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1 février 2011 2 01 /02 /février /2011 04:46

http://www.fnb.to/FNB/Article/Bastion_62/Euthanasie.htm

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La boîte de Pandore

janvier 31st, 2011

  
Le sujet est apparu sur les écrans radar de l’information avant de retomber, pour un temps, dans l’oubli. Comme une comète, il reviendra dans deux, cinq ou dix ans, les mêmes arguments s’opposant aux mêmes objections.
  
Le sujet ? La légalisation de l’euthanasie, ou plutôt de l’« aide active médicalisée à mourir ». Trois propositions de loi (émanant d’un sénateur communiste, d’un socialiste et d’un UMP), débattues au Sénat en commission puis en séance publique, ont récemment remis le sujet à l’ordre du jour avec, à l’appui d’une législation favorable à l’euthanasie, des arguments très convaincants.
  
Dans ce débat, tenons a priori pour acquises la sincérité et l’« honnêteté » de la démarche des différents signataires de ces propositions de loi, lesquelles reflètent certainement, sans arrière-pensées, leurs convictions profondes. Pour appuyer leur argumentation, pourquoi ne pas autoriser le corps médical à aider, dans des conditions aussi « contrôlées » et « humaines » que possible, celui ou celle qui, atteint d’une maladie incurable, souhaite abréger une agonie douloureuse ?
  
Sous cet angle, l’argument apparaît non seulement sensé mais frappé au coin de la raison. En France, ne s’oppose avec vigueur à une législation autorisant l’euthanasie que l’Église catholique qui apparaît, en tout cas aux yeux de certains, comme un peu « ringarde » sur le sujet, face à des protestants qui semblent plus modernes et plus progressistes sur cette question de société.
  
  
Le contexte
  

Lorsque l’on aborde un thème aussi délicat que la légalisation de l’euthanasie, nous nous trouvons dans une situation qui s’apparente à celle du jeu d’échecs : il faut anticiper et imaginer la partie avec quelques coups d’avance.
  
Avant d’aller plus loin, nous vous invitons à relire deux billets récents, Rêve de HAL et 2050 : l’odyssée du servage. Le premier s’efforce d’expliquer pourquoi nous sommes en marche vers une « chosification » croissante de l’être humain, liée à la domination sans partage, aujourd’hui quasi-irrésistible, du système économique capitaliste. Le second expose pourquoi et comment les États vont sabrer dans la protection sociale et les dépenses de santé, laissant les citoyens se débrouiller avec le lobby de la bancassurance qui prendra en charge leur « protection ».

C’est donc dans ce contexte qu’il faut penser toute évolution législative sur le thème de l’euthanasie… ce qui change fondamentalement la donne.


L’effet pervers

Chosification de l’être humain, volonté du lobby de la bancassurance de maximiser ses profits en limitant autant que faire se peut les dépenses liées à la santé de ses assurés… Tout va concourir, dans les prochaines années et décennies, à faire de l’euthanasie un choix non seulement idéologique mais aussi et surtout économique.

En votant une première loi autorisant l’euthanasie, dans des conditions évidemment très encadrées, on ouvrirait une brèche, tant sur le plan culturel qu’économique.

Culturellement, on violerait le principe, instauré de facto depuis l’abolition de la peine de mort, selon lequel la société ne peut pas - et ne doit pas - concourir, activement ou passivement, à la mort de l’un de ses membres, quelles que soient les circonstances où cette mort pourrait être donnée.

Quant à l’économique, inutile de forcer le trait, tant les intérêts en jeu sautent aux yeux : de la mort voulue et choisie en toute connaissance de cause, on passerait à la mort « proposée » (par l’entourage, le corps médical…), puis à la mort « suggérée », puis à la mort « recommandée », enfin - stade final - à la mort quasi-imposée, sous peine de pénalités ou de refus de remboursement des frais médicaux qui resteraient alors à la charge des héritiers. Quand une « chose » n’a plus de valeur, on la met à la poubelle ou à l’incinérateur. Tout simplement.
  
Le scénario vous paraît improbable, peu crédible ? S’il est cependant un domaine où le principe de précaution doit être mis en œuvre sans réserve, c’est bien celui de l’euthanasie. L’enfer est pavé de bonnes intentions et ce ne serait pas la première fois qu’une évolution législative paraissant de prime abord « progressiste » génèrerait des effets pervers aboutissant à un résultat totalement opposé à l’objectif initial.
 
Dans ce contexte, et compte tenu des arguments avancés ci-dessus, nous pensons que la volonté de sacraliser l’humain, évoquée dans Rêve de HAL, de mettre en place des « tabous » pour éviter sa chosification, se révèlent totalement incompatibles avec le projet d’autoriser la légalisation de l’euthanasie, même en multipliant les précautions et autres garde-fous. Sinon, on ouvre la boîte de Pandore.
  
  
Lundi
© La Lettre du Lundi 2011

 

http://lalettredulundi.fr/2011/01/31/la-boite-de-pandore/

 

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Published by Eva R-sistons - dans Eugénisme
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