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11 novembre 2010 4 11 /11 /novembre /2010 16:54
11 novembre 2010
Le Monde diplomatique

Le général Joffre, cet âne qui commandait des lions

Nommé maréchal pendant la première guerre mondiale, Joseph Joffre (1852-1931) est à l'origine d'un mot qui, sans que beaucoup le sachent, perpétue son souvenir : « limoger ». Il donna l'ordre, en effet, d'assigner à résidence à Limoges, à partir d'août 1914, une centaine de généraux qu'il jugeait incapables. Mais sa propre gloire est-elle bien méritée  ?

par Roger Fraenkel

Lorsqu'en 1911 le gouvernement français propulse à la tête de l'état-major Joseph Joffre, ce simple général de division est encore inconnu. Formé à l'Ecole polytechnique, il n'est pas breveté par l'école de guerre - il appartient au génie - et ses faits d'armes se limitent à la prise de Tombouctou, le 12 février 1894, à coups de fusils et de canons contre des combattants équipés de javelots.

C'est donc sous l'autorité d'un homme peu expérimenté que l'armée française se prépare à la guerre. Avec le colonel Grandmaison, Joffre élabore une tactique d'offensive à outrance au détriment de la défense du territoire. Le plan XVII, achevé en 1913, encourage les Allemands à déployer leur propre stratégie (le plan Schlieffen), connue du ministère de la guerre français depuis 1904 et qui prévoit d'attaquer la France par la Belgique. Objectif  : attirer les troupes allemandes à la frontière franco-belge pour ouvrir la voie à une victoire rapide en Lorraine.

Désastres

Les opérations d'août 1914 furent ce qu'elles devaient être. Volontairement tenus dans l'ignorance des buts poursuivis, les généraux français appliquent les instructions docilement  ; laissée libre d'envahir la Belgique, l'armée allemande avance vers les Ardennes. Les troupes françaises attaquent à Sarrebourg et Morhange, mais, loin de surprendre l'ennemi, se heurtent à une défense solide  : les Allemands, eux, ont pensé à protéger leurs frontières.

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La première guerre, vraiment mondiale ?
Cécile Marin

Toutes les batailles livrées entre le 8 et le 24 août 1914 - toutes, sans exception - se soldent par des désastres. Le recul est général, la Belgique submergée, et les Allemands sont installés sur le sol français pour quatre ans. Ces semaines furent les plus sanglantes du conflit : en seize jours, la France déplore autant de morts qu'à Verdun durant les quatre premiers mois de la bataille défensive, de février à juin 1916.

Pendant un an et demi, les défaites se succèdent, mais Joffre reste aux commandes. Ce n'est qu'en décembre 1916 qu'Aristide Briand obtient la démission du général qui, en compensation, est élevé à la dignité exceptionnelle de maréchal de France. Pourquoi ce retard  ? Pourquoi cet honneur  ? En partie parce que, seul maître à bord dans la zone des combats, le généralissime s'est rendu coupable de falsifications qui lui ont permis, grâce aux artifices d'un entourage menacé comme lui d'être congédié, de se maintenir en place.

370 000 morts

Pour cette opération de sauvetage personnel, il fabrique des informations erronées, destinées à tromper le gouvernement sur la réalité de la situation. Taisant les revers subis, il explique avoir disposé ses armées en supériorité numérique dans les meilleures positions, attendant qu'elles accomplissent leur devoir  : «  La parole est maintenant aux exécutants qui ont à tirer parti de cette supériorité  », écrit-il dans un télégramme au ministre de la guerre le 23 août 1914.

Vingt-quatre heures plus tard, affectant l'air navré du chef qui vient d'être contredit dans ses espérances, il avoue des désastres vieux de plusieurs jours et accable les prétendus responsables  : «  Force est de se rendre à l'évidence. Nos corps d'armée, malgré la supériorité numérique qui leur avait été assurée, n'ont pas montré en rase campagne les qualités offensives que nous avaient fait espérer les succès partiels du début.  »

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Nombre de morts causées par les guerres au XXe siècle Cécile Marin

Une «  évidence  », des «  succès partiels  » ? En termes de tués, blessés, disparus et prisonniers, la saignée d'août 1914 touche, côté français, plus de 370 000 hommes. Les généraux présents sur le terrain, qui n'ont fait qu'obéir aux ordres, sont décrétés coupables et «  limogés  ». La supériorité numérique revendiquée n'était pourtant qu'un mensonge.

Si nul ne réfute plus ces faits, le souvenir de cette débâcle a laissé peu de traces dans la mémoire nationale, en raison de la réussite de cette manipulation  : Joffre demeure le fameux « vainqueur de la Marne », celui qui réquisitionna les taxis parisiens pour acheminer des hommes au front, celui que la foule ovationna le 14 juillet 1919 sous l'Arc de triomphe, celui qui eut droit à des funérailles nationales et dont le Parlement déclara, en janvier 1931, qu'il « a[vait] bien mérité de la patrie ». Combien de rues, places et autres avenues portent encore ce nom, celui d'un chef de guerre médiocre doublé d'un imposteur ?

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11 novembre 2010 4 11 /11 /novembre /2010 16:09

 

  • http://www.csmonitor.com/World/Middle-East/2009/1008/p06s13-wome.html

 

Article annoncé sur le site Juif.org, supprimé,

j'ai dû le chercher sur le Monde diplomatique

pour comprendre pourquoi il avait été supprimé.

(Note d'Eva)

 

Dans la guerre de propagande d’Israël

Inusable grand mufti de Jérusalem

Régulièrement, des ouvrages « découvrent » les sympathies nazies du leader palestinien Amin Al-Husseini ; régulièrement, les dirigeants israéliens en tirent parti pour dénoncer l’antisémitisme congénital des Arabes. Car c’est bien l’objectif de ces pseudo-recherches historiques que de justifier l’occupation des Territoires et l’oppression des Palestiniens.

Par Gilbert Achcar

Ces dernières années ont vu une recrudescence spectaculaire de la guerre des mots opposant Israël aux Palestiniens et aux Arabes, avec le concours actif des partisans des deux camps en Europe et aux Etats-Unis. Cette dimension particulière du conflit israélo-arabe a toujours été cruciale pour l’Etat d’Israël : constitué dès l’origine en forteresse enclavée dans un environnement régional hostile, il doit impérativement cultiver le soutien des pays occidentaux à sa cause.

C’est lors de l’invasion du Liban, en 1982, que l’image d’Israël en Occident se détériora sensiblement pour la première fois. Le long siège de Beyrouth, marqué par les massacres des camps palestiniens de Sabra et Chatila, perpétrés sous supervision israélienne, choquèrent l’opinion publique mondiale. En Israël même, ce traumatisme, comparable à celui produit aux Etats-Unis par la guerre du Vietnam, demeure présent (1).

Entre ce moment et celui de la première Intifada, en 1987-1988, l’Etat hébreu fut ainsi le théâtre d’un remarquable réexamen critique des mythes centraux de l’idéologie sioniste par ceux qu’on appela les « nouveaux historiens » (2). Cette réécriture de l’histoire des origines d’Israël donna naissance à un courant, certes minoritaire mais qualitativement important : le « postsionisme ». Il n’empêcha cependant pas le glissement à droite, par étapes, de la société israélienne, de l’enlisement précoce des accords d’Oslo jusqu’à l’affirmation d’un « néosionisme » agressif.

Aussi stigmatisé
que... Adolf Hitler

Selon la définition du sociologue israélien Uri Ram, « le postsionisme est d’orientation citoyenne (il soutient l’égalité des droits et a en ce sens une préférence pour un Etat de tous ses citoyens dans les frontières de la “ligne verte” [ligne d’armistice avant la guerre de 1967]), universelle et mondiale. Le néosionisme est particulariste, tribal, juif, ethnonationaliste, intégriste et même fasciste sur la marge (3) ».

Le sabotage par Israël des négociations de paix, sa colonisation accélérée des territoires palestiniens occupés et ses offensives meurtrières au Liban (2006) et à Gaza (2008-2009) accentuent inexorablement la dégradation de son image. Pour tenter de l’enrayer, les instances israéliennes officielles et leurs partisans inconditionnels en Occident invoquent, comme toujours, la mémoire de la Shoah, dont ils espèrent une légitimation de leur action (4).

Mieux : ils ont toujours tenté d’impliquer les Palestiniens et les Arabes dans le génocide nazi. C’est dans ce but que, dès la fin de la seconde guerre mondiale, les instances sionistes ont mis en exergue le tristement célèbre mufti de Jérusalem. Figure de proue du nationalisme palestinien dans les années 1920 et 1930, Amin Al-Husseini, exilé de Palestine par les autorités britanniques en 1937, avait rejoint le camp des puissances de l’Axe en 1941, après un séjour en Irak. Il contribua activement, depuis Berlin et Rome, à la propagande des régimes nazi et fasciste ainsi qu’à la mise sur pied d’unités bosniaques musulmanes de la SS — qui ne commirent cependant pas d’exactions antijuives.

Largement discrédité dans le monde arabe, sinon en Palestine, avant même son exil européen, Al-Husseini rencontra si peu d’écho que, malgré toutes ses exhortations à rejoindre les troupes de l’Axe, seuls 6 300 soldats originaires de pays arabes, selon les calculs d’un historien militaire américain, « passèrent par les différentes organisations militaires allemandes », dont 1 300 originaires de Palestine, de Syrie et d’Irak, le reste en provenance d’Afrique du Nord. Ces chiffres doivent être comparés aux 9 000 soldats arabes de la seule Palestine engagés dans l’armée britannique et aux 250 000 Maghrébins qui combattirent dans les rangs de l’armée française de la libération et fournirent la majeure partie de ses morts et blessés (5).

Le mufti fut néanmoins érigé en représentant attitré des Palestiniens et des Arabes par la désinformation du mouvement sioniste qui, en 1945, exigea — sans succès — qu’il soit déféré devant le tribunal international de Nuremberg, comme s’il avait représenté un rouage essentiel de la machine génocidaire nazie. Un nombre considérable d’articles, de brochures et de livres fut produit afin de désigner Al-Husseini à la vindicte publique. Il est vrai que la figure du mufti permettait de présenter les Palestiniens comme coresponsables du génocide hitlérien et, à ce titre, de justifier qu’un « Etat juif » soit érigé sur le territoire de leur patrie.

Cette motivation devint une constante du discours de l’Etat d’Israël après sa création. Elle explique l’importance extraordinaire accordée au mufti par Yad Vashem, le mémorial de la Shoah, à Jérusalem. Tom Segev a noté que le mur qui lui est consacré cherche à donner l’impression d’une convergence entre le projet génocidaire antisémite du nazisme et l’hostilité arabe à Israël (6). Peter Novick a relevé, de son côté, que l’article sur le mufti dans l’Encyclopedia of the Holocaust, publiée en association avec Yad Vashem, est beaucoup plus long que les textes sur Heinrich Himmler, Reinhard Heydrich, Joseph Goebbels ou Adolf Eichmann, et n’est dépassé — de peu — que par l’article sur Adolf Hitler (7).

Avec la flambée de racisme anti-arabe et d’islamophobie depuis les attentats du 11 septembre 2001, on a assisté à une prolifération de publications visant à établir que les Juifs étaient confrontés en Palestine, en 1948, à une menace de génocide. Les Arabes n’étaient-ils pas — et ne restent-ils pas aujourd’hui — mus par la même haine des Juifs que les nazis, à l’instar du mufti ? L’expulsion des Palestiniens au moment de la fondation de l’Etat d’Israël et leur assujettissement continu par celui-ci ne procèdent-ils pas, dans ces conditions, de la légitime défense ?

Dans cette masse d’ouvrages, deux se distinguent par leur apparence de sérieux, du fait d’un travail sur les archives nazies, américaines ou britanniques : celui de Martin Cüppers et Klaus-Michael Mallman (8), et celui de Jeffrey Herf (9). Dans les deux cas, les auteurs connaissent très peu le monde arabe et en ignorent la langue. On trouvera un excellent dossier critique sur l’ouvrage de Cüppers et Mallman dans la revue de la Fondation Auschwitz, Témoigner entre histoire et mémoire (10). Dans sa contribution, Dominique Trimbur relève que le livre semble s’insérer « dans un courant historique marqué par un certain air du temps, celui du début des années 2000 (...). L’intégralité de la démonstration fait difficilement preuve de nuance, notamment lorsqu’il est question “des” Arabes et “du” monde musulman ; une assimilation qui trouve son illustration dans la reprise, sinon l’intégration assumée, de l’expression “choc des civilisations” ».

En réaction à l’exploitation par Tel-Aviv de la mémoire de la Shoah et pour légitimer les aspirations palestiniennes, deux tendances contradictoires se sont développées du côté arabe : d’une part, la comparaison des agissements d’Israël au nazisme, réciproque arabe de la tradition israélienne fort ancienne consistant à comparer divers Palestiniens et Arabes aux nazis ; d’autre part, la négation de la Shoah.

Le fait que nombre de personnes dans le monde arabe puissent combiner ces deux discours contradictoires — l’un tenant le nazisme pour l’étalon suprême du mal, l’autre impliquant qu’il est moins criminel qu’on ne le prétend — l’indique clairement : il s’agit là d’une tentative de compenser par un recours à la violence symbolique l’impuissance à riposter efficacement à la violence réelle. C’est la montée de ce négationnisme réactif et émotionnel que le président iranien Mahmoud Ahmadinejad tente d’exploiter dans sa concurrence avec le royaume saoudien pour gagner la sympathie de l’islam sunnite arabe.

En réalité, ceux qui, dans le monde arabe, adhèrent sérieusement, et en connaissance de cause, au discours pathologique du négationnisme occidental — le négationnisme devenant, dans leur cas, un « antisionisme des imbéciles » (pour paraphraser l’expression célèbre qui fait de l’antisémitisme le « socialisme des imbéciles ») — constituent une infime minorité.

La grande majorité des attitudes négationnistes relève plutôt de l’exaspération. C’est ce que suggèrent des enquêtes d’opinion conduites parmi les Palestiniens d’Israël, qui forment certainement la population arabe la mieux informée sur le génocide juif, thème bien présent dans les programmes scolaires élaborés par les autorités israéliennes (11).

Réalisé par l’université de Haïfa en 2006, un premier sondage montra, à la surprise générale, que 28 % des Arabes israéliens en étaient venus à nier la Shoah, la proportion grandissant avec le niveau d’instruction des sondés (12). Deux ans plus tard, sur fond d’exacerbation de la violence, le même sondage obtenait 40 % de réponses négationnistes (13) !

Le caractère paroxystique de la situation actuelle semble rendre l’incommunicabilité entre les adversaires plus insurmontable que jamais. Néanmoins, quiconque connaît l’opposition apparemment irréductible qui séparait Israéliens et Arabes entre la création de l’Etat d’Israël en 1948 et les années 1970 sait qu’aujourd’hui, en dépit de tout, beaucoup plus d’Arabes et de Palestiniens envisagent une coexistence pacifique avec les Israéliens, et bien plus d’Israéliens reconnaissent que leur Etat est coupable de persécuter les Palestiniens. Il faut espérer que les uns et les autres sauront éviter à la région une nouvelle « catastrophe » — sens commun des deux termes Shoah et Nakba.

Gilbert Achcar.
(1) C’est ce qu’a attesté à sa manière, encore récemment, le film d’animation d’Ari Folman, Valse avec Bachir, sorti en 2008.

(2) Sur les « nouveaux historiens » israéliens, cf. Benny Morris (sous la dir. de), Making Israel, University of Michigan Press, Ann Arbor, 2007, et Dominique Vidal, avec Sébastien Boussois, Comment Israël expulsa les Palestiniens (1947-1949), L’Atelier, Ivry-sur-Seine, 2007.

(3) Cité par Dalia Shehori dans « Post-zionism didn’t die, it’s badly injured », Haaretz, Tel-Aviv, 28 avril 2004.

(4) Sur l’« instrumentalisation » de la Shoah en Israël, cf. Tom Segev, Le Septième Million.Les Israéliens et le génocide, Liana Levi, Paris, 2002, et Idith Zertal, La Nation et la Mort. La Shoah dans le discours et la politique d’Israël, La Découverte, Paris, 2008.

(5) Antonio J. Muñoz, Lions of the Desert : Arab Volunteers in the German Army, 1941-1945, Axis Europa, New York, 1997 ; Lukasz Hirszowicz, The Third Reich and the Arab East, Routledge & Kegan Paul, Londres, 1966 ; Belkacem Recham, « Les militaires nord-africains pendant la seconde guerre mondiale », sur Internet : http://colloque-algerie.ens-lsh.fr

(6) Le Septième Million, op. cit.

(7) Peter Novick, L’Holocauste dans la vie américaine, Gallimard, Paris, 2001.

(8) Martin Cüppers et Klaus-Michael Mallman, Croissant fertile et croix gammée, Verdier, Paris, 2009.

(9) Jeffrey Herf, Nazi Propaganda for the Arab World, Yale University Press, New Haven, 2009.

(10) N° 105, octobre-décembre 2009, p. 233-252.

(11) De surcroît, 80 % de ces Palestiniens comprennent l’hébreu et ne sauraient donc ignorer l’évocation constante du souvenir de la Shoah en Israël.

(12) Fadi Eyadat, « Poll : Over 25 % of Israeli Arabs say Holocaust never happened », Haaretz, 18 mars 2007.

(13) Fadi Eyadat, « Poll : 40 % of Israeli Arabs believe Holocaust never happened », Haaretz, 17 mai 2009
http://www.monde-diplomatique.fr/2010/05/ACHCAR/19109

 

 

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11 novembre 2010 4 11 /11 /novembre /2010 03:13

 

http://www.toutsaufsarkozy.com

 

 

Note d'eva:

 

Intervention de 4 rabbins dans ce document. Vraiment fidèles à la Parole de Yahvé (Dieu), fidèles au judaïsme. Ils savent que l'antisémitisme est nourri par le sionisme. Ils savent que le sionisme est infidélité au judaïsme. Ils savent que la fin de l'exil doit être l'oeuvre de Dieu, de sa puissance, pas de la violence, de la force, de la mort. Quatre Sages !

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8 novembre 2010 1 08 /11 /novembre /2010 03:33
4 novembre 2010

Obama devrait s’inspirer de Roosevelt qui dénonçait en son temps des républicains synonymes de « monopoles industriels et financiers, de spéculation, et de banques irresponsables, » et non pas aller sur leur terrain en tentant de se rapprocher du centre, conseille Robert Reich, ancien ministre du travail de Bill Clinton.


Par Robert Reich, 2 Novembre 2010 - extrait

Durant les deux années qui viennent, les républicains tenteront de dépeindre Obama en libéral, adepte d’un Etat interventionniste, coupé de l’Amérique réelle, et de le rendre responsable de la persistance des difficultés économiques.

Obama ne pourra l’emporter dans ce débat en se rapprochant du centre, en se présentant en modéré, partisan d’un Etat modeste Cela n’aurait pour effet que de conforter les arguments des républicains affirmant que la question centrale est celle de la taille d’un Etat qui serait aujourd’hui surdimensionné, et que la situation économique ne pourrait s’améliorer qu’en réduisant son rôle.

Sur le terrain de jeu défini par les républicains, ils sont toujours gagnants.

Le meilleur espoir pour une réélection d’Obama dépend d’un recadrage du débat qui ferait de la question centrale le pouvoir des grandes entreprises et de Wall Street, qui leur procure un avantage économique au détriment de tous. C’est le terrain de jeu des démocrates, et il est plus pertinent aujourd’hui qu’à aucun autre moment depuis les années 1930.

Le 1% des Américains percevant les plus hauts revenus empoche aujourd’hui près du quart du total des rémunérations, et détient près de 40 pour cent de l’ensemble des richesses. Dans le même temps, un grand nombre d’Américains perdent leur maison parce que les banques ne leur permettent pas de renégocier leur dette pour cause de faillite personnelle. Et les entreprises continuent de licencier (et non de réembaucher) de plus en plus.

Avec un contrôle renforcé des républicains sur le Congrès, leurs votes à venir contre la prolongation des prestations de chômage et les programmes de soutien à l’emploi révéleront plus nettement de quel côté ils se placent. Leur tentative d’arracher une prolongation des réductions d’impôts pour les riches en inquiétant la classe moyenne par la perspective d’une hausse des impôts en apportera de nouvelles preuves. Tout comme le refus de divulguer leurs sources de financement lors des campagnes électorales.

L’exemple politique pertinent aujourd’hui n’est pas celui de Bill Clinton en 1996, mais celui de Franklin D. Roosevelt en 1936.

Lors des élections de 1936, la Grande Dépression entrait dans sa huitième année. Roosevelt était président depuis quatre ans. Il a pourtant remporté la plus grande victoire électorale depuis la naissance du système des deux partis, dans les années 1850. Pour quelle raison ?

FDR a déplacé le débat sur les insuffisances de son bilan en dénonçant l’irresponsabilité de ses adversaires. Il martelait encore et encore, de quel côté il était, et de quel côté ils étaient. Les républicains sont synonymes de « monopoles industriels et financiers, de spéculation, et de banques irresponsables, » répétait-il sans cesse.

Il affirmait clairement qu’ils voulaient l’empêcher de venir en aide aux Américains ordinaires. « Jamais ces forces n’ont été aussi unies contre un candidat comme elles le sont aujourd’hui, » tonnait-il. « Ils sont unanimes dans leur haine envers moi - et cette haine est la bienvenue. »

La situation économique en 2012 ne sera pas aussi mauvaise qu’elle ne l’était en 1936, du moins je l’espère. Mais elle ne sera pas aussi florissante que celle de 1996. Pour une candidature présidentielle en 2012, la leçon de 1936 est la plus pertinente.


Publication originale Robert Reich, traduction Contre Info
  
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7 novembre 2010 7 07 /11 /novembre /2010 20:25
Vladimir Poutine: un de Gaulle russe?
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Opinion de Marc Rousset

 

Vladimir Poutine: un de Gaulle russe ?
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Par Marc Rousset, auteur de « La Nouvelle Europe Paris-Berlin-Moscou »-Editions Godefroy de Bouillon-538p-2009


Poutine, c’est l’homme que les Américains n’attendaient pas et qui a non seulement redressé la Russie, mais l’a sauvée du dépeçage en trois tronçons envisagé par Zbignew Brzezinski , de l’exploitation de ses ressources naturelles par les groupes étrangers, de l’encerclement par l’OTAN ! Intronisé par Eltsine , il a su très habilement s’imposer progressivement en changeant l’orientation politique du pays, après quelques hésitations vis-à-vis des Etats-Unis, tout en se débarrassant des encombrants oligarques. Par son action Poutine a dores et déjà sauvé la Russie, mais il va aussi probablement sauver l’Europe occidentale en lui proposant une aide et un autre modèle que le droit de l’hommisme décadent de façon à ce qu’elle puisse se libérer du protectorat militaire américain !


Dans un livre sur « la piratisation » de la Russie (1), Marshall I. Goldman, titulaire de la chaire d’études russes à l’université Harvard, raconte qu’à son arrivée à la tête de la Fédération de Russie, le nouveau président Poutine s’était indigné de l’écart entre les prix à l’export des hydrocarbures russes et les prix payés par les acheteurs. Où allait la différence ? Les accords de partage de production passés dans les années Eltsine, lorsque la Russie avait les genoux à terre, ont été renégociés avec une pression très musclée. Poutine a tenu à reprendre la main sur le pétrole russe en s’inspirant du modèle de l’Aramco en Arabie saoudite qui confère à la famille royale une puissance géopolitique considérable. Pour Vladimir Poutine, comme pour le général de Gaulle, le politique doit primer sur l’économique : « La superpuissance militaire est devenue superpuissance pétrolière sous Poutine, dont la mission est de porter la Russie comme une puissance respectée à défaut d’être crainte » assure M.Yu Bin de l’International Relations Center ». (2)


Le 25 Octobre 2003, Mikhaïl Khodorkovski, patron de Youkos, était interpellé par les forces spéciales russes sur un aéroport de Sibérie. Il venait de participer quelques jours plus tôt à un forum d’affaires à Moscou en compagnie de Lee Raymond, l’un des directeurs d’Exxon, une « major » prête à participer pour 25 milliards de dollars à la fusion Youkos-Sibneft. Pour le Kremlin, c’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. L’idée que les capitaux américains d’Exxon-Mobil et de Chevron-Texaco s’infiltrent avec une participation de 40% dans le sanctuaire sibérien des hydrocarbures nationaux était inacceptable. Les Américains qui pensaient faire main basse sur le pétrole russe ont vu leurs efforts annihilés.(3) Par ailleurs, cette arrestation a marqué un « tournant décisif » dans les relations entre la Russie et les Etats-Unis. Khodorkovski finançait les partis d’opposition, entretenait les meilleures relations avec l’administration Bush et aurait été de surcroît candidat à l’élection présidentielle en mars 2008. Le destin de la Russie aurait été modifié si le président Poutine n’avait pas « brisé les rêves » de Khodorkovski et des Etats-Unis. De plus, sur le plan interne, l’Etat s’était vu contester le contrôle qu’il exerçait sur sa principale source de revenus : le bénéfice de la rente sur les matières premières. Divers mécanismes légaux ou illégaux avaient permis aux grandes sociétés russes créées dans le cadre des privatisations opaques de l’ère eltsinienne, qu’elles soient privées comme Ioukos ou semi-publiques comme Gazprom, d’échapper largement à l’impôt et aux taxes, privant l’Etat de toute manœuvre financière. Pour nombre d’observateurs, c’était le fonctionnement même de la Fédération qui se trouvait ainsi en péril. Bien des Russes considéraient que leur pays risquait véritablement, sinon d’éclater, en tout cas de perdre définitivement ses dernières chances de rebondir.


Par ailleurs Poutine a su briser l’encerclement de l’OTAN, l’Ukraine et la Géorgie n’étant plus candidats. On ne parle plus d’un bouclier anti -missiles en Pologne ! Il a rétabli l’autorité de la Russie dans le Caucase et en Asie centrale , les Américains n’étant présents , à prix d’or, aujourd’hui que sur une seule base militaire au Kirghizstan. Que n’aurait on pas dit et peut on imaginer ce qui se serait passé si la Russie, le chien de garde des Européens à l’Est, ne l’oublions jamais, avait perdu la guerre de Tchétchénie, avec le risque de se retrouver à Stravopol, point de départ de la colonisation russe au XIX ème siècle face à une déferlante islamiste, la Russie perdant par la-même son prestige et son autorité en Asie centrale ! Une catastrophe semblable serait équivalente pour les Européens de l’Ouest à la prise de Byzance par les turcs en 1453 !


Vladimir Poutine a réussi aussi à stopper le mal pernicieux des révolutions orange, tout cela ayant été préparé sans aucun doute possible par la CIA avec les innombrables ONG du style de celles de Monsieur George Soros comme maitres d’œuvre ! Il a vu le danger démographique en redressant la barre de la natalité, la Russie risquant de se retrouver avec seulement 100 millions d’habitants en 2050, soit moins que la Turquie dans un territoire deux fois plus grands que les Etats-Unis ! Prenant l’exemple de Pierre le Grand , il a rétabli partiellement la puissance militaire russe , comme on a pu le voir en Géorgie et a compris, avec le Président Medvedev qu’il fallait favoriser les investissement étrangers tout en modernisant une économie trop tournée vers les matières premières.


Et enfin, et surtout, il a compris que le redressement, le rétablissement de la Russie passait par les valeurs traditionnelles, le patriotisme, l’Eglise orthodoxe, constituant un magnifique contre-exemple pour les démocraties européennes décadentes et aveugles ! L’autoritarisme excessif en Russie pour un Européen de l’Ouest correspond en fait à la dimension asiatique du pays et est seul à même d’éviter l’éclatement ; n’oublions pas aussi que la Russie a vécu pendant plus de deux siècles sous le joug mongol de la « Horde d’Or »


Alors que les droits de l’hommistes souhaitent que la Russie s’adapte au modèle occidental, c’est bien au contraire aux Européens de l’Ouest de retrouver leurs valeurs traditionnelles, de se sauver de la décadence actuelle tout à fait semblable à celle de la fin de l’Empire romain, en constituant un pôle franco-allemand carolingien centré sur le Rhin à Strasbourg qui se rapprocherait de la Russie en la prenant comme modèle, et tout cela grâce à Poutine, sauveur effectif de la Russie, sauveur potentiel de l’Europe de l’Ouest !

________________
1) Marshall I. Goldman-The Piratization of Russia : Russia Reform Goes Awry,
Routledge, Londres et New-York, 2003
2) “Central Asia between competition and cooperation “, Foreign Policy in Focus,
Washington, 4 décembre 2006, www.fpif.org/fpiftxt/3754
3) Gérard Chaliand et Annie Jafalian- La dépendance pétrolière- Mythes et réalités d’un
enjeu stratégique, cll « le tour du sujet » - Universalis - Paris- 2005
____________________________
*
http://www.amazon.fr/nouvelle-Europe-Paris-Berlin-Moscou-Marc-Rousset/dp/2841912310/ref=sr_1_9?s=books&

ie=UTF8&qid=1288867255&sr=1-9

 

 

http://www.toutsaufsarkozy.com/cc/article04/EkllAuyZAVFVTxwVrH.shtml

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5 novembre 2010 5 05 /11 /novembre /2010 05:40
 
Une grosse femme ,énorme est assise sur le batiment de la Bourse à Paris : une piece d'or lui sert d'aureole : dessin d' Em Barcet

http://www.assietteaubeurre.org/bourse/bourse_f1.htm

 

Au milieu des années 80, lorsque la réforme des marchés financiers a été mise en place, l’objectif était de permettre aux entreprises de se financer directement (sans l’intermédiaire des banques) et aux épargnants de faire fructifier leur capital. Dans quelle mesure la mise en place de marchés financiers a-t-elle permis de constituer une « classe de rentiers » ? Qui sont les rentiers de la bourse aujourd’hui ?

Le mythe du particulier, passant une partie de sa journée devant Bloomberg TV et devant son écran d’ordinateur pour « boursicoter » est peut-être en train de disparaître. En effet, la morosité sur les marchés financiers est telle ces derniers mois que les perspectives de gains pour les particuliers semblent se réduire. Peut être vaut-il même mieux, si l’on souhaite vivre de ses rentes, acheter des forêts ou des bâtiments.

Il semble difficile pour les petits actionnaires de créer de la valeur, notamment en France. Souvent, les mises sur le marché des nouvelles actions ont été effectuées lorsque il était au plus haut (Thomson, Vinci, EDF, etc.) et les mauvaises « affaires » ont été légion : Eurotunnel, Alcatel, Natixis.

Certains petits actionnaires, par ingéniosité, réactivité ou connaissance des marchés, parviennent certainement à vivre de leurs rentes. Mais les vrais rentiers de la bourse sont sans doute les grands actionnaires et les cadres dirigeants, par le biais des stocks options.

Ces dernières sont peu imposables (au grand dam de feu le président de la Cour des comptes, Philippe Séguin) et lorsque les dividendes sont encaissées par une holding, comme c’est le cas pour Liliane Bettencourt, le taux d’imposition se réduit. Il est à noter que l’héritière de L’Oréal a touché 280 millions d’euros de dividendes en 2009, pour un taux d’imposition de 6 %. (1)

Il semble donc difficile pour le citoyen moyen, qui dispose d’un petit pécule, de vivre aujourd’hui de rentes boursières, composées de plus-values et de dividendes, simplement parce que cela paraît trop risqué. Il est toujours possible de contracter des « plans d’épargne en actions » (PEA), où la banque vous assure votre mise de départ avec parfois un gain capé (c’est-à-dire que vous ne pouvez gagner plus qu’un certain pourcentage, généralement 8 ou 10%).

Certains économistes prévoient une baisse des prix de l’immobilier, du fait que les loyers augmentent beaucoup plus vite que les salaires. Or Keynes nous a prouvé que lorsque la spéculation sur l’immobilier est faible, c’est la spéculation sur les marchés financiers qui est au beau fixe.

Les prochaines années seraient donc prometteuses sur les marchés financiers, si bien que les particuliers pourraient (enfin ?) s’enrichir sur ces marchés, tout en finançant les investissements des grandes entreprises françaises...

Laurent Fassot – © Pampa Presse

(1) D’après Thomas Piketty, « Liliane Bettencourt paie-t-elle des impôts ? », Libération, 13 juillet 2010.

 

http://fr.biz.yahoo.com/02112010/395/qui-sont-les-rentiers-de-la-bourse.html

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5 novembre 2010 5 05 /11 /novembre /2010 00:50
Le Monde diplomatique

La valise diplomatique

Etats-unis, élections de mi-mandat

Déroute électorale pour un président sans dessein

par Serge Halimi

Elu très largement il y a deux ans lors d'un scrutin marqué par une forte mobilisation populaire, et disposant d'une majorité confortable dans les deux Chambres du Congrès, le président Barack Obama a, depuis le 20 janvier 2009, laissé passer la chance de réformer profondément son pays en lui imprimant une direction progressiste. Est-il encore en mesure de le faire au cours des deux années qui viennent, alors que la Chambre des Représentants vient de changer de main, à l'occasion d'un raz de marée électoral sans précédent depuis 1938 (à l'époque, le président Roosevelt avait vu ses amis démocrates perdre 72 sièges dans cette assemblée, mais... y conserver la majorité) ? En 1994, année noire pour les démocrates, ces derniers avaient perdu 52 sièges ; là, ce sera plus de 60.

Cette fois, cependant, les démocrates conservent la majorité au Sénat, profitant du fait que, élus pour six ans, le tiers seulement des sièges de sénateur étaient renouvelables (la totalité des représentants affrontent en revanche les électeurs tous les deux ans). Cette configuration rendra plus difficile le harcèlement républicain consistant à faire voter nombre de lois provocatrices pour ensuite se plaindre que le président paralyse le pays en y opposant son veto . Dès lors que chaque loi doit être votée par les deux chambres, il est peu vraisemblable que le Sénat, qui reste démocrate, entérine les initiatives de la Chambre des Représentants qui, à partir de janvier prochain, va devenir républicaine. Or l'objectif des adversaires de M. Obama est clair, énoncé d'ailleurs par le le dirigeant du groupe parlementaire républicain au Sénat, M. Mitch McConnell : « La chose la plus importante que nous chercherons à obtenir est que le président Obama ne fas se qu'un seul mandat. » L'enlisement parlementaire se présente donc comme l'option la plus vraisemblable. Les républicains en ont beaucoup usé pendant les deux premières années du mandat de M. Obama, s'opposant unanimement à la plupart de ses grands projets ; ils vont la subir à leur tour. Et, comme en matière de politique étrangère et de nomination des hauts fonctionnaires, ambassadeurs, juges (ceux de la Cour Suprême incluse), c'est le Sénat, pas la Chambre des Représentants qui ratifie les désignations du président, le scrutin d'hier n'est pas uniformément calamiteux pour la Maison Blanche.

Et il ne présage pas le résultat de 2012. D'une part, parce que les deux années écoulées rappellent avec quelle facilité une vague d'enthousiasme peut se métamorphoser en chemin de croix quand les résultats économiques sont mauvais, quand les réformes entreprises semblent se noyer dans l'obstruction parlementaire et dans les compromis dictés par les lobbies, quand le chômage officiel tutoie les 10 % et quand, surtout, les banques, principales responsables de la crise que connaissent les Etats-Unis, ont été les premières à se retrouver sauvées par l'Etat fédéral. Un résultat qui a beaucoup contribué à la disqualification de l'action publique, point saillant de l'idéologie de la droite américaine et du Tea Party.

Par ailleurs, l'éventuelle campagne de réélection de M. Obama mobilisera dans deux ans un électorat plus nombreux, plus jeune et plus susceptible de voter démocrate que les 42 % d'Américains en âge de voter, souvent conservateurs et âgés, qui se sont déplacés hier . Mais la désaffection des électeurs démocrates comporte une signification politique : en deux ans, l'énergie politique et l'enthousiasme ont changé de camp. Conscient que ses réalisations économiques décevantes, sa trop grande disposition à négocier calmement avec des élus républicains décidés à le détruire et sa propre distance, son flegme pouvaient ressembler à de l'indifférence, à une forme d'éloignement technocratique et expert, M. Obama a tenté cette explication la semaine dernière : « 'Yes, we can', mais... cela ne se produira pas tout de suite (...)

Lire la suite de cet article inédit de Serge Halimi :

http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2010-11-04-etats-unis

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Curieux de développer dans d'autres langages ses thèmes de prédilection, Le Monde diplomatique a conçu ce hors-série au sommaire éclectique, dans lequel on retrouve des dessinateurs confirmés ou émergents, parfois associés à des signatures du mensuel.

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5 novembre 2010 5 05 /11 /novembre /2010 00:31

Bonjour Eva,

Suite à la pétition contre le budget militaire, je te joins la réponse (insatisfaisante) de Jacques DOMERGUE.

Cordialement Michel

.


  Jacques Domergue

http://www.assemblee-nationale.fr/13/tribun/fiches_id/267859.asp

 

Cher Monsieur,

 

Vous avez bien voulu attirer mon attention sur le vote du budget de la défense pour l’année 2011. Je tenais à vous assurer que j’avais pris connaissance de votre courrier avec tout l’intérêt qu’il mérite.

 

Le budget de la défense pour l’année 2010 est dans le droit prolongement de la Loi de programmation militaire 2009-2014 que l’Assemblée nationale puis le Sénat ont votée en 2009. Cette loi de programmation militaire reprend les dispositions du Livre Blanc sur la Défense et la sécurité nationale remis au Président de la République en juillet 2008 et qui définit une nouvelle politique de sécurité et de défense.

 

Les principales dispositions du Livre Blanc visent en priorité à assurer la sécurité des Français face à la multiplication des menaces intérieures (catastrophes naturelles, terrorisme) et extérieures (piraterie, prise d’otage) auxquelles notre pays peut être exposé…l’actualité internationale nous donne hélas raison. En outre, la France est l’une des principales puissances mondiales, ce qui lui confère le devoir d’honorer ses engagements internationaux aux côtés de ses partenaires, notamment en matière d’opérations de maintien de la paix dans des zones de conflits. Il s’agit également d’assurer la protection de nos intérêts à travers le monde en garantissant nos approvisionnements énergétiques et en protégeant nos intérêts industriels et économiques.

 

Notre outil de défense connaît actuellement de profondes mutations. Vous affirmez que ce budget prévoit /«une baisse des effectifs au profit des crédits d’équipement/». Je me permets de vous faire remarquer qu’il s’agit essentiellement de renouveler des appareils devenant obsolètes afin que nos soldats engagés dans des opérations extérieures de maintien de la paix puissent mener leur mission dans les meilleures conditions de sécurité et assurer la protection des populations se trouvant dans des zones de conflits.

 

Par ailleurs, le Président de la République a souhaité engager la France dans un processus international de réduction des armements. La loi de programmation militaire ne prévoit en aucun cas l’augmentation de notre arsenal nucléaire, à l’inverse il est prévu une limitation du nombre de têtes nucléaires.

 

C’est parce que le surcoût engendré par les opérations extérieures est par définition difficile a appréhender (multiplication des zones de conflits, interventions humanitaires : telles les opérations massives d’aide fournie à Haïti …) que le gouvernement a prévu de couvrir plus de 70% de ce surcoût prévisible dès la présentation du Budget. Les membres de la Commission de la Défense de l’Assemblée nationale qui se rendent régulièrement en Afghanistan peuvent témoigner de l’importante action civile menée par nos armées sur le terrain: accès au soin, travaux de voirie, formation, opération de déminage…. Les députés UMP sont particulièrement sensibles aux aspects dits civilo-militaires de nos missions.

 

J’attire votre attention sur le fait que l’ensemble des dispositions contenues dans ce budget 2011 a pour objectif d’assurer la protection de la population, l’intégrité du territoire et à maintenir la paix dans le respect du droit international et des Droits de l’homme auxquels la France est particulièrement attachée.

 

Restant à votre disposition, je vous prie de croire, Cher Monsieur, à l’expression de mes sentiments les meilleurs.

 

Jacques Domergue

Député de l'Hérault

 

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2 novembre 2010 2 02 /11 /novembre /2010 23:55

 

Les joies du recensement


http://bates.blog.lemonde.fr/2009/01/06/les-chiffres-du-dernier-recensement-en-eure-et-loir-et-pour-dreux/

Population Mondiale
Population mondiale actuelle
Naissances cette année
Naissances du jour
Décès cette année
Décès du jour
Croissance démographique du jour
(naissances moins décès)



Etats et Politiques Economiques
Dépenses gouvernementales mondiales de soins médicaux aujourd'hui (US$)
Dépenses gouvernementales mondiales engagées dans l'armée aujourd'hui (US$)
Dépenses gouvernementales mondiales engagées dans l'éducation aujourd'hui (US$)
Etats faisant partie de l'Organisation des Nations Unies
Voitures construites dans l'année
Vélos produits cette année
Ordinateurs vendus cette année



Société et Médias
Nouveaux titres publiés cette année
Tirages de journaux aujourd'hui
Téléviseurs vendus dans le monde entier aujourd'hui
Téléphones mobiles vendus aujourd'hui
Argent dépensé en jeux vidéo dans le monde aujourd'hui (US$)
Internautes dans le monde
Messages électroniques envoyés aujourd'hui
Articles postés sur les blogs aujourd'hui
Recherches sur Google aujourd'hui



Environnement
Hectares de forêt détruite cette année
Terres arables perdues en raison de l'érosion du sol cette année (hectares)
Emissions de dioxyde de carbone (CO2) cette année (tonnes)
Température moyenne courante (°C)
Désertification cette année (hectares)
Espèces éteintes cette année
Produits chimiques toxiques déchargés par les industries dans l'air, terre, et eaux cette année (tonnes)

Distance parcourue par la Terre dans le système solaire cette année (km)

 

 

http://www.worldometers.info/fr/

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1 novembre 2010 1 01 /11 /novembre /2010 23:45

 

 

Nous avons beaucoup écrit en 2006 sur les primaires socialistes en vue de l'élection présidentielle. Le débat interne au Front National qui prépare le Congrès de janvier 2011 mérite aussi notre attention. Selon les derniers sondages, Marine Le Pen se situe en effet à 14% d'intentions de vote pour 2012 ; elle serait le premier motif d'inquiétude du chef de l'Etat, selon les échos qui viennent du palais présidentiel...

 

Notre analyse nous amène à penser que Marine Le Pen est plus efficace électoralement que son concurrent Bruno Gollnisch pour une raison principale : sa capacité à mettre peu à peu en cohérence l'ensemble des aspects du programme de son parti, alors que Bruno Gollnisch perpétue les ambiguités, les contradictions et les incohérences de "l'ancien FN".

 

Expliquons-nous. La doctrine de fond du Front National est à notre sens l'idée que l'Etat nation est la structure la plus performante, face à une idéologie mortifère à tous les points de vue : le mondialisme, exacerbation d'un ultralibéralisme apatride qui promeut un monde uniformisé sur le modèle anglo-saxon, sans lois ni frontières.

 

Pourtant, sur nombre de points, le programme du Front National de "l'avant-Marine" présentait des incohérences de fond, qui pouvaient peut-être davantage encore que le "détail" ou la diabolisation expliquer la stagnation aux alentours de 12 à 15%.

Ainsi, le FN il y a peu encore n'aimait pas vraiment la fonction publique. Il défendait ainsi le même positionnement que son adversaire, le mondialisme. Première incohérence.

De même, il se montrait extrêmement méfiant vis-à-vis de l'Etat. Rebelote : comme son adversaire idéologique, il en venait à souhaiter un affaiblissement de la structure étatique, ce qui paraît difficilement conciliable, du moins en France, avec la défense de la Nation.

Sur les retraites, il souhaitait le départ à 65 ans, comme le Medef ou la Commission européenne : nouvelle incohérence.

En dehors du champ économique, il hésitait à soutenir la laïcité, pourtant la meilleure arme contre le communautarisme qu'il fustigeait en même temps. Nouvelle incohérence.

En d'autres termes, le Front National luttait contre le mondialisme, et son relais l'Union européenne, tout en défendant exactement les mêmes thèses que lui sur certains aspects importants de son programme. Une impression d'illogisme ressortait de ce positionnement, qui ne permettait pas une ascension électorale vraiment importante.

Depuis quelques temps, un des points forts de Marine Le Pen a été de repérer patiemment ces points d'incohérence, et de les corriger.

Ainsi, Marine Le Pen a mis l'accent sur l'économique et le social, avant d'en appeler à l'émergende de ce qu'elle nomme "un Etat fort, un Etat stratège". De même, elle fustige régulièrement la disparition du service public, et les suppressions de poste massives dans la police, la gendarmerie, ou les hôpitaux. Sur les retraites, son approche a présenté un véritable renouveau de la pensée de son parti. Dans ses interventions médiatiques, elle qualifie ainsi la réforme Sarkozy d'"injuste et inefficace", et se prononce contre le report de l'âge de départ à 62 ans. Elle suggère plutôt de trouver des sources de financement à même de préserver le système français : taxation du capital, droits de douane et économies sur des différentes dépenses jugées nocives (immigration bien sûr, mais aussi fraude sociale, décentralisation ou contribution française au budget de l'Europe).
Pour finir de passer en revue nos exemples précédents, la position de Marine Le Pen sur la laïcité est également très éclairante, ne cessant de la promouvoir comme l'une des valeurs essentielles de la République. Notons aussi qu'elle est l'une des seules à parler de la discrimination positive, et à lui préférer la "méritocratie républicaine" selon ses propres termes.

 

A notre sens, ce long travail de Marine Le Pen explique en partie sa popularité croissante, signe d'une certaine crédibilisation dans l'opinion. Un programme rendu plus cohérent est forcément plus solide, et donc plus attractif. Voilà qui pourrait annoncer une véritable montée en puissance dans les mois et les années qui viennent, si le parti parvient à communiquer sur cette doctrine mise en cohérence.

 

Cela explique aussi pourquoi son concurrent Bruno Gollnisch a moins de chances d'être efficace d'un point de vue électoral (comme semble d'ailleurs en témoigner son score assez moyen aux dernières élections régionales en Rhône Alpes).
Bruno Gollnisch en effet n'a pas accompli cette oeuvre de mise en cohérence, ou en tout cas d'une façon beaucoup plus limitée que son adversaire. Ses propos, que ne renierait pas Laurence Parisot dans certains cas, témoignent ainsi d'une méfiance toujours très vivace vis-à-vis de l'action publique, notamment en matière économique et sociale. De même, il semble plutôt en accord avec la réforme actuelle des retraites, et refuse toujours de s'afficher en faveur de la laïcité, entretenant le flou sur ses intentions véritables : a-t-il l'ambition de faire du FN un parti confessionnel, n'ayant qu'un rôle de témoignage, comme le pense Marine Le Pen ? C'est une question qui mérite en effet d'être posée au regard de ses prises de parole récentes.


Assez logiquement, n'ayant pas fait le même travail sur eux-mêmes, Marine Le Pen et Bruno Gollnisch ne désignent pas leur adversaire de la même façon. Pour ce dernier, il s'agit toujours, on le sent quand on ne l'entend pas, de "la gauche" : l'anti-communisme féroce a laissé des traces, même 20 ans après la chute de l'Union soviétique...Dans ce cas, on comprend pourquoi Bruno Gollnisch peine à rejeter l'idée d'une alliance avec l'UMP.
Pour Marine Le Pen, l'ennemi, ce n'est pas la gauche ou la droite, mais le mondialisme. Elle évoque ainsi régulièrement l'idée d'un Front National opposé à ce qu'elle appelle un "Front mondialiste", sorte d'UMPS version extra-large. Pour elle, c'est très clair, pas d'accord possible avec l'UMP, qui appartient au camp d'en face.

 

Cette analyse, qui repose sur les dernières interventions des deux candidats à la succession de Jean-Marie Le Pen, nous amène à ce constat surprenant si on écoute les commentaires médiatiques : le "cerveau" du Front National, ne serait-ce finalement pas plutôt Marine que Bruno ? Qui semble en effet avoir travaillé avec le plus d'intelligence sur le programme ? Marine Le Pen, quand Bruno Gollnisch nous donne davantage l'impression de s'être reposé sur ses lauriers.

 

Il n'y a donc pas qu'une différence de sexe, d'âge, de style ou de talent entre les deux candidats : il y a une divergence importante sur la capacité à rendre le Front National plus attractif pour les électeurs. A cet égard, Marine Le Pen semble avoir une très sérieuse longueur d'avance sur son concurrent. Si elle poursuit son oeuvre, elle pourrait effectivement transformer le FN en une "machine de guerre" selon son expression, alors que Bruno Gollnisch ne pourrait vraisemblablement pas, dans le meilleur des cas pour lui, le pousser plus haut qu'il n'a été jusqu'ici.

 

http://www.levraidebat.com/article-et-si-la-vraie-tete-pensante-du-fn-c-etait-marine-le-pen-60109362-comments.html#anchorComment

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