londres pour le sommet du G20.
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