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21 février 2011 1 21 /02 /février /2011 17:08
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21 février 2011 1 21 /02 /février /2011 16:36

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http://yurtao.canalblog.com/archives/le_tao_de_la_yourte/index.html

 

 

 

 

 

Le WE a été magnifique. Depuis plusieurs jours, un soleil radieux porte aux travaux forestiers. Une saine fatigue plane sur mes reins, ces activités physiques me sont vitales après le travail de bureau.

On a débroussaillé le bas du terrain, débarrassé les bords du chemin de quelques pins branlants, et dégagé le superbe polownia sauvage, qui bruisse de myriades de petits oiseaux fouaillant ses ramures de cosses. Les pitchounets s'accrochent en haute voltige aux grappes de coques pour se gloutonner de graines, dans un cliquetis de pets secs cascadant sur les restanques.

Ce Dimanche, Tine déplace joyeusement (Tine est toujours joyeuse!) des pierres énormes sur la restanque de sa yourte. Sa force de travail me sidère toujours. En un tourne-main, elle remonte une terrasse vieille de cinq cent ans qui a glissé sur la roche, encrabouillée de racines.

Plus bas, je termine le défrichage de la veille, le dos au soleil. Un gros sac de chutes de tissus béant au pied d'un arbre attend que j'en extrait textures et couleurs, bannières à offrir à la douce brise dorée. Tout bien ratissé, je savoure enfin l'entrée dans ce moment de jeu avec la lumière, en exhumant satins, popelines, cotonnades, soie, nylons et jerseys, pour fabriquer, le long de la falaise en cours de dégagement, une barrière symbolique.

Je chantonne, dans la douceur d'un après-midi exceptionnellement limpide, en nouant mes lanières multicolores sur les fils de fer courant entre les arbres. Je vais leur faire une allée royale, aux villageois qui promènent, aux randonneurs et aux curieux qui ne manquent pas d'emprunter ces sillons, j'ai plein d'idées et de matières en jachère dans ma besace. J'ai cantonné les ailantes déracinées dans un fossé, dont les formes arachnéennes se balanceront bientôt en collier d'accueil du camp. J'imagine le tressage de jeunes branches d'acacias contre l'invasion de sangliers. Et la récup d'eau de la falaise, et le jardin dessous, plein Sud, sur l'anthracite meule et légère. Et les buissons de rhododendrons, les tournesols chauffés au gré, et puis tiens, une allée pleine de framboisiers et de groseilliers !

Lundi 5 heures du matin. Les étoiles brillent fort dans le cercle transparent du haut de la yourte. Je me peux plus me passer d'elles. Je ne peux plus dormir sans elles. Fidèles, abondantes, elles absorbent mon premier regard de la journée, le remplissent de verticalité apaisante en reliant mon quotidien à l'univers. Elles sont mon viatique, ma richesse, mon trésor.

A cette heure de Février, il fait frais dans la yourte. Le poêle est éteint depuis longtemps, mais je suis bien couverte. Ma tonicité matinale me permet de me délecter de mon petit déjeuner malgré les 8 ou 10 degrés ambiants. Un peu de rangement et normalement, je descends au boulot.

Quelques minutes de marche dans le froid vif, transition privilégiée entre la forêt et le village, l'aube à l'horizon, fusées de projets en bandoulière, c'est un moment de pure joie que cette solitude dans la fin de la nuit, en pleine nature, sous la protection des veilleuses célestes.

Pas ce matin. Je grelotte. Pas normal. Je rajoute une couverture. Je grelotte de plus belle, l'air froid a du s'immiscer sous la couette. Pas normal. Au bout d'un moment de résistance rageuse, je me résous à rajouter un duvet, réservé normalement aux conditions extrêmes. Rien n'y fait, je claque des dents, impossible de contenir ma mâchoire.

Et doucement, la douleur s'immisce.

D'abord juste une gène qui va passer, qui passe pas, et qui creuse.

Une balafre qui s'incruste, se durcit comme une lame, fore, perfore, serre, vrille, lance, et s'installe.

Vers 7 heures, je comprends que je ne descendrais pas ce matin et qu'il faut absolument que j'arrive à allumer mon poêle. L'extraction de ma couche réduit mes illusions de normalité à néant. Il se passe quelque chose d'inattendu et de grave, qui prend le devant de la scène. Quand le feu ronronne enfin, les tremblements ne s'arrêtent pas pour autant. Et la douleur à la poitrine me renverse.

Je n'ai pas de portable à cause de mon électrosensibilité. Or là, je ne tiens pas debout, et il me faut de l'aide.

Il est 8 heures, j'ouvre la fenêtre et j'appelle Tine qui dort dans la yourte en dessous. C'est trop tôt et je n'ai pas de souffle. Enfin, à 9 heures, je rappelle, et Tine arrive en robe de chambre, par moins trois dehors, le jour déjà bien clair. Je bredouille que je suis sans doute en train de faire une crise cardiaque et qu'il faut qu'elle appelle le médecin tout de suite. Elle file, paniquée.

Une demi-heure après, elle m'apprend que mon médecin traitant ne peut pas se déplacer parce qu'il a dix sept visites de petits vieux ce matin, qu'il lui a conseillé de m'amener chez mon cardiologue à Alès, à trente bornes, si j'arrive à descendre jusqu'à un véhicule.

OK, je me lève péniblement, j'enfile mon manteau et Tine me soutient.

Au bout de dix mètres, je lui glisse des bras et perds connaissance.

Pauvrette de Tine ! Elle ne me lâche pas, elle crie pour faire grimper son compagnon à la rescousse, et me parle sans arrêt. Je me souviens seulement qu'à un moment, elle s'est écrié quelque chose du genre : « Mais où tu vas Sylvie ?!!!» et que je lui ai murmuré, et c'était bon et doux :

« Je m'en vais. »

Oui, c'était vraiment tranquille.

Je n'ai plus peur de la mort depuis ma NDE d'il y a trente ans. Je sais que j'ai accompli la vision qui m'habite depuis si longtemps, que mon désir le plus profond est réalisé. Que j'ai atteint, à la force du poignet et d'une exigence intérieure inaltérable, ce petit ermitage en bord de falaise qui a guidé tous mes choix. Il me manque juste encore la sagesse de n'en plus bouger.

Alors je ne lutte pas, je laisse faire, les choses ne m'appartiennent pas. De toutes façons, les forces me quittent. J'essaye juste d'être disponible à ce qui arrive, d'écouter le cri du dedans, aigu, désordonné, et le murmure du dehors, qui s'estompe sous le choc intérieur.

Cette fois, ils appellent le Samu. Tine a glissé sa petite veste sous moi et je gis sur le sol brillant de givre, transie, à demi-inconsciente, repliée sur la douleur. J'essaye de ne pas m'évanouir à nouveau, c'est tout.

Au bout d'un long moment, bottes, rangers et sabots blancs piétinent la terre, on me renverse dans un brancard mou et me recouvre de papier doré. Des blouses blanches m'obligent à nommer le lieu de mes maux, et la valse des piquouses commence. On m'envoie une charge de cheval censée éradiquer illico la fauteuse de trouble. On me déshabille en plein air pour me spatcher de partout, je n'en peux plus.

Puis ils se rendent compte que vu l'escarpement du sentier, ils ne seront pas assez nombreux pour m'évacuer. Il faut attendre un autre contingent de pompiers. Une heure et demie par terre. Enfin, six hommes costauds me soulèvent et je me laisse porter comme un bébé. Arrivés à la yourte du bas, ils m'invitent à tomber plutôt là la prochaine fois, ça serait moins compliqué, je promets. On longe ma barrière de tissu multicolore qui balance doucement au soleil. Plusieurs véhicules sont garés à la piste. Ils auraient pu passer par en haut, la route goudronnée étant à cent mètres à couteau tiré, si mon vieux voisin qui me refuse le droit de passage n'avait bardé l'issue de ses fameux fils de fer...

On file aux urgences à toute barzingue, les amortisseurs sous la carcasse blanche sont nases. Le pompier qui me tient la main arbore un sourire d'une gentillesse rayonnante qui n'atténue pourtant pas les lancinants photons des spots braqués sur ma tête.

Aux urgences d'Alès, bien sûr, ils sont débordés.

Attente, radio, analyses de sang, ça se bouscule, pas d'auscultation, pourtant, ici, il fait chaud, je veux bien me déshabiller. Je flotte, la douleur s'est largement atténuée. Le médecin qui voudrait revenir visiter les yourtes un WE avec sa famille m'annonce que tout va bien, le cœur est au top, ça doit être un nerf coincé. RAS, circulez.

Éberluée, honteuse d'avoir fait déplacer tant de gens pour si peu, je m'avachis sur le lino du couloir en nourrissant un doute sérieux sur ma santé mentale. Tine me ramène, et dans la foulée des anti-douleurs massifs qui m'ont été administré pour masquer mes maux, j'arrive à remonter à ma yourte.

Et ça recommence. Seulement là, je n'ai plus confiance dans mes perceptions.

Je dois fabuler, somatiser un chagrin méprisé, vouloir me rendre intéressante, mon hypersensibilité me joue des tours ou je fais une crise d'hystérie... Bref, je cherche des excuses à la souffrance qui me nargue, pour m'aligner sagement sur le diagnostique du médecin urgentiste.

Mais dés que s'estompent les effets des analgésiques, la douleur se rebelle avec une crudité inouïe et je retombe sur mon lit, exsangue.

Pas question. La nuit descend, le froid avec, il faut faire du feu.

Et le lendemain matin, après les étreintes déchirantes des flèches du mal, rallumer, ramper jusqu'au tas de bois, fourrer les brindilles, le petit bois, enflammer, attendre les premières braises pour placer les buches, et espérer qu'il ne pleuvra pas car je manque de réserves sèches à l'intérieur.

Voilà, c'est ça la survie, la confrontation à l'essentiel.

Je ne soliloque pas, en extase sous les étoiles, sur l'influence souveraine des constellations sur la marche des peuples, je suis devant mes limites les plus crues, une faiblesse sans fond, mes imprévoyances, mes vanités réduites en bouillie, et l'ampleur des risques que j'ai un jour décidé d'accepter en échange de la liberté d'habiter dans la nature en si frustres conditions.

Le lendemain, la fièvre de la nuit continue à monter, lorsque j'entends des pales assourdissantes vrombir un raffut d'enfer juste devant moi.

Je lève la tête de l'oreiller trempé de sueur, et stupéfaite, découvre, à travers ma petite porte-fenêtre sans rideau, un gros hélicoptère, exactement à ma hauteur, à quinze mètres de la yourte juchée en bord de falaise.

Sensation ahurissante de ne même pas pouvoir appeler au secours vers des types sur-équipés qui me jumellent !

L'escadron de gendarmes volant descend ensuite au ralenti jusqu'à la yourte de Tine, marque une pause aussi insistante que devant chez moi, puis survole la yourte du bas, fait demi-tour et repasse, nous matant toujours aux jumelles.

Les pompiers ont du nous signaler.

Bon, entre la télé le mois dernier et les gendarmes en hélico aujourd'hui, on est transparents comme une poignée de crevettes sauvages braconnées dans un fond de torrent Cévenol....Reste plus qu'à savoir à quelle sauce ils vont nous mijoter....

Je supplie Tine, qui vient commenter l'intrusion gendarmesque, d'aller chercher mon médecin traitant. Tine court supplier le médecin traitant de monter jusqu'à la yourte.

Elle plaide, argumente, insiste, use de tout son charme, lui propose thé au jasmin et  kumbucha, l'invite à déjeuner de graines germées toutes plus revitalisantes les unes que les autres, et même à le convoyer avec son propre véhicule...

Le médecin, la quarantaine, proteste qu'il s'est foulé la cheville. Mais Tine veut bien le porter, c'est pas si loin, le supporter, même pas cinq cent mètres, lui dégager les pierres sous le pied....

Il finit, de mauvaise grâce, par arriver à la yourte, l'air fermé.

On se connait assez bien et je vois, malgré mes quarante de fièvre, qu'il n'est pas content. Ce qui ne me rend pas très coopérante, vu le cirage où je suis engloutie. Son renfrognement refoule mes éventuelles plaintes dans un cachot de silence sans espoir.

Le médecin constate la fièvre et déclare que j'ai la grippe. Il me prescrit du Doliprane  et un anti-vomitif, plus une prise sang.

Je m'enfonce un peu plus dans l'abattement. J'aimerais le croire, mais ça ne marche plus.

J'essaye pourtant, avec une bonne volonté pathétique, de le faire croire aux autres, mes amis qui viennent me visiter, les enjoignant de se protéger de ma contagion.

Dans l'après-midi, P. me ramasse du bois sec de toutes tailles, va chercher de l'eau, recharge les bouilloires, balaye et cuisine, mais je ne peux rien avaler. Je serre les dents pour ne pas me laisser déborder par mes affres minables et profiter de ces moments de solidarité et d'amitié.

Le lendemain matin, Tine arrive à dégotter une infirmière qui râle pas. La yourte lui plait mais, quand elle redescend, elle glisse du haut de ses talons compensés, et c'est la chute. Bon, là, on décide qu'il ne faudra plus jamais aller chercher quelqu'un sans lui offrir une paire de godillots adéquate....

Après, H. passe avec un anti-inflammatoire et de la spiruline, que j'avale goulument. La pilule me procure une once d'éphémère soulagement.

Ensuite Clo, dont le magnifique poncho orange embrase la yourte, qui doit commencer à émaner des vapeurs délétères, m'offre des présents comestibles, agrémentés d'un joli dessin de gestation cosmique qui m'envoie comme un arc en ciel au cœur.

Je lui explique, tentant une nouvelle fois de m'en persuader moi-même, que je n'ai qu'une grippe, que j'ai trouvé la solution avec ces petites pilules, sauf que j'en ai plus, et elle court m'en chercher. Ahrr! Apprendre à demander, à se laisser aider ! Quelle humilité et quel cadeau !

 

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Et la troisième nuit, et le quatrième jour.

Macérations de douleurs, bout des forces, besoins primaires, inconnu grimaçant des pronostiques bouchés... Le seau de pisse à vider, le gant à rincer, le poêle ricanant qui, chaque nuit, s'éloigne un plus de ma portée. Je ne peux quasiment plus me lever.

Je n'ai pas la grippe, j'en suis certaine, et quand je laisse mon intuition percer la place dévastée de la raison, j'entends le mot « pleurésie ». Je ne sais même pas ce que c'est. Sans doute mon corps somatique le sait, qui chuchote derrière les fagots.

Je regarde de plus en plus souvent le poignard suspendu au-dessus de ma couche, je me dis que si ça continue.... que si je n'en peux plus....que ça ne pourra pas durer.

Je réfléchis à la façon dont je pourrais en terminer proprement vu mes ressources, et j'opte pour deux solutions, que je n'arrive pas à départager : me jeter de la falaise ou me couper les veines. Je calcule méthodiquement les avantages et les inconvénients.

La morbidité m'a envahi, je la laisse courir et épuiser son délire.

Tine à midi me ramène plein de légumes du marché, où court le bruit que je commence à aller mieux... Donc, elle ne rentrera que demain et personne ne viendra cet après-midi...

De beaux poireaux sont étendus devant ma porte, une salade verte charnue à souhait, deux dodus artichauts violets qui, en d'autres temps, m'aurait fait saliver, mais soudain, je sais avec une certitude sans faille que ces légumes superbes ne sont pas pour moi, ils viennent d'un monde que je suis en train de quitter, inexorablement.

Je sais que ce soir, je ne serais plus capable de m'accrocher aux étoiles, que la nef de ma voute céleste, qui me porte de plus en plus péniblement sur les rives du jour suivant, est en train de sombrer dans l'effondrement du corps.

Mon cœur s'est emballé, il bat frénétiquement en arythmie violente, tellement fort que j'ai l'impression qu'il va sauter hors de ma poitrine et exploser.

Le feu décline doucement dans le poêle, et au moment où je me dis que je n'aurais plus la force d'enfourner la prochaine buche, je comprends que je ne franchirais pas la nuit qui vient.

Alors je m'abandonne. Dans une posture d'absence totale de désir de changer quoi que ce soit, partagée entre l'atroce chevillement de ma poitrine et la curiosité d'une transformation radicale, d'une échéance absolue, j'écoute avec un profond respect la lutte, farouche, ultime, que mon corps oppose à son délitement.

En fin d'après-midi, j'entends vaguement des pas au dessus de la yourte, mais je n'ai plus la force de lever la tête.

Et puis, tout à coup, la porte-fenêtre s'ouvre et je vois Nouchka se pencher sur moi.

Elle claironne :

« On m'a dit que tu vas de mieux en mieux, alors j'en profite pour venir te voir! »

Teint blafard, regard noyé, je réponds simplement, à bout de souffle :

« Je vais de pire en pire. »

Alors Nouchka va faire ce qu'il faut faire. Sans tergiverser.

Elle me jure qu'elle va me sortir de là, m'amener à l'hôpital de P, un ancien sanatorium en pleine Cévennes, à vingt kilomètres d'ici, elle y connait un infirmier sympa, elle va appeler. Je réponds que je ne pourrais pas marcher. Elle m'assure qu'elle va chercher du secours pour m'extraire de la yourte.

J'ignore au bout de combien de temps ils arrivent, il fait encore jour.

Elle a ramené la copine et le copain qu'elle héberge.

Nouchka est une femme au grand cœur qui accueille chez elle toutes sortes d'êtres humains, certains envoyés par les services sociaux, d'autres par la route, le Tao ou le hasard des rencontres.

C'est ainsi qu'un trio de « marginaux » non rentables, non profitables, « hippies » chevelus aux mains nues, va accomplir la performance qu'aucune équipe de choc hyper-formée, hyper-payée, hyper-sophistiquée n'a été capable de faire.

Je franchis le seuil de la yourte courbée en deux et ne peut décoller tant le souffle me manque. Mais je suis mourante, je n'ai pas le choix. La seule issue, c'est marcher jusqu'à la route.

Je me suspends aux carrures offertes, elles me soutiennent sur les cent mètres les plus épineux qu'il m'ait été donné de parcourir. Je m'écroule tous les dix mètres, et tous les dix mètres, je crois que c'est mon dernier pas.

Le cœur à 160, la capacité respiratoire à 50, la tension à 8, une fièvre à faire flamber la colline, un étau  de plomb enserrant ma poitrine, dénutrie, amaigrie, je m'affale enfin, au crépuscule, sur le siège arrière de la voiture.

Ma tête repose sur les genoux d'une jolie jeune nomade de retour d'un bivouac avec ses ânes sur les sentiers Cévenols.

On roule doucement en silence à travers la forêt et, dés notre arrivée, l'affable infirmier de l'accueil, qui nous a patiemment attendu hors ses heures réglementaires, radiographie mes poumons.

Pneumopathie carabinée. Très sévère, selon le grand chef en blanc.

Branle bas de combat autour des mesures affolées.

Le cœur à calmer en priorité. Perfusions, oxygène, médocs.

Quand tout est posé et que, bardée de tuyaux, je me sens un peu en sécurité, je confie enfin au médecin :

« J'ai cru que j'allais clamser »

Et le médecin me répond du tac au tac, d'un air grave, en hochant la tête:

« Vous étiez en train de clamser, Madame. »

Ahrrr ! J'aime qu'on me parle en vérité.

Choquée, abrutie de douleur, je comprends en un éclair que Nouchka, ma bonne Nouchka, vient de réussir ce que l'armada technocrate a complètement raté.

Elle m'a sauvé la vie.

Le sang privé d'oxygène stimulait les reins à son secours, et les reins saturés ont déclenché la détresse du cœur. Début d'embolie.

La pleurésie, ils la trouveront plus tard, quand la morphine ne suffira plus à calmer la douleur et qu'ils me feront traverser les montagnes enneigées de Lozère pour passer un scanner à Mende.

A Alès, bien sûr, ils sont toujours débordés.

Nouchka, ma belle,

chaque fois que je te verrais désormais,

larmes de tendresse et joie se disputeront

le saisissement émotionnel qui m'envahit

devant la femme qui m'a sauvé,

la femme sage et bonne

qui m'a accouché

des jours en plus qui me restent.

 

http://yurtao.canalblog.com/archives/le_tao_de_la_yourte/index.html

 

.

Soyons fermes et inébranlables dans notre vérité et nos choix,

poursuivons nos travaux dans l'attention à ce qui vaut la peine.

Ne dévions pas de notre chemin intérieur,

et si nous ne pouvons le préserver de la violence,

ne sombrons pas nous-même

dans la concession, l'accusation, la trahison,

ne sombrons pas dans la brutalité...

Ne nous soumettons qu'à notre liberté, qu'à notre courage,

afin que quand ils viendront nous chercher,

nous soyons doux comme des colombes

et imprenables comme des aigles.


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Car si nous ne savons pas l'heure et le jour où ils viendront,

nous avons le pouvoir de céder la place en bon état,

et de partir en ayant accompli

ce pour quoi nous sommes apparus.

 

(sur ce blog)

 


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21 février 2011 1 21 /02 /février /2011 07:14

 

De grandes parties de la population à travers tout le continent souffrent des conséquences massives de la crise économique. Les sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge font office de baro­mètre socio-économique qui réagit plus vite que n’importe quelles statistiques. Un nombre croissant de personnes, même celles qui normalement ne penseraient jamais à demander de l’aide à une organisation caritative, s’adresse aujourd’hui aux sociétés locales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge pour y demander du soutien par rapport aux biens de base de nécessité vitale. Beaucoup de sociétés nationales reçoivent des demandes d’argent en espèces pour régler des dettes ou bien payer les factures d’électricité. Les sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge luttent pour suivre les appels à l’aide augmentant à un moment où leurs propres ressources sont sous pression. Elles font tout ce qui est possible pour aider les gens dans ces pays face à cette situation nouvelle. Pendant que les gouvernements dépensent des billions de dollars pour sauver les banques et les structures financières, il y a peu d’indications d’un engagement semblable face à la crise sociale.

Une des conséquences majeures du déclin économique est la baisse de l’emploi. La crise a évincé des millions de personnes de leurs emplois. Rien que dans l’UE, on estime que 21,8 millions de femmes et d’hommes ont perdu leur travail. La jeunesse est spécialement menacée et désespérée ne trouvant pas d’accès au marché du travail. En 2010, 20% des Européens en dessous de 25 ans étaient victimes du chômage des jeunes. Encore beaucoup plus de gens ont perdu leur emploi dans les pays voisins et en dehors de l’UE. En comptant les proches des chômeurs, on peut partir du fait qu’il y a actuellement environ 50 millions de citoyens vulnérables2 suite au chômage, uniquement dans l’UE. Et ce chiffre ne comprend même pas ceux qui ne cherchent pas de travail. Les sociétés nationales définissent le chômage comme facteur principal de vulnérabilité, mais également les baisses de salaire, la réduction d’heures de travail, la perte des petits boulots et les changements unilatéraux des contrats de travail comme causes de cette misère qui augmente. Tout cela amène une baisse du pouvoir d’achat des ménages ce qui, dans certains pays, coïncide avec un endettement largement étendu. Cet endettement est souvent lié au financement de l’appartement. Beaucoup de gens ont acheté des maisons et des voitures à l’aide de crédits et craignent, avec la perte du travail, de perdre l’home de leur famille parce qu’ils ne peuvent payer les hypothèques. L’endettement contribue également à l’augmentation de la vulnérabilité. Il apparaît clairement que l’Europe doit donner plus d’aide à sa population pour éviter une situation où la misère sociale s’établit.

Personnes spécialement menacées

Pratiquement tous les pays de la zone européenne sont frappés par la crise. Dans deux ou trois pays les conséquences sont relativement faibles. Beaucoup de pays cependant souffrent des conséquences lourdes: au moins 75% des sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge sont témoins oculaires des conséquences importantes de la crise économique sur les personnes les plus vulnérables dans les pays respectifs. Les plus menacés sont certains groupes spécifiques qui risquent d’être exclus du marché du travail pour une longue période.

D’après un tiers des sociétés nationales, l’un des groupes les plus vulnérables est celui des enfants et des jeunes. Les jeunes qui ont des difficultés à trouver un travail risquent de tomber dans les mains des trafiquants d’êtres humains (avant tout à l’est) et d’être mêlés à des affaires de drogues et d’alcool et à la criminalité. 95% des sociétés nationales désignent le groupe des chômeurs comme le plus menacé. D’après un tiers des sociétés nationales, ce sont avant tout les migrants et leurs familles qui sont spécialement concernés: être migrant est un facteur de risque de vulnérabilité, ce qui coïncide avec la baisse d’envois d’argent des migrants dans leur pays d’origine et la vulnérabilité des migrants eux-mêmes, spécialement des sans-papiers vivant déjà à l’ombre dans les pays hôtes. Pour les migrants, le problème des marchés du travail affaiblis dans leur pays hôtes, dont ils sont de plus en plus exclus, représente tout autant un problème que leur retour dans leurs pays d’origine où un chômage illimité les attend. 30% des sociétés nationales considèrent les personnes âgées également comme spécialement vulnérables. Ils doivent craindre des baisses de leurs pensions, les pauvres ont une marge plus petite de survie ce qui conduit à la privation sociale. D’après 20% des sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, ce sont les réfugiés et les requérants d’asile qui sont menacés et plus de 60% voient les vulnérabilités déjà existantes s’aggraver avec la crise. Des personnes déjà pauvres, faibles ou marginalisées sont concernées par la crise de façon disproportionnée. Des familles et des familles monoparentales sont confrontées à des circonstances spécialement difficiles. Dans l’UE les petits boulots sont de moins en moins disponibles, ce qui prive les plus faibles de la société de leurs revenus. Des personnes appartenant à des minorités, déjà marginalisées et souvent plus pauvres que la moyenne, sont plus souvent dans la misère. En font partie également des personnes concernées par la violence conjugale ou dépendant d’un accès régulier aux services de santé. Une des sociétés nationales considère la classe moyenne, probablement à cause de l’endettement, comme groupe vulnérable à l’intérieur de l’UE et elle y voit le risque de voir disparaître une couche sociale à l’intérieur de la société.

Aide en denrées alimentaires

Le plus frappant est le fait que plus de deux tiers des sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge ont intégré l’aide en denrées alimentaires dans leur programme pour essayer d’affronter la crise. Même dans un des pays dans lequel le revenu par tête d’habitant compte parmi les dix plus élevés du monde, on a pris en considération des programmes d’aide en denrées alimentaires. Des pays qui comptent parmi les plus riches du monde se trouvent parmi ceux qui ont à supporter de lourdes conséquences de la crise. La situation dans des parties de l’Europe de l’Est est particulièrement difficile, aussi bien en dedans qu’en dehors des pays de l’UE dans lesquels les gens ont moins de possibilités d’amortir sous forme d’épargne et de fortune, et dont les réseaux de sécurité sont souvent plus faibles.

Conséquences psychosociales et démantèlement des services de santé

La grande majorité des sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge rapportent de leurs pays que l’augmentation du chômage et la perte du pouvoir d’achat se conjuguent avec les conséquences des misères psychosociales qui s’ensuivent. Les gens ressentent l’insécurité qui augmente, basée sur le manque de sécurité financière et l’attente d’une période difficile. Avec cela, de plus en plus de personnes sont atteintes de problèmes de santé psychique et intellectuelle. L’abus d’alcool et autres problèmes de santé, l’isolation sociale et le stress augmentent, pendant que les contingents des gouvernements pour le domaine de la santé et autres réseaux sociaux diminuent. Le démantèlement des services de santé dans certains pays et les ressources diminuées au niveau des budgets font partie de l’érosion du bien-être des gens. Le manque d’investissements dans le domaine social signifient un risque d’extension et d’établissement de la pauvreté et de la peur.

L’établissement de la pauvreté

Les conséquences de la crise économique sur les couches sociales, les groupes ethniques et les différentes régions sont réparties de façon inégale. Des vulnérabilités déjà existantes liées à la pauvreté, l’âge, l’ethnie et les migrations aggravent les conséquences. Les sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge craignent que les nouvelles vulnérabilités comme le chômage, l’endettement et la marginalisation se durcissent si elles sont négligées et délaissées, qu’elles défavorisent durablement les personnes concernées et que les acquis sociaux du temps de la croissance se perdent. Le danger existe que les vulnérabilités s’établissent dans les structures socio-économiques de certains pays et régions, et qu’elles menacent la cohésion sociale des couches de la population et des groupements ethniques des sociétés à travers l’Europe tant que des mesures spécifiques ne seront pas prises pour sauvegarder un minimum de dignité pour les êtres humains.

Les pays et leur situation : groupes menacés

- L’Europe du Sud-est – héritage d’années conflictuelles

Alors qu’une des sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge de l’Europe du Sud-est désigne la société entière de vulnérable, pour tous l’impression dominante est que le chômage et la baisse des revenus consécutive, liée au chômage, représentent un facteur majeur. Une autre société nationale estime qu’à peu près un tiers de la population a besoin d’une forme de soutien pour pouvoir garder au moins un minimum de dignité humaine.

Les conséquences immédiates de la baisse d’envois d’argent des migrants travaillant à l’étranger et le retour des migrants dans leur pays d’origine, menacent les familles concernées. Des personnes âgées déjà à la retraite se révèlent comme groupe aux besoins croissants. Le nombre de personnes dans la nécessité qui ont besoin d’aide pour soins à domicile, ou de soupe populaire augmente, pendant que les sociétés nationales craignent de ne pouvoir assurer les demandes.

L’héritage des années conflictuelles et l’instabilité de la région exposent un grand nombre de réfugiés et de réfugiés internes à la vulnérabilité qui s’aggrave avec la crise économique. Les sociétés nationales en Europe du Sud-est rapportent que les prix pour les biens de consommation de base augmentent de façon rapide, ainsi que le chômage. Les gens ont de plus en plus de difficulté à assurer des revenus réguliers. Ces facteurs augmentent encore les difficultés à affronter les défis liés au grand nombre de personnes vulnérables.

- Hongrie – Aide en denrées alimentaires et en espèces

La Croix-Rouge hongroise distribue de grandes quantités de denrées alimentaires pour suivre la demande augmentée. De plus en plus de gens demandent du soutien financier pour régler leurs dettes et leurs factures d’électricité.3

- Suède et Finlande – chômage des jeunes en augmentation rapide

La Suède a toujours été connue pour son haut degré d’occupation pour les jeunes et faisait partie, à l’intérieur de l’UE, des pays ayant une politique sociale exemplaire. Mais le taux de chômage juvénile a augmenté en 2009 à 9,6%, ce qui représent que la Suede est à la deuxième place du chômage juvénile dans l’UE. Dans les pays nordiques la Suède ne semble pas être un cas isolé: en Finlande, les jeunes sont concernés par le chômage dans les plus hautes proportions: en l’espace d’un an, le chômage des jeunes y a augmenté de 16.5 à 22,6%. Pour pourvoir offrir des conseils aux chômeurs de longue durée dans les domaines de la santé et de l’assistance sociale, 44 centres de santé et d’assistance sociale ont été créés.

Quelque chose semble avoir changé sur le plan des possibilités des Etats-providence nordiques en ce qui concerne les possibilités de créer des emplois pour la jeune génération. Les pays nordiques présumés «intou­chables» ont aussi été attirés dans le tourbillon des conséquences de la récession.

- Islande – le pays entier victime de la crise économique

En 2008, le chômage a commencé à augmenter et le pays entier est devenu la victime de la crise économique mondiale. Des manifestations et des émeutes sociales en ont été la conséquence. Chaque ménage ordinaire a été concerné et des personnes qui jamais auparavant n’auraient eu affaire à la société nationale de la Croix-Rouge ont demandé de l’aide. En réaction, le nombre des programmes psychosociaux, installés par la Croix-Rouge a augmenté en flèche, une ligne téléphonique d’urgence 24 heures sur 24 a été créée. De l’aide en denrées alimentaires et du soutien sous forme d’habits sont devenus nécessaires. Les sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge de la Norvège, de la Suède et de Finlande ont soutenu la Croix-Rouge islandaise pour qu’elle puisse tenir ses engagements.

- Italie – nouvelle pauvreté urbaine

La Croix-Rouge italienne reçoit des signaux inquiétants de ses centres d’accueil, avant tout dans les grandes villes, à cause de la pauvreté urbaine augmentant et du besoin croissant d’aide en denrées alimentaires.4

- Espagne – tendance à la spirale de baisse sociale à l’issue incertaine

En Espagne, ce sont avant tout deux groupes de personnes ayant besoin d’aide qui ont été identifiés: L’un est composé de personnes qui habituellement, aussi en temps de croissance économique, sont aidées par des organisations sociales. L’autre, c’est un nouveau groupe qui se trouve dans une spirale de baisse sociale avec une issue économique incertaine. Le taux de chômage est alarmant; en août 2009 il était, en rapport avec la crise économique, à un niveau de 18,9%: Ceux qui sont concernés sont avant tout des personnes ayant perdu leur emploi, des chômeurs à long terme, des personnes n’ayant jamais fait partie du marché du travail, des personnes aux conditions de travail spéciales, des familles dont la plupart des membres ont perdu leur travail, des personnes handicapées, des personnes qui élèvent seules leurs enfants, avant tout des femmes, des jeunes ayant quitté l’école sans diplôme, des immigrants, avant tout des sans-papiers, des personnes âgées ayant de la parenté à leur charge et des enfants de familles vivant dans des conditions sociales vulnérables. Le chômage des jeunes était, au début de l’année passée, de 40,7%. 5

- Asie centrale – le retour de migrants accable les familles et les communes

En Asie centrale, les sociétés nationales ne se voient pas seulement confrontées à un nombre croissant de personnes cherchant de l’aide pour des besoins fondamentaux de tous les jours, mais aussi aux allocataires de soutien connus comme les patients souffrant de tuberculose, des personnes âgées ou des victimes de catastrophes naturelles qui deviennent vulnérables en raison des revenus diminués des sociétés nationales. Un nombre croissant des migrants rentrés ne trouve pas de travail, ce qui augmente le nombre de personnes menacées et fait croître l’accablement des familles et des communes.

- Lettonie – besoins croissants du peuple

L’activité économique en Lettonie continue à se trouver loin en dessous du niveau d’avant la crise économique. Fin août 2009, l’Etat letton avait déjà dépensé 1,11 milliards de lats lettons sur les 2,08 milliards d’aide financière internationale. Les crédits sont utilisés pour essuyer les dettes et les déficits budgétaires du gouvernement et pour promouvoir la stabilité du secteur financier, tandis que le système de santé et le système d’aide sociale sont à peine capables de couvrir les besoins croissants de la population lettone. La Lettonie avait au 4e tri­mestre de 2009 un taux de chômage des jeunes de 41,3%. La Croix-Rouge essaye d’aider, de livrer des habits et de donner de l’aide en denrées alimentaires aux familles.

La situation des sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge

Les sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge luttent pour couvrir les besoins croissants et atténuer la misère, pas seulement malgré, mais aussi à cause des moyens financiers toujours plus insuffisants, pour développer et réaliser de nouvelles stratégies en vue de la nouvelle situation. Certaines sociétés élargissent leur offre de programmes de soutien psychosocial, à l’origine développés pour des victimes de catastrophes. Maintenant les programmes sont élargis pour des personnes victimes de la crise économique. De tels programmes de soutien, services de conseil inclus, ont, d’après les sociétés nationales, besoin d’être développés, même si dans la plupart des cas les sociétés nationales en Europe peuvent avoir recours aux programmes d’aide ayant fait leurs preuves pour offrir des services supplémentaires. Les programmes traditionnels sont souvent bien établis et très bien connus des personnes dans le besoin et des partenaires actuels et potentiels. Pour cette raison, ils sont plus durables que les nouvelles initiatives peu expérimentées.

Beaucoup de sociétés soulignent la nécessité de pouvoir donner de l’argent en espèces aux personnes dans le besoin afin qu’elles puissent payer leurs factures de gaz et d’électricité.

Le plus difficile pour les sociétés nationales est le manque de soutien financier en vue du besoin d’aide croissant. Les moyens opérationnels pour pouvoir donner de l’aide humanitaire existent, mais les biens doivent être financés – et c’est là le plus grand défi. Avec des moyens financiers supplémentaires, les sociétés pourraient faire plus. En Belarus, en Moldavie, en Russie et en Ukraine par exemple les réseaux des sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge entreprennent des efforts considérables pour garder le contrôle de la situation. Des idées nouvelles ou déjà existantes comprennent entre autre aussi des programmes de soutien psychosocial pour des personnes qui souffrent à cause de la crise économique. On s’efforce de soutenir les ménages avec de l’argent en espèces pour que les factures d’électricité puissent être payées et des denrées alimentaires achetées, de sorte que là aussi le manque de moyens financiers représente le problème majeur pour les sociétés nationales.

95% des sociétés nationales doivent prendre connaissance d’une baisse de leurs revenus comme organisation et à peu près deux tiers d’entre elles souffrent d’une chute considérable. C’est spécialement le soutien financier d’entreprises et de sociétés, de leur propre gouvernement et le soutien international qui baissent. En ce qui concerne le soutien individuel il y a différents cas de figures: Plus de la moitié des sociétés parlent d’une baisse de dons qui ne serait cependant pas dramatique. Ce qui est remarquable c’est la générosité de certains individus soucieux d’aider d’autres personnes par leur contribution.

La «Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge» (FICR) est la plus grande organisation humanitaire au monde. La FICR forme, par ensemble avec les sociétés nationales et le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), le mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge. Le réseau extraordinaire des sociétés nationales, qui comprend aujourd’hui à peu près tous les pays du monde entier, rend possible à la FICR d’atteindre chaque commune. Les sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge représentent le travail et les principes du mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge. Les 186 sociétés nationales relèvent les défis croissants par une adaptation permanente aux situations nouvelles et le renforcement continuel de leurs capacités. En 2009 la Croix-Rouge et le Croissant-Rouge ont donné de l’aide à 44,8 millions d’être humains, et en 2008 encore à 22,8 millions de personnes. Le mouvement représente 97 millions de bénévoles, dont la moitié sont des jeunes qui veulent soulager la souffrance humaine et faire respecter le droit de chaque être humain à une vie dans la dignité et la paix.

Horizons & Débats

http://www.mecanopolis.org/?p=21999

Notes :

1 The economic crisis and its humanitarian impact on Europe. Testemonies from the Red Cross Red Crescent. Octobre 2009

2 «Dans la recherche sur le développement géographique, le concept de la vulnérabilité est utilisé depuis les années 1980 et a subi depuis plusieurs développements. La notion de vulnérabilité est devenue depuis une notion centrale dans la re­cherche sur le développement et dans la coopération de développement. En principe le concept de la vulnérabilité est un élargissement des concepts traditionnels de la pauvreté. On s’est rendu compte qu’avec la seule pauvreté les problèmes du développement et les crises de société dans le «tiers monde» ne peuvent être décrits suffisamment. La pauvreté – c’est-à-dire le manque d’argent et de biens – est seulement l’une des nombreuses causes et expressions des situations défavorisées dans la société.

En 1989, Robert Chambers a présenté une définition de la vulnérabilité qui est davantage que la pauvreté: la vulnérabilité ne comprend pas seulement un manque suite aux besoins insatisfaits, mais aussi un état social marqué par la fragilité, l’insécurité, et le manque de protection. Des personnes et des groupes de population vulnérables sont exposés aux chocs et aux facteurs de stress et ont des difficultés à en venir à bout. Ces difficultés ne résultent pas seulement du manque de ressources matérielles, mais du fait que les personnes concernées sont empêchées de participer en égales au bien-être et au bonheur parce qu’on les prive de soutien ou parce qu’elles ne sont pas incluses dans des réseaux sociaux de façon suffisante. La vulnérabilité ne comprend donc pas seulement une dimension économique ou matérielle (la pauvreté) mais aussi une dimension politique et sociale. Etre vulnérable veut dire être exposé aux facteurs de stress (dimension externe), ne pas pouvoir en venir à bout (dimension interne) souffrir des conséquences du choc et de ne pas le maîtriser […].» (d’après Wikipedia)

3 En 2010 le quota du chômage des jeunes âgés de 20 à 24 ans en Hongrie était de 25%, celui des 25 à 30 ans de 13%. Beaucoup de jeunes en fin d’étude ne trouvent également pas de travail. Le quota total est de 11%. Source: NZZ du 29/1/11.

4 La NZZ du 24/1/11 parle de l’exode de l’élite intellectuelle: Dans la seule année 2009, 42 000 bacheliers ont quitté l’Italie faute de perspectives.

5 D’après la NZZ du 10/1/11 ces trois dernières années 200 000 jeunes espagnols hautement qualifiés ont quitté leur pays – nécessairement. Où? Le quota du chômage des jeunes en dessous de 25 ans sans qualification est de 62%.

 

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Article placé le 19 fév 2011, par Mecanopolis

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19 février 2011 6 19 /02 /février /2011 03:18

Le jour où l’Arabie se réveillera...

 

 

Ben Ali, Moubarak, les cartes du château arabe s’écroulent en cascade. Les dirigeants se retournent la nuit dans leur lit. La contagion révolutionnaire sourd au Maghreb et au proche orient. Ses effets vont, probablement dans l’année, affecter le système à l’échelle planétaire mais le jour où l’Arabie Saoudite se réveillera, le monde changera.

Peu de gens connaissent l’Arabie Saoudite. Et pour cause ! Qui a lu un livre, un article ou vu un reportage à la télévision sur ce pays ? On sait que plus d’un milliard et demi de musulmans rêvent de s’y rendre pour y accomplir leur pèlerinage à La Mecque et Médine, que les princes habillés de tuniques blanches sont capricieux et généreux comme le petit Abdallah dans « Tintin au pays de l’or noir », on sait que c’est le premier exportateur de pétrole et accessoirement le premier importateur d’armes. Mais pour le reste ? En 1931, Albert Londres en reportage, nous en apprenait davantage sur le Nedj qu’une recherche sur Google aujourd’hui.

A l’abri des touristes et des journalistes occidentaux, l’Arabie vit cachée derrière un opaque rideau de pétrole. Ses habitants étouffent sous la chaleur du climat et la répression de la police religieuse, véritable inquisition qui leur impose un mode de vie monacal au nom d’un sectarisme fondé sur une interprétation insensée du Coran.

Arabie Saoudite, 28 millions d’habitants, seulement 14 millions d’âmes. Les femmes ne sont que filles de père ou mères de fils. Elles ont un statut d’incapable majeur. Tout leur est interdit : de montrer leur peau, leurs cheveux et leurs sourcils, de s’aventurer au supermarché sans être accompagnées d’un mari ou d’un tuteur dûment autorisé ; interdit de conduire une voiture, de faire du sport, de travailler dans des lieux où il y a des mâles, de voyager, de chanter, de danser, de rire… Le mariage forcé des fillettes de dix ans est valide. Les mariages provisoires (messyar) aussi.
Voici pèle mêle quelques récits rapportés par la presse locale : des gamines brulées vives dans l’incendie de leur école, d’autres noyées lors d’une baignade à la plage. Dans les deux cas, les secours ont été empêchés d’approcher par la police religieuse qui craignait un contact physique donc satanique entre fillettes et sauveteurs.

Le mois dernier, un couple fait ses courses dans une galerie commerciale. Un policier croit déceler un regard vicieux dans la meurtrière de la burqa de madame, il menace l’effrontée de son bâton, son mari, soldat dans le civil, proteste. Mal lui prit, il est menotté et rossé. A sa sortie d’hôpital 17 jours plus tard, le tribunal le condamne à 28 jours de prison et à 30 coups de fouets pour offense à un agent de la Commanderie pour la prévention du vice et la promotion de la vertu (PVPV c’est le nom officiel des moutawwa, la police religieuse). Mais le sort des saoudiennes reste enviable comparé à celui des deux millions et demi de petites bonnes à tout faire importées d’Asie dont nombre sont réduites à l’esclavage.
Lire les faits divers de la presse saoudienne donne les cauchemars d’un voyage au bout de la nuit !

Le temps en Arabie est celui des prières. On ne se donne rendez-vous qu’avant ou après l’une des cinq prières qui ponctuent la journée car à l’appel du muezzin, la vie marque une pause : Carrefour, Ikea, Pizza Hut, tous les commerces se vident, les rideaux sont tirés pour une petite heure.
Cela fait 38 ans qu’il n’y a plus de cinémas, ni de théâtres, d’opéra, de galeries d’arts, de bars, de discothèque, de radio musical, de programme de variété à la télé, pas de plage ni de restaurants mixtes, pas de music hall…J’exagère une peu car l’an dernier a eu lieu un récital de chants. Le présentateur est monté sur la scène et devant une salle pleine à craquer séparée en son milieu par un corridor de toile –les femmes voilées d’un coté, les hommes à moustaches de l’autre - il a annoncé doctement que le comité d’organisation avait décidé sous la contrainte de son plein gré, de supprimer l’orchestre et que les artistes se produiraient par conséquent à capela. Ce n’était pas une blague !

Cette vie austère favorise la consommation de drogues en tous genres et les pires dépravations sexuelles d’autant plus excitantes que leurs auteurs risquent d’avoir le cou tranché en place public. Sauf la noblesse dont les britanniques, toujours bien informés sur ces chapitres, estiment à 7 000 le nombre de princes mais sans préciser celui des princesses. Ces happy few ne sont pas concernés par les lois imposées au tiers état et aux étrangers.
La discrimination est érigée en loi. L’échelle des sujets est celle de nos lointains aïeux. D’abord les nobles, puis les riches bourgeois, les quidams aisés, les petits et enfin les misérables. Dans le pays le plus riche du monde, il y a selon le ministre des affaires sociales, 650 000 familles de 4 à 6 personnes qui vivent dans des taudis et subsistent de la charité publique. Les immigrés sont aussi catégorisés par origine : états-unienne, canadienne, australienne, européenne, musulmane arabe et asiatique et le reste. A emploi égal, il vaut mieux être Texan que Sri Lankais, le salaire est dix fois supérieur !

Au pays où le rire est suspect, la population se tait en silence. Le bâton n’est jamais loin. Les gens vivent cachés dans des maisons aux fenêtres aveugles. La télévision satellitaire (à parabole furtive) engendre une frustration permanente chez les hommes. Les chaines libanaises déversent des tombereaux de suggestions licencieuses. Même la présentatrice du journal télévisé de France 24 en arabe avec ses « cheveux lâchés » provoque de douloureux fantasmes. Que dire des photos qui circulent sur les téléphones portables ! Et des images de magazines entrés clandestinement comme Marie Claire, Elle, le Petit Echo de la Mode…!

Il y a dix ans, lorsque l’on présentait un billet de cent francs à un guichet de change, le caissier s’empressait de couvrir les seins de la Marseillaise d’un coup de feutre noir. Le passage à l’euro a déçu les banquiers lubriques !

Dès leur plus jeune âge, les enfants mâles sont séparés des femmes. Le garçonnet de cinq ans se lève avant l’aube pour suivre la prière derrière son papa. A l’école l’essentiel de son apprentissage et de son enseignement sera religieux. Aucune matière n’échappera à la prévalence de la théologie. L’endoctrinement est méthodique. La dérive fasciste est fréquente. Ainsi les gamins sont-ils invités à dénoncer les manquements à la religion de leurs parents et de leurs enseignants. Un instituteur a récemment été interpellé dans sa classe après la plainte d’un élève. Il encourt la peine de mort si le blasphème ou l’apostasie est avéré.

Sur cette terre hostile aux bêtes et aux être humains se niche pourtant un paradis : La Mecque. Là, tout est beauté, clarté et volupté. Des milliers et des milliers d’hommes, de femmes (non voilées), tous pareillement couverts de tissus blanc, chaussés d’espadrilles simples. Foule immense, lavée et pure qui avance sans voir, béate, le regard ailleurs, marmonnant la phonétique du Coran. Car la plupart ne savent pas l’arabe. La vague humaine est en majorité asiatique ce qui est normal puisque le peuple arabe n’est que la douzième partie de la communauté musulmane mondiale. La Mecque est un lieu hors du temps, hors d’Arabie, l’homme s’y découvre humain, aimant et tolérant. Les wahhabites, gardiens des lieux saints, sans doute frappés par la grâce et le soleil, tentent désespérément d’élargir le sanctuaire à l’ensemble de la péninsule voire au reste de la terre, ils rêvent même de bouter le démon hors de l’univers. Vaste programme !

En cette année 1432 de l’hégire, la dynastie des Saoud est inquiète.

Elle a du mal à convaincre ses sujets que la démocratie naissante à Tunis et au Caire est le châtiment d’Allah aux peuples qui se vautrent dans le stupre et la luxure au point de s’immoler (en islam c’est un interdit absolu). L’asile donné au général milliardaire Ben Ali n’a pas bonne presse.
En Tunisie et en Egypte le peuple s’est allié à l’armée, clé de la révolution, pour chasser la police d’un régime prédateur. En Arabie, la configuration militaire est à peine différente.

Le pouvoir est partagé entre le roi et ses deux demi-frères princes héritiers. Chacun dispose de l’allégeance d’une armée. La garde nationale au premier, les forces terre-air-mer au second, les gardes frontières, la police et les traqueurs de vice pour le troisième. Les trois octogénaires sont fatigués et dépassés. Les cours de leurs fils, petits-fils et arrières petits fils respectifs aiguisent les ambitions, ils comptent sur leurs forces de dissuasion dont aucune n’est inférieure à 150 000 hommes suréquipés. Ce paysage pacifiste, est complété en arrière plan par des dizaines de milliers de coopérants et instructeurs militaires américains.

Pour disciplinées qu'elles soient, les troupes saoudiennes ne prisent guère les batailles fratricides. La guerre du Golfe a laissé un goût amer et la récente répression du soulèvement des tribus yéménites à la frontière n’est pas un sujet de gloire. Il est improbable que l’armée se laisse entrainer dans une guerre des princes ou des provinces.

Reste la police religieuse, véritable milice de l’obscurantisme, elle est haïe par les jeunes, mais soutenue par une partie fanatisée de la population. Pourtant, à la faveur d’un drame médiatisé comme ce fut le cas en Tunisie le peuple pourrait bien se soulever en masse.

La rue saoudienne, il est vrai, n’est pas faite pour marcher mais pour rouler, nul ne s’y risque jamais à part les travailleurs immigrés. Ils sont 7 millions, dont un million d’Egyptiens désormais voués à toutes les suspicions. Mais inlassablement, cinq fois par jour, les salles de prières sont obligatoirement pleines, alors faute de réformes aujourd’hui, la révolution arabienne pourrait bien demain s’inviter à la sortie des mosquées et libérer les enfants du prophète de l’inquisition.

Barack Hussein Obama aura-t-il pour la rue saoudienne le même langage encourageant qu’il a tenu aux Tunisiens et aux Egyptiens ? C’est une tout autre histoire !

En 1945 au retour de Yalta, Roosevelt avait reçu à bord du croiseur Quincy à l’ancre au large d’Alexandrie, le roi Abel Aziz Ibn Saoud fondateur du Royaume d’Arabie. Le coup de foudre fut immédiat entre le président madré et le souverain bédouin. L’américain paraplégique avait offert à son hôte qui boitait un fauteuil roulant semblable au sien afin de pouvoir évoluer de conserve sur le pont du navire. Il lui fit découvrir le cinéma, la TSF, le téléphone, le hamburger et les oignons frits, Ibn Saoud raconta l’islam et la Palestine, les chameaux et les faucons, la faim et la soif de son peuple gêné par les flaques de cambouis parsemant le désert. Les deux compères décidèrent que désormais, l’Amérique protègerait le royaume des Saoud contre toutes menaces extérieures sans jamais se mêler de ses affaires intérieures ; en contrepartie, l’Arabie partagerait l’exploitation de son pétrole jusqu’à la fin des temps. Ils se touchèrent la main. Le pacte du Quincy était scellé. Le choc des civilisations entraina une alliance sans faille qui ne sera jamais transgressé, pas même le 11/09 sinistre jour de gloire des terroristes saoudiens.

Mais la semaine dernière, quelques heures seulement avant la démission de Moubarak, le roi Abdallah d’Arabie aurait échangé au téléphone des mots de colère avec Obama. Le pacte du Quincy a-t-il du plomb dans l’aile ?

Tout sépare le jeune Président progressiste qui sait l’islam du monarque octogénaire incapable de tweeter. Les wahhabites, alliés inconditionnels des Bush n’ont plus l’oreille bienveillante de Washington. Pourtant aucun observateur ne scénarise une prochaine insurrection du peuple d’Arabie. Pourquoi et par quel antidote la saoudie échapperait-elle à la crise systémique ?

Lorsque Barack Hussein Obama dans son discours du Caire de Juin 2009 avait promis de se tenir aux côtés des peuples arabes qui lutteraient pour leur démocratie, un anonyme dans la salle s’était levé pour lui crier « on vous aime ! »

 

http://nom666.over-blog.com/ext/http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=23264

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Introduction d'Adriana Evangelizt :

 

Article fort intéressant sur l'Arabie Saoudite d'où jamais rien ne sort, il faut bien le dire. Le régime qui règne là-bas est sans doute le pire de tous les pays du monde, notamment en ce qui concerne les femmes qui n'ont aucun statut, à part celui "d'incapables majeures." La police religieuse qui sévit dans ce pays est un mélange d'inquisition et de gestapo. Tout est interdit. Donc tout se fait en cachette. Alors dans ces conditions, une Révolution est-elle possible de la part de ce Peuple complètement sous tutelle ?

 

 

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Sur ce site, voir aussi :

 

La révolution égyptienne et Israël   (par Ilan Papé)

 

 

Du même auteur :


-  Soutenir le droit au retour des réfugiés, c’est dire NON au racisme israélien
-  Tambours de guerre en Israël
-  Ce qui guide la politique d’Israël
-  L’enfermement mortel de la psyché israélienne
-  « Nakbah 2010 »
-  Un grand merci à vous
-  Le boycott culturel est une nécessité
-  La fureur bien-pensante d’Israël et ses victimes à Gaza

 

Sources Info Palestine

 


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18 février 2011 5 18 /02 /février /2011 05:55

http://psripostepaulteitgen16.over-blog.net/article-31218444-6.html

Qu’est-ce que nous apprend le rapport de la Fédération des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge?1
De grandes parties de la population à travers tout le continent souffrent des conséquences massives de la crise économique. Les sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge font office de baro­mètre socio-économique qui réagit plus vite que n’importe quelles statistiques. Un nombre croissant de personnes, même celles qui normalement ne penseraient jamais à demander de l’aide à une organisation caritative, s’adresse aujourd’hui aux sociétés locales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge pour y demander du soutien par rapport aux biens de base de nécessité vitale. Beaucoup de sociétés nationales reçoivent des demandes d’argent en espèces pour régler des dettes ou bien payer les factures d’électricité. Les sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge luttent pour suivre les appels à l’aide augmentant à un moment où leurs propres ressources sont sous pression. Elles font tout ce qui est possible pour aider les gens dans ces pays face à cette situation nouvelle. Pendant que les gouvernements dépensent des billions de dollars pour sauver les banques et les structures financières, il y a peu d’indications d’un engagement semblable face à la crise sociale.

Une des conséquences majeures du déclin économique est la baisse de l’emploi. La crise a évincé des millions de personnes de leurs emplois. Rien que dans l’UE, on estime que 21,8 millions de femmes et d’hommes ont perdu leur travail. La jeunesse est spécialement menacée et désespérée ne trouvant pas d’accès au marché du travail. En 2010, 20% des Européens en dessous de 25 ans étaient victimes du chômage des jeunes. Encore beaucoup plus de gens ont perdu leur emploi dans les pays voisins et en dehors de l’UE. En comptant les proches des chômeurs, on peut partir du fait qu’il y a actuellement environ 50 millions de citoyens vulnérables2 suite au chômage, uniquement dans l’UE. Et ce chiffre ne comprend même pas ceux qui ne cherchent pas de travail. Les sociétés nationales définissent le chômage comme facteur principal de vulnérabilité, mais également les baisses de salaire, la réduction d’heures de travail, la perte des petits boulots et les changements unilatéraux des contrats de travail comme causes de cette misère qui augmente. Tout cela amène une baisse du pouvoir d’achat des ménages ce qui, dans certains pays, coïncide avec un endettement largement étendu. Cet endettement est souvent lié au financement de l’appartement. Beaucoup de gens ont acheté des maisons et des voitures à l’aide de crédits et craignent, avec la perte du travail, de perdre l’home de leur famille parce qu’ils ne peuvent payer les hypothèques. L’endettement contribue également à l’augmentation de la vulnérabilité. Il apparaît clairement que l’Europe doit donner plus d’aide à sa population pour éviter une situation où la misère sociale s’établit.

Personnes spécialement menacées

Pratiquement tous les pays de la zone européenne sont frappés par la crise. Dans deux ou trois pays les conséquences sont relativement faibles. Beaucoup de pays cependant souffrent des conséquences lourdes: au moins 75% des sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge sont témoins oculaires des conséquences importantes de la crise économique sur les personnes les plus vulnérables dans les pays respectifs. Les plus menacés sont certains groupes spécifiques qui risquent d’être exclus du marché du travail pour une longue période.
D’après un tiers des sociétés nationales, l’un des groupes les plus vulnérables est celui des enfants et des jeunes. Les jeunes qui ont des difficultés à trouver un travail risquent de tomber dans les mains des trafiquants d’êtres humains (avant tout à l’est) et d’être mêlés à des affaires de drogues et d’alcool et à la criminalité. 95% des sociétés nationales désignent le groupe des chômeurs comme le plus menacé. D’après un tiers des sociétés nationales, ce sont avant tout les migrants et leurs familles qui sont spécialement concernés: être migrant est un facteur de risque de vulnérabilité, ce qui coïncide avec la baisse d’envois d’argent des migrants dans leur pays d’origine et la vulnérabilité des migrants eux-mêmes, spécialement des sans-papiers vivant déjà à l’ombre dans les pays hôtes. Pour les migrants, le problème des marchés du travail affaiblis dans leur pays hôtes, dont ils sont de plus en plus exclus, représente tout autant un problème que leur retour dans leurs pays d’origine où un chômage illimité les attend. 30% des sociétés nationales considèrent les personnes âgées également comme spécialement vulnérables. Ils doivent craindre des baisses de leurs pensions, les pauvres ont une marge plus petite de survie ce qui conduit à la privation sociale. D’après 20% des sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, ce sont les réfugiés et les requérants d’asile qui sont menacés et plus de 60% voient les vulnérabilités déjà existantes s’aggraver avec la crise. Des personnes déjà pauvres, faibles ou marginalisées sont concernées par la crise de façon disproportionnée. Des familles et des familles monoparentales sont confrontées à des circonstances spécialement difficiles. Dans l’UE les petits boulots sont de moins en moins disponibles, ce qui prive les plus faibles de la société de leurs revenus. Des personnes appartenant à des minorités, déjà marginalisées et souvent plus pauvres que la moyenne, sont plus souvent dans la misère. En font partie également des personnes concernées par la violence conjugale ou dépendant d’un accès régulier aux services de santé. Une des sociétés nationales considère la classe moyenne, probablement à cause de l’endettement, comme groupe vulnérable à l’intérieur de l’UE et elle y voit le risque de voir disparaître une couche sociale à l’intérieur de la société.

Aide en denrées alimentaires

Le plus frappant est le fait que plus de deux tiers des sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge ont intégré l’aide en denrées alimentaires dans leur programme pour essayer d’affronter la crise. Même dans un des pays dans lequel le revenu par tête d’habitant compte parmi les dix plus élevés du monde, on a pris en considération des programmes d’aide en denrées alimentaires. Des pays qui comptent parmi les plus riches du monde se trouvent parmi ceux qui ont à supporter de lourdes conséquences de la crise. La situation dans des parties de l’Europe de l’Est est particulièrement difficile, aussi bien en dedans qu’en dehors des pays de l’UE dans lesquels les gens ont moins de possibilités d’amortir sous forme d’épargne et de fortune, et dont les réseaux de sécurité sont souvent plus faibles.

Conséquences psychosociales et démantèlement des services de santé

La grande majorité des sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge rapportent de leurs pays que l’augmentation du chômage et la perte du pouvoir d’achat se conjuguent avec les conséquences des misères psychosociales qui s’ensuivent. Les gens ressentent l’insécurité qui augmente, basée sur le manque de sécurité financière et l’attente d’une période difficile. Avec cela, de plus en plus de personnes sont atteintes de problèmes de santé psychique et intellectuelle. L’abus d’alcool et autres problèmes de santé, l’isolation sociale et le stress augmentent, pendant que les contingents des gouvernements pour le domaine de la santé et autres réseaux sociaux diminuent. Le démantèlement des services de santé dans certains pays et les ressources diminuées au niveau des budgets font partie de l’érosion du bien-être des gens. Le manque d’investissements dans le domaine social signifient un risque d’extension et d’établissement de la pauvreté et de la peur.

L’établissement de la pauvreté

Les conséquences de la crise économique sur les couches sociales, les groupes ethniques et les différentes régions sont réparties de façon inégale. Des vulnérabilités déjà existantes liées à la pauvreté, l’âge, l’ethnie et les migrations aggravent les conséquences. Les sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge craignent que les nouvelles vulnérabilités comme le chômage, l’endettement et la marginalisation se durcissent si elles sont négligées et délaissées, qu’elles défavorisent durablement les personnes concernées et que les acquis sociaux du temps de la croissance se perdent. Le danger existe que les vulnérabilités s’établissent dans les structures socio-économiques de certains pays et régions, et qu’elles menacent la cohésion sociale des couches de la population et des groupements ethniques des sociétés à travers l’Europe tant que des mesures spécifiques ne seront pas prises pour sauvegarder un minimum de dignité pour les êtres humains.

Les pays et leur situation: groupes menacés

L’Europe du Sud-est – héritage d’années conflictuelles
Alors qu’une des sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge de l’Europe du Sud-est désigne la société entière de vulnérable, pour tous l’impression dominante est que le chômage et la baisse des revenus consécutive, liée au chômage, représentent un facteur majeur. Une autre société nationale estime qu’à peu près un tiers de la population a besoin d’une forme de soutien pour pouvoir garder au moins un minimum de dignité humaine.
Les conséquences immédiates de la baisse d’envois d’argent des migrants travaillant à l’étranger et le retour des migrants dans leur pays d’origine, menacent les familles concernées. Des personnes âgées déjà à la retraite se révèlent comme groupe aux besoins croissants. Le nombre de personnes dans la nécessité qui ont besoin d’aide pour soins à domicile, ou de soupe populaire augmente, pendant que les sociétés nationales craignent de ne pouvoir assurer les demandes.
L’héritage des années conflictuelles et l’instabilité de la région exposent un grand nombre de réfugiés et de réfugiés internes à la vulnérabilité qui s’aggrave avec la crise économique. Les sociétés nationales en Europe du Sud-est rapportent que les prix pour les biens de consommation de base augmentent de façon rapide, ainsi que le chômage. Les gens ont de plus en plus de difficulté à assurer des revenus réguliers. Ces facteurs augmentent encore les difficultés à affronter les défis liés au grand nombre de personnes vulnérables.

Hongrie – Aide en denrées alimentaires et en espèces
La Croix-Rouge hongroise distribue de grandes quantités de denrées alimentaires pour suivre la demande augmentée. De plus en plus de gens demandent du soutien financier pour régler leurs dettes et leurs factures d’électricité.3

Suède et Finlande – chômage des jeunes en augmentation rapide
La Suède a toujours été connue pour son haut degré d’occupation pour les jeunes et faisait partie, à l’intérieur de l’UE, des pays ayant une politique sociale exemplaire. Mais le taux de chômage juvénile a augmenté en 2009 à 9,6%, ce qui représent que la Suede est à la deuxième place du chômage juvénile dans l’UE. Dans les pays nordiques la Suède ne semble pas être un cas isolé: en Finlande, les jeunes sont concernés par le chômage dans les plus hautes proportions: en l’espace d’un an, le chômage des jeunes y a augmenté de 16.5 à 22,6%. Pour pourvoir offrir des conseils aux chômeurs de longue durée dans les domaines de la santé et de l’assistance sociale, 44 centres de santé et d’assistance sociale ont été créés.
Quelque chose semble avoir changé sur le plan des possibilités des Etats-providence nordiques en ce qui concerne les possibilités de créer des emplois pour la jeune génération. Les pays nordiques présumés «intou­chables» ont aussi été attirés dans le tourbillon des conséquences de la récession.

Islande – le pays entier victime de la crise économique
En 2008, le chômage a commencé à augmenter et le pays entier est devenu la victime de la crise économique mondiale. Des manifestations et des émeutes sociales en ont été la conséquence. Chaque ménage ordinaire a été concerné et des personnes qui jamais auparavant n’auraient eu affaire à la société nationale de la Croix-Rouge ont demandé de l’aide. En réaction, le nombre des programmes psychosociaux, installés par la Croix-Rouge a augmenté en flèche, une ligne téléphonique d’urgence 24 heures sur 24 a été créée. De l’aide en denrées alimentaires et du soutien sous forme d’habits sont devenus nécessaires. Les sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge de la Norvège, de la Suède et de Finlande ont soutenu la Croix-Rouge islandaise pour qu’elle puisse tenir ses engagements.

Italie – nouvelle pauvreté urbaine
La Croix-Rouge italienne reçoit des signaux inquiétants de ses centres d’accueil, avant tout dans les grandes villes, à cause de la pauvreté urbaine augmentant et du besoin croissant d’aide en denrées alimentaires.4

Espagne – tendance à la spirale de baisse sociale à l’issue incertaine
En Espagne, ce sont avant tout deux groupes de personnes ayant besoin d’aide qui ont été identifiés: L’un est composé de personnes qui habituellement, aussi en temps de croissance économique, sont aidées par des organisations sociales. L’autre, c’est un nouveau groupe qui se trouve dans une spirale de baisse sociale avec une issue économique incertaine. Le taux de chômage est alarmant; en août 2009 il était, en rapport avec la crise économique, à un niveau de 18,9%: Ceux qui sont concernés sont avant tout des personnes ayant perdu leur emploi, des chômeurs à long terme, des personnes n’ayant jamais fait partie du marché du travail, des personnes aux conditions de travail spéciales, des familles dont la plupart des membres ont perdu leur travail, des personnes handicapées, des personnes qui élèvent seules leurs enfants, avant tout des femmes, des jeunes ayant quitté l’école sans diplôme, des immigrants, avant tout des sans-papiers, des personnes âgées ayant de la parenté à leur charge et des enfants de familles vivant dans des conditions sociales vulnérables. Le chômage des jeunes était, au début de l’année passée, de 40,7%. 5

Asie centrale – le retour de migrants accable les familles et les communes
En Asie centrale, les sociétés nationales ne se voient pas seulement confrontées à un nombre croissant de personnes cherchant de l’aide pour des besoins fondamentaux de tous les jours, mais aussi aux allocataires de soutien connus comme les patients souffrant de tuberculose, des personnes âgées ou des victimes de catastrophes naturelles qui deviennent vulnérables en raison des revenus diminués des sociétés nationales. Un nombre croissant des migrants rentrés ne trouve pas de travail, ce qui augmente le nombre de personnes menacées et fait croître l’accablement des familles et des communes.

Lettonie – besoins croissants du peuple
L’activité économique en Lettonie continue à se trouver loin en dessous du niveau d’avant la crise économique. Fin août 2009, l’Etat letton avait déjà dépensé 1,11 milliards de lats lettons sur les 2,08 milliards d’aide financière internationale. Les crédits sont utilisés pour essuyer les dettes et les déficits budgétaires du gouvernement et pour promouvoir la stabilité du secteur financier, tandis que le système de santé et le système d’aide sociale sont à peine capables de couvrir les besoins croissants de la population lettone. La Lettonie avait au 4e tri­mestre de 2009 un taux de chômage des jeunes de 41,3%. La Croix-Rouge essaye d’aider, de livrer des habits et de donner de l’aide en denrées alimentaires aux familles.

La situation des sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge

Les sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge luttent pour couvrir les besoins croissants et atténuer la misère, pas seulement malgré, mais aussi à cause des moyens financiers toujours plus insuffisants, pour développer et réaliser de nouvelles stratégies en vue de la nouvelle situation. Certaines sociétés élargissent leur offre de programmes de soutien psychosocial, à l’origine développés pour des victimes de catastrophes. Maintenant les programmes sont élargis pour des personnes victimes de la crise économique. De tels programmes de soutien, services de conseil inclus, ont, d’après les sociétés nationales, besoin d’être développés, même si dans la plupart des cas les sociétés nationales en Europe peuvent avoir recours aux programmes d’aide ayant fait leurs preuves pour offrir des services supplémentaires. Les programmes traditionnels sont souvent bien établis et très bien connus des personnes dans le besoin et des partenaires actuels et potentiels. Pour cette raison, ils sont plus durables que les nouvelles initiatives peu expérimentées.
Beaucoup de sociétés soulignent la nécessité de pouvoir donner de l’argent en espèces aux personnes dans le besoin afin qu’elles puissent payer leurs factures de gaz et d’électricité.
Le plus difficile pour les sociétés nationales est le manque de soutien financier en vue du besoin d’aide croissant. Les moyens opérationnels pour pouvoir donner de l’aide humanitaire existent, mais les biens doivent être financés – et c’est là le plus grand défi. Avec des moyens financiers supplémentaires, les sociétés pourraient faire plus. En Belarus, en Moldavie, en Russie et en Ukraine par exemple les réseaux des sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge entreprennent des efforts considérables pour garder le contrôle de la situation. Des idées nouvelles ou déjà existantes comprennent entre autre aussi des programmes de soutien psychosocial pour des personnes qui souffrent à cause de la crise économique. On s’efforce de soutenir les ménages avec de l’argent en espèces pour que les factures d’électricité puissent être payées et des denrées alimentaires achetées, de sorte que là aussi le manque de moyens financiers représente le problème majeur pour les sociétés nationales.
95% des sociétés nationales doivent prendre connaissance d’une baisse de leurs revenus comme organisation et à peu près deux tiers d’entre elles souffrent d’une chute considérable. C’est spécialement le soutien financier d’entreprises et de sociétés, de leur propre gouvernement et le soutien international qui baissent. En ce qui concerne le soutien individuel il y a différents cas de figures: Plus de la moitié des sociétés parlent d’une baisse de dons qui ne serait cependant pas dramatique. Ce qui est remarquable c’est la générosité de certains individus soucieux d’aider d’autres personnes par leur contribution.
La «Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge» (FICR) est la plus grande organisation humanitaire au monde. La FICR forme, par ensemble avec les sociétés nationales et le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), le mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge. Le réseau extraordinaire des sociétés nationales, qui comprend aujourd’hui à peu près tous les pays du monde entier, rend possible à la FICR d’atteindre chaque commune. Les sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge représentent le travail et les principes du mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge. Les 186 sociétés nationales relèvent les défis croissants par une adaptation permanente aux situations nouvelles et le renforcement continuel de leurs capacités. En 2009 la Croix-Rouge et le Croissant-Rouge ont donné de l’aide à 44,8 millions d’être humains, et en 2008 encore à 22,8 millions de personnes. Le mouvement représente 97 millions de bénévoles, dont la moitié sont des jeunes qui veulent soulager la souffrance humaine et faire respecter le droit de chaque être humain à une vie dans la dignité et la paix.•

Dons pour la FICR: UBS SA, CH-1211 Genève
BIC: UBSWCHZH80A
Francs suisses: IBAN CH58 0024 0240 C012 8346 0
Euros: IBAN CH62 0024 0240 C057 3530 0

1 The economic crisis and its humanitarian impact on Europe. Testemonies from the Red Cross Red Crescent. Octobre 2009
2 «Dans la recherche sur le développement géographique, le concept de la vulnérabilité est utilisé depuis les années 1980 et a subi depuis plusieurs développements. La notion de vulnérabilité est devenue depuis une notion centrale dans la re­cherche sur le développement et dans la coopération de développement. En principe le concept de la vulnérabilité est un élargissement des concepts traditionnels de la pauvreté. On s’est rendu compte qu’avec la seule pauvreté les problèmes du développement et les crises de société dans le «tiers monde» ne peuvent être décrits suffisamment. La pauvreté – c’est-à-dire le manque d’argent et de biens – est seulement l’une des nombreuses causes et expressions des situations défavorisées dans la société.
  En 1989, Robert Chambers a présenté une définition de la vulnérabilité qui est davantage que la pauvreté: la vulnérabilité ne comprend pas seulement un manque suite aux besoins insatisfaits, mais aussi un état social marqué par la fragilité, l’insécurité, et le manque de protection. Des personnes et des groupes de population vulnérables sont exposés aux chocs et aux facteurs de stress et ont des difficultés à en venir à bout. Ces difficultés ne résultent pas seulement du manque de ressources matérielles, mais du fait que les personnes concernées sont empêchées de participer en égales au bien-être et au bonheur parce qu’on les prive de soutien ou parce qu’elles ne sont pas incluses dans des réseaux sociaux de façon suffisante. La vulnérabilité ne comprend donc pas seulement une dimension économique ou matérielle (la pauvreté) mais aussi une dimension politique et sociale. Etre vulnérable veut dire être exposé aux facteurs de stress (dimension externe), ne pas pouvoir en venir à bout (dimension interne) souffrir des conséquences du choc et de ne pas le maîtriser […].» (d’après Wikipedia)
3 En 2010 le quota du chômage des jeunes âgés de 20 à 24 ans en Hongrie était de 25%, celui des 25 à 30 ans de 13%. Beaucoup de jeunes en fin d’étude ne trouvent également pas de travail. Le quota total est de 11%. Source: NZZ du 29/1/11.
4 La NZZ du 24/1/11 parle de l’exode de l’élite intellectuelle: Dans la seule année 2009, 42 000 bacheliers ont quitté l’Italie faute de perspectives.
5 D’après la NZZ du 10/1/11 ces trois dernières années 200 000 jeunes espagnols hautement qualifiés ont quitté leur pays – nécessairement. Où? Le quota du chômage des jeunes en dessous de 25 ans sans qualification est de 62%.


Jeudi 17 Février 2011


http://www.horizons-et-debats.ch/index.php?id=2545 http://www.horizons-et-debats.ch/index.php?id=2545

 

 

http://www.alterinfo.net/La-crise-economique-et-ses-consequences-humanitaires-pour-l-Europe_a55330.html

 

§§§§§

 

 

Actualité et analyses sur ce site :

 

 

 

 

 

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6 février 2011 7 06 /02 /février /2011 00:49

 

 

 

 

  Le recit d'un ancien compagnon

 

 

 

A lire avec attention.Comme quoi, on est parfois très surpris!

Emmaüs, la « misère Business »,? 

 

Effectivement, les communautés d'Emmaüs sont un système dans

lequel on entre très facilement, mais où l'on ne sort que très
difficilement (pour ceux qui par-
viennent à s'en sortir) Que dire de plus ?

 

J'aimerai vous parler des conditions de vie que j'ai eu pendant
environ 5 ans à Emmaüs.
  

 

Ceci a commencé pour moi en 1995..
 

Sans diplôme, sortant de l'armée, après avoir servi mon pays
> > > > > > > pendant 5 ans, un peu paumé, ayant cherché et fait plusieurs
> > > > > > > petits boulots mal payés, j'ai fini par
> > > > sombrer dans la misère qui touche souvent les personnes pleines de bonne
> > > > volonté.
> > > > > > >

A Emmaüs, il n'y a pas comme le prétendent les médias : « des
> > > > > > > voleurs, des clochards, des ivrognes, et j'en passe...
> > > > > > > Mais bien des personnes qui pourraient être votre mari, votre
> > > > > > > enfant, votre voisin, qui sait peut-être vous-même un jour !
> > > > > > > Quand on ne peut plus compter sur personne, que vous entendez ces
> > > > > > > phrases dans un pays riche comme le notre : « Désolé Monsieur,
> > > > > > > vous n'êtes pas  prioritaire !
> > > > > > > " Vous êtes trop jeune, trop vieux, pas assez diplômé, ou trop
> > > > > > > diplômé ».
> > > > > > > Vous n'entrez pas dans le moule de la société, en fin de compte.
> > > > > > > Vous finissez par tout perdre, jusqu'à votre logement, et un jour
> > > > > > > vous dormez dehors avec toute cette jungle qui y règne.
> > > > > > > Alors vous essayez de garder le moral, et vous cherchez, cherchez
> > > > > > > en vain une solution pour dormir et pour manger.
> > > > > > > C'est un droit essentiel parait-il, mais pas pour tout le monde !
> > > > > > > Un jour on vous parle d'Emmaüs.

Cette association loi 1901 à but non lucratif et humanitaire qui
> > > > > > > se vante d'aider les plus démunis.
> > > > > > > Alors vous reprenez confiance. On ne vous demande rien. On vous
> > > > > > > offre un repas, un toit, un travail.
> > > > > > > C'est formidable sur le moment !
 

 

Mais toute médaille a son revers.
> > > > > > > Vous finissez par comprendre que l'on vous paie 45 euros par
> > > > > > > semaine, non pas pour 40 heures de travail harassant, mais bien
> > > > > > > plus !
> > > > > > > On vous dira que c'est normal, on vous a sorti de la misère, on
> > > > > > > vous déduit l'hébergement et tout le reste !
> > > > > > > Mais le reste qu'est-ce que c'est ??
> > > > > > > > >
> > > > > > > Je suis resté vraiment surpris par les salaires des responsables
> > > > > > > dans les communautés d'Emmaüs
> > > > > > > Ces salaires varient d'une communauté à l'autre. Cela commence à
> > > > > > > 2500 euros, jusqu'à 4000 euros par mois.
> > > > > > > On ne compte pas les avantages comme la voiture de fonction,
> > > > > > > l'essence, l'appartement, les déplacements, le fait de pouvoir se
> > > > > > > servir dans les dépôts , de prendre
> > > > ce que l'on veut, alors que les « gens » les donnent pour les plus
> > > > démunis, (et cela sans avoir à se justifier)
> > > > > > > Mais bon, là n'est pas vraiment le problème: en travaillant autant
> > > > > > > et étant déclaré au minimum, vous touchez une retraite d'environ
> > > > > > > 600 euros par mois à la fin de
> > > > votre vie, à peine plus que le RMI
> > > > > > > J'ai donc cherché à m'inscrire à l'ANPE.
> > > > > > > J'ai entamé des démarches pour trouver un vrai travail pour me
> > > > > > > sortir de ce système.
> > > > > > > Mais là, il y a un réel problème. Vous n'avez pas le temps. On ne
> > > > > > > vous le donne pas. Vous n'y avez pas droit !
> > > > > > > Si vous n'êtes pas content vous n'avez qu'à repartir à la rue.
> > > > > > > Plus on reste à Emmaüs, plus on disparait, et plus on perd ses
> > > > > > > droits essentiels !Imaginez-vous à 50 ou 60 ans ! Doucement vous
> > > > > > > comprenez que l'on ne vous aide
> > > > pas, mais que l'on gagne beaucoup d'argent sur vous.
> > > > > > > L'image que vous renvoyez au public : « la Misère » Le business de
> > > > > > > la misère.
 

 

Une communauté Emmaüs, génère par vente de 5000 euros pour les
> > > > > > > petites, jusqu'à 20 000 euros pour les plus grandes.
> > > > > > > Sachant qu'il y a trois ventes par semaines, et 4 semaines dans le
> > > > > > > mois, cela nous donne à peu près 45 000 euros pour une petite
> > > > > > > communauté.
> > > > > > > Il est important de savoir qu'en plus, les gens donnent
> > > > > > > énormément.
> > > > > > > Des dons sous toutes les formes : Argent, Héritages, Maisons,
> > > > > > > Voitures, Appartements.
> > > > > > > Vous n'imaginez pas ce que les Français sont prêts à donner pour
> > > > > > > endiguer ce fléau : « La Misère »
> > > > > > > Mais bon là, on commence à se poser des questions.
> > > > > > > Alors on commence à parler de choses qui gênent.
> > > > > > > Et un jour on vous fout à la porte pour une faute que vous ferez
> > > > > > > forcément.
> > > > > > > Vous ne comprenez pas ! On ne peut pas mettre quelqu'un à la rue,
> > > > > > > sans ressources, ni droits, surtout l'Hiver !
> > > > > > > Mais à Emmaüs, on le fait !
> > > > > > > On peut virer les gens du jour au lendemain sans se justifier
> > > > > > > auprès de qui que ce soit
> > > > > > > Intéressant le business de la Misère ? Non ?
> > > > > > > Que faire alors quand on n'a plus de droits, plus d'argent, plus
> > > > > > > de logement ?
 

 

Pour ma part, j'ai pu quitter le système, grâce à une amie
> > > > > > > d'enfance que j'ai croisé par hasard, et qui m'a proposé de
> > > > > > > m'installer chez elle, le temps de me reconstruire.
> > > > > > >
> > > > > > > Quelques années plus tard, après avoir repris mes études, je suis
> > > > > > > là ce soir pour vous raconter tout çà !
> > > > > > > Difficile à comprendre me direz vous !
> > > > > > > Difficile à imaginer dans un Pays comme la France.
> > > > > > > Difficile enfin de réaliser qu'il y aura toujours des hommes pour
> > > > > > > détruire et profiter des autres

 

Cordialement, un ancien compagnon.

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4 février 2011 5 04 /02 /février /2011 03:17
"Et avec les oreilles, qu'est ce que vous savez faire ?" C'est probablement, ce "gimmick" qui a décidé, après 7 mois de chômage, un ancien  directeur marketing à lancer un salon de l'emploi dont il sera ... le seul exposant.

4 millions de chômeurs et pourtant, les entreprises qui ont des postes à pourvoir s'abritent derrière des chasseurs de têtes, des batteries de tests et, pas mal d'a priori, pour retarder jusqu'au dernier moment les embauches. Vous vous vous rendez compte, si on se trompait !

Les objections : Trop cher, trop jeune, trop vieux, pas assez ou trop d'expérience, pas assez ou trop de diplôme et tout dernièrement : habitat situé dans une banlieue ou sur une ligne de transport en commun sujette à des retards ! Sans oublier bien entendu les non dits comme une origine, un prénom ...

Que faire face à cette situation ?

Quelques sites spécialisés ... en conseils, vous proposent de passer au : Personnal branding !

Personnal branding : Késako

" (...) Introduit en 1997, par Tom Peters, spécialiste du management, le personal-branding est une méthode qui propose d'utiliser des les techniques de communication et de marketing généralement utilisé pour asseoir la notoriété d'une marque, à une personne (...) "

En plus clair, nous dit le site comment ça marche : " (...) Vous vendre comme un produit, vous y avez pensé ? Eh bien vous n'êtes pas le premier ! C'est même l'arme anti-crise absolue pour des cadres laissés à la case Pôle Emploi. Les CV-vidéos, blogs décalés et autres panneaux 4 par 3 sur les axes passants sont les traces visibles de cette nouvelle tendance appelée le " Personal branding ". Pour trouver un emploi, gérer sa réputation ou créer de nouveaux leviers marketing, le personal branding est résolument à la mode (...) "

Alors, après le candidat "à vendre" sur Ebay et le candidat "homme sandwich", que faut-il inventer pour que des DRH ou des chefs d'entreprise, à qui on n'a jamais imposé de telles contraintes, veuillent bien étudier votre cas ?

Et bien la dernière idée en date est celle d'un ancien directeur marketing au chômage qui a décidé d'organiser : " son propre salon de recrutement le 8 février, porte de Versailles. Pendant toute la journée, le candidat disposera du hall 8 et de ses 5 000 m2, pour recevoir les DRH et chasseurs de têtes (...) a bâti une stratégie multicanal: affiches en 4x3, site Web, relations presse, blogs " indique évasivement, le site de RH Assessfirst qui propose un logiciel qui : " (...) vous permet d'évaluer le mode de fonctionnement et les potentialités de vos candidats et collaborateurs grâce à divers outils d'évaluation "

Notre candidat a décidé dans un premier temps de prendre, le pseudo de Super Candidat. Et vendredi, a prévu de : "(....) mettre en place deux énormes affiches de 90 mètres carrés avec sa photo le long du périphérique parisien (...) "

En espérant qu'il ne s'agit pas encore, d'une mystification organisée par une marque, ou une agence de communication. Je souhaite, que ce candidat trouve le plus vite possible un poste ... durable. Néanmoins, celui-ci place la barre très haut, et il va falloir faire preuve de beaucoup d'imagination, pour faire mieux.

Mais on peut imaginer des candidats proposant de travailler à plein temps gratuitement durant 6, 8 ou 12 mois, de faire 48 heures hebdomadaires payées 35 ou 30 ou mieux : 20, payer les notes de restaurant ou de carburant de la direction, d'organiser des cocktails de prestige à leur domicile pour les bons clients de l'entreprise .... L'apothéose serait probablement de détenir le record de la grève de la faim, relayée par des caméras et des journalistes économiques, ébahis de tant de : "créativité" et de "détermination" !

Et puis, n'oublions pas que les chômeurs "déterminés" mais ne disposant pas de moyens financiers nécessaires à une "campagne de buzz", pourraient être aussi un formidable vivier pour ... des émissions de télé réalité !

Après tout, en 2002, Sony Pictures proposait à l'ensemble des télévisions du monde un étrange concept : " (...) faire concourir les candidats à un travail (...) Après avoir passé une petite annonce dans une agence pour l'emploi, les concurrents passent des tests et suivent une formation. L'agence sélectionne ensuite les deux candidats qu'elle estime les plus qualifiés, puis ceux-ci se soumettent à l'ultime entretien d'embauche : l'approbation des téléspectateurs. Celui qui obtient le plus grand nombre de voix est engagé ; l'autre n'a plus qu'à plier bagage (...) qui était une adaptation de l'émission argentine : Recursos humanos (Ressources humaines).

Dans cette version, les téléspectateurs choisissaient le concurrent dont l'histoire était la plus émouvante (...) Le public préfère les candidats qui n'arrivent pas à faire vivre leur famille", a confié à CNN le producteur Herman Frato, "dont la femme est enceinte ou qui n'ont pas de quoi s'acheter des médicaments, par exemple." Récemment, le public a été si touché par deux chômeuses qu'il a voté pour qu'elles aient chacune un emploi (...) " - Courrier International

Alors, il ne reste plus qu'à attendre, le prochain coup d'éclat, ou passer de l'indignation ... à la révolte ?
 
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4 février 2011 5 04 /02 /février /2011 02:03

Tombée par hasard sur ce blog.

 

J'en extrais quelques posts sur notre cher Sarko (eva)

 

http://cleslimousin.com/blog/equite-sociale-capital-travail/blog

 

 

 

sarkozy-courneuve

 

L’année 2010 aura été marquée par la question qui aura passé comme une préoccupation gouvernementale majeure, la question de l’identité nationale … Qu’est ce qu’être français ? Comment distinguer le vrai français des autres ? Comment devient-on français ? La question gouvernementale débouchera sur une crise identitaire violente ainsi qu’en témoignent les événements à caractère insurrectionnel de cet été et les récentes déclarations du président des français de création d’une fracture en deux catégories juridiques de citoyens français : les vrais français, et les français d’origine étrangère. (Nicolas Sarkozy du kärcher au bazooka)

L’aberration de cette spirale fabriquée de questions identitaires, de débats alimentés de mots blessants, et finalement d’actes d’exclusion et de violence, se révèle dans l’étymologie même des termes de « français, France ».

En effet, comble d’ironie ces mots dont d’origine étrangère. (histoire du mot « franc » en vidéo) « franc » désignait à l’origine une ethnie étrangère (d’origine d’Europe Centrale) : « les francs ». Ce mot évoquait à l’origine pour les habitants de notre territoire, une immigration, pire une invasion étrangère violente, avec son lot de massacres, de rapines, et de spoliation des biens.

 

 

 

La politique de nettoyage des banlieues "au karcher" lancée par Nicolas Sarkozy n'a manifestement pas donné les résultats escomptés. Que pouvait on d'ailleurs attendre d'une politique de nettoyage au karcher ? En effet, démonstration est faite que la situation des habitants des banlieues n'a fait que s'aggraver depuis 2007.

Aujourd'hui, Nicolas Sarkozy sort son bazooka ! 

La fracture sociale ne cesse d'augmenter en France. A vouloir une France qui travaille plus pour gagner plus ... on en arrive à une élite qui s'est enrichie de manière gargantuesque à la vue délaissés de plus en plus nombreux sur la quai qui n'attendent même plus un passage d'autre autre train de vie pour y monter ... faute de moyens pour acheter le billet !

 

sarko_villeneuve

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

systeme_corrompu

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2 février 2011 3 02 /02 /février /2011 01:27
Carton Rouge

Cliquez sur le Carton Rouge ci-dessus
pour signer notre pétition en ligne !

 

Avec la crise économique, des milliers de ménages jusqu'à présent épargnés sont désormais confrontés à des difficultés pour se loger décemment, un problème qui concerne aussi les propriétaires, selon le 16e rapport de la Fondation Abbé Pierre publié mardi 1er février.

Sur le même sujet

"Les plus fragiles sont renvoyés vers des solutions de logement toujours plus indignes et plus fragiles, et ceux sur le fil ont commencé à basculer", résume Christophe Robert, directeur des études de la Fondation.
Selon son rapport, fin 2010, plus de 3,6 millions de personnes étaient très mal logées (cabanes, familles nombreuses en chambres d'hôtel...) voire sans abri (33.000).
Pour résoudre le problème, "Il faudrait produire environ 500.000 logements par an pendant plusieurs années", estime-t-il. Mais le nombre de mises en chantier ne cesse de diminuer depuis 2007 (environ 350.000 en 2010 contre 435.000 en 2007).

 

Une "zone grise" du logement


Dans ces conditions la crise s'aggrave, les services d'hébergement d'urgence sont "sous pression", les plus démunis, s'enfoncent un peu plus: ils se réfugient dans des cabanes, des caves, des parkings, alimentant une "zone grise" du logement, ou se rassemblent sur "des territoires d'exclusion", générant une "tiers-mondisation" du parc de logements.
Solutions "indolores pour les politiques publiques, ce qui n'incite pas la société civile à se mobiliser", dénonce Christophe Robert.
Parallèlement, de plus en plus de ménages sur le fil avant la crise basculent à l'occasion d'un licenciement, d'une rupture familiale.
Parmi eux, des salariés aux rémunérations "faibles ou même moyennes", des chômeurs, "mais aussi des retraités, des commerçants, des intermittents du spectacle, des auto-entrepreneurs" qui ne peuvent plus répondre à l'explosion des prix de l'immobilier.
"C'est le monde des (...) 15 millions de personnes dont les fins de mois se jouent à quelques dizaines d'euros près, selon le Médiateur de la République", précise le rapport.

 

"Un processus inégalitaire"

 

Témoin de la dégradation, l'Union sociale pour l'habitat (USH) estime que "les impayés de plus de trois mois ont augmenté de plus de 13% entre fin 2008 et fin 2009". "Les décisions de justice prononçant l'expulsion n'ont jamais été aussi nombreuses depuis dix ans (106.938 en 2009)", note aussi la Fondation Abbé Pierre.
Dans un deuxième volet, elle critique la politique d'une "France de propriétaires" défendue par Nicolas Sarkozy, "une aspiration partagée mais un processus inégalitaire".
Les ménages modestes, qui gagnent entre 1,5 et 3 fois le Smic, sont en effet de moins en moins nombreux à devenir propriétaires: "ils représentaient 45% des acquéreurs de résidences principales en 2003, à peine plus de 30% cinq ans plus tard".
Accéder à la propriété peut aussi être "un piège", en particulier lorsque l'endettement, "banalisé", devient trop important.

 

Pas l'"apanage des locataires"


Le mal logement n'est pas l'"apanage des locataires", souligne le rapport: lorsque les ressources viennent à manquer, certains propriétaires ne peuvent plus entretenir leur résidence ou payer les échéances, et peuvent même finir expulsés.
Outre la nécessité de "produire massivement sans délai", la Fondation Abbé Pierre plaide pour une "maîtrise des prix" notamment en "encadrant les loyers de relocation", un renforcement de la loi SRU qui impose un quota de 20% de logements sociaux aux communes de plus de 3.500 habitants ou encore un programme quinquennal de résorption des 600.000 logements indignes.
A 16 mois des élections présidentielles, elle veut inciter les futurs candidats à faire du logement "un des trois ou quatre thèmes majeurs de leurs programmes".

 

(Nouvelobs.com)

 

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1 février 2011 2 01 /02 /février /2011 04:41

Une première version...

Malaise police

http://ysope.over-blog.net/30-categorie-10605074.html

 

 

Police : Le malaise


Les policiers n'ont pas le droit de faire grève, alors ils font la grève de la faim ! Ils sont désespérés ! Des Compagnies ferment, leur travail n'est pas reconnu,  des casernes sont menacées, des emplois sont supprimés,  un fonctionnaire sur deux n'est pas remplacé, les policiers sont appelés comme nous tous à être taillables et corvéables à merci, mobiles, mutables, flexibles (au risque de mettre en péril leur vie familiale, de la disloquer),  on troque leurs activités de prévention ou de proximité contre une répression tous azimuts rappelant "l'ordre" nazi et leur mettant à dos la population,  la politique du chiffre est traumatisante et scandaleuse... et pour finir, ils savent que leur profession est menacée.

 

La Police nationale républicaine, de citoyens français au service de la France, de l'ordre républicain, est appelée à disparaître, à être privatisée, avec à la place des mercenaires apatrides  grassement payés et sans scrupules comme ceux qu'on envoie en Irak, et osant dire: "Ces gens-là, il faut tous les massacrer !" Alors qu'ils sont chez eux, et que l'Occident, pour une poignée de dollars ou de pétrole, a mis à sac leur civilisation millénaire afin de tuer leur identité et l'Histoire des Nations ! La Police citoyenne, républicaine, ce sont des citoyens comme nous et qui ont leur vie familiale à protéger, et ils sont appelés, dans un avenir plus ou moins proche, à être remplacés par des nervis, des cow-boys sans foi ni loi, des tortionnaires grassement payés prêts à exécuter les pires basses besognes !

 

Ce qui se joue est très grave. Je ne suis même pas sûre qu'ils aient senti à quel point l'enjeu (pour eux comme pour nous) dans ce futur Nouvel Ordre Mondial totalitaire, est lourd de conséquences terribles !  Nous devons soutenir leurs  actions:  Je ne cesse de le dire, nos adversaires COMMUNS sont tout en Haut ! Ils sont comme nous victimes de la barbarie en gestation !

 

Eva R-sistons

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