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31 mars 2013 7 31 /03 /mars /2013 03:16
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Samedi 30 mars 2013

Plus à perdre qu’à gagner en restant dans l’OTAN

 

Chargé par le président François Hollande de tirer le bilan du retour de la France dans le commandement intégré de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN), Hubert Védrine a conclu que revenir sur la décision prise par Nicolas Sarkozy en 2009 « ne donnerait à la France aucun nouveau levier d’influence ». Régis Debray conteste cette analyse dans cette lettre à Hubert Védrine (article publié par Le Monde diplomatique, mars 2013). Extraits.

 

Voir aussi La France doit quitter l'OTAN, par Régis Debray (Cercle des Volontaires, 27 mars 2013).

 

La France doit quitter l’OTAN

 

(…) Ce rapport m’a beaucoup appris, tout en me laissant perplexe. Tu donnes indirectement quitus à M. Nicolas Sarkozy, avec une sorte de oui mais, d’avoir fait retour au bercail atlantique. Réintégration que tu n’aurais pas approuvée en son temps, mais qu’il y aurait plus d’inconvénient à remettre en cause qu’à entériner. Dans l’Union européenne, personne ne nous suivrait. Resterait pour la France à y reprendre fermement l’initiative, sans quoi il y aurait « normalisation et banalisation » du pays. Voilà qui me donne l’envie de poursuivre avec toi un dialogue ininterrompu depuis mai 1981, quand nous nous sommes retrouvés à l’Elysée dans deux bureaux voisins et heureusement communicants.

 

Le système pyramidal serait devenu un forum qui n’engage plus à grand-chose, un champ de manoeuvre où chaque membre a ses chances, pourvu qu’il sache parler fort. Bref, cette OTAN affaiblie ne mériterait plus l’opprobre d’antan. Je la jugeais, de loin, plus florissante que cela. Considérablement étendue. Douze pays en 1949, vingt-huit en 2013 (avec neuf cent dix millions d’habitants). Le pasteur a doublé son troupeau. L’Alliance était atlantique, on la retrouve en Irak, dans le Golfe, au large de la Somalie, en Asie centrale, en Libye (où elle a pris en charge les frappes aériennes). Militaire au départ, elle est devenue politico-militaire. Elle était défensive, la voilà privée d’ennemi mais à l’offensive. C’est le nouveau benign neglect des Etats-Unis qui aurait à tes yeux changé la donne. Washington a viré de bord, vers le Pacifique, avec Pékin et non Moscou pour adversaire-partenaire. Changement de portage général. D’où des jeux de scène à la Marivaux : X aime Y, qui aime Z. L’Europe énamourée fixe ses regards vers l’Américain, qui, fasciné, tourne les siens vers l’Asie.

 

Le Vieux Continent a l’air fin, mais le cocu ne s’en fait pas trop. Il demande seulement quelques égards. Nous, Français, devrions nous satisfaire de quelques postes honorifiques ou techniques dans les états-majors, à Norfolk (Etats-Unis), à Mons (Belgique), de vagues espoirs de contrats pour notre industrie, et de quelques centaines d’officiers dans les bureaux, réunions et raouts à foison.

La relation transatlantique a sa dynamique. Evident est le déclin relatif de la puissance américaine dans le système international, mais le nôtre semble être allé encore plus vite. L’OTAN n’est plus ce qu’elle était en 1966 ? Peut-être, mais la France non plus.

Nos compatriotes broient déjà assez du noir pour leur éviter la cruauté d’un avant/après en termes de puissance, de rayonnement international et d’indépendance d’allure (« indépendance », le leitmotiv d’hier, étant désormais gommé par « démocratie »). Emploi, services publics, armée, industrie, francophonie, indice des traductions, grands projets : les chiffres sont connus, mais passons. En taille et en volume, le rapport reste ce qu’il était : de un à cinq. En termes de tonus et de vitalité, il est devenu de un à dix.

 

Une nation normalisée et renfrognée

 

Etats-Unis : une nation convaincue de son exceptionnalité où la bannière étoilée est hissée chaque matin dans les écoles et se promène en pin’s au revers des vestons, et dont le président proclame haut et fort que son seul but est de rétablir le leadership mondial de son pays. « Boosté » par la révolution informatique qui porte ses couleurs et parle sa langue, au coeur, grâce à ses entreprises, du nouvel écosystème numérique, il n’est pas près d’en rabattre. Sans doute, avec ses Latinos et ses Asiatiques, peut-on parler d’un pays posteuropéen dans un monde postoccidental, mais s’il n’est plus seul en piste, avec la moitié des dépenses militaires du monde, il peut garder la tête haute. Et mettre en oeuvre sa nouvelle doctrine : leading from behind (« diriger sans se montrer »).

 

France : une nation normalisée et renfrognée, dont les beaux frontons - Etat, République, justice, armée, université, école - se sont évidés de l’intérieur comme ces nobles édifices délabrés dont on ne garde que la façade. Où la dérégulation libérale a rongé les bases de la puissance publique qui faisait notre force. Où le président doit dérouler le tapis rouge devant le président-directeur général de Google, acteur privé qui jadis eût été reçu par un secrétaire d’Etat. Sidérante diminutio capitis. Nous avons sauvé notre cinéma, par bonheur, mais le reste, le régalien…

Le Français de 1963, s’il était de gauche, espérait en des lendemains chanteurs ; et s’il était de droite, il avait quelque raison de se croire le pivot de la construction européenne, avec les maisons de la culture et la bombe thermonucléaire en plus. Celui de 2013 ne croit en rien ni en personne, bat sa coulpe et a peur autant de son voisin que de lui-même. Son avenir l’angoisse, son passé lui fait honte. Morose, le Français moyen ? C’est sa résilience qui devrait étonner. Pas de suicide collectif : un miracle.  Garder une capacité propre de réflexion et de prévision ? Indispensable, en effet. Quand notre ministre de la défense vient invoquer, pour expliquer l’intervention au Mali, la « lutte contre le terrorisme international », absurdité qui n’a même plus cours outre-Atlantique, force est de constater un état de phagocytose avancée, quoique retardataire. Loger dans le fourre-tout « terrorisme » (un mode d’action universel) les salafistes wahhabites que nous pourchassons au Mali, courtisons en Arabie saoudite et secourons en Syrie conduit à se demander si, à force d’être interopérable, on ne va pas devenir interimbécile.

 

Le défi que tu lances - agir de l’intérieur - exige et des capacités et une volonté.

 

1. Pour montrer « exigence, vigilance et influence », il faut des moyens financiers et des think tanks compétitifs. Il faut surtout des esprits originaux, avec d’autres sources d’inspiration et lieux de rencontre que le Center for Strategic and International Studies (CSIS) de Washington ou l’International Institute for Strategic Studies (IISS) de Londres. Où sont passés les équivalents des maîtres d’oeuvre de la stratégie nucléaire française, les généraux Charles Ailleret, André Beaufre, Pierre Marie Gallois ou Lucien Poirier ? Ces stratèges indépendants, s’ils existent, ont apparemment du mal à se faire connaître.

 

2. Il faut une volonté. Elle peut parfois tirer parti de l’insouciance générale, qui n’a pas que des mauvais côtés. Elle a permis à Pierre Mendès France, dès 1954, et à ses successeurs de lancer et de poursuivre en sous-main la fabrication d’une force de frappe nucléaire. Or l’actuelle démocratie d’opinion porte en première ligne, gauche ou droite, des hommes-baromètres plus sensibles que la moyenne aux pressions atmosphériques. On gouverne à la godille, le dernier sondage en boussole et cap sur les cantonales. En découdre dans les sables avec des gueux isolés et dépourvus d’Etat-sanctuaire, avec un bain de foule à la clé, tous nos présidents, après Georges Pompidou, se sont offert une chevauchée fantastique de ce genre (hausse de la cote garantie). Heurter en revanche la première puissance économique, financière, militaire et médiatique du monde reviendrait à prendre le taureau par les cornes, ce n’est pas dans les habitudes de la maison. La croyance dans le droit et dans la bonté des hommes n’entraîne pas à la virtu, mais débouche régulièrement sur l’obéissance à la loi du plus fort. Le socialiste de 2013 prend l’attache du département d’Etat aussi spontanément qu’en 1936 celui du Foreign Office. Le pli a la vie dure. WikiLeaks nous a appris que, peu après la seconde guerre d’Irak, l’actuel ministre de l’économie et des finances M. Pierre Moscovici, alors chargé des relations internationales au Parti socialiste, s’en est allé rassurer les représentants de l’OTAN sur les bons sentiments de son parti envers les Etats-Unis, jurant que s’il remportait les élections, il ne se conduirait pas comme un Jacques Chirac. M. Michel Rocard avait déjà manifesté auprès de l’ambassadeur américain à Paris, le 24 octobre 2005, sa colère contre le discours de M. Dominique de Villepin à l’Organisation des Nations unies (ONU) en 2003, en précisant que, lui président, il serait resté silencieux. Demander à l’ex-« gauche américaine » de ruer dans les brancards est un pari hasardeux. Napoléon en 1813 n’a pas demandé à ses Saxons de reprendre leur poste sous la mitraille (…).

 

La « famille occidentale », une mystification

 

Rentrer dans le rang pour viabiliser une défense européenne, la grande pensée du règne précédent, témoigne d’un curieux penchant pour les cercles carrés. Neuf Européens sur dix ont pour stratégie l’absence de stratégie. Il n’y a plus d’argent et on ne veut plus risquer sa peau (on a déjà donné). D’où la fumisterie d’un « pilier européen » ou d’un « état-major européen au sein de l’OTAN ». Le seul Etat apte à des accords de défense conséquents avec la France, le Royaume-Uni, conditionne ceux-ci à leur approbation par Washington. Il vient d’ailleurs d’abandonner le porte-avions commun. L’Alliance atlantique ne supplée pas à la faiblesse de l’Union européenne (sa « politique de sécurité et de défense commune »), elle l’entretient et l’accentue. En attendant Godot, nos jeunes et brillants diplomates filent vers un « service diplomatique européen » richement doté, mais chargé d’une tâche surhumaine : assumer l’action extérieure d’une Union sans positions communes, sans armée, sans ambition et sans idéal. Sous l’égide d’une non-personnalité.

 

Quant au langage de l’« influence », il fleure bon la IVe République. « Ceux qui acceptent de devenir piétaille détestent dire qu’ils sont piétaille » (de Gaulle encore, à l’époque). Ils assurent qu’ils ont de l’influence, ou qu’ils en auront demain. Produire des effets sans disposer des causes relève de la pensée magique. Influer veut dire peser sur une décision. Quand avons-nous pesé sur une décision américaine ? Je ne sache pas que M. Barack Obama ait jamais consulté nos influentes autorités nationales avant de décider d’un changement de stratégie ou de tactique en Afghanistan, où nous n’avions rien à faire. Il décide, on aménage.

 

La place du brillant second étant très logiquement occupée par le Royaume-Uni, et l’Allemagne, malgré l’absence d’un siège permanent au Conseil de sécurité, faisant désormais le troisième, nous serons donc le souffleur n° 4 de notre allié n° 1 (et en Afghanistan, nous fûmes bien, avec notre contingent, le quatrième pays contributeur). Evoquer, dans ces conditions,« une influence de premier plan au sein de l’Alliance » revient à faire cocorico sous la table.

 

Nous glissions depuis longtemps le long du toit, me diras-tu, et M. Sarkozy n’a fait que parachever un abandon commencé sous ses prédécesseurs. Certes, mais il lui a donné son point d’orgue symbolique avec cette phrase : « Nous rejoignons notre famille occidentale. » Ce n’est pas d’aujourd’hui qu’un champ clos de rivalités ou un système de domination se déguise en famille. Vieille mystification qu’on croyait réservée à la « grande famille des Etats socialistes ». D’où l’intérêt d’en avoir plusieurs, des familles naturelles et des électives, pour compenser l’une par l’autre.

 

Sentimentalement, j’appartiens à la famille francophone, et me sens autant et plus d’affinités avec un Algérien, un Marocain, un Vietnamien ou un Malgache qu’avec un Albanais, un Danois ou un Turc (tous trois membres de l’OTAN). Culturellement, j’appartiens à la famille latine (Méditerranée et Amérique du Sud). Philosophiquement, à la famille humaine. Pourquoi devrais-je m’enfermer dans une seule ? Pourquoi sortir de la naphtaline la notion chérie de la culture ultraconservatrice (Oswald Spengler, Henri Massis, Maurice Bardèche, les nervis d’Occident, qui ne figure pas, d’ailleurs, dans le traité de l’Atlantique nord de 1949, qui n’apparaît presque jamais sous la plume de de Gaulle et que je ne me souviens pas avoir entendue dans la bouche de Mitterrand ?

 

En réalité, si l’Occident doit aux yeux du monde s’identifier à l’Empire américain, il récoltera plus de haines que d’amour, et suscitera plus de rejet que de respect. Il revenait à la France d’animer un autre Occident, de lui donner un autre visage que Guantánamo, le drone sur les villages, la peine de mort et l’arrogance. Y renoncer, c’est à fois compromettre l’avenir de ce que l’Occident a de meilleur, et déjuger son propre passé. Bref, nous avons raté la marche (…).

 

Et si on prend un peu plus de hauteur, toujours derrière Hegel, il se pourrait bien que l’américanisation des modes de vie et de penser (rouleau compresseur qui n’a pas besoin de l’OTAN pour poursuivre sa course) ne soit que l’autre nom d’une marche en avant de l’individu commencée avec l’avènement du christianisme. Et donc une extension du domaine de la douceur, une bonne nouvelle pour les minorités et dissidences de toutes espèces, sexuelles, religieuses, ethniques et culturelles. Une étape de plus dans le processus de civilisation, comme passage du brut au raffiné, de la rareté à l’abondance, du groupe à la personne, qui vaut bien qu’on en rabatte localement sur la gloriole. Ce qui peut nous rester d’une vision épique de l’histoire, ne devrions-nous pas l’enterrer au plus vite si l’on veut vivre heureux au XXIe siècle de notre ère, et non au XIXe ?

Verdun, Stalingrad, Hiroshima… Alger, Hanoï, Caracas… Des millions de morts, des déluges de souffrances indicibles, dans quel but, finalement ? Il m’arrive de penser que notre indifférence au destin collectif, le repli sur la sphère privée, notre lente sortie de scène ne sont pas qu’un lâche soulagement mais l’épanouissement de la prophétie de Saint-Just, « le bonheur est une idée neuve en Europe ». En conséquence de quoi il y a plus de sens et de dignité dans des luttes pour la qualité de l’air, l’égalité des droits entre homos et hétéros, la sauvegarde des espaces verts et les recherches sur le cancer que dans de sottes et vaines querelles de tabouret sur un théâtre d’ombres (…).

 

La réponse de Hubert Védrine sera publiée dans le Monde Diplomatique d’avril 2013.

 

 

 

sur ce site,

 

 

JP Chevènement explique en quoi consiste le vice constitutif de l'euro

La crise de la monnaie unique est due à un vice de conception La France s’est mise dans une redoutable impasse* dans les années 1980-1990 en faisant des choix politiques erronés (dérégulation,…


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22 mars 2013 5 22 /03 /mars /2013 21:21

 

Entretien avec Mahdi Darius Nazemroaya


L’OTAN n’amène que la destruction, la pauvreté, l’insécurité et la misère. Elle doit être abolie

Apprécié pour la rigueur et la justesse de ses analyses le sociologue canadien Mahdi Darius Nazemroaya (*), 30 ans, s’est imposé comme un des meilleurs connaisseurs de l’OTAN. Ses investigations, traduites en de nombreuses langues, ont acquis une audience internationale et son ouvrage « The globalisation of NATO » [« La mondialisation de l’OTAN »] fait aujourd’hui référence. En 400 pages denses, fascinantes, préoccupantes, il nous fait prendre la mesure de la menace que l’OTAN fait peser sur la paix du monde et l’avenir de nombreux peuples. Il nous fait également prendre conscience de l’urgence qu’il y aurait à obtenir la dissolution de cette dangereuse organisation.
19 mars 2013 | Thèmes (S.Cattori) : OTAN

Silvia Cattori : Dans votre remarquable ouvrage vous mettez en lumière les stratégies mises en place par l’OTAN pour étendre son emprise militaire dans le monde. J’aimerais vous demander ce qui vous a motivé à consacrer tant d’énergie à un sujet aussi ardu et exigeant. Comment en êtes-vous venu à considérer que l’analyse du rôle de l’OTAN et des stratégies qu’elle a mises en place était une tâche absolument essentielle ?

Mahdi Darius Nazemroaya : Les graines de ce livre ont été semées en 2007. J’avais alors rédigé un petit manuscrit mettant en relation les guerres en Afghanistan et en Irak (qui avaient fait suite aux tragiques évènements du 11 septembre 2001) avec l’expansion de l’OTAN, le projet de bouclier antimissiles états-unien - que je décrivais comme s’étant finalement couvert du manteau d’un projet de l’OTAN, - et le concept de ce que les néoconservateurs et leurs alliés sionistes appellent « destruction créative » pour redessiner la restructuration des pays du Moyen-Orient, et l’encerclement aussi bien de la Chine que de la Russie.

J’ai toujours considéré que tous les évènements négatifs auxquels le monde est confronté étaient les éléments d’un ensemble ; ou de ce que le savant et révolutionnaire hongrois György Lukács a appelé « totalité fragmentée ». Les guerres en « série », l’accroissement des lois de sécurité, la guerre contre le terrorisme, les réformes économiques néolibérales, les « révolutions colorées » dans l’espace post-soviétique, la diabolisation de différentes sociétés par les médias, l’élargissement de l’OTAN et de l’Union Européenne, et les fausses accusations au sujet d’un programme d’armement nucléaire iranien font partie d’un tout. Un de mes articles publié en 2007 [1], posait également les principales bases de cette feuille de route et reliait tous les éléments de la guerre perpétuelle à laquelle nous assistons.

J’ai écrit ce livre parce que je pensais que c’était un sujet très important. J’ai lu la plupart des textes de l’abondante littérature concernant l’OTAN et aucun n’examine l’OTAN dans la perspective critique où je me place. De même qu’aucun ne relie l’OTAN de manière pertinente à une « vue d’ensemble » des relations internationales. Un chercheur de l’Université Carleton m’a dit que mon livre était comme une Bible des relations internationales et de tous ses sujets importants. Je vois moi aussi mon livre sur l’OTAN de cette manière.

Ma principale motivation pour écrire ce livre était d’amener les lecteurs à prendre conscience de la nature impérialiste des conflits internationaux modernes et de les aider à en voir la « totalité » au lieu de ses éléments « fragmentés ». Quand vous voyez l’ensemble, vous êtes en mesure de prendre de meilleures décisions. Je pense avoir donné de l’OTAN une évaluation correcte. Dans sa bibliothèque à Bruxelles il y a un exemplaire de mon livre. C’est l’OTAN elle-même qui a annoncé son acquisition comme l’une des ressources de sa bibliothèque, en novembre 2012. Ce livre est ma contribution, en tant que chercheur, pour essayer de permettre aux lecteurs de prendre des décisions en connaissance de cause en voyant au-delà des effets de miroirs et des éléments fragmentés du tableau.

Aujourd’hui dans le monde, les gens sont de façon générale plus instruits. Mais malheureusement l’ignorance se répand en ce qui concerne les relations de pouvoir et ce qui se passe dans ce domaine au niveau mondial. Nous entrons dans une ère trompeuse de l’histoire où beaucoup de gens à travers le monde sentent de plus en plus qu’ils ne peuvent rien faire d’autre que d’être des spectateurs impuissants, réduits à n’être que des particules, des rouages, ou des extensions d’une immense machine invisible sur laquelle ils n’ont aucun contrôle.

Les scénarios du livre de George Orwell « 1984 » se sont pour l’essentiel réalisés. Les gens sont devenus étrangers à leur monde et gouvernés de plus en plus par cette machine capitaliste invisible qui travaille à détruire toutes sortes de façon alternatives de vivre ou de penser ; l’ordre qui s’impose aujourd’hui à nous est comme un resserrement de la « cage d’acier » de Max Weber [2] qui réduit de plus en plus notre indépendance et nos mouvements.

La plupart des gens regardent maintenant les nouvelles et la télévision passivement. Ils essaient de se distraire de la réalité ; ils tentent d’engourdir leur conscience et de vivre dans un faux état de bonheur qui leur permet d’ignorer la réalité et les misères du monde. Collectivement, nos esprits ont été colonisés, on leur a fait croire à un faux ordre des choses. L’humanité est en train d’être de plus en plus déshumanisée. Peut-être que j’ai l’air hégélien, mais les gens deviennent étrangers à eux-mêmes. Ils deviennent aussi étrangers aux capacités de leur propre esprit et aux talents dont ils ont été dotés. Mais la vérité est que nous ne sommes pas séparés des évènements et des processus qui façonnent ce monde. Nous ne devrions pas devenir les esclaves des objets ou des structures de notre propre fabrication, que ce soit le capitalisme ou les structures politiques. Nous ne devons pas devenir de simples spectateurs de notre parcours de vie.

L’hégémonie est un processus continu de leadership, de contrôle, et d’influence qui implique à la fois la contrainte et le consentement. Mais son emprise n’est jamais totale et elle peut toujours être combattue. Nous voyons des défis à l’hégémonie dans la construction de blocs historiques qui affrontent les centres de pouvoir impérialistes et capitalistes. Le Mouvement bolivarien d’Hugo Chávez et l’ALBA sont des exemples réussis d’une contestation de l’hégémonie traditionnelle des élites compradores qui gouvernent la région au bénéfice de forces extérieures.

Silvia Cattori : Un grand chapitre passionnant et troublant de votre livre est consacré à l’Afrique. L’entrée en guerre de la France au Mali n’a pas dû être une surprise pour vous. La déstabilisation de ce pays affaibli, engendrée par l’intervention de la France en Libye, n’ouvre-t-elle pas une grave crise dans tous les pays du Sahel, de l’Atlantique à la Mer rouge ?

Mahdi Darius Nazemroaya : Dès le début j’ai soutenu que la division du Soudan, l’intervention française en Côte d’Ivoire soutenue par les États-Unis, et la guerre de l’OTAN en Libye, faisaient partie d’une deuxième « ruée vers l’Afrique ». J’ai expliqué que la guerre en Libye visait à déstabiliser d’autres parties de l’Afrique et aurait un effet d’entraînement sur une large partie de ce continent incluant des pays comme le Niger et le Mali.

Dans mon livre, j’ai examiné le Sahel qui est constitué par les terres intérieures de l’Algérie, du Niger, de la Libye, et du Mali. La guerre de l’OTAN contre la Libye a déclenché une réaction en chaîne, comme une démolition contrôlée, que les États-Unis et leurs alliés utilisent pour contrôler une vaste portion de l’Afrique et de ses ressources. Comme la première « ruée vers l’Afrique » qui a été déclenchée par une crise économique dans les pays industrialisés de l’Europe occidentale, ces évènements concernent en fait le contrôle des ressources. Alors que les États-Unis s’impliquaient davantage en Afrique, son gouvernement et le Pentagone se sont mis à parler de plus en plus de l’expansion des facilités dont disposait Al-Qaïda en Afrique et de la manière dont l’armée américaine et ses alliés devaient combattre cette organisation en augmentant leur présence sur le continent africain. En fait, les États-Unis ont constitué en 2011 un budget pour l’actuelle guerre au Mali sous le couvert de la lutte contre Al-Qaïda en Afrique de l’Ouest. Des intérêts stratégiques comme l’obsession grandissante des États-Unis pour le Golfe de Guinée et l’approvisionnement en pétrole en Afrique de l’Ouest sont occultés dans un récit qui nous parle de la lutte contre les groupes terroristes rangés sous le label d’Al-Qaïda. Nous savons d’expérience que l’Empire américain a en fait travaillé avec ces groupes, aussi bien en Libye qu’en Syrie. Et que l’on cherche à pousser hors d’Afrique la Chine, la Russie, l’Inde, le Brésil, et d’autres rivaux économiques du bloc occidental, mais on n’en parle pratiquement pas. En lieu et place, on déguise les intérêts des États-Unis et des ses alliés de l’OTAN comme la France, en objectifs altruistes visant à aider des États faibles.

Pour en revenir au Mali. Je n’ai pas été surpris quand le Président François Hollande et son gouvernement ont ordonné aux soldats français d’envahir ce pays. Aussi bien la France que les États-Unis sont très au fait des réserves de gaz et de pétrole au Mali, au Niger, et dans l’ensemble du Sahel. Mon livre traite de ces points et de la création par le gouvernement français, en 1945, d’un Bureau de recherches pétrolières dans le but d’extraire le pétrole et le gaz de cette région. Quelques années plus tard, en 1953, Paris a délivré des licences d’exploitation à quatre compagnies françaises en Afrique. En raison de ses craintes, à la fois des empiétements américains et des demandes africaines d’indépendance, Paris a créé l’Organisation Commune des Régions Sahariennes (OCRS) pour maintenir son contrôle sur les parties riches en ressources de ses territoires africains qui possèdent du pétrole, du gaz, et de l’uranium. L’uranium a été important pour garantir l’indépendance de la France vis-à-vis de Washington par la création d’une force de dissuasion nucléaire stratégique, en riposte au monopole anglo-américain.

Ce n’est donc pas un hasard si les zones du Sahel que les États-Unis et ses alliés ont désignées comme faisant partie de la zone où Al-Qaïda et les terroristes sont situés correspondent à peu près aux frontières de l’OCRS, riche en énergie et en uranium. En 2002, le Pentagone a commencé d’importantes opérations visant à contrôler l’Afrique de l’Ouest. Cela a eu lieu sous la forme de l’Initiative Pan-Sahel, qui a été lancée par l’US European Command (EUCOM) et l’US Central Command (CENTCOM). Sous la bannière de ce projet de l’armée américaine, le Pentagone a formé des troupes du Mali, du Tchad, de la Mauritanie, et du Niger. Les plans visant à établir l’Initiative Pan-Sahel remontent toutefois à 2001, lorsque l’Initiative pour l’Afrique a été lancée à la suite des attentats du 11 septembre. Sur la base de l’Initiative Pan-Sahel, la Trans-Saharan Counter-terrorism Initiative (TSCTI) a été lancée en 2005 par le Pentagone sous le commandement du CENTCOM. Le Mali, le Tchad, la Mauritanie, et le Niger ont été rejoints par l’Algérie, le Maroc, le Sénégal, le Nigeria, et la Tunisie. La TSCTI a été transférée en 2008 au commandement de l’AFRICOM récemment activé. Il faut relever que le capitaine Amadou Sanogo, le leader du coup d’État militaire qui a eu lieu au Mali le 21 mars 2012, est l’un des officiers maliens qui ont été formés dans le cadre de ces programmes américains en Afrique de l’Ouest.

L’analyse du coup d’État de 2012 au Mali montre qu’il s’agit d’un acte criminel. Le coup d’État militaire a renversé le Président Amadou Toumani Touré sous prétexte qu’il ne pouvait pas restaurer l’autorité malienne sur le nord du pays. Le Président Amadou était sur le point de quitter son poste et n’avait pas l’intention de rester dans la vie politique, et les élections allaient avoir lieu dans moins de deux mois. Ce coup d’État a essentiellement empêché une élection démocratique d’avoir lieu et l’action du capitaine Sanogo a mis fin au processus démocratique au Mali et a déstabilisé le pays. Sa nouvelle dictature militaire a été reconnue par l’OTAN et par le gouvernement installé en Côte d’Ivoire par les Français. Les États-Unis ont continué à financer le gouvernement militaire du Mali et des délégations militaires et civiles des États-Unis et d’Europe occidentale ont rencontré le régime militaire de Sanogo. Peu après, la France a déclaré qu’elle avait le droit d’intervenir en Afrique partout où ses citoyens et ses intérêts étaient menacés. C’était autant de préliminaires.

Les armes qui sont utilisées au Mali et au Niger aussi bien par les groupes terroristes que par les tribus touaregs sont liées aux actions de l’OTAN en Libye. Plus précisément ces armes viennent des arsenaux libyens pillés, et des armes envoyées en Libye par les Français, les Anglais et les Qataris. L’OTAN a eu un rôle direct dans ce domaine et l’on sait que les Français ont soudoyé les groupes touaregs et ont contribué à les armer et à les financer durant la guerre contre la Libye. Du reste, en Afrique, les Français ont toujours manipulé les Touaregs et les Berbères contre d’autres groupes ethniques à des fins coloniales.

Par ailleurs, les tensions entre le Soudan et le Sud-Soudan sont attisées. La région soudanaise du Darfour et la Somalie sont toujours des points chauds. Tout cela fait partie d’un arc africain de crise qui est utilisé pour restructurer l’Afrique et l’englober dans les frontières du bloc occidental.

Silvia Cattori : Quand sous l’impulsion du président Sarkozy, après 33 ans de retrait, la France est revenue dans le commandement militaire de l’OTAN, il n’y a eu aucune protestation. N’est-ce pas le signe que les citoyens ignorent, que cette organisation menace l’humanité et que l’appartenance de leur pays à l’OTAN implique sa subordination à la politique étrangère belliciste de Washington et la perte de sa souveraineté ?

Mahdi Darius Nazemroaya : Je pense que ce que le Président Sarkozy a fait en réintégrant la France dans le commandement militaire de l’OTAN est largement le reflet d’un consensus au sein de la classe politique française. Je sais qu’à Paris de nombreuses voix politiques l’ont critiqué, mais si au sein de la classe politique française l’opposition avait été intransigeante, elle aurait pu faire beaucoup plus que parler. Aujourd’hui, les membres de l’establishment politique français, aussi bien à « gauche » qu’à « droite », se battent entre eux pour savoir qui va le mieux servir les centres impérialistes et capitalistes à Washington et à New York. L’establishment politique français ne fait pas cela parce qu’il est particulièrement pro-américain, mais parce qu’il est au service du système mondial corrompu qui sert lui-même le capitalisme global dont le centre en voie d’affaiblissement est aux États-Unis. Ainsi, nous avons aussi besoin de réévaluer ce qu’est l’anti-américanisme, ou d’où proviennent et ce que représentent en fait les sentiments anti-américains.

De larges segments de l’élite de l’Europe occidentale sont au service de ce système mondial parce que leurs propres intérêts y sont investis et y sont liés. Comme les États-Unis sont en voie d’affaiblissement et en lutte pour maintenir leur primauté mondiale en tant que centre du capitalisme, de la régulation et de l’accumulation capitaliste, ils vont de plus en plus déléguer leurs missions impériales à des pays comme la France. On verra également davantage de compromis entre les États-Unis et des pays alliés comme la France et l’Allemagne. Il s’agit là d’une décentralisation dialectique du pouvoir des États-Unis visant à renforcer l’hégémonie du système mondial et à maintenir l’Empire américain par délégation. Il faut noter que ce système capitaliste mondial est fragmenté en blocs, raison pour laquelle nous voyons des rivalités entre les États-Unis, la Chine et la Russie.

De façon générale, la majorité des citoyens dans de nombreuses sociétés sont de plus en plus passifs vis-à-vis des décisions de leurs gouvernements et de leurs dirigeants. C’est le reflet d’un sentiment croissant d’aliénation, de détachement et d’impuissance qui a transformé les êtres humains en marchandises et en objets. Cela fait partie du resserrement de la « cage d’acier » dont je parlais plus haut, en termes weberiens.

Silvia Cattori : La France a été au commencement, avec le Qatar, le principal « parrain » de la déstabilisation de la Syrie [3]. La Chine et la Russie ont empêché par leurs vétos l’adoption d’une résolution du Conseil de sécurité qui aurait autorisé une intervention militaire de l’OTAN comme cela a été le cas en Libye. Mais on peut se demander si les pays de l’OTAN et leurs alliés arabes ne sont pas en train de réaliser leur plan de déstabilisation de la Syrie par d’autres voies ? Et pensez-vous que la Chine et la Russie pourront durablement contenir l’OTAN tant que les pays émergents n’auront pas leur mot à dire et les moyens d’imposer un véritable multilatéralisme au Conseil de sécurité ?

Mahdi Darius Nazemroaya : En premier lieu, il faut voir que les évènements en Syrie font partie d’une guerre par procuration menée par les États-Unis, l’OTAN, Israël et les dictatures arabes (comme l’Arabie Saoudite), contre la Chine, la Russie, l’Iran et leurs alliés. Deuxièmement, quand on considère les évènements en Syrie d’un point de vue international, on devrait penser à la Guerre civile espagnole qui a éclaté avant la Deuxième guerre mondiale. De même, on peut considérer les évènements en Libye et en Afrique, et peut-être les invasions antérieures de l’Afghanistan et de l’Irak, en pensant à l’invasion de la Chine par le Japon ou l’invasion de la Tchécoslovaquie par l’Allemagne avant la Deuxième guerre mondiale. Cela ne signifie pas que la Syrie ou ces évènements soient nécessairement le prélude à une Troisième guerre mondiale, mais ils ont le potentiel d’allumer un vaste incendie au niveau mondial — à moins que l’on ne pense que tous ces évènements font déjà partie de la Troisième guerre mondiale.

Les thèses de Giovanni Arrighi sur les cycles systématiques d’accumulation dans le « système-monde » peuvent nous aider à trouver une base de réflexion. Son travail est important parce que nous pouvons l’utiliser pour lier entre eux, de la Syrie à l’Afrique, les éléments dont nous parlions en termes de « totalité fragmentée » constituant le système mondial. Les cycles d’accumulation étudiés par Arrighi se rapportent à des périodes de temps qui s’étendent sur une centaine d’année ou plus, durant lesquelles le centre du capitalisme dans le système mondial se situe dans un lieu géographique ou un pays donné. Ses thèses sont fortement influencées par les travaux du savant français Fernand Braudel sur l’expansion du capitalisme. Pour Arrighi ces centres d’accumulation ont été les pouvoirs hégémoniques du système mondial en expansion. À la dernière étape de chaque cycle, les capitalistes déplacent leurs capitaux de ces centres dans d’autres endroits et finalement dans le nouveau centre capitaliste qui a émergé. Ainsi, chronologiquement, le pouvoir hégémonique du système mondial a été transféré de la ville-État italienne de Gênes aux Pays-Bas, puis en Grande Bretagne et, finalement, aux États-Unis. Le déplacement géographique du centre du système mondial se produit au cours d’une période de crise, au moins pour les anciens centre capitalistes, et dans un court laps de temps. Nous en arrivons aujourd’hui à la Chine. Ce qui se passe est que le centre du capital est sur le point de sortir des États-Unis. Si l’on suit la tendance soulignée par Arrighi, alors le prochain centre d’accumulation capitaliste du système mondial sera la Chine. Toutefois d’autres scénarios ne sont pas à écarter, comme une direction globale de toutes les principales puissances capitalistes. En me référant aux travaux d’Arighi, je veux dire ici que nous avons affaire à un système capitaliste mondial qui inclut la Chine et la Russie. Ni les États-Unis ni la Chine ni la Russie ne veulent perturber ce système. Ils sont en compétition pour en devenir le centre d’accumulation capitaliste. C’est pourquoi aucune des parties ne veut une guerre directe. C’est pourquoi les Chinois n’ont pas utilisé la dette étrangère américaine pour dévaster l’économie des États-Unis ; la Chine souhaite voir un transfert ordonné du centre d’accumulation depuis les États-Unis.

La Chine et la Russie ne changeront pas leurs politiques et leurs positions sur la Syrie ou l’Iran, mais elles veulent éviter une guerre qui perturbe le système capitaliste mondial. Bien sûr, les États-Unis essaient de maintenir leur position en tant que centre du système mondial, par la force brute, ou en impliquant leurs alliés et vassaux dans leurs opérations impérialistes, comme au Mali et en Libye.

Silvia Cattori : Vous consacrez un long chapitre (p 67 à 113) à l’intervention de l’OTAN en Yougoslavie. Pouvez-vous résumer pour nos lecteurs ce à quoi cette guerre, qui a démembré un pays et généré tant de souffrances, devait aboutir ?

Mahdi Darius Nazemroaya : Le démantèlement de la République fédérative socialiste de Yougoslavie a été une étape importante pour ouvrir les portes d’une expansion vers l’Est de l’OTAN et de l’Union Européenne. Il a ouvert la route pour la marche vers les frontières de la Russie et de l’ex-Union soviétique. L’ex-Yougoslavie était aussi un obstacle majeur vis-à-vis du projet euro-atlantique de l’OTAN et de l’UE en Europe. En outre, la guerre de l’OTAN en Yougoslavie a permis de préparer la logistique des guerres en Afghanistan et en Irak.

Silvia Cattori : Denis J.Halliday [4] écrit dans la préface de votre ouvrage : « L’OTAN n’amène que la destruction, la pauvreté, l’insécurité et la misère. Elle doit être abolie ». Quand on sait qu’il n’y a aucun mouvement qui s’oppose à la guerre, que des ONG comme Amnesty, HRW, MSF, MDM, prennent le parti de l’ingérence militaire des grandes puissances, comme on l’a vu en ex-Yougoslavie, au Soudan, en Libye, en Syrie, que peut-on suggérer à toute une jeunesse en quête de justice et désireuse d’agir pour un monde meilleur ? Que peuvent faire concrètement les peuples européens contre la machine destructrice de l’OTAN ?

Mahdi Darius Nazemroaya : Comme je l’ai dit, nous en sommes arrivés à la situation décrite par George Orwell dans son roman “1984”. Amnesty International, Human Rights Watch, et une grande partie des ONG de l’industrie humanitaire sont des outils de l’impérialisme pratiquant les deux poids deux mesures. Les organisations d’aide étrangère sont profondément politiques et politisées. Cela ne signifie pas que tous leurs employés soient de mauvaises gens qui ne veulent pas aider le monde. Bon nombre de leurs employés et des bénévoles sont des gens estimables ; ils ne comprennent pas tous les faits et ils ont de bonnes intentions. Ces gens ont été trompés ou aveuglés par la pensée de groupe institutionnelle. Leurs esprits devraient être débarrassés de tous les préjugés et de la désinformation dont ils ont été nourris ; une véritable tâche de dévouement.

Les citoyens des pays de l’OTAN doivent travailler à se positionner eux-mêmes pour informer leurs sociétés respectives sur l’OTAN et finalement les influencer pour qu’elles se retirent de cette organisation. Cela peut être fait de diverses manières. Mais cela commence par une compréhension de ce qu’est l’OTAN et une connaissance non censurée de son histoire.

Je ne suis pas une autorité morale ou un stratège. Se maintenir soi-même sur la bonne voie est déjà un défi assez difficile, je pense. Je n’ai aucun droit à pontifier sur la façon dont les gens devraient vivre. Je vais toutefois vous dire ce que je pense personnellement. À mon avis, le plus gros problème pour beaucoup de gens est qu’ils veulent changer le monde à une beaucoup trop grande échelle sans s’attaquer aux problèmes immédiats dans leurs propres vies. Je trouve que la meilleure manière de changer le monde est de commencer par de petits pas dans notre vie de tous les jours. Je parle ici d’ « échelle » et pas de « changement graduel » ou de « rythme ». Faire un monde meilleur commence par votre environnement immédiat. Le changement commence avec vous-même et ceux qui vous entourent, tout comme le devrait la charité. Imaginez si la plupart des gens faisaient cela ; le monde serait changé par petites étapes qui aboutiraient collectivement à un changement monumental. Rien de tout cela ne peut non plus se faire sans patience et détermination, et je souligne encore une fois qu’action et connaissance ne devraient pas être séparées. Je ne sais que dire de plus.

Silvia Cattori : En mettant ensemble les pièces du puzzle vous démontrez magistralement dans votre livre comment ces guerres en série, menées sous des prétextes humanitaires, s’inscrivent dans une stratégie de « destruction créative » conçue par « les néoconservateurs et leurs alliés sionistes », et comment – de la Yougoslavie, à l’Afghanistan, à l’Irak et à la Libye – elles sont toutes liées. Des personnalités de premier plan, comme l’ancien Secrétaire général adjoint de l’ONU Denis J. Halliday qui a préfacé votre ouvrage, vous donnent entièrement raison : l’OTAN est bel et bien le principal danger pour la paix du monde. Mais vous savez qu’en Europe, notamment dans les pays où, comme en France, les organisations juives ont une forte emprise sur les politiques et les médias, dénoncer la stratégie des néoconservateurs et de leur allié Israël [5], ou dénoncer les révolutions colorées suffit à vous faire cataloguer comme « théoricien du complot » et à vous écarter du débat. Que peut-on faire à votre avis pour modifier cette désespérante situation ?

Mahdi Darius Nazemroaya : Mon expérience (au Canada) est différente. On ne m’a jamais qualifié de théoricien du complot. Je pense que la censure des médias et le mépris systématique sont des tactiques clés utilisées contre ceux qui remettent en question le récit dominant ou les opinions énoncées par les forces hégémoniques qui dominent la société. L’objectif visé en diabolisant des personnes ou des groupes sous le qualificatif de « théoriciens du complot » est de les discréditer et de les neutraliser. Cela se produit généralement quand ils ont beaucoup attiré l’attention et quand ils ont aussi quelques idées fausses qui peuvent être ridiculisées et liées à leurs positions. Néanmoins, ceux qui se voient qualifiés de théoriciens du complot ne devraient pas laisser cette accusation les dissuader de maintenir leurs positions et de continuer à s’adresser aux gens. Car la démoralisation fait partie de la tactique utilisée pour réprimer les points de vue et réflexions « dérangeantes ».

Les groupes et les lobbies sionistes ont une présence forte et disproportionnée dans le domaine politique et dans les médias de plusieurs pays, mais il faut reconnaître qu’ils ne sont pas homogènes et qu’ils ne sont pas les seuls facteurs influents ; ils font partie d’un bloc d’intérêts pour qui il est important d’empêcher qu’un discours critique n’ébranle les forces hégémoniques qui dominent aujourd’hui la société. Et les lobbies sionistes ne sont pas tous liés à Israël. Il arrive qu’un groupe sioniste travaille à introduire et à imposer à Israël des projets externes. Les motivations de ces groupes ne sont pas toutes les mêmes, mais elles font partie du programme dominant qui s’est développé en ce que les renommés sociologues Giovanni Arrighi et Immanuel Wallerstein ont appelé « système-monde » [ou « économie-monde »].

À mon humble avis, être entendu est la chose la plus importante. Internet et les réseaux sociaux ont contribué à ce processus. Je pense que, pour être entendu, il est également important de proposer des analyses rigoureuses et bien articulées. C’est une tâche difficile qui doit être accomplie, et qui fait partie d’un processus culturel plus large incluant l’éducation et la rééducation. Modifier les forces hégémoniques dominant la société ne peut se faire qu’en établissant de nouveaux courants de pensée pouvant contester leur hégémonie. La critique ne suffit pas non plus, une alternative et un meilleur programme doit être articulé et proposé. La critique en elle-même est inutile si l’on n’offre pas parallèlement un programme alternatif. Pensée et action doivent également être liées dans un processus pratique.

Silvia Cattori : Votre livre va-t-il être traduit en français ? A-t-il eu la couverture médiatique lui permettant de toucher un large public ?

Mahdi Darius Nazemroaya : Mon livre devait être traduit en français en trois volumes par un éditeur en France, mais malheureusement l’accord a fait long feu. En notre temps où la durée d’attention s’amenuise, peu de gens sont intéressés à lire un livre de plus de 400 pages. Très peu d’attention lui a été accordée de la part des grands médias. Il y a plusieurs mois, Le Monde Diplomatique à Paris a contacté mon éditeur aux États-Unis, ainsi que la maison qui le diffuse en Grande Bretagne, pour leur demander l’envoi d’un exemplaire. Je ne sais pas si Le Monde Diplomatique a réellement l’intention de faire une recension d’un livre aussi critique et, très honnêtement, je ne m’en soucie pas vraiment.

Mon ouvrage a eu de bonnes critiques disant que c’est un livre à lire absolument. Il est diffusé dans les universités et les collèges. On en trouve des exemplaires dans les bibliothèques de diverses institutions comme l’Université de Harvard et l’Université de Chicago. Il est référencé à la Haye et dans la prestigieuse collection de la Bibliothèque du Palais de la Paix aux Pays-Bas qui tient à jour les livres relatifs aux lois internationales.
Sur Amazon au Royaume Uni, il est classé comme l’un des meilleurs livres sur l’OTAN et je crois qu’il est en train de prendre un bon départ.

Silvia Cattori

(*) Mahdi Darius Nazemroaya est un sociologue interdisciplinaire, auteur primé, et analyste politique connu. Il est chercheur au Centre de recherche sur la mondialisation à Montréal, collaborateur expert de la Strategic Culture Foundation à Moscou, et membre du Comité scientifique de la revue de géopolitique Geopolitica, en Italie.
Sur son ouvrage « The Globalization of NATO », voir également (en anglais) :
- http://www.silviacattori.net/article4005.html
- http://www.silviacattori.net/article3834.html
- http://www.silviacattori.net/article3780.html

Traduit de l’anglais par JPH

 


[1] Publié d’abord sous le titre « La mondialisation de l’OTAN » puis sous le titre modifié « La mondialisation de la puissance militaire : l’expansion de l’OTAN » . Cet article a été traduit en de nombreuses langues, y compris en arabe par la chaîne qatari d’information Al-Jazeera.

[2] La « cage d’acier » (ou « cage de fer ») est un concept sociologique introduit par Max Weber qui se réfère à la rationalisation accrue de la vie sociale, en particulier dans les sociétés capitalistes occidentales. Ainsi la « cage d’acier » enferme les individus dans des systèmes fondés uniquement sur l’efficacité, le calcul rationnel et le contrôle.

[3] Voir :
- « Gérard Chaliand dit quelques vérités sur la Syrie » :
http://www.silviacattori.net/article3350.html
- « Syrie : Les victimes de l’opposition armée ignorées » :
http://www.silviacattori.net/article3416.html

[4] L’Irlandais Denis J. Halliday a passé une bonne partie de sa carrière auprès des Nations Unies, impliqué dans des actions d’aide humanitaire. En 1997, il fut nommé Sécrétaire général adjoint et directeur du programme humanitaire en Irak. Un an plus tard, après 34 ans de service au sein des Nations Unies, Halliday a annoncé sa démission en raison des sanctions économiques imposées à l’Irak, qu`il a qualifiées de « génocide ». En 2003, il a reçu Le Gandhi International Peace Award. Depuis son départ des Nations Unies, Denis Halliday a participé de manière active dans plusieurs actions contre la guerre et les crimes contre l’humanité. Il est présentement membre de l’Initiative de Kuala Lumpur en vue de « criminaliser la guerre ».

[5] Par exemple, l’écrivain israélien Israël Shamir, a été accusé d’antisémitisme par Olivia Zemor, Nicolas Shahshahani et Dominique Vidal pour avoir affirmé en 2003 cette vérité : qu’Israël et le lobby juif avaient joué un rôle prépondérant dans la guerre qui devait démembrer l’Irak un pays qu’Israël voulait mettre à genoux.

 

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http://www.silviacattori.net/article4308.html

 

 

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29 juin 2012 5 29 /06 /juin /2012 01:09

 

Néolibéralisme

De la Grèce au Niger, comment le FMI favorise l’austérité et la pauvreté

http://www.bastamag.net/article2442.html


Par Nolwenn Weiler (1er juin 2012)

En se disant davantage préoccupée par les conditions déplorables de scolarisation des enfants nigériens que par la brutale austérité qui frappe les Grecs, Christine Lagarde a soulevé l’indignation. Mais le mépris avec lequel la directrice générale du FMI considère la Grèce vaut aussi pour le Niger : deuxième pays le plus pauvre du monde, embourbé depuis vingt ans dans une situation désastreuse à cause des plans d’ajustement structurels, qui y ont notamment détruit l’école publique.


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Interrogée par un journaliste du Guardian, la directrice générale du Fond monétaire international (FMI), Christine Lagarde, a affirmé que « les Grecs devraient commencer par s’entraider mutuellement », et ce en « payant tous leurs impôts ». Les femmes doivent accoucher sans sage-femme ? Les malades n’ont plus accès aux médicaments vitaux ? Les personnes âgées meurent faute de soins ? La faute aux Grecs. « Je pense davantage aux enfants dans une école d’un petit village du Niger, qui ont deux heures d’école par jour, partageant une chaise pour trois (…). Je pense qu’ils ont besoin de davantage d’aide que les gens d’Athènes », compare l’ancienne ministre de l’Économie et des Finances. Comme quoi, les Européens ne devraient pas trop se plaindre. Christine Lagarde oublie de préciser que si les enfants du Niger ont bien du mal à être scolarisés, c’est aussi à cause de l’institution qu’elle dirige.

En décembre 2011, Christine Lagarde a honoré le Niger de sa première visite sur le continent africain. Reçue en grande pompe, la directrice du FMI a tenu à se rendre au chevet d’un pays où une personne sur trois vit dans l’insécurité alimentaire, ce qui n’aide pas non plus à bien suivre en classe. Lors de sa mini-tournée hors de la capitale, elle a même assuré que le FMI « n’est pas seulement une institution désincarnée qui prescrit des mesures d’austérité à travers le monde ». Il est aussi « très sensible aux particularités » de chaque pays. Charmante marque de générosité.

Quand le FMI taille dans le budget de l’Éducation nationale

L’une des particularités du Niger est qu’il est l’un des États les plus mal classés en termes de développement humain [1]. 61 % des habitants y survivent avec moins d’un dollar par jour, un enfant sur cinq meurt avant l’âge de 5 ans, principalement de maladies évitables et de la malnutrition. La faible scolarisation, particulièrement des filles, contribue au taux de 85 % d’analphabétisme du Niger. Selon l’Unicef, « la précarité des moyens d’existence des femmes a de graves conséquences sur l’accès des enfants à l’éducation, et sur l’abandon et la traite des enfants ». Point commun entre la misère au Niger et l’austérité en Grèce ? Le FMI.

Le budget 2012 du Niger a été sévèrement taillé… sur ordre du FMI. « De 2,2 milliards d’euros [2], le budget a été ramené à 1,9 milliard [3] avec des coupes substantielles dans les secteurs sociaux, qui concentrent les deux tiers des montants supprimés », informe le le Réseau national dette et développement (RNDD). Le budget le plus amputé ? Celui de l’Éducation nationale, avec 73 millions d’euros (48 milliards de francs CFA) de moins que prévu. L’Agriculture, la Santé et l’Enseignement supérieur sont aussi privés de moyens.

Des enseignants qui ne sont plus payés

Des choix budgétaires arbitrés en contradiction avec les engagements du président nigérien, Mahamadou Issoufou, et de son gouvernement, selon le Réseau national dette et développement. L’ONG appelle les parlementaires nigériens à refuser le diktat du FMI et le gouvernement à plus de responsabilités, rappelant que « les prêts consentis par les institutions internationales ne feront que faire flamber le service de la dette, qui est un frein à tout développement ». Cela fait plus d’une décennie que le Niger agonise, en partie à cause des plans d’ajustement élaborés à Washington.

Le FMI, alors dirigé par Michel Camdessus [4] et la Banque mondiale débarquent à Niamey à la fin des années 1990. Et concoctent un « Plan décennal de développement de l’éducation ». Ce plan envisage le recours massif aux enseignants au statut précaire, les « volontaires et contractuels ». Lesquels représentent, en 2012, 80 % des effectifs. Censés être pris en charge par les collectivités régionales et les communautés de base, dans un souci de décentralisation, ces enseignants sont en fait de moins en moins nombreux… Puisque personne ne peut les payer ! Les réformes imposées par le FMI ont aussi encouragé la réduction du nombre d’heures de classe, la limitation des attributions de bourses, et la baisse du taux de scolarisation. « Une parfaite illustration des dérives auxquelles peuvent conduire des politiques d’inspiration néolibérale », commentait en 2004, Mamane Sani Adamou, figure altermondialiste locale [5].

L’économie nigérienne déstructurée par le FMI

Autre beau programme d’émancipation de la pauvreté imaginé par le FMI : le plan triennal au titre de la « facilité de réduction de la pauvreté et de croissance » (sic). Signé en 2000 en échange de nouveaux prêts, il a déstabilisé la fragile économie nigérienne en lui imposant la suppression de barrières douanières, la baisse de taxes à l’importation et la privatisation d’entreprises publiques. C’est ainsi que Vivendi (désormais Veolia environnement) a récupéré la société nationale de gestion de l’eau.

Autre obligation criminelle : celle de supprimer son office national vétérinaire pour pouvoir rééchelonner sa dette. Incapables de payer les prix demandés par les entreprises privées pour les vaccins, les médicaments, ou les vitamines, les nomades et les paysans ont vu leurs bêtes dépérir. Alors que le cheptel de 20 millions de bovins, d’ovins et de chameaux était une des richesses principales du pays, la liquidation des réserves alimentaires imposée par le FMI a accéléré le rythme des famines.

Pour trouver de quoi payer des chaises aux enfants qui peuvent se rendre à l’école, le Niger pourrait augmenter la redevance que paie Areva, qui exploite ses ressources en uranium (dont le Niger est le 3ème producteur mondial), ou la multinationale chinoise China National Petroleum qui s’y implante. Qu’en pense Christine Lagarde, dont le salaire pourrait permettre de rémunérer plusieurs dizaines d’instituteurs nigériens, à défaut d’être imposable ?

Nolwenn Weiler

Photo : CC World Economic Forum

Notes

[1] Un indicateur élaboré par le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud).

[2] 1 425 milliards de francs CFA

[3] 1 256 milliards de francs CFA

[4] Président d’honneur des semaines sociales de France…

[5] Secrétaire général de l’Organisation pour la démocratie nouvelle et membre fondateur de l’association Alternative espaces citoyens.

17 mai 2012 4 17 /05 /mai /2012 03:00

 

 

J'avais promis à mes Lecteurs, voici 4 ans, un dossier sur l'OTAN. Débordée par la masse des documents toujours plus accumulés, je n'ai pas trouvé le temps de le publier. Michel Collon a fait le dossier à ma place. Merci ! eva


 

http://sergeadam.blogspot.fr/2011/09/libye-lotan-visage-deux-faces-menteur.html

 

L'Otan pour les nuls sur Investig'Action -

www.michelcollon.info


Ces 20 et 21 mai se tiendra à Chicago un nouveau sommet de l'Otan. L'occasion pour l'alliance militaire euratlantique d'affiner la redéfinition de ses missions. Car si l'Otan a officiellement été créée en 1949 pour prévenir l'Europe de l'Ouest d'une invasion soviétique, on pourrait bien se demander, 21 ans après la chute de l'URSS, à quoi sert encore l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord aujourd'hui. A moins que cet objectif officiel cache une autre vérité, moins avouable... C'est ce que nous vous proposons de découvrir dans ce dossier spécial consacré à l'Otan : comment l'alliance fut créée, quels objectifs poursuit-elle, quels scandales entachent son histoire et quels exploits elle a déjà accompli depuis la chute de l'URSS : de la Yougoslavie à la Libye en passant par l'Afghanistan.



A QUOI SERT VRAIMENT L'OTAN ?
 


21 ans après la fin du « péril rouge », pourquoi encore l'Otan ? - Roland Marounek
L'URSS évaporée, l'Otan subsiste... et poursuit toujours le même objectif fixé à sa création.

OTAN : le Pitbull Impérial - Edward S. Herman
"On dit que l'Otan fut créée comme une organisation défensive : c'est parfaitement faux !"

L'Otan, un outil pour des intérêt géostratégiques - Ludo De Brabander, Georges Spriet
"Malgré les tentatives de changement, l'alliance reste le pouvoir exécutif des stratégies US"



DES METHODES DISCUTABLES MAIS PEU DISCUTEES 


Le terrorisme non revendiqué de l'OTAN - Entretien avec Daniele Ganser - Silvia Cattori
Stratégie de la tension : les false-flags de l'Otan...

Les 15 mensonges de Jamie Shea et de l'OTAN - Michel Collon
Pour bombarder la Yougoslavie, l'ancien porte-parole de l'Otan a joué les Pinocchio. 



L'URSS PASSE, L'OTAN RESTE 


Évolution du rôle de l'OTAN à la faveur des guerres yougoslaves (1991-1999) - Georges Berghezan
Le coup de maître de l'Otan : survivre à la chute du bloc soviétique.

Bail prolongé pour l'OTAN au Kosovo - Georges Berghezan
Comment devenir pompier pyromane en dix leçons et quelques guerres.

De la Libye à la Syrie : tenir l'Otan en laisse - Vijay Prashad
Les pays du Sud ne sont plus dupes et n'accepteront pas une intervention en Syrie.

Syrie : « Une situation bien plus nuancée que celle présentée en Occident » - Bert De Belder
Le récit d'observateurs internationaux, loin des tambours de guerre de l'Otan.



USUAL SUSPECTS


La « Gauche » francophone belge et l'Otan - Roland Marounek
"Le bras armé des intérêts occidentaux ne peut être celui des nations du monde unies."



Flashmob for Peace - No to NATO!
20 mai 2012 - 14h - Bruxelles


Intal organise le dimanche 20 mai une action nationale visant à dénoncer l'existence et le rôle de l'Otan. A l'aide d'un flashmob et d'une performance, nous voulons isoler l'Otan et révéler les intérêts qu'elle défend.
Pour réussir cette action, nous devons être au moins 230 participants. Nous comptons ici sur vous!
Et que dois-je faire ? Tout d'abord vous vous inscrivez via ce lien. Vous choisissez le pays que vous désirez représenter parmi la liste des pays encore disponibles et nous vous ferons parvenir un drapeau de ce pays.

Données pratiques: Nous vous donnons rendez-vous le dimanche 20 mai après-midi dans le quartier de la gare Centrale à Bruxelles. L'action en elle-même durera maximum 1 heure. Envie de donner un petit coup de main pour la préparation? Envoyez un mail à lars.van.densen@telenet.be, il y a suffisamment de tâches pour lesquelles nous avons besoin d'aide le jour-même ou avant! Nous comptons sur votre participation afin de faire de cette action un véritable succès!

17 février 2012 5 17 /02 /février /2012 15:33

A quoi sert l'ONU

http://hadria.riviere.over-blog.com/article-la-libye-d-hier-la-libye-de-khadafi-la-libye-apres-la-deferlante-guerriere-franco-anglo-us-70115897.html

Ingérence impérialiste en Syrie: le machin continue de se discréditer…

le février 17, 2012 par Résistance 71


L’ONU passe une résolution demandant à Assad de quitter le pouvoir


RT

Le 17 Février 2012,

Url de l’article original:

http://rt.com/news/un-assembly-vote-syrian-resolution-521/

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~


L’assemblée générale de l’ONU a passé une nouvelle resolution sur la Syrie avec 137 pour, 12 contre et 17 abstentions. La Russie et la Chine ont voté contre.

La résolution, proposée par l’Arabie Saoudite et le Qatar n’est pas différente en substance de celle qui fut récemment mise sous veto par la Russie et la Chine au conseil de sécurité de l’ONU. Elle appelle le président Bachar Al-Assad à quitter le pouvoir et demande la transition vers la démocratie.

La Russie et la Chine ont voté contre ce document comme cela était attendu. L’ambassadeur russe aux Nations-Unies Vitaly Churkin a dit que la Russie voit la résolution comme une tentative d’isoler le leadership syrien, de rejeter les contacts avec lui et d’imposer une nouvelle forme de régulation politique. Churkin a qualifié le projet de “déséquilibré”. Moscou objecte à la démission forcée d’Al-Assad et demande une approche équilibrée qui inclut à la fois le gouvernement et l’opposition. Ainsi la Russie suggéra des amendements cherchant le désarmement d’à la fois les forces gouvernementales et des rebelles, mais la Ligue Arabe réfuta ces suggestions.

La Chine rejette toute interférence étrangère en Syrie, ajoutant qu’elle ne pense pas que les sanctions aideront en quoi que ce soit à trouver une solution. Le pays insiste sur le fait que la résolution donne trop d’importance à une interférence étrangère dans les affaires souveraines d’une nation. A l’encontre d’une résolution du conseil de sécurité, les résolutions de l’assemblée générale de l’ONU ne peuvent être soumises à veto. Chacun des 193 membres vote sur le document, chaque pays donnant une voix.

Quoi qu’il en soit, les résolutions de l’assemblée générale des Nations-Unies ne sont pas preuve légale et ne servent que comme recommandations au conseil de sécurité agissant comme des baromètres de l’opinion internationale.


La Syrie est ciblée – Ambassadeur


Durant la réunion de l’assemblée générale, la Ligue Arabe a appelé les Nations-Unies pour l’application immédiate de son plan à la Syrie. Il y a eu une “escalade inacceptable de la violence en Syrie”, a dit l’ambassadeur égyptien Maged Abdelaziz. Il en appela au gouvernement syrien “de remplir les demandes des peuples arabes et syriens et d’arrêter de verser le sang.”

Mais l’ambassadeur syrien aux Nations-Unies Bashar Jaafari a dit avant le vote que les discussions sur la Syrie menaçaient la crédibilité de l’assemblée générale. Il nota que la Syrie est la cible et qu’il n’y a aucune autre raison de voter.

D’après Jaafari, son pays encourage et souhaite tous les efforts sincères de soutenir un dialogue national compréhensif, mais que certains pays ne veulent pas aider la Syrie à atteindre une solution pacifique. Il ajouta qu’il y avait de sérieux doutes sur les intentions réelles des pays qui se trouvent derrière le projet de résolution, affirmant que ces pays nient l’existence des groupes d’opposition armés en Syrie. Jaafari a insisté sur le fait que les pays qui ont faits partie du printemps arabe souffent toujours de violences, mais que les médias ne les rapportent pas.

Jaafari a aussi insisté sur le fait que la réunion était une infraction aux règlements de l’ONU et a suggéré d’obtenir une opinion légale indépendante. La suggestion, a t’il dit, était une idée soutenue par d’autres nations Lundi.

L’ambassadeur de Syrie a dit que les résolutions de la Ligue Arabe étant biaisées et n’ayant rien à voir avec la réalité du terrain, elles violent la souveraineté de la Syrie et sont douteuses sur le plan du droit international.


19 janvier 2012 4 19 /01 /janvier /2012 11:57

http://www.conspipedia.fr/wp-content/uploads/2010/10/F02_caricature_1.jpg

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La Banque mondiale appelle les pays du Sud à se préparer au pire

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Mercredi, 18 Janvier 2012 06:23

 

 

Toujours très optimiste la Banque Mondiale loue son propre travail dans son propre rapport, mais Andrew Burns le principal auteur ne peut tout de même pas s'empêcher d'avouer une vérité qui dérange: les taux d'intérêt explosent pour les pays en développement et les apports bruts de capitaux à ces pays ont chuté de 45% sur un an au second semestre 2011. Il appelle ainsi, après un long baratin sur la croisssance, les pays du Sud à se préparer au pire.


Michaela Heine pour News 26 (avec agences)


On se souvient que les fameuses révolutions arabes, dites du printemps 2011, avaient toutes commencé par des émeutes de la faim. L'explosion des prix des matières premières en fut la véritable cause et le moins que l'on puisse dire est que le travail de la Banque Mondiale sur le sujet fut calamteux


Dans une vidéo mise en ligne par la Banque mondiale, le principal auteur du rapport, Andrew Burns, insiste sur le fait qu'il y a beaucoup d'incertitudes pour l'économie mondiale et que le risque principal entourant les prévisions de son service est qu'elles s'avèrent trop optimistes.

Les perspectives restent favorables dans la plupart des pays à faible revenu, mais M. Burns avertit que si la crise s'intensifie, personne ne sera épargné et que les taux de croissance des pays développés comme ceux des pays en développement pourraient connaître une chute égale voire supérieure à celle de 2008-2009.

Pour l'heure, les taux d'intérêt montent pour les pays en développement sur les marchés financiers internationaux et les apports bruts de capitaux à ces pays ont chuté de 45% sur un an au second semestre 2011, note la Banque, dont le rapport appelle les pays du Sud à se préparer au pire.

Afin de parer à l'éventualité d'une crise de financement, l'organisation de Washington leur recommande de refinancer à l'avance leurs déficits budgétaires tant qu'ils en ont la possibilité, de donner la priorité aux dépenses de protection sociale et d'infrastructure et de soumettre leurs banques à des tests de résistance.

Notant que la baisse des cours des matières premières contribue à une détente de l'inflation globale dans la plupart des pays en développement, la banque estime néanmoins que la question de la sécurité alimentaire pour les populations les plus pauvres, notamment dans la Corne de l'Afrique, demeure au coeur des préoccupations.


http://www.news26.tv/econmie/1562-banque-mondiale.html

 

11 janvier 2012 3 11 /01 /janvier /2012 22:37

http://www.news.urc.asso.fr/wp-content/uploads/2010/11/nigeria.gif

 

Au Nigeria, de l'essence
sur la braise

par Jean-Christophe Servant

De Kano à Lagos, c'est toute la société nigériane, toutes confessions confondues, qui s'oppose depuis deux jours, à l'occasion d'une grève générale largement suivie, à la décision gouvernementale de supprimer la subvention au secteur pétrolier. Adoptée trois semaines après la première visite au Nigeria de Christine Lagarde, directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), cette mesure a surpris par sa brutalité les 160 millions d'habitants du pays le plus peuplé du continent africain : au 1er janvier, le prix du litre d'essence est en effet passé sans coup férir de quelque 30 centimes d'euros le litre à plus de 66 centimes, provoquant une ruée sur les pompes des grandes mégapoles de la fédération.

La ministre des finances, Ngozi Ojonko-Iwela, ancienne cadre de la Banque mondiale, a rétorqué que cette brutale hausse de l'essence - que le Nigeria, bien que première puissance pétrolière subsaharienne, est obligé d'importer du fait de la mort clinique de ses raffineries - n'affecterait que les propriétaires de grosses cylindrées, et, globalement, la minorité la plus aisée du pays. A terme, le gouvernement compte engager les 8 milliards de dollars d'économie qui seront réalisés annuellement sur ce poste - soit 5 % du produit national brut - dans des programmes de développement ciblant la santé et l'éducation et provoquer une accélération des investissements privés, en premier lieu dans le secteur du raffinage.

La réaction de la rue - d'où émergent, fait nouveau, des organisations de type 2.1, branchées sur les réseaux sociaux, tel le mouvement Occupy Nigeria - atteste surtout, une nouvelle fois, du décalage surréaliste entre le quotidien des élites offshore de la capitale, Abuja, et celle de l'immense majorité des Nigérians. Pour les 70 % qui continuent à vivre avec moins de 2 dollars par jours, et les près de trente millions de jeunes sans aucun emploi, la flambée du prix de l'essence n'a pas seulement affecté les transports publics qu'ils empruntent quotidiennement. Elle renchérit également l'électricité, majoritairement produite par des générateurs à cause des délestages récurrents, ainsi que les produits de première nécessité que le Nord agricole descend par la route vers les marchés du Sud (...)

Lire la suite de cet article de Jean-Christophe Servant :

http://blog.mondediplo.net/2012-01-10-Au-Nigeria-de-l-essence-sur-la-braise

23 août 2011 2 23 /08 /août /2011 18:22

Libye : l’occupation et le carnage

par rakosky (son site) mardi 23 août 2011


Face à la furie de mensonges et de haine qui se déchaine depuis quelque heures, il est difficile de savoir ce qui s'est passé en ce dimanche sanglant qu'a connu TRIPOLI

Il y a pourtant dans ces évènements un avertissement et une menace adressée à tous les hommes libres, à tous les peuples.

L'OTAN vient à nouveau de révèler ce qu'elle est, une organisation criminelle,un instrument de pillage, de conquête et de destruction.

 

Pendant des mois, dans l'impunité la plus totale, un pays a été occupé, bombardé, systématiquement détruit, ses villes livrées à des bandits et à une force d'occupation étrangère ses avoirs et ses ressources ont été confiquées et se trouvent aujourd'hui dans les mains des banques et des groupes pétroliers des puissances occidentales.

C'est un avertissement lancé à tous les gouvernements, y compris ceux qui comme celui de la Libye avaient multiplié les concessions,plus rien ne garantit votre liberté et votre souveraineté, il n'existe aucune loi internationale, aucun Traité, que ces bandits se sentent tenus de respecter, nul ni personne ne viendra vous défendre contre l'agression et l'invasion qui vous attendent.

En une nuit, Tripoli a été investi par des milliers de membres des forces spéciales américaines, françaises et britanniques, avec des armes lourdes, des hélicoptères de combat et des vehicules blindés

L'attaque a été d'une violence et d'une brutalité inouïe, ne laissant aucune chance à l'armée libyenne d'opposer la moindre résistance.

Cette attaque sauvage a été menée contre une ville ouverte qui avait été laissée sans défense par ceux qui devaient la protéger contre une attaque que tous savaient imminente.

Toutes les grandes avenues barrées par des barricades défendues par le peuple en armes, des tireurs embusquées à des milliers de fenêtre, armés de grenades, et de fusils RPG, des batteries de canons et des rampes de mssiles sol-air sur les toits des immeubles,rien de tout cela n'a été fait ou programmé, Kadhafi jusqu'au bout a refusé la guerre révolutionnaire ,lui et son peuple en paient aujourd'hui le prix par l'occupation et le malheur dans lequel les nouveaux maître vont plonger le pays.

La camarilla impérialiste exulte et triomphe, quand BHL se réjouit et sourit, c'est que quelque part il y a des hommes qui meurent et qui souffrent, c'est que des chairs sont brûlées et déchiquetées sous les bombes et la mitraille.


Honte à tous ceux qui se sont tus devant le crime ou l'ont applaudi.

Honte aux dirigeants du Parti socialiste qui ont soutenu cette guerre et osent saluer l'entrée des « rebelles » d'Al Qaïda à TRIPOLI.

Honte à ceux qui veulent asservir les peuples du monde par les bombes et les peuples d'Europe à la Dette.

Honte à ceux qui ne se reconnaissent comme seuls maîtres que les banquiers et les généraux.

Documents joints à cet article

Libye : l'occupation et le carnage
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/libye-l-occupation-et-le-carnage-99374?debut_forums=0#forum3030301
20 août 2011 6 20 /08 /août /2011 09:32

Chavez se retire avec effet immédiat du FMI et Banque mondiale destinés à exploiter les pays pauvres, il nationalise le secteur aurifère

Chavez se retire du FMI et de la Banque mondiale - Le FMI ne plus payer les salaires

Chavez se retire du FMI et de la Banque mondiale - Le FMI ne plus payer les salaires

Le président Hugo Chavez a qualifié lundi, à la veille de la fête du travail, ces institutions de «mécanismes de l'impérialisme» destinés à exploiter les pays pauvres.
 
Le Venezuela a décidé de se retirer, avec effet immédiat, de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international, a annoncé le président Hugo Chavez, qualifiant ces organismes de "mécanismes de l'impérialisme" destinés à exploiter les pays pauvres. «J'annonce notre sortie de la Banque Mondiale et du Fonds monétaire international. Ils doivent nous rendre les fonds», a déclaré Hugo Chavez dans une allocution prononcée lundi, à la veille de la fête du travail.
 
Le président vénézuélien compte créer une institution bancaire régionale, financée par les revenus que le Venezuela tire de ses hydrocarbures, qui se substituerait aux deux institutions responsables, selon lui, de la pauvreté en Amérique du sud. La veille, déjà, Hugo Chavez avait affirmé devant les représentants des pays alliés du Venezuela que l'Amérique latine irait mieux sans la Banque mondiale et le FMI.
 
«Il vaut mieux que nous sortions avant qu'on nous ait pillés.
 
Pourquoi?
 
Parce que (ces institutions) sont en crise. J'ai lu dans la presse que le FMI ne pouvait pas payer les salaires», a-t-il déclaré lors d'une adresse à la nation. Le chef de l'Etat vénézuélien a chargé à cette occasion son ministre des Finances, Rodrigo Cabezas, de transmettre à ces deux organismes la sortie du Venezuela de leur sein.
 
«Ici (au Venezuela) c'est le FMI qui commandait, ce mécanisme aux mains de l'impérialisme nord-américain (...) afin de lui imposer des politiques économiques et sociales brutales», a poursuivi le chef de file de la gauche radicale latino-américaine réélu en décembre. Selon lui, les ministres des Finances vénézuéliens des cabinets précédents répondaient à des intérêts étrangers. «Ils vivaient pratiquement là-bas à Washington et c'était presque une condition requise qu'ils parlent anglais. Moi j'ai un ministre des Finances qui parle espagnol», a-t-il souligné.
 
Les Etats-Unis ont accusé Chavez d'être un élément destabilisateur en Amérique Latine. La secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice a déclaré mercredi que le président vénézuélien détruisait son pays «économiquement et politiquement»
Chavez se retire du FMI et de la Banque mondiale - Le FMI ne plus payer les salaires


Hugo Chavez va nationaliser le secteur aurifère
 
Cette décision intervient alors que l'or a atteint jeudi un nouveau record, à 1818 dollars l'once. 

 
«Nous allons nationaliser l'or!» Habitué des déclarations fracassantes, le président vénézuélien Hugo Chavez a annoncé jeudi, à la télévision d'État VTV, qu'il préparait une loi visant à nationaliser «l'exploration et l'exportation de l'or» dans le pays afin de lutter contre «les mafias et la contrebande» qui sèment «l'anarchie» dans le secteur.
 
En effet, au Venezuela, 60 % de la production aurifère - soit 4,2 tonnes par an - proviennent de mines informelles, selon la banque centrale nationale. Un manque à gagner important pour cette dernière, qui, selon une directive gouvernementale datant de 2009, devrait percevoir obligatoirement 60% de la production nationale.
 
Après la nationalisation en 2007 des secteurs énergétiques stratégiques nationaux - ce qui est important, sachant que le pays est le ­premier exportateur de pétrole d'Amérique du Sud -, le gouvernement du Venezuela cherche maintenant à contrôler le secteur aurifère. Déjà en 2010, il s'est arrogé 500.000 hectares de zones d'exploitation du précieux métal.
 
Outre la compagnie d'État Minerven, les activités aurifères officielles sont conduites par l'entreprise russe Rusoro - qui exploite un gisement dans le sud de la province de Bolivar (Sud) - et la firme cubaine Geominsal, en phase d'exploration. Toutes deux travaillent en étroite association avec l'État vénézuélien. Le pays possède la 15e réserve d'or mondiale, avec un total estimé à 363,70 tonnes.


 Rapatrier les réserves d'or placées à l'étranger
 
Hugo Chavez n'a pas uniquement l'intention de nationaliser la production intérieure. Il a annoncé, jeudi aussi, son intention de rapatrier les réserves d'or placées à l'étranger. En effet, les cours de l'once d'or ont atteint jeudi un nouveau record, à 1817,90 dollars. Le métal jaune profite de son statut de valeur refuge face au fort repli des Bourses, minées par les inquié­tudes sur la croissance économique mondiale. La banque centrale estime à plus de 11 milliards de dollars le montant de l'or vénézuélien détenu dans des coffres-forts à l'étranger. L'impact de ce rapatriement est d'autant plus grand que l'once d'or pourrait atteindre, selon le cabinet GMFS, 1900 dollars dans les six prochains mois.
 
Ces deux décisions pourraient être mises en place rapidement, puisque Hugo Chavez jouit depuis décembre 2010 de pouvoirs exceptionnels lui permettant de légiférer par décret, sans passer par le Parlement.
 
Villeroy, Juliette
http://tenfiotenwo.skyrock.com/

 
#Posté le vendredi 19 août 2011 20:25
3 août 2011 3 03 /08 /août /2011 05:43

La CPI, dernière arme de la coalition et attrape-nigaud des africains

 


Ce qui se déroule en Libye est bien une guerre d'essence colonialiste, conduite par une coalitionde brigands composée de Sarkozy, de Cameron et de Berlusconi aidés par les États-Unis et deux monarques arabes feudataires de l'Amérique, le Qatar et les Émirats, pour réinstaurer un pouvoir affidé à l'occident, comme du temps du roi Idriss, qui veut accaparer le pétrole et le gaz.

Mardi 2 Août 2011
La CPI, dernière arme de la coalition et attrape-nigaud des africains
On annonce aussi que les benghazis manifestent, depuis vendredi 20, dans plusieurs cités, dont ceux de Louhaichi, Zeitoun et Sabri, les plus irréductibles contre l'Otan, le CNT et la dégradation des conditions économiques et sociales. A ce propos, Tripoli affirme, avec preuves, avoir versé les salaires et autres pour une période de 6 mois (jusqu'en juin) au trésor de Benghazi.

Où est donc passé cet argent qui devait permettre aux benghazis de ne pas dépendre, de façon vexante, de l'aide extérieure. Le drapeau vert a été élevé dans plusieurs immeubles. On signale des victimes parmi les manifestants suite à la répression. Ces manifestations ont été précédées par plusieurs autres, initiées la veille par les tribus, dans plus de 70 villes et villages en soutien et encouragement aux benghazis.

Que pouvait-il bien rester comme carte devant un fiasco annoncé ? C'est l'enlisement car tout était construit sur du mensonge et du faux !

La dernière carte, après celle du «groupe de contact» qui visait surtout, par piraterie, la confiscation d'une partie des avoirs libyens, est bien celle de la CPI d'Ocampo, ce serviteur docile des puissances impérialistes, afin, croient-ils, d'inciter à plus de défections au sein de l'appareil dirigeant qui faciliterait la prise du pouvoir par cette marionnette qu'est le CNT d'une part et de bloquer toute solution à la crise d'autre part.

C'est la France et la Grande-Bretagne avec l'aide du CNT, c'est-à-dire les agresseurs, qui ont monté le dossier pour la CPI.

La Libye pourtant, comme les USA, la Russie et la Chine, n'est pas membre de cette Cour. Le bouton «Ocampo» est enfoncé juste au moment où l'Otan n'arrive pas à tuer Kadhafi, ce qui est son objectif, et au moment où elle a usé de tous les moyens surtout celui de tuer des civils, de détruire les infrastructures de base dans l'espoir de retourner la population contre son leader.

Pourquoi a-t-on refusé une mission d'enquête que la Libye n'a cessé de réclamer avant les frappes ? Car il n'y avait rien des accusations qui avaient «justifié» l'agression sous le fallacieux et grotesque prétexte que l'Otan cherche à «protéger les civils».

Maintenant, c'est le moment d'user de ce moyen, de cette arme de type CPI, afin de lui imputer tous les crimes dont l'Otan et les «insurgés» sont coupables, considérant que ces derniers sont des «civils», comme le rabâche la propagande.

Toutes les preuves rassemblées par ce serviteur sont des vidéos traduites en anglais fournies par leurs chaînes, dont Al jazeera.

Des 2892 frappes de missiles qui ont atteint ou détruit des habitations civiles, des hôpitaux, des écoles et collèges, des bâtiments administratifs dont les locaux de police et des renseignements généraux chargés de la corruption, de la cité de l'enfance, des infrastructures de base, des réseaux de communication tuant des milliers de personnes civiles, parmi eux des femmes, des vieillards, des hommes de religion au nombre de16 dans leur lieu de culte, des enfants, des bébés (les 3 petits-fils de Kadhafi avaient 3 ans, 2 ans et 4 mois), motus! Des centaines de viols suivis d'assassinats de jeunes filles que l'on a arrachées à leur famille, évidemment silence. Cela n'entre pas dans la «mission» d'Ocampo.

Par contre, le pseudo viol par «15 hommes de Kadhafi», de Imane Obeidi, cette prostituée que l'on a payée pour provoquer un «scandale» dans l'hôtel Rixos à Tripoli le 26 mars, cela oui ! C'est crédible. Pourtant, chacun sait qui est cette sinistre femme selon des vidéos publiées sur You Tube.

Une anecdote : on cite comme «preuve» des viols, le coup monté découvert par la suite, le fait qu'ils auraient trouvé des «pilules de Viagra dans des tanks et des voitures prises aux forces de Kadhafi». On ne nous parlera pas des dizaines d'aveux des «insurgés» capturés démentant, par leurs récits des faits et «exploits», toute la propagande mensongère et subversive de la coalition.

Une cour convertie en mercenaire

Un certain (...) arrêté par l'armée à Misrata a raconté en détail les monstruosités commises dans cette ville. Après s'être présenté, il a expliqué comment, avec son groupe composé de libyens et d'étrangers, ils assassinaient les éléments de l'armée libyenne, les pro-Kadhafi ou ceux que l'on traite de «mercenaires» par l'égorgement à l'épée, pendus ou brûlés, comment ils enlevaient les filles à leurs familles pour les violer, comment ils les tuaient après leur avoir arraché les seins au couteau puis fêtaient leurs exploits à l'alcool et au jus de fruits.

À la question de savoir s'il «se sent un être humain», la réponse est «non» de la tête. Des scènes terribles filmées surtout à Mesrata, à l'aide de portables, par des témoins durant l'occupation de cette ville par ces groupes criminels qu'aide l'Otan.

Nous avons tous constaté que depuis que l'occident a obtenu la division du Soudan, le procureur Ocampo, ce «produit» d'une union illégitime entre des décideurs/brigands, occidentaux de corps, sionistes de conviction et une Cour (CPI) attrape-nigaud instrument d'une stratégie hégémonique, convertie en «mercenaire» chargé de l'exécution des «lettres de cachet» de maîtres puissants après avoir été leur serviteur ailleurs, ne parle plus pour l'instant de l'inculpation de Bachir. Un Ocampo qui se saisit cette fois du «dossier Libyen», tout en lorgnant sur la Syrie, imputant à Kadhafi les méfaits de la coalition et des renégats de Benghazi, sur des témoignages sélectionnés qu'il présente «crédibles». Un Ocampo qui a travaillé aussi pour la Banque mondiale après avoir été président d'une ONG,

Transparency International, que finance le milliardaire George Soros, ce célèbre sioniste spéculateur devenu philanthrope, par stratégie, que l'on surnomme «l'homme qui fit sauter la Banque d'Angleterre». Devenu ensuite 1er procureur de la CPI,on relève ce hasard que quelques mois plus tard, en avril 2005, Annan livre les noms de 51 suspects soupçonnés d'avoir «massacré des milliers» de personnes au Darfour. Un Ocampo pour la Libye avec les mêmes mensonges et les mêmes objectifs, flanqué de son arme la CPI, présentant des accusations de persécution des manifestants et des opposants qui «semble avoir été systématique et s'être produite dans différentes villes» et «des crimes de guerre ont apparemment été commis par décision politique» en citant le fait que les forces de sécurité aient «tiré sur les manifestants désarmés», «l'utilisation du viol et les arrestations systématiques, la torture, la déportation, les meurtres, les disparitions forcées et la destruction des mosquées», «l'utilisation de bombes à fragmentation». Une CPI contestée dans sa forme, ses actions et ses objectifs politiques, dont on sait qu'elle abrite les ombres de ce même Soros et de lord Malloch Brown, l'ancien ministre britannique qui a été vice-président de la Banque mondiale, puis «chef de cabinet» de Kofi Annan après avoir travaillé chez Soro aussi. Une CPI qui reçoit des dons de sociétés et d'organisations privées créée la veille de la guerre contre l'Irak, dévouée aux causes injustes à visées hégémoniques que mène Washington. Comment expliquer que les six enquêtes ouvertes concernent l'Afrique ?

On comprend bien que le «génocide du Darfour» était un mensonge, un leurre dont les prolongements sont maintenant la Libye.

Voici ce que l'on dit d'Ocampo et de la CPI

L'analyste Chris Marsden a montré et dénoncé «l'hypocrisie de l'enquête en question crève les yeux. Elle arrive au milieu de plus de 5000 opérations militaires, dont 2204 accompagnées de frappes, des forces de l'OTAN sur Tripoli et d'autres endroits peuplés de civils.

Ces opérations incluaient l'assassinat ciblé de Kadhafi…Tout en étant les instigateurs de procès légaux pour crimes de guerre contre le régime qu'ils veulent éliminer, Washington, Londres et Paris commettent eux-mêmes de monstrueux crimes de guerre.

«Andrew Cayley, l'ancien avocat de la CPI, écrivait après sa démission «qu'il est difficile de dénoncer un génocide dirigé par le gouvernement et d'expliquer du même souffle pourquoi deux millions de Darfouris ont cherché refuge autour des principales garnisons de l'armée dans leur province».

Selon Alex de Waal (écrivain britannique devenu expert critique du CPI), de nombreux avocats avaient quitté la Cour en raison du manque d'objectivité et de sérieux dans l'examen des preuves et la qualification des faits, imposés par Ocampo.

Un esprit colonialiste

L'ancien vice-ministre égyptien des AE, expert en droit et relations internationales, Abdallah Al Achaala, avait estimé que le mandat lancé par la CPI contre Al Bachir «ne reposait sur aucune base juridique et qu'il constituait un précédent dangereux parce qu'il réduit à zéro le principe de l'immunité, fondement essentiel des relations internationales».

Et de se demander «… comment elle pourrait défendre le caractère éminemment politique de son mandat contre Al Bachir alors qu'elle ignore les crimes d'Israël en Palestine et ceux des américains en Irak».

Al Achaal ajoutait : «Ce faisant, la CPI a signé son acte de mort par suite de la stupidité de son procureur et de l'incompétence de sa juridiction. Il est du devoir de la communauté internationale de réagir afin de sauver le rêve d'une justice pénale internationale, bafoué par le sionisme».

Vladimir Anokhin, vice-président de l'Académie des Sciences Géopolitiques, avait déclaré à la Pravda que le tribunal de La Haye «montre un manque de respect absolu envers l'Organisation des Nations unies.»

Pour le président de la Commission de l'Union Africaine Jean Ping, cité par l'AFP dans le cas d'Al Bachir. «... le problème est la façon dont le procureur général de la CPI Luis Moreno Ocampo rend la justice».

Enfin, réitérons que sous couvert d'un droit international ratifié par les États pour se protéger des éventuelles agressions et injustices, surtout les pays pauvres dont les richesses sont convoitées, ces institutions ont été corrompues en instruments de chantage aux «droits de l'homme», à la «liberté d'expression» susceptible de «sanctions internationales» ou l'inculpation d'un chef d'État même en exercice. On est donc dans le même esprit impérialiste et colonialiste prédateur, mais drapé de prétextes «humanitaires» et couvert par la «légalité».

Le «droit ou devoir d'ingérence humanitaire» est l'expression même de cet esprit qui n'est pas près de s'extirper des mauvaises consciences. Les pays africains, indépendants et libres de leurs décisions, doivent au plus vite quitter ces organisations-pièges qui donnent aux puissants une légitimité pour les dominer ou les agresser. Ces organisations ne les toucheront jamais, car elles sont leurs instruments, leurs armes pour leurs intérêts et rien d'autre.

http://www.letempsdz.com/index2.php?option=com_content&task=view&id=60736 http://www.letempsdz.com/index2.php?option=com_content&task=view&id=60736

 

http://www.alterinfo.net/La-CPI-derniere-arme-de-la-coalition-et-attrape-nigaud-des-africains_a61846.html

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