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22 août 2012 3 22 /08 /août /2012 08:08

 

 

Le scandale de l’Euribor – Complicités entre banquiers et gouvernements sur l’art de ruiner les citoyens

Le cadavre de l’Euribor trouve toute sa place à côté de celui du Libor. L’Euribor est l’acronyme du European Interbank Offered Rate, établi lors de la création de l’euro en 1999, qui détermine sur une base quotidienne le coût des dépôts interbancaires à court terme dans l’Eurozone. Si 43 banques de la zone euro constituent le cœur de la commission d’Euribor, d’autres ban­ques étrangères à la zone, comme Barclays ou JP Morgan, en font partie aussi.

Barclays a déjà avoué aux autorités américaines avoir égale­ment faussé ses déclarations concernant l’Euribor. Et les autres ? Est-il pensable que l’Euribor soit resté « propre », alors que tout le monde savait que son concurrent, le Libor, était truqué ? A noter que l’Euribor est appliqué à un volume de 220 000 milliards d’euros de contrats dérivés.

La manipulation du taux interbancaire a des conséquences non seulement pour les millions de personnes ayant contracté un prêt hypothécaire et obligées de payer des intérêts plus élevés, mais aussi pour des centaines de municipalités en Eu­rope ayant acheté des swaps sur taux d’intérêt, notamment en France, en Italie et en Allemagne. En Italie, plus de 400 administrations municipales et régionales ont une exposition de 66 milliards, et le gouvernement italien détient quelque 100 milliards de swaps sur taux d’intérêt. En France, le ministère de l’Economie estimait, en novembre 2008, que sur les 135 milliards d’euros de dettes des collec­tivités territoriales françaises, 15 à 20% d’entre elles étaient constituées de produits structurés, dont les taux fluctuaient selon des formules complexes en fonction de certaines devises comme le Franc suisse, mais aussi du Libor et de l’Euribor.

Le plus grand vendeur de tels swaps en Europe n’est autre que la banque franco-belge Dexia, qui a été renflouée à hau­teur de 162 milliards d’euros par les contribuables. Par ailleurs, Dexia est intiment liée à Barclays, qui a fait fonction d’agent pour la vente des actifs de la franco-belge. (Source: EIR)

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12 août 2012 7 12 /08 /août /2012 23:11

31/12/2011 - 2012: Pourquoi je suis pessimiste

Le rapport Stiglitz propose un nouveau Bretton Woods

Posted: 10 Aug 2012 11:55 PM PDT

 

« Il est important de saisir l’occasion de réformer en profondeur, afin que le monde puisse aborder le 21èmesiècle avec un système financier mondial plus équitable et plus stable, capable d’inaugurer une époque plus prospère pour tous les pays ». La commission ne se contente pas des mots, mais, outre un constat robuste, elle fait de nombreuses propositions très intéressantes tout au long du rapport.

Les principes de la réforme

Les auteurs proposent huit principes fondamentaux : « rétablir l’équilibre entre le marché et l’Etat (par opposition à une déréglementation excessive), accroître la transparence et la responsabilité, agir à court terme en cohérence avec les visions long terme, évaluer les effets de répartition de la richesse, éviter d’aggraver les asymétries et les déséquilibres mondiaux, mieux répartir le risque, gérer les problèmes d’irréversibilité (éviter les gros chocs) et assurer une diversité intellectuelle ».
Avant le chapitre financier, les rapporteurs appellent à « renforcer la protection sociale », outil de justice sociale, mais aussi de stabilisation économique, et à veiller à ne pas favoriser les grandes entreprises au détriment des PME. Ils souhaitent que les décisions des banques centrales soient ratifiées par le Parlement, dans un but de transparence et de responsabilité car leurs «opérations ont des conséquences budgétaires qui doivent être supervisées de la même façon que celles du Trésor ».
Pour stopper l’accumulation de réserves, il soutient qu’il « faut pour les pays en voie de développement des sources de financement qui puissent être vite activées en n’imposant pas de conditions inappropriées », comme le fait l’initiative de Chiang Mai à l’échelle asiatique depuis 2000. Le rapport appelle également à « mobiliser les fonds disponibles dans les pays qui ont accumulé de grosses réserves » et évoque logiquement la piste des DTS. Il note aussi qu’il « semblait admissible que les actifs d’un pays appartiennent à un Etat étranger (via les fonds souverains), mais pas à l’Etat du pays lui-même ».
Pour eux « les coûts supplémentaires d’une meilleure réglementation ne sont rien à côté de ceux qu’a imposés à la société la non-réglementation. (…) On n’a guère de preuve que les inventions du secteur financier ces dernières années aient amélioré le comportement global de l’économie, même si elles ont évidemment accru les profits du secteur. Une large part de son effort d’innovation avait pour but de contourner des réglementations, des lois fiscales et des normes comptables ».

Les propositions de réforme de la finance
 

La Commission est favorable à la comptabilité mark-to-market(qui valorise le bilan au cours du jour, ce qui implique un effet pro-cyclique puisque sa valeur baisse en cas de crise et inversement), qui a le mérité de la transparence, mais juge qu’il faut en contrebalancer les effets négatifs par « des règles contracycliques d’adéquation des fonds propres et des provisions ». Elle évoque également un « mark-to-funding » fonction du mode de financement (court ou long terme).

La Commission propose d’imposer la transparence pour les transactions de gré à gré. Dans une logique proche du 100% monnaie, elle avance que « les régulateurs et les banques centrales pourraient convenir ensemble d’un taux d’expansion annuel du crédit bancaire et d’une fourchette autour de ce taux », et parle de « service public » pour la partie « dépôt » des banques en évoquant des réglementations différentes (voir une séparation) pour le dépôt, les prêts, et les banques d’affaire.
Assez logiquement, le rapport propose une réduction de l’effet de levier. Il critique la titrisation qui complique grandement les restructurations de dettes et propose que les CDS suivent la réglementation des produits d’assurance. Il reprend l’idée chinoise d’une gestion active de l’immobilier en variabilisant l’apport initial. Il propose également d’imposer des mensualités de remboursement plus élevées pour le crédit à la consommation pendant les phases de croissance. Enfin, il évoque le développement d’un secteur public bancaire, coexistant avec le secteur privé.
Le rapport propose d’inscrire l’ensemble des stock-options au passif du bilan des entreprises pour en modérer l’usage, un renforcement des mesures anti-trust et une « divulgation, au moins auprès du régulateur, des positions des banques d’affaires pour repérer les conflits d’intérêts potentiels » (« les points de vue des analystes d’une banque d’affaires (…) peuvent être influencés par les positions que détiennent leur banque ») et renforcer la responsabilité financière des acteurs.
Il propose de « morceler les grandes institutions financières et limiter leur taille pour qu’elles ne soient pas trop grandes pour faire faillite » ou qu’elles paient « des primes plus élevées pour la garantie des dépôts ». Il soutient une réforme du droit des faillites en permettant de « convertir en actionnaires les détenteurs de créances à long terme ». Il critique les plans d’aide inconditionnels aux banques, comme en France, (« un gros transfert de richesse des simples citoyens vers des personnes bien plus aisées ») et propose à la place des garanties limitées pour les nouveaux prêts. Pour les rapporteurs, la responsabilité doit être celle du pays d’accueil et non d’origine, tirant les leçons du cas islandais.
Il propose la « tolérance zéro à l’égard des centres financiers qui assurent le secret bancaire et facilitent l’évasion fiscale », tout en soulignant que les grands pays ne sont pas exempts de tout reproche, comme les Etats du Delaware et du Nevada aux Etats-Unis, ou même Londres. Naturellement, il pointe les cas du Luxembourg et de l’Irlande, adeptes de la « concurrence fiscale » et propose la « mise en quarantaine des centres voyous, isolés du système financier international ».
Il met en avant le rôle des institutions de réglementation qui tendent à « être capturées par les intérêts et les points de vue des réglementés » et suggère de « donner voix au chapitre aux usagers de la finance – les PME, les retraités, les consommateurs et peut-être d’autres partis intéressées ». Il propose deux autorités de régulation pour le système financier, la banque centrale, sur les questions macros et une Autorité de Réglementation Financière, pour les enjeux micros.

Un nouveau Système Monétaire International

Enfin, le rapport propose une réorganisation du système financier internationale, inspirée des propositions de Keynes à Bretton Woods, autour d’une monnaie de réserve internationale pour mettre fin au privilège du dollar, qui créé beaucoup d’instabilité, en plaçant les Etats-Unis en position de « pays déficitaire de dernier ressort » et qui a abouti à un système paradoxal où les pays en voie de développement financent les pays développés qui ont un déficit extérieur, alors que cela devrait être le contraire.
Le rapport propose donc la cration d’une monnaie de réserve mondiale, dans un système où les quotes-parts des pays seraient payées dans la monnaie nationale de chaque participant, contrairement à aujourd’hui. Il propose que le FMI en soit chargé, puisqu’il gère déjà les DTS, qui pourraient servir de base au système. L’idée serait de promouvoir cette monnaie comme instrument de réserve en offrant une rémunération intéressante pour les détenteurs, notamment les banques centrales.
Les allocations pourraient être fonction des soldes commerciaux, pour dissuader les gros excédents. Il propose que le volume des émissions annuelles soit « déterminé de façon à compenser l’augmentation des réserves » et envisage un ajustement des émissions de façon contracyclique où elles seraient « plus importantes quand la croissance mondiale se trouve au-dessous de son potentiel ». Le rapport envisage des montants compris au minimum entre 150 et 300 milliards de dollars par an.
Le rapport envisage un groupe de pays pionniers qui pourraient mettre en commun leurs réserves dans un tel système, qui attirerait progressivement d’autres pays, y compris les Etats-Unis. Difficile de ne pas imaginer que ce premier groupe pourrait être européen... Enfin, il propose de mettre en place des bons liés à la croissance du PIB ou à la valeur de la matière première exportée du pays débiteur pour ajuster la charge des emprunts à la conjoncture, un vrai plus pour les pays en voie de développement.
C’est tout l’intérêt de ce rapport que d’être extrêmement riche en propositions pour réorganiser le monde de la finance. En cela, il est source indispensable d’inspiration pour réfléchir à ces questions, qui complètera mes analyses précédentes. Demain, je reviendrai sur ses analyses des politiques d’austérité.

Source : « Le rapport Stiglitz », Joseph Stiglitz, éditions Babel

 

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Le rapport Stiglitz condamne les plans d’austérité

Posted: 11 Aug 2012 11:55 PM PDT

 

Outre une proposition de réforme de la finance, le rapport Stiglitz prend fermement position contre les plans d’austérité, au regard des potions amères infligées par le FMI aux pays en voie de développement en crise. Une leçon qui trouve un écho particulier avec la situation actuelle des pays européens.

Mettre fin à l’accumulation de réserves

Dans une analyse largement partagée par les économistes (Jacques Sapir, Paul Krugman), le rapport pointe la responsabilité des politiques d’ajustement dans les déséquilibres actuels, outre la libéralisation excessive des mouvements de capitaux à court terme. En effet, quand un pays subit une crise de son financement, pour bénéficier de l’aide internationale, il doit passer sous les fourches caudines des plans d’austérité extrêmement brutaux du FMI (comme aujourd’hui en Europe).
Résultat, les pays accumulent des réserves pour ne pas avoir à demander une telle « aide ». Mais cette accumulation de réserves pose de nombreux problèmes. Comme le note le rapport, « il y a réduction de la demande globale mondiale » et cela créé aussi une masse financière recyclée dans la spéculation… Très keynésien, il propose un système « conçu pour faire pression sur les pays excédentaires afin qu’ils réduisent leur contribution à l’insuffisance de la demande globale ».
Le rapport souligne que « le système actuel est aussi injuste par son résultat : les pays en développement transfèrent des ressources, en général à de faibles taux d’intérêt, vers les pays développés (…) Accumuler des réserves en dollars, en particulier, revient à prêter aux Etats-Unis à des taux d’intérêt très bas ». Il note que « l’écart entre le taux qu’ils perçoivent sur ces prêts et celui qu’ils paient aux pays développés constitue un transfert de ressources supérieur à l’aide extérieure qu’ils reçoivent ».

Une leçon pour l’Europe ?
 

Ce rapport, écrit en 2009, décrit de manière prophétique l’impasse politique et économique dans laquelle se trouve aujourd’hui l’Europe.  Il note que, dans les pays en voie de développement, les crises des dettes souveraines ont eu « des coûts sociaux extrêmement lourds, notamment de longues périodes marquées par des pertes de revenus et d’emplois, l’extension de la pauvreté, et, dans certains cas, l’aggravation de l’inégalité des revenus », comme on le voit maintenant en Europe.

Les rapporteurs pointent la responsabilité des dettes privées quand l’Etat recapitalise le secteur bancaire, dans un écho avec la situation espagnole d’aujourd’hui. Ils soulignent aussi que les créanciers ont tendance à être favorisés, que les restructurations de la dette sont souvent trop légères et que les citoyens sont trop souvent oubliés. Il souligne que l’Argentine montre que « l’élimination du fardeau de la dette peut créer les conditions d’un redressement économique rapide ».
Il propose de créer un « Tribunal de restructuration des dettes internationales », qui pourrait déclarer certaines dettes « odieuses », et comprendrait un service de médiation intermédiaire. Il note que les crédits accordés aux pays en difficulté ne doivent pas être « un mécanisme uniquement conçu pour renflouer les créanciers qui n’ont pas fait preuve de la diligence de rigueur quand ils ont accordé leurs prêts ». Il dénonce un système « où les pouvoirs publics ont dû de multiples fois payer les pots cassés ».
Mais la critique des politiques européennes se fait plus évidente, avec la mise en cause transparente de la politique de la BCE par rapport à la Fed : «  les banques centrales qui ont utilisé pleinement la flexibilité implicite dans la politique du ciblage d’inflation ont peut-être mieux réussi que celles qui ont suivi cette politique de façon rigide (…) Il n’est pas vrai non plus que, dans une économie, chaque institution doive s’en tenir à un seul instrument et n’être responsable que d’un objectif ».
La conclusion du rapport est comme un message à l’Europe : « les fonds remis ne doivent en aucun cas s’accompagner des conditions procylciques contre-productives qui ont été si souvent imposées dans le passé (…) La déflation menace tout autant la prospérité économique que l’inflation ».

Source : « Le rapport Stiglitz », Joseph Stiglitz, éditions Babel

 

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11 août 2012 6 11 /08 /août /2012 03:50

 

Huit bonnes raisons de rejeter le Pacte budgétaire

 

« Le poids de la dette est devenu écrasant. L’État verse ainsi près de 50 milliards d’euros par an à ses créanciers. Cette somme représente la première dépense, juste devant le budget de l’Éducation nationale ; elle est supérieure aux budgets de la recherche, de la justice et de la sécurité réunis. C’est inacceptable ! La dette, c’est moins d’écoles, moins de crèches, moins d’hôpitaux, moins de transports publics… [1] » Jean-Marc Ayrault évoquait en ces termes la question de la dette publique dans son discours de politique générale.

Un constat est sans appel ; pourtant le Premier ministre ne répond pas à des questions essentielles : d’où vient cette dette ? Comment éviter l’austérité, et la destruction de l’Etat social ? Au contraire, il prend ce « poids écrasant » comme une donnée indiscutable. Pour y remédier, il reprend l’objectif affiché par François Hollande, une réduction à marche forcée du déficit public, visant 3% du PIB dès 2013 et le déficit « zéro » en 2017. Ce n’est pas un hasard : le déficit « zéro » est l’objectif n°1 du Pacte budgétaire, le nouveau traité européen négocié par Sarkozy et Merkel pour imposer l’austérité en Europe.

27 juillet

Huit bonnes raisons de rejeter le Pacte budgétaire

Malgré la volonté affichée par François Hollande, lors de la campagne présidentielle, de rompre avec cette logique mortifère, le nouveau président a finalement accepté de ratifier le Pacte à l’issue du sommet européen du 28 et 29 juin. Il aurait en échange obtenu des mesures de croissance qu’il juge satisfaisantes. Suffiront-elles à contrebalancer le dangereux potentiel austéritaire du nouveau traité ? Rien n’est moins sûr...

Revenons tout d’abord sur le contenu du Pacte budgétaire. Grosso modo, le Pacte parachève le mécanisme de tutelle économique des Etats, la « gouvernance économique » européenne : les choix budgétaires discutés dans les Parlements nationaux seront contrôlés en amont, et possiblement sanctionnés par des instances d’« experts » non élus. Les Etats devront chaque année atteindre des objectifs, au risque d’encourir des pénalités quasi-automatiques, d’un montant considérable. Enfin, ils devront se soumettre à la fameuse « règle d’or ».

La règle d’or stipule que l’Etat ne doit pas dépenser plus que ce qu’il ne gagne. Plus précisément : le déficit entre les dépenses et les recettes de l’Etat ne doit pas dépasser 0,5% du PIB, hors fluctuations exceptionnelles. Elle incarne la vision de la BCE, le FMI, la Commission européenne, selon laquelle le déficit public et l’incurie des Etats seraient à la source de la crise de la dette. D’années en années, les Etats auraient vécu « au-dessus de leurs moyens » et emprunté pour dépenser plus, en faisant payer moins d’impôts. Il n’y aurait donc pas le choix : il faudrait d’urgence fermer le robinet de la dette et réduire les déficits.

Pour cela, au moins deux options sont sur la table : augmenter les recettes, ou réduire les dépenses. Mais en fait, c’est surtout la deuxième qui est mise en avant par les institutions et dans les textes européens, et bien sûr, dans le Pacte budgétaire.

1 - L’Etat social découpé à la hache

Voilà qui faisait déjà rêver les néolibéraux avant la crise… La crise de la dette a apporté des arguments aux libéraux pour en finir avec l’Etat social (les dépenses publiques, sont à plus des trois quarts des dépenses sociales, santé et protection sociale, éducation, retraites…). Le Pacte budgétaire s’inscrit ainsi dans la lignée des plans d’austérité menés dans toute l’Europe, qui se ressemblent tous, avec des coupes prévues :

- dans la fonction publique (suppressions de postes, gel ou réduction des salaires) ;
- la protection sociale (retraites, assurance maladie, chômage…) ;
- les services publics (notamment via la baisse des transferts aux collectivités locales) [2].

Bien sûr, ces mesures sont fondamentalement injustes, car elles touchent en priorité les populations les plus précaires, les femmes, les jeunes, mais aussi les classes populaires ainsi que les classes moyennes. Ce sont eux qui sont mis à contribution pour payer la crise.

Mais elles sont aussi absurdes économiquement. En effet, elles créent un cercle destructeur : la baisse des revenus (pertes d’allocations, hausse des prix dans les services publics) contribue à diminuer la consommation, puis l’activité. Elle accentue la récession qui va davantage peser sur les comptes publics – avec pour conséquence une augmentation du déficit public que ces mesures étaient censées résoudre. La règle de plomb de l’austérité ne freine pas l’endettement… elle l’accélère ! Elle a déjà laminé l’économie grecque, portugaise, britannique…

2 - Augmenter les impôts… sans taxer les riches !

On l’a dit, pour résorber le déficit, les gouvernements disposent d’une autre option : l’augmentation des impôts. Une solution qui a d’emblée très mauvaise réputation dans les cercles dirigeants. En fait les « économistes à gages » expliquent qu’il est possible d’augmenter les impôts... à condition de ne pas taxer les riches.

Taxer les riches et les grandes entreprises serait contre-productif : cela aurait pour conséquence d’affaiblir les entreprises et de diminuer l’investissement des hauts revenus dans l’économie. Voire, de les faire fuir… Cela affaiblirait l’économie, et diminuerait finalement le rendement de l’impôt et les recettes fiscales de l’Etat. D’où le célèbre adage : « trop d’impôt tue l’impôt [3] ».

Ils préconisent donc plutôt des mesures compatibles avec la « compétitivité », avec la « croissance » : des taxes sur la consommation, sur l’essence, la TVA… qui affectent davantage les classes moyennes et populaires. Et surtout, la privatisation des services et vente des biens publics, le détricotage du droit du travail pour faciliter la baisse des salaires.

En dernier lieu, le salut des finances publiques passerait donc par la compétitivité commerciale... et par la stimulation à tout prix de l’activité et des investissements privés

3 - Une compétition mortifère dans la zone euro

Cette recherche effrénée de compétitivité participe elle-aussi du cercle destructeur de l’austérité. L’Allemagne, depuis les années 2000, a tout particulièrement appliqué l’agenda néolibéral, ce qui a permis l’explosion des excédents commerciaux allemands. Mais si l’Allemagne exporte (principalement dans la zone euro), c’est que ses partenaires importent, ce qui provoque des déficits commerciaux. Ceux-ci n’ont d’autre choix que de s’endetter… ou de s’imposer eux-mêmes une « dévaluation interne » par une baisse massive des salaires et des budgets sociaux.

C’est précisément cet agenda qui est imposé aux pays surendettés : ils doivent non seulement tailler dans leurs dépenses, mais casser les droits sociaux pour devenir « compétitif ». Le Mécanisme européen de stabilité (MES) a ainsi été bâti comme un FMI européen, pour financer un soutien financier aux pays surendettés, avec en contrepartie une cure néolibérale complète.

Mais cette politique s’avère un échec total. D’une part, les mesures d’austérité ruinent les populations des pays surendettés : difficile, dès lors, d’y exporter des marchandises – si « compétitives » soient-elles. En même temps, la demande interne allemande a été durablement affaiblie par la stagnation des salaires. Le résultat, c’est que l’industrie allemande a de moins en moins de débouchés... et l’Allemagne risque fort elle-même d’entrer en récession en 2012 (sans parler de la perte annoncée de son triple A [4]).

4 - Haro sur le déficit public

Au-delà même de la question de la question des recettes et des dépenses publiques, c’est l’objectif même de la règle d’or – la réduction du déficit – qui doit être remis en cause.

D’une manière générale, les déficits et l’endettement publics sont légitimes : l’Etat peut ainsi étaler dans le temps les efforts budgétaires (comme le font ménages et entreprises) pour des investissements d’avenir qui bénéficieront aussi aux générations futures. Aujourd’hui, il est plus que jamais nécessaire d’investir pour la transition écologique et sociale de l’économie, et l’Etat ne peut le faire sur la base de ses recettes courantes (les impôts).

Ceci est d’autant plus nécessaire dans un contexte de crise… Depuis la crise de 1929, on sait qu’en période de crise, l’Etat doit se donner les moyens d’intervenir dans l’économie, d’investir et donc de créer des déficits. L’Etat est le seul acteur susceptible de relancer l’activité économique à un moment où les entreprises diminuent leurs investissements et où la consommation chute.

La règle d’or est donc l’incarnation du politique économique idéologique qui vise à soustraire à l’Etat toute marge de manœuvre pour intervenir dans l’économie, et à laisser au secteur privé l’initiative. Mais cette posture idéologique est dangereuse. Couplées aux coupes budgétaires, elle rend inéluctable le cercle vicieux de l’austérité : austérité, récession, déficits, dette, austérité… avec des conséquences politiques imprévisibles en Europe.

Face aux dogmes néolibéraux incarnés par la règle d’or, il existe des alternatives : taxation des hauts revenus, investissements publics, monétisation des déficits…

5 - Menaces contre la démocratie

Le Pacte budgétaire n’est pas seulement lourd de menaces sur le plan économique et social. Jürgen Habermas, philosophe allemand qui avait pourtant soutenu le Traité Constitutionnel Européen, estime désormais que les réformes prises dans le cadre du nouveau traité européen ouvrent une période de « domination post-démocratique [5] ».

Le Pacte budgétaire entérine en effet un certain nombre de procédures discutées à l’échelle européenne qui visent à contrôler les décisions budgétaires des Etats.

Ainsi, le « Semestre européen » impose aux gouvernements de soumettre leur proposition de budget à la Commission et au Conseil avant même qu’il soit discuté par les parlements nationaux. Le budget doit donner la priorité au désendettement et à la réduction des déficits, et doit s’attaquer aux « déséquilibres » identifiés par la Commission… comme par exemple, un manque de « compétitivité ».

Dans le cas où un gouvernement proposerait un budget considéré comme trop « laxiste » quant au désendettement et à la réduction de son déficit, des sanctions peuvent être prises contre lui. Le Pacte budgétaire stipule que seule une majorité au Conseil européen (très difficile à obtenir) peut s’y opposer. Les sanctions, jusqu’à 0,1% du PIB (2 milliards d’€ pour la France), sont donc quasi-automatiques. Pis encore : le pays « accusé » n’aura pas le droit de participer au vote ! [6]

6 - L’austérité à perpétuité

Le Pacte budgétaire prévoit que la règle d’or ne puisse être remise en cause. Comme l’indiquait Angela Merkel : « La règle d’or va être contraignante et s’appliquer de manière permanente. Les règles ne doivent en aucun cas pouvoir être changées par une nouvelle majorité parlementaire [7] ».

Il faudra adopter des « dispositions à caractère contraignant, de préférence constitutionnelles, ou bien avec la garantie d’une application et d’une adhésion totale lors du processus d’adoption du budget [8] ». Et cela sans aucune limite temporelle : c’est donc bien l’austérité à perpétuité que garantit le nouveau traité.

Les textes de mise en œuvre de la règle d’or prévoient ainsi que des instances « indépendantes » composées d’« experts » doivent être mises en place au niveau national afin de contrôler l’application par les gouvernements de la discipline budgétaire.

Par ailleurs, si un État membre considère qu’un autre État membre n’a pas adopté de législation suffisamment contraignante, il peut porter plainte auprès de la Cour de justice européenne, qui pourra imposer des amendes considérables (de l’ordre de 0,1% du PIB).

La règle d’or sera donc une « règle permanente, quasi constitutionnelle, mais en-dehors de la constitution ». Pourquoi un montage institutionnel aussi complexe ? En fait la réponse est simple : dans certains pays, une modification de la Constitution nécessite un référendum. Consulter le peuple, c’est un scénario à éviter à tout prix pour les promoteurs du Pacte budgétaire...

7 - La supercherie du Pacte de croissance

Malgré les efforts des promoteurs du Pacte budgétaire pour circonscrire le débat sur son adoption, plusieurs échéances se sont présentées où le choix de l’austérité généralisée a été posé dans le débat public : le référendum en Irlande, les élections législatives en Grèce et… les élections présidentielles en France.

Le 6 mai 2012, le soir de sa victoire, François Hollande annonçait que son élection à la présidence de la République était pour l’Europe un espoir, celui « qu’enfin l’austérité pouvait ne plus être une fatalité [9] ». Il appelait à une « réorientation de l’Europe » conformément à sa promesse de campagne de renégocier le nouveau traité européen, le Pacte budgétaire. Pourtant, à peine deux mois plus tard, à l’issue du Sommet européen des 28 et 29 juin, il annonçait que la « ratification rapide » du Pacte budgétaire, tel que négocié par Nicolas Sarkozy, serait programmée par le nouveau gouvernement.

Pour justifier ce revirement brutal, François Hollande a mis en avant des mesures censées stimuler la croissance en Europe : 60 milliards issus de fonds dont la mise en œuvre était déjà votée et programmée pour 2012-2013, et 60 milliards de prêts, par la Banque européenne d’investissements pour stimuler l’investissement privé.

Ces mesures ponctuelles – à l’échelle de l’Europe – sont à comparer avec les économies budgétaires programmées en France dans le cadre de l’application des mesures d’une sévérité sans précédent prévues par le Pacte budgétaire : plus de 60 milliards d’euros rien que pour la France d’ici à 2017. Elles sont à comparer avec les promesses de François Hollande lors de la campagne présidentielle. Il annonçait alors que la France ne ratifierait le Pacte budgétaire qu’à condition d’obtenir satisfactions sur trois points clés :

- La mise en place d’euro-obligations, pour que les pays de la zone euro les plus fragiles puissent emprunter à des taux non prohibitifs ;
- La réforme de la Banque centrale européenne, pour donner aux États la possibilité de se financer en dehors des marchés ;
- Des mesures de relance de la croissance en Europe.

François Hollande n’aura donc pas obtenu satisfaction sur les deux premiers points. Sur le troisième aspect – contrairement aux annonces du gouvernement qui relèvent d’un pur marketing politique – les mesures obtenues sont dérisoires, comparées au condensé d’austérité que représente le Pacte budgétaire. En toute intégrité, conformément à ses promesses, François Hollande aurait dû refuser de ratifier le Pacte budgétaire.

8 - Les alternatives à l’austérité existent !

Le Pacte budgétaire ne va pas sauver l’Europe, au contraire : il va l’enfoncer davantage dans la crise économique, sociale, écologique. Il va approfondir l’austérité généralisée, en forçant les gouvernements à respecter un programme économique absurde qui mène à la récession. Il représente un danger pour la démocratie, en imposant des mécanismes technocratiques de surveillance et de sanction des budgets nationaux.

La « renégociation » annoncée par François Hollande n’a pas eu lieu : le Pacte budgétaire va être ratifié tel que négocié par Nicolas Sarkozy et Angela Merkel. Quant au Pacte pour la croissance, il est largement insuffisant : ses mesures ponctuelles ne permettront pas d’enrayer le cercle vicieux de l’austérité en Europe.

Le gouvernement socialiste s’apprête, sans contrepartie consistante, à ratifier le Pacte budgétaire par voie parlementaire, au mépris des promesses de François Hollande. Face à la menace de reculs démocratiques, sociaux, écologiques sans précédents, rappelons que des alternatives crédibles à l’austérité existent : intervention directe de la BCE, audits et restructuration de la dette, fiscalité progressive, réforme du système bancaire et financier...

Le rejet du Pacte budgétaire serait un premier pas dans le sens d’un changement radical... aujourd’hui plus que jamais nécessaire.http://dessousdebruxelles.ellynn.fr/spip.php?article181

Frédéric Lemaire
 
 

[1] Discours de politique générale de Jean-Marc Ayrault, 02/07/2012

[2] Voir la petite revue 2011 des plans d’austérité, par les Dessous de bruxelles

[3] A lire, cette analyse intéressante parue sur le site des Echos : http://lecercle.lesechos.fr/economi...

[4] Le triple A de l’Allemagne menacé par Moody’s, Challenges (24 juillet 2012) http://www.challenges.fr/europe/201...

[5] Jürgen Habermas : La démocratie en jeu, Le Monde, 27 octobre 2011 : http://www.presseurop.eu/fr/content...

[6] Lire L’austérité à marche forcée... 10 choses que vous devez savoir sur le Pacte budgétaire par les DDB : http://ellynn.fr/dessousdebruxelles...

[7] The Guardian, 30 janvier 2012, http://www.guardian.co.uk/business/...

[8] Pour les courageux... ou pas : le texte du TSCG http://www.senat.fr/fileadmin/Fichi...

[9] Discours de François Hollande, 06/05/12

 

 

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La dette ! la dette ! la dette ! c'est tout simple !
Et les banquiers se font beaucoup d'argent,
c'est tout simple, c'est tout simple.

Entrez, c'est là.  On vous aura prévenus !

(merci à Gérard pour avoir envoyé le lien)

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8 août 2012 3 08 /08 /août /2012 02:00

 

 

 

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6 août 2012 1 06 /08 /août /2012 15:24
Espagne: la banque de défaisance exigée par Bruxelles sera lancée le 24 août
6 août 2012  

http://www.toonpool.com/user/64/files/bad_bank_502525.jpgC’est magnifique quand même!!! On va donc filer 100 milliards d’euros qui techniquement n’existent pas à moins de faire tourner la planche à billet pour les donner à l’Espagne à la condition que ce pays créé une « bad bank » qui est censée résoudre le problème. Pour info et pour ceux qui ne connaissent pas, une bad bank, c’est cela:

La bad bank est une entité juridique spécifiquement créée pour permettre aux institutions financières de lui transférer leurs actifs toxiques. La bad bank, après avoir acheté les actifs toxiques, a pour objectif de les revendre aux meilleures conditions de marché possible.

La bad bank peut voir son activité garantie par l’actionnaire de la banque cédante ou également être prise en charge par l’Etat.

Source: Trader-finance.fr

En gros, nous avons une fausse banque qui va recueillir tous les squelettes sortis des placards et on va oser nous expliquer que les autres banques vont bien mieux!

Le gouvernement espagnol approuvera le 24 août les lignes générales de la structure de défaisance ou bad bank imposée en échange du plan européen d’aide à ses banques qui pourra aller jusqu’à cent milliards d’euros, a annoncé dimanche le ministre de l’économie Luis de Guindos.

Dans une entretien accordé au journal ABC, ce dernier explique qu’à cette date, le gouvernement approuvera un décret où seront développés la majorité des engagements établis dans le MoU, le mémorandum sur l’aide aux banques signé avec ses partenaires de la zone euro fin juillet.

On y trouvera les lignes générales de fonctionnement des sociétés de gestion d’actifs, appelées communément +mauvaises banques+, explique-t-il.

Le décret lancera également une nouvelle régulation de la commercialisation de produits complexes, comme les participations préférentielles, des produits risqués qui ont été vendus à des centaines de milliers de petits épargnants en Espagne.

La zone euro a offert en juin une ligne de crédit qui pourra s’élever jusqu’à cent milliards d’euros pour renflouer les banques espagnoles en difficulté.

Les montants précis dont elles auront besoin seront connus après la publication d’un audit à la rentrée.

En contrepartie, la zone euro a imposé à l’Espagne des conditions strictes qui se concentrent sur le secteur financier, dont la création d’une bad bank et le renforcement de la régulation et de la supervision bancaire.

Le chef du gouvernement Mariano Rajoy n’excluait plus vendredi de faire de nouveau appel à l’aide de ses partenaires européens afin de bénéficier des nouvelles mesures visant à soulager la crise de la dette annoncées jeudi par la Banque centrale européenne (BCE).

Mais Madrid veut d’abord connaître plus précisément leur teneur.

Luis de Guindos réaffirme cette position dans les pages d’ABC.

Nous allons connaître le détail (de ces mesures, ndlr) et alors nous pourrons avoir un calendrier précis, déclare-t-il.

Nous avons le temps et nous pouvons attendre jusqu’à ce que tous ces détails soient éclaircis, a-t-il ajouté, rappelant que le Trésor public a déjà couvert plus de 70% (72,2% ndlr) des besoins bruts de financement pour cette année.

Le ministre a en outre affirmé que l’Espagne n’aurait pas à introduire de nouvelles mesures d’économies si elle devait appeler à l’aide le fonds de secours européen, condition avancée par le BCE pour que celle-ci intervienne sur le marché de la dette.

Nous ne savons pas comment tout le processus va s’articuler, a-t-il rappelé.

Il n’y a pas de nouvelles mesures (prévues, ndlr) car nous estimons que celles que nous avons approuvées seront suffisantes pour respecter la réduction du déficit à laquelle nous nous sommes engagées auprès de Bruxelles, affirme le ministre.

Bruxelles avait imposé à l’Espagne en juillet de nouvelles mesures d’économies, en contrepartie d’un délai d’un an accordé pour ramener le déficit public du pays à moins de 3% en 2014.

En réponse, le gouvernement a annoncé vendredi qu’il prévoit d’économiser 102 milliards d’euros d’ici à la fin 2014.

Ces économies prévoient notamment des rentrées évaluées à 35 milliards d’euros du fait des hausses d’impôts, dont la TVA à partir du 1er septembre, des coupes dans la fonction publique ainsi que dans les budgets régionaux de la santé et de l’éducation.

 

Source: Romandie

http://lesmoutonsenrages.fr/2012/08/06/espagne-la-banque-de-defaisance-exigee-par-bruxelles-sera-lancee-le-24-aout/#more-29472

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6 août 2012 1 06 /08 /août /2012 06:40

Blog gaulliste libre

 

Le premier verrou anti-fédéralisme : l’Allemagne & co

 

Posted: 04 Aug 2012 11:55 PM PDT

 

Les fédéralistes espèrent que la crise actuelle va contraindre les pays européens à un grand saut fédéral, comme je l’ai étudié hier. Mais dans dans la réalité, une telle évolution est aujourd’hui rendue quasiment impossible par l’évolution du débat public dans les pays créanciers.
Le coût exorbitant de l’euro
Il y a encore deux ans, les opinions publiques n’avaient pas pleinement pris conscience du coût potentiel des plans de sauvetage des créanciers des pays en difficulté. Maintenant, c’est fini. Autant il était sans doute possible de réaliser un hold up fédéral en 2010, autant cette possibilité semble totalement illusoire aujourd’hui après deux ans de tragi-comédies européennes, avec une succession de plans jamais suffisants et une première restructuration de la dette grecque.
Pire, des études économiques commencent à chiffrer le coût qu’un maintien de l’euro pourrait avoir pour l’Allemagne. Les chiffres donnent le vertige. Le mécanisme des euro obligations mis au point par l’institut Bruegel revenait à demander à Berlin une caution solidaire de quatre mille milliards d’euros (150% du PIB du pays) ! Patrick Artus a fait une première évaluation estimant le montant des transferts annuels autour de 100 milliards d’euros par an, soit 4% du pays.
Sa dernière étude évoque le chiffre astronomique de 12,7% du PIB ! L’étude récente de Merrill Lynch évoque un coût de plus 150 milliards d’euros, soit 7% du PIB. Bref, pour que l’euro subsiste, il faudrait que l’Allemagne accepte de transférer une part importante de ses richesses vers les pays en difficulté pour financer les aides aux emplois et protéger les systèmes de protection sociale. Et une nouvelle restructuration de la dette grecque alourdirait encore la note.
Des opinions publiques hostiles
 

L’augmentation de l’addition a un effet radical sur les dirigeants politiques et les opinions publiques des pays qui sont les créanciers de dernier ressort de l’Europe : Allemagne, Finlande ou les Pays-Bas. La Finlande a réussi à obtenir des garanties spécifiques sur l’argent avancé à la Grèce. L’opinion néerlandaise est vent debout contre les plans européens et les prochaines élections pourraient bien être favorables aux partis qui s’opposent à cette Europe.

La situation est totalement bloquée en Allemagne où 81% de la population s’oppose aux euro obligations, 51% pensent que le pays vivrait mieux hors de la zone euro et 71% souhaitent voir la Grèce sortir de l’euro. A Berlin, le ministre de l’économie a estimé que « si la Grèce ne remplit pas ses obligations, il n’y aura plus d’argent. Le pays sera alors insolvable ». Le ministre des transports a abondé dans son sens, affirmant que « naturellement, la Grèce peut sortir de l’euro ».
Bref, il est totalement invraisemblable d’arriver à vendre aux dirigeants et aux citoyens allemands un quelconque assouplissement des règles et plus encore, une augmentation des fonds européens, d’autant plus que la Cour consitutionnel de Karlsruhe veille. Les fédéralistes français peuvent bien s’illusionner, jamais les allemands ne souhaiteront mettre un euro de plus, à part s’ils administraient directement le pays. Bref, les politiques sauvages d’austérité vont continuer.
Aujourd’hui, les créanciers sont échaudés par le manque de progrès des finances des pays en difficulté et le risque grandissant de nouvelle restructuration. Certes, la fin de la monnaie unique aura un coût, mais il est bien moindre que son maintien… Demain, j’étudierai la situaiton des pays débiteurs.

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5 août 2012 7 05 /08 /août /2012 06:03

 

http://l-arene-nue.blogspot.fr/2011_09_01_archive.html

L’euro, outil pour imposer une fédération néolibérale ?

Posted: 03 Aug 2012 11:55 PM PDT

 

Quelques partisans du traité de Maastricht l’expliquaient ouvertement il y a vingt ans : l’adoption de la monnaie unique, bien plus qu’un projet économique, est un moyen d’imposer aux pays européens un modèle fédéral. La crise actuelle actuelle confirme cette stratégie du choc.
L’option du saut fédéral
Les derniers évènements illustrent totalement cette hypothèse, évoquée par Eric Juillot. D’ailleurs, tous les responsables des institutions européennes ne cessent de demander une plus forte intégration. Après Jean-Claude Trichet, c’est Guy Verhofstadt qui appelle à « une union fiscale et fédérale », dont l’absence serait responsable de la crise des marchés et expliquerait le fait que des ensembles plus endettés (Etats-Unis, Japon, Grande-Bretagne) ne soient pas inquiétés.
Celui qui est vu comme un possible prochain président de la Commission soutient une « union fiscale basée sur la solidarité et la mutualisation des dettes », et que nous avons le choix, soit « d’arrêter l’euro et revenir à l’Etat-nation ou de construire une sorte de confédération de nations, comme les Etats-Unis en 1776 avec l’unanimité, ou on va dans la direction opposée et on créé une véritable fédération ». Il est intéressant de constater que pour lui, le saut fédéral va au-delà des Etats-Unis !
La théorie du choc néolibéral
Pas moins de trois papiers dénichés par les commentateurs du blog (tous en anglais, désolé) soutiennent que les problèmes actuels pourraient bien être souhaitée par les hiérarques européens. Joshua Wojnilower, du blog Bubbles and busts, inspiré par Krugman, soutient que cette crise est un moyen pour la BCE qui « semble croire qu’outre la stabilité des prix, elle a un mandat pour imposer des réformes structurelles. A ce titre, une douleur cyclique peut faire partie de son agenda ».
Même constat pour The Slack Wire pour qui « la douleur est la méthode folle de la BCE », qui profite de la crise pour imposer aux peuples des décisions dont ils ne veulent pas. Enfin, je vous invite à lire ce papier de Greg Palast, du Guardian, qui qualifie Robert Mundell de « génie maléfique de l’euro, pour qui retirer l’économie des mains des politiques élus et imposer la déréglementation faisaient partie du plan ». Pour lui, l’Europe et l’euro sont des moyens d’imposer un agenda néolibéral.
La croisée des chemins
 

Serge Halimi reprend cette théorie dans un papier du Monde Diplomatique « Fédéralisme à marche forcé ». Selon lui, pour les dévots fédéralistes, « toute réussite s’explique par l’Europe, et tout échec par le manque d’Europe ». Il souligne que les tempêtes leur permettent de « briser toute résistance à leur grand dessein en prétextant l’urgence » en affirmant qu’il faut « précipiter le sursaut fédéral ou consentir à la catastrophe », abondamment relayé par la plupart des médias.

Mais Serge Halimi souligne que les autorités européennes ne manquent pas de ressources, comme le montrent les 1000 milliards d’euros créés par la BCE pour refinancer les banques. Il souligne que le problème est la direction suivie. Mais, pire, cette Europe est profondément anti-démocratique, refusant tout verdict populaire qui ne va pas dans son sens ou dans le sens de politiques néolibérales  alors que l’intégration aurait pu « reposer sur le mieux-disant social ».
Le grand dessein des eurocrates est bien là, comme l’annonçait Todd : une post-démocratie néolibérale où les peuples n’auraient pas leur mot à dire. La crise leur offre une occasion d’avancer leur agenda, mais comme je l’étudierai demain, les circonstances n’y sont plus du tout favorables.
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4 août 2012 6 04 /08 /août /2012 03:05

 

 

Pendant les jeux, l’Europe s’enfonce

by Patrick Le Hyaric

Alors que partout sur la planète la grande communauté des femmes et des hommes partage les efforts et les exploits des athlètes des jeux olympiques, la crise continue de faire ses ravages. Certes, ces jeux olympiques font encore rêver, partager de beaux moments et font parler « d’autre chose » dans cette atmosphère angoissante comme on dit. Encore que ? Autant cette universelle rencontre sportive peut porter le dialogue, l’effort, le dépassement de soi et la compétition avec l’autre dans la fraternité, autant on est forcé de constater que l’esprit de Pierre de Coubertin quitte peu à peu les jeux olympiques. Là aussi  la pression de l’argent est à  l’œuvre. L’argent qui détourne des valeurs humaines et sportives. L’argent qui marchandise les activités humaines dans le cadre d’un capitalisme débridé. L’argent, celui que les grandes chaînes de télévision ont investi dans l’achat des retransmissions. Celui des firmes transnationales qui s’affichent sur les maillots des sportifs en sueur et imposent leurs coupures publicitaires qui polluent la relation des  exploits des champions. L’argent qui parfois les « dope » parce qu’on se doit de ne pas perdre quand on porte les noms de ces grands groupes, gravés sur le survêtement et la serviette.

Et puis, il y a la débauche d’argent pour leur organisation : trente milliards d’euros. L'énormité de la somme choque quand partout s'impose une austérité mortifère qui maintient au chômage des millions d'individus, prive de moyens hôpitaux, écoles, crèches et alors que dans le monde tant d'enfants qui n’iront ni à l’école, ni ne feront jamais de sport ne reçoivent pas les rations alimentaires nécessaires à leur survie. Et malheureusement, la flambée de spéculation sur les céréales depuis quelques jours ne va rien arranger. Au bout de la chaîne des spéculateurs, ce sont des enfants supplémentaires qui vont connaître la faim. Cette douloureuse réalité entre en contradiction avec ce qui fait le succès des jeux olympiques auprès des peuples de la planète qui se passionnent et vibrent pour des compétitions pacifiques où chacune, chacun cherche à se surpasser. Qu'il y a loin du rêve encore vivace de l'olympisme synonyme de pacifisme (..) Qu'il y a loin avec une Europe où depuis quelques jours, les attaques contre des États comme l’Espagne ou l’Italie ont déjà imposé un violent train de mesures d’austérité à leurs populations! Ceci a lieu moins d’un mois après le dernier sommet européen qui a confirmé le fameux traité d’austérité budgétaire et adopté un prétendu pacte de croissance non contraignant. La finance se contrefout des sommets européens et demande encore plus de sang et de larmes.  Les agences de notations ont lancé des alertes contre l’Allemagne. Et le comble est atteint puisque le fonds de secours européen lui-même a été dégradé par la maudite agence Moody’s. C’est la preuve qu’au cœur de cet été, la crise s’amplifie en Europe. Les solutions mises en œuvre jusque là mènent à l’impasse. Il est urgent qu’un débat s’instaure sur la possibilité pour la Banque centrale européenne de racheter tout ou partie de certaines dettes et de prêter directement aux États au lieu d’alimenter les circuits financiers comme elle ne cesse de le faire.

Dans le même temps, il faut sortir des plans d’austérité qui se succèdent en menant l’Europe à la catastrophe. L’un des moyens de provoquer un débat sur une réorientation de la construction européenne et de se donner la possibilité de « renégocier » le traité européen est d’organiser un référendum. Une telle initiative du gouvernement et du Président de la République aurait un écho considérable dans toute l’Europe où l’angoisse et l’inquiétude gagnent, comme en témoigne une récente enquête dans laquelle 63% des européens disent avoir peur de basculer dans la précarité. Près de la moitié d’entre eux considère que l’Europe telle qu’elle existe ne les protège plus.

C’est un service à rendre à tous les peuples que de rouvrir ce débat pour leur permettre de choisir une autre voie pour l’Europe. Celle de faire du progrès social et écologique une priorité, en plaçant au cœur de la réorientation de la construction européenne les valeurs de solidarité, de fraternité et de paix que prône l'olympisme. Si les forces progressistes ne le font pas, les institutions européennes non élues projettent un plan machiavélique dont le traité signé par M. Sarkozy et Mme Merkel n’est que la transition pour une fuite en avant dans une intégration financière bancaire et budgétaire autoritaire ultralibérale au  nom de l’action contre la crise.

C’est ce qui avait été projeté fin juin. C’est ce que confirme un conseiller du président Barroso, autorisé, comme par hasard, à publier une tribune chez nos confrères du Monde daté du 28 juillet. Celui-ci prévient que les citoyens « redoutent probablement certaines des conséquences, mais ils pourraient être prêts à les accepter à condition d’avoir enfin la perspective d’un avenir maîtrisé ». Quel avenir « maîtrisé » ? Celui fait d’insécurité de vie, de précarité, d’austérité à perpétuité ? Bref, la commission européenne s’apprête à proposer encore « plus de souffrances et de larmes », en cherchant les moyens de les faire accepter aux peuples. Nous ne l’acceptons pas ! Parce que c’est injuste. Et aussi parce que c’est inefficace.

Pour obtenir un débat permettant de changer l’Europe, nous appelons à signer et à faire signer la pétition pour obtenir un référendum sur le nouveau traité européen. C'est une question de démocratie.

02/08/2012

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4 août 2012 6 04 /08 /août /2012 02:42

 

 

Le sauvetage de la Grèce et de l'euro
c'est encore raté


Publié le 2 août 2012 dans France/Europe 4 commentaires
Pssscccchhhhiiiit…! le sauvetage de la Grèce et de l’euro c’est encore raté

Dans la série « J’aurais-mieux-fait-de-me-taire », Mario Draghi a fait très fort ce 2 août 2012 : il a mis à bas en quelques minutes tout l’échafaudage communicationnel qu’il avait bâti depuis une semaine, avec MM. Monti et Hollande, pour enfumer les opinions publiques et les marchés financiers.

Retour sur une journée mémorable.

LES RISQUES PRIS PAR UNE ALLUMEUSE

Le problème de base n’était pourtant pas trop difficile à anticiper.
Il tient au fait qu’une strip-teaseuse, fût-elle nommée Miss Draghi, ne peut pas faire son numéro, jugée en talons aiguilles sur le comptoir, pour aguicher les cow-boys dans un saloon surchauffé du Far-West, sans être contrainte de passer à l’acte à la fin des préliminaires.

Si cette allumeuse, après avoir été ovationnée par son public masculin aviné, indique soudain qu’elle n’a pas obtenu l’autorisation de sa maman Angela pour monter dans une chambre, l’atmosphère surchauffée va tourner à la bataille rangée.

C’est en gros ce qui vient de se passer aujourd’hui.

Après avoir excité la libido sonnante et trébuchante des marchés financiers du monde entier pendant plusieurs jours, en leur montrant un décolleté plongeant sur de plantureux euro-bonds, et en leur clignant de l’œil pour suggérer qu’une orgie de rachats d’obligations souveraines par la BCE était en préparation à l’étage, Miss Draghi a soudain retiré sa perruque et son mascara pour pleurer « Maman » comme une gamine du Couvent des oiseaux.

Notre Draghi dragueur a en effet été contraint d’avouer que toute l’excitation des derniers jours dont il avait pris l’initiative n’était au fond qu’une arnaque de communication de plus, comme je l’ai analysé hier dans mon article sur « le jeu sur les mots des eurozonards« .

BERLIN, LA HAYE ET HELSINKI INSENSIBLES AUX TENTATIVES DE COUPS DE FORCE DES ESCROCS DE GOLDMAN SACHS

Le Goldman Sachs Boy qui préside la BCE a bien sûr déclaré de nouveau que de nouvelles « mesures non-conventionnelles » de la BCE étaient « possibles ».

Mais la réaction inébranlable des autorités allemandes d’avant-hier et d’hier, ainsi que celles des autorités néerlandaises et plus encore finlandaises qu’il ne faut jamais oublier, lui ont montré que les pays du nord ne se laissent pas démonter.

Berlin, La Haye, Helsinki ne plient pas devant les coups de force médiatiques et les manipulations de vocabulaire des escrocs estampillés Goldman Sachs (Draghi, Monti, Papademos,…), et des incompétents qui les imitent servilement sans comprendre grand-chose à ce qui se passe (Hollande, Rajoy, nos grands médias).

Car ce que cette clique d’escrocs appellent des « mesures NON-CONVENTIONNELLES », ce sont – pour parler en bon français – des « mesures ILLÉGALES » au regard des traités signés et ratifiés.

Comme je l’analysais hier soir, Frau Merkel, fille d’un pasteur théologien protestant et d’une institutrice, n’est pas du genre à s’en laisser conter par des strip-teaseuses. Surtout lorsque l’enjeu de la manip’ consiste à racketter purement et simplement des dizaines de millions d’Allemands pour ne pas faire baisser, à l’autre bout de la chaîne, les dividendes des actionnaires des banques installées en Espagne, en Italie et en Grèce.


 

Probablement suite à quelques coups de fil cinglants entre Berlin, Rome et Francfort, notre strip-teaseuse de l’Eurosaloon a donc compris hier soir ce qui lui restait à faire aujourd’hui. Ayant piteusement remballé sa perruque, son tutu et ses talons aiguilles, Mario Draghi a avoué aujourd’hui en baissant les yeux que « la BCE pouvait intervenir sur le marché obligataire [...], mais à condition que les gouvernements concernés en fassent la demande. »

Autrement dit, la BCE ne rachètera de la dette espagnole que si Madrid le demande aux autres États de la zone euro dont les gouverneurs siègent au conseil de la BCE.

Or cette demande, pour pouvoir être éventuellement acceptée, suppose que l’Espagne accepte de se soumettre aux conditions draconiennes fixées par les partenaires européens de l’Eurosystème, à commencer par… l’Allemagne, les Pays Bas et la Finlande. Une option que le gouvernement espagnol a jusqu’à présent toujours rejetée, d’autant plus qu’il estime être allé au bout du bout des mesures punitives contre son propre peuple, sauf à provoquer une révolution.

Autrement dit, la BCE ne rachètera pas de dette espagnole avant longtemps. Enfer et damnation ! Tout s’effondre de nouveau.

Pour tenter de faire passer la pilule, l’inénarrable Mariole Draghi a psalmodié le mantra européiste habituel (« Les gouvernements doivent continuer les efforts de consolidation budgétaire, de réformes structurelles et de réformes institutionnelles au niveau européen »). Et il a encore lancé une œillade, au cas où, en assurant aux cow-boys fous de rage que l’euro était « irréversible ».

Mais rien n’y a fait. L’assistance, comprenant qu’elle s’était fait flouer pour la 20ème fois en 2 ans, a commencé à tout casser dans l’Eurosaloon.

L’ALLUMEUSE SE DÉGONFLE, LES BOURSES S’EFFONDRENT

À peine Mario Draghi avait-il retiré sa perruque et ses talons aiguilles que les Bourses européennes se sont ainsi effondrées, pour reperdre en quelques minutes ce qu’elles avaient péniblement gagné en plusieurs jours, après les propos du même « Super Mario » lorsqu’il avait commencé son numéro dans l’Eurosaloon.

Comme le note la dépêche ci-jointe, citant un analyse de chez Saxo banque qui résume le sentiment général chez les cow-boys,
« les investisseurs sont restés sur leur faim. Mario Draghi n’a formulé aucun calendrier et n’a fait aucune annonce concrète, ni en termes de baisse des taux, ni en termes d’intervention sur le marché de la dette. »
http://www.romandie.com/news/n/_Les_Bourses_europeennes_chutent_apres_les_propos_de_Mario_Draghi_RP_020820121653-24-221862.asp

Au moment où ferme la Bourse de Paris (17 H 30), le marché parisien s’effondre de -2,68 %, Francfort de -1,94 %, Milan de -4,64 %, et New York de -0,93 %.

Au même moment, l’euro retombe lourdement à 1,2144 USD.

Quant au taux sur les obligations espagnoles à 10 ans, qui avaient baissé jusqu’à 6,61 % après la manipulation Draghi, ils sont repartis vers le ciel à la vitesse d’une fusée : ils viennent d’atteindre un « plus haut » à 7,200 %, niveau jugé explosif par tous les experts.

En un mot, tout est par terre et tout est à refaire.

CONCLUSION : EN ATTENTE DU PROCHAIN SKETCH

Alors, que vont inventer maintenant les européistes ?

- Un 21ème Sommet de la dernière chance ?

- Une nouvelle déclaration de M. Draghi assurant que « les marchés vont voir ce qu’ils vont voir » ?

- L’annonce d’une « conversation téléphonique » entre Obama et Mme Merkel ?

Si nos lecteurs ont des idées, elles sont ici les bienvenues !

En attendant, le génie de la pensée économique et géopolitique qui trône désormais à l’Élysée a eu la sienne. En allant prendre son train Gare de Lyon pour aller passer ses vacances à Brégançon, avec un maillot de bains et un tuba dans sa valise, M. Hollande a confié aux journalistes qu’il allait être…. « vigilant » !

Nous voilà enfin rassurés.

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31 juillet 2012 2 31 /07 /juillet /2012 00:38
Le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble au cours d'une conférence de presse le 30 avril 2010.
Si nécessaire, nous couperons les banques en deux,
affirme Wolfgang Schaüble
30 juillet 2012 - 17:19
 

30 juillet 2012 (Nouvelle Solidarité) – Qu’on se le dise. Après le volte-face d’une partie des élites anglo-américaines sur la question de la séparation des banques selon le principe de Glass-Steagall, le vent du changement se met à souffler sur l’Europe continentale... à commencer par l’Allemagne.

Dans une entrevue à Welt am Sonntag dimanche 29 juillet, le ministre des Finances allemand Wolfgang Schäuble a déclaré que si cela s’avérait nécessaire, il « n’exclurai[t] pas l’idée de diviser les banques universelles ».

Cette déclaration sans précédent de la part d’un ministre des Finances d’un pays membre du G8 est venue en réponse à une question du grand quotidien allemand, qui lui demandait ce qu’il pensait de la proposition de Nikolaus von Bomhard, PDG de la firme de réassurance Munich Re, consistant à diviser « des banques universelles telles que la Deutsche Bank » en « banques commerciales et en banques d’investissement ».

Schäuble à répondu que même s’il estime que cette mesure n’est pas nécessaire aujourd’hui en Allemagne, il a « une grande estime pour M. von Bomhard » et « écoute ce qu’il dit de manière très attentive ». Il a ajouté que s’il « était prouvé que l’Europe avait besoin de franchir un tel pas, l’Allemagne ne s’y opposerait pas ».

Le ministre allemand venait d’affirmer que les marchés financiers ont besoin « d’un cadre » dans lequel ils agissent et que « nous sommes tous allés trop loin dans la dérégulation à partir des années 90 ». Dix ans plus tard, il a fallu sauver les marchés aux dépens du contribuable, ce qui était nécessaire selon lui afin d’éviter que la situation ne se dégrade encore plus. « Maintenant, nous devons prendre soin d’imposer des règles, afin d’éviter que ceci ne se reproduise », a-t-il dit.

Un autre grand quotidien allemand, Süddeutsche Zeitung, publiait au même moment une série de trois articles sur l’histoire de la dérégulation en Allemagne, que ce soit sous un gouvernement de gauche ou de droite, et documentait le rôle crucial de la Deutsche Bank dans cette mésaventure. « Les jardiniers de l’argent » ont créé ce bourbier, et maintenant personne ne veut en être responsable. Le dossier évoque également le démantèlement du système de taux de change fixe de Bretton Woods, et décrit les principales phases successives de dérégulation, notamment le tournant représenté par l’abrogation de Glass-Steagall aux Etats-Unis en 1999.

Tout ceci ne fait que confirmer à quel point les « banques universelles à la française » maintiennent leur emprise sur la classe politique française, et à quel point cette dernière refuse, en ouvrant un tel débat, de prendre son courage à deux mains dans une situation où le système dans son ensemble n’a jamais été aussi près d’exploser.

Ainsi, un article des Echos du 26 juillet recensait très doctement les arguments des grands argentiers français contre la récente conversion de l’ex PDG de Citigroup Sanford Weill en faveur de Glass-Steagall. Comme le rapporte le quotidien, (les Echos est le seul quotidien français, avec le Figaro, à avoir rapporté l’événement) « les banquiers français y sont plus que jamais opposés mais avec des arguments plus virulents ».

En réponse à Weill, qui estime qu’après les avoir séparées des banques de dépôt, les banques d’investissement pourraient « faire des opérations de marché » sans avoir « la possibilité de recevoir des aides gouvernementales », un « grand banquier français » cité par Les Echos (qui n’a pas jugé bon de dévoiler son nom), a été forcé d’avouer que ce monde bancaire idéal où les banques d’investissement pourraient fonctionner « sans garantie des Etats n’est pas possible ». Dit autrement : Les grandes banques universelles sont en faillite, et dépendent soit de l’argent des déposants pour les activités spéculatives, soit des garanties de l’Etat pour leur survie, ou bien des deux à la fois !


La déclaration du ministre allemand sera certainement accueillie comme une douche glacée par les banquiers français. Encore au début du mois de juin, leur président Frédéric Oudéa de la Société Générale déclamait tous azimuts qu’il avait l’impression « qu’aucun pays ne va mettre en oeuvre un Glass-Steagall Act qui conduirait à une séparation stricte entre les métiers de banque de dépôt et de banque d’investissement, ni au Royaume-Uni, ni aux États-Unis, ni à mon avis en Europe ». (La Tribune Hebdo du 15 juin)

François Hollande ferait bien de se libérer rapidement de l’emprise de ces jusqu’au-boutistes de banquiers français avant qu’ils ne nous conduisent à la catastrophe. Les jours sont comptés.

Vous aussi, vous pouvez signer l’APPEL A UN GLASS-STEAGALL GLOBAL

http://www.solidariteetprogres.org/Si-necessaire-nous-couperons-les-banques-en-deux-affirme-Wolfgang-Schauble_08950

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