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26 février 2012 7 26 /02 /février /2012 17:27

L’Espagne est entre les mains des gestionnaires de crise du cartel bancaire

Lors de la constitution du dernier gouvernement espagnol, les médias ont mis l’accent sur le nouveau Ministre de l’Economie, Luis de Guindos Jurado, en précisant qu’il était issu de la banque d’affaires Lehman Brother. La question qui n’a pas encore été posée est : qui se cache derrière lui ? Réponse : le ministre des Finances Cristobal Montoro.

Luis de Guindos Jurado est à la fois économiste  et politicien. Il fut secrétaire d’Etat de l’Economie de 2002 à 2004, à l’époque de José Maria Aznar. Il n’y a rien de particulier dans son cursus.

Cristobal Montoro, par contre, est le principal investigateur du programme économique de Mariano Rajoy, président du gouvernement espagnol. Il a exercé la fonction de ministre des Finances à plusieurs reprises. C’est lui qui prône la rigueur espagnole. Particularité, souligne Libération, c’est « l’un des principaux inspirateurs du programme économique du Parti populaire (PP) de Mariano Rajoy (et il) évite autant que possible d’afficher les détails du plan de rigueur concocté pour l’arrivée aux affaires du PP. Exposer franchement ce que recouvre la volonté de réformer l’Espagne pour revenir à un déficit de 4,4% du PIB, comme l’a promis Rajoy, l’obligerait à évoquer les 20 milliards de coupes qu’il entend imposer au pays, en taillant à la hache dans les emplois du secteur public et dans les programmes d’aides sociales. Et à dévoiler l’arsenal de mesures prévues pour la nécessaire réforme du marché du travail, pour gagner la confiance des investisseurs et libéraliser l’économie.


Maintenant, il est intéressant de découvrir la composition du gouvernement espagnol en 2000-2004. Cristobal Montoro est ministre des Finances, sous la coupe de Rodrigo de Rato y Figaredo, Ministre de l’Economie et vice-président. C’est à la fois un homme d’affaires et un politicien, membre du Parti Populaire. Il est issu de deux riches familles des Asturies. Ses ”succès” : le redressement de l’économie espagnole par la libéralisation des contraintes, ayant abouti à la spéculation immobilière dont l’Espagne paye le prix aujourd’hui ! Sa citation préférée (qui veut tout dire) : « J’ai réformé le marché du travail, privatisé nos entreprises publiques et libéralisé les marchés de l’énergie ».


Autre indice : en plus de sa fonction de ministre, il était gouverneur auprès du FMI, de la Banque mondiale, de la Banque interaméricaine de développement, de la Banque européenne d’investissement et de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement. Pas mal pour un ministre…


Quand il s’est retiré de la vie politique, il a été placé à la direction du FMI le 7 juin 2004. A ce poste, il déclare notamment, en 2007, qu’il y a « un espace pour une dépréciation plus importante du dollar américain », jugeant que l’euro est « proche de son point d’équilibre ». Il démissionne et revient en Espagne, en décembre 2007. Il intègre alors la banque Lazard à Londres, avec des responsabilités internationales sur l’Europe et l’Amérique latine.


Début 2008, il devient membre du conseil consultatif international de Banco Santander. Il a abandonné toutes ses fonctions dans le monde des affaires, le 22 décembre 2009, afin de pouvoir intégrer la Caja Madrid  (l’équivalent du Mont de Piété et de nos Caisses d’Epargne) dont il est appelé à devenir président.


CONCLUSION : tout devient limpide. Les liens avec les banques sont visibles. Belle opération de manipulation des masses, car l’homme le plus dangereux pour les Espagnols n’est pas Mr de Guindos, mais plutôt Mr Montoro. (Source: BREVES DE LIESI)

 
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Publié par le 26 février 2012 dans Non classé

 

L’Allemagne a-t-elle une part de responsabilité dans la crise européenne ?

Ferdinand Fichtner est économiste à l’institut de recherche DIW à Berlin. Il vient d’écrire une analyse peu commune qu’il convient de mettre en évidence. D’une manière générale, quand on évoque l’économie allemande, on parle du modèle allemand. Il nuance ce jugement : l’Allemagne n’a pas à se glorifier de la quête de la productivité qui fut menée ces dix dernières années. Pourquoi ? “Cela a contribué aux maux de la zone euro”. Le raisonnement de ce keynésien est singulier dans un pays où l’on ne cesse de blâmer le laisser-aller des Grecs et d’encenser le modèle allemand. Mais M. Fichtner a de solides arguments. Selon lui, les réformes du gouvernement Schröder pour restaurer la compétitivité ont, in fine, déséquilibré l’économie. A force de compressions salariales consenties, le pays a, certes, développé ses exportations. Mais avec d’autres effets pervers. “Entre 2001 et 2006, l’inflation a été plus élevée que les hausses salariales. Résultat, le pouvoir d’achat des ménages a baissé et la part de la consommation s’est contractée dans le produit intérieur brut”, souligne-t-il. Les exportations du pays ont ainsi bondi bien plus vite que les importations, rendant l’économie très – trop – dépendante de l’extérieur. Or, ce que l’Allemagne a vendu, d’autres l’ont acheté. Qui ? 60% des exportations d’outre-Rhin sont à destination de l’Union européenne, 40% de la zone euro. Les Portugais ou les Grecs ont donc importé des produits allemands… bien souvent en s’endettant.


Comme la Banque centrale européenne (BCE) est régie par des règles imposées par l’Allemagne, la politique monétaire de l’UE fut décidée en prenant essentiellement en compte la contraction des salaires allemands. Les banquiers centraux ont alors opté pour une politique monétaire adaptée à la première économie européenne, mais trop expansionniste pour Lisbonne, Madrid, Dublin ou Athènes. L’argent a inondé ces pays nourrissant des bulles (immobilier…), alimentées par un crédit facile. Tandis que la hausse des prix a entraîné celle des salaires, réduisant leur compétitivité. Bien sûr, cela ne veut pas dire que Grecs, Espagnols, Portugais ou Irlandais n’ont pas de responsabilité dans la crise, mais cela explique en partie les distorsions entre le sud et le nord de l’Europe, voire entre l’Allemagne et les autres. Aujourd’hui, les banquiers allemands veulent laisser tomber les pays dits faibles, oubliant que les banques allemandes notamment régionales, ne survivraient sans doute pas à une déconfiture de l’Europe du Sud. Tel est l’avis de Ferdinand Fichtner.


 

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