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5 avril 2013 5 05 /04 /avril /2013 18:22

 

Vendredi 5 avril 2013

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Par Rachel Knaebel (4 avril 2013)


Hausse généralisée des suicides et des troubles psychologiques, retour de maladies bannies comme la malaria, menace sur la santé des enfants des familles populaires… Tel est l’alarmant constat sur la santé des Européens que dresse une étude choc publiée par la revue médicale britannique The Lancet. En cause : l’orthodoxie économique et les plans d’austérité prônés dans toute l’Europe. L’étude dénonce également le silence des ministres de la Santé.

 

En avril 2012, un retraité grec de 77 ans se suicidait en plein jour sur la place Syntagma d’Athènes, devant le Parlement. Le pharmacien à la retraite avait laissé une note : sa pension était devenue misérable et il ne voulait pas être réduit à fouiller les poubelles pour se nourrir. Son acte est devenu le symbole de l’explosion des suicides dans le pays. Leur nombre a augmenté de 40% en un an ! Plans d’austérité, baisse de revenus et chômage mèneraient-ils au suicide ?


« Une hausse du chômage de plus de 3% dans un temps relativement court est associée à une augmentation d’environ 5% du taux des suicide et des blessures auto-infligées », estime, froidement, le dernier rapport de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), publié début mars et consacré à l’Europe [1] En Grèce, le chômage a augmenté de 10% en seulement deux ans, pour atteindre 26,4% fin 2012...

Il n’y a pas que les suicides. Dans son rapport « Crise financière, austérité et santé en Europe », publié le 27 mars, la revue médicale britannique The Lancet [2], dresse un constat alarmant : la santé des européens se dégrade, en particulier dans les pays frappés de plein fouet par les politiques d’austérité. Et confirme la hausse générale des suicides dans l’ensemble de l’Union européenne, dont la courbe s’envole depuis 2007, après une période de sept années de baisse constante.


En Grèce : suicides, sida, malaria et dengue


Selon les analyses du Lancet, les nouvelles infections au VIH chez les usagers de drogues par injection ont aussi explosé en Grèce ces deux dernières années. Avant l’austérité, sur la période 2007-2010, le pays comptait 10 à 15 nouvelles infections annuelles dans cette catégorie de population. Le chiffre est passé à 256 nouvelles infections en 2011 et à 314 pour les huit premiers mois de 2012 [3] ! Soit vingt fois plus !

En cause : le recul de la prévention, avec, par exemple, l’arrêt des programmes d’échange de seringues depuis 2008. Le directeur de l’étude menée par The Lancet, Martin Mac Kee [4], signale même « la réapparition de la malaria et l’émergence de la dengue en Grèce ».


En Espagne : la santé des enfants menacée


Car les plans d’austérité mis en œuvre sous l’impulsion de la Commission européenne en Grèce, au Portugal, en Espagne et en Irlande ont touché de plein fouet les systèmes de santé. Le forfait à la charge des patients grecs a par exemple augmenté de 3 à 5 euros par consultation. Et le pays a supprimé 2 000 lits dans les hôpitaux publics. « En Grèce, la troïka (Commission européenne, Fonds monétaire international, Banque centrale européenne, ndlr) a demandé à ce que les dépenses de santé ne représentent pas plus de 6% du PIB, notent les auteurs de l’étude, créant ainsi un précédent dans l’UE de prise du contrôle sur le système de santé national d’un État membre. »


En Espagne, le gouvernement a adopté en 2012 un plan de réduction des dépenses de santé de 7 milliards d’euros sur deux ans. Le pays a ainsi exclu les sans papiers du système de soins, sauf pour les urgences. Et il a fermé ou privatisé des dizaines d’hôpitaux et de centres de santé. Les enfants ne sont pas épargnés : la proportion d’enfants vivant dans des familles sans emploi a été multipliée par trois en Catalogne [5], avec des conséquences certaines sur leur santé.


Portugal et Irlande : baisse de la couverture santé


Au Portugal, l’accord conclu en 2011 entre Lisbonne et la troïka prévoit une coupe de 670 millions d’euros dans la santé. Le reste à charge des patients a doublé – de 2,25 à 5 euros – pour une consultation en ville et jusqu’à 20 euros pour une visite aux urgences. Seuls les patients à bas revenus, les malades chroniques – si la visite est en lien avec leur maladie – et les personnes handicapées en sont exemptés. En Irlande, la couverture santé a été réduite pour les plus de 70 ans et même les bas revenus doivent maintenant payer un ticket modérateur.


D’autres pays ont réduit leurs dépenses de santé à l’occasion de la crise. En plus de la Grèce et du Portugal, la Lettonie, la Slovénie et le Danemark ont accéléré la restructuration de leur secteur hospitalier. Et les professionnels de santé ont vu leurs salaires réduits en Grèce, au Portugal, en Irlande, mais aussi à Chypre, en Lituanie et en Roumanie.


L’Islande en meilleure forme


« De telles répercussions de la crise sur la santé ne sont toutefois pas inévitables », note la revue britannique, qui prend l’Islande en contre-exemple. Le premier pays touché par la crise financière « a rejeté l’orthodoxie économique qui se faisait l’avocate de l’austérité, a refusé d’être comptable de l’irresponsabilité de quelques banquiers et a investi dans son peuple », et a pu maintenir à niveau ses politiques de santé.

Ailleurs, là où les services publics sont sacrifiés sur l’autel des économies budgétaires, la véritable ampleur des conséquences sur la santé des citoyens ne seront visibles que dans plusieurs années. Alors que les données financières sont mises à jour à la semaine près, il faut environ deux ans pour obtenir les données sanitaires des populations, notamment le suivi du taux de mortalité. Du coup, « l’analyse des effets immédiats de la crise sur la santé » est « impossible », soulignent les auteurs de l’étude.


« Des ministres de la Santé bien silencieux »


A leurs yeux, « les voix des responsables de la santé publique sont restées inaudibles dans le débat sur la réponse à apporter à la crise. Nombre de ministres de la Santé sont demeurés silencieux. Le directeur général chargé de la santé et de la protection du consommateur à la Commission européenne a l’obligation légale d’examiner les conséquences des politiques européennes sur la santé. Il ne l’a pas fait pour la politique d’austérité de la troïka. Au lieu de cela, il s’est limité à conseiller les différents ministères de la Santé des pays membres sur comment ils pouvaient couper dans leurs budgets ». Pendant ce temps, les gouvernements ont les yeux rivés sur le moindre point de croissance.


« Une petite lueur d’espoir vient des organisations de la société civile européenne, dont les professionnels de santé, qui se sont prononcées sur les effets néfastes des coupes budgétaires en matière de santé et de dépenses sociales. La question est : quelqu’un les écoute-t-il ? », conclut l’étude. Le président du groupe des socialistes et sociaux-démocrates au Parlement européen, l’Autrichien Hannes Swoboda, a vite réagi à l’étude britannique. « Tous les rapports de la Commission devraient porter le label “L’austérité tue” », a-t-il déclaré le 27 mars. Sera-t-il entendu ?


Rachel Knaebel


Photo : Pedro Armestre


Notes

[1] Chez les moins de 65 ans. Source : “The European health report 2012 : charting the way to well-being”, p 78.

[2] “Financial crisis, austerity, and health in Europe”, disponible ici.

[3] Voir l’étude “European Centre for Disease Prevention and Control. Risk assessment on HIV in Greece”.

[4] A écouter ici.

[5] De 3,7% à 11,2% entre 2005 et 2010.


http://www.bastamag.net/article3014.html

 

http://comite-pour-une-nouvelle-resistance.over-blog.com/article-comment-les-plans-d-austerite-degradent-la-sante-des-europeens-116847198.html

 

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Published by Eva R-sistons - dans Populations sinistrées
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26 mars 2013 2 26 /03 /mars /2013 01:26

Les chiffres invraisemblables sur la destruction programmée de l’Irak

La brutale réalité dépasse tout ce qu’il est possible d’imaginer. Ce qui suit ne s’adresse pas aux lecteurs sensibles.

 

L’invasion de l’Irak, il y a dix ans, a provoqué la plus grave crise humanitaire dans le monde. Comme on l’avait annoncé, le pays a été systématiquement détruit. La brutale réalité dépasse tout ce qu’il est possible d’imaginer. Ce qui suit ne s’adresse pas aux lecteurs sensibles.

“Le chemin vers Jérusalem passe par Bagdad.” Henry Kissinger

 

Morts, disparus, réfugiés

Selon l’UNESCO, entre 1991 et 2003, un million d’Irakiens, dont la moitié étaient des enfants, ont perdu la vie suite aux sanctions économiques imposées au pays.[1] Cela n’était que le prélude. Entre l’invasion étasunienne en mars 2003 et mars 2013, 1,5 million d’Irakiens de plus ont été tués.[2]

Le nombre de personnes disparues est actuellement estimé entre 250.000 et plus d’un million. Pour les seules familles expatriées, presque 100.000 enfants sont portés disparus.[3]

L’invasion et l’occupation qui a suivi ont été à l’origine d’une des plus grandes migrations de peuples provoquée par un conflit dans l’histoire du Moyen-Orient.[4] Un rapport des NU datant de 2008 rapportait 2,8 millions de personnes déplacées à l’intérieur de l’Irak.[5] La Croix Rouge irakienne rapportait, en juillet 2007, qu’au moins 2,5 millions d’Irakiens avait fui à l’étranger.[6] Au total, il s’agissait donc de 5,3 millions de réfugiés[7] sur une population de 31 millions, soit une personne sur six.[8] Parmi ces réfugiés en Irak, 80% sont des femmes et des enfants de moins de 12 ans.[9]

Entre l’invasion étasunienne en mars 2003 et mars 2013,jusqu’à 1,5 million d’Irakiens ont été tués. Un irakien sur six est en fuite.

 

Terrorisme, torture, détention, traumatismes…

Pendant des années, l’Irak fut le pays le plus violent et le moins sûr du monde.[10] En 2011, il fut rattrapé par la Somalie… Etant donné les multiples attentats à la bombe et la violence religieuse des diverses milices, c’est un endroit plus dangereux que l’Afghanistan.[11] Plus d’une victime sur trois du terrorisme mondial est un Irakien.[12]

Ces dix dernières années, plusieurs dizaines de milliers d’Irakiens ont été emprisonnés sans aucune forme d’inculpation ou de procès, dans des prisons officielles ou secrètes (aussi bien irakiennes qu’étasuniennes).[13]

“Tu as vu ce qui s’est passé en Afghanistan : les gens se promenaient dans les rues ! Et ils étaient joyeux.
 Ils avaient des ballons. Ils faisaient de la musique. Et ils accueillaient les Etats-Unis. Car tout le monde  sait que les Etats-Unis ne veulent pas occuper l’Irak. »

Donald Rumsfeld, à l’époque ministre de la Défense, 4 décembre 2002[14]

Entre 2005 et 2008, 50 à 180 corps humains ont chaque jour été jetés dans les rues de Bagdad, portant pour la plupart d’affreuses traces de torture.[15] On sait que la force d’occupation a formé, entraîné, armé et déployé des escadrons de la mort [16] responsables de ces assassinats. Il y a un lien direct entre les centres de torture et le Pentagone.[17]

Être journaliste dans ce pays entre deux fleuves n’est pas une sinécure. Depuis l’invasion, au moins 382 journalistes (dont 352 Irakiens) ont été tués.[18] Ce nombre dépasse celui de toute autre zone de guerre de l’Histoire. Pour comparaison : durant la période 1996-2006, 862 journalistes ont été tués dans le reste du monde.[19]

Il n’est pas étonnant que les Irakiens souffrent de traumatismes extrêmes, au niveau plus élevé que dans d’autres zones de guerre. Une étude indique que parmi les réfugiés irakiens 80% avaient été témoins d’une fusillade, 72% avaient été victimes d’une voiture piégée, et 75% connaissaient une personne morte assassinée.[20]

On sait que les Etats-Unis ont formé, entraîné, armé et déployé des escadrons de la mort responsables de ces assassinats.

 

Le pays le moins vivable du monde

Pour la énième fois, Bagdad a été proclamée « ville moins vivable de la planète »,[21] suite à la destruction systématique par l’armée étasunienne d’usines, d’écoles, d’hôpitaux, de musées, de centrales d’énergie et d’installations de purification des eaux.[22]

Pourtant, selon les dispositions de la Convention de Genève, lorsqu’une force d’occupation opère par le biais d’un gouvernement qu’elle a installé, elle est responsable de la protection et du bien-être de la population civile.[23] Ces règles et obligations ont été systématiquement ignorées.

“Mais lancez donc une guerre totale contre ces tyrans !
Je pense que nous allons faire ça à merveille.
Et plus tard, nos enfants nous en feront l’éloge. »

Michael Ledeen, American Enterprise Institute, 29 octobre 2001[24]

Selon la Croix Rouge, la crise humanitaire en Irak après l’invasion étasunienne est une des pires du monde.[25] Aujourd’hui, 11 millions, soit presque la moitié des citadins irakiens, habitent dans des bidonvilles.[26] En 2000, ils n’étaient même pas 3 millions. Selon Oxfam, 8 millions d’Irakiens ont un besoin d’aide urgente, et 4 millions manquent de nourriture.[27] 70% de la population n’ont pas accès à une infrastructure d’électricité fiable.[28]

Les bas niveaux d’eau des lacs et rivières ont provoqué une catastrophe car la canalisation défectueuse a empoisonné l’eau potable, rendue ainsi inapte à la consommation humaine et animale.[29] Par conséquent, 70% des Irakiens n’ont pas accès à l’eau potable.[30]

La contamination par l’uranium appauvri et d’autres pollutions liées aux opérations militaires ont engendré une augmentation de déformations génétiques et de cancers qui ont rendu le pays quasi invivable.[31]

Pour la énième fois, Bagdad a été proclamée « ville moins sûre de la planète ». La contamination par l’uranium appauvri et d’autres pollutions liées aux opérations militaires ont engendré une augmentation de déformations génétiques et de cancers qui ont rendu le pays quasi invivable.


Femmes et enfants

En Irak, 44.000 enfants de moins de cinq ans meurent chaque année,[32] ce qui est deux fois trop élevé. Ça veut dire que chaque jour 60 enfants meurent inutilement.[33] Un demi-million d’enfants sont mal nourris et 800.000 jeunes irakiens, entre cinq et quatorze ans, sont mis au travail.[34]

L’Irak est devenu le pays des orphelins. On estime à 5 millions le nombre d’orphelins,[35] dont plus d’un demi-million vivent dans la rue.[36]

En Irak, 44.000 enfants de moins de cinq ans meurent chaque année, ou 60 par jour, soit plus que la normale.

Un demi-million d’enfants sont mal nourris et 800.000 jeunes irakiens ,entre cinq et quatorze ans, sont mis au travail.

L’Irak est aussi le pays des veuves. En 2007, le Ministère irakien des Affaires des Femmes rapportait qu’il y avait environ 3 millions de veuves, suite à la guerre avec l’Iran, la guerre du Golfe de 1991, et l’occupation de l’Irak depuis 2003.[37] Plus de la moitié des veuves ont perdu leur mari après l’invasion de 2003, avec des conséquences dramatiques pour elles. 8% d’entre-elles seulement perçoivent une pension, 55% sont déplacés, et un nombre équivalent sont victimes de violences.[38]

Pour les femmes, l’invasion a signifié un grand bond en arrière. Depuis 2003, nombre de leurs droits ont reculé, notamment le droit à la protection maternelle, à l’emploi et aux soins de santé.[39] À présent, la polygamie est proposée comme une solution au très grand nombre de veuves,[40] et le mu’ta, sorte de mariage de complaisance – une forme de prostitution légalisée – est de retour.[41]


Education

L’enseignement a été une cible systématique dans la destruction de l’Irak. Entre mars 2003 et octobre 2008, plus de 30.000 attaques violentes ont été commises contre des institutions d’enseignement. Plus de 700 écoles primaires ont été bombardées, 200 ont été incendiées et plus de 3.000 ont été pillées. Plusieurs établissements d’enseignement ont été utilisés pour héberger des militaires.[42]

En 2008, seule la moitié des enfants entre six et douze ans fréquentait encore l’école.[43] En 2005, ils étaient encore 80%. Plus de 90% des enfants accusent un retard au niveau de l’apprentissage.[44]

L’enseignement supérieur a été particulièrement visé et encore plus durement frappé. 84% des institutions de l’enseignement supérieur ont été incendiées, pillées ou gravement endommagées.[45] Plus de 470 professeurs irakiens ont été des cibles, soit presque un enseignant tué par semaine depuis le début du conflit.[46]

L’enseignement a été une cible systématique dans la destruction de l’Irak. Plus de 470 professeurs irakiens ont été tués, soit presque un par semaine.


Une fuite de cerveaux sans précédent

Dans ces conditions, il n’est pas étonnant que le pays se vide. Depuis l’invasion, 20.000 scientifiques et de professionnels irakiens et 6.700 professeurs de l’université ont fui le pays.[47]

Les médecins, notamment, ont pris la fuite. Rien de surprenant quand on sait que, depuis 2003, plus de 2.000 médecins ou infirmiers ont été assassinés.[48] Plus de la moitié des médecins enregistrés se sont également désengagés dans leur propre pays.[49]

La désarticulation est totale. 75 % des médecins, pharmaciens, infirmiers, et 80% du corps d’enseignants de Bagdad ont été tués, ont émigré, ou ont abandonné leur poste.[50] Avant 2006, environ 40% de la classe moyenne avait pris la fuite suite à la violence ou la terreur.[51]

75 % des médecins, pharmaciens, infirmiers et 80% du corps d’enseignants de Bagdad ont été tués, ont émigré, ou ont abandonné leur poste.


Iconoclasme et purifications religieuses et ethniques

Non seulement les cerveaux ont été décimés mais également l’héritage culturel. Après l’invasion, l’occupant étasunien a laissé 12.000 sites archéologiques sans aucune surveillance et les pillages en ont été la conséquence.[52] Rien qu’au Musée national de Bagdad, 15.000 artéfacts mésopotamiens d’une valeur inestimable ont été volés.[53]

Les minorités irakiennes (les Chaldéens, Assyriens, Mandéens, Bahia, Yezidi…) sont au bord de l’extermination car elles sont confrontées à une violence inouïe.[54] Depuis l’invasion, l’Irak attire des combattants djihadistes visant souvent des minorités ethniques et religieuses.[55] Certaines de ces minorités ont vécu pacifiquement en Irak pendant deux mille ans. A l’heure actuelle, ce même scénario se répète en Syrie.

Les minorités irakiennes (les Chaldéens, Assyriens, Mandéens, Bahia, Yezidi…) sont au bord de l’extermination.


 Néo-colonie et terre conquise pour les Etats-Unis

L’Irak ne fut pas seulement occupé en termes militaires mais également en termes économiques. Le pays est devenu un paradis pour les investisseurs étrangers, au détriment des Irakiens qui n’ont rien eu à dire dans la reconstruction de leur pays.[56] Les nouveaux contrats ont presque tous été attribués à des entreprises étrangères. L’exemple le plus édifiant à ce titre est celui de Halliburton.[57] En 2003, cette entreprise de construction de Houston est parvenue à acquérir un contrat d’une valeur de plusieurs milliards.[58] Détail révélateur : l’ancien CEO (jusqu’en 2000) n’était autre que Dick Cheney, vice-président et homme fort du cabinet de guerre de Bush. Jusqu’à maintenant, l’homme a conservé des intérêts dans cette société.[59]

“Il y a beaucoup d’argent pour financier tout ceci (…) les revenus du pétrole de ce pays pourraient s’élever entre 50 et 100 milliards de dollars US dans le courant des deux ou trois années à venir (…)

Nous avons à faire à un pays qui peut financier sa propre reconstruction, et assez vite.”

Paul Wolfowitz, conseiller d’élite de Bush et architecte de l’invasion, 27 mars 2003[60]

De nouvelles lois ont également prévu des impôts faibles permettant que des entreprises irakiennes passent à 100% aux mains d’investisseurs étrangers, y compris le droit de transférer tous les bénéfices à l’étranger.[61] Les transactions financières avec l’étranger sont passées entre les mains d’une banque des Etats-Unis, notamment JP Morgan, le premier financier de la première guerre mondiale et de Mussolini.[62]

Même après le retrait (de la plupart) des troupes étasuniennes, en décembre 2011, les conseillers étasuniens restent liés à tous les ministères et services de sécurité.[63] L’ambassade des Etats-Unis à Bagdad est le symbole de la main de fer sur le pays. Cette ambassade est la plus grande et la plus chère du monde, aussi grande que le Vatican, et dotée d’un cadre de personnel de 15.000 personnes.[64]

L’ambassade des Etats-Unis à Bagdad est le symbole de la main de fer sur le pays. Elle est la plus grande et la plus chère du monde.Les transactions financières avec l’étranger sont passées aux mains d’une banque des Etats-Unis, notamment JP Morgan, le premier financier de la première guerre mondiale et de Mussolini.


Facture improbable et situations maffieuses

Selon Stiglitz, lauréat du prix Nobel, l’invasion de l’ Irak a coûté quelque 3000 milliards de dollars,[65] l’équivalent de 100 ans d’aide au développement des Etats-Unis.[66] Un sixième de ce montant aurait suffi pour atteindre les objectifs du millénaire pour le monde entier.[67]

Pour l’occupation et la soi-disant reconstruction du pays, des montants considérables ont été prévus. Cependant, ils n’ont toujours pas été équitablement distribués. Selon Transparency International, il s’agit en l’espèce du plus grand scandale de corruption jamais vu dans l’histoire.[68] Des milliards de dollars se sont envolés en fumée. Jusqu’à présent, on vole du pétrole à volonté, puisqu’il n’y a toujours pas de système de mesure moderne disponible.[69]

Certes, on a bien tenté de combattre cette corruption massive. Ainsi, un service contre la corruption a vu le jour. Cependant, les fonctionnaires trop zélés sont assassinés. Depuis 2006, 30 inspecteurs contre la fraude ont été « liquidés ».[70]

Selon Stiglitz, lauréat du prix Nobel, l’invasion de l’ Irak a coûté

Quelques 3 000 milliards de dollars,

l’équivalent de 100 ans d’aide au développement des Etats-Unis.


Parole contre parole

Avant la première guerre du Golfe, en 1991, James Baker, à l’époque ministre étasunien des affaires étrangères, avait dit à son homologue Tariq Aziz : « Nous allons détruire ton pays et le catapulter à l’âge de pierre ».[71] Près de dix ans plus tard, Paul Wolfowitz, vice-ministre de la Défense et architecte de l’invasion, disait que les Etats-Unis « allaient en terminer avec les états qui soutiennent le terrorisme ».[72] Ils ont tenu parole.

“Nous allons détruire ton pays et le catapulter à l’âge de pierre”.
James Baker, à l’époque ministre étasunien des affaires étrangères

La population irakienne ne se croise pas les bras. Depuis l’invasion et l’occupation qui a suivi, les protestations sont constantes. Elles se sont accélérées lors du Printemps arabe en janvier-février 2011. Depuis le 25 décembre 2012, des protestations massives ont lieu chaque jour à Ramadi.[73]

Ces protestations auxquelles participent des centaines de milliers de personnes se sont étendues vers d’autres villes, partout dans le pays. Le 12 janvier dernier, plus de 2 millions de manifestants réclamaient la démission du premier ministre irakien Al Maliki. Ils réclament notamment la fin des atrocités, l’abolition des lois antiterroristes, la fourniture de services de base essentiels, l’arrêt de la marginalisation et de la division organisée parmi les groupes religieux et ethniques, la sanction du comportement criminel de l’armée, de la police et des forces de sécurité.


En Chine ou au Myanmar, il suffit d’un dissident pour se retrouver à la une des journaux. Par contre, nos médias gardent le silence sur ces protestations massives. Oui, la vérité est toujours la première victime de toute guerre.[74]


 Dirk Adriaensens et Marc Vandepitte

Article original : De wereld morgen

http://www.dewereldmorgen.be/artikels/2013/03/18/wist-je-dat-onwaarschij...

Traduit du néerlandais par Erwin Carpentier

Investig’action http://www.michelcollon.info/Les-chiffres-invraisemblables-sur.html

 

Notes :

[1]https://www.coc.org/files/iraq_fact_sheet.pdf.

[2]Le nombre des morts est très controversé et, bien sûr, politiquement très sensible. Le chiffre d’un million et demi est basé sur les calculs suivants :

En 2006 déjà, le prestigieux magazine Lancet dénombrait environ 650.000 morts. En 2008, l’Opion Research Business, magazine autant renommé, recensait aussi un peu plus d’un million de victimes. En extrapolant, sur la base des comptes d’Iraq Body Count (IBC), on arrive au chiffre d’un million et demi. Les calculs conservateurs se limitent à 100.000 morts.

http://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736%2806%2969491-9/abstract

http://www.reuters.com/article/2008/01/30/us-iraq-deaths-survey-idUSL3048857920080130http://www.reuters.com/article/2008/01/30/us-iraq-deaths-survey-idUSL3048857920080130

http://www.justforeignpolicy.org/deathcount/explanationhttp://www.justforeignpolicy.org/deathcount/explanation

http://www.iraqbodycount.org/

http://en.wikipedia.org/wiki/Casualties_of_the_Iraq_War#The_Associated_Press_and_Health_Ministry._More_informationhttp://en.wikipedia.org/wiki/Casualties_of_the_Iraq_War#The_Associated_Press_and_Health_Ministry._More_information

[3]http://www.unhcr.org/refworld/docid/4d35334e1e.html.http://www.unhcr.org/refworld/docid/4d35334e1e.html.

[4http://]http://www.irinnews.org/Report/77594/IRAQ-New-report-highlights-growing-number-of-IDPs,p.10.]http://www.irinnews.org/Report/77594/IRAQ-New-report-highlights-growing-number-of-IDPs, p. 10.

[5]http://www.brusselstribunal.org/Refugees.htm.http://www.brusselstribunal.org/Refugees.htm.

[6]http://www.fmreview.org/FMRpdfs/Iraq/full.pdf.http://www.fmreview.org/FMRpdfs/Iraq/full.pdf.

[7]http://www.sfgate.com/opinion/article/Mission-accomplished-Not-for-the-Iraqi-people-3184148.php#ixzz0yUDbF2Vahttp://www.sfgate.com/opinion/article/Mission-accomplished-Not-for-the-Iraqi-people-3184148.php#ixzz0yUDbF2Va

[8]Aujourd’hui, on estime à presque trois millions le nombre total de réfugiés, à l’intérieur du pays ou à l’étranger.
http://www.unhcr.org/pages/49e486426.htmlwww.unhcr.org/pages/49e486426.html

[9]http://www.internal-Displacement.org/idmc/website/countries.nsf/(httpEnvelopes)/B6C0B024031DFA0F802570B8005A74D6 ?OpenDocument.

[10]http://www.visionofhumanity.org/wp-content/uploads/2011/10/2011GPIMethodologyResultsFindings.pdf,p. 4.http://www.visionofhumanity.org/wp-content/uploads/2011/10/2011GPIMethodologyResultsFindings.pdf, p. 4.

[11]http://www.musingsoniraq.blogspot.be/2013/02/iraq-still-far-deadlier-place-than.html?goback=.gde_1491617_member_216675612.http://www.musingsoniraq.blogspot.be/2013/02/iraq-still-far-deadlier-place-than.html?goback=.gde_1491617_member_216675612.

[12]http://http://www.visionofhumanity.org/wp-content/uploads/2012/11/Global-Terrorism-Index-Fact-Sheet.pdf.http://www.visionofhumanity.org/wp-content/uploads/2012/11/Global-Terrorism-Index-Fact-Sheet.pdf.

[13]http://www.amnesty.org/en/news-and-updates/report/thousands-iraqi-detainees-risk-torture-after-us-handover-2010-09-13.http://www.amnesty.org/en/news-and-updates/report/thousands-iraqi-detainees-risk-torture-after-us-handover-2010-09-13.

[14]http://www.defense.gov/Transcripts/Transcript.aspx?TranscriptID=2868.http://www.defense.gov/Transcripts/Transcript.aspx?TranscriptID=2868.

[15]http://www.reliefweb.int/rw/rwb.nsf/db900sid/MWAI-7R74BB?OpenDocument&amp ;query=disappeared%20iraq&cc=irq ; http://www.stv.tv/weather/88812-horror-of-war-at-iraqi-morgue-even-as-attacks-fall.http://www.reliefweb.int/rw/rwb.nsf/db900sid/MWAI-7R74BB?OpenDocument&amp ;query=disappeared%20iraq&cc=irq ; http://www.stv.tv/weather/88812-horror-of-war-at-iraqi-morgue-even-as-at....

[16]http://www.globalresearch.ca/terrorism-with-a-human-face-the-history-of-americas-death-squads/5317564.http://www.globalresearch.ca/terrorism-with-a-human-face-the-history-of-americas-death-squads/5317564.

[17]http://readersupportednews.org/news-section2/306-10/16361-revealed-pentagons-link-to-iraqi-torture-centers;http://www.guardian.co.uk/world/2013/mar/06/el-salvador-iraq-police-squads-washington.http://readersupportednews.org/news-section2/306-10/16361-revealed-pentagons-link-to-iraqi-torture-centers;http://www.guardian.co.uk/world/2013/mar/06/el-salvador-iraq-police-squads-washington.

 [18] http://www.brusselstribunal.org/JournalistKilled.htm.http://www.brusselstribunal.org/JournalistKilled.htm.

[19]http://www.newssafety.org/images/stories/pdf/programme/globalinquiry/killingtheMessenger.pdf, p. 62.http://www.newssafety.org/images/stories/pdf/programme/globalinquiry/killingtheMessenger.pdf, p. 62.

[20]http://gorillasguides.com/2008/01/22/syria-un-research-indicates-high-levels-of-trauma-among-iraqi-refugees/.http://gorillasguides.com/2008/01/22/syria-un-research-indicates-high-levels-of-trauma-among-iraqi-refugees/.

 [21] http://www.mercer.com/press-releases/quality-of-living-report-2012.

[22]http://www.michaelmoore.com/words/mike-friends-blog/truth-about-end-combat-operations.http://www.michaelmoore.com/words/mike-friends-blog/truth-about-end-combat-operations.

[23]http://reliefweb.int/sites/reliefweb.int/files/resources/12A02E96E6AABB55852573D9005ABD42-Full_Report.pdf, p. 3.

[24]http://killinghope.org/bblum6/mafia.htm.http://killinghope.org/bblum6/mafia.htm.

[25]http://www.icrc.org/eng/assets/files/other/icrc-iraq-report-0308-eng.pdf, p. 3.http://www.icrc.org/eng/assets/files/other/icrc-iraq-report-0308-eng.pdf, p. 3.

[26]http://www.unhabitat.org/pmss/listItemDetails.aspx?publicationID=2917, p. 33.http://www.unhabitat.org/pmss/listItemDetails.aspx?publicationID=2917, p. 33.

[27]http://www.oxfam.org/sites/www.oxfam.org/

files/Rising%20to%20the%20humanitarian%20challenge%20in%20Iraq.pdf.

http://www.oxfam.org/sites/www.oxfam.org/files/Rising%20to%20the%20humanitarian%20challenge%20in%20Iraq.pdf.

[28]http://www.sfgate.com/cgi-bin/artic….http://www.sfgate.com/cgi-bin/artic….

[29]http://waterwebster.org/IraqWater.htm.

[30]http://www.mcclatchydc.com/2007/11/18/21753/us-struggles-to-restore-drinking.html.http://www.mcclatchydc.com/2007/11/18/21753/us-struggles-to-restore-drinking.html.

[31]http://www.iauiraq.org/documents/1375/images…unitionsHumanHealthinIraq.pdf.http://www.iauiraq.org/documents/1375/images…unitionsHumanHealthinIraq.pdf.

[32]http://www.unicef.org/sowc2012/pdfs/SOWC%202012-Main%20Report_EN_13Mar2012.pdf.http://www.unicef.org/sowc2012/pdfs/SOWC%202012-Main%20Report_EN_13Mar2012.pdf.

[33]En 1990, l’Irak avait le même taux de mortalité infantile que son voisin, la Turquie. Aujourd’hui, ce chiffre est le double.
http://hdr.undp.org/en/media/hdr_1992_en_indicators1.pdf, p. 142.

http://hdr.undp.org/en/media/HDR_2011_EN_Complete.pdf, p. 159.

[34]http://childvictimsofwar.org.uk/get-informed/iraq/.

[35]http://en.wikipedia.org/wiki/Humanitarian_crises_of_the_Iraq_War.

[36]Les estimations du nombre d’enfants orphelins varient énormément. Un rapport des NU de 2008 fait état de 870.000. Des calculs locaux donnent actuellement un nombre de 4,5 à 5 millions d’orphelins. Ces derniers chiffres sont plausibles, étant donné que plus d’un million d’Irakiens ont trouvé la mort et que le nombre d’enfants par femme s’élève à 4,7.
http://mawtani.al-shorfa.com/en_GB/articles/iii/features/iraqtoday/2012/...

http://en.wikipedia.org/wiki/Humanitarian_crises_of_the_Iraq_War

http://www.alternet.org/story/70886/occupation%27s_toll%3A_5_million_ira...

http://www.unicef.org/sowc2012/pdfs/SOWC%202012-Main%20Report_EN_13Mar20..., p. 109.

[37] http://worldblog.nbcnews.com/_news/2007/03/29/4377071-iraq-a-nation-of-w....

[38]http://www.ncciraq.org/index.php?option=com_content&amp ;view=article&id=128&Itemid=81&lang=en;http://www.sfgate.com/cgi-bin/article.cgi?f=%2Fc%2Fa%2F2010%2F06%2F27%2FIN5D1E116Q.DTL#ixzz0yUDbF2Va.

[39] http://www.globalresearch.ca/how-the-us-erase-women-s-rights-in-iraq/1054.

[40] http://www.bbc.co.uk/news/world-middle-east-12266986.

[41] http://usatoday30.usatoday.com/news/world/iraq/2005-05-04-pleasure-marri....

[42] http://unesdoc.unesco.org/images/0018/001868/186809e.pdf, p. 202.

[43] http://childrenandarmedconflict.un.org/press-releases/25Apr08/.

[44] http://www.irinnews.org/printreport.aspx?reportid=26114.

[45] http://www.investpromo.gov.iq/index.php?id=80.

[46] http://www.brusselstribunal.org/academicsList.htm.

[47] http://dissidentvoice.org/2009/08/the-us-war-against-iraq/.

[48]http://www.iraqupdates.com/free-news/health/2000-iraqi-doctors-killed-since-2003/2008-03-18.

[49] http://www.brookings.edu/ /media/Centers/saban/iraq%20index/index20100630.PDF, p. 35.

[50] http://dev-bd.bdnews24.com/details.php?id=88682&amp ;cid=1.

[51]http://www.sfgate.com/news/article/CONFLICT-IN-IRAQ-Iraq-refugee-crisis-exploding-2656851.php.

[52] http://www.nytimes.com/2007/12/11/news/11iht-iraq.4.8696930.html?_r=0.

[53] http://www.nytimes.com/2011/03/15/world/middleeast/15george.html?_r=0.

[54] http://www.minorityrights.org/download.php?id=25.

[55] http://www.guardian.co.uk/world/2005/jun/23/terrorism.iraq.

[56]http://dissidentvoice.org/2010/04/iraq-today-afflicted-by-violence-devastation-corruption-and-desperation/.

[57] http://www.halliburtonwatch.org/about_hal/chronology.html.

[58] http://articles.latimes.com/2004/jan/17/world/fg-halli17.

[59] http://nl.wikipedia.org/wiki/Halliburton.

[60] http://zfacts.com/iraq-war-quotes.

[61]http://dissidentvoice.org/2010/04/iraq-today-afflicted-by-violence-devastation-corruption-and-desperation/.

[62] http://www.nytimes.com/2003/08/30/business/j-p-morgan-selected-to-run-ne... ; http://en.wikipedia.org/wiki/J._P._Morgan,_Jr.

[63] http://www.bigeye.com/fc060404.htm.

[64] http://en.wikipedia.org/wiki/Embassy_of_the_United_States,_Baghdad.

[65]http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/article/2010/09/03/AR2010090302200.html.

[66]http://www.oecd-ilibrary.org/development/development-aid-net-official-development-assistance-oda-2012_aid-oda-table-2012-1-en.

[67] http://www.worldbank.org/html/extdr/mdgassessment.pdf.

[68]http://www.ft.com/intl/cms/s/0/e5dac110-9557-11d9-bc72-00000e2511c8.html#axzz2Mt6ICfUI.

[69] http://www.iraqoilreport.com/oil/iraq-criticized-for-oil-metering-delays....

[70] http://musingsoniraq.blogspot.be/2012/11/the-undermining-of-integrity-co....

[71] http://www.twnside.org.sg/title/iraq2.htm.

[72] http://www.nndb.com/people/290/000023221/.

[73]http://www.dewereldmorgen.be/artikels/2013/01/13/irak-massale-protesten-tegen-het-tweede-gezicht-van-de-bezetting.

[74]http://www.dewereldmorgen.be/artikels/2013/02/08/protesten-in-irak-breiden-uit-de-pers-zwijgt-als-vermoord.

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16 février 2013 6 16 /02 /février /2013 10:31

 

Aujourd'hui, 13 février 2013, dans mon pays, la France,

un homme s'est suicidé par le feu.


 

 

Un homme-en-fin-de-droits.


Imagine-t-on ce que ces mots peuvent avoir de terrible sens ?


Fin de droit de manger.


Fin de droit de s'amuser.


Fin de droit de voir ses amis.


Fin de droit de vivre.


Et c'est ce qu'il a fait cet homme-en-fin-de-droits, il a cessé de vivre puisque la société l'a mis en-fin-de-droits.


Et Monsieur Ayrault bien propre sur lui, Premier ministre d'un gouvernement "socialiste", est venu cracher sur le corps encore chaud de l'homme-en-fin-de-droits, éructant les mots creux qui lui sont coutumiers "mon gouvernement est engagé dans la lutte-contre-le-chômage."


Monsieur Ayrault a du mal à cacher son sourire de triomphe sur France 3, même devant la dépouille de l'homme-en-fin-de-droits, d'avoir obtenu la signature de syndicats traîtres à leur cause au bas d'un accord qui va démultiplier les hommes-en-fin-de-droits.


Monsieur Ayrault et ses amis ne connaîtront jamais les fins de mois difficiles, encore moins l'état de fin-de-droits.


Monsieur Ayrault et ses amis ne connaîtront jamais le bruit de la facture qui tombe dans la boîte à lettres de l'homme-en-fin-de-droits qui sait qu'il ne peut la payer.


Monsieur Ayrault et ses amis distribuent des millions aux actionnaires de PSA et de Goodyear, des 3 Suisses et d'Unimétal qui produisent tous les jours des milliers d'hommes-en-fin-de-droits.


Monsieur Ayrault et ses amis sont les assassins de l'homme-en-fin-de-droits qui, le 13 février 2013, dans mon pays, la France, s'est suicidé par le feu.

   

 

Sylvette Rougier, infirmière retraitée, syndicaliste CGT.

 

Publié par : Investig'action (Michel Collon)

 

http://cequelesmediasnenousdisentpas.over-blog.com/

 


                      Ce qui attend la France sous peu :

              Manifestation de retraités grecs à Athènes

 

 

 

..
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4 février 2013 1 04 /02 /février /2013 01:40

 

Dimanche 3 février 2013

Candidats portugais à l'émigrationLa crise économique et la politique de rigueur menée par le gouvernement conservateur portugais détruisent l’avenir des jeunes Lusitaniens qui ne trouvent pour seule échappatoire que de chercher fortune à l’étranger. Le Portugal a ainsi perdu, en deux ans à peine, pas moins de 2 % de ses enfants. L’étranglement financier opéré par Pedro Passos Coelho, Premier ministre portugais, n’y est pas étranger. « L’état des comptes publics oblige le gouvernement à demander davantage de sacrifices », annonçait-il en 2011, lors de son discours de politique générale devant les députés. La couleur était annoncée.

 

Le secrétaire d’État aux communautés portugaises, José Cesáro, a été un des premiers à révéler l’exode de son peuple. L’hémorragie est désormais chiffrée : 240.000 Portugais ont quitté leur terre natale depuis 2011. La majeure partie d’entre eux est jeune et hautement qualifiée. José Cesáro a souligné que nombreux seront ceux qui ne trouveront pas de travail à l’étranger faute d’avoir suffisamment préparé leur émigration. Mais rester au pays aurait équivalu soit à se retrouver demandeur d’emploi, soit à décrocher un salaire de misère. Rappelons que le taux de chômage chez les jeunes de 15 à 24 ans s’élevait fin 2012  à 39 % (contre 30 % un an auparavant).

 

Le Portugal a été longtemps un des pays qui a le plus souffert du phénomène migratoire. Ce dernier a pourtant fléchi au cours des années 90 grâce à un micro boom économique, incitant nombre de Portugais à revenir au pays. Mais la crise et les politiques d’austérité décidées par l’Union européenne ont réactivé le phénomène. Et contrairement au passé, ce sont aujourd’hui des jeunes formés professionnellement et/ou diplômés qui se trouvent contraints de partir à l’étranger devant l’absence de débouchés à domicile. La France n’est plus comme dans les années 60 la terre d’asile de ces néo-déracinés ; la Suisse, et l’Angola, une ex-colonie lusophone, sont désormais les destinations les plus prisées.

 

« Il y a une forte augmentation portugaise vers l’Angola. Nous observons que ce sont entre 25.000 et 30.000 de nos compatriotes qui ont choisi de s’y installer dans l’espoir d’une vie meilleure », souligne José Cesáro, ajoutant au passage qu’ils étaient 5 à 10.000 de plus que l’année précédente. Les chiffres relatifs à l’émigration montrent également que le Mozambique commence lui aussi à attirer les jeunes Portugais en quête de travail. Il n’en reste pas moins que quelques-uns rechignent toujours à s’éloigner autant : ceux-ci jetteront leur dévolu sur l’Allemagne, les Pays-Bas ou la Grande-Bretagne.

 

L’émigration est très souvent un choix douloureux. C’est rarement la soif d’aventure qui guide ces jeunes Portugais à quitter leur quartier, leur village et leur famille. Une situation préoccupante pour le Portugal qui rappelle celle de l’Irlande ou de l’Italie, où les jeunes vivent dans la gêne en dépit de la formation suivie ou des diplômes obtenus. Le départ à l’étranger reste alors leur seule porte de sortie…

 

Les raisons de ce drame sont clairement définies : le ralentissement économique, bien sûr, mais aussi et surtout la rigueur imposée par les gouvernements européens pour répondre aux diktats des organismes usuriers qu’on appelle plus couramment les banques. Il est grand temps que les peuples reprennent en main leur destin.

 

Capitaine Martin

 

 

 

L'Europe fait le bonheur des peuples. Comment en sortir ? (eva)

 

 

 

 

http://www.dailymotion.com/video/xx8w0f_programme-de-l-upr-proposition-1-article-50_news#.UQ8PN_LeEa9

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17 janvier 2013 4 17 /01 /janvier /2013 23:46

Paris: Un homme a vécu quinze ans dans un appartement d'1,56m2

LOGEMENT - Il attend un jugement pour obliger sa propriétaire de le reloger dans un logement décent...


Un homme a vécu quinze ans dans un appartement d'1,56 m2 de surface habitable. Qu'un propriétaire lui louait pour la modique somme de 330 euros par mois, a révélé RTL ce jeudi matin, alerté par la Fondation Abbé-Pierre. Dans l'appartement, «plus petit qu'une place de parking», selon la radio, seul un matelas, un robinet  et une plaque de cuisson pouvaient tenir. «C'est un triste record», regrette Samuel Mouchard, de la fondation Abbé Pierre. «Tout se loue et tout se loue à des prix extrêmement chers», ajoute-t-il.


«C'est ça ou la rue»


Ce mini-appartement fait l'objet d'un arrêté préfectoral pour «faire cesser l'occupation aux fins d'habitation». En clair, l'appartement est fermé et le locataire, un intérimaire âgé de 50 ans, est en attente d'un jugement qui obligerait la propriétaire à le reloger dans un logement décent, «adapté à ses besoins». La décision doit être rendue fin janvier.

Même si ce logement est illégal à la location -la surface minimale habitable est de 9m2- trois agences immobilières l'ont proposé à la location. Aujourd'hui, le locataire rêve d'un «studio». «Ce serait le paradis», dit-il, alors qu'il ne pouvait tenir debout dans son appartement que sur une zone de vingt centimètres. «On ne peut pas vivre, on survit. On finit par se dire: “c'est ça ou la rue”. Ça me paraissait normal au bout d'un moment», explique-t-il à la radio. Heureusement, un voisin lui a conseillé de prendre contact avec la fondation Abbé-Pierre.

Retrouvez cet article sur 20minutes.fr

 

.

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17 décembre 2012 1 17 /12 /décembre /2012 23:22

 

Jeudi 12 juillet 2012

 

immigre-chibanis-responsable-maux.png

http://www.drocourt-nature.com/index_fichiers/page123.htm

 

 

 

La grande souffrance des migrants retraités

Par Chantal Dupille

 

 

Avez-vous remarqué, sur un banc immuable, des Maghrébins retraités au regard triste, comme résignés à leur sort ? A la Fête du Travailleur Catalan, le 29 juin, j'ai découvert la cause des Chibanis, qui vivent les mêmes souffrances.

 

Ils sont venus d'Afrique du Nord pour exécuter, patiemment, toutes les tâches dont nous ne voulions pas, ils ont participé à la reconstruction et à l'enrichissement de la France, et pourtant ils ont été mal payés, mal logés, mal soignés, discriminés, et pour finir, ils croupissent souvent dans des foyers insalubres, loin de leurs familles, coupés de leur terre ancestrale, avec dans le coeur une sourde nostalgie. Ils voudraient retourner dans le "bled", ils voudraient achever leurs jours au milieu des leurs, restés dans le pays et que toute leur vie, ils ont entretenus par leur travail ingrat et mal reconnu. Mais ils risquent de perdre leurs droits, sociaux, médicaux, mais surtout le plus essentiel, celui d'aller et venir librement.

 

Cet article, je le dédie à ces hommes. Découvrez ici quelques-unes de leurs souffrances. Et j'interpelle le Gouvernement "de gauche" afin qu'il prenne à bras-le-corps la question des droits des migrants âgés, la question des Chibanis. Au nom de la Justice, au nom des Droits de l'Homme, tout simplement.

 

M'entendra-t-on ?

 

Chantal Dupille

 

http://chantaldupille.over-blog.com

 

.

La cause des Chibanis plaidée à la Fête du TC

 

Ils ont participé à la reconstruction de la France dans les années 1960, ont fait les travaux les plus durs, mal payés, mal déclarés et mal logés. Ces travailleurs de l'ombre devenus âgés, on les appelle les "Chibanis", des retraités maghrébins qui ont gardé leur nationalité. Parce qu'ils ont séjourné quelques mois dans leur pays, on leur a supprimé leurs allocations logement, leur supplément familial et quelquefois le droit à la santé. Grâce à l'action du collectif "SOS chibanis 66", ils ont presque tous retrouvé leurs droits à Perpignan. Reste à lutter pour l'annulation de "la dette", le remboursement demandé par les caisses des versements. Des collectifs et associations venus d'Ile-de-France, Bordeaux, Lyon, Toulouse, Marseille d'Aix, Montpellier et Nancy seront réunis demain pour une grande rencontre nationale au Bocal du Tech dans le cadre de la Fête du Travailleur Catalan. Tout commencera par un rassemblement à 10 h devant la préfecture de Perpignan pour déposer des revendications. Puis à 14 h 30, trois tables rondes sont proposées : échanges d'expérience, le combat juridique et les perspectives d'actions, toujours motivés par "Solidarité, justice et dignité pour les Chibanis".

 

http://www.lindependant.fr/2012/06/28/la-cause-des-chibanis-plaidee-demain-a-la-fete-du-tc,148971.php

 

 

 

http://www.chibanis.org/

 

Depuis quelques mois et sous couvert de lutte contre la fraude, les caisses de sécurité sociale (CARSAT, CAF, CPAM, MSA) multiplient les contrôles sur les vieux migrants, en particulier ceux vivant en foyer [1]. Du point de vue de l’administration, il s’agit de vérifier la condition de résidence en France et donc de vérifier le temps passé par les personnes sur le territoire français.

Face à cette situation qui a pris une tournure abjecte, les associations appellent à des rassemblements dans plusieurs villes de France dans la semaine du 20 au 25 juin pour exiger :

  • L’arrêt du harcèlement et des contrôles discriminatoires contre les vieux et vieilles immigré-e--s.
  • La suspension des poursuites et l’annulation des redressements
  • Une réelle écoute des vieux migrants et une concertation avec les associations
  • Le respect des textes et leur application avec discernement et humanité, dans le respect de la dignité des vieux et vieilles immigré-e-s
  • Une reconnaissance du droit fondamental d’aller et venir sans suspension des droits sociaux en France http://www.drocourt-nature.com/index_fichiers/page123.htm

 

 

Discriminations des services fiscaux à l'encontre de vieux travailleurs maghrébins Le Gisti se constitue partie civile

http://www.gisti.org/doc/actions/2006/fiscal/index.html

 

A quand la reconnaissance d'un réel droit d'aller et venir pour les vieux migrants ?

 

http://www.gisti.org/spip.php?article726

 

 

 

Ils sont venus en car, de Perpignan, de Marseille…

Les Chibanis exigent une retraite décente

GUY TRUBUIL
20/06/2011,
Ils sont venus en car, de Perpignan, de Marseille… (Photo DAVID CRESPIN)

Ils sont venus de Perpignan, en car, de Marseille et bien sûr de Montpellier. Une cinquantaine de Chibanis, ces retraités d’origine maghrébine ont manifesté leur colère, hier matin, devant les locaux de la Carsat puis à l’intérieur de la Caisse d’allocations familiales, boulevard Gambetta. Ces anciens salariés, pas toujours déclarés au cours de leur carrière, ne touchent une retraite décente que par le biais du complément vieillesse mais le versement de celui-ci est désormais assorti à une lecture plus stricte des règlements.


"Pour toucher cette retraite, ils ne doivent pas s’absenter plus de six mois de France. Sauf que c’est un règlement qu’on ne leur explique jamais. Du coup, on leur a enlevé le complément et ils se retrouvent avec des toutes petites retraites de 200 € par mois, voire 30 € " explique Gabriel Llesta, l’un des porte-parole des Chibanis.

 

Devant la Caf, ils sont quelques-uns à manifester leur désarroi : "On m’a enlevé ma carte Vitale" ou encore "notre retraite devient un enfer". Le problème évoqué hier à Montpellier a déjà été soulevé par d’autres retraités mais la ligne suivie par la Carsat Languedoc-Roussillon est jugée particulièrement sévère avec des anciens, dont certains se retrouvent contraints de rembourser des sommes trop perçues. "On leur réclame jusqu’à 23 000 €." Car des contrôles ont notamment été effectués a posteriori. "Ils sont remontés jusqu’à cinq ans. Les douanes marocaines ont été sollicitées pour livrer les listes des voyageurs afin de connaître les durées de séjour", dénonce un militant de Solidaires, également présent lors de la brève occupation. Selon les associations, les Chibanis touchent en moyenne une pension de retraite de 600 € et en envoient une partie dans leur pays d’origine. S’ils se rendent régulièrement sur place, ils restent aussi attachés à la France. "Ce sont des gens âgés. On devrait accepter cette migration partagée", ajoute Claude Drocourt, un membre du comité Chibani 66. Dans les Pyrénées, environ 1 200 personnes seraient concernées par cette question et au moins autant à Montpellier. "À Marseille, 12 000 ont été recensées dans le centre. Là-bas, une solution a été trouvée sur les dettes", ajoute-t-il. Hier, une délégation a été reçue par des membres de la Carsat. Une nouvelle réunion est prévue, vendredi, pour évoquer des solutions de règlement.

http://www.midilibre.fr/2011/06/20/les-chibanis-exigent-une-retraite-decente,339385.php

 

 

 

 

Carte de retraité : Des droits restreints, extraits

 

Afin de remédier au choix du pays de
résidence auquel est confronté le travailleur
immigré lorsqu’il prend sa retraite, la loi
Chevènement a institué cette carte (de retraité). En effet les
retraités sont souvent tiraillés entre un retour
aux sources et la compagnie des enfants et des
petits-enfants installés en France. Ils souhaitent
conserver leurs droits sociaux (soins, allocations…).
A la restriction de la durée du séjour
s’ajoute la mise à l’écart des autres droits
sociaux, comme les allocations logement et
l’accès limité à l’assurance maladie : seul le
retraité qui peut justifier d’une période de 15
ans de cotisations à l’assurance vieillesse a
droit aux prestations en nature (surtout les
remboursements de soins), et ce seulement si
son état de santé nécessite des soins immédiats.

 

Les prestations sociales
sont généralement versées aux étrangers dès
lors qu’ils résident légalement sur le territoire
français, c’est-à-dire en vertu du seul critère de
la résidence régulière.


La loi de mai 1998, en instituant un titre
de séjour « retraité », exclut  certaines
personnes de la protection sociale. Elle réduit
les droits sociaux de ses titulaires. En effet, le
fait que ne soit mentionnée, sur la carte retraité,
que l’adresse du pays d’origine, prive ces
étrangers de la plupart de leurs droits. On
constate ainsi une réelle inégalité de traitement,
qui varie selon le statut juridique de l’étranger
retraité. Totalement discriminatoire, cette mesure
explique, pour une large part, l’insuccès de
cette carte.

 

La plupart des immigrés âgés vivent dans
de conditions économiques difficiles, surtout
pour ceux qui vivent dans des foyers,
inadaptés à leur condition de retraité. Le
minimum vieillesse a été prévu pour pallier
l’absence de pensions de retraite, mais jusqu’à
une période récente, les caisses avaient réservé
cette prestation aux seuls Français, ressortissants
communautaires, réfugiés et apatrides..

 

Les conditions de ressources ne sont pas les seules à se poser :
l’accès à une couverture maladie est essentiel.
Les personnes de plus de 60 ans figurent parmi
les plus importants consommateurs de soins :
les immigrés âgés ne démentent pas ce fait.
Usure au travail, accident au travail, pénibilité
de leur carrière… Ils ne consultent que
tardivement le corps médical, souvent en
urgence. L’isolement et la fragilité financière,
ainsi que la complexité administrative et les
aberrations aux « guichets » suscitent souvent
le renoncement aux soins

 

Une autre restriction correspond à la
condition de « résidence stable et régulière »

 

Les étrangers n’ont guère usé de cette
nouvelle carte, au point où nous pouvons nous
demander quel est le degré d’« effectivité » de
cette mesure de droit qui crée une nouvelle
catégorie juridique d’étrangers. Selon le
rapport annuel du ministère de l’Intérieur1, il a
été octroyé 134 cartes de séjour « retraité » en
1999. Ce chiffre a plus que doublé en 2000.
Ces données mettent en lumière une ineffectivité
statistique de ce statut.
Présentée comme un véritable livret de
circulation (permis) permettant aux retraités
étrangers d’aller et venir entre la France et leur
pays d’origine, la carte retraité a en dernière
instance permis de réduire les droits sociaux
des étrangers qui ont fait liquider leur pension
de vieillesse en France. En ce sens, on ne peut
qu’inciter les retraités titulaires de la carte de
résident à la prudence : la carte « retraité » ne
leur apportera aucun nouveau droit

 

http://www.regards-sociologiques.com/wp-content/uploads/rs_39_2010_4_aggoun

 

 

Les vieux migrants en Europe, une génération oubliée...Jusqu'à quand ?

photo : (cc)gemeinde.niederhelfenschw il/Flickr

 

Les vieux migrants en Europe, une génération oubliée… Jusqu’à quand ?

.

Ils sont venus pour travailler et sont finalement restés. Les migrants des années 1960 vieillissent aujourd’hui dans les villes d’Europe occidentale, souvent dans l’isolement et la précarité. Leur discrétion en fait une génération invisible. Alors que le débat sur les retraites fait rage, portrait de ces immigrés retraités que tout le monde veut déjà enterrer.

 

 

ANALYSE

par Emmanuel Haddad

 

En France et en Allemagne, la réforme des retraites est dans toutes les têtes et toutes les rues, mais rares sont les voix qui mettent l’accent sur les difficultés rencontrées par les immigrés à la retraite. Et pour cause, l’immigration est supposée pallier le manque de main d’œuvre du au vieillissement des populations locales, pas y contribuer. On en oublierait presque que les migrants aussi vieillissent…


 

Travailleurs turcs à HambourgTravailleurs turcs à Hambourg | L’Allemagne compte aujourd’hui 500.000 gastarbeiter à l’âge de la retraite

La discrimination, de 7 à 77 ans

La présence massive de vieux migrants concerne pourtant la majorité des pays d’Europe occidentale – dite « terre historique d’immigration » - de la France à l’Allemagne, des Pays-Bas à la Belgique et au Royaume Uni. Et malgré leur nombre croissant – 500.000 en Allemagne, 400.000 en France - les vieux migrants de plus de 60 ans demeurent invisibles. On les appelle les « gastarbeiter » (« travailleurs invités ») en Allemagne et les « chibanis » (« cheveux blancs » en arabe) en France. D’origines différentes - les « gastarbeiter » venus travailler dans les années 1950-1960 venaient surtout de Turquie mais aussi d’Italie, d’Espagne ou du Maghreb, tandis que les chibanis étaient à 90% maghrébins - leurs parcours et les difficultés qu’ils rencontrent au fil des années sont identiques… Et tues.

 

Les retraites des chibanis et des gastarbeiters sont d'autant plus nécessaires qu'ils souffrent de maladies ou de handicaps liés à leur travailLes retraites des chibanis et des gastarbeiters sont d’autant plus nécessaires qu’ils souffrent de maladies ou de handicaps liés à leur travail | Pourtant, ils sont moins nombreux à toucher une retraite à taux plein que les autres salariésOui, car pas besoin de vivre en France pour avoir entendu les cris des cortèges de grévistes contre la réforme des retraites. Polonais, Lituaniens, Allemands, tous ont commenté les manifestations hexagonales. Ont-ils eux aussi sentis que la question des « vieux migrants » était passée à la trappe, comme le regrette Ali El Baz, coordinateur de l’Association des Travailleurs Maghrébins en France (ATMF) ? « Les syndicats ne tiennent pas compte des cas spécifiques. Certes, on parle de plus en plus des difficultés spécifiques des femmes, mais jamais de celles des vieux migrants, qui sont pourtant dans la même situation. » Pour résumer la situation des « vieux migrants » - Ali El Baz récuse le terme « chibani » car il : « n’aime pas toutes ces distinctions, chibanis, beurs, même si les gens les disent avec sympathie » - il suffit d’un mot à ce travailleur de 58 ans : « Précaire. D’une, ils ont le plus souffert de la vague de licenciement due à la désindustrialisation de l’Europe dans les années 1980. Ensuite, ils ont du enchaîner des petits boulots sans pouvoir toujours cotiser pour la retraite. »

Désillusions et exemples à suivre

Qui s’intéresse à ce double handicap qui fragilise les vieux migrants aujourd’hui ? Double, car d’une part, comme le révèle l’enquête L’Enracinement, enquête sur le vieillissement des immigrés en France commandée par la Caisse nationale d’allocation vieillesse, ils paient cash la pénibilité d’emplois souvent éreintants : 28 % des « chibanis » sont malades ou handicapés. D’autre part, victime d’employeurs malhonnêtes ou de l’absence de boulot fixe à partir des années 1980, ils ont travaillé plus longtemps mais ont moins cotisé pour leur retraite et sont donc moins nombreux à partir à la retraite avant 65 ans que les autres salariés.

L’Allemagne regorge d’initiatives qui visent à pallier les handicaps de ses gastarbeiter. Le concept de maison de soins « ethnique » s’y développe peu à peu. Ces structures d’accueil sont dédiées aux personnes âgées immigrées et adaptées à leurs besoins. Les résidents viennent d’une même communauté (turque, mais aussi arabe ou russe) et peuvent communiquer dans leur langue maternelle, limitant ainsi le sentiment d’exclusion. Un système qui manque en France, où les « chibanis » ont plutôt tendance à « s’auto-censurer », comme l’a obversé Ali El Baz dans sa ville de Clichy la Garenne, où les activités proposées aux seniors ne rameutent aucun des nombreux maghrébins de la ville. Même les infirmières refusent parfois de se rendre dans leurs foyers de migrants, témoigne celui qui voit l’âge de sa retraite reculer de jours en jours. « Ethnique » ou non, une attention spécifique aux vieux migrants est suggérée, voire indispensable.


Ali El Baz témoigne que les vieux migrants de sa ville préfèrent traîner sur des bancs que de participer aux activités de la mairieAli El Baz  

 

témoigne que les vieux migrants de sa ville préfèrent traîner sur des bancs que de participer aux activités de la mairie | La raison ? Un sentiment d’exclusion qui termine en auto-censure, explique-t-il

Un peu comme à Berlin - ville dont 25% des habitants sont issus de l’immigration - où le centre de soins catholique Sainte-Marie de Kreuzberg et l’hôpital évangélique Waldkrankenhaus réservent une partie de leurs locaux à l’accueil des vieux migrants. D’autres initiatives voient le jour en Allemagne comme la diffusion de brochures bilingues en anglais, français, espagnol et turc (« Sosyal Güvenlik ») pour informer les étrangers sur le système de sécurité social allemand. Des initiatives locales dont la France n’est pas dépourvue, comme le café social qui accueille les vieux migrants dans le quartier métissé du XVIIIè arrondissement de Paris.

L’Europe ? connaît pas

Si les bonnes volontés locales ne manquent pas, la vision « glocale » à long terme, c’est autre chose. Quand on demande à Ali El Baz s’il a entendu parler du projet Migrants âgés – vieillir dans la dignité et rester acteur de la société lancé par le Conseil de l’Europe, il vous répond que « malgré qu’il soit dans l’associatif depuis des années, il n’en a jamais entendu parler. Si la France ne communique pas dessus, il est difficile de le deviner. » Dommage que la communication ne passe pas, car ce projet lancé en 2009 donne des orientations aux Etats membres pour faciliter l’accès au soins de santé, l’indépendance, l’intégration et la mobilité des vieux migrants, ainsi que les encourager à transmettre leurs valeurs, compétences et expériences aux jeunes pour renforcer la cohésion sociale. Tout est dit. Maintenant, qui s’y colle ?

A part la France et l’Allemagne, connaissez-vous des initiatives concrètes d’accompagnement des vieux migrants dans d’autres pays européens ? Témoignez !

photos : Une (cc)gemeinde.niederhelfenschw il/Flickr ; travailleurs turcs : Heinrich Klaffs/Flickr ; Travailleurs en pause : (cc)kikasso/Flickr ; vieux migrants sur un banc : (cc)Lucas Ninno/Flickr

 

http://www.cafebabel.fr/article/35623/vieux-migrants-en-europe-une-generation-oubliee.html

 

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24 novembre 2012 6 24 /11 /novembre /2012 01:08

 

La descente aux enfers des chômeurs américains 


Gilles Bonafi
Jeudi 22 Novembre 2012


La descente aux enfers des chômeurs américains !
La plupart des journaux mettent en avant la baisse du nombre de chômeurs aux USA. Cependant, ils n'analysent pas ces chiffres qui révèlent une autre réalité.

En effet, le chômage baisse car des millions d'américains ont dépassé la durée maximale de perception des allocations chômage. Ils ne perçoivent donc plus ces allocations et disparaissent des statistiques.

La plupart des Etats américains versent une allocation chômage (State Unemployment Insurance Benefits) pour une durée maximale de 26 semaines alors que la durée moyenne de chômage est de 40,2 semaines !

"Benefits can be paid for a maximum of 26 weeks in most States" dans le document ci-dessous à la section benefits..
Source : United States Department of Labor

Pour bien percevoir l'ampleur du désastre social américain, le graphique de la durée moyenne du chômage est éloquent, une belle exponentielle (en rouge) !


Source : FED of St Louis research

Depuis le mois de juillet, ce chiffre est en constante augmentation (+ 1 semaine en deux mois).

Tout va donc mieux et je remercie mes confrères journalistes de la presse écrite pour leur remarquable travail. Encore un petit effort et il ne se vendra plus de journaux bientôt.

D'ailleurs, selon l'USDA,  le département de l’Agriculture des États-Unis chargé de l'alimentation et de l'agriculture, 15% des ménages américains étaient en insécurité alimentaire en 2011.





Source graphique page 12/37 : USDA

47 millions de  personnes bénéficiaient de coupons alimentaires (Food Stamps) au mois d'août 2012, avec, là aussi, une belle exponentielle :









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13 novembre 2012 2 13 /11 /novembre /2012 23:00

 

Mardi 13 novembre 2012

Stop aux expulsionsPendant des mois, des centaines, des milliers de personnes se sont mobilisés contre les expulsions tout en dénonçant le rôle des banques. Mais une violente colère a explosé durant la nuit à Barakaldo. Samedi matin (10 novembre, NDLR), des dizaines de succursales bancaires dans la zone industrielle de la ville de Bilbao et plus largement dans le reste du Pays basque ont été couvertes d’inscriptions sans équivoque rédigées en langue basque et en espagnol : "hiltzaleak", "asesinos" : « assassins »

 

La vague d'indignation a été déclenchée par la mort d’Amaia Egana. Cette femme de 53 ans s’est défenestrée après qu’un huissier accompagné d'officiers de police ont pénétré dans son appartement situé au quatrième étage pour procéder à son expulsion.

 

Les graffitis laissés en masse sur les vitrines des banques et les distributeurs automatiques de billets a été revendiquée par la plate-forme « Stop Desahucios Bizkaia », un collectif qui lutte pour bloquer les expulsions effectuées depuis quelques mois dans la province de Bilbao, comme cela est arrivé ailleurs. Son porte-parole, Marta Uriarte, a parlé de terrorisme financier, dénonçant les profits exorbitants réalisés sans scrupule sur le dos des pauvres gens qui, du fait de la crise et du chômage, ne peuvent plus se permettre de rembourser les prêts magnanimement accordés par les institutions financières à des taux (et à des pénalités) pouvant avoisiner les 20 %.

 

À Barakaldo, il y a avait près de 10.000 personnes à défiler, la rage au ventre et le cœur brisé par l’émotion, en signe de protestation contre le chômage, les expulsions et les coupes dans les budgets sociaux. Amaia a vécu avec son mari et son fils de 21 ans, jusqu'à ce vendredi matin où son sort bascula. Une délégation de personnes expulsées est partie le 12 novembre de Barakaldo pour manifester à Madrid sous le siège national du parti populaire de Mariano Rajoy, le président du gouvernement espagnol. Pour crier la haine vis-à-vis d’un gouvernement qui a donné des milliards d’euros aux banques mais qui n'a ni fourni les aides économiques aux familles en proie à des emprunts toujours plus pesants, ni mis en œuvre les mécanismes législatifs pour arrêter les expulsions par la force publique.

 

Le parti socialiste, sentant qu’il a un coup à jouer, ne manque pas de se faire l’écho de la colère populaire, exploitant le fait que la victime était depuis quelques années la conseillère municipale socialiste de la ville d'Eibar. Mais les membres du collectif « Stop Desahucios Bizkaia » ont explicitement invité le parti de Rubalcaba (secrétaire général du PSOE), aussi libéral et européiste que le parti populaire de Mariano Rajoy, à ne pas tirer profit de la mort de cette femme à des fins de propagande.

 

Dans l’État espagnol, la mort d’Amaia Egana est la seconde liée au scandale des expulsions en quelques jours. Un homme de 54 ans originaire de Grenade (Andalousie) l’avait précédée le 25 octobre ; il s’est pendu peu avant l'arrivée de la police. Le lendemain, un autre expulsé avait tenté de se suicider en Burjassot (province de Valence).

 

Les combats du collectif « Stop Desahucios Bizkaia » ne sont plus seulement dirigés contre les banques et les gouvernements locaux ou nationaux. Ils visent également à atténuer le désespoir qui pousse certaines personnes à franchir le pas fatidique. Ce n'est d’ailleurs pas un hasard si ces derniers temps se sont multipliés de toutes parts les appels à s’organiser et à faire bloc contre les huissiers de justice.

 

Les revendications du mouvement contre les expulsions, soutenues par certains syndicats et quelques partis de gauche, ont trouvé un soutien pour le moins inattendu de la part de la Cour européenne de Justice. Cette dernière, dans un jugement rendu il y a peu, a en effet estimé que la législation espagnole qui réglemente la question des expulsions était juridiquement non applicable (elle date de 1909 !). Le cas d’Amaia Egana est emblématique à cet égard. Bien qu’il n’eût pas encore été procédé à l’expulsion, la banque est devenue propriétaire du bien immobilier en raison du non-paiement de l'hypothèque. La Caixa avait mis en vente l'appartement depuis au moins un an, sans même accepter ni un ajournement ni aucune autre forme de renégociation de la dette.

 

Le gouvernement de Mariano Rajoy, face aux difficultés rencontrées, a annoncé qu’il retoquerait la loi en question, se gardant néanmoins d’annoncer ce qu’il avait prévu de faire. Dans le même temps, certaines banques ont commencé, pour éviter peut-être d'être une cible de protestations plus radicales, de répondre à certaines des exigences du collectif. La caisse d’épargne basque Kutxabank, par exemple, a décidé de suspendre toutes les procédures d'exécution d'hypothèques jusqu'à ce que le gouvernement précise clairement ses intentions. D’autres banques ont annoncé des mesures similaires. Il faut savoir que beaucoup de maisons saisies par les banques aux expulsés à cours d’argent restent invendus ou sont vendues aux enchères à quelques dizaines de milliers d’euros. L’Espagne est en effet en proie à une crise noire, et le prix de l’immobilier s’est logiquement écroulé sous l’effet du taux de chômage (il dépasse les 25 % au troisième trimestre)… tout comme les achats immobiliers.

 

Pour faire bonne mesure, l’association espagnole des établissements bancaires a annoncé lundi 12 novembre, pour des raisons humanitaires, un moratoire de deux ans concernant les cas d’extrême nécessité. Elle ne précise bien entendu pas les critères définissant ces cas. En mars, le gouvernement avait déjà mis en place un code des bonnes pratiques qui incitait les banques à geler les expulsions dans les cas extrêmes, mais si restrictif qu'il a été peu appliqué.

 

La situation est si grave que ce sont souvent les juges eux-mêmes qui demandent au gouvernement et aux autorités locales de prendre des mesures pour prévenir des expulsions. Et, dans bien des cas, la dette auprès des banques n’est nullement éteinte ; les contrats signés par toute personne qui demande un prêt hypothécaire permettent aux institutions, une fois l'appartement saisi et vendu aux enchères, d’exiger des entrepreneurs à payer la différence entre ce qui est fruit de la vente aux enchères et l'évaluation initiale de la propriété.

 

Dans toute l’Espagne, ce sont déjà 350.000 familles qui ont été jetées sans tambour ni trompette à la rue. Nous saurons dans les quelques jours qui suivent si la mort d’Amaia Egana aura servi à quelque chose...

 

Capitaine Martin

 

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12 novembre 2012 1 12 /11 /novembre /2012 02:52

 

(illustration)

http://www.7sur7.be/7s7/fr/1504/Insolite/article/detail/1532490/2012/11/11/Une-Espagnole-au-chomage-met-en-vente-ses-organes.dhtml


 

Vends rein, poumon, cornée d'yeux ou morceau de foie pour me payer un logement. Une annonce en Espagne

 

Une Espagnole met en vente ses organes


AFP Publié le 11/11/2012

Une chômeuse espagnole, âgée de 44 ans, a annoncé aujourd'hui proposer à la vente tous les organes qui ne seraient pas indispensables à sa survie pour se payer un logement pour elle et sa fille. "J'ai d'abord mis en vente un rein, maintenant je propose aussi les cornées de mes yeux, un de mes poumons, un morceau de mon foie... Je vends n'importe quel organe de mon corps à qui peut le payer, et je fais cela parce que je suis tout simplement désespérée", a déclaré la quadragénaire dans une interview filmée et diffusée dimanche sur le site internet du quotidien El Mundo.

L'article ici :


 

 

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2012/11/11/97001-20121111FILWWW00212-une-espagnole-met-en-vente-ses-organes.php

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4 novembre 2012 7 04 /11 /novembre /2012 15:01

 

 

Racisme

Déferlement de haine anti-Roms dans la banlieue de Lille

Par Agnès Rousseaux (29 octobre 2012)


Une foule en colère, contre un village d’insertion pour cinq familles roms. A Hellemmes (18 000 habitants), dans la banlieue de Lille, environ 200 personnes ont manifesté leur opposition à ce projet, samedi 27 octobre. Après avoir défilé devant le chantier du village, le cortège est parti à la recherche du maire, Frédéric Marchand (PS). Les manifestants l’ont alors violemment pris à partie, lui suggérant d’accueillir les Roms dans son jardin et surtout d’aider les « vrais Hellemmois ». « Je n’ai même plus de mots tellement je suis surpris et choqué par un tel déferlement de haine », décrit le maire. « J’ai failli me faire lapider ». Alors qu’il souhaitait s’éloigner de la foule, les manifestants lui ont barré la route, certains leaders appelant à le « bloquer ». Il n’est pas « Hellemmois d’origine », lui reproche l’un d’entre eux.

« Il y a eu certains crachats dans la foule et même quelques coups de pieds. (...) Tout en l’insultant, des membres du cortège ont même tenté de poursuivre le maire lorsqu’il s’est échappé par une porte », décrit le journal Nord Eclair. Les pères des familles Roms étaient prêts à discuter, explique l’élu. « Je leur ai dit : "N’y allez pas, vous allez vous faire lyncher" »

Voir la vidéo publiée par Nord Éclair

 

 

Le 22 octobre, des manifestants avait bloqué le chantier de ce village d’insertion. Quelques jours plus tard, une réunion publique d’information a failli dégénerer en affrontements physiques. Il y a dix jours, quatre familles roms ont été expulsées de logements vacants qu’elles occupaient à Roubaix.

http://www.bastamag.net/article2749.html

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Un acte d'inconscience, raciste, criminel et pervers

 

Mais plus grave encore est le soutient de la population, et ce monsieur (voir ci dessous) qui est choqué de voir qu'une machine à café programmable n'est d'aucune utilité pour les roms est vraiment hors de la réalité.

"Le ventre est encore fécond

d'où a surgit la bête immonde (Brecht)"

(m.leray)

 

Dans le campement sans eau ni électricité, une cinquantaine de personnes commentent l’arrêté. «On n’a pas les papiers pour travailler et on ne veut pas voler», dit un homme. Une jeune femme : «Si on a un travail, on ne mendie pas et on ne déchire pas les poubelles.»


 

article_roms2.jpg

Des femmes dans un camp de Roms le 30 juillet 2010, près de Lyon

 

 

Libération.fr

 

Comment dit-on «Interdit de mendier et de fouiller les poubelles» en roumain ? Dans la banlieue de Lille, le maire de La Madeleine, Sébastien Leprêtre (UMP), vient de signer deux arrêtés municipaux destinés aux Roms, qu’il traduit en roumain et en bulgare. Il évoque «des actes de mendicité avec des enfants» et une fouille «systématique et organisée» des poubelles. Il parle d’une «réalité visible», résultat de «comportements d’individus d’origine roumaine ou bulgare». Il a fait distribuer ces arrêtés, sauf que «90% des Roms ne savent pas lire», signale Patrick Vigneau, directeur de l’Association d’action sociale auprès des Roms (Aréas) à Lille.

 

 A La Madeleine, où Nicolas Sarkozy a recueilli 56% des voix en 2007, l’initiative du maire est souvent bien perçue. Catherine, chef d’entreprise : «Ils éventrent les poubelles, ils ramassent rien. Nous, on paie les taxes sur les ordures ménagères la peau des fesses.» Elle n’aime pas croiser «des femmes qui donnent le sein sur le trottoir». Un homme : «Je leur ai donné une machine à café programmable, état neuf. Je l’ai retrouvée dans la poubelle. Ils auraient préféré 500 euros ? J’étais écœuré.» L’arrêté, il est pour. Pas Nicolas, employé de banque, ni David, réparateur en informatique au chômage, qui le trouve «honteux». Il raconte : «La dame qui venait là avec ses deux petits bouts, on avait lié des liens d’amitié. Elle ne tend jamais la main, toujours souriante.» Il montre une marche : «Je ne vois pas pourquoi, parce qu’elle est roumaine, elle ne pourrait pas s’asseoir là.»

 


«Je me devais de réagir, mais je ne suis qu’un élu local, commente Sébastien Leprêtre. Il y a une ville limitrophe et un préfet.» Il vise Martine Aubry, maire de Lille. Le campement de Roms est à 300 mètres, côté lillois du boulevard. «Pour une expulsion, il faut une demande du maire, le préfet ne peut pas agir sans. Or, elle a décrété un moratoire…» Il ajoute qu’il n’est pas en «service commandé de l’UMP, de Copé, ni de personne».

 


A l’Aréas, Patrick Vigneau est «indigné qu’on stigmatise une fois de plus les Roms». Dans la métropole, il distingue «les villes qui mettent à disposition des terrains d’accueil et qui financent des éducateurs» et les villes où les Roms ont «la police municipale sur le dos». Ils mendient ? «Dans leur immense majorité, ils n’ont aucun revenu. Ils mangent une fois par jour.» Ils sont environ 1 400 en «terrain spontané» dans la métropole lilloise, et 80 dans des mobile homes, «des petites unités avec des enfants scolarisés, un travail d’insertion».


 

La préfecture accepte de financer d’autres villages, mais avec l’enveloppe de l’hébergement d’urgence, ce que refuse Martine Aubry à la tête de la communauté urbaine. Elle condamne les arrêtés de La Madeleine par la voix de son premier vice-président, Michel-François Delannoy, maire PS de Tourcoing, qui trouve «la ficelle un peu grosse, […] au moment où le gouvernement réduit les moyens du Samu social et refuse d’ouvrir une place supplémentaire d’hébergement d’urgence».


Dans le campement sans eau ni électricité, une cinquantaine de personnes commentent l’arrêté. «On n’a pas les papiers pour travailler et on ne veut pas voler», dit un homme. Une jeune femme : «Si on a un travail, on ne mendie pas et on ne déchire pas les poubelles.»

 

Libération

 

Sur Cri du Peuple : http://www.mleray.info/article-interdit-de-fouiller-dans-les-poubelles-81348416.html

 

.http://www.mleray.info/article-interdit-de-fouiller-dans-les-poubelles-81348416.html

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