Pourquoi tant d’oiseaux meurent-ils ?
Depuis quelque temps, il n’est pas de jour sans que l’on parle de morts « massives et suspectes » d’oiseaux aux États-Unis, en Suède, en Italie ou en Roumanie. Grêle ou coups de foudre, tornade, panique consécutive aux feux d’artifice, émanation de soufre, ingestion de marc de raisin… Les causes semblent multiples et différentes selon les lieux. S’ajoute à cela une espèce d’emballement des internautes ou de groupes apocalyptiques. Depuis quelques jours, le mot « oiseau » serait le plus sollicité sur le site Internet du "New York Times". Capture d'écran de la carte des morts massives d'animaux Nicolas Gendre, ornithologue à la Ligue de protection des oiseaux (LPO) « Les informations semblent fuser de toute part, à plus grande vitesse que ne met un passereau pour fuir un danger. Dès le 6 janvier, la LPO a envoyé un communiqué de presse pour tenter d’apporter des explications sur le premier cas signalé, celui de la ville de Beebe (Arkansas) le 1er janvier. Entre 4 000 et 5 000 cadavres, essentiellement des carouges à épaulettes, passereaux chanteurs de taille moyenne (17 à 23 cm) dont le mâle est reconnaissable grâce aux taches orange et jaune qu’il porte en haut des ailes, ont été trouvés au petit matin, au sol, par les habitants. Selon les premiers résultats des autopsies réalisées par le National Wildlife Health Center Lab de Madison (Wisconsin), ces oiseaux portent des traces de traumatismes et d’hémorragies internes. De ce fait, l’hypothèse la plus plausible est celle d’un important effarouchement nocturne, causé par des feux d’artifice, ou un bang d’avion supersonique, ou une déflagration de canon effaroucheur employé par les céréaliers pour chasser les carouges, qui vivent en dortoirs la nuit et sont considérés comme nuisibles en hiver. Issu d’une espèce diurne, le carouge dispose d’une piètre vision nocturne. En cas d’envol soudain et massif, les carouges, attirés par la lumière des lampadaires ou des automobiles, se seraient heurtés contre les maisons d’habitation et les bâtiments.
"Victimes d'une… intoxication éthylique"