Give a man a gun and he can rob a bank, give a man a bank and he can rob the world.
Quand The Economist dénonce les banksters
Posted: 23 Jul 2012 02:02 AM PDT
Un procureur juste et brillant
Dans son édition du 14 juillet, il a consacré la rubrique Buttonwood à dénoncer l’aléa moral dont bénéficient les banques. On aimerait que l’ennemi en carton de la finance qui occupe l’Elysée soit capable de faire des propositions concrètes pour combattre les dysfonctionnements du système actuel. Avec ce sens de l’ironie tellement anglais, The Economist y décrit les quatre règles d’or de la finance après un sous-titre indiquant « elles (les banques) font les règles et empochent l’or ». Lordon, sors de ce corps !
On croierait en effet le lire avec ces quatre règles d’or. La 1ère indique que « la loi de l’offre et de la demande ne s’applique pas », pour les salaires des banquiers, qui ne baissent avec le nombre de candidats. La 2ndeindique que « le succès vient de mon génie, l’échec est la faute de quelqu’un d’autre » soulignant que les dirigeants des grandes banques ont démontré une assez incroyable incapacité à savoir ce qui se passe chez eux, confinant à un « Alzheimer précoce » !
La 3èmerègle « ce qui est chanceux pour un trader peut être malchanceux pour la banque », soulignant que les règles de promotion des banques font que les erreurs sont toujours commises quand le trader gère un gros portefeuille, maximisant les pertes. Enfin, la 4èmerègle indique que « le renvoi ou la démission peut être un plan de retraite » du fait des salaires extravagants du secteur et des parachutes dorés qui existent dans la profession, le plus souvent de manière discrète…
Un système bancaire à revoir complètement
The Economist conclut en soulignant en plus que les banques ont tendance à être « trop grosses pour faire faillite », ce qui pose bien évidemment un gros problème d’aléa moral puisqu’elles ne peuvent pas être sanctionnées pour leurs erreurs, ce qui les poussent à des comportements très risqués que la recherche d’une meilleure performance que les autres banques accentue encore largement dans les périodes de bulle comme nous l’avons vu avant 2008.
En revanche, il est paradoxal de ne pas se demander s’il faudrait aujourd’hui découper le système bancaire pour justement éviter qu’une banque soit « trop grosse pour faire faillite ». Ce constat devrait tout de même faire réfléchir nos dirigeants sur la taille que devraient avoir les établissements financiers pour qu’ils ne soient pas « trop gros pour faire faillite » et imposer une découpe de toutes les banques qui sont trop grosses pour mettre fin à cet aléa moral.
Mais si The Economist est capable de faire le bon constat sur de nombreuses questions, notamment les travers des milieux financiers, il reste le plus souvent au milieu du gué sur sa réforme, semblant ne pas vouloir complètement brûler un système libéral auquel il croît tellement