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26 janvier 2012 4 26 /01 /janvier /2012 03:52

 

http://www.easyvoyage.com/images/cartes/fr_FR/MALOUINES.gif

 

Le litige des Malouines

 

Le Times a révélé hier le plan du gouvernement britannique pour envoyer de nouvelles troupes aux îles Malouines. Cette mesure a fait suite à la récente montée des tensions avec les pays voisins et notamment avec l'Argentine qui revendiqe l'archipel. Déjà  2 000 soldats britanniques stationnent sur l'île ( pour 2 800 habitants). Le premier ministre David Cameron à l'issue d'une réunion de son Conseil national de sécurité le 18 janvier n'avait pas hésité à accuser l'Argentine de "colonialisme" (une attaque qu'on pourrait croire humoristique quand on sait que le Royaume Uni fut la plus grande puissance coloniale de l'histoire, responsable à ce titre de crimes nombreux).

 

Le 20 décembre l'association de pays d'Amérique du Sud Mercosur avait manifesté sa solidarité avec l'Argentine et adopté une mesure d'interdiction des navires battants pavillon des Malouines dans les ports sud-américains (le pavillon des Malouines est un pavillon de complaisance accordé à diverses nationalités, 25 bateaux seraient concernés dont des bateaux de pêche). Les pays bolivariens comme - le Venezuela, l'Equateur, la Bolivie - mais aussi des pays d'Amérique centale comme le Panama et le Honduras ont aussi soutenu cette mesure. Le lendemain l'ancien chef d'état major de la marine britannique suggérait l'envoi d'un sous-marin nucléaire dans la région et le 17 janvier le "gouvernement autonome" des Malouines a interdit à 3 500 passagers (dont beaucoup d'Argentins) d'un paquebot entre le Chili et le Brésil de faire escale dans l'archipel au motif que certains auraient eu une gastro-antérite.

 

La guerre des Malouines en 1982 dont on fête bientôt le trentième anniversaire a causé la mort de 649 soldats argentins et 255 Britanniques. Les Malouines font régulièrement l'objet de débats aux Nations-Unies, en tant que territoire où le respect du droit à l'autodétermination fait problème (comme Guam, Porto Rico, le Sahara occidental etc). En 1833 le Royaume-Uni avait expulsé les Argentins de l'archipel. Il tire prétexte aujourd'hui du fait que la population des Malouines exclusivement britannique refuse les négociations pour exclure toute discussion bilatérale avec Buenos Aires (en juin dernier Cameron avait même parlé avec arrogance de "point final de l'histoire", en violation de la résolution 31/49 de l'assemblée générale des Nations-Unies du 1er décembre 1976).

 

Dans un discours du 20 décembre la présidente argentine Cristina Fernandez-Kirschner a donné au dossier une dimension propre à mobiliser tous les pays du Sud derrière elle en déclarant que les Malouines n'étaient pas un enjeu national argentin mais un thème "global". Elle a souligné que dans le monde actuel les pays qui ont la force iront chercher les ressources naturelles "où qu'elles soient et comme ils veulent". Contraindre Londres à négocier répond donc à un objectif de justice planétaire selon elle pour ne pas cautionner la loi du plus fort.

 

La Grande-Bretagne surexploite les ressources pétrolières et piscicoles de la région. Dans les années 1980-1990 l'activité de pêche organisée par le gouvernement autonome pro-britannique a profondément détrioré le milieu naturel entraînant la disparition de 90 % des pingouins. Les réserves pétrolières de l'archipel sont quant à elles évaluées à un potentiel de 3,5 millions de barils par jour (exploitées par Argos Resources, Borders and Southern, Falkland Oil & Gas Limited (FOGL), Desire Petroleum, FOGL & Hardman et Rockhopper Exploration).

 

Par ailleurs il convient de rappeler que les Malouines doivent recevoir 4,6 millions d'euros au titre du Fonds européen de developpement (EDF) entre 2008 et 2013, soit 232 euros par habitant d'après les calculs de la commission, environ 20 fois plus que la Polynésie française ou la Nouvelle Calédonie. Le 22 décembre le président de la chambre des députés argentine a saisi le président du parlement européen Jerzy Buzek en visite à Buenos Aires pour demander à son parlement de reconnaître l'existence d'un litige territorial entre Londres et Buenos Aires. Le but est de faire retirer les Malouines du Traité de Lisbonne qui reconnaît aux Malouines le statut de territoire d'outre-mer du Royaume Uni.

 

Djibril Cissoko

 

http://atlasalternatif.over-blog.com/article-malouines-l-argentine-refuse-la-loi-du-plus-fort-97520780.html

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/a/af/CaribbeanIslands.png/790px-CaribbeanIslands.png

 

 

Les Caraïbes :

 

Les pays à fort potentiel économique comme les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) ne sont pas les seuls à résister aux diktats occidentaux. C'est aussi le cas de petits pays pauvres qui bordent la mer des Caraïbes (lesquels d'ailleurs profitent indirectement de l'émancipation des BRICS).

 

On a cité en 2011 le rapprochement du Surinam et du Guyana avec le Venezuela. La dernière initiative remarquable dans le même registre est celle de la Jamaïque.

 

Le nouveau premier ministre de cette île Mme Portia Simpson-Miller, du Parti  national du peuple (PNP) qui a remporté les élections du 29 décembre dernier face aux travaillistes (centre droit), a déclaré jeudi lors de sa prise de pouvoir son intention de faire sortir son pays du Commonwealth pour en faire une république, ce qui signifie que la reine d'Angleterre cessera d'en être la souveraine.

 

"J'aime la reine (Elizabeth II) qui est une femme excellente (…), une femme sage et remarquable (…) Mais il est temps d'achever le processus d'accession à l'indépendance", a déclaré Mme Simpson-Miller.

 

En France le quotidien de droite Le Figaro (le 8 janvier), qui qualifie ce premier ministre de "populiste" note que "cette volonté de rompre les liens avec l'ex-empire apparaît comme un camouflet pour les Britanniques, aux premiers jours de l'année du jubilé de diamant d'Élisabeth II". "Le sentiment républicain progresse en Jamaïque depuis plusieurs décennies, ajoute le quotidien conservateur. En 1975, la chanson de Bob Marley No Woman, no Cry était censée faire référence à la reine." Un référendum devrait prochainement entériner cette réforme constitutionnelle.

 

Au lendemain de sa prise de fonction le 6 janvier, la chef du gouvernement de la Jamaïque a reçu le vice-président du Conseil d'Etat cubain Esteban Lazo Hernández. L'agence de presse cubaine Granma qui relate cette nouvelle rappelle que l'ancien premier ministre  Percival Patterson qui gouverna l'île de 1992 à 2006 et qui appartient au même parti que Mme Simpson-Miller était lui-même un "ami de Cuba". En 2001 il s'était prononcé contre l'exclusion de Cuba du CARICOM (organisation régionale pro-occidentale) qui frappait La Havane depuis plusieurs décennies. Sous son mandat, la Jamaïque avait intégré Petrocaribe, le projet qui permet à la Jamaïque de bénéficier du pétrole bon marché et de prêts à 1 % d'intérêt en provenance du Venezuela. Hugo Chavez a immédiatement appelé Mme Simpson-Miller après son élection pour l'inviter à Caracas. Celle-ci a répondu : "Je suis avec vous et avec le véritable esprit bolivarien" (cf AVN).

 

La Jamaïque bénéficie des soins attentionnés de nombreux médecins cubains : la Mission miracle, déployée gratuitement par les services médicaux cubains à travers le monde pour traiter les problèmes ophtalmologiques, a soigné 20 000 Jamaïcains, des bons offices qui sont en concurrence avec ceux des pays du Nord comme la mission floridienne Don Daly financée par la Sandals Foundation (la Fondation philanthropique de la chaîne hotelière de luxe Sandals Resorts International qui possède Air jamaica et multiplie les profits malgré la crise économique que connaît l'île).

 

La Chine est aussi impliquée pour aider le non-alignement jamaïcain. Le 7 janvier la premier ministre et des membres de son gouvernement ont rencontré l'ambassadeur chinois Zheng Qingdianqui pour discuter du prêt de 400 millions d'euros que Pékin va octroyer au Programme jamaïcain d'urgence pour l'emploi (PEEP).

 

L'élection de Mme Simpson-Miller (qui avait déjà été premier ministre en 2007) a été acquise à une très large majorité (elle détient 42 sièges sur 63 au Parlement). Dans ce pays de 2,8 millions d'habitants où la dette atteint 130 % du PIB, le premier ministre, qui est née dans un ghetto de Kingston, s'est engagée à combattre la pauvreté et créer des emplois. Elle a aussi des positions plus ouvertes que ses adversaires sur des thèmes sociétaux comme l'homosexualité (ce qui lui vaut des accusations au sein de son propre parti d'être financée par des groupes homosexuels étrangers et lui a valu une mise en garde et l'incitation du pasteur Wellesley A Blair membre du PNP dans un de ses prêches pour qu'elle préserve la souveraineté du pays à cet égard aussi).

 

A une autre échelle, Haïti, malgré le terrible tremblement de terre qui l'a ravagée en 2010, et malgré l'occupation militaire d'une mission de "maintien de la paix" de l'ONU depuis le renversement d'Aristide par les Français et les Américains, tient tête elle aussi aux exigences occidentales en poursuivant son projet de reconstruire un armée de métier pour se défendre.En novembre dernier, le Canada qui est devenu un auxiliaire important de l'ingérence des pays du Nord en Amérique latine (il était monté au créneau aussi après la réélection de Daniel Ortega au Nicaragua à l'automne dernier), avait fait savoir qu'il s'opposait à la recréation de cette armée en raison du coût de l'opération. Quelques jours plus tard tous les Occidentaux avaient déclaré qu'ils ne paieraient pas pour financer ce projet. même l'ancien président costaricain et prix nobel de la paix Oscar Arias avait été mobilisé pour dissuader le Président haïtien Michel Martelly de rétablir l'armée, après que celui-ci eût précisé dans une conférence de presse à la Havane (ce n'est sans doute pas un hasard) où il devait rencontrer  Raul Castro, qu'il était prêt à former 500 hommes, pour un coût de 25 milions de dollars qui pourraient être prélevés sur le budget de la police. Une commission a été chargée d'examiner le projet et a rendu un rapport favorable, rendu public le 1er janvier à l'occasion du 208e anniversaire de l'indépendance du pays. Pour beaucoup d'Haïtiens le remplacement de la force de l'ONU par une armée nationale est indispensable à la dignité et à la souveraineté du pays.

 

Les relations d'Haïti avec le Venezuela et Cuba, comme celle de la Jamaïque avec ces deux pays, sont au beau fixe. Le Venezuela a été le premier pays (juste devant les Etats-Unis en volume) pour les promesses de don à Haïti après le tremblement de terre de 2010, les dons alimentaires en provenance de Caracas ont afflué tout au long de l'année 2010, et les installations énergétiques qui traitent le pétrole vénézuélien bon marché dans le cadre de l'accord Petrocaribe représenterait un cinquième de la consommation d'énergie électrique du pays. Des centaines de médecins cubains officient à Haïti, l'Ecole latinoaméricaine de Médecine (Elam) de Cuba a également formé quelque 700 médecins haïtiens et 300 autres sont en cours de formation dans une annexe de l'Elam à Santiago de Cuba.

 

Delphine Jaen

 

http://atlasalternatif.over-blog.com/article-haiti-jamaique-l-influence-occidentale-recule-dans-les-caraibes-96709483.html


http://www.jesuiscultive.com/IMG/jpg/Kazakhstan.jpg

 

 

Le Kazakhstan

 

 

Le 16 décembre à l'occastion du vingtième anniversaire de l'indépendance du Kazakhstan, des émeutes ont éclaté dans la ville Janaozen causant de nombreux morts chez les manifestants et les forces de l'ordre

 

Dans une interview du 21 décembre 2011 sur KPRF-TV, Viacheslav Titiokine, membre du comité central du Parti communiste de la fédération de Russie, livrait ses impressions en ces termes sur les événements au Kazakhstan :

 

"Le Kazakhstan est un des 20 plus grands producteurs de pétrole au monde. Il exploite plus d'un million de barils par jour, et avec une population de 16 millions de personnes, cela pourrait sans doute lui permettre de vivre à un haut niveau de vie. En même temps, nous avons reçu des informations en provenance du Kazakhstan selon lesquelles, malgré la prospérité apparente et le luxe que représente la nouvelle capitale qu'ils ont construite sur un mode assez artificiel au coeur du pays, en réalité les problèmes sociaux s'accumulaient, et le facteur déclencheur a été précisément ces contradictions internes au pays. Les gens qui sont montés pour ainsi dire sur les barricades ont fait face aux forces de l'ordre au Kazakhstan avaient sans doute des motifs pour démontrer leur indignation : ils reçoivent des salaires bas, il y a eu des licenciements massifs. Ca les a aussi gêné de voir que les Chinois qui travaillent là sont mieux payés que les employés locaux. Il y a eu un facteur de discrimation nationale, qui heurte la sensibilité. Au Kazakhstan a surgi très vite une classe sociale de "nouveaux riches". Il y a déjà une demi-douzaine de multimillionnaires (...) alors qu'une couche de la population vit dans la misère absolue. Les gens qui travaillent dans le secteur pétrolier ne perçoivent pas un salaire digne. Pour cela l'accumulation de contradictions sociales d'une manière inévitable a débouché sur cette explosion sociale. (...)

 

Mais nous devons aussi prêter attention à la manière dont les protestations se sont développées dans les pays du Proche-Orient. Bien sûr dans ces pays il existait encore plus de conditions pour que surgisse une tention sociale. Néanmoins depuis le début tous les observateurs ont signalé l'influence extérieure. Des forces extérieures sont intervenues immédiatement dans les événements. Pourquoi ces forces ont-elles intérêt à déstabiliser le Kazakhstan? Parce que la destabilisation ou le chaos organisé comme ils l'appellent est le moyen pour eux de contrôler ce pays. Le Kazahstan a une grande importance pour l'Occident. C'est une des grandes puissances extractrices de pétrole, qui a gardé des liens forts avec la Russie. (...) Ces forces étrangères ont utilisé l'indignation légitime des gens afin de déstabiliser le Kazakhstan et de l'entraîner dans l'orbite d'influence occidentale. (...) Les forces de l'oligarchie internationale agissent par l'intermédiaire des services secrets de l'OTAN. Et nous avons vu comment ces services ont agi en Yougoslavie, en Ukraine, en Géorgie et ailleurs. C'est la même signature du Renseignement occidental."

 

Le ministre des affaires étrangères chinois Zhang Hanhuy est allé dans le même sens. Il a manifesté son soutien au gouvernement kazakh et stigmatisé avant-hier les pays extérieurs à la région qui interfèrent dans les affaires des pays asiatiques "sous divers prétextes, les soi-disant droits de l'homme, la démocratie et ainsi de suite de temps en temps". "Le seul résultat d'un tel soin est le chaos, la destruction de la stabilité, a-t-il ajouté. Voyez ce qui se produit le Moyen-Orient et en Afrique du Nord où les personnes armées ont renversé un gouvernement légitime. Et qu'ont-ils donné au peuple, excepté les victimes, le désordre, la pauvreté et le chaos ? Rien !"

 

Le 19 novembre dernier, le président Nazerbaïev qui pourtant entretient d'excellentes relations avec les Etats-Unis avait condamné les ingérences étrangères en Libye et en Syrie et avait refusé toute action contre l'Iran. En octobre le ministre des affaires étrangères du Kazakhstan en visite à Téhéran s'était aussi opposé à toute intrusion étrangère dans les affaires des pays riverains de la Caspienne pour l'exploitation des ressources (notamment pétrolières) de cette mer.

 

Mais pour l'heure la présence d'éventuels agents provocateurs étrangers dans les événements de Janaozen n'est pas démontrée. On note seulement les initiatives de Human Right Watch, liée au multi-millionnaire américain Soros, dans la dénonciation de la répression.

 

http://atlasalternatif.over-blog.com/article-kazakhstan-des-voix-s-elevent-contre-l-ingerence-occidentale-94340732.html

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