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27 septembre 2010 1 27 /09 /septembre /2010 12:35

LVC et FIAN demandent aux gouvernements d'interdire l'accaparement des terres

la Via Campesina




Jeudi, 23 Septembre 2010 17:31
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Envoyez au Ministère de l’agriculture de votre pays (ou le ministère chargé de représenter votre gouvernement à la FAO)

La Vía Campesina

Secrétariat Opérationnel International

Jalan Mampang Prapatan XIV No 5

Jakarta Selatan 12790, Jakarta - Indonésie

Tél +62 21 7991890

Fax +62 21 7993426

viacampesina@viacampesina.org

Contact Campagne mondiale pour la Réforme Agraire : Faustino.torrez@gmail.com

Tél: +504 235 9915 //+504 232 2198

_________________

FIAN

Secrétariat International

P.O. Box 10 22 43

D – 69012 Heidelberg - Allemagne

Tél + 49 6221 65300 30

Fax +49 6221 830545

contact@fian.org

 

Monsieur, Madame,

La FAO estime qu’au cours des trois dernières années, 20 millions d’hectares, uniquement en Afrique, ont été acquis par des intérêts étrangers. Un processus global a été mis en marche où les investisseurs publics ou privés étrangers arrivent à des accords avec les gouvernements pour contrôler de vastes étendues de terre (beaucoup de ces accords concernent plus de 10.000 hectares et certains arrivent à plus de 500.000 hectares), lesquels sont indispensables pour l’avenir de la sécurité alimentaire des pays en question.

Au cours de ces dix à quinze dernières années, l’accaparement des terres a commencé à s’intensifier dans de nombreux pays suite aux politiques d’une dérèglementation excessive. Les crises alimentaires et financières récentes ont augmenté la force de cette vague d’accaparement des terres de la part des gouvernements et des investisseurs qui tentent de s’assurer une capacité future de production agricole et de stocks alimentaires ainsi que des actifs qui puissent leur fournir des dividendes important en toute sécurité. Les entreprises sont à l'affût de concessions économiques à long terme pour installer des plantations agricoles et produire des agrocarburants, du caoutchouc, des huiles, des aliments, etc. Cette tendance est également palpable sur les zones littorales où la terre et les ressources maritimes et hydriques sont en train d’être vendues, louées ou cédées à des investisseurs du secteur du tourisme et à des élites locales au détriment des communautés paysannes côtières et de pêcheurs.

L’accaparement des terres – même lorsque cela ne conduit pas à des expulsions forcées - dénie la terre aux communautés locales, détruit leurs moyens de subsistance, réduit l’espace des politiques agricoles profitant aux paysans et paysannes, détruit les écosystèmes, accélère le réchauffement climatique mondial et altère le marché en favorisant les intérêts chaque fois plus concentrés de l’agro-industrie et le marché global, au lieu de soutenir une agriculture paysanne durable avec des marchés régionaux et locaux, et pour les générations futures. C’est pourquoi la promotion et l’autorisation donnée à l’accaparement des terres violent le Pacte international des Droits économiques, sociaux et culturels. En outre, cela ne respecte pas non plus la Déclaration des Nations unies sur les droits des Peuples autochtones.

Au programme de la prochaine réunion du Comité sur la Sécurité Alimentaire Mondiale (CSA) qui se tiendra du 11 au 14 octobre à Rome, figure une table ronde sur le régime foncier et les investissements internationaux du point de vue de la Sécurité alimentaire : les directives de la FAO sur la Gouvernance responsable du Régime foncier et des Ressources naturelles (Directives FAO) et les Principes pour l’Investissement responsable en Agriculture (IRA). Ces principes ne sont pas conçus comme étant une politique publique concernant les investissements en agriculture, ni comme une réglementation d’Etat sur les investissements privés en agriculture, mais comme un conseil autorégulateur en vue d’atténuer les impacts négatifs de l’acquisition de terres à grande échelle. Si nous tenons compte que nous parlons de politiques qui violent des droits humains et du droit International, ce type de réponse est totalement inapproprié. Par contre, les Directives FAO fournissent l’opportunité d’augmenter la protection des droits à la terre et aux ressources naturelles de toute la population rurale.

Etant donné l’accaparement massif des terres, il est urgent que les Etats et la Communauté internationale agissent et respectent leurs obligations concernant les droits humains, le respect et la protection de l’accès à la terre, à l’eau et aux autres ressources des communautés rurales.

C’est pourquoi, nous demandons que lors de la prochaine session du CSA :

  • Soient prises les mesures relevant de sa compétence et de son influence pour interdire l’accaparement des terres;

  • Soit octroyé un mandat fort au processus des Directives de la FAO sur la Gouvernance responsable du Régime foncier et des Ressources naturelles y compris les dispositions qui interdisent l’accaparement des terres;

  • Ne soit pas soutenu les Principes IRA (Investissements responsables en Agriculture) et soit abordé tous les thèmes ayant trait aux questions concernant la terre dans le cadre des Directives de la FAO.

Nous vous serions reconnaissants de nous tenir au courant des mesures prises à ce sujet.

Veuillez agréer, Monsieur, Madame, nos meilleures salutations,

 

 

 

Lire aussi ;

Des paysans et des organisations de la société civile dénoncent le projet d’accaparement des terres gagnant-gagnant de la Banque mondiale

 

 

 

La Via Campesina dénonce l'achat d'actions de Monsanto par la Fondation Bill et Mélinda Gates


Lundi, 13 Septembre 2010 13:52
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Communiqué de Presse – La Via Campesina

(Glendive, Montana- 10 septembre 2010) La Via Campesina, un mouvement international de paysans qui représente les paysans, les travailleurs agricoles sans terre, les pêcheurs, les paysannes, les jeunes et les peuples autochtones, qui rassemble 150 organisations venant de 70 pays sur cinq continents, dénonce l’acquisition par la Fondation de Bill et Melinda Gates d'actions de la compagnie Monsanto. La Fondation a été créée en 1994 par le fondateur de Microsoft William H. Gates et exerce aujourd’hui une grande influence sur les politiques mondiales de développement agricole. La Fondation concentre des centaines de millions de dollars dans des projets qui poussent paysans et agriculteurs à utiliser les semences et les produits agrochimiques génétiquement modifiés (OGM) de Monsanto. En août, la Fondation de Bill et Melinda Gates qui gère un capital de 33,5 milliards de dollars pour financer les projets philanthropiques de la Fondation (dont Bill et Melinda sont membres du conseil d’administration) a révélé qu’elle avait acquis 500.000 actions de Monsanto pour la somme de 23 millions de dollars. (1)

Selon Dena Hoff, paysanne à Glendive dans le Montana et coordinatrice de La Via Campesina pour l’Amérique du Nord «l’acquisition par la Fondation de Bill et Melinda Gates de parts de Monsanto indique que l’intérêt que la Fondation apporte à la promotion des semences de la compagnie ne tient pas uniquement de la philanthropie mais plus d’un désir de profit. La Fondation aide Monsanto à ouvrir de nouveaux marchés, alors que Monsanto est déjà le plus grand semencier du monde.»

Depuis 2006, la Fondation de Bill et Melinda Gates collabore avec la Fondation Rockfeller, promoteur fervent des OGM pour les pauvres du monde, afin de mettre en œuvre l’Alliance pour la révolution verte en Afrique (AGRA) qui est entrain d’ouvrir le continent aux semences OGM et aux produits chimiques vendus par Monsanto, DuPont et Syngenta. La Fondation a donné 456 millions de dollars à AGRA et, en 2006, a employé Robert Horsch, ancien directeur de Monsanto pendant 25 ans, pour travailler à ce projet. Au Kenya, environ 70 % des bénéficiaires d’AGRA travaillent directement avec Monsanto (2), près de 80 % des financements de Gates dans le pays ont trait à la biotechnique et plus de 100 millions de dollars de subventions ont été accordés aux organisations du Kenya ayant des liens avec Monsanto. En 2008, quelques 30 % du fond de développement agricole de la Fondation ont servi à la promotion ou au développement de variétés de semences OGM. (3)

En avril, la Fondation de Bill et Melinda Gates et les ministres des finances des USA, du Canada, d’Espagne et de Corée du Sud ont promis 880 millions de dollars en vue de créer le programme mondial sur l’agriculture et la sécurité alimentaire (GAFSP) géré par la Banque mondiale pour  «aborder le problème de la faim et de la pauvreté dans le monde» (4). En juin le GAFSP a annoncé qu’il donnait 35 millions de dollars à Haïti dans le but augmenter l’accès des petits paysans aux «intrants agricoles, à la technologie et aux chaînes de distribution» (5) En mai, Monsanto a annoncé qu’il faisait don de 475 tonnes de semences à Haïti devant être distribuées par l’Agence américaine au développement international (USAID). L’administrateur

d’USAID est Rajiv Shah qui travaillait pour la Fondation Gates avant d’être employé par le gouvernement d’Obama en 2009.

D’après Chavannes Jean-Baptiste du mouvement Papaye et coordinateur de La Via Campesina pour les Caraïbes, «Il est choquant pour les mouvements paysans d’apprendre que la Fondation Bill et Melinda Gates a décidé d’acheter des actions de Monsanto tout en donnant de l’argent pour des projets agricoles en Haïti. En fait, ils font la promotion des semences et des produits chimiques de la compagnie. Les organisations paysannes en Haïti dénoncent cette politique qui va à l’encontre des intérêts de 80 pour cent de la population haïtienne, à l’encontre de l’agriculture paysanne – base de la production alimentaire de notre pays.»

La Fondation de Bill et Melinda Gates octroie également des fonds à l’initiative du gouvernement des USA Feed the Future, gérée par le gouvernement. Lors d’une audience d’un sous-comité du Congrès sur Feed the Future, le vice-président de Monsanto Gerald Steiner a déclaré que «Feed the Future était une initiative très intéressante car elle tient compte des impératifs du marché dans lequel Monsanto et d’autres compagnies doivent opérer.... Nous voulons faire le bien dans le monde mais nous voulons aussi satisfaire nos actionnaires.» Steiner a mentionné le projet de Monsanto de développer du maïs résistant à la sécheresse pour l’Afrique, projet qui est aussi financé par la Fondation Bill et Melinda Gates. (6)

Selon Dena Hoff, “Les fondations, quelques soient leurs bonnes intentions, ne devraient pas décider des politiques agricoles et alimentaires des nations et des peuples. La démocratie demande que la population civile bien informée détermine ce qui est dans l’intérêt de la population de chaque nation. «Satisfaire ses actionnaires» semble bien être le motif secret pour s’ingérer dans la santé et le bien-être de la planète et de ses habitants afin de faire du profit»

Ce n’est peut-être pas une coïncidence que Hugh Grant, président directeur général de Monsanto, ait acquis des parts de la compagnie pour la valeur de 2 millions de dollars et Carl M. Casale pour la valeur de 1,6 millions de dollars. «Grant et Casale ont empoché de jolies sommes en vendant des parts de Monsanto pendant des années»(7) Ces achats ont pu être provoqués par l’annonce faite la semaine dernière de la découverte du génome du blé, nourriture de base de deux tiers de la population de la planète. «Pour Monsanto, une carte du génome du blé de qualité pourra nous aider dans nos efforts dans le but de fournir de meilleurs variétés de blé aux agriculteurs.» dit Monsanto. (8) En 2008 la Fondation Bill et Melinda Gates a attribué la somme de 26,8 millions de dollars à l’université de Cornell pour la recherche sur le blé et, en mai, la somme de 1,6 millions de dollars aux chercheurs de l’université de l’état de Washington pour développer des variétés de blé OGM résistant à la sécheresse. (9)

La Fondation Gate continue à inciter les pauvres à utiliser les produits Monsanto, en dépit d’une accumulation de preuves sur les dangers écologiques, économiques et physiques dans la production et la consommation des récoltes et des produits OGM. En juin, la cour suprême des Etats-Unis a jugé l’affaire Monsanto Co contre Geertson Seed Farm, la première affaire sur des récoltes OGM. La cour suprême a reconnu que la contamination génétique de récoltes non OGM par des ADN de transgènes venant de plantes OGM, au moyen du vent ou des abeilles, était nocive et lourde de conséquences pour l’environnement et les agriculteurs. Selon le site web de la Fondation de Bill et Melinda Gates, «AGRA et ses partenaires ont mis en circulation plus de 100 nouvelles variétés de semences améliorées sur le continent (africain). »(10)

La Via Campesina maintient que la meilleure façon d’assurer une alimentation saine, de s’adapter au changement climatique, de conserver les sols, les eaux et la forêt, de revitaliser les économies rurales est de mettre en œuvre des politiques encourageant la souveraineté alimentaire et l’agro-écologie – les fondements en étant les semences natives. L’ONU estime que 75 % de la diversité génétique des plantes du monde ont été perdus au fur et à mesure que les paysans ont abandonné leurs semences natives pour utiliser les variétés génétiquement uniformes produites par les grandes multinationales telles que Monsanto. L’homogénéité génétique rend les paysans plus vulnérables aux changements climatiques brusques et à l’apparition de nouveaux fléaux nuisibles et ravageurs, alors que la biodiversité des semences – avec des semences natives adaptées aux différents microclimats, altitudes et sols – est fondamentale pour faire face au changement climatique. Le fait de sauvegarder et replanter augmente l’agro-biodiversité et renforce la plasticité génétique des récoltes (leur capacité à s’adapter rapidement à des conditions de changements croissants sur plusieurs générations).

Selon Henry Saragih, coordinateur général de La Via Campesina à Jakarta, «La Via Campesina condamne ce détournement de l'aide humanitaire à des fins commerciales et cette privatisation des politiques alimentaires. »

XXX

Pour de plus amples informations ou des demandes de la part des médias, contacter viacampesina@viacampesina.org

 

(1)http://www.sec.gov/Archives/edgar/data/1166559/000104746910007567/a2199827z13f-hr.txt

(2) Community Alliance for Global Justice. “Gates Foundation invests in Monsanto.” Press release August 25 2010. http://www.seattleglobaljustice.org/2010/08/for-immediate-release-gates-foundation-invests-in-monsanto/

(3) Holt-Giménez, Eric. “Monsanto in Gates’ clothing? The emporor’s new GMOs.” Huffington Post. August 26 2010. http://www.huffingtonpost.com/eric-holt-gimenez/monsanto-in-gates-clothin_b_696182.html

(4) Kellerhals Jr., Merle David. “Finance ministers announce $880 million for Global Food Security.” April 22 2010. http://www.america.gov/st/develop-english/2010/April/20100422155518dmslahrellek0.9501917.html

(5) Feed the Future. “An Improved Approach to Agriculture and Food Security: Haiti” June 25 2010.

(6) Monsanto Company. “Jerry Steiner speaks to congress about the Feed the Future Initiative.” July 20 2010. http://monsanto.mediaroom.com/steiner_feed_the_future_initiative_072010

(7) Gottfried, Miriam. “Top Monsanto execs load up on shares.” Barron’s. July 15 2010.

(8) Gillam, Carey. “Wheat groups welcome genetic news; say more needed.” Reuters. August 27 2010. http://www.reuters.com/article/idUSN277047520100827

(9) Weaver, Matthew. “Gates awards $1.6 million for dwarf wheat research.” Checkbiotech.org. July 25 2010. http://greenbio.checkbiotech.org/news/gates_awards_16m_dwarf_wheat_research

(10) http://www.gatesfoundation.org/press-releases/Pages/global-trust-fund-for-poor-farmers-100422.aspx

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Published by Eva R-sistons - dans Alerte - danger ! - SOS
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