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20 novembre 2012 2 20 /11 /novembre /2012 05:32

 

Pas de travail pour les Espagnols ; Les jeunes sont obligés de vivre chez leurs parents, ou ils sont condamnés à émigrer.

 

Comme aux Etats-Unis, les familles sont chassées de leurs logements.

 

Tout est de plus en plus cher, les impôts directs ou indirects (TVA) sont de plus en plus lourds, et les retraites sont amputées.

 

Ceux qui protestent sont durement réprimés.

 

Violence ordinaire, images (eva)

 

 

 

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14 novembre 2012 3 14 /11 /novembre /2012 01:40

 

 

 

Dans l'obscurité la plus totale, une base de données géante vient de voir le jour en Grande Bretagne. Toutes les informations administratives, scolaires ou comportementales des enfants y sont stockées. Avec possibilité de consultation et d'enrichissement par divers services (police, services sociaux, médecins)...


Capita One - 8 millions d'enfants fichés en Grande Bretagne

Les parents n'ont pas été informés. Pourtant, le système, répondant au doux nom de "One", développé par la société Capita, un gros prestataire du gouvernent, est déjà en place et des milliers de professeurs s'en donnent à coeur joie. Tandis qu'une centaine d'autorités locales est dès à présent en mesure de consulter les données.


Tout ce qui peut concerner la scolarité de l'enfant y est enregistré : son adresse, ses fiches de présences, ses notes, son comportement, ses photos, les remarques de l'encadrement scolaire... Ces données pourront être conservées indéfiniment, et... enrichies par d'autres intervenants autorisés : la police ou les services sociaux notamment... Bref, une vaste base de données généralisée où tout pourra être consigné, tout au long de la vie des personnes, et consultable à volonté. La modernité...


Les auteurs de Science Fiction n'en reviennent toujours pas, on leur a piqué leur business.

[Sources : thesundaytimes.co.uk, dailymail.co.uk]

(Article publié sur le site "Les mots ont un sens")

 

 

 

 

 

Pour 60 dollars, t'as plus rien... sauf chez Yahoo qui offre, contre cette somme, l'intégralité des données personnelles de ses utilisateurs aux services du gouvernement américain. Noël avant l'heure...

Yahoo vend votre vie privée pour 60 dollars

Malgré les efforts déployés par Yahoo pour l'en empêcher, le site Internet Cryptome a publié mercredi 2 décembre le guide du parfait petit espion policier édité par la troisième firme Internet du monde (après Google et Facebook). Yahoo a refusé de confirmer l'authenticité du document, daté de décembre 2008, tout en lançant un recours contre Cryptome pour... violation du droit d'auteur. Le géant du Web a affirmé craindre que ce guide soit utilisé pour lui "faire honte" et "choquer" ses utilisateurs. On se demande bien pourquoi...

Big Brother affamé de données personnelles, Yahoo lui présente le menu

Le document intitulé "Guide de conformité pour l'application des lois" dévoile la méthode et la tarification pratiquées pour permettre aux agents gouvernementaux d'accéder aux données personnelles des utilisateurs de Yahoo. Pour 20$, la société offre les informations de base de votre profil (nom, adresse...). Pour 30-40$, elle fournira le contenu de votre compte, y compris les emails. Et pour 60$, c'est la totale : tous les détails de votre activité (emails, discussions Yahoo groups, photos Flickr, messagerie instantanée, recherche Internet...) seront livrés, soigneusement emballés dans un paquet cadeau. Yahoo n'est pas la seule société à coopérer de façon commerciale avec les autorités. En 2008, le gouvernement a fait 8 millions de demandes à la société Sprint-Nextel (troisième opérateur GSM des Etats-Unis) pour obtenir des informations de localisation géographique de ses clients.

Plus belle la vie

N'est-il pas en effet rassurant de se sentir espionné par la police, qui nous protège ainsi en temps réel des prédateurs pédophiles à tendance terroriste ? N'est-il pas sécurisant de savoir que notre moteur de recherche préféré stocke discrètement nos données personnelles et filtre nos recherches (Yahoo le fait en Chine) pour nous éviter de tomber nez-à-nez avec des contenus psychologiquement ou politiquement choquants ? N'est-il pas tranquillisant de savoir que la justice (lourde, souvent inefficace et laxiste, toujours en retard sur son temps) n'a pas son mot à dire dans cette affaire ? Et qu'une entreprise comme Yahoo fasse du profit sur les petits détails croustillants de notre vie privée, n'est-ce pas bon pour stimuler la reprise économique ? Alors, de quoi se plaint le peuple ? De violation du droit d'auteur, peut-être ?

Espionnage made in France

Ce qu'on pourrait éventuellement reprocher au gouvernement US, c'est son manque de savoir faire. Qu'il prenne exemple sur la France... Le mouchard Hadopi scrutera scrupuleusement tous les échanges Internet (voire plus) : forums, emails, messageries instantanées, logiciels bancaires, photos, vidéos et fichiers personnels. Et au frais du client, s'il vous plait ! Puisque ce sera à l'internaute de payer pour avoir le droit de se faire espionner. Le mouchard Loppsi, aussi, nous sera imposé, mais à l'insu de notre plein gré, cette fois. Et il aura le droit de faire ce qu'il veut sur notre ordinateur, celui-là. Du piratage pur et simple, donc gratos.

Vraiment aucun sens du commerce... ces apprentis espions yankee !


(Article publié sur le site "Les mots ont un sens")

 

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9 novembre 2012 5 09 /11 /novembre /2012 02:39

Voir en ligne : Qu’est-ce qui se cache derrière Eurogendfor et son droit d’occupation ?

« EuroGendFor » – l’armée privée de l’UE, prête au départ pour la Grèce

hd. Il y a des articles après lecture desquels le lecteur se dit : « Ce n’est pas possible, je m’informe régulièrement et je pense être au courant des actualités la plupart du temps, pourquoi je ne sais rien de cela ? » Le présent article est un tel article. Ceux qui pensent qu’il s’agit dans le contexte d’Euro-Gend-For d’un terme lié à la notion anglaise « gender » ­– définition artificielle et très à la mode du « genre », du « sexe social » – se trompent. Le nom est un morceau de magnificence issu du pouvoir d’innovation intellectuelle des Français : au lieu d’une troupe de l’UE de malfrats violents à la Rambo, ou des Bodyguards à la paie de Goldman-Sachs selon le modèle Blackwater, est née une armée privée dénommée « Force de gendarmerie européenne » (FGE). Les Allemands du camp d’Angela Merkel pourraient ainsi détourner sur les Français le « mécontentement » que l’Europe de l’euro, prétendument si amoureuse de la liberté, déclenche dans les pays où elle intervient. Mais cette mascarade se terminera au plus tard à l’arrivée en Grèce.

Cela fermente en Espagne, les protestations publiques augmentent de jour en jour. Tandis que les Allemands recommandent aux Méditerranéens de se lever plus tôt, de prendre moins de vacances et de travailler plus, la colère du peuple grec se décharge dans les rues du pays. Cela fermente et bouillonne partout, les hommes craignent des situations semblables à des guerres civiles déclenchées par la crise dans toute l’Europe. On s’en rend compte au bureau central de l’Union européenne, et depuis longtemps, l’on a pris des mesures correspondantes.

On prépare maintenant pour la première fois l’engagement de l’armée privée de l’UE qui s’apprête à partir pour la Grèce. A peine un Européen connaît cette unité secrète qui répond au nom d’« EuroGendFor ». Le quartier général de cette unité d’intervention spéciale de 3000 hommes se trouve à Vicence en Italie. L’ancienne ministre française de la Défense Alliot-Marie a initié la fondation de cette troupe, après des troubles de plus en plus fréquents sous formes de batailles de rue et de pillages suscités par des adolescents musulmans immigrés en France. « EuroGendFor » est à la fois police, police judiciaire, armée et services secrets. Les compétences de cette unité sont pratiquement illimitées. Elle doit, en coopération étroite avec les militaires européens, garantir la « sécurité en territoires de crise européens ». Sa tâche consiste surtout à réprimer des révoltes. De plus en plus d’Etats membres de l’UE adhèrent à « EuroGendFor ».

Les gouvernements européens savent exactement ce qui les attend. Pour ne pas devoir utiliser leurs propres armées contre les citoyens du pays, la troupe paramilitaire « Force de gendarmerie européenne » a été fondée en secret – ni vu, ni connu. En théorie, on peut faire appel à la FGE partout où l’Union européenne voit une crise. C’est fixé ainsi dans le Traité de Velsen qui règle les interventions d’EuroGendFor. La devise dans les armoiries est la suivante : « Lex paciferat » – ce qui peut être traduit par : « Le droit apportera la paix ». Il souligne « le principe du rapport étroit entre l’imposition des principes de droit et le rétablissement d’alentours sûrs et protégés ». Un « conseil de guerre », sous forme de comité interministériel composé des ministres de la Défense et de la Sécurité des pays membres de l’UE participants, décide de la stratégie d’intervention. La troupe peut être mise en marche soit sur demande, soit après décision de l’UE.

Dans l’article 4 du Traité constitutif concernant les missions et les engagements on peut lire : « On peut recourir aux FGE pour protéger les personnes et les biens et maintenir l’ordre en cas de troubles publics. » Les soldats de cette unité paramilitaire de l’Union européenne doivent certes respecter le droit en vigueur de l’Etat dans lequel ils interviennent et où ils sont déployés, mais : tous les bâtiments et tous les terrains qui sont pris par les troupes sont exterritorialisés et ne sont plus accessibles mêmes pour les autorités de l’Etat dans lequel la troupe intervient. Le monstre de l’Union européenne abroge ainsi le droit national aussi en cas de lutte anti-émeute.

« EuroGendFor » est une troupe policière paramilitaire et des services secrets qui peut être rapidement mise en place. Elle unit tous les pouvoirs et moyens militaires, policiers et de services secrets qu’elle peut exercer en collaboration avec des troupes nationales de police et d’armée, après être mandatée par une cellule de crise interministériel dans chaque lieu pour la lutte contre des troubles, contre des révoltes et contre de grandes manifestations. Le ministère fédéral de la Défense fait l’éloge de l’EuroGendFor sur ses sites Internet en disant : « Police ou Armée : Une gendarmerie européenne promet la solution. »

L’EuroGendFor est encore presque complètement inconnue et dans l’ombre. Cela ne restera pas ainsi. Plus les gens sont poussés dans la misère par la politique de gestion désespérée et erronée de la crise, plus cette troupe nantie de pouvoirs illimités devra « régler » la situation. Les chefs d’Etats européens se rendront compte avec gratitude qu’ils ne seront pas dans l’obligation d’utiliser leurs propres corps de police et d’armée contre leurs citoyens.

Source : http://uhupardo.wordpress.com/2012/03/16eurogendfor-die-privatarmee-der-eu-bereit-zum-abmarsch-nach-griechenland du 16/3/12 (Traduction Horizons et débats)

European Gendarmerie Force

Traité entre le Royaume d’Espagne, la République française, la République italienne, le Royaume des Pays-Bas et la République portugaise [ci-après dénommés parties contractuelles] établissant la European Gendarmerie Force « EuroGendFor », [Force de gendarme

Chapitre I

Dispositions générales

Article 1 Objet 1. L’objet du présent Traité est d’instaurer une force de gendarmerie européenne opérationnelle, pré-organisée, robuste et disponible immédiatement. Elle est exclusivement constituée d’éléments des forces de police des parties, dotées du statut militaire, destinées à des missions de police dans le cadre d’opérations de gestion de crise. […]

Article 3 Définitions […] b. QUARTIER GENERAL PERMANENT [désigne] le quartier général permanent multinational et modulaire basé à Vicence (Italie). Son rôle, sa structure et sa participation à des opérations doivent être approuvés par le CIMIN (cf. g.) […] g. CIMIN signifie Comité interministériel de haut niveau. C’est l’organe décisionnel qui dirige les FGE. […]

Chapitre II

Missions, engagements et déploiement

Article 4 Missions et tâches 1. Conformément au mandat de chaque opération et en opérant indépendamment ou conjointement avec d’autres troupes, l’EuroGendFor doit être en mesure d’effectuer tout l’éventail des missions de police en se substituant à elles ou en les renforçant durant toutes les phases d’une opération de gestion de crise. 2. Les FGE peuvent être subordonnées soit à des autorités civiles soit à un commandement militaire. 3. On peut recourir aux FGE : a) pour des missions de sécurité et d’ordre public ; b) pour surveiller, conseiller, encadrer et superviser les polices locales dans leur travail quotidien, notamment dans les enquêtes criminelles ; c) pour surveiller l’espace public, régler la circulation, contrôler les frontières et effectuer des missions générales de renseignement ; d) pour effectuer des enquêtes criminelles, notamment découvrir des délits, retrouver les délinquants et les livrer aux autorités judiciaires compétentes ; e) pour protéger les personnes et les biens et maintenir l’ordre en cas de troubles publics ; […]

Chapitre III

Aspects institutionnels et juridiques

Article 7 CIMIN (Comité interministériel) […] 3. Les missions du CIMIN sont les suivantes : […] h) élaborer le cadre des opérations menées par les FGE ou à la demande de l’UE, de l’ONU, de l’OSCE, de l’OTAN, d’autres organisations internationales ou d’une coalition ad hoc ; […]

Source : www.eurogendfor.eu (Traduction Horizons et débats)

Membres fondateurs

France (Gendarmerie nationale) Espagne (Guardia Civil) Portugal (Guarda Nacional Republicana) Italie (Carabinieri) Pays-Bas (Royal Marechaussee)

Autre membre :

Roumanie (Jandarmeria Romana)

Pays partenaires

Pologne (Military Gendarmerie) Lituanie (Viesojo Saugumo Tarnyba)

Statut d’observateur

Turquie (Jandarma)

Les banques veulent de l’argent

Créanciers étrangers d’emprunts d’Etat grecs ; situation en juin 2011, en milliards d’euros :

Créanciers étrangers

Valeur (en euro)

Banque centrale européenne

49 Mrd.

FMS (Deutsche Hypo Real Estate)

6,3 Mrd.

BNP Paribas (France)

5 Mrd.

Dexia (Benelux, France)

3,5 Mrd.

Generali (Italie)

3,0 Mrd.

Commerzbank (Allemagne)

2,9 Mrd.

Societe Generale (France)

2,9 Mrd.

Groupama (France)

2 Mrd.

CNP (France)

2 Mrd.

AXA (France)

1,9 Mrd.

Deutsche Bank/ Deutsche Postbank

1,6 Mrd.

Landesbank Baden-Württemberg

1,4 Mrd.

(cf. Spiegel Online, « Wer die grössten Griechen-Risiken trägt », 26/6/11)

Par les assurances-crédit qu’elles ont émises, les banques américaines et britanniques seraient sérieusement concernées par une insolvabilité de la Grèce.

(cf. Frankfurter Allgemeine Zeitung, « Kurseinbruch der griechischen Bankaktien », 24/10/11)

hd. Suite à la conversion de dette négociée fin mars et accompagnée par de nouveaux emprunts d’Etat, l’insolvabilité de la Grèce a été repoussée. Les grandes banques vont à l’avenir mieux assurer leurs créances et recouvrer leurs intérêts.

Mise en ligne CV le 30 avril 2012

 


http://www.comite-valmy.org/spip.php?article2445

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3 novembre 2012 6 03 /11 /novembre /2012 19:19

 

 

Hollande et Netanyahu à toulouse : la République, ses juifs et Israël | Micro Observatoire Démocrate | Scoop.it
http://www.scoop.it/t/micro-observatoire-democrate

 

Bonjour

 

Je suis choquée par la commémoration du 1er novembre à Toulouse, je suis choquée par la façon dont François Hollande cautionne la politique israélienne, et je l'ai écrit ici : 

Commémoration de Toulouse:Industrie de la victimisation et instrumentalisation de l'holocauste 

Samedi 3 novembre 2012

2 extraits :  

En tous cas, en joignant le drapeau israélien au français, notre pays cautionne donc implicitement 

- un Etat hors-la-loi

- la violation de toutes les règles internationales

- des dirigeants d'extrême-droite 

- une politique ultra-libérale, raciste, colonialiste, impérialiste

- des pratiques mafieuses, des méthodes fascistes

 

 

Discours du 1er ministre israélien : 

 


(..) Votre présence, M. Hollande, relève de la résistance comme Jean Moulin (là, j'ai bondi. Oser faire un amalgame entre ceux qui ont donné leur vie pour libérer un pays occupé et ceux qui les occupent après les avoir bombardés et ruinés, c'est trop ! Oser une comparaison entre un authentique résistant à l'oppression et les adorateurs du Veau d'Or est scandaleux ! Note d'eva). Celui qui touche à un Juif en France touche à la France !!!! (Et celui qui touche à un Noir, à un Rom, à un Musulman, touche à la France ? Note d'eva). Et celui qui ne respecte pas les droits de l'homme juif viole tous les droits humains. Rien ne justifie l'antisémitisme (c'est plaisant d'entendre ça de la bouche d'un homme qui a fait du racisme son fond de commerce, "Etat juif", "Jérusalem capitale des Juifs", Palestiniens vivant en  israël habitants de seconde zone etc, sans parler du Talmud référence raciste du bonhomme, note d'eva) (..)

 

 

colombe.gif

 

Je salue la résistance palestinienne à l'oppression,

Chantal Dupille

Commémoration de Toulouse:Industrie de la victimisation et instrumentalisation de l'holocauste

 

 

..
.
Une chanson pour Gaza : Le Crif pour la censure ?

 

 

 

 

La liberté d’expression a des limites, tout le monde vous le dira. Il est bien sûr légitime de publier des caricatures du Prophète de l’islam, de conspuer l’islam à longueur de colonnes, de considérer les musulmans comme des « ennemis de l’intérieur » qu’il nous faut dénoncer, en revanche, critiquer Israël devient de plus en plus risqué.


Dans un article publié le 15 octobre sur le site du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) intitulé « Une chanson qui risque de promouvoir la haine d’Israël chez les jeunes », l’auteur prend à partie la chanson « Une vie en moins », du groupe Zebda, dont les paroles ont été écrites par Jean-Pierre Filiu. Il écrit :


« Le premier symbole auquel s’attaque la chanson est la valeur supérieure de la vie dans le judaïsme avec le titre, “Une vie de moins”, qui suggère le peu de cas que les Israéliens feraient de la vie des Palestiniens (comme si une vie de plus ou de moins ne changeait pas véritablement la donne). Ce titre désacralise ainsi l’un des principes fondamentaux du judaïsme en vertu duquel “Celui qui tue un homme tue toute l’humanité”. »


Ainsi donc, les auteurs de la chanson ne sont pas seulement des anti-israéliens, mais des antijuifs, soit des antisémites. Accusation qui devient habituelle contre tous ceux qui critiquent la politique de l’Etat d’Israël. L’auteur de ce texte ne réalise pas (ou peut-être, au contraire, le fait-il délibérément) le danger qu’il y a à assimiler Israël aux principes du judaïsme. L’armée israélienne, qui envahit le Liban en juin 1982, qui réprime par la force les Intifadas, qui attaque encore le Liban en 2006, défend-elle les valeurs du judaïsme ? L’Etat qui a utilisé la torture à grande échelle défend-il la valeur supérieure de la vie humaine ? En le prétendant, l’auteur favorise tous les amalgames entre Israël, le judaïsme et les juifs du monde, pris en otage par une politique dont ils ne portent pas la responsabilité.


Dans l’introduction de l’article, il est précisé que « Richard Prasquier a adressé une lettre à Rémy Pfimlin, président de France Télévisions, à propos de la nouvelle chanson du groupe Zelda “Une vie de moins”. Nous publierons cette lettre dans une prochaine newsletter. » Et le site du CRIF a publié « Incitations à la haine » de son inénarrable président. Ce n’est pas une lettre à France Télévisions ; en revanche dans cet éditorial, l’auteur reproche à la chaîne d’avoir diffusé la chanson. « On pourrait penser, dans le contexte actuel, que chacun dans son domaine prendrait garde à ne pas ajouter de l’huile sur le feu qui flambe de l’antisémitisme. Que non ! Au contraire peut-être. Il convient avant tout de montrer que cet antisémitisme — pardon cet antisionisme, vous demanderez la différence à ceux qui hurlent contre les “yahoud” — est au fond justifié. Et France Télévisions se prête au jeu. Vous avez dit “irresponsable ?”… » Donc, il faut interdire la chanson...


Cette campagne contre Zebda et Jean-Pierre Filiu s’est intensifiée sur toute une série de sites pro-israéliens. Le comble de l’ignominie allant à Sylvie Bensaid de Tribune juive (24 octobre) qui résume la chanson : « Traduisons : Israël, l’occupant qui prend plaisir à piétiner le peuple arabe de Gaza, est un tueur d’enfants. L’accusation des Juifs d’assassiner les enfants trouve ses racines pluriséculaires dans le vieux discours antisémite chrétien, avant de faire les beaux jours du nazisme et d’imprégner aujourd’hui l’islamisme radical. Le martyr Merah, saisissant par les cheveux la petite Myriam Monsonégo, 8 ans, et lui collant le canon de son arme sur le front, rétablit enfin l’injustice faite aux enfants palestiniens. »

Elle ne déshonore que ses auteurs.


Une seule réponse, écouter cette chanson et la diffuser.

 

http://blog.mondediplo.net/2012-11-02-Une-chanson-pour-Gaza-le-Crif-pour-la-censure

 

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27 octobre 2012 6 27 /10 /octobre /2012 03:15

 

Statue de la liberté état policier
Etats-Unis état policier: En Amérike, il n’y aura jamais de véritable débat
Global Research, octobre 25, 2012

Il faudrait une aide divine à Obama et Romney s’ils devaient jamais participer à un véritable débat sur un véritable problème à l’Oxford Union. Ils se feraient massacrer.

Les “débats” pré-présidentielles ont révélé que non seulement les candidats, mais aussi le pays entier, sont complètement déconnectés de tout véritable problème et de la tournure dangereuse que tout cela prend. Par exemple, vous ne sauriez jamais que maintenant tout citoyen américain peut-être emprisonné et exécuté sans procédure judiciaire légale. Il suffit que la décision soit prise quelque part en haut de la pyramide de l’exécutif pour que la liberté voire la vie d’un citoyen américain soit terminée.

Aucun ne doute de ce que les Américains pensent, s’ils pensent que cela existe déjà, que cela ne pourra arriver qu’à des terroristes qui méritent leur sort. Mais comme absolument aucune preuve ou procédure légale n’est requise, comment saurons-nous jamais que cela n’arrive qu’à des terroristes ? Peut-on vraiment faire confiance à un gouvernement qui a déclenché des guerres dans 7 pays différents sur la seule base de mensonges et de fabrications ? Si le gouvernement américain a menti à propos des armes de destruction massives irakiennes afin d’envahir ce pays, pourquoi ne mentirait-il pas à propos des terroristes ?

L’Amérique a besoin d’un débat public sur le comment peut-on être plus en sécurité après avoir éliminé la protection constitutionnelle de la procédure judiciaire ? Si le pouvoir du gouvernement n’est pas limité par la constitution, alors sommes-nous gouvernés par des Césars ? Les pères fondateurs ne pensaient pas que nous devrions faire confiance à un César en ce qui concerne notre sécurité. Pourquoi le devrions-nous maintenant, qu’est-ce qui a changé ?


Si nous sommes placés devant tant de menaces terroristes que la constitution se doit d’être suspendue pour être remplacée par des actions issues de décrets venant d’un exécutif incontrôlable, comment se fait-il alors que toutes les actions terroristes sont des arnaques organisées par le FBI ? En 11 ans, il n’y a pas eu un seul cas dans lequel le “terroriste” a eu l’initiative !


En onze ans après le 11 Septembre, les actes de terrorisme domestique ont été insignifiants pour tant qu’ils aient existés. Qu’est-ce qui justifie les dépenses de l’énorme Département de la Sécurité de la Patrie ? (NdT: Department of Homeland Security ou DHS, la Stasi, securitate de l’empire du goulag levant...) Pourquoi ce département possède-t-il des équipes spéciales ultrasophistiquées avec des véhicules blindés ? Qui sont les cibles de ces unités militarisées ? Si 11 années de meurtres, assassinats, estropiages et déplacement de millions de musulmans de par le monde par le gouvernement américain n’ont pas provoqué d’énormes actes de terrorisme aux Etats-Unis, pourquoi le département de la sécurité de la patrie crée-t-il une force armée pour lui-même ? Pourquoi n’y a t’il pas de débat parlementaire à ce sujet ? Pourquoi n’y a t’il pas de débat public ? Comment un gouvernement qui est déjà largement dans le rouge concernant son budget, peut-il se permettre une seconde force militaire intramuros n’ayant aucun but défini légalement et constitutionnellement ?

Quelle est la motivation de la Sécurité de la Patrie pour créer une “Jeunesse de la Patrie” (NdT: un équivalent américain de la Hitler Jugend) Le corps constitué de la FEMA (Federal Emergency Management Administration) est-il un déguisement pour de plus sinistres actions à venir, une jeunesse hitlérienne comme certains sites internet le suggèrent ? Est-ce que l’achat massif de munitions par le département de la sécurité de la patrie est lié à la montée nationale du corps des 18-24 ans ? Comment tant de choses incroyables peuvent-elles se dérouler sous nos yeux et ne pas être questionnées ?

Pourquoi Romney n’a t’il pas demandé à Obama pourquoi il travaille à renverser le délibéré d’une cour fédérale de justice ayant établi que les citoyens américains ne peuvent pas être sujets à la détention indéfinie en violation totale de la constitution des Etats-Unis ? Est-ce que parce que Romney et ses conseillers néoconservateurs sont d’accord avec Obama et ses conseillers ? Si cela est le cas, alors pourquoi un tyran serait-il meilleur qu’un autre ?

Pourquoi les Etats-Unis ont-ils construit tout un réseau de camps de détention pour lesquels ils sont en train de recruter des “spécialistes en internement” ? Pourquoi l’armée américaine a maintenant comme politique “d’établir un programme de travail pour les prisonniers civils ainsi que des prisons civiles sur des camps militaires” ?

Voici le rapport de Rachel Maddow sur le comment Obama critique le régime néoconservateur Bush/Cheney pour ses violations de la constitution des Etats-Unis et la loi statutaire américaine et ensuite propose de faire la même chose lui-même: http://www.youtube.com/watch?v=L8J_lcHwkvc

Comment le débat présidentiel a-t-il pu ignorer le fait que des drones nous survolent ici-même aux Etats-Unis ? Quel est le but de tout ceci ? Pourquoi les plus petites forces de police au fin fond de la nation sont-elles équipées avec des véhicules blindés ? Je les ai vus de mes propres yeux. Dans de toutes petites communautés pâquerettes au nord d’Atlanta en Géorgie, des communautés sous les standards des MacMansion de multi-millions de dollars, ont une police complètement militarisée avec des véhicules blindés et des équipes d’intervention style GIPN (NdT: SWAT team en anglais) avec un équipement militaire complet. Qu’en est-il ? Ces petites communautés rurales ne verront jamais l’ombre d’un terroriste ou même ne feront jamais l’expérience d’une prise d’otages. Et pourtant ils sont maintenant armés jusqu’aux dents. Ils sont si lourdement armés qu’ils pourraient être envoyés au combat contre le 3ème Reich ou l’armée rouge !

Toutes ces questions suggèrent que la perfection morale des Etats-Unis n’est qu’une moquerie. Aucun débat ne se produira. Ah mais, c’est à cause de l’économie bande d’idiots, ah bon, pourquoi n’y a-t-il pas non plus de débat économique ? Le mois dernier la réserve fédérale a annoncé le QE3. Si QE1 et 2 n’ont pas marché, pourquoi quiconque, y compris le président de la réserve fédérale, pense qu’un QE3 marchera ?

Et pourtant, les marchés financiers hautement irrationnels, qui n’ont absolument aucune idée de quoi que ce soit, furent remplis de joie par ce QE3. Ceci ne peut être que parce que ce qui régule le marché de l’équité est de la propagande, du pirouettage, de la désinformation, sûrement pas des faits. La bourse est incapable de prendre une décision correcte. Les décisions sont prises par les idiots du marché n’opérant que sur du court terme. La seule voie sûre est de se sauver de tout cela. Cette stratégie assure que les gérants de portefeuilles soient toujours avec leurs pairs et ainsi ne perdent pas de clients.

Cela aurait été superbe de voir Obama et Romney se confronter dans un vrai débat sur le comment le QE3, créé pour aider les banques “trop grosses pour échouer” insolvables, peut aider le fonctionnement des ménages, avec deux gagne-pain, sur une base de revenus réelle comme il y a 45 ans, ce qui représente le véritable revenu moyen des ménages.

En quoi sauver des banques désignées comme étant “trop grosses pour se planter”, va aider la famille dont les boulots ou le boulot majeur a été exporté en Chine, en Inde et ce pour maximiser les profits entrepreneuriaux, les bonus de performance des exécutifs et les gains de capitaux des actionnaires ?

De manière évidente la population laborieuse des Etats-Unis a été sacrifiée au profit des mégariches.

Une question appropriée serait: Pourquoi les standards de vie des travailleurs américains ont-ils été sacrifiés au profit des mégariches ? Jamais une telle question ne sera posée dans un “débat présidentiel”.

Au XXIème siècle, les citoyens américains sont devenus des fantômes, des non-entités. Ils sont brutalisés par la police dont les salaires viennent du contribuable. Les citoyens, pour avoir protesté contre des injustices ou sans aucune raison, sont battus, arrêtés, passés au taser et même assassinés. La police, payée par le public, a battu des gens paralysés dans des fauteuils roulants, piégé ceux qui les appellent à l’aide contre des criminels, passé au taser des grands-mères et des enfants et abattu de sang-froid des citoyens désarmés qui n’avaient rien fait d’autre que de perdre le contrôle d’eux-mêmes sous l’emprise de l’alcool, de la drogue ou de la rage pure et simple.

Les Américains lobotomisés paient de plus en plus d’impôts à chaque niveau du gouvernement pour être protégés contre la violence gratuite, mais ce que leurs impôts soutiennent en fait est la violence gratuite contre eux-mêmes. Chaque Américain, sauf le petit nombre de mégariches qui contrôlent Washington, peut être arrêté et dépossédé à la fois de sa liberté et de sa propriété sur la seule base d’une allégation d’un membre du pouvoir exécutif qui pourrait désirer son épouse, sa copine, sa propriété ou par simple vengeance ou pour exterminer un rival ou pour marquer des points contre un lycée, une université ou un concurrent en affaire.

En Amérique aujourd’hui, la loi ne sert que les puissants, pas la justice. De fait, il n’y a pas de loi et il n’y a pas de justice. Seulement un pouvoir échappant à tout contrôle et irresponsable.

Quel est le but de voter lorsque le résultat est le même ? Les deux candidats représentent les intérêts d’Israël, pas les intérêts des Etats-Unis. Les deux candidats représentent les intérêts du complexe militaro-industriel, de l’agro-business, des industries offshore, la suppression des syndicats et des travailleurs, l’annulation totale des libertés civiles et de la constitution des Etats-Unis, qui se trouvent sur le chemin d’un pouvoir exécutif sans partage.

Aux Etats-Unis aujourd’hui, le pouvoir de l’argent est roi. Il n’y a rien d’autre dans l’équation. Pourquoi aller voter pour soutenir la continuation de votre propre exploitation ? Chaque fois que les Américains votent, ils votent pour leur propre oblitération.

Paul Craig Roberts

 

Note

Dans ses écrits Paul Craig Roberts parle de l’ « AMERIKA » avec un K majuscule pour faire référence au sinistre KKK, le KU KLUX KLAN. Nous avons maintenu cette orthographe dans le titre.

Article original en anglais :

Traduction : Résistance 71

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26 octobre 2012 5 26 /10 /octobre /2012 23:24

 

LIVRE : "Propaganda" ou Comment manipuler l'opinion en démocratie
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Propaganda

«Le manuel classique de l'industrie des relations publiques », selon Noam Chomsky. Véritable petite guide pratique écrit en 1928 par le neveu américain de Sigmund Freud, ce livre expose cyniquement et sans détour les grands principes de la manipulation mentale de masse ou de ce que Bernays appelait la « fabrique du consentement ».
Comment imposer une nouvelle marque de lessive ? Comment faire élire un président ? Dans la logique des « démocraties de marché », ces questions se confondent.
Bernays assume pleinement ce constat : les choix des masses étant déterminants, ceux qui viendront à les influencer détiendront réellement le pouvoir. La démocratie moderne implique une nouvelle forme de gouvernement, invisible : la propagande. Loin d'en faire la critique, l'auteur se propose d'en perfectionner et d'en systématiser les techniques à partir des acquis de la psychalanyse.
Un document édifiant où l'on apprend que la propagande politique au XXe siècle n'est pas née dans les régimes totalitaires mais au cœur même de la démocratie libérale américaine. Texte présenté par Norman Baillargeon, philosophe, professeur à l'université du Québec à Montréal et auteur d'un Petit cours d'autodéfense intellectuelle, paru chez Lux en 2007.

L'avis de la presse lors de la parution du livre "PROPAGANDA" en 2007

« Ce livre devrait être inscrit au programme de tous les lycéens. Sa valeur civique serait au moins égale à celle de la lettre de Guy Môquet. La lecture et le commentaire à voix haute de l'ouvrage d'Edward Bernays, tranquillement sous-titré Comment manipuler l'opinion en démocratie, serait une oeuvre de salut public. »
L'EXPRESS

« Neveu de Sigmund Freud, diplômé d'agronomie et journaliste occasionnel, Edward Bernays fut un personnage haut en couleurs, qui prodigua ses conseils à de nombreuses entreprises et orchestra maintes campagnes d'opinion, aux Etats Unis comme en Amérique latine. Avec Propaganda, il signa un volume mince et incisif, qu'un regard trop pressé qualifierait de cynique. »
LE MONDE

« ... un passionnant Propaganda, de l'Américain Edward Bernays, énonçant les grands principes de la manipulation mentale de masse. Un document révélant que la propagande politique moderne a bien vu le jour au coeur d'une démocratie libérale. »
REGARDS

« Un bouquin qui donnera envie à ceux qui ne le sont pas encore de devenir des résistants à l'agression publicitaire. »
LA DÉCROISSANCE

« Propaganda est le témoignage des efforts accomplis par une certaine élite pour limiter la conscience sociale du peuple. »
FORCE OUVRIÈRE HEBDOMADAIRE

Brève présentation de l'auteur

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Edward Bernays (1891-1995), neveu de Sigmund Freud émigré aux États-Unis, fut l’un des pères fondateurs des « relations publiques ». Conseiller pour de grandes compagnies américaines, Bernays a mis au point les techniques publicitaires modernes. Au début des années 1950, il orchestra des campagnes de déstabilisation politique en Amérique latine, qui accompagnèrent notamment le renversement du gouvernement du Guatemala, main dans la main avec la CIA.

Lecture du livre en ligne

Les éditions ZONES donnent gratuitement accès au contenu des livres publiés par Zones, en particulier celui-ci.

 

Remarque des éditions ZONES :

Nous espérons que ces lybers vous donneront envie d’acheter nos livres, disponibles dans toutes les bonnes librairies. Car c’est la vente de livres qui permet de rémunérer l’auteur, l’éditeur et le libraire, et… de vous proposer de nouveaux lybers… et de nouveaux livres.

 

Edward Bernays

Propaganda

Comment manipuler l'opinion en démocratie

Traduit de l'anglais (États-Unis) par Oristelle Bonis

Préface de Normand Baillargeon

Ouvrage initialement paru sous le titre Propaganda aux éditions H. Liveright, New York, en 1928 et réédité chez Ig publishing en 2004. © Edward Bernays, 1928. © Pour la traduction française, Zones / Éditions La Découverte, Paris, 2007.

 

SOMMAIRE :

Préface
1. Organiser le chaos
2. La nouvelle propagande
3. Les nouveaux propagandistes
4. La psychologie des relations publiques
5. L'entreprise et le grand public
6. La propagande et l'autorité publique
7. La propagande et les activités féminines
8. La propagande au service de l'éducation
9. La propagande et les œuvres sociales
10. L'art et la science
11. Les mécanismes de la propagande

 

http://www.islamnord.fr/manipulation/

 

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Lire : La fabrication du consentement, de Noam Chomsky et Edward Herman (un extrait)

le 26 novembre 2008

L’ouvrage de Noam Chomsky et Edward Herman, Manufacturing consent, vient de reparaître dans sa version intégrale sous le titre La fabrication du consentement : une nouvelle édition revue et actualisée, une nouvelle traduction [1] aux Editions Agone.

On lira ci-dessous, précédé d’une rapide présentation du livre, de très larges extraits (reproduits avec l’autorisation de l’éditeur) de l’analyse de l’un des filtres du « modèle de propagande » proposé par les auteurs : le filtre constitué par les sources d’information.

Présentation de l’éditeur

« Dans cet ouvrage, désormais un classique outre-Atlantique (1988, rééd. 2002), les auteurs présentent leur « modèle de propagande », véritable outil d’analyse et de compréhension de la manière dont fonctionnent les médias dominants. Ils font la lumière sur la tendance lourde à ne travailler que dans le cadre de limites définies et à relayer, pour l’essentiel, les informations fournies par les élites économiques et politiques, les amenant ainsi à participer plus ou moins consciemment à la mise en place d’une propagande idéologique destinée à servir les intérêts des mêmes élites.

En disséquant les traitements médiatiques réservés à divers événements ou phénomènes historiques et politiques (communisme et anticommunisme, conflits et révolutions en Amérique Latine, guerres du Vietnam et du Cambodge, entre autres), ils mettent à jour des facteurs structurels qu’ils considèrent comme seuls susceptibles de rendre compte des comportements systématiques des principaux médias et des modes de traitement qu’ils réservent à l’information. Ces facteurs structurels dessinent une grille qui révèle presque à coup sûr comment l’inscription des entreprises médiatiques dans le cadre de l’économie de marché en fait la propriété d’individus ou d’entreprises dont l’intérêt est exclusivement de faire du profit ; et comment elles dépendent, d’un point de vue financier, de leurs clients annonceurs publicitaires et, du point de vue des sources d’information, des administrations publiques et des grands groupes industriels. »

En attendant de proposer ici même une présentation plus détaillée, on se bornera à ajouter que La fabrique du consentement propose une modélisation de la propagande – ce que les auteurs appellent « Le modèle de propagande » - qui repose sur l’identification de cinq filtres : 1. Tailles, actionnariat, orientation lucrative – 2. La régulation par la publicité - 3. Les sources d’information - 4. Contrefeux et autres moyens de pressions 5. L’anticommunisme.


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Extrait (sous-titres d’Acrimed)

Chapitre I. Un modèle de propagande
3. Troisième filtre : Les sources d’information

Les médias sont en symbiose avec de puissantes sources d’information pour des raisons économiques et du fait d’intérêts partagés. Ils ont impérativement besoin d’un flux continu et stable d’information brute. Ils sont confrontés à une demande d’information quotidienne et à une grille horaire qu’ils doivent remplir. Pour autant, ils ne peuvent se payer le luxe de maintenir en permanence reporters et caméras partout où un événement important peut se produire. Les limites de leurs budgets leur imposent donc de concentrer leurs moyens là où les événements significatifs sont les plus fréquents, où abondent fuites et rumeurs, et où se tiennent régulièrement des conférences de presse.

Des sources officielles

La Maison-Blanche, le Pentagone, et le département d’État à Washington sont des épicentres de ce type d’activités. Au niveau local, la mairie et le siège de la police jouent le même rôle. Les grandes entreprises et sociétés commerciales sont également des producteurs réguliers et crédibles d’informations jugées dignes d’être publiées. Ces bureaucraties produisent en masse un matériel idéal pour alimenter la demande d’un flux régulier et planifié d’information, qui est celle des salles de rédaction : selon ce « principe d’affinité bureaucratique, seules d’autres bureaucraties peuvent satisfaire aux besoins d’une bureaucratie de l’information [2] ».

Les sources proches du gouvernement ou des milieux d’affaires ont aussi le grand avantage d’être reconnues et crédibles sur la seule base de leurs statut et prestige – ce qui est très important pour les médias. Mark Fishman observe que « les travailleurs de l’info sont prédisposés à prendre les déclarations des bureaucrates pour argent comptant car ils participent au renforcement d’un ordre normatif accréditant les experts officiels de la société. Les journalistes se comportent comme si les personnes autorisées savaient ce qu’il est de leur responsabilité professionnelle de savoir. […] En particulier, un journaliste tiendra les allégations d’un responsable, non pour de simples allégations, mais pour des faits crédibles et établis. Cela revient à une division morale du travail : les responsables connaissent et communiquent les faits, les journalistes les relaient pour l’essentiel [3]  ».

Autre raison du poids considérable accordé aux sources officielles : les médias prétendent dispenser « objectivement » l’information. Afin de préserver cette image d’objectivité, mais surtout pour se mettre à l’abri de toute accusation de partialité et d’éventuelles poursuites pour diffamation, ils ont besoin de sources qui puissent être données comme a priori au-dessus de tout soupçon [4]. C’est aussi une question de coût : tirer des informations de sources tenues pour crédibles réduit d’autant les frais d’enquêtes ; tandis que les autres informations impliquent de minutieux recoupements et des recherches coûteuses.

La taille des services de communication des bureaucraties gouvernementales comme privées qui sont les sources primaires d’information est immense ; et elle assure un accès privilégié aux médias. Le service de presse du Pentagone, par exemple, emploie plusieurs dizaines de milliers de personnes et dépense annuellement des centaines de millions de dollars. En comparaison, les groupes ou individus dissidents sont des nains – pris individuellement mais également si on additionne les capacités de communication de toutes les organisations de ce type. Pour 1979-1980, au cours d’une très éphémère période d’ouverture (bien révolue), l’US Air Force (USAF) détailla l’ensemble de sa communication, soit :

- 140 journaux, tirant à 690 000 exemplaires par semaine ;
- Airman Magazine, mensuel tirant à 125 000 exemplaires ;
- 34 radios et 17 chaînes de télévision émettant principalement à l’étranger ;
- 45 000 communiqués de QG et d’unités ;
- 615 000 communiqués concernant des personnels [5] ;
- 6 600 interviews avec des médias d’information ;
- 3 200 conférences de presse ;
- 500 vols de repérage pour des journalistes ;
- 50 rencontres avec des rédactions ;
- 11 000 discours [6] .

Mais cela exclut encore de vastes domaines où s’exercent aussi les efforts d’information du public de l’USAF. En 1970, le sénateur J. W. Fulbright écrivait qu’en 1968 les services d’information de l’USAF employaient à plein temps 1 305 personnes, auxquels s’ajoutaient plusieurs milliers d’autres ayant « des fonctions de représentation parallèlement à d’autres responsabilités [7] ». À l’époque, l’USAF proposait aux télévisions une séquence filmée par semaine et enregistrait un programme destiné à être diffusé trois fois par semaine par 1 139 stations de radio. Elle produisit en outre cent quarante-huit films de cinéma, dont vingt-quatre furent distribués pour le grand public [8]. Selon des données plus récentes, l’USAF publiait deux cent soixante-dix-sept journaux en 1987 contre cent quarante en 1979 [9].

Encore ne s’agit-il là que de l’armée de l’air. Les trois autres armes sont dotées de moyens tout aussi énormes, auxquels s’ajoute un programme global d’information tous publics sous la responsabilité d’un secrétaire-adjoint à la Défense pour les relations publiques au Pentagone. En 1971, une enquête de l’Armed Forces Journal révéla que le Pentagone éditait au total trois cent soixante et onze magazines, dont le coût de publication se chiffrait à quelque cinquante-sept millions de dollars, soit un budget représentant seize fois celui du plus grand éditeur américain. Lors d’une remise à jour, en 1982, le même journal des forces armées indiquait que le Pentagone publiait 1 203 périodiques [10].

Pour donner une meilleure idée, comparons avec les moyens de l’American Friends Service Committee (AFSC) et du National Council of the Churches of Christ (NCC), soit deux des plus grandes ONG qui font entendre un point de vue défiant celui du Pentagone. Le secrétariat central des services d’information de l’AFSC disposait pour l’année 1984-1985 d’un budget inférieur à cinq cent mille dollars, pour une équipe de onze personnes. Annuellement, il publiait environ deux cents communiqués de presse, organisait environ trente conférences de presse et produisait un film et deux ou trois montages audiovisuels. Il ne proposait aucune séquence filmée ni programme radio préenregistrés aux médias. Le bureau d’information du NCC dispose, lui, d’un budget de quelque trois cent cinquante mille dollars, produit une centaine de communiqués et quatre conférences de presse par an [11]. Le ratio des communiqués de presse pour les deux ONG par rapport à l’USAF est de un pour cinquante (ou, si l’on compte aussi les communiqués sur les personnels de l’USAF, de un pour deux mille deux cents) ; celui des conférences de presse est de un pour quatre-vingt-quatorze – mais si on pouvait tenir compte de l’ensemble des services de communication du Pentagone, le différentiel se creuserait encore considérablement.

En matière de relations publiques et de propagande, seul le monde des affaires dispose des moyens de rivaliser avec le Pentagone et les autres services gouvernementaux. Ainsi, à la différence de l’AFSC et du NCC, Mobil Oil peut-il se permettre de dépenser des dizaines de millions de dollars pour acheter de l’espace dans différents médias et imposer ses vues [12].

En 1980, le budget relations publiques de Mobil Oil s’élevait à vingt et un millions de dollars et employait soixante-treize personnes. Entre 1973 et 1981, ce service produisit plus d’une douzaine de documentaires télévisés sur des sujets comme les fluctuations du prix de l’essence, allant jusqu’à payer des journalistes vedettes de la télévision pour interviewer les responsables de Mobil entre autres experts. Fréquemment diffusés à la télévision, ces documentaires l’étaient généralement sans aucune mention de leur financement par Mobil.

Le nombre d’entreprises qui disposent de budgets de communication et de lobbying excédant ceux de l’AFSC et du NCC se chiffre en centaines voire en milliers. Un regroupement d’entreprises comme la Chambre de commerce des États-Unis se prévalait d’un budget de recherche, communication et activités politiques d’environ soixante-cinq millions de dollars [13] . À partir de 1980, la Chambre publia le Nation’s Business, tirant à 1,3 million d’exemplaires, et un hebdomadaire comptant 740 000 abonnés. Elle produisait en outre une émission hebdomadaire dont quatre cents stations de radio assuraient la diffusion et sa propre émission de débats télévisés, retransmise par cent vingt-huit chaînes commerciales [14].

Mis à part ce célèbre organisme, des milliers d’autres chambres de commerce, régionales ou fédérales, et d’associations commerciales se sont engagées dans des activités de promotion et de lobbying. Le réseau qu’elles ont tissé avec les industriels « compte bien plus de 150 000 professionnels [15] » et les moyens qu’il réunit sont proportionnels aux revenus et bénéfices de l’industrie et au retour sur investissement des campagnes promotionnelles et du lobbying. Les profits avant impôt de l’industrie pour 1985 étaient d’environ 295,5 milliards de dollars. Lorsque la situation politique inquiète les milieux d’affaires, comme ce fut le cas dans les années 1970, ils ne manquent assurément pas de moyens de faire face. Les seuls fonds consacrés à la promotion de l’industrie et de ses objectifs sont passés de 305 millions de dollars en 1975 à 650 millions en 1980 [16]. Les campagnes directes par courriers, sous forme de concours et autres prospectus, la distribution de films éducatifs, de brochures, de pamphlets, les dépenses dans le cadre d’initiatives populaires et de référendums et les investissements dans les sondages, le lobbying politique et les think tanks ont suivi la même progression. Additionnés, les investissements promotionnels des entreprises et de leurs associations commerciales dans la publicité politique et visant les citoyens de base étaient déjà estimés à un milliard de dollars par an en 1978, et avaient passé le cap des 1,6 milliard de dollars en 1984 [17].

Des médias subventionnés

Afin de renforcer leur prédominance comme sources d’information, les fabricants gouvernementaux et commerciaux d’information se donnent beaucoup de peine pour faciliter la vie des médias. Ils mettent à leur disposition des locaux, font parvenir à l’avance aux journalistes les textes des discours et des rapports, ajustent les horaires des conférences de presse en fonction des délais de bouclage [18] ; rédigent leurs communiqués dans un langage qui peut être facilement repris ; veillent à la mise en scène de leurs conférences de presse et de leurs séances photo [19]. C’est le travail des chargés de communication que de « répondre aux besoins et à la temporalité journalistique en leur livrant un matériel préparé clés en main par leurs services [20] ».

Dans les faits, les grandes bureaucraties des puissants subventionnent les médias et s’y assurent un accès privilégié en réduisant les coûts des nouvelles brutes et de production de l’information. Elles deviennent ainsi des sources d’information « de routine » et ont libre accès aux médias tandis que les autres sources doivent se battre pour obtenir un accès et peuvent être ignorées pour cause d’arbitraire des gate-keepers [portiers de l’information].

S’agissant des largesses du Pentagone et du bureau de relations publiques du département d’État, ces subventions aux médias sortent de la poche du contribuable de telle sorte qu’en fin de compte ce dernier paye pour être endoctriné dans l’intérêt de puissants groupes d’intérêts comme ceux qui bénéficient de contrats d’armement et autres sponsors du terrorisme d’État.

Du fait des services qu’ils rendent, de contacts quotidiens et de leur dépendance réciproque, les puissants peuvent compter sur des relations personnelles, recourir à la carotte et au bâton pour influencer et contrôler un peu plus les médias. Ceux-ci se sentiront obligés de colporter les nouvelles les plus douteuses et de taire les critiques pour ne pas froisser leurs sources ou ternir des relations aussi privilégiées.

Le 16 janvier 1986, l’American Friends Service Committee publia une dépêche indiquant qu’on avait dénombré, entre 1965 et 1977, trois cent quatre-vingt-un accidents graves et « incidents » liés aux manipulations et fonctionnement d’armes nucléaires, un chiffre nettement supérieur à celui officiellement avancé jusque-là. Ces informations avaient été obtenues grâce à une requête s’appuyant sur le Freedom of Information Act. Les médias couvrirent ce sujet brûlant uniquement à travers la réponse des porte-parole de la marine américaine, qui firent de leur mieux pour minorer la portée significative de cette découverte et occulter ou noyer dans des généralités la majorité des faits mis à jour. Ainsi ce titre – particulièrement significatif – d’un article, « La Marine dresse la liste des dysfonctionnements nucléaires : selon ses services, aucun des six cent trente incidents ne mettait la population en danger » (Washington Post, 16.01.86).

Il est assez difficile, même lorsqu’elles soutiennent des énormités, de contredire les autorités dont on tire les mensonges quotidiens qui alimentent le journal du soir. Et les sources critiques peuvent être écartées non seulement parce qu’elles sont moins accessibles et plus difficilement vérifiables mais aussi parce qu’on pourrait froisser les sources primaires – qui pourraient même se faire menaçantes.

Ces sources puissantes peuvent aussi utiliser leur prestige et leur importance comme un levier pour interdire aux critiques l’accès aux médias. Le département de la Défense, par exemple, refusait de prendre part à des débats radiophoniques à propos de questions militaires si des experts du Center for Defense Information comptaient parmi les invités [21]. Elliott Abrams [22] refusait d’apparaître au programme d’une série de conférences sur les droits humains en Amérique centrale – à la Kennedy School of Government de l’université de Harvard – si l’ancien ambassadeur Robert White n’était pas exclu de la liste des intervenants. Enseignant à Harvard et superviseur l’émission, Harvey Mansfield déclara que, de toutes façons, inviter Robert White avait été une erreur car « c’était un représentant de la gauche ultra » tandis que le forum avait pour objet de lancer un débat « entre libéraux et conservateurs » [23]. La journaliste Claire Sterling refusait de participer à des débats télévisés au sujet de la « filière bulgare » où ses critiques auraient eu un droit de parole [24]. Dans ces deux derniers cas, les autorités et experts officiels parvinrent à monopoliser l’accès à l’espace public par la menace.

Plus essentiellement, ces sources puissantes tirent avantage des routines médiatiques (l’accoutumance et la dépendance à leur égard) pour pousser les médias à suivre un agenda et un angle prédéfini [25]– ainsi que nous pourrons le voir en détail dans les chapitres suivants. Ce mode de management consiste à inonder les médias de nouvelles qui peuvent servir à imposer une ligne particulière ou un angle spécifique (le Nicaragua supposé livrer illégalement des armes aux rebelles salvadoriens) ; ou, dans d’autres cas, pour concurrencer les nouvelles indésirables, voire les occulter purement et simplement (comme la prétendue livraison de Mig au Nicaragua la semaine des élections nicaraguayennes de 1984). On trouve trace de ce type de techniques au moins à partir du Committee on Public Information, chargé de coordonner la propagande durant la Première Guerre Mondiale : celui-ci « découvrit, en 1917-1918, que l’un des meilleurs moyens de contrôler l’information était de saturer les canaux de “faits” ou de tout ce qui pouvait ressembler à des informations officielles [26] ».

Des experts

La relation entre pouvoir et sources d’information dépasse le simple approvisionnement en nouvelles quotidiennes par les autorités et les entreprises incluant la livraison d’« experts ». La prédominance des sources officielles demeure vulnérable face à l’existence de sources non-officielles extrêmement respectables qui délivrent les points de vue dissidents avec une grande autorité. Le problème est contrôlé grâce à « la cooptation des experts [27] » – c’est-à-dire en les rémunérant comme consultants, en finançant leurs recherches, en organisant des think tanks qui les emploieront directement et aideront à diffuser leur message. De la sorte, on peut créer des biais structurels en orientant la mise à disposition d’experts dans la direction souhaitée par les autorités et « le marché » [28]. Comme le soulignait Henry Kissinger, dans cet « âge des experts » la « communauté » des experts est constituée par « ceux qui ont un intérêt particulier dans les opinions communément admises, élaborant et définissant ces consensus à un haut niveau ; c’est ce qui en fait, en dernière analyse, des experts » [29]. Une telle évolution est tout à fait logique pour permettre aux opinions les plus communément admises (à savoir celles qui servent au mieux les intérêts des élites) de continuer à prévaloir.

Cette technique de création d’une communauté d’experts a été mise en œuvre en toute connaissance de cause et à grande échelle. En 1972, le juge Lewis Powell (qui devait plus tard être nommé à la Cour suprême) écrivit un mémo à l’attention de la Chambre de commerce américaine, pressant les milieux d’affaires « d’acheter les universitaires les plus réputés du pays afin de crédibiliser les recherches des entreprises et de leur donner davantage de poids sur les campus universitaires [30] ». On les achète et on s’assure que – selon les propres termes d’Edwin Feulner, de la Heritage Foundation – le domaine des politiques publiques soit « inondé de solides études scientifiques » aux conclusions adéquates. Dressant le parallèle avec Procter & Gamble vendant du dentifrice, Feulner expliquait qu’on peut « le vendre et le revendre jour après jour, en gardant simplement le produit toujours présent à l’esprit du consommateur ». Par un effort commercial, notamment en disséminant les idées appropriées dans « des milliers de journaux différents », on peut limiter le débat « à des limites convenables » [31].

Conformément à cette formule, tout au long des années 1970 et au début des années 1980, on mit en place une série d’institutions, en réactivant de plus anciennes au passage, à seule fin d’imposer la propagande des industriels. Des milliers d’intellectuels furent attachés à ces institutions, qui financèrent leurs recherches et assurèrent la diffusion de leurs analyses dans les médias au travers d’un système de propagande très élaboré. Leur financement par les industriels et l’orientation clairement idéologique de la démarche d’ensemble ne nuisaient pas le moins du monde à la crédibilité de tels « experts » : bien au contraire, leurs soutiens financiers et la mise en exergue de leurs idées les catapultèrent dans les médias [32].

[…]

Enfin, les médias produisent aussi leurs propres « experts », lesquels ne font en général que reprendre à leur compte la version officielle. John Barron [33] et Claire Sterling devinrent des références maison faisant autorité en matière de KGB et de terrorisme dès que le Reader’s Digest eut financé, publié et vendu leurs ouvrages à grand renfort de publicité. De même le transfuge soviétique Arkady Shevchenko fut-il décrété expert en armement et services secrets soviétiques aussitôt que Time, ABC-TV et le New York Times eurent décidé de le tenir pour tel (en dépit d’une crédibilité sévèrement ternie) [34]. En mettant massivement en avant ces prosélytes de la version officielle, les médias consacrent leur statut et les qualifient indiscutablement pour donner leur opinion et leurs analyses [35]

Autre catégorie d’experts dont l’omniprésence tient en grande part à leur servilité au pouvoir : les anciens radicaux pour qui, un beau jour, « tout est devenu clair »… Les raisons qui les ont fait basculer d’une divinité à l’autre, de Staline ou Mao à Reagan et à la « libre entreprise » sont diverses. Mais aux yeux de l’industrie de l’information, la raison de ce changement tient seulement à ce qu’ils ont finalement eu la révélation de leurs erreurs. Dans un pays où les citoyens accordent de la valeur aux notions de révélation et de repentance, ceux qui retournent leur veste y gagnent une auréole de pécheurs pénitents. Il est intéressant d’observer comment ces repentis, dont les engagements antérieurs étaient sans intérêt (sinon l’objet de railleries dans les médias) se trouvent subitement promus au titre d’authentiques experts. On pourra rappeler comment, à l’époque du maccarthysme, transfuges et ex-communistes rivalisaient, entre autres affabulations effrayantes, d’absurdités au sujet de l’imminence d’une invasion soviétique [36] . Ils trouvaient dans les médias un job sur mesure, brodant à la demande sur les mythes du moment. Le flux ininterrompu d’ex-radicaux propulsés de la marginalité aux feux de la rampe médiatique montre que nous sommes témoins d’une méthode durable de production d’experts, prêts à dire tout ce que l’establishment souhaitera.

[…]

Noam Chomsky et Edward Herman

Notes

[1] La première traduction en français (souvent très fautive) sous le titre (inexact et trompeur) de La Fabrique de l’opinion publique. La politique économique des médias américains, était parue en 2003 aux éditions Le Serpent à plumes.

[2] Mark Fishman, Manufacturing the News, University of Texas Press, 1980, p. 143.

[3] Ibid., p. 144-5.

[4] Gaye Tuchman, « Objectivity as Strategic Ritual : An Examination of Newsmen’s Notions of Objectivity », American Journal of Sociology, 1972, 77/2, p. 662-4.

[5] Il s’agit de communiqués destinés à la presse locale concernant l’activité de personnels originaires de la région. [note de l’éditeur].

[6] United States Air Force, « Fact Sheet : The United States Air Force Information Program », mars 1979 ; « News Releases : 600000 in a Year », Air Force Times, 28 avril 1980.

[7] J. W. Fulbright, The Pentagon Propaganda Machine, H. Liveright, 1970, p. 88.

[8] Ibid., p. 90.

[9] « Newspapers Mustered as Air Force Defends BIB », Washington Post, 3 avril 1987.

[10] « DOD Kills 205 Periodicals ; Still Publishes 1,203 Others », Armed Forces Journal International, août 1982, p. 16.

[11] Les neuf bureaux régionaux de l’USAF mènent aussi quelques opérations de communication ; mais à ce niveau, les moyens sont très inférieurs à ceux du secrétariat central. Il en est de même pour les niveaux locaux des ONG, comme ceux du NCC, qui produisent aussi quelques articles, des magazines, des documentaires vidéo ou cinématographiques.

[12] A. Kent MacDougall, Ninety Seconds To Tell It All, Dow Jones-Irwin, 1981, p. 117 20.

[13] John S. Saloma III, Ominous Politics. The New Conservative Labyrinth, Hill & Wang, 1984, p. 79.

[14] A. Kent MacDougall, Ninety Seconds…, op. cit., p. 116-7.

[15] Thomas B. Edsall, The New Politics of Inequality, Norton, 1984, p. 110.

[16] Peggy Dardenne, « Corporate Advertising », Public Relations Journal, novembre 1982, p. 36.

[17] S. Prakash Sethi, Handbook of Advocacy Advertising, Strategies and Applications, Ballinger, 1987, p. 22 ; lire aussi Thomas B. Edsall, New Politics…, « The Politicization of the Business Community », chap. III, op. cit. ; John S. Saloma III, Ominous Politics…, « The Corporations : Making Our Voices Heard », chap. IV, op. cit.

[18] Ainsi le bombardement de la Libye par l’aviation américaine le 14 avril 1986 fut-il la première intervention militaire américaine spécialement programmée pour pouvoir être retransmise en direct au journal du soir.

[19] Sur la manière remarquable dont l’administration Reagan utilisa ces dernières pour manipuler la presse, lire « Standups », The New Yorker, 2 décembre 1985, p. 8 sq.

[20] Mark Fishman, Manufacturing the News, op. cit., p. 153.

[21] Fondé en 1972, le Centre pour l’information sur la défense (division du World Security Institute), est une organisation à but non lucratif composé d’universitaires et d’officiers supérieurs retraités qui produisent des analyses critiques sur les politiques de sécurité et de défense des États-Unis.

[22] Secrétaire aux affaires inter-américaines sous Ronald Reagan, Elliott Abrams était un farouche ennemi de tout plan de paix en Amérique centrale. Convaincu en 1991 d’avoir dissimulé des informations au Congrès dans le cadre de l’Irangate, il occupera toutefois, dans le premier gouvernement de George W. Bush (fils), le poste d’assistant spécial du Président et directeur senior du conseil national de sécurité au Proche Orient et en Afrique du Nord ; sous la seconde présidence, il fut nommé conseiller pour la sécurité nationale sur les stratégies de démocratie globale. [note de l’éditeur].

[23] Harvard Crimson, 14 mai 1986, p. 123-4.

[24] Lire Edward S. Herman et Frank Brodhead, The Rise and Fall of the Bulgarian Connection, op. cit., p. 123-4.

[25] Mark Hertsgaard, « How Reagan Seduced Us : Inside the President’s Propaganda Factory », Village Voice, 18 septembre 1984 ; lire aussi « Standups », art. cit.

[26] Stephen L. Vaughn, Holding Fast the Inner Lines, University of North Carolina Press, 1980, p. 194.

[27] Bruce Owen et Ronald Braeutigam, The Regulation Game : Strategic Use of the Administrative Process, Ballinger, 1978, p. 7

[28] Lire Edward S. Herman, « The Institutionalization of Bias in Economics », Media, Culture and Society, juillet 1982, p. 275-91.

[29] Henry Kissinger, American Foreign Policy, Norton, 1969, p. 28.

[30] Cité in Alex Carey, « Managing Public Opinion : The Corporate Offensive », University of New South Wales (document ronéotypé), 1986, p. 32.

[31] Citations tirées de communications données par Edwin Feulner en 1978 et 1985, ibid., p. 46-7.

[32] Pour une remarquable étude portant sur la plupart de ces organisations et sur leurs objectifs, financements, réseaux et autres programmes prospectifs, lire John S. Saloma III, Ominous Politics…, op. cit., chap. IV, VI et IX.

[33] Fondamentalement anticommuniste, journaliste au Reader’s Digest, John Barron fut notamment l’auteur du succès de librairie KGB : The Secret Work of Soviet Secret Agents, Reader’s Digest Press, 1974.

[34] Au sujet des qualifications d’expert de Claire Sterling, lire Edward S. Herman et Frank Brodhead, The Rise and Fall of the Bulgarian Connection, op. cit., p. 125-46 ; sur Arkady Shevchenko, lire Edward J. Epstein, « The Invention of Arkady Shevchenko, Supermole : The Spy Who Came In to Be Sold », New Republic, 15-22 juillet 1985.

[35] Au début de 2002 était lancé un « Programme des analystes militaires du Pentagone ». L’idée était de recruter des personnes-clés susceptibles d’influencer l’opinion en prévision d’une invasion de l’Irak. Huit mille pages de documents relatifs à ce programme ont été rendus publics à la suite d’une requête d’accès à l’information en mai 2008. Ces documents attestent que les analystes militaires recrutés pour la circonstance étaient considérés comme de potentiels « multiplicateurs » pour diffuser « les thèmes et messages » de l’administration à des millions d’Américains « en les faisant passer pour leur propre opinion ». Plus de soixante-quinze officiers à la retraite furent ainsi embauchés pour délivrer ces messages sur les plateaux de radio et de télévision, ainsi que sous forme de tribunes dans les journaux. Le succès du programme a conduit d’autres branches de l’administration à recourir au programme, notamment pour légitimer les écoutes téléphoniques illégales dans le cadre de la « lutte antiterroriste » ou donner une image positive de Guantanamo. Nombre de ces « experts » étaient aussi consultants pour des firmes sous contrat avec le Pentagone. Source : . [note de l’éditeur].

[36] Certains analystes ont mit l’accent sur le rôle crucial de l’« informateur menteur » ; d’autres sur cette pathologie maccarthyste de l’« hégémonisme soviétique » – leitmotiv maoïste – qui faisait apparaître ex nihilo la stratégie soviétique de conquête du bloc de l’Ouest par l’entremise de Cuba, des sandinistes et de divers mouvements de guérilla en divers endroits du globe. Lire David Caute, The Great Fear : The Anti-Communist Purge under Truman and Eisenhower, Simon & Schuster, 1978, p. 114-38 ; Robert Leiken, Soviet Strategy in Latin America, Praeger, 1982.

 

http://www.acrimed.org/article3010.html

 

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Conférence inédite de François Asselineau à Marseille : La tromperie comme mode de gouvernement

2 Novembre 2012
 
Brasserie Les Danaïdes

6 Square Stalingrad, Marseille, 13001

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Cette conférence, dont ce sera la « première », vous donnera des éclairages inédits sur plusieurs sujets d’actualité. Nul doute que plusieurs informations non médiatisées passionneront l’auditoire….


Exemples spectaculaires à l’appui,

cette conférence avec support vidéo démontrera pas à pasc omment

la tromperie, le mensonge, la désinformation,

la manipulation et la censure,

sont désormais devenus les principaux

instruments de gouvernement

dans l’ensemble du monde occidental.

 

Et pourquoi il est de la plus grande urgence de réagir.


Elle sera suivie :

- d’un large débat avec la salle
- d’une séance de dédicace par François ASSELINEAU

du « Programme de Libération Nationale »

dans sa version « collector » CNR 2.0 à tirage limité

 

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MODALITÉS D’ENTRÉE

À QUI CETTE CONFÉRENCE EST-ELLE OUVERTE ?
A tout public : adhérents ou sympathisants UPR, ou simples curieux.

LIEU
Cette conférence se tiendra dans une grande brasserie de MARSEILLE.

Brasserie Les Danaïdes
6 Square Stalingrad
13001 MARSEILLE


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RESTAURATION
Consommation non alcoolisées gratuites.
Consommation alcoolisées à régler au bar.

HORAIRES
Début de la Conférence à 19h30.
Début du débat public à 21h30.
Après le débat public : séance de dédicace avec François Asselineau pour le « Programme de Libération Nationale »
Fermeture de l’établissement à 23H30

DROITS D’ENTRÉE
Les droits d’entrée sont gratuits pour toutes les personnes qui souscriront aux forfaits autocar proposés, même pour les non-adhérents de l’UPR.

Pour le public qui se rendra sur place par ses propres moyens (habitants d’Aix ou de la région notamment), ces droits d’entrée sont fixés, comme à l’accoutumée, ainsi :

Tarif normal : 5 € / par personne (buffet apéritif inclus)

Tarif réduit : 3 € / par personne (buffet apéritif inclus) : pour les chômeurs, RSA, étudiants et personnes en grandes difficultés financières

Gratuit : 0 € / par personne (buffet apéritif inclus) :

- pour les adhérents de l’UPR (possibilité d’adhésion à l’UPR sur place, ouvrant droit à gratuité d’accès immédiate),

- pour les moins de 18 ans

- pour les personnes qui auront souscrit à notre offre spéciale (cf. http://www.u-p-r.fr/actualite/france/participez-vous-aussi-aux-conferences-de-la-toussaint-en-provence-avec-lupr)

ATTENTION
Si vous habitez à Paris, en Île-de-France, dans le nord de la France ou en région lyonnaise, nous vous conseillons de prendre connaissance avec attention de notre OFFRE SPÉCIALE pour le transport et l’hébergement :

(cf. http://www.u-p-r.fr/actualite/france/participez-vous-aussi-aux-conferences-de-la-toussaint-en-provence-avec-lupr)

 

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23 octobre 2012 2 23 /10 /octobre /2012 06:00

 

Conflits et guerres actuelles
Le nouveau plan du Pentagone pour affronter la marée rose en Amérique Latine


Par Nick Alexandrov
CounterPunch, le 21 octobre 2012

article original : "The Pentagon's New Plan to Confront Latin America's Pink Tide"


Nick Alexandrov
Lundi 22 Octobre 2012

 

Le nouveau plan du Pentagone pour affronter la marée rose en Amérique Latine
Le Ministre de la Défense des Etats-Unis, Léon Panetta, se trouvait récemment en Uruguay, où il a parlé du besoin de renforcer les forces de police de l'hémisphère sud. Cette politique envisagée connaît un précédent, pratiquement inconnu dans ce pays, mais qui donne une indication potentielle de ce qui attend les gouvernements d'Amérique Latine désireux de coopérer avec les institutions de défense de leur voisin du Nord.

Dans les années 1960, Washington a initié un programme d'entraînement sur dix ans pour la police de l'Uruguay, aidant à la faire passer d'une force faible et sous-financée à un instrument de répression efficace. Cette métamorphose a coïncidé avec la descente de l'Uruguay, pays auparavant démocratique, dans la dictature. Ainsi, dès que les Etats-Unis eurent terminé leur travail, « la Suisse de l'Amérique Latine » devint le premier pays au monde en nombre de détenus politiques par tête d'habitant.

Panetta a livré ses remarques à Punta del Este, où l'Alliance pour le Progrès a été lancée en 1961. Destiné à augmenter le niveau des revenus et à promouvoir la réforme foncière en Amérique Latine, le programme du Président Kennedy reflétait très précisément son agenda - à peu près autant que la poignée de main d'Obama à Chavez annonçait un « tournant amical » dans les relations entre les Etats-Unis et l'Amérique Latine. Ici bas, sur Terre, Obama s'est assuré que le régime hondurien actuel vole avec succès la dernière élection. Dans le sillage de cette fraude, des escadrons de la mort parcourent le pays, assassinant avocats et militants des droits de l'homme. L'administration Kennedy, pour sa part, a supervisé, au sein de la structure de l'Alliance, la critique d'un plan de développement pour l'Uruguay, qui a été effectivement abandonné avant son achèvement. Aucune de ses recommandations n'a jamais été mise en œuvre, puisque d'autres questions ont eu la priorité. En 1962, Kennedy a créé l'Office of Public Safety (OPS) [le bureau de la sûreté publique], supervisé de loin par USAID (l'Agence des Etats-Unis pour le Développement International), et qui était responsable du Programme du Sûreté Publique (PSP) de l'Uruguay, entre 1964 et 1974.

Le PSP était un programme d'entraînement pour la police uruguayenne, qui recevait son instruction à la fois aux Etats-Unis et en Uruguay, et faisait partie d'une initiative générale pour combattre le terrorisme et le crime urbains en augmentation. Du moins, c'était l'explication officielle. Cependant, des documents du gouvernement des Etats-Unis racontent une histoire différente. Un exemple : six mois après le début de ce programme, les responsables de USAID à Montevideo expliquèrent que « l'Uruguay avait bénéficié d'un état de sécurité relativement pacifique pendant de nombreuses années », et que « aucune menace active d'insurrection n'existe ». Dans la version 2012 de cette histoire, Panetta présente les trafiquants de drogue et les insurgés comme les deux dangers jumeaux qui nécessitent la réorganisation des escadrons de la police. Mais si le passé peut servir de guide, ces affirmations devraient rencontrer le plus grand scepticisme.

Les Tuparamos, un groupe politique d'extrême gauche, sont souvent considérés comme la principale cible du PSP. Ils ont passé leurs premières années à s'organiser et à attaquer des banques et des caches d'armes pour obtenir des fonds et des armes. Ensuite, ils ont commencé à kidnapper des fonctionnaires de premier plan, à commencer par le chef de la compagnie téléphonique d'Etat - qui était aussi un ami proche et un conseiller du Président Jorge Pacheco Areco - en août 1968. Mais les guérilleros n'ont capturé leur otage qu'après que Pacheco eut sévi contre les périodiques et les partis de gauche, déclarant un état d'urgence qui autorisait le gouvernement à utiliser à volonté de « pouvoirs spéciaux ». Plusieurs années auparavant, un certain nombre d'observateurs avaient fait remarquer que la démocratie en Uruguay se défaisait. L'un deux observait en 1965 que, tandis qu'un couple de « partis politiques ont dominé la scène uruguayenne pendant plus de 100 ans », partis effectivement identiques, que « peu de différence politique » caractérisait, leur objectif commun n'incluaient pas d'agir pour remédier à « la récession industrielle continuelle, au chômage en augmentation constante [.] et à un coût de la vie qui monte en flèche » - la réalité à l'époque. Les implications radicales de cette analyse - qui était celle de la CIA - sont évidentes : pour améliorer la vie des Uruguayens, des actions devaient être entreprises à l'extérieur des canaux politiques établis, étant donné que les deux partis politiques essentiels ne faisaient rien et qu'ils encourageaient en fait l'aggravation de l'austérité. Les Tupamaros, bien sûr, étaient d'accord avec la CIA sur ce point, mais ces groupes avaient une vision divergente quant à l'avenir. Tandis que les rebelles souhaitaient voir les conditions s'améliorer dans le contexte d'un meilleur ordre social, Washington voulait empêcher les Uruguayens ne serait-ce que de protester contre « la récession industrielle continuelle » dont ils souffraient.

Un réexamen de ces fameux documents gouvernementaux rend évident que le PSP a visé les Uruguayens en général, et pas seulement les Tupamaros. Une fois encore, les premiers rapports de USAID en provenance de Montevideo décrivaient le climat « relativement pacifique » qui y prévalait, et les mémos suivants prenaient note avant tout de « grèves, de réunions publiques et de manifestations », comprises par les responsables comme provenant des « problèmes financiers » croissants. Le but de Washington était de suivre la capacité de la police entraînée par le PSP à contrôler ces manifestants - « des terroristes urbains » en argot de l'establishment politique washingtonien - au moyen du « strict contrôle des foules, d'une forte représentation de policiers dans toutes les manifestations et de l'usage immédiat de la force pour empêcher l'escalade au stade d'émeute ». « Les techniques préventives sont utilisées efficacement », concluait l'un des mémos de USAID. Les étudiants [policiers] apprenaient très bien leurs leçons.

Peu de choses avaient changé en Uruguay en 1969, lorsque l'officiel nord-américain Dan Mitrione arriva pour superviser l'entraînement de la police. Ecrivant à Washington à la fin de cette année-là, il expliqua : « Aujourd'hui, la vie semble normale dans les rues de Montevideo, et le vrai problème auquel la police est confrontée est le nombre d'attaques contre des policiers [.] » Le « vrai problème », répétait-il lourdement, n'était pas que le gouvernement uruguayen, quasiment un système à parti unique, forçait ses citoyens à supporter les choix sévères qu'impose une économie ruinée. Le problème était que les Uruguayens manifestaient contre ces conditions. Le gouvernement des Etats-Unis entraînait la police uruguayenne à les punir pour ce crime - une punition qui ne ferait qu'aller en s'intensifiant alors que peu de personnes n'osaient riposter contre leurs agresseurs. Mitrione lui-même comprenait bien les affaires de discipline. Sa réputation, dans certains cercles, était celle d'un maître de la torture.

Il avait une devise simple : « La douleur précise, à l'endroit précis, à dose précise, pour l'effet désiré ». Selon un agent double cubain qui travaillait à la fois pour la CIA et l'Uruguay, il était fier de ses capacités. Cet homme a participé à l'un des séminaires de Mitrione. Quatre sans-abri furent ramassés dans la rue pour l'occasion. Ils furent d'abord utilisés pour montrer les effets « de différents voltages sur différentes parties du corps humain ». Ensuite, vint une démonstration sur les fonctions émétiques. Une fois qu'ils avaient fini de vomir, on les forçait à ingérer un autre produit chimique. A la fin, tous les sujets sont morts. En conséquence, les Tupamaros kidnappèrent Mitrione en juillet 1970 et le tuèrent dans les premiers jours d'août. Deux mois plus tard, le Sénat uruguayen publia un rapport indiquant que la police de Montevideo avait torturé ses prisonniers sur une base régulière. A partir de juin 1973, le Président Bordaberry - que Washington avait aidé, lors de l'élection de 1971, en supprimant ses opposants de gauche - acheva la transformation. L'Uruguay était devenu une dictature.

Ceux qui souhaiteraient en découvrir plus sur cette période devraient lire Killing Hope de William Blum, qui contient un chapitre puissant caractéristique sur le déclin uruguayen qui fut facilité par les Etats-Unis. Alors qu'il est trop tôt pour dire exactement comment marchera le plan de Panetta, discuté dans la Déclaration de politique de défense pour l'hémisphère occidental[1], il y a un résultat qui semble garanti. Si le gouvernement [des Etats-Unis] réussit à mettre en œuvre sa nouvelle politique « de sécurité » dans l'hémisphère sud, alors la vague rose en Amérique Latine - en référence à ses dirigeants politiques qui penchent à gauche - tournera rouge, avec le sang des campesinos [paysans], des féministes, des activistes et des guérilleros assassinés, et celui de tous ceux que l'on peut sacrifier selon le cruel calcul pour le pouvoir.

Traduit de l'anglais par JFG-QuestionsCritiques
Notes :
_________________________

[1] Cette déclaration a été publiée le 5 octobre 2012 par le Department of Defense (DoD) [ministère de la défense] des Etats-Unis.
« Le ministère de la défense des Etats-Unis a publié [.] le DoD Western Hemisphere Defense Policy Statement [déclaration de politique de défense pour l'hémisphère occidental]. Cette déclaration explique comment le Guide Stratégique de Défense de janvier 2012 façonnera l'engagement du DoD dans l'hémisphère occidental.
« Dans l'hémisphère occidental, une transformation remarquable a eu lieu. Des pays font plus qu'auparavant pour promouvoir la paix et la stabilité, tant à l'intérieur de leurs frontières qu'au-delà d'elles », a déclaré le ministre de la défense Panetta. « Leurs efforts et leur vision fournissent aux Etats-Unis une occasion historique de renouveler et de renforcer nos partenariats de défense dans cette région ».
Cette déclaration décrit également les objectifs de la politique de défense du DoD, visant à encourager des institutions de défense nationale, achevées et professionnelles ; à encourager l'intégration et l'interopérabilité entre les partenaires ; et à promouvoir les institutions de défense de l'hémisphère » (Source : DoD]


À LIRE ÉGALEMENT :

Le Capitalisme : Un Génocide Structurel, de Garry Leech (Le Retour aux Sources - octobre 2012).
http://www.alterinfo.net/Le-nouveau-plan-du-Pentagone-pour-affronter-la-maree-rose-en-Amerique-Latine_a82775.html
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21 octobre 2012 7 21 /10 /octobre /2012 03:36

 

Sucy-en-Brie : De graves accusations contre la BAC

Dans la même rubrique:
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Lundi 15 Octobre 2012 - 09:01 Disparition de Stan Millaud


Gilles Devers
Samedi 20 Octobre 2012


Les faits ont eu lieu à Sucy-en-Brie, dans le Val-de-Marne, le 6 octobre. Il est 0 H 40, et deux frères, Bayram, 21 ans, et Chaïn, 16 ans, rentrent à la maison après un match de foot en salle. Ils descendent du bus, et continuent à pied en direction de leur quartier, la Cité Verte.$T2eC16RHJGkE9no8hm5lBP+qUG!ppg~~60_35.JPG
Arrive alors une voiture de la BAC. Trois agents se dirigent vers eux, et Chaïn, qui dit avoir «eu peur», part en courant. Je précise qu'il est lycéen en 1ère ES et inconnu de service de police. La poursuite dure 100 mètres, et le gamin est aux mains de la BAC.
Trois-quarts d’heure plus tard, à 1 h 30, il arrive au commissariat de Boissy-Saint-Léger, conduit par les mêmes agents. Les policiers ne prennent pas déposition, car il n’y a pas de charge contre Chaïn, et sa mère est appelée pour le récupérer.
La mère le retrouve ensanglantée, et se rend aux urgences de l'hôpital de Créteil. Le médecin a fait un certificat descriptif, qu’a pu lire Libé.
En un, « Le patient présente un trauma cranio-nasal avec épistaxis » : c’est le signe de coups sur la partie haute du nez, ayant causé une hémorragie.
En deux, «multiples hématomes au niveau du visage» : une pluie de coups au visage.
En trois, « traumatisme et une plaie au coude droit», et un «traumatisme du rachis dorsal», ce qui montrent deux nouvelles séquences de coups.
En quatre, des «érosions scrotales», qui établissent des coups ou des écrasements des testicules.
La consultation de médecine légale a prescrit une interruption temporaire de travail (ITT) de cinq jours.
Chain et sa mère ont déposé plainte pour violences aggravées, le même 6 octobre en début d'après-midi. Chain explique que dès qu’il a été arrêté, les fonctionnaires l’ont insulté de «fils de pute» et lui ont asséné de premiers coups. Plusieurs habitants ont été témoins, et ont fait des dépositions en ce sens.
Chain a été embarqué dans le véhicule de la BAC, pour un trajet que l’enquête déterminera, avant d’arriver au commissariat trois-quarts d’heure plus tard, dans l’état que l’on sait. Chain déclare dans sa déposition : «Le policier assis sur ma droite m'a mis deux droites dans le visage et dans le nez et celui de gauche m'a frappé de coups de poing dans le ventre (...). Je tiens à préciser qu'au premier arrêt avec la voiture de police, le policier sur ma droite m'a serré avec sa main mes testicules.»
Le parquet de Créteil a confirmé l’existence d’une enquête préliminaire.
C’est donc l’histoire d’un mineur, à qui il n’est reproché aucune infraction, qui a été insulté et frappé lors de son interpellation, et qui trois quarts d’heure plus tard est rendu à sa mère ensanglanté, avec des traces de coups multiples, dont sur les parties génitales.

La préfecture et le ministère de l’Intérieur n’ont pas eu le temps de publier un communiqué dénonçant ces violations graves des droits d’un mineur, qui déshonorent le service. Il est vrai qu’ils ne sont avisés que depuis 14 jours… et il faut le temps que ça leur remonte au cerveau.

http://lesactualitesdudroit.20minutes-blogs.fr/
http://www.alterinfo.net/Sucy-en-Brie-De-graves-accusations-contre-la-BAC_a82696.html
Sucy-en-Brie : De graves accusations contre la BAC
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20 octobre 2012 6 20 /10 /octobre /2012 22:09
Ministère russe des Affaires étrangères
MOSCOU, 19 octobre - RIA Novosti

Les mauvais traitements infligés aux enfants, les ingérences dans la vie privée, les violences policières, les prisons secrètes et les restrictions de la liberté d'expression constituent les principaux problèmes en matière de respect des droits de l'Homme aux Etats-Unis, indique un rapport du ministère russe des Affaires étrangères présenté à la Douma (chambre basse du parlement russe).


Il s'agit du deuxième rapport de ce genre préparé par le ministère. Le premier, publié en 2011, était consacré à la situation des droits de l'Homme aux Etats-Unis et dans les républiques Baltes.

Le document rédigé cette année constitue une réaction aux critiques adressées à Moscou par les gouvernements des pays occidentaux et les organisations internationales de protection des droits de l'Homme. Le rapport traite uniquement des problèmes qui se posent dans ce domaine aux Etats-Unis.

Selon une source au sein du parlement russe, des centaines de milliers d'enfants font l'objet de mauvais traitements aux Etats-Unis, ce qui entraîne la mort d'un grand nombre d'entre eux (1.600 personnes en 2010). Le rapport indique que la punition corporelle est officiellement autorisée dans 19 Etats et que dans certains établissements d'enseignement, les élèves sont "soignés" au moyen de décharges électriques.

"Les Etats-Unis demeurent le pays qui compte le plus grand nombre de détenus au monde: 2,2 millions de personnes. Le problème des prisons secrètes de la CIA n'est toujours pas réglé. Elles sont situées en Pologne, en Afghanistan, en Irak, en Thaïlande, au Maroc, à Djibouti, en Roumanie et en Lituanie", a affirmé l'interlocuteur de l'agence, citant le rapport de la diplomatie russe.

"Entre 2004 et 2007, le nombre de messages électroniques interceptés par les services spéciaux américains a augmenté de 3.000%", lit-on dans le rapport.

Les diplomates russes ont également dénoncé les mesures rigoureuses adoptées par la police à l'encontre des journalistes couvrant les actions de protestation dans les villes américaines.

 

http://fr.rian.ru/world/20121019/196367060.html

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20 octobre 2012 6 20 /10 /octobre /2012 16:10
Espagne : « Ils veulent revenir au temps de Franco » dénonce le premier syndicat de policiers

Espagne : « Ils veulent revenir au temps de Franco » dénonce le premier syndicat de policiers

  

Suppressions de droits syndicaux, quotas d’arrestations illégales à respecter, protocoles et uniformes inspirés de l’armée… Le premier syndicat de policiers espagnols – le Syndicat unifié de la police – dénonce une tentative de militarisation de leurs missions et de leur corporation. Son secrétaire général exprime également son soutien au mouvement des indignés.

« Ils veulent revenir au temps de Franco. Et ça, on ne va jamais l’accepter. […] La réforme de la Loi du personnel de la police nous ôte maintenant des droits que nous avions jusque là. » José Manuel Sánchez Fornet est le secrétaire général du premier syndicat de policiers en Espagne (Sindicato Unificado de la Policía, SUP), connu pour son franc-parler. Ce qui le rend furieux, ce sont les derniers amendements de deux lois en discussion à l’Assemblée, concernant la police.

« Attirail nazi »

D’abord, l’entrée en vigueur de nouvelles règles protocolaires. Elles sont selon lui inspirées de l’armée et de la Guardia Civil (à statut militaire) : obligation des policiers de défiler au pas, de chanter l’hymne militaire « la muerte no es el final » (la mort n’est pas la fin), l’obligation pour les femmes policiers enceintes d’obtenir une prescription médicale pour pouvoir porter des vêtements civils avant les trois premiers mois de grossesse, imposition d’une longueur règlementaire pour les coupes de cheveux féminines… Le SUP qualifie même le nouvel uniforme – bâton de commandement, casquettes, gabardine – « d’attirail nazi » ! Et dénonce une militarisation esthétique de leur uniforme.

Mais c’est surtout la suppression, dans la « Loi du personnel de la police », de tout un chapitre consacré au droit d’information et de négociation collective qui a déclenché la sonnette d’alarme. Et pas seulement au sein du SUP mais aussi d’autres syndicats comme la Confédération espagnole de la police (CEP), deuxième syndicat de policier, traditionnellement en faveur des décisions prises par l’actuel gouvernement de droite.

Violations de droits civiques

José Manuel Sánchez Fornet évoque même pour son syndicat la possibilité de « retourner dans la clandestinité ». Fondé en 1978, alors que débute la transition démocratique après la fin de la dictature franquiste, le SUP a été « hors la loi » jusqu’en 1984 à cause de son activité syndicale au sein d’une police militarisée et très politique. « Nous défendions la démocratisation, la Déclaration universelle des droits de l’Homme, la Constitution espagnole… Enfin : une police civile au service des citoyens et respectueuse de leurs droits. »

Pendant le gouvernement socialiste de José Luis Zapatero, le SUP a combattu la politique du chiffre, cause de nombreuses violations des droits civiques. En 2010, la Police espagnole a comptabilisé 10 millions de contrôles d’identité, dont un million d’immigrés et 8 millions de jeunes, effectués de façon arbitraire et abusive. Le SUP a récemment porté plainte contre une inspectrice et un agent de police de Benidorm qui avaient fait le pari de contrôler l’identité du plus grand nombre de personnes en une nuit, se postant à la gare de trains et à la gare routière… Un syndicat de policiers portant plainte contre des policiers au nom de la déontologie, ce n’est pas de ce côté des Pyrénées que cela se produirait !

Des policiers soutiennent les « indignés »

D’après José Manuel, ces violations des droits et abus d’autorité explique aussi l’émergence du mouvement des indignés (appelé 15M) : « Si, dans un pays qui compte 5 millions de chômeurs [dont 40% sont des jeunes, ndlr], la police contrôle systématiquement l’identité des jeunes et distribue des amendes de 300 euros chaque fois qu’elle en interpelle un ou plusieurs avec une boulette de hachich, tout ce qu’elle réussi à faire c’est alimenter un sentiment d’animosité envers la police. » En mai dernier, une circulaire de la Direction générale de la police remontait jusqu’au ministre de l’Intérieur pour dénoncer « une restriction illicite des droits et libertés des immigrés » et demander que soient interdits les quotas de contrôles d’identité ou les détentions d’étrangers « basées uniquement sur des critères ethniques ». Un débat qui fait échos en France… Et devrait intéresser Manuel Valls.

En septembre 2011, Javier Roca Sierra, un policier de Madrid, était sanctionné avec cinq jours de « mise à pied » assortie d’une suspension de salaire pour avoir exprimé publiquement son soutien au mouvement du 15M. « Eh bien moi je suis d’accord avec lui et avec ce mouvement social, lance José Manuel Sánchez Fornet qui s’est fendu d’un de ses fameux communiqués pour manifester l’accord d’une partie du collectif policier avec les principes du mouvement social. « Il est bien [le mouvement du 15-M], il est légal, il défend plus d’honnêteté, plus de décence, plus de droits pour tous. Il faut donc le soutenir. »

Entre maintien de l’ordre et contestation

Des images et des vidéos montrant des violences policières sur des manifestants et des journalistes ont pourtant été largement diffusées sur les réseaux sociaux… Le dirigeant syndical, également prompt à défendre sa corporation, évoque une manipulation médiatique de la part des « indignés ». En mai dernier, des policiers madrilènes accusés d’agressions par les manifestants de la Puerta del Sol ont ainsi exigé des sanctions contre les « indignés » pour « fausses dénonciations ».

José Manuel Sánchez Fornet reconnaît cependant qu’il y a aussi une minorité de policiers fauteurs de troubles : « Si c’est le cas, ils seront sanctionnés comme tout policier qui commet un délit. Parce que provoquer la violence est un délit. Et je le dénoncerais comme j’ai déjà dénoncé l’abus des contrôles d’identité, n’en déplaise à certains… ». Assurer le maintien de l’ordre tout en partageant les valeurs d’un mouvement social que l’on a ordre de réprimer, un difficile exercice d’équilibriste.

Nathalie Pédestarres Photo : © EFE/Fernando Villar

 

Source : Bastamag

 

http://lejournaldusiecle.com/2012/07/06/espagne-ils-veulent-revenir-au-temps-de-franco-denonce-le-premier-syndicat-de-policiers/

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