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14 novembre 2012 3 14 /11 /novembre /2012 00:01

Très préoccupant

by Patrick Le Hyaric


 

On se souvient peut-être de tout le mal que pensait l’un des candidats à l’élection présidentielle de la TVA sarkozyste. A Brest, le 30 janvier 2012, il déclarait ceci : « Je la considère inopportune, injuste, infondée et improvisée ». Voilà qui était déjà un jugement sévère. Mais il ajoutait : « C’est inopportun d’augmenter la TVA au moment même où la croissance se ralentit, de l’aveu même du premier ministre, c’est infondé. La compétitivité n’est qu’un faux prétexte. Ce n’est pas en abaissant les cotisations patronales de quelques points qu’il y aura quelque progrès que ce soit dans notre commerce extérieur. Il y a là un mauvais prétexte pour une mauvaise cause ».

Ce candidat est devenu président de la République : François Hollande. Pourquoi ce qu’il jugeait, à juste raison en février, avec une telle sévérité est devenu sa politique aujourd’hui ? Avec le premier ministre, ils viennent en effet de décider d’un nouveau cadeau de 20 milliards d’euros aux grandes entreprises sans contrepartie. Cette somme sera payée par chacune et chacun de nous à chaque fois que nous achèterons quelque chose, avec l’impôt le plus injuste qui soit : la TVA. Et l’autre impôt en cours de gestation est une taxe prétendument écologique. Nous sommes là dans le droit fil de l’application des orientations que Merkel et Sarkozy ont baptisé le « pacte euro plus ». C’était leur programme commun.

Un gouvernement socialiste et écologiste n’a pas à appliquer ce programme, pas plus qu’il ne devait faire adopter, comme il l’a fait, le nouveau traité européen d’austérité budgétaire et la loi de programmation budgétaire qui en découle. C’est parce que cette loi, qui détermine les orientations du budget de la Nation pour plusieurs années, pousse à la réduction des crédits publics pour l’investissement comme pour les services publics que les parlementaires communistes et Front de Gauche ne l’ont pas votée. Ils ne se déterminent que sur la base d’un seul critère : l’intérêt général, l’intérêt des populations et l’efficacité économique. Or, les politiques d’austérité qui appauvrissent les familles populaires vont provoquer une grave récession qui aggravera encore le chômage.

Cela fait des années que les gouvernements successifs diminuent les contributions des entreprises au bien commun. Ceci n’a servi qu’à enrichir les grands actionnaires, à augmenter les profits sans aucun bénéfice pour l’emploi et les investissements d’avenir. De leur côté, les petites et moyennes entreprises sont elles-mêmes écrasées, à la fois par les restrictions de consommation, par les prix que leur imposent les grandes multinationales et par des taux trop élevés du crédit.

En choisissant la gauche au printemps dernier, une majorité de nos concitoyens aspirait à sortir des choix qui nous menaient à l’impasse. Voilà que le gouvernement socialiste les reprend à son compte, comme si on était autorisé à changer de gouvernement mais c’est toujours la même politique qui s’applique. Ceci est particulièrement grave.

Il serait pourtant indispensable de progresser vers un autre partage des richesses valorisant le travail améliorant les retraites et la protection sociale, une nouvelle fiscalité poussant dans le sens de la justice et de l’efficacité économique, des dispositifs nouveaux pour défendre l’emploi et le travail partout. Dans l’immédiat, il serait indispensable pour chaque plan de licenciement annoncé ou entreprise se déclarant en difficulté, de réunir des commissions départementales ou locales, sous l’autorité des préfets et des commissaires régionaux au redressement productif, associant les représentants des personnels, les élus, les responsables d’entreprises, les banques, pour examiner les moyens d’éviter tout plan de réduction d’emploi et d’impulser un nouveau développement. Le secteur bancaire et financier doit être mis au service de ces objectifs et non de la rapacité de la finance. Enfin, un gouvernement au service du monde du travail et des retraités devrait non seulement résister aux injonctions européennes, mais se placer à l’avant-garde d’un mouvement de réorientation-transformation de l’actuelle construction européenne.

Le seul moyen d’affronter la crise est d’affronter le monde de la finance. Un gouvernement qui se réclame des idées socialistes devrait le faire et se placer résolument du côté des aspirations populaires. Il ne le fait pas. Les conséquences peuvent en être terribles pour la vie de l’immense majorité qui va souffrir encore plus, mais aussi pour la situation politique car c’est sur ce ferment de crise et d’engagements non tenus que se développe l’inquiétante extrême-droite.

A nous, aux forces de résistance et de progrès de se mobiliser.

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12 novembre 2012 1 12 /11 /novembre /2012 03:08

 

Michel Aglietta

Michel Aglietta, Cepii – « La Chine n’a pas fini de nous surprendre en positif « Un état des lieux et une mise en perspective du développement chinois sous l’œil affuté de l’économiste de la régulationhttp://www.lenouveleconomiste.fr/michel-aglietta-cepii-la-chine-na-pas-fini-de-nous-surprendre-en-positif-11889/

 

 

Dimanche 11 novembre 2012

« Capitalisme et Empire » propose une approche différente

 

L’un de mes amis lecteurs m’a signalé que l’article « Congrès du parti communiste chinois : maîtriser les crises et scandales - 10 novembre 2012 » reflète le point de vue des médias occidentaux, qui mettent en avant le capitalisme d’Etat, la corruption et la contre façon, sans aller au fond des explications historiques du développement chinois.

 

Michel Aglietta offre une vision plus complète de la Chine dans le livre « La voie chinoise, Capitalisme et Empire ».

Le succès économique de la Chine est incontestable. S'agit-il d'une économie capitaliste qui ne dit pas son nom ? Si c'est le cas, où est l'État de droit qui devrait l'accompagner ? Et comment concevoir un capitalisme sans capitalistes, ces acteurs privés dont l'influence politique est prépondérante ?
Les auteurs tournent ici le dos aux explications néolibérales pour explorer le formidable héritage culturel et politique de la Chine. Dans une approche qui allie à la théorie du développement économique la philosophie chinoise et les enseignements de l'histoire, ils expliquent pourquoi ce miracle économique ne s'est pas produit après la chute de l'Empire en 1911 et montrent l'importance de l'époque socialiste (1950-1978) pour la réussite de la réforme. Au-delà des changements que connaît la Chine depuis trente-cinq ans, ils analysent ses atouts et les adaptations nécessaires pour aborder le défi d'une croissance soutenable.
Vaste fresque inspirée de la méthode de Fernand Braudel, ce livre propose une réflexion foisonnante sur les rapports entre les institutions politiques et sociales et les marchés. Une véritable référence sur la Chine d'aujourd'hui
.

 

Dans un entretien réalisé par Dominique Bari et Lina Sankari, paru dans « l’Humanité des débats » le 2 novembre et sur le site du PCF de Villepinte le 6 novembre, Michel Aglietta explicite sa pensée.

Dans la Voie chinoise. Capitalisme et empire (Odile Jacob - économie), Michel Aglietta et Guo Bai renversent l’idée dominante selon laquelle l’empire du Milieu aurait construit sa puissance grâce à sa seule intégration dans l’économie de marché. À la veille de l’ouverture du 18e congrès du Parti communiste chinois, Michel Aglietta trace les grandes lignes économiques et politiques de la Chine qui vient.

L’économie, moyen ou fin ? L’approche du 18e congrès du Parti communiste chinois favorise une abondante production littéraire de qualité variable sur l’empire du Milieu. Le livre de Michel Aglietta et Guo Bai, la Voie chinoise. Capitalisme et empire a le mérite de proposer une approche différente, loin des errements sinophobes ou « sinobéats ». L’alliance de ce professeur à Paris-X-Nanterre et de cette chercheuse à HEC rappelle qu’à compter du IIIe siècle avant notre ère, la Chine réalise son unité politique et surtout la préserve.

Au fil du livre, le lecteur saisit comment un régime socialiste parvient à « édifier un capitalisme spécifique », à développer une industrie presque inexistante avant Mao et à poser les bases des réformes, socles de l’ascension économique. Autre mérite : l’ouvrage pose les bases de nouvelles réformes dans une société en proie aux tensions. Si l’économie est un moyen, la fin reste la stabilité, l’unité et le « bien-être » social. Un long chemin pour un pays qui compte 1,3 milliard d’êtres humains. L’un des ouvrages les plus intéressants du moment.

Voir Michel Aglietta. « La Chine peut inventer un système original d’harmonie sociale »

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5 novembre 2012 1 05 /11 /novembre /2012 03:35

 

"Moi, président de la République" : ce que François Hollande a oublié de nous dire

Avatar de Matthieu Lépine

Par 
militant au Parti de gauche

LE PLUS. On se souvient de l'anaphore, pleine de conviction, prononcée par François Hollande le 2 mai 2012 lors du débat télévisé de l'entre-deux-tours, en pleine campagne présidentielle. Mais aujourd'hui, un contributeur déçu par ces 6 premiers mois de présidence a décidé de réécrire à sa façon le discours de François Hollande, dans une anaphore fictive qui en dit long sur son amertume.

Édité par Gaëlle-Marie Zimmermann  

Le texte qui suit est une fiction. Pour lire le discours original prononcé par François Hollande sur France 2 le 2 mai 2012, cliquez ici.

 

"Je veux être un président qui d’abord ménage le patronat, qui le considère. Un président qui sera sans arrêt dans la recherche d’un compromis même si cela me pousse à revenir sur mes promesses ou à passer outre les valeurs et principes de la République. Un président qui ne cherchera pas la rupture avec le gouvernement précédent.

 

Moi président de la République, je mènerai sur les questions économiques et sociales une politique de continuité avec celle du gouvernement Fillon.

 

Moi président de la République, je nommerai comme Premier ministre le 'socialiste' qui veut redonner vie à l’adage sarkozyste 'travailler plus pour gagner plus'.

 

Moi président de la République, je composerai avec mon Premier ministre un gouvernement 'socialiste' totalement soumis au dogme du libéralisme dont l’action consistera à mener une politique d'accompagnement du capitalisme.

 

Moi président de la République, j’ôterai au peuple français sa souveraineté budgétaire en faisant ratifier par le Parlement le traité européen écrit par mon prédécesseur Nicolas Sarkozy.

 

Moi président de la République, je rassurerai le patronat en envoyant mon Premier ministre lui faire la danse du ventre lors de l’université d'été du MEDEF.

 

Moi président de la République, je tournerai les talons à chaque fois que l’une de mes mesures déplaira au patronat afin de le satisfaire et de lui montrer ma bonne volonté.

 

Moi président de la République, j’augmenterai le SMIC de 5 centimes par heure afin de relancer l’activité économique et de mettre un frein aux politiques d’austérité.

 

Moi président de la République, je repousserai aux calendes grecques l’une de mes plus emblématiques promesses de campagne, le droit de vote pour les étrangers aux élections locales, comme le fit avant moi François Mitterrand.

 

Moi président de la République, j’enterrerai ma promesse sur le non-cumul des mandats afin de ne pas me mettre à dos les députés et sénateurs socialistes.

 

Moi président de la République, je bafouerai la laïcité, comme le fit si souvent mon prédécesseur, en assistant en tant que représentant de la Nation à une messe et en constitutionnalisant le Concordat en Alsace-Moselle.

 

Moi président de la République, je recevrai avec les honneurs à l’Élysée le premier ministre d’un État qui mène une politique violente et inhumaine de colonisation ; un homme qui a choisi l’alliance avec l’extrême-droite pour les prochaines élections législatives.

 

Moi président de la République, je ferai expulser des camps de Roms, sans pour autant proposer de solution de relogement à ces populations les livrant ainsi encore plus à la misère, à la rue et à la pauvreté et entretenant ainsi à leur encontre un climat de haine et de violence.

 

Moi président de la République, je privilégierai la répression policière au dialogue, je ferai charger les forces de l’ordre sur les citoyens qui s’opposent au projet mégalo d’aéroport de mon Premier ministre.

 

Moi président de la République, je ferai ce que Guéant et Sarkozy n’avaient pas osé faire, je livrerai une citoyenne française à un pays étranger bien que ce qui lui est reproché soit légal sur notre territoire".

 

Le renoncement, c’est maintenant…

 

http://leplus.nouvelobs.com/contribution/684123-moi-president-de-la-republique-ce-que-francois-hollande-a-oublie-de-nous-dire.html

 

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19 octobre 2012 5 19 /10 /octobre /2012 22:55
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17 octobre 2012 3 17 /10 /octobre /2012 23:08

 

L'Islande est le seul pays qui a tourné le dos aux banques et qui a gagné...
Iceland

 

 

Le FMI a émis un communiqué de presse cette semaine pour indiquer que l'Islande lui avait remboursé en avance 443,4 millions de dollars, soit un cinquième de la somme que le pays lui avait emprunté (2,15 milliards de dollars). L’échéance initiale de cette somme était en 2013, selon les termes de l’accord de prêt.


Il y a deux précédents, désormais, écrit le blog américain financier Zéro Hedge, l’Islande qui a s’est déconnectée du système international, et la Grèce, "contente d’elle-même et qui se condamne à l’esclavage de la dette, en continuant de remettre volontairement chacun de ses biens aux vampires de l'oligarchie bancaire en échange de la seule adhésion à un club voué à l’échec, sous la menace constante du feu et du soufre si elle ose se séparer de ses parasites monétaires (et où le taux de chômage gagne 3% en un trimestre) ».

 

http://www.express.be/business/fr/economy/lislande-est-le-seul-pays-qui-a-tourne-le-dos-aux-banques-et-qui-a-gagne/164230.htm

En juin 2011, l'Islande était revenue sur les marchés financiers, en émettant un emprunt obligataire de 1 milliard de dollars pour une durée de 5 ans à un taux proche de 5%. Les investisseurs ont manifesté un grand enthousiasme, et ils étaient prêts à lui octroyer le double de ce montant.

L'Islande est le seul pays à avoir laissé ses banques faire défaut. Les citoyens ont même rejeté un paiement au profit de la Hollande et du Royaume Uni par référendum. Ces défauts n’ont pas eu l’impact négatif sur les investisseurs et la capacité de financement du pays auquel on aurait pu s’attendre, et que les experts ont souvent brandi comme justification de la nécessité du maintien de la Grèce dans la zone euro.

« Félicitations, Islande. Nous pouvons seulement souhaiter qu’un autre pays ait le courage de marcher dans vos pas et de réaliser que toutes les menaces creuses de destruction mutuelle garantie si quelqu’un tourne le dos à la super cabale bancaire, ne sont que cela : creuses », conclut Zero Hedge.


Pendant ce temps-là, la Grèce poursuit inexorablement sa plongée dans la récession et la misère. La vidéo ci-dessous montre l’agitation de quelques Grecs qui s’affairent dans des poubelles de supermarchés, pour essayer d’en extraire quelque chose à manger.

 

 


 

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11 octobre 2012 4 11 /10 /octobre /2012 23:14

 

 

La recette pour neutraliser la colère
des Français : la promesse de l'Autre Europe
depuis un tiers de siècle
 
http://www.u-p-r.fr/dossiers-de-fond/autre-europe


Depuis un tiers de siècle au bas mot, les Français sont conviés à prendre leur mal en patience devant les conséquences de plus en plus calamiteuses de la prétendue « construction européenne ».

Comment cela est-il rendu possible ? Par le fait que tous les partis politiques français – sauf l’UPR – ont recours à la même technique manipulatoire, fondée sur la même formule de rhétorique.

À savoir que TOUS les partis, sauf l’UPR, affirment :

- que l’Europe telle qu’elle existe – Communauté Économique Européenne (CEE) de 1957 à 1992, Union européenne (UE) depuis 1992 – fonctionne en effet de plus en plus mal et que ses résultats sont de plus en plus calamiteux ,

- mais que tout cela va se résoudre en « changeant d’Europe », ce qui permettra de déboucher sur le paradis tant attendu : une « Autre Europe ».

Le fonctionnement central de cette manipulation est de faire croire aux Français que l’Europe se résumerait en gros à la France, et que les choix concernant la prétendue « construction européenne » ne dépendraient en définitive que des Français.

De l’extrême droite à l’extrême gauche, en passant par tout le spectre politique des souverainistes, de l’UMP, du MODEM, de EELV, du PS, du MRC, et du FDG, aucun parti politique – à part l’UPR – ne parle jamais du fait, pourtant tout bête, que la France n’est plus qu’un pays sur 27 (3,7%) et que ce que peuvent vouloir les Français n’a plus guère d’importance dans cette Tour de Babel ingérable.

Cette manipulation date depuis au moins 1979, comme nous le révèle l’affiche conçue à l’époque par le dessinateur Folon, dont le slogan principal « L’Europe, c’est l’espoir » était assorti d’un deuxième slogan : « Choisissez votre Europe ! »

Depuis lors, les Français sont entretenus dans l’illusion que les objectifs, les politiques et le fonctionnement de l’Europe dépendent principalement d’eux.

Et qu’il ne dépendrait donc que d’un peu de bonne volonté de leur part pour qu’une « Autre Europe » soit possible.

Cette fumisterie intellectuelle a pour conséquence d’interdire du champ de la réflexion une autre idée, bien plus simple : celle qui consisterait tout bonnement à sortir de cette prétendue « construction européenne ». Cette idée, qui tombe pourtant sous le sens, a été rendue taboue depuis des décennies. C’est grâce à l’UPR et à notre notoriété grandissante qu’elle commence, les événements calamiteux aidant, à faire désormais son chemin.

Pour bien mesurer à quel point le débat a été verrouillé, il est instructif de parcourir ensemble une brève histoire de ce bobard plus que trentenaire qu’est l’idée de « l’Autre Europe ».

EN 1979, IL Y A 33 ANS, LE PARTI SOCIALISTE APPELAIT À VOTER PS AUX ÉLECTIONS EUROPÉENNES POUR « CHANGER L’EUROPE »


EN 1997, IL Y A 15 ANS, LE PS PROMETTAIT DE « CHANGER D’EUROPE »

« Il faut changer d’Europe et mettre en œuvre une politique économique et monétaire au service de la croissance et de l’emploi, pour une Europe plus démocratique, plus sociale, plus respectueuse de l’environnement ».

Déclaration politique du Parti Socialiste à l’Assemblée nationale, faite le 12 juin 1997 au moment de la formation du gouvernement de Lionel Jospin.


EN 2000, IL Y A 12 ANS, LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE JACQUES CHIRAC PROMETTAIT UNE « EUROPE PLUS EFFICACE, PLUS DÉMOCRATIQUE ET PLUS PROCHE DES CITOYENS »

« Nous voulons une Europe plus efficace, une Europe plus démocratique, une Europe plus proche des problèmes qui concernent l’ensemble des Européens, notamment ceux qui touchent au travail, c’est-à-dire à l’emploi, […. ] Il nous faut construire une Europe plus proche des citoyens. »

Jacques Chirac, Président de la République, présentant le programme de la Présidence française de l’Union européenne devant le Parlement européen.
Strasbourg le mardi 4 juillet 2000.

EN 2000, IL Y A 12 ANS, LE « COLLECTIF POUR UNE AUTRE EUROPE » PROPHÉTISAIT L’ARRIVÉE D’UNE « AUTRE EUROPE DANS UN AUTRE MONDE »

« Tandis que les gouvernements construisent sans les citoyens et contre eux une Europe dominée par la logique néolibérale, une autre Europe se dessine à travers les luttes des « sans » (sans domicile, sans travail, sans revenu, sans papiers, sans droits), les mobilisations citoyennes, les luttes des salarié(e) s, les luttes des femmes contre les violences et la pauvreté. [...] Il est possible de construire une autre Europe, dans un autre Monde. Cette Europe doit se faire entendre à Nice ».

Collectif pour une Autre Charte, pour une autre Europe, pour un autre Monde ! à l’occasion du sommet européen de Nice de décembre 2000 soutenu par les associations AC ! – agir contre le chômage, APEIS, ATTAC, CCCOMC, CDSL, Collectif national pour les droits des femmes-Marche mondiale des femmes, DAL – Droit au Logement, Droits Devants !, FASTI, FTCR, Marches Européennes, MNCP, Observatoire de la Mondialisation, RAJFIRE, « Souriez, vous êtes filmés ! » par les syndicats Confédération Paysanne, CGT-Correcteurs, FGTE-CFDT, FSU, Union syndicale-G10 Solidaires et par les organisations politiques Alternative Libertaire, les Alternatifs, Chiche !, JCR-Red, LCR, PCF, Socialisme par en bas, et Les Verts.

EN 2001, IL Y A 11 ANS, JEAN-PIERRE CHEVÈNEMENT RÉCLAMAIT UNE « AUTRE EUROPE »

« Il est temps, Monsieur le Premier ministre, d’organiser le retour de l’État républicain et de faire en sorte que la France pèse à Bruxelles pour qu’une réponse, si possible coordonnée, soit apportée à la crise qui vient. Nous avons besoin d’une autre Europe. ».

Jean-Pierre Chevènement, Discours à l’Assemblée Nationale, le 3 octobre 2001


EN 2003, IL Y A 9 ANS, FRANÇOIS BAYROU ANNONÇAIT : « IL FAUT CHANGER D’EUROPE »

« Tout le monde voit bien qu’il faut changer d’Europe et le sommet de Bruxelles vendredi montre à l’évidence qu’une certaine Europe c’est fini. Il faut en bâtir une autre enfin digne de ce nom, c’est-à-dire un jour capable, elle aussi, de faire preuve de la puissance dont les Américains font preuve sur le terrain ».

François BAYROU, Dépêche AFP du 15 mars 2003, 15h12 intitulée François Bayrou: « il faut changer d’Europe »

EN 2003, IL Y A 9 ANS, LE PCF AFFIRMAIT SA VOLONTÉ DE « CONSTRUIRE UNE AUTRE EUROPE »

« Les communistes ne veulent pas être pris pour des anti-européens, et ils affirment leur volonté de construire « une autre Europe ».

Nous ne devons pas céder à la facilité du rejet ou de l’abandon de l’Europe parce que nous rejetons sa construction actuelle.
La question d’une autre Europe est bien essentielle dans le projet communiste ».

Marie-George Buffet Secrétaire nationale du PCF – Dépêche AFP du 27/06/2003 17h44.

Le PCF dénonce les « bases libérales » du projet de Constitution européenne.


EN 2004, IL Y A 8 ANS, PHILIPPE DE VILLIERS APPELAIT À VOTER MPF AUX ÉLECTIONS EUROPÉENNES POUR « CHANGER D’EUROPE »

« Oui à l’Europe, Non à Bruxelles » : tel fut l’oxymore utilisé par Philippe de Villiers en 2004 :


EN 2005, IL Y A 7 ANS, LES VERTS APPELAIENT A VOTER OUI AU RÉFÉRENDUM SUR LA CONSTITUTION EUROPÉENNE « POUR QU’UNE AUTRE EUROPE SOIT POSSIBLE »

Affiche des Verts pour le référendum du 29 mai 2005

EN 2005, IL Y A 7 ANS, OLIVIER BESANCENOT APPELAIT À VOTER NON AU RÉFÉRENDUM SUR LA CONSTITUTION EUROPÉENNE « POUR QU’UNE AUTRE EUROPE SOIT POSSIBLE »

« C’est un encouragement formidable pour les forces, nombreuses, qui elles aussi pensent qu’une autre Europe est possible à condition de défaire cette Europe libérale et capitaliste. À nous qui venons de refuser cette Constitution de proposer des initiatives européennes dessinant une autre Europe. »

Olivier BESANCENOT, Article « Écrasante victoire du « non » avec 55 % en juin 2005″ sur le site de la LCR


EN 2005, IL Y A 7 ANS, NICOLAS SARKOZY APPELAIT À VOTER OUI AU RÉFÉRENDUM SUR LA CONSTITUTION EUROPÉENNE POUR « CHANGER D’EUROPE »

« Si vous votez “non”, ça ne vous fera même pas plaisir.Vous allez garder l’Europe telle qu’elle est, et vous allez continuer à mourir.
Alors votez “oui”. De toute façon, ça ne peut pas être pire qu’aujourd’hui…
Vous voulez changer d’Europe ? Votez “oui” ! »

Nicolas SARKOZY, repris par Thomas Lebègue dans Libération du 22 avril 2005


EN 2005, IL Y A 7 ANS, LE PCF APPELAIT À VOTER NON AU RÉFÉRENDUM SUR LA CONSTITUTION EUROPÉENNE POUR « UNE AUTRE EUROPE »

On remarquera que cette affiche reprend la grosse ficelle utilisée continuellement par les européistes – de gauche comme de droite – qui ravale systématiquement les problèmes européens à un simple problème franco-français. Ainsi, l’affiche du PCF pour le référendum de 2005 baptise la Constitution européenne du sobriquet de « Constitution Giscard ».

L’objectif est de faire croire aux électeurs du PCF que le problème de cette prétendue « Constitution » serait uniquement franco-français, et tiendrait uniquement à Valéry Giscard d’Estaing et à ses options politiques et économiques personnelles. Pas un seul mot, jamais, n’est dit de la divergence irréductible des intérêts nationaux des 26 autres États, ni de leur prise de position, ni de la nécessité de parvenir à une unanimité sur ce traité européen. En bref, le problème de fond de la prétendue « construction européenne » est tout bonnement caché aux électeurs.


EN 2005, IL Y A 8 ANS, L’EXTRÊME GAUCHE SE PRONONÇAIT « POUR UNE AUTRE EUROPE »

Cette idée originale faisait le gros titre en une du journal « La Voix du peuple » pendant la campagne référendaire de 2005 :


EN 2006, IL Y A 6 ANS, LE FRONT NATIONAL APPELAIT À RESTER DANS L’EURO MAIS A CHANGER D’EUROPE POUR BÂTIR UNE « EUROPE DES PATRIES »

« On m’accuse d’être contre l’Europe, c’est absurde !

La France est la plus vieille nation d’Europe mais je ne suis pas pour n’importe quelle Europe.
C’est l’Europe des patries que nous voulons ».

Jean-Marie LE PEN – Dépêche AFP du 16 juin 2006 – Le Front national cherche à nuancer son discours sur l’Europe

« Si Jean-Marie Le Pen est élu à la présidence de la République, il ne proposera pas la sortie de l’euro, mais il proposera en échange de récupérer des pouvoirs fondamentaux en matière fiscale ou en matière de frontières ».

Bruno GOLLNISCH – Dépêche AFP du 16 juin 2006 – Le Front national cherche à nuancer son discours sur l’Europe


EN 2006, IL Y A 6 ANS, FRANÇOIS HOLLANDE ET LE PS EXPRIMAIENT « LEURS SOUHAITS D’UNE AUTRE EUROPE »

« L’Europe est en panne. Une panne économique et sociale, chacun reconnaissant l’échec du bilan de la stratégie de Lisbonne à mi-parcours, mais aussi budgétaire. Passé ce constat commun à tous les participants, la salle s’est surtout attachée à exprimer ses souhaits d’une autre Europe et les façons de la relancer ».

François HOLLANDE – États généraux du PS tenus à Strasbourg le 3 juin 2006 : « l’Europe, un choix pour la France », animés par Benoît Hamon


EN 2008, IL Y A 5 ANS, L’EXTRÊME GAUCHE EXPLIQUAIT « UNE AUTRE EUROPE EST POSSIBLE »


EN 2009, IL Y A 4 ANS, NICOLAS SARKOZY APPELAIT À VOTER UMP AUX ÉLECTIONS EUROPÉENNES CAR « C’EST LE MOMENT DE CONSTRUIRE UNE AUTRE EUROPE »

La profession de foi électorale de l’UMP était formelle : « Le 7 juin [2009], c’est le moment de construire une autre Europe. [...] C’est le moment de transformer l’Europe pour qu’elle ne soit plus l’alibi de tous nos abandons mais l’expression d’une volonté commune. L’Europe doit changer. Une autre Europe est possible. »


EN 2009, IL Y A 4 ANS, NICOLAS DUPONT-AIGNAN APPELAIT À VOTER DLR AUX ÉLECTIONS EUROPÉENNES POUR « CHANGER D’EUROPE » ET POUR « CONSTRUIRE UNE AUTRE EUROPE »

L’affiche électorale de Nicolas Dupont-Aignan était claire :

Et dans ses entretiens dans les médias, il martelait la même idée :

Article de Valérie Sitnikow dans La Dépêche du Midi du 12 mai 2009


EN 2009, IL Y A 4 ANS, LE PARTI SOCIALISTE APPELAIT À VOTER PS AUX ÉLECTIONS EUROPÉENNES POUR « CHANGER D’EUROPE »

On remarquera que le slogan du PS pour les élections européennes de 2009 était donc un copié-collé du slogan du même PS pour les élections européennes de 1979. A 30 ans de distance, le PS est passé de « CHANGER L’EUROPE » à « CHANGER D’EUROPE.FR »


EN 2012, LE FRONT DE GAUCHE A ADOPTÉ POUR SLOGAN : « POUR CHANGER D’EUROPE »

CONCLUSION :

SEULE L’UPR DÉNONCE LES SEMPITERNELS PROJETS D’AUTRE EUROPE ET EXPLIQUE QUE TOUT PROJET DE CONSTRUCTION EUROPÉENNE EST, PAR NATURE, NON-VIABLE, DICTATORIAL ET BELLICISTE

Seule sur toute la scène politique française, l’UPR dénonce les projets d’Autre Europe pour ce qu’ils sont : une technique manipulatoire qui empêche les Français de reprendre leur destin en mains en les faisant rêver depuis un tiers de siècle à des projets fumeux qui ne peuvent pas voir le jour.

Seule sur toute la scène politique française, l’UPR analyse que si l’Europe est comme elle est, c’est parce qu’elle ne peut pas être autrement : elle est le résultat fatal du télescopage de 27 intérêts nationaux constamment divergents, dont la résultante ne peut déboucher que sur une aliénation à l’empire euro-atlantiste.

C’est pourquoi, seule sur toute la scène politique française, l’UPR explique que tout projet de « construction européenne » est, par nature, un projet chimérique, non-viable, nécessairement dictatorial et finalement belliciste, puisqu’il s’inscrit dans la théorie du Choc des Civilisations.

L’UPR dit et analyse cela constamment depuis sa création, puisque nous l’avons fait figurer dans notre Charte fondatrice adoptée le 25 mars 2007.

 

Depuis 5 ans et demi que cette Charte a été adoptée, – sans aucun changement depuis lors -, c’est peu dire qu’elle a été entièrement confirmée par les événements.

 

François ASSELINEAU

 

http://www.u-p-r.fr/dossiers-de-fond/autre-europe

.

 

 

OCT
7
BREF PASSAGE DE FRANÇOIS ASSELINEAU AU JOURNAL DE LA GRANDE CHAÎNE DE TÉLÉVISION RUSSE "RUSSIA TODAY" 

Ce trop bref extrait de quelques secondes a été tiré d'un long entretien (d'environ 3/4 heure) donné par le président de l'UPR à Maria Finoshina, journaliste vedette de Russia Today, à Paris il y a quelques jours. 
Nous ne savons pas si l'entretien sera diffusé ultérieurement dans son intégralité. Il n'en demeure pas moins que c'est la première fois que François Asselineau est interrogé sur une grande chaîne de télévision d'un grand pays étranger. C'est encore une preuve de la montée en puissance de la notoriété de l'UPR.


http://rt.com/business/news/france-hollande-annual-budget-191/

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11 octobre 2012 4 11 /10 /octobre /2012 22:51

 

Jean-Pierre Chevènement

Jean-Pierre Chevènement © EUROPE 1

http://www.europe1.fr/Politique/Chevenement-l-euro-peut-nous-quitter-808873/


 

Entretien de Jean-Pierre Chevènement au site Atlantico paru lundi 24 septembre 2012.
Pourquoi je dis "non" au traité budgétaire européen
Atlantico : Examiné mercredi en Conseil des ministres, le projet de loi autorisant la ratification du traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG) au sein de l'Union européenne arrivera au Parlement le 2 octobre. Vous avez annoncé que vous ne voterez pas ce texte. Quelles sont vos raisons ?
Jean-Pierre Chevènement : J'ai eu l'occasion de dire ce que je pensais de ce traité à la tribune du Sénat, juste après sa signature par Monsieur Sarkozy et Madame Merkel le 2 mars 2012. Je m'efforce de donner une certaine constance à mes positions. Je rappelle que je fais partie des rares députés socialistes qui ont voté contre le traité de Maastricht en 1992. Partisan d'une Europe construite dans le prolongement des nations, j'ai toujours maintenu ma ligne de pensée qu'il s'agisse de la constitution européenne ou du traité de Lisbonne auxquels je me suis opposé. Ma position et celle du Mouvement républicain et citoyen (MRC) n'ont jamais varié. J'ai développé nos idées durant la campagne pédagogique que j'ai menée de novembre 2011 à février 2012. J'ai retiré ma candidature à l'élection présidentielle le 1er février 2012, et le 13 mars, j'ai apporté mon soutien à François Hollande. Mais notre soutien ne comporte nulle servilité : nous conservons intacte notre liberté de jugement et d'expression. Sinon d'ailleurs, que vaudrait ce soutien? J'ai ici le texte de l'accord qui est intervenu le 9 mars 2012 entre le MRC et le PS s'agissant du traité européen (TSCG) :

"Les deux partis conviennent que le traité européen tel qu'il a été convenu par le sommet du 30 janvier 2012 et signé le 2 mars dernier est inacceptable. La vision purement budgétaire et disciplinaire qui est celle du traité déboucherait sur une austérité et une récession généralisée. Le traité doit être renégocié afin d'introduire dans l'architecture de la zone euro des moteurs de croissance aujourd'hui défaillants : rôle clé de la BCE dans le rachat des dettes publiques et dans le soutien à la croissance, emprunt européen permettant de financer un grand plan d’investissement, relance salariale dans les pays auxquels leur compétitivité le permet, politique de change assurant un euro compétitif."


Où en sommes-nous aujourd'hui ? Le "pacte de croissance" prévoit le redéploiement de 55 milliards de crédits FEDER (Fonds européen de développement régional) qui existaient déjà. Il prévoit une augmentation du capital de la banque européenne d'investissement. Augmentation du capital qui est censée pouvoir financer 60 milliards d'investissements sur un laps de temps à définir. Enfin, il prévoit ce qu'on appelle les "project bonds", mais pour un montant extrêmement modeste : quatre ou cinq milliards d'euros. Aucune de ces mesures n'est à même de contrebalancer l'effet déflationniste du traité et d'inverser la marche à la récession aujourd'hui engagée.
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Faire bouger les lignes
Intervention de Jean-Pierre Chevènement au Sénat sur le Traité sur la stabilité, la coopération et la gouvernance, jeudi 11 octobre 2012.


Faire bouger les lignes
Monsieur le ministre,

Dans deux discours brillants, vous nous avez invités hier à « dépasser le traité », à le « contextualiser » pour en faire, je vous cite, « l’instrument d’une autre politique », nous faisant entrevoir des perspectives enchanteuses, voire enchanteresses. Vous avez réussi à dissimuler que le Sénat, s’il vote ce traité, entérinera une dépossession sans précédent du Parlement de ses prérogatives budgétaires.

Peu d’orateurs semblent l’avoir mesuré. Si ce n’est pas un suicide du Parlement, cela y ressemble beaucoup, dans une sorte d’indifférence molle que j’ai quelques scrupules à troubler. Mais il faut lire le traité. Si je puis évoquer un souvenir : ce n’est qu’après avoir lu le traité de Maastricht que je me suis résolu, en 1992, à voter contre.

Le traité, je le résume, pose, dans son article 3, le principe selon lequel la situation budgétaire des administrations publiques doit être en équilibre ou en excédent. C’est la Commission européenne qui, de Bruxelles, propose le calendrier imposant à chaque pays une convergence rapide vers l’objectif à moyen terme, l’OMT, qui ne saurait excéder un « déficit structurel » durci à 0,5 % du PIB. Un OMT dont vous entendrez reparler.

Ce n’est pas seulement un traité disciplinaire. C’est un traité correctionnel.


Chaque Etat devra garantir un mécanisme de correction automatique que tout autre Etat membre pourra contester devant la Cour de Justice de l’Union européenne, si la Commission ou lui-même estime que les garanties données ne sont pas suffisantes. N’importe quel Etat contractant pourra demander à la Cour d’infliger des amendes dans les limites de 0,1 % du PIB, soit pour la France environ 2 Milliards d’euros.

Enfin, les Etats contractants s’engagent, en cas de déficit excessif, à mettre en place avec la Commission un programme dit de « partenariat budgétaire et économique » contenant une description détaillée des réformes structurelles à mettre en œuvre : privatisations et déréglementations de toute nature sans aucun doute, à commencer par celle du marché du travail.

Cerise sur le gâteau, chaque Etat s’engage à soutenir les propositions de la Commission contre un autre Etat censé avoir manqué à ses obligations, sauf si une majorité d’Etats s’y opposait. C’est ainsi que la règle de la majorité inversée s’imposera en matière de discipline budgétaire. Jusqu’à présent la démocratie supposait la loi de la majorité. Avec l’Europe disciplinaire, c’est le contraire : l’absence de majorité en sens contraire élargit démesurément le pouvoir des institutions européennes.

*

Si ce n’est pas une mise en tutelle des Etats et des Parlements nationaux, je ne sais pas ce que parler veut dire. Certes, le traité n’impose pas l’inscription de la règle d’or, en fait règle d’airain, dans la Constitution : il ouvre une fausse fenêtre en autorisant une procédure de garantie autre que constitutionnelle, en l’occurrence une loi organique sur laquelle, je le répète, le traité prévoit un contrôle de la Cour de Justice de l’Union européenne.

Dans le cadre de lois de programmation triennales, un Conseil budgétaire indépendant, dit « Haut Conseil des Finances publiques », largement adossé à la Cour des Comptes, vérifiera les prévisions, les trajectoires, les planchers de recettes ou les plafonds de dépenses, les soldes et leur ventilation. Gardien de la règle d’airain, ce « chien renifleur », si vous me permettez cette expression tirée de mon expérience d’ancien ministre de l’Intérieur, permettra de justifier les ingérences de la Commission dans la procédure budgétaire.

Que restera-t-il dans ces conditions du rôle du parlement et de ses Commissions, du droit d’initiative et de proposition des parlementaires ? Nous serons tous réduits, mes chers collègues, à l’état de particules dans un anneau de collision ! Telle est du moins ma prévision.

Au fond, le gouvernement que j’ai bien écouté ne défend pas vraiment ce traité. Il défend ce qui est autour, les quelques ajouts que le Président de la République a obtenus, certes de haute lutte, mais qui restent, si nous voulons être objectifs, modestes. Bref, il le « contextualise ».

Le gouvernement décore ainsi une annexe non contraignante d’une appellation « pacte de croissance » quelque peu surfaite. Vous savez bien qu’une injection de crédits de 1 % du PIB de l’Union européenne à vingt-sept, étalée sur trois ans, ne pourra compenser des ponctions sur la demande égales chaque année à plusieurs points de PIB dans plusieurs pays de la zone euro (1,5 % pour la France en 2013). Une alouette pour un cheval ! Le compte n’y est pas !

*

Le gouvernement défend surtout des avancées, souhaitables certes mais encore problématiques.

Le docteur Coué, pharmacien lorrain, dont je veux défendre la mémoire, avait inventé une méthode pour guérir les malades en leur faisant répéter qu’ils iraient mieux demain qu’aujourd’hui.

Certes, les perspectives concernant la taxe sur les transactions financières semblent s’éclaircir bien qu’on n’en connaisse encore ni le taux, ni l’assiette, ni l’affectation mais c’est un point positif dont je donne acte au gouvernement.

On nous annonce une supervision bancaire par la BCE. La BCE est l’émanation des banques centrales nationales qui vivent en étroite symbiose avec leurs systèmes bancaires respectifs. Quelle garantie la supervision par la BCE, elle-même soustraite à tout contrôle démocratique, offrira-t-elle contre la spéculation ? Et selon quelle règle de vote en son sein ? C’est au mieux une forme d’autocontrôle de la finance par elle-même !

Que signifie une « garantie des dépôts » alors que depuis un an, selon le FMI, 296 milliards d’euros de capitaux ont quitté l’Espagne et 235 l’Italie ?

Vous évoquez encore, Monsieur le Ministre, les étapes à venir et les progrès d’une mutualisation des dettes et des emprunts, ainsi un fonds de rédemption proposé par « un Conseil des Sages » allemand. De tout cela, Madame Merkel ne veut pas. Vous avez évoqué, Monsieur le Ministre, les perspectives de l’harmonisation fiscale et sociale, mais souvenez-vous : alors que l’Irlande avait un besoin urgent d’être renflouée, en 2010, l’Europe n’a pas été capable de lui imposer le moindre relèvement du taux de l’impôt sur les sociétés, fixé à 12 %.

Le Président de la République a introduit à juste titre dans l’équation européenne la thématique de la croissance pour contrarier la logique de l’austérité. Cette inflexion du discours officiel est certes positive, mais il y a encore loin de la coupe aux lèvres. Certes, je peux très bien comprendre que les marges de manœuvre du Président de la République soient étroites. Nous sommes prêts à l’aider à les élargir.

Mais la meilleure manière de l’y aider, c’est de le faire « les yeux ouverts ». La vérité est que le traité est resté tel qu’il était quand il a été signé. Je ne crois pas qu’il soit possible, comme l’a suggéré M. le Premier ministre, de changer l’esprit dans lequel sera appliqué un traité signé à vingt-cinq et dont le texte est inchangé. Soyons lucides : en vingt ans, l’abandon de la souveraineté monétaire a conduit à celui de la souveraineté budgétaire, quels que soient les artifices de langage employés pour le dissimuler.

Comme parlementaire, libre de mes analyses et solide sur mes convictions, je ne renie rien des propos que j’ai tenus à cette tribune, bien avant l’élection présidentielle. Inacceptable au printemps, ce traité le reste à l’automne, quel que soit le désir du gouvernement d’en inverser un jour la logique pour faire vraiment, comme l’a dit M. le Premier ministre, « bouger les lignes ». Notre soutien, s’il y parvient, lui est acquis d’avance.


Si ce traité devait entrer ne vigueur, tous les pouvoirs budgétaires seraient transférés à une technocratie bruxelloise ou parisienne.


Or, la légitimité du Parlement s’enracine dans le contrôle du budget. Il n’en resterait à peu près rien. Nous serions entrés dans la voie d’une « Europe post démocratique », comme l’ont bien vu en France Hubert Védrine, et en Allemagne Jürgen Habermas.

On peut se demander, dans ces conditions, comment le Conseil Constitutionnel a pu juger que le TSCG ne portait pas atteinte aux conditions d’exercice de la souveraineté nationale. C’est jouer sur les mots. Le « six pack » repris par le traité est-il compatible avec le principe de la souveraineté nationale, appliqué au contrôle du budget par le Parlement ? En Allemagne, le Tribunal constitutionnel de Karlsruhe n’hésite pas à énoncer le 12 septembre 2012 : « l’article 38 de la loi fondamentale combiné au principe de démocratie exige que la décision sur les recettes et les dépenses publiques, laquelle constitue un aspect fondamental de la capacité d’autodétermination démocratique de l’Etat constitutionnel, demeure de la compétence du Bundestag allemand. Même dans un système de gouvernance intergouvernementale, les députés, en tant que représentants élus du peuple, doivent garder la possibilité de contrôler les décisions fondamentales de la politique budgétaire de l’Etat ». Je ne vois rien de tel dans les attendus du Conseil Constitutionnel et encore moins dans les déclarations du gouvernement quand il doit s’exprimer sur le détail de la nouvelle procédure budgétaire. C’est pourquoi je demande au Sénat, avec mon collègue du RDSE, Pierre-Yves Collombat, de déclarer ce traité irrecevable.


Le traité donne une visibilité incontestable à des dispositions acceptées contre tout bon sens par le Président Sarkozy en novembre 2011 et dont vous n’avez pas encore mesuré l’effet. Elles auraient pu autrement rester noyées dans le fatras du droit dérivé européen, « six packs », « two packs », « pacte pour l’euro plus », autant d’appellations qui résonnent comme un cliquetis de chaines. Quels qu’aient été les efforts, à coup sûr méritoires, du Président Hollande pour faire bouger la position allemande, le traité va engager l’Europe dans une spirale récessionniste de longue durée et peut-être même dans une dépression économique dont il ne sera possible de sortir qu’à travers une crise sociale et politique de grande ampleur. Comment pourrait-il en être autrement du fait du double engagement de supprimer les déficits et de résorber en vingt ans la dette publique excédant les 60% du PIB ? Pour la France, cela représente un effort de plus de 30 Milliards d’euros par an jusqu’au milieu des années 2030. Coup terrible pour la protection sociale, les services publics, mais aussi dépression assurée, et pour longtemps. Il n’y a pas d’effet cumulatif », avez-vous dit. Je réponds : c’est un processus continu et sans rémission. Nous serons à 3 % d déficit en 2013. Il faut trois ans jusqu’en 2016 pour réduire le déficit à zéro, puis jusqu’en 2036 pour ramener la dette à 60 % du PIB. La Constitution définit la France comme une « République sociale ». Qu’en restera-t-il, au terme de cette cure d’austérité prolongée ?

L’Europe vivra, avec ce traité, au mieux une stagnation de longue durée, à l’image du Japon dans les années 1990. On nous dit qu’il y a des « souplesses » : la notion de « déficit structurel », la mention de « circonstances exceptionnelles ». Si tel était le cas, il serait vraiment temps de les faire jouer pour mettre en œuvre des politiques keynésiennes dont vous nous avez bercés ! La zone euro, à l’heure qu’il est, et la France avec elle, entrent en effet en récession. Le TSCG est la contrepartie exigée par l’Allemagne pour la mise en œuvre du mécanisme européen de stabilité. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle le groupe socialiste était allé jusqu’à une abstention remarquée, le 22 février 2012, sur le texte relatif à ce mécanisme. Encore une fois, je ne veux pas diminuer les mérites du Président de la République qui a su chercher et trouver des appuis à Washington, à Madrid et à Rome pour faire avancer d’autres chantiers et créer un autre climat, mais ses convictions européennes de toujours l’ont sans doute amené à considérer qu’un mauvais accord valait mieux que pas d’accord du tout. Le Conseil européen des 28 et 29 juin était pourtant une opportunité à saisir, au lendemain des élections législatives, pour faire bouger l’Allemagne. Peut-être le temps a-t-il manqué ?

*

Monsieur le ministre des Affaires étrangères a aujourd’hui fait valoir les risques d’une non-ratification : la France se priverait des concours du MES. Elle se mettrait à la merci de la spéculation des marchés. Cette argumentation est connue et rebattue. Pour y répondre, il faut, bien entendu, avoir créé, en amont, une autre configuration de forces.

D’une part, on ne peut pas construire l’Europe sans la France. D’autre part, la France n’est pas seule. A l’échelle mondiale, les Etats-Unis, la Chine, d’autres encore ont intérêt à ce que l’Europe ne s’enfonce pas dans la décroissance. Bref, nous avons des alliés potentiels. Enfin, l’attitude des investisseurs étrangers dépend plus de notre propre rigueur que d’un traité qui se révèlera vite inapplicable. Les parlementaires du MRC se sont déjà engagés, à cet égard, à voter le budget 2013 dont nous savons qu’il sera sévère mais qui ne nous engage que pour un an, et pas pour l’éternité. Nous comprenons que le gouvernement a besoin de temps. Mais, comment pourrios-nous réorienter l’Europe si nous sommes obligés d’avancer un pistolet sur la tempe ?


La monnaie unique, une erreur grave

Le choix effectué en 1989 de faire de l’euro une monnaie unique et non pas une monnaie commune, a été une grave erreur. On a méconnu la spécificité des nations et l’hétérogénéité de leurs structures. La crise de l’euro n’est que superficiellement une crise de la dette. Ce qui mine la zone euro, ce sont les écarts de compétitivité qui existaient, certes, au départ, mais qui n’ont cessé de se creuser, comme l’indiquent les déficits commerciaux abyssaux des uns et les excédents colossaux des autres.

Peut-on résorber ces écarts de compétitivité par des plans de déflation interne ? C’est le pari du TSCG. C’est un pari très aventuré. Il vaudrait mieux, comme le recommande un économiste allemand connu, M. Hans-Werner Sinn, procéder à des réajustements monétaires négociés entre pays partenaires, de façon à faire l’économie d’une crise prolongée et à renouer avec une croissance équilibrée. Il faudrait soit envisager un euro du Nord et un euro du Sud soit revenir à l’idée d’un euro monnaie commune avec des parités négociées à l’intérieur d’un SME bis, l’euro monnaie commune étant réservé aux transactions internationales. L’Europe doit se faire à partir de grands projets concrets – politique industrielle, transition énergétique, justice sociale, résorption du chômage, politique de défense indépendante au service de la paix, etc. - et non à partir d’une construction monétaire abstraite qui ressemble de plus en plus à un tonneau des Danaïdes.

*

Car la crise de l’euro n’est pas derrière nous : je voudrais vous rendre attentifs, chers collègues, au fait que le MES est un pare-feu tout à fait insuffisant eu égard aux encours de dette colossaux des pays potentiellement en difficulté : plus de 3000 milliards d’euros.

Le Tribunal Constitutionnel de Karlsruhe a plafonné à 190 Milliards d’euros l’engagement de l’Allemagne au titre du MES. Celui de la France atteint 142 Milliards d’euros, comme on l’ignore généralement de ce côté-ci du Rhin. C’est dire l’étroitesse des fonds mobilisables – à peine 300 milliards - si l’Espagne et l’Italie venaient à demander l’aide du MES. Certes, le 6 septembre, le Président de la BCE a annoncé un engagement illimité de celle-ci pour soutenir les monnaies des pays en difficulté. C’est ce qu’on appelle « la mesure Draghi ». On s’est arrêté au mot « illimité ». En réalité, la BCE n’interviendra que sur un créneau limité (les obligations à trois ans, sur le seul marché de la revente), selon une stricte conditionnalité, à travers la souscription de plans d’ajustement structurels, et moyennant la stérilisation des achats d’effets publics par la revente d’effets privés, afin de ne pas gonfler la masse monétaire. « L’Europe avance » nous a dit M. Marini. En réalité, la BCE souhaite avoir son mot à dire sur les plans d’ajustement structurels. Et son pouvoir coercitif pourra s’exercer en faisant fluctuer le montant de ses achats de dette et donc en influant sur le taux d’intérêt de la dette du pays concerné. Les achats théoriquement illimités de la BCE s’intègrent dans une stratégie coercitive globale au service des créanciers et au détriment des contribuables et des salariés.

L’euphorie qui a suivi l’annonce de la mesure Draghi, il y a à peine plus d’un mois, est aujourd’hui retombée. Un pays comme l’Espagne emprunte aujourd’hui à dix ans, à un taux à nouveau voisin de 6 %. Ainsi la ratification de ce traité n’empêchera pas la zone euro d’aller de « sommet de la dernière chance » en « sommet de la dernière chance » …


Peut-on sauver l’euro en tant que monnaie unique ?


Il y a des limites objectives à la solidarité au sein de la zone euro. La solidarité, en effet, reste nationale à 97,5 % car si le niveau moyen des prélèvements obligatoires en Europe atteint 40 % du PIB, le montant du budget européen ne dépasse guère 1 %. Compte tenu des disparités de niveau de vie et de l’hétérogénéité des systèmes de protection sociale en Europe, l’idée d’une harmonisation est évidemment inopérante. Le « grand saut fédéral » auquel nous appellent les idéologues de l’européisme serait un saut dans le vide ou plutôt dans le noir, selon l’expression d’un économiste, M. Bruno Amable.

Vous avez a évoqué, Monsieur le Ministre, la piste d’une licence bancaire attribuée au MES. J’en ai toujours été partisan. Mais l’Allemagne, qui l’a refusée à M. Sarkozy, la refuse toujours à M. Hollande. Peut-on faire évoluer la position allemande ?

L’Allemagne, en effet, est prise dans une contradiction : exportant la moitié de sa production, elle mène une politique de compétitivité, y compris au plan salarial, destinée à lui faire gagner des parts de marché dans les grands pays émergents à forte croissance. Mais ce faisant, elle déséquilibre la zone euro où elle réalise 60 % de ses excédents et plus généralement l’Europe où se trouvent les deux tiers de ses débouchés. La vielle exhortation de Thomas Mann : « faire une Allemagne européenne plutôt qu’une Europe allemande » semble à nouveau d’actualité.

Peut-être, en cas de crise majeure, et à chaud, l’Allemagne pourra-t-elle un jour se résoudre à accepter l’adossement du MES à la BCE ? Cela reviendrait à aligner le rôle de la BCE sur celui des autres Banques centrales dans le monde, en acceptant une certaine monétisation de la dette.

Enfin, l’Allemagne, jusqu’à présent, a toujours écarté la proposition de créer des « euro-obligations ». Mme Merkel a certes subordonné une évolution éventuelle de la position allemande sur cette question aux progrès de « l’union politique ». Comme vous l’avez dit justement, aucun « saut institutionnel » ne peut être posé en préalable à la solution des problèmes économiques qui se posent aux peuples. Mme Merkel et M. Schaüble ont évoqué soit l’élection du Président de la Commission européenne au suffrage universel, soit l’institution d’un ministre des Finances européen, qui aurait droit de veto sur les budgets nationaux.

Ces deux propositions ne sont pas sérieuses :

  • Comme l’a relevé le Tribunal Constitutionnel de Karlsruhe, il n’y a pas « un peuple européen » qui pourrait légitimer l’élection d’un Président au suffrage universel.

Quant à donner un droit de veto à un Commissaire, baptisé « Ministre des Finances européen », cette proposition a au moins le mérite de la franchise : la mise en tutelle des budgets nationaux ne s’embarrasserait pas de fioritures.

Tout semble montrer que l’Allemagne, aujourd’hui, ne voit pas d’autre issue à la crise de l’euro qu’un ajustement structurel réalisé au forceps sur les autres pays.


La question de la démocratie en Europe se trouve ainsi posée

L’idée d’une Conférence interparlementaire, sans légitimité et sans pouvoir autre que de « débattre » est une feuille de vigne destinée à masquer le transfert du pouvoir budgétaire des Parlements nationaux à une technostructure irresponsable. Plutôt que de poser rustine après rustine sur un système dont on se refuse à voir le vice constitutif, mieux vaudrait faire un effort d’intelligence pour réconcilier l’Europe avec la démocratie et avec le progrès

L’Europe doit être refondée. Elle ne peut l’être que dans le prolongement des nations, dans une perspective d’indépendance et sur la base d’un projet social avancé. Cette Europe se fera inévitablement à géométrie variable, parce qu’elle requiert l’assentiment des peuples concernés.
*

La monnaie viendra à son heure, commune demain, et peut-être un jour à nouveau unique, en tout cas subordonnée au projet politique.

Peut-être un jour, suite à un choc majeur, la confédération européenne pourra-t-elle évoluer en Fédération. L’union de la France et de l’Allemagne est la clé de cette refondation. Seul un sentiment commun d’appartenance peut permettre l’élection d’une Assemblée européenne qui serait légitime car fondée sur l’acquiescement explicite des peuples.

Mais il ne faut pas mettre la charrue avant les bœufs. Ce jour n’est pas venu. Il faudra d’abord trancher le nœud gordien d’une monnaie unique qui loin d’être au service de l’économie, tend aujourd’hui à l’asphyxier. Le TSCG est un nœud coulant pour le progrès social et pour la démocratie.

C’est pourquoi, avec mon collègue du RDSE, M. Pierre-Yves Collombat, je vous demande d’en prononcer l’irrecevabilité. Nous encouragerons ainsi le gouvernement à reprendre le chantier sur des bases plus solides et à faire enfin « bouger les lignes ».

 

Faire bouger les lignes

 

 

 

 

 

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9 octobre 2012 2 09 /10 /octobre /2012 19:43

 

 

Bible: Dans Acte 3, il est proposé en modèle

la société des premiers chrétiens reposant

sur la communion des biens (et des coeurs)

et sur le partage de ces biens mis en commun

"à chacun selon ses besoins" (note d'eva)

 

Chrétiens et communistes dans l'histoire

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Chrétiens et communistes dans l’histoire, construire ensemble, par André Moine. Pour commander le livre, s’adresser aux Amis d’André Moine, centre culturel Paul-Vaillant-Couturier, rue René-Devert, 64340 Boucau.

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8 octobre 2012 1 08 /10 /octobre /2012 00:24

 

http://balval.pagesperso-orange.fr/USETA/USETA.html

samedi 6 octobre 2012

L’enseignement du français aux tsiganes en Belgique. Pour une pédagogie interculturelle

par Luc COLLÈS et Céline GRULOIS

Université catholique de Louvain (Louvain-la-Neuve, Belgique)

 

 

La situation des Tsiganes en Belgique

Le nombre de Tsiganes présents en Belgique n’est pas établi officiellement et les données dont on dispose varient entre dix et quinze mille (Reyniers 1998 : 31). La majorité de ceux-ci sont sédentarisés ou semi-sédentarisés et ont la nationalité belge (Discart 1995 :9) ; vingt pour cent vivraient à Bruxelles et le reste se partagerait plus ou moins également entre la Wallonie et la Flandre (Reyniers 1993 :14). À ces données s’ajoutent les Tsiganes qui ne font que traverser le pays et entre cinq et dix mille Roms originaires des Balkans (Reyniers 2000 :67). Ces derniers sont arrivés de Yougoslavie dès les années 60, profitant de la politique d’ouverture des frontières de Tito et du besoin de main-d’œuvre en Europe occidentale. Aujourd’hui, les raisons de leur immigration sont politiques. Les Roms fuient les discriminations dont ils sont victimes dans leur pays.

Conformément aux dispositions européennes, les villes des États membres doivent mettre en place des terrains équipés de sanitaires, d’eau et d’électricité pour accueillir les voyageurs (Meyers 1995). C’est la raison pour laquelle, depuis 1982, la Communauté française de Belgique octroie des aides financières aux communes qui les accueillent. Mais les maires contournent ces directives et ordonnent l’expulsion des campements. Ils justifient leur démarche en évoquant le code de la route qui interdit de laisser plus de 24 heures un véhicule en stationnement sur la voie publique. Cette attitude des autorités communales reflète les préjugés partagés par une partie de la population qui ne souhaite pas accueillir de Tsiganes dans son environnement.

Problématique liée à la scolarisation

Le taux d’alphabétisation est très bas chez les Tsiganes : selon les statistiques, 70 à 80% des Tsiganes sont illettrés. De plus, la fréquentation du système scolaire reste très faible chez les jeunes, même chez les sédentarisés. L’absentéisme en classe atteint des proportions énormes, surtout en maternelle et au secondaire. Les causes de ce problème sont variées et complexes. Leur étude est relativement récente et la mise en place de solutions est au stade expérimental.

Une enquête sur le terrain

Afin de nous rendre compte des problèmes existants, nous nous sommes rendus dans deux écoles primaires de Bruxelles qui accueillent de nombreux enfants de diverses nationalités dont des enfants tsiganes. Ceux-ci sont mêlés aux autres élèves de la classe. La majorité d’entre eux sont des Roms de Slovaquie, récemment arrivés en Belgique, qui parlent peu ou pas du tout le français. Les classes accueillent de vingt à vingt-cinq élèves répartis selon leur âge. Ce mode d’organisation entraîne la coprésence d’enfants dont le niveau scolaire est très varié.

Un cours de FLE pour les primo-arrivants a été mis en place. Les enfants peuvent le suivre pendant trois ans à raison de neuf heures par semaine à la place de certains cours ; le reste du temps, ils suivent le cursus normal. L’objectif est de faire acquérir une maîtrise suffisante du français pour communiquer dans la vie quotidienne. Mais ce dispositif n’est pas suffisant. Les résultats scolaires des enfants tsiganes sont médiocres. Les instituteurs expliquent ce phénomène de différentes manières. Ils dénoncent le manque d’intérêt pour l’école, tant de la part des enfants que des parents. Les enfants sont très souvent absents et ne font pas leurs devoirs chez eux. Ils sont qualifiés de « difficiles », « d’indisciplinés », de « querelleurs ». Leur constant besoin de bouger et de « toucher à tout » est interprété comme un manque d’éducation. Ils doivent parfois travailler avec leurs parents le soir et, le lendemain, arrivent très fatigués à l’école.

En ce qui concerne les professeurs, ils n’ont en général qu’une connaissance très limitée de la culture tsigane et n’ont reçu aucune formation appropriée. Dans une des deux écoles, une classe composée uniquement d’enfants d’ex-Yougoslavie avait été mise en place il y a quelques années, mais l’expérience s’est soldée par un échec : les enfants parlaient continuellement leur langue d’origine entre eux et les instituteurs n’ont pu gérer le manque de discipline.

Nous avons également eu la possibilité d’interroger une mère tsigane qui avait retiré sa fille de l’école. Son témoignage nous a permis d’avoir un autre point de vue que celui des professeurs. Elle dénonce l’attitude de l’école face aux enfants tsiganes. La culture et la langue d’origine de ceux-ci ne sont pas du tout reconnues ; au contraire, elles sont considérées comme un frein à l’apprentissage. Les compétences de l’enfant, qui sont valorisées à l’intérieur de sa communauté (capacité de négociation, débrouillardise…), sont ici déconsidérées. Les professeurs se découragent et les enfants sont laissés à eux-mêmes. Les désirs des familles ne sont pas pris en compte. L’école apparaît comme inutile : elle ne prépare pas aux activités professionnelles exercées et n’enseigne pas les choses concrètes dont les Tsiganes ont besoin. De plus, pour beaucoup de parents, elle se présente comme une institution qui leur est hostile. Certaines familles tsiganes ont voulu retirer leur enfant, mais l’obligation scolaire et la menace de perdre les allocations familiales les en ont dissuadés.

Causes des problèmes

Nos observations confirment l’analyse de J.-P. Liégeois qui a réalisé une synthèse sur la scolarisation des enfants tsiganes en Europe. La principale raison évoquée par les enseignants interrogés sur les causes des échecs scolaires est le manque de bonne volonté des parents et des enfants. Pourtant, selon Liégeois, les parents accordent actuellement de l’importance à la scolarisation, surtout chez les Tsiganes qui connaissent une certaine forme de sédentarisation ; ils se rendent compte de la nécessité de disposer de certains outils comme l’écriture, la lecture ou les mathématiques pour faire face à leur environnement. En tant que minorité, ils ont besoin de moyens pour se défendre. « L’analphabétisme n’est plus un élément de protection contre les agressions d’autres cultures véhiculées par l’école et ses apprentissages, mais il devient un lourd handicap face à un environnement où l’usage de l’écrit devient une banalité quotidienne et obligatoire » (Liégeois 1986 :112). La plupart des métiers requérant un diplôme, ces outils devraient permettre aux Tsiganes d’acquérir leur indépendance vis-à-vis des services sociaux.

Cela étant, même chez les sédentarisés, nombreux sont ceux qui refusent d’envoyer leurs enfants à l’école. Cette attitude est due aux conditions d’existence difficile, au type de scolarisation proposé et au souci des familles de sauvegarder leur culture et leur indépendance. Or, de ce point de vue, l’histoire de la politique scolaire de la Belgique ressemble à celle des autres États d’Europe, c’est-à-dire à celle d’une politique de négation envers les Tsiganes.

D’après J.-P. Liégeois (1997 :105-107), le nomadisme n’est pas incompatible avec la scolarisation, même s’il entraîne des pratiques scolaires autres que celles utilisées pour les sédentaires. Cette considération est partagée par A. Discart (1995 :37) : « Que les Tsiganes voyagent, transportent et transmettent leur mode de vie ne pose guère de problème pour autant que nous acceptions les différences. C’est au moment où ils s’inscrivent dans un processus de sédentarisation que le choc des cultures devient brutal ; les Tsiganes ressentent alors profondément le poids de nos exigences culturelles et sociales… ». C’est sur l’écart entre l’éducation familiale et l’éducation scolaire que nous voudrions insister.

L’écart entre l’éducation familiale et l’éducation scolaire

Chez les Tsiganes, l’éducation de la famille occupe une place centrale par rapport à celle de l’école, contrairement à notre société qui tend à les confondre (Liégeois 1997 : 188). Le mode d’enseignement peut aussi poser problème : l’enfant passe d’un apprentissage basé sur la culture orale, la pratique et l’observation à un enseignement basé sur l’écrit, la mémorisation et des matières présentées en dehors de leur contexte. Pour les Tsiganes, les méthodes scolaires peuvent même apparaître comme une « régression » car elles s’opposent à un « enseignement » de la débrouillardise, à l’autonomie et à la liberté prônées dans le groupe (Discart 1995 : 39).

Selon A. Discart (1995 :37), l’école tente d’obliger les enfants à s’aligner sur ses propres valeurs. Elle est alors perçue comme une menace par les parents parce qu’on exige de leurs enfants « qu’ils naissent une deuxième fois dans une nouvelle culture ». La pédagogie de l’école s’oppose ainsi à l’éducation familiale plutôt que de s’appuyer sur elle. Les parents ont peur que leurs enfants perdent leur culture. Cette crainte est d’autant plus forte que les enfants scolarisés finissent parfois par s’éloigner de leurs parents.

Dans ce contexte, on peut mieux comprendre les difficultés qu’un enfant tsigane rencontre à l’école face aux devoirs, aux règles de discipline et au mode d’apprentissage, éléments inhabituels pour lui. Les horaires, par exemple, ont peu de signification parce que ce sont des paramètres naturels qui dictent son rythme de vie. Il se retrouve à l’école, tiraillé entre deux modes de vie, deux systèmes de valeurs et, dans certains cas, entre deux langues.

Le rapport à l’écrit

La culture tsigane est marquée par l’oralité. Même si le romani commence à être écrit, la majorité n’y a pas encore accès. D’après Leonardo Piasere (Liégeois 1997 : 191-192), l’usage de l’écriture dans la communauté tsigane est généralement réservé aux contacts avec les non-Tsiganes (administration…). L’écriture apparaît comme spécifique aux « gadjé », aux non-Tsiganes ; elle a été inventée par eux et est utilisée entre eux : elle fait donc partie de « l’étranger ». Savoir lire et écrire n’est pas une source de prestige et peut être réduit au minimum. Parfois, c’est même considéré comme dangereux car « la lecture rend une personne vulnérable aux mensonges des « gadg ». Quand un Tsigane doit recourir à l’écrit, c’est perçu comme une « tracasserie ».

M. Cannizzo (1996 : 24) souligne les difficultés scolaires qu’entraîne ce type de rapport à l’écrit. En effet, avant d’entrer à l’école, l’enfant ne bénéficie pas d’une imprégnation de l’écriture et de sa valorisation (lecture de livres pour enfants par les parents, contacts physiques avec le livre…). Il ne perçoit pas quelle peut être l’utilité d’une telle activité et n’en a pas une image positive. De plus, l’introduction de l’écriture implique certains changements sur le plan cognitif (sur la conception du temps et de l’espace, sur le fonctionnement de la mémoire…) que le professeur ne prend pas en compte (Goody 1993).

Discrimination

Un autre élément amène les parents à garder leurs distances par rapport à l’école : les enfants tsiganes sont le plus souvent mal accueillis, tant par les autres élèves que par les professeurs. Ils sont souvent la cible de moqueries ou des propos racistes de la part de leurs compagnons (Liégeois 1997: 108- 109). Le rejet se manifeste par l’isolement, la réalisation de tâches subalternes… Il arrive aussi que certaines écoles refusent l’inscription des enfants, évoquant n’importe quel prétexte pour se justifier.

La formation des enseignants

Par ailleurs, tous les propos des professeurs que nous avons recueillis semblent témoigner d’une profonde incompréhension de la culture tsigane. Les enseignants ne sont pas préparés à accueillir des enfants d’autres cultures et d’autres langues. Même les instituteurs qui donnent des cours de français langue seconde aux primo-arrivants n’ont pas reçu de formation spécifique pour cette fonction. Les seules connaissances sur les Tsiganes dont ils disposent ne se distinguent pas des préjugés les plus courants.

Comme l’explique J.-P. Liégeois (1997 : 190 et 196), cette ignorance peut avoir des répercussions négatives dans l’enseignement. Par exemple, les enseignants n’ont pas la possibilité de détecter et de critiquer les stéréotypes présents dans les manuels scolaires et leurs représentations négatives peuvent influencer la réussite de leurs élèves. De plus, certains d’entre eux vont jusqu’à considérer que la pluriculturalité d’une classe est un frein à l’apprentissage et préfèrent ne pas tenir compte des cultures présentes.

Les structures mises en place

En Belgique, certaines écoles installées sur les terrains de stationnement ont existé, mais ont disparu faute de moyens financiers suffisants. Des classes composées uniquement d’enfants tsiganes ont été mises en place mais de manière temporaire (Liégeois 1997 : 121). Certaines écoles proches des terrains de stationnement ont tenu compte des Tsiganes, mais elles n’ont reçu aucune aide extérieure (Reyniers 1993 : 14-17). Aujourd’hui, les initiatives viennent plutôt du côté flamand : trois écoles accueillent des enfants tsiganes et reçoivent des subventions. À Bruxelles, une école néerlandophone, qui accueille des enfants de plus de vingt-cinq nationalités différentes, a mis au point une structure spécifique pour les enfants tsiganes sédentarisés. La culture de ceux-ci est prise en compte et l’accent est mis sur l’apprentissage des langues étrangères. Une association se charge de conduire les enfants à l’école.

Beaucoup d’enfants tsiganes sont placés dans des classes pour enfants déficients. Leur originalité culturelle est confondue avec des difficultés d’ordre social ou psychologique. Parfois, les parents eux-mêmes acceptent que leurs enfants fréquentent ces écoles parce qu’ils y reçoivent un meilleur traitement que dans les écoles ordinaires. Certains se rendent également dans des écoles pour forains et bateliers (Liégeois 1997 : 121).

Des « cours d’acquisition de la langue et de la culture d’origine » et des « cours d’ouverture à la culture d’origine » appelés « cours LCO » ont été mis en place dans l’enseignement primaire et secondaire du premier degré. Ils sont donnés dans des écoles qui en font la demande et sont suivis par les enfants dont les parents en expriment le souhait. Les objectifs sont de « favoriser l’intégration des enfants issus de la migration dans la société qui est la leur tout en sauvegardant leur identité d’origine, facteur important en faveur du développement de leur personnalité ». Cette initiative peut éventuellement profiter aux Tsiganes, mais il faut que ceux-ci soient suffisamment nombreux dans une école et que les parents soient d’accord. De plus, le romani n’est plus parlé par tous et comporte différents dialectes.

Enfin, depuis la rentrée 2001, des classes-passerelles pour les primo-arrivants destinées à familiariser les élèves avec le français et le système scolaire sont également organisées en Communauté française de Belgique (Collès et Maravelaki 2003 : 121-129). Elles sont ouvertes aux enfants tsiganes. Toutefois, l’étalement des arrivées au cours de l’année scolaire entraîne parfois des difficultés, qui peuvent être partagées par d’autres catégories de primo-arrivants. La différence réside dans le fait que pour les Tsiganes, les changements d’écoles se déroulent tout au long de leur scolarisation.

Certains aménagements spécifiques aux voyageurs sont donc nécessaires. Pour les familles itinérantes, la mise en place de carnets de suivi scolaire faciliterait la scolarisation des enfants. De même, un travail en partenariat pourrait être envisagé avec le centre d’enseignement à distance du Ministère de l’Éducation. De ce point de vue, la Belgique aurait à s’inspirer de ce qui se fait en France (Gualdaroni & Chalumeau 1995 : 9-17) : antennes scolaires mobiles, classes à domicile, classes de soutien et écoles spéciales, etc. Mais la création de structures ne suffit pas. Ce qui importe le plus, c’est que l’école acquière du sens pour les élèves. Ceux-ci doivent recevoir les outils nécessaires pour évoluer dans la société qui les entoure sans pour autant devoir s’assimiler. Un travail particulier doit être fait sur l’écriture et ses représentations et la culture des élèves doit être valorisée. L’instauration d’une pédagogie interculturelle offre des pistes pour s’orienter dans cette direction.


Pour une pédagogie interculturelle

La démarche adoptée prendrait comme point de départ les représentations des élèves, lesquelles ont un rôle actif dans la construction des connaissances.  Bien que les Tsiganes soient présents en Europe depuis des centaines d’années, ils restent peu connus des populations autochtones. Par contre, ils sont la source de nombreuses légendes et suscitent tantôt la méfiance et la crainte, tantôt l’admiration. Les Tsiganes eux aussi seront amenés à remettre en question leurs préjugés sur les autres cultures.

Dans nos propositions didactiques, nous partirons de textes littéraires pour appréhender la question des cultures et étudier le rapport à l’Autre (Collès 1994). En tant qu’expression et mise en forme esthétique de représentations partagées par les membres d’une même communauté, ils constituent des outils intéressants pour les échanges interculturels. Offrant un regard, une vision fragmentaire sur une réalité, ils se présentent comme une voie de connaissance au même titre que l’anthropologie mais, en insistant plus sur la dimension singulière, ils évitent la formation d’un modèle présenté comme universel.

Les représentations qui émergent des documents et celles des élèves seront alors confrontées entre elles. Un modèle descriptif provisoire se constituera et d’autres textes viendront déséquilibrer pour former un nouveau modèle, toujours provisoire. Une construction dialectique de la connaissance sera ainsi établie. Les conflits et les désaccords ne seront pas niés ; au contraire, ils serviront de tremplin pour la discussion.

Cette démarche correspond à une vision de la culture conçue comme le produit d’interactions diverses entre les individus et les groupes. Elle permet de rendre compte du caractère dynamique de celle-ci. Toutefois, comme le signale G. Zarate (1993 : 95), « il ne ‘agit pas simplement de complexifier la description en substituant à un modèle national une vision plus éclatée et fragmentaire de la société donnée, mais de passer sur les représentations à des questions sur le fonctionnement interne de ces représentations ».

Dans le cadre de cet article, nous nous limiterons à l’analyse de quatre extraits de Tsiganes de J. Yoors (1990), une œuvre destinée aux adolescents. Ces propositions didactiques ont pour objectif de faire réfléchir les jeunes sur l’identité culturelle ainsi sur les préjugés et leur rôle. Il s’agit de déconstruire certains stéréotypes et d’éclairer des éléments culturels en confrontant les points de vue, en introduisant la complexité dans la description et en donnant une part active aux élèves dans l’élaboration du modèle culturel. On trouvera une explicitation de notre démarche dans Littérature comparée et reconnaissance interculturelle (Collès, 1994).

1er extrait : p. 29-37

Résumé

Jan Yoors raconte comment, à douze ans, il a quitté sa famille pour suivre un groupe de Roms pendant dix ans. L’histoire se déroule juste avant la seconde guerre mondiale qui va amener Jan à rejoindre sa famille et à terminer son périple chez les Tsiganes. L’auteur explique comment il apprend les coutumes et la manière de vivre de sa famille d’adoption. Il raconte aussi ses nombreux aller-retour entre les deux communautés et ses difficultés à trouver son identité. À travers ce livre, il rend hommage à ce peuple qu’il aime et cherche à démystifier les nombreuses légendes qui circulent à son sujet. Il désire aussi montrer les difficultés que connaissent les Tsiganes. L’extrait choisi se déroule au début de l’histoire : Jan rencontre pour la première fois les Roms.

Enjeu

Ce texte permettra d’étudier le regard d’un étranger sur une réalité nouvelle pour lui. Ce sera également l’occasion de prendre conscience de la manière dont la culture entre en jeu dans les relations entre les personnes et de la façon dont les représentations peuvent évoluer. Jan arrive dans la communauté tsigane avec une représentation préalable de celle-ci, positive mais stéréotypée. Cette conception va être soit confirmée, soit contredite par ce que l’enfant va découvrir et expérimenter.

Analyse

En s’approchant du camp tsigane, Jan reconnaît d’abord les chiens, ceux-ci faisant partie de l’image qu’il a d’un campement gitan ; par contre, l’intensité de la voix des Roms l’étonne. Dès qu’il pénètre dans le camp, il se sent étranger. Il parle de « ligne séparant deux mondes ». Cette frontière va être franchie grâce aux enfants tsiganes. C’est Jan qui prend la parole en premier et c’est à ce moment qu’il commet sa première erreur, significative d’un point de vue interculturel. Se référant à ce qu’il connaît, il s’adresse en espagnol à ses interlocuteurs alors que ceux-ci  ne viennent pas d’Espagne et parlent le romani et l’allemand. L’enfant se rend vite compte de son erreur, le malentendu se dissipe et le contact s’installe. Le dialogue se pratique beaucoup de manière non verbale, par des gestes et des actions.

Pendant sa première journée parmi les Tsiganes, Jan est confronté à trois types de problèmes : le comportement des autres lui semble incompréhensible, le sien n’a pas l’effet attendu et dans certaines situations, il ne sait pas comment réagir. Ainsi, il éprouve de la gêne et a peur d’être jugé lorsque se manifeste toute son ignorance sur les chevaux. Ce sentiment va disparaître grâce à l’intervention d’un garçon. Nanosh, qui va le mettre à l’aise en l’invitant à réaliser un geste propre à son groupe : dépiauter des hérissons. Cette expérience permet à Jan de s’intégrer mais il se trouve confronté à une vieille Tsigane qui, à l’inverse des enfants, le rejette ; le sentiment qu’éprouve alors le jeune garçon se décode à travers le description : « le regard fixe d’un reptile », « mégère ». Ce comportement agressif est expliqué par les autres enfants : les Tsiganes n’aiment pas les étrangers de la même manière que les non-Tsiganes n’apprécient pas les Tsiganes. Le fossé entre les deux groupes resurgit, mais Jan comprend et accepte la situation. Il prend alors une initiative : voyant tous les enfants nu-pieds, il se déchausse. Cette réaction montre son désir d’intégration ; cependant, il est inquiet lorsqu’on lui coupe ses chaussures.

L’échange se poursuit ; Jan reçoit ses premières leçons de romani et partage le repas du soir avec les autres enfants. Il décide de passer la nuit sur place. Un nouveau malentendu lié à l’ignorance surgit alors : Jan montre du doigt une étoile filante à son compagnon. Or ce geste est lourd de conséquences chez les Tsiganes : il signifie qu’un voleur a été attrapé. Nanosh le lui explique et il s’endort. Jan, lui, ne peut fermer l’œil. Il se sent dans un univers merveilleux et cette impression se marque dans le vocabulaire utilisé notamment dans la description des femmes : « expressifs », « éclatante », « couleurs voyantes », « pleine de santé et de vitalité » ; plus loin, il parle d’« enchantement », de « fantastiques monticules ».

Cependant, cet émerveillement se transforme progressivement en angoisse. Jan finit par s’endormir mais ressent le même inconfort au réveil : il se rend compte qu’il est au milieu de gens qu’il ne connaît pas. Il essaie alors de se convaincre qu’il a sa place parmi les Tsiganes et que sa vraie famille est là. Ne sachant pas quoi faire et appréhendant le contact avec les autres enfants, il reste couché jusqu’à ce qu’une Tsigane vienne le chercher et le rassurer, le confortant dans son désir de rester. Il apprend par une petite fille qu’il faut se laver avant de manger et prend son repas. Il décide dès lors de tourner le dos à son passé. Toutefois, la dernière phrase où Jan explique que son physique (cheveux blonds et yeux clairs) empêche son adhésion totale au groupe annonce ce qui va suivre : malgré son désir de devenir Rom à part entière, il oscillera toujours entre les deux cultures.

Nous pouvons remarquer dans cet extrait que c’est souvent le dialogue qui désamorce les situations difficiles ou les malentendus. Les bonnes relations qui s’établissent entre Jan et les autres sont également dues au fait que le premier n’émet pas de jugement sur ce qu’il découvre et que les seconds ne sont pas offensés par l’ignorance et par la différence de Jan.

Modes d’exploitation

Mise en condition

-          Le professeur proposera aux élèves une série de cultures différentes et leur fera exprimer les mots et les images qu’elles suscitent.

-          Il les invitera aussi à évoquer les sentiments qu’ils ont éprouvés quand ils se sont retrouvés seuls dans un groupe inconnu (mouvement de jeunesse, entrée à l’école, première visite dans la famille d’un ami…). Il leur demandera comment ils ont été accueillis, s’ils ont adopté une attitude particulière en vue de s’intégrer et s’ils ont commis des maladresses dues à l’ignorance.

Repérages

-          À travers le vocabulaire utilisé, le professeur fera découvrir aux élèves l’état d’esprit qui guide Jan dans sa découverte.

-          Les élèves chercheront quels sont les impairs commis par Jan et quelles en sont les causes (ignorance et existence de stéréotypes).

-          On relèvera également les éléments qui étonnent l’enfant et ceux qui le mettent mal à l’aise. De même, on repérera les moments où Jan ne sait pas comment agir et où ses comportements n’ont pas l’effet attendu. Les élèves analyseront alors comment les situations se débloquent, comment les malentendus sont dissipés et les réponses données.

-          La scène dans laquelle Jan ôte ses chaussures pour se faire accepter dans le groupe peut être commentée plus en détail. Le garçon est surpris de constater que les Tsiganes ne portent pas de chaussures, ne se lavent pas la figure, obligations « normales » pour lui. Des enfants entaillent ses souliers ; Jan est inquiet car il pense à ce que diraient ses voisins s’ils le voyaient nu-pieds. Les élèves chercheront les intentions de Jan et étudieront les sentiments qui le traversent.

-          À partir du repérage des intentions du narrateur, les élèves compareront son statut au début et à la fin de l’extrait.

Prolongements

-          Cet extrait sera mis en rapport avec un autre passage du livre (p. 78-79) qui montre comment un enfant tsigane s’indigne des habitudes des « gadjé ». Une fermière invite Jan et Kore, un jeune Rom, à manger chez elle. Un attrape-mouche pend au plafond et dégoûte le Tsigane. Celui-ci est aussi offusqué parce qu’une petite fille assise sur un pot fait ses besoins à la vue de tous. De plus, la femme leur offre du lait et des œufs, considérés comme « matières molles » et donc « débilitantes ». De même, l’enfant n’est pas habitué au riz sucré et le refuse. Cette attitude provoque une série de jugements chez la fermière. Cet extrait donne un exemple d’incompréhension mutuelle qui évolue vers le conflit.

-          On peut également prolonger par l’analyse du deuxième extrait.

2e extrait : p. 52-53

Résumé

Les Tsiganes passent beaucoup de temps dehors, sauf les femmes et les filles aînées qui s’occupent des tâches ménagères dans la roulotte. Jan ressent parfois le besoin de s’isoler et de se sentir seul. Les Tsiganes comprennent difficilement cette envie. Une jeune Rom, Keja, lui explique qu’elle perçoit l’espace privé comme un état d’esprit. Les Tsiganes sont discrets et respectent l’intimité de chacun. Cette attitude est indispensable vu la promiscuité qu’entraîne le type d’habitat. La jeune fille critique les maisons des non-Tsiganes parce que « dans les murs, il y a des portes et dans les portes des trous de serrure qui permettent de se livrer à de l’espionnage ».


Enjeu

Cet extrait permet d’illustrer la proximité qu’entraîne la vie en roulotte et l’occupation de l’espace intérieur et extérieur. On peut ainsi comprendre que l’espace privé n’est pas nécessairement visible (délimité par des murs) mais intériorisé. Ce texte peut également provoquer une décentration des apprenants en montrant comment les Tsiganes interprètent les maisons de type occidental. Cette approche permet de réfléchir à l’idée courante selon laquelle on aide les Tsiganes en les sédentarisant.

Modes d’exploitation

Mise en condition

-          On peut discuter de différents types de maisons et des avantages et désavantages qu’elles comportent. Pour cela le professeur peut présenter des photos.

-          Des extraits de films peuvent être commentés avec les élèves. Ainsi, dans Le temps des Gitans d’Emir Kusturika (AAA Classic, 1988), les Tsiganes vivent dans des maisons ou des caravanes fixes, mais il n’y a pas de séparation entre les pièces ou bien il y a des fenêtres dans les murs.

-          Ce travail peut être mis en rapport avec l’occupation de l’espace dans d’autres cultures. Le manuel Que voulez-vous dire ? (Blondel et al., 1998) offre des pistes intéressantes pour ce travail.

Repérages

-          Les élèves relèveront qui occupe la roulotte et à quel moment.

-          On leur demandera d’expliquer comment se présente l’espace privé chez les Tsiganes, par quoi il est déterminé et ce qu’ils en pensent.

-          Ils seront aussi invités à réagir à l’explication de Keja sur les maisons des « gadjé ».

Prolongements

-          Dans un extrait de Grâce et dénuement (Ferney 1997 : 103-104), c’est une Tsigane qui aime être seule. Ici aussi, la proximité qu’implique l’habitat est bien présente (parents et enfants dorment dans la même pièce).

-          Des photos et des témoignages pourront accompagner ces extraits en les confirmant mais aussi en les complétant : de nombreux Tsiganes sont sédentarisés et vivent dans des maisons.

-          Un extrait du film Gadjo Dilo- L’étranger fou de Tony Datlif (1997)[1] illustre la séparation de l’espace entre les hommes et les femmes. On voit comment un jeune « gadjé » qui ne connaît pas les usages commet une maladresse en faisant le ménage dans une caravane alors que cette tâche est réservée aux femmes.

3e extrait : p. 160-162

Enjeu

L’occupation de l’espace est également déterminée par des règles de pureté et d’impureté. Ce texte le montre et donne l’évolution de l’avis de Jan, un étranger, par rapport à ce phénomène. D’abord révolté à l’idée que les femmes puissent être « impures », le narrateur comprend que cette coutume leur permet de se protéger. Cet extrait constitue également une approche du statut de la femme chez les Tsiganes.

Modes d’exploitation

Mise en condition

Pour ce qui concerne la femme et sa place dans le groupe, on pourrait insérer ce texte dans un travail sur d’autres cultures. On se référera au travail similaire proposé dans Littérature comparée et reconnaissance interculturelle (Collès 1994 : 160-162) de même pour les extraits se rapportant à la culture belge/française.

Repérages

-          Les élèves relèveront la réaction des femmes et en déduiront l’importance du principe d’impureté.

-          Le professeur arrêtera la lecture avant l’avis émis par Jan et discutera avec les élèves de leur réaction. Une comparaison avec ce que pense Jan sera alors établie.

Prolongement

-          On confrontera ce texte au témoignage de Maud Cols, une Tsigane sédentaire de Bruxelles, et à l’explication qu’elle donne des règles de pureté et d’impureté (1999) : « Le revers de la médaille, c’est que cette question de la pureté peut devenir une chose tout à fait misogyne et c’est un prétexte pour exclure la femme. Mais ça dépend des groupes ».

4e extrait : p. 2194-196

Résumé

Les familles se rassemblent pour décider des mariages. Les pères discutent des avantages des filles.

Enjeu

Ce texte évoque les qualités qu’une Rom doit avoir pour être une bonne épouse. Les critères sont très fonctionnels et traditionnels pour un Occidental. La fille doit avoir une bonne santé pour avoir de nombreux enfants et être d’une bonne famille. Les qualités appréciées sont un bon caractère, la patience avec les enfants, la capacité de dire la bonne aventure et de subvenir aux besoins de la famille. Après, on regarde si elle est bonne cuisinière et si elle reçoit bien les invités. La beauté et les talents de danseuse sont pris en compte si les autres critères n’ont pas permis de faire le choix. Les filles doivent être vierges lors du mariage, mais pas les garçons.

Modes d’exploitation

Mise en condition

On demandera aux élèves de faire une liste des qualités idéales de l’épouse et de l’époux. On comparera les résultats et on essaiera de les regrouper.

Repérages

Les élèves relèveront les qualités et les défauts énumérés dans le texte et détermineront s’ils sont d’ordre pratique, sentimental ou physique. Ensuite, ils compareront leur propre liste avec celle du texte.


Prolongements

-          Ce texte sera confronté à un texte présentant une famille belge/française traditionnelle.

-          Un texte issu de Grâce et dénuement (Ferney 1997 : 155-156) montrera une Tsigane qui contredit cet ordre des choses ; on comparera les conceptions de l’ancienne et de la nouvelle génération. Pour cela, on peut aussi présenter un extrait de Stationnement interdit (Solet 1997) dans lequel une jeune Tsigane quitte sa famille pour rejoindre un non-Tsigane.

-          Le témoignage de Mauld Cols montrera également ce changement des choses. Selon celles-ci, il existe des règles, mais les gens ne sont pas obligés de les suivre (« Il y en a qui ont tout à fait abandonné le « marimé » - la notion d’impureté – et qui ont maintenu une certaine tradition du droit de la femme ».) ; beaucoup d’hommes font aussi le ménage : - Un autre texte, publié lors d’un congrès de femmes tsiganes indique qu’en revendiquant leurs droits, celles-ci ne veulent pas renier leur culture mais améliorer leurs conditions d’existence.

-          Un extrait de Savina (Maximoff 1986) montre une image de la femme tsigane soumise. Par contre, un extrait de Gadjo Dilo fait le portait d’une femme tsigane très libre malgré les traditions et qui, bien qu’elle ne soit plus vierge, n’est pas rejetée par le groupe.

Conclusion

                La pédagogie interculturelle permet l’introduction et la valorisation de la culture tsigane en classe. Elle implique également un travail sur les stéréotypes. Cette dimension est importante car les préjugés servent de justification à des nombreuses attitudes adoptées envers les Tsiganes et constituent généralement la seule approche de cette population par les non-Tsiganes. Pour modifier le regard que les uns portent sur les autres, les élèves sont amenés à remettre en questions leurs moyens de connaissance et à découvrir les mécanismes qui sous-tendent les stéréotypes.

                Ce travail peut être accompli au cours de français, notamment à travers l’étude de textes littéraires. Ceux-ci peuvent présenter un regard étranger sur certaines réalités et entraîner une décentration des apprenants. Le point de vue tsigane est également introduit par la présence de textes et de films tsiganes. La découverte et la compréhension d’éléments culturels sont obtenues par un croisement de points de vue qui rend compte de la complexité du réel. Les modèles provisoires établis sont complexifiés à chaque étape du travail et ne sont jamais définitifs. La question de l’identité peut également être abordée par l’intermédiaire des textes littéraires et amener les élèves à s’interroger sur eux-mêmes et sur la perception des autres.

 

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REYNIERS A., 2000, « Des Citoyens méconnus : les Tsiganes », in La Revue Générale n° 10, p. 61-68.

SOLET B., 1997, Stationnement interdit, s.l., Hachette Livres.

YOORS J., 1990, Tsiganes, Paris : Petite bibliothèque Payot/Voyageurs.

ZARATE G., 1993, Représentations de l’étranger et didactique des langues, Paris : Didier-CREDIF.

 

 

Cet article a été publié dans les  Travaux de didactique du FLE, Université de Montpellier, n°50, pp.109-124, en 2003.



[1] Gadjo Dilo raconte l’histoire d’un jeune Parisien, Stéphane, épris du chant d’une certaine Nora Luca dont il tente de retrouver la trace en Valachie, cette plaine autour de Bucarest.

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6 octobre 2012 6 06 /10 /octobre /2012 17:15

 

 

 

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Rencontre entre M. Ahmadinejad
et des juifs antisionistes
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Les Juifs anti-sionistes soutiennent… l’Iran ! Evidemment !

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