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11 décembre 2010 6 11 /12 /décembre /2010 04:54

Régis Soubrouillard - Marianne | Vendredi 10 Décembre 2010

 

Après avoir lancé, en 2005, un appel vibrant aux plombiers polonais à se présenter en France pour travailler, l'ultra-libéral et ancien commissaire européen Frits Bolkestein a invité les juifs de son pays à quitter les Pays-Bas, invoquant l'incapacité du pays à les protéger des jeunes marocains anti-sémites.



Frits Bolkestein
Frits Bolkestein
Jusqu’ici, Bolkestein désignait un projet de directive de loi européen visant à libéraliser le marché des européen des services. Ancien commissaire au marché intérieur, cet ultra-libéral néerlandais entendait réduire les formalités administratives entre états membres de l’Union.
En théorie, rien d’inquiétant, dans les faits, la directive incluait la notion de « pays d’origine » tant décrié par les défenseurs du modèle social européen. Selon ce principe, si le prestataire étranger fournit ses services à distance, il sera payé aux conditions de son pays d’origine (salaire minimum, temps de travail, hygiène et sécurité). Un « libre marché » libéré de l’interventionnisme étatique et de toute forme de protectionnisme des industries locales.

De là naquit la fameuse polémique du « plombier polonais » au printemps 2005, prolétaire des temps modernes et symbole du dumping social au sein de l’Union.
Depuis lors, Bolkestein se faisait discret. N’y tenant plus, Frits est sorti du bois récemment. Et le Batave ne fait pas dans la dentelle.  Dans un livre consacré au judaïsme aux Pays-Bas écrit par le chercheur Manfred Gerstenfeld, un survivant de l’Holocauste, l’ex commissaire européen écrit : « Les juifs conscients doivent réaliser qu'il n'y a plus d'avenir aux Pays-Bas ».
D'après le quotidien israélien Haaretz, Frits Bolkestein y dit avoir une confiance limitée dans la capacité du gouvernement à combattre l'antisémitisme, au vu des actes antisémites des dix dernières années aux Pays-Bas.

L'alliance des ultra-libéraux et des populistes
Frits Bolkestein leur conseille donc d'émigrer vers les Etats-Unis ou Israël. Le conseil s’adresse particulièrement aux « Juifs orthodoxes qui risquent d'être victimes d'un antisémitisme qui serait en expansion parmi les jeunes d'origine marocaine. Les juifs conscients doivent réaliser qu'il n'y a plus d'avenir aux Pays-Bas ». Le populiste Geert Wilders en a fait des gorges chaudes : « ce n’est pas aux Juifs mais aux Marocains antisémites de quitter le pays ».

Des déclarations sur fond d’accord de coalition fragiles conclus entre le Parti VVD du libéral Mark Rutte et le Parti de la Liberté -anti islam- de Geert Wilders qui n'en finissent pas de faire des vagues. 
Partisan de l’abolition des frontières, libéral et mondialiste à souhait, Bolkestein estime ainsi que « l’intégration des minorités est le problème le plus important qui se pose à l’Europe », constatant l'échec du multiculturalisme, il ne voit d'autre solution pour les juifs que de quitter l’Europe. Un appel à l'émigration en forme de refuge à l’intérieur des frontières protégées de la Terre promise. Paradoxal.
 
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11 décembre 2010 6 11 /12 /décembre /2010 04:43
Laurent Pinsolle - Blogueur Associé
Eternelle, la monnaie unique ? Laurent Pinsolle revient sur la scission de la Tchécoslovaquie en s'appuyant sur une étude de trois économiste européens.


Ce week-end, grâce à Jean-Pierre Gérard, j’ai pu lire un des rapports les plus éclairants sur la faillite à venir de la monnaie unique européenne. Il est issu d’un Institut Allemand sur le Rapprochement Européen, au sujet de la scission monétaire de la Tchécoslovaquie.

Petit retour historique
L’étude à laquelle je me réfère a été rédigée en 1999 par trois économistes. Elle est issue du ZEI, le Centre pour les Etudes sur l’Intégration Européenne de l’université de Bonn, dont je vous invite à visiter le site pour bien constater qu’il ne peut guère être accusé d’euroscepticisme, puisque son objectif déclaré est de « contribuer à trouver des solutions aux problèmes non résolus d’intégration européenne et la construction du rôle international de l’Europe ».
Cette étude revient sur la scission de la Tchécoslovaquie au début des années 90. En juin 1992, les élections législatives produisent un résultat insoluble où, dans la partie Tchèque, une coalition de droite l’emporte alors que dans la région Slovaque, c’est la gauche qui l’emporte. Assez rapidement, les tchécoslovaques s’entendent pour couper le pays en deux au 1er janvier 1993. Et l’union monétaire qu’ils souhaitaient pourtant conserver se disloque dès le mois de février.

La Tchécoslovaquie n’était pas une Zone Monétaire Optimale
Fin d’une monnaie unique : le précédent tchécoslovaque
Les auteurs concluent que ce sont des raisons politiques qui ont conduit à la rupture. Mais alors que l’Union Européenne se dirigeait vers la création de l’euro, ils se demandent tout de même si la Tchécoslovaquie était une Zone Monétaire Optimale et s’il y avait un sens à revenir à des monnaies nationales. Ils décrivent donc les trois conditions qui définissent une ZMO : le budget central, la mobilité des travailleurs et la convergence macro-économique. Et, surprise, leur résultat est négatif.
S’il existait bien sûr un budget central, qui assurait des transferts importants, les deux autres facteurs n’étaient pas vérifiés. En effet, la mobilité des travailleurs entre les deux parties du pays était très faible malgré des différences de salaires qui auraient du y inciter. En outre, il n’y avait pas de convergence, les économies ne s’étant pas du tout rapprochées depuis l’après-guerre. Ils notent en revanche que la séparation a contribué à réduire les échanges entre les deux nouveaux pays.

Des leçons pour la zone euro
L’exemple de la Tchécoslovaquie est redoutable pour les défenseurs de la monnaie unique. Voici un pays d’une taille limitée, qui a existé pendant soixante-dix ans, avec un budget commun, et dont on imagine que la convergence était facile. Mais non, ni l’unité budgétaire, ni l’autorité d’un Etat commun et autoritaire pendant si longtemps n’ont permis à la Slovaquie et à la République Tchèque de se fondre en ce que les économistes appellent une Zone Monétaire Optimale.
Ces soixante-dix ans d’histoire commune n’ont ni développé la mobilité de la population ni la convergence des structures économiques. Autant dire que ce qui n’a pas été possible en plusieurs décennies avec un Etat central fort sur un petit territoire est donc totalement impossible à l’échelle d’une zone euro aussi grande et diverse. Même un Etat extrêmement fort et autoritaire ne ferait pas du continent européen ou même d’un petit groupe de pays une Zone Monétaire Optimale.
Bref, la lecture de ce rapport sur la séparation monétaire de la Slovaquie et la République Tchèque démontre que l’aventure de la monnaie unique est décidemment bien hasardeuse. Heureusement les auteurs concluent qu’une sortie de l’euro ne serait ni compliquée ni chère.


Retrouvez tous les articles de Laurent Pinsolle sur son blog

http://www.marianne2.fr/Fin-d-une-monnaie-unique-le-precedent-tchecoslovaque_a200567.html
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11 décembre 2010 6 11 /12 /décembre /2010 02:44

http://www.metiers-quebec.org/environnement/tech_hygiene.htm

 

 

 

 

Suite au post que j'ai publié ici,

Société toxique: Dépopulation, féminisation, hommes dévirilisés, mutations..

 

et là (blog désinformation)

Chut ! Notre société est TOXIQUE : Féminisation, dévirilisation, mutations..

http://anti-fr2-cdsl-air-etc.over-blog.com/article-chut-notre-societe-est-toxique-feminisation-devirilisation-mutations-62722964.html

 

 

je reçois ce courriel, intéressant :

 

 

 

EVA, bonsoir.

 

Suite à votre article <Chut ! Notre société est TOXIQUE : Féminisation, dévirilisation, mutations..> paru dans le dernier post eva desinfo, en ce qui nous concerne, nous Musulmans, on a été informé par notre prophète (sws) dans le haddith suivant:


< Le nombre des hommes diminuera et le nombre des femmes augmentera, jusqu’à ce qu’il y ait 50 femmes pour séduire un seul homme >.

Ne pas oublier que cette prédiction de notre prophète date de plus de 14 siècles

 


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10 décembre 2010 5 10 /12 /décembre /2010 20:43
Eric Toussaint
Vendredi 10 Décembre 2010


Quelques fondements juridiques de l’annulation de la dette
Plusieurs fondements juridiques justifient l’annulation (ou répudiation) de la dette. Sont résumées dans cet article, les notions de “dette odieuse”, “force majeure” et “état de nécessité ”. D’autres arguments juridiques peuvent être également invoqués mais ils ne seront pas abordés ici. 
1. La "Dette odieuse" |1|
Les dettes des Etats contractées contre les intérêts des populations locales sont juridiquement frappées de nullité.
Selon Alexander Sack, théoricien de cette doctrine, qui s’est depuis enrichie, “ Si un pouvoir despotique contracte une dette non pas selon les besoins et les intérêts de l’Etat, mais pour fortifier son régime despotique, pour réprimer la population qui le combat, cette dette est odieuse pour la population de l’Etat entier (…) Cette dette n’est pas obligatoire pour la nation : c’est une dette de régime, dette personnelle du pouvoir qui l’a contractée ; par conséquent, elle tombe avec la chute de ce pouvoir ” (Sack, 1927).
Ainsi, les dettes contractées à l’encontre des intérêts de la population du territoire endetté sont “odieuses” et, en cas de changement de régime, les nouvelles autorités ne sont pas tenues de les rembourser.
La doctrine de la dette odieuse trouve son origine au 19ème siècle |2|. Une de ses applications remonte à l’année 1898, lorsque les Etats-Unis prirent le contrôle de Cuba après la guerre contre l’Espagne |3| et que celle-ci leur demanda d’assumer la dette cubaine à l’égard de la couronne espagnole. La Commission de négociation des Etats-Unis refusa cette dette, la qualifiant de “poids imposé au peuple cubain sans son accord”.
Selon ses arguments, “la dette fut créée par le gouvernement de l’Espagne pour ses propres intérêts et par ses propres agents. Cuba n’a pas eu voix au chapitre”. La Commission ajouta que “les créanciers ont accepté le risque de leurs investissements”. Le litige fut éteint par la conclusion d’un traité international entre les Etats-Unis et l’Espagne signé à Paris en 1898. La dette fut entièrement annulée.
Plus tard, en 1923, une Cour d’arbitrage internationale, présidée par le juge Taft, président de la Cour suprême des Etats-Unis, déclara que les prêts concédés par une banque britannique (établie au Canada) au président Tinoco du Costa Rica étaient nuls parce qu’ils n’avaient pas servi les intérêts du pays mais bien l’intérêt personnel d’un gouvernement non démocratique. Le juge Taft déclara à cette occasion que “le cas de la Banque royale ne dépend pas simplement de la forme de la transaction, mais de la bonne foi de la banque lors du prêt pour l’usage réel du gouvernement costaricain sous le régime de Tinoco. La Banque doit prouver que l’argent fut prêté au gouvernement pour des usages légitimes. Elle ne l’a pas fait.” (Juge Taft, cité dans Adams, 1991, p. 168).
Les régimes légaux qui succédèrent aux dictatures d’Amérique latine dans les années 1980 (Argentine, Uruguay, Brésil, etc.) auraient pu s’appuyer sur le droit international pour obtenir l’annulation des dettes odieuses contractées par les régimes militaires. Ils n’en ont rien fait. Le gouvernement des Etats-Unis y a veillé méticuleusement. Et pour cause : les dictatures avaient été soutenues activement (quand elles n’avaient pas été mises en place) par les Etats-Unis et les principaux créanciers n’étaient autres que les banques des Etats-Unis. Sous d’autres cieux aussi, d’autres pays auraient parfaitement pu exiger l’annulation de dettes odieuses. Pour ne citer que quelques autres exemples flagrants : les Philippines après le renversement du dictateur Ferdinand Marcos en 1986, le Rwanda en 1994 après le génocide perpétré par le régime dictatorial |4|, la République sud-africaine au sortir de l’apartheid, la République démocratique du Congo en 1997 après le renversement de Mobutu, l’Indonésie en 1998 après le départ de Suharto, etc.
« La responsabilité morale des créanciers est particulièrement nette dans le cas des prêts de la guerre froide. Quand le FMI et la Banque mondiale prêtaient de l’argent à Mobutu, le célèbre président du Zaïre (aujourd’hui République démocratique du Congo), ils savaient (ou auraient dû savoir) que ces sommes, pour l’essentiel, ne serviraient pas à aider les pauvres de ce pays mais à enrichir Mobutu. On payait ce dirigeant corrompu pour qu’il maintienne son pays fermement aligné sur l’Occident. Beaucoup estiment injuste que les contribuables des pays qui se trouvaient dans cette situation soient tenus de rembourser les prêts consentis à des gouvernants corrompus qui ne les représentaient pas.  »
Joseph Stiglitz, La grande désillusion
Au lieu de fonder un refus de reconnaissance de dette sur le droit national et international, les nouveaux gouvernants préférèrent négocier des rééchelonnements et des allégements cosmétiques avec les créanciers. Ils entrèrent ainsi dans le cycle interminable de l’endettement extérieur dont les peuples font toujours les frais.
La doctrine de la “dette odieuse” a été évoquée régulièrement par différents mouvements citoyens favorables à l’annulation des dettes mais les régimes post-dictature et, bien sûr, les créanciers ont fait la sourde oreille. Le débat a été relancé par le gouvernement des Etats-Unis en avril 2003. Dans des circonstances qui ne sont pas sans rappeler le précédent de la guerre entre l’Espagne et les Etats-Unis en 1898, les Etats-Unis ont demandé à la Russie, la France et l’Allemagne d’annuler les dettes odieuses dont l’Irak était redevable. Reprenant textuellement la définition de la dette odieuse formulée plus haut, ils ont affirmé que les dettes contractées par le dictateur Saddam Hussein étaient frappées de nullité. La situation s’est réglée au sein du Club de Paris qui a annulé 80 % de la dette, sans finalement faire référence à la notion de dette odieuse, pour éviter que d’autres pays réclament l’annulation de leurs dettes en invoquant le même motif.
Pour avancer dans la perspective de l’identification de la dette odieuse, le recours à une enquête citoyenne (audit) sur la légitimité des dettes dont les créanciers exigent le remboursement, constitue un outil fondamental. Les parlements et les gouvernements des pays endettés pourraient réaliser un audit de la dette. Certains pays sont dotés de dispositions constitutionnelles qui le prévoient explicitement (Brésil – Constitution de 1988). De puissantes mobilisations citoyennes ont revendiqué dans différents pays la mise en route d’une procédure d’audit. Ce fut le cas au Brésil en septembre 2000 quand la Campagne Jubilé Sud, la Conférence nationale des Evêques, le Mouvement des Sans Terre (MST), la Centrale unitaire des Travailleurs (CUT) organisèrent un référendum sur la dette. Six millions de citoyens et citoyennes y participèrent, dont plus de 95 % appuyèrent la demande d’organisation d’un audit.
La réalisation d’audits avec pour fonction de déterminer le caractère odieux ou non de tout ou partie des dettes d’un pays constitue un enjeu de toute première importance. Ci-dessous, un tableau provisoire et non exhaustif des dettes odieuses pour une liste limitée de pays prouve que les montants concernés par la dette odieuse sont tout à fait considérables. Le tableau est provisoire car la fonction de l’audit (avec participation citoyenne) vise précisément à déterminer de manière rigoureuse l’ampleur de la dette odieuse frappée de nullité. Il n’en constitue pas moins une incitation à la réflexion, à la recherche et à l’action citoyenne.
Une dette largement odieuse (en Mds $)
Pays Régime dictatorial Période de la dictature Dette odieuse (dictature) Stock de la dette en 2007 (en Mds $)
Indonésie Suharto 1965-1998 151 141
Irak Saddam Hussein 1979-2003 122 81
Brésil Junte militaire 1965-1985 104 237
Argentine Junte militaire 1976-1983 37 128
Corée du Sud Régime militaire 1961-1987 33 249
Philippines Marcos 1965-1986 28 66
Turquie Régime militaire 1980-1989 23 251
Maroc Hassan II 1961-1999 23 20
Afrique du Sud Apartheid 1948-1991 22 43
Thaïlande Militaires 1966-1988 22 63
Chili Pinochet 1973-1990 15 59
Tunisie Ben Ali 1987- 13 20
Zaïre/RDC Mobutu 1965-1997 12 12
Nigeria Buhari/Abacha 1984-1998 12 9
Pakistan Militaires 1978-1988 9 41
Pakistan Pervez Musharraf 1999-2008 16
Pérou Fujimori 1990-2000 9 32
Soudan Nimeiry 1969-1985 9 19
Ethiopie Mengistu 1977-1991 9 2,6
Kenya arap Moi 1978-2003 5,7 7,4
Congo Sassou 1979- 4,2 5,2
Iran Shah 1941-1979 4,5 21
Bolivie Junte militaire 1964-1982 3,3 4,9
Myanmar (Birmanie) Régime militaire 1988- 3 7,4
Guatemala Régime militaire 1954-1985 2,7 6,3
Mali Traoré 1968-1991 2,6 2,0
Paraguay Stroessner 1954-1989 2,4 3,6
Somalie Siad Barre 1969-1991 2,4 2,9
Malawi Banda 1966-1994 2,0 0,9
Togo Eyadema 1967- 2,0 2,0
Cambodge Khmers Rouges 1976-1989 1,7 3,8
Liberia Doe 1980-1990 1,1 2,5
Rwanda Habyarimana 1973-1994 1,0 0,5
Salvador Junte militaire 1962-1980 0,9 8,8
Nicaragua Anastasio Somoza 1974-1979 0,9 3,4
Haïti Duvalier 1957-1986 0,7 1,6
Ouganda Idi Amin Dada 1971-1979 0,4 1,6
Centrafrique Bokassa 1966-1979 0,2 1,0
[La dette odieuse calculée est celle contractée durant la dictature, sans compter la partie contractée après la dictature pour rembourser une dette odieuse de la dictature.]
Ce tableau a été réalisé par Damien Millet et l’auteur sur la base d’un travail préliminaire de Joseph Hanlon (2002).
Les montants considérés comme dette odieuse (colonne 4) sont dans la plupart des cas inférieurs à la réalité car ils ne se rapportent qu’à la période dictatoriale stricto sensu. Ils ne prennent donc pas en compte les dettes, elles aussi nulles, contractées pour rembourser les dettes odieuses. Il s’agit, à travers l’audit, de déterminer le montant exact des dettes qui entrent dans la catégorie des dettes odieuses. Il s’agit également de compléter la liste des pays concernés.
Concernant la dette odieuse, plusieurs compléments doivent être apportés à la doctrine formulée par Alexander Sack au siècle passé. Le Center for International Sustainable Development Law (CISDL) de l’Université McGill (Canada) a proposé une définition générale qui paraît tout à fait appropriée : “ Les dettes odieuses sont celles qui ont été contractées contre les intérêts de la population d’un Etat, sans son consentement et en toute connaissance de cause par les créanciers ” (Khalfan et al., “ Advancing the Odious Debt Doctrine ”, 2002, cité dans Global Economic Justice Report, Toronto, July 2003).
L’une des trois conditions suivantes permet de qualifier une dette d’odieuse :
1) elle a été contractée par un régime despotique, dictatorial, en vue de consolider son pouvoir ;
2) elle a été contractée non dans l’intérêt du peuple, mais contre son intérêt et/ou dans l’intérêt personnel des dirigeants et des personnes proches du pouvoir ;
3) les créanciers étaient en mesure de connaître la destination odieuse des fonds prêtés.
C’est le fameux triptyque : absence de consentement, absence de bénéfice, connaissance des créanciers.
Il ne faut pas abandonner la perspective d’ouvrir à nouveau ce dossier de la dette odieuse même s’il est considéré comme clos par les créanciers, toutes catégories confondues. Les Etats endettés n’ont pas fini de rembourser des dettes odieuses. Ils peuvent encore fonder en droit une décision de répudiation de ces dettes. Par ailleurs, les nouvelles dettes contractées dans les années 1990 et au début des années 2000 par des régimes légitimes, pour rembourser des dettes odieuses contractées par les régimes despotiques qui les ont précédés, devraient tomber elles-mêmes dans la catégorie des dettes odieuses. C’est ce qu’avancent différents experts tels que le CISDL cité plus haut, auquel il faut ajouter Joseph Hanlon (Grande-Bretagne), Hugo Ruiz Diaz (Paraguay), Alejandro Olmos (Argentine) et Patricio Pazmino (Equateur) |5|.
La définition avancée par le CISDL implique que des créanciers privés qui ont prêté (ou prêtent) de l’argent à des régimes (légitimes ou non) ou à des entreprises bénéficiant de la garantie de l’Etat pour des projets qui n’ont pas fait l’objet d’une consultation démocratique et qui sont dommageables pour la société, prennent le risque de voir ces créances annulées (a fortiori si s’ajoute à cela la complicité active ou passive du créancier à l’égard de détournement de fonds). De nombreux projets anciens ou récents entrent dans cette catégorie (pensons au méga-barrage des Trois Gorges en Chine). Etendre la notion de dette odieuse doit forcer les créanciers à engager clairement leur responsabilité et à se plier à des règles démocratiques, sociales et environnementales sous peine d’aboutir à une situation où ils devront abandonner toute idée de récupération des fonds prêtés.
Il s’agit également d’élargir le champ d’application de la doctrine de la dette odieuse aux dettes contractées à l’égard des institutions de Bretton Woods (le FMI, la Banque mondiale et les banques régionales de développement).
Pourquoi ? Le FMI et la Banque mondiale (créanciers multilatéraux) détiennent environ 450 milliards de dollars de créances sur les pays endettés |6| et une grande partie de ces dettes entre dans la catégorie des dettes odieuses.
Voici plusieurs cas de figure où la doctrine de la dette odieuse devrait être d’application dans le cadre de la définition donnée par le CISDL :
1)Les dettes multilatérales contractées par des régimes despotiques (toutes les dictatures mentionnées plus haut ont été soutenues par le FMI et la Banque mondiale) doivent être considérées comme odieuses. Le FMI et la Banque mondiale ne sont pas en droit d’en réclamer le paiement aux régimes démocratiques qui ont succédé aux régimes dictatoriaux (*) ;
2)Les dettes multilatérales contractées par des régimes légaux et légitimes pour rembourser des dettes contractées par des régimes despotiques sont elles-mêmes odieuses. Elles ne doivent pas être remboursées. Ce cas de figure s’applique à une trentaine de pays mentionnés dans le tableau (non exhaustif) ci-dessus (*).
3)Les dettes multilatérales contractées par des régimes légaux et légitimes dans le cadre de politiques d’ajustement structurel préjudiciables aux populations sont également odieuses (la démonstration du caractère préjudiciable de celles-ci a été faite par de nombreux auteurs et organismes internationaux – notamment des organes de l’ONU, voir plus loin). Le fait que pendant près de trente ans, la Banque mondiale et le FMI ont, contre vents et marées, défini et imposé des conditionnalités qui se sont avérées catastrophiques au niveau de la garantie des droits fondamentaux des êtres humains constitue un dol |7|. à l’égard des emprunteurs et de leurs populations. Le contrat d’emprunt en question est frappé de nullité. Les lettres d’intention que les autorités des pays endettés sont obligées d’envoyer au FMI et à la Banque mondiale (sous leur dictée) constituent un artifice construit par ces institutions afin d’être disculpées face à d’éventuelles poursuites judiciaires. Cette procédure n’est qu’un artifice |8| : tout comme un individu NE peut PAS accepter d’être réduit en esclavage (le contrat par lequel il aurait renoncé à sa liberté n’a strictement aucune valeur légale), un gouvernement ne peut pas renoncer à l’exercice de la souveraineté de son pays. Dans la mesure où elle annihile l’exercice de la souveraineté d’un Etat, cette lettre est nulle. Les institutions de Bretton Woods ne peuvent pas utiliser la lettre d’intention pour se disculper. Elles restent pleinement responsables des torts causés aux populations via l’application des conditionnalités qu’elles imposent (l’ajustement structurel, aujourd’hui rebaptisé Cadre Stratégique de Lutte contre la Pauvreté - CSLP - pour les PPTE ou Facilité pour la Réduction de la Pauvreté et la Croissance - FRPC - pour les autres)
4)Il faudrait également prendre en considération le caractère antidémocratique des institutions de Bretton Woods elles-mêmes (majorité requise de 85% ; droit de veto accordé de fait aux Etats-Unis qui détiennent environ 17% des voix ; déséquilibre évident dans la répartition des voix).
5)Simultanément aux actions menées en faveur de l’annulation des créances multilatérales, il s’agit de mener un combat pour obtenir des réparations de la part des institutions de Bretton Woods à l’égard des populations victimes des dégâts humains et environnementaux causés par leurs politiques (*).
6)Enfin, il s’agit de poursuivre au civil et au pénal les responsables de ces institutions pour les violations des droits humains fondamentaux auxquelles elles se sont livrées (et se livrent encore) en imposant l’ajustement structurel et/ou en prêtant leur concours à des régimes despotiques (*).
Tous les points marqués de l’astérisque (*) s’appliquent également aux dettes bilatérales et aux créanciers bilatéraux.
2. La “force majeure” et le “changement fondamental de circonstances”
On peut aussi soutenir en droit l’annulation de la dette et la suppression de son remboursement en invoquant l’argument de la force majeure |9| et celui du changement fondamental de circonstances. Au niveau du Droit international, la Commission de Droit international de l’ONU (CDI) définit ainsi la “force majeure” : "L’impossibilité d’agir légalement (…) est la situation dans laquelle un événement imprévu et extérieur à la volonté de celui qui l’invoque le met dans l’incapacité absolue de respecter son obligation internationale en vertu du principe selon lequel à l’impossible nul n’est tenu" |10|.
La jurisprudence en matière de droit international reconnaît qu’un changement dans les conditions d’exécution d’un contrat peut l’annuler |11|. Cela signifie en substance que les contrats qui requièrent l’accomplissement d’une succession d’engagements dans le futur sont soumis à la condition que les circonstances ne changent pas (dans le droit commun, il existe différentes doctrines liées à ce principe, y compris “force majeure”, “frustration”, “impossibilité” et “impraticabilité”).
La force majeure et le changement fondamental de circonstances s’appliquent de manière évidente à la crise de la dette des années 1980. En effet, deux facteurs exogènes provoquèrent fondamentalement la crise de la dette à partir de 1982 : la hausse dramatique des taux d’intérêt imposée au niveau international par le gouvernement des Etats-Unis à partir de fin 1979 et la baisse du prix des exportations des pays de la Périphérie à partir de 1980. Ces deux facteurs furent provoqués par les pays créanciers. Ce sont des cas de “force majeure” qui modifient fondamentalement la situation et qui empêchent les débiteurs de remplir leurs obligations |12|.
3. L’état de nécessité
Pour fonder en droit le refus de payer, en plus des arguments mentionnés plus haut, on peut également avancer l’argument de l’état de nécessité. L’état de nécessité peut être invoqué lorsque la poursuite des remboursements implique pour la population des sacrifices qui vont au-delà de ce qui est raisonnable en affectant directement les obligations fondamentales de l’Etat à l’égard des citoyens. A ce propos, la Commission de Droit international de l’ONU (CDI) déclare :
“ On ne peut attendre d’un Etat qu’il ferme ses écoles, ses universités et ses tribunaux, qu’il supprime les services publics de telle sorte qu’il livre sa communauté au chaos et à l’anarchie simplement pour ainsi disposer de l’argent afin de rembourser ses créanciers étrangers ou nationaux. Il y a des limites à ce qu’on peut raisonnablement attendre d’un Etat, de la même façon que d’un individu. ” (CDI, 1980, p. 164-167, cité par Hugo Ruiz Diaz, op. cit.)
Conclusion :
Il ne faut pas attendre que des institutions internationales ou d’autres catégories de créanciers prennent la décision d’annuler la dette publique. C’est l’action résolue d’un Etat ou d’une coalition d’Etats qui pourra conduire à une telle mesure. Les juristes qui se sont réunis à Quito en juillet 2008 ont parfaitement raison d’affirmer : «  Nous soutenons les actes souverains des États qui, fondés en droit, déclarent la nullité d’instruments illicites et illégitimes de la dette publique, et avec elle la suspension des paiements |13|". 

Notes

|1| Pour plus de détails sur les concepts de dettes odieuses et illégitimes, voir « Dette illégitime : l’actualité de la dette odieuse. Position du CADTM », http://www.cadtm.org/Dette-illegiti...
|2| Pour une présentation synthétique, voir Hugo Ruiz Diaz, “ La dette odieuse ou la nullité de la dette”, contribution au deuxième séminaire sur le Droit international et la Dette organisé par le CADTM à Amsterdam en décembre 2002, http://www.cadtm.org/La-dette-odieu...
|3| Cuba 1895-1898 : En 1895, une guerre d’indépendance est déclenchée par le poète José Marti, jacobin aux idées proches du socialisme. Le pays entier est en guerre. José Marti organise l’Armée de Libération (plus de 50.000 combattants) et institue la République en Armes. Plus de 150.000 personnes viennent vivre dans les territoires rebelles. L’Espagne livre la guerre totale en 1896-97, avec des camps de concentration ; quelque 400.000 personnes y sont mortes. Mais l’Espagne échoue malgré l’utilisation de 250.000 soldats et elle se voit obligée de concéder l’autonomie en janvier 1898. Les révolutionnaires n’acceptent pas et continuent la guerre. Les Etats‑Unis déclarent la guerre à l’Espagne. Après une brève campagne au cours de laquelle elle a bénéficié du soutien des révolutionnaires cubains, l’armée des Etats-Unis occupe victorieusement l’île. Sans reconnaître la république cubaine, les Etats-Unis signent un pacte avec l’Espagne où celle-ci renonce à Cuba (Traité de Paris, le 10 décembre 1898). 1898-1902 : l’occupation nord‑américaine dure quasiment quatre ans et oblige les membres de l’Assemblée constituante de 1901 à adopter l’amendement Platt (1902). Cuba doit concéder aux Etats‑Unis un droit d’intervention dans l’île pour "préserver l’indépendance cubaine" et maintenir un gouvernement adéquat afin de "protéger la vie, la propriété et les libertés individuelles". Washington reçoit de plus la base de Guantanamo, pour une période illimitée. Le 20 mai 1902, la République cubaine est fondée. Dès sa naissance et jusqu’à la victoire révolutionnaire du 1er janvier 1959, elle est soumise à la politique extérieure des Etats-Unis (source : Yannick Bovy et Eric Toussaint, 2001, Cuba : Le pas suspendu de la révolution, Cuesmes – Belgique, 2001, p. 36-37).
|4| Dans le cas du Rwanda, le Comité du développement international du Parlement britannique a explicitement évoqué la notion de dette odieuse pour plaider son annulation : “ Une grande partie de la dette extérieure du Rwanda fut contractée par un régime génocidaire… Certains avancent l’argument que ces prêts furent utilisés pour acheter des armes et que l’administration actuelle, et en dernière instance la population du Rwanda, ne devrait pas payer ces dettes “odieuses”. Nous recommandons au gouvernement qu’il pousse tous les créanciers bilatéraux, et en particulier la France, à annuler la dette contractée par le régime antérieur ” (in Report of the British International Development Committee, mai 1998, cité par Chris Jochnich, 2000).
|5| Voir la contribution de ce dernier au Deuxième séminaire sur le Droit et la Dette organisé par le CADTM en décembre 2002 à Amsterdam www.cadtm.org/pages/espanol/...
|6| En général, plus un pays du Sud est pauvre, plus la part de sa dette due à la Banque mondiale et au FMI est élevée. Dans le cas de nombreux pays d’Afrique sans ressources naturelles stratégiques, plus de 70% des dettes sont dus aux institutions de Bretton Woods.
|7| Dol : tromperie commise en vue de décider une personne à conclure un acte juridique ou de l’amener à contracter à des conditions qui lui sont défavorables (définition donnée par le Larousse 2003)
|8| Dans “ La Grande désillusion ”, Joseph Stiglitz décrit une situation qui remonte à l’époque où il était vice-président de la Banque mondiale : “ Une image peut valoir mille mots, et une photo saisie au vol en 1998 et montrée dans le monde entier s’est gravée dans l’esprit de millions de personnes, en particulier dans les ex-colonies. On y voit le directeur général du FMI (…), Michel Camdessus, un ex-bureaucrate du Trésor français, de petite taille et bien vêtu, (…), debout, regard sévère et bras croisés, dominant le président indonésien assis et humilié (il s’agissait du dictateur Suharto, chassé du pouvoir quelques mois plus tard par un soulèvement populaire, NDR). Celui-ci, impuissant, se voit contraint d’abandonner la souveraineté économique de son pays au FMI en échange de l’aide dont il a besoin. Paradoxalement, une bonne partie de cet argent n’a pas servi, en fin de compte, à aider l’Indonésie mais à tirer d’affaire les “ puissances coloniales ” - les créanciers du secteur privé... Officiellement, la “ cérémonie ” était la signature d’une lettre d’accord - ses termes sont dictés par le FMI mais, par artifice, on fait comme si la “ lettre d’intention ” venait du gouvernement concerné ! ”, in Stiglitz, 2002, p. 71)
|9| Pour une analyse de l’argument de la force majeure en matière d’annulation de dette, voir l’étude d’Hugo Ruiz Diaz : “ La dette extérieure : mécanismes juridiques de non paiement, moratoire ou suspension de paiement ”, contribution au Premier séminaire international du CADTM sur le Droit international et la Dette, Bruxelles, décembre 2001.
|10| CDI, Projet d’article 31, A/CN, 4/315, ACDI 1978, II, vol. 1, p. 58
|11| Dans sa formulation originale : Contractus qui habent tractum successivum et dependetiam de futurum, rebus sic stantibus intelligentur.
|12| Charles Fenwick, International Law (3e éd. 1948) : de façon similaire, un des textes définitifs sur la common law explique qu’ “une condition tacite, liée à tous les contrats, est que ceux-ci cessent d’être obligatoires dès qu’il se produit des changements substantiels dans l’état des faits et des conditions sur lesquels ils ont été basés”, in Black’s Law Dictionary 1267 (6e éd. 1990). Voir également, en jurisprudence internationale, la sentence arbitrale rendue le 11 novembre 1912 dans l’affaire d’emprunt d’Etat Turquie/Russie dans laquelle il est dit : “ …l’exception de la force majeure …est opposable en droit international ” (Sentence arbitrale, Recueil des Arbitrages internationaux, T. II, 1928, p. 545 et ss.). Par ailleurs, le Code civil d’Argentine stipule que l’obligation d’un débiteur s’éteint “quand la prestation qui forme la matière de celle-ci devient physiquement ou légalement impossible, sans faute du débiteur” (Arts 724 et 888).
|13| Voir texte intégral de la déclaration finale : http://www.cadtm.org/Conclusions-de.... Pour une argumentation détaillée du point de vue du droit international en faveur de l’acte souverain unilatéral, voir Hugo Ruiz Diaz Balbuena, « La décision souveraine de déclarer la nullité de la dette ou la décision de non paiement de la dette : un droit de l’Etat », http://www.cadtm.org/La-decision-so...


Vendredi 10 Décembre 2010


http://www.cadtm.org/Quelques-fondements-juridiques-de http://www.cadtm.org/Quelques-fondements-juridiques-de

http://www.alterinfo.net/Quelques-fondements-juridiques-de-l-annulation-de-la-dette_a52532.html

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6 décembre 2010 1 06 /12 /décembre /2010 16:51

lundi 6 décembre 2010

 

(sur ce site, des images magnifiques)

http://www.communisme-bolchevisme.net/images_urss_albanie_ddr.htm

 

Certains étaient communistes…, par Giorgio Gaber

[http://dormirajamais.org/]:

 


Quoi? Non, ce n’est pas vrai, je n’ai rien à me reprocher. Enfin je veux dire… je ne crois pas que j’ai fait quelque chose de grave.

Ma vie? Une vie normale. Je n’ai rien volé, même pas à la maison quand j’étais petit, je n’ai tué personne, voyons!… Quelques actes impurs mais c’est normal non?
Je travaille, j’ai une famille, je paie mes impôts. je ne crois pas avoir des fautes… je ne vais même pas à la chasse!
Quoi? Ah, vous parlez d’avant! Ah… mais avant… mais avant je me suis comporté comme tout le monde.
Comment je m’habillais? Je m’habillais, je m’habillais comme maintenant… ben pas vraiment comme maintenant, un peu plus… oui, jeans, pull-over, parka. Pourquoi? C’est pas bien? C’était pratique.
Qu’est-ce que je chantais? Ah ben ça, vous voulez savoir ce que je chantais. Mais oui bien sûr, aussi des chansons populaires, oui… « Ciao bella ciao ». Je dois parler plus fort? Oui, « Ciao bella ciao » je l’ai chantée, d’accord, et aussi l’ « Internationale », mais en chœur, hein!
Oui, ça oui, je l’admets, oui, j’y suis allé, oui, je suis allé les voir moi aussi les Inti Illimani… mais je n’ai pas pleuré!
Comment? Si j’ai des photos dans ma chambre? Ben voyons, bein sûr, les photos de mes parents, ma femme, ma…
Des affiches? Je ne crois pas… Peut-être une, mais petite… Che Ghevara. Mais c’est quoi, un procès?
Non, non, non, moi ça non, moi le poing je ne l’ai jamais montré, le poing non, jamais. Ben en somme, une fois mais… un petit poing, mais vraiment rapide…
Comment? Si j’étais communiste? Eh. J’aime bien les questions directes! Vous voulez savoir si j’étais communiste? Non, non enfin parce que maintenant plus personne n’en parle, tout le monde fait semblant de rien et pourtant vous avez raison il faut mettre certaines choses au clair, une bonne fois pour toutes. Ohhh!
Si j’étais communiste. Mais! Dans quel sens? Enfin, je veux dire…
Certains étaient communistes parce qu’ils étaient en Émilie.
Certains étaient communistes parce que le grand-père, l’oncle, le père… la mère non.
Certains étaient communistes parce qu’il voyait la Russie comme une promesse, la Chine comme une poésie, le communisme comme le Paradis Terrestre.
Certains étaient communistes parce qu’ils se sentaient seuls.
Certains étaient communistes parce qu’ils avaient eu une éducation trop catholique.
Certains étaient communistes parce que le cinéma l’exigeait, le théâtre l’exigeait, la peinture l’exigeait, la littérature aussi… le monde entier l’exigeait.
Certains étaient communistes parce que “L’Histoire est de notre côté!”.
Certains étaient communistes parce qu’on leur avait dit.
Certains étaient communistes parce qu’on ne leur avait pas tout dit.
Certains étaient communistes parce qu’avant ils étaient fascistes.
Certains étaient communistes parce qu’ils avaient compris que la Russie avançait doucement mais sûrement.
Certains étaient communistes parce que Berlinguer était quelqu’un de bien.
Certains étaient communistes parce qu’Andreotti n’était pas quelqu’un de bien.
Certains étaient communistes parce qu’ils étaient riches mais qu’ils aimaient le peuple.
Certains étaient communistes parce qu’ils buvaient du vin et qu’ils étaient émus pendant les fêtes populaires.
Certains étaient communistes parce qu’ils étaient tellement athées qu’ils avaient besoin d’un autre Dieu.
Certains étaient communistes parce qu’ils étaient tellement fascinés par les ouvriers qu’ils voulaient être l’un d’eux.
Certains étaient communistes parce qu’ils n’en pouvaient plus d’être des ouvriers.
Certains étaient communistes parce qu’ils voulaient l’augmentation des salaires.
Certains étaient communistes parce que la bourgeoisie le prolétariat la lutte des classes, m…!
Certains étaient communistes parce que la révolution aujourd’hui non, demain peut-être, mais après-demain sûrement…
Certains étaient communistes parce que “Vive Marx, vive Lénine, vive Mao Tse Toung”.
Certains étaient communistes pour faire enrager leur père.
Certains étaient communistes parce qu’ils regardaient toujours la Rai tre.
Certains étaient communistes par ce que c’était la mode, certains par principe, certains par frustration.
Certains étaient communistes parce qu’ils voulaient tout étatiser.
Certains étaient communistes parce qu’ils ne connaissaient pas les fonctionnaires, les assimilés fonctionnaires, et les employés du secteur parapublic.
Certains étaient communistes parce qu’ils avaient échangé le « matérialisme dialectique » avec l’ « Évangile selon Lénine ».
Certains étaient communistes parce qu’ils étaient convaincus d’avoir derrière eux la classe ouvrière.
Certains étaient communistes parce qu’ils étaient plus communistes que les autres.
Certains étaient communistes parce qu’il y avait le grand Parti Communiste.
Certains étaient communistes malgré le grand Parti Communiste.
Certains étaient communistes parce qu’il n’y avait rien de mieux.
Certains étaient communistes parce que nous avons eu le pire Parti Socialiste d’Europe.
Certains étaient communistes parce que l’État pire que nous seulement l’Ouganda.
Certains étaient communistes parce qu’ils n’en pouvaient plus de quarante années de gouvernements démocrates-chrétiens incapables et mafieux.
Certains étaient communistes parce que piazza Fontana, Brescia, la gare de Bologne, l’Italicus, Ustica, etc. etc. etc.
Certains étaient communistes parce que ceux qui étaient contre étaient communistes.
Certains étaient communistes parce qu’ils ne supportaient plus cette chose sale que nous nous obstinons à appeler démocratie.
Certains croyaient être communistes et que peut-être ils étaient quelque chose d’autre.
Certains étaient communistes parce qu’ils rêvaient d’une liberté différente de celle américaine.
Certains étaient communistes parce qu’ils pensaient pouvoir être vivants et heureux seulement si les autres l’étaient aussi.
Certains étaient communistes parce qu’ils avaient besoin d’être poussés vers quelque chose de nouveau, parce qu’ils étaient prêts à changer chaque jour, parce qu’ils sentaient la nécessité d’une morale différente, parce que c’était peut-être seulement une force, un vol, un rêve, c’était seulement un élan, un désir de changer les choses, de changer la vie.
Certains étaient communistes parce que à côté de cet élan chacun était comme plus que lui-même, il était comme deux personnes en une. D’un côté le labeur quotidien personnel et de l’autre le sentiment d’appartenir à une race qui voulait prendre son vol pour changer vraiment la vie.
Non, aucun regret. Peut-être aussi qu’alors beaucoup avaient ouvert leurs ailes sans être capables de voler, comme des mouettes hypothétiques.
Et maintenant? Maintenant aussi on se sent comme deux personnes: d’un côté l’homme intégré qui traverse avec respect la misère de sa survie quotidienne et de l’autre la mouette, qui n’a même plus l’intention de voler, parce que le rêve s’est désormais rabougri, on se sent comme deux misères dans un seul corps.

La vidéo du texte enregistré en 1991: Giorgio Gaber, Qualcuno era comunista.

Posté par Alaindependant à 13:22 - Com

 

 

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6 décembre 2010 1 06 /12 /décembre /2010 04:48

Aymeric Chauprade, à Moscou en novembre,

interrogé par Xavier Moreau sur la politique étrangère de la Russie.

 


 

 

 

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http://www.mecanopolis.org/?p=20847

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6 décembre 2010 1 06 /12 /décembre /2010 00:24

 

 

C’est dommage mais ils se discréditent eux-mêmes les « conspirationnistes ». À trop vouloir en faire, ils s’isolent et perdent la confiance de leur auditoire. Que les politiciens américains soient méchants, prévaricateurs, hypocrites et menteurs, à peu près tout le monde en convient. Il y a bien entendu une tranche de la petite bourgeoisie qui le nie, mais ce n’est que pour conserver sa valeur marchande sur la bourse des petits boulots intellectuels dans le souk des médias.

Attribuer tous les crimes du monde aux sionistes israéliens n’est pas utile (2). Les sionistes ne sont pas tout puissants, ils ne sont pas aussi intelligents qu’on veut nous le faire croire, ils n’ont pas le don d’ubiquité et il existe d’autres criminels de guerre sur terre. Enfin, ils ne sont pas invincibles comme le Hezbollah l’a prouvé et ils font des erreurs quand leurs alliés les trahissent comme l’attentat de Dubaï l’a démontré.

Jeff Gates est un spécialiste de la politique israélienne et une source fiable de rumeurs des complots ourdis par les sionistes israéliens et leurs suppôts. Analysons ses propos tenus sur le site web Criminal State sous le titre « Wikileaks The Tel-Aviv Connection » (1).

Le titre de l’article en dit long : le coup fumant de l’équipe Wikileaks serait une machination sioniste-israélienne pour détourner les regards des malversations qu’ils commettent en Palestine occupée. L’allégation de machination machiavélique de Jeff Gates est basée sur trois observations que l’auteur présente comme des évidences.

Première remarque que nous livre Jeff Gates : « Que va faire Tel-Aviv, maintenant que tout le monde sait que ce sont les Israéliens et les pro-israéliens qui ont « mis au point » les rapports de renseignement ayant incité les États-Unis à faire la guerre à l’Irak ? ». Vous comprenez la supercherie ? Non ! C’est pourtant l’évidence. George W. Bush, ex-président américain, ne s’est pas laissé entraîner dans l’invasion irakienne par des renseignements erronés. C’est tout le contraire, Bush voulait envahir l’Irak puis l’Afghanistan et il a ordonné à ses alliés sionistes de préparer les documents, les fausses preuves, les artéfacts trafiqués (comme cette ridicule bouteille d’anthrax qu’a exhibée Colin Powell) requis pour vendre ce projet guerrier aux citoyens américains.

Bush et son équipe gouvernementale ne se sont pas laissé duper ; ils ont délibérément trompé les Américains, et les Israéliens, leurs hommes de mains, ont fabriqué le bobard qu’on leur avait commandé. C’est ainsi que s’est construit le complot pour justifier l’attaque de l’Irak.

Deuxième remarque que nous présente le zélé conspirationniste. Il écrit dans cet article du Criminal State : « Le rôle d’Israël dans le processus de paix a disparu des infos. (…) Obama a-t-il hésité un seul instant à soutenir la stratégie récente d’Israël consistant à saboter les négociations de paix ? ». Depuis 1948, date de la première invasion sioniste, il n’y a jamais eu de processus de paix en Palestine, c’est l’auteur lui-même qui l’affirme deux paragraphes plus loin dans son texte.

Les pourparlers directs en cours entre Netanyahu et Mahmoud Abbas ne visent qu’à lui faire parapher la répudiation finale des droits du peuple palestinien. Barak Obama le sait et il ne pense pas que Netanyahu réussira ce coup. Et même si Abbas signait le parchemin de la trahison, le mandat du Président de l’Autorité sans autorité est échu depuis vingt mois et il ne prétend « pourparler » qu’au nom de la population de Cisjordanie, ce qui est déjà un mensonge, sans Gaza et sans les camps de réfugiés de la diaspora, ce qui est une vérité. La signature d’Abbas au bas de ce parchemin ne vaudra rien et sera rejetée par le peuple palestinien.

Finalement, Jeff Gates ne nous convainc que d’une chose, de sa naïveté. Il est pratiquement le seul « ami » des Palestiniens qui croit encore à ces « pourparlers de paix ». Barak Obama lui, n’y croit pas, et pourtant il n’est pas, il n’a jamais été et il ne sera jamais l’ami du peuple palestinien, contrairement aux prétentions de M. Jeff Gates.

Troisième remarque que nous assène le journaliste. Il écrit : « En échange d’un gel de quatre-vingt-dix jours (de moratoire), qu’Obama propose, quelle forme de pot-de-vin l’Amérique fournira-t-elle ? Vingt avions supersoniques F-35 à 150 millions de dollars pièce (sans compter les pièces de rechange, l’entretien, la formation et l’armement). ».

On a vraiment l’impression à lire ces lignes que l’on observe d’un côté le bon président américain Barak Obama qui aimerait bien ne pas armer, ne pas équiper, ne pas entraîner, ne pas payer le contingent installé sur la base américaine israélienne en Méditerranée ; et de l’autre côté on observerait un commandant retors qui par ses manigances et son entêtement parvient à arracher l’armement, la solde et la formation pour ses hommes.

M. Gates, tous les présidents américains depuis Eisenhower, après l’invasion du Canal de Suez par l’armée israélienne, ont toujours équipé, armé, entraîné et payé le contingent israélien installé sur la base américaine au Levant. Barak Obama suit la tradition américaine et le prochain président américain, que ce soit Hillary Clinton ou un autre, fera de même. Tout ceci ne fait pas partie d’une trahison mais de la politique officielle, connue et affirmée des États-Unis d’Amérique Vous êtes presque le seul à ne pas l’avoir observé M. Gates, Mahmoud Abbas, le président échu de l’Autorité sans autorité, le sait, lui.

Le congrès annuel de l’AIPAC, où se pavanent tous les hommes politiques américains, n’est pas une contrainte que s’imposent ces politiciens agressifs, c’est une vitrine qu’ils se sont donnée pour s’exhiber et afficher leur puissance et leur hargne vindicative. Si L’AIPAC ne l’organisait pas, une autre organisation du grand capital américain le ferait et chaque politicien américain s’y précipiterait, chaque année, entre les congrès de nomination des candidats à la présidence.

Wikileaks fait un excellent travail en exposant au grand jour les mensonges dont on nous abreuve quotidiennement et il n’est pas étonnant que son site web soit attaqué et son président pourchassé par Interpol. Espérons qu’il saura leur échapper et qu’il continuera à nous informer des manigances et des complots qui se trament dans notre dos (3).

 

 
P.S.

(1) http://www.robertbibeau.ca/palestin... et http://criminalstate.com/2010/11/wi...

(2) http://www.ism-france.org/news/arti... Parait que l’on ne parle pas beaucoup d’Israël sur Wikileaks, on ne parle pas non plus du Népal. Je le savais depuis longtemps : il y a un lobby pro-népalais tout puissant à Washington qui dirige le monde en cachette…

(3) http://wikileaks.info/

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2 décembre 2010 4 02 /12 /décembre /2010 15:11
  
 

http://geekattitu.de/2010/11/29/wikileaks-plie-suite-a-une-attaque-de-hacker/

 

jeudi 2 décembre 2010 (09h43)

Jeudi matin, on s’acharnait à savoir si Nicolas Sarkozy avait enfin confirmé, la veille, sa candidature présidentielle pour 2012. Quel suspense ! Tout était parti d’une petite confidence à une trentaine d’élus UMP de la « droite populaire », ceux qui aimeraient que l’UMP entretienne une collaboration plus explicite avec le Front National. Ce mercredi soir, Sarkozy expliqua donc qu’il ne serait président que pour « deux mandats, pas plus », et qu’« après, ce sera la dolce vita ». Le même jour, des révélations plus complètes sur les mémos diplomatiques américains par Wikileaks confirmait le caractère instable du Monarque en place.

Sarko, l’inconscient.

Des mémos publiés par Wikileaks, Nicolas Sarkozy lui-même et ses proches conseillers trouveront quelques motifs de satisfaction, ... et les électeurs français des motifs d’inquiétude.

Finalement, Eric Besson avait raison. En novembre 2006, alors au Parti socialiste, il dépeignait Nicolas Sarkozy comme un « atlantiste, libéral et communautariste », qui « ne peut en aucun cas se revendiquer de l’héritage du Général de Gaulle.» Dans la troisième salve de mémos diplomatiques américains communiqués par Wikileaks et publiés par le Monde le 1er décembre, on y découvre de troublantes et inquiétantes confirmations sur cet atlantisme assumé par Nicolas Sarkozy :

Sarkozy est décrit par des diplomates américains en 2007 comme « le président le plus pro-américain depuis la seconde guerre mondiale ». Ces derniers louent « le libéralisme, l’atlantisme et le communautarisme » du futur président, se félicitent de son attitude pro-israélienne ; louent son pragmatisme avec les dictatures du Moyen Orient.

Lors d’une entrevue entre Sarkozy avec l’ambassadeur américain Craig Stapleton et le conseiller économique du président George W. Bush, Allan Hubbard, le 1er août 2005, Sarkozy est allé jusqu’à dévoiler sa candidature, avec 16 mois d’avance sur son annonce officielle, le 14 janvier 2007. Plus grave, alors qu’il était ministre de Jacques Chirac, il critiqua explicitement l’attitude française contre la guerre en Irak : « Sarkozy a exprimé son admiration pour le président Bush, écrivait l’ambassadeur. Sarkozy a dit que, comme le président, lui aussi mettait un point d’honneur à tenir sa parole et à affronter honnêtement les problèmes réels de son pays. (...) Sarkozy s’est lamenté de l’état troublé des relations entre les Etats-Unis et la France au cours des dernières années. Affirmant que c’est quelque chose que lui ’ne ferait jamais’, il a évoqué l’utilisation, par Chirac et Villepin, du veto de la France au Conseil de sécurité contre les Etats-Unis en février 2002 comme étant une réaction injustifiable et excessive.»

Dans un autre mémo, on apprend également que Sarkozy souhaitait l’envoi de troupes françaises en Irak. Il l’avait déclaré au ministre de la justice du président Bush, Alberto Gonzales, en 2006 : « Sarkozy a déclaré que la France et la communauté internationale allaient devoir aider les Etats-Unis à résoudre la situation en Irak. Peut-être en remplaçant l’armée américaine par une force internationale. » Finalement, l’histoire a évité à la France ce joli fiasco : grâce à l’élection de Barack Obama, les délires atlantistes de Nicolas Sarkozy n’ont pu se concrétiser. Mais que penser de ces déclarations officielles, alors qu’il était ministre du gouvernement qu’il critiquait. Sarkozy, à l’époque, voulait jouer à la rupture dans toutes les occasions, même les plus dangereuses et les plus inconséquentes.

Sarko, l’inconstant.

D’autres notes diplomatiques livrent une image ambivalente du monarque. Pragmatiques, les diplomates américains notaient, en décembre dernier, que Sarkozy demeurait l’un des leaders les plus solides d’Europe malgré une forte impopularité : aucun challenger sérieux, un camp tout entier dévoué, un contrôle politique total sur le Parlement, le pays est bien verrouillé. la piètre image que donnait déjà Nicolas Sarkozy, avant même le discrédit supplémentaire apporté par la polémique sécuritaire de l’été dernier. Mais d’autres appréciations, depuis 2007, sont clairement plus inquiétantes sur le caractère présidentiel.

En octobre 2007, un câble diplomatique évoque son divorce avec Cécilia, on y décrit un Sarkozy complètement déstabilisé : cela « risque d’affecter l’équilibre fragile de cette personnalité susceptible et autoritaire (...) Sarkozy lui même a fait état de sa dépendance envers Cécilia -la source de ma force et mon talon d’Achille, comme il le formule. » On pourrait presque plaindre l’amoureux déchu, s’il n’y avait pas ce second mémo, deux ans plus tard, en novembre 2009 : « Sarkozy utilise à plein la popularité de Carla Bruni et la popularité de leur couple pour promouvoir les intérêts nationaux de la France au Brésil.» Carla Bruni-Sarkozy, « VRP » sexuelle de Sarkofrance ?

Différents mémos relatent également des témoignages d’officiels étrangers glanés au fil des (nombreux) déplacements internationaux du Monarque français, le qualifiant de « relâché », « discourtois », « autoritaire », « impulsif ». Une note mentionne même cette anecdote tristement croustillante :ses collaborateurs terrorisés ont fait dérouter l’avion présidentiel un soir de décembre 2009 afin que Sarkozy évite de voir la Tour Eiffel décorée aux couleurs de la Turquie...

Au final, Sarkozy apparaît tel qu’on le perçoit aussi en France : psychologiquement instable ou émotif, narcissique et impulsif. Que cette image ait été également perçu dans les coulisses des déplacements officiels par la diplomatie américaine est en soi une information.

A l’Elysée comme au gouvernement, on nous explique que ces fuites de Wikileaks sont scandaleuses, qu’elles représentent une atteinte « à l’autorité des États » et « mettent en danger des hommes et des femmes qui travaillent à la sécurité de leur pays ». L’accusation est fausse, les informations ont été filtrées par des journalistes.

En France, ces fuites portent atteinte au story-telling sarkozyen et à l’autorité du Monarque.

Sarko, l’innocent

Dans l’affaire du Karachigate, le Figaro a livré une nouvelle pièce au dossier. Selon le journal, « plusieurs documents en possession des juges tiennent aujourd’hui Nicolas Sarkozy à l’écart du cœur névralgique du dossier.» Quels sont-ils ?

1. Dans le compte rendu d’une réunion tenue le 29 juin 1994, le représentant du ministère du Budget, dirigé à l’époque par Nicolas Sarkozy, réitère les réticences de Bercy sur la vente de sous-marins au Pakistan. le Figaro s’interroge alors : « Par la suite, Nicolas Sarkozy, d’abord hostile à la vente des sous-marins, aurait-il lui-même donné son accord à la création, au Luxembourg, de la société HEINE, «shadow compagny» chargée de gérer les commissions liées à ce contrat (versées aux décisionnaires pakistanais, légales jusqu’en 2000), et éventuellement les rétrocommissions (illégales, elles, destinées à des responsables français)?»

2. Un autre document, saisi par le juge Renaud Van Ruymbeke ces dernières semaines, est constitué de 3 pages manuscrites datant du 11 décembre 1996 (Chirac est président depuis 6 mois), rédigées « par un fonctionnaire du ministère du Budget au cours d’une réunion avec les responsables de la Direction des constructions navales (DCN) ». Ces notes décrivent le circuit emprunté par les commissions occultes versées en marge du contrat Agosta. Selon le Figaro, ces notes montrent que l’administration fiscale n’avait pas connaissance de ces circuits, puisqu’elle venait s’en enquérir auprès de la DCN pour évaluer leurs déductibilités fiscales.

3. Une troisième information mentionnée par le Figaro est la réponse adressée par Nicolas Sarkozy en 2006, alors ministre de l’intérieur et futur candidat à la l’élection présidentielle, à au dirigeant de la société HEINE menacée de dissolution : Sarkozy aurait renvoyé l’interlocuteur vers ... Michèle Alliot-Marie alors ministre de la Défense de Jacques Chirac.

L’argumentaire de défense pro-Sarkozy servi ainsi par le Figaro est un peu faible : les réticences de Bercy contre le contrat Agosta dataient d’avant l’arrivée de Nicolas Sarkozy à Bercy. Au contraire, on ne peut que s’interroger que les raisons qui ont fait changer d’avis le futur président. Quand à l’explication de texte fournie par la DCN aux fonctionnaires du fisc fin 1996, elle ne prouve en rien que Nicolas Sarkozy était au courant ou pas de l’existence des commissions. A l’inverse, la règlementation imposait au ministre du budget de valider le montant des commissions au moment de la conclusion de la vente. Et divers témoignages ont rappelé que cette autorisation avait bien eu lieu.

On notera au passage que le quotidien communique le contenu de documents classé secret défense, obtenus grâce à des fuites qui, cette fois-ci, ne choquent personne en Sarkofrance...

Un président qualifié d’impulsif-autoritaire par des diplomates américains, fébrile sur l’affaire Karachi au point de commander un article de défense au Figaro...

Dans quelle démocratie vivons-nous ?


http://sarkofrance.blogspot.com/2010/12/comment-wikileaks-porte-atteinte.html


De : sarkofrance
jeudi 2 décembre 2010
Sarkozy, "susceptible" et "roi nu" pour les Américains

Les révélations de Wikileaks apportent quelques détails sur le regard que les Etats-Unis pose sur les principaux dirigeants. Lire la suite l'article

"Autoritaire", "susceptible", "roi nu"... S'il ne s'en doutait pas, Nicolas Sarkozy, le président de la République a pu vérifier ce que les responsables américains pensent de lui. La divulgation ce dimanche de 250 000 câbles de la diplomatie américaine par Wikileaks, outre des révélations internationales, ont aussi apporté leur lot de qualificatifs acides qui devraient créer un certain malaise entre les grands dirigeants ces prochains jours.

Sur la France, quelques petites phrases du conseiller diplomatique de l'Elysée ont également fuité. Jean-David Lévitte a notamment qualifié l'Iran d'"Etat fasciste". Il a également estimé que Hugo Chavez était fou et allait transformer le Venezuela, dont il est le président, en "autre Zimbabwe".

Autre cible: la chancelière allemande Angela Merkel, qualifiée de dirigeante qui évite de prendre de risques et manque souvent d'imagination. Quant au président du Conseil italien Silvio Berlusconi de dirigeant incapable et inefficace, notamment à cause de son "penchant pour les soirées et la fête, qui signifie qu'il ne se repose pas assez".

Les Américains qualifieraient d'ailleurs le président russe Dmitri Medvedev de "pâle" et "hésitant" avant de dépeindre le Premier ministre Vladimir Poutine comme un "mâle dominant". Le président russe est également qualifié de "Robin du Batman joué par Poutine" par l'ambassade des Etats-Unis à Moscou.

Le président afghan Hamid Karzaï est qualifié "d'extrêmement faible". Le colonel Mouammar Kadhafi est quant à lui "bizarre et toujours accompagné d'une plantureuse infirmière ukrainienne". Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad est "comme Hitler" et le leader coréen Kim Jong-il souffre d'un "traumatisme physique et psychologique".


Retrouvez cet article sur LEXPRESS.fr

 

http://fr.news.yahoo.com/78/20101129/twl-sarkozy-susceptible-et-roi-nu-pour-l-5231d91.html

 

 

 

Lire aussi, sur juif.org

 

 

Ahmadinejad : « les américains ont prévu Wikileaks pour faire pression sur l’Iran »

Ahmadinejad : « les américains ont prévu Wikileaks pour faire pression sur l’Iran » - © Juif.org
Le dictateur iranien Mahmoud Ahmadinejad a déclaré lundi que les télégrammes diplomatiques américains racontant les appels arabes aux Etats-Unis pour qu’ils lancent une attaque sur les installations nucléaires iraniennes faisaient partie d’une « guerre psychologique ».
 
Selon les télégrammes publiés dimanche par Wikileaks, le roi Abdullah d’Arabie Saoudite a à plusieurs reprises exhorté les Etats-Unis à attaquer l’Iran pour détruire son programme nucléaire, et empêcher la dictature islamique d’obtenir l’arme nucléaire.
 
« Nous ne donnons aucune valeur à ces documents, » a déclaré Ahmadinejad lors d’une conférence de presse. « C’est sans valeur juridique (…). L’Iran et les états régionaux sont des amis. De tels actes malfaisants n’ont pas d’impact sur les relations entre les nations. »
 
Ahmadinejad présume que les fuites ont été « organisées » par les Etats-Unis dans le but de créer des problèmes entre l’Iran et ses voisins arabes. Lorsqu’on lui a demandé de commenter les documents, il a dit que « le matériel n’était pas une fuite, mais plutôt dévoilé de manière organisée. »
 
« L’administration américaine les a diffusé, et sur cette base, ils portent un jugement… [Les documents] n’ont aucune valeur légale et n’auront pas l’effet politique qu’ils recherchent, » a dit Ahmadinejad. Il a poursuivi en disant que le « jeu » Wikileaks ne « valait pas la peine d’être commenté, et que personne ne perdra son temps a les examiner ».
 
Ces commentaires sont venus après que le premier ministre libanais Sa’ad Hariri ait dit à Ahmadinejad que son pays ne fera partie d’aucun groupe international qui viserait à faire pression sur l’Iran concernant son programme nucléaire controversé, apparemment en réaction aux documents dévoilés par Wikileaks.
 
Parmi les premiers documents publiés dimanche soir, se trouvaient des surnoms donnés à des dirigeants internationaux. Ahmadinejad a été dénommé « Hitler », le président français Nicolas Sarkozy « l’empereur nu », la chancelière allemande a été appelée Angéla « Téflon » Merkel, et le président afghan Hamid Karzai a été décrit comme étant « poussé par la paranoïa ». Le premier ministre russe Vladimir Poutine a été décrit comme le « mâle dominant », alors que le président Dmitri Medvedev est « peureux et hésitant ».
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http://www.juif.org/diplomatie-moyen-orient/141483,ahmadinejad-les-americains-ont-prevu-wikileaks-pour-faire.php
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Le fondateur de WikiLeaks recherché par Interpol
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Wikileaks: relation secrète entre Israël et les Emirats
   
source ? merci

30/11/2010 Le site Wikileaks a publié des documents sur les relations secrètes entre « Israël » et les Emirats, dont notamment les relations entre l’ex-ministre des Affaires Etrangères, Tzipi Livni et son homologue émirati, cheikh Abdallah Ben Zayed.
 

Dans un télégramme daté du 16 mars 2009, le conseiller politique à l’ambassade américaine de Tel-Aviv évoque son entretien avec le directeur Général de la division du Moyen-Orient au ministère israélien des Affaires Etrangères, Yaakov Hadas.
 
Selon ce télégramme, Hadas a passé en revue avec le conseiller américain les relations entre « Israël » et les pays du Golfe, et notamment les Emirats.
 
Hadas a également précisé que Cheikh Abdallah ben Zayed entretient de bonnes relations personnelles avec Tzipi Livni.
 
Selon Hadas, « ils (les dirigeants arabes) ne sont pas prêts à dire en public ce qu’ils disent dans les réunions à huis-clos ».
 
De son côté, le quotidien israélien Haaretz, affirme que ce télégramme prouve la tenue d’un dialogue secret et ouvert entre les deux parties bien qu’il n’y ait pas de relations diplomatiques officielles entre « Israël » et les Emirats.
 
Le quotidien précise, dans ce contexte, que le ministère des Affaires Etrangères a été chargé de la gestion des relations avec les pays du Golfe. Alors que la relation avec l’Arabie saoudite a été confiée, ces dernières années, au chef du Mossad, Mair Dagan.

 

 

http://www.almanar.com.lb/NewsSite/News.aspx?language=fr

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2 décembre 2010 4 02 /12 /décembre /2010 00:01


Depuis des siècles, la France arme les tyrans pour immobiliser les Noirs. Lorsque la France ne veut pas directement les massacrer, elle délègue son autorité aux Oncle Tom tropicaux. Elle institue des dynasties un peu partout pour humilier notre peuple. Donc, ce pays, nous ne devons pas seulement avoir une méfiance à son égard. Nous devons le combattre, car c’est lui qui se cache derrière tous ces Oncles Tom et qui renverse ou assassine tous les patriotes africains.
 


Rodrigue Kpogli
Vendredi 10 Septembre 2010

Sarko et l'afrique

http://infosnews.net/gallerie/?img=314&tag=Sarkozy

Le journal lynxtogo.com s’entretient avec le Secrétaire Général de la
Jeunesse Unie pour la Démocratie en Afrique (J.U.D.A).
Dans cet entretien sont abordés les sujets d’actualité : violences policières au Togo, le rôle de la France dans la crise au Togo, les actions de l’opposition..... Bonne lecture !

Lynx.info : On manifeste toujours depuis la réélection de Faure Gnassingbé
au Togo. Dans vos articles, vous semblez dire que ce n’est pas la bonne
formule. C’est ça ?

Rodrigue Komla KPOGLI : Tout d’abord, personne n’a élu ni réélu Faure
Gnassingbe au Togo. Il a été imposé aux Africains du Togo depuis le décès
de son feu père en février 2005. A partir de là, notre peuple a tous les
droits de refuser cet ordre injuste, illégitime et violent installé par la
France et appuyé par certains autres pays dont la Chine. Compte tenu des
conditions dans lesquelles la dernière présidentielle a été organisée, tout
politique devrait s’attendre aux résultats que nous avons. Seulement, le
problème est que rien n’a été théorisé. Rien n’a été organisé.
Personne n’a été formé pour que ces manifestations soient une réussite.
Pire, les partis qui chapeautent les manifestations se sont pliés aux
injonctions du système qu’ils veulent combattre. Le système leur a interdit
de manifester en semaine et ils obéissent à cela avec l’illusion que cela le
fera tomber. Ils n’organisent donc des manifestations que les samedis suivant
un itinéraire imposé à eux. Les centres du pouvoir sont laissés libres à
leurs illégitimes occupants pendant que le mouvement populaire est orienté
vers la plage à Lomé. Tout le reste du territoire est resté entre les mains
du système qui l’a verrouillé. De surcroit, on avait dit réclamer la
victoire volée et on organise un congrès de l’UFC à l’issue duquel on
envoie les résolutions au ministre de l’intérieur du gouvernement qu’on
rejette. Il y a quelque chose d’incohérent en tout ceci, non? Nous disons que
notre lutte est suffisamment grave pour être guidée par ces incohérences et
ces improvisations. Ces manifestations sont mal conçues, mal dirigées, mal
orientées et donc elles ne peuvent qu’échouer.

Nous disons simplement et sans prétention que si nous voulons nous en sortir,
il nous faut une étude approfondie de l’adversaire, de ses stratégies, ses
alliés, ses forces et ses faiblesses et en conséquence élaborer notre
stratégie de lutte, former les nôtres, les préparer et les orienter vers des
actions les plus efficaces possibles.

Lynx.info : Vous voyez une main française suite à l’échec de la table
ronde de Paris sous François Boko. Vous avez des arguments ?

Il ne s’agit pas d’échec. La chose est simple. La France a voulu
protéger Faure Gnassingbe en lui évitant de faire recours une nouvelle fois au
bain de sang comme en 2005. Si 2005 se reproduisait, il serait vraiment
difficile à la France de saluer et de faire admettre « la victoire » de son
poulain. Donc, elle va mettre une stratégie de casse de l’opposition en
place. Pour atteindre cet objectif, on va utiliser certains togolais qui sans
doute étaient de bonne foi. Ceux-ci croyaient qu’ils étaient en train de
rallier les autorités françaises à la cause togolaise s’ils aidaient à
empêcher la candidature de Gilchrist Olympio. Seulement, ils connaissaient
très mal la françafrique et ses pratiques. On les a utilisés pour le vrai
rôle qui leur était dévolu à l’insu de leur propre gré.

Lynx.info : Kofi Yamgnane parle de diplomatie offensive au niveau des
institutions européennes. Vous semblez manifester à la J.U.D.A une méfiance
vis à vis de la France officielle c’est ça ?

La France est un grave danger pour les Africains. Depuis des siècles, la
France arme les tyrans pour immobiliser les Noirs. Lorsque la France ne veut pas
directement les massacrer, elle délègue son autorité aux Oncles Tom
tropicaux. Elle institue des dynasties un peu partout pour humilier notre
peuple. Donc, ce pays, nous ne devons pas seulement avoir une méfiance à son
égard. Nous devons le combattre, car c’est lui qui se cache derrière tous
ces Oncle Tom et qui renverse ou assassine tous les patriotes africains. Mais
pour le combattre, nous devons savoir de quoi il est capable, ce qu’il a fait
dans ses territoires africains hier, ce qu’il y fait actuellement et ce
qu’il y pourra faire demain. Nous devons tirer toutes les leçons de
l’histoire pour ne pas commettre certaines des erreurs qui ont coûté la vie
à beaucoup de nos leaders anticolonialistes. Sans cette étude méticuleuse qui
va conditionner notre méthode de lutte, on est vaincu d’avance.

Pour ce qui est de M. Yamgnane, chacun aborde le monde tel qu’il le voie.
Simplement, il faut que les Noirs enfoncent bien dans leur crâne que les
Européens ne vont pas les aider à reprendre possession de leurs terres et de
leur dignité volées depuis le 15è siècle. Les Noirs n’ont pas d’alliés
dans le monde. Surtout pas les Européens. Toute notre histoire est là pour
nous le démontrer. Si ceux qui prétendent vouloir diriger autrement
l’Afrique demain ne l’ont pas encore compris, cela veut dire qu’on est
loin du bout du tunnel. Il faut travailler avec notre peuple qui est le seul
acteur à devoir changer le cours de son histoire. C’est pénible et très
souvent ingrat comme activité au sein d’un peuple à qui on a présenté les
choses dans l’ordre inverse, mais c’est l’unique voie. Il faut former
notre peuple, l’organiser et tisser des liens entre lui et les autres
Africains dans d’autres territoires afin de globaliser le combat.

Du reste, aurions-nous compris un peu le monde que nous orienterions ce qui
est appelé diplomatie vers les peuples latino-américains. Parce que c’est
là que les peuples se battent contre les mêmes phénomènes que rencontrent
les Africains chez eux. Mais hélas, beaucoup d’Africains continuent par
marcher à la lumière étourdissante de la bible, de Rousseau et de
Montesquieu. Beaucoup de Noirs sont malheureux dès qu’ils ne s’illusionnent
pas de l’amitié et de l’appui de l’Europe et de ses citoyens. Tant que
cette attitude va perdurer, adieu le salut.

Lynx.info : Gilchrist Olympio a repris la direction de L’UFC et fait un
contrat de société avec le RPT. Olympio peut réussir là où Blaise compaoré
a échoué ?

La mission de Blaise Compaoré n’était pas de secourir le peuple africain
du Togo. Bien au contraire, il avait mandat de l’enfoncer davantage au profit
de son « jeune frère et ami » qui lui avait offert deux hélicoptères et de
l’argent pour sa campagne en novembre 2005. Et il l’a bien fait.

M. Olympio ne va nulle part. Si à plusieurs on est incapable de chasser le
buffle, ce n’est pas en se mettant seul qu’on y arrivera. Pour tout vous
dire, l’attitude de M. Olympio est politiquement nuisible. Car c’est une
décision lourde de conséquence que de prétendre avoir négocié avec le RPT
dans un contexte où l’instrument politique de M. Olympio était en proie à
une division dont les ingrédients viennent justement du RPT et de la France. La
démarche de M. Olympio aurait pu recevoir une adhésion populaire s’il
n’agissait pas lui-même sous influence. Ce n’est pas un choix libre qu’il
a fait. La France et le RPT ont poussé à l’implosion à l’UFC. Ils y ont
créé deux fronts. Le centre du combat est, à partir de ce moment, déplacé
et le conflit est transporté sur un terrain qui aurait dû être le camp
d’entrainement commun. Au lieu de se rendre compte qu’il s’agissait d’un
piège, qu’ils doivent tout faire pour ne pas se laisser prendre et
sauvegarder l’unité de leur parti, les deux camps ont mordu.

C’est là qu’apparaît le déficit de formation des ressources humaines.
Si on avait des analystes clairvoyants au sein de ce parti, ils auraient pu se
rendre compte que cette division est factice. Q’elle est un montage et qu’il
fallait la démonter tout de suite pour garder l’oeil ouvert sur la cible. La
Françafrique a réussi un coup magistral. Les architectes de ce piège doivent
se frotter les mains actuellement car, ils ont réussi à emprunter deux voies
parallèles pour aboutir au même résultat et à avoir deux gros lots avec un
bonus : Olympio qui est allé se mutiler tout seul – que du bonheur dans
certains milieux, Faure Gnassingbe en paix – le conflit se faisant plus
ailleurs -, Fabre qui doit s’occuper plus de la querelle interne à l’UFC
que du vol du suffrage populaire par Faure Gnassingbe.

Lynx.info : Mais Gilchrist est toujours entrain de partir. Son âge, sa santé
et sa nouvelle équipe sont des atouts de réussite pour lui ?

Non, dans les circonstances actuelles rien de tout ceci n’est le gage de
quoi que ce soit. Ce qui se passe c’est que Gilchrist Olympio agit exactement
comme le scenario l’a prévu. On lui fait jouer un rôle qu’il pouvait et
devrait refuser d’accomplir. Encore qu’il en ait conscience dès le départ.
Et c’est là qu’est tout le problème.

Lynx.info : Faites-vous confiance en la Commission Vérité Réconciliation de
Monseigneur Barrigah à la J.U.D.A ?

Il n’y aura pas de réconciliation sous le régime actuel. Cette commission
est un gadget. Mieux, c’est un cache-misère. Mais, souvent des hommes
d’église aiment mettre de la soutane bien blanche sur des dessous sales.
C’est au nez et à la barbe de M. Barrigah que des citoyens sont arrêtés,
tabassés, emprisonnés sans la moindre accusation, brimés et spoliés. C’est
en sa compagnie qu’on chante la réconciliation d’un côté et de l’autre
on agit dans le sens contraire. Que dit cette commission? Rien ! Elle ruse et
ferme les yeux, la bouche et les oreilles comme ce singe trois fois idiot qui
espérant vivre heureux refuse de voir, d’entendre et de s’exprimer. A vrai
dire, elle est dans son rôle. Celui d’être là pour la décoration, car il
faut bien qu’une tyrannie ait des décorations à vendre.

Lynx.info : Des députés sont frappés, les journalistes inquiétés mais
l’homme de Dieu semble ne rien voir. Comment vous l’expliquez ?

Il n’y a pas des hommes de Dieu d’un côté, et des hommes du diable de
l’autre. Nous sommes tous des humains avec nos intérêts, nos amitiés, nos
peurs, nos égos, nos croyances et nos convictions. Chacun choisit de
privilégier ce qu’il veut. Si la soutane que porte M. Barrigah suffit à le
prendre pour un homme plus proche du Dieu d’Israël que des humains, alors ses
compatriotes africains du Togo doivent comprendre son mutisme. Généralement,
un prélat ne s’occupe pas des choses de ce monde. Il est formé au séminaire
pour encourager les malheureux d’ici à accepter leurs conditions pour
espérer aller au paradis. Vous voyez bien que les temps n’ont pas changé.
Déjà à l’époque des razzias négrières et de la colonisation, les hommes
dits de Dieu avaient pour mission d’évangéliser les Noirs, de leur apprendre
à se laisser dépouiller sous prétexte qu’il sera difficile aux riches
d’aller au paradis, leur apprendre l’obéissance au maître et leur
expliquer qu’ils ne sortiront de la malédiction de Cham que par la porte de
l’enfer de l’esclavage.

Lynx.info : Le pouvoir de Faure donne des airs de confiance. Comment vous
l’expliquez ?

Quand on est au dos d’un tuteur puissant nommé la France, on peut tout se
permettre face à un peuple dérouté et désarmé. La réalité est que Faure
Gnassingbe et sa clique sont de seconds couteaux que la France utilise pour nous
lacérer la peau. C’est la France qui commande dans les territoires appelés
pays africains. La suffisance que démontre Faure Gnassingbe est l’expression
de la présence française. Nous devons en tenir compte et nous donner tous les
moyens les plus efficaces possibles pour la combattre. Néanmoins, beaucoup
pensent souvent que ce déploiement de force est un signe de panique et donc de
faiblesses de la part des tyrans africains. C’est une grossière erreur de
jugement qui nous conduit souvent à accumuler des fautes, à nous forger des
prétentions. Il nous faut une vraie analyse de la situation et de l’état
réel des lieux des forces en présence. Car, ce n’est pas en étant droit
dans nos bottes de rêveurs que nous faisons peur à ce système colonial.

Lynx.info : Pour beaucoup de Togolais vous faites des analyses qui ont été
déjà expérimentées avec des résultats cuisants d’échec. Succinctement
que proposez-vous pour la sortie de la crise politique togolaise ?

Il faut bien comprendre la nature de la crise qui est la nôtre puisque tout
le monde dit crise, crise. Notre crise vient de ce que la lutte pour les
indépendances africaines n’a pas abouti. Tous les meneurs ont été
assassinés ou chassés et remplacés par des pions. Notre peuple a été
court-circuité. Nous sommes donc en train de continuer le combat contre un
système colonial. Ce qui veut dire que tout notre territoire et ses biens sont
restés entre les mains de puissances étrangères qui ne lâchent pas prise.
Leurs principales tactiques consistent à faire recours aussi bien à la force
brute qu’à la ruse. C’est cela notre crise.

Face à cette donne, nous disons qu’il faut marcher sur deux pieds au moins.
Concrètement, ce que nous avions proposé c’est que toute « l’opposition
» togolaise après concertation et analyse approfondie de la situation
post-électorale de mars 2010, décide dans un élan collectif d’aller dans un
gouvernement pour prendre ce qu’il y a à prendre pour notre peuple et
élargir son horizon. C’est un changement de stratégie qui, bien conduit par
des hommes formés et conscients, peut transporter aussi le conflit au coeur des
appareils du système. Au-delà, s’approcher de la cible peut conduire à
commettre beaucoup d’autres actes à condition de les vouloir et de savoir
comment et quand on veut les réaliser. Nous continuons par chercher dans les
annales sans trouver l’époque à laquelle « l’opposition » au Togo a
décidé dans son ensemble d’agir de la sorte. Ce que nous trouvons en
revanche, c’est que le pouvoir, a réussi très souvent à débaucher des
personnalités et organisations pour les noyer dans la baignoire du «
gouvernement d’union nationale ». Ici, c’est le pouvoir qui fixe ses
objectifs et prend l’initiative d’aller à la chasse dans les rangs de
l’opposition. Ce que nous, nous disons, c’est que « l’opposition », dans
la sérénité, établisse un bilan d’étape, tire les enseignements de son
parcours puis prenne le devant des évènements. Il n’est pas question
d’aller se coucher dans un gouvernement.

Lorsqu’on ne peut pas abattre d’un coup le système, la reconquête
progressive d’espaces de liberté, d’espaces où l’influence du
colonialisme est battue par la présence des hommes et femmes de notre camp nous
semble une option. Dès qu’on met la main sur un secteur, il faut le retourner
tout de suite au peuple, faire en sorte qu’il en jouisse pleinement, qu’il
sache que quand il rentre dans les ministères ou dans n’importe quel service
public sous notre contrôle, il sera servi convenablement, car il est chez lui.
Et il doit se battre pour maintenir ces espaces définitivement libres. C’est
une guerre de libération. Voilà ce que nous avions préconisé, mais nous ne
nous étions pas arrêtés là. Nous avions formulé la nécessité de
redéfinir la lutte, sachant les limites de cette première option, en la
pensant plus sérieusement pour mieux l’organiser sur une triple temporalité
- court, moyen et long termes - et vaincre.

Mais en amont et en aval de tout ceci, nous appelons enfin à un changement de
comportements dans le camp des « combattants » miné par trop de querelles de
bas étage, d’envie, de guerre de factions, de petits meurtres entre camarades
et un climat de détestation. Car, se sont ces aspects subjectifs de la lutte
qui déterminent, couvent et enfantent les éléments objectifs de la liberté.
Nous devons mettre un accent particulier sur la formation des nôtres axée sur
une vision globale de ce que nous entendons faire à savoir désintégrer le
système colonial, bâtir une société fondée sur une nouvelle répartition du
pouvoir, reconstruire notre pays, puis empêcher définitivement le retour à
tout régime dictatorial.

Pour le reste et si ça peut soulager, on peut continuer par se contenter
d’être dans une opposition qui passe son temps à prier le Dieu d’Israël,
à être dans la description du régime, à dire et redire qu’il se déploie
dans la violence, à pleurer qu’il ne respecte pas les droits de l’homme.
Comme s’il pouvait en être autrement dans un territoire sous colonialisme.

Lynx.info : Rodrigue Komla Kpogli, je vous remercie.

C’est nous qui vous disons merci.

Interview réalisée par Camus Ali

Le 04 septembre 2010


Vendredi 10 Septembre 2010
http://www.alterinfo.net/La-France-est-un-grave-danger-pour-les-Africains_a49740.html
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30 novembre 2010 2 30 /11 /novembre /2010 16:56
Minarets, crucifix, voile : la religion tourmente l'Europe

(Cuba far away/flickr)

… et fait couler l’encre des éditorialistes. Les Suisses interdisent la construction de nouveaux minarets, la Cour européenne des droits de l’homme n’autorise pas l’Italie à accrocher des crucifix dans les salles de classe et une école néerlandaise refuse le sapin de Noël. Les Européens et la religion font-ils bon ménage ?

PANORAMA

par eurotopics @ Traduction : eurotopics @

22/12/09

Tags : religion et démocratie, Europe, EUweek, médias européens, Noël, religion, médias, revue de presse.

De Volkskrant – Pays-Bas

L’école supérieure spécialisée de La Haye refuse de dresser un sapin de Noël car cela ne correspondrait pas au caractère multiculturel de l’école. Dans le quotidien De Volkskrant, le chroniqueur Malou van Hintum se demande si la direction de cette école a perdu la raison : « Accepter la diversité de la société, c’est la mettre en évidence plutôt que de la dissimuler. (…) Nous sommes différents, nous avons des opinions différentes, nous avons des styles de vie différents. Donnez-vous autant de liberté et d’espace que possible pour exprimer tout cela. Cela vaut surtout quand il s’agit des côtés festifs d’une conviction, que ce soient les processions catholiques ou le sapin de Noël des païens, adopté discrètement dans la fête religieuse et qui pare désormais les salles de séjour, les classes ou les vitrines laïques. (…) En refusant de dresser un sapin de Noël, l’école supérieure fait justement disparaître le côté ‘international et varié’ de l’école. Ce n’est pas politiquement correct. C’est une vision étroite et bornée. Et horriblement ennuyeuse. »

(09.12.2009)

Newsmill - Suède

Sapin de Noël ou pas dans les écoles néerlandaises?Sapin de Noël ou pas dans les écoles néerlandaises? | (bendylan/flickr)Une école de Stockholm a interdit à une élève de participer aux cours avec son voile. Etant donné qu’il n’y a en Suède aucune interdiction générale concernant le port du voile, l’élève du quartier d’Åsö s’est tournée vers le médiateur en matière de discrimination. Lotta Edholm, responsable des questions scolaires à Stockholm, annonce dans le forum d’opinion Newsmill qu’elle étudie le cas : « Je suis très sceptique. Mais c’est justement ce dont il s’agit ici : qu’a-t-on le droit de faire au nom de la religion ? Jusqu’où s’étend la liberté de religion ? La liberté de religion signifie-t-elle également la liberté d’exprimer des points de vue extrémistes dans l’environnement d’enfants ? Je veux examiner cela. Si le médiateur en matière de discrimination juge les règles mauvaises pour Åsö, Stockholm fera examiner cette décision devant un tribunal. »

(08.12.2009)

The Guardian – Royaume-Uni

Les gens satisfaits n’ont pas besoin de religion, écrit Sue Blackmore dans son blog pour le quotidien progressiste de gauche The Guardian : « La foi religieuse populaire provient d’un dysfonctionnement des conditions sociales. Ceci est la conclusion de la dernière étude sociologique effectuée par Gregory Paul. Selon lui, la religion est bien loin d’apporter des avantages à la société comme ‘l’hypothèse socio-économique de la création de la morale’ tend à nous le faire croire, la religion populaire est un mécanisme psychologique qui nous permet de faire face à une grande charge de stress et d’anxiété. (…) C’est une béquille sur laquelle les gens s’appuient quand ils doivent faire face à un stress extrême, ‘une invention naturelle des esprits humains en réponse à un entourage déficient’. Les Américains, dit-il, subissent un stress et une peur épouvantables provenant du manque de services médicaux universels (…) et d’énormes inégalités de revenus. Dans ces conditions, la foi en un être créateur tout-puissant et le respect de rites religieux apportent un vrai soulagement. En opposition, les majorités des classes moyennes d’Europe occidentale, du Canada, d’Australie, de Nouvelle-Zélande et du Japon mènent une vie suffisamment sécurisante pour ne pas rechercher le soutien d’un créateur tout-puissant. »

(08.12.2009)

Komment – Hongrie

« La loi sur les minarets en Suisse n’empêchera pas les musulmans radicaux de propager leur enseignement »

L’interdiction des minarets en Suisse montre avant tout à quel point règne la peur de l’étranger, écrit l’historien et journaliste Attila Novák sur le site d’opinion Komment.hu : « Si l’on considère l’islam européen, on a le choix entre Charybde et Scylla, entre l’intégration complète et le rejet total. Sur arrière-fond d’histoire européenne, j’aimerais inviter à la prudence tous les journalistes pour lesquels les images d’organisations terroristes islamistes et de musulmans pacifiques sont souvent inextricablement liées, et qui ont tendance à faire porter le chapeau de l’islamisme à la société musulmane dans son ensemble. (…) La loi sur les minarets en Suisse n’empêchera pas les musulmans radicaux de propager leur enseignement. (…) La loi dévoile notamment la peur des étrangers, ce qui ne présage rien de bon pour l’avenir. »

(08.12.2009)

Dnevnik – Bulgarie

Le débat portant sur le référendum suisse contre les minarets montre que l’Europe a besoin de nouveaux modèles d’intégration pour les musulmans, estime le quotidien Dnevnik : « Au commencement de l’islam, les minarets étaient des tours de guet éclairées par des flambeaux et qui ont plus tard été utilisées pour appeler les musulmans à la prière. Aujourd’hui, quatre minarets au cœur de l’Europe font apparaître un grave problème. (…) Les réactions consécutives aux caricatures de Mahomet au Danemark en 2006, les discussions animées autour du discours du pape Benoît XVI à Ratisbonne un an plus tard, le film Fitna du politique d’extrême droite Geert Wilders tout comme l’assassinat auparavant du réalisateur Theo van Gogh, ne sont que les exemples les plus parlants. Personne ne s’attendait à ce que l’intégration des immigrés musulmans en Europe soit facile et harmonieuse. Et en l’occurrence il ne s’agit pas de l’échec de celle-ci, mais du signe qu’il faut tenir compte de l’approche permettant d’atteindre cet objectif. »

(09.12.2009)

 

par eurotopics @ Traduction : eurotopics @

http://www.cafebabel.fr/article/32101/crucifix-minarets-religions-en-europe.html

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