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22 avril 2012 7 22 /04 /avril /2012 20:46

 

Quand Nicolas Sarkozy et son fameux “aidez-moi” font un gros psitt !

Publié le22 avril 2012

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Nicolas Sarkozy à France Inter (17 avril 2012)

Nicolas Sarkozy à France Inter (17 avril 2012)

 

 

De mémoire d’hommes, c’est bien la première fois qu’un dirigeant avec le bilan le plus désastreux et catastrophique de la 5e République lance un appel loufoque, le “aidez-moi”. La vérité est que, cet homme désavoué par la France, inévitablement, va accentuer la dépravation des moeurs politico-sociétales avec en option, la précarité généralisée. C’est lui qui a mis en place cette chute vertigineuse des valeurs françaises faites de démocratie, d’humanisme et d’hospitalité. 

Après avoir inventé le slogan creux “travailler plus pour gagner plus”, il a récidivé avec un autre, entre cris, pleurs et prières: “aidez-moi”. Mais au juste, il faut l’aider pourquoi ?  Il faut l’aider en quoi ? Avec toutes les casseroles que l’homme traîne, nous avons une petite idée.

- “Aidez-moi” à éviter des poursuites judiciaires car je bénéficierai encore de l’immunité présidentielle.

- “Aidez-moi” à ne pas intégrer une cellule VIP à la prison de la Santé.

- “Aidez-moi” à poursuivre mes bombardements en Afrique en tuant des civils qui n’ont rien demandé.

- “Aidez-moi” à infantiliser les enseignants.

- “Aidez-moi” à continuer mon mépris des ouvriers.

- “Aidez-moi” à instrumentaliser encore un peu plus la justice et de “tuer” les juges d’instruction et tout ce qui va avec.

- “Aidez-moi” à apporter encore un peu plus de précarité.

- “Aidez-moi” à ……

Il faut l’aider à déguerpir !


Ce billet a été programmé ce jour à 17h. quand vous le lirez, je serai sur la chaîne de télévision Télésud.

 

Quand Nicolas Sarkozy et son fameux “aidez-moi” font un gros psitt !

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       Dimanche 22 avril 2012
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21 avril 2012 6 21 /04 /avril /2012 05:37

 

http://www.placeaupeuple2012.fr/l%E2%80%99assemblee-constituante-la-6eme-republique-la-clause-de-revocation/

 

6ème République

   Dans un pays de vieille tradition parlementaire, comme la France, quel rôle [...] peut jouer le Parlement [...] ?


   Dès l'origine, le Parlement, instrument par lequel la bourgeoisie entend exprimer ses intérêts de classe face à la monarchie féodale, présente un double caractère:
   - il est un organe représentatif de la nation,
   - il est un organe de gouvernement de l'Etat bourgeois.
   En tant qu'organe représentatif, la tendance a toujours été de conserver à ce Parlement son caractère de classe par une séeie de lois électorales qui [...] ont toujours eu le même objectif: réduire au minimum la représentation des travailleurs.
   En tant qu'organe de gouvernement, la tendance constante de la bourgeoisie dominante a été d'utiliser le décor parlementaire pour camoufler la réalité de sa dictature de classe s'exerçant à travers l'appareil permanent de l'Etat.
   L'utilisation du Parlement comme l'un des instruments politiques permettant le passage au socialisme exige donc que l'on mette fin à l'utilisation de classe du Parlement par la bourgeoisie, c'est-à-dire que l'on fasse en sorte:
   - qu'il cesse dêtre faussement représentatif,
   - qu'il cesse d'être faussement le pouvoir.
   Le problème ne peut pas être résolu seulement au plan politique, car le jeu politique est fondamentalement faussé par l'influence politique exercée par les forces économiques.
   Néanmoins, un certain nombre de mesures politiques, institutionnelles, sont nécessaires pouir que le Parlement ne donne pas une image déformée de l'opinion et pour qu'il ne soit pas une apparence de pouvoir.
  

Du point de vue des institutions quatre mesures fondamentales seraient nécessaires pour réaliser un véritable régime représentatif: la représentation proportionnelle, le mandat impératif, le contrat de législature, la démocratie directe.


   La représentation proportionnelle est nécessaire pour que le Parlement et les diverses assemblées élues soient l'expression la plus exacte des grands courants d'opinion [...]


   Le mandat impératif est la deuxième garantie d'une démocratie loyale. L'on a souvent dégagé cette loi constante de la politique française traditionnelle: les électeurs envoient à la Chambre des députés une majorité de gauche, et à la fin de la législature un gouvernement de droite est au pouvoir. Ce jeu de bascule découle évidemment de l'organisation d'ensemble de l'économie et de l'appareil d'Etat dont l'influence sur le Parelement est infiniment plus puissante que celle des électeurs. Mais, avant d'aborder ce problème de la transformation des structures économiques et de la machine d'Etat correspondante, il est certaines dispositions institutionnelles qui doivent pouvoir assurer fidélité et stabilité de l'institution parlementaire. Jusqu'ici les élus demandent une véritable délégation de pouvoir "en blanc" sur un programme abstrait ou sur des options trés générales. L'une des institutions les plus propres à assainir les moeurs parlementaires serait le mandat impératif, exigeant de chaque candidat non des promesses floues et susceptibles d'interprétations multiples mais un catalogue précis de mesures législatives, définies dans la forme même où elles devront être votées, et un calendrier des réalisations afin que la fidèlité aux engagements pris puisse être jugée d'après un critère objectif et simple.


    Le contrat de législature , c'est-à-dire  un programme liant le gouvernement et la majorité sur les problèmes essentiels de la politique intérieure et extérieure pendant la durée de la législature, ne peut avoir sa pleine efficacité que comme corollaire du mandat impératif, car ainsi seulement le programme ne sera pas un compromis entre  des états-majors de partis, mais une émanation directe du corps électoral. La violation du contrat si elle est le fait du gouvernement implique sa censure et son remplacemejnt par une nouvelle équipe fidèle au contrat; si elle est le fait de la majorité, elle implique la dissolution et le retour devant les électeurs.


    La démocratie directe: Rousseau estimait qu' "à l'instant qu'un peuple se donne des représentants il n'est plus libre", et, en même temps, qu'il n'est pas "désormais possible au souverain de conserver parmi nous l'exercice de ses droits si la cité n'est trés petite" (Du Contrat Social, Livre III, chap.XV, Editions Sociales, p.157). L'on ne pouvait en effet concevoir, de son temps, comment pouvait s'exercer une démocratie directe lorsque la totalité des citoyens (quelques milliers à peine dans l'Athènes classique) ne pouvait s'assembler sur une même place pour discuter des problèmes de l'Etat.

    Mais les conditions nouvelles de communication [...] permettent de surmonter cette contradiction. Il est devenu possible de s'adresser à des millions d'hommes à la fois, à tout un peuple. Dans le cadre du capitalisme [...], cette possibilité technique a été utilisée comme moyen d'une mise en condition de l'opinion publique pour instituer, pour maintenir ou pour renforcer le pouvoir personnel par une communication à sens unique: le chef de l'Etat, son gouvernement et ses porte-parole organisent un monologue apologétique, la nation entière jouant le rôle de récepteur passif. Le camouflage de l'opération est assuré par une diversion: le dialogue est autorisé, à dose homéopathique, en octroyant la parole quelques minutes, tous les quatre ou cinq ans, aux leaders de l'opposition.
    Il s'agit d'institutionnaliser le dialogue, et de le rendre permanent, en permettant à chaque grand courant d'opinion, sans discrimination ni exclusive, de s'exprimer à la radio et à la télévision sur chaque problème important de la politique intérieure ou extérieure, afin que chacun puisse juger contradictoirement de tout, non seulement pour critiquer l'action entreprise mais aussi pour s'y associer activement et coopérer personnellement à son succès.

    Bien entendu ces quatre premières mesures impliquent un profond changement constitutionnel et une restauration des libertés publiques tant en ce qui concerne les syndicats, que la presse ou les collectivités locales.

    Mais de telles dispositions politiques ne suffisent pas pour instituer une démocratie véritable, car elles ne touchent pas encore aux racines économiques de toutes les perversions de la démocratie.

  [...] La démocratie politique n'est pas suffisante pour assurer à chaque homme sa pleine initiative et son plein épanouissement. La démocratie est une création continue. Les communistes ne séparent pas la lutte pour la démocratie de la lutte pour le socialisme. Ils ne séparent pas la création des conditions de l'initiative politique de chaque citoyen de la création des conditions de l'initiative économique de chaque travailleur.


   Il ne saurait y avoir de démocratie véritable si la démocratie s'arrête à la porte de l'usine et si le citoyen, théoriquement souverain devant l'urne électorale, est tenu, dans son travail,  de se soumettre inconditionnellement à l'autocratie patronale.


Roger Garaudy, Pour un modèle français du socialisme, Gallimard, Collection "Idées actuelles", 1968, pages 323 à 328

 

 

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20 avril 2012 5 20 /04 /avril /2012 22:38

Note d'eva : Curieusement, pour la 1e fois un article du site Gaulliste libre arrive en spam. Parce qu'il traite de la Nation ??

 

dessin de presse du 31-08-2007
Dessin de presse : Sarkozy veut la Nation derrière ses entreprises

http://www.philippetastet.com/sarkozy-entreprises-presse.aspx

 

Du besoin de nation

Posted: 14 Apr 2012 12:54 AM PDT

Discours prononcé hier à Saint Prix pour un meeting de soutien à Nicolas Dupont-Aignan

Mes chers compagnons, aujourd’hui, je veux vous parler de la France. Pourquoi ? Parce que la France est le point cardinal de notre programme. En effet, la grande question qui se pose aujourd’hui, c’est de savoir si nous décidons à Paris ou si nous laissons les choses se décider à Bruxelles, Francfort ou Luxembourg. Voilà la grande question que nous devons poser aux Français.
Depuis l’Acte Unique, les socialistes, les centristes et l’UMP ont accepté que la France abandonne des attributs essentiels de la souveraineté. Négociations commerciales, normes, contrôle aux frontières, citoyenneté, monnaie, contrôle de notre budget : tout y passe.
Cette fuite en avant est d’autant plus inacceptable que nous l’avions refusé en 2005. Une grande partie d’entre nous avait participé à ce combat. Et NDA y avait gagné ses premiers galons nationaux. Le 29 mai 2005, nous étions près de 55% des Français à dire STOP à cette course folle de l’Europe supranationale. Le message était clair, limpide.
Malheureusement, les Français ont été trahi. Par Nicolas Sarkozy qui a fait ratifier un traité absolument identique dans notre dos par le Parlement
Pourtant, il avait promis un « mini traité limité aux questions institutionnelles et prenant en compte le « non » des Français. Quel crédit donner aujourd’hui à ses promesses de renégociations des traités européens !
Mais nous avons aussi été trahi par le PS et le Modem qui ont voté ce traité scélérat et donc accepté de trahir le référendum de 2005.
La question qu’il faut poser aujourd’hui, c’est quel est le bilan de ce transfert de pouvoir massif vers Bruxelles, Francfort ou Luxembourg ?
 
Il est désastreux dans tous les domaines. Il a fait de l’Europe le dépotoir de la mondialisation.
C’est Bruxelles qui a négocié les traités  commerciaux qui nous ont fait perdre un million d’emplois industriels en dix ans. La Chine ou le Japon peuvent vendre ce qu’elles veulent en Europe tout en refusant les produits européens.
C’est à Bruxelles également que l’on a imposé une transformation de nos services publics en rentes privées. C’est pour cela que vous payez plus cher votre électricité, votre gaz, votre train, vos renseignements téléphoniques.
C’est à Bruxelles que l’on a imposé l’ouverture des frontières, qui profite surtout aux criminels et empêche de contrôler l’immigration.
C’est à Bruxelles et Luxembourg qu’on cherche à nous imposer des OGM dont personne ne veut, si possible sans nous en informer.
C’est à Francfort qu’on nous impose une monnaie trop chère qui pousse même Airbus à produire aux Etats-Unis.
C’est à Francfort qu’on décide de prêter 1000 milliards aux banques privées à 1% quand on demande aux peuples de se serrer la ceinture.
Dans cette Europe, l’austérité, c’est pour vous, pas pour la finance !
On nous dit que l’Europe, c’est la paix, comme si la dissuasion nucléaire et les leçons du passé n’avaient eu aucun rôle. En fait, l’Europe, ce n’est pas la paix pour les peuples. C’est la paix pour la mondialisation, les banques et les multinationales.
Le Général de Gaulle avait bien compris que rien de bon ne peut venir de ces cercles de technocrates apatrides et irresponsables, comme il le disait.
Non pas forcément qu’ils souhaitent nous faire mal. Je vais vous révéler quelque chose : ils pensent faire votre bien ! Et c’est peut-être encore plus grave que s’ils pensaient sciemment vous faire du mal car du coup rien ne les retient pour imposer leurs politiques.
Mais vous me direz alors : pourquoi font-ils autant de mal tout en passant faire le bien ? Parce que ces décisions sont prises à l’échelle européenne justement.
Prendre les décisions au niveau européen est le cœur du problème :
-        parce que le niveau européen est trop complexe, et donc opaque, au grand bonheur des lobbys qui y trouvent un terrain idéal pour pousser leurs intérêts
-        parce qu’il n’y a pas d’unité au niveau européen et que l’on prend des décisions sur des moyennes qui n’ont aucun sens. Quelle parité pour une monnaie utilisée par un pays qui a 150 Mds d’excédent et un autre qui a 70 Mds de déficit ? La monnaie du 1er devrait s’apprécier, celle du 2nd baisser.
-        Parce que ses technocrates sont complètement coupés de la réalité
Alors, bien sûr, on nous dira qu’il n’est pas possible de revenir en arrière, que la France est trop petite. Comme si les 180 pays plus petits que la France cherchaient à se fondre dans un ensemble plus grand pour prendre leur avenir en mains ! Pourquoi la 5ème puissance économique du monde aurait besoin de se fondre dans un ensemble plus grand pour se défendre ? On se moque de vous.
Partout dans le monde, l’échelon de décision normal est la nation. Le Ghana cherche-t-il à se fondre à la Côte d’Ivoire pour peser dans la mondialisation ou vendre son pétrole ? L’Argentine veut-elle s’unir avec les autres pays d’Amérique du Sud pour faire produire des jouets ou des téléphones sur son propre territoire ? La Corée du Sud a-t-elle besoin de partager la monnaie du Japon pour vendre ses produits dans le monde et protéger ses industriels et ses emplois ? La Suède a-t-elle besoin de l’euro pour faire 15% de croissance depuis 2004, soit le double de la France ?
La réalité, c’est qu’il est parfaitement possible
-        de protéger notre sidérurgie ou Michelin contre les pneus chinois, comme le fait Washington
-        d’imposer à Blackberry ou Apple de produire localement, comme le font le Brésil ou l’Argentine
-        de protéger nos industriels par des normes spécifiques comme le fait Berlin
-        de protéger notre industrie automobile, comme le font tous les pays asiatiques, Japon, Corée, Malaisie ou Chine
-        de revenir à une monnaie nationale, comme même Monsieur Lenglet l’a reconnu. Cela a été fait des dizaines de fois dans le passé, sans perturbation.
A l’échelle de la planète, l’anomalie, c’est bien cette construction européenne bureaucratique, uniformisatrice et qui cherche à détruire les nations.
Dans son délire antinational, l’Europe est prête à abolir la réalité et la démocratie. C’est ce qu’elle a fait avec cette construction monétaire artificielle et baroque qu’est l’euro. La France, l’Allemagne, l’Espagne étaient trop différentes pour partager la même monnaie. Beaucoup d’économistes nous avaient prévenu. Mais non, ils se sont entêtés.
Et comme ce château de cartes monétaire ne marche pas, cette Europe n’hésite pas à abolir la démocratie pour essayer de le sauver. C’est ce qui s’est fait en Grèce ou en Italie avec l’accession au pouvoir de Papademos et Monti.
C’est pour cela qu’au cœur de notre projet, nous avons mis le retour des centres de décisions en France. C’est la mère de toutes les batailles. C’est ainsi que nous reprendrons notre avenir en mains. En maîtrisant à nouveau ce qui rentre et sort de notre pays, que ce soit les personnes, les biens ou les capitaux.
Nous devons restaurer des frontières. Pas pour vivre en autarcie, mais pour choisir ce qui rentre et ce qui sort. Je vais reprendre l’image de notre candidat, Nicolas Dupont-Aignan. Nous voulons simplement remettre des portes à la maison France pour qu’elle ne soit pas ouverte à tous les vents.
Bien sûr, certains essaient de nous peindre comme de méchants nationalistes. Mais ils n’ont pas compris la différence entre le patriotisme et le nationalisme. Le Général de Gaulle disait que le patriotisme, c’est aimer son pays et que le nationalisme, c’est détester celui des autres.
Nous sommes des patriotes qui voulons simplement défendre l’intérêt général.
Cet intérêt général que des gouvernements de circonstances ont abandonné comme d’autres avaient abandonné notre pays en 1940.
Et à tous ceux qui se méfient de la nation, je voudrais dire qu’ils ont tort. La nation, c’est la plus belle chose qu’on les hommes, avec leur famille. Il n’y a que deux choses que l’on garde toute sa vie : sa famille et sa nation. Tout le reste va et vient, mais nous avons deux ancres dans notre vie : notre famille et notre nation.
La nation c’est aussi une part essentielle de l’identité de chacun d’entre nous. Ce que nous sommes au plus profond d’entre nous vient en bonne partie du fait que nous sommes Français. Le nier, c’est nier sa propre identité, c’est rejeter une partie de soi. Oui, il y a une identité nationale, mais on pourrait aussi dire que la nation, c’est une grande partie de notre identité.
La nation, c’est aussi la solidarité. C’est la nation qui organise la solidarité entre les malades et les bien portants, entre les travailleurs et les retraités ou les chômeurs. C’est la nation qui nous éduque. C’est la nation qui nous protège. C’est la nation qui nous permet de vivre dans ce merveilleux pays qu’est la France.
Et la nation, c’est aussi le moyen pour chacun d’entre nous de décider de notre avenir. C’est la communauté naturelle où nous nous rassemblons pour décider ensemble, où une minorité accepte de bonne grâce la volonté d’une majorité. C’est une merveilleuse communauté où nous apprenons à partager, à vivre ensemble, où nous apprenons la tolérance. C’est au travers de la nation que les hommes et les femmes se sont émancipés des ordres féodaux anciens, qui les exploitaient. La nation, c’est la liberté.
C’est en redonnant le pouvoir à la France que nous parviendrons à reprendre notre avenir en mains. C’est ce que veut dire NDA quand il a fait de la France libre son cheval de bataille. Bien sûr, quelques esprits chagrins n’y verront bêtement que du nationalisme. Mais c’est ridicule. Notre attachement à la France n’est en aucun cas une haine de l’autre. C’est un amour des siens.
Et c’est parce que nous aimons tous les Français que nous souhaitons les défendre. Et il est illusoire de vouloir aimer les autres si l’on n’est pas capable de s’aimer soi-même. Le Général de Gaulle a été le dirigeant de la Cinquième République le plus ouvert sur le monde. Quand il était à l’étranger, il s’imposait toujours de prononcer ses discours dans la langue locale. C’est l’exemple de ce que doit être le patriotisme.
La Nation, c’est notre bien le plus précieux. Les Français l’ont bien senti. On l’a vu en 2005. Mais ils ne savent pas comment la défendre. L’UMP, le PS et le Modem l’ont constamment trahi depuis 30 ans. L’extrême gauche n’y croit plus. Les Verts n’y ont jamais cru. Une partie de la gauche porte aujourd’hui le rejet de la nation comme un badge d’honneur. Mais ce rejet de la nation, c’est l’internationalisme des imbéciles, pour reprendre le mot de Jacques Sapir. Et sa défense par l’extrême droite, souvent nationaliste, ne pourra jamais rassembler une majorité.
C’est pourquoi il revient à nous, gaullistes, de ramasser le drapeau tricolore et de montrer à nos concitoyens qu’il est possible de défendre la nation en la rassemblant. Bien sûr, le chemin sera long et difficile. Mais grâce à vous, nous avons accompli beaucoup depuis 5 ans. Nous avons pris le seul chemin qui vaille.
Pour que vive la République et vive la France.
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19 avril 2012 4 19 /04 /avril /2012 23:58

 

 

 

(..) l'Union des Menteurs Professionnels a  tout détruit en FRANCE.

Il a détruit le rêve, le romantisme, le bonheur, la joie, l'amour, la vie sociale, la NATURE avec les Chemtrails.


Il a détruit la VIE, tout simplement, tout cela pour le fric, pour les rolex, pour les copains du COUAC 40, pour donner les places juteuses du fromage de la ripoux-blique-bananière française aux copains et coquins de l'ex-Rassemblement Pour le Racket!!!


Il a détruit la Pensée au profit de la pensée jérusaliste de TEL-AVIV, via la CIA.
Il a détruit la création artistique, au profit uniquement des jérusalistes, il n'y a qu'à regarder les chanteurs, les acteurs, les comédiens et les metteurs en scène: ils sont toutes et tous jérusalistes!!!


Il a détruit la libre expression, seul la presse-tituée jérusaliste à pignon sur rue (..)

 

http://echosdesmontagnes.blogspot.fr/2012/04/savoie-france-andre-rieu-romantisme-ump.html

 

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18 avril 2012 3 18 /04 /avril /2012 00:53

 

 

La désintégration du sarkozysme

Sondages en chute libre, dynamique cassée, presse internationale déchainée, soutiens de droite qui basculent pour Hollande : à quatre jours du premier tour, il y a le feu à la maison Sarkozy. Et ce soir l’affaire du Crillon décuple l’effet Fouquet’s. Nous sommes en train d’assister à ce que j’appelle la « désintégration du sarkozysme ».

 

(La Une de l’édition européenne du magazine américain Time, le 2 avril)

 

Que Jean-Jacques Aillagon, ancien ministre de la Culture de Jacques Chirac, ait appelé à voter Hollande était, dès le mois dernier, un signe de mauvais augure pour Nicolas Sarkozy. Mais c’était encore un cas isolé, singulier.


Depuis, les ministres d’ouverture sont devenus des ministres de fermeture : en appelant à voter Hollande, Martin Hirsch et Fadela Amara, referment la page du sarkozysme. Corinne Lepage fait de même. Et voici que deux villepinistes pur jus, ses anciens ministres Azouz Begag et Brigitte Girardin appellent, eux-aussi, à voter Hollande. Quant à Jacques Chirac, Le Parisien nous a décrit minutieusement ce matin le basculement presque complet de la famille – du « clan » Chirac – en faveur de Hollande. C’est rare dans la Vème République une telle curée de la droite « mainstream » pour le candidat de droite « mainstream ».


Au-delà des petites vengeances, des aigreurs, ou des ambitions, l’important est ailleurs. A Bordeaux récemment, à Avignon, à Marseille, à Caen, à Rennes, à Quimper, j’ai pu mesurer à l’occasion de débats et de rencontres, l’aversion et la détestation – pour ne pas dire la haine – qui monte à l’égard de Nicolas Sarkozy. A Bordeaux, par exemple, attablé avec la droite « juppéiste » la plus caricaturale – celle des dentistes et des notaires, provinciale et bourgeoise, catholique, balzacienne et normée – j’ai été frappé par la détestation de Sarkozy et de sa femme, Carla Bruni. Ce n’est pas la gauche qui est en train de sortir de force Sarkozy de la scène politique française, c’est la droite ! Ailleurs, j’ai vu la colère des paysans du Sud de la France contre Sarkozy. J’ai entendu les colères extrêmes des enseignants contre le président sortant.


Quant à la presse internationale, qui a plus de distance, elle tire à boulets rouges elle aussi sur le candidat sortant : The Economist, le Time, le Financial Times etc. sont d’une cruauté venimeuse pour Nicolas Sarkozy. D’où le titre du magazine américain Time, dans son édition européenne : « Adieu ? »


Sarkozy : « En cas d’échec, je serai le seul responsable »


En fin de compte, ce n’est pas seulement une politique qui est condamnée, pas la droite qui va être battue, c’est un homme, une personnalité qui est en train de faire l’unanimité contre lui. Les raisons ? Ce sont des symboles, peu nombreux, mais qui sont si forts et si présents, qu’ils annulent tout autre comportement rationnel des électeurs : le Fouquet’s ; le yacht de Bolloré ; l’Epad de son fils Jean ; le salaire personnel augmenté de 170 % ; l’affaire  Mitterrand ; le « Cass’ toi pov con » ; la hiérarchie des civilisations de Claude Guéant ; l’affaire Woerth-Bettencourt ; la nuit à Disneyland avec Carla fin 2007 et la fameuse formule de sa grande conférence de presse de rentrée, en janvier 2008 : « Avec Carla c’est du sérieux » ; la montre Patek Philippe à 55.000 euros etc.


Et puis, ce soir, on a appris l’affaire du Crillon, qui est en train de décupler l’affaire du Fouquet’s, et refermer la boucle : c’est le Canard Enchaîné de demain matin qui révèle ce « lunch » de millionnaires dans le grand palace parisien de la place de la Concorde, pour un fundraising en faveur de Sarkozy. Ironie de l’histoire : le déjeuner a eu lieu dans les salons Marie Antoinette ! L’affaire du « collier » a emporté Marie Antoinette et Louis XVI : l’affaire du Crillon (après l’Epad et la Patek) va-t-elle emporter Sarkozy ? Ce soir, dans son grand discours du meeting de Lille, toujours est-il que François Hollande, qui connait mieux que personne la puissance de l’antisarkozysme, a raillé un quinquennat qui a commencé au Fouquet’s et qui se termine au Crillon


A l’échelle des grands sujets du quinquennat, et même à l’aune des finances publiques, ces faits sont bien sûr des épiphénomènes ; mais comme symboles, ils sont déterminants. Si Nicolas Sarkozy perd la présidentielle, il le devra d’abord à ces symboles calamiteux. A trop avoir joué avec l’argent, avec les affaires, avec les femmes, avec le feu, il a brûlé ses vaisseaux.


Dans une interview à l’Express cette semaine, Nicolas Sarkozy précise : « En cas d’échec, je serai le seul responsable« . On ne peut pas mieux dire.


La désintégration du sarkozysme


Qu’est-ce que le sarkozysme ? Que restera-t-il, s’il est défait le 6 mai, dans l’histoire de la droite ? Que deviendra-t-il dans les manuels d’histoire ? Une énergie inaboutie ? Une agitation un peu vaine ? Un volontarisme sans sens de la réforme ? Un bonapartisme ?

En réalité, je fais l’hypothèse qu’il ne restera rien du sarkozysme après le 6 mai. Même la droite aura du mal à se réapproprier la figure et le bilan, la technique politicienne et le sens médiatique. Pas davantage l’homme. Si Sarkozy est battu, la parenthèse sera refermée et nul n’aura une grande envie de la rouvrir.


Et c’est ainsi que de désistements d’anciens ministres en sondage en chute libre, de dynamique cassée en vengeances de Chirac et Villepin, nous sommes en train d’assister à ce que j’appellerais « la désintégration du sarkozysme ». Ce n’est encore que le début.

 

SOURCES : Le Parisien ; L’Express ; Sur Villepin ; Magazine Time, 2 avril. Sur l’affaire du Crillon : voir Le Canard Enchaîné de demain,

 

http://blogs.lexpress.fr/sarkozysme-culturel/2012/04/18/la-desintegration-du-sarkozysme/

 

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11 avril 2012 3 11 /04 /avril /2012 02:52

 

 

 

Affichette placardée dans toute la ville de Londres, souvent confondue avec l'Appel.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_de_Gaulle

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2012 : La France, un pays sous tutelle

(Etranger, Mondialisation financière)

Par eva R-sistons

 

 

Avez-vous vu les clips des candidats 2012, hier ?


J'ai été frappée par un slogan : La France libre (Nicolas Dupont-Aignan). Ca m'a rappelé la France libre de Charles de Gaulle - le Général appelait à libérer la France occupée. Et nous sommes occupés, aujourd'hui, par ceux qui ne veulent pas d'une France libre, indépendante !


Alors, la France libre, un beau slogan, non ? Mes Lecteurs et mes Lectrices savent combien l'occupation de la France par les Puissances étrangères - celles ayant pour capitale Bruxelles, Londres, Washington, Tel-Aviv - est ma première préoccupation car il s'agit du premier problème de la France.

 

Nous étions un peuple libre, décidant de notre politique, de notre modèle, de nos valeurs, de nos choix, de notre présent comme de notre avenir, et aujourd'hui tout est DETERMINE par les mondialistes, à Bruxelles, à Washington, etc. C'est intolérable.

 

Le poids du monde de la finance et de l'Etranger (bruxellois ou américain), est ce qui pèse le plus sur notre pays. Avec celui des Médias aux ordres.

 

Il faut d'abord se débarrasser de ces pesanteurs avant de choisir ensuite, librement, notre modèle de société. Et des candidats non imposés par les Lobbies ou par les Sondeurs aux ordres...

 

Tout le reste, pour moi, actuellement, est secondaire. Je ne prétends pas détenir la vérité, je donne mon opinion. De femme bien informée, et aimant la France.

 

J'ai toujours dit que mes valeurs étaient la Vérité, la Justice, la Paix. Et dans une France occupée, défigurée par les exigences intenables de la Mondialisation, j'ajoute : La Liberté. Tant que nous ne serons pas libres, nous ne pourrons pas choisir notre avenir ! A bon entendeur...

 

Votre eva

 

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http://etrepresidentiable.fr/les-candidats/

 

Nicolas Dupont-Aignan,

candidat de la France libre !

 

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Vive la France libre !

Libérons la France

de l'euro et de l' Etranger

Vidéo N. Dupont-Aignan

 

 

 

 

 

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9 avril 2012 1 09 /04 /avril /2012 03:24

Fichier:E. Terray.JPG

Wikipedia-commons

Voter Sarkozy ?

Il ne s’agit évidemment pas d’une consigne mais d’une question.
Comment peut-on voter Sarkozy ? Comment est-ce possible ?
Comment plus de 50% des Français ont-ils pu, le 6 mai 2007, mettre le bulletin Sarkozy dans l’urne ?
Pourquoi de nombreux compatriotes s’apprêtent-ils à recommencer, après ces 5 ans de « rupture tranquille » et de « République exemplaire » dont on peine à faire le bilan : en deux mots faillite morale et échec économique ? 
Je ne prétendrai pas avoir une réponse définitive avant d'avoir lu le Penser à droite d'Emmanuel Terray.
On en reparle bientôt. Hélas.
Bonnes vacances pour les chanceux et, pour tout le monde, N'oubliez jamais ! :
                                                            Place au Peuple !
                                               http://www.placeaupeuple2012.fr/
"Etre de droite, c’est avoir peur"
Source :http://www.rue89.com/
L’anthropologue Emmanuel Terray, qui signe « Penser à droite », a enquêté sur la tribu dont les valeurs triomphent depuis plus de trente ans.
Emmanuel Terray est un grand nom de l’anthropologie française. C’est aussi un citoyen engagé, comme on dit, franchement à gauche. Il vient de publier un livre, « Penser à droite » (éd. Galilée), dont on a envie de souligner toutes les phrases.
En étudiant les écrits des grands penseurs de droite depuis la Révolution française, il a dégagé ce qui constitue leur socle commun, quelles que soient les époques, et quels que soient les « courants » et les traditions dans lesquels ils s’inscrivent.
Il nous aide à comprendre pourquoi l’immigration et l’islam sont des obsessions des hommes politiques de droite. Et pourquoi on peut être pauvre mais voter pour un candidat qui n’aide pas les pauvres.
Au terme de son enquête, il estime que la vision du monde « de droite » est aujourd’hui hégémonique – et que « François Hollande est un bon reflet » de cette domination. Entretien.
Rue89 : Vous avez entrepris de comprendre ce que c’est qu’être de droite. Comment ce sujet s’est-il imposé à vous ?
Emmanuel Terray : C’est venu de très loin : je suis d’une famille de droite classique républicaine. Au fur et à mesure que les années ont passé, il m’a semblé qu’il fallait prendre la mesure du fait que la moitié du monde ne pense pas comme moi ; et qu’on ne pouvait pas réduire ce fait à la simple défense d’intérêts matériels. D’autant que dans cette moitié qui ne pense pas comme moi, beaucoup de gens ont peu d’intérêts matériels à défendre.
Je voulais comprendre ce qui les amenait à défendre un ordre établi qui les traite relativement mal. Comme anthropologue, je me suis toujours efforcé de comprendre une société autre, une culture autre. Ce livre est le fruit d’un effort déployé pour comprendre la tribu de la droite.
C’est la même approche intellectuelle que quand vous partiez étudier des tribus en Côte d’Ivoire ?
J’ai travaillé dans des sociétés faites de lignages juxtaposés qui peuvent être très opposés les uns aux autres mais qui appartiennent tout de même à un même clan. Et quand un autre clan entre en scène, ces lignages savent toujours s’entendre.
On a un mécanisme du même genre dans la pensée de droite. Malgré son extrême diversité, la pensée de droite a toujours été capable de se réunifier quand l’adversaire se faisait menaçant.
Les historiens qui ont réfléchi sur la droite – à commencer par René Rémond, à continuer par Sirinelli et ses collaborateurs puis par Michel Winock – insistent toujours sur sa diversité. J’observe pour ma part une continuité indéniable dans le temps et une grande cohérence.

« L’ordre établi, c’est le point de départ »

Mais la droite se compose malgré tout de deux grandes familles : les tenants du libéralisme économique et ceux qui sont plutôt attachés au conservatisme social. Combien de temps cette cohabitation peut-elle encore durer ?
La tension entre les deux est un mécanisme constant dans l’histoire de la droite. La droite défend l’ordre établi. C’est le point de départ. Mais l’ordre établi change sous la pression des mouvements du monde. Par conséquent, la droite est confrontée à une échéance : ou bien nous restons fidèles à l’ordre établi tel que nous l’avons toujours défendu et nous tombons dans la réaction ; ou bien nous nous adaptons.
Vous avez une très belle transition de ce genre au début du XIXe siècle. Sous la Restauration, la droite aristocratique féodale souhaite que l’Ancien régime soit rétabli. Mais la société a changé, la révolution industrielle commence, les banques et l’argent prennent de l’importance.
Cette évolution pousse la droite légitimiste dans la réaction et c’est la droite orléaniste qui se place au cœur du jeu : ce sont les valeurs de Guizot et Louis-Phillippe qui l’emportent. L’argent.
Balzac décrit admirablement cette mutation : vous avez d’un côté la duchesse de Langeais et le comte de Montriveau, partisans de l’Ancien régime ; et de l’autre Rastignac, qui décide de s’adapter à la société telle qu’elle est devenue, qui va épouser la fille de l’usurier et se faire de l’argent.
On pourrait aussi prendre un exemple à la fin du XIXe siècle. La droite, jusque là, est résolument monarchiste. Vers 1880-1890, les plus lucides voient bien que la République est installée et qu’on ne reviendra pas à la monarchie. Et par conséquent, c’est le mécanisme du Ralliement. Dans l’Histoire, l’expression désigne le ralliement des catholiques mais ça va bien au-delà : la droite devient républicaine et ceux qui restent monarchistes versent dans la réaction.
Je me demande si on n’assiste pas au début d’une transition du même genre.
Si la mondialisation ultralibérale devient la règle définitive, si la droite classique s’accroche à ses positions, elle deviendra elle aussi réactionnaire par rapport à cette idéologie ultralibérale. Il y a une tension évidente entre les deux. Mais la crise peut aussi freiner le triomphe de la mondialisation ultralibérale ; à ce moment-là, la droite républicaine classique retrouverait ses marques.

Sarkozy, « du côté du libéralisme »

Donc les tenants du conservatisme social retrouveraient une place centrale à droite ?
Oui. Si on regarde l’échiquier politique français, on voit bien que Sarkozy et Juppé, ce n’est pas la même chose. Or on ne peut pas dire que la tendance Juppé a définitivement perdu la bataille. La crise peut favoriser une envie de modération et de stabilité.
En lisant votre livre, je me suis demandé si Nicolas Sarkozy était vraiment de droite.
Il n’est pas de la droite classique. Les valeurs de la droite classique et celles des tenants du libéralisme économique s’opposent presque terme à terme : la stabilité, l’enracinement, la sécurité et le consensus d’un côté ; la mobilité, le nomadisme, le goût du risque et la compétition de l’autre. Sarkozy est du côté du libéralisme.
Ceci dit, cette distinction n’efface pas les fondamentaux : l’ordre, la hiérarchie, l’autorité, la priorité donnée au plus proche sur le lointain, restent constantes. L’idée d’égalité est rejetée par toutes les fractions de la droite – l’inégalité est même considérée comme un bienfait, un moteur de la compétition, donc de la croissance, de l’innovation.
A vous lire, le centriste Bayrou est de droite.
Sans aucun doute. Il est clairement d’une droite conservatrice, républicaine, d’influence chrétienne – ce qui est important à souligner, parce que ce n’est pas la règle générale.

Rien d’utopique chez Hollande

Et Hollande ? Si je me fie aux valeurs que vous énumérez, j’en tire la conclusion qu’il est aussi de droite.
Là les choses sont différentes. La droite et la gauche, c’est un couple antagoniste mais indissociable. Elles sont déterminées l’une par l’autre. C’est un couple qui s’affronte dans la bataille politique et la bataille des idées. Par conséquent, on en arrive à la question de l’hégémonie : qui est dominant dans la bataille des idées ?
Contrairement à ce qu’on pense souvent, la gauche était assez largement dominante jusqu’en 1970-75, pendant la période des Trente Glorieuses : elle était dominante sous sa forme interventionniste, keynésienne, progressiste.
Il y a eu une mutation en 1980 et depuis cette période, c’est la droite qui est hégémonique : c’est le triomphe des valeurs de l’individualisme, de la compétition, des inégalités. Et je pense que François Hollande est un bon reflet de cette hégémonie de la droite.
Je ne doute pas qu’il soit un homme de gauche du point de vue de ses appartenances sociales, de son enracinement, mais dans ce qu’il développe, si les valeurs de la gauche c’est l’innovation, l’invention, la prise de risque, le privilège de l’avenir sur le présent, on en est assez loin.
Il n’y a rien dans ce que nous propose François Hollande qui relève de près ou de loin de l’utopie. Or je pense que sans utopie, il n’y a pas vraiment de pensée de gauche.
François Hollande serait donc un homme qui défend des valeurs de droite !
Je dirais que c’est un homme de gauche qui subit très fort l’hégémonie de la droite. Ce n’est pas tout à fait la même chose.
Quid des écologistes ?
Il y a chez les écologistes un curieux mélange d’utopie futuriste et de nostalgie passéiste, sur le thème du retour à la nature, à la vie simple, etc. Cette identité multiple leur permet d’attirer beaucoup de suffrages – lorsqu’il n’y a pas d’enjeu réel, par exemple aux élections européennes et régionales. Quand les élections décisives (politiques) arrivent, c’est une autre affaire.

Mélenchon ou la gauche classique

Passons à Mélenchon.

 


Emmanuel Terray à la rédaction de Rue89, mars 2012 (Mathieu Deslandes/Rue89)

Si les valeurs de la gauche, c’est le refus de l’ordre établi, la recherche de l’égalité, l’idée qu’il n’y a pas d’ordre sans justice, et que toute injustice est un désordre, indiscutablement, Mélenchon et le Front de Gauche sont les porteurs des valeurs de la gauche classique.
Vous allez voter pour lui ?
Vraisemblablement.
Vous disiez que la pensée de droite est hégémonique. Peut-on dire que la France est de droite ?
Votre question est difficile. Je suis frappé par la chose suivante : dans la mesure où elle privilégie l’ordre et la sécurité d’une part, le proche sur le lointain d’autre part, la pensée de droite a des assises sociologiques qui lui assurent une audience considérable.
Je pense à des gens qui n’ont pas beaucoup, et qui ne sont pas prêts à risquer ce pas beaucoup dans des aventures politiques incertaines, qui raisonnent selon l’adage « un tiens vaut mieux que deux tu l’auras », « ne lâchons pas la proie pour l’ombre ».
C’est un point intéressant parce que historiquement, la droite s’est toujours méfiée du suffrage universel. Et puis la révolution de 1848 est arrivée et il y a eu les premières élections au suffrage universel masculin. Divine surprise : les monarchistes ont eu 500 sièges et les républicains, 200.
La droite a découvert que le suffrage universel, à condition qu’il soit bien balisé, à condition que le choix des candidats soit bien encadré, pouvait jouer en sa faveur.
D’autre part, la démocratie implique un effort, une dépense d’énergie, de temps. Quiconque a eu des responsabilités sait que c’est bien plus facile de décider soi-même et d’essayer de faire appliquer cette décision plutôt que de consulter cinquante personnes et discuter pendant des heures pour arriver à un avis commun. Or les gens ne sont pas spontanément portés à l’effort.
Il existe aussi, plus profondément, ce que Dostoïevski a appelé la peur de la liberté. J’ai été défenseur prud’hommes dans les années 70 à la CFDT. Dans notre idéologie, nous voulions une défense collective, participative. On voulait associer les gens qui venaient porter plainte à leur propre défense. On se heurtait à des résistances farouches. Je les entends encore :
« Monsieur, je remets mon sort entre vos mains, je vous fais une entière confiance. »
Ce recul face à la liberté et la responsabilité jouent très fort en faveur de la droite, qui fait une distinction fondamentale entre l’élite et la masse.

Staline, « un tempérament de droite »

Votre témoignage vient à l’appui des croyances des penseurs de droite qui considèrent l’homme comme plutôt mauvais et feignant s’il n’est pas contraint par la société.
Si on laisse la nature opérer, la force des choses jouer, la pensée de droite est effectivement validée. Les gens de gauche ont souvent tendance à sous-estimer l’effort et les prises de risque qu’ils demandent.
Mais alors, on naîtrait de droite et on pourrait éventuellement devenir de gauche sous certaines conditions ?
Je ne sais pas si on est de droite à l’état de nature. De mon point de vue, gauche et droite sont deux tempéraments symétriques.
Si vous n’aimez pas l’ordre établi, si vous ne craignez pas l’innovation, les risques, si vous êtes un peu parieur, ce tempérament vous conduit à être de gauche.
Si vous êtes davantage soucieux de sécurité, si vous craignez pour ce que vous avez, pour ce qui existe, si vous craignez l’arrivée de gens venus d’ailleurs, vous êtes de droite.
Prenez l’Union soviétique entre les deux guerres : vous voyez s’opposer des tempéraments de gauche et des tempéraments de droite. C’est Trotski, partisan de la révolution permanente, face à Staline, partisan de l’ordre, de la discipline, de la hiérarchie.
Dans le PC chinois actuel, c’est la même chose.
Quand Sarkozy est arrivé au pouvoir, l’UMP affirmait être devenue le parti du mouvement. Etes-vous d’accord avec cette revendication ?
Cette revendication relève de la formule du prince Tancrède dans « Le Guépard » :
« Il faut que tout change pour que tout reste pareil. »
Je crois que c’est le principe même de la politique de Sarkozy. L’idée est de sauver l’ordre établi dans ses fondamentaux avec ce qu’il contient d’inégalités, de toute puissance de l’argent ; mais de faire les mutations accélérées et cosmétiques qui permettront de sauver cet essentiel.

« On fait mine de craindre l’islam »

Pourquoi la droite est-elle obsédée par l’islam ?
L’islam nous est proposé comme un adversaire de substitution, car il faut toujours un adversaire, depuis que le communisme a disparu. On n’a pas assez noté que les Trente Glorieuses sont exactement contemporaines de la guerre froide.
Je suis convaincu que l’avènement de ce que Robert Castel a appelé la société salariale – une société de croissance, de plein emploi, de progrès du niveau de vie, de sécurisation des statuts pour les travailleurs – cette société construite par l’effort commun de l’aile réformiste du mouvement ouvrier et de la bourgeoisie éclairée, devait beaucoup à la pression extérieure exercée par l’aile communiste du mouvement ouvrier.
La première année que j’ai voté, en 1956, le Parti communiste faisait 26% des voix. C’était une alternative possible. A partir de 1980, la menace soviétique devenant de moins en moins crédible, le capitalisme s’est senti libéré de toute menace, d’où ce passage à l’hubris, à la démesure.
L’islam, aujourd’hui, ne met pas en cause le destin capitaliste. C’est un adversaire moins menaçant. Mais on fait mine de le craindre pour se souder contre quelque chose.
Comment les gens de droite ont-ils assisté aux révolutions arabes ?
Le printemps arabe a provoqué une petite dépression. Notre droite aurait été très désorientée si toutes les révolutions arabes avaient conduit à l’avènement de démocraties dans tout le monde arabe.
Mais les partis islamistes sont en train d’emporter la bataille politique aussi bien en Tunisie qu’en Egypte. La droite peut donc continuer à brandir la menace islamiste.
La droite va donc continuer à jouer avec le halal, les prières de rues...
Et les horaires des piscines, oui... Mais ce n’est pas uniquement pour avoir un ennemi. Cette attitude se rattache aussi à cette hostilité à l’étranger qui est une dimension importante de la pensée de droite.

La préférence nationale, pensée à droite

Pourquoi la droite est-elle si méfiante vis-à-vis de l’étranger ?
Elle ne voit pas les étrangers d’abord comme des humains. La pensée de droite déteste les catégories universelles. Vous trouverez quantité de penseurs de droite pour vous dire que l’humanité est une notion zoologique, sans contenu politique ni social, ni culturel.
Pour eux, ce qui existe, c’est les nations : certaines nous sont proches, d’autres lointaines. L’idée de préférence nationale, elle est formulée par le Front national, mais elle est au cœur de la pensée de droite.
C’est aussi lié à sa conception de l’ordre : l’ordre implique que ses éléments restent distincts, et que chacun reste à sa place.
Or si vous n’êtes pas dans une société d’apartheid, l’immigration apporte le risque d’hybridation, de mélange, de métissage, de confusion.
Et, par définition, un immigré c’est quelqu’un qui ne reste pas à sa place. Tout cela est donc contraire aux valeurs de la droite. L’instinct profond de la droite l’amène à être hostile à l’immigration.
Tout au long des XIXe et XXe siècles, la France a toujours extrêmement mal accueilli les étrangers d’où qu’ils viennent : elle a mal accueilli les Belges, les Italiens – rappelez-vous le pogrom d’Aigues-Mortes –, les Espagnols...
J’ai lu des journaux des années 30, qui expliquent que le catholicisme complètement fétichiste et fanatique des Polonais interdisait absolument leur intégration dans la République française laïque... Remplacez le catholicisme par l’islam, et vous aurez les peurs d’aujourd’hui.
Etre de droite, au fond, c’est avoir peur ?
Bien souvent, oui. Observez la pensée de Finkielkraut, vous retrouvez cette notion de forteresse assiégée : nous sommes entourés par les barbares, ils sont à nos portes, nous sommes menacés de déclin, de disparition... C’est un thème cardinal dans la pensée de droite depuis 1830.
Pendant la révolution de 1848, les barbares de l’époque, ce sont les Bretons, les Picards, les Auvergnats qui s’entassent dans les faubourgs de Paris et comme ils ne parlent pas encore très bien français, car Jules Ferry n’est pas encore arrivé, ils sont réputés étrangers, ils menacent la civilisation bourgeoise parisienne.
Dans le livre de Louis Chevalier, « Classes laborieuses et classes dangereuses », vous trouvez des descriptions et des citations éloquentes sur le sujet. Il n’y a pas grand-chose à changer entre les textes de cette période et ceux d’aujourd’hui : la civilisation disparaît, il n’y a plus de repères, la morale s’évanouit. C’est un thème constant de la pensée de droite, ce thème de la peur.
Dans la préface de « Lucien Leuwen », Stendhal a cette très belle formule :
« Adieu ami lecteur, essayez de ne pas passer votre vie à haïr et à avoir peur. »
On voit dans la campagne actuelle que la haine et la peur sont des moteurs fondamentaux pour les candidats de droite.

http://rupturetranquille.over-blog.com/article-voter-sarkozy-102972791.html

 

 

 

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7 avril 2012 6 07 /04 /avril /2012 16:51

 

     

       

Eglise populaire et théologie de la libération

 

Option préférentielle pour les pauvres

Que signifie l’expression « option préférentielle pour les pauvres » ?

 

L’expression « option préférentielle pour les pauvres » ou « option prioritaire pour les pauvres » est d’origine latino-américaine. Elle vient en premier lieu d’un courant de théologie qu’on appelle « théologie de la libération ». Elle est issue aussi des réflexions, dans les années 1960-1970, de la Conférence Épiscopale d’Amérique Latine et des Caraïbes qui a beaucoup travaillé à donner une priorité aux milieux sociaux les plus pauvres et les plus nécessiteux. Cette expression a été intégrée officiellement à l’enseignement social de l’Eglise par le Pape Jean-Paul II. Mais que signifie-t-elle réellement et qui sont les pauvres ?


En 1962, peu avant l’ouverture du Concile Vatican II, le Pape Jean XXIII avait déclaré que : « L’Eglise se présente telle qu’elle est et veut être : l’Eglise de tous et particulièrement l’Eglise des pauvres ». L’expression « option prioritaire pour les pauvres », qui nous vient du continent latino-américain, manifeste justement l’engagement de l’Eglise en faveur des pauvres. Dans les années 1960, l’Amérique latine était profondément marquée par la présence massive des pauvres. C’est l’époque où sévissaient de nombreuses dictatures qui utilisaient des méthodes répressives à l’égard des mouvements populaires. C’est dans ce contexte que les chrétiens se sont mis à penser la foi chrétienne en l’articulant à une pratique sociale et politique qui favorise la libération des pauvres. La Bible est-même était lue et relue à partir de la situation des pauvres. Dans les villages et quartiers peuplés de pauvres, se mettent en place les « Communautés Ecclésiales de Base » (CEB). Au sein de ces communautés, l’annonce de l’Evangile, la célébration de l’Eucharistie et les attitudes de vie se rejoignent dans un témoignage communautaire. La priorité est donnée à l’accompagnement des couches sociales les plus démunis dans la prise en charge de toute leur vie. L’option pour les pauvres est ainsi prise. Mais qui sont les pauvres ? Si on regarde dans les textes majeurs de l’Eglise, on trouve de nombreux éléments, de nombreuses références, qui précisent que les pauvres sont ceux qui souffrent de conditions inhumaines en matière d’alimentation, de logement, d’accès aux soins, à l’éducation, à l’emploi et aux libertés de base. Il s’agit d’une privation grave de biens matériels, sociaux, culturels. Une privation qui porte atteinte à la dignité de la personne. Et comme la pauvreté comporte de multiples dimensions, sont considérés comme pauvres par l’Eglise, tous ceux qui sont opprimés, les marginaux, les personnes âgées, les malades, les petits, tous ceux qui sont traités comme les « derniers » dans nos sociétés. La pauvreté ne se limite donc pas à la pauvreté matérielle. Il y a aussi la pauvreté relationnelle, la pauvreté morale et spirituelle. En fonction des circonstances et des lieux, seront nommés aussi pauvres, les femmes victimes de discrimination et de violence, les enfants, les sans-terres, les sans-abri, les migrants, les réfugiés, les minorités ethniques, etc. Ce qui justifie cette option prioritaire pour les pauvres est lié au cœur même de la foi chrétienne, qui invite le chrétien à imiter la vie du Christ. En effet, Jésus-Christ s’est identifié d’une façon spéciale aux plus pauvres (Cf. Mt 25, 40). Dans la personne des pauvres, il y a une présence spéciale du Fils de Dieu qui impose à l’Eglise une option préférentielle pour eux. Cette option n’implique pas un rejet de ceux qui ne seraient pas pauvres. Il s’agit seulement de se rendre compte que les pauvres ont la première place dans les préoccupations des croyants. C’est une option qui s’étend au vaste champ de nos responsabilités sociales et concerne les décisions que nous prenons au sujet de l’usage des biens. C’est dire combien, nous avons à travailler pour changer les structures économiques et sociales qui favorisent la pauvreté. Car, finalement, l’option pour les pauvres est l’expression de la justice et de la charité au sein des relations entre les hommes dans la société. Donc, d’origine latino-américaine, l’option préférentielle pour les pauvres est l’affaire de tous !

 

Jean-Paul Sagadou


Assomptionniste

jpsagadou@yahoo.fr

Posté par Alaindependant à 07:53 - - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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6 avril 2012 5 06 /04 /avril /2012 14:10

 

Affaire DSK : note aux journalistes

5.9.11

Bien avant de vous répandre sur l'affaire Nafissatou Diallo (d'ailleurs, personne n'a évoqué la piste sarkozyste sur le mode " Baisez plus pour gagner plus"), vous n'avez rien voulu voir ni entendre. Or : 
1/ Le procès de DSK a déjà eu lieu et aucun d'entre vous n'en a parlé. Il a déjà été acquitté et vous n'en avez rien dit. Je vous donne les minutes du procès ci-dessous. Vous n'avez désormais plus le droit au silence.
2/ Une pétition pour exlure DSK du Parti Socialiste est toujours en ligne, et vous ne l'avez ni signée (ce qui est votre droit le plus légitime) ni portée à la connaissance du public (ce qui est une faute majeure):
3/ Le pêché de chair n'est pas la seule faiblesse de DSK. Il se vautre bien, selon Fakir, dans les 7 pêchés du capital :
1 186
           
                Le procès Dominique Strauss-Kahn
Source :   http://www.leplanb.org/ 
Gardes, faites entrer l’accusé !

Le président : Accusé, levez-vous  ! Socialiste, vous venez d’être élu à la tête de l’institution la plus détestée par les peuples du monde, le FMI, machine à produire de la misère chez les uns, des milliards chez les autres. C’est l’aboutissement d’un parcours qui vous amène aujourd’hui devant nous. La parole est à l’accusation.
Le procureur : Épouser une journaliste aussi puissante qu’Anne Sinclair représenta un coup de maître. Vous vous assuriez que tous ceux qui voulaient passer dans son émission « 7 sur 7 » sur TF1 vous mangeraient dans la main.
L’avocat : C’est encore votre théorie du complot ! Les médias, c’est plus complexe. Anne a présenté une émission de télévision avec Jean-Marie Colombani entre 1987 et 1989. Et alors ?
Le procureur : Et alors ? En novembre 1999, Colombani sanglote quand l’accusé doit démissionner du gouvernement : « Quel gâchis. Et quel ministre des Finances ! Qui peut se prévaloir d’un bilan aussi flatteur ? »
L’accusé [triomphant]  : Vous n’avez rien compris ! Colombani me devait beaucoup, mais pour une autre raison. En 1997, avec Lagardère, j’avais tout fait pour qu’il s’empare de L’Express. Chirac soutenant Dassault, j’ai téléphoné à l’avionneur pour lui signifier que le gouvernement Jospin n’accepterait jamais qu’il achète L’Express.
Le procureur [l’invite à poursuivre d’un ton doucereux]  : Mais expliquez-moi, vous déteniez un pouvoir sur Dassault et sur la presse ?
L’accusé [plus fanfaron que jamais]  : Et comment ! J’ai convoqué Dassault dans mon bureau et je lui ai rappelé que son principal client était l’État français. Il est idiot, mais il a compris.
L’avocat [atterré que l’accusé s’accuse tout seul, lui glisse à l’oreille de se remettre à jouer aux échecs électroniques. Puis, à voix haute]  : Monsieur le Président, mon client ironise. L’information était bien sûr indépendante du gouvernement quand il était ministre.
Le président [à l’accusé]  : Soit. Mais l’excellence de vos rapports avec Jean-Luc Lagardère n’est guère contestable. En octobre 1999, vous mettez sur pied l’accord franco-allemand qui lui offre le contrôle d’EADS pour presque rien. Même Claude Imbert vous en félicite : « Strauss-Kahn, voire le communiste Gayssot ont su faire sagement et discrètement le contraire de ce qu’ils racontent à leurs gogos. »
L’avocat : Les écrits d’Imbert n’ont pas plus de valeur devant cette cour que ceux d’un imbéc… [il hésite]… d’un Laurent Joffrin. [La salle se tord de rire en entendant ce nom. Le climat redevient jovial.]
Le président [qui réprime lui aussi son hilarité]  : Le 19 avril 2007, Arnaud Lagardère, parlant d’EADS, qu’il a presque coulé, estime : « Lionel Jospin et Dominique Strauss-Kahn ont fait ce qu’il fallait, dans l’intérêt du pays et de l’entreprise. Sans eux, EADS n’existerait pas. Il ne faudra jamais l’oublier. » Colombani, Lagardère, vous avez décidément beaucoup d’amis dans les médias…
L’avocat : Mon client n’est pas attaché à un clan particulier. Il entretient aussi d’excellentes relations avec les chanteurs rebelles, comme Patrick Bruel, et avec les intellectuels dissidents. Ses rapports avec Le Nouvel Observateur ont été ainsi décrits par un ancien journaliste du titre : « Strauss-Kahn fait partie d’une espèce protégée dite “des amis du journal”. Rien n’est trop bien écrit pour les satisfaire. » Mais mon client est avant tout un homme ordinaire [stupeur et ricanements dans la salle].
Le procureur : Ordinaire ? Dans l’affaire de la MNEF, une mutuelle étudiante alors tenue par ses amis socialistes, il a obtenu 630 000 francs d’honoraires pour une transaction qui pouvait se passer d’intermédiaires. Son palais de Marrakech est l’un des plus luxueux de la ville avec celui de BHL. Souhaitez-vous que je poursuive ?
L’accusé [levant la tête de son jeu d’échecs]  : Guy Bedos a répondu pour moi : « Dominique est un de ceux qui sont le plus à même de renifler la vraie population de ce pays. »
Le président : Venons-en donc à vos rapports avec le peuple. Comment un dirigeant socialiste [rires dans la salle] peut-il estimer que les pauvres sont inaptes à la démocratie. Préféreriez-vous que seuls les journalistes élisent les candidats socialistes ?
Le procureur : En tout cas, moins d’un an après avoir été écrasé par les militants du PS lors des primaires présidentielles, l’accusé a été élu, triomphalement, directeur général du FMI grâce au soutien de M. Bush, de M. Sarkozy et des banquiers du monde… En juin 2003, en pleine bataille contre la réforme Raffarin-Fillon des retraites, il estimait que « le gouvernement s’est attaqué à un dossier très difficile ; il faut lui reconnaître ce mérite ». Mais sa retraite à lui est assurée. Au FMI, il la percevra au bout de trois ans – pas de quarante – et elle sera de 60 000 euros par an. Une misère, certes, mais il va toucher pendant cinq ans 300 000 euros annuels, nets d’impôts…
L’accusé [lassé]  : Je répète ce que j’ai dit sur France Inter le 9 novembre 2004 : « Je fais les courses comme tout le monde. J’en fais comme tous les salariés qui n’ont pas beaucoup le temps pour faire les courses. » Bon, j’aime mettre du caviar sur mes épinards…
Le président : Le 5 février 2006, sur LCI, vous déclarez : « Moi je ne veux pas que mes enfants, que les enfants de M. Beytout soient précarisés. » M. Beytout, qui vous interrogeait, est né à Neuilly, il est directeur du Figaro et héritier d’une très grosse fortune. Le risque de voir ses enfants « précarisés », ou les vôtres, vous angoisse-t-il vraiment ? Et est-ce pour cette raison qu’en janvier 1999 vous avez tenté de réduire fortement la fiscalité des stock-options ?
L’accusé [excédé]  : Comme mon ami Edwy [Plenel], j’entends qu’on sorte des boîtes ! J’ai expliqué dans mon livre La Flamme et la cendre que « la redistribution est près d’avoir atteint ses limites » et que « le socialisme ne peut avoir pour seul objectif de résister ».
Le président : Faites entrer le témoin de la défense. [Bernard Tapie apparaît, bronzé et couvert de bagues, trois montres Rolex à chaque bras.] M. Tapie, en avril dernier vous déclariez : « Le candidat de mon choix était Dominique Strauss-Kahn. C’était le plus expérimenté, le plus compétent, le plus proche de mes idées. » Or vous avez voté Sarkozy dès le premier tour.
Le témoin : Les socialos, je l’ai dit, ont fait « une énorme connerie » en choisissant une tocarde. Mais je reste à gauche, hein  ! J’ai d’ailleurs prévenu que, « l’élection présidentielle étant passée, je défendrai plus Strauss-Kahn que Sarkozy ».
Le procureur : Votre manège est bien étrange.
Le témoin : Pas du tout ! DSK et Nicolas, qu’Anne Sinclair a invité onze fois à « 7 sur 7 », bouffaient déjà ensemble chez Pinault il y a dix ans. Dans Capital de juin 1999, Sarkozy s’est même amusé de la pingrerie de son ami socialiste : « Je l’ai reçu à dîner chez moi plus souvent qu’il ne m’a invité. » Denis Kessler, du Medef, a écrit avec Dominique un bouquin à la gloire des fonds de pension. Kouchner faisait la course avec DSK avant de le retrouver chez Sarko ! On veut tous gagner un maximum d’oseille, c’est ça la démocratie. [Il sort en pétant.]
Le procureur : Le 13 mars 2002, l’accusé déclare dans un débat télévisé : «  C’est normal qu’on fasse l’aller-retour entre le monde de la politique et celui de l’entreprise, et c’est même souhaitable. » Jean-Pierre Raffarin lui répond alors : « Ça, ça va pour Dominique Strauss-Kahn, qui est proche des grands patrons  »….
L’accusé [l’interrompt indigné]  : Je ne suis pas le seul ! Regardez tous mes amis. Mon ancien conseiller Stéphane Boujenah vient de rejoindre la banque d’affaires Crédit suisse First Boston Technology Group. Daniel Cohen est consultant à la banque Lazard. Jean Peyrelevade gère une banque d’affaires et mon voisin de Marrakech, Serge Weinberg, également proche de Fabius, dirige un fonds d’investissements… Cette diabolisation de l’argent est inadmissible !
Le président : La cour voudrait surtout comprendre vos idées. En novembre 2005, vous lancez : « Debout les socialistes, la France a besoin de vous ! Il faut construire une union populaire. » En 2002, vous penchiez pourtant pour la privatisation d’EDF et de GDF. Mais deux ans plus tard, en juin 2004, vous signez avec Éric Besson un article hostile à cette privatisation. Enfin, en 2006, vous proposez que « la chaire de physique nucléaire de l’université Paris VI soit financée par EDF, si EDF trouve que c’est bon pour son image ».
L’accusé : Ministre, j’expliquais déjà en 1999 aux députés socialistes que « Keynes a fait davantage que Rosa Luxemburg pour la classe ouvrière ».
Le procureur : Là, il ne s’agit pas de Keynes, mais de Thatcher ! Et puis, si les sociaux-démocrates allemands n’avaient pas fait assassiner Rosa Luxemburg, elle aurait accompli davantage encore pour les ouvriers allemands…
Le président : Selon le journaliste Philippe Cohen, l’accusé a fait appel à un cabinet de conseil, TD International, fondé par William Green, un ancien de la CIA, pour être élu à la tête du FMI. Étonnant, non ?
L’avocat : Nullement. Les grands électeurs du FMI n’ont pas été choqués par cette marque d’ouverture.
Le verdict est rendu sans tarder. Déclaré « aussi socialiste que François Hollande », l’accusé est acquitté.

 

Vendredi 6 avril 2012

Sortir Jean-Pierre Chevènement de l'impasse

 

Le 13 mars, Jean-Pierre Chevènement a fait le choix, contestable à mon sens, du vote Hollande:   François Hollande : le vote utile !

Il s’en explique ici dans L'Est républicain:

 

Chevènement soutient Hollande "les yeux ouverts !"

Entre François Hollande et Jean-Luc Mélenchon, qu’est-ce qui vous a fait pencher pour le premier ?
Jean-Pierre Chevènement: Seul François Hollande peut aujourd’hui battre Nicolas Sarkozy et devenir président de la République. En me portant candidat le 5 novembre, j’entendais faire bouger les lignes. Après le discours de Hollande au Bourget et l’énoncé de ses 60 engagements, j’ai constaté des infléchissements positifs : redresser la France et pour cela relancer la production, réorienter la construction européenne en renégociant le désastreux traité signé à Bruxelles par Nicolas Sarkozy, synonyme de régression économique et sociale, rétablir la justice, redonner espoir à la jeunesse, porter haut la voix et les valeurs de la France dans le monde. Comment ne reconnaîtrais-je pas là les orientations que de tout temps j’ai préconisées ? 
Et vous ne les retrouviez pas chez Jean-Luc Mélenchon ?
J’ai de l’estime pour le parcours qu’il a effectué depuis le traité de Maastricht, même si je ne partage pas ses positions sur la sortie du nucléaire ou la régularisation de tous les sans-papiers. J’exprime une sensibilité républicaine et je ne cherche pas à être « la gauche de la gauche ». Jean-Luc Mélenchon parle beaucoup de la République, mais je ne suis pas sûr qu’il y mette la même exigence. La souveraineté nationale est à mes yeux un point d’appui essentiel. Aussi bien, tout le monde sait que Mélenchon soutiendra Hollande au second tour. Je préfère donc apporter d’emblée mon soutien à Hollande. C’est un homme chaleureux qui a l’intelligence des hommes et des choses. C’est un homme politique réaliste et talentueux. Jean-Luc Mélenchon n’a pas fini d’évoluer. Il fait, comme Arnaud Montebourg, partie de l’avenir. 
Votre soutien est-il lié au récent accord législatif conclu entre le MRC et le PS ?
Je me suis déterminé sur le fond, et bien avant que soit conclu l’accord que vous qualifiez de « législatif » entre le PS et le MRC. Cet accord comporte d’abord un volet politique. Il reprend les points que nous jugeons essentiels : monnaie compétitive, rôle accru de la BCE pour racheter la dette, soutenir la croissance et agir sur le change, réaffirmation du rôle du Parlement pour voter le budget, construction d’une Europe non pas en dehors des nations mais dans leur prolongement. Le volet électoral est en ligne avec l’accord conclu en décembre 2006 : neuf circonscriptions en dehors du Pas-de-Calais où interviendra, je l’espère, un accord particulier. (Note d'eva : On est loin du Chevènement d'antan, à la gauche de la gauche ! Et critique vis-à-vis de l'Europe...) 
Sur le fond, reste-t-il des désaccords entre François Hollande et vous ?
Les accords et les valeurs communes l’emportent largement sur les désaccords. Ceux-ci concernent la nature de la monnaie unique, construction viciée, selon moi, dès l’origine mais nous sommes d’accord pour en changer les règles. Je fais confiance au pragmatisme et au patriotisme de François Hollande pour prendre les décisions les plus conformes aux intérêts du pays. Sur la sécurité, il a repris l’idée d’une police de proximité dont on oublie souvent de mentionner que c’est moi qui l’ai conçue et mise en place en 1999. 
Comment entendez-vous peser ensuite ?
Je n’ai aucune ambition ministérielle, même si je ne renonce pas à exercer une influence. J’ai eu le temps d’assouvir mon désir d’action à la tête de cinq ministères, de 1981 à 2000. J’ai toujours été un homme d’études et de recherche. Je continuerai à m’occuper de la Fondation « Respublica » et, tant que j’en resterai l’élu, du Territoire de Belfort. 
Certains à gauche disent encore « douter » de la capacité de Hollande à exercer la fonction…
Je lui fais confiance pour être un Président dans lequel les Français pourront se reconnaître. Nicolas Sarkozy a commis l’erreur de vouloir désacraliser la fonction. François Hollande l’exercera avec dignité. Je sais qu’il s’adaptera très vite. Sa tâche sera difficile. Mais il a de la ressource. Je le soutiendrai les yeux ouverts, mais sans démagogie, avec le seul souci de lui faire entendre des arguments auxquels d’autres n’auraient pas pensé. J’ai assez de pratique pour savoir qu’en dernier ressort, le Président de la République est maître de la décision. 
Propos recueillis par Jean-Pierre Tenoux 
 Source : http://www.chevenement.fr/ 

Dont acte.

Artisan du programme commun et de la victoire de la gauche en 1981, Mr Chevènement, « fort de sa défaite » lors de la présidentielle de 2002,  a eu ensuite du mal à penser son action hors d’un accord avec le Parti Socialiste.

On retiendra  l’intégrité d’un homme qui s’est senti « toujours comptable des élans suscités en 1981 » et, à ce titre, triplement démissionnaire lorsque ces élans étaient piétinés (déjà au nom de l’Europe !) : parenthèse libérale en 1983, participation à la première guerre du golfe bushiste en 1991, Maastricht en 1992, etc…pour mémoire :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Pierre_Chevènement

 

C’est dommage.

Combien de temps « la gauche de gauche » stationnera-t’elle dans cette impasse : « Avec le Parti socialiste on ne peut rien faire, sans le Parti socialiste, on ne peut rien faire » ?

Il y faudra un troisième tour social ?

Car je n’oublie pas que cette formation, déjà hypersensible à la sondagite en 2007, aurait vraisemblablement confié les clés de la présidentielle à DSK (si ce dernier n’avait pas glissé dans une salle de bain new-yorkaise...ce qui est certes grave, mais moins que cela :  Affaire DSK : note aux journalistes )

Bon, en attendant le second tour, votons -paradoxalement- utile dès le premier :

http://www.placeaupeuple2012.fr/

Communiqué d’Eric Coquerel, Conseiller spécial de Jean-Luc Mélenchon
Grande figure du Socialisme et de la République (de Chevènement, note d'eva), Didier Motchane apporte son soutien à la candidature de Jean-Luc Mélenchon. De plus en plus nombreux sont les républicains de gauche à soutenir le Front de Gauche individuellement ou à travers l’un des partis qui le composent. Mais le soutien affiché aujourd’hui par Didier Motchane à la candidature de Jean-Luc Mélenchon est d’une grande portée.
 
Didier Motchane représente en effet toute la légitimité historique d’un responsable politique qui a cofondé le CERES avec Jean-Pierre Chevènement, le Parti Socialiste d’Epinay pour lequel il a été secrétaire international et député européen, le MDC puis le MRC.
 
A travers ces différents engagements partisans, cette grande figure du socialisme et de la République n’a jamais varié dans ses convictions. Il s’agit d’un de ces “résistants à l’ordre établi capitaliste”, pour reprendre ses termes, que le Front de Gauche entend incarner. Il nous dit les raisons de son soutien : “dans l’ensemble, les déclarations et propositions de Jean-Luc Mélenchon correspondent à mes convictions. Elles sont celles qui conviennent à la France d’aujourd’hui. Je retrouve l’esprit du socialisme chez lui et dans sa campagne. Voilà pourquoi je le soutiens”.
 
Cet engagement dans la campagne de Jean-Luc Mélenchon, après celui affiché, le même jour dans l’Humanité, par la conseillère régionale Ile de France d’Europe Ecologie-Les Verts, Safia Lebdi, confirme la place prise par le Front de Gauche et sa légitimité à incarner les valeurs de la gauche et de l’écologie politique.

 

  Après, il ne sera pas trop tard pour engager des débats de fond...

(car, paradoxalement encore, j'ai le sentiment qu'une élection présidentielle s'y prête assez mal...pas vous ?)

 

 

Sortir la France de l'impasse

Présentation du livre

Les choix politiques (dérégulation, monnaie unique) effectués dans les années 1980-1990 ont mis la France dans une redoutable impasse. Peut-on faire confiance, pour nous en sortir, aux idéologues qui nous ont fourvoyés ?

La crise de l’euro résulte de son vice initial de conception. Elle est devant nous. L’Allemagne détient la clé, mais sait-elle ce qu’elle veut ? Et la France, là-dedans, que veut-elle ?

Jean-Pierre Chevènement montre comment remettre le Peuple français debout. Il propose ensuite à la France deux scénarios de sortie de crise pour construire une « Europe européenne », maîtresse de son destin dans le siècle qui vient.

Jean-Pierre Chevènement a été l’un des refondateurs du Parti socialiste d’Epinay (1971) et un artisan de l’union de la gauche. Plusieurs fois ministre de 1981 à 2000, il est aujourd’hui sénateur du Territoire de Belfort et président d’honneur du Mouvement républicain et citoyen (MRC). Il entend peser dans la campagne présidentielle de 2012.

Plan détaillé

Première partie : L’Europe à refaire
I – Impasse du projet européen de la France
La démocratie au déni
Contours flous, volonté absente
L’Allemagne, « au sommet de l’Europe » ?

II – Le capitalisme financier globalisé, nouveau Frankenstein
La dérégulation et ses méfaits
La rechute
Le capitalisme financier contre les États

III – La crise de la monnaie unique
Le vice constitutif
Un grand saut fédéral irréaliste
Règle d’or ou règle d’airain ?
Des fissures dans l’orthodoxie

IV – L’Europe européenne à bâtir
Un « plan A » pour sauver la monnaie unique : la redéfinition des missions et du rôle de la Banque centrale
Un « plan B » pour organiser la mutation de l’euro de monnaie unique en monnaie commune
Réaffirmer la perspective d’une Europe européenne
La géométrie variable d’abord
L’aspect géostratégique


Deuxième partie : Remettre debout le peuple français
I – Rendre au peuple français sa fierté en combattant l’antipopulisme de ses élites
1940 et le discrédit de la nation
L’européisme et la diabolisation des nations
La globalisation contre la démocratie
Le désarroi de la jeunesse
La crise de la démocratie
L’École
Les médias
L’abandon des valeurs républicaines
La reconquête républicaine

II – Réussir l’intégration
Différences culturelles et principes républicains
Renverser la perspective
L’identité républicaine de la France vient de loin
Le nécessaire respect des valeurs républicaines
L’École et l’intégration
Intégration et statut de la femme
Insécurité et éducation
La sécurité : une œuvre collective
L’acquisition de la nationalité française et l’appartenance à la France


Troisième partie : Ce qu’on doit attendre du prochain président de la République
I – Redonner confiance à la France
Un patriotisme exigeant
L’École au cœur de la République
Nation, nationalité, immigration, communautarisme
Le nucléaire, un des grands atouts de la France
Mobiliser les atouts de la France pour la remettre sur une pente ascendante

II – Rendre à la France son autorité et sa capacité d’influence, en particulier vis-à-vis de l’Allemagne


Quatrième partie : Faire bouger les lignes
Les élites ne reconnaissent jamais leurs erreurs
Seuls des événements immenses peuvent faire bouger les lignes
Pourtant les lignes bougent
Faire surgir un recours

Annexe : lettre de Jean-Pierre Chevènement au président de la République

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6 avril 2012 5 06 /04 /avril /2012 10:52

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Et, là, j'exagère à peine !

Voyez donc ce  qu'on peut lire sur Le Point, propriété de l'éminent copain François Pinault, 59 ème fortune mondiale.

Source :
http://www.lepoint.fr/debats/un-quinquennat-a-500-milliards-les-questions-des-internautes-aux-auteurs-20-01-2012-1421715_34.php
http://www.lepoint.fr/economie/500-milliards-envoles-en-cinq-ans-14-01-2012-1419082_28.php

Oui, Le Point, où BHL, le nouveau philosophe des frappes de l'OTAN, éditorialise également.

Bien évidemment, il n'y a pas de miracle. Quant il s'agit de casser du fonctionnaire, du syndiqué et du régime de retraite solidaire, on peut compter sur eux.

Mais, tout de même, pour des journalistes de sacs à pubs, c'est pas mal.

Leur couverture de ce quinquennat à 500 milliards d'euros est assez honnête. On n'en tirera pas évidemment les mêmes conclusions.

Mais, à quinze jours du premier tour, je m'empresse de les reproduire avant qu'un prochain "fait-divers ou discours fumeux ne vienne faire diversion".

Et puisque la question de la dette a l'air de les préoccuper, et que je suis de bonne humeur, j'irai même jusqu'à leur conseiller une petite lecture : A qui profite la dette ? 
La scène est surréaliste. "Tu vois, j'ai gagné ! J'ai gagné !" lance, triomphant et vengeur, Nicolas Sarkozy au député du Nouveau Centre Charles de Courson, présent à l'Élysée pour une cérémonie début 2010. De quelle victoire si importante se prévaut donc le président de la République ? D'avoir fait baisser le chômage ou rétabli l'équilibre du commerce extérieur ? Rien de tout cela, bien sûr. Nicolas Sarkozy se félicite des 390 millions d'euros qui vont échoir au couple Tapie (dont 45 au titre du préjudice moral) à la suite d'un arrêt du Conseil d'État qui rejette le recours intenté par quelques députés, dont Courson, contre les conclusions d'un tribunal arbitral sur l'affaire Adidas-Crédit lyonnais. "J'ai gagné ! J'ai gagné !" Stupéfiant car, si victoire il y a, c'est celle de Tapie, l'ami du président. Et pas du tout celle de l'État, contraint de faire un gros chèque.
Auteurs d'Un quinquennat à 500 milliards, Mélanie Delattre, journaliste au Point, et Emmanuel Lévy, à Marianne, recensent avec gourmandise et sévérité les petites et grandes libéralités du président de la République avec ses "amis" Liliane Bettencourt ou Guy Wildenstein, ou, fait moins connu, avec Hubert Martigny, auquel l'État a racheté à prix d'or la salle Pleyel. Quand ils ne cherchent pas la petite bête, les deux auteurs se mettent aussi en surplomb pour livrer aux lecteurs-électeurs le "vrai bilan" économique du quinquennat Sarkozy. Et là ils ne font pas dans la dentelle. Leur audit étant assez terrifiant, on pourrait le juger militant.

Mais les faits sont les faits. Depuis que Nicolas Sarkozy est arrivé au pouvoir, la dette de la France a augmenté de 630 milliards d'euros, passant de 1 150 milliards à 1 780 milliards d'euros. Énorme. L'Élysée, relayé par Bercy, met ces résultats - "calamiteux", pourrait dire Alain Juppé - sur le compte de la crise économique la plus grave depuis 1929. Trop facile, rétorquent Delattre et Lévy. S'appuyant sur des documents officiels, ils montrent que la crise de 2008, en abaissant les recettes et en grevant les dépenses, aurait alourdi la dette de 109 milliards d'euros. Mais le reste, entièrement imputable au président, s'élève à 520 milliards d'euros (le titre de leur livre l'arrondit à 500).

Explications : "Le budget dont a hérité Nicolas Sarkozy, à l'instar d'une voiture mal réglée (...), grillait 3,2 points de PIB." Plutôt que de "soulever le capot pour régler la machine", l'Élysée a laissé filer. En ne freinant pas cette dérive, il a fait gonfler la dette de 370 milliards d'euros. Auxquels s'ajoutent 153 milliards, car "le nouveau président a aussi appuyé sur le champignon". Nicolas Sarkozy, l'homme qui voulait mettre l'État à la diète, a fait bondir la dette publique de la France de 20 points (dont seulement 5,5 imputables à la crise) !

Le syndrome de Pénélope


Où est la "véritable révolution économique" promise au pays ? Le président a certes ouvert un nombre impressionnant de chantiers qu'aucun de ses prédécesseurs n'avait osé toucher. Il s'est attaqué au marché de l'emploi, à la représentativité syndicale, au regroupement de Pôle emploi et des Assedic, à la carte des tribunaux, à la formation professionnelle et même aux régimes spéciaux de retraite (tout juste écornés, cependant)... L'hyperprésident a été hyperactif. Mais alors, pourquoi la réussite n'est-elle pas au rendez-vous ? En exposant les raisons de la dérive économique et financière du pays durant le quinquennat, les deux auteurs n'ont pu s'empêcher d'évoquer la personnalité d'un président qu'ils qualifient de "caméléon". Pour eux, Nicolas Sarkozy "n'a jamais eu de véritable substrat idéologique en matière économique". Libéral, il a un temps prôné des subprimes à la française ; interventionniste, il vole au secours des entreprises en difficulté, croyant, chaque fois, renouveler le coup d'Alstom ; ami des P-DG (ah ! le Fouquet's), il flirte aussi avec la CGT.
Sarkozy schizophrène, comme le prétendent les auteurs ? Quatre ans après, en tout cas, son "message est brouillé". Quand il arrive en 2007 à l'Élysée, Sarkozy est attiré par la Grande-Bretagne (surtout celle de Margaret Thatcher) et ignore l'Allemagne. En fin de mandat, c'est tout le contraire. Élu en promettant de baisser les prélèvements obligatoires de 4 points, il a fait preuve d'une redoutable créativité pour inventer des impôts : taxe sur le poisson, les huiles de moteur, la copie privée des disques durs, la téléphonie et Internet, les sodas, les assurances... L'acte économique fondateur du quinquennat, cela n'a pas échappé aux auteurs, c'est, bien sûr, la loi Tepa de l'été 2007. L'esprit en est limpide : il faut laisser les riches s'enrichir, car toute la société en profitera. Voilà comment arrivent les exonérations massives des droits de succession et le fameux bouclier fiscal, manière déguisée de réformer l'ISF. Voilà comment arrive aussi, en vertu du "travailler plus pour gagner plus", l'exonération d'impôts et de charges sur les heures supplémentaires, manière de contester les 35 heures. À ces mesures coûteuses s'ajouteront la pérennisation, l'augmentation ou la création de niches fiscales (exonération des plus-values sur les cessions de titres des entreprises, crédit impôt-recherche, TVA réduite pour les restaurateurs...). Le plus déconcertant, c'est que, dans une volte-face rare, le président va détricoter une partie de la loi Tepa. "Même au pays de l'instabilité fiscale, on n'avait jamais vu une majorité défaire en fin de mandat ce qu'elle avait voté à son arrivée."

Le paradoxe de Bercy


Tout aussi troublant, à aucun moment la question d'une baisse des dépenses n'est posée. Elles ne cesseront donc de grimper (de 52,4 % du PIB à 57 %, niveau exceptionnel pour un grand pays industrialisé). Sarkozy a conforté son image de "dépensier" acquise lors de son passage au Budget en 1993. Ses tentatives pour dompter le mammouth étatique n'ont ni connu de grands résultats ni ouvert de grandes perspectives. Il est vrai que le président lui-même ne donne pas l'exemple. Si - et les auteurs le soulignent - le budget de l'Élysée n'a jamais été aussi transparent, cela n'empêche pas les dérapages : voyages multiples avec des cohortes d'accompagnants, augmentation des effectifs, factures de travaux, service d'ordre à l'américaine...
Plus sérieusement, la mesure emblématique consistant à ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux partant à la retraite n'a pas produit de miracles comptables (264 millions d'euros net d'économies en 2009). Il est vrai que "plus de 80 % des économies sont allées non dans la poche du contribuable..., mais dans celle des fonctionnaires". Le "1 sur 2" pécherait par son côté aveugle : "La démarche est purement quantitative." Une critique que l'on retrouve pour la Révision générale des politiques publiques, qui ne s'interroge pas, comme l'ont fait le Canada et la Suède, sur l'utilité de certains services. Le dévoiement de ces bonnes intentions est illustré aussi par la fusion des deux services-phares de Bercy, la Direction générale des impôts (elle encaisse) et la Direction générale de la comptabilité publique (elle calcule).

Politique budgétaire


On ne compte plus les ministres qui se sont cassé les dents sur le projet. Beaucoup en avaient rêvé, Sarkozy, lui, l'a fait. Chapeau, l'artiste ! Pourtant, nos compères du Point et de Marianne (ils ont la dent dure) ne lui en reconnaissent qu'un mérite relatif. La fin des bastilles de Bercy, écrivent-ils, "aurait pu être érigée en symbole de la rupture promise avant la campagne". Au lieu de cela, le gouvernement est très "discret sur le sujet". La raison ? Les économies attendues ne sont pas au rendez-vous. Car "le choix a été fait d'aligner les salaires des personnels vers le haut", ce qui, pour certains, a engendré des gains de 30 à 40 % "sans bouger de leur siège". Si les effectifs ont baissé, la masse des rémunérations, elle, a augmenté.
"Le président a toujours été plus pragmatique que dogmatique", résume un haut fonctionnaire chiraquien cité par Delattre et Lévy. Ils expliquent de la sorte les deux bonnes surprises du mandat, la réforme des universités et la réforme sur les retraites, cette dernière n'ayant jamais été promise par le candidat Sarkozy. Tout au contraire : "Le droit à la retraite à 60 ans doit demeurer", déclarait-il. Les auteurs du Un quinquennat à 500 milliards expliquent l'activisme du président à propos des retraites par le besoin de l'Élysée d'accomplir en fin de mandat "un acte politique marquant" qui permet de faire apparaître la gauche comme ringarde. La stratégie marche plutôt bien. Au point, d'ailleurs, que le président cherche à refaire le coup avec la "règle d'or" sur les équilibres budgétaires, laquelle n'était pas non plus au programme. L'homme qui pèse 500 milliards n'a peur de rien. Car l'épisode de la Cades en dit long sur la conversion toute récente du président de la République à la vertu budgétaire. En octobre 2010, la Cades, caisse où l'on a pris l'habitude de loger les déficits de la Sécurité sociale, a été autorisée à emprunter 130 milliards d'euros supplémentaires. Créée par Alain Juppé en 1996, elle devait disparaître en 2009 (en même temps que sa recette, la CRDS, acquittée par tous les Français). Lionel Jospin avait repoussé l'échéance à 2014, Jacques Chirac à 2018. Sarkozy crève le plafond en passant à 2025. Dans la crise internationale, le "candidat de la rupture" a certes fait preuve d'esprit de décision et d'initiative, souligné dans le livre. En revanche, pour ce qui est de la politique budgétaire, "il n'a fait que marcher dans les traces de ses prédécesseurs". Cela ne vaut pas condamnation, concluent Delattre et Lévy. Même si le mandat est un "fiasco" économique, "à quelques mois de la présidentielle tout laisse à penser que le président sortant sera davantage jugé sur sa stature d'homme d'État que sur son bilan".

J'insiste : cette conclusion n'engage pas Rupture tranquille.

 

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Suite de l'article précédent : Sarkozy : même la droite n'en veut pas !

et mêmes consignes que précédemment : toujours lire le message sans oublier d'où il vient et où il veut aller.

Pas de texte sans contexte.

Mélanie Delattre et Emmanuel Lévy, auteurs de Un quinquennat à 500 milliards, répondent aux questions posées au fil de quatre cents commentaires.

1 - Les lecteurs, qui n'ont pas observé d'amélioration sensible de leurs propres conditions de vie, demandent d'abord où sont passées toutes ces sommes. "À quoi a servi tout cet argent ? Qui en a profité ? Quel retour sur investissement ?" (Modéré). "Où sont passés ces 500 milliards imputés aux comptes calamiteux de Sarkozy ?" (mistigri18)... "Qu'a fait Sarkozy qui a coûté si cher ?" (steph).
Mélanie Delattre et Emmanuel Lévy : Nous détaillons dans notre ouvrage la "facture Sarkozy". Les 500 milliards annoncés dans le titre correspondent à l'aggravation de la dette au cours du quinquennat (630 milliards d'euros), corrigés de l'impact de la crise (110 milliards). Sur cette somme, il faut séparer d'un côté l'effet des déséquilibres du passé que Nicolas Sarkozy, contrairement à ses promesses de candidat de la rupture, n'a pas corrigé (350 milliards environ). De l'autre, les conséquences de ses propres choix politiques, qui ont alourdi l'addition de 150 milliards supplémentaires.
Notre calcul a été rendu possible par le chiffrage de la Cour des comptes qui, depuis quelques années, isole le déficit structurel, profondément enraciné, du déficit conjoncturel, lié à la situation économique du moment. Parce que cette institution est neutre politiquement, elle présente des chiffres annuels, mais se garde de dresser un bilan sur la durée du mandat. Nous l'avons donc nous-mêmes reconstitué à partir des données disponibles.
D'un point de vue comptable : les deux séries de mesures qui ont le plus creusé le déficit sont :
- les cadeaux aux particuliers : le bouclier fiscal pour 3 milliards, la baisse des droits de succession et de donation et l'instauration de toute une série de "Sarko niches" qui viennent rogner les recettes et que nous listons dans un chapitre. Certaines, comme l'exonération des heures sup (4,5 milliards d'euros annuels), peuvent avoir eu un impact positif (un salarié sur quatre en a bénéficié) sans toutefois que le rapport coût-avantage ait été démontré, l'argent injecté n'ayant pas créé de richesse supplémentaire.
- les coups de pouce aux entreprises. 20 milliards pour la suppression de la taxe professionnelle, 16 millions d'euros pour le crédit-impôt recherche, 10 milliards pour la baisse de la TVA restauration. Soit 45 milliards d'euros sur la durée du mandat.

2 - Après le où vient le comment : "Votre livre a été présenté comme un brûlot antisarkozyste en couverture du Point. Qu'avez-vous voulu faire au juste ? D'où viennent les chiffres, comment avez-vous travaillé ?" (manu12) Faut-il croire que les gouvernants sont incompétents, "dépourvus de notion d'économie, de comptabilité" (Steeves), ou du moins insuffisamment compétents pour construire "une colonne vertébrale en économie, et surtout une stratégie claire" (steel) ? Les politiques s'affranchissent-ils des préoccupations comptables pour satisfaire leurs intérêts ? Ou bien serait-ce qu'ils "n'ont plus aucune conscience de la réalité", et que les termes "faire des efforts et se serrer la ceinture ne valent que pour les pauvres ou la classe moyenne" ? (milou) "De toute façon, ce sont bien les classes moyennes qui trinqueront ?" (tennob). Ou enfin les politiques, président en tête, auraient-ils perdu tout sens de l'éthique ? "Sarkozy est le premier responsable de la situation, idéologue incapable de voir le pays qu'il gouverne comme inscrit dans des nuances, des valeurs complexes et complémentaires, dont seul le respect permet de faire tourner la machine sans la casser" (metis)
M. D. et E. L. : Alors que tout ou presque a été écrit sur la personnalité de notre président, nous nous sommes rendu compte, au cours de notre enquête, que le "Sarko économicus" avait été peu exploré. Or c'est bien dans le rapport paradoxal que Nicolas Sarkozy entretient avec l'économie que réside, en partie, l'explication de son mauvais bilan. En interrogeant ses conseillers passés et présents, ainsi qu'un certain nombre de députés l'ayant côtoyé, nous nous sommes rendu compte que le chef de l'État n'avait que peu de substrat idéologique en la matière. Dans les années 1990, lorsqu'il était ministre du Budget, on l'a vu défendre le franc fort, puis se faire l'apôtre d'une dévaluation. Ministre de l'Économie en 2004, il renonce à adosser les régimes spéciaux d'EDF au régime général, et, dans le même temps, fait un gigantesque cadeau au patronat avec la "niche Copé".
De la même façon, tout au long de son mandat de président, il ne cesse d'osciller entre libéralisme et interventionnisme. Il faut se souvenir qu'en 2007, il voulait lancer les subprimes à la française. Aujourd'hui, il prétend réguler les banques, lutter contre le capitalisme financier. En ne choisissant pas entre une politique de gauche consistant à augmenter les impôts pour mener une politique sociale accommodante, et une politique de droite consistant à tailler dans les dépenses pour baisser les prélèvements obligatoires, Nicolas Sarkozy a laissé filer les déficits plus qu'aucun de ses prédécesseurs avant lui.

3 - Ensuite viennent des questions techniques, pour mieux percevoir les réalités chiffrées. "Ou bien je me trompe, ou bien je suis idiot, ou peut-être même les deux, mais c'est quelque chose que je n'ai jamais compris : à qui la France, État souverain, donc l'ensemble de la population qui le compose, doit-elle payer ses "dettes" ? À d'autres États qui lui ont prêté des sous ? À des banquiers privés ? À des banques publiques ?" (JLP).
M. D. et E. L. : L'État n'est pas vraiment regardant sur l'origine de l'argent qui lui est prêté. Comme n'importe quel gros emprunteur - il s'agit d'énormes sommes (des dizaines de milliards d'euros) -, le Trésor cherche d'abord et avant tout à minimiser son coût d'endettement, son taux. Pour cela, il se tourne vers le marché grâce à des adjudications. En réalité, en guise de marché, ce sont quelques banques (une vingtaine) qui répondent à cette enchère à l'envers : elles achètent cette dette, puis la conservent ou la revendent. Ces dettes se retrouvent ainsi éparpillées tout autour du monde. On les retrouve dans les fonds spéculatifs, mais aussi dans l'assurance-vie des épargnants français, comme dans les principales banques centrales.
Quelques chiffres à présent. 65 % de la dette publique française est détenue par des non-résidents, principalement des pays de la zone euro. Si l'on exclut ceux-là, la dette détenue par des non-zone euro se réduit à 20 %-30 %. Maintenant, les épargnants tricolores sont aussi des préteurs à l'État. Un récent rapport de la Cour des comptes montre ainsi que 10 % des 1 371 milliards d'euros d'encours de l'assurance-vie hexagonale sont investis en dette de l'État français, soit moins de 140 milliards d'euros.
D'un point de vue strictement comptable, toute dette génère une créance. À la limite, si les Français finançaient entièrement la dette, on aboutirait à ce que le contribuable doive de l'argent à l'épargnant, bref, à une situation neutre, si ce n'est que ce n'est souvent pas la même personne. C'est le cas japonais. Mais en France, et malgré une forte épargne des ménages (16 % de leur revenu disponible brut), le gros de la dette, on l'a vu, est détenu par des non-résidents. Cet état des choses s'est aggravé depuis 2006-2007 et l'arrivée de Nicolas Sarkozy à l'Élysée. En effet, la position nette de la France (les comptes de la maison France) vis-à-vis du reste du monde s'est fortement dégradée. En 2008, la France devait 250 milliards d'euros au reste du monde, 192 milliards en 2010, quand notre position était historiquement positive.

"J'aimerais savoir la part réelle des collectivités territoriales dans la dette publique" (Gwb).
M. D. et E. L. : Cette part est très faible : 163 milliards d'euros, soit moins de 10 % du total de la dette publique. Et ce n'est pas un hasard : juridiquement les collectivités territoriales ne peuvent s'endetter que pour investir. Bref, hors investissement, en dur, leurs comptes doivent être à l'équilibre. La "règle d'or" oblige à ce que l'emprunt soit "réservé au financement de l'investissement", selon les mots de la Cour des comptes.

"Nous aimerions connaître le coût du surcroît de fonctionnaires depuis quatre ans ; ça n'atteint pas 500 milliards, mais quand même" (Conleau). "Je voudrais comprendre : un article de La Tribune de ce jour (le 16/01) signé Yvan Best dit le contraire. À savoir : 60 milliards du fait du gouvernement. 540 milliards la crise. Merci de m'éclairer." "Je ne veux pas casser l'ambiance, mais 500 milliards, c'est de la dette créée depuis le début du quinquennat. Il ne faut pas oublier les intérêts de la dette et certains courent sur 40 ans." On arrive à combien ? (piquant 22).
M. D. et E. L. : Piquant, il y a une différence entre ce que je dois, ma dette, et ce que je paye annuellement au titre des intérêts. La question devient donc : combien de temps et à quel taux ? La maturité moyenne de la dette française, c'est-à-dire son temps de vie, atteignait en moyenne 7 ans et 49 jours fin novembre dernier. Reste à déterminer le taux d'intérêt. Sauf que celui-ci est une composante inconnue. Ce que l'on sait, c'est qu'aujourd'hui, ce taux est historiquement bas, de l'ordre de 2,5 %. Aussi, si l'on figeait tous les paramètres selon leur valeur d'aujourd'hui, hypothèse d'école, ces 500 milliards devraient-ils générer 90 milliards d'intérêts.

"Sarkozy est-il le pire dépensier parmi les présidents de la République ? Bonne question, mais les colonnes de Buren ou le musée de Sarran ne me semblent pas, non plus, un symbole de respect des deniers publics" (konifl).
M. D. et E. L. : Konifl, vous citez deux des nombreuses "danseuses" que les prédécesseurs de Nicolas Sarkozy se sont offertes. Ces "dépenses", même si on peut discuter de leur opportunité, ne sont pas très lourdes. Si l'on s'écarte des très grandes masses du quinquennat que sont les réformes de la taxe professionnelle (voir ci-dessus) ou celles encapsulées dans la loi Tepa, le quinquennat de notre président est, lui aussi, jalonné de petites dépenses tout aussi contestables. Ainsi de la gratuité de la scolarité au sein des lycées français de l'étranger pour les enfants d'expatriés. Pour s'attirer les bonnes grâces et les votes futurs de ces électeurs qui enverront une vingtaine de nouveaux députés à la prochaine assemblée législative, Nicolas Sarkozy a mis sur la table 40 milliards. Or, rendre gratuite la scolarisation des enfants d'expatriés, alors que, pour l'essentiel, ces salariés voient déjà leur rémunération prendre en compte ce surcoût, revient à leur faire cadeau de ce montant.

4 - Une pointe d'agressivité perce de-ci, de-là contre les journalistes qui exposent des faits inquiétants. La question peut être une provocation qui n'attend pas de réponse : "Mélanie Delattre, journaliste au Point, et Emmanuel Lévy, à Marianne, recensent avec gourmandise et sévérité les petites et grandes libéralités du président de la République avec ses amis"... Donnez-nous vos solutions..." (Martino). Elle est plus souvent politique : ce livre ne fait-il pas le jeu des opposants au président ? "Selon Sarkozy, c'est la crise qui a plombé son bilan, vous semblez remettre en question cette présentation des faits. Pouvez-vous expliquer votre raisonnement ? (bcrg-xp)" "Nos journalistes veulent-ils le PS au pouvoir, coûte que coûte ?" (gabinger).
M. D. et E. L. : Les articles consacrés à notre livre ont retenu l'impression générale, qui est celle d'un Sarkozy dépensier. Mais il y a évidemment aussi eu du bon dans sa politique, ce que nous rappelons évidemment. Par exemple, nous consacrons un chapitre entier aux bonnes surprises du mandat qu'ont été ses réformes des retraites et des universités. Nous insistons également sur le fait que son activisme a été utile dans la crise, qu'il a permis de donner à la France un rôle dans les négociations que son poids économique réel ne justifiait pas, dans un chapitre intitulé "Action Man".
Ceux qui nous accusent d'avoir livré un pamphlet antisarkozyste n'ont pas lu le livre. Publier un bilan chiffré du mandat, c'est une façon de mettre la pression sur le prochain président, qu'il soit de gauche ou de droite, pour qu'il chiffre ses propositions de manière réaliste et s'y tienne, sous peine d'un nouveau brûlot en 2017 !

"Avant Sarkozy, nous vivions donc dans un Éden où tout était propre. Giscard, Mitterrand, Chirac, de gros bisounours gentils, économes, honnêtes, se nourrissant de rien, voyageant à bicyclette, économes en tout. Pas de déficits, pas de dettes, partageant le pain avec les pauvres, etc. Un paradis !" Le jedi donne le ton des lecteurs qui trouvent la charge injuste, et souhaiteraient une relativisation : "500 milliards, dites-vous, combien de valeurs ont-elles été gaspillées depuis la fin de la guerre ? Ne serait-ce que l'argent reçu par les syndicats sans aucun contrôle, les scandales financiers multiples, les détournements, l'affaire ELF, l'affaire de la Société générale, du Crédit lyonnais, des avions "renifleurs de Giscard..." (LODS).
M. D. et E. L. : Non évidemment, Nicolas Sarkozy n'a pas transformé en enfer un monde de Bisounours dont il aurait hérité en 2007. Mais une remarque. S'il y a bien un marqueur de ce président, et c'est tout à son honneur, c'est de s'enorgueillir de l'héritage de la France, et de là, d'en assumer la responsabilité. Ce qui est vrai de la résistance l'est également des comptes publics. Le président aime la politique parce qu'il croit qu'elle peut changer les choses, pas les effacer. En arrivant au pouvoir, Nicolas Sarkozy "prend les clés du camion France" en l'état. État qu'il connaît par ailleurs. Et aujourd'hui, il nous dit que seule la crise est responsable. Nous avons voulu aller plus loin que ce qui était fait d'ordinaire, où le bilan se déduisait d'une simple soustraction : (montant de la dette en fin de mandat) - (montant de la dette en début de mandat). Notre démarche a visé à séparer précisément en trois composantes la dette que le président laissera en fin de mandat.

5 - La réaction majoritaire, dans les commentaires, n'en reste pas moins alarmée. "Il y a quelque chose de pourri au royaume du Danemark" : dubitatif rend compte de l'humeur générale en empruntant à Shakespeare. On en vient à s'inquiéter pour les journalistes. "Félicitations aux auteurs pour ce formidable travail qui élucide et informe. J'aurais voulu savoir : quelles réactions avez-vous rencontrées après la publication ? Y a-t-il des menaces ?" (Ojo de la Fontaine).
M. D. et E. L. : Notre livre n'a donné lieu à aucune menace, mais à des débats animés. Avec M. Éric Besson sur BFMTV (http://www.bfmtv.com/#!bfmtv-2012-l-interview-le-point-eric-besson-actu21942.html) ou entre M. Lellouche (UMP) et M. Cahuzac (PS) s'inspirant de nos chiffres dans l'émission "Mots croisés" du 16 janvier sur France 2.

PS : deux questions ont été ajoutées à la première série. Pourquoi mesurez-vous l'impact du non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux sur une seule année alors que les effets vont s'en faire sentir sur des années ? Que se passerait-il pour les finances publiques si cette mesure n'était pas appliquée ? Que s'est-il passé pour les effectifs de la fonction publique au cours des 30 dernières années ? Est-il exact que les moyens technologiques permettant un traitement plus aisé des droits et devoirs des administrés aient suffisamment évolué pour le permettre ? Que se serait-il passé si la réforme des retraites n'était pas passée ?
M. D. et E. L. : Concernant le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux, présenté comme "la" grande mesure de réduction des dépenses du quinquennat, nous utilisons les données disponibles aujourd'hui, qui montrent que les économies attendues ont été bien moindres que prévu, en raison des primes accordées pour faire passer la pilule, et des heures sup générées par la désorganisation des services. Finalement, 80 % du gain réalisé est reparti dans la poche des fonctionnaires en 2009 et 67 % en 2010 : c'est mieux que les 50 % promis par Nicolas Sarkozy en 2007, ce qui explique sans doute que, malgré l'effort réalisé, la masse salariale n'ait pas baissé dans la fonction publique pendant le quinquennat. Cela ne nous empêche pas de rappeler que "ce sont des milliers d'euros de retraite qui seront économisés dans 60 ans", comme le souligne justement minos1234.

Pourquoi ne faites-vous pas un petit rappel de l'historique de l'affaire Tapie ? Qui l'a mis sur orbite et que se serait-il passé s'il n'y avait pas eu accord ? Combien cela risquait de coûter ? Pourquoi la presse en général, et vous en particulier, mettez-vous une baisse de la dépense publique au même niveau qu'une baisse de prélèvements alors qu'il ne s'agit pas du tout de la même chose, et que les effets ne sont pas les mêmes ?
M. D. et E. L. : Faux procès, cher minos1234, car nous faisons justement un retour sur les péripéties judiciaires de l'affaire Tapie dans notre chapitre sur "les cadeaux aux amis". Nous y rappelons notamment qu'avant que l'ancien ministre de la Ville ne porte l'affaire devant la Cour de cassation, la cour d'appel de Paris avait condamné l'État, via le consortium de réalisation (CDR) - véhicule qui porte les actifs du Crédit lyonnais depuis sa privatisation -, à indemniser les époux Tapie à hauteur de 135 millions bruts, dont un euro au titre du préjudice moral. En faisant intervenir un tribunal arbitral privé (dont l'intervention de chacun des trois membres a coûté 300 000 euros à l'État), la ministre de l'Économie Christine Lagarde a permis aux plaignants d'obtenir 390 millions d'euros, dont 45 millions pour le seul préjudice moral, soit presque trois fois ce que la justice ordinaire avait accordé... Difficile d'imaginer qu'une cour d'appel ayant à statuer une seconde fois sur l'affaire se serait montrée aussi généreuse.Click here to find out more!
Par Marie-Christine Poncet, pour l'équipe de modération

 

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