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22 septembre 2010 3 22 /09 /septembre /2010 20:35
« Celui qui contrôle l’argent de la nation contrôle la nation » : Thomas Jefferson, 3ème Président des Etats-Unis
Fraternité citoyenne

L’iniquité, l’injustice, la pauvreté, la corruption et la dévastation de l’environnement ont pour origine une cupidité soigneusement camouflée : la création monétaire. La plupart des gens s’imagine que notre monnaie est créée par le gouvernement. Ce n’est pas le cas. Certes, l’État imprime la monnaie, il est donc, officiellement et techniquement, le créateur de la monnaie. Cela dit, les banques en prêtant de l’argent "scriptural" (chèques et cartes de crédit) sont le créateur, de fait, des 9/10 de la masse monétaire en circulation. Notre monnaie nous est prêtée par des cartels bancaires privés. Le pouvoir politique a, au cours des siècles, remis aux banques son devoir de créer l’argent de la nation. La plus grande révolution monétaire de tous les temps a eu lieu le 5 août 1914, soit trois jours après la déclaration de la Grande guerre. Comme des milliers de gens veulent retirer l’or qu’ils ont déposé dans les banques à la place des billets qu’ils détiennent, le gouvernement français de l’époque avait décrété le moratoire des dépôts et le "cours forcé" des billets de banques. Les nations belligérantes et les pays neutres suivirent l’exemple. Rothschild disait : si vous permettiez aux banquiers d’émettre l’argent d’une nation, ils ne se soucieraient pas des lois. Une élite bancaire internationale détient le pouvoir suprême de création monétaire. Cela lui donne le contrôle - au moyen de l’argent-crédit - des destinées des nations et de l’économie mondiale. En fait, tous nos problèmes viennent de là. C’est parce que l’argent est prêté avec intérêt et avec pour seul objectif de faire des profits que nous observons l’absurdité d’investissement dans des technologies "gadget" alors que des besoins de base ne sont pas satisfaits. Le contrôle de la masse monétaire en circulation et donc la création des crédits nécessaires aux activités bénéfiques est le droit régalien du pouvoir politique issu du débat démocratique. La capacité de battre monnaie sur un territoire et donc la création de la confiance dans l’échange marchand est le premier devoir de tout gouvernement souverain.

 

Pourquoi le gouvernement devrait-il payer de l’intérêt à un système bancaire privé pour l’usage de sa propre monnaie qu’il peut émettre lui-même sans intérêt et sans dette ?


Le fait que le gouvernement ait abandonné cette fonction aux banques privées est une trahison abominable. Le gouvernement se refuse à lui-même un privilège que par loi il a accordé aux banques, il se fait le serviteur des banquiers et méprise le peuple. L’objectif des banques privées n’est pas du tout d’émettre l’argent selon les besoins de la population, mais de faire plus de profits, et d’amener gouvernements, entreprises et individus à s’endetter. L’oligarchie financière internationale est pour une banque centrale européenne car c’est le meilleur moyen d’empêcher tout gouvernement national de recouvrer sa capacité de battre monnaie. Ce tour de passe-passe, cette escroquerie monumentale du cartel bancaire international doit cesser. Saint-Louis, roi de France, disait :" Le premier devoir d’un roi est de frapper l’argent lorsqu’il en manque pour la bonne vie économique de ses sujets.". L’argent "scriptural" ou " électronique" est une bonne invention et il ne s’agit pas de les remettre en cause, mais au lieu d’avoir pour origine la plume du banquier à l’état de dette, ils doivent naître sous la plume d’un organisme national à l’état d’argent serviteur. Pour qu’un gouvernement soit vraiment souverain, il faut qu’il reprenne son droit de créer l’argent libre de dette. La royauté ayant été remplacée par l’Etat, dans le cas d’une démocratie qui porte bien son nom, c’est-à-dire qui permet un contrôle réellement actif de l’Etat par le peuple, l’Etat représente le peuple, l’Etat c’est le peuple. Ainsi, indirectement, ce sont les citoyens par l’intermédiaire de l’Etat qui exercent les droits régaliens. Le peuple est alors souverain. L’économie mondialisée a toujours besoin de plus de crédits afin de se développer. Or, chaque fois qu’une banque accorde un prêt, ce prêt est calculé en fonction des possibilités de remboursement de l’emprunteur, et d’un quota que la banque acquiert auprès de la banque centrale. Cela signifie que les prêts sont des sommes mises au crédit des emprunteurs par un simple jeu d’écritures. C’est donc de l’argent créé qui n’existait pas auparavant. C’est la création monétaire selon le système capitaliste. Et les citoyens par les lois, sont obligés de rembourser des dettes qui n’en sont pas. Ce remboursement implique par ce versement de capital et des intérêts, un enrichissement frauduleux des banques et de leurs actionnaires. C’est devoir par son travail rembourser des dettes contractées sur de l’argent qui n’existe pas, donc de la fausse monnaie. Ce processus de création monétaire s’appelle la monétarisation des actifs.

 

Redonnons le pouvoir de création monétaire à l’Etat

 

Par ce moyen, tous les impôts et taxes, nationales et locales seront supprimées. Car jusqu’avant la crise financière de 2008, ce sont des milliards d’euros qui ont été créés par les banques par l’intermédiaire de prêts. Ainsi, la dette de l’Etat n’existe pas vraiment, et n’est en fait qu’une terrible supercherie. La création monétaire est un droit régalien du peuple souverain qui doit lui être retourné par l’intermédiaire de son représentant, c’est-à-dire l’Etat. Dans le cadre de l’Europe, l’Etat est alors le pouvoir central si l’Europe se dote d’une constitution proclamant une fédération d’Etats. Mais que ce soit au niveau national ou au niveau européen, le peuple est souverain et a son droit régalien de création monétaire. Et tous les budgets qu’ils soient locaux, régionaux, nationaux ou européens, doivent être financés d’abord par la création monétaire, et ne recourir à l’impôt si et seulement si les nécessités économiques l’obligent afin de maintenir la stabilité des prix. Tel que les traités de Nice et Maastricht l’ont défini, la BCE est une institution indépendante qui contrôle les taux directeurs, les taux d’intérêts des prêts aux particuliers et aux entreprises. Son président n’est pas fonctionnaire, il est un acteur privé issus du système bancaire privé et qui défend donc les intérêts privés des banquiers. Sa nomination par le Conseil européen n’y change rien. D’autant plus, la BCE est totalement indépendante de toute sorte de pouvoir politique. Ainsi, non seulement la BCE ne crée pas la monnaie, mais en plus elle sert uniquement les intérêts privés des banquiers avant les intérêts collectifs. De ce fait, il faut placer la BCE sous le contrôle total du pouvoir politique. Et dans le cadre d’une fédération européenne avec un pouvoir central, c’est à la BCE de créer la totalité de la monnaie nécessaire au bon fonctionnement de l’économie européenne que la BCE verse en place et dû de nos impôts. Si nos partenaires européens refusent ce schéma, alors, la France se doit d’en tirer les conséquences. Car il apparaît de plus en plus évident que la construction européenne s’est faite jusqu’à présent, dans le but de réaliser, une oligarchie des transnationales et des institutions financières. C’est pourquoi l’Union Européenne de 2010 impose la libéralisation des services, l’indépendance de la BCE, l’endettement des Etats et des collectivités territoriales, la perte des droits régaliens et de la souveraineté du peuple. Pour mettre fin à cet état de fait, il faut que les peuples, par l’intermédiaire de leurs représentants élus, contrôlent leurs propres énergies, et donc, aient le contrôle de leur monnaie.

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22 septembre 2010 3 22 /09 /septembre /2010 03:45
Les organisations paysannes sont en colère contre les autorités haïtiennes pour avoir permis aux multinationales et aux grandes sociétés de profiter de la reconstruction post-séisme pour augmenter encore la dépendance du pays vis-à-vis du monde extérieur. Ils réclament à la place un programme radical de reconstruction agricole, destiné à remettre sur pied une paysannerie ravagée. Cette reconstruction serait fondée sur la souveraineté alimentaire.

 

GRAIN
Mardi 21 Septembre 2010


Les paysans haïtiens veulent en finir avec le néolibéralisme
Le 4 juin 2010, environ 10 000 paysans haïtiens ont marché de Papaye à Hinche dans le Plateau Central de l’île. Ils ont brûlé plusieurs sacs de semences de maïs hybride qui faisaient partie du lot offert par Monsanto au programme de reconstruction post-séisme (cf. Encadré n°1, page 22). Durant la manifestation, les paysans scandaient des slogans comme « Longue vie au maïs local ! » et « Les OGM et semences hybrides de Monsanto violent l’agriculture paysanne ! ».
Dans son entretien avec GRAIN, Chavannes Jean-Baptiste, leader paysan haïtien, coordinateur du Mouvement Paysan Papaye (MPP ou Mouvman Peyizan Papay) qui avait aidé à organiser la manifestation, a expliqué que Monsanto profitait du programme d’assistance pour rendre les paysans dépendants de ses semences et détruire l’agriculture paysanne. Il fallait, a-t-il déclaré, faire entendre un “non” très clair (cf. entretien, page 24). Des actions de solidarité similaires ont été menées à Montréal au Canada et à Seattle, aux États-Unis.
La position de Chavannes Jean-Baptiste correspond à celle qui a été adoptée par 15 associations paysannes, dont une organisation de jeunes et un groupe de femmes, qui, avec le soutien de l’ONG haïtienne PAPDA (Plateforme Haïtienne de Plaidoyer pour un Développement Alternatif) ont publié une violente critique de la réponse d’urgence du gouvernement haïtien après le tremblement de terre. |1|
Suite au terrible séisme de janvier 2010, qui a fait environ 230 000 morts et obligé un demi-million de personnes a quitter Port-au-Prince pour retourner dans les campagnes, le Ministère de l’Agriculture, des Ressources Naturelles et du Développement Rural (le MARNDR) a annoncé un Programme Spécial d’Urgence et d’Appui à la Production Alimentaire à hauteur de 687 millions de dollars US. Ses principaux objectifs sont « de promouvoir la réintégration sociale des personnes ayant migré des villes en zone rurale », « d’augmenter leurs opportunités d’emploi », « d’augmenter leur capacité de génération de revenus par des activités à haute intensité de main d’œuvre, pour leur permettre d’acheter immédiatement la nourriture dont ils ont besoin à court terme » et « d’établir la sécurité alimentaire de façon permanente ».
Il n’y a pas grand chose à redire à ces objectifs en tant que tels. Là où les auteurs du document de la PADPA ne sont plus d’accord avec le gouvernement, c’est dans la stratégie à mettre en oeuvre pour parvenir à ces objectifs. Selon eux, le gouvernement est incapable de prendre une première mesure essentielle, qui serait de remettre en cause les politiques néolibérales qui ont détruit l’agriculture paysanne en premier lieu. Sil ne rompt pas avec le néolibéralisme, affirment-ils, le gouvernement ne pourra jamais rétablir les moyens de subsistance des petits producteurs.
Jusque dans les années 1980, les Haïtiens faisaient pousser suffisamment de riz, de haricots, de maïs, de patates douces et de manioc pour satisfaire à leurs besoins. Mais après le renversement de la dictature de Duvalier, Haïti a commencé à libéraliser son économie. « Le FMI et la Banque mondiale ont décrété que nous devions appliquer des ajustements structurels », rappelle Camille Chalmers de la PADPA. « Ils nous ont dit que nous étions voisins du plus gros producteur agricole du monde et qu’il n’y avait donc aucune raison pour nous de produire notre propre nourriture, parce que nous pourrions l’acheter à bon marché. Au lieu de faire de l’agriculture, les paysans devaient aller en ville vendre leur travail dans les ateliers américains qui fabriquent des textiles ou du matériel électronique pour l’exportation. »
Les moyens de subsistance de milliers de paysans ont été détruits. Le document de la PADPA explique ce qui s’est passé : « Les politiques néolibérales ont frappé les communautés rurales au cœur de la résistance paysanne provoquant alors la massification de l’exode rural et la bidonvilisation accélérée. De telles pratiques économiques s’inscrivent dans l’orbite de la déstructuration de l’agriculture locale paysanne au profit des grandes transnationales opérant sur le marché alimentaire. Il s’ensuit un extrême appauvrissement des producteurs paysans éliminés du marché par la libéralisation du commerce extérieur et générant une dépendance extraordinaire et un chômage massif. »
Le secteur public fut presque réduit à néant par les réformes néolibérales et laissé sans ressources, humaines ou financières, pour lui permettre de préparer Haïti aux désastres naturels, tremblements de terres comme ouragans. Pour la PADPA, « il faut admettre que l’ampleur des dégâts [du tremblement de terre] est intrinsèque aux éléments liés a l’irresponsabilité d’un État monté contre le peuple. Ce n’est pas un secret, déjà en 2007 un rapport de la Purdue University avertit de l’imminence d’un tremblement de terre en Haïti, mais l’État n’a rien fait pour au moins vulgariser ce rapport et indiquer les mesures à prendre pour se protéger. »
Aujourd’hui, dans le sillage du séisme qui a causé tant de dégâts, le MARNDR a annoncé un programme de reconstruction agricole qui, pour la PADPA, profitera bien davantage aux multinationales qu’aux petits producteurs. Plus de la moitié des 687 millions de dollars a été allouée à des projets d’infrastructures : systèmes d’irrigation, routes rurales, réparation et renforcements des berges des rivières, etc. La deuxième part la plus importante du budget a été allouée à l’acquisition d’équipement comme des tracteurs et autres machines agricoles (113,5 millions de dollars US) ; puis viennent la reforestation (58 millions de dollars), l’élevage : bovins et chèvres, aviculture et apiculture (37 millions de dollars) et les structures anti-érosion (20 millions). Un budget considérable a aussi été réservé pour les engrais (18,4 millions), les pesticides (4,7 millions) et les semences/plantules (5 millions).
Comme la majorité des paysans haïtiens ne peut se permettre d’acheter un tracteur ou des intrants chimiques, même s’ils étaient subventionnés, le programme ne bénéficiera qu’à une petite minorité. De plus, étant donné qu’Haïti ne produit pas ses propres engrais, ses pesticides ou ses machines agricoles, ce sont des sociétés étrangères qui remporteront les contrats de production de tous ces produits. Il ne fait aucun doute que ce sont les multinationales qui se verront aussi confier les contrats concernant les infrastructures. Loin de promouvoir l’autosuffisance nationale, le programme ne peut qu’accroître la dépendance du pays en matière d’intrants importés. La PADPA, comme l’indique son rapport, pense qu’avec le temps le programme sera revu et corrigé pour favoriser les intérêts étrangers de façon encore plus éclatante : « ce sera un programme remanié, dicté et commandité par l’international. Donc malgré la petitesse des ambitions du document, ce sera encore pire à l’heure des correctifs des Agences comme l’USAID et autres. »
Et la PADPA de remarquer avec une certaine amertume : « Les aides humanitaires obéissent aux lois du marché capitaliste qui fait passer les contrats dans des circuits où une grande quantité de l’argent misé dans l’humanitaire reste dans les pays donateurs. Dans l’humanitaire, le souci d’intérêt et de profit du capitalisme n’en finit pas. » Les autorités haïtiennes ne voient plus dans les paysans des acteurs légitimes qu’il convient de consulter : « Le MARNDR nie l’existence et la force que représente la classe paysanne. Ce choix néolibéral nie les savoir-faire populaires. Le MARNDR continue à donner place aux ONGs, aux entreprises de services comme de vrais acteurs à la place des producteurs dont [les] intérêts sont toujours autres que les commodités, les profits et les gros sous. »
Mervyn Claxton, expert en économie politique des Caraïbes, est également d’avis que les autorités haïtiennes sont en passe de rater leur chance de lancer une véritable économie paysanne qui pourrait aider le pays à se reconstruire vraiment : « Haïti dispose de toute une série de variétés riz, de maïs et de haricots traditionnelles. Ce sont les esclaves africains qui ont introduit le riz ici il y a plus de deux cents ans. Il en existe plusieurs variétés traditionnelles qu’on peut regrouper sous deux grands types : le riz de montagne et le riz des marais. Ces variétés traditionnelles, on le sait, ont une meilleure valeur nutritionnelle que le riz américain bon marché subventionné (le riz “de Miami”) qui les a remplacées il y a vingt ou trente ans, suite à la libéralisation du commerce. Le riz traditionnel de Haïti est donc mieux adapté à la lutte contre la malnutrition, considérée par le gouvernement comme un problème majeur, que les VHR [variétés à haut rendement] importées...L’utilisation de VHR va très probablement augmenter le risque d’insécurité alimentaire au lieu de le réduire, parce que ces variétés ont absolument besoin d’eau régulièrement et en quantité suffisante, une condition qui ne pourra être remplie durant les périodes de sécheresse courantes en Haïti… Les VHR vont être source d’exclusion, plutôt que d’intégration, car le fait qu’elles aient absolument besoin d’eau a poussé le Ministère à exclure les zones non irriguées ou non irrigables de cette partie du Programme d’Urgence. Les propriétaires des fermes moins facilement cultivables, moins fertiles, ou exclues seraient inévitablement les paysans les plus pauvres du pays. »
Les mouvements paysans ont leur propre vision du modèle d’agriculture alternative qu’ils veulent bâtir. Dans le document de la PADPA, ils appellent à redéfinir les politiques afin de rompre clairement avec les pratiques du passé : [il faut une ]« rupture au modèle de développement par rapport au néolibéral, rupture par rapport à l’exclusion, rupture par rapport à l’impérialisme et rupture par rapport à l’État centralisateur ». À la place, la reconstruction doit mobiliser quatre forces sociales importantes : les femmes, la paysannerie, les jeunes, les artistes et les artisans.
Doudou Pierre, comme Chavannes Jean-Baptiste, est membre du Mouvement National des Paysans du Congrès de Papaye (le MPNKP). Il décrit ce que pourrait être le modèle alternatif. Il s’agit pour lui de “relancer” l’agriculture en Haïti selon deux grands principes : Le premier est la souveraineté alimentaire, c’est-à-dire produire sur place la plus grande part de la nourriture dont ont besoin les Haïtiens : « Nous sommes capables de produire au moins 80 % de ce que nous mangeons. » Le second implique une réforme agraire intégrée. « Nous ne pouvons pas parler de souveraineté alimentaire si les gens n’ont pas de terre. Nous prévoyons de prendre des terres aux grands propriétaires fonciers pour les donner aux paysans, afin que ceux-ci puissent les exploiter. » Une fois qu’ils auront les terres, les paysans auront besoin du soutien des autorités : « L’État doit nous accorder des crédits, nous fournir un soutien technique et nous aider à stocker et à gérer l’eau. »
Après la mise en place de ces changement structurels, les propositions visant à expliquer comment étayer l’agriculture paysanne ne manquent pas. Le Centre de recherche en économie politique (CEPR) demande que les bailleurs de fonds internationaux acceptent d’acheter toute la récolte de riz d’Haïti des deux prochaines années. Forts de cette incitation, les paysans locaux pourraient produire presque autant de riz qu’ils en reçoivent en aide alimentaire et le rétablissement du secteur paysan en ruines pourrait se mettre en marche. Une autre organisation demande au gouvernement de faire en sorte que les écoles achètent toutes les denrées nécessaires aux cantines scolaires auprès des petits producteurs locaux.
Le gouvernement quant à lui n’a aucunement montré qu’il était prêt à accepter certaines des propositions mises en avant par les organisations paysannes ou les groupes de réflexion qui travaillent avec eux. Il n’est guère surprenant dans ces conditions que Chavannes Jean-Baptiste et ceux qui ont manifesté à ses côtés soient en colère.
Encadré n°1 : le cadeau empoisonné de Monsanto à Haïti

En mai, Monsanto a annoncé avoir livré 60 tonnes de semences hybrides à Haïti ; c’était la première partie d’un don de 400 tonnes de semences, principalement du maïs, mais aussi des légumes, qui seraient livrées au cours de l’année 2010. On estime que 10 000 paysans pourront en bénéficier et ce don correspond à une valeur – aux prix du marché – de 400 millions de dollars US. C’est la société United Parcel Service (UPS) américaine qui assurera le transport, tandis que le projet Winner, un programme agricole de 127 millions de dollars sur cinq ans, financé par l’Agence américaine pour le développement international (l’USAID), se chargera de la distribution. |2|

Selon certains rapports, la décision de faire ce don de semences à Haïti a été prise au Forum économique mondial de Davos, en Suisse : « Le président [de Monsanto] Hugh Grant et son vice-président Jerry Steiner ont participé à cette rencontre et discuté avec les participants de ce qui pourrait être fait pour aider Haïti.” |3| Il est fort peu probable que des paysans haïtiens aient été inclus dans les discussions de Davos.

Monsanto a réagi avec indignation à l’accusation qui veut que sa donation ne soit qu’une ruse pour créer chez les paysans une dépendance, car les semences doivent être achetées chaque année et ne peuvent être conservées, comme c’est le cas avec les semences traditionnelles. G. Young, un des porte-paroles de Monsanto, répond à l’accusation sur le site Internet de la société :

« C’est ingénieux, certes, mais ce n’est pas exact. Notre don de semences hybrides à Haïti concerne les paysans, les populations et la nourriture. Les paysans d’Haïti ont besoin de semences de qualité, parce que de meilleures semences signifient de meilleures chances de récolter plus de nourriture sur une même surface. Les Haïtiens ont besoin de nourriture : une nourriture de meilleure qualité, plus de nourriture et d’une meilleure valeur nutritionnelle. Nous avons appris au Malawi qu’un don de semences hybrides peut transformer une région qui recevait l’aide alimentaire en un pays exportateur de denrées alimentaires. On a donné aux paysans malachites une chance de montrer ce qu’ils étaient capables de faire avec des bonnes semences. |4| Et ils l’ont fait. Les paysans haïtiens peuvent faire de même.”
Encadré n° 2 : entretien avec Chavannes Jean-Baptiste


Chavannes Jean-Baptiste, leader du MPP, la plus importante et la plus ancienne des organisations paysannes haïtiennes, a accordé un entretien à GRAIN, peu de temps après la manifestation du 4 juin.

C’est un fait bien connu que l’agriculture haïtienne a été sévèrement endommagée au cours des dernières décennies. Est-il possible de mettre en place une alternative paysanne fondée sur la souveraineté alimentaire ? Haïti peut-elle produire toute la nourriture dont elle a besoin ?

La situation de l’agriculture en Haïti est extrêmement grave. Nous ne produisons que 40 % des besoins alimentaires de la population. Nous sommes dépendants des importations de nourriture des États-Unis et de la République dominicaine. Les sols haïtiens ont été détruits par l’érosion, parce que nous n’avons que 2 % de couvert végétal. Moins de la moitié des terres sont cultivables.

Malgré cette situation, le pays est capable de produire suffisamment pour nourrir sa population de 10 millions d’habitants, et d’exporter une partie de la production. Notre problème est un problème politique : Haïti n’a pas de plan pour développer l’agriculture.

La première étape est de décider quel genre d’agriculture nous voulons. Le gouvernement ne veut pas d’une agriculture paysanne. Son idée est de céder les terres du pays aux multinationales pour leur permettre de produire des agrocarburants et des fruits destinés à l’exportation, et d’envoyer la population travailler dans les industries d’exportation. L’agriculture ne constitue que 4 % du budget national. Et 85 % de cet argent sert à financer le ministère de l’Agriculture !

Ce dont nous avons besoin avant tout, c’est de mettre en place une réforme agraire. Et une politique de souveraineté alimentaire qui permette au pays de définir sa propre politique agricole. Il nous faut cultiver une nourriture saine qui respecte l’environnement et notre Terre-Mère.

Nous avons 300 000 hectares qui pourraient être irrigués, mais seuls 25 000 bénéficient de l’irrigation. Il existe aujourd’hui des méthodes qui utilisent le goutte-à-goutte dans les montagnes, et qui peuvent desservir de nombreuses familles. Si une famille a un peu d’eau, elle peut appliquer les techniques agroécologiques de permaculture, et avec seulement 2 200 m2 de terrain, produire suffisamment pour se nourrir elle-même et vendre une partie de ses récoltes, pour pouvoir envoyer les enfants à l’école, acheter des vêtements, etc. Une simple surface de 100 m2 permet à une personne de gagner plus de 1 000 dollars en cultivant des papayes et des légumes.

Est-ce que la communauté paysanne soutient votre vision alternative ? Les paysans ne vont-ils pas se laisser séduire par le néolibéralisme, avec toutes ses promesses de richesse et de modernité ?

Il suffit de regarder la réponse que nous avons obtenue quand nous avons appelé à la manifestation du 4 juin. Bien que nous ayons manqué de temps pour organiser les choses, 10 000 personnes sont venues manifester. Je suis porte-parole du MPP et du Mouvement National de Paysans du Congrès de Papaye (le MPNKP). Quand je parle, je parle directement au nom de 200 000 paysans, hommes et femmes. Nous pouvons aisément mobiliser 100 000 personnes. Il nous faut juste un peu de temps et quelques ressources.

Cela fait des années que nous menons des programmes d’éducation populaire. Les paysans – hommes et femmes – sont bien conscients aujourd’hui que le projet néolibéral signifie la mort de la paysannerie. Les organisations sont très claires sur ce point. Bien sûr, il y aura toujours des gens pour croire aux fallacieuses promesses du néolibéralisme.

Pourquoi avez-vous décidé de brûler les semences de Monsanto ?

C’était évidemment un geste symbolique. Une manière de dire clairement « non » à Monsanto et au gouvernement. Monsanto essaie d’exploiter l’effort de reconstruction pour introduire ses semences hybrides. Nous avons obtenu du gouvernement qu’il interdise les semences GM suggérées au départ par Monsanto , mais même les hybrides, qui doivent être achetées à la société chaque année, mettent gravement en danger l’agriculture familiale, les paysans, la biodiversité, les semences créoles et ce qui reste de notre environnement.

Nous avons découvert que l’action directe est efficace. Il y a quelques années, nous avions brûlé un porc américain devant le ministère de l’Agriculture, pour protester contre la destruction de notre porc créole [natif]. En conséquence, les autorités nous considèrent comment une organisation violente, ce qui n’est pas vrai. Mais cela ne fait rien. Si le gouvernement décide de nous attaquer, cela ne fera que mobiliser davantage la population et renforcer notre mouvement. Nous avons réussi à récupérer nos porcs créoles. C’est ça l’important. C’est notre façon de nous battre.
Source : mondialisation.ca

Notes

|1| Commentaires des organisations paysannes et du Programme de Plaidoyer pour la Souveraineté Alimentaire (PPSA) de la Plateforme Haïtienne de Plaidoyer pour un Développement Alternatif (PAPDA) sur le Programme Spécial d’Urgence et d’Appui à la Production Alimentaire du Ministère de l’Agriculture des Ressources Naturelles et du Développement Rural (MARNDR), mars 2010. http://www.papda.org/ IMG/pdf/commentaires_sur_ document_speciale_du_MARNDR_Layout.pdf
|2| Jonathan M. Katz, “Connection between Haiti and Monsanto”, Political Friendster, 14 May 2010 : http://tinyurl.com/2vmfran
|3| Ibid.
|4| GRAIN a une interprétation bien différente de la “révolution verte” au Malawi. GRAIN reconnaît que cette “révolution” a considérablement propulsé les ventes de maïs hybride de Monsanto, mais pense que la politique actuelle du pays est insoutenable si la terre n’est pas redistribuée et si le pays continue à se limiter aux engrais chimiques et au maïs hybride. Voir GRAIN, Seedling, janvier 2010, La Révolution verte au Malawi : les dessous du “miracle”, http://www.grain.org/seedling/?id=674


Mardi 21 Septembre 2010
http://www.alterinfo.net/Les-paysans-haitiens-veulent-en-finir-avec-le-neoliberalisme_a50053.html
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21 septembre 2010 2 21 /09 /septembre /2010 20:50
Europe : La mise en garde prémonitoire du Général De Gaulle
Charles DE GAULLE
"Ainsi commencée, la mise en oeuvre du Marché commun va donner lieu à un vaste déploiement d’activités, non seulement techniques, mais aussi diplomatiques. En effet, l’opération, indépendamment de sa très grande portée économique, se trouve enveloppée d’intentions politiques caractérisées et qui tendent à empêcher la France de disposer d’elle-même.

C’est pourquoi, tandis que la Communauté se bâtira dans les faits, je serai, à plusieurs reprises, amené à intervenir pour repousser les menaces qui pèsent sur notre cause. La première tient à l’équivoque originelle de l’institution.

Celle-ci vise-t-elle - ce qui serait déjà beaucoup ! - à l’harmonisation des intérêts pratiques des six Etats, à leur solidarité économique vis- à-vis de l’extérieur et, si possible, à leur concertation dans l’action internationale ? Ou bien est-elle destinée à réaliser la fusion totale de leurs économies et de leurs politiques respectives afin qu’ils disparaissent en une entité unique ayant son Gouvernement, son Parlement, ses lois, et qui régira à tous égards ses sujets d’origine française, allemande, italienne, hollandaise, belge ou luxembourgeoise, devenus des concitoyens au sein de la patrie artificielle qu’aura enfantée la cervelle des technocrates ?

Il va de soi que, faute de goût pour les chimères, je fais mienne la première conception. Mais la seconde porte tous les espoirs et toutes les illusions de l’école supranationale. Pour ces champions de l’intégration, l’« exécutif » européen existe déjà bel et bien : c’est la Commission de la Communauté économique, formée, il est vrai, de personnalités désignées par les six Etats, mais qui, cela fait, ne dépend d’eux à aucun égard.

A entendre le choeur de ceux qui veulent que l’Europe soit une fédération, quoique sans fédérateur, l’autorité, l’initiative, le contrôle, le budget, apanages d’un gouvernement, doivent désormais appartenir, dans l’ordre économique, à ce choeur d’experts, y compris - ce qui peut être indéfiniment extensif - au point de vue des rapports avec les pays étrangers.

Quant aux ministres « nationaux », dont on ne peut encore se passer pour l’application, il n’est que de les convoquer périodiquement à Bruxelles, où ils recevront dans le domaine de leur spécialité les instructions de la Commission.

D’autre part, les mêmes créateurs de mythes veulent faire voir dans l’Assemblée, réunissant à Strasbourg des députés et des sénateurs délégués par les Chambres des pays membres, un « Parlement européen », lequel n’a, sans doute, aucun pouvoir effectif, mais qui donne à « l’exécutif » de Bruxelles une apparence de responsabilité démocratique. (…)

A quelle profondeur d’illusion ou de parti pris faudrait-il plonger, en effet, pour croire que des nations européennes, forgées au long des siècles par des efforts et des douleurs sans nombre, ayant chacune sa géographie, son histoire, sa langue, ses traditions, ses institutions, pourraient cesser d’être elles-mêmes et n’en plus former qu’une seule ? A quelles vues sommaires répond la comparaison, souvent brandie par des naïfs, entre ce que l’Europe devrait faire et ce qu’ont fait les Etats-Unis, alors que ceux-ci furent créés, eux, à partir de rien, sur une terre nouvelle, par des flots successifs de colons déracinés ? Pour les Six, en particulier, comment imaginer que leurs buts extérieurs leur deviennent soudain communs, alors que leur origine, leur situation, leur ambition, sont très différentes ?"


Charles de Gaulle - "Mémoires d’espoir", 1970.

 

Source : ARC REPUBLICAIN DE PROGRES.

 

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http://www.legrandsoir.info/EUROPE-La-mise-en-garde-premonitoire-du-General-De-Gaulle.html
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15 septembre 2010 3 15 /09 /septembre /2010 03:14

LesEnvahisseurs.net Vaste mais nécessaire question pour tous ceux qui veulent participer activement à la société dans laquelle ils vivent ! Pour les autres, la passivité : laisser les autres décider à leur place…

En théorie, c’est très facile : cesser d’opposer les uns aux autres selon leur classe sociale. Cesser de diviser en opposant les riches aux autres, les fonctionnaires aux autres, les banlieues aux autres, les immigrés aux autres, les français d’origine étrangère aux autres… Le Président Sarkozy, dans ce domaine, nous donne matière à débattre ! Or, le premier d’entre nous, le Chef de l’Etat se doit de rassembler les différences qui sont une source de richesse pour la société et l’économie. Nous réunir tous dans un même sens : partage équitable des efforts et des richesses qui en découlent !

L’économie capitaliste est notre système. S’il n’est pas exempt d’inconvénients, il exacerbe notamment les égoïsmes… N’est-il pas justement à l’image de l’être humain ? Regardez l’égoïsme des gens, lorsqu’on leur parle "d’insécurité", de "confort" très personnel… Et puis, n’oublions pas les guerres de domination : guerres économiques ou militaires qui perdurent…

En fait, il faut imposer un capitalisme raisonné ! Un capitalisme qui comporte des garde-fous ! Ses fondements sont trop étroits : l’argent roi ne doit pas être le mètre-étalon mais doit rester un outil au service de la société dans un Etat de Droit ! Si une entreprise ne serait pas, sans apport de capital… Une entreprise sans main d’œuvre efficace et dévouée ne serait RIEN NON PLUS ! Ne parlons pas des raisonnements à court terme d’entreprises qui se livrent une guerre fratricide : les employés, seuls sont la variable d’ajustement… Les dirigeants s’en sortent plutôt bien… Chacun doit retrouver sa place, grâce à l’Etat de Droit qui impose ses règles. J’ai bien écris Etat de Droit... Où le pouvoir judiciaire a la place qu’il mérite : l’être humain n’est pas une marchandise ! Ainsi, dans notre système capitaliste, s'il est évidemment normal de gagner de l’argent... De là à toucher des revenus mirobolants dont nombre de milliardaires ne savent plus que faire !!! Alors qu’il serait nécessaire à la consommation de tant d'autres ménages et à l’économie toute entière… Tout effort mérite salaire mais le système capitaliste surestime la place de quelques uns quand il sous-estime la place de beaucoup.

Encore faudrait-il déjà une volonté nationale qui insuffle ensuite à toute l’Europe cette juste société plutôt qu’une présidence de connivence avec une frange de la population contre une autre…  Et une présidence qui amoindrit le pouvoir judiciaire à son avantage ; Comportement tout à fait contraire à la Démocratie !

Tout est donc possible, cela demande une saine volonté et du temps. Rien ne se construit en quelques années et le passage de témoin entre générations doit se faire dans le bon sens et en toute humilité… Ce Chef de l’Etat en est-il capable ?

 

http://www.lesenvahisseurs.net/article-un-ideal-comment-rendre-le-monde-meilleur-56517209.html*

 

 

Autre article sur ce blog:

 

 

Capitalisme-Cola et enfant squelettiqueDans une société fondée sur l’argent, comment s’insérer sans logement ou sans travail, l'un étant nécessaire à l'autre ?

Sans pouvoir d’achat, vous n'êtes rien. Il ne vous reste plus qu'à errer, manger de temps en temps et tuer le temps par l’alcool, le sommeil...  et attendre en vain que la mort vous soulage enfin ?

Pour celui qui a un travail, encore faut-il qu'il soit bien rémunéré pour trouver sa place dans la société !

En douteriez-vous ?

Si 1 enfant meurt de faim toutes les 6 secondes, ne croyez pas que cette statistique ne concerne que l’Afrique : au pays de l’opulence, 1 américain sur 6 a aussi des difficultés pour se nourrir ! Dire qu’un foyer américain gâche environ 14% de sa nourriture.

La croissance d’un pays ne fait pas tout : cette mesure ne tient pas compte de la qualité de la vie, des inégalités au sein même d’un pays.

En France, nous avons la chance d’avoir un modèle de société qui essaie de nous protèger des accidents de la vie.

Mais ce système est remis en question !

Un bien-être atrophié peu à peu par un libéralisme fou furieux.

Une « mondialisation » pour quoi faire ? Des saveurs généreuses pour quelques-uns mais amers pour les autres ?

Une « mondialisation » pour qui ? Au seul profit de quelques Etats puis de quelques individualités en leur sein-même ?

Quelle étrange conception de la société !

 

http://www.lesenvahisseurs.net/article-statistique-du-jour-reflexion-sur-la-nourriture-56516062.html

 

 

 


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11 septembre 2010 6 11 /09 /septembre /2010 18:31


Dernière mise en ligne sur le site de Manuel de Diéguez

http://www.dieguez-philosophe.com/


Voir : Programme de rentrée: du 22 août au 24 octobre 2010

 

Pour un nouvel humanisme mondial

(…)


C'est timidement que le XVIIIe siècle a tenté de limiter les ravages deshttp://aline.dedieguez.pagesperso-orange.fr/tstmagic/1024/fond_manuel.jpg   piétés les plus sottes mais il n'a pas eu l'imprudence de soulever la question décisive de la nature des religions. Le XIXe siècle a fait progresser les sciences de la nature, les moyens de transport et la connaissance des origines du simianthrope, mais, son tour venu, il s'est bien gardé de l'audace d'étudier une espèce dont la tête sert de promenoir à des dieux. Quant au XXe siècle, il a ébranlé l'univers à trois dimensions, bousculé la matière et fait frémir tout le monde à entrer dans l'empire sans frontières de l'inconscient, mais il n'est pas descendu les armes à la main avec davantage de courage que ses prédécesseurs dans les arcanes des personnages imaginaires qui euphorisent et terrifient les peuples et les nations. Qui sont-ils à marcher de long en large sous l'os frontal des descendants du chimpanzé? Pourquoi le XXIe siècle voit-il le souverain céleste et armé jusqu'aux dents du ciel des ancêtres démontrer jour et nuit qu'il n'est pas près de laisser oublier sa cuirasse et sa foudre?

 

(…)


Demandons-nous donc pourquoi un silence aussi unanime que craintif permet aux sciences humaines d'aujourd'hui d'ensevelir la question des croyances sous les patenôtres de l'oubli.

 

(…)

 

Il en résulte que, depuis les origines, le simianthrope est un animal dont la politique se révèle de type cultuel, donc immolateur par nature. Ce sont ses chromosomes qui le condamnent à offrir à ses idoles des victimes égorgées selon des rites convenus.

 

(…)


Suite :  http://aline.dedieguez.pagesperso-orange.fr/tstmagic/1024/tstmagic/philosopher/hermes1.htm

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3 septembre 2010 5 03 /09 /septembre /2010 05:20

En réponse à l’imposition brutale du Traité de Lisbonne, une plate-forme de citoyens a lancé une initiative nationale pour obtenir le retrait de l’Autriche de l’Union européenne. Il s’agit en premier lieu de garantir la liberté politique du peuple et le sauvetage des bases existentielles de l’Autriche : du (re-)développement d’un marché intérieur à l’abri des crises et d’un Etat social, ce qui n’est possible qu’à l’intérieur d’Etats indépendants, de remettre la neutralité au centre de la politique extérieure, de la liberté d’accepter ou refuser les OGM, de la réintroduction d’une monnaie nationale et de l’introduction d’une démocratie directe selon le modèle helvétique.

.

autriche

.

Les droits de souveraineté transférés aux organes communautaires, comme le prévoit le Traité de Lisbonne, ne sont pas limités et suite à cela, pas assez légitimés démocratiquement.

Puisque plus de 80% des lois sont imposées par l’UE à l’aide de prescriptions, directives, décisions et autres consignes, plus aucun politique ne porte de responsabilité pour ces lois. Ni les députés «représentants du peuple», ni la Cour constitutionnelle autrichienne ne s’opposent à cet politique européenne antidémocratique.

La majorité du peuple autrichien s’oppose à l’UE. Ainsi en témoigne le sondage effectué par le Linzer Meinungsforschungsinstitut Imas, révélant que 54% de la population estime que l’UE apporte plus de désavantages que d’avantages au pays .

Il faut rendre au peuple autrichien ses droits politiques

Economie

Les entreprises nationales qui sont en relation avec la population, ont de moins en moins de chances de survie dans un système supranational. L’Autriche ne peut plus conclure d’accords commerciaux, vitaux pour la protection de l’économie nationale, du fait de son appartenance à l’UE; le commerce international est entièrement dans les mains des organes centraux de l’UE. De nombreuses petites et moyennes entreprises ont dû fermer leurs portes depuis l’adhésion du pays à l’UE, dont beaucoup d’artisans et d’entreprises de production de biens, offrant à la jeunesse des places d’apprentissage et des emplois et contribuant fortement à l’économie nationale. Sans souveraineté économique, un Etat ne peut remplir sa mission de sauvegarde de la stabilité économique; il ne peut ni la conserver ni la développer.

C’est l’AELE qui se présente comme la véritable alternative à l’UE.

Son avantage principal est que, au con­traire de l’UE, elle ne mène pas de libre échange illimité. Les accords de l’AELE prévoient notamment une réduction des taxes douani­ères pour les produits industriels, mais chaque pays conserve le droit d’imposer ces dernières aux pays tiers et conserve sa propre politique économique et moné­taire. Et surtout: l’agriculture et le marché du travail sont exclus du libre échange!

L’AELE a une grande importance pour un pays comme la Suisse, fortement orienté vers les exportations, une voie dans laquelle devrait s’engager (à nouveau) l’Autriche.

Etat social

Le principe suprême de l’UE, soit les «libertés du marché», autrement dit la liberté illimitée de l’échange de marchandises, d’établissement, des services, la libre circulation des travailleurs, ainsi que la libre circulation des capitaux. Cette dernière est essentielle pour les multinationales, puisqu’elle permet une politique orientée vers le profit maximum, source de difficultés majeures pour beaucoup de monde; cette politique est soutenue depuis des décennies par la Cour de justice des Communautés européennes (CJCE). La politique sociale y est totalement ignorée. La preuve en est apportée par l’augmentation constante du chômage, par la diminution des rentes vieillesse et l’écart s’élargissant entre riches et pauvres.

Neutralité

Est neutre un pays menant sa propre politique étrangère (comme la Suisse), se tenant strictement à l’écart de tout pacte militaire, et servant ainsi la paix. Du fait de son armée, à laquelle participe l’Autriche, l’UE représente elle-même un pacte militaire. A quoi il faut ajouter son étroite relation à l’OTAN, dont la majorité des pays de l’UE sont membres. Dans le dernier document sur la politique de sécurité du gouvernement fédéral autrichien, il est question d’inclure davantage le pays dans les structures de sécurité internationales, l’OTAN y gagne en importance, et le devoir d’assistance et de participation à des expéditions militaires est renforcé. Le Traité de Lisbonne nous contraint à améliorer constamment nos capacités militaires (exigence de réarmement) et à participer, le cas échéant, à des interventions bellicistes, souvent dénommées «mission de combat contre le terrorisme». Cette dernière mission finit parfois dans des guerres d’agression menées de par le monde.

Ce n’est qu’en quittant l’UE qu’il sera possible de retrouver la neutralité en tant que base pour la politique étrangère autrichienne.

Liberté d’accepter ou de refuser les OMG

Du fait des «libertés illimitées du marché» obligatoires, il n’est pas possible pour un Etat membre de l’UE d’empêcher l’importation de fourrage OMG, par exemple les pommes de terre cultivées industriellement (Amflora) ou bien des produits finis contenant des ingrédients OMG. Il est absolument nécessaire de respecter la volonté des 1,2 million d’Autrichiens qui ne veulent pas de génie génétique ni dans l’agriculture, ni dans les produits alimentaires. Les revendications de l’initiative populaire de 1997 à ce sujet sont toujours d’actualité:

1. pas de nourriture sortant des laboratoires de génie génétique en Autriche;

2. pas d’autorisation pour la mise en liberté d’êtres vivants génétiquement manipulés;

3. pas de brevets sur la vie.

La politique de l’UE nous interdit cette protection, c’est pourquoi il faut s’en retirer.

Monnaie nationale

La monnaie nationale est une caractéristique primordiale d’un Etat. L’Autriche n’est plus en mesure de diriger son économie par une politique monétaire et de crédits; c’est pourquoi il lui faut retrouver sa propre monnaie (p. ex. le Schilling), afin d’assurer sa stabilité économique. Encore récemment, l’Autriche a dû verser 2,3 milliards d’euros pour la prétendue «aide à la Grèce» et 12,6 milliards pour le «plan de sauvetage» de l’euro. Cette procédure est anticonstitutionnelle et contrevient aux accords – selon les experts. Le résultat de cette politique erronée est une inflation galopante et le risque d’une conversion monétaire sur le dos des contribuables.

L’internationalisation des monnaies nationales est une erreur qui a contribué aux difficultés financières et économiques actuelles. La reprise des déficits de pays instables par des pays stables, ces derniers représentant le socle de l’euro, amplifie encore les difficultés. En sortant de l’UE, l’Autriche pourrait retrouver sa propre monnaie et mettre un frein au renchérissement.

Agriculture

L’agriculture doit être protégée par la réintroduction de taxes douanières et de restrictions commerciales. Ce qui permettrait d’assurer l’approvisionnement du pays avec des produits locaux. Nous avons besoin d’une politique agricole qui a pour but le ravitaillement de la population par des produits sains, la préservation des surfaces arables ainsi que leur exploitation écologique. Il faut obtenir pour les producteurs des prix con­formes à leur travail et dans la mesure du possible favoriser la vente directe de produits de première nécessité, soit par le paysan lui-même soit par des coopératives agricoles. C’est fondamental pour assurer la sécurité alimentaire.

L’UE nous impose une production industrielle des produits alimentaires sur d’immenses exploitations et détruit ainsi les structures familiales réduites qui sont capables de s’adapter aux besoins régionaux de la nature, de l’homme et des animaux. Les agriculteurs sont tributaires des prix du marché mondialisé et des subventions de l’UE. Uniquement en quittant l’UE l’agriculture paysanne pourra survivre.

La liberté et la démocratie sont le fruit d’une lutte séculaire, les puissants n’ayant jamais lâché volontairement leur pouvoir.

Comment soutenir cette initiative populaire

Tous les citoyens autrichiens, âgés de 16 ans révolus, sont habilités à signer les initiatives populaires. Dès que 8032 citoyens (1 pour mille de la population) auront signé la déclaration de soutien, le ministère de l’Intérieur annoncera publiquement pour tout le pays la semaine au cours de laquelle seront récoltées les signatures.

Vous trouverez les déclarations de soutien sur Internet à l’adresse webinformation.at.

Vous pouvez aussi vous procurer ce document par téléphone: +43 650 736 22 00 ou par courriel: helmutschramm@gmx.at.

Source : Horizons et Débats

 

http://www.mecanopolis.org/?p=19398

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2 septembre 2010 4 02 /09 /septembre /2010 22:48
L'UMP nous conduit à DSK que Sarkozy a fait nommer directeur du FMI ...
   
Sauf si nous nous bougeons pour sortir du nouvel ordre mondial


 

Cette vidéo dénonçe le nouvel ordre mondial 
 
Rappel du colloque du 10 avrit 2010 à l'Assemblée nationale et décision l'après midi à huis clos
 
il faut "sortir de l'euro, mettre la TVA sociale et le protectionnisme raisonnable".
 

Citation : Paragraphe 9,

ligne 5

du blog 

                                                                                                                                                                                                                                     http://blog.nicolasdupontaignan.fr/post/2010/07/15/Les-portugais-m%C3%A9ritent-mieux-que-Moody-s-and-co-!

 

« La cure commence par la sortie de l'euro, elle se poursuivra par la dénonciation des Traités européens et conduira des élus fiers d'être Portugais, Français ou Grecs, bien décidés à défendre les intérêts de leurs pays respectifs, plutôt que de se soumettre au "modèle dominant".

NDA a bien dit qu'il faut sortir de l'UE .

 

 

Et de Nicolas Dupont-Aignan, encore :

une certaine idée de l'Ecole Publique

 

Dans son nouveau blog vidéo, Nicolas DUPONT-AIGNAN exprime une certaine idée de l’Ecole Publique malheureusement devenue à géométrie variable .


 Il dit qu’il faut

- restaurer le calme, le respect des autres, des professeurs et des élèves ;

- exclure les perturbateurs sans attendre qu’ils aient une autre place ;

- restaurer le pouvoir de sanction des maîtres ;

- restaurer les savoirs fondamentaux (Français, Histoire, mathématiques) ;

 -restaurer les notes du mérite et de l’effort ;

- restaurer l’égalité des filières des Lycées,;

- dire la vérité aux enfants car ce n’est pas en leur faisant croire qu’ils ont le niveau qu’on leur rend service.

 

Rendez-vous à l’atelier sur l’Ecole aux journées des universités de la Rentée à DOURDAN

 

Source vidéo :  http://blog.nicolasdupontaignan.fr/post/Pour-l-ecole-de-la-Republique

 

 

Rappel Février 2010 : Dérive à l’école, école à la dérive

http://blog.nicolasdupontaignan.fr/post/2010/02/19/D%C3%A9rive-%C3%A0-l%E2%80%99%C3%A9cole,-%C3%A9cole-%C3%A0-la-d%C3%A9rive%E2%80%A6

 

 

J'aimerais vous y voir : Nicolas Dupont-Aignan instituteur

http://www.dailymotion.com/video/xat669_j-aimerais-vous-y-voir-nicolas-dupo_news

 

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28 août 2010 6 28 /08 /août /2010 08:01

agric-colon-j.jpg

 

Bien commun, production pour le profit et mode de vie.

Suite d’un débat sur le "capitalisme vert" avec Susan George (1) et Cédric Durand (2) à l’Université d’été d’ ATTAC d’Arles 2010

http:// amitie-entre-les-peuples.org/spip.php?article1213


Le bien commun de l’humanité passe-t-il par un changement du mode de vie dans les pays développés ? L’idée évoquée par certains écologistes de droite s’affichant tiers-mondiste est que "les riches du nord doivent réduire leur pouvoir d’achat y compris les couches moyennes inférieures". Voilà un radicalisme qui va plaire au patronat ! On ne saurait dire de façon irresponsable que les couches moyennes doivent d’emblée réduire leur pouvoir d’achat quand tout le système qui devant eux est marchandisé y compris ce qui est public. Pour vivre avec un moindre pouvoir d’achat il faut plus de biens en service public gratuit.

Une vie meilleure des peuples du Sud est une aspiration légitime. Faut-il qu’ils adoptent notre mode de production productiviste pour autant ? Ce n’est pas souhaitable.

 

Biens à obsolescence rapide.

Le capitalisme a pour spécificité de produire pour le profit quitte à produire des biens à obsolescence rapide. Auparavant une machine à laver durait quinze ans, désormais elles tombent en panne au bout de trois ans et elles sont quasiment irréparables. Aujourd’hui, on ne change pas de machine à laver pour son "look" démodé ou parce que des caractéristiques techniques supérieures apparaissent sur le marché. On achète une nouvelle machine car la précédente a cassé.

La solution n’est pas collective contre individuelle par exemple en proposant la machine à laver pour tous les habitants d’immeubles divisés en appartement. Là ou cela est possible et dans la mesure ou cela n’est pas imposé pourquoi ne pas essayer. Mais c’est une solution défaitiste qui ne combat pas la racine du mal qui est que les entreprises privées capitalistes produisent des objets à durabilité restreinte et à réparation de plus en plus impossible.

 

Dispositifs couteux à réparation impossible

Sur les automobiles l’automatisation tend d’une part à se perfectionner à un niveau élevé qui oblige souvent le remplacement de l’ensemble plutôt que le remplacement d’une partie. Cette évolution coute chère et incite à demander plus de pouvoir d’achat dans un contexte ou les transports collectifs sont chers alors que peu attractifs sur plusieurs aspects . Ce n’est pas le seul inconvénient car l’automatisation tend aussi à s’imposer au détriment des mécanismes manuels . Certaines voitures ne sont plus équipées de serrures ordinaires mais seulement de dispositifs électroniques d’ouverture à distance.

 

Pour des transports collectifs déployés et gratuits !

Ceux qui disent que la voiture doit disparaître oublient que l’on ne prend pas uniquement sa voiture par plaisir mais très souvent par nécessité (pour aller travailler ou aller voir sa famille, etc...) et que les transports collectifs n’ont pas toujours la souplesse ou le confort de l’automobile. Pour compenser les inconvénients des transports collectifs il serait bon de les rendre gratuits. Cela suppose une entreprise publique fonctionnant sur des logiques non commerciales, non marchandes (respect de valeurs d’usage et non de valeur d’échange) . Aujourd’hui la SNCF "marchandisée" tend trop à s’adresser à des clients aisés et non des usagers .

Contre le capitalisme productiviste l’alternative forte passe par la réappropriation publique puis par la démarchandisation et la démocratisation. La démocratisation est à la fois à la source du mouvement (émancipation) et en objectif à atteindre (transformation sociale). Cette démocratisation peut se faire à deux niveaux : d’une part en démocratie déléguée par introduction de représentants d’usagers spécialisés pour un champ d’activité donné, là ou une certaine expertise technique est nécessaire d’autre part en démocratie directe par intervention des citoyens sur des grands choix d’investissement.

 

Christian DELARUE

1) Leur crise, nos solutions Susan George Albin Michel 2010

2) Le capitalisme est-il indépassable ? Cédric Durand Textuel 2010


Auteur : C Delarue  - Source : http://amitie-entre-les-peuples.org/spip.php?artic...

 

http://www.dazibaoueb.fr/article.php?art=15359

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27 août 2010 5 27 /08 /août /2010 11:11

                                                                                           sacs-argent.jpg

 

Comme le dit et l'écrit Paul Jorion

tous les mauvais chiffres l'ont été "contre toute attente"

de qui ?

Contre toute attente des économistes consultés par les agences de presse.

- Qu'il s'agisse des chiffres du chômage qui se détériore "contre toute attente" au Etats-Unis

- de la croissance au Royaume-Uni qui plonge "contre toute attente"

- du ralentissement "contre toute attente" de l'expansion de la chine etc,etc...

 

Mais "contre toute attente" nos leaders politiques n'ont pris aucune mesure qui s'impose au cours des réunions du G20  (dans l'intérêt des banksters dont ils sont les complices).

 

Le journal "Le Monde" a publié hier une tribune libre intitulée:

"L'appétit des spéculateurs aura des conséquences sociales désastreuses"

Il s'agit d'un appel, en forme de cri d'alarme, attirant l'attention sur la récente flambée du prix des céréales.

Les spéculateurs, en particulier, les Fonds de pension sont sur le pied de guerre, achetant les matières premières agricoles à tour de bras.

 

Pourtant une mesure au plus haut niveau consistant à déclarer :

"anti-constitutionnel le pari sur les fluctuations des prix" ,

 s'imposerait.

Cette clause, (dont les positions nues dans les ventes à découvert constituent un cas particulier), qui tient en une seule phrase, est limpide.

On dit qu'elle est impossible à mettre en oeuvre, (il est vrai que Wall-Street et la City y sont hostiles,car ce serait le début de la fin pour ces deux centres financiers, encore qu'il a commencé..!), mais elle est déjà insérée dans les textes puisque qu'il a été mis en place une fiscalité plus lourde sur les échanges spéculatifs pour ceux qui se servent des marchés comme un site de paris financiers, et une fiscalité moindre sur les investissements réels.

 

Angela Merkel (seule, mais aussi poussée par son opposition politique) après avoir pris des mesures antispéculatives s'est attirée une volée de bois vert de milieux financiers : Les ventes à découvert à nu sont interdites en Allemagne.  La bourse de Francfort ne s'en porte pas plus mal pour autant..!

 

Cette mesure "adaptée" pourrait modifier la physionomie du paysage économique.

L'interdiction de "tout pari sur les fluctuations de prix" aurait pour effet, comme une taxe sur les transactions financières (mesures bien moins radicale), d'entamer la drastique cure d'amaigrissement financière qui est la seule issue.

 

Une renégociation des agences de notation, sans que soit utilisée la planche à billet des banques centrales ou sans qu'une autre échappatoire soit trouvée telle le proposition du FMI de financer la dette des Etats par la création d'une nouvelle monnaie (réflexion en cours) serait incontestablement la meilleure porte de sortie.

 

Elle réparerait cette iniquité flagrante qui veut que les banques sont financées hors marché par les banques centrales et que les Etats n'y sont que très partiellement (depuis 1973 pour la France).

On est très loin de cette renégociation.

(Extrait de "La quadrature de la dette" par François Leclerc du 29/04/2010).

 

http://millesime.over-blog.com/article-contre-toute-attente-56040199.html

 

 

 

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25 août 2010 3 25 /08 /août /2010 21:06
Hommage à Maurice Allais :
redonner aux Etats le pouvoir d’émettre de la monnaie

 

Il peut paraître curieux de consulter Maurice Allais sur les remèdes à la crise financière et économique. Il s’agit en effet d’un scientifique âgé de presque cent ans, qui de plus, est pratiquement interdit d’expression, au moins en France, bien qu’il soit le seul prix Nobel français d’économie. Mais précisément cet ostracisme doit nous conduire à nous interroger en profondeur.


Maurice Allais

Certes Maurice Allais n’a jamais flirté avec la gauche. Mais cela ne suffit pas pour que les droites actuellement au pouvoir lui pardonnent. le fait que ses travaux récents permettent de diagnostiquer les raisons des crises économiques contemporaines bien mieux que ne le font ceux des économistes au service du néo-libéralisme. En rupture avec un passé d’économiste libéral convaincu, admirateur des Etats-Unis, Maurice Allais attribue désormais ces crises à la libéralisation des échanges internationaux imposée par la finance américaine à l’occasion de la mondialisation. La finance américaine ou plus exactement anglo-saxonne, associée à l’Etat fédéral américain, a réussi selon lui depuis une trentaine d’années à dominer le monde entier en faisant sauter les barrières protectrices que pouvaient se donner les Etats et les économies plus faibles. Maurice Allais propose donc aux pays dominés, pour sortir de ce piège, un retour à des économies régulées par les puissances publiques et mettant en oeuvre un protectionnisme raisonné. L’Europe devrait donc, selon lui, être la première à s’engager dans cette voie, la seule capable de restaurer sa puissance. Autrement dit, ces propositions rejoignent dans l’ensemble les nôtres, telles qu’elles sont formulées sur le présent site. Il n’est pas étonnant qu’elles suscitent une véritable haine des milieux conservateurs et atlantistes.

Les liens que nous fournissons en fin d’article permettent aux lecteurs d’aller directement aux sources récentes de la pensée de Maurice Allais. Nous nous bornerons ici à résumer très rapidement, en employant nos propres termes et en simplifiant outrageusement le propos, ses observations concernant la façon dont la finance internationale principalement anglo-saxonne (les marchés...), dont la finance chinoise n’est encore qu’une pâle imitation, manipule la monnaie et le crédit pour tenter de dominer le monde.

La monnaie

Comment définir la monnaie ? Il s’agit d’un symbole sans valeur intrinsèque représentant le prix attribué d’un commun accord par les agents économiques, producteurs et consommateurs, aux biens et services. Cet accord résulte, lorsque les prix ne sont pas fixés autoritairement, de la confrontation sur un marché d’un producteur et d’un acheteur. Je produit 1kg de navets, je lui attribue une valeur de 1 dans le système monétaire en cours, soit 1 euro si je me situe dans le cadre de la monnaie européenne. Si je trouve des acheteurs à 1 euro et à moins d’1 euro, mais aucun acheteur au dessus de 1 euro, j’en déduirai que la valeur du navet, ici et maintenant, se situe à 1 euro le kg au plus. Tous les biens et services peuvent ainsi être répartis, en fonction des prix moyens selon lesquels ils sont vendus et achetés, sur une échelle des valeurs économiques. Si, en vendant mes navets, j’obtiens un gain total de 50 euros, je pourrai utiliser cette somme, mes coûts de production déduits (soit par exemple 40 euros), à l’achat des produits et services dont j’ai besoin, le tout pour un montant de 10 euros.

Supposons maintenant qu’un faux monnayeur fabrique des billets en euros. Ceux-ci ne correspondent à aucune valeur effectivement produite. Ils permettent néanmoins d’acheter des biens et services correspondant à leur montant, tant du moins que la fausseté des billets n’est pas détectée. Un faux monnayeur ayant fabriqué un faux billet de 50 euros, pourra s’acheter 50 kg de navets. Son seul effort aura consisté à produire ce faux billet. Les particuliers qui font de la fausse monnaie ont toujours été sévèrement punis. Mais deux grandes catégories d’acteurs ont traditionnellement le droit de faire de la fausse monnaie sans contrevenir à la loi. On ne dit pas en fait qu’il font de la fausse monnaie mais qu’ils créent de la monnaie. Ils sont autorisés et même encouragés à le faire dans certaines limites, parce que cette création de monnaie incitent les producteurs à produire et les acheteurs à acheter, c’est-à-dire à créer des valeurs économiques et de la croissance. Mais parfois ils créent de la monnaie au delà des possibilités d’absorption de l’économie. En ce cas, ils génèrent des crises. Ces acteurs sont les banques et les Etats.

La monnaie de banque

On appelle monnaie de banque la monnaie créée par les banques. Celles-ci n’impriment pas de billets, mais elles prêtent de l’argent à des clients qui en sont momentanément dépourvus, en approvisionnant leurs comptes, ce qui revient presqu’au même. Les banques exercent deux grands métiers, sans lesquels la vie économique ne serait pas possible. Si à force de vendre des navets, j’ai réalisé un profit de 500 euros, au lieu de conserver cet argent chez moi, dans un bas de laine, au risque de me le faire voler, je pourrai le déposer dans une banque qui le conservera pour moi, moyennant un certain loyer. Je pourrai en principe à tous moments retirer cet argent de la banque. On dira que j’ai procédé à un dépôt. La banque exercera en ce cas un premier métier, celui d’une banque de dépôt.

A partir de ces dépôts, la banque peut exercer un second métier, celui de prêteur. Si 100 producteurs de fruits et légumes déposent à la banque une somme équivalente à la mienne, cette banque se trouvera détentrice d’un dépôt global de 500x100, soit 50.000 euros. Les banques ont depuis longtemps découvert qu’elles pouvaient prélever sur cette somme, dite aussi fonds propres bancaires, de quoi consentir des prêts à leurs clients, tant du moins que le montant de ceux-ci ne dépassera pas un certain pourcentage du fonds total de 50.000 euros. En effet, hors des périodes de crise de confiance, tous ceux qui ont déposé des épargnes ne les retireront pas en même temps. Certains déposants reprendront leurs épargnes mais parallèlement les bénéficiaires des prêts finiront par les rembourser. La banque peut donc prêter un certain montant des dépôts dont elle dispose. Les emprunteurs peuvent emprunter pour consommer. Avec les économies rapportées par la vente de mes navets, je pourrai acheter de la viande. Mais si j’exerce une activité productive, je pourrai aussi emprunter pour investir, en anticipant sur les bénéfices de production à venir. Dans mon cas, en tant que producteur de navet, je pourrai acheter une brouette ou mieux une nouvelle parcelle de terre maraichère grâce à quoi je produirai encore plus de navets dont la vente me permettra de rembourser le prêt. On voit qu’exercé avec prudence, ce second métier du banquier, consistant à consentir des prêts, est favorable à l’économie et plus particulièrement à l’investissement.

Nous avons vu que, pour assurer son équilibre d’exploitation, la banque parie sur le fait que le montant des retraits sur fonds propre (le montant des dépôts) sera toujours équilibré par le remboursement des prêts consentis à partir de ces mêmes fonds propres. Mais il s’agit d’un pari. Le second métier de la banque, consistant à consentir des prêts, est donc plus risqué que celui de gérer des dépôts, car certains emprunteurs peuvent ne pas rembourser. Pour l’exercer sans risque, la banque doit s’assurer que les emprunteurs seront solvables, c’est-à-dire capables de rembourser le prêt dans les conditions prévues au contrat. C’est toute la subtilité du métier de banquier, justifiant les redevances qui lui sont versées par leurs clients. Dans ce mécanisme, la banque crée de la monnaie, dite monnaie de banque, mais il ne s’agit pas de fausse monnaie au sens propre du terme. Finalement en effet, nous l’avons vu, la monnaie créée est remboursée par les valeurs produites, soit en ce qui me concerne les nouvelles quantités de navets que j’aurai produites et vendues sur le marché.

Mais les banques ont depuis longtemps aussi découvert qu’elles pouvaient spéculer, c’est-à-dire courir de gros risques pour gagner beaucoup, en espérant que la malchance, ou d’autres facteurs, ne les pénaliseront pas. Il s’agit là d’un troisième métier, bien plus aventureux. Il s’apparente en fait au jeu de loterie. N’y gagnent à long terme que ceux ayant les reins solides, selon l’expression. Si les banques s’arrangent pour se regrouper au plan international et surtout – nous allons voir comment – pour faire supporter les risques à d’autres, ce métier est aussi bien plus profitable. Ceci explique qu’aujourd’hui toutes les banques spéculent, à plus ou moins grande échelle.

Deux processus basiques sont utilisés pour cela. Le premier consiste à prêter de l’argent à des individus, des entreprises ou des gouvernements voulant consommer ou même investir, aujourd’hui incapables de rembourser ces prêts, mais dont la banque espère qu’à terme ils pourront le faire, si les conditions du marché sont « porteuses ». Si le cours du navet ne cesse d’augmenter, la banque me prêtera de quoi acheter de nouvelles parcelles que je consacrerai à la production de navets, même si aujourd’hui je ne suis pas capable de rembourser ce prêt. Elle fait le pari qu’à terme, ayant vendu mes nouveaux navets, je pourrai régler ma dette. Si beaucoup de banques prêtent à beaucoup de producteurs de navets, il arrivera cependant un temps où le cours du navet cessera de monter et s’effondrera. Les banques auront créée une bulle sur le navet, dont l’implosion provoquera, outre la ruine des producteurs de navets trop engagés, celle (éventuelle) des banques ayant consenti des prêts au delà des capacités de remboursement de leurs clients, sans se prémunir contre les risques d’effondrement.

Un second processus spéculatif consiste à spéculer sur les cours des marchandises. Si le navet fait l’objet d’une forte demande mondiale, il pourra être avantageux d’en acheter aujourd’hui au cours de 1 euro le kg, en espérant le revendre dans un mois au cours de 1,50 euro. Les banques, comme tous les particuliers, sont tentées d’utiliser leurs fonds propres pour de telles spéculations. En achetant des navets, elles en font monter le cours, ce qui incitent de nouveaux producteurs à se spécialiser dans le navet. Tant que la demande, et donc le cours du navet se maintiennent, la spéculation est profitable. Mais ce n’est plus le cas lorsque pour une raison ou une autre , le cours du navet s’effondre. La banque est alors en difficulté. Qui dit difficulté pour la banque dit en premier lieu difficulté pour les déposants qui ne pourront plus se faire rembourser leurs dépôts. Une crise économique générale pourra en résulter.

On voit donc que les activités spéculatives, propre au troisième métier du secteur bancaire, sont à haut risque. C’est la raison pour laquelle elles avaient été réservées à des banques spécialisées dites banques d’affaires. Ne s’adressaient à elles que des clients acceptant eux aussi de spéculer, c’est-à-dire de tenter de gagner gros en acceptant de tout perdre. Aujourd’hui, cette distinction entre banques de dépôt, banques de crédit et banques d’affaires est devenue floue. Les banques ne se limitent plus à utiliser les dépôts des épargnants pour financer les emprunts de clients sérieux désirant investir en vue de produire. Elles ont pris l’habitude de spéculer sur les produits et les valeurs financières (les marchés d’actions) par l’intermédiaire de salles de marchés qui leur apportent aujourd’hui l’essentiel de leurs revenus.

Mais dira-t-on, si la spéculation est si risquée, si statistiquement les banques sont quasiment assurées d’y faire faillite, pourquoi s’y risquent-elles avec une ardeur toujours renouvelée, la crise passée ? C’est parce que les banques, avec l’appui de certains Etats (nous allons y revenir) ont trouvé moyen de faire supporter à l’économie en général, consommateurs, producteurs, épargnants, le coût de leurs spéculations avortées. Le pouvoir financier, celui des banques et des actionnaires, a réussi à convaincre les opinions mondiales que la faillite des grandes banques modernes générerait une crise pire que celle de 1929. Les Etats, aujourd’hui très proches du pouvoir financier , comme nous allons le voir, interviennent donc pour payer les dettes des banques menacées de faillite, en faisant appel à leurs propres ressources budgétaires, elles-mêmes fournies par les contribuables. Les banques remises à flot peuvent alors recommencer à spéculer.

Pour conclure provisoirement sur la monnaie de banque, on voit que celle-ci est désormais à la source de la plupart des activités économiques, qu’il s’agisse de l’économie réelle (produire et vendre des biens et services) ou de l’économie virtuelle (manipuler des fonds spéculatifs, pouvant aussi bien générer des bulles que des crashs). Le pouvoir économique et politique des banques est ainsi devenu considérable. Quelques rares superpuissances étatiques, dont les Etats-Unis sont les représentants le plus emblématique, ont donc conclu avec le pouvoir financier des banques (Wall Street et la City de Londres) des accords explicites et implicites pour dominer le monde.Dans ce mariage, les Etats qui jouent ce jeu apportent aux banques la puissance économique et politique qu’ils détenaient depuis des siècles grâce au pouvoir d’émettre de la monnaie régalienne.

La monnaie régalienne

Avant l’invention des banques qui se sont généralisée en Europe à la Renaissance, seuls les souverains, autrement dit les Etats, disposaient du droit d’émettre des moyens de paiements susceptibles de servir d’unité commune d’évaluation des biens et services en circulation dans la société. On emploie le terme de monnaie régalienne pour désigner une monnaie associé au pouvoir royal, devenu aujourd’hui pouvoir d’Etat. Les souverains, dès l’apparition des grands Etats, n’ont jamais voulu de bon coeur déléguer à d’autres ce moyen essentiel de souveraineté, permettant d’acheter et faire produire les biens et services dont ils avaient besoin. Même lorsque les moyens de paiement associés à la monnaie régalienne prenaient la forme de jetons de métaux précieux, ils ne constituaient pas en eux-mêmes une valeur économique. C’était l’usage qu’en faisaient les Etats qui fondaient leur valeur. Le privilège de « battre monnaie » selon l’expression consacrée, permettait aux Etats d’obtenir les moyens de financer leurs dépenses, militaires et civiles. Beaucoup de ces dépenses étaient somptuaires, c’est-à-dire correspondaient à la consommation des personnes et groupes proches du pouvoir. Mais beaucoup permettaient de financer des investissements productifs à long terme, telles que des dépenses d’infrastructures, routes ou ports ou des expéditions destinées à conquérir des pays supposés riches en ressources. En fait, sans ces investissements publics à long terme, peu rentables dans l’immédiat, les territoires des pays développés n’auraient pas acquis leur visage actuel.

Il y avait donc création de monnaie mais, dans les Etats bien gérés, les dépenses des Etats, dites elles aussi régaliennes, étaient compensées par des ressources elles-mêmes régaliennes, impôts et taxes pour l’essentiel. Le système global était donc équilibré voire bénéficiaire quand le revenu des investissement publics dépassait le montant des dépenses publiques. Il arrivait cependant le plus souvent que les Etats se trouvassent en déficit, s’étant engagés dans des dépenses dépassant le montant des recettes résultant des contributions obligatoires. Ces déficits budgétaires, selon le terme consacré, n’étaient pas toujours le résultat de leur mauvaise gestion. Ils provenaient du fait que les responsabilités publiques assumées par les Etats les mettaient en difficulté, notamment en période de famines, épidémies, guerres.

Les Etats en déficit ont vite compris qu’ils pouvaient emprunter les sommes nécessaires à la couverture de leurs déficits budgétaires. La façon la plus facile pour eux consistait à créer de la monnaie, au sens propre du terme. Les Etats utilisaient pour ce faire leur pouvoir régalien de battre monnaie. Du temps de l’étalon or, ils émettaient des pièces dont la teneur en or était appauvri. Puis ce furent des monnaies papier, par exemple les assignats sous la Révolution française. Aujourd’hui, ils pourraient créer de la monnaie, par l’intermédiaire de la banque centrale intervenant dans sa fonction d’Institut d’émission. Cette monnaie, redistribuée par l’intermédiaire des dépenses publiques, peut inciter les agents économiques à investir et créer ainsi de l’activité économique. Mais si les émissions dépassent les capacités de l’économie dans son ensemble à les utiliser au profit d’investissements productifs, elles génèrent de l’inflation. Il s’agit d’une inflation dite inflation par la demande. Il y a plus d’acheteurs qu’il n’y a de biens disponibles. Les prix montent en conséquence. Ceux qui financent en dernier ressort les dépenses publiques inflationnistes sont ceux qui ne disposent pas de capacités de production, mais seulement de revenus fixes, non indexés sur l’indice des prix. Les Etats européens, dans la première moitié du 20e siècle, ont tellement abusé de la création de monnaie qu’ils ont provoqué des crises inflationnistes de grande ampleur, dont le régime nazi en Allemagne avait profité pour s’installer.

Il en est résulté que les opinions publiques ont fortement combattu, après la seconde guerre mondiale, la légitimité des Etats à créer directement de la monnaie. Ces derniers ont ainsi perdu un privilège essentiel, celui de financer le secteur public et les investissements productifs à long terme qui en sont la marque, sans avoir à se soumettre aux exigences du pouvoir financier. Or le pouvoir financier déteste de tels investissements, qui ne lui rapportent rien à court terme. Pour couvrir leurs déficits budgétaires, les Etats renonçant progressivement à créer de la monnaie ont du se contenter d’une vieille solution dont pourtant au cours de l’histoire ils avaient appris à se méfier, emprunter comme le font les entreprises en s’adressant aux banques. Ce n’est pas que les banques et les divers fonds spéculatifs dont elles sont les intermédiaires, refusent de prêter aux Etats, dont la solvabilité à terme peut rarement être suspectée. Mais, s’adressant à ainsi aux « marchés », les Etats leur donnent le pouvoir d’imposer les modèles sociétaux définis par le pouvoir financier et l’idéologie libérale inspirée par lui. Ces modèles peuvent paraître anodins ou de simple bon sens, mais en réalité ils engagent des choix géopolitiques de grande ampleur, dont les risques et les impasses se découvrent tous les jours aujourd’hui.

Monnaie de banque et monnaie régalienne

Dans un système économique mondial à peu près en équilibre, qui n’existe en fait que sur le papier, la création de monnaie par les banques et la création de monnaie par les Etats se conjuguent pour assurer un développement à peu près harmonieux. Les banques financent les dépenses et les investissements de court terme, intéressant en priorité les particuliers. C’est ainsi que, comme producteur de navets, je peux obtenir des crédits de ma banque me permettant d’assurer la soudure ou de procéder à l’acquisition de nouveaux terrains maraichers. De son côté, l’Etat finance, en contrepartie des impôts que je lui verse, toutes les dépenses sociales, d’éducation et d’infrastructures qui relèvent de ses attributions régaliennes, considérées comme ne devant pas relever de l’initiative privée car devant échapper à la recherche du profit à court terme qui est le moteur essentiel des investisseurs privés. Je dispose ainsi de transports en commun, d’hôpitaux, d’écoles et autres prestations que l’entreprise privée est incapable de fournir à tous les citoyens indépendamment de leur niveau de revenu. On avait après la seconde guerre mondiale, en Europe qui l’avait vu naître et se perfectionner, qualifié un tel système économique d’économie mixte : au privé, à la concurrence et au libéralisme les activités de court terme pouvant engendrer aussi bien de forts profits spéculatifs que des crashs ; au public, c’est-à-dire à l’Etat, les activités de long terme, répondant aux besoins essentiels, régulées par des textes protecteurs et échappant de fait à la concurrence exercé par un secteur privé à la recherche de profit.

Pourquoi un tel équilibre entre public et privé, à peine esquissé, s’est-il effondré, que ce soit en Europe ou dans le tiers-monde ? Parce que, profitant de la mondialisation qui faisait disparaître les frontières protectrices, profitant aussi il faut le dire des erreurs et de la corruption qui ravageaient les Etats, les intérêts financiers ont décidé de ne pas rester au second plan, mais d’assurer partout la gouvernance. Cela leur a d’abord permis de mettre directement la main sur les secteurs économiques hautement rentables, dans les domaines de l’énergie, des mines, de l’agriculture et de l’industrie. Ceci en ne tenant aucun compte des réglementations et normes que pouvaient avoir édicté les Etats pour protéger l’intérêt général. Mais ils ont aussi pris en mains leur propre gouvernance, au lieu de la laisser sous la responsabilité des administrations publiques régulant jusqu’ici la bourse, la banque et les activités des fonds spéculatifs. L’objectif a été de rendre possibles des profits financiers sans commune mesure avec les humbles bénéfices tirés des investissements dans l’économie réelle. Ces profits, analogues à ceux procurés par le fait de tirer un gros lot à la loterie, ont été permis par le fait, signalé précédemment, que les banques ont réussi à faire admettre que c’était aux budgets publics, c’est-à-dire finalement aux contribuables, de prendre en charge les déficits, fussent-ils abyssaux, résultant de leurs erreurs et détournements volontaires.

L’attrait des possibilités de gains spéculatifs mises à la portée de tout un chacun a été tel que les épargnants et investisseurs de l’économie réelle se sont détournés des circuits d’épargne et de financement jusque là offerts par la banque traditionnelle. En tant que producteur de navets, j’ai perdu l’envie de placer mes épargnes dans un compte ne m’offrant qu’un intérêt de 0,5%. J’ai eu envie d’acquérir les mirifiques titres spéculatifs me promettant un intérêt de 15% en deux ans. Plus gravement pour l’avenir de l’économie réelle, j’ai renoncé à poursuivre l’exploitation du navet et à investir dans ce secteur. J’ai vendu mes terres et acheté des titres spéculatifs à la place. Tant pis pour les consommateurs de navets qui comptaient sur moi et mes semblables pour les approvisionner. Bien évidemment, mes espoirs ont fondu dans la crise et je me retrouve aujourd’hui chômeur sans droits. Les navets chinois, produits et transportés à des prix de misère, ont remplacé les miens sur les marchés, mais pendant combien de temps, avec la crise, me sera-t-il encore possible de les acheter pour ma consommation personnelle. Qui ne produit rien ne peut rien se procurer, fut-ce des navets.

Aujourd’hui, la crise menace les pays ayant renoncé, sous la pression de la concurrence et du libre échange imposés par les pouvoirs financiers mondiaux, à se doter d’activités productives autonomes. En train de perdre leur agriculture, leur industrie, leurs services, leurs technosciences, ils n’auront même plus les moyens de se procurer les produits correspondants importés des pays émergents. Certains de leurs gouvernants ont compris qu’il fallait réagir et réinvestir à grande échelle, tout en protégeant de la concurrence les nouveaux investissements. Mais avec quels capitaux réinvestir ? Ce ne sont pas les spéculateurs qui vont perdre leur temps et leur argent à financer des prêts à 10 ou 15 ans. Les Etats pourraient le faire, en créant de la monnaie selon le schéma précédemment exposé. Mais les intérêts financiers ont prévu le coup. Aujourd’hui, notamment en Europe, les Etats sont juridiquement contraints de ne pas dépasser un certain niveau de déficit budgétaire et d’excédent de la dépense nationale sur le revenu national. Par ailleurs la Banque centrale européenne qui pourrait couvrir les endettements des Etats en rachetant les titres de leur dette se voit interdire de le faire. Tout est donc prévu pour que le système économique et social actuel puisse s’effondrer, sans que les Etats dont la mission prioritaire est de le protéger soient autorisés à le faire. Pour sauver la Grèce, ils ont du faire ainsi appel aux marchés. Mais qui tirera profit finalement de cet effondrement ?

Des solutions existent

Il y aurait des solutions politiques pour que les Etats puissent reprendre la main. La première, appliquée non sans mal d’ailleurs aujourd’hui par l’Amérique et la Chine, consiste à devenir une superpuissance assez grosse et assez forte militairement pour que nul ne discute sa volonté d’hégémonie. Dans ce cas, les financements internationaux affluent afin de financer ses investissements. Mais l’Europe ne prend pas le chemin de la puissance, au moins sous cette forme.

Il lui resterait la solution proposée par Maurice Allais et ceux qui partagent son point de vue. Deux mesures devraient être appliquées simultanément pour redonner à l’Etat et aux élus le pouvoir monétaire, ceci que ce soit au niveau de l’Union européenne ou à celui des Etats membres :

- Autoriser la banque centrale à faire de la création monétaire par simple jeu d’écriture au profit du Trésor Public,

 Augmenter le taux de réserves obligatoires jusqu’à 100 %. Ceci revient à interdire la création de monnaie de banques par les banques. Celles-ci deviendraient de simples intermédiaires entre la Banque Centrale et les agents économiques, ne réalisant de profits qu’en fonction des services rendus à la société.

Notre article, nous l’avons dit, simplifie outrageusement, et la pensée de Maurice Allais, et la réalité. D’innombrables autres mesures d’accompagnement seraient nécessaires, notamment pour désarmer l’hostilité des superpuissances et des intérêts financiers internationaux qui font jeu commun avec elles. Mais le principe de la démarche est simple. Nous espérons que les lecteurs de cet article l’auront compris.

Inutile d’ajouter qu’aujourd’hui encore, malgré la crise, les esprits sérieux considèrent que les réformes envisagées ici in fine relèvent de la science-fiction

Références
 Maurice Allais http:// fr.wikipedia.org/wiki/Maurice_Allais
 Un livre de Maurice Allais. Le diagnostic : contre le néolibéralisme et pour un protectionnisme raisonné http:// etienne.chouard.free.fr/Europe/messages_recus/La_crise_mondiale_d_aujourd_hui_Maurice_Allais_1998.htm
 Voir aussi Lettre ouverte aux français http:// etienne.chouard.free.fr/Europe/forum/index.php?2009/12/09/104-maurice-allais-lettre-ouverte-aux-francais-contre-les-tabous-indiscutes
Voir aussi http:// www.annuel-idees.fr/Maurice-Allais-flingue-le-neo.html
L’hostilité des libéraux. Voir http://fr.liberpedia.org/Maurice_Allais

 


Auteur : Jean-Paul Baquiast - Source : http://www.agoravox.fr/

 

http://www.dazibaoueb.fr/article.php?art=1525

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