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12 février 2013 2 12 /02 /février /2013 03:00

Etats-Unis : Assassinats légaux par télécommande

Xavière Jardez
Lundi 11 Février 2013


Etats-Unis : Assassinats légaux par télécommande

 

Selon un document publié par le Département de la Justice américain, le 4 février 2013, l’administration américaine peut en toute légalité assassiner un citoyen américain  hors des Etats-Unis si la cible est « un haut chef opérationnel »  d’Al-Qaïda ou d’un groupe associé et pose une menace imminente aux Etats-Unis.

Le document définit de manière très élastique la « menace imminente » comme n’étant pas obligatoirement basée sur des renseignements obtenus sur une attaque spécifique mais « doit comprendre des considérations sur un créneau pertinent de possibilités ». C'est-à-dire pas  « dans un futur immédiat ». Pour l’Union des libertés publiques américaine, le droit du président de déclarer des Américains, « une menace, et de les tuer loin d’un champ de bataille reconnu et sans intervention judiciaire avant ou après les faits », à savoir en leur déniant leurs droits constitutionnels, est « une extension étonnante du pouvoir exécutif ».

C’est ainsi qu’en septembre 2011, Anwar al-Awalaki et son fils de 16 ans, ainsi que trois autres Américains furent assassinés au Yémen par des frappes de drones.

Le récent débat suscité par la nomination au poste de directeur de la CIA de John Brennam, haut responsable sous l’administration Bush et partisan du recours à outrance des drones et suspecté d’avoir encouragé des techniques de torture comme la planche à eau (waterboarding), n’est pas simplement la réponse - un peu forcée-  aux promesses de transparence faites par Obama, mais correspond un processus de légalisation rétroactif  d’actions prises par son administration ainsi que des explications à fournir aux Américains eux-mêmes, aux défenseurs des libertés publiques  et aux alliés des Etats-Unis.  

De 54 frappes sous l’administration Bush, on est passé à 311 sous l’administration d’Obama, prix Nobel de la paix. Le nombre de civils tués au Pakistan, au Yémen,  en Somalie, est difficile à connaître mais il s’établit pour le seul Yémen à 150 personnes identifiées depuis 2008. Mais pour ces derniers, la question de droits n’est même pas  posée puisque les Nations unies reconnaissent implicitement le recours aux drones par le biais de la légitime défense des Etats-Unis. Etre sur la liste des cibles suffit à justifier l’assassinat en appuyant sur un bouton comme pour les jeux vidéo.

http://www.france-irak-actualite.com/

 

http://www.alterinfo.net/Etats-Unis-Assassinats-legaux-par-telecommande_a86700.html

 

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12 février 2013 2 12 /02 /février /2013 00:21

vendredi, 08 février 2013 08:28

L'Iran, première cyberpuissance?

L'Iran, première cyberpuissance?  
IRIB- C'est l'institut israélien "Sécurité nationale" qui le confirme :

"depuis la cyber-attaque, dont il a fait l'objet, en 2010, l'Iran n'a cessé d'investir des millions de dollars, dans sa défense cybernétique, de sorte qu'il est, désormais, capable de lancer de vastes assauts contre les Etats Unis et leurs infrastructures, assaut, dont les Américains et et les Israéliens n'ont pas la moindre idée"! "Le problème est que les Etats Unis se sont, essentiellement, concentrés sur la cyber-défense, qui absorbe 90% de leurs dépenses.

 

Or, le côté cyber-offensive ne constitue que 10% du budget global qu'ils conscarent à ce secteur!", affirme "Al Quds al-Arabi", citant le rapport de l'institut en question. L'institut israélien reproche aux Etats Unis d'avoir investi, depusi 2001, dans la lutte contre le terrorisme, sans que ces investissements puissent apporter les résultats escomptés et d'avoir négligé le cyber-secteur, au risque de le rendre vulnérable". "L'attaque de 2010 contre les sites nucléaires iraniens a servi de déclic à l'Iran, qui y a mis toute son énergie et talent et qui est, désormais, l'une des plus grandes, sinon, la plus grande cyber-puissance qui soit". "Les Iraniens sont capables d'attaquer, non seulement, le secteur public et privé, mais aussi, la police US et ses filiales". Le rapport ne le dit pas, mais c'est, sans doute, en écho à ces craintes que les Etats Unis viennent de sanctionner la cyber-police iranienne !!

 

 

http://french.irib.ir/info/international/item/241448-l-iran,-premi%C3%A8re-cyberpuissance

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9 février 2013 6 09 /02 /février /2013 20:49
– Sommaire du n°1159 - Mali : Hollande chef de guerre –>
http://www.courrierinternational.com/article/2013/01/17/mali-hollande-chef-de-guerre
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Guerre du Mali
  
Rien de tel que le son du canon
pour couvrir le chuchotement des mutins !
  
 

Pour quelles raisons la France fait-elle la guerre au Mali ?

La raison tactique initiale de la France, c'est-à-dire de ses dirigeants, est qu'après la guerre contre la Libye, les Touaregs, qui avaient pris parti pour Kadhafi, ayant reçu de sa part autant d'armes qu'ils le souhaitaient, ont reconquis l'Azawad, c'est-à-dire ce que les colonialistes appellent le nord du Mali. Lire à ce sujet l'article ci-dessous :

http://mai68.org/spip/spip.php?article4550

Une autre raison, plus stratégique celle-là, c'est la guerre secrète contre la Chine, qui, parce qu'elle est plus gentille que l'Occident avec les Noirs, est en train de conquérir petit à petit toute l'Afrique noire, comme on conquiert une fiancée ; et non par la guerre, contrairement à l'Occident :

http://mai68.org/spip/spip.php?article521

Or, l'impérialisme occidental éprouve le besoin de se nourrir de divers minéraux qui, justement, sont présents dans le Sahel, notamment au Mali. En particulier l'uranium :

http://mai68.org/spip/spip.php?article4820

Après ça, qu'on ne nous fasse plus croire que le capitalisme est devenu écologique. Ils veulent de l'uranium pour quoi faire, à votre avis ?

Mali - Somalie - La France mégalo se prend pour Jacques Mesrine : J'ai bien rigolé, hier, samedi 12 janvier 2013, quand j'ai entendu à France-info que la France, profitant que l'attention était tournée et donc détournée vers le Mali, avait décidé de faire une opération militaire en Somalie… et s'est plantée en beauté !

Ça m'a rappelé Jacques Mesrine qui, quand il venait de faire un casse de banque dans un coin de Paris, se précipitait aussitôt à l'autre bout de la ville pour en faire immédiatement un autre, profitant du fait que toute la police s'étant rendue à son premier casse, la voie était libre. Lire à tout prix son livre « L'instinct de mort » !

Mais, si l'action de la France en Somalie, pendant qu'elle croyait toute l'attention du monde portée sur son opération au Mali, rappelle le Grand Jacques, tout le monde ne s'appelle pas Mesrine. Et surtout pas la France !

Il me paraît indispensable de constater d'une part que la France (c'est-à-dire ses dirigeants) prétend combattre les islamistes au Mali ; mais, d'autre part, se sert d'eux en guise de mercenaires venus du monde entier pour faire sa guerre contre la Syrie ! Voici les preuves :

http://mai68.org/spip/spip.php?article4646

Il faut remarquer aussi que, depuis que les sionistes ont pris le pouvoir avec Sarkozy en 2007, puis s'y sont maintenus avec Hollande en 2012, la France fait la guerre partout : en Afghanistan, en côte d'Ivoire, en Libye, en Syrie, au Mali, etc. Il n'y a aucune différence entre Sarko et Hollande. C'est Sarkonazi I et Sarkonazi II ! La marionnette a changé, mais pas le marionnettiste :

http://mai68.org/spip/spip.php?article4215

Hollande, au plus bas dans les sondages, comme Bush en 2001, réactive le spectacle de terrorisme, et justifie sa guerre en la présentant comme "une guerre contre le terrorisme". C'est-à-dire qu'Hollande, comme Bush, nous fait le chantage suivant : « Soit avec nous, soit avec les terroristes ! ».

Le seul problème, c'est que la direction d'AQMI appartient aux services secrets français, et que, par conséquent, tout ce que fait AQMI est commandité par la France. Les preuves sont au lien ci-dessous :

http://mai68.org/spip/spip.php?article1372

Hollande est au plus bas dans les sondages, disais-je, et la révolte gronde : Grèves et manifs ouvrières, point de fixation de Notre-Dame des landes qui rappelle le Larzac, etc.

On a eu beau casser la classe ouvrière française par le biais des délocalisations dans les années 1980, parce que plus qu'aucune autre au monde elle avait l'expérience de la lutte de classe, les mutins refont entendre leurs voix. Certes, seulement un chuchotement pour le moment, mais qui fait peur au pouvoir. La guerre au Mali est essentiellement là pour qu'on les remarque le moins possible.

Et la réactivation de Vigipirate, qui n'est rien d'autre qu'un coup d'État, servira non seulement à augmenter le pouvoir des flics, mais aussi à faire peur, par exemple pour que les gens n'osent pas aller aux AG de grève ou aux manifs par peur des bombes. D'une façon générale, la peur, loin de pousser à la révolte, invite à se terrer chez soi. La peur paralyse…


RIEN DE TEL QUE LE SON DU CANON
POUR COUVRIR LE CHUCHOTEMENT DES MUTINS !
  
    do
  
La manipulation du terrorisme par l'État :

http://mai68.org/spip/spip.php?article1053

(Terrorisme d'État sous faux drapeau, esquisse d'une bibliographie)

 

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9 février 2013 6 09 /02 /février /2013 04:44
Politique Nationale/Internationale

Mali: la France médaille d'argent de la guerre des civilisations


clément dousset
Jeudi 7 Février 2013


Mali: la France médaille d'argent de la guerre des civilisations
Laissons aux Etats-Unis, envahisseurs de l'Afghanistan et de l'Irak, poussant leurs bombardiers jusqu'au Yemen et au Pakistan la médaille d'or. Mais la France de Hollande en attaquant à elle seule le flanc ouest du monde arabo-musulman au Mali prend bien la deuxième place dans la lutte que les occidentaux semblent vouloir mener contre l'islam en lui donnant de plus en plus des allures de croisade.

Si l'on essaie de se dégager de la propagande en France des medias tous pro-guerre, on se rend compte facilement que l'actuelle attaque menée par la France au Mali n'est rien moins qu' un crime politique.

1-Un sabordage de pourparlers

Comme Villepin l'a rappellé dans un article très critique envers l'intervention, des négociations entre le gouvernement malien, le MNLA et Ansar Dine existaient bien au Burkina-Faso. Certes la prise de Konna par les rebelles avait mis ces négociations dans une passe difficile. Mais des négociations politiques qui portent sur l'avenir de tout un pays en état de guerre civile ne peuvent que connaître des moments de blocage. Si la prise de pouvoir sur l'ensemble du pays par les combattants du Nord pouvait devenir une perspective plausible, si une action venue de l'extérieur pouvait se comprendre en vue d'empêcher la situation de dégénérer, cette action ne devait pas être celle d'une guerre ouverte mais, par exemple, l'envoi de renforts à Bamako pour dissuader les rebelles de progresser et pour figer les lignes de front, condition qui donnait seule une chance à de futures avancées des négociations.

2-Un raid haineux, aveugle et ravageur.

Au lieu de cela, après la prise de Konna, on a eu un véritable tocsin sonné par les autorités françaises. Le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, s'est répandu en insultes contre les combattants du Nord les traitant de bandits, de meurtriers, de terroristes. Hollande a parlé de destruction confondant dans un même appel à l'anéantissement hommes et matériel de guerre. Les Rafale ont décollé chargés de bombes. De Kona à Kidal n'ont pas cessé pendant trois semaines les pilonnages destructeurs et meurtriers. La moindre camionnette en mouvement devenait un objectif à pulvériser. "Nous en avons tué plusieurs centaines" ont clamé Fabius et Le Drian parlant indifféremment de tous les combattants du Nord comme de terroristes et les ravalant au rang d'animaux nuisibles à détruire. Cette volonté meurtrière jointe aux effets ravageurs de bombes dans des lieux plats et désertiques qui n'offrent aucun abri peuvent faire craindre un bilan qui dépassera sans doute le millier de tués. Combien de blessés et sans doute atrocement et sans doute très mal soignés sinon pas du tout faut-il rajouter à ce bilan ? Et quelle façon d'unir dans le sang comme on a confondu dans le mépris des combattants dont le Monde Diplomatique soulignait l'hétérogénéité !

"un spectre adverse multifracturé entre anciens et nouveaux combattants réguliers, trafiquants opportunistes, déserteurs de l'armée malienne, néodjihadistes radicalisés par le wahhabisme du Golfe et indépendantistes laïques"

3-Une ruine des espoirs du peuple touareg.

Ces indépendantistes sont essentiellement des Kountas, des Maures et des Touaregs, ceux que les Noirs du sud appellent les "peaux pâles" et qui sont les premiers habitants de ces deux tiers Nord du Mali au-desus du Niger : l'Azawad. Ce n'est pas depuis hier mais pratiquement depuis la décolonisation de 1960 qu'ils se battent pour l'indépendance de ce qui est bel et bien leur territoire. Sous nombre des précédents gouvernements de Bamako, les quelque un million cinq cent mille "peaux pâles" ont fait l'objet de véritables persécutions. Et le MNLA, mouvement National pour la Libération de l'Azawad, en liaison sans doute avec des groupes frères du Niger, d'Algérie et de Mauritanie se bat pour que le peuple touareg acquiert en plus d'une autonomie un véritable territoire indépendant. Certes toute guerre d'indépendance ne va pas sans excès. L'idéologie islamique radicale s'est emparée plus ou moins fortement des Touaregs d'Ansar Dine et elle était déjà celle de leurs alliés d'AQMI ou du MUJAO. Mais s'il existe de fortes nuances entre le radicalisme des uns et des autres, si les objectifs d'AQMI divergent dans le lointain avec ceux d'Aansar Dine, les bombes françaises ignorent autant celles-ci que ceux-là. Et les débris et les cadavres surtout semés dans le désert de l'Azawad contribuent à ruiner l'espoir de tout un peuple.

4-Une semence de haine raciale au Mali.

Les politiciens ont parfois l'art de faire de beaux discours avec des monstruosités atroces. La comparaison de Hollande assimilant le raid meurtrier des troupes françaises au Nord Mali avec l'aide qu'ont apportée les soldats maliens aux troupes de la France libre pour libérer le pays de l'envahisseur nazi est une de ces atrocités-là. Dans les FFL de Leclerc ou De Lattre, il y avait bien sûr des noirs du sud Mali mais aussi des Touaregs du nord. Or le parallélisme dressé par Hollande fait au moins envisager que les Touaregs d'aujourd'hui soient semblables aux nazis d'hier. Dans un pays où les couleurs de peau sont aussi contrastées que les conflits idéologiques sont puissants, qui ne voit à quelles dérives le parallèle conduit ?Amnesty vient de dénoncer dans son dernier rapport les abus qu'on avait déjà signalés : des hommes soupçonnés à cause de leurs vêtements et de leur visage d'être des djihadistes, molestés parfois, exécutés même. Les "peaux pâles" persécutés depuis plus de cinquante ans dans le Mali ne vont-ils pas voir leur situation devenir invivable même "protégés" par les soldats de Bamako ou les quatre mille tchadiens noirs débarqués en renfort ?

5-Des dommages graves à craindre pour les pays musulmans limitrophes.

Que des familles touareg en nombre fuient vers le Niger ou la Mauritanie pour trouver un asile dans les camps de réfugiés, que les combattants cherchent à gagner ces pays comme à trouver un refuge en Algérie ou en Lybie, ceci est la conséquence inéluctable de ce qui précède. Et cela ne peut qu'entraîner de lourdes charges, voire des menaces de déstabilisation sur tous les pays musulmans voisins. Un article du HuffingtonPost du 31 janvier pose nettement la question : "la guerre du Mali va-t-elle déstabiliser tout le Sahel ? "

Au Niger, Matthieu Pellerin gérant du CISCA (Centre d'intelligence Stratégique sur le Continent Africain) parle des ex-rebelles Touareg "très attentifs à l'évolution de la situation au Mali et qui voient d'un mauvais oeil la remontée de l'armée malienne et le déploiement de la Cédéao". Et il explique qu'il existe "des continuités familiales, tribales et idéologiques entre le Nord du Mali et le sud du Niger".

En Mauritanie le régime du président Mohamed Ould Abdel Aziz apparaît peu fragile mais les mises en garde de l'opposition comme des islamistes réunis au sein du parti Tawassoul pourraient être plus pressantes. Il faut aussi penser qu'une des "katibas" (groupe de combattants) d'AQMI compte de nombreux mauritaniens.

La Lybie est doublement sensible à l'évolution de la situation au Mali. D'une part parce que Khadafi avait fait appel pour sa défense à un régiment de Touaregs qui sont retournés au Mali après sa chute. D'autre part parce que des combattants d'AQMI au Mali sont venus aider les rebelle lybiens. Maintenant qu'un pouvoir à large composante islamiste s'est installé à Tripoli, que ceux qui ont combattu pour l'avénement de ce pouvoir ont souvent été les frères d'armes des islamistes du Nord Mali, la Lybie qui condamne l'intervention même si elle a des dirigeants redevables à la guerre de Sarkozy ne peut qu'évoluer vers une hostilité de plus en plus affirmée contre la guerre de Hollande.

C'est aussi certainement le cas de l'Algérie qui a été la première victime indirecte de l'intervention française avec la prise d'otages de Tiguentourine. Elle pourrait très bien envoyer à Hollande la facture pour le bain de sang forcé à la fin d'une confrontation avec l'activisme islamique qu'elle semblait ne plus devoir connaître. Jusqu'alors l'Algérie a toujours prôné la voie de la négociation politique et de la diplomatie pour le règlement de la crise malienne.
L'idée qu'elle eût pu soutenir au départ l'intervention française au point de laisser survoler son sol par les Rafale pourrait être due à une manoeuvre machiavélique de Fabius comme l'explique Jeune Afrique le 21 janvier. Selon la revue, les quatre avions Rafale qui ont bombardé les alentours de Gao le 13 janvier 2013 sont en fait passés par le Maroc et non par l'Algérie. Et la déclaration de Fabius le même jour que ces avions auraient survolé l'Algérie avec l'aval des autorités algériennes serait donc un pur mensonge. Placé par Fabius dans une position des plus embarrassantes, le gouvernement algérien n'a pas pu ou pas osé démentir et s'est trouvé malgré lui engagé dans le soutien à une guerre qui ne peut que lui nuire et qui est condamnée par toute son opposition.

6-Une union sacrée contre la France ?

Il est vrai qu'il n'y a pas encore dans l'ensemble des pays africains du Nord et dans l'ensemble des pays musulmans moyen-orientaux une hostilité affichée contre la France. Mais tout se passe comme si ce qui est bien une attaque violente contre le peuple Touareg avait suscité un effet de crainte diffuse et un besoin pour les pays liés à l'Islam de resserrer les rangs. C'est du moins ainsi que j'interprète deux signes. Le premier est le report de la visite que Morsi devait faire à Hollande et la façon dont il a accueilli en l'embrassant Amedhinejad au Caire à sa descente d'avion. Le second est la volonté très nouvelle de la part de l'opposition syrienne, jusque là très liée à la France, de rechercher un accord avec des représentants d'Assad. Le déchirement entre les sunites et les chiites qui ruine tous les efforts d'unité du monde arabo-musulman serait-il mis un temps entre parenthèses ? Cette nouvelle attaque lancée sur un pays musulman par les occidentaux après l'Afghanistan, l'Irak, le Pakistan, le Yemen, la Lybie serait-elle la goutte qui fait déborder le vase ? Le même proverbe à l'usage des Anglais évoque :"la paille de trop qui fait s'écrouler le chameau". Celui de Hollande en l'occurrence.
http://www.alterinfo.net/Mali-la-France-medaille-d-argent-de-la-guerre-des-civilisations_a86579.html
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Guerre au Mali : Les idiots utiles, Aqmi, Nicolas Sarkozy et François Hollande

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Guerre au Mali (Attentat de Gao) : Merci Nicolas Sarkozy du chaos au sahel !

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Nous y sommes, enfin. Ils ont voulu instaurer le chaos en Afrique, tout particulièrement au sahel, pour mieux piller les innombrables ressources naturelles de cette zone transfrontalière. Un kamikaze malheureux, s'est fait exploser aujourd'hui à Gao (nord-est du Mali) et est mort sur le coup près de soldats maliens dont l'un a été légèrement blessé. Le clown s'en [...]

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8 février 2013 5 08 /02 /février /2013 15:24

 

 

 

Détruire un Etat souverain, caillou gênant pour l'Empire. L'Iran s'oppose à la libéralisation du Marché à l'infini, à la colonisation, à la libéralisation des moeurs (bref valeurs contraires à l'idôlatrie argent, marchandisation...). L'Iran ne menace pas l'Europe, mais couloir transit énérgétique, réserves gaz, pétrole, et le pays s'oppose aussi non seulement au rouleau compresseur, mais à Israël.

 

Le "ménage" a été fait au Soudan, en Irak, en Jordanie régime soumis, bientôt le ménage sera terminé en Syrie... Bases avancées à détruire aussi, comme le Hezbollah, ou à tronçonner, à isoler diplomatiquement, le couper de ses alliés, le diaboliser, l'affaiblir, indirectement la Russie est visée (tentatives de Révolutions de velours, procédures de déstabilisation de l'opinion, via Internet..)

 

Iran : Bombe de dissuasion, pas offensive, mais alors le pays devient inattaquable, donc inacceptable pour l'Occident car peur de voir l'Iran se sanctuariser.

 

Nouvelle arme américaine terrifiante : Armes USA pouvant être transportées par missiles de croisières, ou drones, et créant un nuage électro-magnétique pouvant paralyser toutes les activités d'un pays, détruisant toutes les installations électriques, les ordinateurs, les services bancaires (pénurie d'argent, donc), tout, même le fonctionnement des armées et bien sûr des centrales nucléaires, jusqu'au système d'approvisionnement en eau... Cette arme est-elle déjà opérationnelle ? Toute la vie d'un pays serait gelée, et cette arme entre dans la stratégie de Washington.

 

Obama Prix Nobel poursuit les mêmes objectifs que Bush, mais par des moyens plus "bienveillants", + discrets, subtiles... et à l'arrivée on se retrouvera devant les mêmes résultats.

 

Une opération de destruction de l'Iran coûterait très cher à l'Occident : L'Iran a des moyens de rétorsion, par ex dans le détroit d'Ormuz, et puis crise psychologique, le prix du baril bondira, et le choc sera trop dur pour l'Occident. L'Iran ne pourra vaincre, mais ses représailles seront très fortes. Bref, tout cela est coûteux. (Résumé par eva R-sistons)

 

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http://oummatv.tv/15717/iran-destruction-necessaire?utm_source=Oumma+Media&utm_campaign=932dbe46d6-RSS_EMAIL_CAMPAIGN&utm_medium=email

 

Au programme de l'Esprit d'actu, la seconde partie de l'entretien avec  le  journaliste et géopolitologue Jean-Michel Vernoche, auteur du livre Iran, la destruction nécessaire  paru aux éditions  Xenia.

 

Iran la destruction nécessaire

 

 

Autres vidéos :

 

(1)

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ENTRETIEN AVEC JEAN-MICHEL VERNOCHET

A PROPOS DE SON LIVRE:

IRAN, LA DESTRUCTION NECESSAIRE

iran destruction.png

 

L’Iran doit être « détruit » : en tant que théocratie nationalitaire il est voué à être « normalisé »… En tête des agendas politiques, l’inscription volontariste de l’Iran au rang des démocraties libérales est donc à l’ordre du jour… Car l’Iran est appelé, volen nolens, à se fondre dans le grand chaudron des sociétés éclatées dans lesquelles la segmentation du marchés atteint son paroxysme (minorités ethniques, confessionnelles, sectaires et sexuelles, femmes, jeunes, enfants, la publicité s’adressant à ces derniers dès l’âge de deux ans, l’âge de leur scolarisation précoce…) afin de pouvoir pleinement être intégré au marché unique, autrement dit le « système-monde ».


Francis RosL’armée hébreu vient de mettre fin précipitamment à ses bombardements de la bande de Gaza, quant au ministre de la Défense, Ehoud Barak, celui-ci vient de faire valoir ses droits à la retraite. N’est-ce pas le signe d’un net reflux des ambitions expansionnistes d’Israël et donc d’un renoncement implicite à toute agression contre l’Iran ?

JMV. Regardons les choses en face. Gaza a été pilonnée, l’aviation et les drones israéliens ont y semé la mort et la désolation. Certes, l’escalade s’est arrêtée assez vite, mais qui est nommément désigné comme le premier responsable de ces tragiques événements ? Téhéran ! M. Fabius, ci-devant ministre des Affaires étrangères ne s’est pas gêné pour accuser l’Iran, « ce pelé, ce galeux d’où nous vient tout le mal » [Les Animaux malades de la peste] de « porter une lourde responsabilité dans l’affaire de la bande de Gaza », ceci en ayant notamment fourni des « armes à longue portée au Hamas ». M. Fabius étant particulièrement déconnecté, comme la plupart des énarques, ne connaît apparemment pas le sens du couple de mots « longue portée »… mais l’expression fait « riche ». Ainsi s’est-il répandu le 22 novembre sur Radio Monte-Carlo et BFMTV où il a désigné la cible ultime : « L’Iran est indirectement impliqué dans plusieurs conflits graves dans cette région… les missiles à longue portée de 950 kg qui peuvent atteindre le centre d’Israël et les villes du sud du pays sont fournis par l’Iran ». Des missiles qui n’ont causé au demeurant aucune victime dans le centre d’Eretz Israël malgré leur supposée formidable létalité ! A contrario nombreux ont été à Gaza les morts et les blessés dus à des bombes réputées « intelligentes » ! Bref, l’arrêt de l’offensive sur Gaza, la démission (ou l’éviction) d’Ehoud Barak ne changent rien sur le fond. Certains vont même jusqu’à se demander si les « rats » ne se mettraient pas à quitter le navire, surpris qu’ils sont par une annonce intervenant cinq jours après la fin de l’opération « Colonne de nuées » autrement nommée en français « Pilier de Défense ». Certes l’actuel ministre israélien de la Défense, ancien premier ministre de 1999 à 2001, militaire le plus décoré du pays qui en janvier 2011 a tourné le dos au Parti travailliste pour rallier le cabinet de Benyamin Netanyahou, était considéré jusqu’à ce lundi 26 novembre comme le numéro 2 du gouvernement… âgé de soixante-dix ans il ne quittera cependant pas ses fonctions d’ici les élections législatives du 22 janvier 2013. Mais il est encore trop tôt pour savoir ce que cache ou dissimule ce départ impromptu… de graves désaccords au sommet de l’État hébreu à n’en pas douter et des révisions politiques – forcément « déchirantes » imposées de l’extérieur ou par l’effet d’un simple « retour au réel » ? La question se pose : Israël a-t-il trop présumé de ses forces ? Ses méfaits et son hybris ne sont-ils pas en train de le rattraper ? Désormais la coupe est-elle pleine ? Reste que nous pouvons compter sur le Likoud, génétiquement parlant, et sur ses épigones néoconservateurs de Washington, pour ne pas savoir ni ne vouloir s’arrêter à temps.

Au cours de cette dernière crise, MM. Obama et Fabius n’ont au demeurant ni lâché ni désavoué Israël et son gouvernement, le Likoud. J’en déduis que cet arrêt du pilonnage aérien de Gaza, n’est en réalité qu’une sorte de « repli tactique » et que cela ne change en rien – au moins pour l’instant – quant à l’agenda occidentaliste visant à un remodelage en profondeur du Proche-Orient, Syrie, Liban, Iran… Même si nous nous plaçons dans la perspective encore lointaine d’une autosuffisance énergétique de l’Amérique du Nord grâce au gaz de schiste. Les enjeux énergétiques liés à la bataille de Syrie ou au littoral gazaoui – lequel jouxte la partie méridionale du « Léviathan », poche de gaz super géante dont Israël entend bien s’approprier la totalité – ne sont qu’une dimension du projet occidentaliste de reconfiguration de l’aire islamique. Un projet auquel l’Administration américaine n’est pas prête à renoncer, qu’elle soit « démocrate » ou « républicaine ». Trop d’efforts et de moyens ont été déjà consentis en ce sens, la guerre de Syrie est coûteuse en termes diplomatiques, le mouvement est amorcé, la coalition euratlantiste ne reviendra plus en arrière. Même si M. Obama, en raison de restrictions budgétaires, réduit la voilure le cap sera maintenu contre vents et marées.

Syrie, Liban, Iran, ces trois pays constitutifs de l’arc chiite – l’Irak peinant durement à se reconstruire – doivent être et seront brisés sauf circonstances exceptionnelles. Ce qui ne veut pas dire qu’il n’existe aucune dissension au sein des états-majors politiques et militaires à Washington et Tel-Aviv. Paris comptant pour du beurre, les états d’âme des exécutants n’entrant en effet pas en ligne de compte ! Désaccords, non pas sur les objectifs à atteindre – la nécessaire destruction d’un Iran souverain fait l’unanimité – mais sur les moyens d’y parvenir et le calendrier : la force brutale préconisée par le Likoud et les Néoconservateurs, ou encore l’usure et la ruse, les manœuvres indirectes, la guerre subversive ou les révolutions internes !

Depuis des années, surtout ces derniers mois nous voyons les nuées monter sur l’horizon. Les orages ont rarement pour habitude de faire demi-tour… de même les machines infernales, une fois le mécanisme enclenché. L’Iran est voué à la destruction… sauf capitulation en rase campagne de ses élites dirigeantes. À ce titre il est vrai que des élections présidentielles auront lieu en Iran en juin 2013. Rien n’indique cependant que les nouveaux dirigeants pourraient réorienter – du tout au tout – l’actuelle politique de la République islamique, ni, que de l’autre côté M. Obama veuille se déjuger en acceptant de négocier directement avec la théocratie parlementaire iranienne.

FRMais pourquoi au final l’Occident est-il si acharné contre l’Iran ? Le nucléaire est-il la seule ou la vraie raison ?

JMV – Le nucléaire n’est de tout évidence qu’un prétexte. Une grosse ficelle du même genre que les « armes de destruction massive » qui ont servi à tétaniser les opinions publiques occidentales et à lancer la croisade pour la démocratie en et contre l’Irak. Le 14 novembre dernier « Le Parisien » nous expliquait doctement que « selon les experts internationaux, le programme iranien se poursuit lentement mais sûrement malgré les sanctions économiques qui étranglent le pays. C’est une question de mois pour que Téhéran parvienne à ses fins », analyse un diplomate français. « Chaque jour qui passe nous rapproche peut-être d’une issue dramatique ». Observons que nul ne sait précisément qui sont « les experts internationaux » ni qui est le « diplomate français » ici mentionné. Tout cela n’est pas sérieux, mais c’est à l’image de ce que nous serinent quotidiennement grands et petits médias : une menace croît à l’Est qui est en passe de se muer en danger imminent. Conclusion : l’intervention est inéluctable. Répété mois après moi, semaines après semaines, années après années ce type de discours apparaît comme une fatalité et plus encore, comme une nécessité. La raison désarme devant tant de constance et d’énergie dans le prêche du malheur… et parce que dans nos magnifiques démocraties le peuple – de toutes façons désinformé à mort – n’est jamais consulté pour ce qui engage son avenir, l’opinion subit et accepte, toujours et encore. Et que pourrait-elle faire d’autre puisqu’elle ne dispose d’aucun choix alternatif possible ? Chacun sait pourtant que la possession d’une ou plusieurs têtes nucléaires ne feraient pas de l’Iran un adversaire redoutable face aux deux ou trois cents vecteurs de mort atomique que déploie Israël. Au fond, tout cela serait risible si ce n’était atrocement tragique. N’est-ce pas M. Rocard, l’ancien Premier ministre, qui, transverbéré par un trait de lucidité – mais à moitié goguenard et satisfait de lui-même comme seuls savent l’être les « égrotants » – s’exprimait ce dernier printemps en ces termes [[Libération 2 mars 2012] : « Nous avons une stratégie américano-anglaise… de torpiller toute possibilité de discuter sérieusement avec les Iraniens. Et même de faire un peu de provoc de temps en temps. Comme s’il s’agissait de préparer une situation de tolérance rendant acceptable une frappe israélienne. Dans cette hypothèse, la guerre devient une guerre irano-syrienne soutenue par la Chine et la Russie, comme on le voit à l’Onu, contre en gros l’Occident et ses clients. Et l’Europe se tait. C’est une affaire à millions de morts, l’hypothèse étant que ça commence nucléaire. Je connais bien ces dossiers et je n’ai jamais eu aussi peur. Nos diplomates ont perdu l’habitude de traiter des situations de cette ampleur et tous nos politiques jouent à se faire plaisir avec des satisfactions de campagne électorale. Ce qui est nouveau, c’est l’intensité des dangers par rapport à un état d’esprit futile. Autre nouveauté, ces dangers sont extérieurs, résolument mondiaux. Il n’y a que l’Amérique latine et l’Australie pour avoir une chance d’y échapper. Aucun grand pays, même la Chine ou les États-Unis, n’y peut quelque chose à lui tout seul. Il n’y a de réponse que dans une consultation mondiale attentive dont tout le monde se moque… Ça me rend malade ». L’agneau de la fable – innocent ou pas, là n’est pas la question – face au loup dominateur et sûr de lui, est forcément perdant : le premier démuni pollue l’eau du maître des lieux, l’autre manie la rhétorique sans appel du dominant. Iran/État-Unis, toutes proportions gardées, le schéma est à l’identique avec à l’arrivée, sans doute, le même résultat.

FRMais quels intérêts l’Iran menace-t-il concrètement ?

JMV – L’Iran ne menace personne mais barre le passage à une foultitude d’intérêts. Comme déjà dit, il ne faut pas réduire comme cela a été fait pour l’Irak, la question à sa seule dimension géoénergétique. Pour faire court disons qu’un processus d’unification global du Marché est en court et que l’Iran y fait obstacle. Après tout, il s’agit d’un pays où les prêts financiers taux usuraires sont interdits cela seul constitue un casus belli pour les potentats de la Finance mais pour tout le système. Où l’Iran se soumet, accepte sa conversion aux dogmes du Monothéisme du Marché, ou bien doit se résoudre à se voir effacé de la Carte du Temps. À prendre ou à laisser. Sauf miracle, révolutions, effondrement des nations occidentales sous l’effet de la crise systémique…

FRQuelles sont, à votre avis, les issues possibles ? La guerre est-elle inéluctable ou encore évitable

JMV – Obama veut ou voudrait temporiser. Sa préférence va aux stratégies indirectes, entre autres la subversion, l’étranglement par les sanctions, les révoltes populaires encouragées et soutenues de l’extérieur. Et cela marche. Les sanctions commencent à mettre l’Iran à genoux. Le peuple souffre. Les gens du Département d’État et les adeptes du smart power – le gros bâton subtil – comptent à ce titre sur un soulèvement de la population. De ce point de vue, pour le Département d’État, le président Ahmadinejad est devenu un personnage « contingent ». Il n’est plus le paramètre central. Les prochaines élections présidentielles pourraient en effet conduire à la tête des personnalités plus dures voire plus intransigeantes que l’actuel président. En tout cas, les stratèges de la terreur veulent d’abord priver l’Iran de ses bases avancées : celles du Liban, c’est-à-dire le Hezbollah ; de Syrie contre laquelle les coups de boutoirs se multiplient. En un mot, il s’agirait de ne pas aller trop vite en besogne, d’assurer les arrières, de déblayer le terrain et de faire le ménage avant de s’attaquer au sanctuaire iranien. Les autres, les faucons, veulent fondre sur la proie sûrs qu’ils sont de l’écraser sous leurs bombes en raison de leur infernale supériorité ; à savoir une maîtrise absolu des mers, de l’air et de l’espace… des espaces devrait-on dire puisqu’outre l’espace extra atmosphérique il est désormais question de guerre à outrance dans le cyberespace. Or les Occidentalistes sont déjà allés top loin. Ils n’ont d’ailleurs pas pour habitude de reculer. La Syrie mise à feu et à sang est un bon exemple de la détermination du camp israélo-américain, de leurs alliés, commensaux et satellites. Ils iront donc jusqu’au bout. Sauf que nul n’est vraiment assuré du résultat. Une victoire militaire coûtera de toutes façons cher, même si ce n’est pas à court terme. Car nul ne peut impunément et indéfiniment défier voire mépriser une communauté internationale en pleine mutation… Communauté des nations à présent traversée par les courants invisibles d’une information non filtrée véhiculée par la Toile. Dans l’actuel contexte de crise systémique, personne ne peut exclure non plus des révoltes en Europe et aux États-Unis. Une hypothèse qui devient chaque jour de moins en moins absurde pour ne pas dire de moins en moins « improbable ». L’hybris des maîtres du monde est telle qu’ils croient encore pouvoir contenir ou canaliser des mouvements populaires de grande ampleur. L’histoire certes se répète souvent, mais c’est refuser de tenir un compte exact des transformations sociétales en cours ou déjà accomplies. L’intelligence et la culture des dirigeants occidentaux promus par le cirque médiatique et le bastingue démocratique, ne sont plus à la hauteur des défis actuels. Sur ce point nous sommes entièrement d’accord avec Michel Rocard. Mais pas pour les mêmes raisons. En vérité, sauf miracle, nous irons à l’abîme parce que ces gens veulent y aller et ont décidé de nous y emmener avec eux, assurés qu’ils sont de n’avoir pas à payer le prix du sang versé. Le sang des autres, bien entendu.


Entretien conduit pour Geopolintel par Francis Ros

source: http://www.mecanopolis.org/?p=26964

http://eurempire.skynetblogs.be/archive/2012/12/29/iran-la-destrction-necessaire.html

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« Iran, la destruction nécessaire »,

l’indispensable livre de Jean-Michel Vernochet

 

L’Iran doit être détruit. Malgré sa série d’échecs militaires, l’alliance occidentale doit mener cette campagne peut-être suicidaire. Pourquoi ?

 

Non seulement parce que l’Iran  remettrait en cause le monopole du feu nucléaire détenu au Proche-Orient par l’État hébreu. Ni en raison de la lutte acharnée que se livrent les grandes puissances pour s’approprier les gisements d’énergies fossiles, notamment le gaz iranien. Et ne parlons pas des arguments émotionnels liés aux droits de l’homme et au statut de la femme.


Aucune de ces raisons n’est suffisante, mais toutes ensemble elles participent d’une logique d’ensemble, systémique, qui les englobe. Et qui ne peut souffrir la présence d’une puissance iranienne échappant au nivellement libéral-démocratique du monde.

 

La cible est donc déjà verrouillée sur les écrans de guidage des centres d’opérations américains.


Intégrant le contexte global et l’enseignement des décennies qui précèdent, sans s’aveugler sur le régime iranien, Jean-Michel Vernochet livre une réflexion géopolitique de haut vol sur «notre» prochaine guerre. Peut-être la guerre de trop ?

 

http://www.mecanopolis.org/?p=26841

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8 février 2013 5 08 /02 /février /2013 02:43

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Crise du Mali : troisième partie. 7 février 2013

Les intérêts pétroliers

 

Le Mali possède 5 bassins sédimentaires dont le potentiel pétrolifère est avéré :

- bassin de Taoudenni (au nord et vers la frontière mauritanienne) : 600 000 km2 pour le seul Mali mais 1,5 million de km2 partagés entre Mali, Algérie, Mauritanie, Niger. Schites riches en matière organique. Il serait comparable au bassin d’Illizi en Algérie.

- le fossé (ou graben) de Gao : 15 000 km2, un seul puit à l’heure actuelle.

- les bassins contigus de Iullemeden et Tasmena (à l’Est et frontaliers avec le Niger), 80 000 km2, deux puits à l’heure actuelle ; comparable au bassin de Doba au Tchad ou aux bassins d’affaissement paléozoïque d’Algérie.

- fossé de Nara au centre, près de Mopti, également comparable au bassin Crétacé de Doba au Tchad soit aux bassins d’affaissement paléozoïque d’Algérie.

 

L’AUREP, l’Autorité pour la Recherche pétrolière au Mali soutient que le sous-sol du pays est très potentiel pour le gaz et le pétrole et le directeur Afrique du Nord de Total, Jean-François Arrighi de Casanova va dans ce sens quand il parle lui de « nouvel eldorado pétrolier »  à propos de la zone Mauritanie/Mali/Niger.

Cependant, à ce jour, le Mali compte encore un faible nombre de puits et son sous-sol reste sous-exploité.

 

Pour l’instant, Total est surtout présent chez le voisin mauritanien.

La multinationale d’origine française est présente dans l’exploration sur les permis Ta7 et Ta8 de la partie mauritanienne du bassin de Taoudéni mais en partage avec les Algériens et les Qataris. Total possède 60%, la Sonatrach (Algérie) 20% et Qatar Petroleum International 29%.

S’agissant du permis Ta8, le forage du puits d’exploration s’est achevé en 2010 et le résultat est décevant. Sur le bloc Ta7, une campagne d’exploration sismique est en cours depuis 2011.

L’exploration on-shore s’est étendue avec un nouvel accord, en janvier 2012, entre Total et le gouvernement mauritanien. Cet accord donne à Total une participation de 90% en tant qu’opérateur sur le bloc Ta29 situé dans le désert du Sahara, à 1000 km à l’est de Nouakchott et au nord du bloc Ta7. Les 10% restants sont entre les mains de la SMH, la compagnie nationale mauritanienne.

 

Les intérêts de Total dans la zone ne se limitent pas à l’on-shore. Ils portent aussi sur le off-shore :

- accord Total/gouvernement mauritanien de décembre 2011 pour le bloc off-shore C7 (bassin côtier).

- accord Total/gouvernement mauritanien de janvier 2012 pour le bloc C9 (Total 90%, SMH 10%) situé à 140 km à l’ouest des côtes mauritaniennes et qui s’étend sur plus de 10 000 km2 par 2500 à 3000 m de fond.

Signalons à l’attention de ceux qui pourraient, un peu trop rapidement, être choqués par un partage 90/10 entre Total et la SMH, que l’exploration nécessite des investissements colossaux que seul Total peut amener.

 

Il faut bien comprendre que la chute du régime de Kadhafi ouvre, dans toute l’Afrique du Nord et au Sahel en particulier, la perspective d’une vaste redistribution des cartes en matière pétrolière et gazière.

 

S’agissant du Mali et de la Mauritanie, Total, la Sonatrach algérienne et la compagnie qatarie ont des intérêts à la fois communs et rivaux. La capacité de ces compagnies à peser sur les gouvernements africains concernés sera en effet d’autant plus forte que l’influence de leur Etat d’appartenance sera grande.

Il est essentiel de comprendre que la distribution des blocs, et des parts relatives à l’exploitation des blocs, est intimement liée aux rapports de force géopolitiques entre la France, l’Algérie et le Qatar.

 

Regardons maintenant la question de l’or et des autres richesses minières

 

Le Mali est le troisième producteur d’or du continent africain après l’Afrique du Sud et le Ghana. En 2011 il a produit 56 tonnes d’or sur une production minière mondiale d’or qui oscille selon les années entre 2000 et 2500 tonnes.

Voici le classement 2011, production annuelle et réserves prouvées

1/ Chine : 355 t/1900 (en 2007 la Chine est passée devant l’Afrique du Sud)

2/ Australie : 270/ 7400

3/ Etats-Unis : 237 t/3000

4/ Russie : 200 t/5000

5/ Afrique du Sud : 190 t/6000

6/ Pérou : 150 t/ 2000

7/ Canada : 110 t/ 920

8/ Ghana : 100 t/ 1400

9/ Indonésie : 100 t/ 3000

10/ Ouzbékistan : 90 t/1700

 

 

Le Mali est très prometteur dans ce domaine et devrait bientôt dépasser le Ghana devenant alors le 2e producteur d’or du continent africain.

 

En 2011, le Mali est devenu producteur de minérai de fer (exploitation de Tienfela). Il dispose également d’un potentiel élevé en manganèse et produit du phosphate. Ses réserves de bauxite sont estimées à 1,2 million de tonnes et pourront être exploitées dans un futur proche. Un potentiel en lithium, diamant, kaolin et pierres gemmes est également identifié, sans compter bien sûr l’uranium dont nous avons déjà parlé.

 

Il me semble important d’insister sur l’or. N’oublions pas que nous sommes dans un contexte de dépréciation des grandes monnaies mondiales comme le dollar et l’euro. Les banques centrales comme de nombreux opérateurs financiers sont en train d’assurer leur avenir en achetant de l’or physique. L’Allemagne a pris la décision historique de rapatrier une partie de ses stocks d’or physique détenus à New York, Londres et Paris et de très nombreux pays font de même. La Suisse est maintenant, après l’Allemagne, touchée par le mouvement the « Swiss Gold Initiative », initiative lancée par 4 membres du Parlement suisse en mars 2012 visant à exiger le rapatriement de l’or de la BNS (Banque nationale suisse) laquelle refuse d’indiquer dans quel(s) pays se trouve son stock d’or.

Un exemple récent encore (et ils se multiplient presque chaque semaine) : le Fonds d’Etat pétrolier de l’Azerbaïdjan (SOFAZ) a retiré une tonne de son or physique des coffres de J.P Morgan à Londres pour le placer dans les coffres sécurisés de la Banque centrale de Bakou.

Tout le monde est en train de réaliser que les banquiers anglo-saxons ont tout simplement vendu ou « joué » l’or que des Etats et  fonds souverains leur avaient confié.

Et le mouvement se propage!

Washington et Londres – les Français ont sans doute été les plus honnêtes avec les Allemands puisqu’ils ont annoncé qu’ils restitueraient rapidement les lingots ce qui laisse à penser que la France a vendu… son or et non celui des Allemands!- ont déjà annoncé qu’il leur faudrait 7 ans pour restituer à l’Allemagne son or, ce qui signifie très probablement que ces pays n’en disposent plus.

Songez encore que la FED refuse d’apporter la preuve que l’or américain existe encore! Que peut-il bien en être alors de l’or allemand confié aux Etats-Unis?

L’or n’y est probablement plus, comme le soutient le GATA (Gold Anti-Trust Action Committee) car il aura été prêté aux banques d’affaires et vendu sur les marchés afin de maintenir les cours sous pression et de sauver la confiance dans l’argent papier.

 

Les mauvaises langues insinuent que les Etats-Unis et la France pourraient se servir dans les mines d’or du Mali où il sera facile d’opérer à l’abri du monde.

 

Les intérêts qataris

 

Le Qatar porte une responsabilité évidente dans les révolutions de Tunisie, d’Egypte, de Libye (il a financé les islamistes de Cyrénaïque à l’origine du déclenchement de la révolution avant que les militaires qataris ne jouent eux-mêmes un rôle opérationnel actif, au sol, auprès des forces spéciales occidentales), de Syrie (il finance les rebelles islamistes, tout comme l’Arabie Saoudite, la France, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis).

L’action du Qatar est également prouvée au Mali où l’émirat a directement financé les groupes Mujao et Ansar Dine (tandis, je le répète, qu’AQMI est un faux-nez des services algériens) et son influence se dissimule derrière l’action opérationnelle du Croissant rouge qatari.

Le 6 avril 2012, le journal malien l’Indépendant, relatait qu’un avion cargo qatariote avait atterri à Gao pour livrer des armes et des stupéfiants aux rebelles touaregs. La drogue est en effet une source de revenu essentielle des rebellions dans le monde, et ce sont des services secrets étatiques qui la fournissent souvent directement aux seigneurs de la guerre et aux mafieux ; certains pays savent en effet recycler leurs saisies policières et douanières en outil de financement de guerres occultes aux mains des services secrets. Pour en revenir à l’article de l’Indépendant, un comité d’accueil a été formé autour de l’avion sous la direction d’Iyad Ag Ghaly, leader touareg du mouvement salafiste Ansar Dine qui contrôlait à ce moment Tombouctou et Kidal. Ancien consul du Mali à Djeddah (mais menacé d’expulsion par les Saoudiens en 2010 il est revenu au Mali, sans doute récupéré par les Saoudiens par les Qataris eux-mêmes farouches ennemis des Saoudiens), ce touareg avait profité d’années d’activité dans le Golfe pour développer ses connexions islamistes.

D’autres sources maliennes affirment qu’après la prise de Tessalit par les islamistes, le 10 mars 2012, un avion cargo du Qatar avait aussi atterri dans cette localité pour y livrer une quantité importante d’armes modernes, des munitions, des 4×4.

Le Qatar a tout fait pour favoriser Ansar Dine, branche dissidente et islamiste du MNLA, contre la branche historique et nationaliste des Touaregs.

Par ailleurs, il faut remarquer qu’en janvier 2012, l’émir du Qatar s’est brouillé violemment avec le président mauritanien, Ould Abdel Aziz. Le Figaro du 12 janvier 2012 relate les faits suivants, qui sont d’une extrême gravité quand on connaît la culture du Golfe : « L’émir du Qatar a voulu donner certaines directives au président Abdel Aziz, usant d’un ton comminatoire, et menaçant d’utiliser sa chaîne al-Jazeera pour faire éclater une révolution en Mauritanie, comme en Tunisie et en Egypte. Le chef de l’Etat mauritanien, un militaire, a alors explosé et a congédié l’émir ».

Cette affaire a forcément fragilisé les intérêts du consortium Total/Qatar Petroleum international en Mauritanie (voir les accords plus haut).

 

Le Qatar, qui joue un rôle important dans la nouvelle donne pétrolière et gazière en Libye, veut étendre son influence dans le Sahel (Mauritanie et Mali) et utilise les groupes islamistes à cet effet.

 

Quelle est la vision stratégique qui sous-tend ces actions? Le Qatar détient 15% environ des réserves prouvées de gaz. Trois acteurs, la Russie, l’Iran et le Qatar détiennent à eux trois 60% des réserves prouvées du monde. En essayant d’étendre son emprise sur le Moyen-Orient (Syrie) et sur le Sahara (Libye, Sahel et demain l’Algérie sur laquelle plane la menace d’une révolution arabe soutenue par Doha), le Qatar, de concert avec les Etats-Unis, veut couper l’Europe de la Russie (principal fournisseur de gaz des Européens) et remplacer Moscou et Alger.

Les investissements du Qatar dans les actifs stratégiques français vont dans le même sens. En s’appuyant sur l’islam en France, en contrôlant des parts croissantes d’actifs stratégiques, le Qatar veut pouvoir influer sur la décision politique française (ce qui s’est passé entre l’émir du Qatar et le président Sarkozy laisse hélas présager de ce qui pourrait se passer demain lorsque de nombreux parlementaires français seront mis sous influence).

Et l’on voit bien où cela pourrait mener… à renforcer un lobbying actif pour faire sortir la France du nucléaire et pousser celle-ci à aller davantage encore vers le gaz (car évidemment les énergies renouvelables ne peuvent être que des composantes minoritaires dans un mix énergétique).

 

Les intérêts américains

 

Après le 11 septembre 2001, sous prétexte de lutte contre le terrorisme islamique, les Américains ont augmenté leur effort d’implantation sur le continent africain, en particulier dans les zones d’influence traditionnelles de la France.

Depuis 2002, 1700 soldats américains sont basés à Djibouti, point d’implantation historique de la France. Depuis 2003, les Américains ont développé avec les pays de la frange saharienne la PSI (Pan Sahel Initiative), un programme d’assistance militaire aux pays sahéliens, qui concerna au départ le Tchad (où la France est pourtant militairement présente), le Mali, la Mauritanie et le Niger, avant de s’étendre en 2005 au Maroc et au Nigeria pour devenir la TSCTI (Trans Saharan Counter Terrorism Initiative). En décembre 2008, les Américains ont créé un commandement stratégique dédié à l’Afrique (à l’exception de l’Egypte qui reste attachée au CENTCOM, le commandement en charge des opérations au Moyen-Orient), en détachant cette zone de leur commandement européen Eucom. Cependant, aucun pays africain n’ayant accepté d’accueillir ce commandement, AFRICOM reste à Stuttgart en Allemagne.

La raison profonde de cet intérêt américain pour l’Afrique n’est pas le terrorisme mais le pétrole et le gaz.

L’Afrique pèse plus aujourd’hui dans les importations pétrolières américaines que l’Arabie Saoudite. Un quart des importations de pétrole américaines viennent d’Afrique, du Golfe de Guinée (Nigeria et Angola mais aussi Guinée équatoriale) et les Américains ont aussi des ambitions en Afrique sahélienne.

 

Si l’on regarde les effets de la coopération militaire américaine au Mali, le résultat est implacable. Les Américains ont surtout formé des Touaregs qui ont ensuite déserté l’armée malienne pour rejoindre le MNLA et Ansar Dine et participer à la guerre contre l’Etat central malien! Quand ils formaient des Noirs du Sud, il s’agissait du capitaine Sanogo lequel renversait, en mars 2012, le président Amadou Toumani Touré et créait l’anarchie dans le pays!

Le général Carter Ham qui dirige Africom, a beau s’être déclaré déçu du comportements des officiers formés par les Etats-Unis, le fait est que tous ses élèves ont tenté de détruire l’Etat malien et ce qui restait de l’influence française!

 

Cela fait dix ans maintenant que nous écrivons qu’au nom de la lutte contre le terrorisme dans le Sahel, les Américains sont en train d’évincer la France de la zone et de faire main basse sur les réserves pétrolières, gazières et minérales. Pendant que je prêchais dans le désert, des communiquants acquis aux intérêts américains expliquaient doctement sur les plateaux de télévision français que les Etats-Unis n’avaient d’autre ambition que de faire reculer le terrorisme et développer la démocratie. Que seule « l’odieuse Françafrique » avait des intérêts égoïstes sur le continent noir… Qu’il fallait aussi avoir très peur de la Chine laquelle allait « avaler tout le monde tout cru ».

 

La réalité est qu’une fois de plus la politique américaine converge avec celle de l’islam radical.

 

Conclusion

 

La bande Tchad/Niger/Mali/Sénégal doit rester sous contrôle sécuritaire français. Il en va des intérêts stratégiques de la France (hydrocarbures, uranium, or, et autres ressources) comme du maintien de son influence (la France conservera son intérêt aux yeux des Africains, à la condition de garantir à ceux-ci leur sécurité). Puissance francophone et historiquement liée à tous les Etats de la région (Afrique du Nord et Sahel), la France est légitime pour aider les pays de la zone à se débarrasser des groupes islamistes mafieux et à restaurer la stabilité.

Sur les ruines de la Libye de Kadhafi, il est évident que d’autres puissances islamiques cherchent à contrôler la zone : l’Algérie bien sûr, qui a de grandes ambitions dans la région, mais aussi le Qatar. L’Algérie manipule certaines franges de l’islamisme radical jusqu’à s’auto-infliger des attaques (mais contrôlées dans leur portée : In Amenas qui représente 18% de la production de gaz algérien n’a pas sauté ni subi de dommages importants) afin de se présenter comme une puissante garantie de lutte contre le terrorisme. L’Algérie ne veut pas de l’islamisme à sa tête et elle a bien raison, mais hélas, son Etat profond contribue lui à maintenir l’incendie terroriste à un niveau de « basse intensité » de sorte que les Américains et les Européens ne se mettent pas à imaginer un quelconque changement à Alger.

Le Qatar, quant à lui, actionne presque ouvertement des groupes terroristes et joue un rôle clairement déstabilisateur Mali.

Quant aux Américains, qui sont avant tout pragmatiques et ne respectent que la force, nul doute qu’ils considèreront mieux la France après son opération militaire au Mali et qu’ils chercheront un terrain d’entente avec elle.

 

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Crise du Mali : Deuxième partie

Crise du Mali, réalités géopolitiques, deuxième partie : Les intérêts de la France – 3 février 2013

Au regard des intérêts de la France en Afrique, la décision d’intervention militaire française apparaîtra, je le crois, comme une bonne décision.

Pour en juger, et comme toujours si nous voulons être fidèles à notre ligne réaliste, il faut être capable de s’élever au-dessus des partis pris politiques et idéologiques des uns et des autres. Chacun sait en effet que je me situe, sur le plan des idées, à des années-lumières des gouvernements qui se sont succédés en France ces trente dernières années, et que j’exècre, peut-être plus que tous ceux qui l’ont précédé, ce gouvernement qui mine les fondements de notre civilisation, accélère l’invasion migratoire, achève notre économie, et pousse à l’exil, par son fanatisme de l’Égalité, ce qu’il reste de créatif en France.

Il est arrivé souvent dans l’Histoire qu’une décision prise au nom de mauvaises raisons ait pu produire les résultats les plus positifs. N’est-il pas étrange de constater aujourd’hui qu’un président issu d’un camp que rien ne prédispose à la défense d’intérêts français en Afrique ait néanmoins pris une décision qui va peut-être améliorer sensiblement le statut de la France en Afrique ?

Car quelle était la situation de la France en Afrique avant cette affaire du Mali ? Plus précisément que devenait l’influence française en Afrique depuis le discours de la Baule du président Mitterrand, le 20 juin 1990 ?

La réalité est que, depuis la fin de la Guerre froide, et faute de vision géopolitique, la France n’a cessé de reculer en Afrique. En position défensive, sans vision ni anticipation, elle n’aura fait que subir la montée de l’influence américaine dans toutes ses anciennes colonies. Prise en tenaille entre ses devoirs européens et l’atlantisme, son influence s’est considérablement amoindrie outre-mer. D’un côté le discours de la démocratisation, de l’autre les magouilles du personnel politique (cette françafrique que l’on ne saurait confondre avec les intérêts légitimes de la France en Afrique) ; et bien sûr une montée en puissance des États-Unis sur le prétexte de la lutte contre le terrorisme islamiste, au début des années 2000…

Fidèle à mon habitude consistant à soumettre à la critique du lecteur ce que j’ai pu écrire par le passé, je ne résiste pas à l’envie de vous livrer d’abord la quasi-totalité d’une tribune que je donnais en 2008 à Valeurs actuelles, au moment où Nicolas Sarkozy s’attachait à réduire notre présence militaire en Afrique.


La France doit-elle quitter l’Afrique ?

En 2007, l’Afrique subsaharienne a connu au moins deux événements majeurs : la Chine est devenue son premier partenaire commercial et les États-Unis ont annoncé la création d’un commandement stratégique dédié au continent : l’AFRICOM. Américains et Chinois s’intéressent à l’Afrique pour ses immenses richesses. Le continent possède 10% des réserves mondiales prouvées de pétrole et contribue déjà à hauteur de 10% à la production pétrolière mondiale. Il contient aussi une bonne partie de l’uranium de nos centrales nucléaires de demain ainsi que de nombreux minerais indispensables aux nouvelles technologies civiles et militaires. Surtout, ses 800 millions d’êtres humains vivent dans la dernière zone de la planète qui ne s’est ni dotée de gouvernement de « Bien commun » (à quelques exceptions près), ni, par voie de conséquence, engagée sur la voie du développement. A la fin de la Guerre froide les Européens ont décrété la démocratie en Afrique. Les Africains en paient hélas aujourd’hui les conséquences. Car la démocratie est un résultat davantage qu’une cause de développement. En réalité, dans l’histoire, l’identité nationale a toujours précédé l’établissement de la démocratie faute de quoi la guerre civile est assurée. Il faut commencer par aider les Etats africains, dont les frontières contredisent souvent si dramatiquement la carte des peuples, à devenir des États-nation. Ceci implique des phases transitoires de « bonne gouvernance dirigiste » plutôt que l’utopie de la « bonne gouvernance démocratique ».

Si la France se désengage d’une Afrique subsaharienne dans laquelle 20% de la population est touchée de plein fouet par la guerre, cela signifie qu’elle abandonne les richesses à l’Empire dominant (Washington) et à l’Empire montant (Pékin) pour ne recevoir en échange que la certitude d’une immigration massive. L’immigration choisie ne ferait que précipiter l’effondrement de l’Afrique. La seule politique réaliste revient à combiner flux d’immigration inversés et soutien actif au développement.

La France doit restaurer sa politique africaine. Plutôt que d’observer une neutralité de façade qui, dans les faits, profite à des gouvernements n’ayant plus d’autre activité que de piller leur pays et faire chanter Paris (Tchad), elle doit favoriser l’émergence d’une classe de dirigeants habitée par le Bien commun.

Sauf à désespérer complètement de l’Afrique subsaharienne, une telle politique est possible. Elle implique cependant que l’armée française conserve des forces conséquentes en Afrique. Certes, on peut encourager la prise en main de la sécurité par les Africains eux-mêmes (RECAMP c’est très bien…), mais il est trop tôt pour partir. Les identités nationales sont encore fragiles (quand elles ne sont pas inexistantes) et ne supporteraient pas notre retrait.

Il ne faut avoir aucun apriori négatif quant au changement dans la disposition de nos forces en Afrique. Il est parfaitement normal que des dispositifs militaires se remettent en question. De même, renégocier nos accords de défense peut nous permettre de relancer notre coopération sur des bases saines et de rappeler à nos amis africains que la présence française n’est pas une « assurance anti-coup d’Etat » permettant de gouverner n’importe comment.

La France occupe aujourd’hui des positions précieuses en Afrique qu’elle doit veiller à ne pas abandonner : d’abord les ports de Dakar et Djibouti, qui disposent de fortes capacités, et nous seraient précieux en cas de conflit de haute intensité. Ensuite, le Tchad qui sera bientôt le 4e pays d’Afrique subsaharienne en réserves prouvées de pétrole, derrière le Nigeria, l’Angola et la Guinée équatoriale, c’est-à-dire le premier pays pétrolier francophone. Cet immense territoire, faiblement peuplé mais occupant une position stratégique, pourrait idéalement être le siège d’un dispositif de protection des pays africains de la frange saharienne, autant face aux ambitions salafistes que face aux projets géopolitiques des puissants voisins du Maghreb.

Il nous faut ensuite une plateforme dans le Golfe de Guinée, zone que Paris ne saurait abandonner aux poussées américaine et chinoise. Elle pourrait concentrer les missions des bases actuelles du Gabon (Libreville) et de Côte-d’Ivoire. Le choix est ouvert en Afrique centrale et dans le Golfe de Guinée, mais ce qui est certain c’est que nous ne pouvons pas abandonner cette région pétrolifère instable.

Une nouvelle politique africaine pour la France, de fait alors pour l’Europe, pourrait être fondée sur les principes suivants : la France aiderait les pays africains à se protéger des fléaux que sont l’islamisme, le chaos ethnique, les ambitions voisines ; elle favoriserait le maintien des élites en Afrique et l’émergence de dirigeants de « Bien commun » plutôt que des démocraties fausses et inefficaces. En retour, les dirigeants africains aideraient la France à accéder aux ressources et à lutter efficacement contre l’immigration ; ils travailleraient au développement en faisant cesser de manière significative les pratiques de prédation. Une telle politique s’appuierait sur une crédibilité de puissance, celle de forces françaises permanentes basées à l’ouest (Dakar et Golfe de Guinée), au centre (Tchad) et à l’Est (Djibouti). En vérité, il s’agit là d’une proposition somme toute bien modeste si on veut bien la comparer à l’AFRICOM américain… »


Cinq ans plus tard imaginez donc ce qui se serait passé au Mali si nous avions écouté les socialistes et les nombreux libéraux atlantistes qui voulaient plier bagage et nous désengager de l’Afrique ! Sans dispositifs pré-positionnés dans la zone et avec un porte-avions Charles de Gaulle en cale sèche pour 6 mois (puisque nous n’avons plus, hélas, qu’un seul porte-avions, sujet sur lequel je m’étais également fortement engagé autrefois), comment la France aurait-elle pu intervenir en janvier ? La réponse est simple : elle n’aurait pas pu le faire à temps et Bamako serait tombée. Nous n’aurions pu faire que des frappes en faisant décoller nos chasseurs bombardiers depuis le sol national et en les ravitaillant en vol (ce qui d’ailleurs a été fait). Mais rien au sol et donc rien de décisif ! Il a fallu un mois avant qu’un BPC rempli de matériel lourd puisse décharger dans un port africain. Je serais heureux d’entendre nos politiques, de droite comme de gauche, sur ces points, eux qui ont voté toutes les réductions capacitaires. Car évidemment, les mêmes qui applaudissent l’intervention ont voté la sortie de l’Afrique.

Revenons donc à la cause de l’intervention elle-même. Je ne voudrais pas que nos lecteurs puissent penser que je ne parle d’intérêts masqués que lorsqu’il s’agit de guerres américaines, et non de guerres françaises. Loin de moi, en effet, l’idée d’esquiver la question des intérêts français. Je me suis opposé sans ambiguïté à la guerre (française en partie) contre le régime libyen en y dénonçant des appétits stratégiques déguisés derrière le masque de la Morale et en prédisant que le résultat serait surtout favorable aux islamistes et au chaos dans le Sahara.

Il est cependant important de souligner que les causes de la guerre au Mali sont sensiblement différentes de celles de la guerre en Libye, en même temps d’ailleurs que la première est largement une conséquence de la deuxième.

Au moment où les groupes jihadistes fondaient vers le Sud du Mali, après s’être emparés de Tombouctou et Gao, il y avait 6 000 Français vivant et travaillant à Bamako ! Voilà, à mon sens, ce qu’un président français assumant de manière « normale » les intérêts de la France et la sécurité des Français aurait du simplement affirmer devant les Français pour justifier le déclenchement d’une opération militaire incontestablement unilatérale, et qui ne revêt pas le plus simple appareil de légalité internationale : « Si nous n’intervenons pas, nous n’aurons pas seulement 6 otages dans le Sahel, nous aurons 6 000 otages français à Bamako« . Il y a là, me semble-t-il, une réalité sécuritaire qui s’imposait à tous, et donc quand même à Hollande, pressé par des militaires français qui voyaient l’armée malienne s’effondrer complètement face à la blitzkrieg touareg et jihadiste.

Ce faisant – et c’est là qu’un basculement sans doute historique s’est produit – la France, par son rôle protecteur, a retrouvé la « valeur ajoutée » qu’elle semblait avoir perdu aux yeux des dirigeants africains. La plupart des dirigeants africains francophones viennent de comprendre, s’ils ne l’avaient pas encore compris, qu’ils sont à la tête de pays non seulement sous-développés économiquement mais surtout fragiles dans leur existence même du fait de leurs contradictions identitaires et du faible degré unitaire de leur État-nation. Et au moment où l’Afrique suscite tous les appétits, chinois, américains, islamiques (car les groupuscules islamistes ne sont que le bras armé de puissants États du Golfe comme l’Arabie Saoudite et le Qatar lesquels veulent prendre par la force les fruits des « arbres à madrassas » qu’ils ont planté depuis des décennies sur le continent africain), ces dirigeants commencent peut-être à comprendre que la France est le dernier État qui, bien qu’ayant aussi des intérêts matériels à défendre, est in fine capable de s’engager pour la défense de leur propre existence historique.

Le meilleur argument que la France peut mettre en avant pour justifier sa présence en Afrique, c’est le rôle protecteur qu’elle peut avoir pour les Etats africains, lesquels sont sans doute encore trop faibles pour protéger seuls leur souveraineté. Ce rôle protecteur et pacificateur est d’ailleurs en filiation directe avec l’époque coloniale, à la différence notable qu’il s’agit aujourd’hui de prouver aux Africains que le but français n’est pas d’exercer la souveraineté à leur place mais de protéger celle-ci. À côté de cela, on ne voit pas au nom de quel principe d’auto-flagellation, il faudrait s’interdire d’avoir des intérêts économiques et stratégiques, tout comme les autres nombreux acteurs extra-africains en ont : États-Unis, Israël – très fort intérêt dans l’accès aux ressources minérales pour leur industrie de l’armement : il faut lire à ce sujet l’excellent livre de Pierre Péan, Carnages, les guerres secrètes des grandes puissances en Afrique (Fayard) qui met en lumière l’importance des ressources minérales africaines pour l’État d’Israël), et les fameux BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud…), les puissances islamiques comme le Qatar, l’Arabie Saoudite, la Libye, l’Algérie…

Voyons à présent ces fameux intérêts matériels que la France peut avoir au Mali et plus largement dans la région

L’un des premiers intérêts à préserver pour Paris est son exploitation de l’uranium du Niger.

Le Niger a produit 4 000 tonnes d’uranium en 2011. La World Nuclear Association estime que cela place le Niger entre le troisième et le cinquième rang mondial des producteurs d’uranium. Le Niger représente actuellement 40% de l’uranium importé par Areva en France, groupe qui exploite deux mines dans le pays : Arlit et Akouta, et prévoit d’en exploiter une troisième plus grande encore Imounaren.

Entre 1971 et 2012, la mine d’Arlit (mine à ciel ouvert) a produit plus de 44 000 tonnes. En 2009 la production était d’un peu plus de 1800 t.

La mine souterraine d’Akouta a la capacité de produire 2 000 tonnes par an et a déjà produit plus de 55 000 tonnes d’uranium depuis le début de l’extraction en 1974.

Mais les deux mines n’ont plus que dix à vingt ans de production devant elles et pour la France, l’avenir au Niger repose désormais surtout sur la mine d’Imouraren dont l’exploitation a été approuvée en janvier 2009, après la ratification d’une convention minière liant Areva et le gouvernement nigérien. En décembre 2009, la Kepco (Korea Electric Power Company) a acquis 10% des parts de la mine. N’oublions pas que les intérêts sur l’uranium du Niger sont certes principalement, mais non exclusivement français. Les Coréens du Sud aussi sont présents, et surtout les Chinois qui exploitent la quatrième mine d’uranium du pays (mine d’Azelik qui a donné 700 t en 2011).

En juin 2012, le président Hollande a rencontré le président nigérien, Mahamadou Issoufou, et a demandé l’accélération de la mise en exploitation, fin 2013, de cette mine géante d’Imouraren. Imouraren est potentiellement la deuxième plus grande mine d’uranium du monde (avec 5 000 tonnes par an). Areva a prévu d’y investir 1,2 milliard d’euros. Son exploitation ferait passer le Niger du 6ème au 2ème rang mondial des producteurs d’uranium, juste derrière le Kazakhstan, pays où Areva est également implantée.

Mais le problème islamiste retarde de plus en plus la mise en exploitation d’Imouraren. En février 2012, le Ministre nigérien des Mines, Omar Hamidou Tchiana, a révélé que la nouvelle mine d’uranium débutera probablement sa production en 2014, en raison de retards causés par des enlèvements de travailleurs étrangers dans le nord du pays. Ce sont des employés d’Areva qui ont été enlevés par AQMI, ne l’oublions pas, et AREVA doit clairement trouver une solution au problème islamiste.

Au Mali, l’uranium est aussi un enjeu important pour Areva. La société française essaie d’obtenir, depuis de nombreuses années, les droits d’exploitation d’une mine d’uranium qui se trouve à Faléa (région isolée à 350 km de Bamako vers la frontière du Sénégal et de la Guinée). Dans les années 70, l’ancêtre d’Areva, la Cogema, de concert avec le Bureau de Recherche géologique minière et la SONAREM (Société d’État malienne), avait effectué une prospection mais l’exploitation avait été jugée peu rentable. En 2005, la société canadienne Rockgate a été mandatée par le gouvernement malien afin de forer à nouveau à Faléa. En 2010, les rapports de Rockgate ont conclu que le Mali offrait « un environnement de classe mondial pour l’exploitation de l’uranium » et deux ans plus tard, une société sud-africaine (DRA Group) mandatée par Rockgate à propos de Faléa a conclu que Faléa pourrait offrir une production annuelle de 12 000 tonnes d’uranium, soit 3 fois la somme des productions des mines nigeriennes d’Arlit et Akouta !

Prenons un peu de hauteur et nous voyons alors se dessiner ce qui pourrait apparaître comme un formidable corridor stratégique de l’uranium et d’autres ressources minérales sous contrôle français : l’axe Est/Ouest Tchad-Niger-Mali qui désenclaverait ses réserves minérales grâce aux capacités portuaires du Sénégal…

En ce moment, des groupes (notamment chinois) sont en train de réveiller les vieux tracés ferroviaires de l’époque coloniale française pouvant servir à atteindre les côtes atlantiques.

Constatons donc que la France a posé ses dispositifs aux deux extrémités (ses avions décollent du Tchad et la Royale accoste à Dakar) de ce corridor saharien stratégique qui est gorgé de réserves minérales.

Après tout que préférons-nous pour assurer l’indépendance énergétique de la France ? L’uranium saharien (Niger/Mali) et le gaz russe, ou bien les hydrocarbures algérien, qatari et saoudien ?

N’allons pas trop vite en besogne comme le font certains, Areva n’est pas le cerveau de l’intervention française au Mali – je l’ai dit la décision a été prise en urgence pour éviter une situation dramatique dans laquelle 6 000 Français se trouveraient piégés dans une ville aux mains de jihadistes ultra-radicaux et capables de tout -, mais il est vrai que l’intervention profite aux intérêts d’Areva et ceci pour 2 raisons :

1) Seule une présence militaire française renforcée dans la zone peut refouler sérieusement (mais pas nécessairement éteindre) le problème islamiste à la périphérie des États alliés (Mali, Niger) et en tout cas loin des zones d’exploitation où il va bien falloir que les ingénieurs et techniciens français puissent revenir en nombre pour travailler. L’intelligence politique de la France serait alors de parvenir à déléguer le « service après-vente » de l’action militaire présente à des composantes touaregs solidement anti-islamistes, faute sinon de voir le coût sécuritaire de l’opération exploser.

2) Le fait que les gouvernements malien et nigerien aient eu besoin de la France pour défendre leur souveraineté, face à la menace islamiste, met évidemment Areva en position de force face à n’importe quel autre acteur (non seulement les États nigérien et malien mais aussi d’autres groupes privés). La France est désormais l’acteur incontournable de l’équilibre entre Touaregs et Sudistes noirs des États de l’Afrique subsaharienne.

Aymeric Chauprade

À suivre : les enjeux du pétrole, de l’or, les intérêts américains et qataris…

 

 

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Dimanche 20 janvier : Première analyse sur la crise au Mali

CRISE DU MALI, Réalités géopolitiques : première partie

L’intervention du Mali, comme toutes les interventions occidentales depuis la fin de la Guerre froide (de l’Irak jusqu’à la Libye en passant par l’ingérence en Syrie) ne saurait être analysée de manière angélique, sous prétexte qu’elle serait une opération française. Inversement, elle ne saurait être assimilée à toutes les autres opérations parce qu’elle admet en effet ses propres déterminants.

La guerre au Mali est la confrontation d’une multiplicité d’acteurs :

1/ l’Etat central malien (Bamako)

2/ les Touaregs indépendantistes de l’Azawad

3/ Les groupes jihadistes

4/ L’Etat français et sa compagnie pétrolière Total (qui est certes une multinationale sur le plan capitalistique mais dont l’action politique reste coordonnée à celle de la France),

5/ l’Etat algérien avec d’une part son Etat profond (le puissant DRS, la sécurité militaire, coeur du régime) d’autre part sa société pétrolière étatique Sonatrach

6/ Les Etats-Unis d’Amérique et leur Etat profond (composé d’éléments de la CIA, du Pentagone, de l’armée)

7/ L’Etat qatarien et ses intérêts pétroliers et gaziers

8/ Deux Etats voisins, la Mauritanie et la Libye qui ont toujours joué un rôle crucial dans la question touareg.

 

Ce sont là les principaux protagonistes de l’affaire malienne. Au second plan, d’autres acteurs chargés d’apporter aux acteurs de premier plan une légitimité en terme de droit international : les autres Etats africains (la CEDEAO), l’Union européenne…

 

Voyons les intérêts et les motivations des premiers rôles qui s’affrontent sur la scène malienne, et pas forcément de manière visible.

 

Cette analyse étant longue, j’ai décidé de la découper en deux parties.

La première partie tentera d’y voir clair sur les motivations de l’Etat malien, des Touaregs indépendantistes et des groupes islamistes.

La seconde partie abordera la question complexe des enjeux pétroliers et gaziers dans la zone (avec notamment les intérêts pétroliers français, qataris et algériens).

Nous pourrons alors proposer une lecture de la crise qui s’articulera autour d’un bras de fer entre Paris, Alger et Doha pour l’essentiel, avec bien entendu aussi les Etats-unis en « embuscade » et qui montrera, une fois de plus, que le terrorisme islamiste est largement instrumentalisé pour consolider ou restaurer les intérêts des principaux acteurs.

 

1/ L’Etat malien

Afin de présenter l’Etat malien dans ses caractéristiques géopolitiques je m’appuie sur l’article « Mali » du Dictionnaire de géopolitique (Chauprade/ Thual) lequel date de 1999 dans sa deuxième édition. L’exercice consistant à revenir à ses anciens textes est peu pratiqué en France, et pour cause : s’il l’était, il abîmerait fortement la légitimité de la quasi-totalité de nos commentateurs médiatiques, surtout Olivier Roy, le  génial visionnaire de la « fin de l’islam politique » (titre de son essai de 1992) lequel fanfaronnait encore sur les plateaux au début des printemps arabes, en 2011, en expliquant que sa thèse de la disparition de l’islamisme était la bonne et que la masse arabe ne rêvait que de démocratie occidentale… Cela fait penser à Francis Fukuyama s’excusant que la Fin de l’Histoire soit autant retardée depuis 1990 et nous demandant de patienter encore un peu (pour avoir raison)…

La réalité, qu’elle nous plaise ou non, est qu’une partie importante des Arabes (mais pas forcément majoritaire) veut refonder la politique de leur pays sur les bases de l’islam politique tout simplement parce qu’elle refuse le mouvement global d’occidentalisation des valeurs; et que par ailleurs il convient, par simple honnêteté intellectuelle (et même si à titre personnel nous n’avons aucune sympathie particulière pour ce type de mouvance) de distinguer l’action terroriste jihadique et les partis politiques islamistes (type Frères musulmans). Si nous ne le faisons pas, nous ne comprendrons jamais pourquoi certains Etats peuvent avoir intérêt à créer des groupes ultra-radicaux se revendiquant de l’islam dans le seul but de décrédibiliser la masse d’un islam politique que je ne qualifierais pas de modéré (parce que cela ne veut rien dire) mais qui pour autant n’emploie pas forcément la violence terroriste comme moyen d’action politique.

Fermons la parenthèse.

Cet article « Mali » du Dictionnaire de géopolitique permet de rappeler deux idées essentielles :

- premièrement la trace de l’action coloniale au Mali : les soldats français de l’opération « Serval » disposent en effet comme référence des « grands anciens de la colonisation » et d’une littérature militaire coloniale de qualité.

- deuxièmement la coupure raciale qui caractérise le Mali.

« Le territoire du Mali correspond à l’ancien Soudan de l’Afrique occidentale française (A.O.F.). Ce territoire avait été conquis au XIXe siècle (Faidherbe puis Gallieni, 1880-1895) dans le cadre de la course au Niger menée par les autorités coloniales françaises (…). Sa base territoriale est formée par le bassin du Haut Niger et la boucle du fleuve Niger. Le territoire a subi de nombreuses mutations, à commencer par l’incorporation temporaire de la Haute-Volta (actuel Burkina-Faso) qui sera de nouveau détachée en 1919, puis la rétrocession à la Mauritanie de territoires du Nord-Ouest.

A l’indépendance en 1958, le Soudan devenu Mali (du nom d’un prestigieux empire mandingue au XIVe siècle) fusionna un temps avec le Sénégal.

Le Mali est formé d’une partie sahélienne et d’une partie saharienne qui s’articulent sur un bassin fluvial autour duquel irradient d’anciennes routes commerciales. Cette division géographique est aussi à l’origine de la division géopolitique du pays entre une masse de populations négro-africaines sédentarisées et une minorité de nomades qui vivent au Nord et qui occupent une grande superficie. Ces nomades, Touaregs ou Maures, sont entrés en rébellion dans les années 1990. Plusieurs mouvements se sont créés qui ont tous un but commun : la création de l’Azawad. En dépit des différentes tentatives de règlement, la césure sociale et ethnique demeure profonde. Elle s’insère dans les conflits qui secouent la bande sahélienne, de la Mauritanie au Tchad. Les différents mouvements en faveur de la libération de l’Azawad bénéficient du soutien discret de la Libye ou de la Mauritanie (…)

La parcellisation des mouvements de libération de l’Azawad ne doit pas masquer la profondeur de leur opposition au gouvernement central. La faiblesse de l’unité intérieure du Mali constitue sans doute la caractéristique géopolitique majeure de ce pays« .

13 ans après que ces lignes aient été écrites, et donc en janvier 2012, revenant de Libye après la chute de Kadhafi (avec lequel ils étaient alliés), les Touaregs du MNLA (Mouvement National de Libération de l’Azawad) défont l’armée malienne et proclament l’indépendance de l’Azawad. Mais la lutte séparatiste ancienne menée par le MNLA est très vite débordée par une autre lutte, celle du jihad (lutte qui, en Afrique occidentale, n’a rien de nouveau, bien au contraire : je renvoie à ce propos à mon ouvrage Géopolitique, Constantes et changements dans l’histoire, Ellipses, 2007, p314 à 325 : l’islamisation de l’Afrique noire).

Trois groupes principaux mènent ce jihad dans la région : Ansar Dine fondé par un leader historique du mouvement touareg, passé à la lutte islamiste ; le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest – MUJAO- et enfin Al Qaïda au Maghreb islamique – AQMI groupe historiquement beaucoup plus algérien puisqu’il est l’héritier du GSPC lui-même héritier des GIA de la guerre civile algérienne.

Début avril 2012, le MNLA et ces groupes islamistes prennent le contrôle des capitales des 3 régions du Nord-Mali : Kidal, Gao et Tombouctou. Le 6 avril, le MNLA proclame l’indépendance de l’Azawad, ce qui était son but historique. Mais voilà que ce qui était prévisible se produit : l’islamisme submerge le nationalisme touareg, d’autant que le premier est susceptible de trouver bien davantage de soutiens extérieurs que le second. Fin juin 2012, le trio AQMI/MUJAO/Ansar Dine écrase le MNLA à Gao puis à Tombouctou. Commence la triste destruction de mausolées de saints musulmans à Tombouctou (représailles à la décision de l’Unesco de classer la ville patrimoine mondial en péril).

Mais revenons à Bamako. Le but premier de l’Etat malien est de reprendre le contrôle du Nord et de se venger des Touaregs en s’appuyant sur la puissance française. C’est évidemment un but politiquement dangereux pour la France. Pour Paris, chasser les groupes islamistes du Nord du Mali ne doit pas pour autant déboucher sur une épuration ethnique anti-Touareg. A mesure que l’armée française va s’approcher de ses objectifs (faire reculer son ennemi) elle va se rendre compte que l’armée malienne qu’elle traîne dans son sillage s’emploiera à se venger sur les populations touaregs et cela risque de devenir un vrai problème à gérer pour Paris.

Incapable militairement de résister face aux guerriers du désert, l’armée négro-africaine malienne, même aidée par d’autres troupes noires (CEDEAO) se trouve dans l’incapacité de restaurer l’unité du Mali (unité ô combien artificielle, comme nous l’avons vu auparavant) sans l’action militaire de la France.

 

2/ Les Touaregs indépendantistes du MNLA

Les Touaregs sont 1,5 millions de nomades du Sahara (origine berbère mais métissage avec des Noirs et des Arabes) vivant sur plus de 2 millions de km2 (Niger, Mali, Algérie, Libye, Burkina Faso), souvent en marge de leur Etat d’appartenance.

Au Mali, dans la région de l’Azawad, ils seraient environ 500 000 sur une population de malienne de 16 millions (au Niger les Touaregs sont 850 000 sur une population quasiment identique à celle du Mali soit 16 millions). Ce qui revient à souligner qu’une minorité d’un demi-million est en train d’écraser l’armée représentant la sécurité et les intérêts de 15,5 millions de citoyens maliens noirs ! Qui pourra contester à la France qu’elle se bat bien aux côtés de l’écrasante majorité de la population, laquelle, et c’est un fait établi et difficilement contestable, est attachée à son islam trempé de traditions africaines et refuse le modèle salafiste importé ? Affirmer cela ne signifie pas pour autant nier ou cacher le fait que la France a ses propres intérêts. Hollande dit que la France ne défend pas d’intérêt au Mali, c’est évidemment une plaisanterie (dictée par la sacro-saint principe d’hypocrisie droits-de-l’hommiste), plaisanterie sur laquelle nous reviendrons. Bien au contraire, je serais tenté de dire, de manière un peu provocante, que cela fait bien longtemps que la France mène une guerre pour ses intérêts propres et non pour des profits américains. La France a le droit d’avoir ses intérêts, comme n’importe quel autre Etat, et de les défendre, du moment que la défense de ses intérêts reste compatible avec la volonté majoritaire des populations concernées et que nous ne sommes pas en train de tout détruire pour nous emparer du pétrole, comme les Américains l’ont fait en Irak en 2003 et comme nous tentons malheureusement de le faire en Syrie, aux côtés des Américains, des Anglais et des Qataris.

Dans le passé les Touaregs étaient loin d’avoir une position défavorable. Avant la colonisation française, ils étaient même les seuls, avec les Ethiopiens, à disposer de leur propre écriture et ils contrôlaient le commerce caravanier et d’immenses troupeaux. Avant la colonisation française – je renvoie encore à Géopolitique, constantes et changements dans l’Histoire ouvrage dans lequel j’analyse les mécanismes par lesquels la colonisation a abouti à l’inversion des rapports de force entre les ethnies traditionnellement dominantes et celles qui étaient dominées-, ce sont les Touaregs qui razziaient les Noirs d’Afrique et les Maliens redécouvrent aujourd’hui cette vérité. La vérité est que la colonisation a souvent été un cadre pacificateur (on parlait d’ailleurs de pacification) et protecteur pour les ethnies dominées d’Afrique noire. Elle a en revanche été une catastrophe et une perte de puissance pour les ethnies anciennement dominantes. En refusant, par exemple, l’école française de la colonisation, les Touaregs ont créé eux-mêmes, au moment des indépendances, les conditions de leur marginalisation au profit des Noirs.

Lorsque s’effondre ce cadre de la Guerre froide qui avait gelé tant de conflits identitaires dans les Etats, les Touaregs relèvent la tête et entrent en rébellion au Niger et au Mali. Finalement en 2009, des accords de paix aboutissent théoriquement à un décentralisation des régions touaregs assortie d’une large autonomie de gestion. Comme ces accords ne sont pas appliqués, plusieurs ex-leaders touaregs qui avaient été intégrés dans l’armée maliennes désertent. Le problème est d’autant plus grave que les Américains (je reviendrai sur ce point capital), dans le cadre de leur coopération militaire anti-terroriste avec le Mali et avec de nombreux autres Etats de la zone (la Pan Sahel Initiative qui deviendra la TSCI), ont souvent choisi de s’appuyer sur des officiers touaregs – avaient-ils une idée machiavélienne derrière la tête ou agissaient-ils ainsi de manière pragmatique parce qu’ils constataient que les Touaregs sont les meilleurs combattants?

Dans cette affaire la chute de Kadhafi, voulue et provoquée, faut-il le rappeler, par la présidence de Nicolas Sarkozy en accord avec les Américains et les Anglais, est directement à l’origine de ce qui se passe aujourd’hui au Nord-Mali. Lorsque les forces kadhafistes s’effondrent, les centaines de Touaregs du MNLA qui combattaient à leurs côtés rentrent précipitamment au pays lourdement armés et rallument la flamme combattante du séparatisme. En janvier 2012, la rébellion touareg, dont la composante essentielle est le MNLA, demande explicitement l’indépendance du Nord-Mali et passe à l’offensive.

Depuis, le MNLA a été dépassé militairement par les trois groupes islamistes (Ansar Dine, Mujao et AQMI) mais il conserve pourtant le gros des effectifs car seule une petite fraction de ses membres a rallié Ansar Dine.

Aucune sortie durable de la crise n’est en réalité possible sans le MNLA. Une entente doit se faire entre Bamako/Paris d’un côté, le MNLA de l’autre, afin de régler la question islamiste dans la zone. Paris est en position de force car Bamako ne peut plus rien sans les troupes françaises et par conséquent les militaires français doivent s’allier avec le MNLA, composante séparatiste mais non jihadiste des Touaregs, pour chasser les islamistes de la zone. S’ils l’armée française ne sous-traite pas aux Touaregs le « nettoyage » de cet immense espace à la fois désertique et montagneux, elle entrera dans un tunnel sans fin et sans doute plus coûteux financièrement que meurtrier (car militairement l’opération restera beaucoup plus maîtrisable que l’Afghanistan). Ensuite, la France doit se placer en position de médiation entre le MNLA et Bamako. L’affaire est cependant plus complexe qu’il n’y paraît. Il n’existe pas un, mais trois Azawad : le Sud (Songhay et Peuls), le long du Niger, le Nord territoire des Touaregs et l’Ouest saharien arabe.

 

3/ Les groupes jihadistes

Il est rapporté que 3 groupes islamistes se trouvent impliqués dans l’affaire du Nord-Mali. Deux groupes qui présentent un caractère identitaire local : Ansar Dine, émanation islamiste radicale du MNLA, le mouvement historique de combat des Touaregs et dont la base originelle est Kidal ; le Mujao (base Gao) ; AQMI qui lui est un ensemble de groupe beaucoup plus algérien et qui s’inscrit dans la filiation GIA/GSPC.

 

Mon analyse sur l’islamisme radical et terroriste est bien connue. Pour chaque mouvement identifié et analysé il convient de se poser deux questions :

1/ Quelle est la part locale et la part globale (le lien avec une « internationale » islamiste)?

2/ Quelle est la part authentique (combattants authentiquement islamistes) et la part infiltrée/fabriquée (groupe infiltré par des services étatiques et dont les actions orientées obéissent à une stratégie de la tension de la part d’un ou plusieurs Etats)?

 

Nous n’avons pas le temps de refaire ici l’histoire du terrorisme islamiste et celle-ci a d’ailleurs été abondamment traitée. Pour dire les choses simplement, deux lectures s’opposent. Une première lecture, dominante, médiatique est celle qu’Al Qaïda, et plus globalement le « terrorisme international », sont des forces autonomes, obéissant à leur propre agenda, et qui mènent une guerre contre l’Occident. La deuxième lecture (qui est la mienne) considère le terrorisme islamiste comme la combinaison d’un combat authentique (des jihadistes mènent réellement une guerre terroriste contre « l’Occident impie ») et d’une instrumentalisation/manipulation de la part de services étatiques.

Or,

on ne peut comprendre cette deuxième lecture si l’on occulte la dimension mafieuse du phénomène jihado-terroriste. Cette dimension mafieuse est admise dans les deux lectures. Les médias officiels ne manquent pas de souligner en effet qu’AQMI (Al Qaïda du Maghreb islamique) travaille main dans la main avec les cartels colombien et venezuelien pour faciliter l’acheminement par voie aérienne de cargaisons de drogue vers le désert saharien, laquelle drogue repartirait ensuite vers l’Europe. Ils parlent de « Mister Malboro » à propos du terroriste Mokhtar Belmokhtar ceci afin de bien souligner son implication dans des trafics de cigarettes. Mais trafics de drogue, cigarettes, et même immigrés clandestins, autant que prises otages sont les diverses facettes d’une économie du crime que contrôlent ces groupes sahariens, dans la droite ligne de la contrebande saharienne la plus ancienne. Rien de neuf sous le soleil saharien.

En insistant d’ailleurs tellement sur cette dimension mafieuse (laquelle, je le répète, n’est contestée par personne), les médias finissent par nous amener à nous demander ce qui compte le plus pour ces terroristes : l’argent (le trafic) ou le jihad? L’argent mafieux sert-il à financer le jihad ou bien le jihad n’est-il qu’un alibi pour couvrir le trafic? Difficile de répondre mais ce qui est certain est que la confusion entre argent sale et idéologie montre que ces groupes peuvent accueillir en leur sein (et même à leur tête) des infiltrés n’ayant d’autres but que de mettre l’action terroriste en conformité avec l’agenda du service d’Etat qu’ils servent.

Ce que je crois, c’est qu’Al Qaïda est un instrument de l’Etat profond américain qui justifie, depuis la fin de la Guerre froide, une bonne partie de la projection de puissance américaine, et qu’AQMI est le faux-nez maghrébin de cet instrument occulte, mais avec une différence notable avec les autres composantes régionales d’Al Qaïda (Afghanistan, Irak, Yémen…) : l’Etat profond américain ne contrôle pas directement AQMI. C’est en effet très probablement le DRS algérien, la sécurité militaire algérienne, qui contrôle AQMI. Là encore la démonstration serait longue à donner mais elle existe et elle a été donnée depuis longtemps par des auteurs suisses, britanniques ou allemands mais hélas pas français car en France tout le monde craint l’Algérie et ses coups tordus. J’en profite pour dire que sur ce sujet je suis ouvert au débat mais certainement pas avec les disciples de Glucksmann ou Lévy qui d’un côté ne cessent d’accuser Moscou de terrorisme occulte et de l’autre traitent de complotistes ceux qui ont compris que le premier de tous les « Etats profonds » était américain!

A propos du DRS, je renvoie ici notamment aux travaux du britannique Jeremy Keenan, ou bien à l’étude extrêmement pointue « Al Qaïda au Maghreb ou l’étrange histoire du GSPC algérien » par François Gèze et Sallima Mellah (Septembre 2007). Il ne fait aucun doute que les GIA ont été créés durant la guerre civile algérienne,  en tant qu’organisation contre-insurrectionnelle, dans le but premier de discréditer, par des crimes atroces perpétrés contre la population, le combat armé d’un Front Islamique du Salut (pour lequel, je tiens à le préciser, je n’ai aucune sympathie, bien au contraire) qui avait gagné les élections. Il ne fait guère de doutes non plus que ces GIA se sont transformés en GSPC après la guerre civile et sont montés en puissance après le 11 septembre 2001, lorsque l’Etat profond algérien a compris, non seulement que l’Etat profond américain était derrière Al-Qaïda, mais que si Alger ne voulait pas subir l’agenda américain dans le Sahara, il fallait devancer celui-ci. Le GSPC est né du « magnifique » esprit d’initiative algérien lequel a su offrir aux Américains l’ennemi qu’ils attendaient (jusqu’à prendre en 2007 le nom d’Al Qaïda du Maghreb islamique) pour justifier leur implantation dans le Sahara (implantation au service d’autres intérêts plus classiquement géostratégiques, pétroliers et gaziers, dont nous parlerons après). Au fond, les Abdelrrazak El Para et autres Mokhtar Belmokhtar, ces personnages qui ont dirigé actions terroristes et prises d’otages occidentaux, sans jamais se faire prendre et en laissant leurs acolytes se faire tuer à leur place, présentent le même profil qu’Oussama Ben Laden mystérieusement porté disparu en mer. Ils ont d’abord travaillé pour l’Etat profond de l’Etat qu’ils se sont mis ensuite officiellement à combattre. Ben Laden fut membre de la CIA et quasiment tous les chefs des katibas islamistes du GSPC puis d’AQMI sont d’anciens officiers de l’armée algérienne. Bien formés ces officiers, après avoir infiltré (peut-être créé dans certains cas) les cellules combattantes ont pu en prendre aisément le commandement.

Une réalité indicible dans nos médias, du fait de l’ampleur des intérêts économiques français en Algérie, de la collusion aussi des élites politiques françaises avec le régime algérien (il fallait voir encore récemment le ministre Valls louer l’efficacité des forces spéciales algériennes…)… mais une vérité pourtant depuis longtemps évidente en dehors de France: AQMI/Polisario, DRS algérien le trafic de drogue saharien sont une seule et même organisation du crime dont le but est double : l’enrichissement personnel des généraux algériens bien sûr lesquels supervisent le trafic de drogue réalisé par les chefs terroristes ; mais aussi la survie du régime (laquelle va de paire avec le premier but) en faisant de celui-ci l’incontournable rempart contre le fondamentalisme, un rempart que la vague de révolutions arabes ne saurait attendre, et qu’elle n’atteindra d’autant moins que les Occidentaux (en premier lieu Américains et Français comprendront qu’il n’y a d’autre alternative crédible que le maintien du régime algérien). Or ce régime est une calamité pour la jeunesse algérienne, privée d’avenir, au chômage à 40%, volée par son « élite » de ses richesses fabuleuses (rente gazière et pétrolière), et par voie de conséquence une calamité pour la rive nord de la Méditerranée (Europe) qui, inéluctablement, verra fondre sur elle des candidats à l’immigration de plus en plus nombreux. Une politique de courte vue de plus de la part des dirigeants européens!

Grâce au GSPC et à AQMI, l’Etat algérien a pu apparaître depuis 2001, aux yeux des Etats-Unis et de la France (pour le grand public du moins, car dans les structures de pouvoir personne n’est dupe) comme un rempart contre l’islamisme radical dans la région. Et la stratégie a fonctionné, jusqu’aux révolutions arabes qui ont emporté les uns après les autres (Tunisie, Egypte, Yémen) tous les régimes autoritaires « laïcisants » (terme à prendre avec extrême précaution s’agissant de pays musulmans), avant que l’Occident ne s’en prenne ensuite directement à ceux qui ne tombaient pas d’eux-mêmes (Libye, Syrie). Donc pour le DRS cela ne faisait pas l’ombre d’un doute, l’Algérie était la suivante sur la liste, à moins d’écarter l’Occident du sillage des islamistes politiques (ceux qui allaient devenir majoritaires dans de nombreux pays à la suite de l’écroulement des régimes forts) et de le ramener à la « grande époque » de la guerre contre le terrorisme international.

Parmi ces trois groupes islamistes agissant au Mali, si l’on me demandait « qui contrôle qui », je répondrais que le DRS contrôle d’abord AQMI tandis que le Qatar finance et a de l’influence sur les deux autres mouvements (MUJAO et Ansar Dine) avec des buts radicalement différents de l’Algérie comme nous le verrons dans la deuxième partie.

Un autre élément qui n’est pas souligné est qu’au moins deux de ces groupes (le MUJAO c’est certain, AQMI c’est probable) ont des contacts forts avec le POLISARIO, mouvement séparatiste sahraouï soutenu basé dans les camps de Tindouf (territoire algérien). Il est quasiment avéré en effet que le groupe de terroristes qui s’est emparé du site gazier d’In Amenas en Algérie venait des camps de Tindouf, autrement dit qu’il est bien parti du territoire algérien (et ceci bien que l’Algérie ait pointé du doigt la Libye). Là encore il s’agit d’une réalité sur laquelle je tente d’alerter au moins depuis 2005, à travers les différentes interventions que j’ai faites à la tribune de l’ONU, en tant qu’expert mandaté par la partie marocaine, rôle que j’assume pleinement tant je crois au bien fondé historique de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental – mais une souveraineté « intelligente » dans un cadre d’autonomie élargie.

Le glissement progressif (comparable à celui du MNLA) du mouvement Polisario non seulement vers la criminalité (trafics en tous genres) mais aussi vers le fondamentalisme religieux devrait être une source de préoccupation pour les pays occidentaux. Nombreux sont les événéments, depuis 2005, dans cette sous-région du Sahara, qui montrent des liens entre certains éléments du Polisario et Aqmi/Mujao.  C’est le moment de rappeler d’ailleurs que les problèmes non résolus de séparatismes (Sahara occidental et Touaregs) finissent malheureusement par dégénérer en problèmes d’islamisme radical.

Seule une solution équilibrée consistant à défendre la souveraineté des Etats (Mali, Maroc, Niger…) mais en aménageant des autonomies réelles pour les minorités nomades pourra permettre de ramener la stabilité dans la région.

 

Pour comprendre les motivations des autres acteurs, il convient aussi de parler des enjeux de ressources (pétrole, gaz, uranium). Autant les Etats-Unis en effet, que la France, le Qatar ou l’Algérie ont des visées pétrolières et gazières importantes dans le Sahara. Chacun de ces Etats a intérêt à favoriser la situation géopolitique la plus à même de le placer en position de force dans les discussions relatives au partage des richesses.

 

Nous analyserons dans la deuxième partie ces enjeux pétroliers et gaziers et affinerons notre analyse des intérêts français, algériens, qataris, américains, mauritaniens et libyens dans la crise actuelle.

 

FIN DE LA PREMIERE PARTIE

Aymeric Chauprade

 

http://blog.realpolitik.tv/

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8 février 2013 5 08 /02 /février /2013 02:21
30.01.2013, 16:14, heure de Moscou
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северный полюс-28 дрейфующая станция арктика

L’OTAN se prépare à militariser l’Arctique

La vice-présidente du conseil suédois de la Paix et membre du conseil d’observation du réseau global contre les armes et les essais nucléaires dans l’espace, Agneta Nordberg a avoué dans une interview à La Voix de la Russie qu’elle était très préoccupée par l’intention de l’OTAN de militariser l’Arctique.

Les manœuvres annuelles de grande envergeure qui se déroule sur le territoire des pays scandinaves témoignent de l’expansion de l’OTAN dans la région.

Mme Nordberg est également préoccupée du déploiement de radars américains du système de défense antimissile près des frontières de la Russie.

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 Le secrétaire américain à la Défense, Léon Panetta a exhorté l'OTAN à cibler  
  " la menace que représente désormais les miliciens islamistes" .  
 
L’équipe du site Al Manar



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Les alliés de l’OTAN sont priés de se montrer généreux

http://french.ruvr.ru/2013_02_01/Les-allies-de-l-OTAN-sont-pries-de-se-montrer-genereux/
 


Une Suisse indépendante, sûre d’elle, neutre et cosmopolite ne se trouve pas à l’écart !
http://www.horizons-et-debats.ch/index.php ?id=3784


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Les nouvelles guerres coloniales de l’impérialisme occidental, en Afrique et au Moyen Orient

http://www.collectif-communiste-polex.org/bulletin/bulletin_97_art1.htm

 

 

 

 

 

 

L’art de la guerre

La « sécurité » de l’empire

Manlio Dinucci

 

http://www.voltairenet.org/article177273.html

 

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'Géopolitique et stratégie 'des Guerres de l'Otan.

MARC ET CATHY LEMAIRE



Vous retrouverez ce journal

 

Sur le site de Robert Bibeau :   http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

Sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com  - http://no-war.over-blog.com/

Sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm



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8 février 2013 5 08 /02 /février /2013 02:21

 

Le Japon s’implique dans la logique de guerre

JAPAN-SOMALIA-PIRACY

Depuis quelques semaines, des signaux inquiétants se multiplient et donnent lieu à des commentaires peu habituels de la part de quelques personnalités en vue. Les déclarations de Juncker avant son départ (reproduites dans le numéro 271 de LIESI) ou celles d’Attali sont des annonces assez claires de ce que les Elites préparent : une prochaine guerre mondiale.

extraitLIESI271

Tandis que l’administration américaine concentre le débat sur la possession d’armes par les particuliers, sur l’ensemble du territoire des Etats-Unis, les administrations ont réalisé des stocks d’armes et de munitions  faramineux. Franchement, cela ne cadre pas avec une belle reprise économique ! Même si les ténors politiciens de Goldman Sachs cherchent à vendre une reprise totalement virtuelle… pour mieux spéculer à l’effondrement de l’économie mondiale ? Mais à quoi bon si tout s’effondre ?

Et que dire des statistiques macro-économiques publiées dans l’après-midi du 30 janvier aux Etats-Unis : une catastrophe sur le PIB et l’inflation.


889138360A quand le prochain attentat style SARAJEVO, interroge J. Attali ?

Probablement pas encore, mais nous nous en rapprochons incontestablement. La logique de la guerre est en marche. Dernièrement, les autorités japonaises se sont engagées dans la brèche. En effet, le nouveau premier ministre conservateur du Japon, Shinzo Abe, dont on a eu l’occasion de parler pour évoquer sa politique d’impression massive de yens en vue de  relancer l’économie et surtout l’inflation, annonce qu’il va modifier la Constitution d’après-guerre, imposée par les Etats-Unis. « M. Abe a indiqué qu’il allait « d’abord amender l’article 96″, un premier pas indispensable pour une réforme ultérieure éventuelle de celui qui consacre le pacifisme du pays (art. 9) ». Il lui faudra cependant organiser un vote de la Diète (le Parlement bicaméral) et obtenir l’accord des deux tiers au moins de tous les membres de chaque chambre.


On reparle de ce fameux article 9 très contesté dans les milieux nationalistes. Surtout à un moment où les relations du Japon avec ses voisins immédiats, Chine et Corée du Sud, sont toujours profondément marquées par les contentieux non soldés de l’histoire. « Durant la campagne électorale qui l’avait porté au pouvoir le 16 décembre 2012, Shinzo Abe avait plusieurs fois évoqué sa volonté de redéfinir le concept de « forces d’autodéfense », la terminologie officielle, pour en faire une « force armée » à part entière » (Le Monde). Sans surprise, le budget de la défense 2013-2014 qui vient d’être adopté est en hausse pour la première fois depuis 11 ans, à 52 milliards de dollars. Mais le premier ministre conservateur du Japon, Shinzo Abe, est aussi réaliste : il souhaite l’organisation d’un sommet en vue de modifier les relations houleuses avec la Chine. Difficile d’être sur plusieurs fronts. Décidément, notre monde évolue rapidement aux quatre coins du globe.

JAPAN : TSUNAMI Major Wave III on Gold – Partie II

CJ_napoleon-3,5cmLA TROISIÈME COLONNE

Le grand perdant actuel de cette guerre monétaire est aujourd’hui l’Euro et la BCE de Monsieur Draghi. Alors que le Japon, les Etats-Unis et l’Angleterre dévaluent leurs monnaies respectives, l’Homme de Goldman Sachs qui dirige la Banque Centrale Européenne se félicite de sa réussite et parle de « 2012, l’année de l’Euro« . 2013 sera donc l’année de la chute des industries exportatrices européennes, puisque telle est la volonté de GS. La hausse de notre monnaie va favoriser l’importation de produits étrangers et rendre moins compétitifs nos produits à l’exportation. Cela devrait amener les industriels à délocaliser encore, créant un chômage accru, un nouveau déficit de rentrées fiscales pour les gouvernements et une crise plus profonde en Europe. Le déficit commercial de la zone euro amènera un nouveau cycle de défiance de notre monnaie…

Soit Monsieur Draghi joue le jeu de l’ennemi, soit le louvoiement de la BCE entre l’Europe du Nord qui refuse de faire marcher la planche à billets pour absorber les dettes de l’Europe du Sud et leurs opposants des pays du ClubMed, fait que la Communauté Monétaire Européenne est totalement handicapée. Quoiqu’il en soit, il est clair pour tous les industriels que cette hausse de l’Euro, si elle perdurait, va se transformer en véritable catastrophe économique et sociale. Regardez ce qui se passe chez Peugeot et chez Renault, ce n’est que le début.

Au final, sans le moindre doute, la BCE fera comme les autres Banques Centrales et diluera l’Euro pour monétiser les dettes et l’or s’envolera en Euro comme dans toutes les autres monnaies.

Réflexion toute personnelle

On peut aussi se demander si l’Allemagne ne se sert pas de l’Euro aujourd’hui pour accélérer la chute du système monétaire actuel. Déjà en exigeant le rapatriement de son or des Etats-Unis, elle sème la panique dans le Cartel… mais en demandant le retour de ses réserves théoriquement stockées à la Banque de France, elle met Paris en position difficile. Il est probable que les négociations à ce sujet aient commencé  en 2010, si ce n’est plus tôt. L’attaque de la Libye en 2011, programmée dés octobre 2010, aurait pu être motivée par la récupération de l’or libyen pour satisfaire les exigences de Berlin. Ce n’est évidemment qu’une supposition. Mais souvenez-vous de l’opposition allemande tant à la guerre en Libye, qu’à celle en Syrie, où la France était encore en pointe… comme au Mali, gros producteur d’or.

Sur Kingworldnews, le 31 janvier, Paul Brodsky, co-fondateur de QB Asset Management, révélait des échos de Banques Centrales. « Avec une base monétaire de 2,7 Trillions de $, l’or aurait du être à 10.000$. Cette base monétaire grossissant à force de QE, la valeur réelle de l’or devrait atteindre les 15.000$ dans les douze mois. »

Il rajoute : « L’or pourrait valoir beaucoup plus que ça ou ne jamais atteindre ce prix. Ce n’est que le système de Bretton Woods appliqué, cela vous donne le prix auquel l’or devrait être échangé aujourd’hui. » … « pour ce qui est du timing, les derniers développements de l’actualité pourraient conduire à une hausse des prix des métaux précieux à court terme. »

Et enfin: « Le Premier Ministre japonais avait pris conseil auprès de la Fed et de la BCE avant ses récentes déclarations…  attendez-vous à entendre des discours similaires des Banques Occidentales de plus en plus fréquemment en 2013. » (fin de citation)

Notez bien, que je ne crois pas à ces 15.000$ fin 2013 ou début 2014. J’attends la première cible des 3.500$ et le scénario décrit dans mon livre « Histoire de l’Argent« . Ce n’est qu’après la phase de confiscation, que les Banques Centrales amèneront la valeur de l’or à 5 chiffres.

silver-eagle

RECORD HISTORIQUE DE VENTE

Au sujet de l’Argent, le mois de janvier a enregistré un nouveau record absolu de ventes de pièces d’argent par les US Mint, depuis leur création en 1986.

Ce sont 7.498.000 pièces d’une once d’argent, les fameux silver eagles, qui ont été vendues en un mois. Il est à noter que la Mint a été obligé de fermer son guichet à plusieurs reprises durant le mois, car elle était en rupture de stock.

Baisse de la production américaine

Les mines d’argent américaines n’ont produit que 1050 tonnes d’argent (37 Moz) en 2012 contre 1120 en 2011… et cela malgré une augmentation de 4% de la production de cuivre. La densité d’argent diminue.

A noter que William Kaye, fondateur de Pacific Group basé à Hong Kong, pense que le short squeeze sur l’argent est beaucoup plus énorme que sur l’or. Le 30 janvier sur KWN, il disait :

« N’importe qui sachant compter peut se rendre compte que le short squeeze de l’argent est beaucoup plus important que celui sur l’or… le rapport entre l’argent papier en circulation au regard de l’argent-physique réel sorti de terre, est beaucoup plus impressionnant sur l’argent que sur l’or… le prix de l’argent pourrait atteindre facilement 10 fois celui d’aujourd’hui. Nous sommes très haussiers sur l’argent. Nous détenons de l’argent. »

Continuez à accumuler en profitant des cours très bas, si vous pouvez en trouver, sans hésiter à payer une prime sur les cours très théorique de l’argent papier.

cjbouquin0

 
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Publié par le 4 février 2013 dans Non classé

 

JAPAN : TSUNAMI Major Wave III on Gold – Partie I

Gold-Yen

Par Menthalo – Dans le silence des agneaux, l’or s’envole au Japon avec une longueur d’avance sur l’Occident. Regardez cette sortie de consolidation d’un académisme parfait.

Comme partout dans le monde, au mois d’août 2011, l’or culmine. Les cours chutent lourdement pour chercher un support, puis remontent pour se heurter à une forte résistance en mars 2012, l’or chute à nouveau jusqu’au support. En octobre 2012, la résistance oblique est de nouveau testée, elle n’est brisée qu’en novembre. Quand une « résistance » est vaincue, elle doit être retestée pour vérifier qu’elle est bien devenue « support ». Comme vous le voyez sur ce graphe, fin novembre et mi-décembre, les bougies rouges viennent s’appuyer sur la résistance 2011-2012, validant sa solidité. Dés lors, les cours de l’or en YEN peuvent s’envoler pour aller chercher de nouveaux plus hauts. Toutes les résistances sont cassées en une seule longue poussée, depuis 3 semaines, l’or enregistre de nouveaux records dans la monnaie japonaise.

Que s’est il passé ? Le Japon est en déflation depuis presque 20 ans. Dés 2001, la BoJ expérimentait le Quantitative Easing. En 2006, la BoJ avait  un taux directeur très bas de l’ordre de 0,7% qui a permis à de nombreux financiers d’emprunter au Japon très bon marché pour replacer cet argent en Dollar rémunéré à 5,25%, c’était le « Yen Carry Trade ». La BoJ vendait du yen sur les marchés internationaux pour abaisser la valeur de sa devise afin de favoriser ses industries à l’exportation.

Mais en septembre 2007, la bulle immobilière éclate aux Etats-Unis et la crise des « subprimes » commence à voir le jour. La Fed va abaisser son taux directeur à 4,75%, puis la crise s’amplifiant, à 3,5% en janvier 2008. En octobre 2008, alors que la faillite de Lehman Brothers provoque une crise systémique, la Fed baisse encore son taux à 1,50% et finira l’année 2008 au plus bas à 0,25%.

YEN-JAPON

Comme on le voit sur ce graphe, ce changement de politique monétaire de la Fed va amener la finance internationale à vouloir clôturer ses positions de Yen Carry Trade. Pour rembourser leurs emprunts en Yen, les Hedge Funds ont du vendre leurs actifs en dollars et acheter du Yen, provoquant une flambée de la monnaie nippone et un effondrement des marchés. Pour répondre à cette violente crise du Yen, la BoJ va abaisser son taux directeur à 0,10% en décembre 2008 en s’engageant à maintenir ce taux pendant les 4 années suivantes. Ce qui nous amène à décembre 2012.

Les Hedge Funds ont mis fin à leur Yen Carry Trade en 2012, provoquant cette hausse du Yen et ont très certainement spéculé sur la baisse de la monnaie nippone, avec succès comme on le voit sur ce graphe.

Le 14 janvier 2013, sous la forte pression du nouveau Premier Ministre du Japon, la BoJ a accéléré son programme d’achats d’actifs pourris, injectant quelques 10.300 milliards de yens, (87 Mds d’€), dévalorisant de ce fait la valeur du Yen, tant en valeur relative vis à vis des autres monnaies, qu’en valeur absolue comme on le voit sur le graphe de l’Or ci-dessus.

GUERRE MONÉTAIRE

Dans la guerre monétaire actuelle, le Japon a donc une petite longueur d’avance sur toutes les autres monnaies, suivie de près par la livre sterling.

Malheureusement, l’Euro-Dollar est parti pour toucher 1,38  et il pourrait monter jusqu’à  1,42. (voir « la troisième colonne »)

Gold-hebdo022013

Sur ce graphique hebdomadaire de l’or en Dollar, que vous pouvez comparer à celui du Yen en haut de page, vous pouvez constater que la configuration est très proche. Généralement je regarde les Moyennes Mobiles Exponentielles, mais ici, j’ai laissé la MME100 (en rose) et la MME100 (en bleu). On voit que cette dernière soutient les cours. Manque t’il une courte jambe de baisse pour s’appuyer sur la MME rose ? C’est possible mais rien n’est moins certain.

UN RECORD DU COMEX

Une surprise de taille a bouleversé le COMEX, lorsqu’au premier jour de dépôt des demandes de livraison du mois, ce sont 1.391.000 onces d’or, soit 43,26 tonnes, qui ont été réclamées. Normalement le mois de décembre est le plus gros mois de l’année pour les demandes de livraison. En décembre 2012, 10 tonnes ont du être livrées. C’est donc 4,3 fois plus qui ont été réclamées le 31 janvier. Harvey Organ étudie le marché de l’or et de l’argent depuis les années 70, il n’a jamais vu une telle demande de livraison. Officiellement, plus de la moitié des contrats ont été servis le 31 janvier, et 155.000 onces le lendemain. Il reste 409.000oz à servir. Ces informations officielles ne vous révèleront pas si des accords de gré à gré ont été passés entre JPM et les acheteurs pour surseoir à cette livraison moyennant finances ou si au lieu de physique, c’est de l’or papier qui a été livré. Ce marché est parfaitement opaque. Pour Harvey Organ, cette demande inattendue pourrait venir d’Asie.

Le fait que la Federal Reserve de NY ait demandé un délai de 7 ans pour livrer les 300 tonnes d’or de la Bundes Bank allemande a mis l’accent sur le fait que le jeu des chaises musicales est entré en phase finale. Certains sont en train de s’assurer d’avoir une chaise.

Par ailleurs, la course à la dévaluation compétitive des principales Banques Centrales du G8 ne laisse pas d’autres choix aux financiers, que de chercher à placer leur trésorerie dans des biens réels, que ce soit des métaux précieux, du pétrole ou des produits agricoles pour fuir la monnaie fiduciaire.

Pour rester sur l’or, voici un graphique comparée de l’or en GBP (livre anglaise) et en Euro.

L’or en GBP semble plus proche de son décollage que l’or en Euro. Ce dernier me semble sous la résistance 2011-2012 (qui n’est pas dessinée).

Profitez de la force de l’Euro pour renforcer votre position en métaux précieux à bon compte. D’après mes informations, les pièces d’argent ont très peu baissé en France. Les vendeurs refusent de vendre au cours et la prime monte avec la hausse de l’euro. Nos lecteurs suisses, belges ou luxembourgeois ont peut être de meilleures opportunités à saisir.

Gold-GBP-EURO

[A suivre... LA TROISIÈME COLONNE]

 
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Publié par le 3 février 2013 dans Non classé

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6 février 2013 3 06 /02 /février /2013 07:19

 

Par: Robert Bibeau

Robert Bibeau

 

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LA GUERRE DE RECONQUÊTE DU MALI  

 

robertbibeau@hotmail.com 

  

6.02.2013

 

La crise économique paupérise les pauvres

 

La conjoncture malienne n’est pas aussi complexe que l’on voudrait nous le laisser imaginer. Quels sont les ingrédients et la recette de cette bouillabaisse Françafrique ?

 

La crise économique systémique qui sévit durement dans les pays d’Afrique depuis 2008 a jeté les paysans, les ouvriers et les artisans dans la misère et dans les ornières de l’exil plein de périls. Les puissances impérialistes continuent de rapatrier les profits et d’acheminer les matières premières vers les métropoles cupides, mais elles ne veulent rien entendre des souffrances qu’elles infligent à ces peuples désespérés et elles font tout pour que ces pestiférés demeurent dans ces contrées qu’elles ont affamées et sinistrées.

 

En conséquence, les marchés, les places publiques, les quartiers, les fleuves et les sentiers d’Afrique sont encombrés d’hommes désœuvrés, en transhumance entre le Sud paupérisé et le Nord, «marche pied» vers l’Europe, cet Eldorado inhumé. Cette main d’œuvre bon marché est prête à tout pour ravitailler leur famille demeurer au foyer.

 

L’offre de service en bras armés – flibustiers engagés – métayers fusiliers – a de beaucoup augmenté depuis quelques années, au point d’engorgée les agences de recrutement et de renseignement de l’OTAN et de leurs sous-traitants – djihadistes, islamistes, intégristes – et autres pestiférés de cet univers de mercenaires sous-payés.  

  

Le recrutement des exécutants 

 

Tantôt, l’aspirant «terroriste» est recruté et embauché pour un coup fourré de courte durée – cahier des charges spécifié – solde déterminée et autorisation de se payer à même ce qu’il pourra voler aux populations exécutées, ce qui comprend la permission de violer des femmes pour se rassasier. Souvent, ces flibustiers de la modernité s’emparent d’armes sophistiquées pour se préparer à honorer le prochain contrat qui sera attribué par l’OTAN, les États-Unis ou la France. Ils doivent penser à s’équiper pour la prochaine équipée.

 

Parfois le futur «terroriste» est embauché pour un temps indéterminé. Sa foi dans le Coran étant garant de son recrutement, de son entrainement et de son réengagement. Lavage de cerveau, rhétorique euphorisante anti Occident et le militant est prêt à donner sa vie pour son gourou du moment. En effet, les monopoles miniers criminalisés, les pétrolières polluantes et prévaricatrices, les entreprises manufacturières prédatrices, les représentants des gouvernements néo-colonialistes, les camps militaires retranchés, menaçants comme celui de la banlieue d’Abidjan (43e Bima), tout l’environnement social concourent à accréditer l’idée que l’Occident occupe et vide le continent africain de ses ressources, de sa plus-value et de ses biens.

 

C’est si vrai que les services secrets américains, français, britanniques, russes s’appuient sur ces sentiments d’aversion-répulsion pour recruter et enflammer le continent africain ravagé.

 

Les coups d’État approuvés par la «communauté internationale»

 

Quand le coup de force tordu est terminé, comme en Libye l’été dernier, en Côte d’Ivoire l’année qui a précédée, ces mercenaires – corsaires du désert regroupés en bandes armés anarchiques – sont remerciés par leurs sponsors, mais ils ne désarment pas pour autant. Ils errent à la recherche d’un nouvel engagement, d’un nouveau théâtre d’opération ou l’OTAN, le Qatar, l’Arabie Saoudite, la France ou les États-Unis voudront bien les exfiltrer – les aéroporter – pour une nouvelle «guerre humanitaire». Préférablement loin de la Syrie ou le gouvernement local tient bon et extermine les terroristes infiltrés dans le pays mortifié.

 

S’ils ne sont pas recrutés, s’ils ne sont pas de corvée, les «djihadistes» de service et les mercenaires sans foi ni loi errent dans le désert en quête de nouvelles proies.

 

Pendant ce temps au Mali

 

Pendant ce temps au Mali le gouvernement national fantoche de ce pays artificiel dont les frontières ont été dessinées par la France impérialiste il y a cinquante années passées – quand Paris peinait à massacrer les peuples d’Indochine et d’Algérie et ne disposait pas d’assez de troupiers pour exterminer la moitié du continent africain colonisé – en mars 2012, le gouvernement malien était renversé par une révolte de palais à Bamako. Un petit capitaine obscur et imprévisible (major Sanogo) démettait le Président Touré et assignait un nouveau-ex-président, Monsieur Traoré, puis congédiait le Premier Ministre pendant que la bourgeoisie compradore malienne se remplissait les poches à même les «aides» internationales, la solde des soldats détournées, le trafic de drogues, la vente d’armes et autres activités illicites comme toutes les autres bourgeoisies patriotiques d’Afrique sponsorisées par l’Occident, la Russie et la Chine concertées.

 

Le Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA et Ansar Dine) trouvèrent approprié de profiter de la déliquescence de l’État fédéral malien pour s’emparer du contrôle du Nord du pays désertique, sous développé, affamé et oublié par Bamako l’éloignée (1).

 

Et voilà qu’une caravane de mercenaires terroristes désœuvrés, saqués, passait par-là, de retour de sa croisade de rapine assassine à Tripoli et à Benghazi. Les damnés armés jusqu’aux dents par les soins de la France et de l’OTAN, se trouvèrent disposés à saccager ce pays meurtri dont l’armée nationale laminée n’avait nullement l’idée de se sacrifier pour la patrie des pourris de Mopti et pour préserver les intérêts d’AREVA, de TOTAL, de Sahara Mining, de MDL d’Australie et d’OROMIN du Canada et pour que la France mette la main sur 5% environ de la production d’or dans le monde (production d’or au Mali).

 

Voici que l’armée malienne de service, ses généraux trafiquants et son capitaine gourmand avaient besoin du soutien de la «mère patrie» pour rétablir l’autorité impérialiste sur leur pays failli. Aussi, une coalition de circonstance fut vite rameutée par la CEDEAO sous la houlette de monsieur Ouattara, le présidentié reconnaissant, co-présidé par Compaoré le dictateur avéré et gracié. Hollande fier de son blanc-seing lança ses hordes meurtrières, bombardiers, blindés motorisés, bombes à fragmentation et drones nouvellement équipés aux trousses des populations désarmées et des mercenaires déglingués et des Touaregs révoltés (MNLA et Ansar Dine) et surtout à la reconquête française des mines d’or maliennes de la Françafrique.

 

Les «islamistes» de service comprenant enfin le message de leur ex-employeur et futur créancier se retranchèrent dans les montagnes de l’Adrar et de Gouma où ils seront peut-être contenus si les soldats de la force d’intervention africaine se résignent à compléter leur formation et à se présenter au front.

 

Les meurtriers motorisés d’hier, aujourd’hui retranchés dans les montagnes du Sahel, seront probablement bombardés par les Rafales de la Françafrique, histoire de leur faire observer qu’ils n’ont pas mission d’occuper ou d’administrer les populations et les mines d’or des néo-colonies faillies. Ces tâches bancales sont assignées aux marionnettes désignées et à leurs armées subventionnées après élections truquées, où l’Élysée tranche qui est élu et qui est battu. Que ces mercenaires poltrons «terroristes-islamistes» de service attendent patiemment leur prochain ordre de mission pour attaquer le Niger, le Tchad, la Mauritanie, ou qui sait, l’Algérie, que l’OTAN ou la France leur assigneront en temps voulu.

 

Pour ce qui a trait aux révoltés Touareg, ils peuvent se maintenir sur leurs terres ancestrales s’ils sont obéissants-repentants, et à condition qu’ils n’embêtent personne et surtout pas les minières (or et uranium) monopolistes qui exploitent la force de travail local et spolient les ressources nationales (2).

 

De quel côté se ranger ?

 

Au milieu de ce salmigondis l’intellectuel Samir Amin se défend d’appuyer l’impérialisme français mais se prononce en faveur de l’intervention des impérialistes français qui ont bien raison, dit-il, de réprimander leurs terroristes au chômage et de reprendre le contrôle de leur néo-colonie faillie, mais sans la maintenir comme un État client dominé et exploité suggère-t-il (3). Mais, pourrait-on rétorquer, c’est exactement le but recherché, replacer la néo-colonie en État de marche en tant que courroie de transmission entre les puits de mine et les usines en France métropolitaine.

 

Deux intellectuels protestent outrés contre leur ami Samir Amin le révisionniste qu’ils réprimandent vertement. Au nom de la «souveraineté» malienne – inexistante comme nous venons de le constater – et au nom de la fraternité entre la bourgeoisie malienne dominée et les capitalistes monopolistes français dominants et occupants, ils écrivent : «(…) et si ces sommes considérables (30 millions d’euros d’effort de guerre français au Mali. NDLR) étaient affectées au développement et à la coopération réelle du Mali avec la France, que resterait-il aux fameux «islamistes», ou aux séparatistes Touaregs, ou à leurs alliés du Qatar et d'ailleurs, comme espace politique pour intervenir?» (4).

 

Deux questions confrontent ces internationalistes. Pourquoi dénoncer la lutte de libération nationale que mène la bourgeoisie Touareg de l’Azawad et pourquoi dans ce conflit prendre parti en faveur de la bourgeoisie malienne compradore du Sud contre celle du Nord ? Question encore plus importante : que resterait-il comme espace aux impérialistes français pour spolier la plus-value des ouvriers, la rente foncière des paysans, le profit des artisans et les ressources naturelles du Mali si la France se mettait tout à coup à affecter les crédits de l’État bourgeois français au développement et à la coopération fraternelle ? L’État français bourgeois ne verse pas le sang de ses soldats et ne débourse pas de tels montants pour aider le Mali à devenir prospère et indépendant. Si c’était le cas il lui suffirait de se retirer du Mali et d’abandonner à son sort la bourgeoisie compradore qu’elle y a implantée et de cesser d’armer ses flibustiers (5).

 

Comme vous le comprenez cette guerre de la diplomatie de la canonnière Françafrique au Mali est une querelle de famille entre petits et grands bandits et leurs thuriféraires tous divisés sur les modalités de sujétion du peuple malien. L’Islam, la souveraineté nationale, la coopération équitable et fraternelle, la démocratie, l’emploi, le développement social, la croissance économique, le prix des produits agricoles et le peuple malien ne comptent pour rien dans cette échauffourée entre vauriens.

 

Les progressistes et les internationalistes du monde entier n’ont qu’à se ranger du côté des paysans, des artisans et des ouvriers du Mali et de leurs familles, la grande majorité de la population malienne qui ne veut pas de guerre, ni d’arbitraire. Souhaitons que les différents peuples regroupés dans cette fédération hétéroclite appelée Mali sauront s’unir et s’armer, et comme l’immense peuple algérien en 1962, chasser la puissance néocoloniale, ses terroristes-islamistes sous-traitants et les sous-fifres nationaux stipendiés.

 

La France hors du Mali.

Le Mali aux peuples du Mali.

Fraternité entre tous les peuples du Mali, aucun n’est ennemi.

Solidarité dans l’adversité entre tous les ouvriers du Mali.

 

 

1.      http://fr.wikipedia.org/wiki/Mali

2.      http://www.mondialisation.ca/les-veritables-raisons-pour-lesquelles-lallemagne-demande-aux-etats-unis-la-restitution-de-son-or/5321941

3.      http://www.m-pep.org/spip.php?article3184

4.      http://www.lapenseelibre.org/article-mali-gauche-proguerre-et-recolonisation-reponse-a-samir-amin-n-71-115043888.html

5.      http://www.mondialisation.ca/la-guerre-civile-au-mali-une-tragedie-a-huis-clos/5321351

 

 

 

 

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Dans le volume Impérialisme et question nationale (le modèle canadien) (2012) nous présentons l’évolution de la lutte de classe au Québec du soulèvement patriote (1837) jusqu’à aujourd’hui (2012). Le volume est disponible GRATUITEMENT en téléchargement (format PDF Acrobat) à cette adresse :   
http://www.robertbibeau.ca/imperialisme.pdf

 

 

Afrique: le continent spolié!

http://www.fr.alakhbar.info/5142-0-Afrique-le-continent-spolie.html

 

Par Robert Bibeau

 

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6 février 2013 3 06 /02 /février /2013 05:17
Mardi 5 février 2013

 

Monument de StalingradLes media occidentaux présentent aujourd’hui l’URSS et tout ce qui s’y rapporte sous un aspect négatif. Cependant, il y a soixante-dix ans, les troupes de l’Armée rouge faisaient plier à Stalingrad les troupes hitlériennes, scellant de facto la défaite de l’Allemagne. Les Russes, qui ont été délibérément envahis au cours de la Seconde guerre mondiale, ont perdu dans cette barbarie plus de vingt millions de vies humaines. Mais l’Europe, myope autant qu’ingrate, continue de considérer Moscou comme un « ennemi » gênant, cherchant à diminuer quand ce n’est pas nier la contribution décisive de l’Armée rouge à la victoire finale.

 

En Russie pourtant, les choses ne se passent pas de cette manière, et malgré les sept décennies qui nous séparent de cet événement, des millions de Russes vouent encore une véritable admiration à ce jour du 2 février 1943, au cours duquel Staline et l’Armée rouge brisèrent l’encerclement de Stalingrad. Aujourd’hui, ce lieu héroïque s’appelle Volgograd. Les habitants de cette ville d’un peu plus d’un million d’habitants ont décidé le 31 janvier 2013 qu’elle allait reprendre quelques jours par an le nom de Stalingrad, celui qu’elle avait durant la période soviétique. Plus précisément, le nom officiel de « ville héroïque de Stalingrad » sera repris durant toutes les commémorations de la grande victoire de l’Armée rouge. Sergueï P. Zabednov, l’édile local qui est à l’origine de cette décision, a ainsi déclaré dans un entretien au New-York Times que les media pourraient reprendre à loisir le nouveau nom de Stalingrad dans leurs communiqués, et que les tableaux d’affichage des trains allaient même être modifiés comme il se doit.

 

Outre le 2 février, Volgograd recouvrera son ancien nom cinq autres jours, tous représentatifs de la victoire de l’Union soviétique, parmi lesquels le 9 mai (capitulation de l’Allemagne) et le 22 juin (début de l’invasion nazie). À l’origine, Volgograd s’appelait Tsaritsyne. La ville conserva ce nom-là depuis sa fondation, au XVIème siècle, jusqu’en 1925 où elle fut dédiée à Staline dans un vaste mouvement d’appellation des villes aux noms des dirigeants bolcheviks. Ce n’est qu’en 1961, durant la campagne révisionniste de déstalinisation menée par Nikita Khrouchtchev, que la ville fut rebaptisée Volgograd.

 

Portrait de Staline sur un busVladimir Poutine a rapidement été accusé par plusieurs partis de vouloir récupérer le sentiment de sympathie que nourrit encore l’Union soviétique. Un sentiment incompréhensible pour quantité d’Occidentaux qui s’étonnent que Staline soit toujours considéré en Russie comme le « petit père des peuples » ou comme un artisan majeur de l’écrasement de la tyrannie hitlérienne (quand ce n’est pas les deux à la fois). Ce sentiment, loin de décroître, va même crescendo ; ce qui explique pourquoi une inscription à la gloire de l’ancien dirigeant soviétique orne désormais le hall d’entrée de la station de métro Kourskaïa, au centre de Moscou. Les autorités de Saint-Pétersbourg et de Tchita, en Sibérie, avaient quant à elles décidé que les autobus de leurs cités seraient décorés ce 2 février de grands portraits de Staline, une initiative controversée qui a pourtant déjà été prise à plusieurs reprises au cours de ces dernières années.

 

Les media internationaux gagneraient à sortir du contexte de la Guerre froide et de la propagande qui en découle, et réfléchir à ce que serait l’Europe si Staline et l’Armée rouge n’avaient pas infligé à l’envahisseur nazi une défaite dont il ne se relèvera jamais. Mais pour cela, il faudrait faire preuve d’honnêteté. Et c’est une tâche ardue quand on a fait du révisionnisme historique son métier.

 

Capitaine Martin

 

 

 

L'info internationale sans langue de bois,

 

 

  29:40

04/02/2013

 

Au menu, Stalingrad

 

Copyright Bourgeron, Ricard et Dupuis

 

Lire mon article,

très engagé pour la Vérité :

Qui sont les VRAIS révisionnistes ? (Chantal Dupille)

 

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