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1 novembre 2010 1 01 /11 /novembre /2010 22:40

 

09-04-07-segolene-royal-senegal

 

  http://humour.blogs.senegalcity.com/2009/08/19/segolene-royal-au-senegal-lol

 

 

Communiqué de l'AIRF à l'issue de l'élection à l'unanimité de Ségolène Royal, le Jeudi 28 Octobre à Lyon lors des premiers Etats Généraux Décentralisés de la Francophonie.


«
L'Association Internationale des Régions Francophones (AIRF) est fière et honorée de l'élection à sa tête de Ségolène Royal, Présidente de la Région Poitou-Charentes, ancienne ministre et candidate à l'élection présidentielle en 2007 .Elle a été sollicitée par de nombreuses régions du monde et cette élection est la reconnaissance d'une autorité morale et de l'efficacité de son action pour défendre les valeurs du développement durable et de la diversité culturelle. L'élection de Ségolène Royal à la tête de cette instance récompense l'excellence des actions de coopération décentralisée menées par la Région Poitou-Charentes qu'elle préside, avec ses régions partenaires situées au Québec, au Sénégal, au Vietnam et en Inde. »


_________________________________________________


Chers amis,


C’est avec plaisir et honneur que j’ai accepté de prendre la présidence de l'AIRF, l’Association Internationale des Régions Francophones qui regroupe aujourd’hui 140 régions dans prés de 30 pays du monde.

Composée de présidents de collectivités ou territoires régionaux où la langue française est en vigueur, l'association a pour but d’établir entre les communautés régionales francophones des coopérations et de mettre en oeuvre "une francophonie de proximité".Elle vise notamment à mettre en place "des actions concrètes pour l’écologie, l’éducation et l’emploi. »


J’ai été élue à l’unanimité jeudi 28 Octobre à Lyon, à l’issue des premiers Etats Généraux décentralisés de la Francophonie . J'ai été touchée par les nombreuses déclarations de respect et de considération des délégations qui m'ont élue et je mesure tout ce que cette unanimité porte en elle de confiance et de désirs d’aller ensemble encore plus loin.


Pour moi, la Francophonie n’est pas un combat d’arrière garde. Bien au contraire, elle peut devenir un modèle dans le nouvel équilibre du monde, comme je le disais, le 21 Septembre 2007, à l’Université de Montréal , au Québec


« Il y aura en 2050, 300 millions d'hommes et de femmes qui parlent français. Nous souhaitons qu'il y en ait davantage encore. Tous les Francophones sont de cultures, de continents différents et, pourtant, ils ne s'opposent pourtant pas. Et c'est en cela que la Francophonie peut devenir modèle d'un nouvel équilibre mondial(…) Or je sais aussi que pour certaines élites, en France, promptes à épouser les conformismes dominants, la francophonie serait dépassée, hors de la modernité. Quel contresens ! Je crois, moi, à la modernité de cet espace dessiné par le partage d'une langue et la volonté de la défendre, de la promouvoir, dans le concert du monde.(..) Le français est, avec l'anglais, la seule langue parlée sur tous les continents : que de fenêtres ouvertes sur le monde ! La langue n'est pas qu'un vernis ou une marchandise, elle est ce qui porte et structure la pensée. Et au risque de vous surprendre, je vous dirais que la monoculture appauvrit la pensée comme elle appauvrit les sols. Et c'est pourquoi je crois qu'il y a un lien d'ailleurs très direct entre le combat culturel et le combat environnemental, c'est-à-dire entre la diversité culturelle et la biodiversité, toutes les deux étant en quelque sorte des sciences du vivant »

 

Voilà ce que j’avais dit à nos amis québécois en 2007.

Et comme je ne crois qu’à la politique par la preuve, en Poitou-Charentes, j’ai fait des coopérations décentralisées l’une de nos priorités car il s’agit, à mes yeux, d’un enjeu fort pour la Francophonie.

Nous développons ainsi depuis plusieurs années des partenariats avec plusieurs régions francophones.


Avec le Québec, avec lequel nous sommes unis par des liens historiques (le fondateur du Québec Samuel Champlain était natif de notre région et un quart des migrants français aux 16ème et 17ème siècles venaient du Poitou-Charentes) nous avons mis l’accent sur la recherche permettant de développer les technologies agro-environnementales et les éco-carburants, les énergies renouvelables et la construction bois

Avec la Région de Fatick, au Sénégal, nous soutenons un programme de développement des énergies renouvelables. Dans cette région qui fait face aux effets du changement climatique, soumise à des sécheresses de plus en plus fréquentes, cela permet d’améliorer durablement les conditions de vie des populations en évitant la déforestation. Nous y avons accompagné la création d’une filière de production de fours économes en énergie pour préserver les ressources en bois, grâce à la formation d’artisans et à l’implication des femmes de plusieurs villages. La diffusion de lampes solaires dans les lieux isolés de la région, à la place des lampes à pétrole, a contribué à améliorer les conditions d’éclairage des ménages isolés des zones rurales. Est également développé un programme d’expérimentation d’éoliennes, pour valoriser les ressources naturelles de cette région.

Nous avons également crée des bourses "Désirs d'entreprendre" pour l'emploi. Inspirées des bourses " Désirs d'entreprendre" qui fonctionnent parfaitement en Poitou-Charentes, le programme a pour objectif de réduire le sous-emploi et l'exode rural des populations de la région en favorisant la création d'activités économiques, en particulier au profit des jeunes et des femmes. Il appuie financièrement des porteurs de projets et leur facilite l'accès au crédit
L’excellence de ce partenariat a été reconnu par le PNUD avec lequel nous travaillons désormais de concert.


En 2005, après le tsunami qui a ravagé une partie de l’Asie du Sud-Est, le Poitou-Charentes a lancé une grande mobilisation régionale afin d’aider à une reconstruction durable dans l’Etat du Tamil Nadu et l’Union territoriale de Pondichéry, notamment pour la désalinisation rapide de terres agricoles envahies par la mer dans des villages où la population vivait déjà sous le seuil de pauvreté. Mais au-delà de l’urgence, il nous a semblé essentiel d’entreprendre un partenariat au long cours avec le Tamil Nadu et Pondichéry.

Nous y soutenons des actions d’éducation et de formation et grâce à un système de micro-crédit innovant, nous avons pu soutenir le développement de l’élevage caprin et bovins auprès de 640 familles vivant sous le seuil de pauvreté.


Cet exemple invite à penser les nombreuses possibilités pour renforcer la coopération Sud-Nord, comme nous le faisons également dans le domaine de l’élevage caprin, de la riziculture, de l’éco-tourisme, de la formation et de la culture, avec nos amis sénégalais, indiens, québécois, mais aussi vietnamiens et haïtiens.

Tous ces exemples nous montrent à quel point la Francophonie peut contribuer à ce nouvel équilibre mondial.Présente sur les cinq continents, elle est confrontée aux grands Objectifs du Millénaire : lutte contre la pauvreté, renforcement de l’éducation, amélioration de la santé…


Cette Francophonie qui nous anime doit désormais répondre à trois défis :

- Un monde juste

- Un développement durable et solidaire

- Une appropriation citoyenne des questions primordiales des populations

Pour cela, l’action des Régions est fondamentale car elle a démontré qu’elle pouvait associer les réalités locales dans un environnement global. Nous devons réussir cette nouvelle étape dans un monde où la globalisation touche au quotidien des peuples.

Notre nouvelle équipe devra pour cela entamer un dialogue constructif avec les Instances de la Francophonie et les grandes Organisations internationales pour que nos membres prennent leur place à part entière.


Je m’y engage en tant que Présidente de l’AIRF, pour construire ensemble une Francophonie soucieuse d'efficacité dans des actions communes pour l'éducation, l'écologie, l'emploi et la santé. Je proposerai très rapidement des actions concrètes aux régions du monde.


Trés amicalement


Ségolène Royal

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29 octobre 2010 5 29 /10 /octobre /2010 20:53

 

 

Lettre d'Isabelle Conscience du peuple

 

Bonjour à tous,

D'abord, merci à toutes les personnes qui se sont manifestées pour
faire de la traduction.  Votre collaboration est vraiment appréciée
puisque nous sommes très peu à parcourir et traduire le torrent de
nouvelles qui nous arrivent!

Je vous invite à visiter mon blog parce que j'ai ajouté beaucoup
d'articles, dont ceux qui concernent les évènements climatiques et
les phénomènes astronomiques dont j'ai parlé dans mon dernier
courriel.  Certains d'entre eux sont traduits et d'autres sont en
cours de traduction.  Vous pourrez donc consulter tous ces articles
en anglais pour le moment.  À ce sujet, j'ai ajouté un site qui
répertorie, en temps réel, tous les cataclysmes planétaires et je
vous assure que ceux-ci ne se manifestent pas de façon isolée: il n'y a
pas un seul jour où il n'y a pas un volcan qui s'allume, un
tsumani, un tremblement de terre ou une tempête spectaculaire.

Vous pourrez consulter la liste des articles ajoutés ci-bas. 

Avec les nombreuses manchettes qui étalent des attentats
terroristes désamorcés et la réapparition médiatique de
"l'incarnation du mal", Ali Baba et ses 40 voleurs (Al Qaida), je
soupçonne qu'une attaque "false flag" pourrait être perpétrée sur
une grande ville américaine ou européenne.  Ce ne serait pas
étonnant que les élections de mi-mandat se fassent voler la vedette
par un évènement grandiose qui nécessite le secours de
l'impopulaire Obama...  Ce pourrait être un bon moyen de rehausser
sa côte de popularité!!!

Je vous propose quelques articles, et vidéos, qui exposent la face
cachée des supposés extraterrestres et le plan diabolique qui se
cache derrière cette vaste mystification.  Je vous invite à prendre
le temps de lire et visionner ces documents afin d'avoir en tête la
semence d'une tromperie cosmique d'une ampleur incommensurable!  En
ce qui me concerne, et libre à vous de penser ce que vous voulez,
il n'y a pas de "bons E.T." et il n'y a pas d'êtres d'autres
dimensions qui veillent à la sauvegarde de l'humanité.  C'est ce
que le mystique, l'occulte et le paranormal (doctrines manigancées,
manipulées et orientées par le Nouvel Ordre Mondial) tentent de nous faire
croire, mais c'est LE PLUS GRAND PIÈGE QUI GUETTE LES ÊTRES
HUMAINS! 

Je ne peux pas vous convaincre de cela, mais je peux toutefois vous mettre
en garde...  Avouons que si la thèse des "bons E.T." ou des "êtres
de lumière" s'avère être une tromperie monumentale, un deuil profond
et vertigineux devient alors impératif où la possibilité de Dieu
commence à prendre son sens... 

LES NOUVELLES:

- Un conseiller de la Maison Blanche : Les États-Unis doivent se
préparer à la menace d'astéroïdes
http://clicks.aweber.com/y/ct/?l=JBhsF&m=Ji8pf4HeGcDVtN&b=relgQ3iDOD7ylKkBRHA1mA

- Site qui répertorie quotidiennement les évènements climatiques qui se produisent
à tous les jours

- Le corps mystique de l'Antéchrist (par René Bergeron)
http://clicks.aweber.com/y/ct/?l=JBhsF&m=Ji8pf4HeGcDVtN&b=OFlkU.i1WiETHgoiRPIV6Q

- Le secret diabolique des OVNIS et des "extraterrestres", par le professeur Lesage
http://clicks.aweber.com/y/ct/?l=JBhsF&m=Ji8pf4HeGcDVtN&b=NQZpaM6y056A06W7v7CcIA

- Contrôler un ordinateur par la pensée: une réalité?
http://clicks.aweber.com/y/ct/?l=JBhsF&m=Ji8pf4HeGcDVtN&b=26qxYUXVMavHjez1dKY7zg

- Russie: des éruptions au Kamtchatka provoquent d'énormes nuages de cendres
http://clicks.aweber.com/y/ct/?l=JBhsF&m=Ji8pf4HeGcDVtN&b=lvxFhbVWqoLN803sjZV9pw

- Série d'évènements climatiques ou de données scientifiques qui annoncent
de graves bouleversements
http://clicks.aweber.com/y/ct/?l=JBhsF&m=Ji8pf4HeGcDVtN&b=kDkaoclPB2MnWFxvkd5Nfg

- Nouvelle couche de magma trouvée profondément dans le manteau de la terre?
http://clicks.aweber.com/y/ct/?l=JBhsF&m=Ji8pf4HeGcDVtN&b=U2fAgAHvSdt3CA8ZMdR5AA

 

 

Quelques posts :

 

 

Un conseiller de la Maison Blanche : Les États-Unis doivent se préparer à la menace d'astéroïdes

 

 

25 octobre 2010

 

Si un astéroïde était sur le point de rentrer en collision avec la Terre, serions-nous prêts à nous protéger de son impact destructeur ou serions-nous impuissants et sans défense?

 

La NASA, l'Agence Nationale de l'espace, a été chargée de s'occuper de la façon de protéger non seulement les États-Unis, mais le monde entier au cas où ce scénario aussi horrifiant soit-il venait qu'à se produire. Le haut conseiller de la Maison Blanche dit que nous devons nous préparer.

 

C'est en dix lettres séparées, la Maison du Comité des Sciences et Technologies et le Sénat du Comité du Commerce, de la Science et de Transport, John Holdren, directeur de la politique du Bureau des sciences et technologies de la Maison Blanche ou OSTP, que les grandes lignes du plan sont élaborées : « (A) Protéger les États-Unis d'un objet proche de la Terre qui pourrait rentrer en collision avec elle; Et (B) mettre en œuvre une campagne de déviation, en consultation avec les organes internationaux, devrait être nécessaire. »

 

While Holdren indique qu'aucun gros astéroïde ou comète ne présente actuellement un danger pour notre planète, mais le fait qu'il y a longtemps qu'un impact destructeur eu lieu sur Terre est suffisant pour justifier les précautions à prendre pour le futur.

 

« En effet, un flux régulier de ces objets entrant dans l'atmosphère quotidiennement comprend surtout des poussières de particules estimées à un total de 50 à 150 tonnes par jour » a écrit Holdren.

 

Aussi éloigné qu'il puisse paraître que la Terre soit dans la trajectoire d'un rocher géant de l'espace, néanmoins, Holdren insiste que « la possibilité d'une future collision impliquant un objet dangereux ne doit pas être ignorée. »

 

Les astéroïdes sont des objets rocheux trouvés au sein et à l'intérieur du système solaire, originaire du lieu plus connu sous le nom de « ceinture d'astéroïdes », située entre les planètes Mars et Jupiter.

 

Si un gros astéroïde rentrait en collision avec la Terre, cela pourrait causer un changement global du climat, ce qui d'après de nombreux scientifiques, est la cause de la disparition des dinosaures il y a plus de 60 millions d'années – ce n'est pas une bonne perspective pour la vie sur terre actuellement si un événement similaire venait qu'à se produire.

 

Le projet de la NASA, le Programme d'un objet proche de la terre (Near Earth Object program), ou NEO, recherche des astéroïdes qui mesurent au moins un kilomètre de diamètre.

 

Mais Holdren met en avant que le problème dans la recherche est que « l'orbite d'objets connus peut être changé par la gravité ou les perturbations solaires, ou encore la collision avec d'autres objets, ce qui signifie que l'observation périodique d'objets proches de la Terre doit également être menée. »

 

De nombreux films ont dépeint la dévastation qu'aurait un astéroïde sur Terre, incluant « Meteor » (1979), « Deep Impact » (1998) et « Armageddon » (1998)

 

Après 12 ans de chasse cosmique, la section de recherche de la NASA a déterminé que 149 objets proche de la Terre mesurant plus d'un kilomètre sont en orbites ce qui pourrait poser un problème à la Terre, mais aucun n'est considérés comme menaçant pour les 100 prochaines années.

 

Le Bureau OSTP (Office of Science and Technology Policy) de la Maison Blanche travaille à établir un plan et des procédures dans le cas d'une possible menace d'objet proche de la terre aux États-Unis.

 

Un de ces plans est l'utilisation de l'Agence de Gestion Fédérale d'Urgence (FEMA), dans le département de la Sécurité Intérieure, pour prendre la responsabilité sur place dans le cas d'une menace d'astéroïde.

 

Après que la trajectoire d'un astéroïde soit déterminée à s'écraser aux États-Unis, La "FEMA" préviendrait la population grâce au système national d'alerte et mettrait en application les plans d'urgence.

 

La lettre d'Holdren indique également l'importance de prévenir les autres pays dans le cas d'un impact imminent d'astéroïde « dont le but est de minimiser les potentielles pertes de vies et de propriétés. »


Et l'espoir est que, si un astéroïde devenait une actuelle menace pour notre planète, un plan devrait être mis en œuvre pour essayer d'une façon ou d'une autre de détruire le rocher ou de le dévier.

 

Holdren suggère que la NASA et le Département de la Défense devraient travailler ensemble pour établir une stratégie qui impliquerait les forces militaires.

 

Donc la bonne nouvelle est le haut niveau de discussion concernant les moyens de défense de la Terre contre l'assaut d'un potentiel désastre venant de l'espace.

 

La mauvaise nouvelle : Il n'y a aucun plan établit pour le moment.

 

Article-source:

http://www.aolnews.com/weird-news/article/white-house-adviser-us-must-prepare-for-asteroid/19687765?test=latestnews

 

Traduction effectuée par Bibi pour le site www.consciencedupeuple.com

 

 

 

Site qui répertorie quotidiennement les évènements climatiques qui se produisent à tous les jours

 

 

http://www.bibleprophecytruth.com/signs-of-the-end/signs-in-nature/earthquakes.aspx

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27 octobre 2010 3 27 /10 /octobre /2010 04:10

lundi 25 octobre 2010

 

 


Caracas 1981
L'oeuvre de Roger Garaudy nous aide à comprendre le présent et à penser un avenir à visage humain, indivisiblement personnel et collectif

Blog "Roger Garaudy", tous les articles parus à ce jour

 

Posté par Alaindependant à 09:45 - Garaudy - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalie

 

http://alainindependant.canalblog.com/archives/2010/10/25/19422201.html

 

  • Le blog d' Eva, R-sistons à la crise

 

 

Eva: Un immense penseur et un grand militant,

ostracisé, censuré, mis à l'index parce qu'il a osé

effectuer des recherches sur la réalité exacte de la Shoah

(par exemple sur le nombre de victimes, en historien).

Toucher à Israël, aujourd'hui,

c'est être marqué au fer rouge. Scandaleux !

Bricmont, Blanrue, moi-même, nous savons tous ce qu'il en est.

Ras-le-bol le terrorisme intellectuel,

l'intolérance fanatique !

Assurément, un très grand penseur à réhabiliter.

Assurément aussi, l'un des plus grands intellectuels de notre temps.

Indépendant ! Et l'indépendance est un crime, aujourd'hui...

eva R-sistons à l'intolérable

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

http://rogergaraudy.blogspot.com/
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25 octobre 2010 1 25 /10 /octobre /2010 01:12

Le meilleur du Web - Société

 

Le retard d'effondrement

brainstormingScriptoblog, d'habitude, ne reprend pas de textes issus d'un autre site. Mais, parfois, il faut faire des exceptions... surtout quand on a affaire à des textes exceptionnellement intéressants !

Nous reprenons donc cette traduction d'une intervention donnée en Anglais par un certain Dmitry Orlov, concernant la question d'un éventuel effondrement de l'infrastructure US, et de ses conséquences pratiques du point de vue des Américains. On notera qu'une bonne partie de ce qu'il dit s'applique terme à terme à la situation des européens, si notre infrastructure venait à craquer.

Cet article est issu de l'excellent site orbite.info.



L'Union soviétique était mieux préparée à l'effondrement que les États-Unis

Par Dmitry Orlov 4 décembre 2006

Bonsoir, Mesdames et Messieurs. Je ne suis pas un expert, ou un spécialiste, ou un militant. Je suis plutôt un témoin oculaire. J'ai vu l'Union soviétique s'effondrer, et j'ai essayé de mettre mes observations dans un message concis. Je vous laisserai décider à quel point ce message est urgent.


Au milieu des années 1950, les Américains ont été saisis par la crainte que le déploiement massif de bombardiers à réaction donne à l'Union soviétique un avantage stratégique décisif. Les observations des avions espions ont montré par la suite que ce bomber gap était inexistant. L'administration a cependant tiré les leçons de cette affaire en invoquant par voie de presse des écarts divers et inquiétants pris par l'armée américaine sur l'armée soviétique à chaque fois qu'il était nécessaire de faire accepter au contribuable américain davantage de dépenses militaires.

Mon exposé de ce soir a pour sujet le manque de préparation à l'effondrement ici, aux États-Unis. Je comparerai cela à la situation en Union soviétique, avant son effondrement. Le moyen rhétorique que je vais utiliser est le retard d'effondrement, pour aller avec le retard nucléaire et le retard spatial, et divers autres retards entre superpuissances qui étaient à la mode durant la guerre froide.

  • L'Union soviétique (URSS) s'est effondrée il y a environ dix-sept ans. Les États-Unis (ÉU) s'effondreront (économiquement ou politiquement) à un certain point.
  • Les dates exactes des effondrements sont impossibles à prédire. Mais l'un des faits les mieux connus sur les empires est qu'ils s'effondrent. Sans exception.
  • L'effondrement soviétique était plus difficile à prédire à cause du secret. De nombreux signes de difficultés pour les ÉU indiquent qu'ils pourraient s'effondrer n'importe quand.
  • L'effondrement soviétique a beaucoup à apprendre aux ÉU. Les différences sont tout aussi intéressantes que les similarités.

L'effondrement économique est généralement un triste sujet. Mais je suis une personne de nature gaie et optimiste, et je crois que, avec un peu de préparation, de tels événements peuvent être pris sans sourciller. Comme vous pouvez probablement le conjecturer, je suis plutôt enthousiasmé par l'observation des effondrements économiques. Peut-être que lorsque je serai vraiment âgé, tous les effondrements commenceront à se ressembler pour moi, mais je n'en suis pas encore à ce point.

Et ce prochain effondrement m'intrigue certainement. À ce que je vois et entend, il semble qu'il y ait une bonne chance que l'économie américaine s'effondre quelque part dans l'avenir prévisible. Il semblerait aussi que nous ne soyons pas particulièrement préparés pour cela. Comme vont les choses, l'économie américaine est sur le point de jouer quelque chose comme un acte de disparition. Aussi je m'empresse de mettre mes observations de l'effondrement soviétique à bon usage.

  • Deux empires militaro-industriels post-Seconde Guerre mondiale.
  • Fondés sur le progrès technologique et la croissance économique.
  • Ont essayé de répandre leur idéologie sur toute la planète.
  • Ont exercé un contrôle économique et politique sur de nombreux pays.
  • Sont restés à égalité pendant plusieurs décennies.
  • Ont fini par faire faillite.

(Ces similarités justifient de raisonner par analogie.)

J'anticipe que certaines personnes réagiront mal en ayant leur pays comparé à l'URSS. Je voudrais vous assurer que les Soviétiques auraient réagi similairement, si les États-Unis s'étaient effondrés les premiers. Sentiments mis à part, voici deux superpuissances du XXe siècle, qui voulaient plus ou moins les mêmes choses — des choses comme le progrès technologique, la croissance économique, le plein-emploi, et la domination du monde — mais ils étaient en désaccord sur les méthodes. Et ils ont obtenu des résultats similaires — chacun en a bien profité, a intimidé la planète entière, et a maintenu l'autre dans la peur. Chacun a fini par faire faillite.

Les États-Unis et l'URSS étaient à égalité dans de nombreuses catégories, mais je vais seulement en mentionner quatre.

Le programme spatial piloté soviétique est bien vivant sous gestion russe, et il offre maintenant les tout premiers vols en charter. Les Américains empruntent des vols sur Soyouz tandis que leurs vaisseaux spatiaux restants demeurent à l'atelier.

La course à l'armement n'a pas produit de vainqueur clair, et c'est une excellente nouvelle, parce que la Destruction mutuelle assurée2 reste effective. La Russie a toujours plus d'ogives nucléaires que les États-Unis, et une technologie de missiles de croisière supersoniques qui peut pénétrer n'importe quel bouclier anti-missile, particulièrement un qui n'existe pas3.

La course à l'emprisonnement montrait autrefois les Soviétiques avec une avance décisive, grâce à leur programme innovant GOULAG4. Mais ils ont graduellement pris du retard, et à la fin, la course à l'emprisonnement a été gagnée par les Américains, avec le plus haut pourcentage de gens en prison de tous les temps.

La course à l'Empire-haï-du-mal est finalement aussi gagnée par les Américains. C'est facile maintenant qu'ils n'ont plus personne avec qui rivaliser.

Les ÉU font face à de nombreuses difficultés identiques à celles qui ont contribué à l'effondrement soviétique
  • Des guerres ingagnables (Afghanistan, Irak... Iran ?).
  • Une production de pétrole déclinante (la production de pétrole soviétique a passé son pic une paire d'années avant l'effondrement).
  • Des budgets militaires hors de contrôle.
  • Des déficits et une dette extérieure insoutenables.
  • Un système politique récalcitrant, apathique et corrompu, incapable de réformes.
  • Des illusions de grandeur empêchant une discussion honnête des difficultés.

En continuant avec notre liste de similarités entre superpuissances, beaucoup de difficultés qui ont coulé l'Union soviétique mettent à présent en danger les États-Unis aussi. Telles qu'une armée immense, bien équipée et très coûteuse, sans mission claire, embourbée dans un combat contre des insurgés musulmans. Telles que des pénuries énergétiques liées à la culmination de la production pétrolière. Telles qu'une balance commerciale défavorable persistante, résultant en une dette extérieure débridée. Ajoutez à cela une image de soi illusoire, une idéologie inflexible et un système politique apathique.

Les économies sont susceptibles de défaillances en cascade
  • Les problèmes insolubles s'accumulent avec le temps.
  • Les mécanismes de compensation ne sont utiles que jusqu'à un certain point.
  • Un certain nombre d'événements peuvent mettre l'économie en état de choc.
  • De multiples effets de contrecoup empêchent de revenir à la normale.
  • Le glissement vers le bas acquiert un élan propre.
  • Le système politique demeure intact mais souffre de paralysie.

Un effondrement économique est étonnant à observer, et très intéressant s'il est décrit précisément et en détail. Une description générale tend à tomber loin de la cible, mais je vais essayer. Un arrangement économique peut continuer un bon bout de temps après qu'il est devenu intenable, par pure inertie. Mais à un certain point une vague de promesses non tenues et de suppositions invalidées balaye tout cela à la mer. L'un de ces arrangements intenables repose sur la notion qu'il est possible de perpétuellement emprunter de plus en plus d'argent à l'étranger, pour payer de plus en plus d'importations d'énergie, tandis que le prix de ces importations continue de doubler toutes les quelques années. L'argent gratuit avec lequel on achète de l'énergie équivaut à de l'énergie gratuite, et l'énergie gratuite n'existe pas dans la nature. Ce doit donc être une condition transitoire. Quand le flux d'énergie retombera vers l'équilibre, une grande part de l'économie américaine sera forcée de s'arrêter.

L'environnement post-effondrement — les conséquences immédiates
  • Dislocation sociale, chômage, perte de domicile, désespoir.
  • Les autorités n'imposent plus le respect. Les forces de l'ordre sont débordées, remplacées par l'auto-défense locale et la sécurité privée. De nombreuses lois sont universellement ignorées.
  • Des pénuries généralisées de nombreuses marchandises de base, particulièrement la nourriture, le carburant et la médecine.
  • L'entretien de base est abandonné ou rationné. L'infrastructure se délabre et tombe en panne. Beaucoup de désastres, grands et petits.
  • Pas de planification à long terme possible. Les nouveaux grands projets ne sont même pas envisagés. Toutes les adaptations réussies reposent sur l'infrastructure et l'inventaire existants.

J'ai décrit ce qui est arrivé à la Russie en détail dans l'un de mes articles, qui est disponible sur Surviving Peak Oil. Je ne vois pas pourquoi ce qui arrive aux États-Unis serait entièrement dissemblable, au moins en termes généraux. Les particularités seront différentes, et nous allons les aborder dans un moment. Nous devons certainement nous attendre à des pénuries de carburant, d'alimentation, de médecine, et d'innombrables autres articles de consommation, à des coupures d'électricité, de gaz et d'eau, des pannes dans les systèmes de transport et d'autres infrastructures, à l'hyper-inflation, des fermetures généralisées et des licenciements massifs, accompagnés de beaucoup de désespoir, de confusion, de violence et de désordre. Nous ne devons absolument pas espérer des grands plans de sauvetage, des programmes technologiques innovants, ou des miracles de cohésion sociale.

L'environnement post-effondrement — que se passe-t-il ensuite ?
  • Une nouvelle économie de subsistance et de troc émerge presque immédiatement.
  • Le vieux capital — actions, obligations, capital d'équipement, argent liquide — n'a aucune valeur. Les relations, les services rendus, l'accès aux ressources prouvent la durabilité de leur valeur.
  • Dépouillement des actifs : les actifs sont démantelés et réutilisés, entreposés, ou vendus pour la ferraille. De nombreux articles de valeur sont exportés (particulièrement les objets d'art, les antiquités, l'équipement scientifique et industriel).
  • Des éléments du crime organisé, les anciens militaires et les anciennes forces de l'ordre se combinent en nouvelles structures de pouvoir (très embrouillées).

Face à de tels développements, certaines personnes sont promptes à réaliser ce qu'elles doivent faire pour survivre, et commencent à le faire, généralement sans la permission de quiconque. Une sorte d'économie émerge, complètement informelle, et souvent semi-criminelle. Elle tourne autour de la liquidation et du recyclage des restes de l'ancienne économie. Elle est basée sur un accès direct aux ressources, et sur la menace de la force, plutôt que sur la propriété ou l'autorité légale. Les gens qui ont des difficultés avec cette façon de faire se retrouvent rapidement hors du jeu.

Ce sont les généralités. Maintenant regardons les particularités.

Logement :

URSS

USA

Propriété de l'état Propriété des banques et des sociétés
Loyer gratuit Saisies et expulsions
Accessible par les transports publics Largement inaccessible sauf en automobile
=> En cas de catastrophe...
Personne ne bouge Flot de réfugiés des banlieues

Un élément important de la préparation à l'effondrement est de s'assurer que l'on n'a pas besoin d'une économie en fonctionnement pour garder un toit au dessus de sa tête. En Union soviétique, tous les logements appartenaient au gouvernement, qui les mettait directement à disposition des gens. Comme tous les logements étaient aussi construits par le gouvernement, ils n'étaient construits que dans des lieux que le gouvernement pouvait desservir en utilisant les transports publics. Après l'effondrement, presque tout le monde a réussi à garder son logement.

Aux États-Unis, très peu de gens possèdent leur lieu de résidence pour de bon, et même alors ils ont besoin d'un revenu pour payer les taxes foncières. Les gens sans revenu se retrouvent à la rue. Quand l'économie s'effondrera, très peu de gens continueront d'avoir un revenu, alors la clochardisation va devenir endémique. Ajoutez à cela la nature dépendante de l'automobile de la plupart des banlieues, et ce que vous obtiendrez est une migration en masse des sans-logis vers les centres urbains.

Transport :

URSS
USA
Public Privé, principalement des automobiles et des camions
Continue de fonctionner En panne à cause des pénuries de carburant
Villes compactes le long des lignes de chemin de fer Étalement, centre-villes morts
Infrastructure pouvant être entretenue Davantage de nids de poule que de route
=> En cas de catastrophe...
Tous les passagers, en voiture ! À pied, pédalant à bicyclette, poussant des chariots de supermarché

Les transports publics soviétiques étaient plus ou moins tout ce qu'il y avait, mais il y en avait beaucoup. Il y avait aussi quelques automobiles particulières, mais si peu que le rationnement de l'essence et les pénuries étaient quasiment sans conséquence. Toutes ces infrastructures publiques étaient conçues pour être presque indéfiniment réparables, et elles ont continué de marcher alors même que le reste de l'économie s'effondrait.

La population des États-Unis est presque entièrement dépendante de l'automobile, et se fie aux marchés qui contrôlent l'importation de pétrole, le raffinement et la distribution. Elle compte aussi sur des investissements publics continus dans la construction de routes et leur réparation. Les automobiles elles-mêmes requièrent un flux continu de pièces importées, et elles ne sont pas conçues pour durer très longtemps. Quand ces systèmes tortueusement interconnectés cesseront de fonctionner, une grande partie de la population se trouvera isolée.

Le Just-in-time est une stratégie d'organisation industrielle visant à réduire l'inventaire au minimum nécessaire à la satisfaction de la demande immédiate. Le résultat est une rentabilité accrue (peu d'entrepôts, peu d'invendus, peu d'engagement de trésorerie) et un risque de paralysie totale en cas de rupture d'un flux.

Emploi :

URSS
USA
Principalement public Principalement privé
Ralentissements Fermetures
Salaires retardés Licenciements massifs
Inventaire à des niveaux massifs Inventaire juste-à-temps
Accès continu et troc Liquidation
=> En cas de catastrophe...
Transition graduelle Retraite instantanée

L'effondrement économique affecte l'emploi dans le secteur public presque autant que l'emploi dans le secteur privé, finalement. Comme les bureaucraties gouvernementales tendent à être lentes à réagir, elles s'effondrent plus lentement. Aussi, comme les entreprises d'État tendent à être inefficaces et entreposent de l'inventaire, il en reste beaucoup, que les employés emportent chez eux et utilisent dans le troc. La plupart des emplois soviétiques étaient dans le secteur public, et cela a donné du temps aux gens pour réfléchir à ce qu'ils devaient faire ensuite.

Les entreprises privées tendent à être beaucoup plus efficientes en beaucoup de choses. Telles que licencier leur personnel, fermer leurs portes et liquider leurs actifs. Puisque la plupart des emplois aux États-Unis sont dans le secteur privé, nous devrions nous attendre à ce que la transition vers le chômage permanent soit très abrupte pour la plupart des gens.

Familles :

URSS
USA
Trois générations sous un toit Célibataires, familles nucléaires
Étroitement liés (mais malheureux ?) Aliénés (et malheureux ?)
Géographiquement regroupés Géographiquement dispersés
Habitués aux privations Ont le sentiment que tout leur est dû
=> En cas de catastrophe...
La vie continue Isolés parmi des étrangers

Quand les gens sont confrontés à une épreuve, ils se tournent habituellement vers leur famille pour être soutenus. L'Union soviétique a connu des pénuries de logement chroniques, ce qui avait souvent pour résultat de faire vivre ensemble trois générations sous un toit. Cela ne les rendaient pas heureux, mais au moins ils étaient habitués les uns aux autres. La perspective habituelle était qu'ils resteraient ensemble, quoi qu'il advienne.

Aux États-Unis, les familles tendent à être atomisées, dispersées à travers plusieurs États. Elles ont parfois du mal à se tolérer quand elles se rassemblent pour Thanksgiving ou Noël, même durant les meilleurs moments. Elles pourraient trouver difficile de s'entendre dans les mauvais moments. Il y a déjà trop de solitude dans ce pays, et je doute que l'effondrement économique y remédie.

Argent :

URSS
USA
De valeur symbolique La ressource nécessaire
Partagé entre amis Presque jamais partagé
Revenu pas indispensable Revenu indispensable pour survivre
Les amis sont le plus important L'argent est le plus important
=> En cas de catastrophe...
Fauché, mais peu importe Fauché et sans recours

Pour tenir le diable à distance, les Américains ont besoin d'argent. Dans un effondrement économique, il y a habituellement une hyper-inflation, ce qui efface les économies. Il y a aussi un chômage endémique, ce qui efface les revenus. Le résultat est une population qui est largement sans le sou.

En Union soviétique, très peu de choses pouvaient être obtenues par l'argent. On le traitait comme un symbole plutôt que comme une richesse, et on le partageait entre amis. Beaucoup de choses — dont le logement et le transport — étaient soit gratuites soit presque gratuites.

Biens de consommation :

URSS


USA
Un coût pour le gouvernement Des profits pour les Chinois
Une économie basée sur les produits Une économie basée sur les services
Pénurie de produits Pénurie d'argent
Débrouillez-vous pour le faire fonctionner Obsolescence planifiée
Legs technologiques Tout jetable
=> En cas de catastrophe...
Réparer soi-même Recycler les ordures

Les biens de consommation soviétiques ont toujours été un objet de dérision — les réfrigérateurs qui chauffent la maison et la nourriture, et ainsi de suite. Vous aviez de la chance si vous en aviez seulement un, et c'était à vous de le faire fonctionner une fois que vous l'aviez chez vous. Mais une fois que vous l'aviez fait marcher, il devenait un inestimable héritage familial, passé de génération en génération, robuste et presque indéfiniment réparable.

Aux États-Unis, on entend souvent que quelque chose ne vaut pas d'être réparé. C'est assez pour faire voir rouge à un Russe. J'ai entendu dire une fois par un vieux Russe qui était furieux qu'une quincaillerie de Boston n'ait pu lui vendre des ressorts de literie de rechange : Les gens jettent d'excellents matelas, comment suis-je censé les réparer ?

L'effondrement économique tend à arrêter à la fois la production locale et les importations, et il est donc vitalement important que tout ce que vous possédez s'use lentement, et que vous puissiez le réparer vous-même s'il casse. Les trucs fabriqués par les Soviétiques étaient généralement incroyablement durs à l'usure. Les trucs fabriqués par les Chinois que l'on peut obtenir par ici, beaucoup moins.

Alimentation :

URSS
USA
Potagers Supermarchés
Réserves de nourriture locales Nourriture expédiée en camions
Culture de la cuisine maison Culture de la restauration rapide
Physiquement actifs Obésité épidémique
=> En cas de catastrophe...
Fouillent et quémandent Attendent d'être nourris

Le secteur agricole soviétique était notoirement inefficace. Beaucoup de gens cultivaient et récoltaient leur propre nourriture même pendant les périodes relativement prospères. Il y avait des entrepôts de nourriture dans chaque ville, approvisionnés selon un plan d'allocation gouvernemental. Il y avait très peu de restaurants, et la plupart des familles cuisinaient et mangeaient à la maison. Faire des courses était plutôt laborieux, et impliquait de porter de lourdes charges. Quelques fois, cela ressemblait à la chasse — traquer cet insaisissable morceau de viande tapi derrière quelque comptoir de boutique. Aussi les gens étaient bien préparés à ce qui allait suivre.

Aux États-Unis, la plupart des gens tirent leur nourriture d'un supermarché, qui est approvisionné de très loin en utilisant des camions réfrigérants. Beaucoup de gens ne s'ennuient même pas à faire des courses et mangent seulement de la restauration rapide. Quand les gens cuisinent, ils cuisinent rarement à partir de zéro. Tout cela est très malsain, et l'effet sur le tour de taille de la nation est visible clairement depuis l'autre côté du parc de stationnement. Un grand nombre de gens, qui se dandinent seulement depuis et jusqu'à leur voiture, ne semblent pas préparés à ce qui va suivre. S'ils devaient soudainement commencer à vivre comme les Russes, ils s'éclateraient les genoux.

Médecine :

URSS
USA
Publique Privée
Soins de base gratuits Médecine lucrative
Focalisée sur les soins de base et la prévention Focalisée sur la gériatrie, les cas chroniques, l'oncologie, la médecine d'urgence, la psychopharmacologie, la chirurgie plastique
=> En cas de catastrophe...
Soins de base Remédes maison

Le gouvernement soviétique a balancé des ressources dans des programmes d'immunisation, le contrôle des maladies infectieuses et les soins de base. Il exploitait directement un système de cliniques d'État, d'hôpitaux et de sanatoriums. Les gens avec une affection fatale ou une condition chronique avaient souvent des raisons de se plaindre, et devaient payer pour des soins privés — s'ils avaient de l'argent.

Aux États-Unis, la médecine est lucrative. Les gens semblent ne rien penser de ce fait. Il y a vraiment très peu de champs d'action auxquels les Américains refuseraient la motivation lucrative. La difficulté est qu'une fois l'économie partie, le profit l'est aussi, ainsi que les services qu'il aidait autrefois à motiver.

Éducation :

URSS
USA
Publique et gratuite Emprunts étudiant écrasants
Huit niveaux généralement suffisants 12 + 4 années produisent beaucoup de semi-illettrés
Les enfants vont à pied à l'école Les enfants sont véhiculés jusqu'à l'école
Petites écoles de quartier Immenses écoles urbaines
=> En cas de catastrophe...
La génération perdue Illettrisme et ignorance

Le système d'éducation soviétique était généralement excellent. Il produisait une population prodigieusement lettrée et beaucoup de grands spécialistes. L'éducation était gratuite à tous les niveaux, mais l'enseignement supérieur payait parfois une bourse, et fournissait souvent le logement et la nourriture. Le système éducatif s'est très bien maintenu après l'effondrement de l'économie. La difficulté était que les étudiants n'avaient pas de travail à espérer après la remise du diplôme. Beaucoup d'entre eux se sont égarés.

Le système d'enseignement supérieur aux États-Unis est bon à plusieurs choses — la recherche gouvernementale et industrielle, les sports d'équipe, la formation professionnelle... L'enseignement primaire et secondaire échoue à accomplir en douze ans ce que les écoles soviétiques accomplissaient généralement en huit. L'échelle et le coût massif du maintien de ces institutions s'avérera probablement excessif pour l'environnement post-effondrement. L'illettrisme est déjà un problème aux États-Unis, et nous devrions nous attendre à ce qu'il devienne bien pire.

Énergie :

URSS
USA
Auto-suffisance Importe 65% du pétrole et beaucoup de gaz naturel
Surplus, exportations Production domestique faiblissante
Propriété du gouvernement Approvisionnement privé
Contrôle des prix Profiteurs
=> En cas de catastrophe...
Pénuries, rationnement Déficience du marché

L'Union soviétique n'avait pas besoin d'importer de l'énergie. Le système de production et de distribution a chancelé mais ne s'est jamais effondré. Le contrôle des prix a maintenu les lumières allumées même quand l'hyper-inflation faisait rage.

Le terme déficience du marché semble adéquat à la situation de l'énergie aux États-Unis. Les marchés non-régulés développent des caractéristiques pernicieuses lorsqu'il y a des pénuries de marchandises clefs. Durant la Seconde Guerre mondiale, le gouvernement des États-Unis comprenait cela et rationnait beaucoup de choses avec succès, depuis l'essence jusqu'aux pièces de bicyclette. Mais c'était il y a longtemps. Depuis lors, l'inviolabilité des marchés non-régulés est devenue un article de foi.

L'Union soviétique était bien mieux préparée à l'effondrement économique que le sont les États-Unis

Ma conclusion est que l'Union soviétique était bien mieux préparée à l'effondrement économique que le sont les États-Unis.

J'ai laissé de côté deux importantes asymétries entre superpuissances, parce qu'elles n'ont rien à voir avec l'état de préparation à l'effondrement. Certains pays ont simplement plus de chance que d'autres. Mais je vais les mentionner, par souci d'exhaustivité.

En termes de composition raciale et ethnique, les États-Unis ressemblent davantage à la Yougoslavie qu'à la Russie, aussi nous ne devrions pas nous attendre à ce qu'ils soient aussi paisibles que l'était la Russie, après l'effondrement. Les sociétés ethniquement mélangées sont fragiles et ont tendance à exploser.

En termes de religion, l'Union soviétique était relativement dépourvue de cultes apocalyptiques du jugement dernier. Très peu de gens ici souhaitaient qu'une boule de feu atomique de la taille de la planète annonce le retour de leur sauveur. Ce fut en effet une bénédiction.

Politique :

URSS
USA
Paralysie idéologique Paralysie idéologique
Le Parti communiste Le Parti capitaliste et...
l'autre Parti capitaliste
Capable d'écraser la contestation Capable d'ignorer la contestation
=> En cas de catastrophe...
A caché les comptes A truqué les comptes

Un domaine dans lequel je ne peux discerner aucun retard d'effondrement est la politique nationale. Les idéologies sont peut-être différentes, mais l'adhésion aveugle à celles-ci ne pourrait être plus similaire.

Il est certainement plus amusant de regarder deux partis capitalistes se jeter l'un sur l'autre plutôt que de n'avoir qu'un parti communiste pour lequel voter. Les choses pour lesquelles ils se battent en public sont généralement des petits gages symboliques de politique sociale, choisis pour faciliter leur posture publique. Le Parti communiste n'offrait qu'une seule pilule amère. Les deux partis capitalistes offrent le choix de deux placebos. La dernière innovation est l'élection par photo d'arrivée, où chaque parti achète cinquante pour cent des votes, et le résultat est tiré du bruit statistique, comme un lapin d'un chapeau.

La manière américaine de traiter la dissidence et la contestation est certainement la plus avancée : pourquoi emprisonner des dissidents quand on peut les laisser crier dans le vent tout leur content ?

L'approche américaine de la comptabilité est plus subtile et nuancée que celle des Soviétiques. Pourquoi faire d'une statistique un secret d'État quand on peut la dénaturer de manière obscure ? Voici un exemple : l'inflation est contrôlée en substituant le hamburger au steak, de façon à minimiser les augmentations des versements de la Sécurité Sociale10.

Si en France l'expression sécurité sociale se confond avec la Sécurité sociale au point d'être circonscrite aux questions d'assurance santé, elle a conservé dans le monde anglophone son sens général, c'est à dire qu'en plus de l'assurance santé elle englobe les questions d'assurance vieillesse et d'assurance emploi. En ce qui concerne la Social Security Administration américaine, c'est un organisme fédéral dont l'objet est le versement des pensions de retraite, de veuvage et de handicap. Elle participe aux programmes d'assurance santé en tant qu'interface avec les assurés, bien que ces programmes ne ressortent pas de sa responsabilité.)

Une approche éprouvée et efficace de la politique nationale, fonctionnement garanti pour n'importe quelle superpuissance en cours d'effondrement

1) Ne prêtez aucune attention aux politiciens nationaux — cela ne fait que les encourager. Ils sont une distraction colossale. Restez focalisé.

2) Ne vous moquez même pas d'eux (aussi tentant que ce soit). Si vous les ignorez complètement, ils s'effaceront du paysage plus vite.

3) Alexandre Soljenitsyne (qui a reçu le prix Nobel de littérature en 1970) avait élaboré un dicton pratique qui l'a aidé à survivre au GOULAG. Il pourrait vous aider aussi.

Ne les croyez pas, ne les craignez pas, ne leur demandez rien.

(Il est celui qui a affronté le gouvernement soviétique seul, et a gagné !)

Un bon nombre de gens dépensent beaucoup d'énergie à protester contre leur gouvernement irresponsable et inactif. Cela semble une terrible perte de temps, considérant à quel point leurs protestations sont inefficaces. Est-ce une consolation suffisante pour eux de pouvoir lire leurs efforts dans la presse étrangère ? Je pense qu'ils se sentiraient mieux s'ils se déconnectaient des politiciens, comme les politiciens se déconnectent d'eux. C'est aussi facile que d'éteindre la télévision. S'ils essayent, ils observeront probablement que rien dans leur vie n'a changé, rien du tout, sauf peut-être que leur humeur s'est améliorée. Ils découvriront peut-être aussi qu'ils ont plus de temps et d'énergie à consacrer à des choses plus importantes.

Je vais maintenant esquisser quelques approches, réalistes et autres, pour combler le retard d'effondrement. Ma petite liste d'approches peut sembler un peu désinvolte, mais gardez à l'esprit que c'est un problème très difficile. En fait, il est important de garder à l'esprit que tous les problèmes n'ont pas de solution. Je peux vous promettre que nous ne résoudrons pas ce problème ce soir. Ce que je vais essayer de faire est de l'éclairer sous différents angles.

a) Combler le retard d'effondrement — un grand effort gouvernemental ?
  • Un gouvernement pas particulièrement capable ou compétent (attentats du 11 septembre 2001, guerre en Irak, ouragan Katrina, etc.).
  • Les gens ne semblent pas aimer leur gouvernement ou lui faire confiance (on se demande pourquoi).
  • L'effort concerté est improbable (peu de compréhension de l'étendue du problème).
  • Essaierait d'éviter ou de retarder l'effondrement plutôt que de s'y préparer (perte de temps).
  • Pourrait bien l'accélérer (souvenez-vous de la perestroïka de Gorbatchev).

=> Pas un plan réaliste.

Beaucoup de gens râlent contre l'inactivité et l'irresponsabilité du gouvernement. Ils disent souvent des choses comme : ce dont nous avons besoin est... plus le nom d'un grand projet gouvernemental réussi du glorieux passé — le plan Marshall, le projet Manhattan, le programme Apollo. Mais il n'y a rien dans les livres d'histoire sur un gouvernement se préparant à l'effondrement. La perestroïka de Gorbatchev est l'exemple d'un gouvernement essayant d'éviter ou de retarder l'effondrement. Elle a probablement contribué à l'accélérer.

Le programme du parti de l'effondrement

(Des choses que le gouvernement américain pourrait faire s'il décidait soudainement de se rendre utile.)

  • Remiser tous les réacteurs nucléaires (le mieux que nous puissions faire, puisque personne ne sait comment les démanteler).
  • Déplacer le combustible nucléaire utilisé des piscines de stockage des sites de réacteurs vers un endroit plus sûr.
  • Démanteler et détruire les systèmes d'armes nucléaires avant qu'ils ne tombent entre de mauvaises mains.
  • Démanteler et évacuer les bases militaires autour du monde. Rapatrier les troupes au lieu de les laisser isolées sur des terres hostiles. Dissoudre l'armée, la réorganiser en unités locales d'auto-défense.
  • Accélérer le nettoyage des sites de déchets toxiques, des mines abandonnées et des réserves nucléaires pour prévenir les catastrophes écologiques qui peuvent encore l'être.
  • Concevoir un programme complet d'amnistie des prisonniers avant que les prisons ne soient fermées par manque de fonds. Fournir aux prisonniers relâchés logement et nourriture pour prévenir une vague de criminalité.
  • Annoncer un jubilé — l'effacement de toutes les dettes, puisqu'elles ne seront en aucun cas remboursables.

Il y a certaines choses dont j'aimerais que le gouvernement s'occupe en préparation de l'effondrement. Je suis particulièrement préoccupé par toutes les installations, réserves et décharges toxiques ou radioactives. Les générations futures ne seront probablement pas capables de les contrôler, particulièrement si le réchauffement climatique les place sous l'eau. Il y a assez de ces saletés entreposées partout pour tuer la plupart d'entre nous.

Je suis aussi inquiet pour les soldats se retrouvant isolés outremer — abandonner ses soldats est l'une des choses les plus honteuses qu'un pays puisse faire. Les bases militaires d'outremer devraient être démantelées et les troupes rapatriées.

J'aimerais voir l'immense population des prisons rétrécie d'une manière contrôlée, en avance, au lieu d'une amnistie générale chaotique.

Enfin, je pense que cette comédie avec des dettes qui ne seront jamais remboursées a duré assez longtemps. Effacer l'ardoise donnera à la société le temps de se réajuster. Alors, vous voyez, je ne demande aucun miracle. Cependant, si n'importe laquelle de ces choses était effectivement accomplie, je considérerais cela comme un miracle.

b) Combler le retard d'effondrement — une solution du secteur privé ?
  1. Éliminer le besoin de fournisseur
  2. Éliminer le besoin de profits
  3. Éliminer le besoin de trésorerie
  4. Éliminer le besoin de clients

(Pas un plan réaliste.)

Une solution du secteur privé n'est pas impossible, seulement très, très improbable. Certaines entreprises soviétiques étaient essentiellement des États dans les États. Elles contrôlaient ce qui équivalait à un système économique entier, et pouvaient continuer sans l'économie autour. Elles ont gardé cette organisation même après avoir été privatisées. Elles ont rendu fous les consultants en gestion occidentaux, avec leurs crèches interminables, leurs maisons de retraite, leurs blanchisseries et leurs cliniques gratuites. Cela ne faisait pas partie de leur cœur de compétence, vous voyez. Elles avaient besoin de dégraisser et de rationaliser leurs activités. Les gourous occidentaux de la gestion ont négligé la chose la plus importante : le cœur de compétence de ces entreprises résidait dans leur capacité à survivre à l'effondrement économique. Peut-être que les jeunes génies chez Google peuvent piger cela, mais je doute que leurs actionnaires le puissent.

c) Combler le retard d'effondrement — les scoubidous à la rescousse !

L'Union soviétique a atteint un haut niveau de préparation à l'effondrement par pure négligence et grâce à de médiocres performances économiques. Nous le pouvons aussi, si nous essayons (de ne pas essayer).

  • Pénurie de logement
  • Pénurie de nourriture
  • Lourdeur bureaucratique
  • Gaspillage massif et inefficacité
  • Corruption endémique
  • Abus des biens de l'État

Tous cela a aidé les gens à se préparer à l'effondrement mentalement et physiquement, et leur a donné quelque chose avec quoi travailler lorsqu'il s'est produit.

Il est important de comprendre que l'Union soviétique a atteint la préparation à l'effondrement par inadvertance, et non grâce au succès d'un programme d'écrasement. L'effondrement économique a une façon de changer les handicaps économiques en atouts. La dernière chose que nous voudrions est une économie en fonctionnement, en croissance et prospère, qui s'effondre soudainement un jour et nous laisse tous tomber. Il n'est pas nécessaire pour nous d'embrasser la doctrine de l'économie dirigée et de la planification centralisée pour égaler les ternes performances soviétiques dans ce domaine. Nous avons nos propres méthodes, qui marchent presque aussi bien. Je les appellent des scoubidous. Ce sont des solutions à des problèmes qui engendrent plus de problèmes qu'elles n'en résolvent.

Regardez seulement autour de vous, et vous verrez les scoubidous germer partout, dans chaque champ d'action : nous avons les scoubidous militaires comme l'Irak, les scoubidous financiers comme le système de retraite moribond, les scoubidous médicaux comme l'assurance santé privée, les scoubidous légaux comme le système de propriété intellectuelle. Le poids combiné de tous ces scoubidous nous pousse lentement mais sûrement vers le bas. S'il nous pousse assez bas, alors l'effondrement économique, quand il arrivera, sera comme de tomber de la fenêtre du rez-de-chaussée. Nous n'avons qu'à accompagner ce processus, ou au moins à ne pas interférer avec. Alors, si quelqu'un vient vous dire : je veux faire un scoubidou qui marche à l'hydrogène — encouragez-le par tous les moyens ! Ce n'est pas un aussi bon scoubidou que de brûler l'argent directement, mais c'est un pas dans la bonne direction.

d) Faites-le vous-même — ce qu'il ne faut pas faire

  • N'alimentez pas les feux du progrès et de la prospérité économique. Retirez votre argent des marchés financiers. Placez vos économies dans des objets durables de valeur pérenne. Retirez l'argent de la circulation. Éliminez l'endettement et réduisez votre dépendance d'un salaire constant.
  • Ne vous évertuez pas à réussir économiquement. Optimisez pour un maximum de temps libre, d'indépendance et des responsabilités limitées. Ne travaillez pas trop dur ni trop longtemps.
  • Ne participez pas à l'économie sans nécessité. Achetez aussi peu que possible. Réutilisez autant que vous le pouvez. Réduisez vos besoins physiques. Établissez des plans pour les réduire davantage.

Certains types de comportements économiques dominants ne sont pas prudents à un niveau personnel, et sont aussi contre-productifs pour combler le retard d'effondrement. N'importe quel comportement qui pourrait résulter en une croissance économique continue et de la prospérité est contre-productif : plus on saute haut, plus l'atterrissage est dur. Il est traumatisant de passer d'un gros fond de pension à pas de fond de pension à cause d'un écrasement du marché. Il est aussi traumatisant de passer d'un revenu élevé à pas de revenu. Si, par dessus cela, vous avez toujours été très occupé, et que soudainement vous n'avez plus rien à faire, alors vous serez vraiment en mauvaise forme.

D'un autre côté, étant aussi les gens qui ont le plus contribué à amener la société au bord du gouffre, leur déchéance est peut-être une formidable opportunité...

L'effondrement économique est à peu près le pire moment possible pour souffrir d'une dépression nerveuse, pourtant c'est souvent ce qui arrive. Les gens qui courent le plus de risque psychologiquement sont les hommes d'âge mûr couronnés de succès. Quand leur carrière est soudainement finie, leurs économies disparues et leurs biens sans valeur, une grande part de leur estime personnelle s'en va aussi. Ils ont tendance à se saouler à mort et à se suicider en nombre disproportionné. Comme ils ont tendance à être les gens les plus expérimentés et capables, c'est une perte vertigineuse pour la société11.

Si l'économie, et votre place en son sein, est vraiment importante pour vous, vous souffrirez vraiment quand elle fichera le camp. Vous pouvez cultiver une attitude d'indifférence étudiée, mais il faut que ce soit plus que de la prétention. Il faut développer le style de vie, les habitudes et l'endurance physique pour la soutenir. Il faut beaucoup de créativité et d'effort pour construire une existence épanouissante aux marges de la société. Après l'effondrement, ces marges pourraient s'avérer être certains des meilleurs endroits pour vivre.

e) Combler le retard — ça dépend de vous !

  • L'effondrement soviétique fut absolument horrible pour la plupart des gens. Beaucoup d'entre eux sont morts. Quand l'économie américaine s'effondrera, ce sera bien pire.
  • Il a fallut dix ans à la Russie pour se remettre. Les États-Unis n'auront pas les ressources qui ont permis à la Russie de se remettre (de l'énergie à exporter, des voisins économiquement intacts).
  • Davantage de croissance économique n'est ni possible, ni désirable. L'économie industrielle moderne n'est pas nécessaire pour une croissance culturelle ou spirituelle, et menace la survie humaine.
  • Compter sur des institutions condamnées est nuisible. Le gouvernement est déjà inutile. Le secteur commercial deviendra très vite inutile. Puisqu'ils vous seront inutiles, vous pouvez commencer en avance à être inutile pour eux.

J'espère ne pas avoir donné l'impression que l'effondrement soviétique était une partie de plaisir, parce que cela a vraiment été affreux de bien des façons. Le point que je veux souligner est que lorsque cette économie s'effondrera, il est inévitable que ce soit bien pire. Un autre point que je souhaiterais souligner est que l'effondrement ici sera vraisemblablement permanent. Les facteurs qui ont permis à la Russie et aux autres républiques soviétiques de se remettre ne sont pas présents ici.

Malgré tout cela, je crois qu'à chaque époque et dans chaque circonstance, les gens peuvent parfois trouver non seulement les moyens et une raison de survivre, mais aussi l'éveil, l'épanouissement et la liberté. Si nous pouvons les trouver même après que l'économie se soit effondrée, pourquoi alors ne pas commencer à les chercher maintenant ?

Merci.

Traduit et reproduit avec l'aimable autorisation de l'auteur.

Source : www.orbite.info


Lisez le texte original : Closing the 'Collapse Gap': the USSR was better prepared for collapse than the US.

Visitez le site de Dmitry Orlov.

Lisez le livre de Dmitry Orlov : Reinventing Collapse — Soviet Example and American Prospects

Dmitry Orlov est né à Leningrad et a immigré aux États-Unis à l'âge de douze ans. Il a été témoin de l'effondrement soviétique lors de plusieurs visites prolongées sur sa terre natale russe entre la fin des années 1980 et le milieu des années 1990. Il est ingénieur et a contribué à des champs aussi variés que la physique des hautes énergies et la sécurité informatique. Il est aussi un théoricien majeur du pic pétrolier dont les travaux ont été publiés sur des sites tels que Life After the Oil Crash et Power Switch

 

http://www.scriptoblog.com/index.php?option=com_content&view=article&id=291:le-retard-deffondrement&catid=66:societe&Itemid=56

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23 octobre 2010 6 23 /10 /octobre /2010 19:51

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Le retour du Général de Gaulle

 

Click the image to open in full size.

http://forum.politicainrete.net/conservatorismo/31408-charles-de-gaulle-et-lidentite-nationale.html

 

 

 

La presse mondiale du 26 septembre 2010 annonçait sur toute la largeur de ses premières pages que le Général de Gaulle était ressuscité et qu'il tiendrait dès le lendemain une conférence de presse. Mes lecteurs trouveront ci-dessous l'intégralité des propos du géant. Ce matin, toutes les capitales de la planète soulignent le réalisme du théoricien de la stratosphère, mais quelques-uns craignent les retombées d'un discours dérangeant du grand logicien de l'Histoire universelle.

 


clic_anim.gif1 - Le regard du géant mort
clic_anim.gif2 - Le néophyte du Caire
clic_anim.gif3 - Controverse avec le Titan
clic_anim.gif4 - L'avenir du sceptre de l'opinion mondiale
clic_anim.gif5 - La terrasse d'Elseneur
clic_anim.gif6 - Les cinq scansions de l'histoire des peuples
clic_anim.gif7 - Tartuffe à Gaza
clic_anim.gif8 - Le rendez-vous des peuples avec l'éthique
clic_anim.gif9 - Le bateau ivre
clic_anim.gif10 - La vassalisation de la diplomatie européenne
clic_anim.gif11 - L'éthique politique de la souveraineté
clic_anim.gif12 - Le Hamas

*

1- Le regard du géant mort triangle.gif

Le Guardian (Londres) : M. le Président, vous avez écrit dans vos Mémoires de guerre qu'un chef d'Etat se juge au regard qu'il porte sur le globe terrestre, puis, dans vos Mémoires d'espoir, que vous n'êtes pas porté au culte des chimères. Allez-vous nous raconter à l'école du mythe ou à l'école du réel la pièce qui se déroule sur la scène du monde depuis votre départ?

Le Général de Gaulle : C'est un tout nouvel échiquier de la logique du monde que l'histoire universelle présente désormais à nos regards. Mais le fil des jours n'offre jamais qu'une trame déjà à demi effacée du déplacement continu et secret des pièces sur les planches de ce vaste théâtre. Depuis que le globe terrestre tourne sur son axe, il n'était jamais arrivé qu'une nation minuscule étendît ses lopins avec la bénédiction de tous les autres gouvernements de notre astéroïde, il n'était jamais arrivé que, pendant plus de soixante-dix ans, on vît tous les Etats de la terre encourager de la voix et du geste un nain mythique résolu à étendre les arpents de son éternité au détriment de ses voisins, il n'était jamais arrivé que les applaudisseurs du salut du monde s'engageassent par serment à enfermer les autres nations dans l'enceinte de leurs frontières et à les réduire au silence sur leurs labours, il n'était jamais arrivé que la mappemonde de la rédemption se présentât en protectrice et en garante bâillonnée d'une expansion militaire trompetée par une divinité trépassée, il n'était jamais arrivé que la conquête par la force des armes d'un territoire sotériologique fût pilotée du haut des nues par les saintes écritures de l'envahisseur, il n'était jamais arrivé que Clio fût à l'écoute de deux hauts parleurs, dont l'un fît entendre le droit des peuples de creuser les sillons que leurs ancêtres leur ont légués, l'autre à l'écoute du ciel d'un conquérant, il n'était jamais arrivé qu'un peuple arrimé à quelques cailloux sacrés fût devenu le plus puissant prophète du globe et tînt la dragée haute à tous les empires, il n'était jamais arrivé que la course de notre goutte de boue entre Mars et Venus eut subi une mutation de son eschatologie telle que les Machiavel et les Talleyrand de notre temps changeront de bésicles, il n'était jamais arrivé que la France dût se colleter avec une axiomatique et une problématique du destin du monde dictées par les œuvres complètes du créateur de la Genèse, il n'était jamais arrivé que le mégaphone biblique de la démocratie mondiale reconduisît au temple des Nabuchodonosor et au sarcophage des Ramsès.

2 - Le néophyte du Caire triangle.gif

Le Times (Londres) : Monsieur le Président, nous savons tous que vous avez les pieds sur terre comme personne; mais depuis votre trépas, on raconte ici ou là que vous étiez né avec le télescope du réalisme vissé à l'œil et que votre cerveau ascensionnel n'était qu'un prolongement naturel de votre haute ossature. Comment racontez-vous l'histoire stellaire et l'histoire physique d'Israël depuis 1948?

Le Général de Gaulle : Le rideau des songes s'est levé et abaissé trois fois au cours des soixante douze dernières années de l'histoire corporelle et cérébrale d'Israël . Nous abordons le quatrième et avant dernier acte de la tragédie des squelettes et des âmes. On y verra Clio débarquer plus résolument que jamais parmi les rêveurs bibliques du monde entier, de sorte que les nouveaux paramètres du récit historique et du récit sacré confondus enregistreront des collisions théologiques d'une violence inouïe entre l' histoire scripturaire du peuple élu et le nouveau récitatif d'une civilisation mondiale partiellement convertie aux lois du profane. En premier lieu, les péripéties en quelque sorte préliminaires de l'histoire nouvelle des Hébreux illustreront, certes, la dramatique inculture historique et diplomatique des chefs d'Etat les plus puissants d'un nouveau Moyen Age. Mais surtout, leur cécité anthropologique et philosophique occupera le devant de la scène.

Vous remarquerez que le Président des Etats-Unis avait compris rationnellement, semblait-il, que Jahvé interdisait fermement à l'empire américain de tendre un jour la main aux fidèles d'Allah et que le Nouveau Monde se trouverait empêché de jamais battre les cartes nouvelles de la planète du XXIe siècle. Mais si Washington se voit frappé de l'interdiction définitive de sceller alliance avec les peuples du Coran, le jeu des armes et des songes qu'on appelle l'Histoire ne saurait rayer d'un trait de plume un milliard et demi de musulmans tressautants sur la carte et encore moins au profit de l'expansion territoriale illimitée d'Israël. C'est dire que, faute d'une connaissance suffisante du fonctionnement cérébral actuel du genre humain, ce Président s'est imaginé qu'il lui suffirait de prononcer un beau discours sur les bords sacrés du Nil pour régler le tic tac de l'horloge des vivants et des morts sur les cinq continents. Néanmoins l'Amérique demeure un nouveau-né. Il faut laisser à ce peuple au berceau le temps d'apprendre à lire l'heure sur le cadran des siècles. Une aiguille naine y trotte à petits pas. Elle égrène les jours et les nuits d'une espèce plus obsédée que jamais par le sceptre et les ciboires de ses dieux. L'autre aiguille est en folie. Les minutes et les secondes y enregistrent à grandes enjambées le tumulte précipité des évènements.

Aussi M. Barack Obama a-t-il été surpris comme un néophyte des Olympes par la découverte tardive qu'il a faite de la solidité cérébrale du dieu d'Israël. Il faut lui apprendre que la science politique a changé de longue vue et qu'il appartient désormais aux chefs d'Etat de se saisir de l'instrument d'optique nouveau dont le peuple juif s'est armé sous la faux des Parques. L'Amérique a pris pour le moins un siècle de retard sur la connaissance anthropologique de la carapace cérébrale de Jahvé. Elle ignore encore, me semble-t-il, que la carcasse mentale des humains se trouve scindée de naissance entre leurs ciels et leurs terres et qu'il était bien inutile d'envoyer un certain George Mitchell, irlando-libanais et chrétien maronite, vérifier sur place que M. Netanyahou ne cèdera jamais un pouce du territoire de la Cisjordanie, parce que, depuis près de soixante-cinq ans, le peuple de Moïse est appelé par sa théologie à en conquérir un par un les hectares. Sachez en outre que notre espèce est née religieuse et qu'elle obéit tantôt aux chimères du ciel qu'elle croit avoir enregistrées sur ses microphones, tantôt aux mythes que sécrètent ses langages . Si vous n'apprenez à décrypter les discours que nous tiennent nos idoles bicéphales, jamais vous ne tiendrez les vraies clés des évadés de la zoologie entre vos mains.

3 - Controverse avec le Titan triangle.gif

Die Weltwoche (Suisse): Mon Général, vous dites à la fois que la guerre des dieux a débarqué à nouveaux frais dans l'histoire théologique de la démocratie mondiale et qu'il est vain de s'imaginer que la classe dirigeante d'une planète devenue indocile retournera sur les bancs d'école des ancêtres afin d'y réapprendre le sacré et ses songes. Mais alors, qui prendra en mains la direction à la fois mythologique et neutralisée du monde, qui en tiendra les rênes à la place des deux catégories d'ignorants que vous avez identifiés?

Le Général de Gaulle : Croyez-vous vraiment, Monsieur, que la morale universelle est soudainement tombée en quenouille, croyez-vous vraiment que les festins de Lucullus et les tas d'or de Crésus l'ont réduite au silence? C'est tout le contraire qui se passe sous nos yeux: la majorité des peuples de la terre sait maintenant que l'heure sonnera bientôt non point de ressusciter les dieux morts des ancêtres, mais de prendre entre les mains le sceptre de l'éthique éternelle de l'humanité. Dites-vous bien que nous assistons aux premières péripéties de la guerre que les masses tout fraîchement jaillies de l'ombre vont mener contre leurs élites en voie de délitement. Etonnez-vous plutôt, Monsieur, de ce que ce spectacle se déroule déjà sous nos yeux. Songez que vingt siècles seulement se sont écoulés depuis le clouage retentissant d'un juste sur la potence qu'on appelle l'histoire. Nous sommes entrés dans la logique du monde de demain. Mais ce n'est plus à la France seule de rappeler à la terre entière que les nations d'hier ne forgeaient l'éthique du genre humain qu'avec une grande lenteur. Il appartient maintenant aux nouvelles générations de l'intelligence et de l'éthique d'attirer la planète de la lucidité politique à venir sur le champ de bataille de la raison et du cœur.

Der Spiegel (Allemagne): Mon Général, pourquoi pensez-vous que l'interprétation de l'histoire cryptée de l'encéphale de notre espèce va débarquer dans la politique mondiale?

Le Général de Gaulle : La vocation de la géopolitique moderne à conquérir une lucidité anthropologique sera rendue nécessaire du fait que les évènements les plus chaotiques en apparence ne manqueront pas de se placer comme d'eux-mêmes au centre d'un décodage des songes religieux du simianthrope, de sorte qu'on découvrira la vanité de s'essayer à les replacer sous les feux de la connaissance traditionnellement qualifiée d'historique. Voyez ce qui s'est passé à Gaza : contraint de battre piteusement en retraite et de quitter sans gloire le champ de bataille du récit historique banalisé depuis Thucydide - son discours du Caire était censé l'avoir illuminé à nouveaux frais - M. Barack Obama est allé jusqu'à collaborer avec une coupable frénésie à la construction d'un mur d'acier de quatre mètres de profondeur autour d'une ville d'un million et demi d'hommes, de femmes et d'enfants assiégés et affamés par Jahvé.

Croyez-vous que l'intelligibilité historique étriquée d'autrefois puisse rendre compte des paramètres réels de cette histoire semi mythologique? Car, quelques semaines seulement plus tard le cerveau de ce chef d'Etat a été conduit à raconter ou à réciter un scénario qui plaçait le même événement cinématographique dans un éclairage radicalement opposé au premier et à déclarer à la presse internationale que le spectacle filmé sur la pellicule de l'incarcération de l'immense population de Gaza n'était " pas tenable ". Comment se fait-il que M. Ban Ki-moon, Secrétaire général de l'ONU, se soit trouvé contraint de souligner, lui aussi, que l'immoralité de cette politique était insoutenable aux spectateurs? Comment se fait-il, que M. Cameron, Premier Ministre de sa Majesté la reine d'Angleterre, ait déclaré à son tour que la morale du gentleman anglais se rangeait du côté d'une éthique minimale du genre humain? Quel est le personnage hollywoodien, à votre avis, qui a fait déposer une couronne aussi inattendue que celle d'une éthique universelle sur la tête de ces trois dirigeants de la planète de la Metro Goldwyn Mayer? Quel est l'acteur des âmes qui a fait rendre le même verdict à la Commission mondiale des droits de l'homme à l'ONU le 24 septembre 2010?

Certes, quelques missionnaires de l'image avaient affrété des cargos sous les yeux d'une espèce ahurie, mais surtout sous le regard des caméras du monde entier ; certes, ces apôtres spectaculaires avaient tenté d'apporter des centaines de tonnes de vivres, de médicaments et de biens de première nécessité aux affamés, certes encore, ils avaient payé leur expédition du tribut bien réel de neuf cadavres bien frais dans leurs rangs. Mais croyez-vous que si l'opinion publique mondiale du singe estomaqué par le spectacle de son sang n'était pas déjà devenue le siège véritable de l'éthique des saints secouristes, leur expédition relayée par satellite aurait fait changer de bésicles au globe oculaire de la planète ? Croyez-vous que si notre espèce prosternée le nez dans la poussière depuis l'âge de pierre n'avait pas été sidérée par une immolation aussi sanglante sur les autels des démocraties néroniennes, les sacrifices au dieu de la Liberté auraient triomphé des foudres de Jahvé sur l'offertoire de Gaza? L'histoire gravée sur la rétine d'Isaïe n'est pas l'histoire racontée dans les livres scolaires, l'histoire écrite par les prophètes est celle où l'humanité se donne en spectacle à l'école de la vie et de la mort de ses dieux.

4 - L'avenir du sceptre de l'opinion mondiale triangle.gif

El Pais (Madrid) : Monsieur le Président, quel déroulement de l'histoire théologique des égorgements annoncez-vous à l'espèce ailée?

Le Général : Voyez-vous, Monsieur, il est des heures où les anges de l'histoire séraphique et carnassière du singe nu déplacent soudainement de quelques centimètres leurs ailes de fer et de velours. Alors les oligarchies gangrenées cessent subitement de tenir la plume de la véritable histoire du sang. Alors, quelques héros de l'éthique d'un monde à venir jaillissent de l'humus de notre espèce. Est-il une démonstration plus éclatante de ce que l'histoire cérébrale de l'humanité n'est plus pilotée par le glaive et les ciboires des trois dieux autrefois qualifiés d'uniques, mais par leur exécuteur testamentaire et leur légataire universel, le jugement d'une opinion publique mondiale devenue le nouveau pédagogue de l'humanité? Croyez-vous que la pellicule de la mémoire éthique de l'histoire ne se déroule pas d'ores et déjà devant un nouveau tribunal de la moralité et de l'immoralité futures de notre espèce?

Certes, Israël a aussitôt démontré qu'il tenait les sénateurs du Nouveau Monde par leurs basques et que non seulement le parti démocrate perdrait les élections de mi-mandat, mais que M. Barack Obama ne serait pas réélu s'il refusait de se plier aux volontés du peuple à la main de fer - et l'on a vu le prophète du Caire se renier pour la troisième fois avant que le coq eût chanté. Mais, à compter de ce jour, la Résistance française se situe au cœur de la philosophie et de la politique des âmes et des têtes. J'ai été le premier contempteur de l'immoralité mondiale des dirigeants gangrenés de mon temps, et maintenant, ce n'est pas de ma faute si je vois naître en tous lieux une réflexion anthropologique d'une logique rigoureuse sur les scansions théologiques qui écrivent l'histoire des relations schizoïdes que les peuples entretiennent avec leurs élites politiques.

5 - La terrasse d'Elseneur triangle.gif

Il vous suffira donc, je le répète, d'enregistrer la suite des évènements qui ponctuent une histoire universelle bicéphale pour constater que les circonstances se placent comme d'elles-mêmes dans la problématique qui leur donnera leur sens trans anecdotique. Vous remarquerez, primo, que le Premier Ministre israélien s'est précipité à Washington, secundo, que c'est sous le nez du Président des Etats-Unis qu'il a exhorté ses fidèles à suivre les directives de Jahvé, tertio, qu'il a aussitôt fait capituler le Dieu de M. Barack Obama, quarto, que non seulement la Maison Blanche a dû renoncer sur l'heure à demander l'arrêt de l'expansion armée des colonies du Grand Israël en Cisjordanie, mais que la pestifération intensive de l'Iran y a trouvé un nouveau souffle, au point que votre Europe asservie a assumé la relève des sanctions qu'elle avait déjà prises dans un premier élan un mois plus tôt contre Téhéran. Mais, dans le même temps, la démonstration de ce que les prêtres d'Israël ne tiendront pas longtemps les rênes de l'histoire mi-politique, mi-mythologique de la planète entre leurs mains illustrera la logique interne qui commande aujourd'hui le véritable destin des droits d'une raison laïque approfondie jusqu'au vertige.

La preuve en a été aussitôt apportée par l'indignation rationaliste que tous les peuples du monde ont manifestée au spectacle de l'immoralité abyssale du subterfuge à la fois onirique et ubuesque selon lequel l'Iran menacerait Israël de pulvérisation atomique s'il disposait du feu nucléaire. Il est donc d'ores et déjà devenu impossible de soumettre le récit des événements et leur interprétation sur le long terme à une grille de lecture superficielle de leur immoralité, premièrement parce que l'opinion mondiale est un zoologue qui a compris depuis plus de quarante ans que deux nations armées de la foudre de leur extermination réciproque neutralisent leurs sacerdoces du meurtre payant et que tel est précisément le gage d'une paix durable entre leurs enfers respectifs, secondement, parce que le bon sens populaire sait depuis belle lurette qu'il s'agit seulement de perpétuer le faux prestige militaire des prêtres de la mort, donc l'hégémonie politique illusoire qui s'attache encore dans quelques esprits abêtis à brandir l'arme mythologique par nature et par définition d'un auto-anéantissement prétendument héroïque des deux auto-sacrificateurs, alors que leurs géhennes se tiennent réciproquement en respect, troisièmement parce que les hautes instances de la civilisation semi animale d'aujourd'hui constatent qu'Israël ne disposera que fort peu de temps du pouvoir de ses zoologues d'égarer le jugement de quelques simianthropes dont la masse fond à vue d'œil et de troubler l'entendement des sots dont la proportion devient de plus en plus minoritaire au sein de l'humanité.

6 - Les cinq scansions de l'histoire des peuples triangle.gif

El Mundo (Madrid): Monsieur le Président, vous soutenez que deux adversaires dont chacun aura posé le canon de son arme sur la tempe de son adversaire ne vont pas appuyer sur la gâchette; vous dites que le pacte conclu entre la santé d'esprit la plus ordinaire de tous les peuples de la terre et les exigences morales élémentaires que tout le monde se partage est devenu une évidence saisissante. Mais je constate que le bon sens de la terre entière n'a pas jugé à la fois immorale et politiquement suicidaire la volte-face diplomatique de la Russie, qui, l'été dernier et hier encore a fait annoncer à M. Medvedev que "les vrais intérêts" de son pays seraient désormais exclusivement industriels et commerciaux. Comment appliquez-vous à la logique de votre démonstration de l'absurdité militaire d'un suicide à deux une diplomatie qui, dans son ordre, défie tout autant le bon sens le plus élémentaire?

Le Général de Gaulle : L'opinion populaire de la planète a tout de suite compris qu'une Russie qui perdrait de vue ses véritables intérêts se ferait sauter la cervelle sur la scène internationale, parce que la sauvegarde de la dignité du peuple russe et la préservation de son rang de grande puissance sont une question de survie politique de l'ex-empire des Tsars. Si le déshonneur se vend pour un plat de lentilles, l'honneur, lui, ne s'achète jamais à si bas prix.

Aussi a-t-il suffi, l'été dernier, de deux jours à M. Poutine pour rappeler son poulain inexpérimenté au bon sens politique le plus élémentaire et vingt-quatre heures seulement à la Chine pour prendre le chemin du même redressement diplomatique face à une Maison Blanche qui criait déjà victoire à tue-tête. C'est que l'arbitre du destin politique des grandes nations se révèle désormais à ce point de l'ordre d'une éthique transanimale que leur chute dans le précipice de la décadence est la rançon zoologique immédiate d'un instant seulement d'oubli des devoirs attachés à la santé d'esprit des grands Etats.

En vérité, l'escalade de la pente opposée a commencé avec la flottille de la Liberté, puisque le blocus de Gaza est devenu le test mondial de l'avenir des démocraties dans le royaume de l'éthique des civilisations. Ou bien elles triompheront de l'abaissement de l'humanité dont Jahvé leur réclame le tribut ou bien elles traîneront le boulet de l'immoralité sanglante d'Israël jusqu'à leur disqualification politique définitive sur la scène de l'histoire de la justice.

Le Corriere della serra (Rome) : Monsieur le Président, pouvez-vous nous détailler l'itinéraire et les étapes d'une renaissance de l'éthique de la civilisation?

Le Général de Gaulle : Vous me demandez rien de moins que de préciser le rythme des scansions, la nature des basculements et la signification des mutations brusques de la politique événementielle et sacerdotale de l'histoire du meurtre humain; vous me demandez rien de moins que de clarifier les causes de la disqualification morale et intellectuelle des ecclésiocraties meurtrières et leur remplacement par des élites régénérées.

Le premier pourrissement mondial des élites de la morale politique s'est produit à Rome à l'heure où le délabrement des institutions de la République a fait applaudir à tout rompre au peuple des Quirites le franchissement du Rubicon par le conquérant de la Gaule; la seconde putréfaction générale de la morale politique est celle qui a conduit un christianisme de ploutocrates de l'autel à vendre le sang de leur divinité contre espèces sonnantes et trébuchantes et à perdre le guidage des intelligences aux guichets d'une immortalité des corps tarifée et proclamée achetable en bons de caisse aux bureaucrates de l'éternité; la troisième liquéfaction générale de la morale politique s'est produite à l'heure où la putréfaction de l'administration du ciel par l' aristocratie monarchique a dû céder la place à l'aristocratie prometteuse des guerriers nouveaux de la Liberté et de la Justice - l'heure où la classe nobiliaire de la raison a dressé son clergé juvénile sur les ruines d'une orthodoxie religieuse pétrifiée; la quatrième résurrection de la morale politique est celle qui a suivi le naufrage des prodiges les plus sots du christianisme romain, ce qui m'a permis de renoncer aux ressources politiques de la foi et de ses miracles alors en usage et de légitimer à la seule école de la morale rationnelle la lutte armée des peuples vaincus contre l'occupant.

Depuis lors, le patriotisme a perdu son assise dans le surnaturel et seule la résistance citoyenne permet aux nations de mettre en accusation devant leurs tribunaux les dirigeants qui auront capitulé sur le champ de bataille de l'éthique civique. Ce point sera décisif pour légitimer au pénal le châtiment des dirigeants européens actuels qui auront autorisé des troupes étrangères à stationner en pleine paix sur leur territoire, et cela pendant trois quarts de siècle. Je rappelle qu'il s'agit d'une violation ouverte et continue du droit de la guerre en vigueur aujourd'hui. Le cinquième effondrement de la morale politique résulte du débarquement d'une théocratie en armes sur les terres du peuple palestinien et la sacralisation d'un Etat mi-religieux, mi-laïc, mais fondé sur la délégitimation radicale des principes moraux de la civilisation mondiale de la liberté politique.

Je rappelle également que, par définition, tout pouvoir fondé sur le sacré est condamné à réfuter le principe même de la résistance armée des peuples à l'occupant, et cela du seul fait que si les désastres militaires d'une nation n'étaient pas censés répondre aux desseins impénétrables d'une idole sur tous les champs de bataille du monde, ce type de divinité s'en trouverait réduit au rang d'une potiche impuissante. C'est pourquoi le dogme fondamental des théologies enseigne que "tout pouvoir vient de Dieu", c'est-à-dire que le créateur du cosmos est un chef d'Etat au timon des affaires et responsable de l'histoire du monde.

Je rappelle, dans le même esprit, que c'était en toute logique théologique que Vichy légitimait le Dieu des chrétiens à châtier une France vaincue, parce que pécheresse. C'est pourquoi, plus d'un demi siècle après la promulgation de la loi de séparation de l'Eglise et de l'Etat de 1905, j'ai donné à la Révolution française son véritable contenu en fondant la culpabilité politique des citoyens sur leur seul devoir à l'égard de leur pays, ce qui a exigé la rédaction de manuels scolaires déniaisés et une législation qui a imposé leur usage exclusif jusque dans l'enceinte des écoles religieuses; et pour cela, il fallait également se résoudre à ne qualifier que des professeurs titularisés par des diplômes de l'Etat laïc, et enfin, pour plus de sûreté encore, se résoudre à interdire aux enseignants de ces écoles de corriger les épreuves du baccalauréat. Pourquoi cela, sinon parce que seule une politique résolue du contenu et du fonctionnement rationnels des cerveaux permettra aux nations européennes de résister à leur vassalisation par les messies de l'étranger. Voyez l'Italie, l'Allemagne, l'Espagne asservies à une théologie des démocraties apostoliques dictée par un empire étranger, voyez la France actuelle, qui a reconduit la République laïque sous le joug parallèle de l'étranger et d'une religion fondée sur la souveraineté du plus fort sous le masque évangélique du protestantisme et vous comprendrez que le combat pour le véritable contenu cérébral de la laïcité française est un combat pour la souveraineté de la nation. Et c'est pourquoi le véritable enjeu des négociations au Moyen Orient est de substituer à l'expansion politico-religieuse de Jahvé le droit des Palestiniens de se fonder sur un Allah que le Hamas a rendu compatible, lui, avec la politique mondiale de la France de la raison, parce qu'une religion née au VIe siècle jouit nécessairement d'une grande avance intellectuelle sur des mythes centraux tels que la transsubstantiation eucharistique, selon laquelle les paroles du prêtres changeraient du pain en viande divine ou la naissance d'un homme d'une vierge fécondée par un Dieu. Ce n'est pas avec de telles absurdités qu'on forge une nation de la Liberté.

7 - Tartuffe à Gaza triangle.gif

Mais il y a plus : la révolution anthropologique de la géopolitique répondra au débarquement de l'astronomie de Copernic dans celle de Ptolémée en ce qu'elle interprètera l'histoire mondiale de l'alliance de l'éthique et de la raison politique depuis la chute de l'empire romain dans une optique semi-zoologique; et cette révolution méthodologique deviendra encore plus rétroactive quand elle conduira les futurs chefs d'Etat des démocraties européennes à une interprétation rationnelle, donc à un scannage accusatoire de la psychophysiologie qui a piloté les classes dirigeantes depuis deux millénaires et qui les a conduites à leur déliquescence intellectuelle d'aujourd'hui. Car les élites subissent un délitement cérébral lié à la bipartition native de leur encéphale entre le réel et des cosmologies délirantes. Vingt siècles d'évangélisation tartuffique de l'Occident ont conduit l'oligarchie planétaire contemporaine à arborer conjointement ou tour à tour deux masques sacerdotaux associés et complémentaire, celui d'un panégyrique officiel des idéaux que la démocratie planétaire confesse pieusement, mais toujours du bout des lèvres et celui d'un apostolat de type évangélique dont le thème de l'amour de tout le genre humain retentissait autrefois du haut de la chaire et aujourd'hui au sein du polyculturalisme décérébré des décadences.

Mais pour mettre en scène ce type de dyarchie cérébrale au profit de l'empire dominant du moment, il a fallu faire monter un Lucifer de la dernière cuvée sur les planches usées de l'histoire du Bien et du Mal: le Démon qui attisera le feu sous les marmites de la damnation universelle s'appellera l'Iran. Les inquisiteurs de la démocratie messianisée par l'Amérique feront monter cet hérétique idéal sur la scène de la pestifération universelle des modernes ; et les magistrats qui siègeront au tribunal des assermentés du Nouveau Monde rendront leurs verdicts au nom des idéalités pseudo séraphiques dont ils auront fait leurs idoles. La dichotomie parareligieuse de tout le théâtre de la religion des droits de l'homme reproduira fidèlement la schizoïdie des ancêtres dont les serviteurs scindaient leur foi entre les fausses dévotions de leur clergé et les profits du culte qu'ils appelaient les bénéfices ecclésiastiques. C'est pourquoi le monde moderne exerce deux faux sacerdoces à Gaza, celui des idéaux déconfits de la démocratie et celui du guerrier dont le nom est Jahvé.

Le Quotidien du peuple (Chine ) : Monsieur le Président, depuis deux décennies, votre pensée politique ne cesse de s'étendre et de se ramifier sur la scène internationale. Le spectacle de la gesticulation désespérée d'une classe dirigeante mondiale prise en étau entre la honte de son péché à Gaza et l'alibi de ses fulminations " vertueuses " contre les damnés de Téhéran illustre la postérité féconde de votre analyse de la schizophrénie d'une humanité que nous voyons osciller entre ses rédemptions et ses pénitences. Puis-je vous demander de bien vouloir vous étendre encore quelques instants sur cet aspect de votre anthropologie politique et religieuse?

Le Général de Gaulle : Je n'ai rien inventé; tout cela est dans le Tartuffe de Molière. Mais les faux dévots de la démocratie ne joueront pas longtemps le rôle biface qui les dédouble dans la maison d'Orgon qu'est devenue la République. M. Cameron aura beau se proclamer tout ensemble sioniste et palestinien, M. Sarkozy et Mme Merkel auront beau lui emboîter le pas, leur claudication partagée sur la scène internationale fait peine à voir, tellement ces acteurs d'une éthique politique contrefaite scindent la démocratie mondiale entre un porte-à-faux jésuitique et les derniers soupirs d'une Liberté agonisante.

Mais voyez comme Tartuffe se fait tirer l'oreille, voyez comme il rechigne à condamner le camp de concentration de Gaza, voyez comme il légitime la présence d'Israël sur les terres qu'il a volées, voyez comme il porte à bout de bras les cierges de la religion épuisée des droits de l'homme, voyez comme il se garde d'ouvrir le dossier du retour des réfugiés, le dossier du retrait du peuple juif à ses frontières de 1967, le dossier de la conquête de Jérusalem en violation du droit international. Mais elle est imminente, croyez-moi , la citation de la civilisation mondiale à comparaître devant le tribunal de la cohérence mentale de la France de la raison.

Certes, le monde politique moderne a élevé une casuistique de la démocratie au tragique reniement international des idéaux de la justice et du droit. Mais comment la planète se blanchirait-elle à l'école d'une pestifération truquée de la Perse ? Comment donnerait-elle le change sur des béatifications et des damnations artificielles?

8 - Le rendez-vous des peuples avec l'éthique triangle.gif

Déjà l'histoire vivante pousse des pseudopodes prometteurs hors de la geôle de son enfermement théologico-politique entre Gaza et Téhéran, déjà ce tentacule se change sous nos yeux en tête de pont de l'intelligence politique de demain, déjà ce débarquement se propage et s'installe au milieu du nouveau paysage du monde, déjà il rassemble le troupeau effaré des Etats schizoïdes , déjà ce noyau se cristallise et fascine la troupe effarée des fuyards, déjà il divise les inquisiteurs et les bénisseurs en deux camps, déjà un gouvernail, un pilote, une direction apparaissent, déjà la Turquie, le Brésil et l'Iran se sont réunis à Ankara, déjà la Russie multiplie des signes de repentance, déjà la Chine a mesuré la perte de prestige d'avoir lâché un instant la proie pour l'ombre, déjà la question la plus décisive se place sous une crue lumière, celle de savoir si Israël réussira à jeter par-dessus bord la civilisation mondiale du droit et de la justice.

Depuis les origines, l'Histoire de la politique raconte l'alliance secrète que les classes dirigeantes simiohumaines concluent avec le meurtre que bénissent leurs autels et que glorifient les sacrifices dont le Dieu de la zoologie est censé les rémunérer. Ne vous étonnez pas, Messieurs, de la fatalité darwinienne qui a conduit la démocratie sacrificielle mondialisée à accoucher, elle aussi, de prévaricateurs, d'offertoires prébendés et d'un clergé acheté. Mais voyez comme la plus vieille prêtrise du monde boite sous le soleil de Gaza, voyez comme l'éthique politique des peuples relève la tête parmi les ruines des idéaux de la liberté et de la justice. Peut-être verra-t-on s'installer un instant en Judée un Etat fondé sur le reniement des valeurs fondatrices de la civilisation des évadés partiels du règne animal; mais cet Etat de guerriers et de conquérants sera plus éphémère que tout autre, parce qu'il aidera l'Occident de la pensée à plonger dans les ultimes secrets religieux du meurtre sacré auquel le Moyen Orient sert d'autel. L'heure d'Antigone sonnera à Gaza.

9 - Le bateau ivre triangle.gif

Monsieur le Président, la Frankfurter allgemeine die Zeit, die Welt, Bild, Süddeutsche Zeitung sont convenus de vous poser ensemble une question que nous formulons en ces termes : le 15 septembre, la haute représentante des vingt-sept nations membres de l'Union européenne, Mme Caherine Ashton, a annoncé à la presse qu'elle achevait de mettre en place le réseau diplomatique mondial qui, à l'entendre, conduira d'un pas résolu la politique étrangère de l' Europe vers un radieux avenir. Ses services compteront plus de huit mille fonctionnaires. L'Allemagne a tout de suite obtenu l'ambassade de Chine, fort convoitée, dit-on, et l'Autriche celle de Tokyo, tandis que la France s'est contentée des Philippines, du Tchad et de la Zambie. Mme Ashton vient de se voir confier les négociations de l'Europe avec l'Iran qui les a demandées au quartet. Que pensez-vous des chances de succès de la future diplomatie mondiale de l'Europe, et, si vous croyez en son destin glorieux, quelles seront sa nature, son ambition et les limites de son indépendance à l'égard de Washington ?

Le Général de Gaulle : Le bateau ivre de Rimbaud n'avait ni pilote, ni gouvernail, celui de l'Europe compte cinq navigateurs fantômes dont aucun ne tient un timon entre les mains. Le premier de ces faux capitaines s'appelle l'Assemblée de Strasbourg, qui se préoccupe comme d'une guigne du quadrillage de l'Allemagne par deux cents places fortes de l'étranger armées jusqu'aux dents sur son territoire et de celui de l'Italie, occupée par cent trente sept forteresses encore en cours d'expansion soixante cinq ans après la fin de la dernière guerre. Cela me rappelle un passage de Tacite. Sous Néron, un senatus consulte ridicule avait tranché d'une broutille - la ville de Syracuse serait autorisée à produire davantage de gladiateurs dans le cirque que le nombre prescrit par la loi. Un sénateur courageux avait ri de tant de futilité législative. Pourquoi, se demandait-il, cette haute autorité se réservait-elle des bagatelles, des niaiseries et des enfantillages, sinon parce qu'il s'agissait de cacher sous un épais silence la peur de l'assemblée de traiter des grandes affaires de l'empire?

Le second amiral d'un vaisseau sans mât ni voilure s'appelle la Commission européenne de Bruxelles, que dirige un fervent partisan de l'invasion de l'Irak par les Etats-Unis en 2003 et de l'occupation des Açores par l'armée de terre, de mer et de l'air de l'empire américain. Ah! que cet administrateur de la servitude de l'Europe demeure un pion polyglotte sur lequel la diplomatie de Washington peut compter pour tenir les rênes d'un continent attelé au char de ses chimères! Le troisième timonier de la flotte est le président belge d'une planète artificielle, errante et désarmée. On dit qu' il attend désespérément un coup de fil bénisseur du Président des Etats-Unis et que son vœu n'est pas près de se trouver exaucé, bien qu'il n'envisage le pieux avenir du Vieux Continent qu'en comparse dévot de l'empire d'outre-Atlantique. Par bonheur, son salaire de nabab est à la mesure de la fonction décorative que le traité de Lisbonne lui a assignée. Comment cette marionnette enrubannée réveillerait-elle des Etats européens qu'un abus de langage qualifie encore de souverains? Comment ce fantôme ne demeurerait-il pas pieds et poings liés, puisque sa mise en service n'a même pas jeté aux oubliettes l'autre chœur des poupées mécaniques, celui qui défile en dentelles sur la scène et qu'on a baptisé la "Présidence tournante", parce qu'il s'agit d'un manège? La nomination à grand tapage d'un majordome grassement rémunéré à la tête de l'Europe est purement nominale ; mais pour s'en assurer, il était utile de ne pas mettre hors d'usage le second cocher d'un attelage illusoire.

C'est à cette flotte privée de voiles et de gouvernail que Mme Ashton est censée ajouter un navire de plaisance. Aussi a-t-elle demandé tout de suite qu'on veuille bien l'inviter à prendre le thé à Tel Aviv. Mais cinq ministres des affaires étrangères européens ont aussitôt voulu prendre place dans le même carrosse, tellement ils craignaient qu'une si audacieuse entreprise leur ravît les cuillères, la théière et la nappe. On a évité la guerre des préséances: les ministres ne courront pas sur les brisées de la poupée. La garden party du Moyen Orient a été remise à la fin de ce mois.

10 - La vassalisation de la diplomatie européenne triangle.gif

Vous me demandez, Monsieur, quelle politique une Europe couronnée de têtes creuses va proposer à la Russie, à la Chine et au reste de la planète. Sur ce point votre information est incomplète. L'Elysée a obtenu que l'ambassadeur actuel de la France à Washington, un très dévoué serviteur des intérêts des Etats-Unis d'Amérique en Europe, occupe le poste-clé de Secrétaire général auprès de Mme Asthon, ce qui, en clair, signifie rien de moins que l'installation officielle des instances du Comité représentatif des institutions juives de France dans les institutions de la République. Israël s' est déjà infiltré au cœur de tous les organes de l'Union européenne. Il est donc d'ores et déjà exclu que le Vieux Monde conduise jamais une politique résolue de rapprochement avec les peuples du Coran, la Russie, la Chine, l'Inde et l'Amérique du Sud. Israël a trouvé l'assise de son autorité politique définitive au cœur de la République quand, il y quelques mois, le gouvernement de M. Nicolas Sarkozy a solennellement proclamé à Biarritz par la voix de son Ministre de la justice que le Comité israélien susdit jouirait dorénavant du rang et des apanages officiellement attribués à un Etat étranger, donc que les prérogatives d'un interlocuteur officiel et à part entière de la France et de son Etat se trouveraient désormais expressément reconnues à l'AIPAC français, de sorte que notre pays compte maintenant deux gouvernements sur son territoire. Comment se partageront-ils la souveraineté nationale?

C'est dans cette configuration des passerelles diplomatiques entre l'Etat d'Israël et les vingt-sept Etats de l'Union européenne que vous demanderez instamment à l'ambassadeur de nationalité allemande que le Vieux Monde accréditera à Pékin quel gâteau Confucius partagera avec l'autre ambassadeur, celui de la nation des Germains dans cette capitale. Je me demande en outre quelles prérogatives annexes les jumeaux allemands vont se partager entre eux en coulisses ou sur le devant de la scène, je me demande de surcroît comment deux excellences en provenance de Berlin vont évoluer côte à côte sur le théâtre du burlesque que l'on baptisera la "diplomatie européenne" si l'une des faces de ce mythe politique tendra son assiette vide à l'autre et s'il n'y a ni cuisinier, ni plats à mettre sur la table.

Voyez-vous, les empires bicéphales portent un regard vague sur leur maigre pitance. Je vous lis le menu : une France étroitement solidaire d'un interlocuteur en acier trempé sur ses propres arpents - un Comité représentatif des institutions juives de France dont un conseiller binational assiste d'ores et déjà un ministre des affaires étrangères binational, lui aussi - une telle France occupe depuis belle lurette les mêmes arènes de la politique étrangère qu'Israël et Washington. La République sera le mercenaire du corps diplomatique des vingt-sept poupées mécaniques censées représenter l'Union européenne sur la scène du monde. Quelle sera la politique de Washington à l'égard de Pékin, de Tokyo, de New Delhi, du Caire et du monde arabe, sinon celle d'Israël ? Une Europe doublement vassalisée par son maître d'outre-Atlantique et par Tel-Aviv demandera à Pékin de réévaluer le cours du Yuan et de marginaliser la Russie. Mais si l'Europe de Mme Ashton tentait de ne pas plier l'échine et de défier les directives de Washington et de Jérusalem, la Maison Blanche lui ferait clairement comprendre qu'elle veut bien lui concéder les broderies dont les grands couturiers attiffent leurs mannequins, mais non davantage. Le Pentagone et le Département d'Etat, lui diront-ils sans détours, sont en mesure de faire fi du siège de velours que l'Europe lui réclame et de négocier seuls non seulement avec Moscou et Pékin, mais avec la planète tout entière.

Voilà la vraie donne du monde. Voyez-vous, Messieurs, une Europe pilotée par les vassaux d'une puissance étrangère ne sortira pas de la rade et ne gagnera jamais le grand large. Mais le monde moderne est celui d'une accélération foudroyante du temps de l'histoire. Si nous ne nous attelons pas à la tâche d'éveiller l'opinion publique des peuples arabes, nous ne disposerons jamais du seul levier qui permettrait à l'Europe de se changer en Christophe Colomb de la politique internationale du XXIe siècle.

11 - L'éthique politique de la souverainté triangle.gif

Les Izvestia (Russie): Monsieur le Président, dans les décadences, le choix des vaincus n'est-il pas de participer le mieux possible et même modestement, s'il le faut, à l'histoire réelle du monde sous le sceptre d'un triomphateur devenu inamovible ou de quitter l'arène avec armes et bagages? Sparte s'est fièrement tenue à l'écart des aigles romaines victorieuses du monde hellénique et son destin s'est réduit à celui d'un village oublié au bord de l'Eurotas. Athènes a collaboré avec tous les Césars et sa culture a fécondé non seulement la civilisation des légions, mais à partir de la Renaissance, celle d'une Europe retombée dans l'ignorance. Comment théorisez-vous la présence durable ou l'absence définitive de l'Europe d'une scène internationale qui l'a placée sous la houlette de l'empire américain depuis 1945?

Le Général de Gaulle : Rome a triomphé de l'esprit public au sein des nations asservies à sa loi et elles ne s'en sont remises qu'à l'heure de la ruine de l'empire. Mais, à partir de Tibère, c'est son immoralité politique qui a conduit la civilisation de la louve à sa perte. Cette immense leçon de l'histoire universelle est encore celle qui se rappelle à l' Europe de notre temps : en 1940, il fallait bien que la France gardât les contours d'une apparence d' Etat sur les cartes topographiques, il fallait bien que sa géographie eût une ombre de gouvernement qui représenterait des kilomètres carrés à défaut des citoyens d'une nation. Mais quand Hitler a franchi la ligne de démarcation entre la France occupée et la France de Vichy, le chemin du devoir civique était clairement tracé aux yeux de tous les patriotes.

De nos jours, un gouvernement de la France qui ferme les yeux sur un empire où la torture a été non seulement rétablie en fait, mais dûment légalisée trois siècles après son abolition dans tout le monde civilisé, un gouvernement de la République qui approuve le blocus de Gaza où quinze cent mille hommes, femmes et enfants subissent la loi d'Israël et de son complice d'outre-Atlantique, un gouvernement de la France qui a envoyé un navire de guerre renforcer le blocus de l'occupant de Gaza dont l'assaut aérien et terrestre avait fait mille quatre cents morts, un gouvernement qui a collaboré à la construction d'un mur d'acier autour de Gaza aux côtés de Washington, un tel gouvernement ne se trouve pas seulement disqualifié aux yeux de l'éthique politique du monde, un tel gouvernement se trompe en outre de balance à peser l'intelligence des Etats. La honte de la France d'aujourd'hui est dans un mot terrible de Mirabeau: "Il existe pire que le bourreau, son valet".

La vraie politique prononce les verdicts de l'esprit de justice, la vraie politique est la science de l'âme des nations, la vraie politique rend les arrêts infaillibles de la raison. Trahir, c'est seulement se mettre un bandeau sur les yeux. La civilisation occidentale entrera en résistance ou mourra. Mais le temps de l'héroïsme des lucidités solitaires est déjà révolu, l'heure de l'intelligence morale du politique est de retour; et cette intelligence-là nous enseigne que l'Amérique ne portera pas longtemps à bout de bras le double fardeau de plus de mille camps fortifiés sur les cinq continents et d'une monnaie fictive qui s'essouffle à porter les armes et les songes d'un vaste empire. Je ne suis pas prophète; j'ai seulement tenté de tenir le langage de la logique supérieure qui commande l'histoire secrète du monde et qui raconte le destin de la morale au cœur de la conscience politique de l'humanité.

12 - Le Hamas triangle.gif

O Globo (Brésil) : Monsieur le Président, M. Khaled Mesh'aal, chef du bureau politique du mouvement de résistance islamique (Hamas) semble s'être référé expressément à votre politique de l'alliance de la souveraineté avec la morale quand, en 1944, vous avez refusé tout net d'exprimer la gratitude de la France à l'égard de ses alliés, qui avaient solennellement légitimé la Résistance et lui avaient officiellement fait le cadeau diplomatique immense de la cautionner aux yeux du droit international public. Vous avez écrit dans vos Mémoires de guerre: "Ne remercier personne : la France n'a pas à se faire reconnaître". Aujourd'hui le chef du Hamas rappelle que ce serait légitimer "l'occupation et le vol de la Palestine" que de reconnaître l'Etat d'Israël. "Pour nous, ajoute-t-il, ce principe est clair et définitif." Quelle est votre position à l'égard de la résistance armée de l'Islam à l'occupant israélien?

Le Général de Gaulle : Ma "position" , comme on l'a écrit, à l'égard de nos alliés en 1944 n'était pas la mienne, mais celle de la France de tous les siècles et de tous les régimes. Le droit est devenu une science à partir de la rédaction de la loi des douze tables. Il est donc encore plus burlesque que grotesque de demander à la vraie Résistance palestinienne, celle du Hamas, de valider l'occupation de son territoire aux yeux du droit international public, puisque celui-ci ne dispose en rien du pouvoir qu'on lui attribue ridiculement de renier ses propres fondements. Les démocraties actuelles demandent rien de moins à la géométrie d'Euclide que de réfuter le théorème de Pythagore. C'est une décision plus stupide encore que barbare, parce que, dans ses profondeurs, la résistance du Hamas est celle du combat des civilisations contre le droit du plus fort.

Comment voulez-vous que les autels de la religion des droits de l'homme accueillent le cadavre des principes universels des droits de l'homme sur leurs offertoires? Croire possible un sacrifice de sang de cet acabit, c'est oublier que le droit international n'est jamais que l'expression transzoologique de l'aspostasie inversée, celle qui immole la loi des glaives au nom de l'esprit de vérité. La prééminence de la conscience sur la force remonte non point à la souillure dont une certaine potence a entaché à jamais la justice des Etats, mais à une certaine ciguë que les archontes de l'immoralité politique font boire à la raison depuis vingt-cinq siècles. C'est du dieu des supplices de l'esprit que le Hamas entend la voix à la lecture du Coran. Tel est l'enjeu véritable de la politique du sang et de la mort d'hier, d'aujourd'hui et de demain, tel est l'enjeu de la morale et du droit qui fait, du Moyen Orient, le champ de bataille où le dieu des armées affronte le dieu dont l'emblème est un gibet.

Je vous remercie.

 

Le 26 septembre 2010

 

http://aline.dedieguez.pagesperso-orange.fr/tstmagic/1024/tstmagic/europolitique/degaulle.htm#1

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17 octobre 2010 7 17 /10 /octobre /2010 06:37

 

 

                         Lettre d' Isabelle

 

 

Je souhaite porter à votre attention une série d'évènements qui se
déroulent en ce moment et qui semblent montrer une volonté certaine
à préparer les populations à un avènement "extraterrestre".
J'insiste sur ce sujet parce que j'ai la conviction, et de
multiples démonstrations, qu'un évènement d'une ampleur inimaginable
est à nos portes, qu'il doit et va créer une onde de choc, qui va
changer la face du monde...

Mon but précis est de vous mettre en garde puisque les manigances
pour préparer et séduire l'humanité sont absolument évidentes et
prévisibles!

Les nouvelles se trouvent en bas de page.

J'ai recueilli, hier, le témoignage d'un homme qui raconte avoir
vécu des "abductions" pendant de longues années.  C'est avec beaucoup
de détails qu'il nous parle de ses expériences qui sont étrangement
similaires à celles exposées dans les films "Communion" et "Rencontre
du 4eme type".  Je prépare actuellement la transcription de l'entrevue
et je vais vous l'acheminer dans les prochains jours, je l'espère.

Je sais que plusieurs croient qu'il y a des êtres de provenance
extraterrestre qui sont "méchants" et d'autres qui sont des "alliés
de l'humanité".  Personnellement, je crois que derrière le phénomène
"alien", tous les aliens confondus, se cache une conspiration
cosmique qui vise à tromper les êtres humains, à les piéger par toutes
sortes de séductions surnaturelles (signes dans le ciel, miracles, prodiges).

Je crois que d'un point de vue biblique, 2 Thessaloniciens 2 nous
donne une description probable de cet "avènement" qui provoquera
une perte soudaine de la foi (apostasie) en un Dieu Créateur, puisque
ces "êtres venus d'ailleurs" visent à détruire la croyance que nous sommes des
enfants de Dieu et l'antéchrist qui doit venir le confirmera en se proclamera
lui-même le Messie, le Dieu de toute la terre:

"L'apparition de cet impie se fera, par la puissance de
Satan, avec toutes sortes de miracles, de signes et de prodiges
mensongers,et avec toutes les séductions de l'iniquité pour
ceux qui périssent parce qu'ils n'ont pas reçu l'amour de la vérité
pour être sauvés. Aussi Dieu leur envoie une puissance
d'égarement, pour qu'ils croient au mensonge,afin que tous ceux
qui n'ont pas cru à la vérité, mais qui ont pris plaisir à
l'injustice, soient condamnés."

"Que personne ne vous séduise d'aucune manière ; car il faut que
l'apostasie soit arrivée auparavant, et qu'on ait vu paraître
l'homme du péché, le fils de la perdition, l'adversaire qui
s'élève au-dessus de tout ce qu'on appelle Dieu ou de ce qu'on adore,
jusqu'à s'asseoir dans le temple de Dieu, se proclamant lui-même Dieu."

Nous savons, dans Apocalypse 9, que des créatures étranges et démoniaques
vont sortir de la terre pour "tourmenter les hommes pendant 5 mois".
La description de ces créatures évoque une armée nombreuse et ce qui
pourrait être une "armée des ténèbres".  Est-ce que ces "sauterelles"
concernent le retour des "dieux de l'Antiquité", leur chef étant "Apollyon",
ou bien, des créatures résultant de manipulations génétiques?

Je vous laisse faire vos propres conclusions:

"Ces sauterelles ressemblaient à des chevaux préparés pour le combat;
il y avait sur leurs têtes comme des couronnes semblables à de l'or,
et leurs visages étaient comme des visages d'hommes. Elles avaient
des cheveux comme des cheveux de femmes, et leurs dents étaient comme
des dents de lions. Elles avaient des cuirasses comme des cuirasses de fer,
et le bruit de leurs ailes était comme un bruit de chars à plusieurs
chevaux qui courent au combat. Elles avaient des queues semblables à
des scorpions et des aiguillons, et c'est dans leurs queues qu'était
le pouvoir de faire du mal aux hommes pendant cinq mois. Elles avaient
sur elles comme roi l'ange de l'abîme, nommé en hébreu Abaddon,
et en grec Apollyon."

L'image qu'évoque en nous cette armée de "sauterelles" est
terrorisante!  Toutefois, je vous invite à lire les Écritures pour
trouver les promesses de Dieu envers ses enfants...

LES NOUVELLES:

- L'effondrement économique vise à installer l'anarchie et le déploiement de
l'armée dans les rues
http://clicks.aweber.com/y/ct/?l=JBhsF&m=K4ynufj64cDVtN&b=nXizJizCFHdL9SEMvxLu7g

- Une publicité sur BBC News qui nous prépare à l'arrivée de nos
"frères de lumière"...
http://clicks.aweber.com/y/ct/?l=JBhsF&m=K4ynufj64cDVtN&b=qHg_PvNF8LCHfCdBHfBjKQ

- Des enfants du Zimbabwe témoignent sur l'apparition d'ovnis et d'êtres étranges...
http://clicks.aweber.com/y/ct/?l=JBhsF&m=K4ynufj64cDVtN&b=tsGWRkYbVMHgl3KbkacLaQ

"Car il s'élèvera de faux Christs et de faux prophètes; ils feront
des prodiges et des miracles pour séduire les élus, s'il était possible.
Soyez sur vos gardes, je vous ai tout annoncé d'avance" Marc 13:22-23




Isabelle
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17 octobre 2010 7 17 /10 /octobre /2010 04:27

Shlomo Sand : l’exil du peuple juif est un mythe Verbatim                                                  : Lundi, 19 mai 2008 :: Shlomo Sand :: Envoyer   Imprimer

Shlomo Sand : l’exil du peuple juif est un mythe

 

 

L’historien Shlomo Sand affirme que l’existence des diasporas de Méditerranée et d’Europe centrale est le résultat de conversions anciennes au judaïsme. Pour lui, l’exil du peuple juif est un mythe, né d’une reconstruction à postériori sans fondement historique. Entretien.

Parmi la profusion de héros nationaux que le peuple d’Israël a produits au fil des générations, le sort n’aura pas été favorable à Dahia Al-Kahina qui dirigea les Berbères de l’Aurès, en Afrique du Nord. Bien qu’elle fût une fière juive, peu d’Israéliens ont entendu le nom de cette reine guerrière qui, au septième siècle de l’ère chrétienne, a unifié plusieurs tribus berbères et a même repoussé l’armée musulmane qui envahissait le nord de l’Afrique. La raison en est peut-être que Dahia Al-Kahina était née d’une tribu berbère convertie semble-t-il plusieurs générations avant sa naissance, vers le 6e siècle.

D’après l’historien Shlomo Sand, auteur du livre « Quand et comment le peuple juif a-t-il été inventé ? » (aux éditions Resling – en hébreu), la tribu de la reine ainsi que d’autres tribus d’Afrique du Nord converties au judaïsme sont l’origine principale à partir de laquelle s’est développé le judaïsme séfarade. Cette affirmation, concernant les origines des Juifs d’Afrique du Nord à partir de tribus locales qui se seraient converties – et non à partir d’exilés de Jérusalem – n’est qu’une composante dans l’ample argumentation développée dans le nouvel ouvrage de Sand, professeur au département d’Histoire de l’Université de Tel Aviv.

Dans ce livre, Sand essaie de démontrer que les Juifs qui vivent aujourd’hui en Israël et en d’autres endroits dans le monde, ne sont absolument pas les descendants du peuple ancien qui vivait dans le royaume de Judée à l’époque du premier et du second Temple. Ils tirent leur origine, selon lui, de peuples variés qui se sont convertis au cours de l’Histoire en divers lieux du bassin méditerranéen et régions voisines. Non seulement les Juifs d’Afrique du Nord descendraient pour la plupart de païens convertis, mais aussi les Juifs yéménites (vestiges du royaume Himyarite, dans la péninsule arabique, qui s’était converti au judaïsme au quatrième siècle) et les Juifs ashkénazes d’Europe de l’Est (des réfugiés du royaume khazar converti au huitième siècle).

A la différence d’autres « nouveaux historiens » qui ont cherché à ébranler les conventions de l’historiographie sioniste, Shlomo Sand ne se contente pas de revenir sur 1948 ou sur les débuts du sionisme, mais remonte des milliers d’années en arrière. Il tente de prouver que le peuple juif n’a jamais existé comme « peuple-race » partageant une origine commune mais qu’il est une multitude bigarrée de groupes humains qui, à des moments différents de l’Histoire, ont adopté la religion juive. D’après Sand, chez certains penseurs sionistes, cette conception mythique des Juifs comme peuple ancien conduit à une pensée réellement raciste : « Il y a eu, en Europe, des périodes où, si quelqu’un avait déclaré que tous les Juifs appartenaient à un peuple d’origine non juive, il aurait été jugé antisémite séance tenante. Aujourd’hui, si quelqu’un ose suggérer que ceux qui sont considérés comme juifs, dans le monde (…) n’ont jamais constitué et ne sont toujours pas un peuple ni une nation, il est immédiatement dénoncé comme haïssant Israël » (p. 31).

D’après Sand, la description des Juifs comme un peuple d’exilés, errant et se tenant à l’écart, qui « ont erré sur mers et sur terres, sont arrivés au bout du monde et qui, finalement, avec la venue du sionisme, ont fait demi-tour pour revenir en masse sur leur terre orpheline », cette description ne relève que d’une « mythologie nationale ». Tout comme d’autres mouvements nationaux en Europe, qui ont revisité un somptueux âge d’or pour ensuite, grâce à lui, fabriquer leur passé héroïque – par exemple, la Grèce classique ou les tribus teutonnes – afin de prouver qu’ils existaient depuis fort longtemps, « de même, les premiers bourgeons du nationalisme juif se sont tournés vers cette lumière intense dont la source était le royaume mythologique de David » (p. 81).

Mais alors, quand le peuple juif a-t-il réellement été inventé, selon l’approche de Sand ? « Dans l’Allemagne du 19e siècle, à un certain moment, des intellectuels d’origine juive, influencés par le caractère ‘volkiste’ du nationalisme allemand, se sont donné pour mission de fabriquer un peuple « rétrospectivement », avec la soif de créer une nation juive moderne. A partir de l’historien Heinrich Graetz, des intellectuels juifs commencent à esquisser l’histoire du judaïsme comme l’histoire d’un peuple qui avait un caractère national, qui est devenu un peuple errant et qui a finalement fait demi-tour pour revenir dans sa patrie. »

Entretien

Shlomo Sand, historien du 20e siècle, avait jusqu’à présent étudié l’histoire intellectuelle de la France moderne (dans son livre « L’intellectuel, la vérité et le pouvoir », Am Oved éd., 2000 – en hébreu), et les rapports entre le cinéma et l’histoire politique (« Le cinéma comme Histoire », Am Oved, 2002 – en hébreu). D’une manière inhabituelle pour des historiens de profession, il se penche, dans son nouveau livre, sur des périodes qu’il n’avait jamais étudiées – généralement en s’appuyant sur des chercheurs antérieurs qui ont avancé des positions non orthodoxes sur les origines des Juifs.

En fait, l’essentiel de votre livre ne s’occupe pas de l’invention du peuple juif par le nationalisme juif moderne mais de la question de savoir d’où viennent les Juifs.

« Mon projet initial était de prendre une catégorie spécifique de matériaux historiographiques modernes, d’examiner comment on avait fabriqué la fiction du peuple juif. Mais dès que j’ai commencé à confronter les sources historiographiques, je suis tombé sur des contradictions. Et c’est alors ce qui m’a poussé – je me suis mis au travail, sans savoir à quoi j’aboutirais. J’ai pris des documents originaux pour essayer d’examiner l’attitude d’auteurs anciens – ce qu’ils avaient écrit à propos de la conversion. »

Des spécialistes de l’histoire du peuple juif affirment que vous vous occupez de questions dont vous n’avez aucune compréhension et que vous vous fondez sur des auteurs que vous ne pouvez pas lire dans le texte.

« Il est vrai que je suis un historien de la France et de l’Europe, et pas de l’Antiquité. Je savais que dès lors que je m’occuperais de périodes anciennes comme celles-là, je m’exposerais à des critiques assassines venant d’historiens spécialisés dans ces champs d’étude. Mais je me suis dit que je ne pouvais pas en rester à un matériel historiographique moderne sans examiner les faits qu’il décrit. Si je ne l’avais pas fait moi-même, il aurait fallu attendre une génération entière. Si j’avais continué à travailler sur la France, j’aurais peut-être obtenu des chaires à l’université et une gloire provinciale. Mais j’ai décidé de renoncer à la gloire. »

« Après que le peuple ait été exilé de force de sa terre, il lui est resté fidèle dans tous les pays de sa dispersion et n’a pas cessé de prier et d’espérer son retour sur sa terre pour y restaurer sa liberté politique » : voilà ce que déclare, en ouverture, la Déclaration d’Indépendance. C’est aussi la citation qui sert de préambule au troisième chapitre du livre de Shlomo Sand, intitulé « L’invention de l’Exil ». Aux dires de Sand, l’exil du peuple de sa terre n’a en fait jamais eu lieu.

« Le paradigme suprême de l’envoi en exil était nécessaire pour que se construise une mémoire à long terme, dans laquelle un peuple-race imaginaire et exilé est posé en continuité directe du « Peuple du Livre » qui l’a précédé », dit Sand ; sous l’influence d’autres historiens qui se sont penchés, ces dernières années, sur la question de l’Exil, il déclare que l’exil du peuple juif est, à l’origine, un mythe chrétien, qui décrivait l’exil comme une punition divine frappant les Juifs pour le péché d’avoir repoussé le message chrétien. « Je me suis mis à chercher des livres étudiant l’envoi en exil – événement fondateur dans l’Histoire juive, presque comme le génocide ; mais à mon grand étonnement, j’ai découvert qu’il n’y avait pas de littérature à ce sujet. La raison en est que personne n’a exilé un peuple de cette terre. Les Romains n’ont pas déporté de peuples et ils n’auraient pas pu le faire même s’ils l’avaient voulu. Ils n’avaient ni trains ni camions pour déporter des populations entières. Pareille logistique n’a pas existé avant le 20e siècle. C’est de là, en fait, qu’est parti tout le livre : de la compréhension que la société judéenne n’a été ni dispersée ni exilée. »

Si le peuple n’a pas été exilé, vous affirmez en fait que les véritables descendants des habitants du royaume de Judée sont les Palestiniens.

« Aucune population n’est restée pure tout au long d’une période de milliers d’années. Mais les chances que les Palestiniens soient des descendants de l’ancien peuple de Judée sont beaucoup plus élevées que les chances que vous et moi en soyons. Les premiers sionistes, jusqu’à l’insurrection arabe, savaient qu’il n’y avait pas eu d’exil et que les Palestiniens étaient les descendants des habitants du pays. Ils savaient que des paysans ne s’en vont pas tant qu’on ne les chasse pas. Même Yitzhak Ben Zvi, le second président de l’Etat d’Israël, a écrit en 1929, que « la grande majorité des fellahs ne tirent pas leur origine des envahisseurs arabes, mais d’avant cela, des fellahs juifs qui étaient la majorité constitutive du pays ». »

Et comment des millions de Juifs sont-ils apparu tout autour de la Méditerranée ?

« Le peuple ne s’est pas disséminé, c’est la religion juive qui s’est propagée. Le judaïsme était une religion prosélyte. Contrairement à une opinion répandue, il y avait dans le judaïsme ancien une grande soif de convertir. Les Hasmonéens furent les premiers à commencer à créer une foule de Juifs par conversions massives, sous l’influence de l’hellénisme. Ce sont les conversions, depuis la révolte des Hasmonéens jusqu’à celle de Bar Kochba, qui ont préparé le terrain à la diffusion massive, plus tard, du christianisme. Après le triomphe du christianisme au 4e siècle, le mouvement de conversion a été stoppé dans le monde chrétien et il y a eu une chute brutale du nombre de Juifs. On peut supposer que beaucoup de Juifs apparus autour de la mer Méditerranée sont devenus chrétiens. Mais alors, le judaïsme commence à diffuser vers d’autres régions païennes – par exemple, vers le Yémen et le Nord de l’Afrique. Si le judaïsme n’avait pas filé de l’avant à ce moment-là, et continué à convertir dans le monde païen, nous serions restés une religion totalement marginale, si même nous avions survécu. »

Comment en êtes-vous arrivé à la conclusion que les Juifs d’Afrique du Nord descendent de Berbères convertis ?

« Je me suis demandé comment des communautés juives aussi importantes avaient pu apparaître en Espagne. J’ai alors vu que Tariq Ibn-Ziyad, commandant suprême des musulmans qui envahirent l’Espagne, était berbère et que la majorité de ses soldats étaient des Berbères. Le royaume berbère juif de Dahia Al-Kahina n’avait été vaincu que 15 ans plus tôt. Et il y a, en réalité, plusieurs sources chrétiennes qui déclarent que beaucoup parmi les envahisseurs d’Espagne étaient des convertis au judaïsme. La source profonde de la grande communauté juive d’Espagne, c’étaient ces soldats berbères convertis au judaïsme. »

Aux dires de Sand, l’apport démographique le plus décisif à la population juive dans le monde s’est produit à la suite de la conversion du royaume khazar – vaste empire établi au Moyen-âge dans les steppes bordant la Volga et qui, au plus fort de son pouvoir, dominait depuis la Géorgie actuelle jusqu’à Kiev. Au 8e siècle, les rois khazars ont adopté la religion juive et ont fait de l’hébreu la langue écrite dans le royaume. A partir du 10e siècle, le royaume s’est affaibli et au 13e siècle, il a été totalement vaincu par des envahisseurs mongols et le sort de ses habitants juifs se perd alors dans les brumes.

Shlomo Sand revisite l’hypothèse, déjà avancée par des historiens du 19e et du 20e siècles, selon laquelle les Khazars convertis au judaïsme seraient l’origine principale des communautés juives d’Europe de l’Est. « Au début du 20e siècle, il y a une forte concentration de Juifs en Europe de l’Est : trois millions de Juifs, rien qu’en Pologne », dit-il ; « l’historiographie sioniste prétend qu’ils tirent leur origine de la communauté juive, plus ancienne, d’Allemagne, mais cette historiographie ne parvient pas à expliquer comment le peu de Juifs venus d’Europe occidentale – de Mayence et de Worms – a pu fonder le peuple yiddish d’Europe de l’Est. Les Juifs d’Europe de l’Est sont un mélange de Khazars et de Slaves repoussés vers l’Ouest. »

Si les Juifs d’Europe de l’Est ne sont pas venus d’Allemagne, pourquoi parlaient-ils le yiddish, qui est une langue germanique ?

« Les Juifs formaient, à l’Est, une couche sociale dépendante de la bourgeoisie allemande et c’est comme ça qu’ils ont adopté des mots allemands. Je m’appuie ici sur les recherches du linguiste Paul Wechsler, de l’Université de Tel Aviv, qui a démontré qu’il n’y avait pas de lien étymologique entre la langue juive allemande du Moyen-âge et le yiddish. Le Ribal (Rabbi Yitzhak Bar Levinson) disait déjà en 1828 que l’ancienne langue des Juifs n’était pas le yiddish. Même Ben Tzion Dinour, père de l’historiographie israélienne, ne craignait pas encore de décrire les Khazars comme l’origine des Juifs d’Europe de l’Est et peignait la Khazarie comme la « mère des communautés de l’Exil » en Europe de l’Est. Mais depuis environ 1967, celui qui parle des Khazars comme des pères des Juifs d’Europe de l’Est est considéré comme bizarre et comme un doux rêveur. »

Pourquoi, selon vous, l’idée d’une origine khazar est-elle si menaçante ?

« Il est clair que la crainte est de voir contester le droit historique sur cette terre. Révéler que les Juifs ne viennent pas de Judée paraît réduire la légitimité de notre présence ici. Depuis le début de la période de décolonisation, les colons ne peuvent plus dire simplement : « Nous sommes venus, nous avons vaincu et maintenant nous sommes ici » – comme l’ont dit les Américains, les Blancs en Afrique du Sud et les Australiens. Il y a une peur très profonde que ne soit remis en cause notre droit à l’existence. »

Cette crainte n’est-elle pas fondée ?

« Non. Je ne pense pas que le mythe historique de l’exil et de l’errance soit la source de ma légitimité à être ici. Dès lors, cela m’est égal de penser que je suis d’origine khazar. Je ne crains pas cet ébranlement de notre existence, parce que je pense que le caractère de l’Etat d’Israël menace beaucoup plus gravement son existence. Ce qui pourra fonder notre existence ici, ce ne sont pas des droits historiques mythologiques mais le fait que nous commencerons à établir ici une société ouverte, une société de l’ensemble des citoyens israéliens. »

En fait, vous affirmez qu’il n’y a pas de peuple juif.

« Je ne reconnais pas de peuple juif international. Je reconnais un « peuple yiddish » qui existait en Europe de l’Est, qui n’est certes pas une nation mais où il est possible de voir une civilisation yiddish avec une culture populaire moderne. Je pense que le nationalisme juif s’est épanoui sur le terreau de ce « peuple yiddish ». Je reconnais également l’existence d’une nation israélienne, et je ne lui conteste pas son droit à la souveraineté. Mais le sionisme, ainsi que le nationalisme arabe au fil des années, ne sont pas prêts à le reconnaître.

« Du point de vue du sionisme, cet Etat n’appartient pas à ses citoyens, mais au peuple juif. Je reconnais une définition de la Nation : un groupe humain qui veut vivre de manière souveraine. Mais la majorité des Juifs dans le monde ne souhaite pas vivre dans l’Etat d’Israël, en dépit du fait que rien ne les en empêche. Donc, il n’y a pas lieu de voir en eux une nation. »

Qu’y a-t-il de si dangereux dans le fait que les Juifs s’imaginent appartenir à un seul peuple ? Pourquoi serait-ce mal en soi ?

« Dans le discours israélien sur les racines, il y a une dose de perversion. C’est un discours ethnocentrique, biologique, génétique. Mais Israël n’a pas d’existence comme Etat juif : si Israël ne se développe pas et ne se transforme pas en société ouverte, multiculturelle, nous aurons un Kosovo en Galilée. La conscience d’un droit sur ce lieu doit être beaucoup plus souple et variée, et si j’ai contribué avec ce livre à ce que moi-même et mes enfants puissions vivre ici avec les autres, dans cet Etat, dans une situation plus égalitaire, j’aurai fait ma part.

« Nous devons commencer à œuvrer durement pour transformer ce lieu qui est le nôtre en une république israélienne, où ni l’origine ethnique, ni la croyance n’auront de pertinence au regard de la Loi. Celui qui connaît les jeunes élites parmi les Arabes d’Israël, peut voir qu’ils ne seront pas d’accord de vivre dans un Etat qui proclame n’être pas le leur. Si j’étais Palestinien, je me rebellerais contre un tel Etat, mais c’est aussi comme Israélien que je me rebelle contre cet Etat. »

La question est de savoir si, pour arriver à ces conclusions-là, il était nécessaire de remonter jusqu’au royaume des Khazars et jusqu’au royaume Himyarite.

« Je ne cache pas que j’éprouve un grand trouble à vivre dans une société dont les principes nationaux qui la dirigent sont dangereux, et que ce trouble m’a servi de moteur dans mon travail. Je suis citoyen de ce pays, mais je suis aussi historien, et en tant qu’historien, j’ai une obligation d’écrire de l’Histoire et d’examiner les textes. C’est ce que j’ai fait. »

Si le mythe du sionisme est celui du peuple juif revenu d’exil sur sa terre, que sera le mythe de l’Etat que vous imaginez ?

« Un mythe d’avenir est préférable selon moi à des mythologies du passé et du repli sur soi. Chez les Américains, et aujourd’hui chez les Européens aussi, ce qui justifie l’existence d’une nation, c’est la promesse d’une société ouverte, avancée et opulente. Les matériaux israéliens existent, mais il faut leur ajouter, par exemple, des fêtes rassemblant tous les Israéliens. Réduire quelque peu les jours de commémoration et ajouter des journées consacrées à l’avenir. Mais même aussi, par exemple, ajouter une heure pour commémorer la « Nakba », entre le Jour du Souvenir et la Journée de l’Indépendance. »

Note :

Shlomo Sand est né en 1946 à Linz (Autriche) et a vécu les deux premières années de sa vie dans les camps de réfugiés juifs en Allemagne. En 1948, ses parents émigrent en Israël, où il a grandi. Il finit ses études supérieures en histoire, entamées à l’université de Tel-Aviv, à l’École des hautes études en sciences sociales, à Paris. Depuis 1985, il enseigne l’histoire de l’Europe contemporaine à l’université de Tel-Aviv. Il a notamment publié en français : « L’Illusion du politique. Georges Sorel et le débat intellectuel 1900 » (La Découverte, 1984), « Georges Sorel en son temps », avec J. Julliard (Seuil, 1985), « Le XXe siècle à l’écran » (Seuil, 2004). « Les mots et la terre. Les intellectuels en Israël » (Fayard, 2006)

Source : Ofri Ilani, Haaretz, 21 mars 2008, traduit de l’hébreu par Michel Ghys pour Protection Palestine

 

http://www.geostrategie.com/781/shlomo-sand-l%E2%80%99exil-du-peuple-juif-est-un-mythe#comments  

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16 octobre 2010 6 16 /10 /octobre /2010 05:56
Alex Lantier

 

France: Les questions politiques qui se posent dans la lutte contre la politique d'austérité de Sarkozy
Le WSWS demande aux travailleurs de télécharger ce tract et de le distribuer dans leurs lieux de travail et dans les manifestations
 
La journée d'action du 12 octobre en France a mis en évidence l'opposition puissante, au sein de la classe ouvrière, aux attaques du président Nicolas Sarkozy contre les retraites. Une mesure phare en est le report de deux ans de l'âge de départ à la retraite. Avec une nouvelle journée d'action prévue et des pénuries de carburant qui se développent rapidement en raison de la grève des raffineries, le soutien populaire est toujours massif pour la grève contre ces coupes. D'après les sondages, 61 pour cent de la population sont favorables à une action de grève dans la durée.
Le gouvernement poursuit sa politique avec un mépris flagrant de l'opinion publique et des droits démocratiques. Tout comme le ciblage fascisant des Roms par Sarkozy et la participation de la France à la guerre en Afghanistan, les coupes dans les retraites ont été passées en force par le Parlement en dépit d'une opposition populaire très large. Sarkozy a dit très clairement qu'il ne reculera pas, déclarant qu'il ira «  jusqu'au bout » sur les retraites.
L'antagonisme irréconciliable entre les exigences des banques, qui dictent la politique des gouvernements bourgeois, qu'ils soient soi-disant de « gauche » ou de droite, et les besoins sociaux de la classe ouvrière, se révèle être la principale caractéristique de la vie politique. Les travailleurs rejettent la perspective de travailler pour de maigres salaires jusqu'à leur mort. Mais la Banque centrale européenne (BCE), le Fonds monétaire international (FMI) et le gouvernement français ont clairement dit que cette réduction des retraites ne représente qu'une partie des coupes visant à augmenter la profitabilité et la compétitivité des grandes entreprises et à imposer le coût du renflouement des banques à la classe ouvrière.
Deux ans après le début de la crise économique, un bilan politique doit être établi. Après avoir donné des centaines de milliards d'euros aux banques, les gouvernements de toute l'Europe ont fait passer en force des coupes sociales, des fermetures d'usines et des réductions de salaire. Les manifestations et l'opposition populaires n'ont pourtant pas manqué, mais les classes dirigeantes ont en grande partie réussi à imposer leur volonté à la classe ouvrière.
C'est à cause de la trahison des syndicats et de leurs alliés, les partis «de gauche.» La condition préalable nécessaire au développement d'une lutte réelle par la classe ouvrière est une rupture avec ces organisations.
Le Parti socialiste (PS), le Parti communiste français (PCF), le Nouveau parti anticapitaliste (NPA) petit-bourgeois, et les syndicats caressent tous l'espoir que Sarkozy modifiera ses attaques s'il y a suffisamment de travailleurs dans les manifestations. Cette perspective s'est révélée être une impasse pour la classe ouvrière en France – tout comme en Grèce, en Espagne, au Portugal et ailleurs.
Alors même qu'ils appellent à des manifestations, les syndicats négocient les termes de ces coupes sociales avec Sarkozy. Quant aux partis «de gauche,» ils maintiennent tous « l'unité dans la lutte » avec le PS, un parti ouvertement pro-capitaliste. Le candidat probable de ce parti à la présidentielle de 2012 est Dominique Strauss-Kahn, le directeur du FMI, qui a publié un rapport la semaine dernière faisant l'éloge de la réforme des retraites voulue par Sarkozy.
Une confrontation politique se prépare entre la classe ouvrière et cet establishment «de gauche» en faillite.
En reconduisant leur grève, les travailleurs français s'efforcent de briser le carcan des journées d'action isolées et rituelles, par lesquelles les syndicats cherchent à contenir et disperser l'opposition de la classe ouvrière. La grève qui se poursuit dans les raffineries montre que les travailleurs ont un pouvoir social énorme, et un nombre croissant de travailleurs veut déployer ce pouvoir contre les banquiers et le gouvernement.
Cela mène les travailleurs à une collision frontale avec les syndicats et crée les conditions nécessaires à une rébellion contre eux. Il est nécessaire de renforcer et d'élargir cette révolte naissante, et de l'armer avec de nouvelles structures organisationnelles et une nouvelle perspective politique.
Le World Socialist Web Site propose que les travailleurs forment des comités d'action, indépendants des syndicats, sur leur lieu de travail. Le but de ces comités sera de mener à la fois des grèves et une lutte politique contre les patrons et l'Etat.
Étant donné le soutien populaire massif en faveur des actions de grève contre les coupes et le ferment politique qui se développe parmi les étudiants et d'autres couches de la population, la tâche politique centrale du comité d'action est de préparer une grève générale. Le but déclaré d'une telle grève doit être le renversement du gouvernement Sarkozy.
Les besoins sociaux et politiques du peuple ne peuvent être satisfaits que si le gouvernement qui émerge de cette lutte s'appuie sur la classe ouvrière et se consacre à appliquer un programme socialiste, comprenant l'expropriation des fortunes privées des ultra-riches, la nationalisation des banques et des grandes entreprises et leur transformation en entreprises publiques sous le contrôle démocratique de la population laborieuse.
L'aristocratie financière mène une guerre de classe de manière centralisée, avec la collaboration des gouvernements, des banques, de la BCE, et du FMI sans s'arrêter aux frontières nationales pour préparer et mettre en oeuvre des coupes sociales, des licenciements massifs et des réductions de salaire. En dépit des conflits qui se font de plus en plus âpres entre classes dirigeantes des différents pays, elles sont toutes unies pour attaquer la classe ouvrière.
Les luttes des travailleurs seront inévitablement vaincues tant qu'elles ne prendront pas, elles aussi, une forme coordonnée et internationale. La politique de Sarkozy en France n'est pas fondamentalement différente de la politique d'austérité des gouvernements de par l'Europe et l'Amérique du Nord. Un appel à la solidarité de classe internationale, lancé par les travailleurs qui luttent contre la politique d'austérité en France, recevra un soutien énorme à travers le monde.
La lutte pour défendre les conditions sociales des travailleurs dans n'importe quel pays est inséparable de la lutte contre le nationalisme et les préjugés anti-immigrés. Il faut rejeter fermement toutes les tentatives des gouvernements, des syndicats et des partis politiques de canaliser l'opposition sociale sur des lignes nationalistes et de monter les travailleurs d'un pays contre leurs collègues des autres pays.
Le WSWS en appelle aux travailleurs de France pour qu'ils élargissent et approfondissent la lutte contre les réformes de Sarkozy, et forment des comités d'action pour se défaire du poids mort des syndicats et ouvrir la voie à une lutte politique pour un gouvernement des travailleurs et pour la transformation socialiste de l'Europe et du monde.


Vendredi 15 Octobre 2010


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6 octobre 2010 3 06 /10 /octobre /2010 06:18

Rapports Nord/Sud, modèles de production, Grenelle : l'agronome Marc Dufumier revient sur les défis du monde paysan.

Marc Dufumier (David Servenay/Rue89)


Marc Dufumier n'a jamais la langue dans sa poche. Ni pour ses étudiants d'AgroParisTech, où il occupe la chaire d'agriculture comparée et de développement agricole, ni pour les politiques qu'il a abordé au moment du Grenelle de l'environnement.

Agronome bio, passé par le privé avant d'enseigner, il milite pour un « virage à 90 degrés » du monde agricole, tout en se méfiant de la décroissance. Entretien.

Nord et Sud

Pourquoi les agriculteurs du Nord ne parviennent-ils pas à nourrir l'humanité aujourd'hui, compte tenu des progrès effectués depuis cinquante ans ?

La réponse est facile : la faim naît de la pauvreté des gens du Sud.

Les agriculteurs du Nord sont, c'est vrai, excédentaires pour les produits de première nécessité (céréales, légumes secs, viande…). Ils pourraient donc nourrir le monde entier : il faut 200 kilos d'équivalent céréales par an pour nourrir un habitant, et la production mondiale totale est déjà de 330 kilos par habitant.

Mais voilà, les gens sont pauvres, dans les pays du Sud, mais aussi en France, aux Etats-Unis, en Argentine ou au Brésil. Les 130 kilos d'excédents vont ailleurs, vers des marchés solvables, comme les usines d'aliments pour bétail. Et depuis peu, une part de cette énergie alimentaire va aussi abreuver nos voitures sous la forme de bio-carburants.

C'est donc un déséquilibre chronique…

Oui, mais il concerne le système économique mondial, et pas seulement l'agriculture.

Les pays du Sud sont dans une compétition totalement inégale, une course entre un coureur à pied et un pilote de Formule 1 et où celui qui est subventionné, c'est le pilote !

Prenons un paysan de Casamance (Sénégal), qui repique du riz à la main :

  • Il cultive 0,5 hectare, avec un rendement de 1,1 tonne à l'hectare
  • Il produit 550 kilos de riz par an, quantité utilisée en partie pour les semences
  • La valeur ajoutée de son travail est donc de 0,5 tonne de riz par actif et par an

Un agriculteur de Camargue qui plante du riz avec son tracteur :

  • Il cultive 100 hectares, avec un rendement de 5 tonnes à l'hectare
  • Il produit 500 tonnes de riz par an, 400 servent à pauer les semences, le prix du diesel, des engrais…
  • La valeur ajoutée de son travail est donc de 100 tonnes de riz par actif et par an

Vous avez donc un rapport de 1 à 200 entre ces deux agriculteurs.

A Dakar, le paysan va essayer de vendre sur le marché le peu de riz qui lui reste pour acheter des produits de première nécessité.

Sur ce marché, son riz est en concurrence avec les autres riz (chinois, thaïlandais, vietnamien…) qui, tous, se vendent au même prix. Or, dans le sac de riz de Casamance, il y a 200 fois plus de travail que dans celui de Camargue. Donc, le paysan sénégalais ne pourra produire assez pour acheter ce dont il a besoin.

Pire : ceux qui s'endettent, à défaut de pouvoir épargner, sont obligés, au moindre accident climatique, de vendre leur terre et de s'exiler en ville.

C'est la raison pour laquelle l'Afrique achète une part croissante de son riz en Chine ?

Marc Dufumier (David Servenay/Rue89)L'Afrique achète surtout son riz (en fait des brisures de riz) au Vietnam et à la Thaïlande. Le prix de ce riz est indexé sur la productivité d'un travail hautement mécanisé, mais qui aussi nettement sous-payé.

D'ailleurs, depuis que la Chine est entrée à l'OMC, nous observons un mouvement massif d'exode des campagnes vers les villes côtières. Cela tient au fait que l'agriculture chinoise ne parvient pas à être suffisamment rémunérée.

Que pensez-vous de l'argumentaire des multinationales disant : « Les OGM vont pouvoir nourrir les pays du Sud » ?

La pauvreté est à l'origine de la faim. Il faut augmenter les rendements. La bonne question, c'est comment ? Est-ce que cela passe par les OGM ou plus simplement par « l'amélioration variétale » dans les pays pauvres ?

Là où l'on a réalisé la « révolution verte » en s'inspirant des pays du Nord, c'est-à-dire en améliorant les variétés cultivées, il faut aussi des engrais de synthèse et une protection phytosanitaire, avec des coûts monétaires et environnementaux qui explosent.

En gros, on devient plus dépendant de la pétrochimie. Et cela donne les exclus de la révolution verte.

Mais il y a des contre-exemples, non ?

Elle a réussi avec l'irrigation, le drainage et dans des exploitations familiales de taille moyenne. Dans le Penjab, l'île de Java, le delta du fleuve rouge, le Nordeste mexicain, certains coins d'Afrique australe… en fait partout où il n'y avait pas d'aléas climatiques, cela a marché.

Mais elle a eu un coût écologique, en introduisant la pollution, et elle a pesé sur l'équité sociale. Il ne faut pas renoncer à augmenter les rendements, mais autrement.

Changer de modèle

Justement, y-a-t-il d'autres voies connues ?

Oui, mais elles sont peu connues du grand public et souvent méprisées par certains agronomes, généticiens et technocrates.

D'abord, l'énergie alimentaire que nous dépensons, vient du soleil, via le mécanisme de la photo-synthèse, avec l'aide du carbone de l'air. Idéalement, il faudrait faire en sorte que pas un rayon de soleil ne retombe à terre.

Il faut aussi que la plante soit correctement alimentée en eau et pas trop exposée au vent. Il faut donc des haies, des arbres d'ombrage pour créer un micro-climat qui permette de poursuivre le plus longtemps possible la photo-synthèse.

Ensuite, on se nourrit aussi de protéines végétales. Pour cela, il faut de l'azote que l'on trouve dans l'air ou dans les légumineuses (trèfle, luzerne, haricot, arachide, soja, acacia), qui sont capables de fixer ce gaz pour fabriquer des protéines végétales.

Enfin, on a aussi besoin d'éléments minéraux, dans le sol, qui sont moins renouvelables. Certaines plantes sont capables d'aller chercher ces minéraux en profondeur dans le sol, pour les recycler ensuite dans la couche arable en éléments fertilisants. L'acacia, par exemple, permet de créer un micro-climat très fertile.

Il faut travailler en circuit court, sur la gestion des cycles de l'eau, du carbone, de l'azote et des éléments minéraux. Donc, en oubliant la monoculture, la « chimisation », les tracteurs, mais en travaillant sur l'association des variétés pour faire une agrobiologie renouvelable.

La décroissance

Croyez-vous en la décroissance ?

Marc Dufumier (David Servenay/Rue89)Je suis un militant, mais d'abord un scientifique. Les scientifiques n'ont ni croyance, ni dogme. Donc, je n'y crois pas, parce que je ne crois à rien. Est-ce que j'y adhère ? Au fond, je n'en sais rien.

Le mot « décroissance », comme la croissance, me déplaît. Serge Latouche dit que le meilleur terme aurait dû être l'accroissance, pour sortir de cette dialectique croissance/décroissance. Il nous faut plutôt penser bien-être et démocratie.

Vous pensez que la population serait disposée à consommer moins, du point de vue agricole ?

Oui, mais sous conditions. Est-ce qu'elle l'est maintenant ? La réponse est non. Si ce mouvement est militant, c'est qu'il est conscient que l'immense majorité des gens auraient intérêt à revoir la copie.

Un nombre croissant de gens souffrent de l'obésité, du diabète, du cholestérol, de cancers dont l'origine pourrait être lié aux excès de ce bonheur consommateur. C'est avéré dans le cas du cancer de la prostate à cause du chlordécone utilisé aux Antilles.

Les gens ne sont plus si heureux à surconsommer un certain nombre de produits. Donc, il ne faut pas exclure de sortir de cette addiction, comme pour la cigarette.

Pour l'agriculture, il faut un virage à 90 degrés. Les agriculteurs ne sont pas responsables de cette situation, même si certains ont crû que la vocation de la France était de nourrir la planète.

S'il y a une vocation, c'est de faire de bons produits, bons aussi pour la santé, en revenant aux principes fondamentaux de l'agronomie. Dans les urgences françaises, il faut reconstituer l'humus de nos sols, remettre de l'azote dans la terre par les légumineuses et rediversifier nos agricultures.

Politiques et syndicats

Vous dites que les paysans français ont été trahis par l'industrie, l'Etat et les syndicats…

Quand on discute, les agriculteurs me disent : « On a fait ce qu'on nous demandait, dans un marché où le client est roi. » Je leur réponds : « C'est vrai, mais entre vous et le client, il y a l'agro-industrie et la grande distribution qui formatent le comportement des consommateurs, souvent stupide dans les supermarchés. »

Les agriculteurs ont aussi souffert de l'amont : la recherche et les agronomes technocrates. « Améliorer un rendement », ce n'est pas scientifique, c'est un jugement de valeur. Le meilleur et le bien-être, ce n'est pas à l'agronome de le décider.

Quid des syndicats ?

Le syndicalisme majoritaire…

Vous voulez dire la FNSEA…

Oui… Elle a participé de ça, car certains y ont trouvé leurs intérêts, en faisant des choix de court terme. Regardez les algues vertes en Bretagne. Vous allez chercher de l'azote au Brésil, parce qu'on ne fabrique plus de fumier en Bretagne, cela part dans les cours d'eau pour faire des algues vertes sur les côtes : ça fait désordre, non ?

A qui la faute ? Au colbertisme centralisateur à la française ? Aux responsables politiques ?

Si ce n'était que le colbertisme à la française, ce ne serait pas grave. A Bruxelles, les lobbies sont très organisés et très puissants face aux responsables politiques. Ces multinationales de la chimie ont un poids exagéré dans les décisions, en exerçant un chantage à l'emploi très efficace auprès des politiques.

Les politiques ont-ils conscience de ce que vous expliquez là ?

Je côtoie des politiques de tous les bords et j'observe quand on argumente, qu'ils n'ont pas d'incompréhension. Personne ne me dit : « Vous avez tort. » Tous répondent : « Il faut être pragmatique, tenir compte de l'opinion publique telle qu'elle est aujourd'hui. » Tous m'invitent à ne pas être radical dans les propositions.

Je réponds qu'on n'échappera pas à une révision complète de la copie et que pour réussir ce virage, il nous faut l'adhésion de l'immense majorité des agriculteurs, des consommateurs et des citoyens soucieux de l'environnement. Il faut juste bien définir le cap et les progressions.

C'est peut-être une question de moyens…

On ne manque pas d'argent ! Tous les ans, il y a plus de dix milliards d'euros de subventions pour nos agriculteurs, soit l'équivalent du plan de sauvetage pour Haïti pour les cinq ans à venir. Si cet argent servait à financer des bonus à produire plus de légumineuses dans nos assolements, le bio pour les collectivités locales, les cantines des entreprises… pour rémunérer correctement les paysans.

Je suis aussi favorable aux malus, en taxant très fortement tout ce qui est très consommateur d'énergie fossile. Evidemment, pour les plus pauvres, il faut que cette taxe carbone serve de compensation financière, il faut donc en priver les 15% les plus riches au bénéfice des autres 85%.

C'est une sorte de bouclier fiscal à l'envers ?

Exactement. Il faut un courage politique fort, contre tous les lobbies. L'échec de la taxe carbone, c'est d'abord la responsabilité des politiques de tout bord.

La classe politique actuelle manque de courage ?

Si la classe politique manque de courage, c'est parce qu'elle est à l'écoute de l'opinion, parfois versatile et manipulable. Comme les médias. Le fétichisme de la marchandisation et l'ignorance de cette inégalité de 1 à 200 que j'évoquais tout à l'heure, c'est cette idéologie qui est l'origine de l'aveuglement des opinions.

Le Grenelle de l'environnement

Vous avez participé au Grenelle de l'environnement, dans le groupe qui planchait sur l'agriculture. Les promesses faites alors ont-elles été tenues ?

Globalement, la loi Grenelle 1 est passée à la quasi-unanimité. La loi Grenelle 2 était au rabais par rapport aux conclusions de l'accord. Et puis le plus important, ce sont les décrets et les arrêtés d'application. Et là, plus le temps passe, plus l'enthousiasme retombe…

Il y a eu des redditions : sur l'autoroute dans le Béarn, sur le réseau ferré qui se détériore. Les vraies décisions courageuses n'ont pas été prises, come la taxe carbone ou encore les droits de douane sur l'importation de soja brésilien.

Vous vous sentez dupé ?

Je ne regrette rien, pour deux raisons : ce fut un excellent moment dans le débat d'idées, dont certaines ont avancé dans l'opinion publique, les ONG, le personnel politique. Un moment intense et utile.

Aujourd'hui, je peux m'adresser aux politiques en leur disant : j'y ai participé, mais je n'aime pas du tout les retards de la mise en oeuvre de cet accord et je n'en comprends pas les raisons. Et si ça continue, je dirais que cela s'appelle une « trahison », que je n'avais pas besoin d'être humilié par un « show ».

L'écologie sera un thème central du débat d'idées en 2012 ?

Oui, ça l'est déjà. Un certain nombre de gens aimeraient bien que l'on étouffe ces affaires. Il y aura d'autres moments que 2012, c'est un combat à très long terme, car c'est un combat d'idées.

Photos : Marc Dufumier (David Servenay/Rue89)

Ailleurs sur le Web

http://www.rue89.com/entretien/2010/07/31/plutot-que-decroissance-il-faut-penser-bien-etre-et-democratie-160554

 

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6 octobre 2010 3 06 /10 /octobre /2010 04:41

 

 

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LES POMMES DE TERRE

 

Dans l'univers silence et paix,

Qu'au fond des bois l'écho sommeille,

Que sous le chaume et sous le dais

On ouvre une attentive oreille ;

Le nouveau sujet de mes chants

Eût été digne de Voltaire,

Muses, prêtez-moi ses accens,

Pour chanter les pommes de terre.

 

Les pommes de terre à présent

Sont les plus utiles des pommes ;

Elles sont le plus beau présent

Que l'Amérique ait fait aux hommes.

Oui, dans quelque lointain pays

Que l'on voyage, ou que l'on erre,

Des bords de l'Arve au Tanaïs

On vante les pommes de terre.

 

Le Savoyard industrieux

Qu'enrichit son climat champêtre.

Sous l'heureux toit de ses aïeux

Met son plaisir à s'en repaître.

Tel, sous sa tente le soldat

Qui ne respire que la guerre,

Attendant l'heure du combat

Croque aussi des pommes de terre.

 

Une Belle aux traits enchanteurs,

Aussi riche qu'une Princesse,

A qui ses fiers adorateurs

Jactaient leur table et leur noblesse ;

Leur dit un jour  retirez-vous,

Amans des plaisirs et du verre,

Je veux me choisir un époux

Qui mange des pommes de terre.

 

Tous les jours le bon paysan

En fait cuire à pleines marmites,

Et le Suisse et le Valaisan

Les estiment plus que des truites ;

On en sert dans chaque repas

Chez le peuple de l'Angleterre,

On a vu d'hommes au trépas

Demander des pommes de terre.

 

Voyez ces jeunes montagnards

Qu'aujourd’hui la milice appelle,

Par leur prestance aux champs de Mars

Enchanter notre Marc-Aurèle :

Voyez-les d'un bras invaincu

Lancer le bronze et le tonnerre ;

De quoi chez eux ont-ils vécu ?

De pain et de pommes de terre.

 

Dans un banquet l'on m'offre en vain

Ou de la viande, ou des risoles,

Du miel, du beurre, du bon vin,

Et du fromage de Maroles ;

Ajoutez encore à ces mets

Les fruits de la meilleure serre,

Je ne m'y régale jamais

Sans un plat de pommes de terre.

 

Heureux, Messieurs, si ma chanson

A pu répondre à votre attente,

Et si de ce vaste Canton

Le sexe l'accueille et la chante ;

Mais ma voix commence à baisser,

Je sens, je sens qu'il faut me taire,

J'ai besoin de me délasser

Avec quelques pommes de terre.

 

Jean-Baptiste Claray, in Opuscule poétique dédié à mon ami, à Genève, Imp. des successeurs Bonnant, 1815

 

 

L’inspiration peut trouver sa source dans les détails les plus anodins de la vie. En voici la démonstration, avec cette chanson sur… les pommes de terre.


En fait, pas si anodins que cela, car la pomme de terre, comme le pain et le fromage, tenait une place importante dans l’alimentation de nos aïeux.


Autrefois, le rapport à l’aliment était sans nul doute différent de notre approche actuelle très consumériste. Combien d’enfants aujourd’hui ignorent où et comment poussent les pommes de terre du supermarché ?

 

L’auteur de cette chanson, Jean-Baptiste Claray était instituteur à Chamonix dans la première moitié du XIXème siècle. Il publiait régulièrement des poèmes dans la presse lyonnaise.

 

Les pommes de terre - Par Jean-Baptiste Claray

 

http://poussierevirtuelle.over-blog.com/article-les-pommes-de-terre-par-jean-baptiste-claray-58350219.html

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