Le supplice de l’euro va durer
Depuis deux ans, je soutiens que « le supplice de l’euro va durer », malgré les avis contraires de personnes que je respecte énormément intellectuellement. A dire vrai, je préfèrerai avoir eu tort, car, comme le souligne désormais Paul Krugman, qui a changé d’avis sur la question, « l’Europe se porterait sans doute mieux s’il s’écroulait plutôt aujourd’hui que demain ». Malheureusement, une conjonction de phénomènes pourrait bien prolonger l’agonie de la monnaie unique sur plusieurs années. .
D’ailleurs, les dernières adjudications se sont bien passées. Certes, les sommes en jeu pour 2012 sont très importantes. Mais d’une part, la BCE veille à ce que cela se passe bien car elle y joue sa survie. De l’autre, les politiques d’austérité rencontrent pour l’instant une opposition limitée et la réduction des déficits est en marche dans tous les pays de la zone euro. Les dogmes néolibéraux l’ont emporté dans le débat public, comme le soutient Alain Grandjean.
L’Europe dans une impasse
Pire, il est probable que la situation aux Etats-Unis s’améliore et que la croissance accélère. En effet, le marché immobilier semble sur le point de repartir après près de cinq ans d’une crise sans précédent. Après être tombé si bas, il ne peut que mécaniquement rebondir, ce qui soutiendrait fortement la croissance dans les deux ou trois prochaines années, et pourrait même permettre au continent européen de retrouver un semblant de croissance et repousser l’examen des problèmes à demain.
Bien sûr, cette croissance sera très limitée et illusoire. Mais de concert avec les interventions de la BCE et la volonté sans faille des dirigeants européens de sauver l’euro, malgré les souffrances infligées à la population, la monnaie unique pourrait survivre encore quelques années…
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