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4 octobre 2010 1 04 /10 /octobre /2010 06:27

L’Islam expliquée aux nuls

La supériorité de Mahomet est d'avoir fondé une religion en se passant de l'enfer, remarqua Napoléon. Les défauts de nos hommes de religion d'aujourd'hui est de prêcher la même religion tout en se passant du paradis. Le contraste est saisissant. Et c'est là que tout le mal réside


Cide
Dimanche 3 Octobre 2010


L’islam expliqués aux nuls!
Cette réflexion sur le rôle des hommes de religion dans les sociétés
musulmanes est uniquement motivée par le souci d'aider à enrichir le débat
sur une question rarement évoquée malgré qu'elle est d'une importance
capitale, car elle est à l'origine de beaucoup de maux des musulmans.

Yusuf Islam, ou Cat Stevens pour les mélomanes, avait, comme d'autres
convertis, tout résumé par sa célèbre phrase " Heureusement que j'ai connu
l'Islam avant de connaître les musulmans", je ne peux qu'aller dans son sens
et dire " Heureusement que j'ai connu l'Islam avant de connaître les Imams,
les Marabouts, les Cheikhs, les Maîtres soufis, les islamistes, etc. etc.".

A comprendre par les islamistes tout ce beau monde qui s'autoproclame
secrétaire particulier de Dieu, qui s'arroge le droit de légaliser ou
d'interdire, de tuer ou de laisser vivre. Le ton étant donné, allons, alors,
directement dans le vif du sujet : l'Islam, le vrai, est maintenant en
Occident, et les idoles, les grandes, sont chez nous, les musulmans. Et cela
n'est pas seulement parce que le souffle fondateur des lois occidentales est la
justice sociale, mais aussi parce que l'individu y est respecté, ses droits y
sont conservés et il n'y est point contraint dans ses croyances.  

Ces trois principes, qui sont des buts suprêmes dans l'islam, sont
aujourd'hui bafoués dans toutes les sociétés musulmanes. Tandis qu'ils
sont, par contre, garantis dans la majorité des sociétés occidentales. D'où
le secret de la fascination exercée, aujourd'hui, par l'Occident sur les
masses musulmanes. La même fascination que les occidentaux d'antan ont eu à
l'égard de l'islam. Spécialement ceux dits des lumières, comme Voltaire,
Lamartine, Hegel, et la liste est longue. Tous les esprits éclairés, en
occident, ont eu, en effet, de l'admiration pour les enseignements de l'Islam,
sa justice, sa simplicité, son authenticité ainsi que sa révulsion pour les
idoles ainsi que pour l'idolâtrie.  

Ce qui donne raison, en fin de compte, à Adonis qui affirmait que l'homme :
" est plus proche de la lumière lointaine que de la proche obscurité“. Car,
à leur époque, pour ces hommes des lumières, les lointaines lumières furent
bien celles de l'Islam comme elles les sont, aujourd'hui, pour bon nombre de
musulmans, les valeurs de justice et de liberté occidentales. Quant à
l'obscurité, si elle était jadis occidentale force est de reconnaître
qu'elle est, malheureusement, aujourd'hui notre.

Elle est, en effet, aggravée et entretenue par une caste d’hommes de
religion qui, par ignorance ou par incompétence, tire ses ouailles vers
l'abîme de l'ignorance et de la superstition. Les enseignements du prophète
de l'Islam sont, ainsi, faussés par des hommes hostiles à la réflexion, à
la contemplation, au rappelle, ainsi, même, qu'à l'universalité de l'Islam
. Ce même prophète qui, dixit Lamartine, fascine, guide, oriente, rappelle et
appelle. Des hommes qui, parasitant la marche, inversent l'ordre de priorités
et se trompent sur l'essentiel.  

A les entendre, l'Islam est un index d’interdits. Ils le réduisent,
injustement, à sa jurisprudence, qui ne représente, aussi importante
soit-elle, que 228 versets parmi les 6236 versets que compte le Saint-Coran. Pis
encore, de ce 228 versets, ils se focalisent sur la trentaine qui traite du code
pénal, soit 0,05 % de tout le Coran. La méprise, arithmétiquement parlant,
est flagrante. L'islam l'esprit, le message, la civilisation est, lui, et à
défaut d'être compris, laissé aux oubliettes.  

Du coup, tout est interdit, tout est châtiment, tout est répression et
persécution.  
En somme, pour ces hommes de religion, les flammes de l'enfer sont plus
présentes dans leurs discours que les fleuves du paradis. La supériorité de
Mahomet est d'avoir fondé une religion en se passant de l'enfer, avait dit
Napoléon. Les défauts de nos hommes de religion d'aujourd'hui est de
prêcher la même religion tout en se passant du paradis. Le contraste est
saisissant. Et c'est là que le mal, tout le mal, réside.


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2 octobre 2010 6 02 /10 /octobre /2010 04:32
Evelyne Bechtold-Rogno
Vendredi 1 Octobre 2010

Bilan Lula : « Un social-libéralisme à la brésilienne »

Entretien avec le politologue Franck Gaudichaud


Bilan Lula : « Un social-libéralisme à la brésilienne »

A quelques jours des élections présidentielles et fédérales au Brésil, nous publions une version actualisée d’une entretien paru dans la revue "Nouveaux Regards" qui revient sur les deux mandats du Président brésilien « Lula » Da Silva. Faire un bilan critique de ces 8 années doit permettre d’essayer de comprendre le cycle politique à venir dans un pays essentiel pour la géopolitique latino-américaine mais aussi mondiale.
Comme le rappelle dans un récent éditorial le journaliste du Monde Diplomatique Renaud Lambert, dés 1971 le président Nixon avait compris que « Là où le Brésil va, l’Amérique latine ira… » (Manière de voir, N°113, oct-nov 2010)


Comment situer le Brésil d’un point de vue géopolitique, en particulier par rapport aux autres pays de l’Amérique latine ?
Quelques chiffres permettent de comprendre : le Brésil représente en taille la moitié du territoire de l’Amérique du sud, et sa population est de plus de 195 millions d’habitants. C’est un géant, à tous les points de vue. Son économie se situe aux environs de la 8e ou 9° place mondiale, juste derrière l’Espagne. Il fait partie du groupe des « BRIC » : Brésil, Russie, Inde et Chine, acronyme qui désigne les grands pays dits émergents. Mais les dirigeants brésiliens récusent ce terme, et considèrent qu’ils représentent une économie « émergée »... C’est un pays qui, sur le plan diplomatique et géopolitique, a toujours recherché l’autonomie, le multilatéralisme et une certaine indépendance. Depuis la présidence de Lula, cet aspect s’est encore accentué. Le Brésil veut jouer dans la cour des « grands ». Il demande par exemple un siège au conseil de sécurité de l’ONU. Il est aussi un promoteur du G 20, conçu comme un forum économique plus large que le G 8 et ouvert à certains pays du sud.
La volonté de se développer indépendamment de la puissance étasunienne a conduit le Brésil à dire « non » au projet impérial de l’ALCA [1] en 2005, aux côtés du Venezuela et de l’Argentine. Il est clair que la voix du Brésil était absolument déterminante ; de lui dépendait la poursuite du projet. D’autre part, le Brésil joue évidemment un rôle prédominant dans le Mercosur [2] et, de façon générale, est un pays clef pour penser l’intégration économique des pays d’Amérique latine. Il a ainsi eu un rôle essentiel dans la récente entrée du Venezuela dans ce marché commun. Toutefois, si le Brésil prône l’autonomie, il ne plaide pas pour un modèle de développement alternatif au capitalisme, bien au contraire. Il agit dans le domaine économique dans le droit fil d’une conception libérale, voire par plusieurs aspects néolibérale. Dans ses relations avec les pays de la région, on assiste à une claire volonté d’hégémonie de proximité. Certains auteurs parlent de « semi-impérialisme » ou d’impérialisme périphérique. Plusieurs entreprises brésiliennes sont des multinationales qui pratiquent une politique économique agressive avec leurs voisins : Petrobras pour le pétrole ou Odebrecht pour le BTP., et qui ont engendré des conflits importants avec des pays proches comme la Bolivie, l’Équateur... Même relation inégale avec le Paraguay à propos de la gestion des ressources hydroélectriques communes à Itaipu, où le Paraguay est littéralement dépossédé de sa souveraineté en la matière. C’est que la bourgeoisie financière et industrielle brésilienne (en particulier celle de Sao Paulo) entend défendre ses prérogatives sur le marché mondial, ce qui n’empêche d’ailleurs pas les accords stratégiques entre Brésil et Etats-Unis, en ce qui concerne les agrocombustibles par exemple.
Du point de vue diplomatique, la présidence actuelle a cherché a se démarquer en s’appuyant sur les gouvernement de gauche ou centre-gauche de la région. Lula a toujours soutenu Chavez (par exemple au moment du coup d’Etat d’avril 2002), et il maintient des relations chaleureuses avec le gouvernement cubain et a été très clair sur la situation au Honduras suite au putsch mené contre le président Zelaya. Lula a d’ailleurs menacé de ne pas venir au sommet UE-Amérique latine de Madrid en mai, si Lobo -le président hondurien putschiste- était présent (ce dernier a du se désister). Sa diplomatie favorise les relations Sud-Sud sur le plan diplomatique mais aussi économique. La Chine est ainsi devenue un de ses principaux partenaires économiques : le commerce entre les deux puissances a augmenté de plus de 750% en 8 ans ! Suivant un principe de multipolarité, le gouvernement brésilien cherche à marquer son opposition à certaines ingérences du Nord dans les affaires des pays du Sud et à se faire un espace sur la scène mondiale, ce qui explique son soutien à l’Iran contre les USA ou encore la dénonciation de nouvelles bases militaires US en Colombie.
Le Brésil s’investit dans le développement de l’Unsasur (Union des nations sud-américaines), qui répond à son souci d’indépendance politique et de renforcement économique régional, avec un projet qui prévoit à terme une monnaie et un parlement communs. Cet ensemble représenterait, s’il se concrétise, une population de 360 millions d’habitants et sera, en superficie (17 millions de km²), la plus vaste union économique, monétaire et politique du monde. Mais de nombreux obstacles restent à franchir dus aux multiples concurrences intrarégionales et aux tensions existantes entre différents secteurs capitalistes, obstacles dont les classes dominantes brésiliennes sont paradoxalement les artisans en cherchant à défendre systématiquement leurs intérêts au détriment d’une perspective de coopération réelle.
Les rapports du Brésil avec l’Union européenne s’inscrivent dans ce souci d’une plus forte insertion compétitive sur le marché mondial. Ainsi, le Brésil a signé avec la France un important contrat d’armement. Par ailleurs, le Mercosur est en négociation avec l’UE mais se heurte au protectionnisme européen, essentiellement dans le domaine agricole.

Quel bilan peut-on tirer au terme de huit années de pouvoir de Lula ?
Franck GaudichaudSelon plusieurs analystes, les immenses déceptions qui ont suivi l’arrivée du PT et de Lula au gouvernement en 2002 étaient prévisibles. Elles s’expliquent par le fait qu’une partie de la gauche et des mouvements sociaux n’avait pas bien analysé à quel point le PT avait changé de nature et d’orientation entre le début des années 1980 et la victoire électorale de 2002. Le PT a été fondé en février 1980 dans le sillage d’oppositions collectives radicales et populaires à la dictature. Depuis la fin 1978, syndicalistes, intellectuels, dirigeants de mouvements populaires, discutaient de la nécessité de créer au Brésil un nouveau parti de classe indépendant et ouvertement socialiste. Le PT a été l’un des plus grand parti ouvrier de la planète et est toujours le plus important parti de gauche d’Amérique latine. Il réunit à l’origine une grande diversité de secteurs sociaux mobilisés : des syndicalistes bien sûr, en particulier venus de la CUT [3] , qui en est la colonne vertébrale, des militants associatifs, féministes, des quartiers, mais aussi beaucoup de communautés chrétiennes de base, inspirées par la théologie de la libération. En vingt ans et après trois défaites électorales successives aux présidentielles, le parti a beaucoup changé. D’un programme initial anticapitaliste, promettant une alternative radicale, le discours est devenu toujours plus modéré, de centre gauche. En 2002, le slogan de campagne de Lula était « Paix et amour »... On retrouve ici ce qu’a noté Perry Anderson à propos de la gauche européenne, celle d’une gauche qui « a gagné ses galons de parti de gouvernement après avoir perdu la bataille des idées ». Dans un même mouvement, le PT a connu une transformation de sa composition sociale, laissant une place grandissante aux classes moyennes et intellectuelles, avec un processus d’institutionnalisation de son appareil et de sa direction, progressivement aux mains des élus, au détriment des syndicalistes d’hier. Malgré tout, l’éclatante victoire de Lula en 2002 a soulevé de nombreux espoirs dans le pays et même dans toute l’Amérique latine. L’heure est désormais aux bilans. Le sociologue Emir Sader parle de « l’énigme Lula », qui échapperait aux jugements tout faits. D’autres sociologues comme Michael Löwy ou Atilio Boron sont plus critiques, ce dernier notant que c’est le « possibilisme conservateur » qui a marqué ces deux mandats. On peut effectivement constater qu’il a renié les idéaux du PT de 1980, en faisant passer la stabilité macroéconomique et les intérêts du capital financier bien avant les réformes sociales promises.
Il y a d’évidents traits de continuisme avec la politique de F. H. Cardoso (gouvernement précédent), avec l’argument que le salut du Brésil reste le marché mondial et l’ouverture aux transnationales. De ce point de vue, le « succès » économique est réel : l’économie du Brésil est l’une des plus dynamique du monde, avec plus de 5% de croissance annuelle, et -appréhendée depuis Brasilia- la crise n’aurait été qu’une « vaguelette », selon le bon mot de Lula. Loué par « les marchés » et le FMI, le Brésil pratique des taux d’intérêts très élevés, pour le plus grand profit des capitaux spéculatifs internationaux. Ce « succès » a pour contrepoint le maintien, voire l’approfondissement des inégalités de revenus et de la structure de classe du pays. Et c’est pourtant là l’un des problèmes démocratiques principaux ! Le Brésil est une sorte de « Suisse-Inde », réunissant sur un même territoire des revenus extrêmes. Hors, Lula n’a pas agi sur ces inégalités structurelles : sous son gouvernement, les revenus des plus pauvres ont effectivement augmentés de manière notable mais également ceux des plus riches ! Selon l’économiste Pierre Salama, le nombre de Brésiliens possédant plus d’un million de dollars d’actifs financiers a augmenté de 19% seulement entre 2006 et 2007. Autre écueil majeur, le Brésil s’est engagé dans une politique d’agrobusiness, comprenant la culture intensive d’OGM et d’agrocombustibles, pour le plus grand bonheur de firmes comme Monsanto, accueillies à bras ouverts, avec des conséquences environnementales et sociales désastreuses. Cela a conduit d’ailleurs la ministre de l’écologie, Marina Silva, à démissionner au bout de quelques mois.
Mais surtout, la grande réforme agraire tant espérée, tant annoncée durant la campagne n’a pas été réalisée. Hors au Brésil, il ne pourra avoir de développement alternatif, démocratique et soutenable, sans une réforme agraire radicale. Il s’agit là d’une problématique incontournable. Toute cette politique a représenté une douche froide pour le mouvement social, et en particulier pour le MST [4], plus grand mouvement social du continent (il regroupe plusieurs millions de militants) et l’un des plus intéressant par ces modes d’autoorganisation et de promotion d’une éducation populaire remarquable.
Sans aucun doute, ces politiques publiques conservatrices ont été confortées par les obstacles institutionnels de ce grand Etat fédéral qu’est le Brésil. Le PT est minoritaire au parlement et au sénat et majoritaire que dans trois états. Il a donc choisi, dès le début, de s’allier avec la droite, les libéraux ou les grands propriétaires pour gouverner, ce qui a accentué son immobilisme, en particulier du point de vue de la politique agraire. Par ailleurs, l’exigence de stabilité économique et de respect de la grande propriété privée était un argument auquel Lula était très sensible dès son élection comme le montre la « lettre aux Brésiliens » qu’il a publié pendant la campagne. Ses principaux conseillers économiques étaient même issus des écoles de pensée néolibérale étasuniennes ou de grandes banques d’affaires et la contre-réforme du système de retraites des fonctionnaires a été l’une des premières mesures prises par son gouvernement. Cette remise en cause des conquêtes sociales des fonctionnaires a conduit à une première dissidence au sein du PT, débouchant sur la création du PSOL [5] autour de figures de la gauche, tels que Heloisa Helena ou Plinio de Sampaio. Cependant, il serait erroné d’oublier que Lula reste extraordinairement populaire, surtout au sein des classes pauvres (du Nord Est notamment). Il a réalisé plusieurs programmes sociaux assistancialistes de lutte contre la pauvreté (surtout durant le second mandat) qui ont tiré de l’extrême misère plus de 20 millions de brésiliens : c‘est le cas de Bolsa Familia  [6] , programme d’aide financière (quelques dizaines de dollars par mois) conditionnée à la scolarisation des enfants. La couverture sociale a aussi été étendue, ainsi que le niveau du salaire minimum et le niveau de criminalisation des mouvements sociaux par l’Etat a considérablement décrû, ouvrant des espaces de dialogues et même (surtout ?) de cooptation de nombreux dirigeants sociaux et syndicaux. Il ne faut pas perdre de vue non plus que les grands groupes de médias sont aux mains d’une oligarchie archaïque, toujours haineusement hostile à Lula qu’elle considère toujours comme un syndicaliste issu de la gauche, donc potentiellement dangereux du fait de la composition de sa base sociale.
Pour résumer, on pourrait dire que la politique de Lula a conjugué une politique macro économique néolibérale avec une politique sociale assistancialiste ciblée sur l’extrême pauvreté, ce qui in fine a permis une certains stabilisation du système et explique cette gestion soit saluée unanimement par Wall Street et le grand patronat latino-américain. On peut ainsi qualifier cette gestion de « social-libéralisme à la brésilienne » ou peut-être plutôt comme le font certains auteurs de « libéral-développementisme », puisque l’Etat brésilien entend toujours réguler et orienter une part de l’activité économique du pays (via Petrobras et le secteur énergétique notamment).

Comment voyez-vous l’avenir du pays ?
Lula ne peut pas se représenter aux prochaines élections d’octobre. Pour le PT, le défi est de faire du « lulisme sans Lula », de capter son imposante popularité, avec certainement peu d’inflexions sur le plan de l’orientation politique et économique, voire même avec une poursuite du "recentrage" vers la droite. La candidate actuelle est Dilma Roussef. Économiste de formation, chef du cabinet ministériel de Lula, une sorte de Premier ministre, elle a milité dans sa jeunesse dans les mouvements de lutte armée contre la dictature. Peu charismatique, elle a énormément progressé dans les sondages dernièrement grâce à l’appui répété de Lula, et pourrait gagner dès le premier tour face au principal candidat de l’opposition, José Serra (social-démocrate). A gauche, le PSOL malgré plusieurs crises internes mène une campagne intéressante autour de son candidat, Plinio de Sampaio, infatigable défenseur de la réforme agraire. Malheureusement, il n’y aura pas de candidat commun de la gauche radicale, notamment avec le PSTU (trotskiste) et le PCB (communiste). Marina Silva sera candidate pour les verts, incarnant l’écologie libérale et la « capitalisme vert ». Malgré la critique d’une partie de la gauche, il est probable que le PT remobilise électoralement une partie des classes populaires et de ceux qui ne veulent pas d’un retour d’une droite répressive et du centre néolibéral incarné par la candidature Serra.
Sur le moyen terme, je pense qu’il est fondamental de regarder ce qui se passe au sein du mouvement des sans terre, des sans toits et des organisations syndicales. Ainsi, cet été nous avons assisté à une tentative (infructueuse pour l’instant) pour créer un nouvelle centrale syndicale « lutte de classes », indépendante par rapport au pouvoir à la différence de la CUT et rassemblant des salariés combatifs aux côtés d’étudiants, de féministes et de collectifs afro-brésiliens ou indigènes. C’est ce type de recomposition « par en bas » qui peut faire surgir l’espoir d’un renouveau des alternatives anticapitalistes au Brésil, terre du Forum social mondial et du mot d’ordre « un autre monde est possible ».

Notes

[1] Área de Livre Comércio das Américas, ou Zone de libre-échange des Amériques . Ce projet dirigé par le gouvernement des États-Unis prévoyait la suppression des droits de douanes sur plusieurs types de produits, notamment des produits manufacturés et agroalimentaires. Il engloberait 34 pays, soit toute l’Amérique à part Cuba.

[2] Le Mercosur unit depuis 1991 le Brésil, l’Argentine, le Paraguay et l’Uruguay (plus le Venezuela). C’est le troisième marché intégré au monde après l’Union européenne et l’ALENA.

[3La Central Única dos Trabalhadores (CUT - Centrale unique des travailleurs) est le principal syndicat brésilien fondé en 1983 par, entre autres personnalités, le président actuel du Brésil.

[4] Mouvement des travailleurs sans terre / Movimento dos Trabalhadores Rurais Sem Terra  : http://www.mst.org.br/

[5] Parti socialisme et liberté / Partido Socialismo e Liberdade : http://psol50.org.br/

[6Bolsa Família fait partie du programme plus général Fome Zero (Faim zéro).



Merci à Centre Tricontinental
Source: http://www.cetri.be/spip.php?article1827〈=fr
Date de parution de l'article original: 29/09/2010
URL de cet article: http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=1583


Vendredi 1 Octobre 2010
http://www.alterinfo.net/Bilan-Lula-Un-social-liberalisme-a-la-bresilienne_a50375.html
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2 octobre 2010 6 02 /10 /octobre /2010 02:38

 

Ce dimanche 3 octobre 2010, les Allemands pourront enterrer officiellement la Première Guerre mondiale. C'est en effet ce jour-là que l'Allemagne soldera définitivement sa dette héritée de la Grande Guerre, près d'un siècle après le début de celle-ci, rapporte le journal allemand Bild.


«Le montant restant à payer est de 69,9 millions d'euros, une somme prévue au point 2.1.1.6 du budget fédéral 2010, intitulé "Dettes réglées à l'étranger"», précise le quotidien. «La plupart de l'argent ira à des particuliers, des fonds de pensions et des sociétés d'emprunts obligataires, comme convenu dans le cadre du traité de Versailles», ajoute The Daily Telegraph.

Une dépêche AFP relayée par Cyberpresse.ca expliquait l'année dernière pourquoi, 92 ans après la fin du conflit, l'Allemagne continue à payer. En 1919, le traité de Versailles imposait aux Allemands le paiement de 132 milliards de marks-or. Ruiné et frappé par une grave crise économique au début des années 1920, puis par la Grande Dépression, le pays était cependant incapable de s'acquitter de ces colossales réparations. L'Allemagne avait alors emprunté pour satisfaire aux exigences du traité.

En 1932, le moratoire Hoover annulait finalement ces réparations, mais il restait encore à l'Allemagne à rembourser les emprunts contractés pour leur paiement avant cette date.

L'Allemagne nazie avait cessé les remboursements pendant la Seconde Guerre mondiale. A l'issue de celle-ci, l'Accord de Londres signé en 1953 entre la RFA et une vingtaine d'autres pays renvoyait à l'après-réunification la question des remboursements. La charge des intérêts incombant encore à l'Allemagne devait être réglée sur une période de vingt ans après la réunification, qui n'était alors qu'une hypothèse.

Le 3 octobre 1990, la RFA et la RDA se sont réunifiées, et le paiement des intérêts a repris. Ainsi, «entre 1990 et 2010, presque 200 millions d'euros ont été payés» par l'Allemagne à ses créanciers, affirmait fin 2009 Boris Knapp, le porte-parole de ... Lire la suite sur Slate.fr

 

http://fr.biz.yahoo.com/29092010/395/la-premiere-guerre-mondiale-se-termine-dimanche.html

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29 septembre 2010 3 29 /09 /septembre /2010 23:00

 

 

Entretien avec le politologue Franck Gaudichaud.

 

par Evelyne Bechtold-Rognon et Franck Gaudichaud

 

A quelques jours des élections présidentielles et fédérales au Brésil, nous publions une version actualisée d’une entretien paru dans la revue Nouveaux Regards qui revient sur les deux mandats du Président brésilien « Lula » Da Silva. Faire un bilan critique de ces 8 années doit permettre d’essayer de comprendre le cycle politique à venir dans un pays essentiel pour la géopolitique latino-américaine mais aussi mondiale. Comme le rappelle dans un récent éditorial le journaliste du Monde Diplomatique Renaud Lambert, dés 1971 le président Nixon avait compris que « Là où le Brésil va, l’Amérique latine ira… » (Manière de voir, N°113, oct-nov 2010)

Comment situer le Brésil d’un point de vue géopolitique, en particulier par rapport aux autres pays de l’Amérique latine ?

Quelques chiffres permettent de comprendre : le Brésil représente en taille la moitié du territoire de l’Amérique du sud, et sa population est de plus de 195 millions d’habitants. C’est un géant, à tous les points de vue. Son économie se situe aux environs de la 8e ou 9° place mondiale, juste derrière l’Espagne. Il fait partie du groupe des « BRIC » : Brésil, Russie, Inde et Chine, acronyme qui désigne les grands pays dits émergents. Mais les dirigeants brésiliens récusent ce terme, et considèrent qu’ils représentent une économie « émergée »... C’est un pays qui, sur le plan diplomatique et géopolitique, a toujours recherché l’autonomie, le multilatéralisme et une certaine indépendance. Depuis la présidence de Lula, cet aspect s’est encore accentué. Le Brésil veut jouer dans la cour des « grands ». Il demande par exemple un siège au conseil de sécurité de l’ONU. Il est aussi un promoteur du G 20, conçu comme un forum économique plus large que le G 8 et ouvert à certains pays du sud.

La volonté de se développer indépendamment de la puissance étasunienne a conduit le Brésil à dire « non » au projet impérial de l’ALCA [1] en 2005, aux côtés du Venezuela et de l’Argentine. Il est clair que la voix du Brésil était absolument déterminante ; de lui dépendait la poursuite du projet. D’autre part, le Brésil joue évidemment un rôle prédominant dans le Mercosur [2] et, de façon générale, est un pays clef pour penser l’intégration économique des pays d’Amérique latine. Il a ainsi eu un rôle essentiel dans la récente entrée du Venezuela dans ce marché commun. Toutefois, si le Brésil prône l’autonomie, il ne plaide pas pour un modèle de développement alternatif au capitalisme, bien au contraire. Il agit dans le domaine économique dans le droit fil d’une conception libérale, voire par plusieurs aspects néolibérale. Dans ses relations avec les pays de la région, on assiste à une claire volonté d’hégémonie de proximité. Certains auteurs parlent de « semi-impérialisme » ou d’impérialisme périphérique. Plusieurs entreprises brésiliennes sont des multinationales qui pratiquent une politique économique agressive avec leurs voisins : Petrobras pour le pétrole ou Odebrecht pour le BTP., et qui ont engendré des conflits importants avec des pays proches comme la Bolivie, l’Équateur... Même relation inégale avec le Paraguay à propos de la gestion des ressources hydroélectriques communes à Itaipu, où le Paraguay est littéralement dépossédé de sa souveraineté en la matière. C’est que la bourgeoisie financière et industrielle brésilienne (en particulier celle de Sao Paulo) entend défendre ses prérogatives sur le marché mondial, ce qui n’empêche d’ailleurs pas les accords stratégiques entre Brésil et Etats-Unis, en ce qui concerne les agrocombustibles par exemple.

Du point de vue diplomatique, la présidence actuelle a cherché a se démarquer en s’appuyant sur les gouvernement de gauche ou centre-gauche de la région. Lula a toujours soutenu Chavez (par exemple au moment du coup d’Etat d’avril 2002), et il maintient des relations chaleureuses avec le gouvernement cubain et a été très clair sur la situation au Honduras suite au putsch mené contre le président Zelaya. Lula a d’ailleurs menacé de ne pas venir au sommet UE-Amérique latine de Madrid en mai, si Lobo -le président hondurien putschiste- était présent (ce dernier a du se désister). Sa diplomatie favorise les relations Sud-Sud sur le plan diplomatique mais aussi économique. La Chine est ainsi devenue un de ses principaux partenaires économiques : le commerce entre les deux puissances a augmenté de plus de 750% en 8 ans ! Suivant un principe de multipolarité, le gouvernement brésilien cherche à marquer son opposition à certaines ingérences du Nord dans les affaires des pays du Sud et à se faire un espace sur la scène mondiale, ce qui explique son soutien à l’Iran contre les USA ou encore la dénonciation de nouvelles bases militaires US en Colombie.

Le Brésil s’investit dans le développement de l’Unsasur (Union des nations sud-américaines), qui répond à son souci d’indépendance politique et de renforcement économique régional, avec un projet qui prévoit à terme une monnaie et un parlement communs. Cet ensemble représenterait, s’il se concrétise, une population de 360 millions d’habitants et sera, en superficie (17 millions de km²), la plus vaste union économique, monétaire et politique du monde. Mais de nombreux obstacles restent à franchir dus aux multiples concurrences intrarégionales et aux tensions existantes entre différents secteurs capitalistes, obstacles dont les classes dominantes brésiliennes sont paradoxalement les artisans en cherchant à défendre systématiquement leurs intérêts au détriment d’une perspective de coopération réelle.

Les rapports du Brésil avec l’Union européenne s’inscrivent dans ce souci d’une plus forte insertion compétitive sur le marché mondial. Ainsi, le Brésil a signé avec la France un important contrat d’armement. Par ailleurs, le Mercosur est en négociation avec l’UE mais se heurte au protectionnisme européen, essentiellement dans le domaine agricole.

Quel bilan peut-on tirer au terme de huit années de pouvoir de Lula ?

Selon plusieurs analystes, les immenses déceptions qui ont suivi l’arrivée du PT et de Lula au gouvernement en 2002 étaient prévisibles. Elles s’expliquent par le fait qu’une partie de la gauche et des mouvements sociaux n’avait pas bien analysé à quel point le PT avait changé de nature et d’orientation entre le début des années 1980 et la victoire électorale de 2002. Le PT a été fondé en février 1980 dans le sillage d’oppositions collectives radicales et populaires à la dictature. Depuis la fin 1978, syndicalistes, intellectuels, dirigeants de mouvements populaires, discutaient de la nécessité de créer au Brésil un nouveau parti de classe indépendant et ouvertement socialiste. Le PT a été l’un des plus grand parti ouvrier de la planète et est toujours le plus important parti de gauche d’Amérique latine. Il réunit à l’origine une grande diversité de secteurs sociaux mobilisés : des syndicalistes bien sûr, en particulier venus de la CUT [3] , qui en est la colonne vertébrale, des militants associatifs, féministes, des quartiers, mais aussi beaucoup de communautés chrétiennes de base, inspirées par la théologie de la libération. En vingt ans et après trois défaites électorales successives aux présidentielles, le parti a beaucoup changé. D’un programme initial anticapitaliste, promettant une alternative radicale, le discours est devenu toujours plus modéré, de centre gauche. En 2002, le slogan de campagne de Lula était « Paix et amour »... On retrouve ici ce qu’a noté Perry Anderson à propos de la gauche européenne, celle d’une gauche qui « a gagné ses galons de parti de gouvernement après avoir perdu la bataille des idées ». Dans un même mouvement, le PT a connu une transformation de sa composition sociale, laissant une place grandissante aux classes moyennes et intellectuelles, avec un processus d’institutionnalisation de son appareil et de sa direction, progressivement aux mains des élus, au détriment des syndicalistes d’hier. Malgré tout, l’éclatante victoire de Lula en 2002 a soulevé de nombreux espoirs dans le pays et même dans toute l’Amérique latine. L’heure est désormais aux bilans. Le sociologue Emir Sader parle de « l’énigme Lula », qui échapperait aux jugements tout faits. D’autres sociologues comme Michael Löwy ou Atilio Boron sont plus critiques, ce dernier notant que c’est le « possibilisme conservateur » qui a marqué ces deux mandats. On peut effectivement constater qu’il a renié les idéaux du PT de 1980, en faisant passer la stabilité macroéconomique et les intérêts du capital financier bien avant les réformes sociales promises.

Il y a d’évidents traits de continuisme avec la politique de F. H. Cardoso (gouvernement précédent), avec l’argument que le salut du Brésil reste le marché mondial et l’ouverture aux transnationales. De ce point de vue, le « succès » économique est réel : l’économie du Brésil est l’une des plus dynamique du monde, avec plus de 5% de croissance annuelle, et -appréhendée depuis Brasilia- la crise n’aurait été qu’une « vaguelette », selon le bon mot de Lula. Loué par « les marchés » et le FMI, le Brésil pratique des taux d’intérêts très élevés, pour le plus grand profit des capitaux spéculatifs internationaux. Ce « succès » a pour contrepoint le maintien, voire l’approfondissement des inégalités de revenus et de la structure de classe du pays. Et c’est pourtant là l’un des problèmes démocratiques principaux ! Le Brésil est une sorte de « Suisse-Inde », réunissant sur un même territoire des revenus extrêmes. Hors, Lula n’a pas agi sur ces inégalités structurelles : sous son gouvernement, les revenus des plus pauvres ont effectivement augmentés de manière notable mais également ceux des plus riches ! Selon l’économiste Pierre Salama, le nombre de Brésiliens possédant plus d’un million de dollars d’actifs financiers a augmenté de 19% seulement entre 2006 et 2007. Autre écueil majeur, le Brésil s’est engagé dans une politique d’agrobusiness, comprenant la culture intensive d’OGM et d’agrocombustibles, pour le plus grand bonheur de firmes comme Monsanto, accueillies à bras ouverts, avec des conséquences environnementales et sociales désastreuses. Cela a conduit d’ailleurs la ministre de l’écologie, Marina Silva, à démissionner au bout de quelques mois.

Mais surtout, la grande réforme agraire tant espérée, tant annoncée durant la campagne n’a pas été réalisée. Hors au Brésil, il ne pourra avoir de développement alternatif, démocratique et soutenable, sans une réforme agraire radicale. Il s’agit là d’une problématique incontournable. Toute cette politique a représenté une douche froide pour le mouvement social, et en particulier pour le MST [4], plus grand mouvement social du continent (il regroupe plusieurs millions de militants) et l’un des plus intéressant par ces modes d’autoorganisation et de promotion d’une éducation populaire remarquable.

Sans aucun doute, ces politiques publiques conservatrices ont été confortées par les obstacles institutionnels de ce grand Etat fédéral qu’est le Brésil. Le PT est minoritaire au parlement et au sénat et majoritaire que dans trois états. Il a donc choisi, dès le début, de s’allier avec la droite, les libéraux ou les grands propriétaires pour gouverner, ce qui a accentué son immobilisme, en particulier du point de vue de la politique agraire. Par ailleurs, l’exigence de stabilité économique et de respect de la grande propriété privée était un argument auquel Lula était très sensible dès son élection comme le montre la « lettre aux Brésiliens » qu’il a publié pendant la campagne. Ses principaux conseillers économiques étaient même issus des écoles de pensée néolibérale étasuniennes ou de grandes banques d’affaires et la contre-réforme du système de retraites des fonctionnaires a été l’une des premières mesures prises par son gouvernement. Cette remise en cause des conquêtes sociales des fonctionnaires a conduit à une première dissidence au sein du PT, débouchant sur la création du PSOL [5] autour de figures de la gauche, tels que Heloisa Helena ou Plinio de Sampaio. Cependant, il serait erroné d’oublier que Lula reste extraordinairement populaire, surtout au sein des classes pauvres (du Nord Est notamment). Il a réalisé plusieurs programmes sociaux assistancialistes de lutte contre la pauvreté (surtout durant le second mandat) qui ont tiré de l’extrême misère plus de 20 millions de brésiliens : c‘est le cas de Bolsa Familia  [6] , programme d’aide financière (quelques dizaines de dollars par mois) conditionnée à la scolarisation des enfants. La couverture sociale a aussi été étendue, ainsi que le niveau du salaire minimum et le niveau de criminalisation des mouvements sociaux par l’Etat a considérablement décrû, ouvrant des espaces de dialogues et même (surtout ?) de cooptation de nombreux dirigeants sociaux et syndicaux. Il ne faut pas perdre de vue non plus que les grands groupes de médias sont aux mains d’une oligarchie archaïque, toujours haineusement hostile à Lula qu’elle considère toujours comme un syndicaliste issu de la gauche, donc potentiellement dangereux du fait de la composition de sa base sociale.

Pour résumer, on pourrait dire que la politique de Lula a conjugué une politique macro économique néolibérale avec une politique sociale assistancialiste ciblée sur l’extrême pauvreté, ce qui in fine a permis une certains stabilisation du système et explique cette gestion soit saluée unanimement par Wall Street et le grand patronat latino-américain. On peut ainsi qualifier cette gestion de « social-libéralisme à la brésilienne » ou peut-être plutôt comme le font certains auteurs de « libéral-développementisme », puisque l’Etat brésilien entend toujours réguler et orienter une part de l’activité économique du pays (via Petrobras et le secteur énergétique notamment).

Comment voyez-vous l’avenir du pays ?

Lula ne peut pas se représenter aux prochaines élections d’octobre. Pour le PT, le défi est de faire du « lulisme sans Lula », de capter son imposante popularité, avec certainement peu d’inflexions sur le plan de l’orientation politique et économique, voire même avec une poursuite du "recentrage" vers la droite. La candidate actuelle est Dilma Roussef. Économiste de formation, chef du cabinet ministériel de Lula, une sorte de Premier ministre, elle a milité dans sa jeunesse dans les mouvements de lutte armée contre la dictature. Peu charismatique, elle a énormément progressé dans les sondages dernièrement grâce à l’appui répété de Lula, et pourrait gagner dès le premier tour face au principal candidat de l’opposition, José Serra (social-démocrate). A gauche, le PSOL malgré plusieurs crises internes mène une campagne intéressante autour de son candidat, Plinio de Sampaio, infatigable défenseur de la réforme agraire. Malheureusement, il n’y aura pas de candidat commun de la gauche radicale, notamment avec le PSTU (trotskiste) et le PCB (communiste). Marina Silva sera candidate pour les verts, incarnant l’écologie libérale et la « capitalisme vert ». Malgré la critique d’une partie de la gauche, il est probable que le PT remobilise électoralement une partie des classes populaires et de ceux qui ne veulent pas d’un retour d’une droite répressive et du centre néolibéral incarné par la candidature Serra.

Sur le moyen terme, je pense qu’il est fondamental de regarder ce qui se passe au sein du mouvement des sans terre, des sans toits et des organisations syndicales. Ainsi, cet été nous avons assisté à une tentative (infructueuse pour l’instant) pour créer un nouvelle centrale syndicale « lutte de classes », indépendante par rapport au pouvoir à la différence de la CUT et rassemblant des salariés combatifs aux côtés d’étudiants, de féministes et de collectifs afro-brésiliens ou indigènes. C’est ce type de recomposition « par en bas » qui peut faire surgir l’espoir d’un renouveau des alternatives anticapitalistes au Brésil, terre du Forum social mondial et du mot d’ordre « un autre monde est possible ».

Notes

[1] Área de Livre Comércio das Américas, ou Zone de libre-échange des Amériques . Ce projet dirigé par le gouvernement des États-Unis prévoyait la suppression des droits de douanes sur plusieurs types de produits, notamment des produits manufacturés et agroalimentaires. Il engloberait 34 pays, soit toute l’Amérique à part Cuba.

[2] Le Mercosur unit depuis 1991 le Brésil, l’Argentine, le Paraguay et l’Uruguay (plus le Venezuela). C’est le troisième marché intégré au monde après l’Union européenne et l’ALENA.

[3] La Central Única dos Trabalhadores (CUT - Centrale unique des travailleurs) est le principal syndicat brésilien fondé en 1983 par, entre autres personnalités, le président actuel du Brésil.

[4] Mouvement des travailleurs sans terre / Movimento dos Trabalhadores Rurais Sem Terra  : http://www.mst.org.br/

[5] Parti socialisme et liberté / Partido Socialismo e Liberdade : http://psol50.org.br/

[6] Bolsa Família fait partie du programme plus général Fome Zero (Faim zéro).

 

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28 septembre 2010 2 28 /09 /septembre /2010 06:22

Science Fiction

http://www.ufofu.org/article/la-science-fiction-est-elle-a-l%E2%80%99origine-des-soucoupes-volantes/

 

Isabelle, Conscience du Peuple, revient

avec ses chers extra-terrestres.

Allez, une fois n'est pas coutume,

on en parle sur ce blog ! eva

 

 

Bonsoir,

Je sors de mon mutisme volontaire, pour un court laps de temps,
pour demander l'assistance immédiate de 3-5 traducteurs.  Des
informations extrêmement préoccupantes font la manchette depuis les
10 derniers jours et je souhaite que ces infos soient accessibles
aux internautes francophones.

J'ai besoin de traducteurs qui maîtrisent bien les deux langues
puisque ces textes seront diffusés dans la francophonie.  Je
souhaite aussi que ces traductions soient rapides.  Désolé pour toutes les
contraintes, mais c'est très important que les gens soient informés
de tous ces faits: ils sont sur tous les blogs et ils soulèvent
de grandes interrogations.

Il semble y avoir une intensification des divulgations concernant
les OVNI et les "extraterrestres" et ce, dans les derniers jours
et dans les médias traditionnels.  Encore aujourd'hui, une
conférence s'est tenue en direct sur CNN où des anciens militaires ont dévoilé
que des OVNI sont aperçus depuis longtemps et qu'ils désactivent
les missiles nucléaires!!!  Ces anciens militaires sont tous des
experts en nucléaire...

Il y a quelque chose qui me dit qu'on nous prépare à un "big
show"...

Les récentes révélations qui se succèdent concernant notre rencontre
avec des êtres d'outre-mondes, sont tout sauf anodines.

Lisez simplement cet article et vous en serez bouche-bée:

Une ambassadrice de l'ONU pour accueillir les extraterrestres

Cruciale, la question était jusqu'ici sans réponse. Si aujourd'hui
une soucoupe volante se pose dans votre jardin, qu'un
extraterrestre en sort et vous ordonne: «Conduisez-moi à votre
chef», vous vous trouveriez bien désemparé. A quel interlocuteur
unique d'éventuels visiteurs venus d'ailleurs devraient-ils
s'adresser?

Le problème a heureusement été saisi à bras le corps par l'ONU. The
Daily Mail rapporte en effet que les Nations unies s'apprêtent à
nommer une ambassadrice chargée d'accueillir les extraterrestres au
nom des Terriens. Il s'agirait alors de Mazlan Othman, une
astrophysicienne malaisienne actuellement à la tête du Bureau des
Affaires spatiales de l'ONU, rapporte le Telegraph.

Le programme visant à faire de ce bureau l'organe de contact avec
les successeurs d'ET sera débattu par les comités scientifiques des
Nations unies et pourrait se retrouver à l'ordre du jour de
l'Assemblée générale.

Mazlan Othman, qui présentera son futur rôle éventuel lors d'une
conférence en Angleterre la semaine prochaine, a récemment déclaré
que les humains devraient se tenir prêts à entrer en contact avec
des extraterrestres:

«La recherche continue de communication extraterrestre, menée par
plusieurs entités, porte l'espoir qu'un jour l'homme reçoive des
signaux émis par des extraterrestres. Nous devrions avoir une
réponse coordonnée qui prenne en compte toutes les sensibilités
liées à ce sujet. L'ONU est un organe prêt à l'emploi pour une
telle coordination.»

Interrogé par la BBC, le professeur de science spatiale John
Zarnecki abonde en ce sens, soulignant que la probabilité d'entrer
en contact avec des extraterrestres s'est récemment renforcée:

«Il est peu probable que des extraterrestres apparaissent
soudainement à Guildford, à Manchester ou ailleurs. Le contact
pourrait surtout d'avoir lieu à travers des signaux radio, car
cette dernière décennie, nous avons découvert environ 500 planètes
en orbite autour d'étoiles comme le soleil. Il n'est donc plus
fantaisiste d'imaginer une possible présence de vie sur d'autres
planètes.»

Articles-source:
http://clicks.aweber.com/y/ct/?l=JBhsF&m=J9m0MIt1xcDVtN&b=jbDKmAvjCvjOVcS9Pnh9kQ
http://clicks.aweber.com/y/ct/?l=JBhsF&m=J9m0MIt1xcDVtN&b=gYHz6.vVhfA_X91DEbTqTw

Ceux qui souhaitent s'offrir pour de la traduction, écrivez-moi un
courriel.

Merci!

Peu importe le scénario qui pourrait s'offrir en spectacle devant
nous, SOYEZ SUR VOS GARDES ET NE VOUS LAISSEZ PAS SÉDUIRE...

Isabelle
Isabelle
webmaster@consciencedupeuple.com

Blog concernant le plan et les stratégies de l'élite mondiale pour instaurer un Nouvel Ordre Mondial:
http://consciencedupeuple2007.blog.mongenie.com/

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26 septembre 2010 7 26 /09 /septembre /2010 07:21

titre_manuel.gif

Le retour du Général de Gaulle

 

 

Portrait du général de Gaulle en 1942.
wikipedia

 

La presse mondiale du 26 septembre 2010 annonçait sur toute la largeur de ses premières pages que le Général de Gaulle était ressuscité et qu'il tiendrait dès le lendemain une conférence de presse. Mes lecteurs trouveront ci-dessous l'intégralité des propos du géant. Ce matin, toutes les capitales de la planète soulignent le réalisme du théoricien de la stratosphère, mais quelques-uns craignent les retombées d'un discours dérangeant du grand logicien de l'Histoire universelle.

 


clic_anim.gif1 - Le regard du géant mort
clic_anim.gif2 - Le néophyte du Caire
clic_anim.gif3 - Controverse avec le Titan
clic_anim.gif4 - L'avenir du sceptre de l'opinion mondiale
clic_anim.gif5 - La terrasse d'Elseneur
clic_anim.gif6 - Les cinq scansions de l'histoire des peuples
clic_anim.gif7 - Tartuffe à Gaza
clic_anim.gif8 - Le rendez-vous des peuples avec l'éthique
clic_anim.gif9 - Le bateau ivre
clic_anim.gif10 - La vassalisation de la diplomatie européenne
clic_anim.gif11 - L'éthique politique de la souveraineté
clic_anim.gif12 - Le Hamas

*

1- Le regard du géant mort triangle.gif

Le Guardian (Londres) : M. le Président, vous avez écrit dans vos Mémoires de guerre qu'un chef d'Etat se juge au regard qu'il porte sur le globe terrestre, puis, dans vos Mémoires d'espoir, que vous n'êtes pas porté au culte des chimères. Allez-vous nous raconter à l'école du mythe ou à l'école du réel la pièce qui se déroule sur la scène du monde depuis votre départ?

Le Général de Gaulle : C'est un tout nouvel échiquier de la logique du monde que l'histoire universelle présente désormais à nos regards. Mais le fil des jours n'offre jamais qu'une trame déjà à demi effacée du déplacement continu et secret des pièces sur les planches de ce vaste théâtre. Depuis que le globe terrestre tourne sur son axe, il n'était jamais arrivé qu'une nation minuscule étendît ses lopins avec la bénédiction de tous les autres gouvernements de notre astéroïde, il n'était jamais arrivé que, pendant plus de soixante-dix ans, on vît tous les Etats de la terre encourager de la voix et du geste un nain mythique résolu à étendre les arpents de son éternité au détriment de ses voisins, il n'était jamais arrivé que les applaudisseurs du salut du monde s'engageassent par serment à enfermer les autres nations dans l'enceinte de leurs frontières et à les réduire au silence sur leurs labours, il n'était jamais arrivé que la mappemonde de la rédemption se présentât en protectrice et en garante bâillonnée d'une expansion militaire trompetée par une divinité trépassée, il n'était jamais arrivé que la conquête par la force des armes d'un territoire sotériologique fût pilotée du haut des nues par les saintes écritures de l'envahisseur, il n'était jamais arrivé que Clio fût à l'écoute de deux hauts parleurs, dont l'un fît entendre le droit des peuples de creuser les sillons que leurs ancêtres leur ont légués, l'autre à l'écoute du ciel d'un conquérant, il n'était jamais arrivé qu'un peuple arrimé à quelques cailloux sacrés fût devenu le plus puissant prophète du globe et tînt la dragée haute à tous les empires, il n'était jamais arrivé que la course de notre goutte de boue entre Mars et Venus eut subi une mutation de son eschatologie telle que les Machiavel et les Talleyrand de notre temps changeront de bésicles, il n'était jamais arrivé que la France dût se colleter avec une axiomatique et une problématique du destin du monde dictées par les œuvres complètes du créateur de la Genèse, il n'était jamais arrivé que le mégaphone biblique de la démocratie mondiale reconduisît au temple des Nabuchodonosor et au sarcophage des Ramsès.

2 - Le néophyte du Caire triangle.gif

Le Times (Londres) : Monsieur le Président, nous savons tous que vous avez les pieds sur terre comme personne; mais depuis votre trépas, on raconte ici ou là que vous étiez né avec le télescope du réalisme vissé à l'œil et que votre cerveau ascensionnel n'était qu'un prolongement naturel de votre haute ossature. Comment racontez-vous l'histoire stellaire et l'histoire physique d'Israël depuis 1948?

Le Général de Gaulle : Le rideau des songes s'est levé et abaissé trois fois au cours des soixante douze dernières années de l'histoire corporelle et cérébrale d'Israël . Nous abordons le quatrième et avant dernier acte de la tragédie des squelettes et des âmes. On y verra Clio débarquer plus résolument que jamais parmi les rêveurs bibliques du monde entier, de sorte que les nouveaux paramètres du récit historique et du récit sacré confondus enregistreront des collisions théologiques d'une violence inouïe entre l' histoire scripturaire du peuple élu et le nouveau récitatif d'une civilisation mondiale partiellement convertie aux lois du profane. En premier lieu, les péripéties en quelque sorte préliminaires de l'histoire nouvelle des Hébreux illustreront, certes, la dramatique inculture historique et diplomatique des chefs d'Etat les plus puissants d'un nouveau Moyen Age. Mais surtout, leur cécité anthropologique et philosophique occupera le devant de la scène.

Vous remarquerez que le Président des Etats-Unis avait compris rationnellement, semblait-il, que Jahvé interdisait fermement à l'empire américain de tendre un jour la main aux fidèles d'Allah et que le Nouveau Monde se trouverait empêché de jamais battre les cartes nouvelles de la planète du XXIe siècle. Mais si Washington se voit frappé de l'interdiction définitive de sceller alliance avec les peuples du Coran, le jeu des armes et des songes qu'on appelle l'Histoire ne saurait rayer d'un trait de plume un milliard et demi de musulmans tressautants sur la carte et encore moins au profit de l'expansion territoriale illimitée d'Israël. C'est dire que, faute d'une connaissance suffisante du fonctionnement cérébral actuel du genre humain, ce Président s'est imaginé qu'il lui suffirait de prononcer un beau discours sur les bords sacrés du Nil pour régler le tic tac de l'horloge des vivants et des morts sur les cinq continents. Néanmoins l'Amérique demeure un nouveau-né. Il faut laisser à ce peuple au berceau le temps d'apprendre à lire l'heure sur le cadran des siècles. Une aiguille naine y trotte à petits pas. Elle égrène les jours et les nuits d'une espèce plus obsédée que jamais par le sceptre et les ciboires de ses dieux. L'autre aiguille est en folie. Les minutes et les secondes y enregistrent à grandes enjambées le tumulte précipité des évènements.

Aussi M. Barack Obama a-t-il été surpris comme un néophyte des Olympes par la découverte tardive qu'il a faite de la solidité cérébrale du dieu d'Israël. Il faut lui apprendre que la science politique a changé de longue vue et qu'il appartient désormais aux chefs d'Etat de se saisir de l'instrument d'optique nouveau dont le peuple juif s'est armé sous la faux des Parques. L'Amérique a pris pour le moins un siècle de retard sur la connaissance anthropologique de la carapace cérébrale de Jahvé. Elle ignore encore, me semble-t-il, que la carcasse mentale des humains se trouve scindée de naissance entre leurs ciels et leurs terres et qu'il était bien inutile d'envoyer un certain George Mitchell, irlando-libanais et chrétien maronite, vérifier sur place que M. Netanyahou ne cèdera jamais un pouce du territoire de la Cisjordanie, parce que, depuis près de soixante-cinq ans, le peuple de Moïse est appelé par sa théologie à en conquérir un par un les hectares. Sachez en outre que notre espèce est née religieuse et qu'elle obéit tantôt aux chimères du ciel qu'elle croit avoir enregistrées sur ses microphones, tantôt aux mythes que sécrètent ses langages . Si vous n'apprenez à décrypter les discours que nous tiennent nos idoles bicéphales, jamais vous ne tiendrez les vraies clés des évadés de la zoologie entre vos mains.

3 - Controverse avec le Titan triangle.gif

Die Weltwoche (Suisse): Mon Général, vous dites à la fois que la guerre des dieux a débarqué à nouveaux frais dans l'histoire théologique de la démocratie mondiale et qu'il est vain de s'imaginer que la classe dirigeante d'une planète devenue indocile retournera sur les bancs d'école des ancêtres afin d'y réapprendre le sacré et ses songes. Mais alors, qui prendra en mains la direction à la fois mythologique et neutralisée du monde, qui en tiendra les rênes à la place des deux catégories d'ignorants que vous avez identifiés?

Le Général de Gaulle : Croyez-vous vraiment, Monsieur, que la morale universelle est soudainement tombée en quenouille, croyez-vous vraiment que les festins de Lucullus et les tas d'or de Crésus l'ont réduite au silence? C'est tout le contraire qui se passe sous nos yeux: la majorité des peuples de la terre sait maintenant que l'heure sonnera bientôt non point de ressusciter les dieux morts des ancêtres, mais de prendre entre les mains le sceptre de l'éthique éternelle de l'humanité. Dites-vous bien que nous assistons aux premières péripéties de la guerre que les masses tout fraîchement jaillies de l'ombre vont mener contre leurs élites en voie de délitement. Etonnez-vous plutôt, Monsieur, de ce que ce spectacle se déroule déjà sous nos yeux. Songez que vingt siècles seulement se sont écoulés depuis le clouage retentissant d'un juste sur la potence qu'on appelle l'histoire. Nous sommes entrés dans la logique du monde de demain. Mais ce n'est plus à la France seule de rappeler à la terre entière que les nations d'hier ne forgeaient l'éthique du genre humain qu'avec une grande lenteur. Il appartient maintenant aux nouvelles générations de l'intelligence et de l'éthique d'attirer la planète de la lucidité politique à venir sur le champ de bataille de la raison et du cœur.

Der Spiegel (Allemagne): Mon Général, pourquoi pensez-vous que l'interprétation de l'histoire cryptée de l'encéphale de notre espèce va débarquer dans la politique mondiale?

Le Général de Gaulle : La vocation de la géopolitique moderne à conquérir une lucidité anthropologique sera rendue nécessaire du fait que les évènements les plus chaotiques en apparence ne manqueront pas de se placer comme d'eux-mêmes au centre d'un décodage des songes religieux du simianthrope, de sorte qu'on découvrira la vanité de s'essayer à les replacer sous les feux de la connaissance traditionnellement qualifiée d'historique. Voyez ce qui s'est passé à Gaza : contraint de battre piteusement en retraite et de quitter sans gloire le champ de bataille du récit historique banalisé depuis Thucydide - son discours du Caire était censé l'avoir illuminé à nouveaux frais - M. Barack Obama est allé jusqu'à collaborer avec une coupable frénésie à la construction d'un mur d'acier de quatre mètres de profondeur autour d'une ville d'un million et demi d'hommes, de femmes et d'enfants assiégés et affamés par Jahvé.

Croyez-vous que l'intelligibilité historique étriquée d'autrefois puisse rendre compte des paramètres réels de cette histoire semi mythologique? Car, quelques semaines seulement plus tard le cerveau de ce chef d'Etat a été conduit à raconter ou à réciter un scénario qui plaçait le même événement cinématographique dans un éclairage radicalement opposé au premier et à déclarer à la presse internationale que le spectacle filmé sur la pellicule de l'incarcération de l'immense population de Gaza n'était " pas tenable ". Comment se fait-il que M. Ban Ki-moon, Secrétaire général de l'ONU, se soit trouvé contraint de souligner, lui aussi, que l'immoralité de cette politique était insoutenable aux spectateurs? Comment se fait-il, que M. Cameron, Premier Ministre de sa Majesté la reine d'Angleterre, ait déclaré à son tour que la morale du gentleman anglais se rangeait du côté d'une éthique minimale du genre humain? Quel est le personnage hollywoodien, à votre avis, qui a fait déposer une couronne aussi inattendue que celle d'une éthique universelle sur la tête de ces trois dirigeants de la planète de la Metro Goldwyn Mayer? Quel est l'acteur des âmes qui a fait rendre le même verdict à la Commission mondiale des droits de l'homme à l'ONU le 24 septembre 2010?

Certes, quelques missionnaires de l'image avaient affrété des cargos sous les yeux d'une espèce ahurie, mais surtout sous le regard des caméras du monde entier ; certes, ces apôtres spectaculaires avaient tenté d'apporter des centaines de tonnes de vivres, de médicaments et de biens de première nécessité aux affamés, certes encore, ils avaient payé leur expédition du tribut bien réel de neuf cadavres bien frais dans leurs rangs. Mais croyez-vous que si l'opinion publique mondiale du singe estomaqué par le spectacle de son sang n'était pas déjà devenue le siège véritable de l'éthique des saints secouristes, leur expédition relayée par satellite aurait fait changer de bésicles au globe oculaire de la planète ? Croyez-vous que si notre espèce prosternée le nez dans la poussière depuis l'âge de pierre n'avait pas été sidérée par une immolation aussi sanglante sur les autels des démocraties néroniennes, les sacrifices au dieu de la Liberté auraient triomphé des foudres de Jahvé sur l'offertoire de Gaza? L'histoire gravée sur la rétine d'Isaïe n'est pas l'histoire racontée dans les livres scolaires, l'histoire écrite par les prophètes est celle où l'humanité se donne en spectacle à l'école de la vie et de la mort de ses dieux.

4 - L'avenir du sceptre de l'opinion mondiale triangle.gif

El Pais (Madrid) : Monsieur le Président, quel déroulement de l'histoire théologique des égorgements annoncez-vous à l'espèce ailée?

Le Général : Voyez-vous, Monsieur, il est des heures où les anges de l'histoire séraphique et carnassière du singe nu déplacent soudainement de quelques centimètres leurs ailes de fer et de velours. Alors les oligarchies gangrenées cessent subitement de tenir la plume de la véritable histoire du sang. Alors, quelques héros de l'éthique d'un monde à venir jaillissent de l'humus de notre espèce. Est-il une démonstration plus éclatante de ce que l'histoire cérébrale de l'humanité n'est plus pilotée par le glaive et les ciboires des trois dieux autrefois qualifiés d'uniques, mais par leur exécuteur testamentaire et leur légataire universel, le jugement d'une opinion publique mondiale devenue le nouveau pédagogue de l'humanité? Croyez-vous que la pellicule de la mémoire éthique de l'histoire ne se déroule pas d'ores et déjà devant un nouveau tribunal de la moralité et de l'immoralité futures de notre espèce?

Certes, Israël a aussitôt démontré qu'il tenait les sénateurs du Nouveau Monde par leurs basques et que non seulement le parti démocrate perdrait les élections de mi-mandat, mais que M. Barack Obama ne serait pas réélu s'il refusait de se plier aux volontés du peuple à la main de fer - et l'on a vu le prophète du Caire se renier pour la troisième fois avant que le coq eût chanté. Mais, à compter de ce jour, la Résistance française se situe au cœur de la philosophie et de la politique des âmes et des têtes. J'ai été le premier contempteur de l'immoralité mondiale des dirigeants gangrenés de mon temps, et maintenant, ce n'est pas de ma faute si je vois naître en tous lieux une réflexion anthropologique d'une logique rigoureuse sur les scansions théologiques qui écrivent l'histoire des relations schizoïdes que les peuples entretiennent avec leurs élites politiques.

5 - La terrasse d'Elseneur triangle.gif

Il vous suffira donc, je le répète, d'enregistrer la suite des évènements qui ponctuent une histoire universelle bicéphale pour constater que les circonstances se placent comme d'elles-mêmes dans la problématique qui leur donnera leur sens trans anecdotique. Vous remarquerez, primo, que le Premier Ministre israélien s'est précipité à Washington, secundo, que c'est sous le nez du Président des Etats-Unis qu'il a exhorté ses fidèles à suivre les directives de Jahvé, tertio, qu'il a aussitôt fait capituler le Dieu de M. Barack Obama, quarto, que non seulement la Maison Blanche a dû renoncer sur l'heure à demander l'arrêt de l'expansion armée des colonies du Grand Israël en Cisjordanie, mais que la pestifération intensive de l'Iran y a trouvé un nouveau souffle, au point que votre Europe asservie a assumé la relève des sanctions qu'elle avait déjà prises dans un premier élan un mois plus tôt contre Téhéran. Mais, dans le même temps, la démonstration de ce que les prêtres d'Israël ne tiendront pas longtemps les rênes de l'histoire mi-politique, mi-mythologique de la planète entre leurs mains illustrera la logique interne qui commande aujourd'hui le véritable destin des droits d'une raison laïque approfondie jusqu'au vertige.

La preuve en a été aussitôt apportée par l'indignation rationaliste que tous les peuples du monde ont manifestée au spectacle de l'immoralité abyssale du subterfuge à la fois onirique et ubuesque selon lequel l'Iran menacerait Israël de pulvérisation atomique s'il disposait du feu nucléaire. Il est donc d'ores et déjà devenu impossible de soumettre le récit des événements et leur interprétation sur le long terme à une grille de lecture superficielle de leur immoralité, premièrement parce que l'opinion mondiale est un zoologue qui a compris depuis plus de quarante ans que deux nations armées de la foudre de leur extermination réciproque neutralisent leurs sacerdoces du meurtre payant et que tel est précisément le gage d'une paix durable entre leurs enfers respectifs, secondement, parce que le bon sens populaire sait depuis belle lurette qu'il s'agit seulement de perpétuer le faux prestige militaire des prêtres de la mort, donc l'hégémonie politique illusoire qui s'attache encore dans quelques esprits abêtis à brandir l'arme mythologique par nature et par définition d'un auto-anéantissement prétendument héroïque des deux auto-sacrificateurs, alors que leurs géhennes se tiennent réciproquement en respect, troisièmement parce que les hautes instances de la civilisation semi animale d'aujourd'hui constatent qu'Israël ne disposera que fort peu de temps du pouvoir de ses zoologues d'égarer le jugement de quelques simianthropes dont la masse fond à vue d'œil et de troubler l'entendement des sots dont la proportion devient de plus en plus minoritaire au sein de l'humanité.

6 - Les cinq scansions de l'histoire des peuples triangle.gif

El Mundo (Madrid): Monsieur le Président, vous soutenez que deux adversaires dont chacun aura posé le canon de son arme sur la tempe de son adversaire ne vont pas appuyer sur la gâchette; vous dites que le pacte conclu entre la santé d'esprit la plus ordinaire de tous les peuples de la terre et les exigences morales élémentaires que tout le monde se partage est devenu une évidence saisissante. Mais je constate que le bon sens de la terre entière n'a pas jugé à la fois immorale et politiquement suicidaire la volte-face diplomatique de la Russie, qui, l'été dernier et hier encore a fait annoncer à M. Medvedev que "les vrais intérêts" de son pays seraient désormais exclusivement industriels et commerciaux. Comment appliquez-vous à la logique de votre démonstration de l'absurdité militaire d'un suicide à deux une diplomatie qui, dans son ordre, défie tout autant le bon sens le plus élémentaire?

Le Général de Gaulle : L'opinion populaire de la planète a tout de suite compris qu'une Russie qui perdrait de vue ses véritables intérêts se ferait sauter la cervelle sur la scène internationale, parce que la sauvegarde de la dignité du peuple russe et la préservation de son rang de grande puissance sont une question de survie politique de l'ex-empire des Tsars. Si le déshonneur se vend pour un plat de lentilles, l'honneur, lui, ne s'achète jamais à si bas prix.

Aussi a-t-il suffi, l'été dernier, de deux jours à M. Poutine pour rappeler son poulain inexpérimenté au bon sens politique le plus élémentaire et vingt-quatre heures seulement à la Chine pour prendre le chemin du même redressement diplomatique face à une Maison Blanche qui criait déjà victoire à tue-tête. C'est que l'arbitre du destin politique des grandes nations se révèle désormais à ce point de l'ordre d'une éthique transanimale que leur chute dans le précipice de la décadence est la rançon zoologique immédiate d'un instant seulement d'oubli des devoirs attachés à la santé d'esprit des grands Etats.

En vérité, l'escalade de la pente opposée a commencé avec la flottille de la Liberté, puisque le blocus de Gaza est devenu le test mondial de l'avenir des démocraties dans le royaume de l'éthique des civilisations. Ou bien elles triompheront de l'abaissement de l'humanité dont Jahvé leur réclame le tribut ou bien elles traîneront le boulet de l'immoralité sanglante d'Israël jusqu'à leur disqualification politique définitive sur la scène de l'histoire de la justice.

Le Corriere della serra (Rome) : Monsieur le Président, pouvez-vous nous détailler l'itinéraire et les étapes d'une renaissance de l'éthique de la civilisation?

Le Général de Gaulle : Vous me demandez rien de moins que de préciser le rythme des scansions, la nature des basculements et la signification des mutations brusques de la politique événementielle et sacerdotale de l'histoire du meurtre humain; vous me demandez rien de moins que de clarifier les causes de la disqualification morale et intellectuelle des ecclésiocraties meurtrières et leur remplacement par des élites régénérées.

Le premier pourrissement mondial des élites de la morale politique s'est produit à Rome à l'heure où le délabrement des institutions de la République a fait applaudir à tout rompre au peuple des Quirites le franchissement du Rubicon par le conquérant de la Gaule; la seconde putréfaction générale de la morale politique est celle qui a conduit un christianisme de ploutocrates de l'autel à vendre le sang de leur divinité contre espèces sonnantes et trébuchantes et à perdre le guidage des intelligences aux guichets d'une immortalité des corps tarifée et proclamée achetable en bons de caisse aux bureaucrates de l'éternité; la troisième liquéfaction générale de la morale politique s'est produite à l'heure où la putréfaction de l'administration du ciel par l' aristocratie monarchique a dû céder la place à l'aristocratie prometteuse des guerriers nouveaux de la Liberté et de la Justice - l'heure où la classe nobiliaire de la raison a dressé son clergé juvénile sur les ruines d'une orthodoxie religieuse pétrifiée; la quatrième résurrection de la morale politique est celle qui a suivi le naufrage des prodiges les plus sots du christianisme romain, ce qui m'a permis de renoncer aux ressources politiques de la foi et de ses miracles alors en usage et de légitimer à la seule école de la morale rationnelle la lutte armée des peuples vaincus contre l'occupant.

Depuis lors, le patriotisme a perdu son assise dans le surnaturel et seule la résistance citoyenne permet aux nations de mettre en accusation devant leurs tribunaux les dirigeants qui auront capitulé sur le champ de bataille de l'éthique civique. Ce point sera décisif pour légitimer au pénal le châtiment des dirigeants européens actuels qui auront autorisé des troupes étrangères à stationner en pleine paix sur leur territoire, et cela pendant trois quarts de siècle. Je rappelle qu'il s'agit d'une violation ouverte et continue du droit de la guerre en vigueur aujourd'hui. Le cinquième effondrement de la morale politique résulte du débarquement d'une théocratie en armes sur les terres du peuple palestinien et la sacralisation d'un Etat mi-religieux, mi-laïc, mais fondé sur la délégitimation radicale des principes moraux de la civilisation mondiale de la liberté politique.

Je rappelle également que, par définition, tout pouvoir fondé sur le sacré est condamné à réfuter le principe même de la résistance armée des peuples à l'occupant, et cela du seul fait que si les désastres militaires d'une nation n'étaient pas censés répondre aux desseins impénétrables d'une idole sur tous les champs de bataille du monde, ce type de divinité s'en trouverait réduit au rang d'une potiche impuissante. C'est pourquoi le dogme fondamental des théologies enseigne que "tout pouvoir vient de Dieu", c'est-à-dire que le créateur du cosmos est un chef d'Etat au timon des affaires et responsable de l'histoire du monde.

Je rappelle, dans le même esprit, que c'était en toute logique théologique que Vichy légitimait le Dieu des chrétiens à châtier une France vaincue, parce que pécheresse. C'est pourquoi, plus d'un demi siècle après la promulgation de la loi de séparation de l'Eglise et de l'Etat de 1905, j'ai donné à la Révolution française son véritable contenu en fondant la culpabilité politique des citoyens sur leur seul devoir à l'égard de leur pays, ce qui a exigé la rédaction de manuels scolaires déniaisés et une législation qui a imposé leur usage exclusif jusque dans l'enceinte des écoles religieuses; et pour cela, il fallait également se résoudre à ne qualifier que des professeurs titularisés par des diplômes de l'Etat laïc, et enfin, pour plus de sûreté encore, se résoudre à interdire aux enseignants de ces écoles de corriger les épreuves du baccalauréat. Pourquoi cela, sinon parce que seule une politique résolue du contenu et du fonctionnement rationnels des cerveaux permettra aux nations européennes de résister à leur vassalisation par les messies de l'étranger. Voyez l'Italie, l'Allemagne, l'Espagne asservies à une théologie des démocraties apostoliques dictée par un empire étranger, voyez la France actuelle, qui a reconduit la République laïque sous le joug parallèle de l'étranger et d'une religion fondée sur la souveraineté du plus fort sous le masque évangélique du protestantisme et vous comprendrez que le combat pour le véritable contenu cérébral de la laïcité française est un combat pour la souveraineté de la nation. Et c'est pourquoi le véritable enjeu des négociations au Moyen Orient est de substituer à l'expansion politico-religieuse de Jahvé le droit des Palestiniens de se fonder sur un Allah que le Hamas a rendu compatible, lui, avec la politique mondiale de la France de la raison, parce qu'une religion née au VIe siècle jouit nécessairement d'une grande avance intellectuelle sur des mythes centraux tels que la transsubstantiation eucharistique, selon laquelle les paroles du prêtres changeraient du pain en viande divine ou la naissance d'un homme d'une vierge fécondée par un Dieu. Ce n'est pas avec de telles absurdités qu'on forge une nation de la Liberté.

7 - Tartuffe à Gaza triangle.gif

Mais il y a plus : la révolution anthropologique de la géopolitique répondra au débarquement de l'astronomie de Copernic dans celle de Ptolémée en ce qu'elle interprètera l'histoire mondiale de l'alliance de l'éthique et de la raison politique depuis la chute de l'empire romain dans une optique semi-zoologique; et cette révolution méthodologique deviendra encore plus rétroactive quand elle conduira les futurs chefs d'Etat des démocraties européennes à une interprétation rationnelle, donc à un scannage accusatoire de la psychophysiologie qui a piloté les classes dirigeantes depuis deux millénaires et qui les a conduites à leur déliquescence intellectuelle d'aujourd'hui. Car les élites subissent un délitement cérébral lié à la bipartition native de leur encéphale entre le réel et des cosmologies délirantes. Vingt siècles d'évangélisation tartuffique de l'Occident ont conduit l'oligarchie planétaire contemporaine à arborer conjointement ou tour à tour deux masques sacerdotaux associés et complémentaire, celui d'un panégyrique officiel des idéaux que la démocratie planétaire confesse pieusement, mais toujours du bout des lèvres et celui d'un apostolat de type évangélique dont le thème de l'amour de tout le genre humain retentissait autrefois du haut de la chaire et aujourd'hui au sein du polyculturalisme décérébré des décadences.

Mais pour mettre en scène ce type de dyarchie cérébrale au profit de l'empire dominant du moment, il a fallu faire monter un Lucifer de la dernière cuvée sur les planches usées de l'histoire du Bien et du Mal: le Démon qui attisera le feu sous les marmites de la damnation universelle s'appellera l'Iran. Les inquisiteurs de la démocratie messianisée par l'Amérique feront monter cet hérétique idéal sur la scène de la pestifération universelle des modernes ; et les magistrats qui siègeront au tribunal des assermentés du Nouveau Monde rendront leurs verdicts au nom des idéalités pseudo séraphiques dont ils auront fait leurs idoles. La dichotomie parareligieuse de tout le théâtre de la religion des droits de l'homme reproduira fidèlement la schizoïdie des ancêtres dont les serviteurs scindaient leur foi entre les fausses dévotions de leur clergé et les profits du culte qu'ils appelaient les bénéfices ecclésiastiques. C'est pourquoi le monde moderne exerce deux faux sacerdoces à Gaza, celui des idéaux déconfits de la démocratie et celui du guerrier dont le nom est Jahvé.

Le Quotidien du peuple (Chine ) : Monsieur le Président, depuis deux décennies, votre pensée politique ne cesse de s'étendre et de se ramifier sur la scène internationale. Le spectacle de la gesticulation désespérée d'une classe dirigeante mondiale prise en étau entre la honte de son péché à Gaza et l'alibi de ses fulminations " vertueuses " contre les damnés de Téhéran illustre la postérité féconde de votre analyse de la schizophrénie d'une humanité que nous voyons osciller entre ses rédemptions et ses pénitences. Puis-je vous demander de bien vouloir vous étendre encore quelques instants sur cet aspect de votre anthropologie politique et religieuse?

Le Général de Gaulle : Je n'ai rien inventé; tout cela est dans le Tartuffe de Molière. Mais les faux dévots de la démocratie ne joueront pas longtemps le rôle biface qui les dédouble dans la maison d'Orgon qu'est devenue la République. M. Cameron aura beau se proclamer tout ensemble sioniste et palestinien, M. Sarkozy et Mme Merkel auront beau lui emboîter le pas, leur claudication partagée sur la scène internationale fait peine à voir, tellement ces acteurs d'une éthique politique contrefaite scindent la démocratie mondiale entre un porte-à-faux jésuitique et les derniers soupirs d'une Liberté agonisante.

Mais voyez comme Tartuffe se fait tirer l'oreille, voyez comme il rechigne à condamner le camp de concentration de Gaza, voyez comme il légitime la présence d'Israël sur les terres qu'il a volées, voyez comme il porte à bout de bras les cierges de la religion épuisée des droits de l'homme, voyez comme il se garde d'ouvrir le dossier du retour des réfugiés, le dossier du retrait du peuple juif à ses frontières de 1967, le dossier de la conquête de Jérusalem en violation du droit international. Mais elle est imminente, croyez-moi , la citation de la civilisation mondiale à comparaître devant le tribunal de la cohérence mentale de la France de la raison.

Certes, le monde politique moderne a élevé une casuistique de la démocratie au tragique reniement international des idéaux de la justice et du droit. Mais comment la planète se blanchirait-elle à l'école d'une pestifération truquée de la Perse ? Comment donnerait-elle le change sur des béatifications et des damnations artificielles?

8 - Le rendez-vous des peuples avec l'éthique triangle.gif

Déjà l'histoire vivante pousse des pseudopodes prometteurs hors de la geôle de son enfermement théologico-politique entre Gaza et Téhéran, déjà ce tentacule se change sous nos yeux en tête de pont de l'intelligence politique de demain, déjà ce débarquement se propage et s'installe au milieu du nouveau paysage du monde, déjà il rassemble le troupeau effaré des Etats schizoïdes , déjà ce noyau se cristallise et fascine la troupe effarée des fuyards, déjà il divise les inquisiteurs et les bénisseurs en deux camps, déjà un gouvernail, un pilote, une direction apparaissent, déjà la Turquie, le Brésil et l'Iran se sont réunis à Ankara, déjà la Russie multiplie des signes de repentance, déjà la Chine a mesuré la perte de prestige d'avoir lâché un instant la proie pour l'ombre, déjà la question la plus décisive se place sous une crue lumière, celle de savoir si Israël réussira à jeter par-dessus bord la civilisation mondiale du droit et de la justice.

Depuis les origines, l'Histoire de la politique raconte l'alliance secrète que les classes dirigeantes simiohumaines concluent avec le meurtre que bénissent leurs autels et que glorifient les sacrifices dont le Dieu de la zoologie est censé les rémunérer. Ne vous étonnez pas, Messieurs, de la fatalité darwinienne qui a conduit la démocratie sacrificielle mondialisée à accoucher, elle aussi, de prévaricateurs, d'offertoires prébendés et d'un clergé acheté. Mais voyez comme la plus vieille prêtrise du monde boite sous le soleil de Gaza, voyez comme l'éthique politique des peuples relève la tête parmi les ruines des idéaux de la liberté et de la justice. Peut-être verra-t-on s'installer un instant en Judée un Etat fondé sur le reniement des valeurs fondatrices de la civilisation des évadés partiels du règne animal; mais cet Etat de guerriers et de conquérants sera plus éphémère que tout autre, parce qu'il aidera l'Occident de la pensée à plonger dans les ultimes secrets religieux du meurtre sacré auquel le Moyen Orient sert d'autel. L'heure d'Antigone sonnera à Gaza.

9 - Le bateau ivre triangle.gif

Monsieur le Président, la Frankfurter allgemeine die Zeit, die Welt, Bild, Süddeutsche Zeitung sont convenus de vous poser ensemble une question que nous formulons en ces termes : le 15 septembre, la haute représentante des vingt-sept nations membres de l'Union européenne, Mme Caherine Ashton, a annoncé à la presse qu'elle achevait de mettre en place le réseau diplomatique mondial qui, à l'entendre, conduira d'un pas résolu la politique étrangère de l' Europe vers un radieux avenir. Ses services compteront plus de huit mille fonctionnaires. L'Allemagne a tout de suite obtenu l'ambassade de Chine, fort convoitée, dit-on, et l'Autriche celle de Tokyo, tandis que la France s'est contentée des Philippines, du Tchad et de la Zambie. Mme Ashton vient de se voir confier les négociations de l'Europe avec l'Iran qui les a demandées au quartet. Que pensez-vous des chances de succès de la future diplomatie mondiale de l'Europe, et, si vous croyez en son destin glorieux, quelles seront sa nature, son ambition et les limites de son indépendance à l'égard de Washington ?

Le Général de Gaulle : Le bateau ivre de Rimbaud n'avait ni pilote, ni gouvernail, celui de l'Europe compte cinq navigateurs fantômes dont aucun ne tient un timon entre les mains. Le premier de ces faux capitaines s'appelle l'Assemblée de Strasbourg, qui se préoccupe comme d'une guigne du quadrillage de l'Allemagne par deux cents places fortes de l'étranger armées jusqu'aux dents sur son territoire et de celui de l'Italie, occupée par cent trente sept forteresses encore en cours d'expansion soixante cinq ans après la fin de la dernière guerre. Cela me rappelle un passage de Tacite. Sous Néron, un senatus consulte ridicule avait tranché d'une broutille - la ville de Syracuse serait autorisée à produire davantage de gladiateurs dans le cirque que le nombre prescrit par la loi. Un sénateur courageux avait ri de tant de futilité législative. Pourquoi, se demandait-il, cette haute autorité se réservait-elle des bagatelles, des niaiseries et des enfantillages, sinon parce qu'il s'agissait de cacher sous un épais silence la peur de l'assemblée de traiter des grandes affaires de l'empire?

Le second amiral d'un vaisseau sans mât ni voilure s'appelle la Commission européenne de Bruxelles, que dirige un fervent partisan de l'invasion de l'Irak par les Etats-Unis en 2003 et de l'occupation des Açores par l'armée de terre, de mer et de l'air de l'empire américain. Ah! que cet administrateur de la servitude de l'Europe demeure un pion polyglotte sur lequel la diplomatie de Washington peut compter pour tenir les rênes d'un continent attelé au char de ses chimères! Le troisième timonier de la flotte est le président belge d'une planète artificielle, errante et désarmée. On dit qu' il attend désespérément un coup de fil bénisseur du Président des Etats-Unis et que son vœu n'est pas près de se trouver exaucé, bien qu'il n'envisage le pieux avenir du Vieux Continent qu'en comparse dévot de l'empire d'outre-Atlantique. Par bonheur, son salaire de nabab est à la mesure de la fonction décorative que le traité de Lisbonne lui a assignée. Comment cette marionnette enrubannée réveillerait-elle des Etats européens qu'un abus de langage qualifie encore de souverains? Comment ce fantôme ne demeurerait-il pas pieds et poings liés, puisque sa mise en service n'a même pas jeté aux oubliettes l'autre chœur des poupées mécaniques, celui qui défile en dentelles sur la scène et qu'on a baptisé la "Présidence tournante", parce qu'il s'agit d'un manège? La nomination à grand tapage d'un majordome grassement rémunéré à la tête de l'Europe est purement nominale ; mais pour s'en assurer, il était utile de ne pas mettre hors d'usage le second cocher d'un attelage illusoire.

C'est à cette flotte privée de voiles et de gouvernail que Mme Ashton est censée ajouter un navire de plaisance. Aussi a-t-elle demandé tout de suite qu'on veuille bien l'inviter à prendre le thé à Tel Aviv. Mais cinq ministres des affaires étrangères européens ont aussitôt voulu prendre place dans le même carrosse, tellement ils craignaient qu'une si audacieuse entreprise leur ravît les cuillères, la théière et la nappe. On a évité la guerre des préséances: les ministres ne courront pas sur les brisées de la poupée. La garden party du Moyen Orient a été remise à la fin de ce mois.

10 - La vassalisation de la diplomatie européenne triangle.gif

Vous me demandez, Monsieur, quelle politique une Europe couronnée de têtes creuses va proposer à la Russie, à la Chine et au reste de la planète. Sur ce point votre information est incomplète. L'Elysée a obtenu que l'ambassadeur actuel de la France à Washington, un très dévoué serviteur des intérêts des Etats-Unis d'Amérique en Europe, occupe le poste-clé de Secrétaire général auprès de Mme Asthon, ce qui, en clair, signifie rien de moins que l'installation officielle des instances du Comité représentatif des institutions juives de France dans les institutions de la République. Israël s' est déjà infiltré au cœur de tous les organes de l'Union européenne. Il est donc d'ores et déjà exclu que le Vieux Monde conduise jamais une politique résolue de rapprochement avec les peuples du Coran, la Russie, la Chine, l'Inde et l'Amérique du Sud. Israël a trouvé l'assise de son autorité politique définitive au cœur de la République quand, il y quelques mois, le gouvernement de M. Nicolas Sarkozy a solennellement proclamé à Biarritz par la voix de son Ministre de la justice que le Comité israélien susdit jouirait dorénavant du rang et des apanages officiellement attribués à un Etat étranger, donc que les prérogatives d'un interlocuteur officiel et à part entière de la France et de son Etat se trouveraient désormais expressément reconnues à l'AIPAC français, de sorte que notre pays compte maintenant deux gouvernements sur son territoire. Comment se partageront-ils la souveraineté nationale?

C'est dans cette configuration des passerelles diplomatiques entre l'Etat d'Israël et les vingt-sept Etats de l'Union européenne que vous demanderez instamment à l'ambassadeur de nationalité allemande que le Vieux Monde accréditera à Pékin quel gâteau Confucius partagera avec l'autre ambassadeur, celui de la nation des Germains dans cette capitale. Je me demande en outre quelles prérogatives annexes les jumeaux allemands vont se partager entre eux en coulisses ou sur le devant de la scène, je me demande de surcroît comment deux excellences en provenance de Berlin vont évoluer côte à côte sur le théâtre du burlesque que l'on baptisera la "diplomatie européenne" si l'une des faces de ce mythe politique tendra son assiette vide à l'autre et s'il n'y a ni cuisinier, ni plats à mettre sur la table.

Voyez-vous, les empires bicéphales portent un regard vague sur leur maigre pitance. Je vous lis le menu : une France étroitement solidaire d'un interlocuteur en acier trempé sur ses propres arpents - un Comité représentatif des institutions juives de France dont un conseiller binational assiste d'ores et déjà un ministre des affaires étrangères binational, lui aussi - une telle France occupe depuis belle lurette les mêmes arènes de la politique étrangère qu'Israël et Washington. La République sera le mercenaire du corps diplomatique des vingt-sept poupées mécaniques censées représenter l'Union européenne sur la scène du monde. Quelle sera la politique de Washington à l'égard de Pékin, de Tokyo, de New Delhi, du Caire et du monde arabe, sinon celle d'Israël ? Une Europe doublement vassalisée par son maître d'outre-Atlantique et par Tel-Aviv demandera à Pékin de réévaluer le cours du Yuan et de marginaliser la Russie. Mais si l'Europe de Mme Ashton tentait de ne pas plier l'échine et de défier les directives de Washington et de Jérusalem, la Maison Blanche lui ferait clairement comprendre qu'elle veut bien lui concéder les broderies dont les grands couturiers attiffent leurs mannequins, mais non davantage. Le Pentagone et le Département d'Etat, lui diront-ils sans détours, sont en mesure de faire fi du siège de velours que l'Europe lui réclame et de négocier seuls non seulement avec Moscou et Pékin, mais avec la planète tout entière.

Voilà la vraie donne du monde. Voyez-vous, Messieurs, une Europe pilotée par les vassaux d'une puissance étrangère ne sortira pas de la rade et ne gagnera jamais le grand large. Mais le monde moderne est celui d'une accélération foudroyante du temps de l'histoire. Si nous ne nous attelons pas à la tâche d'éveiller l'opinion publique des peuples arabes, nous ne disposerons jamais du seul levier qui permettrait à l'Europe de se changer en Christophe Colomb de la politique internationale du XXIe siècle.

11 - L'éthique politique de la souverainté triangle.gif

Les Izvestia (Russie): Monsieur le Président, dans les décadences, le choix des vaincus n'est-il pas de participer le mieux possible et même modestement, s'il le faut, à l'histoire réelle du monde sous le sceptre d'un triomphateur devenu inamovible ou de quitter l'arène avec armes et bagages? Sparte s'est fièrement tenue à l'écart des aigles romaines victorieuses du monde hellénique et son destin s'est réduit à celui d'un village oublié au bord de l'Eurotas. Athènes a collaboré avec tous les Césars et sa culture a fécondé non seulement la civilisation des légions, mais à partir de la Renaissance, celle d'une Europe retombée dans l'ignorance. Comment théorisez-vous la présence durable ou l'absence définitive de l'Europe d'une scène internationale qui l'a placée sous la houlette de l'empire américain depuis 1945?

Le Général de Gaulle : Rome a triomphé de l'esprit public au sein des nations asservies à sa loi et elles ne s'en sont remises qu'à l'heure de la ruine de l'empire. Mais, à partir de Tibère, c'est son immoralité politique qui a conduit la civilisation de la louve à sa perte. Cette immense leçon de l'histoire universelle est encore celle qui se rappelle à l' Europe de notre temps : en 1940, il fallait bien que la France gardât les contours d'une apparence d' Etat sur les cartes topographiques, il fallait bien que sa géographie eût une ombre de gouvernement qui représenterait des kilomètres carrés à défaut des citoyens d'une nation. Mais quand Hitler a franchi la ligne de démarcation entre la France occupée et la France de Vichy, le chemin du devoir civique était clairement tracé aux yeux de tous les patriotes.

De nos jours, un gouvernement de la France qui ferme les yeux sur un empire où la torture a été non seulement rétablie en fait, mais dûment légalisée trois siècles après son abolition dans tout le monde civilisé, un gouvernement de la République qui approuve le blocus de Gaza où quinze cent mille hommes, femmes et enfants subissent la loi d'Israël et de son complice d'outre-Atlantique, un gouvernement de la France qui a envoyé un navire de guerre renforcer le blocus de l'occupant de Gaza dont l'assaut aérien et terrestre avait fait mille quatre cents morts, un gouvernement qui a collaboré à la construction d'un mur d'acier autour de Gaza aux côtés de Washington, un tel gouvernement ne se trouve pas seulement disqualifié aux yeux de l'éthique politique du monde, un tel gouvernement se trompe en outre de balance à peser l'intelligence des Etats. La honte de la France d'aujourd'hui est dans un mot terrible de Mirabeau: "Il existe pire que le bourreau, son valet".

La vraie politique prononce les verdicts de l'esprit de justice, la vraie politique est la science de l'âme des nations, la vraie politique rend les arrêts infaillibles de la raison. Trahir, c'est seulement se mettre un bandeau sur les yeux. La civilisation occidentale entrera en résistance ou mourra. Mais le temps de l'héroïsme des lucidités solitaires est déjà révolu, l'heure de l'intelligence morale du politique est de retour; et cette intelligence-là nous enseigne que l'Amérique ne portera pas longtemps à bout de bras le double fardeau de plus de mille camps fortifiés sur les cinq continents et d'une monnaie fictive qui s'essouffle à porter les armes et les songes d'un vaste empire. Je ne suis pas prophète; j'ai seulement tenté de tenir le langage de la logique supérieure qui commande l'histoire secrète du monde et qui raconte le destin de la morale au cœur de la conscience politique de l'humanité.

12 - Le Hamas triangle.gif

O Globo (Brésil) : Monsieur le Président, M. Khaled Mesh'aal, chef du bureau politique du mouvement de résistance islamique (Hamas) semble s'être référé expressément à votre politique de l'alliance de la souveraineté avec la morale quand, en 1944, vous avez refusé tout net d'exprimer la gratitude de la France à l'égard de ses alliés, qui avaient solennellement légitimé la Résistance et lui avaient officiellement fait le cadeau diplomatique immense de la cautionner aux yeux du droit international public. Vous avez écrit dans vos Mémoires de guerre: "Ne remercier personne : la France n'a pas à se faire reconnaître". Aujourd'hui le chef du Hamas rappelle que ce serait légitimer "l'occupation et le vol de la Palestine" que de reconnaître l'Etat d'Israël. "Pour nous, ajoute-t-il, ce principe est clair et définitif." Quelle est votre position à l'égard de la résistance armée de l'Islam à l'occupant israélien?

Le Général de Gaulle : Ma "position" , comme on l'a écrit, à l'égard de nos alliés en 1944 n'était pas la mienne, mais celle de la France de tous les siècles et de tous les régimes. Le droit est devenu une science à partir de la rédaction de la loi des douze tables. Il est donc encore plus burlesque que grotesque de demander à la vraie Résistance palestinienne, celle du Hamas, de valider l'occupation de son territoire aux yeux du droit international public, puisque celui-ci ne dispose en rien du pouvoir qu'on lui attribue ridiculement de renier ses propres fondements. Les démocraties actuelles demandent rien de moins à la géométrie d'Euclide que de réfuter le théorème de Pythagore. C'est une décision plus stupide encore que barbare, parce que, dans ses profondeurs, la résistance du Hamas est celle du combat des civilisations contre le droit du plus fort.

Comment voulez-vous que les autels de la religion des droits de l'homme accueillent le cadavre des principes universels des droits de l'homme sur leurs offertoires? Croire possible un sacrifice de sang de cet acabit, c'est oublier que le droit international n'est jamais que l'expression transzoologique de l'aspostasie inversée, celle qui immole la loi des glaives au nom de l'esprit de vérité. La prééminence de la conscience sur la force remonte non point à la souillure dont une certaine potence a entaché à jamais la justice des Etats, mais à une certaine ciguë que les archontes de l'immoralité politique font boire à la raison depuis vingt-cinq siècles. C'est du dieu des supplices de l'esprit que le Hamas entend la voix à la lecture du Coran. Tel est l'enjeu véritable de la politique du sang et de la mort d'hier, d'aujourd'hui et de demain, tel est l'enjeu de la morale et du droit qui fait, du Moyen Orient, le champ de bataille où le dieu des armées affronte le dieu dont l'emblème est un gibet.

Je vous remercie.

Le 26 septembre 2010

 

 

http://aline.dedieguez.pagesperso-orange.fr/tstmagic/1024/tstmagic/europolitique/degaulle.htm

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24 septembre 2010 5 24 /09 /septembre /2010 23:05
Hugo Chávez - Wikipedia
Vendredi 24 septembre 2010 5 24 /09 /2010 14:02
  Ignacio RAMONET Président de l’Association Mémoires des Luttes
  

Dans la dispute pour l’hégémonie idéologique en Amérique latine, deux épreuves décisives se déroulent les prochaines semaines : élections législatives au Venezuela, le 26 septembre, et scrutin présidentiel au Brésil, le 3 octobre. Si la gauche démocratique ne venait pas à l’emporter dans ce pays-géant, le pendule politique s’inclinerait, à l’échelle continentale, vers la droite qui gouverne déjà dans sept pays : Chili, Colombie, Costa Rica, Honduras, Mexique, Panama et Pérou. Mais une telle éventualité semble peu probable ; José Serra, candidat du Parti de la social-démocratie brésilienne (PSDB), pourra difficilement s’imposer face à Dilma Rousseff, du Parti des travailleurs (PT), candidate soutenue par le très populaire président sortant Luiz Ignacio Lula da Silva, qui, si la Constitution l’avait permis, eût été facilement réélu pour un troisième mandat.

 L’affaire étant pour ainsi dire réglée au Brésil, les forces conservatrices internationales concentrent leurs attaques sur l’autre front, le Venezuela, dans l’espoir d’affaiblir le président Hugo Chavez et la Révolution bolivarienne. Ce qui s’y joue, c’est la désignation des 165 députés à l’Assemblée nationale (il n’y a pas de Sénat). Avec une particularité : les élus sortants sont presque tous « chavistes », l’opposition ayant refusé de participer au précédent scrutin de 2005. Cette fois, elle n’a pas commis la même erreur ; un assemblage hétéroclite de partis et d’organisations [ ], agrégés par la haine anti-Chavez, se présente sous le sigle commun du MUD (Mesa de la Unidad Democrática, Table de l’unité démocratique) contre le Parti socialiste unifié du Venezuela (PSUV) [ ] du président.

Inévitablement, la majorité bolivarienne verra ses rangs diminuer dans la nouvelle Assemblée. De combien de députés ? Le gouvernement pourra-t-il poursuivre son programme de grandes réformes ? L’opposition aura-t-elle les moyens de freiner la révolution ?

Tels sont les enjeux. En sachant que 60 % des parlementaires (soit 99 sièges) sont élus au scrutin uninominal, et les autres 40 % (soit 66 sièges) à la proportionnelle. La liste qui dépasse les 50 % des suffrages obtient automatiquement 75 % des sièges réservés au scrutin proportionnel. Ceci est fort important, car la Constitution prévoit que les lois organiques [ ] doivent être votées par les deux tiers des députés, et que les grandes lois qui habilitent le président à légiférer par décret, doivent l’être par les trois cinquièmes des députés.

Cela signifie que si l’opposition obtenait 56 sièges (sur 165), elle pourrait empêcher l’adoption de toute loi organique ; avec 67 sièges, elle rendrait impossible le vote de lois habilitantes. Or, jusqu’à présent, ce sont précisément les lois habilitantes qui ont permis la réalisation des principales réformes.

Voilà pourquoi la bataille Venezuela mobilise tant d’énergies et de ressources au sein des droites internationales. Cela explique aussi la hargne et l’agressivité des nouvelles campagnes de diffamation lancées, à l’échelle mondiale, contre le président Hugo Chavez. Ces derniers mois, les accusations les plus malveillantes se sont succédé. Les médias de haine ont d’abord fait grand bruit autour des problèmes de restrictions d’eau et de coupures d’électricité (aujourd’hui résolus) dont ils rendaient coupable le gouvernement, sans mentionner la seule et vraie cause : le changement climatique responsable de la sécheresse du siècle qui a frappé l’hiver dernier le pays.

Ils ont ensuite répété à satiété les accusations sans preuve avancées par l’ancien président de Colombie, Alvaro Uribe, à propos d’un supposé "Venezuela, sanctuaire des terroristes". Dénonciations aujourd’hui abandonnées par le nouveau président Juan Manuel Santos après sa rencontre du 10 août avec Hugo Chavez. Celui-ci avait, une fois encore, redit que les guérillas doivent abandonner la lutte armée : "Le monde actuel n’est pas celui des années 1960. Les conditions ne se prêtent plus, en Colombie, à une prise du pouvoir. En revanche, la lutte armée est devenue le prétexte principal de l’Empire pour pénétrer à fond en Colombie et, à partir de là, agresser le Venezuela, l’Equateur, le Nicaragua et Cuba  [ ]."

Puis il y a eu les affolantes campagnes sur l’insécurité. Comme si le problème - auquel les autorités s’attaquent avec des moyens redoublés [ ] - était nouveau. Voici, par exemple, ce qu’on pouvait lire - déjà en juillet 1995 ! - dans un reportage sur la saga de l’insécurité dans capitale vénézuélienne : "Une véritable psychose de peur hante Caracas.(...) La violence a atteint un tel degré de folie que les délinquants ne se contentent plus de voler.(...) On frappe pour le plaisir de frapper, on tue pour le plaisir de tuer. On s’acharne, on se saoule de cruauté. En une semaine, plusieurs personnalités - dont un célèbre joueur de base-ball (Gustavo Polidor), un chirurgien et un avocat - ont été assassinées sous les yeux de leur famille. L’insécurité est partout. Une cinquantaine de chauffeurs d’autobus de la capitale ont été tués depuis le début de l’année... [6]"

Contre toute évidence, les médias de haine répètent également que les libertés politiques seraient amputées et que la censure empêcherait toute liberté d’expression. Ils oublient de signaler que 80 % des stations de radio et des chaînes de télévision appartiennent au secteur privé, alors qu’à peine 9% sont publiques [7]. Ou que, depuis 1999, quinze élections démocratiques se sont tenues, et qui n’ont jamais été contestées par aucun organisme international de supervision. Comme le souligne le journaliste José Vicente Rangel : "Chaque citoyen peut adhérer à n’importe lequel des milliers de partis politiques, syndicats, organisations sociales ou associations, et se déplacer sur l’ensemble du territoire national pour débattre de ses idées et opinions sans limitation d’aucune sorte  [8]."

Depuis la première élection d’Hugo Chavez, en 1999, l’investissement social a quintuplé par rapport à la moyenne de celui réalisé entre 1988 et 1998. Cela a permis d’atteindre, avec cinq ans d’avance, presque tous les Objectifs du millénaire fixés par l’ONU pour 2015 [9]. Le taux de pauvreté a chuté de 49,4 % en 1999 à 30,2 % en 2006, et celui de misère de 21,7 % à 7,2% [10].
De résultats aussi prometteurs, méritent-ils vraiment tant de haine ?

 [1]  Acción Democrática (social-démocrate), Alianza Bravo Pueblo (droite), Copei (démocrate-chrétien), Fuerza Liberal (ultralibéral), La Causa R (ex-communistes), MAS (Mouvement au socialisme, gauche conservatrice), Movimiento Republicano (néolibéral), PPT (Patrie pour tous, droite), Podemos (Pour la démocratie sociale, gauche conservatrice), Primero Justicia (ultralibéral) et Un Nuevo Tiempo (social-libéral).                                                                                                                                                     [2]  Fondé en 2007, le PSUV réunit presque toutes les forces politiques qui soutiennent la Révolution bolivarienne : Movimiento Quinta República, Movimiento Electoral del Pueblo, Movimiento Independiente Ganamos Todos, Liga Socialista, Unidad Popular Venezolana, etc. Le Parti communiste du Venezuela (PCV) n’a pas intégré le PSUV, mais il soutient la plupart de ses options et a signé avec lui un accord électoral.                                                                                                                                                     [3]  Une loi organique complète la Constitution et précise l’organisation des pouvoirs publics. Dans la hiérarchie des lois, elle se situe au-dessous de la Constitution, mais au-dessus des lois ordinaires.       [4]  Clarín, Buenos Aires, 25 juillet 2010.                                                                                                  [5]  Cf. Maurice Lemoine, "En proie à l’insécurité, Caracas brûle-t-elle ?", Le Monde diplomatique, Paris, août 2010.                                                                                                                                               6]  Ignacio Ramonet, "Le Venezuela, vers la guerre sociale ?", Le Monde diplomatique, juillet 1995.                                                                                                                                                            7]  Ils "oublient" également de signaler que, au Honduras, par exemple, pendant le premier semestre de cette année, neuf journalistes ont été assassinés...   [8]  www.abn.info.ve/node/12781   

[9]  http://news.bbc.co.uk/hi/spanish/specials/2009/chavez_10/newsid_7837000/7837964.stm                    

[10]  www.radiomundial.com.ve/yvke/noticia.php ?45387   

 

http://cbparis.over-blog.com/article-la-bataille-venezuela-57641328.html

                                                                        

http://www.medelu.org/spip.php?page=imprimir_articulo&id_article=536

 

http://cbparis.over-blog.com/article-la-bataille-venezuela-57641328.html

 

 

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Hugo Chavez à l’épreuve des urnes

 

Ce 26 septembre, plus de 17 millions de Vénézuéliens vont élire leurs députés. Les partisans de la «révolution bolivarienne» entendent conserver une majorité confortable, essentielle pour les réformes à venir. Mais l’opposition de droite signe son grand retour sur la scène législative.

Les drapeaux s’agitent depuis les terrasses des foyers de briques multicolores qui grimpent sur les hauteurs du quartier populaire de San Agustín, dans le centre de Caracas. Passage de la longue caravane de véhicules aux couleurs du Parti socialiste unifié du Venezuela (PSUV) qui, dimanche 26 septembre, joue, dans les urnes, sa majorité absolue au sein de l’Assemblée nationale. Hymne officiel de la campagne des législatives aux rythmes enfiévrés, concours de Klaxon, la marée humaine rouge arbore ses slogans sur les   tee-shirts : «La terre appartient à tous et non à celui qui en possède le plus», ou encore «La révolution des droits, c’est le peuple législateur ».

Des milliers de militants socialistes s’étaient donné rendez-vous, dimanche dernier, au pied des barres insalubres de Parque central. Une démonstration de force à la veille des élections législatives, aux côtés d’Andreina Tarazon, la plus jeune candidate présentée par la formation du président Hugo Chavez, au terme de primaires internes où seuls 22 députés sur les 165 sortants ont été reconduits.

Occupation de l’espace public donc, dans un pays où la polarisation entre les forces soutenant le processus de la révolution bolivarienne – PSUV, Parti communiste (PCV), Tupamaro, entre autres – et l’opposition hétéroclite de droite et d’extrême droite rassemblée au sein de la Table d’unité démocratique (MUD) atteint des extrêmes. Occupation de l’espace public également dans une circonscription, la troisième de la capitale, où les deux camps se livrent une bataille acharnée. «Ce quartier englobe des couches populaires très pauvres mais également moyennes et hautes, explique Carlos Rodriguez, responsable du commando de campagne socialiste de Parque central. Nous partions avec une différence de plus 30 points que nous avons réussi à résorber. La motivation est là.» Et elle est d’autant plus nécessaire, assure le militant, que «le 26 septembre, on joue un pas important de la révolution. Il s’agit de construire des avancées qualitatives».

Sur l’avenue Bolivar, toute proche, les activités sportives côtoient les services d’aides à la population. «Faits sous le socialisme», proclament les banderoles de PDVAL, filiale publique de distribution de l’entreprise pétrolière PDVSA. Les étals proposent des produits de première nécessité, ou des fournitures scolaires à des prix défiant toute concurrence. «L’objectif est d’éviter la chaîne spéculative, en contournant les intermédiaires, et d’avancer vers la sécurité et la souveraineté alimentaire», affirme un employé de PDVAL.

Descendue de la colline de San Agustín, Rosa vient s’approvisionner à bon marché car sans cette aide, dit-elle, et «avec les prix qui ne cessent d’augmenter», elle ne pourrait pas faire face. Plus loin, un poste médical fait la promotion d’une campagne de vaccination. Les programmes sociaux – plus connus au Venezuela sous le nom de missions – ont constitué l’épine dorsale du projet développé cette dernière décennie. Le bilan de ces politiques permet d’ailleurs de comprendre la popularité dont jouit encore Hugo Chavez, notamment auprès de cette population paupérisée et tenue jusqu’alors en marge de la société.

La démocratisation de la santé, du logement, de l’éducation ont contribué à éradiquer l’analphabétisme, ou encore à réduire la pauvreté de 55% à 23%. Le taux de chômage est passé de 10,2% en 1995 à 7,5% en 2009. Ces avancées substantielles ont offert jusqu’à présent une confortable assise électorale au chavisme. Dimanche, l’Alliance révolutionnaire ne devrait d’ailleurs pas être inquiétée dans sa majorité. En revanche, l’enjeu du scrutin est de savoir si elle obtiendra les 2/3 des 165 sièges à pouvoir, seuil incontournable pour promulguer les grandes réformes ou modifier la Constitution.

« Cette majorité absolue est fondamentale pour le développement de cette révolution et son approfondissement», soutient Andreina Tarazon, la candidate du PSUV de la 3e circonscription. À l’inverse, «ce n’est pas seulement la révolution tournée vers tous les Vénézuéliens qui sera freinée mais également la solidarité internationale et les accords alternatifs», qui sont eux aussi votés au sein de l’Assemblée. La candidate de vingt-deux ans a axé sa campagne sur «la matérialisation des propositions émanant d’un peuple qui légifère», dans le cadre des conseils communaux, lieux d’élaboration politique et de contrôle social.

« Cette nouvelle assemblée implique de nouveaux objectifs», soutient Carolus Wimmer, responsable du Parti communiste vénézuélien, et candidat au Parlement latino-américain (Parlatino) dont le renouvellement a lieu également dimanche. «S’il convient de relever les avancées de transformation de cette révolution atypique, il faut également souligner qu’elle est d’abord une révolution de libération nationale avec une vision socialiste, poursuit-il. Pour sortir de l’actuelle domination et avancer vers une économie et une organisation sociale et populaire alternative, la lutte prend désormais un caractère de classe.» En ce sens, insiste le député sortant, les conseils communaux, comme les conseils socialistes des travailleurs, chers à la formation communiste, «doivent déboucher sur des nouvelles conceptions et consciences de la propriété sociale».

C’est là l’autre enjeu de l’élection. Le camp présidentiel mettra-t-il le coup de collier à même de changer la nature même de l’État? Les transformations ont certes été importantes ces dix dernières années. Ce pays, doté d’immenses ressources pétrolières, reste pauvre, et peine à se défaire d’une culture rentière. Les intrusions, à commencer par celles des États-Unis, les coups d’État, qu’ils soient institutionnels ou économiques, de la part d’une opposition ouvertement financée par la première puissance mondiale, ont pesé dans le développement des desseins nationaux. Mais ces tentatives de déstabilisation n’expliquent pas les écueils. «Il nous faut regarder les expériences qui ont échoué, comme les coopératives, estime Carolus Wimmer. Des changements sont nécessaires dans l’appareil d’État, car des failles se répercutent négativement sur le peuple.» Selon le responsable communiste, «la corruption, la bureaucratie et l’inefficacité sont les trois ennemis visibles et invisibles, même s’ils sont d’abord l’héritage du système dominant vieux de deux siècles». À ces points noirs s’ajoute une inquiétante inflation (en moyenne de 22,2%). Bien que nettement inférieure aux précédents gouvernements de Carlos Andres Pérez ou de Caldera (respectivement 45,3% et 59,6%), elle n’en annule pas moins les politiques d’augmentations salariales (20%). Autre fléau préoccupant: l’insécurité. En 2009, le taux d’homicides a dépassé le nombre de 19000 morts, dont près d’un quart sont imputables à la garde nationale et à la police malgré les efforts tardifs pour créer une nouvelle force de sécurité en vue d’éradiquer ce problème. Problème que l’opposition exploite pour rassembler son électorat mais également les couches populaires, premières victimes de cette violence, même si le discours accusateur, selon lequel Chavez conduirait le pays au chaos, ne semble pas prendre.

« Ici, on construit la Caracas socialiste. Communauté de Santa Rosa.» Aux abords de l’immense chantier de futurs logements sociaux, la caravane de l’opposant Richard Blanco, de l’Unité démocratique, pousse les amplis, en attendant l’arrivée triomphale du candidat de la droite. Arrêté et emprisonné pour avoir frappé un policier, le président de l’Alliance, Bravo Pueblo, se présente volontiers comme un «prisonnier politique». Aux côtés de Stalin Rodriguez, leader du mouvement étudiant Les mains blanches et prétendument apolitique, Richard Blanco affiche sa confiance pour ce dimanche. «Nous voulons un meilleur pays, déclare-t-il. Un pays où la tolérance et la réconciliation existent, particulièrement au sein de l’Assemblée nationale.»

Divisée et atomisée par les succès électoraux du président Chavez, l’opposition avait boycotté le précédent scrutin législatif dans une vaine tentative de discréditer la majorité issue des urnes. Changement de stratégie donc, dans l’espoir de mettre un terme au «communisme» qui serait à l’œuvre au Venezuela. «Ce régime qui ne tolère pas, qui emprisonne, et qui divise», jure Richard Blanco. Son programme? «Ce que veut le peuple, le sauvetage des valeurs», assure-t-il, avant d’étayer: «Nous allons faire en sorte que la Constitution soit respectée. Il ne s’agit pas de faire plus de réformes mais de créer plus de services pour les citoyens, le plein-emploi et ouvrir la porte aux investissements étrangers. Nous allons faire une loi de sécurité sociale où la mère au foyer, qui fait le ménage et s’occupe de ses enfants, puisse recevoir une allocation permanente.»

Le discours, rodé, n’est pas à une contradiction près. Ces onze dernières années, l’opposition n’a eu de cesse de démolir la Constitution, en la présentant comme le jouet de Chavez. Les investissements privés ont considérablement augmenté, au point de peser pour 65% du PIB. Quant aux aides aux mères au foyer, elles existent au travers de la mission Madres del barrio…

À quatre jours du scrutin, la droite, qui va pourtant refaire son entrée dans le Parlement, crie déjà à la fraude. Des accusations dont elle use systématiquement à chaque élection, en dépit de la présence massive d’observateurs et d’organismes internationaux, telle la fondation de l’ex-président états-unien Jimmy Carter, qu’on ne saurait accuser de complaisance à l’égard de la révolution bolivarienne. Ainsi va la démocratie versus communisme, selon l’opposition. Les drapeaux, eux, continueront de flotter lors des dernières caravanes prévues aujourd’hui dans la capitale. Rideau de fin de campagne mais pas de l’affrontement…

Caracas (Venezuela),envoyée spéciale. Cathy Ceïbe


http://www.humanite.fr/node/454063

 

http://cbparis.over-blog.com/article-hugo-chavez-a-l-epreuve-des-urnes-57667696.html

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24 septembre 2010 5 24 /09 /septembre /2010 05:13

 


 

L’Arctique, un « diamant précieux » pour l'environnement global et l'humanité. Nécessité de la préservation de l'Arctique pour la survie de la Biosphère

 

20 septembre 2010 -  Jules Dufour

 

Les craintes et appréhensions maintes fois exprimées dans le monde concernant les impacts environnementaux de l’exploitation offshore des hydrocarbures se sont avérées encore une fois tout à fait fondées avec la marée noire du golfe du Mexique qui s’est produite au cours de l’été 2010. La plus grande catastrophe écologique de l’histoire des États-Unis  a exigé une opération de grande envergure d’une durée de cinq mois afin de sceller définitivement le puits de pétrole à son origine.

Selon É. Guihaire, « la condamnation du puits va clore un chapitre de cette marée noire qui a empoisonné la vie de nombreux Américains, pêcheurs et commerçants en tête, mis en péril l'écosystème fragile du golfe du Mexique... Mais la région n'en a pas pour autant fini avec la pollution et la flore et la faune sous-marines touchées par le pétrole déversé pendant trois mois subiront les effets de la pollution pendant des années, voire des décennies, selon les autorités américaines. » Selon Y. Arthus-Bertrand, « Encore aujourd’hui, les marées noires restent les emblèmes de la pollution océanique… La flotte pétrolière en provoque, encore, en moyenne, une vingtaine par année et certaines sont entrées dans l’histoire par leur ampleur, dépassant les 250 000 tonnes. Cependant, les oléoducs, les plateformes et les raffineries restent de loin la source principale des marées noires, représentant un volume d’hydrocarbures en moyenne 5 fois supérieur à celui des navires. » (Arthus-Bertrand, Y., 2009, p. 128). Dans l’Arctique « canadien » lui-même, au cours de l’été 2010, trois navires dont le Nanny, un pérolier transportant neuf millions de litres de diesel se sont échoué au Nunavut et sur les rives de la mer de Beaufort et ce fort heureusement sans conséquences facheuses pour l’environnement. C’est dans ce contexte que la ruée des industries pétrolières et gazières vers l’Arctique fait craindre le pire.

Il est urgent d’ouvrir un débat public élargi sur les répercussions sur l’environnement d’une exploitation plus étendue et plus intensive des gisements sous-marins dans l’Arctique. Ce débat devrait se réaliser au plus haut niveau des instances de la gouvernance mondiale et ne devrait pas être laissé à la seule initiative des puissances économiques intéressées. Les questions fondamentales qu’il importe de poser sont les suivantes. Quels sont les effets durables provoqués dans l’ensemble des zones de vie de l’Arctique par l’exploitation actuelle des gisements dans les aires continentales arctiques et les espaces côtiers et marins du Canada, de l’Alaska (côte donnant sur la mer de Beaufort) et de la Russie? Quelles sont les dispositions qui ont été mises en place pour prévenir les accidents ou pour intervenir efficacement quand ils se produisent? Est-ce que les législations nationales des pays producteurs sont propres à assurer une surveillance adéquate et serrée des projets d’exploration et de production? Est-ce que les peuples nordiques sont invités à participer réellement dans le processus de décision concernant ces projets? Dans quelle mesure peuvent-ils récolter les dividendes issus de la commercialisation de la production? Est-ce que leur avis sont considérés à leur juste valeur? Est-ce que les projets susceptibles d’être initiés seront examinés par des organismes indépendants tant au niveau de leur justification économnique et sociale qu’au niveau de leurs impacts immédiats et cumulatifs?

 

I. Les services des écosystèmes de espaces polaires rendus à l’environnement mondial et à l’humanité

Selon le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE), les écosystèmes polaires sont indispensables pour la santé de l’ensemble des environnements terrrestres et marins. Ils contiennent plus de 70% de l’eau douce de la planète dans les masses de glace qui les recouvrent; l’Arctique fournit 28% des pêcheries commerciales mondiales et l’Antarctique 2%. L’Arctique revêt de riches ressources minérales dont le quart  des réserves mondiales de pétrole et de gaz; celui-ci contient un tiers des stocks de carbone globaux s’avérant un réservoir important pour les gaz de serre (GHGS); de plus, il est le support d’environ 300 espèces de poissons, de mammifères marins et d’oiseaux migrateurs. Entre 500 millions et 1 milliard d’oirseaux migrant sous toutes les latitudes ont besoin du climat de l’Arctique pour une phase de leur cycle de vie et plus de 20 espèces de cétacés se déplacent entre les Pôles et les Tropiques.

Il importe de rappeler que l’Antarctique est sans contredit la plus grande aire naturelle préservée de la planète, tandis que l’Arctique accueille 7 des 11 plus grands espaces de conservation dans le monde. Ces éléments sont extrêmement importants non seulement pour les services rendus par leurs écosystèmes tels que la préservation de la diversité biologique, mais aussi pour les valeurs intrinsèques liées à l’esthétique et à la culture .

On peut donc croire qu’une mise en exploitation intensive des gisements de pétrole et de gaz de l’Arctique risque d’affecter profondément ces écosystèmes précieux pour l’humanité. Même si toutes les précautions sont prises pour atténuer les risques de pollution il est indéniable que les transformations entraînées par ce genre d’activités sont de nature à nous inquiéter. Les leçons tirées de l’exploitation des gisements du Yukon, de l’Alaska et de la Sibérie devraient nous inviter à la plus grande prudence. Les accidents répétés sur plusieurs plateformes de forage offshore dans le monde nous font craindre le pire avec raison.

 

II. Les éléments justificatifs invoqués pour la mise en valeur des ressources énergétiques de l’Arctique

La population mondiale s’accroît de façon accélérée depuis le milieu du vingtième siècle et la consommation en énergie est en hausse constante et surtout celle des combustibles fossiles. On anticipe une hausse spectaculaire de la consommation dans les pays dits émergents au cours des deux prochaines décennies. Selon le Président-directeur général de Saudi Aramco, l’un des conférenciers invités au 21e Congrès mondial de l'énergie qui s’est déroulé à Montréal, Canada, entre le 12 et le 16 septembre 2010, « au cours des décennies à venir, la demande énergétique mondiale connaîtra une énorme croissance. L'Agence internationale de l'énergie prévoit une augmentation d'environ 40% d'ici 2030, ce qui porterait la demande à l'équivalent de 17 milliards de tonnes de pétrole. Il ajoute à ce propos que « nous allons continuer à dépendre des combustibles fossiles traditionnels pour la majeure partie de nos besoins en énergie au cours des prochaines décennies, alors que ces sources d'énergie - à savoir le charbon, le pétrole et le gaz naturel - fourniront 80% de la consommation d'énergie. Si la part des combustibles fossiles peut diminuer avec le temps, la quantité absolue d'énergie provenant de ces sources continuera à augmenter à cause de la hausse importante de la demande énergétique totale. » . ( Demandes énergétiques: des tendances lourdes, 16 septembre 2010).Selon les projections de Shell celle en gaz naturel augmentera de 20% d’ici 2020 et de 50% d’ici 2030, une progression deux fois plus rapide que celle du pétrole (Shields, A., 2010).

En effet, selon F. Beauregard-Tellier, « sous l'impulsion de pays émergents comme la Chine, le Brésil et l’Inde, l’économie mondiale continue de se développer rapidement. La demande d’énergie et d’autres ressources augmente au même rythme, ce qui contribue à expliquer la hausse rapide du prix de nombreux produits de base essentiels observée au cours des années récentes de croissance économique vigoureuse. Il devient aussi de plus en plus difficile de remplacer les réserves de certaines ressources importantes, notamment le pétrole. Résultat : les sociétés minières et d’énergie parcourent le globe en quête de nouvelles sources d’approvisionnement dans des régions pionnières – comme l’Arctique – qui, jusqu’à tout récemment, ne suscitaient que peu d’intérê. »

L’énergie employée aujourd’hui dans le monde entier est encore tirée de sources fossiles dans une proportion de plus de 90%  et il semble que même avec le développement des sources d’énergie renouvelables cette proportion sera prépondérante pour encore longtemps. Voilà pourquoi les industries liées à l’énergie non renouvelable sont à la recherche constante de nouveaux gisements.

 

III. L’exploitation des ressources énergétiques et ses répercussions sur l’environnement

Selon le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE), la pression la plus importante exercée sur les écosystèmes de l’Arctique, au cours des 25 dernières années, a été l’expansion des activités liées à l’extraction et au transport du pétrole et du gaz. Les projets d’exploitation de ces ressources ont été principalement développés sur la portion septentrionale des continents en Sibérie, dans l’extrême-Orient de la Russie et en Alaska. Les projets offshore on été réalisés dans les mer de Barents et de Beaufort. D’autres projets ont été initiés ou sont en voie de réalisation surtout en Sibérie, en Alaska, dans l’Ouest du Canada et dans la mer de Barents (UNEP, 2007, pp. 284-285).

 

Les projets au Canada

La consultation publique conduite à partir de 1974 par la commission Berger concernant les projets du Yukon (figures 1 et 2), a permis de mesurer l’ampleur des impacts majeurs anticipés qu’ils pourraient causer. Sur le plan environnemental la commission est arrivée aux conclusions générales suivantes:

-  Le Nord du Yukon est trop vulnérable aux risques potentiels pouvant affecter son environment;

- La commission recommande que le pipeline ne soit pas construit dans le Nord du Yukon et que celui qui est conçu pour la vallée du Mckenzie fasse l’objet d’un moratoire de 10 ans; 

- L’impact du projet sur les écosystèmes (sur les habitats naturels et les populations humaines) serait analogue à celui de la construction d’une voie ferrée à travers le territoire canadien d”un océan à l’autre;

- La commission recommandait même de ne pas mettre en place un corridor pour le transport de l’énergie dans la zone du delta du Mckenzie;

 

Figure 1. Les gisements de pétrole et de gaz au Yukon  

 

  Source: http://www.emr.gov.yk.ca/oilandgas/images/mackenzie_map.jpg  

 

Figure 2. Les Territoires du Nord-Ouest, Canada

 

 

  Source: http://www.polarwarming.ca/  

En somme, cette commission en est venue à des conclusions marquées par les concepts du développement durable et, en particulier, par le principe de précaution. La commission recommandait l’établissement d’un certain nombre de sanctuaires et d’aires protégées pour la sauvegarde des espèces menacées ou en danger de disparition et tout particulièrement pour celle des caribous de la Porcupine, des baleines blanches, de quelques espèces d’oiseaux et d’autres animaux se trouvant dans l’Arctic National Wildlife Refuge (ANWR). (Wikipedia

Sur le plan économique, la commission concluait qu’aucun bénéfice ne pourrait être généré par les pipelines sauf les emplois créés au cours de la phase de la construction, des emplois non spécialisés et peu rénumérés. Elle émettait la crainte de voir se détériorer l’économie locale liée à la chasse, à la pêche et au piégeage jusqu’à la rendre non soutenable. 

Le Projet gazier Mackenzie est perçu comme une voie d’accès naturelle, pour le Canada, aux ressources du Plateau continental de l’Arctique.

Selon Affaires Indiennes et Nord Canada, les ressources en hydrocarbures situées au nord du cercle arctique, au Canada, sont tirées « de trois champs qui ont produit du pétrole et du gaz: le champ pétrolifère Norman Wells dans la partie centrale de la vallée du Mackenzie; le champ gazier Ikhil dans le delta du Mackenzie et le champ Cameron Hills au sud-ouest de Hay River, dans le sud des Territoires du Nord-Ouest. La production totale de gaz naturel a été de 192,4 x 106 m3 en 2009, une baisse de 5,2 % par rapport à l'année précédente. La production totale de pétrole en 2009 a été de 901,2 x 103 m3, une baisse de 4,3 % (Ainc-inac.gc.ca).

Figure 3. Terres domaniales du Canada

 Map of Canada's Frontier Lands

Source: http://www.ainc-inac.gc.ca/nth/og/pubs/ann/ann2009/ann2009-fra.asp

« Les redevances perçues pendant l'année civile 2009 pour la production de gaz et de pétrole sur les terres domaniales du Nord (figure 3) se sont élevées à 18 876 656 $, une baisse de 38 % due à la production moindre et à la chute des prix par rapport aux niveaux de 2008.» Affaires Indiennes et du Nord Canada

De plus, à cette production devrait s’ajouter celle du projet gazier Mackenzie, d’une valeur de 16,2 milliards de dollars et chapeauté par Imperial Oil et quelques partenaires. « Au sein de l’industrie canadienne de l’énergie, beaucoup considèrent ce projet comme une épreuve décisive pour l’exploitation énergétique en général dans les régions pionnières du pays. ».

« Le projet gazier Mackenzie consisterait en la construction d'installations et l'exploitation de trois champs de gaz naturel dans le delta du Mackenzie, situé dans les Territoires du Nord Ouest (figure 2), l'établissement d'un réseau collecteur de gaz naturel et de liquides de gaz naturel, la construction d'installations de traitement près d'Inuvik et l'aménagement de pipelines qui transporteront le gaz naturel et les liquides de gaz naturel vers le sud, le long de la vallée du Mackenzie» (Ainc-inac.gc.ca).

 « Les ententes conclues entre les organismes environnementaux et réglementaires, dans le cadre du Plan de coopération, ont permis la création de la Commission d'examen conjoint (CEC) du projet».

« La CEC, composée de sept membres, est une entité indépendante qui évalue les effets possibles du projet sur l'environnement et les conditions de vie des résidants de la zone du projet. Pour ce faire, elle tient une série d'audiences publiques, qui ont commencé le 14 février 2006 et qui devraient se poursuivre jusqu'à l'automne 2007». Affaires Indiennes et du Nord Canada

Les commissions d'examen conjoint forment le niveau d'évaluation environnementale le plus élevé au Canada. Ce projet a reçu le feu vert de la Commission chargée d'examiner ses impacts environnementaux au début de 2010.

Il convient d’ajouter ici que les ressources en hydrocarbures situées dans la mer de Beaufort sont revendiquées par les Étatsuniens qui contestent le tracé de la ligne droite entre l’Alaska et le pôle nord défini par le Canada (Jules Dufour, « L'Arctique, un espace convoité : la militarisation du Nord canadien », Mondialisation.ca, le 6 juillet 2007). Ceux-ci soutiennent que cette ligne devrait être tracée suivant un angle de 30 degrés vers l'Est, ce qui leur conférerait ainsi le droit de mettre en exploitation le pétrole et le gaz naturel de cette portion de la mer de Beaufort située à proximité de l'Alaska (Michael Byers, « Les eaux de l'Arctique sont canadiennes », Le Devoir.com, le 24 janvier 2006).

IV. Les ressources potentielles globales en hydrocarbures dans l’Arctique (Figures 4, 5, 6 et 7)

En 2007, 20 milliards de barils de pétrole et 8 000 milliards de mètres cubes de gaz avaient déjà été découverts dans l’Arctique, selon l'Institut Français du pétrole (Figure 4). Mais seul un dixième de la région avait alors été exploré. Selon la même source, 84% des réserves de pétrole et de gaz de l'Arctique sont situées en mer.

 

Figure 4. Développement industriel dans l’Arctique

 Industrial development in the Arctic (map/graphic/illustration)

Source: http://maps.grida.no/go/graphic/industrial-development-in-the-arctic

Les données de 2008 sur les ressources en hydrocarbures dans cette région polaire sont de nature à raviver l’intérêt pour leur exploitation. La fonte marquée observée de la banquise de l’océan arctique faciliterait grandement l’installation de plateformes ainsi que le transport vers les marchés de consommation. Selon F. Beauregard-Tellier, « l’Arctique est la source d’environ 10% de la production pétrolière et d’un quart de la production gazière du monde ».

Selon d’autres sources qui font autorité en la matière et, notamment l’United States Geological Survey (USGS) les fonds sous-marins de l’Arctique, selon une évaluation effectuée en 2008, renfermeraient 13% du pétrole non découvert (90 milliards de barrils non découverts et techniquement extratible), 30% du gaz naturel non découvert (1 670 milliards de pieds cubes ou 47.3 milliards de mètres cubes) de gaz naturel techniquement extratible) et 20% des liquides de gaz naturel (44 milliards de liquides de gaz naturel techniquement extratible) qui existent dans le monde et ce dans plus de 25 différents gites. En bref, ces ressources situées au nord du cercle arctique représentent environ 22% des ressources non découvertes et techniquement extratibles du monde (figure 4).

Figure 6 . Ressources pétrolières du Nord du Canada  

 

 

Source: http://www2.parl.gc.ca/Content/LOP/ResearchPublications/images/prb0807_1-f.gif

Le potentiel en hydrocarbures de l’Arctique sur les territoires de la Russie, en Norvège et au Danemark (Figures 7 et 8)

Selon les données compilées par F. Beauregard-Tellier une large part de la production russe de pétrole et de gaz provient de la région arctique de ce pays à l’instar de l’importance du pétrole de l’Alaska pour les États-Unis.

« De fait, la Russie est le premier producteur arctique de pétrole et de gaz et elle possède plus de 75 p. 100 des réserves connues qui s’y trouvent, plus de 90 p. 100 des réserves connues de gaz, de même que de vastes quantités probables de ces ressources, mais qui n’ont pas encore été découvertes. À lui seul, le bassin de la Sibérie occidentale est à l’origine d’environ la moitié de la production pétrolière de la Russie. Gazprom, la société énergétique contrôlée par l’État, est en train de mettre en valeur des gisements gaziers dans la mer de Barents (champ Shtokman), dont on dit qu’ils contiennent deux fois plus de gaz que l’ensemble des réserves du Canada. La mer de Tchoukotka, relativement peu exploitée et située entre le nord ouest de l’Alaska et l’est de la Sibérie, contient aussi d’importantes réserves de pétrole et de gaz» (http://www2.parl.gc.ca/Content/LOP/ResearchPublications/prb0807-f.htm) (Figures 7 et 8).

«La Norvège et le Danemark (Groenland) possèdent également des ressources énergétiques appréciables dans l’Arctique. Par exemple, la société Statoil de Norvège exploite activement des champs gaziers dans la mer de Barents, tandis que des activités de prospection se poursuivent au large du Groenland et des îles Féroé, dans la mer de Norvège (http://www2.parl.gc.ca/Content/LOP/ResearchPublications/prb0807-f.htm#autresregions).

 

Figure 7. Transporter l’énergie à travers l’Eurasie  

 

Source: http://www.cartografareilpresente.org/IMG/jpg/russie.jpg

 

Figure 8. Les pipelines de l’Asie septentrionale

  

Source: http://www.nationspresse.info/wp-content/uploads/2009/04/pipelines_europe.gif

 

Des données plus récentes datant de juin 2010 présentent des estimations qui nous invitent à croire que les réserves en hydrocarbures dans les régions de l’Arctique sont beaucoup plus considérables.

« Les chercheurs sibériens viennent de révéler leurs prévisions concernant les réserves d'hydrocarbures off shore, et c'est l'Arctique qui se taille la part du lion, rapporte le site ng.ru ».

« Le fruit des recherches menées par la Section sibérienne de l'Académie des sciences russe (ASR) concernant l'estimation des réserves mondiales off shore d'hydrocarbures a été rendu public pour la première fois ».

«Cette communication a été faite à l'occasion d'une réunion sur le Programme de recherches fondamentales de l'ASR intitulé « Problèmes fondamentaux de l'océanologie: physique, géologie, biologie, écologie », qui s'est tenue récemment à l'Institut d'océanologie de l'ASR, sous la présidence de l'académicien Robert Nigmatouline».

«À cette occasion, l'académicien Alexeï Kantorovitch a communiqué pour la première fois les estimations de la Section sibérienne de l'ASR concernant le volume d'hydrocarbures contenu dans l'océan mondial».

« Océan Pacifique: 10 milliards de tonnes de pétrole et environ 25.000 milliards de mètres cubes de gaz; océan Atlantique: 35 milliards de tonnes de pétrole et 65.000 milliards de mètres cubes de gaz; océan Indien: 40 milliards de tonnes de pétrole et 70.000 milliards de mètres cubes de gaz; océan Glacial Arctique: 90 milliards de tonnes de pétrole et 250.000 milliards de mètres cubes de gaz».

«Tous ces chiffres sont impressionnants, mais l'on retiendra avant tout la part considérable qui revient à l'Arctique, avec 50% du pétrole océanique et près de 70% du gaz. L'académicien Kantorovitch a précisé qu'il s'agissait d'évaluations minimales et que celles-ci n'incluaient pas les énormes réserves d'hydrates de gaz de l'océan mondial» (Ria Novosti).

 

Conclusion

L'Arctique déjà grandement affecté et fragilisé par le réchauffement global sera-t-il capable de supporter les répercussions appréhendées d'une exploitation intensive de sa plateforme sous-marine? Les conséquences que pourrait provoquer une marée noire sur les écosystèmes sont difficiles à évaluer et le principe de précaution devrait guider les décideurs et ce même au prix de renoncer à la mise en valeur de leurs richesses.

Les peuples du Nord comptent encore grandement sur les ressources fauniques de cet océan et de la banquise qui la recouvre. Pour eux, la déstabilisation des conditions climatiques a déjà eu une incidence marquée sur leurs activités traditionnelles. Le déploiement de vastes corridors d'énergie et de sites d'exploitation additionnels sera perçu comme ayant un impact cumulatif sur les zones de vie qu'ils fréquentent depuis des millénaires. À la réalité sévère du Nord ils ont toujours su s'adapter, mais il leur serait très difficile de faire face à la destruction irréversible de leur environnement. Selon Rune S. Fjellheim et B. Henriken, « il n’y aucun doute que l’exploitation des gisements de pétrole et de gas sur les terres et les territoires autochtones sont des activités qui exercent des effets extrêmement négatifs pour les sociétés autochtones, à cause du caractère intrinsèque de leur économie de subsistance et d’occupation du territoire ainsi que de leur dépendance culturelle vis-à-vis des terres et de leurs ressources. »

Le projet de faire de l'Arctique un site du Patrimoine mondial de l'humanité, celui de le consacrer en une Zone libre d'armes nucléaires (Z.L.A.N.) proposé par le Groupe canadien du PUGWASH et celui de sa démilitarisation doivent être promus par l'ensemble du système onusien et examinés en profondeur dans le cadre d'un panel ou d’un forum d'experts de haut niveau. Ce qui est requis pour l'Arctique est ni plus ni moins ce qui a été réservé au continent Antarctique, soit un statut de protection le mettant à l'abri à tout jamais des convoitises des industries minières et énergétiques. Une mobilisation de toutes les forces de la société civile en ce sens sera nécessaire, car les pays qui revendiquent leur souveraineté dans cette région du monde se sont montrés déterminés à en prendre le contrôle et ce au détriment des bienfaits que cet écosystème rend à l'ensemble de l'humanité.

En effet, selon ZURBAINS.COM, « l’espoir de préserver le pôle Nord résiderait, selon les chercheurs, dans la capacité à parvenir de le doter d'un statut protecteur, comme pour l'Antarctique. Mais là où le pôle Sud (Antarctique) est un désert inhabité, l'Arctique compte 4 millions d'habitants et attise les convoitises des pays limitrophes... Pour parvenir à conquérir une portion de territoire, les États voisins s'appuient sur la Convention internationale sur le droit de la mer, qui autorise l'exploitation des ressources naturelles jusqu'à 200 milles sans dépasser les 350, à condition de prouver que cette extension est la prolongation de son plateau continental.

Tandis que les ténors de l’industrie des énergies fossiles s’évertuent à rendre homnage à l’énergie produite à partir du charbon, du pétrole et du gaz en invoquant les bienfaits qu’ils rendent à l’humanité la consommation de ces produits ne cesse d’augmenter au détriment de l’ensemble de l’environnement mondial. Il semble que l’on ne veut pas comprendre que le réchauffement global qu’ils entraînent exerce les répercussions des plus destructrices des zones de vie dans les pays les plus pauvres comme l’a très clairement démontré le Global Humanitarian Forum. En effet, selon les données d’un rapport de cet organisme lancé à la fin du mois de mai 2009, on calcule que plus de 325 millions de personnes les plus pauvres de la planète sont sérieusement affectées par les changements climatiques pour des coûts totaux de l’ordre de 125 milliards de dollars par année: « C’est plus que le montant actuel de l’aide de tous les pays industrialisés aux pays en développement.»

L’Arctique, nous l’avons déjà esquissé, appartient au patrimoine commun de l’humanité à l’instar de l’Antarctique. Il doit donc être traité en conséquence. Il doit faire l’objet d’une entente internationale sous le patronage de l’ONU pour sa conservation et le respect de son intégrité. Les ambitions de conquête des États limitrophes devraient être canalisées vers l’entreprise de la restauration et de la conservation des ressources renouvelables de cette région et ce en accord avec les priorités définies par les peuples du Nord. C’est l’un des défis que l’Organisation des Nations Unies doit relever. Avant de permettre la poursuite des travaux d’exploration des fonds sous-marins il faut absolument bien connaître les impacts potentiels des activités de production dans l’ensemble de la région. Il nous semble important que les pays limitrophes collaborent à ce travail essentiel. C’est là où prend tout le sens du moratoire réclamé par le Conseil des Canadiens en juin dernier. Pour cet organisme, « tant qu’un débat public n’aura pas permis de mieux cerner les enjeux de ces projets, le gouvernement fédéral doit mettre fin au processus d’appel de propositions en cours pour l’octroi des licences d’exploration en mer » (Francoeur, L.-G., 2010).

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=21111

Références

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http://www.cyberpresse.ca/opinions/201009/15/01-4315950-demandes-energetiques-des-tendances-lourdes.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_B9_place-publique_1242600_accueil_POS2

ARTHUS-BERTRAND, Yann. 2009. HOME. Déchiffrer. S’informer. Débattre. Comprendre. Agir. Paris, Mame. 2009. 190 pages.

BEAUREGARD-TELLIER, Frédéric. 2008. L’Arctique: Les hydrocarbures. Ottawa, Liste des Publications. Bibliothèque du Parlement – Service d’information et de recherche parlementaires. Le 24 octobre 2008. En ligne: http://www2.parl.gc.ca/Content/LOP/ResearchPublications/prb0807-f.htm

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CLARK, Douglas, Matina, Tyrrell, Martha Dowsley, A. Lee Foote, Milton Freeman et Susan G. Clark. 2008. Ours polaires, changement climatique et dignité humaine: Démêler les politiques et tenter d’appliquer des politiques de préservation intégratrices. Commission canadienne des afffaires polaires. Méridien. Automne-hiver 2008, pp. 1-6.

DUFOUR, Jules. 2007. L'Arctique, un espace convoité : la militarisation du Nord canadien. Géopolitique et militarisation du grand Nord canadien (Première partie). Montréal, Centre de recherche sur la mondialisation. Le 26 juillet 2007.

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DUFOUR, Jules. 2007. L'Arctique, militarisation ou coopération pour le développement ? Géopolitique et militarisation du grand Nord canadien (Deuxième partie). Montréal, Centre de recherche sur la mondialisation. Le 31 juillet 2007.

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DUFOUR, Jules. 2008. 20 ans après Brundtland: Un bilan alarmant de l’état de santé de l’environnement mondial. Montréal, Centre de recherche sur la mondialisation (CRM). Le 2 janvier 2008. En ligne: http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=7696

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DUFOUR, Jules. 2010. Canada: Plan national de militarisation de l’Arctique et de ses ressources stratégiques.. Montréal, Centre de recherche sur la mondialisation (CRM). Le 7 septembre 2010. En ligne: http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=20943

FJELLHEIM, Rune S. et John. B. Henriksen. 2006. Oil and Gas Exploitation on Arctic  Indigenous Peoples’ Territories Human Rights, International Law and Corporate Social Responsibility. GALDU CALA. Journal of indigenous Peoples Rights No. 4/2006. 52 pages. En ligne: http://www.galdu.org/govat/doc/oilengelsk2.pdf  

FRANCOEUR, Louis-Gilles. 2010. Hydrocarbures – Un moratoire est réclamé sur l’exploration dans l’Arctique. Journal Le Devoir, le 10 juin 2010.

GLOBAL HUMANITARIAN FORUM. 2009. Climate Change. The Anatomy of A Silent Crisis. Humanitarian Impact Report. Genève. Mai 2009. 125 pages.

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RIANOVOSTI. 2010. La science et les technologies russes au jour le jour. Le 10 juin 2010. En ligne: http://fr.rian.ru/science/20100610/186878150.html

ROBERTSON, Jessica. 2008. 90 Billion Barrels of Oil and 1,670 Trillion Cubic Feet of Natural Gas Assessed in the Arctic. U.S. Geological Survey (USGS), le 23 juillet 2008.

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SHIELDS, Alexandre. 2010. L’avenir est dans le gaz, selon Shell. Le patron de la pétrolière plaide en faveur de la diversité des sources pour ne pas «condamner des milliards de personnes à la pauvreté énrgétique». Montréal, Journal Le Devoir, le 11 septembre 2010, p. B1é

THÉRIAULT, Normand. 2010. 21e Congrès mondial de l’énergie. Montréal, Journal Le Devoir, les 11 et 12 septembre 2010. Pages I1 à I6.  

US GEOLOGICAL SURVEY. 2008. 90 billion Barrels of Oil and 1,670 Trillion Cubic Feet of Natural Gas Assessment in the Arctic. Communiqué. Le 23 juillet 2008.
En ligne: http://www.usgs.gov/corecast/details.asp?ID=87

ZURBAINS.COM. 2009. Les hydrocarbures de l'Arctique, au coeur des convoitises. Les pays voisins sont prêts à acquérir une part du territoire. Le 4 juin 2009.
En ligne: http://www.zurbains.com/hydrocarbures-arctique-coeur-convoitises_679D548C3D7ABB.html 

 

Sites Internet

COME4NEWS. Dégel de l’Arctique et ses multiples…”conséquences”: http://www.come4news.com/degel-de-larctique,-et-ses-multiples-consequences-708866

Document d'information - Projet gazier Mackenzie: http://www.ainc-inac.gc.ca/ai/mr/is/mgp-fra.asp

Human Impacts on Antarctica and Threats to the Environment

- Mining and Oil: http://www.coolantarctica.com/Antarctica%20fact%20file/science/threats_mining_oil.htm

La Planète blanche: http://www.tagtele.com/videos/voir/41888

Mackenzie Valley Pipeline: http://www.polarwarming.ca/images/Mackenzie%20Valley%20Pipeline%20lg.gif

Mackenzie Valley Pipeline Inquiry. En ligne: http://en.wikipedia.org/wiki/Mackenzie_Valley_Pipeline_Inquiry#Recommendations  

The Berger Pipeline Inquiry : http://archives.cbc.ca/politics/rights_freedoms/topics/295/  

UNEP. GRID ARENDAL. Industrial development in the Arctic:
http://maps.grida.no/go/graphic/industrial-development-in-the-arctic

Worldometers - statistiques mondiales en temps réel: http://www.worldometers.info/fr/

Jules Dufour, Ph.D., est président de l'Association canadienne pour les Nations Unies (ACNU) /Section Saguenay-Lac-Saint-Jean, professeur émérite à l'Université du Québec à Chicoutimi,   membre du cercle universel des Ambassadeurs de la Paix, membre chevalier de l'Ordre national du Québec.

 

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=21111

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23 septembre 2010 4 23 /09 /septembre /2010 03:41

1948 -2008 60e anniversaire de la Déclaration des droits de l'homme

Eleanor Roosevelt

Le 10 décembre 1948, les 58 Etats Membres qui constituaient alors l’Assemblée générale ont adopté la Déclaration universelle des droits de l’homme à Paris au Palais de Chaillot (résolution 217 A (III)).
Pour commémorer son adoption, la Journée des droits de l'homme est célébrée chaque année le 10 décembre.

Photo: Eleanor Roosevelt, Présidente de la Commission des droits de l’homme, regardant la Déclaration universelle des droits de l’homme en espagnol. 

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Préambule

Considérant que la reconnaissance de la dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine et de leurs droits égaux et inaliénables constitue le fondement de la liberté, de la justice et de la paix dans le monde.

Considérant que la méconnaissance et le mépris des droits de l'homme ont conduit à des actes de barbarie qui révoltent la conscience de l'humanité et que l'avènement d'un monde où les êtres humains seront libres de parler et de croire, libérés de la terreur et de la misère, a été proclamé comme la plus haute aspiration de l'homme.

Considérant qu'il est essentiel que les droits de l'homme soient protégés par un régime de droit pour que l'homme ne soit pas contraint, en suprême recours, à la révolte contre la tyrannie et l'oppression.

Considérant qu'il est essentiel d'encourager le développement de relations amicales entre nations.

Considérant que dans la Charte les peuples des Nations Unies ont proclamé à nouveau leur foi dans les droits fondamentaux de l'homme, dans la dignité et la valeur de la personne humaine, dans l'égalité des droits des hommes et des femmes, et qu'ils se sont déclarés résolus à favoriser le progrès social et à instaurer de meilleures conditions de vie dans une liberté plus grande.

Considérant que les Etats Membres se sont engagés à assurer, en coopération avec l'Organisation des Nations Unies, le respect universel et effectif des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Considérant qu'une conception commune de ces droits et libertés est de la plus haute importance pour remplir pleinement cet engagement.

L'Assemblée Générale proclame la présente Déclaration universelle des droits de l'homme comme l'idéal commun à atteindre par tous les peuples et toutes les nations afin que tous les individus et tous les organes de la société, ayant cette Déclaration constamment à l'esprit, s'efforcent, par l'enseignement et l'éducation, de développer le respect de ces droits et libertés et d'en assurer, par des mesures progressives d'ordre national et international, la reconnaissance et l'application universelles et effectives, tant parmi les populations des Etats Membres eux-mêmes que parmi celles des territoires placés sous leur juridiction.

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Article premier

Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité.

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Article 2

1.Chacun peut se prévaloir de tous les droits et de toutes les libertés proclamés dans la présente Déclaration, sans distinction aucune, notamment de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d'opinion politique ou de toute autre opinion, d'origine nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre situation.
2.De plus, il ne sera fait aucune distinction fondée sur le statut politique, juridique ou international du pays ou du territoire dont une personne est ressortissante, que ce pays ou territoire soit indépendant, sous tutelle, non autonome ou soumis à une limitation quelconque de souveraineté.

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Article 3

Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne.

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Article 4

Nul ne sera tenu en esclavage ni en servitude; l'esclavage et la traite des esclaves sont interdits sous toutes leurs formes.

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Article 5

Nul ne sera soumis à la torture, ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.

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Article 6

Chacun a le droit à la reconnaissance en tous lieux de sa personnalité juridique.

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Article 7

Tous sont égaux devant la loi et ont droit sans distinction à une égale protection de la loi. Tous ont droit à une protection égale contre toute discrimination qui violerait la présente Déclaration et contre toute provocation à une telle discrimination.

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Article 8

Toute personne a droit à un recours effectif devant les juridictions nationales compétentes contre les actes violant les droits fondamentaux qui lui sont reconnus par la constitution ou par la loi.

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Article 9

Nul ne peut être arbitrairement arrêté, détenu ou exilé.

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Article 10

Toute personne a droit, en pleine égalité, à ce que sa cause soit entendue équitablement et publiquement par un tribunal indépendant et impartial, qui décidera, soit de ses droits et obligations, soit du bien-fondé de toute accusation en matière pénale dirigée contre elle.

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Article 11

1. Toute personne accusée d'un acte délictueux est présumée innocente jusqu'à ce que sa culpabilité ait été légalement établie au cours d'un procès public où toutes les garanties nécessaires à sa défense lui auront été assurées.
2. Nul ne sera condamné pour des actions ou omissions qui, au moment où elles ont été commises, ne constituaient pas un acte délictueux d'après le droit national ou international. De même, il ne sera infligé aucune peine plus forte que celle qui était applicable au moment où l'acte délictueux a été commis.

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Article 12

Nul ne sera l'objet d'immixtions arbitraires dans sa vie privée, sa famille, son domicile ou sa correspondance, ni d'atteintes à son honneur et à sa réputation. Toute personne a droit à la protection de la loi contre de telles immixtions ou de telles atteintes.

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Article 13

1. Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l'intérieur d'un Etat.
2. Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays.

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Article 14

1. Devant la persécution, toute personne a le droit de chercher asile et de bénéficier de l'asile en d'autres pays.
2. Ce droit ne peut être invoqué dans le cas de poursuites réellement fondées sur un crime de droit commun ou sur des agissements contraires aux buts et aux principes des Nations Unies.

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Article 15

1. Tout individu a droit à une nationalité.
2. Nul ne peut être arbitrairement privé de sa nationalité, ni du droit de changer de nationalité.

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Article 16

1. A partir de l'âge nubile, l'homme et la femme, sans aucune restriction quant à la race, la nationalité ou la religion, ont le droit de se marier et de fonder une famille. Ils ont des droits égaux au regard du mariage, durant le mariage et lors de sa dissolution.
2. Le mariage ne peut être conclu qu'avec le libre et plein consentement des futurs époux.
3. La famille est l'élément naturel et fondamental de la société et a droit à la protection de la société et de l'Etat.

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Article 17

1. Toute personne, aussi bien seule qu'en collectivité, a droit à la propriété.
2. Nul ne peut être arbitrairement privé de sa propriété.

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Article 18

Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction seule ou en commun, tant en public qu'en privé, par l'enseignement, les pratiques, le culte et l'accomplissement des rites.

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Article 19

Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

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Article 20

1. Toute personne a droit à la liberté de réunion et d'association pacifiques.
2. Nul ne peut être obligé de faire partie d'une association.

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Article 21

1. Toute personne a le droit de prendre part à la direction des affaires publiques de son pays, soit directement, soit par l'intermédiaire de représentants librement choisis.
2. Toute personne a droit à accéder, dans des conditions d'égalité, aux fonctions publiques de son pays.
3. La volonté du peuple est le fondement de l'autorité des pouvoirs publics ; cette volonté doit s'exprimer par des élections honnêtes qui doivent avoir lieu périodiquement, au suffrage universel égal et au vote secret ou suivant une procédure équivalente assurant la liberté du vote.

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Article 22

Toute personne, en tant que membre de la société, a droit à la sécurité sociale ; elle est fondée à obtenir la satisfaction des droits économiques, sociaux et culturels indispensables à sa dignité et au libre développement de sa personnalité, grâce à l'effort national et à la coopération internationale, compte tenu de l'organisation et des ressources de chaque pays.

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Article 23

1. Toute personne a droit au travail, au libre choix de son travail, à des conditions équitables et satisfaisantes de travail et à la protection contre le chômage.
2. Tous ont droit, sans aucune discrimination, à un salaire égal pour un travail égal.
3. Quiconque travaille a droit à une rémunération équitable et satisfaisante lui assurant ainsi qu'à sa famille une existence conforme à la dignité humaine et complétée, s'il y a lieu, par tous autres moyens de protection sociale.
4. Toute personne a le droit de fonder avec d'autres des syndicats et de s'affilier à des syndicats pour la défense de ses intérêts.

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Article 24

Toute personne a droit au repos et aux loisirs et notamment à une limitation raisonnable de la durée du travail et à des congés payés périodiques.

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Article 25

1. Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l'alimentation, l'habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaires ; elle a droit à la sécurité en cas de chômage, de maladie, d'invalidité, de veuvage, de vieillesse ou dans les autres cas de perte de ses moyens de subsistance par suite de circonstances indépendantes de sa volonté.
2. La maternité et l'enfance ont droit à une aide et à une assistance spéciales. Tous les enfants, qu'ils soient nés dans le mariage ou hors mariage, jouissent de la même protection sociale.

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Article 26

1. Toute personne a droit à l'éducation. L'éducation doit être gratuite, au moins en ce qui concerne l'enseignement élémentaire et fondamental. L'enseignement élémentaire est obligatoire. L'enseignement technique et professionnel doit être généralisé ; l'accès aux études supérieures doit être ouvert en pleine égalité à tous en fonction de leur mérite.
2. L'éducation doit viser au plein épanouissement de la personnalité humaine et au renforcement du respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Elle doit favoriser la compréhension, la tolérance et l'amitié entre toutes les nations et tous les groupes raciaux ou religieux, ainsi que le développement des activités des Nations Unies pour le maintien de la paix.
3. Les parents ont, par priorité, le droit de choisir le genre d'éducation à donner à leurs enfants.

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Article 27

1. Toute personne a le droit de prendre part librement à la vie culturelle de la communauté, de jouir des arts et de participer au progrès scientifique et aux bienfaits qui en résultent.
2. Chacun a droit à la protection des intérêts moraux et matériels découlant de toute production scientifique, littéraire ou artistique dont il est l'auteur.

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Article 28

Toute personne a droit à ce que règne, sur le plan social et sur le plan international, un ordre tel que les droits et libertés énoncés dans la présente Déclaration puissent y trouver plein effet.

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Article 29

1. L'individu a des devoirs envers la communauté dans laquelle seule le libre et plein développement de sa personnalité est possible.
2. Dans l'exercice de ses droits et dans la jouissance de ses libertés, chacun n'est soumis qu'aux limitations établies par la loi exclusivement en vue d'assurer la reconnaissance et le respect des droits et libertés d'autrui et afin de satisfaire aux justes exigences de la morale, de l'ordre public et du bien-être général dans une société démocratique.
3. Ces droits et libertés ne pourront, en aucun cas, s'exercer contrairement aux buts et aux principes des Nations Unies.

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Article 30

Aucune disposition de la présente Déclaration ne peut être interprétée comme impliquant pour un Etat, un groupement ou un individu un droit quelconque de se livrer à une activité ou d'accomplir un acte visant à la destruction des droits et libertés qui y sont énoncés.

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23 septembre 2010 4 23 /09 /septembre /2010 01:28

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Les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) sont huit objectifs[1] que les États membres de l'ONU ont convenu d'atteindre d'ici à 2015. La déclaration fut signée en septembre 2000.

 

Les objectifs sont:

Sommaire

[masquer]

Objectif 1 : réduire l'extrême pauvreté et la faim [modifier]

Chacun des Objectifs du Millénaire pour le Développement se décompose en plusieurs cibles. Le premier objectif repose sur trois cibles.

  • La première cible

Elle consiste à réduire de moitié, entre 1990 et 2015, la part des individus vivant avec moins d'un dollar par jour. La Banque mondiale estime qu'en 2005, 1,4 milliard d'individus vivaient dans une pauvreté extrême. La crise alimentaire, conséquence de la hausse du prix des matières premières (dont agricoles) pousse environ 100 millions de personnes en plus dans une situation d'extrême pauvreté. Si cet objectif semble à portée, c'est principalement en raison de la croissance économique de l'Asie, alors que la zone de l'Afrique sub-saharienne semble stagner [1].

  • La seconde cible

Fournir un emploi décent et productif à tous, femmes et jeunes inclus. Ces dix dernières années, la productivité dans les pays d'Asie et de la CEI a été multipliée par quatre, contribuant à faire baisser le nombre de travailleurs pauvres. En revanche, l'Afrique sub-saharienne reste en retard sur cet objectif, avec plus de 50% de travailleurs vivant avec moins d'un dollar par jour [2].

  • La troisième cible

Réduire de moitié entre 1990 et 2015 la part des individus souffrant de la faim (malnutrition, sous-nutrition). La hausse des prix des matières premières, mais également les changements dans les régimes alimentaires, l'urbanisation, l'utilisation des parcelles pour la production de biocarburants ou encore le problème des subventions aux agricultures développées, rendent cette cible difficile à atteindre. L'Asie du Sud et l'Afrique sub-saharienne sont les zones les plus touchées par la sous-nutrition infantile.

Objectif 2 : assurer l'éducation primaire pour tous [modifier]

Le deuxième objectif vise à ce que tous les enfants, garçons et filles, partout dans le monde, puissent bénéficier d'ici 2015 d'un cycle complet d’études primaires.

En 2006, 570 millions d'enfants étaient scolarisés, ce qui laisse 73 millions d'enfants en âge de l'être hors de l'école. 88% des enfants des pays en voie de développement sont scolarisés, ce qui laisse penser que l'objectif est atteignable d'ici 2015. En Afrique sub-saharienne, le taux de scolarisation des enfants atteignaient 125% en 2006, et en Asie du Sud, 9. L'expérience prouve que la scolarisation baisse sensiblement quand les frais d'inscription sont augmentés (cas de nombreux États de l'Afrique) [3].

Objectif 3 : promouvoir l'égalité des genres et l'autonomisation des femmes [modifier]

L'objectif est d'éliminer les disparités entre les sexes, notamment dans l'éducation primaire et secondaire, d'ici 2005, et à tous les niveaux de l'éducation d'ici 2015, sachant qu'en moyenne, dans les pays en voie de développement, 94 filles sont scolarisées pour 100 garçons, et que dans 2 pays sur 3, l'égalité des genres à l'école est atteinte. Ce sont les zones rurales et pauvres dans lesquelles il y a un dernier effort à fournir. Reste que l'objectif de l'autonomisation des femmes reste distant, dans les pays en voie de développement comme dans les pays industrialisés. Dans les premiers, seuls 39% des emplois non-agricoles sont pourvus par des femmes, et dans les seconds, seulement 46% [4].

Objectif 4 : réduire la mortalité infantile [modifier]

L'objectif 4 est de réduire la mortalité infantile. Entre 1990 et 2006, la mortalité infantile au niveau mondial a chuté de 93 à 72 décès pour 1000 naissances. Un enfant né dans un pays en développement a 13 fois plus de risques de mourir dans ses 5 premières années de vie qu'un enfant né dans un pays industrialisé. Pour la première fois en 2006, le nombre de décès chez les enfants de moins de 5 ans est passé sous la barre symbolique des 10 millions. Cependant, 27 pays n'ont fait aucun progrès en la matière depuis 1990 [5]. Les causes principales de mortalité infantiles sont la pneumonie, les diarrhées, la malaria et la rougeole, des maladies que l'on peut traiter facilement avec les outils appropriés (notamment par la réhydratation et les traitements anti-moustiques). La mortalité infantile est également liée au niveau d'éducation des mères.

Objectif 5 : améliorer la santé maternelle [modifier]

En 2005, une femme mourait chaque minute de complications liées à la gestation et à la naissance, soit plus de 500 000 décès par an, dont 99% dans des pays en voie de développement. En Afrique sub-saharienne, 1 femme sur 22 risque de connaître ces complications, contre 1 sur 7 300 dans les pays développés. Les extrêmes vont de 1 cas de complication sur 7 au Niger contre 1 pour 17 400 en Suède. Chaque année, 1 million d'enfants deviennent ainsi orphelins de mère, ce qui multiplie par 10 leur risque de mourir prématurément [6].

L'objectif 5 est donc de réduire la mortalité maternelle de trois-quarts entre 1990 et 2015.

  • Cible 1

Réduire de trois-quart la mortalité maternelle. Au niveau mondiale, la mortalité maternelle n'a baissé que de 1% par an entre 1990 et 2005, loin des 5,5% par an nécessaires pour remplir cet objectif du millénaire. Cette moyenne cache des disparités : l'Asie du Sud, l'Océanie, l'Asie du Sud-Est et l'Afrique du Nord ont fait des progrès notables, alors que la mortalité maternelle en Afrique sub-saharienne n'a quasiment pas baissé en 15 ans [7]. La clé du succès sur cet objectif réside dans la présence de personnel qualifié (médecin, infirmière ou sage-femme) au moment de l'accouchement. Les visites médicales pré-natales sont également un facteur de réduction de la mortalité maternelle, cette couverture médicale a progressé. La part de femmes ayant eu une visite médicale pré-natale dans les pays en développement est passée de 50% en 1990 à presque 75% en 2000. L'organisation mondiale de la santé (OMS) et l'UNICEF préconisent un minimum de 4 visites médicales pré-natales.

  • Cible 2

L'accès universel à la santé reproductive. Il s'agit d'offrir aux populations une éducation à la santé reproductive capable d'enrayer le phénomène des grossesses précoces, qui entraînent souvent des complications pour la santé de la mère et de l'enfant. Le taux de naissance chez les femmes de 15 à 19 ans a connu une baisse de 1990 à 2000 puis a stagné depuis. Enfin, l'absence d'offre d'un service de planning familial limite l'accès des populations aux contraceptifs qui leur permettraient de retarder l'âge de maternité.

Objectif 6 : combattre le VIH/SIDA, la malaria et les autres maladies [modifier]

Chaque jour, près de 7 500 personnes sont contaminés par le VIH et 5 500 meurent du SIDA. En 2007, 33 millions de personnes vivaient avec le VIH/SIDA, un chiffre en hausse depuis 2001, et qui concernent avant tout l'Afrique sub-saharienne. La malaria tue plus d'un million de personnes par an, dont 80% sont des enfants de moins de 10 ans vivant en Afrique du Sud. On recense toujours entre 23 et 25 personnes faisant la grève dans ce pays chaque année dans le monde. [8].

  • Cible 1

Endiguer voire faire reculer la pandémie du VIH et du SIDA. Si les traitements anti-rétroviraux ont réussi à faire baisser le nombre de nouveaux contaminés par le VIH et à faire réduire le nombre de décès dus au SIDA, la durée de vie prolongée des personnes infectées par le HIV fait que le nombre total de contaminés a augmenté, de 29,5 millions en 2001 à 33 millions en 2007. On remarque également qu'en proportion, de plus en plus de femmes sont porteuses du virus.

  • Cible 2

Rendre accessible à tous d'ici 2010 les traitements disponibles contre le VIH et le SIDA. Les anti-rétroviraux ont allongé l'espérance de vie des malades, mais il existe toujours un fossé entre le nombre de personnes en attente de ce type de traitement et le nombre de traitements disponibles. ainsi en Amérique Latine, 62% des personnes contaminées ont accès aux anti-rétroviraux, en Afrique sub-saharienne 30% et dans la Communauté des États indépendants (CEI), seulement 14%.

  • Cible 3

Endiguer voire faire reculer l'incidence de la malaria et des principales autres maladies. Des efforts considérables ont été fait en ce qui concerne l'utilisation de moustiquaires de lit traités à l'insecticide anti-malaria (véhiculée par les moustiques). Au Togo par exemple, la proportion d'enfants dormant sous ce type de moustiquaire est passée de 2% en 2000 à 38% en 2006. Si la prévention semble donc progresser, les traitements contre la maladie restent trop peu nombreux, et pour les meilleurs (artemisinine), trop chers et trop peu utilisés. La tuberculose, autre maladie visée par les Objectifs du Millénaire pour le Développement, continue de tuer 1,7 millions de personnes par an et d'en infecter 14,4 millions (2006), un chiffre dont la hausse s'explique mécaniquement par la hausse de la population. L'objectif de réduire de moitié le taux de prévalence de la tuberculose en 2015 semble s'éloigner : certaines zones (Afrique sub-saharienne) sont largement dépassées par le phénomène, et d'autres (Océanie, Asie du Sud, Asie du Sud-Est) connaissent toujours des taux de prévalence extrêmement haut (entre 264 pour 100 000 habitants en Asie de l'Est et jusqu'à 521 pour 100 000 en Afrique sub-saharienne) [9].

Objectif 7 : assurer un environnement humain durable [modifier]

Le septième objectif consiste à assurer un environnement durable : il repose sur 4 cibles.

  • Cible 1

La première cible consiste à intégrer les principes du développement durable dans les politiques et les programmes nationaux et inverser la tendance actuelle à la déperdition des ressources naturelles.

  • Cible 2

La deuxième cible vise à réduire de moitié le pourcentage de la population qui n'a pas accès de façon durable à un approvisionnement en eau de boisson salubre et à des services d'assainissement de base.

  • Cible 3

La troisième cible consiste à réduire la perte de biodiversité et atteindre d'ici 2010 une diminution importante du taux de perte.

  • Cible 4

La quatrième cible est de parvenir à améliorer sensiblement, d'ici 2020, la vie d'au moins 100 millions d'habitants de taudis.

Objectif 8 : construire un partenariat mondial pour le développement [modifier]

L'aide publique au développement continue de baisser, de son record de 107,1 milliards de dollars en 2005 à 103,7 milliards en 2007, or il faudrait que chaque année, 18 milliards de dollars supplémentaires soient accordés par les pays développés pour atteindre l'objectif du doublement de l'aide décidé par le G8 en 2005. Ceci étant dit, l'allègement de la dette des pays en voie de développement leur a permis d'allouer plus de ressources à la lutte contre la pauvreté [10].

  • Cible 1

Répondre aux besoins spécifiques des pays les moins avancés, des pays enclavés et des îles les plus petites en développement. L'aide publique au développement demeure largement en dessous des 0,7% du PIB décidés par les membres de l'OCDE. Les pays les moins avancés reçoivent un tiers de l'aide totale.

  • Cible 2

Développer rapidement un système commercial et financier plus ouvert, respectueux du droit, prévisible et non-discriminatoire. Peu de progrès ont été faits dans l'abolition des barrières douanières pour les produits en provenance des pays en voie de développement vers les pays développés. D'autre part, le montant des subventions aux agricultures des pays développés nuit particulièrement à l'aide publique au développement. En 2006, ces subventions ont atteint 372 milliards de dollars contre 104 milliards pour l'aide publique au développement.

  • Cible 3

Rééchelonner la dette des pays pauvres. En 2008, 33 des 41 pays susceptibles d'obtenir un allègement de leur dette extérieure ont rempli les conditions de l'initiative pays pauvres très endettés (PPTE). 23 de ces pays ont rempli les objectifs de cette initiative et ont été exemptés du remboursement de 48,2 milliards de dollars. Combiné avec la hausse des revenus de leurs exportations, cet allègement leur permet désormais de terminer le remboursement d'une dette très diminuée.

  • Cible 4

Rendre accessible et à un coût raisonnable les principaux médicaments dans les pays en voie de développement (en coopération avec l'industrie pharmaceutique). Les politiques nationales de santé publique dans les pays développés pâtissent du faible volume de médicament offerts ou vendus à prix cassés par les multinationales du secteur pharmaceutiques. La cible 4 vise donc à remédier à cet état, en privilégiant notamment l'instauration d'un système de médicaments génériques de substitution lorsque c'est possible.

  • Cible 5

Partager les retombées du développement des NTIC avec les pays en développement. Le nombre d'abonnés à un téléphone fixe ou mobile a littéralement bondi, de 530 millions en 1990 à plus de 4 milliards fin 2006, dont 2,7 milliards pour la téléphonie mobile. C'est une occasion unique de combler le fossé technologique entre pays pauvres et pays riches, le téléphone portable étant souvent cité comme l'un des principaux instruments de développement économique des pays en voie de développement. L'accès à Internet permettra également de remplir plusieurs des Objectifs du Millénaire, notamment ceux liés à l'éducation des enfants et à la santé publique.

Notes [modifier]

Articles connexes [modifier]

  • Huit fois oui
  • 8, un film de fiction réunissant 8 courts métrages sur les OMD.

Liens externes [modifier]

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Objectifs_du_mill%C3%A9naire_pour_le_d%C3%A9veloppement

 

 

 

PÉTITION : INTERPELLEZ N. SARKOZY POUR LE RAPPELER
À SES ENGAGEMENTS EN MATIÈRE DE LUTTE CONTRE LA PAUVRETÉ !
cet appel a, semble-t-il été entendu puisqu'afin d’atteindre les objectifs du millénaire pour le développement, Nicolas Sarkozy a appelé lundi à taxer les transactions financières comme nous le demandions avant l'été dans la cyber @ction 358

Intervention d’Eric Toussaint aux Nations unies sur les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD)

Intervention d’Eric Toussaint aux Nations unies sur les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD)
Cette conférence a été prononcée devant une session spéciale de l’Assemblée générale des Nations Unies à New York le 15 septembre 2010  |1|.
I. En dépit du fait que les objectifs du millénaire soient démesurément modestes, ils ne seront même pas atteints. Au niveau mondial la réduction limitée du pourcentage de la population vivant avec moins de 1,25 dollars par jour résulte de l’évolution en Chine et en Inde |2| , pays qui n’ont pas appliqué le consensus de Washington. L’humanité a les possibilités matérielles de garantir à chaque être humain le respect des droits humains fondamentaux bien au-delà des modestes Objectifs du Millénaire. Il est évident que ce n’est pas un manque de ressources qui constitue le problème.
II. L’explication qui prévaut dans les documents produits par les institutions comme la Banque mondiale, le FMI, l’OCDE… n’est pas convaincante et sert à consolider des politiques qui sont à l’origine de la crise car elles ont fragilisé les pays en développement qui les ont acceptées.
Les recommandations ou impositions de ces institutions découlent de plusieurs dogmes :
Le premier est relatif au financement du développement par l’endettement. Cela conduit la grande majorité des pays en développement à adopter un comportement absurde. En effet, bien que les pays en développement, - principalement les exportateurs de matières premières et la Chine - détiennent l’immense majorité des réserves internationales (en dollars surtout) répertoriées de par le monde, ils continuent de s’endetter. Que font ils ? Ils achètent des bons du Trésor des Etats-Unis, c’est-à-dire qu’ils prêtent au gouvernement américain. Ils déposent ces bons du Trésor dans les coffres de leur banque centrale et émettent ensuite des titres de la dette publique à Wall Street ou sur leur marché interne. C’est totalement absurde : en effet, les bons du Trésor ont un rendement très faible alors que les bons que les pays en développement émettent qui sont en dollars rémunèrent les créanciers avec des taux beaucoup plus élevés |3|. Les dirigeants de ces pays feraient beaucoup mieux de ne pas s’endetter et d’utiliser leurs réserves pour des investissements productifs et des dépenses sociales pour améliorer les conditions de vie de leurs populations.
Le second dogme est celui du libre échange et de la libre circulation des capitaux, des biens et des services. Cette liberté de circulation ne s’applique pas dans les pays les plus industrialisés aux travailleurs et aux personnes en général ce qui est en contradiction complète avec la théorie libérale. En effet, il faut rappeler qu’Adam Smith, référence des néolibéraux, était lui, en faveur de la liberté de circulation et d’établissement des travailleurs.
Le troisième dogme complètement en contradiction avec la réalité est l’idée selon laquelle donner aux pauvres un meilleur accès au marché permet de mettre fin à la pauvreté alors que l’éradication de la pauvreté est du ressort de l’Etat par la mise en œuvre de changements structurels mettant fin à l’injustice sociale.
Le rôle néfaste des politiques macro-économiques connues comme le consensus de Washington a été mis en lumière à de nombreuses reprises au cours des 20 dernières années.
Un exemple : la crise alimentaire de 2007-2008
En 2007-2008, le nombre de personnes souffrant de la faim a augmenté de 140 millions. Cette augmentation a été le résultat d’une forte hausse des prix des denrées alimentaires |4|.
Dans beaucoup de pays en développement, cette augmentation du prix des aliments au détail a atteint 50%.
Pourquoi cette augmentation ? D’une part les pouvoirs publics du Nord ont augmenté leurs aides et leurs subventions aux agrocarburants (mal nommés biocarburants alors qu’ils n’ont rien de bio, rien d’ « écologique »). Il est ainsi devenu tout à coup rentable de remplacer des cultures destinées à l’alimentation humaine par des cultures de fourrage et d’oléagineux ou de détourner une partie de la récolte de grains (mais, blé…) vers la production d’agrocarburants. Il en a résulté une réduction de l’offre d’aliments sur le marché mondial et de ce fait une augmentation des prix au niveau mondial.
D’autre part, depuis l’éclatement de la bulle immobilière en 2007 aux Etats-Unis et par ricochet au reste du monde, la spéculation des grands investisseurs (fonds de pension, banques d’investissement, hedge funds…) s’est déplacée vers les marchés où se négocient les contrats des denrées alimentaires de base – en particulier 3 bourses américaines spécialisées dans le marché à terme de grains : Chicago, Kansas City et Minneapolis-.
Les pays en développement – du fait des politiques imposées par le FMI et la Banque mondiale depuis la crise de la dette qui les a privé de toute forme de protection indispensable – se sont trouvés particulièrement vulnérables. En effet, ces politiques ont conduit à la réduction des surfaces destinées aux cultures vivrières, à la spécialisation dans un ou deux produits d’exportation, à la disparition des systèmes de stabilisation des prix, à l’abandon de la production autosuffisante de céréales et à la réduction de leurs réserves, à l’affaiblissement des économies du fait d’une extrême dépendance des marchés mondiaux, d’une forte réduction des budgets sociaux, de la suppression des subventions aux produits de base, de l’ouverture des marchés qui aboutit à la mise en concurrence injuste des petits producteurs locaux avec les multinationales… Maîtres dans l’art du pillage, les institutions mises en cause reconnaissent certaines erreurs pour mieux rester au centre du jeu international. Alors qu’elles ont commis le crime d’imposer un modèle économique qui a délibérément privé les populations pauvres des protections indispensables et les a laissé à la merci des spéculateurs les plus sauvages un timide mea culpa dans un document semi confidentiel ne peut évidemment suffire.
Selon la FAO, la situation s’est améliorée en 2010 |5| mais il est clair que l’Objectif 1 des OMD ne sera pas atteint en 2015.
Après avoir rapidement analysé les causes de la crise alimentaire de 2007-2008, il est pertinent de citer Fantu Cheru, expert indépendant de la Commission des droits humains des Nations unies à Genève qui déjà en 1999 écrivait :
« L’ajustement structurel va au-delà de la simple imposition d’une série de politiques macro-économiques au niveau national. Il s’agit d’un projet politique, une stratégie de transformation consciente de transformation sociale au niveau mondial pour façonner le monde selon les desideratas des entreprises transnationales. Les programme d’ajustement structurel servent donc de « courroies de transmission » pour faciliter le processus de mondialisation par la libéralisation et la déréglementation et en réduisant la fonction de l’Etat dans le développement national |6|. »
III. Il ne faut pas croire que ces politiques ont été abandonnées. Même si la Banque mondiale et le FMI affirment qu’elles ont remplacé les recettes du consensus de Washington par d’autres politiques, les faits démentent ces affirmations. Tant ces institutions que l’OCDE continuent les mêmes recommandations qui sont bien souvent des impositions. Ca a été y compris le cas en Haïti |7| ou au Pakistan |8| en 2010, pays dont les citoyens ont été très durement affectés par des catastrophes naturelles. Le FMI continue également d’appuyer des dictatures : en septembre 2010 il a décidé d’octroyer un crédit de 192 millions de dollars au régime dictatorial du Honduras.
IV. La crise économico-financière internationale de 2007 est-elle derrière nous ? Il y a trois facteurs qui allègent le poids de la crise pour les Pays en développement. Ces trois facteurs qui peuvent se dégrader rapidement sont : 1. les prix élevés des matières premières (d’où découle le haut niveau des réserves internationales) ; 2. de bas taux d’intérêt et des primes de risque pays également basses ; 3. des flux de capitaux vers les bourses des pays émergents.
Lorsque les banques centrales des principaux pays industrialisés (Réserve fédérale des Etats-Unis, Banque centrale européenne, Banque d’Angleterre, Banque du Japon) décideront d’augmenter les taux d’intérêt, cela fera brutalement augmenter le coût de refinancement de la dette externe des pays en développement et les prix des matières premières pourraient chuter car le prix est aujourd’hui dépendant de l’immense liquidité monétaire internationale et de la spéculation. De plus, si l’économie chinoise entre en crise, cela pourrait également produire une chute des prix des matières premières.
V. Il est nécessaire de revenir aux recommandations contenues dans la Déclaration sur le droit au développement adoptée par l’Assemblée générale le 4 décembre 1986 dans sa résolution 41/128. Il est nécessaire d’agir tant au niveau de la Communauté internationale que chaque Etat souverain (qui peut prendre des mesures unilatérales basées sur le droit international). L’article 1 de la Déclaration des Nations unies sur le droit au développement stipule ce qui suit : 1.2. « Le droit humain au développement implique également la pleine réalisation du droit des peuples à l’auto-détermination qui inclut selon les dispositions relatives aux deux Pactes internationaux sur les droits humains, l’exercice de leur droit inaliénable à la pleine souveraineté sur toutes leurs richesses et ressources naturelles ». L’article 8 précise « Il faut réaliser les réformes économiques et sociales adéquates afin d’éradiquer toutes les injustices sociales ».
VI. Recommandations ou alternatives concrètes qui peuvent être mises en place soit par la communauté internationale soit par les Etats souverains.
-  Les taxes globales : un exemple de celles-ci serait la taxe de type Tobin (sur les transactions financières).
-  Augmenter l’aide au développement pour atteindre 0,7% du PIB des pays les plus industrialisés (en 2010, les pays de l’OCDE y dédie 0,35% soit la moitié de leur engagement ; il s’agit de plus d’un chiffre très surévalué) et la convertir en un fonds de réparation pour les dommages causés aux peuples du Sud pendant les 5 derniers siècles de pillage et de domination de la part des puissances du Nord.
-  Adopter une nouvelle discipline financière en interdisant les transactions avec les paradis fiscaux.
-  Appliquer dans chaque pays une réforme fiscale redistributive.
-  Rendre aux peuples du Sud les biens mal acquis par les élites dominantes de ces pays qui les ont placés dans les pays du Nord et les paradis fiscaux.
-  Réduire drastiquement les dépenses d’armement et investir les sommes épargnées dans des politiques sociales.
-  Réaliser des audits de la dette publique pour déterminer la partie illégitime et l’annuler ou la répudier. La Norvège a en 2006 annulé unilatéralement la dette de 5 pays du Sud ( Equateur, Pérou, Jamaïque, Egypte et Sierra Leone). La Norvège a considéré que les crédits octroyés n’ont pas servi au développement de ces 5 pays, elle a reconnu qu’ils ont été octroyés en réalité pour aider l’industrie norvégienne de construction et d’exportation de bateaux. L’Equateur a 2007 institué une commission d’audit intégral sur la dette publique interne et externe (dont j’ai fait partie) qui a travaillé de juillet 2007 à septembre 2008. Sur base des conclusions de l’audit, l’Equateur a décidé de suspendre unilatéralement le paiement de 3,2 milliards de dollars de dette sous forme de bons et a ainsi pu économiser plus de 2 milliards de dollars.
-  Se doter de nouvelles institutions au niveau régional : l’exemple de la Banque du Sud
-  Il est de plus nécessaire de remplacer les institutions comme la Banque mondiale et le FMI par des institutions véritablement démocratiques respectant la Charte des Nations unies et tous les pactes et traités internationaux relatifs aux droits humains.
-  Récupérer le contrôle sur les ressources naturelles
-  Réaliser une réforme agraire en distribuant les terres à celles et ceux qui les travaillent et en garantissant la souveraineté alimentaire.
La crise climatique en cours affecte et affectera tous les peuples mais spécialement ceux du Sud de la planète. Il faut s’inspirer des conclusions du sommet des peuples sur le changement climatique qui s’est tenu à Cochabamba en avril 2010 à l’initiative du gouvernement bolivien.
Oui il est possible d’éradiquer la pauvreté et l’injustice mais à l’intérieur d’un nouvel ordre international et avec un autre modèle de développement respectueux de la nature.
New York, le 15 septembre 2010

Notes

|1| Voir http://www.un.org/webcast/2010.htlm, 15 september 10, Special Event : Interactive debate on Democracy and the Millennium Development Goals. [Webcast : Archived Video - English : 2 hours and 31 minutes] [Webcast : Archived Video - Original Language : 2 hours and 31 minutes ] La présentation d’Eric Toussaint commence a 1h34 du début de la session jusqu’à 2h01. Voici en anglais le programme complet de cette spéciale de l’assemblée générale de l’ONU : • Introductory statement by the President of the General Assembly, Mr. Joseph Deiss. •Introductory statement by the Secretary General of the United Nations, Mr. Ban Ki Moon. • Introductory statement by the Chairman of the International Conference of New or Restored Democracies, Ambassador Jorge Valero, Permanent Representative of the Bolivarian Republic of Venezuela to the United Nations. •Statement by the Associate Administrator of the United Nations Development Program (UNDP), Ms. Rebeca Grynspan. • Statement by the Permanent Observer of the Inter-parliamentary Union, Ambassador Anda Filip. •Presentation by Dr. Juan Carlos Monedero, Director of the Latin American School of Government, Public Policy and Citizenship (Complutense University of Madrid). •Presentation by Dr. Eric Toussaint, founder of the World Social Forum and President of the Committee for the Abolition of Third World Debt. •Questions, answers and statements. •Summary statement by Mr. Luis Bonilla Molina, President of the Miranda International Center, Caracas, Venezuela
|2| La Chine et l’Inde ne sont pas des modèles. Voir Eric Toussaint « L’envers des miracles chinois et indien » http://www.cadtm.org/L-envers-des-m... et aussi Damien Millet et Eric Toussaint « La Banque mondiale découvre d’un coup 400 millions de pauvres en plus » http://www.cadtm.org/La-Banque-mond...
|3| Pour plus d’infos voir Eric Toussaint http://www.cadtm.org/Banque-du-Sud-... en particulier le point 2.C. Voir aussi « Il faut une Banque du Sud » http://www.cadtm.org/Il-faut-une-Ba...
|4| Voir Damien Millet et Eric Toussaint « Retour sur les causes de la crise alimentaire » http://www.cadtm.org/Retour-sur-les... et Eric Toussaint http://www.cadtm.org/Une-fois-encor...
|5| http://www.fao.org/docrep/012/al390...
|6| Extrait du rapport présenté par l’expert indépendant Fantu Cheru présenté conformément aux décisions 1198/102 et 1997/103 de la Commission des droits de l’homme des Nations unies à Genève en 1999 http://daccess-dds-ny.un.org/doc/UN...
|7| Le CADTM dénonce le prêt du FMI et exige que les créanciers versent des réparations pour Haïti http://www.cadtm.org/Le-CADTM-denon...
|8| Damien Millet, Sophie Perchellet, Eric Toussaint http://www.cadtm.org/Inondations-et...

P.-S.

Traduction : Virginie de Romanet
http://www.alterinfo.net/Intervention-d-Eric-Toussaint-aux-Nations-unies-sur-les-Objectifs-du-Millenaire-pour-le-Developpement-OMD_a50092.html
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