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14 mars 2013 4 14 /03 /mars /2013 04:11

 

 

http://french.feeder.ww7.be/spip.php?site=597&debut_syndic=950

 

Francetv info dresse le portrait de ce nouveau pape en sept éléments.

Un pape surprenant

On ne l'attendait pas. Le nom du nouveau pape a été une surprise pour les fidèles et le silence qui a accueilli l'annonce du cardinal Jean-Louis Tauran sur la place Saint-Pierre l'a bien prouvé. Jorge Mario Bergoglio ne faisait pas partie de la liste des favoris de l'élection. Pourtant, raconte La Croix, il avait presque damé le pion à Benoît XVI lors du conclave de 2005, en recueillant une quarantaine de voix à l'époque. 

Un pape inédit sur de nombreux points

François, premier du nom, fait souffler un vent de nouveautés sur l'Eglise. Il est en effet le premier pape non-Européen depuis 741, le premier pape venu du continent américain et le premier Argentin. Barack Obama ne s'y est pas trompé en saluant l'élection du "premier pape des Amériques" et le président mexicain a immédiatement fait part de son "approbation du choix du premier souverain pontife d'origine latino-américaine" sur Twitter.

Enfin, François est le premier Jésuite à devenir souverain pontife. 

Un pape proche des pauvres

L'archevêque de Buenos Aires est connu comme une personnalité simple, quelque peu austère, mais surtout proche du peuple. En 2009, il déclare que la pauvreté est "une violation des droits de l'homme", rapporte La Croix. Le quotidien raconte qu'il a délaissé la somptueuse résidence des archevêques à Buenos Aires pour un petit appartement situé près de la cathédrale.  Il se lève à 4h30 du matin, termine sa journée à 21 heures, n'a pas de voiture et se déplace en transports en commun. Selon ses proches, l'homme est resté "très humble" et "garde un profil bas".

Un pape présenté comme modéré...

Le quotidien britannique The Guardian (en anglais) le présente comme un modéré, de tendance réformiste. Parmi ces prises de position, il a critiqué en septembre 2012 les prêtres refusant de baptiser les enfants nés hors mariage, les qualifiant d'"hypocrites""Sur le plan social, il est probablement très ouvert, mais conservateur sur les questions de moeurs", explique le vaticaniste Bruno Bartoloni.

... mais farouchement opposé au mariage homosexuel

Ainsi, François Ier est connu en Argentine comme ayant été un fervent opposant à la légalisation du mariage homosexuel en 2010. Le site de France 24 rappelle quelques-unes de ses déclarations : pour l'ancien archevêque de Buenos Aires, l'homosexualité est ainsi "un démon infiltré dans les âmes". De son côté, Le Figaro note qu'il a toujours soutenu les positions traditionnelles de l'Eglise, tant sur le mariage des prêtres que sur l'avortement.

Un pape "rat de bibliothèque" 

François est aussi un grand amateur de lectures. Le prélat dévore la presse, même s'il n'y a jamais accordé d'interview. On le sait aussi grand lecteur de José Luis Borgès et des romans russes de Dostoïevski. Il est enfin amateur d'opéra et, petite touche patriotique, fanatique du club de football de Buenos Aires San Lorenzo, fondé par un prêtre.

Un pape au rôle trouble sous la dictature argentine

Jorge Bergoglio, surpérieur provincial des jésuites de Buenos Aires pendant la dictature militaire (1976-1983), a été accusé en 2005 d’avoir dénoncé deux de ses confrères qui ont été enlevés et torturés, raconte La Croix. Mais le quotidien avance d'autres versions : Bergoglio aurait en réalité tout fait pour les libérer. Le nouveau pape souffre surtout de la très mauvaise image de l'Eglise d'Argentine sous la dictature, comme l'explique le blog América Latina. Elle est en effet accusée de passivité, voire de complicité

Francetv info

 

 

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PAPABILE : Rattrapé par son passé sous la dictature, le cardinal
de Buenos-Aires (Argentine),
Mgr Bergoglio, définitivement « grillé »

 

 

Né en 1936, l’archevêque de Buenos Aires, le cardinal Jorge Bergoglio, aurait raisonnablement encore pu faire office de papabile très possible. C’est un modéré, classique, « spirituel », cultivé et nuancé, vivant simplement et en retrait par rapport au tournant de la restauration ratzingérienne. Pondéré dans ses jugements, il fait figure d’homme de consensus.

 

"Aurait pu" car ce cardinal qui aurait été le premier Pape d’Amérique latine est aujourd’hui compromis de façon définitive par des révélations concernant son passé lors des dictatures militaires. De sorte qu’une élection à la papauté devient très improbable. A moins que le Sacré Collège ne souhaite que le prochain pontificat ne commence très mal...Ce qui après les remous médiatiques de celui serait du plus mauvais effet.

Au travers d’un livre récent "El Jesuita - Conversaciones con el cardenal Jorge Bergoglio" de Sergio Rubin e Francesca Ambrogetti, le cardinal Bergoglio a sans doute tenté de redorer son blason et de contester les sérieuses accusations qui pèsent contre lui quant à sa conduite alors qu’il était provincial de la Compagnie de Jésus en 1973 et 1979. Suite aux accusations de deux prêtres Orlando Yorio et Francisco Jalics qu’il aurait remis aux autorités militaires. La défense de Bergoglio semble empruntée.
di Jalics.

Selon sa propre version, Bergoglio aurait conseillé à ces deux prêtres, religieux jésuites comme lui au demeurant (!) de "faire très attention" en raison de leur réputation de subvertir l’ordre social. C’est à dire qu’il aurait cherché à les protéger de la police dictatoriale qui ne pouvait que les poursuivre suite à leur engagement parmi les pauvres des bidonvilles de Bajo Flores. Toujours selon sa propre version, alors provincial de la Compagnie, il aurait proposé à Yorio et Jalics de venir vivre tranquillement et discrètement dans la maison Provinciale (ce qui voulait dire au passage abandonner leur mission auprès des plus pauvres).

N’écoutant que leur courage, Yorio et Jalics persévérèrent dans leur ministère. Ils furent finalement enlevés, comme on pouvait s’y attendre.Selon Bergoglio, il aurait alors cherché à obtenir leur libération. Et à les protéger.

Cette version n’est cependant pas la seule ! Et n’est pas celle de nombreux témoins, ni celle des intéressés.

Sans oser les accuser en face, Bergoglio se faisait volontiers et perfidemment l’interprète des accusations d’autres prêtres et d’évêques. Qui démentaient quant à eux les avoir émises. Un jour, le père Bergoglio (il n’avait pas encore coiffé la mitre) recommanda aux deux religieux turbulents de s’adresser à l’évêque de Moron, Mgr Miguel Raspanti. Leur affirmant qu’ils pourraient trouver refuge dans le diocèse de ce dernier. Or, en réalité, il écrivit lui-même une lettre à Raspanti terriblement négative à l’endroit des deux religieux ! L’art du double jeu en somme. Le brave Raspanti chercha pourtant à protéger et à cacher les deux prêtres. C’est Bergoglio qui l’en aurait alors dissuadé. Ce sont les calomnies répétés par Bergoglio qui empêchèrent aussi aux deux religieux d’être accueillis dans le diocèse de Buenos Aires ou d’être incardinés à Santa Fe.

Après leur libération, Yorio se rendit à Rome o๠le jésuite colombien Candido Gavina, très bien informé, lui apprit, de source autorisée (l’ambassadeur argentin près le Saint-Siège) que les forces armées avaient arrêté ces deux religieux suite à la plainte de leurs supérieurs religieux qui les présentaient comme des guérilleros. L’Ambassadeur argentin confirma même cette information par écrit !

En ce qui concerne Jalics, il se réfugia par la suite aux Etats Unis. Bergoglio s’opposa à son retour en Argentine ! Et il le fit savoir aux évêques argentins susceptibles d’accueillir le religieux dans leur diocèse. Qui plus est, il alla même jusqu’à conseiller à Anselmo Orcoyen, le directeur national du culte catholique, de refuser la demande de passeport avancée par Jalics ! Un document existe à cet égard.

Bergoglio se défend en disant que ces méchantes affirmations visent à discréditer sa candidature comme papabile. Pour noyer son chien il faudrait l’accuser de la rage ! En fait, quelle que soit l’intention ce sont les faits qui parlent. Et très clairement. Dans une biographie très documenté du cardinal, avec des preuves à l’appui, Horacio Verbitsky en a établi la véracité.

Sans doute, lors du dernier Conclave o๠il avait ses chances d’être élu, Bergoglio incarnait-il une ligne plus ouverte que celle de Ratzinger. Avec le hondurien Oscar Rodriguez Maradiaga et le brésilien Hummes. En comparaison du cardinal de l’opus dei, Mgr Juan Luis Cipriani Thorne, il est vrai qu’il n’est pas difficile d’incarner l’ouverture parmi les papabili d’Amérique. Aujourd’hui c’est l’archevêque de Sao Paulo, le cardinal Pedro Odilo Scherer qui peut faird figure d’étoile montante. Bergoglio est semble-t-il définitivement grillé. Quant à Rodriguez Maradiaga, son soutien au putsch droitier dans son pays fait qu’il est plus difficile de le considérer comme un papabile "de gauche", ou du moins social.

Ceux qui misèrent jadis sur Bergoglio, présenté un peu rapidement comme un nouveau Luciani parce qu’il prenait les transports en commun et vivait simplement, habillé comme un prêtre de base et non comme un prince de l’à‰glise avaient oublié que provincial des jésuites il combattait la ligne Arrupe. D’ouverture. Et qu’il dà »t une promotion épiscopale à cinquante ans largement écoulés, inattendue, au soutien amical du cardinal Antonio Quarracino, son prédécesseur à Buenos Aires. Un ultra-conservateur.

 

http://golias-news.fr/article4030.html

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10 mars 2013 7 10 /03 /mars /2013 17:54
Le Venezuela avant et après Hugo Chávez
Le Venezuela avant et après Hugo Chávez

hugo_chavez_mort_upr

Je ne suis allé qu’une seule fois dans ma vie au Venezuela.

C’était à l’occasion de l’inauguration d’une grande exposition de plusieurs centaines d’entreprises exportatrices françaises, baptisée « Francia 2000 », organisée par le Centre Français des Manifestations à l’Étranger, et qui se tenait à Caracas dans les tout premiers jours de mai 1993.

Travaillant à l’époque, et depuis quelques jours, au cabinet du ministre du commerce extérieur, celui-ci m’avait demandé d’accompagner Mme Lucette Michaux-Chevry, ministre chargée de l’action humanitaire et des droits de l’homme, que le Premier ministre français avait désignée pour aller inaugurer cette exposition. Car il est d’usage qu’un membre du gouvernement fasse le déplacement dans de tels cas, pour soutenir les efforts de nos entreprises à l’exportation.

Début mai 1993 : Une étrange audience avec un Président de la République aux abois

Parmi les visites protocolaires, le programme prévoyait que la représentante du gouvernement français serait reçue en audience par le Président de la République de l’époque, M. Carlos Andrés Pérez. J’avais accompagné la ministre et l’ambassadeur de France à cet entretien.

Cela valait le déplacement et je me le rappelle, vingt ans après, comme si c’était hier. Alors que nous fûmes reçus au Palais de Miraflores – la présidence de la République – pour une audience fixée à 15 heures, donc en milieu de journée, nous eûmes la surprise de découvrir un palais présidentiel quasiment en état de siège. Tous les volets de l’édifice étaient fermés et les tentures tirées.

Situé dans le centre ville de Caracas et entouré de jardins, le Palais de Miraflores est l'équivalent de notre Palais de l'Élysée.

Situé dans le centre ville de Caracas et entouré de jardins, le Palais de Miraflores est l’équivalent de notre Palais de l’Élysée.

Lorsque le Président de la République du Venezuela nous reçut dans son majestueux bureau, aux hautes boiseries couleur crème de style Louis XV, et à la moquette sable sur laquelle était planté un drapeau vénézuélien, l’atmosphère était la même : volets à persienne métalliques fermés et lourds rideaux de soie bleu pâle tirés. Le chef de l’État vivait claquemuré ainsi, sous un lustre en cristal à pampilles, à la lumière électrique toute la journée.

L’ambassadeur de France m’expliqua ensuite que cet étrange isolement résultait probablement des craintes que nourrissait le chef de l’État d’être assassiné par son propre peuple. Il est vrai qu’un tireur isolé aurait pu se cacher à quelques centaines de mètres, dans les jardins publics proches du bâtiment de la présidence de la République, et l’abattre par un fusil à longue portée en voyant son ombre passer à travers les fenêtres.

Ambiance…

Il faut dire qu’au moment où il nous reçut, le président Carlos Andrés Pérez avait de quoi être préoccupé.

Carlos Andrés Pérez avait été élu Président du Venezuela une première fois en 1974 pour un mandat de 5 ans qui courut du 12 mars 1974 au 12 mars 1979. On le voit ici, solidement encadré entre les deux présidents américains Gerald Ford à droite (Président des États-Unis du 9 août 1974 au 20 janvier 1977) et James Carter à gauche (Président des États-Unis du 20 janvier 1977 au 20 janvier 1981). La Guerre du Kippour ayant provoqué le premier choc pétrolier avec un quadruplement brutal des prix du pétrole, le Venezuela et ses fabuleuses réserves pétrolières devint un élément fondamental pour Washington dans sa géopolitique de l'Or noir.

Carlos Andrés Pérez avait été élu Président du Venezuela une première fois en 1974 pour un mandat de 5 ans qui courut du 12 mars 1974 au 12 mars 1979. On le voit ici, solidement encadré entre les deux présidents américains Gerald Ford à droite (Président des États-Unis du 9 août 1974 au 20 janvier 1977) et James Carter à gauche (Président des États-Unis du 20 janvier 1977 au 20 janvier 1981). La Guerre du Kippour ayant provoqué le premier choc pétrolier avec un quadruplement brutal des prix du pétrole, le Venezuela et ses fabuleuses réserves pétrolières devint un élément fondamental pour Washington dans sa géopolitique de l’Or noir.

Années 90 : les effets dévastateurs du FMI et du « consensus de Washington »

Alors qu’il avait été réélu chef de l’État en 1989 avec 52,9 % des suffrages en fustigeant le « consensus de Washington », le FMI et la Banque mondiale, Carlos Andrés Pérez avait opéré sans vergogne un virage à 180° sitôt sa réélection acquise.

Tel un François Hollande faisant campagne contre le TSCG et l’adoptant quelques semaines après son élection sans même faire semblant de s’y opposer, le président Carlos Andrés Pérez avait imposé un plan d’austérité ultra-libéral, directement inspiré du « consensus de Washington », après avoir présenté aux électeurs le programme exactement contraire.

Le Venezuela devint alors le théâtre des réformes présentées bien entendu comme « indispensables » par le FMI : hausses généralisées de prix, libéralisation et privatisation de l’économie, gel des salaires et réduction des dépenses publiques, devaient, paraît-il, assurer la félicité publique.

Carlos Andrés Pérez fut réélu Président du Venezuela - avec le plein soutien des États-Unis - une seconde fois en 1989 pour un mandat de 5 ans. Il n'allait pas le terminer et dut démissionner le 21 mai 1993, trois semaines après qu'il nous ait reçus dans son bureau barricadé de la présidence de la République. On le voit ici aux côtés de son mentor américain George H. Bush, père de "W.", Président des États-Unis du 20 janvier 1989 au 20 janvier 1993. C'est pendant ce second mandat qu'Hugo Chávez, alors âgé de 38 ans, déclencha une tentative de coup d'État contre Carlos Andrés Pérez, le 4 février 1992. La tentative échoua et Hugo Chávez alla méditer son échec en prison pendant 2 ans. Il fut libéré le 26 mars 1994 par le Président Rafael Caldera.

Carlos Andrés Pérez fut réélu Président du Venezuela – avec le plein soutien des États-Unis – une seconde fois en 1989 pour un mandat de 5 ans. Il n’allait pas le terminer et dut démissionner le 21 mai 1993, trois semaines après qu’il nous ait reçus dans son bureau barricadé de la présidence de la République. On le voit ici aux côtés de son mentor américain George H. Bush, père de “W.”, Président des États-Unis du 20 janvier 1989 au 20 janvier 1993.
C’est pendant ce second mandat qu’Hugo Chávez, alors âgé de 38 ans, déclencha une tentative de coup d’État contre Carlos Andrés Pérez, le 4 février 1992. La tentative échoua et Hugo Chávez alla méditer son échec en prison pendant 2 ans. Il fut libéré le 26 mars 1994 par le Président Rafael Caldera.

Il avait découlé de ces réformes ce qui s’en suit systématiquement, et qu’a minutieusement décrit l’Américain Joseph Stiglitz, Prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d’Alfred Nobel en 2001 (dit “Prix Nobel d’économie”), dans son ouvrage Globalization and Its Discontents , paru en 2002 et traduit en français sous le titre accrocheur La Grande Désillusion. (Livre dont je recommande au passage vivement la lecture).

Comme Stiglitz le démontre dans cet ouvrage avec beaucoup de références historiques et d’exemples statistiques à l’appui, le FMI fait passer l’intérêt de son « principal actionnaire », les États-Unis, avant ceux des nations les moins favorisées qu’il a pourtant pour objectif théorique de servir. L’auteur démontre également, en prenant comme exemples la crise asiatique et la transition russe, que les politiques préconisées par le FMI aggravent presque toujours les problèmes dont il a à s’occuper, entraînant des conséquences sociales dévastatrices et un accroissement de la pauvreté.

C’est exactement ce qui se passa au Venezuela avec la politique ultra-libérale imposée par Carlos Andrés Pérez.

Selon les statistiques officielles de l’ONU que je suis allé rechercher dans le rapport spécifique de la Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes (CEPAL) de l’ONU du 12 avril 2002, le taux de pauvreté des Vénézuéliens connut en effet un bond effarant de 1990 à 1999.

Pendant cette décennie – qui couvre les présidences de Carlos Andrés Pérez puis de ses fugaces successeurs Octavio Lepage, Ramón José Velásquez et Rafael Caldera, et qui s’achève par l’accession au pouvoir d’Hugo Chávez le 2 février 1999 -, le pourcentage de pauvres au Venezuela bondit de 40,0 % de l’ensemble de la population à… 49,4 %, et cela alors même que le pays est assis sur des réserves faramineuses d’hydrocarbures.

Le pourcentage de ménages pauvres passa quant à lui, toujours selon les mêmes statistiques onusiennes, de 34,2 % des ménages à 44,0 %.

Au même moment, le nombre “d’indigents” – c’est-à-dire de personnes vivant dans la rue ou dans des bidonvilles avec moins de 1 $ par jour de revenu – explosa : de 1990 à 1999, leur pourcentage passa de 14,6 % à 21,7 % de la population générale, ce qui – compte tenu de l’accroissement démographique entretemps – représente une hausse vertigineuse de quelque + 80 %.    [Source pour toutes les données précédentes : http://www.eclac.cl/publicaciones/xml/4/7924/Capitulo_I_2001.pdf, tableau page 12 ]

Ce sont des données fondamentales à garder à l’esprit. Lorsque Hugo Chávez accéda au pouvoir :

  • 1 Vénézuélien sur 2 vivait dans la pauvreté,
  • plus d’1 Vénézuélien sur 5 vivait dans l’extrême misère,
  • et une toute petite oligarchie vivait dans un luxe insolent, parce que, parfaite “collabo” de la puissance américaine, elle avait monnayé ce train de vie contre la cession de l‘essentiel  de la rente pétrolière vénézuélienne aux grandes compagnies américaines.

Le Venezuela des années 90 : un pays aux inégalités révoltantes 

Ces inégalités, qui ressortent des chiffres glacés des statistiques, se voyaient à l’œil nu. Elles ne pouvaient manquer de susciter un sentiment d’incrédulité et d’indignation pour le Français de passage que j’étais. Car, des rapides vues que j’avais pu glaner au cours de ce bref séjour à Caracas, il me reste en effet deux images très fortes.

D’un côté, sur des kilomètres et des kilomètres en venant de l’aéroport, des quartiers misérables de favelas s’alignaient au bord des autoroutes, tandis que les passants très pauvres et des SDF hantaient le centre ville.

De l’autre côté, j’avais assisté à un dîner avec la haute société vénézuélienne dans l’un des grands restaurants les plus chics de la capitale. On s’y serait cru dans un épisode de la série américaine Dallas : hommes en smoking à la chevelure gominée et au sourire carnassier ; femmes coiffées, maquillées et manucurées comme dans un studio d’Hollywood, se faufilant dans l’assistance avec de somptueuses robes de soirée, le cou orné de rivières de diamants ou d’émeraudes. Des vraies pierres, pas du strass.

Précision nécessaire pour bien comprendre la situation du Venezuela (comme celle de nombreux pays latino-américains, en particulier du monde andin), une différence essentielle me sauta aux yeux : cette haute bourgeoisie vénézuélienne – que notre voyage officiel pour soutenir les exportateurs français nous amenait à rencontrer – avait essentiellement le teint blanc et du sang espagnol ; elle vivait comme séparée du reste du pays, dans une enclave mentale où l’on envoie ses enfants étudier aux États-Unis et où l’on passe ses vacances en Europe. Le petit peuple en guenilles, dont j’avais croisé le regard muet dans les rues, avait quant à lui très majoritairement le teint foncé et mat ; et ses traits révélaient le sang indien ou afro-caribéen qui coulait dans ses veines.

Incontestablement, il n’est pas possible de comprendre la “Révolution bolivarienne” d’Hugo Chávez, et son immense succès auprès des couches les plus défavorisées du peuple vénézuélien, si l’on fait abstraction de ce contexte autant ethno-sociologique qu’économique.

 

Carlos Andrés Pérez était né dans une vaste hacienda, à la frontière vénézuélo-colombienne près de la ville de Rubio, dans une famille de la moyenne bourgeoisie. Son père, Antonio Pérez Lemus, était un pharmacien et un planteur de café d'origine colombienne, dont les grands-parents, venus d'Espagne et des îles Canaries, avaient émigré au Venezuela dans les dernières années du XIXe siècle. Sa mère, Julia Rodríguez, était la fille d'un propriétaire terrien de premier plan dans la ville de Rubio.

Carlos Andrés Pérez était né dans une vaste hacienda, à la frontière vénézuélo-colombienne près de la ville de Rubio, dans une famille de la moyenne bourgeoisie. Son père, Antonio Pérez Lemus, était un pharmacien et un planteur de café d’origine colombienne, dont les grands-parents, venus d’Espagne et des îles Canaries, avaient émigré au Venezuela dans les dernières années du XIXe siècle. Sa mère, Julia Rodríguez, était la fille d’un propriétaire terrien de premier plan dans la ville de Rubio.

La famille Chávez, d'origine principalement indienne-indigène, espagnole et afro-vénézuélienne, a des ancêtres dans le centre du Venezuela, dans la région des llanos. Hugo Chávez était l'arrière-petit-fils du rebelle Pedro Perez Delgado, plus connu sous le nom de « Maisanta », qui soutint une insurrection et qui, avant sa capture en 1922, mena à la mort à la fois un ex-président vénézuélien et un gouverneur d’État.

La famille Chávez, d’origine principalement indienne-indigène, espagnole et afro-vénézuélienne, a des ancêtres dans le centre du Venezuela, dans la région des llanos. Hugo Chávez était l’arrière-petit-fils du rebelle Pedro Perez Delgado, plus connu sous le nom de « Maisanta », qui soutint une insurrection et qui, avant sa capture en 1922, mena à la mort à la fois un ex-président vénézuélien et un gouverneur d’État.


La  chute infamante de Carlos Andrés Pérez

Si le Président de la République Carlos Andrés Pérez avait donné instruction de garder nuit et jour fermés tous les volets de la Présidence de la République par crainte d’un tireur en embuscade, ce n’était pas seulement à cause de la situation économique et sociale explosive qu’il avait créée de ses propres mains, et qui fait toujours le lit de toutes les révolutions (une situation qui, soit dit en passant, se propage à l’identique actuellement à toute la zone euro).

Non. Il y avait une autre raison, encore plus sordide : sa corruption notoire était en train de faire vaciller les institutions du pays.

En mars 1993 en effet – c’est-à dire un mois et demi avant notre venue à Caracas -, le procureur et inspecteur général des Comptes de la République, M. Ramon Escobar Salom, avait osé porter contre Carlos Andrés Pérez des accusations de malversations, pour un montant de 250 millions de bolivars. Cette somme tirée sur le budget de l’État, qui équivalait à quelque 17 millions de dollars, devait abonder des fonds secrets au ministère de l’Intérieur. Mais elle s’était mystérieusement perdue en route, en passant justement par le secrétariat de la présidence de la République…

Au moment précis où Carlos Andrés Pérez accordait une audience à la ministre française que j’accompagnais, il savait donc que ses jours à la tête de l’État étaient extrêmement compromis et suspendus à la décision de la Cour suprême de Justice, attendue par toute la presse dans les semaines suivantes.

Il y avait donc, dans cette fermeture des volets et cette coupure palpable du monde extérieur, un réflexe de protection primaire et superstitieux, presque puéril. Pendant qu’il expliquait d’une voix machinale à Mme Michaux-Chevry tout l’intérêt qu’il portait au développement des exportations françaises vers le Venezuela, et qu’il balayait d’un revers de main ironique la situation intérieure de son propre pays, j’observais le caractère pathétique de cet escroc. Cela se voyait dans son regard fuyant et ses gestes légèrement fébriles, cela se sentait au timbre de sa voix : cet homme était intérieurement saisi d’effroi, il se savait irrésistiblement entraîné vers l’abîme.

De fait, le 20 mai suivant, soit moins de 3 semaines après cette audience, la Cour suprême de Justice du Venezuela rendit son arrêt : elle jugea que les éléments à charge étaient suffisamment graves et concordants pour qu’il y ait matière à procès. Dès le lendemain, 21 mai 1993, le Sénat suspendit Carlos Andrés Pérez de ses fonctions de Président de la République au motif, infamant s’il en est, de malversations et d’appropriation illégale.

On apprit ensuite que cette somme aurait, en partie, servi à financer des campagnes politiques dans des pays latino-américains voisins, et notamment la campagne électorale de Violeta Chamorro, élue présidente du Nicaragua en 1990 contre Daniel Ortega et les révolutionnaires sandinistes. Bien entendu, la main de la CIA ne devait certainement pas être très éloignée de tout ce micmac.

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Le 31 août 1993, le Congrès national destitua Carlos Andrés Pérez, qui fut enfermé dans la prison El Junquito puis qui fut assigné à résidence dans sa propriété personnelle, du fait de son âge, dans l’attente du jugement. Le 30 mai 1996, la Cour suprême de Justice le condamna, pour malversation aggravée, à 2 ans et 4 mois… d’arrestation à domicile.

En 1999, remis en liberté, ce diable d’homme osa créer un nouveau parti politique. Probablement était-ce dans le but d’obtenir un siège de sénateur et d’être ainsi protégé, par l’immunité parlementaire y afférente, des nouvelles accusations de corruption qui étaient apparues entre-temps contre lui : la presse avait en effet révélé qu’il possédait des comptes secrets aux États-Unis. Le 20 décembre 2001, un tribunal de première instance de Caracas ordonna qu’il soit de nouveau assigné à résidence dans sa propriété personnelle pour le juger sur ce nouveau scandale.

Mais l’oiseau s’était envolé en République Dominicaine. Le 3 avril 2001, Hugo Chávez, nouveau Président du Venezuela, demanda à la République Dominicaine l’extradition de l’ex-Président. Cependant, cette extradition ne fut jamais exécutée car Carlos Andrés Pérez s’était enfui pour résider en Floride, dans la ville de Miami (États-Unis).

Naturellement, le gouvernement de Washington n’accorda jamais l’extradition de son agent Carlos Andrés Pérez et celui-ci put vivre une fin de vie luxueuse en continuant, jusqu’à sa mort survenu en 2010, à offrir un appui aux groupes opposés au président Hugo Chávez.

Carlos Andrés Pérez réfugié dans sa somptueuse villa de Miami (Floride) au début des années 2000. C'est là qu'il mourut en 2010 - aux États-Unis donc - entouré de sa famille comme un chef de la mafia, mais sous l’opprobre de tout son peuple. Mis à part les quelques milliers de Vénézuéliens, bien sûr, qu'il avait arrosés de largesses. L'ancien Président vénézuélien vécut ainsi les dix dernières années de sa vie, dans le luxe misérable procuré par ses « comptes secrets », alimentés par les détournements de fonds en tout genre auxquels il s’était livré pendant qu'il était chef d’État. Alimentés, sans doute aussi, par les services américains appropriés. À l'annonce de son décès, les grands médias occidentaux ne lui consacrèrent que quelques lignes fort discrètes, et pas le torrent de boue qu'ils viennent de jeter sur le corps encore chaud d'Hugo Chávez...

Carlos Andrés Pérez réfugié dans sa somptueuse villa de Miami (Floride) au début des années 2000. C’est là qu’il mourut en 2010 – aux États-Unis donc – entouré de sa famille comme un chef de la mafia, mais sous l’opprobre de tout son peuple. Mis à part les quelques milliers de Vénézuéliens, bien sûr, qu’il avait arrosés de largesses.
L’ancien Président vénézuélien vécut ainsi les dix dernières années de sa vie, dans le luxe misérable procuré par ses « comptes secrets », alimentés par les détournements de fonds en tout genre auxquels il s’était livré pendant qu’il était chef d’État. Alimentés, sans doute aussi, par les services américains appropriés.
À l’annonce de son décès, les grands médias occidentaux ne lui consacrèrent que quelques lignes fort discrètes, et pas le torrent de boue qu’ils viennent de jeter sur le corps encore chaud d’Hugo Chávez…


2013 : les effets de la présidence d’Hugo Chávez

Depuis ce bref séjour de 1993, ni ma vie professionnelle ni ma vie personnelle ne m’ont donné l’occasion de retourner au Venezuela. Je n’ai donc pas eu l’occasion, ni de rencontrer Hugo Chávez, ni de me rendre compte de mes propres yeux de l’évolution du pays depuis 20 ans, et en particulier depuis qu’il a accédé à la tête de l’État le 2 février 1999.

Première photo officielle du Président Hugo Chávez

Première photo officielle du Président Hugo Chávez

Si je veux me faire un jugement lucide et objectif de cet homme, à l’évidence hors du commun, qui a présidé aux destinées du Venezuela pendant 14 ans, de 1999 à 2013, j’en suis donc rendu à me fier aux statistiques de l’ONU.

En particulier à celles de la Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes (CEPAL) de l’ONU, tirées du très officiel “Panorama social de América Latina 2011″  publié par la CEPAL en 2012 : http://www.eclac.cl/cgi-bin/getProd.asp?xml=/publicaciones/xml/1/45171/P45171.xml&xsl=/dds/tpl/p9f.xsl&base=/dds/tpl/top-bottom.xsl

Ces statistiques, dignes de foi, dressent de façon laconique le bilan d’une décennie de gestion “chaviste” :

  • le taux de “pauvreté extrême” (“indigencia” en espagnol, correspondant à moins de 1 $ de revenu par jour) est passé, sur la même période, de 22,2 % à 10,7 %. Il s’agit de ces Vénézuéliens qui vivaient dans des favelas ou dans la rue et dont le nombre m’avait tant frappé en 1993.
  • le Venezuela a diminué de 58% le taux de malnutrition infantile, qui est passée de 7,7% en 1990 à 3,2% en 2009.

 

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Ce tableau, tiré du “Panorama social de América Latina 2011″  publié par la CEPAL en 2012, fait ressortir de façon très intéressante les politiques de justice sociale des différents États d’Amérique du sud au cours des 3 périodes (de durée variable) 1990- 2002, puis 2002-2008, puis 2008-2010.   

À chaque période correspond une barre de couleur différente, de la valeur de l’augmentation ou de la diminution du coefficient de Gini, c’est-à-dire de la hausse ou de la baisse des inégalités de revenus dans la population. 

Comme on le voit de façon spectaculaire, tous les régimes alignés politiquement sur Washington et économiquement sur le FMI ont laissé croître vivement les inégalités : ce fut le cas, dans les années 90, des gouvernements d’Argentine, de Bolivie, du Brésil, du Chili, de Colombie, du Costa Rica, de l’Équateur, du Salvador, du Mexique, du Paraguay… et du Venezuela de Carlos Andres Perez.    

Le même tableau fait en revanche ressortir de façon spectaculaire les politiques de réduction des inégalités entreprises, à partir des années 2000, par les régimes plus ou moins en rupture avec le tuteur états-unien :

  • Argentine, avec le Président Nestor Kirchner puis la présidence actuelle de sa veuve Cristina
  • Bolivie d’Evo Morales, ami de Hugo Chávez
  • Brésil de la Présidente Dilma Rousseff, amie de Hugo Chávez
  • Équateur du Président Rafael Correa, très lié à Hugo Chávez
  • Salvador du Président Mauricio Funes, du Front Farabundo Martí de libération nationale (FMLN)
  • Nicaragua du Président sandiniste Daniel Ortega
  • Pérou du Président Ollanta Humala
  • Uruguay du Président José Alberto Mujica
  • Venezuela du Président Hugo Chávez

Seuls deux États font exception à cette règle cynique, et seulement depuis 2008 :

  • le Mexique du Président Felipe Calderon sur la dernière période de 2008 et 2010. Rappelons que cet homme, proche des Américains comme tous ses prédécesseurs, était néanmoins de formation chrétienne-démocrate et non membre du Parti Révolutionnaire Institutionnel (PRI) – cas exceptionnel pour le chef de l’État mexicain. Il était co-fondateur du Parti action nationale (PAN), d’inspiration chrétienne-sociale et membre de l’Internationale démocrate-chrétienne.   
  • et le Panama du Président Ricardo Martinelli sur la même période. Mais c’est sans doute parce que cet homme d’affaire, soutenu par Washington, a senti le vent du boulet : son opposante Balbina Herrera, proche de Hugo Chávez, avait été longtemps donnée gagnante dans les sondages.

Il me semble utile de préciser que le coefficient de Gini pour la France est passé de 0,279 en 1996 à 0,299 en 2010. [ source INSEE septembre 2012 : http://www.insee.fr/fr/ffc/ipweb/ip1412/ip1412.pdf ]. Et j’ajoute que l’on peut, à défaut de statistiques plus récentes, anticiper sans grand risque de se tromper que le coefficient de Gini a dû fortement grimper en 2011 et 2012 : il doit certainement être désormais aux alentours de 0,31 ou 0,32.

La France reste donc sensiblement moins inégalitaire que le Venezuela post-Chávez.  

Mais les inégalités progressent rapidement chez nous alors qu’elles ont beaucoup régressé au Venezuela sous Hugo Chávez.

 

Les grands médias occidentaux et Hugo Chávez

Le moins que l’on puisse dire, c’est que la mort d’Hugo Chávez n’aura pas incité les grands médias occidentaux – et notamment français – à faire preuve de bienveillance, ni même d’indulgence, vis-à-vis du défunt.

Bien au contraire, les jours qui ont suivi l’annonce de sa mort ont été marqués par un dénigrement, voire des critiques acerbes, des médias contre cet homme, régulièrement présenté comme un “dictateur” alors qu’il s’était fait élire à chaque fois par une large majorité de Vénézuéliens.

Pour n’en citer que deux exemples parmi bien d’autres :  

L’adjectif « dévasté » faisant d’habitude penser aux effets d’un cyclone, d’un tremblement de terre ou d’un tsunami, j’ai regardé de plus près cet article pour saisir les arguments avancés par le journaliste pour en justifier l’emploi. Pour faire court, Hugo Chávez aurait « laissé une économie dévastée » parce que la dette publique du pays est passée de 28 à 130 milliards de dollars en 14 ans, que le déficit public a dépassé 7 % du PIB l’an dernier, et que les industries vénézuéliennes fermeraient les unes après les autres.

J’avoue que ces arguments m’ont fait rire :  

  • Si Hugo Chávez a « dévasté » l’économie parce qu’il a fait grimper la dette publique de 102 milliards de dollars en 14 ans, quel verbe le quotidien Les Échos réserve-t-il alors à Nicolas Sarkozy qui a, quant à lui, fait exploser la dette publique française de quelque 700 à 800 milliards de dollars en 5 ans (5 à 600 milliards d’euros) ? Et qu’il a porté le déficit public jusqu’à 8,5 % ? 
  • Si Hugo Chávez a « dévasté » l’économie parce que le secteur industriel vénézuélien serait sinistré, que dit alors le quotidien Les Échos du démantèlement général de nos protections douanières et de la liberté totale des mouvements de capitaux qui nous ont été imposés par les traités européens et qui ont conduit, depuis 12 ans, à la disparition d’au moins 1/3 des heures travaillées dans l’industrie française ? Que dit le même quotidien du taux de change externe de l’euro qui, joint aux phénomènes précédents, explique que la France perd actuellement 800 emplois industriels et une usine en moyenne par jour ouvrable ?

Cependant, ce journal – propriété du milliardaire français Bernard Arnault – étant un journal réputé sérieux, il n’ose quand même pas travestir totalement la réalité. Le journaliste reconnaît, du bout des lèvres, le succès spectaculaire remporté par Chávez en matière de lutte contre les inégalités. Cependant, pour discréditer ce phénomène historique, l’article venimeux porte le titre « Chávez a réduit les inégalités au prix d’un échec économique. »

Mais, comme l’a justement fait remarquer l’un des lecteurs critiques de cet article, si « Chávez a réduit les inégalités au prix d’un échec économique », que dire alors de la totalité des dirigeants européistes qui ont, quant à eux, augmenté les inégalités, et cela au prix d’un échec économique bien pire encore… ?

(cf. l’évolution inquiétante, mentionnée supra, du coefficient de Gini en France)

En bref, les articles de la presse française ont décidé, en guise de nécrologie, de traîner dans la boue un homme qui s’est dressé contre la mainmise politique et le racket économique des États-Unis sur son pays, et qui a sorti de la misère la plus affreuse des millions de ses compatriotes.

En se comportant de la sorte, la grande presse française se déshonore encore un peu plus et témoigne, surtout, de qui sont les puissances qui la musèlent.

 

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À la différence de Carlos Andrés Pérez, le président Hugo Chávez est mort en fonctions et dans sa patrie. Derrière ses airs bravaches, il a souffert le martyre.

chavez_funeralchavez_funeral_uprchavez_enterrement_uprLe transfert de sa dépouille, puis son enterrement, les 7 et 8 mars 2013, ont drainé des foules immenses.
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chavez_pleurschavez_pleurs_uprchavez_tristesse_uprviva_chavez_uprchavez_cercueil_uprchavez_cercueilchavez_hommage_uprchavez_commandante_upr
L’ampleur exceptionnelle du soutien populaire au président défunt et l’affliction réelle d’une très grande majorité des Vénézuéliens semblent avoir pris de court les responsables politiques et les grands médias du monde occidental. Car dans ce monde occidental, on ne sait plus, au fond, ce qu’est un dirigeant qui œuvre sincèrement pour le bien de son peuple, et non sous l’injonction de tel ou tel lobby bancaire ou industriel ! Il faut remonter à l’assassinat de John Kennedy le 22 novembre 1963, ou à la mort de Charles de Gaulle le 9 novembre 1970, pour retrouver des émotions populaires d’une telle envergure et d’une telle intensité.

La France une nouvelle fois en-dessous de tout

Pour ce qui concerne plus directement la France, la mort d’Hugo Chávez aura confirmé, s’il en était besoin, à quel point les actuels dirigeants français sont indignes et lâches.

Que l’on ait aimé, ou pas aimé, Hugo Chávez, tout dirigeant français digne de ce nom aurait dû saisir l’importance historique de cet événement planétaire. Il aurait dû comprendre qu’il était de notre plus haut intérêt national de se rendre sur place, à Caracas, pour participer aux obsèques de Chávez et témoigner ainsi de la solidarité du peuple français avec le peuple vénézuélien et, au-delà, avec l’ensemble des peuples d’Amérique latine, tous plus ou moins bouleversés par cette mort.

C’est ce qu’avait si bien compris Charles de Gaulle, à la fois lorsqu’il s’était rendu aux funérailles de Kennedy en 1963, nonobstant les griefs avec le gouvernement de Washington, pour montrer que le peuple français compatissait à la douleur du grand peuple américain. C’est aussi, dans des circonstances différentes, ce qu’avait fait le fondateur de la Ve République, en effectuant sa célèbre tournée latino-américaine, au printemps et à l’automne 1964.

Ainsi donc, et comme je le faisais remarquer déjà, voici quelques jours, pour le Festival du cinéma panafricain de Ouagadougou, le Président de la République française, ou à défaut le Premier ministre, auraient dû impérativement faire le voyage de Caracas.

Ni l’un ni l’autre n’ont fait le déplacement. Ni même, comble de l’offense vis-à-vis des nouvelles autorités vénézuéliennes, le ministre des affaires étrangères. M. Laurent Fabius a fait savoir qu’il avait des “contraintes d’agenda” qui l’empêchaient d’être présent dans la capitale du Venezuela ce vendredi 8 mars.

Moyennant quoi, n’osant quand même pas laisser notre ambassadeur représenter la France tout seul sans autorité politique à ses côtés, le gouvernement a jugé bon de se faire représenter, à un niveau minimal, en choisissant Victorin Lurel, ministre “des Outre-mer”.

Ainsi donc, il faut que tout change pour que tout reste pareil :

  • en 1993, déjà, Mme Michaux-Chevry, ministre RPR  d’origine guadeloupéenne, dont le portefeuille n’avait aucun rapport avec le Venezuela, et sans aucun poids politique, avait été choisie pour aller inaugurer l’exposition Francia 2000 de Caracas et rencontrer le Président Carlos Andrés Pérez.
  • vingt ans après, M. Victorin Lurel, ministre PS, lui aussi d’origine guadeloupéenne, dont le portefeuille n’a lui aussi aucun rapport avec le Venezuela, et qui n’a lui aussi aucun poids politique, a été choisi pour assister aux funérailles du Président Hugo Chávez.

Décidément, l’UMP et le PS se comportent donc exactement de la même et détestable façon, à la fois vis-à-vis de nos compatriotes guadeloupéens – dont la participation au gouvernement consiste surtout à les charger de missions dont aucun autre ministre ne veut, dès lors qu’elles se situent dans la zone Caraïbes ; et à la fois vis-à-vis des plus hautes autorités vénézuéliennes, qui ne peuvent que prendre en très mauvaise part l’indifférence teintée de dédain avec laquelle le gouvernement français les considère.

Ce mauvais procédé n’était au fond pas très grave de conséquences en 1993, dans la mesure où l’événement (une grande exposition commerciale) n’était guère politique et dans la mesure où le chef de l’État était un homme corrompu, honni d’une grande majorité de la population, et qui n’avait plus que quelques jours à rester en fonctions.

En 2013, en revanche, dans la mesure où l’événement revêt une immense portée politique et symbolique, et suscite l’émotion chauffée à blanc de tout un peuple, c’est une nouvelle et véritable faute diplomatique lourde que la France vient de commettre.

 

Complètement à côté de la plaque : telle a été l'attitude minable, et non dénuée de venin, de François Hollande face à la mort d'Hugo Chávez. C'est, une nouvelle fois, une véritable faute lourde diplomatique et une trahison des intérêts supérieurs de la France et du peuple français.

Complètement à côté de la plaque : telle a été l’attitude minable, et non dénuée de venin, de François Hollande face à la mort d’Hugo Chávez. C’est, une nouvelle fois, une véritable faute lourde diplomatique et une trahison des intérêts supérieurs de la France et du peuple français.

Sentant quand même qu’il fallait faire et dire quelque chose, notre chef de l’État s’est fendu d’un communiqué, le 6 mars, d’une platitude non dénuée de perfidie et de réserve :  « Le président vénézuélien aura profondément marqué l’histoire de son pays », a affirmé M. Hollande, avant de poursuivre fielleusement : « Le président défunt exprimait, au-delà de son tempérament et de ses orientations que tous ne partageaient pas, une volonté indéniable de lutter pour la justice et le développement. Je suis convaincu que le Venezuela saura surmonter cette épreuve dans la démocratie et l’apaisement. »

Une chose est en tout cas certaine. C’est que, lorsque viendra le jour où il sera à son tour enterré, il ne se trouvera certainement pas grand-monde pour affirmer que François Hollande, empreint jusqu’à la moelle de l’esprit de soumission et médiocre exécuteur des basses œuvres euro-atlantistes, « aura profondément marqué l’histoire de son pays ». Ou alors ce sera pour manier l’ironie cinglante.

Hugo Chávez se sentait libre et en droit de parler à tous les dirigeants du monde, y compris et surtout à ceux diabolisés par Washington et l'OTAN. Il le faisait d'ailleurs le plus souvent avec bonhommie, et parfois avec des débordements de truculence. C'est certainement cette insoumission à l'ordre atlantiste qui lui valut les foudres des grands médias occidentaux, et qui lui valent encore une opprobre post mortem. De gauche à droite et de haut en bas : avec Vladimir Poutine (Fédération de Russie), Hu Jintao (République Populaire de Chine), Mahmoud Ahmadinejad (République Islamique d'Iran), Barack Obama (États-Unis d'Amérique), Lula da Silva (Brésil) et Mouammar Kadhafi (Jamahiriya arabe libyenne)

Hugo Chávez se sentait libre et en droit de parler à tous les dirigeants du monde, y compris et surtout à ceux diabolisés par Washington et l’OTAN. Il le faisait d’ailleurs le plus souvent avec bonhommie, et parfois avec des débordements de truculence.
C’est certainement cette insoumission à l’ordre atlantiste qui lui valut les foudres des grands médias occidentaux, et qui lui valent encore une opprobre post mortem.
De gauche à droite et de haut en bas : avec Vladimir Poutine (Fédération de Russie), Hu Jintao (République Populaire de Chine), Mahmoud Ahmadinejad (République Islamique d’Iran), Barack Obama (États-Unis d’Amérique), Lula da Silva (Brésil) et Mouammar Kadhafi (Jamahiriya arabe libyenne)

 chavez_chomsky20 septembre 2006. Devant la 61e session de l’Assemblée Générale de l’Organisation des Nations Unies, Hugo Chávez brandit à la tribune l’ouvrage du philosophe américain Noam Chomsky intitulé en français Hégémonie ou Survie: Quête de l’Amérique pour la domination mondiale.  Dans son discours, le président vénézuélien qui se présenta comme le défenseur des pauvres du continent américain, n’hésita pas à appeler le président George W. Bush « le diable ». C’est sans doute ce que Le Figaro appelle de la “provocation”.

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6 mars 2013 : Trois présidents sud-américains se précipitent à Caracas pour rendre un dernier hommage à Hugo Chavez, avant même son enterrement. De gauche à droite :

  • Mme Cristina Fernández de Kirchner Présidente de la République Argentine,
  • M. José Alberto Mujica, Président de la République d’Uruguay  (surnommé “Pepe Mujica” et connu pour être le chef d’État le plus pauvre du monde puisqu’il reverse 90 % de son salaire de 9000 euros à des ONG),
  • M. Evo Morales, Président de la République de Bolivie.
  • Entre la présidente argentine et le président uruguayen, on aperçoit Nicolás Maduro à l’arrière-plan, vêtu d’une veste aux couleurs du drapeau vénézuélien. Vice-président de la République, le plus proche collaborateur du défunt, il a prêté serment le 8 mars comme président par intérim, à la suite de la mort d’Hugo Chávez, dans l’attente de la prochaine élection présidentielle à laquelle il sera le candidat du Mouvement Bolivarien.

CONCLUSION : UN HOMME D’ÉTAT RESPECTABLE, DANS UN MONDE OÙ TANT DE CHEFS D’ÉTAT NE LE SONT PAS

Sans doute Hugo Chávez avait-il des défauts. Qui n’en n’a pas ?

Sans doute l’ensemble de son bilan n’est-il pas sans reproche. Quel bilan est sans zone d’ombre ?

Sans doute a-t-il parlé, parfois, un peu trop vite. Sans doute a-t-il porté des accusations un peu trop hasardeuses. Mais qui n’a jamais commis d’impair ?

Sans doute le personnage avait-il un caractère comédien, voire cabotin. Il est vrai que ses apparitions hebdomadaires dans un programme télévisé appelé « Alo presidente » étaient singulières vues de Paris, Londres ou Berlin puisqu’il lui arrivait d’y chanter, d’y réciter des poèmes, d’y nationaliser des entreprises en direct, d’y licencier, toujours en direct, des hauts fonctionnaires ou d’y annoncer la nomination de ministres clés. C’est ce qu’il fit en 2004, en révélant le nom des nouveaux ministres des Relations extérieures et de l’Information. En lui reprochant cela, n’oublie-t-on pas un peu vite qu’il s’agissait d’un Latino-Américain, avec la culture théâtrale qui s’attache souvent à la tradition locale ?

Mais que pèsent ces travers face au reste ?

  • Hugo Chávez a fait incontestablement le bien pour la grande majorité de la population vénézuélienne, en sortant des millions de ses compatriotes de la misère sans nom où l’avaient plongé les manœuvres de Washington et les injonctions du FMI.
  • Hugo Chávez fut un patriote au sens le plus élevé du terme, aimant les peuples étrangers mais pénétré de cette volonté intransigeante de souveraineté et d’indépendance nationales, dans la droite ligne des idéaux de Simon Bolivar, eux-mêmes directement hérités des idéaux de la Révolution française.
  • Hugo Chávez fut d’un très grand courage puisque, pendant toute la période passée à la tête de l’État vénézuélien, c’est cette même volonté qui l’amena à s’opposer constamment à la volonté prédatrice américaine.
  • Hugo Chávez fut d’un grand désintéressement personnel et fut, quoi qu’on en dise, un démocrate, puisqu’il avait même instauré le référendum révocatoire à mi-mandat.

Homme de bien, patriote intransigeant, courageux, désintéressé et démocrate. C’est pour tout cela que l’on peut, malgré l’anachronisme et des différences éminentes, le comparer en effet à un “De Gaulle latino-américain”. C’est une comparaison qui, probablement, aurait plu à l’un comme à l’autre de ces deux hommes hors du commun.

François ASSELINEAU

 

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À PART L’UPR….

  • À part l’UPR, connaissez-vous un seul autre mouvement politique français qui explique, toutes preuves à l’appui, que la prétendue “construction européenne” est une entreprise de domestication américaine du continent européen, et que “l’Union européenne” n’est que la face civile d’une même médaille dont la face militaire s’appelle l’OTAN ?
  • À part l’UPR, connaissez-vous un seul autre mouvement politique français qui explique que, loin d’être une oeuvre de paix , la prétendue “construction européenne” est une machine de guerre euro-atlantiste s’inscrivant dans les projets agressifs de Washington et de ses théories du Choc des Civilisations ?
  • À part l’UPR, connaissez-vous un seul autre mouvement politique français qui explique que, loin d’être une ouverture sur le monde, la prétendue “construction européenne” obéit à un réflexe racialiste qui affirme qu’il devrait y avoir une solidarité “européenne” qui primerait sur tous les liens établis par l’histoire entre les différents peuples du monde ? 
  • À part l’UPR, connaissez-vous un seul autre mouvement politique français qui explique que nous devons nous rassembler, au-delà du clivage droite-gauche, pour faire sortir la France de l’Union européenne et de l’euro, en application de l’article 50 du traité sur l’Union européenne (T.U.E) et pour faire sortir la France de l’OTAN ? 

Vous n’en connaissez aucun autre ? C’est normal car il n’y en a en effet aucun autre.

L’UPR est unique en son genre, et heureusement. Vous y avez, vous aussi, votre place.  

VOUS AUSSI, REJOIGNEZ LA VRAIE RÉSISTANCE EN FRANCE À L’EMPIRE EURO-ATLANTISTE

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4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 21:44

 

 

 

Un film explosif, nominé aux Oscars, qui éclaire trente ans de lutte antiterroriste et d'errements face à la question palestinienne.

 

Chacun à leur tour, ils racontent, intensément, quelque trente ans de lutte antiterroriste en Israël et de gestion désastreuse de la question palestinienne.


 [Lire l'article complet sur arte.tv]
The gatekeepers

Les confessions ahurissantes de six anciens chefs du Shin Beth, le Service de la sécurité intérieure d'Israël. Un film explosif, nominé aux Oscars, qui éclaire trente ans de lutte antiterroriste et d'errements face à la question palestinienne.

ARTE France
mardi, 5 mars 2013 à 20:50

Rediffusions :
Pas de rediffusion
The gatekeepers
(France, Israel, 2012, 95mn)
ARTE F
Réalisateur: Dror Moreh


Les confessions ahurissantes de six anciens chefs du Shin Beth, le Service de la sécurité intérieure d'Israël. Un film explosif, nominé aux Oscars, qui éclaire trente ans de lutte antiterroriste et d'errements face à la question palestinienne.


Chacun à leur tour, ils racontent, intensément, quelque trente ans de lutte antiterroriste en Israël et de gestion désastreuse de la question palestinienne. Un flot d'aveux précis, circonstanciés, d'une remarquable liberté et d'une sidérante acuité. Six anciens chefs du Shin Beth, l'équivalent israélien du FBI, expliquent comment, depuis la Guerre des six jours en 1967, dont la victoire vaut à l'État hébreu d'occuper Gaza et la Cisjordanie et de faire face à un million de Palestiniens, les responsables politiques n'ont jamais vraiment cherché à construire la paix. Une succession d'erreurs qu'inaugurent les mots d'arabe approximatif avec lequel de jeunes réservistes s'adressent aux populations des nouveaux territoires occupés, leur annonçant qu'ils viennent les "castrer", au lieu de les "recenser".

 

Peuple oublié


Bavures, tortures, méthodes iniques de renseignements et de recrutement d'indicateurs amplifiant la haine de l'occupé... Ils disent surtout l'absence glaçante de vision stratégique ; la résistance et l'hostilité des Palestiniens oubliés explosant avec la première Intifada ; le laxisme face à l'extrémisme juif qui anéantira, avec l'assassinat de Yitzhak Rabin, la seule réelle lueur de paix. "On a gagné toutes les batailles, mais on a perdu la guerre", lâche Ami Ayalon, à la tête du service de 1996 à 2000, quand Avraham Shalom, le plus ancien d'entre eux, compare l'armée d'occupation à celle de l'Allemagne pendant la Seconde Guerre mondiale. "Quand vous quittez le Shin Beth, vous devenez gauchiste...", conclut avec ironie Yaakov Péri (1988-1994). Nourri par de formidables archives et un travail visuel sophistiqué à partir de photos, ce réquisitoire exceptionnel, sorti en salles pendant la campagne des législatives, a eu l'impact d'une bombe en Israël. Déjà auteur de Sharon, le réalisateur Dror Moreh croit fermement au pouvoir des films et c'est peut-être là l'un des secrets de réussite de son audacieuse entreprise. Un manifeste passionnant de bout en bout, doublé du portrait de six hommes en proie au doute, mais animés d'un salvateur pragmatisme.

 

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Sur ce site,

 

Quand l'Europe sauve ses banques, qui paye ?

 

50 milliards d'euros en Grèce, 70 milliards en Irlande, 40 milliards en Espagne : au sein de la zone euro, les États se sont vus contraint les uns après les autres - moyennant des sommes astronomiques - de venir en aide aux banques pour compenser les pertes subies suite à des prêts pourris. Mais qui sont les bénéficiaires de telles opérations ?
 

C'est en posant cette question très simple qu'Harald Schumann, essayiste en économie et brillant journaliste, sillonne l'Europe. Et obtient des réponses pour le moins sidérantes. Car ceux qui ont été "sauvés" ne se trouvent pas - comme on tend à vouloir nous le faire croire - dans les pays en détresse, mais surtout en Allemagne et en France.

 

En effet, une part importante des sommes débloquées finit dans les caisses des créanciers de ces banques sauvées. Quant aux financiers qui ont fait de mauvais investissements, ils se retrouvent protégés contre toute perte aux frais de la collectivité.

 

Et ce contrairement aux règles de l'économie de marché. Pourquoi ? Qui encaisse l'argent ?

 

(Allemagne, 2013, 52mn)
RBB


Date de première diffusion : Mar., 26 févr. 2013, 22h23

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4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 03:26

 

Par Camille Loty Malebranche


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L'élite, telle que conçue en nos sociétés platement matérialistes et pragmatiques, est précisément la ronde des fourbes les plus idéologiquement habiles qui savent accaparer oligarchiquement pour eux-mêmes, toutes les ressources communes de l'humanité par des empires financiers (bancaires, boursiers) et industriels, tout en se créant des alliés dévoués produits en politiciens de partis pour les aider à séquestrer les États en mentant aux peuples par le jeu dit d'alternance démocratique. Car si les têtes visibles du pouvoir s'alternent via des élections cycliques, les maîtres de l'argent mondial avec leur acte de prédation permanente, restent pratiquement les mêmes de manière pérenne et se succèdent de père en fils.


 

Il n’y a d’élite que de la noblesse du caractère, le reste n’est qu’ironie et manipulation idéologiques des oligarchies faussement moralisatrices d’un monde systémiquement immoral. Quand on se rappelle que l’institution sociale est dispensatrice de valeur et de signification pour les membres de la société, l’on saisit alors la déformation corrompue de la vision collective lorsque tous les horizons du regard collectif sont, dès le départ, dilués dans des simulacres. Les simulations de prestige et de valeur par l’attribution des honneurs, la production d’individus (parfois de purs nullards et d'ignobles sous-hommes parvenus et arrivistes) en icônes dans un contexte macabre de faussetés et d’immoralités sont précisément là, pour suggérer aux multitudes menées, la voie à suivre tout en nourrissant en chaque individu, le secret espoir d’être désigné, coopté par le système. Ce n’est jamais rien que la reproduction sociale, la parturition institutionnelle du même.  

 

Nous vivons hélas le temps des élites factices, étrangères aux vertus et qualités élévatrices de l’homme et des collectivités. Nos élites politiques, médiatiques, institutionnelles publiques, figures de comparses, désignées par les institutions des quelques-uns qui font les rois et les valets au gré de leurs caprices et volitions, pour faire miroiter l’invraisemblance, la fausse valeur dans une société non pas « unidimensionnelle » comme dirait Marcuse, mais d’illusionnisme axiologique. Société platement capitaliste qui se fout supérieurement des valeurs et n’élit que ses serfs et esclaves à degrés divers dans la plus sinistre des affectations institutionnelles. Société qui ne reconnaît et consacre que ses moulés, ses zélateurs produits en élites et hommes de pouvoir public pour la gesticulation des délirantes cohues, qui, miracle, vont parfois jusqu’à s’identifier à ces affectés officiels.



L’une des caractéristiques majeures d’une civilisation en crise, est l’incapacité de former des élites authentiques, des hommes dignes de leur humanité selon les valeurs fondamentales de vraie justice et de grandeur qui élèvent le collectif. La crise se corse par la marginalisation des vrais hommes d'élite auxquels on substitue des singes du pouvoir aux valeurs postiches qui ravalent la vision sociale au niveau des mufleries telles le nationalisme grivois égoïste, la haine discriminatoire et la persécution des moins nantis, le genre de démarches de dirigeants ignares appliquant au premier degré en simples exécutants serviles, les vœux de quelques oligarques pervers, cupides et prédateurs d’État.   

 

Le concept d’élite est gravement galvaudé par nos sociétés en décomposition morale et morbide altération logique du sens. Hier mystifié et mythifié par les ignominies religieuses dogmatiques selon le mythe du droit prétendument divin, aujourd’hui il se laïcise sans se séculariser et se vautre dans l’affairisme servile, le larbinisme des politicards par rapport aux oligarchies. Mais attention, d’autres dogmes envahissent l’espace de la signification, ce sont les désignations institutionnelles. Dogmes laïcs car il n’y a pas dogmes séculiers, les décideurs au pouvoir se sont toujours placés in cathedra, pour instituer leur structure, leur bureaucratie et s’ériger idoles dans le monde du sacré sans autres divinités qu’eux-mêmes, à qui la sphère du profane des masses, doit vouer le culte de toutes les obtempérations et de tous les zèles flagorneurs de la soumission sans limite.

 

             « ÉLITES » ÉCONOMIQUES ET POLITIQUES


(Berlusconi, présenté ci-après dans cette vidéo, rhinotillexophage, vulgaire obsédé de fesses, pourtant beau fleuron de la haute société par sa double appartenance à l'establishment économique et politique, est l'incarnation la plus achevée de la noblesse des élites qu'évoque notre propos)

 

  

Les « élites » économiques, on le sait, sont surtout une nébuleuse financière et industrielle qui mènent les États et la planète au bout de leur spéculation, leur marchandisation et c’est eux qui se créent des serviteurs dits "élite politique" via leur financement des partis politiques. Les partis politiques qui font l’alternance au pouvoir dans des pays du nord hautement structurés, sont des caisses de résonance de la bourgeoisie financière et industrielle. Le discours populaire voire populiste y est uniquement pour tenir le peuple en haleine. Ce n’est donc pas sans raison que les autres partis plus ou moins libres en leurs courants doctrinaux sont soit totalement occultés soit forcés de se rallier aux "vrais partis" de pouvoir dans les perspectives électorales pour rendre utile le vote de leurs partisans, en intégrant se serait-ce que marginalement et nominalement les gouvernements issus des élections. Donc, l’élite politique est suspendue aux basques de la seule élite qui soit et qui puisse être dans un contexte capitaliste: les oligarchies milliardaires.  Naturellement, bien que les pays du nord fortement structurés et institutionnels sur le plan étatique et administratif, eussent pu se passer des chefs d’État dans la marche effective des pays et les choix de société qui affectent les majorités, l’institutionnalisation de l’élu suprême s’impose au moins par la nécessité idéologique de l'argutie démocratique pour masquer le pouvoir oligarchique et assouvir sa quête d'anthropomorphisation des structures inhumaines par des visages prêtés au macabre politico-économique cherchant, faute de vrais sourires,  des rictus, des jeux zygomatiques farauds, arborés par les trognes "sympathiques" de politicards affectés.

 

Qu’en est-il des « élites » intellectuelles ?

 

L’intellectuel non aligné sera presque toujours ostracisé, car la société n’accepte pas la souveraineté de penser. Pour l’ordre social, seul l’individu consentant d’être rouage de la fonctionnalité institutionnelle est admis. Tout le verbiage de la démocratie omniprésente dans les discours, patauge dans l’incohérence d’une liberté institutionnelle intolérante. La liberté dans nos sociétés est une fantasmagorie où l’ostentation démocratique par les artifices officiels et médiatiques qui gavent les masses de rêves débiles, de passions excentriques, de pulsions indécentes, où le droit de la consommation compulsive figure comme vertu suprême de "l'individu libre", s’insurge contre toute intellectualité qui se veut distanciation vis-à-vis des gesticulations collectives programmées.  Si la société place quelques vrais éléments d’élite dans des organes particuliers de prestige pour permettre la justification du système, de fait, elle les statufie pour éluder leur jugement, les empêcher d’intervenir sur le social. Un consacré de l’académie a toutes les chances de rester dans sa petite coupole pour s’occuper des petites minuties statutaires liées à son rôle, c’est cela statufier les valeureux les plus en vue. Des statues fussent-elles vivantes, des monuments aussi organiques soient-ils, n'ont jamais dérangé quiconque, leur statut hors du commun d'entre les vivants, les en empêche! À côté de ce culte hypocrite politisé du talent ostensible vrai ou faux, les capacités réelles qui interviennent sans se prostituer, sans s’assimiler, sont quasi systématiquement relégués à la marge, ciblés par l’excommunication de fait.

 

Dans cette tour de barbelés que devient le mode de reconnaissance sociale, on est soit aligné soit exclu. La horde des despotes du pouvoir d’exécutants, serfs des maîtres du pouvoir réel et discret qui les agitent en larbins, et tous les menus fretins de loin ou de près à solde des maîtres discrets, aigris de toute valeur non alignée, sont géniaux à occulter le talent authentique des esprits libres et à faire éclipse institutionnelle de l’excellence véritable par le mugissement du clinquant des intellos-types vils et histrions, spécialistes et répéteurs de tous acabits, idéologues et répétiteurs de tous ressorts, selon l’esbroufe institutionnelle et la grimace maniérée des singeries de scènes et de médias. .

 

Dans un monde réduit à la dimension des objets, titres et maniérismes qu’il consomme, seuls les rois monstrueux, seigneurs d'horreur opérant sous la kunée des structures et leurs larbins visibles, gesticulateurs d’un pouvoir dont ils ne sont que les singes, ont la gloire infâme d’être « l’élite » qui fait, défait et corrompt tout, la triste et immonde élite de tous les maux.        

 

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

 

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samedi 2 mars 2013

Où sont les délinquants ? Où sont les criminels ?
Lémédia, la place Bauveau, des porte-paroles s'agitent ici et là pour fustiger des  délinquants, pour accumuler des mesures, des mesures, dans la démesure mais pas dans le sur-mesure. La délinquance, selon eux, serait de plus en plus présente, et de montrer du doigt, comme d'autres avant eux, l'intrus, le "rital", l'espingouin", le "portos", puis "le bicot" ou je ne sais quoi... Trop facile ! Des professionnels de la politique s'en emparent pour dresser des barricades de haine, de xénophobie, de violence parfois. Pire, les forces dites "de l'Ordre", au lieu de canaliser et apaiser cette haine, semblent parfois y ajouter la leur, ou celle de leur hiérarchie peut-être. Espérons qu'il n'en est rien, parfois les apparences sont trompeuses.
Il y a une grande logique. La vraie délinquance, celle dont on ne parle pas, augmente, grandit, devient tempête : c'est la délinquance en col blanc dont la violence l'assimile au crime le plus tortueux. Ceux qui la perpètrent ne sont que très rarement condamnés, et le plus souvent à du sursis. Il faut dire que ce sont souvent des personnes du milieu même de ceux qui font les lois, donc ceux-ci ne légifèrent pas là-dessus, alors qu'ils devraient s'y pencher sérieusement  afin de faire cesser des abus qui bien sûr, engendrent par cascade d'autres abus plus "bas" dans l'échelle des classes de la société. Plus fort, parfois ce sont ces mêmes élus qui sont épinglés. Les vrais responsables, placés encore plus "haut", ne risquent rien même s'ils ne sont pas protégés par d'opportunes impunités de fonction.
Cette délinquance de tout en haut est par son omniprésence tonitruante la cause de l'autre, celle des gens qui tentent de survivre aux coups de boutoir de la première, peu importe où ils sont nés : quelque part où les conditions étaient rudes. Ceux-là subiront, comme on dit, "les rigueurs de la loi" sans y rien pouvoir. Encore n'en sommes-nous pas au niveau états-unien, où un pour cent de la population est en prison, dont comme par hasard au moins 75%, si ce n'est 85%, sont plus ou moins "bronzés", afros, latinos et autres confondus.
Oui, la délinquance poussée jusqu'au crime est en augmentation continuelle, mais la pire paraît intouchable. C'est pourtant elle qui conditionne le reste. Et si l'on étudiait bien les choses, un représentant du peuple qui vote ou applique sciemment une loi mauvaise pour la grande majorité engage sa responsabilité jusqu'à un niveau criminel. Y pense-t-on ? Pense-t-on à ces ténébreuses officines que l'on nomme les Grands Partis, qui par de discrets chantages incitent des élus à légiférer contre le peuple : quelqu'un a-t-il été arrêté pour avoir œuvré ainsi envers les représentants des citoyens ? Non, c'est sûrement encore plus subtil et anonyme. Personne n'est responsable, personne n'a rien vu, rien entendu. Seul reste le résultat des votes aux Assemblées. Et la responsabilité de ceux qui ont voté, car ce vote-là ne peut être caché que par le labyrinthe des lois où le simple citoyen ne peut pas s'y retrouver.
Niveau criminel disions-nous ? Quand, en réaction à des politiques horribles, des gens meurent, n'y a-t-il pas là crime de la part de ceux qui ont ordonné les circonstances ayant causé ces morts ? Y a-t-il des lois, des articles du Code Pénal pour jeter des garde-fous à ces abus ? Peut-être, un juriste le saurait sans doute. En revanche, si ces articles existent, des avocats retors réussissent judicieusement à les tourner semble-t-il. Sinon, on verrait de vrais Grand Patrons en activité se retrouver en prison non chez les VIP avec des peines légères, mais avec les meurtriers et les violeurs. Cela se saurait.
Changeons la donne. Faisons payer les vrais responsables, où qu'ils soient, quels qu'ils soient.  Mais surtout, faisons en sorte que la situation actuelle ne perdure pas, et que les fauteur soient mis hors d'état de nuire. Pourquoi pas les conseils d'administration de toutes les entreprises du CAC40, et des grandes filiales de multinationales aux sièges étrangers, en "cabane" tous ensemble ? Rassurons-nous : cela ne fait pas tant de monde, vu le chassé-croisé de ces cumulards de jetons de présence.
Victor Hugo affublait du bonnet rouge le vieux dictionnaire : coiffons de ce même bonnet rouge le rouge DALLOZ.  Ainsi, Marianne n'aura plus à rougir de ses "soutiens".
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3 mars 2013 7 03 /03 /mars /2013 05:53

 

 

 

Attention, publication exceptionnelle.

Les liens renvoient à des articles écrits

par des Ivoiriens eux-mêmes

au péril de leur vie (Ch D)

.

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Justice de vainqueurs,

quand les rôles sont inversés

Par Chantal Dupille


 

Un journal français (Marianne), une fois n'est pas coutume, enquête honnêtement, écrit un papier équilibré, neutre. Le fait est trop rare pour ne pas être salué. Triste époque où une information digne de ce nom devient l'exception.

 

Les faits, les blogueurs bien renseignés les connaissent. La France de Sarkozy, aux ordres de Tel-Aviv, de Washington et de Londres, cible la Côte d'Ivoire Etat souverain et démocratique pour le soumettre - particulièrement au FMI, d'ailleurs, à travers Ouattara. Autrement dit, le développement de l'Afrique sera complètement entravé, les Noirs subiront la colonisation, les prédations, les pillages, voire les bombardements, et seront privés d'avenir. Esclavage pas mort !

 

Sur France24, j'ai un jour entendu Mme Christine Lagarde annoncer que M. Ouattara allait conduire le développement en Afrique avec le FMI qui à travers lui, serait appelé à rayonner sur tout le continent : Autrement dit, pour le mettre en coupe réglée, l'endetter, le piller, le ruiner au profit des occupants (le mot convient, l'occupation peut-être très discrète, à travers les hommes de la BM ou du FMI).

 

Gbagbo, donc, dans l'article de Marianne, apparaît pour ce qu'il est : Un démocrate aimant son pays et le défendant quand il est attaqué. C'est pourtant lui qu'on juge à la Haye, tribunal fantoche, Justice de vainqueurs. Et ceux qui l'ont privé de sa victoire électorale, ceux qui commettent exactions et pillages, sont au pouvoir sans être inquiétés. Ainsi, tout est inversé. Notre monde, ou plus exactement l'Occident et ses sbires, dérive lentement et sûrement vers un Non-Droit généralisé, vers un Totalitarisme rampant, vers l'abjection totale, tout en se parant des vertus de la démocratie, de l'humanitaire... Guerres pour la paix, guerre contre le terrorisme armé, formé et financé par ceux qui prétendent le combattre, tout est imposture... et cette imposture est rendue possible grâce aux mensonges permanents des Médias collabos des assassins des peuples.

 

A La Haye, on a jugé les Serbes qui défendaient leur pays attaqué par l'OTAN (le prétexte étant des massacres ethniques alors qu'ils étaient perpétrés par l'Occident lui-même), et les Croates ou les Bosniaques ont finalement été exonérés de leurs crimes... Que dire des vrais fauteurs de troubles, de conflits, de crimes de guerres, à Tel-Aviv, à Londres ou à Washington ? Pour eux, l'impunité est totale. Le fils de Kadhafi va être jugé à huis-clos et sans doute le plus discrètement possible exécuté, Gbagbo va être condamné pour des crimes qu'il n'a pas commis, ou comme Milosevic, il aura le bon goût de mourir dans sa cellule. Et les vrais criminels, tous les Bush, Blair, Cameron, Sarkozy, Obama, Hollande-Fabius, Ouattara, BHL, etc, continueront à berner les peuples. En toute impunité. 


Les journalistes, instruments clé dans la guerre - Jusqu'à quand l'impunité ?

 

En tant que journaliste, je suis ulcérée de voir que les Médias relaient en permanence les mensonges de l'Occident, mes consoeurs et mes confrères se rendent ainsi complices des forfaits de leurs mentors et devraient eux aussi, pour leur criminelle désinformation et leur propagande de guerre, se retrouver devant un tribunal. 

 

Ainsi, tout est inversé. Les vrais auteurs de crimes sont en liberté, et ceux qui défendent leur pays comme hier Milosevic, Gbagbo, Kadhafi ou aujourd'hui Bachar-el-Assad, sont en position d'accusés.

 

Dirigeants, juges, journalistes ne méritent aujourd'hui que notre mépris.

 

Il reste des juges indépendants, nous leur demandons de faire leur travail. Pour que justice soit faite, tout simplement.

 

Chantal Dupille

 

Outre l'article de Marianne qui rend justice à Gbagbo, voici des liens extraordinaires, qui valent leur pesant d'or. Les articles sont écrits par des Ivoiriens, et tout laisse supposer qu' abidjan360  a du payer de sa vie sa liberté et son courage. Son blog a brusquement cessé d'être alimenté.

 

 

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etc etc comme ceci :

...........

 

Gbagbo : criminel ou démocrate ?
Vendredi 1 Mars 2013
Propos recueillis par Alain Léauthier


Après avoir comparu pendant dix jours devant la Cour pénale internationale de La Haye (CPI), l’ancien président de Côte d'Ivoire devra attendre encore plusieurs semaines pour connaître son sort : la liberté ou un procès. Procès à haut risque, selon son conseiller spécial Bernard Houdin qui conteste ici point par point les charges de crimes contre l’humanité présentées par l’accusation.


Rebecca Blackwell/AP/SIPA
Rebecca Blackwell/AP/SIPA
C’est au plus tard le 28 mai prochain que la Cour pénale internationale (CPI) dira si oui ou non Laurent Gbagbo, 67 ans, président déchu de la Côte d’Ivoire, devra être jugé pour « crimes contre l’humanité ».

Pendant dix jours, les magistrats ont tenté de déterminer si les éléments de preuve rassemblés par l’accusation justifiaient la tenue d’un éventuel futur procès. D’après la Gambienne Fatou Bensouda, la procureur de la CPI interrogée par l’hebdomadaire Jeune Afrique, « sans l’implication de Laurent Gbagbo, tous les crimes commis durant la crise post électorale ne l’auraient jamais été. »  Il serait le « coauteur indirect » d’un plan visant à conserver le pouvoir, malgré l’élection (controversée) d’Alassane Ouattara, y compris en recourant aux meurtres et à la violence, laquelle fit près de 3 000 victimes dans les deux camps. « Il élaborait sa stratégie avec un groupe de proches mais il était le principal coordonateur des exactions » estime Fatou Bensouda. Pour Eric McDonald, un de ses magistrats, « les attaques des forces pro-Gbagbo entre le 16 décembre 2010 et le 12 avril 2011 revêtaient un caractère généralisé et systématique (…) contre des communautés ethniques ou religieuses spécifiques. »  

Au dernier jour de l’audience de confirmation des charges, le 28 février, pour la première fois depuis sa comparution devant la CPI en décembre 2011, Laurent Gbagbo a pris la parole. « Toute ma vie, j’ai lutté pour la démocratie », a expliqué celui qui connut à plusieurs reprises les geôles d’Houphouët-Boigny. « Je n’ai jamais cru que la Côte d’Ivoire allait s’en sortir par la guerre, je n’ai jamais cru çà, j’ai toujours cru qu’on s’en sortirait par la discussion. »

Bernard Houdin - DR
Bernard Houdin - DR

Bernard Houdin, conseiller spécial et représentant du porte-parole de Gbagbo pour l’Europe et l’Amérique, revient pour Marianne, sur les contre-arguments des avocats de l’ancien président.

Marianne : Pourquoi, selon vous, la CPI ne peut renvoyer Laurent Gbagbo en procès ?

Bernard Houdi : D’abord pour des raisons strictement juridiques d’irrecevabilité, comme l’a magistralement démontré à l’ouverture de l’audience, le 19 février, un des avocats du président, le Pr Jacobs, de l’université de Leiden, lequel a d’ailleurs formé plusieurs des juges de la CPI.

Dans ses nombreux arguments, j’en retiens un. Depuis la prise de pouvoir d’Alassane Ouattara, à plusieurs reprises l’état ivoirien s’est dit parfaitement en mesure d’instruire et juger, avec son propre système. La Côte d’ Ivoire n’est ni la Somalie, ni le Sierra Leone. Pour que la CPI se saisisse, il aurait donc d’abord fallu que Laurent Gbagbo soit jugé dans son propre pays.

Par ailleurs, la notion de coauteur indirect entretient une totale confusion sur les responsabilités supposées du président dans les violences qu’on lui reproche. Et où sont les autres auteurs ?

Sur le fond, la comparution de Laurent Gbagbo devant la CPI est une entreprise politique, en contradiction flagrante avec la déclaration d’indépendance autoproclamée de cette juridiction.  Il ne faut pas oublier que son transfert à La Haye y a été précédé par le déplacement du procureur de la République du nouveau régime (celui d’Alassane Ouattara, ndlr) accompagné… du ministre français de la Justice de l’époque. Cela pose un problème, non ?

Entre autres, l’accusation a retenu quatre gros dossiers à charge. Vous les contestez ?

Prenons les un par un. Il y a d’abord la répression, soi disant aveugle, d’une marche, soi disant pacifique, des pro Ouattara sur la RTI, la télévision nationale ivoirienne. Des images des télévisions françaises ont confirmé ce que nous affirmons depuis longtemps : loin d’être pacifique cette marche était infiltrée par des éléments rebelles armés, venus d’Abobo ( immense quartier d’Abidjan, réputé favorable à Alassane Ouattara et qui abritait plusieurs groupes rebelles pendant la crise, ndlr) ou de l’hôtel du Golf (le QQ  de Ouattara jusqu’à la chute de Gbagbo, ndlr).  Face à la menace, les forces de sécurité ont fait leur travail.

Et la marche des femmes d’Abobo, réprimée dans le sang (sept tuées par balle, ndlr)... Elles aussi étaient infiltrées ?

Parlons-en ! On attribue aux forces loyalistes (FDS) la responsabilité de ce drame. Mais un livre (« Abobo la guerre » de Leslie Varenne, éditions Mille et Une Nuits),  a démontré, sans qu’il fût  à ce jour jamais contesté ni attaqué, que cette marche a été instrumentalisée par Guillaume Soro ( l’actuel Premier ministre d’Alassane Ouattara, ancien chef des rebelles lors du coup d’état de 2002, ndlr) afin de créer des incidents graves et d’en faire porter la responsabilité à Laurent Gbagbo.

Vous savez que la journaliste en question, correspondante de la Tribune de Genève, n’était pas particulièrement pro-Gbagbo et considérait d’ailleurs qu’Alassane Ouattara avait été normalement élu. On ne peut donc lui reprocher un point de vue partisan. A Abobo, elle a travaillé pendant plusieurs mois au contact du fameux Commando Invisible (une des factions rebelles contre laquelle Soro et Ouattara se sont ensuite retournés, tuant son chef Ibrahim Coulibaly dit IB, ndlr), au plus près donc de ce qui se passait réellement.

Son enquête sur cette tuerie est édifiante. Sur la foi des informations venues de l’hôtel du Golf (QG Ouattara, ndlr) les femmes en question pensaient manifester en toute tranquillité, protégées par le Commandant Invisible. Or les hommes d’IB n’étaient au courant de rien et le parcours choisi par le RDR (la formation de Ouattara, ndlr) était loin d’être sans risque. La preuve, puisqu’elles ont croisé des chars des FDS. L’accusation prétend que ce sont eux qui ont tiré sur les femmes mais pourquoi alors ont-elles étaient touchées dans le dos ?

Manip aussi le bombardement du marché de Siaka Koné, toujours à Abobo ?

Ces supposés bombardements ne sont étayés que par des témoignages au demeurant fort contradictoires. Sur place en tout cas on n’a relevé aucun impact, aucun cratère susceptible d’avoir été causé par une bombe !

Le dernier point concerne les violences et exactions perpétrées contre des populations dioulas le 12 avril à Yopougon, fief des partisans de Laurent Gbagbo ?

Une précision d’abord : cette idée que les quartiers à Abidjan seraient racialement et politiquement totalement homogènes ne correspond pas à la réalité. Mais passons. Le 12 avril Laurent Gbagbo est dans l’hélicoptère qui le conduit vers son lieu de détention forcée de Korhogo. Dès sa chute, acquise uniquement grâce à l’intervention de militaires français, les bandes rebelles se sont répandues dans de nombreux quartier d’Abidjan et notamment à Yopougon où elles ont commencé à piller et tuer. Que des individus ou des groupes d’individus se soient constitués en groupe d’auto défense ne fait guère de doute mais rien, absolument rien ne  démontre un plan machiavélique de nettoyage ethnique ordonné préalablement à son arrestation par Laurent Gbagbo.

Pour sa première prise de parole depuis sa comparution, Laurent Gbagbo a peu parlé hier (28 février). Il n’avait rien à dire aux juges ?

Le président n’allait pas refaire l’audience et reprendre les arguments de ses avocats… Il a en tout cas témoigné son respect à la Cour en étant constamment présent,  à l’inverse de la procureure qui est partie dès le troisième jour. C’est un peu cavalier comme comportement alors que c’est la première fois que la CPI, en tant que tel,  doit se prononcer sur le sort d’un chef d’état africain. Gbagbo a dit ce qu’il avait à dire : de 2002 à 2011 il a toujours fondé son action sur le respect du droit et de la Constitution.

L’accuser d’un plan machiavélique pour rester au pouvoir est absurde ! C’est lui qui a crée la commission électorale indépendante, composée essentiellement d’opposants, lui qui a autorisé Ouattara  à se présenter (en dépit de la controverse ancienne sur sa nationalité, ndlr) lui encore qui a imposé le bulletin de vote unique et un équilibre des temps de parole pendant la campagne électorale ! Cela en fait un dictateur bien singulier…

Comment voyez vous la suite…

La CPI se veut indépendante. Dans ce cas, elle doit dire le droit et rien que le droit et rejeter le storytelling matraqué ad nauseam depuis des mois par certains milieux politiques et relayés par la majorité des médias français. Elle doit libérer Laurent Gbagbo et ouvrir ainsi la voie à la réconciliation nationale dont la Côte d’Ivoire a tant besoin pour préparer son avenir et son développement. Et ce, quelle que soit la position future de Gbagbo dans le pays.

Dans le cas contraire ?

Outre que la Cour foulera aux pieds le droit, on peut craindre des dégâts politiques et humains dont elle sera redevable.


http://www.marianne.net/Gbagbo-criminel-ou-democrate_a226966.html

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2 mars 2013 6 02 /03 /mars /2013 01:42

 

Révoltes arabes Comprendre n’est pas participer aux idéologies du complot


Richard Labévière
Samedi 23 Février 2013

 

Révoltes arabes Comprendre n’est pas participer aux idéologies du complot


Deux ans après leur déclenchement, les différents mouvements – hâtivement baptisés « révolutions arabes » – qui ont provoqué des changements de régime en Tunisie, Égypte, Libye et au Yémen ainsi qu’une crise durable au Bahreïn et une guerre civile en Syrie nécessitent un premier bilan. C’est l’objectif que se sont fixé les vingt-trois contributeurs de huit nationalités différentes dans l’ouvrage qui vient de paraître aux Éditions Ellipses : La Face cachée des révolutions arabes (528 p., 25 euros).

Ce travail courageux et salutaire – qui rassemble des signatures aussi différentes et dissemblables que celle de Samir Amin, Alain Chouet ou Ahmed Ben Saada – s’organise autour d’une triple interrogation : d’où viennent ces mouvements ? Quels en furent les principaux acteurs ? Qu’ont-ils produit jusqu’à maintenant ? Il reproduit également les deux rapports de mission d’étude conjointement menée en Libye et en Syrie par le Centre français de recherche sur le renseignement (CF2R) et le Centre international de recherches et d’études sur le terrorisme (Ciret).

Son questionnement fait œuvre d’une belle déconstruction des lectures d’une presse trop pressée et de chercheurs parfois dévorés par leurs sujets d’études. Comme Fabrice à Waterloo qui n’a vu que de la fumée et des chevaux, les premiers ont beaucoup fait la morale en décidant – à la place de leurs lecteurs – qui étaient les « bons » et les « méchants ». Les seconds, qui n’aiment pas qu’on réfléchisse sur leurs plates-bandes, ont voulu se réserver le monopole de la compréhension. Après avoir annoncé la fin de « l’islam politique », certains ont décrit – en août 2011 – des activistes jihadistes « paniqués » par une « vague démocratique » en train de submerger le monde arabe… D’autres enfin ont assimilé toute remise en cause, sinon toute critique, de leurs lectures aux idéologies du complot, voire au négationnisme du changement social et politique.

Ne leur en déplaise, La Face cachée des révolutions arabes, ouvrage de salubrité publique, dresse un triple constat transversal. D’abord, ces différentes révoltes renouaient avec de vieilles revendications sociales et politiques chargées d’une longue histoire. Cette fois-ci, la grande nouveauté est que les chancelleries et la presse occidentale les ont relayées, sinon amplifiées. Pour quelle raison ? Parce dans notre monde globalisé innervé de nouvelles technologies dévoilant l’actualité dans son immédiateté, les Ben Ali, Moubarak et autres Khadhafi ne pouvaient plus être des garants sérieux des intérêts occidentaux. Il fallait trouver autre chose, non pas – comme dans Tintin – en réunissant des comploteurs cagoulés dans une caverne pour monter un mauvais coup, mais en accompagnant et canalisant les énergies libérées. Dans un premier temps, la jeunesse, les syndicats et la société civile ont constitué des mouvements sociaux innovants, en rupture avec les ordres anciens, avant que des élections – plus ou moins correctement gérées – ne viennent reconstruire des ordres moraux et politiques conformes à la sauvegarde des intérêts occidentaux. Comme dit le Guépard de Lampedusa : « Il fallait tout changer pour que rien ne change… »

Deuxième constat : les agents de cette nouvelle glaciation sont les Frères musulmans et leurs produits dérivés salafistes. Depuis le milieu des années 1950, lorsque Nasser s’impose comme le champion du nationalisme arabe et qu’il fait le choix de l’URSS, les États-Unis n’ont de cesse d’utiliser la confrérie égyptienne comme leurs alliés objectifs les plus actifs dans le monde arabo-musulman. Nous disposons, dans nos archives, d’une photo de Saïd Ramadan – le père de Tariq (télé-coraniste bien connu) – aux côtés d’Eisenhower dans le bureau de la Maison-Blanche avec une délégation des Frères musulmans. Pourquoi les Américains les adorent-ils ? Parce que là où sont les Frères, pas de syndicats, de partis de gauche et de formations nationalistes, mais des boutiquiers partisans du néo-libéralisme économique, avec une jeunesse qui fait des allers et retours entre la mosquée et McDo.

Enfin, les grandes révolutions (française, soviétique, chinoise, cubaine et algérienne) ont ceci de commun qu’elles ont, peu ou prou, engagé réformes agraires, nationalisations des secteurs vitaux de l’économie, promotion des femmes et des droits humains. C’est-à-dire des dynamiques très différentes de l’instauration plus ou moins dure de la charia. Dresser ces constats n’est pas rejoindre les idéologies du complot, mais parier sur l’intelligence de l’avenir.

source http://www.afrique-asie.fr

Articles connexes
http://www.alterinfo.net/Printemps-arabe-ou-nouveau-paradigme-neo-colonial_a56596.html
http://www.alterinfo.net/Printemps-arabe-ou-nouveau-paradigme-neo-colonial-suite_a66079.html

 

 

http://www.alterinfo.net/Revoltes-arabes-Comprendre-n-est-pas-participer-aux-ideologies-du-complot_a87144.html

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28 février 2013 4 28 /02 /février /2013 01:19

 

Aymeric Chauprade : les grandes tendances géopolitiques du monde

 

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Seconde partie. Aymeric Chauprade revient sur les grandes tendances géopolitiques du moment et se penche sur la place de la France dans le monde. Entretien réalisé avec Xavier Moreau pour Realpolitik, le 13 février 2013. Voir la première partie : http://www.realpolitik.tv/2013/02/aymeric-chauprade-les-grandes-tendances-geopolitiques-du-moment-la-place-de-la-france-12/
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26 février 2013 2 26 /02 /février /2013 03:25

Les véritables raisons de la démission de Benoît XVI

Traduction française pour Avanti4.be : Ataulfo Riera avanti4.be

Les experts du Vatican expliquent que le pape Benoît XVI avait décidé de démissionner dès le mois de mars de l'année dernière, après un retour de voyage au Mexique et à Cuba. A cette période, le pape, qui incarne ce que le spécialiste et universitaire français Philippe Portier appelle une « lourde continuité » avec son prédécesseur Jean Paul II, découvre la première partie d'un rapport élaboré par les cardinaux Julián Herranz, Jozef Tomko et Salvatore De Giorgi. Dans ce document sont résumés les abîmes, en rien spirituels, dans lesquels l'Eglise est tombé : corruption, finances occultes, guerres fratricides pour le pouvoir, vol massif de documents secrets, luttes entre factions et blanchiment d'argent. Le résumé final insistait sur la « résistance au changement de la part de la curie et des nombreux obstacles posés aux actions demandées par le pape pour promouvoir la transparence ».

Le Vatican est un nid de hyènes enragées, un pugilat sans limites ni morale quelconque où la curie assoiffée de pouvoir fomente les dénonciations, les trahisons, les traquenards, le blanchiment d'argent, des opérations secrètes pour préserver ses prérogatives et privilèges face aux institutions religieuses et financières. Très loin du Ciel et très proche des péchés terrestres. Sous le mandat de Benoît XVI, le Vatican a été l'un des Etat les plus opaques du monde. Si Josef Ratzinger a soulevé le voile du silence sur les curés pédophiles, il n'a en rien modernisé l'Eglise, ni tourné la page de l'héritage d'affaires troubles léguées par son prédécesseur Jean Paul II.

Ce premier rapport des trois cardinaux a conduit, en août de l'année dernière, à la nomination du Suisse René Brülhart, un spécialiste en blanchiment d'argent qui a dirigé pendant huit ans la Financial Intelligence Unit (FIU) du Liechtenstein, autrement dit l'agence nationale chargée d'analyser les opérations financières douteuses. Brülhart avait pour mission de mettre la Banque du Vatican en syntonie avec les normes européennes dictées par le GAFI, le groupe d'action financière. Bien entendu, il n'y est pas parvenu.

Benoît XVI fut, comme le souligne Philippe Portier, un continuateur de l'œuvre de Jean Paul II : « Depuis 1981, il a suivi les pas de son prédécesseur, co-rédigeant plusieurs de ses textes tels que la Condamnation des théologies de la libération dans les années 1984-1986, l'Evangelium Vitae de 1995 sur la doctrine de l'Eglise par rapports aux questions de la vie, ou encore Splendor Veritas, un texte fondamental rédigé à quatre mains avec Wojtyla ». Ces deux derniers textes cités par l'expert français constituent un résumé pratique de la vision réactionnaire de l'Eglise sur les questions politiques, sociales et scientifiques du monde moderne.

La seconde partie du rapport des trois cardinaux fut présentée au pape en décembre dernier. Depuis lors, la démission s'est posée d'une manière irrévocable. En plein marasme et avec une quantité de couloirs qui conduisent à l'enfer, la curie romaine a agi comme n'importe quel autre Etat. Elle a cherché à imposer une vérité officielle avec des méthodes modernes. Elle a contracté pour ce faire les services du journaliste nord-américain Greg Burke, membro de l'Opus Dei et ex membre de l'agence Reuters, de la revue Time et de la chaîne Fox. Burke avait comme mission d'améliorer l'image détériorée de l'Eglise. « Mon idée est d'apporter de la clarté » avait-il déclaré en assumant son poste. Trop tard. Il n'y a plus rien de clair dans le sommet de l'Eglise catholique.

La divulgation des documents secrets du Vatican orchestrée par le majordome du pape, Paolo Gabriele, et bon nombre d'autres mains invisibles, fut une opération savamment montée dont les ressorts restent toujours mystérieux : une opération menée contre le puissant secrétaire d'Etat Tarcisio Bertone, une conspiration destinée à pousser Benoît XVI à la démission et à placer un Italien à sa place, ou encore une tentative de freiner la purge interne en cours ? En tous les cas l'avalanche de secrets révélés, les « vatileaks », ont submergé la tâche de nettoyage qui incombait à Burke. Un enfer avec des anges peints sur les murs n'est pas facile à redessiner.

Benoît XVI a donc été écrasé par les contradictions qu'il a lui-même suscité. Ces dernières sont telles que, dès que sa démission fut rendue publique, les traditionnalistes de la Fraternité de Saint Pie X fondée par Monseigneur Lefebvre ont salué la figure du pape. Ce qui n'est pas étonnant : l'une des premières tâches menées par Ratzinger a consisté à supprimer les sanctions canoniques adoptées contre les partisans néofascistes et ultra-réactionnaires de Monseigneur Lefebvre et, par conséquent, à légitimer au sein de l'Eglise ce courant rétrograde qui, de Pinochet à Videla, a toujours soutenu presque toutes les dictatures d'extrême droite du monde.

Philippe Portier souligne que le pape « s'est laissé dépasser par l'opacité qui s'est installée sous son règne ». Et la première cause n'est pas doctrinale mais financière. Le Vatican est un gestionnaire d'argent opaque et de nombreuses querelles qui ont été mises en lumière depuis un an ont à voir avec les finances, les comptes maquillés et les opérations illicites. Tel est l'héritage financier légué par Jean Paul II et qui, pour de nombreux spécialistes, explique la crise actuelle. L'Institut pour les Œuvres de la Religion (IOR), autrement dit la banque du Vatican, fondé en 1942 par Pie XII, fonctionne dans une opacité totale. En janvier, à la demande de l'organisme européen de lutte contre le blanchiment d'argent, Moneyval, la Banque d'Italie a bloqué l'utilisation des cartes de crédit au sein du Vatican à cause du manque de transparence et des failles manifestes dans le contrôle du blanchiment d'argent. En 2011, les cinq millions de touristes qui ont visité le Vatican ont laissé 93,5 millions d'euros dans ses caisses via des paiements par cartes. Ils devront maintenant payer en liquide. L'IOR gère plus de 33.000 comptes par lesquels circulent plus de 6 milliards d'euros. Son opacité est telle qu'il ne figure pas dans la « liste blanche » des Etats qui participent au combat contre les transactions illégales.

En septembre 2009, Ratzinger avait nommé le banquier Ettore Gotti Tedeschi à la tête de la banque du Vatican. Proche de l'Opus Dei, représentant du Banco de Santander en Italie depuis 1992, Gotti Tedeschi a participé à la préparation de l'encyclique sociale et économique Caritas in veritate, publiée par le pape en juillet 2012. L'encyclique demande plus de justice sociale et des règles plus transparentes pour le système financier mondial. Tedeschi avait comme objectif de remettre de l'ordre dans les eaux troubles des finances vaticanes. Les comptes du Saint-Siège sont labyrinthe de corruption et de blanchiment d'argent dont les origines connues remontent à la fin des années 1980, quand la justice italienne émit un ordre d'arrestation contre l'archevêque nord-américain Paul Marcinkus, surnommé « le banquier de Dieu », président de l'Institut pour les Œuvres de la Religion et principal responsable des investissements du Vatican à l'époque.

Marcinkus était un adepte des paradis fiscaux et était très ami avec les mafias. Jean Paul II utilisa l'argument de la souveraineté territoriale pour éviter sa détention et le sauver de la prison. Ce qui n'est pas étonnant car il lui devait beaucoup : dans les années 1970 et 1980, Marcinkus avait utilisé la Banque du Vatican pour financer secrètement le syndicat polonais Solidarnosc soutenu par Wojtyla. Marcinkus a terminé ses jours en jouant au golf dans l'Arizona en laissant un gigantesque trou noir de pertes (3,5 milliards de dollars), d'investissements mafieux et aussi quelques cadavres.

Le 18 juin 1982 apparu un corps pendu sous le pont de Blackfriars à Londres. Il s'agissait de Roberto Calvi, présidente de la Banque Ambrosiano et principal partenaire de l'IOR. Son suicide apparent révélait une immense trame de corruption qui incluait, outre la Banque Ambrosiano, la loge maçonique Propaganda 2 (plus connue comme P-2), dirigée par Licio Gelli, et la Banque du Vatican dirigée par Marcinkus. Gelli s'est réfugié à temps en Argentine, où il avait déjà opéré aux temps du général Lanusse dans une opération appelée « Gianoglio » afin de faciliter le retour de Perón.

Gotti Tedeschi fut donc investit d'une mission quasi impossible et il n'est resté que trois années à la tête de l'Institut pour les Œuvres de la Religion. Il fut licencié de manière brutale en 2012 pour « irrégularités dans sa gestion ». Entre autres irrégularités, la justice de Rome a découvert un versement suspect de 30 millions de dollars entre la Banque du Vatican et le Crédit Artigiano. Le transfert s'est fait à partir d'un compte ouvert au Crédit Credito Artigiano mais fut bloqué par la Justice à cause de son manque de transparence. Tedeschi quitta donc la banque quelques heures après l'arrestation du majordome du pape et juste au moment où le Vatican était sous enquête pour violation des normes contre le blanchiment de capitaux. En réalité, son expulsion constitue un autre épisode de la guerre entre factions. Quand il prit ses fonctions, Tedeschi commenca à élaborer un rapport secret où il consigna ses découvertes : comptes chiffrés où l'ont cachait de l'argent sale de « politiciens, d'intermédiaires, de constructeurs immobiliers et de hauts fonctionnaires de l'Etat ». Même Matteo Messina Denaro, le nouveau chef de la Cosa Nostra, avait son argent placé dans l'IOR. C'est là que commenca le malheur de Tedeschi. Ceux qui connaissent bien le Vatican allèguent que ce banquier fut victime d'un complot monté par des conseillers de la banque avec le soutien du secrétaire d'Etat, Monseigneur Bertone, un ennemi personnel de Tedeschi, et responsable de la commission de cardinaux qui surveille le fonctionnement de la banque. La destitution de Tedeschi s'est accompagnée par la diffusion d'un « document » qui le mêle à la fuite des documents volés au pape.

Bien plus que les querelles théologiques, c'est l'argent et les comptes occultes de la Banque du Vatican qui semblent composer la trame de la démission inédite du pape. Un nid de corbeaux pédophiles, de comploteurs réactionnaires et de voleurs assoiffés de pouvoirs et capables de tout afin de défendre leur faction : telle est la terrible image de décomposition morale laissée par la hiérarchie catholique. Rien de bien différent du monde dans lequel nous vivons. Corruption, capitalisme assassin, protection des privilégiés, circuit de pouvoir qui s'auto-alimente et se protège, le Vatican n'est rien d'autre que le reflet de la décadence du système lui-même.
___________________
Je transmets tel que reçu de Sos-Justice (eva)
Génocide du Canada : Verdict et Sentence de la Cour Internationale de Justice du 25 février 2013

Nous venons de recevoir un mail contenant une vidéo annonçant que la Cour Internationale de Justice avait rendu aujourd'hui, le 25 février 2013, sa sentence et son verdict dans l'affaire du Génocide du Canada !
 
Vérification faite sur le site du Tribunal International contre les Crimes commis par l'église et l'état, l'information est réelle !
 
Nous vous avons lié la déclaration publique de ce jour que vous trouverez en pièce jointe et en PDF. L'ordonnance sera rendue la 4 mars 2013.
 
 Le pape, la reine et le premier ministre canadien ont été reconnus coupables de crimes contre l'humanité et condamnés à une peine de 25 ans d'emprisonnement.
Vous remarquerez que parmi les personnes citées se trouve le "Pape Noir" des Jésuites Lucifériens, entre autres.
 
Voilà pourquoi le Pape a démissionné et qu'il faut à tout prix que le nouveau Pape soit élu avant Pâques et qu'il fallait assurer l'immunité du Pape en le planquant dans le murs du Vatican et non pas au prétexte fallacieux que Dieu lui aurait demandé de se retirer pour prier !
 
Le Pape, la Reine d'Angleterre et le premier ministre du Canada ont de quoi se faire du souci, car on peut faire saisir légalement les biens des Sociétés, des Banques et des Gouvernements, pour abus d'esclavage et usage de systèmes monétaires privés.
 
Traduction google de l'article se trouvant que le site Tribunal International contre les Crimes commis par l'église et l'état, 
Verdict final est Rendus au premier Jurisprudence Cour commune contre le Vatican et le Canada pour génocide
Le pape, la reine et le premier ministre canadien reconnus coupables de crimes contre l'humanité et condamnés à une peine de 25 ans de prison
L'Ordonnance du tribunal sera rendue le 4 Mars 2013 pour procéder aux arrestations

 

Bruxelles: le 25 Février 2013

Le pape Benoît ira en prison pendant vingt-cinq ans pour son rôle dans les crimes contre l'humanité, et la richesse du Vatican et de la propriété doit être saisie, selon le verdict historique d'aujourd'hui de la Cour de common law internationale de Justice.

La Cour, basée à Bruxelles a rendu un verdict unanime de culpabilité de ses jurés citoyens et ordonné l'arrestation des citoyens de trente accusés commençant Mars 4 dans une ordonnance de la cour qui leur est délivré aujourd'hui.

Le verdict lu en partie,

«Nous le Jury Citoyen constater que les défendeurs dans cette affaire sont coupables des deux actes d'accusation, qui est, ils sont coupables d'avoir commis ou aidé et encouragé les crimes contre l'humanité, et de faire partie d'une conspiration criminelle en cours"

Le jury a estimé que chaque accusé de recevoir une obligation 25 ans de prison sans libération conditionnelle, et ont tous leurs biens personnels saisis.

La Cour a poursuivi en déclarant dans son ordonnance no 022513-001,

"Les accusés ont l'ordre de se rendre volontairement à agents de la paix et des agents autorisés par la présente Cour, après avoir été reconnu coupable.

«Les défendeurs ont sept jours à compter de la délivrance de cet ordre, jusqu'à ce que Mars 4, 2103, de se conformer. Après 4 Mars 2013, un mandat d'arrêt international sera délivré contre ces défendeurs».

Les coupables sont Elizabeth Windsor, reine d'Angleterre, Stephen Harper, premier ministre du Canada, et les agents de la tête de l'Eglise catholique, anglicane et unie du Canada. (Une copie complète du verdict, l'ordonnance du tribunal et une liste des prévenus est fermé sur le lien du tube qui vous accompagnent).

Le verdict de culpabilité suivi presque un mois de délibérations par plus de trente jurés citoyens jurés des 150 pièces de cas produites par les procureurs Cour.

Ces expositions détaillées preuve irréfutable d'une vaste conspiration criminelle par les institutions de l'accusé à commettre le génocide et de dissimuler sur des générations d'enfants dans ce qu'on appelle les pensionnats indiens au Canada.

Aucun des défendeurs ont contesté ou contesté une assignation publics qui leur sont délivrées dernière Septembre, et ils n'ont pas de nier les accusations portées contre eux, ou fournir des preuves à l'encontre de la Cour.

"Leur silence m'a dit beaucoup. Pourquoi ne pas innocents défendre leur propre réputation lorsqu'ils sont accusés de ces choses horribles?" a commenté un membre du jury, basé en Angleterre.

"Ces crimes ont été destinés aux enfants, et ont un plan froide et calculée d'anéantir les Indiens qui n'étaient pas chrétiens. Et les accusés sont toujours clairement couvrir ce crime. Nous avons donc pensé que nous devions faire plus de gifler leur poignet. L' règne de la terreur en état adossés à des églises qui sont au-dessus de la loi doit se terminer, parce que les enfants souffrent toujours de lui ».

L'arrêt de la Cour déclare la richesse et les biens des églises responsables du génocide canadien à être confisqué et placé sous contrôle public, à titre de réparation pour les familles des plus de 50.000 enfants qui sont morts dans les pensionnats.

Pour appliquer sa peine, la Cour a autorisé les citoyens du Canada, des États-Unis, en Angleterre, en Italie et une douzaine de pays d'autres d'agir comme ses mandataires munis d'un mandat, et pacifiquement occuper et saisir les biens de l'Église catholique romaine, anglicane et unie du Canada, qui sont les principaux agents de la mort de ces enfants.

»Cette phrase donne un fondement juridique et la légitimité des professions ecclésiastiques qui ont déjà commencé par les victimes de la torture Eglise dans le monde», a commenté Kevin Annett, le conseiller en chef au Bureau du Procureur, qui a présenté son cas au monde. (Voir www.itccs.org, Novembre 6 et 30 janvier affichages)

"Le verdict de la Cour est clairement que ces organismes ecclésiaux pénales doivent être juridiquement et pratiquement dissoute, et leurs richesses volées récupérées par le peuple. Justice a finalement commencé à être être servi. La mort peut maintenant se reposer plus facilement."

Auxiliaires de justice est la prestation de l'Ordre à tous les défendeurs de cette semaine, y compris le Premier ministre canadien, la reine d'Angleterre et de Joseph Ratzinger, le Pape Benoît retraite qui est d'éviter l'arrestation dans le Vatican après coup démissionner il ya deux semaines.

Les arrestations de citoyens de ces défendeurs et d'autres débuteront le 4 Mars s'ils ne se rendent pas eux-mêmes et leurs biens, selon l'ordonnance du tribunal.

Ces actions seront filmées et affichées dans ici la semaine prochaine, avec nouvelles mises à jour de la Cour et ses agents citoyens.

S'il vous plaît voir la vidéo du tube qui vous accompagnent.

Publié par le Bureau Central,
Le Tribunal international sur les crimes de l'Eglise et de l'Etat

25 Février, 2013

Bruxelles

Source : http://itccs.org/2013/02/25/guilty/

 
La vidéo ici : Verdict and Sentence: Genocide in Canada
http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=ormOIlOi4Vc#!

Le verdict final et la sentence de la Cour Internationale de Justice, dans l'affaire du génocide au Canada par l'église et l'état qui comprend la décision de justice rendue aux défendeurs.

 

 

CRIMES de l'Eglise au Canada voir ici :

Les dessous noirs du Vatican. Camps de concentration chrétiens. Mafias au pouvoir

 

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25 février 2013 1 25 /02 /février /2013 12:32

 

 

L'ignorance c'est la force. G. ORWELL

 

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23 février 2013 6 23 /02 /février /2013 01:49

L’humoriste Coluche, perd la vie dans un accident de moto sur une petite route des Alpes-Maritimes, à l'âge de 41 ans.

http://perlbal.hi-pi.com/blog-images/78621/gd/1207487870/les-mysteres-autour-de-la-mort-de-Coluche.jpg 

Le jeudi 19 juin 1986, sur le trajet à moto qui le ramène de Cannes à Opio, Coluche est accompagné de deux amis. Coluche roule à vitesse modérée (selon l'expertise, à environ 60 km/h au lieu des 90 km/h autorisés). Sans motif apparent, un poids lourd lui coupe brusquement la route, en effectuant une manœuvre (virage sec à gauche).

L'humoriste ne peut rien faire, sa tête percute l'avant-droit du véhicule. Le choc lui est fatal.

Les circonstances entourant cet accident entraîneront plusieurs rumeurs et même la thèse d'un assassinat.

http://aujourdhui.over-blog.fr/article-19-juin-1986-mort-de-coluche-77018471.html

 

 

Publiée le 17 févr. 2013

Extrait d'un sketch de Coluche en préparation qu'il devait jouer en 1986 au zénith.
Dans ce sketch, il dénonce la complicité de certains états dans des attentats terroristes.
Malheureusement, cette même année, Coluche est tué dans un accident de la route ... Hasard ou coïncidence ? ...

 

 

 

 

 

Mise en ligne le 21 mars 2010

Coluche refusant l'invitation à la lumière (lux ferre, Lucifer) de la Franc-maçonnerie, peu avant sa mort.

 

 

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