Le problème n’est pas l’Euro, explique t-il, mais « la vision à court-terme des démocraties, dans lesquelles les politiciens ne voient pas plus loin que la prochaine élection. Aujourd’hui, personne n’aime les systèmes tels que la monarchie, mais il s’agit au moins d’une forme de gouvernement qui implique des perspectives à long-terme. »
Puis d’éclaircir là où il voit le problème : « Prenez les retraites. En Italie, les retraités percevaient normalement 80 % de leur dernier revenu, maintenant ils n’en perçoivent plus que 60-70 %, mais c’est encore beaucoup trop. Et cela n’a aucun sens de partir à la retraite à 62 ans lorsqu’on vit jusqu’à 82 ans. »
Au quotidien viennois Die Presse , il a présenté sa vision d’une réduction radicale des retraites : « Il faut réduire les retraites de façon drastique. La société ne peut tolérer 70 % du dernier revenu à la retraite. Un bon niveau serait 40 %. » Dans ses interview, Mundell se prononce aussi pour la création d’un ministère des Finances européen et la levée d’impôts européens directs d’au moins 5 % ; ni plus ni moins que la fin des Constitutions.
Pour Mundell, qui en tant que Canadien est un obligé de la monarchie britannique, tout est clair : soumettez-vous à la Monarchie ou alors on vous imposera une dictature. A juger les intentions de l’ennemi, vous n’avez plus rien à perdre qu’à vous battre.
Né en 1932 au Canada, Robert Mundell, est Nobel d’économie 1999 et auteur en 1961 de la « Théorie des zones monétaires optimales ». Il a apporté une contribution essentielle à la création de l’UEM et de l’euro, aux côtés d’Alexandre Kojève, Robert Marjolin, Jacques Delors et Jean Claude Trichet, la fine fleur de la haute administration française. C’est à la London School of Economics qu’a pris naissance sa théorie de monnaie unique, alors qu’il étudiait sous la direction de Lionel Rubbins, l’un des activistes de l’ultra-libérale Société du Mont-Pèlerin. Il rejoignit ensuite l’Université de Chicago, base d’opérations non seulement de Milton Friedman, mais aussi de l’école néo-conservatrice fondée par Léo Strauss. Promu économiste en chef du FMI en 1961, Mundell a été conseiller auprès du comité monétaire de la CEE en 1970 et a fait partie en 1972/73 du groupe d’études de la CEE sur l’Union monétaire.
Voir notre dossier spécial : Ces Français qui ont ouvert l’Europe aux financiers anglo-américains