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19 octobre 2012 5 19 /10 /octobre /2012 15:54

 

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Le chaos malien est entretenu à dessein par les impérialismes. Les USA veulent une base militaire dans le nord du pays, ils comptent pour cela sur la nébuleuse islamiste. Le gouvernement français voit d’un mauvais œil cette implantation sur son pré carré de même que la révolution qui le prive de la mainmise sur le Mali. Hollande a même proposé une résolution demandant l’intervention militaire dans ce pays. Elle a été adoptée dès le 12 octobre par le Conseil de Sécurité de l’ONU. Une seconde résolution est en préparation. Elle aura officiellement pour but d’établir la « programmation pratique » de cette intervention. Réellement il va s’agir de venir à bout, au moins momentanément de graves oppositions qui existent entre les USA, La France, la Russie, la Chine, la Turquie… Oppositions qui ont comme toile de fond tout le Moyen-Orient.

Le peuple malien subit de nombreuses épreuves, massacré et violé dans le nord, appauvri et affamé dans le reste du pays. Mais il a commencé à relever la tête. Il sait qu’il n’a rien à attendre des impérialistes quels qu’ils soient car tous veulent intervenir au Mali uniquement pour défendre leurs propres intérêts.

La droite, le PS et ses alliés appellent ensemble à l’intervention militaire.

Le peuple malien doit décider de son avenir sans intervention étrangère.

Dans les passages suivants nous mettons à votre disposition les éléments que nous jugeons utiles pour compléter si nécessaire vos informations. Les médias français et étrangers n’en parlent jamais et pour cause.

 

Le Mali, un pays asphyxié par les impérialistes et le FMI


Il faut d’abord se pencher sur l’histoire récente du Mali. Les organismes au service des impérialistes ont provoqué un appauvrissement du pays par étranglement en utilisant notamment la spéculation sur le coton. Dans les années quatre-vingt-dix, le FMI a engagé le Mali dans une production à grande échelle de coton pour l’exportation, ce qui a eu pour conséquence de réduire fortement le prix du coton malien. Cette spéculation a endetté le Mali. Les gouvernements maliens successifs se sont tournés vers le FMI qui leur a prêté de l’argent sous les conditions de sacrifier tous les investissements publics et de s’ouvrir à l’investissement étranger. Alors, toutes les richesses et ressources naturelles ont été bradées. Le chemin de fer a été vendu à une compagnie canadienne pour 107 millions de Francs CFA, autant dire rien du tout. Ce fut un pillage !

Il faut aussi parler de l’Office du Niger. C’est la régie des terres de rizières dans le delta intérieur du Niger non loin de la ville de Ségou. Cet Office appartient à l’Etat. Il y a une énorme plaine très bien irriguée par le Niger se trouvant en aval du barrage de Markala. La plaine a un potentiel de production de riz de plus d’un million d’hectares. Elle a la capacité de nourrir toute l’Afrique de l’Ouest ! L’Office du Niger a la responsabilité d’entretenir toute cette plaine. Les paysans peuvent exploiter ces terres à condition de les louer. Concrètement, ils payent une redevance sur l’entretien du réseau d’irrigation. Ces taxes sont coûteuses et ne servent qu’à remplir les poches des personnes qui sont au pouvoir. En plus de toute l’infrastructure qui accompagne l’Office : il y a des usines d’engrais, des usines d’huiles extraites à partir des noyaux de coton.

Toutes les infrastructures du domaine public ont été liquidées. Amadou Toumani Touré, le président déchu, les a vendues les unes après les autres pour rien aux multinationales et aux fonctionnaires corrompus. Dans toutes ces terres vendues, le pouvoir a chassé les paysans par milliers. Cela a éveillé un mécontentement énorme. Il y a eu des luttes armées. Un des élus locaux, du parti SADI (marxiste) a été assassiné. Les terres étaient collectives ; le parti au pouvoir a fait voter une soi-disant réforme agraire. Elle consistait à donner un titre de propriété d’une terre à qui la revendiquerait. Les paysans devenaient propriétaires de leurs terres, mais, comme par ailleurs ils étaient endettés, leurs terres devenaient leur unique richesse ; il ne leur restait plus qu’à vendre ; un cercle vicieux !...

Pour ce qui est des mines, les multinationales ont acheté les terres aux paysans à 54€ pour 7 hectares. Les paysans se sont retrouvés sans rien après. Les terres ont été achetées par Morila SA, une société d’extraction qui appartient à un consortium américains, Anglogold et par Randgold qui appartient au consortium sud-africain, Oppenheimer-Debeers. C’est là qu’interviennent Amadou Toumani Traoré et son gouvernement. Elu sur la base d’un mouvement de ras-le-bol du FMI, après avoir un peu tergiversé, il a fini par mettre en place la politique… du FMI.

Le résultat, c’est que, depuis, les multinationales ont le contrôle total du pays. Elles ont disséqué le Mali. C’est un territoire qui a été privatisé et qu’elles ont repartagé comme un gâteau.

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Le Mali, un peu d’histoire récente


Historiquement, c’est une révolution qui, en mars 1991 a mis fin à vingt-trois ans de pouvoir du général Moussa Traoré et à un régime totalement au service du colonisateur français et de ses multinationales. Le coup d’Etat du lieutenant-colonel Amadou Toumani Touré (ATT) le soir du 25 mars 1991 était une réaction de l’aile réactionnaire et opportuniste de l’armée pour couper l’herbe sous le pied de l’élan populaire et patriotique, et qui a amorcé la logique du coup d’Etat permanent contre le peuple malien et ses représentants authentiques. Résultat, ATT est devenu le faux héros idéalisé de mars 1991.

En effet, ATT, même s’il a rendu le pouvoir (couteau sous la gorge) après les élections générales de 1992, il était clair pour tout observateur averti que cela n’était qu’un tour de passe-passe politico-militaire. De 1992 à 2001, l’élite militaro politique corrompue s’est emparée de tous les biens de l’Etat : comptes bancaires, villas, vergers, voitures de luxe, châteaux tout en mettant les droits sociaux et culturels du peuple dans le caniveau. En 2001, après deux mandats, Konaré passe la main et ATT redevient président de la République. Il entreprend de renforcer son pouvoir et celui de sa clique tout en réhabilitant les anciens dignitaires de la dictature. Comme nous l’avons vu plus haut, le régime d’ATT met à genou l’économie du pays, et entame la mise à sac de ce qui reste de l’arsenal vieillissant de l’armée malienne qui croupit sous l’avis des experts militaires français et américains. L’assemblée nationale est dominée par ceux qui ont pillé le pays. Toute velléité de contestation, si minime soit-elle, est muselée. Il tente ensuite de changer la constitution pour s’offrir un troisième mandat et c’est la goutte d’eau qui fera déborder le vase et provoquera la révolte populaire.


Au Mali aujourd’hui, entre catastrophe et espoir


dénomination "officielle", du label "Al Quaïda" que les USA ont inventé. Plus Les miliciens salafistes de l’ouest, ceux qui ont pris Tripoli lorsque Kadhafi y était encore, ont vendu ou livré des armes de guerres et probablement des blindés légers aux réseaux intégristes du sud du Maghreb. Un nom ressort à chaque fois que nos télés abordent ces questions : AQMI. Il faut se méfier de la qu’une organisation structurée, le soi-disant AQMI constitue en fait un réseau d’organisations plus ou moins maffieuses, vivant du brigandage et dont le point commun est la référence à l’Islam le plus réactionnaire. Il ne faut pas oublier non plus les prises d’otages que ces gens-là ont réalisées, en particulier au Niger. intégriste nord saharienne, il y a la main de l’Oncle Sam. L’une des organisations de cette nébuleuse qui a profité de la manne armée est "Ançar Dine", le mouvement fasciste intégriste installé au nord-ouest du Mali depuis une dizaine d’années, qui regroupe notamment des Touaregs. Iyad Ag Aly, le leader d’Ançar Dine, est un homme d’ATT : il n’était autre que le consul du Mali en Arabie Saoudite, pays dont il a été expulsé pour trafic de drogue. Notons au passage qu’un avion bourré de cocaïne a atterri en plein désert du Mali sans que cela ne suscite aucune réaction d’ATT, sauf la rapide promotion du pilote de cet avion, devenu commandant au sein des forces armées maliennes. Cela nous confirme que les réseaux intégristes du nord du Sahara organisent le trafic de drogue et que le "démocrate" ATT encourageait la contrebande et le trafic de drogue dans cette zone.

Parallèlement à l’activité des réseaux salafistes, le mouvement autonomiste touareg, le MNLA, dont les éléments étaient installés en Libye depuis au moins une décennie, a décidé de quitter ce pays, devenu peu sûr pour tout sudiste un peu trop cuivré. Evidemment, les membres du MNLA se sont, eux aussi servis en armes, d’autant plus qu’ils ont été rejoints par une partie des soldats libyens originaires du sud du pays, tandis que d’autres rejoignaient la milice nationaliste du Fezzan, d’autres encore l’armée malienne, ou même celle du Tchad.

Ainsi donc, des centaines de jeunes Touaregs entrèrent au Mali avec armes et bagages. ATT les accueillit en grande pompe, leur donna de l’argent sans pour autant les désarmer. Son objectif était de créer un petit chaos au nord du Mali croyant le cadrer et le contenir afin d’empêcher la tenue des élections. Mais l’effet contraire s’est produit, car le MNLA (Mouvement National de Libération de l’Azawad) plus politique et plus structuré que toutes les rebellions précédentes a vite pris le pas, et une dimension de taille. Amadou Toumani Touré envoya au front du nord des jeunes recrues de l’armée malienne sans formation Les jeunes soldats tombés entre les mains des rebelles touaregs et des terroristes ont été ligotés, égorgés et éventrés en guise de représailles.

La contestation à Bamako prit alors de l’ampleur : des milliers de femmes, mères, sœurs et enfants de soldats du camp de Kati, victimes des politiques machiavéliques, ainsi que des accointances avec les rebelles touaregs et les fascistes intégristes de leur président, soutenues par les populations de Bamako marchèrent sur le palais présidentiel de Koulouba. Elles accusaient, pêle-mêle, ATT, d’être le vrai chef des rebelles, de les renseigner sur les positions et mouvements des troupes maliennes, d’affamer les soldats, de refuser de leur livrer des munitions, qui manquent donc au front, de refuser de donner des ordres d’attaque et de tir.

C’est à la suite de ces événements que la population renversa ATT et que fut créé le CNRDRE (Comité National de Redressement de la Démocratie et de la Restauration de l’Etat) le 22 mars 2012, cette Révolution que nos media au service de l’impérialisme appellent le coup d’Etat du capitaine Sanogo.

Evidemment, au moment ou un tiers du pays était passé sous contrôle des rebelles touaregs ou des bandits intégristes, nos media versèrent des larmes sur la démocratie perdue au Mali. Ils drapèrent le président Touré du manteau de l’immaculée démocratie. Il faut dire que tout l’arsenal des ONG interventionnistes US (fondation Jimmy Carter, fondation Georges Soros) les avait précédés.

 Touché dans ses intérêts essentiels (ceux des monopoles qu’il sert) l’Etat français a dépêché ses pions dans la région en faisant intervenir la CEDEAO (Communauté Economique des Etats d’Afrique de l’Ouest), un véritable syndicat des chefs d’Etats compradores de la région, qui obéissent aux multinationales françaises. La CEDEAO décida de sanctionner le peuple malien (sanctions économiques, politiques, diplomatiques), coupable d’avoir chassé ses oppresseurs. Retenant la leçon des impérialistes en Libye, ils dépêchèrent même des mercenaires au Mali. En tête de la Communauté, le Burkinabé Blaise Campaoré et l’Ivoirien Alassane Ouattara montraient les dents. Les hôpitaux à Bamako ne furent plus alimentés en électricité ; conséquences : des centaines de morts par jour faute de soins, les PME ne fonctionnaient plus, les prix des denrées de première nécessité explosaient, le carburant, les médicaments manquaient, les banques n’avaient plus de crédit, l’administration tournait au ralenti, le commerce était bloqué. Mais la population malienne montra clairement sa volonté. Le 06 avril 2012, elle obligea la CEDEAO à lever ses sanctions criminelles contre le peuple malien.

Ils se sont attaqués strictement aux intérêts des capitalistes français. La mainmise sur l’uranium excite les convoitises des autres impérialistes, et il y a fort à parier que, derrière la nébuleuse.


Source : "site Communistes"

Que se passe-t-il au Mali ?

 

 

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