Vendredi 21 mai 5 21 /05 /Mai 10:25

 

  

Comment les États-Unis utilisent le terrorisme

 

Les autorités académiques de l’université de Wuhan, en Chine centrale, ont demandé à Peter Franssen, responsable du site www.infochina.be, de donner une conférence à l’usage des professeurs et des étudiants en doctorat. La visite fut l’occasion d’entretiens et de conversations sur l’évolution interne de la Chine et sur ses relations avec les États-Unis et l’Union européenne. La conférence traitait du terrorisme international. Ci-dessous, vous pouvez prendre connaissance du texte intégral de son exposé.

Chers amis,

Je voudrais d’abord vous dire que je le considère comme un très grand honneur de pouvoir parler devant vous, ici, à l’université de Wuhan, l’une des plus belles universités du monde – surtout, comme vous le voyez, en ce mois de mai. L’université de Wuhan est renommée pour son niveau académique et le fait que des grands révolutionnaires comme Mao Zedong, Zhou Enlai et Peng Dehuai ont travaillé ici ou ont visité l’université. Vous comprenez que je me sens très petit ici, devant vous.
Les professeurs Li Qiqing et Chen Feng m’ont demandé de préparer un exposé sur le thème du terrorisme international et son rôle dans les ambitions de l’impérialisme. Je remercie mes amis Li Qiqing et Chen Feng pour leur confiance.

 

Vous le savez mieux que moi : Aucune chose, aucun système et aucune personne n’est « pur ». Chaque organisme vivant connaît le yin et le yang, le bon et le mal, le vrai et le faux et chaque organisme change à chaque microseconde de son existence en raison de ses contradictions internes.

Voilà donc aussi pourquoi le capitalisme a joué un rôle positif dans le progrès économique, social, politique et culturel de notre société occidentale.

En écrasant les relations féodales et en réalisant les conditions pour le socialisme, la bourgeoisie a effectué un travail révolutionnaire. Elle a socialisé l’organisation du travail et, ainsi, remodelé les individus isolés en êtres sociaux. La bourgeoisie a amené les forces productives à une croissance encore jamais vue et elle a transformé l’économie agraire en une économie industrielle. Elle a développé la science et la technique de telle façon que la nature ne soit plus impénétrable et sujette à l’idolâtrie, mais qu’elle se mue en un instrument de progrès social et d’émancipation idéologique. La bourgeoisie a réduit le temps de travail nécessaire pour la production des moyens de subsistance en augmentant la productivité du travail, de manière à créer la possibilité de produire en abondance d’autres marchandises et de développer la culture générale.

Marx disait : « La période bourgeoise de l’histoire a pour mission de créer la base matérielle du monde nouveau, d’une part, l’intercommunication universelle fondée sur la dépendance mutuelle de l’humanité et les moyens de cette intercommunication ; d’autre part, le développement des forces de production de l’homme et la transformation de la production matérielle en une domination scientifique des éléments. L’industrie et le commerce bourgeois créent ces conditions matérielles d’un monde nouveau de la même façon que les révolutions géologiques ont créé la surface de la terre. Quand une grande révolution sociale aura maîtrisé ces réalisations de l’époque bourgeoise, le marché mondial et les forces modernes de production, et les aura soumis au contrôle commun des peuples les plus avancés, alors seulement le progrès humain cessera de ressembler à cette hideuse idole païenne qui ne voulait boire le nectar que dans le crâne des victimes. »

En effet, le capitalisme a toujours gagné son nectar dans le crâne de ses victimes. Aujourd’hui, plus que jamais, il ne peut avancer que parmi des crises économiques et grâce à des guerres dévastatrices. Son palmarès de ces dernières années montre comment il n’est plus un moteur de progrès, mais un frein pour le développement et l’émancipation.

L'impérialisme, qui sort du capitalisme, comme le décrit Lénine dans son ouvrage « L’impérialisme, stade suprême du capitalisme », est encore plus inhumain et criminel dans son exploitation des nations et peuples en voie de développement et dans ses tentatives d’instaurer et de maintenir son hégémonie dans le monde.

L’un des terrains où la chose est clairement visible, c’est le terrorisme et la façon dont l’impérialisme se sert de ce même terrorisme.

Le terrorisme d’État

Il faut d’abord parler du terrorisme d’État – c’est-à-dire, le terrorisme par l’État impérialiste même.

C’est bizarre mais, dans notre presse occidentale, on ne parle jamais de cette forme du terrorisme. Quand il s’agit du terrorisme dans nos médias, on parle en général des organisations qui se dressent contre l’impérialisme et contre le capitalisme.

J’ai à la maison des livres américains sur la guerre de libération contre les Japonais en Chine de 1937 à 1945. On peut y lire les citations des politiciens et généraux américains qui disent que Mao Zedong était un terroriste et que l’Armée populaire était une organisation terroriste.

Dans les années 80 et 90, Nelson Mandela, le combattant courageux de l’apartheid en Afrique du Sud, était un terroriste.

L’Iran, de nos jours et selon le ministère américain des Affaires étrangères, est un État terroriste. La même chose vaut pour la Corée du Nord, le Soudan, la Syrie.

Mao Zedong, l’Armée populaire, Nelson Mandela, l’Iran, la Corée du Nord, le Soudan, la Syrie, ce sont tous des personnes, des organisations et des pays qui se battent contre l’impérialisme.

Au contraire d’un grand nombre de pays, les États-Unis, eux, ne sont jamais caractérisés par le label « terroriste ». Ce sont néanmoins les États-Unis qui ont largué des bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki. Et qui ont bombardé la ville de Dresde en Allemagne de sorte qu’en une seule nuit, il y a eu quelque 300.000 civils tués.

 

Quatre mois après la bombe atomique à Hiroshima...

Le terrorisme d’État de l’impérialisme américain a coûté 3 millions de morts au Vietnam, 1 million de morts en Cambodge, 1 million de morts au Mozambique, presque 1 million de morts en Indonésie, 600.000 morts en Angola, 300.000 morts au Laos, 250.000 morts au Timor-Oriental, 150.000 morts au Guatemala, 100.000 au Nicaragua, 90.000 au Salvador, et des nombres incalculables de morts en Iraq, en Afghanistan, au Pakistan, au Chili, en Argentine, au Congo, en Colombie, en Bolivie, et dans des dizaines d’autres pays encore.

Si on compare ces chiffres avec les 3.000 morts à New York le 11 septembre 2001, on peut dire que les attentats du 11 septembre, qui avaient fait tant de bruit, ne sont qu’un petit accident.

On ne peut pas oublier non plus que ce même 11 septembre, mais alors en 1973, a été le jour du coup d’État du général Pinochet, avec l’aide active de l’ambassade des États-Unis à Santiago de Chile, contre le président élu, Salvador Allende. Ce coup d’État a coûté 20.000 vies humaines, soit presque sept fois plus que les attentats du 11 septembre 2001.

Il est très rare que les actes de terrorisme commis par l’impérialisme soient décrits par nos médias occidentaux. Et, s’ils le sont, ce n’est jamais sous le label de « terrorisme ». Jamais l’on ne se pose la question : « Mais comment est-il possible que ce grand État libre et démocratique recoure constamment, depuis au moins un siècle, à des actes horribles qu’on ne peut pas qualifier autrement que de terroristes ? »

La question nous mène à la conclusion centrale : l’impérialisme est un système criminel et inhumain. L’État libre et démocratique est une illusion, un mythe créé pour empêcher les gens de se poser des questions fondamentales. Un peu comme le Dieu inventé dans nos pays est un moyen pour que les gens ne se libèrent pas par leurs propres forces. Sous les adjectifs « libre » et « démocratique », l’État dissimule le caractère dictatorial du capitalisme de la même manière que le moine, en nous donnant tous le nom « enfant de Dieu », masque l’essentiel de la nature de notre société. Ce qui n’empêche nullement cet État démocratique et libre de se montrer, quand la nécessité l’impose, sous les traits d’un gendarme impitoyable.

Le terrorisme comme choix stratégique

À part le terrorisme de l’État impérialiste même, il y a le recrutement des mercenaires par cet État impérialiste en vue d’engranger des résultats militaires, politiques, économiques ou diplomatiques. L’exemple le plus connu est l’Afghanistan. Si vous me le permettez, je voudrais parler un peu plus de ce qui s’est passé dans ce pays, qui est un voisin de la Chine.

A la fin des années 70, Zbigniew Brzezinski était conseiller à la sécurité et c’est en tant que tel qu’il il était ministre dans le gouvernement du président Carter. En 1998, il a donné une interview au journal français, Le Nouvel Observateur. Brzezinski avouait avoir organisé le soutien financier et livré des armes aux extrémistes islamistes en Afghanistan, un an déjà avant l’intervention des Soviétiques dans ce pays. Il l’avait fait, comme il le disait lui-même, afin de provoquer l’intervention des Russes en Afghanistan. Brzezinski disait encore, dans cette interview : « Notre opération secrète était une excellente idée. Elle a eu pour effet d’attirer les Russes dans le piège afghan. » Le Nouvel Observateur posa alors la question : « Vous ne regrettez pas d’avoir favorisé l’intégrisme islamiste, d’avoir donné des armes et des conseils à de futurs terroristes ? » Et Brzezinski de répondre : « Pas du tout. Qu’est-ce qui est le plus important au regard de l’histoire du monde ? Les Talibans ou la chute de l’empire soviétique ? »

Monsieur Brzezinski avoue donc d’avoir armé et co-organisé des terroristes parce qu’il trouvait le but de cette opération – l’affaiblissement de l’Union soviétique – plus important que ce petit détail consistant à organiser et soutenir des terroristes. Brzezinski a, par l’intermédiaire des terroristes, provoqué l’intervention des troupes russes. Cette intervention a abouti à une guerre qui a coûté la vie à au moins 1,5 million de personnes. Mais Brzezinski, lui, dit : « Non, je ne regrette rien. » On voit que l’éthique n’est d’aucun poids dans la politique extérieure de la bourgeoisie américaine.

Sous les directives de Brzezinski, la CIA, le service secret américain, construit en mai 1978 son premier camp de formation pour terroristes islamistes dans le village de Barsak. Plus tard suivront encore des dizaines d’autres camps d’entraînement.

Dès le début de la guerre contre le gouvernement communiste en Afghanistan et, plus tard, contre les troupes soviétiques, l’homme le plus important, le pilier, le centre des activités américaines était Gulbuddin Hekmatyar. Le président Reagan disait de Hekmatyar qu’il était « un combattant de la liberté sans pareil ».

Hekmatyar est le chef du Parti islamiste. Ses épigones se distinguent en jetant un flacon d’acide au visage des femmes qui se risquent à ne pas porter le voile dans la rue. La CIA elle-même décrit son pion comme, je cite, un être « violent », « terrifiant », « un fasciste », « un véritable dictateur ». La tactique favorite de ce combattant de la liberté consiste, selon le New York Times, à « torturer les prisonniers en leur coupant le nez, les oreilles, les organes génitaux et en écorchant la victime jusqu’à ce qu’elle meure lentement et dans les plus horribles douleurs ».

Les troupes de Hekmatyar ont également l’habitude d’incendier des écoles, des hôpitaux et des fermes et d’exécuter des femmes qui travaillent comme institutrices, professeurs ou infirmières.

 

A gauche, le terroriste Hekmatyar, à droite, Richard Kerr, directeur adjoint de la CIA.

Le gouvernement américain sait parfaitement tout cela, ce qui n’empêche aucunement Gulbuddin Hekmatyar, ce terroriste cruel, de recevoir des centaines de millions de dollars et des missiles Stinger de la part des Américains.

Au moment où les Américains choisissent Gulbuddin Hekmatyar comme leur agent préféré, il existe un grand nombre de groupements d’opposition afghans, séculiers ou nationalistes. Washington opte pour les groupements les plus extrémistes.

Ce choix a deux raisons.

Primo : Les américains visent à créer un mouvement qui serait un mélange de nationalisme et d’extrémisme religieux et qui déteindrait sur les républiques d’Asie centrale – Tadjikistan, Kazakhstan, Kirghizie, Turkménistan et Ouzbékistan, où les musulmans sont majoritaires. À l’époque, ces cinq républiques font encore partie de l’URSS. Si la révolte réactionnaire afghane réussit et contamine l’Asie centrale, cela affaiblira le flanc sud de l’Union soviétique. Et, si les Américains peuvent enflammer l’Asie centrale, il ne sera pas impossible d’étendre ce feu à la Région autonome du Xinjiang en Chine. La guerre d’Afghanistan sous l’impulsion des islamistes extrémistes, payés et armés par les Américains, pouvait donc affaiblir et menacer l’Union soviétique et la Chine. Pour arriver à ce but, le directeur de la CIA, William Casey, ordonne à Gulbuddin Hekmatyar d’attaquer les troupes soviétiques dans le flanc sud de l’Union soviétique. Et, en effet, à partir de mars 1987, Hekmatyar envoie des unités qui s’en prennent à des villages et des casernes situées au Tadjikistan.

Seconde raison du choix par les Américains de l’extrémiste Hekmatyar : La principale menace pour l’hégémonie américaine dans la région réside dans l’insatisfaction de la population locale. Pratiquement tout le monde islamiste souffre de la misère et de la tyrannie. De nombreux islamistes affirment que la pauvreté est imputable aux États-Unis et à la suprématie économique des États-Unis.

Comment canaliser cette insatisfaction ? Ou, mieux encore, comment les Américains peuvent-ils empêcher cette insatisfaction de s’exprimer dans un mouvement social visant une nouvelle répartition des richesses et une indépendance véritable ?

Il faut absolument éviter que les masses choisissent la voie de la lutte sociale et de la libération. Les Américains n’avaient pas du tout oublié que la victoire de la population vietnamienne n’avait été possible parce que sa lutte était dirigée par le Parti communiste. La Chine a pu obtenir la victoire contre l’envahisseur japonais, contre le féodalisme et contre la grande bourgeoisie, parce que sa lutte était dirigée par le Parti communiste.

Il fallait donc dans les pays arabes et musulmans éviter qu’une force progressiste prenne la tête et la direction de la lutte pour le progrès et la vraie indépendance.

On se souvient de la façon dont les Israéliens ont financé dès 1987 les fondamentalistes du Hamas, au moment même où ce mouvement démarrait une campagne qui allait coûter la vie à des citoyens israéliens. Deux auteurs israéliens, Schiff et Ya’ari, écrivent dans leur ouvrage : « Des officiers de l’état-major israélien espéraient que l’intégrisme montant dans les zones palestiniennes minerait l’OLP de Yasser Arafat. »

Dans la bande de Gaza, Israël finance depuis les années 70 les intégristes des Frères musulmans. Le général israélien Segev, qui était à l’époque gouverneur militaire de Gaza, déclare : « Nous avons apporté une aide financière à certains groupes islamistes. Nous avons porté assistance aux mosquées et aux écoles afin de développer un contre-pouvoir face aux forces de gauche qui appuyaient l’OLP. »

Les Américains faisaient tout à fait la même chose en Afghanistan : ils soutiennent des extrémistes islamistes pour empêcher que la lutte se tourne contre eux et leur système. Et peu importe si ces islamistes étaient également des terroristes.

Le choix américain pour le terrorisme était donc un choix stratégique.

Front uni dans différentes guerres

L’adjudant numéro 1 et le meilleur ami de Gulbuddin Hekmatyar, l’agent principal de la CIA en Afghanistan, était Oussama Ben Laden. Il a collaboré avec Hekmatyar de 1980 à 1994, soit près de 15 ans.

Mais, après le départ des troupes soviétiques et après la chute du gouvernement afghan, le pays tombe dans l’anarchie complète. C’est à ce moment que les Américains décident de soutenir les Talibans. Les Américains ont aussi besoin de l’Afghanistan pour le transfert de leur pétrole. Ils espèrent que les Talibans pourront garantir la paix et la stabilité dans le pays. Oussama Ben Laden laisse tomber Hekmatyar et, avec les Américains, il choisit les Talibans comme nouveaux compagnons de route.

Bien sûr, l’agenda d’Oussama Ben Laden n’est pas le même que celui des Américains mais, là où c’est possible, les Américains travaillent avec lui, même après 1998, quand Oussama Ben Laden organise des attentats contre deux ambassades américaines en Afrique.

Dans la pratique, il y a un front uni entre Al Qaeda – l’organisation de Ben Laden – et les Américains. Pas seulement en Afghanistan où l’aide d’Oussama Ben Laden sera d’une importance cruciale pour la lutte des Talibans, mais aussi dans d’autres coins du monde, où Ben Laden et les Américains travaillent et luttent côte à côte.

Oussama Ben Laden développe son réseau Al Qaeda via plusieurs organismes de recrutement. Dans les trois organismes les plus importants, il y a des officiers qui sont envoyés par la CIA et le Pentagone, le ministère américain de la Défense. Ces officiers américains aident à former une armée de terroristes. Ces trois organisations sont 1) le Mercy International Relief Agency, 2) l’Alkifah Refugee Center et 3) l’Islamic Relief Organisation.

Ces organismes aident à recruter des soldats pour différentes guerres où le front uni entre Ben Laden et les Américains est utile pour les deux partenaires.

 

- La Bosnie

Après le retrait des troupes soviétiques en Afghanistan, les Balkans représentent le premier terrain de collaboration entre Ben Laden et les Américains. La Yougoslavie forme toujours un ensemble, qui gêne l’ambition occidentale. Les Américains veulent intégrer les Balkans à un modèle économique occidental, ce qui sera important pour affaiblir la Russie. Les États-Unis se servent surtout de la Bosnie comme d’un levier. Les Américains envoient sur place des agents de la CIA et des officiers du Pentagone, afin qu’ils encadrent la lutte pour la scission. De son côté, Oussama Ben Laden envoie des armes, de l’argent et des hommes.

Le pilier des activités d’Oussama Ben Laden en Bosnie est Izetbegovic, le futur président, et, à ce moment aussi, l’agent le plus important des Américains. Il est utile de dire quelques mots à propos d’Izetbegovic. Il a acquis sa formation en tant que soldat de la SS – les troupes d’élite d’Hitler. Au printemps 1943, la SS forme sa 13e division, appelée la Division Hanjar. Les Hitlériens le font en collaboration intime avec Izetbegovic. La division compte 8.000 musulmans sous le commandement des gens comme Izetbegovic. Cette division Hanjar est en fait une armée terroriste : elle organise la terreur contre les communistes, les tsiganes, les juifs.

 

La divison Hanjar en 1943 : le produit de la collaboration entre Izetbegovic et la SS. Cinquante ans plus tard, la nouvelle divsion Hanjar est formée. Cette fois-ci, il s'agit du produit de la collaboration entre Izetbegovic et les Etats-Unis.

Cinquante ans plus tard, Izetbegovic forme la nouvelle Division Hanjar. Il ne se gène pas d’affubler sa nouvelle division du même nom que jadis. Elle compte 6.000 soldats musulmans. La majorité vient des pays arabes, beaucoup d’entre eux sont envoyés par Oussama Ben Laden. En 1993, pour lui faciliter le travail, Izetbegovic procure à Oussama Ben Laden un passeport bosniaque.

Au cours de ces années-là, il y avait un embargo international total sur les livraisons d’armes aux différentes républiques de la Yougoslavie. Mais on sait maintenant, par des dizaines de rapports et des centaines d’interviews, que les Américains n’ont jamais interrompu leurs livraisons d’armes à Izetbegovic. Même après des protestations officielles, dont certaines émanaient, entre autres, du général français de Lapresle.

 

- La Serbie

Toujours dans les Balkans, il y a une cible qui s’appelle la Serbie. Il ne suffit pas de faire éclater la Yougoslavie, il faut aussi affaiblir, isoler et mettre à genoux la Serbie qui, sous la direction du président Milosevic, constitue un obstacle aux ambitions des États-Unis : le contrôle de toute la Yougoslavie et donc du corridor reliant l’Europe occidentale et la Russie. La guerre contre la Serbie sera organisée en un large front uni : les États-Unis, l’OTAN et les mercenaires terroristes d’Oussama Ben Laden. Vous vous rappelez sans doute que, dans cette période, l’OTAN a bombardé l’ambassade de Chine en Serbie.

Ben Laden s’installe d’abord, déjà en 1994, en Albanie. L'Albanie a une large frontière commune avec la province serbe du Kosovo, où vit une majorité de musulmans. Le but d’Oussama Ben Laden et des Américains est de faire éclater la Serbie en luttant pour l’indépendance de sa province du Kosovo. Ben Laden construit un grand camp de formation sur les terrains privés de Sali Berisha, le Premier ministre de l’Albanie. Des centaines de terroristes sont formés ici pour la guerre contre la Serbie. De leur côté, les États-Unis et l’OTAN commencent à bombarder la Serbie.

Des sources militaires britanniques affirment en 1998 que le service des renseignements militaires américains et les services secrets britanniques se chargent de l’armement et de la formation de l’UCK, la prétendue Armée de libération du Kosovo. Des instructeurs militaires arrivent également d’Afghanistan. Ben Laden se rend personnellement et à plusieurs reprises en Albanie pour organiser la lutte de l’UCK au Kosovo.

Le député républicain John Kasich, de la commission des Forces armées à la Chambre américaine des représentants, déclare : « En 1998-1999, nous avons signé un accord avec l’UCK, elle-même une plate-forme d’Oussama Ben Laden. »

Avec l’appui des États-Unis, de la Grande-Bretagne et d’Oussama Ben Laden, cette « Armée de libération » grossit rapidement. En mars 1998, l’UCK ne comptait encore que 300 membres. Moins d’un an plus tard, elle en compte 30.000.

Ou comment un conflit relativement limité se mue en une grande guerre sous l’influence du front uni entre les terroristes d’Oussama Ben Laden et l'impérialisme.

 

- En Tchétchénie

Hormis les Balkans, il y a un autre terrain où les Américains espèrent affaiblir l’Union soviétique et, plus tard, la Russie. Il s’agit du Caucase, la région située dans le sud-est de l’ancienne Union soviétique. Les Américains ne veulent pas seulement affaiblir la Russie, ici, mais aussi contrôler entièrement les lignes de transport est-ouest du pétrole, du gaz et des autres matières premières.

Les centres de l’activité du front uni entre les États-Unis et les terroristes sont ici la Tchétchénie et le Daghestan.

A partir de 1991, apparaissent des camps d’entraînement, dirigés par des officiers de la CIA, au Pakistan en en Afghanistan où l’on prépare des terroristes à leur lutte dans le Caucase.

En septembre 1999, les terroristes sous le commandement de Basaiev organisent des attaques à la bombe à Moscou. Il y aura 300 morts. Plus tard Basaiev prend des patients d’un hôpital en otages. Et en septembre 2004 il attaque une école à Beslan. Il tue plusieurs centaines d'enfants et adultes innocents.

Le terroriste et assassin qu’est Basaiev a aux États-Unis des sympathisants qui ont constitué un Comité pour la libération de la Tchétchénie. Parmi les membres de ce comité, se trouvent des personnes qui ne sont pas tout à fait n’importe qui. Je vous cite quelques noms :

Richard V. Allen : membre du Comité exécutif du Pentagone.
John Brademas : ancien président du National Endowment for Democracy, qui est une organisation de la CIA.
Zbigniew Brzezinski: ancien ministre sous le président Carter. C’est lui qui a fait éclater la guerre en Afghanistan en 1978.
Frank Gaffney : ancien président du comité exécutif de l’OTAN.
Alexander Haig : ancien ministre de la Défense sous Ronald Reagan.
R. James Woolsey : ancien président de la CIA.

Après le bain de sang de l’école de Beslan, Vladimir Putin déclare : « Certains pays supportent et financent les terroristes afin d’affaiblir la Russie. »

Entre-temps, des cadres supérieurs de l’organisation de Basaiev, comme le terroriste Maskadov, ont trouvé asile en Grande-Bretagne. La Russie a demandé l’extradition de Maskadov. Mais en vain.

 

- Cuba

Prenons maintenant un dernier exemple de la collaboration entre des terroristes et les États-Unis : la lutte contre le socialisme à Cuba.

Après la victoire de Fidel Castro et de Che Guevara à Cuba en 1960, les Américains ont organisé une stratégie de la terreur contre la population cubaine.

Pour mener des campagnes de terreur, la CIA et les services secrets de l’armée américaine ont créé toute une série d’organisations comme Alpha 66, FNCA, Hermanos al Rescate, Commandos F4, et autres. Les membres de ces organisations sont principalement des Cubains émigrés.

Quelques exemples de leur terreur. Le 4 mars 1960, ils font sauter le cargo français La Coubre dans le port de La Havane. Cet attentat coûte la vie à 101 personnes. La CIA et les mercenaires cubains organisent également des attaques bactériologiques visant la population cubaine et son agriculture, de même que la faune et la flore de l’île. Ces attaques font 158 morts. Dans le courant des années 90, le nombre d’actions terroristes s’intensifie. Il y a des attentats à la bombe contre des hôtels à La Havane.

Lors d’une conférence de presse qui se tient à Miami, en avril 2000, des organisations prétendument en faveur de la liberté de Cuba, avouent avoir organisé 68 actions terroristes, dont des assassinats et des attentats à la bombe.

L’un des personnages clés de ces organisations terroristes est Orlando Bosch, un agent payé par la CIA.

Bosch commence sa carrière comme terroriste en janvier 1968, par un attentat à la bombe à La Havane. Suivent des attentats contre des ambassades de Cuba au Canada, en Argentine, au Pérou et en Espagne et contre des diplomates cubains aux États-Unis. En 1980, il assassine Felix Garcia Rodriguez, le représentant cubain aux Nations unies.

Le nom d’Orlando Bosch est lié à une centaine d’attentats terroristes. Avec un autre terroriste, nommé Luis Posada Carriles, il est le responsable du dynamitage d’un avion de ligne cubain, le 6 octobre 1976, un attentat où 73 personnes trouveront la mort. Au cours d’une interview, il reconnaîtra ce crime sans la moindre gêne.

Orlando Bosch est amnistié par le président George Bush senior. Il vit maintenant sans problèmes à Miami. Son ami, Luis Posada Carriles, sera plus tard impliqué par la CIA dans la sale guerre des terroristes, surnommés les « contras », contre le régime progressiste du Nicaragua.

A part des tous ces terrains cités, des terroristes et des services secrets américains ont encore travaillé ensemble dans beaucoup d’autres pays comme le Salvador, le Guatemala, le Chili, le Mozambique, l’Angola, et même en Europe : entre autres, en Italie et en Belgique.

Le terrorisme, intégré dans la pensée de l’armée américaine

Nous avons parlé de la pratique du front uni entre des terroristes et l’impérialisme entre 1977 et nos jours. Il faut remarquer que, durant toute cette période, il n’y a pas eu, dans l’appareil politique et militaire américain, de vrai courant d’opposition à cette collaboration avec des terroristes.

La raison se trouve dans le fait que, depuis la Seconde Guerre mondiale, le recours à la terreur est de plus en plus intégré à la pensée et aux structures de l’armée américaine et des services de renseignements. Le terrorisme est devenu une chose normale, pour la CIA et le Pentagone.

Analysant la naissance de la terreur comme méthode de l’armée américaine, il apparaît que cette terreur est la réponse à la montée des mouvements de libération partout dans le monde et à la montée du mouvement communiste international. Dans l’idéologie de la bourgeoisie américaine, tout est permis pour combattre ces deux mouvements.

Entre parenthèses : le fait que la démocratie bourgeoise peut se transformer rapidement en fascisme et retourner à la démocratie bourgeoisie quand la nécessité de la bourgeoisie l’impose, montre une fois encore comment la société capitaliste n’est pas guidée par des valeurs éternelles ou des droits de l’homme, mais uniquement par les besoins du capital.

Mais revenons à la doctrine de l’armée américaine et à la place de la terreur au sein de celle-ci.

En 1947, à la demande du président Harry Truman, l’analyste militaire George Kennan rédige un rapport destiné à l’état-major général de l’armée. Il note dans ce rapport : « Il faut créer une ‘école militaire spéciale d’opérations de guerre’ ainsi qu’un ‘corps spécial’ afin de combattre le communisme. »

La guerre contre la Corée éclate en 1950. La montée des communistes convainc les hautes instances de l’armée américaine du bien-fondé de la proposition de Kennan. Il faut trouver des méthodes et des moyens de conjurer la guérilla communiste, ce qui est impossible avec des attaques armées classiques.

En mai 1952, le Psychological Warfare Center est créé à Fort Bragg (Caroline du Nord) et, en juin de la même année, les généraux fondent un nouveau corps : les Special Forces. À Fort Bragg, les recrues apprennent à intervenir en petits groupes de dix à quinze hommes maximum. Ils apprennent à s’infiltrer, à créer des cellules d’espionnage, à dynamiter des bâtiments, à assassiner des personnalités hostiles, à constituer des organisations de groupes amis.

Avec l’accession au pouvoir du président Kennedy en janvier 1961, les Special Forces et Fort Bragg reçoivent la priorité. Kennedy est en place depuis dix jours à peine lorsqu’il décide d’augmenter les effectifs des Special Forces et de les porter de 1.000 à 4.000 hommes.

 

Le président Kennedy visite Fort Bragg, où les recrues apprennent à créer des cellules d’espionnage, à dynamiter des bâtiments, à assassiner des personnalités.

Le chef de l’état-major, le général Lyman Lemnitzer, écrit en juillet 1962 dans un rapport : « Le président veut une stratégie nationale dynamique pour vaincre les communistes sans faire appel à notre arsenal nucléaire. Il veut que nous éliminions la subversion là où elle se manifeste. Plus encore : il veut que nous empêchions cette subversion de pointer le bout du nez où que ce soit. »

En mars 1961, le magazine Military Reviews publie un article intitulé ‘A Proposal for Political Warfare’. L’article est fort bien accueilli dans les milieux politiques et militaires. On peut y lire notamment : « La guerre politique est une guerre, et pas une forme de relations publiques. Cette guerre revêt diverses formes de contrainte et de violence, y compris émeutes et agitation, sanctions économiques, soutien à la contre-guérilla et, au besoin, enlèvements et assassinats de dirigeants hostiles. »

Dans les milieux politiques et parmi les officiers, l’idée se répand que la terreur peut être un moyen efficace pour combattre les mouvements de libération et les communistes. En décembre 1960, l’armée publie à usage interne un manuel secret : « Opérations de contre-insurrectione ». C’est le premier manuel qui recommande la terreur.

L’une des conséquences pratiques de cette évolution de la doctrine militaire est la lutte contre la guérilla en Colombie en 1962, année où le général William Yarborough se rend dans ce pays sud-américain. A son retour, il rédige un rapport à l’état-major. Dans un appendice secret de ce rapport, il écrit qu’il est nécessaire « d’organiser des actions paramilitaires, terroristes et de sabotage contre les opposants communistes ».

En janvier 1965, avant leur départ pour le Vietnam, les Special Forces reçoivent une lettre d’instruction (LOI, Letter of Instruction). Il y est mentionné que la guerre antiguérilla et la lutte contre l’insurrection constituent leur principale tâche. Font partie de cette tâche, y précise-t-on: « dresser des embuscades, organiser des expéditions de pillage, des actions de sabotage et de terrorisme ».

En 1966, l’état-major général publiait un manuel intitulé « US Army Handbook of Counterinsurgency Guidelines » (Armée des Etats-Unis : manuel de directives pour la contre- insurrection). On peut y lire : « Vous pouvez faire un usage sélectif de la terreur contre la population civile ». Mais, au même moment, l’armée américaine et les services de renseignements sont déjà en train de prouver en Indochine que la « terreur sélective » se mue très vite en génocide.

Au Vietnam, la CIA organise à partir de la seconde moitié des années 60 l’Opération Phoenix. L’objectif est de liquider physiquement la résistance et de terroriser la population. Des agents de la CIA recrutent, organisent et paient des équipes de terroristes chargées de commettre meurtres, enlèvements et actes d’intimidation contre le Vietcong, la résistance communiste. Entre 1968 et 1972, 26.369 personnes sont tuées dans le cadre de l’Opération Phoenix et 33.350 autres sont emprisonnées dans des centres d’interrogatoire construits par les Américains et où la plupart sont torturées. Ces chiffres sont fournis par William Colby, le directeur de la CIA qui dirigeait l’opération. 

En 1976, le département de la Défense publie une brochure dans laquelle les officiers sont encouragés à recourir davantage à la terreur. En font partie, ajoute le département, des opérations telles que Eye of God (l’œil de Dieu) qui accompagnent les enlèvements et les assassinats de dirigeants d’une insurrection. Au Vietnam, ces opérations faisaient partie du programme Black Eye (l’oeil noir) et, plus tard, en Amérique centrale et du Sud, elles s’appelleront « Main Blanche ». C’est pourquoi les escadrons de la mort peignent un oeil ou une main sur la porte de l’habitation où ils viennent de liquider un membre du mouvement populaire, pour terroriser la population.

George Shultz (ici avec madame Thatcher) : «  En matière de contre-insurrection, les considérations morales ne doivent pas nous paralyser. »

Désormais, les américains se situent sur la même ligne que le fasciste israélien Yitzhak Shamir qui dirigeait en 1943 le groupe terroriste Lehi et essayait de chasser les Palestiniens de leurs terres. Dans le journal de Lehi, Shamir écrivait en 1943 : « Nous devons réfuter toutes les jérémiades contre le recours à la terreur par des arguments simples et évidents. La terreur est une arme de guerre. Nous menons un combat national et nous pouvons nous passer des doutes moraux comme d’une rage de dents. Une bonne fois pour toutes : la terreur fait partie de la guerre politique. » Dans des termes presque identiques, le ministre américain des Affaires étrangères, Shultz, dira en 1984 : « En matière de contre-insurrection, les considérations morales ne doivent pas nous paralyser. »

Tibet et Xinjiang : des cibles américaines

Terminons cet exposé avec quelques remarques sur l’implication de l’impérialisme américain dans les Régions autonomes du Tibet et du Xinjiang, ici en Chine.

Vendredi 14 mars 2008, une émeute éclatait à Lhassa, la capitale de la Région autonome du Tibet. Des groupes de jeunes armés de couteaux, de sabres, de machettes, de pierres et de cocktails Molotov, ont bouté le feu à des maisons, des commerces et des voitures.

Toutes les personnes qui n’étaient pas tibétaines étaient en danger. Non seulement les Chinois han, mais également les musulmans hui, ont été battus, tabassés sauvagement, battus à mort. La violence a été extrêmement brutale et de nature terroriste et raciste.

Des organisations extrémistes ont admis qu’elles avaient voulu et planifié ces événements. Provoquer les autorités chinoises, telle était la tactique prévue.

Le 15 mars, c’est-à-dire le lendemain des événements, paraît dans The Seattle Times un article intitulé « Tester la Chine ». Tsewang Rigzin, le président de la très extrémiste Ligue de la jeunesse tibétaine, y déclare que les jeux Olympiques constituent une occasion unique de porter leur cause à l’attention de l’opinion mondiale : « Nous voulons tester la Chine. Nous voulons qu’elle montre son vrai visage. C’est pourquoi nous les provoquons à ce point. »

 

La terreur dans les rues de Lhassa. Organisée par des groupuscules soutenus par la CIA.

Un mois avant les faits, un groupe de 40 terroristes en devenir ont subi un entraînement intensif de trois jours dans la ville indienne de Dharamsala, où séjourne le dalaï-lama. L’un des formateurs n’était autre que le rédacteur en chef de The Voice of Tibet, une station de radio financée par la CIA.

Deux des manuels de cours de cet entraînement ont déjà été utilisés plus tôt, en Europe de l’Est. Des jeunes des organisations d’extrême droite Otpor (Serbie) et Pora (Ukraine), encadrés et formés par la CIA et d’autres services de renseignements, ont suivi ces cours en guise de préparation aux fameuses « révolutions orange ». L’un de ces manuels a été préfacé par le dalaï-lama en personne.

Le principal soutien du mouvement tibétain, ce sont les États-Unis et, plus spécifiquement, la CIA et le ministère des Affaires étrangères. Depuis un demi-siècle, le dalaï-lama entretient des rapports très étroits avec la CIA et le ministère des Affaires étrangères à Washington.

En 1998, le journaliste Jim Mann écrit dans le journal australien The Age un article intéressant qui s’appuie sur des documents des autorités américaines. Il y est entre autres révélé que, dans les années 1960, la CIA offrait 1,7 million de dollars par an au mouvement tibétain à l’étranger. Le dalaï-lama lui-même recevait 180.000 dollars par an de la CIA.

A parti des années 80, c’est surtout via le National Endowment for Democracy – une succursale de la CIA – que le mouvement séparatiste du dalaï-lama est financé. De l’argent américain arrose également le dalaï-lama et son entourage via le Bureau of Democracy, Human Rights and Labor du ministère des Affaires étrangères.

Les gouvernements européens n’hésitent pas non plus à mettre la main à la poche. Une grande partie du financement européen du mouvement séparatiste se fait non pas directement, mais par le biais de fondations dont, entre autres, la Friedrich Naumann Stiftung et la Heinrich Böll Stiftung.

Un an après l'émeute à Lhasa. Nous sommes maintenant à Urumqi, capitale de la province du Xinjiang. Ici tombent presque 200 morts pendant une émeute qui ressemble assez fort à celle à Tibet.

Monsieur Raman, un ancien secrétaire du gouvernement de l’Inde, est très bien informé et écrit sur son blog : « Les rapports émanant de la ville d' d'Urumqi montrent comment les troubles ont commencé par une manifestation d’Ouïgours dont on sait qu’ils sympathisent avec le World Uyghur Congress. Peu après le début de la manifestation, celle-ci a été rejointe par des intégristes musulmans loyaux au Mouvement islamiste du Turkestan oriental, une organisation liée à Al Qaida. Tout de suite après, les violences ont éclaté contre les Chinois han. »

Le World Uyghur Congress est dirigé par Rebiya Kadeer qui vit aux États-Unis. Le WUC est une coupole d’organisations qui veulent que la Région autonome du Xinjiang se détache de la Chine.

Xinjiang est, je pense, la province la plus vulnérable de Chine. Elle a 5.000 kilomètres de frontières communes avec des pays qui sont tout, sauf stables. Depuis trente ans, les États-Unis essaient d’assurer leur contrôle sur cette région. C’est pourquoi, depuis 1979, la guerre y sévit en permanence. Celui qui dominera cette région dominera en même temps le bas-ventre de la Russie et, plus important encore, le chaînon entre l’Europe et l’Asie. L’Afghanistan, le Pakistan, la province du Xinjiang et les cinq républiques de l’Asie centrale sont cruciales pour le contrôle de la région du monde la plus vaste, la plus riche et la plus peuplée : l’Eurasie.

Voilà pourquoi le revue Terrorism Monitor peut écrire, le 21 avril 2005 : « Il y a suffisamment de preuves pour affirmer que, dès le début des années 90 jusqu’à nos jours, un puissant cocktail de drogues, d’extrémisme islamiste et d’armes a pénétré au Xinjiang via l’Afghanistan, l’Asie centrale et le Pakistan. »

Nous avons vu, il y a quelques minutes, que c’est le gouvernement américain en son ministre Zbigniew Brzezinski qui ont préparé ce cocktail de drogues, d’extrémisme islamiste et d’armes.

On peut en lire les retombées dans la revue China Brief. Le spécialiste russe de l’Asie centrale, Igor Rotar, y écrit : « Dès le début des années 90, un puissant mouvement séparatiste clandestin est actif au Xinjinag. Il a commis un très grand nombre d’attentats et d’attaques militaires, tels les attentats à la bombe contre des bus à Kachgar, en 1990, et dans la capitale Urumqi, en 1992, un attentat militaire à Barin, en 1990, un soulèvement à Khotan, en 1995. En 1997, à Inin, ont éclaté des combats de plusieurs jours contre la police antiémeute : 55 Chinois et 25 Ouïgours y ont perdu la vie. » Après l’émeute d’Inin, des bombes ont explosé jusque dans la capitale Beijing.

En avril 2001, à Kachgar, des terroristes tranchent la gorge du procureur et de sa femme. Le même mois encore, suit un attentat à la bombe dans une usine. En janvier 2005, 11 personnes perdent la vie dans un attentat à la bombe contre un bus, à Karamay. Au cours des mois précédant les jeux Olympiques de 2008, divers attentats font 39 morts. Les terroristes font circuler une vidéo dans laquelle ils revendiquent la responsabilité d’un attentat à la bombe contre deux bus à Shanghai, d’un attentat contre un poste de police à Wenzhou, d’un autre encore contre une usine à Guangzhou et de deux autres enfin contre deux bus à Yunnan.

Des terroristes ont été très utiles à l’impérialisme américain en Afghanistan, en Bosnie, en Serbie, dans le Caucase, à Cuba et dans tant d’autres pays. Pourquoi ne pourraient-ils pas l’être dans les Régions autonomes de Tibet et de Xinjiang?

Au Xinjiang, depuis 1985, des attentats terroristes ont fait 200 morts. Manifestement, aux yeux du gouvernement américain, ce sont des faits qu’il ne faut pas nécessairement condamner et combattre.

C’est ce qui est apparu avec le dossier de 22 Ouïgours arrêtés en Afghanistan. Cela s’est passé en 2002 et 2003, après l’invasion de l’armée américaine en Afghanistan. Après leur arrestation, les 22 hommes ont été transférés à la prison de Guantanamo. Là, il s’est avéré qu’ils avaient été formés militairement dans des camps d’Al Qaida. Cinq ans plus tard, les 22 hommes ont été libérés. Parce que – disait le commandement militaire américain – ils ne constituaient aucun danger pour les États-Unis. « Ils n’ont pas été formés pour combattre notre pays », a-t-on dit. Très juste, ils ont été formés pour combattre la Chine. La Chine a demandé avec insistance et à plusieurs reprises qu’on lui livrât ces 22 hommes. Les Américains ont refusé.

Le 9 juillet 2009, le Washington Post a fait savoir qu’en 2008, le World Uyghur Congress et les groupes gravitant autour de la présidente Kadeer ont touché 550.000 dollars de la CIA, via le National Endowment for Democracy, la même organisation qui finance le mouvement séparatiste au Tibet. Le prédécesseur de Kadeer à la présidence du WUC était Erkin Alptekin. Avant de devenir président, en 2004, il avait été vice-directeur durant vingt ans de Radio Free Europe/Radio Liberty (RFE/RL) à Munich. RFE/RL est un émetteur de propagande de la CIA. Sidik Rouzi, le mari de l’actuelle présidente Kadeer, travaille pour Radio Free Asia, un autre émetteur de la CIA.

 

Chers amis,

Nous nous trouvons dans une phase cruciale de l’histoire humaine.

Il y a une semaine, le Fonds monétaire international a publié un rapport dans lequel il est dit que les États de toutes les économies capitalistes sont tellement endettés que la population de ces pays devra encore se serrer la ceinture durant une période d’au moins vingt ans.

La crise économique dans le monde capitaliste n’est pas résolue et ne le sera pas parce que la politique de tous les gouvernements occidentaux consistant à serrer la ceinture de la population ne résout pas les contradictions internes de ce système qui sont à la base de la crise mais, au contraire, intensifie encore ces contradictions. Évidemment, les travailleurs dans ces pays organiseront la résistance contre la politique économique, financière et sociale de leurs gouvernements. Déjà aujourd’hui, il y a des grands mouvements sociaux en Grèce, Espagne et Portugal.

L’autre côté de l’histoire contemporaine est que le socialisme, surtout en Chine, se renforce et que, influencés et encouragés par ce processus, les pays en voie de développement en Asie, Afrique et Amérique latine se retournent contre l’impérialisme et cherchent le front uni entre eux-mêmes et avec la Chine.

Ces deux facteurs décident du sort de l’humanité aujourd’hui. L’impérialisme fera tout, littéralement tout, pour arrêter ce processus de changement fondamental du monde.

Je vous remercie pour votre attention.

 

Cette conférence a eu lieu le 7 mai 2010, dans les locaux de la faculté de Sciences politiques de l’université de Wuhan.

 

http://www.infochina.be/fr/content/comment-les-%C3%A9tats-unis-utilisent-le-terrorisme   

 

http://r-sistons.over-blog.com/article-humanite-d-hier-inhumanite-d-aujourd-hui-le-courage-d-un-jeune-irakien-50807142.html

Par Eva R-sistons - Publié dans : Crises et crimes dûs à l'Occident
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Retour à l'accueil

Présentation

  • : Le blog d' Eva, R-sistons à la crise
  • Le blog d' Eva, R-sistons à la crise
  • : Santé Economie Social Finance Crise Actualité
  • : Tout sur la crise financière, économique, sanitaire, sociale, morale etc. Infos et analyses d'actualité. Et conseils, tuyaux, pour s'adapter à la crise, éventuellement au chaos, et même survivre en cas de guerre le cas échéant. Et des pistes, des alternatives au Système, pas forcément utopiques. A défaut de le changer ! Un blog d'utilité publique.
  • Partager ce blog
  • Retour à la page d'accueil
  • Contact

Créer un Blog

Recherche

Calendrier

Septembre 2014
L M M J V S D
1 2 3 4 5 6 7
8 9 10 11 12 13 14
15 16 17 18 19 20 21
22 23 24 25 26 27 28
29 30          
<< < > >>

Liens infos tuyaux

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés