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17 octobre 2012 3 17 /10 /octobre /2012 22:42

 

 

 

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6 octobre 2012 6 06 /10 /octobre /2012 18:16

 

http://ogm.greenpeace.fr/frites-ou-pas-les-ogm-on-nen-veut-toujours-pas

 

MEDIATOR, OGM : Le même combat juridique

voilà pourquoi il faut le faire connaître,

ça nous concerne tous.

 

  1. nous apprenions, voici quelques jours, que près de 500 dossiers de réclamations concernant le médiator ont été rejetés, souvent parce que le patient avait eu recours à d'autres médicaments, et que le groupe d'experts se prononçait que du fait des dits autres médicaments pris, rien ne pouvait être prouvé quant à la responsabilité du médiator dans les problèmes rencontrés par lesdits patients.

C'est aller un peu vite en besogne…… et en protection des intérêts du producteur du médiator… !, quand on sait les raisons pour lesquelles les molécules du médiator, présentent à l'identique dans d'autres médicaments, ont été interdites à la vente et l'utilisation, avec retraits de plusieurs médicaments identiques au médiator.

 

Or, le dit groupe "d'experts" oublie un petit détail qui a une importance majeure dans le débat judiciaire: Les experts ne prouvent pas que le médiator est sans conséquence sur les pathologies des patients (ou qui les ont déclenchées), qui ont été victimes de la prise de ce médicament; même si les patients en cause ont pris d'autres médicaments.

 

Pour se rendre compte de l'impact de ce médicament sur la santé, ils leur appartenaient de s'intéresser à ce qui c'est passé chez les personnes qui n'avaient pas d'autres traitements que celui de prendre, qu'importe le motif, ce sinistre produit…… dont l'utilisation de la molécule a été interdite dans d'autres médicaments, et dans d'autres pays, consécutivement aux décisions des organismes, honnêtes, de contrôles sanitaires de ces pays, …… totalement libres vis-à-vis des laboratoires…!!! et au moins tout aussi compétent, voir sinon plus, que les organes de contrôles exerçant en France et au titre de l'Union Européenne; et par dessus le marché: des experts intervenants dans cette affaire.

 

Le principe de l'absence de preuve d'innocuité du médiator, vu que les experts en question sont incapables d'en présenter, doit orienter et renfocer, de fait, vu la toxicité rencontrée par ailleurs par cette molécule, la décision judiciaire de condamner le laboratoire, pour la totalité des dossiers présentés.

 

Au moins au nom du doute en ce qui concerne la faculté du médiator de ne pas être dangereux.

 

Cela relève de l'application, là aussi, comme dans nombre d'autres domaines, du principe de précaution.

 

  1. De son côté, un autre groupe d'experts (ou se présentant comme tels) intervenant au nom de l'Union Européenne en ce qui concerne l'analyse des produits OGM révélés par l'université de Caen, exerce, à l'inverse des intérêts de santé publique de tous citoyens, en ne demandant pas la suspension des produits OGM, malgré le doute généré par la dite étude concernant ces produits.

 

Ils disent que l'étude est incomplète, et qu'en quelque sorte, il faudra recommencer les tests sur d'autres variétés de cobayes. Et que par conséquence, au lieu d'appliquer le principe de précaution qui veut qu'il y a lieu de préserver la santé publique quand il y a doute, s'abstient de demander de suspendre les cultures utilisant ces OGM et produits de traitements. Les dits "experts", et l'organisme qui les a mandatés, laissent se poursuivre lesdites cultures comme si de rien n'était.

 

Il appartient de ce fait aux autorités françaises, vu les doutes visant ces produits, de poursuivre en Justice les instances européennes concernées, devant la Cour Européenne de Justice, pour présomption de mise en danger d'autrui, par absence du respect du principe de précaution.

 

Et donc de demander, avant d'attendre les cinq à sept ans que dure ce genre de procédure devant cette instance, une décision en référé de la suspension de toutes autorisations de cultures prévisibles ou actuelles, déjà adoptées par l'Union Européenne.

 

A défaut, tous les citoyens qui se sentent concernés (donc tous, dans les faits), par ce problème et pour lequel les voies de recours ne seraient pas engagées immédiatement par l'Etat Français, ont intérêt à se regrouper et à présenter directement devant la dite Cour Européenne, une requête pour un jugement au fond, avec demande de suspension provisoire des cultures à base d'OGM et utilisant le Rundup en attendant la décision finale. Voire de compléter la procédure de telle sorte à contraindre les autorités européennes ad hoc , par l'obligation de faire procéder dans plusieurs laboratoires universitaires de recherches, dans plusieurs pays, à des tests dont la durée devra être au moins celle égale aux recherches menées par l'université de Caen. Le tout, en attendant les résultats, avec suspension de toute culture pendant ce temps.

 

Là, ce sera Justice.

 

Alors: Unissons-nous.

 

AMITIES FRATERNELLES SOCIALISTES

 

H.J.F. MOREL

IMMOTY & PARTNERS


H.j.f. Morel
Cercle d'Etudes et de Propositions pour la Reconstruction Economique
et Sociale de la France
"RESEAUX SOCIALISTES ACTIFS"
758 AV. du LUBERON
04100 MANOSQUE

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29 septembre 2012 6 29 /09 /septembre /2012 14:56

 

agric.-mort-monsanto-images.jpg

 

Nécro-agriculture et Nouvel Ordre Mondial: des OGM à l’agro-écologie, de la mort à la vie…

 

le Septembre 29, 2012 par Résistance 71

Du passé à l’avenir, des “Ogm” à l’agroécologie

de Jean-Pierre Berlan, directeur de recherches INRA

url de l’article original:

http://www.liberterre.fr/agriculture/OGM/index.html


 

Il y a deux générations, le paysan élevait ses chevaux de trait, les nourrissait avec son avoine, fertilisait ses champs avec leur fumier, semait le grain qu’il récoltait, produisait ce qu’il mangeait, cachait ses économies sous son matelas et nourrissait ses compatriotes. Avec sa ligne de crédit au Crédit Agricole, l’exploitant, terme significatif, achète ses chevaux à John Deere, son avoine à Total, ses engrais à AZF, ses semences et biocides à Monsanto, l’essentiel de sa nourriture à Casino, mais sachant à quoi s’en tenir, préfère pour son usage personnel les légumes de son potager “bio”et les volailles de son poulailler. Devenu un rouage d’un système technique global, ce technoserf, que l’Etat a habilement transformé en recéleur des subventions publiques destinées aux industriels, a pour tâche d’en nourrir les actionnaires et dirigeants. Mais il se présente comme ‘paysan’ devant le public et son ministère reste celui de ‘l’agriculture’. Ainsi, le langage mystifie-t-il le “grand chambardement” (F. Braudel) de civilisation que constituent l’industrialisation de l’agriculture et du vivant et l’avènement d’une humanité “hors sol”.


Les soi disant “Ogm” approfondissent cette industrialisation de l’agriculture et de l’alimentation. Les officines de relations publiques ont fait et font bon usage des 52 millions de dollars destinés depuis 2000 à nous tromper : dix ans de luttes contre ces chimères génétiques brevetées ont à peine entamé la collusion technocratique entre le cartel des “Ogm”, les biotechniciens et les politiques. Pourtant, dès 1998, il suffisait de lire le contrat que Monsanto faisait signer aux producteurs canadiens de colza transgénique tolérant à son herbicide Roundup pour savoir précisément ses objectifs. Ce chef de file des fabricants de bio-cides intégrés désormais aux semences, c’est-à-dire à la Vie, est en train de devenir avec le soutien de son gouvernement le “Microsoft du vivant”. Il détient 90% des semences transgéniques dans le monde. Son contrat vaut pour ses concurrents-alliés du cartel, DuPont, Syngenta, Dow, ou Bayer. Il révèle un projet commun. En voici quelques articles commentés.


I. L’Agriculteur doit utiliser les graines de colza Roundup Ready® pour un semis et un seul. Ce semis est destiné à la production de graines de colza vendues pour la consommation. L’Agriculteur s’engage à ne pas conserver de grain produit à partir de semences de colza Roundup Ready® dans le but de le replanter, qu’il s’agisse de vente, de don, d’échange ou de toute forme de transfert du grain récolté dans le but de le semer. L’Agriculteur s’engage également à ne récolter aucune repousse spontanée de colza Roundup Ready®.


Les quatre premières phrases de l’article I répètent quatre fois la même interdiction.  C’est donc la clé de tout. Nul mystère : tant que les plantes (et les animaux) se reproduisent et se multiplient gratuitement dans le champ du paysan, le sélectionneur-semencier n’a pas de marché. Tout semencier-sélectionneur s’efforce donc de séparer ce que la vie confond, la production qui reste entre les mains de l’agriculteur de la reproduction qui doit être son monopole.. C’est encore le cas.


La stérilisation peut être biologique avec les soi disant “hybrides”, technique reine et soigneusement mystifiée de la sélection au XXè siècle (sans être stérile, la descendance de la plante perd en partie sa capacité de produire), et depuis 1998, les Terminators – des semences transgéniques dont la descendance est carrément stérile –, et la restriction de l’utilisation de gènes – des plantes transgéniques volontairement génétiquement handicapées et donc peu productives – sauf si l’agriculteur les traite par exemple avec un herbicide qui ‘allume’ en quelque sorte les gènes supprimant le handicap. Elle peut être contractuelle comme dans le contrat Monsanto. Elle peut être règlementaire. Curieusement, c’est là une spécialité des ministres socialistes de l’agriculture de M. Rocard (1985) à M. Glavany (sa trouvaille, la “cotisation volontaire obligatoire” consiste à taxer les semences fermières pour financer le cartel agrotoxique) en passant par M. Nallet (1989), que de pénaliser les agriculteurs qui sèment le grain qu’ils récoltent. Enfin, le brevet du vivant : la directive européenne 98/44 a été transposée dans l’indifférence générale à l’unanimité (sauf le groupe communiste) par le Parlement en novembre 2004, après que les prestidigitateurs de “l’éthique” ont fait disparaître la question politique de notre expropriation. Le brevet est la solution d’avenir partout où l’emprise idélologique, technique et économique sur nos vies est suffisamment avancée pour que nous tolérions la police génétique d’Etat ou privée qu’implique cette stérilisation légale.


Pour parachever l’imposture, c’est au nom du (néo)-libéralisme que nos dirigeants luttent contre la concurrence déloyale de la gratuité de la reproduction des êtres vivants. Pourquoi, demain ne nous feraient-ils pas condamner avec le même entrain nos portes et fenêtres pour que cartel des marchands de chandelles lutte contre la concurrence déloyale du soleil ?


II. L’Agriculteur ne doit acheter et utiliser sur tous les semis de colza Roundup Ready® que les seuls herbicides de la marque Roundup® prévus pour cette utilisation. L’Agriculteur doit acheter ensemble les herbicides de la marque Roundup® et le Contrat d’Utilisation de Technologie chez le détaillant de son choix.


Des explications sont ici nécessaires. La molécule herbicide du Roundup est le glyphosate, une molécule décrite à la fin des années 1940. Après en avoir étudié les propriétés herbicide au cours des années 1970,  Monsanto la brevète. C’est un herbicide ‘total’ qui, une fois à l’intérieur d’une plante, la tue en inhibant la synthèse de certains acides aminés. Pour cette raison, le Roundup est utilisé massivement en Colombie pour éliminer les paysans sous prétexte d’éradiquer la coca. Le glyphosate est lui-même peu métabolisé (dégradé) par la plante. En d’autres termes, le glyphosate entre dans la chaîne alimentaire.


Le Roundup assurait le gros des profits de Monsanto. Anticipant la fin de son brevet en 2000, Monsanto se mobilise pour fabriquer et commercialiser des plantes tolérantes au Roundup/glyphosate. Coup double brillant : d’une part, il s’agit de transformer cet herbicide total en herbicide ‘spécifique’ qui épargne les plantes tolérantes. Le Roundup/glyphosate peut être alors utilisé sur toutes les plantes pourvu qu’elles soient tolérantes. La seule limite de son marché est la superficie de notre planète. D’autre part, il s’agit de prolonger indéfiniment la durée du brevet sur le glyphosate puisque l’agriculteur s’engage par contrat à l’acheter sous la marque Roundup – trois, quatre fois plus cher que le produit générique.


Environ 2/3 des cultures transgéniques sont tolérantes au Roundup/glyphosate. La réussite est relative pour les plantes industrielles (soja, maïs, colza) destinées aux animaux et pour le coton (aux Etats-Unis) car quatre pays seulement (Etats-Unis, Canada, Argentine et Brésil) font 90% des cultures transgéniques. L’échec est total pour l’instant pour les deux grandes céréales alimentaires, le blé et le riz. Le public n’en veut pas. Si l’intérêt de Monsanto et du cartel est d’asperger la planète avec un (ou des) pesticide breveté, de fait, à perpétuité, les politiques et l’Etat, responsables, dit-on, de l’intérêt général, doivent-il les aider à le faire ? L’équipe de Gilles-Eric Séralini à l’université de Caen n’a-t-elle pas mis en évidence les effets reprotoxiques et génotoxiques du glyphosate sur ces cellules placentaires humaines à des doses très inférieures à celles utilisées en agriculture ?


Le dernier tiers est constitué de plantes transgéniques qui secrètent une toxine apparentée à l’une des toxines secrétées par la bactérie Bacillus thurigiensis. Le cartel qualifie ces plantes de “résistantes”, et donc écologiques ce qui permet de les industrialiser pratiquement sans étude toxicologique. En réalité, il s’agit de plantes insecticides : chaque cellule de la plante produit cette toxine diffusée, par conséquent, de façon absolument massive dans les sols, ces organismes vivants par excellence et, bien sûr, dans nos aliments. Il y a dans une poignée de terre de 300 millions à 50 milliards de bactéries, de 600 000 à 2 milliards de champignons et actinomycètes, de 600 000 à 50 millions de protozoaires sans parler des insectes, vers, acariens et autres organismes. 80% de la vie se trouve dans les 30 premiers centimètres de sol. Nous sommes installés sur une pellicule moléculaire de vie que notre agriculture industrielle détruit implacablement. Faut-il pourvuivre dans cette voie ?

La quasi-totalité des plantes transgéniques cultivées dans le monde relèvent de ces deux types. Le troisième objectif des fabricants de mort déguisés en industriels des “sciences de la vie” émerge ainsi du rideau de fumée de leur propagande : changer le statut des pesticides de polluants à éliminer (autant que possible) de la chaîne alimentaire et de l’environnement en constituants de cette même chaîne et de l’environnement. Projet pour le moins risqué : il y a plus de bactéries dans notre tube digestif que notre corps comporte de cellules et cette flore microbienne essentielle est tout aussi mystérieuse que celle des sols. En somme, si l’ancienne civilisation italienne a donné au monde ce plat sublime de simplicité qu’est la pasta al pesto, la nov-civilisation nécrotechnologique nous offre la pasta al pesticida !

 

Pour le cartel, un “bon” pesticide a un marché vaste. Son spectre d’action doit donc être large. A première vue, les pesticides “marchent , ils tuent leurs cibles, ravageurs et “mauvaises” herbes. Le paysan est ravi. Mais ils tuent aussi les auxiliaires bénéfiques, les prédateurs des ravageurs, et ils ne discriminent pas mieux entre les “bonnes” et les “mauvaises” herbes. La paysan accroît donc les doses. Puis les cibles deviennent tolérantes. Il accroît encore les doses. L’addiction est faite. Puis les cibles deviennent résistantes. L’agriculteur change de pesticide. Cela tombe bien : le brevet du précédent était échu et son innocuité était remise en cause. Ainsi, les pertes de récolte sont restées les mêmes aux Etats-Unis depuis une quarantaine d’années alors que la quantité de pesticides utilisée a été multipliée par quarante. Manifestement, ce “système pesticide” marche avant tout pour ceux qui fabriquent ces poisons. Déjà aux Etats-Unis, des amaranthes sont tolérantes au glyphosate et il faut utiliser des mélanges d’herbicides pour les contrôler. Excellente affaire : Monsanto a breveté la vieille pratique de mélanger les herbicides! Faut-il nous enfoncer encore plus dans cette addiction aux pesticides vouée à l’échec, pour enrichir les actionnaires du cartel et ses dirigeants ?


Les critiques se concentrent sur les pesticides. A juste titre, mais le problème est plus large. Ils sont nécessaires parce que l’uniformité, la standardisation, la normalisation, la spécialisation, bref l’industrialisation de l’agriculture et de l’alimentation, impliquent la destruction de la diversité des agroécosystèmes et de leurs équilibres dynamiques. Diversité naturelle et construite, dont les campagnes françaises étaient un merveilleux exemple. Et le recours aux pesticides renforce ce mouvement de destruction et d’industrialisation dans une spirale sans fin. L’Etat et son “génie rural”, ont, entre autres désastres, éliminé 700 000 kilomètres de haies, régulatrices du climat, hébergeant oiseaux, mammifères, et toute une faune utile, détruisant ainsi un formidable diversité biologique, humaine, paysagière et culturelle, au nom d’une conception marchande myope de la productivité. Ainsi, l’agriculteur a-t-il besoin d’un insecticide pour éliminer un ravageur parce que les “mauvaises” herbes dont il se nourrissait ont été éliminées par les herbicides, lesquels ont été introduits pour supprimer le sarclage mécanique, lequel n’est plus possible du fait de l’augmentation de la densité de plantation, laquelle a été accrue parce que les plantes ont été sélectionnées pour leur productivité à haute densité, laquelle permet de tirer partie de l’utilisation massive d’engrais à bas prix, laquelle rend les plantes encore plus appétissantes aux ravageurs, et ainsi de suite. A chaque pas, la recherche, prisonnière de son pragmatisme à court terme, intervient, soulageant l’agriculteur de la contradiction immédiate qui le ligote; chaque apaisement provisoire ouvrant de nouveaux marchés pour les semences, les engrais, les machines, les pesticides, le matériel d’irrigation, etc. De même que dans un roman connu, la main greffée étranglait son receveur parce qu’elle obéissait à son ancien possesseur, la main invisible du marché s’agrippe à la gorge du paysan qui, à chaque spasme, en resserre encore l’étreinte.


L’agriculture et l’agronomie de demain

 

s’opposeront point par point aux principes implicites passéistes du “développementalisme” agro-industriel dont les chimères génétiques brevetées sont le couronnement. Elles seront fondées sur la gratuité de la nature et non sur sa transformation en marchandise, sur la finesse écologique et non la force brute, sur la santé des sols et non leur ruine, sur le travail en commun et non sur l’individualisme, sur la coopération entre savoir scientifique et savoir paysan et non sur la négation du second, sur une démarche d’ensemble et non sur un réductionnisme scientiste qui aboutit à la déraison lucrative du tout, sur l’utilisation écologique des milieux et les économies de diversité et non sur le pétrole et le primat des économies industrielles d’échelle, sur la collaboration amicale et attentive avec la nature et non sur sa soummission illusoire, sur l’enracinement dans les terroirs et non sur le hors-sol pour s’en affranchir, sur la séquestration du carbone dans les sols et non sa libération dans l’atmosphère, sur le respect des animaux et non leur torture, sur l’autonomie et la créativité des producteurs et non leur asservissement et leur abrutissement.


Le temps presse.

http://resistance71.wordpress.com/

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TOUS COBAYES ?

   
TOUS COBAYES ?
Le Film TOUS COBAYES ? La bande annonce www.touscobayes-lefilm.com

De 2009 à 2011, et dans le secret le plus absolu, le Professeur Gilles-Éric Séralini a mené au sein du *CRIIGEN, une expérience aux conséquences insoupçonnables.
Il s'agit de la plus complète et de la plus longue étude de consommation d'un *OGM agricole avec le pesticide Roundup faite sur des rats de laboratoire. Les conclusions sont édifiantes...
Après le terrible accident de Tchernobyl en avril 1986, l'invisible radioactivité a resurgit avec l'explosion de la centrale de Fukushima en mars 2011, causant des dégâts matériels, humaines et écologiques innommables.
OGM, Nucléaire : L'Homme s'est approprié ces technologies sans faire de tests sanitaires ni environnementaux approfondis alors que la contamination irréversible du vivant est réelle.
Serions-nous tous des cobayes ?
*Comité de Recherche et d'Information Indépendantes sur le génie Génétique.
*Le Maïs NK 603 de Monsanto, cultivé sur 80% du sol américain, importé en Europe avec le pesticide Roundup
http://www.alterinfo.net/TOUS-COBAYES_a81925.html
.*
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27 juillet 2012 5 27 /07 /juillet /2012 17:21

 

 

Link to OkeaNews

Trop

Posted: 27 Jul 2012 01:07 AM PDT

 

Trop. J'ai atteint mon niveau de tolérance maximum. L’asymptote de ma fonction personnelle de survie en milieu troikan est dépassée. Et tant pis pour le non respect des théories mathématiques. Trop de larmes quotidiennes lors des mois de février et mars dernier lorsque je rédigeais les "nouveautés" mordorandiennes. Trop de visites à Mr Lacrymal en relisant les articles et en les corrigeant. Trop d'épuisements, déjà. Trop de temps passé à brasser les infos véritables et des rumeurs scandaleuses. Trop d'incompétence chez nos gouvernants. Trop. La troïka revient. L'Allemagne ressort le Grexit du placard.
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Barroso a décidé de se pointer hier à Athènes pour une visite de courtoisie, « Je suis là en ami ». Qu'il aille au diable. Il n'ira pas voir les miséreux. Il n'ira pas voir les toxicomanes. Il n'ira pas voir les quartiers d'Athènes en perdition. Les petits commerçants en faillite. Les petits retraités en larme lors des manifestations des 2 dernières années. Il n'ira pas visiter les commerces fermés, les hôpitaux publics en souffrance où les grévistes héroiques de l'aciérie en grève depuis plus de 8 mois.
J'aimerais qu'il se fasse enyaourter par ceux dont la vie est devenue intenable. Pire, j'ai parfois envie que tout se casse la gueule. Vite. Un reboot. Comme la fin de FightClub. Zou, tout pète et on repart à zéro. La théorie du chaos appliquée. Le théorème du boulanger à son paroxisme. Et on replantera des patates et des tomates. Retour à la case départ sans passer par la banque. Et tout le monde au même point.
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Dans le même style : :
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  3. La défaite de l’Etat grec [The New York Times] [traduction] À l'automne dernier, j'ai rencontré Andreas Deliyannis, 55 ans environ, qui avait perdu son emploi de vendeur de pièces détachées automobiles. « On ne se fait plus d'illusions. Pas sur...

 

Et en espagne, occupation de terres !

 

Résistance politique à la crise induite: Les Espagnols montrent le chemin et occupent les terres…
le juillet 26, 2012 par Résistance 71

Nouvelle occupation de terres en Andalousie

jeudi 26 juillet 2012, par SAT

url de l’article original en espagnol:

http://www.sindicatoandaluz.org/?q=node/1004

en français:

http://www.lavoiedujaguar.net/Nouvelle-occupation-de-terres-en

http://oclibertaire.free.fr/spip.php?article1218

  

Après l’occupation de la finca Somonte — qui en est, le 24 juillet, à son quatrième mois —, une deuxième propriété est occupée par des journaliers au chômage. Cette fois, c’est un vaste terrain appartenant à l’armée, dans la province de Séville, non loin de la petite ville rebelle et « communiste » de Marinaleda.


Informations tirées du site Internet du Syndicat andalou des travailleurs


Osuna / Ecija Séville – Environ un millier de membres du Syndicat andalou des travailleurs (SAT) ont occupé le 24 juillet la finca Las Turquillas, qui abrite la Yeguada Militar [centre d’élevage et reproduction de chevaux] de l’armée espagnole. La ferme, qui dépend du ministère de la Défense, compte 1 200 hectares, la grande majorité en friche parce que l’armée utilise seulement 20 hectares pour le troupeau.


Après avoir parcouru le kilomètre qui sépare la route de la finca, on pénètre dans la zone militaire — indiquée par de grands panneaux — et on atteint le camp militaire où une commission du SAT a rencontré les commandants militaires. Dans ce camp militaire étaient stationnées une compagnie antiémeute de la Garde civile et des troupes militaires, raison pour laquelle l’assemblée avait décidé de ne pas forcer l’entrée de ce camp, de rester dans la zone militaire de la ferme et de commencer les travaux d’infrastructures et de logistique afin d’y rester.


Cet après-midi, des travaux d’aménagement ont été réalisés dans une partie de la ferme pour permettre à plus de cent compañeros et compañeras de rester et de passer la première nuit à Las Turquillas occupée.


Déclaration du porte-parole du SAT,

Diego Cañamero


Le porte-parole national du SAT, Diego Cañamero, a déclaré que l’objectif de l’occupation est que « la terre passe aux mains des travailleurs » et que la ferme dédiée à l’élevage des chevaux soit dorénavant utilisée par des coopératives de travailleurs et travailleuses. « Nous ne voulons pas la propriété de la terre, nous voulons son usage, a souligné Cañamero, que la terre serve à donner du travail et à créer de la richesse, et pas à recevoir des subventions de l’Europe. »


Le dirigeant syndical a souligné que la comarca [canton] de cette province de Séville, où se trouve la propriété, souffre d’« un taux de chômage de 40 pour cent » et, dans ces circonstances, « il n’est pas possible que des terrains publics ou privés puissent être à l’écart de la réalité d’un peuple qui ne sait plus quoi faire avec le chômage. Nous voulons démontrer que, aux mains de coopératives, la ferme aura un autre usage, en créant des emplois et en rendant la terre productive, et pas seulement en recevant des subventions de l’Union européenne », a déclaré Diego Cañamero.


Sur la relation avec les militaires qui travaillent dans le centre de reproduction équine de la propriété occupée, Diego Cañamero a déclaré que l’échange avait été courtois et que « nous n’avons rien contre eux ».


À propos de la surveillance des forces de sécurité qui ont accompagné l’occupation, qui s’est déroulée sans incident, le dirigeant syndical a déclaré : « Nous sommes ici pour rester, ce n’est pas une occupation symbolique. Nous sommes conscients, nous croyons en ce que nous faisons et nous le faisons pacifiquement. » Diego Cañamero a ajouté que « s’ils nous expulsent, nous reviendrons et nous le ferons jusqu’à ce que le gouvernement cède le terrain aux travailleurs ».

 

Traduction : XYZ pour OCLibertaire.

http://resistance71.wordpress.com/

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14 juillet 2012 6 14 /07 /juillet /2012 13:43

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w w w . k o k o p e l l i - s e m e n c e s . f r


La Biodiversité sacrifiée
sur l'autel de la productivité

La Cour de Justice de l'Union Européenne désavoue

Kokopelli et son avocat général


La Cour de Justice, par sa décision rendue aujourd'hui dans l'affaire Kokopelli c. Baumaux, vient de donner un satisfecit intégral à la législation européenne sur le commerce des semences.

Pourtant, le 19 janvier dernier, son Avocat Général nous donnait entièrement raison, en estimant que l'enregistrement obligatoire de toutes les semences au catalogue officiel était disproportionné et violait les principes de libre exercice de l'activité économique, de non-discrimination et de libre circulation des marchandises. (V. ses conclusions)

Ce changement de cap absolu ne manque pas de nous surprendre et de nous interroger.

La Cour, aux termes d'une analyse étonnement superficielle de l'affaire, et d'une décision qui ressemble plus à un communiqué de presse qu'à un jugement de droit, justifie l'interdiction du commerce des semences de variétés anciennes par l'objectif, jugé supérieur, d'une "productivité agricole accrue" !

L'expression, utilisée 15 fois dans la décision de la Cour, consacre la toute puissance du paradigme productiviste. Ce même paradigme, qui avait présidé à la rédaction de la législation dans les années soixante, a donc encore toute sa place en 2012. La biodiversité peut donc être valablement sacrifiée sur l'autel de la productivité.

Cela fait 50 ans que cela dure et le fait que ce raisonnement nous ait déjà amenés a perdre plus de 75% de la biodiversité agricole européenne n'y change donc rien. (V. les estimations de la FAO)

Si la Cour mentionne les dérogations supposément introduites par la Directive 2009/145 pour les "variétés de conservation", son analyse s'arrête à la lecture des grands titres. Comment les juges n'ont-ils pas voulu voir que les conditions d'inscription des variétés de conservation, dans la réalité, étaient restées pratiquement identiques à celles du catalogue officiel normal [1]? Le critère d'homogénéité, par exemple, particulièrement problématique pour les variétés anciennes, ne connaît aucune modération.

La Cour n'a-t-elle pas lu les témoignages de nos collègues européens, déjà confrontés à des inscriptions impossibles de leurs semences sur cette liste ?

Cette directive est un véritable leurre, que Kokopelli et tant d'autres organisations européennes ont déjà dénoncé, et ne vise pas à permettre la commercialisation des variétés anciennes ni même à conserver la biodiversité semencière.

De plus, cette biodiversité, qui a nourri les populations européennes pendant les siècles passés, est l'objet de la plus grande suspicion. La Cour va ainsi jusqu'a écrire, par deux fois, que la législation permet d'éviter "la mise en terre de semences potentiellement nuisibles" !

Cette remarque est totalement erronée puisque, comme l'avait justement relevé l'Avocat Général, l'inscription au Catalogue ne vise pas à protéger les consommateurs contre un quelconque risque sanitaire ou environnemental, auquel la législation ne fait même pas référence !

Cette remarque, surtout, est choquante, quand on pense que les semences du Catalogue, enrobées des pesticides Cruiser, Gaucho et autres Régent, ou accompagnées de leur kit de chimie mortelle, empoisonnent la biosphère et les populations depuis plus de cinquante ans !

Le lobby semencier (European Seed Association), qui a pris le soin, pendant le cours de la procédure, de faire connaitre à la Cour son désaccord avec l'avis de l'Avocat Général, se réjouit, dans tous les cas, de cette totale convergence de vues avec la Cour. (V. son communiqué et sa lettre adressée à la Cour.)

Nos adversaires directs dans cette procédure, c'est-à-dire la société Graines Baumaux, mais aussi la République Française, le Royaume d'Espagne, la Commission Européenne et le Conseil de l'UE, doivent également s'en frotter les mains.

Avec cette décision, les masques tombent : la Cour de l'Union Européenne est, elle aussi, au service de l'agriculture chimique mortifère et de son idéologie corruptrice.

Et Kokopelli, au contraire de tout ce qui a pu se lire ces derniers mois, n'a aucun intérêt convergent avec Monsanto et autres semenciers-chimistes. Ces craintes exprimées par certains n'étaient qu'élucubrations fantaisistes, voire malveillantes, à l'égard de l'association.

Mais tout cela se comprend par l'examen du contexte dans lequel prend place cette décision : en Europe, une réforme générale de la législation sur le commerce des semences est en cours. La procédure est placée sous le haut parrainage de l'industrie semencière. Les associations de sauvegarde de la biodiversité, petits producteurs, paysans et jardiniers passionnés, qui, à travers toute l'Europe, conservent clandestinement plus de variétés oubliées que tout ce que le catalogue des variétés appropriées n'en pourra jamais contenir, n'ont pas été invitées à la table des négociations…

Verra-t-on, dans ce cadre, le législateur européen redéfinir ses priorités ? Les semenciers veilleront à ce que cela ne soit pas le cas.

La France, dans ce cadre, joue un rôle particulier. Le Ministère de l'Agriculture a dépêché l'une des collaboratrices du GNIS [2], Mme Isabelle Clément-Nissou, auprès de la Commission Européenne (DG SANCO), afin de rédiger le projet de loi ! Mais les conflits d'intérêt, inadmissibles, ne semblent choquer personne au niveau des institutions européennes…

Ainsi, l'étau se resserre et les perspectives pour la biodiversité n'ont jamais été aussi sombres.

Et l'Association Kokopelli, qui depuis 20 ans veille avec passion à la préservation du patrimoine semencier européen, bien commun de tous, sans la moindre subvention publique, pourrait donc bien disparaître demain, car son activité, qui gêne l'une de nos sociétés commerciales les mieux installées, ne présente pas d'intérêt pour une "productivité agricole accrue". Cette décision nous sidère, autant qu'elle nous indigne.

Plus que jamais, Kokopelli a besoin du soutien moral de la population. Car il n'est pas admissible que les variétés anciennes, héritage de nos grands-parents, soient interdites de cité !

Nous en appelons également à notre gouvernement. La gauche, sous les précédents gouvernements de droite, nous a dit pouvoir compter sur son soutien à de nombreuses reprises. Il est temps maintenant qu'elle transforme ses promesses en actes (en commençant par retirer son mandat à Mme CLEMENT-NISSOU) !

Kokopelli, le 13 juillet 2012.

[1] La directive 2009/145 prévoit que les critères de distinction et de stabilité sont laissés à la discrétion des Etats membres et que, par contre, «pour l'évaluation de l'homogénéité, la directive 2003/91/CE s'applique» : art. 4 §2

[2] Le GNIS représente les semenciers professionnels en France et dit officiellement «défendre les intérêts de la filière semence» V. son site Internet

Ce que nous voulons, sur le plan législatif et réglementaire :

Le Catalogue officiel actuel est le pré-carré exclusif des variétés protégées par des droits de propriété intellectuelle, hybride F1 non reproductibles. Qu'il le reste.

Nous voulons que les semences anciennes et nouvelles appartenant au domaine public et librement reproductibles sortent du champ d'application de la législation sur le commerce des semences.

Il n'existe pas de catalogue officiel obligatoire pour les clous et les boulons. Il n'y a pas de raison de soumettre les semences à une procédure préalable de mise sur le marché, comme les pesticides ou les médicaments, pour les cataloguer dans un registre.

Des objectifs de qualité et de loyauté dans les échanges commerciaux peuvent être aisément atteints par un règlement de base fixant des critères minimums en termes de qualité sanitaire, faculté germinative, pureté variétale et pureté spécifique.

Que demande la société Graines Baumaux ?

Notre adversaire devant la Cour d'Appel de Nancy demande la condamnation de Kokopelli à lui payer 100.000 €uros de dommages-intérêts, ainsi que la cessation de toutes les activités de l'association. Pour information, au 30 juin 2011 la société Baumaux avait un chiffre d'affaire annuel de 14 millions d'€uros et un résultat net de 2 millions d'€uros.

 

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Dépêchez vous d'acheter des semences kokopelli car bientôt vous ne pourrez plus le faire :

Une fois que vous avez les semences bio vous apprendrez très facilement à en reproduire de nouvelles.


http://lesmoutonsenrages.fr/2012/07/14/mauvaise-nouvelle-avec-kokopelli-la-biodiversite-sacrifiee-sur-lautel-de-la-productivite/

 

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17 juin 2012 7 17 /06 /juin /2012 15:36

Jardin collectif La croisée de Longueuil. RJCQ

Le Point.fr - Publié le 17/06/2012 à 09:46 - Modifié le 17/06/2012 à 12:09

Pour lutter contre sa lente descente aux enfers, une ville d'Angleterre a inventé le jardin collectif. Un triomphe à méditer...


http://www.lepoint.fr/art-de-vivre/le-potager-geant-c-est-l-avenir-17-06-2012-1474291_4.php

Par Sophie Bartczak

Une poignée de haricots verts devant le commissariat, deux salades ramassées dans des plates-bandes du collège, quelques pommes de terre le long du parking, les oeufs proposés par le voisin et une tarte avec les pommes cueillies sur le trottoir d'en face. Le repas est prêt ! Surréaliste ? Pas tout à fait. Une ancienne ville industrielle du nord de l'Angleterre a transformé en trois ans cette folle utopie en réalité, au point d'être presque autosuffisante en alimentation aujourd'hui !

L'expérience de ces "incredible edibles" ou "incroyables comestibles", soutenue par le prince Charles himself, essaime rapidement dans tout le Yorkshire et fait déjà des émules aux quatre coins du monde... Les experts du monde entier, du Chili comme de l'Australie, se bousculent chaque semaine dans la petite ville pour essayer de comprendre et d'en prendre de la graine. Comprendre comment de simples végétaux ont pu induire un tel changement de société en si peu de temps.

On cultive pour la collectivité

L'histoire commence en 2008, à Todmorden, petite ville de 14 000 habitants dans le nord de l'Angleterre. Ancienne ville industrielle, en pleine crise économique avec son lot de chômage, de précarité et d'incivilités, Todmorden se vide inexorablement de ses habitants. Trois mères de famille décident de ne plus se poser en victimes du système, mais plutôt d'agir et de contre-attaquer. En commençant par regagner la première des libertés : celle de se nourrir.

Ainsi sont nés les "incroyables comestibles", ces fruits et légumes cultivés localement par l'ensemble des habitants - ici, chaque citoyen entretient bénévolement un carré de terre pour la collectivité. Cultiver en ville, mais où donc ? Partout où c'est possible ! Des parcelles de jardins aux simples bandes de terre, en passant par des bacs posés sur les trottoirs, les parkings, les cours des écoles et de l'hôpital, jusqu'à la caserne des pompiers, les moindres recoins disponibles se recouvrent soudain de plantations et débordent de généreux produits frais et disponibles. Avec partout la même pancarte : "Food to share" ("nourriture à partager, servez-vous, c'est gratuit").

Un an après, la ville s'est véritablement transformée en verger et potager géant à la disposition de tous. Aujourd'hui, plus de 70 sites de plantation urbains fournissent pommes, fraises, petits pois, cerises, aromates, fenouil, carottes et oignons... Les habitants se servent et participent à leur tour en mettant la main à la bêche, en plantant, en arrosant et en créant de nouvelles cultures. Le pari pour l'autonomie complète est presque gagné puisque, fin 2011, la ville couvrait déjà plus de 80 % de ses besoins en alimentation. Car on trouve aussi des animaux, comme des poules, élevés par les habitants et dans certaines écoles. En intégrant les enfants au coeur du dispositif - chaque école a sa plantation -, les organisateurs ont souhaité les transformer en apprentis jardiniers et les font ainsi participer à l'approvisionnement des cantines.

Une expérience qui a recréé du lien social

Si les experts se bousculent dans cette petite ville, c'est qu'au-delà d'assurer la sécurité alimentaire, le mouvement génère des conséquences vertueuses insoupçonnées. Alors qu'avec la gratuité des fruits et des légumes, on aurait pu craindre des pillages, saccages ou autres abus, c'est tout le contraire qui s'est produit : le tissu social s'est reformé, les relations humaines se sont améliorées et la criminalité diminue d'année en année !

En se réappropriant la nourriture, les gens retrouvent du sens et du lien, se reconnectent à la nature et découvrent un nouvel art de vivre. De la méfiance et du cloisonnement on est passé à l'ouverture et au partage. L'autonomie alimentaire entraîne aussi des changements dans l'économie locale (moins de chômage notamment), l'apprentissage des enfants et la gestion de l'énergie (moins de dépenses pour amener les denrées dans la ville). Éducation, économie et collectivité sont considérées comme les trois piliers interdépendants du programme. C'est en activant ces trois paramètres que l'autonomie est retrouvée. Autrefois désertée, Todmorden accueille aujourd'hui des familles qui reviennent s'installer. À quand la France ? Quelques initiatives commencent à fleurir en Alsace, en Auvergne ou encore dans les Vosges... À suivre.

 

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L’agriculture urbaine pour une justice sociale

Publié ledécembre 5, 2011

 

Selon la Direction de la santé publique de Montréal, en 2006, 40 % de la population de Montréal habitait un désert alimentaire, zone où l’accès à des fruits et légumes frais à moins de 500 mètres de marche est difficile, voire impossible. À Montréal, l’agriculture urbaine, intéressent les chercheurs du CRAPAUD à Montréal (collectif de recherche en aménagement paysager et agriculture urbaine durable) qui voient dans cette initiative l’espoir d’une justice sociale en dépit du territoire.

 
Un dépanneur, comme son nom l’indique est censé dépanner, mais pour certains c’est beaucoup plus que ça. À Montréal, certains résidants doivent faire plus de 500 mètres pour accéder à des produits frais (fruits, légumes, produits laitiers, viande, etc.) et pour beaucoup d’entre eux le dépanneur du coin est devenu le principal, voire le seul fournisseur alimentaire. Mais les produits proposés par ces marchands de proximité sont bien loin de suffire à une bonne alimentation.

Sur les rayons des dépanneurs les croustilles sont reines

En 2008, un sondage mené par le Comité d’action en sécurité alimentaire à Montréal-Nord révélait que 40 % des répondants utilisaient leurs voitures pour s’approvisionner en aliments frais, 25 % se voyaient forcés, eux, d’utiliser le transport en commun, les autres 25% se servaient chez le dépanneur. « Ce sont souvent les quartiers défavorisés qui n’ont pas accès aux aliments de qualité, car ils n’ont pas accès à des moyens de transport », souligne Eric Duchemin, professeur associé à l’Institut des sciences de l’environnement de l’Université du Québec à Montréal. Pour lui « l’agriculture urbaine peut donner accès aux aliments d’une autre manière en permettant aux citoyens de cultiver leurs propres légumes ». L’agriculture urbaine serait une solution pour mettre fin aux déserts alimentaires.


« Un engouement visible »

 
Depuis une trentaine d’années, différentes expériences en agriculture urbaine ont eu lieu à Montréal. « À l’heure actuelle, environ 30% de la population de Montréal pratique l’agriculture urbaine si l’on considère les balcons, les cours arrière en plus des programmes des jardins communautaires et collectifs», souligne Éric Duchemin. « Il y a un engouement qui est visible et mesurable», explique le chercheur. Les institutions s’y mettent. La Caisse populaire et le Palais des congrès de Montréal ainsi que le château de Frontenac à Québec ont installé des jardins sur leurs toits.

La caisse populaire de Montréal a installé un jardin sur son toit (/photoLePlateau)

Pour le chercheur, les initiatives en agriculture urbaine à Montréal s’avèrent un lieu de production de légumes non négligeable. En une année, le jardin de Longueuil a pu produire jusqu’à 8000 kilogrammes de fruits et légumes sur une parcelle de 9000 m2. Et même si les récoltent ne subviennent pas à tous les besoins alimentaires, les chercheurs ont noté que la présence de l’agriculture urbaine avait un impact sur la communauté. En effet, l’agriculture urbaine peut contribuer à offrir une forme active de loisirs, et de ressources pour répondre aux problématiques environnementales. Les recherches préalables effectuées par Eric Duchemin sur la multifonctionnalité de l’agriculture urbaine montrent que son application peut participer au maintien de la santé, avoir une fonction éducative, développer des réseaux sociaux, embellir et aménager la ville de Montréal, et contribuer à une économie locale.


Agriculture urbaine : oui, mais…

 
« La ville a tendance a conserver ses espaces pour de grands projets immobiliers, des bâtiments, car on va chercher des taxes foncières » rappelle Eric Duchemin. Pour Michel Lemay, qui s’occupe des relations avec les citoyens, à Montréal-Nord, « ce dossier n’a pas une existence concrète ». Il ajoute « à Montréal-Nord les espaces disponibles sont rarissimes et entre le caractère positif d’une telle initiative et la réalité il y a un écart mesurable ». Caroline Marié, agente de planification à la Direction de la santé publique de Montréal est plus optimiste, « on soutient les milieux qui décident de pratiquer l’agriculture urbaine, mais c’est aux communautés ou aux organismes de s’organiser ».

Jardin collectif La croisée de Longueuil. RJCQ

La Ville n’a pas à l’heure actuelle établi une politique sur ce sujet et à ce jour, ce sont les citoyens et les organismes communautaires qui s’occupent d’enrayer le désert alimentaire. Tous n’ont pas mis en place un système d’agricultures urbaines, à Montréal Nord, l’association de Paroles d’excluEs a favorisé le développement d’achats groupés.

Pour Éric Duchemin « la Ville doit prendre conscience de son potentiel », c’est pourquoi il a entrepris de récolter 15 000 signatures afin de déclencher une consultation publique sur l’agriculture urbaine à la ville de Montréal. Pour lui « la recherche en agriculture urbaine ce n’est pas juste une question d’agronomie, d’environnement (…) c’est aussi une question de justice sociale

 

http://discoursdurables.wordpress.com/2011/12/05/lagriculture-urbaine-pour-une-justice-sociale/

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17 juin 2012 7 17 /06 /juin /2012 03:03

 

Couple de paysans chemin du travail

http://www.painting-palace.com/fr/paintings/13604

 

La "fin" d'un paysan, c'est un peu la nôtre à tous...

 

Par eva R-sistons

 

"La fin d'un petit paysan", sur Fr2. Terrible document ! J'ai les larmes au yeux.... moi la fille de Normandie, née au milieu des pâturages...  Tandis qu'en 1944 mon père tentait de sauver son usine à Troyes, en plein bombardements ma mère trayait les vaches, elle s'occupait des poules, elle chérissait la terre, elle la choyait... parce qu'elle est si précieuse, la terre nourricière, la terre qui fait de la France ce qu'elle est,  la terre qui est l'Histoire de la France, pays rural et de traditions !

 

Blomaert : Paysage avec paysans au repos.
Paysage avec paysans au repos, par Abraham Blomaert.
http://www.cosmovisions.com/peinturePaysBasChrono.htm

 

La terre va-t-elle nous échapper ? Notre Histoire va-t-elle nous échapper ? Les petits paysans qui sont l'âme de notre pays, les gardiens de nos villages, les magiciens de la terre nourricière, eux qui pour pourvoir à notre alimentation se donnent à leur difficile tâche 365 jours par an du matin au soir, sont-ils une race en voie d'extinction ? Sont-ils en train de livrer leur dernière bataille ? Avec leur disparition, nos villages vont-ils mourir, devenir des déserts ? Leur détresse me touche, elle m'atteint en plein coeur. Elle nous concerne tous !


 

Peinture Travail Paysans

http://www.galerie-com.com/oeuvre/travail-paysans/109600/

 

En face d'eux, un mur contre lequel ils se fracassent : Bruxelles. Bruxelles et sa loi implacable. Bruxelles et les nouvelles normes européennes. Bruxelles et les plans de modernisation de l'élevage, Bruxelles et ses normes sanitaires environnementales. Alors, le petit paysan s'endette pour satisfaire les technocrates. Et il ne peut rembourser... La machine implacable se met en marche, qui va le broyer. La ferme, les installations, les bêtes, doivent être vendues aux enchères :  Les banques attendent, les fournisseurs attendent. Notre petit paysan, la rage au coeur, regarde son univers s'effondrer, tout un monde s'écrouler. Son couple se disloque.  Les enfants n'auront rien, ils n'hériteront pas du labeur d'une vie, ils n'hériteront pas du savoir-faire paternel. C'est fini, tout est fini. Il n'a plus rien à quoi se raccrocher. Il a envie de mourir. Et de plus en plus souvent, il en meurt...  Et nos villages voient partir ceux qui les ont nourris, le désert avance, la France perd son âme....

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

http://photoschineur33.blogspot.fr/2010/03/tableaux-paysans-animaux-et-cour-de.html

 

Le petit paysan n'a plus sa place, il a perdu la bataille, il a perdu sa dernière bataille. L'agriculture, maintenant, c'est une multinationale. Mais les villages ne se résignent pas. La France ne peut pas se résigner....

 

La fin d'un paysan, c'est un peu la nôtre, aussi !

 

eva R-sistons

 

 

 
 
 
  Les paysans au travail (cp).JPG

http://www.paulhannaux.com/Les%20Personnages/slides/Les%20paysans%20au%20travail%20%28cp%29.html

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9 juin 2012 6 09 /06 /juin /2012 07:05
Vie rurale
Vieux Parikia : moulin
Vieux Parikia : maisons
Pisso Livadi : vue générale
Marpissa : église
Marpissa : vie rurale
Dans la Grèce rurale, la révolution des jardins

vendredi 1er juin 2012, par Nicholas Bell


C’est à Paranesti, au nord de Drama, sur les contreforts des Rhodopes, la chaîne de montagnes qui longe les deux côtés de la frontière avec la Bulgarie, que commence notre voyage. C’est la municipalité la plus grande et la moins peuplée de la Grèce, riche en immenses étendues de forêt. Nous y sommes allés pour participer à une bourse aux semences et une rencontre internationale de trois jours organisées par Peliti, une association créée il y a dix ans par Panagiotis et Sonia Sainatoudis.

De ce séjour d’à peine deux semaines en Grèce, nous retiendrons à quel point ce pays correspond peu à l’image caricaturale largement projetée par nos médias. Je n’évoquerai pas ici la profonde crise économique, sociale et humaine, les dégâts causés par les diktats européens et par la tristement célèbre troïka [1], les réductions de salaires de 20 %, 30 %, parfois même de 50 % ou 70 %, les retraites sabrées de 20 %, les coupes drastiques dans les budgets de la santé, les chiffres astronomiques du chômage, les 40 000 nouveaux sans-abri, le million de repas distribués gratuitement chaque jour par différents organismes, dont l’Eglise [2]... C’est une autre réalité que j’ai envie d’évoquer, celle que nous avons découverte dans des zones fortement rurales.

Première surprise de taille : à Paranesti, nous nous sommes trouvés au cœur du plus grand événement lié aux semences en Europe, emportés par une énergie et un enthousiasme époustouflants. Environ sept mille personnes étaient venues d’un peu partout en Grèce, de plusieurs régions et îles, apportant (et surtout emportant) des sachets de semences de variétés anciennes ou locales de légumes ou de céréales.

Tout a commencé dans les années 1990 lorsque Panagiotis a décidé de parcourir son pays en stop, sans argent, allant d’une région rurale à l’autre, à la recherche de ces variétés traditionnelles qui étaient déjà en train de se perdre. Il en a réuni environ 1 200, et se trouva vite dépassé par la tâche de sauvegarder et multiplier cette immense richesse. D’où la mise en place d’un réseau, Peliti — du nom d’un chêne —, qui réunit une dizaine de groupes locaux : à Komitini près de la frontière turque, à Ioannina du côté de l’Albanie, sur des îles comme Egine et Lefkada... Elle mène une forte activité dans les écoles de plusieurs régions. Cette année, ce fut le dixième et plus grand rassemblement organisé par l’association.

Plus de 20 000 sachets de semences ont été distribués ou échangés, sur la base du don ; un repas a été proposé aux participants, également gratuitement, grâce à une tonne et demie de légumes fournis par une cinquantaine de paysans locaux. Cette année, Peliti a l’intention de construire un nouveau bâtiment pour sa banque de semences et elle continuera à étendre son activité partout dans le pays.

Au fil des conversations (et des entretiens enregistrés pour Radio Zinzine), nous avons commencé à cerner certains traits essentiels de la société grecque, surtout en ce qui concerne les campagnes.

Ce n’est que relativement récemment que la Grèce existe comme nation. De 1453 à 1828, elle faisait partie de l’Empire Ottoman. En 1828, elle est reconnue pour la première fois, comprenant l’Attique, Athènes, le Péloponnèse et les Cyclades. Entre 1828 et 1948, le pays a doublé de surface environ tous les trente ans [3]. Or, chez les Ottomans, il n’existait pas de propriété privée du foncier. Toutes les terres appartenaient au Sultan, qui accordait l’usufruit de grands domaines à ses fidèles serviteurs. Dans les provinces, les Ottomans ont privilégié les petits paysans, moins susceptibles de menacer leur domination que des grands propriétaires et les notables locaux. Petit à petit, suite au départ des Turcs, les Grecs ont occupé les terres, souvent sans titre officiel ; de son côté l’Etat aussi a récupéré des surfaces, surtout celles qui appartenaient à l’Empire Ottoman. Ce qui explique, par exemple, que 95 % de la forêt en Grèce soit publique.

En 1922, suite au très grand et traumatisant échange de populations turques et grecques qui a vu un million et demi de réfugiés quitter l’Asie mineure pour la Grèce, une importante réforme agraire a été menée, parmi les plus radicales en Europe de l’Ouest, qui a distribué des terres à ceux qui les travaillaient. Grâce à cette réforme, la distribution de terres est relativement égalitaire, avec en général de cinq à vingt hectares par ferme.

L’exode rural en Grèce date surtout de la période qui a suivi la seconde guerre mondiale, et la guerre civile féroce menée entre 1945 et 1949. Il est peu connu que les Allemands ont détruit la quasi-totalité des gros bourgs de montagne de plus de deux mille habitants, ce qui a porté un coup terrible au tissu rural. L’exode a aussi été favorisé par la politique, soutenue par les Etats-Unis, visant à accroître l’offre immobilière dans les villes. Il a continué après l’entrée de la Grèce dans la Communauté européenne en 1981.

Mais le fait que ce fort mouvement de population vers les villes soit relativement récent a comme conséquence que les liens villes-campagnes restent très vivaces. La grande majorité des Grecs ont une partie de leur famille en ville et une autre dans un village. De toute façon, la famille reste une unité centrale très forte dans la vie hellénique. Les citadins gardent une relation affective et constante avec « leur » village, s’y rendant régulièrement pour des fêtes. Il existe, en plus, un phénomène très répandu, celui des associations au sein de la diaspora qui réunissent les ressortissants de tel village ou telle province.

Tout cela favorise fortement l’actuel mouvement dans l’autre sens, des villes vers la campagne. Certaines enquêtes évoquent le chiffre surprenant (et difficile à vérifier) d’un million et demi de Grecs qui seraient tentés par une telle démarche. Environ 50 000 l’auraient déjà entreprise.

Dimitris Goussios, professeur de géographie à l’université de Thessalie, évoque Ellinopyrgos, un petit village des contreforts qui entourent la plaine de Thessalie, peuplé aujourd’hui d’une centaine de personnes, presque toutes âgées. Peu de perspectives, on dirait. Faux : il existe depuis longtemps six associations créées par la diaspora originaire de ce village, en Australie, en Allemagne, aux Etats-Unis, à Athènes... qui regroupent 2 500 personnes. Plusieurs jeunes, toujours de familles originaires d’Ellinopyrgos, veulent y démarrer des activités agricoles ou maraîchères. Organisée avec l’aide du laboratoire dirigé par Dimitris Goussios, une conférence par satellite a pu réunir des habitants du village, les jeunes et des membres des six associations de la diaspora pour déterminer précisément comment le retour à la terre pourra être effectué et accompagné de la meilleure manière possible. De plus, ces associations citadines étroitement liées au village constituent un marché privilégié et très motivé pour les produits qui y seront fabriqués. C’est ainsi que ces associations sont en train de dépasser leur caractère traditionnel festif, culturel et patrimonial pour s’emparer de questions économiques et de l’installation de nouveaux paysans. Elles viennent de signer une charte de gouvernance territoriale avec comme objectif l’intégration de la diaspora au développement de la commune.

L’un de ces jeunes citadins a expliqué à Dimitris Goussios : « Je ne veux pas venir pour gagner de l’argent. Si je travaille dans une entreprise à Athènes, je vais gagner 400 euros ou 500 euros. C’est de l’esclavage pour moi. Ici, même si je gagne autant, c’est surtout la liberté que je retrouve. » Selon Goussios, « c’est la mentalité qui change vers le qualitatif, vers la qualité avec le collectif. L’individualisation n’est pas finie, mais elle n’est pas aussi forte qu’avant ».

Interrogé sur l’étonnant esprit de don au cœur du travail de Peliti, il poursuit : « Au moins pour la Grèce, après trois décennies d’hyperconsommation, la crise aidant, on fait une sorte de réévaluation de ce qu’on avait, de ce qu’on n’a plus. Il n’y a pas si longtemps, on n’avait pas seulement le don, mais aussi la réciprocité. Par exemple, ici, quand on construisait une maison, tout le monde au village y participait. Donc la solidarité, la réciprocité, le don, nous sommes en train de revoir tout ça. Ce qui est positif en Grèce c’est que ça existe encore, au moins dans les mémoires des gens, tandis qu’en France, comme l’exode date surtout du XIX siècle, il y a une coupure. Il n’y a plus de ponts, de passages, tandis qu’ici, même si c’est quelqu’un de la troisième génération, il a participé aux fêtes au village, il est venu rester dix ou quinze jours, le grand-père l’amenait voir les bêtes à l’étable. Il a donc un contact, même si c’est faible, et la démarche sera plus facile. »

Lors de notre passage à Thessalonique, la deuxième ville grecque, nous avons visité un jardin créé par deux cents citadins de différentes générations et professions sur un terrain militaire qu’ils ont occupé. Les légumes poussent, les jardiniers font les plans des plantations, et pour le moment personne ne les en empêche. Mais ils devront sans doute se battre pour pouvoir y rester. Depuis le début de la crise, de nombreux jardins collectifs ont ainsi poussé dans les villes grecques.

Un autre phénomène nouveau s’est développé très rapidement, largement connu aujourd’hui comme la « révolution des patates ». Au début de cette année, les producteurs de pommes de terre de la région de Nevrokopi, dans le nord du pays, se sont retrouvés avec une grosse récolte qu’ils n’arrivaient pas à vendre à un prix correct. Les supermarchés proposaient 15 centimes le kilo, ce qui ne couvre pas les coûts de production, et les revendaient à plus de 70 centimes. Ils ont réagi en distribuant des tonnes de patates gratuitement sur les places de grandes villes. Voyant cela, un professeur de sport à Katerini, Elias Tsolakidis, s’est mis en contact avec eux et a mis en place un système de commandes directes de consommateurs sur Internet. Désormais, les producteurs descendent dans de nombreuses villes, s’installent avec leurs camions sur des parkings et vendent les pommes de terre au prix de 25 centimes le kilo. Tout le monde y gagne, sauf les supermarchés bien évidemment, qui ont dû baisser leur prix de vente, même s’il reste encore trop élevé. Ce système a progressivement été étendu à d’autres produits, comme l’huile d’olive, la farine et le riz. L’opération, coordonnée par des bénévoles, a permis aux producteurs de Nevrokopi de vendre 17 000 tonnes de patates en quatre semaines. Plus de trois mille familles y participent déjà à Katerini, une ville de 60 000 habitants. Récemment, plus de 2 500 citoyens de Katerini ont goûté les différentes huiles d’olive et fait leur choix — un « exercice de démocratie », selon Tsolakidis.

A Thessalonique nous avons aussi assisté à un rassemblement public contre le projet d’une immense mine d’or à ciel ouvert dans la région de Halkidiki qui détruirait plusieurs villages et la forêt de Skouries, l’une des forêts les plus riches en biodiversité d’Europe. Les projets miniers semblent en recrudescence — on évoque notamment la présence d’uranium dans le Nord, près de la frontière bulgare. Lors de cette manifestation, nous avons rencontré Alexis Benos, professeur de médecine, qui se dit effrayé par les conséquences inévitables pour la santé publique, celle des ouvriers de la mine, de la population environnante et même plus lointaine, à cause de la poussière très volatile qu’elle générerait. De graves problèmes de pollution des nappes phréatiques sont à prévoir, à cause de l’utilisation massive de cyanure pour extraire l’or du minerai.

De nombreux Grecs craignent que l’Etat, sous pression, brade les richesses minérales de son sous-sol. D’autant que, dans une époque de crise profonde, les mouvements écologistes ont bien du mal à mobiliser la population. On peut aussi se faire du souci pour les forêts grecques, quasiment toutes publiques et peu exploitées.

Alexis Benos : « C’est vrai que c’est le désastre, comme une calamité naturelle qui s’abattrait dans les îles, partout. En tant que médecin, il faut vous dire que ces deux dernières années nous voyons une importante augmentation des suicides, et aussi des problèmes de santé, des problèmes psychologiques. En même temps, le gouvernement coupe, détruit le système public de santé.

Comment réagir ? Un mouvement de solidarité se développe ici, à Thessalonique, où nous avons créé un centre médical de solidarité. Nous sommes plus de soixante personnes qui travaillent dans le secteur de la santé, des médecins, des infirmières, des psychiatres. Nous allons au centre en dehors de nos heures de travail et nous prenons des rendez-vous avec des gens qui n’ont plus aucun accès aux soins parce qu’il n’y a plus de services publics ou qu’ils n’ont plus d’assurance. Auparavant, lorsque tu étais au chômage, tu avais une assurance ; maintenant c’est fini. Beaucoup de monde se retrouve dans cette situation-là. C’est vraiment une crise brutale pour ces gens qui n’étaient pas pauvres auparavant. Ils avaient un emploi ou un commerce, et brusquement ils ont tout perdu. Ce sont eux nos clients. Quand nous avons commencé notre centre médical solidaire nous pensions que la majorité des gens qui viendraient chez nous seraient des immigrés. Mais aujourd’hui 70 % sont des Grecs. 

Ce qui rend optimiste, c’est que nous avons un mouvement avec diverses expressions de solidarité, comme vous avez vu aujourd’hui lors du rassemblement contre la mine d’or. C’est un mouvement qui s’agrandit, de solidarité mais aussi de résistance bien sûr. Nous avons un slogan essentiel : “Il ne faut laisser personne seul face à la crise”. »

Dimitris Goussios : « Je pense que la grande découverte, depuis les trois ou quatre ans que la crise domine, c’est que les gens commencent de plus en plus à comprendre et accepter que dans ce qu’on a rejeté dans les années 1970, il y a des choses qui sont comme des diamants. Ça peut être la solidarité, ça peut être la fête. De ce point de vue, je pense que la crise a des côtés positifs ; le plus positif de tout, c’est que les gens sont capables de chercher une voie alternative.

Dans un café, il y avait récemment une discussion pour savoir si on allait passer de la viande aux pois chiches. Dans les cafés ici c’est aussi la rigolade, c’est le théâtre de la Grèce antique, donc on ne sait pas quand on parle sérieusement ou quand on raconte des blagues. Un vieux a dit : “Ecoutez, moi j’ai fait de grandes fêtes dans ma jeunesse avec des pois chiches et après j’ai vu que de plus en plus de viande occupait la table. Donc faites attention, le vrai problème ce n’est pas si on va manger de la viande ou des pois chiches, le vrai problème, c’est de ne pas perdre la fête !” »

Nicholas Bell est journaliste à Radio Zinzine et membre du Forum civique européen/ Longo maï.

Notes

[1] La troïka désigne les représentants de la Commission européenne, du Fonds Monétaire International et de la Banque centrale européenne qui sont aujourd’hui les principaux bailleurs de fonds publics de la Grèce. En échange de leurs crédits ils imposent des plans d’austérité draconiens et la mise sous tutelle du pays.

[2] Sur une population totale de 10,5 millions.

[3] Il a obtenu les Iles Ioniennes en 1862, la Thessalie en 1881, la Macédoine et la Thrace en 1912 et enfin les Dodécanèses en 1948.

 

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26 mai 2012 6 26 /05 /mai /2012 23:37

 

 

 

Certains d’entre-nous souhaitent devenir des paysans, vivant de leurs ressources, éloignés de cette société qui ne leur correspond plus, moi le premier! C’est donc l’occasion de lancer un fil sur le sujet…


« Récréer un éco-système aussi naturel que possible »

« La permaculture permet ne ne recourir à aucune énergie fossile ».

Néo-paysan tout en gardant un travail à l’extérieur.

http://lesmoutonsenrages.fr/2012/05/25/devenir-paysan-dans-la-joie-et-la-simplicite/
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D'un homme à son frère

"Un paysan est plus beau parmi les champs dans son costume de toile que lorsqu'il se rend le dimanche à l'église affublé comme un monsieur."

"Et bien, sais-tu ce que j'espère, une fois que je me mets à avoir de l'espoir, c'est à dire que la famille soit pour toi ce qu'est pour moi la nature, les mottes de terre, l'herbe, le blé jaune, le paysan, c'est à dire que tu trouves dans ton amour pour les gens de quoi non seulement travailler, mais de quoi te consoler et te refaire, alors qu'on en a besoin". (page 290)

 


"Lettres à son frère Théo de Vincent Van Gogh - "Les cahiers rouges, ed. Grasset, Paris 1990

Sur le blogue d'Yvan: http://www.poesie-action.com/article-quelques-lignes-de-vincent-van-gogh-0-on-frere-theo-105902289.html


Posté par Alaindependant à 17:34

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24 mai 2012 4 24 /05 /mai /2012 15:40

 

Grèce : vers une révolution agricole alternative ?
21 mai 2012
Par

TutorPool, Boroume, la révolution des patates sont des exemples de ce que la société grecque à créé, contrainte de trouver des solutions alternatives face à la baisse des salaires et des retraites, conjuguée à des prix à la consommation souvent bien plus chers que dans d’autres pays européens. Avec un salaire minimum (quand celui ci est payé) à 445€ par mois et un loyer à Athènes de 300€ par mois, il devient évident que d’autres solutions sont nécessaires pour survivre, surtout quand on sait que le paiement des impôts commence dès 5000€ de salaire annuel. Une équation impossible à résoudre pour nombre de foyers grecs.

TutorPool est un site (créé avec des outils open source) qui permet à chacun de proposer d’aider bénévolement des élèves dans son domaine de compétence. Lors de sa création, le site a remporté un très vif succès, comme Boroume qui propose de récupérer des invendus dans les hôtels et restaurants pour les proposer aux citoyens les plus affaiblis par la crise. Un hôtel de la place Syntagma propose d’ailleurs dans ce cadre 40 repas par jours. Une solidarité en plein essor et très éloignée du nombrilisme d’avant la crise.

La dernière nouveauté grecque : une AMAP en ligne. Le même système qu’en France, mais déployé à grande échelle via une plateforme internet. Gine Agrotis (« Devient agriculteur ») propose une inscription pour les agriculteurs qui souhaitent vendre sans intermédiaire et un abonnement pour les consommateurs.

Gine Agiotis a un but simple :

Qui sommes nous ?

Le projet est une tentative de mise en réseau et de communication entre les agriculteurs grecs et les consommateurs ruraux et des centres urbains.

Nous avons commencé notre projet ambitieux de réorganisation, dans le but de renverser, de «casser» le marché et d’offrir un service innovant en créant un outil qui permet de mettre en contact direct. L’idée est venue de Dimitris Koutsolioutsos, qui a assemblé une équipe composée de personnes ayant une vision commune d’ »une meilleure qualité de vie dans le s centres urbains. »

Le Service proposé :

Le concept vise essentiellement à promouvoir le concept de « Farmer exclusive » à chaque famille.

Les jeunes agriculteurs, s’engagent au nom des consommateurs, à la culture et à la production de tous les légumes et les fruits de saison, selon les principes de l’agriculture biologique

Le projet est systématiquement contrôlée par les QWAYS  (www.qways.gr), qui a pris la décision de certifier progressivement toutes les cultures et la distribution des marchandises.

(…)

Les utilisateurs enregistrés peuvent adopter un olivier et profiter de toute la production annuelle de leur propre arbre. 

Chaque consommateur choisit son producteur en fonction de sa zone géographique et reçoit son panier chaque semaine.

Ce type de consommation alternative a de grandes chances d’avoir un succès très rapide en Grèce. Espérons le, car le pays, miné par la crise et régulièrement décrié par ses voisins, pourrait donner une vraie leçon de croissance verte et d’économie locale éthique.

L’autre intérêt de Gine Agrotis est de promouvoir l’agriculture biologique chez les jeunes, à l’heure où plus de 50% d’entre eux sont sans emploi. Une possibilité donc de développer l’agriculture biologique et de permettre aux jeunes de créer leur propre activité en limitant le risque de subir les prix des grossistes et des grandes surfaces !

Vers une révolution de l’agriculture biologique ? Espérons-le !

 

 

.http://www.okeanews.fr/grce-vers-une-rvolution-agricole-alternative/?utm_source=feedburner&utm_medium=email&utm_campaign=Feed%3A+Okeanews+%28OkeaNews%29


 

Dernières infos de ce site grec:

 

200 mots

Posted: 24 May 2012 12:00 AM PDT

Et tout le monde ne vit pas chaque point de ces échéances-là au même moment. Certains sont virés plus tard que d’autres. Certains trouvent des boulots de merde, d’autres n’en trouvent aucun. Certains partent s’installer chez leurs parents, d’autres se retrouvent à la rue. Certains ne peuvent plus se permettre d’avoir une voiture et d’autres ne peuvent plus se permettre de donner tous les jours quelque chose à manger à leurs enfants. Certains émigrent et d’autres se suicident. Au début, certains espéraient que l’échéance ne les atteindrait pas. Ils se contentaient d’attendre. Mais vint avec le temps la conscience que le temps, dans cette échéance, passe inexorablement, se rapproche d’eux, les menace, menace leur vie. Dans le même style : :

  1. Le modèle économique occidental en Grèce : une hérésie ?L’économie grecque est en berne, le mot est faible. C’est un constat que toute personne qui arpente les rues d’Athènes peut observer sans même chercher à le voir. En Grèce,...
  2. Μπορούμε (Boroumé) – « Nous Pouvons » : la solidarité en marche en Grèce(...)Et l'augmentation de la pauvreté a provoqué une autre solidarité. Le mouvement Boroumé ("Nous pouvons"), partie de l'idée simple que le pain jeté en fin de journée par les restaurants...
  3. LoukanikosEncore une fois. Encore un soir de gaz lacrymos et de combats. Chaque fois que la colère se montre, les citoyens grecs doivent être battus et « teargasés ». Et...

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